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ANALYSE FINANCIERE 2004/2005 PROFESSEURS : K OUBAL ET O HNICHE

Université Mohammed V –SOUISSI Année universitaire : 2004-2005


Faculté des Sciences Juridiques, Semestre 4
Economiques et Sociales -Rabat-

Filière : Economie et gestion


Module : Introduction aux sciences de gestion
Elément : Analyse financière

CHAPITRE I

L’ANALYSE FINANCIERE DU BLAN


LES APPROCHES PATRIMOIALE ET
FONCTIONNELLE

Le bilan est le document comptable le plus utilisé par les analystes financiers. D’une part, il
donne une image instantanée du patrimoine de l’entreprise, d’autre part, il permet une
analyse de son équilibre financier.
Théoriquement, il existe plusieurs présentations possibles du bilan ; nous pouvons en relever
deux principales : une présentation fonctionnelle, qui se situe dans une perspective
économique, et une autre patrimoniale visant à apprécier la liquidité et la solvabilité de
l’entreprise.

I- LA PRESENTATION FONCTIONNELLE DU BILAN


C’est la présentation adoptée par le gestionnaire ou l’analyste qui désire mener un
diagnostic économique.
Le bilan fonctionnel met l’accent sur le fonctionnement économique de l’entreprise. Il a
pour objet d’expliquer la contribution de chaque cycle fonctionnel à l’équilibre financier de
l’entreprise.

1- la classification du bilan fonctionnel


Les différents éléments du bilan fonctionnel sont regroupés selon trois grandes fonctions :
 Fonction investissement et financement structurel ;
 Fonction exploitation (de façon générale fonctionnement courant de l’entreprise) ;
 Fonction d’ajustement quotidien par le biais de la trésorerie.

1.1- Le cycle d’investissement et de financement structurel


Ce cycle décrit les opérations ayant pour objet la collecte des ressources stables, propres ou
empruntées, et leur affectation à des emplois stables. Il est donc composé de deux grandes
catégories d'opérations : les opérations d'investissement et les opérations de financement à
caractère permanent. Les flux d'emplois et de ressources entraînés par ce cycle font
apparaître, au bilan, un stock d'immobilisations en actif et un stock de ressources
permanentes (y compris l'autofinancement cumulé) au passif.

1-2- Le cycle d’exploitation


Toute entreprise a pour objet d’acheter pour vendre ou de produire pour vendre. La durée
entre l’approvisionnement et la commercialisation représente le cycle d’exploitation.
Le cycle d’exploitation peut être relativement court (cas de la grande distribution) ou
relativement long (cas du secteur des travaux publics).

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La mise en œuvre de ce cycle induit des flux d'emplois et de ressources qui font apparaître
en actif un stock de biens (marchandises, matières, produits semi-finis, produits finis) et de
créances (principalement les créances clients) et au passif un stock de dettes (principalement
les dettes fournisseurs).

1-3 Le cycle des opérations de trésorerie


Il décrit les opérations ayant trait à la gestion des moyens monétaires détenus par
l’entreprise et immédiatement disponibles (l’encaisse) et à la couverture, par des crédits
bancaires à court terme, des besoins de financement de l'entreprise liés au cycle
d’investissement et/ou au cycle d’exploitation .

2- Les indicateurs d’équilibre du bilan fonctionnel


Le bilan fonctionnel met en évidence trois grandeurs reflétant chacune le solde des trois
cycles fonctionnels de l’entreprise. Le fonds de roulement fonctionnel comme solde des
opérations d’investissement et financement permanent, le besoin en fonds de roulement
comme solde des opérations courantes et la trésorerie nette comme solde des opérations de
trésorerie.

2.1 Le fonds de roulement fonctionnel (FRF)


Il est égal à la différence entre le financement stable (propre ou emprunté) et les actifs
immobilisés (emplois d’investissement).

Fonds de Roulement fonctionnel = Financement stable- Actifs immobilisés

Actifs immobilisés
Financement stable
Fonds de roulement fonctionnel
ici le FRF est positif

Le FRF permet de caractériser l'impact du cycle des opérations d’investissement et de


financement structurel sur l'équilibre financier global de l'entreprise. Il informe sur la
manière dont l'entreprise arrive à couvrir ses besoins d'investissements (actifs immobilisés)
par des ressources à caractère permanent.
Un FRF positif signifie que l’entreprise dégage un surplus de financement stable par
rapport aux actifs immobilisés, qui est disponible pour couvrir les besoins de financement
engendrés par le cycle d’exploitation.
Un FRF négatif signifie que les actifs immobilisés ne sont que partiellement financés par
des ressources stables.
Le FRF augmente dans les cas suivants :
- augmentation de capital (sauf par incorporation de réserves, par apports en
immobilisations ou par conversion de dettes structurelles) ;
- augmentation de dotations aux amortissements et aux provisions ayant un
caractère de stabilité
- Nouveaux emprunts à terme ;
- Nouvelles subventions d’investissement ;
- Cessions et réductions d’immobilisations.
Il diminue en cas :
- d’acquisition et d’augmentation des immobilisations ;
- de réduction des capitaux propres ;
- de remboursement d’emprunts antérieurs.

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2-2 Le (ou les) besoin (s) en fonds de roulement


Les besoins en fonds de roulement comprennent les besoins en fonds de roulement
directement liés à l’exploitation de l’entreprise et les besoins indépendants de l’exploitation.

Besoins en fonds de roulement = Besoins en fonds de roulement


d’exploitation
+
Besoins en fonds de roulement hors exploitation

a- Les besoins en fonds de roulement d’exploitation (BFRE)


L’exploitation génère des emplois (stocks, créances commerciales, TVA
récupérable …) et engendre des ressources (dettes commerciales, TVA collectée, dettes
sociales …).
Le BFRE correspond à la partie des emplois d’exploitation qui n’est pas financée par des
ressources de même nature.

BFRE = emplois d’exploitation – Ressources d’exploitation

b- Les besoins en fonds de roulement hors exploitation (BFRHE)


Ils sont liés aux opérations ne relevant pas directement de l’exploitation de l’entreprise.
Ces opérations concernent par exemple :
 La répartition : dividendes à payer, acomptes provisionnels et solde de l’impôt sur les
sociétés … ;
 L’investissement : dettes sur acquisition d’immobilisations ;
 Le financement : intérêts courus non échus.
Les besoins en fonds de roulement hors exploitation sont égaux à la différence entre les
emplois circulants hors exploitation et les ressources circulantes hors exploitation.

BFRHE = Emplois circulants hors exploitation


– Ressources circulantes hors exploitation
Ils sont généralement faibles comparativement aux besoins en fonds de roulement
d’exploitation. Ils sont donc peu prévisibles.

c- Les composantes stable et instable des besoins en fonds de roulement


Les besoins en fonds de roulement sont divisés en deux composantes :
 Une composante stable régulière dans le temps et devant être financée par des ressources
stables (FRF) ;
 Une composante variable qui évolue avec les fluctuations saisonnières et qui peut être
financée par des concours bancaires courants.

2-3 La trésorerie nette


La trésorerie est l’un des concepts les plus difficiles à définir dans le domaine financier.
Elle a toujours constitué un élément essentiel de la gestion financière de l’entreprise.
Deux méthodes de calcul de la trésorerie nette sont possibles :
 La première s’intéresse aux éléments constitutifs de la trésorerie ;
 La seconde perçoit la trésorerie la résultante du fonds de roulement et du besoin en
fonds de roulement.

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a- La première méthode
Elle met l’accent sur les composantes actifs et passifs de la trésorerie. La trésorerie
nette se mesure ainsi en faisant la différence entre les disponibilités de l'entreprise ou sa
trésorerie-actif et les concours bancaires à court terme (crédits d'escompte, crédits de
trésorerie et découverts bancaires) ou sa trésorerie-passif :
Trésorerie nette = Disponibilités - Concours bancaires à court terme
= Trésorerie-Actif - Trésorerie-passif

Trésorerie Trésorerie passif


Actif Trésorerie nette
ici la trésorerie nette est positive

b- La deuxième méthode
Elle consiste à définir la trésorerie comme la différence entre le fonds de roulement
fonctionnel et le besoin en fonds de roulement.
TN = FRF – BFR
Cette méthode de calcul est fondée sur l’équilibre financier de l’entreprise. Cet équilibre
est censé être obtenu si Le fonds de roulement fonctionnel couvre le besoin en fonds de
roulement. Lorsque le fonds de roulement est supérieur au besoin en fonds de roulement, il
existe une trésorerie nette positive. Dans le cas contraire, l’entreprise doit recourir à des
concours bancaires courants, ce qui se traduit par une trésorerie nette négative.

II- LA PRESENTATION PATRIMONIALE DU BILAN


L’analyse patrimoniale, appelée également analyse liquidité-exigibilité, est une technique
d’analyse traditionnelle qui repose sur les notions de solvabilité et de liquidité de
l’entreprise. Cette méthode d’analyse a longtemps été le seul type de diagnostic pratiqué par
les analystes financiers. Elle accorde la primauté à l’étude des risques d’insolvabilité et de
défaillance de l’entreprise.
Le risque d’insolvabilité pour une entreprise est le risque de présenter des actifs
inférieurs en valeur au montant des dettes. Ce risque est évalué dans une perspective de
cessation d’activité.
Le risque de défaillance, ou risque de non recouvrement, est le risque de se trouver
incapable de faire face, avec son actif disponible (au sens large), au passif exigible.
Pour étudier ces deux risques, l’analyste financier recourt à un document de base : le
bilan patrimonial (ou bilan financier).

1 Les principales caractéristiques du bilan patrimonial


Il présente les deux caractéristiques suivantes :
- Ses éléments sont classés, selon leur degré de liquidité croissante (éléments de l’actif)
ou d’exigibilité croissante (éléments du passif).
- Les actifs sont pris pour leur valeur vénale actuelle. Cette forme d’évaluation donne
lieu, dans certains cas à une réévaluation (pour les terrains par exemple) et dans
d’autres cas à une dévaluation (pour les stocks par exemple).

1-1 Liquidité des actifs et exigibilité des passifs


a- L’actif du bilan patrimonial
L’actif du bilan patrimonial est classé par ordre de liquidité croissante, c’est à dire du moins
liquide au plus liquide.

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La liquidité d'un actif caractérise son aptitude à se transformer rapidement en monnaie et sans
perte de valeur. Le caractère de liquidité de l'actif du bilan s'apprécie en fonction du degré de
liquidité des éléments qui le composent. Par simplification, on attribue la notion d'actifs
courts, aux éléments les plus liquides, c'est à dire ceux dont le délai de liquidation est supposé
être inférieur à un an (dans un ordre croissant de liquidité, on trouve les stocks, les créances et
les disponibilités), et on associe la notion d'actifs longs aux éléments les moins liquides (les
éléments de l'actif immobilisé).

b- Le passif du bilan patrimonial


Les éléments composant le passif du bilan patrimonial sont classés par ordre d’exigibilité
croissante.
L'exigibilité d'un élément du passif s'apprécie en fonction de son échéance de paiement ; le
caractère d'exigibilité du passif du bilan s'apprécie en séparant les capitaux non exigibles
(capitaux propres), des capitaux peu exigibles (dettes à moyen et long terme) et des capitaux
très exigibles (dettes à court terme).
Le bilan patrimonial peut, schématiquement, être représenté de la façon suivante :
Masses de l’actif Masses du passif
Valeurs immobilisées Actifs longs Ressources propres

Capitaux
Valeurs d’exploitation
(stocks)
Dettes à moyen et Permanents
Actifs
long terme
Valeurs réalisables Courts
(créances à moins d’un an)
Dettes à court terme Passif à moins
d’un an
Valeurs disponibles

1-2 L’évaluation des actifs du bilan patrimonial


Le bilan patrimonial est généralement établi par les banques qui cherchent à apprécier la
solvabilité d’une entreprise avant de s’engager vis à vis d’elle.
Ce bilan doit répondre à la question suivante : Si l’entreprise fait faillite, serait-elle capable
de régler l’ensemble de ses dettes. Il s’agit, en d’autres termes, de savoir si la réalisation des
actifs et la récupération des créances permettraient à l’entreprise d’honorer ses engagements
à l’égard de ses créanciers. Pour cela, les actifs du bilan patrimonial sont évalués pour leur
valeur réelle (valeur après expertise).
La différence entre la valeur réelle (ou actuelle) et la valeur nette comptable constitue une
plus ou moins-value latente
Si la valeur réelle est supérieure à la valeur nette comptable, la différence constitue une
plus-value latente. Dans le cas contraire, la différence fait apparaître une moins value
latente.
Si l’on ne dispose pas d’informations sur les valeurs réelles des actifs, on utilise leur valeur
nette comptable.

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2 Les outils de l’analyse patrimoniale

2-1 L’analyse de la solvabilité


Elle consiste à évaluer, dans une perspective de liquidation forcée, l’aptitude de l’entreprise
à rembourser toutes ses dettes en réalisant l’ensemble de son actif. Cette évaluation,
intéressant principalement les prêteurs, se fait en déterminant l’actif net réel (ou actif net
corrigé) :

Actif net corrigé= Actif total réévalué – Dettes totales


ou
Actif net corrigé = Ressources propres

L’actif net corrigé doit être positif. Il représente la marge de garantie à la disposition des
créanciers.
Les banques exigent généralement que l’actif net dépasse un minimum de 30% du passif.

2-2 L’analyse du risque de non liquidité :


Elle consiste, dans une perspective de continuité d’exploitation, à évaluer l’aptitude de
l’entreprise à honorer ses engagements à court terme par la réalisation de ses actifs
liquidables à moins d’un an. Cette aptitude est testée en rapprochant les actifs les plus
liquides (actifs à moins d’un an) de celui des dettes les plus rapidement exigibles (dettes à
moins d’un an).

Fonds de roulement patrimonial = Actifs à moins d’un an – Dettes à court terme

L’équilibre financier de l’entreprise suppose qu’elle dispose d’un montant important d’actifs
plus liquides pour pouvoir régler ses dettes exigibles à court terme. En effet, comme
l’exigibilité des dettes à moins d’un an est certaine, alors que la liquidité des actifs courts est
incertaine (surtout la liquidation des stocks et la récupération des créances), la prudence
veut que le fonds de roulement patrimonial soit positif et forme le « matelas de sécurité » de
l’entreprise.
Le FRP est un bon indicateur du risque de faillite de l’entreprise.
L'équilibre bilantiel permet également de déterminer le fonds de roulement patrimonial par le
haut du bilan, selon la relation suivante :
Fonds de roulement patrimonial = Capitaux permanents (capitaux propres + dettes à
plus d'un an)
-
Valeurs immobilisées

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Remarque :
L’analyse de la solvabilité et de la liquidité à partir, respectivement, de l’actif net corrigé et
du fonds de roulement patrimonial, souffre de critiques dues à l’inexistence de normes
permettant de définir un niveau optimal pour ces deux grandeurs. C’est pourquoi, il est
judicieux de les comparer aux normes sectorielles.
D’autre côté, les dates d’exigibilité et de liquidité s’ajustent rarement dans la réalité. Les
postes du fonds de roulement patrimonial ont des vitesses de rotation différentes. A titre
d’exemple une créance sur un client peut être récupérée dans deux mois alors qu’une dette
envers un fournisseur est à régler dans vingt jours. Un fonds de roulement patrimonial
positif n’exclut donc pas le risque d’illiquidité de l’entreprise.
Après avoir passé en revue les deux conceptions du bilan, il convient à présent de dresser un
tableau de comparaison entre les deux approches.

Eléments de comparaison Analyse fonctionnelle Analyse patrimoniale


Nature de l’approche Economique (manager) Financière (créancier)
Hypothèse de travail Continuité d’exploitation Cessation d’activité
Critère de classement du La fonction La durée
bilan
Evaluation des En valeur brute (coût En valeur réelle
immobilisations historique)
Objectif de l’analyse Adéquation FRF /BFR Liquidité, solvabilité,
endettement
Nature du bilan Av a n t r é p a r t i t i o n d u
Après répartition du
résultat résultat
III- LA PRESENTATION DU BILAN DU PCM
A l'égard de la classification fonctionnelle et de celle patrimoniale, on peut dire que le bilan
du PCM accorde une primauté au découpage fonctionnel ; ce qui est très important d'un
point de vue managérial.
En effet, le critère principal de classification est celui de la fonction ( la destination pour
l’actif et l’origine pour le passif) : le PCM divise l'actif comme le passif en trois zones
fondamentales correspondant chacune à l'un des cycles fonctionnels de l'entreprise.
Au niveau de l'actif on distingue l'actif immobilisé (investissements), l'actif circulant hors
trésorerie (emplois nés des opérations courantes de l'entreprise) et la trésorerie-actif
(disponibilités de l'entreprise).
Au niveau du passif, on distingue le financement permanent (ressources durables propres
ou empruntées), le passif circulant hors trésorerie (ressources nées des opérations courantes
de l'entreprise) et la trésorerie-passif (crédits bancaires à court terme).
Cette nouvelle architecture permet de calculer aisément les indicateurs d'équilibre financier
et donc de mettre en évidence l'équation fondamentale de la trésorerie :

Trésorerie nette = Fonds de roulement - Besoin en fonds de roulement

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1 Quelques corrections à apporter au bilan du PCM pour le rendre à 100% fonctionnel


1.1 L’équation en brut ou en net des immobilisations
Dans une présentation purement fonctionnelle du bilan, on trouve une évaluation très
particulière des immobilisations de l'entreprise. Ces dernières doivent être évaluées selon
leur valeur brute.
Ainsi, on doit considérer comme emplois stables, les montants bruts des différentes
immobilisations et comme ressources stables, l’ensemble des fonds permanents (y compris
l'autofinancement cumulé) utilisés par l’entreprise pour financer dans l'ordre: 1) ses
investissements (ses immobilisations) et 2) son activité courante. Par conséquent, les
amortissements et les provisions doivent apparaître non comme déduction des montants
bruts des immobilisations mais comme une composante des ressources stables de
l’entreprise.
Un tel retraitement vise à mieux indiquer les politiques d'investissement et de financement
de l'entreprise.

1.2 Les engagements de crédit-bail


Les opérations de crédit-bail ne sont pas au Maroc, comme en France, et contrairement à ce
qui se fait dans d’autres pays enregistrées dans le bilan comptable. Mais, d’un point de vue
économique, les biens faisant l’objet d’un contrat de crédit-bail sont bel et bien utilisés par
l’entreprise dans son exploitation. C’est pourquoi donc, ils doivent figurer dans le bilan
fonctionnel afin de refléter fidèlement la réalité économique et financière de l’entreprise.
Dans cet esprit, il faut réintégrer dans l'actif immobilisé les biens loués ou détenus dans le
cadre d'un contrat de crédit-bail ; cette réintégration doit se faire de la manière suivante :
 Il s'agit dans un premier temps d'inscrire dans les immobilisations
corporelles la valeur mentionnée au contrat du bien acheté en crédit-bail ;
 Dans un second temps, il s'agit d'inscrire d'une part, dans les capitaux
propres les amortissements correspondants qui auraient été constatés si le
bien a été réellement acquis par l'entreprise et d'autre part, dans les dettes
de financement sa valeur nette d'amortissements.

1-3 Les primes de remboursement des obligations


Elles sont à éliminer des immobilisations en non-valeurs et à déduire du financement
permanent, particulièrement des dettes de financement, afin de retenir uniquement les
capitaux réellement apportés par les obligataires.

2 La construction du bilan patrimonial à partir du bilan du PCM


Le bilan patrimonial peut s’élaborer à partir :
 du bilan comptable après répartition des bénéfices. Si l’on ne dispose que
d’un bilan avant répartition, il faut faire une hypothèse de répartition.
 des tableaux B6 et B7 de l’ETIC qui donnent respectivement des
précisions sur les échéances des créances et des dettes,
 et de retraitements permettant le reclassement des rubriques de l’actif et
du passif.

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2-1 Les principaux retraitements de l’actif


- Les éléments de l’actif sont évalués pour leur valeur vénale certains éléments peuvent
être source de pertes latentes, d’autres de profits latents. La différence entre les profits
latents et les pertes latentes constitue soit des profits nets latents (à ajouter aux capitaux
propres) soit des pertes nettes latentes (à soustraire des capitaux propres). Il ne faut pas
oublier toutefois de prendre compte de l’incidence fiscale des cessions (Impôt sur les
sociétés latent à reclasser dans les dettes à court terme). En l’absence d’informations
concernant les valeurs réelles - surtout en cas d’analyse financière externe- on peut
retenir les valeurs nettes comptables.
- Certains éléments de l’actif ont une valeur vénale nulle ; ces éléments sont à éliminer
de l’actif et leur montant est à retrancher des capitaux propres. Sont donc à déduire :
 Les immobilisations en non valeurs,
 Les écarts de conversion actif1.
- Les éléments de l’actif ayant un degré de liquidité supérieur à l’année
(immobilisations, stock de sécurité2, créances de l’actif circulant à plus d’un an 3, titres
et valeurs de placement difficilement négociables) sont à reclasser dans les valeurs
immobilisées. De même, il faut classer en valeurs réalisables, la part des
immobilisations financières à moins d’un an d’échéance.
- Enfin, il faut assimiler à des valeurs disponibles les effets escomptables et les titres et
valeurs de placement facilement négociables.

2-2 Les principales corrections à apporter au passif


- Les capitaux propres et assimilés doivent être augmentés :
 des provisions pour risques et charges n’ayant pas d’objet (hors impôt sur
les sociétés)4,
 des plus-values nettes globales sur cessions d’éléments de l’actif (hors
impôt sur les sociétés).
Ils doivent être diminués :
 des non valeurs de l’actif (hors éventuelles économie d’impôt sur actifs
en non valeurs),
 des moins-values nettes globales sur cessions d’éléments de l’actif,
 de l’impôt sur les sociétés latent sur les provisions réglementées et sur les
subventions d’investissement5,
 de la part du résultat de l’exercice mise en distribution.
- Les dettes de financement doivent être augmentées :

1
Ce compte enregistre les pertes de change latentes qui proviennent soit d’une augmentation des dettes, soit
d’une diminution des créances ; la contrepartie est constituée des comptes de créances et de dettes
correspondants. Dans le PCM, on trouve deux composantes d’écarts de conversion-actif, l’une pour enregistrer
les pertes latentes provenant des éléments permanents, l’autre pour les pertes latentes liées aux éléments
circulants. Ces pertes latentes font l’objet normalement d’une provision pour risques (provisions pour pertes de
change). Le principe de prudence conduit à considérer ces pertes réalisées ; il convient donc, d’annuler les écarts
de conversion actif avec la provision pour pertes de change. Si aucune provision n’a été constatée, les écarts de
conversion actif sont à éliminer de l’actif et leur contrepartie des capitaux propres.
2
Appelé aussi stock-outil, c’est à dire le stock minimal que l’entreprise garde de manière permanente afin
d’éviter les ruptures de stock.
3
C’est le cas par exemple des clients douteux à plus d’un an
4
Il faut à ce niveau là constater un impôt différé à inscrire dans les dettes fiscales « Etat créditeur », sauf
précision contraire indiquant que les provisions sans objet n’ont pas été déduites du résultat fiscal lors de leur
constitution.

9
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 des dettes du passif circulant à plus d’un an d’échéance


 des provisions pour risques et charges justifiées à plus d’un an d’échéance
Elles doivent diminuer de la part des dettes remboursable à moins d’an.
- Les dettes du passif circulant doivent augmenter :
 de la part des dettes de financement à moins d’un an,
 du résultat mis en distribution,
 des provisions pour risques et charges justifiées à moins d’un an ,
 de l’impôt sur les sociétés latent sur subventions d’investissement et
provisions réglementées,
 de l’impôt sur les sociétés latent sur provisions pour risques et charges
sans objet,
 de l’impôt sur les sociétés latent correspondant aux plus-values nettes sur
cessions d’éléments de l’actif,
Elles doivent diminuer de la part des dettes à plus d’un an d’échéance et des
économies d’impôt sur actifs en non valeurs.

Remarques :

 Le traitement des écarts de conversion passif :


Le compte d’écart de conversion passif fait apparaître les gains latents provenant, soit d’une
augmentation des créances, soit d’une diminution des dettes. Au plan financier, lorsqu’il
existe une probabilité assez forte pour que ces gains latents se transforment en gains de
change effectifs, ils peuvent être considérés comme un élément du résultat. On les assimile
donc à des capitaux propres. Au plan fiscal, il faudrait constater un impôt latent à reclasser
dans les dettes à moins d’un an (Etat créditeur), si les gains de change latents n’avaient pas
été réintégrés extra-comptablement au résultat fiscal.
Par contre, si ces gains latents n’ont pas de forte chance de se transformer en gains effectifs,
il convient (en application du principe de prudence) d’éliminer les écarts du passif (gains
non réalisés). Parallèlement, le montant de ces écarts doit être, selon les cas, diminué des
créances correspondantes ou ajouté aux dettes correspondantes (on retrouve ainsi la valeur
initiale des créances ou des dettes).
 Le traitement des immobilisations en crédit-bail :
Le bilan patrimonial est généralement établi dans une optique liquidative, c ‘est pour cette
raison que les immobilisations en crédit-bail ne sont pas prises en compte. Au contraire, si le
bilan patrimonial était établi dans une perspective de continuité d’exploitation, il
s’imposerait alors le retraitement de ces immobilisations. Ce retraitement s’effectuerait
comme suit :
- L’inclusion dans les immobilisations de la valeur nette (valeur d’origine – cumul des
amortissements) des biens en crédit-bail,
- L’augmentation pour la même valeur des dettes à plus d’un an.

5
les subventions d’investissement et les provisions réglementées doivent être virées aux résultats futurs de
l’entreprise. Ce virement se traduit par un produit (reprises) dans le compte des produits et de charges. Ce
produit doit supporter l’impôt sur les sociétés.

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