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Fonctions (2) : Variations et extremums

I / Sens de variation d’une fonction


1) Définitions
Soit 𝑓 une fonction définie sur E et I un intervalle de E.

◼ On dit que 𝑓 est croissante sur I lorsque, pour tous réels 𝒂 et 𝒃 de I : si 𝒂 < 𝒃 alors 𝒇(𝒂) ≤ 𝒇(𝒃)
(inégalités de même sens)

◼ On dit que f est décroissante sur I lorsque, pour tous réels 𝒂 et 𝒃 de I : si 𝒂 < 𝒃 alors 𝒇(𝒂) ≥ 𝒇(𝒃)
(inégalités de sens contraires)

𝑓 est croissante car pour tout a < b, 𝑓 est décroissante car pour tout a < b,
𝑓(𝑎) est aussi inférieur à 𝑓(𝑏). 𝑓(𝑎) est supérieur à 𝑓(𝑏).

◼ 𝑓 est monotone sur l’intervalle I si elle est toujours croissante sur I ou toujours décroissante sur I.

◼ 𝑓 est constante sur I si, pour tout couple (𝑎 ; 𝑏) de I, 𝑓(𝑎) = 𝑓(𝑏).

◼ Une fonction croissante dont la courbe représentative ne comporte aucun segment horizontal est dite
« strictement croissante ». C’est-à-dire : si 𝒂 < 𝒃 alors 𝒇(𝒂) < 𝒇(𝒃) (inégalités strictes)
◼ de même pour 𝑓 « strictement décroissante » : si 𝒂 < 𝒃 alors 𝒇(𝒂) > 𝒇(𝒃) (inégalités strictes)
➢ Exemple de fonction croissante, mais non strictement croissante :

2) Tableau de variation
Une fonction peut être croissante sur un intervalle et décroissante sur un autre.
« Etudier le sens de variation d’une fonction », c’est préciser les
intervalles où elle est croissante et ceux où elle est décroissante.
Ces résultats sont résumés dans le tableau de variation.
◼ Exemple
Dresser le tableau de variation de la fonction 𝑓
représentée ci-contre. On précise que 𝑓(5,5) = 2,2.
Pour démontrer qu’une fonction est croissante ou décroissante sur I :
Méthode 1 : on part de l’inégalité 𝑎 < 𝑏 (avec 𝑎 et 𝑏 quelconques dans I ) puis, par opérations successives sur les
inégalités, on en vient à comparer 𝑓(𝑎) et 𝑓(𝑏).

𝑓(𝑏)−𝑓(𝑎)
Méthode 2 : on cherche le signe de (avec 𝑎 et 𝑏 quelconques dans I et 𝒂¹ 𝒃 ) :
𝑏−𝑎
𝑓(𝑏)−𝑓(𝑎)
o Si >0 alors 𝑓 est croissante sur I
𝑏−𝑎
𝑓(𝑏)−𝑓(𝑎)
o Si <0 alors 𝑓 est décroissante sur I
𝑏−𝑎

3) Maximum, minimum d’une fonction sur un intervalle.
Soit 𝑓 une fonction définie sur un intervalle I.
f (a) = M
◼ La fonction 𝑓 admet un maximum M sur I, atteint en 𝑥 = 𝑎 si 
Pour tout x de I : f ( x)  M

 f (a) = m
◼ La fonction 𝑓 admet un minimum m sur I, atteint en 𝑥 = 𝑎 si 
Pour tout x de I : f ( x)  m

Exemple
La fonction 𝑓 représentée ci-contre admet le maximum 2 atteint en 𝑥 = 3
car  f (3) = 2

Pour tout x de I : f ( x)  2

Elle admet le minimum –1 atteint en 𝑥 = – 2 car  f (−2) = −1


Pour tout x de I : f ( x)  −1

Exercice : Compléter le tableau :

Intervalle I [-2 ; 8] [0 ; 4] [0 ; 6] [-1 ; 2]

Maximum de f sur I

Minimum de f sur I


II / Variations des fonctions de référence
1) Fonctions affines 𝑓: 𝑥  𝑚𝑥 + 𝑝 , définie sur 
Propriété :
◼ Si 𝒎 > 𝟎 alors 𝑓 ∶ 𝑥  𝑚𝑥 + 𝑝 est croissante
◼ Si 𝒎 < 𝟎 alors 𝑓 ∶ 𝑥  𝑚𝑥 + 𝑝 est décroissante

m>0 m=0 m< 0

Si m=0, 𝑓 est constante


Tableau de variation : 𝒎>𝟎 𝒎<𝟎

𝒎𝒙 + 𝒑 𝒎𝒙 + 𝒑


2) Fonction carré 𝑓: 𝑥  𝑥², définie sur 
Propriété :
La fonction 𝑓: 𝑥  𝑥² est strictement croissante sur [0 ; + ∞[, et strictement décroissante sur ] − ∞ ; 0]

Tableau de variation :

◼ Application : Comparer deux nombres :


 Deux réels POSITIFS sont rangés dans le même ordre que leurs carrés
 Deux réels NEGATIFS sont rangés dans l’ordre contraire de leurs carrés.

Exemple : Comparer, sans calculatrice, les nombres A = 25 − 16 2 et B = 4 − 2 2

Remarque : comparer deux nombres revient à étudier le signe de leur différence : a b b−a  0
Exercice : 𝑎 et 𝑏 sont deux réels strictement positifs.
a+b 2ab
Comparer A= et B=
2 a+b

3) Fonction inverse 𝑓: 𝑥  , définie sur *
1
𝑥
Propriété :

La fonction 𝑓: 𝑥 
1
est strictement décroissante sur ] − ∞ ; 0[ et strictement décroissante sur ]0 ; +∞ [
𝑥
Tableau de variation :

Remarques :

◼ On ne peut pas dire que la fonction 𝑓: 𝑥  est strictement décroissante sur * ;


1
𝑥

il faut se placer soit sur ] − ∞ ; 0[ , soit sur ]0 ; +∞ [.


◼ Deux réels strictement POSITIFS sont rangés dans l’ordre contraire de leurs inverses.

1 x
Exemple : 1  𝑥  8 et 2  𝑦  5. Encadrer puis
y y

4) Fonction racine carrée 𝑓: 𝑥  √𝑥 , définie sur +


Propriété :

La fonction 𝑓: 𝑥  √𝑥 est strictement croissante sur [0 ; +[


Tableau de variation :


5) Fonction cube 𝑓: 𝑥  𝑥 3 , définie sur 
Propriété :

La fonction 𝑓: 𝑥  𝑥 3 est strictement croissante sur 


Tableau de variation :

III / Exemples d’études de variations de fonctions


o On « découpe » l’ensemble de définition de f en intervalles sur lesquels f est monotone (on peut s’aider
de conjectures graphiques ou d’indications données dans l’exercice).
o On utilise l’une des méthodes 1 ou 2 pour étudier les variations de f sur chaque intervalle obtenu
précédemment. ( Si 𝑎 < 𝑏 quelconques dans I , comparer alors 𝑓(𝑎) et 𝑓(𝑏) …)

o On résume les résultats obtenus dans un tableau de variation.


Exemples :
➢  Etudier le sens de variation de f : x  3 − 2𝑥 3 sur . Dresser ensuite le tableau de variation de cette
fonction et construire sa courbe représentative.

➢  Etudier le sens de variation de f : x 


−3 1 1
1+2𝑥
sur ] − 2 ; +∞[ puis sur ] − ∞ ; − 2 [. Dresser ensuite le
tableau de variation de cette fonction et construire sa courbe représentative.

➢  Etudier le sens de variation de f : x 


4
sur [0 ; +∞[ puis sur ] − ∞ ; 0]. Dresser ensuite le tableau
√𝑥²+1
de variation de cette fonction et construire sa courbe représentative.

➢  Exercice d’optimisation : Recherche d’un maximum …


Soit une feuille carrée de 18 cm de côté.
On découpe aux quatre coins des petits carrés de côté 𝑥 cm.
Par pliage, on forme ainsi une boite de volume 𝑉.
1) Donner l’expression du volume 𝑉 en fonction de 𝑥
2) A quel intervalle I appartient 𝑥 ? Faire un tableau de valeurs
avec un pas de 0,5 et tracer la courbe représentative de la fonction 𝑥  𝑉(𝑥).
3) Par lecture graphique (conjectures) :
a) Quel est le maximum de la fonction 𝑉 ? Pour quelle valeur de 𝑥 est-il obtenu ?
b) Dresser le tableau de variation de la fonction V sur I.
4) Montrer que 𝑉(𝑥) – 432 = 4(𝑥 – 12)( 𝑥 – 3)2
5) En déduire que, pour tout 𝑥 dans I, on a 𝑉(𝑥)  432
6) Expliquer comment la question précédente permet-elle de prouver le résultat obtenu par conjecture
graphique à la question 3. 𝑎.