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LES ENNEMIS DES CULTURES

CEREALIERES
OLEAGINEUSES
SUCRIERES
AU MAROC

Dr SAREHANE Mohammed

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SOMMAIRE

A/ INTRODUCTION 3
B/ IMPORTANCE ECONOMIQUE DES CULTURES SPECIALES AU MAROC 3
B.1 Les cultures céréalières 3
B.2 Les cultures oléagineuses 6
B.3 Les cultures sucrières 9
C/ LES PRINCIPAUX RAVAGEURS DES CEREALES AU MAROC 11
C1. Les ravageurs du Blé 11
C1.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs des céréales au Maroc 11
C1.2 Les ravageuses clefs du Blé 11
C.2 Les ravageurs du Maïs 18
C2.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs du Maïs 18
C2.2 Les ravageuses clefs du maïs 18
D/ LES PRINCIPAUX RAVAGEURS DES OLEAGINEUSES AU MAROC 23
D1. Les ravageurs du Tournesol 23
D1.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs du Tournesol 23
D1.2 Les ravageuses clefs du Tournesol 23
D2. Les ravageurs du Colza 30
D2.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs du Colza 30
D2.2 Les ravageurs clefs du Colza 3
E/ LES PRINCIPAUX RAVAGEURS DES CULTURES SUCRIERES AU MAROC 35
E1. Les ravageurs de la canne à sucre 35
E1.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs de la canne à sucre 35
E1.2 Les ravageuses clefs de la canne à sucre 3
E2. Les ravageurs de la betterave sucrière 40
E2.1Tableau récapitulatif des principaux ravageurs de la betterave sucrière 40
E1.2 Les ravageuses clefs de la canne à sucre 40

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A/ INTRODUCTION

Ce cours est l’un des outils permettant aux étudiants de la quatrième année Horticulture-Phytiatrie
du CHA et futurs Ingénieurs d’acquérir des connaissances utiles pour la protection des principales
cultures spéciales (Cultures céréalières ; cultures Oléagineuses et les cultures sucrières) cultivées au
Maroc.

Une partie du cours a été consacrée à l’importance économique des cultures étudiées.

A chaque fois et pour chaque groupe de culture j’ai cité au sein d’un tableau les arthropodes nuisibles
suivi d’un texte détaillant la description, la biologie, les dégâts et les méthodes de lutte contre le
ravageur en question.

B/ IMPORTANCE ECONOMIQUE DES CULTURES SPECIALE AU MAROC

B.1 Les cultures céréalières

B1.1 Aperçu sur la filière

La filière céréalière occupe une place déterminante dans l'économie agricole marocaine, et ce à
plusieurs niveaux notamment socio-économiques :

 10 à 20 % du PIB agricole avec de fortes fluctuations en fonction de la pluviométrie ;

 75% de la SAU (y compris les fourrages), les céréales d'automne occupent en moyen 5 millions
d'hectares ;

 83 millions de quintaux de production des céréales (moyenne 2008-2018) ;

 55% des besoins en céréales couverts par la production locale (moyenne 2007-2017) ;

 96,8 millions de quintaux en 2017-2018, dont 50% de blé tendre ;

 200 kg de consommation de blé/habitant/an : 3 fois plus que la moyenne mondiale ;

 Culture prédominante pour la quasi-totalité des exploitations agricoles ; Interdépendances


majeures avec les filières animales en raison de l'importance des céréales destinées à
l'alimentation animale (orge et sous-produits).

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Source : MAPMDREF

Evolutions de la filière

Depuis le lancement du Plan Maroc Vert, la production céréalière s'est inscrite dans un trend
haussier sur les 9 dernières années, excepté la campagne 2015-2016 caractérisée par un important
déficit pluviométrique.

La superficie emblavée par les céréales fluctue d'une année à une autre, en fonction des conditions
climatiques. Elle est en moyen estimée à 5 millions d'ha.

Source : MAPMDREF

Source : MAPMDREF

Source : MAPMDREF

Durant les 10 dernières années et à la veille de l'échéance du plan Maroc vert, la productivité et les
rendements des céréales ont connu des records historiques (114 et 102 millions de quintaux
respectivement en 2015 et 2018. Aussi, le rendement moyen s'est amélioré de e 21,5% par rapport à
la moyenne des rendements de céréales pendant les bonnes saisons pluviométriques au cours des dix

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dernières années. Comparé au rendement moyen céréalier des meilleures années pluvieuses de la
décennie d'avant le Plan Maroc Vert, ce rendement est 71% supérieur (soit 13,4 qx/ha contre 22,9
qx/ha).

Ce résultat témoigne de la percée et l'étendue des progrès techniques généralisés au niveau des
exploitations agricoles céréalières après 10 années de mise en œuvre du PMV ainsi que les grandes
capacités d'intervention développées pendant cette période chez les agriculteurs, en raison,
notamment de l'utilisation des intrants de qualité (semences sélectionnées et engrais) et
l'amélioration enregistrée au niveau de la mécanisation.

Régions de production

Les céréales sont pratiquées dans les différentes zones agro-climatiques du pays en assolement avec
d'autres cultures annuelles représentées essentiellement par les légumineuses, les cultures
industrielles et les cultures fourragères. Les principales régions de production se situent dans les
zones pluviales des plaines et plateaux de Chaouia, Abda, Haouz, Tadla, Gharb et Saïs où la grande
majorité des exploitations pratique la céréaliculture quelle que soit leur taille.

Source : MAPMDREF

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Source : MAPMDREF

B.2 Les cultures oléagineuses

Aperçu sur la filière

Les graines oléagineuses permettent de produire des huiles, l'une des denrées alimentaires de base
dans la consommation humaine, et de fournir des tourteaux qui sont des sous-produits riches en
protéines nécessaires pour l'alimentation du bétail, notamment pour la volaille industrielle.

Les principales espèces oléagineuses annuelles cultivées au Maroc sont le tournesol, le colza, et
l'arachide. Le tournesol constitue la principale culture oléagineuse avec toutefois des fluctuations
importantes de superficies du fait que la culture est considérée par les agriculteurs comme une
spéculation de substitution aux cultures d'hiver, en cas d'inondations ou de sécheresse. La superficie
moyenne de tournesol est de 44.000 ha.

L'importance relative de l'arachide est diminuée par le fait que la production de cette espèce est
plutôt destinée à la consommation de bouche qu'à la production d'huile.

La culture du colza s'impose de plus en plus aujourd'hui en tant que l'une des composantes
principales de la filière oléagineuse au Maroc. Plusieurs recherches en matière d'amélioration
génétique et culturale du colza ont été menées pour le développement de cette culture, d'où la
réintroduction du colza au Maroc (région de Casablanca-Settat) conformément aux objectifs du Plan
Maroc Vert et aux dispositifs du contrat programme.

Evolution de la filière

Depuis 2012, la filière oléagineuse a enregistré une évolution de la productivité moyenne annuelle de
57%, ainsi, la production du tournesol est passée de 19.000 tonnes en 2012 à 38.000 T pendant la
campagne 2017-2018. La production de l'arachide quant à elle est passée de 39.000 T à 32.000T.

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La superficie du tournesol reste souvent très variable puisqu'elle est pratiquée généralement en
alternative lorsque les conditions climatiques notamment l'excès d'eau ou la sécheresse du début du
cycle affecte la saison céréalière. Cette superficie peut atteindre plus de 50.000 ha.

Pour l'arachide, la superficie reste globalement stable et vient en rotation avec d'autres cultures de
printemps.

Prévu dans le contrat programme signée avec la profession, le colza est en cours d'introduction dans
l'assolement, notamment dans les régions du centre.

Source : MAPM/DSS

Source : MAPM/DSS

Transformation et valorisation

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Les besoins du Maroc en huile et en tourteaux s'élèvent annuellement à près de 8 milliards de DH. En
effet, le marché marocain du tourteau est compris entre 900.000 et 1 million de tonnes et le marché
des huiles de table est de l'ordre de 400.000 à 430.000 tonnes.

Les huiles de table embouteillées sont le segment prépondérant avec un taux qui varie entre 65 et
75% du volume global. Sur les 5 entreprises opérant dans le secteur des huiles de table au Maroc, 3
entreprises s'accaparent 98% du marché.

Organisation

La filière est regroupée au sein de la Fédération Interprofessionnelle des Oléagineux (FOLEA) qui a
pour mission d'organiser la filière en fédérant les efforts des différents acteurs, tel que la
Confédération Marocaine de L'Agriculture et du Développement Rural (COMADER), la Fédération
Française des producteurs d'Oléagineux et des protéagineux (FOP), la Société Nationale de
Commercialisation des Semences (SONACOS), la Mutuelle agricole marocaine d'assurance
(MAMDA)…

Contrat programme

Signé en avril 2013 entre le gouvernement et l'interprofession des cultures oléagineuses (FOLEA), le
contrat programme vise plusieurs objectifs :

Moyenne Objectifs
2017-2018 2020

Superficie (Ha)

Tournesol 21.700 85.000

Colza 42.000

Arachide 12.800 -

Production (T)

Tournesol 38.000 150.000

Colza 82.000

Arachide 32.000 -

Production d'huile de table(T) 8.000 93.000

Taux de couverture des 1,5% 20%


besoins en huile (%)

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Source : MAPM

B.3 Les cultures sucrières

Aperçu sur la Filière

La filière sucrière est une filière stratégique pour le développement de l'économie nationale.

La filière en chiffres :

 5.000 emplois directs et indirects, permettant de garantir un revenu pour 80.000 exploitants
agricoles de betterave à sucre et de canne à sucre sur 80.000 hectares dans cinq régions du
royaume ;

 Une capacité moyenne journalière de la filière sucrière au Maroc de à 6.500 tonnes ;

 Une capacité de production d'environ 1,65 million de tonnes par an ;

 Un investissement de plus d'un milliard de dollars durant les dernières années ;

 Un portefeuille de 1.000 clients partenaires et de plus de 1.200 très petites entreprises (TPE)
et entrepreneurs dans huit sites industriels qui couvrent 5 régions ;

 Une évolution conséquente du volume de sucre extractible en dix ans, passant de 5 à 12


tonnes ;

 Une amélioration des conditions de vie des agriculteurs, puisque les revenus des agriculteurs
se sont multipliés par trois en une décennie ;

 Plus de 10 millions de journées de travail par an assurées.

La filière s'inscrit dans le développement durable en s'engageant dans la diminution de son


empreinte carbone, déjà réduite de 40% en dix ans, et avec pour objectif une diminution
supplémentaire de 20% d'ici 2020.

Evolution de la Filière

PRODUCTION ET SUPERFICIE

Actuellement, la demande alimentaire locale est satisfaite à près de 60% en moyenne, par les
importations de sucre brut qui est raffiné localement. La campagne 2016-2017 a été marquée par
des conditions sanitaires favorables, une disponibilité en eau dans les grands périmètres d'irrigation
et aussi par la poursuite du soutien à l'utilisation des semences monogermes quasi généralisées,
facteurs qui ont créé les conditions d'un bon déroulement de la campagne sucrière.

Ainsi, la superficie de la betterave à sucre a connu une diminution de 6,8% pour atteindre 57.100 Ha,
tandis que sa production au titre de la campagne 2016-2017 est estimée à 3,7 millions de tonnes, soit
12% de moins que l'année précédente.

La production de la canne à sucre est estimée à 553.000 T contre 426.000 T tonnes en 2015-2016,
soit une augmentation de près de 30%.

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Les principales zones de culture sont les périmètres agricoles du Gharb, de Doukkala, du Loukkos, de
Tadla et de Moulouya.

Source : MAPMDREF/DSS

Transformation et valorisation

En tant qu'opérateur unique au niveau de la production du sucre, le groupe Cosumar joue un rôle
stratégique dans le développement de la filière sucrière au niveau national. En effet, le groupe assure
l'extraction à partir des plantes sucrières locales, le raffinage du sucre brut importé, le
conditionnement, la distribution et l'exportation du sucre blanc sous différentes formes : le pain de
sucre, le lingot, le morceau et le sucre granulé.

La filière sucrière nationale a bénéficié de plusieurs programmes d'extension de ses capacités et


performances. Elle a pu atteindre une capacité industrielle annuelle de 1,65 million de tonnes de
sucre blanc. Une production qui assure une disponibilité qui dépasse les besoins du marché, estimés
à 1,2 million de tonnes par an.

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C/ LES PRINCIPAUX RAVAGEURS DES CEREALES AU MAROC
C1. Les ravageurs du Blé

C1.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs des céréales au Maroc

Ravageurs Ordres Nom commun Plantes attaquées Importance

INSECTES

Contarinia tritici DIPTERE Cécidomyie orange ++

Sitobion avenae MEMIPTERE Puceron des épis +++

Aelia acuminata HEMIPTERE Punaise des céréales


HEMIPTERE Pucerons des feuilles +++
Agriotes sputator COLEOPTERE Taupin +

Delia coarctata DIPTERE Mouche grise +

Mayetiola destructor DIPTERE Cécidomyie destructive +++

Metopolophium HEMIPTERE Puceron des céréales et du +


dirhodum rosier

Cicadulina mbila HEMIPTERE Cicadelle vectrice de la +


maladie des pieds chétifs

Limothrips cerealium THYSANOPTERE Thrips


Agromyza megalopsis DIPTERE Mouche mineuse
Oulema melanopus COLEOPTERE Criocère +++
Cnephasia pumicana LEPIDOPTERE Tordeuse des céréales +

+ Importance faible ++ Importance moyenne +++Importance forte

C1.2 Les ravageurs clefs du Blé


C1.2.1 Puceron des épis

a) Description

De couleur variable, souvent d’un vert plutôt foncé, parfois brun ou rose jaunâtre, cette espèce mesure
environ 2 mm. On le distingue par la couleur noire de ses cornicules. Les populations peuvent être
importantes à la base de la tige et sur les premières feuilles. Il peut monter sur les étages supérieurs dès 8-10
feuilles ; à la floraison les populations peuvent être exceptionnellement très importantes.

b) Biologie

Il existe deux modes de reproduction, sexuée principalement à l’automne par action de la diminution de la
température et de la longueur du jour ; parthénogénétique au printemps et en été. De nombreuses
populations restent parthénogénétiques dans les régions à hiver doux.

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Au printemps, la population est constituée exclusivement de femelles parthénogénétiques qui pondent
jusqu’à 60 larves, responsables de pullulations. Les jeunes larves deviennent adultes en 8 jours et la durée de
vie de l’adulte est de 15 à 20 jours à 20°C.

Lorsque les populations sont abondantes, ou lorsque les grains atteignent le stade pâteux, des individus ailés
sont formés en quelques jours. Ils peuvent coloniser d’autres cultures.

c) Dégâts

En aspirant la sève des plantes, le puceron des épis (Sitobion avenae) provoque une limitation du poids de
mille grains
(PMG), voire du nombre de grains par épi en cas d’attaque précoce.
• Des attaques significatives sont observées épisodiquement : 1 année sur 5 en moyenne.
• Le Il provoque aussi l'infestation des plantes par la fumagine par ses excrétions de miellat. Ce puceron est
également le vecteur de plusieurs phytovirus, notamment le virus de la jaunisse nanisante de l'orge (BYDV). s
pertes peuvent atteindre 25 q/ha dans les cas les plus graves.

d) La lutte

Lutte agronomique
Seuls les auxiliaires peuvent limiter les populations de pucerons : micro hyménoptères parasites, coccinelles,
syrphes... Il convient donc d’éviter les interventions trop précoces afin de préserver les auxiliaires si le seuil
n’est pas atteint.
Leur action est toutefois insuffisante en cas de pullulation.
Lutte phytosanitaire
Seuil d’intervention : Il est défini à partir du début épiaison : 1 épi sur 2 infesté par au moins un puceron. Ce
seuil correspond en moyenne à moins de 5 pucerons/épi.
• Il est inutile de traiter avant épiaison sur les pucerons sur feuilles même si la population est importante. La
nuisibilité
reste faible à ce stade, des pucerons peuvent être cachés sous les feuilles, et les auxiliaires risquent d’être
détruits.
• Il n’y a plus d’intérêt à traiter au-delà du stade grain pâteux.
• Tant que l’on n’observe que quelques épis porteurs de pucerons dans toute la parcelle, l’intervention n‘est
pas utile. Une application trop précoce peut nécessiter une nouvelle intervention en cas de pullulation.
• Reprendre la surveillance une dizaine de jours environ après le traitement. Une nouvelle intervention peut
être effectuée en cas de dépassement du seuil.
• Les insecticides sont essentiellement des produits de contact, leur action excède rarement 2 semaines. Si la
population de pucerons est déjà importante (plus d’un épi sur deux colonisé) et en conditions de
développement très favorables, l’utilisation de produits à forte action de choc est conseillée.

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Fiche 1 : Le Puceron des épis

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C1.2.2 Punaise des céréales

a) Description

Les punaises présentent un corps aplati, un large triangle (scutellum). La plupart des espèces mesurent entre
4mm et 1,5cm. Leur couleur est variable, certaines espèces sont complètement brunes ou grises, alors que
d’autre sont vivement colorées de rouge, vert ou orangé. Comme chez tous les insectes, le corps des
punaises est divisé en : Tête, Thorax et abdomen. Fig. 4 - Morphologie des punaises.

Tête Leur tête est petite, peu mobile, et bien en évidence en avant du corps lorsqu’il est vu du dessus, elle
porte les yeux, les antennes à cinq articles, et des pièces buccales piqueuses avec un long rostre. Ce dernier
se dirige vers l’arrière au repos, des palpes maxillaires et labiaux absents, « maxilles et mandibules modifiées
pour former deux conduits : un pour sécréter (salive contient divers enzymes digestives), l’autre pour aspirer
la nourriture ».

La punaise attaque les parties aériennes de la céréale : tige, feuille et épis (grain en formation). Les adultes et
les larves sont responsables des dégâts sur l’épi et le grain. Au stade laiteux, la punaise suce et vide le grain
provoquant ainsi son échaudage avec une médiocre qualité de la semoule ou de la farine issues plus tard de
ce grain. La punaise réduit donc le rendement en quantité et en qualité.

Chaque génération suit son développement selon les conditions et passe par trois phases : hivernale,
printanière et estivale.

Phase hivernale :

L’adulte de la punaise passe l’hiver par petits groupes dans les « gites d’hiver » en zone hors agricoles. Cette
phase d’hibernation appelée diapause a lieu à l’intérieur des touffes de graminées sauvages qui ne sont pas
consommées telles que le disse qui constituent un refuge.

Phase printanière :

Les punaises sortent d’hibernation vers la fin du mois de mars et début d’avril et commencent à se
disperser, à la recherche de nourriture. Durant 15 à 20 jours, elles s’alimentent sur les graminées sauvages
précoces (orges des rats) et s’accouplent. Chapitre I – Données bibliographiques 22 La ponte a lieu sur les
graminées Sauvages. Après la période d’incubation des œufs, les larves éclosent et passent par cinq stades
larvaires jusqu’à leur développement complet. C’est la première génération printanière (INPV, 2014).

Phase estivale :

A la fin de printemps les punaises pénètrent dans les champs de céréales, s’attaquent aux grains encore
laiteux-pâteux et pondent sur les blés pour accomplir une deuxième génération. C’est à cette période que les
plus gros dégâts sont commis. Après les moissons, les punaises reprennent le chemin du retour vers les zones
à gites pour hiberner de nouveau (INPV, 2014).

b) Dégâts

Les adultes apparaissent dans les champs de blé (dur surtout) début Mai et durant les heures chaudes de la
journée. La femelle dépose ses œufs en paquets sur les épis et meurt peu après. L’'incubation dure 5 à 6
jours et les larves issues des œufs attaquent aussitôt la céréale. Vers la mi-juin, les larves se transforment en
insectes parfaits. Après la récolte des céréales, la punaise s’envole vers le Sud (Steppe) où elles se réfugient
dans les gîtes d’Alfa

c) La lutte

l s’agit de traiter les plantes hôtes secondaires (lieu d’hivernation des adultes) par une application d’un
insecticide homologué comme le Karaté zéon durant les mois de mars-Avril. Une seconde application sur la
culture courant mai-juin est à prévoir en cas de nécessité avec le même produit ou un autre produit
homologue.

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Fiche technique 2 : La punaise des céréales

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C1.2.3 Cécidomyie destructive

a) Description

Nom scientifique de l’insecte : Mayetiola destructor - Ordre : Diptères - Famille : Cecidomyiidae - Autres
noms : Cécidomyie destructrice, mouche de Hesse.

Les adultes de la cécidomyie destructrice sont de couleur grisâtre et mesure près de 4 mm de long. Les larves
de cet insecte ravageur se nourrissent de sève des céréales. Elles se déplacent vers la ligule (languette) des
plantes et pénètrent dans la pousse entre la gaine et la tige jusqu'au voisinage du nœud se situant juste au
niveau inférieur.

La larve de la mouche de Hesse se transforme ensuite en pupe. La durée du stade nymphal est variable.
Selon les conditions climatiques, le nombre de génération du parasite peut varier entre 2 et 6 par an.

b) Biologie

L’insecte passe l’été en diapause, sous forme de larves de troisième stade, collées aux chaumes. L’arrivée des
premières pluies significatives de l’automne et la baisse des températures lèvent la diapause de ces larves.
Elles se métamorphosent alors en pupes, stade qui dure presque dix jours. L’émergence des adultes de la
génération estivale a donc lieu en automne à partir des pupes contenues dans les chaumes et autres résidus
de blé et orge infestés lors de la campagne agricole précédente. Les adultes ressemblent à des moustiques ;
ils sont fragiles et grêles, surtout les mâles. Les femelles, qui portent les oeufs, ont l’abdomen plus large et
un aspect plus rougeâtre. Les adultes ne se nourrissent pas et ont des possibilités de vol réduites. C’est
surtout le vent qui assure leur dispersion à des distances plus au moins grandes. La durée de vie des adultes
est très courte, de 2 jours pour le mâle à 2-5 jours pour les femelles

c) Dégâts

Dans les champs de blé et des céréales attaqués par la mouche de Hesse, on peut observer que les chaumes
des plantes cultivées sont facilement cassés par le vent. On constate aussi que les feuilles jaunissent et
rendent l'âme. Les cultures donnent l'impression qu'elles ont été piétinées ou grêlées.

d) La lutte

Les dégâts de Mayetiola destructor peuvent être considérables dans certaines régions d'Afrique du Nord,
notamment au Maroc et en Tunisie. En cas de fortes attaques, la mouche de Hesse peut, en effet, provoquer
des pertes importantes des rendements des cultures céréalières. Il est par conséquent judicieux de surveiller
l'évolution de l'insecte et prendre les mesures nécessaires afin de limiter l'infestation.

Comme techniques prophylactiques, Bio en ligne recommande d'éliminer les chaumes infectés, et ceci
immédiatement après la fin de la moisson. Il est également préconisé d'effectuer un labour assez profond
afin d'enfouir les résidus des cultures.

Maintenir un bon développement végétatif, obtenir des plants sains, vigoureux et en bonne santé, sont aussi
des mesures primordiales qui peuvent lutter efficacement contre la cécidomyie destructrice. N'oublions pas
non plus de bien préparer le sol, avant les semis, et d'apporter une fumure équilibrée.

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Fiche 3 : La Cécidomyie destructive

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C.2 Les ravageurs du Maïs

C2.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs du Maïs

Ravageurs Ordres Nom commun Plantes attaquées Importance

INSECTES

Sesamia nonagrioides LEPIDOPTERE Noctuelle du maïs Maïs ++

Ostrinia nubilalis LEPIDOPTERE Pyrale du maïs Maïs +++

Agrotis segetum LEPIDOPTERE Noctuelle des moissons Maïs +

Rhopalosiphum padi HEMIPTERE puceron bicolore des Maïs +++


céréales

Sitobion avenae HEMIPTERE Puceron du blé Maïs +

Oscinella frit DIPTERE Oscinie de l'avoine Maïs +

Agriotes lineatus LEPIDOPTERE Taupin Maïs +++

Diabrotica virgifera COLEOPTERE Chrysomèle des racines du Maïs +


virgifera maïs

+ Importance faible ++ Importance moyenne +++Importance forte

C2.2 Les ravageuses clefs du maïs

C2.2.1La Noctuelle du maïs


a) Description

Adulte : Papillon nocturne, la noctuelle du maïs est un ravageur périodique, dont l'envergure à maturité peut
atteindre jusqu'à 4 cm. Les ailes postérieures, d'un gris-jaune, sont ornées de points peu distincts, tandis que
ses ailes postérieures sont blanches. En outre, le mâle possède des antennes bipennées.

Larve : Provenant d'un œuf blanc à la ponte qui vire ensuite au rose crème, la chenille mesure entre 3 et 4
cm. Sa couleur varie du jaune au brun, avec un dos roux.

Nymphe : La chrysalide peut atteindre jusqu'à 9 cm de long. Très vorace, elle dispose de deux paires de dents
: une ventrale et une dorsale. La noctuelle du maïs adulte est un papillon de 20 mm à ailes repliées, thorax et
tête velus, ailes antérieures beiges et postérieures blanches.

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b) Biologie

Les adultes, particulièrement actifs au printemps, s'accouplent à cette période. La femelle, dont la fécondité
avoisine plusieurs centaines d'œufs, pond sous la gaine des feuilles, en grappes de quelques dizaines
d'individus, qui éclosent entre dix et quatorze jours.

Les premiers jours, jusqu'à sa première mue, la chenille juvénile se développe dans la gaine, puis atteint
ensuite le chaume du maïs, tout en restant endophyte. Elle se nourrit alors de ses inflorescences.

Au bout de deux mois (vers juin ou juillet) et de sept à huit stades, elle se transforme en chrysalide, puis
donne naissance à un papillon qui va pondre sur les épis et les fleurs du végétal.

On observe trois ou quatre générations annuelles.

c) Dégâts

La noctuelle s'attaque au maïs, mais aussi au blé, riz, orge, avoine... Attaqués très tôt, les pieds de maïs
fanent et meurent. Plus tardivement, le forage des chaumes est cause non seulement d'un dessèchement
partiel qui fragilise la plante et provoque sa cassure, mais également d'un rendement réduit, car les dégâts
peuvent toucher les épis à différents stades de développement.

Lorsque les plants de maïs atteignent la hauteur du genou, on peut constater sur les cultures attaquées par
Sesamia nonagrioides, l'apparition sur les limbes des feuilles supérieures de petits trous souvent disposé
dans le sens de la largeur.

L'émergence foliaire est sérieusement perturbée. Plus tard, les inflorescences mâles du maïs sont rongées,
sectionnées ou deviennent gluantes.

Dans le cas d'une infestation majeure par la sésamie, on peut éventuellement apercevoir des galeries dans
l'épi et la tige de la plante de maïs.

d) La lutte

Le cycle de ce papillon comporte généralement deux générations. La première n'est pas la plus
préjudiciable. Elle touche tout au plus 5 à 15 % des plantes mais, sans intervention, les pontes se
généralisent à toute la parcelle. La deuxième génération pourra alors creuser des galeries dans la
tige et provoquer des dégâts de verse, entraînant jusqu'à 15 q/ha de pertes au final. De plus, les
traitements sur les chenilles de seconde génération sont quasi impossibles. Les pontes ont lieu de
fin juillet à début août, à une période où les maïs sont déjà hauts et les chenilles difficiles à
atteindre, puisque présentes dans le bas de la plante.

Le traitement insecticide (essentiellement des pyréthrinoïdes) s'effectue fin-mai, début-juin en une


application sur la première génération. Le déclenchement se fera en suivant les avertissements
agricoles de sa région. Il est toutefois possible pour les semis tardifs, les plantes étant plus
chétives, de prévoir deux applications à demi-dose, la première fin mai et la seconde quinze jours
plus tard.

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Fiche 4 : La sésamie du Maïs

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C2.2.2 Pyrale du maïs

a) Description

Les adultes mesurent 22 à 32 mm d’envergure, leurs ailes antérieures sont jaunâtre pâle à marron
olive avec des marques gris violacé irrégulières. Les ailes postérieures sont gris clair avec des
marques plus foncées.

Les œufs sont presque plats, d’environ 1 mm de diamètre et blancs juste après la ponte, ils
deviennent jaunes par la suite. La tête noire de la larve peut être distinguée juste avant l’éclosion.
Les œufs sont pondus en groupes et superposés comme des tuiles sur un toit. La quantité moyenne
d'œufs par groupe s’élève à 30.

Les larves mesurent jusqu'à 25 mm de long, leur corps est marron violacé pâle à brunâtre avec des
points foncés et un centre pâle à la base des poils. La tête est marron à noir brunâtre. La nymphe
est brun rougeâtre clair à foncé et mesure jusqu’à 2 cm de long.

b) Biologie

La pyrale est sensible à la température. Elle présente une ou deux générations par an au Maroc
suivant les régions, la seconde génération volant pendant l’été. Dans le cas d'une génération par
an (monovoltine), la ponte s’effectue en mai-juin. Les larves, écloses au bout de deux semaines,
dévorent d'abord les feuilles avant de creuser des galeries dans la moelle de la tige et d’attaquer
les épis. Les larves passent l'automne et l'hiver en diapause dans les tiges puis dans les débris de
culture. Elles se transforment en nymphes au printemps suivant.

c) Dégâts

Des rangées horizontales de perforations dans les jeunes feuilles, provoquées par les larves qui se
nourrissent, apportent rapidement une indication d’attaque de la pyrale du maïs. Par la suite, on
peut détecter facilement les excréments et les perforations sur les tiges ou sur la partie apicale des
épis de maïs. Le creusement de galeries par les larves affaiblit les tiges et provoque leur rupture
lorsque le vent souffle. Lorsque les larves se nourrissent à l’intérieur des tiges de maïs, cela détruit
le tissu vasculaire. Par conséquent, les plantes durement touchées sont plus petites et produisent
moins de graines par épi.

d) La lutte

Ses œufs sont parasités par un microhyménoptère (microguêpe) Trichogramma brassicae


(Bezdenko, 1968), utilisé en lutte biologique contre la pyrale.

Pyrale du Maïs et maïs Bacillus thuringiensis

Une variété de maïs transgénique, le maïs Bt (pour Bacillus thuringiensis) a été créé pour résister à
la pyrale du maïs. Or des cas de résistance au Bt commencent à apparaître.

Le phénomène était cependant annoncé : « La plupart des spécialistes sont d'accord pour dire
qu'en ce qui concerne la résistance à la pyrale, l'immunité ne durera pas » (Pelt et al. 1999).

D'autre part, « les larves du Chrysope Chrysopa carnea (Chrysoperla carnea (Stephens, 1836)), qui
vivent aux dépens des chenilles de la pyrale du maïs Ostrinia nubilalis élevées sur du maïs Bt ont
un taux de mortalité élevé). C'est donc un auxiliaire des cultures qui est décimé par le maïs Bt,
alors que le ravageur qu'est la Pyrale du Maïs devient résistant...

21
Fiche 5 : La Pyrale du Maïs

22
D/ LES PRINCIPAUX RAVAGEURS DES OLEAGINEUSES AU MAROC

D1. Les ravageurs du Tournesol

D1.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs du Tournesol

Ravageurs Ordres Nom commun Plantes attaquées Importance

INSECTES

Tipula paludosa DIPTERE La tipule des prairies Tournesol +++

Strauzia longipennis DIPTERE La mouche du tournesol Tournesol +

Thrips tabaci THYSANOPTERE Thrips du tabac et de Tournesol +++


l'oignon

Brachycaudus helichrysi HEMIPTERE Puceron vert du prunier Tournesol +++

Agriotes obscurus COLEOPTERE Taupin Tournesol ++

Agrotis ipsilon LEPIDOPTERE Noctuelle ipsilon Tournesol +

Ver du cotonnier LEPIDOPTERE Spodoptera littoralis Tournesol +

+ Importance faible ++ Importance moyenne +++ Importance forte

D1.2 Les ravageuses clefs du Tournesol

D1.2.1 La tipule des prairies

a) Description

Adulte :

16 à 18 mm de long pour le mâle, 19 à 25 mm pour la femelle, brun assez clair, corps et ailes allongés, pattes
très longues, vol lent et hésitant.

Larve :

3 à 4 cm, apode, couleur gris terreux, corps mou, corps cylindrique et tête rétractile.

Œuf :

Noir, étroit, rigide, long d'1 mm environ.

23
b) Biologie

1 génération par an.

Les tipules s'observent en été sur les sols marécageux, sur les herbes des prairies ou des gazons.

Très polyphages, les larves s'attaquent à des cultures diverses : graminées, céréales, plantes sarclées, plantes
potagères (pois, pomme de terre).

L'adulte vole le matin ou à la tombée de la nuit dans les endroits humides et s'accouple à plusieurs reprises.

Les œufs sont projetés sur le sol pendant le vol ou lorsque la tipule se trouve sur un support. Les femelles
pondent entre 300 œufs et 400 œufs.

Après une dizaine de jours d’incubation, les jeunes larves se nourrissent d'humus et de débris végétaux plus
ou moins décomposés. Très résistantes au froid, elles hivernent au voisinage de la surface du sol sans entrer
en diapause puis reprennent leur activité au printemps jusqu’à ce qu’elles atteignent leur maturité vers le
mois de juin.

Souterraines, elles creusent des galeries qui débouchent à l'air libre et lui permettent de remonter la nuit.
Elles dévorent les graines en germination des céréales de printemps, les racines des graminées, ainsi que les
parties aériennes proches du collet des jeunes plants. Sa croissance achevée, elle se nymphose dans le sol
(durée de développement de la nymphe 3 semaines environ).

c) Dégâts

Dans les prairies permanentes, les plantes meurent par plaques à la suite de la section des tiges ; les parcelle
de tournesol deviennent clairsemées et jaunissent. Les pousses du tournesol sont dévorées sous terre. Les
larves de tipule coupent la tige et les cotylédons. Parfois elles consomment les poils racinaires, les racines et
les couronnes pendant la journée, à la surface ou à faible profondeur. Pendant les nuits chaudes et humides,
elles rejoignent la surface et dévorent les tiges et les limbes des herbacées.

d) La lutte

Aucun traitement ne semble être efficace pour lutter contre les larves de tipules. Elles sont cependant très
sensibles à la dessiccation du sol. En prévention, semez donc sur un sol drainé et évitez les arrosages répétés.
Favorisez l'accueil des prédateurs naturels des larves de tipules : les oiseaux (merle noir, étourneau
sansonnet...) mais aussi les batraciens (grenouille, rainette, crapaud...), les taupes, les musaraignes et les
hérissons. Comptez aussi sur les chauves-souris qui chassent les tipules adultes.

Traitement biologique :

Il existe une possibilité intéressante de lutte biologique contre les larves de tipule. Les nématodes
pathogènes Steinernema feltae et S. carpocapsae, qui ne présentent absolument aucun danger pour les
plantes, pénètrent dans les larves et leur inoculent une bactérie pathogène qui entraîne leur mort. Ces
nématodes sont proposés sous forme de poudre dans un sachet, à diluer dans un arrosoir et appliquer avec
une rampe d’arrosage sur le sol. Ce traitement doit être entrepris lorsque le sol est humide et suffisamment
chaud (14°C au moins).

Traitement chimique :

La gamme des insecticides autorisés pour traiter le sol et détruire les larves d’insectes est de plus en plus
réduite, du fait des effets nocifs de ces produits. Il est possible cependant d’utiliser des granulés appâts prêts
à l’emploi.

24
Fiche 6 : La, tipule du tournesol

25
D1.2.2 Thrips du tabac et de l'oignon
a) Description

Adulte :
Adulte : 0,9 à 1,2 mm de long, jaune paille.
Œuf :
Blanc en ellipse ; il est pondu dans les tissus de la feuille ou de la fleur.
Larve :
Blanchâtre à orange-jaunâtre clair, ou jaune vert, les yeux rouges.

b) Biologie

Le développement du thrips du tabac et de l’oignon (Thrips tabaci) comprend six stades : l'œuf, deux stades
larvaires, un stade pré-nymphal et un stade nymphal, et enfin l’insecte adulte. Les œufs du thrips du tabac et
de l’oignon (Thrips tabaci) sont pondus dans les feuilles, les pétales et les parties souples des tiges. Ils sont
introduits dans le tissu végétal avec un ovipositeur en scie. Les larves sont claires à vert jaunâtre. Elles
présentent une grosse tête et des yeux rouges et brillants. La couleur de l'adulte dépend de la source
d'alimentation. La nymphose du thrips du tabac et de l’oignon (Thrips tabaci) s’effectue normalement dans le
sol, mais on retrouve également des nymphes sur les feuilles, dans les fleurs ou d'autres endroits pouvant
servir d’abri. Les stades pré-nymphal et nymphal sont reconnaissables à leurs ébauches alaires. Comparée à la
pré-nymphe, la nymphe a des ailes plus développées et plus longues. Le constat est le même pour les antennes,
qui se recourbent au-dessus de la tête. Les pré-nymphes et les nymphes ne s’alimentent pas et ne bougent
que si elles sont dérangées.

c) Dégâts et symptômes

Les thrips endommagent les plantes en perçant les cellules épidermiques et en aspirant leur contenu,
provoquant la nécrose du tissu végétal. Les zones gris-argent sur les feuilles et les petits points noirs (excrétion)
révèlent leur présence dans une culture. La plante perd de la vigueur, par manque de chlorophylle. En cas
d’infestation grave, les feuilles elles-mêmes se dessèchent.

d) Dégâts

Les thrips endommagent les plantes en perçant les cellules épidermiques et en aspirant leur contenu,
provoquant la nécrose du tissu végétal. Les zones gris-argent sur les feuilles et les petits points noirs (excrétion)
révèlent leur présence dans une culture. La plante perd de la vigueur, par manque de chlorophylle. En cas
d’infestation grave, les feuilles elles-mêmes se dessèchent. Le thrips du tabac et de l’oignon (Thrips tabaci) est,
la plupart du temps, observé le long de la nervure principale des feuilles, avec une localisation claire des dégâts
à la jonction des nervures. Ainsi, les fruits ne sont endommagés que lorsque la culture est sévèrement infestée.

e) La lutte

La lutte contre le thrips sur tournesol des moyens chimiques peut être difficile, car ce ravageur est résistant à
la plupart des pesticides. En outre, ses larves se tiennent au fond des boutons floraux ou sur les feuilles
encore repliées pour s'y nourrir. Ces caractéristiques font en sorte que le thrips des petits fruits est une cible
difficile à atteindre par les insecticides. Les pulvérisations doivent donc couvrir de façon homogène toutes les
parties des plants. Les consignes générales à suivre dans l'emploi de pesticides pour combattre les thrips
sont les suivantes :

Commencer les applications tôt, avant que les thrips pullulent. Il est plus facile de les combattre quand leurs
populations sont faibles.

Bien qu'il soit important d'utiliser en alternance des pesticides appartenant à des groupes chimiques
différents, n'utiliser qu'un seul groupe chimique pendant la durée d'un cycle biologique des thrips. Cela veut
dire qu'il faut changer de groupe chimique toutes les 2-3 semaines, cet intervalle variant selon l'époque de
l'année. Pulvériser les pesticides tôt le matin ou tard l'après-midi, moments où les thrips sont le plus actif et
le plus susceptible d'entrer en contact avec le produit.

26
Fiche 7 : Le thrips occidental

27
D1.2.3 Puceron vert du pêcher
a) Description

Adulte aptère : 1,4 à 2 mm de long, ovoïde, coloration variable, généralement vert à vert jaunâtre tirant
parfois sur le brun ; extrémité des tibias et tarses noirs. Antennes courtes, égales à la moitié de la longueur
du corps ; cornicules courtes et tronconiques, cauda arrondie.

- Adulte ailé : plus petit que l'aptère, tête et thorax brun foncé ; l'abdomen présente une large tache
pigmentée à contour irrégulier.

b) Biologie

Espèce diécique, les hôtes primaires sont le Prunier et divers Prunus ainsi que, en serre, les Chrysanthèmes
(Chrysanthemum) et les Cinéraires (Senecio). Les hôtes secondaires sont des Composées (Tournesol,
Artichaut), des Boraginacées, des Scrofulariacées, le Trèfle. Les œufs d'hiver sont déposés à la base des
bourgeons et sur les jeunes rameaux de différentes espèces de Prunus. Ils éclosent au départ de la
végétation et les pucerons pullulent à la face inférieure des feuilles.

3 à 5 générations de fondatrigènes peuvent se succéder sur l'hôte primaire. Les formes ailées apparaissent
en avril-mai et émigrent sur les hôtes secondaires. A l'automne, les ailés apparaissent et retournent sur les
plantes-hôtes primaires où ils donnent naissance aux femelles ovipares, que des mâles, nés sur les hôtes
secondaires viennent rejoindre pour engendrer la génération sexuée.

c) Dégâts

Sous l'action des piqûres des fondatrices et de leur descendance, les feuilles du Tournesol se crispent très
fortement, s'enroulent et s'appliquent le long de la tige.

- Sur Tournesol, les Pucerons se localisent sur les feuilles qui se crispent. Ils gagnent ensuite les capitules et
forment des colonies denses entre les graines. Sur Artichaut, les bractées rougissent et durcissent.

d) La lutte

Il existe un procédé naturel contre les pucerons : les larves de coccinelles, de syrphes et de
chrysopes. Seul souci, cette intervention peut s’avérer trop tardive, après la prolifération des
pucerons, si les conditions météorologiques ont permis une éclosion relativement précoce.

Dans le cas de l’apparition de grappes d’œufs sur des feuilles de végétaux, il est fortement
conseillé de supprimer ces feuilles.

Arroser d’eau abondamment et à forte pression les colonies en formation est également un moyen
pour annihiler la prolifération. Attention à ne pas engendrer de dégâts sur la plante avec la
puissance du jet.

D'autres remèdes biologiques sont également efficaces : aspergez les zones touchées par une
mixture de purin d’ortie ou de fougère.

Si les pucerons restent présents, et fortement nuisibles, malgré les solutions agronomiques, des
insecticides existent. Mais ils ne viseront pas uniquement que les pucerons. L’utilisation de ces
produits doit être raisonnée.

28
Fiche 8 : Le pucerons vert du Pécher

29
D2. Les ravageurs du Colza

D2.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs du Colza

Ravageurs Ordres Nom commun Plantes attaquées Importance

INSECTES

Dasineura brassicae DIPTERE Cécidomyie du colza COLZA ++

Contarinia nasturtii DIPTERE Cécidomyie du chou COLZA +

Delia radicum DIPTERE Mouche du chou COLZA +

Psylliodes chrysocephalus COLEOPTERE Altise du colza COLZA +++

Phyllotreta striolata COLEOPTERE Altise rayée du colza COLZA ++

Brevicoryne brassicae HEMITERE Puceron cendré des choux COLZA +++

Aphis fabae HEMIPTERE Puceron noir de la fève COLZA +

Plutella xylostella LEPIDOPTERE Teigne des crucifères COLZA +++

+ Importance faible ++ Importance moyenne +++ Importance forte

D2.2 Les ravageurs clefs du Colza

D2.2.1 Altise du colza


a) Description

Adulte : 3,5 à 4,5 mm, oblong légèrement convexe, bleu-vert à reflets métalliques ; tête roussâtre, extrémité
des antennes et pattes antérieures rousses. - Œuf : ovale, 0,9 x 0,4 mm, orangé pâle.

- Larve : de 1,5 mm à l'éclosion à 8 mm en fin de croissance. Molle, blanc jaunâtre, tête et plaque thoracique
brunes puis beige clair.

b) Biologie

Plantes-hôtes : les Crucifères sauvages ou cultivées.

Adulte : le jeune adulte apparaît en mai-juin. Il mordille les feuilles ainsi que les siliques vertes. Puis, à l'abri
sous le feuillage des diverses plantes sauvages situées en bordure des champs, au frais, il subit une diapause
estivale. A sa reprise d'activité, il vole vers les champs de Colza récemment ensemencés et s'attaque aux
graines en cours de germination, aux plantules ou aux jeunes feuilles. Au bout de 10 à 15 jours, la femelle
commence à pondre puis s'arrête lorsque la température descend à 0°C pour reprendre à la fin de l'hiver.
Fécondité totale ante- et post-hivernale, 70 à 150 œufs.

Œuf : déposés à la surface ou dans des anfractuosités du sol, isolément ou par groupes de 2 à 8 au voisinage
immédiat du collet des plantes.

30
Larve : dès l'éclosion, elle pénètre dans la plante par la face supérieure du pétiole d'une des feuilles les plus
âgées. Elle en ronge la moelle puis passe dans le collet puis la tige ; elle peut ainsi parvenir au bourgeon
terminal.

La nymphose a lieu dans le sol, à une profondeur variant entre 0,5 et 8 cm.

1 génération annuelle.

La reprise d'activité de l'adulte ayant estivé intervient fin août-début septembre, avec des écarts importants
selon les régions, les années et les conditions climatiques, une période pluvieuse favorisant les sorties
massives.

La ponte débute en automne et reprend de février à mi-mars.

c) Dégâts

Les attaques de l'adulte sur jeunes semis de Colza peuvent détruire totalement la culture.

- Plus tard, l'adulte s'attaque aux feuilles des plantes âgées, provoquant leur affaiblissement.

- Les pieds attaqués par les larves présentent un aspect buissonnant et un retard de montaison par rapport
aux pieds sains. La maturité est irrégulière et le rendement est diminué.

d) La lutte

Dans un contexte de résistance des altises d’hiver aux pyréthrinoïdes, la lutte insecticide contre les altises ne
doit s’envisager que :

 si la survie de la culture est incontestablement menacée, du stade cotylédons jusqu’à 3 feuilles


étalées du colza ;
 à partir d’un raisonnement à la parcelle (observation minutieuse de l’évolution des dégâts) ;
 si les insectes sont suffisamment actifs et nombreux (rappel : insecte à activité nocturne) ;
 si la culture pousse moins vite qu’elle n’est dévorée ;
 en respectant les précautions et règles d’usage des insecticides (volume d’eau…).

Si une intervention s’avère nécessaire contre les altises adultes et pour réduire la pression de sélection
d’individus résistants aux pyréthrinoïdes, les alternatives recommandées sont :

 Boravi WG 1.0 kg/ha (phosmet) à incorporer dans une eau acide, 2 applications max/an. Attention,
produit non mélangeable avec toute autre substance active.

 Si Boravi n’est pas disponible, utiliser de préférence Daskor 440 / Patton M 0,625 l/ha
(chlorpyriphos méthyl + cyperméthrine, 1 application max/an)

L’altise du Colza est active surtout dans les premières heures qui suivent la tombée de la nuit. C’est pourquoi
l’application en soirée est à privilégier avec un volume de bouillie d’au moins 150 à 200 l/ha.

Pas d'amalgame ! L’insecticide appliqué au moment du pic d’activité des adultes n’est pas recommandé pour
lutter contre les infestations larvaires ultérieures. En cas de morsures ou de présence d’altises non
préjudiciable pour le colza (stade > B3), un tel traitement « d’assurance » ou « de nettoyage » est à proscrire.
Il existe des moyens de lutte directe contre les larves d’altises.

Minimiser le risque de l’altise par une implantation optimale du colza

31
Fiche 9 : Le puceron vert du Pécher

32
D2.2.2 Puceron cendré des choux
a) Description

- Adulte aptère : 2,1 à 2,6 mm de long, globuleux, vert, entièrement recouvert d'une pruinosité blanche
caractéristique. La cauda triangulaire et les cornicules sont de taille sensiblement égale. Antennes courtes
n'atteignant pas la moitié de la longueur du corps.

- L'adulte ailé a le thorax vert sombre et l'abdomen jaune verdâtre recouvert de pruinosité grisâtre.
Antennes de la longueur du corps. Cornicules très courtes

b) Biologie

Plantes-hôtes : les Crucifères cultivées (Choux, Colza) ou sauvages.

- L'œuf d'hiver, déposé à la face inférieure des feuilles ou sur les tiges, éclot dès les mois de février-mars. La
fondatrice donne naissance à des aptères virginipares constituant des colonies qui se développent
progressivement, gagnant les feuilles du cœur des plantes puis formant des gaines compactes autour des
hampes florales. Les individus ailés apparaissent alors que la population est maximale et vont coloniser de
nouvelles plantes. Les colonies sont ensuite progressivement décimées par les aphidiphages. En automne,
apparaissent les individus sexués qui s'accoupleront. En ce qui concerne son cycle, ce Puceron monoécique
ne migre pas et reste durant tout son cycle sur Crucifères. La pullulation maximale est atteinte à la fin du
mois de mai, elle coïncide avec la formation des siliques.

c) Dégâts

En cas de pullulation, la plante peut être entièrement recouverte par les Pucerons, leur miellat et
leurs exuvies. Les Choux ou Colza ainsi attaqués se développent mal et dépérissent. Les feuilles centrales se
recroquevillent et se décolorent. Sous l'action des piqûres, les hampes florales se déforment et les fleurs
avortent.

d) La lutte

Laissez s’installer les insectes auxiliaires naturellement présents (chrysopes, coccinelles, syrphes,
punaises), gros consommateurs de pucerons, surtout au printemps et en été.

Après récolte, détruisez rapidement les parties aériennes pour limiter la progression du ravageur.

Pulvérisez les feuilles avec une solution à base de savon noir (les savons noirs à base d’huile d’olive
ont un effet mouillant et décapant augmenté), deux fois à huit jours d’intervalle.

Pulvérisez une solution de purin d’orties, deux fois à huit jours d’intervalle. L’efficacité de telles
préparations n’est cependant pas démontrée scientifiquement à ce jour.

33
Fiche 10 : Le puceron cendré du chou

34
E/ LES PRINCIPAUX RAVAGEURS DES CULTURES SUCRIERES AU MAROC

E1. Les ravageurs de la canne à sucre

E1.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs de la canne à sucre

Ravageurs Ordres Nom commun Plantes attaquées Importance

INSECTES

Silpha flava HEMIPTERE Le puceron de la canne à sucre Canne à sucre +++

Melolontha melolontha COLEOPTERE Les vers blancs Canne à sucre +

Sesamia nongrioides LEPIDOPTERE La sésamie Canne à sucre +

Rhopalosiphum maidis HEMIPTERE Puceron du maïs Canne à sucre ++

Diatraea saccharalis LEPIDOPTERE Pyrale de la canne à sucre Canne à sucre ++

Saccharicoccus sacchari HEMIPTERE Cochenille de la canne à sucre Canne à sucre +++

+ Importance faible ++ Importance moyenne +++ Importance forte

E1.2 Les ravageuses clefs de la canne à sucre

E1.2.1 Le puceron de la canne à sucre


a) Description

Ailé et aptère : 2 mm, ovale, vert-jaune, strie vert foncé sur le dos, cornicules longues et coniques. Antennes
arrivant au niveau de la base des cornicules. S. flava est de couleur jaune citron et mesure entre 1,3 et 2 mm.
Il possède sur le dos et sur la marge latérale deux doubles rangées de tâches de couleur sombre. Il est
également couvert de poils courts noirs sur tout le corps. Au niveau de l’abdomen, il possède des cornicules,
comme tous les pucerons, mais celles-ci sont difficilement visibles car très courtes. Les larves et les adultes
sont de morphologie identique.

b) Biologie

Les femelles ailées existent mais sont très peu nombreuses. Elles permettent aux colonies de se disséminer
grâce aux vents. Chaque femelle peut produire 5 larves chaque jour sur une période de 22 jours (en fonction

35
de la plante hôte). La maturité sexuelle est atteinte entre 10 à 12 jours. Le développement complet de larve
à adulte est de 8 à 22 jours selon la plante hôte. Dégâts

Ce puceron se développe sur les feuilles, le plus souvent sur la face inférieure.
Lorsque les colonies sont nombreuses, les dégâts se caractérisent par une baisse des rendements et une
détérioration de la qualité des chaumes.

La salive de cet insecte est toxique pour la canne : jaunissement des jeunes feuilles du cornet et apparition
de stries blanches, raccourcissement des entrenœuds.

c) Dégâts

Le puceron jaune de la canne à sucre provoque, par ses piqûres, une réaction choc de la plante. Celle-ci va
changer de coloration au niveau des piqûres mais aussi jusqu’à la nervure centrale. En effet, sa salive
contient des composés toxiques qui vont faire exprimer des symptômes de jaunissement puis de
rougissement à la plante.

d) La lutte

Une observation régulière des cannes à sucre mais aussi des graminées en bord de parcelle doit être effectuée
pour déceler les colonies. La coloration rouge des feuilles est un bon indicateur sur certaines graminées. Cette
observation permettra également de vérifier la présence d’insectes auxiliaires à l’œuvre sur la parcelle.

Les insectes auxiliaires et les conditions climatiques suffisent pour maintenir les populations à de
faibles densités. En effet, il est sensible aux températures dépassant les 35 °C et aux fortes précipitations qui
lessivent les colonies. Ce puceron a de nombreux prédateurs (les coccinelles, les syrphes, les hémérobes, les
araignées et les dermoptères) mais aussi des parasitoïdes.

Il n’est pas conseillé de réaliser des traitements (insecticides) afin de préserver la faune auxiliaire présente
naturellement sur les parcelles et aux abords. Il n’y a d’ailleurs pas d’insecticide autorisé contre les pucerons
sur canne à sucre.

36
Fiche 11 : Le puceron de la canne à sucre

37
E1.2. 2 Cochenille de la canne à sucre

a) Description

Cette cochenille de forme allongée peut atteindre 7mm de long et 5mm de large. Le corps des femelles est
recouvert d'une cire blanchâtre avec des zones jaune claire où sont implantés de longs poils argentés. Le dos
est recouvert d'une pulvérulence blanchâtre et porte 3 bourrelets longitudinaux jaunâtres et floconneux, 2
latéraux et 1 médian. Le dessous du corps est orangé.

Elle possède des pattes, des antennes roses et des rudiments d'yeux bien différenciés.

b) Biologie

Les cochenilles de la canne ont cinq stades de développement : les femelles passent par les stades œuf, trois
stades nymphaux et l’insecte adulte ; les mâles passent par les stades œuf, deux stades nymphaux, une
fausse pupe et l’insecte adulte. Les cochenilles farineuses doivent leur nom au fait que le corps de la femelle,
à partir du 3e stade larvaire, est recouvert d’une substance cireuse blanche sous forme de poudre, de fils,
d’épines ou de plaques.

c) Dégâts

Les nymphes et les femelles adultes sucent la sève de la plante. Il en résulte une diminution de la croissance
du végétal, une déformation et/ou un jaunissement des feuilles, parfois suivis de leur chute. Le rendement
en est diminué et il y a détérioration de l’aspect des plantes.

Les cochenilles de la canne sécrètent du miellat sur lequel la fumagine peut se développer, et qui encrasse la
plante avec la substance cireuse blanche. La photosynthèse des feuilles diminue, ce qui entraîne une baisse
de la production.

d) Lutte

Les traitements sont inefficaces contre les cochenilles car elles sont à l’abri sous la gaine des feuilles. De plus,
une intervention n’est pas conseillée car elle réduirait à néant les auxiliaires naturellement présents sur vos
parcelles. Parmi les méthodes alternatives à promouvoir, l’épaillage est essentiel car il permet de mettre au
jour les foyers de cochenilles ce qui les rend vulnérables aux parasitoïdes ou aux prédateurs comme les
coccinelles. Les coccinelles des genres Cryptolaemus et Scymnus s’attaquent au foyer de cochenilles. Leurs
larves possèdent un camouflage leurs permettant d’être confondu avec les cochenilles. Elles ne sont ainsi pas
dérangées par les fourmis durant leur prédation. On retrouve également d’autres prédateurs comme les
forficules ou certains Diptères mais également des parasitoïdes comme Anagyrus sp. ou Microterys sp. Les ré
infestations de parcelles peuvent être évitées en détruisant les déchets et résidus de cultures contaminés de
la culture précédente et en sélectionnant uniquement des entre-nœuds indemnes de cochenilles pour la
replantation. En effet, les cochenilles privilégient les entre-nœuds supérieurs car leurs tissus sont plus tendres
et ce sont ces mêmes entre-nœuds qui sont conseillés pour la replantation car les yeux germent mieux. Si l’on
ne sélectionne pas bien les entrenœuds, on risque de réensemencer sa parcelle avec des cochenilles. La gestion
des foyers de fourmis permet également de limiter l’expansion des cochenilles dans les parcelles.

38
Fiche 12 : La Cochenille de la canne à sucre

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E2. Les ravageurs de la betterave sucrière
E2.1 Tableau récapitulatif des principaux ravageurs de la Betterave à sucre

Ravageurs Ordres Nom commun Plantes attaquées Importance

INSECTES

Agriotes sp COLEOPTERE Taupin Betterave à sucre +


Spododoptera littoralis LEPIDOPTERE Vers gris Betterave à sucre +
Mamestra brassicae LEPIDOPTERE Noctuelle défoliatrice Betterave à sucre +
Aphis fabae HEMIPTERE Puceron noir Betterave à sucre ++
Pegomyia betae DIPTERE Mouche de la betterave sucrière Betterave à sucre +++
(Pégomyie)
Myzus persicae HEMIPTERE Puceron du Pécher Betterave à sucre ++
Cléone mendian COLEOPTERE Charançon de la betterave sucrière Betterave à sucre +++
Cassida vittata COLEOPTERE Casside de la betterave sucrière Betterave à sucre +++
Atomaria linearis COLEOPTERE Atomaire Betterave à sucre ++
Calocoris norvegicus HEMIPTERE Capside (punaise) Betterave à sucre +

+ Importance faible ++ Importance moyenne +++ Importance forte

E2.2 Les ravageuses clefs de la betterave sucrière

E2.2.1 Mouche de la betterave sucrière (Pégomyie)

e) Description

Adulte : 7 mm, gris clair, pattes jaune roussâtre avec des tarses noirs.

- Œufs : 1 mm, très allongés, blanc pur, ornés d'un fin réseau, déposé sur la face inférieure des feuilles par
groupes de 3 à 6.

- Larve : 6 à 8 mm, blanc verdâtre, en forme d'asticot. L'avant, pointu, laisse voir 2 crochets buccaux sombres.
Stigmates antérieurs avec 6 à 8 digitations.

- Pupe : 8 mm, brun rouge.

f) Biologie

Les mouches adultes mesurent 6 à 7 mm de long et sont de teinte gris brunâtre. Elles possèdent une paire
d'ailes membraneuses et transparentes et ressemblent de près à la mouche domestique.

40
Les mouches adultes apparaissent entre la fin Mars et le début d’Avril, période coïncidant avec la floraison
des agrumes. Les femelles déposent à la face inférieure des feuilles de betteraves des œufs allongés et
blancs, disposés parallèlement par petits groupes de 3 à 10.

Après leur éclosion, les larves blanchâtres pénètrent immédiatement dans la feuille qu'elles commencent à
miner. A la fin de leur croissance, les asticots quittent la feuille et s'empupent dans le sol. On observe
généralement deux ou trois générations par an. La dernière génération de l'année hiverne dans le sol, sous la
forme de pupe.

3 générations par an.


- L'adulte de 1ère génération apparaît de mi-Mars à fin Avril. Il vole par temps chaud et sec, s'abrite sous les
feuilles par temps pluvieux et froid. L'accouplement et la ponte ont lieu de début mai à fin juin. La femelle
pond par cycles successifs d'une durée de 8 à 10 jours et dépose ses œufs en groupes de 3 à 8.
- La larve traverse le chorion de l'œuf en son point de contact avec la feuille et pénètre directement dans
celle-ci. Elle creuse une galerie étroite entre les 2 épidermes. Les galeries des larves issues du même groupe
d'œufs fusionnent.
- La nymphe se forme dans le sol à une profondeur variable suivant l'humidité.
- L'adulte de 2e génération apparaît vers la fin du mois de Mai ou le début de juin.

- Nymphose vers mi-juillet


- L'adulte de 3e génération pond de début août à fin septembre.
- Les larves migrent au sol à partir de mi-août.
- La pupe entre en diapause en septembre.

g) Dégâts

Les feuilles de betteraves attaquées par la pégomyie présentent des sinuosités blanchâtres causées par des
asticots. Ces asticots vivent à l'intérieur de la feuille, entre les deux épidermes. Ils creusent des galeries
irrégulières et translucides, allant en s'élargissant. A ces endroits, les feuilles se dessèchent et brunissent

h) Lutte

Les dommages actuellement causés par la pégomyie sont souvent insignifiants. Selon le degré d'intensité de
l'attaque et selon le degré de développement foliaire, la betterave peut supporter une réduction
proportionnelle de la surface de ses feuilles. Une pulvérisation insecticide est seulement rentable dans le cas
d'une attaque sur des jeunes plantes et lorsque l'on compte, en moyenne, un nombre d'œufs ou de larves
par plante tel que présenté dans le tableau ci-dessous.

Seuil de nuisance de la pégomyie en fonction du stade de développement et du degré d'infestation de la


betterave sont indiqués dans le tableau ci-dessous.

___________________________________________________________________________

Nombre de feuilles par plante Œufs et larves par plante

___________________________________________________________________________

2 4 ou plus

4 6 ou plus

6 10 ou plus

8 18 ou plus
___________________________________________________________________________

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Fiche 13 : La mouche de la betterave sucrière (Pégomyie)

42
E2.2.2 Charançon de la betterave sucrière

a) Description

Adulte : 12 à 17 mm de long, couvert de petites écailles grises qui cachent la couleur noire foncière du
tégument.

- Œuf : de couleur orange clair, 1 mm de diamètre.

- Larve : blanchâtre, longue de 13 mm à son complet développement.

Les cléones sont des charançons mesurant entre 1,2 et 1,7 cm. Ils se distinguent par la présence d'un dessin,
de couleur clair foncé et légèrement tigré, sur leurs élytres. Ils se caractérisent aussi par la présence d'une
légère élévation en direction longitudinale vers le rostre.

Vers le mois de mai, les femelles des cléones déposent leurs œufs dans le sol. Les larves commencent à
ronger les cultures maraîchère, en l'occurrence la betterave, jusqu'à la mi-juillet, puis finissent par se
nymphoser dans le sol.

Le charançon peut notamment s'attaquer à la culture d'artichaut, Silybum (chardon marie) et à d'autres
plantes appartenant à la famille botanique des composées (Astéracées).

b) Biologie

Ce ravageur attaque la Betterave sucrière. Il vit également sur des Chénopodiacées sauvages.

- Adulte: il hiverne caché dans le sol des champs de Betterave après la récolte.
- Nymphe: durée du développement, 15 jours.
- Larve: durée du développement, 6 à 7 semaines.
- Oeufs: durée du développement, 10 jours.

c) Dégâts

- Les adultes provoquent de graves dégâts dans les champs de Betterave, en s'attaquant aux plantules.

En Italie, dans les régions septentrionales, les larves se développent quand les pivots sont déjà bien formés
et ne sont pas très nuisibles. Dans le Sud, en revanche, elles disposent de pivots plus jeunes, qu'elles rongent
à loisir, provoquant une baisse de la teneur en sucre des betteraves et/ou entraînent la pourriture de la
plante entière.

Les larves creusent la racine perpendiculairement à l'axe du pivot, ce qui entrave son développement.

d) Lutte

On qualifie généralement les attaques des cléones comme secondaires. Les dégâts sont souvent faibles et
localisés. On considère qu'il y a danger, si on remarque, au cours du mois de mai, des quantités relativement
importantes de charançons à la surface du sol, pas loin des pieds des plants de la betterave.

43
Fiche 14 : Charançon de la betterave sucrière (Cléone)

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E2.2.2 La casside de la betterave sucrière

a) Description

Corps aplati et ovale ; peuvent dissimuler leurs pattes et antennes sous les bords du prothorax et des élytres ;
espèces vertes, nacrées, mordorées avec parfois des points noirs ;
larves sur les feuilles possédant à leur extrémité 2 appendices en fourche qui permettent, une fois rabattus
sur le dos, d’amasser leurs excréments pour les protéger

b) Biologie

Deux espèces ont une certaine importance : Cassida nobilis et C. vitatta. Les adultes et les larves s’alimentent
sur les feuilles des jeunes plants de betterave. Ces espèces sont particulièrement importantes dans les pays
méditerranéens où la betterave à sucre est cultivée comme culture d’hiver

Dans la région du Gharb-Loukkos, la Casside (Cassida vittata Vill) développe une seule génération annuelle en
raison d’une diapause imaginale de type obligatoire induite par les conditions estivales. Les comptages
hebdomadaires des différents stades de l’insecte, réalisés durant deux campagnes, révèlent un cycle
homogène pour toutes les zones concernées par l’étude : arrivage des imagos sur les champs de betterave dès
début janvier, prise de nourriture et démarrage de la ponte dès fin février – début mars, développement
larvaire chevauchant, formation des adultes de l’année et émigration vers les sites d’estivation. L’influence de
ces gîtes d’estivation sur l’infestation des cultures betteravières limitrophes a été recherchée. Selon le procédé
d’analyse utilisé, il ne semble pas y avoir de corrélation nette. A leur éveil, les cassides s’éparpillent
vraisemblablement de manière libre sur les champs.

c) Dégâts

Les dégâts des adultes sévissent à deux périodes critiques que l’on peut définitivement fixer entre 20 janvier
et fin février pour la première et 15 juin – 20 juillet pour la seconde. Les dégâts de la vague estivale sont
souvent plus évidents en raison des rassemblements des adultes sur les parcelles non récoltées avant leur
émigration et la voracité qui accompagne la pré-diapause (constitution des réserves nécessaires au repos
estival) ; Les dégâts commis par les larves relayent ceux des imagos d’hiver, peu frappants, et, précèdent ceux
des adultes qui en seront issus, c’est-à-dire les jeunes cassides en instance d’émigration, aux ravages parfois
désastreux, mais tardifs.

d) Lutte

Les dommages de la casside sont toujours observés d’une manière permanente et préjudiciable. Les larves
des cassides occasionnent le plus de dégâts sur la culture, des stigmates typiques sous forme de trous sont
formés sur la face inférieure de feuilles de la plante. Lorsque l’infestation est majeure, toutes les betteraves
sont complètement forées et pourvues de fenêtres. Elles jaunissent, deviennent brunes et la plante par la
suite dépérit.

Une lutte préventive peut être utile pour la lutte contre la betterave sucrière. Une irrigation régulière en
période de sécheresse a démontré une efficacité sur la réduction des dégâts du ravageur sur les feuilles. Des
pulvérisations de bouillie bordelaise doivent être effectuées avant l’apparition des adultes de la casside.

Le ravageur semble souvent échapper à la lutte chimique réalisée par les agriculteurs. Le cycle de
développement de la casside comprend deux générations annuelles dont les adultes de la dernière
génération hivernent sur d’autres cultures avoisinantes (canne à sucre). L’hypothèse la plus favorable est
deux traitements correspondant à deux périodes. La première est dirigée contre les larves de la 1ère
génération (avril et début mai), et la deuxième contre celle de la 2ème génération (début juin).

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Fiche 15 : La casside de la betterave sucrière

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