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Analyse 3

AMAL Youssef

2017-2018

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 1 / 88


Programme du cours

1 Topologie dans Rn
2 Fonction de Plusieurs Variables
3 Calcul Différentiel
4 Calcul d’Intégrales Multiples
5 Calcul d’Intégrales Curvilignes
Références :
Mathématiques 3, par E. AZOULAY
Mathématiques, par Francine Delmer
Site web : www.bibmath.net, exo7.emath.fr
Note du Module : CC 1 (50%) + CC 2 (50%).

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Norme

Définition 1.1
Soit E un K-espace vectoriel, où K ∈ {R, C} . Une application N : E → R est
appelée norme, notée encore par k . k, s.s.i. les trois propriétés sont vérifiées :
N (x) = 0 =⇒ x = 0, pour x ∈ E.
Soit α ∈ K, N (αx) = |α|N (x).
∀(x, y) ∈ E 2 , N (x + y) ≤ N (x) + N (y).
Un espace vectoriel muni d’une norme est appelé espace vectoriel normé.

Remarque 1.2
Soit N une norme définie sur l’e.v. E. Montrer que N (x) ≥ 0 pour tout
x ∈ E.

Exercice 1.3
Montrer que les applications suivantes N1 , N2 , N∞ définies sur l’espace
vectoriel réel Rn par : qP
N1 (x1 , ..., xn ) = ni=1 |xi |, N2 (x1 , ..., xn ) = n 2
P
i=1 xi ,
N∞ (x1 , ..., xn ) = max{|xi | | 1 ≤ i ≤ n} sont des normes.

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Norme

Définition 1.4
Soit E un K-espace vectoriel. Deux normes N1 et N2 sur E sont dites
équivalentes s.s.i. ∃α, β > 0 telle que
∀x ∈ E, αN1 (x) ≤ N2 (x) ≤ βN1 (x).

Exemple 1.5
Les normes N1 , N2 et N∞ définies sur l’espace vectoriel réel Rn
sont équivalentes,

A vérifier que : N∞ ≤ N1 ≤ nN∞ et N∞ ≤ N2 ≤ nN∞ .

Exercice 1.6
Les normes N1 , N2 et N∞ définies sur l’espace R[X] des
polynômes à coefficients réels q
et à degré quelconque par :
2
P P
N1 (P ) = i∈N |ai |, N2 (P ) = i∈N ai , N∞ (P ) = sup |ai | avec
i∈N
P = ni=0 ai X i et n ∈ N , ne sont pas équivalentes
P

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Parties Ouvertes, Parties Fermées

Définition 1.7
Soit (E, N ) un espace vectoriel normé, a ∈ E et r ∈]0, +∞[.
La boule ouverte de centre a et de rayon r est :
B(a, r) = {x ∈ E|N (x − a) < r}.
La boule fermée de centre a et de rayon r est :
BF (a, r) = {x ∈ E|N (x − a) ≤ r}

Exemple 1.8
1 Dans l’e.v. (R, |.|), on a : B(a, r) =]a − r, a + r[ et
BF (a, r) = [a − r, a + r].
2 Dans R2 , on a : B1,F (O, 1) ⊂ B2,F (O, 1) ⊂ B∞,F (O, 1)

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Parties Ouvertes, Parties Fermées

Définition 1.9
Un ensemble A d’un e.v.n E est appelé ouvert si, ∀a ∈ A, ∃r > 0 tq
B(a, r) ⊂ A. L’ensemble des ouverts de E est noté par O.

Exemple 1.10
1 Dans l’e.v.n E, ∅ et E sont des ouverts de E.
2 Soit a, b deux réels tels que a < b. L’intervalle ]a, b[ est un ouvert
dans R.
3 Dans l’e.v.n E, une boule ouverte est un ouvert.

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Parties Ouvertes, Parties Fermées

Définition 1.11
Un ensemble A d’un e.v.n E est appelé fermé si son complémentaire
Ac est ouvert. L’ensemble des fermés de E est noté par F.

Exemple 1.12
1 Dans l’e.v.n E, ∅ et E sont des fermés de E.
2 Soit a, b deux réels tels que a < b. L’intervalle [a, b] est un fermé
dans R.
3 Dans l’e.v.n E, une boule fermée est un fermé.

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Parties Ouvertes, Parties Fermées

Théorème 1.13
Deux normes équivalentes sur un e.v.n E définies mêmes parties ou-
vertes de E.

Théorème 1.14
Toutes les normes définies sur un espace vectoriel de dimension finie
sont équivalente.

Exemple 1.15
1 les normes de l’e.v Rn sont équivalentes.
2 Les normes de l’e.v R[X] ne sont pas forcément équivalentes.

Remarque 1.16
Si A est un ouvert pour une norme N1 de Rn alors A est aussi ouvert
pour tout autre norme N2 définie sur Rn .

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Parties Ouvertes, Parties Fermées

Propriété 1.17
Soit (E, N ) un espace vectoriel normé.
1 ∅ et E sont à la fois des ouverts et des fermés de E.
S
2 Si ∀i ∈ I, Ai ∈ O Alors Ai ∈ O.
i∈I
n
T
3 Si ∀i ∈ {1, ..., n}, Ai ∈ O Alors Ai ∈ O.
i=1
T
4 Si ∀i ∈ I, Bi ∈ F Alors Bi ∈ F.
i∈I
n
S
5 Si ∀i ∈ {1, ..., n}, Bi ∈ F Alors Bi ∈ F.
i=1

Exercice 1.18
Soit laTfamille des ouverts (An )n∈N∗ avec An =] − 1/n, 1/n[. Montrer
que An ∈/ O.
n∈N∗

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Intérieur, Adhérence d’un ensemble

Définition 1.19
Soit (E, k . k), un espace vectoriel normé, et a ∈ E. On dit que V est
un voisinage de a s’il existe r > 0 tel que B(a, r) ⊂ V . L’ensemble
des voisinages de a est noté par V(a).

Exemple 1.20
1 [0, 1] est un voisinage de 1/2.
2 BF (O, 1) ∈ V((−1/2, 0)), par contre BF (O, 1) ∈
/ V((0, 1)).
3 toute partie ouverte est voisinage de chacun de ses points

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Intérieur, Adhérence d’un ensemble

Définition 1.21
Soit (E, k . k), un espace vectoriel normé, A un ensemble de E et
a ∈ E. On dit que a est intérieur à A ssi A est voisinage de a :
∃r > 0 tel que B(a, r) ⊂ A. L’ensemble des points intérieurs à A est
appelé l’intérieur de A est noté par Å ou int(A).

Exemple 1.22
1 int([0, 1[) =]0, 1[.
2 int(]0, 1[∪{2}) =?.

Propriété 1.23
Soit A, un sous-ensemble d’un espace vectoriel normé E.
1 Å est un ouvert.
2 Å est le plus grand ouvert inclus dans A.
3 A est ouvert si et seulement si A = Å.

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Intérieur, Adhérence d’un ensemble

Définition 1.24
Soit (E, k . k), un espace vectoriel normé, A un sous ensemble de E et
a ∈ E. On dit que a est adhérent à A ssi ∀r > 0 tel que
B(a, r) ∩ A 6= ∅. L’adhérence de A, notée Ā, est l’ensemble des
adhérents de A.

Exemple 1.25
1 [0, 1[ = [0, 1].
2 ]0, 1[∪{2} =?.

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Intérieur, Adhérence d’un ensemble

Proposition 1.26
Soit
c A, un sous-ensemble d’un espace vectoriel normé E. Alors
A = (A ˚c ).

Propriété 1.27
Soit A, un sous-ensemble d’un espace vectoriel normé E.
1 A est un fermé.
2 A est le plus petit fermé contenant A.
3 A est fermé si et seulement si A = A.

Exercice : Soit (E, k . k), un espace vectoriel normé, et a ∈ E. Soit


r > 0. Alors :
1 B(a, r) = BF (a, r).
2 ˚ r) = B(a, r).
BF (a,

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Intérieur, Adhérence d’un ensemble

Définition 1.28
Soit (E, k . k), un espace vectoriel normé, A un sous ensemble de E.
On appelle frontière de A et on note F r(A), l’ensemble A \ Å.

Exemple 1.29
1 F r([0, 1[∪{2}) = {0, 1, 2}.
2 BF (O, 1) \ B(O, 1/2)

Propriété 1.30
F r(A) est une partie fermée de E.

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Partie Compacte de Rn

Définition 1.31
Une partie A de Rn est une partie bornée de Rn si : ∃r > 0, ∀x ∈ A
on a k x k≤ r.

Exemple : Toute boule est bornée dans Rn .


Définition 1.32
On dit qu’une partie A de Rn est compacte de Rn si A est à la fois
fermée et bornée.
Exemple : [0, 1] × [−2, 0] est un compacte de R2 .

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Suites de Rn

Définition 1.33
On appelle suite à valeurs dans Rn toute application de {p0 , p0 + 1, ...} dans
Rn , une telle suite est dite définie à partir du rang p0 . On la note (Up )p≥p0 . Le
vecteur Up = (U1,p , ..., Un,p ) ∈ Rn est appelé terme générale de la suite.

Définition 1.34
Une suite (Up )p∈N dans Rn a pour limite le vecteur l ∈ Rn si :
∀ ε > 0 ∃N ∈ N tel que k Up − l k< ε
et on écrit lim Up = l.
p→+∞

Exercice :
Soit N1 et N2 deux normes définies sur Rn et soit (Up )p une suite dans Rn et
l ∈ Rn tels que lim N1 (Up − l) = 0. Montrer qu’on a aussi :
p→+∞
lim N2 (Up − l) = 0.
p→+∞
Exemple :
1 La suite de terme générale Up = (1/p, −1) converge vers l =? dans R2 .
2 La suite de terme générale Up = (0, p) définie dans R2 ...? .

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Suites de Rn

Propriété 1.35
Soient (Up )p , (Vp )p deux suites de Rn , (l, l0 ) ∈ Rn × Rn et α ∈ R.
1 Si lim Up = l alors l est unique.
p→+∞
2 Si lim Up = l alors pour toute suite extraite (Uφ(p) )p de (Up )p ( φ est une
p→+∞
application strictement croissante de N dans N ) on a lim Uφ(p) = l.
p→+∞
3 Si lim Up = l et lim Vp = l0 alors
p→+∞ p→+∞
lim Up + Vp = lim Up + lim Vp = l + l0 .
p→+∞ p→+∞ p→+∞
4 Si lim Up = l alors lim αUp = αl.
p→+∞ p→+∞
5 Si lim Up = l alors lim k Up k=k l k.
p→+∞ p→+∞
6 Si lim Up = l avec Up = (U1,p , ..., Un,p ) et l = (l1 , ..., ln ) alors lim Ui,p = li
p→+∞ p→+∞
∀i = 1, ..., n.

Exemple :
Calculer les limites suivantes :
1 lim (cos(1/n), arctan(n)).
n→+∞
log(n)/n, sin(n)/n, n2 exp(−n) .

2 lim
n→+∞

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Chapitre 1 : Topologie dans Rn Suites de Rn

Proposition 1.36
Une partie A de Rn est fermée s.s.i. ∀(Up )p ⊂ A telle que
lim Up = l alors l ∈ A.
p→+∞

Exercice :
Montrer que A = {(x, y) ∈ R2 | x2 + y > 1} n’est pas une partie fermée
de R2 .
Théorème 1.37 (Bolzano-Weierstrass)
Une partie A de Rn est compacte s.s.i. toute suite (Up )p , à valeurs
dans A, admet une sous-suite (Uφ(p) )p qui converge vers une limite
l ∈ A.
Exercice :
Soit K une partie compacte de R2 et soit X une partie fermée de R2
telles que K ∩ X = ∅. Montrer que la distance entre K et X est non
nulle :
il existe δ > 0 tel que k k − x k≥ δ pour tout (k, x) ∈ K × X.
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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Introduction

Fonction scalaire

Définition 2.1
Une fonction réelle, dite aussi fonction scalaire, de p variables réelles
est une application d’une partie D de Rp à valeurs dans R, notée par :

f : D ⊂ Rp −→ R
(x1 , ..., xp ) 7→ z = f (x1 , ..., xp )

où D est l’ensemble de définition de f , constitué de tout vecteur de


Rp dont l’image par f existe dans R.

Exemple :
La fonction
f : R2 −→ R p
(x, y) 7→ f (x, y) = 1 − x2 − y 2
est définie pour les valeurs de x et y telles que
x2 + y 2 ≤ 1. Dans un repère orthonormé, Df = BF (O, 1).
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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Introduction

Graphe

f : R2 → R
S = {(x, y, z) ∈ R3 | z = f (x, y)}.
S est le graphe de la fonction f .

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Introduction

Fonction vectorielle

Définition 2.2
Une fonction vectorielle de p variables réelles est une application d’une partie
D ⊂ Rp à valeurs dans Rq , noté par :

f : D ⊂ Rp −→ Rq
(x1 , ..., xp ) 7→ (f1 (x1 , ..., xp ), ..., fq (x1 , ..., xp ))

où D est l’ensemble de définition de f , constitué de tout vecteur de Rp dont


l’image par f existe dans Rq . Les fi sont appelées fonctions coordonnées de f .

Remarque : Le domaine de définition de la fonction vectorielle f est :


Df = ∩qi=1 Dfi .
Exemple :
Déterminer le domaine de définition de la fonction vectorielle suivante :
f : R2 −→ R3
p 1
(x, y) 7→ f (x, y) = ( 1 − x2 − y 2 , xy, )
x−y

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Introduction

Fonction partielle

Définition 2.3
Soit f : D ⊂ Rp −→ Rq . Soit a = (a1 , ..., ap ) ∈ D . Pour i = 1, ..., p, on
appelle i-ème fonction partielle de f en a définie sur le domaine
Di = {x ∈ R | (a1 , ..., ai−1 , x, ai+1 , ..., ap ) ∈ D} la fonction suivante :

fa,i : Di ⊂ R −→ Rq
x 7→ f (a0 , ..., ai−1 , x, ai+1 , ..., ap )

Exemple :
Donner les expressions de la 1-ère et de la 2-ème fonction partielle en
a = (1/2, 1) de la fonction suivante :

f : B2 (O, 2) −→ R p
(x, y) 7→ f (x, y) = 4 − x2 − y 2

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Notion de limite

Définition 2.4
Soit f une fonction de D ⊂ Rp dans Rq et l ∈ Rq . Soit a ∈ D. On dit
que lim f (x) = l si ∀ε > 0 ∃α > 0 tels que ∀x ∈ D et 0 <k x − a k< α
x→a
impliquent k f (x) − l k< ε.

Remarque :
1 La notion de limite ne dépend pas des normes utilisées.
2 La limite si elle existe est unique.

Proposition 2.5
Soit f une fonction de D ⊂ Rp dans Rq et l ∈ Rq . Soit a ∈ D. Alors
lim f (x) = l ssi ∀(xn )n ⊂ D \ {a} tel que lim xn = a implique
x→a n→+∞
lim f (xn ) = l
n→+∞

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Notion de limite

Exemple :
On considère la fonction suivante :
f : R2 \ {(0, 0)} → R
xy
(x, y) 7→ 2
x + y2
Étudier la limite de f en (0, 0) ?
Propriété 2.6
Soient f et g deux fonctions sur D ⊂ Rp à valeurs dans Rq telles que
lim f (x) = l1 et lim g(x) = l2 , alors
x→a x→a
1 Pour tout (α, β) ∈ R2 on a lim αf (x) + βg(x) = αl1 + βl2 .
x→a
2 lim < f (x), g(x) >=< l1 , l2 >.
x→a
3 Dans le cas où q = 1, si l1 6= 0 alors lim f (x)/g(x) = l1 /l2 .
x→a

Exemple :
(1 + x2 y 2 ) sin(y)
Calculer lim .
(x,y)→(0,0) y
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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Comparaison et limites

Théorème 2.7 (Théorème des Gendarmes)


Soit a ∈ Rp et soient f , g et h trois fonctions définies sur D ⊂ Rp à
valeurs dans R vérifiant les deux propriétés suivantes :
1 lim f (x) = lim g(x) = l
x→a x→a
2 Il existe α > 0 tel que pour tout x ∈ D, 0 <k x − a k< α on a
f (x) ≤ h(x) ≤ g(x). Alors lim h(x) = l.
x→a

Exemple :
1
Calculer lim x2 sin( ).
(x,y)→(0,0) x2 + y2

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Comparaison et limites

Proposition 2.8
Soient f : Df ⊂ Rn → Rp et g : Dg ⊂ Rm → Rn . Supposons que
g(Dg ) ⊂ Df , lim g(t) = b et que lim f (x) = l. Alors, lim f ◦ g(t) = l.
t→a x→b t→a

Exemple :
Calculer lim (x + y) ln(x + y).
(x,y)→(0,0)

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Changement des variables : Coordonnées Polaires

Définition 2.9
Chaque point P (x, y) du plan R2 peut être déterminée par les coordonnées polaires qui sont
−−→
la coordonnée radiale r =k OP k et la coordonné angulaire θ, suivant l’application suivante :

R∗+ × [0, 2π[→ R2 \ (0, 0)


(r, θ) 7→ (x, y) = (r cos(θ), r sin(θ)),

dont l’application réciproque est l’application suivante :

R2 \ (0, 0) → R∗+ × [0, 2π[


(x, y) 7→ (r, θ),


 arctan(y/x) si x > 0 et y ≥ 0,
arctan(y/x) + 2π si x > 0 et y < 0,


p 
où r = x2 + y 2 et θ est défini comme suit : θ = arctan(y/x) + π si x < 0,
π/2 si x = 0 et y > 0,




3π/2 si x = 0 et y < 0.

La condition sur les deux variables (x, y) → 0 devient une condition sur une seule
variable r → 0.
Si on étudie une limite quand (x, y) → (a, b), on ramène le problème en (0, 0) par
translation des variables, x = a + h,y = b + k avec (h, k) → (0, 0).
x3 x2 − y 2 x2 + y 2
Calculer les limites suivantes : lim 2 2
, lim 2 2
et lim .
(x,y)→(0,0) x + y (x,y)→(0,0) x + y (x,y)→(0,0) x
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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Continuité

Définition 2.10
Une fonction f : D ⊂ Rp → Rq est continue en a ∈ D ssi
lim f (x) = f (a).
x→a
On dit que f est continue sur D si elle est continue en tout point de
D.

Proposition 2.11
Une fonction f : D ⊂ Rp → Rq est continue en a ∈ D ssi pour toute
suite (xn )n ⊂ D telle que lim xn = a, on a lim f (xn ) = f (a).
n→+∞ x→a

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Continuité

Proposition 2.12
Soit f : D ⊂ Rp → Rq une fonction continue au point a = (a1 , ..., ap )
alors les p fonctions partielles fa,i de f sont continues en ai pour tout
i = 1, ..., p.
xy
Exemple : Soit f (x, y) = 2 , ∀(x, y) 6= (0, 0) et f (0, 0) = 0.
x + y2
1 Étudier la continuité des fonctions partielles fO,1 et fO,2 de la
fonction f au point (0, 0).
2 Que peut dire de la continuité de la fonction f au point (0, 0).

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Continuité

Propriété 2.13
Soient f et g deux fonctions définies sur D ⊂ Rp à valeurs dans Rq et
continues en a, alors :
1 Pour tout (α, β) ∈ R2 , la fonction αf + βg est continue en a.
2 de même < f, g > et k f k sont continues en a.
3 Dans le cas où q = 1, si g 6= 0 au voisinage de a alors la fonction
f /g est continue en a.
4 la composée de fonctions continues est continue.

Exemples : les fonctions suivantes sont continues :


1 p : Rp → R avec p (x , ..., x ) = x .
i i 1 p i
i
2 f : Rp → R avec f (x1 , ..., xp ) = axi11 xi22 ...xpp , a ∈ R et
i1 , ..., ip ∈ N.
3 les fonctions polynômes définis sur Rp .
4 les applications linéaires définies sur Rp dans Rq (même
lipschitzienne).
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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Continuité

Définition 2.14
Soit f : D ⊂ Rp → Rq . Soit a ∈ D \ D. Si f a une limite l lorsque x
tend vers a, on peut étendre le domaine de définition de f à D ∪ {a}
en posant f (a) = l. Et on dit que f est prolongeable par continuité au
point a.

Exemple : Pour quel paramètre α > 0 la fonction


xα y
f : (x, y) 7→ 2 est-elle prolongeable par continuité au point
x + y2
(0, 0) ?

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Applications : Ouverts-Fermés

Théorème 2.15
Soit f une fonction continue sur D ⊂ Rp à valeurs dans F ⊂ Rq . Les
propriétés suivantes sont équivalentes :
1 f est continue en tout point de D,
2 pour tout ouvert U de F , f −1 (U ) = {x ∈ D | f (x) ∈ U } est un
ouvert de D.
3 pour tout fermé V de F , f −1 (V ) est un fermé de D.

Exemple : Montrer que l’ensemble


A = {(x, y) ∈ R2 | y 2 = x(1 − 2x)} est fermé de R2 .

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Applications : Compacité

Théorème 2.16
Soit f une fonction continue sur D ⊂ Rp à valeurs dans Rq . Soit A
un compact de Rp tel que A ⊂ D. Alors f (A) est un compact de Rq .

Corollaire 2.17
Soit A un compact de Rp . Soit f une fonction continue sur A ⊂ Rp à
valeurs dans R. Alors f est bornée et atteint ses bornes sur A.

Exercice : Soit C = {(x, y) ∈ R2 ; x + y = 1, x ≥ 0, y ≥ 0}. et Soit


f : C → R+∗ une fonction continue. Démontrer que inf f (x) > 0.
x∈C

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Applications : Connexité

Définition 2.18
Soit A ⊂ Rn , avec n ≥ 1. Une séparation de A est une paire (O, O0 )
d’ouverts non vides de Rn tels que :
1 A ⊂ O ∪ O0
2 A ∩ O 6= ∅, A ∩ O0 6= ∅,
3 A ∩ O ∩ O0 = ∅.
Exemple :
Dans R, le paire (] − 1, 1[, ]1/2, 2[) est une séparation de
l’ensemble [0, 1/2[∪]1, 3/2].

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Applications : Connexité

Définition 2.19
Soit A ⊂ Rn , avec n ≥ 1. A est dit connexe si A n’admet aucune
séparation.

Exemple :
l’ensemble [0, 1/2[∪]1, 3/2] n’est pas un connexe.

Proposition 2.20
Dans R, tout ensemble est connexe si seulement s’il est un intervalle.

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Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Applications : Connexité

Définition 2.21
Soient x et y sont deux points de Rn , avec n ≥ 1, on appelle chemin
d’origine x et d’extrémité y toute application continue γ : [0, 1] → Rn
telle que γ(0) = x et γ(1) = y.

Définition 2.22
Une partie A de Rn est dite connexe par arcs si tout couple de points
de A est relié par un chemin restant dans A.

Définition 2.23
Soit A ⊂ Rn , avec n ≥ 1. A est dit convexe si pour tout a et b de A, le
segment [a, b] = {(1 − t)a + tb; t ∈ [0, 1]} est contenu dans A.

Exemple :
Dans Rn , toute partie convexe est connexe par arcs
Un cercle est un connexe par arcs.
AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 36 / 88
Chapitre 2 : Fonctions de Plusieurs Variables Applications : Connexité

Théorème 2.24
Soit p, q ∈ N∗ . Soit A une partie connexe (respectivement connexe par
arcs) de Rp . Soit f : A → Rq une application continue. Alors f (A) est
aussi connexe (respectivement connexe par arcs).

Corollaire 2.25
Si A ⊂ Rp , avec p ∈ N∗ , est connexe par arc alors A est connexe.

Exemple :
Tout ensemble convexe est connexe.
Définition 2.26
Une partie A de Rp est dite étoilée s’il existe a ∈ A tel que [a, x] ⊂ D
pour tout x ∈ A.

Exercice :
Toute partie convexe est une partie étoilé dans Rp . La réciproque
n’est pas en générale vraie.
A = ([0, 1] × [0, 1]) ∪ ([1, 2] × [0, 2]) est étolé mais non convexe.
AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 37 / 88
Chapitre 3 : Calcul Différentiel Dérivées Partielles

Définition 3.1
Soit f : D ∈ ORn → R. On dit que f admet en a = (a1 , ..., ai , .., an )
une i-ème dérivée partielle si la i-ème application partielle associée à f
∂f
au point a est dérivable en ai , on note cette dérivée par (a), et on
∂xi
écrit :
∂f fa,i (ai + h) − fa,i (ai )
(a) = lim
∂xi h→0 h
xy(x2 − y 2 )
Exemple : Soit f : R2 → R telle que f (x, y) = si
x2 + y 2
(x, y) 6= (0, 0) et f (x, y) = 0 si (x, y) = (0, 0).
∂f ∂f
Calculer (x, y) et (x, y) pour tout (x, y) ∈ R2 .
∂x ∂y

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 38 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Dérivées Partielles

Définition 3.2
Soit f : D ∈ ORn → R. On dit que f est de classe C 1 sur D si f admet
∂f ∂f
en tout point x ∈ D, n dérivées partielles , ..., continues sur
∂x1 ∂xn
D. L’ensemble des fonctions de classe C 1 sur D est noté : C 1 (D, R).
f est dite de C k (D, R), avec k ∈ N∗ , si f est de C k−1 (D, R) et
admettent des dérivées partielles d’ordre k sur D, notées par :
∂kf
avec α1 , ..., αn ∈ N tels que ni=1 αi = k, et qui sont
P
α α
∂ x1 ...∂ xn
1 n

continues pour tout αi .


xy
Exemple : Soit f : R2 → R telle que f (x, y) = 2 si
x + y2
(x, y) 6= (0, 0) et f (x, y) = 0 si (x, y) = (0, 0).
1 Montrer que f admet des dérivées partielles en (0, 0).
2 f est-elle de classe C 1 en (0, 0).

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 39 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Dérivées Partielles

Théorème 3.3 (Schwarz)


Soit f ∈ C 1 (D, R), avec D ∈ ORn , admettant des dérivées partielles
secondes sur D et i, j ∈ {1, ..., n}.
∂2f ∂2f
1 Si et sont continues en a ∈ D alors :
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
∂2f ∂2f
(a) = (a)
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
∂2f ∂2f
2 Si f ∈ C 2 (D, R) alors on a sur D : =
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
xy(x2 − y 2 )
Exemple : Soit f : R2 → R telle que f (x, y) = si
x2 + y 2
(x, y) 6= (0, 0) et f (x, y) = 0 si (x, y) = (0, 0).
∂2f ∂2f
1 Calculer (0, 0) et (0, 0).
∂x∂y ∂y∂x
2 Que peut-on déduire ?
AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 40 / 88
Chapitre 3 : Calcul Différentiel Fonctions différentiables

Définition 3.4
Soit f : D ∈ ORp → Rq . On dit que f est différentiable en un point a ∈ D s’il existe une
application linéaire l ∈ L(Rp , Rq ) telle que lim (f (a + h) − f (a) − l(h)) / k h k= 0
h→0p

Remarque :
lim (f (a + h) − f (a) − l(h)) / k h k= 0 ⇐⇒ ∃ε : h ∈ V(0p ) → Rq telle que
h→0p
lim ε(h) = 0q et f (a + h) = f (a) + l(h)+ k h k ε(h).
h→0p

Théorème 3.5
Soit f : D ∈ V(a) → Rq . Si f est différentiable en a alors l’application linéaire l
vérifiant F : f (a + h) = f (a) + l(h)+ k h k ε(h) avec lim ε(h) = 0q ,
h→0p
est unique.

Définition 3.6
Si f est différentiable en a, l’application linéaire unique l vérifiant la relation (F) est
appelée la différentielle de f en a et notée par dfa . Si f est différentiable en tout
point de D. On dit qu’elle est différentiable sur D.

Exemple : Soit f, g : R2 → R avec f (x, y) = xy et g(x, y) = x + y.


Montrer que les fonctions f et g sont différentiables sur R2 et donner leurs différentielles.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 41 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Fonctions différentiables

Théorème 3.7
Soient f et g deux fonctions différentiables en a ∈ D. Alors :
1 f est continue en a.
2 f + g est différentiable en a et d(f + g)a = dfa + dga .
3 αf est différentiable en a et d(αf )a = αdfa .

Exemple : Calculer la différentielle de la fonction suivante :


h(x, y) = x + xy + y.
Théorème 3.8
Soient a ∈ Rn et f : D ⊂ V(a) → R différentiable en a. Alors f admet
∂f
n dérivées partielles en a telles qu’on a : dfa (h) = ni=1
P
(a).hi .
∂xi

Remarque : La réciproque est fausse, par exemple : On considère la


xy
fonction f définie par f (x, y) = 2 si (x, y) 6= (0, 0) et
x + y2
f (x, y) = 0 si (x, y) = (0, 0).
AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 42 / 88
Chapitre 3 : Calcul Différentiel Fonctions différentiables

Théorème 3.9
Soient a ∈ Rn et f : D ⊂ V(a) → R. Si f est de C 1 sur D alors f est
∂f
différentiable en a et on a : dfa (h) = ni=1
P
(a).hi .
∂xi

Exemplep: Calculer la différentielle à l’origine de la fonction f définie par :


f (x, y) = 1 + x2 + y 2 .
Théorème 3.10
Soient a ∈ Rp et f : D ⊂ V(a) → Rq telle que f = (f1 , ..., fq ). Alors f est
différentiable en a s.s.i. fi est différentiable en a pourtout i = 1, ..., q, Dans
Pp ∂f1 
i=1 (a).hi
 ∂xi 
ce cas on écrit : dfa (h) = (d(f1 )a (h), ..., d(fq )a (h)) =  ... .
 
 P
p ∂fq 
i=1 (a).hi
∂xi

Exemple : Soit f : R2 → R2 avec f (x, y) = (x + y, xy).


Montrer que la fonctions f est différentiable sur R2 et donner sa différentielle.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 43 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Fonctions différentiables

Définition 3.11
Soient a ∈ Rp et f : D ⊂ V(a) → Rq telle que f = (f1 , ..., fq ). On appelle Matrice Jacobienne de
f en a, la matrice notée Jf (a) définie par :
 
∂f1 ∂f1
 ∂x1 (a) . . . (a)
 ∂xp 

Jf (a) = 
 .. .. .. 
 . . . 

 ∂fq ∂fq 
(a) . . . (a)
∂x1 ∂xp

On écrit ainsi : dfa (h) = Jf (a).h pour tout h ∈ Rp .

Proposition 3.12
Soient a ∈ Rp , f : Df ⊂ V(a) → Rn différentiable en a et g : Dg ⊂ V(f (a)) → Rq différentiable en
f (a), alors la composée g ◦ f est différentiable en a et

d(g ◦ f )a = dgf (a) ◦ dfa .

En termes de Jacobiennes, on écrit :

Jg◦f (a) = Jg (f (a)).Jf (a).

Exemple : Soit f une fonction définie sur R2 dans R telle que f (x, y) = f (y, x) et qu’elle est
∂f ∂f
différentiable sur R2 . Montrer que (x, y) = (y, x).
∂y ∂x

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 44 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Fonctions différentiables

Théorème 3.13
Soient x = x(u) et y = y(u) deux fonctions dérivables au point u et soit z = f (x, y) une
fonction différentiable au point (x, y), Alors z = f (x(u), y(u)) admet des dérivées
partielles de premier ordre au point u et on écrit :
dz ∂z dx ∂z dy
= + .
du ∂x du ∂y du

Théorème 3.14
Soient x = x(u, v) et y = y(u, v) deux fonctions admettant des dérivées partielles de
premier ordre au point (u, v) et soit z = f (x, y) une fonction différentiable au point
(x, y), Alors z(u, v) = f (x(u, v), y(u, v)) admet des dérivées partielles de premier ordre
au point (u, v) et on écrit :
∂z ∂z ∂x ∂z ∂y ∂z ∂z ∂x ∂z ∂y
= + et = +
∂u ∂x ∂u ∂y ∂u ∂v ∂x ∂v ∂y ∂v

Exercice :

1 On considère z = xy + y, x = cos(θ) et y = sin(θ).
dz
Calculer en θ = π/2.

2 On considère z = exp (xy), x = 2u + v et y = u/v.
∂z ∂z
Calculer et au point (1, −1).
∂u ∂v

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 45 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Fonctions différentiables

Définition 3.15
Pour une fonction à valeurs scalaires f : D ⊂ Rp → R dont les dérivées partielles existent, son
gradient, noté grad(f ) , est défini par :

grad(f ) : D ⊂ Rp → Rp 
∂f ∂f
x 7→ (x), ..., (x)
∂x1 ∂xp

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 46 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Fonctions différentiables

Définition 3.16
Soit f : D ⊂ Rp → R, a ∈ D et u un vecteur non nul de Rp . On dit que f a une dérivée
directionnelle, notée par Du f (a), au point a suivant la direction u si l’expression :
f (a + su) − f (a)
lim existe.
s→0 s

Proposition 3.17
Soit f : D ⊂ Rp → R différentiable en a ∈ D et u un vecteur non nul de Rp . Alors
Du f (a) = ∇f (a).u = dfa (u).

Remarques :
L’existence de la dérivée directionnelle de f en a suivant toutes les directions n’implique pas la
différentiabilité de f en a.
Donner un contre exemple.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 47 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Propriétés Géométriques

Définition 3.18
Soit f une fonction de D ⊂ R2 à valeurs réelles. On appelle courbe de
niveau de hauteur k l’ensemble : Lk (f ) = {(x, y)|f (x, y) = k}.

Soit (x, y) ∈ D. Si f (x, y) = k alors (x, y) ∈ Lk (f ).


AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 48 / 88
Chapitre 3 : Calcul Différentiel Propriétés Géométriques

Proposition 3.19
Soit f une fonction de D ⊂ R2 à valeurs réelles. Soit (x, y) ∈ D tel que f (x, y) = k.
Le vecteur gradient ∇f (x, y) est normal à la courbe Lk (f ) au point (x, y).

Le gradient indique la direction de plus grande pente positive sur une courbe
de niveau à partir d’un point donné.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 49 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Propriétés Géométriques

Définition 3.20
Soit f : D ⊂ R2 → R une fonction de classe C 1 sur D. L’équation du droite tangente
à la courbe de niveau Lk (f ) en un point (x0 , y0 ), tel que ∇f 6= 0, est donné par :
∂f ∂f
(x0 , y0 )(x − x0 ) + (x0 , y0 )(y − y0 ) = 0.
∂x ∂y

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 50 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Propriétés Géométriques

Définition 3.21
Soit P0 (x0 , y0 , f (x0 , y0 )) un point de la surface z = f (x, y). Si f est une
fonction différentiable au point (x0 , y0 ) alors la surface admet un plan
tangent au point P0 dont l’équation est la suivante :
∂f ∂f
z − f (x0 , y0 ) = (x0 , y0 )(x − x0 ) + (x0 , y0 )(y − y0 ).
∂x ∂y

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 51 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Recherche d’Extrémum

Définition 3.22
Soit f , une fonction définie sur une partie D de Rn et à valeur dans R.
1 On dit que la fonction f admet un maximum relatif en un point x0 de D lorsqu’il existe
un ouvert O ⊂ D telle que : f (x) ≤ f (x0 ), ∀x ∈ O \ {x0 }.
2 On dit que la fonction f admet un minimum relatif en un point x0 de D lorsqu’il existe
un ouvert O ⊂ D telle que : f (x) ≥ f (x0 ), ∀x ∈ O \ {x0 }.
3 On dit que la fonction f admet un maximum absolu en un point x0 de D lorsque :
∀x ∈ D, f (x) ≤ f (x0 ).
4 On dit que la fonction f admet un minimum absolu en un point x0 de D lorsque :
∀x ∈ D, f (x) ≥ f (x0 ).

Exemple : On définit la fonction f sur R2 par : f (x, y) = x2 + 4xy + 4y 2 . Déterminer le


minimum absolu de f sur R2 .
AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 52 / 88
Chapitre 3 : Calcul Différentiel Recherche d’Extrémum

Définition 3.23
Soit n ∈ N∗ , Ω un ouvert de Rn , a ∈ Ω et f une application de Ω dans
R. a est dite point critique de f , si une des conditions suivantes est
satisfaite :
Une ou plusieurs des dérivées partielles de f n’existent pas au
point a.
Dans le cas où toutes les dérivées partielles de f existent au point
a, on a ∇f (a) = 0.

Exemple : On considère la fonction f : R2 → R définie par la


relation : f (x, y) = x2 + y 4 .

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 53 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Recherche d’Extrémum

Définition 3.24
Un point critique a ∈ Rn est appelé point selle de f s’il existe deux
vecteurs v1 , v2 ∈ Rn tels que la fonction t 7→ f (a + tv1 ) admet un
maximum locale stricte en t = 0 et t 7→ f (a + tv2 ) admet un minimum
locale stricte en t = 0.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 54 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Recherche d’Extrémum

Théorème 3.25
Soit x0 = (x10 , ..., xn0 ) ∈ Rn et soit 0 < r. Soit f une fonction de classe
C 2 définie sur B(x0 , r) à valeur dans R. Alors le développement limité
de f à l’ordre 2 est donné par :
n n n
X ∂f 1 XX ∂2f
f (x0 + h) = f (x0 ) + hi (x0 ) + hi hj (x0 )
∂xi 2 ∂xi ∂xj
i=1 i=1 j=1
2
+ k h k ε(h),

∀ k h k< r, h = (h1 , ..., hn ), avec lim ε(h) = 0.


h→0

Exemple : On considère la fonction f : R2 → R définie par la


relation : f (x, y) = x2 + y 4 .

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 55 / 88


Chapitre 3 : Calcul Différentiel Recherche d’Extrémum

Définition 3.26
Soit n ∈ N∗ , Ω un ouvert de Rn et f une application de Ω dans R, de classe
C 2 . Soit a ∈ Ω. On appelle matrice hessienne de f en a la matrice à n lignes
∂2f
et n colonnes dont le terme à la i-ieme ligne et j-ieme colonne est (a).
∂xi ∂xj
On note Hf (a) cette matrice.

Remarque : La matrice hessienne est toujours symétrique.


Proposition 3.27
Soit n ∈ N∗ , Ω un ouvert de Rn et f une application de Ω dans R, de classe
C 2 . Soit a ∈ Ω.
1 (Condition nécessaire) On suppose que f atteint un minimum relatif
(respectivement, maximum relatif ) en a. On a alors ∇f (a) = 0 et
ht .Hf (a).h ≥ 0 pour tout h ∈ Rn (respectivement, ht .Hf (a).h ≤ 0 pour
tout h ∈ V(0)).
2 (Condition suffisante) On suppose que ∇f (a) = 0 et que ht .Hf (a).h > 0
pour tout h ∈ Rn , h 6= 0 (respectivement, ht .Hf (a).h < 0 pour tout
h ∈ V(0), h 6= 0). Alors, f atteint un minimum relatif en a
(respectivement, f atteint un maximum relatif en a).
AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 56 / 88
Chapitre 3 : Calcul Différentiel Recherche d’Extrémum

Théorème 3.28
Soit f une fonction de classe C 2 dans un voisinage de a. Hf (a) est
alors une matrice symétrique réelle dont les valeurs propres,
nécessairement réelles, sont ordonnées comme suit :
λ1 ≤ λ2 ≤ ... ≤ λn . On alors :
1 Si λi > 0 pour tout i ∈ 1, ..., n, f admet un minimum relatif en a.
2 Si λi < 0 pour tout i ∈ 1, ..., n, f admet un maximum relatif en a.
3 Si λ1 < 0 et λn > 0, alors f n’admet pas d’extremum relatif en a
(Dans R2 , ce point est appelé point selle).
4 S’il existe i ∈ 1, ..., n tel que λi = 0, on ne peut rien conclure
(voir TD).

Exemple : On considère la fonction f : R2 → R définie par la


relation : f (x, y) = x2 + 3y 2 .

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 57 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Rappel : Intégrale Simple

Définition 4.1
Pour toute fonction f définie sur l’intervalle [a,b], l’intégrale simple de f sur [a,b] est
définie par :
Z b Xn
f (x)dx = n lim f (ci )∆xi
a supi=1 (∆xi )→0
i=1

à condition que la limite existe et qu’elle est indépendante du choix du ci ∈ [xi−1 , xi ], pour
i=1,2,...,n. Dans ce cas, f est dite intégrable sur [a,b].

Surface approchée sur un sous-intervalle


Surface associée à l’intégrale simple. [xi−1 , xi ].

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 58 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale Double

Intégrale Double sur un rectangle

Définition 4.2
Pour toute fonction f (x, y) définie sur le rectangle R = {(x, y) ∈ R2 | a ≤ x ≤ b et c ≤ y ≤ d}, l’intégrale double de f
sur R est définie par :
Z Z Xn
f (x, y) dA = n lim f (ui , vi )∆Ai (⇒ n → +∞)
R supi=1 (∆Ai )→0
i=1

Pn est indépendante du choix du (ui , vi ) ∈ Ri , pour i=1,2,...,n. Dans ce cas, f


à condition que la limite existe et qu’elle
est dite intégrable sur R. La somme i=1 f (ui , vi )∆Ai est appelée somme de Riemann.

Approximation du volume par des parallélépipèdes.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 59 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale Double

Théorème 4.3 (Théorème de Fubini)


Soit f une fonction intégrable sur le rectangle R = {(x, y) ∈ R2 | a ≤ x ≤ b et c ≤ y ≤ d}. Alors l’intégrale double de f
sur R peut être exprimée comme suit :
Z Z Z b Z d Z d Z b
f (x, y) dA = f (x, y) dydx = f (x, y) dxdy.
R a c c a

Rb Rd Rd
Tranchage du solide parallèlement au plan yz et au plan xz : V = a A(x)dx = c A(y)dy ; avec A(x) = c f (x, y) dy
Rb
et A(y) = a f (x, y) dx.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 60 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale Double

Exemple 4.4
Calculer le volume compris entre la surface z = x3 sin(x2 y) et le

rectangle R = {(x, y) ∈ R2 | 0 ≤ x ≤ π et 0 ≤ y ≤ 1}.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 61 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale Double

Intégrale Double sur une région comprise entre deux courbes en x

Théorème 4.5 (Théorème de Fubini)


Soit f une fonction continue sur la région définie par R = {(x, y) ∈ R2 | a ≤ x ≤ b et g1 (x) ≤ y ≤ g2 (x)}, où
g1 (x) et g2 (x) sont deux fonctions continues avec g1 (x) ≤ g2 (x) pour tout x ∈ [a, b]. Alors :
Z Z Z b Z g2 (x)
f (x, y) dA = f (x, y) dydx.
R a g1 (x)

Rb
Région comprise entre deux courbes. Volume par tranchage : V = a A(x)dx avec
R g2 (x)
A(x) = g1 (x) f (x, y) dy.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 62 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale Double

Exemple 4.6
Soit R région délimitée par le graphes y = x, y = 0 et x = 4. Calculer l’intégrale
Z Z
4 exp(x2 ) dA.
R

La région R.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 63 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale Double

Intégrale Double sur une région comprise entre deux courbes en y

Théorème 4.7 (Théorème de Fubini)


Soit f une fonction continue sur la région définie par
R = {(x, y) ∈ R2 | c ≤ x ≤ d et h1 (y) ≤ x ≤ h2 (y)}, où h1 (y) et h2 (y) sont deux fonctions continues
avec h1 (y) ≤ h2 (y) pour tout y ∈ [c, d]. Alors :
Z Z Z d Z h2 (y)
f (x, y) dA = f (x, y) dxdy.
R c h1 (y)

Région comprise entre deux courbes.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 64 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale Double

Exemple 4.8
R1R1
Calculer l’intégrale 0 y exp(x2 ) dxdy.

La région R.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 65 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale Double

Théorème 4.9 (Propriétés)


Soit f et g deux fonction intégrable sur la région R ⊂ R2 et soit c une
constante réelle. Alors :
RR RR
1
R
cf (x, y) dA = c R f (x, y) dA
RR RR RR
2
R
f (x, y) + g(x, y) dA = R
f (x, y) dA + R
g(x, y) dA

Rsi RR = R1 ∪ R2 et R̊
R 1R∩ R̊2 = ∅ alors R R
3

R
f (x, y) dA = R1
f (x, y) dA + R2
f (x, y) dA.
RR RR
4 si f ≤ g sur R alors R
f (x, y) dA ≤ R
g(x, y) dA.
RR RR
5 | R f (x, y) dA| ≤ R
|f dA.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 66 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale Double

Applications : Aire, Volume, Aire de surface

Exemple 4.10
Déterminer le volume du tétraèdre délimité par le plan d’équation 2x + y + z = 2 et les trois plans du
repère cartésien.

Tétraèdre. La région R.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 67 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale double en coordonnées polaires

Théorème 4.11 (Théorème de Fubini)


Soit f (r, θ) une fonction continue sur la région R = {(r, θ)| α ≤ θ ≤ β et g1 (θ) ≤ r ≤ g2 (θ)} où g1 et
g2 sont deux fonctions continues avec 0 ≤ g1 (θ) ≤ g2 (θ) pour toute θ ∈ [α, β]. Alors,
Z Z Z β Z g2 (θ)
f (r, θ)dA = f (r, θ)rdrdθ
R α g1 (θ)

Région polaire élémentaire.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 68 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale double en coordonnées polaires

Exemple 4.12
RR
Calculer l’intégrale R
sin(θ)dA où R est la zone sombre dans la figure suivante :

La région R.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 69 / 88


Chapitre 4 : Intégrales Multiples Intégrale double en coordonnées polaires

Théorème 4.13 (Théorème de Fubini)


Soit f (r, θ) une fonction continue sur la région R = {(r, θ)| h1 (r) ≤ θ ≤ h2 (r) et 0 ≤ a ≤ r ≤ b} où
h1 et h2 sont deux fonctions continues avec h1 (r) ≤ h2 (r) pour toute r ∈ [a, b]. Alors,
Z Z Z b Z h2 (r)
f (r, θ)dA = f (r, θ)rdθdr
R a h1 (r)

La région R.

Exemple 4.14
RR
Reprendre l’intégrale R
sin(θ)dA en utilisant le résultat de ce théorème.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 70 / 88


Intégrale triple

Définition 5.1
Pour toute fonction f (x, y, z) définie sur la région Q, l’intégrale triple de f
Pn
sur Q est définie par : n lim f (ui , vi , wi )∆Vi (⇒ n → +∞),
sup(∆Vi )→0 i=1
i=1
à condition que la limite existe et qu’elle est indépendante du choix du
(ui , vi , wi ) ∈ Qi , pour i=1,2,...,n. Dans ce cas, f est dite intégrable sur Q.

Si
R RfR(x, y, z) est la densité d’un corps Q au point (x,y,z) alors
Q f (x, y, z) dV est la masse du corps Q.
RRR
Q 1 dV est le volume du corps Q.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 71 / 88


Intégrale triple Sur une boite rectangulaire

Théorème 5.2 (Théorème de Fubini)


Soit f une fonction intégrable sur la boite rectangulaire
Q = {(x, y, z)| a ≤ x ≤ b, c ≤ y ≤ d et r ≤ z ≤ s}. Alors l’intégrale triple de
f sur R peut être exprimée comme suit :
Z Z Z Z b Z d Z s
f (x, y, z) dV = f (x, y, z) dzdydx
Q a c r

avec toutes les permutations possibles entre les trois intégrales.

Exemple 5.3
y
RRR
Calculer l’intégrale triple suivante Q 2xe sin(z) dV avec
Q = {(x, y, z)| 1 ≤ x ≤ 2, 0 ≤ y ≤ 1 et 0 ≤ z ≤ π}

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Intégrale triple Sur un solide compris entre deux surfaces données

Théorème 5.4 (Théorème de Fubini)


Soit f une fonction continue sur le solide défini par
Q = {(x, y, z)|(x, y) ∈ R et g1 (x, y) ≤ z ≤ g2 (x, y)}, où g1 (x, y) et g2 (x, y) sont deux fonctions
continues avec g1 (x, y) ≤ g2 (x, y) pour tout (x, y) ∈ R. Alors :
Z Z Z Z Z Z g2 (x,y)
f (x, y, z) dV = f (x, y, z) dzdA.
R R g1 (x,y)

Solide compris entre deux surfaces données.

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Intégrale triple Applications : Volume, Masse, Centre de masse

Exemple 5.5
Trouver la masse du solide Q de densité massiquep ρ(x, y, z) = 2z et qui est délimité par les
graphes : le cone circulaire droit de surface z = x2 + y 2 et le plan z = 4.

Le solide Q et sa projection R sur le plan (xOy).

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Changement de variables dans une intégrale multiple Intégrale double

Théorème 6.1
On suppose que la région S dans le plan uOv est mis en correspondance à la région R dans le
plan xOy par la transformation bijective T définie par : x = g(u, v) et y = h(u, v) où h et g
sont supposées de classe C 1 . Si f est continue sur R et le Jacobien det(JT ) est non nul sur S
alors : Z Z Z Z
f (x, y)dxdy = f (g(u, v), h(u, v))|det(JT (u, v))|dudv
R S

Transformation T de la région S vers la région R.

(x = g(u, v), y = h(u, v)) ∈ R ⇔ (u, v) ∈ S.

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Changement de variables dans une intégrale multiple Intégrale double

Exemple 6.2
Soit R une région comprise entreR Rles droites d’équations : y = 2x + 3, y = 2x + 1, y = 5 − x et
y = 2 − x. Calculer l’intégrale 2
R (x + 2xy)dA.

Transformation T de la région S vers la région R.

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Changement de variables dans une intégrale multiple Intégrale triple

Théorème 6.3
On suppose que la région S dans l’espace uvw est mis en correspondance à la région R dans
l’espace xyz par la transformation bijective T définie par : x = g(u, v, w), y = h(u, v, w) et
z = l(u, v, w) où h, g et l sont supposées de classe C 1 . Si f est continue sur R et le Jacobien
det(JT ) est non nul sur S alors :
Z Z Z Z Z Z
f (x, y)dV = f (g(u, v, w), h(u, v, w), l(u, v, w))|det(JT (u, v, w))|dudvdw
R S

Transformation T de la région S vers la région R.

(x = g(u, v, w), y = h(u, v, w), z = l(u, v, w)) ∈ R ⇔ (u, v, w) ∈ S.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 77 / 88


Changement de variables dans une intégrale multiple Intégrale triple

Exemple 6.4
Utiliser le théorème du changement de variables pour établir la formule de l’intégrale triple
dans les coordonnées sphériques.

Coordonnées sphériques.

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Intergrale curviligne Intégrale curviligne d’une fonction

Définition 7.1
R curviligne de (x, y) 7→ f (x, y) au longue d’une courbe C orientée dans l’espace (xOy),
L’intégrale
noté par C f (x, y)dl, est définie par
Z n
X
f (x, y)dl = lim f (x∗i , yi∗ )∆li
C n→+∞
i=1

à condition que la limite existe et qu’elle est indépendante


R du choix de point (x∗i , yi∗ ).
De la même manière on peut définir l’intégrale C f (x, y, z)dl.

Interprétation géométrique de l’intégrale curviligne.

R
Si f (x, y) est la densité massique d’un fil mince C au point (x,y) alors C f (x, y)dl est la masse
Rdu fil C.
C 1dl est la longueur du fil C.

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Intergrale curviligne Intégrale curviligne d’une fonction

Théorème 7.2
On suppose que (x, y) 7→ f (x, y) soit continue sur une région D contenant la
courbe C et que C est décrit paramétriquement par (x(t), y(t)), pour t ∈ [a, b]
où x(t) et y(t) sont de classe C 1 . Alors :
Z Z b p
f (x, y)dl = f (x(t), y(t)) x0 (t)2 + y 0 (t)2 dt
C a
R
De la même manière on peut définir l’intégrale C f (x, y, z)dl.

Exemple 7.3
Trouver la masse du ressort de forme curviligne paramétrée par :
x(t) = 2 cos(t), y(t) = t, z = 2 sin(t), pour t ∈ [0, 6π], avec une densité linéique
ρ(x, y, z) = 2y.

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Intergrale curviligne Intégrale curviligne d’une fonction

Théorème 7.4
On suppose que (x, y) 7→ f (x, y) soit continue sur une région Q contenant la courbe C
et que C est décrit paramétriquement par (x(t), y(t)), pour t ∈ [a, b] où x(t) et y(t) sont
de classe C 1 . Alors :
Rb
f (x, y)dx = a f (x(t), y(t))x0 (t)dt
R
1
RC Rb 0
C f (x, y)dy = a f (x(t), y(t))y (t)dt
2

Théorème 7.5
On suppose que (x, y) 7→ f (x, y) est continue sur une région Q contenant une courbe
orientée C. Alors si C est de classe C 1 avec C = C1 ∪ ... ∪ Cn , où C1 ,...,Cn sont de
classe C 1 et où le point final du Ci est le même point initial du Ci+1 , pour
i = 1, ..., n − 1, Alors :
R R
R−C f (x, y)dl = C Rf (x, y)dl.
1
R R
R−C f (x, y)dx = R − C f (x, y)dx
R et −C f (x, y)dy =R − C f (x, y)dy
2

C f (x, y)dl = C1 f (x, y)dl + C2 f (x, y)dl + ... + Cn f (x, y)dl.


3

Exemple 7.6
2x2 ydl, où C est la partie du parabole y = x2 de
R
Calculer l’intégrale curviligne C
(−1, 1) au (2, 4).

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 81 / 88


Intergrale curviligne Intégrale curviligne d’une fonction

Exemple 7.7
R
Calculer l’intégrale curviligne C 3x − ydl où C est le segment entre (1, 2) et (3, 3)
suivie par la partie du cercle x2 + y 2 = 18 définie entre le point (3, 3) et le point
(3, −3) orientée au sens des aiguilles du montre.

Le chemin C.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 82 / 88


Intergrale curviligne Intégrale curviligne d’une fonction

Remarque 7.8
Tous les résultats obtenus pour une fonction à deux variables peuvent être généralisés
pour une fonction à trois variables (x, y, z) 7→ f (x, y, z).

Exemple 7.9
R
Calculer l’intégrale curviligne C 4xdy + 2ydz où C est composé du segment du (0, 1, 0)
au (0, 1, 1) suivie par le segment du (0, 1, 1) au (2, 1, 1) et suivie par le segment du
(2, 1, 1) au (2, 4, 1).

Le chemin C.

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Intergrale curviligne Intégrale curviligne d’un champ de vecteurs

Définition 7.10
Un champ de vecteurs sur D ⊂ Rp est une application qui à tout point M de D associe un


vecteur F (M ) de Rp .

− → − →

En particulier, soit { i , j } un repère orthonormé de R2 , alors un champ de vecteurs F (x, y),
2
(x, y) ∈ D ⊂ R est donné par deux fonctions P et Q sur D à valeurs réelles :

− →
− →

F (x, y) = P (x, y) i + Q(x, y) j


On dit que le champ de vecteurs F est de classe C p sur D si P et Q sont de classe C p .

Champ de vecteurs F (x, y) = (y, −x).

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Intergrale curviligne Intégrale curviligne d’un champ de vecteurs

Définition 7.11
Soit (x, y) 7→ F (x, y) = (P (x, y), Q(x, y)) continue sur une région D contenant
la courbe C et que C est décrit paramétriquement par (x(t), y(t)), pour
t ∈ [a, b] où x(t) et y(t) sont de classe C 1 . L’intégrale curviligne du champs de
vecteurs F sur la courbe orientée C dans R2 est donnée par :
− →
→ −
Z Z Z
F .dr = P (x, y)dx + Q(x, y)dy
C C C
Z b Z b
0
= P (x(t), y(t))x (t)dt + Q(x(t), y(t))y 0 (t)dt
a a
R →− →−
En physique, W = C F .dr est interprété par le Travail fourni par le champ
de force F exercé sur un objet qui se déplace au long du chemin C.

Exemple 7.12
Calculer le Travail effectué par le champ de force F (x, y) = (y, −x) de la
parabole y = x2 − 1 du point (1, 0) au point (−2, 3).

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Intergrale curviligne Intégrale curviligne d’un champ de vecteurs

Définition 7.13
Un champ de vecteurs F est un champ gradient s’il existe f de D ⊂ Rn
dans R telle que F = ∇f sur D. f est dite le potentiel du champ de
vecteurs F .

Exemple 7.14
Le champ de vecteurs F (x, y) = (y, x) est un champ gradient.
Le champ de vecteurs F (x, y) = (y, −x) n’est pas un champ
gradient.

Théorème 7.15
R →− →−
Si F est un champ de gradient alors C F .dr ne dépend que des extré-
mités de C.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 86 / 88


Intergrale curviligne Intégrale curviligne d’un champ de vecteurs

Théorème 7.16
Soit F = (F1 , F2 , ..., Fn ) un champ de vecteurs de classe C 1 sur un
ouvert D. Alors :
∂Fi ∂Fj
F est un champ de gradient =⇒ = pour tout i et tout j.
∂xj ∂xi

Théorème 7.17
Soit F = (F1 , F2 , ..., Fn ) un champ de vecteurs de classe C 1 sur un
ouvert D simplement connexe (c.à.d connexe sans trou). Alors :
∂Fi ∂Fj
= pour tout i et tout j sur D s.s.i. F est un champ de gradient
∂xj ∂xi
sur D.

Exemple 7.18
Soit F (x, y) = (2xy 3 , 1 + 3x2 y 2 ). F est-il un champ de gradient ? si
oui, trouver son potentiel f .

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Intergrale curviligne Intégrale curviligne d’un champ de vecteurs

Théorème 7.19 (Green-Riemann)


Soit D un compact de R2 limité par un bord C = F r(D) de classe C 1
par morceaux et orienté positivement. P, Q : D → R des fonctions de
classe C 1 . On a
I Z Z
∂Q(x, y) ∂P (x, y)
P (x, y)dx + Q(x, y)dy = − dA.
C D ∂x ∂y

Exemple 7.20
On considère l’intégrale curviligne I = C (2xy − x2 )dx + (x + y 2 )dy
H

avec C une courbe fermée constituée par les deux arcs de parabole
y = x2 et x = y 2 orientée positivement.
1 Calculer l’intégrale curviligne I.
2 Vérifier le résultat en utilisant la formule de Green-Riemann.

AMAL Youssef Analyse 3 2017-2018 88 / 88

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