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Journal

d’information
indépendant

N°19
09/10/15
21/10/15

GRATUIT
É C O N O M I E , D É V E L O P P E M E N T E T C U L T U R E

Un nouveau
3% des 7
Edito
départ

18-24 ans
Par A.H

a rentrée de classe est délicate pour le gou-


vernement, tant les attentes sont nombreuses
et élevées de toutes parts. Plus que trois mois

scolarisés
et on saura si 2015 a été ou non une année
blanche sur le plan de la relance économique,
ou un nouveau départ.

Convaincre les bailleurs de fonds de lâcher quelques


dizaines de millions de dollars devient une épreuve
quasi-insurmontable. On est en face des conditionnali-
tés que l’on se refuse de voir, encore moins d’assumer.
Et pourtant, les exigences sont simples : des réformes
significatives dans la gestion des finances publiques et
la gouvernance en général. La difficulté avec laquelle
le pays a obtenu l’accord de principe d’une Facilité de
crédit rapide laisse perplexe. L’essentiel est que nos di-
rigeants décident enfin de montrer de la bonne volonté
pour lancer les réformes comme la fin des subventions
des entreprises d’Etat et la vérité des prix des carbu-
rants et de l’électricité.

Notre ministre des Finances espère le retour de la


confiance des partenaires techniques et financiers et
mise sur la conférence des bailleurs à Lima pour dé-
crocher le gros lot. Sans une série de financements à
volume important, le Plan national de développement
restera lettre morte. Trouver 14 milliards de dollars pour
la mise en œuvre est un défi titanesque, même les 5
milliards de dollars de financements propres seraient
du domaine du miracle si on se réfère aux recettes de

La déperdition
l’Etat.

Mais en économie, le miracle existe. Il ne viendra pas


du ciel mais pourquoi pas des entrailles de la terre ou
de la mer. Le ministère des Mines et du Pétrole veut

de l’enseignement
attirer rapidement les investisseurs à Madagascar afin
qu’ils n’aillent pas ailleurs. En tout cas, quelques gros
investissements miniers sont nécessaires pour faire
décoller l’économie. En parlant de décollage, Air Ma-
dagascar a un nouveau commandant, un expert du
redressement de compagnie aérienne. La réforme est

supérieur
profonde et devra remettre un peu de logique dans la
gestion et l’exploitation, quoi qu’en diront le président,
sa famille et ses amis politiques.

À lire dans ce numéro

Brasseries STAR p.3


Défendre sa position de leader par la qualité
Patrick Imam, 12
High Tech Expo p.4 représentant résident du FMI :
Le salon des TIC
SIMP 2015 p.5
À l’heure du bilan
Ne pas supprimer le MID mais
Indice de la bonne gouvernance p.5
Du chemin à faire
corriger ses dysfonctionnements
2 Décryptage

N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015 MADA 7 SUR 7.com


Décryptage 3
Brasseries STAR Fin des sacs plastiques
Pourquoi c’est nécessaire
Défendre sa position de Nirina R

leader par la qualité e projet de loi sur la fin des sacs plastiques à
Madagascar a été finalement adopté. Cette loi va
bouleverser les rayons des supermarchés et les
commerces de proximité.

Une désertion du sac plastique en faveur d’une réduction des pol-


teurs de nos produits malgaches que la Star met
lutions que sa consommation par l’Homme engendre. Ce Décret
désormais, au centre de sa stratégie et au cœur
concerne les sacs plastiques à bretelle ou à poignée, d’épaisseur
de ses préoccupations, la satisfaction de ses
inférieure ou égale à 50 microns quelle que soit la densité et la
clients dans la cadre des exigences règlemen-
dimension en longueur et en largeur ; il ne fait pas de distinction
taires et au travers d’un processus d’améliora-
entre non biodégradable et biodégradable. En effet, les plasti-
tion continue. Elle vient compléter la certification
ques biodégradables à 100% n’existent pas.
FSCC 22.000 que la Star avait déjà obtenu pour
ses usines majeures ce qui la place aujourd’hui
Madagascar est envahi de sacs plastiques, déchets non biodé-
comme la seule société de cette dimension et
gradables qui mettent jusqu’à 400 ans pour se décomposer. Ce
en océan Indien à avoir cette double certifica-
qui a poussé le Ministère de l’Environnement, de l’Ecologie, de la
tion.
Mer et des Forêts à interdire l’utilisation de sacs en plastique. Les
déchets de sachets constituent des sources de pollution aussi
Le PDGA de la SATR a lancé un appel aux pou-
bien en milieu urbain que rural. L’océan est la plus grande pou-
voirs publics pour défendre l’industrie du pays.
belle de l’activité humaine. Les comportements de consommation
Emmanuel de Tailly « Donnez-nous un cadre fiscal stable, favora-
ont un impact considérable. Seule une réduction à la source per-
ble aux investissements et au réinvestissement,
mettra de lutter durablement et efficacement contre ce fléau.
’entreprise Les Brasseries STAR a fêté qui tienne compte de l’utilisation des matières
avec 2 ans de retard mais dignement premières agricoles de Madagascar, donnez-
Outre les impacts positifs de l’interdiction de la production, de
ses 60 ans. Elle reçoit la certification ISO nous un peu plus d’énergie le jour, imposez des
l’importation, de la commercialisation et de l’utilisation des sa-
9001 et confirme ainsi son engagement contrôles rigoureux de qualité, rendez l’étiqueta-
chets et sacs plastiques sur la santé humaine et l’Environnement,
dans des produits de qualité au meilleur ge obligatoire et je peux vous assurer qu’à cha-
cette décision a également des effets bénéfiques sur l’économie
prix pour la satisfaction de sa clientèle. Cette que produit que nous vendrons, ce seront des
nationale. On s’attend à ce que des emplois verts soient créés à
longévité et cette reconnaissance internationale routes, des ponts qui se rénovent, des hôpitaux
partir de la production des alternatives aux sacs et sachets plasti-
du savoir-faire de l’entreprise industrielle sont le et des écoles qui se construisent, des paysans
ques. Cette décision aura également comme impact la promotion
fruit d’une démarche de progrès constante de- qui cultivent, des filières qui se consolident et
des paniers faits avec des pailles (bazary) par des artisanes et la
puis sa création depuis 1953. une industrie qui recrute, forme et réinvesti »,
promotion du recyclage des papiers pour fabrication des paniers
a-t-il déclaré. « A chaque fois qu’un produit Vita
en carton (harona taratasy) et d’autres alternatives plus respec-
« Notre société est en quelque sorte la démons- Malagasy est acheté, c’est un peu plus d’écono-
tueuses de l’environnement. Sur le plan culturel, cette décision
tration avec bien d’autres ici à Madagascar que mie formelle qui progresse ».
permettra aux femmes malgaches de retrouver son identité natio-
pour éviter de disparaitre il faut sans cesse évo- nale en utilisant des paniers en pailles produits localement n
luer, se remettre en question », a déclaré Em- Ce fleuron de l’industrie malgache a su évoluer
manuel de Tailly PDGA de la Star. « Je voudrais afin de conserver sa position de leader dans la

Sport & Sens


remercier les 1857 collaborateurs de la Star, les filière des boissons alimentaires en Océan In-
650 fournisseurs, 350 partenaires distributeurs dien, « loin devant nos concurrents Mauriciens
ou Réunionnais qui ont tenté à plusieurs repri-
Une équipe, un endroit
et nos 20.000 points de vente et 15 millions
de consommateurs qui quotidiennement font ses de ravir cette place, mais à ce jour sans suc-
confiance à notre Groupe, à ses produits et à cès ». Emmanuel de Tailly d’ajouter : « alors, là
ses services ». ou certains peuvent y voir la manifestation d’un
souci monopolistique, nous y voyons notre ca-
unique, une philosophie
Le PDGA a félicité les divisions industrielles, pacité à rester les meilleurs, les plus compétitifs
commerciale, logistique, informatique, financiè- dans notre activité et sur un marché ouvert et Nirina R
re, juridique et des ressources humaines pour ultra concurrentiel où produits importés (…) se a philosophie de Sport et Sens repose sur l’envie d’offrir
leur performance au quotidien remarquable. « livrent une bataille sans merci pour la conquête un lieu unique pour améliorer sa condition physique, sa
Grâce à eux, à des actionnaires - dont l’Etat – des mêmes consommateurs dont le pouvoir santé et son bien-être, tout en étant accompagnés par une
qui sont confiants dans notre développement et d’achat - et nous ne pouvons que le constater et équipe de professionnels. L’équipe du Kiné Sport Jonas
dans nos projets, nous avons bâti un réseau de le regretter - est parmi le plus faible au monde Soille propose une infrastructure professionnelle au sein
6 usines, 17 agences, et qui représente un pa- ». de laquelle les membres ont accès à un espace d’entrainement
trimoine industriel d’une valeur totale de 1.2 mil- spacieux (cardio, musculation, cours collectifs), de beaux équi-
liard d’euros desservi par 800 véhicules et relié La star c’est : pements (Technogym TM), des vestiaires confortables et une at-
par des systèmes d’informations à la pointe des mosphère relaxante.
technologies actuelles ». - un million de bouteilles produites cha-
que jour et 1 million qui circulent ainsi tous Pour des séances ponctuelles ou des abonnements périodiques,
L’implication de tout le personnel a été un facteur les jours sur les routes de Madagascar par- en dehors de l’encadrement permanent assuré par l’équipe de
déterminant dans cette démarche qualité. “Cha- courant 13 millions de kilomètres annuelle- Sport & Sens, il est possible de faire appel à un coach privé pour
que collaborateur a mis du sien dans la concré- ment des séances particulières afin d’optimiser son entrainement. Afin
tisation de notre politique qualité, à travers la de vous amener à atteindre vos objectifs personnels, un staff
communication, la sensibilisation et la formation - 71 références de produits de qualité sportif qualifié est régulièrement évalué et formé et tout ceci sous
au système de management de la qualité”, ren- sur 5 segments de bière, d’eau minérale, de la supervision du Manager Kiné de sport, de formation.
chérit Béatrice Ralijerson, Directrice Qualité au boissons gazeuses et énergisantes, de jus
sein des Brasseries STAR Madagascar. plats. Pour récupérer après le sport ou pour se relaxer, une équipe
bien-être est disponible. Pour les sportifs adeptes de la natation,
Ce sont 30.000 heures d’analyse/de réflexion/ - 20.000 paysans et leur famille qui pro- une piscine intérieure est prévue pour le début d’année prochaine
de partage, de 226 actions déployées, de 32 duisent annuellement 4.500 tonnes d’orge, en vue de l’extension des activités. L’endroit est ouvert depuis
audits interne menés et après 15 mois de tra- 7.000 tonnes de Maïs et 1.000 tonnes de mi-septembre à la Zone Filatex Tanjombato. Une journée porte
vail intensif – qui ont finalement permis d’obtenir sucre grâce au travail formidable de notre ouverte a été organisée le 27 septembre dernier. La salle est
cette certification sous le label AFNOR. Cette filiale Malto ouverte du lundi au samedi de 6h30 à 20h30 n
certification est la garantie tous les consomma-

MADA 7 SUR 7.com N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015


4 Décryptage

High Tech Expo


Le salon des TIC
Nirina R

a viralité des réseaux sociaux,


la révolution internet, l’arrivée
de nouveaux outils de com-
munication connectés comme
les smartphones... Les in- mamonjy André Neypatraiky. Avec un des produits de qualité à bons prix,
novations du monde des nouvelles prix d’entrée abordable, qui donne ac- conférences-débats, pour faire dé-
technologies transforment notre quo- cès à « un univers complètement high couvrir des jeunes talents du milieu,
tidien. C’est sur ce constat que l’idée tech » : hardware, software, drones, dotés d’un véritable savoir-faire et de
d’organiser un salon qui dit tout des informatique, audiovisuel, smartpho- connaissances hors-norme, pour ins-
High Tech a germé chez Sanda So- nes, tablettes, il y en aura pour tous pirer nos jeunes malgaches à s’insé-
lofoson Randriamifidimanana, Mana- les goûts. Une manière forte de ren- rer dans cette voie, mais aussi pour
ging Director de l’agence Coreali, à forcer la vulgarisation des nouveautés débattre des opportunités à créer
l’initiative de cet événement : «Nous technologiques auprès d’un public lar- dans ce secteur et échanger sur les
croyons fermement que les Nouvel- ge qui aura aussi la possibilité de dé- différentes stratégies qui pourraient
Sanda Solofoson Randriamifidimanana
les Technologies sont un vecteur de couvrir et se familiariser aux outils de favoriser la réduction de la fracture
développement de notre pays. A l’ère demain auprès des institutions et des numérique, - un game jam (création
du 3.0, il faut relancer le secteur, lui té ». Rendez-vous est donné ainsi au entreprises privées de références. en live d’un jeu vidéo pendant le sa-
donner plus de visibilité. Ce salon doit Carlton Anosy les 23-24-25 octobre lon). D’autres animations (notamment
être une vitrine, un carrefour d’oppor- prochains. Le salon se déroulera sous Un programme diversifié a été éla- le jeu La Belle et Le Geek organisé
tunités pour tous les publics, jeunes le haut patronage du Ministre des boré aussi bien pour les profession- sur la page Facebook High Tech
et moins jeunes, qui tous croient en Postes, des Telecommunications et nels que pour le grand public : stands Expo, pour gagner des tablettes) sont
l’avenir de notre Madagascar connec- des Nouvelles Technologies, Rakoto- d’exposition et vente, pour retrouver également au menu n

Madagascar-La Réunion La Grande Epicerie de Tana


Nouvelle rencontre d’affaires Plus de 5000 références en jeu…
Nirina.R Nirina.R

ette fois, ce sera à l’hô- aire ses petites provisions dans une
tel Le Bellepierre-St épicerie du quartier est une habitude
Denis de la Réunion bien ancrée chez les habitants d’An-
que les opérateurs éco- tananarivo. Et c’est sur ce constat
nomiques malgaches que les promoteurs de la Grande Epi-
et réunionnais se retrouveront pour cerie de Tana ont développé dans le quartier
développer des partenariats autour d’Ivandry un concept nouveau en matière de
du thème « Développement durable commerce de détails pour répondre à tous les
et solutions innovantes ». Selon les petits et grands besoins du quotidien. Dans
dernières informations, une dizaine cette partie résidentielle de la capitale, la cir-
de chefs d’entreprise de la Grande Ile culation est difficile et l’ouverture d’un magasin
fera le déplacement dans le cadre de de proximité dans une zone sécurisée devient
la seconde édition de cette rencontre intéressant pour les clients, d’où le choix d’Assist Ivandry (ex pullman) avec un
d’affaires qui se tiendra les 15 et 16 parking surveillé, un parc de verdure reposant, un restaurant voisin «Infinithé»
octobre 2015. Selon un responsable et à proximité deux banques et une pharmacie. De nombreux projets immo-
patronal, les entreprises qui participe- biliers sont en cours de réalisation, ce qui va encore accroitre le nombre de
ront à ce rendez-vous ont été choisies résidents dans la zone et de ce fait accroître les futurs clients de l’Epicerie.
sur la base de plusieurs critères de Gilles Couapel
sélection fixés à partir du thème re- Selon un responsable, l’Epicerie se différencie avant tout des autres com-
tenu. La taille, la capacité de produc- est d’arriver à créer un dynamisme merces par le nombre de références qui y est dix fois plus important (plus de
tion, les forces d’innovation et la répu- fort entre les entreprises des deux 5000 références) avec des propositions en surgelé (fruits de mer, poissons,
tation font partie de ces critères. Ce îles de l’océan Indien qui mettent l’ac- plats préparés, crèmes glacées....), en frais (charcuteries, fromages, produits
qui a permis à des sociétés telles que cent sur l’innovation et le développe- laitiers, viandes) mais aussi en fruits et légumes bio, plantes et fleurs. Elle
Compagnie Vidzar, Guanomad, Faly ment durable. Des conférences sur propose également des produits artisanaux de grande qualité et des produits
Export Groupe Heri, SIB Mahajanga, plusieurs thèmes, des ateliers, des d’hygiènes et de beauté de référence. Certains produits ne sont distribués par
Scrimad, Bongou, Ingenosia ou en- visites de sites, des échanges et une ailleurs que l’Epicerie. Ils vont des produits artisanaux aux plantes spécifiques
core SEBTP-OTI de figurer parmi les séance rendez-vous B to B, seront au en passant par la boulangerie. Et certains sont aux normes Bio et notamment
heureuses élues. aussi programme de cet événement les fruits et légumes provenant de la ferme d’Ivato, une référence en qualité
qui a vu le jour grâce à l’initiative du locale. D’autres proviennent de plusieurs régions de Madagascar pour garantir
A noter que les principaux groupe- Club Export Réunion, en collabo- une diversité sur le choix.
ments d’entreprises comme le GEM ration avec le GEM. D’après Gilles
et le SIM seront également représen- Couapel, président du Club Export Ouvert tous les jours du lundi au samedi de 08h à 20h et le dimanche de 08h à
tés par une forte délégation à cette les actions pour le développement de 14h, la Grande Epicerie de Tana a organisé durant tout le mois de septembre
rencontre. L’EDBM (Economic deve- partenariats durables et solides avec un jeu « Spécial Rentrée » qui a permis de gagner des paniers cadeaux. Pour
lopment board of Madagascar) sera Madagascar permettent de cibler des participer, chaque candidat devait faire un achat minimum de 20 000 ariary. Et
également de la partie. Selon les or- opportunités de coopération bilatérale le « coup » a bien marché puisque l’Epicerie a eu de nombreuses retombées
ganisateurs de la rencontre, l’enjeu pour nos économies n notamment sur les réseaux sociaux n

N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015 MADA 7 SUR 7.com


SIMP 2015 : À l’heure du bilan 5

SIMP 2015 À l’heure du bilan


Nirina R

omme prévu, le Salon in-


Les conférences
ternational des mines et
du pétrole (SIMP) s’est
L’événement dans
tenu à Antananarivo du
23 au 25 septembre.
l’événement
L’événement a tenu son pari qui est
d’organiser un salon de dimension in-
ternationale. A noter que le ministère e Salon international des Mines et du
auprès de la Présidence en charge pétrole a aussi été le théâtre de nom-
des Mines et du pétrole a décidé de breuses conférences. Durant les 2
travailler avec les meilleurs dans leurs premiers jours de salon, le Centre de
domaines respectifs afin de faire de conférence international (CCI) d’Ivato
rendez-vous du secteur extractif un a accueilli plusieurs intervenants de haut
succès, aussi bien à Madagascar niveau en provenance de différents pays.
qu’à l’étranger. Energy exchange, Selon le Commissariat général chargé de
filiale du groupe Clarion events, un la coordination et de l’organisation du salon
des leaders mondiaux de l’organisa- auprès du ministère en charge des Mines et
tion évènementielle, a ainsi assuré B to B », a expliqué Patrick Djuma, pagnies, locales et étrangères, ont du pétrole, une véritable affluence des parti-
les préparatifs et l’organisation du sa- commercial manager pour l’Afrique participé au SIMP 2015. Parmi les cipants étrangers a été observée. Des étran-
lon. Une équipe d’Energy exchange, d’Energy exchange, lors d’une soirée partenaires et exposants locaux figu- gers qui sont venus pour nouer des contacts
conduite par son général manager, de présentation du salon organisée rent les plus en vue comme Rio Tinto, mais surtout pour assister aux conférences.
est arrivée au pays plusieurs semai- au Carlton. « Et nous promettons que Tullow oil, Madagascar oil, Total, Vivo Des représentants de Shell, Sapetro, Maru-
nes avant l’ouverture du salon pour les participants pourront avoir le maxi- energy, TGS, ULC Madagascar et beny corp, Gemfields, World Titanium, MECI
voir de visu l’état d’avancement de mum de contacts qu’ils souhaitent Henri Fraise. Des investisseurs inter- (Algérie) ou encore d’APC (Inde) ont en effet
l’organisation sur le terrain mais sur- durant ces trois jours », a-t-il assuré. nationaux dont Shell, BP, ENI, FMTP fait le voyage. Les thèmes des conférences
tout rencontrer les participants et fu- Aujourd’hui où nous sommes à l’heu- et Baker Hugues ont également mani- ont été axés sur trois points principaux. Le
turs participants ainsi que l’équipe du re du bilan, on peut affirmer que les festé leurs vifs intérêts pour le salon. premier concerne l’engagement du gouver-
ministère de tutelle. Ce dernier qui a organisateurs du salon ont atteint leur Les opérateurs locaux, notamment les nement dans la promotion du secteur minier
décidé la création d’un Commissariat objectif car les participants étrangers petits opérateurs miniers, n’ont pas et pétrolier. Le deuxième point est un véri-
général chargé de la coordination du ont pu effectivement nouer de nom- été oubliés. Un espace a été spécia- table partage d’expériences entre les par-
salon. A savoir également qu’Energy breux contacts. lement aménagé pour eux, afin qu’ils ticipants, aussi bien locaux qu’étrangers.
exchange s’est alliée avec un parte- puissent exposer leur savoir-faire et Enfin, le troisième point consiste à évaluer la
naire local, l’agence Coreali dont le Rappelons qu’une trentaine de com- leurs produits n place de Madagascar sur l’échiquier extractif
savoir-faire et le professionnalisme mondial. Des dirigeants des entreprises qui
ont déjà été prouvés à maintes re- opèrent déjà à Madagascar ont également
prises à travers sa participation dans Le SIMP 2015 en chiffres participé activement aux conférences et aux
l’organisation d’autres manifestations tables rondes. Citons entre autres Guy Le-
d’envergure dans la Grande Ile. Visiteurs et participants internationaux : 150 clezio, président du conseil administratif de
Nationalités présentes au salon : 18 Malagasy Minerals Limited et Paul Chandler,
«Nous pensons que le salon aura une Nombre d’exposants : plus de 40 directeur régional de TGS n
représentation internationale respec- Nombre de conférences, tables rondes, débats : 24
table. Déjà, vingt-cinq compagnies
viendront et nous sommes encore en
discussion avec plusieurs autres pour

Pétrole amont TGS avance ses pions


participer aux diverses activités, com-
me les conférences et les rencontres

Réforme du
discussions sur des points com-
ntreprise spécialisée dans l’acquisi-
me la redevance minière en ont
tion et l’analyse de données liées aux
décidé autrement. Finalement, le
Code minier
recherches pétrolières, TGS a suscité
SIMP 2015 a servi de plateforme
la curiosité des participants et des vi-
de dialogue entre les différentes
siteurs lors du Salon international des
Les opérateurs parties prenantes de l’industrie
extractive. La question qui s’est
Mines et du pétrole de Madagascar (SIMP
2015). Cette société norvégienne est en fait
posée le plus fréquemment avant
attendent et aussi durant la tenue du sa-
lon concernait évidemment l’état
le partenaire de l’Office des mines nationales
et des industries stratégiques (OMNIS) dans
le domaine de la collecte et l’exploitation des
toujours d’avancement de la réforme du
code minier. « Il faudrait d’abord
informations intéressant le secteur pétrolier
amont. TGS disposerait aujourd’hui de don-
que cette dernière a accepté d’être le « gold
sponsor » de l’événement. Sur le plan social,
connaitre les règles du jeu », a TGS est aussi de plus en plus active. L’année
nées issues d’études sismiques effectuées
affirmé Pascal Marchand, géo- dernière, elle a fait par exemple don d’ordi-
sur 51 000 km² de blocs pétroliers, situés dans
i le programme initial logue au sein de la société Ma- nateurs et d’imprimantes aux districts de Ma-
le bassin de Morondava. Elle a également
avait pu être respecté, dagascar exploration services, hajanga I, Mahajanga II, Soalala et Mitsinjo.
réalisé une compilation et des traitements de
les dirigeants du pays un des exposants au salon et Elle a profité de cette occasion pour remettre
données sur quatre vingt dix-huit forages réa-
auraient fait du Salon interviewé par un quotidien de la à la Région Boeny une enveloppe destinée
lisés dans le pays. Et le SIMP 2015 a permis
international des Mines place. Le ministre en charge des à alimenter en eau potable la commune de
à la société d’avancer encore ses pions dans
et du pétrole de Madagascar un Mines, a pour sa part laissé en- Mariarano qui héberge quelque 300 étudiants
la Grande Ile en se positionnant comme l’un
support de communication de tendre que les grandes lignes du universitaires depuis juin 2014. La commune
des principaux dispositifs du développement
choix pour présenter le nouveau nouveau Code miner, comme la de Mariarano est réputée pour sa biodiversité
pétrolier de la Grande Ile. Le commissariat
Code minier. Mais les aléas de création d’une société nationale, unique au monde et pour sa grotte longue de
général chargé de la coordination du salon
la politique et la finalisation des sont déjà fixées n 50km n
n’a pas non plus tari d’éloge sur TGS surtout

MADA 7 SUR 7.com N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015


6 SIMP 2015 : À l’heure du bilan

Industrie extractive Apports du secteur minier


Une priorité présidentielle La CMM défend sa paroisse
e Salon International des Mi- a Chambre des Mines de Ma- impliquant le savoir faire de la popu-
nes et du Pétrole de Mada- dagascar persiste et signe : lation locale (services, main d’œuvre,
gascar a ouvert ses portes au le secteur des mines est l’un approvisionnement). Dans cet axe,
Centre des Conférences Inter- des grands contributeurs du le projet intervient en appui à la po-
nationales (CCI) Ivato Antana- développement économique pulation locale à travers la création
narivo sous l’égide du Président de la et social de Madagascar. Pour justifier d’activités génératrices de revenus
République Hery Rajaonarimampia- cette affirmation, la CMM de rappe- (élevage, agriculture, …), ainsi que le
nina et du Ministre auprès de la Prési- ler que rien qu’en 2011, le secteur a renforcement de capacités, afin que
dence chargé des Mines et du Pétrole participé aux recettes fiscales à hau- la population puisse bénéficier pleine-
Joëli Valérien Lalaharisaina. Devant teur de 1 032 milliards d’Ariary (soit ment des opportunités offertes par la
les sociétés étrangères opérant dans 7,83% des recettes fiscales), sous grande mine.
les mines et le pétrole, le président de forme de Frais d’Administration Mi-
la République a déclaré que tout sera nière, de redevances et ristournes, Engagements
fait pour le secteur extractif malgache que le secteur extractif puisse repré- de différents impôts, de droits et taxes environnementaux
soit le plus attractif possible. Mais le senter une part importante du PIB du à l’Importation. Ambatovy, Holcim,
numéro Un malgache n’a pas oublié pays. En outre, le ministre a indiqué Rio Tinto-QMM, Kraoma, Total EP, Les projets miniers visent par ailleurs
l’importance d’une gestion responable que 500 permis miniers ont déjà été Groupe PAM, Madagascar Oil, Main- l’harmonisation du développement
des ressources naturelles du pays. délivrés mais que l’octroi de ces auto- land Mining, Madagascar Consolida- d’une mine avec la conservation de
Le ministre en charge des Mines et risations doit se faire avec précaution, ted Mining, Madagascar Chromium l’environnement. La CMM de préci-
du Pétrole a pour sa part réitéré que selon la politique de bonne gouver- Company et Tantalum constituent les ser que de nombreux projets miniers
plusieurs pays partagent leurs ex- nance optée par le gouvernement. Le dix compagnies représentant plus de adhèrent au renforcement de la base,
périences et leur savoir-faire et les but est, selon le ministre, de prioriser 90% des paiements d’impôts dans le notamment à travers l’éducation et la
Malgaches doivent transformer cette l’emploi local, de transformer nos ma- secteur minier. La Chambre insiste en sensibilisation environnementale de
opportunité en avantage concret afin tières premières sur place n outre que les projets miniers contri- la population locale, touchant à la fois
buent également au développement les femmes et les personnes âgées.
des infrastructures de base. En effet, En outre, conformément aux principes
l’installation des industries minières
BNI Madagascar
de la Mise en Compatibilité des Inves-
se trouve généralement dans des tissements avec l’Environnement ou
zones enclavées, loin des infrastruc- MECIE, les industries minières en ex-

Partenaire de l’industrie
tures d’usage public. Le titulaire du ploitation telles que Rio Tinto-QMM et
projet, de par la mise en place des Ambatovy sont reconnues comme les

extractive
infrastructures destinées au proces- premières entités économiques ayant
sus de mise en route du projet, veille adopté et ayant appliqué le concept
au bien-être de ses employés et de la de « Gain net » ou d’ « Impact Posi-
population environnante en créant les tif Net » sur la biodiversité répondant
infrastructures de base, telles que la au principe de mise en hiérarchie des
e positionnant très en amont auprès des investisseurs, la BNI Mada- construction d’école, de puits, de lo- mesures d’atténuation : Evitement,
gascar ambitionne d’établir des relations à long terme et d’encourager gements, de routes, ou encore la mise mitigation, restauration et compen-
la création de partenariats qui leur permettront de donner plus rapide- en place de centrale électrique. Sans sation (offsets). Si la CMM ne cesse
ment corps à leurs projets. C’est dans cette optique que la banque a oublier que le secteur des grandes de rappeler la part du secteur extractif
tenu à participer au Salon international des mines et du pétrole (SIMP), mines crée des opportunités d’affaires dans l’économie du pays, ainsi que
qui s’est tenu à Antananarivo du 23 au 25 septembre dernier. Selon un respon- pour des entreprises issues d’autres de la responsabilité environnementale
sable de la banque, la BNI Madagascar a un rôle de premier plan à jouer pour secteurs. des entreprises minières, c’est parce
faciliter les objectifs des différentes parties prenantes de l’industrie extractive : que les critiques à l’endroit des pro-
les sociétés minières et pétrolières ainsi que leurs acheteurs et clients, les ins- Le développement d’un grand pro- jets miniers sont nombreuses. Der-
titutions financières et les sociétés de conseils professionnels. L’établissement jet minier nécessite généralement nièrement, c’est l’église catholique et
financier a ainsi choisi de marquer fortement sa présence à ce grand rendez- l’interaction de plusieurs activités en un collectif d’artistes connus qui sont
vous économique en faisant animer son stand par une équipe commerciale de amont et en aval de la chaîne de va- montés au créneau pour pointer du
haut niveau, de conseiller les actuels ou futurs investisseurs et de présenter les leurs du secteur minier. Ces grands doigt les impacts négatifs des projets
produits et services les plus adaptés à leurs besoins, qu’ils soient domestiques projets ont des besoins spécifiques miniers n
et internationaux n

Madagascar Oil titre d’exploitation d’hy- également le développement total

En phase de développement drocarbures octroyé. du premier compartiment géologique


comprenant le site de l’actuel projet
Le programme de travail pilote d’injection de vapeur ainsi que
de la phase I du Plan de les compartiments géologiques ad-
Développement com- jacents. Durant cette période, il est
prend en premier lieu la prévu de forer jusqu’à 800 puits peu
a tenue du SIMP 2015 a per- bures pour 25 ans et un Titre Minier
production d’huile lourde profonds qui permettront d’atteindre
mis d’en savoir davantage d’Exploitation de Transport d’huile
brut à basse teneur en jusqu’à 10.000 barils de production
sur l’évolution du projet de la lourde pour 25 ans également. Ces ti-
soufre, destiné d’abord par jour durant les 3 à 5 prochaines
compagnie Madagascar Oil tres, à travers le transfert de droit ainsi
au marché malgache années. Enfin, Madagascar Oil prévoit
à Madagascar. Il a ainsi été que le transfert d’obligations, permet-
puis au marché interna- des travaux d’évaluation du potentiel
confirmé que le Plan de Développe- tront à Madagascar Oil d’entrer dans
tional pour la production en pétrole léger conventionnel de la
ment de son périmètre contractuel la phase de développement, incluant
d’énergie ou bien utilisé partie Sud du bloc 3104 à travers des
Tsimiroro, bloc 3104, après 11 ans des puits d’évaluation. Ceci est donc
comme matière première pour les raf- campagnes d’acquisition sismique en
d’exploration, a été validé. Cette ap- une grande première à Madagascar
fineries ou bien comme combustible 2016, suivis de forages peu profonds
probation octroie aussi à l’OMNIS un puisque c’est le premier Plan de Dé-
de soute. Cette première phase inclut en 2017 et 2018 n
Titre Minier d’Exploitation d’Hydrocar- veloppement approuvé et le premier

N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015 MADA 7 SUR 7.com


DOSSIER : Enseignement supérieur 7

3% des 18-24 ans


scolarisés
La déperdition
de l’enseignement
supérieur
e marché de l’enseignement supérieur est structure administrative, des infrastructures adap-
encore ouvert à Madagascar, parce que les tées à ses objectifs et différentes politiques dédiées
universités ne peuvent pas accueillir tous à l’hygiène, sécurité, qualité de vie, coopération na-
les bacheliers. Les institutions privées ne tionale et internationale... La loi ne définit pas un
sont pas toutes un choix par défaut pour budget minimal, mais exige une politique budgé-
ceux qui échouent aux tests de sélection dans les taire et financière.
universités. C’est le choix délibéré motivé par la
renommée d’un établissement et la qualité de la L’habilitation est plus restrictive. Elle préconise une
formation. Il faut dire qu’être reçu à l’université ne offre de formation qui complète de manière judi-
garantit rien. Outre les perturbations habituelles des cieuse et /ou innovatrice les offres existantes. Elle
enseignements, on ne peut pas ignorer les statis- permet l’acquisition des principaux concepts et mé-
tiques : d’après des études réalisées en 2008, le thodes de la spécialité tout en traitant des sujets
taux d’abandon à la fin de la première année est de interdisciplinaires. La loi exige une cohérence des
36,8% dans les filières longues, le taux de redou- objectifs, des contenus et des méthodes d’ensei-
blement est de 45%. Ce qui laisse penser que la gnement, l’affectation de ressources adaptées aux
vraie capacité d’accueil des universités publiques outils pédagogiques et au soutien des étudiants.
est à apprécier à partir de la deuxième année, à D’après le ministère, « l’établissement met en
l’instar de la filière médecine qui perd quasiment les œuvre les formations annoncées dans de bonnes
2 tiers de ses étudiants aux premiers examens de conditions : enseignements effectivement organi-
passage. Il n’est donc pas étonnant que le taux de sés, volumes horaires en conformité avec les stan-
scolarisation de la tranche d’âge 18 à 24 ans ne soit dards définis, supports de cours accessibles aux
que de 3% à Madagascar, contre 15% à l’île Maurice étudiants, stages et projets encadrés. L’enseigne-
et 8% en Afrique subsaharienne. Les causes de la ment est dispensé par un corps enseignant com-
défection seraient la faible articulation des program- pétent du point de vue didactique et qualifié scien-
mes d’enseignement entre les cycles secondaire et tifiquement. Ces compétences et ces qualifications
supérieur, le problème d’orientation des étudiants et des innovations comme la science politique par doivent être certifiées ».
les faiblesses du système de sélection. Iep, la langue et littérature arabe par Ipam, le tra-
vail social par Isps, la psychologie par Ucm. Cette Une mauvaise note de la Banque
dernière partage avec Salt la particularité de propo- mondiale
Les statistiques mises à jour au mois de septembre
ser un diplôme en théologie. Dans la flopée de fi-
2014 par le ministère de l’Enseignement supérieur
lières communication dans le privé, trois seulement Selon Patrick Philippe Ramanantoanina, auteur
font état de 157 établissements proposant au total
ont reçu l’habilitation, à savoir l’université Aceem, d’une note pour la Banque mondiale, les enseigne-
538 formations dans tout Madagascar. La plus pro-
Esva, Samis-Esic et Ift, les trois derniers incluant ments ne répondent pas aux normes internationales
lifique est sans conteste la formation de paramédi-
le journalisme dans leur formation. La pénurie de et ne s’alignent pas sur les besoins des entreprises.
caux qui sont au nombre de 89 à délivrer une licen-
professeurs d’université est palpable puisque seul Les programmes de formation et d’enseignement
ce professionnelle. On en trouve partout, dans les
Iep propose une formation doctorale. supérieurs comportent un grand nombre de spécia-
régions comme l’Uaz de Sambaina, Isfps d’Antso-
hihy, Iscamen de Morondava… où les filières Sage- lisations qui s’avèrent plus guidées par l’offre, grâce
femme et Infirmiers sont incontournables. Quelques La qualité n’est pas obligatoire, notamment à l’existence d’enseignants hautement
instituts proposent des formations supplémentaires c’est une option qualifiés dans une discipline, que par la demande.
comme technicien de laboratoire, kinésithérapeute La répartition des étudiants par domaine de spé-
ou infirmier anesthésiste. Les offres de formation Il n’est pas difficile de créer une institution de for- cialité selon la Classification Internationale Type de
répondent à un besoin du marché du travail. La mation, puisque la loi cite les conditions sans les l’Education (CITE) de l’UNESCO, montre la prédo-
forte demande des centres de santé et hospitaliers qualifier ni les quantifier. Il suffit de mettre en place minance des filières des lettres et des sciences so-
facilite l’implantation des instituts de formation dans un dispositif d’accueil des étudiants, d’élaborer la ciales qui accueillent près de 70 % des étudiants.
les régions. Insfp, Inspnmad et Ifisa sont parmi ceux formation en tenant compte des besoins du déve- La place des filières techniques demeure limitée :
qui ont ouvert un centre dans plusieurs localités. loppement local, régional et national, de mettre en le poids des filières industrielles et d’ingénierie est
œuvre un dispositif de pilotage, des procédures de 6 %. De plus, la répartition des effectifs est fort
Les filières qui comptent le plus de formations dans d’évaluation, une politique documentaire… Les en- significative : le public offre 5% de sa capacité en
les institutions privées sont la gestion, le droit et l’in- seignants doivent avoir un emploi du temps équili- filières courtes contre 95 % pour le privé.
formatique. Pour ce qui est des filières profession- bré pour leurs différentes activités dans le cadre de
nalisantes, les plus nombreuses sont le génie civil, la formation et de la recherche. L’institution est te- nnn
bâtiment et travaux publics, tourisme et hôtellerie, nue d’avoir un projet de développement en matière
l’agronomie et l’environnement. Le privé apporte de formation, de gouvernance et de recherche, une

MADA 7 SUR 7.com N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015


8 DOSSIER : Enseignement supérieur

nnn
La conception des programmes d’enseignement
supérieur ne se fonde pas toujours sur les besoins
en connaissances et compétences requises par les
employeurs, résultant ainsi à un niveau relative-
ment élevé de chômage parmi les diplômés de 8,4
%. La plupart des programmes universitaires se ba-
sent encore sur un modèle traditionnel d’enseigne-
ment de longue durée, ce qui souvent décourage
les étudiants. Les diplômés des Instituts Supérieurs
de Technologie (IST), qui proposent des cours de
courte durée pour la formation de techniciens su-
périeurs, peuvent plus facilement accéder à l’em-
ploi, mais les deux institutions existantes recueillent
moins de 2 % des inscriptions de l’enseignement
supérieur. Faute de partenariats dynamiques entre
les organisations professionnelles et les ministères
en charge de l’éducation, de la formation, et de l’em-
ploi, il apparaît difficile de faire émerger une offre de Martin Rakotoson. Les jeunes diplômés malgaches des instituts privés. « L’école nouvelle dit qu’il faut
formation technique et professionnelle structurée, sont-ils préparés et prêts à a intégrer l’entreprise à faire bouger les choses, permettre aux jeunes de
répondant réellement aux besoins des entreprises. la sortie de l’université ? La question relève de la se réaliser, d’aller plus loin possibles avec ce qu’ils
Seulement 1,7 % de la population active ont un ni- politique de l’enseignement supérieur. Les entre- sont, ce qu’ils ont, analyse le président de l’Imgam.
veau d’études supérieures. prises perdent en performance et en efficience en Ce n’est pas comme dans l’ancienne école où l’on
recrutant un diplômé de l’université qui a eu une vous dit voici le programme, vous devez apprendre
Aider les jeunes à se réaliser formation académique. Malgré son riche savoir, ceci, le faire par cœur ». Aujourd’hui, les universités
une recrue doit encore apprendre les aspects prati- publiques proposent aussi des formations orientées
Le système LMD est un moyen de moderniser les ques du métier, le contexte de la vie d’entreprise... métier et dans le privé, on a de plus en plus des
études supérieures à Madagascar à condition que « Contrairement à une formation professionnelle filières académiques.
les universités et les instituts disposent des moyens qui traite la globalité d’un domaine, la filière profes-
nécessaires pour le mettre en place et qu’il y ait un sionnalisante est axée sur un métier, on forme des Le cas des grandes sociétés minières est symptoma-
contrôle effectif des conditions d’enseignement et banquiers, des commerciaux, des créateurs d’en- tique d’une jeunesse mal formée, dépassée par les
des contenus des cours. La régulation du simple treprises », explique le président de l’Imgam. Même grands changements. Le recrutement d’étrangers à
agrément d’ouverture et de l’habilitation en tant que les universités s’y sont mises en ouvrant des filières différentes fonctions est un problème car les projets
label qualité devrait permettre aux futurs étudiants payantes, mais qui permettra à l’étudiant de trouver n’ont pas l’impact attendu en matière de création
de bien choisir. Martin Rakotoson, président de facilement un emploi grâce à son savoir-faire. d’emplois. « Le dynamisme que créent les écoles
l’Imgam a une approche idéaliste de l’école, faisant supérieures aujourd’hui va rattraper ce retard d’ici
des apprenants les maitres de leur formation, de Une formation à l’ancienne est encore à valider 5 ans, Madagascar sera enfin prêt », prédit Martin
leur vie. par un stage en responsabilité de préférence. Cela Rakotoson. « Avant, le but était de répondre aux
avait été la faiblesse des filières universitaires. Par besoins des entreprises, aujourd’hui, nous devons
« Il faut former les jeunes, permettre à tout le mon- contre, les filières professionnalisantes facilitent l’in- créer les besoins des entreprises, c’est l’école qui
de de se réaliser, c’est le rôle de l’école », affirme tégration au sein de l’entreprise, ce qui était la force doit trouver des idées nouvelles », souligne-t-il. n

Habilitation, quelles valeurs ajoutées

qui reviennent à chaque fois dans la présentation de


ces établissements privés. Avec le basculement du
cycle de l’enseignement supérieur vers le cursus Li-
cence, Masters, Doctorat (LMD), la reconnaissance
des diplômes délivrés par ces universités et instituts
privés se traduit par son habilitation. L’habilitation
est obtenue après une série de contrôles et d’étu-
des des établissements, notamment le programme
d’enseignement proposé, l’effectif et la qualité des
enseignants, les infrastructures et environnements
de travail offerts aux étudiants. L’objectif étant d’of-
frir aux étudiants de meilleures conditions pour la
réussite de leurs études. A la différence d’une ho-
mologation qui concerne directement l’établisse-
ment, l’habilitation concerne chaque diplôme : li-
cence, masters, doctorat.

L’habilitation est aussi un processus de synchro-


nisation des programmes d’enseignements dans
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique les établissements privés avec ceux des établis-
sements publics qui aboutira à la délivrance d’un
diplôme équivalent à celui obtenu dans les universi-
epuis la fin des années 90, on assiste à des nouvelles filières et spécialités. Actuellement tés publiques donc reconnus par le ministère de la
un accroissement spectaculaire du nom- on peut compter dans les 200 établissements su- Fonction publique. L’un des grands avantages de
bre d’universités et d’instituts supérieurs périeurs privés dans toute l’île, un nombre qui aug- ce système est que dorénavant les diplômés de ces
privés à Madagascar. Effectivement le mente chaque année. Le fer de lance de chaque établissements peuvent participer aux concours of-
pays ne dispose que de six universités établissement, qui lui permet de se distinguer des ficiels de la fonction publique, leurs diplômes sont
et trois instituts supérieurs publics, ce qui est large- autres maintenant est la reconnaissance des diplô- aussi reconnus au niveau international. Notons que
ment insuffisant vu le nombre croissant de nouveaux mes qu’il délivre par l’état ou l’habilitation. la mise en application effective du système LMD
bacheliers chaque année. Les demandes évoluent n’a été faite que depuis l’année universitaire 2013
aussi non seulement sur l’effectif mais surtout sur L’homologation et l’habilitation sont les deux termes – 2014 n

N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015 MADA 7 SUR 7.com


DOSSIER : Enseignement supérieur 9
L’ESD, l’enseignement théorique de base et des
cadres supérieurs qui traiteront des thè-
mes spécialisés
pour une insertion professionnelle réus-
sie. Enfin, la dimension principalement
juridique du parcours Master Droit public

sur la voie de l’innovation


fondamental permet aux étudiants de se
Pouvez-vous nous parler des préparer utilement à des activités des
débouchés pour vos futurs secteurs privé et public.
diplômés ?
Le Master Droit privé fondamental répond
Docteur en Relations Internationales, à une demande forte dans le domaine
La formation débouche sur des emplois
Randriamifehy Pascal est le Directeur dans les types de professions auxquels
prépare classiquement le Master en
professionnel et universitaire de juristes
connaissant bien les matières fondamen-
de l’ Ecole de Droit et de science politique. sciences politiques, tout en fournissant tales du droit privé.
une spécialisation correspondant à des
profils de poste centrés sur le traitement La formation offre, outre une initiation
des questions liées aux nouveaux impé- à la recherche, une préparation aux
ratifs de l’action publique, aux problèmes concours et examens des professions ju-
liés à la mondialisation et aux postes de diciaires. Par l’universalité de la méthode
représentation. Les domaines profession- enseignée, elle permet à tous d’aborder
nels sont les suivants : Journalisme spé- d’autres matières ou des systèmes juridi-
cialisé dans l’analyse et le commentaire ques étrangers et de s’intégrer ainsi aisé-
de la vie politique, instituts de sondage, ment dans l’univers de travail.
Postes dans des institutions politiques La spécialité Droit Privé Fondamental a
nationales (Assemblée nationale, Sénat, pour but d’initier à la recherche tout en
Service d’information du gouvernement, donnant aux étudiants des acquis utili-
Secrétariat général du gouvernement,) sables quel que soit le domaine profes-
Communication institutionnelle en cabinet, sionnel qu’ils choisiront. L’enseignement
entreprise, association ou organisation (y est de haut niveau dans chaque matière.
compris syndicats et partis politiques) ; De ce fait, la qualité du travail demandé
sociétés d’études et de conseil, métiers est grande. Les étudiants sont obligés de
de l’expertise, Collectivités territoriales : tendre vers le meilleur au sein de chaque
mairies, conseils généraux et régionaux module. Les étudiants approfondissent
et Carrières internationales (administra- leur connaissance. Ils aiguisent leur sens
tion de l’Union européenne, ONG, orga- de la réflexion. Ils apprennent la rigueur de
nisation internationale, certains postes l’exposé écrit avec les codes exigés lors
dans le domaine diplomatique). de la rédaction d’un mémoire. La techni-
que des notes et références leurs est ain-
Le M2 Droit public fondamental est des- si spécialement enseignée. L’acquisition
tiné en tout premier lieu aux étudiants de ce faisceau de connaissances permet
envisageant de s’orienter vers une thèse ainsi aux étudiants de préparer active-
de doctorat puis, ultérieurement, vers une ment leur future vie professionnelle, en
carrière dans l’enseignement supérieur. leur donnant un excellent niveau général
Les diplômés du Master Recherche peu- en droit utilisable tant dans la recherche
Pouvez-vous nous dire On distingue cinq composants de forma- vent également s’orienter vers d’autres que dans la pratique.
pourquoi la mise en place tion : L’enseignement en salle qui consis- métiers de l’administration accessibles,
te à faire acquérir aux étudiants, d’une
de cette Ecole de Droit et de part une approche juridiques et politiques
ou non, sur concours. La formation re- Les métiers du Droit sont nombreux et
science politique ? et d’autre part, des cas pratiques qui ga-
çue dans ce master, et le renforcement diversifiés. Certains sont directement
des connaissances et des compétences accessibles avec une licence ou, le plus
rantissent la réussite des actions. Il est qui en résultent (notamment en termes
A cause de l’innovation juridique et des souvent, un master, d’autres nécessitent
subdivisé en trois groupes de matières : d’autonomie), constituent un atout réel
changements politiques qu’elle entraîne, les bases juridiques et politiques fonda- de réussir un concours n
la formation ne peut être du même type mentales, la formation de spécialité et les
que celle qui est dispensée académi- techniques de communication. Deuxième-
quement. Actuellement, chaque forma- ment, les travaux dirigés. Troisièmement,
tion exige toutes sortes de qualités et de le travail personnel de l’étudiant. Ensuite,
compétences qui ne ressortissent pas les conférences et visites d’entreprises
exclusivement de la formation classique. qui permettent aux étudiants de rester en
L’enseignement supérieur du XXe siècle contact permanant avec le milieu profes-
exige la collaboration des cadres de haut sionnel et de confronter les acquis théo-
niveau et des enseignants des universi- riques avec les pratiques et la situation
tés, à cet effet, il sera instauré un équili- réelle. Et enfin les stages : un stage sera
bre sur le plan des matières académiques effectué à la fin de la 2è année. Un rap-
que sur celles des autres matières. Dans port doit être rédigé et noté à l’issue de
ce cadre, l’E.S.D semble être l’infrastruc- ce stage. A l’instar des expériences ac-
ture appropriée pour mettre en œuvre cet quises durant ce stage et suivant l’objectif
axe de complémentarité. qu’il s’est fixé, l’étudiant aura à élaborer
un mémoire qu’il devra soutenir publique-
Comment envisagez-vous ment devant un jury pour formaliser sa
les objectifs de l’E.S.D ? formation

L’enseignement doit être au service du Comment se manifeste l’or-


développement et surtout de l’homme. A ganisation pédagogique ?
cet effet on doit : Aider l’étudiant à acqué-
rir non seulement une technique juridique Toutes les activités pédagogiques sont
et politique mais aussi une logique ana- obligatoires, le régime de la formation
lytique et réflective spécifique, Visualiser étant de type école, un contrôle sera ef-
les connaissances et partout l’étudiant fectué par mois et un examen partiel à la
aura une meilleure compréhension et fin de chaque semestre. Il porte sur l’en-
une meilleure maitrise des matières en- semble des programmes effectués durant
seignées et Permettre à l’étudiant d’être le semestre.
immédiatement opérationnel.
La composition du corps
De quelle manière se professoral de l’E.S.D !
concrétise la formation à
l’E.S.D ? Le corps enseignant sera composé d’en-
seignants universitaires qui assureront

MADA 7 SUR 7.com N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015


L’Ecole Supérieure de Droit et de science politique (E.S.D)
L’Ecole Supérieure de Droit et de science politique (E.S.D) est porteuse d’un pro-
jet pédagogique ambitieux et ancré dans des valeurs fortes : la pluridisciplinarité,
l’excellence et la professionnalisation. Elle offre à ses étudiants un large spectre de
formations qui couvre l’essentiel des champs disciplinaires du droit et de la science
politique.

RAKOTOSON Jean Laurent


La qualité et l’attractivité des formations sont garanties par un solide adossement à Magistrat Conseiller d’état
RANDRIANASOLO Franck
des équipes d’enseignants et à des laboratoires fortement impliqués. Les étudiants Expert en Droit Administratif
Président fondateur
profitent ainsi d’un enseignement alimenté par une recherche de haut niveau qui leur
transmet le meilleur des savoirs.

L’E.S.D est pleinement ouverte sur le monde professionnel et sur la société civile.
L’étroitesse des liens tissés, de longue date, avec les praticiens du droit et les entre-
prises, la mise en place de formations, à l’instar des licences et Masters en Droit Pri-
vé, Public et science politique qui sont en réelle adéquation avec les besoins de son
environnement socio-économique, contribuent sans nul doute à assurer la meilleure
insertion possible de ses diplômés dans la vie active.
RAKOTONDRAMASY Frank
RANDRIAMIFEHY Pascal L’Ecole Supérieure de Droit et de science politique (E.S.D) est une Faculté dynami- Juriste consultant, expert en
Directeur que et innovante qui place la réussite de l’étudiant au centre de ses préoccupations, Droit des assurances et Droit
Docteur en Relations en lui offrant un environnement intellectuellement et humainement propice à son épa- de l’environnement
Internationales- plusieurs nouissement.
années d’Enseignement
Supérieur à Madagascar et Les cursus proposés visent à dispenser aux étudiants des formations académiques
à l’étranger (université de : habilitées par l’Etat et directement en prise avec les métiers du droit. Les étudiants
Prague, Perpignan) entrent ainsi progressivement dans l’acquisition des savoirs juridiques fondamentaux,
tout en bénéficiant d’une ouverture pluridisciplinaire et en développant de fortes capa-
cités d’adaptation, qualités indispensables aux juristes d’aujourd’hui. Une faculté en
lien permanent avec les milieux professionnels

Comme toute formation universitaire, les formations proposées ouvrent par nature
vers l’intégration professionnelle : RAKOTOARIMANANA
Sylvia Hasina
• Une collaboration active avec les praticiens : des intervenants, experts dans Sociologue et analyste
leur domaine, dispensent des cours au sein de l’E.S.D politique
RAMIHONE Gérard Roger D
Docteur en Droit de l’Union • Des formations orientées et organisées vers l’insertion professionnelle ra-
Européenne – 29 ans d’en- pide
seignement dans l’Enseigne-
ment Supérieur • Des stages en entreprise ou en administration prévus dès la 3e année de
formation et généralisés en master.

LICENCE
Cette première offre de formation en Licence de Droit – Sciences Politiques vise RATSIFANDRIAMANANA
notamment à répondre à un besoin national en formation juridique et politique de Bako Saholy
plus en plus développé et sans cesse grandissant ainsi qu’à une impossibilité avé- Experte en Economie de
rée des universités publiques à éponger les bacheliers de plus en plus nombreux, développement et gestion
chaque année et désirant poursuivre des études supérieures et intégrer un établis- de projet
RAMANAMISATA sement de prestige proposant des formations attractives et intéressantes.
Andrianjesy Sambatra
Docteur en Droit, Université MASTER
de Poitiers FRANCE Les étudiants issus de ce cursus sont directement opérationnels (et peuvent de
ce fait immédiatement intégrer le monde professionnel) mais étant donné la poly-
valence de la formation (à vocation indifférenciée), ils pourront, bientôt, eu égard
aux partenariats et collaborations développés avec d’autres Etablissements supé-
rieurs, poursuivre leurs études en Doctorat.

Notre Etablissement ambitionne d’étoffer les offres de formation déjà existantes


dans le monde de l’enseignement supérieur malgache. Nous visons l’excellence
et désirons accompagner la jeunesse malgache dans sa quête d’un bel avenir et,
en même temps, prendre part au déploiement de la Nation malgache.

N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015 MADA 7 SUR 7.com


Économie : Rapatriement des devises 11
Rapatriement de devises
Le secteur privé mécontent
Par Herizo A
Comprendre le taux de
Le Groupement des Entreprises de Madagascar (GEM), soutenu par plusieurs asso- change et ses risques
ciations et groupements d’entreprises, réfute l’arrêté n°25397 pris par le ministère
des Finances et du Budget le 7 août 2015, concernant le rapatriement des devises
Les risques encourus par les opérateurs
sur leurs opérations de vente, réalisées en exportation. Il en demande l’annulation. économiques dans un taux de change

Risque de change de transaction ou de


conversion : dans un système de taux de
surement y perdre dans cette obliga-
change flottant, dès qu’une entreprise ou un
tion de rapatriement à 100% dans un
individu réalise une opération qui implique
délai exceptionnel de 30 jours, c’est
une entrée ou une sortie de devises dans
une mesure irréaliste et qui pénalise
les mois ou les années à venir, il est en ris-
directement les entreprises », fulmine
que de change, car l’entreprise ou l’individu
un opérateur dans l’import/export. Il
ne connaît pas à l’avance le cours de cette
explique que dans son business, les
devise et donc la contrepartie de ses flux en
exportations servent à financer les
devises dans sa monnaie.
importations. « Les autorités auraient
une vision réductrice des affaires,
Le risque de change apparaît donc dès lors
comme si ceux qui exportent ne sont
qu’un prix en devises ou une opération finan-
que des opérateurs dans les filières
cière en devises est établi ou accepté par
vanille ou girofle qui n’ont pas besoin
une entreprise. Le risque est que le cours
de devises. Et encore, on devrait avoir
de la devise considérée varie par rapport au
le droit de garder nos devises, à part
cours existant à l’instant de la négociation.
la contribution imposée pour alimenter
On le désigne sous les termes « risque de
le MID, en tout cas, pas toutes nos re-
change de transaction ou de conversion ».
et arrêté oblige les en- Le secteur privé demande l’annulation cettes », martèle-t-il, se demandant si
trepreneurs et sociétés pure et simple de cet arrêté. « Il est le gouvernement a raison de mettre la
Risque de change de traduction ou risque
privées, à procéder di- regrettable qu’au moment où les auto- pression sur les entreprises qui expor-
comptable : les taux de change peuvent
rectement à la cession rités au plus haut niveau prônent la re- tent pour donner les moyens à ceux
aussi avoir des impacts sur la valeur de l’en-
de devises auprès du prise du dialogue public-privé pour la qui font de l’importation. Il met en dou-
treprise, celle-ci étant égale à la valeur ac-
MID. Ce qui est anti-économique aux relance de l’économie, de telles me- te l’opportunité de telles mesures pour
tualisée des flux qu’elle génèrera dans le fu-
yeux du secteur privé, c’est l’obliga- sures aux lourdes conséquences pour équilibrer la balance de paiement. Le
tur. La variation de valeur de l’entreprise due
tion de céder la totalité des recettes les entreprises n’aient pas fait l’objet chef d’entreprise estime qu’il y a une
aux fluctuations des taux de change traduit
d’exportation, soit 100%, et le délai de de concertation dans le cadre des perte, un manque à gagner dans cette
le risque de change économique. Enfin, les
30 jours après opération ou paiement structures mises en place à cette fin transaction forcée, « car l’ariary est en
variations des taux de change ont des effets
de facture des clients de ces exporta- », insiste le GEM. L’arrêté témoigne réalité largement sous-évaluée, tant
sur les états comptables et, en particulier, sur
teurs. Des contraintes qui risquent de de l’impuissance et de l’affolement que cet en dessous des 4000 unités
les résultats comptables des entreprises, ce
pénaliser fortement les exportateurs. des autorités financières devant la dé- pour un euro ».
qui correspond au risque de change de tra-
« A quoi sert un compte bancaire en préciation continue de l’ariary face à duction ou comptable.
devise, si l’on ne peut ni épargner ni l’euro et au dollar. Et si la solution était plutôt de rame-
ner les devises déjà dans le pays vers
utiliser les devises qui sont dans ces Les risques encourus par les banques
comptes », se demande le secteur La mesure devrait être temporaire le MID. La mainmise des banques et
privé. pour freiner l’hémorragie la chute de la possibilité de ces dernières à faire
La notion de risque de change est inti-
l’ariary et augmenter rapidement les des transactions entre elles n’inspirent
mement liée à la notion de la position de
Le GEM apporte des précisions dans réserves de devises du pays qui est pas la confiance aux opérateurs. Le
change
un communiqué assez tardif : « en passé en dessus des 600 millions de marché parallèle a donc une motiva-
privant les exportateurs et les pres- dollars, soit 2 mois et demi d’exporta- tion économique. La pénurie de dollars
La Position de change est la différence entre
tataires de services de la faculté de tion. Selon la procédure d’exportation, dans les transactions officielles booste
les devises possédées (ou à recevoir) et les
régler par le produit de leurs ventes le délai qui est la période entre la date le change au noir. « Il y a des gens qui
devises dues (ou à livrer). Selon une instruc-
en devise les importations en devises de rapatriement de devises et la date ont des millions de dollars chez eux »,
tion de la CSBF au mois de juin 2007, le ratio
nécessaires à leur activité, les obli- d’embarquement peut aller jusqu’à 90 spécule L. R, agent de change infor-
de la position de change est limité à 20%,
geant à convertir leurs recettes d’ex- jours pour l’exportation de marchandi- mel. Il note une augmentation specta-
c’est à dire, la somme de toutes devises
portation en ariary avant de convertir ses selon le droit commun avec l’obli- culaire du volume des transactions. «
confondues rapportée aux Fonds propres
les ariary en devises pour payer leurs gation de céder 20% des recettes au On ne travaille presque plus dans la
disponibles ne doit pas excéder les 20%.
fournisseurs étrangers, la mesure MID. Plus le délai est court, moins la rue, tant les montants échangés sont
prescrite par l’arrêté invalide l’exis- cession est importante, soit 10% si les élevés, ajoute-t-il. Il y a des demandes
Le Trésorier de la Banque gère dans le cadre
tence et la justification des comptes devises sont rapatriées sous 30 jours. énormes, comme 500 000 euros, dans
de ses propres limites, le risque de change
en devises, occasionne un préjudice L’Etat veut donc le minimum de délai ce cas, il faut mobiliser plusieurs per-
de ses opérations de trésorerie. Pour cela,
direct pour les opérateurs du fait des (30 jours) et un maximum de cession sonnes pour rassembler la somme ».
il doit se ravitailler en devises fréquemment
mouvements de change qu’elle induit, (100%). Pourquoi les autorités laissent faire, le
demandées par le client, qu’il évalue tous les
constitue une ingérence de l’Etat dans marché noir de devises s’opérant au
jours en fonction du cours sur le MID, si le
la gestion financière des sociétés et grand jour ? « Ce marché parallèle est
L’ariary à sa juste valeur utile, c’est un ballon d’oxygène pour de
cours spot (cours du jour sur le marché) est
risque d’alimenter le marché noir de supérieur au prix de revient de sa devise, la
devises ». sur le marché noir ? nombreux opérateurs et les hommes
Banque peut gagner dans ses opérations et
d’affaires, se justifie L.R. En plus, il y
dans le cas contraire, elle encaisse des per-
Les opérateurs souhaitent que la va- a des personnes très importantes, très
Une mesure d’urgence leur de l’ariary soit enfin reflétée par haut placées qui sont parmi nos clients,
tes. Par ailleurs, il peut exécuter directement
au marché l’ordre de ses clients n
pour freiner la chute de l’économie réelle sans les interven- sans oublier les nouveaux riches que
l’ariary tions de la Banque Centrale et les l’on étiquète ici d’opérateurs de bois de
Source : Sitraka Ramaroson
mesures exceptionnelles. « On va rose ». Des intouchables n

MADA 7 SUR 7.com N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015


12 Économie : Rapatriement des devises

Patrick Imam,

MID, 20 ans et toujours


représentant
résident du FMI :

pas au point
Ne pas supprimer
le MID mais
corriger ses
dysfonctionne-
but était de limiter les spéculations
ments
l’heure où un géant com-
me la Chine dévalue sa provoquant des changements bru-
monnaie nationale pour taux des taux de change. C’est plutôt Avec la dépréciation de l’Ariary, le MID
être compétitif au point la conjoncture économique qui allait est souvent mis en cause et remis en
de bouleverser l’ordre de provoquer ces bouleversements tant cause. Sa suppression est-elle oppor-
l’économie mondiale, la dépréciation craints. Le régime à flottement a été
accompagné d’une forte dépréciation
tune ?
de l’ariary a une autre lecture, celle
d’une économie faible dans un Etat de la monnaie nationale. La mise en
place du MID n’a pas mis fin au mar- En effet, une discussion qui revient souvent dans les
fragile qui a du mal à assumer son débats économiques lorsque la monnaie locale s’af-
développement. Cette perception est ché parallèle. Le fonctionnement ins-
titutionnel du marché interbancaire faiblit, comme tel est le cas ces jours-ci, c’est la sup-
celle d’un observateur étranger, sans pression du Mid et le retour à un régime de changes
complaisance dans son jugement. Elle n’est pas assez clair entre l’interven-
tion de la Banque centrale et la main fixes. Toutefois, la suppression du MID n’est pas
n’est pas forcément assumée par les forcement une issue, mais qu’il fallait solutionner
autorités malgaches, loin de là. La rai- invisible des cambistes qui manipu-
lent eux aussi les cours. Les taux de ses dysfonctionnements s’il y en a. De même que
son en est la notion de souveraineté le régime de change fixe n’est pas nécessairement
nationale que l’on associe à l’ariary. change affichaient une certaine rigidi-
té malgré les variations des volumes opportun. Non seulement le pays ne dispose pas
des devises échangés. encore des moyens d’assurer un tel régime vu le ni-
Tout avait commencé quand le gou- veau actuel de sa réserve, mais aussi parce que les
vernement de Madagascar avait dé- expériences des pays émergents des 20 dernières
cidé de sortir de la zone Franc. Dans Le marché à la criée n’a donc pas
tenu toutes ses promesses. Le MID en années ont démontré que de tels régimes peuvent
un élan idéologique et révolutionnaire, être problématiques et souvent pas soutenable à
la tendance était d’avoir une monnaie continu a apporté des améliorations
notamment dans le mécanisme de long terme, et peu aboutir à des crises, à l’instar de
forte, carrément surévaluée. C’était la crise mexicaine, la crise en Argentine ou encore
possible dans un régime de change change et permettait plus de stabilité
du taux de change. Ce nouveau sys- la crise asiatique ».
fixe. La situation était quelque peu la souveraineté monétaire. Les fonde-
surréaliste et les autorités sous la pré- ments économiques du flottement de tème n’a pas pour autant fait oublier
sidence de Didier Ratsiraka ne pou- la monnaie malgache sont un concept les problèmes structurels liés à l’insuf- Il a été dit que le FMI est pour la sup-
vaient que revenir à la réalité. mal compris par les contribuables, ce fisance de l’offre en devise. Le marché pression du MID mais cela n’a jamais
depuis le départ. est toujours sous pression, car la de- été vraiment le cas.
Dès 1982, la dévaluation du Franc mande ne peut être satisfaite. La vo-
malgache garanti a été inévitable. Elle Le Fmi et la Banque mondiale ont latilité des changes réapparait comme
Suite à un malentendu et à une confusion avec
faisait partie des ajustements néces- exigé des réformes du marché du un risque, favorisant la fluctuation des
le FMI Malagasy (Fahefa-Mividy Izao no takian’ny
saires pour pallier la crise économi- change. Les difficultés économiques taux. L’actuelle crise de l’ariary n’est
Malagasy), il a été malheureusement attribué au
que qui secouait le pays. Le marché rencontrées par le pays après la crise pas un phénomène récent puisque les
Fonds Monétaire International les propos sur la sup-
parallèle des devises était plus fort politique de 1991 et les années de prémisses dataient de mi-2014 sans
pression du Marché Interbancaire de Devises. Ce
parce qu’il était plus réaliste. Déjà, le transition qui ont suivi mettaient les que la tendance à la baisse n’ait pu
qui ne reflète pas notre avis concernant ce marché
taux de change y était variable, même autorités malgaches dans une posi- être redressée. Cette dépréciation
de changes. Pour le Fonds, il n’a jamais été ques-
si le terme « flottement » n’était pas tion d’infériorité d’autant qu’elles né- n’est pas volontaire, mais le fruit de
tion de supprimer le MID. Ce n’est pas la solution,
encore approprié. L’Etat ne pouvait gociaient des aides pour financer le la pression du marché, le résultat de
il s’agit plutôt d’améliorer son fonctionnement afin
que suivre le mouvement face à la développement et surtout pour ren- la suprématie de la demande face à
d’optimiser son existence comme il vient d’être dé-
pénurie de devises. Résultat, le FMG forcer le budget de l’Etat. La mise en l’offre de devises.
cidé avec l’élimination des buybacks*.
ou l’Iraimbilanja de son nom « verna- place d’un régime de change flottant
culaire » a perdu 80% de sa valeur en aurait été une initiative du ministre L’économiste Adamson Rasolofo a re-
seulement 5 ans. Durant ces années des Finances de l’époque, qui faisait commandé de « briser la position oli- Le fait que Madagascar soit un « Etat
1980, la dévaluation avait l’effet d’un bien plus que les conditionnalités émi- gopolistique des banques commercia- fragile » rend-il difficile de défendre la
mini-séisme. La cherté des produits ses par les bailleurs de fonds. C’était les sur le MID, pour en faire bénéficier parité de l’ariary ?
d’importation ne concernait pas tout le chose faite en 1994. d’autres intervenants jugés solvables
monde grâce à une production natio- et remplissant les conditions exigées Le mot « Etat fragile » caractérise un pays où les ca-
nale plus ou moins soutenue par les Le fait marquant de l’époque est sans par le marché, en vue d’apporter de pacités de l’Etat sont réduites. Dans ce contexte-ci,
sociétés d’Etat, celles qui étaient ef- doute la fin du contrôle de change par nouvelles liquidités en devise sur ce cette capacité réduite se rapporte essentiellement
fectivement productives. Les relations les autorités. Le marché interbancaire marché ». Des opérateurs économi- à sa capacité financière de défendre sa monnaie.
privilégiées avec les pays de l’Europe des devises est alors mis en place ques abondent dans ce sens, redou- Mais dû au fait que le pays a un taux de change flot-
de l’Est et l’Union soviétique ont per- pour encadrer le change flottant. Pour tant l’entente entre les établissements tant, bien que le niveau des réserves internationales
mis au gouvernement d’acheter des le commun des malgaches, ce chan- bancaires et souhaitent l’intégration de devises du pays est en dessous des standards
biens et des services à prix aborda- gement dans le système financier des compagnies assurances, bureaux établis de trois mois de couverture en importations,
ble. était la principale cause de l’inflation. de change, fonds de pension, caisse cela n’est pas grave. Les réserves de la Banque
Auparavant, seuls les privilégiés qui de sécurité sociale… Sur ce marché, Centrale de Madagascar ne sont pas destinées
Les difficultés économiques refont voyageaient à l’étranger et y font des les failles sont encore nombreuses, dans la politique actuelle à défendre la parité de la
surface quand le pays doit absolument achats qui semblaient être concernés. relevant plus d’un mauvais fonction- monnaie locale, mais plutôt à éviter des fluctuations
importer. L’insuffisance des réserves Avec le « flottement », tout le monde nement institutionnel que de la politi- excessives. Face aux différents chocs internes et
de devises a contraint les Malgaches a subi la hausse des prix des biens que de change elle-même n externes auxquels son économie pourrait être expo-
à de grands sacrifices. Quand la pro- importés. Les entreprises espéraient sée, c’est le taux de change qui en principe va être
duction rizicole n’était pas suffisante, avoir accès facilement aux devises l’amortisseur. En effet, avec son niveau actuel de
l’approvisionnement est compromis grâce au MID. Ce n’était pas le cas. réserve, on peut dire que le pays pourrait se mettre
parce que l’Etat ne peut pas importer. Au milieu des années 1990, l’offre de dans une situation plus confortable en augmentant
*Les buybacks sont des
La pénurie des autres PPN comme devises demeurait insuffisante. Phé- les réserves.
opérations d’achat/vente par la
l’huile alimentaire est toujours suppor- nomène bizarre et imprévu, la sta-
Banque Centrale, sans transfert de
table pour les malgaches, mais pas gnation des cours laissait perplexes
le riz. La valeur de la monnaie mal- les acteurs du marché, laissant croire
cash. Ils ont pour effet de gonfler A quoi va servir l’aide du FMI ?
le volume des transactions et d’af-
gache s’appréciait alors sur sa parité que les dépréciations de la monnaie
ficher un cours de l’ariary moins L’aide financière du FMI va être versée directement
avec le… prix du riz. Quand un franc nationale de l’époque étaient encore
déprécié. Selon le bureau du FMI, à la Banque Centrale et servira à renforcer la ré-
français valait un kilo de riz, tout allait une dévaluation déguisée au lieu d’un
de telles interventions faussent les serve internationale de devises gérée par cette der-
bien. Le début de la dévaluation allait flottement.
repères sur le vrai taux de changes nière. Madagascar se dotera ainsi des ressources
mettre en cause cette certitude. A la
au détriment du secteur privé pro- nécessaires qui viendront renforcer les réserves in-
fin des années 1980, Madagascar en- Les autorités gardaient cependant un
ductif. Il estime que la cessation ternationales détenues par la Banque Centrale, afin
tre « dans le giron » des institutions de certain contrôle grâce à la possibilité
des buybacks ne devrait pas avoir de se prémunir contre d’éventuels chocs sur son
Bretton Woods après avoir constaté d’intervention de la Banque centrale
d’impacts sur l’économie réelle, en économie et pour financer plus facilement l’impor-
l’échec économique du socialisme pur pour atténuer les fluctuations et l’as-
particulier l’inflation. tation de biens et de produits n
et dur. Ce choix économique va pous- sociation des transactions de chan-
ser le pays à perdre sur le terrain de ges aux flux commerciaux avérés. Le

N°19 $ DU 09 AU 21 OCTOBRE 2015 MADA 7 SUR 7.com


Économie 13
Investissements Indice de la bonne
gouvernance
La stabilité politique, Du chemin à faire

une nouvelle priorité


J.R

es principaux pays partenaires de Madagas-


car en Afrique semblent connaitre un progrès
J.R fulgurant en matière de gouvernance. Mau-
rice se trouve en tête du classement pour
2015. Viennent respectivement en seconde
position et en troisième position le Cap Vert et le
es dernières années ont été « Les investisseurs étrangers n’osent Botswana. L’Afrique du Sud se trouve à la quatriè-
marquées par une baisse pro- pas avancer pour le moment et les me place selon le classement effectué par la fonda-
gressive des Investissements bailleurs de fonds hésitent encore tion Mo Ibrahim. Ce qui est source de satisfaction
directs étrangers (IDE) à Ma- en raison de l’instabilité politique », chez les Sud-Africains qui estiment pouvoir ravir
dagascar. D’après les chiffres reconnait le ministre d’Etat. En tous la palme, un jour. Les pays membres de la SADC
du Cnuced, les investissements sur la cas, le manque d’argent se fait sentir connaissent des résultats plutôt satisfaisants.
Grande Ile sont passés de $ 1, 169 à différents niveaux. Des membres de
milliard, en 2008, à $ 351 millions en la société civile déplorent aussi le dé- Kingsley Makhubela, PDG de Brand South Africa a
2014. Durant les six dernières années, faut d’investissements pour financer affirmé que « L’Afrique du Sud félicite les pays de
le chiffre n’a cessé de diminuer. Si en l’économie de la Grande Ile. L’espoir la SADC pour leurs résultats. Bien que l’IIAG 2015
2010, le pays a encore enregistré $ est placé dorénavant sur la « Réunion fasse état de progrès dans ces pays pour plusieurs
808 millions d’IDE, le chiffre est passé des partenaires au développement de indicateurs, nous ne devons pas sous-estimer l’ur-
à $ 567 millions, en 2013. Madagascar » tenue à Lima, la capi- gence de la mise en œuvre de l’Agenda 2063 sur
tale péruvienne, en ce début du mois l’ensemble du continent ». Il a également soutenu
C’est l’instabilité politique qui est d’octobre, en parallèle avec la réunion que « tous les pays africains doivent élaborer des
montrée du doigt par les dirigeants annuelle des institutions financières programmes nationaux pour favoriser leur déve-
politiques actuels. Le ministre d’Etat de Bretton Woods, à savoir le groupe loppement social et économique. Ces programmes
chargé des Projets Présidentiels, de de la Banque Mondiale et le Fonds contribueront de façon collective au développement
l’Aménagement du Territoire et de Monétaire International. socio-économique global de l’Afrique ».
l’Equipement, a affirmé que « ce n’est
pas la faute à l’Etat seul ». Rivo Rako- Si tout se passe bien, la courbe sera Rappelons que l’indice Ibrahim de la gouvernance
tovao montre du doigt les principaux inversée dès 2016. Mais les tendan- en Afrique (IIAG) mesure la qualité de la gouver-
acteurs politiques du pays qui étaient, ces des cinq dernières années lais- nance dans 54 pays africains sur une base annuel-
par exemple, à l’origine d’une motion sent toutefois perplexe. La morosité le, et, notamment, dans quatre domaines : sécurité
de déchéance à l’endroit du président a malheureusement gagné du terrain. et État de droit, participation et droits de l’Homme,
Rivo Rakotovao, Ministre d’Etat chargé
de la République et d’une motion de Diverses promesses sont en attente développement économique durable et développe-
des Projets Présidentiels, de l’Aménage-
censure contre le gouvernement, en de concrétisation en ce dernier tri- ment humain. En 2014, Madagascar a été classé
ment du Territoire et de l’Equipement,
l’espace de deux mois. mestre de 2015 n au 33e rang. Un classement qui n’a pas évolué de-
puis, mais le pays ne se trouve toutefois pas dans
le peloton de queue formé par la Centrafrique, le
Soudan du Sud et la Somalie n

Commerce
Respect des normes internationales
et accès aux marchés de la SADC
Pour le projet régional ASTF de contamination des denrées alimen- commercialisation », a souligné le teur public (ministères techniques,
ou Fonds fiduciaire africain de taires aussi bien que l’environnement. Coordonnateur national du projet, le centres/institutions de recherche), du
solidarité, 7 pays de la région Il vise à assurer le plein respect des Dr Clarisse Maharavo. secteur privé (groupement profes-
de la SADC se sont vus attri- normes internationales stipulées dans sionnel, entreprises œuvrant dans
bués le montant total de 4 mil- l’Accord sur les mesures Sanitaires Six mois après le lancement du projet l’agroalimentaire) et de la société civi-
lions USD. Madagascar, faisant partie et Phytosanitaires (SPS). Le projet financé par le Fonds fiduciaire africain le (associations des consommateurs,
de cette région, a reçu 420 000 USD contribue à la productivité agricole de solidarité (Africa Solidarity Trust groupements de producteurs), pour
pour la réalisation du projet visant à accrue et à faciliter le commerce ré- Fund-ASTF) à Madagascar, les mem- mener à bien ce projet sur une durée
« renforcer les contrôles des mena- gional et international pour la sécurité bres du Comité Technique National du de 3 ans.
ces pour la sécurité sanitaire des ali- alimentaire et nutritionnelle dans la Projet se sont réunis pour mettre au
ments, les ravageurs et les maladies région de la SADC. point leur plan d’action. ASTF est un Les experts techniques viennent de
des plantes et des animaux, en vue fonds de plus de 40 millions de dollars différentes institutions notamment de
de l’accroissement de la productivité L’ensemble des acteurs du secteur réunis par les pays les plus avancés l’Enseignement supérieur, de la re-
et du commerce en Afrique australe agricole du pays devrait bénéficier d’Afrique afin d’aider ceux qui sont cherche scientifique, et des autorités
». des retombées de ce projet : des moins avancés. compétentes spécialisées en : santé
petits producteurs aux grandes insti- et protection des végétaux, élevage et
Le projet fournira des appuis pour tutions en passant par tous les opé- Le comité national technique est santé animale, sécurité sanitaire des
améliorer la surveillance des mala- rateurs de la filière agricole, en met- constitué par des spécialistes minu- aliments, foresterie, pêche et santé
dies et des ravageurs et les épisodes tant un accent particulier sur l’aspect tieusement identifiés, issus du sec- des animaux aquatiques n

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14 Société
Directeur
de la publication :
Harifidy Rahaingoson

Ecole Le Petit Nid Directeur


de la rédaction/
Rédacteur en chef :
Herizo Andrianarijaona

Miser sur la qualité


maherizo@gmail.com

Service publicité :
Tel. : 034 84 793 43
032 07 517 20

de l’éducation
033 18 584 83
mada7sur7@gmail.com
Herizo A
Tirage : 5.000 exemplaires
DL: 01/10-2015

Toute reproduction
intégrale ou partielle des
pages publiées et dans la
présente publication sans
btenir l’étoile de l’Interna- l’autorisation de l’éditeur
tional Star for Quality 2015 est interdite.
est une récompense inat- Tous droits réservés.
tendue, mais largement

ID
méritée pour l’Ecole Le
Petit Nid. C’est l’un des établissements
malgaches qui a su hisser au plus haut
le niveau d’enseignement et la qualité de
l’éducation que reçoivent les élèves. Une
stratégie de développement et une ges-
tion rationnelle ont conduit l’entreprise
puis le groupe sur le chemin du succès.
PICTURES
Lot Près VS 98 DA Bis
Andranovory
« On nous a remis le trophée Etoile de Ambolokandrina
la Qualité avec solennité. Cela a réveillé Tel. 034 84 793 43
chez nous un sentiment de fierté », dé- 032 07 517 20
clare la PDG du groupe Le Petit Nid, Sahoby Ramahafalisoa
Sahoby Ramahafalisoa. « Nous serions
contents s’il y a plus de malgaches qui fesseurs qui l’enseignent. Chaque élève elle. L’école est travail d’amour, c’est un
le recevaient. Dans les autres pays, les est suivi par un éducateur qui se réfère à investissement de conviction. On ne peut
gens se soutiennent, se solidarisent pour
évoluer positivement », a-t-elle ajouté.
une courbe d’évolution. « La réunion des
staffs, c’est notre gouvernement. C’est là
pas réduire l’éducation et l’enseignement BNI Madagascar
à n’être qu’un commerce ».
L’établissement sis à Amboditsiry a été que nous décidons des actions à réaliser Un Centre d’Affaires
à Toamasina
le seul à être honoré par une ISQ 2015 », explique la PDG. Sahoby Ramahafa- Un enseignement pour donner le savoir,
dans le domaine de l’éducation parmi les lisoa affirme que l’école ne fait pas de une éducation pour faire des enfants de
51 pays récompensés. discrimination raciale ni sociale. Les élè- bonnes personnes, de bons citoyens,

D
ves portent un uniforme, mais la liberté telle est la philosophie de l’Ecole Le Pe- epuis le 1er octobre 2015, l’agence
Même si le taux de réussite aux examens individuelle est respectée pour ceux qui tit Nid. L’établissement a la particularité
officiels dans le pays a diminué, l’Ecole principale de BNI MADAGASCAR
souhaitent porter un habit selon leur pra- d’avoir deux cursus, l’un pour le program- à Toamasina, à l’angle du Boulevard
Le Petit Nid fait preuve de constance en tique religieuse. me du gouvernement malgache et l’autre
termes de bons résultats, soit 90 à 100% Joffre et de la Rue de Lattre de Tas-
qui vise un diplôme international. Ce sont signy, dispose désormais d’un Centre
selon les séries. « Nous avons des outils Le grand projet du Groupe Le petit nid, deux systèmes différents. On prépare le
qui suivent les normes, ce qui nous ga- d’Affaires Entreprises. Ce dernier per-
c’est l’ouverture d’une chaîne de télé- brevet et le baccalauréat français dès le met à la banque de mettre un accent
rantit des résultats satisfaisants », confie vision éducative. « Nous avons déjà préscolaire.
la PDG du groupe. Bibliothèque, maté- particulier sur sa volonté d’accompa-
réservé la fréquence, nous espérons gner les entreprises, toutes catégories
riels informatiques, laboratoires et autres bientôt avoir la licence, explique la PDG. Sahoby Ramahafalisoa milite pour la
outils pédagogiques sont à la disposition confondues, dans le développement de
Il n’y a pas que les élèves du Petit Nid réussite des malgaches à la tête des en- leurs activités dans cette première ville
des élèves. et ceux qui habitent à Antananarivo qui treprises. « On peut faire mieux que les portuaire du pays.
vont en bénéficier mais tous les enfants étrangers » clame-t-elle. Une conviction
Ouvertement élitiste, l’établissement sé- malgaches ». L’établissement a l’ambi- qui est une source de motivation dans
lectionne aussi bien les élèves que les L’équipe commerciale du CAE est à
tion d’œuvrer pour l’avenir de tous les l’enseignement : « je suis persuadée que l’écoute des besoins spécifiques de
professeurs en leur faisant passer un enfants du pays. Sahoby Ramahafalisoa les jeunes diplômés malgaches seront
test d’entrée. L’enseignant doit honorer chaque société, petite ou grande y
est une éducatrice engagée qui n’hésite les dirigeants ou les propriétaires des en- compris les institutionnels, avec une
son contrat qui est de faire réussir ses pas à mobiliser son groupe pour donner treprises à succès du pays ». Pour cela,
élèves, de traiter ces derniers sur le panoplie de services bancaires de
un coup de main aux écoles primaires dit la PDG du groupe, il faudra que les proximité. Pour plus de confort et de
même pied d’égalité et de respecter les publiques. « Je n’accepterais jamais que pouvoirs publics et les consommateurs
valeurs de l’entreprise. Chaque matière sécurité, un guichet de caisse dédié
les enfants malgaches échouent, je ferais fassent confiance à ces jeunes entrepre- est mis en place afin de faciliter toutes
a un directeur qui supervise tous les pro- des efforts pour les aider à réussir, dit- neurs n leurs opérations bancaires n

en qualité d’invité spécial pour partager

Hay Fy Mampiavana le savoir faire de ce pays en matière de


cuisine et de gastronomie.

La fête de la gastronomie malgache Le Hay Fy Mampihavana est aussi et


surtout une plateforme d’échange et de
partage. Pour détecter et encourager les
R.Tom jeunes talents, deux concours ont été
organisés pour les enfants et les jeunes
chefs. 150 enfants venus des EPP des six
’art culinaire constitue un atout im- nement « Hay Fy Mampihavana » les nisons chaque année, a pour objectif de arrondissements de la capitale, à travers
portant pour le tourisme, en étant différents acteurs de la restauration et de faire connaître l’art culinaire malgache le concours de Tsikonina, ont démontré
le composant incontournable la gastronomie, qui était à sa deuxième sur le plan international. D’ailleurs, les leurs talents et leur passion pour la cui-
pour faire distinguer une destina- édition cette année. échos de cette fête de la gastronomie sine. Par ailleurs, un deuxième concours
tion. Consciente de cet enjeu, la nationale sont visibles sur certains sites pour les jeunes chefs, qui assureront la
« Women Tourism Association » (WTA), 45 exposants ont répondu présents à sur Internet, et déjà pas mal de pays se relève, a été organisé durant l’évène-
en partenariat avec la Commune Urbaine cette fête de la gastronomie où la cuisine sont intéressés à l’évènement. » a affir- ment. Hay Fy Mampihavana était aussi
d’Antananarivo à travers l’Institut des Mé- malgache sous tous ces aspects avec les mée Brigitte Elison, Directrice de l’Institut un lieu de rencontre avec les producteurs
tiers de la Ville (IMV) et le ministère du spécialités régionales a été à l’honneur. des Métiers de la Ville. Cette seconde : agriculteurs et éleveurs, toute la chaine
tourisme ont rassemblé autour de l’évè- « Hay Fy Mampihavana, que nous orga- édition a vu la participation de l’Indonésie de production y était présente n

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Culture 15
Oktoberfest Valiha Wave
L’évènement annuel La valiha s’intègre au jazz
des amateurs de la bière
ne rareté pour
R.Tom
les amateurs
de la musique
jazz. A l’Allian-
ktoberfest, reconnu ce française
comme évènement d’Andavamamba, dans le
mondial de la fête de cadre de l’évènement Ma-
la bière, a trouvé ses dajazzcar 2015, le groupe
origines en 1810 à Valiha Wave a offert un
Munich en Allemagne. Devenue une spectacle inédit : le Jazz
tradition annuelle pour les Bavarois, Gasy. Les amoureux du
cette fête s’est exportée petit à petit genre ont eu l’occasion
partout dans le monde. A Madagas- de découvrir l’intégra-
car la Brasserie STAR, depuis 1965 tion de la Valiha dans le
année de début de la bière THB, a monde du jazz. La valiha
repris le concept pour en faire un un instrument traditionnel
évènement annuel des amateurs de malgache, qui jusqu’ici
la Bière. En 2006 l’évènement de- n’a été utilisée que pour
vient THB Oktoberfest et se déroule interpréter des chansons
durant tout le mois d’octobre de cha- typiques malgaches et le
que année. world music, va faire sa
preuve dans un monde
Durant tout le mois d’octobre plu- musical tout à fait différent.
sieurs manifestations et évènements,
sous le slogan « Soa ny fiarahant- Valiha Wave est composé de deux grandes figures de la valiha, en l’occurrence Ratovo et
sika » seront organisés dans tout Zambà, accompagnés par Sitraka Ranaivosoa (Six) à la batterie, Heriniaina Solofomasoandro
Madagascar à l’occasion de cette au clavier, Tahiry Ranaivosoa à la basse et Titi Razakamiadana au saxophone. La formation
fête annuelle de la bière. Les fans de musicale emportera le public dans le son mélodieux de la valiha à travers des compositions
THB ont déjà pu apprécier un avant- probablement nouvelles. Chaque année le festival du jazz ne cesse d’émerveiller le public par
gout lors de la soirée d’ouverture au de telles nouveautés n
California à Andraharo le vendredi
02 octobre dernier n

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