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Etiopathologie de la lésion carieuse(O.

C)
I -Introduction :
La carie dentaire est une maladie infectieuse,

transmissible post-éruptives des tissus durs de la dent

(émail, dentine, cément) .

Elle est classée par les experts de l'OMS au 4 ème rang des fléaux mondiaux, immédiatement après
les affections cancéreuses, les maladies cardio-vasculaires et le sida ; C'est la plus fréquente des
maladies dentaires acquises.

II- Etiologie de la lésion carieuse :


La carie est un processus infectieux qui résulte de l’adhésion sur la surface de l’émail des bactéries
appartenant à la flore buccale normale.

Les facteurs étiopathogéniques ont été décrits initialement par Keyes en 1962 et modifiés par la
suite par Kônig (temps)

II-I- LA MICROFLORE :
En se développant dans le milieu

environnant l’email, la masse bactérienne

constitue la plaque dentaire.

Certaines espèces telles que:

Streptococcus mutans, S.sobrinus, et Lactobacillus,

identifiables dans ce biofilm, sont cariogènes et constituent les espèces colonisatrices primaires des
surfaces dentaires par interaction avec des molécules d’origine salivaires,

D’autres streptocoques ont été mis en évidence plus récemment

- Streptococcus gondoii

- Streptococcus oralis

- Streptococcus anginosus.
Ils ont une activité acidogène à bas pH.Aucune carie ne se développe si les microorganismes sont
éliminés.

II- I-I Formation de la plaque

 La première étape  est une étape saccharose indépendante :


Les bactéries se fixent sur la pellicule exogène acquise constituée essentiellement de glycoprotéines
salivaires.

  La deuxième étape est saccharose dépendante :

Les bactéries cariogènes élaborent des polysaccharides extracellulaires incorporés dans la matrice
inter bactérienne de ce bio film.

II- II- L’ALIMENTATION


La carie n’est pas considérée comme une maladie de nutrition, mais plutôt comme une affection
résultant des effets locaux de la surconsommation par voie buccale de certains types d’aliments
représentés par les glucides.

L’alimentation agit localement sur le métabolisme de la plaque et particulièrement sur sa capacité à


produire des acides.

II-II-1- Rôle de l’alimentation: 


L’alimentation doit être riche en protéines, en sel de calcium et en vitamines répartis en quantités
suffisantes.

C’est environ jusqu’à l’âge de huit ans que l’on peut s’attendre à des effets endogènes relatifs aux
dents, car c’est à la fin de cette période que s’achève la minéralisation de la couronne des dents
permanentes.

En plus de leur rôle prépondérant dans :

- la cohésion de la plaque et son adhérence à l’émail,

- certains sucres dits fermentescibles peuvent être stockés à l’intérieur de la bactérie et servir à la
production d’acide et d’énergie
II-II-1-1: Les glucides
En fonction des conditions du milieu, la glycolyse peut être homo- ou hétéro fermentaire

-L’homo fermentation lactique :

Elle est de règle dans les conditions d’anaérobiose en présence d’un apport important de sucre.

Les glucides exogènes c'est-à-dire non stockés sous forme de polysaccharides sont alors fermentés
en produits de dégradation acide correspondant dans 80 ℅ des cas à de l’acide lactique.

Dans ce cas le pH est plus bas que dans le cas de l’hétéro fermentation.

- L’hétéro fermentation :

La rareté du nutriment, en présence d’oxygène ou dans un milieu alcalin, la croissance bactérienne


est limitée.

La glycolyse mène dans ce cas à la production de déchets divers : acide lactique, acide acétique,
acide butyrique, acide propionique, acide formique et alcool éthylique.

LES SOLUTIONS:

-Les substituts du sucre, essentiellement du saccharose (sorbitol, manitol, xylitol ….) ne sont


pratiquement pas fermentescibles en présence des bactéries orales (Chewing-gums, pastilles,
bonbons et médicaments.

-Les édulcorants non caloriques classés non cariogéniques (saccharine, cyclamate, aspartame)
sont utilisés comme édulcorants dans les boissons, le café, le thé.

La mastication après consommation de saccharose, de produits fromagés, de cacahuètes, de


chewing-gums sans sucre, neutralise très rapidement le pH de la plaque

II-II-1-2: Les produits laitiers


Hormis le galactose, à une concentration de 4% dans le lait de vache et de 6 à 9 % dans celui de la
femme qui est responsable de la carie de biberon chez le petit enfant ayant eu une alimentation
lactée prolongée au delà du huitième mois, le lait possède d’autres composants susceptibles
d’influer de façon directe sur l’état de santé buccodentaire.

Il renferme une combinaison d’éléments anticariogèniques sous une forme immédiatement


disponible qui sont: 

La caséine, le calcium et le phosphore dont la concentration est supérieure dans le lait de


vache par rapport à celui de la femme.
La consommation de fromage après un dessert sucré accélère la remontée du pH, de plus il
favorise le processus de reminéralisation à cause de sa teneur en calcium.

II-II-1-3 Les corps gras :


Ils accélèrent l’élimination des hydrates de carbone.

Ils pourraient par ailleurs exercer un pouvoir tampon sur le pH du milieu buccal et
diminueraient de ce fait le potentiel cariogène des aliments avec lesquels ils sont consommés

II-II-1-4: Les aliments fibreux:


Les aliments à base d’hydrates de carbone non raffinés que sont les légumes crus et les fruits frais
sont systématiquement recommandés en fin de repas.

Les agrumes en excès cependant, peuvent être à l’origine d’érosions dentaires.

II-II-1-5 : Les vitamines


La vitamine A est nécessaire à la différenciation et au maintien cellulaire des améloblastes et des
odontoblastes

De même un déficit en vitamine D, qui aide à la fixation du calcium et du phosphore dans les
tissus dentaires, peut être à l’origine d’hypoplasies favorisant le développement ultérieur de carie.

La vitamine B aurait quant à elle, une action cariostatique en agissant sur la glycolyse.

II - III - L’HOTE ET LA DENT :


Le développement et l’évolution des lésions carieuses résultent de phénomènes complexes qui font
intervenir, d’une part des facteurs pathogènes (présence concomitante de microorganismes et
d’hydrates de carbone alimentaires) et, d’autre part, de facteurs de régulation présents dans la
salive.
II – III- I LA SALIVE
Elle favorise indirectement la genèse de la carie, en participant au développement de la pellicule
acquise exogène et de la plaque bactérienne par les protéines riches en proline qui la composent :

Glycoprotéines acides et basiques, mucines, protéines riches en prolines acides et basiques.

De plus ses amylases interviennent dans la décomposition de l’amidon.

Cependant, son action reste essentiellement cario-protectrice :

-par son action mécanique « de chasse salivaire » responsable de l’élimination des déchets de la
nourriture

-certains de ses composants agissant sur la reminéralisation de l’émail et le développement de la


plaque.

Le rôle de la salive (et du fluide gingival)

La salive a un rôle :

-de pouvoir tampon par la neutralisation des acides bactériens.

Par le flux,

- elle assure l’élimination des aliments et des bactéries

Elle assure également le rôle de réservoir d’ions (calcium, phosphate, fluor),

- permet une reminéralisation de l’émail.

De même que par les substances antibactériennes (IgA sécrétoires, IgG, lysozyme, lactoférrine,
systèmes peroxydases …) qu’elle contient, elle contrôle la prolifération bactérienne.

 Le flux salivaire 

Le flux salivaire semble influencer la concentration initiale des sucres dans la cavité buccale et leur
diminution ainsi que celle des acides de la plaque

Le flux salivaire moyen varie entre 1 et 2ml/mn pour un flux stimulé, et entre 0,25 et 0,35 ml/mn
pour un flux non stimulé Il est arrêté pendant le sommeil.

 Le pouvoir tampon 

Les échanges de minéraux salive/dent, sont en partie régulés par le pouvoir tampon de la salive.

Lorsque le pH descend en dessous du seuil critique de 5,5, le pouvoir tampon de la salive assure la
remontée de ce dernier évitant ainsi la déminéralisation et la formation de carie.
Ce pouvoir tampon permet d’évaluer le risque carieux.

Il est assuré par la présence de carbonates, de phosphates et de certaines protéines (urée par
exemple), au sein du fluide.

II – III-II Les facteurs Morphologiques 


Toutes les zones anatomiquement très marquées, inaccessibles au brossage, telles que les faces
occlusales des molaires et prémolaires ainsi que les puits cingulaires des dents antérieures surtout
maxillaires, ou les sillons vestibulaires des molaires mandibulaires et les sillons disto-palatins des
molaires maxillaires, sont des sites de haute susceptibilité à la carie.

Les surfaces lisses situées à proximité du point de contact au niveau des dents postérieures et
des incisives supérieures sont ensuite atteintes.

III – III- III les modifications structurelles


Weatherell et coll. procédant à des examens ayant eu pour objet l’analyse de la résistance de
l’émail, ont eu l’occasion de constater qu’il n’existait pas de résistance absolue à la carie.

Si l’émail est exposé au contact d’un acide possédant l’intensité et la concentration requises, la carie
se développera.
II - III –IV PARTICULARITES LIEES A L’AGE.
Si les facteurs de risques fondamentaux sont communs à tout individu leur importance relative est
en rapport étroit avec l’âge de l’enfant. Ces facteurs sont divisés en deux grandes catégories :

Les facteurs intrinsèques 

Ils sont liés à l’anatomie, à la maturation et à la flore bactérienne.

* particularites de la dent de 6 ans:

 A l’âge de 6 ans les dents permanentes sont immatures :

Au plan anatomique les racines sont en cours d’édification,

Au plan histologique l’émail est en cours de maturation à partir des échanges salivaires alors que
les barrières de défense naturelles, inhérentes au terrain proprement dit ne sont pas encore
totalement installées.

Les situations anatomiques, aussi bien occlusales que proximales, dues à l’abrasion physiologique
et à l’installation des rapports intra arcades (contacts proximaux) sont en début d’installation.

  L’accumulation de plaque et l’apparition des caries sont facilitées sur les faces des dents sans
contact avec les antagonistes.

Les facteurs extrinsèques 

Ils sont liés à l’hygiène, à l’alimentation, à l’influence du milieu de vie.

Ils sont représentés donc par tout ce qui ne concerne pas la structure de la dent elle  même et son
milieu biologique naturel.

PARTICULARITES DE LA DENT DE 6 ans/

Les principes prophylactiques de base sont souvent mal respectés, voire ignorés.

L’indépendance acquise par l’enfant scolarisé fait que l’alimentation et l’hygiène sont moins bien
contrôlées par les parents au cours de la journée.

Il y aurait une prédisposition à la carie , Cependant :

- l’environnement,
- les habitudes familiales alimentaires, d’hygiène, ainsi que des comportements semblables liés à
l’origine socioculturelle sont des éléments au moins aussi importants que les facteurs génétiques

II - III –V L’ETAT GENERAL


L’utilisation de sirop à but thérapeutique au long cours à cause de maladie chronique, plusieurs fois
par jour, ou le soir au coucher peut avoir des conséquences néfastes particulièrement en denture
temporaire ; pour cela de nombreux pays ont augmenté la fabrication de sirops pédiatriques
sans sucre.

II – III- VI LES HORMONES, LE SEXE 


Les hormones n’exercent aucune influence directe sur les tissus durs des dents.

Les dents permanentes des femmes présentent un index CAO, considérablement plus élevé que
celui des hommes ayant le même âge (résultats d’enquêtes épidémiologiques).

Les dents des filles effectuent leur éruption plus tôt que celle des garçons.

II – III- VII LES FACTEURS SOCIAUX ET ECONOMIQUES  


Ils peuvent être répartis en trois groupes :

Les circonstances propres à la géographie et aux races qui prennent leur racine dans les habitudes
alimentaires (lait, produits laitiers, boissons sucrées..).

- Les effets socio-économiques où l’accroissement des revenus ainsi que l’urbanisation vont de pair
avec l’augmentation de la fréquence de la carie.

L’intensité de la carie diminue dans les cas ou les revenus élevés sont associes à un niveau de
scolarité et de culture dépassant la moyenne.

- Les effets nocifs causés par l’industrie ainsi que par la profession exercée :ouvriers travaillant dans
l’industrie sucrière.