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CHAPITRE -I-

Introduction Générale sur les Milieux Poreux

I.1. : MILIEU POREUX


Les milieux poreux désignent les matériaux constitués de particules imbriquées les unes sur les
autres de manière à laisser des vides entre elles, ces vides sont appelés « pores ». Les pores
peuvent être occupés par un fluide, tel que les gaz comme l’air ou le méthane, ou bien des
liquides comme l’eau et les hydrocarbures. Les fluides peuvent écouler librement à travers ces
pores.
Certains matériaux naturels inertes ou vivants sont des milieux poreux. Des formations naturelles
comme les sols, les couches sédimentaires, la plus part des roches constituent des exemples de
milieux poreux inertes. Les végétaux comme les troncs de palmiers dattiers, ou du Liff sont aussi
des matériaux poreux. Un matériau poreux peut être élaborer artificiellement suivant un
processus de fabrication bien déterminé selon une finalité bien définie, soit pour une opération de
filtrage, soit pour apporter des propriétés macroscopiques particulières, pour divers besoins
industriels ou domestiques(améliorer l’isolation thermique pour la mousse isolante).

(a) (b)

(c) (d)
Figure 1: Exemples de milieux poreux :(a) –éponge synthétique, (b)-mie de pain, (c)-roche,
(d) - micrographie par MEB d’un matériau élaboré au laboratoire.

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I.2. : PORES
Un pore est une cavité fermée ou ouverte et plus profonde que large. La largeur d'un pore est sa
dimension la plus faible ou limitante.
Les pores peuvent être aussi des fissures naturelles ou accidentelles formées dans le matériau
suite à certaines transformations mécaniques ou géochimiques.

Les différentes classes de tailles de pores


On définit selon la nomenclature IUPAC les différentes classes de pores suivantes [1]:

On distingue deux classes de pores : les pores d’interstice et les pores de fissures.

Figure 1: (a)-Pores d’interstice, (b)- Pores de fissure.

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Dans le contexte de l'exploitation de ressources souterraines on distingue :
a. porosité fermée (occluse): c'est la porosité des pores non accessibles par les agents
extérieurs (inutilisables pour l'exploitation de la ressource);
b. porosité libre : par opposition à la porosité fermée (occluse), c'est la porosité des pores
accessibles par les agents extérieurs (exploitable);
c. porosité piégée : c'est une porosité libre ne permettant pas la récupération des fluides
piégés extérieurs (exploitable);
d. porosité utile : c'est la porosité qui permet la récupération de la phase piégée extérieurs
(exploitable) (terme principalement utilisé par les pétroliers) ;
e. porosité totale : c'est la somme de toutes les porosités ;
f. porosité efficace : un terme surtout employé en hydrogéologie, qui caractérise le réseau de
pores où l'eau circule, peut être récupérée.

Les roches poreuses


Les roches poreuses peuvent capter et stocker différents fluides. On les appelle les « roches
réservoirs ». Ces fluides peuvent être du gaz naturel, du pétrole ou du bitume ou de l'eau; Les
réservoirs peuvent être naturels (réserves de pétrole ou de gaz) ou artificiels, les fluides sont
injectés par l'homme (stockages souterrains).
Types de pores dans les roches
Les types de pores clastiques et carbonatés de base peuvent être identifiés en intégrant des
données provenant des descriptions de base, de la pétrographie en coupe mince, de la
microscopie électronique à balayage et des tests de pression capillaire. Ces analyses indiquent
qu'il existe des différences significatives entre les types de pores clastiques et carbonés.
Systèmes de pores de grès
Quatre types de porosité de base peuvent être reconnus dans les grès: (1) intergranulaire
(primaire), (2) microporosité, (3) dissolution (secondaire), et (4) fracture (figure 2). La porosité
intergranulaire existe en tant qu'espace entre les grains détritiques.
La microporosité existe sous forme de petits pores (moins de 2 μm) communément associés aux
minéraux argileux détritiques et authigènes. La porosité de dissolution est l'espace poreux formé

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par la dissolution partielle ou complète des grains de charpente et / ou des ciments. La porosité de
fracture est l'espace vide associé aux fractures naturelles.

Systèmes de pores de carbonate


En comparaison avec les systèmes de pores clastiques, les types de pores dans les roches
carbonatées sont plus variés. Trois groupes de pores basiques peuvent être reconnus: tissu
sélectif, non sélectif vis-à-vis du tissu et sélectif du tissu (Tableau 1 et Figure 3). Sept types de
porosité (interparticulaire, intraparticulaire, intercristallin, moldic, fenestral, fracture et vugs) sont
communs et volumétriquement importants.

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Table 1 Carbonate pore types
Type de Pore Description
Tissu sélectif
Interparticule Porosité entre les particules
Intraparticule Porosité dans les particules individuelles ou les grains
Intercristal Porosité entre les cristaux
Moldic Porosité formée par l'enlèvement sélectif d'un constituant individuel de la roche
Fenestral Pores plus gros que les interstices supportés par les grains (interparticule)
Abri Porosité créée par l'effet d'abri de grosses particules sédimentaires
Structure de croissance Porosité créé par la croissance en place d'une structure de roche carbonatée
Pas de tissu sélectif
Fracture Porosité formée par fracturation
Canal Des pores nettement allongés
Pores de plus de 1/16 mm de diamètre et de forme légèrement équante(de manière à avoir
Vug
une forme à peu près cubique ou sphérique)
Caverne Très grand canal ou vug
Tissu sélectif ou Pas de tissu sélectif
Brèche(Breccia) Porosité interparticulaire en brèche
Alésage (Boring) Porosité créée par l'organisme (dégradant)
Terrier (Burrow ) Porosité créé par organisme fouisseur
Retrait(Shrinkage) Porosité produite par le retrait des sédiments

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I.3. : PARAMETRES DES MILEUX POREUX
I.2.1 : Volume
Le volume d’un milieu poreux est occupé essentiellement par la matrice solide (particules
solides) qui possède des vides entre ses particules (pores). Les pores d’un milieux poreux peuvent
vides ou bien remplies par un ou plusieurs fluides ( liquide ou gaz). Un sol peut contenir de l’eau
et de l’air.

Figure 2: Différents volumes constituants un milieu poreux.

VS :Volume des particules solides


VP :Volume des pores ( du vide)
VT :Volume total du milieu poreux
Vg : Volume de la part gazeuse du milieu poreux
Vl : Volume de la part liquide du milieu poreux
I.2.2 : Poids
Le poids d’un milieu poreux est la somme des poids de ses constituants.
PS : Poids des particules solides (matrice solide)
Pf : Poids des constituants fluides (les liquides ),
étant donné que le poids des gaz est négligeable.
I.2.3 : Poids volumique des milieux poreux
Le poids volumique total est le rapport entre le poids de l’ensemble des composants du milieux
poreux avec le volume total de ce milieu. On distingue deux définitions :
I.2.3.1 : Poids volumique total ou apparent

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a. Poids volumique total (ou apparent) humide
Le milieu contient un liquide (l’eau par exemple), on parle alors de poids volumique humide, et
on écrit la relation suivante :
Pl  Ps
h   N . m 3  (1.1.1)
VT

b. Poids volumique total (ou apparent) sec


Si le milieu est sec, le poids mesuré est celui des particules solides seulement, puisque celui des
gaz est négligeable devant le reste des composants.
Ps
 sec   N . m 3  (1.1.2)
VT
I.2.3.2 : Poids volumique absolu ou des grains (particules)
C’est le rapport entre le poids réel du milieu ( grains solides secs) avec le volume total des
particules solides de celui-ci. Ce paramètre indique une propriété liée au caractère intrinsèque des
milieux poreux.
Ps
 s .abs .   N . m 3  (1.1.3)
Vs

I.2.4 : teneur en liquide (en eau)


La teneur en liquide est le rapport entre le poids du liquide (eau) et le poids total des particules
solides.
Pl
 100 % (1.1.4)
Ps

I.2.5 : Porosité
La porosité détermine la capacité de stockage du réservoir. Il est défini comme le rapport de
l'espace vide, communément appelé volume des pores, au volume en vrac et est rapporté en
fraction ou en pourcentage. Cette capacité est dite « capacité d’absorption ». La capacité
d’absorption dépend du taux du vide.
Presque tous les réservoirs d'hydrocarbures sont composés de roches sédimentaires dans
lesquelles les valeurs de porosité varient généralement de 10 à 40% dans les grès et de 5 à 25%
dans les carbonates.

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Vu l’importance de ce paramètre de porosité dans la texture des milieux poreux et son impact sur
les phénomènes liés à la cinétiques des fluides dans un milieu poreux, on peut distinguer
plusieurs types de porosités :
I.2.5.1 : Porosité géométrique ou porosité totale 
La porosité est définie comme le rapport entre le volume des vides (pores) et le volume total, elle
est exprimée par la relation suivante :
Volume des pores V pores (vide )
   % (1.1.5)
Volume total VT

I.2.5.2 : porosité efficace ou porosité cinématique e

a. Porosité efficace
La porosité efficace est celle occupée par le liquide qui s’écoule (écoulement de l’eau : point
d’intérêt pour les hydrogéologues). La définition exacte de la porosité est le rapport du volume du
liquide (eau) qui est extrait par la gravité et le volume total du milieu, il faut noter que le milieu
doit être initialement saturé en liquide.
Volume du liquide extrait par gravité V g
e    % (1.1.6)
Volume total VT
b. Porosité cinématique
Conceptuellement, la porosité cinématique est proche de la porosité efficace néanmoins elle en
diffère par sa définition. La porosité cinématique est le rapport de la vitesse d’écoulement du
fluide (eau) avec la vitesse de Darcy.

Vitesse d'écoulement v é
C    %
V itessedeDarcy vD

c. Porosité de drainage d
La porosité de drainage est définie comme étant la fraction de la porosité qui correspond à un
écoulement rapide. Elle est souvent confondue avec la porosité efficace.

d. Porosité de rétention rét .


Selon De Marsily (1981), la porosité de rétention est la complémentaire de la porosité de
drainage par rapport à la porosité totale, donc on peut dire que la porosité de rétention est la

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différence entre la porosité totale et la porosité de drainage. Elle représente la partie du volume
des vides non drainés. La porosité de rétention est exprimée par la relation suivante :

rét .    d  % (1.1.7)

I.2.6 : Indice du vide e


C’est le rapport entre le volume du vide (des pores) et le volume des particules solides (grains).
Volume total des pores (vide) V pores
e  (1.1.8)
Volume des particules solides V s

I.2.7 : degré de saturation S r


Il exprime la quantité du liquide (eau) par rapport au volume total des pores (vide).
V l (eau )
 %
Volume du liquide (eau)
Sr   (1.1.9)
Volume total des pores (vide) V pores (vide )

Si Sr =1 100 %   milieu saturé .


Si 0 Sr 1 0 % Sr 100 %   milieu partiellement saturé .
Si Sr = 0  0 %   milieu sec.

I.2.8 : perméabilité
La perméabilité est la capacité d'une couche de roche à transmettre de l'eau ou d'autres fluides,
tels que du pétrole. La perméabilité relative est un rapport sans
dimension qui reflète la capacité du pétrole, de l'eau ou du gaz à
se déplacer dans une formation par rapport à celle d'un fluide
monophasé, généralement l'eau. Si un seul fluide se déplace dans
la roche, sa perméabilité relative est de 1,0. Deux fluides ou plus
empêchent généralement l'écoulement à travers la roche par
rapport à celui d'une seule phase de chaque composant.
La loi de Darcy provient de l'interprétation des résultats de
l'écoulement de l'eau à travers un appareil expérimental,
représenté sur la figure 1.

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Dans cette expérience, l'eau a pu s'écouler vers le bas à travers le sable contenu dans un cylindre
de fer. Les manomètres situés aux extrémités d'entrée et de sortie ont mesuré les pressions de
fluide, qui étaient ensuite liées aux débits pour obtenir la loi fondamentale de Darcy.
 P
v  (pour un écoulement linéaire) (1.1.10)
 x

La perméabilité fait partie de la constante de proportionnalité de la loi de Darcy qui relie la


décharge (débit) et les propriétés physiques des fluides (par exemple la viscosité) à un gradient de
pression appliqué aux milieux poreux:
x
  v . . (1.1.11)
P
où:
v est la vitesse d'écoulement du fluide superficiel à travers le milieu (c'est-à-dire que la vitesse
moyenne est calculée comme si le fluide était la seule phase présente dans le milieu poreux)
(m / s)
κ est la perméabilité d'un milieu (m2)
μ est la viscosité dynamique du fluide (Pa.s)
ΔP est la différence de pression appliquée (Pa)
Δx est l'épaisseur du lit du milieu poreux (m)

I.4. : DEFINITION DES SOLS


Le sol est la couche superficielle, meuble, de la couche terrestre d’épaisseur variable, qui résulte
de l’altération des roches sous-jacentes (roches-mères) et de la dégradation des matières
organiques, sous l’influence d’agents biologiques (végétation, faune du sol), chimiques et
physiques (précipitation, variations de température, variations de pression).
Le sol est milieu poreux à trois phases : agrégats de particules minérales dont les vides peuvent
être remplis de fluides (eau, huiles, air,…). On distingue en général :

I.3.1 : La phase solide ou squelette


La phase solide (ou encore le squelette) est constituée de particules qui sont des résidus de
l’altération de différents types de substrats, et ce sont des corps formés de particules solides non
cimentées, de composition minéralogique très variée qui dépend directement de celle de la mère,

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s’ils ne sont pas soumis à des altérations qui peuvent toucher leur composition chimique. Ces
particules sont souvent classées en quatre catégories selon leur composition, mode de formation
et cause de formation : -minéraux primaires, -minéraux secondaires, -sels et -matières
organiques

I.3.1.1 : Minéraux primaires


Ce sont des minéraux résiduels qui ont échappé à l’altération parce qu’ils stables, ils
conservent la composition minéralogique et géochimique des matériaux parents ou instables
n’ayant pas subi suffisamment les effets de l’altération. Comme le quartz ; les feldspaths et les
micas, qui se retrouvent dans diverses fractions granulométriques, et sont les minéraux primaires
les plus abondants dans les sols. Ils peuvent résulter d’une simple érosion des substrats avec tris
granulométriques au cours du transport, surtout par l’eau, et au cours de la sédimentation. Cette
catégorie de minéraux se retrouve souvent dans les sols granuleux : sables grossiers, graviers,
calculs,…

I.3.1.2 : Minéraux secondaires


Ils résultent de la transformation (ou dégradation) géochimique et impliquent donc un
changement de statut minéralogique aux dépens des minéraux primaires, accompagné d’une
réduction de taille.
Ils comprennent divers types de minéraux argileux (simples ou inter-stratifiés). Les minéraux
argileux se cantonnent dans une gamme granulométrique comprise entre le micron et quatre
microns.
I.3.1.3 : Les sels solubles
Les solutions qui résultent de l’altération par hydrolyse transportent des éléments chimiques
actifs tels que (K, Na, Ca, Mg). Soit ces éléments quittent définitivement les sites de l’altération,
soit ils y demeurent en constituant de nouvelles phases minérales (carbonates, sulfates,
chlorates,…). Les carbonates peuvent jouer un rôle de ciment temporaire ou définitif scellant les
minéraux argileux. Les éléments tels que le potassium(K) ou le sodium (Na) peuvent aussi
subsister dans ou à proximité des minéraux argileux. Par conséquent, ces sels peuvent influencer
fortement le comportement hydromécanique des sols.
I.3.1.4 : Les matières organiques

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Elles résultent de la transformation hydrologique ou biologique des résidus végétaux à la
surface des sols. Ces résidus peuvent être réincorporés plus bas dans le matériau argileux du sol.
La matière organique, à raison de quelques pour-cent, peut être présente dans les sédiments. Elle
se caractérise par une forte capacité de rétention d’eau et par là agit sensiblement sur le
comportement géo-mécanique d’un matériau argileux.
I.3.2 : La phase liquide
Constituée par l’eau qui occupe les vides de l’agrégat. Si tous les vides sont remplis d’eau, le sol
est saturé ; sinon, il est non saturé ; Les interstices du squelette solide sont occupés en partie ou
en totalité par de l’eau. Cette eau n’est en général pas pure : elle contient des électrolytes
dissociés en cations et anions (son pH est alors acide ou basique), des matières organiques en
suspension et dans certains cas des gaz dissous.
L’eau a un effet considérable sur le comportement des sols et le schéma (Figure 5 ) ci-dessous
montre les diverses formes de l’eau présente dans le sol.

Figure 3: Différents états de l’eau dans le sol.

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Figure 4: Eau dans les sols.

L’eau interstitielle est l’eau présente dans les pores du sol. Son état, ses caractéristiques physico-
chimiques, ses interactions avec les autres phases du sol, etc., influencent fortement les propriétés
mécaniques de résistance, l’état de plasticité, la résistance au frottement, la consistance,…

I.3.2.1 : Eau de constitution


L’eau de constitution se trouve dans la structure du minéral à une position fixe, soit sous

forme d’ions OH  et H  , soit sous forme de molécules H 2O (Tableau I.1)


Elle fait partie de la composition chimique du minéral. En général, ce type d’eau influence
peu le comportement du sol, sauf lorsqu’il est soumis à une température très élevée : si la
température est supérieure à 400 °C.

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Tableau I. 1 Minéraux hydraté
Minéral Formule
Rhomboclase HFe(SO4)2·4(H2O)
Ardealite Ca2(SO4)(HPO4)·4(H2O)
Dittmarite (NH4)Mg(PO4)·(H2O)
Stercorite (NH4)NaH(PO4) · 4 H2O
Guerinite Ca5(AsO3OH)2(AsO4)2·9(H2O)
Forbesite H(Ni,Co)AsO4·3¹/₂H2O
Picropharmacolite Ca4Mg(AsO3OH)2(AsO4)2·11H2O
Chudobaite (Mg,Zn)5(AsO3OH)2(AsO4)2·10(H2O)
Thaumasite Ca3Si(OH)6(CO3)(SO4)·12H2O
Pintadoite Ca2V2O7·9(H2O)
Hewettite CaV6O16·9(H2O)
Natrium-Hewettite (Na,K)2CaV6O16·9(H2O)
Sabugalite (AlH)0,5[UO2|PO4]2 · 8H2O
autunite Ca(UO2)2(PO4)2· 11H2O
Trögerite (H3O)(UO2)(AsO4) · 3H2O
Montmorillonite (Na,Ca)0,3(Al,Mg)2Si4O10(OH)2 · n H2O
Rösslerite Mg(AsO3OH)·7(H2O)

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I.3.2.2 : Eau adsorbée
* La pression hydrostatique exercée
Une autre fraction de l'eau est fortement adsorbée à par une colonne d'eau de 10 mètres
la surface des colloïdes minéraux et organiques (argiles, de hauteur est de 1 atmosphère.
Lorsqu'un arbre de 10 mètres de
humus)(surtout dans les particules fins), mais aussi sur hauteur veut faire monter de l'eau
divers autres minéraux. Les forces électrostatiques et jusqu'aux feuilles au plus haut de son
cimier, il faut qu'il exerce une
les forces d’attraction moléculaire qui lient cette pression de succion de 1 atmosphère.
fraction de l'eau avec les particules du sol sont Puisque les plantes ne peuvent pas
exercer des pressions supérieures à
supérieures à la force de succion des racines des plantes 12 atmosphères leur permettant
(12 atm.*).Elle a une viscosité élevée et ne transmet pas d'utiliser l'eau adsorbée, cela revient
à dire qu'aucun arbre actuel ne
les pressions. Cette eau ne peut donc pas être utilisée pourrait faire monter de l'eau jusqu'à
par les plantes. Mais cette eau peut être sollicitée par leurs feuilles si celles-ci sont situées
à plus 120 mètres du sol. Cela se
les phénomènes d'évaporation directe. confirme puisqu'on ne connaît pas
beaucoup d'arbres qui atteignent ou
dépassent cette taille.
I.3.2.3 : Eau capillaire
Une troisième fraction de l'eau constitue ce que l'on appelle l'eau de rétention capillaire. Cette
eau constitue des films dans les microporosités du sol. Que l’on rencontre dans les sols non
saturés et qui se maintient au contact des particules solides dans les canaux les plus fins du sol,
sous l’action des tensions superficielles qui prennent naissance à l’interface eau-air ; malgré la
pesanteur, cette eau ne peut s’écouler librement.
Les forces qui lient cette eau sont inférieures à 12 atmosphères, ce qui veut dire que les plantes
peuvent mobiliser cette eau au niveau de leurs racines. Naturellement, cette eau peut être
évaporée. Mais les forces exercées par la pesanteur sont trop faibles pour la percoler. Cette eau ne
participe donc pas à l'approvisionnement des nappes.
En outre, pour que cette eau soit mobilisable par évaporation ou par les plantes, il faut que la
continuité des films capillaires soit conservée. Diverses pratiques culturales comme le sarclage
(diminution du nombre des racines des adventices évapotranspirantes) ou le binage, sont des
moyens connus, probablement depuis les débuts de l'agriculture, qui, en introduisant des
discontinuités dans les films capillaires du sol, diminuent considérablement les phénomènes
d'évapotranspiration et maintiennent au plus haut niveau possible cette fraction capillaire que l'on
appelle aussi réserve hydrique du sol.

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I.3.2.4 : Eau libre
La quatrième fraction est constituée par l'eau gravitaire ou eau libre. Cette eau remplit les
macroporosités du sol. Les forces qui lient cette eau aux minéraux du sol sont trop faibles pour
s'opposer à l'action de la pesanteur. Cette eau va donc s'infiltrer et percoler jusqu'à ce qu'elle
rencontre un niveau de roches plus imperméables. Là, l'eau va s'accumuler en saturant le niveau
de roches sus-jacent en constituant un aquifère (nappe phréatique quand l'aquifère est
suffisamment proche de la surface pour être accessible par le creusement d'un puits). Cette
fraction de l'eau est appelée réserve hydrologique du sol.

I.3.3 : La phase gazeuse


Dans le sol non saturé, une partie des vides de l’agrégat est remplie par du gaz,
essentiellement de l’air. Dans les sols non saturés, la phase gazeuse est présente dans tout ou
partie des pores sous forme d’un mélange d’air, de vapeur d’eau, de gaz carbonique et d’autres
gaz. Les sols saturés peuvent aussi contenir du gaz, mais sous forme de bulles ou en dissolution
dans l’eau.

I.4. : ECOULEMENTS DANS LES SOLS SATURES


Deux descripteurs sont importants pour comprendre les mécanismes de circulation de cette
fraction de l'eau dans les profondeurs des roches : la porosité et la perméabilité.
La porosité traduit le volume d'eau qu'un certain volume de roche peut contenir. Il convient
de distinguer les roches meubles des roches compactes. Ainsi un décimètre cube de sable peut
être facilement saturé par un peu plus d'un demi-litre d'eau, alors qu'un mètre cube de granite,
sans aucune diaclase, sera totalement imperméable. Ce ne sera pas vrai pour un volume plus
important de granite.
Ainsi, dans un cube de granite de quelques dizaines de mètres d'arête, le nombre de diaclases
sera assez important pour contenir quelques dizaines de litres d'eau, ou davantage selon la
compacité de la roche. Les mylonites, (granites broyés), par exemple, peuvent contenir près d'une
centaine de litres d'eau par mètre cube de roche. D'une manière générale, les roches meubles sont
poreuses en petit et les roches compactes poreuses en grand. Les calcaires sont des roches sans
porosité. L'eau ne circule dans ces roches qu'à la faveur de réseaux de galeries ouvertes par

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dissolution de la roche par les acides carboniques contenus par les eaux de pluie (réseaux d'eau
souterraine de type karstique).
La perméabilité traduit la capacité que la roche possède de restituer l'eau qu'elle a
accumulée dans ses porosités. La perméabilité s'annonce le plus souvent en volume d'eau
restituée par unité de temps (débit naturel au captage) ou encore en distance parcourue par l'eau
par unité de temps (vitesse d'écoulement de l'eau dans l'aquifère). La perméabilité d'une roche
dépend de nombreux facteurs : la nature de sa porosité (macro ou microporosité) et surtout de la
richesse en éléments fins, surtout de nature colloïdale, contenus dans la roche. En effet, la
présence d'éléments fins crée une microporosité réduisant le volume possible d'eau gravitaire et
surtout augmente la part d'eau adsorbée qui ne peut plus percoler.

Ainsi, un mètre cube d'argile sèche possède une porosité susceptible de recevoir près de 500
litres d'eau. Mais une fois imbibée, cette argile n'en restituera guère plus de deux ou trois litres, à
la condition d'être très patient.

Types de roches Perméabilité


Porosité [L/m3] Eau mobile [L/m3]
poreuses [m / J]
Sables et graviers 200 - 400 150 - 250 1000 - 10
Sables fins, limons 300 - 350 100 -150 100 - 0.1
Arènes granitiques 100 - 200 10 - 50 1- 0.001
Sables argileux 100 - 200 10 - 50 1 - 0.001
Argiles 400 - 500 10 - 20 0.01 - 0.00001

Types de roches Perméabilité


Porosité [L/m3] Eau mobile [L/m3]
fissurées [m / J]
Calcaires, dolomies 10 - 100 10 - 50 1000 - 0.1
Craie 100 - 400 10 - 50 100 - 1
Grès, conglomérats 50 - 250 20 - 150 1000 - 0.1
Schistes 10 - 100 1- 20 0.01 - 0.00001
Granites 1 - 50 1 - 20 1 - 0.00001

Reference

1. Everett, D.H., Manual of Symbols and Terminology for Physicochemical Quantities and
Units, Appendix II: Definitions, Terminology and Symbols in Colloid and Surface
Chemistry, in:"Third National Conference on Analytical Chemistry, Brasov, Romania,
22–26 September 1971". Pure and Applied Chemistry, 1972. 31(4): p. 577-638.

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