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Chapitre 1 : Classements des énergies Hammami M.

CLASSEMENTS DES ENERGIES

I. INTRODUCTION
L’histoire de l’homme a été substantiellement marquée par l’évolution des sources
d’énergie qu’il a sue ou pue utiliser. Au début, la seule énergie libre à la disposition de
l’homme était sa propre énergie. En maîtrisant le feu pour chauffer, cuire, éclairer ou
travailler les métaux, il a franchi la première marche de son apprentissage énergétique. Sont
venues ensuite l’utilisation de l’énergie animale domestiquée, éolienne, hydraulique,
thermique à cycles, chimique, électrique, nucléaire, solaire, etc. Chacune de ces étapes a été
l’occasion d’une évolution le plus souvent majeure des structures des sociétés humaines.
Sur le plan théorique, toutes les sources d’énergie peuvent généralement produire les
mêmes effets. Mais en pratique, elles ne sont pas égales au regard des impératifs
géographiques (distribution dans le monde, accès aux réseaux de transport de l’énergie…),
commerciaux (coûts d’approvisionnement, stabilité des coûts…) ou politiques (sécurité
d’approvisionnement énergétique, émission de gaz à effet de serre…).

II. LES FORMES D’ENERGIE


L’énergie est généralement définie comme la capacité d’un système à réaliser un travail
ou à céder de la chaleur. Les unités de mesure de l’énergie sont très nombreuses. Elles ont
varié au cours du temps et leur définition est souvent liée au type d’énergie qu’elles mesurent.
Aujourd’hui, bien que l’unité de mesure officielle soit le joule (J), d’autres unités sont, par
habitude, utilisées : par exemple la kilocalorie (kcal) pour l’énergie contenue dans un repas, le
kilowatt-heure (kWh) pour la consommation d’électricité domestique.

Les différents systèmes d’unités sont liés par des équivalences qui permettent d’effectuer
les conversions : par exemple, 1 kWh = 3 600 000 joules = 860 kcal. Les Anglo-saxons
utilisent aussi le British thermal unit ou Btu (1 kWh = 3413 Btu).

L’énergie peut se trouvée sous différentes formes.

1. Énergie cinétique

C’est l’énergie associée au mouvement d’un objet. Elle est proportionnelle à la masse
“m” et au carré de la vitesse “v” de l’objet (à condition que cette vitesse soit faible devant
celle de la lumière, 300000 km/s).

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Chapitre 1 : Classements des énergies Hammami M.

2. Énergie de gravitation

Deux corps massifs s’attirent. Cette force, dite de gravitation, est faible pour de petits
objets, mais devient importante pour des astres. Ainsi le Soleil et la Terre, la Terre et la Lune,
s’attirent; la pesanteur n’est autre que la force de gravitation exercée par la Terre sur les objets
dans son voisinage. À cette force correspond une énergie de gravitation, plus élevée lorsque
les corps sont éloignés l’un de l’autre que lors qu’ils sont proches.
L’énergie de gravitation est dite potentielle, parce qu’elle ne se manifeste à nous que
lorsqu’elle se convertit en une autre forme d’énergie. En effet, pour une différence d’altitude
de 100 m, la différence d’énergie potentielle est de 981J. C’est cette énergie qui est exploitée
dans une centrale hydroélectrique, où la chute de l’eau actionne des turbines qui entraînent
des alternateurs.

3. Énergie élastique

Il s’agit encore d’une énergie potentielle, associée cette fois aux déformations des objets
élastiques, par exemple à la tension d’un ressort ou à la compression d’un gaz.

4. Énergie calorifique

À l’échelle atomique, la chaleur se traduit par un mouvement désordonné et plus ou


moins rapide des molécules. À notre échelle, elle constitue la forme d’énergie mise en jeu
lorsque la température varie ou lorsqu’un matériau change d’état (fusion de la glace,
évaporation de l’eau). Elle peut se transférer de proche en proche sans se transformer en une
autre forme d’énergie.

5. Énergie électrique

Les particules chargées exercent les unes sur les autres des forces électriques. De même
qu’une énergie potentielle de gravitation était associée aux forces de gravitation ou de
pesanteur, une énergie potentielle électrique est associée aux forces électriques entre charges.
Le déplacement de celles-ci dans un circuit s’accompagne de transferts plus ou moins rapides
d’énergie, mesurés par la puissance électrique.

6. Énergie radiative

Un rayonnement transporte de l’énergie, même à travers le vide. Le Soleil nous


transmet une puissance de l’ordre de 1 kW par mètre carré, sous forme de lumière visible et
de rayonnement infrarouge. Un radiateur nous communique sa chaleur par l’intermédiaire de
l’air ambiant, mais aussi directement sous forme de rayonnement infrarouge. Dans le filament

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d’une ampoule électrique, l’énergie électrique se transforme en chaleur, puis cette chaleur est
évacuée principalement sous forme d’énergie radiative, lumineuse et infrarouge. Un four à
micro-ondes communique de la chaleur aux aliments à partir d’une énergie électrique, par
l’intermédiaire d’un rayonnement dit de micro-ondes, analogue à celui d’un radar.
Inversement, on peut convertir en énergie électrique une partie de l’énergie lumineuse en
provenance du Soleil à l’aide de photopiles solaires. Les ondes radio transportent aussi une
énergie, certes faible, mais suffisante pour véhiculer du son, des images ou de l’information.

7. Énergie chimique

L’énergie chimique est associée à la liaison des atomes dans les molécules. Elle est plus
élevée lorsque ces atomes sont séparés que lorsqu’ils sont liés en molécules, et cet écart est
d’autant plus grand que la liaison est plus forte. Puisqu’elle modifie l’énergie chimique des
corps, une réaction chimique s’accompagne d’une transformation de cette énergie en une
autre forme d’énergie, le plus souvent en chaleur. Un réchaud à gaz produit ainsi une certaine
quantité d’énergie calorifique, égale à la différence entre l’énergie chimique du gaz et de
l’oxygène consommés et celle des produits de combustion (vapeur d’eau et dioxyde de
carbone).
Bien que d’apparence dissemblable, les énergies calorifique, électrique, radiative et
chimique ont une origine commune: à l’échelle microscopique, toutes sont reliées aux forces
électriques entre des particules chargées.

8. Énergie nucléaire

L’énergie nucléaire est localisée dans les noyaux des atomes. Ces noyaux, 100000 fois
plus petits que les atomes eux-mêmes, sont constitués de particules plus élémentaires – les
protons et les neutrons – très fortement liés entre eux. De même que la liaison des atomes en
molécules est la source de l’énergie chimique, la liaison des protons et neutrons en noyaux par
des forces nucléaires est la source de l’énergie nucléaire.
L’éclatement (fission nucléaire) de certains atomes lourds comme l’uranium ou le
plutonium en atomes plus petits s’accompagne d’un dégagement de chaleur. L’énergie
nucléaire peut aussi être produite par fusion d’atomes légers : c’est ce mécanisme qui produit
au cœur du Soleil, par fusion des noyaux d’hydrogène en noyaux d’hélium, la chaleur qui sera
ensuite rayonnée. Des recherches sont en cours pour produire de l’électricité à partir de ce
processus.
L’énergie nucléaire n’est pas issue de la matière organique. Elle ne produit pas de gaz à
effet de serre (gaz carbonique, etc.). En revanche, elle génère des déchets radioactifs.

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III. LES SOURCES D’ENERGIES

1. Les sources renouvelables et les sources non-renouvelables

L’énergie renouvelable peut être exploitée sous de nombreuses formes :

 Les forces gravitationnelles du soleil et de la lune qui créent les marées ;


 La rotation de la terre associée à l’énergie solaire qui génère les courants des océans
et les vagues ;
 La désintégration des minéraux radioactifs et la chaleur interne de la terre qui
procure l’énergie géothermique ;
 La production photosynthétique des substances organiques (biomasse) ;
 La chaleur directe du soleil (énergie solaire thermique).
Ces sources d’énergie prennent le nom de renouvelables car elles se renouvellent en
permanence ou sont inépuisables pour l’utilisation qui en est faite.
Les sources d’énergie non-renouvelables englobent les combustibles fossiles (gaz naturel,
pétrole, huile de schiste, charbon et tourbe) ainsi que l’uranium (énergie nucléaire).

2. Energie primaire

L’énergie primaire appelée aussi brute, est l’énergie qui n’a pas subi aucune
intervention humaine (éolienne, solaire, l’énergie des hydrocarbures bruts...).

De manière à comptabiliser les consommations d’énergie sans omission ou double


comptage, a été créée la notion de consommation d’énergie primaire. Celle-ci prend en
compte les consommations d’énergie directement au service des hommes (comme le gaz
lorsqu’il est utilisé pour le chauffage central) et les consommations d’énergie indirectement
au service des hommes encore appelées consommations intermédiaires qui participent à des
processus visant à produire des biens et services utiles à l’homme (comme le gaz lorsqu’il est
utilisé dans une réaction chimique). Au contraire, les consommations d’énergie en vue de
produire une autre forme d’énergie libre (comme le gaz utilisé pour produire de l’électricité)
ne sont pas comptées dans les consommations primaires.

Les énergies fossiles représentent près de 84,3% (chiffre de 2019) de la consommation


d’énergie primaire. Le pétrole arrive en têtes des énergies consommées (presque 33%). D’un
autre côté, la contribution des énergies renouvelables reste limitée malgré les grands efforts
développés pour instaurer leurs utilisations.

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Afin de simplifier la comparaison entre les différentes sources d'énergie, on a recours


fréquemment à utiliser le million de tonnes d'équivalent pétrole (Mtep) comme unité de
mesure :
1 Mtep = 11,63 TWh (Térawatt-heure = 1012 Watt-heure)
= 11 630 000 MWh (Mégawatt-heure= 106 Watt-heure)
= 41,868 PJ (Pétajoule = 1015 J)
= 0,04 EJ (Exajoules = 1018 J)

Production énergétique mondiale commercialisée selon la source d'énergie

Consommation
Production Production Variation Part
Énergie 2019
en 2009 en 2019 2019/2009 en 2019
en Exajoules

Pétrole 81,58 Mbbl/j 95,19 Mbbl/j +16,7 % 193,03 33,1 %

Charbon 7 051 Mt 8 129 Mt +15,3 % 157,86 27,0 %

Gaz naturel 2 935 Gm3 3 989 Gm3 +35,9 % 141,45 24,2 %

Hydraulique 3 252 TWh 4 222 TWh +29,8 % 37,84 6,5 %

Nucléaire 2 699 TWh 2 796 TWh +3,6 % 24,92 4,3 %

Éolienne 276 TWh 1 430 TWh +418 % 12,74 2,2 %

Solaire
21,0 TWh 724,1 TWh × 34 6,45 1,1 %
photovoltaïque

Géothermie, Bi
340 TWh 652 TWh +92 % 5,81 1,0 %
omasse, etc.

Biocarburants 1 025 kbblep/j 1 841 kbblep/j +80 % 4,11 0,7 %

Total énergie
11 705 Mtep 13 865 Mtep +18,5 % 583,9 100,0 %
primaire

1 Gbbl de pétrole = 0,1364 Gt

kbblep/j = milliers de barils équivalent-pétrole par jour

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