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Concours National Commun – Session 2019 – TSI

L’énoncé de cette épreuve, particulière aux candidats de la filière TSI,


comporte 3 pages.
L’usage de tout matériel électronique, y compris la calculatrice, est interdit

Les candidats sont informés que la qualité de la rédaction et de la présentation, la clarté et la précision
des raisonnements constitueront des éléments importants pour l’appréciation des copies. Il convient en
particulier de rappeler avec précision les références des questions abordées.
Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signale
sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.

problème
Notations, définitions et rappels

Soit K = R ou C. Si E est un K−espace vectoriel de dimension finie, L(E) désigne le K−espace


vectoriel des endomorphismes de E. Si u, v ∈ L(E), u ◦ v se note uv et l’identité est notée idE . Pour
u ∈ L(E), les endomorphismes itérés up de u sont définis par les relations u0 = idE et up = uup−1 pour
tout p ∈ N∗ . On note Tr (u) la trace de u, det(u) son déterminant et χu son polynôme caractéristique ;
on rappelle que, pour tout λ ∈ K, χu (λ) = det(λ idE − u).
Mn (K) désigne le K−espace vectoriel des matrices carrées d’ordre n ∈ N∗ à coefficients dans K ; on
note In la matrice identité de Mn (K). Si A ∈ Mn (K), on note Tr (A) sa trace, det(A) son déterminant
et χA son polynôme caractéristique ; on rappelle que, pour tout λ ∈ K, χA (λ) = det(λ In − A).
On rappelle que deux matrices semblables de Mn (K) ont même déterminant et même trace.
Définition : Une matrice de Mn (K) est dite scalaire si elle est de la forme λ In avec λ ∈ K.
L’objectif du problème est de montrer la propriété P suivantes pour n ∈ {2, 3} :
P : Dans Mn (C), toute  pas scalaire est semblable à une matrice de Mn (C) dont la
 matrice A qui n’est
diagonale est 0, Tr (A) (resp. 0, 0, Tr (A) ) si n = 2 (resp. n = 3).

1ère Partie
Étude de quelques exemples
(Notée sur 04 points sur 20)

1.1. Un premier exemple


 
1 1
On considère la matrice A = ∈ M2 (R) et on note u l’endomorphisme de R2 canoniquement
1 1
associé à la matrice A.
1.1.1. Calculer les valeurs propres de u et justifier que A est diagonalisable dans M2 (R).
1.1.2. On note λ1 et λ2 les valeurs propres de u avec λ1 < λ2 . Déterminer, pour chaque i ∈ {1, 2},
le vecteur ei de R2 dont la première composante vaut 1 et vérifiant u(ei ) = λi ei .
1.1.3. Justifier que (e1 , e2 ) est une base de R2 et écrire la matrice D de u relativement à cette base.
1.1.4. Exprimer la matrice A en fonction de D et conclure que A vérifie la propriété P.
1.2. Un deuxième exemple
 
3 1 −1
Soit B = 1 1 1  ∈ M3 (R) ; on note v l’endomorphisme de R3 canoniquement associé à B.
2 0 2
1.2.1. Calculer le polynôme caractéristique χB de la matrice B et en déduire que B possède une
seule valeur propre λ à préciser.
1.2.2. Déterminer Ker (v − λ idR3 ), le sous-espace propre de v associé à son unique valeur propre λ.
1.2.3. La matrice B est-elle diagonalisable dans M3 (R) ? Est-elle trigonalisable dans M3 (R) ?
1.2.4. On pose e1 = (1, 0, 0) ∈ R3 .

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Concours National Commun – Session 2019 – TSI

(i) Calculer les vecteurs v(e1 ) et v 2 (e1 ) puis montrer que la famille C = e1 , v(e1 ), v 2 (e1 ) est une


base de l’espace vectoriel R3 .


(ii) Exprimer le vecteur v 3 (e1 ) dans la base C et écrire la matrice B 0 de v dans cette base.
(iii) Exprimer la matrice B en fonction de B 0 et conclure que B vérifie la propriété P.

2ème Partie
Une caractérisation des homothéties
Application à l’étude de la propriété P en dimension 2

2.1. Une caractérisation des homothéties


Soit E un K−espace vectoriel, de dimension finie n > 1, et soit f ∈ L(E) un endomorphisme tel que,
pour tout x ∈ E, la famille (x, f (x)) est liée.
2.1.1. Montrer que, pour tout x ∈ E \ {0E }, il existe un unique λx ∈ K tel que f (x) = λx x.
2.1.2. Soit (x, y) ∈ (E \ {0E })2 ; démontrer que si la famille (x, y) est liée alors λx = λy .
2.1.3. Soit (x, y) ∈ (E \ {0E })2 ; démontrer que si la famille (x, y) est libre alors λx = λy .
2.1.4. En déduire que f est une homothétie.
2.2. Application à l’étude la propriété P dans le cas n = 2
On considère une matrice A ∈ M2 (C) qui n’est pas scalaire et on cherche à montrer que A vérifie la
propriété P. Pour cela, on note u l’endomorphisme de C2 canoniquement associé à la matrice A.
2.2.1. Justifier qu’il existe un vecteur e ∈ C2 tel que la famille B = e, u(e) soit une base de C2 .

 
0 − det(u)
2.2.2. Montrer que la matrice de u dans la base B est égale à .
1 Tr (u)
 
0 − det(A)
2.2.3. Montrer que la matrice A est semblable dans M2 (C) à la matrice et conclure.
1 Tr (A)

3ème Partie
Démonstration de la propriété P dans le cas n = 3

Dans cette partie, on considère une matrice A ∈ M3 (C) qui n’est pas scalaire et on cherche à montrer
que A vérifie la propriété P.
On considère le C−espace vectoriel E = C3 et on note u l’endomorphisme de E canoniquement associé
à A ; soient λ1 , λ2 , λ3 les valeurs propres de la matrice A, comptées avec leur ordre de multiplicité. On
pose enfin σ2 (A) = λ1 λ2 + λ1 λ3 + λ2 λ3 .
3.1. Quelques résultats utiles
3.1.1. Exprimer det(A) et Tr (A) en fonction des valeurs propres λ1 , λ2 et λ3 de la matrice A.
3.1.2. Préciser les coefficients du polynôme χA en fonction de Tr (A), det(A) et σ2 (A).
3.2. Cas où les 3 valeurs propres de A sont deux à deux distinctes
On suppose ici que les valeurs propres λ1 , λ2 et λ3 de la matrice A sont deux à deux distinctes et on
note e1 , e2 et e3 des vecteurs non nuls de E tels que u(ei ) = λi ei , pour tout i ∈ {1, 2, 3}. On pose enfin
e = e1 + e2 + e3 .
3.2.1. Montrer que B = e1 , e2 , e3 est une base de E. L’endomorphisme u est-il diagonalisable ?


3.2.2. Exprimer les vecteurs u(e) et u2 (e) dans la base B puis montrer que la famille C = e, u(e), u2 (e)


est aussi une base de E.


3
X
k k k k
3.2.3. Vérifier que, pour tout k ∈ {1, 2, 3}, u (e) = λ1 e1 + λ2 e2 + λ3 e3 = λki ei puis montrer que
i=1

u3 (e) − Tr (A) u2 (e) + σ2 (A) u(e) − det(A) e = 0E .


3.2.4. Écrire la matrice A0 de u dans la base C et justifier que les matrices A et A0 sont semblables,
dans M3 (C), puis conclure que A vérifie la propriété P.

Épreuve de Mathématiques II 2 /3 −→
Concours National Commun – Session 2019 – TSI

3.3. Cas où A possède une valeur propre double et une valeur propre simple
On note λ la valeur propre double de A et µ sa valeur propre simple ; en particulier, λ 6= µ.
3.3.1. Préciser la dimension du sous-espace vectoriel Ker (u−µ idE ). Quelles sont les valeurs possibles
de la dimension du sous-espace vectoriel Ker (u − λ idE ) ?
3.3.2. Montrer que Ker (u−µ idE )∩Ker (u−λ idE )2 = {0E } et en déduire que dim Ker (u − λ idE )2 6 2.
3.3.3. On admet que l’endomorphisme (u − µ idE )(u − λ idE )2 est nul. Justifier que l’endomorphisme
(u − λ idE )2 (u − µ idE ) est aussi nul et en déduire que Im (u − µ idE ) ⊂ Ker (u − λ idE )2 .
3.3.4. Déduire de ce qui précède que dim Ker (u − λ idE )2 = 2.


3.3.5. Cas où l’endomorphisme u est diagonalisable



(i) Justifier que, dans ce cas, dim Ker (u − λ idE ) = 2.
On choisit e1 ∈ Ker (u − µ idE ) \ {0E }, une base (e2 , e3 ) de Ker (u − λ idE ) et on pose e = e1 + e2 .
(ii) Vérifier que e, u(e) est libre et montrer que la famille B = e, u(e), e3 est une base de E.
 
0 −λ µ 0
(iii) Montrer que la matrice A0 de u dans la base B vaut 1 λ + µ 0 .
0 0 λ
     
0 0 0 λ λ λ λ λ λ 0 −λ −λ
(iv) Si µ = 0, vérifier que 1 λ 0  −1 0 0  = −1 0 0  −λ 0 −λ et conclure
0 0 λ λ 0 λ λ 0 λ λ λ 2λ
que la matrice A vérifie la propriété P.
(v) Si µ 6= 0, montrer en utilisant lecas n = 2 qu’il existe une matrice inversible Q ∈ M2 (C) et
v0

λ + µ 0 0
(v 0 , w0 ) ∈ C2 tels que Q Q−1 = puis justifier, moyennant des produits
0 λ w0 2λ + µ
 
  0 −λ µ 0  
1 0  1 0
matriciels par blocs, que la diagonale de la matrice 1 λ+µ 0 est égale
0 Q−1

0 Q
0 0 λ
à 0, 0, 2λ + µ . Conclure que la matrice A vérifie la propriété P.


3.3.6. Cas où l’endomorphisme u n’est pas diagonalisable


(i) Justifier que, dans ce cas, Ker (u − λ idE ) Ker (u − λ idE )2 .
On choisit e1 ∈ Ker (u−µ 2
 idE )\{0E }, e2 ∈ Ker (u−λ idE ) \Ker (u−λ idE ) et on pose e = e1 +e2 .
(ii) Justifier que e2 , u(e2 ) est libre et montrer que la famille B = e1 , e2 , u(e2 ) est une base  de E.
(iii) En exprimant ses éléments dans la base B, montrer que la famille C = e, u(e), u (e) est une 2

base de E.
(iv) Exprimer la matrice A0 de u dans la base C en fonction de λ et µ, puis conclure que la matrice
A vérifie la propriété P.
3.4. Cas où A possède une valeur propre triple
On note λ l’unique valeur propre de A ; donc χA = χu = (X − λ)3 .
3.4.1. Justifier que u n’et pas diagonalisable et montrer que Ker (u − λ idE ) Ker (u − λ idE )2 .
3.4.2. On considère e ∈ Ker (u − λ idE )2 \ Ker (u − λ idE ). Justifier que e, u(e) est une famille libre.


3.4.3. Soit e3 ∈ E tel que (e, u(e), e3 ) soit une base de E. En écrivant la matrice
 de u dans cette
0 −λ2 c

base, montrer que A est semblable dans M3 (C) à une matrice du type 1 2λ d , avec (c, d) ∈ C2 .
0 0 λ
3.4.4. Si λ 6= 0, montrer  utilisantle cas n = 2 qu’il existe une matrice inversible P ∈ M2 (C) et
en
2λ d 0 v
(v, w) ∈ C2 tels que P P −1 = puis justifier, moyennant des produits matriciels par
0 λ w 3λ
 0 −λ2 c 
 
 
1 0  1 0
blocs, que la diagonale de la matrice 1 2λ d  est égale à (0, 0, 3λ).
0 P 0 P −1
0 0 λ
3.4.5. Envisager le cas restant et conclure que A vérifie, dans les deux cas, la propriété P.

Fin de l’épreuve

Épreuve de Mathématiques II 3 /3 Fin

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