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Guerre froide

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Guerre froide

La confrontation des blocs en 1959


      Pays membres de l'OTAN
      Autres pays alliés des États-Unis
      Pays colonisés
      Pays membres du pacte de Varsovie
      Autres pays alliés de l'URSS
      Pays non-alignés
Informations générales
Date De 1947 à 1991
Lieu Monde entier
Issue Effondrement du bloc soviétique et dissolution de l'URSS
Belligérants
États-Unis URSS

OTAN Pacte de Varsovie


Batailles
Crises et conflits majeurs entre le monde occidental et le monde communiste
Guerre civile chinoise — Guerre civile grecque — Guerre de Corée — Guerre d'Indochine —
Blocus de Berlin — Insurrection communiste malaise — Crise du canal de Suez — Mur de
Berlin — Crise des missiles de Cuba — Guerre du Viêt Nam — Guerre d'Afghanistan 

Crises et conflits mineurs entre le monde occidental et le monde communiste


Crise irano-soviétique — Incidents frontaliers inter-allemands  — Incident de l'U-2 — Vol
Korean Air Lines 007 — Intervention militaire chinoise au Tibet — Première crise du détroit
de Taïwan — Deuxième crise du détroit de Taïwan — Guerre civile laotienne  — Guerre
civile cambodgienne — Guerre civile du Mozambique — Guerre civile angolaise — Guerres
civiles en Éthiopie 

Crises dans le monde communiste


Insurrection de juin 1953 en Allemagne de l'Est — Soulèvement de Poznań — Insurrection de
Budapest — Soulèvement tibétain de 1959 — Révolution de velours — Révolution roumaine
de 1989 — Manifestations de la place Tian'anmen — Conflit cambodgien — Guerre sino-
vietnamienne — Conflit frontalier sino-soviétique — Printemps de Prague — Invasion de la
Tchécoslovaquie — Mouvement du 30 septembre 1965 en Indonésie — Guerre civile
cambodgienne — Guerre de l'Ogaden 

Crises dans le monde occidental


Révolution cubaine  — Crise congolaise — Conflit armé guatémaltèque — Révolution
sandiniste — Débarquement de la baie des Cochons — Invasion du Panama — Invasion de la
Grenade — Révolution de Saur — Révolution iranienne — Guerre civile du Salvador — Coup
d'État du 11 septembre 1973 au Chili — Seconde invasion de République dominicaine 

Autres crises régionales


Guerre sino-indienne — Deuxième Guerre indo-pakistanaise — Guerre des Six Jours —
Septembre noir — Guerre du Kippour — Guerre sud-africaine de la frontière 

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La guerre froide (anglais : Cold War, russe : холодная война, khalodnaïa vaïna) est la
période de tensions et de confrontations idéologiques et politiques entre les deux
superpuissances que furent les États-Unis et l’Union des républiques socialistes soviétiques
(URSS) et, de manière plus large, entre les régimes communistes et l'ensemble des régimes
non communistes. La guerre froide débute en 1947 et dure jusqu'en 1989, année de la chute
des régimes communistes en Europe, ou jusqu'en 1991, année de l'implosion de l'URSS et de
la dissolution du pacte de Varsovie.

C’est en 1945, sous la plume de l’écrivain anglais George Orwell, que l’expression « Cold
War  » apparaît pour la première fois1. Elle est reprise en 1947 par l'homme d’État américain
Bernard Baruch2,3, et très vite popularisée par le journaliste Walter Lippmann4. D'après
Raymond Aron, il s'agissait d'une « guerre limitée » ou « paix belliqueuse » dans un monde
bipolaire où les belligérants évitaient l’affrontement direct5- d'où l'expression : « Paix
impossible, guerre improbable ».

Si l'on retient généralement la fin de la Seconde Guerre mondiale comme point de départ de
l’affrontement idéologique entre les deux blocs Est-Ouest, certains auteurs à l'instar d'André
Fontaine, ancien rédacteur en chef du journal Le Monde, font remonter cet affrontement à la
révolution russe de 1917. Cette version est aussi avancée par le Professeur Claude Roosens,
Professeur à l'UCL. Ainsi, la distinction idéologique propre à la guerre froide serait la
conséquence de deux événements: premièrement l'entrée en guerre des Etats-Unis en
1917,sortant de leur politique isolationniste traditionnelle. Deuxièmement, la révolution
d'octobre renversant le Tsar, et la prise de pouvoir par les bolcheviques en novembre6.

Le terme « froide » apposé en oxymore indique qu’il ne s’agit pas d’une guerre au sens
habituel du terme, mais d’une confrontation qui proscrit l'affrontement armé direct entre les
deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l'Union soviétique.
Elle est cependant caractérisée en premier lieu par la course aux armements nucléaires et
l'équilibre de la terreur.

La guerre froide prendra toutes les formes possibles d'affrontements, de l'espionnage aux
actions secrètes, en passant par la propagande, jusqu'à la compétition technologique dans le
domaine de la conquête de l'espace ou bien encore les compétitions sportives dans les stades.
Plusieurs conflits ouverts importants, faisant de nombreuses victimes civiles et militaires,
comme la guerre de Corée, la guerre d'Indochine, la guerre du Viêt Nam, ou encore la guerre
d'Afghanistan, ont mobilisé des ressources militaires très importantes de l'Union soviétique ou
des États-Unis, mais sans que jamais leurs armées ne s'affrontent directement.

Les pays du tiers monde tels que l’Inde sous Nehru, l’Égypte sous Nasser et la Yougoslavie
sous Tito formèrent pour un temps le mouvement des non-alignés, proclamant leur neutralité
et jouant sur la rivalité entre les blocs pour obtenir des concessions. La décolonisation a fourni
à l'Union soviétique et à la Chine populaire de multiples occasions d'accroître leur influence
aux dépens des anciennes puissances coloniales.

Sommaire
 1 Chronologie globale
 2 Les origines de la guerre froide
o 2.1 Rivalité stratégique inéluctable des empires américains et soviétiques
o 2.2 Quatre sujets majeurs de désaccord entre américains et soviétiques au sortir
de la guerre
 3 Formation et consolidation des blocs occidentaux et communistes (1945-1955)
o 3.1 Constitution des deux blocs en Europe
o 3.2 Premières crises en Europe et au Moyen-Orient
o 3.3 Expansion communiste en Asie
o 3.4 Consolidation forcée des deux blocs sous contrainte idéologique et
politique
 4 Coexistence pacifique et nouvelles crises sur fond d'équilibre de la terreur (1956-
1962)
o 4.1 Insurrection de Budapest (1956)
o 4.2 Crise de Suez (1956)
o 4.3 Rupture sino-soviétique (1960)
o 4.4 Deuxième crise de Berlin (1961)
o 4.5 Crise de Nouvelle-Guinée entre l'Indonésie et les Pays-Bas (1962)
o 4.6 Crise des missiles cubains (1962)
 5 Détente et effritement des empires américains et soviétiques (1963-1974)
o 5.1 Rapprochement entre les États-Unis et l'Union soviétique
o 5.2 Contrôle des armements nucléaires
o 5.3 « Détente » en Europe (1962-1975)
o 5.4 République populaire de Chine, troisième Grande puissance
o 5.5 Limites de la « détente »
o 5.6 Guerre du Viêt Nam
 6 Seconde guerre froide ou « guerre fraîche » (1975 - 1984)
o 6.1 Affaiblissement du duopole américano-soviétique sur fond de crise
économique
o 6.2 Expansionnisme de l'URSS
o 6.3 Refroidissement progressif des relations américano-soviétiques
o 6.4 America is back
o 6.5 Course aux armements et crise des euromissiles
 7 De la nouvelle détente initiée par Gorbatchev à la fin du bloc soviétique (1985-1991)
o 7.1 Recherche du désarmement
o 7.2 Chute des régimes communistes en Europe
o 7.3 Règlement des conflits périphériques
o 7.4 Implosion de l'Union soviétique
o 7.5 Fin de la guerre froide
 8 Notes et références
 9 Voir aussi
o 9.1 Bibliographie
o 9.2 Articles connexes
o 9.3 Liens externes

Chronologie globale
Article détaillé : Chronologie de la guerre froide.

La longueur de la guerre froide, le nombre des évènements qui s'y sont produits, et les
changements de dirigeants qui en ont été les acteurs clés, ont conduit les historiens à
distinguer plusieurs phases permettant de décrire de manière synthétique la montée de la
guerre froide, les périodes de détente ou au contraire de tension, puis sa fin avec
l'effondrement du bloc soviétique :

 1945 - 1955 : La constitution des deux blocs de l'Ouest et de l'Est, assimilés par
certains auteurs à de véritables Empires7, dominés respectivement par les États-Unis
et l'Union soviétique, autour desquels la majeure partie des pays se sont regroupés. À
la mort de Staline, le 5 mars 1953, s'ensuit une période d'instabilité du pouvoir à la tête
de l'Union soviétique8 qui viendra se conclure par la partition de l'Allemagne, traçant
durablement les frontières entre les deux blocs en Europe. Cette période est aussi celle
de la plus grande supériorité stratégique nucléaire9 des États-Unis, qui pour autant
n'auront pas vraiment profité de leur avantage en la matière.

 1956 - 1962 : Le face à face des Empires, chacun doté d'armes nucléaires permettant
la destruction de l'autre, avec sa succession de crises, les plus graves de toute la guerre
froide : Berlin, Cuba, mais aussi Suez, Budapest et d'autres encore de moindre
importance. Cette période est aussi souvent nommée coexistence pacifique par
référence au discours de Khrouchtchev lors du XXe congrès du Parti communiste de
l'Union soviétique en février 1956, qui n'abandonne pour autant pas l'objectif de la
victoire ultime du socialisme.
 1963 - 1974 : La détente et l'effritement des Empires aux prises avec des velléités
plus ou moins fortes d'indépendances, dont les deux exemples les plus frappants sont
la politique du Général de Gaulle vis-à-vis des États-Unis et la rupture entre la Chine
et l'URSS. La guerre du Viêt Nam, dans laquelle les États-Unis s'enliseront malgré des
moyens militaires toujours plus considérables, verra un certain déclin de l'Empire
américain dont l'image se trouve ternie par ce conflit.
 1975 - 1984 : Les nouvelles tensions entre les Empires résultant de la course aux
armements nucléaires et ses développements en Europe avec la crise des Euromissiles
d'une part, et de l'exploitation par l'Union soviétique des possibilités de
développement de son influence dans le Tiers-Monde, notamment dans les anciennes
colonies occidentales, d'autre part. En Afghanistan, l'Union soviétique s'engage dans
un conflit qui va se révéler très coûteux.
 1985 - 1991 : La dislocation de l'Empire soviétique, marquant la fin de la guerre
froide, à la suite de son effondrement économique et social résultant pour partie des
coûts énormes engendrés par la guerre froide. Gorbatchev appelle à des réformes
majeures pour sauver l'économie et signe des accords de désarmement, mettant
notamment fin à la crise des Euromissiles. Mais ces réformes ne pourront pas se
mettre en place et c'est tout le système qui va s'effondrer, avec comme évènement le
plus symbolique la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989.

Les relations entre les États-Unis et l'Union soviétique ont constitué le fil conducteur du
déroulement de la guerre froide, dont les phases successives de refroidissement ou de
réchauffement ont été fortement influencées par la personnalité de leurs dirigeants respectifs.

Article détaillé : Sommets États-Unis - Union Soviétique (1943-1991).

Les sommets entre ces dirigeants en ont été la manifestation la plus spectaculaire. Pendant la
Seconde Guerre mondiale, trois conférences au sommet avaient eu lieu entre les dirigeants
américains, soviétiques et anglais. Cette pratique cessa après la guerre pour laisser la place à
des conférences au niveau ministériel entre 1945 et 1955. En 1955, un nouveau sommet se tint
à Genève sur l'initiative de Churchill, relançant cette pratique qui deviendra assez régulière
jusqu'à la fin de la guerre froide. De 1959 à 1991, vingt-deux sommets eurent lieu, la plupart
entre Américains et Soviétiques. Ces sommets traduisirent essentiellement la volonté de
diminuer les risques de guerre nucléaire et de réduire les coûts énormes de la course à
l'armement par la limitation des arsenaux nucléaires de part et d'autre.

Pourtant, les cinq vainqueurs10 de la Seconde Guerre mondiale s'étaient accordés en 1945 pour
mettre en place l' Organisation des Nations unies dans l'objectif de régler pacifiquement les
conflits entre nations. Mais en s'octroyant en tant que membres permanents du Conseil de
sécurité un droit de veto sur ses résolutions, ces pays avaient aussi créé les conditions du
blocage de l'action des Nations unies quand leurs intérêts étaient en jeu.

Les origines de la guerre froide


Avant la guerre, tout oppose déjà les États-Unis au régime communiste installé en Russie. Les
causes profondes de cette opposition tiennent à la fois à des impératifs de sécurité, aux enjeux
économiques et à la nature même des régimes politiques et des idéologies qui les sous-
tendent. Cependant, la plus grande rivalité de l'entre-deux guerres est entre la Russie et
l'Angleterre, et non les États-Unis. On parle même de la « baleine anglaise » (sa puissance
maritime) face à l'éléphant russe (sa puissance terrestre). De plus, avant l'entrée en guerre des
États-Unis en 1917, le président Wilson déclarait même qu'une relation de confiance existait
avec la Russie, qui n'était pas un ennemi. À la fin de la seconde guerre mondiale, cette
opposition va se trouver cristallisée par le fait que ces deux pays sont les seules puissances
mondiales, avec le déclin des européens, et que leurs intérêts stratégiques vont se trouver en
conflit direct.

Rivalité stratégique inéluctable des empires américains et soviétiques

Dès le XIXe siècle, Alexis de Tocqueville prédit que les États-Unis et l'Empire russe ont tous
deux vocation à devenir un empire à l’échelle mondiale, et s’opposeront pour la domination
globale dès qu’ils entreront en contact. Il écrit que « chacun d'entre eux [États-Unis et Russie]
semble être appelé par un dessein secret de la Providence à tenir un jour dans ses mains les
destinées de la moitié du monde »11. La « destinée manifeste » des États-Unis d’un côté, la
volonté d’expansion de l'URSS de l’autre, entraîne la rivalité stratégique des deux principaux
États impérialistes, que tout oppose qu'il s'agisse du modèle politique, sociétal, économique
ou idéologique : Le fait que l'Union soviétique était une société « fermée » – surtout sous
Staline, où il était extrêmement difficile de savoir qui avait de l'influence sur quoi, quelles
étaient ses vraies ressources et ses intentions – fut l'un des traits marquants de la guerre froide,
alimentant les doutes et les craintes (réelles ou imaginaires) de l'Ouest qui, de son côté, avec
ses changements de gouvernement et de politique selon les élections successives, rendait
souvent perplexes les analystes soviétiques.

Union soviétique États-Unis


Système politique
État issu de la Révolution d'Octobre État fondé sur des idées de
en 1917 se réclamant du marxisme- démocratie et de liberté, sans
léninisme, fondé sur une société et référence à une idéologie explicite
un État communistes, prônant la avec toutefois une forte influence de
dictature du prolétariat comme étape la religion chrétienne.
intermédiaire pour y parvenir. Idéalisme Interventionniste, hérité de
l'idéologie de la destinée manifeste,
Idéologie
pour défendre la démocratie partout
dans le monde, mais aussi réalisme
dans la défense des intérêts
politiques et économiques
américains, dénoncé par ses
opposants comme l'Impérialisme
américain 12.
Régime communiste totalitaire dont Régime de démocratie libérale, les
les pouvoirs sont détenus par les partis politiques concourent
Régime dirigeants du parti communiste, qui librement pour l'accès au pouvoir,
politique exerce la dictature du prolétariat sur dans un cadre de confrontation des
la société civile et l'État. idées qui s'effectue principalement
au sein des médias.
Constitution Constitution soviétique de 1936 13, La Constitution des États-Unis
puis Constitution soviétique de s'applique depuis le 4 mars 1789.
1977. Modifiée par vingt-sept
Système fédéral structuré autour de amendements, elle est l'une des plus
15 Républiques socialistes anciennes constitutions écrites
soviétiques étroitement encore appliquées.
subordonnées au gouvernement de Système fédéral conférant à chacun
l'Union. des 50 États de l'Union tous les
pouvoirs qui ne sont pas dévolus par
la constitution à l'état fédéral. Leur
organisation politique est similaire à
celle de l'état fédéral.
Le Parti communiste de l'Union Deux partis, le Parti démocrate
soviétique (PCUS), parti unique, (États-Unis) et le Parti républicain
détient de fait tous les pouvoirs. De (États-Unis), ont dominé la vie
par la Constitution de 1936, il « est politique des États-Unis. Le Parti
l'avant-garde des travailleurs dans communiste américain n'a pu
Partis
leur lutte pour l'affermissement et ledévelopper librement ses activités,
politiques
développement du régime socialiste ses dirigeants ont été fréquemment
et qui représente le noyau dirigeant arrêtés, il n'aura jamais connu un
de toutes les organisations de développement comparable au PC
travailleurs, tant sociales que français ou au PC italien.
d'État ».
Le Secrétaire général du PCUS et le Le Président des États-Unis, élu au
Politburo (Bureau Politique du suffrage universel indirect, est le
PCUS) qui le désigne détiennent chef du pouvoir exécutif, dont
l'ensemble des pouvoirs. Ils sont l'autorité s'exerce selon un système
l'émanation du Comité central lui- complexe de contrôle et d'équilibre
même nommé par le Congrès du (checks and balances) avec les
Parti. pouvoirs législatifs et judiciaires.
Le Conseil des ministres de l'URSS
Exécutif assure la mise en œuvre de la
politique décidée par le Politburo,
sous la direction de son Président :
cette fonction fut assurée par Alexis
Kossyguine de 1964 à 1980, avec
une certaine autonomie vis à vis du
Secrétaire Général, Brejnev, dont
l'autorité ne fit cependant que
s'accroître jusqu'à sa mort en 1982 14.
Le Soviet suprême de l'Union Le Congrès des États-Unis possède
soviétique est composé de deux au niveau fédéral l'ensemble des
chambres, l'une représentative de la pouvoirs législatifs. Il comprend
population de l'Union, l'autre des deux chambres élues au suffrage
Législatif
nationalités qui la composent. Les universel direct, la Chambre des
élections au suffrage universel sont représentants et le Sénat.
entièrement contrôlées par le PCUS,
dont il exécute les décisions 14.
Judiciaire La Cour Suprême de l'Union Le pouvoir judiciaire américain est
soviétique est l'institution judiciaire divisé entre son organisation
la plus élevée de l'État. Ses membres fédérale, à la tête de laquelle se
sont élus par le Soviet suprême et ne trouve la Cour suprême, et les
sont donc pas indépendants du systèmes propres à chaque État. Les
PCUS. 9 juges de la Cour suprême sont
nommés à vie par le président des
États-Unis, avec le consentement du
Sénat.
Système sociétal
Officiellement, société sans classe Importance de la bourgeoisie. Écarts
dominante, en réalité société dotée importants de revenus et inégalités
d'une nomenklatura privilégiée. La importantes. La progression
Société
progression de la société entraîne le personnelle de l’individu entraîne le
progrès des individus dans leur progrès de la société.
ensemble.
Très limitées, forte surveillance Protégées par la constitution.
policière des opinions politiques, pas L'individu en tant que consommateur
de droit de manifestation. L'individu (fortement encadré par la
est soumis aux objectifs politiques propagande publicitaire) est le
fixés par le parti qui réforme la moteur de la société et de
Libertés société. Sous Staline des millions de l’économie.
individuelles russes seront déportés dans des Dans les années 1950 - 1953, le
camps de travail (Goulag). Sous McCarthysme se traduisit par une
Khrouchtchev et Brejnev des chasse aux sorcières des
milliers de dissidents seront envoyés sympathisants communistes,
dans des prisons politiques ou des entraînant de nombreux excès.
hôpitaux psychiatriques.
L'agence TASS a le monopole de La liberté de la presse est garantie
Information l'information des medias soviétiques. par le premier amendement de la
Constitution des États-Unis.
L'idéologie du régime est à l'origine Rôle très important de la religion
athée. La politique anti-cléricale du aux États-Unis, dont la constitution
régime, visant notamment la garantit la liberté et interdit
Religion orthodoxe fortement l'instauration d'une religion d'état.
dominante, a varié dans le temps. Environ 3/4 des américains déclarent
Très radicale à l'origine elle a été accorder une grande importance à la
Religion assouplie dans les années 1940 et religion, qui a été très présente dans
1950 pour faciliter la mobilisation la fondation des États-Unis.
des masses pendant la guerre et la Le christianisme domine très
reconstruction ; elle a été de largement. La minorité juive est
nouveau beaucoup plus systématique aussi très influente.
à partir de 1959 sous l'impulsion de
Khrouchtchev
Dans les années 70 / 80, l'espérance Dans les années 70 / 80, l'espérance
Démographie de vie des hommes est d'environ 63 de vie des hommes est d'environ 70
et santé ans et celle des femmes de 73 ans, ans et celle des femmes de 78 ans, en
sans progrès continu. progression régulière.
Système économique
Organisation L'économie de l'URSS repose sur Économie de marché reposant sur
d'ensemble de l'étatisation des moyens de l’initiative individuelle, la liberté
l'économie production et sur la planification d'entreprise et le libre marché, mais
centralisée bureaucratique (plans dans laquelle les entreprises privées
quinquennaux). Ces plans ont et publiques sont souvent
fortement mis l'accent sur dépendantes de capitaux et
l'investissement, la production d'investissements publics. Il n'existe
industrielle et l'armement, avec pas de processus de planification
comme objectif affiché de rattraper économique semblable à celui
les économies occidentales. instauré dans certains pays d'Europe,
notamment en France sous
l'instigation de Jean Monnet.
L'ensemble de l'appareil productif L'appareil productif est privé.
Entreprises
appartient à l'État.
Collectivisation de l'agriculture L'agriculture intensive pratiquée
entreprise à partir de 1929. En 1940, permet aux États-Unis d'exporter de
les fermes d'état (Sovkhoze) grandes quantités de nourritures,
représentaient 8,8% des terres et les souvent en liaison avec les
fermes collectives (Kolkhoze) développements de la Guerre froide.
Agriculture 78,2%, soit au total 90% des terres. Les agriculteurs ont conservé la
Cette politique fut mise en œuvre propriété des terres, mais leur
par la force entrainant la mort de nombre a fortement diminué et les
millions de paysans et fut à l'origine marchés sont fortement réglementés.
de difficultés alimentaires et même
de famines.
Le droit à l'emploi est garanti par la La doctrine libérale, défendue par les
Constitution. La Seconde Guerre Républicains se traduit par une
mondiale et les décennies qui flexibilité du marché de l'emploi et
suivirent de croissance à marche la faible protection des salariés en
Emploi
forcée créèrent une situation de plein matière de licenciement et sociale.
emploi de fait. Durant la décennie 1980-1989, le
taux de chômage a oscillé entre 5,3
et 9,7%.
Acteurs de la Révolution d'Octobre, La Constitution ne reconnaît pas
les syndicats furent dès le début des formellement le droit de grève, et la
années 1920 entièrement législation est peu favorable au droit
subordonnés au PCUS. Organisés de grève.
selon une structure hiérarchique
semblable à celle du Parti, leur rôle
principal était de contribuer à
Syndicalisme,
l'atteinte des objectifs de
droit de grève
productivité. Toutefois, ils jouèrent
un rôle social important de
distribution des avantages aux
employés et de protection
individuelle contre les abus. Les
grèves sont interdites. L'adhésion au
syndicat est de fait obligatoire.
Relations internationales et défense
Commerce Fonctionnement autarcique, faible Part assez importante dans
international : part du commerce extérieur dans l'économie, importations et
part des l'économie : environ 4% du PNB exportations représentant chacune
importations et dans les années 80. plus de plus de 10% du PNB en
exportations Part prépondérante réalisée avec les 1980, mais moins développée que
dans le PNB pays d'Europe de l'Est appartenant dans d'autres grands pays
au Comecon (de 40 à 60 % selon les occidentaux (France, Allemagne,
périodes) 15 Royaume-Uni : plus de 20%) de par
la taille de son marché intérieur
16,17,18
.
Adhésion à l'ONU dès sa fondation, Adhésion à l'ONU dès sa fondation,
membre permanent du Conseil de membre permanent du Conseil de
sécurité. sécurité.
Organisations A refusé d'adhérer au système À l'origine du système financier
internationales financier (FMI) et économique (FMI) et économique mondial
mondial (Accords de Bretton Bretton Woods.
Woods) mis en place sous l'égide
des États-Unis
Budget représentant entre 10 et 15% Budget passant de 7,4% du PNB en
du PNB, des forces armées comptant 1971 à 4,9% en 1980. Sur la même
de 4 à 4,5 millions d'hommes période, diminution des effectifs de
Défense d'active. 3 à 2 millions d'hommes d'active.
(chiffres Cet effort considérable a souvent été
relatifs aux mis en avant comme une des causes
années 1970- de la chute de l'Union soviétique qui
1980) 19,20 aurait trop sacrifié à la course aux
armements son développement
économique au profit de sa
population civile.

Quatre sujets majeurs de désaccord entre américains et soviétiques au sortir


de la guerre

La Grande alliance entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Union soviétique avait pour
objectif d'abattre l'Allemagne nazie. Les premières lézardes apparurent au sein des alliés au
cours des conférences de 1945, tenues à Yalta et à Potsdam. Ces causes profondes à l'origine
de la bipolarisation du monde vont se cristalliser sur quatre sujets principaux de désaccord qui
instaureront l'état de guerre froide de manière irréversible dés 1947, à peine plus de deux ans
après la fin de la seconde guerre mondiale : les impératifs de sécurité nationale des deux
Grands, l'avenir de l'Allemagne, le sort de la Pologne et de l'Europe de l'Est en général et la
reconstruction économique de l'Europe.

Impératifs de sécurité nationale des deux Grands

En 1945, face aux États Européens ruinés par la Seconde Guerre mondiale, deux
superpuissances émergent dans le contexte géopolitique mondial. Les États-Unis détiennent le
monopole nucléaire depuis les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki en
août 1945 et disposent d’une puissance économique et financière inégalée. L’Union
soviétique possède une force militaire décisive en Europe centrale et orientale, ainsi qu'un
prestige politique considérable21.

La Seconde Guerre mondiale s'achève à peine que les relations entre les Américains et les
Soviétiques se dégradent. L'URSS affirme vouloir garantir sa sécurité en s'entourant de pays
alliés le long de ses frontières. L'Armée rouge ne se retire pas des pays qu'elle a libérés du
nazisme et, contrairement aux engagements pris à la conférence de Yalta, n'y organise pas
d'élections libres. Les États-Unis possèdent l'arme atomique et mettent en place un réseau de
bases aériennes et navales encerclant l'Union soviétique pour protéger leurs intérêts
économiques vitaux.

Les alliés s'étaient pourtant mis d'accord pour instaurer une gouvernance mondiale. En août
1941, Churchill et Roosevelt signèrent la charte de l’Atlantique, une déclaration commune
s’inspirant des principes wilsoniens, dans laquelle les deux leaders prévoyaient la mise en
place d’un « système étendu et permanent de sécurité générale ». En février 1945, les accords
de Yalta reprirent ce propos et annoncèrent la convocation d’« une conférence des Nations
unies sur l’organisation mondiale (…) le 25 avril 1945, aux États-Unis. »22 Le 26 juin 1945,
portés par le mouvement d’une opinion publique choquée par les exactions nazies et la
cruauté des combats, les délégués de 51 pays approuvèrent à San Francisco la Charte des
Nations unies, texte fondateur de l’Organisation des Nations unies (ONU), dont l’objectif le
plus important serait de « préserver les générations futures du fléau de la guerre qui, deux fois
en l’espace d’une vie humaine, a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Les pouvoirs
les plus importants sont dévolus au Conseil de Sécurité qui compte 10 membres, dont cinq
permanents, les États-Unis, l'URSS, la Chine, la Grande-Bretagne et la France. Le mode de
scrutin est tel qu'une résolution ne peut être adoptée si un des membres permanents vote
contre, conférant ainsi un droit de veto aux grandes puissances qui en feront usage pour
bloquer toute résolution contraire à leurs intérêts. Cette disposition due à l'insistance de
Staline à Potsdam a d'emblée considérablement limité le pouvoir de l'ONU et laissé face à
face les deux Grands.

Staline cherche à mettre l’URSS à l’abri d’une nouvelle attaque par la création d’un « glacis »
territorial et idéologique, c’est-à-dire d’un espace protecteur qui éloigne la menace des
frontières soviétiques :

 en repoussant plus à l’Ouest les frontières de l’URSS par l’annexion des pays baltes et
d’une partie de la Pologne, alors que les territoires allemands situés à l’est de l’Oder et
de la Neisse de Görlitz sont placés sous administration polonaise (partage effectué lors
de la conférence de Potsdam) ;
 en imposant des gouvernements pro-soviétiques dans les pays d’Europe centrale et
orientale occupés par l’Armée rouge (à l'exception de l'Autriche), pays qui
deviendront plus tard des « démocraties populaires ». Le coup de Prague de février
1948 en Tchécoslovaquie – l'une des rares réelles démocraties d’avant-guerre en
Europe de l’Est – fut l’expression la plus visible, pour l’Ouest, de cette politique, et fut
perçu comme la manifestation de la volonté hégémonique de l’URSS.

L'apparition de l'arme atomique, utilisée en 1945 par les Américains à Hiroshima et


Nagasaki et développée à marche forcée par les Soviétiques qui feront exploser un premier
engin dès 1949, va contribuer à établir les deux pays comme les deux seules grandes
puissances dans le monde, au détriment notamment de la Grande-Bretagne et de la France,
aux prises avec la décolonisation. La dissuasion nucléaire s'impose peu à peu comme un fait
majeur des relations internationales entre les deux Grands, entre chacun d'eux et leurs
principaux alliés qui souhaitent faire entendre leur voix (Chine, Grande-Bretagne et France),
et au sein de leurs alliances majeures (OTAN et Pacte de Varsovie).

Article détaillé : Dissuasion nucléaire pendant la Guerre froide.

La capacité de destruction inégalée de ces armes, qui pour la première fois rend les États-Unis
réellement vulnérables à une attaque et met en jeu la survie même des deux Grands, et la
course à l'armement stratégique 23qui va résulter de la crainte qu'a chacun de se voir
dépassé et donc mis en situation d'infériorité par son rival, vont symboliser la guerre froide
entre les deux Grands, davantage encore que ses dimensions idéologiques, politiques ou
économiques.

La doctrine d'emploi de ces armes nouvelles demeurera sujet à de nombreuses hésitations et à


de nombreuses limitations opérationnelles qui en atténueront considérablement l'impact dans
le déroulement concret des négociations et crises qui émailleront ces dix premières années de
la guerre froide. Toutefois, la supériorité nucléaire marquée des États-Unis jusqu'en 1955 aura
certainement été un facteur de l'agrégation des pays de l'Europe de l'Ouest en un bloc lié par
de solides accords de défense, du fait de la menace que faisait peser sur eux l'énorme
supériorité de l'Union soviétique en matière de forces conventionnelles.

L'arme nucléaire aura-t-elle été déterminante dans le fait que cette guerre sera restée froide ?
Certains auteurs le pensent, d'autres estiment que, démonstration faite par la Première Guerre
mondiale puis à une échelle encore plus grande par la Seconde Guerre mondiale, les
destructions infligées à tous les belligérants dans une guerre de grande ampleur menée avec
les moyens propres au XXe siècle étaient suffisantes pour décourager les deux camps à se
lancer dans une escalade militaire qu'ils ne maîtriseraient plus24.

Quel avenir politique et économique pour l'Allemagne ?

Article détaillé : Conférences de la Guerre Froide en Europe (1945-1955).

Dès septembre 1945, en application des accords de Potsdam, les grandes puissances se
réunirent dans le but d'apporter des réponses aux questions de paix, de développement
économique et de sécurité en Europe. Le sujet majeur en fut le règlement du problème
allemand qui ne trouvera son dénouement provisoire qu’en 1955, avec la reconnaissance de
l’existence de deux États allemands, la RFA et la RDA, ancrés respectivement dans le camp
occidental et le camp communiste. Témoignant d'une activité diplomatique intense, ces
conférences internationales aboutirent en une décennie (1945-1955) à des accords de paix
avec tous les pays belligérants de la Seconde Guerre mondiale (à l'exception majeure de
l'Allemagne) et à la mise en place des alliances et des institutions intergouvernementales qui
régiront chacun des deux blocs en Europe jusqu'à la fin de la guerre froide.

En Allemagne, dans leur zone d’occupation, les Soviétiques mènent avec vigueur la
dénazification décidée à la conférence de Potsdam. Plus de 120 000 personnes sont internées
dans des « camps spéciaux » qui existeront jusqu’en 1950. 42 000 détenus y seraient morts de
privations et de sévices25. Cette politique d’épuration va de pair avec la nomination de cadres
communistes aux postes-clés de l’administration, de la police et de la justice, et plusieurs
milliers d’agents ayant travaillé sous le IIIe Reich sont « recyclés » par les nouveaux services
de sécurité d’Allemagne de l’Est ou maintenus dans l'administration26 et de nombreux
fonctionnaires de l'ancien régime serviront le nouveau pouvoir jusqu'aux années 1960.

Les alliés occidentaux, en revanche, misent davantage sur une « rééducation » (Umerziehung)
du peuple allemand27, associée à une politique d’indulgence à l’égard des « suiveurs »
(Mitläufer) et sympathisants du régime.

Mainmise de l'URSS sur la Pologne et sur l'Europe de l'Est en général


Article détaillé : Bloc de l'Est.

Enjeux de la reconstruction économique du monde

Institué le 22 juillet 1944 par les accords de Bretton Woods, à l’issue d’une conférence qui
réunit 44 pays, un nouvel ordre monétaire et financier mondial est créé autour du dollar
américain pour éviter l’instabilité économique qui existait pendant l’entre-deux-guerres et
relancer les échanges internationaux. Ces accords établissent un Fonds monétaire international
(FMI), dont les patrons successifs seront traditionnellement européens, ainsi qu’une Banque
internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), appelée communément
« Banque mondiale », dirigée traditionnellement par un Américain. Le FMI et la BIRD ont
notamment pour mission d’assurer la stabilité des devises nationales et d’accorder des prêts à
la reconstruction et au développement.

Ces accords instituaient un système de parités fixes par rapport au dollar US, seule monnaie
entièrement convertible en or. Comme les États-Unis avaient une réserve d’or avoisinant les
trois quarts des réserves mondiales, le dollar US s’imposa forcément comme monnaie de
réserve internationale, au même titre que l’or. En effet, pour financer la guerre, les puissances
européennes avaient dû vendre leurs stocks d’or aux États-Unis. Ainsi, le nouveau système
monétaire ne reposait plus uniquement sur le métal fin détenu par les banques centrales, mais
sur le dollar US, « as good as gold », dont la valeur était garantie par la Réserve fédérale des
États-Unis, de même que par la formidable puissance économique des États-Unis.

L'Union soviétique qui y avait participé craignit que le FMI devienne un instrument au
bénéfice des pays capitalistes et entrave sa politique de constitution d'un bloc de l'Est autour
d'elle ; aussi ne ratifia-t-elle jamais ces accords. En revanche, la Pologne, la Tchécoslovaquie
et la Yougoslavie qui bénéficiaient fin 1945 de certaines marges de manœuvre vis à vis de
l'URSS les signèrent.

Il était nécessaire de compléter ce volet financier mis en place à Bretton Woods par un volet
favorisant le développement du commerce international par abaissement des barrières
douanières notamment. Deux démarches parallèles furent initiées, l'une sous l'égide des
Nations-Unies, la seconde sur initiative directe des États-Unis et de ses principaux alliés et
partenaires économiques. Cette dernière aboutit le 30 octobre 1947 à un Accord général sur
les tarifs douaniers et le commerce (ou G.A.T.T. en anglais) supposé provisoire, signé par 23
pays. L'URSS ne participa pas à ces négociations et ne signa pas cet accord. Seule parmi les
membres du bloc de l'est, alors solidement constitué, la Tchécoslovaquie les signa. Toutefois,
dans le cadre de leurs réformes économiques entreprises à partir du milieu des années 1960,
plusieurs pays d'Europe de l'Est devinrent à leur tour membre du GATT afin de développer
leurs échanges avec l'Ouest : la Yougoslavie (1966), la Pologne (1967), la Roumanie (1971)
et la Hongrie (1973). Sous Gorbatchev, l4union soviétique demanda en 1986 à en devenir
membre, mais les États-Unis s'y opposèrent.

La conférence de la Havane s'ouvrit en novembre 1947 dans la perspective de finaliser les


discussions relatives à la mise en place d'une institution chargée de réguler et favoriser le
développement du commerce. Elle aboutit le 24 mars 1948 par la signature de la Charte de la
Havane, instaurant une Organisation internationale du commerce (O.I.C.), chargée d'éliminer
les barrières douanières. Le Sénat américain refusa de ratifier l'O.I.C., de peur que les États-
Unis ne perdent leur souveraineté rendant ainsi mort-né cet accord. Le GATT fut donc de
facto pendant toute la guerre froide la seule organisation internationale compétente en matière
de commerce. Il deviendra en janvier 1995 l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

À partir de 1947, les États-Unis mettent en œuvre le plan Marshall, aide économique pour la
reconstruction de l’Europe, en tant que complément à la doctrine Truman28. En juin 1947,
dans un discours prononcé à l’université Harvard, le secrétaire d'État George Marshall offrit à
l’Europe « une aide fraternelle » afin de vaincre « la faim, le désespoir et le chaos » qui
régnaient. Le plan Marshall ou « plan de Reconstruction européenne » ((en) European
Recovery Program) était proposé à toute l’Europe, y compris aux pays de l’Est, et même à
l’Union soviétique.

Article détaillé : Plan Marshall.

Il était toutefois assorti de deux conditions : d'une part, l’aide américaine serait gérée par des
institutions européennes communes, et d'autre part, le gouvernement fédéral américain aurait
un droit de regard sur sa répartition. Staline hésita, puis, fin juin, fit part de son refus. La
Pologne et la Tchécoslovaquie, qui, dans un premier temps, avaient donné une réponse
favorable à la proposition américaine, se virent obligées de la refuser à leur tour. Finalement,
seize pays, rejoints en 1949 par l'Allemagne de l'Ouest (RFA), acceptèrent le plan Marshall :
la France et le Royaume-Uni - qui en seront les principaux bénéficiaires - l’Autriche, le
Benelux, la Grèce, l’Irlande, l’Islande, l’Italie, les pays scandinaves, le Portugal, la Suisse et
la Turquie. En avril 1948, ces seize pays fondèrent l'Organisation européenne de coopération
économique (OECE), qui deviendra plus tard (en 1960) l’Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE), organisme supranational dont la fonction première
était de gérer et de répartir l’aide américaine entre les pays membres. De 1948 à 1952, plus de
treize milliards de dollars US - 5/6 sous forme de dons, 1/6 sous forme de prêts - furent
fournis par les États-Unis. Cette aide à la reconstruction se composait d’une partie financière
(subventions et prêts) et d’une partie en produits et équipements divers (denrées alimentaires,
tracteurs, outils de production, etc.). Dans un espace économique « dollarisé » par les accords
de Bretton Woods, le plan Marshall fut conçu pour combler le « dollar gap », permettant ainsi
aux Européens d’acheter aux États-Unis approvisionnements et équipements tout en assurant
un débouché aux produits américains. En effet, en 1946, 42 % des exportations américaines
ayant pris le chemin de l’Europe occidentale, un effondrement économique de l’Europe se
serait répercuté sur l’économie américaine elle-même29. L’objectif du plan Marshall,
toutefois, n’était pas uniquement économique. Le gouvernement fédéral américain à
Washington avait compris que la détresse des populations européennes faisait le jeu des partis
marxistes alignés sur Moscou. En France et en Italie notamment, plus d’un quart de l’électorat
votait communiste. Dès lors, l’injection de capitaux américains était le complément
économique de la doctrine du containment : endiguer l’influence soviétique par la création
d’un espace de prospérité en Europe. Dans le même temps, les nations de l'OTAN tentent de
limiter l’accès à leur technologie aux pays communistes via le Coordinating Committee for
Multilateral Export Controls.

Formation et consolidation des blocs occidentaux et


communistes (1945-1955)
L'Europe au temps du rideau de fer.
      Bloc de l'Ouest, pays de l'OTAN
      Bloc de l'Est, pays du pacte de Varsovie
        Rideau de fer
      Pays neutres
      Mouvement des non-alignés
 (L'Albanie finira par rompre avec l'URSS pour s'aligner sur la Chine populaire.)

Constitution des deux blocs en Europe

Avant même la fin des hostilités avec l’Allemagne, l’Union soviétique établit sa domination
dans les territoires libérés par l’Armée rouge :

 arrestation de seize dirigeants de l’Armée secrète polonaise, formellement conviés à


Moscou pour des « entretiens politiques », les deux principaux leaders de la résistance
polonaise mourant en prison quelques mois plus tard. Le gouvernement polonais en
exil à Londres, abandonné par les Occidentaux, se voit dénier peu à peu toutes
prérogatives, et le comité de Lublin formé par les Soviétiques prend le contrôle du
pays ;
 attribution de la province tchécoslovaque de Ruthénie subcarpatique à l’Ukraine, ce
qui procure à l’Union soviétique une frontière commune avec la Hongrie ;
 installation au pouvoir des partis communistes tant à Bucarest qu’à Sofia, et
élimination de toute autre formation politique ;
 mise en place à Vienne, sans consultation des Occidentaux, d’un gouvernement
provisoire pro-soviétique dont le chef a approuvé l’Anschluss en 1938 ;
 enfin, le maréchal Tito, maintenant établi à Belgrade, refuse, contrairement à ce que le
Kremlin avait promis aux Alliés, de laisser le roi Pierre II rentrer de son exil.

Article détaillé : Bloc de l'Est.

De plus en plus inquiet de ces violations répétées de la charte de l'Atlantique et de la


Déclaration sur l'Europe libérée de Yalta, Churchill s’alarme dans un télégramme du 12 mai
1945 à Truman des risques de voir les forces soviétiques s’avancer jusqu’aux rives de
l’Atlantique, et utilise déjà l’expression « Rideau de fer », qui deviendra célèbre. En mars
1946, dans un discours retentissant, il dénonce ouvertement cette mainmise soviétique sur
l’Europe centrale et orientale. « De Stettin dans la Baltique à Trieste dans l’Adriatique, un
rideau de fer est tombé sur le continent. (…) les partis communistes, qui étaient très faibles
dans tous ces États de l’Est de l’Europe, ont obtenu un pouvoir qui dépasse de beaucoup leur
importance, et cherchent partout à exercer un contrôle totalitaire. Des gouvernements policiers
s’installent un peu partout, au point qu’à l’exception de la Tchécoslovaquie, il n’y a pas de
vraie démocratie. »

Il faut préciser toutefois que, même en admettant que Staline n’ait pas eu l’intention d’étendre
par les armes la sphère de domination soviétique, l’URSS n’en vassalisa pas moins les pays
qu’occupait son armée, grâce à la mise en place progressive de « démocraties populaires » ; et
qu'elle entreprit plusieurs tentatives d’accroître par intimidation sa sphère d’influence en Iran
(voir crise irano-soviétique), en Grèce et en Turquie. Comme le disait Staline lui-même, il
savait ne pas aller trop loin s'il sentait se crisper la résistance à ses ambitions.

Alliances militaires

La formation des démocraties populaires est ressentie par les pays occidentaux comme une
menace. Ils réagissent : le 11 mars 1947, un an après le discours de Fulton, le président Harry
S. Truman annonce sa politique de containment (endiguement) du communisme, aussi
appelée la doctrine Truman, qui considère l’opposition ouest/est comme un conflit entre deux
systèmes antinomiques : « démocratie » contre « totalitarisme ». La doctrine Truman prévoit
d'assister tout pays qui pour conserver son indépendance combat l'expansionnisme soviétique.

Les États-Unis et leurs alliés créent un important réseau d’alliances défensives :


l’Organisation des États américains (1948), le traité de Bruxelles (1948), le Pacte atlantique
(1949) doté en 1950 d’une structure militaire, l’Organisation du traité de l'Atlantique Nord
(OTAN) (avec mise en place des cellules paramilitaires clandestines du stay-behind, Gladio),
l’ANZUS (1951), l’Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est (OTASE) (1954) et le pacte de
Bagdad (1955). Les pays signataires s’engagent à s’aider mutuellement en cas d’agression.
Alliances économiques

L’URSS adopte une stratégie parallèle à celle développée par les occidentaux : en octobre
1947, en réponse à la doctrine Truman et au plan Marshall, qui d’après les Soviétiques vise
« à l’asservissement économique et politique de l’Europe », lors de la conférence fondatrice
du Kominform, Andreï Jdanov, secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS),
réuni avec les délégués des neuf partis communistes européens, dénonce l’« impérialisme
américain » qui vassalise les économies européennes en les plaçant sous la tutelle de
Washington. Le but officiel de cet organisme est « l’échange des expériences et la
coordination de l’activité des partis communistes ». Lors de cette réunion constitutive,
Jdanov, dans la même perspective manichéenne que Truman, formule la doctrine soviétique
en matière de politique internationale : le monde est désormais divisé en deux camps
antagonistes : d'un côté, un « camp impérialiste et anti-démocratique » dont les États-Unis
sont « la principale force dirigeante » ; de l'autre, un camp « anti-impérialiste et
démocratique » placé sous l’égide de Moscou.

En janvier 1949, à la suite de la création de l’OECE, l’URSS fonde le Conseil d'assistance


économique mutuelle (CAEM, en anglais COMECON), qui est chargé de coordonner les
économies des démocraties populaires et de planifier les échanges commerciaux entre elles30.

En mai 1955, à la suite de l’admission de la RFA dans l’OTAN, l’URSS crée le pacte de
Varsovie, qui officialise l’autorité soviétique sur les armées des démocraties populaires30.

Premières crises en Europe et au Moyen-Orient

Guerre civile en Grèce (1946-1949)

Article détaillé : Guerre civile grecque.

Crise irano-soviétique (1946)

Article détaillé : Crise irano-soviétique.

La crise irano-soviétique fut la toute première épreuve de force de ce qui allait devenir la
guerre froide, et a pour objet l’Iran. À l’été 1941, l’URSS et le Royaume-Uni, à la recherche
d’une voie d’acheminement des armes et du ravitaillement à destination du front russe,
s’étaient entendus pour en occuper chacune une moitié et déposer le chah Reza Pahlavi,
coupable de trop de sympathie avec l’Axe.

Son fils, Mohammed Reza, qui lui a succédé, a conclu avec ces puissances un traité prévoyant
le retrait de leurs troupes au plus tard le 2 mars 1946.

Très vite cependant, l’URSS soutient deux mouvements indépendantistes dans le Nord du
pays afin de constituer un glacis protecteur au sud comme elle l’a fait en Europe. Ceci conduit
à des négociations iraniennes et des pressions occidentales, qui conduisirent finalement
l’Armée rouge à se retirer.

Première crise de Berlin (1948-1949)

Article détaillé : Blocus de Berlin.

En juillet 1945, à la conférence de Potsdam, les trois dirigeants des principales puissances
alliées, Churchill (puis son successeur, le travailliste Attlee), Staline et Truman s’accordent
sur le partage de l’Allemagne et de l’Autriche en quatre zones d’occupation : américaine,
britannique, française et soviétique. De même, Berlin, l’ancienne capitale du Reich, est
divisée en quatre secteurs d’occupation. Enclavée dans la zone soviétique, des voies d’accès
aériennes, autoroutières et ferroviaires permettent de la raccorder aux zones occidentales.
L'Allemagne est au cœur des conférences de paix en Europe qui vont se dérouler entre les
quatre puissances occupantes en 1946 et 1947.

Après le coup de Prague, en février 1948, les Occidentaux décident de transformer à brève
échéance leur trizone en un État souverain ouest-allemand (conférence de Londres, en avril-
juin 1948). La première phase du processus est la création du Deutsche Mark, qui devient le
20 juin la monnaie commune aux trois zones occidentales. Staline proteste contre cette
division de fait de l’Allemagne et, le 23 juin 1948, il profite de l’isolement géographique de
Berlin pour bloquer tous les accès terrestres et fluviaux des secteurs occidentaux. Plus de deux
millions d’habitants et 30 000 soldats alliés se retrouvent pris en otage derrière le rideau de
fer30.

Dans un premier temps, les Alliés envisagent de forcer le blocus, selon la proposition du
général Clay. Mais ils ne veulent pas prendre le risque de provoquer un conflit armé dont ils
auraient pris l’initiative. Ils ne peuvent pas non plus ne pas réagir, puisque cela aurait
impliqué l’échec de la politique du containment.

Pour sauver la ville de l’asphyxie, Britanniques et Américains décident finalement de mettre


en place un pont aérien, c’est-à-dire d’assurer le ravitaillement (vivres, carburant, charbon)
par avion. Durant les onze mois que dure le blocus, un transporteur atterrit en moyenne toutes
les trente secondes à Berlin-Ouest, sur les aéroports de Tempelhof, Gatow et Tegel. Au total,
deux millions et demi de tonnes de fret (dont le charbon constitue les deux tiers) sont
acheminés par 275 000 vols. On estime que moins de 5 % des Berlinois de l’Ouest ont préféré
se ravitailler auprès des autorités soviétiques.

Pendant la crise, les États-Unis déploient trois escadrilles de bombardiers stratégiques B-29 de
l’United States Air Force (USAF) au Royaume-Uni pour signifier qu’ils sont prêts à riposter à
une éventuelle invasion de l’Europe de l'Ouest. Cependant, ils n’envisagent à aucun moment
de recourir à la menace d’un ultimatum atomique (ils disposent alors du monopole nucléaire)
pour faire cesser le blocus de Berlin et contraindre l’Union soviétique à se retirer également
de tous les pays où elle avait refusé de « former des gouvernements intérimaires largement
représentatifs de tous les éléments démocratiques de la population, qui s’engageraient à faire
établir aussitôt que possible, par des élections libres, des gouvernements répondant à la
volonté du peuple. ». En effet, l’Europe de l’Ouest est en pleine reconstruction et la puissance
militaire conventionnelle du bloc de l'Est est de loin supérieure à celle des Occidentaux. Par
là, les États-Unis entérinent de facto le partage de l’Europe que Staline avait voulu voir dans
les accords de Yalta.

Le 12 mai 1949, conscient de son échec, Staline décide de lever le blocus. Le 23 mai 1949, la


division de l’Allemagne devient officielle, par la promulgation de la loi fondamentale
(Grundgesetz), acte de naissance de la République fédérale d’Allemagne (RFA,
Bundesrepublik Deutschland), dont la capitale fédérale est Bonn31. Le 7 octobre 1949, la zone
soviétique à son tour se constitue en un État souverain32, la République démocratique
allemande (RDA, Deutsche Demokratische Republik), dont la capitale est Berlin-Est. Les
deux entités refusent de se reconnaître juridiquement. En 1955, la doctrine Hallstein, élaborée
par la RFA, énonce que quiconque reconnaîtrait la RDA couperait, de fait, ses relations
diplomatiques avec Bonn, qui s'affirme comme seule représentante légitime de l'Allemagne.

Cette crise diminuera le prestige de l'URSS dans le monde, d'une part à cause de ces images
de Berlinois affamés résistant à sa politique de force et d'autre part l'humiliation militaire, et
augmentera parallèlement celui des États-Unis aux yeux des Allemands de l'Ouest, leur statut
passant de celui d'occupant à celui de protecteur.

Expansion communiste en Asie

À la différence de l'Europe, l'extension de la guerre froide à l'Asie n'a pas résulté de politiques
volontaristes des deux Grands mais d'évènements initiés par des pays d'Asie eux-mêmes : la
Chine, le Vietnam et le Corée33. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont
clairement établi leur suprématie sur le Japon, dont la reddition brutalement accélérée par les
bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki a interdit aux soviétiques de jouer un rôle
suffisamment important dans l'effondrement de l'empire japonais pour prétendre jouer un rôle
dans la suite. L'avancée des troupes soviétiques dans la petite péninsule de Corée avait
toutefois permis de créer les conditions de l'établissement d'un État communiste, la Corée du
Nord. En Chine en revanche, Staline a trouvé plus avantageux de s’accommoder du régime
nationaliste de Tchang Kaï-chek plutôt que de soutenir fortement la révolution communiste
dirigée par Mao Zedong.

En parallèle, se développeront des insurrections communistes en Malaisie et en Indonésie qui


n'aboutiront pas.

Victoire des communistes en Chine (1945-1949)

Article détaillé : Guerre civile chinoise.

La guerre civile entre nationalistes et communistes reprend dès la capitulation japonaise. Le


premier théâtre d'opérations est la Mandchourie, que l'Union soviétique a envahi en 1945. Le
15 août, le gouvernement chinois signe un traité d'alliance avec l'Union soviétique, prévoyant
le retour de la Mandchourie à la Chine et reconnaissant la souveraineté soviétique à Port-
Arthur : les communistes chinois apparaissent isolés politiquement par cette victoire
stratégique des nationalistes. Pendant ce temps les États-Unis se posent en médiateurs. Le
général Marshall est nommé en novembre 1945 ambassadeur des États-Unis en Chine. Une
mission américaine est installée à Yan'an et espère aboutir à la formation d'un gouvernement
de coalition communiste-nationaliste. Face à l'échec de plus en plus évident de cette politique,
il sera mis fin à cette mission en janvier 1947 et Marshall retournera à Washington pour y
prendre la fonction de Secrétaire d'État.

Pendant les pourparlers, un conflit armé éclate dès septembre 1945 : les troupes nationalistes
avancent sur la place-forte communiste du Shanxi, afin d'en prendre le contrôle, les troupes
communistes ripostent et affrontent les nationalistes jusqu'en octobre, mettant finalement hors
de combat treize divisions de l'armée du Kuomintang. S'ensuivent une série de défaites
militaires des nationalistes qui aboutiront à la proclamation de la République populaire de
Chine le 1er octobre 1949.

Guerre d'Indochine (1946-1954)

Article détaillé : Guerre d'Indochine.

Après la défaite du Japon, la France va réussir à rétablir fin 1945 son autorité sur la majeure
partie de l'Indochine. Simultanément, le 2 septembre 1945, Hô Chi Minh proclame
l'indépendance de la République démocratique du Viêt Nam34. Après une période de
négociations, le conflit éclate avec le bombardement du port d'Haïphong le 23 novembre 1946
par la Marine française. Dès lors, Hô Chi Minh ne jouera plus l'option de la Fédération
indochinoise voulue par la France. Le 19 décembre 1946, l'insurrection de Hanoï marque le
début de la guerre : le gouvernement de la République démocratique du Viêt Nam déclenche
des hostilités dans tout le nord du Viêt Nam, et entre dans la clandestinité.

La guerre durera jusqu'en juillet 1954 avec la chute du camp retranché français de Diên Biên
Phu et la signature des accords de Genève qui marqueront la fin de l'Indochine française avec
sa partition en deux États, le Viet-Nam du Nord communiste et le Viêt Nam du Sud soutenu
par les États-Unis qui vont alors prendre le relai de la France et s'engager progressivement
dans ce qui deviendra la guerre du Viêt Nam.

Guerre de Corée (1950-1953)

Article détaillé : Guerre de Corée.

Des marines à Séoul, en septembre 1950


La guerre de Corée35,36 a pour contexte la victoire de Mao Zedong sur le nationaliste Tchang
Kaï-chek en Chine : la République populaire de Chine est proclamée par Mao le 1er octobre
1949. Les nord-coréens bientôt soutenus par les chinois vont faire pression sur Staline pour
qu'il accepte que soit lancée une offensive militaire contre la Corée du Sud. En réaction, les
États-Unis vont appliquer leur doctrine d'endiguement, qui s'oppose à l'expansion du
communisme par la force, d'autant plus justifiée à leurs yeux dans le cas présent que laisser la
Corée du Nord accomplir impunément son agression contre un allié américain augmenterait le
risque d'un basculement d'allégeance du Japon qui se retrouverait trop isolé face aux
puissances communistes.

Après la défaite japonaise en août 1945, la Corée est coupée en deux au niveau du 38e
parallèle : au Sud, la République de Corée, proaméricaine, dirigée par Syngman Rhee, au
Nord, la République populaire de Corée, pro soviétique, dirigée par Kim Il-sung.

En 1948 et en 1949, les armées soviétiques et américaines quittent leurs zones d’occupation
respectives, de part et d’autre du 38e parallèle.

Le 12 janvier 1950, le secrétaire d’État américain Dean Acheson déclare devant des
journalistes que le périmètre de défense des États-Unis comprend les îles Aléoutiennes, les
îles Ryūkyū, le Japon et les Philippines. En d’autres termes, la Corée n’en fait apparemment
pas partie.

Le 25 juin 1950, l’armée nord-coréenne franchit le 38e parallèle, avec l’accord de Staline,
encouragé par les déclarations américaines.

Le 27 juin, les Nations unies condamnent l’agression nord-coréenne et décident de venir en


aide à la Corée du Sud. Depuis février 1950, afin de protester contre la présence de Taïwan et
non de la Chine populaire, l’URSS boycotte les séances du Conseil de sécurité et n’a donc pas
pu mettre son veto à cette résolution. Le général Mac Arthur, le vainqueur du Pacifique, est
nommé commandant en chef des forces de l’ONU, formées en majeure partie de contingents
américains, mais aussi de troupes britanniques, françaises, australiennes, canadiennes entre
autres.

Fin septembre 1950, MacArthur atteint la frontière chinoise.

En octobre, devant l’intervention de 850 000 « volontaires du peuple chinois », en fait des


troupes régulières, il doit se replier sur le 38e parallèle, où le front finit par se stabiliser en
mars 1951.

Pour remporter la victoire, MacArthur propose alors un plan d'escalade du conflit à Truman :
bombardement de la Mandchourie, blocus naval des côtes chinoises, débarquement des forces
du général Tchang Kaï-chek en Chine du Sud et, le cas échéant, emploi de l’arme atomique.
Truman, qui est convaincu qu’une telle initiative provoquera une intervention soviétique,
limoge Mac Arthur et le remplaça par le général Matthew Ridgway.

Le 27 juillet 1953, après la mort de Staline, au bout de deux ans de pourparlers l’armistice est
signé à Panmunjeom, mais il ne sera suivi d’aucun traité de paix. Après trois années d'une
guerre qui a fait plus d'un million de morts, le conflit s'achève avec une frontière nord-sud-
coréenne revenue quasiment au stade initial d'avant-guerre : c'est le statu quo ante bellum.
Consolidation forcée des deux blocs sous contrainte idéologique et politique

Les États-Unis comme l'Union soviétique veillent en permanence à ce qu'aucune brèche ne


s'ouvre dans leur propre camp, que ce soit par un changement de régime politique résultant de
mécontentements populaires ou par des actions politiques ou subversives soutenues de
l'extérieur.

Soviétisation de l'Europe de l’Est

L'objectif de maintien de la totalité des pays de l'Europe de l'Est sous son contrôle total
constitue une préoccupation majeure de Staline, qui va se traduire en quelques années par la
soviétisation complète37 de tous ces pays à l'exception de la Yougoslavie du Maréchal Tito qui
en restera à l'écart.

À cet effet, les leaders des partis non-communistes qui refusent de se rallier au régime sont
écartés, soit par discréditation ou intimidation, soit par des procès politiques suivis
d’emprisonnement voire d’exécution. Le bloc de l’Est est le théâtre de nombreux procès
politiques contre des personnes accusés d’être « titistes » (terme qui vient de Tito, dirigeant de
la Yougoslavie), accusés de dévier de la politique de Moscou, (donc d'être
« déviationnistes »), de « cosmopolitisme » ou de « sionisme », ou de travailler pour
l'Occident. De très nombreuses personnes sont emprisonnées ou exécutées, l’immense
majorité tout simplement car ils gênent les régimes alors en place alors que plusieurs d’entre
eux sont d’authentiques communistes comme László Rajk qui en République populaire de
Hongrie est l’une des premières victimes avec 19 autres hommes de ces Grandes Purges en
1949.

Dans la même logique, les insurrections de juin 1953 contre le régime communiste pro-
soviétique qui éclatent en République démocratique allemande seront sévèrement réprimées.

Maccarthysme aux États-Unis

Pour les États-Unis, ce même objectif se traduit différemment de par un contexte géopolitique
différent. En Europe en effet, depuis que les partis communistes ont été écartés du
gouvernement en 1947 en France et en Italie, tous les pays d'Europe de l'Ouest s'inscrivent
clairement dans la logique du capitalisme avec le plus souvent une dimension sociale
importante. C'est sur le sol américain et en premier lieu chez eux que les États-Unis vont
mener une lutte contre les sympathisants communistes ou supposés comme tels : ce sera le
maccarthisme.

À partir de 1947 les artistes suspectés de sympathies communistes sont placés sur la « liste
noire », et empêchés de travailler. Les « dix d'Hollywood », refusant de répondre aux
questions en invoquant le premier amendement, sont emprisonnés. La Commission d’enquête
de la Chambre des représentants sur les activités antiaméricaines (House Un-American
Activities Committee ou HUAC) enquête sur la propagande communiste et fait boycotter 300
artistes par les studios. Des artistes comme Bertolt Brecht, Charlie Chaplin, Jules Dassin et
Orson Welles doivent quitter les États-Unis.

Entre 1950 et 1954, le sénateur républicain du Wisconsin, Joseph McCarthy, mène une
véritable chasse aux « Rouges ». Il fait mettre en accusation pêle-mêle tous ceux qu’il
soupçonne d’être des membres du Parti communiste, des « compagnons de route » ou de
simples sympathisants : des fonctionnaires, des artistes, des intellectuels, des savants et des
hommes politiques. Le secrétaire d’État Dean Acheson est suspecté d’être « mou dans la lutte
contre le communisme » (soft on communism) et George Marshall, l’ancien secrétaire d’État,
accusé d’avoir lâché Tchang Kaï-chek en 1946. Ethel et Julius Rosenberg, un couple de juifs
communistes américains, sont arrêtés, condamnés à mort et exécutés pour espionnage au
profit des Soviétiques. Cette affaire suscite une vive émotion en Europe, et tout
particulièrement en France, où l’on dénonce le climat d’hystérie collective qui a entouré le
procès. Il est établi aujourd’hui, selon différentes archives et témoignages, que les Rosenberg,
en particulier l’époux, sont bien des espions qui ont transféré aux Soviétiques des documents
relatifs au radar et à des armements. Ce sont les seuls espions exécutés, à la suite d'une
procédure judiciaire, durant la guerre froide, aux États-Unis38. Finalement, en 1954, McCarthy
dépasse les bornes et met en doute la loyauté de l’armée. Il est alors l’objet d’un blâme de la
part de ses collègues du Sénat : c’est la fin du maccarthysme. La liste noire restera cependant
en activité pendant plusieurs années.

Contrôle étroit de l'Amérique Latine par les États-Unis et soutien aux dictatures de
droite en Europe

En Amérique Latine, que les États-Unis considèrent comme leur zone d'influence exclusive,
les régimes en place, souvent de nature dictatoriale, sont soutenus et des actions entreprises
contre les régimes se tournant vers le communisme : en 1954, les États-Unis participent au
coup d’État au Guatemala qui remplace un gouvernement démocratiquement élu par une
dictature (opération PBSUCCESS). Cette politique va cependant connaître un échec majeur à
Cuba avec le succès de la la révolution cubaine qui aboutit en 1959 au renversement du
régime du dictateur pro-américain Fulgencio Batista par une guérilla amorcée par Fidel Castro
et le Mouvement du 26 juillet.

Beaucoup de dictatures d’Amérique latine et d’Europe sont soutenues voire installées par les
États-Unis, car elles sont vues comme un rempart face à la montée du communisme :
l'Espagne de Franco, le Portugal de Salazar, la Grèce du régime des colonels à partir de 1967,
la Turquie du général Kenan Evren après le coup d'État de 1980, le Chili de Pinochet,
l'Argentine de la junte de Videla après 1976, le régime militaire brésilien à partir de 1964, etc.

Des moyens considérables dévolus à la guerre secrète

Dès le début de l'occupation de l'Allemagne, des scientifiques allemands sont ainsi récupérés
par la Joint Intelligence Objectives Agency (JIOA) afin de travailler pour les États-Unis
(opération Paperclip), tandis qu’il est permis à d’anciens fonctionnaires ou militaires du
Troisième Reich, s’ils n’ont pas été condamnés par la justice, d’exercer à nouveau leurs
fonctions. Dès la fin de la guerre, l’Office of Strategic Services (OSS), embryon de la Central
Intelligence Agency (CIA), confie à l’ex-major-général de la Wehrmacht Reinhard Gehlen,
chef de l’Abwehr pour le front est (Abteilung Fremde Heere Ost), le soin de créer un service
de renseignements couvrant l’ensemble des territoires naguère occupés par l’Allemagne39.
Pour justifier son budget – en partie utilisé pour exfiltrer d’anciens collaborateurs ou des
criminels de guerre nazis –, ce réseau d’espionnage nouvellement créé, précurseur du
Bundesnachrichtendienst (BND) et baptisé Gehlen Org par la Défense américaine, transmet
parfois des informations entièrement fabriquées et de plus en plus inquiétantes sur la
puissance de l’Armée soviétique et sur la stratégie expansionniste de l’URSS. Dès 1947, les
États-Unis en font un élément de leur propagande, alors qu’en réalité l’Union soviétique n’a
pas encore commencé à se remettre du conflit mondial40.
En 1947, les services de renseignements des États-Unis, du Canada, de l’Australie et de la
Nouvelle-Zélande signent l’accord UKUSA, dans le cadre duquel le système de
renseignement d'origine électromagnétique Echelon sera mis en place dans les années 196041
(dès 1945, la National Security Agency intercepte les télégrammes, débutant l'opération
Shamrock42). Une base de renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT) est installée à
San Vito dei Normanni en 1964, tandis que le premier satellite COMINT (CANYON) est
lancé en août 1968, suivi de sept autres entre 1968 et 197743.

Coexistence pacifique et nouvelles crises sur fond


d'équilibre de la terreur (1956-1962)
Article détaillé : coexistence pacifique.

Le 5 mars 1953, Staline meurt. Il est remplacé par une direction collégiale au sein de laquelle
les rivalités feront rage jusqu'en 1955, avec pour conséquence l'absence d'une ligne de
politique extérieure stable durant cette période de transition. En 1956, le nouveau numéro un
soviétique Nikita Khrouchtchev, dit « Mr K », condamne les crimes de Staline, commence le
processus de déstalinisation et énonce la coexistence pacifique (1956). La doctrine
Sokolovski, énoncée par Khrouchtchev en 1960, réaffirme l'usage soviétique de l'arme
nucléaire en cas d'attaque.

Du côté américain, en 1957, Eisenhower énonce la doctrine Eisenhower, qui promet des aides
économiques et militaires aux États du Moyen-Orient pour faire front à l'influence soviétique.
La doctrine est appliquée lors de la crise de 1958 au Liban, durant laquelle 14 000 militaires
américains débarquent au Liban (opération Blue Bat).

Dès 1950, un PB4Y Privateer est abattu par la chasse soviétique. À partir de 1956, les
Américains utilisent des U2 volant à plus de 20 000 mètres d’altitude. Mais, lors de l'incident
de l'U-2 de mai 1960, l’un d’eux est abattu et son pilote, Francis Gary Powers, est emprisonné
à la suite d’un procès très médiatisé. Les Américains créent alors des avions espions de plus
en plus perfectionnés, avant de développer un programme de satellites de surveillance
(Corona et KH-6).

Durant cette période, les sommets entre les dirigeants américains et soviétiques reprennent
après 10 ans d'interruption. Khrouchtchev rencontre Eisenhower en 1955 à Genève, en 1959
aux États-Unis, en 1960 en France et Kennedy en 1961 à Vienne44. En effet, le jeune
démocrate John F. Kennedy a gagné les élections de 1960.

Il préfère une coexistence pacifique avec l’URSS, mais veut en même temps empêcher le
communisme de se répandre dans le tiers monde. Dans le cadre de la doctrine Kennedy, il
appelle ainsi à ce que la « force et l'unité militaire requise dans la lutte contre le communisme
soient contrebalancées par des espoirs de désarmements et de coopération globale ». Dans ce
cadre, il crée « l’Alliance pour le Progrès » (1961), un programme d'aide économique pour
aider l’Amérique latine et contrer l'influence de Cuba. Celle-ci se révèle néanmoins plutôt
décevante.

De plus, il accroît l’aide américaine au Congo-Kinshasa et envoie des « conseillers


militaires » au Laos et au Viêt Nam. Dans le même temps, la doctrine MacNamara de riposte
graduée remplace, en 1962, la doctrine Dulles de représailles massives.
Insurrection de Budapest (1956)

Article détaillé : Insurrection de Budapest.

Le bloc soviétique vit une importante crise cristallisée par la révolte hongroise à Budapest,
laquelle mène à une répression soviétique au moment des Jeux olympiques d’été de 1956.

Le mouvement hongrois d’octobre 1956 fut une insurrection, voire une révolution. Ce fut un
soulèvement spontané, sans dirigeant, authentique mouvement de masse uni par la haine du
régime stalinien et par une volonté d’améliorer la situation sociale. L’enquête menée par le
Comité spécial de l’ONU sur la Hongrie en 1957 conclut son rapport en disant que le
« soulèvement hongrois a eu un caractère non seulement national, mais aussi spontané ».
L’agitation des écrivains, des étudiants et des journalistes prouve une émancipation
progressive vis-à-vis du Parti des travailleurs hongrois (le parti unique), ainsi qu’une
désagrégation du système totalitaire. Mais l’insurrection hongroise est rapidement écrasée par
les chars soviétiques, ceci sans réelle réaction du bloc de l'Ouest45.

Crise de Suez (1956)

Article détaillé : Crise du canal de Suez.

Cette crise46 fait partie de la guerre froide car c'est le propre de ce conflit que de n'assister à
aucune bataille directe entre les deux Grands, puisqu’elle est un conflit opposant de manière
indirecte les États-Unis et l’URSS.

En 1956, le monde assiste à une guerre entre l’Égypte d’une part, la France, le Royaume-Uni
et Israël d’autre part. La France et le Royaume-Uni subissent les pressions des deux
superpuissances, lesquelles n’apprécient pas de ne pas avoir été mises au courant de
l’opération autour du canal de Suez. L’URSS menace d’utiliser l’arme atomique, car elle y
voit une guerre coloniale. Dans ce dossier, les deux grandes puissances adoptent la même
position.

Rupture sino-soviétique (1960)

Article détaillé : Rupture sino-soviétique.

La Chine refuse cette politique de coexistence pacifique que Mao Zedong et les autres
dirigeants chinois jugent trop conciliante à l'égard de l'Ouest. Les tensions iront en croissant
jusqu'à la rupture symbolisée par l'affrontement ouvert des deux grandes nations communistes
au cours du Congrès du parti communiste roumain en juin 1960, où Khrouchtchev et le
représentant chinois Peng Zhen s’affrontèrent ouvertement. En Europe, la République
populaire d'Albanie se détacha du bloc Soviétique et soutint les thèses chinoises. Elle se retira
de fait du Pacte de Varsovie.

Deuxième crise de Berlin (1961)


Rencontre de Kennedy et Khrouchtchev à Vienne, 1961

Confrontation de chars au Checkpoint Charlie, 27 octobre 1961.


Article détaillé : Mur de Berlin.

Entre 1949 et 1961, 3,6 millions d’Allemands de l’Est transitèrent par Berlin pour passer en
RFA. Cette hémorragie démographique était un désastre économique pour la RDA, car
c’étaient surtout des ingénieurs, des médecins et des ouvriers spécialisés qui commirent le
« délit de fuite » (Republikflucht). En même temps, elle était une catastrophe politique en ce
qu’elle portait atteinte à l’image de marque officielle de la RDA.

En novembre 1958, cette situation donna lieu à une crise diplomatique connue sous le nom
d'« ultimatum de Khrouchtchev » et dans laquelle furent impliquées toutes les puissances
occidentales. En juin 1961, Kennedy et Khrouchtchev se rencontrent à Vienne. Khrouchtchev
annonce qu'il va signer un traité de paix avec la RDA, ce qui priverait les États-Unis de leur
accès à Berlin-Ouest. Kennedy juge la situation inacceptable et la conférence ne mène à rien.
Khrouchtchev envoie son armée devant Berlin-Ouest. Kennedy riposte en étalant les chars
américains devant les forces soviétiques et en augmentant le budget militaire américain.
Khrouchtchev recule son armée sous la pression.

Le mur de Berlin est l’un des symboles majeurs de la guerre froide.


Le 13 août 1961, la construction du mur de Berlin entre le secteur soviétique et les trois
secteurs occidentaux met fin à ce « débauchage systématique de citoyens de la République
démocratique allemande »47. Mais, étant donné que les autorités est-allemandes et soviétiques
ne firent aucune tentative pour bloquer les voies de communication entre la RFA et Berlin-
Ouest et que, par ailleurs, Khrouchtchev ne mit pas en question le statut quadripartite de la
ville, la réaction des Occidentaux se limita à des protestations verbales et à des gestes
symboliques : la visite à Berlin-Ouest du général Lucius D. Clay, l’organisateur du pont
aérien, et le renforcement de la garnison américaine par 1 500 hommes. En effet, aux yeux des
Occidentaux, la construction du mur ne constituait qu’une agression à l’égard des Allemands
de l’Est et ne menaçait pas les three essentials (c’est-à-dire les intérêts essentiels) du bloc de
l’Ouest48.

Crise de Nouvelle-Guinée entre l'Indonésie et les Pays-Bas (1962)

Articles détaillés : Nouvelle-Guinée néerlandaise et Bataille de la mer d'Arafura.

En 1962, un conflit peu médiatisé opposant l'Indonésie à son ancienne puissance coloniale, les
Pays-Bas au sujet du statut de la Nouvelle-Guinée néerlandaise faillit voir l'entrée en guerre
de la marine soviétique au côté de l'Indonésie le 5 août 196249. Cette région fut finalement
transférée à l'Indonésie après l'accord de New York.

Crise des missiles cubains (1962)

Photographie aérienne de missiles nucléaires soviétiques installés à Cuba, le 1er novembre


1962
Article détaillé : Crise des missiles de Cuba.

La crise des missiles cubains50 met plus nettement en évidence la menace d’une guerre
nucléaire. En janvier 1959, les guérilleros de Fidel Castro avaient renversé le dictateur
Fulgencio Batista, soutenu par les États-Unis. Le nouveau régime prit une série de mesures
qui lui valurent l’hostilité croissante de Washington : en 1959, démantèlement des latifundia ;
signature d’un accord commercial avec l’Union soviétique en mai 1960, après la réduction
des achats de sucre cubain par les États-Unis ; en juin et juillet, confiscation des entreprises
nord-américaines, qui contrôlaient, outre la totalité des raffineries de pétrole, 40 % de
l’industrie sucrière, 80 % du tabac et 90 % des mines51.
À titre de représailles, le gouvernement américain, soumis entre autres à la pression des
milieux d’affaires, mit en place un embargo économique de l’île en octobre 1960 et, le
2 janvier 1961, il rompit les relations diplomatiques avec La Havane. En même temps, la CIA
recrutait des « forces anticastristes » parmi les réfugiés cubains. Au début du mois d’avril,
Kennedy donna son accord à un projet d’invasion de l’île, tout en refusant d’engager des
troupes américaines et en limitant les effectifs à 1 200 Cubains. Le débarquement, qui eut lieu
le 17 avril 1961 dans la Baie des Cochons, fut un désastre. Kennedy se déclare seul
responsable, mais, en privé, accuse la CIA de lui avoir menti et de l'avoir manipulé. Le
président se brouille avec l'agence. La CIA œuvre désormais clandestinement contre Castro,
en collaborant avec la Mafia, ce qui frustra Kennedy.

En juillet 1961, Cuba signifie son appartenance au « bloc socialiste ». Le 4 septembre 1962, le


pays conclut un accord d’assistance militaire avec l’Union soviétique et, une semaine plus
tard, Moscou déclare que toute attaque contre Cuba provoquerait une riposte nucléaire. Le
Congrès américain pour sa part vote le 3 octobre une résolution qui met en demeure contre
toute « action subversive dans l’hémisphère occidental ». Kennedy interdit cependant
l’opération Northwoods mise au point et proposée par l’état-major, laquelle prévoyait
d’orchestrer une série d’attentats contre les États-Unis, puis d’en accuser Cuba afin de
mobiliser l’opinion publique contre Castro.

En novembre 1961, les États-Unis déploient 15 missiles Jupiter en Turquie et 30 autres en


Italie, lesquels sont capables d'atteindre le territoire soviétique.

Le 14 octobre 1962, un avion américain Lockheed U-2 photographie sur l’île de Cuba des
rampes de lancement pour missiles nucléaires à moyenne portée (IRBM et MRBM), capables
d’atteindre le territoire américain. En même temps, la Maison Blanche apprend que 24 cargos
soviétiques transportant des fusées et des bombardiers Iliouchine font route vers Cuba
(opération Anadyr).

Dans la journée du 22, Kennedy, après avoir hésité entre l’inaction et le bombardement des
rampes de lancement, se décide pour le blocus maritime de l’île. Cette « riposte graduée »,
proportionnée à la menace, laisse à Khrouchtchev le choix entre l’escalade ou la négociation:
« Si les Etats-unis veulent la guerre, alors, nous nous retrouverons en Enfer! ». Mais Kennedy
utilise la plus grande fermeté, afin de forcer Khrouchtchev à reculer. Le 24 octobre, les
premiers cargos soviétiques font finalement demi-tour. Moscou ne peut contacter
immédiatement les sous-marins armés de torpilles à tête nucléaire (opération Kama) qui
accompagnent le convoi avec mission de le protéger (fait qui ne sera révélé qu’en 2001).
Entre-temps, un arrangement permettant à Khrouchtchev de sauver la face est négocié en
coulisse entre émissaires officieux. Le 26 et le 27 octobre, dans deux messages, le Kremlin
propose le retrait des armes offensives ; en contrepartie, les Américains devraient s’engager à
ne pas renverser le régime cubain et à retirer leurs missiles nucléaires installés en Turquie, et
pointés vers l’URSS. Le 28 octobre, Kennedy accepte ce compromis in extremis. Il demande
toutefois de cacher le fait que les États-Unis retiraient leurs missiles de Turquie.
Khrouchtchev accepta, et il crut avoir gagné la partie. Or, il avait été dupé. Kennedy avait
décidé de retirer les missiles de Turquie bien avant la crise. De plus, la reculade de
Khrouchtchev l'a humilié devant Castro, Mao Zedong et les autres chefs communistes. C'est
décidément Kennedy qui a gagné la partie, de plus il voit sa popularité et son prestige mondial
monter en flèche. Kennedy dira néanmoins après cette crise diplomatique qu'il a « négocié au
bord du gouffre ».
Le dénouement de la crise fut un succès politique pour les États-Unis, quoiqu’ils doivent
tolérer un pays communiste à l’intérieur de leur « périmètre de défense ». D’autre part, cette
« diplomatie au bord du gouffre » avait effrayé « jusqu’aux plus hauts décideurs, au point de
les rappeler à un comportement rationnel. »52 L’installation d’un téléphone rouge, ligne
directe entre Moscou et Washington, et l’ouverture de négociations sur la limitation des
armements concrétisèrent ce retour à la rationalité. Kennedy, devenu encore plus populaire,
change la politique de son pays vers un plan un peu plus pacifique. Mais il n'a pas le temps de
mettre en place toutes ses idées : le 22 novembre 1963, en voyage à Dallas, au Texas,
Kennedy parade dans les rues de la ville en limousine décapotable. Lors du défilé, il est
assassiné en pleine gloire par un tireur d'élite embusqué, et ce devant les yeux horrifiés de la
foule. Khrouchtchev, quant à lui, sort très affaibli de la crise. En 1964, il fut remplacé par
Brejnev.

Détente et effritement des empires américains et


soviétiques (1963-1974)
Article détaillé : Détente (guerre froide).

Rapprochement entre les États-Unis et l'Union soviétique

Au lendemain de la crise des missiles cubains, les États-Unis et l’URSS décident de se


rapprocher pour maîtriser, dans un esprit de transparence, un équilibre désormais fondé sur
une « destruction mutuelle assurée » (MAD pour Mutual assured destruction en anglais). Dès
juin 1963, un « téléphone rouge », liaison permanente par téléscripteur entre le Kremlin et la
Maison-Blanche, leur permet de se concerter immédiatement et d’éviter ainsi une diplomatie
« au bord du gouffre ».

L'assassinat de John F. Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963 bouleverse la planète, partout


les gens pleurent ce jeune président, URSS comprise. Le successeur de Kennedy, Lyndon
Johnson, s'engage à poursuivre la détente. Johnson va cependant définitivement engager son
pays dans la guerre du Viêt Nam.

Les mobiles de la détente sont multiples. Il y a d’abord à l’évidence la volonté de se dégager


d’une course aux armements de plus en plus coûteuse, et absurde en raison de la « capacité de
surextermination » (overkill) des arsenaux nucléaires ; par ailleurs, l’URSS est contestée par
la République populaire de Chine, la rupture sino-soviétique permettant, dans le cadre d’une
diplomatie désormais triangulaire, un rapprochement sino-américain ; en même temps, en
raison d’une économie qui stagne, l’URSS a besoin d’une aide extérieure que les États-Unis
lient à des accords politiques (le linkage de Henry Kissinger) ; et enfin, les États-Unis, de leur
côté, sont engagés dans la guerre du Viêt Nam qui absorbe une part excessive du budget
américain : d’où le désir des deux « adversaires-partenaires » (Raymond Aron) d’aboutir à
une gestion raisonnable de la guerre froide.

Confronté à une intense agitation intérieure (Convention nationale démocrate de 1968,


mouvement hippie, etc.), Nixon énonce la doctrine Nixon en 1968, qui décide une réduction
de l'engagement militaire direct du Pentagone dans le monde, celui-ci optant de plus en plus
pour un interventionnisme discret, via les forces spéciales, et des « guerres proxy » (par
intermédiaire). Dans le même temps, la Realpolitik de Kissinger admet l'existence de l'URSS
et le dialogue nécessaire, en même temps de l'usage de la carotte et du bâton. En 1971, la
publication des Pentagon Papers choque les Américains, qui découvrent les opérations
secrètes de la CIA. Le « Credibility gap » (manque de crédibilité), bien réel celui-là, vient
remplacer le « Missile gap » et le « Bomber gap » fortement exagérés par les forces armées
américaines53.

Contrôle des armements nucléaires

Malgré leurs accords de non-prolifération, le stock d'armement nucléaire des deux grands est
resté très important

Les États-Unis et l'Union soviétique souhaitent réduire les risques inhérents à la dissuasion
nucléaire en restreignant la possession d'armes nucléaires aux cinq puissances membres du
Conseil de sécurité de l'ONU et en réduisant le nombre de ces armes.

En août 1963, les États-Unis, l'Union soviétique et de nombreux pays signent le traité de


Moscou, qui interdit les essais nucléaires atmosphériques et sous-marins. En janvier 1968, par
le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), issu d’un projet conjoint américano-soviétique
présenté à la Commission du désarmement à Genève, ils s’engagent, ensemble avec le
Royaume-Uni, à ne transférer ni armes ni technologies nucléaires aux États non dotés d’armes
nucléaires (ENDAN).

En mai 1972, les accords SALT I (Strategic Armements Limitation Talks), signés par Nixon et
Brejnev, limitent les armements défensifs anti-missiles (ABM) à deux sites pour chacun des
deux pays et gèlent pour une durée de cinq ans les armes nucléaires offensives, c’est-à-dire les
rampes de lancement fixes pour missiles intercontinentaux (ICBM) et les missiles installés sur
sous-marins (SLBM)54. Les négociations SALT II s'engagent immédiatement pour parvenir
cette fois-ci à une réduction notable des vecteurs nucléaires.

« Détente » en Europe (1962-1975)

Dans chacun des deux blocs, pro-soviétique et pro-américain, les deux superpuissances sont
contestées. Le modèle soviétique est contesté en Europe de l’Est. En août 1968 la
Tchécoslovaquie est envahie par les troupes du pacte de Varsovie : le Printemps de Prague
prend brutalement fin, la doctrine Brejnev de 1968 qui énonce une « souveraineté limitée »
pour les pays du bloc de l'Est justifiant ainsi l'intervention de Moscou.

À l’Ouest, De Gaulle prend ses distances avec les États-Unis et l’OTAN, en se retirant du
commandement intégré de l'Alliance atlantique en 1966. La France continue néanmoins à être
membre de l'OTAN mais le siège de l'organisation militaire quitte le pays. Autre geste
spectaculaire illustrant la politique d'indépendance nationale menée par de Gaulle, la France et
la République populaire de Chine annoncent le 27 janvier 1964 l'établissement de relations
diplomatiques. Cependant, lors des crises majeures, comme Cuba ou Berlin, la France
continuera de faire bloc avec ses alliés de l'Ouest.

En 1969, Willy Brandt devient chancelier de la RFA et engage une politique de


rapprochement et d’ouverture à l’Est, l'« Ostpolitik », rompant ainsi avec la doctrine Hallstein
de non-reconnaissance de la RDA. Les deux États se reconnaissent mutuellement en 1972 et
entrent à l’ONU en 1973.

En 1975, les accords d’Helsinki55 sont signés par 33 États européens, URSS comprise dans la
somme, le Canada et les États-Unis. Les accords doivent permettre la coopération entre les
États, la libre circulation des personnes et le respect des droits de l’homme.

République populaire de Chine, troisième Grande puissance

La cohésion apparente du « bloc communiste » se fissure à partir de la rupture sino-


soviétique, qui voit ces deux régimes s'affronter sur le terrain idéologique et diplomatique.

Le risque d'une guerre entre ces deux géants fut pris très au sérieux lors du conflit frontalier
sino-soviétique de 1969. Constatant que Pékin ne pouvait affronter à la fois Moscou et
Washington, Mao choisit de se rapprocher des États-Unis. La proximité géographique de
l’URSS posait en effet selon lui une menace autrement plus grande que les États-Unis.

Afin d’affaiblir l’Union soviétique, les États-Unis saisissent la balle au bond et se rapprochent
de la République populaire de Chine alors qu’elle se lance dans une course aux armements
(bombe A le 16 octobre 1964, bombe H le 14 juin 1967). Nixon cherche à isoler davantage
l’Union soviétique, surtout dans le tiers monde.

L’équipe de ping-pong des États-Unis fait un voyage en Chine le 10 avril 1971 : c’est la
« ping pong diplomacy ». Le 25 octobre 1971, sous la pression des États-Unis, l’ONU
reconnaît la Chine populaire qui siège désormais au Conseil de sécurité (76 voix pour, 35
contre, 17 abstentions) à la place de Taïwan, qui quitte l’ONU en signe de protestation. Enfin,
le président Nixon, invité par Mao Zedong, se rend en Chine (février 1972).

Malgré l'antiaméricanisme d'une grande partie de l'administration chinoise, les relations


stratégiques et économiques avec les États-Unis prennent de plus en plus d'ampleur. Le
conseiller à la sécurité nationale du président Carter, Zbigniew Brzezinski, négocie avec Deng
Xiaoping pour installer des bases servant au renseignement d'origine électromagnétique
(SIGINT) en Chine, afin d'écouter l'URSS56. La répression des manifestations de la place
Tian'anmen, en 1989, a conduit à freiner cette collaboration.

Limites de la « détente »

Les deux Grands sont impliqués dans des conflits importants. Tous deux mènent une lutte
d’influence dans les pays du tiers monde : c'est ce que l'on nomme les « conflits
périphériques » ou « affrontements indirects ».

De 1964 à 1975, la guerre du Viêt Nam oppose indirectement les grandes puissances. Les
États-Unis s’engagent militairement au Viêt Nam à partir de 196257.
Les États-Unis soutiennent de nombreux pays indépendamment de leur type de gouvernement
(y compris des dictatures), dans le cadre de la doctrine de l'endiguement envers l’URSS, et
provoquent ou favorisent plusieurs coups d’État à travers les opérations Ajax, PBSUCCESS
et FUBELT (en). En Amérique latine, le régime castriste soutient des guérillas
révolutionnaires, qui se soldent par des échecs. Un exemple connu en est la la tentative ratée
de révolution menée par Che Guevara (dirigeant cubain) en Bolivie, où il trouvera la mort en
1967.

Guerre du Viêt Nam

Article détaillé : Guerre du Viêt Nam.

La guerre du Viêt Nam (aussi appelée « deuxième guerre d'Indochine ») est une guerre qui a
opposé de 1959 à 1975, d'une part la République démocratique du Viêt Nam (ou Nord-Viêt
Nam) et son armée populaire vietnamienne - soutenue matériellement par le bloc de l'Est et la
Chine - et le Front national de libération du Sud Viêt Nam (ou Viet Cong), face à, d'autre part,
la République du Viêt Nam (ou Sud-Viêt Nam), militairement soutenue par l'armée des États-
Unis à partir de 1964, à la suite des incidents du golfe du Tonkin appuyé par plusieurs alliés
(Australie, Corée du Sud, Thaïlande, Philippines). La guerre civile laotienne et la guerre civile
cambodgienne sont des conflits annexes s'étant déroulés en parallèle, et sur lesquels la guerre
du Viêt Nam a eu un impact décisif.

Seconde guerre froide ou « guerre fraîche » (1975 - 1984)


Affaiblissement du duopole américano-soviétique sur fond de crise
économique

L'échec américain au Vietnam et la crise économique résultant du choc pétrolier de 1973


affectent considérablement le monde occidental où les États-Unis perdent de leur influence.

En Asie, toute l'ancienne Indochine française devient communiste : la chute de Saigon le 30


avril 1975 marque la victoire du régime communiste d’Hanoï et la réunification du Vietnam
sous son contrôle. Le 16 avril 1975, les Khmers rouges prennent le contrôle du Cambodge. Le
23 aout 1975, le Pathet-Lao communiste prend le contrôle du Laos avec l'appui des
vietnamiens. La Chine et les États-Unis, qui se sont progressivement rapprochés au plan
diplomatique pour faire pièce à l'Union soviétique, annoncent le 16 décembre 1978
l'établissement de relations diplomatiques. La Chine fait désormais partie des Grands et
influence considérablement le devenir du continent asiatique, dans un jeu qui n'est plus
dominé par les seuls américains et soviétiques.

En Amérique latine, les années 1970 sont marquées par une forte instabilité politique, de
nombreux coups d'état et une forte activité des guérillas communistes soutenues par Cuba. Le
soutien des États-Unis aux dictatures militaires comme celles existant au Chili ou en
Argentine diminue de par la volonté de Carter de promouvoir le respect des droits de
l'homme. Le 17 juillet 1979, la guerilla communiste sandiniste renverse la dictature de
Somoza au Nicaragua. L'élection de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis va
marquer un retour net à une politique d'aide militaire et économique aux régimes et
mouvements anti-communistes. Mais cette période a marqué la fin de la Pax Americana toute
puissante dans cette région du globe.
L'Union soviétique doit elle aussi faire face à des difficultés au sein de son propre bloc. La
signature le 1er août 1975 des accords d'Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe
(CSCE) put apparaître comme un succès de la diplomatie soviétique. Mais le texte fut lu dans
le Bloc de l'Est et remobilisa le peuple et les intellectuels dans leurs revendications quant au
respect des libertés individuelles et à la résolution des problèmes économiques58,59.

En Pologne, le KOR (Comité de défense des ouvriers) est créé le 23 septembre par des
intellectuels, suivi en mars 1977 par le ROPCiO (Comité de défense des droits humains et
civils), mouvements qui préfigurent l'émergence de Solidarité en 1980. Le 16 octobre 1978,
Karol Wojtyła est élu 262e pape sous le nom de Jean-Paul II. Polonais, il est le premier pape
non italien depuis Adrien VI († 1523). S’impliquant sur la scène internationale, il va lutter
activement contre le communisme. Le 31 août 1980, l'ouvrier de chantier naval Lech Wałęsa,
cocrée le syndicat Solidarność, soutenu par les Occidentaux qui désapprouvent la mise en
place du régime très dur du général Wojciech Jaruzelski, soutenu par l’Union soviétique, à
Varsovie (13 décembre 1981).

En Tchécoslovaquie, un groupe d'intellectuels parmi lesquels Vaclav Havel publie en janvier


1977 la Charte 77 qui dénonce les violations des droits humains par le gouvernement 60.

Expansionnisme de l'URSS

Profitant du déclin des États-Unis sur la scène internationale du fait de l’humiliation subie au
Viêt Nam et de la politique relativement pacifiste du président Carter, l’Union soviétique
s'engage davantage en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, provoquant des tensions
croissantes entre les deux grandes puissances.

Guerres en Afrique

En Afrique, des guerilleros communistes prennent le pouvoir après 1975 dans les pays
nouvellement indépendants de l'ancien empire colonial portugais (Angola, Mozambique…) et
entament des actions militaires en direction de l'Afrique du Sud avec l'appui de l'armée
cubaine, ce qui entraîne de véritables batailles rangées notamment en Namibie. En Éthiopie,
l'armée soviétique et les forces cubaines interviennent contre les mouvements luttant contre la
dictature de Mengistu Haile Mariam à partir de 1976. Des actions de déstabilisations sont
parfois contrecarrées, comme le sauvetage de Kolwezi par l'armée française.

L'invasion de l'Afghanistan

Article détaillé : Guerre d'Afghanistan (1979-1989).

En 1978, les communistes s'emparent du pouvoir en Afghanistan à la suite de l'assassinat du


président Daoud Khan, qui avait lui-même déposé le roi Zaher Shah en 1973. Les islamistes
afghans entrent en conflit avec le pouvoir en place. Le 3 juillet 1979, Carter signe
l'autorisation mettant en place le programme afghan d'aide militaire et financière aux
moudjahidins afghans, escomptant ainsi, sur les conseils de Brzezinski, provoquer l'URSS à
envahir l'Afghanistan61,62. Le 27 décembre 1979, Moscou envoie son armée, inaugurant la
première guerre d’Afghanistan. Les États-Unis s’impliquent dans ce conflit en alimentant sur
place la résistance antisoviétique avec l'aide de la République populaire de Chine, de l'Égypte,
de l'Arabie saoudite et les services de renseignement de plusieurs pays ouest-européens, en
finançant et en proposant une formation militaire à des groupes de moudjahiddin, « guerriers
saints » islamistes résistant à l’occupant soviétique. Les armées de l’URSS se retirent de
l’Afghanistan en février 1989.

Refroidissement progressif des relations américano-soviétiques

Jimmy Carter et Léonid Brejnev signent l'accord SALT II à Vienne le 18 juin 1979

Carter débute en 1976 son mandat par une politique résolument pacifiste et poursuit la
recherche d'accords de désarmement avec l'URSS malgré les tensions dans le tiers-monde.
Carter et Brejnev signent à Vienne en juin 1979 l'accord SALT II de réduction des armements
nucléaires. Carter signe cependant le traité SALT II avec Brejnev en juin 1979, négocié
depuis 1973, qui prohibe le développement de nouveaux types d'armes stratégiques, plafonne
le nombre de lanceurs à ogives simples et à ogives multiples (MIRV) et prévoit un contrôle
réciproque des armes nucléaires. Ces accords ne furent pas ratifiés par le Sénat américain en
raison de l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique, les deux parties déclarant
toutefois qu’elles en respecteraient les clauses.

Le refroidissement des relations entre les deux Grands s'aggrave fin 1979 avec l'invasion de
l'Afghanistan et la crise des euromissiles et durera jusqu'en 1985, avec l'arrivée de Gorbatchev
au pouvoir et la reprise des sommets américano-soviétiques. Il prend en 1983 une tournure
dramatique lorsque les soviétiques abattent le Vol Korean Air Lines 007 ou bien encore
lorsque les alliés occidentaux doivent interrompre leurs manœuvres Able Archer 83 qui
provoquent la mise en alerte des forces nucléaires soviétiques. Cette période est souvent
appelée "seconde guerre froide" ou "guerre fraîche".

Quelques jours après l’invasion de l'Afghanistan par les troupes Soviétiques en décembre
1979, Carter rétorque en exposant la doctrine Carter lors de son discours sur l'état de l'Union
de janvier 1980 : la Maison-Blanche déclare alors qu'elle n'hésitera pas à intervenir
militairement dans le golfe Persique pour défendre ses intérêts nationaux. Il déclare en outre
le boycott des Jeux olympiques de 1980, à Moscou, tandis que les accords SALT II ne sont
pas ratifiés.

America is back

Discrédité par sa politique internationale jugée désastreuse et affaibli par la crise iranienne des
otages, Carter est battu aux élections par Ronald Reagan. Sous les présidences de Reagan
(1981-1989), puis de George Herbert Walker Bush (1989-1993), les valeurs conservatrices
sont remises à l'honneur, comme la morale puritaine. En économie, Reagan suit un
programme néolibéral inspiré en particulier par l'École de Chicago (monétarisme de Milton
Friedman), tempéré par un creusement considérable des déficits publics.
En politique étrangère Reagan qualifie l’Union soviétique « d'empire du mal » lors d'une
convention nationale d’évangélistes le 8 mars 1983 et veut donner aux États-Unis les moyens
militaires de « défendre la liberté et la démocratie ». Les interventions directes et indirectes
augmentent dans le monde : reprise en main de l'opération Charly menée dans toute
l'Amérique latine par la junte argentine, aide aux Contras contre le Nicaragua en 1981-1986
(débouchant sur l'Irangate) et invasion de la Grenade en 1983.

Course aux armements et crise des euromissiles

La reprise de l'augmentation des dépenses militaires

Armes nucléaires stratégiques des États-Unis et de l'Union soviétique 63

Depuis 1973, année qui marque la fin de leur engagement militaire intense dans la guerre du
Vietnam, les américains ont diminué les dépenses militaires qui atteindront un point bas
historique de 4,9% du PNB en 1979. Déjà amorcé par Carter, le retournement de tendance
sera accéléré sous la présidence de Reagan : les dépenses culmineront en 1985 atteignant
6,6% du PNB et demeureront à un niveau élevé jusqu'en 1989, malgré la reprise du dialogue
en 1985 à l'arrivée de Gorbatchev au pouvoir en URSS.

L' Union soviétique a toujours donné aux dépenses militaires une priorité absolue. Sans qu'il
soit possible d’être assuré de la fiabilité des statistiques disponibles, il est certain que ces
dépenses ont représenté entre 12 et 14% du PNB. Sur la période 1979-1989, la croissance du
PNB a été plus importante aux États-Unis qu'en Union soviétique qui a donc vu l'écart se
creuser en faveur des premiers, faute de pouvoir encore augmenter la part de ces dépenses
dans le budget de l'État.

Cette course aux armements est généralement considérée comme un des facteurs ayant causé
l'effondrement du système soviétique à la fin des années 1980, incapable de suivre le rythme
des innovations technologiques de l'Ouest et d'offrir à ses populations un niveau de vie
satisfaisant.
Part des dépenses militaires dans le PNB des États-Unis et de l'URSS (1973-1989)64
Évolution des dépenses militaires et du PNB entre 1979 et 1989 64
En millions de dollars Ratio
Pays 1979 1989
constants de 1989 1989 / 1979
États-Unis 196 600 M$ 304 100 M$ 1,55
Dépenses militaires
URSS 284 400 M$ 311 000 M$ 1,09
États-Unis 4 032 000 M$ 5 201 000 M$ 1,29
Produit National Brut
URSS 2 235 000 M$ 2 664 000 M$ 1,19

Pour autant l'équilibre de la terreur ne sera jamais rompu, chacune des deux grandes
puissances conservant les moyens d'une destruction mutuelle assurée, c'est-à-dire la capacité à
détruire l'adversaire m me après avoir subi une première frappe massive65.

Le développement du commerce des armes

Dans les années 1970, l'Union soviétique exporte massivement ses armes sur tous les
continents pour accompagner son expansionnisme politique, notamment au Moyen-Orient et
en Afrique. Sur la période 1976-1980, les exportations d'armes de l'Union soviétique (32,9
milliards de $ 1979) représentent quatre fois le montant de l'aide économique accordée à des
pays tiers (7,7 milliards de $ 1979) 64. Les principaux pays destinataires sont l'Irak, la Syrie et
le Yémen au Moyen-Orient, la Libye, l'Éthiopie et l'Algérie en Afrique, Cuba et le Pérou en
Amérique Latine.

Les exportations d'armes américaines ont été largement dépassées par celles des États-Unis
sur cette période 1976-1980. Toutefois, le commerce des armes des pays de l'OTAN a
continué de dépasser celui des pays du Pacte de Varsovie, mais dans des proportions moindres
que sur la période 1971-1975. Les quatre principaux clients des États-Unis, en dehors des
pays de l'OTAN, sont l'Iran jusqu'à la chute du Shah en janvier 1979, Israël, l'Arabie saoudite
et la Corée du Sud.

L'initiative de défense stratégique

Au risque de déstabiliser le fragile équilibre de la dissuasion nucléaire entre les deux Grands,
Ronald Reagan annonce le 23 mars 1983 l'Initiative de défense stratégique (IDS) ou « guerre
des Étoiles » : les États-Unis seraient protégés des armes nucléaires par un « bouclier spatial »
très coûteux qui les dévierait. L’Union soviétique ne peut pas suivre, abandonne la course aux
armements et consent à négocier. Clinton renoncera à l’IDS en 1993 et c’est George W. Bush
qui le réalisera (décembre 2001).
Crise des Euromissiles

Après que l'Union soviétique a stationné des missiles nucléaires moyenne portée SS-20 en
Europe de l'Est, l'OTAN répond par sa « double décision ». Celle-ci prévoit l'installation
progressive de missiles de croisière et de Pershing II pour faire contrepoids aux missiles SS-
20 soviétiques sur le territoire de cinq pays membres de l'OTAN, tout en entamant des
négociations avec l'Union soviétique pour l'élimination de ces armes.

Les missiles sont déployés malgré l'opposition de l'opinion publique. De grandes


manifestations pacifiques, soutenues par les partis communistes ont lieu dans les pays
concernés. Un slogan « Plutôt rouge que mort » ((de) Lieber rot als tot) inspire au président
français François Mitterrand, lors de son discours au Bundestag ce mot : « Le pacifisme est à
l'Ouest, les missiles sont à l'Est. »

Malgré les pressions, ces missiles seront finalement installés à partir de novembre 1983 et
devant le fait accompli, l'URSS accepte finalement des négociations qui donneront lieu à
l'accord américano-soviétique du 27 mai 1988 sur l'élimination des missiles nucléaires de
portée intermédiaire des arsenaux des deux États.

De la nouvelle détente initiée par Gorbatchev à la fin du


bloc soviétique (1985-1991)
Le 11 mars 1985, après la mort de Konstantin Tchernenko, Mikhaïl Gorbatchev (âgé de 54
ans) arrive au pouvoir en URSS. Il lancera peu après les politiques de glasnost (transparence)
et de perestroïka (restructuration).

8 décembre 1987 : Gorbatchev et Reagan signent le Traité sur les forces nucléaires à portée
intermédiaire.

Recherche du désarmement

Gorbatchev veut sortir son pays de la guerre froide ruineuse pour l’Union soviétique qui y
consacre environ 16 % de son PNB contre 6,5 % pour les États-Unis (M. Vaïsse, 2004). La
première rencontre officielle entre Gorbatchev et Ronald Reagan a lieu lors du sommet de
Genève en octobre 1985. Les deux dirigeants conviennent de se rencontrer à l'avenir pour
discuter du désarmement ; le sommet se caractérise par le début d'une nouvelle détente
manifeste entre les deux supergrands. Un accord écrit est signé à Genève en prévision d'une
future réduction bilatérale de 50 % des arsenaux nucléaires, et certains évoquent dès à présent
une nouvelle phase de Détente. Les 11 et 12 octobre 1986, Ronald Reagan et Gorbatchev se
rencontrent à Reykjavik, ce qui inaugure une nouvelle « détente » marquée par la reprise du
dialogue, interrompu en 1979 : les États-Unis refusent d’abandonner l’IDS, mais un accord est
presque conclu sur la diminution des armes stratégiques, tandis que Gorbatchev évoque la
« maison commune européenne », dénucléarisée et neutralisée. Ainsi, le 8 décembre 1987, à
Washington, Reagan et Gorbatchev décident d’éliminer tous les missiles présents en Europe
dans un délai de trois ans : c’est l’« option zéro », premier réel traité de désarmement :

 L’Europe est vidée des missiles nucléaires des deux Grands ;


 C’est la fin de la « crise des euromissiles » ;
 C’est la fin de la course aux armements (même si 4 % des têtes nucléaires seulement
ont disparu).

12 juin 1987 : Ronald Reagan prononce le discours dont le public a retenu le gimmick choc :
« Tear down this wall! »66. À l'issue de propos sur la géopolitique et les rapports Est-Ouest,
son défi lancé à Gorbatchev sera suivi des faits trois ans plus tard.

Chute des régimes communistes en Europe

Article détaillé : Chute des régimes communistes en Europe.

Le 7 décembre 1988, à la tribune de l’ONU, Gorbatchev annonce la réduction des forces


armées soviétiques en RDA, Hongrie et Tchécoslovaquie, ce qui signifie la fin de la
« doctrine de souveraineté limitée » : l’Union soviétique se désengage de l’Europe de l’Est.
Ce discours inaugure la « Révolution de velours », c’est-à-dire la transition douce des pays de
l’Europe de l’Est entre un régime de type soviétique et un régime démocratique multipartiste
par de nouvelles lois constitutionnelles de 1988 à 1990, avec des manifestations populaires,
mais sans guère de combats ni de sang versé. Dès 1990, les républiques baltes (Estonie,
Lettonie, Lituanie) proclament leur souveraineté. Moscou réagit en envoyant des troupes,
mais choisit de les retirer devant les protestations internationales ; en juin 1991, Le Conseil
d'assistance économique mutuelle (Comecon), une des deux principales organisations du bloc
de l'Est, se dissout officiellement. En RDA, les habitants commencent à migrer vers la RFA
par la Hongrie libre (été 1989). Puis, sous la pression de la population, le Mur de Berlin chute
le 9 novembre 1989 et l’Allemagne sera réunifiée l’année suivante (3 octobre 1990). En
République socialiste de Roumanie, le régime autocratique de Nicolae Ceaușescu est le
dernier à tomber, le 26 décembre 1989 et le dictateur est exécuté ainsi que sa femme. En
1990, Gorbatchev obtient le prix Nobel de la paix.

Règlement des conflits périphériques


Peu à peu, du fait du désengagement de l’Union soviétique et de la fin de la menace
communiste, un vent de liberté souffle sur le monde et plusieurs conflits périphériques se
règlent. Par exemple, les troupes du Viêt Nam quittent le Cambodge (29 septembre 1989) et
les troupes cubaines quittent l’Angola et le Nicaragua. Beaucoup de dictatures d’Amérique
latine, soutenues par les États-Unis comme rempart contre la tentation communiste, tombent :
Argentine (1983), Brésil (1985), Paraguay (1989), Chili (1990). En Afrique du Sud, Nelson
Mandela est libéré (12 février 1990), ce qui va mettre fin à l’apartheid (1991). En
Afghanistan, l’Armée rouge quitte le pays (1988-1989) mais la guerre civile se poursuit entre
les islamistes modérés du commandant Massoud et les islamistes durs soutenus par le
Pakistan. Dans la guerre Iran-Irak (1980-1988), l’Occident arme officiellement l’Irak, et
fournit l’Iran en cachette. L’Union soviétique soutient les deux camps. Le 20 août 1988,
l’ONU parvient à un cessez-le-feu sans qu’il n’y ait un réel vainqueur. Cependant, au Liban,
les accord de Taëf soumettent le pays à la Syrie. Dans le conflit israélo-palestinien, alors que
la première Intifada bat son plein, des négociations secrètes sont menées.

Implosion de l'Union soviétique

Dans le contexte de la glasnost (« transparence ») et de la perestroïka (« restructuration ») et


d’une tentative de démocratisation de l’Union soviétique, son implosion se fait en cinq
grandes étapes :

 Le 12 juin 1991, la République socialiste fédérative soviétique de Russie qui a élu


Boris Eltsine à sa présidence, bien que Gorbatchev ait tout fait pour éviter cette
élection, proclame à son tour sa souveraineté (8 juin 1991) ;
 Le 1er juillet 1991, l'autre principale organisation, le pacte de Varsovie est
officiellement dissous à la suite du retrait des démocraties populaires est-européennes.
 Le 18 août 1991, des tenants de la ligne dure tentent le putsch de Moscou contre
Gorbatchev qui est séquestré quelques jours dans sa datcha en Crimée. Des
manifestations s’opposent à ce putsch, et Eltsine réussit à rétablir la situation. Les
autres républiques quittent l’Union soviétique d'août à décembre 1991 ;
 Le 8 décembre 1991, par les accords de Minsk en Biélorussie, constatant que
« l’URSS n’existe plus », 11 ex-républiques socialistes soviétiques fondent la
Communauté des États indépendants (CEI), qui est confirmé à Alma-Ata (Kazakhstan)
quelques jours plus tard (21 décembre 1991) ;
 Le 25 décembre 1991, président d’un État qui n’existe plus, Gorbatchev est contraint
de démissionner.

Fin de la guerre froide

En décembre 1989, après avoir rencontré Gorbatchev à Malte George Herbert Walker Bush,
nouveau président des États-Unis, annonce la fin de l’affrontement Est/Ouest, c’est-à-dire de
la guerre froide et de la bipolarisation du monde67. L'OTAN et le Pacte de Varsovie entament
le démantèlement aussi bien de leur arsenal nucléaire que de leurs forces de frappe
conventionnelles. Dès novembre 1991, le Conseil de coopération nord-atlantique est mis sur
pied, un organe de concertation entre l'OTAN et les anciens pays membres du Pacte de
Varsovie fraîchement dissous. Six ans plus tard, l'OTAN et la Russie signent un traité de
coopération et de sécurité. Néanmoins, l'affrontement, parfois appelé « guerre tiède », se
poursuit au niveau de la guerre économique (notamment le contrôle de zones économiques
stratégiques, en particulier les sources et circuits énergétiques) ou de la lutte d'influence via le
soft ou le hard power entre les Américains et les Russes en Europe orientale, comme le
montre la deuxième guerre d'Ossétie du Sud en 2008, cet affrontement s'étant renforcé depuis
la guerre contre le terrorisme68.

Notes et références
1. ↑ (en) George Orwell, « You and the Atomic Bomb (article publié le 19 octobre 1945 dans Tribune à
Londres » [archive] [ Site de référence]
2. ↑ André Fontaine, Histoire de la guerre froide. I. De la révolution d'Octobre à la guerre de Corée
(1917-1950), p. 8, Points Histoire, 1983
3. ↑ (en) Bernard Baruch, « Discours de Bernard Baruch le 16 avril 1947, décrivant la situation
internationale en termes de « guerre froide » (cold war) » [archive] [ Site de référence]
4. ↑ (en) Walter Lippman (revue Foreign Affairs - printemps 1987), « Essai de Walter Lippman sur la
guerre froide, en réponse à George Kennan » [archive] [ Site de référence]
5. ↑ R. Aron, Les Conventions de la guerre froide dans Une histoire du XXe siècle, Plon, 1996, p. 255
6. ↑ Roosens C., "Les relations internationales de 1815 à nos jours, Tome II", Bruxelles, Academia
Bruylant, 2000
7. ↑ (en) John Lewis Gaddis, We know now: Rethinking Cold War History, Oxford University Press, 1997,
425 p. (ISBN 978-0-19-878071-7), p. 27 Cold War Empires: Europe
8. ↑ Georges-Henri Soutou, La Guerre froide 1943-1990 : 1943-1990, Librairie Arthème Fayard / Pluriel,
2010, 1103 p. (ISBN 978-2-8185-0127-6), p. 374-379 La mort de Staline et les problèmes de l'URSS
9. ↑ Georges-Henri Soutou, La Guerre froide 1943-1990 : 1943-1990, Librairie Arthème Fayard / Pluriel,
2010, 1103 p. (ISBN 978-2-8185-0127-6), p. 374 La « première détente »
10. ↑ États-Unis, Union soviétique, Grande-Bretagne, Chine et France
11. ↑ Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1er livre, 1835.
12. ↑ (fr) Les fondements de la politique étrangère américaine [archive] [ Site de référence]
13. ↑ (fr) Constitution soviétique de 1936 (traduction française) [archive], sur Université de Perpignan -
Digithèque MJP Site de référence [archive]
14. ↑ a et b (en) Gouvernement de l'Union soviétique (Études pays publiées par le Congrès des États-
Unis) [archive], sur U.S. Country Studies Series by Federal Research Division of the Library of the
Congress Site de référence [archive]
15. ↑ (en) Commerce extérieur de l'Union soviétique (Études pays publiées par le Congrès des États-
Unis) [archive], sur U.S. Country Studies Series by Federal Research Division of the Library of the
Congress Site de référence [archive]
16. ↑ (en) Statistiques de la Banque Mondiale - États-Unis [archive], sur World Bank - Data site Site de
référence [archive]
17. ↑ (en) Statistiques de la Banque Mondiale - Allemagne [archive], sur World Bank - Data site Site de
référence [archive]
18. ↑ (en) Statistiques de la Banque Mondiale - France [archive], sur World Bank - Data site Site de
référence [archive]
19. ↑ Collins 1980, p. 81-87
20. ↑ Collins 1980, p. 87-101
21. ↑ Benoît Falaize, L'URSS et la CEI depuis 1945, Le Seuil, 1997
22. ↑ Communiqué final de la conférence de Yalta
23. ↑ Un des aspects les plus terrifiants de la guerre froide fut la course aux armements entre les États-Unis
et l’URSS ; Armement nucléaire [archive]
24. ↑ (en) Sean M. Lynn-Jones, Nuclear Diplomacy and Crisis Management, The MIT Press, 1990, 347 p.
(ISBN 0-262-62078-2), Pages 3-27 The essential irrelevance of Nuclear Weapons
25. ↑ Heinrich A. Winkler, Histoire de l’Allemagne, XIXe -  XXe siècle, Fayard, 2000, p. 565
26. ↑ Christine Ockrent, Alexandre de Marenches, Dans le secret des princes, Stock, 1986, p. 86
27. ↑ Avec un succès très limité : en novembre 1946, d’après un sondage en zone américaine, 37 %
d’Allemands estimaient que « l’extermination des Juifs, des Polonais et d’autres « non-Aryens » était
indispensable à la survie du peuple allemand » et, en 1952, 25 % des Allemands de l’Ouest admettaient
avoir « une opinion favorable » sur Hitler. (Voir Tony Judt, Postwar – A History of Europe since 1945,
Pimlico, 2005, p. 58)
28. ↑ L’organisation du bloc occidental sur le plan économique [archive]
29. ↑ Le secrétaire adjoint à l’économie, Will Clayton, l’exprimait ouvertement : « Disons, sans tourner
autour du pot, que nos objectifs ont pour arrière-plan les besoins et les intérêts des États-Unis. Nous
avons besoin de marchés, de gros marchés, pour y acheter et pour y vendre. » Le Monde diplomatique,
février 1992, p. 4
30. ↑ a, b et c L’affrontement des grandes puissances et la dissolution des blocs, Georges COUMES [archive]
31. ↑ (en) The Basic Law of the FRG (23 May 1949) [archive], sur CVCE - Centre Virtuel de la
Connaissance sur l'Europe Site de référence [archive]
32. ↑ (en) Announcement of the Impending Establishment of the German Democratic Republic (October 7,
1949) [archive], sur German History in Documents and Images Site de référence [archive]
33. ↑ (en) John Lewis Gaddis, We know now: Rethinking Cold War History (A Council on Foreign
Relations Book), Oxford University Press, 1997, 425 p. (ISBN 978-0-19-878071-7), pages 54 à 84 Cold war
empires: Asia (chapitre 3)
34. ↑ (fr) Déclaration d'indépendance de la République démocratique du Vietnam [archive], sur CVCE -
Centre virtuel de la connaissance sur l'Europe Site de référence [archive]
35. ↑ La Guerre froide, Les points de tension [archive]
36. ↑ La guerre froide a créé en Corée, comme en Allemagne, deux États. Le 38e parallèle de latitude N
sépare la Corée du Nord, dictature pro-soviétique, de la Corée du Sud démocratie pro-occidentale. La
guerre qui s’y déroule entre 1950 et 1953 fait suite à la victoire, en Chine, de Mao, qui soutient le
gouvernement nord-coréen. La Corée [archive]
37. ↑ (en) Melvyn P. Leffler et Orne Arne Westad, The Cambridge History of the Cold War : Volume 1
Origins, Cambridge University Press, 2010, 643 p. (ISBN 978-110760229-8), p. Volume 1 - Chapitre 9 The
Sovietization of Eastern Europe
38. ↑ cf. S. Courtois, La Vérité sur l’affaire Rosenberg, L’Histoire, septembre 2004
39. ↑ J. Loftus, L’Affreux Secret : quand les Américains recrutaient des espions nazis. De Gehlen à Barbie,
Plon, Paris, 1985
40. ↑ Voir notamment E. J. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes, Éditions Complexe, 1994.
41. ↑ L’organisation du bloc occidental sur le plan militaire [archive]
42. ↑ Rapport IC 2000 (Interception Capabilities 2000) publié pour le Parlement européen par le Bureau
d'évaluation des options techniques et scientifiques (STOA), et publié et traduit in Duncan Campbell,
Surveillance électronique planétaire [archive], éditions Allia, Paris, 2005, p. 17-24 spécifiquement sur
l'UKUSA et p. 37
43. ↑ Duncan Campbell, op.cit., p. 42-45
44. ↑ 1) Des éléments nouveaux dans les rapports est-ouest Un dialogue plus ouvert [archive]
45. ↑ Johanna Granville, (Le Premier Domino)The First Domino: International Decision Making During
the Hungarian Crisis of 1956 [archive], Texas A & M University Press, 2004. ISBN 1585442984.
46. ↑ La crise du canal Suez [archive]
47. ↑ Déclaration du Conseil des ministres de la RDA, citée par Heinrich A. Winkler, Histoire de
l’Allemagne, Fayard, 2000, p. 625
48. ↑ ibid.
49. ↑ Sous-marins soviétiques et US Navy, Alexandre Mozgovoï, Marines éditions, 2003, (ISBN 2909675947),
p. 45-46
50. ↑ Cuba - Castro, communisme et crise des missiles [archive]
51. ↑ Bernard Droz et Anthony Rowley, Histoire générale du XXe siècle, Éditions du Seuil, 1987, tome III,
p. 218
52. ↑ E. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes, Éditions Complexe, 1994, p. 308
53. ↑ Dwayne A. Day, Of myths and missiles: the truth about John F. Kennedy and the Missile Gap [archive],
The Space Review, 3 janvier 2006
54. ↑ En 1968, les États-Unis et l’URSS engagent des négociations sur la limite d’armes stratégiques
(Strategic Arms Limitations Talks). Les accords SALT. [archive]
55. ↑ Le 30 octobre 1973, des pourparlers commencent à Vienne entre 12 pays de l’OTAN et 7 du pacte de
Varsovie en vue de la réduction mutuelle des forces et armes stationnées en Europe centrale. Deux ans
plus tard tous les pays d’Europe, sauf l’Albanie, participent à la conférence d’Helsinki sur la sécurité et
la coopération en Europe. Elle aboutit aux accords d’Helsinki, signé le 1er août 1975. Ils sont souvent
considérés comme le point culminant de la détente.Les accords d’Helsinki [archive]
56. ↑ «Nous avons fait le choix de tout savoir», entretien avec Zbigniew Brzezinski, par Vincent Jauvert,
dans Le Nouvel Observateur no 1779, 10 décembre 1998
57. ↑ Le Viêt Nam du nord est un régime communiste qui possède l’aide de l’URSS. Le Viêt Nam du sud
est à la base une démocratie, mais son gouvernement est dictatorial, il est appuyé par les États-UnisLa
guerre du Viet-Nam [archive]
58. ↑ Fejtö 1997, p. 154-157
59. ↑ Judt 2010, p. 566-576
60. ↑ (en) Charter 77 [archive], sur University George Washington / The National Security Archive
Site [archive]
61. ↑ « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes… » [archive], entretien avec Brzezinski dans
Le Nouvel Observateur, no 1732, 15 janvier 1998
62. ↑ Chalmers Johnson, The Largest Covert Operation in CIA History [archive], History News Network, 6
septembre 2003
63. ↑ (en) Archive of Nuclear Data from NRDC's Nuclear Program (Tableaux de synthèse des armements
stratégiques des Etats-Unis et de l'Union soviétique) [archive], sur Natural Resources Defense Council
Site de référence [archive]
64. ↑ a, b et c (en) Données extraites des rapports annuels World Military Expenditures and Arms Transfers
publiés par l' U.S. Department of State - Bureau of Arms Control, Verification and Compliance  [archive],
sur U.S. Department of State / Bureau of Arms Control, Verification and Compliance Site de
référence [archive]
65. ↑ Pour la première fois dans l’histoire, l’humanité avait le potentiel de se détruire. La peur régnait à
travers le monde, autant dans les pays producteurs que les pays spectateurs Armement nucléaire -
Destruction de l’environnement au profit de la défense [archive]
66. ↑ discours de Reagan "Tear down this Wall!" sur Youtube [archive], 12 juin 1987.
67. ↑ Dans son discours sur l'état de l'Union du 28 janvier 1992, il déclare : « Grâce à Dieu, les États-Unis
ont gagné la guerre froide ; un monde jadis divisé en deux camps armés reconnaît aujourd’hui la
supériorité d’une seule puissance : les États-Unis ; cette constatation n’inspire aucune peur car le monde
a confiance en notre nation et il a raison. »
68. ↑ Russie-USA : la guerre tiède [archive], sur L'Alsace, 9 juillet 2010

Voir aussi
Bibliographie

 Pierre du Bois de Dunilac, «Guerre froide, propagande et culture (1945-1953)»,


Relations internationales, no 115, 2003, p. 437-454
 Pierre du Bois de Dunilac, «Cold War, culture and propaganda, 1953 to 1975», in,
Wilfried Loth and Georges-Henri Soutou (eds), The Making of détente, Eastern and
Western Europe in the Cold War, 1965-75, Londres et New York, Routledge, 2008,
p. 9 à 24.
 Sophie Chautard, L'Indispensable des conflits du XXe siècle, Levallois-Perret,
Studyrama, 272 p.
 (en) John M. Collins, U.S.-SOVIET MILITARY BALANCE, Concepts and Capabilities
1960-1980, Library of Congress, 1980
 André Fontaine, La Guerre froide, 1917-1991, Paris, La Martinière, 2006, 572 p.
 André Fontaine, Histoire de la guerre froide, en deux tomes Fayard 1967, réédition Le
Seuil, 1983 :
o 1. De la révolution d'octobre à la guerre de Corée ;
o 2. De la guerre de Corée à la crise des alliances. 1950-1971;
 René Girault, Robert Frank, Jacques Thobie, La Loi des géants, 1941-1964 : Histoire
des relations internationales contemporaines, III, Paris, Payot et Rivages, 2005, 541 p.
 Granville, Johanna (Le Premier Domino)The First Domino: International Decision
Making During the Hungarian Crisis of 1956, Texas A & M University Press, 2004.
ISBN 1585442984.
 Granville, Johanna (Imre Nagy autrement connu sous le nom de l'espion 'Volodya')
"Imre Nagy aka 'Volodya' - A Dent in the Martyr's Halo?", Cold War International
History Project Bulletin, no. 5 (Woodrow Wilson Center for International Scholars,
Washington), printemps 1995, p. 28, et 34-37.
 Granville, Johanna, "Radio Europe Libre et la révolution hongroise" "Caught With
Jam on Our Fingers”: Radio Free Europe and the Hungarian Revolution in 1956”
Diplomatic History, vol. 29, no 5 (2005): p. 811-839.
 Granville, Johanna, "Documents d'archives soviétiques sur la Hongrie" "Soviet
Archival Documents on the Hungarian Revolution, 24 October - 4 November 1956",
Cold War International History Project Bulletin, no 5 (Woodrow Wilson Center for
International Scholars, Washington), printemps 1995, p. 22-23, 29-34.
 (en) Jonatham Haslam, Russia's Cold War : From the October Revolution to the Fall
of the Wall, Yale University Press, 2011, 523 p. (ISBN 978-0-30015997-4)
 Jeannesson, Stanislas, La Guerre froide, La Découverte, Paris, 2002, 123 p.
 Lewkowicz, Nicolas, The German Question and the Origins of the Cold War, IPOC,
Milan, 2008 ISBN 8895145275.
 Lilly Marcou, La Guerre froide, l’engrenage, Bruxelles, Éditions Complexe, 1987,
275 p.
 Luc Mary, Les derniers secrets de la Guerre froide, éditions de l'Opportun, 2013.
 Georges-Henri Soutou, La Guerre de Cinquante Ans. Les relations Est-Ouest. 1943-
1990, Fayard, 2001. Réédité en poche sous le titre : La Guerre froide. 1943-1990,
Hachette/Fayard, coll. Pluriel, 2011 avec une postface de l'auteur.
 Maurice Vaïsse, Les Relations internationales depuis 1945, Armand Colin, 3e éd.,
2003, 257 p.
 Michel Winock (éd.), Le Temps de la guerre froide. Du rideau de fer à l'effondrement
du communisme. Paris, Seuil, 1994, collection Points-Seuil (recueil d'articles publiés
dans le magazine L'Histoire).
 François Fejtö, La fin des démocraties populaires - Les chemins du post-communisme,
Seuil, 1997, 590 p. (ISBN 978-2020311854)
 Tony Judt, Postwar / A history of Europe since 1945, Vintage Books, 2010, 933 p.
(ISBN 9780099542032)

Articles connexes

 Antiaméricanisme
 Anticommunisme
 Bloc de l'Est
 Chronologie de la guerre froide | Historiographie de la guerre froide, (en)
(Historiography of the Cold War)
 Histoire du communisme
 Chute des régimes communistes en Europe
 Conférences internationales lors de la guerre froide
 Course aux armements nucléaires
 Désarmement nucléaire
 Parapluie nucléaire
 Liste des alliances internationales de la guerre froide
 Plan Marshall
 Gehlen Org, OSS et CIA

Liens externes

 CVCE, « La guerre froide (1945-1989) », sur CVCE - Centre Virtuel de la


Connaissance sur l'Europe Site de référence
 Les véritables raisons de la destruction d'Hiroshima, Infonucléaire
 La CIA et M. Gorbatchev, par le général Vernon Walters, diploweb.com
 La guerre froide, guerrefroide.net
 Amicale des anciens de la mission militaire française de liaison près du haut
commandement soviétique en Allemagne, mmflpotsdam.free.fr

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