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Procédés Généraux de Construction

Travaux de coffrage

Année universitaire 2018-2019

O. Ben Mekki-A.Kallel ENIT,12018


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Avant propos
Pour les travaux de génie civil, les différentes étapes de la construction
de chaque élément de béton nécessaire à la réalisation de la structure
sont :
 Réalisation d'une structure povisoire destinée à soutenir (soutènement) ou à porter
(étaiement) la partie d'ouvrage dans l'attente du durcissement du béton.
 Sur cette structure, mise en place une surface continue et provisoire destinée à
définir la géométrie et la qualité de l'aspect de la partie de l'ouvrage : on parle ainsi de
la mise en place du “moule”.
 A l'intérieur du moule, mise en place des armatures : Ferraillage.
 Déversement du béton à l'intérieur du moule comportant déjà les armatures :
Bétonnage.
 Après durcissement suffisant du béton, enlèvement des éléments provisoires
(coffrage) : c'est l'opération de décoffrage.

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Fonction des coffrages
 Eléments provisoires, dans la plus part des cas.
 Déterminent la forme et l'aspect de l'ouvrage en assurant la stabilité
du béton frais jusqu'à son durcissement.

Les coffrages sont des éléments fondamentaux pour


la réalisation d'un ouvrage en BA

 Il importe que ces éléments provisoires soient examinés avec un


soin tout particulier aux différents stades:
 Conception
 Calcul
 Condition de mise en place et de dépose
 Conditions de réemplois
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Ordre de grandeur
Lorsqu'on se réfère au coût d'une partie d'ouvrage, il est fréquent de
considérer le coût des diverses prestations nécessaires pour réaliser 1
m3 de béton.

Pour 1m3 de béton 4 à 6 m2 de coffrage

14 à 36 h 4 à 12 h (total) 1 à 2 h/m2

A rétenir que les temps de main d'oeuvre consommés


par les coffrages sont de l'ordre de 30 à 50% des temps
nécessaires à la réalisation de la structure en BA. 5
Les constituants d'un coffrage

La peau (surface


coffrante)
 Ossature
 Support
Elements de
sécurité
 Les accessoires

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Les constituants d'un coffrage

Parements verticaux Parements horizontaux


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Les constituants d'un coffrage
Un coffrage est généralement constitué d'un assemblage de cinq
éléments qui sont:
 La peau : c'est la surface provisoire qui en contact avec le béton et qui va
déterminer son aspect définitif en lui laissant son empreinte.

 L'ossature : elle assure le maintien de la peau coffrante et le transfert des efforts au


support.

 Le support : sa fonction est d'assurer la position, le réglage et la stabilité de


l'ensemble pendant la phase de bétonnage.

 Les éléments de sécurité : ils permettent de travailler dans les meilleures conditions
de sécurité.

 Les accessoires : sont des équipements complémentaires nécessaires à l'utilisation


des coffrages 8
Les différentes peaux coffrantes
Le choix de la peau coffrante est fonction :
 De l'état de surface à obtenir
 De nombre de réemplois souhaité

 Des conditions d'appui sur l'ossature

La peau est constituée de trois familles principales de matériaux :

 Le bois :
 C'est le matériau le plus fréquemment employé sous forme de plaques de contre-
plaqué d'épaisseurs varient de 5 à 25 mm.
 Pour des coffrages particuliers on utilise des planches

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Les différentes peaux coffrantes
 Le métal :

 Généralement c'est l'acier qui est utilisé sous forme de tôles minces ou épaisses.
 Ils est très souvent employé dans le cadre de la préfabrication

 Des peaux coffrantes sont parfois réalisées au moyen d'alliages d'aluminium :

-avantage : légère, auto-protection vis à vis de la corrosion


- inconvénient : prix, sensibilité à l'attaque de certains ciments et l'adhérence au béton
qui est supérieure à l'acier

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Les différentes peaux coffrantes

Les matériaux spéciaux :


Sont réalisées au moyen de résines synthétiques armées ou non de fibre de verre, de
polystyrènes, de polyesters, de caoutcouc permettant d'obtenir des formes complexes

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L'ossature
Elle permet au moyen des raidisseurs primaires et secondaires de limiter les
déformations de la peau et de transmettre les efforts au support.
 Les raidisseurs primaires :
 Sont les plus nombreux,

 Constitués de quadrillages en bois ou en tôle pliée dont l'espacement varie de 20 à

40 cm.
Les raidisseurs secondaires :
 Plus espacés,

 Sections plus importantes,

 Sont fixés orthogonalement aux raidisseurs primaires et reprennent les efforts pour

les transmettre au support.

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Le support
A pour fonction d'assurer la stabilité et la position de l'ensemble pendant la
phase de bétonnage.
 Sa conception dépendra de la position de la surface coffrée :
 Fonction de soutènement pour une surface verticale
 Fonction d'étaiement pour une surface horizontale

Il comporte de dispositifs de réglage du coffrage soit horizontalement soit


verticalement
 Il doit en outre comporter les dispositifs nécessaires au décoffrage

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Les éléments de sécurité
Les principaux éléments de sécurité sont :
 Les échelles d'accès
 Les passerelles de travail équipées de gardes-corps

 Les passerelles de contournement

 Les anneaux de manutention

 Les dispositifs de stabilisation au vent en position de stockage

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Les accessoires
Les principaux accessoires sont constitués des équipements suivants :
 Les entretoises
 Les jouées

 Les vérins à vis de pied

 Les réservations

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Les accessoires

16
Les accessoires

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Conception des coffrages
Un coffrage sera conçu en fonction de nombreux paramètres qui doivent être
analysés individuellement puis globalement :

 Aspect prescrit pour les parements


• Il s’agit d’une spécification du contrat exprimé par le MO.
• Les critères relatifs aux parements portent sur :

 La géométrie, avec des tolérances portant sur une planéité


d’ensemble (généralement mesurée sous une règle de 2 m) et sur
une planéité locale (sous un réglet de 0.2 m)

 L’aspect, qui est caractérisé par la texture ( s’étendre du


lisse au rigueux) et la teinte
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Conception des coffrages
 Le choix de la peau
• La peau sera choisi en fonction de la forme et de la texture.
• Les divers conditions d’emploi des peaux coffrantes sont indiquées

dans un tableau (Techniques de l’ingénieur)

• C’est à ce niveau que devront être prises les dispositions nécessaires


pour assurer l’étanchéité du coffrage.
• Toute fuite entraîne en effet une perte de laitance.

 Il s’avère nécessaire de choisir un type de joint adapté au


matériau utilisé et aux résultats attendus.

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Conception des coffrages
 Le choix de l’ossature et du support
Pour effectuer le choix de l’ossature et du support, on tentera de respecter les
objectifs suivants :

1. Utiliser en priorité les disponibilités de matériel du parc de l’entreprise ou


de ses fournisseurs priviligiés,

2. Utiliser de préférence des éléments étudiés et fabriqués préalablement en


atelier :
• équipés de dispositifs de manutention compatibles avec les moyens du
chantier
• permettant des assemblages simples et robustes,
• permettant un réglage géométrique aisé de la surface coffrante,
• permettant la mise en place de réservations.

3. Tenir compte des conditions de température ou des traitements 20


thermiques.
Conception des coffrages

4. Employer des pannaux aussi grands que possible compatibles avec :

 Les moyens de manutention du chantier,


 L’exposition au vent admissible en fonction du type de support,
 Les conditions de réemplois en fonction du découpage en panneaux
élémentaires du parement à réaliser

5. Utiliser des dispositifs de support adaptés :

• garantissant une bonne stabilité au stockage et en période d’utilisation,


• permettant des réglages aisés,
• dont les coûts plus réduits

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Conception des coffrages
Une fois les différentes dispositions arrêtées, il est opportun de procéder à
une analyse des conditions d’utilisation et de décoffrage afin qu’elles
garantissent :

• l’accès, la circulation et la sécurité du personnel pendant l’exécution,


• la qualité de l’exécution par la simplicité des interventions,
• la stabilité,
• le respect des spécifications relatives aux parements,
• l’étanchéité,
• la durabilité du matériel.
Pour tout bon entrepreneur qui se respecte, le choix de l’ossature et du
support est effectué dans l’ordre de priorité suivant :

Sécurité - Qualité - Délais - Prix


En fin, on procède au calcul du coffrage et on modifie si nécessaire les
dispositions initialement prévues. 22
Calcul des coffrages

Le calcul d’un coffrage commence par la détermination des efforts qui lui
seront appliqués : ils se décomposent de la manière suivante :

 Les charges de poids mort

 Les charges de service lors(N°1)


de la réalisation ou de
l’utilisation du coffrage

Les différents paramètres interviennent de façon différente selon qu’ils


s’agit de coffrages verticaux ou horizontaux

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Calcul des coffrages

 Les charges de poids mort


• Le poids propre du coffrage
• Le poids propre des armatures
• Le poids du béton frais

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Calcul des coffrages
 Les charges de service :
• Le personnel
• Le matérial de bétonnage et ses voies de circulation éventuelles
• Le stockage provisoires des matériaux ou matériels
• Le phasage du bétonnage
• Les effets dynamiques apportées par le coulage du béton
• Les effets dynamiques apportées par la vibration du béton
• Les effets statiques du béton juste après bétonnage
• Les efforts de précontrainte éventuels
• Les actions parasites apportées : vents, chocs …
•Les actions parasites apportées par dilatation thermiques pour les couffrages
métalliques 25
Vérification à effectuer

Une fois les différents efforts recentés, le calcul comprennent :

La vérification des efforts et des déformations de la


peau coffrante

 La vérification de l’ossature

 La vérification du support
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Vérification à effectuer
La vérification des efforts et des déformations de la peau
coffrante

 Respecter les tolérances géométriques admises, ce qui déterminera :

• les caractéristiques mécaniques de la peau : module, contrainte


admissibles,
• l’épaisseur de la peau,

• la portée admissible qui permettra de fixer l’espacement des éléments de

l’ossature

Sur un plan pratique, on aura fréquemment recours à des abaques


d’utilisation de matériaux permettant, en fonction du type de matériau retenu,
de la distance entre appuis, de la charge appliquée et de la flèche admise, de
determiner l’épaisseur du matériau selon que la plaque est rectangulaire ou
carrée 27
Vérification à effectuer
 La vérification des efforts et des déformations de la peau coffrante

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Vérification à effectuer
 La vérification des efforts et des déformations de la peau coffrante

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Vérification à effectuer
 La vérification de l’ossature

 Les raidisseurs secondaires sont placés selon le cas

• à chaque extrémité des raidisseurs primaires


• répartis en ménageant un porte à faux aux extrémité des raidisseurs

primaires

Les espacements et les dimensions de ces raidisseurs seront fonction de la


nature des matériaux, de leurs caractéristiques mécaniques et de la position
des boulons qui matérialiseront les points d’appui reprenant les poussées du
béton frais.

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Vérification à effectuer
 La vérification de support
Les supports sont généralement constitués de triangulations équipées
d’articulations et de dispositifs de réglage auxquels sont appliqués des
efforts concentrés.

 Vérification de la stabilité (traction, compression, flambement, moment


fléchissant, effort tranchant…)
 Assurer que les déformations sont compatibles avec les tolérances

géométriques admises pour la structure à réaliser.

Contrôle d’exécution
•Vérification des étais et de spièces de blocage des tubes
• Vérification de l’assemblage entre différentes parties

• Vérification de la fixation et de systèmes de calages


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• Contrôle de sécurité
Poussée du béton frais
 Les expérimentations
•Le béton qui serait coulé très rapidement dans un coffrage se comporterait
approximativement comme un fluide de densité voisine de 2,5.

• Le diagramme de poussée du béton serait représenté par un triangle

2,5 eau g h
• Compte tenu de la diminution de fluidité du béton apportée par la prise, de
nombreux essais ont été conduits afin d’apprécier la poussée probable du
béton frais lors de sa mise en oeuvre. 32
Poussée du béton frais
Les différents auteurs ne s’accordent pas sur les valeurs maximales des
poussées, ils retiennent les mêmes paramètres les plus déterminants sur la
poussée du béton frais :

• la densité du béton, variable de 1,7 à 2,7


• la consistance du béton
• le dosage en ciment
• la température du béton
• la vitesse de mise en place
• la largeur de la section bétonnée
• la hauteur de béton au dessus du point considéré
• les moyens de mise en place du béton

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Poussée du béton frais
 Estimation de la poussée
•PIERRE dans son ouvrage “Les Coffrages pour Béton Armé” estime qu’il
est préférable de se placer dans les conditions les plus défavorables.

•Le Manuel de Technologie “Coffrage” édité par le Comité International du


Bâtiment estime la poussée du béton frais en utilisant des formules dont les
résultats sont représentés sous forme de tableaux.

•La pression à prendre en compte est l’une des valeurs suivantes avec une
limite de poussée de 150 KPa.
• P 1 - Effet de hauteur

• P 2 - Effet d’arc
• P 3 - Effet de durcissement
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Poussée du béton frais

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Poussée du béton frais

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Poussée du béton frais

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Poussée du béton frais

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Poussée du béton frais
 Remarques sur la poussée du béton frais
•Les effets d’arc
Sont cités pour les ouvrages minces et peuvent être détruits par la vibration.
Il n’y a pas lieu de les prendre en compte lorsque la vibration est effectuée
par les coffrages ou lorsque l’affaissement est supérieur à 8 cm .

•Poussées dans les angles


Dans les angles les poussées ne sont pas équilibrées et il convient d’en tenir
compte pour définir les entretoises et les boulons.

•Faces inclinées
Lorsque les coffrages présentent des faces inclinées, il y a lieu de tenir
compte de la composante verticale de la poussée et de stabiliser le coffrage.

•Réservations dans le béton


Il est nécessaire de tenir compte de la poussée d’Archimède sur ces 39
réservations.
Les démoulants
Sont appelés également produits de démoulage qui facilitent l’opération de
décoffrage en permettant une bonne homogénéité des parements tout en
limitant l’usure des peaux coffrantes.

 Qualités d’un démoulant

• sécurité d’emploi (non-agressivité sur la peau),


• anti-adhérence et non-altération du coffrage et du béton à court et à long
terme,
• limitation du bullage et des variations de teintes,
• facilité d’obtention d’une couche mince et uniforme à l’application,
• délai de séchage réduit après application,
• non-altération par les températures extrêmes après applicatiosn et en40stock.
Les principaux systèmes de coffrage
Types de coffrage
 Par destination
• Poteaux, poutres, plancher, fondation…

 Par matériau
• Bois, métal, spécial…

 Coffrages spéciaux
•Coffrage grimpant
•Coffrage glissant

•Coffrage roulant

•Coffrage perdu

•Coffrage prédalle

•Coffrage mixte

•Coffrage gonflant
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Coffrages grimpants

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Coffrages grimpants

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Coffrages grimpants

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Coffrages grimpants

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Les causses d’incidents
Le bulletin 115 du comité Euro-International du béton énumère les causes
les plus fréquentes à l’origine d’accidents de coffrages :
 Les erreurs de chantier les plus fréquentes
• mauvais contreventements d’étais
• mauvais couplages d’étais en bois, mauvais raboutement d’étais verticaux
• manque d’entretoisement aux jonctions d’étais
• non-verticalité des étais
• pièces de blocage de tubes d’étais non fermées, cassées, improvisées ou
manquantes
• instabilité du sol porteur
• clouages insuffisants
• mauvaise prise en compte de la poussée latérale du béton frais
• entretoises de banches mal tendues ou non bloquées
• rives de coffrages non fixées
• non vérification des reprises de charges par les étais sur les étages inférieurs
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Les causses d’incidents
 Les erreurs de chantier les plus fréquentes
• défaut de surveillance des coffrages pendant et après le bétonnage pour
détecter les flèches anormales et corriger en temps utile un début de rupture
• défaut de surveillance de la vitesse de remplissage des coffrages en fonction
des paramètres déterminants (valeur de l’affaissement, type de vibration,
emploi d’adjuvants, température)
• défaut de surveillance de la conformité du bétonnage au phasage préétabli
(dissymétrie des charges…)
• vibrations et chocs imprévus
• démontage prématuré des supports
• non-respect des consignes des fabricants de coffrages ou du projeteur
• non-protection des coffrages en carton (tubes en général) contre les
intempéries ou l’eau avant bétonnage
• contrôles non effectués pour vérifier si les plans du projet ont été bien
respectés par le monteur
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Les causses d’incidents
 Les erreurs de conception les plus fréquentes
• non-prise en compte de la composante des forces hors la direction des étais (
dalle légèrement inclinée, coffrages non parallèle…)
• non-prise en compte de la composante verticale vers le haut des coffrages en
surplomp
• oubli de la reprise des efforts aux extrémités des structures (force d’une
voûte extrême non reprise par un tirant)
• non-équilibrage d’efforts dissymétriques (en raison de la géométrie ou de
l’âge différent du béton)
• mauvaise définition des points de transmission d’efforts.

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