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Ministère de l’enseignement Supérieur

Et de la Recherche Scientifique

Université de Carthage

INSTITUT DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES DE CARTHAGE

Rapport de stage en vue de l’obtention de la Licence Appliquée en


Comptabilité
Auprès du cabinet HM Consulting

Prix de transfert :
Evolution de la règlementation tunisienne et
droit comparé

Présenté et soutenu publiquement par :


Allouche Anis

Encadré par : Maître de stage :


M. Ghozzi Hatem Mme Feki Mariem

Année universitaire 2018-2019


Dédicaces
A mes chers parents,
Autant de phrases aussi expressives soient-elles ne sauraient montrer le degré d’amour que
j’éprouve pour vous. Vous n’avez cessé de me soutenir et de m’encourager durant toutes les
années de mes études, vous avez toujours été présent à mes cotés pour me consoler quand il le
fallait. En ce jour mémorable, pour moi ainsi que pour vous, recevez ce travail en signe de ma
vive reconnaissance et ma profonde estime. Puisse le tout puissant vous donner santé, bonheur
et longue vie afin que je puisse vous combler à mon tour.
A ma chère fiancée,
Ton encouragement et ton soutien étaient la bouffée d’oxygène qui me ressourçait dans les
moments pénibles, de solitude et de souffrance.
Merci d’être toujours à mes côtés, par ta présence et par ton amour pour donner du goût et
du sens à ma vie.
Je te prie de trouver dans ce travail l’expression de mon estime et mon sincère
attachement.
A ma chère sœur,
Pour tous les moments d’émotion partagés ensemble.
A ma grand-mère
Tes prières, tes encouragements et ton soutien m’ont toujours été d’un grand secours. Puisse
Dieu, vous comble de santé, de bonheur et vous procure une longue vie.
A ma chère tante Salwa,
Merci pour tout l’amour avec lequel tu m’as toujours entouré, que ces quelques mots
témoignent des sentiments tendres et chaleureux que j’éprouve pour toi

A toute ma famille et tous mes amis…

Je dédie ce travail.

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REMERCIEMENTS

Après avoir rendu grâce à Dieu le Tout Puissant je tiens à remercier tous ceux qui, de près
ou de loin ont participé à la rédaction de ce rapport.

Je tiens tout d’abord à remercier M.Ghozzi Hatem, mon encadrant académique pour son
aide, ses conseils, son soutien et sa disponibilité dans ce projet auquel j’ai pu m’accomplir
totalement dans mes missions et qu’il n’a cessé de me prodiguer tout au long de la période
du projet.

Je tiens aussi à adresser mes plus vifs remerciements à Mme Feki Mariem mon maître de
stage pour son écoute, ses conseils et son aide à me familiariser au sein du cabinet.
Je remercie également toute l’équipe du cabinet « HM Consulting » pour leur accueil et
leur soutien.

Encore je souhaite remercier tous mes enseignants de l’IHEC Carthage pour les efforts
qu’ils ont fournis et leur précieuse contribution à ma formation.

Enfin, je tiens à remercier tous les membres du jury qui ont bien voulu évaluer mon
rapport.

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SOMMAIRE

Remerciements ......................................................................................................................... 3

Introduction générale ............................................................................................................... 5

Chapitre I : Présentation du Cabinet «HM CONSULTING » et des entreprises clientes 7

Introduction : .......................................................................................................................... 7

Section 1 : Présentation du cabinet :....................................................................................... 7

Section 2 : Les domaines d’activité : ...................................................................................... 8

Section 3 : Présentation des entreprises clientes .................................................................. 10

Chapitre II : Déroulement du stage : ................................................................................... 14

Section 1 : La méthodologie d'audit : ................................................................................... 14

Section 2 : Les Tâches effectuées durant le stage: ............................................................... 18

Section 3 : Les principaux acquis du stage :........................................................................ 26

Conclusion : .......................................................................................................................... 26

Chapitre III : Analyse du stage ............................................................................................. 27

Introduction : ........................................................................................................................ 27

Section 1 : Partie théorique : le contrôle des prix de transfert et les législations applicables29

Section 2: Cas Pratique de l’application des prix de transfert au sein des sociétés .............. 42

Conclusion générale ............................................................................................................... 50

GLOSSAIRE........................................................................................................................... 52

BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 53

Table des matières :................................................................................................................ 55

Annexes ................................................................................................................................... 57

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Introduction générale
Dans le cadre de l’accomplissement de ma formation en licence applique en comptabilité et
dans le but développer des compétences de planification de travail, d’adaptation au milieu, de
communication orale et écrite et d’apprendre à s’auto évaluer par la pratique. Nous avons eu
l’occasion d’effectuer un stage pratique qui s’est étalé sur une période de trois mois allant du
01 Février au 30 avril 2019 au sein du cabinet HM Consulting au cours duquel nous avons eu
l’opportunité de découvrir le monde de l’entreprise qui représente un monde très différent de
l’environnement scolaire et d’observer sur le terrain un métier que j’ambitionne d’exercer
plus tard.
Durant ce stage, nous avons été amenés à comprendre le fonctionnement de l’établissement
ainsi que son organisation interne, sa hiérarchie et les rôles attribués à chaque poste. Une
panoplie de missions et de tâches ont été assurées, allant de mission d’audit contractuel,
commissariat aux comptes, jusqu’aux conseils financiers. Sans oublier les missions de
restructuration d’entreprises, d’assistance comptable et fiscale, légale et administrative.
Au-delà d’enrichir nos connaissances professionnelles, ce stage a été pour nous une
opportunité d’acquérir une expérience valeureuse et importante dans le secteur de l’expertise
comptable. De plus, cette expérience nous a fait découvrir un nouveau monde en l’occurrence
le Consulting des entreprises nationales mais aussi multinationales.
La croissance de ces dernières a posé des problèmes de plus en plus complexes aux
administrations fiscales et aux entreprises multinationales elles-mêmes, car les règles
d’imposition de ces entreprises, différentes selon les pays, ne peuvent être considérées
isolément, mais doivent être analysées dans un contexte international plus large.
C’est ainsi que nous nous sommes principalement concentré sur la notion des prix de
transfert et des risques qui lui sont rattachés et de la démarche de contrôle appropriée dans le
cadre d’une mission de commissariat aux comptes.
Ce rapport est issu des travaux que nous avons effectués durant notre stage et se base sur
trois parties principales:
1. Une description du cabinet « HM Consulting » au sein duquel s’est déroulé mon
stage
2. Une analyse des tâches accomplies dans le domaine de la comptabilité et d’audit

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3. Enfin une analyse générale du stage tout en prenant comme thématique les
risques spécifiques du prix de transfert et la démarche d’audit appropriée

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CHAPITRE I : PRESENTATION DU CABINET «HM CONSULTING
» ET DES ENTREPRISES CLIENTES

Introduction :

Le présent chapitre est subdivisé en deux sections distinctes : une première section dans
laquelle nous allons procéder à une présentation générale du Cabinet «HM CONSULTING »,
et une deuxième section dans laquelle nous allons présenter les entreprises clientes.

Section 1 : Présentation du cabinet :

1. Création et historique :

Le cabinet HM consulting a été fondé en 2013 par Mme Feki Mariem qui a été rejoint à
partir de 2017 par Mr Hatem Ghozzi.

Il s'agit d'une société d'expertise comptable et de commissariat aux comptes, inscrite au


tableau de l'ordre des experts comptables en Tunisie.

Malgré la courte expérience et grâce à la qualité de son personnel, le cabinet a réussi à


établir des relations avec une clientèle variée et exerçant dans différents secteurs économique,
cette situation a permis au cabinet de disposer d'un portefeuille de dossiers riche et important.

2. Fiche signalétique du cabinet :

Raison sociale : • HM Consulting

Forme juridique : • SUARL

• Immeuble Etoile du Nord, Bureau A8, Centre


Adresse : Urbain Nord, Tunis, Tunisie

Gérant : • Mme Feki Mariem

Registre de commerce: • B0341202014

Téléphone/fax • +216 71947165

Matricule fiscal • 13229678/W

Email • contact@hmconsulting.com.tn

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3. Description du cabinet

3.1 Effectifs :

Le cabinet « HM consulting » est doté d'une équipe cohérente constituée par :

- Deux Expert-comptable membres de l'OECT,


- Deux assistants comptables titulaires d'une licence appliquée en gestion comptable.

3.2. Les missions et les services assurés par le cabinet :

Le cabinet HM Consulting opère dans différents secteurs d'activité et dispose d'une


compétence technique :

Figure 1 : Les missions et les services assurés par le cabinet

Section 2 : Les domaines d’activité :

1. Audit & Commissariat aux comptes :


 Commissariat aux comptes & Révision légale des comptes
 Commissariat aux apports
 Audit contractuel
 Maîtrise des risques (audit des projets, analyse de données, identification des fraudes
internes, mise en place et optimisation des dispositifs de contrôle interne)

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2. Département assistance comptable :
L’assistance comptable se manifeste par la tenue des comptes comptables et la
préparation des livres légaux dans le but d’assurer la crédibilité des soldes des comptes
et augmenter le degré de confiance accordé aux états financiers des sociétés clientes
mais cette tâche peut aller plus loin. En effet, pour plusieurs clients le cabinet se
charge de l’établissement des états financiers, du contrôle des factures et même des
tâches les plus sensibles comme la préparation des bulletins de paie et les bordereaux
de charges sociales ainsi que les déclarations fiscales.

3. Assistance juridique :
Dans le cadre de l’assistance juridique le cabinet se charge de l’étude et du suivi des
obligations juridiques des clients, à accomplir les formalités administratives et à
assurer le conseil stratégique ainsi que la rédaction des actes de constitution des
sociétés ou lors d’opérations spéciales tel que l’apport, la scission, la fusion, la cession
des valeurs mobilières. Le cabinet assure également à ses clients un conseil en matière
de droit de travail quant aux régimes de sécurité sociale et taux de cotisations, les
avantages que la société peut en bénéficier sur le plan social et les formes de contrat
de travail ainsi que les conséquences de licenciement.

4. Assistance fiscale :
Le cabinet offre à ses clients une réponse à l’ensemble de leurs interrogations à
propos des problèmes d’ordre fiscale de tout genre, notamment le cabinet tient à
assurer pour les sociétés la conformité à la règlementation fiscale et l’optimisation de
la gestion fiscale dans le sens que le client pourra bénéficier de tout les avantages que
lui offre la législation en vigueur au mieux de ses intérêts tout en évitant les risques de
redressements coûteux. En outre HM Consulting offre à ses clients l’assistance en cas
d’un contrôle fiscal.

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Section 3 : Présentation des entreprises clientes

1. La Société Tunisienne de Promotion des Pôles Immobiliers Industriels :

Dans le cadre de la politique du Gouvernement tunisien tendant à développer des zones


industrielles parallèlement à la mission de l'AFI.
Le Ministère de l’industrie, de l’Energie et des petites et Moyennes entreprises a sollicité
plusieurs Banques dans le cadre du projet d’aménagement d’une zone industrielle située à EL
AGBA.
C’est ainsi que La société industrielle de promotion des pôles immobiliers et industriels
«STPI» a été créée en juillet 2006 par le consortium de plusieurs banques et institutions
financières.
La STPI a pu acquérir un terrain auprès de l’AFI d'une superficie de plus de 40 hectares
afin d’aménager et commercialiser une zone industrielle destinée aux différentes industries.
La STPI a aménagé un parc d'activités doté d'un centre de vie, d'espaces verts les
commodités nécessaires à l'implantation des unités industrielles et visant ainsi à stimuler les
investissements locaux et étrangers. Ce parc permettra aux nouvelles entreprises d’avoir accès
à une zone industrielle équipée et répondant aux besoins des investisseurs en matière
d'électricité, d'eau, de télécommunications, de gardiennage et d'assainissement.
Disposant d’un capital de 4.000.000 Dinars, la STPI a pu vendre jusqu'à ce jour 66 des 86
lots qu’elle a aménagés. Il est à noter que la STPI assistera les promoteurs des projets à
accomplir les démarches administratives depuis l'étude jusqu'à l'obtention de l'autorisation de
bâtir avec la possibilité de construire pour le compte du promoteur son bâtiment industriel.

2. Les Ciments Artificiels Tunisiens :


Les Ciments Artificiels Tunisiens (CAT) est la première cimenterie installée en Tunisie,
elle fut fondée en 1932 à Djebel Djelloud à deux kilomètres du centre de la ville de Tunis par
deux industriels français : Schwich et Baizeau, des négociants et entrepositaires de matériaux
de construction, ils furent également spécialisés dans la fabrique de briques et tuiles.

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La CAT restera la seule cimenterie présente en Tunisie pendant 30 ans.

Nationalisée en 1977 elle restera la propriété de l’Etat Tunisien jusqu'à l’an 2000 où la
CAT fut cédé à COLACEM, un groupe cimentier italien, dans le cadre de la politique de
privatisation adoptée par les pouvoirs publics tunisiens.
Il est à signaler que les cimenteries sont des industries énergivores c’est pour cela que la
CAT-COLACEM investit beaucoup dans le domaine du développement durable, en
l’occurrence, la diminution des émissions de Gaz à effet de serre à des seuils tolérables, la
réduction des impacts sur l’environnement notamment en alimentant ses fours à la pulpe
d’olive pour diminuer sa dépendance envers les énergies fossiles.
Les Ciments Artificiels Tunisien « CAT » est une des huit usines de ciment gris en
Tunisie.
Au capital de plus de 50.000.000 DT la CAT produit de plusieurs types de ciments
notamment ceux utilisés dans les puits de pétroles offshore et on shore « CLASS G HSR OIL
WELL CEMENT ». Les ciments de la CAT ont permis d’ériger plusieurs constructions
notamment le Sales Office de Sama Dubaï, situé à Ben Arous, ou encore le Pôle
Technologique, Ennahli situé à Tunis.

3. La société Industrielle d’amortisseur :


Fondée en 1989 en partenariat avec RECORD France La Société Industrielle d’Amortisseurs
« SIA » est spécialisée dans la conception, le développement, la production et la vente
d'amortisseurs pour tous types de véhicules : légers, utilitaires, sportifs, 4x4 et poids lourds.
La société commercialise ses produits sous deux marques :

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Marque propre SIA’AM Marque sous licence de Record France

Grâce aux deux marques SIA'AM et RECORD, la SIA est leader dans la fabrication et
la commercialisation des amortisseurs au sud de la méditerranée. Les catalogues SIA’AM
sont composés d’une large gamme avec plus de 1.500 références et une couverture de plus de
90% du parc méditerranéen circulant.
Les amortisseurs de technologie bitube hydraulique et gaz de SIA couvrent les
applications suivantes :
Amortisseurs pour véhicules de tourisme
Amortisseurs pour véhicules utilitaires, industriels et poids lourds
Amortisseurs pour véhicules 4X4
Amortisseurs pour application Turing :(amortisseurs réglables en hauteur de caisse)
SIA exporte plus de 70% de sa production et fournit les principaux constructeurs automobiles
européens en pièces de 1ère monte ou de rechange mais assure aussi la sous-traitance pour le
compte de grands équipementiers automobiles mondiaux. Elle exporte ainsi la majeure partie
de ses produits vers différents pays notamment la France, l’Algérie ou l’Iran.

4. Société de topographie, cartographie et de bathymétrie :


La société TOPO+ est une société Tunisienne spécialisée dans les domaines de Topographie,
Cartoghraphie et de Bathymétrie.

TOPO+ effectue sur les terrains tous types de relevés à l’aide de matériels à la pointe de la
technologie (Station totale électronique, GPS, LiDAR, photogrammétrie,…)
Crée en Décembre 2011 par l'Ingénieur Géomètre Topographe Mr. Mohamed MASMOUDI,
diplômé en 1992 de l'IAV HASSEN II au MAROC, il a exercé la fonction de Topographie
pendant 6 ans au MAROC.

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De retour en Tunisie en 1998, Mr. Mohamed MASMOUDI, a occupé plusieurs postes d’un
Ingénieur Principale et responsable des équipes Topographiques, des traitements Topo
métriques, et du DAO, jusqu’au Directeur Technique, lui permettent d’avoir une expérience
riche dans la responsabilité des affaires et la gestion d’une entreprise

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CHAPITRE II : DEROULEMENT DU STAGE :

Section 1 : La méthodologie d'audit :

• Planification de
l'intervention
B • Conclusions et
rapports
et élaboration • Mise en œuvre
de la stratégie de la stratégie
d'audit d'audit.

A C

A. Planification de l'intervention et élaboration de la stratégie d'audit :


Cette première étape permet à l’auditeur de prendre connaissance du contexte général de la
société et d’évaluer les principaux risques. Il va ensuite s’appuyer sur cette prise de
connaissance pour planifier et orienter sa mission.
C’est au cours de cette première étape que l’auditeur met en place le dossier permanent
(ou le complète s’il existe déjà) et rédige le plan de mission.
Pour atteindre ses objectifs, il va mener des entretiens avec les personnes clés de l’entreprise
et exploiter la documentation ainsi que les comptes de l’entreprise.

Le plan global inclura une évaluation intermédiaire des risques de contrôle et le niveau
proposé de tests basé sur les contrôles perçus à mettre en place, « le degré de confiance »
d'audit requis et le niveau de matérialité par assertion.

Les principaux objectifs durant cette phase sont les suivants :

Arrêter un calendrier d’intervention : ce calendrier comprendra les dates


d’intervention pour chaque phase de l’audit ainsi que la date de réunion de clôture et la
date de remise des rapports.

Procéder à une évaluation préliminaire des risques : cette évaluation sera basée
principalement sur des demandes d’informations et des procédures analytiques
préliminaires. L’identification des risques serait basée sur une compréhension détaillée

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de l’activité du client et de son environnement ainsi que de son système de contrôle
interne

Cette phase est déterminante elle permettra aux auditeurs de planifier les ressources de
façon efficiente et d’identifier à l’avance les problèmes potentiels et les zones à risque pour
s’y focaliser dès le début de la mission.

B. Mise en œuvre de la stratégie d’audit :


Le professionnel en exercice doit planifier la mission afin qu’elle soit réalisée de manière
efficace, notamment en définissant l’objectif, l’étendue, le calendrier et la direction de la
mission, et en déterminant la nature, le calendrier et l’étendue des procédures à mettre en
œuvre pour atteindre ses objectifs
Ces procédures telles que décrites par les standards internationaux comprennent des tests
de procédures et des tests de détail.

B.1 Audit des procédures administratives, financières, comptables et informatiques:


Au cours de cette deuxième étape, l’auditeur va rechercher les différents risques et en
apprécier les incidences possibles sur la nature et l'étendue de ses travaux. Il va donc étudier
les procédures de contrôle interne aboutissant à la production des comptes financiers. Cette
phase comporte, selon les normes internationales d’audit, les étapes suivantes :

- Examen critique des procédures administratives, financières, comptables, informatiques et


juridiques usitées :

Cet examen vise à vérifier l’aptitude des contrôles mis en place à satisfaire aux impératifs de
contrôle interne suivants :

L'adéquation entre l'organisation et le volume et la nature des opérations

L'exhaustivité, la réalité et la pertinence des enregistrements comptables

La protection suffisante des actifs tant matérielle que juridique

La séparation convenable des tâches,

La régularité des opérations effectuées

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La prévention et la détection d’erreurs ou de fraudes

La qualification raisonnable du personnel.

- Vérification de la permanence des procédures administratives financières et comptables :


Cette vérification vise à s'assurer que les contrôles existants sont permanents et
convenablement exécutés et relèvent de personnes dûment habilitées, à cet effet l’équipe
d’audit doit s’assurer que les responsables ont :

Mis en place les stratégies et politiques approuvées, élaboré des processus permettant
d’identifier, de mesurer et de contrôler les risques encourus,

Mis en œuvre une structure fixant clairement les rapports de responsabilité, d’autorité
et de notification,

Garanti l’exercice effectif des responsabilités déléguées,

Établi des politiques de contrôles interne appropriées, surveillé l’efficacité du système


de contrôle interne

La méthodologie d’audit inclut l’examen de la structure organisationnelle de l’entreprise


cliente, sa gouvernance, les audits externes, les ressources humaines, les procédures
d’acquisition et passation de marchés, les plans de travail, les rapports intérimaires, le budget,
les dépenses, le planning et l’exécution des activités, le recrutement du personnel,
l’écoulement ou le transfert des actifs, l’infrastructure et la sécurité informatique et le système
d’archivage et de gestion.
Des examens analytiques et substantifs sont assurés en mettant un accent particulier sur
l’organisation générale des différentes structures et fonctions concernées par la gestion.
L’évaluation des risques liés aux activités de contrôle permettra de déterminer la réponse
d’audit appropriée :
les contrôles jugés satisfaisants du point de vue de l’implémentation et de leur
permanence seront pris en considération lors des tests de détail des différentes
assertions et des comptes correspondant et permettront de réduire l’étendue des
travaux substantifs.
les contrôles jugés défaillants seront notifiés au niveau du rapport d’examen des
systèmes comptables et des procédures de contrôle interne.

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B.2 Tests de détail
La deuxième principale étape de la mise en œuvre de la stratégie d’audit couvre le contrôle
proprement dit des états financiers.
Ce sont des procédures conçues pour collecter des évidences qui pourraient valider un
montant dans les états financiers. Ils sont obtenus pour obtenir les évidences d’audit
concernant certaines assertions comme l’existence, l’exactitude et l’évaluation.
L'examen des comptes sera effectué conformément aux prescriptions des normes de la
Fédération Internationale des Comptables (IFAC) et ceux des termes de référence.
La revue comptable et financière du Projet s’articule autour de l’examen minutieux de la
préparation des états financiers conformément au référentiel spécifié.
Conformément à la norme ISA 500, l’équipe d’audit doit recueillir des éléments probants
suffisants et appropriés pour parvenir à des conclusions raisonnables sur lesquelles elle va
fonder son opinion.
Les standards internationaux qui guident l’exécution des travaux requièrent la mise en
place de différents procédés de vérification tels que :
L’inspection des enregistrements ou des documents
L’inspection des actifs corporels
L’observation physique
Les demandes d'informations
Les demandes de confirmation
Les contrôles arithmétiques
La Réexécution
Les procédures analytiques

C. Conclusions et rapports :

C.1 Revue des événements postérieurs :


Conformément aux standards internationaux d’audit IFAC 560, un examen des
évènements postérieurs à la date de clôture des comptes doit être mis en œuvre. L’objectif est
de vérifier la conformité aux dispositions des normes comptables relatives aux éventualités et
événements postérieurs à la date de clôture.
Les événements survenant après la date de clôture de l'exercice sont ceux, favorables ou
défavorables, qui surviennent entre la date de clôture de l'exercice et la date de publication des
états financiers. On peut distinguer deux types d'événements :

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 Ceux qui apportent une confirmation concernant des circonstances qui existaient à la
date de clôture,
 Ceux qui font apparaitre de nouvelles circonstances après la date de clôture.

Les diligences à mettre en œuvre se rapportent aux aspects suivants :


- S’assurer que tous les évènements postérieurs à la date de clôture nécessitant un
ajustement des états financiers ou des informations à fournir ont été identifiés,
- Vérifier que le traitement comptable est effectué conformément aux normes
comptables susvisées.

C.2 Obtention de la lettre d’affirmations de la Direction

La norme 580 d’audit internationale de l’IFAC prévoit l’obtention d’une lettre dite «
d’affirmations » contenant toutes les affirmations faites par les responsables de la société
notamment au sujet des points suivants :
Des irrégularités susceptibles d’avoir une incidence significative sur les états financiers,

Mise à la disposition des auditeurs externes de toute la documentation nécessaire à leur


intervention,

La conformité aux dispositions réglementaires en vigueur ainsi que les accords contractuels

C.3 Emission du rapport d’audit


L’opinion sur les états financiers couvre les aspects prévus par les nouvelles normes
d’audit publiées par l’IAASB. Les rapports de commissariat aux comptes respectent
également les exigences prévues par la note d’orientation de l’ordre des experts comptables de
Tunisie.

Section 2 : Les Tâches effectuées durant le stage:

1. Introduction :
Au cours des trois mois de stage, nous avons eu l’occasion de mieux nous pencher sur la
profession comptable et surtout de commissariat aux comptes en effectuant des tâches
importantes qui nous ont permis de mettre en pratique le bagage théorique que nous avons eu
l’opportunité d’étudier au cours de notre cursus universitaire à l’IHEC Carthage.
Chaque mission commençait par un Briefing sur les informations et directives générales à
prendre en considération.

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IHEC Carthage Allouche Anis
Après réception, de la part du chef de mission, des différents documents comptables
relatifs à l’exercice audité à l’instar de la balance générale « Trial balance » répartie en
rubriques et des documents de synthèse de l’audit de l’exercice précédent, chaque membre de
l’équipe intervenante se voyait attribuer les rubriques à auditer.
Le responsable de chaque rubrique établit une page de garde ou « Lead sheet »
comprenant tous les comptes concernés et entame la vérification des différentes assertions
relatives aux comptes comptables. Il est tout naturel que l’auditeur ne procède pas à la
vérification exhaustive des différents comptes, mais seulement ceux supérieurs au seuil
d’ajustement, défini, généralement, à 3% du seuil Global de signification.
Puisque l’auditeur est incapable d’effectuer un contrôle total de toutes les transactions
rentrant dans le périmètre de la mission d’audit et au lieu de passer en revue tous les éléments
de la population, ce qui serait hors de prix, il a recours à la méthode de l’échantillonnage
L’échantillonnage en matière d’audit est fixé par la Norme ISA 530. La sélection des
données s’opère en fonction :
d’un seuil de signification,
d’une méthode statistique,
d’une formule aléatoire,
de critères plus ou moins subjectifs

2. L’audit financier :

2.1. Audit du cycle « Fournisseurs »

Au cours de la mission d’audit de la CAT, nous avons été chargés d’auditer le cycle des
fournisseurs.
Ce cycle comporte plusieurs tests nécessaires qui ont été rapprochés avec certaines
assertions que nous avons présentés sous forme de tableau récapitulatif :

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IHEC Carthage Allouche Anis
Les assertions
Tests Désignation
validité Exhaustivité Rattachement Evaluation

Test 1 Circularisation
& règlement √ √ √ √
postérieurs
Test 1.1 Procédures
alternative
fournisseurs √ √ √
étranger

Test 2 Vérification
des soldes
fournisseurs
débiteurs et √ √ √
des avoirs à
recevoir

Test 3 Vérification
du
décaissement
√ √
des traites en
2019

Test 4 Vérification
des factures
non parvenues √ √ √

Test 5 Vérification
des retenues
de garantie √

Test 6 Vérification des


Cutoff √ √

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IHEC Carthage Allouche Anis
 Les tâches relatives à chaque test :
Test1 :
- A travers les données collectées du grand livre, nous avons pu établir un état des comptes
collectifs des fournisseurs faisant apparaitre le soldes initial, les mouvements débiteurs, les
mouvements créditeurs et le solde final.
-Dans un second temps, nous avons rapproché les soldes comptables avec ceux confirmés par
les fournisseurs suite à la circularisation que nous avons effectuée auprès d’eux. Finalement,
nous avons effectué une analyse sur les écarts constatés afin d’identifier leurs source. Sur
cette base, nous avons proposé au client des écritures d’ajustement pour le cas des erreurs
comptables que nous avons ainsi identifiées.
Test 2 :
Ce test porte sur la vérification des soldes fournisseurs débiteurs et des avoirs à
recevoir.
Test 3 :
Afin de s’assurer de la validité des effets à payer, nous avons demandé au client de nous
communiquer un état détaillé des effets à payer que nous avons rapproché avec les soldes
comptables. Nous avons par la suite rapproché les effets avec les copies conservées par le
client. Pour le cas des effets échus en 2019, nous avons rapproché ces effets avec les relevés
bancaires de janvier et de février 2019.
Test 4 :
Afin de s’assurer de la validité des factures non parvenues, nous avons vérifié si le
bien a été reçu ou le service a été exécuté avant la date de la clôture de l’exercice et que la
facture d’achat n’a pas été reçue à la date d’arrêté des comptes
Afin de s’assurer de l’exhaustivité nous avons parcourus les factures comptabilisées en
2019 pour vérifier si elles sont bel et bien attachées à l’exercice conforme et non pas liées à
l’exercice antérieur.
Test 5 :
La validité des retenues de garantie a été vérifiée à travers un recalcule des retenues
opérées par le client et la vérification que les taux des retenues sont conformes aux factures et
aux termes contractuels

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Test 6 :
Dans ce test, nous nous sommes servis des dossiers d’importations pour connaitre les
conditions de vente (FOB, EXW, DDP, ou CFR…) afin d’identifier la période de
rattachement de chaque charge.

2.2 Audit du cycle « Autres Charges d’exploitation » :


En ce qui concerne ce cycle nous avons été chargés d’auditer les comptes des autres
charges d’exploitation des sociétés STPI et SIA.
L’audit de ce cycle a été porté sur :

Les contrats de location, de leasing, de maintenance et d'assurance :


- Nous avons rapproché entre les montants comptabilisés et les montants calculés
sur la base des contrats.
- Nous avons vérifié la comptabilisation des augmentations éventuelles ensuite si
les charges de location, de maintenance, et d’assurance rattachées à l'exercice sont
comptabilisés en totalité.
Les autres comptes de charges d'exploitations :
- Nous avons sur la base d'un échantillon le montant comptabilisé avec les pièces
justificatives,
- Nous avons vérifié qu'il s'agit d'une charge et non d'une immobilisation,
- Ensuite s’assurer des conditions de déductibilités fiscales de la charge et que
toutes les mentions obligatoires sont respectées telles que le N° de la facture, le
matricule fiscal, le cachet et la signature.

2.3 Audi du cycle « Liquidités » :


Ce cycle représente une zone de risque élevée par rapport à d’autres cycles, c’est pour
cette raison l’auditeur doit augmenter son scepticisme professionnel lors de l’audit des
liquidités notamment si des défaillances au niveau du système du contrôle interne ont été
identifiées.
Nous avons donc effectué l’audit du cycle Liquidités de la société SIA.
Tout d’abord, nous avons vérifié les soldes bancaires à travers le rapprochement avec les
relevés bancaires, le pointage des états de rapprochement bancaires et l’investigation des
suspens afin d’identifier leurs origines.
Ceci a pour incidence, des écarts relevés qui sont dus dans notre cas à des frais de tenue
de compte du dernier trimestre ayant été passés au compte intérêts courus malgré qu'ils soient
présents au relevé de décembre 2018, d’où des écritures d’ajustement ont eu lieu.

22
IHEC Carthage Allouche Anis
Ensuite, dans un second temps, nous avons vérifié les mouvements de la caisse et ceci
d’abord avec les PV de caisse de l’inventaire ensuite en prenant un échantillon des chaque
caisse (fond social, et caisse normale) nous avons pointé un échantillon de mouvements de la
caisse avec les pièces de paiement et les reçu en espèces. Nous nous sommes assurés qu’il
n’existe pas de mouvements dont le montant est supérieur à 5.000 Dinars, conformément à la
règlementation et nous nous sommes assurés que le compte caisse ne présente pas un solde
créditeur au cours et à la fin de l’exercice audité.
Le test suivant consiste à s’assurer des chèques en caisse à travers les procédures
d’inventaire physique et à travers les encaissements postérieurs à la date de clôture.
Enfin en ce qui concerne le dernier test qui porte sur la vérification des échelles d’intérêt
nous avons pu relever un écart dû à des agios créditeurs non comptabilisés et figurant dans le
relevé d’Attijari Bank Janvier 2019. A cet effet, cette anomalie aurait due être constatée en
produit à recevoir à la clôture de l’exercice 2018.

2.4. Audit du cycle « Charges à Répartir »


Au cours la mission de commissariat aux comptes de la société SIA, nous avons été
chargés d’auditer le cycle « Charges à répartir »
Dans un premier temps, nous avons vérifié si les conditions pour classer une dépense
parmi les charges à répartir ont été respectés et ceci en se référant à la NCT 10 paragraphe 4
qui stipule que la norme ne s'applique pas aux éléments devant être portés à l'actif, du fait
qu'ils répondent à la définition d'immobilisation, de stocks ou de charges constatées d'avance.
Après avoir effectué la vérification comme citée ci-dessus, nous avons identifié des
erreurs lors de l’affectation de quelques biens acquis par la société, qui répondaient à la
définition d’une immobilisation, affectant ainsi le solde du compte charge à répartir et aussi le
solde du compte dotations aux résorptions.
Dans ce cas, une écriture d’ajustement a été proposée et ceci en réduisant le solde du
compte charge à répartir et en constatant ces dépenses dans le compte des immobilisations. La
dotation aux résorptions constatée par la société a été également annulée et remplacée par des
dotations aux amortissements sur les immobilisations sur la base des politiques
d’amortissement adoptées par la société.

23
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2.5. Audit du cycle « Capitaux Propres »
L’audit de ce compte se rattache à la mission de commissariat aux comptes de la société
SIA.
Pour ce cycle, nous avons vérifié la bonne affectation du résultat ainsi que la conformité de
la variation des réserves avec les procès verbaux des assemblées générales ordinaires et
extraordinaires.
Par conséquent, nous avons vérifié la conformité des nombres d’actions et de leur valeur
nominale avec le registre des actionnaires.
Nous avons également vérifié le régime fiscal applicable à la distribution des dividendes. Pour
les dividendes distribués à partir des réserves antérieurs à l’exercice 2013, aucune retenue à la
source n’est opérée. Pour ceux distribués à partir des réserves postérieurs à l’exercice 2013,
une retenue à la source de 10% devrait être effectuée.
Enfin, nous nous sommes penchés sur l’équilibre du fonds social et ce à travers, la
vérification des justificatifs ainsi que la cotisation de chaque employé, caisse FS, prêt à moins
d’un an et de la réserve du fonds social.

2.6. Audit du cycle « Autres Actifs Courants »


Nous avons effectué l'audit de ce cycle dans le cadre de la mission de commissariat aux
comptes de la SIA,
A travers des tâches relatives aux charges constatées d’avance :
Nous avons effectué un recalcule des charges qui se rattachent à l’année 2019, ensuite nous
avons comparé les résultats obtenus avec les charges comptabilisées et expliqué les écarts
éventuels.
Enfin pour terminer nous avons recalculé les provisions liées à ce compte et s’assurer s’il
faut augmenter les provisions par rapport à 2017 ou faire des reprises.

2.7. Audit du cycle « Immobilisation Financière »


Nous avons effectué l’audit de ce cycle dans le cadre de la mission de commissariat aux
comptes de la SIA.
Nous avons procédé à l’exécution des tâches suivantes :
Les titres de participations :
- réévalué les titres de participation en se basant sur la valeur boursière au 31/12/2018.
- vérifié s'il faut augmenter les provisions par rapport au 2017 ou faire des reprises.
- Nous avons examiné les valeurs mathématiques de chaque participation

24
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Cautionnement :
A travers un échantillon effectué nous avons pu rapprocher les données comptables avec les
factures correspondantes.
Consignations :
Nous avons vérifié les chèques de caution liés aux consignations et nous les avons pointés
avec les pièces de règlement.

2.8. Audit des « Incoterm Client »


Au cours de la mission de commissariat aux comptes de la SIA, nous avons effectué un
test sur les opérations d’exportation envers les Clients étrangers ceci tout d’abord en :
Prenant un échantillon mentionnant le nom du fournisseur, le montant en devise et en dinar, et
ainsi le montant des factures à rectifier par la société. Ensuite nous avons vérifié la conformité
des soldes comptabilisés avec leurs factures
Puis dans un second temps nous avons consulté le dossier d’exportation relative à chaque
client pour connaitre les conditions de vente et la date de l’incoterm et enfin de s’assurer si les
factures extournées par la société sont correctes et si il en manque pas d’autres.

2.9. Audit du cycle « Emprunt »


Au cours la mission de commissariat aux comptes de la société SIA, nous avons été
chargés d’auditer sur le cycle « Emprunt ».
Nous avons commencé à prendre en premier temps un échantillon des crédits octroyés par
la société de différentes natures (financement de stocks, mobilisation de CNE, préfinancement
export…)
Nous avons ensuite vérifié les taux d’intérêts correspondant au TMM relatif au mois du
crédit plus la marge comme évoqué dans le contrat de crédit de gestion relative à chaque
nature du crédit.
Enfin nous avons vérifié les crédits qui ont été remboursés et ceux qui ne le sont pas encore.

3. Comptabilité :
En dehors des missions d’audit nous avons eu l’opportunité d’effectuer des tâches
supplémentaires en comptabilité telles que :
- La saisie des écritures comptables
- Le classement des pièces comptables selon leur nature et leur mode de paiement
- L’élaboration des états financiers : l’état de bilan, l’état de résultat, l’état de flux de
trésorerie, les notes aux états financiers

25
IHEC Carthage Allouche Anis
Section 3 : Les principaux acquis du stage :

Ce stage a été un moyen d’apprentissage par excellence, à travers les différents travaux
effectués. Au cours de ces trois mois, nous avons réussi à acquérir une connaissance
approfondie du secteur de comptabilité et de l’audit, l’expérience de travail dans un cabinet
comme «HM Consulting» a permis d’améliorer nos compétences techniques et d’accumuler
des compétences professionnelles et relationnelles.
Sur un plan professionnel :
Le stage nous a servi de champ d'application et de mise en œuvre des connaissances
théoriques apprises dans notre programme de formation universitaire cela s'est surtout fait
sentir dans l’acquisition des aspects techniques : comptables, juridiques, fiscaux,
économiques, sociaux et informatiques.
Sur un plan social :
Par ailleurs, le stage nous a donné une autre perspective de la compréhension des réalités et du
fonctionnement des organisations sur le terrain. Nous avons aussi pu nous intégrer dans les
équipes de travail, renforcer l’esprit de collaboration et apprendre à assimiler la responsabilité
dans un cadre professionnel

Conclusion :
Effectuer un stage dans un cabinet d’expertise comptable constitue la meilleure option
pour bien tracer le début de notre objectif ainsi nous avons pu acquérir une meilleure
expérience, qui a été en tout point bénéfique sur tous les plans.
Nous avons donc pu découvrir à travers ce stage plusieurs dossiers avec une variété de
cas, dans une certaine mesure et sans aucun empêchement ou contrainte tout en respectant le
principe du secret professionnel et l’étique du métier comme la profession l’exige.

26
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CHAPITRE III : ANALYSE DU STAGE

Introduction :
Au cours des trois mois de stage passés au sein du cabinet HM CONSULTING, nous
avons eu l’occasion de participer à plusieurs missions dans différents secteurs d’activités.
Cependant au cours de ces trois mois de stage, notre attention s’est portée sur la relation
entre la société à laquelle nous avons participé à la mission de commissariat aux comptes et sa
filiale, plus précisément du prix des transactions pratiqué entre ces deux sociétés.
Ces prix de transactions appelés aussi prix de transfert constituent un terme général pour
l’établissement des prix transfrontalières, malgré que les paradis fiscaux, l’évasion fiscale
internationale, les marchés financiers ou bien encore les banques sont au cœur des débats
actuels, les prix de transfert font étrangement peu parler d’eux. Sans doute s’agit-il là d’une
question complexe difficilement « vendable » sur le plan médiatique et politique. Sans doute
aussi mettent-ils en question des intérêts et des enjeux financiers tels qu’il est extrêmement
délicat d’en parler publiquement.1
En Tunisie, les groupes se sont particulièrement développés dans les années quatre-vingt
après une dizaine d’années de croissance connue par l’ensemble de l’économie tunisienne.
Cette croissance a permis à certains entrepreneurs privés de remettre dans le circuit
économique les bénéfices obtenus en les réinvestissant soit dans leur activité d’origine, soit
dans de nouvelles activités. Aussi, certains groupes, en profitant de certains avantages d’ordre
financier, ont investi dans des secteurs jugés très rentables et totalement indépendants de leurs
activités d’origine, tels que l’agriculture, le tourisme et la promotion immobilière.
Certains groupes Tunisiens ont été amenés à orienter leurs investissements vers des
secteurs bien déterminés en tenant compte de leurs compétences et des spécificités de
l’environnement surtout international. L’adoption de ces stratégies intensives et intégratives a
renforcé la présence de certains groupes Tunisiens sur le marché international. En effet, à part
les opérations d’exportation, des groupes comme Poulina et Altea Packaging se sont
développés par des stratégies d’internationalisation en créant des filiales autonomes ou des
joint-ventures dans certains pays. Ce choix a été dicté par la taille réduite du marché local,
l’importance des capacités de production de ces groupes et la volonté de leurs dirigeants
d’accroitre davantage et de s’ouvrir sur le marché international.

1
Prix de transfert dans les groupes de sociétés : Risques spécifiques et démarche d’audit dans le cadre d’une
mission de commissariat aux comptes. Oussama Trabelsi decembre 2010

27
IHEC Carthage Allouche Anis
De plus avec le développement des échangent intra-groupes qui selon l’OCDE représentent
de nos jours plus de 60% du commerce mondial 2 d’où les prix de transfert représentent
désormais un enjeu stratégique pour les entreprises multinationales et pour les groupes
nationaux.
C’est donc en 2019 avec la nouvelle loi de finance tunisienne que la législation a prévu une
révision des dispositions permettant à l’administration fiscale de redresser les prix de transfert
pratiqués par les entreprises appartenant au même groupe
Dans le cadre de ce projet de fin d’études, nous avons décidé d’approfondir nos
connaissances sur les prix de transfert et ce à travers une recherche bibliographique dont les
résultats sont présentés dans une première section intitulée « le contrôle des prix de
transfert ». Ensuite nous avons étudié les principales évolutions de la législation tunisienne en
la matière et notamment les apports de la loi des finances pour la gestion de 2019.
Dans une seconde section de ce chapitre, nous allons présenter un cas pratique rencontré
lors des missions d’audit sur l’analyse des prix des transactions pratiqués entre une société et
sa filiale.

2
A. DE L’ETOILE-CAMPI, J.-C. SAUZEY, P.-S. THILL, F. GERNER, E. MILHAC et M.R. IBANEZ, «
Accords préalables sur les prix de transfert, la France doit encore faire ses preuves », Bulletin fiscal Francis
Lefebvre, 2/2000, p.86.

28
IHEC Carthage Allouche Anis
Section 1 : Partie théorique : le contrôle des prix de transfert et les
législations applicables

I. Le contrôle des prix de transfert :


1. Définition et enjeux actuels :
Les transactions intragroupes ont générées plusieurs problèmes concernant la double
imposition ce qui a poussé l’OCDE à intervenir. Cette dernière a comme objectif
d’encourager l’échange de biens et de services entre pays. C’est donc à partir d’une
convention établie qu’elle a pu guider les entreprises et ceci en posant des principes
permettant de fixer et de coordonner les principaux éléments dans la constatation du
prix de transfert.
L'OCDE a choisi un moyen de contrôle en se basant sur la détermination des
bénéfices transférés indirectement en les comparant aux bénéfices qu'aurait réalisé
l'entreprise en cas d'absence de liens de dépendance.

Ainsi les prix de transfert correspondent aux prix de transactions qui lient des sociétés
dépendantes ou d'un même groupe.
C'est à dire, c'est l'ensemble d'opérations d’achat et de vente entre une entreprise et
sa filiale ou tout simplement d'un même groupe, et donc exclure toutes les transactions
à l’échelle internationale avec des sociétés indépendantes.
Exemple 1 : Deux filiales appartenant a un même groupes mais situant dans différents
pays, la filiale I située en Italie vend des produits électroniques à l'autre filiale T basée
en Tunisie ce prix est considéré comme un prix de transfert.

Figure 1: vente de produits électroniques entre deux filiales

29
IHEC Carthage Allouche Anis
Exemple 2 3 : Une société mère italienne I facture des frais d’administration et de
direction générale à ses filiales situées, en Espagne et en Tunisie. Le service facturé
relève des prix de transfert.

Figure 2 Les frais facturés par la société mère à ses filiales

2. Notion de la relation de dépendance :4


La relation de dépendance ou de contrôle est prouvée lorsqu'il y a détention par
l'une des sociétés, directement ou par personne interposée, de plus de 50% du capital
ou des droits de vote dans une autre société ou l'exercice effectif du pouvoir de
décision, ou lorsque des entreprises sont soumises au contrôle d'une même entreprise
ou d'une même personne et selon les mêmes conditions.
Le lien de dépendance peut être juridique (de droit) ou de fait.
La dépendance juridique : Lorsqu’une entreprise est placée sous la dépendance
d’une entreprise étrangère et que cette dernière possède directement ou indirectement
une part dans son capital ou la majorité absolue des droits de vote dans les assemblées
d’actionnaires, généralement en pratique la détention du capital plus de 50% suffit à
caractériser la dépendance.
La dépendance de fait : Il y a dépendance de fait si une société étrangère dispose
directement ou indirectement du pouvoir de décision envers une société locale.

3
LES PRIX DE TRANSFERT guide à l’usage des pme ; ministère de l’économie des finance et de l’industrie
Novembre 2006
4
http://www2.impots.gouv.fr/documentation/prix_transfert/entrep.htm

30
IHEC Carthage Allouche Anis
3. Principe de pleine concurrence :
Tous les pays quelque soit leur appartenance membre de l’OCDE ou pas, ont
déployé des législations conforment avec les principes applicables en matière de prix
de transfert émis par L’OCDE en 1995.
De ce fait, les entreprises multinationales sont amenées à baser leurs prix de
transfert au sein de leur groupe tout en tenant compte le principe de pleine
concurrence, plus précisément appliquer des prix qui soient comparables aux prix
pratiqués par des entreprises indépendantes dans des conditions similaires.
Cependant, dans beaucoup de cas les produits et les services échangés dans un groupe
multinational n’ont pas d’équivalent sur le marché, d’où il est presque impossible de
trouver un bien ou un service comparables.
Afin de régler ce problème, l’OCDE a établi plusieurs méthodes permettant de fixer
et d’effectuer un contrôle sur le prix de transfert.
Le rapprochement des prix de transfert avec les prix du marché constitue un élément
clés pour l’accroissement des performances d’un point de vue économique.

4. Méthode de fixation des prix de transfert :5


Il existe cinq méthodes d’application du principe de pleine concurrence :

01.Une méthode de prix de transfert qui compare le prix de


biens ou de services transférés dans une transaction contrôlée
au prix facturé pour les biens ou les services transférés dans
une transaction comparable non contrôlée
02. La fixation du prix de transfert dans ce cas se fait à partir du
coût complet de production en ajoutant la marge qu’une
entreprise indépendante aurait réalisé
03. Dans cette méthode la fixation du prix de transfert se fait en
fonction du prix de vente final au client sur lequel on diminue
les coûts complets de distribution et majoré d’une marge telle
qu’une entreprise similaire aurait réalisée.
04. Selon cette méthode on ne procède pas au calcul du prix de
transfert mais plutôt à la fixation d’un niveau de profit pour la
filiale concernée, le profit est calculé par comparaison au profit
net réalisé par des entreprises comparables.
05. Le profit total généré par l’activité est partagée entre les
Figure 3: méthode de fixation des prix
différentes filiales concernées au prorata de la valeur de leur
de transfert contribution

5
Julien Pellefigue, « La réglementation des prix de transfert », Mémoire économie et droit fiscal, université
panthéon-assas paris II

31
IHEC Carthage Allouche Anis
5. Prix de transfert et résultat global :
La détermination du prix de transfert permet de maximiser le résultat global du groupe ceci
par une allocation optimale des ressources de l’entreprise ce qui oblige les responsables à
effectuer des achats au sein du même groupe et à établir des prix de transfert permettant de
détecter le profit du groupe tout en respectant les réglementations.
A titre d’exemple :
Une société 1 cède à sa filiale 2 du même groupe 7000 unités de sa production à un prix
unitaire de 40 dinars, cette dernière supporte des charges externes de 60000 dinars et des
autres charges de 20000 dinars
La filiale revend le produit à un prix unitaire de 60 dinars et supporte d’autres charges de
60000 dinars
D’où le calcul du résultat s’effectue ainsi :

Société 1 Société 2

Intitulé Montants Intitulé Montants


Produits : Cession Interne 280 000 Produits : Chiffre d’affaires 420 000
Achats Externes 60 000 Achats internes 280 000
Autres charges 20 000 Autres charges 60 000
Résultat de la société 200 000 Résultat de la filiale 80 000
Résultat Global : 280 000

6. La multiplicité des redressements en matière de prix de transfert :


Les contrôles des prix de transfert connaissent une évolution et le montant des
redressements augmente d’une année à une autre. Les redressements liés aux prix de transfert
sont vingt fois plus rentables que ceux effectués en matière de TVA6, nul ne met en jeu autant
d’argent c’est pour ça que l’Etat remet en cause les prix de transfert dans le but d’accroitre les
recettes et les redressements légitimés par la lutte contre l’évasion fiscale.
L’Annexe I présente l’accroissement des redressements en matière de prix de transfert.

7. Le rôle de la comptabilité analytique dans le contrôle du prix de transfert :


La comptabilité analytique a permis aux entreprises exerçant plusieurs activités
(commerciale, industrielle…) de déterminer d’une manière scientifique le coût de chaque
activité exercée et de déterminer par voie de conséquence le coût réel de chaque transaction

6
FRANCE BAUMERT "La gestion des prix de transfert par les sociétés françaises" DEA de droit des affaires,
université robert schuman.

32
IHEC Carthage Allouche Anis
en prenant en compte l’ensemble des charges encourues aussi bien directes qu’indirectes
(telles que les charges de personnel liées à la production et à l’approvisionnement, les charges
d’amortissement des machines nécessaires à la production…).

La comptabilité analytique constitue ainsi un instrument important pour les groupes de


sociétés afin de déterminer et de justifier les prix de transfert intra-groupe puisque la
comptabilité analytique permet de déterminer le coût complet de chaque transaction.
Le pouvoir d’investigation de l’administration fiscale fait également que la comptabilité
analytique est un terrain de jeu important, et peut aider à justifier des redressements.
Ainsi, dans le cadre de leurs missions de contrôle liées à la revue des prix de transfert, les
administrations utilisent des éléments de la comptabilité analytique qui contribuent à la
justification des prix de transfert. L’analyse de ces éléments pourrait révéler des incohérences
avec la politique des prix de transfert et de justifier des redressements des impôts contrôlés.

8. Documentation des prix de transfert :

Dès lors que plusieurs législations fiscales des pays appliquent des pénalités et des amendes
lourdes en cas de redressement des prix entre entités liées, l’entreprise a pour rôle d’élaborer
une documentation liée aux prix de transfert expliquant la méthode choisie pour le calcul des
prix pratiqués comme nous venons de le voir juste avant.
Dans beaucoup de pays, l’établissement de la documentation revêt un caractère obligatoire
sous peine de pénalités. La documentation des prix de transfert a pour but de garantir que les
contribuables prennent convenablement en considération les prescriptions relatives aux prix
de transfert au moment de l’établissement des prix mais aussi de fournir aux administrations
fiscales toutes les informations nécessaires dans le but d’effectuer une bonne évaluation des
risques liés aux prix de transfert mais aussi de réaliser une vérification approfondie des
matières de prix de transfert d’entités imposables dans leur juridiction.

9. Les différentes sources d’information du control de prix de transfert :7


Les entreprises concernées doivent mettre à la disposition de l’autorité fiscale pour chaque
phase du processus de contrôle des renseignements qui peuvent être repartis en trois parties :
La constatation des cas :
Correspond à la collecte des bilans financiers, des déclarations d’impôts et des informations
publiquement disponibles (tels que les communiqués de presse)

7
https://www.bmz.de/rue/includes/downloads/2017_GIZ_Transfer_Pricing_Risk_Tool_FR.pdf

33
IHEC Carthage Allouche Anis
L’évaluation des risques :
Peut nécessiter des informations supplémentaires de haut niveau que le contribuable doit
fournir concernant les fonctions des parties liées et la politique interne de la société en matière
de prix de transfert.
L’audit :
Correspond à la collecte de renseignements complémentaires par l’intermédiaire
d’observations, d’entretiens et d’examens du comportement et de contrats.

Constatation des cas Evaluation des risques Audit

Cette phase constitue la phase En ce qui concerne les En cette dernière phase,
numéro 1 où les autorités deuxièmes phases les la collecte d’information
fiscales procèdent à la collecte demandes d’informations est obtenue auprès des
Les types de des renseignements nécessaires complémentaires se fait contribuables et des
renseignements se trouvant dans les auprès des contribuables parties liées
déclarations d’impôt, des de la liste approuvée au A travers :
disponibles bilans financiers, données cours de la première -les opérations
douanières, affaires antérieures phase. d’inventaire et les
et des informations Par exemple : entretiens avec le
publiquement disponibles. -Une documentation en personnel
Dans tous les cas dans les matière de prix de transfert -L’examen des contrats
centres de services aucune du contribuable et des comportements
donnée n’est disponible à la -Une collecte des faits des parties
phase de l’instruction d’un pour une analyse - les données étrangères
dossier leur disponibilité se fonctionnelle de haut collectées dans les
déclenche lors des phases niveau déclarations pays par
d’évaluation des risques ou -Un renseignement sur la pays et dans le dossier
d’audit politique de prix de maitre de consignation
transfert des prix de transfert.

Résultat Les contribuables potentiels Hiérarchisation des Modification des prix de


doivent être classés en fonction sociétés et de leurs filiales transfert conformément
du risque fiscal. Les filtres qui doivent faire l’objet aux prix sur le marché
quantitatifs des risques peuvent d’un examen, ainsi que libre ou clôture du
comprendre : l’identification des dossier si les prix ou
• le chiffre d’affaires problèmes potentiels en bénéfices se situent dans
• les revenus avant impôt matière de prix de transfert l’intervalle déterminée
• les bénéfices comptables et des transactions par le principe de pleine
• les pertes contrôlées concernées. concurrence.
• les impôts payés

34
IHEC Carthage Allouche Anis
II. Les législations applicables aux prix de transfert :

1. Les législations internationales :

La toute première loi relative aux prix de transfert est apparue aux Etats Unis en
1928, elle porte sur l’autorisation attribuée à l’administration fiscale à faire des
ajustements sur le niveau des résultats des différentes filiales pour que ces
dernières affichent des résultats fiables et ne fuient plus l’impôt.
Les autorités américaines considèrent que les entreprises étrangères implantées
sur le territoire américain doivent payer une part d’impôt plus juste. A cet effet,
une entrée en vigueur d’une réforme de la réglementation fiscale le 1 er janvier 1994
dans le but de procurer à l’administration fiscale américaine les mesures
convenables à la répression de l’évasion fiscale, ils se sont ainsi orientés vers une
méthode de répartition des bénéfices consolidés. 8
Les autorités fiscales américaines ont publié le règlement 482 qui porte sur
l’obligation de production des documents établis au moment de l’exécution de la
transaction en justifiant aussi la méthode utilisée par les entreprises pour la
détermination des résultats de leurs transactions. Dans le cas contraire, ils seront
passibles de pénalités équivalentes à 20% ou à 40% de la minoration de l’impôt
exigible.
Les principaux documents à fournir portent sur :
- Une explication des activités du contribuable. Parmi eux, les facteurs qui
influencent la fixation de ses prix de transfert tels que les facteurs économiques et
juridiques.
- Une description de la structure organisationnelle ayant un impact sur les
transactions entre entités
- Les méthodes adoptées pour la fixation des prix de transfert.
- Une explication de la cause des méthodes non choisies
- Une description des données pertinentes obtenues entre la fin d’exercice et le
moment auquel la déclaration de revenu a été produite.

8
Ernst&Young a effectué un sondage en 1996 montrant que plus de 200 entreprises multinationales ayant des
activités dans le territoires américain et 89% des répondants ont déclaré avoir produit une documentation sur la
politiques utilisée en matière de prix de transfert compatible avec les règlements de l’IRS, pour éviter toute sorte
de pénalité.

35
IHEC Carthage Allouche Anis
En plus de la documentation, l’IRS impose l’obligation de joindre des
renseignements sur les transactions entre entités.
La réaction des autres pays a été surtout défensive, sauf quelques uns comme la
France, l’Australie et le Mexique qui ont choisi une législation plus dure en
matière de prix de transfert.
En ce qui concerne l’Union Européenne, les états membres ont signé en 1990
une convention relative à l’abondant de la double imposition subie par les groupes
de sociétés au sein de l’Union suite à un ajustement primaire, l’entrée en vigueur
de cette convention a eu lieu le 1 er janvier 1995.
L’Annexe II présente un comparatif des réglementations en vigueur dans les
principaux pays européens.
Enfin, en ce qui concerne les pays africains, l’union du Maghreb Arabe permet
aux administrations fiscales d’effectuer un redressement sur les prix de transfert.
A titre exemple un article 9 marocain du CGI prévoit que si les dépenses engagées
à l’étranger par des entreprises étrangères exerçant une activité sur le territoire
marocain ne sont pas justifiées, alors l’administration marocaine peut déterminer
la base d’imposition de l’entreprise en comparant avec des entreprises similaires.
Quant au droit fiscal égyptien, celui-ci affirme l’importance du principe de
pleine concurrence dans la constatation des prix de transactions entre les
entreprises égyptiennes et les entreprises étrangères qui leur sont liées et
10
l’établissement de modifications de la législation fiscale fournissant des
précisions sur les méthodes pouvant être utilisées par l’administration afin de
déterminer le prix des transactions qui est conforme avec le principe de pleine
concurrence. Les contribuables auront ainsi la possibilité d’effectuer une validation
anticipée des méthodes utilisées pour déterminer leur prix de transfert.

2. La législation Tunisienne :
2.1 L’évolution des prix de transfert :
L’article 51 de la loi de finance de 2010 11 a introduit pour la première fois une
réglementation spécifique des prix de transfert.

9
Article 213.III du CGI marocain.
10
Extrait du CGI égyptien, dispositions relatives aux prix de transfert.
11
Lorsqu’il est établi aux services fiscaux l’existence de transactions commerciales ou financières entre une
entreprise et d’autres entreprises ayant une relation de dépendance, qui obéissent à des règles pour la
détermination de leur valeur qui différent de celles qui régissent les relations entre entreprises indépendantes, la

36
IHEC Carthage Allouche Anis
Toutefois, selon l’article 12 du Code d’impôt sur le revenu des personnes physiques
et de l’impôt sur les sociétés, le résultat net s’établit qu’après déduction des charges
nécessaires à l’exploitation. Il s’en suit qu’une charge qualifiée comme non liée à
l’exploitation peut ne pas être admise en déduction du bénéfice imposable.
Ainsi, il est qualifié d’acte anormal de gestion toutes les charges qui sont en dehors
de l’activité normale d’exploitation.
Le point le plus important à prendre en considération en matière fiscale est l’intérêt
social de l’entreprise, les relations entre sociétés doivent garder un caractère normal.
En janvier 2018, la Tunisie a signé une convention portant sur la mise en œuvre des
mesures relatives aux conventions fiscales dans le but de prévenir l’érosion de la base
d’imposition et le transfert de bénéfices.
Cette convention vise principalement à renouveler le réseau existant concernant les
conventions fiscales bilatérales et abrège les possibilités d’évasion fiscale provenant des
entreprises multinationales.
Un accord multilatéral de ce type permet aux pays d’adapter les résultats provenant
du projet BEPS de l’OCDE et du G20 dans leur réseau de convention bilatérales.
Ce projet a un rôle de contrer les lacunes des règles internationales qui permettent
aux entreprises de d’occulter les bénéfices ou de les transférer à des pays à fiscalité
privilégiée, ce qui a un impact négatif sur les recettes publiques qui peut se traduire par
un manque à gagner pouvant atteindre jusqu'à 240 milliards de dollars par an. 12

2.2 Apport de la loi de finances de 2019 en matière de prix de transfert :


Les articles 29 à 35 de la loi de finances de 201913 ont introduit des changements
importants concernant les prix de transfert.
L’article 29, applicable à partir de 2020, a prévu la suppression des dispositions
relatives a l’article 48 Septies CIRPPIS qui porte sur la réintégration dans la base de l’IS
les minorations des bénéfices provenant des transactions effectuées entre des sociétés
dépendantes et qui utilisent un prix différent auquel pratiquent les sociétés
indépendantes, s’appliquant aux sociétés résidentes dans des pays qui n’ont pas signé
une convention de non double imposition avec la Tunisie.

minoration des bénéfices découlant de l’adoption de ces règles différentes est réintégrée dans les résultats de
ladite entreprise
12
https://www.leconomistemaghrebin.com/2018/01/25/ocde-tunisie-signe-accord-decisif-renforcement-
conventions-fiscales/
13
Loi 2018-56 du 27 décembre 2018.

37
IHEC Carthage Allouche Anis
La suppression de ces dispositions a été suivie par d’autres nouvelles qui consistent à
la détermination de l’impôt dû des sociétés résidentes ou établies en Tunisie et qui ont
un lien de dépendance avec une autre société ou du même groupe, qui se fait à partir de
l’introduction des bénéfices transférés indirectement à travers l’augmentation ou la
réduction des prix des transactions ou par tout autre moyen dans le résultat de ces
entreprises.
La détermination du transfert indirect des bénéfices se fait en comparant les bénéfices
réalisés aux bénéfices qu’aurait dus être réalisés par la société dans le cas où il n’y a pas
de liens de dépendance.
Les conditions de dépendance ne sont pas exigées dans le cas des transferts de bénéfices
avec des sociétés établies ou résidentes dans des pays à régime fiscal de faveur.

2.2.1 La notion de dépendance :


L’établissement de la notion de dépendance ou de contrôle est prouvé lorsque :
a) L’une des entreprises détient directement ou par personne interposée plus de 50%
du capital social ou des droits de vote d’une autre entreprise ou y exerce en fait le
pouvoir de décision.
b) Lesdites entreprises sont soumises au contrôle de la même entreprise ou de la
même personne dans les conditions prévues à l’alinéa « a » précédant.

2.2.2 Les obligations de documentation prévues par la loi de finance de 2019 :


 La déclaration annuelle sur les prix de transfert :
En ce qui concerne l’article 30 qui porte sur la déclaration des prix de transfert
applicable à partir de 2020, il a été rajouté un nouveau paragraphe mentionnant
l’obligation des entreprises résidentes et établies en Tunisie ayant des liens de
dépendances conforme à l’article 48 Septies et qui réalisent un chiffre d’affaires
supérieur à 20 millions de dinars d’effectuer une déclaration annuelle relative aux
prix de transfert suivant un modèle établi par l’administration fiscale, qui doit être
déposée à travers les moyens électroniques fiables et conforme au délai de dépôt des
déclarations annuelles.
Ces déclarations doivent contenir un nombre d’informations se rattachant au groupe
des entreprises :
Des informations concernant l’exploitation et toutes les modifications effectuées
au cours de l’année.
La politique de transfert pratiquée par le groupe d’entreprise.

38
IHEC Carthage Allouche Anis
Etat des actifs du groupe utilisés par la société y compris la raison sociale de la
société du groupe et le pays de résidence.
Les informations se rattachant à l’entreprise concernée :
Des informations concernant l’exploitation et toutes les modifications effectuées
au cours de l’année.
Un tableau récapitulatif des transactions commerciales et financières réalisées avec
les entreprises qui sont sous sa dépendance ou qui la contrôlent. Cet état comporte
la nature et le montant des transactions, la raison sociale et l’Etat de résidence
fiscale des entreprises qui sont sous sa dépendance.
Des informations sur les prêts et emprunts réalisées avec les entreprises qui sont
sous sa dépendance ou qui la contrôlent.
Les transactions gratuites ou rémunérées par des moyens non monétaires.

 Déclaration des prix de transfert et vérification approfondie :


Une déclaration des prix de transfert et vérification approfondie a été prévue dans l’article
31, ceci en ajoutant un article 38 au code des droits et procédures fiscaux qui oblige les
personnes soumises à la vérification approfondie et dont le chiffre d’affaire est supérieur à 20
millions de dinars de présenter des documents justificatifs sur la politique des prix de
transfert adoptée.
Le contenu de cette documentation est fixé par arrêté du ministre des finances et cette
déclaration doit être remise à la date du commencement de la vérification approfondie.
Lorsque les documents requis ne sont pas présentés aux agents de l’administration fiscale, à la
date du commencement de la vérification fiscale approfondie, ou leur sont présentés d’une
manière incomplète, l’administration fiscale procède à la notification à l’entreprise concernée
une mise en demeure de les produire ou de les compléter dans un délai de 40 jours de la date
de la mise en demeure, tout en précisant la nature des documents concernés.

 Déclaration pays par pays :


Suivant l’article 32 une obligation ajouté a l’article 17 du droits et procédures fiscaux
instituant l’obligation aux entreprises ayant un chiffre d’affaire supérieur à 20 millions de
dinars de déposer dans un délai de 12 mois une déclaration pays par pays à partir des moyens
électronique fiables comportant les données fiscales et comptables, lieu des activités exercées
des groupes de sociétés, et la répartition du bénéfices par pays.

39
IHEC Carthage Allouche Anis
Cependant le dépôt de la déclaration pays par pays concerne les entreprises :
Résidente en Tunisie détenant une participation dans une ou plusieurs entreprises
Détenue elle-même par une entreprise résidente dans un pays ne figurant pas sur la
liste des pays ayant signé avec la Tunisie un accord d’échange automatique 14 de
déclaration pays par pays.
Ayant un chiffre d’affaire annuel consolidé supérieur ou égal à 1 636 millions de
dinars.
L’Annexe III présente un modèle de formulaire de déclaration pays par pays.

2.2.3 Accord établi avec l’administration fiscale :


Comme mentionné dans l’article 33, le législateur tunisien a vu bon de permettre les
entreprises ayant une relation de dépendance ou exerce un contrôle sur une autre société
conforme à l’article 48 septies avec des entreprises non situés en Tunisie de demander auprès
des autorités fiscales d’élaborer une convention préalable sur la détermination des prix de
transfert dans le futur et ceci pour une période allant de trois à cinq ans.
La convention ne peut être annulée avant le délai prescrit que si l’entreprise présente des
informations erronées ou les dissimule ou en cas de non respect des obligations prévues par la
convention.
L’accord avec l’administration devient caduc lorsque :
L’entreprise concernée a présenté des faits erronés ou a dissimulé des renseignements.
Elle n’a pas honoré les obligations prévues par l’accord
A commis des manœuvres frauduleuses.

2.2.4 Les amendes et les sanctions relatives aux prix de transfert :


L’administration fiscale a aussi prévu des sanctions relatives aux prix de transfert
comme évoqué dans l’article 34.

 Sanctions relatives à la déclaration politique prix de transfert :


Est punie d’une amende fiscale administrative égale à 10 000 dinars, toute
entreprise réalisant un chiffre d’affaires annuel brut supérieur ou égal à 20 millions
de dinars, n’ayant pas déposé dans le délai imparti, la déclaration annuelle sur les
prix de transfert.

14
L’échange automatique est fixée par arrêté ministériel la liste des pays ayant signé avec la Tunisie un accord
automatique de la déclaration pays par pays

40
IHEC Carthage Allouche Anis
Tout renseignement non fourni dans la déclaration annuelle sur les prix de transfert
ou fourni d’une manière incomplète ou inexacte donne lieu à l’application d’une
amende égale à 50 dinars par renseignement, sans que cette amende excède 5 000
dinars.

 Sanctions relatives à la documentation justifiant la politique de prix de transfert :


Toute entreprise n’ayant pas présenté à l’administration fiscale, au cours d’une
vérification approfondie, les documents justifiant la politique de prix de transfert ou
l’ayant présenté d’une manière incomplète ou inexacte, dans un délai de 40 jours de la
date de la notification de la mise en demeure, est punie d’une amende fiscale
administrative égale à 0,5% du montant des transactions concernées par ces
documents non présentés ou présentés d’une manière incomplète ou inexacte avec un
minimum de 50 000 dinars par exercice concerné par la vérification.

 Sanctions relatives à la déclaration pays par pays :


Est punie d’une amende fiscale administrative égale à 50.000 dinars, toute
entreprise n’ayant pas déposé, dans le délai imparti, la déclaration pays par pays.
Tout renseignement non fourni dans la déclaration pays par pays ou fourni d’une
manière incomplète ou inexacte, donne lieu à l’application d’une amende égale à 100
dinars par renseignement, sans que cette amende excède 10 000 dinars.
La sanction relative contrevenant à l’obligation du respect du secret professionnel
est multipliée par cinq, en cas de divulgation d’informations obtenues dans le cadre du
droit de communication exercé par l’administration fiscale au titre de la déclaration
pays par pays.
 Des nouvelles dispositions relatives au calcul de la durée de vérification du retard de
présentation des documents justifiant la politique des prix de transfert avec un retard
ne dépassant pas 40 jours et non plus 30 jours comme mentionner dans l’article 35.

41
IHEC Carthage Allouche Anis
2.2.5 Tableau récapitulatif de la date d’application de la mesure :15

Section 2: Cas Pratique de l’application des prix de transfert au sein des


sociétés

Après avoir présenté la démarche théorique relative au prix de transfert, nous allons mettre
l’accent sur un cas pratique rencontré pendant une mission d’audit effectuée au sein d’une
entreprise mère que nous appelons « M » pour des raisons de confidentialité liées à la dite
mission.

I. Prise de connaissance générale de la société M et de sa filiale F :


Après avoir effectué toutes les procédures essentielles à savoir l’identification des parties
liées, des principes et la compréhension de l’environnement juridique et fiscale de la société
nous avons constaté que la société M est une société anonyme exerçant dans le secteur
industriel.
La société F a été créée par la société M essentiellement pour exercer une activité
commerciale.

15
Mehdi ELLOUZ, séminaire portant sur la loi de finances pour la gestion de l’année 2019,16 et 17 janvier 2019
Tunis grand hotel

42
IHEC Carthage Allouche Anis
Vu la spécificité du produit à commercialiser et vu le besoin organisationnel de la société F
pour exercer son activité, cette dernière a décidé de bénéficier du savoir-faire et de la
technicité de la société M.

1- Relation mère filiale :


La société F, qui a débuté son activité le 1er Septembre 2018, confie à la société mère M les
opérations d’étiquetages, de remballages, de dépoussiérages et de livraison de ses
marchandises appartenant en pleine propriété à la société F ainsi que toute opération de
logistique liée à son activité.
D’autre part la société F confie à la société M une mission d’assistance fonctionnelle
nécessaire pour sa bonne gestion notamment en ce qui concerne les axes suivants :
développement commercial, achat, ingénierie financière, comptabilité, organisation,
informatique et gestion de stock.

2. L’étendue des travaux :


Les travaux doivent couvrir les aspects suivants :

a) Sous-traitance :
Préparation et remise en état de la marchandise : emballage et étiquetage

b) Assistance technique :
La société M met à la disposition de la société F ces ressources managériales pour assurer
la gestion de cette dernière.
L’assistance technique englobe la gestion financière, comptable et fiscale, la gestion
informatique, la gestion des achats et approvisionnement, la gestion des stocks et la gestion
commerciale.

3. La méthode de calcul des coûts :


La société M facture les emballages à leur prix d’achat.
La méthodologie du « Cost Sharing » 16 sans aucun mark-up constitue la base de calcul du
coût des prestations de sous-traitance.
Les frais de l’assistance technique sont facturés sur la base des charges réelles encourues
par la société M se rattachant à chaque volet énumérés ci-dessus et sont calculées sur la base
d’une répartition des dites charges en fonction du chiffre d’affaires réalisé par chaque entité.

16
C’est un accord de répartition des coûts qui repose sur un contrat établi par les entreprises pour mettre en
commun des moyens en partageant les coûts et les risques.

43
IHEC Carthage Allouche Anis
Un minimum de un mille dinars (1000 DT) par an est fixé pour les frais d’assistance
technique.
Toutefois les travaux non énumérés ci-haut feront l’objet d’une facturation
complémentaire.

II. Les problèmes rencontrés et les solutions proposées :

A. Problématique :
Dans le cadre de notre mission d’audit, la société M nous a confié les données
relatives à la facturation du prix de transfert qui réparti entre l’activité de sous-
traitance et de l’assistance technique.
La facturation liée à l’activité de sous-traitance effectuée par la société M est évalué
à 15800 qui a été déterminé sur la base d’une facturation du prix réel de l’achat de
l’emballage, de l’étiquette et de la main d’œuvre nécessaire. Toutefois le coût de la
main d’œuvre a été déterminé d’une manière forfaitaire de 500 millimes (le taux
d’heure de main d’œuvre estimé a 10,3 dt/h).
Encore, l’activité de l’assistance technique a été déterminée elle-même d’une manière
globale et forfaitaire d’un montant de 3703 dinars.
La société M n’a pas documenté ses prix de transfert, ainsi, en tant qu’auditeur,
nous ne sommes pas sûrs que les prix de transfert soient appliqués conformément aux
règles contractuelles, nous ne pouvons également pas s’assurer des montant facturés et
de la politique des prix de transfert adopté par la société M.
Dans ce cas, nous avons eu recours à la comptabilité analytique pour vérifier si le
montant des prix de transfert facturé est conforme au contrat signé par la société mère
et sa filiale, dans le cas contraire un traitement comptable est à faire au niveau de la
société M.

B. Solutions :
D’un commun accord entre les parties, la société M facture à la société F des frais
en se référant à la tarification suivante :

44
IHEC Carthage Allouche Anis
a) Les frais de sous-traitance :

Figure 4: les frais de sous-traitance effectué pas la société F

Comme indiqué dans la figure ci-dessus, la société F procède en premier temps à


l’emballage des produits reçus de la société M, réparti par le nombre de quantités et
leur prix d’achat unitaire.
Ensuite, la deuxième étape consiste à l’étiquetage qui coute 0,016 par unité.
Ces deux étapes nécessitent le travail du personnel, donc le calcul du coût de la
main d’œuvre se fait suivant le taux d’heures de main d’œuvre qui est égale à 5,85, le
temps nécessaire pour effectuer les tâches de l’emballage et de l’étiquetage qui est de
3 minutes.
D’où le calcul du coût de la main d’œuvre se fait ainsi :

5,85*3 /60 = 0,293

45
IHEC Carthage Allouche Anis
Dans un dernier temps nous avons procédé au calcul du coût total pour toutes les
références en additionnant le prix unitaire des emballages, des étiquetages et de la
main d’œuvre multiplié par le nombre de quantités conforment d’où nous obtenons le
coût total des frais de sous-traitance qui est égale à 14 177 milles dinars.
Ainsi, le prix de la sous-traitance facturé par la société M est majoré de 1 623
(15 800 – 14177)

b) Les frais d’assistance technique :


Comme évoqué dans la partie ci-dessus la société F a débuté son activité le 1er
septembre 2018, d’où cette figure présente les activités d’assistance technique
ainsi que le solde annuel et le solde des trois derniers mois (de septembre jusqu'à
décembre).

Figure 5 : la répartition des activités liées aux frais d'assistance technique

c) La clé de répartition :
La société M vends ses amortisseurs à l’échelle nationale mais aussi international,
les ventes étrangères représente plus que la moitié de son chiffre d’affaire par
contre la société F est limité à l’échelle nationale, d’où son chiffre d’affaire
provient exclusivement des ventes locales.
Dans ce cas, l’établissement d’une clé de répartition est nécessaire pour déterminer
les parts de charge de la société F.

46
IHEC Carthage Allouche Anis
Figure 6 : le calcul de la clé de répartition des activités

La société F comme mentionné ci-dessus exerce exclusivement dans le domaine local,


comme le montre la figure 7 nous avons dans un premier temps répartit le chiffre d’affaire
global et local de la société M ensuite nous avons calculé le total chiffre d’affaire global et
local des deux sociétés ceci pour pouvoir calculer la clé de répartition.
Le calcul de la clé de répartition selon les activités a été réparti en deux puisque l’activité
de force de vente locale ne peut être calculé que sur la base du chiffre d’affaire local, nous
avons ainsi procédé à la division du chiffre d’affaire de la société F sur le total du chiffre
d’affaire local des deux entreprises pour avoir la clé de répartition de l’activité force de vente
locale.
En ce qui concerne la détermination de la clé de répartition pour les autres activités nous
avons divisé le chiffre d’affaire de la société F sur le total du chiffre d’affaire global des deux
sociétés.

d) La quote-part de la société F :

47
IHEC Carthage Allouche Anis
A partir de la clé de répartition nous avons pu déterminer la quote-part de la société F
relative aux frais d’assistance technique.
Nous avons en premier lieu :
Calculé la quote-part de chaque activité en multipliant le solde (septembre à décembre)
à la clé de répartition
Dans un second lieu :
Nous avons additionné l’ensemble des quotes-parts pour obtenir un résultat de
17299,20

 Les Ajustements proposés:

Les produits à recevoir de la filiale F au titre de la sous-traitance de l’emballage


des amortisseurs achetés sont estimés à 21 340, 270
Nous avons remarqué que cette estimation ne tient pas compte de l’ensemble des
charges encourues par la société M notamment en raison de l’absence de personnel
chez F.
 Les frais de la direction générale
 Les frais du magasin de stockage
 Les frais de la direction administrative et financière
 Les frais du système d’information
 Les frais de vente et de commercialisation locale
De même le contrat de location signé avec F n’est pas comptabilisé par la société
M.
Sur la base des travaux de comptabilité analytique, nous avons demandé à la
société M de recalculer les frais supporté pas elle-même et qui devrait être à la
charge de F :

48
IHEC Carthage Allouche Anis
Suite au recalcule des frais nous avons pu dégager l’écart entre les frais calculé et ceux
provenant de l’estimation effectuée par la société M d’où une écriture d’ajustement lui a été
proposée.

32 176,689 – 21 340,270 = 10 836,419

458700 Produits à recevoir 10 836,419

705100 Service rendu à des tiers 10 836,419

49
IHEC Carthage Allouche Anis
CONCLUSION GENERALE
Etant un sujet d’actualité et avec les nouveaux apports de la loi de finance mon attention a
été portée particulièrement sur les prix de transfert de plus le cabinet HM Consulting a joué
un grand rôle dans le développement de ce sujet puisque nous avons eu non seulement
l’occasion de participer à plusieurs missions d’audit mais aussi de travailler sur un cas
pratique qui a soulevé la problématique liée aux prix de transfert.

Notre analyse nous a donc permis de mettre en valeur les prix de transfert qui constituent
un levier de manipulation essentiel pour les groupes. Il est important de bien établir le lien
entre l’obligation fiscale et l’analyse financière lors de toute étude des comptes individuels
d’une société membre d’un groupe.

Les réflexions développées dans le cadre de cette étude, avaient pour objectif de mieux
comprendre les spécificités liées au prix de transfert dans un groupe de société, et de montrer
l’importance de certains outils telle que la comptabilité analytique en vu de rendre plus aisés
leurs recensement et leur contrôle par le commissaire aux comptes. Le rôle de l’expert
comptable dans ce cadre est primordial. Il joue le rôle de contrôle, de conseil et d’assistance
afin de protéger les droits des sociétés concernées tout en veillant au respect des obligations
fiscales. Ainsi, le commissaire aux comptes doit prendre en considération tous les facteurs
essentiels au moment de la détermination de l’étendue des contrôles de substance qu’il va
réaliser, ainsi les questionnaires de contrôle proposés doivent faciliter la mise en œuvre de ces
travaux et l’exploitation de l’information collectée.
Sur le plan fiscal, et à l’échelle internationale, les enjeux liés aux prix de transfert sont
majeurs et les risques omniprésents. Ainsi, pour les Etats, le prix de transfert permet de
déterminer l’assiette imposable d’un contribuable et permet d’éviter le transfert des bénéfices
à l’étranger. Chaque Etat est tiraillé entre, d’une part, réduire la fraude sur son territoire, et
d’autre part, attirer les capitaux et les entreprises susceptibles de s’installer et d’investir.
Trouver l’équilibre entre ces deux objectifs n’est pas toujours évident.
C’est d’ailleurs dans ce cadre que s’inscrit l’un des textes les plus importants se rapportant
au prix de transfert : « Prix de transfert et entreprises internationales » publié par l’OCDE en
1979, et dans lequel le principe de pleine concurrence est une norme internationale qui,

50
IHEC Carthage Allouche Anis
comme s’y sont convenus les pays membres de l’OCDE, doit être mise en œuvre, à des fins
fiscales, par les autorités fiscales pour la fixation des prix de transfert.17
En Tunisie, avec la loi de finance de 2019 les prix de transfert sont un sujet d’actualité avec
les apports des nouveaux articles et de la suppression des anciennes dispositions qui ont été
remplacées par d’autres nouvelles comme présenté dans notre étude.
Cependant une note commune devrait être prévue par l’administration fiscale afin de
commenter les nouvelles dispositions relatives aux prix de transfert en Tunisie.

En effectuant ce stage nous avons pu comprendre qu'il y a une différence fondamentale


entre les connaissances théoriques et les réalités du terrain, qu'un bon encadrement est
nécessaire comme ce fut dans notre cas pour mieux saisir la portée et la responsabilité du
travail d’un expert comptable. Avec notre participation aux différentes missions d’audit et de
travaux comptables, nous avons eu l’opportunité de mieux comprendre les tâches d’un
comptable et d’un commissaire aux comptes et la manière de traiter les difficultés rencontrées
à travers les travaux effectués qui nous ont permis d’apprendre des différentes tâches dans
deux domaines l’audit financier et la comptabilité.
Ainsi, nous sortant grandis de cette expérience d'apprentissage avec beaucoup de
connaissances, d'espoir et prêt à relever de nouveaux défis pour atteindre notre objectif celui
de devenir un expert comptable.

17
Oussema Trabelsi, « Prix de transfert dans les sociétés : Risques spécifiques et démarche d’audit dans le
cadre d’une mission de commissariat aux comptes », Université de Sfax, Décembre 2010

51
IHEC Carthage Allouche Anis
GLOSSAIRE

OCDE Organisation de coopération et de développement économiques

OECT Ordre des Experts Comptables de Tunisie

AFI Agence Foncière Industrielle

IASSB International Auditing and Assurance Standards Board

IRS Internal Revenue Service

CGI Code général des impôts

BEPS Base Erosion and Profit Shifting

Code de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt


CIRPPIS
sur les sociétés

52
IHEC Carthage Allouche Anis
BIBLIOGRAPHIE

1. Publications :
CHRISTOPHE J., « Prix de transfert : les déterminants d’une politique de transfert »,
L’actualité fiduciaire, n° 799, Septembre 1996, pages 46-53.
DOUVIER P-J. et GILBERT B., « Prix de transfert : comment préparer son contrôle fiscal ?
», Option finance, 26 mai 2003, n° 738, page 27
OUIRFELLI A., « L’acte anormal de gestion en droit fiscal Tunisien », L’expert, Février
2006.
2. Articles internet :
ANIS WAHABI. « Mesures fiscales de la loi de finance de 2019 » 03 janvier 2019,
https://www.tustex.com/economie-actualites-economiques/document-mesures-fiscales-de-la-
loi-de-finances-de-2019-par-anis-wahabi-%E2%80%93-associe-awt
MOHSEN TISS. , « OCDE : la Tunisie signe un accord décisif pour le renforcement des
conventions fiscales »25janvier2018 https://www.leconomistemaghrebin.com/2018/01/25/ocde-
tunisie-signe-accord-decisif-renforcement-conventions-fiscales/

3. Textes législatifs :
 Loi de finance 2019
 Code Général des Impôts (France). <www.legifrance.gouv.fr>.
 Code Général des Impôts (Maroc). <http://portail.tax.gov.ma>.
 Code Général des Impôts (Egypte). <http://www.egypt.gov.eg>.

4. Ouvrage :
Alexandra Readhead : Boite a outils d’évaluation des risques en matiere de prix de transfert
Maher Jenhani : La loi de finance 2019
Mehdi Ellouz : Séminaire portant sur la loi de finances pour la gestion de l’année 2019
OCDE : Instructions relatives à la documentation des prix de transfert et aux déclarations
pays par pays. https://www.oecd-ilibrary.org/docserver/9789264225404-
fr.pdf?expires=1554295759&id=id&accname=guest&checksum=865499D1A54C521935199
57D5160DCA2
5. Mémoires :
Marcel Boyer : Pourquoi et comment fixer les prix des transactions interdivisionnelles
Dimitri Feist : L’incidence des politiques de prix de transfert sur le développement des
groupes

53
IHEC Carthage Allouche Anis
France Baumert : La gestion des prix de transfert par les sociétés françaises
Marcel Boyer : Pourquoi et comment fixer les prix des transactions interdivisionnelles
Mourad El Jeri : Mission de conseil en matière de gestion des risques fiscaux liés aux prix
de transfert.
Oussama Trabelsi : Prix de transfert dans les groupes de sociétés : Risques spécifiques et
démarche d’audit dans le cadre d’une mission de commissariat aux comptes.

6. Sites internet :
- Société industrielle des Amortisseurs
http://www.sia-am.com/fr/
- Deloitte
https://www2.deloitte.com/
- Les ciments Artificiels de Tunisie
https://www.colacem.com/tn/fr/
- Topo +
https://www.topoplustn.com

- Ministère de la finance :
http://www.finances.gov.tn
- OECD
http://www.oecd.org/fr/ctp/prix-de-transfert/

7. Manuel de cours :
Cours audit : Mme Chakroun Raida
Cours control interne : Mme kalthoum Ayadi

54
IHEC Carthage Allouche Anis
TABLE DES MATIERES :

Remerciements ......................................................................................................................... 3

SOMMAIRE ............................................................................................................................. 4

Introduction générale ............................................................................................................... 5

Chapitre I : Présentation du Cabinet «HM CONSULTING » et des entreprises clientes 7

Introduction : .......................................................................................................................... 7

Section 1 : Présentation du cabinet :....................................................................................... 7

1. Création et historique : ................................................................................................................ 7

2. Fiche signalétique du cabinet : .................................................................................................... 7

3. Description du cabinet................................................................................................................. 8

Section 2 : Les domaines d’activité : ...................................................................................... 8

1. Audit & Commissariat aux comptes : ......................................................................................... 8

2. Département assistance comptable : ............................................................................................ 9

3. Assistance juridique : .................................................................................................................. 9

4. Assistance fiscale : ...................................................................................................................... 9

Section 3 : Présentation des entreprises clientes .................................................................. 10

1. La Société Tunisienne de Promotion des Pôles Immobiliers Industriels : ............................... 10

2. Les Ciments Artificiels Tunisiens : ........................................................................................... 10

3. La société Industrielle d’amortisseur : ...................................................................................... 11

4. Société de topographie, cartographie et de bathymétrie : .......................................................... 12

Chapitre II : Déroulement du stage : ................................................................................... 14

Section 1 : La méthodologie d'audit : ................................................................................... 14

A. Planification de l'intervention et élaboration de la stratégie d'audit : ........................................ 14

B. Mise en œuvre de la stratégie d’audit : ...................................................................................... 15

C. Conclusions et rapports : ........................................................................................................... 17

Section 2 : Les Tâches effectuées durant le stage: ............................................................... 18

1. Introduction : ............................................................................................................................. 18

2. L’audit financier :...................................................................................................................... 19

55
IHEC Carthage Allouche Anis
3. Comptabilité :............................................................................................................................ 25

Section 3 : Les principaux acquis du stage :........................................................................ 26

Conclusion : .......................................................................................................................... 26

Chapitre III : Analyse du stage ............................................................................................. 27

Introduction : ........................................................................................................................ 27

Section 1 : Partie théorique : le contrôle des prix de transfert et les législations applicables29

I. Le control des prix de transfert :................................................................................................ 29

II. Les législations applicables aux prix de transfert : ................................................................... 35

Section 2: Cas Pratique de l’application des prix de transfert au sein des sociétés .............. 42

I. Prise de connaissance générale de la société M et de sa filiale F : ............................................ 42

II. Les problèmes rencontrés et les solutions proposées : .............................................................. 44

Conclusion générale ............................................................................................................... 50

GLOSSAIRE........................................................................................................................... 52

BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 53

Table des matières :................................................................................................................ 55

Annexes ................................................................................................................................... 57

56
IHEC Carthage Allouche Anis
ANNEXES

Annexe I : Accroissement des redressements en matière de prix de transfert :


Entre 1988 et 1992 le montant de base de ces ajustements a été multiplié par trois, allant de
421 millions à 1287 millions de francs en 2001.

1988 1989 1990 1991 1992


Nombre de
124 137 127 137 138
redressements
Montant de base
462 857 576 640 1287
(en MF)
Montant en droits
216 377 242 252 472
(en MF)

En partant des statistiques du ministère des finances publiées en 2001 sur les redressements
liés aux prix de transfert, la courbe ascendante a augmenté, d’où dans les sociétés
internationales le control fiscale est presque toujours accompagné d’un examen des prix de
transfert.
1200

1000

800

600
Base redressée en
M€
400

200

0
95 97 99

57
IHEC Carthage Allouche Anis
Annexe II : Comparatif des réglementations en vigueur dans les principaux pays
européens

France Allemagne Belgique Italie Royaume Uni

-Transaction -Transaction -Transaction Transaction -Transaction


entre une entre une entre une entre une entre une
société société société société société
résidente et une résidente et résidente et résidente et résidente et
société une société une société une société une société
étrangère étrangère. étrangère. étrangère étrangère
-Preuve -Contrôle de -Contrôlées -Contrôle de -Contrôle de
Champs apportée par l’une sur directement l’une sur l’une sur
D’application l’administration l’autre ou ou l’autre ou l’autre ou
concernant contrôle par indirectement contrôle par contrôles par
l’existence d’un les mêmes par les mêmes les mêmes les mêmes
avantage intérêts intérêts. intérêts intérêts
anormal par
rapport au prix
de pleine
concurrence
-Présomption -Réintégration -Réintégration -Réintégration -Réintégration
d’un transfert de la part de la part de la part de la part
indirect des anormale dans anormale dans anormale dans anormale dans
bénéfices le revenu de le revenu de le revenu de le revenu de
-Réintégration de l’entreprise l’entreprise l’entreprise l’entreprise
Effet la part anormale résidente résidente résidente résidente
d’application dans le revenu de
l’entreprise
résidente

58
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Annexe III : Modèle de formulaire déclaration pays par pays

59
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Annexe IV : Attestation de stage

60
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Annexe V : Grille d’évaluation signée et remplie par le maître de stage

61
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Annexe VI : Déclaration obligatoire

62
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