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Droit d’organisation judiciaire

Royaume du Maroc
Introduction générale

Partie 1 : les principes de base de l’organisation judiciaire

Chapitre1: les principes relatifs à l’administration de la justice

Section 1 : l’égalité devant la justice

Section 2 : la gratuité de la justice

Section 3 : l’impartialité du juge

Section 4 : Le principe du double degré de juridiction

Chapitre 2 : Le principe de la séparation des pouvoirs

Chapitre 3 : L’unité ou la dualité de la juridiction

Chapitre 4 : La formation collégiale et le juge unique

Partie 2 : les juridictions de l’ordre judiciaire

Chapitre 1 : les juridictions ordinaires de droit commun


Section 1 : le tribunal de première instance
A- Les juridictions de proximité

1) Aperçu sur les tribunaux communaux et


d’arrondissement

a- Election des juges non-magistrats


b- Les audiences et les procédures
c- Les compétences des tribunaux communaux et
d’arrondissement
2) les juridictions de proximité
a-compétence des juridictions de proximité
b- La composition des juridictions de proximité
c-La procédure devant les juridictions de proximité

B-L ‘organisation des tribunaux de première instance


1) compétence des tribunaux de première instance

2) Le fonctionnement des tribunaux de première


instance
a-La formation des audiences
b- La procédure devant le tribunal de première
instance
c- Le rôle du représentant du ministère public
d- Le rôle du président du tribunal de première
instance
Section 2 : les cours d’appel
Paragraphe1 : l’organisation des cours d’appel
A- La composition des cours d’appel
B- Aménagement des cours d’appel
C- Le fonctionnement des cours d’appel
D- La procédure devant la cour d’appel
1) Le délai d’appel
2) Les conditions liées à la requête d’appel
3) Les effets de l’appel
Paragraphe 2 : La compétence de la cour d’appel

A- La compétence d’attribution de la cour d’appel

B- La compétence territoriale de la cour d’appel

Section 3 : La cour de cassation


Paragraphe 1 : le rôle de la cour de cassation
Paragraphe 2 : composition et organisation
Paragraphe 3 : le fonctionnement de la cour de
cassation
Paragraphe 4 : La procédure
Chapitre 2 : Les juridictions spécialisées
Chapitre 2 : Les juridictions spécialisées

Section 1 : les juridictions administratives

Paragraphe1 : les tribunaux administratifs

A- L’organisation des tribunaux administratifs


1) Le nombre restreint des tribunaux administratifs
2) La composition
3) Le fonctionnement
B- La compétence des tribunaux administratifs
1) La compétence territoriale
2) La compétence d’attribution
(la compétence en raison de la matière)
C- La procédure
Paragraphe 2 : les cours d’appel administratives
A- Composition et organisation
B- compétence
C- le pourvoi en cassation devant la chambre administrative de la
cour de cassation
Section 2 : les juridictions de commerce
Paragraphe1 : les tribunaux de commerce
A- Organisation et composition
B- La procédure
C- compétences
1) la compétence d’attribution
2) La compétence territoriale

Paragraphe2 : Les cours d’appel de commerce

A- Composition
B- organisation
C- La compétence
D- La procédure
Partie 3 : La compétence territoriale
En général, la compétence peut être définie comme le pouvoir
légal donné à une juridiction pour connaitre d’un procès. En fait, la
compétence d’une juridiction se concrétise soit dans les attributions
qui lui sont dévolues à savoir la compétence en raison de la matière
appelée aussi la compétence d’attribution. Aussi, la compétence
s’envisage dans la compétence d’une juridiction dans une
circonscription géographique. Il s’agit de la compétence territoriale
d’une juridiction.
Concernant toujours la compétence territoriale, le code de procédure
civile prévoit des dispositions qui précisent le principe régissant cette
matière et aussi les exceptions y afférentes.

Chapitre 1 : le principe de la compétence territoriale


Concernant la compétence territoriale des tribunaux de première
instance, l’article 27 du code de procédure civile précise que « la
compétence territoriale appartient au tribunal du domicile réel ou
élu du défendeur.
Si celui-ci n’a pas de domicile au Maroc, mais y possède une
résidence, elle appartient au tribunal de cette résidence.
Si le défendeur n’a ni domicile, ni résidence au Maroc, il pourra être
traduit devant le tribunal du domicile ou de la résidence du
demandeur ou de l’un d’eux s’ils sont plusieurs.
S’il y a plusieurs défendeurs, le demandeur peut saisir, à son choix,
le tribunal du domicile ou de la résidence de l’un d’eux ».
D’après cet article, la juridiction du premier degré
territorialement compétente est celle du domicile réel ou élu du
défendeur. Cette disposition se justifie par le fait que le demandeur
prenant l’initiative de troubler le défendeur et que le procès soit
engagé dans les conditions qui dérangeront le moins possible le
défendeur.
Au niveau du domicile réel il faut distinguer entre les personnes
physiques et les personnes morales.
Pour les personnes physiques le domicile réel se détermine dans
le lieu de séjour ou le lieu d’activité professionnelle. Sous cet angle,
l’article 519 du code de procédure civile précise que le domicile d’une
personne physique s’envisage dans le lieu où cette personne a son
habitation habituelle ou le centre de ses affaires et de ses intérêts.
Aussi le domicile peut être soit le lieu où séjourne habituellement un
individu avec sa famille, soit celui ou l’individu possède sa fortune ou
encore exerce une activité professionnelle. Cependant, lorsqu’une
personne a son habitation habituelle en un lieu et le centre de ses
affaires dans un autre, elle est considérée comme domiciliée à
l’égard de ses droits de famille et de son patrimoine personnel là où
elle a son habitation habituelle. Par contre, elle est considérée
comme domiciliée là où elle a le centre de ses occupations et de ses
intérêts lorsqu’il s’agit des droits concernant son activité
professionnelle.
D’autre part le domicile réel d’une société est le lieu où se trouve
son siège social ou encore le lieu où se trouve l’une de ses
succursales c’est-à-dire un établissement distinct du siège social
principal où existe un agent de la société chargé de la représenter
auprès des tiers.
En revanche, il arrive qu’une personne physique ou morale fasse
élection d’un domicile spécial pour l’exécution de certains actes ou
pour l’accomplissement des faits et obligations qui en résultent. Ce
domicile prévaut, d’après l’article 524 du code de procédure civile,
sur le domicile réel ou légal. En fait, l’élection du domicile peut être
soit conventionnelle c’est-à-dire fixée par le contrat conclu entre les
parties, soit légale, autrement dit la loi impose parfois l’élection du
domicile dans le ressort d’une juridiction ou chez un mandataire
constitué.
En outre, le domicile légal est le domicile imposé par la loi pour
certaines personnes. Dans ce cadre l’article 521 du code de
procédure civile détermine le domicile légal des personnes
incapables et celui des fonctionnaires publics.
En plus du domicile réel et du domicile élu, le législateur a conféré
compétence au tribunal de première instance de la résidence du
défendeur. En effet, la résidence est le lieu où la personne se trouve
effectivement à un moment donné (l’article 520 du code de
procédure civile). Il s’agit, en fait, d’un lieu de séjour même
temporaire qui présente une stabilité. Donc, la résidence envisage un
rapport de fait entre la personne et le lieu où elle réside, alors que le
domicile constitue un rapport de droit.

Chapitre 2 : Les exceptions au principe de la compétence territoriale

C’est l’article 28 du code de procédure civile qui détermine


plusieurs exceptions au principe de la territorialité tel que précisé par
l’article 27 de la même loi. Sous cet angle, le législateur prévoit des
dérogations obligatoires d’une part et aussi des dérogations options.
Afférentes aux cas où le législateur confère au demandeur le choix
d’assigner soit selon le principe défini soit devant un autre tribunal.

Concernant les dérogations obligatoires, le législateur détermine


la juridiction compétente territorialement dans plusieurs cas telle
qu’en matière immobilière, la juridiction compétente est le tribunal
de la situation de l’immeuble. En matière de succession, c’est le
tribunal du lieu où la succession est ouverte. En matière de contrat
dans lesquels l’Etat est partie, c’est le tribunal du lieu où le contrat a
été signé.
Par ailleurs, l’article 28 du code de procédure civile détermine les
cas afférents aux simples options comme suit :

 En matière de pension alimentaire, le demandeur a le


choix d’assigner soit devant le tribunal du lieu du domicile
ou de la résidence du défendeur, soit devant celui du
demandeur.
 En matière mixte portant sur un droit réel et un droit
personnel, le demandeur a le droit d’assigner devant le
tribunal de la situation des lieux ou celui du domicile ou
de la résidence du défendeur.
 En matière commerciale, le demandeur peut, au choix,
assigner le défendeur, soit devant le tribunal de son
domicile soit devant celui dans le ressort duquel
l’exécution devait être effectuée.
 En matière de réparation de dommage, le demandeur a le
choix entre le tribunal du lieu où le fait dommageable
s’est produit ou devant celui du domicile du défendeur.

Grosso modo, il convient de signaler que la compétence


territoriale de la juridiction de premier degré compétente pour
trancher un litige se détermine dans des règles générales (le principe)
et aussi dans des règles spéciales (les dérogations au principe). Par
ailleurs, les cours d’appel sont compétentes territorialement pour
statuer sur les appels des jugements rendus par les tribunaux de droit
commun compris dans leur ressort.
Partie 4 : les juridictions d’exception
Il s’agit de juridictions dont la compétence est limitée à des
affaires strictement déterminées par la loi. Vue leur nature
exceptionnelle, leur nombre est de plus en plus limité au Maroc de
même qu’elles sont saisies suivant des règles de procédure
spécifiques.
Actuellement, le tribunal militaire représente la seule juridiction
d’exception qui subsiste au Maroc après la suppression de la cour
spéciale de justice et de la haute cour.

Chapitre 1 : la cour spéciale de justice


La cour spéciale de justice a été créée par la loi 4-64 du 20
mars1965, qui par la suite a connu plusieurs aménagements. il a été
modifié par le décret royal portant loi n° 562-65 du 17 chaabane1385
(11décembre1965). B.O n° 3128 du 11 octobre 1972, p : 1321. La dite
cour a été supprimée par le dahir n°1.04.129 du 15septembre2004
portant promulgation de la loi 79-03. B.O n° 5248 du
16septembre2004, p : 3372.
Par ailleurs, elle était compétente de statuer sur les infractions de
détournement des deniers publics, de concussion, de corruption et
de trafic d’influence dans lesquelles étaient impliqués des
fonctionnaires ou agents publics et dont le montant en jeu était égal
ou supérieur à 25000 dirhams.

Chapitre 2 : la haute cour


La haute cour a été prévue par la constitution de 1962. En
revanche, la loi organique y afférente n’a été adoptée qu’en 2008.
Enfin, elle a été supprimée par la nouvelle constitution de 2011.
D’ailleurs, la haute cour était compétente pour juger les membres du
gouvernement qui auraient commis des crimes et des délits dans
l’exercice de leurs fonctions.
En outre, elle était composée du président et son suppléant qui
étaient nommés par dahir, en plus de douze juges titulaires et autant
de juges suppléants. Quant à la commission d’instruction, elle était
composée de quatre magistrats de siège de la cour de cassation, au
moins du premier grade, en plus de quatre membres élus par les
deux chambres du parlement. Tandis que le ministère public était
exercé par le procureur du Roi près la cour de cassation, de même
que pour le greffe.
Par ailleurs, la procédure de saisine de la haute cour devait être
déclenchée par une proposition de mise en accusation signée par le
quart de chacune des deux chambres, alors que le déclenchement
effectif de la procédure devait être soumis à l’approbation des deux
tiers de la première et deuxième chambre. Par conséquent,
l’instruction ne peut commencer que par l’obtention du nombre de
voix nécessaires.

Chapitre 3 : les tribunaux militaires


Les tribunaux militaires ont été créés au Maroc par le dahir n°1-56-
270 du 10novembrfe 1956 formant code de la justice militaire
( bulletin officiel n°2313 du 15 mars 1957, p.614) qui a été modifié
plusieurs fois notamment par la loi du 26 juillet 1971 (B O n°3065 du
28 juillet 1971, p : 840, et celle du dahir du 12 juillet 1977 (B O
n°3376, du 13 juillet 1977, p :2363). Actuellement, la justice militaire
au Maroc est régie par la loi n°108-13 promulguée par le dahir n°1-
14-187 du 17 safar1436 (10 decembre2004), BO n° 6322 du 1 janvier
2015, p : 5 et s.
En fait la réforme de la justice militaire au Maroc a été introduite
dans la mesure d’harmoniser la législation nationale relative à la
justice militaire avec les dispositions de la constitution de 2011 et les
principes et les normes internationaux. Ceci afin de répondre aux
exigences de l’édification de l’Etat de droit et la protection en plus de
la promotion des droits de l’homme.
D’ailleurs, la loi 108-13 a distingué la justice militaire du modèle du
tribunal d’exception et l’a inscrit parmi les institutions judiciaires
spécialisées (l’article 1er de la loi 108-13).
A l’instar des autres juridictions relevant de l’ordre judiciaire, le
législateur marocain a régi le tribunal militaire sur plusieurs niveaux.

Section 1 : le tribunal militaire permanent


Le tribunal militaire permanent siège à Rabat. Cependant, il peut
se constituer ailleurs. Ainsi, aux termes de l’article 12 de la loi 108-13
« le tribunal militaire tient ses audiences à Rabat. Il peut, sur décision
du procureur général du Roi près le tribunal militaire, les tenir en tout
autre lieu ».
En outre, le législateur a doté le tribunal militaire d’une
organisation et d’une composition en plus de compétences qui lui
sont spécifiques.

Paragraphe 1 : composition et organisation


L’organisation et la composition du tribunal militaire sont régies
par les articles 12 jusqu’à 37 de la loi 108-13 du 10 décembre 2014.
Ainsi, le tribunal militaire se compose de ce qui suit:

A-Des formations de jugements


Les formations de jugement au sein du tribunal militaire
comprennent les juges militaires et les conseillers des cours d’appel
civiles.
Concernant les conseillers de la cour d’appel, l’article 14 de
la loi 108-13 précise que la chambre correctionnelle militaire de
première instance se compose d’un conseiller de la cour d’appel en
qualité de président et de deux membres, tous les deux ou l’un d’eux
magistrat militaire ou assesseur militaire.
Aussi, la chambre correctionnelle d’appel se compose d’un
conseiller président de la chambre à la cour d’appel et de deux
membres dont l’un est conseiller à la cour d’appel et l’autre est un
magistrat militaire ou assesseur militaire.
Par ailleurs, la chambre criminelle militaire de première instance
se compose d’un conseiller à la cour d’appel en qualité de président
et de eux membres, l’un est conseiller à la cour d’appel et l’autre est
magistrat militaire ou assesseur militaire. Quant à la chambre
criminelle d’appel, elle est présidée par un conseiller président de la
chambre à la cour d’appel et elle se compose de quatre membres
dont deux conseillers à la cour d’appel et les deux autres l’un d’eux
ou tus les deux, magistrat militaire ou assesseur militaire.
Par ailleurs, la présidence des formations de jugement au tribunal
militaire est confiée, selon l’article 15 de la loi 108-13, à :
*un conseiller de la cour d’appel pour le jugement des militaires et
assimilés jusqu’au grade de lieutenant-colonel, en ce qui concerne les
délits et es contraventions en première instance ;
*un conseiller président de chambre à la cour d’appel pour le
jugement des militaires et assimilés jusqu’au grade de
lieutenant-colonel, en ce qui concerne les délits et les contraventions
en appel et les crimes en première instance et en appel ;
*un conseiller président de chambre à la cour d’appel pour le
jugement des militaires et assimilés ayant le grade de colonel, de
colonel major et de général en première instance et en appel dans
toutes les infractions.
Aussi, il convient de signaler que la loi 108-13 a consacré plusieurs
dispositions aux magistrats et conseillers militaires de l’article 14
jusqu’à 22. De même que les présidents et les membres des
formations de jugement au sein du tribunal militaire relevant des
cours d’appel sont désignés au début de chaque année judiciaire par
le conseil supérieur du pouvoir judiciaire (l’article 25 de la loi 108-13).

B- Le ministère public représenté par le procureur général du Roi


Le ministère public auprès du tribunal militaire est régi par les
articles 26 et 27 de la loi 108-13. Ainsi, aux termes de l’article 26 de
ladite loi « le ministère public est représenté, devant la chambre
criminelle militaire de première instance, la chambre correctionnelle
militaire d’appel, la chambre criminelle militaire d’appel, et la
chambre correctionnelle militaire par le procureur général du Roi
près le tribunal militaire en personne en sa qualité du chef du
ministère public ou par l’un de ses substituts.
Par ailleurs, le procureur général du Roi et ses substituts sont
nommés par Sa Majesté le Roi, chef suprême et chef d’Etat-major
général des forces armées royales, parmi les magistrats militaires
(l’article 26 de la loi 108-13).

C- Un juge d’instruction militaire


Selon l’article 28 de la loi 108-13, le juge d’instruction assure
l’instruction préparatoire. Il s’agit d’un magistrat militaire ayant au
moins le grade de commandant à moins qu’il s’agisse du cas où
l’accusé ait le grade d’un colonne-major ou d’un général, le juge
d’instruction doit avoir au moins le grade de l’accusé à défaut de
quoi, la fonction du juge d’instruction est assurée par deux officiers
ayant au moins le grade de l’accusé. Ceux-ci sont désignés par Sa
Majesté le Roi, chef suprême de l’Etat-major général des forces
armées royales, et sont assistés d’un membre du ministère public ou
de l’un des juges d’instruction militaire.
Et à l’instar du procureur général du Roi et de ses substituts et du
procureur du Roi et ses substituts dont nommés par Sa Majesté le Roi
chef suprême chef suprême de l’Etat-major général des forces
armées royales parmi les magistrats militaires.

D- Un secrétariat greffe
Le secrétariat greffe près le tribunal militaire est régi par les
articles 30-31 de la loi 108-13. Dans ce cadre, l’article 31 dispose
« les fonctions du greffe du tribunal militaire sont assurées, sous la
supervision du chef du greffe et du secrétariat du ministère public,
par des officiers et des sous-officiers en qualité de greffier et de
commis greffiers.
Les officiers et les sous-officiers sont mis à la disposition du greffe
et du secrétariat du ministère public pour l’exécution des formalités
qui leurs sont dévolues ». Ainsi, les officiers et les sous-officiers en
qualité de greffier et de commis greffiers sont chargés de la
notification auprès des tribunaux militaires (l’article 30 de la loi 108-
13).

Paragraphe 2 : la procédure
La procédure adoptée auprès du tribunal militaire est déterminée
par les articles 38 à 114 de la loi 108-13. En fait, la procédure devant
ce tribunal commence par le déclenchement et l’exercice de l’action
publique par le procureur général du Roi près le tribunal militaire en
ce qui concerne les infractions relevant de sa compétence, en
passant par la phase d’instruction avant la tenue des audiences et le
prononcé des jugements.
Ainsi, selon l’alinéa 3 de l’article 87 « les séances sont publiques,
sous peine de nullité, néanmoins si cette publicité parait dangereuse
pour la sécurité et pour les mœurs, le tribunal ordonne que
l’audience ait lieu à huis clos. Dans tous les cas, le jugement est
prononcé publiquement ».
Certes, la procédure près le tribunal militaire se dote de certaines
particularités, tel est le cas de l’article 94 de la loi 108-13 qui dispose
«le président de l’audience fait lire par le greffier la décision ayant
prononcé le renvoi de l’accusé devant le tribunal militaire et les
documents dont il lui parfait nécessaire de donner connaissance au
tribunal. Il rappelle à l’accusé l’infraction pour laquelle il est poursuivi
et l’avise que la loi lui donne le droit de dire tout ce qui est utile à sa
défense».
En outre, l’article 95 de la même loi dispose que « le greffier
procède à la lecture de la liste des témoins qui devront être
entendus, soit à la requête du ministère public, soit à celle de
l’accusé, de la partie civile ou de leur défense ».
Dans le même sens, l’article 112 de la loi précitée précise que
« après le prononcé du jugement par le président de la formation et
son retrait des lieux avec les membres, le greffier donne lecture du
dispositif du jugement à l’accusé en présence du ministère public et
devant la garde rassemblée sous les armes et il l’informe des délais
que lui accorde la loi pour former un recours ».
Aussi, il convient de signaler que le tribunal militaire statue en
formation collégiale en se composant de magistrats civils et
militaires. Il ne peut statuer en présence d’un juge unique vue
l’ampleur des affaires qui lui sont déférées.

Paragraphe 3 : compétence
La compétence du tribunal militaire est prévue par les articles 3 à
10 de la loi 108-13. Désormais, il est incompétent à l’égard :
* des infractions de droit commun commises par les militaires et
assimilés entant qu’auteurs, coauteurs ou complices ;
* les infractions commises par les officiers, les sous-officiers et les
gendarmes de la gendarmerie royale dans l’exercice de leurs
fonctions dans le cadre de la police judiciaire ou dans le cadre de la
police administrative.
*De même qu’il est incompétent à l’égard des faits imputés à des
mineurs âgés de moins de huit ans au moment des faits ;
* en outre, il est incompétent à l’égard des faits imputés aux
personnes civiles travaillant au service des forces armées royales.
Par ailleurs, selon l’article 3 de la loi 108-13 le tribunal militaire se
trouve compétent pour connaitre les infractions suivantes :
*les infractions militaires prévues par le livre six de la présente loi,
commises par des militaires et personnes assimilées aux militaires
par des textes particuliers lorsqu’ils sont en activité de service
*les infractions commises par les prisonniers de guerre quelle que
soit leur qualité ;
*les infractions commises en temps de guerre contre les institutions
de l’Etat ou commises contre la sécurité des personnes ou des biens
si elles sont perpétrées au profit de l’ennemi ou si elles affectent les
forces armées et les infractions de préparation visant, par les armes,
à changer le régime ou à occuper une partie du territoire national
ainsi que les infractions commises contre les systèmes d’information
et de communication, les applications électroniques et les sites
cybernétiques relevant de la défense nationale.
Par ailleurs, il convient de signaler que l’article 8 de la loi 108-13
précise que le tribunal militaire peut renvoyer l’affaire devant le
tribunal ordinaire lorsqu’il constate que l’affaire dont il est saisi a un
lien avec une autre affaire examinée par l’un des tribunaux ordinaires
et qui ne peut en être associée.
En outre, lorsque dans une infraction un civil est complice ou
coauteur d’un militaire ou une personne assimilée, l’affaire doit être
dissociée, c’est-à-dire que le civil est renvoyé devant le tribunal
ordinaire qui pourra surseoir à statuer jusqu’à ce que le tribunal
militaire se prononce sur la dite affaire.
Partie 3 : le personnel des juridictions
Le fonctionnement des juridictions formant l’ordre judiciaire
nécessite l’existence d’un personnel spécialisé qualifié d’assister les
juges du siège et du parquet, il s’agit dans ce cadre du secrétariat
greffe qui est affèrent au juge de fond, et le secrétariat du parquet
qui représente le greffe lié au ministère public.
En plus du personnel des juridictions, la réalisation d’une bonne
justice nécessite l’existence des auxiliaires de justice.

Chapitre 1 : les magistrats


Aux termes de l’article 3 de la loi n°106-13portant statut des
magistrats « le corps de la magistrature du royaume, soumis au
présent statut, est constitué d’un corps unique comprenant les
magistrats du siège et les magistrats du parquet nommés prés les
juridictions de premier degré, les cours d’appel et la cour de
cassation ».
En effet, les magistrats forment un corps unique soumis à un
régime définit, actuellement, par le dahir n° 1-16-41 du 14 joumada II
1437 (24mars2016) portant promulgation de la loi 106-13 portant
statut des magistrats. A cet effet, les magistrats obéissent à des
règles communes quant à leur recrutement, nomination et de leur
statut juridique. Toutefois, leurs fonctions varient selon qu’il s’agit
des magistrats du siège ou du parquet.

Section 1 : Les règles communes aux magistrats


Les magistrats sont soumis à des règles communes quant à leur
recrutement et leur nomination dans le but de réaliser une justice de
qualité. En outre, leur statut prévoit d’autres règles régissant leurs
obligations et leur responsabilité envers la justice qu’ils rendent.
Paragraphe 1 : Les règles de nomination et de recrutement
L’accès à la magistrature peut s’effectuer par deux voies
différentes, soit en vertu de la nomination par voie ordinaire
consistant à nommer les magistrats parmi les attachés de justice, soit
par voie exceptionnelle qui consiste à la nomination directement de
certaines catégories de personnes.

A-La nomination par voie ordinaire


Selon l’article 8 de la loi 106-13 « sont nommés magistrats dans le
corps de la magistrature les attachés de justice ayant réussi
l’examen de fin de formation dans l’établissement de formation des
magistrats conformément à la législation et à la règlementation en
vigueur ».Il convient de signaler que le titre d’ « attachés de justice »
désigne les juges stagiaires.
Aussi, l’article 9 de la même loi ajoute que « peuvent être
nommés magistrats dans le corps de la magistrature, après avoir
satisfait aux épreuves d’un concours, les candidats appartenant à
certaines catégories de professionnels et de fonctionnaires, ne
dépassant pas cinquante-cinq (55)ans au moment de la
présentation de la demande, et ayant exercé leurs professions ou
leurs fonctions de manière effective pendant une période de dix
(10) années au moins ».
Partant, sont nommés des magistrats parmi les attachés de justice
ayant réussi l’examen de fin de formation dans l’établissement de
formation des magistrats et ayant satisfait aux conditions imposées
par la loi régissant la magistrature.
Ensuite, les candidats admis au concours doivent effectuer un
stage de deux années au moins qui comporte un cycle d’étude et de
travaux pratiques à l’institut supérieur de la magistrature d’une
année et un stage d’une année accompli dans les cours d’appel et les
tribunaux de première instance. Enfin, le stage est sanctionné d’un
examen. D’ailleurs, la réussite à l’examen de fin de formation
donnera lieu à la nomination par dahir en la qualité de magistrats du
siège ou du parquet, sur proposition du conseil supérieur du pouvoir
judiciaire. Après sa nomination, le magistrat s’engage selon l’article 8
de la loi 106-13, à accomplir au moins huit (8) années de service
effectif au sein du corps de la magistrature.

B- nomination par vie exceptionnelle


En revanche sont dispensés du concours d’accès au corps de la
magistrature selon l’article 10 de la loi précitée certaines catégories
de professionnels et de fonctionnaires, à savoir :
*les enseignants chercheurs ayant exercé la profession
d’enseignement universitaire dans l’une des branches du droit
pendant une période de dix(10) ans au moins ;
* les avocats ayant exercé leur profession de manière effective
pendant une période de dix(10) ans au moins ;
* les fonctionnaires du greffe appartenant au moins à un grade classé
à l’échelle n°11 ayant exercé effectivement les fonctions de greffier
pendant une période de dix(10) années au moins ;
*les fonctionnaires des administrations appartenant au moins à un
grade classé à l’échelle n°11 ayant au moins dix (10) années de
service public effectif dans le domaine des affaires juridiques.
Dans tous les cas, l’accès au corps de la magistrature exige que
tout candidat doive répondre aux conditions suivantes telles que
précisé par l’article 7 de la loi susmentionnée, à savoir :
*être de nationalité marocaine ;
*jouir de ses droits civiques et être de bonne moralité ;
* ne pas être condamné en justice ou à une sanction disciplinaire
pour avoir commis des actes contraires à l’honneur, à la probité, aux
bonnes mœurs même s’il a fait objet d’une réhabilitation ;
*remplir les conditions d’aptitude physique exigées pour l’exercice
des fonctions judiciaire.
En plus, l’article 8 de la même loi ajoute d’autres conditions. Ainsi,
les candidats au concours des attachés de justice doivent ne pas
dépasser 45 ans d’âge au 1er janvier de l’année du concours et être
titulaire d’un diplôme universitaire dont la loi fixe la nature et la
durée nécessaire pour son obtention.
A ce niveau, il convient de préciser que le législateur impose l’âge
de 55 ans pour les catégories des candidats appartenant à certaines
catégories des professionnels et de fonctionnaires au moment de la
présentation de la demande el que précisé par l’article 9 de la loi 106-
13 portant statut des magistrats.

Paragraphe 2 : Le statut juridique des magistrats


Au niveau de l’exercice de leur fonction, les magistrats jouissent
de plusieurs droits mais en parallèle, ils supportent plusieurs
obligations dont l’irrespect peut engager leur responsabilité
professionnelle.

A- Droits et obligations des magistrats


Si le législateur assure plusieurs garanties aux magistrats au niveau
de l’exercice de leurs fonctions, il leur a imposé en contrepartie un
ensemble d’obligations qu’ils doivent respecter.

1) Les droits des magistrats


En général, les droits des magistrats se résument dans le droit à la
rémunération, le droit à l’avancement en plus du droit de la
protection de l’Etat.
Concernant le droit à la rémunération s’envisage dans le droit au
salaire de base, des prestations familiales et certaines primes ou
avantages institués pour les magistrats (l’article de 26 à 30 de la loi
106-13).
Quant au droit à l’avancement, il s’effectue de grade en grade et
d’échelon à échelon conformément aux dispositions de l’article 32 de
la loi 106-13 portant statut des magistrats. Ainsi, afin de bénéficier de
l’avancement, le magistrat doit figurer sur une liste d’aptitude à
l’avancement. En fait, l’avancement d’échelon en échelon dépend de
l’ancienneté et des notes obtenues par le magistrat.
En outre, l’indépendance des magistrats nécessite leur protection
contre toute menace, attaque, injure et diffamation qu’ils peuvent
subir à l’occasion de l’exercice de leur fonction (l’article 39 de la loi
106-13).
En sus de ces droits, d’autres garanties sont attribuées aux
magistrats au niveau de l’exercice de leurs fonctions, il s’agit de leur
inamovibilité conformément à l’article 8 de la constitution de 2011
et aussi de leur droit à la liberté d’expression toujours en
compatibilité avec leur devoir de réserve et l’éthique judiciaire.
Aussi, les magistrats peuvent adhérer à des associations
légalement créées et poursuivant des objectifs licites ou créer des
associations professionnelles. Dans ce cadre, l’article 38 de la loi 106-
13 précise que dans les deux cas les magistrats doivent tenir compte
du devoir de réserve et de la déontologie judiciaire et de veiller au
respect des devoirs d’impartialité et d’indépendance de la justice et
de préserver las qualités d’honorabilité conformément au principe
de la sauvegarde de l’intégrité et des coutumes de la magistrature.

2) Les obligations des magistrats


En contrepartie des droits dont ils bénéficient dans l’exercice de
leurs fonctions, le législateur leur impose un ensemble d’obligations
qui s’envisagent essentiellement dans :
*l’obligation de prêter serment avant d’entrer en fonction.
*l’obligation de résider dans le ressort de la juridiction où ils
travaillent. Cependant des dérogations à caractère individuel et
provisoire peuvent être accordées.
*L’obligation de déclarer par écrit, dans les trois mois qui suivent sa
nomination, les biens immobiliers et les valeurs immobilières qu’il
possède. Aussi, il doit déclarer les biens appartenant à son conjoint et
à ses enfants mineurs.
*L’obligation de bonne conduite et l’obligation d’observer réserve et
dignité.
*L’obligation de statuer sur les affaires qui leurs sont déférées dans
un délai raisonnable sous réserve des délais fixés par des textes
particuliers.
*L’obligation des magistrats de veiller à leur indépendance. A cet
égard, le juge doit saisir le conseil supérieur du pouvoir judiciaire à
chaque fois qu’il estime que son indépendance est menacée.
*Aussi, les magistrats sont tenus au secret professionnel et ne
peuvent communiquer ni copie ni extrait de documents ni
renseignements concernant les dossiers que dans les cas prévus par
la loi.
*Il est interdit aux magistrats d’exercer en dehors de leurs fonctions
même à titre occasionnel une activité rémunérée ou non de quelque
nature que ce soit, hormis le cas de la production d’une œuvre
littéraire, scientifique ou artistique. Dans ce cadre, l’article 47 de la
loi 106-13 précise que « les auteurs ne peuvent mentionner leur
qualité de magistrat que sur autorisation du président délégué du
conseil ».
*En outre, les magistrats ne peuvent ni constituer ni faire partie de
syndicats professionnels ou de partis politiques.
* Il est interdit aux magistrats de mener toute action individuelle ou
collective de nature à arrêter ou à entraver la tenue des audiences ou
le fonctionnement normal des juridictions.
*Il est interdit au magistrat d’émettre son avis sur une affaire
soumise à la justice.

B- La responsabilité des magistrats


La responsabilité civile des magistrats est traitée par les articles
391 à 401 du code de procédure civile. En vertu de ces articles les
magistrats sont soumis à un régime particulier s’envisageant dans
« la prise à partie ». Il s’agit d’une procédure par laquelle un plaideur
demande la condamnation d’un magistrat à des dommages-intérêts
selon des conditions précises.
Ainsi, les magistrats peuvent être pris à partie selon l’article 391
du code de procédure civile, en cas de dol, fraude, concussion, ou
encore lorsque la prise à partie est prévue expressément par une
disposition législative qui déclare les juges responsables à peine de
dommages-intérêts.
En plus il y a prise à partie en cas de déni de justice suite au refus
d'un magistrat à statuer sur les requêtes qui lui ont été déférées ou
encore s’il néglige de juger les affaires en état et dont le tour d’être
appelées à l’audience est arrivé. En effet, la prise à partie est portée
devant la cour de cassation.

C – Le régime disciplinaire
Aux termes de l’article 96 de la loi 106-13 portant statut des
magistrats « tout manquement par un magistrat à ses devoirs
professionnels, à l’honneur, à l’honorabilité ou à la dignité constitue
une faute susceptible de faire l’objet d’une sanction disciplinaire ».
En effet, l’existence d’un manquement d’un magistrat à ses devoirs
donne lieu à des sanctions disciplinaires précisées par l’article 99 de
la loi précitée. Elles s’envisagent:
*En premier lieu dans des sanctions de premier degré, à savoir :
l’avertissement, le blâme, le retard dans l’avancement d’échelon, à
un échelon supérieur pendant une durée maximale de deux(2) ans, la
radiation de la liste d’aptitude pendant une durée maximale de deux
(2) ans. Ces sanctions peuvent être assorties d’une mutation d’office.
*En second lieu des sanctions de deuxième degré qui s’envisagent
dans l’exclusion temporaire des fonctions, privative de toute
rémunération à l’exception des allocations familiales pendant une
période ne pouvant dépasser six (6) mois, la rétrogradation d’un
grade. Aussi, l’article 99 de la loi 106-13 précise que ces deux
sanctions sont assorties d’une mutation d’office.
*En troisième lieu, dans des sanctions de troisième degré se
manifestant dans la mise à la retraite d’office ou la cessation des
fonctions lorsque le magistrat n’a pas droit à une pension de retraite
d’une part et la révocation d’autre part.
Par ailleurs, il convient de noter que la compétence de statuer sur
les manquements susceptibles d’être imputés au magistrat revient au
conseil supérieur du pouvoir judiciaire suivant une procédure
déterminée par les articles de 85 à 102 de la loi 100-13 relative au
conseil supérieur du pouvoir judiciaire promulguée par le dahir n°1-
16-40 du 14 joumada II 1437 (24mars2016).
Ainsi, selon l’article 90 de la loi susmentionnée « le conseil décide
après avoir pris connaissance du rapport du magistrat rapporteur, le
classement de l’affaire ou le déferment du magistrat concerné
devant le conseil, lorsqu’il constate que les faits qui lui sont
imputés sont sérieux ».

Chapitre 2 : Les greffiers


Le fonctionnement du service de la justice ne se contente pas
seulement de l’existence des magistrats mais encore suppose
l’existence d’un personnel spécialisé qui assiste les magistrats que ce
soit les magistrats de siège ou les magistrats du parquet, d’où la
distinction entre le secrétariat greffe et le secrétariat du parquet.
En outre, les greffiers ont pour essentiel d’assister les magistrats
dans tous leurs actes. A ce titre, leur rôle est prépondérant car ils
assurent plusieurs taches sans lesquelles le service de la justice serait
défaillant qu’il est possible de citer à titre d’exemple tel que la
réception des requêtes ou les déclarations et les taxes judiciaires, de
délivrer les expéditions de décision de la justice, d’exécuter ces
décisions, de tenir les registres d’audience.
Partant, les greffiers supportent des charges très lourdes ; or vue
l’existence de diverses difficultés en matière de notification le
législateur a estimé utile la création d’un corps d’huissiers de justice
qu’il s’avère important de traiter en plus d’autres catégories
d’auxiliaires de justice tels que les experts, les avocats etc.

Chapitre 3 : Les auxiliaires de justice


Les auxiliaires de justice sont les personnes qui facilitent le
fonctionnement du service de la justice. En effet, ils assistent les
juges et les justiciables. Le présent cours se limitera à l’étude des
auxiliaires de justice et des avocats.

Section 1 : Les huissiers de justice


Vu son importance au niveau du fonctionnement du service de la
justice, le corps des huissiers de justice a été règlementé par le dahir
n°1-80—440 du 25 décembre 1980 portant promulgation de la loi 41-
80, modifié et complété par le dahir portant loi n°1-93-138 du
10septembre1993. Actuellement, les huissiers de justice sont régis
par le dahir n°1-06-23 du 14 fevrier2006 portant promulgation de la
loi 81-03 portant organisation de la profession d’huissier de justice.
Le décret d’application de cette loi n’a été adopté qu’en 2008 (décret
n°2-08-372 du 28octobre 2008).
Selon l’article premier de la loi 81-03 « l’huissier de justice est un
auxiliaire de justice qui exerce une profession libérale ».
Ainsi, l’article 15 de la même loi a déterminé les compétences de
l’huissier de justice qui lui a attribué compétence de procéder aux :
*notification et procédure d’exécution des ordonnances, jugements
et arrêts ainsi que tous les actes et titres ayant force exécutoire à
charge d’en référer à a justice en cas de difficultés.
*remettre les convocations en justice, dans les conditions prévues
par le code de procédure civile et autres dispositions législatives
particulières.
*délivrer les citations à comparaitre prévues par le code de
procédure pénale.
*recouvrement de toutes les sommes objet de la condamnation ou
les sommes dues en vertu d’un acte exécutoire et le cas échéant, aux
ventes aux enchères publiques des effets mobiliers corporels.
*la notification des mises en demeure à la demande de l’intéressé
directement sauf si la loi prévoit des modalités différentes de la
notification.
Aussi, l’huissier de justice peut être commis par la justice pour
effectuer des constatations purement matérielles exclusives de tous
avis, comme il peut procéder à des constatations de même nature
directement à la requête de l’intéressé.
En outre, l’huissier de justice peut se faire suppléer, sous sa
responsabilité, par un ou plusieurs clercs assermentés pour procéder
uniquement aux notifications.
Par ailleurs, plusieurs conditions d’exercice de la profession
d’huissier de justice sont déterminées par l’article 4 de la loi81-03, tel
que la nationalité marocaine, l’âge de 25 ans révolus, ne pas dépasser
l’âge de 45 ans, être titulaire d’une licence en droit ou d’un diplôme
reconnu équivalent en licence en chariaa islamique etc, et bien
évidemment, avoir été admis au concours d’huissiers de justice et
d’effectuer une formation et réussir l’examen de fin de formation.
Aussi, il convient de noter que la profession d’huissier de justice
est selon l’article 3 de la loi précitée, incompatible avec toute
fonction ou charge publique, avec toute activité commerciale ou
industrielle ou réputée telle par la loi, ainsi qu’avec la profession
d’avocat, de notaire, d’adel, d’expert, de traducteur, d’agent
d’affaires, de courtier ou de conseiller juridique ou fiscal et avec tout
emploi rémunéré qui n’entre pas dans ses missions à l’exception des
activités scientifiques.
Enfin, il est à signaler que les huissiers de justice sont rémunérés
selon un tarif fixé par voie règlementaire pour chaque acte.

Section 2 : Les avocats

Les avocats exercent une profession libérale qui exige l’existence


des conditions d’aptitude et d’honorabilité. Ainsi pour exercer la
profession l’avocat doit être inscrit à un barreau. En outre, les
avocats constituent un ordre ayant à sa tête un bâtonnier et
administré par un conseil d’ordre qui est en outre une juridiction
disciplinaire.

Le rôle des avocats se concrétise dans la représentation des


parties. Ils les assistent et plaident devant toutes les juridictions sans
limitation territoriale.

En plus, ils consultent et rédigent pour autrui des actes juridiques.


D’ailleurs, ils partagent cette fonction avec d’autres professionnels de
droit tel que les notaires et les adouls.

Par ailleurs, ils sont tenus au secret professionnel, qui en cas de


violation ils s’exposent à des sanctions disciplinaires et même à des
sanctions pénales.

En outre, les avocats reçoivent des honoraires en contrepartie de


leurs services.