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Contraction de texte

Exercice 1 – Soulignez les 8 mots ou groupes de mots jugés fondamentaux dans le texte ci-
dessous

Il est vrai que le fossé grandissant entre la culture scientifique de l’honnête homme et le
niveau de connaissance atteint par le chercheur spécialiste a suscité un sentiment de méfiance vis-à-vis
d’une science devenue inintelligible.
Jusqu’au début du XXe siècle, un homme cultivé pouvait comprendre les découvertes
scientifiques de son temps. Aujourd’hui, les sciences se sont développées à une telle allure qu’avec une
formation scolaire ou universitaire, on ne peut plus avoir accès à la science en développement ou, tout
au moins, il faudrait pour y parvenir faire un effort considérable et chaque jour se renouveler.

Maurice Tubiana, Le refus du réel, 1975

Exercice 2 – Soulignez les 14 mots ou groupes de mots jugés fondamentaux dans le texte ci-
dessous.

Il faudra bien un jour dresser la carte de l'inexplicable contemporain, telle que se la représente,
non la science, mais le sens commun; il semble qu'en fait divers, l'inexplicable soit réduit à deux
catégories de faits : les prodiges et les crimes. Ce qu'on appelait autrefois le prodige, et qui aurait sans
doute occupé presque toute la place du fait divers, si la presse populaire avait existé alors, a toujours le
ciel pour espace, mais dans les toutes dernières années, on dirait qu'il n'y a plus qu'une sorte de prodige
: les soucoupes volantes; bien qu'un rapport récent de l'armée américaine ait identifié sous forme
d'objets naturels (avions, ballons, oiseaux) toutes les soucoupes volantes repérées, l'objet continue
d'avoir une vie mythique : on l'assimile à un véhicule planétaire, d'ordinaire envoyé par les Martiens : la
causalité est ainsi reculée dans l'espace, elle n'est pas abolie; au reste, le thème Martien a été
considérablement étouffé par les vols réels dans le cosmos : il n'est plus besoin de Martien pour venir
dans la couche terrestre, puisque Gagarine, Titov et Glenn en sortent : toute une surnature disparaît.
Quant au crime mystérieux, on sait sa fortune dans le roman populaire; sa relation fondamentale est
constituée par une causalité différée; le travail policier consiste à combler à rebours le temps fascinant et
insupportable qui sépare l'événement de sa cause; le policier, émanation de la société tout entière sous
sa forme bureaucratique, devient alors la figure moderne de l'antique déchiffreur d'énigme (Œdipe), qui
fait cesser le terrible pourquoi des choses; son activité, patiente et acharnée, est le symbole d'un désir
profond : l'homme colmate fébrilement la brèche causale, il s'emploie à faire cesser une frustration et
une angoisse.

Roland Barthes, Essais critiques, 1964

II. Les mots de liaison

Exercice 3 – Dans le texte suivant, soulignez les mots de liaison et inqiquez la nature du rapport
qu’ils assurent (ex : cause, concession, condition, opposition, etc.)
Les jeux sont innombrables et de multiples espèces : jeux de société, d’adresse, de hasard, jeux
de plein air, de patience, de construction, etc. Malgré cette diversité ils appellent les mêmes idées
d’aisance, de risque ou d’habileté. Le jeu entraîne immanquablement une atmosphère de délassement
ou de divertissement. Il repose et il amuse. Il évoque une activité sans contrainte, mais aussi sans
conséquence pour la vie réelle : il s’oppose au sérieux de celle-ci, comme il s’oppose au travail. En effet,
le jeu ne produit rien, il est essentiellement stérile. Cette gratuité fondamentale du jeu est bien le
caractère qui le discrédite le plus…
Mais allons plus loin : on s’apercevra que le jeu est nécessaire à l’équilibre de l’homme. Il repose
en effet sur le besoin de vaincre un obstacle ; mais un obstacle inventé, presque fictif, fait à la mesure du
joueur et accepté par lui ; la réalité de tous les jours n’a pas de ces délicatesses. Ainsi, la civilisation,
industrielle a fait naître une forme particulière de jeu, « le hobby », activité seconde, gratuite, entreprise
et continuée pour le plaisir, collection, art d’agrément, joies du bricolage ou de la petite invention, en un
mot, toute occupation qui apparaît en premier lieu comme compensatrice de la mutilation de la
personnalité entraînée par le travail à la chaîne, de nature automatique et parcellaire.

Roger Caillois, Les jeux et les Hommes, 1958


Exercice 4 – Dans le texte suivant, soulignez les mots de liaison et inqiquez la nature du rapport
qu’ils assurent.

A première vue, des êtres humains ne devraient pas éprouver de difficulté à faire de la
qualité de la vie, et non plus de la quantité de la production, leur principal souci. Mais en pratique, ce
changement s’avérera difficile, car on nous a enfoncé dans le crâne l’idée que l’amélioration de la vie
dépend de la croissance quantitative obtenue par une économie extractive. Pour la plupart des gens, en
vérité, l’expression même « d’état stationnaire » signifie une stagnation qui finit par aboutir à la
décadence. Or de nombreux exemples historiques démontrent que des progrès qualitatifs considérables
peuvent se produire dans une situation de relative stabilité quantitative. La civilisation minoenne continua
de se développer pendant plus de douze cents ans, parvenant à un niveau d’évolution et de raffinement
inconnu dans l’Antiquité ; et cependant l’île de Crête qui en fut le berceau n’est pas plus grande que
Long Island, et ses contacts avec l’Afrique et le Proche-Orient se limitèrent essentiellement au
commerce.

René Dubois, Les Dieux de l’écologie, 1973.

III. Les catégories

Exercice 5 – Dans le texte suivant, qualifiez en 3 mots de quelle nature est le débat sur le pouvoir.

Il ne se passe pas un jour en France sans qu’il soit débattu, ici ou là du pouvoir : pour ou
contre la supranationalité dans la construction européenne, réforme du pouvoir dans l’entreprise, prise
du pouvoir au sein du P.S. ou du P.C., refus du pouvoir par les communistes, excès du pouvoir
judiciaire, lutte pour le pouvoir régional, déclin du pouvoir paternel, émergence du contre-pouvoir
féminin…

Serge Lier, « Le pouvoir hiérarchique survivra-t-il ? », Le Monde, 2 juin 1979.

Exercice 6 – Dans le texte suivant, trouvez les deux catégories d’arguments prouvant le
changement survenu dans le système éducatif. Justifiez par deux éléments pour chaque
catégorie.

Au cours des 30 dernières années, le système français d’instruction a connu une


transformation si profonde que l’on peut parler de révolution.
La distinction entre l’enseignement primaire et l’enseignement secondaire, qui datait de la fin
du siècle dernier, a disparu. Les petites classes de lycées, antérieures à la 6e, n’existent plus. Les
Lycées acceptent de perdre les classes du premier cycle, de la 6e à la 3e. Les C.E.S (collèges
d’enseignement secondaire) reçoivent les jeunes de toutes les classes sociales. Les réformateurs
obéissaient, semble-t-il, à l’idéal de l’égalité de chances.
Il va sans dire que la généralisation des C.E.S n’aboutit pas il ne peut pas aboutir à des
établissements de qualité équivalente. Les C.E.S des grandes villes attirent les enseignants plus que
ceux des petites villes : ils comprendront, en moyenne, de meilleurs pédagogues.
En même temps que cette révolution administrative, une autre révolution, moins connue,
résulte de la différenciation des sections du baccalauréat. Une section, C, l’emporte sur toutes les
autres, à tel point que, dès la classe de seconde, la majorité des meilleurs élèves se détachent des
autres. La section qui correspond à celle qui s’appelait latin–grec, et qui conduisait éventuellement l’
École normale supérieure (lettres), recrute malaisément. Le grec ne conserve, dans le second degré,
qu’une présence fantomatique. Les mathématiques règnent et la culture que l’on appelait celle des
humanité devient rare et marginale.

Raymond Aron, « Sélection clandestine », L’Express, 1978

Exercice 7 – Classez les diverses qualités attribuées au jeu (grandes catégories et détails) dans
le texte suivant

Les jeux de compétition aboutissent aux sports, les jeux d’imitation et d’illusion
préfigurent les actes du spectacle. Les jeux de hasard et de combinaison ont été à l’origine de maints
développements des mathématiques, du calcul des probabilités la topologie. On le voit : le panorama de
la fécondité culturelle des jeux ne laisse pas d’être impressionnant. Leur contribution au niveau de lundi
vie d’une est un moindre. Les psychologues leur reconnaissent un rôle capital dans l’histoire de
l’affirmation de son caractère. Jeux de force, d’adresse, de calcul ils sont exercices et . Ils rendent le
corps plus vigoureux, plus souple et plus résistant, la vue plus perçante, le toucher plus subtil, l’esprit
plus méthodique ou plus ingénieux. Chaque jeu renforce, aiguise quelque pouvoir physique ou
intellectuel. Par le biais du plaisir et de l’obstination, il rend aisé ce qui fut d’abord difficile ou épuisant.

Roger Caillois, Les Jeux et les Hommes, 1958

IV. Du concret à l’abstrait

Exercice 8 – Dégagez, sous forme de plan, les idées contenues dans ce texte

Dans les lignes qui précèdent, Mauriac a défini le risque qui menace le monde moderne : oublier la
référence à l’homme. Dans l’extrait qui suit, l’auteur semble raconter simplement une histoire, pourtant,
son objectif est bien de dénoncer divers aspects du monde moderne. Il poursuit ainsi :

Je suis entrée dans l’étable, où un bœuf demeure encore. Il y en avait quatre autrefois. Je voyais
son grand œil dans l’ombre ; un rayon qui fusait par un trou de la porte touchait son pelage roux.
J’écoutais ce bruit calme de la rumination, je respirais cette odeur puissante et douce qui avait baigné
l’obscure existence de mes ancêtres oubliés. Et tout à coup, dans un défilé d’images nées de ce qui
m’avait attristé ces temps-ci, j’ai revu autour de ma maison de Seine-et-Oise ces prairies pour lesquelles
il n’existe plus de faucheur ; et quand enfin elles furent fauchées, le foin, si précieux naguère, nous
dûmes le brûler, ce foin qui nourrissait les bêtes devenait fumier, retournait à la terre et l’enrichissait,
après avoir nourri les oiseaux, selon une loi peut-être sacrée. Et puis je revoyais en esprit ces milliers de
poissons crevés que roulaient l’Adour, il y a quelques semaines, et tant d’autres rivières. Enfin, je me
suis souvenu de cette lourde glace de Venise qui vient de chez ma mère. Accrochée dans mon cabinet
de Malagar, elle s’est détachée et m’eût peut-être tué si elle avait atteint ma tête au lieu d’effleurer ma
jambe. A tort ou à raison, cette chute fut attribuée à l’ébranlement causé par les avions qui passent le
mur du son au-dessus de Malagar. Je le crois quant à moi, car il y a bien d’autres signes que ces murs
séculaires et lézardés ne résisteront pas toujours à cette loin indéfiniment violée.

François Mauriac, Bloc-Notes

Exercice 10 – Donnez le plan du détaillé du texte (il y a 5 parties à identifier)

Rieux montait déjà l'escalier. Le grand ciel froid scintillait au-dessus des maisons et, près des
collines, les étoiles durcissaient comme des silex. Cette nuit n'était pas si différente de celle où Tarrouet
lui étaient venus sur cette terrasse pour oublier la peste. La mer était plus bruyante qu'alors, au pied des
falaises. L'air était immobile et léger, délesté des souffles salés qu'apportait le vent tiède de l'automne.
La rumeur de la ville, cependant, battait toujours le pied des terrasses avec un bruit de vagues. Mais
cette nuit était celle de la délivrance, et non de la révolte. Au loin, un noir rougeoiment indiquait
l'emplacement des boulevards et des places illuminés. Dans la nuit maintenant libérée, le désir devenait
sans entraves et c'était son grondement qui parvenait jusqu'à Rieux.

Du port obscur montèrent les premières fusées des réjouissances officielles. La ville les salua par
une longue et sourde exclamation. Cottard, Tarrou, ceux et celle que Rieux avait aimés et perdus, tous,
morts ou coupables, étaient oubliés. Le vieux avait raison, les hommes étaient toujours les mêmes. Mais
c'était leur force et leur innocence et c'est ici que, par-dessus toute douleur, Rieux sentait qu'il les
rejoignait. Au milieu des cris qui redoublaient de force et de durée, qui se répercutaient longuement
jusqu'au pied de la terrasse, à mesure que les gerbes multicolores s'élevaient plus nombreuses dans le
ciel, le docteur Rieux décida alors de rédiger le récit qui s'achève ici, pour ne pas être de ceux qui se
taisent, pour témoigner en faveur de ces pestiférés, pour laisser du moins un souvenir de l'injustice et de
la violence qui leur avaient été faites, et pour dire simplement ce qu'on apprend au milieu des fléaux,
qu'il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.

Mais il savait cependant que cette chronique ne pouvait pas être celle de la victoire définitive. Elle
ne pouvait être que le témoignage de ce qu'il avait fallu accomplir et que, sans doute, devraient
accomplir encore, contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs déchirements personnels, tous
les hommes qui, ne pouvant être des saints et refusant d'admettre les fléaux, s'efforcent cependant
d'être des médecins.

Écoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette
allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans
les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des
dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les
caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le
malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une
cité heureuse.

Albert Camus, La Peste, 1947

Voici un exemple de ce texte de Camus résumé en 130 mots environ (le texte initial en comportait
environ 500). Trouvez les mots manquants.

Le ciel étoilé, le décor de la ville et ses rumeurs sont …………………., tels que Rieux et Tarrou les
avaient connus. …………. la mer bruyante et l’air léger annoncent la ……………………. qui se manifeste
par des réjouissances officielles où l’on oublie les victimes de la peste. Cet élan vers le bonheur et l’oubli
amène Rieux à se faire le ………………………. du fléau pour témoigner des souffrances de l’homme et
de sa vaillance dans l’adversité. Certes, il perçoit les limites de son projet : cette victoire en préfigure
bien d’autres et l’homme devra encore modestement, accomplir son métier. ………………………… cette
joie d’aujourd’hui ne doit pas cacher la sourde menace : le bacille de la peste est immortel, il frappera
d’autres villes.

V. Aller à l’essentiel

Exercice 10 – Résumez en une seule phrase (maximum 15 mots) le paragraphe suivant :

Il y a dans le monde, et même dans le monde des artistes, des gens qui vont au Musée du
Louvre, passent rapidement, et sans leur accorder un regard, devant une foule de tableaux très
intéressants quoique de second ordre, et se plantent rêveurs devant un Titien ou un Raphaël, un de
ceux que la gravure a le plus popularisés ; puis sortent satisfaits, plus d'un disant : « Je connais mon
musée. » Il existe aussi des gens qui, ayant lu jadis Bossuet et Racine, croient posséder l'histoire de la
littérature.

Baudelaire, Le peintre de la vie moderne.

Exercice 11 – Résumez en une seule phrase (maximum 15 mots) le paragraphe suivant :

Que doit être un journal télévisé ? Qu’est-ce qui peut faire l’originalité d’un journal quand il
est télévisé, et non pas imprimé ou parlé ?
Naïvement, on serait tenté de répondre que c’est l’image, et l’image mobile, l’image vivante.
Ensuite, que cette image doit être vue sur le vif ou, tout au moins, diffusée quelques heures à peine
après l’événement.

Exercice 12 – Résumez en une seule phrase (maximum 20 mots) le texte suivant :

Le Romanticisme est l’art de présenter aux peuples des œuvres littéraires qui, dans l’état
actuel de leurs habitudes et de leurs croyances, sont susceptibles de leur donner le plus de plaisir
possible.
Le Classicisme, au contraire, leur présente la littérature qui donnait le plus grand plaisir à
leurs arrière-grands-pères.
Stendhal, Racine et Shakespeare
Exercice 13 – Résumez cet extrait (22 mots maximum) en vous efforçant de faire ressortir
l’opposition qu’il contient.

Il y a vingt ans, au moment du rapport Landucci et la création du 3 e cycle, on ne parlait que


de la pénurie de chercheurs, de la nécessité de créer un métier de chercheur, de lui assurer la stabilité,
etc. Le IVe plan parle encore de carrière et statut. Mais vers 1966-67 et le Ve plan, la pénurie a cessé
d’être dramatique et le ton change complètement. L’accent est mis sur la nécessaire mobilité des
chercheurs (c’est-à-dire, en partie, sur l’obligation de quitter la recherche et d’accepter les
licenciements), sur le fait « qu’il n’est pas question » de faire « carrière » dans la recherche, et que la
recherche n’est pas une profession, mais un moment dans la vie de chacun.

Y.Barel, Ph.Mallein, « Y a-t-il une profession de chercheur », La Recherche n°29, nov.1973.

Exercice 14 – Résumez le texte suivant en moins de 15 mots

La pollution de l’air et de l’eau, la multiplication des névroses et des délinquances nous


avertissent que l’espèce court à sa perte si elle ne se connaît plus comme un morceau de la nature. Là,
gît la source la plus profonde des révoltes contre nos sociétés « de consommation ». Il nous faut, sous
peine de folie, et sans doute sous peine de mort, réintégrer l’homme à la nature, renouer les amitiés
rompues avec les plantes et les bêtes.

Emmanuel Berl, Le Virage, 1972

Exercice 14 – Contractez ce texte en 25 mots maximum.

Dans la panoplie de la consommation, il est un objet plus beau, plus précieux, plus éclatant
que tous – plu lourd de connotations encore que l'automobile qui pourtant les résume tous : c'est le
CORPS. Sa « redécouverte », après une ère millénaire de puritanisme, sous le signe de la libération
physique et sexuelle, sa toute-présence (et spécifiquement du corps féminin) dans la publicité, la mode,
la culture de masse - le culte hygiénique, diététique, thérapeutique dont on l'entoure, l'obsession de
jeunesse, d'élégance, de virilité/féminité, les soins, les régimes, qui s'y rattachent, le Mythe du Plaisir qui
l'enveloppe - tout témoigne aujourd'hui que le corps est devenu objet de salut. Il s'est littéralement
substitué à l'âme dans cette fonction morale et idéologique

Jean Baudrillard, La Société de consommation, 1970

Exercice 15 – Contractez ce texte en moins de 55 mots

Aimer Molière, — j’entends l’aimer sincèrement et de tout cœur, — c’est, savez-vous ? avoir
une garantie en soi contre bien des défauts, bien des travers et des vices d’esprit. C’est ne pas aimer
d’abord tout ce qui est incompatible avec Molière, tout ce qui lui était contraire en son temps, ce qui lui
eût été insupportable du nôtre.
Aimer Molière, c’est être guéri à jamais, je ne parle pas de la basse et infâme hypocrisie,
mais du fanatisme, de l’intolérance et de la dureté en ce genre, de ce qui fait anathématiser et maudire.
Aimer Molière, c’est être également à l’abri et à mille lieues de cet autre fanatisme politique,
froid, sec et cruel, qui ne rit pas, qui sent son sectaire, qui, sous prétexte de puritanisme, trouve moyen
de pétrir et de combiner tous les fiels et d’unir dans une doctrine amère les haines, les rancunes et les
jacobinismes de tous les temps. C’est ne pas être moins éloigné, d’autre part, de ces âmes fades et
molles qui, en présence du mal, ne savent ni s’indigner ni haïr.
Aimer Molière, c’est être assuré de ne pas aller donner dans l’admiration béate et sans limite
pour une humanité qui s’idolâtre et qui oublie de quelle étoffe elle est faite, et qu’elle n’est toujours, quoi
qu’elle fasse, que l’humaine et chétive  nature. C’est ne pas la mépriser trop pourtant, cette commune
humanité dont on rit, dont on est, et dans laquelle on se replonge chaque fois avec lui par une hilarité
bienfaisante.
Aimer et chérir Molière, c’est être antipathique à toute manière dans le langage et
l’expression ; c’est ne pas s’amuser et s’attarder aux grâces mignardes, aux finesses cherchées, aux
coups de pinceau léchés, au marivaudage en aucun genre, au style miroitant et artificiel.
Aimer Molière, c’est n’être disposé à aimer ni le faux bel esprit, ni la science pédante ; c’est
savoir reconnaître à première vue nos Trissotins et nos Vadius jusque sous leurs airs galants et
rajeunis ; c’est ne pas se laisser prendre aujourd’hui plus qu’autrefois à l’éternelle Philaminte, cette
précieuse de tous les temps, dont la forme seulement change, et dont le plumage se renouvelle sans
cesse ; c’est aimer la santé et le droit sens de l’esprit chez les autres comme pour soi – Je ne fais que
donner la note et le motif ; on peut continuer et varier sur ce ton.

Pour finir : faire court grâce aux substitutions

Voici quelques astuces pour facilement réduire sa contraction.

1. Remplacer un verbe transitif indirect par un verbe transitif direct (cela permet
d’économiser la préposition).
Ex : je me souviens de la journée = je me ……………. la journée
Ex : l’alcool nuit à sa santé = l’alcool………. sa santé
Ex : un nuage orageux plane sur la ville = un nuage orageux ……….. la ville

2. Remplacer les verbes pronominaux par des verbes simples


Ex : s’apercevoir = ……………
Ex : se promener = errer
Ex : se repentir = regretter
Ex : se servir de = …………………

3. Remplacer le groupe nominal (article + nom) par un infinitif


Ex : La mort est une échéance inévitable = ……….. est une échéance inévitable
Ex : La maîtrise de l’avenir devient nécessaire = ………………. l’avenir devient
nécessaire.

4. Remplacer un groupe nominal par un adverbe


Ex : On s’interroge sur la manière de soigner ce mal = on s’interroge sur ……..
soigner ce mal. (même emploi pour combien, pourquoi, etc.)
Ex : Le Monde du XXIe siècle = le monde d’aujourd’hui (même emploi pour hier,
demain, etc.)

5. Remplacer un groupe prépositionnel (préposition + nom) par un adjectif


Ex : Une promenade à pied = une promenade…………..
Ex : un créature de Dieu = une créature ………………..
Ex : un homme de génie = un homme ………………
Ex : une maison à la campagne = une maison ………

Le procédé est également utilisable pour les noms propres :


Ex : la production de l’Espagne = la production espagnole
Ex : l’ironie de Voltaire = l’ironie voltairienne

6. Remplacer un groupe prépositionnel par un adverbe


Ex : il conduit avec prudence = il conduit………………
Ex : L’analyse pêche au point de vue intellectuel = l’analyse pêche …………..
Ex : Ils l’ont fait sans volonté apparente = ils l’ont fait ………………….

7. Remplacer du négatif par le positif :


Ex : L’homme ne connaît pas son destin = l’homme ………… son destin
Ex : souvent on ne croit pas les menteurs = souvent on …………… les menteurs
Ex : l’Histoire n’oublie pas les hommes célèbres = l’Histoire se ……………… des
hommes célèbres.
Ex : parler ne lui plaît pas = Parler lui …………….
8. Remplacer le passif par l’actif :
Ex : La réalité a été perçue différemment par les spécialistes =

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