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CONVENTION COLLECTIVE

DES CENTRES DE SANTE


COMMUNAUTAIRES

2006

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Les parties ci-après :

Ont convenu et arrêté ce qui suit :

TITRE PREMIER : DISPOSITIONS GENERALES

Article 1er : Objet et champ d’application


La présente convention règle les rapports entre les employeurs et les travailleurs des
Centres de Santé Communautaires en République du Mali. La présente Convention
est la seule qui s’applique au personnel salarié non fonctionnaire des Centres de
Santé Communautaires.

Au sens de la présente Convention, le terme «  travailleur  » est celui défini à l’article


1er, alinéa 2 de la loi 92 – 020 du 23 septembre 1992 portant Code du Travail en
République du Mali.

Article 2 : Prise d’effet de la convention


La présente Convention prendra effet à compter du jour qui suit celui de son dépôt
au greffe du Tribunal du Travail de Bamako par la partie la plus diligente. Les
contrats individuels de travail qui interviendront postérieurement à la signature de la
présente convention, seront soumis à ses dispositions qui sont considérées comme
conditions minima d’engagement dans lesdits contrats individuels. La présente
Convention s’applique de plein droit aux contrats en cours d’exécution, à compter de
la date de sa prise d’effet.

Article 3 : Avantages acquis


La présente Convention ne peut en aucun cas être la cause de restriction
d’avantages individuels acquis, sauf stipulation particulière relative au non – cumul.
Il est précisé que le maintien de ces avantages ne joue que pour le personnel en
service à la date d’application de la présente Convention.

Article 4 : Durée – Dénonciation et Révision de la Convention


La présente Convention est conclue pour une durée indéterminée. Elle pourra être
dénoncée en tout ou partie, à toute époque par l’une des parties contractantes. La
dénonciation de la présente Convention par l’une des parties devra être portée à la
connaissance des autres parties par lettre recommandée avec accusé de réception.

Elle sera effectuée avec un préavis de trois mois. Celle des parties qui prend
l’initiative de la dénonciation devra accompagner sa lettre d’un nouveau projet
d’accord sur les points mis en cause afin que les pourparlers puissent commencer
dans un délai n’excédant pas un mois après réception de la lettre recommandée.

Les parties signataires s’engagent formellement à ne recourir ni à la grève, ni au look


out à propos des points mis en cause pendant la dénonciation. Les demandes de
révision des salaires ne sont pas soumises aux prescriptions ci – dessus relatives au
préavis. Chaque partie signataire peut demander la révision de la présente
Convention. Toute demande de révision devra être portée à la connaissance des
autres parties contractantes. Elle devra mentionner les points dont la révision est

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demandée et contenir des propositions de rédaction des articles faisant l’objet de
modification.

Une commission paritaire constituée conformément à l’article 64 ci – dessous devra


se réunir dans un délai d’un mois à compter de la date d’envoi de la demande de
révision.

Article 5 : Adhésion à la Convention


Tout syndicat ou groupement professionnel de travailleurs, tout employeur ou toute
organisation syndicale d’employeurs ou tout groupement d’employeurs relevant des
activités professionnelles définies à l’article premier, peut adhérer à la présente
Convention en notifiant cette adhésion par lettre recommandée aux parties
contractantes et au Greffe du Tribunal du Travail de Bamako.

Cette adhésion prendra effet à compter du jour qui suivra celui de la notification au
Greffe dudit tribunal. Si le caractère représentatif est reconnu à l’organisation
syndicale adhérant après coup, elle jouira des mêmes droits que les organisations
signataires. Si elle ne possède pas ce caractère représentatif, elle ne pourra ni
dénoncer la convention, ni en demander la révision même partielle ; elle ne pourra
que procéder au retrait de son adhésion.

Dans ce dernier cas, les organisations signataires ne seront pas tenues de faire une
place à l’organisation adhérente dans les organismes ou commissions paritaires
prévus par la présente convention.

TITRE II : LIBRE EXERCICE DU DROIT SYNDICAL ET DE LA


LIBERTE D’OPINION

Article 6 : Liberté d’option


Les parties contractantes reconnaissent la liberté aussi bien pour les employeurs que
pour les travailleurs de s’associer et d’agir librement par voie syndicale pour la
défense collective de leurs intérêts professionnels.

Le Centre de Santé Communautaire étant un lieu de travail, les parties s’engagent


mutuellement à ne pas prendre en considération le fait d’appartenir ou non à une
organisation syndicale, politique, philosophique ou religieuse en particulier pour les
employeurs en ce qui concerne l’embauche, le congédiement, l’exécution, la
conduite ou la répartition du travail ; les mesures d’avancement ; de discipline ; la
formation professionnelle, la rémunération ou l’octroi d’avantages sociaux. Le libre
exercice du droit syndical et la liberté d’opinion ont pour condition une stricte
neutralité des lieux de travail.

Article 7 : Droit syndical


Les conditions d’exercice du droit syndical seront réglées conformément à la
législation en vigueur.

Article 8 : Absences pour activité syndicale


Chaque fois que les travailleurs seront appelés à participer à une commission
paritaire décidée entre les organisations signataires ou celles qui leur sont affiliées, il
appartiendra aux syndicats patronaux et de travailleurs ayant organisé la réunion de

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déterminer de quelle façon et dans quelle limite (nombre de participants, durée etc.)
il conviendra de faciliter cette participation. Les travailleurs sont tenus d’informer trois
jours à l’avance sauf cas de force majeure leurs employeurs de leur participation à
ces commissions et de s’efforcer de réduire au minimum la gêne que leur absence
apportera au fonctionnement normal du Centre de Santé Communautaire.

Toutefois les travailleurs dûment mandatés bénéficieront d’une autorisation


d’absence rémunérée mais non déductible du congé annuel. Les travailleurs appelés
à participer aux organismes consultatifs paritaires réglementaires ou devant siéger
comme assesseurs au Tribunal du Travail devront communiquer à l’employeur la
convocation les désignant conformément à l’article L.255 du Code du Travail.

Article 9 : PANNEAUX D’AFFICHAGE POUR COMMUNICATION SYNDICALE


Des panneaux d’affichage en nombre suffisant sont mis dans chaque Centre de
Santé Communautaire à la disposition des organisations syndicales de travailleurs
pour leur communication au personnel. Ils sont apposés à l’intérieur du Centre de
Santé Communautaire dans un endroit proche de l’entrée ou de la sortie du
personnel ou à un endroit jugé plus favorable d’accord parties.

Les communications doivent avoir un objet exclusivement professionnel et syndical.


Elles seront affichées par les soins d’un représentant du syndicat travaillant dans le
Centre de Santé Communautaire après communication d’un exemplaire à
l’employeur.

TITRE III : CONTRAT DE TRAVAIL

CHAPITRE PREMIER : FORMATION ET EXECUTION DU CONTRAT

Article 10 : Embauche


L’employeur fait connaître ses besoins en main d’œuvre aux services de l’Agence
Nationale pour l’Emploi (A N P E), d’un bureau de placement privé ou par
communiqué ou annonce.

Le personnel est tenu informé par voie d’affichage des emplois vacants et des
catégories professionnelles dans lesquelles ils sont classés.

Le travailleur congédié par suite de suppression d’emploi ou de compression du


personnel conserve pendant deux ans, la priorité d’embauche dans la même
catégorie.

Passé ce délai, il continue à bénéficier de la même priorité pendant une troisième


année mais son embauchage peut être subordonné à un essai professionnel ou un
stage probatoire.

Article 11 : Période d’essai


Tout travailleur est soumis par l’employeur à une période d’essai de :
- 1 mois pour les travailleurs des catégories « E », «  D  » et «  C  » ;
- 2 mois pour les travailleurs de la catégorie «  B  » ;
- 3 mois pour les travailleurs de la catégorie «  A  ».

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Le période d’essai stipulé obligatoirement par écrit est renouvelable une seule fois.

Pendant la durée de la période d’essai, le travailleur doit recevoir au moins le salaire


minimum de la catégorie professionnelle dont relève l’emploi à pourvoir.

Pendant la période d’essai, les parties ont la faculté réciproque de rompre le contrat
sans indemnité ni préavis autre que celle relative à la période de congé due au
travailleur.

Article 12 : Engagement définitif


Dès la fin de la période d’essai, lorsque l’engagement est confirmé, l’employeur
expédie au travailleur un exemplaire de la déclaration d’embauche visée à l’article.
L. 309 du Code du Travail.

Article 13 : Modifications aux clauses du contrat de travail


Les employeurs et les travailleurs peuvent proposer la modification du contrat de
travail, pour des raisons tenant à l’incapacité physique du travailleur, la situation
économique ou à la réorganisation du Centre de Santé Communautaire.

Si le salarié accepte la modification, celle – ci ne peut intervenir qu’à l’issue d’une


période équivalente à la période de préavis. La prise d’effet de la modification prend
effet dans la limite maximum d’un mois.

Si le travailleur refuse cette modification, la rupture du contrat de travail sera


considérée comme imputable à l’employeur.

Au cas où l’ancien emploi du travailleur supprimé par suite de la situation


économique ou de la réorganisation de l’entreprise serait rétabli le travailleur
conserve pendant deux ans une priorité de réembauchage dans sa catégorie de
classement

Article 14 : Promotion


Pour pourvoir les emplois vacants ou crées, l’employeur fait appel d’office aux
travailleurs en service dans le Centre de Santé Communautaire désireux d’améliorer
leur classement hiérarchique s’ils répondent aux conditions d’accès à ces emplois.

Le travailleur postulant un tel emploi peut être soumis à la période d’essai prévue
pour cet emploi. Au cas où l’essai ne s’avèrerait pas satisfaisant, le travailleur sera
réintégré dans son ancien poste. Cette réintégration ne saurait être considérée
comme une rétrogradation.

Article 15 : Mutation Provisoire dans une catégorie inférieure


En cas de nécessité de service ou pour éviter le chômage, l’employeur pourra
affecter momentanément un travailleur à un emploi relevant d’une catégorie
inférieure à celle de son classement habituel. Dans ce cas, et par dérogation à
l’article 34 de la présente convention, le travailleur conservera le bénéfice du salaire
perçu précédemment pendant la période de mutation qui, en règle générale,
n’excède pas six mois.

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Article 16 : Intérim d’un emploi supérieur
Le fait pour le travailleur d’assurer provisoirement ou par intérim un emploi
comportant un classement supérieur dans la hiérarchie professionnelle ne lui confère
pas automatiquement le droit aux avantages pécuniaires ou autres attachés audit
emploi.

Toutefois la durée de cette situation ne peut excéder :

- 01 mois pour les travailleurs des catégories « E », «  D  » et «  C  » ;


- 02 mois pour les travailleurs de la catégorie « B » ;
- 03 mois pour les travailleurs de la catégorie «  A  » ;
sauf dans les cas de maladie, accident ou congé du titulaire de l’emploi.

Passé ce délai, l’employeur doit régulariser la situation du travailleur :

- soit le reclasser dans la catégorie correspondant au nouvel emploi :


- soit lui rendre ses anciennes fonctions.

En cas de maladie, accident ou congé du titulaire, l’intérimaire perçoit :

- après 15 jours pour les travailleurs des catégories « E » et «  D  » ;


- après 1 mois pour les travailleurs des catégories «  C  » et «  B  » ;
- après 3 mois pour les travailleurs de la catégorie «  A  ».
Une indemnité égale à la différence entre son salaire et le salaire minimum de la
catégorie du nouvel emploi qu’il occupe.

Article 17 : Mutation des femmes en état de grossesse


Les salariées en état de grossesse mutées à un autre poste en raison de leur état,
conserveront le bénéfice de leur salaire antérieur pendant toute la durée de leur
mutation.

Article 18 : Affectation à un autre emploi


Lorsque les mutations ne sont pas prévues dans les conditions d’engagement, aucun
travailleur ne peut être muté dans une localité autre que celle de son lieu de travail
habituel sans son consentement.

Article 19 : Discipline


Les sanctions disciplinaires applicables au personnel sont les suivantes :

1 / l’avertissement ;
2 / le blâme ;
3 / la mise à pied de un à huit jours ;
4 / le licenciement.

Ces sanctions seront prises par l’employeur après que l’intéressé assisté sur sa
demande de son délégué du personnel aura fourni des explications écrites ou
verbales.

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La sanction est signifiée par écrit au travailleur et ampliation de la décision est
adressée à l’Inspection du Travail du ressort. L’employeur s’engage à ne pas
licencier les femmes en état de grossesse constaté par un certificat médical, sauf en
cas de faute lourde ou de licenciement collectif.

La suppression de salaire pour absence non justifiée ne fait pas obstacle à


l’application de sanctions disciplinaires. Les employeurs ne pourront sanctionner les
travailleurs inscrits aux ordres professionnels pour les fait relevant de la déontologie,
qu’après avoir recueilli l’avis du Conseil de l’Ordre concerné.

Article 20 : Clause de non concurrence


Sauf stipulation contractuelle contraire, il est interdit au travailleur toute activité à
caractère professionnel susceptible de concurrencer le Centre de Santé
Communautaire ou de nuire à la bonne exécution des services convenus.
Il est également interdit au travailleur de divulguer les renseignements acquis au
niveau dudit Centre de Santé Communautaire.

CHAPITRE II SUSPENSION DU CONTRAT DE TRAVAIL

Article 21 : Cas de suspension du contrat de travail.


Les absences de courtes durée, justifiées par un évènement grave et fortuit, dûment
constaté, intéressant directement le foyer du travailleur, n’entraînent pas la rupture
du contrat de travail, mais simplement sa suspension, pourvu que l’employeur ait été
avisé au plus tard dans les trois jours et que la durée de l’absence soit en rapport
avec l’évènement qui l’a motivé.
Le contrat de travail est également suspendu dans les cas prévus à l’article L.34 du
Code du Travail.

Article 22 : Absence pour maladie et accident non professionnels


Les absences justifiées par l’incapacité résultant de maladies ou accidents non
professionnels ne constituent pas une cause de rupture du contrat de travail dans la
limite de 18 mois, ce délai étant prorogé jusqu’au remplacement du travailleur
Pendant ce délai, au cas où le remplacement du travailleur s’imposait, le remplaçant
devrait être informé en présence d’un délégué du personnel du caractère provisoire
de son emploi

Article 23 : Formalités à accomplir


Si le travailleur malade fait constater son état par un service médical dans un délai
de quarante huit heures, il n’aura pas d’autres formalités à accomplir. Dans la
négative, il doit, sauf cas de force majeure avertir l’employeur du motif de son
absence dans un délai de soixante douze heures suivant la date de l’accident ou de
la maladie.

Cet avis est confirmé par un certificat médical à produire dans un délai maximum de
six jours, à compter du premier jour de l’indisponibilité. .Si le travailleur, gravement
malade, ne peut se déplacer, il avise l’employeur de cette impossibilité. Ce dernier lui
envoie l’infirmier et éventuellement le médecin.

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Article 24 : Indemnisation du travailleur malade
L’indemnité versée au travailleur malade est égale au montant de sa rémunération
pendant une période de six mois.

Article 25 : Accident du travail


Le contrat du travailleur accidenté du travail est suspendu jusqu’à consolidation de la
blessure.
Au cas où après consolidation de la blessure , le travailleur accidenté ne serait plus à
même de reprendre son service et de l’assurer dans les conditions normales,
l’employeur recherchera avec les délégués du Personnel du Centre de Santé
Communautaire, la possibilité de reclasser l’intéressé dans un autre emploi.
L’indemnisation du travailleur accidenté du travail se fera suivant les dispositions de
la loi n°99-041 du 12 août 1999 portant Code de Prévoyance Sociale en République
du Mali.

CHAPITRE III RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL

Article 26 : Formalités de rupture


La partie qui prend l’initiative de la rupture du contrat doit notifier sa décision par écrit
à l’autre partie.
Cette notification doit être faite soit, par envoi d’une lettre recommandée, soit par
remise directe de la lettre au destinataire, contre reçu ou devant témoin.
Le délai du préavis court à, compter de la notification effective telle qu’elle est
précisée ci-dessus. Cette disposition s’applique à tous les travailleurs dont
l’inscription au registre d’employeur est obligatoire.

Article 27 : Durée du préavis


La durée minimum du préavis est fixée ainsi qu’il suit :
- un mois pour les travailleurs des catégories « E » ; « D » et « C » ;
- deux mois pour les travailleurs de la catégorie « B » ;
- trois mois pour les travailleurs de la catégorie « A ».

Article 28 : Indemnité compensatrice de préavis


Chacune des parties peut se dégager de l’obligation de préavis en versant à l’autre
une indemnité compensatrice dont le montant correspond à la rémunération et aux
avantages de toute nature dont aurait bénéficié le travailleur pendant la durée du
préavis s’il avait travaillé.

En cas de licenciement et lorsque le préavis aura été exécuté, au moins à la moitié,


le travailleur licencié qui se trouve dans l’obligation d’occuper immédiatement un
nouvel emploi, pourra après avoir fourni toutes les justifications utiles à l’employeur
quitter le Centre de Santé Communautaire avant l’expiration du préavis sans avoir à
payer l’indemnité compensatrice.

Article 29 : Rupture du contrat du travailleur malade


Si à l’expiration du délai de douze mois prévu à l’article 22 de la présente convention,
le travailleur dont le contrat a été suspendu pour cause de maladie se trouve dans
l’incapacité de reprendre son travail, l’employeur peut le remplacer définitivement
après avoir signifié par lettre recommandée, ou remise de la lettre devant témoin ou
contre décharge, qui prend acte de la rupture du contrat de travail.

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Dans tous les cas, la rupture du contrat de travail pour cause de maladie ouvre droit,
au profit du travailleur ayant au moins un an de service à une indemnité de
licenciement conformément aux dispositions de l’article 30 de la présente
convention. Le travailleur remplacé dans les conditions indiquées au paragraphe
premier conserve pendant un délai d’un an un droit de priorité de réembauchage.

Article 30 : Indemnités de licenciement


En cas de licenciement ou de rupture de contrat de travail pour cas de force majeure,
le travailleur ayant accompli dans le Centre une durée de service continue au moins
égale à un an,a droit à une indemnité distincte du préavis.

Les travailleurs sont admis au bénéfice de l’indemnité de licenciement lorsqu’ils


atteignent la durée de présence nécessaire à son attribution à la suite de plusieurs
embauches dans le même Centre, si leurs départs précédents ont été provoqués par
une compression d’effectifs ou une suppression d’emplois. Dans ce cas, le montant
de l’indemnité est déterminé, déduction faite des sommes qui ont pu être versées à
ce titre lors des licenciements antérieurs.

Cette indemnité est calculée en prenant la moyenne mensuelle de la rémunération


perçue au cours des douze derniers mois qui ont précédé le licenciement en
appliquant à cette rémunération les pourcentages suivants :

- 25% pour chacune des cinq premières années de travail ;


- 30 % pour chacune de la sixième année à la dixième année incluse ;
- 35 % pour la période s’étendant au-delà de la dixième année.

La rémunération à prendre en compte pour le calcul de cette indemnité englobe


toutes les prestations constituant une contrepartie du travail à l’exclusion de celle
présentant un caractère de remboursement de frais. Dans le décompte effectué sur
les bases indiquées ci-dessus, il doit être tenu compte des fractions d’années. Cette
indemnité n’est pas due si le licenciement est motivé par une faute lourde du
travailleur laissée à l’appréciation de la juridiction compétente.

Article 31 : Indemnités de «services rendus »


En cas de démission, le travailleur qui compte au moins dix années de services
continus dans le Centre de Santé Communautaire, aura droit à une indemnité de
« services rendus » calculée sur les mêmes bases et dans les mêmes conditions que
l’indemnité visée à l’article 30 de la présente convention.

Article 32 : Décès du travailleur


En cas du décès du travailleur, le salaire de présence, l’allocation de congé et les
indemnités de toutes natures acquis à la date du décès reviennent à ses ayants droit
.Si le travailleur comptait au jour du décès, douze mois au moins d’ancienneté dans
le Centre de Santé Communautaire, l’employeur est tenu de verser aux ayants droit
une indemnité d’un montant équivalent à l’indemnité de licenciement qui serait
revenue au travailleur en cas de rupture de contrat.

Ne peuvent prétendre à cette indemnité que les ayants droit en ligne directe du
travailleur qui étaient effectivement à sa charge. Si le travailleur avait été déplacé

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pour les besoins du Centre de Santé Communautaire, l’employeur assurera à ses
frais le transport du corps du défunt au lieu de résidence habituel, à condition que les
ayants droit en formulent la demande dans un délai maximum de deux ans, après
l’expiration du délai réglementaire prévu pour le transfert des restes mortels. En cas
du décès du travailleur logé avant l’âge de la retraite, sa famille sera logée
gratuitement pendant un an au plus ou bénéficiera d’une indemnité compensatrice.

CHAPITRE IV : FORMATION, STAGE DE PERFECTIONNEMENT ET DE


RECYCLAGE

Article 33 : Modalités d’organisation et de fonctionnement


La formation en cours d’emploi et le perfectionnement professionnel étant un droit
pour tout travailleur, l’employeur doit tout mettre en œuvre pour faciliter l’accès de
ces travailleurs à la formation professionnelle continue.

Outre les cours et stages organisés par le Ministère de tutelle, les médecins, les
infirmiers d’Etat, les sages femmes, laborantins, matrones, aides soignants peuvent
accéder aux cours et cycles de formation par voie de concours. Le travailleur qui
aura bénéficié d’une formation à la charge de l’employeur est tenu de travailler dans
le Centre de Santé Communautaire pendant une période ne pouvant excéder 04
années
TITRE : IV  SALAIRE

Article 34 : Dispositions générales


Le salaire est la contrepartie du travail fourni. Le salaire de chaque travailleur est
déterminé en tenant compte de l’emploi qui lui est attribué dans le Centre de Santé
Communautaire .Les salaires sont fixés à l’heure, à la journée ou au mois.
L’employeur a toutefois la faculté d’appliquer toute forme de rémunération qu’il juge
utile pour la bonne marche du Centre de Santé Communautaire.

Article 35 : Catégories professionnelles


Les travailleurs sont classés dans les catégories et échelons définis par les
classifications professionnelles qui figurent en annexe à la présente convention.

Le classement du travailleur est fonction de sa qualification professionnelle et de


l’emploi qu’il occupe dans le Centre de Santé Communautaire. Les salaires minima
de chaque catégorie sont fixés en annexe à la présente convention.

Article 36 : Commission de classement


Si le travailleur conteste auprès de l’employeur le classement de son emploi dans la
hiérarchie professionnelle et si une suite favorable n’est pas donnée à la réclamation,
il peut porter le différend devant une commission paritaire de classement.

Cette commission présidée par l’Inspecteur du Travail du ressort, est composée de


deux représentants des employeurs et deux représentants des travailleurs et à titre
consultatif, un ou deux de leurs représentants particulièrement qualifiés pour
apprécier le litige.
Sur sa demande, le travailleur peut se faire assister par un représentant de son
organisation syndicale.

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Les membres employeurs et travailleurs de la commission ainsi que leurs
représentants sont choisis par les parties signataires de la présente convention. Le
travailleur adresse sa requête ou la fait adresser par son délégué du personnel ou
son organisation syndicale à l’Inspecteur du Travail du ressort qui provoque la
réunion de la commission en convoquant les membres, les parties et, si le travailleur
en fait la demande, un représentant de l’organisation syndicale à laquelle appartient
ce dernier.

La commission se réunit obligatoirement dans les dix jours francs qui suivent la
requête et se prononce dans les quinze jours suivant la date de sa première
réunion. Si l’un des membres de la commission ou son suppléant ne se présente
pas au jour et à l’heure fixés pour la réunion, la commission peut néanmoins décider
de siéger, mais en s’organisant pour que la représentation des employeurs et des
travailleurs demeure paritaire.

Le rôle de la commission est de déterminer la catégorie dans laquelle doit être classé
l’emploi assuré par le travailleur au sein du Centre de Santé Communautaire. Si la
commission dispose d’éléments d’information suffisants, elle rend immédiatement sa
décision.

Dans le cas contraire, elle peut inviter les parties à produire des renseignements
complémentaires. Elle peut également décider de faire subir au travailleur, s’il en est
d’accord, un test professionnel. Elle choisit alors l’épreuve à faire subir au requérant,
fixe le temps dont il disposera pour l’exécution et désigne la personne qualifiée pour
procéder à la notation. Dès qu’elle dispose de ces éléments complémentaires, la
commission prononce sa décision. Celle-ci est prise à la majorité des voix des
membres ayant qualité pour délibérer.

Article 37 : Prime d’ancienneté


Au sens de la présente convention, on entend par ancienneté le temps pendant
lequel le travailleur a occupé de façon continue un emploi dans le même Centre de
Santé Communautaire.
Ne sont pas prises en considération pour le calcul de l’ancienneté les périodes de
service qui ont été antérieurement prises en compte pour l’octroi de l’indemnité de
licenciement ou d’un avantage attribué sur la base de l’ancienneté.

Ne sont pas interruptives de l’ancienneté du travailleur :


- les absences pour raisons personnelles dans la limite d’un mois ;
- les périodes de congé payés annuels ou, dans la limite de dix jours, les
permissions exceptionnelles prévues aux articles 146 et 147 du Code du
Travail ;
- les absences pour congés de maternité ;
- les absences pour maladie ou accident non professionnel médicalement
constaté, dans la limite de douze mois ;
- les périodes d’indisponibilité pour accident de travail ou maladie
professionnelle ; les périodes de congé d’éducation ouvrière et de stage
professionnel.

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La prime d’ancienneté est attribuée à tout salarié, qui compte au moins trois ans
d’ancienneté dans le Centre de Santé Communautaire. Elle est calculée en
pourcentage sur le salaire minimum de la catégorie de classement du travailleur.
Ce pourcentage est fixé ainsi qu’il suit :
- 5% après trois ans d’ancienneté ;
- 7% après cinq ans d’ancienneté ;
- plus 1% par année d’ancienneté en sus, dans la limite de 20 %.

Article 38 : Indemnité de transport – indemnité de déplacement


Les travailleurs bénéficient d’une indemnité mensuelle de transport destinée à
compenser les frais inhérents aux déplacements qu’ils effectuent pour se rendre de
leur domicile au lieu de travail et vice versa.

L’employeur est tenu de verser une indemnité de déplacement aux travailleurs


lorsque pour des nécessités de service, ils doivent se rendre d’une localité à une
autre dans la zone d’intervention du centre

Indemnisation
Le montant de l’indemnité de transport ou de l’indemnité de déplacement est fixé à
5 000 F CFA. Le déplacement en dehors de la zone d’intervention du Centre de
Santé Communautaire et à l’étranger ouvre droit au paiement de frais de mission
dont les montants seront fixés d’accord parties entre la direction et les délégués du
personnel du Centre de Santé Communautaire.

Les frais de mission peuvent toutefois être perçues au départ sous forme d’avance à
justifier ou au retour sous forme de remboursement de frais d’hébergement et de
restauration après présentation des factures.

Sont en outre remboursés de plein droit, sur présentation des justificatifs, les frais de
nature exceptionnelle engagés par le travailleur comme nécessaires à l’exécution de
ses missions.

Article 39 : Indemnité de monture


Tout travailleur qui utilise pour les besoins du Centre de santé Communautaire, son
véhicule personnel, bénéficie d’une indemnité de monture dont le montant est fixé à :
- 10.000 F CFA pour les véhicules automobiles ;
- 5.000 F CFA pour les engins à moteurs de deux roues, trois ou quatre roues ;
- 2.000 F CFA pour les autres véhicules.

Article 40 : Prime d’intéressement


A la fin de chaque exercice les travailleurs bénéficient d’une prime d’intéressement
aux résultats dont le taux est proportionnel à l’emploi occupé.

Article 41 : Prime de risque


Les travailleurs bénéficient d’une prime de risque destinée à couvrir les risques
sanitaires. Le taux de cette prime est celui prévu par la réglementation en vigueur.

Article 42 : Prime de panier


Bénéficient de la prime de panier les travailleurs qui effectuent un travail de nuit au
sens du Code du Travail ou qui sont soumis à un horaire de travail tels qu’ils soient

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astreints à une présence sur le lieu de travail avant six heures ou après vingt
heures. Cette prime est octroyée sans préjudice du paiement des heures
supplémentaires éventuelles effectuées dans les conditions prévues par la
réglementation en vigueur. Elle est égale au salaire horaire du travailleur concerné.

Article 43 : Indemnité de logement


Une indemnité de logement est accordée au chef du Centre de Santé
Communautaire (CSCOM) s’il ne peut être logé par l’employeur.

La mutation du travailleur en un autre lieu ouvre droit pour l’intéressé à une


indemnité de logement s’il ne peut se procurer par ses moyens un logement dans la
nouvelle localité.
Si l’employeur fournit le logement, il peut opérer sur le salaire du travailleur une
retenue dans la limite fixée par la réglementation en vigueur.
En cas de rupture du contrat de travail, le travailleur occupant un logement fourni par
l’employeur est tenu de l’évacuer dans les conditions ci-dessous :

- en cas d’arrivée à terme du contrat à durée déterminée : évacuation


immédiate ;
- en cas de notification du préavis : évacuation à l’expiration du préavis ;
- en cas de rupture anticipée d’un contrat à durée déterminée : évacuation
immédiate ou différée d’un mois selon qu’elle soit le fait du salarié ou de
l’employeur ;
- en cas de démission sans préavis : évacuation immédiate ;
- en cas de licenciement sans préavis : évacuation différée, dans la limite d’une
période équivalente au préavis, jusqu’au retour du travailleur au lieu de
recrutement, aux frais de l’employeur.

Article 44 : Application du principe « à travail égal, salaire égal pour les
femmes et les enfants »

A condition égale de travail, de qualification professionnelle et de rendement, le


salaire est égal pour tous les travailleurs quels que soient leur origine, leur sexe, leur
âge et leur statut.
Tout travail de valeur égale effectué par les femmes ouvre droit pour celles-ci à une
rémunération égale à celle perçue habituellement pour ce travail.
Les salaires minima des jeunes travailleurs de moins de dix huit ans rémunérés au
temps sont fixés par rapport à ceux des travailleurs adultes occupant le même
emploi dans la classification professionnelle, ainsi qu’il suit :
- travailleurs de 15 ans……………………50% ;
- travailleurs de 15 à 16 ans………………60% ;
- travailleurs de 16 à 17 ans………………70% ;
- travailleurs de 17 à 18 ans……………….80% ;

Les jeunes travailleurs de moins de 18 ans rémunérés au rendement, qui effectuent


de façon courante et dans des conditions égales d’activités, de rendement et de
qualité, des travaux habituellement confiés aux adultes, sont payés aux tarifs établis
pour la rémunération du personnel effectuant ces mêmes travaux.

13
Article 45 : Salaire des travailleurs physiquement diminués
L’employeur a le droit d’allouer à un travailleur dont le rendement a diminué à la
suite d’accident ou d’infirmité quelconque médicalement constaté, un salaire inférieur
au salaire minimum de la catégorie professionnelle dont relève l’emploi confié à
l’intéressé.

L’employeur qui entend se prévaloir de ce droit, doit en informer par écrit


l’intéressé, soit lors de l’engagement, soit dès la constatation de l’incapacité et
convenir expressément avec lui des conditions de sa rémunération. Cette
rémunération ne peut ne aucun cas être inférieure de plus de dix pour cent du salaire
minimum de la catégorie du travailleur.

Article 46 : Majoration pour heures supplémentaires


Les heures accomplies au-delà de la durée prévue à l’article 47 ci-dessous, donnent
lieu à une majoration du salaire réel. Elles sont majorées aux taux ci-dessous:
a) Jours ouvrables :
- 20% pour les heures de jours qui se situent de la 46ème heure à la 53ème heure
incluse ;
- 30% au –delà de chaque heure de la 53ème heure ;
- 75% pour les heures de nuit.
b) Jours non ouvrables :
- 75% pour les heures de jour ;
- 100% pour les heures de nuit.
Les heures supplémentaires ne sont autorisées que dans les conditions fixées par la
réglementation en vigueur.

TITRE V : CONDITIONS DE TRAVAIL

Article 47 : Durée du travail


La durée du travail est de 4O heures conformément au Code du Travail.

Article 48 : Interruptions collectives du travail


En cas d’interruption collective du travail résultant soit de causes accidentelles ou
de force majeure, soit d’intempéries, les récupérations des heures de travail perdues
sont effectuées conformément à la réglementation en vigueur.
Un travailleur qui, sur l’ordre de son employeur, s’est tenu à la disposition du Centre
de Santé Communautaire, doit recevoir son salaire calculé au tarif normal, même s’il
n’a pas effectivement travaillé.

Article 49 : Jours fériés, chômés et payés


Les jours fériés sont ceux prévus par la législation en vigueur.

Article 50 : Travail des femmes


Les conditions particulières de travail des femmes et des femmes enceintes sont
réglées conformément à la loi. Les femmes remplissant les conditions requises ont
égal accès aux perfectionnements et formation continue et aux emplois. L’employeur
tiendra compte de l’état des femmes enceintes en ce qui concerne les conditions de
travail. Il s’engage à ne pas licencier les femmes en état de grossesse constaté par
un certificat médical pendant toute la période de la suspension du contrat.

14
Cette disposition ne s’applique pas dans les cas de contrat à durée déterminée ou de
licenciement collectif. L’employeur s’engage à prendre des dispositions pour éviter
aux femmes enceintes toute bousculade, tant aux vestiaires qu’aux sorties du
personnel.

En cas de changement d’emploi demandé par le médecin du fait d’un état de


grossesse constaté, l’intéressée conserve dans son nouveau poste le bénéfice de
son salaire antérieur pendant toute la durée de sa mutation. Les heures passées par
les femmes enceintes aux consultations prénatales obligatoires auxquelles elles ne
peuvent assister en dehors des heures de travail seront payées comme temps de
travail effectif.

Les femmes salariées qui allaitent disposent à cet effet d’une heure par jour à
compter de la naissance et ce, pendant une période de 15 mois. Ce temps
d’allaitement est considéré comme temps effectif de travail et rémunéré comme tel.

Article 51 : Travail des enfants


Les conditions de travail des enfants sont réglées conformément aux dispositions
légales et réglementaires.

Article 52 : Durée et organisation du congé


Les travailleurs bénéficient chaque année d’un mois de congé payé. La date de
départ en congé de chaque travailleur est fixée d’un commun accord entre
l’employeur et le travailleur. La date retenue ne pourrait être avancée ou retardée
d’une période supérieure à trois mois.

Lorsque le travailleur présente sa demande de congé en temps opportun, il doit être


avisé de la date de départ en congé quinze jours au moins à l’avance. A la demande
du travailleur , la jouissance du congé acquis peut être reportée dans la limite d’un
an maximum et les droits en la matière peuvent se cumuler avec ceux acquis pour le
temps de service accompli au cours de la période de report. Dans ce cas un congé
minimum de 08 jours y compris les jours non ouvrables devra être pris
obligatoirement par le travailleur la première année.

Pour la détermination de la durée de congé acquis, ne seront pas déduites les


absences pour accidents du travail ou maladies professionnelles, les périodes
légales de repos des femmes en couches, les périodes de service militaire
obligatoire, ni dans la limite de douze mois, les absences pour maladies constatées
par un certificat médical, ni les permissions exceptionnelles prévues à l’article 59 de
la présente convention.

La durée du congé payé sera augmentée de :


- deux jours ouvrables après 15 ans de services continus ou non dans le Centre
de Santé Communautaire ;
- quatre jours ouvrables après 20 ans de services continus ou non dans le
Centre de Santé Communautaire ;
- six jours ouvrables après 25 ans de services continus ou non dans le Centre
de Santé Communautaire ;

15
Les mères de famille ont droit à un jour ouvrable de congé supplémentaire par année
de service ouvrant droit à congé pour chaque enfant enregistré à l’état civil et qui n’a
pas atteint l’âge de 15 ans à l’expiration de la période de référence.

Article 53 : Congé de formation


Des congés seront accordés aux travailleurs désignés pour suivre des stages de
formation ou de perfectionnement compris dans le plan de formation du centre dans
lequel ils exercent leurs activités

La durée de ce congé est assimilée à une période de travail et ne peut être imputée
à la durée du congé annuel. Elle est également prise en considération pour le calcul
de l’ancienneté du travailleur dans le Centre de Santé Communautaire. L’employeur
supportera le coût de la formation conformément aux dispositions de l’article 33 de la
présente convention.

Article 54 : Congé de maternité


Toute femme enceinte dont l’état a été constaté médicalement a droit à un congé de
maternité de quatorze semaines. Ce congé commence six semaines avant la date
présumée de l’accouchement.

Lorsque l’accouchement a lieu avant la date présumée, la période de repos est


prolongée jusqu’à l’expiration des quatorze semaines de congé. En cas de maladie
attestée par un certificat médical et résultant de la grossesse ou des couches, la
femme peut prétendre à une prolongation de congé de trois semaines. Pendant le
congé de maternité, l’intéressée a droit aux soins gratuits et à la rémunération
qu’elle percevait au moment de la suspension du travail dans les conditions fixées
par le Code de Prévoyance Sociale.

Elle conserve en outre le droit aux prestations en nature. Lorsque la femme ne peut
par suite de maladie reprendre son travail à l’expiration de son congé de maternité,
la suspension du contrat de travail prend effet pour compter du premier jour suivant
l’expiration dudit congé.

Dans ce cas l’employeur est tenu dès le premier jour suivant la prolongation de
l’indemnisation dans les conditions fixées à l’article 24 de la présente convention.
Pendant toute la durée de la suspension, l’employeur ne peut résilier le contrat de
travail.

Article 55 : Congé pour veuvage


En cas du décès du mari, la femme employée dans le Centre de Santé
Communautaire bénéficie d’un congé de veuvage conformément au Code du Travail.

Article 56 : Allocation de congé


L’allocation de congé est calculée conformément aux dispositions légales et
réglementaires en vigueur.
Elle est versée au travailleur au moment de son départ en congé.

16
Article 57 : Indemnité compensatrice de congé
En cas de rupture de contrat avant que le travailleur ait acquis droit de jouissance du
congé, une indemnité calculée sur la base des droits acquis est accordée à la place
du congé.

Article 58: Voyages et transports


Les dispositions afférentes aux voyages des travailleurs et des membres de leur
famille sont celles qui sont prévues par les dispositions légales et réglementaires en
vigueur.

Article 59: Permissions exceptionnelles


Des permissions exceptionnelles d’absence, qui dans la limite de dix jours par an, ne
sont pas déductibles du congé réglementaire et n’entraînant aucune retenue de
salaire, sont accordées aux travailleurs pour les évènements familiaux suivants:

- Mariage du travailleur……………………………………………………….3 jours


- Mariage d’un enfant, d’un frère ou d’une sœur du travailleur…………..1 jour
- Décès du conjoint ou d’un descendant …………………………………...7 jours
- Décès d’un ascendant, d’un frère ou d’une sœur………………………..3 jours
- Naissance et baptême d’un enfant………………..……………………….3 jours

Tout évènement familial donnant lieu à une permission d’absence doit être justifié
par la présentation de pièces d’état civil ou d’une attestation délivrée par l’autorité
administrative qualifiée.

Toute permission de cette nature doit faire l’objet d’une autorisation écrite préalable
de l’employeur, sauf cas de force majeure. Dans ce dernier cas le travailleur doit
aviser son employeur dès la reprise du travail. Les documents attestant l’évènement
doivent être présentés à l’employeur dans le plus bref délai et au plus tard huit jours
après l’évènement. Si l’évènement se produit hors de la localité de travail et
nécessite le déplacement du travailleur, les délais ci-dessus pourraient être
prolongés d’accord parties. Cette prolongation sera rémunérée.

Article 60 : Hygiène et Sécurité


Les parties signataires de la présente convention s’engagent à respecter les
dispositions légales et réglementaires en vigueur en matière d’hygiène et de sécurité.

TITRE VI : DELEGUES DU PERSONNEL

Article 61 : Généralités


Dans chaque Centre de Santé Communautaire inclus dans le champ d’application de
la présente convention, il est institué des délégués titulaires et des délégués
suppléants dans les conditions prévues par les dispositions légales et
réglementaires.
Peuvent être électeurs les travailleurs qui, à la suite de plusieurs embauches dans le
même Centre de Santé Communautaire totalisent six mois d’ancienneté.

Article 62 : Statut et attributions


La fonction de délégué du personnel ne peut être pour celui qui l’exerce une entrave
à une amélioration de sa rémunération, ni à son avancement régulier.

17
Le délégué du personnel ne peut être muté contre son gré pendant la durée de son
mandat, sauf appréciation de l’Inspecteur du Travail du ressort. Un travailleur ne
peut jouir d’un traitement de faveur en raison de sa fonction de délégué du
personnel. L’horaire de travail du délégué du personnel est l’horaire normal de
l’établissement. Toutefois, il bénéficie du crédit d’heures prévu par le Code du
Travail pour exercer sa fonction de représentant du personnel.
Est considéré comme nul et de nul effet le licenciement d’un délégué du personnel
effectué sans l’autorisation de l’Inspecteur du Travail conformément à l’article L.277
du Code du Travail.

Toutefois en cas de faute lourde du délégué du personnel, l’employeur peut


prononcer immédiatement sa mise à pied provisoire en attendant la décision
définitive de l’Inspecteur du Travail ou de la juridiction compétente.

Pendant la durée comprise entre la date de l’affichage des listes électorales et celle
du scrutin, les travailleurs inscrits sur ces listes affichées bénéficient des mesures de
protection édictées par l’article L.277 du Code du Travail. Ces mesures sont
maintenues en faveur des délégués élus dont le mandat arrive à expiration, jusqu’au
moment où il aura été procédé à de nouvelles élections.

La compétence du délégué du personnel s’étend à l’ensemble du collège qui l’a élu.


Pour les questions d’ordre général, intéressant l’ensemble du personnel, cette
compétence s’étend à tout Centre de Santé Communautaire. Tout délégué peut sur
sa demande, se faire assister d’un représentant de son organisation syndicale, soit à
l’occasion de sa visite à son Centre de Santé Communautaire, soit à l’occasion des
visites de l’Inspecteur du Travail.

En cas de divergence né d’un différend collectif au sein du Centre de Santé


Communautaire, le délégué du personnel ou un représentant d’un syndicat signataire
de la convention essaiera sans délai de l’aplanir avec l’employeur ou son
représentant.

TITRE VII : RETRAITE

Article 63 : Les parties signataires de la présente convention s’engagent à


respecter la législation en vigueur en ce qui concerne le régime de la retraite. Les
travailleurs atteints par la limite d’âge et admis à la retraite bénéficient d’une
indemnité de départ à la retraite calculée sur les mêmes bases que l’indemnité de
licenciement ci-dessus.

Outre l’indemnité de départ à la retraite, une prime de fidélité sera instituée en faveur
des travailleurs ayant accompli au moins 10 ans de service continu dans le centre.

Le montant de cette prime est égal à :


- un mois de salaire après 10 ans de service ;
- deux mois de salaire après quinze de service ;
- trois mois de salaire après vingt de service.

La prime de fidélité est également due aux ayants droit du travailleur décédé dans
les mêmes conditions d’ancienneté et de montant qu’au dernier alinéa.

18
TITRE VIII : DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

Article 64 : Commission paritaire d’interprétation et de conciliation.


Il est institué une Commission Paritaire d’Interprétation et de Conciliation des
Centres de Santé Communautaires. La Commission Paritaire a pour mission de
rechercher des solutions de type transactionnel aux différends susceptibles de
naître de l’application ou de l’interprétation de la présente convention. Elle s’en
réfère, en cas de désaccord, à la commission paritaire de négociation. La
Commission paritaire d’interprétation et de conciliation comprend, sous la présidence
de l’Inspecteur du Travail du ressort :

- quatre représentants des organisations professionnelles d’employeurs


signataires ;
- quatre représentants des organisations syndicales de travailleurs signataires.

La partie signataire qui désire soumettre un différend à la commission doit en


informer par écrit l’autre partie. La commission se réunit sur convocation de son
président dans les quinze jours qui suivent sa saisine. Lorsque la commission émet
un avis à l’unanimité des organisations représentées, le texte de cet avis, signé par
les membres de la commission, a les mêmes effets juridiques que les clauses de la
présente convention. Il est déposé, à la diligence de l’Inspecteur du Travail, au
Greffe du Tribunal du Travail.

Article 65 : Visa, dépôt et entrée en vigueur


La présente convention sera soumise au visa du Ministre chargé du Travail. Elle sera
déposée au Greffe du Tribunal du Travail de Bamako. Elle sera applicable le jour
suivant son dépôt.

Fait à Bamako, le 28 août 2006

19
Pour les organisations d’employeurs ;

Ibrahima Fadiala KEITA

Yaya Zan KONARE

Tiemoko MALLE

KANTE Oumou B DIALLO

Hamadoun O DIALLO

Mamadou Baba SANGARE

Pour les organisations de travailleurs ;

Mahamane MAIGA

MAIGA Fatoumata KONATE

Dramane DIARRA

Moctar DEMBELE

Moussa MAIGA

CISSOKO Mama SY

Visa du Ministre de la Fonction Publique, de la Reforme de l’Etat et


des Relation avec Les Institutions ;

Badi Ould GANFOUD

Visa du Président du Tribunal du Travail de Bamako

ANNEXE N°1

20
A LA CONVENTION COLLECTIVE
DES CENTRES DE SANTE COMMUNAUTAIRES

CLASSIFICATION DES EMPLOIS- DEFINITION DES CATEGORIES

Article 1er : Dispositions générales


Les travailleurs des Centres de Santé Communautaires relèvent de l’une des
catégories ci-après :
- catégorie « E » ;
- catégorie « D » ;
- catégorie « C » ;
- catégorie « B » ;
- catégorie « A ».

La catégorie « E » comporte quatre échelons.


La catégorie « D » comporte trois échelons.
Les catégories « C » et « B » comptent chacune deux échelons.
La catégorie «  A » se subdivise en trois échelons.

Article 2 : catégorie « E »


Les emplois suivants sont classés à la catégorie « E » et sont occupés par des
travailleurs sans qualification professionnelle particulière :
1. Manœuvre ordinaire : Agent affecté à des travaux manuels ne nécessitant ni
connaissance professionnelle, ni adaptation, tels que travaux de manutention et
travaux courants de nettoyage et de propreté ;
2. Manœuvre spécialisé : Agent exécutant des travaux simples après une mise au
courant sommaire ;
3. Gardien : Agent affecté au gardiennage, à l’entretien et à la surveillance des
locaux après réussite à un test d’exercice physique ;
4. Planton : Agent ayant un minimum d’instruction ou une compétence acquise par la
pratique et affecté aux tâches de distribution interne et externe du courrier.

Article 3 : Catégorie « D »

1. Standardiste : Agent ayant un minimum d’instruction ou une compétence acquise


par la pratique et chargé de gérer les communications avec l’extérieur.

2. Accoucheuses traditionnelles recyclées : Agents possédant une compétence


acquise par la tradition et la pratique et chargés d’aider à l’accouchement ;

3. Aide soignant, Matrone : Agents chargés d’administrer, sous la


supervision d’un infirmier, d’une Sage-femme, des soins qui ne nécessitent pas de
connaissances approfondies.

Article 4 : Catégorie « C »

21
Les emplois suivants sont classés à la Catégorie « C » et sont occupés par les
travailleurs titulaires du certificat d’aptitude professionnelle (CAP) ou du diplôme
d’infirmier du premier cycle :

1. Secrétaire : Agent de saisie chargé des travaux de copie avec orthographe et


présentation parfaite des documents ;
Gérant de dépôt : Agent chargé des opérations diverses se rapportant au dépôt des
produits pharmaceutiques du Centre de Santé Communautaire ;

2. Agent technique de santé ou de laboratoire : Agent chargé d’administrer des soins


médicaux et d’effectuer des travaux pharmaceutiques d’exécution courante en
laboratoire ;
Aide comptable : Agent dont la formation comptable est suffisante pour effectuer des
travaux secondaires tels que la vérification matérielle des documents accessoires, la
tenue des journaux auxiliaires des Centres de Santé Communautaires

Article 5 : Catégorie « B »


Les emplois suivants sont classés à la Catégorie « B » et sont occupés par les
travailleurs justifiant d’une formation sanctionnée par l’obtention du diplôme
d’infirmier d’Etat ou du Brevet de Technicien ou diplôme équivalent et assurant des
travaux comportant une part d’initiative et de responsabilité sous les ordres d’un
supérieur hiérarchique 

1- Technicien de santé, Technicien de laboratoire : Agent chargé des fonctions


d’infirmiers exercées sous l’autorité d’un médecin ou d’un pharmacien ;
Gérant : Agent responsable des opérations de gestion et de renouvellement des
stocks des magasins ;

2- Comptable : Agent chargé d’assurer ou de faire assurer la tenue des livres, la


passation régulière des écritures, la confection de tous documents justificatifs ou la
vérification des pièces comptables, et d’interpréter les opérations comptables.
Technicien Supérieur de Santé : Agent diplômé de l’Ecole Secondaire de Santé ou
diplôme équivalent.

Article 6 : Catégorie « A »


Les emplois suivants sont classés à la catégorie « A » et son occupés par les
travailleurs titulaires d’une maîtrise ou d’une licence (Assistants médicaux,
économiste gestionnaire), un doctorat en médecine ou en pharmacie et ou d’un
diplôme d’études supérieures spécialisées.

1- Assistant médical, économiste, gestionnaire ;

2- Médecins:/Pharmaciens :

Médecin : Agent chargé des opérations de diagnostic et, le cas échéant, de


traitement, en vue de la conservation ou du rétablissement de la santé ;
Pharmacien : Agent chargé des opérations concourant à la préparation des
médicaments ;

22
3-Spécialistes : Agent possédant des connaissances générales requises en
médecine ou en pharmacie et spécialisé dans un ou plusieurs domaines de la
Médecine ou de la Pharmacie ou en économie de la santé.

Article 7 : Les emplois qui ne figurent pas dans la présente classification feront
l’objet de convention annexes.

23
ANNEXE N° II

GRILLE DES SALAIRES DES TRAVAILLEURS DES CENTRES DE SANTE


COMMUNAUTAIRES

CATEGORIES ECHELONS SALAIRES

Echelon 1 31 000

Echelon 2 31 500
Catégorie « E »
Echelon 3 33 000

Echelon 4 34 000

Echelon 1 35 000

Catégorie « D » Echelon 2 40 000

Echelon 3 45 000

Echelon 1 60 000
Catégorie « C »
Echelon 2 70 000

Echelon 1 75 000
Catégorie « B »
Echelon 2 85 000

Echelon 1 150 000


Catégorie « A»
Echelon 2 175 000

Echelon 3 225 000

24
25