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MA D A7

Journal
d’information
indépendant

N°25
02/03/16
08/03/16

GRATUIT
É C O N O M I E , D É V E L O P P E M E N T E T C U L T U R E

Edito Question 6
de vision
u cours des 30 dernières années, le para-
digme du développement a été essentielle-
ment fondé sur la croyance selon laquelle
le rôle du gouvernement devrait se limiter
à assurer la stabilité macroéconomique,
la protection des droits de propriété et la fourniture de
biens publics. Vers le début des années 80, les stra-
tégies publiques et nationalistes de développement

Au nom de
en vigueur dans la plupart des pays africains ont ainsi
été dénoncées, au motif qu’elles étaient inefficaces
et responsables de la corruption et du ralentissement
de la croissance. Ainsi, un train de mesures connues
sous le qualificatif de « politiques néolibérales » a été
recommandé. Elles comprenaient la libéralisation du
commerce et des investissements étrangers, la priva-
tisation des entreprises publiques, la déréglementation

la convergence
des marchés, des politiques macroéconomiques plus
« prudentes » et une meilleure protection des droits de
propriété intellectuelle. Pour de bonnes et de mauvai-
ses raisons, les politiques néolibérales ont eu une gran-
de influence sur l’Afrique. La performance économique
relativement faible du continent dans les années 60 et
70, comparée à celle du reste du monde en développe-

économique
ment, a exacerbé le scepticisme autour des stratégies
publiques de développement. Confrontés en perma-
nence à des crises de change, les pays du continent
ont pour la plupart éprouvé la nécessité de s’approcher
de Bretton Woods et s’étaient ainsi trouvés obligés se
soumettre aux conditionnalités des « puissants ».

Cette performance médiocre de la croissance a remis


fortement en question une doctrine fondée sur le slo-
gan « nous avons besoin de générer plus de richesses
avant de les redistribuer ». Pour être juste, la croissan-
ce de nombreux pays africains a connu un redresse-
ment au cours des cinq à six dernières années grâce
à l’envolée des cours des matières premières. Mais
en l’absence de la stratégie industrielle systématique
qu’exige le néolibéralisme, très peu de ces résultats po-
sitifs se sont traduits par la transformation structurelle
et les améliorations technologiques nécessaires pour
une croissance autonome. Par conséquent, la multi-
plication des crises mondiales mettra un terme à cette
croissance. Maintenant, chacun sait que l’économie est
une question de vision et jamais une question de for-
mule mathématique. n

À lire dans ce numéro


ONE p.2
De nouveau sous les projecteurs
Aéroport 5
Gestion des ressources
stratégiques p.3
Vers une option trop étatique ?
d’Ivato
Cyberconsommation p.4 Moderniser
Le faux discours sur la qualité
Air Madagascar p.5
jusqu’où ?
Elle aura du mal à survivre
2 Décryptage

ONE
De nouveau sous les projecteurs
n octroyant officiellement un
permis environnemental à loi en vigueur depuis maintenant deux
un projet d’exploitation pé- décennies. Mais le grand problème de
trolière, l’Office National pour l’ONE, avec sa petite soixantaine de
l’Environnement (ONE) rede- collaborateurs, est d’ordre budgétaire.
vient au devant de la scène, avec un La raison en est que l’Office dépend
éclat particulier. La signature du Pro- essentiellement des frais d’évalua-
gramme de Gestion Environnemen- tion et des reliquats de … 2008. Les
tale (PGE), relatif à la Phase d’Ex- aides étrangères ayant été suspen-
ploitation du Bloc 3104 de Tsimiroro, dues conséquemment à la récente
peut en effet être considérée comme crise politique de 2009. Si un opéra-
un événement économique inédit. Un teur minier opte pour la LGIM, l’ONE
point de départ pour la mise en œu- pourrait envisager d’encaisser plus de
vre du Plan de Développement dudit 100 000 dollars dans une opération,
Bloc, après approbation du Conseil soit le dixième de son budget d’avant
des ministres du 15 avril 2015. la crise. Un cas qui ne s’est jamais
nemental (EIE). Il aura donc fallu plus accélérer la procédure. manifesté depuis Ambatovy...
Pour la petite histoire, le projet Tsimi- de 10 ans pour que tout soit ficelé et
roro a débuté vers le milieu des an- que l’on puisse s’attaquer au vif du su- Le Directeur général de l’ONE, Jean Généralement, le système de tarifica-
nées 2000 par un Contrat de Partage jet : l’exploitation. Certes, l’ONE a dû Chrysostome Rakotoary, est convain- tion appliqué est dégressif, allant de
de Production entre l’OMNIS, repré- tenir compte de plusieurs paramètres cu qu’avec les expériences acquises, 0,5% à 0,1% du montant des inves-
sentant l’Etat malgache et la Compa- : biodiversité, gestion de l’eau, gestion le guichet unique qui délivre les per- tissements d’un projet. Mais cela peut
gnie Madagascar Oil S.A. Deux ans des déchets et des émissions, gestion mis et des certifications aux projets aussi être forfaitaire comme les 400
plus tard, l’ONE a donné le « feu vert des zones de pâturages, conditions miniers et industriels pourrait travailler 000 dollars versés par le projet Amba-
» à Madagascar Oil pour ses travaux de recrutement, réhabilitation de la plus vite. A savoir que l’évaluation se tovy. Une des incohérences du décret
de prospection avec comme condition route nationale RN1/RN1 bis.... Mais base sur le décret MECIE qui fixe les MECIE qui, s’il était appliqué à la let-
le respect d’un cahier des charges ceux qui ont suivi de près ce dossier règles et procédures à suivre en vue tre, aurait permis à l’ONE d’encaisser
confectionné sur la base des résultats pensent qu’il est temps pour Mada- de la mise en compatibilité des inves- plus de 5 millions de dollars n
d’une série d’études d’Impact Environ- gascar de se donner les moyens pour tissements avec l’environnement. Une

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Décryptage 3
Gestion des ressources stratégiques
Vers une option trop étatique ?

a création de structures char- y a aussi les recettes attendues des


gées de gérer les intérêts de grands projets miniers déjà en cours
l’Etat dans le secteur extractif et à venir, malgré les déboires actuels
fait partie des mesures annon- d’Ambatovy. Mais c’est surtout du côté
cées par le gouvernement. des opportunités « offshore » que les
Une décision diversement appréciée analystes voient l’avenir de la Grande
par les entreprises du secteur et les Ile. A noter cependant que si la pro-
observateurs. Pour certains, ce genre duction de pétrole des majors a bais-
d’initiative devrait être discuté dans le sé un temps de 25% alors que leurs
cadre des échanges sur la confection investissements ont été multipliés par
de nouveaux codes minier et pétro- trois, la tendance s’est inversée de-
lier. Sur le plan politique, ce « grand puis. Un constat qui met en doute les
virage extractif » risque aussi de faire différentes prévisions d’il y a quelques
des vagues. Les leaders de l’opposi- années et aussi l’intérêt des entrepri-
tion ne manqueront pas de soulever ses du secteur pour Madagascar.
les possibles tentations du pouvoir de
gager d’une façon ou d’une autre nos Il faut par ailleurs que la Grande Ile
ressources stratégiques. sache gérer comme il faut son entrée
en scène, ainsi que la suite. Les scan-
Tôt ou tard, le pétrole et le gaz vont dales liés aux contrats sur les produits
soutenir fortement la croissance extractifs sont nombreux sur le conti-
économique malgache et contribuer nent : l’affaire Trafigura en Angola, les à échanger du brut contre des inves- temps que nos parlementaires jouent
notamment à l’essor de son secteur milliards de subventions détournées tissements en infrastructures : termi- leur rôle de politiciens du développe-
énergétique. A travers le projet d’ex- au Nigéria... Actuellement, la tendan- naux, distribution… ment. Ce sera pour eux une dernière
traction d’huile lourde de Tsimiroro, le ce africaine est d’échanger du pétrole chance de transformer leur image et
pays peut désormais envisager d’inté- brut contre de l’essence raffinée pour Des contrats parfois complexes réa- aussi celle de la politique en général à
grer prochainement le club des pays la consommation intérieure. Il y a aus- lisés surtout avec les traders pour la Madagascar n
africains exportateurs de pétrole. Il si la stratégie gabonaise qui consiste plupart basés en Suisse. Il est donc

Secteur privé n« La question des îles épar-

Des patrons très énervés


ses devrait être discutée au
niveau des Nations-Unies, dès
Dixit

le mois de septembre prochain


». Béatrice Atallah, ministre
des Affaires étrangères de
Madagascar
e Groupement des Entrepri- get, se voulant rassurant, avance que
ses de Madagascar a rompu le dialogue devrait pouvoir solutionner
durant quelques semaines le les problèmes du moment. Ce que n« À Madagascar, la production
dialogue avec l’Etat à cause certains patrons, très énervés, réfu- de l’électricité présente le plus
de l’arrêté ministériel fixant les tent. Pour ces derniers, le gouverne- gros client ciblé sur le marché
tarifs de la redevance Advance Cargo ment en profite pour tergiverser alors
Declaration (ACD). Par ailleurs, les que le climat des affaires de dégrade de l’huile lourde. Dans ce cas, la
négociations pour l’augmentation des de manière alarmante… Entre autres centrale thermique de Mandro-
salaires dans le secteur privé pour- arguments mis en avant : l’énergie re- seza occupera la grande quan-
raient trainer en longueur. Les em- présente 40% du coût d’exploitation
ployeurs réitèrent qu’ils ne pourront des unités industrielles du pays qui tité de la demande »
accorder une hausse au-delà de 7%, doivent en plus supporter quasi quo- Stewart Ahmed, directeur
vu le contexte économique actuel. tidiennement le phénomène de déles- général de Madagascar Oil
Les syndicats réclament pour leur part tages. Pour le secteur privé, rien n’a
une hausse de 10% et un salaire mini- été fait pour accompagner le secteur
mum d’embauche d’au moins 172 000 privé à se relancer après des années
ariary. Du côté des industriels, on ne de crise. Un sentiment partagé, mais n« L’application du système bu-
cesse d’interpeller le pouvoir public avec des mots diplomatiques, par les siness intelligence permet aux
sur la situation déplorable de leur fi- bailleurs de fonds comme la Banque
lière. Selon le Syndicat des Industries
opérateurs de savoir instanta-
mondiale. Mais bien qu’au bord de
de Madagascar (SIM), la faiblesse du la crise de nerfs, les patrons pensent nément l’évolution de la situa-
pouvoir d’achat des consommateurs, que leur sort peut très bien s’amélio- tion dans une entreprise, par
la pression fiscale et les problèmes rer si l’on mettait plus de volonté po- exemple les chiffres d’affaires et
liés à l’énergie sont en train de met- litique à appuyer les entreprises. Les
tre à genou les entreprises dont nom- res que ces industriels considèrent multiples rencontres impliquant les la gestion des stocks. Cela peut
breuses ne fonctionnent qu’à 50% comme naturelles dans la mesure où autorités publiques et les partenaires orienter aussi à un changement
de leur capacité. Les membres de ce ils versent chaque année plus de 200 techniques et financiers ont sorti nom- de comportement et de métho-
syndicat qui réalisent un chiffre d’affai- millions de dollars d’impôts et taxes bre de recommandations permettant à
res cumulé de près de un milliard de à l’administration. Bref, ils dénoncent la Grande Ile de se doter d’un secteur dologie dans la vie d’une société
dollars, estiment qu’il est temps que l’ingratitude de l’Etat à leur égard. privé compétitif. Mais il faut traduire ». Jean Luc Rajaona, directeur
l’Etat prenne des mesures de soutien les résolutions en actes n général de la société Ingenosya
en faveur de l’industrie. Des mesu- Le ministre des Finances et du Bud-

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4 Sécteur

Cyberconsommation
Sa vulgarisation se fait attendre
La Grande île qui essaye de combler
la fracture technologique n’est pas en
reste même si la cyberconsommation
n’est pas encore très développée, elle
est même quasi inexistante. Les sites
d’échanges et d’achat sont légion,
mais ce sont plutôt des plateformes
pour les acheteurs et les vendeurs.
Des transactions de type Amazon
n’existe pas encore à Madagascar,
comme l’explique Andry Johanessa,
un développeur : « La contrainte à
notre niveau se situe encore dans le
refus des banques locales d’admettre
les paiements électroniques en ligne.
Nos banques n’acceptent pas encore
les paypal, un service de paiement en
ligne qui permet de payer des achats,
de recevoir des paiements, ou d’en-
voyer et de recevoir de l’argent. » En
effet, le problème lié à la sécurisation
des transactions est encore un frein
pour le développement de la cyber-
il Razafintsalama du tamment en matière de paiement par se font virtuellement, l’article est livré consommation. Toutefois, notre inter-
GOTICOM, le groupe- mobile. Alors pourquoi nos services fi- dans l’heure ou les jours suivant la locuteur tient à souligner les efforts
ment des opérateurs nanciers ne franchissent toujours pas commande. Cet aspect de la transac- et les avancées constatés au niveau
TIC, a une nouvelle fois le pas aujourd’hui alors que le poten- tion commerciale a gagné beaucoup de la démonétisation pour le secteur
rappelé que le cadre ré- tiel de générer beaucoup plus de va- de terrain dans de nombreux pays. des mobiles par exemple. Ainsi, il n’y
glementaire et la densité des réseaux leur ajoutée locale, notamment dans Des sites comme Amazon ou eBay a pas de raisons particulières qui em-
permet aujourd’hui de faire de la cy- le tourisme et dans le e-commerce ? sont les représentants par excellence pêcheraient que le même modèle soit
berconsommation une réalité quoti- » A savoir que la cyberconsommation de ce type de secteur en pleine ex- appliqué au domaine du commerce
dienne à Madagascar. Et lui de se de- est le fait de consommer des produits pansion. En France par exemple, on en ligne. Nous avons la technologie
mander pourquoi le mécanisme tarde par commande sur internet, via des cy- comptait plus de 40 millions d’inter- nécessaire et les personnes pour dé-
à se mettre en place : « Alors que nous bercommerçants. C’est donc un autre nautes et pratiquement autant d’ache- velopper cette plateforme. Les négo-
pouvons payer à l’étranger, la course aspect du commerce, sa spécificité teurs en ligne. C’est dire si ce mode ciations doivent être menées auprès
au commerce de services est lancée. réside dans la dématérialisation des d’achat est entré dans les habitudes de l’Etat et des institutions financières
Nous sommes bien positionnés no- transactions. L’achat et le paiement et les mœurs des internautes. n

Agriculture Artisanat
Très dépendant du tourisme
Manque de fermes modernes
es paysans malgaches cultivent en moyenne
moins de 2 hectares pour faire vivre 5 ou 6 per-
sonnes. Ils travaillent majoritairement à la main,

L
et encore trop rarement en culture attelée avec
une simple paire de zébus, sur des parcelles
extrêmement morcelées et de ce fait non mécanisa- Les chiffres du ministère en charge de
bles Ils n’achètent que très peu d’engrais et utilisent l’Artisanat indiquent que les touristes
peu de semences améliorées. Son rendement moyen représentent plus de 13% du marché
en paddy est de 2 tonnes environ par hectare. Sa pro- des produits artisanaux. C’est dire que
duction est d’abord destinée à nourrir la famille. Les la baisse de performance du secteur
surplus vendus représentent en moyenne moins de touristique malgache depuis le déclenchement
100 000 ariary par tête et par an en revenu monétaire de la crise en a eu de fâcheuses répercus-
(hors autoconsommation). L’avenir de Madagascar sions sur le chiffre d’affaires des opérateurs
est pourtant toujours étroitement lié à l’agriculture et de la filière artisanat. Et même si les exporta-
notamment à l’agro-alimentaire. Pour les spécialistes, tions de produits artisanaux n’ont souffert que
sans abandonner la production et l’exportation de pro- faiblement de la crise, les acteurs de la filière
duits de rentes tels que la vanille, le girofle ou le café, attendent encore la vraie reprise du secteur
il est désormais important de privilégier les produits à tourisme car les clients nationaux, qui repré-
plus forte valeur ajoutée et les produits dont ont besoin sentent aujourd’hui plus de 70% du marché,
l’industrie agro-alimentaire. Mais les campagnes mal- demeurent prudents en matière de dépenses.
gaches doivent disposer de plus de fermes modernes. Du côté du gouvernement, on est persuadé
Or, le pays ne compte que moins de 300 fermes mé- qu’il faut appuyer le secteur afin qu’il puisse
canisées. Elles exploitent de vastes domaines (30 à 2 mieux s’imposer sur le marché international.
000 hectares) aménagés en parcelles adaptées à la Aussi, plus de 300 certificats ont été délivrés
par ce département en faveur des artisans.
motorisation n

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Entreprise 5
Air Madagascar
Elle aura du mal à survivre
a compagnie aérienne malga- Mais les spécialistes du secteur aé- compagnie pérenne et solide c’est
che va avoir du mal à rester rien estiment que ce n’est pas assez de mettre en commun des moyens
dans la partie à cause d’une pour survivre et que c’est plus par or- et d’atteindre la taille critique grâce à
concurrence beaucoup plus ar- gueil, ou pour des objectifs inavoués, la création de compagnies régiona-
due de la part des compagnies que les autorités persistent à soutenir les. Une éventualité qui ne risquera
internationales et régionales. Mais la la compagnie aérienne nationale. Air pas de se produire de sitôt dans la
compagnie avait aussi fait preuve de Madagascar n’est cependant pas un sous-région surtout après l’échec re-
trop de laxisme dans le management cas à part si l’on en croit Délia Ber- tentissant du projet Air Océan Indien.
qu’il lui sera difficile d’améliorer sa gonzi, directrice générale du cabinet Pour certains observateurs nationaux,
santé financière pour relever les défis Ectar, spécialisé dans le transport même privatisée, une compagnie
qui l’attendent. A noter qu’Air Mada- aérien en Afrique. Elle soutient qu’à comme Air Madagascar aura peu de
gascar développe depuis un certain terme, les petites compagnies natio- chance de survivre. La compagnie aé-
temps une nouvelle stratégie pour une nales ne sont pas viables. Pour cette rienne nationale est-elle ainsi vouée à
meilleure gestion financière et une ap- femme qui connaît bien la situation disparaître ? n
proche commerciale plus « réaliste ». du secteur, le seul moyen d’avoir une

Aéroport d’Ivato
Moderniser jusqu’où ?
e programme d’extension et
de modernisation de l’aéroport
international d’Ivato n’est que
dans sa phase d’entame. Le
but premier, pour le gouverne-
ment, est d’installer les infrastructures
minimum exigées par « le cahier des
charges » du Sommet de la Fran-
cophonie. On attend ainsi la suite
concrète du projet qui, sauf chan-
gement, prévoit des travaux qui de-
vraient aller sur trois ans. Pour rappel,
la pose de la première pierre du grand
projet avec le Japon a été effectuée en
2008 en présence des hautes autori-
tés malgaches et de l’ambassadeur
du Japon. Les Nippons ont en effet
donné leur accord pour aider financiè-
rement et techniquement Madagascar
pour la réalisation du projet. Les tra-
vaux ont été initialement divisés en 6
tranches et la première phase aurait
du se terminer en juin 2009. Une en-
veloppe de plus de 22 milliards ariary
a été prévue pour cette première tran-
che dont 8,475 milliards ariary issus
du fonds de contre-valeur japonais,
3,727 milliards ariary de la caisse de
l’Etat et le reste, soit 10,165 milliards
ariary, de l’ADEMA (Aéroports de Ma- nouvelle aérogare qui pourra accueillir Place aux Français… alors déclaré à la presse que le calen-
dagascar). Les travaux devaient être 2500 passagers tandis que la troisiè- drier sera respecté et que le système
confiés à l’entreprise japonaise Daiho me tranche touchera l’extension de la Après l’accession de Hery Rajaona- de mise en concession ne signifie pas
Corporation. piste d’envol d’une longueur de 500 rimampianina à la présidence, l’Etat que l’État se désengage ou que l’État
mètres. Ivato pourra ainsi recevoir à ce a décidé de lâcher les Japonais au a vendu ces aéroports aux étrangers.
L’extension prévue s’étend sur près moment-là plusieurs avions gros por- profit du consortium Aéroport de Pa- Chez ADEMA on joue la discrétion tout
de 10 hectares de terrains dont une teurs dont ceux qui ont une capacité ris (ADP)-Bouygues et Colas. Contre- en essayant de rassurer son person-
partie appartenant à la base aéro- de plus de 400 passagers. La mise en partie : une redevance mensuelle de nel qu’il n’y a pas à s’inquiéter outre
navale d’Ivato. Un schéma préservé place de piste de secours suivie d’une 3 millions d’euros. Les négociations mesure. Rappelons que le personnel
malgré l’arrivée des nouveaux parte- seconde piste d’envol était également pour les différentes clauses du contrat de l’ADEMA, du moins en partie, a
naires réunis en consortium. Au terme au programme. Enfin, la construction de partenariat ont ainsi été effec- contesté cette mise en concession et
des premières phases des travaux, il d’un nouveau terminal devait clôturer tuées. Mais les travaux qui devaient a soutenu que l’État était en mesure
était prévu que le tarmac pourra ga- ce projet d’extension de l’aéroport. Le commencer au plus tard au début du de trouver les moyens nécessaires
rer 7 avions. Un pavillon présidentiel financement de tous ces travaux né- mois de juillet 2015 ont pris du retard. pour moderniser nos infrastructures
et un grand parking figuraient égale- cessitent un financement de près de Le ministre d’État en charge des pro- aéroportuaires sans se compromettre
ment dans le projet. La seconde étape 140 millions de dollars. jets présidentiels, des infrastructures dans des accords « douteux » n
consiste en la mise en place d’une et de l’équipement, Rivo Rakotovao, a

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6 ASIA - IO FOIRE INTERNATIONALE 17 AU 20 MARS 2016

ASIA - IO
Au nom
de la convergence
économique
Résolument multisectoriel ne fois de plus, l’agence
Première Ligne, chef de file
une plateforme où se mêleront le B to
B et le B to C, pour accompagner les
n’a pas non plus manqué de rappeler
la situation géoéconomique de Mada-

et « glocal » (à la fois global dans l’organisation de ce


salon-meeting, a mis la bar-
efforts prodigués par le secteur privé
et les pouvoirs publics, pour mettre la
gascar : aux confins de la route de la
soie. Conjuguer le pragmatisme asia-
re très haut pour faire de ce Grande Ile sur la voie d’un essor éco- tique avec les besoins et potentialités
et local), ASIA IO sera rendez-vous le nouveau chantre ré- nomique efficient. exceptionnelles du plus grand pays
gional de la convergence avec l’Asie. de la zone COI, avec ses extensions
incontestablement Et il va se dérouler dans un contexte
où Madagascar aborde une nouvelle
A voir la place que tiennent les rela-
tions avec les pays asiatiques dans
possibles sur les marchés de l’Afrique
australe, c’est là le pari des organisa-
le big buzz économique de étape de sa reconstruction économi-
que dans laquelle le secteur privé sera
l’actuelle physionomie économico-
commerciale de la Grande Ile et de
teurs qui ont réussi la gageure d’être
patronés par le président de la Répu-

ce premier trimestre dans à la fois le socle du développement et


le booster de performance commer-
ses îles voisines, ASIA IO se présente
comme un véritable levier de crois-
blique et soutenus par quasiment tous
les départements ministériels à voca-

le Sud-ouest de l’océan Indien.


ciale. A entendre les promoteurs de sance. Michel D. Ramiaramanana, tion économique.
l’événement, le but est clair : créer président du Comité d’organisation,

ÉDITORIAL

Une nouvelle route Diplomatie économique


à matérialiser La contribution ASIA IO
adagascar sera donc le pays hôte de la première édition d’ASIA- ASIA IO, la plateforme
IO (Asia-Indian Ocean). Cet événement qualifié de 4 étoiles re- L’Asie constitue en effet l’une des
cevra durant 4 jours (du 17 au 20 mars) les entrepreneurs en économico-commerciale pierres angulaires de la diplomatie
provenance des quatre coins de l’Asie pour aller à la rencontre multilatérale, a reçu le malgache. Et la Chine tient un rôle de
des acteurs du monde des affaires de la Grande ile et des îles soutien fort du Ministère premier plan sur cet échiquier qui ne
voisines. Ces candidats à l’investissement qui vont matérialiser une nouvelle cesse de se transformer. Depuis les
route économique que nous nommerons « la route aérienne du transfert tech- des Affaires Etrangères de années 90, les relations diplomatiques
nologique » par analogie à l’ancienne « route maritime de la soie », outre leur Madagascar sino-malgaches ont pris une dimen-
profond désir de vouloir développer de nouvelles activités dans la région du sion nouvelle qui donne la part belle
Sud-ouest de l’océan Indien, vont immanquablement essayer d’identifier tous à l’économie. Au-delà des échanges
les intervenants et prestataires susceptibles de pouvoir répondre positivement commerciaux, des réalisations remar-
à leurs divers besoins. quables sont à enregistrer aussi bien
dans le domaine des infrastructures
Clairement, cette plateforme économique sera l’opportunité pour les uns d’iden- que dans les investissements indus-
tifier des marchés potentiels et l’occasion pour les autres d’apporter des solu- triels. Cette diplomatie économique,
tions viables et raisonnables pour une implantation gagnante et durable. Cette caractérisée par des bénéfices mu-
plateforme devra également encourager/ favoriser les partenariats et joint-ven- tuels, répond non seulement aux inté-
tures entre toutes les parties concernées et contribuer à un véritable essor e dernier a souligné rêts de la Chine, mais offre également
concerté et mutuellement profitable à tous. Du service, des partenariats mais dans son courrier que des avantages tangibles à la Grande
également un espace Artisanat/Export (intitulé à prendre dans son acception l’initiative est en bien en Ile. Mais les autres pays asiatiques ne
la plus large) présenteront des gammes de produits Vita Malagasy (Made in phase avec les nouvel- sont pas en reste. L’Inde et le Japon
Madagascar) susceptibles de répondre à des besoins de niches commercia- les orientations de la di- ont également marqué de leurs em-
les identifiées en terre asiatique, et va également démontrer, chemin faisant, plomatie économique malagasy. Pour preintes l’évolution des relations entre
l’excellence d’une main d’œuvre en capacité de pouvoir satisfaire une/ des de- le « MAE », l’évènement permettra au l’Asie et la Grande Ile. Et, comme l’a
mandes spécifiques. Occasion de pouvoir apprécier le taux de pénétration du secteur privé du pays d’identifier les dit Michel D.Ramiaramanana, prési-
marché malgache par les produits manufacturés de l’Asie, cette primo édition opportunités d’exportations et d’accès dent du Comité d’organisation d’ASIA
d’ASIA-IO sera également l’occasion d’une campagne d’explication et d’éclair- aux marchés asiatiques, de promou- IO, l’Asie du Sud-est se place pro-
cissement des règles du jeu qui prévalent dans nos contrées respectives. Cette voir l’image de Madagascar vis-à-vis gressivement au centre du jeu. Le féru
vaste opération est d’ores et déjà la chronique d’une forte curiosité annoncée de continent. Le Ministère a tenu par d’histoire et de géopolitique souligne
mais probablement également un grand pas vers l’apprentissage d’un certain ailleurs à rappeler que la Grande Ile par ailleurs l’intérêt de Madagascar à
pragmatisme dans la pratique des affaires, disposition comportementale qui bénéficie des accès préférentiels aux renforcer ses liens avec l’Indonésie, le
nécessitera de la part de tous une véritable révolution des mentalités des po- marchés d’Asie, tels que la Chine, pays que l’événement mettra à l’hon-
pulations indianocéaniques. l’Inde et le Japon. neur lors de cette première édition.

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7
CHRONIQUE EN BREF

Asia is beautiful! Rafraichir l’histoire » pour notamment inscrire le climat des af-
faires dans une spirale positive.
Déterminé à vouloir contribuer à écrire
le présent et le futur de Madagascar et
des îles voisines, ASIA-IO va réactualiser, La presse joue le jeu
2500 ans plus tard, une sphère d’influence
utour de cette interjection positive, se commerciale qui fût jadis dominée par une Inscrit à l’agenda mondial des salons,
pose la question géo économique de véritable thalassocratie qualifiée par les retenu par le Toptradefairs international
la relation du Sud-ouest de l’Océan In- scientifiques, ayant la reconnaissance de et marketer par le label « évènements 4
dien avec l’ensemble de l’Asie. En ef- leurs paires, d’austronésienne. Les ma- étoiles », la conférence de presse de pré-
fet, si nous ne devions prendre l’exem- lagasy, descendant des premiers naviga- sentation de l’évènement ASIA-IO a sus-
ple que de la France, il est intéressant de constater teurs de l’humanité, ayant régulièrement cité une mobilisation sans précédent de
que la plus grande ambassade de la France dans accueilli des navigateurs pratiquant la na- l’ensemble des médias tant télévisuels,
un pays étranger ne se trouve pas aux Etats Unis vigation hauturière, suivi plus tard de l’ar- radiophoniques, écrits ou sur les réseaux
ou chez l’un de ses voisins européens, mais elle se mada du grand amiral chinois Zheng He sociaux divers et variés. Habitué à recevoir
trouve en Chine. Quoi de plus normal, l’ensemble ayant ouvert au XVème siècle la fameuse une vingtaine d’entités par conférence de
des observateurs de la vie économique planétaire route maritime de la soie, tous ces mouve- presse - représentant une quarantaine de
nous dise que l’histoire réelle de la croissance éco- ments bien antérieur aux mouvements ma- médiateurs -, cette dernière conférence de
nomique se jouera, au moins pour le demi-siècle à ritimes européens ont constitué le théâtre presse a accueilli exactement 48 entités
venir, en Asie. Aussi, depuis l’investiture du prési- d’échanges commerciaux incroyables que représentant 67 médiateurs. Un record ! A
dent de la République Hery Rajaonarimampianina, nous pourrions probablement considérer savoir que dans la dynamique d’annonce
l’économie de ce pays est actuellement engagée comme étant les pionniers de ce qu’il est de cette première édition d’ASIA-IO, le
dans une véritable reconstruction et connait une convenu d’appeler « mondialisation éco- comité d’organisation choisi de commu-
effervescence commerciale et économique animée nomique ». niquer à l’avance à travers des panneaux
par le monde des affaires tant au niveau national, publicitaires de pré-information et de quel-
régional, qu’international. Revenons ici à la déclara- ques supports médiatiques.
tion du chef de l’Etat malgache faite un 15 mai 2014
à propos de diplomatie économique : « Notre ap- ASIA-IO inaugure
proche sera résolument multilatérale et nous nous la saison
efforcerons de nous attacher la contribution de tous Les ZES pour capter
pour appuyer notre stratégie de croissance accélé- les investissements
rée et rapide. » asiatiques
Parmi les futures forces d’attraction éco-
nomique de Madagascar figure en haut
de liste l’aménagement des Zones Eco-
nomiques Spéciales (ZES). Lors de son
allocution à l’occasion de la cérémonie
d’ouverture du 17ème Salon de l’Habi-
Premier évènement économique de dimen- tat à Madagascar, le ministre d’Etat Rivo
sion réellement internationale de cette an- Rakotovao a déclaré que la promotion des
née 2016, ASIA-IO n’a pas mis longtemps ces zones aussi bien en milieu rural qu’ur-
pour susciter l’attention des plus grandes bain est inscrite dans les priorités écono-
entreprises dans des secteurs aussi variés miques du gouvernement. Aussi, pour les
que les machines outils, la transformation organisateurs d’ASIA IO, les perspectives
agroalimentaire, toute forme de services à nouvelles concernant la création des ZES
l’entreprise, les chaînes opératoires liées devraient profiter de la plateforme d’échan-
aux infrastructures, …. Cela montre par ges et de communication offerte par l’évè-
ailleurs que le secteur privé souhaite cette nement pour convaincre dès aujourd’hui
année s’attaquer rapidement au vif du su- les investisseurs asiatiques qui sont très
jet : la prospection commerciale. nombreux à s’intéresser à ce genre d’ini-
tiative qui facilite leur implantation.

Vers une mobilisation sans


précédent Un grand espace dédié
Durant les quatre jours d’ASIA IO, nous allons donc
mettre cette approche présidentielle en pratique. aux autos et motos
Le Comité d’organisation s’attend à une
Des partenariats concrets devront être établis, no- mobilisation sans précédent. Un optimis-
tamment en appui de la création annoncée de zones Pour cette première édition de l’événement
me confirmé par un « sondage grandeur ASIA IO, le Comité d’organisation a consa-
économiques spéciales, pour engager Madagascar nature » effectué par son équipe auprès de
et l’espace du Sud ouest de l’Océan Indien vers une cré un vaste espace dédié au secteur de
l’opinion public sur sa perception et son in- l’automobile et des deux roues. Une initia-
nouvelle ère économique. De fait, elle sera une op- térêt pour un tel évènement. ASIA IO peut
portunité pour l’ensemble des services officiels et tive largement justifiée par la croissance
d’ores et déjà vous informer que le cap exponentielle des échanges commerciaux
institutionnels de diffuser, de communiquer et d’ex- réel des 40 000 visiteurs est objectivement
pliquer l’ensemble des règles de jeux qui régissent avec l’Asie sur ce créneau. Plusieurs ac-
envisageable. Rares sont les rendez-vous teurs locaux du secteur, à l’instar du grou-
ou régiront les échanges commerciaux ou l’instal- économiques qui peuvent miser sur un tel
lation de nouveaux investisseurs dans cet espace pe CFAO, sont attendus pour participer au
succès de fréquentation dans la sous-ré- volet salon. Mais nombreuses perspecti-
ASIA-IO. Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on gion.
dit, tel pourrait être la maxime pour une plus grande ves devraient aussi trouver concrétisation
efficience du développement de la croissance éco- à travers les échanges B to Bo.
nomique dans cette partie du monde. Descendants
avérés des premiers navigateurs de l’humanité, 40 000 cartons à distribuer
les populations indianocéaniques peuvent large-
ment se prévaloir de cette donnée historique pour Toujours sur la base du sondage réalisé,
étayer, à l’instar de la route maritime de la soie de près de 40 000 invitations professionnel-
la Chine, de la relance d’une pratique commerciale les gratuites seront distribuées prochaine-
qui nous ramène à l’existence d’une antique tha- ment. Cet effort exceptionnel s’explique
lassocratie. Faire de la coopération Sud/Sud une selon le Comité d’organisation par le «
réalité géoéconomique performante et effective est souci constant d améliorer sans cesse le
un challenge que nous devrons tous relever pour niveau d’attractivité de nos évènements »
marquer ce troisième millénaire de notre empreinte et rentre dans les obligations fixées par sa
économique. charte d’excellence « Evènement 4 étoiles

MADA 7 SUR 7.com N°25 $ 02 AU 08 Mars 2016


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