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LE MOYEN TERME

Chapitre 9
Le marché du travail
ATTENTION -2-

Attention !
Le modèle présenté ici est légèrement différent de celui
présenté dans le manuel de texte de Blanchard, qui en est
un cas particulier.
Plan -3-

Le marché du travail
• Une rapide incursion dans le marché du travail
• L'évolution du chômage
• La détermination des salaires
• La détermination des prix
• Le taux de chômage structurel et la production structurelle
• La suite
Introduction -4-

• IS/LM présuppose des prix fixes :


OK à court terme, mais pas à moyen terme. En effet :

∆+ demande de B&S

∆+ production

MARCHÉ DU TRAVAIL ∆+ emploi


OBJET DE CE CHAPITRE
∆+ salaires

∆+ prix
Introduction -5-

• Modèle d'équilibre du marché du travail : WS/PS


• Deux volets :

WS ("WAGE SETTING") PS ("PRICE SETTING") :


• met en relation les salaires avec le • met en relation le niveau des prix
niveau de chômage via, entre autres, avec le niveau des salaires via l’effort
le pouvoir de négociation des de maximisation du profit des
travailleurs et des employeurs (qui entreprises.
varie selon le niveau de chômage).

Peu de chomage, augmentation des pretentions de salaires


1. Une rapide incursion dans le marché du travail -6-

Un rappel :

Population active : L=N+U


travailleurs en emploi + chômeurs
Taux de participation : l =L/V
population active / population en âge de travailler
Taux d'emploi : n=N/V
population ayant un emploi / population en âge de travailler
Taux de chômage : u=U/L
personnes au chômage / population active
1. Une rapide incursion dans le marché du travail -7-

Évolution du taux de chômage: Suisse, États-Unis, Zone euro,


1970-2020 (perspectives)
14%

12%

10%

8%

6%

4%

2%

0%
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020
Suisse États-Unis Zone euro (16 pays)

Source: OCDE (2018). Statistiques du marché du travail [base de données]. État au 9.4.2018
1. Une rapide incursion dans le marché du travail -8-

• Le taux de participation tend à augmenter au cours du temps.

Évolution du taux de participation: Suisse, États-Unis, Union


Européenne, 1970-2016
90%

85%

80%

75%

70%

65%
Suisse
60%
États-Unis
55% Union Européenne (28)

50%
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020

Source: OCDE (2018). Statistiques du marché du travail [base de données]. État au 9.4.2018

Augmentation due aux tx de participation des femmes (USA)


1. Une rapide incursion dans le marché du travail -9-

Taux de chômage et taux de participation:


Suisse et Union Européenne (28), 2013

Taux de chômage Tx de participation1


Suisse UE28 Suisse UE28
Total 4.3 10.6 85.8 76.5
Femmes 4.4 10.6 80.1 70.0
Hommes 4.2 10.5 91.2 83.0
20-24 ans 8.4 22.1 78.1 61.4
60-64 ans 2.8 7.1 61.5 37.0

sans formation post-


obligatoire 8.2 19.2 76.0 63.6

avec formation
tertiaire 3.1 6.4 91.6 87.4
Source: Eurostat, état au 13 avril 2015
1) Taux de participation: basé sur la population agêe 20-64 ans, sauf mention contraire

- Très peu de place pour les vieux qui veulent travailler dans l’UE
- Attention, travailleur décourager sortent des stats
- Beaucoup de chomage chez les jeunes dans l’UE
1. Une rapide incursion dans le marché du travail - 10 -

• Un même taux de chômage peut refléter deux réalités


complètement différentes :

un marché du travail actif, avec de un marché du travail sclérosé, avec peu


nombreuses séparations et de de séparations, peu d’embauches, et
nombreuses embauches. dans lequel une fraction de la population
reste au chômage en permanence.

Analogie de l’aéroport -> bcp de personne a l’aéroport (du au fort traffic ou aux avions bloqués)
1. Une rapide incursion dans le marché du travail - 11 -

• Les flux de travailleurs peuvent être importants :


passages d'un état à l'autre (de chômeur à inactif, de personne en
emploi à chômeur, etc.)

Transitions d'un trimestre à l'autre, entre emploi, chômage et


inactivité, France : 2003-2007

Source: Blanchard, O., Cohen, D. (2017). Macroéconomie. 7e


édition. Pearson. Paris, sur la base de INSEE, enquête
Emploi, INSEE Première n° 1260, octobre 2009.
Personne sans emploi qui souhaitent travailleur
mais qui n'en cherche pas activement un emploi.
2. L'évolution du chômage - 12 -
Taux de chômage et proportion de chômeurs trouvant en
emploi: États-Unis, 1996-2014

La probabilité de trouver un
emploi diminue lorsque le
chômage augmente.

Taux de chômage et taux de séparation mensuel de


l'emploi : États-Unis, 1996-2014

La probabilité de perdre son


emploi augmente lorsque le
chômage augmente.

Source: Blanchard, O., Cohen, D. (2017). Macroéconomie. 7e édition. Pearson. Paris


Proba de perdre son emploi est elevé si chomage est élevé ET si chomage élevé -> difficile de retrouver
un emploi
3. La détermination des salaires - 13 -

• Les salaires peuvent être déterminés de plusieurs façons :

A. par des négociations B. par des négociations C. fixés par


collectives, entre les individuelles entre l’employeur.
entreprises et les l’employeur et le salarié
syndicats. De manière autoritaire

Pouvoir individuel de persuasion et de négociation

• Quelle que soit la façon dont ils sont déterminés, leur niveau
nominal dépend de :

1. le taux de chômage, 2. le niveau anticipé des 3. autres facteurs (p.


vie le pouvoir de prix. ex., assurance
négociation et les chômage).
salaires efficients.

Assurances chomages ou non (généreuse ou pas etc…)


3. La détermination des salaires - 14 -

Le POUVOIR DE NÉGOCIATION d’un SALAIRES EFFICIENTS :


travailleur dépend de : • Une fois qu’elle a formé son personnel,
• la difficulté qu’aurait l’entreprise à le une entreprise veut qu’il reste. Ainsi
remplacer s’il quittait son emploi ; elle peut elle-même avoir intérêt à lui
• la facilité avec laquelle il trouverait un verser un bon salaire (indépendam-
nouvel emploi. ment du pouvoir de négociation). Cela
diminue la rotation du personnel et, par
là, augmente sa productivité. Or,
retenir le personnel est d’autant plus
difficile que le chômage est faible.

Le pouvoir de négociation des travailleurs Le salaire que les entreprises veulent


(et donc le salaire) est d’autant plus élevé verser est d'autant plus élevé que le
que le chômage est faible. chômage est faible.

EN GROS : chomage faible -> salaires hauts


3. La détermination des salaires - 15 -

Les salariés et les entreprises se soucient du salaire réel (W/P), et non du


salaire nominal (W).

Les travailleurs se soucient du pouvoir Les entreprises s’intéressent au coût du


d’achat de leur salaire (W/P) et non du travail exprimé en nombre de biens vendus
nombre d'unités monétaires qu'ils reçoivent (W/P) et non au nombre d'unités
(W). monétaires qu'ils doivent verser à leurs
travailleurs (W).
Avec tel q d’argent, je peux avoir tel q de bien

P a un rôle déterminant dans la fixation de W :


• Mais lorsque W est fixé, les agents ne connaissent pas encore P qu'on observera
pendant la durée du contrat.
• C’est donc le NIVEAU ANTICIPÉ DES PRIX Pe qui est pris en compte (W sera d’autant plus
élevé que le niveau des prix attendu pour les 12 mois à venir est élevé).

si le prix anticipé Pe augmente, le salaire sera négocié à la hausse


3. La détermination des salaires - 16 -

AUTRES FACTEURS
• Exemple: une assurance chômage “généreuse”, qui couvre une grande
partie des pertes de revenu dues au chômage, n’incite pas les
travailleurs à se contenter d’un salaire faible.

Le niveau des salaires est d’autant plus élevé que l’assurance chômage
est “généreuse”.
3. La détermination des salaires - 17 -

En résumé, le salaire nominal W dépend de trois facteurs :

W = Pe F(u, z)
(-, +)
où : Niveau des salaire proportionnel au niveau des prix

• Pe = niveau anticipé des prix


• u = taux de chômage
• z = variable composite, représentant tous les autres facteurs
affectant la détermination des salaires
3. La détermination des salaires - 18 -

Supposons que le prix anticipé et le prix effectivement observé


soient les mêmes :

La relation
W ,
devient alors
W ,
ou
relation WS (wage-setting)
,

L’hypothèse ‘Pe = P’ est valable en moyenne, c’est dire sur


une période assez longue : le moyen terme.
3. La détermination des salaires - 19 -

La relation WS

Salaire réel, W/P

WS

Taux de chômage, u

À un niveau de chômage plus élevé correspondent des prétentions


salariales plus faibles.
4. La détermination des prix - 20 -

• Nous nous intéressons ici à la relation entre le niveau courant des


prix (P) et les salaires (W).
• Point de départ : fonction de production H( ), très simplifiée, qui ne
dépend que du travail (N) et de l'état de la technologie (A) :
,
·
• Pour maximiser leurs profits, les entreprises en concurrence parfaite
visent l'égalité :
,
En concurrence parfaite, si ·
le salaire que les ·
entreprises doivent verser
1
est W, alors le prix P auquel productivité marginale
elles seront d'accord de du travail, PmN
vendre leur produit est
donné par cette formule.
4. La détermination des prix - 21 -

En réalité : pas de concurrence parfaite

Les entreprises pourront fixer un prix légèrement supérieur à


celui dicté par la concurrence parfaite.

1
1

m : mark-up

relation PS (price-setting)
1

Les décisions prises par les firmes quant à leurs prix et leur mark-
up déterminent le salaire réel qu’elles paient.
4. La détermination des prix - 22 -

La relation PS
Salaire réel, W/P

1 PS

Taux de chômage, u

• Selon PS, le salaire réel que les entreprises versent à leurs travailleurs :
dépend du mark-up (m) et de la productivité (marginale) du travail PmN
(ici: A). Car si m augmente les prix augmente et le pouvoir d achat baisse, on peut donc se permettre moins
ne dépend pas du taux de chômage.
5. Le chômage structurel et la production structurelle - 23 -

• Equilibre lorsque W/P est compatible à la fois avec :


WS PS
• W/P induit par les négociations salariales • W/P induit par la détermination des prix
• découle du pouvoir de négociation • découle de la maximisation du profit
,
1
Salaire réel, W/P

1 PS

WS

u*
Taux de chômage, u
5. Le chômage structurel et la production structurelle - 24 -

• Équilibre :

,
1
Salaire réel, W/P

1 PS :

WS : ,

un Taux de chômage, u

• L’équilibre reflète la structure de l’économie :


degré de concurrence entre entreprises (m)
productivité du travail (A)
système de protection des travailleurs et des chômeurs; législation (z)
• Taux de chômage à l’équilibre : appelé taux de chômage structurel ou
parfois, taux de chômage naturel (un).
5. Le chômage structurel et la production structurelle - 25 -

Effet d’une hausse des allocations chômage

Salaire réel, W/P

1 PS :

WS : ,

un u’n Taux de chômage, u

Une hausse des allocations chômage augmente z


WS glisse vers le haut
un augmente
Pretention de salaire haute -> liscenciements -> u augmente
5. Le chômage structurel et la production structurelle - 26 -

Effet d’une hausse du taux de marge (m)


Diminution de la concurrence entre entreprise ->
affaiblissement de la concurrence crée du chomage
Salaire réel, W/P

1
PS :
1 ′

WS : ,

un u’n Taux de chômage, u

Un relâchement du droit de la concurrence, qui augmente


le pouvoir de marché des entreprise fait augmenter m
PS glisse vers le bas
un augmente
5. Le chômage structurel et la production structurelle - 27 -
• L’équilibre du marché du travail implique un taux de chômage
structurel un et donc un niveau d’emploi structurel Nn :
Nn = L(1-un) L : population active
• Le niveau de production d’équilibre (ou production naturelle, Yn) est
donc :
,
·
• Le lien entre un et Yn est donc :
· 1

1
·
• Ainsi, la condition d’équilibre

,
1
peut être réécrite comme suit :

1 ,
· 1
5. Le chômage structurel et la production structurelle - 28 -

États-Unis, Australie, France, Suisse: taux de chômage observé (actual) et


taux de chômage structurel (natural), 1970-2015
United States Australia
10 12

9 10

8
8
7
6
6
4
5

4 2

3 0
70 75 80 85 90 95 00 05 10 15 70 75 80 85 90 95 00 05 10 15

Natural Actual Actual Natural

On observe qu’il tend à augmenter


France Switzerland
12 5

10
4

8
3
6
2
4

1
2

0 0
70 75 80 85 90 95 00 05 10 15 70 75 80 85 90 95 00 05 10 15

Natural Actual Natural Actual

Source: OCDE. (2015) Perspectives économiques n° 96 : Taux d'inflation non-accélérateur d'inflation (NAIRU) et taux de chômage. Téléchargé le 13 avril
2015 de http://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=EO. Calculs propres pour NAIRU USA 1970-1979.
Résumé et suite - 29 -

Pour résumer :
Lorsque le prix courant et le prix anticipé sont les mêmes
(P = Pe), donc sur le moyen terme, le taux de chômage, l’emploi et
la production sont à leur niveau structurel (WS/PS)
Quelle place pour ce modèle ?
À court terme, il n’y pas de raison que P = Pe et donc il n’y a pas
de raison que le taux de chômage et le niveau de production soient
à leur niveau structurel. À court terme, ces derniers sont
déterminés, entre autres, par les politiques monétaire et budgétaire
(IS/LM).
Aux chapitres suivants, on construira le modèle IS/LM/PC pour
décrire l’évolution à court terme et à moyen terme de la
production, du chômage et de l’inflation.