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Chapitre 3-

Les stocks et les


Approvisionnements

1
1. Les stocks

2
Les stock et les ruptures de stock

Un stock est crée par la différence de débit entre un flux entrant


et un flux sortant. Le stock s’accumule lorsque le flux entrant est
supérieur au flux sortant.
Si à un moment donné le stock d’une référence est nul,
l’entreprise est en rupture de stock. Un stock « négatif » peut
mesurer un arriéré de commandes, ou « backlog ».

Illustration – La « baignoire »
se remplit lorsque le flux entrant
(mesuré en unité de produit par
unité de temps) excède le flux
sortant : le robinet débite plus
d’eau qu’il n’en sort par
l’évacuation.

3
Différentes types de stocks

Les stocks sont parfois présentés comme un mal nécessaire, qui


apparaissent dans les situations suivantes :
• Le stock « dans les tuyaux ». Ce stock reflète le temps qu'une unité de
produit doit passer dans le processus de production pour être
transformée d’input en output.
• Stock saisonnier. Quand la capacité est rigide et la demande variable,
un stock permet d’accumuler le produit dans les périodes creuses pour
le livrer dans les périodes de pic.
• Stock cyclique. Il est parfois plus économique de traiter plusieurs
unités de produit ensemble à un instant donné dans le temps, afin de
profiter d’économies d’échelle dans les opérations. Dans ce cas les
stocks s’accumulent et diminuent périodiquement.
• Stock de découplage. Stock tampon qui permet la gestion des étapes
amont et aval du stock de fonctionner indépendamment l'un de l'autre.
• Stock de sécurité. Des aléas de demande autour d’une valeur moyenne
peuvent justifier de constituer des stocks pour éviter des ruptures.
4
Inconvénients des stocks

L’existence de ces stocks présente des inconvénients :


• Un espace de stockage nécessaire (éventuellement sécurisé).
• Le processus de production peut se trouver rigidifié par la
nécessité de constituer des stocks.
• Les stocks sont coûteux à conserver.
• Les stocks peuvent dissimuler des insuffisances du système
de production.

5
Profil d’évolution du stock

Lorsque la consommation évolue au cours du temps, le


niveau conservé en stock varie. La représentation au
cours du temps constitue le profil d’évolution du stock,
comme ci-dessous.

Nombre
d’unités
en stock

Temps
6
Le stock moyen : définition

Le stock moyen (Sm) détenu pendant une période donnée


située entre 2 recomplétements du stock est égal à la moyenne
arithmétique du stock initial au début de la période (Si) et du
stock final à la fin de la période (Sf), avant que le
recomplétement du stock n’ait lieu.

Sm = Si + Sf
2

7
Exemples calcul stock moyen

Période de 8 semaines
Niveau de stock
100

Temps
2 sem 4 sem 6 sem 8 sem

Sur chaque période de 2 semaines, Sm = 100/2 = 50, mais


aussi sur l’ensemble des périodes.

8
Exemples calcul stock moyen

Période de 8 semaines
Niveau de stock
100

50

Temps
2 sem 4 sem 6 sem 8 sem

Sur la période de 8 semaines, Sm = 50/2 = 25, mais aussi sur


l’ensemble des périodes hebdomadaires intermédiaires.

9
Exemples calcul stock moyen

Période de 8 semaines
Niveau de stock
100

50

Temps
2 sem 4 sem 6 sem 8 sem

Sur les 4 premières semaines, Sm = 100/2 = 50


Sur les 4 dernières semaines, Sm = 50/2 = 25
Sur l’ensemble Sm = 100/2 * 4/8 + 50/2 * 4/8 = 50/2 + 25/2 = 37.5
10
Exemples calcul stock moyen

Période de 8 semaines
Niveau de stock
100

50

Temps
2 sem 4 sem 6 sem 8 sem

Sur les deux premières semaines et sur la période entre semaine 4


et 6, Sm = 50/2 = 25
Sur les semaines 3, 4, 7 et 8, Sm = 50/2 = 25
Sur l’ensemble Sm = 50/2 * 4/8 + 50/2 * 4/8 = 25/2 + 25/2 = 25
11
Exemples calcul stock moyen

Nombre
d’unités en stock Recomplétement Recomplétement
début mois 2 début mois 3
100

50

0
Sm mois 1 = Sm mois 2 = Sm mois 3 = Temps
(100+0)/2 = 50 ((100/2+0)*4/5)+(0*1/5) = (100+50)/2 = 75
40
MOIS 1 MOIS 2 Rupture MOIS 3
1/5 du
mois

12
La gestion des stocks

Principe de la gestion des stocks : la gestion des stocks a pour


objectif de minimiser les coûts liés aux stocks et d’éviter les
ruptures. Elle doit répondre aux 3 questions suivantes :
• Quoi ?
• Quand ? Date fixe ou variable ?
• Combien ? Quantité fixe ou variable ?

Quoi ?
➔ Outil : Classification ABC
Quand et Combien ?
➔ Définir la méthode de réapprovisionnement

13
La classification ABC

La classification ABC consiste à hiérarchiser les références


stockées par ordre d’importance (de la plus à la moins
importante), en définissant 3 classes d’importance (A, B et C).
• L’ordre d’importance est défini selon un critère relatif : chaque
référence est exprimée en % du chiffre d’affaires total, du coût
total des achats, de la valeur de l’en-cours total… puis les
références sont classées par ordre décroissant d’importance.
• La décision de classement A, B, ou C est basée sur la loi de
Pareto.

14
Classification ABC : La loi de Pareto

Dans le cadre général, la classification ABC consiste à identifier


les n causes possibles induisant l’apparition d’un problème /
d’un phénomène.
Et la loi de Pareto dit que, parmi ces n causes :
20% expliquent 80% des fois où le problème apparaît.
30 to 35% expliquent les 10 à 15% suivants des fois où le
problème apparaît.
Les 45 à 50% restantes des causes expliquent les 5 à 10%
restants.
Catégorie Pourcentage Pourcentage de la valeur
d’articles annuelle totale
Classe A 20% 80%

Classe B 30% à 35% 10% à 15%

Classe C 45% à 50% 5% à 10%

15
Méthodologie de la classification ABC
ETAPE EXEMPLE
1 - Etablir une liste des articles et choisir un Références de produits finis, importance dans
critère d’importance. le chiffre d’affaires (CA)
2 - Calculer pour chaque article la valeur du La référence XXX = 10k euros de CA
critère choisi.
3 - Calculer la somme des valeurs. L’ensemble des références = 1M euros de CA
4 - Déterminer, pour chaque article, le La référence XXX = 10k€/1M€ = 1% du CA
pourcentage de sa valeur par rapport à la
somme.
5 - Classer les articles dans un ordre La référence YYY = 15% du CA, ZZZ = 11% du
décroissant en fonction des pourcentages. CA, TTT = 9.5% du CA etc
6 - Calculer le pourcentage cumulé. YYY + ZZZ = 26% du CA, YYY + ZZZ + TTT =
35.5% etc
7 - Etablir les classes A, B et C à partir de la loi de CLASSE A : 20% des références par ordre
Pareto. d’importance décroissant qui représentent 80%
du critère (e.g. le CA).
CLASSE B : 30% à 35% des références qui
représentent 10% à 15% du critère.
CLASSE C : 45% à 50% des références qui
représentent 5% à 10% du critère.
67 Supply Chain Management et Achats © les Professeurs du département Organisation Industrielle, TBS 2016 - 2017
16
Classification ABC graphique

L’intérêt de la classification ABC est de pouvoir concentrer ses efforts


de gestion là où cela compte

100
90
Pourcentage du critère de

80
70
classement

60
50
40 Classe A Classe B Classe C
30
20
10

10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Pourcentage de types d’articles
17
Classification ABC : Exemple

Un magasin souhaite réaliser une classification ABC sur les 10


références qu’il stocke. Le critère retenu est celui de
l’importance de chaque référence dans la consommation en
valeur.
Référence Prix unitaire Consommation en Valeur
(1) unités = (1) * (2)
(2)
AB45b 33 305 10 065
CC45r 50.5 595 30 047.5
ZZd78i 6 1 000 6 000
HH7w 6.1 490 2 989
HH8b 35 200 7 000
AB24w 1 100 500 550 000
ZZ220b 115 700 80 500
AB250w 126.5 395 49 967.5
CC263i 300 100 30 000
AB26b 13.5 600 8 100

18
Classification ABC : Exemple (suite)

20% de 10 références = 2, 30 à 35% de 10 références = 3,…

Prix unitaire Consommation


Référence Valeur % valeur % valeur cumulé Classe
en unités
AB24w 1 100 500 550 000 71.0% 71.0% A
ZZ220b 115 700 80 500 10.4% 81.4% A
AB250w 126.5 395 49 967.5 6.5% 87.8% B
CC45r 50.5 595 30 047.5 3.9% 91.7% B
CC263i 300 100 30 000 3.9% 95.6% B
AB45b 33 305 10 065 1.3% 96.9% C
AB26b 13.5 600 8 100 1.0% 97.9% C
HH8b 35 200 7 000 0.9% 98.8% C
ZZd78i 6 1 000 6 000 0.8% 99.6% C
HH7w 6.1 490 2 989 0.4% 100.0% C
TOTAL 774 669 100.0%

19
La quantité économique

Il s’agit de déterminer combien stocker, de manière à minimiser les


coûts total de stockage.
La quantité économique peut être déterminée simplement lorsque
les hypothèses suivantes sont vérifiées :
• La demande est constante au cours du temps.
• Le délai de livraison n’est pas aléatoire.
• Il n’y a pas de limite de taille sur les commandes passées (pas de
contraintes de capacité de stockage).
• Le coût de passation de commande et les frais de transport sont
indépendants de la taille de la commande.
• Le coût de stockage ne dépend pas de la quantité stockée.
• Les prix d’achat sont constants, il n’y a pas de remise au
volume.
• La même quantité est commandée à chaque commande.
20
Coût de lancement, coût de passation de
commande
Le coût de passation de commande est le coût que l’entreprise
doit acquitter chaque fois qu’il passe une commande. Il est
indépendant du montant de la commande.
Le coût de passation de commande comprend tous les frais
qu’occasionne une commande :
• appel d’offre,
• préparation du bon de commande et suivi,
• réception de la livraison et magasinage,
• vérification des factures et comptabilité matière,
• …

Le coût de lancement est le coût que l’entreprise doit


acquitter chaque fois qu’il lance un ordre de fabrication. Il est
indépendant de la taille de l’ordre.
21
Coût de possession des stocks et taux de
possession des stocks

Le coût de possession des stocks couvre :


• L’intérêt du capital immobilisé
• Les coûts de magasinage (loyer et entretien des locaux,
assurances, frais de personnel et de manutention)
• Les détériorations du matériel
• Les risques d’obsolescence

La comptabilité analytique fournit souvent le taux de possession


des stocks, qui mesure l’importance du coût unitaire de
stockage par unité de temps par rapport au prix unitaire d’achat
(ou le coût de revient, ou le prix de vente du produit).

22
Coût total de gestion des stocks

Coût total de gestion des CT = coût total de gestion des


stocks = Coût d’achat + stocks sur la période
Coût de lancement + p = coût ou prix unitaire
Coût de possession des stocks D = demande sur la période
N = nombre de commandes ou de
lots de production sur la période
C = coût fixe de commande ou de
lancement
s = coût unitaire de stockage par
période
Sm = stock moyen sur la période
Q = taille de lot ‘commande ou
CT dépend de Q production)
23
Objectif : Minimiser le coût total

Coût

Coût total

Coût de
possession
des stocks

Coût d’achats des


articles

Coût de
lancement

QE Quantité (Q)
24
Quantité économique; Formule de Wilson

La quantité économique est la taille de lot commandée QE qui


minimise le coût total de stockage.
En calculant la dérivée première de la fonction de coût total par
rapport à Q et en posant que cette dérivée (pente) est nulle, on
obtient la valeur optimale (qui minimise le coût) des quantités Q à
commandée QE :
2DC
QE =
s
En pratique on doit approximer le coût unitaire de stockage s. On
estime le coût de possession des stocks en définissant le taux de
possession des stocks, K et en utilisant la valeur moyenne du stock.
𝒔 = 𝑲 ∗𝒑
𝑫 𝑸 2DC
𝐂𝐓 = 𝒑 ∗𝑫 + ∗𝑪 + 𝑲 ∗𝒑 ∗
𝑸 𝟐 QE =
Kp

25
Avantages and désavantages

Avantages de la quantité économique


• Arbitrage fondamental mis en évidence, les hypothèses de base
peuvent être relâchées (aléas sur demande, prix dégressifs,
contraintes de transport…).
• Valeurs optimales déterminées Q et N relativement robustes à
des erreurs sur les valeurs des paramètres C, s, p, D ou à des
arrondis qui sont parfois plus pratiques/bon sens.

Désavantages
• Beaucoup d’hypothèses (calcul « monoproduit », coût de
commande fixe, prix indépendants des quantités, résultats ne
tenant pas compte de contraintes physiques de transport ou
stockage,…).
• Raisonnement sans aléa.
26
Quantité économique : Exemple 1

Cas d’une pièce coûteuse à commander

Supposons la consommation mensuelle d’une pièce de 1 000


unités, son prix unitaire d’achat de 5€, le coût fixe de passation
d’une commande de 500€ et le taux de possession des stocks
annuel de 25% (en % du prix d’achat).
La quantité économique est de combien ?

2𝐷𝐶 2 ∗1 000 ∗12 ∗500 2 ∗1 000 ∗500


𝑄𝐸 = = = = 3 098
𝐾 0.25 ∗5 0.25 ∗5
𝑝 12

27
Quantité économique : Exemple 2

Un distributeur de matériaux de chantier achète les sacs de


ciments qu’il revend auprès d’un unique fournisseur.
La demande est constante au cours du temps, et l’an dernier il
a vendu 2 000 tonnes de ce produit.
Les coûts de passation des commandes sont estimés à 25€ à
chaque commande, et le taux de possession annuel des stocks
est de 20% du prix d’achat du produit. Le prix d’achat du
ciment est de 60€ par tonne.
Combien le distributeur de matériaux doit il commander à
chaque fois ?
2𝐷𝐶 2 ∗2 000 ∗25
QE = = = 91.287 tonnes
𝐾𝑝 0.2 ∗60

28
Quantité économique : Exemple 2 (suite)

Après avoir calculé la quantité économique, le manager trouve


que commander exactement 91.287 tonnes est un excès de
précision; combien coûterait une commande de 100 tonnes ?
Le coût total de commande de Q = 91.287 :

Le coût total supplémentaire à commander 100 tonnes à la fois


serait de seulement 121 100 − 121 097.722 = 2.278. Le manager
peut donc commander 100 tonnes si c’est plus pratique.
29
Quantité économique : Exercice 1

Soit un article d’un coût unitaire de 3 000€, d’une


consommation annuelle de 4 800 unités, d’un coût de passation
de commande de 1 200€, d’un coût unitaire de stockage de
450€, déterminer :
• la quantité économique à commander
• le coût total de gestion des stocks
• le nombre de commandes par an
• la durée de la période d’approvisionnement (année de 360
jours)

30
Quantité économique : Exercice 2

Le président de la société des produits Z souhaite connaître la


cadence la plus rentable pour ses approvisionnements en matière
premières.
Il estime que la consommation annuelle à retenir comme base est de
27 000 kg qu’il achète à 12.5 le kg, prix qui doit rester fixe.
Le coût fixe de passation d’une commande est évalué à 810€ et le
taux de possession des stocks mensuelle est de l’ordre de 1% de leur
valeur.
Déterminer la quantité économique de commande, la durée de la
période d’approvisionnement (année de 360 jours).
Imaginer que la vraie demande n’est que 13 500, calculer la nouvelle
quantité économique et compare les deux valeurs.

31
Quantité économique : Exercice 3

Le directeur d’une imprimerie estime que la consommation du papier


risque de devenir plus importante. Il voudrait connaître le coût total
de stockage et vous fournit les données suivantes :
• Consommation annuelle prévue : 24 000 unités standard
• Prix d’achat unitaire : 1 200
• Coût annuel de possession du stock : 10% du stock moyen valorisé
au prix d’achat
• Coût fixe de passation d’une commande : 625
On envisage la solution suivante facile à mettre en œuvre :
l’entreprise passe une commande par mois de 2 000 unités. Evaluer le
coût global de cette politique de gestion des stocks en calculant
séparément le coût annuel de possession du stock et le coût annuel
de passation des commandes.
Y a-t-il un rythme régulier plus économique ? Quel sera alors le « lot
économique » ? Quel sera le nouveau coût total ?
32
Quantité économique : Exercice 4

• Vous êtes embauché par une société pour l’aider à revoir son
organisation industrielle. C’est une société artisanale qui n’a pas
fait évoluer son organisation depuis longtemps et le Directeur
Général pense qu’il est important de mettre en place quelques
idées très simples de la gestion de production.
• Votre première analyse de la situation vous a permis d’extraire les
données suivantes :
• L’entreprise travaille 200 jours par an.
• La comptable passe en moyenne 5 commandes par jour aux
différents fournisseurs de l’entreprise.
• Notre étude porte sur 2 produits particuliers :
• Un produit A acheté au prix moyen annuel de 11.67€ et
consommé de manière régulière en production à raison de 100
produits par jour.
• Un produit B acheté au prix moyen annuel de 3€ et con sommé
de manière régulière en production à raison de 600 produits
par jour.
33
Quantité économique : Exercice 4 (suite)

• Valorisation des stocks au bilan :


• 815 K€ pour année N-1
• 820 K€ pour année N
• Le compte de résultat d’exploitation pour l’année N et une
répartition des charges (en pourcentage) basée sur l’observation
au cours des périodes précédentes et sur les documents existants
dans les différents services correspondants à ces fonctions :
Charges K€ Appro Stock Prod
Achats matière 1 500 0% 0% 100%
Achat divers (eau, électricité, papier…) 200 5% 5% 90%
Charges de personnel 3 000 5% 2.5% 92.5%
Autres charges (entretien…) 300 30% 20% 50%
Impôts et taxes 400 10% 10% 80%
Dotation aux amortissements 600 10% 10% 80%

34
Quantité économique : Exercice 4 (suite)

• Calculer la quantité économique d’approvisionnement du


produit A (les paramètres qui permettent de répondre à
cette question sont à calculer en fonction des données qui
vous sont fournies).
• Calculer le nombre de jours de production possible avec
cette quantité.
• Calculer la quantité économique d’approvisionnement du
produit B.
• Calculer les différents coûts réels du produit B liés aux
politiques de réapprovisionnement suivantes :
• Achat par 1 000 pièces
• Achat par 3 000 pièces
• Achat par 5 000 pièces

35
A préparer pour le cours suivant

• Classification ABC : Exercices 1 et 2


• Quantité économique : Exercices 1, 2, 3 et 4

36
2. Les Approvisionnements

37
Quand réapprovisionner ?
Différentes méthodes sont possibles, et peuvent être adaptées aux
circonstances particulières de chaque entreprise.
Les 3 méthodes standard reposent sur :
1. Date et quantité fixe : Il s’agit d’approvisionner un lot de taille QE
toutes les T périodes, en tenant compte du délai de livraison d.
Attention le temps est en jours ouvrés au cours desquels le produit
est consommé, le planning des commandes en jours calendaires
doit tenir compte des week-ends, jours fériés,…
2. Date fixe quantité variables (avec objectif d’optimiser l’utilisation
des capacités) : Il s’agit d’approvisionner un lot de taille égale au
stock maximal diminué du stock restant toutes les T périodes, en
tenant compte du délai de livraison d. Le stock maximal doit
permettre de tenir à partir d’une livraison jusqu’à la suivante.
3. Date variable quantité fixe (avec objectif d’économie d’échelle
optimale) : Il s’agit d’approvisionner un lot de taille QE lorsqu’il
reste en stock de quoi attendre la livraison. La date des
commandes varie puisqu’elle dépend de la vitesse de
38
consommation.
Réapprovisionnement à date fixe et
quantité fixe

Nombre d’unités
en stock
T T
QE

Temps
d d
T = QE / D
T = période entre 2 lancements ou commandes
d = délai d’obtention = temps entre passation et réception du lot
D = demande
39
Variation 1 : Quantité variable
Méthode de recomplétement périodique
Nombre d’unités
en stock
T T
S max

Temps
d d
T = période entre 2 lancements ou commandes
d = délai d’obtention
D = demande S max = (T+d) * D
40
Méthode de recomplétement périodique :
Avantages et désavantages

Avantages : Désavantages :
• Simple à mettre en • Pas réactive aux évolutions de la
œuvre. consommation sur tout l’horizon de
• Une planification / temps entre deux approvisionnements
organisation des plus le délai d’obtention de l’article.
approvisionnements Risque de rupture important.
tenant compte des • Calcul à faire à chaque fois des
capacités est quantités à commander, risque
possible. d’erreur associé. Nécessité de ne pas
• Permet de gérer avoir d’écart entre stock réel
plus facilement les disponible et stock informatique.
regroupements de • Méthode non optimale du point de
commande chez un vue du coût de gestion des stocks (pas
même fournisseur. QE réapprovisionnée).
41
Méthode de recomplétement périodique :
Exemple

Déterminez le stock maximal pour les paramètres suivants :


• Demande annuelle D = 1 000 unités.
• Jours ouvrés : 5 jours par semaine et 50 semaines par an.
• Période choisie T = 2 semaines entre une commande et la
commande suivante.
• Délai de livraison d = 2 jours (ouvrés)
➔ Dj = 1 000 / (50*5) = 4
➔ Smax = (Tj+dj) * Dj = (10+2) * 4 = 48
On commande jusqu’à 48 unités toutes les deux semaines.

42
Variation 2 : Date variable
Méthode du point de commande
Nombre d’unités
en stock

QE

PC
0
Temps
d d d

Lorsque le niveau de stock PC (point de commande) est atteint,


une nouvelle commande QE est passée.

d = délai d’obtention
D = demande par période
PC = point de commande = d*D
43
Méthode du point de commande :
Avantages et desavantages

Avantages :
• Méthode réactive aux évolutions de la demande, avant
d’atteindre le PC (mais pas pendant le délai de livraison).
• Méthode qui est optimale du point de vue du coût de gestion
des stocks, puisque réapprovisionnement en QE.
Désavantages :
• Pas de maîtrise du calendrier des approvisionnements pour les
références gérées avec cette méthode. Des problèmes de
gestion prévisionnelle de la capacité et des ressources
s’ensuivent.
• Méthode non réactive entre la date de déclenchement de la
commande et celle de la livraison (pendant le délai
d’approvisionnement).

44
Réapprovisionnement : Exemple

Déterminez la quantité économique et le point de commande


correspond aux paramètres suivants :
• Demande annuelle D = 1 000 unités sur 365 jours ouvrés
• Coût de commande C = 5€
• Coût de stockage s = 1.25€/unité par an
• Délai de livraison d = 5 jours
• Coût par unité p = 12.5€
2𝐷𝐶 2 ∗1 000 ∗5
➔ 𝑄𝐸 = 𝑠
=
1.25
= 89.4

➔ 𝑃𝐶 = 𝑑𝑗 ∗𝐷𝑗 = 5 ∗2.74 = 13.7 donc 14 avec 𝐷𝑗 = 1 000 = 2.74


365
La commande de 89 unités doit être effectuée lorsqu’il reste 14
unités en stock (à supposer que les livraisons soient effectuées
7j/7).
45
Réapprovisionnement : Exercice 1

La demande pour une mangeoire à oiseaux est de 18 unités par


semaine. Le délai d’approvisionnement est de 2 semaines et le
magasin est ouvert 52 semaines par an. Le stock maximal Smax
déterminé est de 108 unités.
Quelle est la durée de la période T entre deux commandes ?

46
Réapprovisionnement : Exercice 2

Une entreprise consomme en moyenne 6.5 produits par jour. Le


gestionnaire des stocks désire gérer ce produit suivant la
technique du point de commande.
• Quelle est la valeur de ce point de commande sachant que le
délai de livraison de cette pièce est de 4 semaines (semaine
de 5 jours) ?
• Que deviendrait le point de commande précédemment
calculé s’il y a un délai administratif de 2 jours entre la
connaissance du stock et l’émission de la commande ? Quelle
est l’immobilisation de stock induite par ce délai
administratif ?

47
Réapprovisionnement : Exercice 3

• Soit une entreprise E qui fabrique un produit fini P en utilisant


un composant C.
• Il faut un et un seul composant C par produit fini P (donc, par
exemple, pour faire 100 P, il faut 100 C). L’approvisionnement
de ce composant se fait chez un fournisseur unique, F.
• L’entreprise prévoit que la demande totale de produit fini P
pour l’année à venir sera de 6 000 unités. Ses coûts de
commande pour le composant C sont de 150€ par commande.
Le taux annuel de possession des stocks, noté K, est de 30%. Le
prix unitaire, noté p, du composant acheté est de 45€.
• Le délai moyen d’obtention du composant chez ce fournisseur
est de 5 jours.
• L’entreprise E travaille 5 jours par semaine pendant 50
semaines durant l’année.
48
Réapprovisionnement : Exercice 3 (suite)

1. Déterminez la politique optimale de gestion des stocks de


ce composant pour l’entreprise E (quantité économique,
nombre de commandes et coût total associé à cette
politique).
2. Le composant C est géré en point de commande,
déterminez la valeur de ce point de commande. On suppose
ici qu’il n’y a pas d’aléas sur la demande de ce composant.
3. Tracez le profil du stock associé à cette politique optimale.

49
Réapprovisionnement : Exercice 3 (suite)

4. En fait, il est plus économique pour le fournisseur du


composant C de livrer par lots de 500 unités (contraintes de
conditionnement). Le fournisseur propose alors à l’acheteur
de l’entreprise E de baisser son prix pour C à 43€ au lieu de
45€ si les commandes sont passées par lots de 500. Dans ce
cas, le calcul montre que ce serait un approvisionnement par
500 unités (et non 1 000, 1 500, 2 000,…) qui serait le plus
économique.
Si l’acheteur accepte, quelle sera le coût total de cette
nouvelle politique d’approvisionnement par 500 unités ? Cette
solution doit-elle être retenue par l’acheteur ?
5. Après la réalisation d’un audit interne des coûts de
commande, le service comptable de l’entreprise s’est rendu
compte que le coût de commande du composant C était sous
estimé de 21%. Quel est l’impact sur la quantité économique
d’une augmentation de 21% de ce coût ? Commentez.
50
Des aléas sans stock de sécurité ?
Ruptures!

Nombre d’unités
en stock
T T
QE

Temps
d d
T = période entre 2 lancements
d = délai d’obtention T = QE / d
51
Stock de sécurité
• Si on souhaite pallier aux aléas après avoir passé la commande
d’achat (consommation pas régulière ou pas de respect des délais
d’approvisionnement), il est possible d’envisager un stock de
sécurité qui permettra de réagir face à une augmentation de la
consommation ou du délai fournisseur.
• Soit demande ou délai sont risqués, soit les deux le sont
simultanément. Quand tout est aléatoire, ça se complique. C’est
mieux d’avoir un logiciel car sinon, ce n’est pas gérable. Les
intuitions restent les mêmes.
• Pour le calcul du niveau de stock, on ajoute une quantité
supplémentaire à la consommation moyenne pendant la période
entre deux commandes. Le stock de sécurité est à prendre en
compte en supplément dans le calcul du point de commande et du
stock maximal.
• PC = (d * D) + SS
• Smax = ( (T+d) * D ) + SS
• Sm = Q/2 + SS
52
Stock de sécurité

Niveau des
stocks

Q
Q
Q
PC
1
2
Stock de
sécurité
d1 d2
Temps

Quantité (variable) consommée pendant le


délai (variable) d’obtention d de l’article

53
Coût de rupture

• Le coût de rupture est le coût supporté par l’entreprise lorsqu’elle


ne peut livrer son client (interne ou externe). Le coût de rupture
s’ajoute au coût d’achat, au coût de lancement et au coût de
stockage dans le coût total de gestion des stocks.
• Soit la vente non réalisée est reportée à la période suivante : le
vendeur donne priorité à son client et le sert dès réception de la
marchandise. On suppose que ce retard s’évalue financièrement :
ouverture d’un dossier, réponses aux relances de la clientèle,
pénalités éventuelles à payer aux clients, faveurs accordées pour se
faire pardonner le retard,…
• Soit la vente non réalisée est définitivement perdue : dans ce cas, le
coût de rupture correspond au manque à gagner lié à l’article
demandé mais non fourni. Ce manque à gagner est constitué de la
marge unitaire sur coût d’achat habituellement réalisée sur le
produit et de la dépréciation de l’image de l’entreprise.
• Le stock de sécurité est calculé en arbitrant entre coût de
rupture et coût de stockage.

54
Niveau de service et facteur de sécurité

Le niveau de service α (lettre grecque alpha) est égal à la


probabilité que le stock de sécurité soit supérieur ou égal à la
demande imprévue reçue en plus de la demande moyenne.

A un niveau de service α correspond un facteur de sécurité noté


φ (lettre grecque phi indice alpha) qui multiplié par l’ampleur
de la variation de la demande durant le délai de livraison σDL
(lettre grecque sigma indice DL, qui symbolise l’écart-type de
celle-ci, supposé connue ou estimé) permet de déterminer le
stock de sécurité à ce niveau de service : SS = φ x σDL

55
Niveau de service pour une loi normale

Densité
Le niveau de service  est la
probabilité que la demande soit
inférieure à la quantité
moyenne additionnée du stock
de sécurité

SS
Q

Demande La probabilité de
moyenne rupture est alors
égale à (1 - )
56
Niveau de service

Les niveaux de services diffèrent selon la distribution des aléas


qui affectent la demande. En général on retient que la
demande est distribuée comme une loi Normale, de moyenne
égale à la demande moyenne et d’écart-type pendant le délai
de livraison σDL. Les facteurs de sécurité φ correspondant à
chaque niveau de service sont fournis.
Niveau de service Facteur de sécurité
 φ
80% 0.84
85% 1.04
90% 1.28
95% 1.64
96% 1.75
97% 1.88
98% 2.05
99% 2.33
57
Niveau de service : Exemple 1

Un concessionnaire BMW possède des magasins qui desservant


toute la zone de Chicago. La demande hebdomadaire à Chicago
et distribuée comme une loi normale, de moyenne 100 voitures
et avec une écart-type pendant le délai de livraison égal à 20
voitures. Le concessionnaire a un stock de sécurité de 33
voitures. Quel est le niveau de service que ce concessionnaire
propose aux magasins desservant Chicago ?

𝑆𝑆𝑋% = 𝜑 𝑋 % ∗𝜎 𝐷𝐿
𝑆𝑆
𝜑= = 33 = 1.65 ➔ niveau de service =95%
𝜎𝐷𝐿 20

58
Niveau de service : Exemple 2

Le manager d’une entreprise de construction a déterminé à


partir d’observations de données historiques que la demande
de sable pendant le délai de livraison est en moyenne de 50
tonnes.
Il a déterminé que cette demande pendant le délai de livraison
suivant une loi normale avec une écart-type égal à 5 tonnes.
Ce manager ne veut pas subir un risque de rupture de plus de
3%. Quel stock de sécurité doit il conserver pour ce produit ?
Quelle est la valeur du point de commande ?

𝑆𝑆97% = 𝜑 97% ∗𝜎 𝐷𝐿 = 1.88 ∗5 = 9.4


𝑃𝐶 = 𝑆𝑆 + (𝑑 𝑑 ∗𝐷 𝑑 ) = 9.4 + 50 = 59.4 tonnes
𝑑 𝑑 ∗𝐷 𝑑 est égal à la demande pendant le délai de livraison.

59
Stock de sécurité : Exemple 3

Litely vend 1 350 unités de son interrupteur spécial de


décoration par an. La demande pendant le délai de livraison a
un écart type de 6 unités.
Le coût de possession des stocks est de 5$ par unité et par
année, et le coût de rupture de stock par pourcentage de
probabilité de rupture de stock accepté est estimé à 6$
(correspondant à 3$ de bénéfice perdu par interrupteur et à 3$
de « goodwill » ou réputation perdue, c’est-à-dire d’une perte
future de chiffre d'affaires).
Quel stock de sécurité Litely doit elle conserver ? Pour cela
comparez les profits amenés par les stocks de sécurité de 0, 5
et 10 unités.

60
Stock de sécurité : Solution 3

• SS = 0 ➔ Niveau de service = 50%


Coût de stockage = s * SS = 0 * 10 = 0
Coût de rupture = probarupture * 100 * perte = (1-α) * 100 * perte
= 0.50 * 100 * 6 = 300
𝑆𝑆
• SS = 5 ➔ 𝜑 = = 5 = 0.84 ➔ Niveau de service = 80%
𝜎𝐷𝐿 6
Coût de stockage = s * SS = 5 * 5 = 25
Coût de rupture = (1-α) * 100 * perte = 0.20 * 100 * 6 = 120
𝑆𝑆
• SS = 10 ➔ 𝜑 = = 10 = 1.66 ➔ Niveau de service = 95%
𝜎𝐷𝐿 6
Coût de stockage = s * SS = 5 * 10 = 50
Coût de rupture = (1-α) * 100 * perte = 0.05 * 100 * 6 = 30
SS = 0 SS = 5 SS = 10
Coût de stockage 0 25 50
Coût de rupture 300 120 30
Coût total 300 145 80
61
Révision : Coût total de gestion des stocks

Coût total de gestion des stocks :


• Coût d’achat
• Coût de passation de commande ou de lancement
QE
• Coût de possession des stocks :
• Stock de cycle
• Stock de sécurité
SS
• Coût de rupture

62
Stock de sécurité : Exercice 1

Litely propose un lustre de cuisine moderne, blanc, qui est très


populaire. La demande prévue au cours du délai de livraison
peut être approchée par une loi normale ayant une moyenne de
180 unités et un écart type de 40 unités.
Quel stock de sécurité Litely doit il conserver pour parvenir à
un niveau de service de 95% ?

63
Stock de sécurité : Exercice 2

Un conseiller en gestion de production s’est vu confier par


une entreprise la tâche de mettre au point son système
de gestion des stocks. Le coût de passation de commande
est de 150€ et le taux de possession des stocks annuel est
de 35%. L’entreprise travaille 50 semaines par an. Parmi
les documents de travail qu’il a préparés, on trouve le
tableau sur le transparent suivant.

1. Faites une analyse ABC de ces articles.


2. Calculez la quantité économique pour les articles IT2,
IT7 et IT11. Commentez.
3. Calculez le coût total pour ces articles.

64
Stock de sécurité : Exercice 2 (suite)

Code de la Quantité utilisée Prix d’achat Délai d’obtention


pièce par an unitaire (en Euros) (en semaines)
IT 01 190 20 2
IT 02 800 40 2
IT 03 80 10 3
IT 04 50 14 2
IT 05 200 3 3
IT 06 250 18 2
IT 07 20 6 3
IT 08 400 13 2
IT 09 50 4 3
IT 10 10 1 250 3
IT 11 25 000 2 3
IT 12 300 12 2

65
120
Stock de sécurité : Exercice 2 (suite)

4. Calculez le point de commande pour ces mêmes


articles IT2 et IT11.
5. L’article IT11 a une consommation moyenne pendant
son délai d’obtention qui suit une loi normale de
moyenne 1 500 et d’écart type 400. Déterminer les
niveaux de stock de sécurité correspondant aux taux
de service suivants : 80%, 85%, 90%, 95% et 99%.
6. Une probabilité de rupture de 1% de l’article IT11
équivaut à une perte estimée de 15€. Quel est le
meilleur taux de couverture parmi les 5 envisagés ci-
dessus ? Pourquoi ?

66