Vous êtes sur la page 1sur 132

Département Droit Privé

Master « Juriste d’AffAires »


Semestre Deuxième
Tous les exposés de :

Droit de la concurrence et
de la consommation
Professeur : Mr. Driss JOUIDI

Année Universitaire :
2019-2020
Thème Groupe
 SOUKAINA LAZAAR
 OUMAYMA BENJELLOUN
1- Présentation de la loi 104-12 sur la  LAMIAA HARITE
concurrence et la réglementation des prix  MOHAMMED ABEDDOUR
 CHEMS EDDINE OUALLA

 OUMAIMA FAYEK
2- Les institutions de régulation en matière de  HOUDA FAHMI
la concurrence  ABDALLAH LAHLOU MAMI
 BADR BOUTKHOUM
 ABDELLAH BAHTAT

 HAYTAM EL MAAI
 HANEN MEDROMI
3- Les pratiques anti-concurrentielles  YOUSRA MOUSSAOUI
 KHALID BECHAR
 ZAKARIYAE EL ADLOUNI

 OUMAYMA BEN MAACHOU


 CHAIMAE TOUM BEN
4- Présentation de la loi 31-08 sur CHAKROUN
l’information et la protection du  MERYAM SADOUK
consommateur  FATIHA MEKOUAR
 MOHAMMED AMINE ZINE EL
ABIDINE

 CHAYMAE MOKHLIS
 HASSAN EL BEDOUI
5- La protection du consommateur contre les  IBTISSAME AMZIL
clauses abusives  HAFSA ABIDI ALAOUI
 KHADIJA REZZAKI

2
Département Droit Privé
Master « Juriste d’AffAires »
Semestre Deuxième
Exposé N°1

Présentation de la loi 104-12 sur


la concurrence et la
réglementation des prix

Professeur : Mr. Driss JOUIDI

Année Universitaire :
2019-2020
3
Thème 1 : Présentation de la loi 104-12 sur la concurrence et la
réglementation des prix
Introduction
Frédéric BASTIAT a écrit en 1850 « il est évident que la concurrence, c’est la liberté.
Détruire la liberté d’agir, c’est détruire la possibilité et par suite la faculté de choisir, de juger,
de comparer… »
La liberté du commerce, qui est un principe consacré par la constitution de 2011 suppose
évidement la liberté de la concurrence, qui peut être définie comme une course entre les agents
économiques qui visent la même clientèle en lui offrant des produits et services similaires.
Juridiquement, la concurrence est considérée comme le résultat d’une situation économique
dans laquelle les entreprises concurrençant sur un marché donné, tentent d’attirer la clientèle
par les meilleures conditions de prix, qualité, présentation des produits, services…
Les opérations commerciales se font dans un environnement concurrentiel extrêmement
intense où chaque opérateur économique essaie de montrer son savoir-faire pour accaparer et
monopoliser un marché donné. C’est d’ailleurs, l’exemple des plus grands rivaux du marché
des Smartphones (SAMSUNG et APPEL). Autrement dit, la concurrence est une compétition
qui se joue sur un même marché pour atteindre une finalité économique déterminée.
La concurrence est, tout à fait, légitime et chaque opérateur économique a le droit de faire
usage de tous procédés et moyens pour attirer une clientèle. En revanche, la concurrence
devient, dans certaines mesures, un acte déloyal par l’utilisation des moyens et outils contraires
aux pratiques du commerce et de la bonne foi ce que l’on appelle « les pratiques
anticoncurrentielles ».
Historiquement parlant, le législateur marocain n’a pas hésité à conduire une série de
réformes législatives pour moderniser et faire subir à l’économie nationale « un lifting » afin
qu’elle puisse répondre aux besoins de « bunsens men » installés au Maroc et réussir son
intégration dans l’économie mondiale. Le législateur a parfaitement compris que l’économie
marocaine devait s’adapter aux exigences de la mondialisation en matière de la concurrence.
Comme a dit Jacques CHIRAC « la mondialisation n’a pas créé l’exclusion, mais elle aggrave
sans doute, en laissant au bord du chemin tous ceux qui ne peuvent suivre le rythme toujours
plus rapide des adaptations rendues nécessaires par la concurrence. » dès lors, le législateur
avait l’obligation de moderniser juridiquement l’économie marocaine pour suivre le rythme
qu’impose la concurrence à l’échelle nationale et internationale.
La liberté de la concurrence fut l’une des priorités du législateur marocain ce qui a
nécessité la mise en place d’un dispositif législatif afin que les activités économiques se fassent
dans des conditions loyales et loin des pratiques anticoncurrentielles.
La loi 66-99 du 5 juin 2000 entrée en vigueur en 2001 sur la liberté des prix et de la
concurrence avait pour finalité l’efficience de l’économie nationale, l’amélioration du bien-être
des consommateurs et enfin la transparence et la loyauté dans les relations commerciales. Cette
loi a fixé les modalités d’exercice de l’activité économique et la régulation du marché en
donnant naissance au CONSEIL DE LA CONCURRENCE. En revanche, cette loi n’a pas pu
échapper à la critique de plusieurs juristes et praticiens. Selon l’ex ministre de la justice
monsieur « Driss ALAMI MACHICHI » la loi 66-99 ne définissait pas clairement la liberté
de la concurrence et le conseil de la concurrence, qui était d’ailleurs la principale nouveauté de
cette loi, n’était pas doté des prérogatives nécessaires à son efficience et avait juste un avis
consultatif. Pour combler les failles de la loi 66-99, il nous a fallu attendre le 24 juillet 2014
4
pour qu’elle soit réformée, modifiée et complétée par la loi 104 12 qui avait abrogé les
dispositions des articles 1 à 13 et des articles 24 à 103.
La loi 104 12 a apporté les nouveautés majeures. Elle a procédé à l’adoption de la loi 20
13 dont l’article premier définit le conseil de la concurrence comme une institution
indépendante chargée d’assurer la transparence et l’équité dans les relations commerciales en
sanctionnant les pratiques déloyales « anticoncurrentielles » et en régulant la concurrence du
marché. Elle a doté cette institution de la personnalité morale et d’une autonomie financière lui
permettant de lutter contre les pratiques anticoncurrentielles et d’assurer le contrôle des
opérations de concentration économique, qui n’est plus de la compétence du chef du
gouvernement. Par ailleurs, elle a introduit une nouvelle pratique anticoncurrentielle dénommée
« la pratique des prix abusivement bas ».
Ladite loi s’applique, d’abord, à toutes personnes physiques ainsi que morales dont les
activités économiques peuvent impacter le marché marocain. Ensuite, à toutes les activités de
production, de distribution et de services y compris celles exercées par les personnes morales
lorsqu’ils agissent comme opérateurs économiques, et enfin, aux accords à l’exportation dont
l’application est susceptible d’influencer le marché intérieur marocain.
Notre sujet est d’une importance capitale car les principes de la liberté des prix et de la
concurrence, sur l’échelle de la hiérarchie des normes, sont tout en haut. La lecture et l’analyse
de la loi 104 12 nous montrera que l’ère du bricolage juridique en matière de concurrence est
finie et que la liberté de fixation des prix est assurée et que la transparence et la loyauté dans
les relations économiques sont garanties.
Les questions que l’on peut se poser, qui fera l’objet de notre développement, est de savoir
à quel point la loi 104 12 s’adapte au droit de la concurrence de manière à répondre à la réalité
pratique ?
Pour élucider cette problématique, notre travail s’articulera autour de deux axes
principaux à savoir :
 Le Droit substantiel de la concurrence et son application à la lumière de la loi 104 12.
 Le dispositif institutionnel et répressif de la mise en œuvre de la loi 104-12.

5
Partie 1 : Le Droit substantiel de la concurrence et son application à la
lumière de la loi 104-12 :
Dans le processus de modernisation du droit marocain des affaires, la loi n°104-12 sur la
liberté des prix et de la concurrence a constitué un moment essentiel puisqu’il s’agissait de
protéger la concurrence afin de stimuler l’efficience économique, améliorer le bien-être des
consommateurs, assurer la transparence et la loyauté dans les relations commerciales. Il s’était
également agi de s’inscrire dans le cadre de la dynamique de convergence réglementaire avec
l’acquis communautaire, induite par l’accord d’association liant le Maroc à l’Union
européenne. Une dynamique renforcée par le statut avancé qui accorde au rapprochement des
législations une place prioritaire, Dans le cadre du droit moderne au Maroc la loi n°06-99 DU
JUIN 2000 innove en introduisant le droit de la concurrence dans le système juridique du pays.
Elle initie une nouvelle discipline juridique, ou tout au moins elle en déclenche le processus de
naissance. Elle promet un enrichissement certain de la réflexion doctrinale sur les divisions et
les branches du droit positif car elle ne permet pas a priori de classer le droit de la concurrence
ou de le définir par rapport à son objet ou à sa place dans le contexte de l’environnement
juridique où il est appelé à se situer.
La liberté du commerce et de l’industrie suppose la liberté de la concurrence, c’est à dire
la libre compétition entre les agents économiques, qui offrent des produits ou services
identiques, ou similaires, susceptibles de satisfaire une même clientèle. C’est dans cette optique
que la présentation de la loi 104-12 sur la concurrence et la réglementation des prix sera traitée
dans cette première partie en deux chapitres : d’abord les pratiques liées à la concurrence
(Chapitre 1). Le deuxième chapitre sera consacré au contrôle des prix et des concentrations
(chapitre 2).
Chapitre 1 : Pratiques liées à la concurrence
Le droit de la concurrence se divise ainsi, en deux branches, d’un côté on trouve les
pratiques anticoncurrentielles (section1) qui visent surtout (interdiction entente, ou abus de
position dominante) et d’un autre les pratiques restrictives de la concurrence (section 2)
(encadrement des relations commerciales). Les pratiques restrictives de la concurrence sont
assez spéciales puisqu’elles sont sanctionnées indépendamment de l’atteinte au marché.
Section 1 : Pratiques anticoncurrentielles
Les articles 6 à 9 de la loi 104-12 visent successivement les ententes au sens large d’une
part et les abus de position dominante et les exploitations abusives de situation de dépendance
économique d’autre part, si on préfère une formation plus brève et compréhensive on doit
constater qu’il s’agit des pratiques collectives et des actions individuelles.
Sous-section 1 : Les pratiques collectives
L’article 6 de la loi adopte une notion compréhensive en énumèrent différentes modalités
de ces pratiques, les actions concertées, les conventions, les ententes, ou coalitions d’une part,
et en saisissant le maximum d’éléments de fond et forme qui les accompagnent d’autre part.
Paragraphe 1 : Au plan du fond
L’entente, au sens large visé par le texte se traduit par tout accord entre les entreprises
dont l’objet ou le but est d’empêcher ou de fausser le jeu de la concurrence sur le marché, le
texte énumère 4 exemples de situations caractéristiques des atteintes visées au jeu de la
concurrence :

6
 La limitation de l’accès au marché ou du libre exercice de la concurrence par d’autres
entreprises.
 La création d’obstacle à la formation des prix par le libre jeu du marché en favorisant
artificiellement leur hausse ou leur baisse.
 La limitation ou le contrôle de la production, des débouchés, des investissements, ou du
progrès technique.
 La répartition des marchés, des sources d'approvisionnement ou des marchés publics.
Paragraphe 2 : Au plan de la forme
L’analyse et l’appréciation de la forme utilisée soulèvent les mêmes problèmes de preuve
déjà signalées à l’occasion de l’examen du fond. Elles obéissent aussi aux mêmes règles. On
peut estimer que la forme posera plus de problèmes sous l’angle de la preuve car elle se
caractérise de plus en plus par l’absence ou au moins l’inconsistance des traces et des supports.
Des pourparlers, des conversations informelles au cours de repas ou d’autres rencontres
constituent souvent de nos jours les véritables formes d’accord entre les opérateurs
économiques.
Sous-section 2 : Les pratiques individuelles
L’exploitation abusive d’une position dominante sur le marché intérieur ou une partie
substantielle de celui-ci d’une part, et d’une situation de dépendance économique dans laquelle
se trouve un client ou un fournisseur ne disposant d’aucune alternative d’autre part, constituent
deux situations distinctes par leur consistance intrinsèque mais que la loi réunit au sein d’une
formule unique. En effet cette présentation légale s’explique parce qu’elle comporte des
éléments communs à coté de leurs composantes spécifiques respectives.
Paragraphe 1 : Eléments communs
L’article 7 de la loi dispose que prohibé, lorsqu’elle a pour objet ou peut avoir pour effet
d’empêcher de restreindre ou de fausser les jeux de la concurrence l’exploitation abusive par
une entreprise ou un groupe d’entreprise en position dominante en marché intérieur ou une
partie substantielle d’une partie ; d’une situation de dépendance économique dans laquelle se
trouve un client ou un fournisseur ne disposant d’aucune autre alternative
Les dispositions reproduisent les mêmes conditions de fond exigées pour la prohibition
des ententes (empêcher, restreindre et fausser…). Elles précisent implicitement que
l’exploitation abusive de la position dominante ou la situation de dépendance économique reste
un comportement normal et licite dans le cadre de la concurrence.
En effet ; seul « l’abus » on est interdit quand son objet ou son effet « se répercute »
négativement sur le jeu de la concurrence, à cet égard le caractère rationnel de la loi ne fait pas
de doute, il est surement légitime qu’une entreprise s’efforce dans le cadre de la libre
concurrence, de tirer profit de sa domination, de sa maitrise de marché ou du secteur. Mais si
une telle attitude correspond à un abus elle devienne étrangère de la concurrence 1; Elle tend
plutôt à l’éliminer ; en conséquence elle tombe dans le domaine de la prohibition.
Noter bien que les éléments retenus par la loi doivent servir d’indicateurs dudit « abus ».
On peut même remarquer que ces situations ou ces comportements peuvent aussi être
appréhendées par la loi dans le cadre des atteintes susceptibles de toucher le jeu normal des prix
sans avoir besoin d’appliquer les notions de position dominante et de dépendance économique.

1
M. Nour-EDDINE TOUJGANI : Guide des pratiques anticoncurrentielles.
7
Paragraphe 2 : Eléments spécifiques
Il s’agit des :
§1 : Notion d’abus
Les éléments de la notion « d’exploitation abusive » figurent dans les deux derniers
alinéas de l’article 7 et ont trait à la clarification du contenu de l’abus. Celui-ci peut notamment
consister en refus de vente, en ventes liées ou en conditions de ventes discriminatoires ainsi que
dans la rupture de relations commerciales établies. Au seul motif que le partenariat refuse de se
soumettre à des conditions clés injustifiées. Il peut consister également à imposer directement
ou indirectement un caractère minimal ou prix de revente d’un produit ou d’un bien au prix
d’une prestation de service ou à une marge commerciale.
L’abus peut consister aussi en offres de prix ou pratiques de prix de vente aux
consommateurs abusivement bas par rapport aux couts de « production, de transformation et de
commercialisation... ». Dès lors que ces offres ou pratiques ont pour objet ou peuvent avoir
pour effet d’éliminer d’un marché ou d’empêcher d’accéder à un marché, une entreprise ou l’un
de ses profits.
Noter bien : le texte saisit ici une situation apparemment paradoxale ou la pratique se
fonde sur le prétexte de bénéficier aux consommateurs en réduisant les prix aux maximums !
Mais la baise devient anormale au regard de deux critères :
 Quand elle détruit le rapport entre les couts de production, de transformation ou de
commercialisation et dégage partant une perte.
 Encore quand l’objet véritable de la pratique ou son effet aboutissent ; l’exclusion d’un
concurrent du marché ou de l’élimination de l’un de ses produits de la concurrence dans
un marché parce qu’il ne peut pas suivre le même courant de baisse. Un tel
comportement est malheureusement très fréquent dans la pratique des opérateurs,
l’intérêt des consommateurs n’y est qu’incident et temporaire. La restriction de la
concurrence fuit rapidement par l’anéantir.
§2 : Notions de domination et de dépendance économique :
Les exemples énumérés par la loi peuvent concrétiser les deux situations de position
dominante de dépendance économique. Force est de reconnaitre que cette dernière a peu de
chance d’apparente telle qu’elle a dans la pratique. En effet, elle prendra souvent une force
complexe par l’imbrication avec la manipulation suspectée des prix. Les deux situations
correspondent souvent à un abus de puissance d’achat exercé par des groupements organisés
sous forme d’entreprise de distribution ou de centrale d’achat.
Les risques ne sont plus théoriquement au MAROC ou on observe de plus en plus les
circonstances favorables animées par de telles organisations dans les secteurs de la grande
distribution de divers biens, produits et services, dans le commerce de grandes surfaces ainsi
que dans les secteurs intéressés par les marchés publics engagés par l’Etat ou les collectivités
locales.
I- La Position dominante
La reconnaissance d’une position dominante implique la nécessité de « situer l’entreprise
concernée dans le marché intérieur pour déterminer concrètement son influence sur l’existence
et le jeu de la concurrence ». En d’autres termes ; la dimension importante ou modeste ‘importe

8
peu’, il demeure impérieux de procéder à l’étude du marché ou elle est supposée exercer sa
domination.
A cet égard, la nature des biens, produits et services peut avoir des degrés si significatifs
ou dérisoires d’importance et de possibilité de remplacement pour les besoins des opérateurs
ou des consommateurs. Et la découverte totale ou partielle du marché national constitue un
autre critère d’appréciation de la réalité de la domination.
Le texte parle du marché intérieur ou d’une partie substantielle de celui-ci, le problème
n’existe que dans le cadre du marché national ; le commerce extérieur est exclu la proportion
visée par la partie substantielle risque d’être difficile à cerner en raison de la nécessité de tenir
compte d’autres éléments qualitatifs et quantitatifs, sur lesquels la loi et son décret d’application
ne prononcent que parcimonieusement.
II-La situation de dépendance économique :
‘Difficile à délimiter avec précision’, cette notion est conditionnée par « la qualité de la
victime » ;
 Lorsqu’elle résulte du comportement des fournisseurs à l’encontre des distributeurs :
Son appréciation prend en considération la notoriété de la marque-la part du marché
exploite par le fournisseur.
 Il en est de même de l’état inverse de dépendance économique d’un fournisseur avec le
distributeur : l’appréciation de la dépendance tient compte de la part du chiffre d’affaire
réalisé par le dit fournisseur avec le distributeur ou le revendeur, de l’importance de ce
chiffre d’affaire dans la commercialisation des produits, biens et services concernées
des facteurs qui ont forcés le fournisseurs à concentre ses ventes chez le distributeur
concerné, de l’existence et de l’intérêt des solutions alternatives pour le fournisseur.
Le second volet de ce chapitre appel la mise en exergue des pratiques restrictives de la
concurrence.
Section 2 : Pratiques restrictives de la concurrence :
A l’instar des consommateurs, les commerçants et généralement les professionnels ont vu
leur situation s’épanouir grâce aux apports de la loi 104-12 2en matière de liberté des prix.
Assurément, en veillant quant à la transparence des relations professionnelles en
instaurant certaines mesures telles que l’obligation de la facturation et la communication des
barèmes des prix et en essayant de faire disparaitre toute pratique ayant pour objectif l’atteinte
négative à la loyauté de la concurrence, le législateur marocain a voulu rompre avec une époque
où les pratiques anticoncurrentielles étaient légion3.
Sous-section 1 : De la transparence dans les relations commerciales entre
professionnels
L’objet de la loi 104-12 d’une façon générale est de maintenir une concurrence saine à la
fois au niveau horizontal, c’est-à-dire entre distributeurs, et au niveau vertical, entre
fournisseurs et distributeurs. A ce titre sont interdites certaines pratiques dites restrictives :

2
http://adala.justice.gov.ma/production/legislation/fr/Nouveautes/Libert%C3%A9%20des%2
0prix%20et%20de%20la%20concurrence.pdf consulté le 29/4/2020
3
Yves Chaput ; Le droit de la concurrence ; édition que sais-je1998
9
comme le refus de vente, la revente à perte, la vente avec prime et les ventes liées. Il s’agit de
savoir notamment comment la loi organise et protège leurs intérêts.
Le refus de vente :
D’après l’article 61 de la loi 104-12 :
Il est interdit à tout commerçant, industriel ou artisan ainsi qu’à tout prestataire de
service :
 de refuser de satisfaire, dans la mesure de ses disponibilités et dans les conditions
conformes aux usages commerciaux, aux demandes d’achat de produits ou aux
demandes de prestation de services, pour une activité professionnelle, lorsque lesdites
demandes ne présentent aucun caractère anormal et émanent de demandeurs de bonne
foi et lorsque la vente de produits ou la prestation de services, n’est pas interdite par une
loi ou par un règlement de l’autorité publique. »
Le refus peut être justifié par :
 L’indisponibilité des produits : Cette indisponibilité peut résulter d’une absence
physique des produits ou d’une indisponibilité juridique. L’indisponibilité juridique
peut être la conséquence de la vente du produit ou du non obtention de son autorisation
de mise sur le marché.
 Le caractère anormal de la demande : Le caractère anormal peut se manifester par une
demande contraire aux modalités habituelles de livraison du vendeur (conditionnement,
horaire de livraison, modalités de paiement…) ou peut découler d’une discordance entre
l’activité du vendeur/prestataire de service et la nature du produit/service sollicité.
 La mauvaise foi du demandeur

La vente à perte
La revente à perte est le fait de revendre un produit en l’état à un prix inférieur à son prix
d’achat effectif, est interdit aussi d’annoncer la revente d’un produit à un prix inférieur à son
prix d’achat effectif.
Le prix d’achat effectif (PAE) est le prix unitaire mentionné sur la facture, déduction faite
des seules remises commerciales afférentes au produit et portées sur la facture, majoré des taxes
et le cas échéant des frais de transport. Ces derniers ne sont intégrés que s’ils sont individualisés
et imputables au produit concerné, ou s’ils font l’objet d’une facture spécifique du fournisseur
ou d’un transporteur.

La vente avec prime


La prime est un produit, un bien ou un service remis gratuitement à l’occasion d’une
opération de vente ou prestation de service. La remise à titre gratuit de produits ou service
identiques à ceux vendus ne constituent pas une prime interdite au sens du texte. On parle de
prime lorsque l’objet offert est lié à un achat, à la différence du cadeau qui est offert sans lien
avec un achat.

Les ventes liées


La vente liée, également appelée vente subordonnée ou vente conjointe, consiste à
proposer ou vendre plusieurs produits dans un même lot sans proposer ces produits séparément
au même prix.

10
En effet, on parle de vente liée à partir du moment où l’on attache un produit quel qu’il
soit à un autre, ou que l’on en force la vente dans une quantité donnée (appelée aussi vente par
lots).
Dans le cas de la vente par lot, ceci est en général assez aisé à comprendre.
Les ventes et prestations liées : l’entreprise ne doit pas contraindre son client à acheter
une quantité de produits supérieure à ce qu’il souhaite. Le client doit impérativement avoir la
possibilité d’acheter chaque article à l’unité. Toute forme de vente forcée est donc formellement
interdite.
Les pratiques restrictives interdites entre professionnels :
➢ Interdiction de la revente à prix minimum imposés
Dans la revente à prix imposé, le fournisseur fixe dans le contrat de vente le prix minimum
auquel l’acheteur revendra les produits. En pratique, c’est le moyen pour un fabricant de
contrôler les prix au détail de ses propres produits. Le fabricant vise alors un double objectif :
s’assurer une marge de profit et donner à ses produits l’image d’un produit de luxe. Cette
pratique commerciale est interdite par l’article 60 en ces termes « Est interdit le fait par toute
personne d’imposer, directement ou indirectement, un caractère minimal au prix de revente
d’un produit ou d’un bien, au prix d’une prestation de service ou à une marge commerciale. »
L’interdiction est générale puisqu’elle vise toute personne (c’est-à-dire physique ou
morale, commerçante ou non) susceptible de se livrer à une telle pratique, et porte sur le prix
d’un produit, d’un bien, d’une prestation de service, ou sur une marge commerciale.
➢ Interdiction des pratiques discriminatoires
L’article 61-1 dispose qu’ « Il est interdit à tout producteur, importateur, grossiste ou
prestataire de services :
De pratiquer, à l’égard d’un partenaire économique ou d’obtenir de lui des prix, des délais
de paiement, des conditions de vente ou des modalités de vente ou d’achat discriminatoires et
non justifiés par des contreparties réelles en créant de ce fait, pour ce partenaire, un désavantage
ou un avantage dans la concurrence ».
➢ Interdiction de ravitaillement et de mise en vente des fruits, légumes, ou poissons
en dehors du carreau des marchés ou des halles de poissons :
L’article 61 précise qu’ « Il est interdit à tout producteur, importateur, grossiste ou
prestataire de services, dans les villes où existent des marchés de gros et des halles aux
poissons :
 De ravitailler les grossistes, semi-grossistes ou détaillants en fruits, légumes ou poissons
destinés à la consommation et vendus en l’état et qui ne seraient pas passés par le carreau
de ces marchés et de ces halles ;
 De détenir, de mettre à la vente ou de vendre des fruits, légumes ou poissons destinés à
la consommation et vendus en l’état et qui ne seraient pas passés par le carreau de ces
marchés et de ces halles.
Exception est faite pour les denrées susvisées importées ou destinées à l’exportation ou à
l’industrie. »
Cette interdiction concerne deux pratiques restrictives particulières au commerce de
certains produits alimentaires non importés et destinés à la consommation interne, à l’exclusion
des produits destinés à l’exportation ou à l’industrie. Il s’agit de ravitaillement et de vente en
dehors des marchés publics organisés à l’intérieur du domaine public et soumis à la police
11
administrative des autorités locales. Cette interdiction s’inscrit dans une logique de
l’organisation de la distribution assurant la centralisation de l’approvisionnement et les
conditions matérielles de salubrité, d’hygiène et de la qualité des produits détenus ou mis en
vente.
L’application de cette interdiction est soumise à des conditions :
1. L’existence des marchés et des halles publiques ce qui implique que dans les villes et
les zones rurales ou ces marchés et halles font défaut les professionnels du commerce
en question retrouve leur liberté.
2. Les produits vendus ou détenus doivent être des fruits, des légumes et des poissons, ce
qui implique que les autres produits alimentaires non mentionnés par le texte ne sont
pas concernés par l’interdiction.
3. Les produits vendus ou détenus doivent être des produits destinés à la consommation
finale, ce qui implique que quand la vente ou la détention de ces produits est destinés à
approvisionnement de l’industrie alimentaire par exemple l’interdiction ne s’applique
pas.
Sous-section 2 : Du stockage clandestin
Le stockage des marchandises, en temps normal, constitue un critère de performance des
entreprises et une modalité de gestion de l’approvisionnement du marché en fonction des
besoins de la clientèle et des exigences des règles de la concurrence. Mais en temps de crise ou
dans des circonstances de spéculation abusive, le stockage des marchandises devient un facteur
de concurrence déloyale et du non transparence du marché. C’est dans le cadre de cette
hypothèse que l’article 62 interdit le stockage clandestin des marchandises.
Cette interdiction recouvre cinq situations de détention de stock de marchandises ou de
produits :
1. La détention par des commerçants, industriels, artisans ou agriculteurs de stocks de
marchandises ou de produits qui sont dissimulés par eux à des fins spéculatives et en
quelque local que ce soit.
2. La détention en vue de la vente d’un stock de marchandises ou de produits quelconques,
par des personnes non inscrites au registre de commerce ou n’ayant pas la qualité
d’artisan aux termes de la loi n°18-09 formant statut des chambres d’artisanat
promulguée par le dahir n°1-11-89 du 16 ramadan 1432 (17 aout 20114) ou qui ne
peuvent justifier de la qualité de producteur agricole ;
3. La détention, en vue de la vente, par des personnes inscrites au registre de commerce
ou ayant la qualité d’artisan, d’un stock de marchandises ou de produits étrangers à
l’objet de leur industrie ou commerce ou activité tel que cet objet résulte de leur patente
ou de leur inscription sur les listes électorales des chambres d’artisanat.
4. La détention, en vue de la vente, par des producteurs agricoles d’un stock de
marchandises ou de produits étrangers à leur exploitation.
5. La détention de stocks de marchandises ou de produits qui n’ont pas été déclarés alors
qu’ils auraient dû l’être.
L’étude des pratiques liées à la concurrence rappelle l’exigence du contrôle, a fortiori, qui
porte sur les prix et les concentrations.

4
Dahir n° 1-11-89 du 16 ramadan 1432 (17 aout 2011) portant promulgation de la loi n°18-09
formant statut des chambres d’artisanat; Bulletin officiel n° 5984 du 8 kaada 1432 (6octobre
2011), p. 2156.
12
Chapitre 2 : le contrôle des prix et le contrôle des concentrations :
En principe, les prix des biens, produits et services sont librement fixés. Cela relève du
principe de la liberté des prix et s’oppose à la réglementation des prix.
Cependant, le principe de la liberté des prix a subi des limites.
Section 1 : Le contrôle des prix
A titre de rappel on a dit que la loi 104-12 a pour objet de définir les dispositions régissant
la liberté des prix et d’organiser la libre concurrence.
Ces principes de la liberté des prix et de la libre concurrence sont consacrés notamment
par l’article 2 de la loi 104-12 qui dispose que les prix des biens, produits et services sont
déterminés par le jeu de la libre concurrence5.Autrement dit, la formation des prix est réglée
par le libre jeu de l’offre et de la demande.
Néanmoins, il est à noter que le principe de la liberté des prix n’est pas absolu. Ce
principe, tel qu’il est consacré par la loi 104-12, souffre-lui même certaines exceptions.
D’abord, la règle de la liberté de la libre concurrence ne s’applique pas lorsque la liste
des biens, produits et services est fixée par voie réglementaire après la consultation du conseil
de concurrence6.
Ensuite, les prix peuvent être réglementés en raison des zones géographiques où la
concurrence par les prix est limitée par le monopole de droit ou par le soutien accordé à certains
secteurs ou produits ou par les difficultés permanentes d’approvisionnement ou finalement par
des dispositions législatives ou réglementaires7.
De plus, l’administration peut prendre certaines mesures temporaires qui restreignent
cette liberté de fixer les prix de produits en vue de maitriser les multiples excès qu’elle peut
engendrer.
Et bien sur ces mesures temporaires contre les hausses et les baisses excessives de prix
qui sont prises par l’administration après consultation du conseil de concurrence doivent être
motivées par des circonstances exceptionnelles ou par une calamité publique ou une situation
anormale du marché. Ces mesures ne peuvent excéder 6 mois prorogeable une seule fois8.
Le prix d’un bien, produit ou service déterminé peut être aussi fixé librement par un
accord entre l’administration et les organisations intéressées. Cependant, en cas de violation de
l’accord conclu, l’administration fixe le prix du bien par voie réglementaire9. Cela étant, reste
à éclaircir le contrôle des concentrations.
Section 2 : le contrôle des concentrations
On entend par le terme concentration selon l’article 11 : la création d’une entreprise
commune qui va accomplir d’une manière permanente toutes les fonctions d’une entité
économique autonome.

5
1e al. Article 2 de la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence.
6
2e al. Article 2
7
Article 3
8
Article 4
9
Article 5

13
L’opération de concentration est réalisée en cas de fusion de deux ou plusieurs
entreprises ; en cas d’une personne qui détient déjà le contrôle d’une entreprise et qui acquiert
le contrôle de l’ensemble ou d’une partie d’une autre entreprise ou d’autres entreprises ; en cas
d’une ou plusieurs entreprises qui acquièrent le contrôle de l’ensemble ou d’une partie d’une
autre entreprise ou d’autres entreprises10.
En effet, l’entreprise créée va détenir le contrôle sur une ou plusieurs autres entreprises.
Et ce contrôle confère la possibilité d’exercer une influence déterminante sur l’activité d’une
entreprise.
Mais à vrai dire, l’entreprise qui souhaite exercer une opération de concentration doit
d’abord la notifier au conseil de concurrence avant la réalisation de cette opération de
concentration11.
Il est à noter que l’entreprise dans ce cas doit respecter certaines conditions à savoir le
chiffre d’affaires. Le chiffre d’affaires que ce soit réaliser au Maroc ou au niveau mondial doit
être supérieur au montant fixé par voie réglementaire.
Alors, c’est l’accord du conseil de concurrence qui autorise la réalisation effective d’une
opération de concentration.
Le contrôle dégage deux autres aspects de la loi 104-12 à savoir l’aspect répressif et
institutionnel.

10
Article 11
11
Article 12

14
Partie 2 : Le Dispositif institutionnel et répressif de mise en œuvre de
la loi 104-12
La législation marocaine à l’instar de nombreuses législations couvre en elle-même pour
la réglementation de plusieurs secteurs un dispositif répressif (chapitre 2) et institutionnel
propre à en assurer l’effectivité, c’est le cas pour la loi 104-12 régissant la liberté des prix et de
la concurrence dont l’analyse permet d’observer l’efficacité du Conseil de la concurrence
(Chapitre 1).
Chapitre 1 : L’efficacité du conseil de la concurrence
Au début des années 80, l’économie marocaine souffrait d’une forte détérioration des
équilibres internes et externes. Pour contrer cette crise aiguë, le Maroc s’est lancé en septembre
1983, avec l’appui du FMI (Fond monétaire international) et de la BM (Banque Mondiale),
dans un plan d’ajustement structurel : le PAS. La libération de l’économie et le désengagement
de l’Etat de certains secteurs, à travers notamment le lancement d’un vaste programme de
privatisation. Les principaux objectifs visés étant de rendre le secteur privé plus compétitif,
attirer les investisseurs étrangers et stimuler l’actionnariat populaire. 12
C’est dans ce contexte qu’ont été créée de nombreuses autorités de régulation au Maroc,
la 1ère ébauche était avec le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) aujourd’hui
Autorité marocaine des marchés de capitaux (AMMC) par le dahir portant la loi du 21
septembre 1993. Puis de nombreuses autorités de régulations ont vu le jour notamment l’ANRT
en 199713, l’Agence nationale des ports (ANP) en 200514, la commission nationale de contrôle
de la protection des données à caractère personnel (CNDP) en 200915, l’autorité de contrôle des
assurances et de la prévoyance sociale en 201416, l’Autorité nationale de régulation de
l’électricité (ANRE) en 201617 et le Conseil de la concurrence en 200018.19
« Autorité de régulation » est un concept valise qui vise les organismes indépendants
chargés de surveiller, de contrôler, d’administrer et de réguler un secteur d’activité, il en est
ainsi du conseil de la concurrence qui se charge du secteur de la concurrence. Le désengagement
de l’Etat d’un secteur ne doit pas conduire à la création des « zones de non droit », d’où la
création des autorités de régulation qui, tout en étant le bras de l’Etat, s’en distinguent par leur
indépendance. 20

12
Rabha Zeidguy, les Autorités de régulation au Maroc, p, 11.
13
Par la loi n°24-96 du 7 Août 1997. Relative à la poste et aux télécommunications telle que modifiée et
complétée. (Etablissement public).
14
Par la loi n° 15-02 du 23 novembre 2005 relative aux ports et portant création de l’ANP et de la société
d’exploitation des ports (Etablissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière)
15
Par la loi n°09-08 du 18 février 2009 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement
des données à caractère personnel.
16
Par la loi n°64-12 du 6 mars 2014 portant création de l’Autorité de contrôle des assurances et de la
prévoyance sociale (personne morale de droit public dotée de l’autonomie financière).
17
Par la loi n° 48-15 du 24 mai 2016 relative à la régulation du secteur de l’électricité et à la création de l’ANRE
(personne morale de droit public dotée de l’autonomie financière).
18
Par la loi n° 06-99 du 5 juin 2000 sur la liberté des prix et de la concurrence (institution indépendante dotée
de la personnalité morale et de l’autonomie financière).
19
Rabha Zeidguy, op, cit.
20
Ibid.

15
Les termes usités pour les qualifier, en Droit marocain, diffèrent d’un organisme à un
autre, le législateur marocain pour qualifier le conseil de la concurrence utilise l’expression :
« Institution indépendante dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière ».
c’est là une autorité de régulation constitutionnalisée et qui fait l’exception aux dispositions de
la constitution, en effet, de par cette qualification une dérogation est enregistrée au dispositions
de l’article 89 de la constitution selon lequel le gouvernement dispose de l’administration, ainsi
qu’au 1er alinéa de l’article 90 de la constitution aux termes duquel le chef de gouvernement
exerce le pouvoir réglementaire et peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres, dans la
mesure où il s’agit d’une « institution indépendante » c’est-à-dire elle n’est pas soumises à
l’autorité hiérarchique du Chef du gouvernement ou d’un ministre, ne reçoit ni ordre, ni
injonction, ni même de simple conseils des pouvoirs publics, étant donné qu’elle incarne une
autorité de régulation l’Etat la charge d’assurer la régulation des secteurs considérés comme
essentiels/sensibles et dont il a décidé de se désengager, elle est dite « Autorité » par ce que ses
fonctions consistent à réguler et non à gérer , elle dispose d’un certain nombre de pouvoirs
(réguler, contrôler, sanctionner). 21
Il s’ensuit, que le système juridique comprend désormais le Droit de régulation parce
que le législateur a successivement mis en place des autorités de régulation. Ce Droit qui s’est
mis en place, au-delà des branches classiques et de la distinction droit publics droit privé,
exprime un nouveau rapport entre le Droit et l’économie détaché du passage nécessaire par
l’Etat et son organisation administrative, marquant ainsi le passage du système des secteurs
réglementés au système des secteurs régulés. La régulation ne se confond pas avec la
réglementation laquelle demeure comme un instrument disponible de la régulation.
Grossièrement dit, il y a régulation parce que l’Etat n’a plus les moyens de conserver dans sa
sphère le secteur en question : il est dépassé par la tâche. Ceci ne se limite pas sur le plan
national, en effet l’organisation mondiale de commerce pour envisager les règles d’internet, vu
que la notion du territoire a perdu son sens, a institué un office de régulation de la
mondialisation.22
Il en résulte que la régulation, en l’absence de définition légale, consiste en l’encadrement
d’un secteur par une autorité de régulation sans passer nécessairement par l’Etat et son
organisation administrative.
A cet égard, le conseil de concurrence veille sur l’encadrement du secteur de la
concurrence en tant qu’institution indépendante dotée de la personnalité morale et de
l’autonomie financière à travers la mise en œuvre de la mission qui lui est dévolue par la
constitution laquelle consiste, dans le cadre de l’organisation d’une concurrence libre et loyale,
d’assurer la transparence et l’équité dans les relations économiques, notamment à travers
l’analyse et la régulation de la concurrence sur les marchés, le contrôle des pratiques
anticoncurrentielles, des pratiques commerciales déloyales et des opérations de concentration
économique et de monopole.23
La question qui peut se rencontrer ici laquelle par extension porte sur son efficacité c’est
à quel point le conseil de la concurrence assurer la mission qui lui est dévolue par le législateur,
cette institution a-t-elle répondue à sa raison d’être en tant qu’autorité de régulation ? Pour
répondre sur cette question il a fallu analyser le dispositif en vigueur qui lui est liée, bien que
le conseil a été prévu pour la 1er fois en 2000 par la loi 06-99, ladite mission n’a été prescrite

21
Ibid.
22
Article doctrine, Marie Arme Frison Roche, Le Droit de la régulation.
23
Article 166 de la Constitution.

16
qu’en 2011 par la constitution, elle a été reprise en 2014 par la loi 20-13 relative au conseil de
la concurrence et la loi 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrence. Par conséquent,
l’étude de son activation (section 1) et la mise en évidence de son rôle régulateur (section 2)
permet d’en déceler l’efficacité.
Section 1 : L’activation du conseil
Le conseil de concurrence a été créé pour la premier ébauche en 2000 par la loi 06-99 sur
la liberté des prix et de la concurrence, Sous l’égide de cette loi le conseil de concurrence n’avait
qu’une compétence limitée, en effet, l’article 14 de ladite loi prévoit qu’il est créé un conseil de
la concurrence aux attributions consultatives aux fins d’avis, de conseils ou de
recommandations.
Depuis 2001, son rôle été sans grande importance ou influence sur la régulation de la
concurrence proprement dite. La nécessité de sa réactivation a été rappelée lors du discours
royal du 20 août 2008, qui a comporté un ordre aux institutions compétentes d’activation
effective du rôle du conseil.24 L’activation du rôle/mission du conseil de la concurrence se situe
à partir de 2008 toutefois, si la loi 06-99 concernant la liberté des prix et la concurrence a été
mise en œuvre depuis le début de l’année 2000, le volet le concernant est resté sans application
réelle jusqu’à l’installation de ses membres en 2009.
Même s’il a été activé par son installation huit ans après sa création, loi ne lui accordait
pratiquement pas de pouvoir de décision ou de sanction, il ne bénéficiait point de prérogatives
larges malgré l’imprégnation de ses procédures par un respect limité du caractère contradictoire
et des droits de la défense, la loi prévoyait dans ce cadre des cas de consultation facultative à
côté de situations où la consultation s’impose mais pratiquement, son avis n’obligeait pas le 1er
ministre25.
Le conseil de la concurrence a été créé (2001), et ainsi installé (2009) au milieu de deux
pôles de régulations (l’administration/les juridictions), avec lesquels ils collaboraient entant
qu’investigateur et conseillé sans pouvoir de décision.
Il n’y avait aucune coordination entre les autorités dans la mesure où les tribunaux
n’étaient pas obligés de tenir compte des décisions du Conseil de la concurrence. C’est-à-dire
que la loi 06-99 ne donnait aucun sens au Conseil de la concurrence dont le travail technique
peut être exécuté par n’importe quel expert privé, auquel d’ailleurs le Conseil lui-même pouvait
faire appel26.
Il a fallu attendre 2011 pour que la constitution le constitutionnalise et lui dote d’une
mission nouvelle par rapport à son statut antérieur laquelle consiste en le fait d’assurer la
transparence et l’équité dans les relations économiques à travers l’assignation d’un pouvoir de
régulation et de contrôle, ceci lui a permis de passer du statut consultatif au statut décisionnel.
L’efficacité de sa mission se trouvait dépendante de l’aménagement de son nouveau statut
à travers l’éclaircissement de ses nouveaux pouvoirs par le biais de deux textes législatifs en
l’occurrence la loi 20-13 relative au Conseil de la concurrence et 104-12 sur la liberté des prix
et de la concurrence.

24
Ouafae Laroussi, Les enquêtes de concurrence, DESA 2009, faculté de droit de Fes.
25
Ibid.
26
Ibid.

17
Section 2 : L’aménagement du Conseil
L’article 166 de la constitution repris littéralement par le 1er article de la loi 20-13 relative
au Conseil de concurrence apporte des précisions sur le statut nouveau du Conseil de la
concurrence dont la mise en œuvre sur le terrain de la pratique est un gage d’efficacité.
Afin de pallier au dysfonctionnement opérationnel du système de régulation de la
concurrence au Maroc, les institutions de régulation doivent être indépendantes (Sous-section
2) et correspondent à des instances à statut décisionnel (Sous-section 3) lequel implique des
pouvoirs de régulation, de contrôle et de sanction c’est le cas pour le Conseil de concurrence
dont la nouvelle mission nécessite la réunion de ces variables (Sous-section 1)
Sous-section 1 : La clarification de la mission
Le Conseil se charge « d’assurer la transparence et l’équité dans les relations
économiques », cette formule appelle une clarification.
Le monde économique se caractérise par la concurrence, ce qui donne lieu au tissage de
nombreuses relations que ce soit entre professionnels ou entre professionnels et consommateur,
leur encadrement par le Conseil de concurrence passe par la mise en œuvre de deux variables :
Paragraphe 1 : La transparence dans les relations économiques
L’application du principe de transparence dans les relations économique risque de se
heurter à la confidentialité et au secret professionnel qui les caractérise ; à cet égard dans le
souci de protection des professionnels et consommateurs d’une part, et dans la perspective de
compléter et d’expliquer les dispositions de la constitution en l’occurrence l’article 166 d’autre
part, la loi 104-12 encadre 27la transparence dans les relations commerciales entre
professionnels et ce à travers l’édiction de nombreuses mesures propres à en assurer l’effectivité
notamment la facturation et la communication du barème de prix et des conditions de vente .
Qu’en est-il donc de la transparence des relations entre professionnels et consommateur ?
dans le silence de la loi 104-12 sur cette question, l’encadrement de la transparence des relations
entre professionnels pourrait être considéré comme protection indirecte prescrite à leur égard.
Le déliement des acteurs opérant sur le plan économique de l’obligation du secret
professionnel et la confidentialité vis-à-vis du Conseil de la concurrence est de nature à
favoriser la transparence envers cette institution ce qui permettrait une action efficace. Pour ne
pas freiner l’action du Conseil à cet égard, ses organes sont, par expression de la loi, astreints à
cette obligation28 dont la violation est sanctionnée29.
Paragraphe 2 : L’équité dans les relations économiques
Prescrire à la charge d’une institution de régulation d’assurer l’équité dans les relations
économiques, pourrait s’analyser en la subrogation des règles d’équité, lesquelles peuvent
paraître les plus adaptées pour réguler le secteur de la concurrence, aux règles de Droit jugées
souvent ambiguës et inadaptées. Hors, l’encadrement législatif de cette institution peut favoriser
de plus en plus l’application des règles de Droit ce qui peut paraître paradoxal avec cette
mission.

27
Chapitre premier du titre VI de la loi 104-12.
28
1er alinéa de l’article 33 ; l’article 31. Article 21, Article 68.1er alinéa de l’article 74 de la loi 104-12.
29
Dernier alinéa de l’article 68 de la loi 104-12 et article 446 du code pénal.

18
L’aménagement du conseil répond au besoin d’un équilibre entre l’Exécutif, le Législatif,
et les Autorités de régulation, cela explique l’émergence de nouveaux pouvoirs, Pour ne pas
dire contrepouvoirs, appelés à contribuer à une régulation positive des dysfonctionnements et
des déviances qui peuvent émané d’acteurs de la scène institutionnelle nationale d’où
l’indépendance du Conseil de la concurrence.
Sous-section 2 : L’indépendance
Le Conseil de concurrence, par expression de la loi et de la constitution, est une institution
indépendante, comme il est susdit, l’indépendance de l’institution signifie qu’elle n’est pas
soumise à l’autorité hiérarchique du Chef du gouvernement ou d’un ministre, ne reçoit ni ordre,
ni injonction, ni même de simple conseils des pouvoirs publics.
Sa majesté le Roi , vu ses prérogatives constitutionnelles 30, a insisté sur l’application
stricte de la loi dans le stricte attachement à l’indépendance et la neutralité de l’institution, ceci
tout en se soustrayant aux pressions de quelque nature que ce soit du monde des affaires et de
la sphère politique, afin de permettre au Maroc de créer un environnement économique fondé
sur la transparence et l’équité.31
L’implication du législatif et de l’exécutif dans l’encadrement du secteur de la
concurrence, peut donner lieu à deux conséquences :
 La remisse ne cause de l’indépendance du Conseil.
 La concertation des actions pour garder la main mise de tous les pouvoirs sur le secteur
chacun dans les limites de son action prescrite par la loi.
Ladite implication peut être constatée dans diverses situations qu’elles soient liées à sa
compositions (la nomination de certains de ses membres est proposée par l’autorité
gouvernementale32), ou ses attributions (la consultation par le gouvernement et le parlement33,
la demande d’examen des opérations, la communication des dossiers reçus 34 et décisions

30
Notamment l’article 42 « Le Roi …… Arbitre suprême entre ses institutions, veille au respect de la
Constitution, au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles…. »
31
En pratique, pour se prémunir des pressions, quand le Conseil reçoit une demande d’avis ou est saisi dans un
cadre de contentieux, la première des choses qu’il fait est de confier la demande d’avis ou la saisine
contentieuse à la direction des instructions. Cette instance, indépendante des organes délibératifs du Conseil,
enquête, auditionne et cherche des preuves matérielles irréfutables. Tout en analysant de manière fouillée et
détaillée la conformité de la demande d’avis ou des griefs avec les dispositions de la loi sur la liberté des prix et
de la concurrence. Sur la base des actes d’instructions, un rapport est remis au président qui le partage et
l’examine avec les 12 membres du Conseil. Ce dernier est constitué de magistrats, de spécialistes en matières
de droit, d’économie et de concurrence, ainsi que des membres conseillers issus du monde de la production,
de la distribution, des services et de la protection des consommateurs. Tous ces membres ont prêté serment
auprès de la Cour d’appel de Rabat, avec tout ce que cela signifie en termes d’immunité contre les pressions du
monde des affaires, de la politique et d’obligation de réserve et de protection du secret professionnel. Ces 12
membres, qui constituent l’organe délibératif du Conseil, procèdent à des auditions et tiennent des séances de
travail avec tous les secteurs concernés par la demande d’avis ou la saisine contentieuse.
32 nd
2 paragraphe du 2ème alinéa de l’article 10 de la loi 20-13
33
Le rôle consultatif est prévu par de nombreuses articles notamment l’article 5 et 7 de la loi 20-13.
34
Dernier alinéa de l’article 13 de la loi 104-12.

19
prises35 à l’administration, les décisions d’autorisation ouverte par le Conseil à
l’administration36, le droit d’évocation37…).
Le fait par le législateur de doter cette institution de certains moyens d’action lesquels se
matérialisent notamment dans son statut décisionnel à côté de son statut consultatif repris et
renforcé par la nouvelle loi permet de mesurer son efficacité.
Sous-section 3 : Statut décisionnel
Il résulte de la constitution que le conseil réalise sa mission à travers l’analyse et la
régulation de la concurrence sur les marchés, le contrôle des pratiques anticoncurrentielles, des
pratiques commerciales déloyales et des opérations de concentration économique et de
monopole.
La loi de 2014 tout en reprenant les dispositions constitutionnelles apporte plus de
précisions sur son statut décisionnel qui implique à côté de la régulation de la concurrence sur
le marché et du contrôle des pratiques liées à la concurrence (a), la prérogative d’infliger des
sanctions (b).
Paragraphe 1 : Sur le plan de la régulation et du contrôle
La régulation nécessite d’être distinguée de la réglementation, à l’aune où la 1ère consiste
en un pouvoir para-législatif consistant en l’encadrement du secteur sans passer nécessairement
par l’Etat et son Administration. Comme il est susmentionné lorsque l’Etat estime qu’il est
dépassé par la tâche il la confie à une autorité de régulation.
L’étude de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence ainsi que celle instituant le
Conseil permet de constater que L’Etat par l’intermédiaire de ses institutions conserve, en dépit
de la mise en place du Conseil de la concurrence, sa main mise sur l’encadrement de ce secteur.
D’une manière générale le « contrôle » est l’opération par laquelle, selon le cas une
autorité vérifie l’existence d’un fait, apprécie l’opportunité d’une décision prise ou d’un acte
accompli par la personne contrôlée, ou encore, s’assure de la conformité d’une situation à une
règle juridique.38
Il s’ensuit que, par le biais de ce pouvoir le Conseil veille sur la vérification de la
conformité de pratiques liées à la concurrence aux règles prescrites. Pour ce faire l’institution
est dotée des services d’instruction et d’enquête dirigés par un rapporteur général assisté de
rapporteurs généraux adjoints, ils procèdent aux enquêtes et investigations nécessaires 39 à
l’application de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence concernant les pratiques
anticoncurrentielles ( veiller sur leur prohibition sous réserves des exceptions prévues) 40 et le
contrôle des opérations de concentration économique (la notification de l’opération, l’accord

35
Dernier alinéa de l’article 15 de la loi 104-12.
36
Laquelle intervient lorsque le Conseil ne se prononce pas sur certaines décisions, même éventuellement
après prolongation des délais impartis, il en informe en vertu du dernier alinéa de l’article 15 l’administration
ce qui lui ouvre une décision d’autorisation.
37 ème
4 alinéa de l’article 18 de la loi 104- 12.
38
Serge Braudo, Dictionnaire du Droit privé, https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/contrôle.php.
Consulté le 8/5/2020.
39
Article 16 de la loi 20-13.
40
Titre III de la loi 104-12.

20
du Conseil pour sa réalisation4142, son examen approfondi43, son interdiction44) dans les
conditions relatives aux investigations prévues par ladite loi. Comme il peut faire appel à
l’expertise et la compétence des autres instances de régulation sectorielle pour les besoins
d’enquête ou de l’instruction sur les questions de concurrences relatives aux secteurs d’activité
dont elles ont la charge.45
L’adaptation de la régulation au milieu de la concurrence passe par le contrôle des
pratiques qui lui sont liées.
Paragraphe 2 : Sur le plan des sanctions
La sanction depuis toujours incarne l’instrument privilégié d’intimidation et de dissuasion
des contrevenants. Elle relevait jadis du domaine réservé au pouvoir exécutif et judiciaire,
actuellement elle fait partie intégrante des compétences confiées aux autorités de régulations.
Les compétences du Conseil en matière répressif ne sont pas très larges par rapport aux
autres autorités qui en sont chargées, ainsi la loi partage la répression entre Conseil de
concurrence, administration et juridictions.
Le Conseil se limite en vertu de la loi à prononcer, le cas échéant, des injonctions 46, des
astreintes47, mesures conservatoires48, sanctions pécuniaires, le retrait des décisions
d’autorisation49, chacune des sanctions peut être prononcée à titre unique ou accessoirement à
une autre. Le Conseil, par exemple, peut infliger aux personnes ayant procéder à une déclaration
inexacte dans une notification portant sur une opération de concentration économique une
sanction pécuniaire laquelle peut s’accompagner du retrait de la décision ayant autorisé la
réalisation de l’opération50.
Le Conseil apprécie le montant des sanctions pécuniaires d’une manière proportionnelle
et casuistique 51 la loi fixe pour certains cas exceptionnels un montant préétabli, il en est ainsi
à titre d’exemple lorsque le contrevenant n’est pas une entreprise le montant maximum est de
quatre millions de dirhams52. Comme elle prévoit l’exonération totale ou partielle des sanctions
pécuniaires il en est de même lorsque l’entreprise ou l’organisme coupable d’une pratique
prohibée contribue à établir sa réalité et à identifier ses auteurs en apportant des éléments
d’information dont le Conseil ne disposait pas antérieurement53
En cas d’insatisfaction, les recours contre ses décisions peuvent être portés devant la Cour
d’appel de Rabat et, pour certaines d’entre elles, devant la chambre administrative de la Cour

41
Article 14 de la loi 104-12.
42
Artile 12 et suivants de la loi 104-12.
43
Article 16 de la loi 104-12
44 ème
3 paragraphe du 4ème alinéa de l’article 17 de la loi 104-12.
45
Article 8 de la loi 20-13.
46
Article 24 de la loi 104-12.
47
Alinéa 1er de l’article 19 de la loi 104-12.
48
Article 24 de la loi 104-12.
49 ème
4 alinéa de l’article 19 de la loi 104-12.
50 ème
4 alinéa de l’article 19 de la loi 104-12.
51 nd
2 alinéa de l’article 39 de la loi 104-12.
52 ème
3 alinéa de l’article 39 de la loi 104-12.
53 er
1 alinéa de l’article 41 de la loi 104-12.

21
de cassation54, ceci pourrait être de nature à assurer un encadrement du secteur qui s’étend de
l’autorité de régulation aux juridictions
En somme, et pour donner une réponse à la question sus visée , l’étude de l’efficacité du
Conseil de concurrence entant qu’autorité de régulation du secteur de la concurrence en qualité
d’institution indépendante, permet de de déduire que bien que le passage du statut consultatif
au statut décisionnel lui a permis d’élargir ses prérogatives, la mains-mise de l’Etat sur le
secteur par l’intermédiaire des autres pouvoirs peut engendrer des répercussions sur l’efficacité
de son intervention notamment la concertation de l’action de tous les intervenants pour favoriser
l’encadrement du secteur et la remise en cause de son rôle régulateur étant donné que le
désengagement de l’Etat n’est pas total.
L’étude du dispositif répressif prescrit par la loi 104-12 permet de rendre compte de cette
déduction.
Chapitre 2 : Dispositif répressif de mise en œuvre de la loi 104-12
Voire la concurrence acharnée dans les secteurs économiques, et l'interdépendance entre
le marchés financiers, besoin s'est posé donc de créer un dispositif qui veille sur la surveillance
du jeu de la concurrence entre les entreprises marocaines.
Il n y'a pas de doute que l'essence d'instaurer un tel jeu équitable de concurrence était
prévu par l'esprit civiliste du dahir formant code des obligations et contrats, mais l'évolution
industrielle et technologique a confectionné des nouvelles facettes par le truchement desquelles
toute entreprise peut trouver son expansion économique de façon à bouleverser en quelques
sortes le statocentrisme de la concurrence des marchés.
Cette réalité ne cesse guère d'appesantir la responsabilité des appareils régulateurs de la
concurrence des entreprises marocaines, en effet la loi 104-12 est venue par des dispositif aptes
à créer un fair-play concurrentiel qui assouplit l'éviction que fait le droit de la concurrence à
l'égard des règles fondamentaux du droit civil, et notamment le principe de la liberté
contractuelle dans sa double dimension de libre conclusion du contrat et de libre détermination
de son contenu. On cite le dispositif administratif (section1) et le dispositif pénal (section2).
Section 1 : Dispositif administratif
Par administration on parle des rouages de l'Etat qui sont concernés par la concurrence.
Mais à l'esprit de la loi 104-12, seul le Conseil de la concurrence nous concerne. Ce conseil est
institué par la loi 20-13,est sur la base du premier article de la loi, le conseil de la concurrence
est un institution indépendante chargée, dans le cadre de l'organisation d'une concurrence libre
et loyale, d’assurer la transparence et l'équité dans les relations économiques, notamment à
travers l'analyse et la régulation de la concurrence sur les marchés, le contrôle des pratiques
anticoncurrentielles, des pratiques commerciales déloyales et des opérations de concentrations
économiques et de monopole. Ce conseil a plusieurs attributions prévues par l'article 2 de la loi
20-13, de plus, il peut être saisi, pour toutes les pratiques anticoncurrentielles, par les entreprises
ou pour toute affaire qui concerne les intérêts dont ils ont la charge, par les organismes
mentionnés au dernier alinéa de l'article 5.
En revanche, il ne revient pas au Conseil de concurrence, par expression de la loi, de
prononcer les sanctions administratives. En effet, loi 104-12 prévoit l’institution d’une autorité

54
Article 44 de la loi 104-12.

22
habilitée à prononcer les sanctions administratives, le décret55 pris pour son application confie
cette qualité au gouverneur de la préfecture ou de la province où l’infraction a été constatée. Il
y procède par arrêté pris après avis du chef du service extérieur de l’administration dont relève
la marchandise, le produit ou le service concerné. 56
Les sanctions administratives sont énumérées par ordre de gravité sans préjudice des
mesures qui peuvent être prises à titre accessoire (l’affichage dans les journaux qu’elle désigne
des arrêtés prononçant la confiscation des marchandises ou produit…) 57
Le dispositif répressif se matérialise également par l’édiction de nombreuses sanctions
pénales.
Section 2 : Dispositif pénal
Le dispositif pénal s'agissant de la concurrence et la liberté des prix est prévue en principe
par les articles 75 - 90 de la loi 104-12. Il s'agit d'amandes et de peines privatives de libertés, le
cas échéant. Or selon l'article 84, les dispositions de l'article 146 du code pénal relatives aux
circonstances atténuantes ne sont pas applicables aux peines d'amande prononcées en vertu de
la présente loi. De plus, l’article 89 dispose que les dispositions pénales de la présente loi ne
sont applicables que si les faits qu'elles répriment ne peuvent recevoir une qualification pénale
plus grave en vertu des dispositions du code pénal.

55
Article 39 du Décret n 2-14-852 du Safar 1436 (1er décembre 2014) pris pour l’application de la loi n 104-12
sur la liberté des prix et de la concurrence.
56 nd
2 alinéa de l’article 93 et 1er alinéa de l’article 97 de la loi 104-12.
57
Article 98 et 1er alinéa de l’article 99 de la loi 104-12.

23
Conclusion
Pour conclure, on peut dire que la modernisation et la libéralisation de l’économie
marocaine sont le premier objectif que le Maroc s’est fixé il y’a longtemps. Aujourd’hui, la
réalisation de cet objectif se fait par le développement et la modernisation de différentes
infrastructures sectorielles, techniques et juridiques. D’ailleurs, l’amendement 104 12 en est la
preuve.
Grace à la vision du législateur, le Maroc dispose d’ores déjà d’un cadre juridique
réglementant la notion de la liberté du commerce et de la libre concurrence. Par ailleurs, la
volonté du Maroc de booster et développer ses échanges commerciaux s’est manifestée par la
ratification d’un certain nombre d’accords afin de construire des zones de libre échanges avec
les pays voisins (la Tunisie, l’Egypte), les pays de Golf comme (les Emirats Arabes unies), les
USA et l’union européenne.
En lisant la loi 104 12, on s’aperçoit que les dispositions qui régissent le principe de la
liberté des prix sont clairement définies et que la transparence et la loyauté dans les relations
commerciales sont assurées.
Ladite loi a remédié à toutes les défaillances de l’ancienne loi. Cependant, cette loi, elle
aussi, n’est pas à l’abri de la critique. Elle présente un aspect paradoxal concernant le conseil
de la concurrence dont l’efficacité s’avère nuancée.

24
Département Droit Privé
Master « Juriste d’AffAires »
Semestre Deuxième
Exposé N°2

Les institutions de
régulation en matière de la
concurrence
Professeur : Mr. Driss JOUIDI

Année Universitaire :
2019-2020
25
Thème 2 : Les institutions de régulation en matière de la concurrence
Introduction
Un État qui met le citoyen au centre de ses préoccupations trouve son sens et sa
légitimité dans sa capacité à assurer le bien-être social et c’est à la faveur de cette utilité sociale,
reconnue et approuvée, qu’il garantit sa viabilité politique.58
Dès qu’on évoque des agents économiques, entreprises ou autres qui offrent des qualités
différentes de biens ou de services prêts à être consommables, on évoquera systématiquement
la notion de la concurrence. En effet celle-ci, en tant qu’un facteur stimulant l’économie du
marché, favorise la satisfaction du consommateur ainsi que ses besoins renouvelables et ceci en
créant la compétitivité, élément primordial pour un marché qui bouge vers le meilleur et le bien
du consommateur.
La notion de concurrence telle que reconnue par le droit est avant tout l’expression d’une
liberté.
En matière d’économie, c’est une forme d’organisation sociale des relations où domine
un problème d’égalité des positions dans la relation économique entre celui qui offre et celui
qui demande. En dépit de ce qu’elle offre au consommateur, la concurrence peut dans certains
cas être de la théorie. Par cette définition, les opérateurs économiques sont donc libres de définir
leur politique de prix en fonction de leur stratégie commerciale. L'objectif est de laisser le
marché réguler de lui-même le niveau des prix des produits et services, via le jeu de l’offre et
de la demande. La concurrence permettant d'offrir au consommateur le plus grand choix de
produits et de services au meilleur prix possible.
Selon Montesquieu « c’est la concurrence qui met un juste prix aux marchandises et qui
établit les vrais rapports entre elles ».59
Dans la suite d’Adam Smith et Montesquieu, la concurrence « nouvelle discipline » est
un concept fondamental de la tradition libérale, elle contribue à stimuler l’esprit d’entreprise et
la productivité en favorisant l’adaptation permanente entre l’offre et la demande, à faire baisser
les prix et à améliorer la qualité des biens et services, l’efficience économique et l’innovation.
Le droit de la concurrence regroupe l’ensemble des règles qui ont pour finalité la
préservation de la liberté effective concurrence entre agents économiques sur le marché, et fixe
l’ensemble des dispositions visant à garantir le respect du principe de la liberté du commerce et
de l’industrie. Ce droit n’est pas juvénile au contraire il a vu le jour bien longtemps, le pionnier
de la politique de la concurrence est la France par l’apparition de la notion de la concurrence
en droit français grâce au :
 décret d’Allard des 2 et 17 mars 1791 portant sur la liberté du commerce et de
l’industrie. Il assure aux entrepreneurs l’exercice individuel, et de ce fait libre, de leur
activité.
 la loi de chapelier du 14 et 17 juin 1791 qui interdit le retour des corporations c’est-à-
dire la constitution de tout groupement, susceptible d’entraver cette liberté de l’individu.
Ensuite les Etats Unies par l’adoption du texte législatif « Sherman Act »en juillet 1890
relatif aux comportements d’entente et de position dominante, car le continent

58
Rôle des principes de la bonne gouvernance dans les services public territoriaux 2019 ; Master : Management
Public et Développement territoriaux ; Docteur SABRI Brahim.
59
De l'esprit des lois (édition 1871) – Montesquieu.

26
Américain est marqué à la fin du XIX siècle par concentration industrielle donnant
naissance à des véritables géants dans les secteurs tels que les pétroles, la sidérurgie ou
l’industrie électrique.
Notamment au Maroc, le droit de concurrence a subi un progrès extravagant et énorme,
se caractérisant par un caractère spécifique et original, sa genèse a été influencée par différentes
sources de droit.60
S'agissant de ce droit de la concurrence qui tend, tout à la fois, à préserver et encadrer la
libre concurrence, s’inscrivant alors dans une perspective de protection de l’intérêt général, et
à assurer la loyauté de la compétition économique, protégeant ainsi l’intérêt particulier des
concurrents. En d’autres termes, le droit national de la concurrence tend à garantir non
seulement la liberté de la concurrence mais aussi la loyauté des concurrents.61
En revanche l’orientation fondamentale de la politique économique de ces dernières
années était de mettre fin à l’économie dirigée et d’instituer une liberté régulée et une réforme
économique de fond. Cette orientation demeure d’actualité. Effectivement, il s’agit d’un
processus de libéralisation qui implique la remise en cause de l’organisation monopolistique
d’une économie et son ouverture à la concurrence.
Le besoin s’est fait sentir d’introduire des changements profonds en matière de règles du
jeu économique et plus précisément au Maroc, particulièrement dans le sens de faire de la
formation des prix une affaire de règles internes au marché et non le fruit d’une injonction ou
d’une intervention administrative.
Partant de là, les pouvoirs publics ont pris la décision de mettre en place tout un
arsenal législatif sur les prix et la concurrence comme pilier logique et nécessaire des options
que le Maroc a choisies afin de moderniser son économie, de faciliter son processus
d’intégration dans l’économie mondiale et de mettre son appareil productif au diapason des
impératifs des mutations de la scène économique interne et internationale.62
Depuis la fin de la décennie 1980 du 20ème siècle, notre pays s’est engagé dans ce
processus de privatisations et de libéralisation dont l’une des dernières étapes est la régulation
de la mise à niveau du dispositif sur la liberté des prix et la concurrence.63
De ce fait, on se demande certainement que signifie une régulation ? La régulation est un
ensemble d’actions qui consiste à réguler et assurer le bon fonctionnement d’un système pour
instaurer la concurrence.
Dans le cadre de l’édification d’un marché unique il est apparu nécessaire de libéraliser
un certains nombres de secteurs d’activités qui étaient sous le monopole d’Etat (Transport,
Télécommunication, Energie, etc.). Il fallait donc trouver un instrument qui permet à de
nouvelles entreprises d’y accéder sans qu’elles ne soient éliminées immédiatement par les
anciennes.
Naturellement à partir de ce constat, les pouvoirs publics ont privilégies en
priorité la mise en application concrète des mécanismes de la concurrence dans les différents
60
https://mjp.univ-perp.fr/constit/ma1996.htm
61
Droit commercial Georges Decocq Aurélie Ballot-Léna 8e édition Actes de commerce - Commerçants Fonds de
commerce - Baux commerciaux Concurrence - Consommation Contrats commerciaux Auteur(s): Decocq, Georges
Ballot-Léna, Aurélie Editeur: Dalloz Année de Publication: 2017 pages: 498 ISBN: 978-2-247-16930-6.
62
La régulation de la concurrence au Maroc : Evolution du cadre législatif et réglementaire Mohamed El Merghadi
Secrétaire Général du Conseil de la Concurrence.
63
Loi n° 06-99 relative à la liberté des prix et de la concurrence promulguée par le dahir n° 1-00-225 du 2 rabii I
1421 (5 juin 2000), telle qu’elle a été modifiée et complétée.

27
secteurs économiques en promulguant des lois nécessaires et en mettant en place des instances
Ad Hoc pour définir les règles de la concurrence et veiller à leur application et sanctionner les
abus.
Ces institutions dont les compétences sont définies par la loi ont un pouvoir d’instruction,
de décision et de sanctions indépendantes du pouvoir politique.
Elles visent ainsi à encourager la concurrence au sein du secteur privé, renforcer la
créativité et l’amélioration des performances, l’ouverture des marchés et offrir des biens et
services aux meilleurs coûts pour l’ensemble des consommateurs.
Partant de ces objectifs chaque pays a conçu sa vision et formulé ses orientations quant à
l’architecture institutionnelle en matière de régulation en fonction de ses propres conditions
économiques.
S'agissant de Cette libéralisation ne peut se concrétiser que par l’instauration des
institutions et des instances de régulation qui participent à l’ouverture du marché et à
l’émergence d’un nouveau rôle de l’État. Ainsi que l’écrit Michel Rousset, l’État « conserve
par ailleurs un rôle de régulation64 ; Il n’est plus entrepreneur ou financier, mais il assure un
rôle de garant de respect des règles qui doivent présider au bon fonctionnement du système
économique »65.
Au Maroc, après l’indépendance, une crise économique et financière s’est intervenue en
l’entrainant dans un cercle d’endettement : Avec le gonflement de la dette extérieur et la
pression des institutions internationales, le Maroc a adopté un plan d’ajustement structurel
(PAS) à partir de 1983 et a choisi comme système économique l’économie de marché.
De même, avec la signature d’un certain nombre d’accord d’association, la
mondialisation et Ses effets, il a entamé une révision constitutionnelle au 13/09/1996, ayant
introduit dans l’article 15 le concept de « liberté d’entreprendre.
Et Dans cette perspective, le Maroc s’était doté de son premier Conseil de la concurrence
par la loi n° 06-99 relative à la liberté des prix et de la concurrence mise en œuvre depuis le
début de l’année 2001. Cette institution est restée sans application effective, jusqu’à sa
réactivation en 2009 avec un rôle principalement et foncièrement consultatif.
L’intervention d’une telle autorité dans l’organisation institutionnelle du contrôle de la
concurrence est significative de la volonté de rompre avec l’ancien modèle dirigiste de
régulation du marché. Surtout dans une période où la crise économique mondiale prive le Maroc
de ses moteurs principaux de sa croissance.
Les dispositions de cette loi sont conformes au contenu de l’accord de partenariat conclu
entre le Royaume du Maroc et l’Union Européenne dans le sens du respect des principes de la
transparence, de la loyauté et de la juste compétition dans les transactions, adoptés dans le cadre
des recommandations de l’Organisation Mondiale du Commerce et de la CNUCED, elle se
compose de 103 articles répartis sur 9 chapitres66.

64
CHEVALLIER Jacques, « L’État régulateur », Revue française d’administration publique, n° 111, 2004, pp. 473-
4827
65
OUSSET Michel, « le nouveau concept de l’autorité et la modernisation de l’administration marocaine », in
CENTRE d’Etudes internationales (dir.), Une décennie de réformes au Maroc (1999-2009), Paris, Karthala éditions,
2010, p. 63.
66
https://www.glossaire-international.com/pages/tous-les-termes/cnuced-la.html

28
L’essentiel du contenu de ce texte se concentre sur la formulation de ces dispositions qui
gouvernent les garanties de la liberté des prix et l’organisation de la libre concurrence.67
Dans le même contexte, Cette loi a représenté une véritable révolution dans un pays qui
est dominé par l’intervention étatique. Cette loi a eu pour mérite d’affirmer expressément le
principe de la liberté des prix et implicitement celui de la liberté des autres modalités de la
concurrence. Elle a clarifié relativement la portée du principe constitutionnel de la liberté
d’entreprendre et de la garantie de la propriété privée.
En outre, elle a interdit certaines pratiques anticoncurrentielles, et a contrôlé les
opérations de concentrations économiques. Elle a enfin encadré la liberté de la concurrence en
confiant au conseil de la concurrence un rôle de régulateur extrajudiciaire68.
Cependant, cette loi malgré ces grandes aspirations dont l’objet était le maintien d’une
concurrence saine et équilibrée, a fait l’objet de certaines insuffisances remarquables. Certains
auteurs disent même que cette loi : « a contribué à la mise à niveau juridique du marché national
pour une meilleure interaction avec le marché international déjà remué par de nouvelles
mesures douanières et de réglementation de change.
Dans cette optique, elle ignore purement et simplement les faiblesses des opérateurs
moyens nationaux dans une concurrence nationale et internationale féroce. »69.
C’est ce qui a motivé sa réforme par la loi n°104-12 du 30 juillet 2014 sur la liberté des
prix et de la concurrence, promulguée par le Dahir n°1-14-116 du 2 ramadan 1435 du 30 juin
2014, abrogeant la loi 06-99. Cette loi vient compléter l’arsenal juridique du droit des affaires.
Cet amendement tend à corriger les dysfonctionnements observés par l'administration et
ainsi confirmer les engagements du Maroc envers les organisations internationales et ses
partenaires commerciaux.
Le préambule de cette loi indique qu’elle a pour objet de stimuler l’efficience
économique, définir les dispositions régissant la liberté des prix, d’améliorer le bien-être des
consommateurs et d’assurer la transparence et la loyauté dans les relations commerciales.
Toutefois, elle impose l’obligation de la libre concurrence qui vient s’ajouter à l’obligation
traditionnelle de loyale concurrence prévue par l’art 84 du D.O.C.
Ainsi, la constitution du 29 juillet 2011 a consacré dans son article 35 le principe de la
libre concurrence70 et a érigé le conseil de la concurrence en institution constitutionnelle71. Cette
67
A la différence des accords de libre échange qui lient le Maroc à d’autres pays, l’accord de libre échange et de
partenariat avec l’union Européenne a consacré un titre aux questions de la concurrence. Voir le quatrième
chapitre – les articles 36-41 de l’accord de partenariat.
68
ALAMI MACHICHI Driss, Concurrence, Droit et obligations des entreprises au Maroc, éd EDDIF, 2004, p. 35.
69
Op.cit., p. n 36.
70
« L'Etat garantit la liberté d'entreprendre et la libre concurrence ».
71
Le Conseil de la concurrence est une autorité administrative indépendante chargée, dans le cadre de
l’organisation d’une concurrence libre et loyale, d’assurer la transparence et l’équité dans les relations
économiques, notamment à travers l’´analyse et la régulation de la concurrence sur les marchés, le contrôle des
pratiques anticoncurrentielles, des pratiques commerciales déloyales et des opérations de concentration
économique et de monopole.
L’article premier de loi n° 20-13 relative au Conseil de la concurrence précise que « Le Conseil de la concurrence
est une institution indépendante chargée, dans le cadre de l’organisation d’une concurrence libre et loyale,
d’assurer la transparence et l’équité dans les relations économiques, notamment à travers l’analyse et la
régulation de la concurrence sur les marchés, le contrôle des pratiques anticoncurrentielles, des pratiques
commerciales déloyales et des opérations de concentration économique et de monopole. Le conseil est doté de
la personnalité morale et de l’autonomie financière.

29
évolution a pour objectif de donner plus de pouvoirs et de moyens à cette institution pour lui
permettre d’assurer une régulation du marché et d’accompagner les mesures de modernisation
du tissu économique national. La nomination d’un nouveau président, Driss Guerraoui, vise la
redynamisation du conseil à travers la préservation du pouvoir d’achat des consommateurs,
l’amélioration du climat des affaires et l’efficacité des investissements et de l’économie72.
De ce fait, cette constitution de 2011 dans son titre XII : « De la bonne gouvernance », et
dans le cadre réservé aux instances de bonne gouvernance, et de régulation, l’article 166 dispose
que : « le Conseil de la concurrence est une institution indépendante »73.
Il importe donc de faire le point sur l’historique de cette institution de régulation de la
concurrence, au regard des autres organismes l’ayant précédée dans le domaine de la police des
pratiques anticoncurrentielles, en constatant la rupture provoquée par cette instance avec
l’exercice de l’économie administrée.
D’après Mohamed EL MERGHADI : « la prise en compte des règles de la concurrence
et des modalités de sa régulation a émergé comme préoccupation à la fin des années 80. Une
préoccupation consécutive à l’application du programme d’ajustement structurel que les
autorités publiques ont été conduites à mettre en chantier afin de permettre à l’économie
marocaine de renouer avec l’équilibre macroéconomique et de l’ouverture grandissante sur
l’extérieur »74.
Les lois de la concurrence ont pour origine les États-Unis, qui jouent un grand rôle dans
la mondialisation de l’économie aujourd’hui, explique l’engagement d’aujourd’hui du Maroc
dans cette direction. Toutefois, l’existence d’un contrôle relatif des prix, des planifications, des
monopoles et un certain interventionnisme hérité du colbertisme français est bien présent. En
fait, pendant longtemps, la police des prix, vu le contexte florissant de l’économie nationale a
assuré cette mission négligeant celle de la concurrence. Progressivement, cette dernière a pris
le relais.
Incontestablement, le Conseil de la concurrence désormais fort de sa
constitutionnalisation en 2011 n’est pas qu’un piètre héritier de son ancien. Bien qu’investi d’un
rôle consultatif, il s’en éloigne par sa valeur et son statut constitutionnel, son pouvoir
décisionnel en matière de la régulation de la concurrence, son indépendance ou au moins son
aspiration à cette indépendance, et l’attribution de larges pouvoirs d’enquête et de sanction.
Cette différenciation s’explique par la volonté de rompre avec le modèle dirigiste et administré
de l’économie, au profit d’une instance de régulation indépendante dont le rôle est élargi et
diversifié :
 D’une part, elle peut s’associer aux pouvoirs publics dans l’élaboration de la politique
de la concurrence (fonction consultative, études, relations avec le Parlement, etc.)
 D’autre part, elle jouit d’une fonction répressive à l’égard des pratiques faussant le libre
jeu du marché75.
Par ailleurs, la complexité de la régulation impose que le Conseil soit le garant impartial
des règles de l’économie de marché : il n’a pas à prendre position en faveur de tel ou tel
opérateur. Réprimant les pratiques anticoncurrentielles, et contrôlant les concentrations. Il doit

72
« L'Etat garantit la liberté d'entreprendre et la libre concurrence ».
73
Publiée au Bulletin officiel n° 5964 du 30 juillet 2011, p. 1902.
74
EL MERGHADI Mohamed, « La régulation de la concurrence au Maroc, Évolution du cadre législatif et
réglementaire », in <http://www.academia.edu > [en ligne], 2011, consulté le 30 mai 2017.
75
EL BAZZIM Rachid, « Le Conseil de la concurrence Marocain », Revue de droit des affaires
internationales/International Business Law Journal, n° 1 -2016, pp.73-83.

30
garantir par sa force juridique la compétition entre les entités, en s’affirmant comme le gardien
veillant à la concurrence des marchés. L’analyse juridique a pris comme point de départ la
nouvelle législation de la concurrence, son statut et ses pouvoirs au regard, notamment, du droit
français. Elle a conduit à recueillir des indices, qui ont mobilisé plusieurs grilles d’analyse, dans
une approche pluridisciplinaire.
La régulation76 semble être assumée par des institutions indépendantes de régulation
représentatives d’une certaine mutation des principes traditionnels gouvernant l’organisation
administrative. Conscients des limites de la réglementation et du commandement par voie de
l’acte unilatéral « les pouvoirs publics semblent renoncer excessivement aux modalités
classiques d’intervention, et se dirigent peu à peu vers la consécration consciente et volontaire
d’un certain nombre de procédés dont la plupart sont tout à fait nouveaux. Il est de plus en plus
question de consultation, de concertation, de partenariat, de contractualisation... prenant le
relais des politiques, le législateur a entamé depuis peu une institutionnalisation de ces procédés
qui ont très vite connu une large promotion. Parmi ces procédés, il en est un qui présente un
intérêt particulier à savoir la régulation »77.
Pour mener à bien une analyse objective du thème, il est nécessaire de la fonder autour
d’une problématique claire et solide.
Bien que Pour conserver une concurrence saine et loyale au sein d’un marché, il convient
à l’Etat de créer une institution de recours en cas de problèmes concurrentiels et de régulation,
d’où la création du Conseil de la Concurrence qui sans lui on est dans une impuissance total,
incapable d’agir et il n’y a aucune autorité pour régler la question.
La question principale à poser est : bien qu'il représente un enrichissement de la catégorie
des instances de la régulation, l'instauration d'un Conseil de la concurrence dans un
environnement économique en cours de libéralisation n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît, car
au cœur de la controverse se trouvent des doutes et des questions sur sa capacité de réaliser un
travail indépendant dans une institution bénéficiant de la personnalité morale et de l’autonomie
financière.
Cette complexité de fonctions et la multitude de tâches évoquent une idée de contrôle de
l’économie par l’utilisation de moyens d’action variée plus ou moins contraignante. C'est-à-
dire, une compétence juridique et technique et une capacité de réaction que ne possèderaient ni
le gouvernement ni le juge qui, après tout, ne sont pas institutionnellement proches des milieux
économiques
C’est la raison pour laquelle la mise en place de nombreuses institutions de régulations à
été nécessaire et permettant d’instaurer et veiller à une concurrence saine et loyale au sein de
plusieurs secteurs.
Ce sujet est aussi ardu que sa délimitation nous impose bien évidemment à poser plusieurs
questions, Alors Qu’elles sont donc les principales institutions de régulation de concurrence ?
Quel est leur rôle en matière de concurrence ? Et Quelles sont leurs pouvoirs ainsi que leurs
limites ?
Afin de répondre à cette série de question et pour mieux cerner ce sujet, nous souhaitions
répartir notre sujet à deux axes principaux, la première partie sera réservée à l’institution

76
« La définition du concept de régulation semble se composer d’un élément permanent : la référence à l’idée
d’équilibre, de constance ou de régularité ». Voir CALANDRI Laurence, Recherche sur la notion de régulation
en droit administratif français, Paris, LGDJ, 2008, p. 7.
77
MECHRAFI Amal, « Les organes de régulation au Maroc », Op. cit., p. 35

31
régulation principale en matière de concurrence à savoir le conseil de concurrence, alors que la
seconde sera consacrée aux autres institutions de régulations telles que L’AMMC, les
institutions de régulation de la concurrence en matière de la communication audiovisuelle et la
télécommunication.

32
Partie 1 : le conseil de la concurrence
Le Maroc s’était doté de son premier conseil de concurrence par la loi n° 06-99 relative à
la liberté des prix et de la concurrence mise en œuvre depuis le début de l’année 2001,dont volet
concernent le conseil de la concurrence est resté sans application effective « stand-by » jusqu’à
sa réactivation en 2009 avec un rôle principalement et foncièrement consultatif78 .
Le « redémarrage » de cette institution, en 2018 et 2019, notamment traduite par la
production de plusieurs rapports et d’avis sur des questions économiques centrales, notamment
celle afférente au marché des hydrocarbures.

Chapitre1 : le conseil de concurrence : composition, organisation, attributions et


missions :
Conformément aux dispositions de l’article 166 de la Constitution79, le conseil de la
concurrence, dénommé «le conseil» dans la présente loi, est une institution indépendante
chargée, dans le cadre de l’organisation d’une concurrence libre et loyale, d’assurer la
transparence et l’équité dans les relations économiques, notamment à travers l’analyse et la
régulation de la concurrence sur les marchés, le contrôle des pratiques anticoncurrentielles, des
pratiques commerciales déloyales et des opérations de concentration économique et de
monopole.
Le conseil est doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière.

Section 1 : composition et organisation du conseil de concurrence


Sous-section 1 : Composition
Le conseil se compose du président, de quatre vice-présidents et de huit membres
conseillers80.
Le conseil comprend, outre le président, les membres compétents suivants :

 deux (2) membres magistrats, vice-présidents ;


 quatre (4) membres choisis en raison de leur compétence en matière économique ou de
concurrence, dont un vice-président ;
 deux (2) membres choisis en raison de leur compétence en matière juridique, dont un
vice-président ;
 trois (3) membres exerçant ou ayant exercé leurs activités dans les secteurs de
production, de distribution ou de services ;

78
N .BARAKA intervention en tant aue ministre délégue aupés du premier ministre chargés des affaires
économiques et générales (2010) 68 revue marocaine de l’administration locale et de développement ,serie
themes actuels
79
Dahir n° 1-11-91 du 27 chaabane 1432 (29 juillet 2011) portant promulgation du texte de la Constitution; Bulletin
Officiel n° 5964 bis du 28 chaabane 1432 (30 juillet 2011), p. 1902.
80
Voir article premier du décret n° 2-15-109, précité.
Article premier
« Pour l'application des dispositions des articles 9 et 10 de la loi susvisée n°20-13 les membres du Conseil de la
concurrence, autres que les magistrats, sont nommés par décret sur proposition des autorités gouvernementales
concernées par le domaine de compétence desdits membres. »

33
 un (1) membre choisi en raison de sa compétence en matière de protection du
consommateur81 .
Le président est nommé par dahir, pour une durée de cinq (5) ans renouvelable une seule
fois.
Les autres membres du conseil sont nommés, pour une durée de cinq ans renouvelable
une seule fois, par décret, sur proposition :

 du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, en ce qui concerne les deux membres


magistrats ;
 de l’autorité gouvernementale compétente en ce qui concerne les autres membres.
Les membres du conseil non assermentés prêtent serment devant la Cour d’appel de
Rabat.

Sous-section 2 : Organisation administrative et financière du conseil de


concurrence
Paragraphe 1 : Organisation administrative
Le conseil dispose de services d’instruction et d’enquête dirigés par un rapporteur général
assisté de rapporteurs généraux adjoints.
Ces services procèdent aux enquêtes et investigations nécessaires à l’application des
dispositions de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence concernant les pratiques
anticoncurrentielles et le contrôle des opérations de concentration économique dans les
conditions relatives aux investigations prévues par ladite loi82.
Les services administratifs du Conseil sont dirigés, sous l'autorité du président, par un
secrétaire général.
Le secrétaire général du conseil de la concurrence est chargé de l’enregistrement des
saisines et des requêtes en matière de concurrence et de la transmission des décisions et des avis
du conseil. Il est responsable des services administratifs et financiers ainsi que de la tenue et de
la conservation des dossiers et des archives du conseil.
Le secrétaire général peut recevoir délégation du président du conseil pour signer tous
actes et décisions d’ordre administratif. Il prépare le projet de budget qui est approuvé par le
conseil83.

§1 : Nomination des membres


 Le président est nommé par dahir, pour une durée de cinq (5) ans renouvelable une
seule fois.
 Les autres membres du conseil sont nommés, pour une durée de cinq ans renouvelable
une seule fois, par décret, sur proposition :
 du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, en ce qui concerne les deux membres
magistrats

81
Dahir n° 1-11-03 du 14 rabii I 1432 (18 février 2011) portant promulgation de la loi n° 31-08 édictant des mesures
de protection du consommateur; Bulletin Officiel n° 5932 du 3 joumada I 1432 (7 avril 2011), p. 347.
82
Article 16 du loi n 20-13 relative au conseil de concurrence.
83
Aritcle17 du loi n 20-13 relative au conseil de concurrence.

34
 de l’autorité gouvernementale compétente en ce qui concerne les autres
membres
 Le secrétaire général est nommé par dahir pour une durée de cinq (5) ans renouvelable
une seule fois.
 Le rapporteur général et les rapporteurs généraux adjoints sont nommés par le
président du conseil, après appel à candidatures parmi les personnes relevant des cadres
supérieurs de l'Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics ou du
secteur privé, justifiant d’une expérience dans les domaines économique, juridique, de
concurrence et de protection du consommateur.
Il doit être tenu compte, lors du choix du rapporteur général et des rapporteurs généraux
adjoints, des principes d’égalité des chances, du mérite, de la transparence et de l’égalité à
l’égard de l’ensemble des candidates et candidats.
Les candidates et candidats doivent jouir de leurs droits civils et politiques, disposer d’un
haut niveau d’enseignement et de la qualification exigible et être connus pour leur intégrité et
probité84.
Les rapporteurs et les enquêteurs des services d’instruction sont nommés par décision du
président, sur proposition du rapporteur général après avis du conseil. Ils peuvent être détachés
de l’administration auprès du conseil, mis à la disposition de celui-ci par :

 Les rapporteurs et les enquêteurs des services d’instruction sont nommés par
décision du président, sur proposition du rapporteur général après avis du conseil. Ils
peuvent être détachés de l’administration auprès du conseil, mis à la disposition de celui-
ci par l’administration ou recrutés par le conseil85.
 Le rapporteur général et les rapporteurs généraux adjoints assurent le suivi des
travaux des rapporteurs et des enquêteurs.
 Le président et les vice-présidents exercent leurs fonctions à plein temps. Le président
et les vice-présidents autres que magistrats doivent, pendant la durée d’exercice de leurs
fonctions, suspendre toute activité professionnelle ou commerciale dans le secteur privé.
Ils doivent également suspendre leur participation dans les organes de direction, de
gestion et d’administration des entreprises privées ou publiques poursuivant un but
lucratif86.
Les droits et devoirs du rapporteur général, des rapporteurs généraux adjoints, des
rapporteurs et des enquêteurs sont régis par du dahir n° 1-58-008 du 4 chaabane 1377 (24 février
1958) portant statut général de la fonction publique87 .

§2 : Les obligations membres du conseil de concurrence


 Obligations d'information : certes, selon l'article 20 de la loi 06 /99 et l'article 11 de
la loi 20/13 sus désignée, tout membre du conseil est obligé d'informer le président des
intérêts quel détient et des fonctions qu'il exerce dans une activité économique.
Cependant cette obligation d'information n'est observée par aucune sanction et ne
précise aucune date pour l'accomplissement de l'information du président.

84
Article18 du loi n 20-13 relative au conseil de concurrence.
85
Article19 du loi n 20-13 relative au conseil de concurrence.
86
Mohammed EL MERNISSI, « le conseil de la concurrence organe de régulation de la concurrence », revue
marocaine de droit et d’économie de développement, N°49, 2004, page237 .
87
Dahir n° 1-58-008 du 4 chaabane 1377 (24 février 1958) portant statut de la fonction publique; Bulletin Officiel
n° 2372 du 11 avril 1958, p. 631.Tel qu’il a été modifié et complété.

35
 l'observation du secret professionnel : La loi 104 - 12 dans son article 21 fait preuve
d'un mimétisme à propos des obligations de secret professionnel ; rien n'interdit aux
membres du conseil de prendre des positions public ou de faire des communications
publiques des commentaires et des critiques qu'ils souhaitent publier à propos des
missions du conseil, des affaires dont ils saisi, de ces rapports avec les pouvoirs
publics88.

§3 : La cessation des fonctions des membres du conseil de la concurrence


Les fonctions de membre du conseil prennent fin par :
1. l’expiration de leur durée
2. le décès
3. la démission volontaire qui doit être présentée au président du conseil et ne prend effet
qu’à compter de la nomination du remplaçant du membre démissionnaire
La démission qui doit être constatée par le conseil saisi par son président ou le cas échéant
un vice-président, dans les cas suivants :

 exercice d’une activité ou acceptation d’une fonction incompatible avec la qualité de


membre du conseil
 perte de la jouissance des droits civils et politiques
 survenance d’une incapacité physique ou mentale permanente empêchant
définitivement un membre du conseil d’exercer ses fonctions89
Il est pourvu au remplacement des membres du conseil quinze jours au moins avant
l’expiration normale de leur mandat et en cas de décès, de démission volontaire ou de démission
dans un délai de quinze jours à compter de la notification de ces faits au Chef du gouvernement.
Les membres du conseil nommés en remplacement de ceux dont les fonctions ont pris fin pour
quelque cause que ce soit avant leur terme normal achèvent le mandat de ceux qu’ils
remplacent.

Section 2 : les attributions et missions de conseil de concurrence


La concurrence est considérée comme la compétition économique qui se joue sur un
même marché pour atteindre une fin économique déterminée90. Et le Conseil de la concurrence
deviendra de fait, un organisme indépendant jouissant des pouvoirs (sous-section1), pour mener
bien à ses missions (sous-section 2) en vue d'assurer l'équité, la transparence et la concurrence
loyale de l'économie nationale.

Sous-section 1 : les attributions de conseil de concurrence


D’après la loi 20-13 le conseil de la concurrence est désormais en mesure de s’autosaisir
de toutes les questions affectant la concurrence au Maroc.
En plus des chambres professionnelles, le Gouvernement et les collectivités territoriales,
les entreprises sont désormais habilitées à saisir directement le Conseil de la concurrence afin
que celui statue sur des pratiques anticoncurrentielles.

88
Le theme sur le conseil de concurrence preparé par : AZEROUAL Badallah BOUDIZE walid 2016-2017 PR ALLALI.
89
Article 12 de la loi 20-13 relative au conseil de la concurrence
90
Mohammed EL MERNISSI, « le conseil de la concurrence organe de régulation de la concurrence », revue
marocaine de droit et d’économie de développement, N°49, 2004, page249.

36
Elles ne sont plus dépendantes de l’assentiment de leurs concurrents pour que les
chambres professionnelles saisissent le Conseil de la concurrence.
Le Maroc s'est doté d'un Conseil de la concurrence en 2009, mais ses pouvoirs étaient
limités. La nouvelle loi lui en donne davantage ; trois nouveaux pouvoirs conférés au conseil
de la concurrence : Pouvoir décisionnel, pouvoir d'enquête et pouvoir de sanction.
L'ensemble du nouveau fonctionnement du Conseil de la concurrence a pour objectif de
pallier les écueils constatés lorsque cette institution n'était qu'un organe consultatif.

 Le Conseil de la Concurrence dispose dorénavant également d'un véritable pouvoir


décisionnel91 en matière de concentrations et de pratiques anticoncurrentielles (ententes
anticoncurrentielles et abus de position dominante, pratiques de prix abusivement bas).
 Outre le pouvoir d'instruire, le Conseil de la concurrence peut mener des enquêtes
concernant les pratiques anticoncurrentielles et le contrôle des opérations de
concentration économique92 .
Enfin, le Conseil de la concurrence est dorénavant habilité à prendre des mesures
conservatoires et à prononcer des sanctions pécuniaires pouvant représenter jusqu'à 10% du
chiffre d'affaires mondial ou national de l'entreprise contrevenante (ou des parties impliquées).
Le maintien définitif du principe du contrôle des prix pour certains services et
produits :
La réforme a passé sous silence l'aspect temporaire du maintien de la liste de produits et
services dont les prix sont réglementés par l'Administration après consultation du Conseil de la
concurrence. Pourtant, la loi n°06-99 relative à la liberté des prix et de la concurrence avait été
amendée en vue de limiter à quatre ans l'établissement d'une liste de produits et de services dont
les prix seraient réglementés.

Le pouvoir de recommander à l'Administration des mesures d'amélioration de la


concurrence sur le marché :
Le Conseil de la concurrence est en mesure de donner son avis ou entreprendre toute
étude concernant la concurrence et surtout, de recommander à l'administration de mettre en
œuvre les mesures nécessaires à l'ouverture des monopoles de fait ou de droit à la concurrence93

Sous-section 2 : Les missions du conseil de la concurrence


Son champ et ses moyens d’action :

 Veiller au respect du libre jeu de la concurrence dans le cadre de l'économie de marché,


afin de garantir la compétitivité du tissu économique national et assurer un bon rapport
qualité prix pour le bien être du consommateur.

Agir, à son initiative, pour :


 informer et sensibiliser l'opinion publique et les acteurs économiques et sociaux
(Colloques, séminaires, conférences,...)
 étudier la concurrentiabilité de différents secteurs et branches d'activité.
 élaborer le rapport annuel

91
Article 2 de la loi n° 20-13 relative au conseil de la concurrence.
92
Article 16 de la loi n° 20-13 relative au conseil de la concurrence.
93
www.usinenouvelle.com consulté le 15/04/2020.

37
 Intervenir, quand il est saisi, en cas :
D'ententes anticoncurrentielles pouvant empêcher, restreindre ou fausser le jeu de la
concurrence (fixation des prix, partage géographique du marché...)
 D'abus de position dominante ou de situation de dépendance économique
(ventes liées, refus de vente,...)
 De concentration de nature à porter atteinte à la concurrence.

Chapitre 2 : conseil de concurrence marocain- compétence renforcée


La loi n° 06-99 promulguée par le Dahir du 6 juin 2000 relative à la liberté des prix et de
la concurrence qui était censée être l'un des facteurs de mise à niveau de l'environnement des
affaires au Maroc en stimulant sa compétitivité et son efficience n'était plus adaptée aux réalités
économiques nationales et internationales. Ce texte de loi ne conférait au Conseil de Ia
Concurrence qu'un statut d'organe consultatif dénué de tout pouvoir de décision attribue jusque-
là à la Direction des Prix et de Ia Concurrence rattachée au Chef du Gouvernement.
Le droit de la concurrence marocain a été reforme en 2014 à travers deux nouvelles lois :
la loi 104-12 relative A la liberté des prix et de la concurrence et la loi 20-03 relative au Conseil
de Ia concurrence, promulguées par le Dahir n° 1-14-116 et le Dahir 1-14-117 du 30 juin 2014.
Section 1 : le renforcement des prérogatives de de conseil de concurrence.
Le conseil de la concurrence, au Maroc, est une institution constitutionnelle94
indépendante dotée de la personnalité juridique, de l’autonomie financière et investie de larges
pouvoirs de décision, d’enquête et de sanction.
Ces dernières prérogatives ne lui sont pas reconnues qu’après l’entrée en vigueur, en
2014, des lois 104-1295 et 20-1396 relatives, successivement, à la liberté des prix et de la
concurrence et au conseil de la concurrence sachant que cette institution était déjà prévue par
la loi 06-9997 relative à la liberté des prix et de la concurrence, remplacée.
En effet, La dite Loi lui a conféré, en plus du pouvoir consultatif trois nouveaux pouvoirs
à savoir le pouvoir décisionnaire, le pouvoir d'enquête (Sous-section 1) at le pouvoir de sanction
(Sous-section 2)
Sous-section 1 : pouvoir décisionnaire et d’enquête
Le Conseil de la concurrence est désormais habilité à mener des enquêtes en matière de
pratiques anti-concurrentielles soit par le biais de Ia saisine d'office ou auto saisine, soit par les
entreprises, le gouvernement, les juridictions du royaume at autres établissements comma les
autorités de régulation sectorielle, les commissions parlementaires permanentes, les chambres
et associations professionnelles et les associations de consommateurs reconnues d'utilité
publique notamment.

94
L’article 166 de la constitution marocaine, portée par le Dahir n˚ 1-11-91 du 29 juillet 2011, dispose : « le conseil
de la concurrence est une institution indépendante chargée, dans le cadre de l’organisation d’une concurrence
libre et loyale, d’assurer la transparence et l’équité dans les relations économiques, notamment à travers l’analyse
et la régulation de la concurrence sur le marché, le contrôle des pratiques anticoncurrentielles, des pratiques
commerciales déloyales et des opérations de concentration économique et de monopole ».
95
La loi n˚ 104-12, portée par le Dahir n˚ 1-14-116 du 30 juin 2014, publiée au Bulletin Officiel n˚ 6280 du 7 Août
2014.
96
La loi n˚ 20-13, portée par le Dahir n˚ 1-14-117 du 30 juin 2014, relative au conseil de la concurrence.
97
La loi n˚ 06-99 est la première loi, au Maroc, sur la liberté des prix et de la concurrence. Elle a été apportée par
le Dahir n˚ 1-00-25 du 5 juin 2000, publiée au Bulletin Officiel de 6 juillet 2000.

38
Le Conseil de la concurrence serait en mesure de mener des investigations sur place ou
en exigeant la communication de documents, pièces et informations sous astreinte voire même
par voie de perquisitions ou saisies, dans le cadre d’une procédure contradictoire à l’issue de
laquelle le Conseil rendrait sa décision.
Sous-section 2 : pouvoir de sanction
Le CC a des pouvoirs de sanction particulièrement larges, lui permettant d’imposer :
 Des mesures conservatoires visant à remédier aux atteintes graves et immédiates
causées par les pratiques à l’économie du pays, à celle du secteur intéressé, à l’intérêt
des consommateurs ou à l’entreprise plaignante ;
 Une amende administrative pouvant atteindre 10% du chiffre d’affaires consolidé le
plus élevé de l’entreprise concernée d’un exercice précédant la mise en œuvre des
pratiques (ou 4 millions de dirhams si l’auteur des pratiques est une personne physique).
Cette amende pourra être doublée en cas de récidive dans un délai de 5 ans ;
 Des injonctions, accompagnées d’une astreinte pouvant atteindre 5% du chiffre
d’affaires journalier moyen, par jour de retard dans la mise en conformité ;
 Des mesures de publicité (publication d’un extrait ou de la décision complète du CC).
En particulier, la lourdeur de l’amende administrative pourrait bien inciter les
entreprises à faire usage des deux procédures de coopération créées par la nouvelle loi :
 La procédure de clémence, par laquelle une entreprise peut obtenir une
immunité totale ou partielle d’amende si elle dénonce sa participation à une
entente et apporte des éléments de preuve au CC lui permettant d’établir la
réalité de la pratique et d’identifier ses auteurs. Dans bon nombre de juridictions,
cette procédure est devenue l’une des principales sources de dossiers des
autorités de la concurrence ;
 La procédure de non contestation des griefs, par laquelle une entreprise peut
obtenir une réduction d’amende (le plafond est réduit de moitié) si elle ne
conteste pas la réalité des griefs qui lui sont notifiés.

Section 2 : le control de concentrations économiques.


Selon l’article 1198 de la loi 104-12, Les concentrations, qu’il s’agisse de fusions,
acquisitions ou de création d’entreprises communes, permettent aux entreprises d’améliorer
leur compétitivité en dégageant des gains d’efficacité économique, qui peuvent se répercuter

98
Article 11 de la loi 104-12 : Une opération de concentration est réalisée: 1- lorsque deux ou plusieurs entreprises
antérieurement indépendantes fusionnent ; 2- lorsqu’une ou plusieurs personnes, détenant déjà le contrôle d’une
entreprise au moins, acquièrent, directement ou indirectement, que ce soit par prise de participation au capital
ou achat d’éléments d’actifs, contrat ou tout autre moyen, le contrôle de l’ensemble ou d’une partie d’une autre
entreprise ou de l’ensemble ou de parties de plusieurs autres entreprises ; 3- lorsqu’une ou plusieurs entreprises
acquièrent, directement ou indirectement, que ce soit par prise de participation au capital ou achat d’éléments
d’actifs, contrat ou tout autre moyen, le contrôle de l’ensemble ou d’une partie d’une autre entreprise ou de
l’ensemble ou de parties de plusieurs autres entreprises.
La création d’une entreprise commune accomplissant de manière durable toutes les fonctions d’une entité
économique autonome constitue une concentration au sens du présent article. Aux fins de l'application du présent
titre, le contrôle découle des droits, contrats ou autres moyens qui confèrent, seuls ou conjointement et compte
tenu des circonstances de fait ou de droit, la possibilité d’exercer une influence déterminante sur l’activité d’une
entreprise, et notamment :
- des droits de propriété ou de jouissance sur tout ou partie des biens d'une entreprise ;
- des droits ou des contrats qui confèrent une influence déterminante sur la composition, les délibérations ou
les décisions des organes d’une entreprise.

39
positivement sur la compétitivité globale de l’économie, sur la capacité d’innovation ainsi que
sur le bien-être et le pouvoir d’achat des consommateurs. Ceux-ci peuvent alors bénéficier de
prix plus bas, d’une amélioration de la qualité des produits, ou d’un élargissement du choix qui
leur est offert.
Sous-section 1 : les opérations notifiables
Les opérations sont soumises au contrôle des concentrations si l’un des trois seuils
suivants est rempli :

 1er seuil : les entreprises réalisent un chiffre d’affaires cumulé de plus de 750 millions
de dirhams au niveau mondial ;
 2e seuil : au moins deux entreprises réalisent un chiffre d’affaires individuel de plus de
250 millions de dirhams au Maroc ;
 3e seuil : les parties ont une part de marché cumulée d’au moins 40% au Maroc.
Ces seuils de chiffre d’affaires et de part de marché sont alternatifs. Il suffit donc qu’un
seul de ces seuils soit rempli pour que l’opération soit soumise à notification.

Cependant, conformément à l’article 199 de la loi n°104-12, il est nécessaire que


l’opération puisse avoir un effet sur le marché marocain. Il serait donc possible d’argumenter
que ne seraient pas soumises à notification les opérations impliquant des parties sans aucune
présence ni chiffre d’affaires au Maroc, même si elles atteignent le seuil mondial de 750
millions de dirhams.

En pratique, en revanche, devraient être soumises à notification :

 Les opérations atteignant le 2e seuil de chiffre d’affaires (local), indépendamment du


chiffre d’affaires réalisé par les parties au niveau mondial ;
 Les opérations atteignant le 1er seuil de chiffre d’affaires (mondial) sans remplir le 2e
seuil (local), mais dont l’une au moins des parties est implantée ou réalise un chiffre
d’affaires au Maroc.

Sous-section 2 : nouvelle procédure de notification


La réforme fait peser l’obligation de notification sur l’acquéreur du contrôle (en cas
d’acquisition de contrôle exclusif), ou sur toutes les parties concernées, conjointement (en cas
de fusion ou de création d’une entreprise commune).
Il faut souligner qu’une sanction financière de 5% du chiffre d’affaires des parties réalisé
au Maroc (lors du dernier exercice fiscal) peut être imposée aux entreprises en cas de défaut de
notification, de violation de l’obligation de suspension (à moins d’avoir obtenu l’accord exprès
du CC pour réaliser l’opération avant l’autorisation), de non-respect d’engagements ou
injonctions, ou d’informations incomplètes ou inexactes dans la notification.

99
Article1 de la loi 104-12: La présente loi s’applique : 1. à toutes les personnes physiques ou morales qu’elles
aient ou non leur siège ou des établissements au Maroc, dès lors que leurs opérations ou comportements ont
pour objet ou peuvent avoir un effet sur la concurrence sur le marché marocain ou une partie substantielle de
celui-ci ; 2. à toutes les activités de production, de distribution et de services, y compris celles qui sont le fait de
personnes morales de droit public lorsqu’elles agissent comme opérateurs économiques et non dans l’exercice de
prérogatives de puissance publique ou de missions de service public ; 3. aux accords à l'exportation dans la mesure
où leur application a une incidence sur la concurrence sur le marché intérieur marocain.

40
Toutes les notifications doivent désormais être déposées au CC et non plus aux services
du Chef du gouvernement, à l’exception de celles concernant des entreprises actives dans le
secteur des télécommunications qui relèvent de la compétence de l’ANRT.
Dans le cas d’opérations concernant des établissements financiers (ou organismes agréés
assimilés), le CC devra saisir la Bank Al-Maghrib pour avis préalable avant toute décision.
Toutefois, la Primature conservera un droit d’évocation, qui permettra au Chef du
gouvernement de se saisir d’opérations pour des motifs d’intérêt général, autres que le maintien
de la concurrence (voir ci-dessous en Phase II). Bien que peu utilisé dans certains pays
(notamment en France où il n’a été mis en œuvre qu’une fois), il ne faudra pas perdre de vue
ce pouvoir au Maroc, en particulier pour les opérations sensibles.
Sous-section 3 : les nouveaux délais procéduraux dans le calendrier de l’opération
La réforme prévoit un délai d’examen de 5 mois, incluant une Phase I de 2 mois (60 jours
à compter de la réception d’une notification complète) et une Phase II de 3 mois (90 jours),
mais ces délais peuvent être étendus ou suspendus dans un certain nombre de cas (pouvant
porter la Phase I à 120 jours, et la Phase II à 180 jours ou plus)

Ces phases sont détaillées ci-après :

Phase I

En cas de présentation d’engagements, le délai de 60 jours sera étendu de 20 jours.

En outre, une procédure de suspension a été créé. Les parties peuvent demander la
suspension de la période d’examen pour un maximum de 20 jours en cas de « nécessité
particulière » (par exemple, pour finaliser des engagements).

Dans les 20 jours de la réception de la décision du CC, ou si le CC ne prend aucune


décision avant la fin de la première période de 60 jours, le Chef du gouvernement (ou un
délégué) aura le pouvoir de demander au CC d’ouvrir une Phase II.

Par conséquent, la Phase I pourrait théoriquement durer entre 60 et 100 jours, plus 20
jours additionnels pour attendre la réaction du Chef du gouvernement.

Phase II

En cas de présentation d’engagements moins de 30 jours avant la fin du délai de 90 jours,


ce délai de 90 jours sera étendu de 30 jours à compter de la réception des engagements par le
CC. En outre, il existe deux nouvelles options de suspension :

 Les parties peuvent demander de suspendre l’examen de l’opération pendant 30 jours


en cas de « nécessité particulière » (par exemple, pour finaliser des engagements) ; et
 Une suspension (sans délai déterminé) peut également être décidée d’office par le CC
en vue d’obtenir des informations (nouveaux événements, retard des parties ou de tiers
dans l’envoi des informations), et ce jusqu’à ce que la cause de la suspension ait cessé.

Dans un délai de 30 jours à compter de la réception de la décision du CC, le Chef du


gouvernement (ou un délégué) a un droit d’évocation qui lui permet de se saisir d’opérations
pour des motifs d’intérêt général, autres que le maintien de la concurrence, notamment, le
41
développement industriel, la compétitivité des entreprises en cause au regard de la concurrence
internationale ou la création ou le maintien de l’emploi. Cette décision peut être soumise à des
engagements. Aucun délai n’est prévu pour la décision du Chef du gouvernement.

Par conséquent, la Phase II pourrait théoriquement durer de 90 à 150 jours (ou plus si une
suspension est décidée d’office par le CC), plus au moins 30 jours additionnels pour attendre la
réaction du gouvernement (ou plus dans la mesure où la prise de cette décision n’est encadrée
par aucun délai)

Section 3 : compétence renforcée ms toujours limité.


La première limite apportée aux pouvoirs du Conseil de la Concurrence et celle prévue
par les dispositions de ('article 18 du Loi n° 104-12 qui accorde au Chef du Gouvernement un
droit d'évocation sur les décisions du Conseil concernant les opérations de concentrations
économiques.

La deuxième limite importante concerne les secteurs soumis à une régulation sectorielle
at qui échappent au champ d'intervention du Conseil de La Concurrence comme en particulier
celui des télécommunications, domaine réservé à l'Agence Nationale de Règlementation des
Télécommunications (ANRT) at celui des établissements bancaires soumis à BANK Al-
Maghrib (la banque centrale du Maroc).

42
43
Partie 2 : Autres Institutions de régulation de la concurrence
Chapitre 1 : l’autorité marocaine des marches de capitaux
L’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux est une personne morale
publique chargée de la supervision et du contrôle du marché des capitaux en vertu des
dispositions de la loi n° 43-12. Née de la transformation du Conseil Déontologique des
Valeurs Mobilières, l’AMMC dispose d’une plus grande autonomie et de prérogatives
élargies.
L’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux a pour missions de :
 S’assurer de la protection de l’épargne investie en instruments financiers
 Veiller à l'égalité de traitement des épargnants, à la transparence et à l'intégrité du
marché des capitaux et à l'information des investisseurs ;
 S'assurer du bon fonctionnement du marché des capitaux et veiller à l'application des
dispositions législatives et réglementaires
 S’assurer du respect de la législation et de la réglementation en vigueur relatives à la
lutte contre le blanchiment des capitaux, par les personnes et les organismes placés sous
son contrôle
 Contribuer à la promotion de l'éducation financière des épargnants.
Section 1 : le plan stratégique 2017-2020 de l’AMMC
L’année 2016 a vu la transformation du Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières
en Autorité Marocaine du Marché des Capitaux. Cette transformation a apporté une
construction nouvelle, en ligne avec les meilleurs standards en matière de régulation avec une
indépendance renforcée de l’Autorité, des pouvoirs et des missions élargis. Dès la mise en place
des organes de gouvernance de l’AMMC, le premier plan stratégique a été élaboré couvrant la
période 2017-2020.
L’élaboration du plan stratégique de l’AMMC repose sur deux piliers essentiels : la
conformité et le développement. Ainsi, le programme d’action qui en découle vise à refléter les
nouveaux rôles de régulation attribués à l’Autorité, mais inscrit aussi le plan dans une
dynamique qui contribue au développement du marché afin de le positionner comme levier
important du financement de l’économie.
La confection du plan tient également compte du contexte. L’évolution contrastée du
marché des capitaux marocain durant la dernière décennie, combinée à la complexité croissante
des instruments financiers qui arrivent progressivement sur le marché réclament des actions à
plusieurs niveaux autour de quelques objectifs fédérateurs. Il s’agit pour cela de restaurer la
confiance, d’insuffler au marché une dynamique nouvelle, de renforcer les compétences des
opérateurs et les connaissances du public en matière financière et, enfin, d’être une autorité
performante et influente dotée de tous les moyens nécessaires pour porter la vision et les
nouvelles missions.
Ainsi il convient de souligner que l’élaboration de ce plan stratégique est le fruit d’une
réflexion interne enrichie par la contribution de l’ensemble des acteurs du marché des capitaux
afin d’être au plus près des attentes du marché. Le plan stratégique de l’AMMC se décline en 4
axes visant 15 objectifs différents qui renvoient à 32 actions spécifiques. Le détail du plan
d’actions est présenté en annexe 3

44
AXE N°1 – RENFORCER LA CONFIANCE DANSLE MARCHÉ DES
CAPITAUX :
La protection des épargnants est la mission centrale de l’AMMC. Elle est également une
attente majeure du public à l’endroit du régulateur et une condition indispensable pour la
redynamisation du marché, le renforcement de son attractivité et le renforcement de la confiance
des acteurs qui y opèrent. Alimentée par les outils de suivi et d’écoute des intervenants ainsi
que les résultats des évaluations réalisées dans le cadre du programme FSAP2 en (2015),
l’AMMC a identifié des leviers d’amélioration de nature à influer sensiblement sur la confiance
des investisseurs. Ils abordent deux dimensions fondamentales de tout marché financier :
1. le niveau de transparence, sous l’angle de la communication financière des émetteurs et
des fonds ;
2. l’efficacité et le degré de dissuasion du dispositif des sanctions. L’ensemble de ces
éléments, conjugué à la volonté de converger davantage vers les normes internationales
a conduit à ériger le renforcement de la confiance dans les marchés de capitaux comme
un axe stratégique prioritaire, décliné en plusieurs objectifs.
1.1 Bâtir un marché transparent Vecteur essentiel pour un fonctionnement efficient du
marché, la transparence procure aux investisseurs l’assurance de prendre des décisions en
connaissance de cause et dans des conditions d’égalité d’accès aux informations. Elle interpelle
en premier lieu les émetteurs de titres faisant appel public à l’épargne, assujettis à une série
d’obligations d’information. L’information constitue une composante essentielle de la qualité
d’un marché et justifie de lui consacrer tout un volet dans l’objectif de favoriser la dissémination
sure marché d’informations financières en temps opportun, selon les meilleurs standards et
largement accessibles.
1.2 Renforcer les contrôles et déployer une approche préventive basée sur les risques
Le contrôle des acteurs du marché est au centre des préoccupations de l’AMMC. Le
déploiement d’une approche par les risques, l’intensification et l’élargissement du périmètre de
contrôle sont au nombre des actions identifiées. L’intensification des contrôles passera
également par le renforcement des moyens humains avec notamment le recrutement
d’inspecteurs-contrôleurs afin d’assurer davantage de présence sur le terrain, ainsi que par la
mise en place de nouveaux moyens techniques.
1.3 Promouvoir les actions qui contribuent à un traitement équitable des épargnants
La mission centrale de l’AMMC étant la protection de l’épargne investie en instruments
financiers, il en découle que l’ensemble des actions menées par l’autorité ont, directement ou
indirectement, trait à la protection des épargnants et à leur traitement équitable. Concernant cet
objectif, deux actions prioritaires sont programmées.
 La première est orientée vers la sensibilisation et l’éducation des épargnants par rapport
à leurs droits, dans le cadre de la stratégie globale de l’éducation financière.
 La seconde vise le renforcement du cadre contractuel liant les épargnants aux
intervenants à travers notamment l’encadrement légal et réglementaire de la
commercialisation des instruments financiers et du conseil en investissement.
1.4 Renforcer le dispositif des sanctions Dans la lignée des dernières évolutions au
niveau international, l’approche dite de «dissuasion crédible» a récemment émergé en matière
de régulation des marchés financiers. L’idée sous-jacente à cette approche est de limiter
l’ampleur et la portée des comportements frauduleux sur les marchés, à travers l’adoption de
mécanismes de sanction suffisamment efficaces et dissuasifs.

45
Des sanctions sont efficaces lorsqu’elles permettent, de manière effective, de faire
respecter les textes législatifs et réglementaires, proportionnées lorsqu’elles reflètent
adéquatement la gravité de l’infraction commise et ne vont pas au-delà de ce qui est nécessaire
pour atteindre les objectifs visés, et dissuasives lorsqu’elles sont suffisamment sévères pour
décourager les auteurs d’une infraction de récidiver et tout contrevenant potentiel de passer à
l’acte
Pour converger vers cet objectif, trois leviers sont prévus :
 Adopter des sanctions hiérarchisées et dissuasives ;
 Favoriser un mécanisme de sanction rapide et efficace ;
 Accroitre la transparence des sanctions
1.5 Renforcer la communication institutionnelle de l’AMMC Une autorité de marché
a également un rôle d’interaction et d’accompagnement des acteurs. Ses décisions et ses actes
doivent être lisibles et compréhensibles pour une régulation plus efficace, soucieuse de
l’adhésion des intervenants aux actions de l’Autorité. A ce titre, l’AMMC entreprendra une
série d’actions visant à renforcer sa communication institutionnelle pour consolider le sentiment
de confiance des investisseurs.
AXE N°2 -DÉVELOPPER UNE RÉGULATION AU SERVICE DE LA DYNAMIQUE DE
MARCHÉ
Aujourd’hui, il est incontestable que le marché des capitaux marocain traverse une phase
de compression qui interpelle les intervenants de marché, opérateurs et autorités, quant à la
nécessité d’œuvrer pour l’amorçage d’une nouvelle impulsion afin de permettre au marché de
jouer pleinement son rôle dans le financement de l’économie et d’accompagner ainsi le
développement du pays. Du point de vue de l’AMMC, la régulation peut jouer un rôle de
dynamisation si elle est suffisamment orientée, par des actions favorisant la création d’un
environnement qui stimule l’innovation financière. Aussi, l’AMMC œuvrera pour la mise en
place d’un cadre réglementaire clair permettant d’encadrer les différents risques liés à l’activité,
mais suffisamment souple pour répondre aux nouveaux besoins.
2.1 Favoriser l’innovation financière et la diversification des instruments financiers
Trois leviers ont été priorisés pour soutenir l’innovation financière en ciblant les actions
pouvant engendrer des effets d’entrainement à savoir : (i) soutenir les alternatives de
financement par le marché dont notamment le marché alternatif dédié aux émetteurs de taille
moyenne et petite et les organismes de placement collectif immobilier100; (ii) accélérer la mise
en place de nouveaux instruments financiers (ETF, Sukuk etc.) ; (iii) proposer et mettre en
œuvre des mesures en faveur de la liquidité du marché.
2.2 Edifier un cadre de régulation flexible et adapté L’AMMC veillera à la promotion
et à l’encadrement de l’innovation financière. A cet effet, la mise en place d’un cadre de
régulation suffisamment souple et adapté aux évolutions du marché s’impose avec force, afin
de favoriser la créativité et l’innovation tout en préservant un cadre sécurisé. Pour une plus
grande flexibilité en matière de régulation, l’AMMC soutient l’approche qui consiste à
consolider les grands principes au niveau des lois et renvoyer aux textes réglementaires les
aspects pratiques et de déploiement

100
(OPCI)

46
AXE N°3 - ÊTRE UNE AUTORITÉ PERFORMANTE ET INFLUENTE SUR LE PLAN
NATIONAL ET RÉGIONAL
L’ouverture à l’international à travers ses multiples canaux101 doit en définitive servir au
développement de notre place financière et améliorer son pouvoir d’attraction pour les
investisseurs locaux et internationaux. Déclinés en objectifs intermédiaires, les niveaux
d’intervention sont multiples :
Accompagner la politique économique du pays ;
Œuvrer à la convergence de notre place financière vers les standards et normes
internationaux ;
 Construire un réseau d’experts internationaux afin de tirer bénéfice des expériences des
homologues étrangers dans les domaines d’intérêt pour l’AMMC.
Pour une meilleure efficacité, l’AMMC compte privilégier une approche de coopération
différenciée à travers une redéfinition de son rôle dans les instances internationales et ses
différents organes, et un renforcement de sa présence régionale avec des actions ciblées de
nature à aboutir rapidement à des résultats palpables
Parallèlement, et compte tenu de la complexification croissante du paysage financier
national et son corollaire qu’est l’émergence de risques systémiques potentiels, l’AMMC
compte également renforcer la coopération au niveau national, en intensifiant ses interactions
avec les régulateurs et autres acteurs du système financier.
3-1 Renforcer le positionnement régional de l’AMMC et œuvrer pour une plus grande
intégration des marchés financiers en Afrique La dimension régionale des actions de
coopération internationale occupe une place de choix dans la stratégie de l’AMMC. L’objectif
fédérateur est de faire émerger la place financière marocaine, avec toutes ses composantes
(marchés, opérateurs, régulateur, etc.), en un centre de référence pour les marchés africains. Les
actions prévues dans ce cadre investissent principalement les accords de coopération et
d’assistance avec l’ambition de recentrage sur les sujets qui favorisent une plus grande
intégration des marchés102
3.2 Être une force de propositions en matière de développement réglementaire En
termes de développement réglementaire, il semble essentiel d’adopter une démarche proactive,
basée sur l’anticipation de l’évolution du marché et de ses attentes, par l’édiction de règles de
marché adaptées, avec flexibilité et célérité. L’AMMC, de par son expertise et sa connaissance
approfondie du marché des capitaux continuera à être une force de proposition en matière
législative et réglementaire
AXE N°4 -RENFORCERLES CAPACITÉS DE L'ENSEMBLE DES
OPÉRATEURS/ACTEURS ET DES ÉPARGNANTS
L’objectif de développement du marché des capitaux marocain et son alignement, d’un
point de vue fonctionnel et normatif, aux meilleurs standards internationaux, ne saurait être
atteint sans un renforcement des capacités de l’ensemble des opérateurs et des épargnants.
D’une manière générale, les moyens des intermédiaires financiers et des entreprises de
marché seront réexaminés de manière à les aligner aux évolutions réglementaires, aux normes
internationales et à les calibrer de façon appropriée face aux risques encourus et potentiels.

101
(Mémorandum d’entente, adhésion aux instances internationales, présence dans les comités techniques de
l’OICV, etc.)
102
(Convergence réglementaire, comités techniques mixtes pour la promotion de la double cotation etc.).

47
Parallèlement, l’AMMC juge prioritaire de sensibiliser l’ensemble des acteurs de la place
aux meilleures pratiques. Par ailleurs, un travail de fond sera mené pour développer la stratégie
de l’AMMC en matière d’éducation financière du public.
Section 2 :l’AMMC et la supervision du marché des capitaux
Sous-section 1 : le contrôle de l’information financière :
Paragraphe 1 : L’information périodique
L’information périodique exigée des émetteurs est une information comptable et
financière publiée sur une base semestrielle et annuelle, renseignant les investisseurs sur les
performances réalisées. Cette information fait l’objet de contrôles réguliers par l’AMMC,
notamment sur
 Le respect des délais et supports de publication
 l’exhaustivité du contenu exigé par la réglementation la clarté, la cohérence et la
pertinence de l’information publiée.
A savoir
Le contrôle du respect des délais de publication des états financiers publiés en 2017,
révèle ce qui suit Un dépassement de 20 jours de la part d’un émetteur au titre de la publication
des comptes annuels 2016. Il s’agit de la société Alliances Darna.
Un dépassement de 3 jours pour la publication des comptes au titre du 1er semestre 2017
par la société Ciments du Maroc Par ailleurs, en termes d’exhaustivité, un manquement a été
enregistré par 3 émetteurs qui ont publié leurs comptes annuels 2016, accompagnés d’une
attestation d’examen limité au lieu du résumé du rapport définitif des commissaires aux
comptes. Les émetteurs concernés sont : Crédit Agricole du Maroc, DLM et Stroc Industrie.
Suite à la demande de l’AMMC, les sociétés concernées ont régularisé leur situation.
Paragraphe 2. L’information importante
Les personnes morales faisant appel public à l’épargne sont soumises à une obligation
d’information, de tout fait intervenant dans leur organisation, leur situation commerciale,
technique ou financière, et pouvant avoir une influence significative sur les cours en bourse de
leurs titres ou une incidence sur le patrimoine des porteurs de titres et ce, aussitôt qu’elles en
ont pris connaissance.
Paragraphe 3 : Les programmes de rachat des sociétés cotées
Les sociétés cotées qui ont un programme de rachat sont soumises à une obligation de
transmission à l’AMMC d’une déclaration mensuelle, informant sur les cessions et les
acquisitions effectuées directement ou à travers leurs filiales, pendant le mois précédent. Au
titre de l’année 2017, l’analyse des programmes de rachat en cours révèle les constats suivants :
 4 sociétés n’ont procédé à aucune transaction. Il s’agit des sociétés Addoha, Atlanta,
Salafin et SNEP.
 3 sociétés, à savoir BCP, Maroc Telecom et Label’vie, procèdent à des transactions
aussi bien dans le cadre du programme de rachat que dans celui du contrat de liquidité
qui lui est adossé.

48
Paragraphe 4 : La déontologie des sociétés cotées
Au titre de l’année 2017, toutes les sociétés cotées ont transmis leurs rapports
déontologiques semestriels. Le nombre de sociétés cotées ayant dépassé le délai de transmission
du rapport déontologique a baissé, passant de 10 au titre du 1er semestre 2017 à 6 au titre du
second semestre 2017. Cette baisse est due essentiellement à une meilleure maitrise par les
sociétés cotées du nouveau mode de transmission des reportings à l’AMMC via la plateforme
électronique d’échange SESAM. Quant à l’exhaustivité des rapports, les contrôles effectués ont
révélé qu’à l’exception de certaines anomalies mineures, un seul rapport présentait un caractère
incomplet au titre du 1er semestre 2017.Toutes les anomalies ont été régularisées suite à la
demande de l’AMMC.
Paragraphe 5 : Reporting sur la responsabilité sociétale des entreprises
Dans le cadre de ses engagements en faveur de la finance durable et dans l’objectif de
préparer les émetteurs à leurs obligations futures en matière de reporting ESG, l’AMMC a
publié conjointement avec la Bourse de Casablanca, en mai 2017, un guide didactique103 (RSE)
et du reporting ESG. Ledit guide a fait l’objet d’une consultation publique suivie d’un
évènement réunissant les opérateurs du marché au cours duquel, l’AMMC a répondu aux
différentes interrogations sur le sujet. L’AMMC, à travers le guide, encourage les émetteurs à
mettre en place une démarche RSE en rappelant ses multiples avantages (notamment en matière
de gestion des risques, d’accessibilité aux marchés, d’avantage concurrentiel et de réputation),
et décrit les principes devant régir le rapport ESG, en précisant les éléments d’information
généraux et spécifiques devant y figurer
Sous-section 2 : le contrôle des intervenants et des infrastructures de marché
L’AMMC contrôle les activités, l’organisation et les moyens des intervenants et
entreprises de marché pour s’assurer qu’ils exercent leurs activités dans des conditions
sécurisées et dans le respect des dispositions légales et réglementaires auxquelles ils sont
assujettis.
Ce contrôle se décline sous deux formes complémentaires : le contrôle sur place à
travers des inspections au sein des locaux des intervenants,
 le contrôle sur pièces à travers l’analyse des états adressés à l’AMMC qui en fixe le
contenu et la périodicité
Dans le cadre du contrôle et de l’analyse des reportings transmis par les intervenants,
l’AMMC accorde une importance particulière au suivi des incidents déclarés par lesdits
intervenants. L’Autorité assure un suivi minutieux de l’ensemble de ces incidents afin d’en
apprécier la criticité, la fréquence, l’impact et d’assurer le suivi du plan d’action mis en place
par l’intervenant afin d’y remédier
Paragraphe 1 : Le contrôle des sociétés de gestion
Le contrôle et suivi sur pièces des sociétés de gestion consistent en une série de contrôles
des documents transmis par les sociétés de gestion.
Ces contrôles ont pour objet de s’assurer du respect des différentes dispositions légales et
réglementaires en vigueur et, en particulier, des règles déontologiques et de pratique
professionnelle Depuis la mise en œuvre de la plateforme SESAM104 le suivi sur pièces des

103
La responsabilité sociétale des entreprises
104
(Système d’Echange et de Supervision de l’Autorité du Marché),

49
sociétés de gestion d’OPCVM est effectué à travers le contrôle, structuré et harmonisé, de la
conformité des reportings transmis conformément à la réglementation en vigueur, l’analyse
desdits reportings et l’exploitation des données et informations reçues et traitées pour
l’évaluation des risques encourus par les sociétés de gestion.
Outre l’évaluation et le suivi des risques encourus par les sociétés de gestion, le contrôle
sur pièces se traduit également par :
 Le contrôle des obligations d’information et l’analyse des reportings des sociétés de
gestion
 Le suivi des changements organisationnels opérés au sein des sociétés de gestion et le
contrôle de l’adéquation des moyens organisationnels aux activités exercées ;
 L’appréciation des moyens financiers, humains, techniques et organisationnels des
sociétés de gestion dans le cadre du processus d’agrément des fonds ;
 Le contrôle et la validation des communications publicitaires des sociétés de gestion ou
des produits qu’elles comptent commercialiser (29 communications publicitaires et
communiqués de presse validés en 2017)
 La sensibilisation et l’encadrement des sociétés de gestion et des contrôleurs internes en
matière de compréhension et d’interprétation des textes législatifs et réglementaires
régissant leurs activités.
Paragraphe 2 : Le contrôle des sociétés de bourse et des teneurs de comptes
Missions d’inspection Durant l’année 2017, l’AMMC a conduit 9 missions de contrôle
auprès des intervenants de marché réparties entre deux (2) missions ponctuelles dans le cadre
de demandes d’autorisation pour transfert des locaux, six (6) missions d’inspection thématiques
et une (1) mission d’inspection générale
 Missions thématiques Les missions d’inspection thématiques menées auprès des
teneurs de comptes ont porté sur les activités de prêt de titres, de gestion sous mandat,
de dépositaire OPCVM et de gestion des comptes des clients étrangers. Ces missions
ont été menées auprès d’Attijariwafa bank, BCP, BMCE, CFG Bank, et Médiafinance.
En outre, une mission thématique a été menée auprès de l’ensemble des sociétés de
bourse pour la mise en place d’une codification unique des ordres clients.
 Mission générale Une mission d’inspection générale a été menée auprès de CDG
Capital Bourse et a porté principalement sur les modalités de traitement des ordres de
bourse, sur l’organisation de la société de bourse et sur la relation avec la clientèle
Sous-section 3 le développement institutionnelle
Paragraphe 1 : la gestion des risques
Dans le cadre de la politique de bonne gouvernance de l’AMMC, il a été institué
un comité des risques et du contrôle interne. Ce comité est chargé de définir la politique de
gestion des risques de l’AMMC et de veiller à sa mise en œuvre. L’objectif est de maîtriser les
risques pouvant impacter négativement les objectifs stratégiques de l’AMMC par la mise en
place d’un dispositif de contrôle interne adéquat. La politique de gestion des risques couvre
l’ensemble des domaines de risques à savoir :
 Les risques internes : il s’agit des risques opérationnels, stratégiques et financiers
émanant des processus internes de l’institution ;
 Les risques externes : il s’agit des risques émanant de l’environnement externe
de l’institution et dans lequel l’AMMC exerce sa mission. L’environnement

50
externe se compose du marché des capitaux et de tout élément pouvant avoir
des effets sur le bon fonctionnement de ce marché et sur la protection de
l’épargne en général, lié à l’environnement macroéconomique national et
international.
Parmi les risques externes, les risques systémiques occupent une place importante
pour l’AMMC en sa qualité de membre du Comité de coordination et de surveillance
des risques systémiques105). Ces risques sont définis par l’OICV comme un « Evénement,
action ou série d’événements ou d’actions ayant un effet défavorable général sur le système
financier et, par conséquent, sur l’économie...
Le risque systémique ne se limite pas aux événements catastrophiques soudains. Il peut
également prendre la forme d’une érosion plus progressive de la confiance du marché. Le
comité s’acquitte des fonctions suivantes :
 Etablir et mettre à jour la politique de gestion des risques de l’AMMC ;
 Veiller à la mise en œuvre de la politique de gestion des risques ;
 Veiller à la mise en place des moyens humains, organisationnels et techniques
nécessaires à la mise en œuvre de la politique de gestion des risques de l’AMMC ;
 Constituer des comités spécialisés pour la gestion de certaines catégories de risques
spécifiques ;
 Valider les rapports d’analyse des risques, notamment les rapports d’analyse des
risques systémiques
 Valider les plans d’action visant à maitriser les risques et s’assurer de leur mise en
œuvre
Paragraphe 2 : le diagnostic organisationnel
Dans le prolongement des travaux lancés en 2016, le projet de diagnostic organisationnel
était poursuivi en 2017 enregistrant l’achèvement des phases de cadrage et de diagnostic
La réalisation complète du projet était prévue en 2018 selon les objectifs qui se traduire
dans une nouvelle organisation des structures internes de l’AMMC, en phase avec ses
prérogatives élargies et intégrant les objectifs stratégiques de l’institution.
Chapitre 2 : Les institutions de régulation de la concurrence en matière de la
communication audiovisuelle et la télécommunication
La communication audiovisuelle et la télécommunication représentent une nécessité du
développement du monde des affaires dans un Etat, une exigence pour l’évolution culturelle
dans la société et, une obligation pour une révolution intellectuelle et technologique dans un
pays.
C’est pour cette raison que le législateur doit élaborer tout un arsenal juridique qui
réglemente ces domaines, et lutter contre toute activité illicite qui peut nuire la bonne pratique
et la bonne marche de ces nouveaux manières de communication, notamment la lutte contre
toute activité anti-concurrentielle.
En effet, pour mieux contrôler et réglementer ces communications, deux grandes
institutions ont vu le jour afin de régulariser la communication audiovisuelle d’une part et la
télécommunication d’autre part.

105
(CCSRS

51
Alors qu’elles sont ces institutions ? Et quel est le rôle joué par ces deux organisations
dans la matière de concurrence ?
Section 1 : La communication audio visuelle
D’après l’art 165 de la constitution marocaine de 2011, la Haute Autorité de la
Communication Audiovisuelle (HACA) est une institution chargée de la régulation du secteur
de la communication audiovisuelle. Elle est chargée d’assurer le libre exercice de la
communication audiovisuelle, comme principe fondamental. Ainsi, elle est aussi chargée de
veiller au respect du pluralisme linguistique, culturel et politique de la société marocaine et de
l’expression pluraliste des courants d’opinion et de pensée et le droit à l’information, dans le
domaine de l’audiovisuel106 comme étant une autorité de régulation et de contrôle de
l’audiovisuel. Elle joue un rôle très important au niveau de la régulation de la concurrence en
matière audiovisuel. Donc quelle est la composition de la HACA et ses pouvoirs et les
attributs ?
Sous-section 1 : La composition de la Haute autorité de la communication
audiovisuelle
En vertu de l’article 2 de la loi 11-15 portantes réorganisations de la Haute autorité de la
communication audiovisuelle107, La Haute autorité de la communication audiovisuelle est
composée du conseil supérieur de la communication audiovisuelle (Paragraphe 1), et de la
direction générale de la communication audiovisuelle. (Paragraphe 2)
Paragraphe 1 : La composition de du conseil supérieur de communication
audiovisuel
Selon l’article 9 de la loi 11-15, qui organise la composition du conseil supérieur, selon
les termes du ledit article ce dernier est composé d’un président, président de la haute autorité
et de huit membres, choisis selon un ensemble des critères qui sont
 Des personnalités notoirement connues pour leur expertise
 leur compétence
 leur probité dans les domaines de compétence
Tout ça dans le respect des dispositions de l'article 19 de la Constitution.108
§1 : Nomination
 Le président et quatre membres nommés par Sa Majesté le Roi
 Deux membres nommés par le Chef du gouvernement pour une durée de cinq ans
renouvelable une fois
 Deux membres nommés, l'un par le président de la Chambre des représentants et l'autre
par le président de la Chambre des conseillers pour une durée de cinq ans renouvelable
une fois109

106
Article 1 de la loi n° 11-15 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication
audiovisuelle
107
Article 2 de la loi n° 11-15 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication
audiovisuelle
108
Article 9 al 1 loi n° 11-15 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication
audiovisuelle
109
Article 9 al 2 loi n° 11-15 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication
audiovisuelle

52
§2 : La cessation de la fonction des membres du conseil supérieur peut être sois
 L'expiration de leur durée ;
 Le décès ;
 La démission volontaire qui doit être présentée au président du Conseil supérieur et ne
prend effet qu'à compter de la nomination du remplaçant du membre démissionnaire
Dans les cas qui ont été cité, le conseil a une durée de 15 jours a compté de la date de la
notification du fait qui a causé la cessation de fonction pour procédé au remplacement du poste
pour la continuation du service, ainsi que les remplaçants de ces dernier doit achever le mandat
de ceux qui ont été remplacé
Paragraphe 2 : La composition de la direction générale de la communication
audiovisuel
La Direction Générale de la Communication Audiovisuelle :
Le directeur général
Technostructure d’appui
126 personnes dont 48% de femmes qui occupent 1/3 des postes de responsabilité110
La direction générale est dotée d’un service administratif, technique et personnel Afin de
remplir les missions qui lui sont dévolues par la loi 111
§1 : Nomination et le recrutement
Le directeur général : est nommé par dahir, en dehors des membres du Conseil supérieur,
pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois.112
Le recrutement du personnel au niveau de la HACA est effectué conformément à son
statut du personnel, qui est
 établi par le directeur général,
 approuvé par le Conseil supérieur
 publié au « Bulletin officiel »113
§2 : La cessation de fonction
Sont les mêmes que le conseil supérieurs à savoir
 l'expiration de leur durée pour le directeur général
 le décès ;
 la démission volontaire
Sous-section 2 : Les pouvoirs et les attributions de la Haute Autorité de
Communication Audiovisuel
On distingue entre les attributions générales du conseil supérieur et les attributions qui
ont une relation directe avec la régulation de la concurrence en matière de l’audiovisuel

110
http://www.haca.ma/fr/pr%C3%A9sentation consulté le 04/05/19
111
Arti 17 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication audiovisuelle
112
Article 16 al1 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication audiovisuelle
113
Article 18 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication audiovisuelle

53
Paragraphe 1 : Les attributions générales du conseil supérieur
Parmi les pouvoirs attribués au conseil supérieur on trouve que ce dernier :

Veille au respect de la liberté de la communication audiovisuelle, la liberté d'expression
et sa protection, dans le cadre du respect des valeurs civilisationnelles fondamentales du
Royaume, de l'ordre public et promouvoir les principes de la démocratie et des droits de
l'Homme, dans le domaine de la communication audiovisuelle
 il veille au respect du droit des citoyennes et citoyens sur le droit à l'information dans le
domaine de l'audiovisuel conformément à la législation en vigueur et aux cahiers des
charges
 il veille à l'instauration d'un paysage audiovisuel diversifié, pluraliste, équilibré et
complémentaire
 il veille à l'impartialité des sociétés nationales de la communication audiovisuelle dans
l'exercice de leurs missions en toute liberté en tant que service public
 il contribue à promouvoir la culture d'égalité et de parité entre l'homme et la femme et
à lutter contre toutes formes de discrimination114
Le conseil a un rôle sanctionnateur pour toutes les infractions commises par les opérateurs
de communication audiovisuelle115
Ainsi que le conseil à un rôle de donner son avis à titre consultatif ou proportionnel les
missions précisé dans l’article 5 de ladite loi qui est :
 A toute question relative au secteur de la communication audiovisuelle dont il est saisi
par Sa Majesté le Roi ;
 Au gouvernement et au Parlement sur toute question dont il serait saisi par le Chef du
gouvernement ou les présidents des chambres du Parlement
 Le conseil donne obligatoirement avis au Chef du gouvernement sur les projets de lois
ou projets de décrets concernant le secteur de la communication audiovisuelle, avant
leur présentation au Conseil du gouvernement
 Il donne obligatoirement avis aux présidents des deux chambres du Parlement sur les
propositions de lois relatives au secteur de la communication audiovisuelle, avant leur
présentation à la chambre concernée
Le Conseil supérieur est tenu d'émettre son avis en ce qui concerne les projets,
propositions et questions qui lui sont soumis, selon le cas, dans un délai n'excédant pas soixante
jours à compter de la date de sa saisine116
Paragraphe 2 : L’attribution du conseil supérieur qui a une relation avec la
concurrence
Le conseil a un rôle très important pour la régulation des rapports entres les entreprises
privées et publiques qui diffuse le contenu audiovisuel, notamment sur la protection des moyens
et des petites et les très petites entreprises audiovisuelles pour garder la concurrence loyale et
équitable de ces entreprises par rapport aux grandes entreprises audiovisuelles, et veiller sur la
concurrences libre entre ces derniers117

114
Article 3 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication audiovisuelle
115
Article 4 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication audiovisuelle
116
Article 5 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication audiovisuelle
117
Article 3 al 5 et 11 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication
audiovisuelle

54
Ainsi, le conseil est compétant pour connaître des pratiques contraires à la loi sur la liberté
des prix et la concurrence selon les termes de l’article 7 de ladite loi118.
En 2013, une étude établie par le conseil de concurrence sur « La concurrence dans le
secteur audiovisuel » a recommandé la révision de la décision de suspendre le processus
d’ouverture du marché de la télévision sur de nouvelles initiatives privées, prise par la Haute
autorité de la communication et de l’audiovisuel (HACA), en février 2009.
L’étude base sa recommandation sur le fait que la majeure partie de l’audience marocaine
va vers les chaînes étrangères. En effet, elle relève qu’en février 2013, 2M a canalisé 24,4% de
parts d’audience, les chaînes de la SNRT un peu plus de 13% et Médi1 TV 7,8%, alors que 60%
de l’audience marocaine est allée vers des chaînes étrangères.
Ladite étude a aussi constaté que «le secteur de la communication télévisuelle et
radiophonique est doté d’une législation qui a favorisé sa libéralisation et qui incite au
pluralisme et à la multiplicité de l’offre et donc à la concurrence», mais les faits sont
autres. « Selon les expériences privées de chaînes telles que 2M et Medi1 TV se sont avérées
être des échecs. Ce qui a conduit l’Etat à intervenir pour renflouer les caisses de ces deux
chaînes c’est-à-dire que ces deux chaînes sont devenues, de nouveau, des chaînes publiques».
En matière de TV, on est revenu à la case de départ, c’est-à-dire à un monopole de l’Etat.
Cela étant, l’étude a relevé l’existence de plusieurs obstacles qui entravent l’accès au marché et
plus précisément à celui de la télévision, décourageant les intentions d’investissement et
bloquant de ce fait le développement de la concurrence du secteur119.
Nous constatons que la HACA autant qu’une institution de régulation en matière de la
concurrence dans le secteur de l’audiovisuel doit prendre un autre et important nouveau
concurrent qui est le marché de l’audiovisuel payant, qui est l’un des nouveautés introduites par
la numérisation.
Selon le Rapport de l’IDATE120 «Les enjeux du monde numérique » souligne que « si le
numérique n’est pas exclusivement dédié à la télévision à péage, il est un puissant moteur,
notamment en offrant un accès étendu de chaînes ainsi qu’à une gamme de services à valeur
ajoutée121». Ainsi, l’arrivée de nouvelles plates-formes de distribution de télévision payante,
principalement, modifie essentiellement la structure de marché de l’audiovisuel payant,
notamment en induisant de nouvelles modalités de concurrence.
Section 2 : La télécommunication
Dans le secteur de la télécommunication, c’est l’Agence Nationale de Réglementation des
Télécommunications (ANRT) qui régularise le domaine de la concurrence, pour y répondre on
va présenter dans une première sous-section la composition de l’agence et dans une seconde
sous-section les mesures prises et adaptées par cette institution afin de régulariser la
concurrence

118
Article 7 de la Loi n° 11-15 relative la réorganisation de la Haute autorité de la communication audiovisuelle
119
https://www.libe.ma/Le-Conseil-de-la-concurrence-tacle-la-HACA_a42519.html
120
L'IDATE DigiWorld, nom commercial de l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe, créé
en 1977
121
Idate, 2011, p. 50

55
Sous-section 1 : Instance et administration de l’ANRT
Paragraphe 1 : Instance de l’ANRT122
Plusieurs instances concourent à la bonne gouvernance de l’Agence Nationale de
Réglementation des Télécommunications (ANRT) : le Conseil d’Administration présidé par M.
le Chef du Gouvernement et le Comité de Gestion.
§1 : Un Conseil d’Administration pour orienter les actions de l’Agence…
Le Conseil d’Administration de l’ANRT est présidé par le Chef du Gouvernement ou par
l’autorité gouvernementale à laquelle il aura choisi de déléguer cette fonction.
I- Réunions du Conseil d’Administration
Le Conseil d’Administration se réunit à chaque fois que les circonstances l’exigent et au
moins deux fois par an :
 Avant le 31 mai pour arrêter les états de synthèse de l’exercice clos ;
 Avant le 31 octobre pour arrêter le budget de l’exercice suivant.
II- Attributions du Conseil d’Administration
Le Conseil d’Administration de l’Agence, conformément à l’article 34 de la loi n° 24-96,
exerce tous les pouvoirs et dispose des attributions nécessaires à la réalisation des missions
confiées à l’ANRT. Il fixe ainsi, lors de ses délibérations, les pouvoirs délégués au Comité de
Gestion et au Directeur Général de l’ANRT pour la préparation et la mise en œuvre des actions
objets des délibérations. Il délibère notamment sur les moyens d'action de l'Agence et en
particulier :
Sur le statut du personnel ;
Sur le budget de l'ANRT et son exécution ;
Sur les dépenses de fonctionnement et d'équipement de l’Institut National des Postes et
Télécommunications
 Sur les modalités de gestion et de surveillance du spectre des fréquences
radioélectriques.
Le Conseil d'Administration peut également décider de la création de tout comité dont il
fixe la composition et les modalités de fonctionnement et auquel il peut déléguer partie de ses
pouvoirs.
III- Membres du Conseil d’Administration
Présidé par le Chef du Gouvernement, ou l’autorité à laquelle il choisit de déléguer cette
fonction, le Conseil d’Administration de l’ANRT comprend des représentants de l'Etat et des
personnalités nommées intuitu personae. Les représentants de l’Etat membres du Conseil
d’Administration de l’ANRT sont :
 Le Chef du Gouvernement, Président du Conseil d'administration de l’ANRT ;
 Le Ministre chargé de l'Intérieur ;
 Le Secrétaire Général du Gouvernement ;
 Le Ministre de l'Economie et des Finances ;

122
https://anrt.ma/lagence/organisation/instances

56

Le Ministre de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la
Formation des Cadres ;
 Le Ministre de l'Industrie du Commerce, de l'investissement et de l'Economie
Numérique ;
 Le Ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement ;
 Le Ministre délégué auprès du Chef du Gouvernement chargé de l'Administration de la
Défense Nationale ;
 Le Ministre délégué auprès du Chef du Gouvernement chargé des Affaires Générales et
de la Gouvernance ;
En cas d'absence ou d'empêchement, les autorités gouvernementales peuvent se faire
représenter par le secrétaire général de leur département ou un fonctionnaire ayant rang de
Directeur.
Par ailleurs, les membres nommés au Conseil pour un mandat de cinq ans sont au nombre
de cinq. Ces personnalités, issues des secteurs public et privé, sont choisies en raison de leur
compétence technique, juridique et économique dans le domaine des technologies des
télécommunications et de l'information. Leur qualité de membre du Conseil d'Administration
est incompatible avec tout intérêt personnel lié au domaine des technologies des
télécommunications et de l'information.
§2 : Le Comité de Gestion
Le Comité de Gestion de l’ANRT est chargé de régler, par ses délibérations, les questions
pour lesquelles il a reçu délégation du Conseil d'Administration et notamment celles relatives
au règlement des litiges liés à l'interconnexion. Les membres du Comité sont nommés par le
Conseil d'Administration.
Paragraphe 2 : Administration de l’ANRT123
L’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) est représentée
par son Directeur Général, qui agit en son nom. Il est assisté dans ses fonctions par les
responsables des différents entités de l'Agence. Un Conseil d’Administration encadre les
missions de l’Agence, et un Comité de Gestions règle les questions pour lesquelles il a reçu
délégation du Conseil d’Administration.
Une direction générale dotée des attributions nécessaires à la bonne gouvernance de
l’Agence
Nommé par Dahir, le Directeur Général de l’ANRT dispose des pouvoirs et attributions
nécessaires à l’administration de l’Agence et la mise en œuvre de toutes les actions relevant des
compétences de celle-ci, dans les respects des décisions du Conseil d’Administration et du
Comité de Gestion.
Agissant au nom de l’Agence, le Directeur Général est le représentant de l’institution
auprès de l’Etat, des administrations publiques, des tiers et des parties prenantes, ainsi que
devant la justice pour intenter toute action ayant pour objet la défense des intérêts de l’Agence.
Le Directeur Général de l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications
établit tous les ans au mois de mai au plus tard, un rapport annuel des activités de l’Agence
contenant durant l’année écoulée, notamment un état des lieux de l’application de la

123
https://anrt.ma/lagence/organisation/administration

57
réglementation en vigueur dans le secteur des technologies de l’information au Maroc. Ce
rapport, transmis au Chef du Gouvernement, est publié au Bulletin Officiel.
Le Directeur Général, peut déléguer une partie des pouvoirs qui lui sont conférés, aux
responsables de l’Agence pour les activités dont ils ont la charge.
Des services opérationnels et fonctionnels.
Pour mener à bien les missions qui lui sont confiées, l’ANRT s’est dotée de ressources
humaines de haut niveau, multidisciplinaires et efficaces, maitrisant les aspects techniques et
juridiques propres au secteur des télécommunications, à même d’en assurer une régulation
propice au développement favorable des conditions du marché.
L’organisation de l’ANRT répond aux impératifs de son métier, mais également à ceux
de la bonne gouvernance. Simple et fonctionnelle, la structure de l’Agence permet la
planification, la mise en œuvre et l’appui de la stratégie de régulation du secteur.
Sous-section 2 : Attributions et missions en matière de la concurrence
Paragraphe 1 : Concurrence124
L’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) est le garant
des conditions d’une concurrence saine et loyale sur les différents segments du marché des
télécommunications. Pour cela, elle a été dotée des attributions et des outils nécessaires en vue
de veiller au respect des règles en vigueur.
De la création de conditions favorables au développement du secteur
L’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications s’est vue attribuer, en
vertu de la loi n° 55-01 modifiant et complétant la loi n° 24-96 relative à la poste et aux
télécommunications, des prérogatives spéciales en matière de régulation de la concurrence.
Si à sa création, les attributions de l’ANRT en matière de régulation concurrentielle
étaient destinées à préparer le marché des télécommunications à l’accueil de nouveaux entrants,
la loi n° 55-01 (entrée en vigueur le 4 novembre 2004) a renforcé les prérogatives de l’Agence,
en la chargeant notamment de veiller au respect de la concurrence loyale et de trancher les
litiges y afférents.
A la garantie d’une concurrence saine et loyale
Dans l’objectif de maintenir la viabilité concurrentielle des opérateurs sur le marché,
l’Agence a désormais la possibilité d’agir en ex-post. Cet élargissement des compétences fait
ainsi de l’Agence le garant d’une concurrence saine, et lui confère également des outils pour
sanctionner toute atteinte aux règles de bon fonctionnement du marché. En effet, l’Agence est
appelée à superviser la conduite des opérateurs, notamment en termes d’offres commerciales,
pour relever les risques d’atteinte à la concurrence et veiller au respect de la réglementation en
vigueur.
Ces nouvelles attributions sont justifiées d’une part, par la complexité et la technicité de
la régulation dans le secteur des télécommunications, et par le souci d’assurer des actions
efficaces et une célérité procédurale d’autre part.
Conformément aux dispositions du décret n° 2-05-772 relatif à la procédure suivie devant
l’ANRT en matière de litiges, de pratiques anticoncurrentielles et d’opérations de

124
https://anrt.ma/missions/concurrence

58
concentrations économiques, l’Agence a pour mission d’instruire les litiges dont elle est saisie;
elle peut également s’autosaisir lorsqu’elle constate des irrégularités sur le marché et prendre
les mesures qui s’imposent à cet effet.
Paragraphe 2 : Régulation de la concurrence125
L’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) est chargée de
conserver un équilibre concurrentiel sur le marché des télécommunications, de façon à
permettre un développement du secteur, profitable tant aux acteurs du marché qu’aux
consommateurs.
L’ANRT, régulateur du marché des télécommunications
Pour assurer une concurrence loyale dans le secteur des télécommunications profitable
aux acteurs du marché et aux consommateurs, l’ANRT, en tant que garant du respect des règles
du marché dans le secteur, est appelée à prendre un certain nombre de mesures en amont et en
aval pour permettre l’évolution du marché et pour prévenir toute entrave à la concurrence.
Dans ce cadre, l’ANRT est appelée à suivre de près l’environnement concurrentiel des
opérateurs et fournisseurs de services ainsi que les doléances et attentes du consommateur.
Ainsi, un certain nombre de leviers ont été instaurés par l’Agence, notamment en matière
de publicité et de promotion, dans l’objectif d’accompagner les acteurs du marché par des règles
de jeu équitables et efficaces.
Paragraphe 3 : Saisines concurrentielles126
De par ses attributions, l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications
(ANRT) est chargée d’instruire les saisines et de régler les litiges en matière de pratiques
anticoncurrentielles et d’opérations de concentration économique.
Saisines concurrentielles
Le législateur marocain a conféré à l’ANRT le rôle d’instruction des litiges entre
opérateurs en matière de concurrence et saisines pour pratiques anticoncurrentielles.
Conformément au décret n° 2-05-772 relatif à la procédure suivie devant l’ANRT en
matière de litiges, de pratiques anticoncurrentielles et d’opérations de concentration
économique, les procédures de règlement et d’instruction diffèrent selon qu’il s’agit d’un litige
en matière de concurrence ou d’une saisine pour pratique anticoncurrentielle.
Pour l’instruction des litiges, l’ANRT se base sur le principe du contradictoire, en ce sens
qu’elle procède à l’audition des parties en causes et au recueil d’informations, par la suite
l’ANRT établit son analyse motivée et cherche la voie de conciliation en les parties pour aboutir
à une résolution à l’amiable du litige, en cas d’échec du processus de conciliation, le Directeur
de l’ANRT présente son rapport d’instruction au comité de gestion de l’ANRT pour trancher le
différend.
Pour les saisines pour pratiques anticoncurrentielles, le Directeur de l’ANRT désigne un
rapporteur qui a la charge d’instruire la saisine et de recueillir tous les éléments utiles pour le
traitement du dossier. Une fois le rapport du rapporteur est terminé, il est transmis aux parties

125
https://anrt.ma/missions/concurrence/regulation-de-la-concurrence
126
https://anrt.ma/missions/concurrence/saisines-concurrentielles

59
en causes qui disposent d’un délai d’un mois ferme pour fournir leurs commentaires. Par la
suite, le directeur de l’ANRT rend sa décision.
L’ANRT par sa méthode d’arbitrage a pu résoudre un certain nombre de litiges et saisines
en matière de concurrence dans le respect des conditions posées par la réglementation en
vigueur.
Décisions relatives aux saisines pour pratiques anti-concurrentielles
 Décision ANRT/CG/n°01/2020 du Comité de Gestion de l’ANRT relative à des
pratiques mises en œuvre dans le secteur des télécommunications et plus spécifiquement
dans la mise en œuvre des offres de dégroupage par Itissalat Al-Maghrib127
 Décision n° 08/11 du 24/02/2011 relative à la saisine introduite par Wana Corporate
(Wana) à l’encontre d’Itissalat Al-Maghrib (IAM) et de Medi Telecom pour pratiques
anticoncurrentielles inhérentes à la durée et aux clauses de sortie des contrats mobiles
post payés128
 Décision n° 11/07 du 28/08/2007 relative à la saisine de Wana Corporate au sujet des
pratiques mises en œuvre par Itissalat Al-Maghrib129
 Décision n° 04/07 du 09/04/2007 complétant la décision ANRT/DG/ n° 02/07 du 23
février 2007 relative à la saisine de Medi Telecom sur l’offre «illimite phony» d’IAM 130
 Décision n° 02/07 du 23/02/2007 relative à la saisine de Medi Telecom sur l’offre
«illimite phony» d’IAM131
Quatre autres saisines pour pratiques anticoncurrentielles ont été résolues par voie de
conciliation132.

127
https://www.anrt.ma/sites/default/files/paragraphe/docs/2020-01-decision-cg_-saisine-fr.pdf
128
https://anrt.ma/sites/default/files/documentation/2011-08-11-saisine-Wana-prat-anti-concur-clauses-sortie-
contrat-fr.pdf
129
https://anrt.ma/sites/default/files/2007-11-07-saisine-litige-pratiq-anti-conc-Wana-IAM-fr.pdf
130
https://anrt.ma/sites/default/files/documentation/2007-04-07-litige-IAM-Meditelecom-phony-fr.pdf
131
https://anrt.ma/sites/default/files/documentation/2007-02-07-litige-IAM-Meditelecom-phony-fr.pdf
132
https://anrt.ma/missions/concurrence/saisines-concurrentielles

60
Conclusion
La réforme du système de régulation de la concurrence suppose d’avantage de
concentration des responsabilités, d’attributions et de moyens à fin de rapprocher la situation
du Maroc de celle des pays ayant adopté les meilleurs standards, renforcée son pouvoir
d’enquête et se dotée de compétences nouvelles et des procédures de régulation plus intégrées
pour permettre aux pouvoirs publics, aux entreprises et aux consommateurs de bénéficier du
concours d’une autorité indépendante apte à répondre aux défis posés par le fonctionnement
concurrentiel des marchés.
L’Etat a choisi l’économie du marché en encourageant l’initiative privé et en laissant aux
opérateurs la liberté d’entreprendre. Les prix des produits ont définis par la logique du
demandeur. Le marché se fait de la concurrence à travers la qualité d’un produit.
En guise de conclusion, pour conserver une concurrence saine et loyale au sein d’un
marché, il convient à l’Etat de créer une institution de recours en cas de problèmes
concurrentiels et de régulation, d’où la création du Conseil de la Concurrence qui sans lui on
est dans une impuissance total, incapable d’agir et il n’y a aucune autorité pour régler la
question.
La réforme du droit de la concurrence, représente un saut très important pour le Maroc,
en ce qui concerne les relations économiques que ce soit entre les professionnels ou
professionnels-consommateurs afin de développer la production et de garantir la bonne
concurrence ce qui est toujours bénéfique pour les consommateurs. Cela va améliorer
favorablement l'environnement d’investissement et de la concurrence entre l’ensemble des
intervenants sur le tissu économique.
En tant qu’autorité indépendante qui jouit de l’autonomie financière, le conseil de la
concurrence dispose de nouveaux pouvoirs d'auto-saisine, d'instruction, de sanctions et surtout
un pouvoir décisionnaire qui justifie son indépendance. En matière de concentrations et de
pratiques anticoncurrentielles le conseil peut mener des enquêtes et d’instruire une pratique qui
lui semble déloyale oui qui représente une entrave à la concurrence nationale par sa propre
volonté sans avoir autorisation du gouvernement ou qu’il soit saisi par une partie, comme il
peut émettre des avis dur toute question qui est en rapport avec la concurrence.
Finalement la réactivation du Conseil de la Concurrence en tant qu’une institution
indépendante ayant un pouvoir de décision va-t-elle faire preuve d’effectivité !

61
Département Droit Privé
Master « Juriste d’AffAires »
Semestre Deuxième
Exposé N°3

Les pratiques anti-


concurrentielles

Professeur : Mr. Driss JOUIDI

Année Universitaire :
2019-2020
62
Thème 3 : Les pratiques anti-concurrentielles
Introduction
‘’Retour à une concurrence saine’’ est ce qui était attendu par les entreprises et les
consommateurs marocains après la décision de condamnation de ‘’Maroc Telecom’’ à une
sanction pécuniaire de 3,3 milliards de dirhams par l’ANRT et qui devrait être versée au Trésor
Public133.
Il s’agit d’une affaire qui a bouleversé le monde des affaires marocain dans la mesure où
le montant de l’amende constitue approximativement 10 % du chiffre d’affaire de la société. La
décision de régulateur a été incitée par une saisine déposée par ‘’Wana Corporate’’ à l’encontre
de l’opérateur historique pour des comportements imputés à ‘’Maroc Telecom’’, ayant pour
objectif d’empêcher et de retarder l’accès des concurrents au dégroupage de la boucle locale en
ce qui concerne le marché du téléphone fixe et d’internet.
Des comportements jugés en tant que pratiques anticoncurrentielles et plus
spécifiquement qualifiés en tant que abus de position dominante, qui ont motivé l’ANRT à
rendre sa décision à noter qu’elle s’agit de l’organe compétent à réguler la concurrence dans le
secteur des télécommunications.
Cette décision a constitué une victoire pour les entreprises et les consommateurs
marocains dans un contexte marqué par la hausse des prix et par l’absence d’une concurrence
réelle dans le marché.
En effet, dans une sphère économique marquée par la liberté d’entreprendre et la libre
concurrence134, les différents opérateurs économiques cherchent à conquérir le maximum de
clientèle ce qui provoque donc une concurrence de plus en plus intensifiée dans divers secteurs
d’activités. Cependant, certaines entreprises choisissent de recourir à des pratiques qui faussent
le jeu de la concurrence à leurs profits (comme l’augmentation de part de marché, éviction d’un
concurrent…) et cela au détriment d’un agent plus faible qui est le consommateur.
On parle spécifiquement des ‘’pratiques anticoncurrentielles’’ qui peuvent se définir
comme étant des comportements ayant pour objectif de porter atteinte à l’intérêt général de la
concurrence entre les entreprises afin d’entraver le bon fonctionnement du marché. Cependant,
il ne faut pas confondre entre la concurrence déloyale et les pratiques anticoncurrentielles.
L’ancienne présidente de la chambre commerciale de la Cour de cassation française madame
‘’Claire Favre’’ considère la première comme un phénomène qui est strictement jurisprudentiel
c’est-à-dire reconnue au cas par cas par les juges alors que la deuxième est régie par le droit
parce qu’elle met en scène un ordre public économique négativement défini qui est de la libre-
concurrence135.
Historiquement, les Etats-Unis était le premier pays à encadrer juridiquement la
concurrence par le biais du ‘’Sherman Anti-Trust Act’’ en 1890 ayant pur objectif de limiter
les comportements anticoncurrentiels. Le Maroc, suivant le modèle libéral, a aussi mis en place
un dispositif légal visant à permettre une concurrence saine et à assurer la protection des

133
Décision ANRT/CG/n°01/2020 relative à des pratiques mises en œuvre dans le secteur des télécommunications
et plus spécifiquement dans la mise en œuvre des offres de dégroupage par Itissalat Al-Maghrib, disponible sur le
site Web de l’ANRT (www.anrt.ma).
134
Article 35 de la Constitution marocaine de 2011
135
L’intervention de ‘’Claire Favre’’ l’ancienne présidente de chambre commerciale, financière et économique de
la Cour de cassation française lors de la conférence intitulée ‘’droit et économie de la concurrence’’ organisée en
2007 par la Cour elle-même.

63
consommateurs. On parle notamment de la loi n° 06-99 relative à la liberté des prix et de la
concurrence ayant pour objectif la sanction des pratiques anticoncurrentielles et la mise en place
du Conseil de la concurrence.
Cependant et selon cette loi, le Conseil n’était qu’un simple organe consultatif, dénué de
tout pouvoir de décision ou de sanction. Face aux critiques adressées à cette institution, le
législateur marocain et par la promulgation de la loi n° 104-12 sur la liberté des prix et de la
concurrence ainsi que la loi n° 20-13 relative au conseil de concurrence a élargi ses prérogatives
et a renforcé ses pouvoirs.
Ce sujet est d’une importance incontestable d’un point de vue théorique ainsi que
pratique. Au niveau théorique, ces pratiques constituent une menace sur la concurrence saine et
par conséquent elles affectent l’économie en raison du déséquilibre entre l’offre et la demande.
Alors que sur le plan pratique, il existe des pratiques qui peuvent être permises et selon des
circonstances spéciales prévues par l’article 9 de la loi n° 104-12.
Mais la question qui se pose est : à quel point le législateur marocain a-t-il réussi à cerner
juridiquement les pratiques anticoncurrentielles ?
Pour répondre à cela, il convient d’étudier en premier lieu les pratiques
anticoncurrentielles entre prohibition et tolérance alors qu’en deuxième lieu la lutte contre ces
pratiques anticoncurrentielles.

64
Partie 1 : Les pratiques anticoncurrentielles entre prohibition et
tolérance
La liberté du commerce et de l’industrie suppose la liberté de la concurrence, c’est-à-dire
la libre compétition entre les agents économique, qui offrent des produit ou services identique,
ou similaires, susceptibles de satisfaire une même clientèle.
La concurrence est légitime mais peut dans certaines mesures devenir un acte déloyal par
l’utilisation de moyens et d’outils contraire aux pratiques du commerce et de la bonne foi.
Au sein de cette partie nous allons mettre la lumière dans un premier temps sur les
contours de la concurrence : les pratiques prohibées (chapitre 1), et dans un deuxième temps
nous allons étudier les pratiques tolérés (chapitre 2).
Chapitre 1 : Les contours de la concurrence
Les pratiques anticoncurrentielles sont des pratiques qui faussent le mécanisme du
marché en affectant globalement le degré de concurrence, les pratiques anticoncurrentielles
porte atteinte à l’intérêt général de la concurrence et ont un impact sur le marché pertinent
concerné. 136
Il apparait nécessaire dans ce chapitre de traiter dans une 1ère section les ententes illicites
et l’abus de position dominante pour se pencher ensuite sur l’abus de dépendance économiques
et la pratiques des prix abusivement bas en seconde section.
Section 1 : Les ententes illicites et l’abus de position dominante
Les pratiques anticoncurrentielles sont des comportements qui ont pour objet ou pour
effet d'empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur le marché. A titre de
cette pratique nous allons voir deux cas principaux : les ententes illicites (Sous-section 1) et
l'abus de position dominante (Sous-section 2).
Sous-section 1 : Les ententes illicites
L’entente peut être définie comme l’action concertée ayant pour objet ou pouvant avoir
pour effet de limiter l’accès au marché, ce que réalise précisément la discrimination illicite, ce
sont des actions, des conventions, des ententes express ou tacites, ou même coalitions qui ont
un effet anticoncurrentiel.
L’article 6 se contente d’en énumérer une liste indicative. Selon ledit article 137
on
distingue 4 types d'entente :
 Limiter l'accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d'autres entreprises ;
Par exemple la distribution sélective quand un fournisseur choisi les distributeurs en
fonction d'une image qualitative pour faire la promo de son produit.
Faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché en favorisant
artificiellement leur hausse ou leur baisse ;
Exemple La diffusion d'un barème de prix par des organismes professionnels qui va
entraîner un alignement des prix participants à l'entente.

136
SamirHADRI, « Le droit de la concurrence au Maroc : la voix du web juridique », http : //www.legavox.fr, publié
le 29/11/2012, dernier vu le 10/05/2019.
137
Dahir n° 1-14-116 du 2 ramadan 1435 (30 juin 2014) portant promulgation de la loi n° 104-12 relative à la liberté
des prix et de la concurrence.

65
 Limiter ou contrôler la production, les débouchés, les investissements ou le progrès
techniques ;
Exemple un accord qui aurait pour conséquence de ralentir la diffusion d'un produit
nouveau car ce produit serait nuisible à l'écoulement du stock d'un produit ancien et
moins performant.
 Répartir les marchés ou les sources d'approvisionnement138 ;
Exemple les entreprises vont se mettre d'accord pour désigner sel qui remportera le
marché les autres feront des autres inférieurs volontairement.
On peut remarquer que le texte de loi retient une notion extensive de l’entente, quelque
que soit son appellation, sa forme expresse ou tacite, son mécanisme contractuel ou
institutionnel, son motif légitime ou illicite ou immoral. L’entente tombe sous l’interdiction et
partant la sanction, même quand elle ne porte pas automatiquement atteinte à la liberté. En effet,
dès qu’elle peut avoir des conséquences attentatoires à cette liberté, elle devient illicite.
Autrement dit, la majeure partie des ententes ont à la fois pour objet et pour effet de nuire
à la concurrence, on peut remarquer que, selon l’article précité, ce cumul n’est pas nécessaire
pour que la pratique en cause revêtisse le caractère illicite. L’intention anticoncurrentielle, en
l’occurrence l’objet, suffit à elle seule à conférer ce caractère même en l’absence d’effet
attentatoire à la concurrence et, de la même manière, un effet anticoncurrentiel est réprimé
même s’il n’a pas été recherché par les auteurs de l’entente.
Sous-section 2 : l’abus de position dominante
Il s’agit d’une situation de puissance économique détenue par une entreprise qui lui donne
le pouvoir de faire obstacle au maintien d’une concurrence effective sur le marché en cause, en
lui fournissant la possibilité de comportements indépendants dans une mesure appréciable vis-
à-vis de ses concurrents, de ses clients et finalement des consommateurs.
Aux termes de l’article 7 de la loi 104-12 , est prohibée, lorsqu'elle a pour objet ou peut
avoir pour effet d’empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence, l’exploitation
abusive par une entreprise ou un groupe d’entreprises d'une position dominante sur le marché
intérieur ou une partie substantielle de celui-ci, d'une situation de dépendance économique dans
laquelle se trouve un client ou un fournisseur ne disposant d’aucune autre alternative
équivalente. Là aussi, on constate que la conception de l’infraction est très large. Elle englobe
à la fois le comportement conscient, voulu par l’auteur, et le fait qui peut engendrer la violation
de la liberté sans qu’il soit sciemment recherché par l’auteur du comportement.
Le droit de la concurrence n’interdit pas l’état de position dominante en elle-même, en
effet, on ne saurait condamner une entreprise, qui grâce à ses performances économiques a
dépassé ses concurrents au point de dominer le marché. La notion d’exploitation abusive est
appliquée aux comportements d’une entreprise ou d’un groupe d’entreprise qui en, étant en
position dominante sur le marché considéré, cherche à obtenir un avantage économique ou
concurrentiel injustifié grâce à sa domination du marché au détriment de ses partenaires
économiques.

138
Abdelali EL HOURRI, « Loi sur la concurrence: ce qui est permis, ce qui est interdit », Le 21 mai 2018 à16:39 ;
Modifié le 21 mai 2018 à 16:39 dernière consultation 05mai 2019,https://www.medias24.com

66
Section 2 : L’abus de dépendance économiques et la pratique des prix
abusivement bas
Comme on a mentionné à l’avance les pratiques anticoncurrentielles sont les atteintes à
l'intérêt général de la concurrence qui ont un impact sur le marché pertinent concerné, à ce titre
on va ajouter deux autres cas qui sont interdit par la loi l’abus de dépendance économique
(Sous-section 1) et le prix abusivement bas (Sous-section 2).
Sous-section 1 : L’abus de dépendance économique
A la différence de l’abus de position dominante qui résulte d’un pouvoir du marché, les abus
de dépendance économique sont mises en œuvre par une entreprise ou un groupe d’entreprises qui
exercent une domination sur un ou des partenaires commerciaux sans toutefois détenir de position
dominante sur le marché dans son ensemble.
L’état de dépendance économique n’est pas en lui-même interdit ; encore faut-il que son
exploitation soit abusive.
Notion d’état de dépendance économique
L’état de dépendance économique caractérise une situation dans laquelle une entreprise est
obligée de poursuivre des relations commerciales avec une autre, lorsqu’il lui est impossible de
commercer par ailleurs sur des produits substituables dans des conditions équivalentes139. L’état de
dépendance économique se rencontre dans deux hypothèses : la dépendance économique du
distributeur à l’égard du fournisseur et la dépendance économique du fournisseur à l’égard du
distributeur.
Exploitation abusive d’un état de dépendance économique
Seul l’abus (comportement de nature à affecter le libre jeu de la concurrence) dans
l’exploitation d’un état de dépendance économique est prohibé. Cet abus peut notamment consister
en refus injustifiés de vente, en ventes liées ou en conditions de vente discriminatoires(accords qui
offrent un avantage, financier ou autre, en contrepartie de la mise en linéaire d’une gamme de
produits) ,ainsi que dans la rupture de relations commerciales établies, imposer directement ou
indirectement un caractère minimal au prix de revente d’un produit ou d’un bien …etc140.
Donc l’état de dépendance économique suppose d’une entreprise à l’égard d’une autre,
l’absence d’une alternative équivalente et l’existence d’un abus commis.
Sous-section 2 : Prix abusivement bas
L’article 8 de la loi 104-12 prohibe :
«Les offres de prix abusivement bas par rapport aux couts de production, de transformation et
de commercialisation, dès lors que ces offres ou pratiques ont pour objet ou peuvent avoir pour effet
d’éliminer un marché, ou d’empêcher d’accéder à un marché, une entreprise ou l’un de ses produits.
Les coûts de commercialisation comportent également et impérativement tous les frais
résultant des obligations légales et réglementaires liées à la sécurité des produits.

139
Jean-Bernard Blaise, « Droit des affaires – commerçant, concurrence, distribution » (Les pratiques
anticoncurrentielles), Chapitre 6, LGDJ, 7édition 2013.
140
Abdelali EL HOURRI, « Loi sur la concurrence: ce qui est permis, ce qui est interdit », Le 21 mai 2018 à16:39 ;
Modifié le 21 mai 2018 à 16:39 dernière consultation 05mai 2019,https://www.medias24.com

67
Les dispositions du présent article ne sont pas applicables en cas de revente en l’état»
Cette pratique était déjà interdite par la loi 06-99 qui la considérait comme une forme d’abus
de position dominante. La nouvelle loi, quant à elle, traite des prix abusivement bas comme pratique
anticoncurrentielle à part entière. Elle se trouve de ce fait interdite sans qu’il soit nécessaire de
prouver la position dominante de son auteur.
Chapitre 2 : Les exemptions à l’interdiction des pratiques restrictives de
concurrence
Une pratique anticoncurrentielle est un comportement émanant d'une entreprise, d'un
groupe d'entreprises ou d'un commerçant, et qui fausse, entrave ou annihile la concurrence entre
entreprises ou entre commerçants.141
Un règlement d'exemption donne un cadre juridique général, directement applicable dans
chaque État-membre de l'Union européenne. Il permet d'exempter de sanctions des pratiques
qui restreignent normalement la concurrence sur le marché intérieur, telles que les aides d'état
ou les pratiques concertées entre entreprises. Elle institue une dérogation à la règle prohibitive.
Dans une certaine mesure, l’exemption apparaît comme une injonction non coercitive.
L’entente est exemptée (Union européenne) ou justifiée (Maroc et France).
Section 1 : Les pratiques tolérées
L’article 9 de la loi 06-99 qui répond à ces considérations en prévoyant des raisons
essentielles pour écarter la prohibition des pratiques anticoncurrentielles en dictant que :Tout
engagement ou convention se rapportant à une pratique prohibée en application des articles 6
et 7 ci-dessus est nul de plein droit. Cette nullité peut être invoquée par les parties et par les
tiers; elle ne peut être opposée aux tiers par les parties; elle est éventuellement constatée par
les tribunaux compétents à qui l'avis du Conseil de la concurrence, s'il en est intervenu un, doit
être communiqué.142
Sous-section 1 : Autorisation des textes législatifs et réglementaires
En dictant l’article 9 de ladite loi, il en va de même pour des activités soumises à des
autorisations administratives qui imposent ou octroient des secteurs géographiques
d’exploitation, ou conditionnent l’exercice d’activités précises, telles que celles qui concernent
la recherche pétrolière et ainsi de suite. En revanche, pour qu’un texte réglementaire puisse
exempter une pratique restrictive de concurrence, il doit être interprété d’une manière explicite
en évitant les doubles sens et l’implicite143.
Sous-section 2 : Une initiative des professionnels
Comme le stipule le paragraphe 2 du premier alinéa de l’article 9 que les auteurs des
pratiques anticoncurrentielles peuvent justifier qu’elles ont pour effet de contribuer au progrès
économique et/ou technique, y compris par la création ou le maintien d’emplois, et qu’ils
réservent aux utilisateurs une partie équitable du profit qui en résulte, sans donner aux
entreprises intéressées la possibilité d’éliminer la concurrence pour une partie substantielle des
biens, produits et services en cause. Ces pratiques ne doivent imposer des restrictions à la

141
https://defense-du-consommateur.ooreka.fr/astuce/voir/658681/pratiques-anticoncurrentielles, consulté le
26.04.2020
142
L’article 9 de la loi 06-99 sur la liberté des prix et de la concurrence
143
MALAURIE-VIGNAL Marie, « Droit de la concurrence », 2ème Edition, Armand colin, Paris-2003, page 78.

68
concurrence que dans la mesure où elles sont indispensables pour atteindre cet objectif de
progrès144.
En premier lieu, les pratiques justifiées doivent traduire une proportionnalité entre le
profit escompté et la restriction de la concurrence. Dans ce sens, la loi exige qu’elles se limitent
à l’indispensable nécessaire pour aboutir au progrès souhaité, notons que l’appréciation de la
limite indispensable demeure difficile, faite de critères objectifs et d’uniformité des
circonstances de chaque hypothèse.
De plus, les pratiques visées ne doivent nullement donner aux entreprises intéressées la
possibilité d’éliminer la concurrence pour une partie substantielle des produits et services en
cause. Ces exigences imposent une comparaison rigoureuse entre la gravité de l’atteinte à la
concurrence, c’est-à-dire l’importance de ses effets préjudiciables d’une part, et le profit
économique réalisé ou à réaliser d’autre part145.
Ainsi que l’innovation technologique économiquement exploitable jusqu’à l’amélioration
des conditions de l’emploi par son développement, sa stabilisation ou la satisfaction de ses
revendications permet aussi d’y retenir une adaptation des prix favorables aux consommateurs,
une mise en valeur de la qualité des produits et services.
En effet, le conseil de la concurrence peut à tout moment être consulté et même alerté par
les commissions permanentes du Parlement, pour les propositions de lois relatives à la
concurrence, le gouvernement, pour toute question concernant la concurrence ou dans la limite
des intérêts dont ils ont la charge, les conseils de régions, les communautés urbaines, les
chambres de commerce, d'industrie et de services, les chambres d'agriculture, les chambres
d'artisanat, les chambres de pêches maritimes, les organisations syndicales et professionnelles
ou les associations de consommateurs reconnues d'utilité publique, sur toute question de
principe concernant la concurrence. Sous cet angle, les organisations syndicales ou
professionnelles et les associations des consommateurs ne semblent pas devoir hésiter à le
consulter sur toute question concernant la concurrence.
Section 2 : Prorogations relatives à certaines entreprises et la proposition d’une
coopération américaine
Le dernier alinéa de l’article 9 de la loi 06-99 s’intéresse expressément à certains secteurs
économiques profondément marqués par des contraintes sociales. Qu’il Il s’agit notamment des
petites et moyennes entreprises de manière générale, et des activités de commercialisation par
les agriculteurs de leurs produits. Observons que les secteurs d’activité des entreprises
concernées ne sont point déterminés, elles bénéficient alors d’une condition plus favorable que
les autres, les accords les concernant peuvent porter à la fois sur l’amélioration de leur gestion,
à l’instar des autres types d’entreprises.
Notant que ces derniers prennent l’attention des pouvoirs publics et obéissent des
réglementations spécifiques qui permettent ou justifient parfois à la restriction de manière légale
et l’article 6 du décret d’applications de la loi précise que l’admission de ces accords obéit à
l’autorisation après avis du conseil de la concurrence et dispose que « les accords visés peuvent
être reconnus comme satisfaisant aux conditions prévues à l’article 9 de la loi, par décision
du Premier ministre, après avis du Conseil de la concurrence146 »

144
L’article 9 de la loi 06-99 sur la liberté des prix et de la concurrence
145
MALAURIE-VIGNAL Marie, « Droit de la concurrence », 2ème Edition, Armand colin, Paris-2003, page 130.
146
DECRET N° 2-14-652 pris pour l’application de la loi n° 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrence.

69
Par conséquent, Les procureurs des départements américains de la Justice étaient tout
aussi intéressés que leurs homologues marocains. L’un de ses objectifs est de
«professionnaliser les donneurs d’ordre en créant un poste d’acheteur public dans les
administrations. Il devra concentrer la gestion des appels d’offres lancés par son établissement,
notons que sa proposition de coopération diplomatique intervient au moment où les appels
d’offres et les marchés publics suscitent encore des critiques et des plaintes.
C’est dans cette optique qu’il est recommandé de se focaliser sur toutes les étapes de
réalisation d’un marché public afin de garantir la concurrence loyale, aussi la définition des
délais d’exécution que cette exigence contractuelle peut servir à écarter un concurrent. Une
échéance courte profitera beaucoup plus aux grands opérateurs ayant plus de moyens.
La pratique a démontré les insuffisances du décret du 20 mars 2013 sur les marchés
publics. En effet, obliger une société de fournir des références peut être discriminatoire. C’est
ce qu’a constaté la Commission durant ces deux années d’activité. Elle donne pour exemple
une administration ayant exigé aux candidats d’avoir réalisé 15 millions de DH de chiffre
d’affaires durant les trois dernières années. Or le projet pour lequel les entreprises
soumissionnent est d’un million de DH.
Section 3 : Adaptation des règles en matière de contrôle de concentration
économique et pratiques anticoncurrentielles.
Face à l'épidémie de Covid-19, les entreprises ainsi que les régulateurs sont confrontés à
des défis importants. La présente alerte synthétise les adaptations en matière de concentrations
et pratiques anticoncurrentielles mises en œuvre par les autorités européennes et nationales de
concurrence afin de continuer leurs activités durant cette période, ainsi que pour répondre aux
interrogations sur la façon dont les entreprises peuvent faire face à la crise, sans pour autant
méconnaître le droit de la concurrence.
Sous-section 1 : Adaptation des règles de contrôle des concentrations au niveau
européen
En premier temps, la concentration économique est l'opération juridique résultant
généralement d'une entente conclue entre deux ou plusieurs entreprises ou entre des groupes
d'entreprises qui, soit par voie de fusion, soit par le jeu du contrôle qu'exercent certains de leurs
dirigeants ou par la création d'une entreprise ou d'un groupement commun ou de toutes autres
manières qui parviennent à contrôler tout ou partie de l'ensemble de ces entreprises et donc les
activités économiques qu'elles exercent.147
En sphère européen, la Commission européenne a publié des Orientations visant à garantir
l'application d'une approche résolue, à l'échelle de l'Union, en matière de filtrage des
Investissements Directs Etrangers. Elle invite aussi les Etats membres qui sont déjà dotés d'un
mécanisme de filtrage à exploiter toutes les possibilités des outils à leur disposition148.
Ladite commission invite en outre les autres Etats membres à mettre en place un
mécanisme de filtrage complet et dans l'intervalle, à envisager toutes les solutions possibles
dans le respect du droit de l'Union et des obligations internationales.149

147
L’article 11 de la loi 104-12 sur la liberté des prix et concurrence
148
https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_20_618, consulté le 08.05.2020
149
https://www.gide.com/fr/actualites/covid-19-adaptation-des-regles-en-matiere-de-controle-des-
concentrations-et-pratiques, consulté le 08.05.2020

70
Sous-section 2 : Adaptation des règles en matière des pratiques anticoncurrentiels
Un communiqué du réseau européen de concurrence qui regroupe la commission
européenne et l'ensemble des autorités nationales de concurrence des Etats membres de l'Union
européenne, a publié un communiqué à l'attention des entreprises concernant l'impact de
l'épidémie de Covid-19 sur l'application des règles de concurrence.150
Ce communiqué comprend que la situation extraordinaire liée à l'épidémie de Covid-
19 peut nécessiter pour les entreprises de coopérer afin de garantir la production et la
distribution équitable de produits de première nécessité à l'ensemble des consommateurs.
Ainsi que dans le même sens l’autorité britannique a mis en garde les acteurs économiques
contre des pratiques de prix excessifs et de déclarations trompeuses.151
La Commission européenne encourage également les entreprises et les citoyens à
continuer à signaler les ententes et autres pratiques anticoncurrentielles, y compris les abus de
position dominante, qui pourraient être portés à leur connaissance.
Au même sens, l'autorité italienne de concurrence enquête sur l'existence d'éventuelles
pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la vente de produits désinfectants pour les
mains et de masques de protection respiratoire jetables, dont une demande d'informations a
ainsi été envoyée aux principales plateformes de vente en ligne, notamment Amazon et eBay,
ainsi qu'à d'autres sites de vente concernant la commercialisation de ces produits. Cette dite
enquête italienne fait suite à de nombreuses plaintes déposées par des consommateurs et
associations.

150
Ibid.
151
Ibid.

71
Partie 2 : La lutte contre les pratiques anticoncurrentielles
Le législateur a assisté à l’instauration des instances et des organes chargés de
l’application des dispositions de la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence
dont le principal et le conseil de concurrence (chapitre 1), tout en imposant des sanctions en cas
de découverte des pratiques anticoncurrentielles (chapitre 2).
Chapitre 1 : L’organe relatif à la lutte contre les pratiques anticoncurrentiels
Le Maroc soucieux de préserver et de promouvoir l'économie de marché par le biais du
jeu de la libre concurrence qui assure une diversification de l'offre, l'amélioration de la qualité
et l'assurance du meilleur prix, est doté d’une institution qui veille au respect du jeu de libre
concurrence (section 1).
Section 1 : La refonte du conseil de la concurrence
Le conseil de la concurrence est une institution constitutionnelle indépendante dotée de
la personnalité juridique, de l’autonomie financière et investie de larges pouvoirs de décision,
d’enquête et de sanction.
Le Maroc s'est doté d'un Conseil de la concurrence en 2009, mais ses pouvoirs étaient
limités. De ce fait, il est incontestable que pour lutter contre les pratiques anticoncurrentielles,
il faut offrir á l’institution qui s’en occupe, des moyens et pouvoirs nécessaires à cet effet. Or,
les moyens et les outils dont disposait le, sous l’égide de la loi 06-99 n’étaient pas de la même
importance que ceux dont dispose aujourd’hui.
Désormais, la réforme du droit de la concurrence marocaine de 2014 apporte de
nouveautés considérables sur le plan décisionnel et fonctionnel. L’implantation au Maroc de
grands opérateurs économiques internationaux, la multiplication des opérations de fusion-
acquisition, la croissance des acteurs économiques nationaux, le recours, à outrance, aux
pratiques anticoncurrentielles et le souci de la protection des consommateurs sont poussé les
pouvoirs publics à s’intéresser davantage au domaine de la concurrence en général et à la lutte
contre toutes les pratiques économiques illicites en particulier.152
Ainsi, l’article 2 al.1 de la loi 20-13 dispose que : « le conseil a un pouvoir décisionnel
en matière de la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles et de contrôle des opérations
de concentration économique telles que définies dans la loi relative à la liberté des prix et de
la concurrence ».On peut déduire de cet article que le conseil de concurrence dispose
désormais d’un vrai pouvoir décisionnel et d’un large pouvoir pour mener des enquêtes dans
son combat contre les pratiques concurrentielles déloyales.
Par ailleurs, concernant les prérogatives du conseil relatif à la lutte contre les pratiques
anticoncurrentielles le conseil dispose de l’aptitude d'intervenir sur trois plans :
 Il a d'abord, la possibilité de mener des études sur le degré de concurrentiabilité des
principaux secteurs d'activité économique.

152
L’article 166 de la constitution marocaine, portée par le Dahir n˚ 1-11-91 du 29 juillet 2011, dispose : « Le
conseil de la concurrence est une institution indépendante chargée, dans le cadre de l’organisation d’une
concurrence libre et loyale, d’assurer la transparence et l’équité dans les relations économiques, notamment à
travers l’analyse et la régulation de la concurrence sur le marché, le contrôle des pratiques anticoncurrentielles,
des pratiques commerciales déloyales et des opérations de concentration économique et de monopole ».

72
 Il a pour tâche, en second lieu, de mener des actions de sensibilisation, de
communication et de formation destinées à divulguer et à faire rayonner la culture de la
concurrence auprès des différentes institutions qui peuvent demander son avis.
 En troisième lieu, et c'est là où réside son rôle consultatif et sa fonction essentielle, le
conseil est habilité à émettre des avis et des recommandations suite à des consultations
émanant des autorités gouvernementales, des commissions du parlement, de la justice,
des régions, des associations professionnelles, des chambres de commerce, des
syndicats et des associations de consommateurs reconnues d'utilité publique.
Toutefois, la perfection des textes juridiques ne peut pas, à elle seule, contraindre les
opérateurs économiques, actifs sur le marché marocain, à se conformer aux règles de jeu en la
matière. Il faut que le conseil, avec tous les pouvoirs dont il dispose aujourd’hui et en tant
qu’institution de régulation de la concurrence de faire preuve d’une volonté réelle dans tout ce
qui concerne la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles en usant de ses pouvoirs.
Section 2 : La procédure d’enquête
Depuis sa réactivation en 2009, le conseil de la concurrence marocain a amorcé une
campagne active de sensibilisation du droit de la concurrence et a rendu plus d'une quarantaine
d'avis en matière de pratiques anticoncurrentielles. Mais il ne pouvait intervenir de son propre
chef et n'exerçait de fait qu'un rôle consultatif sans aucun pouvoir de sanction. En lui conférant
la qualité « d’institution administrative
Indépendante chargée d'assurer la transparence et l'équité dans les relations
économiques».
De surcroit, la nouvelle constitution du Maroc avait marqué la première étape importante
d'une évolution sensible du droit de la concurrence au Maroc. Cette évolution a été confirmée
par la publication de deux lois le 7 août 2014 : la loi n°104-12 relative à la liberté des prix et de
la concurrence et la loi n°20-13 relative au Conseil de la concurrence, lesquelles consacrent les
missions du conseil de la concurrence marocain et l'érigent en véritable organe régulateur de la
concurrence au Maroc153.
En effet, lorsque le conseil décide d’entamer une procédure, la première étape est celle
de l’enquête. Pour rivaliser face à l’ingéniosité que pourraient déployer les entreprises pour
bafouer le droit de la concurrence. Le conseil dispose de deux pouvoirs : celui de demander des
renseignements aux entreprises, et celui de faire des inspections, sans préavis. En abordant le
sujet des enquêtes de concurrence au Maroc, on est en mesure de se pencher sur l'étude des
règles et dispositions relatives aux entités et personnes ayant la compétence de les déclencher,
celles qui auront la tâche de les mettre en œuvre et les institutions qui auront à décider de leur
sort.
Ainsi, le droit marocain a déterminé qui pourra provoquer et déclencher ces enquêtes, les
agents habilités à les effectuer, leurs attributions et les procès- verbaux établis par ceux-ci, il
n'a pas défini les enquêtes de la concurrence, laissant ainsi la tâche au soin de la doctrine. A cet
effet, M. DRISSI ALAMI MACHICHI avance que l'enquête peut d'abord être définie comme
une procédure administrative, tendant à la recherche et la constatation des faits et des indices,
à la constitution et la conservation des moyens de preuve, et de manière générale à la collecte

153
Art. 4 de la loi n°20-13 : "Le conseil peut, sur proposition de son rapporteur général, se saisir d'office de toutes
les pratiques susceptibles d'affecter le libre jeu de la concurrence [....]."

73
d'informations nécessaires à l'éclairage d'une question obscure, équivoque ou controversée,
avant de prendre la décision nécessaire154.
La loi prévoit une nouvelle procédure d’enquête qui permet de protéger le consommateur
et les entreprises victimes de pratiques anticoncurrentielles. Les enquêteurs jouent un rôle
primordial dans la démarche de lutte contre les pratiques anticoncurrentielles, c’est pour cette
raison que le législateur marocain dans le cadre de la loi 104-12 a défini cet organe ainsi que
ses missions et prérogatives.
Cela dit, les enquêtes sont diligentées par un corps d’enquêteurs rattaché au conseil de
concurrence ; Ces enquêteurs sont principalement des rapporteurs, des fonctionnaires de
l’administration et des agents du corps des contrôleurs des prix, et ce en vertu des dispositions
de l’article 68 de la loi 104-12 qui dispose dans son premier alinéa : « les rapporteurs et les
enquêteurs du conseil de la concurrence, les fonctionnaires de l’administration habilités
spécialement à cet effet et les agents du corps des contrôleurs des prix, appelés tous «
enquêteurs » dans la suite de la présente loi, peuvent procéder aux enquêtes nécessaires. »
Le rapporteur général et les rapporteurs généraux sont nommés par le président du
conseil155 . En ce qui concerne les autres enquêteurs, quant à eux, sont nommés par décision du
président du conseil, sur proposition du rapporteur général après avis du conseil156.
En outre, ces enquêteurs doivent être assermentés et porteurs d’une carte professionnelle
délivré par le président du conseil de la concurrence ou par l’administration conformément aux
modalités fixées par voie réglementaire.157 Ce qui signifie que ces enquêteurs sont des experts
du monde juridique mais également et surtout dans le domaine économique, chose qui assure
une efficacité lors de la procédure menés par ces derniers. A cet égard, il faut noter que lesdits
enquêteurs sont astreints au secret professionnel.
D’ailleurs, les enquêteurs, tâchent respectivement à lutter contre les ententes illicites et
les abus de position dominante qui faussent le bon fonctionnement du marché, surveiller les
opérations de concentration risquant d'aboutir à un déséquilibre excessif du marché et assurent
la loyauté et la transparence dans les relations commerciales entre les entreprises, et entre ces
dernières et les consommateurs en supervisant, en coordination avec les autres administrations
concernées.
Il en découle, que des procès-verbaux et des rapports d’enquêtes sont dressé par les
enquêteurs et ce concernant les pratiques anticoncurrentielles visées aux articles 6,7 et 8 de la
loi 104-12. Ces procès-verbaux et rapports sont transmis à l’autorité qui les a demandés.
Ainsi, les procès-verbaux énoncent la nature, la date et le lieu des constatations ou des
contrôles effectués. Ils sont signés par les enquêteurs et par la ou les personnes concernées par
les investigations.158
Les enquêteurs sont autorisés, dans le cadre de leurs missions à accéder à tout local,
moyen de transport, ainsi qu’à examiner les marchandises pouvant indiquer des éléments de
réponses. Dans ce même sens, ils sont en droit de communiquer les documents et en prendre
copie conformément, le cas échéant dans les conditions prévues par la loi104-12. En France,

154
DrissiALAMI MACHICHI op. cit. p. 15.
155
Article 18 de la loi 20-13 relative au conseil de la concurrence.
156
Article 19 de la loi 20-13relative au conseil de la concurrence.
157
Article 68 alinéa 2 de la loi 104-12 relative á la liberté des prix et de la concurrence.
158
Article 70 de la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

74
les rapporteurs du conseil de la concurrence disposent des mêmes pouvoirs d'enquête, mais ne
réalisent que rarement eux-mêmes les inspections au sein des entreprises.
En somme, ils ont un rôle très important dans la mesure où les avis du conseil de la concurrence
sont tributaires des enquêtes réalisées par les enquêteurs de la concurrence en général, et des
rapporteurs du conseil en particulier. Pour procéder aux visites, et aux saisis des documents
pendant les enquêtes demandées par le président du conseil de la concurrence, une autorisation
motivée du procureur du Roi, dans le ressort duquel sont situés les lieux à visiter est exigé.
De ce fait, un ou plusieurs officiers de la police judiciaires peuvent assister les enquêteurs à ces
opérations. Le repos nocturne concernant les perquisitions est appliqué dans des cas de visites
des enquêteurs159.
Ainsi, le Conseil de la concurrence prévoit la « procédure de clémence » que la loi met à sa
disposition pour dénicher et sanctionner les ententes entre les entreprises. La procédure de
clémence permet d’accorder un traitement avantageux aux entreprises qui coopèrent avec
l’autorité de la concurrence afin de mettre à jour les ententes anticoncurrentielles. Selon la loi
marocaine160 qui s’inspire du droit européen, une entreprise qui participe à une entente avec ses
concurrents, peut échapper à la sanction en dénonçant cette infraction au conseil de la
concurrence et en lui fournissant des éléments de preuve. La procédure de clémence connaît un
succès incontestable aux États-Unis et en Europe, en permettant de détecter et de mettre fin à
de nombreuses ententes anticoncurrentielles. Devant l’insuffisance de ses moyens pour mener
les enquêtes, le conseil de la concurrence a tout intérêt à encourager les entreprises à recourir à
cette procédure.
Chapitre 2 : Le régime répressif des pratiques anticoncurrentielles
Les pratiques anticoncurrentielles recouvrent un large éventail des pratiques de gravités
diverses, (abus de position dominante, ententes verticales ou horizontales….). Et puisque le
droit de la concurrence est un droit répressif, de nombreuses sanctions sont donc attachées à sa
violation.
On peut distinguer deux grands types de sanctions pouvant être utilisées distinctement ou
conjointement, et les sanctions prononcées soit par les juridictions civiles soit par les
juridictions pénales. Cette dualité de sanction vise le même objectif (remédier ou trouble
concurrentiel) sans utilises le même moyen.
En effet, après constations, le conseil de la concurrence apprécie si les pratiques
anticoncurrentielles sont ou non passibles d’une sanction. Quel sera donc le type de sanction
approprié à ces pratiques ?
Par cette question, on essayera de montrer dans ce chapitre, le régime répressif en droit
marocain par le biais de 3 sections, d’abord on verra les sanctions administratives (section 1),
ensuite les sanctions civiles (section 2) et enfin les sanctions pénales (section 3).
Section 1 : Sanctions administratives
Tout d’abord, une sanction administrative est une sanction qui émane d’une autorité
administrative est qui vise à réprimer un comportement fautif. L’autorité administrative en
question est bien sur le conseil de la concurrence.

159
Article 72 de la loi 104-12.
160
Article 41 104-12.

75
L’éventualité de sanctions administratives est susceptible d’avoir une incidence à la fois
sur la constatation et sur la poursuite de l’infraction pénale. Tout au long de cette procédure,
nombreuses sont les sanctions administratives qui peuvent être prononcées, parmi lesquelles on
peut trouver les mesures conservatoires.
En vertu de l’article 35 de la loi 104-12 « le conseil de la concurrence peut, à la
demande des entreprises, de l’administration ou tout autre acteur comme enquêteur,
rapporteur et après avoir entendu les parties et le commissaire du gouvernement,
ordonner les mesures conservatoires qui lui sont demandées ou celles qui lui apparaissent
nécessaire ».
On entend par mesures conservatoires, toute disposition par laquelle, le juge saisi décide
de placer un bien du débiteur sous les mains de la justice en attendant une décision définitive.
Ceci a pour but d’assurer l’efficacité des mesures d’exécution qui seront prises une fois les
délais de recours sont passés.
Ce genre de sanction rend indisponible les biens saisis mais ne deviennent plus la
propriété du saisissant. Ce qui veut tout simplement dire la personne ayant subi une telle
sanction, ne peut exploiter les biens saisis ou tirer profit à leur égard.
A noter que la demande de mesures conservatoires peut être demandée à n’importe quel
moment de la procédure mais à condition qu’elle soit motivée. Les demandeurs ont le plein
droit durant la procédure de demander ces mesures, une fois les faits formant pratiques
anticoncurrentielles portent atteinte grave et immédiate à l’économie du pays, ou aux intérêts
des consommateurs ou seulement portent atteinte à l’entreprise concernée.161
A côté de cela, à travers cette mesure, le conseil de la concurrence peut suspendre la
pratique concernée et faire une injonction aux parties de revenir à l’état qu’elles se trouvaient
avant. A cela s’ajoute d’autres mesures, il s’agit d’engagements. Le conseil de la concurrence,
si les parties arrivent à prendre des engagements162 de nature à mettre fin aux pratiques
anticoncurrentielles, va bien sur les accepter.
Ainsi, la cessation des pratiques anticoncurrentielles peuvent venir des engagements pris
par les parties comme ça peut être ordonné par le conseil de la concurrence dans un délai bien
déterminé.
Toutefois, si ces trois sanctions administratives à savoir : les mesures conservatoires, les
injonctions et les engagements ne sont pas respectées le conseil de la concurrence se trouve
dans l’obligation de prononcer des sanctions pécuniaires à l’égard de l’entreprise ou organisme
auteur des pratiques anticoncurrentielles selon l’article 38 de la loi 104-12.
Section 2 : Les sanctions civiles
Parlant de sanctions civiles, revient de dire qu’on est face à une responsabilité civile qui
est ici engagée. Or la responsabilité civile est engagée soit en raison d’une inexécution de la
part d’une des parties sur ses engagements que ce soit inexécution totale ou partielle, soit en
raison d’une mauvaise exécution ou retard dans l’exécution. Quand est ce que la responsabilité
civile d’une entreprise ou un organisme auteur de pratiques anticoncurrentielles peut-elle être
engagée ?
En effet, l’article 39 prévoit deux cas : en cas d’inexécution des injonctions, soit en cas
de non-respect des engagements pris par les parties. Par ces deux cas, on constate une raison
161
Article 35 de la loi 104-12 relative à la concurrence et la liberté des prix.
162
Article 36 de la loi 104-12relative à la concurrence et la liberté des prix.

76
valable pour engager une responsabilité civile. Et selon ce même article la sanction est de nature
pécuniaire versée au profit de la victime de l’inexécution des injonctions ou le non-respect des
engagements sous forme de dommages-intérêts.
Cependant, et selon les termes du 2e alinéa de ce même article : « les sanctions
pécuniaires sont proportionnées de la gravité des faits rapprochés, à l’importance du
dommage causé à l’économie, à la situation de l’entreprise ou organisme sanctionné ou du
groupe auquel l’entreprise appartient… »
Il en découle que ces sanctions sont appréciées selon une entreprise à une autre. Pour une
entreprise, le montant de la sanction est de 10% du chiffre d’affaire. Contrairement aux autres
organismes, le montant de la sanction s’élève à 4.000.000de dirhams. A préciser qu’une fois
l’entreprise ou l’organisme sanctionné, récidive dans un délai de 5ans, le montant de la sanction
sera doublé.
Autrement dit, après être sanctionnée, le montant de la sanction que doit payer l’entreprise
sera 2 fois 10% de son chiffre d’affaire. Pour une entité autre qu’une entreprise ça sera 2 fois
4.000.000 de dirhams. En plus de ça, s’ajoute d’autres sanctions prévues par l’article 58, il s’agit
des astreintes. Celles sont des obligations de payer une certaine somme d’argent pour chaque
jour de retard dans l’exécution d’un contrat.
En effet, une entreprise qui ne respecte pas les engagements ou injonctions à temps, sera
contrainte, par le conseil de la concurrence, de verser des astreintes s’élevant à 5% de son chiffre
d’affaire journalier pour chaque jour de retard163. Toutefois, pour les organismes, l’astreinte est
fixée de 5.000dh par chaque jour de retard.164
Arrivé jusqu’à là, on passe aux autres types de sanctions à savoir les sanctions pénales.

Section 3 : Les sanctions pénales


S’agissant des sanctions pénales, ça se caractérise non pas par l’inexécution d’un
engagement, mais plutôt par la commission d’un acte interdit par un texte légal. En ce qui
concerne les pratiques anticoncurrentielles, la loi 104-12 a réservé un chapitre à part entier qui
traite seulement les sanctions pénales. C’est ainsi qu’on analysera schématiquement à travers
un tableau illustratif, chaque acte interdit avec bien sur la sanction à son encontre.
Les différentes infractions ainsi que leurs sanctions respectives :

 Toute personne physique qui aura pris une part personnelle et déterminante dans la
conception, l’organisation, la mise en œuvre ou le contrôle des pratiques
anticoncurrentielles, de façon frauduleuse ou en connaissance de cause, il sera
sanctionné de 2 mois à 1 an de prison plus une amande de 10.000 à 500.000 DH ou
l’une des deux peines (Article 75 de la loi 104-12).
 Selon l’article 76 de la même loi, La divulgation d’informations mensongère ou
calomnieuses en jetant sur le marché des offres destinés à troubler les cours ou les
suroffres faites aux prix demandés par les vendeurs et cela selon les moyens empruntés
pour la divulgation, Ainsi que l’opération ou la tentative d’opération sur la hausse ou la
baisse artificielle du prix des biens ou des services ou des effets publics ou privés est
une infraction sanctionné de 2 mois à 2 ans de prison plus une amande de 10.000 à
500.000 DH ou l’une des deux peines.

163
Article 40 al 1 de la loi 104-12 relative à la concurrence et à la liberté des prix.
164
Article 40 al 5 de la loi 104-12relative à la concurrence et à la liberté des prix.

77
 Si la hausse ou la baisse des prix était portée à l’égard des denrées alimentaires, des
grains, produits pharmaceutiques, engrais commerciaux, la sanction est de 1 à 3ans de
prison et une amande de 800.000 DH, et d’un an à 5 ans de prison et une amande allant
jusqu’à 1.000.000 DH en cas ou les denrées alimentaires ou les marchandises faisant
objet de hausse ou baisse de prix ne rentrent pas dans l’exercice habituel de la profession
du contrevenant.
 Une amande de 100.000 à 500.000 DH plus 2 mois à 2 ans de prison, sur les stockages
clandestins prévu aux articles 62 et 66 de cette loi, et sur la détention par des
commerçants industriels, artisans ou agriculteurs de stocks de marchandises ou des
produits qui sont dissimulés par eux à des fins spéculatives et en quelque local que ce
soit, ainsi que sur la détention, le transport ou la vente de produits subventionnés dans
des préfectures ou provinces autres que celles pour lesquelles ces produits sont destinés.
 En cas de commission d’une infraction pendant la période de la fermeture des magasins
ou interdiction d’exercer sa profession, une amende de 1200 à 200.000 DH et un
emprisonnement de 1 mois à 2 ans est prévue par l’article 81, et la fermeture des
magasins ou bureau du condamné pour une durée ne dépassant pas 3 mois, plus
interdiction de l’exercice de la profession du condamné voir même l’exercice de tout
acte de commerce pendant une durée de 1 an suite à une condamnation suite à un
stockage clandestin.
 Selon l’article 82 de la même loi, un emprisonnement de 1 mois à 2 ans plus une amande
de 1200 à 200.000 DH pour toute interdiction d’être un employé des magasins ou
bureaux qu’il exploitait même après les avoir vendus ou loués,. Ainsi l’article 83 de
cette même loi prononce que toute personne qui fait opposition aux fonctions des
enquêteurs, ou qui refuse de leur communiquer les documents afférents à l’exercice de
leur activité ainsi que la dissimulation et la falsification de ces documents, et toute
personne qui donne des faux renseignements ou fait des fausses déclarations aux
organismes habilités à constater les infractions ou qui refuse de les fournir les
informations qu’elle a connaissance ou qu’elle a seulement la garde d’un
emprisonnement de 2 mois à 2 ans plus une amande de 5.000 à 200.000dh
Il convient de rappeler que les infractions et sanctions prévues par la loi 104-12 sont
nombreuses, on a essayé d’énumérer les plus importantes. Selon les dispositions de l’article 85,
une fois une condamnation est prononcée, elle devient irrévocable et ne peut, en aucun cas,
faire l’objet d’un recours. Et puis un extrait du jugement sera adressé au Président du conseil
de la concurrence à titre d’information. Après cela, le tribunal peut ordonner la publication de
sa décision et cela en vertu de l’article 86 de la loi 104-12 portant sur la liberté des prix et de la
concurrence.

78
CONCLUSION
Il est certain que le marché peut exister sans concurrence, mais il n’est dit « parfait » que
lorsque la concurrence y tient un rôle de choix, car l’efficience économique ne peut être au
rendez-vous que s’il existe sur le marché plusieurs opérateurs et que certaines règles de droit
dites règles de droit de la concurrence interviennent pour discipliner les comportements de ces
opérateurs afin de faire respecter le libre jeu de la concurrence. Les règles du droit de la
concurrence ne sont, elles-mêmes, dans leur conception et dans leur application, que la
traduction de ce qui est communément appelé la politique de la concurrence.
Autrement dit, les solutions fournies par le droit de la concurrence ne peuvent être des
solutions contraintes, mais des solutions cadrant avec l’évolution des comportements et
l’évolution du marché. Les impératifs de la politique de la concurrence imposent donc au droit
de la concurrence de privilégier la politique de la concurrence en en faisant son référentiel dans
ses interventions plutôt que de se contenter de traduire dans les solutions qu’il apporte, ou qu’il
inspire, de simples notions ou de simples règles juridiques ; sinon il risque de faire figure d’un
droit mort-né.
Etant à la fois en amont et en aval des règles du droit de la concurrence, en ce sens qu’elle
sert de point de départ pour leur conception et préside à leur application, la politique de la
concurrence conditionne en même temps la raison d’être du droit de la concurrence et son utilité
et constitue, par conséquent, l’épine dorsal de ce droit hautement économique, car que serait le
droit de la concurrence sans politique de la concurrence ? Il serait immanquablement un simple
droit existant sans réellement exister par manque d’effectivité.

79
Département Droit Privé
Master « Juriste d’AffAires »
Semestre Deuxième
Exposé N°4

Présentation de la loi 31-08 sur


l’information et la protection du
consommateur

Professeur : Mr. Driss JOUIDI

Année Universitaire :
2019-2020
80
Thème 4 : Présentation de la loi 31-08 sur l’information et la
protection du consommateur
Introduction
Nul ne peut nier que la protection, et la prévention du consommateur sont indispensables.
On est tous des consommateurs, on consomme plusieurs types de produits et de marchandises
dont les modalités de fabrication et de production sont inconnues. On est donc exposés à un
risque d’où la nécessité de mettre en place une régulation stricte ainsi que des moyens
nécessaires de protection du consommateur.
Le consommateur est une personne physique ou morale qui acquiert ou utilise à des fins
privées excluant tout caractère professionnel des produits ou services mis sur le marché.
Les droits du consommateur font partie d’un ensemble de droits dont l’individu peut se
prévaloir dans toute société moderne.
La protection du consommateur est un droit de l’homme, une responsabilité du citoyen et
un devoir de l’autorité, cette protection se base sur des référents internationaux, et nationaux.
Au niveau international : il s’agit des référents relatifs à l’ONU et l’UE essentiellement :

 la déclaration internationale des droits de l’Homme,


 le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels,
 la résolution de l’assemblée générale des Nation Unis n° 248/39 DU 914/85 relative à
l’adoption des droits fondamentaux du consommateur,
 la convention de la protection des droits de l’Homme dans le cadre du conseil d’Europe,
 la convention de la création de la communauté européenne chapitre 14 « protection du
consommateur », les directives, émanant du parlement européen, et du conseil de l’UE,
relatives à la protection du consommateur et la Directive n° 83/2011 relative aux droits
des consommateurs
Au niveau national, il est riche avec un arsenal de plus de 300 textes juridiques et
réglementaires dans le domaine de la protection du consommateur composé de textes de droit
public et ceux du droit privé. Il y en a ceux qui sont apparus avant la loi 31/08 et depuis 1914 ;
comme le dahir du 14/10/1914 relatif aux recherches des infractions, et ceux qui sont apparus
après la loi 31/08. Ainsi que d’autres lois qui viennent après la loi 31/08 et constituent un cadre
complémentaire du système juridique en matière de protection du consommateur à travers
laquelle sont renforcés quelques droits fondamentaux. D’autres dispositions légales et
réglementaires spécifiques viennent aussi contribuer au renforcement de la protection du
consommateur dans de multiples secteurs.
Le consommateur doit aussi être responsable, et doit observer certaines obligations : il
doit être averti, actif, socialement responsable, écologiquement responsable et solidaire.
Et pour lui permettre de préserver ses droits, le législateur a confirmé l’exercice et le rôle
de ses représentants « les associations des consommateurs », et y a réservé tout un chapitre dans
la loi 31-08
En remontant dans l’histoire, l’idée de protection du consommateur en France est
ancienne. Vers 1905, avec la loi du premier août sur les fraudes et falsifications en matière de
produits et de services, des sanctions sont prévues lorsqu’il existe des fraudes dans les ventes
de marchandises.

81
Du point de vue juridique la protection des consommateurs se fonde depuis 1992 sur
l’article 169 du Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne selon lequel « L’union
contribue à la protection de la santé de la sécurité et des intérêts économiques des
consommateurs ainsi qu’à la promotion de leur droit à l’information et à l’éducation et à
s’organiser afin de préserver leurs intérêts ». Cela « afin de promouvoir les intérêts des
consommateurs et d’assurer un niveau élevé de protection des consommateurs.
Au Maroc, le mouvement consumériste a vu le jour durant les années 90, mais il ne s’est
renforcé que pendant les 10 dernières années. Le consumérisme est un mouvement de défense
des intérêts des consommateurs qui veille à ce que les produits ou services fassent l’objet d’une
information adaptée et qui aide à une rationalisation des comportements d’achat.
Par ses attributions, le mouvement consumériste contribue à : l’information du
consommateur, la représentation du consommateur, la résolution de ses litiges par les moyens
extra judiciaires et l’action en justice.
Selon P. Kotler : « le consumérisme est un mouvement social qui cherche à accroître les
droits et la force des acheteurs vis à vis des vendeurs ».
Selon Perrier : « c’est un mouvement social qui vise à modifier les relations entre
l’entreprise et le consommateur de façon à accroître le pouvoir de ces derniers »
C’est dans cette optique, le Maroc a instauré la loi 31-08 édictant des mesures de
protection du consommateur. Elle complète le dispositif juridique existant en matière de
protection du consommateur et met en place un cadre favorable pour la promotion du rôle des
associations de protection du consommateur
Cette loi est composée de 10 titres, de 206 articles, et de 21 chapitres.
Les droits du consommateur :
La loi 31-08 est un texte juridique qui renforce les droits fondamentaux du consommateur,
à savoir :

 Le droit d’être informé : Le droit nous octroie la possibilité de disposer des


informations nécessaires concernant le produit, le service ou bien à acheter et ce, pour
permettre de faire un choix raisonné, en toute transparence et de faire de vous un «
consommateur ». Ce droit nous protège également des informations trompeuses qui ont
pour but de vous induire en erreur.
 Le droit de préserver ses droits économiques : Ce droit assure une qualité convenable
du produit, du service ou bien correspondant au prix payé et à la protection contre les
clauses abusives lors de la signature des contrats. Le fournisseur ou le prêteur doit établir
une version écrite du contrat et doit se conformer aux clauses indiquées dans ledit
contrat.
 Le droit à l’écoute et à la représentation : Il permet au consommateur, lors d’un litige
avec un fournisseur, d’être conseillé, orienté et de se faire représenter par une
association de protection des droits de consommateur.
 Le droit de se rétracter : Offrir dans certains cas de figure, au consommateur un délai
de 7 jours pour changer son avis.
 Le droit de choisir : Garantir la liberté d’achat en fonction des besoins et des moyens
du consommateur

82
Les objectifs de la loi 31-08
Cette loi a pour principal objectif, le renforcement et la protection des droits des
consommateurs, et ce en leur garantissant une meilleure information en les protégeant contre
les clauses abusives et certaines pratiques commerciales, et prévoyant des dispositions
complémentaires relatives à la garantie conventionnelle, au service après-vente et au
surendettement.
Cette loi accorde aux associations de consommation reconnues d’utilité publique, le droit
d’ester en justice en représentation des intérêts collectifs des consommateurs.
Cette loi a pour finalité :

 D’assurer une information claire, objective et loyale au consommateur (prix, étiquetage,


conditions de vente) ;
 Renforcer la protection des intérêts économiques du consommateur (interdiction ou
réglementation de certaines pratiques commerciales) ;
 Rééquilibrer les relations consommateur-fournisseur (interdiction des clauses abusives,
garantie, crédit) ;
 Renforcer le mouvement consommateur en permettant aux associations de protections
de consommateurs d’être reconnues d’utilité publique et autorisés à ester en justice
Notre sujet présente deux intérêts, l’un théorique, l’autre pratique, en ce qui concerne le
premier intérêt, il s’agit de présenter le cadre légal et le régime juridique applicable dans le
domaine de la consommation et notamment la protection des consommateurs.
Concernant le deuxième intérêt, il s’agit d’analyser et d’interpréter le rôle de la loi 31-08
dans la protection des droits des consommateurs.
Le problème qui se pose avec force est de savoir comment la loi 31-08 assure une
protection efficace des consommateurs, et quels sont les droits garantis par ladite loi aux
consommateurs.
Pour ce faire, notre travail sera divisé en deux parties : la première sera consacrée à la
présentation de la loi 31-08 tandis que la deuxième partie sera réservée à l’étude des mesures
protectionnistes et insuffisances de la loi 31-08.

83
Partie I : La présentation de la loi 31-08 sur la protection du
consommateur.
CHAPITRE I : Les objectifs de la loi 31-08
La loi 31.08 édictant des mesures de protection du consommateur est considérée comme
un dispositif complémentaire à des réglementations existantes (notamment le texte sur la
répression des fraudes) pour combler certains vides juridiques. Elle est issue d’une large
concertation entre les départements ministériels, les associations de consommateurs, des
organisations et Chambres professionnelles ainsi que compétences universitaires pour le but de
garantir une meilleure protection au consommateur marocain. Comptant 203 articles, ce texte
se fixe pour principal objectif le renforcement et la protection des droits des consommateurs, et
ce, en leur garantissant plusieurs prérogatives.
Section 1 : Rééquilibrer la relation entre le consommateur et le fournisseur.
La loi 31-08 cherche en premier lieu à équilibrer les relations entre professionnels et
consommateurs en mettant à la charge des premiers des obligations qui sont autant de droits
pour les seconds. Professionnels d’un côté, consommateur de l’autre sont les sujets de cette loi.
C’est ainsi la loi a pour principale objectif accorder au consommateur une meilleur
information appropriée et claire sur les produits, biens ou services qu’il acquiert ou utilise. Dans
ce cadre, dans son article 38, le législateur marocain impose aux fournisseurs d’informer le
consommateur sur certains points qu’il estime fondamentaux avant même la formation du
contrat de consommation et ce afin de mieux protéger cet acteur économique vulnérable.
Alors, il s’agit d’un formalisme informatif qui vise la protection du consommateur, et de
rétablir l’équilibre des rapports entre professionnels et consommateurs. Deux objectifs sont
donc poursuivis par l’obligation d’information et de renseignement du consommateur, celui de
protéger son consentement c'est-à-dire de faire en sorte que son consentement ne soit pas vicié
par des mensonges, tromperies ou de simples omissions sur ses droits ou sur les caractéristiques
essentielles d’un bien ou d’un service d’une part, mais aussi de protéger sa santé et sa sécurité,
d’autre part.
En effet un consommateur averti en vaut deux. Une information claire est donc un
principe fondamental tel que reconnu par les différents organismes internationaux.
Le dernier point et non moins important : les associations de consommateurs sont enfin
consacrées dans leur mission. Celles-ci consistent à assurer l’information, la défense et la
promotion des intérêts des consommateurs. La loi exclut les associations qui comptent parmi
leurs membres des personnes morales ayant une activité à but non lucratif, perçoivent des aides
ou subventions d’entreprises ou de groupements d’entreprises fournissant des produits ou
services aux consommateurs, font de la publicité commerciale ou qui n’a pas un caractère
purement informatif, se consacrent à des activités autres que la défense des intérêts et
poursuivent un but à caractère politique.
Elles peuvent être reconnues d’utilité publique et doivent se constituer en fédération
nationale. Seules ces deux structures ont la possibilité d’ester en justice pour des faits qui
portent préjudice à l’intérêt collectif des consommateurs. Elles peuvent engager une action de
leur propre initiative ou être mandatées par au moins deux consommateurs. Toutefois, la loi
détermine par le menu la procédure à suivre, tant du point de vue de l’action en justice que des
procédures de recherche et de constatation des infractions.

84
En dernière analyse et dans la foulée des points précédents les objectifs de la loi 31-08
peuvent être résumés comme suit :

 L’obligation d’informer le consommateur par le fournisseur de biens ou le prestataire


de services avant la conclusion d’un contrat de vente
 L’obligation d’utiliser la langue arabe pour garantir une meilleure information du
consommateur
 La protection des intérêts économiques du consommateur notamment en ce qui
concerne les clauses abusives
 La réglementation de certaines pratiques commerciales utilisées par les fournisseurs
 La protection des consommateurs contre les défauts de la chose vendue, et la
détermination de l’étendue de la garantie conventionnelle et du service après-vente
 La mise en place de dispositions réglementant les crédits à la consommation et
immobilier
 Le renforcement et le développement du mouvement associatif.
Section 2 : La protection du consommateur en matière des contrats conclus à
distance.
Les marocains modernisent leur consommation, en effet ils procèdent à des achats à
distance en concluant avec des commerçants professionnels des contrats de vente à distance,
ces contrats sont généralement qualifiés comme des contrats déséquilibrés puisqu’ils mettent
en relation contractuelle un simple consommateur ayant pour but de satisfaire son besoin de
consommation et un commerçant plus fort économiquement et ayant pour but de générer des
profits.
En effet, le contrat de vente à distance est qualifié comme un contrat d’adhésion qui
nécessite l’intervention du législateur en vue de maintenir l’équilibre contractuel et de protéger
la partie faible au contrat qui est le consommateur.
C’est à ce niveau la loi 31-08 intervient pour le but de renforcer les contrats conclus à
distance ou en dehors des magasins ou des points de ventes.
Tout d’abord le texte impose aux cybercommerçants aux termes de l’article 29 de la loi
31-08 une obligation d’information relative à leur identité et à leur profession, ainsi ces
informations peuvent éclairer cyberconsommateur avant la conclusion du contrat en lui
permettant de connaitre avec qui il contracte. En outre, en cas de litige entre le fournisseur et le
consommateur relative à la communication de ces informations, la preuve incombe au
fournisseur, c’est donc au fournisseur qui doit prouver qu’il informé le consommateur de toutes
ces informations obligatoires et toute erreur ou omission entrainera la nullité du contrat en se
basant sur le fondement de l’erreur ou celui du dol, notamment la réticence.
Sur le plan pénal le Maroc a prévu de très lourdes sanctions en cas d’inexécution de
l’obligation d’information. Ainsi, l’article 17313 de cette loi prévoit pour toutes les infractions
qui sont liées au titre II (relative à l’obligation d’information) de la loi 31-08 et les textes pris
pour son application, une répression par une amende de 2000 à 5000 dirhams.
En ce qui concerne l’obligation d’information édictée dans les articles 29, 30 et 32 pour
les contrats à distance, l’article 177 de la loi 31-0814 précise que : « Les infractions aux
dispositions des articles 29, 30 et 32 sont punies d’une amende de 1.200 à 10.000 dirhams. En
cas de récidive, l’amende est portée au double ... ».

85
Enfin le législateur a mis en place depuis 2016, une cellule de contrôle des sites internet
marchands pour veiller à l’application des dispositions de la loi n° 31-08 en matière de vente à
distance pour éviter tout acte de fraude de la part du cybercommerçant.
Il convient également de préciser que le ministère de tutelle a prévu en raison de la
pandémie Covid-19, la digitalisation des réclamations en matière de la protection du
consommateur, via le portail www.khidmatealmostahlik.ma afin d’éviter aux consommateurs
de se déplacer à l’administration pour déposer leurs réclamations et surtout dans cet état
d’urgence sanitaire annoncé sur l’ensemble du territoire marocain pour faire face à la
propagation du coronavirus (Covid-19).
CHAPITRE II : Les droits garantis aux consommateurs.
La loi 31-08 sur la protection des consommateurs a été publiée, dans laquelle le législateur
a pris un certain nombre de mesures nécessaires pour protéger le consommateur contre les excès
de professionnels qui possèdent le pouvoir et les capacités qui les qualifient pour exploiter les
groupes vulnérables dans le domaine de la consommation.
Dans le cadre du renforcement de la satisfaction du consommateur, toute procédure qui
l'éclairerait et l'informerait sur le service ou le bien à lui fournir, et lui donnerait une opportunité
suffisante pour exprimer son avis afin que l'acceptation des termes du contrat avec son plein
consentement, ainsi que l'amélioration de la satisfaction du consommateur en le renforçant avec
des associations pour le défendre et le représenter devant le pouvoir judiciaire, en plus
d'empêcher Fausse publicité pour assurer la sécurité de la satisfaction et pour assurer la véritable
volonté du consommateur et non délirante ou trompeuse.
Section 1 : Le droit à l’information
Compte tenu de la domination économique des fournisseurs et du manque d'expérience
des consommateurs dans le domaine de la vente, le législateur tenu d’informer le consommateur
de la nature et des spécificités du bien ou du service qui lui est proposé, ainsi que d'indiquer son
prix afin que la volonté de ce dernier soit claire sur le type de contrat qui lui sera soumis.
Informer le consommateur du bien ou du service est considéré comme l'une des
obligations fondamentales du professionnel, comme le stipule le premier article de la loi 31-08
sur la protection des consommateurs : «D’assurer l’information appropriée et claire du
consommateur sur les produits, biens ou services qu’il acquiert ou utilise ...»
En outre, le troisième article de la même loi obligeait le fournisseur à informer le
consommateur des caractéristiques de base du bien ou du service, en particulier sa source et sa
date d'expiration, et en général toutes les informations s'y rapportant qui aideraient le
consommateur à faire un choix raisonnable en fonction de ses besoins et de ses capacités
matérielles.
Mais les caractéristiques de la chose sont nombreuses et donc le professionnel n'est pas
obligé de présenter au consommateur toutes ces caractéristiques, mais cet engagement se limite
aux caractéristiques essentielles.
Ainsi Le fournisseur doit informer le consommateur du prix de l'article vendu et de la
date de livraison. Informer le consommateur du prix d'un bien ou d'un service est considéré
comme l'un des services de base d'un professionnel. Ainsi, selon la loi n ° 008.71 promulguée
par le dahir du 12 octobre 1971, le législateur marocain a organisé la question de la publicité
des prix à l’article cinq de cette loi : « Les prix, réglementés ou non, des marchandises ou des
produits exposés ou mis en vente, doivent être affichés.»

86
Il a également été mentionné à l'article cinq de la loi sur la protection des consommateurs
: L’indication du prix ou du tarif, dont l’information est obligatoire en application de l’article 3
ci-dessus, doit comprendre le prix ou le tarif global à payer par le consommateur y compris la
taxe sur la valeur ajoutée, toutes autres taxes, ainsi que le coût de tous les services à payer
obligatoirement en supplément par le consommateur.
L'article 4 de la loi 31-08 ajoutait que : Le fournisseur est tenu également de délivrer une
facture, quittance, ticket de caisse ou tout autre document en tenant lieu à tout consommateur
ayant effectué une opération d’achat et ce, conformément aux dispositions fiscales en vigueur.
Il ressort clairement du texte de cet article que le législateur a tenté de réduire les chances
de manipulation professionnelle du prix que le consommateur doit payer, mais cette restriction
est liée à la demande du consommateur pour la facture, ce qui a réduit l'efficacité de cet article
en raison du manque de familiarité avec les textes juridiques Par une grande partie de la société
marocaine, négligeant la facture.
En conséquence, le fournisseur, doit informer le consommateur du prix de manière claire
et sans ambiguïté, dans le respect des droits fondamentaux des consommateurs, afin que la
vente se déroule dans les meilleures conditions appropriées pour les deux parties.
Dans de nombreux contrats conclus avec des consommateurs, la livraison n'est pas
immédiate, soit en raison de la nature du bien ou du service, soit pour des raisons spécifiques
au fournisseur, le consommateur restant en attente de livraison en fonction des circonstances et
de la volonté du fournisseur, malgré le respect total ou partiel de son obligation de payer le prix
du bien ou du service.
Ainsi, conformément à l'article 12 de la loi sur la protection des consommateurs : « Dans
tout contrat ayant pour objet la vente de produits ou de biens ou la fourniture d’une prestation
de service à un consommateur, le fournisseur doit, lorsque le prix ou le tarif convenu excède un
seuil fixé par voie réglementaire et que la livraison des produits ou des biens ou l’exécution de
la prestation n’est pas immédiate, préciser par écrit la date limite à laquelle il s’engage à livrer
de produits ou les biens ou à exécuter la prestation au niveau du contrat, de la facture, du ticket
de caisse, de la quittance ou de tout autre document délivré au consommateur. »
Section 2 : Le droit aux choix.
Le choix est naturel et peut être instinctif chez l'être humain qui essaie toujours de choisir
le meilleur en termes de qualité et de prix, donc lorsque vous achetez un fruit spécifique, vous
essayez toujours de choisir le meilleur disponible parmi eux.
Ainsi, l'un des droits des consommateurs les plus importants était le droit de choix, ce qui
signifie que le consommateur a le droit de choisir et de différencier un groupe d'articles et de
produits dont il a besoin et de ne pas l'obliger à acheter ce qu'il ne veut pas.
Pour que le consommateur ait la possibilité de jouir de ce droit, il doit y avoir un large
éventail de choix entre les variétés et les produits proposés, et ce choix est la forte motivation
de l'usine ou du produit à innover et à développer et améliorer la qualité de la marchandise qui
est produite en continu afin d'assurer sa survie, ou elle disparaîtra Du marché et remplacé par
de nouvelles marques privilégiées par le consommateur.
Le législateur a approuvé un ensemble de dispositions concernant certaines obligations
contractuelles imposées au produit. Ces dispositions visent dans leur ensemble à aider ce
consommateur et lui donnent le temps de réfléchir aux accords à conclure, y compris le
démarchage ou la vente à distance.

87
Selon l’article 25 on entend par technique de communication à distance : tout moyen
utilisé pour la conclusion d’un contrat entre un fournisseur et un consommateur sans la présence
simultanée des parties.
Et L'article 45 de la loi n ° 31-08 a défini le démarchage comme une technique
commerciale qui oblige le professionnel à rechercher la résidence du consommateur, le lieu de
travail, afin de lui proposer afin de lui proposer l'achat, la vente, la location, la location-vente
ou la location avec option d'achat de produits, biens ou la fourniture de services.
Étant donné qu'il existe une crainte que le consommateur ait acceptée l'accord sous
l'influence de la tentation du fournisseur, et que ce dernier l'ait poussé à se précipiter pour
accepter le contrat l'article 47 de la loi 31-08 dispose : Les opérations de démarchage visées à
l’article 45 doivent faire l'objet d'un contrat écrit dont un exemplaire doit être remis au
consommateur au moment de la conclusion de ce contrat. De plus, le consommateur peut résilier
son accord et résilier le contrat dans un délai de sept jours à compter de la date de la commande
ou s'engager à acheter, en envoyant le formulaire détachable au contrat par n’importe quel
moyen justifiant la réception.
Section 3 : Le droit à la rétractation.
Le droit de rétractation est le droit d'un consommateur d'annuler un contrat de vente,
accordé pour une durée limitée. Il peut être contractuel ou légal. (C'est-à-dire d'en annuler
l'achat, de retourner les produits, sans motif, et d'en obtenir le remboursement17. Ce retour
n'entraîne pas d'amendes ou de frais supplémentaires, à l'exception des frais de retour du
consommateur.
L’article 36 de la loi 31-08 mentionne : il est possible pour le consommateur de retirer
son acceptation sans encourir aucune obligation ; Le consommateur dispose d’un délai :

 de sept jours pour exercer son droit de rétractation ;


 de trente jours pour exercer son droit de rétractation, si le fournisseur n’honore pas son
engagement de confirme, par écrit les informations prévues dans les articles 29 et 32.
Et cela, sans avoir à se justifier, ni à payer des pénalités, à l’exception, le cas échéant, des
frais de retour.
Les délais mentionnés à l’alinéa précédent courent à compter de la date de réception du
bien ou de l’acceptation de l’offre pour les prestations de services. Lorsque le droit de
rétractation est exercé, le fournisseur est tenu de rembourser, sans délai, au consommateur le
montant total payé et au plus tard dans les 15 jours suivant la date à laquelle ce droit a été
exercé. Au-delà, la somme due est, de plein droit, productive d’intérêts au taux légal en vigueur.
L’article 13 dispose que si le délai mentionné à l’article 12 ci-dessus est dépassé de 7
jours et lorsque le retard n’est pas dû à un cas de force majeure, le consommateur dispose, sans
recours à la justice, de la faculté de résoudre de plein droit l’engagement le liant au fournisseur
portant sur le bien non livré ou la prestation non exécutée, par tout moyen justifiant la réception.
Le consommateur exerce ce droit dans un délai maximum de 5 jours après expiration du
délai de 7 jours prévu au premier alinéa ci-dessus.
Ce droit est subordonné à la notification par le consommateur au fournisseur, et le contrat
est considéré comme résilié dans ce cas à compter de la date de réception, et à condition que la
livraison ou la présentation n'ait pas été effectuée pendant la période comprise entre l'envoi du
message et sa réception.

88
En cas de résiliation de l'obligation selon les conditions prévues à l'article 13, le
fournisseur doit restituer les avances au consommateur dans un délai n'excédant pas sept jours,
à compter de la date de réception de l'avis précité. A partir du 8ème jour, cette somme est
productive d’intérêt de plein droit, au taux légal en vigueur au bénéfice du consommateur, sans
préjudice du droit qu’à ce dernier de réclamer des dommages et intérêts.
Le consommateur a également la possibilité de se rétracter lorsque la vente est effectuée
à distance là où la loi exige dans ce cas de fournir une offre préalable indiquant le nom de
fournisseur, son e-mail et son numéro d'enregistrement commercial, ou une identification
fiscale ainsi qu'une identification adéquate du bien ou du service offert, comment payer le prix,
les méthodes de livraison et la durée L'offre, y stipulant le droit du consommateur de se rétracter
de l'achèvement du contrat dans un délai de sept jours.
Cependant, ces exigences de protection des consommateurs liées aux délais de livraison
ne s'appliquent pas à tous les contrats de consommation, mais sont limitées aux contrats privés
de valeur financière spécifique en vertu d'un décret en 3000Dh.

89
Partie II : Mesures protectionnistes et insuffisances de la loi 31-08
CHAPITRE I : La protection du consommateur contre les clauses abusives.
La pratique contractuelle marocaine est marquée par un développement sans précédent
de contrats d’adhésion, c’est-à-dire de contrats préparés à l’avance par les professionnelles et
soumis à l’adhésion des consommateurs qui n’ont aucune possibilités réelles de négociation et
de discussion. Exigence de rationalisation de la gestion des entreprises, les contrats d’adhésion
présentent cependant de nombreux dangers pour les consommateurs.
Les professionnels y insèrent souvent des clauses abusives qui perturbent l’équilibre des
contrats au détriment des consommateurs. Les exemples sont nombreux : imposer au
consommateur qui n’exécute pas ses obligations une indemnité d’un montant
disproportionnellement élevé, autoriser le fournisseur à modifier unilatéralement les termes du
contrat sans raison valable et spécifiée dans le contrat et sans en informer le consommateur,
obliger le consommateur à exécuter ses obligations alors même que le fournisseur n’exécuterait
pas les siennes,...
Il fallait une intervention du législateur pour limiter les abus nés de telles pratiques. C’est
aujourd’hui chose faite.
La loi 31-0821 consacre en effet un titre spécial à la protection des consommateurs contre
les clauses abusives. Le législateur va agir directement sur le contenu du contrat en réagissant
contre les risques d’abus de nature à perturber l’équilibre du contrat au détriment des
consommateurs en proposant, pour la première fois, une réglementation d’ensemble des clauses
abusives.
Le contrat ne doit pas obliger uniquement parce qu’il a été voulu et encore moins parce
qu’une « adhésion » a permis sa conclusion mais parce qu’il réalise un minimum de justice et
d’équilibre.
Section 1 : Les critères d’identification d’une clause abusive.
Le législateur marocain a opté à travers la loi 31-08 dans son art 19 pour la fixation d’une
liste exhaustive des clauses abusives, facilitant ainsi la tâche aux juridictions qui seront appelées
à assainir les contrats de ce type de clause.
De façon indicative et non exhaustive, peuvent être regardées comme abusives, les
clauses ayant pour objet ou pour effet :
1. dans les contrats de vente de supprimer ou de réduire le droit à réparation du
consommateur en cas de manquement par le fournisseur à l’une quelconque de ses
obligations ;
2. de réserver au fournisseur le droit de modifier unilatéralement les caractéristiques du
produit, du bien à livrer ou du service à fournir.
3. D’exclure ou de limiter la responsabilité légale du fournisseur en cas de mort d’un
consommateur ou de dommages corporels causés à celui-ci, résultant d’un acte ou d’une
omission du fournisseur.
4. D’exclure ou de limiter de façon inappropriée les droits légaux du consommateur.
5. De prévoir un engagement ferme du consommateur, alors que l’exécution de
l’engagement du fournisseur est assujettie à une condition dont la réalisation dépend de
sa seule volonté.
6. D’imposer au consommateur qui n’exécute pas ses obligations une indemnité d’un
montant disproportionnellement élevé.

90
7. D’autoriser le fournisseur à résilier le contrat de façon discrétionnaire si la même faculté
n’est pas reconnue au consommateur.
8. D’autoriser le fournisseur à mettre fin sans un préavis raisonnable à un contrat à durée
indéterminée, sauf en cas de motif grave.
9. De proroger automatiquement un contrat à durée déterminée en l’absence d’expression
contraire du consommateur.
10. De constater de manière irréfragable l’adhésion du consommateur à des clauses dont il
n’a pas eu, effectivement, l’occasion de prendre connaissance avant la conclusion du
contrat.
11. D’autoriser le fournisseur à modifier unilatéralement les termes du contrat et sans en
informer le consommateur ;
12. De prévoir ou d’augmenter le prix ou le tarif des produits, biens et services au moment
de la livraison ou au début de l’exécution du service, sans que, le consommateur n’ait
de droit correspondant lui permettant de rompre le contrat.
13. D’accorder au fournisseur, seul, le droit de déterminer si le produit ou bien livré ou le
service fourni est conforme aux stipulations du contrat ou de lui conférer le droit exclusif
d’interpréter une quelconque clause du contrat.
14. De restreindre l’obligation du fournisseur de respecter les engagements pris par ses
mandataires ou de soumettre ses engagements au respect d’une formalité particulière.
15. D’obliger le consommateur à exécuter ses obligations alors même que le fournisseur
n’exécuterait pas les siennes.
16. De prévoir la possibilité de cession du contrat de la part du fournisseur, lorsqu’elle est
susceptible d’engendrer une diminution des garanties pour le consommateur.
17. De supprimer ou d’entraver l’exercice d’actions en justice ou des voies de recours
consommateur.
La liste est donc limitative et le juge pourra toujours considérer une clause abusive même
si elle ne figure pas parmi les 17 clauses de la liste indicative légale.
La loi 31-08 prévoit également qu’en cas de litige concernant une clause abusive, le
fournisseur doit apporter la preuve du caractère non abusif de la clause objet du litige. Cela
semble a priori favorable au consommateur mais cela signifie aussi qu’il est toujours possible
au professionnel de contester le caractère abusif de la clause qu’elle figure ou pas sur la liste
indicative.
En droit français, sur le terrain probatoire, le consommateur est dans une situation plus
confortable.
Section 2 : L’interdiction des clauses abusives, une nouveauté en droit marocain
Depuis 2009 en effet, on distingue deux listes :

 la liste noire des clauses abusives : clauses qui sont toujours abusives, et même
interdites. En cas de conflit, le juge les déclarera automatiquement non écrites, sans
contestation possible de la part du professionnel. Il s’agit de clauses présumées abusives
de manière irréfragable.
 la liste grise des clauses présumées abusives : Ces clauses sont présumées abusives
de manière irréfragable : juridiquement, cela signifie qu’elles sont abusives, à moins
que le professionnel ne démontre le contraire.
La loi considère nulles et de nul effet les clauses abusives contenues dans les contrats
conclus entre fournisseurs et consommateurs. Cependant, le contrat restera applicable dans
toutes ses dispositions autres que celles jugées abusives s’il peut subsister sans lesdites clauses.
91
Cette possibilité est originale car traditionnellement le contrat basé sur une volonté altérée était
frappé de nullité dans sa globalité. Cette sanction classique de la nullité de tout le contrat était
inopportun ; le consommateur a besoin du contrat mais ne veut pas se voir imposer des clauses
léonines. C’est désormais possible.
Ces dispositions de la loi concernant les clauses abusives sont d’ordre public, c’est-à-dire
qu’elles s’imposent aux parties -et en particulier aux fournisseurs- qui ne peuvent pas les
écarter.
Cette mise en conformité implique notamment que les contrats de consommation soient
débarrassés des clauses abusives qui y seraient actuellement insérées.
On constate ainsi que la loi 38-01 procède d’une vision plus réaliste des relations
contractuelles modernes et d’une approche plus objective du contrat où les éléments de loyauté,
de justice et d’équilibre doivent désormais trouver leur place au côté de la volonté.
Il est à noter que l’appréciation du caractère abusif d’une clause ne doit porter ni sur la
définition de l’objet principal du contrat ni sur l’adéquation du prix ou de la rémunération au
bien vendu ou au service offert pour autant que les clauses soient rédigées de façon claire et
compréhensible.
Cette restriction légale implique notamment le maintien de l’exclusion de la lésion
comme cause autonome de nullité des obligations. Le concept de clause abusive est, en droit
des contrats, distinct de celui de lésion qui est une différence entre le prix porté au contrat et la
valeur effective de la chose.
CHAPITRE II : La protection du consommateur face aux nouvelles pratiques
commerciales et endettement.
Pour nous procurer des biens ou des services, nous tous consommateurs entrons en
relation avec des personnes, physiques ou morales, qui font profession de vendre des biens ou
de fournir des services. Or la relation entre professionnel et consommateur est naturellement
déséquilibrée. La compétence du professionnel, les informations dont il dispose, et souvent sa
dimension financière, lui permettent de dicter sa loi au consommateur. Cela ne signifie pas que
les professionnels sont par hypothèse gens malhonnêtes, cherchant à abuser de la situation. Il
n’en est pas moins vrai que les professionnels sont, par la nature des choses, en position de
supériorité, et que les consommateurs risquent d’en être les victimes. Ce déséquilibre a toujours
existé. Déjà, en droit romain et dans l’ancien droit, diverses règles tendaient à protéger les
acheteurs contre les tromperies. Simultanément, le principe de l’autonomie de la volonté
devient la base du système juridique. Tous les contractants sont réputés également lucides et
raisonnables. Le droit de la consommation cherche à équilibrer les relations entre professionnels
et consommateurs : il met à la charge des premiers des obligations qui sont autant de droits pour
les seconds. Professionnels d’un côté, consommateur de l’autre sont les sujets du droit de la
consommation. De ce fait la loi 31-08 est venue protéger le consommateur marocain contre
toute sorte d’atteinte selon qu’il s’agit de nouvelle pratique (1) ou d’endettement (2)
Section 1 : La protection du consommateur face aux nouvelles pratiques.
Sous-section 1 : la protection du consommateur en matière de publicité
La loi marocaine ne définit pas le mot publicité, qu’elle emploie pourtant à diverse
reprise, il faut considérer comme publicité tout message adressé par un professionnel au public
dans le but de stimuler la demande de biens ou de services. Constituent des publicités, par
exemple, l’affiche dans la rue, la page d’un magazine ou l’annonce à la télévision, soulignant

92
les mérites de tel ou tel produit. L’émission d’un message publicitaire suppose généralement la
collaboration de trois personnes : l’annonceur, qui cherche à attirer les clients ; l’agence qui,
sur la demande de l’annonceur, élabore un message ; le support qui transmet le message au
public.
Les professionnels présentent la publicité comme une méthode d’information des
consommateurs. Cette affirmation contient une part de vérité : il est possible que, sans publicité,
les consommateurs ne sauraient que choisir entre les multiples biens et services qui leur sont
proposés. Mais la publicité n’a pas pour but essentiel d’informer. Faite pour inciter et pour créer
la mode, elle présente quelque danger pour les consommateurs, car le dessein de séduire est
difficilement compatible avec une information complète et objective. Il n’est pas question, dans
un système libéral, d’interdire la publicité.
La libre concurrence suppose que chaque entreprise ait le droit de présenter ses produits
et d’en vanter les mérites. Avant d’aborder la réglementation de la Publicité comparative il
s’avère opportun de traiter dans un premier lieu l’interdiction de la Publicité mensongère Il est
interdit à un professionnel ou à un particulier de mentir sur les qualités d’un produit mis en
vente. L’annonceur pour le compte duquel la publicité est diffusée est considéré comme
principal responsable de l’infraction commise. Si l’infraction est commise par une personne
morale, dans le cadre d’une entreprise, la responsabilité incombe à ses dirigeants.
Sous-section 2 : Protection du consommateur contre le démarchage et les types de
ventes prohibées.
Paragraphe 1 : Le démarchage d’après la loi 31-08
Le démarchage consiste à aller au-devant de la clientèle pour lui proposer des biens ou
des services. Il suppose la présence physique du démarcheur, ce qui le distingue de la vente à
distance. Le démarchage se fait, le plus souvent, au domicile du consommateur : il prend, pour
cette raison, le nom de vente à domicile ou de porte à porte. Il est particulièrement développé
pour les appareils domestiques, les produits d’entretien, les livres, les assurances. I peut aussi
concerner des prestations de services. La vente par démarchage reçoit, dans la pratique
professionnelle, le nom de vente directe : ainsi il existe un syndicat de la vente directe.
Cette méthode de distribution présente un avantage pour le consommateur : elle lui évite
tout déplacement. Mais le démarchage est un procédé qui peut devenir agressif : certains
démarcheurs savent forcer les portes et les consentements grâce à des discours ou la vérité et le
mensonge sont adroitement mêlés. Les consommateurs les plus faibles sont leurs victimes
désignées : surpris chez eux, ils ne savent pas résister aux sollicitations et achètent sans réfléchir
des objets inutiles et dispendieux. Les démarcheurs, en cette affaire, sont moins critiquables
que ceux qui les emploient et qui les poussent à utiliser des moyens agressifs.
Paragraphe 2 : Les ventes prohibées analysé par la loi 31-08
Certaines méthodes de vente ou de prestation de service font l’objet d’une réglementation
plus poussée. De même, le crédit destiné aux consommateurs fait plus particulièrement l’objet
de toutes les attentions du législateur. Si tous ces contrats de consommation sont au cœur du
droit de la consommation, c’est parce qu’ils reposent sur la surprise, la séduction, la pression
ou la manipulation du consommateur. Leur danger est donc évident et le législateur intervient
pour limiter les risques d’atteinte au libre arbitre des consommateurs, voire pour interdire
certains procédés qui vont trop loin dans la déstabilisation des consommateurs Ces méthodes
en principe interdites sont Ventes en solde le refus de vente ou de prestation de services les
ventes ou prestations de services avec prime les ventes à la boule de neige et les loteries

93
 Ventes en solde.
Les annonces de soldes font naitre chez les consommateurs l’espoir, réel ou illusoire, d’un
prix réduit dont il faut rapidement profiter. Les foules qu’attirent les soldes démontrent
l’efficacité du procédé. Et aussi son danger, à la fois pour les concurrents, dont la clientèle est
détournée, et pour les consommateurs, qui procèdent à des achats inconsidérés. Ce type de vente
n’est pas interdit, mais il est réglementé. Selon la loi 31-08 : « la vente en solde ne peut être
pratiquée que si elle est accompagnée d’un affichage clair et lisible du terme solde.

 Loteries publicitaires.
La loi 31- 08 annonce dans son article 61 que : « Toute opération de loterie publicitaire
répondant à la définition prévue au premier alinéa de l’article 60 doit faire l’objet d’un
règlement particulier. Les organisateurs de loterie publicitaire doivent déposer auprès de
l’administration compétente le règlement précité et un exemplaire des annonces ou documents
adressés au public. L’administration concernée s’assure de leur régularité et du déroulement de
l’opération publicitaire.
La loterie est un jeu qui entraine l’espérance d’un gain du totalement ou partialement à
l’intervention du hasard. Elle a souvent un but publicitaire : une entreprise organise une loterie
et invite les consommateurs à y participer, au moyen d’une publicité mettant en relief les lots
qui seront attribués aux gagnants.
Le procédé sert à promouvoir l’entreprise et ses produits. Mais il n’est pas sans danger
pour les consommateurs et a suscité l’intervention du législateur.
Celle-ci conduit à distinguer deux catégories de loteries publicitaires, les loteries exigeant
une contrepartie sont en principe prohibées.
Section 2 : La protection du consommateur face à l’endettement.
Avant de prendre son caractère international, le crédit bancaire a connu ses premiers pas
aux Etats- Unis qui peuvent être considérés comme étant le berceau des prêts bancaires. Mais
tout en considérant les divers risques qui sont inhérents à de telles opérations. Les hommes de
la loi ont pris conscience, que ce produit peut mettre en dangers les droits du consommateur.
Pour cela, ils ont mis tout un corpus juridique adéquat encadrant la matière. Face à ce
courant consumériste, Le Maroc était condamné à y adhérer, en élaborant une loi édictent des
mesures de protection du consommateur en consacrant le titre VI à fournir certaines protections
au consommateur des produits bancaire.
Le crédit à la consommation
En garantissant la protection du consommateur quant aux clauses contenues dans les
contrats de consommation notamment les clauses abusives et celles relatives aux services
financiers, aux crédits à la consommation, aux ventes à distance et aux démarchages.
De même, cette loi fixe les conditions et les procédures relatives à l’indemnisation ou à
la réparation des dommages ou préjudices touchant le consommateur.
Elle permet également d’assurer la représentation et la défense des intérêts des
consommateurs à travers les associations de consommateurs constituées conformément aux
dispositions de la présente loi.

94
Dans le cadre des contrats de crédit à la consommation, la loi en vigueur a renforcé les
droits des emprunteurs et imposé aux prêteurs une règle la loi n°31-08 édicte les mesures de
protection des consommateurs. Ses principaux axes sont :
Une plus grande protection En garantissant la protection du consommateur quant aux
clauses contenues dans les contrats de consommation notamment les clauses abusives et celles
relatives aux services financiers, aux crédits à la consommation, aux ventes à distance et aux
démarchages.
De même, cette loi fixe les conditions et les procédures relatives à l’indemnisation ou à
la réparation des dommages ou préjudices touchant le consommateur.
Elle permet également d’assurer la représentation et la défense des intérêts des
consommateurs à travers les associations de consommateurs constituées conformément aux
dispositions de la présente loi.
La loi n°31-08 édicte les mesures de protection des consommateurs. Ses principaux axes
sont : Une meilleure information ; Notamment en obligeant les établissements financiers à
donner une information appropriée et claire au consommateur sur les produits, biens ou services
qu’il acquiert ou utilise.
Dans le cadre des contrats de crédit à la consommation, la loi en vigueur a renforcé les
droits des emprunteurs et imposé aux prêteurs.
CHAPITRE 3 : Les lacunes et les insuffisances de la loi 31-08.
Tant attendue, notamment par les professionnels de l'import-export et par le peu de
consommateurs marocains soucieux du respect de leurs droits, la loi de protection du
consommateur n'en a pas fini de faire parler d'elle. Publiée au bulletin officiel du 7 avril dernier,
la loi 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur n'en reste pas moins encore à
ses balbutiements.
«Malgré le caractère innovateur de la loi 31-08, elle reste imparfaite du fait des lacunes
juridiques et des insuffisances qu'il faudra combler à l'avenir», résume ainsi Mehdi Diouri,
avocat au barreau de p et spécialiste du droit des affaires.
Invité à intervenir à un séminaire organisé par la Chambre allemande de commerce et
d'industrie au Maroc, l'avocat n'a pas mâché ses mots quant au contenu de cette loi.
«Sur les 206 articles que contient cette loi, 17% (articles 69-105) portent sur les crédits
de consommation et 19% sur les crédits immobiliers (106-146).
En groupant ces deux domaines et en y ajoutant les dispositions générales, le texte
consacre 60% de son contenu aux crédits comme si le crédit était une fatalité de la société
marocaine», précise ainsi l'avocat. Et pourtant, c'est dans ce seul domaine que la loi a fixé un
délai de mise en conformité : les contrats de crédits à la consommation doivent en effet inclure
les nouvelles dispositions fixées par la loi, au plus tard à la fin de ce mois-ci. De l'avis d'un
responsable de Crédit du Maroc, les nouveaux contrats de crédits à la consommation et de
location avec option d'achat sont pratiquement finalisés au sein du GPBM.
Restent en suspens les offres préalables de crédit immobilier. D'un autre côté, les
dispositions protégeant la sécurité et la santé du consommateur sont le parent pauvre de cette
loi.

95
Section 1 : Référence et recours à d’autres lois et règlements
Parmi les remarques qu’on peut faire c’est le recours impératif et immédiat aux textes
réglementaires pour préciser et compléter les dispositions de la loi 31-08, à cet effet on peut
citer à titre d’exemple :

 Décret n°2.12.503 (publié au BO, n°6192 du 3 octobre 2013)


 Décret n 2.12.462 (publié au Bo, n°6110 du 20/12/2012)
 Arrêté du ministre de l'industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie
numérique n°3-14 fixant les mentions du formulaire détachable destiné à faciliter
l'exercice de la faculté de rétractation en matière de démarchage ( publié au BO, n°6274
du 17-7-2014)
 Arrêté du ministre de l'industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie
numérique n°06-14 fixant les mentions obligatoires, la forme et les modalités
d'apposition de l'étiquette sur les biens ou les produits dans le secteur du commerce et
de l'industrie (publié au BO, n° 6288 du 4-9-2014)
 Arrêté conjoint du ministre de l'industrie du commerce de l'investissement et de
l'économie numérique et du ministre de l'économie et des finances n°4035-14 fixant le
montant de l'indemnité exigée au titre des intérêts non encore échus en cas de
remboursement par anticipation du crédit immobilier. Ces décrets et arrêtés ont pour
objet de compléter la loi 31-08 soit à travers la réglementation ou bien par le fait
d’apporter des définitions, mais le problème qui se pose c’est le retard pour la
promulgation et la mise en œuvre de ces règlements, chose qui rend la loi inapplicable
puisque de nombreuses dispositions doivent être précisées pour être appliquées, à titre
d’exemple les modalités de dépôt et d’instruction des demandes d’instruction spéciale
pour ester en justice pour les associations de protection du consommateur arrêté numéro
895.18 du 22 mars 2018, donc il y a un retard entre la promulgation de la loi et la mise
en œuvre des décrets et des arrêtés
A ce propos il faut noter que jusqu’à maintenant plusieurs décrets et règlements n’ont pas
encore vu le jour tel que le décret N°2-11-427 pris pour l’application de certaines dispositions
de la 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur ainsi le décret N°2-12-176
édictant le modèle des statuts-type des associations de protection du consommateur susceptibles
d’être reconnues d’utilité publique Ainsi la loi 31-08 fait référence à d’autres lois pour la
réglementation de certaines opérations à savoir le dahir formant code des obligations et des
contrats à titre d’exemple pour les garanties légales et défauts de la chose vendue La loi n°77-
03 relative à la communication audiovisuelle notamment pour la règlementation de la publicité,
et la loi n° 53- 05 relative à l'échange électronique de données juridiques en ce qui concerne les
contrats conclus à distance.
Section 2 : Application de la loi 31-08
Certaines dispositions de la loi 31-08 n’ont pas été appliquées, à savoir la création d’un
Fonds national pour la protection du consommateur prévu à l’article 156, destiné à financer les
activités et les projets visant à la protection du consommateur, à développer la culture
consumériste et à soutenir les associations de protection du consommateur constituées, ce fonds
n’a toujours pas été mis en place, faute de décret d’application.
Dans le même sens le conseil consultatif supérieur de la consommation prévu à l’article
204 il s’agit d’un conseil sous forme d'institution indépendante, chargé notamment de proposer

96
et de donner son avis sur les mesures destinées à promouvoir la culture consumériste et à
augmenter le niveau de protection du consommateur.
Selon le Projet de Décret portant création du Conseil Consultatif Supérieur de la
Consommation, ce conseil aura pour rôle de :

 procéder à titre consultatif à l’examen préalable des projets de textes relatifs à la


protection du consommateur qui lui sont soumis par les pouvoirs publics
 émettre des avis consultatifs sur les questions d'ordre général ou spécial se rapportant à
la défense, à la protection, au respect et au renforcement des droits du consommateur
 conseiller les pouvoirs législatifs et exécutifs sur les questions intéressant le
consommateur
 étudier et proposer les orientations susceptibles de renforcer l'action gouvernementale
dans le domaine de la consommation et la protection du consommateur.
Ce conseil sera présidé par le Ministre chargé du Commerce et de l’Industrie, ou par son
représentant.

97
Conclusion
En guise de conclusion, il parait évident de mettre en place de nouvelles techniques ainsi
que l’instauration de nouveaux amendements en vue de renforcer l’efficacité de la loi 31-08
dans la protection des consommateurs. L’amendement de la loi permettra également de «
renforcer substantiellement le contrôle et de mettre en place les organes consultatifs »
En effet, l’article 204 de la loi existante ne dispose qu’un conseil consultatif supérieur de
la consommation sera institué sous forme d’institution indépendante, chargé notamment de
proposer et de donner son avis sur les mesures destinées à promouvoir la culture consumériste
et à augmenter le niveau de la protection du consommateur.
Ce conseil, dont la composition et les modalités de fonctionnement doivent être fixées
conformément à la législation en vigueur, n’a toujours pas vu le jour.
Il est à noter que la meilleure des façons à travers laquelle on peut protéger le
consommateur, est l’imposition de la facturation non seulement entre professionnels c’est-à-
dire entre producteurs grossistes, grossistes détaillants (comme la mentionne la loi 104.12) mais
aussi entre professionnels et consommateurs.
La facture est la source de garantie, de sécurité et de santé pour le consommateur. Elle
constitue un moyen tangible de protection.

98
Département Droit Privé
Master « Juriste d’AffAires »
Semestre Deuxième
Exposé N°5

La protection du
consommateur contre les
clauses abusives
Professeur : Mr. Driss JOUIDI

Année Universitaire :
2019-2020
99
Thème 5 : La protection du consommateur contre les clauses abusives
Introduction
La protection du consommateur est une préoccupation ancienne qui se renouvelle au fil
des siècles. En effet, « on a toujours consommé et le consommateur existe depuis des
millénaires.

Ses problèmes se perdent dans la nuit des temps. Ses luttes datent de l’apparition du
commerce ». Or, les commerçants ou professionnels sont généralement en position de
supériorité par rapport aux consommateurs en raison des meilleures connaissances techniques
et des capacités financières plus importantes. Ce déséquilibre s’étant accentué avec
l’accroissement de la taille des entreprises, la complexité des produits et des services, le
développement du crédit et de la publicité, il a paru souhaitable de faire bénéficier les
consommateurs de certaines mesures de protection afin de contrebalancer les avantages que les
professionnels retirent de leur position. La protection du consommateur est donc née de la
volonté de protéger la partie faible.

La clause abusive est une stipulation contractuelle qui a pour effet ou pour objet de créer
au détriment du consommateur un déséquilibre significatif entre les droits et les obligations des
parties au contrat.

L’abus du professionnel est présumé, mais l’appréciation du caractère abusif ne peut


porter ni sur la définition de l’objet principal du contrat ni sur le prix ou la rémunération

La notion de concurrence est aujourd'hui légalement encadrée afin de conduire l'économie


vers ce qui serait son objectif ultime : le bien être des individus.

Cependant, malgré ce dispositif législatif, les intérêts de ces individus ont souvent été mis
à mal. Le droit s'empare alors de la notion de consommateur, considéré jusqu'alors comme un
agent économique et instaure les lois de sa protection.

Le consommateur est une personne physique qui agit à des fins qui n’entrent pas dans le
cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale

Au sens de la théorie classique le consommateur demeure un agent final : un individu qui


gagne un certain revenu, doté d'un certain nombre de besoins qu'il essaie de satisfaire et achetant
sur le marché un certain nombre de biens et services.

A l'inverse, les théoristes modernes appréhendent le consommateur comme un individu


qui anticipe : le consommateur est caractérisé par sa faculté de choisir sur un marché
concurrentiel. Économiquement le consommateur est donc considéré comme le moteur de la
compétition entre les entreprises concurrentes

Ainsi désormais deux politiques et deux corps de règles se confortent et se complètent :


le droit de la concurrence et le droit de la consommation. Ce que John Vickers exprime de la
manière suivante : «competitive market forces are forces that work for consumers ».

Pour le référentiel international, il s’agit des référents relatifs à l’ONU et l’UE


essentiellement : la déclaration internationale des droits de l’homme, le pacte international
relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la résolution de l’assemblée générale des
Nation Unis n° 248/39 DU 914/85 relative à l’adoption des droits fondamentaux du

100
consommateur, la convention de la protection des droits de l’homme dans le cadre du conseil
d’Europe, la convention de la création de la communauté européenne chapitre 14 « protection
du consommateur », les directives, émanant du parlement européen, et du conseil de l’UE,
relatives à la protection du consommateur et la Directive n° 83/2011 relative aux droits des
consommateurs.

S’ajoute à cela un référent politico-économique qui a accéléré la mise en place du cadre


juridique de la protection du consommateur chez nous, et c’est le statut avancé que le Maroc a
souhaité avoir avec l’Union Européenne, qui imposait certaines mesures formant un ensemble
indivisible et cohérent et dont la protection du consommateur en est une de ces principes.

En effet, Le droit de la consommation désigne le droit régissant la relation marquée par


un déséquilibre entre les consommateurs et les professionnels. Il rassemble l’ensemble des
dispositions spécifiques qui protègent les premiers face aux pratiques des seconds.

La loi 31-08 comportes des dispositions protectrices des consommateurs.

Cette loi, partant de l’existence d’une inégalité de situation entre le professionnel et le


consommateur, a pour finalité de :

 Corriger et assurer l’équilibre dans la relation contractuelle liant le professionnel au


consommateur
 Garantir la protection du consommateur quant aux clauses contenues dans le contrat lors
de sa formation et de son existence, notamment les clauses abusives
 Et de reconnaitre le mouvement associatif en matière de défense des intérêts des
consommateurs.
 D’assurer l’information appropriée et claire du consommateur sur les produits, biens
ou services qu’il acquiert ou utilise
 De fixer les garanties légales et contractuelle des défauts de la chose vendue et du
service après-vente et de fixer les conditions et les procédures relatives à
l’indemnisation des dommages ou préjudices qui peuvent toucher le consommateur ;
 Définir les relations entre le consommateur et le fournisseur.
On entend par consommateur toute personne physique ou morale qui acquiert ou utilise
pour la satisfaction de ses besoins non professionnels des produits, biens ou services qui sont
destinés à son usage personnel ou familial. Le fournisseur est défini comme toute personne
physique ou morale qui agit dans le cadre d’une activité professionnelle ou commerciale. Les
personnes de droit privé, délégataires de la gestion d’un service public, sont soumises aux
obligations imposées au fournisseur par la présente loi. Les personnes morales de droit public
sont soumises aux obligations imposées au fournisseur, sous réserve des règles et principes qui
régissent l’activité de service public qu’elles gèrent.
Il est à rappeler que cette législation protectrice des intérêts de la partie faible ne
s’applique que pour les contrats conclus entre un professionnel et un non professionnel ou
consommateur civil.
Il va sans dire que la loi n° 31-08 a introduit la notion de « clause abusive », afin de mieux
protéger le consommateur.

101
La clause abusive est une clause ayant pour objet ou pour effet de créer un déséquilibre
significatif entre les droits et obligations des parties au contrat, au détriment du non-
professionnel ou du consommateur.
Quant au référent national, il est riche avec un arsenal de plus de 300 textes juridiques et
réglementaires dans le domaine de la protection du consommateur composé de textes de droit
public et ceux du droit privé. Il y en a ceux qui sont apparus avant la loi 31/08 et depuis 1914 ;
comme le dahir du 14/10/1914 relatif aux recherches des infractions, et ceux qui sont apparus
après la loi 31/08. Ainsi que d’autres lois qui viennent après la loi 31/08 et constituent un cadre
complémentaire du système juridique en matière de protection du consommateur à travers
laquelle sont renforcés quelques droits fondamentaux. D’autres dispositions légales et
réglementaires spécifiques viennent aussi contribuer au renforcement de la protection du
consommateur dans de multiples secteurs.
Cela étant, le consommateur doit aussi être responsable, et doit observer certaines
obligations : il doit être averti, actif, socialement responsable, écologiquement responsable et
solidaire. Et pour lui permettre de préserver ses droits, le législateur a confirmé l’exercice et le
rôle de ses représentants « les associations des consommateurs », et y a réservé tout un chapitre
dans la loi 31/08.
Les associations de consommateurs marocaines font partie d’un corps mondialement
connu sous le nom du mouvement consumériste, qui est apparu au XX siècle après le discours
du président American John.F. Kennedy le 15 mars 1962, qui a proclamé les quatre droits
fondamentaux du consommateur.
Le mouvement consumériste a vu le jour au Maroc aux années 90, mais il ne s’est renforcé
que pendant les 10 dernières années. Leur cadre légal est défini par le dahir n° 1-58-378 du 15
novembre 1958, et ses modifications qui réglementent les associations ainsi que la loi 31/08 qui
définit les organisations de protection du consommateur comme les seuls représentants des
consommateurs, s’ajoutent à cela le décret d’application n° 2-12-462 qui définit le statut type
des ADC reconnues d’utilité publique. Le mouvement consumériste partage et défend les
mêmes valeurs reconnues mondialement. Le mouvement consumériste contribue à la
transformation sociale et économique, il éduque le consommateur à être responsable, négocie
et ester en justice.
Par ses attributions le mouvement consumériste contribue à : l’information du
consommateur, la représentation du consommateur, la résolution de ses litiges par les moyens
extra judiciaires et l’action en justice. Ainsi le législateur marocain à travers la loi 31/08, veille
à garantir une information appropriée et claire du consommateur sur les produits, biens ou
services qu’il acquiert ou utilise; à garantir la protection du consommateur quant aux clauses
contenues dans les contrats de consommation notamment les clauses abusives et celles relatives
aux services financiers, aux crédits à la consommation et immobiliers, ainsi qu’aux clauses
relatives à la publicité, aux ventes à distance et aux démarchages ; fixer les garanties légales et
contractuelles des défauts de la chose vendue et du service après-vente et de fixer les conditions
et les procédures relatives à l’indemnisation des dommages ou préjudices qui peuvent toucher
le consommateur et à assurer la représentation et la défense des intérêts des consommateurs à
travers les associations de protection du consommateur opérant conformément aux dispositions
de la présente loi.

102
Les prémices de la protection du consommateur se situent aux États-Unis sous
l’impulsion du mouvement consumériste. Le consumérisme est une réaction contre les excès
de la société de consommation et les abus de certains professionnels. Il repose sur l’idée que le
consommateur est manipulé par la publicité et le marketing, générateurs de besoins artificiels
et d’illusions d’une fausse abondance. La protection du consommateur trouve ainsi ses origines
en Amérique, et donc hors d’Afrique À ce jour, cette protection reste timide sur le continent
africain.
Après les États-Unis, le mouvement a pris corps en Europe, notamment en France, avant
de trouver sa consécration sur le plan mondial par l’Organisation des Nations Unies (ONU). La
définition de la notion de consommateur a constitué le premier défi de cette transposition
transatlantique.
D’un côté, Il est important d’encourager les investisseurs pour répondre aux attentes de
la population. De l’autre, il n’est pas souhaitable que les droits qui sont accordés aux
investisseurs leur permettent, en abusant de ceux-ci, de remettre en cause les droits des
consommateurs.
A ce stade et après avoir introduire notre sujet, la problématique qui se pose est la
suivante :
Comment se manifeste les aspects de la protection du consommateur, par la loi et les
organismes chargés en la matière ?
Pour répondre à cette problématique, on va traiter la question de la protection du
consommateur durant les phases de la vie du contrat à savoir, la phase précontractuelle (partie1),
et durant son exécution et après son extinction (partie2).

103
Partie 1 : la protection précontractuelle du consommateur contre les
clauses abusives
Chapitre 1 : la détection des clauses abusives
Section 1 : la notion de la clause abusive
Dans les contrats conclus entre fournisseur et consommateur, est considérée comme
abusive toute clause qui a pour objet ou pour effet de créer, au détriment du consommateur, un
déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat.

De ce fait on va déterminer dans cette partie, les personnes et les contrats concernés, le
déséquilibre significatif, et on citera des illustrations en la matière.

Sous-section 1 : Les personnes et les contrats concernés


Professionnel, consommateur ... et non professionnel

Il a déjà été vu que l’une des difficultés majeures du droit de la consommation résidait
dans le fait que cette législation, ayant vocation à s’appliquer à des catégories de personnes, ne
les définissait pas, ou alors très imparfaitement C’est d’ailleurs précisément à propos de la
législation sur les clauses abusives que les débats ont été les plus nourris et que la jurisprudence
a tenté de montrer la voie.

S’agissant du consommateur, il s’agit classiquement de celui qui contracte pour des


besoins privés ou, pour définir par le contraire, qui ne se rattache pas à son activité
professionnelle, en effet On entend par consommateur toute personne physique ou morale qui
acquiert ou utilise pour la satisfaction de ses besoins non professionnels des produits, biens ou
services qui sont destinés à son usage personnel ou familial

S’agissant du professionnel l’art 2 de la loi 31-08 précise que le fournisseur est défini
comme toute personne physique ou morale qui agit dans le cadre d’une activité professionnelle
ou commerciale

La question, fondamentale et plus générale, est alors de savoir si ces efforts de définition,
propre à la matière des clauses abusives, peuvent être étendus à tout le droit de consommation.
La définition du consommateur, du professionnel et du non-professionnel serait alors unitaire...
La définition légale du consommateur répond pour partie à la question, mais laisse intacte la
question du non-professionnel. L’application parfois à géométrie variable des dispositions du
code, et notamment en matière de clause abusive, nous conduit à souhaiter une disparition pure
et simple de la notion de non-professionnel, d’autant plus que les perspectives d’évolution du
droit commun pourraient assurer une protection efficace aux personnes qui sont aujourd’hui
qualifiées de non-professionnelles.

La législation consumériste sur les clauses abusives :

 profite au consommateur et au non-professionnel. Sont exclus les contrats entre


particuliers ou entre professionnels, quelle que soit leur taille ou leur structure, entre
deux sociétés commerciales
 même si le contrat sort de leur domaine d’activité

104
 s’applique aux contrats de consommation, quelle que soit leur objet ou leur qualification
vente, prestations de services, locations...
 concerne tant les contrats d’adhésion, comme le contrat standardisé de services
juridiques conclus entre un avocat et son client
 vise des clauses abusives et non des contrats de consommation abusifs
 vaut tant pour les clauses stipulées dans les contrats individuels que pour celles figurant
dans les modèles de contrats, contrats types ou conditions générales pré-rédigés par les
professionnels ou par leurs organisations de rattachement servant de base à des contrats
futurs et souvent scrutés par les associations de consommateurs

De surcroit plusieurs précisions doivent ici être apportées. S’agissant des contrats dans
lesquelles peuvent figurer des clauses abusives, le texte ne fait ici aucune distinction, et par
conséquent il n’y a pas lieu d’en faire. Il en résulte que tous les types de contrat peuvent être
concernés par la réglementation sur les clauses abusives : vente, louage, prestation de service,
etc.

La loi prend même le soin de préciser que la protection s’étend quel que soit le support
de la convention, ou de la clause... Et de donner une liste, non exhaustive : bon de commande,
facture, bon de garantie, bordereau ou bon de livraison, billet ou ticket, dès lors qu’ils
contiennent des stipulations négociées (librement ou non) ou des références à des conditions
générales préétablies.

La précision n’était sans doute pas nécessaire, mais elle a le mérite de mettre l’accent sur
un élément important : ce n’est pas le contrat en lui-même et dans son entier, qui est abusif,
mais bien certaines de ses clauses seulement. Il est alors logique d’admettre le régime
protecteur, quel que soit le support de la clause. Ce qui compte, c’est que la stipulation ait été
introduite dans le champ contractuel, qu’elle soit porteuse d’une obligation.

Peu importe alors l’instrumentum, le moyen utilisé pour lui donner force obligatoire. En
revanche, si la notion de contrat est largement entendue, elle n’est appréhendée qu’en tant
qu’elle est le support des clauses qui seront examinées. En effet, c’est sur elles que le contrôle
sera opéré, et non sur le contrat dans son ensemble. Autrement dit, le support de la clause peut
être très divers mais en tout état de cause, seule la clause est abusive. C’est ainsi que le contrôle,
s’il peut éventuellement porter sur une clause compromissoire, ne peut en revanche porter sur
un compromis. Ce qui est contrôlé, c’est une clause dans un contrat, non le contrat lui-même.
Cette précision permet également discerner la finalité pratique de ce système de contrôle : il ne
s’agit pas de remettre en question la validité de la convention mais, au contraire, de la maintenir
mais expurgée de ses causes de déséquilibre. C’est aussi pourquoi le contrôle ne peut porter sur
l’ensemble d’un contrat : il ne s’agit pas de vérifier l’équilibre d’ensemble du contrat, voire de
ses prestations mais de rechercher, au sein de celui-ci, les clauses elles-mêmes déséquilibrantes.
Mais la différence est parfois bien ténue...

Sous-section 2 : Le critère du déséquilibre significatif


En premier lieu, il n’est pas nécessaire que la clause ait effectivement créé le déséquilibre
; il suffit qu’elle ait été rédigée en ce sens ou qu’elle soit seulement susceptible de le produire.
Plus que l’effet réellement produit, c’est bien le déséquilibre, au moins potentiel, qui est
sanctionné. Et ce déséquilibre peut trouver sa source dans une clause principale, ou bien
accessoire, peu importe. En deuxième lieu, l’appréciation du caractère abusif d’une clause doit
être globale.

105
Certes, le déséquilibre doit s’apprécier au jour de conclusion du contrat, mais au regard,
notamment, de toutes les circonstances qui entourent sa conclusion. Allant plus loin, le texte
précise encore que cette appréciation doit se faire en contemplation de l’ensemble du contrat.
En effet, bien souvent, il est difficile de déterminer si une clause, en elle-même, crée le
déséquilibre caractéristique de l’abus ; il faut alors examiner les autres stipulations de la
convention pour voir si leur rapprochement fait naître le déséquilibre. La technique se rapproche
ici de celle qui est propre à l’interprétation des contrats : comprendre la partie en embrassant le
tout.

Pour autant, il ne s’agit pas d’interprétation, ou plus exactement pas nécessairement. Une
clause peut-être obscure doit alors être interprétée : en cas de doute, le juge doit faire pencher
le plateau de la balance du côté du consommateur, et il serait surprenant que le résultat d’une
telle démarche conduise à conférer à la clause une telle qualification... sauf à ce que cette
interprétation ait précisément pour but de reconnaître le caractère abusif de la clause à seule fin
de la reconnaître abusive, et donc non écrite ! Plus généralement, la clause litigieuse est
parfaitement claire, et il n’y a pas de doute sur son contenu. La question est seulement de savoir
si ce contenu entraîne un déséquilibre significatif et, pour ce faire, le juge devra examiner
l’ensemble du contrat. La méthode utilisée est donc la même, mais la fin est différente : non pas
donner un sens à la clause, mais s’attacher à ses effets

En troisième lieu, il faut remarquer que le texte vise le déséquilibre significatif. Autrement
dit, tout déséquilibre ne rend pas une clause abusive : il faut qu’il soit significatif. La solution
est logique, à plus d’un titre. En effet, même si le droit de la consommation a pour vocation de
protéger le consommateur, il ne faut pas qu’il devienne en quelque sorte une prime à la
mauvaise foi. Il ne s’agit pas de permettre au consommateur, qui est avant tout un contractant,
de pouvoir, non pas se libérer du lien contractuel dans son ensemble, mais d’invoquer indûment
le caractère abusif d’une clause afin de se soustraire à une ou plusieurs de ses obligations. Il
faut donc rechercher un équilibre, afin de préserver tout de même, autant que faire se peut, un
minimum de sécurité juridique. Le contrat, en effet, est fondamentalement un acte prévu (par
les stipulations qu’il contient) et de prévision : il s’agit pour les parties de se projeter dans
l’avenir, de prévoir la portée de leurs obligations, bref d’encadrer leurs relations dans le temps.
Si les clauses peuvent être trop facilement remises en cause, cette stabilité s’effondre. Ensuite,
l’équivalence, l’équilibre voire l’égalité n’ont jamais été des conditions de validité des contrats.

En quatrième et dernier lieu, le déséquilibre doit l’être au détriment du consommateur ou


non-professionnel. Cela est conforme à l’esprit du droit de la consommation qui privilégie l’un
seulement des contractants. Cela signifie également, même si l’hypothèse est d’école, qu’une
clause qui créerait un déséquilibre significatif au détriment du professionnel, et donc à
l’avantage du consommateur, ne pourrait être qualifiée d’abusive. De toute façon, le seul qui
pourrait s’en plaindre serait le professionnel qui, par hypothèse, ne pourrait invoquer le Code
de la consommation à son profit (du moins dans ce cas)

Il est à ajouter à ce stade une clarification du déséquilibre et son ampleur

Le déséquilibre juridique

Seul est sanctionné le contenu contractuel déséquilibré résultant d’une clause, autrement
dit un déséquilibre juridique et non pas économique. Le droit de la consommation ne protège
pas les consommateurs ou les non-professionnels contre une lésion

106
Le contrôle de l’abus n’est en effet écarté que si ces clauses tarifaires ou relatives à l’objet
principal sont rédigées de façon claire et compréhensible. A contrario, si elles ont une forme
inintelligible et sont équivoques, le contrôle sur le fond de l’abus est rouvert. Le défaut
d’équivalence entre le prix et l’objet du contrat peut donc, dans cette hypothèse, être sanctionné
sur le fondement des clauses abusives

Ampleur du déséquilibre

N’est sanctionné que le déséquilibre significatif entre les droits et les obligations des
parties au contrat, soit celui qui est suffisamment manifeste ou excessif pour le partenaire du
professionnel. Ce déséquilibre s’apprécie :

 au moment de la conclusion du contrat, par référence au contexte


 de manière globale, en prenant en compte toutes les clauses du contrat, voire celles d’un
autre contrat avec lequel il est interdépendant, comme dans le cas d’une vente doublée
d’une prestation d’assistance

En l’absence de seuil et de définition légale, on retiendra de la jurisprudence et des


exemples réglementaires deux formes de déséquilibre significatif. Une clause est abusive :

 soit parce qu’elle réserve au professionnel un avantage ou un droit dont est


réciproquement privé le consommateur, ou le non-professionnel tel un droit de rupture
anticipé ou de rupture du contrat
 soit parce qu’elle impose au partenaire du professionnel une obligation excessive ou lui
refuse un droit, comme c’est le cas pour une durée minimale d’engagement ou une
exclusion de garantie.

Sous-section 3 : Illustrations
Une fois que le champ opératoire du contrôle est précisé, il reste encore à déterminer le
contenu qu’il faut donner à cette notion de déséquilibre significatif. Tout est une question
d’espèce, mais quelques lignes directrices se dégagent cependant. Bien souvent, la clause sera
abusive lorsqu’elle révèle une emprise du professionnel sur le contrat, ou bien lorsqu’elle
manque de réciprocité, les deux étant en réalité complémentaires. L’emprise du professionnel
sur le contrat peut se traduire de différentes manières.

Il peut s’agir d’une clause par laquelle le professionnel présume irréfragablement


l’adhésion du consommateur à des conditions générales, même si ce dernier en réalité n’en a
pas eu connaissance. Ainsi en est-il de la clause par laquelle la remise par le consommateur de
documents (renseignements bancaires par exemple) vaut acceptation des conditions générales
du contrat.

C’est également le cas lorsque le contrat impose au consommateur une durée minimale
d’engagement sans qu’existe, pour lui, la possibilité de se dégager de la convention pour motif
légitime. Ici, ce n’est pas tellement le fait que le contrat soit à durée déterminée qui pose
difficulté (ce qui serait en effet surprenant), mais plutôt le fait que la règle contractuellement
posée ne souffre aucune exception : le consommateur est, quoiqu’il arrive, prisonnier du contrat.
Il en sera de même de la clause (assez fréquente) qui prévoit que les conditions générales en
ligne prévalent sur les conditions générales imprimées. Dans ce cas, le déséquilibre significatif
tient à la nature évolutive du document électronique : les conditions générales en ligne peuvent
en effet être modifiées par le professionnel, parfois sans que le consommateur en soit informé.
107
Citons encore la clause, très courante dans les contrats d’accès à l’internet, selon laquelle
le consommateur s’engage à respecter un code de bonne conduite, fréquemment appelé la
Netiquette ; la référence à un code de bonne conduite n’est sans doute pas en soi source d’un
déséquilibre. Elle le devient lorsque le contrat se borne à viser ce code dans une clause, sans en
préciser le contenu, qui reste donc ignoré de l’internaute Bien souvent, le caractère abusif d’une
clause découlera, non pas du contenu de la clause elle-même, mais de la comparaison entre les
droits et obligations du consommateur d’une part, et ceux du professionnel d’autre part. Cela
est parfaitement dans le droit fil de l’analyse globale de la convention à laquelle il faut procéder.
Précisons le propos : la clause, qui impose telle ou telle obligation n’est pas en elle-même
abusive, mais elle le devient lorsque la contrainte ne pèse que sur une seule des parties, le
consommateur.

Autrement dit, c’est l’absence de réciprocité qui rend la clause abusive. Si les deux parties
étaient soumises au même régime, la clause serait valable, mais comme elle ne pèse que sur le
consommateur, cela déséquilibre le contrat. Tel est bien entendu le cas de la clause par laquelle
le professionnel se reconnaît le droit de modifier unilatéralement, en cours de contrat, le contenu
de la convention Il faut cependant apporter deux précisions…

Un dernier exemple sera donné. Un certain nombre de contrats contiennent une clause
aux termes de laquelle la convention sera résiliée de plein droit en cas de manquement du
consommateur à l’une quelconque de ses obligations. Cette stipulation, en elle-même, est
parfaitement valable et ne présente pas, intrinsèquement, un caractère abusif. Elle le devient
lorsque cette sanction ne joue pas à l’encontre du professionnel qui ne respecterait pas ses
propres obligations. Encore une fois, c’est l’absence de réciprocité qui la rend abusive.

Section 2 : l’identification des clauses abusives


Une fois que l’idée générale, la notion de clause abusive, est cernée, il reste encore à
mettre en œuvre le système de lutte, ce qui n’est pas une mince affaire ! En effet, malgré les
précisions qui peuvent être données, sur le champ d’application des clauses abusives, ou leur
critère, l’ensemble demeure tout de même quelque peu empirique. Cette mise en application du
système est rendue un peu complexe par la diversité des acteurs qui interviennent dans le
processus d’identification des clauses abusives. Autrement dit, une fois donnée la définition de
la clause abusive, il reste encore à déterminer qui sera compétent pour la reconnaître comme
telle, et de quelle façon.

La loi reposait essentiellement sur un acteur : les pouvoirs publics. C’est à eux qu’il
revenait de déclarer telle ou telle clause abusive, par voie réglementaire. Au fond, dans ce
système peu importait que la définition de la clause abusive fût précise ou pas, qu’elle pût être
mise facilement en œuvre ou pas, puisque c’était l’autorité publique qui était compétente pour
identifier les clauses abusives. Cette première voie toujours d’actualité, montra cependant assez
rapidement ses limites, ce qui conduisit à une évolution spectaculaire : le juge s’accorda le droit
de reconnaître, de lui-même, le caractère abusif d’une clause. Ainsi, aux côtés des clauses
déclarées abusives, apparurent des clauses jugées abusives, et ces deux sources, ces deux voies
coexistent à présent.

Sous-section 1 : la voie réglementaire : les clauses déclarées réglementaires


Dans les contrats conclus entre fournisseur et consommateur, est considérée comme
abusive toute clause qui a pour objet ou pour effet de créer, au détriment du consommateur, un
déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat.

108
De façon indicative et non exhaustive, peuvent être regardées comme abusives, les
clauses ayant pour objet ou pour effet :

1. dans les contrats de vente de supprimer ou de réduire le droit à réparation du


consommateur en cas de manquement par le fournisseur à l'une quelconque de ses
obligations ;
2. de réserver au fournisseur le droit de modifier unilatéralement les caractéristiques du
produit, du bien à livrer ou du service à fournir. Toutefois, il peut être stipulé que le
fournisseur peut apporter des modifications liées à l'évolution technique, à condition
qu'il n'en résulte ni augmentation des prix ni altération de qualité et que la clause réserve
au consommateur la possibilité de mentionner les caractéristiques auxquelles il
subordonne son engagement ;
3. D’exclure ou de limiter la responsabilité légale du fournisseur en cas de mort d’un
consommateur ou de dommages corporels causés à celui-ci, résultant d’un acte ou d’une
omission du fournisseur ;
4. D’exclure ou de limiter de façon inappropriée les droits légaux du consommateur vis-à-
vis du fournisseur ou d’une autre partie en cas de non-exécution totale ou partielle ou
d’exécution défectueuse par le fournisseur d’une quelconque des obligations
contractuelles, y compris la possibilité de compenser une dette envers le fournisseur
avec une créance qu’il aurait contre lui ;
5. De prévoir un engagement ferme du consommateur, alors que l’exécution de
l’engagement du fournisseur est assujettie à une condition dont la réalisation dépend de
sa seule volonté ;
6. D’imposer au consommateur qui n’exécute pas ses obligations une indemnité d’un
montant disproportionnellement élevé ou le cumul de plusieurs indemnités ;
7. D’autoriser le fournisseur à résilier le contrat de façon discrétionnaire si la même faculté
n’est pas reconnue au consommateur, ainsi que de permettre au fournisseur de retenir
les sommes versées au titre de prestations non encore réalisées par lui, lorsque c’est le
fournisseur lui-même qui résilie le contrat ;
8. D’autoriser le fournisseur à mettre fin sans un préavis raisonnable à un contrat à durée
indéterminée, sauf en cas de motif grave ;
9. De proroger automatiquement un contrat à durée déterminée en l’absence d’expression
contraire du consommateur, alors qu’une date excessivement éloignée de la fin du
contrat a été fixée comme date limite pour exprimer cette volonté de non-prorogation
de la part du consommateur ;
10. De constater de manière irréfragable l’adhésion du consommateur à des clauses dont il
n’a pas eu, effectivement, l’occasion de prendre connaissance avant la conclusion du
contrat ;
11. D’autoriser le fournisseur à modifier unilatéralement les termes du contrat sans raison
valable et spécifiée dans le contrat et sans en informer le consommateur ;
12. De prévoir que le prix ou le tarif des produits, biens et services est déterminé au moment
de la livraison ou au début de l’exécution du service, ou d’accorder au fournisseur le
droit d’augmenter leur prix ou leur tarif sans que, dans les deux cas, le consommateur
n’ait de droit correspondant lui permettant de rompre le contrat au cas où le prix ou le
tarif final est trop élevé par rapport au prix ou tarif convenu lors de la conclusion du
contrat ;
13. D’accorder au fournisseur, seul, le droit de déterminer si le produit ou bien livré ou le
service fourni est conforme aux stipulations du contrat ou de lui conférer le droit exclusif
d’interpréter une quelconque clause du contrat ;

109
14. De restreindre l’obligation du fournisseur de respecter les engagements pris par ses
mandataires ou de soumettre ses engagements au respect d’une formalité particulière ;
15. D’obliger le consommateur à exécuter ses obligations alors même que le fournisseur
n’exécuterait pas les siennes ;
16. De prévoir la possibilité de cession du contrat de la part du fournisseur, lorsqu’elle est
susceptible d’engendrer une diminution des garanties pour le consommateur sans
l’accord de celui-ci ;
17. De supprimer ou d’entraver l’exercice d’actions en justice ou des voies de recours par
le consommateur, en limitant indûment les moyens de preuves à la disposition du
consommateur ou en imposant à celui-ci une charge de preuve qui, en vertu du droit
applicable, devrait revenir normalement à une autre partie au contrat.
Sous-section 2 : la voie judiciaire : les clauses jugées abusives
Le Tribunal de première instance de Tanger a jugé abusives certaines clauses dans les
conventions de compte. Parmi ces dernières, la clause indiquant qu’aucune contestation sur le
relevé de compte ne peut être acceptée après un délai de 3 mois suivant son envoi. Il en va de
même pour la clause précisant qu’un titulaire de compte ne bénéficie que d’un mois pour refuser
des modifications de la convention de compte ou de celle tendant à faire croire au détenteur
d’une carte bancaire que seule une opposition écrite soit efficace en cas de perte ou de vol.
Quelques décisions sporadiques des juges des TPI ou de Cours d’appel, qui ont annulé des
clauses de contrats d’assurance jugées abusives, viennent confirmer cette tendance. L’une
d’entre elles est celle qu’a rendue la Cour d’appel de Casablanca et qui a annulé la définition
du sinistre comme l’invalidité médicalement constatée durant la durée de la garantie. La Cour
a en effet considéré qu’une telle clause permettait à l’assureur, informé d’un événement de santé
pouvant ultérieurement conduire à une invalidité, de résilier le contrat avant toute constatation
médicale de cette dernière, donc d’échapper à son obligation de garantie.

De ce fait, elle était abusive. La Cour d’appel de Casablanca a par ailleurs reconnu qu’une
clause, dans le contrat d’octroi d’une carte de crédit, était nulle puisque illisible et
incompréhensible. En effet, la compagnie émettrice n’avait pas fourni d’explications adéquates
sur les termes utilisés et sur les conséquences en découlant, soit la responsabilité conjointe et
solidaire du solde de la carte de crédit. De son côté, la Cour d’appel de Rabat a qualifié
d’abusives des clauses présentes dans les contrats de leasing. La Cour jugeait en effet qu’une
clause relative à la restitution immédiate du véhicule en cas de résiliation d’un contrat de
location de véhicule assorti d’une promesse de vente était abusive. «Ces professionnels -
jouissant des capacités techniques nécessaires et des connaissances très étendues leurs
permettant de contracter en toute connaissance de cause- n’hésitent pas à imposer dans leur
contrat d’adhésion des clauses de nature à leur apporter des avantages excessifs, au préjudice
du consommateur marocain, qui adhère sans discussion ou négociation.

De même, le jargon juridique utilisé dans les contrats de crédits reste inaccessible à la
plupart des consommateurs, même avertis. Cela crée un déséquilibre significatif entre les droits
et obligations des parties, d’où la nécessité de la protection de la partie faible dans la relation
contractuelle», explique un avocat du barreau de Casablanca.

Chapitre 2 : Mécanismes généraux de la protection précontractuelle


Avec la standardisation et la multiplication des contrats de consommation ces documents
sont, pour la plupart aujourd’hui, unilatéralement pré-rédigés par les professionnels et soumis
à l’adhésion des consommateurs sans qu’aucune modification ne soit permise.

110
Cependant, le contrat que le professionnel propose au consommateur contient bien
souvent des clauses abusives, des clauses qui, aménageant la situation contractuelle des deux
parties, de la conclusion du contrat jusqu’à son terme, prévoient les obligations réciproques des
contractants ainsi que toutes les difficultés éventuelles, toujours résolus conventionnellement à
l’avantage exclusif du professionnel. Toutefois la loi 31-08 sur l’information et la protection du
consommateur contient des dispositions impératives interdisant certaines clauses
contractuelles, considérées illicites ou abusives. Ces interdictions dépendent parfois de la nature
du contrat et de ses parties, pensons ici au contrat de consommation. Sont ainsi interdites, les
clauses pénales dans certains contrats de consommation22. Par cette loi le législateur marocain
assure une information claire, objective et loyale au consommateur, il vise ainsi à renforcer la
protection de ses intérêts économiques. C’est ainsi qu’il cherche à éviter le déséquilibre créé
par les clauses d’un contrat par l’interdiction des clauses abusives.

Section 1 : La publicité à destination du consommateur


Les professionnels sont tenus de délivrer des informations essentielles au consommateur,
ils sont également eux qui mettent au point des campagnes publicitaires pour, dans un contexte
concurrentiel, attirer la clientèle. À la différence des obligations objectives et légales
d’information, la publicité est une information engagée et partisane.

Le terme « publicité » ne fait l’objet d’aucune définition juridique. Celle-ci peut être
considérée comme toute forme de communication faite dans le cadre d’une activité
commerciale, industrielle, artisanale ou libérale dans le but de promouvoir la fourniture de biens
ou de services.

Autrement elle peut être considérée comme tout moyen d’information destiné à permettre
au client potentiel de se faire une opinion sur les caractéristiques des biens ou services qui lui
sont proposés.

Cette conception est considérée extensive, elle est indépendante d’une finalité
promotionnelle ou incitative, les supports publicitaires sont multiples, on peut citer alors les
écrans de télévision ou de cinéma, web, affiches ou pages d’un magazine, étiquette apposée sur
une marchandise, emballage, document commercial, etc. Un message incitatif à consommer de
l’alcool diffusé sur le réseau social Face book a été assimilé à une publicité interdite pour de
l’alcool.

La publicité ne doit guère être une information fausse de nature à induire en erreur le
consommateur.

La publicité est par principe licite. Elle est toutefois parfois encadrée expressément par la
loi, voire interdite.

Sous-section 1 : L’interdiction de publicité trompeuse


Le droit marocain a encadré les offres publicitaires à destination des consommateurs afin
qu’elles ne soient pas « mensongères », inexactes ou fausse ou de nature à induire en erreur.
C’est ainsi que ces offres publicitaires ne doivent pas créer une confusion avec un concurrent
ou un bien ou service concurrent, ou comporter des allégations fausses ou au moins susceptibles
d’induire le public en erreur. L’appréciation de ce caractère doit s’opérer par rapport à un
consommateur moyen, capable d’attention et de réflexion.

111
En cas de litige, il appartient au demandeur d’apporter la preuve que la publicité critiquée
est trompeuse et non au professionnel de prouver la véracité des éléments de publicité qu’il
utilise.

Sous-section 2 : L’encadrement de la publicité comparative


La publicité comparative, comme elle est a été définie par l’article 22 de la loi 31-08 sur
l’information et la consommation, est toute publication qui met en comparaison les
caractéristiques les ou tarifs des biens, produits ou services en utilisant soit la citation soit la
représentation de la marque de fabrique de commerce ou de service d’autrui, soit la citation ou
la représentation de la raison sociale ou la dénomination sociale, du nom commercial ou de
l’enseigne d’autrui.

La publicité comparative est encadrée dans sa conception et dans les effets qu’elle peut
provoquer.

L’encadrement de la réalisation d’une publicité comparative :

Pour qu’une publicité comparative soit licite trois conditions positives doivent
nécessairement être réunies. S’agissant de la première elle concerne la nature de la publication

Celle-ci ne doit pas être trompeuse ou de nature à induire en erreur, les affirmations des
annonceurs doivent être vraies, authentiques et la comparaison honnête. L’annonceur doit donc
être en mesure de prouver dans un bref délai l’exactitude matérielle des énonciations,
indications et présentations contenues dans la publicité

Exemple :

« La société Philips, ayant mis sur le marché une friteuse Airfryer trois ans après son
concurrent, la société SEB connue pour son modèle Actifry, a été condamnée. Elle affirmait
que des frites croustillantes pouvaient être cuites « sans huile » « en 12 minutes », alors qu’une
quantité minimale d’huile est nécessaire et que le temps réel de cuisson est de 30 minutes (CA
Paris, 5 févr. 2015 : JurisData, nº 2015-002000). Le concurrent n’était qu’identifiable. Philips
n’avait cité ni la marque SEB, ni son modèle Actifry. Mais compte-tenu de son antériorité sur
le marché, le consommateur moyen pouvait l’identifier ».

En second lieu la publication comparative doit porter sur des biens ou services répondant
aux mêmes besoins ou ayant le même objectif : ne peuvent être comparés que des biens ou
services similaires, appartenant à la même gamme de prix et de qualité. Ne pourraient être
confrontés des produits « 1er prix » d’un côté et de luxe de l’autre. C’est pourquoi pour des
produits ayant une appellation d’origine (ou autre label) la comparaison n’est autorisée qu’avec
des produits bénéficiant de la même appellation

Dernièrement, la publicité doit comparer objectivement une ou « plusieurs


caractéristiques essentielles, pertinentes, vérifiables et représentatives » des biens ou services
dont le prix : les éléments de comparaison doivent être vérifiables, faire l’objet de transparence
et les critères ne doivent pas être subjectifs en reposant sur le goût ou l’odorat par exemple.

112
Section 2 : L’obligation d’information du consommateur
Sous-section 1 : L’information comme mesure de protection du consommateur
Informer les consommateurs, c'est admettre qu'ils sont capables de défendre eux-mêmes
leurs intérêts. En cette matière la loi se limite à leur donner les moyens de le faire. Protéger les
consommateurs, c'est reconnaître que ceux-ci, même informés, sont victimes d'abus contre
lesquels ils ne peuvent lutter la loi a pour but alors de supprimer directement ces abus. C’est
dans ce sens qu’elle met les professionnels dans l'obligation d'informer le consommateur, ainsi
elle interdit les clauses abusives du contenu du contrat. Ces mesures de protection dépendent,
à la fois, de la catégorie de consommateur concernée et de la nature de l'abus constaté.

Sous-section 2 : l’obligation d’information incombe aussi bien au vendeur qu’au


fabricant
En droit marocain de la consommation, le législateur amplifie l’obligation d’information
en imposant aux professionnels la communication d’informations nombreuses et complexes
alourdissant le processus contractuel. Il est indispensable d’indiquer que ces obligations
d’information précontractuelles, ont pour but de parfaire le consentement des consommateurs,
c’est-à-dire faire en sorte que les consommateurs s’engagent en pleine connaissance de cause.
Il s’agit de leur faire prendre conscience du contenu du contrat qu’on leur propose.

Bien souvent, la loi contraint les professionnels à rédiger un écrit qui comporte des
mentions informatives précises. C’est ce que l’on appelle le formalisme informatif. En pratique,
ces obligations spéciales ont les mêmes fonctions préventives que les obligations générales :
leur intensité varie selon la dangerosité du contrat pour la personne ou pour ses biens et certaines
d’entre elles semblent même participer de la sécurité de la personne. En matière médicale par
exemple, le médecin a l’obligation d’informer son patient, avant une opération, un traitement
médical ou un acte de soin, sur tous les risques encourus, même exceptionnels.

De la même façon, le fabricant doit informer l’utilisateur des dangers, des précautions
d’emploi, de la composition ou des contre-indications du produit. C’est dans ce sens qu’il est
dans l’obligation de mettre le consommateur avant la conclusion du contrat en mesure de
connaitre les caractéristiques principales du bien ou services, ainsi que les conditions du contrat
lors de sa formation, c’est -à dire avant son exécution pour l’unique but de lui permettre d’en
profiter pleinement. Il est tenu de délivrer au consommateur des informations sur les
caractéristiques essentielles du bien ou du service, on parle alors de sa qualité, son utilité et
même sa composition, aussi les conditions de son fonctionnement, les risques d’utilisation
comme les effets secondaires du produit, son origine, et sans oublier bien sûr de déterminer le
prix et les conditions de vente. Ces caractéristiques diffèrent d’un produit à un autre selon sa
nature. C’est donc au cas par cas que le juge apprécie les caractéristiques essentielles de celles
qui ne le sont pas.

Exemple :

«Dans une affaire un couple achète des lits escamotables pour aménager un appartement.
Une fois livrés et dépliés, la porte-fenêtre ne peut plus se fermer ! Le vendeur a manqué à
l’obligation d’information de l’article L. 111-1 en ne les informant pas des dimensions (CA
Versailles, 21 mai 2013 : Juris Data nº 2013-011725). Mais l’installateur d’un abri de piscine
ne méconnaît pas ce texte en n’informant pas l’acheteur de la nécessité d’une autorisation

113
administrative préalable en raison de l’augmentation de la surface de plancher occasionnée par
les travaux ( Cass. 1re civ, 30 sept. 2015, nº 14-11761).»

Section 3 : les organismes chargés de former et d’informer le consommateur


Les organismes jouent un rôle d’information et de protection de consommateurs profanes,
en se pencher dans cette section sur les institutions publiques (paragraphe 1), et les organes
consultatifs marocains (paragraphe 2).

Sous-section 1 : les institutions publiques


Les institutions publiques au Maroc prédominent le secteur de formation et d’information
du consommateur, on se focalise à savoir le rôle de ministère de commerce et d’industrie et des
nouvelles technologies (A), ministère de l’agriculture et de la pêche maritime (B), et le
ministère de l’intérieur ALMOHTASIB (C).

Paragraphe 1 : ministère de l’industrie, de l’investissement, du commerce et de


l’économie numérique
L’administration centrale de ce ministère comprend deux principales directions
concernées par la consommation et par le consommateur, à savoir la direction de la
normalisation et la promotion de la qualité, d’une part, et la direction de commerce intérieur
d’autre part.

La direction de normalisation et de la promotion de la qualité fait partie intégrante de


l’administration de l’industrie .elle est chargé en particulier :

 Etudier, proposer et veiller à l’application des mesures législatives et réglementaires en


matière de normalisation et de promotion de la qualité.
 Veiller à l’application de la législation et de la réglementation relative à la répression de
fraudes et des falsifications en procédant au contrôle de la qualité et de la quantité des
produits de l’industrie agricole, qui sont du ressort de la division de l’industrie
alimentaire et agricole dépendant de la direction de la production industrielle, et de
l’industrie pharmaceutique .elle s’assure en générale de la conformité des produits
relevant de sa compétence aux normes prescrites par la législation relative à la
normalisation industrielle.
 Elaborer les mesures législatives et réglementaires relatives à la métrologie légale et
industrielle et de veiller à leur application.
 Instaurer et de gérer un système national d’agrément des laboratoires d’essais, de
coordonner leur action et d’encourager leur développement.

Cette direction comprend ainsi les divisions de la normalisation, de la promotion de la


qualité, de la métrologie légale et industrielle, des laboratoires, et de la propriété industrielle.
Mais du fait de ses prérogatives, ses rapports avec les consommateurs sont assez distants,
comme c’est également le cas de l’autre structure principale chargée du commerce intérieur. Ce
n’est donc qu’indirectement, par le biais de la réglementation et du contrôle des activités des
professionnels de la consommation, que ces deux directions pourraient, eu égard à la volonté
politique, à leurs moyens et à l’intégrité de leurs personnels, contribuer à une protection efficace
des consommateurs.

La direction du commerce intérieur est tenue de :

114
 De veiller à l’adaptation de la législation et de la réglementation en matière
commerciale.

 De participer avec les administrations concernées à l’adaptation et à l’application de la


législation et la réglementation en matière de prix et de stocks de sécurité.

 Participer à l’élaboration et à l’exécution de la politique de formation dans le secteur


commercial en liaison avec les départements ministériels intéressés.

Le ministère de commerce de l’industrie et des nouvelles technologies a mis en oeuvre le


plan RAWAJ qui développe la vision et le plan d’action de ce département pour la période
2008-2012.le volet relatif à la protection et l’information des consommateurs y occupe une
place privilégiée dans la mesure où il en constitue l’un des deux axes stratégiques. Le cadre
juridique « adaptation de la loi 31-08 édictant des mesures de protection de consommateurs et
ses textes d’application »et le renforcement du rôle des associations de consommateurs
représentent les deux leviers par lesquels le département compte aborder le volet du
consumérisme.

Paragraphe 2 : Ministère de l’agriculture et de la pêche maritime


Plusieurs services de ce département, dont les attributions et l’organisation sont régies par
le décret n-2-93-23 du mai 1993,sont chargés des questions pouvant intéresser la consommation
ou les consommateurs ,dont la division de la répression des fraudes et la division vétérinaire.

Elle est actuellement chargée de l’élaboration et de l’application sur l’ensemble du


territoire et aux frontières de la législation et de la réglementation en matière de répression de
fraudes et des falsifications. A ce titre elle procède au contrôle de la qualité et de la quantité des
produits alimentaires et s’assure, en outre, de la conformité de ces produits aux normes
prescrites par la législation relative à la normalisation industrielle.

Cette division assure, d’une part, le secrétariat de la commission interministérielle pour


le contrôle alimentaire et la répression des fraudes dans la vente des marchandises et participe,
d’autre part, aux travaux du codex alimentarius. Mais malgré ses attributions diversifiées, de
par dénomination même, son activité principale demeure le contrôle et la répression des fraudes
de produits alimentaires.

Paragraphe 3 : ALMOHTASSIB
Le mohtassib est considéré comme une institution du droit musulman, il semble que tant
la hisba que le mohtasib ne se sont pas développés qu’avec l’avènement de la dynastie
Ommeyade et surtout de la dynastie Abasside.

Le mohtassib est chargé, à l’exclusion de toute autre autorité, du contrôle de la qualité et


du prix des produits et services de l’artisanat ainsi que des produits agricoles, des denrées
alimentaires, des boissons et des produits de toilette d’hygiène. Il est rare que le consommateur
s’adresse à cet institution, sachant pertinemment son manque d’autorité, d’autant plus qu’il est
seulement appelé à dénoncer aux autorités concernées les faits et les actes contraires aux bonnes
mœurs, à la moralité ou à la vertu commis dans un lieu public ou ouvert au public.

115
Malgré l’insuffisance de son pouvoir décisionnel, le mohtasib peut parfois donner son
avis en ce qui concerne la fixation des prix des produits et services soumis à son contrôle, bien
qu’il siège à cet effet dans le comité local, provincial ou préfectoral des prix.

Sous-section 2 : les organismes consultatifs


Le rôle de certains organes pouvant être sollicités par les administrations chargés de
protéger et d’informer le consommateur a ses droits demeure prépondérant, afin de donner leur
avis en matière de la consommation, le conseil de concurrence (A), et le centre marocain de la
consommation (B).

Paragraphe 1 : Le conseil de concurrence


Le conseil de concurrence est appelé a joué un rôle consultatif exceptionnel par les
représentants de consommateurs; cette orientation est confirmé par sa nouvelle composition
dans la loi 20-13, on rappelle en effet que si ce conseil de la concurrence est « un organe
indépendant », il comprend seulement douze membres, sont nommés par le Chef de
gouvernement, sur proposition de l’autorité dont ils relèvent, pour un mandant de 5 ans
renouvelable une fois. Il s’agit de deux magistrats vice-présidents, quatre membres choisis en
raison de leur compétence en matière économique ou de concurrence, dont un vice- président,
deux membres choisis en raison de leur compétence en matière juridique dont un vice-président,
trois membres représentant le secteur de la production, de la distribution et des services, et un
membre choisi en raison de sa compétence en matière de protection du consommateur.

A l’instar du président, les vices président sont soumis aux règles d’incompatibilités, à
l’exception des magistrats qui demeurent soumis aux règles prévues par l’article 15 du dahir
portant loi n 1 -74-467 du 26 chaoual 1394(11 novembre 1974) formant statut de la
magistrature.

Les membres du conseil sont astreints au secret des délibérations et des réunions (art 11,
loi, 20.13)

Si ces domaines de consultation n intéressent qu’indirectement les consommateurs, les


associations de ces derniers peuvent saisir le conseil de concurrence sur les questions qui les
sensibilisent et dont elles ont la charge, , et ce au même titre que les chambres de métiers
(commerce, service, industrie, agriculture, artisanat, pêche maritime) ou d’autre organisation
syndicales et professionnelles.il peut également être consulté par le gouvernement, les
commissions parlementaires et les juridictions compétentes devant se prononcer sur
l’interdiction des pratiques anticoncurrentielles.

En tout cas, si les organisations de consommateurs ont la possibilité de s’adresser à cet


organe, cela ne signifie pas que ces associations soient représentées en son sein, ils trouvent
multiples difficultés, d’une part la condition de l’utilité publique, d’autre part tout dépendra en
fin de compte d’une volonté politique clairement affirmée en ce sens.

Paragraphe 2 : Le centre marocain de consommation


La création d’un centre marocain de consommation était dictée par le besoin d’orientation
en matière de la consommation. La définition de ses missions a fait l’objet d’une étude détaillée
des domaines d’intervention des différents acteurs, organisations, et administrations,
intervenant dans le domaine de la consommation et de la protection des consommateurs. Cette
fondation dont le siège est établi à Rabat, est dirigée par un directeur, et administrée par un

116
conseil d’administration composé de 13 membres, six membres fondateurs désignés par le
ministre chargé de commerce et d’industrie, six membres représentant des associations de
consommateurs, et un membre représentant le comité d’expert choisi parmi les membres
extérieurs aux représentants des administrations publiques de la production ou de la distribution
ou des partenaires financiers de la fondation.

A ce titre, le centre marocain de la consommation a pour missions de

 La recherche consumériste.
 La gestion d’un fond documentaire.
 La gestion des litiges et la médiation.
 La labellisation des produits et services.
 La veille consumériste et l’alerte rapide.
 L’appui à la représentation des associations de consommateurs.

Mais malgré ce pas institutionnel considérable, cette institution est demeure inactive,
inefficace depuis sa création jusqu’à nos jours. Ce qui fait que malgré ces dispositifs
institutionnels consacrés à la protection et l’information des consommateurs, leurs rôle est
demeure insuffisant.

117
Partie 2 : la protection du consommateur durant l’exécution du contrat
et après son extinction
Les parties à un contrat peuvent tomber en litige, pour cause de clause abusive durant
l’exécution du contrat ou après son extinction, de ce fait, dans ce cas il est primordial de prouver
cette clause pour passer à ses conséquences

Chapitre 1 : la preuve de l’abus en cas de détection des clauses abusives


« En cas de litige entre le fournisseur et le consommateur, la charge de la preuve incombe
au fournisseur » art 34 de la loi 31-08.

Les clauses invoquées par les professionnels à l’encontre des consommateurs peuvent
être neutralisées parce qu’elles sont présumées abusives par voie réglementaire ou déclarées
abusives par le juge

Section 1 : le rôle de présomption


Pour faciliter la traque des clauses abusives et alléger la charge probatoire des justiciables,
le droit de la consommation recourt aux listes réglementaires recensant les clauses devant être
réputées comme telles

La loi 31/08 du 18 février 2011 édictant des mesures de protection des consommateurs
consacre en effet un titre spécial à la protection des consommateurs contre les clauses abusives.
Le législateur va agir directement sur le contenu du contrat en réagissant contre les risques
d’abus de nature à perturber l’équilibre du contrat au détriment des consommateurs en
proposant, pour la première fois, une réglementation d’ensemble des clauses abusives.

Le contrat ne doit pas obliger uniquement parce qu’il a été voulu et encore moins parce
qu’une «adhésion» a permis sa conclusion mais parce qu’il réalise un minimum de justice et
d’équilibre.

C’est dans cet esprit que la loi 31/08 définit tout d’abord la clause abusive comme étant
toute clause ayant pour objet ou pour effet de créer, au détriment du consommateur, un
déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat.

Elle présente ensuite une liste indicative, non exhaustive, de 17 clauses pouvant être
regardées comme abusives : de celles qui dans les contrats de vente supprimeraient ou
réduiraient le droit à réparation du consommateur en cas de manquement par le fournisseur à
l’une quelconque de ses obligations à celles qui supprimeraient ou entraveraient l’exercice
d’actions en justice ou des voies de recours par le consommateur en passant par celles qui
constateraient de manière irréfragable l’adhésion du consommateur à des clauses dont il n’a pas
eu, effectivement, l’occasion de prendre connaissance avant la conclusion du contrat.

La liste est donc limitative et le juge pourra toujours considérer une clause abusive même
si elle ne figure pas parmi les 17 clauses de la liste indicative légale. La loi 31/08 prévoit
également qu’en cas de litige concernant une clause abusive, le fournisseur doit apporter la
preuve du caractère non abusif de la clause objet du litige. Cela semble a priori favorable au
consommateur mais cela signifie aussi qu’il est toujours possible au professionnel de contester
le caractère abusif de la clause qu’elle figure ou pas sur la liste indicative. En droit français, sur
le terrain probatoire, le consommateur est dans une situation plus confortable.

118
Depuis 2009 en effet, on distingue deux listes :

 la liste noire des clauses abusives, clauses qui sont toujours abusives, et même interdites.
En cas de conflit, le juge les déclarera automatiquement non écrites, sans contestation
possible de la part du professionnel. Il s’agit de clauses présumées abusives de manière
irréfragable.
 la liste grise des clauses présumées abusives. Ces clauses sont présumées abusives de
manière réfragable : juridiquement, cela signifie qu’elles sont abusives, à moins que le
professionnel ne démontre le contraire.

Ainsi, en droit français par exemple, la clause de la liste indicative de la loi 31/08 qui
autorise le fournisseur à modifier unilatéralement les termes du contrat sans raison valable et
spécifiée dans le contrat et sans en informer le consommateur figure sur la liste noire. Au Maroc,
le professionnel pourra donc toujours tenter de la déclarer non abusive. Une telle possibilité
n’est pas permise en droit français. Quant au sort des clauses abusives, l’article 19 de la loi
31/08 considère nulles et de nul effet les clauses abusives contenues dans les contrats conclus
entre fournisseurs et consommateurs. Cependant, le contrat restera applicable dans toutes ses
dispositions autres que celles jugées abusives s’il peut subsister sans lesdites clauses. Cette
possibilité est originale car traditionnellement le contrat basé sur une volonté altérée était
frappée de nullité dans sa globalité. Cette sanction classique de la nullité de tout le contrat était
inopportun ; le consommateur a besoin du contrat mais ne veut pas se voir imposer des clauses
léonines. C’est désormais possible.

Section 2 : le rôle du juge


Les listes de clauses présumées abusives ne sont pas fermées. Cela signifie que si un
plaideur invoque une clause non visée par la loi le juge conserve le pouvoir de la déclarer
abusive. Il en va ainsi de la clause d’un contrat d’enseignement faisant du paiement du prix
total de la scolarité en BTS un forfait acquis à l’établissement à la signature du contrat, sans
prévoir la possibilité d’une résiliation avec remboursement pour motif légitime et sérieux,
comme une raison médicale tenant à une grossesse compliquée

Dans ce cadre deux questions se posent :

 Quelle est l’étendue du pouvoir du juge ?


 Le juge peut-il relever d’office le caractère abusif d’une clause ?
Sous-section 1 : L’étendue du pouvoir du juge
S’agissant du pouvoir du juge en matière de clause abusive, il peut être observé qu’il est
d’inégale étendue selon que la clause qui lui est soumise figure ou non dans l’une des deux
listes établies par décret.

Trois hypothèses doivent être distinguées :

 La clause figure dans la liste noire : le juge ne dispose d’aucun pouvoir d’appréciation.
Il n’a d’autre choix que de constater le caractère abusif de la clause qui lui est soumise
 La clause figure dans la liste grise : le juge dispose d’un pouvoir d’appréciation réduit.
La clause qui lui est soumise est présumée abusive. Sauf à ce que le professionnel
rapporte la preuve contraire, il devra la réputer non-écrite.

119
 La clause ne figure dans aucune liste : le juge recouvre son plein pouvoir d’appréciation.
Il pourra qualifier la clause abusive dès lors qu’il constate l’existence d’un déséquilibre
significatif entre les droits et obligations des parties.

Sous-section 2 : Le relevé d’office d’une clause abusive


Le juge peut-il relever d’office le caractère abusif d’une clause stipulée dans un contrat
conclu entre un professionnel et un consommateur, alors même que le moyen n’a pas été
soulevé par l’une des parties au litige ?

L’examen de la jurisprudence révèle que la position de la Cour de cassation a


considérablement évolué sur cette question, rappelons à ce stade que Le Tribunal de première
instance de Tanger a jugé abusives certaines clauses dans les conventions de compte.

Parmi ces dernières, la clause indiquant qu’aucune contestation sur le relevé de compte
ne peut être acceptée après un délai de 3 mois suivant son envoi. Il en va de même pour la clause
précisant qu’un titulaire de compte ne bénéficie que d’un mois pour refuser des modifications
de la convention de compte ou de celle tendant à faire croire au détenteur d’une carte bancaire
que seule une opposition écrite soit efficace en cas de perte ou de vol.

Quelques décisions sporadiques des juges des TPI ou de Cours d’appel, qui ont annulé
des clauses de contrats d’assurance jugées abusives, viennent confirmer cette tendance. L’une
d’entre elles est celle qu’a rendue la Cour d’appel de Casablanca et qui a annulé la définition
du sinistre comme l’invalidité médicalement constatée durant la durée de la garantie.

La Cour a en effet considéré qu’une telle clause permettait à l’assureur, informé d’un
événement de santé pouvant ultérieurement conduire à une invalidité, de résilier le contrat avant
toute constatation médicale de cette dernière, donc d’échapper à son obligation de garantie.

De ce fait, elle était abusive. La Cour d’appel de Casablanca a par ailleurs reconnu qu’une
clause, dans le contrat d’octroi d’une carte de crédit, était nulle puisque illisible et
incompréhensible. En effet, la compagnie émettrice n’avait pas fourni d’explications adéquates
sur les termes utilisés et sur les conséquences en découlant, soit la responsabilité conjointe et
solidaire du solde de la carte de crédit. De son côté, la Cour d’appel de Rabat a qualifié
d’abusives des clauses présentes dans les contrats de leasing. La Cour jugeait en effet qu’une
clause relative à la restitution immédiate du véhicule en cas de résiliation d’un contrat de
location de véhicule assorti d’une promesse de vente était abusive. «Ces professionnels -
jouissant des capacités techniques nécessaires et des connaissances très étendues leurs
permettant de contracter en toute connaissance de cause- n’hésitent pas à imposer dans leur
contrat d’adhésion des clauses de nature à leur apporter des avantages excessifs, au préjudice
du consommateur marocain, qui adhère sans discussion ou négociation.

De même, le jargon juridique utilisé dans les contrats de crédits reste inaccessible à la
plupart des consommateurs, même avertis. Cela crée un déséquilibre significatif entre les droits
et obligations des parties, d’où la nécessité de la protection de la partie faible dans la relation
contractuelle», explique un avocat du barreau de Casablanca.

Chapitre 2 : les conséquences de la qualification des clauses abusives


Le législateur essaye de protéger la partie faible par la mise en œuvre des sanctions pour
lutter contre les clauses abusives. Il a mis l’accent sur la nécessité de la rédaction des conditions

120
et modalités du contrat d’une manière claire et explicite, pour permettre à l’emprunteur d’être
au courant de toutes ses obligations contractuelles.

Section 1 : les sanctions administratives


Sous-section 1 : Sanctions du professionnel
Les rédacteurs du Code civil ont imaginé le contrat comme devant être naturellement
conclu entre deux « bons pères de famille » également prudents et diligents. La réalité de la vie
économique a montré qu’il n’en était pas toujours ainsi.

Les contrats d’adhésion se multiplient ; ils contiennent des stipulations souvent imposées
d’emblée à la partie économiquement plus faible.

Le risque est d’y voir figurer des clauses limitatives ou exonératoires de responsabilité du
professionnel au détriment du particulier, de voir appliquer des pénalités de retard au particulier
et de les voir exclues à l‘égard du particulier.

Déjà, la jurisprudence avait, dans un premier temps, refusé de faire application de clauses
exonérant le professionnel de sa responsabilité en cas de dol, de faute intentionnelle, ou de faute
lourde.

La présence d’une ou de plusieurs clauses abusives est passible d’une amende de 2.000 à
5.000 dirhams.

Les dispositions pénales prévues par la loi 31-08 ne s’appliquent que s’il s’avère difficile
de donner aux faits punissables une qualification pénale plus sévère en application des
dispositions du code pénal.

Section 2 : les sanctions judiciaires


Pour la protection de consommateur conte les clauses abusives, le juge est un acteur clé
dans cette opération.

La sanction susceptible d’être prononcée par le juge lorsqu’il constate le caractère abusif
d’une clause varie entre :

 Suppression de la clause abusive réputée non écrite


 La nullité partielle du contrat
Sous-section 1 : Suppression de la clause abusive réputée non écrite
Le juge ne peut pas annuler un contrat mais il peut déclarer une clause abusive et la
réputée non écrite donc lorsque le juge saisi d’un litige entre un consommateur et un
fournisseur, il pourra relever que l’une de ses clauses s’avère abusive et refuser de la faire
appliquer par les parties, en le déclarant non écrit.

Le réputé non-écrit a pour conséquence de supprimer la clause abusive de l’acte, sans


anéantir, pour autant, le contrat, pris dans sa globalité.

La clause abusive entraîne leur seule suppression, sans remettre en cause l'existence du
contrat.

121
Sous-section 2 : la nullité partielle du contrat
La contenance des clauses abusives entraîne la nullité partielle du contrat.

Les clauses abusives dans les contrats conclus entre fournisseur et consommateur sont
nulles et de nul effet. Et Le contrat restera applicable dans toutes ses autres dispositions s’il
peut subsister sans la clause abusive précitée.

Le juge peut annuler la clause sans annuler le contrat.

Le législateur marocain est intervenu en vertu de l’article 16 de DOC en accordant au


juge un pouvoir d’appréciation très large, en se référant au moment de la conclusion du contrat
à toutes les circonstances qui entrent dans sa conclusion, pour déterminer le déséquilibre entre
les droits et obligations des parties. Toutefois, en cas de doute sur le sens d’une clause qui
manque de clarté et de transparence, l’interprétation la plus favorable au consommateur prévaut.

La liberté de se désengager

"Chacun est libre de contracter ou de ne pas contracter, de choisir son cocontractant et de


déterminer le contenu et la forme du contrat dans les limites fixées par la loi.

La volonté des parties garde un rôle majeur dans la conclusion des contrats. En matière
contractuelle, une large place est laissée à l’autonomie de la volonté. Les parties disposent d’une
grande liberté. Elles peuvent décider de recourir ou non au jeu de la condition, déterminer dans
quel contexte elle doit se réaliser, ou encore choisir l’événement qui va conditionner la
naissance de leurs obligations. La possibilité leur est également offerte de concevoir cet
événement de façon positive ou négative, de décider de fixer un terme ou non.

Chacun a la liberté d’engager ou de se désengager. Les parties à un contrat peuvent


décider d'y mettre fin.

L’être humain est capable de promettre, de s’engager. Cette aptitude apparaît in fine
comme une condition de la vie en société. Faire une promesse, s’engager, s’obliger, se lier pour
l’avenir ; c’est vouloir encore ce que l’on a voulu un jour : « chose promise, chose due ! ».
Ainsi, parce que l’engagement est au coeur du lien social, les juristes lui ont accordé une place
considérable au sein de la sphère juridique ; le droit des contrats est le premier concerné.

Droit de se désengagement désigne le droit de renonciation, de repentir, de retour, de


rétractation, de réflexion, de revenir sur son engagement.

Le désengagement constitue une technique essentielle du droit de la consommation. Aussi


la trouvons-nous presque partout. Le désengagement est devenu la règle, aussi bien que
l’engagement.

Le consommateur a la faculté de se désengager et de renonciation.

Le consommateur dispose d’un délai : de sept jours pour exercer son droit de rétractation,
de trente jours pour exercer son droit de rétractation, si le fournisseur n’honore pas son
engagement de confirme, par écrit.

122
Section 3 : Les associations de protection du consommateur
Elles se constituent et fonctionnent conformément à la législation et à la réglementation
en vigueur relatives au droit d’association, assurent l’information, la défense et la promotion
des intérêts du consommateur.

On ne peut pas considérer comme association de protection du consommateur,


l’association qui :

 compte parmi ses membres des personnes morales ayant une activité à but lucratif
 perçoit des aides ou subventions d’entreprises ou de groupements d’entreprises
fournissant des produits, biens ou services au consommateur
 fait de la publicité commerciale ou qui n’a pas un caractère purement informatif, pour
des biens, produits ou services ;
 se consacre à des activités autres que la défense des intérêts du consommateur
 poursuit, un but à caractère politique.
Les associations de protection du consommateur peuvent être reconnues d’utilité publique
si elles satisfont à la législation et la réglementation en vigueur et relatives au droit
d’association.

Selon l’article 156 de la loi 31-08 : « Est institué, un Fonds national pour la protection du
consommateur en vue de financer les activités et les projets visant à la protection du
consommateur.

Le Ministère chargé du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles Technologies est


chargé de la gestion de ce fonds.

Les ressources du fonds sont constituées des dotations du budget général, d’un
pourcentage des amendes perçues à la suite des contentieux sur lesquelles il a été statué des
dons et legs au profit du fonds, de toutes autres ressources obtenues légalement.

Le régime d’administration du fonds, de gestion de ses finances ainsi que le pourcentage


des amendes et la nature des ressources seront fixés par décret ».

La Fédération nationale et les associations de protection du consommateur reconnues


d’utilité publique peuvent former des actions en justice, intervenir dans les actions en cours, se
constituer partie civile devant le juge d’instruction pour la défense des intérêts du
consommateur et exercer tous les droits reconnus à la partie civile relatifs aux faits et
agissements qui portent préjudice à l’intérêt collectif des consommateurs, peut demander à la
juridiction statuant sur l’action civile ou sur l’action accessoire d’enjoindre au défendeur ou au
prévenu, de cesser les agissements illicites ou de supprimer dans le contrat ou le contrat-type
proposé ou adressé aux consommateurs une clause illicite ou abusive.

Section 4 : les recommandations de la commission des clauses abusives


La commission des clauses abusive est placée auprès du ministre français chargé de la
consommation. C’est une institution française.

Elle contient 13 membres, son président est Monsieur Vincent VINGEAU, vice-président
est Etienne Rigal.

123
Elle est composée de magistrats, de personnalités qualifiées en droit ou technique des
contrats, de représentants des consommateurs, de représentants des professionnels.

La commission examine les modèles de conventions habituellement proposés par les


professionnels et recommande la suppression ou la modification des clauses qui ont pour objet
ou pour effet de créer, au détriment du non-professionnel ou du consommateur, un déséquilibre
significatif entre les droits et obligations des parties au contrat.

Son rôle porte sur l’examen de l’ensemble des contrats d’un secteur professionnel afin
d’émettre des recommandations qui recensent les clauses abusives relevées dans un nombre
représentatif de contrats collectés. A ce titre, la loi est parfaitement claire : la Commission ne
peut intervenir dans un litige et, par conséquent, régler des situations individuelles

La commission peut être saisie par un juge à l’occasion d’une instance pour donner son
avis sur le caractère abusif d’une clause contractuelle.

Chaque année la Commission établit un rapport d’activité.

La commission des clauses abusives peut être saisie pour recommandation par le ministre
chargé de la consommation, par des associations agréées de défense des consommateurs ou par
le professionnel intéressé. Elle peut également se saisir d’office.

La commission peut être saisie par un juge à l’occasion d’une instance pour donner son
avis sur le caractère abusif d’une clause contractuelle. Cependant, il faut noter que l’avis ne lie
pas le juge. La Commission fait connaitre son avis dans un délai maximum de trois mois à
compter de sa saisine.

La CCA est aussi en mesure d’émettre les propositions de modifications législatives ou


réglementaires qui lui paraissent souhaitables.

La Commission se réunit en formation plénière.

Lorsqu’elle est saisie, ou de sa propre initiative, la Commission peut demander à la


Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
(DGCCRF) de procéder à la collecte des modèles de contrats proposés dans un secteur
économique déterminé. Ces contrats sont remis au rapporteur désigné par la Commission.

Elle examine ainsi le pré-rapport établi par le rapporteur. Le rapport adopté est ensuite
communiqué aux parties intéressées du secteur concerné, qui sont invitées à présenter leurs
observations à la Commission en présence du rapporteur.

A la suite de cette audition, le rapporteur élabore un projet de recommandation. Ce projet


est soumis à la Commission qui en arrête le texte définitif.

Les recommandations de la Commission des clauses abusives n’ont valeur que de soft
law, et sont émises à titre indicatif. Cependant, il ne faut pas en sous-estimer la portée car elles
sont susceptibles de constituer une base implicite pour le juge chargé d’apprécier le caractère
abusif d’une clause dans le cadre d’un litige.

Une recommandation de la Commission des clauses abusives, relative aux contrats


proposés par les fournisseurs de services de réseaux sociaux (Recommandation CAA n°2014-

124
02 du 3 décembre 2014, « Recommandation ») est formellement, comme l’indique d’ailleurs
son titre, destinée aux fournisseurs de réseaux sociaux.

Des recommandations qui ont pour but d’éliminer les clauses exclusives de responsabilité
ou limitant le droit de rétractation de 14 jours octroyé au consommateur pour les ventes à
distance.

La Recommandation vise toutefois aussi à écarter certaines clauses ou pratiques dont le


caractère abusif n’était pas évident et ne ressortait pas directement des textes applicables.

On trouve quatre recommandations sont particulièrement intéressantes pour des sites


Internet de vente à distance de par leur caractère novateur :

 Les documents contractuels doivent être lisibles tant à l’écran qu’à l’impression. La
CCA entre dans la technicité de l’outil informatique et critique des conditions générales
qui seraient « difficilement lisibles à l’écran comme sur papier après impression *…+
en raison de la charte graphique de l’interface du [site Internet] »
 Les clauses de renvoi à des documents externes ou entre clauses dans le même document
sont admises sous réserve qu’elles ne soient excessives. Ceci heurte, notamment, la
pratique de séparation des clauses contractuelles traditionnelles de la politique de
confidentialité, également de nature contractuelle, mais souvent exprimée sous une
forme différente
 La valeur contractuelle des documents présentés sous les termes de « charte » ou «
politique » doit être précisée
 La seule navigation sur le site ne peut emporter adhésion implicite et immédiate du non-
professionnel aux conditions générales d’utilisation du site. Le consommateur doit
pouvoir prendre connaissance des conditions avant d’y adhérer. La clause contraire est
présumée abusive de manière irréfragable.

Ces recommandations, par la généralité de leurs termes, semblent largement déborder le


champ des réseaux sociaux et sont susceptibles d’être relayées par la jurisprudence ou le
pouvoir législatif et réglementaire pour l’ensemble des contrats conclus par voie électronique
avec des non-professionnels.

Parmi les recommandations pour les contrats d’assurance :

Des recommandes doit être éloignes :

Des clauses stipulées dans les contrats régis par le code de la mutualité, les clauses ayant
pour objet ou pour effet :

 De permettre au professionnel de se dispenser de la notification préalable à l’adhérent


de la modification d’éléments essentiels du contrat
 D’autoriser le professionnel à prévoir l’exclusion d’un adhérent pour des motifs
étrangers à l’exécution du contrat ou insuffisamment précis
 De permettre à la mutuelle de percevoir la totalité de la cotisation mensuelle en cas de
décès de l’adhérent en cours de mois, sans aucune contrepartie, en l’absence d’autre
bénéficiaire de la couverture

125
 D’autoriser le professionnel à modifier unilatéralement le tarif déterminant les
cotisations, indépendamment de toute demande de modification des garanties émanant
du consommateur et hors l’échéance annuelle de reconduction du contrat

Des clauses communes aux contrats régis par le code de la mutualité, le code des
assurances et le code de la sécurité sociale, les clauses ayant pour objet ou pour effet :

 De ne pas remettre au consommateur par écrit ou sur un autre support durable les
documents contractuels
 De laisser croire à la conclusion immédiate du contrat d’assurance souscrit par téléphone
à la date de l’entretien téléphonique sans communication préalable du dossier
d’adhésion par écrit ou sur un autre support durable, hors l’hypothèse où la demande
d’assurance est à l’initiative du consommateur
 D’entretenir l’ambiguïté sur la date de la conclusion du contrat, pendant un délai indéfini
laissé à la discrétion du professionnel
 De prévoir un engagement ferme du consommateur, alors que l’exécution des
prestations du professionnel est assujettie à une condition dont la réalisation dépend de
sa seule volonté
 De laisser croire au consommateur qu’il ne dispose pas du délai légal de renonciation
 De sanctionner une fraude non précisément définie par la privation du droit aux
prestations, hors les cas d’omission ou de fausse déclaration intentionnelle dûment
établie par l’assureur
 De prévoir que le consommateur ne sera pas remboursé de ses frais antérieurs de deux
ans à la date de leur présentation, sans préciser le point de départ de ce délai quant à la
date des frais (consultation, soins, facturation)
 D’autoriser l’assureur à laisser le consommateur ne pas bénéficier du remboursement
dû au titre de la garantie par lui souscrite, pendant un délai indéterminé
 D’imposer le prélèvement automatique comme unique mode de paiement ; 25°)
D’imposer des frais au consommateur en cas de paiement par chèque
 De mettre à la charge du consommateur des frais indéfinis, en cas d’impayés, à la
convenance du professionnel
 De donner une information imprécise, au regard des prescriptions légales, sur les frais
mis à la charge du consommateur en cas de non-paiement
 De priver le consommateur de son droit d’accès à la télétransmission de ses demandes
de remboursement direct auprès de son nouvel organisme d’assurance complémentaire,
en cas de défaut de paiement des cotisations
 De donner une information imprécise et incomplète au regard des prescriptions légales
sur les modes de règlement amiable et contentieux des litiges
 De prévoir un délai de réponse du médiateur de la consommation supérieur à celui prévu
par la réglementation, de soumettre le recours au juge à un préalable de médiation de la
consommation et de prévoir que l’avis du médiateur s’impose aux parties.

Les consommateurs peuvent s'appuyer sur les avis et les recommandations émis par la
Commission des clauses abusives afin de régler un litige avec un professionnel.

126
Conclusion
En guise de conclusion on constate que, le consommateur est un sujet protégé par le droit
de la concurrence. Cette protection découle principalement du bon fonctionnement du marché
qui profite au consommateur, la concurrence entre les opérateurs économiques étant assurée.

L'application du droit de la concurrence protège en outre le consommateur de nombreux


préjudices.

Cependant, alors que cette étude devait porter exclusivement sur la protection du
consommateur par le droit de la concurrence, il est apparu évident qu'au-delà d'être un sujet
protégé, le consommateur demeure un élément, un concept utilisé par le droit de la concurrence.

Inséré dans les textes de concurrence, l'intérêt du consommateur représente un critère


d'exemption, un indice de l'efficacité d'une pratique sur le marché. Il apparaît donc que la
protection du consommateur ne semble pas constituer une des préoccupations principales du
droit de la concurrence.

En effet, il existe une certaine incohérence entre la volonté de protection du


consommateur dont se prévaut parfois le droit de la concurrence d'une part, et l'impossibilité
d'action du consommateur en concurrence déloyale ou le refus de la mise en place d'une
véritable action de groupe d'autre part.

La protection du consommateur est ici mise à l'écart, d'où la nécessité d'un droit séparé
de la consommation, dont l'objet est d'assurer une protection effective du consommateur contre
l'existence de toute stipulation abusive au niveau de ses actes avec le professionnel pour s’il
puisse lutter, à armes égales, avec les professionnels dans le cadre de manquement aux règles
de concurrence et voir, enfin, son préjudice réparé.

A ajouter également que, les dispositions de la loi concernant les clauses abusives sont
d’ordre public, c’est-à-dire qu’elles s’imposent aux parties -et en particulier aux fournisseurs-
qui ne peuvent pas les écarter. Les fournisseurs ont jusqu’au mois de décembre prochain pour
mettre les contrats en conformité avec la loi. Cette mise en conformité implique notamment que
les contrats de consommation soient débarrassés des clauses abusives qui y seraient
actuellement insérées. Il y a là un travail d’information et de sensibilisation à mener auprès des
entreprises qui doivent également savoir que, sous peine de sanction, tous les actes/contrats de
consommation rédigés dans une langue étrangère devront désormais être obligatoirement
accompagnés de leur traduction en langue arabe (article 206 de la loi). On constate ainsi que la
loi 38/01 procède d’une vision plus réaliste des relations contractuelles modernes et d’une
approche plus objective du contrat où les éléments de loyauté, de justice et d’équilibre doivent
désormais trouver leur place au côté de la volonté.

127
Table des matières
Thème 1 : Présentation de la loi 104-12 sur la concurrence et la réglementation des prix ............................. 4
Introduction ........................................................................................................................................................... 4
Partie 1 : Le Droit substantiel de la concurrence et son application à la lumière de la loi 104-12 : .............. 6
Chapitre 1 : Pratiques liées à la concurrence ...................................................................................................... 6
Section 1 : Pratiques anticoncurrentielles ....................................................................................................... 6
Sous-section 1 : Les pratiques collectives .................................................................................................. 6
Paragraphe 1 : Au plan du fond ............................................................................................................. 6
Paragraphe 2 : Au plan de la forme ....................................................................................................... 7
Sous-section 2 : Les pratiques individuelles .............................................................................................. 7
Paragraphe 1 : Eléments communs ........................................................................................................ 7
Paragraphe 2 : Eléments spécifiques ..................................................................................................... 8
§1 : Notion d’abus ............................................................................................................................. 8
§2 : Notions de domination et de dépendance économique : ............................................................ 8
I- La Position dominante ............................................................................................................... 8
II-La situation de dépendance économique : ................................................................................ 9
Section 2 : Pratiques restrictives de la concurrence : ..................................................................................... 9
Sous-section 1 : De la transparence dans les relations commerciales entre professionnels ....................... 9
Sous-section 2 : Du stockage clandestin .................................................................................................. 12
Chapitre 2 : le contrôle des prix et le contrôle des concentrations :.................................................................. 13
Section 1 : Le contrôle des prix .................................................................................................................... 13
Section 2 : le contrôle des concentrations .................................................................................................... 13
Partie 2 : Le Dispositif institutionnel et répressif de mise en œuvre de la loi 104-12 .................................... 15
Chapitre 1 : L’efficacité du conseil de la concurrence ...................................................................................... 15
Section 1 : L’activation du conseil ............................................................................................................... 17
Section 2 : L’aménagement du Conseil ........................................................................................................ 18
Sous-section 1 : La clarification de la mission ......................................................................................... 18
Paragraphe 1 : La transparence dans les relations économiques.......................................................... 18
Paragraphe 2 : L’équité dans les relations économiques ..................................................................... 18
Sous-section 2 : L’indépendance ............................................................................................................. 19
Sous-section 3 : Statut décisionnel ........................................................................................................... 20
Paragraphe 1 : Sur le plan de la régulation et du contrôle ................................................................... 20
Paragraphe 2 : Sur le plan des sanctions .............................................................................................. 21
Chapitre 2 : Dispositif répressif de mise en œuvre de la loi 104-12 ................................................................. 22
Section 1 : Dispositif administratif ............................................................................................................... 22
Section 2 : Dispositif pénal........................................................................................................................... 23
Conclusion ........................................................................................................................................................... 24

Thème 2 : Les institutions de régulation en matière de la concurrence ......................................................... 26


Introduction ......................................................................................................................................................... 26
Partie 1 : le conseil de la concurrence ............................................................................................................... 33
Chapitre1 : le conseil de concurrence : composition, organisation, attributions et missions : .......................... 33
Section 1 : composition et organisation du conseil de concurrence ............................................................. 33
Sous-section 1 : Composition .................................................................................................................. 33

128
Sous-section 2 : Organisation administrative et financière du conseil de concurrence ............................ 34
Paragraphe 1 : Organisation administrative ......................................................................................... 34
§1 : Nomination des membres ......................................................................................................... 34
§2 : Les obligations membres du conseil de concurrence ............................................................... 35
§3 : La cessation des fonctions des membres du conseil de la concurrence .................................... 36
Section 2 : les attributions et missions de conseil de concurrence ............................................................... 36
Sous-section 1 : les attributions de conseil de concurrence ..................................................................... 36
Sous-section 2 : Les missions du conseil de la concurrence .................................................................... 37
Chapitre 2 : conseil de concurrence marocain- compétence renforcée ............................................................. 38
Section 1 : le renforcement des prérogatives de de conseil de concurrence. ................................................ 38
Sous-section 1 : pouvoir décisionnaire et d’enquête ................................................................................ 38
Sous-section 2 : pouvoir de sanction ........................................................................................................ 39
Section 2 : le control de concentrations économiques. ................................................................................. 39
Sous-section 1 : les opérations notifiables ............................................................................................... 40
Sous-section 2 : nouvelle procédure de notification ................................................................................ 40
Sous-section 3 : les nouveaux délais procéduraux dans le calendrier de l’opération ............................... 41
Phase II ........................................................................................................................................................ 41
Section 3 : compétence renforcée ms toujours limité. .................................................................................. 42
Partie 2 : Autres Institutions de régulation de la concurrence ........................................................................ 44
Chapitre 1 : l’autorité marocaine des marches de capitaux ............................................................................... 44
Section 1 : le plan stratégique 2017-2020 de l’AMMC ................................................................................ 44
Section 2 :l’AMMC et la supervision du marché des capitaux .................................................................... 48
Sous-section 1 : le contrôle de l’information financière : ........................................................................ 48
Paragraphe 1 : L’information périodique............................................................................................. 48
Paragraphe 2. L’information importante ............................................................................................. 48
Paragraphe 3 : Les programmes de rachat des sociétés cotées ............................................................ 48
Paragraphe 4 : La déontologie des sociétés cotées .............................................................................. 49
Paragraphe 5 : Reporting sur la responsabilité sociétale des entreprises ............................................. 49
Sous-section 2 : le contrôle des intervenants et des infrastructures de marché ........................................ 49
Paragraphe 1 : Le contrôle des sociétés de gestion .............................................................................. 49
Paragraphe 2 : Le contrôle des sociétés de bourse et des teneurs de comptes ..................................... 50
Sous-section 3 le développement institutionnelle .................................................................................... 50
Paragraphe 1 : la gestion des risques ................................................................................................... 50
Paragraphe 2 : le diagnostic organisationnel ....................................................................................... 51
Chapitre 2 : Les institutions de régulation de la concurrence en matière de la communication audiovisuelle et la
télécommunication ............................................................................................................................................ 51
Section 1 : La communication audio visuelle ............................................................................................... 52
Sous-section 1 : La composition de la Haute autorité de la communication audiovisuelle...................... 52
Paragraphe 1 : La composition de du conseil supérieur de communication audiovisuel ..................... 52
§1 : Nomination ............................................................................................................................... 52
§2 : La cessation de la fonction des membres du conseil supérieur peut être sois .......................... 53
Paragraphe 2 : La composition de la direction générale de la communication audiovisuel ................. 53
§1 : Nomination et le recrutement ................................................................................................... 53

129
§2 : La cessation de fonction ........................................................................................................... 53
Sous-section 2 : Les pouvoirs et les attributions de la Haute Autorité de Communication Audiovisuel . 53
Paragraphe 1 : Les attributions générales du conseil supérieur ........................................................... 54
Paragraphe 2 : L’attribution du conseil supérieur qui a une relation avec la concurrence ................... 54
Section 2 : La télécommunication ................................................................................................................ 55
Sous-section 1 : Instance et administration de l’ANRT ........................................................................... 56
Paragraphe 1 : Instance de l’ANRT ..................................................................................................... 56
§1 : Un Conseil d’Administration pour orienter les actions de l’Agence… .................................... 56
I- Réunions du Conseil d’Administration ................................................................................... 56
II- Attributions du Conseil d’Administration .............................................................................. 56
III- Membres du Conseil d’Administration ................................................................................. 56
§2 : Le Comité de Gestion ............................................................................................................... 57
Paragraphe 2 : Administration de l’ANRT .......................................................................................... 57
Sous-section 2 : Attributions et missions en matière de la concurrence .................................................. 58
Paragraphe 1 : Concurrence ................................................................................................................. 58
Paragraphe 2 : Régulation de la concurrence ....................................................................................... 59
Paragraphe 3 : Saisines concurrentielles .............................................................................................. 59
Conclusion ........................................................................................................................................................... 61

Thème 3 : Les pratiques anti-concurrentielles ................................................................................................. 63


Introduction ......................................................................................................................................................... 63
Partie 1 : Les pratiques anticoncurrentielles entre prohibition et tolérance ................................................. 65
Chapitre 1 : Les contours de la concurrence ..................................................................................................... 65
Section 1 : Les ententes illicites et l’abus de position dominante................................................................. 65
Sous-section 1 : Les ententes illicites ....................................................................................................... 65
Sous-section 2 : l’abus de position dominante ......................................................................................... 66
Section 2 : L’abus de dépendance économiques et la pratique des prix abusivement bas ............................ 67
Sous-section 1 : L’abus de dépendance économique ............................................................................... 67
Sous-section 2 : Prix abusivement bas ..................................................................................................... 67
Chapitre 2 : Les exemptions à l’interdiction des pratiques restrictives de concurrence.................................... 68
Section 1 : Les pratiques tolérées ................................................................................................................. 68
Sous-section 1 : Autorisation des textes législatifs et réglementaires ...................................................... 68
Sous-section 2 : Une initiative des professionnels ................................................................................... 68
Section 2 : Prorogations relatives à certaines entreprises et la proposition d’une coopération américaine .. 69
Section 3 : Adaptation des règles en matière de contrôle de concentration économique et pratiques
anticoncurrentielles. ..................................................................................................................................... 70
Sous-section 1 : Adaptation des règles de contrôle des concentrations au niveau européen .................... 70
Sous-section 2 : Adaptation des règles en matière des pratiques anticoncurrentiels ................................ 71
Partie 2 : La lutte contre les pratiques anticoncurrentielles ........................................................................... 72
Chapitre 1 : L’organe relatif à la lutte contre les pratiques anticoncurrentiels ................................................. 72
Section 1 : La refonte du conseil de la concurrence ..................................................................................... 72
Section 2 : La procédure d’enquête .............................................................................................................. 73
Chapitre 2 : Le régime répressif des pratiques anticoncurrentielles ................................................................. 75
Section 1 : Sanctions administratives ........................................................................................................... 75

130
Section 2 : Les sanctions civiles ................................................................................................................... 76
Section 3 : Les sanctions pénales ................................................................................................................. 77
CONCLUSION.................................................................................................................................................... 79

Thème 4 : Présentation de la loi 31-08 sur l’information et la protection du consommateur ...................... 81


Introduction ......................................................................................................................................................... 81
Partie I : La présentation de la loi 31-08 sur la protection du consommateur. ............................................. 84
CHAPITRE I : Les objectifs de la loi 31-08 ..................................................................................................... 84
Section 1 : Rééquilibrer la relation entre le consommateur et le fournisseur. .............................................. 84
Section 2 : La protection du consommateur en matière des contrats conclus à distance. ............................. 85
CHAPITRE II : Les droits garantis aux consommateurs. ................................................................................. 86
Section 1 : Le droit à l’information .............................................................................................................. 86
Section 2 : Le droit aux choix. ...................................................................................................................... 87
Section 3 : Le droit à la rétractation. ............................................................................................................ 88
Partie II : Mesures protectionnistes et insuffisances de la loi 31-08 ............................................................... 90
CHAPITRE I : La protection du consommateur contre les clauses abusives. .................................................. 90
Section 1 : Les critères d’identification d’une clause abusive. ..................................................................... 90
Section 2 : L’interdiction des clauses abusives, une nouveauté en droit marocain ...................................... 91
CHAPITRE II : La protection du consommateur face aux nouvelles pratiques commerciales et endettement. 92
Section 1 : La protection du consommateur face aux nouvelles pratiques. .................................................. 92
Sous-section 1 : la protection du consommateur en matière de publicité ................................................ 92
Sous-section 2 : Protection du consommateur contre le démarchage et les types de ventes prohibées.... 93
Paragraphe 1 : Le démarchage d’après la loi 31-08 ............................................................................. 93
Paragraphe 2 : Les ventes prohibées analysé par la loi 31-08.............................................................. 93
Section 2 : La protection du consommateur face à l’endettement. ............................................................... 94
CHAPITRE 3 : Les lacunes et les insuffisances de la loi 31-08. ...................................................................... 95
Section 1 : Référence et recours à d’autres lois et règlements ...................................................................... 96
Section 2 : Application de la loi 31-08 ......................................................................................................... 96
Conclusion ........................................................................................................................................................... 98

Thème 5 : La protection du consommateur contre les clauses abusives....................................................... 100


Introduction ....................................................................................................................................................... 100
Partie 1 : la protection précontractuelle du consommateur contre les clauses abusives ............................. 104
Chapitre 1 : la détection des clauses abusives................................................................................................. 104
Section 1 : la notion de la clause abusive ................................................................................................... 104
Sous-section 1 : Les personnes et les contrats concernés ....................................................................... 104
Sous-section 2 : Le critère du déséquilibre significatif .......................................................................... 105
Sous-section 3 : Illustrations .................................................................................................................. 107
Section 2 : l’identification des clauses abusives ......................................................................................... 108
Sous-section 1 : la voie réglementaire : les clauses déclarées réglementaires ....................................... 108
Sous-section 2 : la voie judiciaire : les clauses jugées abusives ............................................................. 110
Chapitre 2 : Mécanismes généraux de la protection précontractuelle ............................................................. 110
Section 1 : La publicité à destination du consommateur ............................................................................ 111
Sous-section 1 : L’interdiction de publicité trompeuse .......................................................................... 111
Sous-section 2 : L’encadrement de la publicité comparative ................................................................. 112
Section 2 : L’obligation d’information du consommateur .......................................................................... 113

131
Sous-section 1 : L’information comme mesure de protection du consommateur .................................. 113
Sous-section 2 : l’obligation d’information incombe aussi bien au vendeur qu’au fabricant ................ 113
Section 3 : les organismes chargés de former et d’informer le consommateur .......................................... 114
Sous-section 1 : les institutions publiques.............................................................................................. 114
Paragraphe 1 : ministère de l’industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique
........................................................................................................................................................... 114
Paragraphe 2 : Ministère de l’agriculture et de la pêche maritime .................................................... 115
Paragraphe 3 : ALMOHTASSIB ....................................................................................................... 115
Sous-section 2 : les organismes consultatifs .......................................................................................... 116
Paragraphe 1 : Le conseil de concurrence.......................................................................................... 116
Paragraphe 2 : Le centre marocain de consommation ....................................................................... 116
Partie 2 : la protection du consommateur durant l’exécution du contrat et après son extinction ............. 118
Chapitre 1 : la preuve de l’abus en cas de détection des clauses abusives ...................................................... 118
Section 1 : le rôle de présomption .............................................................................................................. 118
Section 2 : le rôle du juge ........................................................................................................................... 119
Sous-section 1 : L’étendue du pouvoir du juge ...................................................................................... 119
Sous-section 2 : Le relevé d’office d’une clause abusive....................................................................... 120
Chapitre 2 : les conséquences de la qualification des clauses abusives .......................................................... 120
Section 1 : les sanctions administratives .................................................................................................... 121
Sous-section 1 : Sanctions du professionnel .......................................................................................... 121
Section 2 : les sanctions judiciaires ............................................................................................................ 121
Sous-section 1 : Suppression de la clause abusive réputée non écrite.................................................... 121
Sous-section 2 : la nullité partielle du contrat ........................................................................................ 122
Section 3 : Les associations de protection du consommateur ..................................................................... 123
Section 4 : les recommandations de la commission des clauses abusives .................................................. 123
Conclusion ......................................................................................................................................................... 127
Table des matières ............................................................................................................................................. 128

132

Vous aimerez peut-être aussi