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Faculté de Droit, Economie et Administration

Année universitaire 2020-2021


– Licence 3ème année –

DROIT SPECIAL DES SOCIETES

Cours de Mr Julien Granotier, Professeur


TD de Messieurs Degehet, Fittante et Lauricella

Séances :
1) La transformation des sociétés
2) La SNC
3) La SARL
4 et 5) Les valeurs mobilières, mode de financement de la société
Séance 4 : Forme et appropriation
Séance 5 : Liberté d’émission (interrogation de cours en TD)
6) et 7) Les cessions de droits sociaux
Séance 6 : Les modalités de la cession
Séance 7 : Les garanties de la cession
8) Colle en TD (à distance)
9) et 10) Les dirigeants de SA + correction de la colle
BIBLIOGRAPHIE GENERALE

Ouvrages généraux  :
A. Charveriat et A Couret, Mémento sociétés commerciales 2021, éd. Francis Lefebvre
L. Chatain-Autajon et P. Mousseron, Droit des sociétés, Joly éditions, 12ème éd., 2013
A. Constantin, Droit des sociétés, Dalloz (coll. Mémentos), 7ème éd., 2020
M. Cozian, M. Viandier, F. Deboissy, Droit des sociétés, Litec, 33ème éd., 2020
P. Didier et Ph. Didier, Droit commercial, T. 2, Les sociétés commerciales, Economica, 2011
B. Dondero, Droit des sociétés, Dalloz (coll. Hypercours), 6ème éd., 2019
Y. Guyon, Droit des affaires, Economica, T. 1, 12ème éd., 2003
J. Hamel, A Jauffret et G. Lagarde, Sociétés commerciales, Dalloz, T. 1 et 2, 1980
J. Hémard, F. Terré et P. Mabilat, Sociétés commerciales, Dalloz, 3 tomes (1972, 1974 et 1978)
P. Le Cannu et B. Dondéro, Droit des sociétés, Montchrestien (coll. Précis Domat), 8ème éd., 2019
V. Magnier, Droit des sociétés, Dalloz (coll. Cours), 9ème éd., 2019
Ph. Merle et A. Fauchon, Sociétés commerciales, Précis Dalloz, 24ème éd., 2020
J. Mestre, D. Velardocchio et A. Faussurier, Lamy sociétés commerciales 2020
B. Petit, Droit des sociétés, Lexis Nexis (coll. Objectif droit cours), 6ème éd., 2015
Ripert et Roblot (par M. Germain et V. Magnier), Traité de droit commercial - les sociétés commerciales, T.
2, LGDJ, 22ème éd., 2017

Ouvrages spéciaux (méthodologie)


V. La méthodologie préparée par l’équipe de formation de Nanterre : « Guide méthodologique à l'usage
des étudiants de licence  », disponible à partir de l’adresse Internet suivante (« documents de travail » sur la
page du site de l’Ufr DSP, Licence droit, 1 ère année) : http://www.u-
paris10.fr/67939301/0/fiche___pagelibre/&RH=1295367852611#3
V. égal. M.-N. Jobard-Bachellier et X. Bachellier, La technique de cassation ; pourvois et arrêts en
matière civile, Dalloz, Méthode du droit, 8ème éd., 2013.

Codes
Code de commerce 2021
Code des sociétés et des marchés financiers 2021
Attention : le « Code des sociétés » édition Dalloz (le rouge) n'est pas autorisé à l’examen . En
conséquence, seul le code des sociétés Litec (le bleu) est autorisé.

Répertoires :
Jurisclasseur – sociétés.
Encyclopédie Dalloz – sociétés

Revues spécialisées :
Bulletin Joly sociétés. Revue Droit des sociétés.
Recueil Dalloz, cahier droit des affaires. Revue des sociétés.
Revue de jurisprudence de droit des affaires. Revue trimestrielle de droit commercial.
Revue de jurisprudence commerciale. Semaine juridique édition entreprise et affaires.

2
SEANCE 1 : LA TRANSFORMATION DE LA SOCIÉTÉ

I. Généralités. Après l’étude des règles communes à l’ensemble des sociétés (« droit commun des sociétés »,
étudié en L3, et qu’il est indispensable d’avoir bien en mémoire), « le droit spécial des sociétés » s’intéresse
pour sa part aux règles applicables aux différentes formes de sociétés, et aux groupes de sociétés. Il s’agit
donc d’étudier maintenant le particularisme des différents types sociétaires.

Une interrogation surgit immédiatement. Pourquoi les personnes qui décident de créer une société doivent-
elles impérativement adopter l’une des formes prévues par la loi (art. 1835 Code civil) ? Ne pourrait-on pas
concevoir au contraire, en prenant par exemple appui sur la théorie contractuelle de la société, que les
fondateurs puissent déterminer librement le fonctionnement de leur société, sans être obligés d’adopter telle
ou telle forme autorisée par la loi ?

Cette obligation de choisir un type de société prédéfini s’exerce toutefois dans une liberté accrue à un double
titre. D’abord, le législateur a augmenté (depuis le début des années 1990) le nombre de types sociétaires
offerts aux fondateurs (v. SAS, SASU et en dernier lieu, dans des domaines spécifiques, la loi pour la
croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques - Loi Macron - du 6 aout 2015), sans pour autant
supprimer les types de sociétés désuets ou peu utilisés, à l’image de la société en commandite simple.
Ensuite, il a également accru le pouvoir des associés d’aménager le fonctionnement de chaque type
sociétaire, ce qu’illustre le mouvement de « contractualisation » (ou plus exactement de « re-
contractualisation ») des sociétés, dont vous donnerez des exemples.

Cette liberté accrue aboutit à une mise en concurrence des différentes formes de sociétés. Les fondateurs
disposent en effet d’un choix entre plusieurs types sociétaires. Vous expliquerez selon quels critères ce choix
est exercé. Et vous envisagerez également les conséquences de cette concurrence sur la répartition des
formes de société, à la fois « en stock » (formes les plus nombreuses) et « en flux » (formes les plus créées
ces dernières années).
Quoi qu’il en soit, le choix des associés fondateurs pour tel type de société n’est pas définitif : une société
peut changer de forme en cours de vie sociale, afin notamment de s’adapter aux circonstances économiques
et financières. C’est l’opération de transformation, dont il faut envisager les conditions et les effets.
II. Les conditions. En vous fondant sur des exemples précis, vous illustrerez le fait que le législateur a
parfois tendance à favoriser les transformations de sociétés, ou au contraire à les rendre plus difficiles. Vous
expliquerez cette différence de politique législative.
Par ailleurs, l’expérience montre que lorsque la règle édictée est trop rigide, les praticiens tentent de
contourner l’obstacle de la transformation en passant par d’autres techniques, comme par exemple celle de
l’absorption. C’est ce qu’illustre particulièrement l’arrêt du 19 décembre 2006, que vous commenterez, et qui
apporte une réponse jurisprudentielle à cette tentative.
- Cass. Com. 19 décembre 2006, Bull. civ. IV, n°268. (Doc 1)
III. Les effets. Vous expliquerez d’abord les effets produits par la transformation à l’égard de la société, puis
des associés. C’est cependant à l’égard des créanciers que la situation est la plus complexe. On comprend
aisément qu’en principe, la transformation ne doit pas atteindre les droits des créanciers sociaux antérieurs à
l’opération. Mais peut-on admettre que les créanciers bénéficient de garanties nouvelles du seul fait de la
transformation ? C’est ce qu’affirme parfois la jurisprudence, en des termes qui n’emportent pas
nécessairement l’adhésion. Pourquoi ?.
- Cass. civ. 3e , 10 janvier 1973, Bull. civ. III, n° 44. (Doc 2)
Bibliographie :  P. Le Cannu, « De la SA à la SAS : pourquoi transformer à l’unanimité si l’on peut
absorber à la majorité ? », Bull. Joly Sociétés 2005, 557.
3
Doc 1
Cass. com. 19 décembre 2006, Bull. civ. IV, n°268 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE

Sur le premier moyen : Doc 2


Cass. civ. 3e , 10 janvier 1973, Bull. civ. III, n° 44.
Vu l'article L. 227-3 du code de commerce ;
SUR LE MOYEN UNIQUE : VU L'ARTICLE 22
ANCIEN DU CODE DE COMMERCE APPLICABLE
Attendu qu'aux termes de ce texte, la décision de
EN L'ESPECE ;
transformation d'une société en société par actions
simplifiée est prise à l'unanimité des associés, qu'il en
est de même en cas de fusion-absorption d'une société
ATTENDU QU'AUX TERMES DE CE TEXTE, LES
par une société par actions simplifiée;
ASSOCIES EN NOM COLLECTIF, QUI ONT TOUS
LA QUALITE DE COMMERCANTS, REPONDENT
SOLIDAIREMENT DES DETTES SOCIALES ;
Attendu, selon l'arrêt déféré, que M. X..., Mme Y...,
son épouse, Mmes Z... et Emmanuelle X..., M. Edouard
X... (les consorts X...) et la société Residia Ile-de-
ATTENDU QUE, POUR DEBOUTER SIGONNEY
France étaient actionnaires minoritaires de la société
DE SA DEMANDE TENDANT A FAIRE
anonyme Cofradim, dont M. A... était actionnaire
DECLARER JEAN X... Y..., SOLIDAIREMENT
majoritaire ; que disposant d'une trésorerie importante
AVEC LA SOCIETE JEAN X... ET CIE, A LUI
la société Cofradim a consenti diverses avances
PAYER LE SOLDE DU COUT DES TRAVAUX DE
financières à l'une de ses filiales, constituée sous la
PEINTURE EXECUTES POUR LE COMPTE DE
forme d'une société par actions simplifiée, la société
LADITE SOCIETE, L'ARRET ATTAQUE, QUI
Cofradim résidences ; que par la suite, cette filiale a
CONDAMNE CELLE-CI A PAYER A SIGONNEY
absorbé, par voie de fusion, la société Cofradim, cette
LE PRIX DE CES TRAVAUX, ENONCE QUE
opération ayant été approuvée au sein des deux sociétés
CEUX-CI AYANT ETE EFFECTUES EN 1960, A
par une assemblée générale extraordinaire du 10
UNE EPOQUE AU COURS DE LAQUELLE
octobre 2001 ; que les consorts X... et la société
LADITE SOCIETE ETAIT ENCORE UNE SOCIETE
Residia Ile-de-France ont poursuivi la société Cofradim
A RESPONSABILITE LIMITEE, JEAN X...,
résidences, M. A... et son épouse aux fins de faire
GERANT DE LA SOCIETE, N'ETAIT PAS TENU
annuler la délibération prise au sein de la société
DES DETTES DE CELLE-CI DES LORS QU'IL
anonyme Cofradim ; que la société Cofradim
N'EXISTAIT AUCUNE SOLIDARITE ENTRE EUX
résidences est devenue la SAS Cofradim ;
A L'EPOQUE DES TRAVAUX ;

Attendu que pour refuser d'annuler la délibération de


QU'EN STATUANT AINSI, APRES AVOIR
l'assemblée générale extraordinaire de la société
CONSTATE QU'EN 1961 LA SOCIETE A
Cofradim du 10 octobre 2001 ayant décidé la fusion-
RESPONSABILITE LIMITEE JEAN X... S'ETAIT
absorption avec la société par actions simplifiée
TRANSFORMEE EN SOCIETE EN NOM
Cofradim résidences, l'arrêt retient qu'une absorption
COLLECTIF, JEAN X... EN ETANT DEVENU L'UN
n'emporte pas transformation de la société absorbée qui
DES ASSOCIES ET ALORS QUE, DU FAIT DE
se trouve, au contraire, dissoute dès la décision de
CETTE TRANSFORMATION, LES DETTES
fusion et qu'il ajoute que la simple constatation qu'une
SOCIALES DE LA PREMIERE AVAIENT ETE
telle opération revient à faire passer les actionnaires
TRANSFEREES A LA SECONDE, LA COUR
d'une société anonyme de type classique à une société
D'APPEL A VIOLE LE TEXTE SUSVISE ;
par actions simplifiée sans leur consentement n'est pas
de nature à rendre applicables les dispositions de PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE.
l'article L. 227-3 du code de commerce qui ne visent
que la transformation et à rendre exigible, sur le
fondement de ce texte, un vote unanime, ajoutant par là
au pacte social de l'absorbée une condition
supplémentaire que ne prévoit pas le texte auquel les
appelants se réfèrent ;

Attendu qu'en statuant ainsi, la cour d'appel a violé le


texte susvisé ;

4
SEANCE 2 : LA SOCIÉTÉ EN NOM COLLECTIF

I. Généralités. La SNC est au cœur d’un paradoxe. On se demande comment il peut en exister autant en
France (30 000 environ, ce qui ne représente toutefois que 1,5 à 2% du total des sociétés), alors que c’est le
type de société qui fait peser sur ses associés la responsabilité la plus importante, en raison de l’obligation
indéfinie et solidaire aux dettes sociales. En réalité, ce paradoxe peut s’expliquer par des raisons fiscales.
Pour le droit fiscal en effet, la société en nom collectif est une société «  transparente » : les bénéfices qu’elle
dégage sont imposés dans les patrimoines personnels de ses associés à proportion de la part qui leur en
revient ; symétriquement, les pertes qu’elle réalise sont imputables sur les revenus imposables de ses
associés à proportion de la part qui leur en revient (art. 8 CGI). De fait, la société en nom collectif était
devenue un instrument de défiscalisation recherché par les contribuables les plus imposés qui trouvaient dans
l’association à une société en nom collectif déficitaire le moyen de diminuer leur résultat imposable. À tel
point qu’une loi de finances n° 95-1346 du 30 décembre 1995 tentait de mettre un terme à cette pratique, en
interdisant aux personnes physiques « l’imputation des déficits provenant, directement ou indirectement, des
activités relevant des bénéfices industriels ou commerciaux lorsque ces activités ne comportent pas la
participation personnelle, continue et directe de l’un des membres du foyer fiscal à l’accomplissement des
actes nécessaires à l’activité » (art. 156-I, 1° bis CGI). Depuis cette loi, l’avantage fiscal que procure
l’imputation des pertes réalisées par une société en nom collectif sur le revenu personnel de ses associés est
surtout exploité dans les groupes de sociétés, là en particulier où les conditions du régime de « l’intégration
fiscale » ne peuvent être satisfaites (art. 223 A CGI). L’intégration réalisée est alors dite « sauvage » ; ce qui
ne signifie pas qu’elle soit illicite.

Le mieux, afin d’étudier la SNC, consiste peut-être à partir d’un exemple concret. Voyez donc les statuts
d’une SNC appartenant au groupe L’Oréal (Document 1, Les Petites Affiches, 21 mai 1986). Cette société a
été radiée du RCS en juin 2016, mais elle constitue un exemple intéressant. Après une lecture attentive de
ces statuts, vous répondrez aux questions suivantes :

- Une telle utilisation de la société en nom collectif au sein du Groupe L’Oréal (un des tous premiers groupes
mondiaux) correspond-elle à la vocation normale de ce type de société ? Présente-t-elle un caractère abusif ?
Les formes juridiques sont-elles parfaitement neutres et détachées de l’usage qui en est fait ?

- La société comprend deux associés : L’Oréal (une société anonyme au capital de 112 596 669 €) et Holdial
(une société civile au capital de 1 000 €, et qui n’est que l’un des satellites du Groupe L’Oréal). N’est-on pas
en réalité en présence d’une société unipersonnelle, voire d’une société de façade ? N’aurait-on pas pu
envisager une autre forme juridique, telle l’EURL ? Pourquoi ne pas l’avoir fait ?

- Est-il correct d’indiquer que la société a pour « raison sociale » Goldys International ? - Que penser de
l’objet social indiqué dans les statuts ? Semble-t-il trop large ou trop restreint ? Est-il en rapport avec le
montant du capital social (qui était de 15 000 € au moment de sa radiation) ? Renseigne-t-il sur l’activité
réelle qu’aura la société ? Convient-il à la durée prévue pour l’existence de la société ? Que penser des
dispositions relatives aux pouvoirs du gérant ? Vous paraissent-elles originales ou banales, excessives ou
normales ? La réserve du consentement des associés pour les actes les plus graves pourrait-elle se révéler
gênante ? Que penser des dispositions relatives aux cessions de droits sociaux ? Sont-elles utiles au regard du
régime juridique de la SNC en général d’une part, de la configuration particulière de la société Goldys
International d’autre part ? Au-delà de cette dernière, la difficulté pour un associé de sortir de la société en
nom collectif est-elle gênante ? Pour surmonter cet inconvénient, peut-on recourir à une convention de
croupier ? Quelle en est la nature ? Quelles en sont les conditions de licéité ?

5
II. L’obligation aux dettes sociales des associés. Cette question a été traitée en partie à l’occasion du cours
de droit commun des sociétés. Vous reverrez donc vos notes de l’an dernier sur ce point, en particulier la
différence entre l’obligation aux dettes et la contribution aux pertes. On sait que l’obligation aux dettes des
associés d’une SNC est lourde (d’ailleurs plus que celle des associés d’une société civile – pourquoi ?), au
point que les associés tentent parfois d’obtenir de la part des créanciers sociaux des clauses de non recours,
dont vous expliquerez les conditions de validité.
Mais un point mérite encore d’être approfondi. Il s’agit du caractère subsidiaire de cette obligation, qui
suscite certaines difficultés pratiques. Ainsi en est-il de la remise de dette accordée par un créancier. Lorsque
cette remise est accordée à la société, la situation ne semble pas trop complexe : pourquoi ? La situation est-
elle plus problématique, en revanche, lorsque la remise n’est pas accordée à la société elle-même, débiteur
principal, mais à un associé, débiteur subsidiaire. Expliquez la difficulté.

Vous vous exercerez à ces questions en répondant au cas suivant :


Pierre, Paula et Jack, Trois anciens étudiants de la faculté de droit de Metz ont créé il y a 4 ans la SNC
Trobon, spécialisée dans la vente de produits gastronomiques à emporter, « chics et pas chers ».
Malheureusement après des débuts prometteurs, la SNC connaît des difficultés financières, liées à la crise
sanitaire. Le compte courant de la société auprès de sa banque, la BPN, affiche en effet un solde débiteur de
30 000 € au 1er septembre 2020. La BPN négocie alors avec Pierre l’accord suivant : la Banque renonce à sa
créance vis-à-vis de Pierre et accepte donc de le libérer de sa dette à son égard, en contrepartie de la cession
par Pierre de toutes ses parts sociales à l’une des filiales de la Banque, la société Parihaut. Quelques mois
après, en dépit des efforts de la société Parihaut pour assainir la gestion de la SNC, la société Trobon dépose
son bilan ; le solde débiteur du compte courant a atteint 50 000 €. La BPN agit alors en paiement de sa
créance à l’encontre de Paula, de Jack, mais également de Pierre. Ce dernier tombe des nues, car il pensait
être déchargé du passif de la société ; il vous demande donc ce qu’il en est. Paula, pour sa part, se prévaut de
l’accord intervenu entre la Banque et Pierre et soutient que cet accord ayant déchargé cet associé,
solidairement tenu des dettes sociales de la société, les autres associés se trouvent totalement libérés de leurs
obligations envers la Banque. Son raisonnement est-il juste ? Enfin, Jack vous demande s’il est normal que la
société Parihaut échappe aux poursuites de la BPN, et si elle n’échappe pas ainsi à l’obligation aux dettes.

III. Le fonctionnement de la SNC. Parmi les différentes questions que le fonctionnement d’une SNC est à
même de susciter, on s’arrêtera tout spécialement sur la suivante : une SNC peut-elle garantir les
engagements personnels de ses associés ? La question est délicate, partagée entre la limitation des pouvoirs
des gérants (L. 221-5 C. com.) et l’admission de pouvoirs reconnus aux associés délibérant à l’unanimité (L.
221-6 C. com.). La question n’est pas propre aux SNC. Elle se pose également dans les sociétés civiles, aussi
peut-il être utile d’étudier en parallèle les solutions données en la matière par la Cour de cassation.

Sur cette question, vous pourrez lire avec profit : D. Cohen, « Les garanties émises par les sociétés : un
nécessaire changement de perspective ? », Mélanges en l’honneur du professeur Laurent Aynès, LGDJ,
2019, p. 97.

Après avoir réalisé les fiches des différents arrêts suivants, vous tenterez d’articuler entre elles les solutions
de ces arrêts. N’est-ce pas la conformité de la garantie à l’intérêt de la société qui est primordiale  ? Mais de
quoi peut donc résulter cette conformité ? D’une contrepartie pour la société, d’une communauté d’intérêts
entre la société et le tiers garanti, ou même simplement d’une décision unanime des associés ? De même, une
telle garantie doit-elle être considérée de toute façon contraire à l’intérêt de la société lorsqu’elle porte sur la
totalité de son actif, ou ce critère est-il indifférent ? Le critère de l’intérêt social est-il toutefois vraiment
pertinent ?
- Cass. com., 18 mars 2003, Bull. civ. IV, n° 46. (Doc 2)
- Cass. civ. 1ère, 8 nov. 2007, Bull. civ. I, n° 345. (Doc 3)
- Cass. com., 8 nov. 2011, n° 10-24438, inédit. (Doc 4)

6
- Cass. com., 26 juin 2012, n° 10-28255, inédit. (Doc 5)
- Cass. civ. 3ème, 12 sept. 2012, Bull. civ. III, n° 121. (Doc 6)
- Cass. civ. 3ème, 9 déc. 2014, n° 13-25219, inédit. (Doc 7)

Bibliographie :
D. Cohen : « Les garanties émises par les sociétés : un nécessaire changement de perspective ? », Mélanges
Aynès, LGDJ, 2019, p. 97

7
Doc 1 divisé en mille parts de cent francs chacune,
souscrites en numéraire et libérées intégralement
Avis de constitution de la société Goldys par les associés, savoir :- L’OREAL, neuf cent
International quatre-vingt-dix-neuf parts de cent francs soit
quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cents francs (99
Aux termes d’un acte sous-seing privé en date à 9000 F).
Paris du seize mai mil neuf cent quatre-vingt-six,
enregistré à Paris 8e, R.P. Madeleine, le seize mai - Société civile HOLDIAL, une part de cent francs
mil neuf cent quatre-vingt-six, bordereau 94, case soit cent francs (100 F)
19, il a été établi les statuts d’une société en nom
collectif, régie par la loi du 24 juillet 1966 et le Les parts sociales ne peuvent être cédées à des
décret du 23 mars 1967, sous la raison sociale de personnes étrangères à la société ou entre associés
qu’avec le consentement de tous les associés.
GOLDYS INTERNATIONAL
La société est gérée et administrée par un ou
Le siège social est fixé à Paris (huitième plusieurs gérants pris ou non parmi les associés,
arrondissement), 15 rue Florentin. qui a les pouvoirs les plus étendus vis-à-vis des
tiers pour contracter au nom de la société et
Cette société a pour objet, tant en France qu’à l’engager par tous les actes et opérations entrant
l’étranger :- La fabrication, la vente, dans l’objet social. Toutefois, ils ne pourront sans
l’importation, l’exportation, la représentation de l’autorisation préalable des associés :- Acquérir
tous articles et produits de parfumerie, de beauté, ou aliéner des biens immobiliers.
d’hygiène, et notamment de produits capillaires,
de teintures pour les cheveux et de produits - Acquérir ou aliéner tout droit au bail.- Constituer
professionnels pour les coiffeurs ;- Et hypothèque ou nantissement sur les biens de la
généralement toutes opérations commerciales, société.- Acquérir, souscrire, vendre toutes
industrielles, financières, mobilières ou valeurs mobilières françaises ou étrangères.-
immobilières se rattachant directement ou Emprunter sous quelque forme que ce soit, si ce
indirectement à l’objet ci-dessus ou à tous objets n’est sous forme de compte-courant susceptible de
similaires ou connexes ou qui seraient de nature à fonctionner à découvert.- Créer toute filiale,
favoriser ou à développer les opérations de la agence ou succursale.- Octroyer des prêts, faire
société.Le tout tant pour elle-même que pour le des avances ou accorder des délais de paiement,
compte de tiers, ou en participation sous quelque pour toutes opérations non liées à la gestion
forme que ce soit notamment par voie de création courante des affaires.
de société, de souscription de commandite, de
fusion ou d’absorption, de prêts ou d’avances, Le gérant est : Monsieur Alain –La durée de ses
d’achat ou de vente de titres sociaux, de cession fonctions n’est pas limitée.
ou location de tout ou partie de ses biens et droits
mobiliers ou immobiliers ou par tout autre mode. La société sera immatriculée au registre du
commerce et des sociétés de Paris.
La société a été constituée pour une durée de
quatre-vingt-dix-neuf années à compter de son Doc 2
immatriculation au registre du commerce et des Cass. com., 18 mars 2003, Bull. civ. IV, n° 46
sociétés entre :- L’OREAL, société anonyme au
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE
capital de quatre cent vingt-huit millions neuf
COMMERCIALE, FINANCIERE ET
cent-trois mille deux cents francs, dont le siège
ECONOMIQUE, a rendu l'arrêt suivant :
social est à Paris (huitième arrondissement), 14
rue Royale. Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :
Vu l'article 15 de la loi du 24 juillet 1966, devenu
- La société civile HOLDIAL, au capital de cinq
l'article L. 221- 6, alinéa 1er, du Code de
mille francs dont le siège social est à Paris
commerce ;
(neuvième arrondissement), 12 rue Godot-de-
Mauroy. Attendu, selon l'arrêt attaqué, qu'à la suite du
redressement judiciaire de la société en nom
Le capital social est fixé à cent mille francs et collectif Champenier-Risterucci, le Crédit
lyonnais, (la banque) a déclaré trois créances au contesté la régularité du commandement,
titre de cautionnements consentis le 5 février 1988 l'identification du créancier poursuivant et la
par la société en garantie de prêts accordés à deux validité de l'engagement de caution ; que la SCI a
associés M. X... et à Mlle Y... ; que le juge- interjeté appel du jugement qui avait rejeté ses
commissaire a admis ces créances ; que la société contestations et autorisé la continuation de la
en nom collectif Thomas répartition, aux droits de procédure ;
laquelle se trouve la société Alliance Santé, a
...
formé une réclamation contre l'état des créances ;
que par une ordonnance du 26 avril 1995, cette Et sur le second moyen :
réclamation a été écartée ;
Vu les articles 1852 et 1854 du code civil ;
Attendu que pour rejeter les créances déclarées
Attendu que pour rejeter la contestation de la SCI
par la banque concernant les prêts consentis à M.
Christoni quant à la validité de son
X... et à Mlle Y..., l'arrêt retient que la dette
cautionnement, l'arrêt retient, par motifs propres,
garantie ne correspond pas à une dette sociale
que cette société ne pouvait mettre en cause la
mais à une dette personnelle des associés et que
garantie donnée par son gérant pour les besoins de
cette garantie, bien qu'ayant été concédée par la
l'activité commerciale personnelle de celui-ci et,
société avec l'accord unanime de tous les associés,
par motifs adoptés, qu'en ce qui concerne les
ne constitue pas un acte entrant dans l'objet social
personnes morales, ce sont les statuts qui
et n'est pas susceptible d'avoir engagé la société
déterminent les personnes chargées de les
dans ses rapports avec les tiers ;
représenter et l'étendue de leur pouvoir et qu'il
Attendu qu'en statuant ainsi, alors que l'arrêt résulte de l'engagement de caution litigieux qu'il
constate que les cautionnements en cause avaient avait été souscrit en garantie de la dette de M.
été donnés avec l'accord unanime de tous les X..., par M. X... lui-même, ès qualités de gérant
associés lors d'une assemblée générale de la SCI Christoni ;
extraordinaire et dès lors qu'il n'était pas allégué
Qu'en se déterminant ainsi, alors que le
que ces garanties étaient contraires à l'intérêt
cautionnement donné par une société n'est valable
social, la cour d'appel n'a pas tiré les
que s'il entre directement dans son objet social ou
conséquences légales de ses propres
s'il existe une communauté d'intérêts entre cette
constatations ;
société et la personne cautionnée ou encore s'il
PAR CES MOTIFS : résulte du consentement unanime des associés,
sans préciser, à défaut d'une décision de
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il
l'assemblée générale des associés, que le
a rejeté les créances relatives aux prêts consentis à
cautionnement remplissait l'une de ces conditions,
M. X... et à Mlle Y... d'un montant respectif de 1
la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa
307 450,69 francs et 3 552 356,08 francs et
décision au regard des textes susvisés ;
48 426,563 francs, l'arrêt rendu le 26 janvier 2000,
entre les parties, par la cour d'appel d'Aix-en- PAR CES MOTIFS :
Provence ; remet, en conséquence, quant à ce, la
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses
cause et les parties dans l'état où elles se
dispositions, l'arrêt rendu le 8 juillet 2003, entre
trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit,
les parties, par la cour d'appel d'Aix-en-Provence ;
les renvoie devant la cour d'appel de Montpellier

Doc 4
Doc 3
Cass. com., 8 nov. 2011, n° 10-24438, inédit
Cass. civ. 1ère, 8 nov. 2007, Bull. civ. I, n° 345
Sur le moyen unique :
Attendu que la société Ortelli a engagé une
procédure de saisie immobilière à l'encontre de la Attendu, selon l'arrêt attaqué (Montpellier, 21 juin
SCI Christoni qui avait souscrit en sa faveur un 2006), que la caisse régionale de crédit agricole
cautionnement hypothécaire en garantie d'un mutuel du Languedoc (la caisse) ayant engagé des
emprunt contracté par le gérant de cette dernière poursuites de saisie immobilière à l'encontre de la
pour les besoins de son activité commerciale société Aubrac (SCI) , en sa qualité de garante
personnelle ; qu'avant l'audience éventuelle, la hypothécaire du prêt consenti, le 8 septembre
SCI a déposé un dire aux termes duquel elle a 2003, à la société Château haras de Curières, la
SCI a opposé la nullité de cette sûreté, contraire à
son intérêt social ; qu'un jugement sur incident a novembre 2006, la SCI a, notamment, contesté la
déclaré nulle la procédure ; validité de son engagement ;
Attendu que la caisse fait grief à l'arrêt d'avoir ...
décidé que le la garantie hypothécaire souscrite
Et sur le troisième moyen :
par la SCI est contraire à son intérêt social et de
l'avoir annulée ainsi que le commandement valant Attendu que la banque fait encore grief à l'arrêt
saisie immobilière qu'elle a fait délivrer, le 22 d'avoir dit que l'acte de prêt n'engageait pas la SCI
février 2008, à la SCI, ensemble la procédure qui et d'avoir déclaré en conséquence nulle et de nul
en a été la conséquence, alors, selon le moyen, effet la procédure de saisie immobilière, alors,
que la garantie hypothécaire donnée par une selon le moyen, que dans ses conclusions
société n'est valable que si elle entre dans son récapitulatives du 22 juin 2010, la banque Chaix
objet social ou s'il existe une communauté faisait valoir que la souscription d'un prêt relais,
d'intérêts entre cette société et la personne dans l'attente de la vente d'un bien immobilier,
garantie ou encore s'il résulte du consentement destinée à financer un apport en compte courant
unanime des associés ; qu'en énonçant que la de la SARL Marvan Corporation, prêt relais
garantie hypothécaire souscrite par la SCI doit en expressément autorisé par une délibération des
plus, pour être valable, être conforme à l'intérêt associés de la SCI en date du 14 octobre 2005,
social tel que le juge est amené à l'apprécier, la entrait dans l'objet social de la SCI précisant que
cour d'appel, qui constate que la garantie la « société a pour objet soit au moyen de ses
hypothécaire de l'espèce a été autorisée par une fonds propres soit au moyen de deniers d'emprunt,
délibération de l'ensemble des associés, a violé les l'acquisition (…) et la mise en valeur de tous les
articles 1852 et 1854 du code civil. biens et droits mobiliers » dont font partie les
parts et actions de sociétés ; qu'en jugeant que le
Mais attendu que la sûreté donnée par une société
prêt litigieux n'engageait pas la SCI par le seul
doit, pour être valable, non seulement résulter du
motif qu'il « n'est pas conforme à l'objet social de
consentement unanime des associés, mais
la SCI La Chardonneraie » sans justifier en quoi le
également être conforme à son intérêt social ;
prêt n'aurait pas été conforme à l'objet social, la
qu'après avoir constaté que l'opération juridique
cour d'appel a privé sa décision de base légale au
avait été autorisée par une délibération de
regard de l'article 1849 du code civil ;
l'ensemble des associés, l'arrêt relève que la SCI
soutenait, sans être contredite et sans que la caisse Mais attendu que l'arrêt constate, par motifs
offrît la preuve contraire, que l'immeuble donné propres et adoptés, que la SCI a pour objet
en garantie était son seul bien immobilier, que l'acquisition, la gestion, la location, la prise à bail
l'opération ne lui rapportait aucune ressource, et la mise en valeur de tous les biens et droits
mais grevait ainsi très lourdement son patrimoine, mobiliers et immobiliers et toutes les opérations
exposé à une disparition totale sans aucune civiles se rattachant directement ou indirectement
contrepartie pour elle, au risque donc de à l'objet précité ; qu'il constate encore que par
l'existence même de la société garante ; que de ses assemblée générale extraordinaire, la SCI a
constatations et appréciations, la cour d'appel a pu autorisé son gérant à souscrire un crédit relais
déduire que la souscription de cette sûreté était assorti d'une hypothèque, dans l'attente de la vente
contraire à l'intérêt social de la SCI ; que le moyen d'un bien immobilier ; qu'il relève que le prêt
n'est pas fondé ; accordé au gérant a été destiné au financement
d'un apport en compte courant dans une autre
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi
société ; qu'il retient que ne sont démontrés ni
l'existence d'une communauté d'intérêts entre la
Doc 5 SCI et cette dernière société, ni l'intérêt que
présentait pour la SCI l'apport en compte courant
Cass. com., 26 juin 2012, n° 10-28255, inédit à un tiers avec lequel elle n'avait aucun lien et en
Attendu, selon l'arrêt attaqué (Aix-en-Provence, faveur duquel elle engageait son seul actif ; qu'en
1er octobre 2010), que sur des poursuites de saisie l'état de ces constatations et appréciations
immobilière engagées par la banque Chaix (la desquelles elle a pu déduire que le prêt litigieux
banque) à l'encontre de la société civile n'était conforme ni à l'objet de la SCI ni à son
immobilière La Chardonneraie (la SCI) sur le intérêt, la cour d'appel a légalement justifié sa
fondement d'un acte notarié de prêt du 28 décision ; que le moyen n'est pas fondé ;
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi
puisqu'il résulte du consentement unanime des
associés, les remarques de l'intimé relatives à
Doc 6
l'intérêt social étant à cet égard indifférentes ;
ème
Cass. civ. 3 , 12 sept. 2012, Bull. civ. III,
Qu'en statuant ainsi, alors que le cautionnement
n° 121
même accordé par le consentement unanime des
Attendu, selon l'arrêt attaqué (Colmar, 15 mars associés n'est pas valide s'il est contraire à l'intérêt
2011), que par acte du 10 septembre 2001, la social, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;
caisse de crédit mutuel Porte du Sundgau (la
PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, mais
CCM), a consenti un prêt à la société civile
seulement (…)
immobilière ADC (la SCI) garanti par une
hypothèque sur le bien immobilier de la SCI, que
ce prêt avait notamment pour finalité le rachat de
Doc 7
deux prêts consentis à une sarl Sporting France
ème
par la CCM et la banque Kolb ; que par acte du 17 Cass. civ. 3 , 9 déc. 2014, n° 13-25219, inédit
septembre 2002, la SCI s'est portée caution LA COUR DE CASSATION, TROISIÈME
hypothécaire et solidaire auprès de la CCM pour CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant :
le remboursement d'un prêt consenti à M. et Mme
Thierry Y...; que par acte du 4 novembre 2004, la Sur le moyen unique, ci-après annexé :
SCI s'est portée caution solidaire et hypothécaire Attendu qu'ayant retenu souverainement que
auprès de la CCM pour le remboursement d'un l'engagement de caution était contraire à l'intérêt
second prêt personnel consenti aux époux Thierry social de la société civile immobilière de l'Egalité
Y...; que par suite de la mise en liquidation dès lors qu'il conduisait à la vente forcée de
judiciaire de la SCI, la CCM a déclaré trois l'unique bien composant son patrimoine et
créances à titre privilégié, correspondant à chacun compromettait jusqu'à son existence même sans
de ces trois actes, contestées par Me Z...en sa qu'elle ait reçu un quelconque bénéfice en
qualité de liquidatrice de la SCI ; contrepartie et exactement que les dispositions de
... l'article 1844-16 du code civil ne concernaient que
les nullités relatives aux conditions de
Et sur le second moyen : fonctionnement de la société, la cour d'appel, qui
Vu l'article 1849 du code civil ; a répondu aux conclusions, en a déduit à bon droit
que la nullité de l'engagement de caution était
Attendu que pour infirmer l'ordonnance du juge- opposable à la société Etablissements Verney ;
commissaire et fixer la créance de la CCM au titre
du cautionnement du 17 septembre 2002 à la D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ;
somme de 38 067, 82 euros, outre intérêts PAR CES MOTIFS :
contractuels, l'arrêt retient que cet acte est valable
REJETTE le pourvoi.
SEANCE 3 : LA SOCIETE A RESPONSABILITÉ LIMITÉE

Généralités. Une séance relative à la SARL se justifie pleinement lorsque l’on sait que les SARL
représentent encore environ 70% des sociétés commerciales (en terme de stock) et environ 35% des créations
d’entreprises sous forme sociétaire (en terme de flux). Certes, la SARL est de plus en plus concurrencée,
notamment par la SAS (plus de 50% des créations d’entreprises sous forme sociétaire en 2017) ou encore par
la possibilité reconnue aux entrepreneurs individuels de protéger leur patrimoine personnel (pensez à l’EIRL
ou à la déclaration d’insaisissabilité). Expliquez les raisons de ce succès, ainsi que les procédés utilisés
récemment par le législateur pour rendre encore plus attractive cette forme sociétaire.

Fonctionnement de la SARL. L’un des points les plus complexes du fonctionnement de la SARL réside
paradoxalement dans le régime des décisions collectives des associés. Paradoxalement, car le législateur est
intervenu sur ce point à l’occasion de la loi du 2 aout 2005 « en faveur des petites et moyennes entreprises »,
afin de clarifier et simplifier le régime. Il en résulte, comme souvent, une complexification du régime des
décisions collectives, que vous exposerez : vous déterminerez ainsi la manière de prendre les décisions qui
ne modifient pas les statuts, puis qui les modifient, et parmi ces dernières vous distinguerez encore celles qui
ont la faveur du législateur et celles qu’il voit d’un mauvais œil. Vous vous demanderez également si les
associés se voient reconnaître une certaine marge de liberté.

Ensuite, l’un des points saillants du régime des SARL réside dans la prévention des conflits d’intérêts
susceptibles de naitre à propos des conventions passées par la société et l’un de ses associés ou de ses
gérants. Ces conventions sont dangereuses, dans la mesure où l’on peut craindre que l’associé ou gérant
intéressé cherche à s’avantager au détriment de la société. Mais d’un autre coté, elles peuvent être utiles à la
société, notamment dans le cadre de groupes. Afin de surmonter cette contradiction, le législateur a mis au
point un régime de protection, en distinguant trois types de convention, en allant des conventions «  libres »
aux conventions « interdites », en passant par les conventions « réglementées ». Vous étudierez dans le détail
ce régime et traiterez ensuite le cas suivant :

Cas pratique
Pierre, Paula et Jack, Trois anciens étudiants de la faculté de droit de Metz ont créé il y a 1 an la SARL
Trobon, spécialisée dans la vente de produits gastronomiques à emporter, « chics et pas chers ». La société
est prospère et son chiffre d’affaires dépasse les prévisions des trois associés.
Pierre, qui est le gérant de la SARL a beaucoup travaillé au succès de celle-ci, et a consenti de nombreux
sacrifices jusqu’à présent, en acceptant par exemple de ne pas être rémunéré tant que la situation de la société
ne serait pas pérenne. Les choses étant acquises désormais, Pierre souhaite obtenir de la société une
rémunération de 3 000 € par mois. Une assemblée des associés est convoquée à l’effet d’autoriser cette
rémunération, et les trois associés la votent à l’unanimité.
Pierre, féru d’informatique, est par ailleurs associé unique de l’EURL Infotron, spécialisée dans
l’informatique et la fourniture de progiciels de gestion. Pour faciliter la gestion informatique de la SARL,
Pierre propose à ses associés que l’EURL Infotron se charge de lui fournir un progiciel destiné à la
comptabilité et à la gestion des stocks et des approvisionnements. Comme Pierre est précautionneux, il
convoque à nouveau ses associés pour leur soumettre le projet de contrat de vente du progiciel entre la SARL
et l’EURL. Les trois associés votent encore à l’unanimité la conclusion de ce contrat.
Quelques mois plus tard, malheureusement, un retournement de la conjoncture économique entraine pour la
SARL des difficultés. Les relations entre les associés se dégradent et Paula et Jack souhaitent remettre en
cause les décisions prises en assemblée, à la fois la rémunération de Pierre et la conclusion du contrat avec
Infotron. Ils invoquent donc la nullité de ces décisions en se fondant sur le fait que Pierre a pris part au vote
de ces décisions alors qu’il était, selon eux, en situation évidente de conflit d’intérêts et aurait dû s’abstenir.
Leur argument est-il recevable ? Dans l’affirmative, les décisions pourraient-elles être annulées comme ils le
souhaitent ?

Pour vous aider dans la préparation de cette fiche, vous pourrez utilement vous référer aux arrêts suivants :
- Cass. com., 28 juin 1988, Bull. civ. IV, n° 226. (Doc 1)
- Cass. com., 25 avril 2006, n° 05-12734, inédit. (Doc 2)
- Cass. com., 4 mai 2010, Bull. civ. IV, n° 84. (Doc 3)
- Cass. com., 4 oct. 2011, Bull. civ. IV, n° 150. (Doc 4)
Doc 1 Doc 2
Cass. com., 28 juin 1988, Bull. civ. IV, n° 226 Cass. com., 25 avril 2006, n° 05-12734, inédit
Sur le moyen unique, pris en ses trois branches : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Caen, 13 janvier
2005) , rendu sur renvoi après cassation (chambre
Vu l'article 50 de la loi du 24 juillet 1966 en ses
commerciale, financière et économique, 9 octobre
alinéas 1 et 2 devenus ses alinéas 1 et 3 dans la
2001, pourvoi n° 98-20.978) que la Banque
rédaction résultant de la loi du 11 juillet 1985 ;
hypothécaire européenne, aux droits de laquelle
Attendu qu'il résulte des énonciations de l'arrêt vient la Compagnie européenne d'opérations
attaqué que la société à responsabilité limitée La immobilières BIE (la banque) a consenti un prêt à
Girondelle a été créée entre MM. Z..., X... et Y... M. et Mme Z..., dont le remboursement était
A..., qui a été nommée gérante ; que les trois garanti par un cautionnement hypothécaire
associés étaient également salariés de cette société souscrit par la société à responsabilité limitée
et qu'il était prévu que leurs rémunérations établissements Jean Z... (la société); qu'à la suite
seraient revues chaque année lors de l'assemblée du décès de son mari, Mme Z... a cédé la totalité
générale ordinaire ; que M. X..., qui a démissionné des parts qu'elle détenait dans le capital de la
de ses fonctions salariées, tout en restant associé, a société ; que celle-ci a fait l'objet d'un plan de
demandé la nullité des délibérations des cession dans le cadre d'une procédure de
assemblées générales qui avaient décidé redressement judiciaire ; que Mme Z... ne réglant
l'augmentation des salaires et primes de la gérante pas les échéances de remboursement du prêt, la
et de l'autre associé ; banque l'a assignée en paiement d'une certaine
Attendu que pour faire droit à cette demande, la somme ;
cour d'appel a énoncé que les décisions des Sur le premier moyen :
assemblées générales et en conséquence les
Attendu que la banque fait grief à l'arrêt d'avoir
conventions fixant les rémunérations étaient
accueilli l'exception de nullité du contrat de prêt
nulles, par application de l'article 360, alinéa 2, de
soulevée par Mme Z... alors, selon le moyen :
la loi du 24 juillet 1966, comme violant les
dispositions impératives de l'article 50, alinéa 1, 1 / que l'exception de nullité peut seulement jouer
de ce texte, l'approbation de ces décisions ayant pour faire échec à la demande d'exécution d'un
nécessité le vote de la gérante et de l'associé M. acte juridique qui n'a pas encore été exécuté ;
Z..., et a retenu que l'article 50, alinéa 2, qu'un prêt doit être regardé comme ayant reçu un
applicable à la cause, ne concernait que les commencement d'exécution lorsque le prêteur à
conventions passées avec les tiers et non celles à mis les fonds à disposition de l'emprunteur ; qu'en
caractère salarial intervenues entre le gérant ou un énonçant que Mme Z... était recevable à solliciter
associé et la société ; par voie d'exception l'annulation du contrat de prêt
dès lors que les échéances avaient été remboursées
Attendu qu'en statuant ainsi alors que les
non par elle mais par la SARL Z..., sans avoir
conventions passées avec des tiers ou ne
égard au fait non contesté, et expressément
concernant que les associés et le gérant qui n'ont
invoqué dans les conclusions de la BIE, que le
pas été approuvées par les associés, soit qu'elles ne
prêteur avait entièrement reçu les fonds faisant
leur aient pas été soumises, soit qu'elles aient été
l'objet du prêt, ce qui faisait obstacle au jeu de
rejetées par eux, soit encore qu'elles aient été
l'exception de nullité, la cour d'appel a privé sa
approuvées dans des conditions irrégulières,
décision de base légale au regard de l'article 1304
produisent leurs effets, à charge pour le gérant ou
du Code civil ;
l'associé contractant de supporter individuellement
ou solidairement, selon les cas, les conséquences 2 / que le remboursement des échéances d'un prêt
du contrat préjudiciables à la société, la cour constitue l'exécution de l'obligation née de la
d'appel a violé le texte susvisé ; remise des fonds et prive le débiteur de la
possibilité d'invoquer par voie d'exception la
PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE
nullité du prêt, peu important que ce
remboursement émane directement dudit débiteur
ou d'un tiers qu'il se serait substitué ; qu'en
retenant que Mme Z... était recevable à solliciter

14
par voie d'exception l'annulation du contrat de prêt sanctionnée par une nullité absolue ; qu'il retient
dès lors que les échéances avaient été remboursées que la banque avait en réalité consenti le prêt sous
non par elle mais par la SARL Z..., la cour d'appel condition du cautionnement, clause déterminante
a statué par un moyen inopérant en violation de du contrat de prêt et que ce dernier dépendait, au
l'article 1304 du Code civil ; sens de, l'article 1172 du Code civil, de la garantie
expressément prohibée par la loi ; qu'il en déduit
Mais attendu que la nullité fondée sur les
que la banque avait ainsi mis en place une
dispositions de l'article 51 de la loi du 24 juillet
opération dont les éléments étaient indissociables
1966, devenu l'article L. 223-21 du Code de
et dont l'économie était contraire à l'ordre public et
commerce, est une nullité absolue qui, soulevée
illicite ; qu'en l'état de ces énonciations et
par voie d'exception pendant le délai de la
appréciations, la cour d'appel a pu statuer comme
prescription trentenaire, est recevable nonobstant
elle a fait ; que le moyen n'est fondé en aucune de
l'exécution du contrat de prêt ; que le moyen n'est
ses branches ;
fondé en aucune de ses branches ;
...

Sur le deuxième moyen : PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi

Attendu que la banque fait grief à l'arrêt de l'avoir


condamnée à payer à Mme Z... une certaine Doc 3
somme alors, selon le moyen :
Cass. com., 4 mai 2010, Bull. civ. IV, n° 84
1 / que même lorsque le cautionnement constitue
Sur le moyen unique, après avertissement délivré à
une condition du prêt, cette condition est stipulée
la partie :
exclusivement en faveur du prêteur et n'est
déterminante que de son propre consentement, en Attendu, selon l'arrêt attaqué (Poitiers, 26 février
sorte que l'emprunteur ne saurait se prévaloir de la 2008), que M. X..., associé de la société à
nullité du cautionnement pour conclure, au responsabilité limitée Feu décor (la société) l'a
prétexte d'indivisibilité de l'opération, à la nullité assignée ainsi que les deux autres associés, M. et
du prêt ; en sorte qu'en autorisant Mme Z... à se Mme Y... pour obtenir l'annulation de cinq
prévaloir contre la banque de la nullité du prêt assemblées des associés tenues entre 2002 et 2006
ensuite de la nullité du cautionnement, au motif et des délibérations qui en découlaient ayant
que le prêt "dépendait" de ladite sûreté, la cour approuvé les conventions portant sur la
d'appel a violé les articles 1131, 1134 et 1172 du rémunération versée à la gérante, Mme Y... et sur
Code civil ; la prise en charge par la société des cotisations
personnelles obligatoires de celle-ci ;
2 / que la nullité, prévue par l'article L. 223-21 du
Code de commerce, du cautionnement donné par
une société en garantie des engagements
Attendu que M. X... fait grief à l'arrêt d'avoir
personnels de son gérant, est destinée à protéger la
rejeté sa demande tendant à l'annulation des
société contre les engagements inconsidérés et
délibérations des assemblées annuelles des
contraires à l'intérêt social que le gérant lui ferait
associés de la société des 22 juillet 2002, 21 juillet
souscrire ; que cette nullité, relevant de l'ordre
2003, 26 juillet 2004 et 25 juillet 2005 alors, selon
public de protection présente un caractère relatif et
le moyen :
ne peut donc être invoquée que par la partie qu'elle
protège ; qu'en autorisant néanmoins Mme Z..., 1°/ que la rémunération du gérant de société à
emprunteur, à se prévaloir de la nullité de responsabilité limitée constitue une convention
l'opération en cause prononcée en raison de la entre la société et son gérant soumise aux
violation de la règle interdisant à une société de se dispositions de l'article L. 223-19 du code de
porter caution des engagements de ses dirigeants, commerce ; qu'en estimant que les délibérations
la cour d'appel a violé le texte susvisé, ensemble des assemblées générales en cause des années
les articles 1131 et 1134 du Code civil ; 2003, 2004, 2005 et 2006 aux termes desquelles il
avait été statué sur la rémunération de Mme Y...
Mais attendu que l'arrêt énonce que la nullité
gérante associée de la société étaient régulières,
résultant de la violation de l'interdiction faite aux
l'article 223-19 du code de commerce ne
gérants et associés de faire garantir leurs
s'appliquant pas aux conventions portant des
engagements par la société, prévue à l'article 51 de
opérations courantes conclues à des conditions
la loi du 24 juillet 1966, devenu l'article L. 223-21
normales et que le montant de la rémunération du
du Code de commerce, est d'ordre public et
15
gérant doit être considérée comme une opération Doc 4
courante, la cour d'appel a violé les articles L.
Cass. com., 4 oct. 2011, Bull. civ. IV, n° 150
223-19 et L. 223-20 du code de commerce ;
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE
2°/ qu'à supposer pour les besoins de la cause que
COMMERCIALE, a rendu l'arrêt suivant :
la décision relative à la rémunération du gérant ne
soit pas soumise au contrôle prévu par l'article L. Attendu, selon l'arrêt attaqué, que MM. X... et
223-19 du code de commerce en faut-il que celle- Y..., et la société Lanner France dont M. X... était
ci ne soit pas importante ou ne présente de le gérant, ont constitué le 23 avril 2005 la société à
caractère exceptionnel faute de quoi elle ne peut responsabilité limitée Novaxess technology (la
suivre le régime des opérations courantes ; qu'en société) ; que MM. X... et Y... ont été désignés
se bornant à énoncer qu'il est de droit que tant le cogérants de la société ; qu'une assemblée
principe que le montant de la rémunération du générale réunie le 31 juillet 2008 a décidé de
gérant ainsi que la prise en charge des cotisations mettre fin aux fonctions de gérant de M. Y... ; que,
sociales professionnelles sont considérées comme lors de l'assemblée générale du 30 décembre 2008,
des opérations courantes sans prendre soin de M. X... et la société Lanner France, détenteurs
préciser les conditions de rémunération de Mme ensemble de 51 % des parts, ont adopté une
Y... comme les conclusions de M. X... l'y résolution unique portant sur la rémunération du
invitaient puisqu'il était relevé que l'exécution des gérant, calculée à compter de l'exercice 2008 à
délibérations contestées expliquait qu'il n'y ait hauteur de 50 % de l'excédent brut d'exploitation
jamais eu de dividendes à distribuer entre les de la société ; que M. Y..., invoquant des faits
associés, ce qui emportait contestation du constitutifs d'abus de majorité, a demandé que
caractère normal de la rémunération de la gérante, cette délibération soit annulée et que M. X... soit
la cour d'appel a privé sa décision de base légale condamné à lui payer des dommages-intérêts ;
au regard des articles L. 223-19 et L. 223-20 du Sur le moyen unique, pris en sa première branche :
code de commerce ;
Vu l'article 1382 du code civil, ensemble les
3°/ que l'on admette que la fixation de la articles L. 223-19 et L. 223-20 du code de
rémunération du gérant de société à responsabilité commerce ;
limitée ait un caractère institutionnel et ne relève
pas de la procédure de contrôle ou bien encore Attendu que pour juger abusive la délibération
qu'il s'agit d'une opération courante le gérant doit indexant la rémunération du gérant sur l'excédent
s'abstenir de voter afin d'éviter tout conflit brut d'exploitation, l'arrêt retient, par motif adopté,
d'intérêt ; qu'en estimant que les délibérations des que cette délibération a été votée par le seul
assemblées générales ordinaires des années 2003, porteur de parts y ayant un intérêt personnel ;
2004, 2005 étaient régulières cependant que Mme Attendu qu'en statuant ainsi, alors que la
Y... avait pris part au vote portant sur la fixation détermination de la rémunération du gérant d'une
de sa rémunération, la cour d'appel a violé les société à responsabilité limitée par l'assemblée des
articles L. 223-19 et L. 223-20 du code de associés ne procède pas d'une convention, ce dont
commerce ; il résulte que le gérant associé, fût-il majoritaire,
Mais attendu que la détermination de la peut prendre part au vote, la cour d'appel a violé
rémunération du gérant d'une société à les textes susvisés ;
responsabilité limitée par l'assemblée des associés ...
ne procédant pas d'une convention, le gérant peut,
s'il est associé, prendre part au vote ; que par ce PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de
motif de pur droit, substitué à ceux critiqués, statuer sur le dernier grief :
l'arrêt se trouve légalement justifié ; que le moyen
ne peut être accueilli ;
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi dispositions, l'arrêt rendu le 12 mai 2010, entre les
parties, par la cour d'appel de Riom ; remet, en
conséquence, la cause et les parties dans l'état où
elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait
droit, les renvoie devant la cour d'appel de Lyon…

16
SEANCES 4 et 5 : LES VALEURS MOBILIERES

1e PARTIE

I. Généralités. L’étude des sociétés de capitaux, parmi lesquelles nous nous intéresserons plus
particulièrement en TD aux sociétés anonymes, peut être débutée par l’étude de leur principal mode de
financement, les valeurs mobilières, tant ces sociétés sont marquées par l’importance des apports réalisés.
Or, ces sociétés ont le monopole d’émission des valeurs mobilières, encore que ce principe souffre de
certaines exceptions puisque le législateur a autorisé également les SARL et les associations à émettre des
obligations, dans des conditions assez particulières toutefois, que vous préciserez.

Les valeurs mobilières sont donc l’instrument de financement par excellence des sociétés. Pourtant, il s’en
est fallu de peu qu’elles disparaissent du droit français. L’ordonnance n° 2009-15 du 8 janvier 2009 a en
effet créé une nouvelle catégorie d’instruments financiers, les titres financiers, catégorie à laquelle
appartiennent désormais les valeurs mobilières. Or, à l’occasion de cette création s’est posée la question de la
pérennité de la notion de valeurs mobilières. L’utilité et la spécificité des valeurs mobilières ont
heureusement prévalu, et nous pouvons donc leur consacrer quelques heures pour comprendre leur
fonctionnement !

A la manière des poupées russes, qui s’emboitent les unes dans les autres, les valeurs mobilières constituent
un genre (à coté des titres de créances négociables, que nous laissons de coté) au sein de l’espèce plus large
des titres financiers. « La poupée Valeurs mobilières » s’emboite donc dans « la poupée Titres financiers ».
Voyez ainsi la définition des valeurs mobilières donnée par l’art. 228-1 Code de commerce, qui définit les
valeurs mobilières comme étant les titres financiers conférant des droits identiques par catégorie. Les valeurs
mobilières sont donc une espèce particulière de titres financiers, les titres financiers fongibles.

Expliquez cette définition et en quoi elle permet de différencier les valeurs mobilières des titres de créances
négociables, autre espèce au sein du genre titres financiers.

A leur tour, les titres financiers constituent eux-mêmes un genre (tout comme les contrats financiers, que
nous laissons également de coté) au sein de l’espèce plus large des instruments financiers. « La poupée Titres
financiers» s’emboite donc à son tour dans « la poupée Instruments financiers».
Et si, au lieu de remonter, on décide de descendre d’un cran, au sein du genre valeurs mobilières, on trouve
différentes espèces, parmi lesquelles les titres de capital (comme les actions, avec lesquelles vous êtes sans
doute familiers), les titres de créances (comme les obligations) et encore les titres hybrides ou composés qui
empruntent aux caractéristiques des deux précédents (une obligation remboursable ou convertible en action,
par ex.) !
Pour résumer, un titre de capital est une espèce de valeur mobilière, qui est elle-même une espèce de titre
financier, qui est lui-même une espèce d’instrument financier !

II. Forme et propriété des valeurs mobilières. Dans le passé, les choses étaient simples. Les valeurs
mobilières étaient composées principalement des « actions », représentatives d’un droit sur le capital de la
société émettrice, et des « obligations », représentatives d’un droit de créance sur le patrimoine de la société
émettrice. Ces actions et obligations pouvaient prendre la forme de « titres au porteur », matérialisés par un
document papier, ou de « titres nominatifs », représentés par une inscription faite au nom de leur propriétaire
sur un registre tenu par la société émettrice elle-même. La dématérialisation des valeurs mobilières a
profondément modifié les choses.

C’est la loi de finances n° 81-1160 du 30 décembre 1981, devenue effective le 3 novembre 1984, qui a
imposée la dématérialisation des valeurs mobilières, c'est à dire la suppression des valeurs mobilières
représentées par des titres vifs (corporels, donc papier). Cette réforme avait deux objectifs. D’abord, faciliter
17
la gestion des opérations portant sur des valeurs mobilières en imposant la gestion informatique pour
supprimer la gestion du papier, plus couteuse en temps et en effectifs. Ensuite, identifier les propriétaires de
valeurs mobilières, afin de connaître leur patrimoine mobilier, préalable à l’instauration de l’Impôt sur les
Grandes Fortunes (qui deviendra ensuite l’ISF, supprimé le 1 er janvier 2018). Ce faisant, la loi de
dématérialisation a imposé à tout propriétaire de valeurs mobilières de faire inscrire ses titres dans un compte
ouvert, soit auprès de la société, soit auprès d’un intermédiaire financier, lui-même inscrit auprès de la
société. Alors que la notion de titre au porteur aurait dû logiquement disparaître, elle a été maintenue, avec
désormais une autre signification (laquelle ?).

Si la loi de dématérialisation a rendu obligatoire l’inscription en compte de tout titulaire de valeurs


mobilières, elle n’en a toutefois pas défini la portée. Des questions importantes résultent de ces incertitudes :
la valeur mobilière peut-elle exister indépendamment de l’inscription qui la représente ? Peut-on être
propriétaire d’une valeur mobilière qui n’est pas encore inscrite en compte ? En cas d’opération de
transmission, devient-on propriétaire des valeurs mobilières au moment de l’échange des consentements
(application des principes civilistes du transfert solo consensu) ou au moment de l’inscription des titres sur le
compte titres de l’acheteur ? En somme, l’inscription en compte est-elle une simple modalité d’opposabilité
de la cession aux tiers, ou une condition du transfert de propriété entre les parties elles-mêmes ?
En vous fondant sur les textes (art. L. 228-1 et R. 228-10 Code de commerce, art. L. 211-17 CMF) et sur les
arrêts suivants, vous retracerez l’évolution des solutions sur ce point.

- Cass. com., 24 janv. 1989, Bull. civ. IV, n° 39. (Doc 1)


- Cass. com., 22 nov. 1988, Bull. civ. IV, n° 322. (Doc 2)

Une fois réglée la question du moment de la transmission des valeurs mobilières surgit une autre difficulté
importante : quelle est la portée de l’inscription en compte dans les rapports entre le cédant et le cessionnaire,
comme à l’égard de la société et des tiers ? En particulier, l’inscription emporte-t-elle purge des exceptions,
conférant ainsi un droit de propriété absolu au cessionnaire sur les titres, ou bien l’application de l’adage
Nemo plus juris permet-elle au contraire de remettre en cause la propriété du cessionnaire en cas de preuve
d’absence de droits du cédant (vous réfléchirez d’ailleurs à des hypothèses dans lesquelles un conflit de
propriété serait susceptible d’opposer le cessionnaire et un tiers) ? En d’autres termes, existe-t-il un principe
d’inopposabilité des exceptions (qu’est-ce que c’est ?) en matière de transfert de propriété de valeurs
mobilières ? A quoi peut bien servir un tel principe ?

Une fois ces nombreuses et délicates questions acquises, vous résoudrez le cas suivant :

Cas pratique

Pierre est propriétaire de 300 actions de la société Trobon, société anonyme non cotée. Ses actions sont
inscrites dans un compte ouvert à son nom dans les livres de la banque BPN.
Pierre souhaite céder ses actions. Il a trouvé un cessionnaire en la personne de Paula, ancienne camarade de
M2 à la faculté de droit de Metz. La signature de l’acte de cession est prévue le 1 er mars 2021.
Paula vous consulte : quand sera-t-elle propriétaire des actions ? Et quelles sont les formalités qu’il lui faudra
accomplir pour s’assurer de leur propriété ?
Par ailleurs, Paula vous fait part d’une inquiétude. Pierre a la réputation d’être un peu filou en affaires, et elle
sait qu’il rencontre des difficultés financières, qui expliquent en partie la cession de ses actions. Elle redoute
plus précisément deux choses : d’une part, qu’il procède à une double cession des mêmes actions et qu’elle
se trouve ainsi exposée à une action en revendication d’un précédent cessionnaire  ; d’autre part, qu’il n’ait
pas intégralement libéré ses actions (elle vous demande d’ailleurs de lui réexpliquer ce que cela signifie) et
qu’elle se trouve, en conséquence, menacée d’une action de la société Trobon.
Ses craintes sont-elles fondées ?

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Bibliographie
- H. Synvet, « La propriété des valeurs mobilières en droit français », in 20 ans de dématérialisation des
titres en France, sous la dir. H. de Vauplane, Revue Banque Édition, 2005, p. 37.

2e PARTIE (La séance commencera par une interrogation réalisée en TD)

III. Liberté d’émission des valeurs mobilières. Nous avons dit plus haut que dans le passé (en fait à partir
de la loi de juillet 1966), les choses étaient assez simples, les valeurs mobilières étant principalement
constituées des actions (titres de capital) et des obligations (titres de créances). Mais pour répondre à la
demande des investisseurs et des émetteurs (c'est à dire les sociétés recherchant un financement sur les
marchés financiers), ces titres se sont peu à peu sophistiqués, par adjonction ou amputation de droits. Dans
un premier temps, le législateur a procédé par autorisation en créant, successivement, les actions de priorité,
les actions à dividendes prioritaires sans droit de vote, les certificats d’investissement et les certificats de
droit de vote. Parallèlement, toujours par voie d’autorisation, le législateur a admis la création de titres
composés, donnant accès au capital - obligations convertibles en actions (OCA), obligations remboursables
en actions (ORA), obligations à bons de souscription d’actions (OBSA) - . La coexistence de ces différents
titres soumis à des régimes spéciaux nuisait cependant à la lisibilité du droit et affectait la sécurité des
opérateurs. Par ailleurs, la pratique réclamait plus de liberté, à l’instar de celle conférée par d’autres systèmes
juridiques comme les systèmes anglo-américains (notamment preferred shares américaines). Le législateur
français est donc intervenu, dans un second temps, par l’ordonnance du 24 juin 2004, aux fins d’une part de
libéraliser la création de ces titres et, d’autre part, d’unifier leur régime. La rupture était importante dans la
mesure où l’on passait d’un système d’autorisation (vous pouvez créer ci, ça et ça) à un principe de liberté de
création qu’exprime l’art. L. 228-1 Code de commerce : « les sociétés par actions peuvent émettre toutes
valeurs mobilières dans les conditions du présent livre ».

S’agissant des valeurs mobilières simples, l’ordonnance supprimait les catégories particulières existantes et
ne laissait subsister, en regard des actions ordinaires et des obligations, que les «  actions de préférence »,
définies de manière large comme des actions « avec ou sans droit de vote, assorties de droits particuliers de
toute nature, à titre temporaire ou permanent » (art. L. 228-11 C. com.). S’agissant des valeurs mobilières
composées, elle supprimait également les catégories existantes et les remplaçait par une catégorie ouverte,
celle des « valeurs mobilières donnant accès au capital ou donnant droit à l’attribution de titres de
créances » (art. L. 228-91 C. com.).
Cette « libéralisation » a encore été accrue par l’ordonnance n° 2014-863 du 31 juillet 2014, notamment à
propos des titres de créances. Mais ce basculement d’un principe d’autorisation vers un principe de liberté
impose aujourd’hui à la jurisprudence et à la doctrine de redéfinir l’ordre public en la matière : s’agissant en
particulier des actions de préférence, quelles sont les limites qui s’imposent désormais à la liberté d’émission
des sociétés par actions ?

Vous approfondirez cette question en préparant l’exercice suivant, qui illustre le fait que les actions de
préférence pourraient constituer une alternative aux pactes d’actionnaires dans la conception d’une opération
de « capital-investissement » {(cf. Séance 4 de droit commun des sociétés)}.

Cas pratique

La société Trobon détient 75 % du capital de sa filiale, la société Miam. Les deux sociétés sont constituées
sous forme de société anonyme. Elles ne sont pas cotées.
Le fonds d’investissement Dollaris souhaite investir dans le groupe, mais à des conditions particulières. Un
pacte sera signé entre Dollaris et l’actionnaire de contrôle de la société Trobon. Ce pacte garantira à Dollaris
la présence, au sein du conseil d’administration de la société Trobon, de deux administrateurs proposés par

19
Dollaris, à choisir sur une liste de quatre noms établie par Dollaris et soumise à l’assemblée générale des
actionnaires de la société Trobon.

Par ailleurs, la société Trobon émettra au bénéfice de Dollaris, dans le cadre d’une augmentation de capital,
des actions de préférence conférant à celle-ci :

- dans la société Trobon, l’ensemble des droits attachés à une action ordinaire, plus un droit au rachat
des actions par la société, à un prix fixé à dire d’expert, en cas de révocation par l’assemblée
générale des actionnaires de la société Trobon des administrateurs issus de la liste proposée par
Dollaris;
- dans la société Miam, un droit de vote aux assemblées générales ordinaires et extraordinaires des
actionnaires de la société Miam.

Vous êtes chargé de rédiger un avis juridique sur la validité du pacte d’actionnaires projeté et des actions de
préférence à émettre. Vous vous aiderez, sur le second point, de la réponse ministérielle du 27 décembre
2007 reproduite ci-après (Doc 1) et l’article L. 228-12-III du Code de commerce, dont vous comparerez la
version initiale issue de l’ordonnance n° 2014-863 du 31 juillet 2014 relative au droit des sociétés, et la
version actuelle, issue de la loi Pacte du 22 mai 2019.

Bibliographie

- F. Drummond, « Un nouveau principe : la liberté d’émettre toutes valeurs mobilières », Rev. droit banc.
fin. 2004, p. 361 ; « Principe d’innovation versus principe de précaution en droit des instruments financiers
(à propos de l’ordonnance n° 2014-863 du 31 juillet 2014) », in Mélanges en l’honneur du Professeur
Michel Germain, p. 289.
- R. Kaddouch, « LBO : actions de préférence ou pactes d’actionnaires ? », JCP éd. E 2006, p. 1953.
- H. Le Nabasque, « Réforme du rachat des actions de préférence », Rev. droit banc. fin. 2014, p. 54 ; « La
liberté d’émettre des valeurs mobilières », Mélanges en l’honneur du Professeur Paul Le Cannu, p. 325
- S. Torck, La timide réforme des valeurs mobilières composées par l’ordonnance du 31 juillet 2014, Droit
des sociétés, octobre 2014, p. 37.
- A. Viandier, « Les actions de préférence », JCP éd. E 2004, p. 1440.

20
21
1re PARTIE d'autre part, qu'en retenant que Jacques Y... pouvait, par
suite de l'annulation en 1971 de la cession des actions
qu'il avait transmises en 1961 à Augustin X...,
Doc 1 revendiquer lesdits titres entre les mains de tiers,
titulaires de ceux-ci par suite de tranferts réguliers sur les
Cass. com., 24 janv. 1989, Bull. civ. IV, n° 39
registres de la société, sans rechercher ni constater si
Sur les premier et second moyens pris en leurs Jacques Y... avait demandé l'annulation de ces transferts
premières et deuxièmes branches et réunis : et si dans une telle hypothèse, il pouvait légitimement
obtenir une telle annulation, la cour d'appel a privé sa
Attendu qu'il résulte des énonciations de l'arrêt attaqué décision de base légale au regard de l'article 265 ancien
(Douai, 13 mai 1987) que M. Y... et plusieurs de la loi du 24 juillet 1966 ; alors, en outre, qu'en
membres de sa famille ont signé une transaction avec, reconnaissant que M. Jacques Y... pouvait, par suite de
d'une part, la société anonyme Le Comptoir des l'annulation en 1971 de la cession des actions qu'il avait
produits chimiques industriels, devenue ultérieurement transmises en 1961 à Augustin X..., revendiquer lesdits
la société Nortène (la société), d'autre part, M. X... titres entre les mains de tiers titulaires de ceux-ci par
président du conseil d'administration de cette société, suite de transferts réguliers sur les registres de la société
agissant à titre personnel dans laquelle il était stipulé et obtenir la restitution des dividendes et des crédits
qu'ils vendaient à celui-ci les actions qui leur d'impôts y afférents depuis 1971, la cour d'appel a violé
appartenaient ; que le transfert de ces actions a été l'article 265 ancien de la loi du 24 juillet 1966 ; et alors,
inscrit au nom de M. X... sur le registre tenu par la enfin, qu'en retenant que M. Jacques Y... pouvait, par
société et qu'une partie d'entre elles a été transférée à suite de l'annulation en 1971 de la cession des actions
M. A... ainsi qu'à Mmes Z..., X... et Appert La Proste qu'il avait transmises en 1961 à M. Augustin X...,
(les consorts X...) ; que du fait d'un procès qui revendiquer lesdits titres entre les mains de tiers titulaires
opposait la société Nortène à M. Y..., la cour d'appel de ceux-ci par suite de transferts réguliers sur les
de Paris a, le 10 mai 1971, constaté la nullité de la registres de la société, sans rechercher ni constater si
transaction et en conséquence des cessions d'actions ; M. Jacques Y... avait demandé l'annulation de ces
que M. Y... a demandé dans le cadre d'une nouvelle transferts et si, dans une telle hypothèse, il pouvait
procédure qui l'a opposé à la société Nortène que légitimement obtenir une telle annulation, la cour d'appel
celle-ci lui verse les dividendes attachés aux actions a encore privé sa décision de base légale au regard de
dont il avait recouvré la propriété et ce à partir de 1971 l'article 265 ancien de la loi du 24 juillet 1966 ;
; que la cour d'appel d'Angers le 4 mars 1981 n'a pas
accueilli sa demande en jugeant que la société Nortène Mais attendu que la cour d'appel, après avoir exactement
ne pouvait connaître d'autres titulaires d'actions que énoncé que la transmission de la propriété des titres
ceux inscrits sur le registre des transferts ; que M. Y... nominatifs s'opérait dans les rapports entre les parties, par
a alors fait délivrer à la société Nortène sommation le seul effet de la convention de cession, l'inscription sur
d'avoir à transcrire sur le registre des transferts les registres de la société ayant pour effet de rendre cette
l'annulation de la cession d'actions décidée par la cour transmission opposable aux tiers et à elle-même, a relevé
d'appel de Paris et qu'il a fait sommation aux consorts que la cession d'actions intervenue le 20 décembre 1961,
X... de lui restituer les dividendes des actions, puis les avait été annulée, qu'elle en a exactement déduit que ne
a assignés ; pouvant transmettre plus de droits qu'il n'en avait, non
seulement M. X... était dépouillé des actions qu'il avait
Attendu que les consorts X... et la société Nortène font acquises de M. Y..., mais également que les personnes à
grief à l'arrêt d'avoir ordonné en tant que de besoin, la qui il les avait cédées, ne pouvaient davantage s'en
mention sur les documents tenus par la société, des prévaloir ; que par ce seul motif, elle a légalement justifié
325 actions dont M. Y... avait recouvré la propriété du sa décision du chef critiqué ; que le moyen ne peut donc
fait de l'annulation par la cour d'appel de Paris de la être accueilli en aucune de ses branches ;
cession consentie le 20 décembre 1961 et de les avoir
condamnés à restituer à M. Y... les dividendes et les Sur le second moyen, pris en ses troisième, quatrième et
sommes représentatives des crédits d'impôt y afférent, cinquième branches : (sans intérêt) ;
correspondant aux actions en leur possession et ce
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi
depuis que l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 10 mai
1971 a acquis autorité de chose jugée, alors, selon le
pourvoi, d'une part, que l'inscription du transfert des
titres nominatifs sur les registres de la société fait
preuve absolue de la propriété des titres et protège
l'acquéreur de toute revendication de ceux-ci ; que dès
lors, en l'espèce, en reconnaissant que Jacques Y...
pouvait par suite de l'annulation en 1971 de la cession
des actions qu'il avait transmises en 1961 à Augustin
X..., revendiquer lesdits titres entre les mains de tiers,
titulaires de ceux-ci par suite de transferts réguliers sur
les registres de la société, la cour d'appel a violé
l'article 265 ancien de la loi du 24 juillet 1966 ; alors,
Doc 2 de la demande tendant à faire déclarer la société
allemande propriétaire des actions de la société française,
Cass. com., 22 nov. 1988, Bull. civ. IV, n° 322
alors, selon le pourvoi, d'une part, que les titres des
Attendu, selon l'arrêt déféré (Colmar, 13 juin 1986), sociétés par actions sont inscrits au nom du propriétaire
que, par acte sous seing privé du 10 novembre 1984, de ces titres à un compte tenu chez elle par la société
M. Tony Korzilius et les héritiers indivis de M. Hans émettrice et qu'ils se transmettent par virement de compte
Korzilius (les consorts Y...) se sont portés cautions à compte ; qu'en l'espèce, la société allemande faisait
solidaires et indivisibles de la société de droit valoir, preuves à l'appui, que tous les consorts Y...
allemand M. Korzilius GMBH (la société allemande) avaient donné un ordre de virement des actions litigieuses
pour le remboursement de toutes sommes qui à son profit, ce qui était d'ailleurs reconnu par ces
pouvaient ou pourraient être dues par celle-ci à derniers dans leurs écritures où ils soutenaient seulement
concurrence de dix millions de francs en principal, que l'ordre de virement aurait été subordonné à
intérêts et frais, sous réserve de l'accord du service des l'autorisation administrative de la direction du Trésor ;
autorisations financières de la Banque de France ; qu'il que le virement des actions au compte de la société
était stipulé dans l'acte que les cautions seraient allemande avait été transcrit dans les livres de la société
libérées de leur engagement au cas où elles céderaient française ; qu'en se prononçant par des considérations
à la société allemande les actions de la société relatives aux conventions qui ont pu précéder la cession
anonyme de droit français Etablissements M. Korzilius proprement dite faisant abstraction de ce virement, seul
(la société française) ainsi que les parts d'une société instrument légal de la transmission des actions, la cour
civile immobilière dont ils étaient propriétaires et d'appel a violé, par refus d'application, les articles 94 II
renonceraient à recevoir le prix de ces cessions ; que, de la loi de finances pour 1982 du 30 décembre 1981, 1er
par un autre acte du même jour, les consorts Y... se et 2 du décret du 2 mai 1983 pris pour son application ;
sont engagés à céder à la société allemande des actions alors, d'autre part, qu'en se bornant à énoncer que
de la société française, savoir M. Tony Korzilius 19 l'exécution de la cession ne pourrait être opposée aux
128 actions et les héritiers de Hans Y... représentés par consorts Y... parce qu'elle n'émanerait pas d'eux sans
Mme Colette Y... 19 630 actions, sous réserve de rechercher si le virement des actions au nom de la société
l'obtention de l'autorisation des autorités française du allemande dans le compte tenu par la société française
Trésor ; que le prix de cession, fixé à 200 francs par avait été exécuté en conformité de l'ordre de mouvement
titre, devait être converti en un prêt sans intérêts émanant de tous les consorts Y... et signé par eux, la cour
consenti à la société cessionnaire par les vendeurs, ces d'appel a privé sa décision de base légale au regard des
derniers s'engageant à renoncer à leur créance contre la textes susvisés ; et alors, enfin, qu'à supposer que la cour
société allemande en contrepartie de la " mainlevée " d'appel ait entendu viser le registre des actions tenu par la
du cautionnement ; que, par acte notarié du 14 société française comportant le virement des titres, avec
novembre 1984, signé en République fédérale la signature de tous les consorts Y... cédants, au regard de
d'Allemagne, les consorts Y... ont offert de vendre à ce virement, la cour d'appel ne pouvait, sans dénaturer ce
M. X... leurs parts dans la société allemande, au prix document, considérer qu'il n'émanerait pas d'eux et leur
unitaire d'un mark, M. X... s'obligeant à libérer, dès serait ainsi inopposable ; d'où il suit qu'en statuant ainsi
l'acceptation de l'offre, les consorts Y... d'engagements qu'elle l'a fait, la cour d'appel a violé les textes susvisés et
souscrits par eux envers des établissements de crédit l'article 1134 du Code civil ;
pour le compte de la société allemande ; que les
Mais attendu que les dispositions de l'article 94-II de la
consorts Y..., tout en renonçant à leurs créances sur la
loi du 30 décembre 1981 et celles des articles 1er et 2 du
société allemande, ont transféré à celle-ci la propriété
décret du 2 mai 1983 se bornent à fixer les modalités
de divers biens, notamment un nombre non précisé
nouvelles selon lesquelles sont matérialisés et transférés
d'actions de la société française, pour une valeur
les titres de valeurs mobilières émises en territoire
unitaire de 300 francs et une valeur globale de quatre
français et soumises à la législation française, en
millions de francs respectivement en ce qui concernait
imposant une inscription sur un compte au nom du
d'un côté, M. Tony Korzilius et d'un autre côté, les
propriétaire tenu par la société émettrice ou un
héritiers de Hans Korzilius ; que ce transfert des
intermédiaire financier habilité ; que ces dispositions
actions n'a pas été inscrit dans les registres de la
n'ont aucune portée en ce qui concerne le transfert de la
société française, et que la société allemande a assigné
propriété entre les parties à une vente de titres, qui
les consorts Y... pour obtenir cette transcription et faire
s'opère par l'effet de la convention de cession ;
constater qu'elle était propriétaire des 19 128 et 19 632
actions appartenant auparavant respectivement à M. Attendu, en conséquence, que la cour d'appel a considéré
Tony Korzilius et aux héritiers de Hans Korzilius, exactement que le droit de propriété de la société
demandant en outre des dommages-intérêts ; que le cessionnaire sur les actions litigieuses était, dans les
tribunal a dit que les actes du 10 novembre 1984 et du rapports entre les parties, subordonné à la validité des
14 novembre 1984 étaient nuls et a débouté la société conventions par lesquelles ces titres lui avaient été cédées
allemande de ses demandes ; ; que le moyen n'est fondé en aucune de ses branches ;
Sur le premier moyen, pris en ses trois branches : Sur le deuxième moyen, pris en ses cinq branches et sur
le troisième moyen pris en ses trois branches : (sans
Attendu qu'il est fait grief à l'arrêt d'avoir confirmé la
intérêt) ;
décision des premiers juges en ce qui concerne le rejet
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi Réponse du Ministère de la Justice publiée dans
le JO Sénat du 27/12/2007 - page 2371
La garde des sceaux, ministre de la justice, fait
connaître à l'honorable parlementaire que l'article L.
2e PARTIE 228-12 du code de commerce prévoit que les
modalités de rachat ou de conversion des actions de
préférence peuvent être fixées par les statuts.
Doc 1 Lorsqu'elles ne sont pas prévues dans les statuts,
Question écrite n° 431 de Philippe Adnot, JO seule l'assemblée générale extraordinaire est
Sénat Q, 5 juill. 2007, p. 1183 compétente pour décider de ce rachat. L'article L.
228-20 prévoit des modalités particulières de rachat
Réponse du Ministère de la justice, JO Sénat ou de remboursement, aux seules fins de favoriser la
Q, 27 déc. 2007, p. 2371 liquidité du marché, des actions de préférence
admises aux négociations sur un marché
réglementé. Dès lors, ces dispositions ne sont pas
Question écrite n° 00431 de M. Philippe Adnot
applicables aux sociétés « non cotées ». Néanmoins,
publiée dans le JO Sénat du 05/07/2007 - page
les statuts de ces sociétés pouvant fixer à l'avance
1183
les modalités de rachat des actions de préférence, la
M. Philippe Adnot attire l'attention de Mme la faculté de rachat à l'initiative des porteurs peut être
garde des sceaux, ministre de la justice sur les prévue. Le rachat de ces actions est soumis aux
difficultés d'interprétation soulevées par l'article règles générales du rachat d'actions et les actions
L. 228-12 du code de commerce, relatif aux ainsi rachetées devront être annulées.
actions de préférence, dans sa rédaction issue de
l'ordonnance n° 2004-604 du 24 juin 2004 portant
réforme du régime des valeurs mobilières des
sociétés commerciales.
Il lui rappelle, d'une part, que l'article L. 228-12
stipule que « l'assemblée générale extraordinaire
des actionnaires est seule compétente pour
décider l'émission, le rachat et la conversion des
actions de préférence au vu d'un rapport spécial
des commissaires aux comptes ».
Il souligne, d'autre part, le fait que l'article L.
228-20 du même code prévoit expressément la
possibilité de rachat à l'initiative du porteur, mais
ne vise que les actions inscrites aux négociations
sur un marché réglementé, dès lors qu'il dispose
que : « lorsque les actions de préférence sont
inscrites aux négociations sur un marché
réglementé, elles peuvent être rachetées ou
remboursées, à l'initiative de la société ou du
porteur, si le marché n'est pas liquide, dans les
conditions prévues par les statuts ».
Eu égard à la rédaction ambiguë de ces
dispositions combinées, et à l'insécurité juridique
qu'elle fait planer sur les opérations de rachat des
actions de préférence, il souhaiterait savoir si une
société non cotée peut procéder, au regard des
dispositions de l'article L. 228-12 du code de
commerce, à l'émission d'actions de préférence
comprenant une faculté de rachat à l'initiative des
titulaires de ces titres.
SEANCES 6 et 7 : Les cessions de droits sociaux

1re PARTIE : Les modalités de la cession de droits sociaux


I. Généralités. Les cessions de droits sociaux (parts sociales ou actions, mais seules ces dernières nous
intéresseront au cours de ces séances), sont multiples. Elles peuvent conduire à un changement d’associés,
qu’il soit synonyme de changement de contrôle ou non, ou à une simple modification dans la répartition du
capital. Toujours-est-il que cette convention, classiquement convenue entre un cédant et un cessionnaire, est
susceptible de mettre en jeu de nombreux intérêts, notamment ceux des autres associés non partie à la
cession, et ceux également de la société dont les titres sont cédés.
Or cette pluralité d’intérêts en présence s’accompagne également d’une pluralité de branches du droit
susceptibles d’être convoquées afin d’établir le régime de ces cessions de droits sociaux : droit des sociétés,
bien sûr (technique de l’agrément), droit civil (droit des obligations – vices du consentement, garanties
contractuelles - mais aussi contrats spéciaux, puisque les cessions sont des opérations de vente), théorie
générale du droit (fraude). Est-ce un tel pluralisme – dont le moindre intérêt n’est d’ailleurs pas de révéler
assez crûment que pour être un bon juriste de droit des affaires, le mieux est de ne pas connaître que le droit
des affaires – qui rend par lui-même si complexe la pratique des cessions de droits sociaux ? Est-ce plus
subtilement l’inadaptation des mécanismes du droit civil à des opérations mettant en cause ces droits
sociaux, dont le particularisme imposerait des règles spécifiques ? Ou encore l’inadaptation de certaines
règles du droit des sociétés aux besoins de la pratique ? Quelle que soit l’explication retenue, on ne peut
qu’être intrigué devant la prolifération du contentieux en ce domaine, que la seule fréquence des cessions de
droits sociaux et l’importance des sommes en jeu ne suffit sans doute pas à expliquer.

Dans cette perspective, l’accent sera placé au cours de cette séance sur deux séries de difficultés que révèle
notamment la jurisprudence en ce domaine, relatives au jeu de la clause d’agrément d’une part, à la
détermination du prix de cession de l’autre.

II. L’agrément. L’agrément, technique juridique qui vise notamment à protéger l’intuitu personae au sein de
la société, ne semble pas avoir sa place dans les sociétés de capitaux. On comprend cette technique au sein
des sociétés de personnes, beaucoup moins lorsque la personne des associés est indifférente, seule la
consistance de l’apport étant déterminante. Pourtant, le législateur a toujours souhaité offrir aux associés de
sociétés de capitaux la possibilité de réintroduire conventionnellement un peu d’intuitu personae, notamment
par l’insertion de clauses d’agrément dans les statuts. La clause d’agrément suscite, ou a pu susciter, deux
types de difficultés dans son application. Difficultés d’application ratione personae d’abord, ratione
materiae ensuite.

Difficultés ratione personae. Avant 2004, les clauses d’agrément n’étaient valables que pour empêcher un
tiers d’entrer dans la société. De sorte qu’elles n’étaient pas valables entre associés, les cessions demeurant
libres dans ce cas. Cette différence de traitement entre les cessions à un tiers et les cessions à un associé a
alors pu faire émerger deux types de problèmes. L’un résidait dans le fait qu’il devenait impossible de
prévoir le maintien d’une répartition équilibrée du capital entre associés. La parade a alors pu être trouvée
dans les clauses de préemption. Après avoir expliqué ce que sont ces clauses, vous discuterez de leur
efficacité en pratique.
L’autre problème concernait la possibilité de procéder à des montages afin de contourner l’application d’une
clause d’agrément. Si la clause interdit en effet le rachat, par un tiers, de titres d’un actionnaire sans l’accord
de ses associés, elle n’empêche pas la prise de contrôle par un tiers d’un actionnaire de la société cible. Vous
illustrerez ces montages, ainsi que la parade trouvée en jurisprudence avec les fameux arrêts Barilla et Midi
libre :

- Cass. com. 27 juin 1989, Bull. civ. IV, n°209 (Doc 1)


- Cass. com. 13 décembre 1994, Bull. civ. IV, n°384 (Doc 2)
Vous expliquerez en dernier lieu pourquoi depuis 2004, les diverses questions posées par l’application
ratione personae des clauses d’agrément semblent résolues.

Difficultés ratione materiae. Quelle que soit la rédaction de l’article L. 228-23, celui-ci reconnaissait la
validité des clauses soumettant à agrément « la cession d’actions » « à quelque titre que ce soit ». La question
restait ainsi posée de savoir si la clause d’agrément était applicable aux opérations translatives à titre
universel, par exemple au cas d’absorption d’une société actionnaire de la société anonyme par une tierce
société : avec quels enjeux ? quels arguments juridiques ? et quelle solution en définitive ?

- Cass. com., 6 mai 2003, n° 01-12567 et 01-30172 (2 arrêts). (Doc 3)


- Cass. com., 15 mai 2007, n° 06-13484. (Doc 4)

L’application de la clause d’agrément aux opérations translatives à titre universel est acquise désormais, sous
réserve de l’existence d’une mention expresse. Mais ces opérations se plient encore malaisément à la
procédure d’agrément qu’organise l’article L. 228-24 du code de commerce : dans l’hypothèse de
l’absorption d’une société actionnaire de la société anonyme par une tierce société, qui doit ainsi notifier la
demande d’agrément à la société anonyme ? comment indiquer à cette dernière le « prix offert » ? et
comment sanctionner l’absence de demande d’agrément, le cas échéant ? Bref, vous le voyez, toutes les
difficultés ne sont pas encore levées…

Bibliographie
- A. Constantin, « L’application des clauses d’agrément en cas de fusion ou de scission : le poids des mots, le
choc des principes », Bull. Joly Sociétés 2003.742.

III. La détermination du prix de cession. La cession de droits sociaux étant une vente, elle est logiquement
soumise à l’article 1591 du Code civil et à l’obligation de contenir un prix déterminé ou déterminable. Or
l’évaluation des droits sociaux est complexe (sur quels éléments se fonde-t-on ?) et surtout, la cession étant
une opération qui s’étale dans le temps (on n’achète pas une société comme on achète un sac de pommes de
terre), la valeur des actions est susceptible de varier entre le moment de l’échange des consentements
(signing) et le moment de la clôture des opérations, après réalisation de toutes les conditions suspensives
(closing). En pratique, on utilise des clauses de prix déterminables ou des clauses d’intéressement, appelée
dans le jargon des avocats clauses « d’earn out ». Vous préciserez en quoi consistent ces clauses.

Une autre difficulté relative à la détermination du prix de cession a agité le petit monde du droit des sociétés
pendant quelques années (aussi bien les praticiens, la doctrine, que la jurisprudence…). Il s’agit du domaine
d’application de l’article 1843-4 Code civil, qui disposait (avant 2014) : « dans tous les cas où sont prévus la
cession des droits sociaux d’un associé, ou le rachat de ceux-ci par la société, la valeur de ces droits est
déterminée, en cas de contestation, par un expert désigné, soit par les parties, soit à défaut d’accord entre
elles, par ordonnance du président du tribunal statuant en la forme des référés et sans recours possible ».

Or si l’application de ce texte ne suscitait aucune difficulté dans les hypothèses de cessions ou de rachats
forcés de droits sociaux, parce qu’imposés par la loi (par ex. quand l’article 228-24 oblige la société qui
refuse son agrément à un cessionnaire de racheter les titres du cédant – expliquez d’ailleurs pourquoi dans
ces hypothèses il est normal de faire intervenir un tiers pour évaluer le prix des titres), la question de son
extension à des hypothèses de cessions forcées non prévues par la loi mais par les statuts de la société (ex. de
la clause statutaire d’exclusion) ou par un contrat s’est en revanche posée avec force.

Vous retracerez l’évolution jurisprudentielle sur ce point en vous aidant des arrêts reproduits. Puis vous vous
interrogerez sur les inconvénients (d’ailleurs fortement pointés en doctrine) de l’extension inconsidérée du
domaine de l’article 1843-4. Enfin, vous expliquerez de quelle façon le problème semble aujourd'hui réglé
(mais l’est-il vraiment de façon satisfaisante ? – v. l’art. d’H. Synvet).

- Cass com., 5 mai 2009, Bull. civ. IV, n° 61. (Doc 5)


- Cass. com., 24 nov. 2009, Bull. civ. IV, n° 151. (Doc 6)
- Cass. com., 4 déc. 2012, n° 10-16280. (Doc 7)
- Cass. com., 11 mars 2014, Bull. civ. IV, n°48. (Doc 8)

Bibliographie
- H. Le Nabasque, « Le champ d’application de l’article 1843-4 du code civil », Bull. Joly Sociétés
2009.1018.
- FX Lucas, « La place de la liberté contractuelle dans la détermination du prix de droits sociaux à dire
d’expert », in Mélanges en l’honneur du Professeur Le Cannu, p. 343.
- B. Dondero, « La réforme de l’article 1843-4 du Code civil », D. 2014.1885.
- H. Synvet, « L’article L. 1843-4 du Code civil comme illustration du dérèglement affectant les
sources du droit des sociétés », in Mélanges en l’honneur de Patrick Serlooten.

2e PARTIE : Les garanties de la cession de droits sociaux.

I. Généralités. Comme le prouve l’importance du contentieux en la matière, il arrive que le cessionnaire de


droits sociaux, une fois les opérations réalisées, soit déçu. Parfois, mais pas toujours heureusement, il peut
avoir le sentiment d’avoir payé trop cher ce qui lui paraît valoir désormais beaucoup moins. Ou parfois aussi,
il peut s’être trompé lui-même sur la valeur de la société, ou ne pas avoir anticipé un changement de
circonstances économiques aux conséquences fâcheuses pour la valeur de ses titres. La tentation peut alors
être grande de chercher à remettre en cause la cession réalisée.

Le cessionnaire doit effectivement être protégé. Le droit commun des contrats et le droit de la vente lui
offrent ainsi des garanties sur lesquelles il convient de revenir. La difficulté est de trouver un équilibre entre
les intérêts du cédant et ceux du cessionnaire, qui ne doit pas non plus être trop protégé, pour éviter qu’il ne
remette en cause les cessions de façon illégitime. C’est pourquoi les protections légales ne sont pas absolues.
Pour pallier ces insuffisances, des garanties conventionnelles ont peu à peu été élaborées en pratique, et
taillées sur mesure à chaque situation de cession. Ce sont les clauses de garanties de passif.

II. Les garanties légales. Les garanties légales sont de deux ordres. Les unes relèvent du droit commun des
contrats, les autres du droit spécial de la vente (où l’on voit à nouveau l’importance du droit civil pour un
spécialiste de droit des affaires…). Les garanties de droit commun relèvent essentiellement des vices du
consentement. Il faut alors tenir compte de la spécificité de l’objet du contrat : à quelles conditions, en effet,
l’erreur, le dol ou la violence peuvent-il emporter la nullité de la cession de droits sociaux ? Et à supposer les
conditions réunies, la nullité est-elle une sanction satisfaisante pour le cessionnaire déçu ? A quelle difficulté
risque-t-on surtout de se heurter ?

- Cass. com., 1er oct. 1991, Bull. civ. IV, n° 277. (Doc 1)
- Cass. com., 17 oct. 1995, Bull. civ. IV, n° 244. (Doc 2)
- Cass. com., 8 février 2011, 09-17177. (Doc 3)

Les garanties de l’acheteur dans la vente (garantie des vices cachés, garantie d’éviction et garantie de
conformité) vous apparaissent-elles d’un plus grand secours pour le cessionnaire déçu ?

- Cass. com., 12 déc. 1995, Bull. civ. IV, n° 302. (Doc 4)


- Cass. com., 21 janv. 1997, Bull. civ. IV, n° 25. (Doc 5)

III. Les garanties de passif. Les garanties conventionnelles ont généralement pour objet de protéger le
cessionnaire des actions contre une diminution de la valeur des actions acquises due à l’augmentation d’un
poste de passif (par exemple, un redressement fiscal) ou à la diminution d’un poste d’actif (par exemple, la
dépréciation d’un stock) de la société, qui se révélerait postérieurement à la conclusion du contrat de cession
d’actions pour une cause antérieure à celle-ci. Sur cette base, elles peuvent prendre deux formes : clause de
révision de prix (ou « garantie de valeur » des actions acquises par le cessionnaire) ou clause de garantie de
passif « stricto sensu » (ou « garantie de reconstitution » du patrimoine de la société ayant émis les actions
cédées). Quels sont les critères qui doivent intervenir dans le choix de l’une ou l’autre garantie : la personne
du bénéficiaire ? le montant de la garantie ? Ces garanties sont-elles, en dernier lieu, susceptible d’être
cédées en même temps que les droits sociaux qui en sont l’objet ?

- Cass. com., 7 octobre 1997, Bull. civ. IV, n° 251. (Doc 6)


- Cass. com., 18 décembre 2001, n° 98-17320. (Doc 7)
- Exemple de garantie de passif (JCL Sociétés Formulaire, Fasc. Q26) (Doc 8)
et 274 de la loi du 24 juillet 1966 ;
1re PARTIE
Mais attendu que l'arrêt constate que les consorts
Doc 1 Cartier Millon ont entrepris de céder leurs titres de la
société holding à la société Barilla en recourant à
Cass. com. 27 juin 1989, Bull. civ. IV, n°209
l'interposition de la société Embranchement de la
capuche, que par le biais de deux cessions en
Sur le moyen unique, pris en ses deux branches, de
apparence licites, ils ont permis à la société Barilla de
chacun des pourvois, réunis :Attendu, selon l'arrêt
détenir une participation, minoritaire mais efficace
déféré (Grenoble, 30 juin 1988), que les membres de la
puisque supérieure à la minorité de blocage, que l'une
famille Cartier Millon ont, en octobre 1987, cédé 55
et l'autre des parties avaient de connivence tenté
083 actions représentant le capital de la société Rivoire
d'échapper à l'obligation d'agrément figurant dans les
et Carret-Lustucru (la société holding) à la société
statuts de la société holding, obligation qui était connue
Embranchement de la capuche autre actionnaire ; qu'en
par les consorts Cartier Millon et par la société Barilla ;
décembre 1987, la société Barilla G e R. Flli S p A
que de ces constatations, la cour d'appel, qui n'avait pas
(société Barilla) a fait connaître qu'elle se proposait
à procéder à la recherche inopérante invoquée par la
d'acquérir ou avait acquis la totalité des actions
seconde branche, a pu déduire que les conventions
représentant le capital de la société Embranchement de
passées entre les consorts Cartier Millon et la société
la capuche, qui appartenait aux membres de la famille
Barilla étaient entachées de fraude ; que le moyen n'est
Cartier Millon ; qu'aucun agrément d'un tiers non
fondé en aucune de ses branches ;
actionnaire n'a été sollicité de la société holding à
l'occasion des cessions précitées, alors qu'un tel
PAR CES MOTIFS : REJETTE les pourvois
agrément est stipulé par une clause des statuts de cette
société ; que, par l'arrêt attaqué et sur demande de la
société holding et des sociétés Grands Moulins Maurel Doc 2
et Semouleries de Normandie, actionnaires, la cour
d'appel a annulé le transfert des 55 083 actions Cass. com. 13 décembre 1994, Bull. civ. IV, n°384
nominatives de la société holding à la société
Embranchement de la capuche, en raison du but Sur le moyen unique des deux pourvois, pris chacun en
frauduleux poursuivi par les membres de la famille ses six branches :Attendu, selon l'arrêt attaqué
Cartier Millon, et a déclaré inopposable à la société (Montpellier, 17 décembre 1991), que la société du
holding pour inobservation de la clause d'agrément la Journal Midi libre (la société du Journal) comprenait
cession à la société Barilla des actions de la société parmi ses actionnaires la société à responsabilité
holding découlant de la cession par les membres de la limitée Publicité Annonces, du groupe Hersant,
famille Cartier Millon à la société Barilla de la totalité détentrice de 9,09 % du capital social, la société Etudes
des actions de la société Embranchement de la capuche d'applications des relations collectives et
;Attendu qu'il est fait grief à l'arrêt d'avoir ainsi statué, interindividuelles (la société Etarci), détentrice de 9,44
alors, selon le pourvoi, d'une part, que la fraude % du capital, et la société civile de Placements et de
suppose non seulement l'intention d'éluder une règle, Participations du Midi libre (la société SCPPML),
mais encore la volonté de créer une situation dont, en détentrice de 12 % du capital ; que, suivant délibération
raison de son caractère artificiel, les parties n'entendent du 6 juin 1990, le conseil d'administration de la société
pas accepter les conséquences essentielles ; que la cour du Journal, suspectant M. Robert Hersant et la société
d'appel n'a pas constaté, pour retenir que les parties Socpresse qu'il contrôlait d'avoir acheté, soit
avaient commis une fraude, que la société Barilla directement, soit indirectement, les actions et parts
entendait seulement éluder la clause d'agrément sans représentant le capital des sociétés Etarci et SCPPML
avoir réellement l'intention de devenir actionnaire de la en vue de contrôler à travers elles la société du Journal,
société Embranchement de la capuche, d'en prendre le a décidé de n'agréer ni " le transfert des actions Etarci
contrôle et d'en assumer effectivement les au profit de la société Socpresse et, en conséquence, le
conséquences ; d'où il suit que l'arrêt attaqué manque transfert indirect et frauduleux des 18 400 actions Midi
de base légale au regard des articles 1134, 1135 du libre détenues par cette société " ni " le groupe Hersant
Code civil et 274 de la loi du 24 juillet 1966 ; et alors, comme acquéreur des parts de la société SCPPML et,
d'autre part, que la prétendue fraude des consorts en conséquence le transfert indirect et frauduleux des
Cartier Millon et de la société Barilla supposait que la 23 700 actions Midi libre détenues par cette société " ;
décision de refus d'agrément, éventuellement prise par que, par la même délibération, le conseil
le conseil de surveillance de la société Rivoire et d'administration a désigné en qualité de cessionnaires
Carret-Lustucru, fût dénuée d'abus ; que faute d'avoir de l'ensemble de ces actions un certain nombre
recherché si le conseil de surveillance de la société d'actionnaires de la société du Journal ; que MM.
Rivoire et Carret- Lustucru pouvait légitimement Maurice et Claude Bujon, Bene, Bernard, Connillière,
refuser l'agrément en vue de la cession des titres à la Cabart, Cromback, Jean-Claude et Guy Ellul, Allies,
société Barilla, la cour d'appel a privé sa décision de Mme Marc et les sociétés Sodler, Agence Havas, La
base légale au regard des articles 6, 1382 du Code civil Voix du Nord, Milisol et Soridec (les consorts Bujon),
qui avaient accepté d'acquérir les actions litigieuses, société Etarci était passée, en 1979, sous le contrôle de
ont assigné la société Etarci, la société SCPPML et la la société Socpresse ; qu'en statuant de la sorte, sans
société du Journal pour que les transferts prétendument relever aucun acte de la société du Journal révélant
frauduleux des titres détenus par les sociétés Etarci et sans équivoque qu'elle aurait renoncé à invoquer la
SCPPML soient déclarés inopposables à la société du fraude commise de connivence entre la Socpresse et la
Journal et qu'il soit constaté qu'ils en étaient société Etarci, la cour d'appel a privé sa décision de
propriétaires ; que la société du Journal a demandé que base légale au regard de l'article 274 de la loi du 24
les cessions litigieuses lui soient déclarées juillet 1966 et du principe " fraus omnia corrumpit " ;
inopposables et que les actionnaires désignés par elle alors, de quatrième part, que la loi du 23 octobre 1984
soient déclarés cessionnaires des actions détenues par prévoyait la mise sous forme nominative des actions
les sociétés Etarci et SCPPML ; des entreprises de presse et des sociétés détenant
directement ou indirectement 20 % au moins du capital
Attendu que la société du Journal Midi libre reproche à d'une entreprise de presse ; qu'il résulte de l'arrêt que la
l'arrêt d'avoir rejeté ses demandes tendant à ce que les société Etarci, qui est une société holding, n'a jamais
cessions d'actions litigieuses lui soient déclarées détenu plus de 9,44 % des actions de la société du
inopposables et à ce que les sociétés Etarci et SCPPML Journal ; qu'en énonçant que, par l'effet de cette loi,
soient exclues de la société du Journal, alors, selon le abrogée le 1er août 1986, la société du Journal Midi
pourvoi, d'une part, que se trouve entachée de fraude la libre devait nécessairement avoir connaissance de la
cession des actions d'une société qui a pour objet de prise de contrôle par la société Socpresse de la société
permettre au cessionnaire d'acquérir le contrôle d'une Etarci, la cour d'appel a violé l'article 4 de la loi du 23
autre société en échappant, par l'interposition d'une octobre 1984 ; alors, encore, que la sanction de la
société écran, à l'application d'une clause d'agrément fraude s'attache à tout acte ayant pour objet ou pour
figurant dans les statuts de la société dont le contrôle effet d'éluder une règle obligatoire, en l'occurrence
est convoité ; qu'il résulte des propres termes de l'arrêt l'obligation statutaire d'agrément ; qu'en écartant le
que les actionnaires des sociétés Etarci et SCPPML, moyen tiré de la fraude en ce qu'il portait sur les
dont les seuls actifs sont des actions de la société du actions de la société SCPPML détenues par Mmes
Journal Midi libre, ont cédé ou promis de céder leurs Hugret et Bjrkolt, motifs pris de ce que celles-ci
titres à la société Socpresse et à une autre société du s'étaient engagées aux termes de promesses de cessions
groupe Hersant, de telle sorte que ce groupe de presse et qu'il n'y avait donc pas eu de cessions des actions, la
détienne indirectement une participation supérieure à cour d'appel a violé le principe " fraus omnia corrumpit
30 % du capital de la société du Journal ; qu'en " ; et alors, enfin, qu'aux termes de l'article 12 des
s'abstenant dès lors de rechercher si les cessions et statuts de la société du Journal Midi libre, le conseil
promesses de cessions litigieuses n'avaient pas pour d'administration peut, en cas de refus d'agrément,
objet de permettre au groupe Hersant d'acquérir le proposer à des tiers, à des actionnaires ou à la société
contrôle indirect de la société du Journal en échappant d'acquérir les actions litigieuses, sauf renonciation de
aux dispositions statutaires imposant l'agrément du l'actionnaire à la cession ; que l'inopposabilité des
cessionnaire et empêchant toute prise de contrôle par cessions réalisées au profit du groupe Hersant,
une société ou un groupe de sociétés sur plus de 15 % conséquence de la fraude aux droits de la société du
du capital, la cour d'appel a entaché son arrêt d'un Journal, permettait au conseil d'administration de
défaut de base légale au regard de l'article 274 de la loi mettre en oeuvre les pouvoirs qui lui étaient conférés
du 24 juillet 1966 et du principe " fraus omnia par l'article 12 des statuts ; que le juge, appelé à statuer
corrumpit " ; alors, d'autre part, que la loi du 1er août sur la fraude et sur la sanction au regard des
1986, portant réforme du statut juridique de la presse, dispositions statutaires, était, dès lors, habilité à
assimile la possession ou le contrôle indirect d'une entériner la décision du conseil d'administration et à
entreprise de presse à la possession ou au contrôle ordonner la cession des actions litigieuses, dès lors que
direct ; qu'en énonçant que la procédure statutaire les actionnaires cédants n'avaient pas usé de la faculté
d'agrément était inapplicable aux cessions de titres des offerte par les statuts de renoncer à la cession ; qu'en
sociétés actionnaires de la société du Journal, sans énonçant que le juge n'avait pas le pouvoir d'ordonner
rechercher si, grâce aux cessions ou aux projets de la cession des actions de la société du Journal détenues
cessions litigieuses, le groupe Hersant était susceptible par les sociétés SCPPML et Etarci au profit des
de détenir le contrôle de la société du Journal, la cour actionnaires désignés par l'assemblée générale, la cour
d'appel a entaché sa décision d'un défaut de base légale d'appel a méconnu les dispositions statutaires, en
au regard de l'article 274 de la loi du 24 juillet 1966 et violation des articles 1134 et 1832 du Code civil ;
de la loi du 1er août 1986 ; alors, de troisième part, que
la renonciation à un droit ne peut résulter que d'actes Attendu que les consorts Bujon font grief à l'arrêt
démontrant sans équivoque la volonté de renoncer ; d'avoir rejeté leurs demandes, alors, selon le pourvoi,
que, pour énoncer que la société du Journal Midi libre d'une part, qu'il appartient au juge de veiller au respect
ne pouvait invoquer l'existence d'une fraude, la cour de la loi du contrat et de vérifier si les parties à un
d'appel s'est bornée à relever qu'en raison de la loi du contrat ou les actionnaires d'une société n'ont pas, par
23 octobre 1984, instituant une " transparence le biais d'opérations apparemment licites, cherché à
remontante " des sociétés de presse, modifiée sur ce éluder une règle imposée par la loi ou les statuts ;
point par la loi du 1er août 1986, cette société devait qu'ainsi, il appartenait au juge de vérifier si la cession
nécessairement avoir eu connaissance de ce que la des parts des sociétés actionnaires, ayant pour seuls
actifs et pour seul objet la détention d'actions du d'un manque de base légale au regard de l'article 4 de la
journal, à un même groupe de presse, qui permettait à loi du 1er août 1986 et de l'article 1134 du Code civil ;
ce groupe de détenir ainsi 30 % des actions de la
société du Journal, n'avait pas pour but d'éluder la mise Mais attendu, en premier lieu, qu'après avoir prononcé
en oeuvre de l'agrément exigé par la loi et les statuts, la recevabilité des interventions volontaires de Mmes
ainsi que l'interdiction faite par statuts à chaque Hugret et Bjrkolt et de la société Publicité annonces,
actionnaire de posséder soit directement ou l'arrêt a déclaré que les écritures des consorts Bujon en
indirectement plus de 15 % des actions constituant le réponse à ces interventions volontaires étaient
capital social ; qu'en se refusant à ce contrôle, sous recevables ; que la cour d'appel n'a pas méconnu les
prétexte d'une extension des statuts, l'arrêt a violé droits de la défense ;
l'article 4 de la loi du 1er août 1986 et l'article 1134 du
Code civil ; alors, d'autre part, que les dispositions de Attendu, en second lieu, que la loi du 1er août 1986,
la loi du 23 octobre 1984, imposant certaines applicable en la cause, n'impose pas de soumettre à
obligations visant la transparence aux sociétés détenant l'agrément de la société éditrice les mouvements
plus de 20 % du capital d'une entreprise de presse, mais portant sur les titres de ses actionnaires ; que, de plus,
n'exigeant pas l'agrément par la société de presse des les dispositions de cette loi appliquant les mêmes
transferts des titres de ses actionnaires, n'impliquaient restrictions aux prises de participation au capital de
aucunement que cette dernière ait eu connaissance des sociétés éditrices, qu'elles soient réalisées sous une
transferts de titres intervenus ; qu'en déduisant de ces forme directe ou indirecte, tendent seulement à
dispositions que la société du Journal devait être empêcher des opérations de concentration dans des
nécessairement informée du transfert de ses titres par situations strictement définies et non invoquées en la
une société actionnaire, l'arrêt a violé le texte susvisé, cause ; qu'enfin, on ne peut inférer des règles instituant
et notamment ses articles 1, 4, 6 et 8 ; alors, de la transparence posées par la loi du 23 octobre 1984,
troisième part, que l'arrêt, qui rappelle lui-même que qui ne concernaient que les sociétés détenant au moins
l'article 9 des statuts interdisait à tout actionnaire, soit 20 % du capital d'une entreprise de presse, que la
directement, soit indirectement, par l'intermédiaire société du Journal avait eu connaissance des prises de
d'une société elle-même actionnaire du journal, de participation intervenues au sein de la société Etarci ;
posséder un nombre d'actions supérieur à 15 % du
nombre d'actions composant le capital social, ne Attendu, en troisième lieu, que la loi du 24 juillet 1966,
pouvait exclure l'infraction à cette règle et la fraude en tout comme les statuts de la société du Journal, ne
se bornant à considérer la participation au capital du prévoit la procédure d'agrément que pour la cession des
journal de chacune des sociétés actionnaires, prise propres actions d'une société, et non pas pour la cession
individuellement, sans vérifier si l'acquisition par le des parts ou actions composant le capital de ses
même groupe de presse des titres des sociétés actionnaires ;
actionnaires, détenant ensemble plus de 30 % du
capital du journal, ne contrevenait pas à la règle Attendu, en quatrième lieu, que la prise de
statutaire ; qu'il a ainsi violé l'article 1134 du Code participation, même majoritaire, dans le capital d'une
civil ; alors, de quatrième part, que la renonciation à un ou plusieurs sociétés actionnaires d'une autre société ne
droit ne se présume pas ; que l'arrêt, qui croit pouvoir constitue pas, par elle seule, une fraude ayant pour
faire état d'une tolérance par la société du Journal de la objet ou pour effet d'éluder des clauses statutaires de
détention indirecte de 18 % de ses actions par la société cette société, à défaut d'éléments permettant de
Socpresse, n'a aucunement caractérisé une renonciation caractériser cette fraude ; Attendu, enfin, qu'ayant
de celle-ci à se prévaloir d'une nouvelle infraction à ses relevé que les statuts de la société du Journal ne
statuts et aux règles d'ordre public de la loi, la privant prévoyaient pas la possibilité d'exclure un actionnaire,
définitivement d'invoquer celle-ci ; qu'ainsi, l'arrêt a la cour d'appel a estimé à bon droit que la société du
encore violé l'article 1134 du Code civil ; alors, encore, Journal n'était pas fondée à ordonner la cession de ses
que viole les droits de la défense l'arrêt qui dénie la actions détenues par les sociétés Etarci et SCPPML ;
réalité des cessions des titres de la société SCPPML en
se fondant sur des promesses de vente et avenants à ces D'où il suit qu'abstraction faite des motifs surabondants
promesses, produits par des personnes intervenues aux dont font mention les moyens, l'arrêt se trouve justifié ;
débats le jour de l'audience, et qui n'ont pu en PAR CES MOTIFS :REJETTE les pourvois.
conséquence être ni examinés ni discutés par les parties
; qu'ainsi, l'arrêt a violé les articles 16 et 132 du Doc 3
nouveau Code de procédure civile ; alors, enfin, que la
cession d'actions est un contrat consensuel ; que la cour Cass. com., 6 mai 2003, n° 01-12567
d'appel, qui constate elle-même la réalité de "
promesses de cession ", qu'elle s'abstient de qualifier, LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE
sans vérifier si les promesses de cession, par la teneur COMMERCIALE, FINANCIERE ET
des engagements qu'elles comportaient, ne ECONOMIQUE, a rendu l'arrêt suivant :
constituaient pas tout au moins les cessions projetées Attendu, selon les arrêts attaqués (Rennes, 10 janvier
au sens des statuts et de la loi, n'a pas tiré de ses 2001, n° 7 rectifié le 18 avril 2001) que le 18 mai 1999,
propres constatations les conséquences légales qui en la société anonyme Sanofi Synthelabo (la société
découlaient nécessairement et a entaché sa décision
Sanofi Synthelabo) a absorbé par voie de fusion la pouvait recevoir une interprétation extensive ; qu'elle
société Sanofi laquelle détenait, depuis 1974, 44,21 % n'est pas recevable à soutenir un moyen contraire à ses
du capital de la société Laboratoires de biologie propres écritures ;
végétale Yves X... (la société Laboratoires Yves X...) ;
Attendu, en second lieu, qu'après avoir exactement
que le 22 septembre 1999, la société Laboratoires Yves
énoncé que la fusion absorption ne figure pas
X... a fait assigner la société Sanofi Synthelabo en
expressément au nombre des actes pour lesquels la
annulation du transfert de ses actions à celle-ci en
clause d'agrément est interdite par l'article 274 de la loi
faisant valoir que la société Sanofi Synthelabo n'avait
du 24 juillet 1966 devenu l'article L. 228-23 du Code
pas bénéficié de l'agrément prévu par l'article 13 de ses
de commerce, c'est par une appréciation souveraine du
statuts relatif à l'agrément des cessions d'actions ; que
sens et de la portée de l'article 13 des statuts de la
le tribunal a rejeté la demande de la société
société Laboratoires Yves X... que la cour d'appel a,
Laboratoires Yves X... et accueillant la demande de la
par motifs propres et adoptés, retenu qu'en décidant que
société Sanofi Synthelabo, a enjoint à la société
"la transmission de toute action ou certificat
Laboratoires Yves X... de procéder à l'inscription en
d'investissement à un tiers non actionnaire est soumise
compte au nom de la société Sanofi Synthelabo des
au droit d'agrément du conseil d'administration", les
actions "Laboratoires Yves X..." antérieurement
associés de la société Laboratoires Yves X... ont
détenues par la société Sanofi; que la cour d'appel,
entendu soumettre à l'agrément toute forme de transfert
après analyse des statuts de la société Laboratoires
des titres et non pas seulement la cession entre vifs ;
Yves X..., a infirmé le jugement entrepris, annulé le
transfert et maintenu la mesure de séquestre des dites D'où il suit que le moyen, pour partie irrecevable, n'est
actions ; qu'avant dire droit, la cour d'appel a commis pas fondé pour le surplus ;
un expert pour fixation du prix des actions
Sur le deuxième moyen, pris en ses trois branches :
"Laboratoires Yves X..." et du délai pour acquérir les
dites actions ; Attendu que la société Sanofi Synthelabo fait encore le
même grief à l'arrêt alors, selon le moyen :
Sur le premier moyen, pris en ses deux branches :
1 / que lorsqu'une clause d'agrément trouve à
Attendu que la société Sanofi Synthelabo reproche à
s'appliquer, aucun texte n'interdit au bénéficiaire de
l'arrêt d'avoir ainsi statué, alors selon le moyen :
l'opération soumise à agrément de présenter la
1 / que la loi ne permet de soumettre à l'agrément de la demande d'agrément au Conseil d'administration ; qu'à
société que la cession d'actions à un tiers ; que plus forte raison, celui qui est le successeur universel
l'opération de fusion, qui entraîne de plein droit de l'associé disparu a qualité pour présenter cette
transmission universelle du patrimoine des sociétés demande ; qu'en déniant à la société Sanofi-Synthelabo
dissoutes à la société bénéficiaire, n'emporte pas qualité pour présenter la demande litigieuse, la cour
cession à un tiers des actions détenues par ces sociétés, d'appel aurait violé l'article L. 228-24 du Code de
mais dévolution de l'ensemble du patrimoine les commerce ;
comprenant à la société bénéficiaire qui est leur
2 / que lorsqu'une clause d'agrément trouve à
successeur universel ; que cette dévolution ne peut
s'appliquer, aucun texte n'interdit que la demande
donc être soumise à agrément, de sorte que la cour
d'agrément soit présentée après l'opération, en vue de la
d'appel aurait violé ensemble les articles L. 228-23 et
régularisation de celle-ci ; qu'à plus forte raison, dans
L. 236-2 du Code de commerce ;
le cas où le prétendu cédant a disparu par l'effet d'une
2 / qu'à supposer que les statuts puissent soumettre opération de fusion, la nouvelle société qui lui succède,
cette dévolution à l'agrément de la société, ils ne universellement et se trouve par là même propriétaire
pourraient ainsi porter atteinte aux effets légaux de la des actions, peut demander son agrément en tant
fusion qu'au moyen d'une stipulation expresse ; qu'en qu'associée ; qu'en déclarant inefficace la demande
jugeant, par une simple interprétation de la clause présentée le 14 juin 1999 par la société Sanofi-
fondée sur une extension du terme générique de Synthelabo, la cour d'appel aurait violé l'article L. 228-
transmission à un tiers, que la clause litigieuse devait 24 du Code de commerce ;
s'appliquer à une opération de fusion qu'elle ne
3 / qu'en énonçant que du reste, il y a tout lieu de
mentionnait pas, la cour d'appel aurait privé sa décision
présumer que cette demande aurait été rejetée, la cour
de base légale au regard de l'article L. 228-23 du Code
d'appel aurait statué par un motif hypothétique, en
de commerce ;
violation de l'article 455 du nouveau Code de
Mais attendu, en premier lieu, que dans ses conclusions procédure civile ;
d'appel, la société Sanofi Synthelabo a seulement
Mais attendu qu'il résulte de l'alinéa 1er de l'article L.
soutenu que "la clause d'agrément des statuts de
228-24 du Code de commerce, selon lequel, si une
laboratoires Yves X... ne s'applique pas en cas de
clause d'agrément est stipulée, la demande d'agrément
fusion" et que "les actionnaires de Laboratoires Yves
indiquant les nom, prénom et adresse du cessionnaire,
X... auraient donc pu, en toute connaissance de cause,
le nombre des actions dont la cession est envisagée et
mentionner la fusion parmi les actes soumis à agrément
le prix offert est notifiée à la société, et du dernier
lors de la modification des statuts décidée au cours de
alinéa de l'article L. 228-23 du même Code, selon
leur assemblée générale du 6 novembre 1998, si telle
lequel toute cession effectuée en violation d'une clause
avait été leur volonté" et que cette clause d'agrément ne
d'agrément figurant dans les statuts est nulle, que la soutenu devant la cour d'appel les prétentions qu'elles
demande d'agrément doit être formulée préalablement à font valoir au soutien de leur moyen ; que celui-ci est
la réalisation de l'opération envisagée ; qu'en énonçant nouveau et qu'étant mélangé de fait et de droit, il est
que l'agrément du conseil d'administration de la société irrecevable ;
Laboratoires Yves X... aurait du être sollicité
Et sur le second moyen :
préalablement à l'opération de fusion absorption
envisagée, la cour d'appel, abstraction du motif Attendu que les sociétés Eurofog et Safran font encore
surabondant critiqué par la troisième branche, a déclaré le même grief à l'arrêt alors, selon le moyen :
à bon droit que la demande présentée postérieurement
1 / que si la fusion-absorption ne figure pas
par la société absorbante avait été sans effet ; que le
expressément au nombre des actes pour lesquels la
moyen n'est fondé en aucune de ses branches ;
clause d'agrément est interdite par l'article L. 228-23 du
... code de commerce, la mise en oeuvre de cette clause
est, par nature, incompatible avec une telle opération
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi
lorsque est absorbée la société propriétaire des actions
dont la cession est soumise à l'agrément ; qu'en
décidant le contraire, la cour d'appel a violé les
Doc 4 dispositions des articles L. 228-23 et L. 228-24 du code
Cass. com., 15 mai 2007, n° 06-13484 de commerce, dans leur rédaction antérieure à
l'ordonnance n° 2004-604 du 24 juin 2004 ;
Attendu, selon l'arrêt confirmatif attaqué (Paris, 9
février 2006), que les sociétés Sfim industries et 2 / qu'en toute hypothèse, en ne recherchant pas,
Photonetics étaient actionnaires de la société Eurofog, comme elle y était invitée, si au moment d'adopter les
dont les statuts comportaient une clause soumettant les statuts, l'intention des associés n'avait pas été d'exclure
cessions d'actions à l'agrément du conseil le mécanisme de l'agrément en cas de cession d'actions
d'administration et précisant que cette exigence était à des sociétés du groupe de chacun des autres
également applicable, notamment, en cas de fusion ; actionnaires, de sorte que n'était pas soumis à la
qu'après l'absorption par la société Sagem, devenue la procédure d'agrément le transfert d'actions de la société
société Safran, de sa filiale la société Sfim industries, la Sfim industries à sa société mère, la société Sagem, par
société Photonetics a cédé la totalité des actions qu'elle voie de fusion-absorption, la cour d'appel n'a pas
détenait dans le capital de la société Eurofog à la légalement justifié sa décision au regard des articles
société Ixsea ; que cette dernière, invoquant le défaut 1134 et 1156 du code civil ;
d'agrément de la société Sagem, a demandé l'annulation Mais attendu, d'une part, que c'est à bon droit et sans
du transfert des actions de la société Eurofog résultant encourir la critique de la première branche que la cour
de la fusion-absorption ; d'appel a retenu, par motifs propres et adoptés, que rien
Sur le premier moyen : n'interdit d'étendre l'application d'une clause
d'agrément à des opérations de fusion par une mention
Attendu que les sociétés Eurofog et Safran font grief à expresse des statuts et que la mise en oeuvre d'une telle
l'arrêt d'avoir accueilli cette demande alors, selon le stipulation n'est affectée d'aucune impossibilité ;
moyen, qu'il n'y a pas de société sans affectio
societatis, qui se caractérise par la volonté non Et attendu, d'autre part, que la cour d'appel, procédant à
équivoque de tous les associés de collaborer ensemble la recherche visée à la seconde branche, a
et sur un pied d'égalité à la poursuite de l'oeuvre souverainement estimé qu'il ne résultait ni des statuts ni
commune ; qu'en ne recherchant pas, comme elle y de l'accord antérieurement conclu entre les actionnaires
était invitée, si la société Ixsea avait connaissance de que ceux-ci avaient eu l'intention de dispenser
l'opération de fusion-absorption intervenue entre les d'agrément les cessions intervenant au sein d'un groupe
sociétés Sagem et Sfim industries le 10 mai 2000 et, d'actionnaires ;
par voie de conséquence, de la répartition du capital D'où il suit que le moyen n'est fondé en aucune de ses
social de la société Eurofog, lorsqu'elle a acquis des branches ;
actions de cette société, de sorte qu'ayant ainsi exprimé
sa volonté de s'associer aux autres actionnaires de la PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi
société Eurofog, dont la société Sagem, aux droits de
laquelle se trouve la société Safran, elle ne pouvait
ensuite, sans se contredire et méconnaître l'affectio Doc 5
societatis, se prévaloir d'une irrégularité tirée d'un
Cass. Com., 5 mai 2009, Bull. civ. IV, n° 61
défaut d'agrément du transfert des actions de la société
Sfim industries à la société Sagem résultant de la LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE
fusion du 10 mai 2000, la cour d'appel n'a pas COMMERCIALE, a rendu l'arrêt suivant :
légalement justifié sa décision au regard des articles Attendu, selon l'arrêt attaqué, que MM. X..., Y..., Z...,
1134 et 1832 du code civil, ensemble les articles 31 et A..., C..., D..., E..., F... et Mme B... (les consorts X...),
32 du nouveau code de procédure civile ; associés de la société civile des Mousquetaires (la
société des Mousquetaires), en ont été exclus par
Mais attendu qu'il ne résulte ni de leurs conclusions ni
différentes assemblées générales de 1998 à 2003 ; que
de l'arrêt que les sociétés Eurofog et Safran aient
le président du Tribunal de grande instance, statuant en l'expert, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;
la forme des référés, a, sur le fondement de l'article
1843-4 du code civil, désigné un expert avec pour PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE,
mission de déterminer la valeur de rachat des parts
sociales ; que la cour d'appel a jugé que le président du
Doc 6
tribunal avait excédé ses pouvoirs en précisant dans sa
motivation que l'expert devait " procéder en toute Cass. com., 24 nov. 2009, Bull. civ. IV, n° 151
liberté " et " écarter l'application de la méthode de
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE
calcul prévue par les statuts " ; qu'elle a en
COMMERCIALE, a rendu l'arrêt suivant :
conséquence annulé l'ordonnance entreprise et, en vertu
de l'effet dévolutif, a désigné le même tiers évaluateur ; Sur le moyen unique :

Sur la recevabilité du pourvoi contestée par la défense : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Rennes, 16 septembre
2008), que la société à responsabilité limitée BT Com
Attendu que la société des Mousquetaires soutient que Ouest a été constituée entre la société Norauto,
le pourvoi formé par les consorts X... est irrecevable en détentrice de la majorité des parts, et MM. X... et Y... ;
application de l'article 1843-4 du code civil qui précise que par deux actes séparés conclus lors de la
que la décision par laquelle le président du tribunal constitution de la société BT Com Ouest, MM. X... et
statue sur la demande de désignation d'un expert en Y... ont consenti à la société Norauto une promesse de
application de ce texte est sans recours possible ; cession de leurs parts stipulant que l'option pourrait
être levée dans le cas où ils cesseraient d'apporter leur
Mais attendu que le pourvoi est recevable contre une concours à la société BT Com Ouest en qualité de
décision qui constate un excès de pouvoir et en tire les gérants ou de salariés et précisant les modalités de
conséquences qui s'imposent ; détermination du prix de cession ; que MM. X... et Y...
ayant quitté les fonctions qu'ils exerçaient au sein de la
Attendu que la société des Mousquetaires soutient société BT Com Ouest, la société Norauto a levé
encore que le pourvoi formé par les consorts X... est l'option et, usant de la faculté contractuellement
irrecevable faute d'intérêt à agir puisque leur demande prévue, s'est substitué la société Squadra ; que MM.
de désignation d'un expert a été accueillie ; X... et Y... ayant contesté être tenus par ces promesses,
les sociétés Norauto et Squadra ont demandé qu'il soit
Mais attendu que l'arrêt qui sanctionne la décision en jugé que les cessions de parts étaient parfaites à
ce qu'elle se prononce sur la méthode d'évaluation du compter de la levée de l'option ;
prix des parts par le tiers évaluateur fait grief aux Attendu que MM. X... et Y... font grief à l'arrêt d'avoir
consorts X... ; fixé le prix de la cession de leurs parts et d'avoir
ordonné à la société Squadra d'en effectuer le paiement
D'où il suit que le pourvoi dirigé contre l'arrêt en ce dans le délai de quinze jours à compter de la
qu'il a annulé pour excès de pouvoir la décision signification de la décision, alors, selon le moyen,
désignant l'expert est recevable ; qu'aux termes de l'article 1843 4 du code civil, lequel
est d'ordre public, dans tous les cas où sont prévus la
Sur le moyen unique : cession des droits sociaux d'un associé, ou le rachat de
ceux ci par la société, la valeur de ces droits est
Vu l'article 1843-4 du code civil ; déterminée, en cas de contestation, par un expert
désigné, soit par les parties, soit à défaut d'accord entre
Attendu que dans tous les cas où sont prévus la cession elles, par ordonnance du président du tribunal statuant
des droits sociaux d'un associé, ou le rachat de ceux-ci en la forme des référés et sans recours possible ; que
par la société, la valeur de ces droits est déterminée, en cette disposition, qui concerne tant les sociétés civiles
cas de contestation, par un expert désigné, soit par les que les sociétés commerciales, est applicable non
parties, soit à défaut d'accord entre elles, par seulement en cas de cession ou de rachat prévu par la
ordonnance du président du tribunal statuant en la loi ou par les statuts mais également en cas de cession
forme des référés ; que seul l'expert détermine les ou de rachat prévu par des actes extrastatutaires et ce,
critères qu'il juge les plus appropriés pour fixer la quand bien même les parties auraient déterminé à
valeur des droits, parmi lesquels peuvent figurer ceux l'avance les modalités de calcul du prix de la cession ;
prévus par les statuts ; qu'en affirmant l'inverse, la cour d'appel a violé l'article
1843 4 du code civil ;
Attendu que pour annuler l'ordonnance désignant
l'expert, l'arrêt retient qu'en précisant dans sa
motivation que l'expert devait procéder en toute liberté Mais attendu qu'ayant relevé, par référence aux
et écarter l'application de la méthode de calcul prévue stipulations précisant les modalités de calcul du prix de
par les statuts, alors, au contraire, que ce sont justement cession, que celui ci était déterminable et que la
les statuts qui doivent le guider, le président du tribunal cession était devenue parfaite dès la levée de l'option,
a excédé ses pouvoirs ; la cour d'appel, qui a ainsi fait ressortir que le prix
n'avait fait l'objet d'aucune contestation antérieure à la
Attendu qu'en précisant la méthode à suivre par
conclusion de la cession, en a exactement déduit que la perspectives d'activités de l'entreprise » ; qu'en réponse,
demande de fixation du prix à dire d'expert devait être la société Comptafrance Holding et ses associés se
rejetée ; que le moyen n'est pas fondé ; bornaient à faire valoir que dispositions de ce texte
étaient sans application aux cessions de titres conclues
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi
entre associés et n'étaient pas d'ordre public, de sorte
qu'il aurait été permis aux associés d'y déroger dans le
cadre de la charte des associés sus-mentionnée ; qu'en
Doc 7
relevant dès lors d'office le moyen tiré de ce que les
Cass. com., 4 décembre 2012, n° 10-16280 critères de détermination du prix de cession des actions
de la société Comptafrance Holding fixés par la charte
Attendu, selon l'arrêt attaqué, que M. X... exerçait les des associés du 25 septembre 2000 et son avenant du
fonctions salariées de directeur de l'un des 19 décembre 2002 auraient été conformes aux
établissements de la société anonyme d'expertise dispositions de l'article L. 443-5 ancien du code du
comptable et de commissariat aux comptes travail, sans avoir préalablement invité les parties à
Comptafrance, filiale de la société Comptafrance s'expliquer sur ce moyen, la cour d'appel a violé
Holding ; qu'un plan d'épargne d'entreprise a été établi l'article 16 du code de procédure civile ;
en 1998 dans les sociétés du groupe ; que M. X... y a
adhéré et est devenu titulaire de onze mille deux cent 2°/ que les critères de détermination du prix de cession
soixante-quatorze actions de la société Comptafrance des actions de sociétés non-cotées fixés par l'article L.
Holding ; qu'en sa qualité d'actionnaire, il s'est engagé, 443-5 ancien du code du travail (devenu l'article L.
en signant la " charte des associés du groupe 3332-20), dans sa rédaction issue de la loi du 19 février
Comptafrance ", en cas de départ de la société, à céder, 2001, sont hiérarchisés ; qu'ainsi, ce n'est qu'« à défaut
par une promesse de vente irrévocable prenant effet le » de pouvoir fixer le prix de cession de ces actions «
jour suivant la cessation des fonctions salariées, toutes conformément aux méthodes objectives retenues en
les actions qu'il détenait, au profit des membres du matière d'évaluation d'actions en tenant compte, selon
conseil d'administration de la société Comptafrance une pondération appropriée à chaque cas, de la
Holding ou de toute autre personne, physique ou situation nette comptable, de la rentabilité et des
morale s'y substituant ; que la charte prévoyait une perspectives d'activités de l'entreprise » qu'il est, par
méthode de calcul du prix de cession de l'action ; que le dérogation, permis de déterminer ce prix d'après le
30 décembre 2002, M. X... a donné sa démission de ses montant de l'actif net réévalué divisé par le nombre de
fonctions salariées, avec prise d'effet au 30 juin 2003 ; titres ; qu'en jugeant au contraire que ce texte aurait
que M. X... a refusé le prix de cession qui lui était ouvert une option entre les deux critères d'évaluation
proposé ; que, par acte du 20 décembre 2004, les successivement énoncés, pour en déduire que la clause
sociétés Comptafrance, Comptafrance Holding et de la charte des associés du groupe Comptafrance
Foncière du Val-d'Auron, Mmes Y..., Z..., A..., B...et prescrivant l'évaluation des actions de la société d'après
C...et MM. D..., E..., F..., G..., H..., I...et J... ont fait la valeur nette comptable de la société divisé par le
assigner M. X... aux fins d'obtenir la cession de ses nombre de titres aurait été conforme au texte susvisé, la
titres pour la somme de 193 385, 59 euros ; cour d'appel l'a violé par fausse interprétation ;
Sur le premier moyen : Mais attendu que les dispositions de l'article L. 443-5
du code du travail, devenu l'article L. 3332-20 du
Attendu que M. X... fait grief à l'arrêt de fixer à 191 même code, dans sa version alors applicable, ne
545, 26 euros la somme due au titre de l'acquisition des concernant pas la cession par le salarié, des actions
onze mille deux cent soixante-quatorze actions de la qu'il détient au sein d'un plan d'épargne d'entreprise, le
société Comptafrance Holding et de rejeter ses moyen tiré de la violation de ce texte est inopérant ;
demandes, alors, selon le moyen :
Mais sur le second moyen :
1°/ que le juge ne peut fonder sa décision sur un moyen
de droit relevé d'office sans avoir au préalable invité les Vu l'article 1843-4 du code civil ;
parties à présenter leurs observations ; que, dans ses
Attendu qu'aux termes de ce texte, dans tous les cas où
conclusions d'appel, M.X... faisait valoir que les
sont prévus la cession des droits sociaux d'un associé,
critères de détermination du prix de cession des actions
ou le rachat de ceux-ci par la société, la valeur de ces
de la société Comptafrance Holding fixés par la charte
droits est déterminée, en cas de contestation, par un
des associés du 25 septembre 2000 et son avenant du
expert désigné, soit par les parties soit à défaut d'accord
19 décembre 2002 n'étaient pas conformes aux
entre elles, par ordonnance du président du tribunal
dispositions d'ordre public de l'article L. 443-5 ancien
statuant en la forme des référés et sans recours possible
du code du travail (devenu l'article L. 3332-20), qui
;
précisent, en leur alinéa premier, que « lorsque les
titres ne sont pas admis aux négociations sur un marché Attendu que pour statuer comme il fait, l'arrêt retient
réglementé, le prix de cession est déterminé que M. X... invoque à tort les dispositions de l'article
conformément aux méthodes objectives retenues en 1843-4 du code civil puisque les parties n'ont
matière d'évaluation d'actions en tenant compte, selon aucunement convenu, en cas de désaccord, de désigner
une pondération appropriée à chaque cas, de la un expert pour la détermination du prix de cession des
situation nette comptable, de la rentabilité et des actions ;
Attendu qu'en statuant ainsi, la cour d'appel a violé le régulièrement mise en oeuvre qu'il avait été procédé au
texte susvisé par refus d'application ; rachat de la moitié de la participation de M. X..., a
rejeté les demandes indemnitaires formées par ce
PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE
dernier pour révocation abusive de ses mandats sociaux
et en contrepartie de son obligation de non-
concurrence, ainsi que sa demande en nullité des actes
Doc 8
et délibérations des organes de la société intervenus
Cass. com. 11 mars 2014, n° 11-26915 depuis le 25 avril 2005 et a, avant dire droit sur la
demande en paiement du prix des actions, invité les
Statuant tant sur le pourvoi principal formé par M. X... parties à présenter leurs observations sur l'application
que sur le pourvoi incident relevé par la société Crocus de l'article 1843-4 du code civil ;
Technology ;
Sur le moyen unique du pourvoi principal :
Attendu, selon l'arrêt attaqué, que la société Crocus
Technology (la société) a été constituée le 7 avril 2004, Attendu que M. X... fait grief à l'arrêt de le déclarer
M. X..., l'un des trois principaux actionnaires, étant irrecevable en ses demandes tendant à la constatation
nommé administrateur et directeur général ; que le du caractère irrégulier du transfert de la moitié de ses
même jour, une "convention d'actionnaires" a été actions, en nullité des actes et des délibérations de
conclue, pour une durée de trois ans, par l'ensemble de l'assemblée générale des actionnaires et en paiement de
ceux-ci ; qu'il était notamment stipulé que la démission l'indemnité contractuelle de rupture ainsi que de
de ses fonctions par l'un quelconque des dirigeants dommages-intérêts en contrepartie de son obligation de
dans ce délai entraînerait de plein droit promesse « non-concurrence, alors, selon le moyen :
ferme et irrévocable » de sa part de céder à la société
1°/ que la cassation de l'arrêt rendu par la cour d'appel
une partie des actions détenues par lui pour leur valeur
de Grenoble le 12 mai 2010 emportera, par voie de
nominale, cet achat d'actions devant s'effectuer en vue
conséquence et par applications des dispositions de
d'une réduction du capital non motivée par des pertes
l'article 625 du code de procédure civile, l'annulation
ou d'une attribution à des salariés ; qu'il était également
de l'arrêt attaqué ;
stipulé que la société disposerait d'un délai de six mois
à compter de la démission pour exercer l'option d'achat 2°/ que, dans tous les cas, l'autorité de la chose jugée
et que dans le cas où le dirigeant concerné ne remettrait n'a lieu qu'à l'égard de ce qui a fait l'objet du jugement,
pas les ordres de mouvement constatant la réalisation la chose demandée devant être la même et la demande
de la cession, cette constatation résulterait de la fondée sur la même cause ; qu'en déclarant M. X...
consignation du prix ; qu'il était encore convenu que la irrecevable en ses demandes en constatation du
société aurait la faculté de se substituer, dans le caractère irrégulier du transfert de la moitié de ses
bénéfice de la promesse, toute personne physique actions, en nullité des actes du conseil et en paiement
appelée à remplacer le dirigeant concerné et que pour de l'indemnité contractuelle de rupture, ainsi que de
l'application de ces stipulations, la révocation d'un dommages-intérêts en contrepartie de son obligation de
dirigeant pour une faute équivalente en droit social à non concurrence, au motif que, dans son précédent
une faute grave serait assimilable à une démission ; que arrêt du 12 mai 2010, elle avait notamment retenu que
le 8 juillet 2004, M. X... a conclu avec la société une la révocation pour faute grave de M. X... était justifiée,
convention prévoyant notamment qu'il bénéficierait que c'était en exécution d'une clause licite qu'il avait
d'une indemnité de rupture de son mandat social, en été procédé au rachat forcé de la moitié de sa
l'absence de faute grave ou lourde, et qu'il serait tenu participation dans le capital de la société Crocus
d'une obligation de non-concurrence pendant une durée Technology et que l'intéressé n'était pas fondé à
de deux ans après la cessation de ses fonctions ; que le solliciter une indemnité en contrepartie de son
4 octobre 2004, le conseil d'administration a révoqué obligation de non-concurrence, cependant que les
M. X... de ses fonctions de directeur général pour faute demandes de M. X... formulées après réouverture des
grave ; que le 24 mars 2005, l'assemblée générale des débats avaient un autre fondement juridique, délictuel
actionnaires a révoqué M. X... de ses fonctions s'agissant du rachat forcé de sa participation, et textuel
d'administrateur ; que la société s'est ensuite prévalue s'agissant de la clause de non-concurrence, la cour
de la promesse de cession d'une partie de ses actions d'appel, qui en présence de demandes fondées sur une
souscrite par ce dernier et a, à la suite de son refus de cause différente ne pouvait opposer à X... l'autorité de
l'exécuter, consigné une certaine somme correspondant la chose jugée tirée de sa précédente décision, a violé
au prix d'achat convenu ; que, faisant notamment valoir les articles 1351 du code civil et 480 du code de
qu'il avait été abusivement révoqué de ses mandats procédure civile ;
sociaux et que le transfert de la propriété d'une partie
Mais attendu, d'une part, que le pourvoi formé contre
de ses actions était irrégulier, M. X... a fait assigner la
l'arrêt rendu le 12 mai 2010 par la cour d'appel de
société aux fins d'annulation des décisions prises par
Grenoble ayant été rejeté par arrêt de ce jour, la
les organes sociaux postérieurement à ce transfert et en
première branche est inopérante ;
paiement de diverses sommes au titre du rachat de ses
actions et à titre de dommages-intérêts ; que par un Et attendu, d'autre part, qu'il incombe au demandeur de
premier arrêt du 12 mai 2010, la cour d'appel, après présenter, dès l'instance relative aux premières
avoir dit que c'était en exécution d'une clause licite et demandes, l'ensemble des moyens qu'il estime de
nature à fonder celles-ci ; qu'ayant retenu qu'il avait le 12 mai 2011, par la cour d'appel de Grenoble ; remet,
déjà été statué sur la régularité du transfert de la sur ces points, la cause et les parties dans l'état où elles
propriété des actions litigieuses, sur la validité des se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les
actes du conseil d'administration et des assemblées renvoie devant la cour d'appel de Grenoble, autrement
générales de la société, sur la demande en paiement de composée
l'indemnité contractuelle de rupture ainsi que sur celle
--------------------------------------------
tendant à l'allocation de dommages-intérêts en
contrepartie de l'obligation de non-concurrence, la cour 2e PARTIE
d'appel en a exactement déduit que les demandes
Doc 1
réitérées par M. X... après la réouverture des débats se
heurtaient à l'autorité de la chose précédemment jugée er
Cass. com., 1 octobre 1991, Bull. civ. IV, n° 277
entre les mêmes parties relativement aux mêmes
contestations ; Attendu, selon l'arrêt attaqué, que par convention du 27
avril 1983 la société Quille a cédé à MM. X... et Pavan
D'où il suit que le moyen, qui ne peut être accueilli en (les consorts X...) 3 994 des 4 000 actions représentant
sa première branche, n'est pas fondé pour le surplus ; le capital de la société des carrières du Cotentin
(société SCC), ayant pour objet l'exploitation de
Mais sur le moyen unique du pourvoi incident :
carrières, ainsi qu'une créance qu'elle détenait sur cette
Vu l'article 1843-4 du code civil ; société, moyennant le prix de 1 180 000 francs ; que les
consorts X..., soutenant que leur consentement avait été
Attendu que les dispositions de ce texte, qui ont pour
vicié par une erreur sur la substance de la chose dès
finalité la protection des intérêts de l'associé cédant,
lors que par un contrat du 4 mars 1983, affecté d'une
sont sans application à la cession de droits sociaux ou à
condition suspensive qui s'était réalisée, la société SCC
leur rachat par la société résultant de la mise en oeuvre
avait vendu son fonds de commerce à la société
d'une promesse unilatérale de vente librement
Nouvelle des Entreprises Henry (société SNEH), ont
consentie par un associé ;
demandé l'annulation de la convention du 27 avril
Attendu que pour décider que la valeur des actions 1983 ;
cédées par M. X..., en application de la promesse de
Sur le premier moyen, pris en ses quatre branches :
vente contenue dans la convention d'actionnaires du 7
avril 2004, doit être fixée à dire d'expert selon la Attendu que la société Quille fait grief à l'arrêt d'avoir
procédure instituée par l'article 1843-4 du code civil, accueilli cette demande alors, selon le pourvoi, d'une
l'arrêt retient que ce texte, d'ordre public, est part, qu'il incombait aux consorts X... de faire la preuve
d'application générale en cas de cession ou de rachat de l'erreur dont ils se prétendaient victimes ; que pour
forcé prévu par la loi ou les statuts, mais également par annuler la convention de cession d'actions de la société
des pactes extra-statutaires ; que l'arrêt ajoute qu'il a SCC, la cour d'appel relève que la société Quille ne
donc vocation à régir la situation créée par l'article 3 de prouvait pas que les consorts X... connaissaient la
la convention d'actionnaires conclue par l'ensemble des convention du 4 mars 1983 ; qu'en statuant ainsi, alors
associés le jour même de l'adoption des statuts, avec qu'il incombait aux consorts X... de prouver qu'ils
lesquels elle fait corps ; qu'il retient encore qu'en vertu ignoraient cette convention, la cour d'appel a renversé
de la règle impérative posée par l'article 1843-4 du la charge de la preuve, violant l'article 1315 du Code
code civil, nul associé ne peut être contraint de céder civil ; et alors, d'autre part, que la cour d'appel devait
ses droits sociaux sans une juste indemnisation arbitrée caractériser concrètement et en fait l'erreur dont les
à dire d'expert ; qu'il en déduit que la clause des statuts consorts X... se prétendaient victimes ; que pour retenir
ou d'un pacte extra-statutaire, qui fixe par avance la cette erreur, la cour d'appel s'est bornée à énoncer que
valeur des parts ou des actions rachetées, ne peut les consorts X... ne pouvaient raisonnablement acquérir
prévaloir sur la règle légale lorsque, comme en en connaissance de cause une société privée de
l'espèce, l'associé évincé en conteste l'application ; l'essentiel de ses actifs et de la possibilité de réaliser
son objet social ; qu'en se déterminant par de tels
Attendu qu'en statuant ainsi, la cour d'appel a violé le
motifs abstraits et généraux, sans rechercher
texte susvisé ;
concrètement si les acquéreurs des titres de la société
PAR CES MOTIFS : SCC ne connaissaient pas la convention du 4 mars
1983, la cour d'appel a privé sa décision de base légale
REJETTE le pourvoi principal ;
au regard de l'article 1110 du Code civil ; alors, en
Et sur le pourvoi incident : outre, que l'erreur sur la substance n'est cause de nullité
que lorsqu'elle porte sur l'objet de la convention ; que
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il a dit
par la convention du 27 avril 1983 les consorts X... ont
que la valeur des actions cédées en application de la «
acquis les actions de la société SCC et non les actifs et
clause de rachat forcé » contenue dans la convention
le fonds de commerce de cette société ; qu'en
d'actionnaires du 7 avril 2004 devait être fixée à dire
prononçant la nullité de la convention de cession
d'expert selon la procédure instituée par l'article 1843-4
d'actions au motif que les acquéreurs des actions de la
du code civil et en ce qu'il a sursis à statuer sur la
SCC ont commis une erreur sur l'étendue des actifs de
demande en fixation du prix des actions dans l'attente
cette société, la cour d'appel a violé l'article 1110 du
de l'estimation expertale, l'arrêt rendu entre les parties,
Code civil ; et alors, enfin, que l'erreur sur la valeur
n'est pas cause de nullité des conventions ; qu'en en résolution à la date de la cession, a statué en
prononçant la nullité de la convention de cession violation de l'article 1110 du Code civil ;
d'actions au motif que ces actions avaient été cédées
Mais attendu qu'ayant retenu que la société Novopac
trois fois le prix du fonds de commerce de la société
n'aurait pas traité si elle avait connu l'indisponibilité du
SCC, la cour d'appel a de nouveau violé l'article 1110
matériel constituant l'essentiel de l'actif immobilisé de
du Code civil ;
la société APS, sans lequel l'entreprise ne pouvait avoir
Mais attendu qu'après avoir relevé que la société SCC aucune activité et à défaut duquel l'acquisition perdait
avait cédé la quasi totalité de ses actifs à la société toute substance, la cour d'appel a pu déduire que cette
SNEH l'arrêt retient que les consorts X... ne erreur, portant sur les qualités substantielles des parts
connaissaient pas cette convention lorsqu'ils ont acquis sociales objet de la cession litigieuse, entraînait la
de la société Quille les actions qu'elle possédait dans la nullité de la convention ; d'où il suit que le moyen n'est
société SCC ; qu'il ajoute qu'ils ne les auraient pas pas fondé ;
acquises s'ils avaient connu la réalité de la situation de
Mais sur le second moyen :
cette société, qui n'avait pas le pouvoir d'empêcher la
réalisation de la condition suspensive affectant la vente Vu l'article 1153, alinéa 3, du Code civil ;
du fonds, car " ils ne pouvaient raisonnablement
Attendu qu'aux termes de ce texte les dommages-
acquérir en connaissance de cause une société privée
intérêts résultant du retard dans l'exécution d'une
non seulement de l'essentiel de son actif mais surtout
obligation ne sont dus qu'au jour de la sommation de
de la possibilité de réaliser l'objet social, d'avoir une
payer, excepté les cas où la loi les fait courir de plein
activité économique et donc de toute rentabilité " ;
droit ;
qu'ayant par ces motifs, qui ne sont ni abstraits ni
généraux, considéré, sans inverser la charge de la Attendu qu'après avoir constaté la nullité du contrat de
preuve, que le consentement des consorts X... avait été cession des parts sociales la cour d'appel a condamné
vicié par une erreur portant sur les qualités MM. Z..., Y..., A... et X... à payer les intérêts au taux
substantielles des actions objets de la cession litigieuse, légal sur la somme représentant le prix de la vente à
la cour d'appel a légalement justifié sa décision du chef compter de la date à laquelle elle a été séquestrée et
critiqué ; que le moyen n'est fondé en aucune de ses non pas du jour de la demande en justice équivalant à
branches ; la sommation de payer ;
Mais sur le deuxième moyen, pris en sa première Attendu qu'en statuant ainsi la cour d'appel a violé le
branche, et sur le troisième moyen, réunis : (sans texte susvisé ;
intérêt, motif de la cassation) ;
Et attendu qu'en application de l'article 627, alinéa 2,
PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE du nouveau Code de procédure civile la Cour est en
mesure, en cassant sans renvoi, de mettre fin au litige
par application de la règle de droit appropriée ;
Doc 2
PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE
Cass. com., 17 octobre 1995, Bull. civ. IV, n° 244
Attendu, selon l'arrêt attaqué, que M. Z..., agissant en
Doc 3
son nom personnel et se portant fort pour MM. Y...,
A... et X..., a cédé à la société Novopac, cautionnée par Cass. com. 8 février 2011 (n° 09-17177)
M. B..., son président, trois cents parts représentant 60
% du capital de la société à responsabilité limitée Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 17 septembre
Ateliers plastiques de Sologne (société APS) ; que, 2009), que M. X... a acquis la majorité des actions
prétendant leur consentement vicié, la société Novopac représentant le capital de la société Air sud découvertes
et M. B... ont été autorisés à séquestrer la somme (la société Air sud) auprès de M. Y... ; que celle-ci a
représentant le prix de la cession puis, les cédants les été mise en liquidation judiciaire un an plus tard, Mme
ayant assignés en paiement, ont reconventionnellement Z... étant désignée liquidateur ; qu'estimant avoir été
demandé l'annulation de la convention ; trompés lors de la cession d'actions, M. X... et la
société Opta travel (la société Opta) dont il est le
Sur le premier moyen : gérant, ont demandé que M. Y... et la société de
commissariat aux comptes Cagnat et associés soient
Attendu que MM. Z..., Y..., A... et X... font grief à
condamnés à leur payer des dommages-intérêts ;
l'arrêt d'avoir prononcé la nullité de la vente et d'avoir,
Sur le premier moyen :
en conséquence, ordonné la restitution du prix des titres
Attendu que M. X... et la société Opta font grief à
alors, selon le pourvoi, que l'erreur ne porte ni sur la
l'arrêt d'avoir écarté l'action en responsabilité formée
disponibilité d'un bien figurant à l'actif de la société
contre M. Y... en raison du dol par réticence qu'ils lui
dont les titres sont l'objet de la convention ni sur les
imputaient alors, selon le moyen :
qualités substantielles de cette chose mais sur sa
1°/ que le manquement à une obligation pré-
valeur ; que la cour d'appel, qui, pour annuler la
contractuelle de renseignement, sans intention de
cession des parts sociales de la société APS, retient que
tromper, engage la responsabilité de celui qui en est
la vente de la " ligne de calendrage ", matériel essentiel
tenu ; qu'en leur imposant de rapporter la preuve qu'ils
appartenant à cette société, faisait l'objet d'une action
ont été trompés par M. Y..., après avoir posé, en Doc 4
principe, que la violation de l'obligation
Cass. com., 12 décembre 1995, Bull. civ. IV, n° 302
précontractuelle de renseignement, pour être
sanctionnée par le dol, doit être "délibérée" et commise Statuant tant sur le pourvoi incident formé par M. Y...
"dans le dessein de tromper l'autre", bien qu'elle ne soit Amar, M. Daniel X... et Mme Danièle X... que sur le
pas saisie d'une demande tendant à l'annulation de la pourvoi principal formé par la société Hôtel de
cession de droits sociaux, tout en constatant que M. l'Esplanade et la société civile financière Vauban ;
Y... n'avait pas averti M. X... de la comptabilisation des
Attendu, selon l'arrêt attaqué, qu'en 1977 la capacité de
seules recettes, à l'exclusion des factures corrélatives
l'hôtel de l'Esplanade a été augmentée sans que soit
qui n'avaient pas été prises en considération dans la
réalisé l'escalier de secours exigé par les normes de
situation comptable du 30 juin 2004, ni dans la balance
sécurité ; qu'au cours du mois de janvier 1988, M. Y...
fournisseur du 29 décembre 2004 qui étaient annexées
Amar, M. Daniel X..., Mme Danièle X... et Mlle Esther
à l'acte de cession, ainsi qu'il avait déjà procédé lors
X... (les cédants) ont cédé à la société civile financière
des exercices comptables précédents, ce qui, selon
Vauban les actions constituant le capital de la société
l'expert judiciaire, avait faussé l'appréciation de l'exacte
Hôtel de l'Esplanade ; que la société Hôtel de
situation économique de l'entreprise, avant qu'il ne
l'Esplanade, a dû, en 1990, pour obtenir l'autorisation
régularise lui-même une telle anomalie dont il avait
d'exploitation, exécuter des travaux de mise en
connaissance lors de l'établissement de la balance
conformité des locaux ; que cette société et la société
fournisseur du 30 décembre 2004, postérieurement aux
civile financière Vauban ont assigné les cédants en
documents annexés à la cession, la cour d'appel a violé
remboursement du coût de ces travaux ;
l'article 1382 du code civil ;
2°/ qu'en imposant à M. X... et à la société Opta de Sur le premier moyen du pourvoi incident pris en sa
rapporter la preuve que le cédant connaissait première branche :
l'importance que le cessionnaire attachait au mode de
comptabilisation des factures et à son éventuelle Vu l'article 5 de la loi du 24 juillet 1966 ;
incidence négative sur la valeur nette comptable de la Attendu que pour condamner à paiement MM. Y... et
société Air sud, tout en constatant que M. Y... n'avait Daniel X... et Mme Danièle X..., la cour d'appel retient
pas averti M. X... de la comptabilisation des seules que les cédants sont tenus de la garantie légale des
recettes, à l'exclusion des factures corrélatives qui vices affectant les actions cédées et que, de plus,
n'avaient pas été prises en considération dans les s'agissant de la cession de la totalité des actions, les
documents annexés à la cession, ce qui avait faussé causes antérieures à la cession qui font obstacle au
l'appréciation de l'exacte situation économique de pouvoir de gestion de l'entreprise et de l'outil de
l'entreprise, selon l'expert judiciaire, avant qu'il ne production qu'elles représentent constituent un vice
régularise une telle anomalie dont il avait connaissance caché et que l'impossibilité d'exploiter, en l'état, l'hôtel
dans la balance fournisseur du 30 décembre 2004, en raison d'une contrainte administrative non révélée
postérieurement aux documents annexés à la cession, empêchait les acquéreurs de bénéficier des dividendes
au lieu de rechercher si M. X... et la société Opta résultant de cette exploitation ;
n'avaient pas subi un préjudice en acceptant de payer
un prix auquel ils n'auraient pas consenti s'il avait eu
connaissance de l'existence de ce passif qui ne figurait Attendu qu'en statuant ainsi, alors que la non-
pas dans les documents comptables annexés à la conformité des locaux aux normes de sécurité ne
cession de contrôle, la cour d'appel a violé l'article constituait pas un vice affectant les actions cédées dès
1382 du code civil ; lors que la société Hôtel de l'Esplanade a pu, en
engageant des dépenses supplémentaires, continuer à
Mais attendu qu'ayant souverainement estimé que exercer l'activité économique constituant son objet
l'intention du cédant de tromper le cessionnaire n'était social, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;
pas établie, la cour d'appel en a exactement déduit, sans
avoir à faire la recherche dés lors inopérante visée à la PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer
seconde branche, que la demande fondée sur le dol sur les autres griefs du pourvoi incident ni sur ceux du
devait être rejetée ; que le moyen n'est fondé en aucune pourvoi principal :
de ses branches. (…) CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions,
Par ces motifs : Rejette le pourvoi l'arrêt rendu le 28 septembre 1993, entre les parties, par
la cour d'appel de Colmar ; remet, en conséquence, la
cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient
avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie
devant la cour d'appel de Metz.

Doc 5
Cass. com., 21 janv. 1997, Bull. civ. IV, n° 25 vente ou dans une convention annexe, le vendeur a
expressément informé l'acquéreur du risque d'éviction,
Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 8 mars 1994), que
et que ce dernier en a nettement accepté les
MM. Gilbert, Marc, Michel et Yves X... (les consorts
conséquences ; qu'aucune clause expresse de non-
X...) ont cédé à la société Eridania Beghin-Say la
garantie ne figure dans l'acte de cession ; qu'en
totalité des droits sociaux qu'ils détenaient, assurant le
déduisant une acceptation expresse du risque d'éviction
contrôle des sociétés du groupe X... constituées pour la
des négociations et de l'absence de clause de non-
production, la négociation et la commercialisation
concurrence, la cour d'appel n'a pas justifié sa décision
d'aromates et épices ; qu'ils ont ensuite créé une société
vis-à-vis de l'article 1629 du Code civil ; qu'elle n'a pas
dénommée Gyma international qui a repris une activité
davantage répondu aux conclusions qui développaient
de fabrication et de commercialisation d'herbes
ce moyen déterminant et n'a pas satisfait aux
aromatiques surgelées ; qu'estimant que par ce
prescriptions de l'article 455 du nouveau Code de
rétablissement les consorts X... avaient violé la garantie
procédure civile ; alors, encore, que dans les mêmes
d'éviction à laquelle ils étaient tenus en leur qualité de
écritures, la société Eridania Beghin-Say montrait que
vendeur des droits cédés, la société Eridania Beghin-
durant les négociations, les consorts X... manifestaient
Say les a assignés aux fins d'interdiction d'une telle
leur intention de ne pas se réinstaller ; qu'elle soulignait
activité et, subsidiairement, en restitution d'une partie
leur comportement fautif excluant pour la société
du prix de cession des titres ;
Eridania Beghin-Say l'entière connaissance du risque ;
Sur les trois moyens réunis : qu'en effet, pour la Cour suprême, la connaissance du
risque d'éviction par l'acquéreur ne peut exister et
Attendu que la société Eridania Beghin-Say fait grief à
permettre l'exemption de garantie pour le vendeur que
l'arrêt d'avoir rejeté sa demande, alors, selon le
lorsque celui-ci, par une clause du contrat aura
pourvoi, d'une part, que l'absence de clause de non-
pleinement renseigné son acheteur sur des
concurrence dans l'acte de cession ne libère pas le
circonstances particulières antérieures à la vente et
vendeur de l'obligation légale de garantie de son fait
susceptibles de l'évincer ; qu'en l'espèce l'absence d'une
personnel qui est d'ordre public et lui interdit tout acte
clause de non-concurrence ne pouvait dès lors suffire à
susceptible de gêner l'acquéreur dans la possession
caractériser la connaissance du risque de l'éviction du
paisible de la chose vendue ; que cette garantie légale
fait personnel du vendeur ; que la cour d'appel n'a pas
d'éviction due par le vendeur justifie de sa part une
donné de base légale à sa décision vis-à-vis des mêmes
obligation de non-concurrence qui est de droit ; qu'en
articles 1628 et 1629 du Code civil ; qu'elle n'a pas non
estimant licite le rétablissement de MM. X... dans une
plus répondu aux conclusions de la société Eridania
activité concurrentielle de celle qu'ils venaient de
Beghin-Say et respecté les exigences de l'article 455 du
céder, la cour d'appel a violé les articles 1625, 1626 et
nouveau Code de procédure civile et alors, enfin, que
1628 du Code civil ; alors, d'autre part, que les
les contrats doivent s'exécuter de bonne foi ; que les
vendeurs doivent garantir à l'acquéreur la possession
consorts X... ont mis en place immédiatement après la
paisible de la chose vendue, alors même qu'ils ne
signature du contrat un dispositif de concurrence totale
chercheraient pas à récupérer les biens qu'ils viennent
avec des produits complètement rivaux ; qu'ils ont
de céder ; qu'en décidant que les actes reprochés aux
manqué à leur devoir de loyauté ; qu'en ne s'expliquant
consorts X... n'étaient pas suffisamment caractérisés
pas sur ces manquements, la cour d'appel n'a pas fondé
pour constituer des tentatives de reprise de la chose
sa décision vis-à-vis de l'article 1134 du Code civil ;
vendue, la cour d'appel qui a exigé de la part de la
qu'elle s'est abstenue de nouveau de répondre aux
société Eridania Beghin-Say la preuve d'actes plus
conclusions de la société Eridania Beghin-Say, violant
graves qu'il n'était nécessaire, a violé les articles 1625
l'article 455 du nouveau Code de procédure civile ;
et 1626 du Code Civil ; alors, en outre, que dans ses
conclusions, la société Eridania Beghin-Say insistait
sur ce que l'article 1628 du Code civil institue une
Mais attendu, en premier lieu, que la garantie légale
garantie d'éviction d'ordre public ; que l'article 1629 du
d'éviction du fait personnel du vendeur n'entraîne pour
même Code n'envisage de possibilité d'exemption de
celui-ci, s'agissant de la cession des actions d'une
cette garantie d'éviction que pour des cas autres que
société, l'interdiction de se rétablir, que si ce
ceux d'éviction du fait personnel ; qu'il n'était pas
rétablissement est de nature à empêcher les acquéreurs
admissible d'appliquer de façon conjuguée les articles
de ces actions de poursuivre l'activité économique de la
1628 et 1629 du Code civil pour permettre aux consorts
société et de réaliser l'objet social ; que l'arrêt ayant
X... de s'exonérer de la garantie d'ordre public qu'ils
retenu, par des motifs non critiqués par le pourvoi, que
devaient à la société Eridania Beghin-Say ; que la cour
dès lors qu'ils n'avaient pas eu pour conséquence
d'appel n'a pas répondu à ces moyens déterminants
d'aboutir à un détournement de la clientèle attachée aux
développés tant dans la requête afin d'être autorisée à
produits fabriqués et vendus par les sociétés du groupe
plaider à jour fixe que dans les conclusions en
X..., les actes reprochés aux consorts X... ne
réponse ; qu'elle n'a pas satisfait aux exigences de
constituaient pas des tentatives de reprise par une voie
l'article 455 du nouveau Code de procédure civile et
détournée de la chose vendue, la cour d'appel, qui n'a ni
qu'elle n'a pas donné de base légale à sa décision vis-à-
énoncé que l'absence de clause de non-concurrence
vis des mêmes articles 1628 et 1629 du Code civil ;
libérait le vendeur de l'obligation légale de garantie ou
alors au surplus, que l'application de la garantie légale
suffisait à caractériser la connaissance du risque par
d'éviction ne peut être écartée que si dans le contrat de
l'acquéreur ni exonéré les consorts X... de ladite regard des dispositions susvisées, ensemble l'article
obligation, a pu statuer comme elle l'a fait ; 1165 du Code civil ;

Mais attendu qu'après avoir analysé les termes de


Attendu, en second lieu, qu'ayant relevé qu'aucune l'engagement litigieux, la cour d'appel, appréciant la
préméditation ne pouvait être retenue de la part des commune intention des parties, a exactement retenu
consorts X... et que ce n'était pas par une dissimulation qu'il constituait une stipulation pour autrui au bénéfice
malicieuse lors des négociations, par une voie de la société Cocker et qu'ainsi, celle-ci, titulaire d'un
détournée ni même discrète mais à la connaissance de droit propre et direct contre M. Y..., était recevable à
l'acquéreur qu'ils avaient constitué les structures agir contre lui pour obtenir paiement des sommes
juridiques, passé les accords commerciaux et édifié les correspondant à l'appauvrissement net de la société
unités de production portant, d'abord, sur des produits résultant de l'existence d'un passif " non écrituré " dans
négligés par la société Eridania Beghin-Say puis, sur la situation comptable au 31 janvier 1989 ; qu'en l'état
l'ensemble de la gamme, la cour d'appel, répondant aux de ses constatations et énonciations, la cour d'appel a
conclusions prétendument délaissées, a justifié sa légalement justifié sa décision ;
décision au regard des dispositions de l'article 1134 du
Code civil ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi.

Doc 7
D'où il suit que les moyens ne peuvent être accueillis Cass. com., 18 décembre 2001 (n° 98-17320)
en aucune de leurs branches ;
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi Vu l'article 1134 du Code civil et l'article 620, alinéa 2,
du nouveau Code de procédure civile ;Attendu, selon
l'arrêt attaqué, que par acte du 15 avril 1993, MM.
Doc 6 Plantevin, Macheto et Bossu se sont engagés à céder à
Cass. com., 7 octobre 1997 la société Marduel la majorité des actions composant le
capital de la société SCOFIT ainsi qu'une partie des
Attendu, selon les énonciations de l'arrêt attaqué (Paris, actions d'une société ICARE ; que par une clause
19 mai 1995), que M. Y... a cédé à M. X... les parts intitulée "révision de prix-garantie d'actif net" les
sociales dont il était propriétaire, représentant les sept cédants garantissaient que les situations comptables
huitièmes du capital de la société Cocker ; que l'acte de arrêtées contradictoirement au jour de la cession des
cession comportait une clause aux termes de laquelle, titres feraient apparaître un actif net au moins égal à
M. Y... s'obligeait, au cas où un passif " non écrituré " celui figurant aux situations comptables arrêtées au 31
dans la situation comptable au 31 janvier 1989 et ayant octobre 1992 et qu'en cas de diminution de l'actif net,
une cause ou une origine antérieure viendrait à se l'écart négatif viendrait en diminution du prix de
révéler, à reverser dans les caisses sociales les sommes cession ; que par un avenant du 15 juillet 1993, les
correspondant à l'appauvrissement net de la société ; parties ont renoncé à la cession des actions de la
société ICARE mais convenaient de maintenir la
Sur le premier moyen : cession des actions de la société SCOFIT "aux
conditions et selon les modalités convenues au
Attendu que M. Y... reproche à l'arrêt attaqué d'avoir protocole d'accord du 15 avril 1993" ; qu'après la
déclaré la société Cocker recevable en sa demande en cession, un différend s'est élevé entre les parties sur la
paiement formée contre lui, alors, selon le pourvoi, valeur de l'actif net au jour de la cession, qu'elles ont
que, conformément aux articles 1122 et 1121 du Code saisi le tribunal arbitral institué par leurs conventions et
civil, on est censé avoir stipulé pour soi-même, à moins qu'il est apparu une variation négative de l'actif net de 2
que le contraire ne soit exprimé ou ne résulte de la 780 196 francs par rapport à l'actif net de référence ;
nature de la convention, la stipulation au profit d'un que le tribunal arbitral a, en conséquence, fixé "le prix
tiers pouvant être la condition d'une stipulation que l'on de cession des actions de la société SCOFIT à zéro" en
fait pour soi-même ; que la cour d'appel, qui, pour l'absence de dispositions contractuelles prévoyant "un
déclarer recevable l'action en paiement formée par la prix négatif" ; que la cour d'appel a réformé la sentence
société Cocker contre M. Y..., a retenu que la clause en ce qu'elle avait rejeté la demande de la société
stipulée dans l'acte de cession de parts sociales formé Marduel tendant au paiement de la totalité de la
entre M. X... et M. Y... prévoyant que le cédant variation négative de l'actif net, a condamné les cédants
verserait, pour le cas où un passif " non écrituré " serait à lui payer à ce titre la somme de 200 000 francs et a
révélé, le montant de ce passif à la société Cocker, confirmé la sentence pour le surplus ;
mais qui s'est abstenue de rechercher si M. X...,
cessionnaire, avait, par cette clause, conféré à la société Attendu que pour condamner les cédants à garantir,
Cocker la qualité de créancier ou le seul pouvoir de le pour partie, la société cessionnaire de la variation
représenter pour recevoir les fonds, mais non celui négative d'actif net, le prix de cession ayant par ailleurs
d'agir en justice pour en exiger le paiement, a, en été ramené à zéro, l'arrêt retient qu'il résulte de l'acte du
statuant ainsi, privé sa décision de base légale au 15 avril 1993, qu'ils s'étaient portés "garants pour
l'avenir du montant de l'actif nef résultant des comptes
arrêtés au 31 octobre précédent" ; Société (ci-après dénommés les "Titres Cédés"),
savoir :
Attendu qu'en statuant ainsi, alors qu'elle avait constaté
Monsieur ...... a cédé au Bénéficiaire ...... actions ;
que la clause litigieuse, intitulée "révision de prix-
garantie d'actif net" prévoyait que "pour la Monsieur ...... a cédé au Bénéficiaire ...... actions.
détermination du prix définitif de cession des titres", un
C) Préalablement à la date des présentes, le
arrêté contradictoire des comptes serait établi à la date
Bénéficiaire a conduit ses diligences et a, notamment,
de la cession et qu' "en cas de diminution de l'actif
ainsi que ses conseils, eu accès à un ensemble de
net... cet écart négatif viendra en diminution du prix
documents mis à sa disposition par les Vendeurs dans
fixé ci-dessus", ce dont il résultait que cette clause
le cadre d'une salle d'information contenant des
constituait une clause de révision de prix et que les
informations juridiques, financières, fiscales, sociales
parties n'avaient pas entendu que la garantie puisse
et relatives aux polices d'assurance sur la Société ainsi
excéder le prix de cession, la cour d'appel n'a pas tiré
qu'à des informations et documents communiqués en
les conséquences légales de ses propres constatations ;
réponse à ses questions.
PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer D) Au titre des engagements complémentaires à cette
sur les moyens des pourvois : CASSE cession et sans la signature desquels le Bénéficiaire
n'aurait pas accepté de se porter acquéreur des Titres
Doc 8 Cédés, les Parties sont convenues de la signature du
présent acte de déclarations et garanties (ci-après
Modèle de déclaration et de garantie de passif
dénommé la "Garantie"). Les Garants reconnaissent
que toutes les déclarations, certifications et attestations
Entre les parties ci-après désignées : faites et réitérées aux présentes, toutes les garanties
données et obligations assumées par eux aux termes de
Monsieur ......, né à ......, le ......, de nationalité ......,
la Garantie et dans tous actes établis pour sa mise en
demeurant ......,
oeuvre, sont considérées comme étant de l'essence
Monsieur ......, né à ......, le ......, de nationalité ......, même de cette convention.
demeurant ......,
E) Les Parties précisent que la Société clôture son
(ci-après dénommés ensemble les "Garants") exercice social le ...... de chaque année et que, pour
l'application de la Garantie, elles se réfèrent aux
d'une part derniers comptes sociaux (bilan, compte de résultat,
et : annexe) arrêtés par la Société à la date du ......, ci-après
annexés (Annexe I) et ci-après dénommés les
La société ......(dénomination), société ......(forme) au "Comptes".
capital de ......, dont le siège social est ......,
immatriculée au registre du commerce et des sociétés
de ...... sous le numéro ......, représentée par Ceci ayant été exposé, il est convenu ce qui suit :
Monsieur ...... agissant en qualité de ...... et ayant tous
pouvoirs à l'effet des présentes,
(ci-après dénommée le "Bénéficiaire") Article 1er . – Déclarations, certifications et
attestations
d'autre part
Les Garants font les déclarations, certifications et
(Ci-après dénommés collectivement les "Parties" et attestations suivantes, dont ils garantissent la validité
individuellement une "Partie"), au jour de la cession des Titres Cédés dont état ci-
dessus.
Lesquels confirment l'exactitude des mentions les 1. – En ce qui concerne les Comptes
concernant telles qu'elles figurent en tête du présent Les comptes ont été arrêtés sous la responsabilité des
acte. Garants et établis conformément aux lois et règlements
en vigueur, ainsi qu'aux normes comptables françaises,
dans la permanence des méthodes et principes utilisés
Les Parties ont, préalablement à l'acte de déclarations jusqu'à présent (Cette clause a pour but de garantir la
et garanties, objet des présentes, exposé ce qui suit : régularité et la sincérité des comptes sociaux. Certaines
A) La société ...... (ci-après dénommée la "Société") est méthodes d'évaluation pourront être explicitées dans
une société anonyme au capital de ......, divisé en ...... les annexes : crédit-bail, engagements de retraite,
actions de ......(en toutes lettres)...... euros chacune, stocks, etc.).
dont le siège social est sis ......, immatriculée au registre Ces Comptes sont réguliers, conformes aux livres et
du commerce et des sociétés de ...... documents comptables de la Société, et sincères. Ils
B) Les Garants ont cédé ce jour, par un contrat de donnent une image fidèle de l'état des affaires, du
cession de titres séparé, au Bénéficiaire, la totalité des patrimoine, de la situation financière et du résultat de la
actions qu'ils détenaient ensemble dans le capital de la Société.
2. – En ce qui concerne la gestion de la période des achats de titres, des cessions de titres, à des
intermédiaire révisions de prix de titres de la Société.
Depuis la clôture, par la Société, de son dernier 4. – En ce qui concerne les caractéristiques de la
exercice social et jusqu'à ce jour, la Société a été gérée Société
en "bon père de famille" et de façon normale, sans
Les Garants déclarent :
qu'aucun élément particulier ne soit venu affecter
significativement ou soit de nature à affecter a) que la Société a été régulièrement constituée et
significativement sa situation financière et immatriculée conformément à la loi française et existe
commerciale de manière défavorable par rapport à celle valablement ; qu'elle n'encourt aucune cause de nullité
ressortant des comptes arrêtés par la Société. et agit en totale conformité avec ses statuts et les
décisions de ses assemblées générales, ainsi qu'avec
...
toutes les lois et réglementations en vigueur qui lui sont
3. – En ce qui concerne les Titres Cédés applicables ;
Les Garants déclarent et garantissent qu'ils étaient
légalement propriétaires des Titres Cédés à la date de
b) que la dénomination sociale de la Société ne fait
leur cession au Bénéficiaire ; qu'ils avaient la qualité et
l'objet d'aucune action judiciaire ou de contestation de
la capacité nécessaires pour transférer la pleine
quelque nature que ce soit ;
propriété des Titres Cédés leur appartenant, ainsi que
pour signer le contrat de cession de titres visé ci-dessus c) que la Société n'est engagée, ni gérée par une autre
et la présente Garantie, exécuter les obligations qui en personne que ses dirigeants de droit ;
résultent et réaliser les opérations prévues aux termes
d) que la durée d'origine de la Société, fixée à 99 ans,
desdits contrats.
expirera le ......, et qu'elle ne fait l'objet d'aucune
Que les Titres Cédés : mesure susceptible d'emporter sa dissolution et/ou
liquidation anticipée amiable ou judiciaire ;
a) ont été valablement émis et entièrement libérés ;
e) que les statuts sociaux de la Société contiennent
b) sont libres de toutes sûretés ou droits de quelque
l'ensemble des règles appelées à régir les relations entre
nature que ce soit consentis au profit de tiers, y compris
les actionnaires d'origine ou tout cessionnaire ou
tout nantissement, sûreté, garantie, gage, restriction,
souscripteur d'actions postérieur à la constitution de la
option comme de tout engagement, droit ou intérêt ou
Société ;
autre pouvant avoir un effet similaire ;
f) qu'elle est à jour de toutes les formalités de publicité
c) ne sont frappés d'aucune clause d'inaliénabilité ou
des actes sociaux antérieurs à ce jour et, d'une manière
autre empêchement quelconque susceptible de limiter
générale, qu'elle a effectué dans les délais toutes les
leur libre disposition, jouissance ou administration, à
publications et/ou dépôts prévus par la réglementation
l'exception des clauses statutaires applicables aux
des sociétés ;
cessions de titres, étant précisé que le Conseil
d'administration a agréé le Bénéficiaire et a autorisé la g) que les registres sociaux, comptes d'actionnaires et
cession des Titres Cédés dans les conditions légales et autres documents de même nature relatif à la Société
réglementaires ; ont été et sont tenus conformément à la législation
applicable et ne font l'objet d'aucun droit qu'un tiers
d) sont de nature ordinaire et ne font l'objet d'aucun
pourrait faire prévaloir pour s'opposer à leur
statut particulier ;
communication au Bénéficiaire ;
e) ne font l'objet d'aucune contestation relative tant à
h) que les mentions figurant à ce jour sur l'extrait
leur pleine propriété qu'à leur usufruit ou à leur nue-
d'immatriculation au registre du commerce et des
propriété ;
sociétés auquel la Société est immatriculée, et sur la
f) bénéficient d'un droit de vote égal ainsi que d'un fiche d'immatriculation au répertoire national des
droit aux dividendes proportionnel à la fraction du entreprises, sont exactes et qu'aucun événement ou
capital social qu'ils représentent ; décision collective ultérieure n'est susceptible de
modifier l'une de ses dispositions.
g) qu'il n'existe pas (a) d'options, de bons ou autres
droits en vigueur permettant de souscrire ou d'acheter, 5. – En ce qui concerne l'activité de la Société
ou (b) de titres convertibles en, remboursables ou
Les Garants déclarent :
échangeables contre des actions, et (c) il n'existe pas
d'accord, contrats ou autres engagements auxquels la a) que la Société a le droit de posséder, louer et
Société serait partie aux termes desquels la Société est exploiter les biens et actifs qu'elle possède, loue ou
ou pourrait être contrainte d'émettre ou de vendre de exploite ; qu'elle est propriétaire ou locataire de
nouveaux titres de son capital ; l'ensemble des moyens nécessaires à une exploitation
autonome de ses activités ;
h) il n'existe pas de convention, accord, traité, contrat,
pacte, protocole, dispositions statutaires, écrit ou non, b) qu'il n'existe pas de droit, contrat, accord,
non exécuté entièrement et régulièrement, et relatif à engagement, notamment de non-concurrence, qu'il
n'existe pas de jugement, injonction ou décision
émanant d'une juridiction ou d'une entité administrative s'est produit aucun événement susceptible de fonder de
limitant l'utilisation par la Société de ses biens et actifs telles actions ;
ou la conduite de ses activités ;
i) que la Société n'a jamais été, ni n'est en état de
c) que la Société a le droit de conduire ses activités cessation des paiements, de redressement ou de
comme elle le fait actuellement ou comme elle liquidation judiciaires ; qu'elle n'a jamais bénéficié de
envisage actuellement de les conduire et a obtenu la procédure de règlement amiable ou fait l'objet d'une
toutes autorisations, permis, agréments et qualifications procédure d'alerte ; qu'aucun protêt pour défaut de
nécessaires à son fonctionnement et à la conduite de paiement n'a été dressé contre elle ;
ses affaires dans leur forme actuelle ; que ces
j) que la Société n'est partie à aucune réclamation
autorisations, permis, agréments et qualifications sont
significative, instance judiciaire, arbitrale ou amiable et
en cours de validité ;
que les Garants n'ont connaissance d'aucun fait ou
d) que la Société n'a reçu aucune notification de la part abstention pouvant servir de fondement à de telles
d'une autorité compétente manifestant une intention réclamations ou actions susceptibles d'être intentés à
d'annuler, révoquer ou modifier, de conduire une l'encontre de la Société et/ou de ses dirigeants, qui
enquête ou d'intenter une procédure ou autre, relative à puissent avoir des conséquences préjudiciables pour les
ou qui résulterait en l'annulation, la révocation ou la affaires, les biens, l'activité ou la situation financière de
modification de permis, accords, agréments, la Société, à l'exception de ce qui est indiqué en
qualifications ou autres autorisations requis pour Annexe II. – Litiges – Différends ; que la Société n'a
conduire ses activités de la manière dont elle le fait jamais manqué au respect d'un jugement, d'une
actuellement ; injonction ou d'un commandement émanant d'une
juridiction ou d'une autorité compétente ;
e) que la Société, dans le cadre de son activité, s'est
toujours strictement conformée à la réglementation en k) que la Société a correctement assuré contre tous les
vigueur en matière de prix, de concurrence, risques l'ensemble de ses biens et droits assurables,
d'étiquetage, d'emballage, d'appellations d'origine, pour leur valeur de remplacement et selon des termes
d'hygiène et de sécurité, de santé publique, et plus conformes aux usages prudentiels dans son secteur
généralement, avec toutes les lois et règlements en d'activité ; que la Société a régulièrement acquitté les
vigueur susceptibles de s'appliquer à son activité, ainsi primes et a respecté les termes de ces polices, dont une
qu'à la réglementation des relations financières avec liste est ci-après annexée (Annexe III. – Polices
l'étranger et aux textes applicables en matière d'assurance), de sorte qu'aucun des contrats d'assurance
douanière ; n'est susceptible de résiliation ; qu'il n'existe aucun
événement ou situation et aucune action n'a été
f) que la Société a toujours exploité et exploite ses
entreprise, refusée ou différée par la Société qui puisse
biens et a toujours conduit et conduit ses activités en
remettre en cause la couverture prévue par lesdites
conformité avec la réglementation et normes
assurances et aucune prime n'a été augmentée lors des
actuellement en vigueur applicables en matière
deux années précédant la date de l'arrêté des Comptes
d'urbanisme et de protection de l'environnement ;
en raison du nombre et de l'importance des sinistres
g) qu'aucune action en justice de nature civile, pénale déclarés.
ou administrative, poursuite, demande, plainte,
6. – En ce qui concerne l'actif de la Société
procédure d'instruction, notification de manquement,
injonction, notification de commandement ou mise en Les Garants déclarent :
demeure n'a été mise en oeuvre ou n'est susceptible
a) que la Société ne détient directement ou
d'être mise en oeuvre à l'encontre de la Société en
indirectement, ni action de quelque classe que ce soit,
relation directe ou indirecte avec une violation des
ni part de capital dans quelque société que ce soit, n'est
réglementations visées sous les paragraphes (e) et (f)
membre d'aucune société de personnes, de groupement
qui précèdent ;
ou d'association et n'a pas de filiale ; qu'elle ne dispose
h) que les biens et les produits fabriqués et pas de succursale ou de lieu d'exploitation autre que
commercialisés par la Société le sont dans le respect ceux indiqués sur son extrait d'immatriculation au
des dispositions législatives et réglementaires registre du commerce et des sociétés ;
applicables, notamment celles régissant l'hygiène et la
b) que les actifs immobilisés figurant à l'actif du bilan
sécurité ainsi que l'information et la protection des
de la Société, tel qu'établi dans les derniers Comptes
consommateurs ; que ces produits sont conformes aux
annuels arrêtés par ladite Société, reprennent
normes professionnelles, nationales et
l'ensemble des biens dont elle est propriétaire pour leur
communautaires ; qu'ils ne sont atteints d'aucun défaut
valeur d'acquisition, déduction faite des dotations pour
ou vice apparent ou caché qui les rendraient impropres
amortissements et provisions, selon les normes
à l'usage auquel ils sont destinés et qu'aucune action en
comptables applicables en la matière, et conformément
responsabilité ou en résiliation de contrat n'a été
aux dispositions légales et réglementaires ; qu'aucune
engagée à l'encontre de la Société pour cause de non-
diminution des existants n'est constatée depuis la date
conformité, vice caché ou caractère défectueux des
de clôture du dernier exercice clos par la Société ;
produits qu'elle fabrique ou commercialise ; qu'il ne
c) que les biens immobiliers dont la Société est base desquels les Comptes ont été établis n'ont subi
propriétaire, ont fait l'objet, le cas échéant, depuis la date d'arrêté des Comptes, aucune variation
conformément à la réglementation en vigueur, de autre que dans le cours normal des affaires ; que toute
rapports relatifs à la recherche de calorifugeages, de détérioration, dépréciation ou perte quelconque de la
flocages et autres matériaux contenant de l'amiante ; valeur commerciale des produits stockés ou en cours de
que ces rapports ont été portés à la connaissance du fabrication fait l'objet dans les Comptes de provisions
Bénéficiaire ; que, d'une façon générale, la Société n'a normalement évaluées et calculées ;
jamais utilisé dans ses locaux d'exploitation ou à son
h) que toutes les créances de la Société et notamment
siège social, de produits amiantés, chargés en plomb ou
les créances du compte "clients" telles que mentionnées
présentant un risque pour la santé ;
dans les Comptes sont bonnes et valables pour la
d) qu'aucun des biens immobiliers n'a fait l'objet d'une totalité de leur montant dans la limite de la provision
notification dont le propriétaire ou l'occupant serait le figurant dans lesdits Comptes, de sorte qu'une fraction
destinataire ou dont les Garants auraient connaissance, de ...... % du montant total des créances telles que
faite ou prise à l'initiative ou pour le compte d'une figurant dans les Comptes est totalement recouvrable et
autorité administrative ou autre en vue d'obtenir il n'y a pas eu de détérioration des Comptes "clients"
l'évacuation, la démolition ou la réalisation de travaux entre la date des Comptes et la date des présentes ;
d'entretien ou de gros entretiens obligatoires du bien
i) que la Société n'a consenti aucune hypothèque,
immobilier concerné ;
nantissement, gage, sûreté ou garantie, ni aucune
e) que la Société a un droit de propriété ou un droit location ou mise à disposition sur l'un quelconque de
valable lui permettant d'utiliser, aux termes d'un bail, ses éléments d'actifs au profit de tiers et aucun
d'une licence ou d'un contrat similaire, la ou les engagement de consentir l'un quelconque des droits ou
branches de fonds de commerce, tous les terrains, sûretés susvisés n'a été souscrit.
immeubles, locaux, agencements, équipements,
matériels, machines, véhicules, biens meubles et tous
autres actifs corporels ou autres biens tangibles tels 7. – En ce qui concerne le passif de la Société
qu'utilisés dans la conduite de ses activités ; que ces
Les Garants déclarent :
biens sont en bon état d'utilisation et ont été bien
entretenus, sauf à tenir compte de l'usure normale ; que a) que les dotations à toutes les réserves apparaissant
la Société a exécuté fidèlement les obligations mises à dans les Comptes, notamment la réserve légale, ont été
sa charge par tous baux, licences ou tous contrats régulièrement effectuées ; que les statuts sociaux ne
similaires ; qu'aucun congé ou dénonciation n'a été prévoient pas de dotation à une réserve statutaire ;
délivré par les bailleurs ou cocontractants et qu'il
n'existe aucun fait susceptible de donner lieu à congé b) que la Société a dûment et en temps utile effectué
ou dénonciation ; toutes les déclarations fiscales, sociales, parafiscales et
parasociales, qu'elle a effectué toutes provisions et
f) que la Société détient en pleine propriété, sans toutes autres formalités nécessaires concernant le
restriction ni réserve, sa dénomination sociale, tous les paiement de tous les impôts, taxes, droits et charges,
noms commerciaux, enseignes, marques, logos, cotisations ou autres relatifs à son revenu, à ses ventes,
dessins, brevets, droits d'auteur, savoir-faire, noms de à des transferts, à son patrimoine, toute taxe sur la
domaine et autres droits (ci-après dénommés les valeur ajoutée, toute cotisation de sécurité sociale ou
"Droits" dont la liste est jointe en annexe [Annexe IV. cotisation ou droit de même nature, taxe foncière ou
– Droits de propriété intellectuelle]), qu'elle utilise pour autre, requis aux termes de la législation applicable ;
les besoins de ses activités ; que les Droits ne font qu'aucune procédure de vérification ou de redressement
l'objet ni ne sont menacés de faire l'objet d'aucune fiscal, social, parafiscal ou parasocial n'a été engagée à
contestation de la part des tiers ; que les Droits sont l'encontre de la Société au cours des 3 (trois) derniers
détenus et, lorsqu'il est possible de les enregistrer, sont exercices clos ;
valablement enregistrés au nom de la Société (et non
pas en particulier au nom des Garants ou d'un employé c) que la Société a effectué à leur échéance le paiement
de la Société) et sont libres de toute sûreté ou garantie ; de toutes sommes dues à un quelconque créancier, de
que la Société a payé tous les droits correspondants et sorte qu'elle n'encourt le paiement d'aucune pénalité ou
n'a accordé à quiconque de droit ou de licence aux fins indemnité d'aucune sorte et ne peut être recherchée de
d'utiliser l'un quelconque des Droits ; que la Société ce chef ;
n'est pas utilisatrice et n'a pas besoin d'utiliser ni n'a d) que les sommes inscrites aux différents Comptes de
d'intérêt dans des marques, dénominations sociales, passif (provisions et dettes) comprennent l'intégralité
noms commerciaux, enseignes, logos, dessins, brevets, des sommes dues par la Société et de ses engagements
droits d'auteur, savoir-faire et noms de domaine autres et ce, pour leur montant exact ; que la Société a
que les Droits ; régulièrement comptabilisé toutes dettes afférentes à
g) que le volume et la valorisation des stocks et des son exploitation ou résultant d'un événement
encours de production de la Société tels que exceptionnel ; qu'aucune dette nouvelle n'est née
mentionnés dans les Comptes représentent fidèlement postérieurement à la date d'arrêté des Comptes, sauf
l'état de ces stocks et encours ; que les stocks sur la celles payées et relevant strictement du fonctionnement
courant de la Société et de ses activités ;
e) que la Société n'a bénéficié d'aucun abandon de seraient pas connues ou déterminables le dernier jour
créance, assorti ou non d'une condition résolutoire de dudit délai, à partir du moment où un contrôle fiscal,
retour à meilleure fortune ; qu'elle n'a bénéficié social, parafiscal, parasocial ou douanier ou émanant
d'aucune subvention, allocation ou avantage de nature de toute administration, aura été commencé ou qu'une
fiscale sociale douanière ou autre ; réclamation d'un tiers aura été portée à la connaissance
du Bénéficiaire. Dans ce cas, le Bénéficiaire devra
f) que la Société n'exerce aucune fonction de
joindre à sa propre réclamation toutes les informations
mandataire social, de dirigeant de fait ou de droit, d'une
disponibles relatives à l'évaluation du préjudice.
ou plusieurs sociétés tierces ou autres personnes
morales quelconques ; que la Société n'est engagée
dans aucun groupement ou structure tierce susceptible
Article 3 . – Étendue de la Garantie
d'engager la responsabilité indéfinie, personnelle,
solidaire ou non de ses membres ; 1. – Les Garants s'engagent, sur option du Bénéficiaire,
à indemniser le Bénéficiaire ou à indemniser la Société
g) qu'à l'exception de ce qui est mentionné en Annexe
de l'intégralité de tout dommage, perte, préjudice,
V. – Engagements hors bilan, au présent acte, il
charge ou coût encouru par cette dernière en
n'existe pas de contrat ou accord auxquels la Société
conséquence d'un des événements suivants ayant une
serait partie, créant des engagements hors bilan,
cause ou une origine dans un événement, un fait ou une
cautions, avals, garanties, lettres de confort ou sûretés
opération intervenu avant la date d'établissement des
au profit d'une personne physique ou morale
Comptes, et qui se révélerait antérieurement à la date
quelconque ; que tous les engagements hors bilan ont
d'expiration de la durée visée à l'article 2 ci-dessus,
été répertoriés et sont mentionnés avec note explicative
savoir :
en annexe aux Comptes et qu'aucun nouvel
engagement hors bilan n'a été pris depuis la date a) surestimation ou inexistence, par rapport aux postes
d'arrêté des Comptes, à l'exception de ceux et valeurs mentionnés dans les Comptes d'un élément
éventuellement visés en Annexe V. d'actif ;
8. – En ce qui concerne le personnel salarié de la b) sous-estimation ou omission par rapport aux postes
Société et valeurs mentionnés dans les Comptes d'un élément
de passif et résultant, notamment, d'un rappel d'impôts,
...
taxes, droits en principal, contributions ou cotisations,
9. – En ce qui concerne les contrats intérêts et pénalités provenant de toutes administrations
fiscales, sociales, parafiscales, parasociales ou autres,
... ou de toutes institutions publiques ou parapubliques
10. – Révélations – Autres déclarations mises à la charge de la Société, pour ses activités
antérieures au transfert de propriété et non reflété par
Aucune des déclarations faites dans le cadre de la les Comptes.
Garantie par les Garants n'omet d'indiquer de fait
important dont le Bénéficiaire n'aurait pas eu 2. – En outre, les Garants s'obligent par les présentes,
connaissance et dont la révélation rendrait trompeuse dans le cas où l'une quelconque des déclarations,
tout ou partie des déclarations contenues dans la certifications ou attestations faites à l'article 1er ci-
Garantie. dessus serait inexacte ou incomplète, ou au cas où ils
auraient retenu par devers eux des informations
Article 2 . – Durée de la Garantie substantielles, à réparer le préjudice subi de ce fait par
Les réclamations au titre de la présente Garantie le Bénéficiaire ou par la Société et à dédommager de
pourront être présentées pendant une période de ......(en surcroît, sur justificatif, le Bénéficiaire ou la Société du
toutes lettres)...... années (Il est fréquent que les parties montant des frais et dépenses engagés en rapport avec
s'entendent pour que la durée des déclarations autres cette inexactitude ou omission. Il est expressément
que celles relatives aux redressements fiscaux, sociaux, convenu qu'en cas de préjudice subi du fait d'une
parafiscaux, parasociaux, douaniers ou de toute autre déclaration inexacte ou incomplète, les Garants
administration soit de 12 à 36 mois), à compter de la paieront au Bénéficiaire, ou sur instruction écrite du
date des présentes. Toutefois, il est expressément Bénéficiaire, à la Société, le Bénéficiaire se réservant
convenu, nonobstant les dispositions qui précèdent, que cette faculté pour tout ou partie des sommes réclamées,
les réclamations pourront être formulées en ce qui une somme égale au préjudice lié à cette déclaration
concerne tous redressements fiscaux, sociaux, inexacte ou incomplète, ainsi qu'éventuellement le
parafiscaux, parasociaux, douaniers ou de toute autre montant des amendes, frais et dépenses quelconques
administration, pendant une période prenant fin 3 (en ce, compris les frais de conseils) encourus par le
(trois) mois après l'expiration du délai de prescription Bénéficiaire et/ou par la Société.
de l'action de l'administration concernée. 3. – Sont expressément exclus du champ d'application
Par ailleurs, il est expressément convenu que le de la présente Garantie :
Bénéficiaire pourra mettre en jeu la présente Garantie à
tout moment jusqu'au dernier jour des délais visés ci-
dessus et ce, quand bien même les sommes
éventuellement dues à la suite d'une réclamation ne
a) toute perte, dommage, préjudice, charge ou coût 3. – Aucune réclamation ne pourra être présentée par le
encouru par la Société, ayant une cause ou une origine Bénéficiaire au titre d'un préjudice dont le montant
résultant d'un événement, acte, contrat ou infraction unitaire est inférieur à ...... euros (en toutes lettres)......
postérieur à la date d'entrée en force du présent acte ; euros, étant précisé à toutes fins utiles que lorsque
plusieurs réclamations auront le même fait générateur,
b) toute perte, dommage, préjudice, charge ou coût
elles se cumuleront et seront réputées ne constituer
encouru par la Société, ayant une cause ou une origine
qu'une seule réclamation pour l'appréciation de ce seuil
résultant d'un événement, acte, contrat ou infraction
unitaire.
antérieur à la date d'entrée en force du présent acte, à
condition qu'il ait été révélé correctement par les 4. – En tout état de cause, l'obligation d'indemnisation
Garants dans les présentes ou dans leurs annexes ; tiendra compte d'une franchise globale et absolue,
imputable en une ou plusieurs fois, de ...... euros (en
c) les redressements fiscaux ou sociaux qui ne
toutes lettres)...... euros.
constituent qu'un simple décalage dans le temps de la
charge correspondante (notamment en matière d'impôt En conséquence :
sur les sociétés, les réintégrations d'amortissements
a) si l'ensemble des sommes visées à l'article 4, 1 ci-
et/ou de provisions) et dont seuls les intérêts de retard
dessus, est inférieur à ...... euros (en toutes lettres)......
et pénalités correspondants seront pris en compte au
euros, la Garantie ne pourra être mise en jeu ;
titre de la Garantie ; et
b) si l'ensemble des sommes visées à l'article 4, 1 ci-
d) les préjudices qui pourraient intervenir en raison de
dessus, est supérieur à ...... euros (en toutes lettres)......
l'entrée en vigueur de nouvelles dispositions
euros, le Bénéficiaire sera bien fondé à mettre en jeu la
législatives ou réglementaires (y compris de
Garantie, étant précisé que les Garants seront
dispositions rétroactives ou de changements de
uniquement redevables des sommes dues à partir du
jurisprudence après la date de réalisation de la cession).
premier franc au-delà de la somme de ...... euros (en
Par ailleurs, lorsque les Garants effectuent un paiement toutes lettres)...... euros.
en application de la Garantie, et que le Bénéficiaire
5. – Par ailleurs, et en tout état de cause, l'obligation
et/ou la Société reçoivent un paiement d'un tiers relatif
d'indemnisation tiendra compte d'un plafond global et
aux faits ayant donné lieu à ladite indemnisation (par
absolu de ...... euros (en toutes lettres)...... euros.
exemple, par le biais d'un système d'assurance), le
Bénéficiaire devra sans délai reverser aux Garants une En conséquence :
somme équivalente à la somme payée par le tiers.
a) si l'ensemble des sommes, visées à l'article 4, 1 ci-
Enfin, il est précisé en tant que de besoin que le dessus, est inférieur à ...... euros (en toutes lettres)......
Bénéficiaire ne saurait réclamer la double euros, les Garants seront redevables de la totalité de la
indemnisation d'un seul et même préjudice dans somme considérée, déduction faite de la franchise ci-
l'hypothèse où ce dernier constituerait une violation de dessus prévue ;
plusieurs déclarations ou garanties stipulées à
b) si l'ensemble des sommes, visées à l'article 4, 1 ci-
l'article 1er ci-dessus.
dessus, est supérieur à ...... euros (en toutes lettres)......
euros, les Garants ne seront redevables que des
sommes inférieures à ce plafond, déduction faite de la
Article 4 . – Montant et cause de la Garantie
franchise ci-dessus prévue.
1. – Les sommes mises à la charge des Garants au titre
de la Garantie s'entendent de l'intégralité du montant de
tout préjudice direct ou indirect consécutif à l'un des Article 5 . – Procédure de mise en oeuvre de la
événements visés à l'article 3, 1 et 2 ci-dessus, ce Garantie
préjudice étant diminué, le cas échéant, de tout
1. – Toute demande de mise en oeuvre des
bénéfice ou économie réalisés par la Société du fait de
engagements souscrits par les Garants en application de
la déductibilité fiscale de ce préjudice effective au titre
la Garantie, ne leur sera opposable qu'à la condition
de l'exercice social de survenance dudit événement.
que ces derniers aient été préalablement informés des
2. – Le Bénéficiaire devra (a) conserver toutes les faits et événements susceptibles d'être couverts par la
pièces afférentes à tout fait susceptible de donner lieu à Garantie et qu'ils aient été mis en mesure d'y répondre
une action en garantie ou à la réclamation ouvrant droit ou de s'y opposer.
à indemnisation et faire en sorte que le dommage
À cet effet, le Bénéficiaire s'engage à communiquer par
susceptible d'être indemnisé par les Garants ne soit pas
avis aux Garants tout événement susceptible de mettre
accru. Les Garants ne seront pas tenus à indemnisation
en oeuvre leur engagement de Garantie et ce, dans les
pour tout ou partie du dommage qui ne serait pas
30 (trente) jours de la date à laquelle l'événement
produit ou porterait sur un montant moindre en raison
susceptible de mettre en oeuvre la Garantie aura été
d'actes ou d'omissions imputables à la faute du
porté pour la première fois à la connaissance de la
Bénéficiaire ou, à partir de la date du transfert de la
Société ou du Bénéficiaire, le cachet de la poste faisant
propriété des Titres Cédés, à la faute de la Société.
foi de la date d'expédition.
Toutefois, les Parties conviennent que le dépassement Les avis destinés au Garant seront adressés : ......
de ce délai de 30 (trente) jours sera sans conséquence (identité et adresse des destinataires).
sur la possibilité pour le Bénéficiaire de réclamer une
indemnisation en application de la Garantie sauf dans
l'hypothèse où le non-respect dudit délai aura porté un Article 6 . – Garanties de la Garantie d'actif et de
préjudice aux Garants, auquel cas l'indemnité à verser passif
sera réduite du montant du préjudice subi par les
Garants du fait du non-respect dudit délai. ...

Cet avis devra spécifier les motifs de la réclamation


propre du Bénéficiaire ou de la réclamation d'un tiers, Article 7 . – Exercice de la Garantie
et la meilleure estimation possible (et révisable) du
montant de celle-ci et donner tous détails permettant Le Bénéficiaire déclare conclure la présente Garantie
d'apprécier les conséquences possibles dudit également au bénéfice de la Société, en vertu d'une
événement. stipulation pour autrui, conformément à l'article 1121
du Code civil, la Société intervenant aux présentes pour
Le Bénéficiaire devra faire en sorte : accepter ladite stipulation pour autrui (Il est possible de
faire intervenir la société à l'acte de garantie ou de
prévoir une acceptation postérieure par le biais d'un
a) que les Garants reçoivent à bref délai copies de tous acte extrajudiciaire adressé aux Garants et au
documents relatifs à ladite réclamation et soient Bénéficiaire). La Société bénéficie donc d'une action
consultés régulièrement par le Bénéficiaire ou la directe contre les Garants, le cas échéant.
Société ;
En outre, il est rappelé que toutes les sommes dues au
b) que ni le Bénéficiaire, ni la Société ne reconnaisse sa titre de la Garantie devront être payées par les Garants,
responsabilité ou ne transige sans l'accord préalable des sur option du Bénéficiaire, au Bénéficiaire (à titre de
Garants qui ne pourront pas le refuser sans juste motif ; réduction de prix) ou à la Société.
c) que le Bénéficiaire et la Société donnent accès aux Par ailleurs, en cas de cession ultérieure des Titres
Garants et à leurs conseils à tous documents Cédés, la garantie bénéficiera à tous cessionnaires
susceptibles d'être utiles dans la défense relative à successifs au prorata des Titres Cédés qu'ils auront
ladite réclamation ; acquis (Cette disposition est facultative. Il est tout à fait
d) que le Bénéficiaire et la Société permettent aux possible de prévoir que le bénéfice de la garantie ne
Garants de désigner un conseil de leur choix et dont les sera pas transmis aux cessionnaires successifs des
honoraires resteront à leur charge, pour intervenir dans titres).
la discussion de toutes réclamations. En toute
hypothèse, la décision d'engager un contentieux ou de
conclure une transaction reste pour autant une décision Article 8 . – Conditions générales
des Garants. ...
À défaut de contestation par les Garants d'une Article 9 . – Litiges
réclamation dans les 60 (soixante) jours de tout avis de
réclamation (ou de sa réactualisation éventuelle), les ...
Garants seront réputés avoir pleinement accepté
l'ensemble des mentions figurant dans tout avis de
réclamation en cause. Fait à ......, le ......,
2. – Sauf accord contraire donné au cas par cas, tout En ...... exemplaires originaux,
avis devant être donné au titre de la présente Garantie comprenant chacun ( ) annexes.
par l'une des Parties à l'autre le sera par écrit et sera soit
remis en main propre pendant les heures normales de
bureaux soit adressé par courrier en recommandé avec Les Garants
avis de réception, dans les deux cas aux personnes et
adresses désignées ci-dessous ou à toute autre adresse Signatures sous la mention manuscrite : "Bon pour
qui pourrait être notifiée à l'autre Partie moyennant un garantie solidaire"
préavis de 15 (quinze) jours ouvrables.
Les avis prendront effet à la date la plus proche de (a) Le Bénéficiaire
la date de remise en main propre effectuée dans les
conditions ci-dessus et (b) la date de première Signature
présentation de la lettre recommandée avec avis de
La Société
réception à son destinataire dans les conditions ci-
dessus.
Les avis destinés au Bénéficiaire seront adressés Signature sous la mention manuscrite : "Bon pour
à : ......(identité et adresse du destinataire). acceptation de la stipulation pour autrui faite en notre
faveur"
;
SEANCE 9 et 10 : LES DIRIGEANTS DE SOCIETES ANONYMES

Généralités. Trois types d’organisation de la direction des sociétés anonymes peuvent être envisagés. Dans
la SA « moniste » traditionnelle, issue de la loi du 16 novembre 1940, un conseil d’administration élit parmi
ses membres un président (du CA, donc), qui cumule cette fonction avec celle de directeur général. C’est le
fameux « PDG », qui n’a toutefois aucune existence juridique : cette expression est utilisée en pratique, mais
ne doit pas être utilisée en droit.
Afin d’éviter une trop grande concentration des pouvoirs, et sous l’influence du « gouvernement
d’entreprise » (vous expliquerez ce que signifie ce terme), la loi Nouvelles régulations économiques du 15
mai 2001 a offert la possibilité de dissocier les fonctions de président du CA et de directeur général, les
sociétés cotées étant fortement incitées à adopter une telle dissociation.
Enfin, la société anonyme « dualiste » combine directoire et conseil de surveillance, sur le modèle du droit
allemand.
Il s’avère toutefois que la SA « moniste » avec cumul des fonctions de président du CA et de DG domine
largement le paysage en France. C’est donc sur ce modèle que nous raisonnerons.

I. Accès aux fonctions. L’accès aux fonctions d’administrateur y est soumis à plusieurs conditions : ne pas
être atteint par la limite d’âge (art. L. 225-10 C. com.) ; être actionnaire de la société, le cas échéant (art.
L. 225-25 C. com. – quelle solution est-elle traditionnellement utilisée en pratique pour s’assurer que le
dirigeant, à qui l’on a attribué des actions afin de remplir cette condition, ne parte pas avec ces mêmes
actions en fin de mandat ? ) ; ne pas cumuler un nombre excessif de mandats (art. L. 225-21 C. com.). Quel
est le but poursuivi par chacune de ces conditions ? Et pensez-vous que celui-ci soit atteint ? En définitive, le
problème n’est-il pas celui de la « consanguinité » des administrateurs des sociétés anonymes les plus
importantes, qui sont souvent issus des mêmes « grandes écoles », participent des mêmes réseaux et font
généralement allégeance au président du conseil d’administration ? De ce point de vue, le changement
pourrait venir des femmes, qui ont commencé à entrer en nombre dans les conseils d’administration des
sociétés anonymes les plus importantes (art. L. 225-17 et art. L. 225-18-1 C. com.). Pour quelles raisons une
représentation « équilibrée » de celles-ci y est-elle souhaitée ?
Une autre question importante relative au statut des dirigeants concerne le cumul d’un mandat social et d’un
contrat de travail, question déjà abordée en droit commun des sociétés, mais que vous approfondirez, en
distinguant notamment les hypothèses de cumul autorisé et de cumul prohibé, le domaine de ces derniers
ayant été d’ailleurs réduit par la loi n° 2012-387 du 22 mars 2012, dite Warsmann II.

II. Cessation des fonctions. Autre grande question abordée rapidement peut-être en droit commun des
sociétés, la révocation des dirigeants donne lieu à un important contentieux et à une certaine évolution des
solutions, sous l’influence des tribunaux, mettant notamment en œuvre certains principes issus du droit
processuel. Vous expliquerez la différence entre révocation pour juste motif et révocation ad nutum, avant de
vous demander si une telle différence paraît aujourd'hui encore justifiée. Peut-on encore parler de l’existence
d’un principe de révocation ad nutum ? Et comment révoquer un président du conseil qui est en même temps
directeur général de la société ?
- Cass. com., 26 avril 1994, Bull. civ. IV, n° 158. (Doc 1)
- Cass. com., 26 mai 2004, n° 01-03569, inédit. (Doc 2)
- Cass. com., 14 mai 2013, Bull. civ. IV, n° 80. (Doc 3)

III. Prévention des conflits d’intérêts.


Les conventions réglementées. Déjà abordé au cours de la séance relative à la SARL, le régime juridique des
conventions conclues entre la société et l’un de ses dirigeants doit s’efforcer de parvenir à un équilibre
délicat entre des tendances parfois contradictoires : d’un côté en effet, il est à craindre que le cocontractant
de la société n’abuse de sa position pour obtenir des avantages exorbitants, au risque de sacrifier les intérêts
sociaux ; mais d’un autre côté, il n’est pas à exclure qu’un tel contrat puisse aussi bien profiter à la société.
C’est sans doute aux fins de parvenir avec le plus de précision possible à cet équilibre que le législateur a
choisi de distinguer trois sortes de conventions, traditionnellement désignées selon le régime qui leur est
applicable. L’art de légiférer est toutefois difficile en la matière et souvent, le législateur est obligé de se
remettre à l’ouvrage, comme en atteste encore l’ordonnance du 31 juillet 2014 et plus récemment la loi
Pacte, dont vous étudierez les modifications qu’elle ont pu apporter au régime des conventions réglementées.

Au-delà des conventions interdites (lesquelles ?) et des conventions libres (à quelles conditions ?), ce sont les
conventions dites réglementées qui, soumises à une procédure d’autorisation et de contrôle, soulèvent sans
doute le plus de difficultés pratiques : qu’est ce qu’une convention au sens de l’article L. 225-38 C. com. ?
S’agit-il exclusivement de contrats ? la résiliation d’un contrat entre-t-elle, par exemple, dans le champ
d’application du texte ? et un contrat non écrit ? Plus généralement, la jurisprudence interprète-t-elle
largement ou restrictivement cette notion ? A tort ou à raison ? Au-delà, on s’interrogera à partir des
décisions reproduites ci-dessous sur les sanctions accompagnant le non-respect de la procédure : nature des
sanctions ? possibilité de régularisation ? efficacité du système ?

- Cass. com., 15 juin 1993, Bull. civ. IV, n° 254. (Doc 4)

- Cass. com. 25 mars 2003,(n° 99-15470). (Doc 5)

La rétribution des dirigeants sociaux doit en principe se manifester sous deux formes distinctes, la
rémunération normale et la rémunération exceptionnelle. Ces deux formes de rémunération se déclinent
toutefois en différentes espèces, connues sous des appellations elles-mêmes diverses (primes d’arrivée ou
« golden hellos », anciens jetons de présence (appellation disparue avec la loi Pacte), retraites, retraites-
chapeau, compléments de retraite, indemnités de départ ou « golden parachutes », ...). Au-delà de la délicate
conciliation de certaines indemnités avec le principe de la révocation ad nutum (cf. supra II), la question de
la rémunération des dirigeants sociaux est aujourd’hui au cœur du débat relatif à la corporate governance :
qui doit décider de la rémunération des dirigeants (CA agissant seul, CA dans le cadre de la procédure des
conventions réglementées, AG dans le cadre du « Say on pay » – à définir) ? quel contrôle instaurer et à qui
confier le contrôle de cette rémunération (AG, organisme indépendant) ? La jurisprudence et le législateur
tâtonnent à la recherche d’un équilibre. Pour l’heure, ils se décident surtout en distinguant les sociétés
anonymes non cotées et cotées (pertinence de cette distinction ?).

Dans les premières, la jurisprudence distingue, parmi les différentes espèces de rémunération, celles qui
doivent être soumises à la procédure des conventions réglementées, afin d’être examinées par le commissaire
aux comptes et approuvées par l’assemblée générale des actionnaires : ce critère vous paraît-il satisfaisant ?
comment est-il mis en oeuvre par la jurisprudence ? l’ensemble est-il de nature à écarter les excès de
rémunération au regard des arrêts énumérés ci-dessous et reproduits ci-après ?

- Cass. com., 2 mai 1983, Bull. civ. IV, n° 128. (Doc 6)


- Cass. com., 3 mars 1987, Bull. civ. IV, n° 64. (Doc 7)
- Cass. com., 18 oct. 1994, Bull. civ. IV, n° 304(Doc 8)
- Cass. com., 10 févr. 1998, Bull. civ. IV, n° 70. (Doc 9)

Dans les sociétés anonymes cotées, le législateur est intervenu à plusieurs reprises en réaction à des affaires
médiatisées pour soumettre toutes les rémunérations « post-mandat » (rémunérations, indemnités ou
avantages) à la procédure des conventions réglementées (loi n° 2005-842 du 26 juillet 2005), et à une
condition de performance (loi n° 2007-1223 du 21 août 2007) : que pensez-vous de l’efficacité de ce
dispositif ? en particulier, la condition de performance est-elle aisée à mettre en oeuvre ? Le dispositif
législatif est-il, selon vous, efficacement suppléé par le code de gouvernement d’entreprise Afep-Medef, en
particulier ses recommandations 21 à 23 ?

Puis, la loi Sapin 2 du 9 décembre 2016 a introduit en droit français la procédure du say on pay – art. L. 237-
2 et L. 237-3 Code de commerce - pour certaines rémunération du dirigeants, procédure à laquelle
échappaient d’autres rémunérations (bizarrement, les administrateurs étaient exclus du champ d’application
de la loi, alors que les membres des conseils de surveillance y étaient soumis ; les indemnités de départ et
autres avantages dus à raison de la cessation du mandat en étaient également exclues et demeuraient
soumises à la procédure des conventions réglementées régie par l’article L. 225-42-1 du Code de commerce).
Il en résultait certaines incohérences, et une dualité de régime pour les rémunérations des mandataires
sociaux. La loi du 27 novembre 2019 relative à la rémunération des mandataires sociaux des sociétés cotées,
prise en application de la loi Pacte du 22 mai de la même année, a unifié le régime des rémunérations des
dirigeants et soumet désormais l’ensemble de ces dernières au principe du say on pay et au double vote des
actionnaires : art. L. 225-37-2, III (vote ex ante) et L. 225-37-3, 4° du Code de commerce (exit, donc, la
procédure des conventions réglementées dans les sociétés cotées pour les rémunérations des dirigeants, mem
si le code AFEP-MEDEF ne semble pas encore avoir pris en compte cette disparition ; v. Dr. sociétés,
« Révision du Code Afep-Medef : mixité, équité et quelques interrogations… », mai 2020, comm. n° 67, p.
50)
Doc 1 Attendu que pour rejeter la demande de M. X..., l'arrêt
retient qu'il avait commis une faute lourde qui devait
Cass. com., 26 avril 1994, Bull. civ. IV, n° 158
entraîner sa révocation ;
Attendu, selon l'arrêt attaqué, rendu sur renvoi
Attendu qu'en se déterminant par un tel motif impropre
après cassation, que M. X... a été nommé
à justifier la privation du droit de M. X... à se faire
directeur général de la société Autoliv Klippan
entendre par le conseil d'administration avant qu'il ne
(la société Autoliv) le 29 avril 1983 ; qu'il a été
se prononce sur sa révocation, la cour d'appel a violé le
nommé administrateur de cette société le 27 juin
texte susvisé ;
1984 ; que le 5 mars 1985 une convocation lui a
été adressée pour le conseil d'administration du
20 mars, l'ordre du jour portant sur le transfert du
Sur le moyen unique pris en sa troisième branche :
siège social et sur des questions diverses ; que le
14 mars 1985 il a reçu une lettre recommandée Vu l'article 1382 du Code civil ;
du président du conseil d'administration Attendu que pour rejeter la demande de M. X... en
l'informant de sa révocation de directeur général, réparation d'une atteinte à sa réputation l'arrêt déclare
" à compter de ce jour et sans préavis " ; que le qu'il " n'établit nullement une relation entre la lettre du
conseil d'administration du 20 mars, auquel il n'a 14 mars 1985, à la supposer fautive, et le préjudice
pas assisté, a mis fin à son mandat de directeur qu'il invoque, lequel apparaît distinct et sans lien avec
général ; qu'il a poursuivi la société Autoliv en le formalisme de sa révocation " ;
responsabilité pour révocation abusive ;
Attendu qu'en se déterminant par un tel motif,
Sur le moyen unique pris en sa première branche impropre à exclure que les conditions abusives de la
: révocation de M. X... lui aient causé un préjudice, la
Vu l'article 116 de la loi du 24 juillet 1966 ; cour d'appel a violé le texte précité ;
Attendu que la révocation du directeur général PAR CES MOTIFS, : CASSE ET ANNULE, dans
d'une société anonyme qui peut être décidée à toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 14 avril 1992,
tout moment, sans préavis ni précision de motifs, entre les parties, par la cour d'appel de Versailles ;
par le conseil d'administration sur proposition de remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état
son président, engage la responsabilité de la où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait
société si elle revêt un caractère abusif eu égard droit, les renvoie devant la cour d'appel de Rouen.
aux circonstances dans lesquelles elle intervient ;
Attendu que, pour rejeter la demande de M. X..., Doc 2
l'arrêt retient que sa révocation a eu lieu selon
une procédure régulière, dès lors qu'il avait été Cass. com., 26 mai 2004, n° 01-03569, inédit
convoqué à la réunion du 20 mars 1985 au cours Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :
de laquelle le conseil d'administration a mis fin à
son mandat et que la lettre du président du Attendu, selon l'arrêt attaqué (Rennes, 31 janvier
conseil d'administration du 14 mars 1985 l'avait 2001), qu'aux termes d'une convention en date du 19
informé que cette question serait à l'ordre du jour mars 1990, M. X... a consenti à la société Sovetours
; Ringeard voyages une promesse de cession des actions
de la société à responsabilité limitée Transport X... (la
Attendu qu'en se déterminant ainsi, alors que la société) en contrepartie d'un certain prix et de sa
lettre du 14 mars 1985 a notifié à M. X... que sa nomination au poste de directeur général de la société
révocation avait été décidée dès cette date, ce cédée ; que, par acte séparé, du 13 juin 1990, le
dont il résulte qu'intervenue, en l'espèce, en nouveau président de la société a confirmé à M. X...
dehors du conseil d'administration et sans qu'il qu'une indemnité de départ lui serait versée par la
ait été mis en mesure de présenter préalablement société dans le cas où il quitterait ses fonctions entre le
ses observations elle était irrégulière, la cour 1er juillet 1991 et le 31 décembre 1993 "pour quelque
d'appel a violé le texte susvisé ; raison que ce fût" ; que le 17 janvier 1992, le conseil
d’administration de la société a mis fin au mandat de
M. X... ; que ce dernier a assigné, le 30 juin 1997, la
Sur le moyen unique pris en sa quatrième société en paiement de l'indemnité convenue ;
branche :
Attendu que M. X... fait grief à l'arrêt d'avoir rejeté sa
Vu l'article 116 de la loi du 24 juillet 1966 ; demande, alors, selon le moyen :
1 ) que la clause prévoyant le versement d'une D'où il suit que le moyen ne peut être accueilli en
indemnité de départ d'un directeur général est aucune de ses branches ;
licite lorsqu'elle est convenue dans le but de
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi
l'inciter à rester dans l'exercice de ses fonctions
pendant une période déterminée ; qu'en l'espèce,
M. X... a fait valoir que l'objet de l'indemnité de Doc 3
départ n'était non pas de restreindre la liberté de
révocation du mandataire social mais au Cass. com., 14 mai 2013, n° 11-22845, Bull. civ. IV,
contraire de l'inciter à demeurer dans la société n° 80
un certain temps dans l'intérêt de l'entreprise et à Attendu, selon l'arrêt attaqué, que M. X...,
partir lorsque ses services ne seraient plus administrateur, président du conseil d'administration et
nécessaires ; qu'en décidant que l'indemnité que directeur général de la société anonyme Asterop (la
le PDG de la société X... s'était engagée à verser société), a été révoqué de ses fonctions
à M. Paul X... était une indemnité de révocation d'administrateur lors de l'assemblée des actionnaires
illicite sans s'expliquer sur cette question, la cour réunie le 30 juin 2008 sans que ce point ait été inscrit à
d'appel n'a pas justifié sa décision au regard de l'ordre du jour ; que faisant valoir que sa révocation
l'article 116 de la loi du 24 juillet 1966 et de était abusive, tant en raison de l'inobservation du
l'article 1134 du Code civil ; principe de la contradiction que des circonstances à
2 ) que la clause prévoyant versement d'une caractère vexatoire ayant entouré cette décision, M.
indemnité en cas de départ volontaire du X...a fait assigner la société en paiement de dommages-
directeur général d'une société anonyme n'est pas intérêts ; qu'il a, en outre, fait assigner aux mêmes fins
illicite comme faisant entrave à la liberté de M. Y...et six autres actionnaires (les actionnaires
révocation du mandataire social ; qu'en décidant majoritaires) à qui il a reproché d'avoir commis un
que la clause prévoyant le versement d'une abus de droit en agissant de manière déloyale et
indemnité à M. X... en cas de départ "pour d'avoir, en outre, méconnu les stipulations d'un pacte
quelque raison que ce soit" était illicite sans d'actionnaires auquel il était lui-même partie ;
rechercher si le départ de M. X... ne n'analysait
pas en une rupture d'un commun accord et si
partant, le versement de l'indemnité Sur le premier moyen, pris en ses deuxième et
conventionnelle n'était pas dû, la cour d'appel n'a troisième branches :
pas justifié sa décision au regard de l'article 116 Attendu que M. X...fait grief à l'arrêt de rejeter ses
de la loi du 24 juillet 1966 et l'article 1134 du demandes dirigées contre les actionnaires majoritaires
Code civil ; alors, selon le moyen :
1°/ que l'action concertée et déloyale des actionnaires
Mais attendu, en premier lieu, que l'arrêt relève en vue de révoquer un mandataire social constitue un
que la révocation de M. X... de ses fonctions de abus dans le droit de révocation de ce dernier ; qu'en
directeur général a été décidée par un vote l'espèce, en se bornant à affirmer que les actionnaires
unanime du conseil d'administration de la étaient en droit de refuser d'accorder le quitus, sans
société, excluant par là même un départ décidé rechercher, comme elle y était invitée, si la volte-face
d'un commun accord ; des actionnaires, qui, en qualité d'administrateurs,
n'avaient émis aucune critique à l'égard de la gestion de
Attendu en second lieu, que l'arrêt retient que M. X...lors du conseil d'administration qui avait
l'indemnité aurait eu des conséquences précédé l'assemblée générale des actionnaires, puis, au
financières importantes pour la société en raison cours de celle-ci, s'étaient d'abord donné quitus à
de son montant élevé qui aurait eu pour effet de l'unanimité avant de refuser ce même quitus à M.
dissuader les actionnaires de la société d'exercer X...puis avaient voté sa révocation, ne caractérisait pas
leur libre droit de révocation des mandataires un abus par déloyauté dans le droit de révocation de ce
sociaux ; qu'il en résulte qu'en décidant après dernier, la cour d'appel a privé sa décision de base
analyse de la convention qui lui était soumise, légale au regard de l'article 1382 du code civil,
laquelle prévoyait qu'une indemnité serait due ensemble l'article L. 225-105 du code de commerce ;
"pour toute révocation" intervenant dans un
temps déterminé et "pour quelque cause que ce 2°/ que le juge ne peut statuer par voie de simple
fût", que l'engagement de la société de verser à affirmation ; qu'en se bornant à affirmer que les
M. X... une indemnité portait atteinte à la libre moyens et arguments des actionnaires étaient « étayés
révocabilité d'un dirigeant social, la cour d'appel par des faits objectivement exacts », sans indiquer les
a légalement justifié sa décision ; éléments sur lesquels elle fondait cette affirmation, la
cour d'appel a privé sa décision de base légale au responsabilité des personnes qui ont conclu le pacte en
regard de l'article 1382 du code civil, ensemble cas de méconnaissance de ses termes ; qu'en déboutant
l'article L. 225-105 du code de commerce ; M. X...de son action en responsabilité personnelle des
actionnaires pour avoir violé le pacte qu'ils avaient
souscrits, au prétexte que le droit, pour l'assemblée
Mais attendu qu'ayant retenu, sans avoir à faire générale des actionnaires, de révoquer à tout moment
la recherche inopérante invoquée par la première un administrateur ne saurait être limité par un pacte
de ces branches, et abstraction faite du motif entre actionnaires, la cour d'appel a violé l'article 1147
surabondant critiqué par la seconde, que M. du code civil ;
X...ne rapportait la preuve d'aucun agissement
3°/ que la cassation à intervenir sur le premier moyen,
caractérisant de la part des actionnaires
en ce que la cour d'appel n'a pas répondu aux
majoritaires une volonté malveillante ou
conclusions de l'intimé relativement aux conditions
l'intention de lui nuire, la cour d'appel a
dans lesquelles le quitus lui a été refusé et a procédé
légalement justifié sa décision d'écarter sa
par voie de simple affirmation concernant le bien fondé
demande tendant à ce que ces derniers soient
des arguments et moyens des actionnaires atteindra
déclarés responsables des fautes qu'ils auraient
nécessairement le chef du dispositif par lequel elle a
personnellement commises en votant en faveur
débouté l'intimé de sa demande tendant à voir
de sa révocation ; que le moyen, pour partie
condamner les actionnaires, par application de l'article
inopérant, n'est pas fondé pour le surplus ;
624 du code de procédure civile ;

Sur le second moyen :


Mais attendu, en premier lieu, qu'est illicite toute
Attendu que M. X...fait le même grief à l'arrêt stipulation ayant pour objet ou pour effet de porter
alors, selon le moyen : atteinte à la libre révocabilité de l'administrateur d'une
1°/ que les conventions obligent non seulement à société anonyme ; qu'ayant relevé que l'interprétation
ce qui y exprimé, mais encore à toutes les suites du pacte d'actionnaires dont se prévalait M. X..., selon
que l'équité, l'usage ou la loi donnent à laquelle sa révocation de ses fonctions d'administrateur
l'obligation d'après sa nature ; que l'arrêt a relevé devait être préalablement autorisée par le conseil
que l'article 11 (c) du pacte d'actionnaires d'administration, aurait eu pour effet de limiter le droit
litigieux prévoyait que " les parties s'engagent à de l'assemblée générale des actionnaires de révoquer à
faire en sorte qu'aucune décision ne soit prise, ni tout moment un administrateur, la cour d'appel en a
aucune action entreprise par la société déduit à bon droit que M. X...n'était pas fondé en sa
concernant les questions énumérées ci-dessous demande tendant à la mise en oeuvre de la
(et notamment la nomination ou la désignation responsabilité des actionnaires en raison de
des personnes-clés et les conditions de leur l'inobservation de cette convention ;
emploi) sans l'autorisation préalable du conseil Et attendu, en second lieu, que le rejet des deuxième et
d'administration décidée à la majorité des 8/ troisième branches du premier moyen rend la troisième
10èmes des administrateurs alors en fonction " ; branche sans portée ;
que pour débouter M. X...de sa demande fondée
D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ;
sur la violation de ce pacte d'actionnaires, l'arrêt
a retenu qu'aucune de ses dispositions de ce
pacte n'évoque « expressément » la révocation
Mais sur le premier moyen, pris en sa première
d'une des personnes-clés ; qu'en statuant ainsi,
branche :
sans rechercher, comme elle y était invitée, s'il
ne résultait pas de l'article 11 (c) du pacte Vu l'article 1382 du code civil ;
d'actionnaires que les parties avaient Attendu que la révocation d'un administrateur peut
implicitement mais nécessairement entendu que intervenir à tout moment et n'est abusive que si elle a
ses dispositions soient également applicables, été accompagnée de circonstances ou a été prise dans
par parallélisme des formes, à la révocation des des conditions qui portent atteinte à sa réputation ou à
personnes-clés, la cour d'appel a privé sa son honneur ou si elle a été décidée brutalement, sans
décision de base légale au regard des articles respecter l'obligation de loyauté dans l'exercice du
1134 et 1135 du code civil ; droit de révocation ;
2°/ que la circonstance qu'un pacte d'actionnaires
ne puisse limiter le droit pour l'assemblée
générale des actionnaires de révoquer à tout Attendu que pour rejeter les demandes de M.
moment un administrateur n'exclut pas la X...dirigées contre la société, l'arrêt, après avoir relevé
qu'il résultait du procès-verbal des délibérations Brouckaert à lui payer la somme de 1 281 000 francs,
de l'assemblée générale du 30 juin 2008 que cet qu'elle avait dû verser en exécution de la convention
administrateur avait obtenu des suspensions de litigieuse ;
séance, dont la durée totale dépassait trois
heures, afin de lui permettre de contacter des Attendu que M. Brouckaert fait grief à l'arrêt de l'avoir
tiers et de rédiger un communiqué, précise que la condamné à payer à la société Vianor la somme
question de sa révocation n'a été mise au vote demandée, alors, selon le pourvoi, qu'en se bornant à
qu'après qu'il eut présenté ses observations déclarer que la reprise par la société Vianor du " mali "
écrites et orales ; qu'il ajoute que le principe de de liquidation de sa filiale imposait à la première une
la contradiction suppose seulement que charge financière importante, bien que, comme l'avait
l'administrateur ait été mis en mesure de fait valoir M. Brouckaert, la convention avait permis à
présenter ses observations préalablement à la la société mère de conserver un outil indispensable à
décision de révocation et que tel a été le cas en son activité et de disposer des éléments d'actif de sa
l'espèce ; filiale, l'arrêt n'a pas caractérisé les conséquences
préjudiciables pour la société de la convention non
autorisée, que la cour d'appel a ainsi, d'une part,
Attendu qu'en se déterminant ainsi, sans entaché sa décision d'un manque de base légale au
rechercher, comme elle y était invitée, si M. regard des articles 105 et 244 de la loi du 24 juillet
X...avait eu connaissance des motifs de sa 1966, et, d'autre part, qu'elle a omis de répondre aux
révocation avant qu'il fût procédé au vote, la conclusions de M. Brouckaert et violé l'article 455 du
cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa nouveau Code de procédure civile ;
décision ;
Mais attendu qu'en retenant à la fois que la société
Vianor avait dû, en exécution de la convention
PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, litigieuse, supporter les pertes de la société Transvian,
mais seulement en ce qu'il a rejeté les demandes d'où il ressortait que l'actif avait été absorbé par les
de M. X...dirigées contre la société Asterop au dettes, et que les sommes versées constituaient une
titre du caractère abusif de sa révocation de ses charge importante pour la société, la cour d'appel a
fonctions d'administrateur, l'arrêt rendu entre les répondu aux conclusions invoquées et a légalement
parties, le 31 mai 2011, par la cour d'appel de justifié sa décision ; que le moyen n'est fondé en
Paris ; aucune de ses deux branches ;

PAR CES MOTIFS :REJETTE le pourvoi.


Doc 4
Cass. com., 15 juin 1993, Bull. civ. IV, n°254
Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Douai, 31 janvier Doc 5


1991), que M. Brouckaert, qui était dirigeant
commun de la société Vianor et de la société Cass. com. 25 mars 2003, n° 99-15470
Transvian, dont le capital était détenu pour
moitié par la société Vianor et pour moitié par la Attendu, selon l'arrêt attaqué que la société civile
société Vialle, a conclu avec cette dernière, le 21 immobilière Etxekoak, représentée par Mme X..., a
juin 1985, un accord aux termes duquel la donné à bail le 3 mars 1987 à la société Sobala pour
société Vianor rachetait à la société Vialle, pour une durée de neuf ans des locaux à usage commercial ;
un 1 franc, les actions de la société Transvian, que le loyer commercial a été fixé à la somme de 15
qui se trouvait dans une situation critique, et 600 francs par an pendant les six premières années en
prenait en charge les pertes de la société contrepartie de travaux d'aménagement laissés à la
Transvian ; que, réunie le 31 juillet 1986, charge du locataire ; que le conseil d'administration de
l'assemblée générale des actionnaires de la la société Sobala avait autorisé, le 14 août 1986, M.
société Vianor a refusé d'entériner la convention X..., son président, qui était également associé de la
du 21 juin 1985, et la société a ensuite assigné SCI Etxekoak à conclure cette convention de bail ; que
M. Brouckaert aux fins de voir prononcer les 26 juin 1987 et 30 juin 1987, ces mêmes personnes
l'annulation de cette convention, qui avait été ont conclu deux avenants au bail du 3 mars 1987
conclue sans l'autorisation du conseil portant en définitive le loyer à 220 000 francs à
d'administration, et de voir condamner M. compter du 1er janvier 1990 ; que le 24 mai 1995, la
société Sobala a résilié le bail à compter du 31
décembre 1995 et a repris le matériel qu'elle commissaires aux comptes exposant les circonstances
avait installé dans les locaux loués ; que la en raison desquelles la procédure d'autorisation n'a pas
société Etxekoak a assigné la société Sobala et été suivie, la cour d'appel a méconnu les exigences du
sollicité la remise en état des lieux loués ; que la texte susvisé ;
société Sobala a soulevé une exception de nullité
tirée du défaut d'autorisation préalable par son PAR CES MOTIFS et sans qu'il y ait lieu de statuer sur
conseil d'administration du bail et de ses les autres griefs ;CASSE ET ANNULE, dans toutes ses
avenants ; dispositions, l'arrêt rendu le 18 mars 1999, entre les
parties, par la cour d'appel de Pau ;
Sur le premier moyen pris en sa première
branche :

Attendu que la société Sobala fait grief à l'arrêt Doc 6


d'avoir rejeté l'exception de nullité par elle Cass. com., 2 mai 1983, Bull. civ. IV, n° 128
soulevée sur le fondement de l'article 101 de la
loi du 24 juillet 1966 et de l'avoir condamnée à SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QU'IL
remettre en état les locaux loués et à payer la RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET
somme de 15 000 francs à titre de dommages- ATTAQUE, QUE MME LUCIENNE Y... ET M
intérêts, alors, selon le moyen, qu'en ne JACQUES Y..., SON FILS AUJOURD'HUI DECEDE
recherchant pas, comme elle y était invitée, si AUX DROITS DUQUEL SE TROUVENT
l'autorisation préalable du conseil ACTUELLEMENT SA MERE ET SA SOEUR MME
d'administration du 14 août 1986 avait été HUGUETTE Y... (LES CONSORTS Y...),
régulièrement donnée, la cour d'appel a privé sa PROPRIETAIRES DE LA MAJORITE DES
décision de base légale au regard des articles ACTIONS DE LA SOCIETE BELGE COMPTOIR
101, 103 et 105 de la loi du 24 juillet 1966 ; COMMERCIAL DU CAOUTCHOUC (SOCIETE
CCC BELGIQUE), ELLE-MEME MAJORITAIRE
Mais attendu qu'en retenant que le conseil DE LA SOCIETE FRANCAISE DE MEME
d'administration de la société Sobala avait DENOMINATION (SOCIETE CCC FRANCE), ONT
autorisé le 14 août 1986 son président et EXERCE LES FONCTIONS
directeur général à prendre à bail un local D'ADMINISTRATEURS DANS CETTE DERNIERE
commercial, propriété de la SCI, la cour d'appel SOCIETE JUSQU'A LA FIN DE L'ANNEE 1972,
a légalement justifié sa décision ; que le moyen, EPOQUE A LAQUELLE ILS ONT CEDE LES
pris en sa première branche, n'est pas fondé ; ACTIONS QUI LES RENDAIENT MAJORITAIRES
DANS LA SOCIETE CCC BELGIQUE AINSI QUE
Mais sur le premier moyen, pris en sa seconde CELLES PAR EUX DETENUES DANS LA
branche : SOCIETE CCC FRANCE ;
QUE POSTERIEUREMENT A CETTE CESSION UN
Vu l'article 105 de la loi du 24 juillet 1966
CONTROLE FISCAL, EFFECTUE AU SEIN DE LA
devenu l'article L. 225-42 du Code de commerce
SOCIETE CCC FRANCE, A ENTRAINE LA
;
REINCORPORATION DANS LES BENEFICES
Attendu que pour rejeter l'exception de nullité SOCIAUX, POUR LES EXERCICES RELATIFS
tirée du défaut d'autorisation préalable du conseil AUX ANNEES 1969 A 1972, DE PARTIE DES
d'administration, s'agissant de la signature des REMUNERATIONS ET AVANTAGES PERCUS
avenants au bail, l'arrêt retient que les PAR LES CONSORTS Y..., COMME
dispositions de l'article 101 de la loi du 24 juillet ADMINISTRATEURS DE LA SOCIETE CCC
1966 ayant été respectées lors de la conclusion FRANCE ;
du bail initial et les prescriptions de l'article 103 QUE LA SOCIETE CCC BELGIQUE, EXERCANT
de la même loi ayant été annuellement L'ACTION SOCIALE EN SA QUALITE
satisfaites, les associés ont ainsi eu connaissance D'ACTIONNAIRE DE LA SOCIETE CCC FRANCE,
légale du bail et de chacun de ses avenants ; A, EN FAISANT VALOIR QUE LA PERCEPTION
PAR LES CONSORTS Y..., DES AVANTAGES ET
Attendu qu'en statuant ainsi, alors que la nullité REMUNERATIONS SUSVISES, CONSTITUAIENT
d'une convention intervenant entre une société et UNE FAUTE DE GESTION, ENGAGE CONTRE
l'un de ses administrateurs ne peut être couverte EUX UNE ACTION EN RESPONSABILITE ;
que par le vote de l'assemblée générale des
actionnaires intervenant sur rapport spécial des ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A L'ARRET
D'AVOIR DECLARE QUE CETTE ACTION ETAIT
PRESCRITE POUR AVOIR ETE INTENTEE NATURE ALLOUES A SES PRESIDENTS ET
EN 1976, ALORS QU'ETAIT EXPIRE LE ADMINISTRATEURS, LA COUR D'APPEL A
DELAI DE PRESCRIPTION TRIENNALE DECIDE QUE LES DECISIONS D'UN CONSEIL
PREVU PAR L'ARTICLE 247 DE LA LOI DU D'ADMINISTRATION FIXANT LES
27 JUILLET 1966 COMME DEVANT REMUNERATIONS DES DIRIGEANTS SOCIAUX
COURIR A COMPTER DU FAIT N'ONT PAS LE CARACTERE DE CONVENTION
DOMMAGEABLE, AU MOTIF QUE CE FAIT SOUMISES A L'AUTORISATION PREVUE PAR
AVAIT ETE CONSTITUE PAR LES LES ARTICLES 101 A 105 DE LA LOI DU 24
REMUNERATIONS LITIGIEUSES TELLES JUILLET 1966 ;
QU'ELLES AVAIENT ETE DECIDEES ET
PERCUES PAR LES CONSORTS Y..., X...,
SELON LE POURVOI, QUE LA ATTENDU QU'EN EXCLUANT AINSI, DE FACON
PRESCRIPTION NE POUVANT COURIR A GENERALE, LES DIVERS REMUNERATIONS ET
L'ENCONTRE DE CELUI QUI NE PEUT AVANTAGES PERCUS PAR CERTAINS
VALABLEMENT AGIR, LE POINT DE ADMINISTRATEURS ET LE PRESIDENT DU
DEPART DE LA PRESCRIPTION D'UNE CONSEIL D'ADMINISTRATION DE LA SOCIETE
ACTION EN DOMMAGES-INTERETS SE CCC FRANCE ENTRE 1969 ET 1972, DU
SITUE AU JOUR OU LE DOMMAGE S'EST CONTROLE PREVU PAR LES ARTICLES
REALISE ET NON A CELUI OU LA FAUTE SUSVISES, SANS RECHERCHER SI, SELON LEUR
A ETE COMMISE, QUE LA COUR D'APPEL NATURE, CES REMUNERATIONS ET
NE POUVAIT DONC FAIRE COURIR LA AVANTAGES N'ETAIENT PAS SOUMIS A UN
PRESCRIPTION DE L'ACTION EN TEL CONTROLE, LA COUR D'APPEL N'A PAS
REPARATION DU DOMMAGE CONSTITUE DONNE DE BASE LEGALE A SA DECISION ;
PAR LE REDRESSEMENT FISCAL OPERE
EN 1974 AVANT CETTE DATE ET QU'EN
DECLARANT PRESCRITE CETTE ACTION PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL Y AIT LIEU
INTENTEE EN 1976, ELLE A VIOLE PAR DE STATUER SUR LA PREMIERE BRANCHE DU
FAUSSE APPLICATION L'ARTICLE 247 DE MOYEN : CASSE ET ANNULE, DANS LA LIMITE
LA LOI DU 24 JUILLET 1966 ; DU SECOND MOYEN, L'ARRET RENDU ENTRE
LES PARTIES LE 16 FEVRIER 1981 PAR LA
COUR D'APPEL DE PARIS ;
MAIS ATTENDU QUE C'EST A BON DROIT
QUE LA COUR D'APPEL, HORS TOUTE
DISSIMULATION, A DECLARE QUE LA Doc 7
PRESCRIPTION TRIENNALE PREVUE PAR Cass. com., 3 mars 1987, Bull. civ. IV, n° 64
L'ARTICLE 247 DE LA LOI DU 24 JUILLET
1966 COURAIT A COMPTER DU FAIT Sur le moyen unique :
DOMMAGEABLE QUE CONSTITUAIT Attendu, selon l'arrêt déféré (Paris, 21 mars 1984), que
POUR LA SOCIETE LA PRIVATION DES les fonctions de M. X..., président du conseil
SOMMES LITIGIEUSES A L'EPOQUE OU d'administration de la société anonyme Union de
ELLES AVAIENT ETE DECIDEES ET banques à Paris (UBP) depuis le 15 janvier 1968, ont
PERCUES ; pris fin le 1er juillet 1982 en raison de l'entrée en
QUE LE MOYEN N'EST DONC PAS FONDE ; vigueur de la loi du 13 février de la même année
portant nationalisation de l'UBP ; que, le 14 décembre
1981, le conseil d'administration avait décidé
MAIS SUR LE SECOND MOYEN, PRIS EN d'octroyer à M. X... un complément de retraite à partir
SA SECONDE BRANCHE : VU LES de la date où, ayant atteint la limite d'âge, il pouvait
ARTICLES 101 A 195, 108, 109 ET 110 DE LA faire valoir ses droits à des pensions du régime général
LOI DU 24 JUILLET 1966 ; et de régimes particuliers ; que l'administrateur général
nommé en application de la loi du 13 février 1982 a
ATTENDU QU'APRES AVOIR CONSTATE annulé les dispositions prises par le conseil
QUE LE CONSEIL D'ADMINISTRATION DE d'administration à l'égard de M. X..., qui a assigné
LA SOCIETE CCC FRANCE AVAIT FIXE l'UBP en paiement des sommes qu'il estimait lui être
D'UNE MANIERE EXCESSIVE ET SANS dues ;
RAPPORT AVEC LES PRATIQUES EN
PAREILLE MATIERE LES Attendu que l'UBP fait grief à l'arrêt d'avoir dit
REMUNERATIONS ET AVANTAGES EN valablement prise la décision arrêtée par le conseil
d'administration le 14 décembre 1981 et allouant Cass. com., 18 oct. 1994, Bull. civ. IV, n° 304
à M. X... un complément de retraite, alors, selon
Attendu, selon l'arrêt attaqué (Versailles, 24 septembre
le pourvoi, que la décision de verser à un
1992), que M. X..., actionnaire et président du conseil
membre du conseil d'administration un
d'administration de la société Compagnie financière de
complément de retraite, quelle que soit la
l'Ouest (la CFO), a signé le 4 septembre 1987 un
motivation, ne porte pas sur la rémunération du
accord par lequel il cédait ses actions à Mme Y... et M.
président en exercice, seule visée par l'article
Z..., également actionnaires de la société ; que le même
110 de la loi du 24 juillet 1966, mais constitue
jour, le conseil d'administration, prenant acte de la
une décision soumise au contrôle prévu par les
démission de ses fonctions, a décidé de lui allouer une
articles 101 et suivants de la même loi ; qu'en
indemnité payable le 1er janvier 1989 ; que M. X... a
écartant ce contrôle, la cour d'appel a donc violé
assigné la CFO en paiement de la somme prévue ; que
les articles 101 et suivants de la loi du 24 juillet
la CFO, aux droits de laquelle est venue la société
1966 ;
Ouest finance, s'est opposée à cette demande en
Mais attendu que le conseil d'administration arguant de la nullité de la résolution accordant
d'une société anonyme est seul compétent pour l'indemnité litigieuse ;
fixer la rémunération du président, en vertu de
Sur le moyen unique, pris en ses première, deuxième,
l'article 110 de la loi du 24 juillet 1966 ; qu'entre
troisième et cinquième branches :
dans les prévisions de ce texte, et non dans celles
de l'article 101 de la loi précitée, l'octroi d'un Attendu que M. X... fait grief à l'arrêt d'avoir constaté
complément de retraite ayant pour contrepartie cette nullité, alors selon le pourvoi, d'une part, qu'en
des services particuliers rendus à la société associant et en liant les deux actes signés le 4
pendant l'exercice de ses fonctions par le septembre 1987 (accord et procès-verbal de la réunion
président dès lors que l'avantage accordé est du conseil d'administration) pour les qualifier de
proportionné à ces services et ne constitue pas convention unique soumise au formalisme des articles
une charge excessive pour la société ; 101 et suivants de la loi du 24 juillet 1966, la cour
d'appel en a méconnu la portée et les a dénaturés en
Attendu, en l'espèce, que l'arrêt a retenu que la
violation de l'article 1134 du Code civil ; alors d'autre
décision litigieuse du conseil d'administration,
part, qu'en statuant comme elle a fait, sans même
qui était motivée par la reconnaissance de la
s'expliquer sur la nature juridique de la somme en
banque pour le travail accompli par M. X... et
litige, et sans préciser, en particulier si l'indemnité de
pour la part qu'il avait prise dans le
départ allouée à M. X... par le conseil d'administration
développement et la réussite exceptionnelle de
pouvait s'analyser en une libéralité pure et simple dont
l'entreprise, avait donc pour contrepartie
la finalité était de faire échec au principe de la
l'activité fournie antérieurement par le président
révocabilité " ad nutum ", la cour d'appel n'a pas donné
et les résultats qu'il avait obtenus, que
de base légale à sa décision au regard des articles 101
l'engagement de l'UBP n'était pas excessif en
et suivants et 110 de la loi du 24 juillet 1966 ; alors par
raison de la durée et de l'efficacité des services
ailleurs, qu'en toute hypothèse, l'omission des
rendus par M. X..., étant, en outre, en rapport
formalités prévues par l'article 103 de la loi susvisée
avec la rémunération qui avait été versée à celui-
n'a pas pour effet, en l'absence de fraude, de rendre
ci pendant le temps de son activité, et que cet
nulles les conventions qui y sont soumises, mais
engagement n'était pas non plus excessif par
entraîne seulement la mise à la charge des membres du
rapport tant aux bénéfices réalisés par la société
conseil administration des conséquences préjudiciables
qu'à la masse des salaires versés à son
pour la société de la convention irrégulière ; que dès
personnel ; qu'en l'état de ces constatations et
lors, en prononçant la nullité des conventions en litige,
énonciations, la cour d'appel a légalement
sans relever la preuve de la fraude, la cour d'appel a
justifié sa décision ; que le moyen n'est pas
violé l'article 103 de la loi susvisée ; et alors, enfin, que
fondé ;
la démission par M. X... de ses fonctions
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi d'administrateur et de président du conseil
d'administration de la société CFO, constatée par la
première résolution de la séance du conseil
Doc 8 d'administration du 4 septembre 1987, excluait
nécessairement sa participation au vote de la quatrième
résolution concernant le règlement de l'indemnité en
cause ; que dès lors, en statuant encore comme elle a
fait, la cour d'appel n'a pas légalement justifié sa
décision au regard de l'article 103 de la loi ;
trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les
renvoie devant la cour d'appel de Paris.
Mais attendu, en premier lieu, que la cour
d'appel n'a fait qu'apprécier le sens et la portée
des différents actes qui lui étaient soumis dont le
Doc 9
rapprochement rendait l'interprétation nécessaire,
qu'ayant retenu que l'allocation fixée par le Cass. com., 10 févr. 1998, Bull. civ. IV, n° 70
conseil d'administration de la société n'avait été Attendu, selon l'arrêt confirmatif attaqué (Paris, 22
prévue qu'en raison de la cession de ses actions septembre 1995), que M. X..., fondateur et président du
par M. X... et de la cessation consécutive de ses conseil d'administration de la société Embalec, s'est vu
fonctions, la cour d'appel, qui a ainsi fait accorder, en témoignage des services rendus à la
ressortir qu'il s'agissait de l'allocation d'une société, par une assemblée générale extraordinaire du
indemnité exceptionnelle, en a déduit que cette 12 septembre 1970 et par le conseil d'administration, le
mesure était soumise à la procédure des articles 17 décembre 1974, une pension viagère à titre de
101 et suivants de la loi du 24 juillet 1966 ; que complément de retraite, à compter de la date de son
sans être tenue de faire la recherche invoquée à départ en retraite ; que cette pension lui a été payée du
la troisième branche, qui ne lui était pas 1er janvier 1975 au 1er octobre 1987, une assemblée
demandée, elle a, hors toute dénaturation, générale du 30 mars 1984 ayant décidé sa supression ;
légalement justifié sa décision de ce chef ; que M. X... a assigné en paiement la société Sidergie
qui a fusionné par voie d'absorption avec la société
Embalec le 30 juin 1987 ;
Attendu, en second lieu, que l'arrêt retient que la
décision litigieuse avait été prise par le conseil Sur le premier moyen, pris en ses deux branches :
d'administration de la CFO à l'unanimité des Attendu que la société Sidergie fait grief à l'arrêt de
voix, incluant ainsi celle de M. X... qui s'était l'avoir condamnée à verser à M. X... la somme de 560
ajoutée à celle des trois autres membres 000 francs au titre des échéances de la pension de
présents ; que la cour d'appel en a déduit, à bon retraite, alors, selon le pourvoi, d'une part, que tout
droit, qu'en raison de la participation du complément de retraite dû à un salarié ne peut être
bénéficiaire de cette résolution, celle-ci avait été octroyé que si ce complément de retraite résulte d'une
prise en violation de l'article 103 de la loi du 24 convention qui a été agréée par le ministre de tutelle et
juillet 1966 ; qui a fait l'objet d'une procédure d'extension ; qu'en
Que le moyen n'est fondé en aucune de ses l'espèce, le complément de retraite réclamé par M. X...
branches ne résulte pas d'une convention établie à son profit,
mais d'une décision de l'assemblée générale qui ne
constitue pas un contrat engageant la société ;
Mais sur le moyen unique, pris en sa quatrième qu'aucune procédure d'agrément ou d'extension n'a été
branche : diligentée ; qu'en accordant néanmoins à M. X... le
bénéfice d'un complément de retraite, la cour d'appel a
Vu l'article 105 de la loi du 24 juillet 1966 ;
violé l'article 18 de l'ordonnance du 4 octobre 1945,
Attendu que pour décider que l'allocation l'article L. 731-1 du Code de la sécurité sociale, les
litigieuse était nulle, la cour d'appel s'est bornée articles L. 133-1 et L. 133-12 du Code du travail et les
à retenir qu'elle avait été prise en violation des dispositions de la loi n° 72-1223 du 29 décembre 1972
articles 101, 103 et 107 de la loi du 24 juillet et alors, d'autre part, que tout complément de retraite
1966 ; ne peut être accordé que si le salarié a cotisé pendant
Attendu qu'en se déterminant par de tels motifs, un certain nombre d'années ; qu'en accordant à M. X...
sans rechercher, comme elle y était invitée par le bénéfice d'un complément de retraite sans relever
les conclusions de M. X..., si cette mesure avait qu'il avait effectivement cotisé, ce qui n'était d'ailleurs
eu des conséquences dommageables pour la pas allégué, la cour d'appel a privé sa décision de base
société CFO, la cour d'appel n'a pas donné de légale au regard des articles L. 731-1 et L. 242-1 du
base légale à sa décision ; Code de la sécurité sociale ;

PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, Mais attendu qu'il ne résulte ni de ses conclusions ni de
dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 24 l'arrêt, que la société Sidergie ait soutenu devant la
septembre 1992, entre les parties, par la cour cour d'appel les prétentions qu'elle fait valoir au
d'appel de Versailles ; remet, en conséquence, la soutien de son moyen ; d'où il suit que nouveau et
cause et les parties dans l'état où elles se mélangé de fait et de droit, il est irrecevable ;
cour d'appel a considéré que le complément de retraite
réclamé par M. X... n'avait pas entravé le
Sur le deuxième moyen, pris en ses quatre
fonctionnement de la société en se bornant à énoncer
branches et le troisième moyen, pris en ses trois
que les actions de la société Embalec avaient été
branches, les moyens étant réunis :
achetées par elle pour un montant de 4 millions de
Attendu que la société Sidergie fait le même francs ; qu'en statuant ainsi, au regard du capital social,
grief à l'arrêt alors, selon le pourvoi, d'une part, indice inopérant, et sans prendre en considération les
qu'une société anonyme n'est tenue d'aucune bénéfices sociaux, la cour d'appel a privé sa décision
obligation naturelle à l'égard de son ancien de base légale au regard de l'article 101 de la loi du 24
président-directeur général qui bénéficie du juillet 1966 ; alors, au surplus, que les procédures
régime légal de retraite et qui se trouve dans la antérieures visées par la cour d'appel, ne la mettaient
situation de tout salarié mis à la retraite ; qu'en nullement en cause, mais la société Embalec et M. X...
considérant que la société Sidergie était tenue d'une part, puis la société Embalec et les époux Y...
d'une obligation naturelle d'assistance à l'égard d'autre part ; que ces procédures antérieures étaient
de M. X..., la cour d'appel a violé l'article 101 de fondées sur une cause et un objet juridique distincts de
la loi du 24 juillet 1966 ; alors, d'autre part, qu'en ceux en cause dans la présente procédure ; qu'en lui
toute hypothèse, l'obligation naturelle se opposant néanmoins l'autorité de la chose jugée, lors
transforme en une obligation civile par la de procédures antérieures, la cour d'appel a violé
promesse d'exécution que contracte son l'article 1351 du Code civil ; et alors, enfin, que la
débiteur ; qu'une décision d'une assemblée renonciation à un droit ne se présume pas et ne peut
générale d'une société ne peut constituer un résulter que d'actes manifestant sans équivoque la
engagement de promesse, l'assemblée générale volonté de renoncer ; qu'en l'espèce, le fait qu'elle n'eût
n'étant pas l'organe représentant la société et ne pas invoqué, lors de procédures antérieures le moyen
pouvant engager cette dernière ; qu'en relatif à la lourdeur de la charge constituée par le
considérant que l'obligation naturelle dont M. complément de retraite litigieux, ne pouvait valoir
X... aurait été le bénéficiaire avait pu devenir une renonciation au droit d'invoquer ce moyen lors d'une
obligation contractuelle par la décision de autre procédure ; que le silence ne constitue pas, en
l'assemblée générale du 12 décembre 1970, la effet, un acte de renonciation ; qu'en statuant comme
cour d'appel a violé les articles 101 et 143 de la elle l'a fait, la cour d'appel a violé l'article 101 de la loi
loi du 24 juillet 1966 ; alors, en outre, que le du 24 juillet 1966 ;
conseil d'administration n'est pas l'organe
représentatif de la société pouvant engager cette
dernière ; que l'autorisation qu'il donne pour Mais attendu que le conseil d'administration d'une
conclure certains contrats ne vaut pas société anonyme est seul compétent pour fixer la
engagement de la société ; qu'en considérant que rémunération du président, en vertu de l'article 110 de
l'autorisation donnée par le conseil la loi du 24 juillet 1966 ; qu'entre dans les prévisions
d'administration valait promesse de sa part à M. de ce texte, et non dans celles de l'article 101 de la loi
X..., la cour d'appel a violé les articles 101 et 143 précitée, l'octroi d'un complément de retraite ayant
de la loi du 24 juillet 1966 ; et alors, encore, pour contrepartie des services particuliers rendus à la
qu'une décision de l'assemblée générale peut société pendant l'exercice de ses fonctions par le
supprimer une décision antérieure prise par cette président dès lors que l'avantage accordé est
assemblée, dès lors que cette nouvelle décision proportionné à ces services et ne constitue pas une
n'entraîne pas un manquement de la société à ses charge excessive pour la société ;
obligations ; qu'en l'espèce, dès lors qu'aucun
engagement n'avait été pris par elle au profit de
M. X..., l'assemblée générale du 30 mars 1984 Attendu que l'arrêt a retenu, par motifs propres et
pouvait revenir sur sa décision du 12 décembre adoptés, que l'obligation invoquée à son profit par M.
1970 ; qu'en décidant le contraire, la cour d'appel X... était une obligation contractuelle résultant de la
a violé les articles 101 et 143 de la loi du 24 délibération du conseil d'administration de la société
juillet 1966 ; alors, de plus, que pour être Embalec du 17 décembre 1974 et qu'il n'était pas du
valable, le complément de retraite consenti à un pouvoir d'une assemblée générale postérieure d'annuler
ancien président doit être octroyé en vertu des cette décision régulièrement prise et que le montant de
services rendus à la société, être proportionné à la rente ne constituait pas, en l'état des documents
ces services et ne pas constituer une charge pour produits, un engagement excessif, eu égard à la durée
la société ; que la charge que constitue ce des services rendus et au développement et à la
complément de retraite s'apprécie in concreto au prospérité de la société dont témoignait le prix auquel
regard des bénéfices sociaux ; qu'en l'espèce, la la société Sidergie avait acquis ses actions en 1984 ;
qu'en l'état de ces constatations et énonciations, PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi.
abstraction faite du motif surabondant critiqué
par les deux dernières branches du troisième
moyen, la cour d'appel a légalement justifié sa
décision ; Bravo, vous avez survécu ! Bonnes révisions !

D'où il suit que les deuxième et troisième


moyens doivent être rejetés en leurs diverses
branches ;
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