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Raffinage et traitement du pétrole

1.Définition du pétrole
Le terme pétrole vient du latin Pétra-Oléum qui signifie littérairement « huile de pierre ».
C’est une huile inflammable variant de la couleur jaune à la couleur noire. Elle est constituée
d’une grande variété d’hydrocarbures trouvés dans les strates sédimentaires de la terre. Le
pétrole désigne un liquide composé principalement : de molécules d'hydrocarbures (formées
uniquement de carbone et d'hydrogène). Ce pétrole s'est formé au sein des bassins
sédimentaires par transformation de la matière organique. Une des conditions essentielles à la
formation de pétrole réside dans l’accumulation d’une importante quantité de matière
organique qui doit être enfouie rapidement, afin de limiter les dégradations bactériennes en
présence d’oxygène.
Ce pétrole contient également, en proportions assez variables (15 % en moyenne), des
molécules lourdes plus complexes (incluant de l'oxygène, de l'azote et du soufre) appelées
résines ou asphaltènes. Le pétrole est un combustible fossile majorité de carbones. Sa
composition est grossièrement (83%-87%) de carbones, (11%-14%) d'hydrogène, l’oxygène,
le soufre, et l’azote (au total jusqu’à 6% à 7%) . Il existe également d’autres composés tels Cl,
I, P, As, Si, Na, Fer. Les différents types de pétrole varient selon leur densité, leur fluidité,
leur teneur en souffre et en différentes classes d'hydrocarbures. Il existe des centaines de
pétroles bruts dans le monde qui dépendent de leur emplacement géologiques comme
l'Arabian Light (brut de référence du Moyen-Orient), le Brent (brut de référence européen) et
le West Texas Intermediate (WTI, brut de référence américain). Cette composition varie d'un
champ à l'autre. On utilise diverses méthodes pour déterminer la composition des pétroles
bruts:
- Les mesures de densité, de viscosité, etc., effectuées sur les diverses fractions obtenues par
distillation. Ces méthodes fournissent des indications utiles pour le raffinage et la valorisation
des pétroles ;
- La chromatographie liquide, la chromatographie en phase gazeuse, la spectrométrie de
masse, etc., sur diverses fractions dissoutes. Elles permettent d'identifier les diverses familles
de composés présents.
2. Classification du pétrole brut
On peut citer le pétrole selon trois méthodes :
2.1. Classification industrielle : Généralement, on classe les pétroles bruts en fonction de la
densité en 4 grandes catégories :

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2.1.1. Les pétroles légers dont la densité inférieure à0.800- 0.830 ? soit 44°API-33°API. Les
gisements sahariens en sont un exemple ;
2.1.2. Les pétroles moyens d’une densité compris entre0.830 et 0.89,  soit 33°API- 27°API.
Il s’agit par exemple des gisements du Moyen-Orient .
2.1.3. Les pétroles lourds dont la densité allant de0.890 –1, soit 27°API- 10°API. Les
principales réserves de ce type se trouvent au Canada.
2.1.4.Les pétroles extra-lourds d’une densité est supérieure à1. Les gisements d’Amérique
du sud en sont un exemple;
On peut trouver une classification selon la teneur en souffre, on a :
- Brut haute teneur en soufre (B-HTS) TS>0.5% ( Brut de l’Amérique du Nord)
- Brut moyenne teneur en soufre (B-MTS) TS=0.5%
- Brut basse teneur en soufre (B-BTS) TS<0.5% ( Brut de l’Afrique)
2.2. Classification selon le facteur de correction K UOP : Ce facteur peut mesurer lanature
des paraffines et prendre les valeurs suivantes selon la nature de pétrole :
KUOP=10 pour les aromatiques purs ;
KUOP=11 pour les naphtènes purs ;
KUOP=12 pour les hydrocarbures où les poids des chaînes et cycles sont équivalents.
KUOP=13 pour les paraffines.
2.3.Classification chimique (PONA): C’est le classement du brut selon les
famillesprédominantes des hydrocarbures. Le pétrole peut être de types :
2.3.1. Paraffines ou alcanes :
Ce sont les alcanes saturés de formule générale (CnH2 n + 2).
-Si le nombre d’atomes de carbone (1 ≤ 𝑛 ≤ 4) ces hydrocarbures sont en état gazeux : CH 4,
C2H6, C3H8, C4H10.
-Si le nombre d’atomes de carbone (5 ≤ 𝑛 ≤ 16) ces hydrocarbures sont en état liquides: C5H1 2

… … C16H34.
-Si le nombre d’atomes de carbone (𝑛> 16) ces hydrocarbures sont en état solide.
On distingue deux types de paraffines, les alcanes (normale) et les alcanes (isomère)
- Les paraffines normales : la chaine des carbones est une chaine droite unique
( linéaire).
- Les iso-paraffines : La chaine des carbones est une chaine ramifiée ou branchée (ce
sont des isomères des paraffines normaux, on les différenciés par l’utilisation du préfixe iso).

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2.3.2.Oléfiniques(O) : Ce sont les alcènes insaturés (avec une double liaison)de formule
générale (C nH2 n). On les retrouve dans le produit de distillation du pétrole ou dans les
produits obtenus par craquage.
2.3.3.Naphténiques (N) : Ce sont les poly-cycles ou les monocycles saturés qui se trouvent
dans la fraction légère (les naphtènes) ou dans la fraction lourde (naphtènes ramifiés et poly
-cycles).

cyclopropane cyclobutane cyclopentane

méthylcyclohexane cyclohexane

2.3.4.Aromatiques (A) : Ce sont les hydrocarbures cycliques insaturés (monocycle ou poly-


cycles). Ils constituent de 5 à 15% de la fraction d’essence et de 15 { 35% de la fraction
Kérosène , comme ils se trouvent aussi dans les huiles et les bitumes.

3.1. Essais préparatoires :


3.1.1.Distillation TBP :
Avant tout procédé de raffinage le brut subie au laboratoire une distillation préparatoire
(distillation True Boiling Point :TBP) destinée à séparer le brut en différentes fractions pour
des analyses ultérieures. Cette distillation permet de tracer la température d’ébullition en
fonction du % de distillat.
On aura alors d’après le bilan de matière :
%P+ %D+%R=100%

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Avec P : pertes, D : distillat et R : résidu.

Figure 1. Distillation TBP.

3.1.2.Distillation ASTMD2892 : cette distillation est quasi-identique à la distillation TBP


mais celle-ci s’applique à l’ensemble des pétroles stabilisés (débutanisés) à l’exception de
pétroles bruts trop légers et des bitumes fluxés ( asphaltes fluidisés ou pour lesquels on ajoute
des huiles pour ramollir le bitume pendant le stockage et la mise en œuvre).
4.Le raffinage du pétrole
Le raffinage du pétrole désigne l'ensemble des traitements et transformations (séparation,
conversion et amélioration) visant à tirer du pétrole le maximum de produits à haute valeur
commerciale. Selon l'objectif visé, en général, ces procédés sont réunis dans une raffinerie. La
raffinerie est l'endroit où l'on traite le pétrole pour extraire les fractions commercialisables. Il
existe des raffineries simples ou complexes. Les raffineries simples sont constituées
seulement de quelques unités de traitement tandis que les raffineries complexes en possèdent
bien plus.
La première étape du raffinage est le fractionnement du pétrole brut dans des tours de
distillation atmosphérique et sous vide.La distillation du pétrole est l’opération fondamentale

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qui, par un procédé basé sur les points d’ébullition des divers produits, permet de séparer de
grands groupes d’hydrocarbures que l’on appelle « coupes » ou « fractions».
La première distillation est dite atmosphérique et permet de séparer les gaz, les essences et le
naphta (coupes légères), le kérosène et le gazole (coupes moyennes) et les coupes lourdes. Les
résidus des coupes lourdes subissent ensuite une distillation dite sous vide afin de séparer
certains produits moyens.

Figure2. Raffinerie simple.

Figure3.Raffinerie complexe.

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4.1.4.Le pétrole et les raffineries en Algérie
Aujourd'hui, la demande mondiale en produits pétroliers se répartit approximativement de la
manière suivante :
- 40 % pour les produits légers (carburants) ;
- 40 % pour les produits moyens (fioul, gazole) ;
- 20 % pour les produits lourds (cires, bitumes).
Le seul pétrole brut comportant à peu près ces proportions avant raffinage est le brut léger du
Sahara algérien. Tous les autres bruts extraits dans le monde contiennent davantage de
produits lourds qu'il faut convertir en partie en produits légers avant de les mettre sur le
marché. Aussi ces produits légers valent-ils plus cher que le pétrole brut parce que leurs prix
répercutent des coûts de transformation.
Raffinerie d’Alger
Mise en service en 1964 avec une capacité de traitement de pétrole brut de 2.7MT/an. Elle est
orientée vers la production des carburants et des GPL et dessert la région centre du pays.
Raffinerie d’Arzew
Mise en service en 1972 avec une capacité de traitement de pétrole brut de 2.5 MT/an. Cette
raffinerie est plus complexe puisqu’elle est dotée d’unités de production de lubrifiants et de
bitumes. Elle approvisionne les régions ouest et sud-ouest en carburants et en GPL.
Raffinerie de Skikda :
Mise en service en 1980, la raffinerie de Skikda comprend deux unités de traitement de
pétrole brut d’une capacité de 7.5MT/an chacune. Cette raffinerie exporte près de 80% de sa
production.
Raffinerie de Hassi Messaoud :
Cette raffinerie est constituée de deux unités :
 Une première unité (RHM1) mise en service en 1960 et assurant une production de 120.000
tonnes/an de carburants et de butane.
 Une deuxième raffinerie (RHM2) d’une capacité de traitement de pétrole brut de 1.1 million
de tonnes/an, mise en service en 1979. Elle approvisionne une grande partie du Sud algérien
en gasoil, en kérosène et en essences.
La raffinerie d’Adrar

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D’une capacité de 600 000 T/an, cette raffinerie complexe a été construite enpartenariat avec
la société chinoise CNPC. Son rôle est de développer les gisements isolés et d’assurer un
meilleur approvisionnement de la région en produits pétroliers.

4.2. Procédé de séparation :


4.2.1. Prétraitement du pétrole brut ( dessalage)
Le pétrole brut contient souvent : de l’eau, des sels inorganiques, des solides en suspension et
des traces de métaux solubles dans l’eau.
A son arrivée dans la raffinerie, le pétrole brut est stocké dans de grands réservoirs. Les
pétroles bruts sont stockés et séparés selon leur teneur en soufre. La première étape du
raffinage consiste à éliminer ces contaminants par dessalage pour réduire la corrosion et
l’encrassement des installations, empêcher l’empoisonnement des catalyseurs dans les unités
de production. Trois méthodes typiques de dessalage du pétrole brut sont utilisées :
Le dessalage chimique, la séparation électrostatique et la filtration sont trois méthodes
typiques de dessalage du pétrole brut.
Dans le dessalage chimique, on ajoute de l’eau et des agents tensio-actifs au pétrole brut, on
chauffe pour dissoudre ou fixer à l’eau les sels et les autres impuretés, puis on conserve ce
mélange dans un bac pour que la phase aqueuse décante.
Dans le dessalage électrostatique, on applique des charges électrostatiques de tension élevée
pour concentrer les gouttelettes en suspension dans la partie inférieure du bac de décantation.
Un troisième procédé, moins courant, consiste à filtrer le pétrole brut chaud sur de la terre à
diatomées.
Dans les dessalages chimique et électrostatique, on chauffe la matière première brute jusqu’à
une température comprise entre 66 °C et 177 °C, pour réduire la viscosité et la tension
superficielle et faciliter ainsi le mélange et la séparation de l’eau; un ajustement du pH de
l’eau par une base ou un acide.
Les eaux usées et les contaminants qu’elles contiennent sont repris à la partie inférieure du
bac de décantation et acheminés vers l’unité d’épuration des eaux usées. Le pétrole brut
dessalé est récupéré de la partie supérieure du bac de décantation et envoyé à une tour de
distillation atmosphérique (tour de fractionnement).

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Procédé de dessalage (prétraitement)

Figure 4.Dessalage
- Paramètres de suivi du dessaleur :
- Le débit d’injection en eau entre 3 et 8%
- Température interne du dessaleur entre 110°C et 150°C permettant de faciliter la
décantation entre l’eau salée et le pétrole
- Niveau d’interface eau/brut environ 40%
- Ampérage du champ électrique et le taux d’injection du désémulsifiant
Le temps de séjour du brut dans le dessaleur est autour de 20 à 30 mn, ce qui explique les
dimensions du dessaleur relativement plus importantes. Toutefois l’efficacité du dessalage
n’étant pas totale, il est impératif de lutter contre la corrosion. Dans ce cas, on procède par
deux méthodes d’injection principales :
- Injection de soude dans le train d’échange pour la transformation de HCl en NaCl.
- Injection d’ammoniac dans les zones ou l’eau est susceptible de se concentrer telles
que la tête de la colonne et dans les aéroréfrigérants (systèmes de condensation).
- Calcul de l’efficacité du dessaleur :
Eff=([sels entrant] – [sels sortant])x100/ [sels entrant]
L’efficacité n’est pas totale, le taux de sels sortant doit être inférieur à 5 ppm.
- L’effet de sels
- Les sels diminuent la capacité de production suite à la réduction de la section de passage
(encrassement).
- Les sels diminuent le coefficient de transfert de chaleur dans les échangeurs causée par la
mauvaise conductivité des dépôts de sels, ce qui se traduira par la diminution des débits dans
les circuits et une réduction de la vitesse de transfert de chaleur et causera des défaillances en
raison d’une augmentation de pression et de température.
- Ils causent la perforation et la rupture des tubes des fours et des échangeurs (corrosion).
- Ils mènent à la formation d’hydroxydes et d’acides par l’hydrolyse des sels.
Pendant la distillation du brut, les chlorures se décomposent pour former le HCl qui attaque
les parties métalliques comme le montre les réactions suivantes :
- La corrosion est plus grande en présence de sulfure d’hydrogène :
Fe + H2S FeS + H2

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FeS + 2HCl FeCl2 + H2S
- L’acide attaque le fer :
2HCl + Fe FeCl2 + H2
- Les sels s’hydrolysent sous l’effet de la température donnant de l’acide :
MgCl2 + 2H2O Mg(OH)2 + 2HCl
CaCl2 + 2H2O Ca(OH)2 + 2HCl
4.2.2.Le four
Le four atmosphérique est une unité de distillation atmosphérique dans laquelle passe des
tubes contenant un fluide ( le pétrole brut) qui est réchauffé par la combustion d’un
combustible. Cette unité comprend trois parties : une zone de radiation, une zone de
convection et une zone d’évacuation.
- Zone de radiation : ou a lieu la combustion du combustible. Le combustible utilisé
généralement est du C1-C2 (gaz très léger à fort pouvoir calorifique provenant des unités)
mais aussi souvent C3-C4
- Zone de convection : dans cette zone la chaleur contenue dans les fumées chaudes et
récupérée avant d’être évacuées.
- Zone d’évacuation : permet d’évacuer les fumées de la combustion vers l’atmosphère.
Le pétrole brut une fois réchauffé est acheminé ensuite jusqu’à la colonne de distillation par
une tuyauterie de diamètre important appelées lignes de transfert.
Pouvoir calorifique (Pc) : c’est la quantité de chaleur produite par la combustion d’1 kg d
combustible.
Chaleur spécifique (CP) : c’est la quantité de chaleur nécessaire à apporter pour faire varier
de 1°C la température d’1 kg d’un fluide.
-Bilan énergétique du four :
Qb. CPb.ΔT= Qcomb. PC
Qb : débit du brut (T/h)
CP : chaleur spécifique du brut( KJ/Kg.°C)
ΔT= T1-T0 : variation de température
PC : pouvoir calorifique du combustible ( KJ/Kg ou Kcal/Kg)
Qcomb : débit du combustible (T/h)
La quantité de chaleur produite par un combustible de pouvoir calorifique PC est de de débit
du combustible Qcomb est :
E= PC.Qcomb ( KJ/h ou Kcal/h)
4.2.3.Colonne de distillation atmosphérique :

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La distillation atmosphérique se déroule dans une colonne de distillation fractionnée. En
effet, cette colonne de forme cylindrique est constituée de plateaux perforés, de trous munis
de calottes et de clapets. Ces plateaux ( entre 50 et 100) dépendent de la gamme de brut
qu’on veut y traiter. La colonne possède une entrée (zone d’expansion) qui se situe un peu au-
dessus du fond pour l’entrée du brut. Par ailleurs, cette colonne comporte différentes sorties
( ou soutirages) pour extraire les différents produits pendant la distillation. Le brut chauffé à
la température de transfert entre 350-380°C est introduit dans la colonne dans un endroit
appelée zone d’expansion (zone de détente). On crée ensuite un flash c’est-à-dire une
séparation des phases liquides et gazeuses. Les gaz montent vers le sommet de la colonne puis
ils refroidissent et les liquides descendent progressivement vers le fond de la colonne ou la
pression est autour de 1,5 à 1,8 bar (1,48 à 1,77 atm).
Le contact entre liquides et gaz va se faire au niveau des plateaux. Les liquides sont
acheminés vers les plateaux et chaque plateau a une température à la température du plateau
en dessous. Toute la phase liquide contenue dans la colonne circule au niveau du déversoir et
les gaz passent par les clapets et la condensation se fait à une température appelée point de
coupe. La colonne de distillation est constituée de trois niveaux :
- La zone d’expansion : endroit ou entre le brut à traiter,
- La zone de rectification : c’est la partie ou se fait toutes les séparations (gaz-liquide),
- La zone d’épuisement : partie inférieure de la colonne ou se dépose le résidu.

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Figure 5. Distillation atmospherique
Pour améliorer la qualité des produits soutirés, le raffineur crée un reflux qui est en quelque
sorte un échange de matière entre vapeur et liquide ( taux de reflux). Plus le taux de reflux est
élevé, meilleure est la séparation des différents produits. Ce taux tourne autour de 7 dans la
colonne atmosphérique. On recueille entête de colonne, la fraction la plus légère contenant
des gaz liquéfiés et du naphta, ensuite un peu plus bas le kérosène, du gasoil et enfin du résidu
atmosphérique.
Les fractions soutirés latéralement sont soumises, en plus à un fractionnement
complémentaire appelé stripage dans des petites colonnes annexes appelées strippers. Le
stripage est une révaporisation partielle par injection de la vapeur d’eau dans le stripeur.
-Bilan matière :
Ce bilan traduit l’équivalence entre la quantité du pétrole brut entrée dans la colonne DAT et
la quantité de sortie des différentes coupes pétrolières soutirées y compris le résidu
∑ Qentrées=∑ Q sorties
QT= Qgaz +Qess+Qkér +QGO +QRAT=QessT + Qkér +QGO +QRAT
QT : débit de la charge ( T/h)
Qess : débit d’essence totale
Qgaz : débit du gaz
QKér : débit du kérosène
QGo : débit de gasoil
QRAT : débit du résidu atmosphérique

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Coupe T e m p é ra tu re
Produit
( nb de C ) d ’ é v a p o r a ti o n

Gaz domestique
C1 – C4 < 0 °C
Matières premières pour la pétrochimie

C5 – C6 20 – 60 °C Éther de pétrole

C6 – C7 60 – 100 °C Naphta léger, white-spirit, solvant

C6 – C11 60 – 200 °C Essence carburant

C11 – C16 180 – 280 °C Kérosène, gazole, fioul domestique

Fioul lourd, produits partant vers la distillation sous


C18 350 °C
pression réduite

4.2.4.La distillation sous vide (DSV)


Après une première distillation, la partie résiduelle (RAT) est envoyée dans une autre colonne
moins haute que la précédente et comportant moins de plateaux appelée colonne sous vide
comportant 8 à 20 plateaux alternés de garnissage.
Cette opération consiste à épuiser au maximum le résidu atmosphérique condensé dans la
partie inférieure de la colonne DAT afin de soutirer le gazole resté. Cette opération permet
aussi d’abaisser la température de distillation et d’éviter ainsi la dégradation thermique des
hydrocarbures à haute température d’ébullition sans oublier qu’elle fonctionne à pression
réduite légèrement inférieure à la pression atmosphérique(généralement autour de 0,15 bar).
Ce RAT contient des hydrocarbures à longues chaines qui sont de plus en plus fragiles quand
la longueur augmente, pouvant être scindées en plusieurs morceaux si le chauffage continue
sous la pression atmosphérique. Ce phénomène est appelé craquage thermique.

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Les produits essentiellement obtenus par la DSV sont le gasoil sous vide, distillats 1,2,
3,4,,,,etc. et le résidu sous vide. La température d’entrée est comprise entre 380bet 400°C et
celle es coupes distillats entre 380 et 530°C. Les coupes obtenues ont pour objectif :
- La fabrication des bitumes,
- La fabrication des huiles de base qui serviront à la lubrification des moteurs,
- L’élaboration de produits plus volatils qui seront associés aux coupes pétrolières
obtenus par la distillation DAT.

-
-

Figure 6.Procédé de distillation sous vide

4.3.Traitement des coupes pétrolières ( conversion et amélioration)


Certaines coupes pétrolières peuvent être directement commercialisées ou utilisées dans la
constitution des produits finis, par exemple les gaz (méthane, éthane, propane, butane),
utilisés comme combustibles domestiques, ou le kérosène utilisé comme carburant dans les
turboréacteurs d’avion. Souvent, elles subissent des traitements de transformations chimiques,
soit pour améliorer leur qualité en respectant les normes, soit pour les convertir en bases pour
la constitution des produits finis. C’est le cas du naphta (essence légère) et du super (essence
lourde) qui servent à la fabrication du carburant automobile. Ces deux coupes sont composées
principalement d’alcanes linéaires contenant cinq à dix atomes de carbone. Or, dans les
moteurs à combustion interne des voitures, cette coupe, mélangée à l’air, présente
l’inconvénient de s’auto-enflammer (en raison de la pression du piston) avant que n’ait jailli
l’étincelle de la bougie. Ce phénomène de préallumage, préjudiciable au bon fonctionnement
des moteurs, se produit beaucoup moins avec des alcanes ramifiés. Ainsi, le reformage
catalytique des alcanes linéaires permet d’augmenter la proportion en alcanes ramifiés au sein
du naphta et donc d’améliorer la qualité de l’essence mesurée par son indice d’octane. Le

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pentane peut ainsi être transformé en méthylbutane (majoritaire à 33 %) mélangé aux produits
suivants : pent-1-ène, pent-2-ène, 2-méthylbut-1ène, méthylbut-2-ène et cyclopentane.
Les coupes pétrolières dites « lourdes » comme le gazole constitué d’alcanes de treize à vingt
atomes de carbone subissent quant à elles une opération de craquage catalytique ou de
vapocraquage au cours de laquelle les molécules à longue chaîne carbonée sont « cassées »
afin d’obtenir des molécules à chaîne plus courte
4.3.1.Hydroraffinage :
L’hydroraffinage ou hydrotraitement est un procédé catalytique à base d’hydrogène qui
permet d’éliminer les impuretés contenues dans les coupes pétrolières. On distingue selon les
impuretés contenues :
- Hydrodésulfuration : élimination du soufre et ses dérivés
- Hydrodéazotation : élimination de l’azote et ses dérivés
- Hydrooxygénation : élimination de l’oxygène
- Hydrométallation : élimination des m étaux
- Hydrogénation : élimination des composés insaturés par apport d’hydrogène.
4.3.1.1. L’hydrodésulfuration élimine le soufre, réduit les composés aromatiques et les
caractéristiques de formation des gommes et sature les oléfines.
R-SH + H2 cat RH + H2S
R-S-R’ + 2H2 cat R-H + R’-H + H2S
4.3.1.2. L’hydroformageest un procédé de déshydrogénation permettant de récupérer l’H2 en
excès et d’obtenir des essences à indice d’octane élevé.
4.3.1.3.L’hydrodéazotation : permet d’éliminer les composés azotés contenus dans les
coupes pétrolières.
R-NH2 + H2RH + NH3
4.3.2.Les conversions et les améliorations :
Lorsqu’on chauffe des alcanes en absence d’air, les liaisons C-C peuvent se briser en donnant
naissance à des fragments plus petits. Les molécules sont, pour ainsi dire, “craquées” en
morceaux. Ce procédé est maintenant utilisé pour transformer les dérivés moins réactifs du
pétrole en produits plus réactifs. Si la molécule change de forme (p.ex. une molécule linéaire
est transformée en molécule branchée ou cyclique), on parle de reformage.
Il s’agit de l’alkylation, l’isomérisation, le reformage catalytique, la viscoréduction.
4. 3.2.1.Alkylation :

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L’alkylation combine les molécules d’oléfines obtenues par craquage catalytique avec des
molécules d’isoparaffine et accroit ainsi le volume et l’indice d’octane des essences de base.
Cette réaction a lieu en présence de catalyseur très actif tels que l’acide sulfurique, l’acide
fluorhydrique pour donner une molécule paraffinique à longue chaine ramifiée appelée alkylat
( isooctane) possédant des propriétés antidétonantes.
4.3.2.2.Isomérisation :
Elle permet de convertir les paraffines linéaires en isoparaffines respectives. Certains
desconstituants des paraffines linéaires du naphta léger obtenu par distillation ont un indice
d’octane peu élevé. On peut donc convertir les constituants en isomères ramifiés à indice
d’octane plus élevé avec réarrangement des liaisons interatomiques sans changer le nombre
d’atomes de carbone. L’isomérisation ressemble au reformage catalytique seulement le
catalyseur est différent et l’isomérisation convertit les paraffines linéaires en isoparaffines. Le
produit obtenu est appelé isomérat.
4.3.2.3.Reformage catalytique :
Ce procédé permet de convertir les naphtas lourds à faible indice d’octane en hydrocarbures
aromatiques à indice d’octane élevé, appelés reformats, par réarrangement moléculaire ou
déshydrogénation. L’hydrogène produit est séparé du reformat en vue d’être recyclé ou
réutilisé dans d’autres procédés tel que l’hydrotraitement. Egalement, la conversion des
paraffines linéaires en isoparaffines ou paraffines ramifiées a lieu.
4.3.2.4.Craquage thermique
Il permet d’obtenir des molécules plus simples par fragmentation d’hydrocarbures complexes
afin d’augmenter la qualité et d’augmenter la quantité de produits plus légers. Les
hydrocarbures lourdssous température élevée et basse pression et/ou sous l’action de
catalyseurs sont transformés en fractions plus légères par réarrangement de la structure
moléculaire. Les produits obtenus par craquage sont fractionnés dans une colonne de
distillation pour donner du GPL, de l’essence, du kérosène,…Les catalyseurs sont des
matières solides poreuses tels que : la zéolite, hydrosilicate d’aluminium, argile de bentonite.

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Figure7. Craquage thermique

4.3.2.5.Hydrocraquage :
Il combine le craquage catalytique et l’hydrogénation et permet de traiter sans désulfuration
préalable des charges riches en soufre.

Figure8. Hydrocraquage

4.3.2.6.Viscoréduction :
C’est une forme de craquage thermique modérée de mélanges lourds qui permet de réduire le
point d’écoulement des résidus et de diminuer la viscosité du produit sans modifier sa plage
d’ébullition.
4.3.2.7. Cokéfaction
Procédé de craquage thermique sévère du pétrole brut lourd (y compris le bitume) par lequel
on obtient des huiles plus légères et des liquides de gaz naturel de même qu’un sous-produit
solide et riche en carbone appelé coke.
5.Les usages des produits pétroliers raffinés
Chacun des produits raffinés issus du pétrole brut trouve un usage spécifique :
- le gaz de pétrole liquéfié (GPL) est un carburant pour les véhicules à gaz

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- les gaz butane et propane sont utilisés pour les besoins domestiques
- l'essence et le gazole alimentent les moteurs des véhicules automobiles
- le kérosène est employé comme carburant dans l'aviation
- le naphta est la principale matière première employée en pétrochimie
- le fioul domestique est un combustible de chauffage
- les huiles servent à fabriquer des lubrifiants ;
- le bitume est utilisé pour recouvrir les routes.
Au-delà de ces caractéristiques et de ces usages de base, chaque raffineur propose à la vente
ses propres produits finis, obtenus en combinant divers produits et additifs. Ainsi, les
compagnies pétrolières proposent un éventail de différents carburants, plus respectueux de
l'environnement et bénéfiques au bon fonctionnement et à la durée de vie des moteurs.

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Figure 8. Schéma du principe de raffinage

Historique succinct des procédés de raffinage


Année Procédé But Sous-produits
1862 Distillation Production de kérosène Naphta, goudron, etc.
atmosphérique
1870 Distillation sous vide Lubrifiants (à l’origine) Bitume résiduel
Charges de craquage (années trente) Charges de cokéfaction
1913 Craquage thermique Production accrue d’essence Résidus, fioul lourd
1916 Adoucissement Réduction de la teneur en soufre et Soufre
de l’odeur
1930 Reformage thermique Amélioration de l’indice d’octane Résidus
1932 Hydrogénation Elimination du soufre Soufre
1932 Cokéfaction Production de bases essences Coke
1933 Extraction par les Amélioration de l’indice de Produits aromatiques
solvants viscosité des lubrifiants
1935 Déparaffinage par les Amélioration du point Paraffines
solvants d’écoulement
1935 Polymérisation Amélioration du rendement en Charges pétrochimiques
catalytique essence et de l’indice d’octane
1937 Craquage catalytique Essence à indice d’octane plus Matières premières
élevé pétrochimiques
1939 Viscoréduction Réduction de la viscosité Quantité accrue de distillat,
de goudron
1940 Alkylation Amélioration du rendement en Essence aviation à indice
essence et de l’indice d’octane d’octane élevé
1940 Isomérisation Production de charges d’alkylation Naphta
1942 Craquage catalytique Amélioration du rendement en Matières premières
fluide essence et de l’indice d’octane pétrochimiques
1950 Désasphaltage Charge de craquage accrue Bitume
1952 Reformage catalytique Conversion du naphta de moindre Produits aromatiques
qualité
1954 Hydrodésulfuration Elimination du soufre Soufre

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1956 Adoucissement par Elimination des mercaptans Disulfures
inhibiteur
1957 Isomérisation catalytique Conversion en molécules à indice Charges d’alkylation
d’octane élevé
1960 Hydrocraquage Qualité accrue et teneur en soufre Charges d’alkylation
moindre
1974 Déparaffinage Amélioration du point Paraffines
catalytique d’écoulement
1975 Hydrocraquage résiduel Amélioration du rendement en Résidus lourds
essence à partir de résidus
Schéma des procédés de raffinage

6. Les avantages du pétrole


Les avantages du pétrole sont les suivants :
C’est une énergie disponible sur un peu tous les continents, son transport est facile et peu
couteux par les bateaux. La chimie du pétrole est très riche. En effet, grâce au pétrole, on peut
obtenir des gaz tels que le méthane, le propane et le butane, des carburants tels que l’essence,

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le kérosène, le gazole et le fioul et des composés aromatiques,c’est la forme d’énergie liquide
la plus concentrée disponible actuellement.
7.Les inconvénients du pétrole
Les inconvénients du pétrole sont les suivants :
La recherche d’un nouveau gisement de pétrolier est une activité de plus en plus difficile qui
est très couteux, son transport est à l’origine de nombreux polluants, en particulier des «
marées noires ».
Comme pour le charbon, sa combustion produit du dioxyde de carbone, qui libéré dans
l’atmosphère, participe à l’accroissement de l’effet de serre.

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