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Direction Technique/Centre Géotechnique

Guide de conception géomécanique


Sommaire
(Méthode empirique)

1- CARACTERISATION GEOMECANIQUE

1-1- Définition du problème

1-2- Collecte des données géomécanique

⇒ Levé de fissuration

⇒ Détermination des familles de fissure

⇒ Calcul de densité de fracturation

⇒ Les sondages géotechniques

2- METHODE DE CLASSIFICATION EMPIRIQUE

2-1-Méthode RMR

2-2 Classification du NGI

2-3- Méthode Mathews-Potvin

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Une caractérisation adéquat du massif rocheux en se basant sur les paramètres intrinsèques
du rocher (ouvrage souterrain), est un pré-requis essentiel à la prévision du comportement de la
masse rocheuse et au design du soutènement.
Ce guide de conception empirique du soutènement est conçu comme un support destiné aux
intervenants au contrôle du terrain des différents sites. Ce document traite en particulier les
méthodes empiriques de conception du soutènement et les étapes de collecte des données
géomécaniques (fissuration, caractéristiques mécanique, qualité du rocher...).
La méthode de classification la plus utilisé est la méthode de NGI, cette méthode permet de
classer le massif rocheux en se basant sur un index de qualité du rocher sont détaillé dans le
document suivant.

1- CARACTERISATION GEOMECANIQUE
Le schéma çi dessous montre le processus de dimensionnement du soutènement.

1-1- Définition du problème

Le massif rocheux, faisant l’objet de construction d’ouvrages d’exploitation souterraine,


contient toujours des défauts de diverses natures. Ainsi ces défauts peuvent être soit les diverses
discontinuités que comportent tous les massifs rocheux. Il s’agit notamment des fissures, failles,

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fractures, diaclases, et bien d’autres. De même, comme défaut, on peut citer les conditions
hydrogéologiques (présence de nappe d’eau) et la géomorphologie de la structure minéralisée
(forme, pendage,..)
Ainsi ces discontinuités géologiques font sentir leur présence de plusieurs manières. Elles
découpent les blocs de formes diverses, susceptibles de se détacher, de glisser ou de culbuter dans
les excavations. De plus, elles forment, dans leur ensemble, un réseau de fractures naturelles
permettant à l’eau de s’infiltrer, ce qui crée dans certaines conditions des pressions qui affaiblissent
le massif. Enfin, la qualité générale du milieu rocheux est déterminée, en partie tout au moins, par
l’orientation, la densité et les caractéristiques internes des discontinuités.
Ces paramètres influence la stabilité des excavations souterraines d’où, une méthode de
design du soutènement se repose sur une caractérisation adéquate de la masse rocheuse.

Figure 1 : caractéristiques importantes du massif rocheux

1-2- Collecte des données géomécanique

⇒ Levé de fissuration
Il existe de nombreuses recommandations pour effectuer un relevé avec des objectifs parfois
différents (relevé manuel ou endoscopique). Nous avons utilisé la méthode la plus courante et surtout
en concordance avec les outils de traitement disponibles .C’est une méthodologie simple permettant
une collecte rapide des données. Cette méthode est décrite pour effectuer des relevés dans une galerie
souterraine (figure2)

Figure2 : Image d’une galerie de mesure

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Ainsi pour effectuer le relevé, les opérations suivantes sont effectuées :
• Mesurer l’orientation de la galerie (ou direction des mesures) par rapport au Nord
magnétique ;
• Choisir un repère de coordonnés locales relié à la galerie tel que l’origine correspond à
l’accès de la galerie(Figure2.3), l’axe OX est pris le long de la galerie, l’axe OY à travers la
galerie et l’axe OZ dirigé vers le haut .
Ensuite pour chaque fissure :

• Noter dans le système local de coordonnées défini ci-dessus, les coordonnées d’un point
de la fissure repéré dans le parement gauche ou droit de la galerie. De cette manière la
distance du point de mesure au plan x=0 donne la coordonnée x, la demi largeur de la galerie
suivant le signe – ou + donne la coordonnée y et la hauteur par rapport au sol de la galerie
donne la coordonnée z ;
• Mesurer l’azimut et le pendage de la fissure. L’azimut est mesuré de 0° à 360° par rapport
au nord magnétique et le pendage de –90° à 90°. Le signe – correspond à un pendage à
gauche si on se met dans la direction de mesure de l’azimut ;
• Evaluer l’extension de la fissure suivant la classification suivante :
ƒ G : Grande extension : fissure très nette traversant la zone découverte et sa trace se
trouve dans les deux parements de la galerie ;
ƒ M : Moyenne extension : fissure nette traversant la zone découverte, mais on ne la
retrouve pas toujours dans les deux parements ;
ƒ P : Petite extension : fissure pas très nette, elle ne traverse pas toute la surface
découverte.
• Evaluer la rugosité suivant la classification suivante :
ƒ L : Lisse : la partie découverte représente un plan parfaitement poli ;
ƒ O : Onduleuse : la partie découverte représente des ondulations d’amplitude très
faible, mais d’extension centimétrique ;
• R : Rugueuse : la partie découverte représente des ondulations d’échelle millimétrique de
très faible amplitude.
• Evaluer la continuité suivant :
ƒ O : fissure continue à l’échelle de l’excavation ;
ƒ N : Il existe des ponts de matière.
• Evaluer le remplissage suivant la classification suivant :
ƒ N : sans remplissage ;
ƒ S : remplissage souple ;
ƒ C : remplissage cohérent.
ces données sont reporter le canevas suivant :

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Figure3 : Canevas des levés de fissuration

⇒ Détermination des familles de fissure


La projection stéréographique des familles de fissures (à l’aide de DIPS, Stéréo Net) permet de
donner la concentration des pôles de fissures, en se basant sur cette concentration des pôles on
définit les familles de fissures affectant le massif rocheux (figure 5).

Figure 6 : Représentation de la concentration des familles de fissures

⇒ Calcul de densité de fracturation

Les méthodes les plus couramment utilisées pour caractériser la densité de fracturation des
massifs rocheux sont basés sur l'observation des carottes d’exploration. Ces indices
unidimensionnels tel le Rock Quality Designation (RQD), Deere (1998), négligent la nature
tridimensionnelle du système de joints qui traverse la masse rocheuse, mais ils donnent une
idée générale sur la qualité du massive.
Les sondages carottés : sont utilisés afin d’obtenir des informations rigoureuses sur les
terrains traversés et d’identifier leur nature géotechnique (état de fracturation) (Figure 4)
Pour chaque sondage nous avons à déterminer :
ƒ Les cordonnées (X, Y, Z) du point initial.
ƒ La direction et le pendage.
ƒ Le début et la fin de chaque passe.
ƒ La longueur de la passe Lav.
ƒ La longueur récupérée Lr.
ƒ Le nombre de fractures Nf au niveau de la passe.
ƒ La longueur totale des carottes dépassant les 10 cm au niveau de la passe.
ƒ La longueur totale des carottes cylindriques au niveau de la passe.
Ainsi les paramètres géotechniques suivant sont nécessaires pour une bonne caractérisation
TCR, RQD et SCR :

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Total Core Recovery TCR : Il est donné par la formule suivante :

Rock Quality Designation RQD : Il est donné par la formule suivante :

Solid Core Recovery SCR : Il est donné par la formule suivante :

Figure 4 : Détermination de RQD (Deere 1998)

Le RQD est plus qu’une mesure générale de la fréquence des fractures puisque le calcul est relié
indirectement au degré d’altération du massif rocheux. Le RQD ne tient pas compte de l’épaisseur,
de l’orientation, de la continuité et la nature du remplissage des discontinuités.

⇒ Les sondages géotechniques


9 Applications
ƒ Investigation de piliers de surface
ƒ Projet sans affleurement
ƒ Peu de données provenant d'ouvertures souterraines
9 Principes
ƒ Identifier l'azimut de chaque carotte ;
ƒ L'orientation des structures peut ainsi être déterminée ;

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9 Méthodes
ƒ Instruments d'orientation (gyroscopes, tropari, etc.) ;
ƒ Prise de l'empreinte du fond du trou avec de la pâte à modeler.

Figure 5 : Mesure d’orientation et de pendage Orientateur du sondage géotechnique


a : représente l’angle maximum entre le pendage de la discontinuité et l’axe du forage ;
b : est l’angle linéaire entre le point le plus bas de l’ellipse de la discontinuité et le « dessus » du
forage.
Ces mesures permettent d’identifier les familles de fissure et leurs orientations, ainsi le levé des
RQD permet de préciser les différents domaines géomécaniques (figure6)

Figure 6 : Canevas de levé du sondage géotechnique

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Figure 6 : Exemple d’une interprétation d’un sondage géotechnique


2- METHODE DE CLASSIFICATION EMPIRIQUE
2-1-Méthode RMR
Les méthodes de classification géomécanique sont les outils de caractérisation du massif rocheux
les plus utilisés. Le système de classification RMR, Bieniawski (1974), a été introduit afin
d'offrir une méthode de caractérisation géomécanique principalement lors de l'excavation de
tunnels. Le RMR est évalué à l'aide de la relation suivante :
RMR =A+B+C+D+E-F

A : est le paramètre relatif à la résistance en compression uniaxiale du roc ;
B : est le paramètre relatif au RQD ;
C : est le paramètre relatif au plus petit espacement normal d'une famille ;
D : est le paramètre relatif à la rugosité et l'altération des discontinuités ;
E : est le paramètre relatif à la présence d'eau ;
F : est le paramètre relatif à l'orientation de la galerie vs. l'orientation de la famille
de discontinuités critiques.
Facteur A Facteur B

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Facteur C

Facteur D

Facteur E

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Facteur F

Les classes de la masse rocheuse déterminées par la valeur totale(RMR) Figure 7

Figure7 : Analyse de stabilité par le système RMR, Beniawski1989

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Beniawski(1989) suggère que l’on puisse aussi déterminer la pression et la longueur du


soutènement à partir du RMR.

Avec
g : Poids volumique
p : Portée de l’excavation
⇒ Longueur du câble=Ht +2m
⇒ Longueur du boulon= Ht +1m

Figure8 : Analyse de stabilité par le système RMR, Hutchinson et Diederichs(1996)

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2-2 Classification du NGI
La méthode de Barton est une classification empirique des massifs rocheux. Le principe de
cette classification consiste à noter la qualité du massif rocheux par l'intermédiaire de paramètres.
La qualité du massif rocheux est représentée par l'indice Q, calculé à partir de six paramètres.

Où :
Jn est un nombre caractérisant l’ensemble formé par les familles de joints.
Jr caractérise la rugosité des joints.
Ja caractérise l’altération des joints.
Jw est le facteur de réduction hydraulique des joints.
SRF est le facteur de réduction des contraintes (Stress Reduction Factor).
RQD est le Rock Quality Designation de Deere.

Barton et al. (1974) suggèrent que RQD/Jn est un indice du degré de fracturation et de la grosseur
des blocs qui constituent le massif, Jr/Ja correspond approximativement à la résistance au
cisaillement des discontinuités et Jw/SRF est le facteur permettant de tenir compte des contraintes
actives.

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La dimension équivalente d’une excavation est fonction de des dimensions et de l’usage qui en est
fait.
Elle est définie de la façon suivante :
l arg eur ou hauteur de l ' ouverture
Dimension equivalente =
ESR

Le coefficient ESR (Excavation Support Ratio) pour divers type d’ouvrage souterrains.
ESR (excavation support Ratio) c’est un facteur relié au degré de permanence d’une excavation, il
est inversement proportionnel au facteur de sécurité au sens large. Ainsi, plus l’ESR augmente,
mois la durée de vie est longue, et la notion de sécurité vise essentiellement le court terme.

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Figure 9 : Conception du soutènement par la méthode NGI

La détermination de la pression du soutènement corrélé à la valeur de Q est donnée dans le


tableau suivant :

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On peut déterminer la longueur et l’espacement des boulons selon les règles empiriques
proposé par Barton et al(1988) et la densité du boulonnage minimale nécessaire en galerie par la
relation empirique développé par Choquet et Charet(1988).

2-3- Méthode Mathews-Potvin


La méthode des abaques de stabilité constitue un moyen empirique de planifier la dimension
d’un chantier de type chambre vide. Elle tient compte des différentes caractéristiques du massif
rocheux, de la géométrie de l’excavation et de l’expérience des chantiers inclus dans la banque de
données. Un graphique permet d’identifier un indice de stabilité (N) en fonction d’un facteur
correspond à la forme et la dimension de la paroi étudiée.
Le procédé fut introduit en 1981 par Mathews et al. Ce dernier utilise le système de classification NGI
de Barton et al. (1974) et trois paramètres additionnels reliés aux conditions géotechniques du terrain
et à la géométrie des chantiers. La méthode fut par la suite raffinée et modifiée par Potvin(1988),
Nickson(1992) et Hadjigeoriou(1995). figure 9

Figure 9 : L’abaque de stabilité d’après Nickson(1992)

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Détermination de l’indice de stabilité N’

N’=Q*A*B*C
La méthode des abaques de stabilité utilise le concept de Q’.ce dernier se présente de la même
façon que Q mais en donnant 1comme valeur à SRF. En ce qui concerne le paramètre
hydraulique(Jw), l’ensemble de la banque des données conçus par Potvin(1988) représente une
condition de terrain sec.
Facteur A : Effet des contraintes de compression (Figure 10)
Le facteur A est représenté par le rapport de la compression uniaxiale du massif rocheux sur
la contrainte induite. La figure ci-dessous montre le rapport sc/si versus le facteur A. on définit la
contrainte induite comme étant la contrainte tangentielle et parallèle à la paroi étudiée. La valeur de
la compression uniaxiale peut être déterminée au laboratoire. En ce qui concerne la contrainte
induite, un modèle numérique (2D ou 3D) permet d’estimer cette dernière. Lorsque sc/si excède
10, le facteur A devient 1, la contrainte de compression n’affecte alors plus la stabilité. Si le rapport
sc/si est inférieur à 2, certains problèmes de stabilité peuvent survenir. Cependant, la limite
inférieur de facteur A est assujetti à 0.1.Une valeur de si en tension correspond à une contrainte
induite nulle et, par conséquent le facteur A devient 1.

Figure10 : détermination du facteur de contrainte


Facteur B : Effet du joint critique (Figure 11)
La valeur de B est fonction du joint critique. Ce paramètre permet de prendre en considération
l’orientation des joints, un critère qui est omis dans le système NGI. On définit le joint critique comme
étant la discontinuité ayant le plus faible écart entre le pendage(∅).

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Figure 11 : Influence du joint critique


Facteur C : Effet de la gravité

La gravité est la force agissante sur les blocs détachables. Potvin(1988) a démontré différents
modes de rupture pouvant survenir aux parois des chantiers. Ces derniers peuvent se résumer par
les trois types de rupture suivants :
ƒ Par gravité
ƒ Par flambage ou bien par détachement de dalles
ƒ Par glissement
Les cas de rupture par gravité et par flambage, ou par détachement de dalles sont grandement
dépendants de l’inclinaison de la paroi. Dans le cas d’un mode de rupture par glissement, l’effet de
gravité agit surtout le long de l’inclinaison du joint critique (figure 12). Ayant choisi le mode de rupture,
On détermine le facteur C (figure 13).

Figure 11 : Représentation de l’effet de l’inclinaison du joint critique

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Figure 12 : Détermination du facteur C

Pour tenir Compte de l’effet de la forme et de la dimension du chantier, on utilise la notion du


rayon hydraulique, qui est défini comme étant le rapport de l’aire sur le périmètre. Ce facteur permet
facilement d’analyser un chantier plan par plan, Milne(1997) a proposé de remplacer le rayon
hydraulique par un facteur de forme RF qu’il définit comme la moitié d’un rayon harmonique. Ce
facteur de forme est calculé en plusieurs points de la surface, puis le facteur de forme final est
calculé en faisant la moyenne de tous les facteurs de formes obtenus. donc on arrive à caractériser
plus précisément les surfaces complexes.

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