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DU MÊME AUTEUR

Petit manuel d’auto-coaching – Les clés pour prendre sa vie


en main
(en collaboration avec Philippe Bazin)

Retrouvez tous nos ouvrages sur le site :


http://www.dunod.com

InterEditions-Dunod, Malakoff, 2017


11, rue Paul Bert 92240 Malakoff
ISBN : 978-2-7296-1758-5
À la Force invisible présente en chacun de nous,
À ce lien qui nous unit les uns les autres, à travers les âges et les
continents,
À cette énergie colossale qui sommeille au plus profond, rêvant
de s’éveiller,
À cette force de vie aussi magique que mystérieuse,
Source de toute création, réconfortante et rassurante,
Au progrès et à la connaissance.
À la Vie
Table des matières

Couverture
Page de titre
Page de copyright
Introduction - Vos capacités dépassent votre imagination : l’auto-
hypnose vous les restitue
Partie I - L’AUTO-HYPNOSE POUR MIEUX SE COMPRENDRE ET MIEUX SE
CONNAÎTRE
Commencez par faire l’inventaire de vos facultés. Apprenez à
mieux vous connaître. Expérimentez vos capacités à entrer en état
d’hypnose. Prenez conscience de cet extraordinaire potentiel qui
est en vous.
1 - « UN POTENTIEL ILLIMITÉ »
Vous en savez plus que vous ne croyez
Les mauvais ouvriers ont toujours de mauvais outils
La longue course de l’apprentissage
Un retour aux sources
En physiologie comme en psychologie, la génération
spontanée n’existe pas
Le développement de l’enfant : une histoire de stades
Quand pensez-vous que vous allez entrer en état d’hypnose ?
Common everyday transe ou l’état hypnotique du quotidien
Les deux facettes d’un même esprit
Les deux pièces de ta maison
Les petits plus
2 - JE VOIS CE QUE JE CROIS
Et je sais maintenant que…
Les pouvoirs exceptionnels du génie
Qui a peur des araignées ?
Pourquoi « faire un effort » ne marche pas
La solution ? reprogrammer le robot
Que la force soit avec toi
L’illusion du contrôle ? une terrible impasse !
Tirer sur l’herbe ne la fait pas pousser plus vite
L’entre-deux monde
Petit exercice amusant
Le génie et parkinson
L’essentiel : l’association automatique entre le déclencheur et
la réponse
Je crois ce que je vois
Je vois ce que je crois
3 - LA PUISSANCE DE L’IMAGINATION
Comprendre qu’entre raison et imagination, le plus fort n’est pas
celui qu’on croit
Exercice amusant dans tous les sens
Le chaînon manquant
Petite démonstration
Le cinéma mental
Exercice des ballons et du sable
Pourquoi les fantasmes négatifs marchent mieux
La majorité des cinq sens ou la porte d’entrée du vakog
Un protocole en trois phases
Au cœur de la cible
4 - SUGGESTION, RÉPÉTITION
Félicitations !
Suis-je vraiment en état d’hypnose
Quelques situations hypnotiques courantes
À force d’y penser…
Premier approfondissement
Créer des images dans sa tête
Un petit dessin vaut mieux qu’un long discours
La suggestion : un art et un état d’esprit
Partie II - L’AUTO-HYPNOSE POUR RÉPONDRE À LA QUESTION :
COMMENT JE PEUX VIVRE MIEUX ?
L’auto-hypnose ne se fait pas sans but : que voulez-vous
transformer pour améliorer votre confort dans la vie ?
5 - ICI ET MAINTENANT
Ou les aventures de nos automatismes
De la relativité du temps
Sans hiver, pas de printemps
Rassurer son ego
Un « et », un « ou » et un « jardin »
Chassez le naturel, il revient au galop
Le passé et l’avenir dans un cône
Le sanctuaire intérieur
La théorie détermine l’observation
Savoir n’est pas pouvoir
6 - APPRENDRE À VOIR
Qu’est-ce que je fais maintenant ?
Sans problème, pas de solution
Reconnaître le problème et refuser qu’il soit insoluble
En science, la vérité d’aujourd’hui est – parfois – le mensonge
de demain
Même le vilain petit canard a pris son envol
Ça se passe en dehors de moi
Quelques coïncidences
Il n’est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse
Si tu l’as fait une seule fois, alors tu peux le refaire ;-)
7 - LE SYMPTÔME, C’EST LA SOLUTION
La face cachée de mon problème court-elle après plus de plaisir
ou moins de souffrance ?
Là où pousse le poison, pousse aussi l’antidote
Transformer le plomb en or
Savoir n’est pas pouvoir
Notre plus grande force est aussi notre plus grande faiblesse
Gare à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain
Quand les ombres du passé se projettent sur l’instant
présent…
Partie III - L’AUTO-HYPNOSE POUR VIVRE UN AVENIR LIBÉRÉ DES
OMBRES DU PASSÉ ET ENRICHI DE MES NOUVELLES CAPACITÉS
Libérer le présent des conditionnements du passé et s’ouvrir aux
potentialités de chaque instant
8 - LA PUISSANCE DE L’ESPRIT
Qui mène la danse dans mon cerveau ?
Nous adhérons à nos comportements
La vie a plus d’imagination que nous
Inventer les premier pas possibles
Ne lutte pas contre la gêne
L’important, c’est le processus
Apprendre à lâcher prise
La vie fonctionne comme une montgolfière
Le symptôme ? une transe négative
De la transe négative à la transe positive
Encore quelques exercices avec la cible
9 - LE TEMPS DE L’ENVOL…
Ce qui se fait de mieux au monde…
Les paysages extérieurs sont le reflet des paysages intérieurs
Changer les causes pour changer les effets
Faire confiance à l’oubli
Pratiquer le détachement
Que s’est-il installé dans l’esprit ?
Accepter les poisons pour s’en libérer
Les chiens aboient, la caravane passe
10 - AUTO-HYPNOSE ET PLEINE CONSCIENCE
D’abord, les points communs
Auto-hypnose et méditation : seulement deux pratiques
différentes ?
La pleine conscience peut aider à mincir
Bien des pratiques différentes
Conclusion
Fais-toi confiance
Bibliographie
Remerciements
Introduction

Vos capacités dépassent votre imagination :


l’auto-hypnose vous les restitue

HYPNOSE. Voilà bien un mot qui ne laisse personne indifférent. Des


numéros de cabaret aux publicités pour cosmétiques, en passant par le
cinéma et les séries télévisées, il appartient à l’imaginaire collectif.
Avant la découverte de l’hypnose par James Braid en 1841, la
« thérapie par les mots » n’existait pas – ou plutôt, n’existait plus…
Les discours et les échanges verbaux étaient abandonnés aux
philosophes ou aux guides religieux.
Pourtant, depuis la nuit des temps, les mots ont été profondément
associés à tout protocole de transformation (dialogues, prières,
incantations et autres rituels initiatiques), et la « magie », au sens
littéral du terme, était indissociable de tout processus de guérison.
Aujourd’hui encore, dans notre ère absolument fabuleuse de
technologies et de sciences, des gens malades – et sains d’esprit – se
rendent à Lourdes, à La Mecque, se baignent dans le Gange ou
courent à Jérusalem ou ailleurs, espérant la transformation
« magique », guettant la « guérison miraculeuse ».
C’est qu’il est bien difficile de dire ce qui soulage quelqu’un – ce
qui le soulage vraiment. Bien sûr, et fort heureusement, bien des
maux sont apaisés par nos « potions » modernes, antidépresseurs,
anxiolytiques et autres psychotropes en tous genres.
Et pourtant, combien de problèmes ne sont toujours pas résolus par
la chimie ! Même quelque chose en apparence aussi simple que
cesser de fumer, met en échec les laboratoires les plus prestigieux du
monde… Des troubles du sommeil à ceux du comportement
alimentaire en passant par les problèmes d’assurance et de confiance
en soi : la science en blouse blanche peine encore aujourd’hui à
inventer des solutions simples et satisfaisantes pour ceux et celles qui
souffrent…
D’extraordinaires et profondes transformations personnelles se
produisent tout au long de notre vie ; certains problèmes disparaissent
même comme ça, du jour au lendemain – comme ils étaient venus…
le fameux effet « déclic ». Nous connaissons tous ces histoires de
cancres (dont celle d’Albert Einstein) qui se révèlent un jour, comme
par magie. Et qui n’a jamais vu un de ses amis, fumeur invétéré,
arrêter de fumer du jour au lendemain – et ne pas reprendre !
La question majeure bien sûr est « qu’est-ce qui se passe ? ». Quels
sont les facteurs déclencheurs, les éléments extérieurs propices à ce
genre de bienheureux séisme intérieur – ce genre de déflagration
personnelle qui nous change si profondément que les problèmes du
passé disparaissent alors que nous restons la même personne…
Les plus fatalistes penseront « qu’on n’y peut rien ». Quant aux
autres, tous les autres, ils garderont l’idée que « oui, il y a quelque
chose à faire ». Quel que puisse être le problème, nous restons les uns
et les autres dotés de capacités de transformations personnelles si
vastes qu’elles peuvent parfois dépasser l’entendement. Et ces
capacités peuvent être activées, excitées, déclenchées par des
éléments extérieurs à chacun de nous. Un mot, un geste, une
expérience de vie particulière, et voilà le bouleversement tant
attendu.
Le XVIIIe siècle ne distingue pas l’hypnotisme du magnétisme. À la
suite de Mesmer et de son magnétisme animal qui fait accourir les
foules, se développe la pratique de l’hypnose avec Braid, Charcot,
Bernheim, Freud… Naissent alors les premiers débats sur la nature
réelle de cet état désignant également une technique : l’hypnose,
source de toutes les psychothérapies à venir – c’est-à-dire toute
thérapie par les mots.
La créativité – et le désir de bien faire – des hommes étant sans
limites, les différentes approches n’ont cessé de se multiplier au fil
des ans – avec bien souvent, au départ, l’observation d’une guérison
« miraculeuse ». À tel point qu’aujourd’hui, en France, on ne
dénombre pas moins de 400 types de psychothérapies différentes, des
plus classiques aux plus modernes, des plus conventionnelles aux
plus étonnantes, pour ne pas dire parfois même loufoques…
C’est à la question du dénominateur commun que ce livre répond.
Qu’est-ce qui fait, dans tout processus thérapeutique, que « ça
marche » ou que « ça ne marche pas ? ». Et de façon plus générale
encore, comment font certaines personnes pour aller toujours bien –
c’est en tout cas l’impression qu’elles donnent – alors que d’autres,
pour qui « sur le papier » tout devrait bien se passer, ne connaissent
que névroses, angoisses et problèmes de toutes sortes ?
Bien sûr, le dénominateur commun, c’est l’hypnose. Pour changer
– ou du moins se donner une chance de changer – il faut être
hypnotisé. Pas d’hypnose, pas de transformation.
Encore aujourd’hui, certains doutent de l’existence de l’hypnose –
voire même en nient l’idée même. Si vous en faites partie, ce n’est
pas grave et même bien légitime. Bien que l’hypnose soit une science
connue et reconnue tant en psychologie qu’en médecine, elle est
aussi un activateur de fantasmes, de croyances plus ou moins fondées
qui font parfois douter les plus ouverts d’entre nous.
Toutefois, inutile de démontrer l’évidence. En revanche apprendre,
comprendre et expérimenter, avancer et progresser sur la voie de la
découverte, voilà qui a fait progresser chacun d’entre nous.
Dans les multiples définitions que l’on peut faire de l’hypnose,
l’une des plus simples (et peut-être du même coup les plus justes) est
de dire que l’hypnose est une espèce d’état d’esprit. Comme une
disposition passagère, un moment particulier que l’on peine à décrire
avec des mots. Ce livre se propose d’accompagner son lecteur dans la
découverte, la pratique et l’utilisation de l’état d’hypnose, pour soi –
pour se faire du bien.
La première partie de l’ouvrage apprend à mieux se comprendre –
comment fonctionnons-nous, quels mystères se cachent derrière nos
comportements, nos réactions affectives, émotionnelles et
spontanées…
Dans la deuxième partie, vous comprendrez pourquoi et comment
les problèmes s’installent, et commencerez à semer les premières
graines de transformation.
Enfin, la troisième partie de l’ouvrage fournit les dernières
recommandations – ou comment, après avoir dépollué le présent des
ombres du passé, dégager l’avenir pour avancer vers un horizon sans
nuages.
La lecture peut devenir par moments une expérience hypnotique à
part entière – alors lisez ce livre – et lisez-le comme il vous plaira.
Retenez cependant qu’un roman policier que l’on ouvre à la dernière
page perd une grande partie de sa saveur et de son intérêt.
Chaque chapitre constitue en quelque sorte la pièce d’un puzzle –
et le puzzle est complet ; il suffit d’en assembler toutes les pièces, de
mettre chacune d’elles au bon endroit et dans la bonne position –
c’est ce qui vous est livré.
Chaque chapitre contient des principes. Ne les prenez pas pour
argent comptant, doutez même de certains d’entre eux si vous le
souhaitez, mais ne les rejetez pas en bloc. Si vous doutez,
expérimentez et vérifiez. Si vous acceptez et suivez ces principes à la
lettre, vous pouvez vous attendre au meilleur – et même, mieux que
ça.
Si vous souhaitez mieux comprendre ce qu’est l’hypnose, comment
apprivoiser cet état naturel en nous, comment vous en servir pour
vous améliorer ou vous transformer de façon respectueuse, efficace et
durable… Si vous souhaitez apprendre une pratique qui peut
littéralement changer la vie – encore plus profondément même que
vous ne l’imaginez – alors lisez ce livre. Lisez-le encore et encore,
pratiquez ses exercices, intégrez ses principes en même temps que
vous mobilisez votre esprit critique, bien sûr. Ne prenez surtout pas
tout pour argent comptant. Vérifiez ce qui est asséné, doutez en
même temps que vous progressez.
Si vous voulez vous faire du bien, lisez ce livre ; je l’ai écrit pour
vous.
Partie
I

L’AUTO-HYPNOSE POUR
MIEUX SE COMPRENDRE
ET MIEUX SE CONNAÎTRE

Commencez par faire l’inventaire de vos facultés.


Apprenez à mieux vous connaître.
Expérimentez vos capacités à entrer en état
d’hypnose.
Prenez conscience de cet extraordinaire potentiel
qui est en vous.
1
« UN POTENTIEL ILLIMITÉ »

Vous en savez plus que vous ne croyez

Installé dans son rocking chair, à l’ombre, le jeune garçon observe sa petite sœur
jouant à la balle devant la maison. Cet été, il n’aide pas sa famille aux travaux de la
ferme. Il en est incapable. Terrassé par une crise de poliomyélite foudroyante, il est
tétraplégique et ne peut plus guère bouger que les yeux. L’avis des médecins est très
réservé ; il est fort probable que le jeune Milton – c’est son nom – ne remarchera plus
jamais ailleurs que dans ses rêves…
Pas de chance, Milton ; dès le départ, il a accumulé les problèmes et les handicaps. Il
ne voit pas les couleurs. Le monde est pour lui une espèce de noir et blanc
permanent, avec parfois un peu de violet. Et il est sévèrement dyslexique. Impossible
de trouver un mot dans le dictionnaire, à moins de démarrer par le premier, et de le
comparer au mot qu’il cherche, puis de faire la même chose avec le mot suivant, et
ainsi de suite… jusqu’à voir sous ses yeux le mot exactement semblable à celui qu’il
recherche – c’est long, amusant au début, et long, très long…
Comme cet été où il lui est impossible de bouger – contrairement à sa petite sœur qui
joue à la balle et apprend à marcher ; et il l’observe, Milton, il l’observe des heures
durant – il n’a que ça à faire, bloqué dans son fauteuil !
Et en même temps qu’il l’observe, il rentre à l’intérieur de lui-même, il rêve, il
imagine ; il se fait son cinéma, dans sa tête. Il imagine qu’il est passé par là, lui aussi
– il a appris à marcher et à jouer à la balle. Alors, à 17 ans, cet handicapé condamné
à rester dans une chaise toute sa vie s’amuse à imaginer chaque sensation, infime et
imperceptible, dans ses doigts, dans ses mains. Il imagine comment un enfant tout
jeune apprend à s’approprier son corps – pendant que lui, Milton, cherche à se ré-
approprier le sien.
Et un jour, le « miracle » se produit : un doigt a bougé ! Certes, à peine ; certes, ce
n’est qu’un début… et c’est un début, précisément. Car l’histoire continue. Le jeune
Milton, à force de rêver comme il faut, retrouve l’usage de ses jambes. Fasciné par
cette expérience hors du commun, cette personne dyslexique étudie, encore et
encore. Elle étudie tant qu’elle devient médecin, psychiatre très exactement. Au cours
de ses études, cherchant à comprendre ce qui avait bien pu se passer pour lui,
comment il avait guéri alors qu’il n’aurait pas dû – ce n’était pas logique et contraire
à tous les pronostics de l’époque – il comprend qu’il a pratiqué dans son fauteuil, ce
fameux été, sans le savoir, de l’auto-hypnose.
Alors il se passionne pour l’hypnose, à tel point qu’il hypnotisera toute sa vie,
d’arrache-pied, plus de 25 000 personnes. Avec, parfois (et même souvent) de
véritables miracles à la clé. Monsieur Erickson 1, ou plutôt sa légende, était née, et
avec elle cette extraordinaire (re)découverte de l’hypnose et des trésors qu’elle
permet de révéler en chacun de nous.

LES MAUVAIS OUVRIERS ONT TOUJOURS


DE MAUVAIS OUTILS
À notre arrivée sur cette Terre, nous possédons – pour les plus
chanceux d’entre nous – un squelette complet, avec des organes, des
muscles, de la peau, et un système nerveux humain. D’après monsieur
Darwin et sa fameuse théorie de l’évolution, c’est ce qui se fait de
mieux sur cette terre. Pour certaines traditions – orientales
notamment – qui considèrent que « l’esprit » s’incarne de façon
indifférenciée dans des plantes, des animaux ou des êtres humains, le
fait de s’incarner sous forme humaine représente ce que l’on pourrait
appeler en langage de tous les jours le « jackpot ». De même, dans les
trois religions du Livre, la plus haute valeur de l’être humain ne fait
aucun doute puisqu’il est rappelé très tôt que « Dieu a créé l’homme à
son image ».
Nous pouvons donc considérer que, quelle que soit la grille de
lecture que nous utilisons, le simple fait de posséder un corps humain
muni d’un système nerveux central et de tout ce qui va avec (cerveau
droit, cerveau gauche, hippocampe…) vous place au top niveau de ce
qui se fait de mieux sur cette Terre, et représente en soit une
exceptionnelle opportunité.
Ce rappel est essentiel, car il est fréquent de constater que,
lorsqu’une machine, pour aussi perfectionnée et performante qu’elle
soit, ne produit pas les résultats escomptés, les reproches s’orientent
spontanément sur la machine elle-même. Il est même parfois
envisagé d’en changer – car elle ne permettrait soi-disant jamais de
faire ce que l’on recherche. Évidemment la machine fait ce que
l’opérateur, c’est-à-dire la personne en charge de son utilisation,
c’est-à-dire en l’occurrence nous-mêmes, lui demandons… Si elle ne
fait pas ce que nous lui demandons, c’est que nous avons mal formulé
la demande. Et la machine la plus évoluée technologiquement (qu’il
s’agisse d’un téléphone portable, d’un ordinateur ou d’un aéroplane)
n’arrive pas à la cheville du cerveau qui l’a créée (même si bien sûr
un cerveau n’a pas de chevilles, c’est une image !). Vous êtes la plus
perfectionnée et la plus évoluée des machines – ou créatures, comme
il vous plaira – qui peuplent notre planète.
Et les plus extraordinaires et bénéfiques inventions qui nous
entourent ne sont en réalité qu’une manifestation de l’extraordinaire
génie se trouvant à leur origine : l’Esprit humain.
Et cet esprit, c’est le vôtre, précisément. Vous possédez dès le
départ l’immense potentiel créatif et inventif dont témoignent toutes
ces machines.
J’insiste sur ce point : vous possédez le même cerveau – dans sa
potentialité – que votre voisin, votre voisine, Albert Einstein (de son
vivant s’entend) ou Mike Tyson. Le produit en tant que tel est le
même. Et ce qui fait la différence, avant toute chose, est bien la façon
dont vous utilisez ce colossal ordinateur qui est en vous.

LA LONGUE COURSE DE L’APPRENTISSAGE


« Si vous le mettez dans le bon état d’esprit,
il n’y a rien qu’un être humain ne puisse accomplir. »
Richard Bandler

C’est ce sur quoi j’aimerais attirer ton attention, cher lecteur2, dès le
début. Tu possèdes le plus extraordinaire potentiel à la surface de ce
globe, et ce potentiel, tu peux – à condition de bien t’y prendre – t’en
servir à merveille.
J’ai aidé des milliers de fumeurs à arrêter de fumer ; comme ça, du
jour au lendemain, en une seule séance d’hypnose. Tout fumeur sait à
quel point ce genre d’entreprise peut s’avérer extraordinairement
difficile si on ne s’y prend pas correctement. (Pour ceux et celle qui
n’ont jamais fumé de leur vie, d’abord ne changez rien – on dira ce
qu’on voudra, ça fait du bien de ne pas fumer.)
Pour mesurer le côté extraordinaire de la chose – arrêter de fumer
du jour au lendemain sans problème – retenez simplement que,
chaque jour, dans notre pays, des dizaines de personnes tout à fait
censées et intelligentes meurent de la consommation de cette plante
toxique et vénéneuse qu’est le tabac.
Lorsque je reçois le(a) fumeur(euse) dans mon cabinet, je dois
d’abord l’aider à retrouver cette conviction (qui, sur le papier bien
sûr, est une évidence) que tout le monde peut arrêter de fumer du jour
au lendemain.
Bien sûr, la personne en question est toujours d’accord avec cette
affirmation… pour les autres ! En ce qui la concerne évidemment,
c’est une autre histoire ; et le travail commence, toujours fascinant.
L’étendue du potentiel humain est extrêmement vaste. Pour un
esprit un peu imaginatif et rêveur, il peut même sembler sans limites.
Et bien souvent nous n’entretenons pas trop de doutes là-dessus. En
revanche, il est fréquent – et légitime – de douter de ses propres
capacités – capacités à être, faire, avoir, apprendre, ressentir,
rebondir, imaginer, rêver, etc.
Si d’aventure tu as des doutes là-dessus, ce n’est pas grave, et nous
verrons plus tard dans cet ouvrage comment faire pour arranger les
choses. Toutefois, je t’invite dès maintenant à envisager les choses de
la façon suivante : tu possèdes toutes les ressources nécessaires à ton
développement, ton épanouissement et ton expression. Le champ des
possibilités se trouvant à ta disposition est si vaste qu’on pourrait
presque se laisser aller à dire qu’il est illimité. Ce point est tellement
essentiel que je te propose d’en faire le premier principe de la
méthode que tu as entre les mains.

Principe no 1
Ton potentiel est illimité.

Une telle affirmation mérite quelques explications. L’essentiel est


d’intégrer le fait que, à ton arrivée sur cette terre, ton cerveau est vide
de toute connaissance consciente et possède, en compensation,
d’extraordinaires capacités à intégrer et à inventer. Depuis toujours, à
chaque fois que tu as rencontré une situation nouvelle, c’est-à-dire
une situation inconnue, tu as déclenché instinctivement un processus
d’intégration (acquisition de toutes les données du problème) et
d’adaptation (invention de solutions pour résoudre le problème) à
cette situation nouvelle.
Tes comportements, tes réactions émotionnelles, tes réflexes et tes
habitudes sont le résultat de cette extraordinaire succession d’allers-
retours automatiques entre intégration et adaptation.
Pour illustrer l’infinie étendue de ton potentiel, laisse-moi te
raconter une histoire, qui commence par une question…

Peut-on courir sans les jambes ?


Bien sûr, la réponse est non. Pourtant, l’histoire d’Oscar Pistorius prouve le contraire.
Ce jeune Sud-Africain a été amputé des deux jambes à l’âge de 13 mois.
Aujourd’hui, champion du monde handisport du 400 m, il court avec de prodigieuses
prothèses de jambes en fibres de carbone.
Le plus savoureux dans cette histoire, c’est qu’Oscar a formulé une demande au CIO
pour se mesurer aux athlètes valides… et cette demande lui a été refusée. Motif
invoqué par le sage comité : ses prothèses l’avantagent par leurs propriétés
élastiques, il serait donc injustement privilégié par rapport aux autres coureurs…
valides !

Peut-être te dis-tu que cet exemple est « spécial », qu’il est


impossible de comparer un problème mécanique à la résolution d’une
phobie ou d’un trouble anxieux… Alors laisse-moi te proposer une
autre façon de voir les choses : le monde matériel, mécanique, est le
plus difficile à transformer. Les objets, la matière, sont durs et
solides, on ne les change pas « comme ça ».
À l’inverse, nos réactions affectives, émotionnelles et
inconscientes reposent sur des éléments extraordinairement
flexibles : les neurones de notre cerveau !
La réponse instinctive et immédiate à la question « peut-on courir
sans les jambes » est évidemment non, encore non et trente-six fois
non. De la même façon qu’à titre personnel, il est certains problèmes,
certaines difficultés dont nous avons sincèrement l’impression qu’il
est impossible qu’ils disparaissent un jour ou l’autre. Et ça n’est
qu’une impression, fondée sur la peur.
Souviens-toi de l’histoire d’Oscar : il court – et même très vite –
sans les jambes !
C’est par ce processus d’intégration et d’adaptation que sont
apparues les bonnes questions et, par effet domino, les bonnes
réponses.
L’association de l’intégration et de l’adaptation porte un nom : cela
s’appelle l’apprentissage…
C’est bien d’apprentissage qu’il s’agit. Et si le cerveau est souvent
– et parfois à juste titre – comparé à un ordinateur, cet ordinateur
présente la formidable caractéristique d’être un ordinateur autonome.
Nous présentons l’extraordinaire particularité d’être à la fois le
processeur, les programmes et le programmateur en même temps !
C’est toi qui, en dernier lieu, décide des programmes à installer, à
mettre à jour, à modifier, ou même à mettre à la corbeille quand ils
sont devenus obsolètes. La question, bien sûr, est de savoir
comment… Comment faire pour transformer, perfectionner ou même
supprimer s’il le faut les programmes en question ?

UN RETOUR AUX SOURCES


Le bébé que tu as été a dû tout apprendre par lui-même et parfois sans
aide. Il en va ainsi, par exemple, des apprentissages absolument
fondamentaux comme la prise d’objets avec les mains, le langage et
la marche debout !
J’attire d’ailleurs ton attention sur le fait que, pour les
apprentissages où le bébé fonctionne tout seul, tout se passe plutôt
bien. Et même quand des mamans – ou des papas – font la
compétition à la crèche par nourrissons interposés, arguant « le mien
marche déjà sans se tenir », « oui mais le mien, il dit déjà maman et
papa », au bout du compte tous les bébés finissent par apprendre à
marcher et à parler, chacun à son rythme.
Cette phase d’apprentissage se poursuit bien après le stade du
nourrisson, et pas seulement à l’école. Le cerveau du bébé que tu fus,
cher lecteur, était comme un disque dur absolument vierge de tout
programme. Bien sûr, pour les plus pointilleux d’entre nous, nous
pouvons souligner qu’il existe déjà un ou deux programmes de base
indispensables à la vie – le réflexe de succion notamment, pour
l’alimentation du bébé qui se nourrit par tétée. Hormis ces
programmes ultra basiques, tout ce que tu fais aujourd’hui, de façon
lucide et volontaire comme de façon purement « automatique », est le
résultat d’un apprentissage.

EN PHYSIOLOGIE COMME
EN PSYCHOLOGIE,
LA GÉNÉRATION SPONTANÉE N’EXISTE PAS
Une personne qui a peur des araignées, par exemple, se retrouve en
situation de déclencher une réaction apprise, et ce dès qu’elle aperçoit
un membre de la famille des arachnides. Bien souvent, cette personne
a l’impression que tout se passe « en dehors » d’elle, tant cette peur
des araignées lui semble pénible, inutile et, surtout, automatique et
indépendante de sa volonté. Pourtant, un enfant qui arrive sur cette
terre n’a pas peur des araignées ; et même, il ne connaît pas ces
émotions qui gâchent la vie de certains comme l’anxiété, la
culpabilité ou la jalousie.
Toutes ces réactions émotionnelles sont en réalité des
apprentissages qui commencent très tôt, dès la tendre enfance, selon
ce processus d’intégration et d’adaptation : l’apprentissage.
Et ce processus d’apprentissage se déclenche à chaque situation
nouvelle, par définition si fréquente durant l’enfance. Chaque fois
que tu as expérimenté une situation qui ne pouvait pas se rattacher à
une situation précédente, déjà connue et répertoriée quelque part en
toi, tu as déclenché, souvent même sans t’en rendre compte, cette
savante opération dont l’aboutissement fut un « programme » : une
séquence comportementale du plus simple au plus complexe
s’activant automatiquement dès lors que le bon déclencheur est
détecté. Par comportement, comprends action ou ré-action affective,
émotionnelle ou même hormonale (avant de se brûler, un enfant ne
sécrète pas de cortisol, l’hormone du stress, à la vue d’une flamme).
Aujourd’hui, le téléphone sonne, et tu décroches. Lorsque tu as
soif, si une bouteille d’eau et un verre se trouvent à ta disposition, tu
te sers un verre d’eau avant de le porter à tes lèvres et de le boire.
Dans ces deux exemples extrêmement simples de la vie quotidienne,
une foule de tâches complexes ont été réalisées. Avant de te servir un
verre d’eau, tu as dû saisir la bouteille, puis l’ouvrir, dosant
savamment – en fait, automatiquement – la force nécessaire pour
dévisser le bouchon. Puis tu as activé un processus complexe de tests
pour verser l’eau dans le verre sans que ça ne déborde, etc.
Ces programmes élémentaires que tu déclenches sans y penser dès
que nécessaire sont tous le fruit d’un apprentissage ; observe un petit
enfant qui verse ses premiers verres d’eau et qui en met partout, ou
ces ingénieurs en robotiques qui sautent de joie lorsqu’un de leur
« jouet » évite un obstacle que le plus maladroit d’entre nous ne ferait
jamais tomber !
Tu as dû tout apprendre : comment agir et réagir en telles et telles
circonstances, dans quels cas prendre une information au sérieux et
dans quels cas la relativiser genre « humour ».
Observe les enfants autour de toi, vois leur regard tout neuf sur le
monde, écoute leurs questions tellement naïves et pertinentes à la
fois. À chaque instant, ils découvrent, explorent et expérimentent.
Pour eux, chaque instant est une première fois. Tu as été comme ça,
cher lecteur, il n’y a pas si longtemps. Sans t’en rendre toujours
compte, tu as appris en permanence, et ce disque dur vierge dans ta
boîte crânienne s’est enrichi de milliers de programmes, élémentaires
d’abord, puis de plus en plus complexes… et te voilà :-).
LE DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT :
UNE HISTOIRE DE STADES
« On ne connaît un objet qu’en agissant sur lui et en le
transformant. »
Jean Piaget

C’est précisément en observant ses propres enfants que Jean Piaget3


a, de façon assez géniale, posé les bases de la psychologie du
développement encore en vigueur pour la plupart d’entre elles
aujourd’hui même plus de 100 ans plus tard !
Il s’est en fait intéressé d’abord à l’évolution du savoir humain. Et
plutôt que de se lancer dans des chantiers archéologiques façon
Indiana Jones, il a privilégié l’observation des nouveau-nés. En effet,
à son arrivé sur terre, le bébé est tout neuf et doit par conséquent tout
apprendre. À sa disposition, précisément, un système nerveux central
– d’ailleurs pas encore terminé – et un corps humain encore en
devenir.
Le principe de Piaget est simple : observer comment les
connaissances du bébé vont l’enrichir jusqu’à en faire un enfant puis
un adolescent. Ainsi, la construction du savoir est observée depuis
l’origine – la naissance – jusqu’à l’âge adulte.
Une de ses découvertes majeures est notamment la notion de stades
de développement. En effet, l’apprentissage, lors des plus jeunes
années, ne se fait pas de façon linéaire et progressive, mais bien par
le biais de « sauts » spontanés. Aussi le développement durant
l’enfance se fait-il suivant un escalier et non selon un plan incliné.

Figure 1.1 – Le développement dans l’enfance n’est pas linéaire


Un exemple de « saut » d’apprentissage assez marquant est ce que
l’on appelle aujourd’hui la « théorie de l’esprit », développée par les
continuateurs de Piaget. Voilà comment se déroule l’expérimentation
sur laquelle elle repose : un psychologue raconte une histoire à un
petit enfant à l’aide de planches dessinées. C’est l’histoire du petit
Max et de sa maman :
• Première vignette : Max et sa maman sont dans le salon et
regardent la télévision.
• Deuxième vignette : Max et sa maman vont dans la cuisine.
Alors, Max et maman rangent une tablette de chocolat dans le
placard rouge de la cuisine, puis retournent s’installer dans le
salon.
• Troisième vignette : La maman de Max retourne seule dans la
cuisine – laissant Max dans le salon – et retire la tablette de
chocolat du placard rouge pour la ranger dans le placard bleu.
• Quatrième vignette : Max se rend seul dans la cuisine pour
prendre du chocolat.
C’est à ce moment-là que le psychologue marque une pause et
demande à l’enfant : « d’après toi, où Max va-t-il chercher le
chocolat ? ».
Nous pouvons nous-mêmes nous poser cette question : où Max va-
t-il chercher le chocolat ? Bien sûr, dans le placard rouge. En effet, il
n’a pas vu sa maman changer le chocolat de place quand elle est allée
toute seule dans la cuisine. Par conséquent, pour lui, le chocolat se
trouve encore dans le placard rouge. C’est ce que l’on appelle en
psychologie une « fausse croyance ». Max croit que le chocolat est
dans le placard rouge ; même si c’est faux, c’est ce qu’il croit. Cette
croyance repose sur son expérience : il a rangé lui-même le chocolat
dans le placard rouge, et il ne sait pas que sa mère l’a changé de
place.
Pourtant, l’enfant à qui le psychologue pose la question répond
comme une évidence… dans le placard bleu !
Jusqu’à un âge relativement avancé, l’enfant ne distingue pas son
esprit de celui des autres. Pour lui, ce qu’il sait, tout le monde le sait ;
ce qu’il ressent, tout le monde le ressent.
Selon les auteurs, il faut attendre au moins l’âge de 4 ans (lorsque
ça n’est pas 5, 6 ou même 7 ans, le fameux âge de raison) pour que
l’enfant réussisse le test de « la fausse croyance ».
Un point essentiel à retenir de cette expérience, outre le fait qu’elle
peut heurter le sens commun, est que l’évolution de l’enfant n’est pas
basée sur une progression logique et séquentielle, mais se fait bien
sous forme de « sauts », comme par une espèce d’effet « déclic ».
Et c’est précisément ce sur quoi j’aimerais attirer ton attention,
cher lecteur. Tout au long de notre existence, nous apprenons. De
l’apprentissage de la lecture à l’école primaire au nom des nouveaux
amis ou collègues, de nouveaux apprentissages viennent enrichir nos
connaissances et nos aptitudes tout au long de notre vie – certaines
personnes par exemple passent le permis moto à 60 ans passés !
Je te propose l’idée suivante : même après les stades de
développement connus dans l’enfance (Piaget en dénombre quatre
principaux qui mènent jusqu’à l’âge de seize ans), l’apprentissage
(donc ton évolution dans les mondes physiques et psychiques)
continue de se faire par paliers, par « sauts », un peu comme les sauts
quantiques des électrons suivant leur niveau d’énergie.
Plus précisément, l’idée que je te propose est la suivante : un
processus d’apprentissage complet comporte à la fois une partie
linéaire et une partie non linéaire.
Roger passe le permis moto justement ; à 65 ans, il réalise un vieux rêve de gosse. Il
a appris – de façon linéaire – à démarrer sa « bécane », passer les vitesses avec le
pied gauche et freiner de façon adéquate.
Mais Roger se désespère un peu : pas moyen de passer l’ « épreuve du plateau », ce
fichu slalom, sans faire tomber les balises. Il « bloque », et a l’impression qu’il n’y
arrivera jamais… Et puis il y a cette après-midi particulière. Sans vraiment
comprendre ce qui a bien pu se passer, Roger passe le slalom sans difficulté. Et
même, après quelques passages plus ou moins réussis, ça y est : il réussit à chaque
coup. Manifestement, Roger a « compris le truc ».

Cet apprentissage complexe – coordonner correctement les


mouvements et le regard pour passer le slalom à moto – ne s’est pas
fait de façon linéaire ; il y a eu un « saut ». Comme un déclic.
Tout au long de notre vie, nous apprenons de façon linéaire. Et puis
il y a par moment de grands changements, comme de profondes
transformations qui font dire à la personne concernée quelque chose
du genre « tu sais, depuis, je ne suis plus le(a) même ».
Ces moments de la vie marquent des stades, identiques aux stades
de développement dénombrés par Piaget. Ce sont des stades dans le
sens où il y a un avant et un après, et que le passage de l’un à l’autre
ne se comprend pas de façon rationnelle. Et ces moments de la vie,
ces expériences si particulières qu’elles nous bouleversent au point de
nous faire dire « je ne suis plus le(a) même », ces moments de notre
vie sont des expériences hypnotiques, précisément.
Comprenons, si tu veux bien, pourquoi et comment l’hypnose
intervient dans notre existence.

QUAND PENSEZ-VOUS QUE VOUS ALLEZ


ENTRER EN ÉTAT D’HYPNOSE ?
Le mot hypnose désigne à la fois un état – « vous entrez en état
d’hypnose », « vous êtes hypnotisé » – une science – « cet éminent
professeur a beaucoup étudié l’hypnose » – et une technique –
« psychothérapeute, je pratique l’hypnose à chaque séance ».
C’est James Braid, chirurgien écossais, qui invente en 1841 ce
terme pour décrire un état qu’il a observé sur bon nombre de ses
patients. Et si son étymologie renvoie à Hypnos, dieu grec du
sommeil, c’est là que s’arrête l’analogie entre hypnose et sommeil.
En effet, Braid avait observé que, lorsque ses patients fixaient
attentivement un pendule, ils basculaient au bout d’un certain temps
dans un état particulier, présentant les caractéristiques du sommeil :
respiration plus calme et régulière, absence de mouvements, détente
visible des muscles du visage…
Braid note également que cet état est bien différent du sommeil
puisque ses patients ainsi « hypnotisés » semblent manifestement
entendre ses suggestions, et même y répondre positivement. C’est le
désormais classique « vous vous sentez bien », et sur le visage de la
personne en état d’hypnose apparaît un sourire calme et tranquille…
Pour autant, cet état particulier semble avoir été repéré bien avant
Braid, et certaines stèles retrouvées en Égypte décriraient des
cérémonies ressemblant trait pour trait à nos séances d’hypnose
moderne et ce… près de 4 000 ans avant notre ère !4
Il faut dire que cet état « spécial » qu’est l’état d’hypnose existe de
façon naturelle et même spontanée chez chacun d’entre nous, au
même titre que la concentration, la distraction ou la rêverie – nous
verrons même bientôt que l’état d’hypnose intègre ces trois états-là,
et bien d’autres…

COMMON EVERYDAY TRANSE OU L’ÉTAT


HYPNOTIQUE DU QUOTIDIEN
Milton Erickson, l’hypnothérapeute génial du XX e siècle qui a ramené
l’hypnose au premier plan des psychothérapies, parlait de common
everyday transe pour désigner l’état d’hypnose qui survient
spontanément dans la vie de tous les jours. Lorsqu’une personne
regarde la télévision, ou encore lorsqu’elle s’absorbe dans la lecture
d’un livre qui la passionne, ou même lorsqu’elle décroche à la
manière d’un enfant en classe qui se retrouve « dans la lune » et bien
incapable de répéter ce que l’enseignant vient de dire :-).
Toutes ces situations décrivent des états hypnotiques ou
hypnoïdes : des espèces de transes hypnotiques légères qui vont et qui
viennent. Le travail de l’hypnothérapeute consiste précisément à
aider la personne à retrouver cet état qu’elle a déjà expérimenté dans
son quotidien, puis à l’amplifier – certains diront « approfondir »
selon la classique métaphore consistant à « entrer en transe de plus en
plus profondément ».
Par conséquent tu comprends bien que tu es déjà entré en état
d’hypnose au cours de ta vie, tu as expérimenté et expérimentes
vraisemblablement chaque jour ce fonctionnement particulier, qui
n’est pas du sommeil et qui n’est pas non plus ton fonctionnement
« classique » et habituel.
En quoi cet état particulier peut-il m’aider, penses-tu peut-être
déjà ? Et tu as raison, il est tout à fait légitime de questionner l’utilité
d’un outil avant d’appendre à s’en servir, et nul doute que celui ou
celle qui n’a pas besoin de véhicule motorisé n’aura pas grand intérêt
à passer son permis de conduire.
En l’occurrence, l’état hypnotique est utile au changement dans la
mesure où il semble que c’est précisément dans cet état que nous
créons sans le savoir les conditions les plus propices à ces « sauts »
d’apprentissage. Lorsque tu es hypnotisé, il y a un avant et un après.
Tu ne sais pas vraiment expliquer comment ni pourquoi. Le fait est
qu’après, ce n’est plus pareil…
La lecture est une expérience éminemment hypnotique. Et nous
avons tous expérimenté à quel point la découverte d’un livre peut
nous changer en profondeur. Difficile de dire toutefois quel mot ou
quelle phrase a déclenché le changement, ni même de dire sur quoi
précisément porte ce changement.
Il est pourtant des livres dont nous ne sortons pas indemnes
(rarement pour le pire, souvent pour le meilleur) ; le Voyage au bout
de la nuit, La recherche du temps perdu ou encore Sur la route sont
autant d’expériences hypnotiques capables de nous enrichir et de nous
transformer de façon profonde et durable, pour notre plus grand
bien :-).
Tu possèdes un grand nombre de facultés à ta disposition ; ces
facultés sont à la fois physiques, émotionnelles et intellectuelles. À ta
disposition pour t’aider à accomplir tout ce qui te passe par la tête.
Nous pouvons légitimement les appeler des ressources. Parler, lire,
marcher, courir, compter et aussi te souvenir où tu as mis tes clés ou
encore te remémorer ton code de carte bancaire : ces ressources
agissent dans ta vie de tous les jours, bien souvent à ton insu.
Ces ressources sont essentielles en ce sens qu’elles sont aussi – et
peut-être même avant tout – des ressources de transformation
personnelle. Ce sont des ressources d’intégration et d’adaptation,
donc d’apprentissage. Ce sont tes ressources d’évolution personnelle,
utiles et nécessaires à dépasser toutes les difficultés que peut parfois
présenter la vie.
Parmi toutes ces ressources, tu noteras que certaines sont
accessibles par le biais de ta volonté, alors que d’autres ne le sont
pas. Voilà bien le début du problème : comment faire lorsque tu as
besoin d’une ressource – que tu possèdes, c’est entendu – et que tu ne
sais pas comment la mobiliser ?
De quel genre de ressources s’agit-il te demandes-tu peut-être
déjà ? Prenons simplement le cas de l’oubli. L’oubli est une ressource
universelle, partagée par tous, peut-être même notre plus grande force
et notre plus grande faiblesse à la fois sur cette terre.
Tu oublies sans cesse, en permanence, de façon temporaire parfois
(si tu te demandes ce que tu as mangé hier au déjeuner, peut-être l’as-
tu oublié et sans doute avec un léger effort de mémoire et de
concentration ça devrait te revenir), et parfois de façon définitive (un
ancien camarade de classe te parle de cette personne du second rang,
te la décrit avec force détails et non, il n’y a rien à faire, ça ne te
revient pas...).
Cette ressource « oubli » ne se mobilise pas par le biais de la
volonté, et peut même parfois donner l’impression d’en suivre
exactement le chemin opposé :-). Il est fréquent en effet d’oublier
précisément quelque chose dont il faut absolument se souvenir, alors
même que ce fichu souvenir s’accroche et revient même
systématiquement alors qu’il serait mieux aux oubliettes de ta
mémoire.
Sans doute as-tu connu ce phénomène amusant de « mot sur le bout
de la langue » n’est-ce pas ? Tu as alors certainement constaté cette
étrange situation qui fait que plus tu veux te souvenir, moins tu peux !
Étonnant non, comme dirait Monsieur Cyclopède5 ? Voilà bien une
situation sur laquelle nous reviendrons et que tu peux d’ores et déjà
consigner comme étant extrêmement riche d’enseignements : plus tu
veux, moins tu peux. Cette formule est même à la source d’un bon
nombre de numéros d’hypnose de music hall. Nous avons tous en tête
les images de personnes sur une scène de spectacle, les deux mains
jointes, bras tendus, et d’un hypnotiseur martelant « Vous ne pouvez
plus décoller les mains, vous ne le pouvez pas, même si vous essayez,
plus vous le voulez, moins vous le pouvez ! ».
C’est le deuxième principe de cette méthode d’auto-hypnose :
Vouloir = Échouer. Et s’il te plaît, cher lecteur, ne pars pas en courant,
laisse-moi un peu le temps de te présenter cette nouvelle façon de
voir les choses, pour ton plus grand bien – et le plus grand bien de
tous :-).

Principe no 2
Vouloir = Échouer.

Que faire alors en cas de bdl subit (bdl pour « mot sur le bout de la
langue » bien sûr) ? Tu l’as déjà expérimenté, c’est certain : lâcher.
Passer à autre chose, tourner la page, bref faire « next » dans la tête et
alors… Alors la situation manifestement se débloque quelque part en
toi et le mot cherché en vain revient spontanément, peut-être même
au moment où tu t’y attends le moins…

LES DEUX FACETTES D’UN MÊME ESPRIT


Le lâcher prise est précisément le début de l’état d’hypnose, sa pierre
angulaire. Il permet à la partie la plus intuitive de notre esprit de faire
son travail. Car notre esprit – si cela peut t’aider, tu peux remplacer
esprit par cerveau – possède deux façons de fonctionner, différentes
et complémentaires.
Depuis monsieur Freud et ses écrits sur la psyché, le terme
« inconscient » est rentré dans les mœurs ; ce concept semble même
tellement clair dans la tête de certains que leur pauvre inconscient est
mis à toutes les sauces, et il n’est pas rare d’entendre des discours du
genre : « tu sais, en fait, c’est dans mon inconscient que ça se
passe… ».
Partons de ce constat que, dans tout ce que tu fais chaque jour, il y
a des actes volontaires – donc tout à fait conscients (comme lacer tes
chaussures, composter ton billet de train ou encore consulter une
définition dans un dictionnaire) et des actes involontaires, comme
cligner des paupières, respirer ou encore dire un mot à la place d’un
autre sans le faire exprès (le fameux lapsus, du genre quadrature du
sexe plutôt que quadrature du cercle :-).
Le principe général est de bien comprendre que même nos actes
involontaires viennent de nous ; et comme nous n’avons pas
conscience de ces actes, alors que c’est quand même nous qui les
accomplissons, nous pouvons envisager l’existence d’une partie de
notre esprit à laquelle notre conscience n’a pas accès. Cette partie
échappant à notre contrôle conscient, nous pouvons précisément la
nommer « inconscient ».
Tout se passe comme si tu possèdes un seul et même esprit
fonctionnant suivant deux modes différents : l’un conscient, objectif
et rationnel, l’autre inconscient, intime et détaché de la réalité
objective.
Même si tu n’accèdes pas consciemment à ton inconscient, il fait
quand même partie intégrante de toi ; il travaille en permanence en
toi, avec toi et pour toi.
C’est un point essentiel et majeur à bien comprendre et même à
accepter si tu souhaites avancer et progresser dans la voie de la
pratique de l’auto-hypnose : il y a en toi une vie qui se joue à ton
insu, c’est-à-dire à l’insu de ton esprit conscient. Il ne s’agit pas
seulement d’un mot à la place d’un autre, d’un oubli ou encore d’une
habitude tenace, mais d’une lame de fond, lente, puissante et
imparable qui te mène et te guide bien au-delà de ce que tu pourrais
imaginer.
Tous ces souvenirs qui t’ont marqué – et ceux que tu as purement et
simplement oubliés, les personnes que tu as perdu de vue tout comme
celles qui sont toujours là, la ville où tu vis, le travail que tu
accomplis, même tes goûts personnels : voilà le travail de ton esprit
inconscient.
Bien sûr, tu possèdes la sincère conviction que bien des choix que
tu as fait dans ton existence ont été conscients et voulus par toi-
même. Toutefois, tu accordes peut-être déjà certains faits aux
circonstances, et même peut-être à une certaine fatalité.
Je te propose l’image suivante : imagine la vie comme un vaste
océan, animé de courants contraires et plein de surprises, de criques
minuscules et secrètes ainsi que de grands ports auxquels t’amarrer
pour une nuit… ou pour la vie :-). Ton esprit conscient regarde plus
ou moins loin, il peut ramer – même à contre-courant si tu le
souhaites – et aussi manipuler le gouvernail.
Alors faisons le point : la vie est un vaste océan, tu es
l’embarcation sur cet océan et ton esprit conscient est bien entendu le
pilote de cette embarcation. Et alors où est l’esprit inconscient me
diras-tu ? Ton esprit inconscient, cher lecteur, c’est le courant. Ces
courants marins qui te font dériver irrépressiblement vers de terribles
récifs, ou accéder plus vite à ta destination, selon que tu en tiens
compte et marche avec eux, ou que tu les ignores et te fatigues à les
remonter.
Voilà la donnée manquante de l’équation : ton esprit inconscient,
c’est le courant de ta vie. Invisible à l’œil nu, imparable et immuable,
il est là, qui agit en permanence, de jour comme de nuit. Si tu
l’ignores et fais comme s’il n’existait pas, il te fera louper ton
chemin : car quelques dixièmes de degrés d’écart au départ, et ce sont
des centaines de milles de différence à l’arrivée…
En revanche tiens-en compte, intègre-les à tes savants calculs, et tu
t’émerveilleras du temps qu’ils te font gagner et des efforts qu’ils
t’épargnent. Tu t’étonneras même au petit matin de constater le
chemin parcouru sans rien faire durant la nuit, grâce au courant !
C’est le troisième principe : ton esprit inconscient, c’est le courant
de ta vie, c’est-à-dire ce qui décide en profondeur de ta destination.

Principe no 3
Ton esprit inconscient est ce qui décide vraiment de ta destination.

Tu peux comprendre à quel point il est utile de faire de ton esprit


inconscient ton allié et non ton ennemi ; des années
d’incompréhension ont parfois contribué à développer cette idée
erronée que l’inconscient serait une espèce d’ennemi à combattre,
toujours prêt à prendre son hôte par surprise pour l’obliger à faire ou
à dire ce qu’il aurait préféré taire ou reléguer aux oubliettes.
C’est une erreur bien sûr, et ton inconscient est au contraire ton
meilleur allié ; il est ce qu’il y a de plus intime en toi, de plus sincère
et de plus authentique.
Bien sûr, il ne communique pas avec toi par des mots, et c’est pour
cela qu’il peut donner l’impression qu’il se moque de toi ou ne te
comprends pas. Car c’est bien d’incompréhension qu’il s’agit – il ne
peut s’agir que d’incompréhension – car ton inconscient, cher lecteur,
au même titre que ton esprit conscient, c’est toi !-).
Comprends bien ce point essentiel : ton esprit – ou cerveau –
conscient et ton esprit inconscient sont les deux modes de
fonctionnement, différents et complémentaires, d’un même esprit : le
tien.

LES DEUX PIÈCES DE TA MAISON


Imagine que tu es chez toi. Le salon, pièce centrale de ta maison, est
séparé en deux par une cloison avec deux portes. En fait, tu peux
passer dans l’autre partie du salon par deux portes différentes.
Lorsque tu es dans la première partie de ton salon, il y a un génie
dans l’autre compartiment. Ce génie est un être absolument
extraordinaire, un peu semblable au génie de la lampe d’Aladin – à ce
détail près que lui ne connaît aucune limite dans le nombre de vœux
qu’il peut exaucer pour toi :-).
Ce génie qui écoute en permanence tes désirs et tes rêves te dit en
permanence quoi faire, où trouver ceci ou cela, tout ce qui est
nécessaire pour réaliser tous tes rêves. Il te montre le chemin. Et il te
connaît si bien qu’il te dit même si tel ou tel rêve te ressemble
vraiment, si cette personne est vraiment faite pour toi ou si cette idée
nouvelle est une bonne piste.
Bien sûr tu désires certainement te rendre dans la pièce d’à côté et
rencontrer ce génie pour t’entretenir avec lui de visu. Mais voilà, il y
a une règle : cette règle, c’est que tu ne peux pas rencontrer ce génie
« en vrai ». Tu ne peux le voir ni même le toucher.
Comment faire alors ? Et bien voilà, ce génie te parle à travers la
cloison de ton salon. Si tu empruntes la porte pour aller le rencontrer,
il emprunte l’autre porte exactement en même temps que toi, et passe
dans l’autre partie de la pièce.
Quand tu n’es pas là, ou pendant ton sommeil, il laisse des indices
ici et là, il va même jusqu’à déplacer des objets à ton insu.

Il y a quelque temps, j’animai un cours d’auto-hypnose dans une grande ville de


province, pour les personnes désirant apprendre à mieux utiliser leur potentiel. Alors
que je parlai de mon expérience d’aide aux fumeurs pour arrêter de fumer, Philippe,
un des participants, me rapporta sa propre expérience d’ancien fumeur.
Plus tard, lors du déjeuner, nous avons enchaîné sur l’amincissement. Je parlai alors à
Philippe d’un livre qui me semblait plutôt bien pour changer son conditionnement en
matière d’alimentation. Puis nous avons poursuivi nos échanges à « bâtons rompus »
dans une bonne ambiance.
Alors c’est là que la magie se produit : plusieurs mois après, je suis retourné dans
cette ville pour animer la suite du stage. Parmi les participants qui avaient enchaîné
les niveaux se trouvaient Philippe.
Je lui trouvais une bonne mine, il respirait la santé. À la pause, il est venu me saluer,
ça me faisait plaisir de le voir. Alors il me dit « Jean, je dois te raconter quelque
chose ». Et il me raconte que lors de la dernière séance d’hypnose collective du
précédent stage, alors que j’accompagnais le groupe à créer de nouvelles solutions, il
a vu en rêve le livre dont nous avions parlé au déjeuner. Il a vu ce livre précisément,
chez lui, comme s’il y était.
En rentrant chez lui le soir, il s’est rendu à l’endroit qu’il avait vu en rêve : le livre s’y
trouvait, il avait toujours été là !
Emballé par cette expérience, il l’a littéralement dévoré… et lorsqu’il me racontait
cette histoire, il avait minci de 13 kg. Voilà donc pourquoi je lui trouvais meilleure
mine !

En fait, ce génie répond vraiment à vos vœux et il est vrai que les
ressources qu’il déploie alors pour répondre à vos demandes donnent
parfois l’impression de flirter avec de la « magie ».
Évidemment, il est toujours possible de trouver une explication
rationnelle. Aujourd’hui, tous les fans de sports aiment bien rappeler
qu’en 1998 ils étaient sûrs que la France deviendrait championne du
monde de football. Pourtant à cette époque-là, juste avant la
compétition – les moins jeunes s’en souviennent sans doute – il était
extrêmement difficile de trouver des spécialistes osant affirmer que
la France avait toutes ses chances dans la compétition – et même,
c’était plutôt le contraire…
Il y a toujours moyen d’expliquer rationnellement l’inexplicable.
Certainement Philippe avait vu plusieurs fois le livre en question
dans sa bibliothèque, l’image de sa couverture et même de son titre
en avait imprégné sa rétine, mais pas sa mémoire – du moins pas sa
mémoire consciente.
Et c’est là que le bon génie intervient : dès lors que tu lui
demandes correctement de t’aider, il le fait – il est là pour ça. Et ce
qui avait toujours été là, et pourtant invisible à l’esprit conscient –
apparaît enfin, comme… par magie, précisément :-).
Apprendre et pratiquer l’auto-hypnose, c’est précisément
apprendre à mieux communiquer avec ce génie – ton esprit
inconscient. C’est apprendre à travailler avec lui et non plus contre
lui. C’est aussi apprendre à l’aider pour qu’il t’aide encore mieux en
retour. Car souviens-t-en, en arrivant sur cette terre, le disque dur de
ton cerveau est vierge. Le bon génie n’a pas encore reçu de demandes.
Mais très vite le disque dur se programme, des demandes arrivent
de toutes parts aux oreilles du génie – elles ne proviennent pourtant
bien souvent pas de toi, mais de ton environnement. L’éducation, les
idées reçues, les préjugés, chaque expérience de vie se propage à ton
esprit conscient, certes, et aussi à ton esprit inconscient. Et le bon
génie dès lors se met à l’œuvre, croyant bien faire : il répond à toutes
tes demandes – même lorsque ces demandes n’émanent pas de toi, il
suffit que lui, le bon génie, le croit.
C’est pourquoi avant d’aller plus loin dans la compréhension du
fonctionnement de ton Esprit (esprit conscient + esprit inconscient),
il est temps de pratiquer le premier exercice – la base.
Car, tu l’as compris, le bon génie est à l’écoute, en permanence ; il
est là pour toi, pour te servir et répondre à tes demandes. Toutefois –
et c’est ce que nous allons aborder bientôt – il lui arrive de ne pas
faire le distinguo entre ce qui vient de toi et ce qui ne vient pas de toi.
Rappelle-toi les deux pièces de ta maison : le bon génie et toi êtes
toujours séparés par la cloison, c’est la règle. Et lorsqu’il y a plein de
monde chez toi, le bon génie a bien du mal à différencier tes propres
paroles – tes propres demandes – de celles des autres.
Alors pour commencer, tu dois apprendre à laisser le calme
s’installer dans la pièce principale ; et pour cela, il existe quelque
chose de magique. Ce principe magique, c’est…
… le silence.

Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose,


qui est de ne savoir pas demeurer en repos
dans une chambre.
Blaise Pascal

Exercice pour commencer : Pratique du silence


Ce sera ton premier exercice cher lecteur : apprendre à pratiquer le silence. Silence de
mots, de bruits et de musique, bien sûr, et aussi silence de mouvements – mis à part
bien sûr les mouvements automatiques et essentiels à la vie : battements de ton cœur,
respiration, clignements d’yeux si tu les gardes ouverts.
Bien sûr il y aura sans doute des étapes dans cet exercice et, comme sans but il n’y a
pas de tir au but possible, je te propose l’ultime objectif suivant : parvenir, à terme, à
pratiquer le silence de sons et de mouvements pendant 30 minutes – sans tricher bien
sûr, et d’affilée !-).
À chaque objectif, il est souvent utile d’associer un rêve – une étape encore au-delà de
l’objectif poursuivi. Je te propose en l’occurrence le rêve suivant : atteindre bientôt le
silence de pensées.
Imagine : 30 minutes de silence pur. Pas de bruits, de mouvements ni même de pensées
pour te déranger. C’est le top, un cadeau magnifique que tu te fais à toi-même.
Peut-être cet exercice te semblera-t-il difficile et peut-être même impossible – du moins
au début.

Je me souviens d’une dame très bien qui était venue me voir pour régler ses troubles
du comportement alimentaire qui polluaient son existence depuis longtemps.
C’était une dame enjouée, ayant beaucoup d’humour, et d’allure assez souriante et
enthousiaste.
Alors que je lui proposais cet exercice à pratiquer chez elle quotidiennement, elle
m’arrêta en me disant : « Vous savez Jean, si je reste chez moi toute seule dans le
silence et sans rien faire plus de 5 minutes, c’est sûr que je fonds en larmes ! ».
Nous avons convenu ensemble des étapes qui pouvaient être les siennes pour
apprivoiser cette pratique délicieuse – en plus, cet échange fut l’occasion pour nous
d’aborder ensemble ce qui se passe entre « Je ne fais rien, n’entends rien et ne vois
rien » à « Je fonds en larme ».
Très vite cette dame a pris goût à la pratique quotidienne du silence. Comme par une
espèce d’enchantement étrange, le goût pour ce silence quotidien a semblé se
substituer au goût immodéré qu’elle éprouvait pour certains aliments, et qui lui
gâchait l’existence. Les troubles du comportement alimentaire ont disparus,
progressivement et en douceur…

Invente toi-même tes propres étapes, et tu peux bien évidemment


commencer par une pratique de 5 minutes – c’est déjà très bien. Tu as
compris le principe : isole-toi dans un endroit calme – il en existe
toujours, même en collectivité (si, si…) – et installe-toi
confortablement – le plus confortablement possible en fait.
Une fois bien installé, regarde ta montre. Décide du temps durant
lequel tu souhaites pratiquer le silence de sons et de mouvements.
Une fois que tu as décidé de cette durée (de 5 à 30 minutes), quitte ta
montre des yeux et lance-toi.
Ne t’endors pas, reste lucide. Si possible, apprécie. Observe les
pensées qui te passent alors par la tête – c’est déjà peut-être le génie
qui te parle… ou pas encore ;-).
Lorsque l’idée te vient que peut-être le temps prévu s’est écoulé,
regarde ta montre – si possible dans une certaine économie de
mouvement.

LES PETITS PLUS


Si possible, intensifie ce confort particulier que seul ce genre
d’expérience procure.
Quand tu le sens, bascule en douceur sur le silence de pensées –
nous reviendrons là-dessus bientôt.
Bien sûr, tu n’es pas obligé d’atteindre 30 minutes pour passer à la
suite de ce manuel ; je t’invite toutefois expressément à poursuivre
cet objectif avec assiduité : le silence est la base, la voie royale vers
toi-même, vers le bon génie qui exauce tous tes vœux, vers ce
partenaire endormi que cette pratique nouvelle réveille pour ton plus
grand bien.
Et comme ça, tu peux d’ores et déjà commencer à envisager
d’apprendre en profondeur afin de transformer tout ce qui ne te
convient plus – car c’est bien de cela qu’il s’agit.
2
JE VOIS CE QUE JE CROIS

Et je sais maintenant que…

« On ne voit bien qu’avec le cœur,


l’essentiel est invisible pour les yeux. »
Antoine de Saint-Exupéry

Alors voilà, cher lecteur, tu sais maintenant que tu possèdes un seul et


même esprit bien sûr, et que cet esprit fonctionne simultanément
suivant deux modes différents : un mode conscient, tout à fait lucide
et rationnel, et un mode inconscient, qui fonctionne en quelque sorte
un peu « à ton insu ».

LES POUVOIRS EXCEPTIONNELS DU GÉNIE


Pour autant ton esprit inconscient est doté de pouvoirs exceptionnels :
une mémoire colossale, une créativité digne des plus grands
inventeurs, une intuition telle qu’elle peut faire croire à de la
« voyance » ou quelque chose de ce genre. Les pouvoirs de ton esprit
inconscient sont si vastes et si surprenants que tu peux représenter ce
dernier sous les traits d’un bon génie, un génie qui exauce tous tes
vœux.
Ce génie habite dans ta maison, sous ton toit. Mais tu ne peux pas
le voir ni même discuter avec lui avec des mots. Et quand bien même
tu déciderais de vivre ta vie sans jamais travailler avec ce génie, il te
jouerait quand même des tours. Car ce génie a déjà reçu des ordres et
s’astreint, chaque jour, à chaque instant, à ce que ces ordres soient
bien respectés – car il travaille pour toi, souviens-t-en.
Par exemple, toutes ces choses que tu fais sans t’en rendre compte
– passer les vitesses de ton automobile, appuyer sur les bonnes
touches de ton téléphone lorsque tu rédiges un texto ou même piocher
à nouveau dans ce satané paquet de chips jusqu’à ce qu’il soit vide –
qui s’en occupe d’après toi ?
De même que respirer – même la nuit alors que tu dors
profondément – adapter la juste dilatation de tes pupilles selon la
luminosité ou – peut-être encore plus surprenant et tout aussi
véridique – déclencher une réaction allergique devant une rose
artificielle très bien imitée ?
C’est ton génie intérieur bien sûr ! Peut-être certains penseront
qu’il s’agit là d’automatismes, et ils auront raison :-). Dans sa grande
bienveillance, le génie sait se transformer – pour ce qui est essentiel –
comme respirer ou se protéger du danger – en véritable automate. Un
robot qui exécute de façon imparable et infatigable la tâche pour
laquelle il a été programmé.
Je te propose de t’arrêter un moment sur cet aspect du génie : il sait
se transformer en robot pour ce qui est essentiel.

QUI A PEUR DES ARAIGNÉES ?


Souviens-toi de cette personne du premier chapitre qui a peur des
araignées – à tel point qu’elle ne peut s’empêcher de hurler dès
qu’elle en voit une. Les symptômes de sa peur sont bien réels, n’est-
ce-pas ? Et même à un niveau purement physiologique, la décharge
d’adrénaline dans son système nerveux, l’accélération de son rythme
cardiaque, tout cela est bien réel – même si, au passage, il se peut que
l’araignée en question soit un simple mouton de poussière traînant
sur le sol et ne possédant qu’une très vague ressemblance avec les
arachnides.
Les symptômes sont bien réels donc, et bien sûr complètement
déconnectés du fonctionnement lucide de cette personne qui pense
même au contraire qu’il est ridicule de réagir aussi exagérément face
à une bestiole aussi petite et inoffensive.
Tu comprends bien, cher lecteur, que c’est le robot de cette
personne, son automate personnel, qui déclenche cette réaction
physique et ce comportement « sonore ». Et pourtant, que peut-il bien
y avoir d’essentiel dans le fait de hurler en présence de toute araignée
rencontrée ? Même pour quelqu’un vivant dans une contrée tropicale
peuplée de dangereuses créatures à huit pattes, d’autres réactions bien
plus appropriées seraient préférables à cette démonstration bruyante
et handicapante, n’est-ce-pas ?
Pour mieux comprendre ce qui se passe, je te propose la figure 2.1.

Figure 2.1 – Une question de cerveau

Tout se passe en effet comme s’il y a d’un côté le cerveau rationnel


de la personne – celui qui sait qu’une petite araignée n’est pas
dangereuse – et d’un autre côté l’automate – qui a été programmé, un
jour, peut-être il y a longtemps – qui réagit spontanément et
instantanément au stimulus – en l’occurrence, l’araignée.
Le cerveau rationnel est le siège du : Je dois / Je dois pas ; Il faut /
Il faut pas ; C’est bien / C’est mal, etc.
Le cerveau robot quant à lui est du domaine du : C’est plus fort que
moi ; Je le fais sans y penser ; J’ai l’impression de ne plus être moi-
même, etc.
Dans le cas de la personne qui a peur des araignées, en même
temps que son cerveau rationnel sait qu’il est inutile et même un peu
ridicule de hurler devant une petite bête inoffensive, son automate
déclenche les cris, la sécrétion d’adrénaline dans son système
nerveux et l’accélération de son rythme cardiaque. Pourquoi ? Parce
qu’il a été programmé pour ça. Souviens-toi, à sa naissance, le petit
bébé n’a pas peur des araignées – de même qu’il ne fume pas, qu’il
est parfaitement à l’aise en publique (même tout nu) et qu’il ne fait
pas d’hypertension.

POURQUOI « FAIRE UN EFFORT »


NE MARCHE PAS
Alors que faire pour transformer ça ? Bien sûr, la première réponse
qui vient à l’esprit – le fruit de notre éducation précisément – c’est de
« faire un effort ».
« Prends un peu sur toi » s’entendra dire alors la pauvre personne
qui se demande bien comment faire – c’est plus fort qu’elle ! Et
pourtant, qui n’a jamais entendu cette formule toute faite : « Quand
on veut, on peut ! »
Souviens-toi du deuxième principe : Vouloir = Échouer !!! Et
même, dans ce genre de situation, plus tu veux, moins tu peux ! Essaie
un peu pour t’amuser à ne pas penser à la cigarette – si tu es fumeur
et que tu essaies précisément d’arrêter – ou de ne pas te jeter sur ce
paquet de gâteaux ou encore de ne plus penser à cette personne qui a
mis le feu à ton cœur et qui ne répond pas à ton texto – ça fait au
moins 5 minutes, elle l’a forcément lu !!
C’est notre principe no 4, souviens-t-en comme d’une règle d’or :
lorsqu’il y a un conflit entre ta volonté et ton robot – autrement dit
lorsque ton cerveau rationnel et ton automate ne sont pas d’accord,
l’automate gagne toujours.

Principe no 4
En cas de conflit entre la volonté et l’automate, l’automate gagne toujours.
Aucune exception à cette règle, rien ni personne n’y déroge :
l’automate gagne toujours. Ton automate est infiniment plus fort que
ton cerveau rationnel – n’en déplaise à l’orgueil de ce dernier. À cela
deux explications aussi simples qu’imparables. D’abord, ton cerveau
rationnel se fatigue ; il doit dormir la nuit et même le jour, lorsqu’il
est parfaitement frais et dispo, il doit faire des pauses. Même le plus
zen d’entre nous ne peut se concentrer sur une même tâche trop
longtemps.
Ton automate, lui, est infatigable ! C’est un robot ! Il ne s’arrête
jamais, et même la nuit quand tu dors, il continue à travailler –
assurant la respiration, les battements du cœur, etc.
Autre point qui rend ton automate infiniment plus puissant que ton
cerveau rationnel : il peut faire plusieurs choses en même temps ! En
bon robot, il effectue toutes les tâches pour lesquelles il a été
programmé. Ton cerveau rationnel, lui, est monotâche – les hommes,
paraît-il, en savent quelque chose ;-). Essaie donc de décompter
depuis 1002 de trois en trois à haute voix tout en tournant sur toi-
même les yeux ouverts et en collant l’attribut « rouge » au chiffre que
tu viens de prononcer lorsque tu vois la fenêtre et « vert » lorsque tu
vois le canapé… (je sais bien que les plus persévérants d’entre vous y
arriveront… chapeau !).
Lorsqu’il y a conflit entre ton cerveau rationnel et ton automate, à
la longue, ton automate gagnera toujours. Il est infatigable et peut
faire une infinité de choses en même temps. Même si la force de ta
volonté peut te donner l’illusion de bloquer pour un temps le travail
du robot, à la moindre baisse d’attention, la moindre distraction, le
moindre oubli, le robot reprendra son travail ; il est comme une
machine qui avance de façon imparable, comme un ordinateur
branché sur une batterie inépuisable.

LA SOLUTION ? REPROGRAMMER
LE ROBOT
Comment faire alors pour transformer ce qui ne te convient pas ?
Changer les programmes du robot bien sûr ! Et comment faire pour
ça ? Regarde le schéma plus haut : tu remarqueras qu’il y a un trou
entre ton cerveau rationnel et ton automate. Et comme tu l’imagines
peut-être, il y a quelque chose dans la réalité qui comble ce trou, et
qui le comble de façon admirable. C’est quelque chose d’absolument
extraordinaire ; ce quelque chose extraordinaire, c’est…

Ton cerveau émotionnel


Si tu peux attribuer à ton cerveau rationnel la force de la volonté –
extraordinairement utile et très limitée comme tu l’as compris – et à
ton cerveau robot la force de l’habitude – certainement une de tes
plus grandes forces et aussi une de tes plus grandes faiblesses sur
cette terre – tu peux attribuer à ton cerveau émotionnel la force du
cœur.
La force du cœur est la force la plus puissante qui soit à ta
disposition. Rien ne la surpasse. Avec elle, tu peux réaliser
l’impossible, déplacer des montagnes, changer du tout au tout.
Regarde autour de toi et compte, pour t’amuser, les personnes de ton
entourage que tu as vu changer du tout au tout simplement parce
qu’elles étaient amoureuses !
Évidemment, la force du cœur s’étend bien au-delà de l’amour qui
peut s’installer entre deux individus, et correspond en réalité à ce que
tu ressens sincèrement au plus profond de toi-même. Là où ton
cerveau rationnel est le siège des : « Je dois/Je dois pas ; Il faut / Il
faut pas ; C’est bien / C’est mal »… et ton cerveau robot le siège du :
« C’est plus fort que moi », ton cerveau émotionnel est le lieu de :
« J’aime / J’aime pas, Je suis bien / Je suis pas bien, J’y crois / J’y
crois pas… » au plus profond de toi-même, dans tes tripes !

QUE LA FORCE SOIT AVEC TOI


C’est ton cerveau émotionnel qui fait le lien entre ton cerveau
rationnel et ton automate ; c’est lui en réalité qui programme
l’automate, qui met ses programmes à jour – il a les clés de la salle
des machines ! Si tu es fan de Star Wars – ou si tu connais les Jedi
tout simplement – la force du cœur, c’est « La Force », tout
simplement. Si tu n’es pas friand de science-fiction, retiens que la
force du cœur est le Principe le plus puissant dont tu disposes.
La force du cœur, c’est ce que tu ressens dans ton for intérieur –
pas ce que tu penses, ce que tu ressens. Le problème de la personne
fatiguée par sa phobie des araignées, c’est que les araignées lui font
peur. Et son cerveau rationnel a beau s’évertuer à la raisonner, a beau
mobiliser une volonté de fer… son for intérieur l’emporte, et le robot
conserve les vieux programmes inutiles… tant qu’ils n’ont pas été
remplacés par d’autres programmes plus satisfaisants.
Qu’est-ce donc qu’un programme plus satisfaisant, te demandes-tu
peut-être déjà ? Et bien, c’est un programme à la fois plus simple,
plus efficace et plus respectueux de tes désirs les plus sincères.

Le cœur a ses raisons que la raison ignore


Il y a des années de ça maintenant, j’avais reçu un brillant avocat qui se plaignait
d’insomnies et de migraines. Il m’avait été envoyé par son médecin traitant,
notamment car les médicaments prescrits avaient perdus à la longue de leur efficacité
originelle.
Quand il est entré dans mon cabinet, ce monsieur en était arrivé à un point très
compliqué car son manque de sommeil nuisait considérablement à la qualité de son
travail, en plus de favoriser l’apparition de terribles migraines durant la journée qui
l’empêchaient d’être efficace.
Cette diminution de son efficacité au travail avait tendance à favoriser l’apparition de
soucis et de tracas qui, le soir venu, l’empêchaient de dormir. Il démarrait alors la
journée suivante avec encore davantage de migraines et encore moins d’efficacité,
c’était un cercle vicieux.
En quelques séances d’hypnose, il a retrouvé un sommeil de qualité et les migraines
dont il souffrait – depuis l’enfance soit dit en passant – ont disparu. Il était émerveillé
par ce résultat.
À tel point que quelque temps plus tard, je reçu une jeune femme se recommandant
de lui. Son souci était tout autre, en apparence. En effet, elle se plaignait de terribles
douleurs dans le ventre, qui arrivaient de façon sporadiques et l’empêchaient alors
même de parler. En l’occurrence, ces douleurs apparaissaient le plus souvent à table,
surtout lorsqu’elle se trouvait en présence de personnes avec qui elle n’était pas
forcément très à l’aise.
Dans sa grande sagesse, cette jeune femme avait consulté plusieurs médecins qui
tous firent le même diagnostic : le symptôme était d’origine psychologique.
Le résultat fut alors encore plus spectaculaire : il suffit à cette personne d’une seule
séance d’hypnose pour que le symptôme qui lui polluait l’existence disparaisse
complètement.
Dans les deux cas, l’un comme l’autre n’ont eu qu’une vague idée de ce qui s’est
réellement passé dans leur for intérieur. C’est pourtant bien un travail intérieur qui a
provoqué chez l’un comme chez l’autre cette étonnante transformation. Pendant que
le cerveau rationnel cherche à comprendre, le cerveau émotionnel travaille, associe,
crée, invente, rêve, et le miracle se produit…
Le cœur a ses raisons que la raison ignore.

L’ILLUSION DU CONTRÔLE ?
UNE TERRIBLE IMPASSE !
Bien au-delà de ce que tu penses – à propos de tel ou tel sujet, tel ou
tel symptôme – c’est bien ce que tu ressens dans ton cœur qui compte
en ce sens que c’est le juge de paix qui décide en dernier lieu de ce
que tu fais, même lorsque tu n’y penses pas – surtout lorsque tu n’y
penses pas.
Lorsque toute la force de ta volonté est mobilisée sur un objectif
précis, ton cerveau robot est bloqué momentanément – un peu comme
une machine en pilote automatique qui repasserait momentanément
en pilotage manuel.
Pendant ce temps-là, ton cerveau émotionnel enregistre les données
qui serviront à enrichir son immense base de données déjà existante.
C’est dans ces moments de pilotage manuel que ton cerveau rationnel
peut avoir l’illusion de « contrôler » ou même envisager que le
chemin de la volonté est le bon – celui à explorer car il semble porter
ses fruits.
Tout fumeur pratiquement a connu ces périodes de frustration
permanente, cette lutte perpétuelle avec soi-même pour se retenir de
fumer. N’importe quelle personne en surpoids a pratiqué au moins
une fois dans sa vie ces supplices appelés régimes qui, dans le
meilleur des cas, ne changent rien et dans le pire préparent dans
l’ombre la reprise des kilos si durement perdus avec en plus les
intérêts de retard. Toute personne phobique de l’eau a expérimenté –
selon les degrés de phobie – ces expositions forcées à grands coups
de « tu peux le faire ! » n’apportant qu’usure, mépris de soi et jets
d’éponge.
Pourtant, les plus persévérants aiment voir dans ces vaines
tentatives l’espoir d’une volonté un jour triomphante – s’imaginant
devenir un jour l’ascète ou la personne courageuse qu’ils ne seront
jamais ailleurs que dans leurs rêves ou dans leurs pires cauchemars,
c’est selon.
Et le fumeur abstinent qui replonge, épuisé après le calvaire de la
privation, se dit selon qu’il est enthousiaste ou fataliste : « j’arrêterai
quand je voudrai » ou bien « autant se faire une raison ».
La personne en surpoids constatant après son énième régime que ce
coup-ci n’était pas encore le bon s’appuie sur cette courte période où
l’amincissement était bel et bien là et s’en veut d’autant plus d’avoir
loupé le coche de cette arlésienne qu’est « la stabilisation ».
Quant à la personne phobique encore traumatisée par cette
exposition « à l’ancienne » à l’objet de sa phobie, elle se dénigre
davantage encore et se dit que si elle avait ne serait-ce « qu’un tout
petit peu plus » de volonté, elle y arriverait. Combien de générations
d’élèves furent ainsi traumatisées par ces odieuses séances de piscine
alors que l’Éducation nationale elle-même stipule aujourd’hui dans
ses textes que le but de la piscine à l’école n’est surtout pas
d’apprendre à nager, mais bien de familiariser le bambin à l’élément
aquatique :-).
Tu comprends, cher lecteur, que le piège que ton cerveau rationnel
se tend à lui-même, c’est de se donner l’illusion qu’il contrôle – et il
contrôle, momentanément.

TIRER SUR L’HERBE NE LA FAIT


PAS POUSSER PLUS VITE
Cette extraordinaire machine que constitue ton ensemble « Corps-
Esprit » est prévue pour fonctionner par moments en pilotage manuel,
et par moments seulement. Peut-être les plus angoissés se
désespéreront-ils et regretteront d’être dépossédés en apparence de
l’essentiel de leurs actes, c’est pourtant comme ça que ça se passe.
Tirer sur l’herbe ne la fait pas pousser plus vite, bloquer sa
respiration volontairement n’est pas possible très longtemps : le robot
reprend ses droits, toujours.
La force de la volonté est purement et simplement inopérante
puisqu’elle se mobilise aux dépens de tout le reste – souviens-toi que
ton cerveau rationnel ne peut faire qu’une seule chose en même
temps ! Elle se fatiguera un jour ou l’autre – le robot lui ne se fatigue
jamais. Cesse d’envisager de transformer quoi que ce soit par le
truchement de ta volonté, tu n’es pas étudié pour.
Et ne te désespère pas pour autant ! Je te le rappelle, il n’y a pas de
fatalité, et la transformation, en plus d’être possible, est nécessaire,
inévitable et permanente chez nous tous !
Le tout est de bien s’y prendre, d’apprendre à travailler avec toi et
non plus contre toi. Apprends à voir ce génie dans l’ombre de ton
propre esprit comme ton ami, car c’est bien ce qu’il est en réalité.
Tu dois apprendre à parler correctement et de façon appropriée à
ton cerveau émotionnel, car c’est lui qui programme le robot : prends
un moment et réalise les trésors qui sont à ta portée !-).
Comme tu l’imagines peut-être – et c’est même certainement pour
cela que tu as ce livre dans les mains – le meilleur moment pour
parler à ton cerveau émotionnel – le moment où il est réceptif, le
moment où il écoute et où il enregistre : c’est lorsque tu es hypnotisé,
précisément :-).
Et dès lors que ton cerveau émotionnel a enregistré de nouvelles
prérogatives, il s’occupe lui-même de reprogrammer le robot : tu n’as
même pas à t’en soucier !
Il est essentiel de comprendre comment parler à ton cerveau
émotionnel car c’est lui qui a les clés… toutes les clés :-). C’est lui
qui programme ton robot personnel, et il le programme bien souvent
très vite, si vite que la réalité perçue par ton cerveau rationnel devient
alors spectaculaire.
L’ENTRE-DEUX MONDE
Afin d’apprendre comment communiquer avec ton cerveau
émotionnel et avancer sur le chemin de la pratique de l’auto-hypnose,
je te propose d’abord la figure 2.2.

Figure 2.2 – Se situer

Comme tu peux le voir sur ce schéma, tu te situes à l’exacte


intersection de deux mondes : le monde extérieur et ton monde
intérieur. Ton enveloppe corporelle – ta peau – délimite ce qui est à
l’extérieur de toi et ce qui est contenu à l’intérieur de toi.
Ton cerveau rationnel est orienté en permanence sur le monde
extérieur. Le monde extérieur est tangible, palpable. C’est le monde
de la réalité. Ton cerveau émotionnel, lui, est orienté sur ton monde
intérieur. Le monde intérieur est le monde des émotions, des
sentiments, du rêve, de l’Imagination.
Alors nous arrivons à un point extrêmement important – un point
crucial. Prends tout ton temps pour bien intégrer ce qui va suivre, car
il en va de la qualité et du succès de tout le travail à venir.
Je dois te prévenir et te mettre en garde que peut-être une partie de
ton esprit – ton esprit conscient et rationnel pour ne pas le nommer –
va peut-être réagir vigoureusement et même peut-être se vexer un
peu.
Alors je te laisse négocier avec lui – et lui expliquer, par exemple,
que c’est pour ton bien :-).
Ce point crucial cher lecteur, le voici : Tu n’as pas accès à la
réalité. Je vais te l’expliquer bientôt, pour l’instant retiens cette règle
d’or :

Principe no 5
La réalité est inaccessible.

Pour expliquer ce point crucial – et absolument merveilleux,


comme tu pourras le constater bientôt – reprenons la figure 2.2. Tu
remarqueras qu’il y manque quelque chose. Quoi donc ? me diras-tu
peut-être.
Il manque l’interface ! Le moyen de communication entre les deux
mondes. Sans interface, les deux mondes évolueraient en parallèle
l’un de l’autre, sans jamais se croiser.
Pour agir et réagir, nous devons suivre un processus. Ce processus
est tellement habituel que nous ne nous en rendons évidemment plus
compte. Dans un premier temps, nous devons acquérir les données du
monde extérieur pour les mettre dans notre monde intérieur – un peu
comme quand tu utilises un ordinateur. Aussi puissant et perfectionné
que soit l’ordinateur, il faut saisir les données – les ingénieurs parlent
« d’acquisition » des données.
Cette acquisition peut se faire à la main – c’est le cas lorsqu’un
professeur rempli dans son ordinateur les notes de chaque élève pour
chaque composition de l’année. Parfois cette acquisition se fait avec
des machines perfectionnées. C’est par exemple ce qui se passe
lorsque l’on équipe des Formules 1 de tout un tas de capteurs : c’est
pour envoyer plein de données (température, pression, contraintes…)
à un puissant ordinateur qui en fera quelque chose.
Ce quelque chose, c’est la deuxième étape du processus : il s’agit
de l’étape de traitement. Comme tu l’imagines, cette étape est
extraordinairement importante – et nous reviendrons dessus plus tard
dans cet ouvrage. Retiens juste pour le moment que le traitement est
ce que fait l’ordinateur à la demande de celui ou celle qui s’en sert.
Bien sûr, la dernière étape du processus, c’est le renvoi d’un
résultat. L’ordinateur délivre le résultat du traitement des données
précédemment acquises à la personne qui l’utilise. Et c’est cette
personne qui décide quoi faire de ce résultat : où le ranger, quelles
conclusions tirer, quels nouveaux processus lancer, etc.
Voici donc le processus complet :
1 – Acquisition des données.
2 – Traitement.
3 – Résultat.
4 – Décision.

Monsieur Albert et Mademoiselle Jeanne


Prenons par exemple le cas de Monsieur Albert, professeur de latin. Monsieur Albert
a toujours suivi ses élèves toute l’année, et n’a jamais eu aucune difficulté à décider
du sort à réserver à chacun d’eux lors du conseil de classe de fin d’année. Les
connaissant tous par leur prénom, il connaît les capacités latines de tous ses élèves
mieux que quiconque.
Mais cette année il y a ce Monsieur P., nouveau proviseur, qui a donné des directives
très claires à tous les enseignants : cette année, chaque professeur doit remettre à
l’administration la moyenne annuelle de chaque élève ainsi que la moyenne générale
de la classe.
Monsieur Albert n’a jamais rien compris aux mathématiques et encore moins à
l’informatique. On peut même dire qu’à ce niveau-là il ne s’agit même plus d’un
blocage, on frise le handicap.
Heureusement pour lui, il y a sa jeune collègue, Mademoiselle Jeanne, professeur de
mathématique, qui pourrait peut-être lui donner un coup de main…
Dès qu’il lui expose son problème, Mademoiselle Jeanne sourit et lui explique que
c’est tout simple : il suffit de « rentrer » toutes les notes des élèves dans un
ordinateur, puis d’utiliser ensuite un logiciel (un programme, lui traduit-elle, voyant à
sa mine déjà déconfite que ce pauvre monsieur Albert ressemble désormais à un
lapin tétanisé par les phares d’une voiture) afin de sortir toutes les données et les
graphes souhaités.
Ingénieuse et dévouée, Mademoiselle Jeanne propose à Monsieur Albert de l’aider et
de lui montrer comment faire : de toute façon, à elle aussi, Monsieur Poujol a
demandé la même chose :-).
Nous possédons tous un ordinateur personnel qui traite précisément toutes les
données acquises dans le monde extérieur. Lorsque Monsieur Albert sait
intuitivement que tel ou tel élève mérite de passer au niveau supérieur, c’est qu’il a
fait quelque chose – sans s’en rendre compte.
Pour prendre une décision, Monsieur P., qui ne connaît pas les élèves, a besoin de
voir noir sur blanc leurs notes.

PETIT EXERCICE AMUSANT


Imagine cher lecteur, que les personnages de cette histoire –
purement inventée, bien sûr – sont en réalité des images qui
symbolisent ton cerveau rationnel, ton cerveau émotionnel et ton
robot. Comment, à vue de nez, distribuerais-tu les rôles ?
Réponse : Bien sûr, Monsieur P. représente ton cerveau rationnel. Il
n’a pas accès au travail du cerveau émotionnel, il lui faut des faits
concrets et visibles.
Quant à ton cerveau émotionnel, il est incarné par Monsieur Albert
et Mademoiselle Jeanne, en même temps ! L’intuition, la
connaissance, les ressources aussi bienvenues qu’inattendues : voici
ce qu’est ton cerveau émotionnel. Il est protéiforme et évolutif, le
siège du génie de la vie, et à son image aussi : mystérieux, plein de
ressources, étonnant ☺ !
Quant au robot, c’est en l’occurrence l’ordinateur qu’utilise
Mademoiselle Jeanne ; retiens bien ce point : tu n’as pas besoin de
savoir te servir toi-même de la machine : une partie de toi (ici
Mademoiselle Jeanne, précisément) s’en charge !

« Ce jardin n’est pas loin, car il suffit


d’un peu d’imagination…»
L’île aux enfants

LE GÉNIE ET PARKINSON
Les ressources de ton génie intérieur sont absolument inouïes,
véritablement incroyables. La maladie de Parkinson est une atteinte
dégénérative du système nerveux central. Une piste de solution
médicamenteuse consiste à administrer aux patients souffrant de cette
maladie de la L-Dopa. Lorsque l’organisme du malade dégrade la L-
Dopa, elle se transforme en dopamine, réduisant alors les symptômes
de la maladie de Parkinson.
Depuis très longtemps en pharmacologie, un phénomène aussi
fascinant que mystérieux est connu sous le nom d’effet placebo. Ce
nom désigne le phénomène par lequel une substance neutre (genre de
l’eau colorée) provoque chez le patient à qui elle est administrée des
réactions identiques à la prise d’un médicament actif.
Bien sûr, le patient à qui le placebo est administré ne sait pas qu’il
s’agit d’un produit neutre et croit sincèrement prendre un
médicament.
Ce phénomène est très étudié car il tend à démontrer l’action de
l’esprit sur le corps. Une piste d’explication réside dans la
psychologie du conditionnement. En effet, imagine quelqu’un qui
prend depuis longtemps de l’aspirine lorsqu’il a mal à la tête.
Imagine qu’un jour de mal de tête, cette personne prend un cachet
d’aspirine, comme d’habitude. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que le
cachet qu’elle prend – et qui ressemble à l’œil nu à son cachet
habituel – ne contient aucun produit actif (les cachets ont été
substitués pour les besoins de l’expérience).
Cette personne pourtant voit son mal de tête diminuer, exactement
comme quand elle prend vraiment de l’aspirine. Voilà l’effet placebo,
prouvant l’effet de l’esprit sur le corps.
Toutefois, il existe un point de vue qui invalide l’idée d’une action
de l’esprit sur le corps. Ce point de vue est celui du conditionnement :
lorsque la personne prend son cachet, son organisme déclenche en fait
une réponse apprise, conditionnée – comme le chien de Pavlov qui
salive au seul son de la clochette ! Le stimulus déclencheur est la
prise du cachet. Tout le reste ensuite est une réaction en chaîne,
provoquée par ce conditionnement.
Pourtant, de récentes recherches sur la maladie de Parkinson
précisément viennent d’invalider la seule piste du conditionnement :
en effet, des chercheurs canadiens ont administré dans une population
de malades de la L-Dopa dans un cas et un placebo dans l’autre. Ces
patients n’avaient jamais pris de L-Dopa auparavant, l’hypothèse
d’une réponse conditionnée est donc impossible à envisager. Contre
toute attente, ces chercheurs ont observé de la production de
dopamine chez tous les patients, notamment ceux qui n’avaient pris
qu’un placebo !
Prend le temps nécessaire pour mesurer toute la portée de ce
résultat : des personnes, ne sachant même pas ce qu’est la dopamine
ni quel mécanisme la sécrète chez eux, et n’ayant jamais activé une
surproduction de dopamine par une quelconque aide médicamenteuse,
parce qu’ils se sont vus « suggéré » de façon adéquate quelque chose,
ont produit – leur système nerveux autonome a produit – une
substance chimique qu’ils ne savaient plus produire avant la
suggestion !

L’ESSENTIEL : L’ASSOCIATION
AUTOMATIQUE ENTRE LE DÉCLENCHEUR
ET LA RÉPONSE
Lorsqu’il fait chaud, notre système nerveux autonome envoie
davantage de sang dans les vaisseaux cutanés, afin de refroidir le
corps en même temps qu’il déclenche la sudation, toujours dans le
même but. Tu n’as pas besoin de savoir comment il fait ça, il le fait,
c’est suffisant :-).
Et lorsqu’un hypnothérapeute suggère à une personne hypnotisée
qu’il fait chaud, celle-ci se met à déclencher spontanément les même
réactions qu’en cas de « vraie » chaleur. C’est comme ça que nous
fonctionnons.
De la même façon, lorsqu’il fait froid dehors et que tu es chez toi,
tu fermes la fenêtre. Même si une réaction est purement automatique
dans un cas, et volontaire dans l’autre, ce sont des Ré-Actions. Ce
sont les données acquises dans le monde extérieur – en l’occurrence,
le froid – qui déclenchent toute la suite du processus.
Revenons précisément sur ce processus permanent :
1 – Acquisition des données
2 – Traitement
3 – Résultat
4 – Décision
Lorsque tu pratiques l’auto-hypnose, tu agis à la fois au niveau 1 et
au niveau 2, ce qui change le niveau 3 et donc par « effet domino » le
niveau 4 : en fait, tu transformes tout, et tu le fais élégamment,
suivant la loi du moindre effort – car tu utilises « La Force ».
Alors pour continuer ton apprentissage, regardons d’un peu plus
près ce qui se passe au niveau 1 : l’acquisition des données…

JE CROIS CE QUE JE VOIS


« La thèse centrale est que nous ne percevons jamais le monde
dans sa réalité, mais nous percevons le monde tel que nous
l’avons appris. Chacun construit donc sa propre réalité grâce
“aux retentissements des forces physiques sur nos récepteurs
sensoriels”. »
F.P Kilpatrick

Arrêtons-nous donc sur cette fameuse interface : comment


procédons-nous à l’acquisition des données provenant du monde
extérieur ? Pour répondre, voici d’abord le schéma complété.

Figure 2.3 – L’interface qui permet de passer d’un monde à l’autre


Le système d’acquisition des données qui te permet de prendre
connaissance du monde extérieur, c’est ton VAKOG. Ce terme un peu
barbare désigne en fait tes 5 sens. V pour Visuel, A pour Auditif, K
pour Kinesthésique (contact, mouvement, sensations), O pour Olfactif
et G pour Gustatif.
Ce que tu perçois et prends en permanence pour la réalité n’est en
fait que la représentation dans ton monde intérieur de la projection du
monde extérieur à travers ton VAKOG.
Avant de poursuivre, laisse-moi te proposer un petit exercice
simple et amusant ; regarde quelques secondes le dessin et la phrase
de la figure 2.4 et recopie-les de mémoire sur un papier :-).

Figure 2.4 – Recopie de mémoire le dessin et la phrase


Je ne sais pas ce que tu as recopié – et j’en suis sincèrement
curieux !-). Ce que je peux te dire, c’est que je propose fréquemment
cet exercice en stage d’auto-hypnose, et même lors de conférences
sur l’hypnose devant des centaines de personnes.
Il est fréquent que les participants « se trompent » lors de cet
exercice. Je fais exprès de mettre des guillemets car je sais que nous
nous comportons tous de la même façon dans cette situation : nous
recopions ce que nous voyons.
Et ce que nous voyons n’est pas la réalité… as-tu vu qu’il ne s’agit
pas de poissons, mais bien de poisons ? Oui, certainement :-). Et as-tu
remarqué qu’il y a deux fois « la » ? Peut-être pas… Tu as vu ce que
tu t’attendais à voir – ce qui est, tu l’auras compris, bien différent de
la réalité !
Tu penses peut-être que c’est une situation exceptionnelle, et que
pour l’essentiel, ce que tu penses être la réalité coïncide bien avec la
réalité, n’est-ce pas ?
Je te propose sur Internet1 un exercice encore plus
simple. J’imagine que tu connais les couleurs principales : le bleu, le
vert, le jaune, le rouge, le noir, le violet et l’orange par exemple ?
Alors voici l’objectif : tu vas lire les couleurs à haute voix – je dis
bien les couleurs. Par exemple, lorsque le mot BLEU est écrit en
rouge, tu dois dire à voix haute « ROUGE » – et non pas « bleu » bien
sûr ! Tu as bien compris n’est-ce pas ? Il s’agit de lire la couleur dans
laquelle le mot est écrit, et non le mot :-).
Tu remarques combien il est difficile de ne pas se tromper : nous
avons tous très vite tendance à lire le mot plutôt que la couleur.

JE VOIS CE QUE JE CROIS


J’aimerais vraiment que tu prennes un moment afin de mesurer la
formidable ampleur de cet extraordinaire processus : tu ne vois pas la
réalité !-). Tu la travestis en permanence, sans même t’en rendre
compte, afin qu’elle « colle » avec ce que tu as appris.
Mon ami Philippe Bazin2 coache très souvent des comités de
direction de grandes entreprises. Il rappelle à quel point nous
« prenons le pli » très vite, et finissons par ne plus voir « la » réalité
mais bien « notre » réalité – celle que nous avons apprise. Pour des
dirigeants chez qui l’aptitude à inventer et créer de nouvelles
stratégies est essentielle, l’aptitude à sortir des schémas de pensées
habituels devient absolument vitale !
En effet, les mots sont des apprentissages, des conventions, qui
changent d’un pays à l’autre. Imagine l’exercice précédant avec les
couleurs écrites en russe, en alphabet cyrillique : sûr que tu ne
commettrais aucune erreur cette fois-ci3 !
Celui qui transforme la réalité, qui la filtre et la change en
permanence n’est pas ton cerveau rationnel, tu l’auras compris, mais
bien ton cerveau émotionnel. C’est lui qui change tout !-). Tâchons
maintenant, si tu veux bien, de comprendre comment…
3
LA PUISSANCE
DE L’IMAGINATION

Comprendre qu’entre raison et imagination,


le plus fort n’est pas celui qu’on croit

« You may say I’m a dreamer,


but I’m not the only one.1 »
John Lenon

Comme tu l’as vu dans le chapitre précédent, la nature t’a doté d’un


système extraordinairement perfectionné pour intégrer en toi la
réalité extérieure. Ce système prodigieux, c’est ton VAKOG, c'est-à-
dire tes 5 sens.
Et comme tu as pu le constater lors des exercices du chapitre
précédent, cette interface qui est la tienne tronque la réalité : même si
toutes les informations « rentrent » dans ton monde intérieur, ton
cerveau émotionnel effectue immédiatement un tri dans cette quantité
colossale d’informations afin de ne conserver que les informations
« utiles ».
Par exemple, il semblerait que nous ayons tendance à favoriser
majoritairement un sens parmi les cinq dont nous sommes dotés. Ce
favoritisme est tel que notre sens le plus développé représenterait
55 % de l’information que nous retenons – donc que nous traitons !
Le deuxième sens majoritaire serait développé à 33 %, les trois
autres sens se partageant alors les 12 % restants ! Cette information
te surprend peut-être, et même tu penseras que toi, tu te sers bien de
tous tes sens ; et oui, dans une certaine mesure, c’est vrai : même un
non-voyant fait de l’image dans sa tête !
Simplement, il en va de nos sens cognitifs comme de nos membres.
Prends l’exemple de Charles, au hasard, qui est droitier. Il n’empêche
que Charles possède (quelle chance) ses deux mains, une droite et une
gauche. Et bien même si Charles est beaucoup plus adroit de sa main
droite (ou plus gauche de sa main gauche, comme, tu préfères ;-), il
lui serait très difficile de passer ne serait-ce qu’une seule journée
avec sa main gauche attachée dans le dos. Car Charles se sert en
permanence de ses deux mains, même pour manger. Pourtant, il reste
plus à l’aise avec l’une de ses mains qu’avec l’autre :-).
La même chose se produit avec nos sens : même si nous possédons
pour la plupart d’entre nous cinq sens, nous développons
naturellement une aisance avec l’un puis l’autre de nos deux sens
majoritaires – et les trois autres restent un peu « à la traîne ».
Aussi pouvons-nous distinguer des personnes plutôt « visuelles »,
d’autres plutôt « auditives », etc.

EXERCICE AMUSANT DANS TOUS LES SENS


Tu peux t’amuser à sélectionner trois souvenirs qui t’ont
particulièrement marqué ; par exemple, un souvenir de vacances, un
souvenir scolaire et un souvenir de famille (pour le moment, je te
propose de plutôt travailler avec des souvenirs heureux :-).
Écris quelques lignes à propos de chacun d’eux, comme si tu
voulais les décrire à quelqu’un. Amuse-toi alors à te relire et compte
les allusions à des éléments visuels, des éléments auditifs, des odeurs,
peut-être même des goûts, et des sensations.
Tu remarqueras qu’il y a une dominante d’un sens sur les autres. Si
par exemple il y a une dominante d’éléments auditifs, cela veut dire
que pour toi, le monde se découvre d’abord avec les oreilles – je te
laisse adapter ça à chacun des quatre autres sens.
C’est une information très utile, car nous l’utiliserons bientôt pour
t’apprendre à pratiquer l’autosuggestion – car tu l’as compris, qui dit
auto-hypnose dit auto-suggestion.

LE CHAÎNON MANQUANT
Revenons d’abord sur la figure 2.1 et complétons-la correctement.

Figure 3.1 – Le lien qui empêche le robot de tourner en rond

Comme tu le vois sur la figure 3.1, c’est bien ton cerveau


émotionnel qui assure la communication entre ton cerveau rationnel
et ton automate. Sans lui, le lien ne se fait plus, et l’automate poursuit
sa tâche inlassablement.
Et l’association de ton cerveau émotionnel et de ton robot, c’est
précisément ce que tu peux appeler ton « esprit inconscient », par
opposition à ton cerveau rationnel, qui représente à lui tout seul ton
« esprit conscient », siège entre autres de ton ego.
Souviens-toi de la figure 2.3 avec les deux mondes : le monde
intérieur et le monde extérieur. Ton esprit conscient est branché sur le
monde extérieur, alors que ton esprit inconscient est branché sur le
monde intérieur.

cerveau rationnel = esprit conscient


=
monde extérieur

cerveau émotionnel + robot = esprit inconscient


=
monde intérieur

Le monde extérieur est le monde objectif, celui de la réalité


palpable et vérifiable ; le monde intérieur est celui du rêve, des
sentiments, des émotions, de l’imagination :-).
Tu balances en permanence entre les deux mondes, un pied dans
chaque. Et bien souvent, lorsque tu crois avoir affaire à un élément
objectif – i.e. bien réel – du monde extérieur, tu observes en réalité
les projections de ton imagination !
Nous arrivons alors à une règle essentielle, qu’il est très important
de bien intégrer, tant elle recèle des trésors pour ton développement.
C’est cette règle – son application – qui font tout l’intérêt de l’auto-
hypnose, et qui confère aujourd’hui encore à l’hypnose un statut tout
particulier dans l’univers tellement vaste et fascinant des
psychothérapies.
C’est Émile Coué qui, en son temps, a le premier énoncé cette
règle aussi simple que merveilleuse. Notons d’ailleurs à ce propos
que ce pauvre Monsieur Coué reste bien mal compris de ses
compatriotes. Sa méthode – pas si bête – passe au mieux pour la base
de l’autosuggestion, et au pire pour une application du stupide
« rentre-toi ça dans le crâne ».
C’est bien dommage, car le pharmacien troyen avait déjà
intuitivement mesuré en son temps les spectaculaires et
bienheureuses implications de ce principe. Cette règle, la voici, elle
constituera notre sixième principe : lorsqu’il y a conflit entre le réel
et l’imaginaire, l’imaginaire gagne toujours.

Principe no 6
En cas de conflit entre réel et imaginaire, l’imaginaire gagne toujours.
PETITE DÉMONSTRATION
Bien sûr un tel énoncé ne peut se suffire à lui-même, et il mérite
quelques explications – pour ne pas dire quelque démonstration :-).
Imagine un séminaire d’une centaine de personnes qui s’initient à
l’auto-hypnose. Tout le monde est réuni dans une grande salle de
séminaire, très haute de plafond, genre gymnase ou salle des fêtes.
L’enseignant propose au groupe un jeu tout simple. Une assistante
apporte une longue planche de 3 m de long sur 20 cm de large et la
pose sur le sol. L’intervenant explique alors que le jeu consiste à
marcher sur toute la longueur de la planche sans mettre une seule fois
le pied par terre.
Tout le monde passe, et tout le monde réussit :-). Puis l’assistante
apporte alors trois tréteaux d’une hauteur de 80 cm. Avec l’aide d’un
participant, elle pose la planche sur les tréteaux.
La planche se trouve maintenant à 80 cm de hauteur. Le principe du
jeu est toujours le même : marcher sur la planche sans mettre le pied
par terre – en l’occurrence, désormais, sans tomber ;-).
D’un point de vue purement rationnel, tout le monde devrait réussir
là aussi : les participants sont les mêmes, ils possèdent donc tous les
même capacités que celles qu’ils possédaient lors de la première
phase de jeu – notamment celle de marcher sur une planche de 20 cm
de large sur une distance de 3 m.
Pourtant comme tu l’auras sans doute deviné, nombreux sont ceux
qui ont chuté lors de cette phase, devant s’y reprendre à plusieurs fois
avant de traverser la planche sans tomber.
D’un point de vue purement rationnel, les résultats auraient dû être
les mêmes. Certes, il y a désormais du vide de part et d’autre de la
planche, mais cela ne change absolument rien. Un robot ayant été
programmé pour accomplir cette tâche – évoluer sur une planche de
20 cm de large – pourrait le faire dans n’importe quelle circonstance.
Bien sûr, la seule chose qui change réellement ici, c’est le monde
intérieur des participants – leur imagination. C’est l’idée d’une chute
possible, en imagination, qui interfère dans le processus (le même
que celui du chapitre 2), lors du traitement : quelque chose du genre
« attention à ne pas tomber », qui induit des questions qui ne
traversent même pas l’esprit quand la planche est par terre !
Des questions du genre « que dois-je faire avec mes yeux, regarder
au loin ou regarder par terre ? », et aussi « mes bras, je les laisse le
long du corps ou bien je m’en sers de balancier ? », etc.
Ce principe est essentiel. N’hésite pas à le remettre en question, car
il est fondamental que tu le ressentes pleinement tout au fond de tes
tripes. N’aie jamais le moindre doute là-dessus, comprends-le,
admets-le, accepte-le : en cas de conflit entre réel et imaginaire,
l’imaginaire gagne toujours.
J’entends déjà des complaintes ou même des rires goguenards :
« Je ne comprends pas, j’imagine très très fort que je mesure 3,12 m,
et bein quand même, j’ai besoin d’une échelle pour changer
l’ampoule ! » :-).
Tu as raison de m’aider à préciser ce propos – car la
compréhension (et bientôt, l’utilisation) de cette règle est vraiment
fondamentale. En fait, lorsque tu souhaites appliquer cette règle à une
capacité (ce qui est le cas ici : changer l’ampoule qui se trouve en
hauteur) tu dois comprendre que ton imagination bien employée te
sert précisément à trouver une solution. Là où le cerveau rationnel dis
« Tu ne peux pas changer l’ampoule car tu n’es pas assez grand »,
c’est ton imagination qui active ce processus par lequel tu penses
spontanément à te servir d’une échelle – permets-moi au passage de
préciser que c’est ce même processus qui a permis à tes ancêtres de
l’inventer, l’échelle ;-).
Et lorsque, en premier examen, la chose n’est pas possible – peut-
être justement parce que la technologie adéquate n’a pas encore été
inventée, c’est l’Imagination d’abord qui produit des Miracles. Il
arrive juste que ce soit alors un tout petit peu plus long. Par exemple,
imagine les tout premiers ingénieurs qui ont un jour envisagé la
possibilité de voler.
Il va sans dire que pour l’époque, le concept semble purement
impossible. Et pourtant, des personnes comme vous et moi ont nourri
leur Imagination d’abord, activant ainsi leur extraordinaire créativité,
faisant naître progressivement de plus en plus d’idées toutes plus
délirantes les unes que les autres. Leur esprit rationnel, dans un
deuxième temps seulement, s’est mis à faire le tri, à rationaliser et à
perfectionner, et aujourd’hui, il est plus simple et plus rapide de
trouver un billet d’avion qu’un trèfle à quatre feuilles :-).
Alors retiens bien cette règle pour le moment, et souviens-toi que,
même lorsqu’elle semble ne pas s’appliquer, elle s’applique quand
même !-). Elle s’applique toujours, en tous lieux et en toutes
circonstances : lorsqu’il y a un conflit entre imagination et réalité,
l’imagination l’emporte toujours.
Il est essentiel que tu t’appropries bien cette règle car elle est la
base, le fondement même de l’hypnose. Quand une personne est
hypnotisée, dans un camping (ou une grande école, au choix), au
cours d’un spectacle pour amuser le public, et qu’elle se met à jouer
de la guitare à fond comme si elle donnait un super concert, ce n’est
pas parce qu’elle est simple d’esprit ou complice de l’hypnotiseur !
C’est simplement parce qu’à ce moment-là, dans son imagination,
elle vit cette situation irréelle à fond :-). Les suggestions de
l’hypnotiseur « font mouche », et lorsqu’il déclare « vous êtes une
rock star et vous jouez de la guitare devant la foule en délire », la
personne « s’y croirait » et mime les gestes du musicien, de bonne
foi.
Et toi-même, tu as déjà connu ce genre de phénomène, c’est
certain ! Et oui, même si cela te surprend peut-être, tu as déjà
expérimenté dans ta vie exactement le même genre de processus que
la personne qui joue de la guitare dans le vide au camping.
Par exemple, je suis sûr que tu es déjà allé au cinéma. Et même, je
suis quasi certain qu’il t’est déjà arrivé, au moins une fois, lors d’un
film, « d’écraser une larme » comme on dit, n’est-ce pas ? Pourtant,
d’un point de vue rationnel, tu sais bien que c’est de la fiction, et que
la dame du film n’est pas morte « en vrai » !-).
C’est là toute la magie de l’imagination – et du cinéma, par la
même occasion. Dès lors que tu rentres dedans, comme on dit, il se
passe quelque chose qui l’emporte sur ta rationalité ; et cela provoque
des réactions émotionnelles, qui elles-mêmes engendrent des
réactions physiologiques. Lorsque tu pleures au cinéma, même si la
raison de tes larmes est pure fiction, tes glandes lacrymales pleurent
vraiment.
Évidemment, lorsque le film est vraiment trop triste ou lorsque tu
ne veux vraiment pas « te laisser embarquer » tu « sors » de l’histoire
ou même tu ne rentres pas dedans une seule seconde. Et puis il y a ces
films qui te happent, ils te cueillent dès les premières secondes du
générique. Et alors tu ne décolles pas de l’écran, tu ne vois plus le
temps passer, tu passes du rire aux larmes et tu ressors bouleversé,
changé, peut-être même profondément transformé : tu as été
hypnotisé, pour ton plus grand bien :-).
Voilà ce qu’est l’hypnose : c’est cet état dans lequel tu rentres au
cinéma ou même devant la télévision. Ça active des processus en toi
auxquels ta seule volonté ne peut pas accéder. Ça touche ton cerveau
émotionnel, directement, et ça utilise élégamment ta plus grande
capacité sur cette terre : ton imagination.
Pratiquer l’auto-hypnose, c’est apprendre à activer toi-même ces
facultés d’imagination, sans avoir recours à un film de cinéma ni
même à un hypnotiseur.
Bien sûr le cinéma est une expérience très hypnotique. Tu fermes
la lumière et te retrouves complètement dans le noir. Et puis tu mets
de la musique, et alors que des images rentrent dans ton cerveau, une
voix commence à te raconter une histoire. Et tu es assis, sans
bouger… relax !-) Ne cherche pas plus loin : tu as là tous les
ingrédients d’une excellente séance d’hypnose. Et c’est bon ! L’état
d’hypnose – lorsque l’on s’y prend bien (et c’est le cas lorsque tu vas
voir « un bon film ») – a la particularité d’être extraordinairement
confortable.

LE CINÉMA MENTAL
Pratiquer l’auto-hypnose, c’est apprendre à pratiquer un cinéma
mental de qualité. Et qu’est-ce qu’un cinéma mental de qualité ?
C’est un cinéma intérieur auquel tu crois assez pour qu’il déclenche
chez toi des réactions émotionnelles.
J’attire ton attention sur le fait qu’il n’est pas nécessaire pour cela
d’être un gogo quelconque croyant à tout et n’importe quoi. Il n’est
même pas nécessaire de prendre tes rêves pour des réalités. Souviens-
toi de la personne qui pleure au cinéma : évidemment qu’elle sait très
bien que ce qu’elle voit n’est pas « réel ». Et ça n’a pas
d’importance ! La réaction émotionnelle est là, malgré tout. Et il y a
des films qui changent la vie. Tu n’as pas besoin de confondre ton
imagination avec la réalité pour que ça marche. C’est une règle très
utile dont il est bon de se souvenir :-)
En effet, j’entends parfois des personnes qui se désespèrent de ne
pas assez « croire » ce qu’elles imaginent. Cela n’a en réalité aucune
importance, et ce n’est pas à ce niveau que se situe le problème – si
problème il y a. Ton cerveau est assez vaste, intelligent et
perfectionné pour faire le distinguo entre réel et imaginaire, et cela
est très bien comme ça – souviens toi du principe numéro 6 !-). Et
note bien le principe suivant : pour être efficace, l’imagination n’a
pas besoin de supplanter la réalité.

Principe no 7
Pour être efficace, l’imagination n’a pas besoin de supplanter la réalité.

Les deux points de vue coexistent à l’intérieur de toi, et c’est


l’imagination qui l’emporte toujours, car c’est ton cerveau
émotionnel qui prend le dessus sur ton cerveau rationnel – et c’est ton
cerveau émotionnel qui est branché sur ton robot, souviens-t-en ;
c’est lui qui programme, déprogramme et reprogramme le robot. Ton
cerveau rationnel n’est que le spectateur de ça – et il tente alors de
rationaliser, précisément, puisque la rationalité est le seul mode de
fonctionnement qu’il connaisse.

EXERCICE DES BALLONS ET DU SABLE


Je te propose un exercice amusant pour expérimenter tout ça. Tu vas
t’installer assis, relax sans pour autant être avachi, et tu vas tendre les
deux bras devant toi, une paume de main ouverte tournée vers le haut,
l’autre main avec le poing fermé et le pouce en l’air, comme un auto-
stoppeur.
Bientôt, tu fermeras les yeux (les explications concernant les yeux
fermés arrivent bientôt). Lorsque tu auras les yeux fermés, imagine
que ta main ouverte contient un sac vide, et que ce sac est juste en
dessous d’un réservoir de sable.
Imagine alors que le réservoir de sable s’ouvre, et que le sable fin
commence à couler et remplir le sac dans ta main ouverte, qui
commence à peser lourd, de plus en plus lourd, toujours plus lourd.
Fais une pause, toujours les yeux fermés, et imagine que quelqu’un
vient attacher au pouce de l’autre main un ballon gonflé à l’hélium.
La ficelle de ce ballon tire ton pouce vers le haut, et le tire très très
fort ! La ficelle tire le pouce de plus en plus, et de plus en plus, et ta
main devient légère, si légère qu’elle emmène même le bras vers le
haut :-). D’autres ballons viennent s’accrocher par une ficelle autour
de ton pouce, et tirent tout ton bras vers le haut et le bras devient de
plus en plus léger. Puis fait une pause et revient à la main au sac de
sable, et imagine ce sable qui pèse, qui pèse dans ta main qui fatigue
et croule de plus en plus sous ce poids de plus en plus lourd.
Et continue comme ça, jusqu’à obtenir une différence de niveau
amusante entre les deux bras.
Si tu as bien réussi, c’est extra : tu viens d’expérimenter le fameux
principe idéomoteur : une idée engendre le mouvement. Tu peux
vraiment te féliciter car tu as utilisé ton imagination seule pour
influencer la réalité, c’est un super départ :-).
Si tu as l’impression que c’est difficile, entraîne-toi davantage et
continue ta lecture : d’autres exercices arrivent, dans lesquels tu
trouveras ce qui te convient le mieux.
Trucs et astuces pour que ça marche bien :
1 – Tu dois accepter l’idée que tes idées engendrent des mouvements.
Au besoin, relis les pages qui introduisent les principes 6 et 7.
2 – Quand tu imagines, imagine vraiment ; prends le temps de nourrir
cette idée avec des images, du bruit, des sensations. Ne te précipite
pas et ne vas pas trop vite, ce n’est pas un concours de vitesse. Et
puis en plus, plus tu vas prendre ton temps et plus le bras va
vraiment te sembler lourd !
3 – Quand tu passes du sable aux ballons, prends bien le temps de
marquer une pause, afin de laisser à ton cerveau le temps de
changer d’état d’esprit. L’idée qui part de ta tête doit passer dans
ton corps jusqu’à ton bras, laisse-lui le temps :-).

POURQUOI LES FANTASMES NÉGATIFS


MARCHENT MIEUX
Lorsqu’une personne refuse de marcher sur une planche parce qu’elle
est trop haute, c’est l’idée de la chute seulement qui la bloque.
Pourtant, d’un point de vue rationnel, cette personne sait – pour
l’avoir déjà expérimenté – qu’elle est capable de marcher sans
tomber sur cette planche lorsqu’elle est posée sur le sol. Et en plus,
elle n’est pas encore tombée, tout cela reste dans le domaine du
fantasme. Nous abordons d’ailleurs ici un point sur lequel il est bon
de s’arrêter un instant.
Tu auras peut-être déjà remarqué que le principe numéro 6 semble
s’appliquer plus facilement « en négatif » qu’en positif… Qui
éprouvera des difficultés à prendre la parole devant une centaine de
personnes – alors que dans la réalité, tout se passe bien, c’est sa
crainte imaginaire qui lui joue des tours. Qui souffrira du vertige et
sera paralysé par le vide – alors que dans la réalité, un bon mètre la
sépare d’une balustrade protectrice…
Alors que dans le même temps, nombreux sont ceux qui trouvent
difficile d’utiliser leur imagination pour améliorer leur confiance en
eux ou s’endormir plus facilement. En fait, tout semblerait se passer
comme si l’imagination était vraiment plus forte que le réel pour les
« mauvaises choses » seulement :-).
C’est qu’en fait, tout le monde a expérimenté, d’une façon ou
d’une autre, des phénomènes de blocage dus à la peur. Cette peur
active alors, bien malgré soi, ces capacités colossales de
l’imagination, et c’est le blocage – alors que « en vrai », tout va bien.
Nous reviendrons bientôt sur les tris permanents que nous effectuons
à notre insu concernant nos expériences de vie – souviens toi du
principe no 5 : il s’applique toujours, et d’autant plus en ce qui
concerne le passé !
Pour le moment, je te propose de retenir que le principe no 6
s’applique toujours, en tout lieu et en toutes circonstances, quel que
soit son objet. Et sur le fait qu’il semble parfois être plus simple de
l’utiliser « en négatif », je te propose cette leçon empruntée à Maître
Yoda dans Star Wars : le côté obscur de la Force est beaucoup plus
simple et rapide à utiliser que la Force elle-même – qui nécessite
davantage de discipline et de travail.
C’est pour cette raison qu’il est bon de s’entraîner et de travailler.
Tous les exemples négatifs cités plus haut reposent sur la Peur – nous
aurons l’occasion de revenir plus tard sur ce poison psychique par
excellence. Retiens pour le moment que la Peur représente le côté
obscur. À la fois très puissant, très rapide et facile à utiliser, il se
dissout dans la Force – dès qu’elle est correctement appliquée.
Pour apprivoiser la Force, tu dois commencer par apprivoiser ton
imagination, car c’est elle la porte d’entrée. Et pour cela, tu vas
apprendre à entrer dans ton monde intérieur : le chemin, c’est l’auto-
hypnose.

LA MAJORITÉ DES CINQ SENS


OU LA PORTE D’ENTRÉE DU VAKOG
Pour entrer en état d’hypnose, il est nécessaire d’orienter ton
attention sur ton monde intérieur. D’ordinaire, ton attention est
branchée sur ton monde extérieur, hypnotisé que nous sommes en
permanence par l’illusion de la réalité.
Comme tu l’as vu plus haut, c’est le VAKOG qui assure l’interface
entre MI et ME. Entrer en état d’hypnose consiste à basculer en
douceur (ou pas, selon les méthodes) dans ton MI. Pour cela, tu dois
obtenir la majorité de tes cinq sens, soit au minimum trois parmi les
cinq.
En effet, nous verrons bientôt que, dès que quelque chose – une
idée, un concept, une sensation – est communiqué en même temps
par au moins trois de tes canaux sensoriels, il devient réel dans ton
esprit. Et comme tu l’imagines peut-être déjà, dès lors que quelque
chose est réel dans ton esprit, il a tendance à se manifester ;-).

Premier canal sensoriel : la vue


Il faut bien commencer par un canal, n’est-ce pas ? Alors, pourquoi
pas la Vue ? Et puis, l’acronyme utilisé est le VAKOG, et non le
KAVOG ou le GOKAV… étonnant non ? Bien sûr il fallait bien en
choisir un à mettre au début, et comme il n’y a que 5 canaux, ça ne
fait jamais que 80 % de chances de se trouver ailleurs qu’en première
position… quand même, 80 % !
C’est que la vue est un sens hyper important chez tout le monde, y
compris chez ceux qui ont développé un autre canal comme canal
dominant. Allez faire croire quelque chose de particulièrement
étonnant uniquement en rapportant les faits, avec des mots… c’est
très difficile. Et même si la personne est « une pure auditive », c'est-
à-dire qu’elle découvre le monde d’abord à travers ce qu’elle entend,
elle aura besoin de voir pour croire.
Il y a des années de ça, j’ai marché sur le feu pieds nus avec Tony
Robbins. Je n’étais pas le seul, ce jour-là, il y avait 8 000 personnes à
Londres à faire la même chose que moi. C’est très impressionnant. Et
lorsque je rapporte ces faits, certaines personnes éprouvent de la
difficulté à le croire. Et je peux vous dire qu’ayant, pour y avoir pris
part, « vu de mes yeux » cet incroyable spectacle, je comprends que
d’autres aient du mal à le croire !
La vue a ceci de particulier qu’elle semble toujours être le juge de
paix à propos de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas. « Tant que je
le vois pas, j’y crois pas ! » dira celui qui s’imagine ainsi se protéger
des balivernes de toutes sortes. Ce sont bien souvent ces mêmes
personnes qui quelque temps plus tard se prosternent devant un
gourou venu d’Inde ou d’ailleurs parce qu’il « matérialise » des
œufs… Le cérémonial, la robe, les milliers d’adeptes « hypnotisent »
ces personnes saines d’esprit et leur font croire à de la pure magie, là
où il n’y a qu’un classique tour de prestidigitation.
Comme le rappelle la sagesse populaire, « après le dernier barreau
de l’échelle, on se casse la figure ! ». Trop croire dans ce que tu vois
peut s’avérer néfaste, et même dangereux. Les escrocs de toutes
sortes ont compris depuis longtemps que la Vue est un sens privilégié,
et l’utilisent toujours à bon escient pour servir leurs intérêts et non
les tiens. Les plus manipulables ne sont pas toujours ceux que l’on
croit. Les plus déterminés dans leurs convictions sont en réalité les
plus fragiles.
Alors tu dois apprendre à utiliser la vue dans ton intérêt. Pour cela,
il n’est pas nécessaire de faire tout de suite de l’image « dans ta
tête ». Tu apprendras même qu’il est possible d’obtenir
d’extraordinaires effets par un travail hypnotique sans faire d’image
du tout.
Dans un premier temps, tu dois d’abord « neutraliser » la Vue, afin
de te déshypnotiser de son emprise. Pour cela, différents moyens et
techniques existent, aussi célèbres et fameux que l’hypnose elle-
même. Il y a d’abord le simplissime et classique « fermez les yeux » :
de façon naturelle, dès que tes paupières sont closes, tu te soustrais à
l’hypnose de l’extérieur et tu commences à observer ton « âme » en
quelque sorte.
Il arrive aussi souvent de fixer quelque chose – la cible, comme
dans ce qui suit, la flamme d’une bougie ou même, lorsque la
pratique se fait avec un professionnel, les yeux de l’hypnotiseur.
En effet, lorsque tu fixes intensément ton regard sur quelque chose,
la focalisation même du regard t’isole de tout ce qu’il y a autour – et
c’est précisément l’effet recherché lorsque tu entres en état
d’hypnose.

Deuxième canal sensoriel : l’ouïe


Pour le canal auditif, en hétéro-hypnose2, c’est la voix de
l’hypnotiseur qui se substitue progressivement aux autres sons et
bruits de l’extérieur. « Et vous continuez d’entendre ma voix »… sont
des mots que nous associons tous, à juste titre, aux pratiques
hypnotiques.
En auto-hypnose, nous devons concentrer notre ouïe sur ce qui se
rattache à nous ; le bruit de notre respiration, le son des battements de
notre cœur, sont autant de possibilités pour recentrer notre attention
sur nous-mêmes, et nous isoler des perturbations d’un environnement
dont nous cherchons à ce moment-là à nous extraire.
Bien sûr, cette concentration de l’attention se fera toujours de
façon progressive : le cerveau n’apprécie pas les ruptures nettes, et
les associe souvent à de l’inconfort. Tu préféreras donc les démarches
progressives, génératrices de plus de confort pour toi. Le confort est
ce qui va te guider dans tes premiers pas hypnotiques. Ce sera même
un précieux indice pour répondre à cette fameuse question, sur
laquelle nous aurons l’occasion de revenir : « étais-je bien en état
d’hypnose ? ».

Troisième canal sensoriel : le kinesthésique


Enfin vient le tour du kinesthésique : les sensations physiques (hors
sensation olfactives et gustatives qui sont des sens à part entière) et
les mouvements. C’est en fin de compte le sens le plus facilement
orientable sur toi-même, même s’il convient de bien s’y prendre
quand même.
Toute l’opération consiste à entrer progressivement dans une
économie de mouvements, comme si le corps s’endort précisément.
L’attention que tu vas porter, de plus en plus intensément, à ce que tu
ressens, va contribuer fortement à ton entrée en état d’hypnose.
D’ordinaire, nous n’avons pas vraiment conscience de notre corps – à
moins d’avoir mal quelque part, ce qui n’est pas très intéressant !-).
Lorsque tu portes ton attention sur chacune des sensations de ton
corps, tu contribues à entrer dans cet état spécial qu’est l’état
d’hypnose ; tu t’isoles du monde extérieur, au profit de ton monde
intérieur, où se trouve des trésors.

Pour terminer : le canal olfactif et le canal gustatif


Comme tu l’as lu plus haut, dès que tu as mobilisé trois sens sur cinq,
tu as la majorité et l’idée s’impose alors dans ton monde intérieur ; et
les canaux visuels, auditifs et kinesthésiques sont généralement les
plus simples à mobiliser.
Toutefois, tu pourras, si tu le souhaites, faire brûler de l’encens ou
du papier d’Arménie pour tes séances d’auto-hypnose – associant par
là cette odeur particulière à cet état particulier.
Quant à l’idée d’associer un goût à l’état hypnotique, pourquoi pas
… Note simplement qu’il est alors essentiel que ce goût soit
« halluciné », résultat de ton imagination et de la mobilisation
d’autres sens. En effet, il serait tragique de te conditionner à devoir
mettre une substance spéciale dans ta bouche pour retrouver un
confortable état d’hypnose (si tu as des doutes là-dessus, parles en
aux personnes de ton entourage hypnotisées par les sucreries !).

UN PROTOCOLE EN TROIS PHASES


Dès que trois de tes cinq sens sont orientés sur ton MI, alors ça y est,
tu es entré en état d’hypnose. Tu peux alors envisager de te servir de
cet état (à partir des techniques que tu vas apprendre dans cet
ouvrage), ou bien l’approfondir avant de travailler.
Car il y a toujours trois phases dans un travail d’hypnose :
1 – l’induction, qui ici devient l’auto-induction ;
2 – la phase de travail proprement dite (auto-suggestion verbale,
métaphorique, travail sur la ligne du temps, imagerie mentale,
visualisation…) ;
3 – la sortie de l’état hypnotique.
Alors voici un protocole pour entrer en état d’hypnose ; c’est juste
un protocole parmi d’autres ; il existe en effet bien des façons
d’entrer en état d’hypnose. Je te propose celui-ci pour commencer, et
nous en aborderons d’autres plus tard.
Ne retiens pas par cœur la méthode qui suit, cela n’est pas
nécessaire. L’essentiel est de bien saisir le principe général, en le
lisant par exemple plusieurs fois et en imaginant bien les étapes
successives. Et puis, quand tu le sens, fais-le, sans te laisser polluer
par la lecture. Tu verras, c’est en pratiquant encore et encore que tu
apprendras à te connaître davantage, et la pratique de l’auto-hypnose
deviendra pour toi, en plus d’un grand plaisir, une habitude simple et
facile.

AU CŒUR DE LA CIBLE
Pour commencer, assieds-toi confortablement – sans pour autant
t’avachir. Il s’agit plutôt d’adopter une posture tranquille, le dos bien
droit, les épaules relâchées, comme si ta colonne vertébrale est
devenue un axe à la fois rigide et fluide autour duquel le corps peut se
reposer.

Figure 3.2 – La cible, grand classique de l’hypnose et de l’auto-hypnose


Fixez le centre de la cible
Fixe le centre de la cible, sans effort particulier ; laisse ton regard se
perdre dans le centre de la cible – en fait, c’est comme si ton regard
est tendu comme une arbalète alors que ton corps est complètement
relâché.
Attention, il peut arriver au début que le corps se contracte en
même temps que le regard se tend sur la cible. C’est bien normal :
nous avons tendance à associer toutes les parties du corps et de
l’esprit et, quand une activité nécessite par exemple de la
concentration, nous avons facilement tendance à raidir notre corps,
sans nous en rendre compte.
C’est précisément la première étape de cet apprentissage : forcer
ton regard sur la cible tout en relâchant ton corps. Pour cela, valide
juste deux points :
1 – Tes épaules, tes mains et ta mâchoire sont relâchées (il est très
fréquent de tendre ces parties-là du corps sans s’en rendre compte ;
si c’est le cas, relâche-les exprès : desserre les dents, baisse les
épaules, serre et desserre les poings plusieurs fois de suite).
2 – Ta respiration est calme et régulière (et même, si tu sais faire,
respire plutôt avec le ventre).

Fixez-le intensément
Tu vas constater qu’à force de fixer intensément le centre de la cible,
le corps relax et la respiration calme et régulière, ta vue va se troubler
sur la cible : soit tu vas la voire floue, soit tu vas loucher et voir deux
centres, soit tu vas « perdre » le centre…
C’est très bon signe, c’est que tu commence à entrer en état
d’hypnose ! Alors bien sûr, peut-être vas-tu te dire quelque chose du
genre « Et bien non, décidément, il ne se passe rien, je vois la cible et
rien ne se trouble, c’est mort, je n’y arriverai jamais, etc., etc. ».
Alors souviens-toi bien que l’état d’hypnose est un état naturel
dans lequel tu rentres spontanément en permanence, c’est imparable !

Yorik, l’homme qui pensait ne pas pouvoir être hypnotisé


Un jour j’ai aidé à arrêter de fumer un monsieur qui venait des pays de l’Est de
l’Europe. Je me souviens encore de notre échange par téléphone, avant la séance. Ce
monsieur m’explique qu’il doit me dire quelque chose d’important avant notre
séance : il a déjà rencontré bon nombre d’hypnotiseurs, en France et dans les pays de
l’Est, et il me dit « Jamais personne n’a réussi à m’hypnotiser ! ». Ce propos m’a
emballé : je suis toujours heureux d’être le premier à faire expérimenter l’état
d’hypnose à quelqu’un. Transmettre cette clé personnelle de croissance, d’évolution
et de guérison est très certainement l’un des plus beaux aspects de mon métier.
Je me souviens avoir répondu spontanément à Yorik « C’est super, ce sera la
première fois que vous entrerez en état d’hypnose, ça me fait vraiment plaisir pour
vous ». Nous sommes alors partis d’un grand rire, l’un et l’autre au téléphone.
J’ai rencontré Yorik quelque temps plus tard, et nous avons vécu une superbe séance
d’hypnose. J’entends encore ses remerciements à la fin de la séance. Il craignait
avant de venir de ne pas être hypnotisable. Yorik est reparti riche d’une vraie
expérience hypnotique… et non fumeur :-).
Tu dois simplement être vigilant à ce qui se passe lorsque tu fixes
le centre de la cible, et d’autant plus vigilant qu’au début les
changements dans ta vision risquent d’être très ténus.
Ce qui est important, c’est que tu ressentes que tu changes d’état,
de façon même légère. C’est un peu comme quand tu regardes la
télévision, ou quand tu te reposes : il y a un moment où tu décroches,
tu bascules dans un fonctionnement différent : tu continues bien sûr
de percevoir l’extérieur, mais ce n’est plus comme d’habitude. C’est
ce que tu dois observer lorsque tu fixes la cible : sentir que quelque
chose de spécial est en train de se mettre en place.
Alors attends un peu, laisse ce phénomène s’amplifier, ne le lâche
pas. Et lorsque tu te sens plutôt mieux, un peu plus confortable, ferme
les yeux, et imagine alors que tu rentres à l’intérieur de toi-même. Et
ne boude pas ton plaisir, rajoutes-en au contraire. Imagine que tu
peux enfin t’isoler de toutes les contrariétés et enquiquinements de
l’extérieur, tu arrives chez toi – et on dira ce qu’on voudra, c’est bien
chez soi qu’on est le mieux ;-).
Pour le moment, prends juste le temps d’apprécier cet instant
spécial, un peu entre deux eaux – ni veille classique, ni sommeil.
Rassasie-toi de ce confort tout particulier que tu mérites bien. Laisse-
le imprégner les cellules de ton corps et aussi ton esprit – gare à ne
pas t’endormir ! Toutefois, si tu bascules dans le sommeil, ce n’est
pas si grave.
Et puis lorsque tu te sens rassasié par cette bonne expérience, sors
de cet état, tranquillement et à ton rythme. Réinjecte en douceur la
tension dynamique nécessaire dans tes muscles, comme quand tu te
réveilles d’une bonne sieste. Étire-toi bien à fond et rouvre les yeux ;
tu as expérimenté l’auto-hypnose, félicitations :-).
4
SUGGESTION, RÉPÉTITION

Félicitations !

« Quelquefois l’avenir habite en nous


sans que nous le sachions,
et nos paroles qui croient mentir
dessinent une réalité prochaine. »
Marcel Proust

Félicitations, tu viens de faire tes premiers pas sur la voie de l’auto-


hypnose ; à ce moment du cours, faisons le point sur ce que tu sais
faire, et sur comment apprendre à aller encore plus loin :-).

SUIS-JE VRAIMENT EN ÉTAT D’HYPNOSE


Tu sais désormais entrer en état d’hypnose – pour cela, tu te sers de la
cible du chapitre précédent. Tu apprendras bientôt à utiliser cette
cible encore mieux, c’est une mine d’or, et à entrer plus loin encore
en état d’hypnose. Mais avant, nous devons aborder un point
particulièrement important pour toute personne qui pratique l’auto-
hypnose. Ce point essentiel, c’est la fameuse question : « étais-je bien
en état d’hypnose ? ».
Cette question est à la fois majeure et secondaire, en même temps.
Majeure parce que pour qui veut pratiquer l’auto-hypnose, il est
essentiel d’entrer en état… d’hypnose, précisément.
En même temps, cette question est secondaire car la structure des
protocoles hypnotiques est si proche du fonctionnement intime de
notre psyché qu’ils contiennent des germes d’efficacité en leur sein
même, qu’il y ait état d’hypnose ou non.
Si tu t’efforces par exemple de ne pas penser à Casimir,
immédiatement tu penseras au monstre gentil cousin d’Hippolyte – à
moins bien sûr que tu n’aies jamais été présenté à l’énergumène en
question ; à ce moment-là tu transposes à un éléphant rose ou à
Mickey Mouse :-).
C’est en effet une caractéristique d’une partie de notre cerveau (le
cerveau droit en l’occurrence) de ne pas savoir penser « en négatif ».
Qu’il y ait hypnose ou pas, c’est comme cela que nous fonctionnons.
Et les protocoles hypnotiques modernes – ceux proposés ici
notamment – ont appris à utiliser ces caractéristiques spéciales du
cerveau, et même de notre psyché.
Tu as compris que l’état d’hypnose est la porte d’entrée de ton MI,
et tu sais maintenant que ton MI est à la source de beaucoup de
choses. Alors à la question « étais-je bien en état d’hypnose lorsque
j’ai utilisé ce protocole », la réponse est simple : c’est la réponse du
résultat.
Bien sûr, lorsque le résultat attendu n’est pas au rendez-vous, il y a
plusieurs explications. Et le fait de n’avoir pas été en état d’hypnose
lorsque tu as appliqué le processus proposé en est une parmi d’autres.
Et ce n’est pas du tout la plus fréquente.
Toutefois il est bon, surtout si tu débutes dans ta pratique
hypnotique, d’apprendre à identifier, pour toi, les signes de l’état
d’hypnose. D’abord, tu dois bien comprendre que l’état d’hypnose est
protéiforme, c’est-à-dire qu’il en existe plein de différents.
Nous verrons même bientôt qu’il y a de bons états d’hypnose et des
états d’hypnose négatifs. Bien sûr, ici, nous décrivons les
caractéristiques d’un bon état d’hypnose.
En fait, le principe de base est que, lorsque tu entres en état
d’hypnose, cela provoque des changements de toutes sortes. Pour
observer ces changements chez toi, tu peux t’amuser à les observer
d’abord chez les autres. Et pour faire ça, pas besoin d’être
hypnothérapeute ! En effet, nos expériences de vie contiennent de
nombreuses portes d’entrée hypnotiques. Commence par observer les
personnes qui sont en situation hypnotique – tu auras ainsi une
meilleur idée de ce qui se passe lorsque toi-même tu es hypnotisé ;-).

QUELQUES SITUATIONS HYPNOTIQUES


COURANTES

La télévision
La télévision est une expérience hyper hypnotique – encore plus que
le cinéma. Les théories sur le pourquoi divergent. Certains
psychologues modernes pensent que cela vient du fait que, à la
télévision, la source lumineuse est placée devant le spectateur – c’est
la télé qui projette l’image sur le public, alors qu’au cinéma, c’est
l’inverse : la source lumineuse est placée derrière le public, et la
lumière se reflète alors sur l’écran blanc du cinéma.
Si tu étudies un jour les grands principes de l’hétéro-hypnose
(l’hypnose à deux : un hypnotiseur et un hypnotisé), et notamment les
caractéristiques du fameux « regard hypnotique », tu remarqueras que
cette explication semble tout à fait sensée.
Donc la télé est très hypnotique, et tu peux t’amuser à observer les
personnes qui la regardent. Je crois que les phénomènes les plus
spectaculaires s’observent sur les enfants. Regarde de jeunes enfants
devant un poste de télévision, tu les verras littéralement hypnotisés
par le petit écran – de moins en moins petit soit dit en passant.
Le rythme de leur respiration change, leur regard est fixe – ils
clignent très peu des paupières, ou alors font par moment plein de
clignements avant de reprendre un regard fixe et même un peu
vitreux.
Ils sont dans une économie de mouvements ; si tu leur parles, ils ne
te répondront pas – même s’ils sont bien élevés – tout captés qu’ils
sont par l’hypnose télévisuelle.
L’état d’hypnose a la particularité de nous rendre plus suggestibles.
Souviens-toi de l’expérience du cinéma au chapitre précédent. Nous
aborderons bientôt l’art de la suggestion, et de l’auto-suggestion.
C’est capital pour le travail d’hypnose. Retiens pour le moment que
lorsque tu es hypnotisé, ton cerveau est plus suggestible, il
« imprime » mieux en réalité. En quelque sorte, il est plus
« réceptif ».
Ce n’est pas un hasard si les espaces publicitaires télévisuels sont
les plus onéreux du marché. Sur la première chaîne juste après le
journal, les tarifs moyens étaient il n’y a pas si longtemps de 75 000
euros pour 30 secondes ! Et une légende dit qu’à l’époque de la coupe
du monde de football de 2006 en Allemagne, une close stipulait que
si l’équipe de France participait à la finale – ce qui fut le cas –, les 30
secondes d’espace publicitaire seraient alors facturées 250 000 euros
(ce qui fut manifestement le cas !).
Monsieur Patrick Lelais, alors président d’une grande chaîne
télévisée privée, présentait il y a quelques années son travail en ces
termes (à un journal culturel) : « Je vends [aux annonceurs] du temps
de cerveau humain disponible ». En fait, c’est ça : lorsque tu es
hypnotisé, ton cerveau est disponible. Et tu as la possibilité de choisir
ce que tu veux faire de cette disponibilité ;-).

Les transports en commun


Si tu vis dans une ville où il y a un métro, tu peux faire cette
expérience amusante d’observer les voyageurs : tu en verras un bon
nombre basculer en état d’hypnose, avec les mêmes caractéristiques
que celles décrites plus haut : fixité du regard, comme si la personne
« bloque » sur quelque chose. Bien sûr elle est là, elle ne dort pas, et
en même temps elle semble un peu absente.

La lecture
Lorsque tu lis quelque chose qui t’intéresse, il y a toujours un
moment où tu bascules en état d’hypnose ; l’extérieur est toujours là,
mais il est moins présent que d’habitude. S’il y avait du bruit au
dehors au début de ta lecture, il y en a désormais moins – en fait, tu
ne l’entends plus. Même ton corps est entré dans une espèce de
sommeil spécial : tu « tiens la pose » sans vraiment te fatiguer et,
bien sûr, si ce que tu lis t’intéresse, « tu y es ». Tu ressens la peur en
lisant un thriller, tu écrases une larme lors de retrouvailles
poignantes, tu te mets en colère contre un ignoble salaud.

La rêverie
Lorsque tu rêvasses, que tu es « dans la lune » comme on dit, tu
expérimentes un état d’hypnose naturel. Pour les plus contemplatifs
d’entre nous, ce sera souvent lors de l’observation d’un paysage,
genre coucher de soleil ou panorama splendide.
Les moments de rêverie peuvent aussi intervenir sans crier gars,
comme quand tu « décroches » en cours ou lors d’une réunion un peu
« soporifique ». Tu comprends mieux pourquoi l’idée de sommeil est
depuis si longtemps associée à l’état d’hypnose. Même si ces deux
états sont absolument différents, dans toutes les situations où quelque
chose – ou quelqu’un – t’endort un peu, tu es susceptible de basculer
tout seul en état d’hypnose.
Toutefois, attention : tu entendras parfois certains spécialistes te
présenter l’hypnose comme s’il s’agissait d’un état intermédiaire,
entre veille et sommeil précisément. Cela est absolument faux dans le
sens où cette conception des choses est très réductrice : oui, tu peux
être hypnotisé lorsque tu es entre veille et sommeil, et tu l’es aussi
dans bien d’autres circonstance de ta vie !-).
Observe un jour des mômes dans une rave party. Certes, certains
connaissent manifestement de bons « pharmaciens », toutefois, il en
est qui ne boivent que de l’eau et ne sucent que du sucre – si, si :-).
Tu les verras pourtant tous hypnotisés, en transe. Écouter de la
musique répétitive très fort et entrer dans une répétition de
mouvements est une véritable autoroute vers l’état d’hypnose ! C’est
le principe utilisé par les derviches tourneurs d’Orient qui atteignent,
à force de tourner sur eux-mêmes, des états de transe purement
extatiques.
À FORCE D’Y PENSER…
Retiens bien ces moments d’hypnose de la vie quotidienne et amuse-
toi à en trouver d’autres. Par ce moyen, tu vas commencer à créer une
réalité nouvelle dans ton esprit. En effet, nommer les choses
contribue à les rendre réelles. Commence dès maintenant à mettre
dans ta tête l’étiquette « hypnose » pour tous ces moments-là. Ainsi,
une partie de toi va commencer à identifier l’état hypnotique et,
lorsque tu chercheras à le provoquer, la destination existera dans ton
cerveau, ce qui est bien plus commode.
De plus, le fait de penser à une situation hypnotique a tendance à
provoquer spontanément l’état d’hypnose. Ce principe est même à la
base d’une technique d’induction chez les hypnothérapeutes : évoquer
« correctement » une situation hypnotique crée les premiers signes de
transe ; ensuite l’opération consiste à approfondir, en douceur.

PREMIER APPROFONDISSEMENT
Revenons, si tu veux bien, sur les différentes étapes d’une séance
d’auto-hypnose vues au chapitre précédent :
1 – Induction. Pour commencer une séance d’auto-hypnose, la
première étape est bien sûr d’entrer dans ce fameux état.
2 – Phase de travail. C’est dans cette deuxième phase que tu vas
appliquer tes propres suggestions – nous allons bientôt aborder
l’art de suggérer. C’est bien sûr la phase la plus différente d’une
séance à une autre.
3 – Sortie. C’est la phase qui consiste à sortir de l’état d’hypnose, et
retrouver ton fonctionnement habituel. C’est comme de se
réassocier, se « réveiller » si tu as utilisé des métaphores de
sommeil lors de la phase 2.
Comme nous l’avons vu plus haut, il est fréquent de se demander
au début si l’état d’hypnose était bien là. Pratiquer l’hypnose à deux
avec un professionnel est une chose, s’aventurer seul à la découverte
de soi en est une autre !-).
Je te propose alors l’exercice suivant pour « approfondir » un état
d’hypnose léger. Je mets des guillemets à « approfondir » car tu peux
très bien imaginer au contraire « monter » un peu plus haut en état
d’hypnose : comme nous le verrons bientôt, les images sont le
langage qui te parle le mieux et il s’agit d’utiliser celles qui te
conviennent bien.
Cet exercice est un grand classique de l’hypnose moderne.
Longtemps, l’induction hypnotique a consisté en une fixation intense
(souvent les yeux de l’hypnotiseur) en répétant « avec conviction »
quelque chose du genre « vos paupières sont lourdes, de plus en plus
lourdes, encore plus lourdes, toujours plus lourdes, tellement lourdes
qu’elles commencent à se fermer, etc. ». C’est cet hypnotiseur
américain Milton Erickson qui a popularisé cette induction très
différente. Je t’en propose ici une version qui s’adapte bien à la
pratique solitaire.
Exercice : lévitation de la main
Commence par t’asseoir confortablement. Pour cet exercice, tu n’as même pas besoin
de la cible. Choisis juste une de tes deux mains, et fixe-la intensément.
Comme avec la cible du chapitre précédent, tu dois veiller à fixer intensément la main
tout en restant relax. L’idéal serait même que tu observes la main que tu as choisie avec
curiosité. Parce que c’est vrai que c’est curieux une main :-). J’aimerais que tu sois
curieux de voir comment un doigt bouge, par exemple. Le truc, bien sûr, c’est d’aller
très lentement. Tu peux même être curieux de comment un doigt peut bouger le plus
lentement possible… En fait, j’aimerais que tu te prépares à lever la main, la décoller de
la jambe. Et j’aimerais que tu le fasses le plus lentement possible. Et pendant que tu
penses à lever la main, c’est-à-dire pendant que ton cerveau s’occupe de lancer des
impulsions électriques dans les neurones du système nerveux central afin de déclencher
une longue réaction en chaîne, j’aimerais que tu sois curieux du doigt qui va se décoller
en premier de la jambe parce que franchement, tu n’en as aucune idée ;-).
Et même je ne serais pas étonné que tu ne te sois jamais posé la question ! Quand tu
décides de lever la main d’ordinaire, j’imagine que tu lèves la main, et puis c’est tout.
Pourtant, il y a bien un doigt qui décolle en premier, c’est sûr. Ce serait quand même
très étonnant que les 5 doigts se décollent de la jambe en même temps ! Bien sûr qu’à
vitesse réelle, c’est l’impression que ça fait, mais lorsque tu ralentis 100 fois, 1 000 fois,
10 000 fois… sûr qu’un doigt se décolle très légèrement de la jambe avant un autre, et
puis un autre…
Et même, je te parle de doigts, et peut-être c’est le creux de la main qui va commencer
à se décoller de la jambe – et avant de commencer à se décoller, il va s’alléger, parce
que les zones de charge vont commencer à se répartir différemment.
Je t’invite à sentir tout ça et à l’observer, avec curiosité – une curiosité sincère, non
feinte. Souhaitant pratiquer l’auto-hypnose, tu dois apprendre à t’intéresser à toi – dans
le bon sens du terme bien sûr.
Alors comme tu l’imagines, tu vas mettre un certain temps (pour ne pas dire un temps
certain ;-) pour que la main soit complètement détachée de la jambe. Tu dois mettre
longtemps. C’est pendant cette phase de concentration et d’observation, avec curiosité,
que tu bascules en état d’hypnose. Et lorsque la main est complètement détachée de la
jambe – observe bien quelle partie de la main se décolle de la jambe en dernier – reste
un moment à l’observer, « flottant » dans l’air.
Et continue alors à mobiliser ta curiosité, tout en t’assurant de rester relax. Prends le
temps de faire une pause dans la concentration, te relâcher un peu. Puis concentre bien
ton attention à nouveau pour la suite du parcours : observe la main qui continue de
monter, et assure-toi que là, la main monte très lentement. En fait, c’est un peu comme
si la main s’approprie une existence propre, et tu la regardes qui monte, un peu comme
un spectateur.
Tout le long du travail, assure-toi de mobiliser :
1 – détente – tu dois te sentir bien confortable pour l’exercice, c’est essentiel ;
2 – curiosité – tu dois vraiment tout observer de ce qui se passe, tout en étant à l’écoute
de chaque sensation, de chaque micro-mouvement ;
3 – concentration – rien ne doit t’échapper, du moindre changement dans le rythme de
ta respiration jusqu’à la tension qui apparaît dans un muscle du visage juste avant que,
l’ayant observé, tu le relâches toi-même, consciemment.
Lorsque tu as terminé – et que la main est à une hauteur qui te semble confortable,
prends un moment et apprécie cet instant spécial. Tu peux même fermer les yeux, si ce
n’est déjà fait. En effet, cet exercice est propice à de lointains voyages hypnotiques, et
tu peux très bien fermer les yeux en cours de route, et laisser la main continuer de
monter à son rythme. Car comme tu le verras, il y a un moment où tu ne sais plus si
c’est toi qui fait monter la main ou si c’est la main qui continue de monter sans que tu
ne lui demandes rien.
Après avoir bien apprécié ce moment particulièrement relax, reviens à l’intérieur de toi-
même, et réassocie-toi bien. Étire-toi plusieurs fois, au besoin bâille, et remets la juste
tension dans tes mains, tes jambes, etc.

CRÉER DES IMAGES DANS SA TÊTE


Maintenant, tu sais entrer en état d’hypnose et même approfondir cet
état. Tu peux utiliser pour cela la cible ou même ta main. Par ailleurs,
tu as expérimenté de façon simple et amusante comment les idées que
tu maintiens dans ton esprit engendrent du mouvement – exercice des
ballons et du sac de sable du chapitre précédent.
Car l’hypnose ouvre la porte de ton MI, celui où tout se passe.
Alors pour aller plus loin, je te propose de t’entraîner à faire de
l’image. Bien sûr, comme nous l’avons vu précédemment, il n’est pas
indispensable de « voir » littéralement quelque chose lorsque tu es
hypnotisé, et il est même possible d’obtenir de stupéfiants résultats
sans voir la moindre image dans sa tête.
Toutefois, tu fais de l’image en permanence dans ton esprit, même
quand tu ne t’en rends pas compte : car la plupart du temps, les
images qui traversent ton esprit le font tellement rapidement que tu
ne les vois pas passer. Et pourtant, tu crées en permanence des images
dans ton esprit, c’est nécessaire, tu en as besoin. Il y a même un lobe
de ton cerveau – le lobe occipital, aussi appelé cortex visuel – qui est
dédié uniquement à ça.
Et souviens-toi de ce que nous avons vus ensemble au précédent
chapitre : « si je le vois, je le crois ! ». Or, comme nous le
détaillerons plus tard, dès que tu crois à quelque chose, tu as tendance
à le rendre encore plus réel – les psychologues appellent d’ailleurs ce
phénomène le biais de confirmation. Nous avons tous tendance à
provoquer ce que nous nous attendons à expérimenter. Celui ou celle
qui est sûr et certain que « à cette heure-ci dans le quartier, on ne
trouvera jamais de place pour se garer » ne verra pas la place libre
sous ses yeux (comme dans l’exercice des poissons plus haut !)
Mesure donc à quel point il est extraordinaire d’apprendre à voir des
images dans ta tête !
Ce phénomène naturel est souvent à la source de ce qui confère un
côté « magique » à l’auto-hypnose : celui ou celle qui démarre sa
pratique ne voyait pas la réalité – comme dans l’exercice des
poissons. À force d’imprimer les « bonnes » images dans son esprit,
elle se met à voir ce que jadis elle ne voyait pas ; et pour son monde à
elle, pour sa réalité, elle a vraiment l’impression sincère que la chose
est « apparue » comme par enchantement :-).

Comment Matthieu a trouvé un job dans la semaine


Matthieu est venu me voir un jour sur les conseils d’un de ses amis que j’avais aidé à
arrêter de fumer. Il possédait un bon diplôme et ne parvenait pourtant pas à trouver
un emploi. Il s’était décidé à faire appel à mes service lorsqu’il avait appris que tous
les membres de sa promo – y compris d’après lui des profils bien moins attractifs que
le sien (il avait notamment une expérience de 6 mois de stage à New York dans son
curriculum vitae) avaient été embauchés. Tous, sauf lui.
J’ai aidé ce garçon à vivre en imagination des scènes de succès, des scènes où il était
recherché, courtisé par des recruteurs. Je l’ai aidé à ressentir à quel point il était
difficile de faire un choix devant toutes ces offres. Je me suis assuré qu’il vivait
vraiment ça, qu’il ressentait ce succès dans ses tripes (je peux te dire qu’il n’est pas
nécessaire d’être un hypnothérapeute chevronné pour remarquer « à l’œil » que tout
va dans le bons sens !-).
Nous avons fait une bonne séance, et Matthieu était ravi. C’est apaisé et rassuré qu’il
quitta mon cabinet ce jour-là.
Le plus extraordinaire dans cette histoire, c’est que Matthieu m’a appelé dix jours
plus tard pour me présenter ses excuses car il ne pourrait pas venir à la prochaine
séance : il venait d’être embauché !
Ce garçon qui était en recherche d’emploi depuis près d’un an, sans succès, avait
trouvé un job en une semaine !

Créer des images dans ta tête – dans ton monde intérieur – les rend
déjà réelles, dans ton esprit. Même le plus rationnel et terre à terre
des ingénieurs doit d’abord projeter dans son esprit sa future
réalisation. Sans imagination, pas de création. Sans création, demain
ressemblera à hier, toujours.
Tu dois d’abord créer dans ton esprit les images de ce que tu
souhaites vivre, créer et expérimenter. Pour cela, tu dois apprendre à
i-ma-gi-ner !-). Alors, un exercice très simple – c’est toujours bien de
commencer par quelque chose de simple :-).
Exercice : le salon virtuel
Prends juste le temps de bien t’installer, de t’intérioriser. Ferme les yeux tranquillement.
Tu peux prendre deux ou trois bonnes inspirations. Et puis imagine ton salon, chez toi.
Tu peux même faire l’exercice déjà dans ton salon, le truc, c’est de fermer les yeux, et
de l’imaginer. Regarde, dans ton esprit, les meubles, leurs couleurs, leurs formes. Fixe
cette image dans ton esprit, et amuse-toi à te promener dans ton salon, un peu comme
tu le ferais avec un logiciel de conception assisté par ordinateur semblable à ceux
qu’utilisent les architectes.
Prends bien conscience que ce salon n’existe pas ailleurs que dans ton esprit. Bien sûr
tu as déjà vu l’original, peut-être même l’avais tu sous les yeux à l’instant même ;-).
Mais celui que tu es en train de visiter est virtuel, un peu comme la représentation de
ton salon sur l’écran d’un ordinateur. Un ordinateur surpuissant d’ailleurs, puisqu’il
s’agit de ton cerveau !-).
UN PETIT DESSIN VAUT MIEUX QU’UN
LONG DISCOURS
Il est désormais temps d’assembler tout ce que tu as vu jusqu’à
maintenant. Et pour cela, commençons à étudier ce langage si
important : celui de ton cerveau émotionnel. Souviens-toi du
diagramme du chapitre précédent, avec le cerveau rationnel et
l’automate. Il y avait aussi celui avec le monde extérieur et le monde
intérieur. En fait tu peux en faire la synthèse suivante (figure 4.1).

Figure 4.1 – Quelques hiatus dans la communication

Comme tu le vois, le cerveau rationnel et le robot ne


communiquent pas, même si le cerveau rationnel voit ce que fait le
robot. Ils agissent tous deux dans le monde extérieur. Les seuls liens
qui leur permettent de communiquer entre eux sont ceux qui relient le
cerveau rationnel au cerveau émotionnel, et le cerveau émotionnel au
robot. En fait, lorsque le cerveau rationnel veut dire quelque chose au
robot, il ne peut pas le faire directement. Il doit demander au cerveau
émotionnel de lui faire la commission.
Quand le robot ne fait pas ce que tu aimerais qu’il fasse, c’est à ton
cerveau émotionnel que tu dois t’adresser et non à ton cerveau
rationnel. Pour cela, tu dois apprendre à parler son langage, et son
langage est passionnant puisqu’il s’agit du langage de ton cœur :
souviens-toi, la Force de ton cerveau est la force du cœur :
omniprésente, omnipotente, infatigable et d’une créativité qui
dépasse l’entendement ; une Force dont les ressources semblent
illimitées.
Le langage de cette Force en toi, c’est le langage des images. Une
partie de ton cerveau fonctionne avec des images, au sens le plus
large du terme.

Charles doit faire un film


Charles est publicitaire. Il doit réaliser un film pour une marque de yoghourt. Une
fois réalisé, le film sera diffusé à la télévision, à des heures de grande écoute. Charles
a le choix ; il peut envisager de filmer un tableau noir sur lequel sont inscrites des
formules mathématiques démontrant scientifiquement que la consommation de ce
produit est corrélée avec une baisse significative du taux de cholestérol des
personnes qui le consomment. Bien sûr, personne n’y comprend rien.
Mais Charles connaît le fonctionnement du consommateur ; peut-être l’a-t-il appris
« sur le tas », en fac de psychologie ou même dans une école de marketing. Alors
voilà à quoi ressemble la maquette du spot qu’il propose quelques jours plus tard au
board qui la lui a commandée…
Une jeune femme – très belle – est là, tranquille, en maillot de bain, face caméra. Elle
est sur fond blanc, ouaté, très propre, très doux, très calme. Elle a l’air heureuse,
tranquille, sereine – c’est fou ce qu’une image peut donner comme impression, n’est-
ce pas ?
Et cette jeune femme mange un yoghourt, et y prend manifestement un réel plaisir. Et
alors une petite voix démarre « en off » et prononce ces quelques mots (au cas où le
consommateur n’aurait pas encore percuté ;-) : « Tu sais, le bien qu’il fait à l’intérieur
(comprendre « le yoghourt »), ça se voit aussi à l’extérieur ».

Et c’est comme ça que fonctionne ton cerveau émotionnel, c'est-à-


dire ton for intérieur, c’est-à-dire celui qui commande. Et même si tu
penses ne pas être sensible à la publicité, tu es sensible aux images,
car c’est comme ça que notre cerveau fonctionne : c’est la suggestion
qui l’impressionne, dans le sens où la suggestion imprime en
profondeur un message dans notre cerveau.

Ruben et la Pomme
Il y a quelques années, j’ai reçu un artiste de talent qui venait pour soulager des
douleurs physiques. Il m’était envoyé par son médecin et son kinésithérapeute. Suite
à une maladie ayant nécessité un traitement lourd, Ruben souffrait de douleurs
épouvantables qui l’empêchaient de répéter – ce qui était indispensable chaque jour
dans son métier.
D’après l’équipe soignante, les douleurs étaient davantage liées à l’état émotionnel et
affectif de Ruben qu’à un problème organique. Très affecté par l’épreuve qu’il avait
dû traverser, il avait du mal à « remonter la pente ».
Lorsque je l’ai vu pour la première fois, Ruben n’était effectivement pas dans un
grand état de forme physique et psychique. Manifestement, toutes les tentatives qu’il
avait expérimentées jusqu’ici avaient pris le problème « de front » et n’avaient pas
donné de résultats très satisfaisants.
Alors j’ai discuté avec Ruben ; nous avons parlé de choses et d’autres, sur le ton
d’une aimable conversation. Et puis, à force de digressions, nous avons évoqué New
York ; dès que notre échange est arrivé sur cette ville, j’ai saisi une étincelle dans
l’œil de Ruben.
Manifestement, l’image de « la Grosse Pomme » réveillait chez Ruben quelque chose
d’intéressant.
Alors j’ai emmené Ruben à New York ; en fait nous y sommes allés ensemble – en
rêve bien sûr, appliquant ces bons vieux principes 6 et 7 :-). Alors que j’évoquais les
couleurs de la ville, l’atmosphère sonore et tous ces détails particuliers qui rendent
cet endroit à nul autre pareil, j’ai vu le visage de Ruben s’éclairer alors que
j’évoquais le petit matin.
Alors que j’aidais Ruben à « en rajouter » dans l’intensité du confort que déclenchait
cette situation, son visage et tout son corps se détendaient à vue d’œil jusqu’à ce que
Ruben atteigne un état visiblement « au top » du bien-être.
Alors j’ai demandé à Ruben s’il était d’accord pour fixer cette image dans son esprit
et à en faire la nouvelle toile de fond du film de sa vie. Comme il était d’accord, je
l’ai aidé à installer cette image au premier plan de son monde intérieur, là où s’étaient
installés les nuages noirs de la période précédente (pourtant toute aussi révolue que
les autres, simplement plus récente).
En repartant, Ruben était comme sur « un petit nuage » (ce sont ses propres termes).
Plus tard, j’ai appris par son kiné que son état continuait de s’améliorer depuis ce
jour-là, et que la rééducation n’avait jamais aussi bien porté ses fruits que depuis ce
voyage imaginaire.

Notre cerveau émotionnel possède cette formidable particularité


d’être sensible aux images. Il est aussi sensible à d’autres types de
messages, comme nous allons continuer de le découvrir ensemble.
Tous les messages auxquels ton cerveau émotionnel est sensible
présentent la même particularité : ils suggèrent.
La dame qui mange du yoghourt ne dit pas de faire comme elle (ça
marcherait moins bien). Elle suggère simplement (c’est son image
qui suggère) que le fait d’en manger lui fait un bien fou.
Même si New York est une ville de cinéma que beaucoup de monde
apprécie, ce ne sont pas les alignements de gratte-ciel qui font du
bien à Ruben. C’est ce que New York lui suggère, dans son expérience
de vie à lui.
C’est à la suggestion que ton cerveau émotionnel est sensible ;
c’est elle qui l’influence, lui dicte ses messages. Cette fonctionnalité
est si importante qu’elle constitue le principe no 8 de ce cours. Ton
cerveau émotionnel est sensible à la suggestion. Et comme c’est ton
cerveau émotionnel qui commande (calme l’arrogance du cerveau
rationnel, il n’a pas « les manettes »), je te propose de retenir que ton
cerveau – tout court – est sensible à la suggestion.

Principe no 8
Ton cerveau est sensible à la suggestion.

LA SUGGESTION : UN ART ET UN ÉTAT


D’ESPRIT
Il existe énormément de types de suggestions différents, et tu peux
t’amuser à en inventer. Dans la vie de tous les jours, nous sommes en
permanence les récepteurs de suggestions diverses et variées. Et ce
sont elles qui marquent notre cerveau.
Bien sûr, la suggestion la plus simple, la plus évidente et que tout
le monde connaît est la suggestion directe, autrement dit,
l’affirmation. Nous avons tous en tête ces images d’hypnose à
l’ancienne avec un monsieur très impressionnant qui fixe un sujet
dans le blanc des yeux en lui prenant la tête (une main sur le front et
l’autre derrière la nuque) en lui répétant quelque chose du genre
« Vos paupières sont lourdes, de plus en lourdes, toujours plus
lourdes, encore plus lourdes,… vous dormez de plus en plus
profondément et vous entendez ma voix » :-).
C’est drôle comme on trouve encore aujourd’hui des personnes
pour douter de la formidable efficacité de ce genre d’approche. Bien
sûr, ce sont généralement celles qui n’ont jamais expérimenté ce
genre de situation – ou celle qui n’ont pas eu la chance de rencontrer
les bons hypnotiseurs.
Et pourtant, nous avons tous fait l’expérience de la suggestion
directe, dans notre vie de tous les jours.

Tu n’as pas bonne mine, Charles


Charles travaille à la compta, au 4 e ; il aime bien ses collègues de travail, et on peut
dire qu’il y a une bonne ambiance dans le service. Ce matin-là, Charles arrive dans
son service vers 8 h 45, comme d’habitude. En sortant de l’ascenseur, il croise
Hortense, de la repro, qui lui dit « Oh dis donc, t’as pas bonne mine, toi, ce matin » ;
puis il rencontre Albert, des achats, qui lui dit « Bein mon vieux, t’as fait la nouba
hier soir ou quoi ? ».
Charles ne se formalise pas et va prendre un café à la machine où il retrouve
Jacqueline, sa collègue plus expérimentée. Quand il arrive à la machine et qu’il
s’apprête à lui faire la bise comme chaque matin, Jacqueline lui dit « Ah non mon
grand je t’embrasse pas, je tiens une crève carabinée – je crois même que je vais
rentrer chez moi cette aprèm. Ah bein, d’ailleurs, on va faire un club tous les deux,
t’as une sale mine toi aussi ! ».
Vers 10 h, Charles a commencé à se sentir courbatu et fiévreux. Et en fin de matinée,
il se sentait tout malade, vraiment pas bien. Profitant de sa pause déjeuner pour aller
voir le médecin, celui-ci diagnostic un syndrome grippal et lui conseil de rentrer chez
lui… Il faudra huit jours à Charles pour se remettre sur pieds.

Alors bien sûr, nous pouvons penser que, dès le départ, Charles
n’est vraiment pas bien ce matin-là ; il « couve » comme on dit. Et
ses collègues, qui le connaissent bien, l’ont remarqué tout de suite.
Et puis un autre point de vue est d’envisager que ce matin-là,
Charles pète le feu. Et c’est Hortense qui ne se sent pas très bien ; du
coup, elle transforme sans s’en rendre compte la réalité et a
sincèrement l’impression que Charles ne va pas bien – première
affirmation.
Puis Albert arrive, qui a entendu la réflexion d’Hortense –
prononcée soit dit en passant avec une réelle conviction. Alors sans
même s’en rendre compte, il voit la même chose qu’elle, et parle à
Charles avec la même sincérité – deuxième affirmation.
Et puis il y a l’intervention de Jacqueline, le « coup de grâce » en
quelque sorte. Charles aime bien Jacqueline, elle est amusante.
Collègue plus expérimentée, célibataire enjouée, elle a tiré Charles
d’affaires à plusieurs reprises en reprenant des bourdes lorsqu’il
débutait. Il sait qu’elle l’aime bien et qu’il peut compter sur elle. Lui
aussi l’aime bien, il lui fait confiance – troisième affirmation.
Alors tu l’auras noté, Charles n’est pas tombé malade à la première
affirmation d’Hortense. Et même, il est tout à fait possible de penser
que les suggestions directes des collègues de travail de Charles ne
sont pour rien dans sa maladie. Toutefois, il a été constaté à maintes
reprises que le stress prolongé affaiblit le système immunitaire. Il est
aisé d’imaginer le stress induit par des collègues qui rabâchent sans
cesse que vous avez l’air malade.
Mais il a fallu plusieurs affirmations des collègues de Charles –
trois en l’occurrence. Il est bien évident que dans bien des cas, une
seule suggestion ne suffit pas– sauf dans certaines situations
spéciales que nous aborderons bientôt. C’est un point lui aussi très
important, qui constitue le 9e principe de ce cours : ton cerveau est
sensible à la répétition.

Principe no 9
Ton cerveau est sensible à la répétition.

C’est la base de l’hypnose : suggestion, répétition. Tu dois


absolument comprendre ça et le ressentir dans ton corps et dans ton
cœur. C’est ça qui imprime ton cerveau, ça qui nourrit ton monde
intérieur, donc ce qui conditionne ton monde extérieur. Souviens-toi
que c’est le monde intérieur qui se projette sur le monde extérieur, et
non l’inverse.
Alors attention, ne va pas te rabâcher ce que tu souhaites
expérimenter dans ta vie à la manière d’un perroquet qui répéterait
« tout va bien tout va bien tout va bien » alors que tout va mal. Cette
erreur est si fréquente qu’elle mérite que l’on s’y arrête un instant.
En effet, c’est une erreur fréquente que de croire que l’auto-
suggestion – et c’est bien de cela qu’il s’agit – consisterait à se
répéter intérieurement une phrase en parfait désaccord avec la réalité,
en dépit de tout bon sens. Les personnes qui commettent – hélas pour
elles ! – cette erreur n’ont retenu que la partie « répétition » de
l’association magique « suggestion – répétition ».
C’est la première étape, tu dois suggérer à ton cerveau ce que tu
souhaites voir se produire ou ce que tu souhaites expérimenter. Et
c’est seulement après avoir suggéré que tu dois répéter l’opération.
Même si les mots sont très puissants en soi, ils ne suffisent pas à
suggérer. Et c’est même pire : répéter sans réfléchir des mots qui
décrivent le contraire de la réalité est le meilleur moyen de faire ce
que l’on appelle une contre-suggestion.

J’ai pas mal, j’ai pas mal


Joseph a une rage de dents. Il souffre le martyre. Il a beau se répéter « j’ai pas mal
j’ai pas mal j’ai pas mal j’ai pas mal », rien n’y fait, c’est même pire ! Il souffre de
plus en plus. Il envie le temps où il n’avait pas mal aux dents, et se demande même
pourquoi il n’a pas eu à ce moment-là l’intelligence d’en profiter davantage ! C’est
bien simple, il a en ce moment tellement mal que s’il se laissait aller, il aurait
l’impression sincère que plus jamais il ne connaîtrait de répit. Sa douleur est en effet
si forte qu’il lui semble à cet instant précis qu’elle ne finira jamais.

Bien sûr la douleur de Joseph partira comme elle est venue. Avez-
vous même remarqué à quel point, dès le rendez-vous pris chez le
dentiste, ça va presque déjà un peu mieux ? Étonnant non ? Pourtant,
nous avons tous connu ce genre de situation où tout va si mal que tout
espoir semble impossible. « Il faudrait un miracle » se dit-on – et
bien sûr, nous ne croyons pas aux miracles.
Lorsque Joseph se répète intérieurement qu’il n’a pas mal, alors
que ce qu’il ressent lui dit le contraire, il ne fait qu’amplifier la
douleur elle-même. Pourquoi ? Parce que nous sommes tous pareils,
nous n’aimons pas les non-sens. Imaginez qu’il pleuve des cordes et
que vous croisiez quelqu’un qui vous dise : « quel temps magnifique,
n’est-ce pas ? Gare aux coups de soleil ! ». Vous le prendriez à coup
sûr soit pour un doux dingue, soit pour un imbécile.
Alors ne t’inflige pas à toi-même ce genre de jugements. Lorsque
tu t’apprêtes à utiliser la répétition, assure-toi d’abord que ce que tu
t’apprêtes à répéter est bien une suggestion, faite dans les règles de
l’art, et non une affirmation en désaccord total avec la réalité. Bien
sûr, nous verrons plus loin que, dans certains cas particuliers, une
affirmation dénuée de tout fondement peut « finir par entrer » à force
de répétition. Mais il convient de procéder par étapes et pour
l’instant, retiens ceci : c’est l’association d’une suggestion et d’une
répétition régulière qui imprime ton cerveau émotionnel – et donc qui
programme ton robot en conséquence.
Allons donc voir ensemble ce qui est déjà imprimé dans ton esprit,
et comment le transformer – si tu veux bien !-).
Partie
II

L’AUTO-HYPNOSE POUR
RÉPONDRE À LA QUESTION :
COMMENT JE PEUX VIVRE
MIEUX ?

L’auto-hypnose ne se fait pas sans but :


que voulez-vous transformer pour améliorer
votre confort dans la vie ?

« L’avenir m’intéresse,
c’est là que j’ai l’intention
de passer mes prochaines années. »
Woody Allen
5
ICI ET MAINTENANT

Ou les aventures de nos automatismes

« Apprends comme si
tu devais vivre toujours,
vis comme si tu devais mourir demain. »
Proverbe tibétain

Rappelle-toi du chapitre 1 : lorsque tu arrives sur cette terre, ton


automate n’est pas encore programmé. Tu as dans ton cerveau un
disque dur vierge, qui attend impatiemment de s’enrichir de tous les
apprentissages de ta vie.
Et aujourd’hui, ton automate personnel possède plein de
programmes – dont certains d’ailleurs ne te conviennent pas, ou ne te
conviennent plus. Il sera intéressant d’ailleurs de te demander à
l’occasion depuis quand tel ou tel programme ne te satisfait pas
pleinement ; et si tu réponds spontanément « depuis toujours » arrête-
toi là et reprends au besoin les enseignements du premier chapitre.
Car les programmes s’installent progressivement et deviennent
automatiques au fur et à mesure que le temps passe…

DE LA RELATIVITÉ DU TEMPS
Je te propose d’ailleurs de prendre un instant pour mesurer à quel
point la notion de temps est une notion essentielle, dès lors que tu
entreprends d’améliorer par l’hypnose quelque chose dans ta vie. Car
d’un point de vue rationnel, seul l’instant présent existe. Le passé
n’existe plus – il n’est qu’une vague idée dans ton monde intérieur –
et l’avenir n’existe pas encore – même s’il existe aussi sous forme de
fantasmes, de rêves et de craintes dans ton MI.
En fait, si tu reprends la figure 4.1, tu remarqueras que le monde
extérieur est le monde du temps présent – celui de la réalité factuelle.
Même un archéologue observe des vestiges qui sont le résultat
présent de l’épreuve du temps. En fait, pas besoin d’être un
scientifique de renom pour comprendre ce concept simple : le temps
est une vue de l’esprit.
Les vétérinaires expliquent que les animaux n’ont pas la même
perception du temps que nous car, en fait, c’est ça le truc : le temps
est histoire de perception. Comme disait Albert Einstein, père de la
théorie de la relativité de l’espace et du temps justement, pour
expliquer cette notion de relativité du temps de façon simple : une
minute passée auprès de sa petite amie est beaucoup plus courte
qu’une même minute passée assis en short sur une plaque
chauffante !-).
S’il n’y a pas d’esprit rationnel (souviens-toi, c’est lui qui est
branché sur le monde extérieur), il n’y a pas de temps. Je ne pense
pas que le temps paraisse long pour un caillou, une montagne ou
même une galaxie. Pourtant des scientifiques sont là pour nous
rappeler que, d’après eux, cela fait très longtemps qu’ils sont là !
Alors tu imagines peut-être que je vais t’expliquer que comme le
ME est le lieu d’un éternel présent où le temps n’existe pas, le MI est
forcément le lieu où le temps existe… et bien non ! Le MI est aussi
un lieu où le temps n’existe pas. En fait, c’est normal puisque je te le
rappelle, le temps est une vue de l’esprit rationnel. La notion de
temps n’existe pas en dehors de ton esprit rationnel.
La différence essentielle entre le ME et le MI par rapport au temps,
c’est que dans le MI, tout existe en même temps. Tout se passe comme
si ton MI est le réservoir de toutes les images de ta vie, celles du
présent bien sûr, mais aussi celles du passé et même celles du futur !
Je te rassure, il ne s’agit pas de science-fiction, mais bien de notre
mode de fonctionnement. Nous nous projetons en effet en
permanence dans l’avenir, c’est tout à fait normal et même
nécessaire. Lorsque tu prépares une quiche lorraine ou même quand
tu t’habilles, tu es bien obligé de t’y prendre dans l’ordre. Et, à moins
d’être particulièrement distrait, ça doit faire bien longtemps que tu ne
t’es pas surpris à enfiler tes chaussures avant ton pantalon !-).
C’est grâce à notre aptitude à nous projeter dans l’avenir que nous
sommes aptes à évoluer dans notre environnement. Et ton cerveau
émotionnel possède des images de ton avenir, il les infère sur la base
de tes expériences passées et de tes modèles. Nous y voilà, bien sûr :
l’avenir est inféré, c’est-à-dire qu’il est déduit de ton passé par ton
cerveau émotionnel – nous reviendrons bientôt sur ce point essentiel.
Retiens bien pour le moment que la perception du temps est
l’apanage de ton cerveau rationnel ; pour ton cerveau émotionnel
comme pour ton robot, le temps n’existe pas : d’ailleurs regarde, seul
ton cerveau rationnel a besoin de dormir ; ton cerveau émotionnel et
ton robot, eux, ne se reposent jamais. Même lorsque tu dors
profondément, ton robot fort heureusement continue de travailler et
d’assurer la respiration, le bon taux de glycémie et la bonne pression
artérielle. Et pendant que ton cerveau rationnel dort bien
profondément, ton cerveau émotionnel crée et invente des rêves – qui
te semblent parfois encore plus réels que la réalité elle-même !-).
Le temps n’existe que pour ton esprit rationnel ; et ton esprit
rationnel est un peu comme le faisceau lumineux d’une lampe torche
qui éclaire plus ou moins bien ce sur quoi elle se concentre. La
plupart du temps ton esprit rationnel est concentré sur le monde
extérieur et la lampe torche éclaire le périmètre du faisceau
lumineux.
Et lorsque tu te concentres sur toi-même, sur tes états d’âme, tes
rêves, tes désirs, tes souvenirs, alors tu orientes naturellement le
faisceau de la lampe torche sur ton monde intérieur. Et dans ton
monde intérieur, le temps n’existe pas. Toutes les images de ta vie y
sont stockées, certes pas au même endroit, mais toutes y sont. Et ces
images ne comportent pas forcément d’indication de temps, un peu
comme les fichiers d’un ordinateur dont on ferait la liste sans choisir
l’option d’affichage « date de dernière modification » ou « date de
création ».
En fait, dans ton monde intérieur, tu observes toutes les images de
ta vie en même temps. Elles ne sont pas classées par date mais plutôt
par ordre d’importance – nous y reviendrons bientôt.
Le fait que le temps n’existe que pour ton esprit rationnel explique
de façon simple et satisfaisante ces distorsions du temps si
spontanées lors d’une expérience hypnotique.

La montre qui ne donnait pas la bonne heure


Un monsieur que j’ai aidé à arrêter de fumer s’étonnait de la courte durée de la phase
hypnotique de la séance par rapport à l’exposé qui précédait – ce que les
hypnotiseurs anglo-saxons appellent le pre-talk et qui est bien sûr aussi important
que la séance d’hypnose proprement dite… si ce n’est plus !-). Alors que je lui
demandais combien de temps avait duré d’après lui la partie hypnotique de notre
travail ce monsieur me répond « 5 minutes, 10 minutes tout au plus, j’ai tout entendu,
je peux vous redire mot pour mot ce que vous m’avez dit ».
Ce qui est amusant, c’est que nous avions justement regardé l’heure avant de passer à
la partie hypnose pure alors j’ai proposé à ce monsieur de regarder sa montre – la
partie hypnotique avait en réalité duré trois quarts d’heure ! Lorsque ses yeux se sont
posés sur sa montre, il a littéralement changé de couleur ; c’est toujours fascinant de
voir à quel point les transformations profondes qui s’opèrent à l’intérieur de nous se
voient sur notre visage. J’ai observé dans certaines de mes séances des visages qui
changent à vue d’œil, en temps réel, passant même par plein de couleurs différentes !
Le monsieur en question a eu du mal à croire la chose qu’il avait pourtant sous les
yeux : l’heure donnée par sa montre, et il préféra rationaliser l’incroyable en optant
pour l’idée que nous nous étions trompés tous les deux et que la séance avait « en
vrai » duré seulement une dizaine de minutes.
L’épilogue de l’histoire est peut-être encore plus amusant. Plusieurs mois après cette
séance, une dame m’a téléphoné pour arrêter de fumer avec moi ; comme elle se
recommandait du monsieur en question, je lui demandais de ses nouvelles. Elle
m’apprit alors qu’il s’agissait de son beau-frère, qu’il ne fumait plus depuis notre
séance et qu’il ne tarissait pas d’éloge sur l’hypnose et ses stupéfiants effets :-).

Toi-même, tu as expérimenté ce genre de distorsion temporelle lors


de tes expériences d’hypnose naturelles. Il est fréquent, lors d’un long
voyage en voiture par exemple, de s’étonner d’être « déjà arrivé »
tant nous étions absorbés par nos pensées – tout en étant concentré et
vigilant sur la route, étonnant, n’est-ce pas ?
Ou alors quand tu passes un super moment avec des amis auprès de
qui tu te sens particulièrement bien – sans parler de cette personne
absolument merveilleuse auprès de laquelle chaque moment semble
ne durer qu’un court instant tellement c’est bon de la voir (si tu ne
l’as pas encore rencontrée, réjouis toi à l’avance, elle te cherche
déjà !).

SANS HIVER, PAS DE PRINTEMPS


C’est un excellent moyen d’entrer en état d’hypnose que de se
concentrer progressivement sur l’instant présent. En plus c’est drôle
parce que c’est insaisissable un instant. À peine prononcées les deux
syllabes du mot « instant » le suivant a déjà pris le relais et le son de
l’instant précédent n’existe déjà plus.
Quel drôle de paradoxe n’est-ce pas, de réaliser à quel point seul le
présent existe et en même temps notre esprit ne peut l’attraper – notre
esprit rationnel ne peut l’attraper ; ton for intérieur, lui, vit au
contraire en permanence dans ce présent éternel où le temps n’existe
pas. Plus tu entres en contact avec l’instant présent, plus tu
t’approches de cette partie de toi-même qui ne bouge jamais, qui ne
vieillit pas, ne connaît ni la peur ni la crainte. Cette partie de toi-
même qui ne connaît pas le temps.
Cette partie de toi est ce qui tu as de plus intime en toi ; souviens-
toi de ce bon génie du premier chapitre qui exauce tous tes vœux…
c’est Lui. Appelle-le ton Sage Inconscient, ton for intérieur ou même
ton moi profond – appelle-le comme tu veux, l’essentiel est que tu
choisisses le terme qui te parle le mieux. Car lorsque tu dis « Je pense
donc Je Suis » à la manière de Descartes, tu dois comprendre à quel
point le « Je » de « Je pense » n’est pas le même que le « Je » de « Je
Suis ». Car lorsque tu ne penses pas, tu es quand même – et même tu
es bien plus que lorsque tu penses ! Le « Je » de « Je pense » est
inclus dans le « Je » de « Je Suis » qui est bien plus vaste !-).
Tu peux imaginer les choses de la façon suivante : le « Je » de « Je
pense » est lié au temps, il est le siège de ton état d’esprit et de ton
humeur du moment. D’une certaine façon, c’est le siège de ton ego :
méprisant facilement celui ou celle que tu as été, extrêmement
attaché à ta situation présente – il n’y a même qu’elle qui compte
pour lui, l’avenir étant un concept qui lui échappe – à moins bien sûr
que ce ne soit un avenir où il est toujours là, exactement semblable en
tous points – car ton ego bien sûr ne veut pas mourir, il s’accroche.
Mais sans hiver, pas de printemps… Pour renaître, tu dois, d’une
certaine façon, mourir à toi-même. Sans mort, pas de résurrection
possible. Quoi que tu veuilles changer en toi, quelle que puisse être la
nature de ce que tu souhaites changer en toi, ton ego actuel doit
mourir pour renaître sous une forme différente – plus vaste et plus
satisfaisante. Bien sûr ton ego est important, essentiel même. Il est
absolument nécessaire de le cultiver et même de le nourrir – ne te
laisse pas embringuer par les discours des gourous de toutes sortes
qui savent bien professer le détachement pour les autres et
étonnamment pas pour eux (souviens-toi au besoin du gourou aux 99
Rolls !-).
Simplement ton ego est là pour te servir. Il est le chemin qui mène
à ta destination intime et personnelle et cette destination, c’est toi
précisément – ton vrai moi, intime, profond et intemporel. Lorsque tu
regardes une photo de quand tu étais enfant, quelque chose réagit en
toi et dit : qu’est-ce que j’ai changé ! C’est même ta première
réaction, n’est-ce pas ? Et si tu te mets bien à l’écoute de toi-même,
tu entendras une petite voix chaude et réconfortante qui murmure :
« oui, c’est bien moi ; c’est moi aussi :-) ».

RASSURER SON EGO


Ton ego – le « Je » de « Je pense » fonctionne de façon exclusive là
où ton for intérieur réunit tout ce qui a été, tout ce qui est et tout ce
qui sera : il est là pour ça d’une certaine façon. Cultive ton ego,
nourris-le et pense, bien sûr, pense. Souviens-toi en même temps que
ton ego est à ton service, tu n’es pas – et dois veiller à ne pas être – au
service de ton ego. Mais écoute-le, respecte-le et prends soin de lui :
souvent il a très peur, et c’est toi et toi seul qui peut le rassurer
vraiment.
Et celui en toi qui peut rassurer ton ego, c’est justement ton moi
profond – c’est le « Je » de « Je suis » et lui seul qui peut rassurer et
réconforter le « Je » de « Je pense ». Dès que tu te connectes vraiment
à ton moi profond, les craintes s’évanouissent, les doutes
disparaissent, même la douleur s’apaise peu à peu.
Pour cela, expérimente l’instant présent. Car c’est dans l’instant
présent que réside ton moi profond. C’est comme de te connecter
progressivement à cette partie de toi qui ne voit pas le temps passer.
Reprends les photos de ta vie, que ces photos soient dans un album ou
bien dans ton Esprit. En revoyant le film de ta vie, tu peux, si tu te
concentres vraiment bien, ressentir à chaque situation qu’il y a trois
postures en toi pour chacune des scènes du film.

UN « et », UN « ou » ET UN « JARDIN »
Bien sûr, la première à laquelle tu te connectes est ton ego du
moment, et c’est bien normal : tu vois avec ton regard habituel
d’aujourd’hui celui ou celle que tu étais au moment des faits. C’est à
ce moment-là que des réflexions pas forcément sympathiques
peuvent surgir de ton ego, car l’ego est assez prompt à juger – c’est
parce qu’il a très peur, souviens-toi, et la peur a tendance à rendre
assez agressif ou jugeant. Évite de juger ou de blâmer la personne que
tu fus par le passé parce que cette personne, c’est toi. Apprends dès
maintenant à réunir plutôt qu’à séparer, nous reviendrons plus tard
sur ce principe.
Plus tu vas réunir la personne que tu as été et celle que tu es
aujourd’hui, plus tu vas entrer en état d’hypnose. Et c’est justement la
deuxième instance à laquelle tu peux te connecter avec un peu de
patience : la personne que tu étais au moment des faits – ton ego de
l’époque en quelque sorte.
Les deux ego ensemble font des étincelles car ils fonctionnent
plutôt sur le rejet. Un jour, lors d’une séance d’hypnose, une dame
m’a rapporté qu’elle regrettait d’être restée si longtemps avec son ex-
mari car cette union avait « échouée » (c’est le terme qu’elle
employait). Elle finit même par me dire « Franchement le jour où je
l’ai rencontré, j’aurais mieux fait de me casser une jambe ! ». Je lui
proposais une autre façon de voir les choses : elle avait été
éperdument amoureuse de cet homme. Juger aussi sévèrement celle
qu’elle était à ce moment-là de sa vie semait des graines de
dépréciation et de culpabilité peu propices à l’épanouissement.
Le raisonnement du « Je » de « Je pense » – le « Je » de l’ego – est
exclusif : il fonctionne en permanence dans le « ou » et jamais dans le
« et ». Au contraire, ton moi profond réunit et fonctionne dans le
« et ». C’est même encore mieux que ça : ton moi profond ne connaît
pas le « ou », c’est un concept étranger à son mode de
fonctionnement.
C’est précisément la troisième instance qui regarde elle aussi le
film de ta vie : ton moi profond ;-). En fait, imagine un jardin. Un très
beau jardin, avec des fleurs multicolores, de l’herbe verte, des
fontaines et des cascades et des arbres centenaires.
Ce jardin change au cours des saisons. Mais c’est toujours le même
jardin. Tout le monde dans le quartier le connaît. Même si un jour le
jardin change de nom, c’est toujours le même jardin.
Il arrive que des arbres meurent dans ce jardin, pendant que
d’autres arbres sont plantés (par les jardiniers de la ville s’il s’agit
d’un jardin municipal, par les agents des eaux et forêts ou même par
le propriétaire du jardin si c’est un jardin privatif).
Et bien ton moi profond, c’est ce jardin précisément. Il est
atemporel, il ne change pas. Bien sûr, à l’œil nu, ce jardin change : il
peut être plus ou moins florissant, luxuriant ou en friche. Mais c’est
toujours le même jardin, c’est la même terre, tout aussi fertile. Et
cette terre fait pousser tout ce que tu y sèmes.
Au plus profond de toi-même, tu es ce jardin. Ton esprit
inconscient, c’est ce terreau fertile qui fait pousser tout ce qui y est
semé. Et ton esprit conscient, c’est le jardinier. C’est lui qui sème, qui
met de l’ordre et qui au besoin retire les mauvaises herbes.
Il arrive aussi que le jardinier ne fasse rien, se désespérant devant
un jardin en friche. Alors, il ne faut pas blâmer le jardinier – ni le
jardin bien sûr. Il se peut que le jardinier ne sache pas comment s’y
prendre. Peut-être n’a-t-il pas les outils adéquats pour retirer les
mauvaises herbes… Et peut-être ne sait-il pas où trouver les
semences pour transformer un jardin en friche en un havre de paix
luxuriant où la Nature s’exprime à son plus haut degré de
perfection :-).
Lorsque tu te concentres sur l’instant présent, tu entres en relation
avec le jardin. Quelles que puissent être les transformations de
surface, le jardin est toujours le même, dans le fond. Même si un jour
le jardin est remplacé par un parking, le jardin est toujours là ; et les
anciens commentent : « de mon temps, ici, il y avait un jardin
magnifique ; les enfants y jouaient et les adultes venaient y trouver
un peu de calme… ». Tant qu’il y a des anciens pour se souvenir du
jardin, le jardin vit encore à travers eux – et peut renaître, un jour, là
où il y avait un parking ;-).

CHASSEZ LE NATUREL, IL REVIENT


AU GALOP
Ça va vite à revenir, un jardin, même si un parking s’y est installé
depuis longtemps ; dès que les ouvriers mettent les premiers coups de
pioche, la terre est là, juste en dessous, prête à fertiliser toutes les
herbes folles, les fleurs et les arbres – d’ailleurs il y a souvent des
arbres dans les parkings n’est-ce pas ?
La nature reprend toujours ses droits, c’est imparable – c’est la
force la plus colossale de la planète et même de l’univers. Lorsque tu
te connectes à l’instant présent, tu te mets en relation avec cette force
– qui est la même que la force du cœur de ton cerveau émotionnel.
C’est « la Force ».
Les physiciens du monde entier travaillent depuis de nombreuses
années sur cette question : trouver une force unifiée. En effet,
aujourd’hui, en sciences physiques existent différents types de forces.
Par exemple, ce n’est pas la même force qui fait tenir les atomes
d’une table tous ensemble et celle qui nous fait tenir sur Terre (sans
laquelle on s’envolerait comme les astronautes en état d’apesanteur).
Dans un cas, il s’agit d’une force électromagnétique et dans l’autre
de la force de gravité. Mais les scientifiques ne sont pas satisfaits par
cette vision des choses. En effet, en mathématiques, il existe un
principe général suivant lequel on dérive successivement une
fonction pour en obtenir d’autres – un peu comme les enfants qui
jouent à Marabout – Bout de ficelle – Selle de cheval – etc. Alors
pour les forces en sciences physiques, on fait le contraire : on part du
résultat et on remonte, jusqu’à trouver la source de la force en
question.
Et bien sûr l’idée est très séduisante d’envisager que, quelles que
soient les forces observables, en remontant, on arrive à la même
source. Et pour le moment, ça n’est pas le cas. Pour ton information,
aujourd’hui quatre types de forces répertoriées régissent l’Univers :
la force gravitationnelle, les forces électromagnétiques, les forces
d’interaction forte et les forces d’interaction faible. Et d’éminents
physiciens et mathématiciens travaillent chaque jour pour trouver la
source : le champ unifié depuis lequel toutes ces forces
dériveraient…
Comme ces éminents chercheurs, j’aime bien l’idée que cette
source existe. Et si tu aimes bien rêver un peu et que tu es un tout
petit peu joueur, je te propose d’envisager que si cette force existe bel
et bien, elle se trouve quelque part, peut-être bien cachée, dans notre
cerveau !-). Mais ceci est une autre histoire et quoi qu’il arrive, il est
essentiel de garder les pieds bien sur Terre – grâce à la force
d’attraction, précisément :-).
Alors que tu l’appelle « la Force », ou bien une force, il y a cette
source en toi. Une source de calme et de tranquillité où les masques
que tu as porté aux différentes étapes de ta vie n’existent pas. En fait,
ils existent, mais ils ne sont plus au premier plan. Ils sont là, comme
différentes expressions de ce que tu es vraiment – tout comme
l’aubépine, les roses ou un chêne sont l’expression de l’extraordinaire
magie de la nature – l’extraordinaire potentialité de ce Jardin
merveilleux.
Et le chemin de cette source, c’est celui de l’instant présent. Plus tu
te connectes à l’instant présent, plus tu approches cette source en toi
– plus tu t’approches de toi-même en réalité.
LE PASSÉ ET L’AVENIR DANS UN CÔNE
Pour te connecter à l’instant présent, tu peux imaginer un cône dont
les parois représentent le passé et l’avenir. Tu peux imaginer ce cône
autour de toi, et même lui attribuer une couleur – à moins que tu ne
souhaites l’imaginer comme une espèce de surface qui se devine à
peine, faite d’une espèce de plastique souple transparent.
Les parois de ce cône représentent l’avenir et le passé ; tu peux
imaginer la ligne de démarcation au niveau de tes épaules : lorsque tu
regardes devant toi, tout ce que tu vois, et tout ce que tu devines du
coin de l’œil, représente l’avenir. D’ailleurs c’est vraiment comme ça
que ça se passe : lorsque tu es en bas des Champs-Élysées et que tu
regardes l’arc de triomphe, tu le vois, bien sûr, mais si tu veux t’y
rendre, tu dois marcher – ça va te prendre du temps – donc c’est bien
dans l’avenir que ça se passe, n’est-ce pas ?
En revanche, tout ce qui est derrière toi représente le passé. Et
d’ailleurs encore une fois c’est bien le cas. Si tu te retournes et que tu
regardes loin derrière toi, tu verras le chemin par lequel tu es venu.
Quant à la ligne de tes épaules, elle représente en fait la
démarcation entre passé et avenir : c’est justement le présent. Et avec
ton esprit, tu peux faire des allers et retour entre l’avenir et le passé,
et c’est même ce que nous faisons tous en permanence à longueur de
journée. Dès le matin quand tu te lèves, tu te projettes dans ta
journée, n’est-ce pas ? Et peut-être vois-tu déjà dans ta tête ce que tu
as prévu de faire… la veille, précisément !
Nous sommes en permanence en train de faire des allers et retours
dans notre esprit entre un avenir plus ou moins lointain et un passé
plus ou moins proche. C’est très rare en fait dans la journée de se
retrouver pleinement centré sur l’instant – c’est très rare, et c’est très
bon, très confortable. Ce genre de moment arrive spontanément
lorsque tu partages un moment avec quelqu’un que tu apprécies
beaucoup : c’est dans ces moments-là que tu ne vois pas le temps
passer, car il n’existe plus en fait ;-).
Alors pour entrer en état d’hypnose, tu peux imaginer que tu te
centres de plus en plus sur l’instant présent, comme si tu glissais le
long des parois de ce cône imaginaire. C’est comme si le centre de
toi-même se trouvait dans ton ventre ou ton plexus solaire. Le tout est
de bien concentrer ton esprit, ton attention, sur cette zone de toi-
même.
Et tu peux imaginer que ton esprit glisse lui aussi à l’intérieur de
toi-même, comme si le temps autour de toi se ralentissait. Pour ça, tu
peux répéter intérieurement « Ici », et « Maintenant ». Et pour une
bonne qualité de travail, il est alors important de ressentir chacun de
ces mots.
Par exemple, lorsque tu penses « ici », ressens bien ce que cela
signifie pour toi. Prends le temps de ressentir chaque cellule de ton
corps qui vit et qui vibre à l’unisson de la vie qui circule en toi.
Ressens l’espace autour de toi et imagine ce point unique quelque
part en toi – peut-être ton propre centre – qui signifie « Ici ».

De la même façon, lorsque tu te connectes à « Maintenant »,


ressens cet instant insaisissable et rentre dedans. En fait, dès que tu te
demandes si tu es vraiment « maintenant », c’est que tu es sorti de
l’instant. C’est une particularité de l’état d’hypnose : il faut en sortir
pour se rendre compte que l’on y était entré.

Lorsque tu es bien « connecté » à « Ici et Maintenant » alors tu te


trouves dans un très bon état d’hypnose. Souviens-toi bien sûr de
t’assurer d’être bien à ton aise dans ce lieu où n’existent ni espace ni
temps.

Utilise cette pratique régulièrement, elle est – nous en aurons la


confirmation bientôt – comme une panacée. Lorsque tu te connectes
pleinement à « Ici » et « Maintenant », tous les tracas
s’évanouissent. Les peurs et les craintes n’ont plus de prise sur toi. La
colère disparaît et fond comme neige au soleil. Même le chagrin
s’estompe, réconforté qu’il est par cette sensation d’être pleinement
toi-même, au-delà de toutes les apparences, par delà le temps et
même par delà l’espace.

La dame du lac
Une dame très chic d’une soixantaine d’années m’avait été envoyée par son médecin
car elle souffrait de graves insomnies depuis longtemps. Elle m’expliqua comment
elle avait perdu le sommeil. Au cours de son adolescence, elle avait vécu dans un
pays en guerre. Sa famille était recherchée et elle avait dû se cacher pour ne pas être
prise – et subir manifestement des traitements peu enviables.
À cette époque, elle avait appris à se déplacer la nuit pour trouver d’autres cachettes
et dormir le jour, dans la peur et l’angoisse permanentes.
Depuis, elle dormait si mal que même la chimie classique ne parvenait plus à lui
assurer deux ou trois heures de répit quotidien.
Après lui avoir expliqué comment fonctionnent nos esprits conscients et inconscients,
je l’ai aidée à se connecter à « ici et maintenant ». Je l’ai ensuite aidée à dissoudre
toutes les peurs et les angoisses inutiles, après m’être bien assuré que toutes les
leçons utiles de l’expérience avaient été intégrées.
Nous avons imaginé ensemble un grand lac au clair de lune. Tout était paisible autour
de ce lac, et nous entendions le doux rythme de la nature en sommeil qui se régénère
avant l’aurore. Puis nous avons imaginé que ce lac était comme une espèce de lac
magique dans lequel elle pouvait dissoudre toutes les idées noires qui traversaient
parfois son esprit sans crier gare.
Avant de dissoudre chaque image, chaque sensation désagréable, chaque sentiment
diffus de malaise, elle prenait le temps de lui dire « au revoir », sans colère, sans
haine et sans violence, comme on peut dire au revoir un jour à un chagrin qui nous a
accompagné longtemps et dont on sent un jour qu’il n’est plus nécessaire au
souvenir.
Nous avons convenu ensemble qu’elle retrouverait ce lac au clair de lune, à chaque
fois qu’elle en éprouverait le désir ou le besoin. Et nous avons prévu de nous revoir
le mois suivant.
C’est une amie de cette dame qui a frappé à ma porte la fois suivante : ayant retrouvé
« miraculeusement » le sommeil depuis notre séance, elle avait « offert » son rendez-
vous à son amie :-).
J’eus encore plus tard la confirmation par son médecin qu’elle n’avait désormais plus
besoin de somnifères ni d’anxiolytiques pour dormir.

Tout est confondu dans ton monde intérieur : passé, présent et futur.
Car le temps n’est pas un critère de tri pour ton cerveau émotionnel –
c’est toujours bon à savoir ;-).

LE SANCTUAIRE INTÉRIEUR
Tu peux, comme cette dame, apprendre à te recueillir dans ton
sanctuaire intérieur. Bien sûr, le terme même de sanctuaire est en soi
une image, et si cette dernière ne te convient pas, alors évidemment
change-la :-). Appelle alors ce lieu spécial et personnel ton « cabinet
personnel » ou ta « salle de jeux » ou encore ton « boudoir » ou même
ton « jardin secret ».
La première étape consiste à créer ce lieu précieux, dans ton esprit.
Tout est autorisé, et il n’y a pas de limites puisque tout se passe –
comme toujours d’ailleurs – dans ton imagination. Pour aider ta
créativité, tu peux te poser les questions suivantes :
• Est-ce l’image d’un lieu réel ou d’un lieu imaginaire ?
• Est-ce à l’intérieur ou à l’extérieur (ou bien les deux et toi
pouvant passer de l’un à l’autre) ?
• Si c’est à l’intérieur, qu’il y a-t-il de remarquable (genre table
basse, cheminée, billard, bibliothèque, boule de cristal
magique…) ?
• S’il y a une fenêtre, que voit-on au travers ?
• S’il n’y a pas de fenêtre, qu’il y a-t-il autour de cette pièce
particulière ; es-tu dans une espèce d’abri antiatomique à 200 m
sous terre, dans un grenier ou même dans une capsule spatiale en
orbite quelque part dans l’espace – souviens-toi, tout est
possible !-) ?
Lorsque tu as une idée, même approximative, de ce à quoi peut
ressembler ce lieu, alors installe-toi confortablement et entre en état
d’hypnose – de la façon qui te convient le mieux. Par exemple, utilise
la technique du salon vue dans l’exercice du chapitre 4. Visualise ton
salon, dans ton esprit, puis imagine un passage magique – genre porte
dérobée, tunnel type 4e dimension (la série télévisée d’il y a
longtemps) ou même passe à travers le miroir comme Jean Marais
dans l’Orphée de Jean Cocteau ;-).
Dès lors que tu es dans ton « sanctuaire personnel », prends le
temps de faire travailler ton imagination afin de le nourrir de tous les
détails qui le rendront de plus en plus crédible dans ton esprit.
Une autre technique est de partir d’une photo : un endroit
absolument idyllique à la surface du Globe, ou alors une maison
incroyable photographiée dans l’une de ces revues spécialisées sur les
demeures d’exception. Observe bien la photo, puis ferme les yeux et
imagine-toi dans l’endroit paradisiaque. Au besoin, transforme-le
afin de le rendre précisément exactement à ton goût.
Le but de l’opération est d’avoir en tête un lieu imaginaire qui soit
synonyme pour toi de confort, sécurité, calme et tranquillité. Tu peux
même t’inspirer de la formule de Baudelaire dans son invitation au
voyage : « Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté ».
Comprends bien qu’il n’y a pas de formule toute faite : l’essentiel
est que les symboles, les ingrédients que tu mettras dans ton
« paysage idéal » soient adaptés à toi et déclenchent chez toi des
sensations de calme, de quiétude et de paix de l’esprit.
C’est toute la limite des textes censés apporter ce dont le lecteur ou
l’auditeur a besoin. Bien sûr, certains symboles sont plus partagés
que d’autres, et nous sommes plus nombreux à trouver un lever de
soleil sur la mer à la fois enthousiasment et apaisant plutôt que le
bruit des Formules 1 qui tournent sans fin sur le circuit de
Magnicourt ou d’ailleurs.
Mais tout existe en ce bas monde, et c’est une démarche essentielle
que celle de te demander quels sont les symboles les plus efficaces
pour toi. Pratiquer l’auto-hypnose signifie avant tout apprendre à te
connaître mieux. Toute démarche de travail personnelle implique
d’apprendre à mieux se connaître.
La connaissance de toi signifie d’abord et avant tout apprendre
comment tu fonctionnes. Avant même de comprendre pourquoi tu
fonctionnes comme ceci ou comme cela, tu dois identifier comment
tu fonctionnes. Tu peux par exemple prendre le temps de répondre
pour toi-même, sur un cahier personnel (apprends à utiliser un carnet
personnel, c’est essentiel, nous en reparlerons plus tard) aux
questions suivantes :
Quelles images évoquent pour toi la sécurité ? Est-ce que c’est un
lieu, une personne, un concept… ?
• Quelles sont les musiques qui t’apaisent ?
• Quelles sont les musiques qui te donnent la pêche ?
• Quelles sont les images qui te donnent la pêche ?
• Quel parfum évoque pour toi au mieux les bons souvenirs
d’enfance ?
• Quel genre de symbole évoque pour toi les heures les plus noires
de ton histoire personnelle (un lieu, un film, un plat cuisiné, une
personne vivante ou morte, un produit qui se boit, se mange ou
se fume…).
• Quel symbole évoque le plus ta force personnelle (un diplôme
que tu as obtenu, un enfant que tu as fait et/ou dont tu t’es
occupé sans compter, une plante que tu as arrosée régulièrement,
de l’argent que tu as gagné, une vie que tu as sauvée ou
contribué à rendre moins dure…) ?
• Quelles sont les histoires réelles ou de fiction qui t’ont le plus
marqué jusqu’à présent (des fables de La Fontaine, des films au
cinéma, le divorce de ton cousin Jules ou la guérison
miraculeuse de ta cousine Pauline…) ?
En faisant ce genre d’inventaire, tu détailles en quelque sorte une
espèce de cartographie personnelle. Je te rappelle que le pourquoi est
une autre histoire, une toute autre histoire. Apprends d’abord à
comprendre comment tu fonctionnes.
Le monde extérieur contient tout un tas de déclencheurs. Chaque
élément que tu croises déclenche, sans que tu t’en rendes compte, des
réactions émotionnelles et affectives en toi. Tu as l’impression que
ces états d’âme sont le fruit du hasard – du genre « il y a des jours
avec et des jours sans, n’est-ce pas ? ». Comment pourraient-ils être
le fruit du hasard ? Le hasard a du sens lorsque tu lances une paire de
dés ou que tu distribues des cartes, il ne devrait jamais, d’un point de
vue rationnel, avoir droit de cité sur ton humeur.
C’est d’ailleurs la plupart du temps ce qui nous pousse à faire des
investigations personnelles : comment se fait-il que je n’ai pas le
moral ? Tout va pourtant bien – sur le papier, comme on dit. Et
chacun cherche alors à comprendre pourquoi ? Pourquoi je me sens
triste, pourquoi je n’ai pas confiance en moi, pourquoi je dors si
mal ?

LA THÉORIE DÉTERMINE L’OBSERVATION


La tentation est grande de chercher des responsables ici ou là. Et
quand bien même des responsabilités crèveraient les yeux – pas
nécessaire d’être un éminent psychologue pour avoir l’intuition
qu’une personne ayant perdu toute sa famille brûlée vive sous ses
yeux dans un accident de voiture aura du mal d’une part à apprécier
ces « petites choses toutes simples de la vie » et d’autre part à
envisager ne serait-ce que la possibilité d’un avenir fait d’autre chose
que de regrets et de chagrin.
En fait, dès que tu envisages d’expliquer la situation d’aujourd’hui
par des faits ou des expériences du passé, il existe deux situations
majeures : d’abord les cas où une explication crève tellement les yeux
qu’il s’agit de bon sens. En fait, en termes psychopathologiques, il
s’agit des cas dits de « stress post-traumatique ». Telle personne a un
accident de voiture (pas forcément grave d’un point de vue rationnel)
et elle se met à développer, contre son gré, progressivement, une
sorte de « blocage » qui l’empêche peu à peu de prendre le volant.
Telle autre échappe de peu à un grave incendie, et se met
progressivement à développer de véritables obsessions de peur qu’un
tel drame ne se reproduise, obsessions purement irrationnelles et qui
lui gâchent la vie mais, comme vous le savez, le cœur à ses raisons
que la raison ignore.
L’autre cas concerne les situations de malaise – pour ne pas dire les
symptômes – dont les explications ne tombent pas sous le coup du
bon sens. Telle personne ne peut plus prendre le volant – après des
années de conduite « irréprochable ». Mais le problème, en
l’occurrence, c’est qu’elle n’a jamais eu d’accident d’auto (du moins
c’est ce qu’elle dit, et manifestement, en plus de le dire, elle le
pense ;-).
Telle autre est en proie à de graves troubles obsessionnels avec
pour thème la peur du feu, mais là encore, pas d’explication
évidente : elle n’a jamais connu d’incendie et son dernier barbecue
remonte à plus de dix ans – et encore ce n’est pas elle qui cuisinait ce
jour là ;-).
Bien sûr, on envisagera volontiers de demander à ces personnes en
souffrance de chercher ce qui aurait pu déclencher ces fâcheux
troubles : on demandera à l’un si un ami proche ou même quelqu’un
de sa famille a eu un accident de voiture fatal tandis que l’on
cherchera à savoir si l’autre a vu « la tour infernale » à la télévision –
même il y a très longtemps, quand il était tout petit.
Dans tous les cas, la question majeure reste la même : comment
faire ? Avant de rechercher une solution qui fonctionne, offrons-nous
le luxe d’éliminer celles qui ne fonctionnent pas. Les cas des
symptômes dont l’explication tombe sous le coup du bon sens nous
incitent à la plus grande modération quant au fantasme d’une
guérison venant « miraculeusement » d’une compréhension des
origines du trouble.
La personne qui a eu un accident de voiture sait très bien que c’est
depuis cet accident qu’elle fait un blocage. Ce n’est pas pour ça
qu’elle se débloque pour autant. Quant à celle obsédée par la peur du
feu, le souvenir du terrible incendie dont elle réchappa ne l’aide pas à
guérir – au contraire même, c’est précisément ce souvenir, prenant
toute la place dans son monde intérieur, qui l’empêche de vivre sa vie
confortablement.

SAVOIR N’EST PAS POUVOIR


L’idée d’une guérison arrivant spontanément, dès lors que la personne
en souffrance comprendrait enfin « d’où ça vient », est une idée
séduisante, certes, et malheureusement erronée et infondée. On
connaît la blague fameuse du garçon qui souffrant d’énurésie à 20 ans
décide de commencer une thérapie et qui, rencontrant 20 ans plus tard
un vieil ami par hasard, lui explique que sa thérapie continue et
qu’elle lui fait le plus grand bien. Content, l’autre lui demande depuis
combien de temps il a cessé de faire pipi au lit. Le premier lui répond
alors « Ah non, je fais toujours pipi au lit, mais maintenant je m’en
moque ! ».
Le cerveau rationnel aime comprendre, et il est tellement doué
pour ça qu’il comprend tout, même l’incompréhensible !-). Le
problème est que le cerveau rationnel ne possède pas les clés de la
guérison – ce n’est pas lui qui dirige le système nerveux autonome ni
le système hypothalamo-limbique, responsables de nos réactions
émotionnelles et affectives, réactions parfaitement irrationnelles
précisément.
Pour autant, l’analyse du symptôme, au présent, et la prise en
compte de sa dimension symbolique, peuvent être d’un grand secours.
Voyons comment s’y prendre, et comment éviter les pièges que
peuvent constituer une mauvaise compréhension de nos
fonctionnements intimes et secrets – nos fonctionnements
inconscients :-).
6
APPRENDRE À VOIR

Qu’est-ce que je fais maintenant ?

Qui ne sait se servir que d’un marteau


voit des clous partout.

Pratiquer l’auto-hypnose implique d’avoir une idée de ce que l’on


souhaite changer. Quelle que puisse être l’origine de ta démarche, tu
dois prendre le temps de t’observer toi-même afin de définir ce qui te
préoccupe au point d’envisager d’avoir recours à ce qu’il y a de plus
puissant en toi pour le transformer. Deux grandes familles de
motivation existent.
La première est d’améliorer ce qui fonctionne déjà bien. C’est le
cas par exemple des sportifs qui s’intéressent depuis toujours à
l’auto-hypnose dans l’idée de se mettre au top de leur potentiel le
jour de la compétition. Préparation mentale, coaching et auto-
coaching1, recherche de performance sont autant de déclinaisons de la
recherche d’excellence.
La seconde est la recherche de solution dans une situation qui, à
force de durer, est devenue de plus en plus source d’inconfort. Dans
ce genre de cas, en réalité, il devient possible de parler de problème.
Quelqu’un qui court le semi-marathon en 1 h 35 et vise 1 h 30 pour le
prochain n’a pas de problème, il souhaite simplement s’améliorer – et
peut à ce moment-là envisager sans rire d’apprendre à mieux utiliser
son mental afin de vraiment mettre toutes les chances de son côté.
À l’inverse, quelqu’un qui souhaite arrêter de fumer et n’y arrive
pas se trouve en proie à ce qui s’appelle un problème. Le problème
n’est pas forcément grave, il ne signifie pas forcément que la
personne concernée par le problème est bête ou incapable, non. Cela
signifie simplement qu’il y a quelque chose à faire.

SANS PROBLÈME, PAS DE SOLUTION


Dans le cas de la personne qui fume, la recherche de solution est
assez simple : un marché de l’aide à l’arrêt du tabac existe, allant des
substituts nicotiniques aux médicaments, en passant par les thérapies
les plus diverses et les plus – parfois – excentriques ;-).
Parfois – et même souvent, tous les fumeurs me comprendront –
ces solutions ne sont pas satisfaisantes. Soit elles ne règlent pas le
problème – à savoir, le fumeur fume toujours. Soit elles ne sont pas
satisfaisantes parce qu’elles créent un autre problème – genre la
personne prend 20 kilos, développe des envies de meurtre ou même,
parfois, les deux en même temps ;-).
Dans ce genre de cas, cela ne veut pas dire que le problème est plus
grave qu’avant. Cela signifie juste que le problème persiste. Deux
écueils majeurs sont alors à éviter avec vigilance : d’une part, tâcher
de se convaincre tant bien que mal qu’en fait il n’y a pas de problème
(c’est le cas du fumeur qui, faute de succès dans son entreprise, finit
par se dire quelque chose du genre « en fin de compte, ça me va bien
de fumer toute ma vie »).
D’autre part – et c’est peut-être le pire des deux pièges – le
deuxième écueil est de développer la certitude qu’il n’y a pas de
solutions. C’est d’ailleurs souvent une étape nécessaire dans toute
thérapie : trouver – ou retrouver – de l’espoir. Entrevoir la possibilité
d’une amélioration possible – se souvenir, même si c’est difficile,
que la fatalité n’existe pas. Tu as en toi, cher lecteur, des trésors.
Accepte bien sûr d’en douter (lutter contre les doutes ne feraient que
les renforcer, nous reviendrons là-dessus) et souviens-t-en quand
même.
Quelle que puisse être la catégorie dans laquelle tu te ranges, je te
propose d’envisager les choses de la façon suivante : il y a au départ
une situation qui n’est pas pleinement satisfaisante. Et tu souhaites
améliorer cette situation, afin qu’elle devienne moins pénible – ou
encore plus satisfaisante, c’est selon.
Et je te propose de ne pas avoir peur du mot « problème ». En effet,
il n’y a pas de honte à rencontrer un problème sur son chemin. Qu’il
s’agisse d’un problème de santé, d’un problème relationnel, affectif
ou comportemental, d’un problème de vocation, de désir ou
d’absence de désir, souviens-toi qu’il n’y a rien de dégradant à
bloquer sur un obstacle. Et souviens-toi également au passage qu’il
n’y a rien de dégradant à chercher de l’aide.
J’insiste un peu là-dessus car c’est en réalité la première étape de
la transformation, n’est-ce pas ? Reconnaître que quelque chose ne va
pas. Et souvent, ce n’est pas une mince affaire, car personne
n’apprécie de reconnaître que quelque chose ne vas pas. En
psychologie, c’est ce que nous appelons le déni.
Ce n’est pas grave le déni, ça arrive à plein de gens très bien. Ça
consiste à refuser la réalité en quelque sorte. Et en même temps, c’est
essentiel de refuser la réalité : c’est le refus de la réalité qui est même
à la base de toute démarche de transformation individuelle ou
collective. C’est le refus de la réalité qui a poussé les frères
Montgolfier à initier la conquête de l’air. Le même refus de la réalité
à mené Mugsy Buggs à jouer au basket-ball dans des équipes de NBA
(en mesurant 1,59 m, reconnaissons qu’au départ, « sur le papier »
comme on dit, ça semble assez surréaliste !-) et le même refus de la
réalité qui a permis à Michel Pettrucciani de faire rêver tant de
mélomanes de par le monde…
En fait, le déni consiste à dire « il n’y a pas de problème » là où,
précisément, il y a un problème. Et souviens-toi cher lecteur qu’il n’y
a pas de honte à rencontrer des problèmes sur son chemin – c’est
même difficilement évitable pour quiconque chemine,
précisément ;-). Et si un dicton un peu provocateur prétend que s’il
n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème, souvenons-
nous que le contraire est absolument certain : s’il n’y a pas de
problème, il ne peut pas, par définition, exister de solution.
En fait la posture qui semble la plus satisfaisante est bien
d’accepter la réalité dans le sens accepter qu’il y a un problème et en
même temps refuser la réalité dans le sens refuser l’idée que ce
problème soit insoluble : soluble il l’est, souviens-t-en, et même une
porte vers quelque chose de mieux encore (nous reviendrons bientôt
sur ce point).

« Il vaut mieux arpenter le bon chemin


en boitant que le mauvais
d’un pied ferme. »
Saint Augustin

RECONNAÎTRE LE PROBLÈME ET REFUSER


QU’IL SOIT INSOLUBLE
C’est vrai que ce n’est pas facile de s’avouer que l’on a un problème.
Ce n’est pas facile de le reconnaître. D’abord, reconnaître l’existence
d’un problème ouvre souvent la porte des jugements – ceux des autres
comme des nôtres d’ailleurs (je me demande bien lesquels sont en fin
de compte les plus douloureux…).

Chercher le problème
J’ai reçu un jour une jeune femme qui se désespérait de ses problèmes
professionnels ; elle se trouvait trop dilettante, pas assez investie. Alors que je lui
demandais en quoi cette situation la dérangeait vraiment, je constatais son embarras,
tant il lui était difficile de justifier en fin de compte le prétendu problème.
Le discours de cette dame – au demeurant tout à fait « d’aplomb » (elle était à son
compte depuis suffisamment longtemps pour avoir fait la preuve qu’elle était
« capable » de s’assumer et de travailler assez pour subvenir à ses besoins) était
ponctué de « Il faut » et de « Normalement ». Du genre « Normalement quand on fait
mon métier, on l’aime et on s’investit », « Il faut que je gagne ma vie » ou encore
« c’est pas normal de se laisser aller comme ça ». Comme si cette dame se référait en
permanence à une norme qu’elle ne s’était jusqu’à maintenant jamais vraiment
appropriée.
Longtemps durant la séance, nous avons avancé ensemble autour de cette question
« Où est le problème ? ». Nous avons continué le travail durant quelques séances, à
chaque fois ponctuées d’expériences hypnotiques ayant pour but – entre autres –
d’ouvrir les possibilités et d’activer ses ressources conscientes et inconscientes.
Les résultats obtenus après quelques séances furent stupéfiants – c’est un état
dépressif sévère qui avait conduit son psychiatre à envoyer cette personne dans mon
cabinet.

Au-delà des séances d’hypnose qui ont indéniablement aidé cette


dame à puiser dans son for intérieur l’énergie nécessaire à la
guérison, j’ai la conviction que tout ce travail consistant à
s’approprier sa propre vision de la vie, de ce qui est « bien » et de ce
qui est « mal », « ce qui se fait » et « ce qui ne se fait pas », a été
d’une importance capitale dans son processus de transformation.

« Rien n’est ni bon ni mauvais,


c’est la façon d’y penser
qui le rend comme ceci ou comme cela. »
William Shakespeare

La première étape lorsque tu cherches à bien comprendre quel est le


problème est d’observer ce qui ne te convient pas. Pour cela, tu dois
apprendre à observer, car l’observation s’apprend, ce n’est pas
quelque chose d’inné ou de naturel. Il y a cette plaisanterie d’un
chercheur qui fait des expériences avec des grenouilles.

Que fait une grenouille quand on lui dit « saute »


L’expérience – un peu barbare – consiste d’abord à apprendre à une grenouille à
sauter quand on lui dit de sauter. Une fois cette étape acquise – la grenouille saute
dès que le chercheur lui dit « saute » – l’expérience consiste à couper une patte à
cette pauvre grenouille, et lui dire de sauter – ce qu’elle fait toujours. Puis le
chercheur coupe une deuxième patte à la grenouille et lui dit de sauter ; puis la
troisième ; la grenouille continue de sauter dès que le chercheur lui en intime l’ordre.
Mais après l’amputation de la quatrième patte, la grenouille ne saute
plus. L’expérience reproduite maintes et maintes fois débouche systématiquement sur
le même résultat observable : dès que l’on ampute la quatrième patte de la grenouille,
celle-ci refuse de sauter.
Bien sûr les savants ont tenté de changer l’ordre d’amputation des pattes afin de
savoir si c’était une patte en particulier qui empêchait la grenouille de sauter ou si
c’était plutôt une question de nombre. Et bien sûr les savants en ont conclu que ce
n’est pas l’ordre des pattes qui importe, mais bien le nombre. D’où ce résultat d’une
profonde portée théorique : lorsque l’on coupe les 4 pattes d’une grenouille, dans
quelque ordre que ce soit, la grenouille devient alors spontanément – et
mystérieusement reconnaissons-le – absolument sourde !

Évidemment il existe une autre piste interprétative consistant à


invoquer l’idée que la grenouille, lassée par ce jeu stupide consistant
à lui couper les pattes les unes après les autres, refuserait, par une
espèce de réaction personnelle, de continuer de jouer – mais ce serait
alors prêter à la grenouille une vision politique des choses qui n’est
pas très réaliste :-).
Bien sûr, tu auras compris cher lecteur que l’interprétation la plus
juste – en apparence – est de conclure que lorsqu’une grenouille n’a
plus aucune patte à sa disposition, il lui devient alors impossible de
sauter, tout simplement…
Toutefois, combien d’erreurs interprétatives ont-elles ainsi marqué
l’histoire des sciences – et même de la justice. Combien d’enfants ont
été traités de débiles – c’était à l’époque (et ça l’est toujours dans
certains secteurs de la santé lorsque l’on parle de retard de
développement hélas !-) aux vues de leurs mauvais résultats
scolaires ? Le progrès social a permis – fort heureusement – plus tard
de détecter les troubles de la vue (myopie, astigmatisme et autres) et
ainsi le besoin de lunettes – l’enfant qui ne voyait rien au tableau se
retrouvait en effet assez pénalisé !-).
Les erreurs interprétatives sont légions et ponctuent l’histoire de
toutes les sciences, pas seulement la médecine ou la psychologie. Il y
a toutefois une différence profonde entre les sciences dites « dures »
(les mathématiques et les sciences physiques notamment) et les
autres. Il est possible de définir les sciences dures comme étant les
sciences de l’ingénieur. Et puis il y a les autres sciences, toutes les
autres sciences – les sciences des économistes, des psychologues et
même des médecins.
Les sciences de l’ingénieur possèdent un avantage énorme sur les
autres sciences – en fait, par extension, retenons que les ingénieurs
possèdent un avantage énorme sur les autres corps de métier qui
s’appuient eux aussi sur l’utilisation directe de résultats scientifiques
(économistes, médecins, psychologues…) : les ingénieurs ne peuvent
pas se tromper – ou alors, pas longtemps ;-).
Le résultat de l’ingénieur possède cette extraordinaire – et
tellement excitante – particularité d’être directement observable.
Lorsqu’un ingénieur fabrique une fusée, soit la fusée décolle, soit elle
s’écrase au sol lamentablement. Quand il fabrique un pont, le pont
tient debout ou se casse la figure !-).
La situation des autres sciences – et par extension des métiers qui
s’appuient sur ces autres sciences – est très différente. Les idées
supputées, les théories avancées ne sont que très rarement
immédiatement vérifiables – et parfois même, ne sont pas vérifiables
du tout. Combien d’économistes ont vu ainsi leur théorie ne pas
supporter l’épreuve du temps – sans compter ceux qui se virent
reprocher, parfois à juste titre, de ne pas avoir prédit les différentes
crises successives ?
Les médecins de l’époque de Molière font rire aujourd’hui avec
leurs saignées et leurs décoctions… Pourtant, je ne pense pas qu’ils
étaient bêtes – il n’y a pas de raison pour que ces personnes aient été
plus bêtes ou plus intelligents que les personnes d’aujourd’hui. Ce
n’est pas l’intelligence qui a progressé au cours du temps – ou alors
ce serait un résultat très fort, à prouver scientifiquement
précisément ;-).
Évidemment l’intelligence de l’espèce humaine n’a pas progressé
au cours du temps, je te propose même l’idée cher lecteur qu’elle n’a
pas progressée d’un iota ;-). C’est la Connaissance qui a progressé,
bien sûr. Et la Connaissance a tellement progressé qu’elle disqualifie
d’emblée ce qui fut pourtant pendant si longtemps tenu comme un
fait acquis.

EN SCIENCE, LA VÉRITÉ D’AUJOURD’HUI


EST – PARFOIS – LE MENSONGE
DE DEMAIN
Les sciences de l’ingénieur possèdent cet extraordinaire avantage sur
toutes les autres qu’elles sont indiscutables car observables. Je tire
d’avance mon chapeau à celui ou celle qui arrivera un jour à
démontrer que Newton s’est trompé et qu’en fait, quand une pomme
se décroche de l’arbre, elle ne tombe pas !-).
Albert Einstein n’a évidemment jamais discuté la théorie d’Isaac
Newton, il l’a enrichie, ce qui est très différent. Il a confirmé les lois
de la gravitation universelle en ajoutant que, si d’aventure la pomme
allait très vite – vraiment très très vite – et bien, à partir d’un
moment, elle irait tellement vite qu’elle se rapprocherait de la vitesse
de la lumière et alors seulement les lois régissant son mouvement
seraient différentes de celles érigées par Newton plusieurs siècles
auparavant ;-).
Souvent, les lois de la médecine et de la psychologie ne sont pas
vérifiables immédiatement. Il a fallu des dizaines de morts et de
malformations pour que le Distilben dans un cas et le talc Morange
dans l’autre soient retirés du marché. Les tests cliniques de mise sur
le marché étaient pourtant à l’époque déjà extrêmement rudes – il ne
s’agit que des années 1970, pas si éloignées que ça de notre époque.
Des milliers de parents d’enfants souffrant de troubles autistiques
ont été ainsi traumatisés tant l’illusion – tragique – de leur soi-disant
rôle dans le retard de développement de leur enfant fut érigée en
dogme par les disciples aveugles de théories hasardeuses dont
l’histoire se dépêchera certainement d’oublier rapidement le nom.
La science est comme nous tous, elle n’aime pas se tromper – tout
comme l’histoire. Alors l’histoire précisément retient les grandes
avancées, les découvertes extraordinaires – et c’est très bien comme
ça. Parfois l’histoire retient aussi quelques grandes erreurs
historiques. C’est alors à chacun d’entre nous de choisir. Soit se servir
des grandes erreurs du passé comme d’un rappel à la curiosité –
même les résultats les plus forts ou les plus évidents valent parfois la
peine d’être discutés. Soit utiliser ces erreurs pour se nourrir de
certitudes toutes plus arrogantes et stériles les unes que les autres.
La psychologie est une science extraordinaire, absolument
passionnante. C’est aussi une science extrêmement délicate.
Contrairement aux sciences de l’ingénieur, les propositions de la
psychologie ne sont pas immédiatement vérifiables. Et en plus, ses
observations sont sujettes à interprétation. Or l’interprétation ouvre la
porte au meilleur, bien sûr, et aussi au pire – souviens-toi du savant et
de la grenouille !-).

La cravate et l’ingénieur
Lorsque j’étais jeune ingénieur chez IBM, une boutade circulait chez les
collaborateurs de « la Grande Bleue » : dès qu’un jeune commercial signait sa
première grosse affaire, il avait dès lors tendance à porter la même cravate à chaque
négociation importante.
Le plus amusant est que cette observation se vérifiait assez bien empiriquement. Et
même, de nombreux commerciaux étaient tout à fait lucides sur le sujet et parlaient
volontiers de leur « cravate porte-bonheur ».

On peut comprendre aisément qu’un commercial soit « rassuré »


par un objet sur lequel il projette sa propre croyance ; même les
sportifs de haut niveau ont leurs grigris et leurs rituels d’avant la
compétition et c’est très bien comme çà. Toutefois, s’il y a de la
magie là-dedans, c’est en chacun de nous qu’elle réside et nulle part
ailleurs. Ce sont tes convictions les plus profondes qui créent
littéralement la réalité. Veille à bien choisir tes sources.
Combien de psychologues et de psychiatres en herbe, grisés par le
« miracle » se déroulant sous leurs yeux, souvent auprès d’un seul de
leur patient, passent (ou ont passé, laissons aux plus jeunes le
bénéfice du doute et le temps de changer) leur vie entière à essayer –
en vain – de comprendre à quoi ce « miracle » était dû, développant
alors au plus vite la conviction de détenir « la Vérité », se sont ainsi
transformés, lentement et sûrement, non plus en professionnels de la
psychothérapie mais en garants du culte, un culte dogmatique et
stérile, relayé hélas par d’aveugles disciples ?
Tout travail personnel implique de s’observer soi-même,
d’observer les événements récurrents de sa vie, certains hasards,
certaines craintes, certaines coïncidences… Toutes ces observations
présentent le même point commun : elles laissent libre court à
l’interprétation. Et pour bien observer ta situation, tu dois apprendre
à mobiliser la plus grande vigilance quant aux interprétations que tu
as tendance à faire spontanément, sans même t’en rendre compte.
MÊME LE VILAIN PETIT CANARD A PRIS
SON ENVOL
Notamment, tu feras en sorte de ne jamais te juger négativement, ni
toi, ni tes comportements présents ou passés. N’y vois pas une
quelconque notion de morale – ou de non-morale d’ailleurs. Au
contraire même, d’un point de vue moral, le jugement est essentiel.
Le jugement est même ce qui permet, dans la vie de tous les jours, de
vivre selon ses propres principes – et nous avons tous besoin de
principes pour vivre. Des règles comme « Il ne faut pas tuer » ou « Il
ne faut pas voler » sont utiles et nécessaires pour bien vivre sa vie.
Retenons toutefois que toute règle possède ses exceptions. Même
pour la plus évidente en apparence, il existe toujours des exceptions.
Aussi sommes-nous nombreux, en France, à penser sincèrement que
tuer, c’est mal. Et cette règle semble plutôt noble. Pourtant, en cas de
guerre, de nombreux Français trouvent normal que les militaires tuent
les ennemis. Et nous translatons alors notre jugement et pensons alors
que c’est la guerre qui est mal… et comme ça nous pouvons remettre
des médailles à ceux qui ont tué plus de monde que les autres ;-).
Quelles que puissent être les règles personnelles qui constituent ton
propre système de jugement, n’y touche pas. Tout est très bien
comme ça – du moins pour le moment, nous aurons l’occasion de
revenir sur ce travail particulièrement délicat consistant à
transformer son propre référentiel de règles et valeurs.
Ce sur quoi j’aimerais attirer ton attention, cher lecteur, c’est que,
dans le cadre d’un travail personnel comme celui que tu peux
accomplir avec cette méthode, les jugements sont absolument inutiles
– et c’est même pire : les jugements sont stériles, contre-productifs et
pénalisants.
Même quelqu’un qui a commis un meurtre, et qui envisagerait une
démarche psychothérapeutique pour se réparer, ne gagnerait rien à
s’entendre dire – ou à se dire lui-même – qu’il – ou elle – n’est qu’un
affreux assassin, que ce qu’il a fait est extrêmement grave et même
très mal (comme on le dirait à un enfant par exemple).
Cette même personne ne gagnerait rien non plus à justifier son acte
par l’idée qu’elle se fait de l’éducation qu’elle a reçue : les excuses
sont utiles dans un tribunal qui juge ; elles ne servent absolument à
rien dans une démarche de psychothérapie – finissant même souvent
par bloquer et disqualifier d’emblée toute tentative de transformation
personnelle.
Les jugements sont utiles dans la vie de tous les jours, ils sont
absolument à bannir du cadre de la thérapie. Ils constituent même
bien souvent le principal obstacle dans une démarche
psychothérapeutique – et premier obstacle rencontré sur le chemin de
la guérison. Les jugements sont d’ailleurs l’apanage des conseillers
de tous bords, ceux-là même qui poussent leurs amis à franchir un
jour la porte d’un psychothérapeute, lassés de s’entendre jugés par
des personnes qui la plupart du temps sont les premières à faillir aux
principes qu’elles professent ;-).
« Tu fumes, c’est parce que tu n’as pas assez de volonté ! » Quel
fumeur ne s’est pas un jour entendu assener cette formule toute faite
aussi inefficace (en termes d’aide à l’arrêt) que navrante de
méconnaissance du tabac – et des fumeurs !
« Tu aurais dû oser lui dire, vraiment parfois tu manques de
courage ! » « Quand même bouge-toi un peu, sors, aère-toi » ou
encore « Prends quand même un peu sur toi, fais un effort » sont
autant de formules jugeantes et toute faites qui, en admettant qu’elles
soient formulées dans le but d’aider la personne à qui elles
s’adressent, ne peuvent que manquer leur but. Dès qu’il s’agit de
changer quelque chose en soi, le jugement ne marche pas. Cette
réalité est tellement essentielle qu’elle constitue le dixième principe
de cette méthode :

Principe no 10
Les jugements bloquent le changement.

Tu dois donc apprendre à observer ce qui ne te convient pas sans le


juger, juste observer les faits. La question à décliner alors est
simplement « Quel est le problème ? ». En d’autres termes « qu’est-
ce qui ne me convient pas ? ». Commençons par ce court exercice, si
tu veux bien, cher lecteur ;-).
Exercice : Quel est mon problème ?
Choisis un moment où te sens plutôt bien, tranquille. Alors sur une feuille ou sur ton
carnet personnel, écris en titre « ce qui ne me convient pas » et décrit alors, le plus
simplement possible, ce qui se passe et… ne te convient pas, précisément !-). Attention
à bien proscrire les « normalement », « il faudrait que… ».
Veille également à éviter toute caractéristique te concernant. En effet, tu remarqueras
que, dans le fond, tu ne les connais pas. Le processus est le suivant : tu observes des
faits, tu constates qu’ils ne coïncident pas avec ce que tu attends de toi et alors là le
mécanisme d’analyse, d’interprétation sauvage et d’autojugement se met en branle. Ça
donne quelques réflexions de ce type :
• Je ne parviens pas à m’arrêter de fumer c’est donc que je manque de volonté.
• Je n’ai pas osé répondre à cette annonce c’est donc que je manque de confiance en
moi.
• J’ai encore hyper mal à la tête c’est donc que je suis migraineus(e)…

En fait, quand quelque chose ne te convient pas et que tu peux le


mettre sous la forme d’un « c’est donc que », c’est que tu n’es plus
dans l’observation mais dans l’analyse et l’autojugement. Or
l’autojugement est le premier obstacle à la transformation
personnelle – souviens-toi du principe no 10 ;-).
À titre d’exemple, voici comment les phrases précédentes peuvent
être reformulées :
• J’ai tenté de ne pas fumer pendant 24 h, et j’ai fumé au cours de
cette journée. Cela ne me convient pas car dans le fond,
j’aimerais bien ne pas fumer. Et en même temps, par moments,
j’ai l’impression d’avoir hyper envie d’une cigarette. Voici
comment ça se passe…
• J’ai lu cette annonce pour un job, et elle m’a fait très envie. Sur le
coup, j’ai eu envie d’y répondre. Et puis des doutes sont
‘apparus’ dans mon esprit. Comme une petite voix intérieure qui
me disait que je ne serais sûrement pas la bonne personne…
• En fait j’étais hyper content(e) à l’idée de cette belle journée et
puis ça à commencé par cette espèce de mini nausée fugace et
alors là j’ai su ce qui allait se passer ; j’étais dégoûté(e) parce
que je voyais tout à fait ce qui m’attendait et en même temps
que ces images traversaient mon esprit j’ai commencé à
ressentir ces premiers maux de tête…
Tu dois décrire dans le détail ce qui se passe – ce que tu vois, ce
que tu entends, ce que tu ressens, aussi bien dans le monde extérieur
que dans ton monde intérieur. C’est une étape essentielle car elle te
permet d’identifier clairement ce qui ne te convient pas, et
uniquement ça. En fait, sans même y faire attention, tu commence à
effectuer un tri dans ton for intérieur entre le problème et tout le
reste.
N’hésite pas à entrer dans un niveau de détail très fin, comme si le
temps se ralentissait au moment où le problème commence à
apparaître, image par image.
Imagine que tu es bien installé dans ton sanctuaire intérieur et tu as
une télévision à écran plat ou même un ordinateur sophistiqué sur
lequel tu observes la scène où le problème commence. Et en fait, sur
ce film, il y a un écran de contrôle avec toutes les données
importantes (un peu comme ce que vois le Terminator si tu as vu le
film ;-). Il y a plein de petits écrans incrustés dans l’image avec tes
pulsations cardiaques, les questions qui traversent ton esprit à ce
moment-là, les pensées qui te passent par la tête, les tensions dans tes
muscles, etc.
Et tu as ton cahier dans ton sanctuaire intérieur alors tu notes ce
que tu vois sur l’écran, avec les données dans les écrans incrustés.
Alors n’hésite pas à ralentir le film, et même faire des retours en
arrière ou des pauses pour bien prendre le temps de tout noter.
Tu dois te poser les questions suivantes :
• Que se passe-t-il exactement ?
• Qu’est-ce que je fais ?
• Qu’est-ce que je ressens ?
• Que vois-je à ce moment-là ?
• Qu’entends-je à ce moment-là ?
Et d’abord, tu dois bien identifier à quel moment le problème se
présente – ou bien, dans le cas d’un problème « permanent », quand
est-ce qu’il est le plus présent ou même le plus désagréable. Prenons
à ce propos le temps de faire l’inventaire du type de problèmes que
nous pouvons rencontrer les uns et les autres, et qu’il est possible
d’améliorer ou même de régler par une pratique régulière et
pertinente de l’auto-hypnose.

ÇA SE PASSE EN DEHORS DE MOI


Il y a bien des symptômes qui semblent échapper totalement à notre
lucidité. Rappelons au passage que le mot symptôme vient du latin
symptoma qui signifie coïncidence. Ainsi, un symptôme est
l’ensemble des coïncidences observables chez quelqu’un. À titre
d’exemple, une fièvre moyenne à forte accompagnée de courbatures
et d’un état de fatigue générale sont assez de « coïncidences » pour
soupçonner un syndrome grippal. J’attire d’ailleurs ton attention, cher
lecteur, sur le fait que les seuls professionnels en France à être
rompus à cet art délicat d’établir un diagnostic sont les médecins. Il
est donc essentiel de consulter d’abord et avant toute chose ton
médecin traitant, qui, seul, pourra te faire subir un examen clinique
et, sur la base des signes qu’il aura retenu, établir un diagnostic et, le
cas échéant, t’envoyer voir un de ses confrères.
Même en ce qui concerne la psychopathologie, ni les psychologues
ni les psychothérapeutes de toutes sortes (hypnothérapeutes,
psychanalystes, gestaltistes…) ne sont habilités à établir un
diagnostic – puisque seuls les médecins peuvent le faire.
Alors c’est donc la première étape, lorsque quelque chose ne va pas
bien : consulter ton médecin traitant. Et, bien sûr, le cas échéant,
suivre les prescriptions dudit praticien. Et il arrive qu’aux dires
mêmes de ton médecin, le problème que tu rencontres « viennent de
la tête » comme on dit, ou alors, dit plus élégamment, présente une
part psychologique non négligeable.
Rappelons d’ailleurs à ce titre que d’après l’OMS, l’Organisation
mondiale de la santé, au moins 80 % des maladies répertoriées dans
le monde seraient d’origine fonctionnelle – fonctionnelle s’opposant
ici à organique, cela va sans dire… Que peut donc bien signifier cette
formule te demandes-tu donc peut-être déjà ? Et bien cette formule
signifie que la plupart des maladies comportent une dimension
émotionnelle majeure. Alors bien sûr, suis à la lettre les prescriptions
de tes médecins, et en même temps pratique l’auto-hypnose, cela ne
pourra te faire que le plus grand bien – et « booster » si besoin
l’efficacité des autres traitements :-).

QUELQUES COÏNCIDENCES
« Il n’y a rien qu’une transe hypnotique ne puisse au moins
partiellement arranger. »
Richard Bandler

La famille des autonomes


Alors il y a les symptômes dont tu peux avoir sincèrement
l’impression qu’ils se déclenchent complètement en dehors de toi, de
façon « autonome » – d’où le nom du système nerveux associés à
certaines de ces manifestations (système nerveux autonome). À titre
d’exemple, se classent parmi ces symptômes les migraines,
l’hypertension, les allergies de toutes sortes et leur dérivés type
asthme, eczéma…
Ces symptôme se rangeront dans la colonne du « si seulement j’en
étais enfin débarrassé ».

Si seulement j’avais un peu de volonté


Retenons dans la deuxième catégorie les symptômes qui donnent
l’impression d’être contrôlable par la volonté. Parmi eux, la tabagie,
la consommation excessive d’alcool, la boulimie, l’hyperphagie, et
tout ce que la classification moderne range parmi les troubles – plus
ou moins – obsessionnels, ou encore dans la famille des addictions,
avec ou sans produit d’ailleurs (on parlera volontiers d’addiction aux
jeux à gratter, au shopping, au cybersex, etc.).
Ces symptôme se rangeront volontiers dans la colonne de
« j’aimerais ne plus le faire et je le fais quand même ».

Si seulement j’en étais capable


Nous trouvons ici les symptômes qui se caractérisent par le fait que
tu as une idée assez claire de ce qu’il faudrait faire, tu aimerais le
faire et n’y arrive pas… Depuis les insomnies (tu aimerais dormir et
n’y parviens pas) jusqu’à la constitution d’un dossier de candidature
pour un poste désiré en passant par le coup de fil à quelqu’un que tu
rêves de revoir : tu désires la chose, et même tu la désires très fort, et
puis, à un moment, « ça » bloque.
Ces symptômes se rangent dans la colonne « Je sais ce qu’il faut
faire, et je ne le fais pas ».

La grande famille des malaises diffus


Et puis il y a cette quatrième colonne, celle des « ça va pas super
fort », « petit moral », « cafard chronique », « chagrin permanent »,
etc. Pas toujours simple de mettre des mots justes sur ce genre de
malaises diffus qui s’installent sans crier gare, dont il est rassurant de
se dire que ça ne durera pas, qu’ils partiront comme ils sont venus, et
qui restent… Plus ou moins fort, plus ou moins longtemps, avec
précisément des hauts et des bas.
C’est bizarre l’humeur, ça peut donner parfois l’impression de n’en
faire qu’à sa tête ;-). D’autant plus agaçant – et même, parfois,
culpabilisant – que « sur le papier » comme on dit, tout va bien…
Bon job, deux bras, deux jambes, de quoi manger chaque jour… Ce
qui amène la personne concernée à se déprécier elle-même, se
trouvant ingrate et bien difficile – et nourrissant cette secrète
angoisse que « si ça ne va pas maintenant, alors ça n’ira jamais »…
Comme la personne se juge, elle ressent le besoin légitime de se
trouver des excuses ; et dans le pire des cas, elle en trouve : une
enfance difficile, une éducation trop sévère, des parents peu aimant.
« Comprenant » alors d’où ça vient, la personne prend son état
comme une espèce de fardeau chronique qu’elle se voit contrainte de
porter – on ne refait pas le passé – et cette personne qui possédait en
elle des trésors de guérison passe alors à côté de sa vie.

IL N’EST JAMAIS TROP TARD POUR AVOIR


UNE ENFANCE HEUREUSE
Ce sont précisément ces moments de vie (rien ne va bien et nous ne
comprenons pas pourquoi) qui poussent parfois certains d’entre nous
à frapper à la porte d’un thérapeute. N’y comprenant plus rien, la
personne cherche plus ou moins désespérément une aide extérieure
afin « d’y voir plus clair » et de retrouver, si possible, sa joie et son
enthousiasme d’antan.
Quelle que puisse être la colonne où tu penses ranger le symptôme
qui te préoccupe, tu dois commencer par faire cet examen minutieux
de ce qui se passe afin de mobiliser dès maintenant toutes tes
ressources de transformation intérieure dans la bonne direction.
Partons du principe que tu as déjà répondu à la question « Quoi ? »,
c’est-à-dire « qu’est-ce qui se passe exactement » (reprends au besoin
l’exercice de début de chapitre : quel est mon problème ?). Souviens-
toi du chapitre précédent, et aborde alors la question du « Depuis
quand ? ». Souviens-toi, deux possibilités : soit un événement « crève
les yeux », tant il est manifestement en rapport direct avec le
problème qui te préoccupe, soit rien ne te semble tomber sous le coup
du bon sens.
Dans tous les cas, prends le temps d’étudier tout ce qui a pu se
passer de « non habituel », de façon plus ou moins concomitante à
l’apparition du symptôme. Notre for intérieur construit un système
stable. Ce système peut se trouver bousculé par des événements qui
semblent tout à fait anodins pour ton cerveau rationnel, et pas pour
ton cerveau émotionnel. Et ton robot est lié directement à ton cerveau
émotionnel, d’où l’apparition d’un symptôme.
C’est Steeve Guilligan2 qui m’a appris ce « truc » tout simple en
apparence et extrêmement efficace pour identifier chez quelqu’un les
périodes les plus propices à l’apparition de symptômes psychiques ou
physiques. Je te propose d’en faire un exercice simple. Il s’agit de
lister tous ces changements dans ta propre vie ou dans ton système
familial : un déménagement, une naissance dans la famille, un décès
dans la famille, un changement de job ou d’établissement scolaire,
une brouille avec quelqu’un qui compte, des retrouvailles, les enfants
qui quittent la maison, un mariage, un divorce, une séparation…
Tu l’auras compris, il ne s’agit pas forcément d’un événement
dramatique ou malheureux, il peut même être question de quelque
chose de très heureux. Le seul critère à retenir est que « ça change
quelque chose ».
Nous sommes étudiés pour digérer ce genre de choses ; toutefois, il
arrive parfois – lorsqu’il se produit trop d’événements de ce genre
d’un seul coup ou lorsqu’un seul d’entre eux revêt une très forte
charge émotionnelle – que ce changement provoque une espèce de
lame de fond intérieure, invisible à l’œil nu, qui ressort sous forme de
symptôme.
Certaines périodes de la vie, certains âges sont un peu
« prédestinés » à l’apparition de ces situations délicates qui peuvent
justifier la recherche d’une aide extérieure. De la fameuse crise de
l’adolescence à celle de la quarantaine en passant par toutes ces
épreuves que réserve la vie à deux : le mariage, une naissance, et
parfois des événements tragiques…
Sans forcément chercher à faire des liens entre chaque événement
de ta vie et le problème sur lequel tu travailles, prends le temps
d’abord de retrouver depuis quand la situation est devenue
problématique et fais l’inventaire de tout ce qui s’est passé de
remarquable à ce moment-là pour toi.
Ne cherche pas à comprendre pourquoi ce symptôme apparaît, note
simplement que le système qu’avait développé ton cerveau
émotionnel jusque-là, ce système avait été très efficace pour tout
digérer et puis là, à ce moment-là, il s’est passé quelque chose qui ne
rentre pas dans les cases. Voilà le symptôme : quelque chose ne rentre
pas dans les cases. Alors tu dois élargir les cases, les rendre plus
souples, plus riches et plus vastes. Ou alors le symptôme persiste…
Comme il a été dit plus haut, tu dois observer quand se présente ce
problème et identifier autant que faire se peut les récurrences dans
l’apparition du symptôme. Il y a certainement un déclencheur,
souviens-toi, les symptômes ne font pas leur apparition « au petit
bonheur », c’est ton robot qui réagit car il déclenche un programme.
Peut-être ce programme ne te convient pas, peut-être même ce
programme te semble-t-il complètement imbécile ; toutefois une
migraine, un coup de cafard ou une réaction cutanée n’arrivent pas
« par hasard ». Et ne cherche pas pour autant à identifier ici trop de
détails. Observer par exemple que les crises d’urticaires apparaissent
plutôt en période de stress est un élément très utile pour la suite de
ton travail. Et souviens-toi, pas d’interprétation, de l’observation
uniquement, et uniquement de l’observation ;-).

SI TU L’AS FAIT UNE SEULE FOIS, ALORS


TU PEUX LE REFAIRE ;-)
Ce sont les Alcooliques Anonymes qui emploient cette formule : « un
jour après l’autre ». Si tu penses trop loin dans l’avenir, tu vas te faire
peur – surtout quand ton moral n’est pas forcément au beau fixe. En
revanche, une personne souffrant d’un profond problème vis-à-vis de
l’alcool, qui parvient à passer toute une journée complète – 24 h –
sans boire, peut sans doute renouveler cette expérience – eut-elle vu
ce moment-là comme un exploit inouï. Avec de l’aide et du soutien,
24 h par 24 h, un pied devant l’autre, même les cas les plus
désespérés s’en sortent :-).
C’est ce genre d’observations qui ont amené Steeve de Schazer3 à
développer sa fameuse Thérapie Orientée Solution. Plusieurs
hypnothérapeutes talentueux, dont Bill O’Hanlon, ont travaillé dans
cette voie de « l’orientation solution ». C’est toutefois à Steeve de
Schazer que l’on doit certainement l’approche la plus « radicale »
dans cette grande et belle famille des thérapies dites « brèves ».
En effet, le point de départ de Steeve est d’observer qu’un
symptôme, quel qu’il soit, voit son intensité varier au cours du temps.
Un fumeur est d’abord non fumeur entre chacune de ses cigarettes, un
phobique n’a pas de problèmes lorsque le déclencheur de la phobie
n’est pas là ; même une douleur chronique voit son intensité varier au
cours de la journée.
Les hauts et les bas du symptôme rappellent à quel point c’est bien
l’automate de la personne qui réagit et que, en fait, la plupart du
temps, cet automate n’a pas besoin de réagir – en fait il n’a pas
besoin de réagir dans les moments où « ça va bien ».
La démarche de Steeve de Schazer consiste donc à s’intéresser en
priorité, et même exclusivement, à ces moments-là : les moments où
« ça va bien », où « ça va moins mal ». Manifestement, lorsqu’elle va
bien, la personne concernée par le problème fait, sans s’en rendre
compte, des choses qu’elle ne sait plus faire lorsque ça va mal.
Prenons l’exemple de Sofia.

Le trauma de Sophia
Sofia est une jeune femme en apparence épanouie et intelligente. À 20 ans, elle est en
cagne et prépare l’ENS de philosophie. Sociable, extravertie, cette – déjà – ancienne
sportive de haut niveau (elle a fait beaucoup de danse) semble croquer la vie à
pleines dents ;-).
Pourtant, secrètement, Sofia est extrêmement malheureuse. Souffrant de graves
troubles du comportement alimentaire, elle se gave et se fait vomir 4 à 6 fois par jour.
Ça a commencé à l’adolescence, par un petit régime avant l’été. Sofia parvenait à
bien gérer à l’époque ; et puis ses parents lui ont loué une chambre pour lui éviter la
fatigue des transports dès son entrée en hypocagne. Et c’est là que tout s’est emballé.
Aujourd’hui, dès qu’elle est seule chez elle, c’est plus fort qu’elle ; comme une force
irrépressible, contre laquelle elle ne peut rien (bonjour Robot chéri).
Manifestement, Sofia sait comment faire pour se sentir en sécurité dès qu’elle est
avec du monde ou en société. Elle ne sait pas, d’un point de vue rationnel, comment
elle le fait, et à un niveau émotionnel, elle le sait – son cerveau émotionnel le sait.
Même avec une terrible boule d’angoisse dans le ventre, elle parvient à passer tous
les caps difficiles lorsqu’elle n’est pas seule.
C’est un apprentissage qui permettra à Sofia de retrouver une vie normale et
épanouissante. Apprendre à se sentir bien et en sécurité, même lorsqu’elle est toute
seule chez elle. Car lorsqu’elle est avec du monde, c’est elle – son cerveau
émotionnel – qui déclenche cette sensation de confort et de sécurité. Le sentiment de
sécurité n’est pas présent sous forme de molécules dans l’air qu’elle respire à ce
moment-là. C’est elle, Sofia, qui déclenche inconsciemment, à partir de ce qu’elle
voit, entend, respire (à travers toutes les données traversant son VAKOG) qui,
automatiquement, déclenche sans le savoir ce doux sentiment de confort et de
sécurité qui lui font même, l’espace d’un instant, oublier ses problèmes ;-).
Bien sûr, il peut sembler évident de regarder ce qui se passe
lorsque ça ne va pas, afin de comprendre la mécanique du problème.
Toutefois, imagine un garagiste qui apprendrait la mécanique
uniquement sur des moteurs montés à l’envers ou dans lesquels il
manque des pièces : ça ne marcherait pas. Tout mécanicien apprend
d’abord à observer des moteurs en parfait état de marche. Ainsi,
lorsqu’ils travaillent sur un moteur endommagé, c’est la différence
qu’ils observent entre « comment c’est quand ça marche » et
« comment c’est quand ça ne marche pas » qui leur permet d’établir
un plan pour passer de « ça ne marche pas – ou plus » à « maintenant
ça fonctionne ».
Ce dont a besoin le cerveau émotionnel de Sofia, c’est de se
remplir de toutes les données conscientes et inconscientes concernant
les moments où ça va bien. Alors seulement les conditions d’un
apprentissage seront réunies : tous les apprentis du monde apprennent
de cette façon : ils se rendent tous les jours à l’atelier et observent les
« pros » travailler. Ainsi, par une espèce de capillarité un peu
mystérieuse, ils apprennent les gestes et les habitudes qui
fonctionnent et feront d’eux bientôt des professionnels chevronnés à
leur tour.
Tu as en toi un professionnel et un apprenti. Le professionnel, c’est
quand « tout va bien, il n’y a pas de problème ». L’apprenti, c’est
celui qui se débat avec son symptôme sans savoir comment faire.
Bien sûr, à vue d’œil, l’apprenti ne sait pas comment faire : il ne voit
pas les différences. Alors tu dois l’aider à observer. C’est cette
démarche qui a amené Steeve de Schazer à développer sa fameuse
« question miracle ». Je te propose de faire de cette « question
miracle » le dernier exercice de ce chapitre, avant d’effectuer un pas
supplémentaire vers la solution ;-).
Exercice : la question miracle de Steeve de Schazer
Munis-toi de ton cahier personnel et fait en sorte de te sentir bien. Au besoin, prends un
moment pour bien te centrer et lire cette question « miracle » progressivement, comme
si tu étais ton propre thérapeute ;-).
Tu vas te poser une question particulière, et même assez inhabituelle, une question qui
demande un peu d'imagination...
Prends le temps de bien te centrer, rentre un peu en toi-même.
Et Suppose...
Respire calmement et tranquillement.
Suppose…
Après que tu as fait cet exercice, tu refermes ce livre et puis tu reprends tes occupations
habituelles, tu fais tout comme d'habitude, etc., puis tu vas te coucher et tu t’endors...
Et, pendant ton sommeil, un miracle se produit...
Et, les problèmes qui t’ont amené à faire ce travail sont résolus, juste comme ça! ...
Mais, ça s’est passé pendant ton sommeil, et tu ne peux pas savoir ce qui s’est passé.
Une fois que tu es réveillé le matin, a) Comment vas-tu te rendre compte que ce miracle
s’est produit pour toi ? et b) Comment ton(ta) meilleur ami(e) saura-t-il (elle) que ce
miracle s'est produit pour toi ?
Prends tout ton temps pour écrire ta réponse sur ton cahier…
Puis souviens-toi du moment le plus récent (peut-être en jours, en heures, en semaines)
où les choses étaient plutôt comme ce jour après le miracle…
Puis, sur une échelle de 0 à 10, avec 10 représentant comment les choses sont le jour-
après-le-miracle et 0 pour comment elles étaient le jour où tu as décidé d’arranger ça,
où – entre 0 et 10 – penses-tu te situer en ce moment?
Sur la même échelle, où penses-tu que ton(ta) meilleur ami(e) dirait que tu te situes en
ce moment ?
Sur la même échelle, où dirais-tu que les choses se situaient lorsqu'elles étaient plutôt
comme ce jour après le miracle ?
Dans les jours qui viennent, amuse-toi à évaluer la situation avec cette échelle de 0 à10
– c’est plus amusant de procéder à l’évaluation sans regarder à combien tu l’avais
évaluée lors de ta précédente séance de travail ;-).
Et en douceur, si tu le souhaites, bien sûr, continue ta lecture ;-).
7
LE SYMPTÔME, C’EST
LA SOLUTION

La face cachée de mon problème court-elle après


plus de plaisir ou moins de souffrance ?

Qui veut tuer son chien


l’accuse de la rage.

Comme tu le sais désormais, à ton arrivée sur cette terre ton robot
n’est pas encore programmé, même si ton cerveau émotionnel, lui,
possède une espèce de « mémoire » intuitive de ceux et celles qui
t’ont précédé – ce qui bien sûr influence ses réactions, donc
l’apprentissage de l’automate.
Toutefois, tu dois garder présent à l’esprit qu’au départ, pas de
problème, pas de symptôme. Et puis il y a les événements de la vie
qui passent par là, tes expériences, les situations heureuses et les
situations difficiles, l’observation intuitive des personnes qui
t’entourent, l’école, le collège… et puis un jour, parfois très tôt, les
premiers symptômes apparaissent…
LÀ OÙ POUSSE LE POISON,
POUSSE AUSSI L’ANTIDOTE
Ce sur quoi j’aimerais attirer ton attention, cher lecteur, c’est que le
symptôme émerge pour une raison, et que cette raison est toujours
bonne. Pour mieux comprendre ce point essentiel, revenons, si tu
veux bien, sur ton schéma de fonctionnement :

Nous sommes hautement adaptables


Comme tu l’as vu au chapitre 5, il y a dans ton monde intérieur les
images de toutes tes expériences de vie, en même temps. Toutefois, tu
remarqueras également que certaines images semblent plus présentes
que d’autres. Ce peut être le cas d’images heureuses – genre de très
bons souvenirs – et c’est alors tant mieux (sauf si ces images
heureuses déclenchent chez toi une mélancolie délétère et toxique
pour ta vie de tous les jours) et ce peut être aussi des images
malheureuses – ce qui, généralement, est plus pénalisant en termes de
confort et de bien-être.
Il est même intéressant de constater que, pour la plupart des
situations de ta vie, les images de ton MI semblent s’être rangées
spontanément dans un fichier intitulé « oubli ». C’est-à-dire qu’elles
sont là, quelque part en toi, et en même temps tout se passe comme si
une partie de toi les avait complètement oubliées, zappées même
pourrait-on dire…
Il y a un rapport étroit entre mémoire, inconscient et apprentissage.
Souviens-toi des chapitres précédents : la plupart du temps, nous
sommes en réaction permanente vis-à-vis de notre environnement. Et
la plupart de ces réactions sont automatisées depuis longtemps. Par
ailleurs, nous sommes des êtres extrêmement évolués, et
certainement les plus aptes sur cette planète à s’adapter à toutes
sortes d’environnements. L’Homme est le seul mammifère présent
sur toutes les parties du Globe – contrairement aux ours, aux lions et
aux tigres par exemple qui ont besoin de conditions très particulières
pour assurer leur survie.
Figure 7.1 – Nous portons en nous les icônes de notre existence

Nous – nos ancêtres – avons su nous adapter à tous les types


d’environnement existant à la surface de cette planète, nous avons
appris à nous adapter, car c’est notre capacité la plus étonnante, celle
qui nous distingue certainement le plus de toutes les autres espèces :
nous sommes des machines à nous adapter.
Un travail essentiel de ton cerveau émotionnel est de répertorier,
classer et identifier un maximum de situations afin de faciliter le
travail de traitement des informations arrivant du monde extérieur.
C’est un travail essentiel, car la réflexion prend du temps. Et il existe
bon nombre de situations qui ne supportent guerre d’être traitées trop
lentement. C’était notamment le cas pour nos ancêtres de l’âge de
pierre : face à un danger genre grand fauve ou horde de primates, il
s’agit de ne pas traîner, et d’adopter immédiatement la réaction la
plus appropriée. Et c’est le rôle des émotions précisément de
déclencher des réactions immédiates et automatiques.

Émotions : les 4 fantastiques


Les émotions principales sont au nombre de quatre, dont dérivent
ensuite tous les sentiments et types d’humeur que nous connaissons.
L’Amour par exemple se décline sous forme de joie, enthousiasme,
intérêt, attrait, et même dans une certaine mesure la curiosité. Le
mouvement engendré par cette émotion et toutes celles qui en
découlent est un mouvement de « aller vers » l’objet déclenchant
l’émotion.
À l’inverse, la peur et toutes ses descendantes – l’anxiété,
l’angoisse, l’appréhension ou encore la timidité, déclenchent
généralement un mouvement de fuite. Notons toutefois que selon les
circonstances, la peur peut déclencher d’autres réactions – le fameux
« Flight, Fight or Freeze » des Anglo-Saxons, qui décrivent bien ces
réactions typiques engendrées par la peur : d’abord la fuite – c’est la
réaction naturelle et spontanée dans toute situation de peur. Puis, si la
fuite est impossible, alors c’est la réaction d’attaque qui prévaut.
Retiens, cher lecteur, que ton cerveau rationnel est absent de toutes
ces opérations de choix, cette mécanique s’effectue « à l’insu » de ton
esprit conscient.
Enfin, si ni la fuite ni l’attaque ne sont possibles, c’est alors la
réaction d’inhibition pure qui est retenue : le fameux syndrome du
« lapin dans les phares ». Le « freeze » anglais décrit ainsi cet état
spécial où tous les processus sont pour ainsi dire « gelés » – ce que
nous traduisons en français par la « sidération ». Retiens déjà pour le
moment que si l’Amour – nous employons la majuscule pour
englober toutes les dérivées émotionnelles concernées – à une
extraordinaire tendance à booster, développer et même améliorer tes
capacités naturelles, une émotion dérivant de la peur provoque à coup
sûr une diminution de tes capacités – nous reviendrons bientôt
davantage sur ce point essentiel. Retenons dès maintenant combien il
peut être funeste de parler encore d’un prétendu « bon » stress. Le
stress est un poison qui ne sert à rien d’autre que se « planter » – tu as
raison, cher lecteur, c’est une formule un peu directe et pas très
étayée, qui présente toutefois l’avantage d’être courte et de se retenir
facilement ;-).
La colère et ses petites sœurs – la rancœur, la rancune, le
ressentiment, l’amertume… – provoque un mouvement de combat, le
même « aller vers » que celui engendré par l’Amour, avec des
intentions différentes (ou pas, les personnes que nous aimons le plus
possédant l’étonnante capacité à nous mettre parfois très en colère ;-).
Enfin la tristesse est cette émotion qui provoque un mouvement de
fuite des autres pour se retrouver avec soi-même. C’est un
mouvement intérieur, un retour sur soi provoquant souvent de
profondes restructurations personnelles.
Comme tu l’as remarqué, chaque émotion a pour vocation de
déclencher un mouvement. Ce mouvement peut être purement
physique, bien sûr, il peut être également un peu plus symbolique :
écrire une lettre (même si tu ne la postes pas), sculpter de la glaise ou
même respirer plusieurs fois bien à fond sont des mouvements
physiquement faibles (la main qui écrit la lettre bouge, certes, et elle
bouge peu), possédant une grande force symbolique. Souviens-toi que
ton cerveau émotionnel est sensible aux images et aux symboles. Qui
n’a pas brûlé des lettres, une photo ou même une relique quelconque
et ressenti comme une espèce de libération presque instantanément ?
Bien sûr, il est essentiel, pour que l’effet escompté ait des chances de
se produire, d’être dans l’état d’esprit adéquat – pleinement présent à
l’instant, en état d’auto-hypnose précisément.
Souviens-toi de cette condition sine qua non de l’efficacité d’une
suggestion : ton cerveau doit être réceptif. Pour qu’il en soit ainsi, le
plus sûr est de t’assurer que tu es bien en état d’auto-hypnose.
Alors ton cerveau émotionnel passe un temps fou, surtout lors de
tes jeunes années, à classifier toutes sortes de situations afin de les
reconnaître au plus vite. Ainsi, les réactions qu’il déclenche au départ
lui-même peuvent être progressivement confiées à la charge du robot
– des ‘programmes’ deviennent alors pleinement autonomes. Car
c’est le rôle de ton cerveau émotionnel : faire en sorte d’automatiser
le maximum de taches, afin de libérer toujours davantage de
capacités de traitement pour les éléments nouveaux. Des réactions
comme le rire – les bébés ne savent pas rire avant plusieurs mois – et
pas mal de peurs sont ainsi cent pour cent culturelles, et relèvent d’un
apprentissage.

TRANSFORMER LE PLOMB EN OR
Alors voilà, ça se passe de la façon suivante : ton cerveau émotionnel
stocke une colossale quantité d’informations sous formes d’images
ou même pourrait-on dire d’icônes. Ces icônes ne sont pas triées par
dates, elles sont classées par type. Certaines sont regroupées sous
l’étiquette « agréable » alors que d’autres se retrouvent sous
l’étiquette « désagréable » ; certaines se retrouvent sous l’étiquette
« danger » alors que d’autres sont rangées dans un tiroir du genre « tu
peux y aller les yeux fermés ».
Comme dans toutes les bases de données sophistiquées – et notre
cerveau est la plus ingénieuse de toutes, conservant encore
d’incroyables et étonnants mystères – une même icône peut se
retrouver sous plusieurs étiquettes en même temps – on imaginera
volontiers le résultat renvoyé par la requête « simple, efficace,
agréable, tu peux y aller les yeux fermés » ;-).
Ton cerveau émotionnel active en permanence un processus
ancestral ; ce sont les résultats de ce processus qui, en temps réel,
sont transmis au robot sous forme de séquences très simples (genre
des lignes de 0 et de 1 comme dans un ordinateur). Et alors le robot
active ou inhibe un certain nombre de programmes précédemment
intégrés.
Charles regarde son émission préférée à la télévision lorsque tout à
coup le son devient trop fort à son goût ; sans même la chercher des
yeux – il la range toujours au même endroit – sa main saisit la
télécommande et baisse le son. Il a agi comme ça, par automatisme,
sans même réfléchir.
Ce processus ancestral que ton cerveau émotionnel active en
permanence est le suivant : il consiste à rechercher le plaisir et à
éviter la douleur. Retiens bien ce processus, car il est essentiel et se
projette sur tout ce que tu fais – et tout ce que tu ne fais pas – aussi
bien à des niveaux conscients qu’à des niveaux inconscients. Tout,
absolument tout ce que tu fais, se ramène à ce mouvement essentiel :
rechercher le plaisir ou éviter la douleur.
Ce principe est tellement essentiel qu’il constitue le onzième point
de cette méthode, car tu dois le conserver à l’esprit, aussi bien dans
un sens que dans l’autre : selon les circonstances et les situations,
c’est soit la recherche de plaisir qui prime, soit l’évitement de la
douleur. Note au passage que ce n’est pas forcément la même
chose ;-).

Principe no 11
Absolument tout ce que tu fais revient soit à rechercher le plaisir, soit à éviter
la douleur.

Tu comprends maintenant le principe de la genèse du symptôme ;


pour bien l’intégrer, étudions l’exemple de Roger.

Une nuit, sur le parking…


Roger est un homme épanoui et assez rieur. Assez sportif – il a pratiqué longtemps le
rugby à haut niveau – son job lui plaît et ses trois enfants grandissent tranquillement
entre lui et sa femme. Un soir, Roger se rend à une soirée d’anciens élèves organisée
dans un restaurant sympathique du centre ville. Il passe une excellente soirée,
s’amuse bien à l’évocation de tous ces bons souvenirs. Vers minuit trente, les derniers
convives – dont il est – quittent le restaurant ; il est temps de regagner sa voiture et de
rentrer se coucher.
En quittant le restaurant, Roger dit au revoir à Albert, un vieux copain. Ils ont garé
chacun leur auto dans un parking différent et c’est ici que leurs chemins se séparent.
En rejoignant son auto qu’il avait laissée dans un parking gratuit en plein air, un peu
à l’extérieur du centre, Roger se sent léger, relax, vraiment loin de toute
préoccupation.
Lorsqu’il s’approche de son auto, il voit deux personnes dans la pénombre penchées
sur la vitre avant du conducteur. Sans trop se soucier de la situation, il lance, presque
euphorique « Pardon messieurs, je vais devoir reprendre ma voiture ». Les deux
individus se retournent alors, et l’un deux braque un pistolet sur Roger tout en lui
disant « Ah toi, tu tombes bien, tu vas pouvoir nous donner tes clés ».
Manifestement ces deux personnes ne plaisantent pas ; en même temps qu’il sent son
euphorie s’évanouir et ses jambes se transformer en coton, Roger constate
maintenant (il ne l’avait pas vu de loin dans le noir) que le deuxième homme porte
une barre à mine dans sa main droite.
Souvent Roger s’était amusé avec des amis à imaginer ce qu’il ferait dans une telle
situation. Et souvent, il avait connu cette impression sincère que, certainement, il
n’écouterait que son courage et ferait le nécessaire pour donner une bonne leçon à
ces voleurs. Et même, parfois, lorsqu’il parlait d’histoire de France, il se plaisait
volontiers à imaginer qu’en 1939, il aurait été le premier à rejoindre le maquis,
flingue en main, prêt à « en découdre ».
Devant sa voiture, la situation est bien différente ; Roger a senti son cœur se mettre à
battre au moins à 400 à l’heure dans sa poitrine, et lorsque le type au flingue a
remonté sa main au niveau du visage de Roger en hurlant « Tu files tes clés ou je te
fume ! », son estomac s’est noué si fort qu’il a bien cru l’espace d’un instant qu’il
allait faire sur lui. En fait, il est tétanisé, la peur au ventre ; il voit dans sa tête les
visages de sa femme et de ses enfants, il a presque envie de pleurer.
C’est en tremblant qu’il tend ses clés de voiture au gars à la barre à mine, qui lui
intime de lui remettre aussi les papiers de la voiture – l’espace d’un instant, il a bien
cru qu’il n’arriverait jamais à les retrouver !
Pendant que le deuxième gars ouvre la porte de l’automobile, le premier, celui au
flingue, porte un violent coup de pieds dans les parties génitales de Roger, qui
suffoque. Lui assénant un coup de poing au visage, il clame « si tu portes plainte on
te retrouvera, on a ton adresse sur les papiers ! ».
Pendant que Roger récupère tant bien que mal sur le parking, la voiture démarre en
trombe et s’éloigne dans la nuit. C’est après de longues minutes silencieuses que
Roger, hagard, a la présence d’esprit d’utiliser son téléphone portable. Hébété,
encore groggy par cet épisode complètement irréel, c’est chez lui qu’il appelle en
premier, « la maison ».
Quand il entend la voix de son épouse au téléphone, il se surprend lui-même par le
ton calme qu’il emploie pour lui demander de venir le chercher « J’ai un petit souci,
rien de grave, viens me chercher je t’expliquerai » s’entend-il lui dire avant de
raccrocher.
Il a fallu plusieurs jours à Roger pour se résoudre à aller déposer une plainte au
commissariat. Et de longues semaines après cet événement, bien que la voiture ait été
retrouvée et remise en bon état depuis longtemps, il continue à mal dormir – il fait
même régulièrement des cauchemars, ce qui ne lui arrivait jamais !
Et ce n’est pas tout ; lui qui était si prompt à voir du monde et à s’amuser, rechigne
désormais à sortir de chez lui. Même ses amis proches s’étonnent de le voir moins
souvent – et même Albert, qu’il retrouvait si souvent pour un oui ou pour un non, a
de moins en moins de nouvelles.
En fait, Roger se renferme sur lui-même ; depuis cette soirée particulière, il est en
proie à des sentiments confus, mélange de colère, de honte et de culpabilité. Bien sûr
il se dit que ça va s’arranger, et en attendant, tâche tant bien que mal de prendre son
mal en patience.

L’histoire ne dit pas ce qui se passe après. Peut-être Roger va-t-il


se résoudre à prendre rendez-vous chez un psy, peut-être va-t-il se
mettre à boire un peu plus que d’habitude, sans vraiment s’en rendre
compte… ou alors son caractère va changer peu à peu ; et lui qui était
si relax, qui n’aurait pas fait de mal à une mouche, va devenir de plus
en plus irritable… jusqu’au jour où, fait inouï, il lèvera la main sur
son épouse. Cette colère rentrée depuis le soir où il s’est senti
tellement démuni sortira comme elle peut, sur la première personne
venue – ou sur la plus proche, c’est selon… et c’est alors en couple
que Roger et sa femme iront « consulter ».
Ce sur quoi j’aimerais attirer ton attention, cher lecteur, c’est que
le temps ne fait rien à l’affaire. Souviens-toi, les icônes de ton monde
intérieur ne connaissent pas la notion de temps, seulement les
étiquettes. Imagine que Roger ne s’appelle pas Roger mais Lucas, et
qu’au lieu d’être adulte il soit âgé de 6 mois :-). L’événement
marquant pour Lucas n’a rien à voir avec celui de Roger –
évidemment à 6 mois, Lucas n’a pas de voiture ! Et même,
l’événement marquant de Lucas est tout à fait anodin aux yeux d’un
adulte. Lors d’une promenade en poussette, sur le trottoir, Lucas et
ses parents assistent à un terrible accident de voiture sur la chaussée :
un vacarme épouvantable, des gens qui sortent de leurs autos et crient
à s’en rompre les cordes vocales, les sirènes des voitures de pompiers
et de police, bref, de l’électricité dans l’air.
Peut-être as-tu trouvé l’histoire de Roger violente, et c’est bien
normal, car elle l’est. Comprends en même temps combien un
nourrisson ressent les choses violemment. Le bruit, le stress ambiant
marquent profondément les enfants. C’est pour ça que bien souvent
ils pleurent, dès qu’ils ressentent les déflagrations émotionnelles des
adultes qui les entourent. Ou alors parfois, ils ne pleurent pas ;
comme Roger, ils stockent ces émotions qui s’installent dès lors dans
leur monde intérieur.
C’est ce qui se passe pour Lucas. Sous le choc, Lucas ne pleure pas,
étonnamment ; il regarde même la scène avec de grands yeux
écarquillés, que ses parents remarquent à peine, choqués qu’ils sont,
eux aussi, par cet épisode. Et puis la vie bien sûr reprend son cours.
C’est bien plus tard, lorsqu’il est déjà un grand garçon (et qu’il a
oublié consciemment depuis bien longtemps cette fameuse
promenade en poussette), que Lucas développe alors un goût plus que
modéré pour les grands espaces et la foule – en fait, on peut même
dire qu’il déteste ça ! Dès qu’il y a du monde, du bruit, « ça le stress »
et il ne se sent pas bien. Avec le temps, les symptômes de Lucas ne
s’arrangent pas, il présente progressivement de plus en plus tous les
symptômes de ce que l’on appelle communément une phobie sociale.
En fait, pour Roger comme pour Lucas, un événement à fait « tache
d’huile ». Une situation forte en émotion s’est installée dans leur
monde intérieur, et s’est mise à influencer les autres icônes, polluant
véritablement toutes les situations de leur vie.

SAVOIR N’EST PAS POUVOIR


La question, bien sûr, c’est « comment faire » ? Comment retrouver
ce confort tout particulier auquel chacun peut légitimement
prétendre ? Comme tu l’as vu au chapitre précédent, il serait vain
pour Lucas de rechercher dans les tréfonds de sa mémoire le souvenir
de la promenade en poussette. Roger n’est pas bête, il sais bien que
c’est ce fichu vol de voiture qui a tout fichu par terre, bousculant cet
équilibre (c’est toujours un peu précaire un équilibre, sinon c’est plus
un équilibre, c’est autre chose) qu’il avait si progressivement
construit. Et ce n’est pas pour autant que son état s’améliore, que le
symptôme disparaît. Pourtant Roger, contrairement à Lucas, « il
sait ». « Il a compris », lui, par quel processus psychique il s’est
retrouvé dans cet état de colère, de culpabilité et de honte qui revient,
même lorsqu’il n’est pas invité. Il sait, il a compris, et pourtant rien
ne change.

L’homme qui ne supportait plus les transports


J’ai reçu un jour un homme qui m’était adressé par son psychiatre. Cet homme dans
la force de l’âge souffrait depuis quelques temps de crises d’angoisses très fortes et
très contextualisées. C’est en effet dans les situations de transports que ces crises
d’angoisse se manifestaient. Les symptômes étaient si forts que ce monsieur avait dû
se résoudre tant bien que mal à réduire au maximum ses déplacements
professionnels.
Après avoir bien identifié avec lui ce qui se passait et comment ça se passait, j’ai aidé
ce monsieur à entrer dans un bon état d’hypnose. Manifestement, lorsque nous avons
commencé le protocole, il était vraiment très loin (souviens-toi, lorsque quelqu’un est
vraiment hypnotisé, ça se voit ;-).
J’ai proposé à ce monsieur, en imagination, de prendre un ascenseur qui descend
très, très profond. J’ai compté avec lui les étages en sous-sols qui défilaient sous ses
yeux. Et lorsque l’ascenseur est arrivé tout en bas, les portes se sont ouvertes. Il est
alors sorti de l’ascenseur et les portes se sont refermées derrière lui.
La pièce dans laquelle il s’est retrouvé était très agréable, et nous nous sommes
assurés ensemble qu’il se sentait vraiment extraordinairement bien dans cette pièce
qui présentait entre autres particularités de posséder une cheminée.
Sur la table au centre de cette pièce, il y avait tout un tas de papiers, de diverses
tailles et de diverses couleurs. Il a pris le temps de regarder tous ces papiers. En fait,
je lui ai expliqué que tous ces papiers étaient des factures, dont il s’était acquitté
depuis longtemps.
Alors il a pris le temps de mettre chaque papier dans la cheminée, de regarder le
papier prendre feu et se transformer progressivement en cendres. Et même, il a pris le
temps de relire certains papiers, quand il le souhaitait, avant de les mettre eux aussi
dans la cheminée et de les voir partir en fumée, sans haine, sans rancœur et sans
violence.
Il a effectué cette démarche jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun papier
sur la table, et que la cheminée ait tout brûlé comme il faut. Alors, après s’être bien
reposé de cette tâche épuisante, il a repris l’ascenseur, dans l’autre sens. Il est
remonté à la surface, et nous avons compté ensemble les niveaux successifs.
Il est sorti de l’ascenseur, et l’a laissé très loin derrière lui, poursuivant sa route, plus
léger, tellement mieux, enfin.
Lorsqu’il est sorti de son hypnose, l’air encore un peu ailleurs, il a fondu en larmes.
N’ayant manifestement pas l’habitude de ce genre de situations (ce qui se comprend
fort bien), je l’ai entendu me dire « excusez-moi, je ne comprends pas ce qui se
passe ». Et il a ajouté « Je ne sais même pas pourquoi je pleure ».
Les crises d’angoisse ont disparu depuis ce jour-là. À aucun moment, ce monsieur
n’a eu consciemment l’impression de retrouver quelque souvenir que ce soit – le
souvenir même de la séance, m’a-t-il dit plus tard, restant assez flou dans son esprit.

Souviens-toi, cher lecteur, que ton cerveau émotionnel est sensible


aux symboles, ce sont les images et les métaphores qui activent ses
extraordinaires capacités à digérer, assimiler et transformer. Ton
cerveau rationnel peut comprendre, certes – c’est même son principal
problème, il comprend tout, même ce qui ne se comprend pas ou ne
devrait pas se comprendre ! Mais il n’est pas équipé pour. Pas équipé
pour transformer les icônes de ton monde intérieur.
Chaque événement de ta vie laisse une trace dans ton monde
intérieur. La plupart laissent une trace très légère, et nous
« oublions » consciemment la plupart des saynètes qui composent
notre vie. Il serait par exemple absolument stupéfiant de voir
quelqu’un capable de donner sans se tromper la composition des
menus de chacun de ses repas, depuis sa naissance ! Évidemment que
ton cerveau émotionnel est une extraordinaire machine à « digérer »
l’information, de la même façon que le corps transforme la
nourriture, afin d’en conserver l’énergie nécessaire à la vie, et à
rejeter les déchets inutiles et même toxiques.
Et puis il y a ces événements particuliers, les événements
« marquants » de ton histoire personnelle. En fait, ces événements
sont marquants car ils sont forts en émotion ; ce sont les émotions qui
nous marquent – dans le bon sens, comme dans le moins bon.
Les émotions négatives comme la peur et ses dérivées par exemple
génèrent énormément d’inconfort. Et souviens-toi du principe
numéro 11 : ton cerveau émotionnel, dans sa grande bienveillance,
fait en sorte d’éviter l’inconfort. Et il fait comme il peut, comme il a
appris – comme tu as appris.

NOTRE PLUS GRANDE FORCE EST AUSSI


NOTRE PLUS GRANDE FAIBLESSE
« Le symptôme c’est la solution » ne veut pas dire que le symptôme
est bien ou qu’il est agréable. « Le symptôme c’est la solution » veut
dire qu’à la source de toute réaction inconsciente, intuitive et même
presque primitive parfois, il y a un élan essentiel. Le problème vient
du fait que cet élan est indiscipliné, comme de l’énergie brute qui
cherche un espace, comme une porte de sortie pour pouvoir
s’exprimer.
Certaines jeunes filles, après avoir été abusées par des personnes
proches d’elles et censées être « de confiance », développent de
l’anorexie mentale, comme si le cerveau émotionnel a retenu le
message : « tout ce qui vient de l’extérieur est dangereux et fait
mal ». Alors même si ça n’est pas logique, même si ça finit par être
dangereux, une mécanique de protection se met alors en place pour se
protéger de tout ce qui vient de l’extérieur ; c’est comme si quelque
chose se met en place qui semble dire « désormais plus rien ne
rentre ».
Il arrive même que les abus en question ne soient pas réels, mais
imaginaires ou symboliques. Souviens-toi que, lorsque tu es
hypnotisé, ton cerveau est plus réceptif, plus « sensible », comme de
la pellicule photographique. Il imprime alors en profondeur. Et
l’enfance est une période hypnotique par excellence, une grande et
longue hypnose. Observe le regard des enfants sur les choses, observe
vraiment leur regard, au sens littéral du terme : observe leurs yeux
quand ils regardent ; tu verras à quel point ils sont hypnotisés. Un
rien les fait rêver et les emmène loin, très loin. Et même seuls quand
ils jouent, ils y sont : dans leur monde intérieur, c’est là qu’ils se
construisent, qu’ils apprennent. Ils observent et ils rêvent, en même
temps.
Il faut voir ces enfants traumatisés par la vie, jouer des heures
durant avec du sable, de l’eau, des bouteilles, répéter encore et encore
dedans dehors dedans dehors… Ils répètent et ils intègrent, parce que
la base de l’apprentissage, c’est la répétition. L’expérience – ils ont
besoin de manipuler le sable, de le ressentir – et la répétition. Et le
plus magique dans l’histoire, c’est qu’ils s’en sortent. Ils se réparent
et se construisent ; et c’est beau.
Dans tout processus de changement, tu dois d’abord autant que
faire se peut identifier en quoi le symptôme est utile. Quel est son
message. Attention bien sûr de ne pas développer d’analyses à
l’emporte-pièce ni de jugements du genre « en fait, si j’ai ce
problème c’est parce que je le veux bien ». Tout est bien plus subtil et
intriqué que ça. Personne ne veut de problème, chacun rêve d’une vie
sans problème de santé, de finance, sans problème relationnel ou
affectif, sans cafard et sans déprime.
Ce qui nous empêche de changer est systématiquement la peur de
perdre quelque chose d’important. Un chagrin inconsolable essaye
d’assurer le souvenir. Celui ou celle qui a réchappé miraculeusement
d’un attentat va se donner inconsciemment l’impression de payer la
dette dont il se sent redevable vis-à-vis de ceux qui n’ont pas eu sa
chance en transformant sa vie en cauchemar. Les troubles
obsessionnels divers vont essayer d’assurer le réconfort apporté par
les rituels de toutes sortes et donner ainsi l’illusion de mieux
« gérer » d’insoutenables angoisses.
Quel que puisse être le problème qui te préoccupe, tu dois d’abord
te poser cette question : que risquerait-il de manquer dans ta vie, le
jour où le symptôme ne sera plus là ? Bien sûr, il est fréquent de se
dire au départ quelque chose du genre « absolument rien ! Je serai
ravi(e) lorsque ce satané symptôme aura enfin disparu ! ». Et alors ne
force pas les choses, et accepte simplement le fait que la source de ce
symptôme reste encore mystérieuse pour ton esprit conscient, et que
c’est peut-être très bien comme ça.
Même si tu as l’impression que rien ne « retient » le problème,
souviens-toi que ta plus grande force sur cette terre est aussi ta plus
grande faiblesse : nous nous habituons à tout. Et un symptôme qui
s’est installé depuis longtemps a pris ses marques, il est devenu
habituel. Lorsqu’une personne déménage enfin, parce qu’elle en avait
assez de son ancienne maison, elle éprouve quand même, au moment
de fermer la porte de son ancienne demeure, un léger pincement au
cœur – ça lui fait quand même « bizarre ». Et si ce n’est pas à ce
moment-là qu’elle ressent cette gêne un peu particulière, c’est un peu
plus tard – quand elle se surprend à presque « regretter » par moment
ce cadre dans lequel elle s’est pourtant si longtemps sentie tellement
mal.

GARE À NE PAS JETER LE BÉBÉ AVEC L’EAU


DU BAIN
Qui n’a jamais fait l’expérience de ce phénomène tout à fait
classique ? Une personne ne se sent pas bien dans sa vie et elle pense
avoir identifié clairement la cause de son malaise : un partenaire de
vie avec lequel elle ne s’entend plus, un travail qui ne lui plaît plus –
ou ne lui a jamais plu – des relations conflictuelles avec ses parents
ou ses proches… Bien sûr, il y aurait ces solutions si simples en
apparence : quitter enfin cette personne qui l’étouffe, démissionner et
se lancer dans la vie de ses rêves ou enfin « vider son sac » en famille
et dire tout ce qu’elle garde sur le cœur depuis si longtemps – trop
longtemps.
Pourtant elle ne le fait pas ; certainement, elle sent bien
intuitivement que la solution n’est pas là – ou alors pas sous cette
forme, pas comme ça. Et puis il arrive que, poussée par les conseils
véhéments d’ami(e)s s’improvisant un peu « psy » pour l’occasion, la
personne passe à l’acte. Enfin elle claque la porte de ce couple qui ne
la satisfaisait plus, de ce job qui l’étouffait ou elle vide enfin son sac,
caressant ainsi le doux rêve qu’après ça, tout ira enfin mieux…
Pourtant, après l’euphorie un peu grisante du début – tenant au
« tout nouveau tout beau » ou au « enfin il se passe quelque chose »,
la personne déchante. Loin d’avoir amélioré sa situation, ces
bouleversements « à la hache » n’ont pas amélioré sa situation ; et
même, parfois, quand elle se retrouve seule avec elle-même, elle finit
par se demander si, finalement, « ça n’était pas mieux avant ».
Lorsque tu analyses ta situation et que tu as l’impression que tous
tes maux viennent d’un élément extérieur, et qu’il te semble qu’il
suffirait de le supprimer pour que tout soit bien, hâte-toi de ne
prendre aucune décision irrévocable. Commence par te demander
comment ça se fait que tu n’aies pas changé la situation plus tôt ? Et
souviens-toi de ne pas te juger. Rien n’arrive par hasard. Si un courant
intérieur, fut-il si intuitif que tu as sincèrement l’impression qu’il ne
vient pas de toi, t’a poussé à expérimenter cette situation, c’est que
soit tu as certainement quelque chose à y apprendre, soit cette
situation contient un élément essentiel, masqué par le reste, et qui
manquerait dans un contexte différent.
Toute démarche de transformation consiste à séparer le bon grain
de l’ivraie ; chaque expérience importante est pour ton monde
intérieur comme de la nourriture gorgée de vitamines, de sels
minéraux, d’énergie et de déchets toxiques s’ils restent en toi. Ton
corps digère d’une façon ou d’une autre, ou alors il renvoie ce qui ne
se digère pas ou alors il trépasse lorsque le poison est trop violent.
Ton monde intérieur lui, possède la capacité de garder ce qui n’est pas
encore digéré. Alors le poison contenu dans l’icône se diffuse
lentement, faisant « tache d’huile » et diffusant lentement sa toxicité
dans tout l’ensemble du monde intérieur.
Le poison en question est toujours une émotion qui n’a pas été
évacuée en temps réel, lorsque l’événement a eu lieu. Plutôt que de
circuler, ce qui est son rôle, à travers un mouvement quelconque,
cette émotion s’est retrouvée « stockée », enkystée dans le Monde
Imaginaire de la personne en question et c’est ce stockage émotionnel
qui crée le malaise et, à force, le symptôme.

QUAND LES OMBRES DU PASSÉ


SE PROJETTENT SUR L’INSTANT PRÉSENT…
Ton cerveau émotionnel est sensibles aux images, c’est comme ça
qu’il fonctionne. Et lorsque tu es hypnotisé, les images que tu lui
proposes activent ses propres processus de transformation, car c’est
lui qui s’occupe de ranger, trier et réorganiser les icônes.
Ton cerveau rationnel ne connaît rien à ce rangement. La seule
chose qu’il peut faire, c’est observer. Observer ce que tu ressens, d’un
point de vue émotionnel et en termes de confort.
Dès que tu perçois quelque chose dans le monde extérieur – un
visage, un lieu, une situation… – cette perception « active » des
icônes dans ton monde intérieur et ce sont elles, ces icônes qui
« s’allument » dans ton MI, qui déclenchent les programmes du
robot.
Souviens-toi que tu possèdes en toi l’intuition, le génie nécessaire
pour vivre ta vie et t’épanouir sur tous les plans. La question majeure
est d’identifier ce qui t’empêche que tout se passe bien – car ce qui
empêche que tout se passe bien n’est pas le symptôme, ce qui
empêche que tout se passe bien c’est ce qui bloque tes propres
facultés de guérison.
Identifier ce qui bloque tes facultés de guérison, apprendre à
mobiliser et réveiller ces facultés, voici la pratique de l’auto-hypnose
que tu peux t’approprier. À commencer par ce qui bloque tes facultés
d’évolution, tu l’auras compris : ce sont ces empruntes émotionnelles
plus ou moins fortes, qui empêchent ton cerveau émotionnel
d’assurer son travail de digestion et de se débarrasser des déchets
psychiques et alors ces déchets restent et intoxiquent ton esprit.

Ce que contiennent les icônes du monde intérieur


Du VAKOG
Souviens-toi qu’une icône est d’abord une image, au sens large du terme. Dès
que tu accèdes à un souvenir, par exemple, tu actives une icône ou même
plusieurs : un souvenir de vacances agréable va se répercuter sur d’autres
vacances au même endroit qui vont activer des icônes de moments tout
simplement agréables mais pas forcément en vacances, etc.
En fait, quand tu actives une icône c’est comme un carambolage de dominos.
Et c’est en réalité tout un réseau d’icônes qui s’allume en toi. Et bien sûr, la
plupart du temps, ce n’est pas toi mais des déclencheurs extérieurs qui
activent ces « champs » d’icônes. Et alors « tu te sens bien » ou « tu te sens
mal », sans forcément savoir ni pourquoi ni comment.

Du contexte
De tous les critères de classement qui permettent à ton cerveau émotionnel de
ranger les icônes dans ton monde intérieur, le contexte tient une place très
importante. Aussi une spécialité de l’hypnose consiste-t-elle en ce que l’on
nomme en hypnothérapie le « transfert de compétences ». Pour le fumeur,
certaines situations « appellent » littéralement la cigarette, le dépressif sera
« plombé » par telle musique ou telle lumière et le timide se sentira
parfaitement à l’aise avec quelques – rares, trop rares – personnes.
Comme tu l’as vu plus haut, chacun possède en soi les facultés utiles et
nécessaires à ce que « tout se passe bien ». Mais dans certains contextes,
certaines situations, tout se passe comme si la personne en souffrance n’a pas
accès à ces capacités particulières.

Des émotions
Chacune des icônes de ton monde intérieur a la possibilité de se teinter
d’émotion ; c’est une possibilité, car ce n’est pas obligé. Énormément
d’icônes ne contiennent pas d’émotion – et les concepts de table et de chaise
par exemple sont souvent dénués de toute émotion chez nos congénères – à
moins qu’ils n’entretiennent avec ces objets des relations toutes particulières,
et ça s’appelle alors – ou peut s’appeler, selon les cas – une obsession.

Exercice : bienvenue chez toi


Je te propose un moyen – parmi d’autres – de réactiver ta fantastique capacité de
digestion émotionnelle. Comme toujours dans ces cas-là, commence par choisir un
moment de la journée où tu te sens bien et assure-toi de disposer d’une trentaine de
minutes relax sans le téléphone qui sonne et sans la télé qui te rappelle les mérites de ce
fabuleux détergeant dont tout le monde se demande comment tu as pu t’en passer si
longtemps tellement il est bien ;-).
Rentre alors en état d’hypnose, un bon état d’hypnose dans lequel tu te sens à la fois
confortable et en sécurité. Lorsque tu es bien installé à l’intérieur de toi-même, dans ton
sanctuaire intérieur ou sur une belle plage de sable blanc, imagine que tu es tellement
bien que tu t’endors, tu t’assoupis légèrement ;-).
Alors imagine que tu fais le rêve d’une très belle maison ; cette maison est extrêmement
agréable, elle te plaît beaucoup… en fait, c’est chez toi. Bien sûr, ce chez toi ne
correspond pas forcément à ton vrai chez toi, c’est juste le chez toi de ton rêve, et c’est
très bien comme ça.
Alors, tu sais ce que c’est les maisons : même quand on y est bien, il y a toujours des
possibilités d’améliorations : changer la place de certains meubles, se débarrasser de
vieilleries qui encombrent et ne servent plus à rien, et même de temps en temps lessiver
les murs qui ont pris tant et tant de poussière, ont « vu » tant et tant de choses que c’est
comme si même la peinture s’en souvient… et parfois, ça fait du bien, tellement du bien
de redonner une impression de neuf à un intérieur qui a vécu et montre par endroits des
signes de fatigue…
Bien sûr la patine du temps peut rendre encore plus jolis certains meubles, certaines
marqueteries, tandis que la poussière qui s’incruste jusque dans les murs ne fait que
ternir des pans entiers qui se retrouvent alors dans l’incapacité de réfléchir la lumière du
soleil et la fraîcheur de l’air ambiant.
Alors dans ta maison, prends le temps de faire tout ce qu’il est nécessaire de faire pour
la rendre encore plus agréable, plus confortable. Fais le nécessaire pour que chaque
endroit de la maison, de la cave au grenier en passant par le séjour, la cuisine, la
chambre, tout, absolument chaque partie de la maison soit agréable et confortable pour
toi.
Commence par exemple par ouvrir les fenêtres en grand et faire circuler l’air frais du
dehors et la lumière du soleil (assure-toi bien sûr auparavant que ton rêve se passe bien
par une belle journée ensoleillée ;-).
Ressens cet air qui rentre chez toi, cette lumière qui se propage partout, même dans ces
endroits qui restent d’ordinaire dans le noir.
Passe alors en douceur au lessivage des murs – s’il y a de la tapisserie, ce sera peut-être
un peu plus long, impliquant de retirer d’abord le papier peint et même peut-être louer
une décolleuse.
Mets un maximum de détails dans chaque situation : imagine l’eau claire et fraîche qui
sort du robinet (ou que tu vas chercher au puits, c’est comme tu le sens). D’ailleurs, ce
choix du robinet de ta cuisine, de ta salle de bain ou de ton puits (ou celui de ton voisin
ou de ta voisine) n’est pas neutre pour ton cerveau émotionnel – chacun symbolise
autant de ressources enfouies dans ton for intérieur. Et tu n’as pas besoin d’associer
consciemment et de façon lucide une correspondance entre ces symboles et tes
ressources : ton cerveau émotionnel comprend…
Imagine la lessive que tu verses dans le seau qui contient l’eau claire ; est-ce de la
lessive liquide ou de la lessive en poudre ? Et à quoi est-elle parfumée – pin des
Landes, eucalyptus ou fraîcheur des îles ?
Fais-toi plaisir :-). Sens l’éponge – la grosse éponge de tapissier – gorgée d’eau et de
mousse dans ta main, et vois, regarde la « trace de propre » quand tu passes l’éponge
sur le mur : ça fait du bien, même la couleur a l’air différente !
Rince, bien sûr, rince : regarde comme l’eau qui était claire et fraîche devient
progressivement noire et sale. Et bien sûr, pendant ce temps-là, à un autre niveau de ton
esprit, tu peux revoir ce qui s’est passé chez toi pendant ce temps : toutes ces joies,
toutes ces peines, ces moments agréables et ces moments difficiles… Pendant que tu te
fais plaisir à redonner une bonne odeur de propre – et même de neuf – à ton intérieur,
laisse cette partie plus subtile et sensible de ta personne intégrer les informations et les
apprentissages précieux pour toi dans tout ça – car chacune de tes expériences
t’appartient, et jamais rien ni personne ne pourra t’en priver. Chacune des expériences
de ta vie enrichit ton capital personnel.
Lorsque l’eau du seau est trop sale, va la déverser quelque part, où tu veux : dans les
toilettes, dans la baignoire, dans ton jardin sur les plantes que cette eau viendra alors
fertiliser pour qu’elles donnent de jolies fleurs, dans la rivière qui coule non loin de là
et qui se jette dans le fleuve qui se jette dans la mer…
Et continue comme ça, renouvelle l’eau du seau et la lessive et même change d’éponge
par moments quand celle que tu utilises commence à fatiguer. Continue jusqu’à ce que
tous les murs soient propres et réfléchissent bien la lumière :-).
Et tu peux faire des pauses, et utiliser ce rêve comme un rêve récurrent, et prendre
plaisir, parfois, à « faire une pièce » jusqu’à t’y sentir vraiment « bien ». Ce que tu as
fait avec le lessivage des murs, fais-le avec le déplacement des meubles, la déco et
même pourquoi pas la démolition ou la construction de certaines cloisons.
Fais et refais ce travail, et prends-y du plaisir, ça vaut la peine parce qu’on dira ce
qu’on voudra, ça fait du bien de se sentir bien, chez soi ;-).
Partie
III

L’AUTO-HYPNOSE POUR
VIVRE UN AVENIR LIBÉRÉ
DES OMBRES DU PASSÉ
ET ENRICHI
DE MES NOUVELLES
CAPACITÉS

Libérer le présent des conditionnements du passé


et s’ouvrir aux potentialités de chaque instant
8
LA PUISSANCE DE L’ESPRIT

Qui mène la danse dans mon cerveau ?

« La connaissance du chemin ne se substitue pas au faitde


mettre un pied devant l’autre. »
M.C. Richards

Ton cerveau émotionnel a besoin d’images adaptées pour mobiliser


les ressources dont tu as besoin pour transformer une situation « A »
quelle qu’elle soit en une autre situation « B » plus satisfaisante. Ce
ne sont pas les explications, les conseils ou les produits chimiques
qui stimulent ton cerveau émotionnel dans le bon sens, ce sont les
images.
Une partie de ton cerveau (le cerveau droit précisément) est
sensible aux images ; et ce sont les images qui te parlent le plus.
Notre façon d’appréhender le monde qui nous entoure procède avant
tout par images. Même nos expressions de tous les jours rappellent à
quel point ce sont les images qui nous parlent d’abord et avant toute
chose.
« Ça roule », « Je le connais par cœur », « t’es lourd », « c’est
clair » ou encore « Il pleut des cordes » sont quelques exemples de
l’infinie possibilité que nous offrent les images pour communiquer
avec les autres et surtout communiquer avec nous-mêmes. Imaginez
devoir expliquer de façon rationnelle ce que peut bien signifier
« tomber des cordes ». Bien sûr, le cerveau rationnel, dans son
orgueil, peut bien essayer d’expliquer que cela signifie une pluie qui
tombe drue, de façon forte et dense, avouons quand même que « il
tombe des cordes », c’est tout de suite « beaucoup plus clair » ;-).

NOUS ADHÉRONS À NOS COMPORTEMENTS


Ton cerveau rationnel a un rôle en réalité très secondaire dans ta vie,
ne lui répète pas trop, ça lui ferait de la peine, souviens-toi
simplement que ton cerveau émotionnel agit d’abord et avant tout. En
fait, aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est notre cerveau
émotionnel – donc notre inconscient – qui réagit d’abord et notre
cerveau rationnel alors, dans un deuxième temps, qui fait de son
mieux pour rationaliser et donner du sens à ce qu’il ressent !
N’aie aucun doute là-dessus, les recherches les plus récentes en
psychologie moderne le démontrent très clairement ; cela concerne ce
que l’on appelle la théorie de l’attribution. Nous attribuons nos
sensations et nos différents états de confort et d’inconfort avec en fait
ce qui nous passe à portée de main.
Une expérience consiste par exemple à mettre les participants
d’une expérience de psychologie en situation d’inconfort dû à ce que
l’on appelle la « dissonance cognitive ». Une situation de dissonance
cognitive consiste à faire faire à quelqu’un, « de son plein gré »,
quelque chose en désaccord avec ses principes ou ses idées –
demander par exemple à un partisan du développement durable de
rédiger un argumentaire contre les gestes écologiques.
L’état de la science sait que cette situation dite de « dissonance »
crée de l’inconfort chez le sujet qui en est l’acteur. C’est cet inconfort
d’ailleurs qui provoque ce que l’on appelle en psychologie un
changement d’attitude et qui a rendu le modèle de « dissonance
cognitive » si célèbre : la personne, mal à l’aise – à juste titre –
d’avoir fait quelque chose (rédiger un argumentaire contre les gestes
écologiques) en désaccord avec son attitude (elle est pour l’écologie)
réduit sans s’en rendre compte cet inconfort en changeant simplement
ce qu’elle pense. C’est ce résultat contre-intuitif qui a créé, il y a plus
de 50 ans maintenant, une telle déflagration dans la communauté
scientifique. Le sens commun veut en effet généralement que chacun
adapte ses comportements sur ses pensées, et non l’inverse !
C’est pourtant bien ce qu’a démontré Léon Festinger dans les
années1950 : lorsqu’une personne est amenée à adopter un
comportement en désaccord avec sa pensée, elle a tendance à revoir
spontanément ce qu’elle pense, et non ce qu’elle fait ! En fait, nous
adhérons davantage à nos comportements qu’à nos pensées. Cette
théorie avérée est d’ailleurs cousine, d’une certaine façon, d’une
autre théorie fameuse de la psychologie moderne, à savoir la théorie
de l’engagement.
Les manipulateurs de tous crins le savent bien, intuitivement ou
non : c’est le premier pas qui coûte. Un quêteur qui fait la manche
remportera davantage d’argent si, avant de demander des sous il
demande l’heure : donner l’heure ne se refuse pas. En acceptant, la
personne « s’engage » dans le sens où elle accepte implicitement
d’aider celle qui le lui demande. Ce résultat est tellement robuste
qu’il a été archi prouvé et reprouvé aux « quatre coins du globe » :-).
Dès que tu es engagé dans une voie comportementale, tu as
tendance à la répéter, même si tu penses que c’est idiot ou que ça ne
mène nulle part. Et lorsque tu ressens un malaise quelconque,
mobilise la plus grande vigilance quant à savoir ce qui provoque ce
malaise. Car les personnes en situation de dissonance cognitives ne
modifient plus ce qu’elles pensent dès qu’elles trouvent un moyen de
justifier leur inconfort. Cette expérience a été réalisée par plusieurs
psychologues : mettre des personnes en situation de dissonance
cognitive tout en prétextant une étude sur des médicaments. Bien sûr,
les médicaments n’ont aucun effet, il est simplement dit à un groupe
expérimental que les médicaments en question peuvent avoir des
effets secondaires désagréables, tandis qu’il est dit à un autre groupe
que les médicaments n’ont aucun effet secondaire. Les chercheurs
constatent alors que les membres du groupe expérimental qui
s’attendent à se sentir mal à cause des médicaments ne se trouvent
plus en situation de dissonance cognitive : justifiant leur malaise par
les médicaments, ils n’ont plus « besoin » d’avoir recours au
changement de ce qu’ils pensent pour réduire leur malaise… Alors
que les autres, ceux qui ne peuvent pas expliquer leur malaise par la
prise de médicaments, changent ce qu’ils pensent pour se sentir
moins mal – et bien sûr personne dans aucun des groupes n’a
conscience de ce processus :-).
Tu comprends mieux la limite des recherches personnelles
consistant à identifier ce qui « crée » (ou plutôt devrait-on dire
créerait) le malaise. Si cela te parle mieux, souviens-toi simplement
de cette grande loi dans l’univers : qui cherche trouve ;-). C’est
mathématique et imparable, « qui cherche trouve », c’est comme ça
et pas autrement. Alors bien sûr, celui ou celle qui cherche
« pourquoi » il ou elle se sent mal trouvera toujours une explication –
vraie ou fausse (souviens-toi du chapitre précédent !).

LA VIE A PLUS D’IMAGINATION QUE NOUS


Lorsque quelque chose ne va pas, tu dois d’abord, autant que faire se
peut, chercher « comment » ça pourrait être mieux. C’est-à-dire
imaginer à quoi la situation meilleure pourrait bien ressembler – et
surtout ne pas essayer de comprendre quel sera le chemin que tu
emprunteras pour passer d’une étape à une autre, tu dois absolument
intégrer ce point essentiel ;-).
C’est une erreur fréquemment commise que celle d’essayer
d’imaginer comment la situation va se transformer, avec ce résultat
hélas dramatique : tu ne peux pas savoir « à l’avance » comment la
situation va évoluer. Si c’était le cas, les changements se seraient déjà
produits d’une manière ou d’une autre. Ne voyant pas comment la
situation peut évoluer favorablement, et essayant quand même d’en
avoir une idée, tu sécrètes sans t’en rendre compte dans ton esprit des
doutes et même du découragement qui agissent alors comme de
puissantes contre-suggestions, déclenchant alors des « saboteurs
internes » du genre « ça ne marchera jamais » ou « c’est impossible »
ou encore « j’en suis incapable » et même « c’est trop tard
désormais ».
C’est précisément pour cette raison que tu as recours à l’auto-
hypnose, précisément pour utiliser tes ressources inconscientes,
montrer à ton génie intérieur ce que tu souhaites expérimenter et le
laisser faire son travail, il est là pour ça !-). Il possède pour toi une
fabuleuse ressource à laquelle ton cerveau rationnel n’a pas accès : la
créativité. Ton cerveau rationnel n’est pas là pour créer, il n’est pas
équipé pour et ce n’est pas son rôle. Le rôle de ton cerveau rationnel
est un rôle de management, il doit faire avec l’existant – le
perfectionner éventuellement, le faire évoluer, sans jamais rien créer,
il ne sait pas faire.
Le rôle de ton cerveau rationnel est de répéter ce qui est déjà
connu, il ne crée pas, il ne sait pas faire et n’est pas là pour ça ; même
les plus scientifiques d’entre nous le savent bien – même Archimède
n’a pas dit son fameux Eurêka sur sa planche à calcul mais bien dans
son bain, relax, tranquille, connecté « plein pot » à son esprit
inconscient :-).
Ce n’est pas en perfectionnant la bougie que l’on a inventé
l’ampoule électrique.
N’essaye pas d’envisager avec ton esprit rationnel quels chemins
ton esprit intuitif va emprunter, tu ne ferais que cultiver les doutes et
le découragement, autant de poisons psychiques que tu dois au
contraire apprendre à laisser glisser sur toi comme la pluie glisse sur
les plumes des canards :-). Toutefois il arrive que le but semble
tellement éloigné de la situation présente que ton esprit conscient
prend peur et ne parvient plus, même avec la meilleure « bonne
volonté » du monde, à croire que cela peut être ne serait-ce
qu’envisageable. Tu dois alors aider ton esprit rationnel, le rassurer et
lui proposer des étapes, découper le chemin en plusieurs
« possibilités » de paliers d’évolution…

INVENTER LES PREMIER PAS POSSIBLES


« Le meilleur moyen de manger
un éléphant, c’est par petits morceaux. »
Milton H. Erickson

Lorsque tu travailles à améliorer quelque chose chez toi ou en toi, tu


dois en effet prendre le temps de répondre à la question suivante :
quelles premières étapes, quels premiers signes avant-coureurs de
transformation vas-tu observer sur le chemin de ton succès ? Cette
étape est absolument essentielle car c’est elle qui va orienter ton
cerveau dans la bonne direction. Tu dois inscrire dans ton cerveau une
image claire de ce à quoi va ressembler la première étape du succès.
La notion d’étape est bien sûr essentielle car il est bien connu que
Rome ne s’est pas faite en un jour. C’est une erreur fréquemment
commise que celle d’attendre une amélioration aussi spontanée que
miraculeuse. Quelle que soit la situation gênante ou bloquante,
l’amélioration passe – ou peut passer – par des paliers – même si
chacun de ces paliers peut parfois donner l’impression de suivre une
espèce d’effet « déclic » (souviens-toi des marches d’escalier du
chapitre 1 ;-).
Alors bien sûr, il y a des symptômes qui disparaissent d’un coup
car ils ne peuvent pas, par nature, s’estomper progressivement. La
question du tabac en est un excellent exemple : une personne fume ou
ne fume pas, il n’y a pas de demi-mesure. La notion de « petit
fumeur » ou de « fumeur occasionnel » est un funeste leurre, il y a
des fumeurs et des non-fumeurs, et la seule et unique différence
existant entre un fumeur et un non-fumeur est qu’un non-fumeur ne
fume pas – même pas une cigarette, tout simplement !-).
Toutefois, même vis-à-vis de ce genre de problème, la notion
d’étape est non seulement possible et même elle reste essentielle –
surtout pour un travail en toute autonomie, seul avec un livre comme
tu es en train de le faire. L’étape sera alors plutôt dans l’esprit de la
personne et sa façon de voir les choses avant le jour J, où elle se
lancera et jettera ses cigarettes dans une poubelle. Évaluer par
exemple l’appréhension que génère l’idée d’arrêter de fumer
définitivement, sur une échelle de 0 à 10 par exemple, 0 signifiant
plus aucune appréhension et 10 une peur viscérale, sera à la fois le
moyen d’imaginer à quoi peut bien ressembler une appréhension
moins forte, et aussi le moyen d’évaluer l’évolution de la
situation :-).
Alors souviens-toi que tu dois absolument consacrer le temps
nécessaire à imaginer des étapes dans ta transformation personnelle,
et même tu peux en imaginer plusieurs différentes. Souvent le
symptôme est installé depuis longtemps et représente même la seule
chose qui ne bouge jamais (car nous bougeons en permanence tout au
long de notre existence, nos goûts, nos relations, nos cadres de vie,
tout change dans notre vie et il n’y a guère que les symptômes qui ne
bougent pas et se cramponnent et c’est même bien pour cette raison-
là que ce sont des symptômes, précisément !-).
Alors ton processus de transformation commence par introduire un
peu de flexibilité dans cette situation bloquée depuis parfois si
longtemps. Envisager plusieurs possibilités différentes pour « cette
petite chose qui peut bouger en premier », un peu comme une petite
étincelle qui redonne une certaine lueur d’espoir, consiste en fait à
introduire cette flexibilité nouvelle dans ton esprit – un peu comme
de remettre un peu d’huile dans les rouages ;-).
Celui ou celle souffrant de douleurs chroniques s’imaginera
tranquille et confortable à un moment de la journée où il a
habituellement toujours mal ; puis il envisagera aussi une autre
possibilité où cette douleur est toujours là mais avec une intensité
moins forte que d’habitude.
La personne désirant s’enrichir financièrement imaginera une
rentrée d’argent aussi importante qu’inattendue – en s’attachant bien
sûr à ressentir dans son corps le réconfort que cela lui procure, et puis
elle envisagera aussi la possibilité d’une augmentation même
modeste de ses revenus ou encore une rentrée d’argent régulière
comme résultat d’un travail qui lui plaît ;-).
Une personne timide prendra le temps de bien identifier et évaluer
l’inconfort qu’elle ressent dans certaines situations d’interaction, et
s’attachera à imaginer la tension dans son ventre, dans sa gorge ou sa
vessie lorsque « ça va un peu mieux » ou « un peu moins mal ».
Quoi que tu attendes de ta pratique de cette méthode, tu dois mettre
tout ton cœur à imaginer, à inventer des « premiers pas » possibles
sur le chemin de ta guérison, de ton succès, de tes progrès – choisis le
terme qui te convient le mieux. Ce travail implique bien sûr de
mobiliser ta créativité, car c’est vraiment ce qui est nécessaire à ce
moment-là du processus. Tu dois commencer à « nourrir » ton
cerveau de possibilités nouvelles, quitte à ce qu’elles te semblent au
départ complètement utopiques ou irréelles.
Tu peux imaginer ton esprit comme une boîte, avec des bords. Ce
sui est sur et certain, c’est que dans cette boîte actuelle, le symptôme
est là et il perdure. Le processus de transformation consiste à élargir
en douceur les parois de cette boîte : « Think out of the box » comme
nous l’avons déjà évoqué. Observer le problème est essentiel, dans un
premier temps, afin de t’en imprégner correctement, et puis tu dois le
lâcher, l’oublier pour ainsi dire, afin de concentrer ton esprit sur des
possibilités de solutions. Faire des étapes est alors essentiel car c’est
un mettant un pied devant l’autre que le chemin se construit.
Imaginer d’emblée la guérison totale peut parfois « couper les bras »
ou même réveiller une partie de toi qui doute – et c’est bien légitime
de douter – générant ainsi un processus allant alors à l’inverse de ce
que tu recherches.
Bien sûr tout cela n’est pas gravé dans le marbre, et si tu « te sens »
d’imaginer sereinement la situation comme entièrement résolue,
alors évidemment ne t’en prive pas. Souviens-toi toutefois que si la
situation te donne parfois l’impression de stagner, le recours au
chunking est alors le « truc » qu’utilisent les pros. Le verbe to chunck
signifie en anglais découper, faire des morceaux. Tu dois
« chuncker » lorsque c’est nécessaire – et tu peux toujours quoi qu’il
arrive envisager à la fois une guérison complète et spontanée et en
même temps des étapes progressives et continues. Ton génie intérieur
choisira alors ce qui est le plus fluide et le mieux pour toi, apprends à
lui faire confiance :-).

NE LUTTE PAS CONTRE LA GÊNE


Si tu ressens par moment une gêne quelconque, ne lutte pas contre
elle et au contraire mets-toi à son écoute, c’est une partie de toi qui a
des choses importantes à te communiquer. Accepte même que ton but
ultime change au cours de ta pratique – c’est le principe même du
voyage, n’est-ce pas ? Se lancer sur la route car il semble y avoir au
loin un magnifique point de vue, puis changer d’itinéraire au gré des
rencontres, des intempéries et de la configuration nouvelle de la route
– qui ne pouvait se voir au départ ;-).
L’essentiel, si tu veux savoir, c’est de te faire plaisir. Tant que tu
pratiques avec plaisir, tu ne peux pas te tromper. Et si le plaisir tarde
à venir, sois indulgent vis-à-vis de toi-même, concentre-toi alors sur
ton désir de plaisir. Désirer le plaisir, le désirer intensément, peut
même devenir parfois un véritable plaisir, en soi ;-).
Et lorsque ces étapes du travail sont bien validées, alors bien sûr
travaille avec ton cahier personnel et évalue, à la fréquence qui te
convient, l’évolution de la situation. Et comme dans « la question
miracle », ne regarde pas avant ce que tu avais écrit la fois
précédente. Commence par écrire ce que tu ressens ou as ressenti,
avec les détails, les échelles de mesure que tu auras toi-même décidé
d’employer, et seulement après compare-le à ce que tu avais écris
précédemment.
C’est le plus sûr – et agréable – moyen d’effectuer cet exercice ô
combien délicat que celui de la mesure du chemin parcouru. Et cette
mesure est essentielle, car faute de mesure, le danger du
découragement et de la lassitude guette. En fait lorsque tu démarres
la pratique de l’auto-hypnose, tu dois commencer par expérimenter
des transformations simples et accessibles, afin de prendre confiance
et d’avancer progressivement vers des objectifs à enjeux plus forts.
Car comme nous allons le voir bientôt, ce que nous expérimentons
dans notre vie tient une place particulière dans notre façon de voir les
choses et même dans les idées et les convictions que nous entretenons
à propos de la vie, de nous-mêmes et des autres.
Et quels que soient les enjeux de chacune de tes démarches, soit
vigilant à évaluer au mieux les progrès et les changements, car ce
n’est pas si simple d’évaluer tout ça. Lorsqu’une situation nous
embête depuis longtemps, une idée s’installe (même si tu ne l’invites
pas) du genre : désormais ça ne changera plus ou alors ce sera
forcément très long et difficile – ou même l’inverse, l’idée que tout
va disparaître d’un coup comme par miracle. Et toutes ces
possibilités ont pour point commun de rendre l’évaluation des
progrès très difficile. Car dans toutes ces éventualités, ton regard, ton
acuité se couvrent du voile de la lassitude ou de l’impatience, qui
tous deux rendent aveugle.

Les araignées de Maud


Parmi toutes les personnes que j’ai croisées sur les bancs de l’université en y étudiant
la psychologie, s’en est trouvé une avec qui j’ai vécu une expérience amusante.
Alors que nous prenions un café un soir d’hiver après les cours, notre conversation
s’est naturellement orientée vers l’hypnose et comment cette « technique » spéciale
pouvait nous aider à inventer inconsciemment des solutions là où notre esprit
conscient avait jusqu’ici échoué. Et au fil de la conversation, Maud m’expliqua
qu’elle souffrait d’une espèce de « phobie » des araignées qui présentait depuis
quelque temps un côté assez pénible ; fréquemment, elle se trouvait presque
contrainte de demander à son mari d’inspecter les lieux avant de s’y installer afin
d’être sûre que ne s’y trouvaient pas d’arachnides d’aucune sorte.
Je lui expliquais alors qu’il existait pour ce genre de cas un protocole simple qui avait
fait ses preuves à de nombreuses reprises, et lui proposais même de le tester, là,
comme ça, au café, pour « jouer » en quelque sorte. Amusée à l’idée de cette
expérience hypnotique impromptue, Maud accepta. Et comme il y avait une bougie
sur la table du café, je lui proposais d’en fixer la flamme, au milieu des brouhahas et
des va-et-vient incessants d’un café parisien à une heure d’affluence.
Très vite, Maud bascula dans un état d’hypnose très satisfaisant (ça marche bien la
flamme d’une bougie, tu peux t’en servir toi aussi pour entrer en état d’hypnose).
Nous avons alors déroulé ensemble ce protocole basé sur la double dissociation –
s’imaginer son double qui lui-même imagine son double en quelque sorte.
J’avais bien vu, lors de cette séance « spéciale », qu’il se passait quelque chose :
certains signes, comme le rythme de la respiration, le rythme des déglutitions (qui
cessent et reprennent à certains moments stratégiques) ou encore les variations des
teintes de la peau du visage sont des signes qui ne —trompent pas. Toutefois, au
sortir de cette « transe », Maud me confia qu’elle se sentait un peu bizarre, comme
« flottante », et restait très prudente quant à la perspective d’une éventuelle
amélioration de sa gêne vis-à-vis des araignées.
Et puis la vie a repris son cours, et j’ai croisé Maud sur le campus plusieurs mois
après cette séance hivernale. Après avoir échangé des nouvelles des uns et des
autres, la conversation est « naturellement » venue sur cette séance de l’hiver dernier.
Et je lui demande Alors, comment ça se passe depuis avec ces petites bêtes ?-) Et
Maud de me répondre alors, visiblement sincèrement mitigée « Écoute, je n’en sais
rien, je n’en ai pas revu depuis ! ».
Manifestement, Maud qui m’avait confié à l’époque qu’il était très rare qu’une
semaine ne se passe sans qu’elle appelle son époux au secours à ce sujet, avait
changé quelque chose dans son rapport à la réalité. Là où une partie de son esprit
cherchait jusqu’alors en permanence des araignées – et qui cherche trouve, souviens-
t-en – cette partie manifestement ne cherchait plus désormais ces compagnons à huit
pattes.

Et pendant ce temps-là, Maud – son esprit conscient – ne s’en était


pas rendu compte. Aucun problème me diras-tu, et tu auras raison.
Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Peu importe que
l’on se sache guéri du moment qu’on l’est – il est même parfois
préférable que la personne en phase de transformation ait « un peu la
tête ailleurs » lors de ses premières expériences nouvelles. Une
personne ayant longtemps souffert du vertige appréciera que son
entourage ne lui fasse pas remarquer qu’elle se penche au balcon pour
la première fois depuis si longtemps, cette subite « prise de
conscience » risquant même au contraire de faire « revenir » d’un
coup ce qui était précisément en train de disparaître…
Toutefois, le travail en auto-hypnose est en cela très différent du
travail en hétéro-hypnose ; et si un hypnothérapeute est tout à fait
préparé à ce que son client intègre si bien son travail intérieur qu’il
ne le voit pas venir ou ne l’attribue qu’à un heureux « hasard », il
n’en va pas de même pour toi, cher lecteur. Et lorsque tu pratiques
l’auto-hypnose, tu es à la fois ton client et ton thérapeute, en même
temps. Tu dois par conséquent absolument apprendre à identifier les
résultats de ton travail, et apprendre à valoriser à la fois le client que
tu es – c’est du travail de changer, même avec de l’aide, si
talentueuse et adaptée soit-elle – et valoriser également le thérapeute
que tu deviens pour toi-même. C’est comme ça que tu développeras
de plus en plus cette bienheureuse et confortable assurance vis-à-vis
de toi-même, vis-à-vis de ton inconscient et de ton aptitude à le
mobiliser sur les sujets qui t’intéressent et te préoccupent.
Tu veilleras donc à travailler – notamment au début – à la fois sur
des sujets qui te motivent suffisamment pour mobiliser naturellement
toutes tes ressources conscientes et inconscientes, et en même temps
sur des situations à moindres enjeux afin d’expérimenter plus
rapidement le succès et ainsi donner à manger à ton cerveau qui
apprendra d’autant mieux et plus vite ce nouveau mode de
fonctionnement.
Alors, lorsque tu as identifié des situations qui peuvent
raisonnablement constituer des étapes de ta guérison, tu dois en
imprégner ton cerveau et, pour cela, tu dois les vivre pleinement, en
imagination. Il est alors essentiel de visualiser, dans ton esprit, le
résultat attendu, et uniquement le résultat. N’essaie surtout pas
d’imaginer comment tu vas passer d’un point A à un point B, cette
entreprise est non seulement vouée à l’échec, mais elle ne ferait que
bloquer tes ressources de transformation inconscientes précisément.
Comprends bien que, si tu arrivais à voir comment les choses se
passent, cela voudrait dire que tu en es consciemment capable et
qu’alors tu n’aurais pas besoin d’auto-hypnose pour y parvenir et
surtout que ça ferait alors bien longtemps que les choses se seraient
transformées pour ainsi dire « toutes seules ».

L’IMPORTANT, C’EST LE PROCESSUS


« Ce que vous demandez en priant,
croyez que vous l’avez reçu,
et vous verrez vos vœux se réaliser. »
Saint Marc

Tu te souviens de la cible du chapitre 3 ? Utilise-la et travaille avec


elle. Associe dans ton esprit le centre au but que tu poursuis –
autorise-toi, le cas échéant, à n’avoir qu’une idée floue et vague de
ce but, selon le terme auquel tu te projettes ;-).
Associe chaque anneau de la cible à ces buts intermédiaires, ces
paliers – comme dans l’escalier du premier chapitre. Et ressens que
ton génie intérieur travaille à mobiliser toutes les ressources
nécessaires à avancer sur ce chemin, ton chemin, celui que tu as
choisis.
Tu dois imaginer que chaque anneau représente un pas de plus vers
la solution pleinement satisfaisante. Tu te rappelles peut-être du
début de cette méthode, chapitre 1, Jean Piaget et les stades de
développement ; je t’ai dit alors que cette façon spéciale d’apprendre
que l’on observe chez les nourrissons, nous pouvons l’étendre à nous
autres, les « grandes » personnes. Tout au long de l’existence, nos
changements se déclinent un peu de la même façon, suivant des
« sauts », un peu comme les « sauts » quantiques des électrons de la
mécanique du même nom lorsqu’ils changent de niveau d’énergie.
Comprends bien que le changement se fait de façon non linéaire,
n’essaie pas de faire comprendre ça à ton esprit conscient, c’est mort,
il ne peut pas– et c’est pour cette raison que tu fais de l’auto-hypnose
d’ailleurs.
Imagine simplement que chaque anneau de la cible est une étape
supplémentaire sur la voie du succès. Et si possible, ait au moins une
idée de ce à quoi ce niveau pourrait ressembler, uniquement le
niveau, comme si chaque anneau de la cible est une marche d’escalier
qui monte vers ton bien-être et ton confort.
Entre chaque anneau, qu’est-ce qui se passe, comment ça se passe
et par quels états ça passe ? c’est mystère et c’est tant mieux. Tu dois
visualiser le résultat et pas le chemin, uniquement le résultat. Au
pire, imagine le centre de la cible comme étant la situation résolue, et
dis-toi simplement que chaque anneau est une étape. Même si tu ne
sais pas en quoi cette étape consiste ni à quoi elle ressemble
exactement, souviens-toi que cette étape existe, qu’elle est comme un
palier, une marche d’escalier, une pause dans le processus de
changement, et sois curieux de la découvrir, cherche avec curiosité à
l’observer, cette curiosité sincère qu’ont les enfants quand on leur dit
qu’un trésor est caché quelque part.
L’image de cette cible doit imprégner ton cerveau, tu dois en
rassasier ton cerveau et imaginer que son centre t’attire
irrésistiblement comme un aimant attire un morceau de métal. En
fait, lorsque tu travailles avec cette méthode, tu aimantes ton esprit,
comme on magnétise un morceau de fer en le frottant avec un aimant.
L’aiguille d’une boussole indique le Nord dès lors qu’elle a été
correctement magnétisée. Tu dois procéder à cette aimantation
symbolique de ton for intérieur et saturer ton esprit de l’image du
résultat et de l’image de cette cible, de son centre et de ces anneaux
qui représentent autant d’étapes pour y arriver.
Et pour cela, pour aimanter ton esprit sur cette cible, tu peux
t’amuser à l’exercice suivant.
Exercice : au centre de la cible
Il consiste à coller cette cible sur un mur et à en fixer intensément le centre… Relâche
les épaules, les bras, sois relax et tranquille, respire par le ventre – pas par les épaules ni
les bras, par le ventre.
Relâche les muscles de ton visage, jusqu’à ce que la bouche s’entrouvre naturellement
tellement le visage est relâché ; au besoin, force ce décrochage de la mâchoire –
souviens-toi que ce que tu imprimes au corps se répercute quasi instantanément dans
ton esprit.
Vide ton esprit, laisse ton regard se perdre dans le centre de la cible, ne vois plus que
lui, le centre, laisse-toi hypnotiser par ce centre. Imagine alors que ce centre t’attire ;
utilise pour ça si tu veux la métaphore qui te convient le mieux, celle qui te parle le
plus. Imagine qu’une turbine est placée juste derrière le centre de cette cible, une
espèce d’aspirateur géant et qu’il se met en route ; entends le sifflement de cette
turbine, ressens les mouvements de l’air qui t’aspire de plus en plus, jusqu’à en perdre
l’équilibre tellement tu penches en avant ! Pense bien sûr à mettre le pied en avant pour
ne pas tomber par terre ;-).

Exercice : tomber au lit


Afin de faciliter et de renforcer l’efficacité de cet exercice, en voici un autre tout
simple. Assieds-toi au bout de ton lit, les pieds posés sur le sol. Allonge-toi alors et fais
en sorte de te sentir en sécurité, bien installé, la tête assez loin du mur, à l’aise.
Alors assieds-toi à nouveau, et, sans bouger les pieds – posés à plat sur le sol – relève-
toi, afin d’être debout, dos à ton lit. Alors prends le temps de bien relâcher ton corps,
histoire d’être à l’aise, relâche les épaules, respire par le ventre, etc.
Et puis ferme les yeux et reste un instant comme ça dans le noir de ton for intérieur, à la
fois calme et tranquille. Puis imagine qu’une force – la Force de ton Esprit – t’attire
délicatement vers l’arrière. Suis alors le courant de cette force, les jambes bien droites,
jusqu’à pencher en arrière et te laisser tomber complètement et totalement, sur ton lit
douillet ;-).

APPRENDRE À LÂCHER PRISE


Répète cet exercice, plusieurs fois par jour au début. Il est essentiel
pour apprendre et intégrer ce que tu peux appeler le « lâcher prise ».
C’est essentiel d’apprendre à lâcher prise, pour pratiquer l’auto-
hypnose comme pour le reste. Lorsque tu es tendu dans ton corps, tu
bloques tes ressources intérieures et tu te pénalises. Et je ne veux pas
t’entendre dire quelque chose du genre « Moi j’ai beaucoup de mal à
lâcher prise », comme ces personnes qui s’imaginent incapables
d’entrer en état d’hypnose et qui y basculent encore plus vite que les
autres – à tel point d’ailleurs qu’elles ont un mal fou ensuite à
« revenir », tellement c’est bon de relâcher et tellement elles ne
veulent plus revenir, n’étant pas habituées à ce confort, non parce
qu’elles en seraient incapables, mais simplement parce que personne
avant ne leur avait appris ;-).
Le lâcher prise est inné, il est même notre mode de fonctionnement
naturel et privilégié. Ce sont les peurs de toutes sortes, inculquées dès
le plus jeune âge, qui crispent et créent cette espèce de tension
permanente, source de tant de maux aussi bien physiques
qu’émotionnels, relationnels et affectifs.

LA VIE FONCTIONNE COMME


UNE MONTGOLFIÈRE
Pour s’élever, sur quelque plan que ce soit – physique, psychique,
financier, relationnel…, il faut lâcher du lest.
Il y a cette idée assez terrible et tragique comme quoi ce seraient
les gogos qui lâcheraient facilement prise, les personnes responsables
et succesfull étant censées subir une tension physique et psychique
permanente qui ne leur poserait aucun problème. C’est pourtant tout
le contraire dans la réalité. J’ai eu dans mon fauteuil des personnes
extrêmement successfull dans leur domaine d’activité – des stars
(vraiment, cher lecteur, je t’assure, des stars !-) de cinéma, des
sportifs de très haut niveau et même des hommes d’affaires à la tête
de très importantes compagnies.
J’ai admiré à chaque fois leur extraordinaire aptitude à faire le vide
et à lâcher prise. Au cours de notre travail commun, j’ai compris à
quel point il leur était absolument nécessaire, pour ne pas dire vital,
de développer précisément cette aptitude innée à lâcher prise et faire
le vide – condition sine qua non à l’atteinte de l’excellence que toutes
ces personnes ont expérimenté, chacune dans son domaine.
Les sportifs de haut niveau notamment savent depuis toujours, de
façon évidente et pragmatique, à quel point la détente est
indispensable à toute performance. Un sportif, quel que soit son
domaine de prédilection (boxe, golf, athlétisme ou autre…) doit
absolument être relax et détendu s’il souhaite ne serait-ce
qu’envisager gagner la compétition. Ce n’est pas par hasard que cette
population expérimente depuis toujours auto-hypnose, sophrologie
(qui est un type d’état d’hypnose parmi d’autres) yoga ou relaxation.
Dans toute préparation mentale de champion, la part accordée à la
détente est colossale. Elle doit l’être, c’est le chemin de la
performance.
Même celui ou celle qui n’a jamais pratiqué le sport de
compétition a expérimenté l’importance du lâcher prise – avant une
dictée à l’école, un devoir surveillé ou une épreuve du baccalauréat.
Nous le savons tous, combien de talents ont été gâchés, d’espoirs
déçus, de préparations acétiques rendues inutiles par cette espèce de
tension, de boule au ventre ou de fromage blanc dans la tête résultat
d’une absence de lâcher prise désastreuse.
Le lâcher prise est la condition sine qua non du succès. Sans lui,
pas de réussite, pas de guérison. Je te propose même l’idée que c’est
bien souvent sa présence ou son absence qui fait la différence entre
une « bonne » transe et une « mauvaise » transe hypnotique. Car les
mauvais états d’hypnose existent, cher lecteur, tu dois le savoir à ce
niveau de ta pratique ; non seulement les mauvais états d’hypnose
existent et même ils sont assez fréquents et présents autour de nous.
Et que sont ces « mauvais » états d’hypnose te demandes-tu peut-être
déjà ? Je te le donne en mille : ce sont des symptômes, précisément.

LE SYMPTÔME ? UNE TRANSE NÉGATIVE


« Je ne dois pas vous hypnotiser,
je dois vous déshypnotiser. »
Milton Erickson à l’un de ses patients

C’est un point de vue très moderne, popularisé par Milton Erickson,


cet hypnotiseur génial et extrêmement talentueux du siècle dernier,
que celui d’envisager le symptôme comme un état hypnotique
négatif. En fait, très souvent, lorsque tu observes une personne
souffrant d’un symptôme quelconque, tu constates qu’aux moments
où le symptôme est « observable », la personne n’est pas vraiment
elle-même, elle est comme « hypnotisée », dans une hypnose qui
n’est pas alors cet état que tu connais désormais et qui ouvre sur
davantage de possibilités, mais bien dans une hypnose qui diminue
ses capacités ordinaires et limite son champ de possibilités.
Observe un fumeur (ou une fumeuse, au choix). Tu vois bien que
cette personne est « hypnotisée » par la cigarette, elle n’est pas dans
son état « normal ». Cette même personne sort quelque chose de son
frigo, voit que la date de péremption est dépassée depuis quelques
jours – elle met à la poubelle ce qui n’est plus bon, sans même
réfléchir. Avec la cigarette, elle se trouve face à un produit dont il
n’est pas stipulé sur le paquet que la date de péremption est dépassée,
il est juste stipulé que le produit va la tuer. Et loin de jeter le produit
en question à la poubelle, la personne se dit quelque chose du genre
« j’en prends moins qu’avant, tout va bien » ;-).
Si tu ne fumes pas tu as compris l’exemple précédent ; si tu fumes
– une chance sur trois, à peu près (et oui, encore tant que ça !-), nous
devons choisir un autre exemple (très dur d’aider quelqu’un à sortir
de son hypnose négative, il faut y aller avec une extrême douceur).
Observe alors quelqu’un qui est en prise avec des compulsions
alimentaires. Observe cette personne, ou imagine-la : elle marche tel
un robot dans les couloirs du supermarché, remplissant son panier en
pilotage automatique – et oui tu l’as compris, c’est l’automate qui a
pris le relais, son cerveau émotionnel devient spectateur de ce qui se
passe, même elle s’en rend compte, cette impression « d’être là sans
être là ».
Arrivée chez elle, après avoir répété les mêmes gestes, « à la
virgule près » suivant ce rituel précis qu’elle connaît par cœur
désormais tant les crises sont fréquentes et suivent toujours les
mêmes étapes, elle commence à manger, à « se remplir » comme je
l’ai entendu de nombreuses fois dans la bouche de personnes venant
me voir dans le désir de casser enfin ce cycle infernal.
Ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent, les mêmes
situations décrites : impression de perdre le contrôle, de suivre un
courant qui n’est pas vraiment le sien et qui en même temps est plus
fort que tout le reste à ce moment précis.
Le symptôme est une transe particulière, comme une réminiscence
de vieilles hypnoses du passé se répétant à l’infini comme ces
suggestions post-hypnotiques données dans les films de série B à la
manière de malédiction du genre « désormais, lorsque tu entendras
cette musique, tu seras obligé de faire – ceci ou cela – car ce sera plus
fort que toi, une envie irrépressible, un désir plus fort que tout ». Car
c’est ça une suggestion post-hypnotique : déclencher quelque chose
automatiquement, dès lors qu’un élément est présent et détecté dans
le contexte environnant. Voici pourquoi chacune des icônes de ton
monde intérieur contient une information qui code le contexte : tu
peux imaginer que ton cerveau émotionnel compare en permanence
tous les éléments contextuels du monde extérieur aux éléments de
contexte de chacune des icônes de ton monde intérieur, et envoie en
permanence les instructions au robot qui se charge de déclencher les
programmes correspondants.

DE LA TRANSE NÉGATIVE À LA TRANSE


POSITIVE
Travailler en auto-hypnose consiste à transformer le symptôme,
transe négative, en quelque chose de mieux. Pour cela tu dois
apprendre à transformer une transe négative en transe positive. Dans
cette optique, voici les 5 composantes d’une « bonne » transe
hypnotique. Tu vas voir que chacun de ces 5 éléments est une porte
d’entrée très satisfaisante à l’état d’hypnose. Toutefois attention : s’il
en manque un, alors ce n’est plus une « bonne » transe au sens
thérapeutique du terme – et ça a alors toute les chances de ressembler
à un symptôme.

La détente
C’est par là que nous avons commencé, car c’est la base. Sans
détente, pas de bonne transe – au sens thérapeutique du terme. J’attire
ton attention sur tous ces moments de la vie où tu es hypnotisé, mais
pas « relax ». Ce n’est pas un hasard si tous les hypnothérapeutes du
monde entier commencent toujours par dire quelque chose du genre
« installez-vous confortablement ».

La concentration
Comme nous l’avons vu précédemment, la concentration est une
excellente porte d’entrée de l’état hypnotique et c’en était même,
jusqu’au début du XX e siècle, l’entrée principale. Nous avons tous en
tête, à juste titre, ces images d’Épinal d’hypnotiseurs agitant un
pendule ou une montre à gousset devant les yeux de leurs patients
(souviens-toi de Tintin et des 7 boules de cristal ;-), demandant de
fixer un métronome ou ce tout simple « regardez-moi dans les yeux ».
La concentration sur un point fixe, le centre d’une cible, la flamme
d’une bougie, ou même un son répétitif (genre
hôôôôôôôôôôômmmmmmmmm ;-) est un excellent moyen d’entrer
en état d’hypnose. C’est ce que l’on appelle le mono-idéisme, c’est-à-
dire se concentrer sur une seule idée, qui prend toute la place. C’est
un peu comme si tu avances dans un cône dont l’extrémité se resserre
encore et encore jusqu’à l’arrivée du col et alors derrière tu
expérimentes :

L’ouverture
Si tu ajoutes les ingrédients d’une bonne transe dans l’ordre dans
lequel ils sont présentés ici, c’est à ce moment-là que tu commences
à ressentir qu’il faut bien être « un peu barré » pour expérimenter en
même temps la concentration sur un seul et unique point et
l’ouverture – sur l’extérieur, le présent le passé l’avenir, etc.
Bien sûr, il y a au cours d’une expérience, des translations qui
s’opèrent : la concentration se fait au départ sur le centre de la cible
par exemple – le centre physique de la cible – et se translate
progressivement vers ce que symbolise ce centre pour toi : une
solution, une guérison, un progrès.
Il est possible d’entrer en état d’hypnose par ouverture, ce
qu’Olivier Lockert1 appelle « Induction par expansion de
conscience ».

La curiosité
La curiosité décrit ici cette espèce d’état d’esprit particulier qui
cherche avec plaisir quelque chose sans forcément savoir ce que
c’est. C’est un peu comme la curiosité d’un enfant qui découvre un
nouveau jouet – tu remarqueras d’ailleurs cher lecteur que l’enfant en
question est alors relax, concentré et ouvert ;-).
C’est cette curiosité qui cherche à comprendre davantage avec son
cœur et ses mains qu’avec sa tête. C’est un peu primitif l’état
d’hypnose, ça peut sembler paradoxal pour l’esprit conscient et
rationnel et c’est bien normal car le cerveau émotionnel ne connaît
pas les paradoxes et il possède cette aptitude bizarre d’être à même
de tout expérimenter en même temps. Le jour et la nuit en même
temps, dedans et dehors en même temps, primitif et évolué en même
temps.
Le dernier ingrédient indispensable à un bon état d’hypnose nous
renvoie lui aussi au monde de l’enfance puisqu’il s’agit de…

L’enthousiasme
Tu peux réunir les quatre points précédents, si tu n’y ajoutes pas ce
dernier point, tu ne seras pas dans un « bon » état d’hypnose, c’est-à-
dire un état d’hypnose qui agit profondément sur toi et avec toi, ce
genre d’état qui transforme littéralement le plomb en or et qui fait
qu’il y a systématiquement un avant et un après ; il se passe quelque
chose de spécial lorsque tu expérimente un « bon » état d’hypnose.
C’est ce qui crée cet espace spécial en toi, capable d’accueillir le
symptôme d’hier afin de le transformer en ressource de demain. Car
tout symptôme contient en son sein les germes de quelque chose de
plus grand et de plus vaste qu’avant.
Il y a une dimension artistique dans l’hypnothérapie. Pour Steeve
Guilligan, pratiquer l’hypnothérapie, c’est comme de rendre humain
un élan pulsionnel à la fois indispensable et dangereux tant qu’il n’a
pas été « humanisé ». Un musicien de mes clients m’a expliqué un
jour que c’est comme ça qu’il voit la musique. Il me citait l’exemple
des Afro-Américains à l’époque où ils étaient opprimés et réduits en
esclavage. Il y avait cette détresse, et aussi cette colère et parfois
même cette rage et tout ça cherchait un moyen de s’exprimer, de
s’extérioriser et ça a donné le blues. Le blues ne signifie pas qu’il n’y
a plus de problème ou que tout va bien, il est simplement le premier
pas vers la suite, le premier pas vers la solution et la libération.
Si tu te sens parfois l’âme un peu mélomane, tu peux te dire que
pratiquer l’auto-hypnose c’est un peu comme de composer ta propre
musique intérieure, ton blues, et transformer ce qui était sauvage et
dangereux pour aller vers plus d’harmonie et de clarté, passer du
tumulte à l’apaisement. Les notes sont les mêmes avant et après,
simplement tu les as réorganisées, réarrangées. Pour cela, il a fallu
que tu les regardes, que tu les acceptes, et c’est comme ça que tu
composes ta propre musique personnelle. En fait travailler en auto-
hypnose peut se voir de la façon suivante : mobiliser toutes tes notes
intérieures, tout ton talent, et passer de la cacophonie d’hier à
l’harmonie de demain – et tu dois mettre toutes les notes dans ta
musique personnelle – même celles qui semblent en trop ou inutiles ;
tu dois les mettre toutes, même quand cela implique d’importants
efforts de créativité. Et il arrive si souvent que cette note, cette fichue
note, cette espèce de sale note qui fiche tout le reste par terre, cette
note dont tu as toujours eu l’impression qu’elle te gâchait l’existence
et dont tu as toujours rêver de te débarrasser, cette note, une fois à sa
place, donne toute son âme à ta musique, et fait de ta mélodie
intérieure un air singulier, unique, qui manquait au monde avant
toi ;-).
En fait, tu peux t’amuser à identifier ce qui te manque lorsque tu es
avec ton symptôme pour être dans une « bonne » transe hypnotique.
Car lorsque le symptôme est là, tu es en transe, c’est sûr. Le
migraineux est concentré par exemple (il ne pense qu’à sa douleur et
ne peut penser qu’à ça) et il n’est ni relax ni curieux… Le fumeur est
souvent relax ou concentré, il n’est pas curieux de ce qui se passe
vraiment ; l’anxieux est ouvert, trop ouvert sur l’extérieur et sur
l’avenir, pas assez concentré sur l’instant présent.
Amuse-toi à faire l’inventaire des ingrédients d’une « bonne »
transe que tu possèdes déjà lorsque le symptôme se déclare, et amuse-
toi à introduire progressivement les éléments manquants désormais à
chaque fois que le symptôme se déclenchera. Tu peux d’ores et déjà
te dire que le jour où tu parviendras à rajouter systématiquement,
dans tous ces moments d’hypnose de la vie, tous les ingrédients
nécessaire à une « bonne » transe, alors ce jour-là, il n’y aura plus de
symptôme :-).

ENCORE QUELQUES EXERCICES AVEC


LA CIBLE
Avant de conclure ce chapitre et entamer la dernière ligne droite,
revenons un instant sur cette cible si tu veux bien. Tu as appris
maintenant à te laisser tomber en arrière et en avant (oui fais-le aussi
vers l’avant, l’exercice où tu te laisses tomber sur le lit). Entraîne-toi
alors à fixer cette cible au mur et imagine qu’elle t’attire tellement
que tu ressens cette attraction dans ton corps, jusqu’à tomber en avant
– et mettre le pied pour ne pas tomber, bien sûr ;-).
Un autre exercice utilisant cette cible est extrêmement utile et à
faire le plus souvent possible jusqu’à atteindre le but poursuivi. En
fait, il s’agit d’utiliser ce que l’on appelle la persistance rétinienne.
Voici comment faire : fixe la cible du livre, le centre de la cible
(toujours le centre), et fixe-le intensément, en t’assurant que le corps
est bien relax et la respiration calme et régulière.
Puis choisis le début d’une inspiration pour pencher la tête en
arrière et fermer les yeux, en même temps lâche ton livre, puis
souffle en ramenant la tête normalement sur les épaules et ouvre les
yeux en fixant alors le mur devant toi (de couleur unie si possible).
Tu constates que la cible apparaît en « vidéo inversée », à cause de ce
phénomène de persistance rétinienne. Et tu remarqueras que la cible
sur le mur à tendance à partir un peu dans tous les sens (en haut, en
bas, sur les côtés…).
Entraîne-toi alors à fixer cette cible « virtuelle » sur le mur jusqu’à
ce qu’elle ne bouge plus et reste devant toi, comme une cible réelle.
Cet exercice agit comme une puissante métaphore pour ton cerveau
émotionnel, il est absolument essentiel.
Et souviens-toi que pour tout travail d’auto-hypnose, tu dois
commencer par associer le résultat de ton travail au centre de cette
cible, le centre, ce centre qui t’attire comme un aimant ! Ressens-le
dans ton corps, habite cette conviction, ne laisse aucune petite voix
parasite le discuter : le centre de la cible t’attire et c’est tant mieux
car c’est ton chemin, celui que tu as choisi. Et dès lors, laisse faire.
Fais confiance à ton inconscient.
9
LE TEMPS DE L’ENVOL…

Ce qui se fait de mieux au monde…

« Infinie est la créativité de chaque instant de votre vie,


Infinie la richesse de l’univers. Exprimez vos désirs
clairement et vos souhaits ne peuvent qu’être exaucés. »
Shakti Gawain

Si nous synthétisons maintenant les principes de cette méthode de


façon simple et concise, voici comment nous pouvons présenter les
choses : tu habites ce qui se fait de mieux à la surface de ce Globe :
un corps humain. Et tu possèdes pour t’en servir ce qui se fait de
mieux – encore – à la surface de ce Globe : un système nerveux
humain. Tout concorde donc à ce que tu expérimentes la santé
parfaite dans tous les plans de ton existence. La santé parfaite
signifie l’harmonie parfaite, l’épanouissement en tout : santé
physique, psychique, émotionnelle, financière, affective, sexuelle,
intellectuelle, etc.
Tu es fait pour t’épanouir en tout, et expérimenter sur cette terre ce
qu’il y a de mieux – si tu as des doutes là-dessus, ça m’embête pour
toi, et je dispose encore de quelques pages pour t’aider à faire tienne
cette conviction essentielle. Si tu m’aides, on va y arriver, c’est
sûr ;-).
Les problèmes de toutes sortes – nous parlons de problèmes
récurrents, qui viennent manifestement d’un souci d’adaptation à ton
environnement, de ton robot qui agit comme il a été programmé à le
faire depuis ton plus jeune âge – viennent de réactions qui ont été
automatisées au cours du temps. Ces réactions se déclenchent
automatiquement, dès lors que ton cerveau émotionnel – qui possède
une acuité sensorielle dépassant de loin les capacités de ton cerveau
rationnel – détecte des éléments de contexte marqués comme
importants.
Tu entres alors dans une transe hypnotique négative, agissant
suivant un scénario écrit à l’avance qui se répète encore et encore,
jusqu’à ce que quelque chose transforme cette transe négative en une
réaction plus satisfaisante, pleinement humaine, qui te ressemble, qui
est pleinement toi. Cette transformation réside toujours dans une
expérience hypnotique « bonne », c’est-à-dire une transe possédant
les cinq ingrédients listés au chapitre précédent. Bien sûr, cette
« bonne » transe peut être le résultat d’un travail personnel d’auto-
hypnose, et elle peut aussi résulter d’une rencontre spéciale faite au
gré des hasards de la vie, d’une expérience inhabituelle forte en
émotions ou même de la lecture d’un livre ou la vision d’un film qui
te marque, te bouleverse.
La transformation du symptôme se fait progressivement, par
paliers successifs, parfois sans que tu t’en rendes vraiment compte ;
le symptôme fond alors comme la neige sous les doux rayons du
soleil de printemps.

LES PAYSAGES EXTÉRIEURS SONT


LE REFLET DES PAYSAGES INTÉRIEURS
Comme tu l’as vu dans les premiers chapitres de cette méthode, ce
sont les images de ton monde intérieur qui se projettent sur les murs
du monde extérieur, et non l’inverse. Souviens-toi du principe
numéro 11 : un processus intuitif tourne en permanence à l’intérieur
de toi pour éviter le pire et trouver le meilleur. Le pire et le meilleur
n’ont rien de rationnel, ils ont été associés par ton cerveau
émotionnel à des situations spéciales, prises comme un « package »
complet dans ton monde intérieur. Ce sont ces expériences passées,
auxquelles tu as associé, parfois bien malgré toi, des émotions fortes,
qui marquent d’une couleur spéciale tel ou tel type de contexte et de
situation. Ces ancrages du passé, bons comme mauvais, délimitent les
chemins que tu t’autorises à emprunter dans ton cerveau, laissant le
reste en friche.
Ainsi nous traversons le monde à tâtons, convaincus à l’avance
d’expérimenter à nouveau les expériences du passé, cherchant même
à les expérimenter encore et encore, guidés par cette intuition qu’il
doit y avoir quelque chose de précieux à intégrer là dedans et ne
sachant pas quoi exactement. Nous traversons le monde comme
guidés par un processus tellement intégré que nous ne nous en
rendons pas compte, et nous passons, parfois, à côté de l’évidence
(principe numéro 3).

CHANGER LES CAUSES POUR CHANGER


LES EFFETS
C’est un principe universel qui s’applique à toute situation quelle
qu’elle soit : lorsque l’on transforme la cause, les effets s’en trouvent
instantanément transformés. Bien sûr, un piège fréquent est de
chercher la cause parmi les effets, ce qui a fait constater il y a bien
longtemps – et tous ceux qui ont connu déjà d’infructueuses
tentatives de transformation personnelle le comprendront aisément :
« Plus ça change, plus c’est la même chose ».

Vu !
Barbara sort de chez son médecin ; elle vient d’apprendre qu’elle est enceinte !
Heureuse comme tout, elle se voit déjà annonçant la nouvelle à Marc, son
compagnon. Depuis quelques jours, ils s’en doutaient tous les deux et avaient déjà
commencé à rêver à ce nouvel avenir à trois ;-).
En montant dans le bus, elle rit intérieurement en voyant deux femmes enceintes
assises – manifestement, c’est pour bientôt ! Et en descendant du bus, une autre au
feu rouge, et cette dame à l’arrêt dans son auto : enceinte aussi ! Incroyable, à croire
qu’il y a déjà un effet de mode dans le quartier !
Robert a toujours fumé comme une cheminée ; il a bien essayé d’arrêter, un paquet
de fois même, toujours sans succès. Au pire, lorsqu’il y arrivait quelques heures, il
devenait tellement exécrable que même ses enfants lui demandaient de reprendre.
Depuis quelque temps toutefois, il essaie de réduire et y arrive étonnamment ; alors il
se dit que le prochain palier pour fumer moins serait peut-être bien de se mettre à la
pipe. C’est sympa, la pipe, ça fait un look ; et puis comme ça il fumera moins, c’est
sûr !
Quelques jours plus tard, ça y est, il fait partie de ce « club » un peu spécial des
amateurs de bouffarde, dans la grande lignée des capitaines Haddock et autres vieux
loups de mer de son enfance. Ce qui est particulièrement drôle dans cette histoire,
c’est que le serveur du café où il s’arrête tous les matins depuis bien longtemps fume
la pipe lui aussi – il ne l’avait jamais remarqué auparavant – et depuis qu’il s’est
offert son premier « brûle-gueule », il croise chaque jour au moins un « fumeur de
pipe », si ce n’est plus – à croire qu’ils se sont passés le mot !

Nous avons tous connus cet effet du « syndrome de la femme


enceinte » ou du fumeur de pipe – si tu ne t’en souviens pas à titre
personnel, cher lecteur, cherche dans ta mémoire, ça va te revenir,
c’est obligé. « Ça le fait » avec une nouvelle automobile, un
téléphone portable ou même un mot dont la personne a alors
l’impression qu’il devient « plus usité qu’avant » alors qu’en réalité,
c’est elle qui, avant de le connaître ou d’en comprendre le sens, n’y
faisait pas attention.
L’inconnu fait peur, toujours. Notre vocation essentielle, ancrée
dans nos tripes, nos gènes, nos cellules, est de survivre. Pour survivre,
il faut éviter le danger. Pour éviter le danger, il faut avancer en terrain
connu. Alors ton robot possède un programme très puissant, hyper
puissant, qui consiste à faire le nécessaire pour aller vers le connu. Et
que connaît le robot ? Les icônes de ton monde intérieur bien sûr, et
rien d’autre ! Ton automate personnel n’a pas accès au monde
extérieur, il est comme sourd et aveugle. Il ne connaît que les icônes
de ton monde intérieur, et il ne sait pas quelles sont les émotions qui
y sont rattachées, il voit juste les icônes – c’est lui qui attire ton
attention sur les femmes enceintes et les fumeurs de pipe, qui ne sont
bien sûr pas plus nombreux que d’habitude !
Ce qui rend une icône plus ou moins visible pour ton robot n’est
pas le type d’émotion mais l’intensité de l’émotion qui y est
associée ; plus l’émotion associée à une icône (que l’émotion soit
agréable comme désagréable) est forte, plus cette icône « brille » et
ressort, par contraste, dans ton monde intérieur. Et dès qu’une icône
brille, d’autant plus si elle brille souvent, ton robot fait en sorte de la
retrouver dans le monde extérieur – ce qui est tout à fait
compréhensible.
En effet, si l’icône représente une situation agréable, il est tout à
fait bon et même souhaitable de retrouver – peut-être même créer –
son pendant dans le monde extérieur : recherche de plaisir. Si au
contraire l’icône représente une situation terrible à éviter absolument,
il est essentiel de tout faire pour éviter que cette expérience ne se
renouvelle : évitement de la douleur. Or, comment faire pour éviter
quelque chose ?

À chercher la queue du loup…


Suzanne est mitigée. Conviée pour la deuxième année consécutive à la somptueuse
soirée d’inauguration du festival de Cannes, elle est bien sûr contente de cette
attention qu’elle prend comme la confirmation qu’elle fait désormais partie « du
métier ». Et en même temps, il y a ce type odieux dont elle a appris par Roberta qu’il
serait présent à cette soirée – et juste à cette soirée, en « coup de vent ». Et elle ne
veut surtout pas le croiser. Ce serait une catastrophe. Elle préfère même ne pas y
penser tellement ce serait l’horreur.
C’est « la peur au ventre » qu’elle se rend à la soirée en question ; mal à l’aise, elle
s’attend à croiser le type en question à chaque instant. Alors, elle le cherche au loin,
afin de mieux l’éviter. Et à force de le chercher, bien sûr…

Il est impossible d’éviter quelque chose tant que l’on ne sait pas où
ça se trouve. C’est une telle évidence qu’il est presque gênant de le
rappeler. Pourtant, j’entends encore parfois ici et là des personnes par
ailleurs tout à fait pertinentes dans leurs propos habituels, prendre
pour de la « pensée magique » cette lapalissade : les pires peurs du
monde intérieur se projettent dans le monde extérieur. Le processus
est simplissime : le robot est programmé pour protéger, il cherche
alors toutes les situations à risque – pour mieux les éviter – et comme
« qui cherche trouve » (autre lapalissade) chacun, comme ce pauvre
Job, expérimente ses pires angoisses.

FAIRE CONFIANCE À L’OUBLI


Il n’y a pas de fatalité là-dedans, juste un mode de fonctionnement
bon à connaître pour quiconque désire expérimenter le meilleur et
non le pire (ou en tout cas, pas toujours le pire, on ne peut pas perdre
à tous les coups :-), c’est bien connu). Cette règle est si importante
que je te propose d’en faire ton douzième principe :

Principe no 12
Ce sur quoi je me concentre se développe.

Les icônes les plus intenses de ton monde intérieur, celles qui
« s’allument » le plus fort, et le plus souvent, ont tendance, « comme
par magie » (souviens-toi de la femme enceinte et du fumeur de
pipe ;-) à se multiplier dans ton monde extérieur. La nature de
l’émotion associée à l’icône, les notions de « bon /pas bon » n’ont
aucune importance, c’est le principe numéro 12, mets-le en doute si
tu le souhaites, fais-lui subir l’épreuve de ton esprit critique et tu
verras : « Ce sur quoi je me concentre se développe ».
Il fut un temps où je proposais l’exercice suivant : compter chaque
jour les voitures vertes – le faire consciencieusement, en notant
chaque soir dans son carnet le nombre de voitures vertes comptées
dans la journée. Le faire pendant 10 jours – c’est quand même peu 10
jours non ? Bien sûr, même après les 10 jours, quiconque a fait
l’exercice sérieusement se surprend à noter « dans sa tête » à chaque
fois qu’il voit une voiture verte – et le « pli » ainsi pris dure
longtemps, incroyablement longtemps… pour 10 jours ! Et pour des
voitures vertes ! Imagine le même exercice, en remplaçant les
voitures vertes par un concept, une image un peu « plus forte en
émotion » et les 10 jours par 100 jours, 1 000 jours ou même, allez,
soyons fous, 10 ans ! Bien sûr que l’enfance ça marque – ça peut
même marquer longtemps.
Et « Ce sur quoi je me concentre se développe », tu comprends
d’autant mieux pourquoi il est si important, après avoir effectué le
travail nécessaire, d’oublier, autant que faire se peut, le symptôme ;
car à trop observer le problème, il finit par devenir de plus en plus
fort, littéralement de plus en plus fort. C’est d’ailleurs le corollaire
du point 12, appelons le 12 bis :

Principe no 12 bis
Ce contre quoi je résiste persiste.

Nous allons revenir bientôt sur ce point. Les causes ne se trouvent


pas dans le monde extérieur, ce sont les effets qui se trouvent dans le
monde extérieur. Le lieu des causes, c’est le monde intérieur. Alors la
voie du changement s’énonce on ne peut plus simplement : installe
dans ton monde intérieur la situation parfaite, l’harmonie parfaite,
maintiens-les durablement, et laisse faire. Chasse de ton monde
intérieur toute trace d’angoisse, de doute, toute trace de poison
psychique – rancœur, colère, peur, angoisse, culpabilité… et laisse
faire.
Bien sûr, dès l’énoncé de cette règle, le travail personnel ne
s’arrête pas, il commence au contraire. Car c’est dès lors que tu
t’emploies à installer les images de ce que tu désires à l’intérieur de
toi que le chemin commence. Combien de fois ai-je entendu des « je
sais », « je le fais déjà » ou pire « j’ai déjà essayé » dans la bouche de
personnes de bonne volonté qui ne s’y étaient simplement pas pris
correctement jusque-là. Leur retour après seulement deux jours de
cours fait plaisir à voir, et leur témoignage après mise en application
correcte des bons principes rappelle combien nous possédons des
trésors en chacun de nous ;-).
La question à se poser, lorsque tu « fais tout ce qu’il faut » et que
rien ne se passe comme tu voudrais, c’est se demander ce qui peut
bien bloquer le processus de transformation – quel genre d’obstacle
peut bien t’empêcher d’apprécier chaque instant comme tu le
mérites – car tu le mérites, ici encore, je t’invite dès maintenant à
ressentir ça au plus profond de toi-même et à le maintenir en toi car
c’est essentiel.
Chaque icône contenant des émotions négatives déclenchent des
sensations désagréables type « inconfort » psychologique. Toutes ces
traces d’inconfort permanent génèrent des blocages intriqués les uns
dans les autres à l’intérieur même de ton monde intérieur. En plus des
protocoles type « nettoyage de la maison » comme tu as appris au
chapitre 7, tu peux effectuer des nettoyages spécifiques, par rapport à
des situations dont tu te souviens et qui créent des sentiments
désagréables lorsque tu y penses. Bien sûr, tu peux éviter de penser
aux situations désagréables, c’est même plutôt une bonne idée
d’éviter de ruminer ce qui n’est pas agréable. Toutefois, refouler ce
qui crée de l’inconfort est une illusion, pas une solution. Et les
ombres du passé continuent de se projeter sur l’instant présent tant
que tu ne t’en es pas débarrassé, tant que ton cerveau émotionnel ne
les a pas digérées.

PRATIQUER LE DÉTACHEMENT
Parmi les caractéristiques des icônes de ton monde intérieur, il en est
une toute particulière, aux propriétés étonnantes. Cette caractéristique
peut même être utilisée parfois par ton cerveau émotionnel comme
critère de tri des icônes. Pour comprendre quelle est cette
caractéristique, prends l’exemple de la chute au cinéma, certainement
le plus vieux gag de l’histoire du septième art – avec la tarte à la
crème. Déjà Charlie Chaplin, lorsqu’il faisait Charlot, possédait cet
art tout particulier de choir sans se blesser, et ça faisait se tordre de
rire les salles de cinéma de l’époque. Aujourd’hui encore, les
cascadeurs de Jackass utilisent le même ressort comique, et ça
fonctionne.
Pourtant, personne ne rit quand il – ou elle – tombe ; au contraire
même, ce n’est pas agréable de glisser et de tomber – et en plus, pour
peu que tu ne tombes pas comme il faut, tu peux même te blesser et te
faire mal. Alors comment se fait-il qu’une même situation déclenche
le rire dans un cas et la douleur dans l’autre, te demandes-tu peut-être
(ou pas ?-). Évidemment la réponse est évidente : dans le cas qui fait
rire, ce n’est pas toi qui tombe, mais bien quelqu’un d’autre ! Tu es
étranger à l’action, pas concerné en quelque sorte, juste « spectateur »
de ce qui se passe. Lorsque tu tombes, tu es l’acteur principal de ce
qui se passe et tu ressens dans ta chair le choc de la chute.
Et bien c’est exactement la même chose pour les icônes de ton
monde intérieur : il y a des icônes qui contiennent des situations dont
tu ne fais plus vraiment partie ; lorsque tu t’y connectes, tu en es
spectateur. Prends un moment, et identifie une situation de ce type,
une situation dont tu te sens spectateur. En fait, c’est assez simple à
identifier, dans la mesure où tu ne sens rien justement. Prends le
temps de distinguer les caractéristiques de l’icône en question :
comment sont les couleurs – brillantes ou mates ? Et si l’image bouge
à la manière d’un film, comment sont les mouvements – rapides,
lents, saccadés, fluides, ralentis… ? Quelle est la taille de l’image, la
distance entre elle et toi, et sa place si tu l’imagines autour de toi –
devant toi, au-dessus, en-dessous, à gauche, à droite ?
Dans ton cahier, note toutes ces caractéristiques dans le détail.
Idem pour les caractéristiques sonores. Tu sauras comme ça de quelle
façon ton cerveau émotionnel code les icônes dont tu ne fais plus
partie. C’est une connaissance très utile car tu peux t’en servir pour te
détacher des icônes dont tu fais encore partie, et qui t’accrochent
encore en quelque sorte à un passé dont tu as besoin de te défaire pour
mieux avancer dans ta vie. Car le processus fonctionne dans les deux
sens : lorsque tu te détaches d’une icône, ses caractéristiques de
VAKOG changent dans ton monde intérieur, et par le même processus
inversé, lorsque tu appliques ces caractéristiques à une icône dont tu
faisais jusque-là partie, tu t’en détaches automatiquement.
Le terme consacré dans le métier est « dissocié ». Il y a des scènes
de ton monde intérieur auxquelles tu es « associé » et d’autres dont tu
es « dissocié ». La dissociation d’une icône provoque spontanément
l’extinction de l’émotion qui y était alors associée. Il s’agit bien sûr
d’une extinction, car si tu observe l’icône trop longtemps, elle va
déclencher une réaction émotionnelle chez toi, un peu à la manière
d’un film. Mais c’est une émotion provoquée par le spectacle de
l’icône, elle n’est plus contenue dans l’icône comme c’est le cas pour
les icônes dont tu fais encore partie. Les réactions déclenchées par le
spectacle des icônes dont tu t’es détaché le sont précisément à la
manière des réactions que tu ressens en voyant un film au cinéma :
elles peuvent être très fortes et intenses et, en même temps, tu sais
que c’est un film, tu es « à la juste distance » – et c’est essentiel la
distance juste.
Digérer une icône source d’inconfort
Lorsque je participe à des conférences sur l’hypnose, je fais souvent monter
quelqu’un sur scène afin de montrer à quel point il est simple de rentrer à l’intérieur
de soi-même pour se détacher d’une situation désagréable – ce genre de situation qui
fait « tache d’huile » et qui pollue le monde intérieur (comme dans le chapitre 7).
Les yeux fermés, la personne sur scène commence par évaluer l’inconfort déclenché
par la situation en question, sur une échelle de 1 à 10 (1 signifiant aucun inconfort et
10 un inconfort absolument insupportable). Puis le travail consiste à identifier où se
trouve l’image de la situation autour de la personne. Puis identifier les
caractéristiques de cette image, comme tu l’as fait tout à l’heure pour les icônes dont
tu es déjà détaché. Alors, la personne qui fait l’exercice prend le temps d’intégrer
toutes les informations utiles pour elles à l’intérieur de cette situation particulière –
souviens-toi de ne jamais jeter le bébé avec l’eau du bain, sinon, ça ne marche pas !
L’opération consiste alors à modifier une par une les caractéristiques de l’image. Par
exemple, si l’image est en couleur, la transformer progressivement en une image en
noir et blanc. Puis, à chaque opération, évaluer le nouvel inconfort – ce qui implique
de rester à l’écoute de chaque sensation pendant l’opération de transformation.
Alors bien sûr, si l’inconfort est plus fort après la transformation qu’avant, il est
essentiel de vite revenir à la situation précédente ; en revanche, si l’inconfort a baissé,
fais une pause (comme un palier ;-) puis change une autre caractéristique (par
exemple la position de l’image autour de toi – éloigne-la de toi, déplace-la sur la
gauche ou vers le bas…). Continue l’opération jusqu’à ce que l’inconfort soit au plus
bas – tu peux même imaginer l’image qui s’éloigne derrière toi et devient alors de
plus en plus petite jusqu’à s’évanouir dans l’obscurité…
Lors d’une conférence où j’avais effectué cet exercice sur scène, j’ai appris plus tard
qu’une dame présente dans le public avait suivi ces mêmes étapes – ce qui est très
souvent le cas : dès que nous observons quelqu’un entrer en état d’hypnose, nous
avons tendance à basculer nous-mêmes dans cet état, et suivre les mêmes étapes. En
l’occurrence la personne m’a appelé plusieurs semaines après la conférence, pour me
faire part de son expérience et me raconter son histoire ; elle avait perdu son emploi
plusieurs années auparavant, dans des conditions difficiles. Depuis, elle dormait très
mal et faisait des cauchemars récurrents. De plus, elle avait développé depuis cette
époque-là de l’eczéma sur les mains.
Tous ces symptômes avaient progressivement disparu depuis la conférence, depuis
qu’elle avait suivi les étapes de cet exercice en partant de cette situation spéciale
lorsqu’elle s’était entendu dire qu’elle devait quitter son poste. Pratique toi aussi
régulièrement ces exercices : le nettoyage de la maison, la transformation des icônes
attachées à une situation difficile du passé et dont tu sens qu’elle n’est pas
complètement ‘digérée’.

Souviens-toi que le critère le plus important, le plus « puissant » en


terme de digestion émotionnelle, c’est « associé/dissocié ». Dès que
tu te dissocies d’une situation, tu éteins les émotions qui y étaient
rattachées. Tu es alors prêt à t’en détacher complètement, à condition
de bien t’assurer qu’il ne te manquera rien d’important lorsque cette
icône sera passée au second plan de ton monde intérieur.
Pour intégrer et développer cette capacité particulière de te
détacher des situations qui s’incrustent dans ton esprit, utilise ton
cahier personnel et prends une situation – sans trop d’enjeu pour
commencer. Amuse-toi alors à raconter cette situation à l’écrit,
comme si elle était arrivée à quelqu’un d’autre. Parle de toi à la
troisième personne, comme d’un personnage de roman. Décris ce qui
arrive à ce personnage et ce qu’il ressent, ce qui se passe dans sa tête.
Décris ce processus dans sa totalité, jusqu’au bout – c’est-à-dire
jusqu’au moment où le personnage de l’histoire a précisément digéré
cette histoire ; ce n’est plus qu’un lointain souvenir, et il n’y pense
même plus. Va même jusqu’à décrire quelles sont les situations qu’il
vit désormais différemment, et comment cette histoire l’a enrichi, en
quelque sorte.
Tu peux varier et décliner cet exercice très puissant et t’amuser par
exemple à imaginer la même histoire vécue par un personnage de
fiction que tu aimes bien (Gaston Lagaffe, Monsieur Malaussène ou
Wonder Woman par exemple). De la même façon, décris ce qui se
passe dans la tête du personnage, ce qu’il ressent et comment il
réagit. Lorsque tu fais ça, tu sors spontanément de « la boîte »
habituelle de ton esprit, et c’est très bon. Tu explores les champs
entiers de ton esprit qui étaient jusque-là restés « en friche ».
Par ailleurs, souviens-toi que, lorsque tu ressens de l’inconfort à
partir d’une situation du passé, dès que tu prends le temps de décrire
cet inconfort, tu t’en détaches spontanément, et plus tu le décris dans
le détail, plus tu t’en détaches, ce qui se comprend aisément dans la
mesure où, pour le décrire, tu dois l’observer de l’extérieur et donc
pour cela t’en détacher littéralement – il est impossible de décrire un
panorama dans lequel on se trouve : il faut en sortir, prendre de la
distance, prendre du recul justement pour voir l’ensemble.
Dans certains centres où sont envoyées les personnes ayant commis
des tentatives de suicide, des ateliers de poterie sont organisés, où
l’on demande aux pensionnaires de modeler la glaise pour décrire
symboliquement certaines situations problématiques. Un tel exercice
est une puissante métaphore hypnotique. Lorsque tu mets les mains
dans la glaise pour en faire sortir quelque chose que tu crées, tu te
réappropries littéralement le symptôme, et c’est toi qui lui donnes sa
forme, avec bien sûr les contraintes de la terre. Et lorsque tu as
terminé, le « produit fini » est en dehors de toi – donc plus à
l’intérieur de toi, mais en dehors. Tu peux alors décider d’en faire ce
que tu veux, le déplacer ou même en faire un objet décoratif si tu le
souhaites !
Tu peux toi aussi utiliser de la pâte à modeler et sculpter, de façon
symbolique, des situations ou même des impressions de blocage.
Utilise aussi du papier et des crayons de couleur afin de dessiner un
symptôme ou un problème, et offre-toi le luxe de faire un autre dessin
symbolisant la situation résolue : tout ce que tu pourras inventer de
métaphorique, allant dans le sens du détachement et de l’évolution est
bon à prendre – dès lors que « ça te parle » bien sûr, c’est l’essentiel,
souviens-toi, tu dois le sentir, c’est la force du cœur qui est la plus
puissante :-).
Bien sûr, souviens-toi que l’essentiel est de faire tout ça. Dans son
arrogance habituelle, le cerveau rationnel est très prompt à dire
quelque chose du genre : « oui c’est bon je comprends bien comment
ça marche » et genre alors c’est bon comme il comprend « c’est
comme si ça avait été fait ». Et bien non justement, ce n’est pas
comme si ça avait été fait ; souviens-toi bien de ce point sur lequel
nous allons revenir très vite. Tu possèdes dans ton monde intérieur
des icônes d’un type particulier que l’on appelle en psychologie des
croyances. Rien à voir avec une quelconque religion, il s’agit
simplement d’idées auxquelles tu adhères tellement que, pour toi, il
semble évident qu’elles sont vraies et s’appliquent en tous lieux et en
toutes circonstances.
Tu vas voir bientôt que ces croyances agissent sur ton cerveau
comme de puissantes suggestions hypnotiques. La plupart du temps,
elles te privent de liberté et t’empêchent de livrer ton plein potentiel,
bref en un mot, elles t’appauvrissent plutôt que de t’enrichir. Ce qui
t’enrichit n’a rien à voir avec de vagues croyances toutes plus
obscurantistes les unes que les autres. Ce qui t’enrichit et ce qui
enrichit l’humanité depuis la nuit des temps ce ne sont pas les
croyances, mais la connaissance. Le catalyseur qui permet de passer
de la croyance à la connaissance, c’est l’expérience. Tu dois
expérimenter pour connaître. Tant qu’un apprentissage n’est pas
« passé par ton corps », alors il n’est pas intégré et reste une vague
idée quelque part dans ton cerveau rationnel. Expérimente ce travail
métaphorique avec de la pâte à modeler, de la glaise, ton cahier pour
écrire à la troisième personne, vit pleinement chaque expérience
d’auto-hypnose, et tu t’enrichiras de connaissances nouvelles en
même temps que tu te libéreras de tous les carcans du passé qui t’ont
coupé par moment de ton plein potentiel.
Ainsi, en te déconditionnant des empreintes du passé, tu
t’affranchis de ces ancrages négatifs qui empêchaient jusque-là tes
ressources d’évolution de s’exprimer pleinement. Jusqu’à ce que
chaque instant présent ne réveille plus en toi quoi que soit de
désagréable : les ombres du passé ne se projettent alors plus sur
l’instant présent, et tu es libre d’expérimenter ce qu’il y a de mieux
pour toi, à chaque instant.

QUE S’EST-IL INSTALLÉ DANS L’ESPRIT ?


Dès lors que tu es libéré des conditionnements du passé, tu es en
mesure d’expérimenter à chaque instant ce qu’il y a de plus
intéressant pour toi – disons de plus satisfaisant. Un point toutefois
est encore susceptible de modifier de façon très importante ton
expérience de la réalité – donc de ta vie – et ce point particulier, c’est
ton état d’esprit.
L’état d’esprit change bien sûr très souvent au cours d’une même
journée. Toutefois, je t’invite à t’observer toi-même afin d’identifier
quel est ton état d’esprit « le plus fréquent ». Car une teinte
émotionnelle s’installe à la longue dans ton esprit, et c’est bien
normal. Tu peux même y voir une question d’habitude. À force de
sollicitations de ton cerveau émotionnel dans le même sens, ton robot
intègre tout ce qu’il peut et finit par installer une espèce de
« couleur » de fond émotionnelle qui se met alors à teinter, parfois
imperceptiblement, chacune des expériences de ta vie.
On imagine bien qu’une personne ayant vécu des années dans un
pays en guerre avec des alertes à la bombe chaque jour développe une
certaine anxiété qui reste, même lorsque tout danger semble écarté.
De la même façon, une personne ayant vécu le décès d’un parent
lorsqu’elle était très jeune peut développer bien malgré elle un fort
sentiment de culpabilité qui colore ses relations interpersonnelles et
même les autres domaines de sa vie.
Comme nous l’avons vu précédemment, il existe 4 émotions
majeures qui se déclinent dans de nombreuses dérivées. Parmi toutes
ces dérivées, tous ces sentiments, certains constituent de véritables
poisons psychiques. Ce sont des poisons dans la mesure où, dès lors
qu’ils s’installent chez toi (c’est-à-dire dans ton monde intérieur), ils
se projettent sur tes paysages extérieurs et polluent alors chaque
instant de ton existence.
Laisse aller, c’est une valse.

Les relations gagnant/perdant sont en fait des relations perdant/perdant


Il y a des années, j’ai travaillé avec Victoire, une jeune femme très talentueuse ;
écrivain à succès, elle s’épanouissait dans son travail et c’est sa vie affective qui l’a
amenée à pousser ma porte. Elle se plaignait de ne rencontrer que des hommes qui se
moquaient d’elle et ne la respectaient pas vraiment. Elle me décrivit ces jeux
épuisants de « fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis ».
Changer la cause pour changer les effets : nous avons travaillé ensemble à identifier
ce qui pouvait bien empêcher Victoire de vivre une relation harmonieuse. Et nous
avons constaté ensemble que l’état d’esprit de Victoire à propos des relations
humaines en général – et pas seulement avec les hommes – était un état d’esprit de
lutte permanent avec l’idée que l’un des deux protagonistes devait forcément prendre
le pouvoir – aux dépens de l’autre qui se trouvait alors relégué en quelque sorte « au
second plan » de la relation.
En fait, Victoire a réalisé qu’elle vivait depuis toujours les relations humaines selon le
schéma « gagnant/perdant ». Elle réalisa qu’elle avait expérimenté sur un plan
relationnel ce que d’autres expérimentent parfois dans les affaires : les relations
gagnant/perdant n’existent pas, et cachent toujours des relations perdant/perdant.
Tu connais sans doute cette histoire du scorpion et de la grenouille. Quelque part en
Afrique ou ailleurs, une grenouille s’apprête à traverser un immense fleuve à la nage.
Passe alors un scorpion qui lui demande de l’aider à traverser le fleuve en le prenant
sur son dos. La grenouille dit alors au scorpion « ça va pas la tête, si je te prends sur
mon dos tu va me piquer tu es un scorpion et moi une grenouille, c’est comme ça
que ça se passe les scorpions piquent les grenouilles ». Alors le scorpion lui répond
« mais non la grenouille, réfléchis un peu, je ne peux pas te piquer, je ne sais pas
nager ! Si je te pique, tu ne pourras plus nager et nous périrons alors tous les deux,
c’est idiot ».
Après un moment de réflexion la grenouille convient que le scorpion a raison et
accepte de le prendre sur son dos pour l’aider à traverser le fleuve. Et au milieu du
fleuve, lorsqu’elle sent le dard du scorpion s’enfoncer dans ses reins, elle tourne la
tête en lui demandant « pourquoi ? Nous allons périr tous les deux, c’est idiot » et le
scorpion bien embêté de lui répondre « excuse-moi je n’y peux rien, c’est ma
nature ».
Il n’y a pas de gagnant dans cette histoire, deux perdants. Le gagnant/perdant
n’existe pas, il ne peut pas exister. Victoire a intégré à des niveaux conscients et
inconscients les concepts des relations gagnant/gagnant – passant notamment par un
important travail de développement de l’estime de soi. Et ses relations personnelles se
sont arrangées – et même ses relations professionnelles m’a-t-elle dit plus tard, notre
travail l’ayant aidée à développer des partenariats nouveaux basés désormais sur des
échanges et des enrichissements de chacune des parties ;-).

Laisser des poisons psychiques s’installer dans ton monde intérieur


est extrêmement pénalisant et non seulement t’empêche de
t’améliorer personnellement mais finit par troubler ta vision du réel ;
ces poisons psychiques agissent eux aussi comme de puissantes
suggestions hypnotiques auto-administrées de façon constante et sont
par conséquent extrêmement puissants. Car tu as compris que ton
principal hypnotiseur personnel est ton cerveau rationnel bien sûr. Ce
sont ses convictions, ses illusions qui impriment en premier lieu ton
cerveau émotionnel. Souviens-toi que ton cerveau émotionnel est
extrêmement obéissant, et le boss, c’est ton cerveau rationnel – c’est
ce qu’il « croit » qui « impressionne » en premier lieu ton cerveau
émotionnel.

Quoi que tu crois, vrai ou faux, tu as raison


Élisabeth est désespérée. Extrêmement jalouse, elle ne rencontre que des hommes
volages. Elle a encore surpris le dernier en date en train de faire des propositions
indécentes à sa meilleure amie. Elle qui rêve d’un homme aimant et fidèle, avec qui
elle pourrait être heureuse et construire sa vie de femme. Et pourtant, consciemment,
elle veut absolument croire que les hommes fidèles existent, elle le veut, le veut de
toutes ses forces.
Elle veut le croire, certes, et dans le fond, elle ne le croit pas. Déjà sa grand-mère le
lui disait quand elle était petite et que sa maman travaillait pour l’élever et subvenir à
leurs besoins – seule, le papa était « parti pour une autre » – « Ces hommes, tous des
coureurs de jupons, tous ! Ma pauvre fille je te souhaite bien du courage, vient
embrasser mamie ». Toute son enfance, Élisabeth a lutté contre l’intox de sa grand-
mère (aimante par ailleurs et qui voulait bien faire, c’est sûr). Toute sa vie, elle s’est
dit qu’elle ne se ferait pas avoir comme sa maman qu’elle adore et admire. Ce n’est
pas de sa faute si sa maman est tombée sur un salaud qui les a laissées tomber, sa
mère et elle, pour une autre. D’ailleurs la grand-mère ne l’a pas loupé celui là, et
toute son enfance Élisabeth a entendu mamie « tailler des costards » à ce monsieur
qu’elle ne connaît pas.
Élisabeth veut croire que les « hommes bien » existent, elle le veut vraiment. Elle a
bien compris ce qui se passe : marquée par l’expérience de sa maman, « quelque
chose » l’empêche de « tomber sur le bon ». « C’est à un niveau inconscient que ça
se passe » se dit-elle. Pourtant, rien d’inconscient là-dedans. Car dans le fond,
Élisabeth ne croit pas que les hommes fidèles existent. Ou alors, si elle le croie, elle
ne se pense pas (à un niveau tout à fait conscient et rationnel) capable d’en
rencontrer. Ou alors, elle pense ne pas mériter une telle chance – ce qui pour le coup
poserait des problèmes à son cerveau émotionnel – comment pourrait-elle mériter ce
à quoi sa mère n’a pas eu droit ?

Pour identifier les sources d’hypnose négative que ton cerveau


rationnel entretient et maintient dans ton cerveau émotionnel, tu dois
t’introspecter et observer ce que tu ressens vraiment, dans ton cœur et
même dans tes tripes. L’illusion dont le cerveau rationnel se voile
parfois en imaginant que ces sentiments n’existent pas ou en les
refusant même à tel point que tu les ne les distingues plus est
absolument terrible car elle t’empêche alors de transformer ces
sources puissantes d’auto-hypnsose. Ne refuse pas ces sentiments, tu
ne ferais que rendre le travail encore plus délicat. Tu dois accepter ce
que tu ressens, même – et surtout – si tu souhaites un jour le
transformer. Car accepter n’est pas renoncer, au contraire même :
accepter est la première étape de la transformation. À tel point que je
te propose même de faire de cet adage le principe 13 de cette
méthode :

Principe no 13
Accepter n’est pas renoncer. Au contraire.

ACCEPTER LES POISONS POUR S’EN


LIBÉRER
Pour te libérer des poisons psychiques qui se sont – peut-être –
installés dans ton cœur, tu dois les accepter et les reconnaître – et,
comme toujours, intégrer ce qu’ils t’ont apporté d’apprentissage et
d’enrichissement personnel (rien ne sert à rien).
Débarrasse-toi symboliquement de tous les poisons qui polluent
ton esprit – tu sais que ton cerveau émotionnel est sensible aux
images et aux histoires, alors invente des images et des histoires qui
te parlent, qui parlent à ton cœur. Écris ta colère sur une lettre, pour
chaque situation, chaque personne qui t’a déçu ou qui t’a fait du mal.
Écris cette déception, ce que tu attendais et que tu n’as pas eu, ce que
tu as eu que tu ne voulais pas, ce que tu retiens de tout ça. Écris puis
brûle la lettre dehors, un jour où il fait beau, à la campagne, que les
cendres fertilisent la terre et aide la Nature à refleurir.
Refuse la culpabilité, rends « symboliquement » les responsabilités
que d’autres que toi ont voulu te faire porter et qui ne t’appartiennent
pas. Rends les valises, les casseroles, refuse les rackets affectifs de
toute sorte. Travaille à ressentir à quel point tu mérites d’être aimé(e)
tel(le) quel(le), pas pour ce que tu as ou ce que tu fais, pour ce que tu
es. Il faut de tout pour faire un monde, c’est vrai, et c’est tant mieux.
Tu ne demandes pas à un arbre de te donner à boire ; si tu insistes, tu
seras déçu, et ce sera tant pis pour toi – l’arbre lui, n’est pour rien
dans cette histoire. Ça ne veut pas dire que l’arbre est nul ou ne sert à
rien, ça veut dire que l’arbre est un arbre. Il te protège de la pluie
quand il fait mauvais, et te procure une ombre délicieusement fraîche
lorsque le soleil cogne trop fort. Et quand tu as soif, tu as la rivière,
tout près. Si tu es un arbre, ne laisse personne te reprocher de ne pas
lui donner à boire – et si tu es une rivière, ne laisse personne te
harceler pour que tu le protèges du vent ;-).

LES CHIENS ABOIENT, LA CARAVANE PASSE


Ne lutte pas contre ces poisons, laisse faire ; débarrasse-t-en,
régulièrement si c’est nécessaire. Trouve une image qui te convient
bien dans laquelle tu déverses tous les poisons psychiques à la pelle :
peurs (terrible la peur, le « top » du côté obscur de la Force), colères,
haine et autre culpabilité : dehors. Débarrasse-t-en vraiment, ne les
étouffe pas, ne les retiens pas, ne les cache pas, débarrasse-t-en, ça
fait du bien ;-).

Prends garde à tes pensées, car elles deviendront des paroles.


Prends garde à tes paroles, car elles deviendront des actes.
Prends garde à tes actes, car ils deviendront des habitudes.
Prends garde à tes habitudes, car elles deviendront ton caractère.
Prends garde à ton caractère, car il deviendra ton destin.

Tu t’autoriseras à emprunter le raccourci suivant : qui transforme


ses pensées transforme, par effet domino, son destin. D’ailleurs,
penses-tu qu’il est possible de transformer son caractère ? Je veux
dire, cher lecteur, le penses-tu vraiment ? Sais-tu que les médecins
hospitaliers rapportent fréquemment le cas de personnes qui, après un
traumatisme crânien, changent complètement de personnalité ?
Étonnant, le cerveau, n’est-ce pas ? Ce que tu crois absolument, les
idées qui emportent ton adhésion pleine et entière (dans ta tête, dans
ton cœur et dans tes tripes, ces trois niveaux sont essentiels et
indispensables) conditionnent tes expériences de la réalité. Toutes ces
idées que tu entretiens (parfois même sans t’en rendre compte tout de
suite) sur toi-même, sur les autres et sur ce monde qui t’entoure
créent les limites de cette fameuse « boîte » à l’intérieur de laquelle
ton esprit fonctionne la plupart du temps.
Lorsque la vie t’amène à sortir de la boîte, ta réponse naturelle
d’humain, c’est la transe. Une transe hypnotique d’un type
particulier, qui peut durer très longtemps, qui s’appelle un symptôme.
Parfois, la sortie de la boîte se fait brusquement sans crier gare, et le
choc, les déflagrations personnelles sont alors terribles. Une profonde
déception, un accident de la vie, peuvent constituer un profond choc
émotionnel dont les répercussions sur l’ensemble du système de
croyances sont très vastes et dévastatrices. C’est alors une nouvelle
boîte à reconstruire, car la précédente a volé en éclat.
Comme nous l’avons vu dans un précédent chapitre, il faut faire
très attention avec ton système de croyances, car les croyances
fonctionnent en harmonie les unes avec les autres. En bousculer une
seule, et c’est tout l’édifice qui peut se trouver en danger – avec
l’effet véritablement anxiogène voire même dépressif que cela
implique. Lorsque tu travailles en auto-hypnose, tu peux être
tranquille sur ce point, car nous possédons là-dessus des « sécurités »
internes véritablement exceptionnelles.
Imagine dans ton esprit la situation idéale. Mets-y un maximum de
détails si tu peux – ou pas ;-) – l’essentiel est de te sentir bien. Utilise
ton cinéma mental pour te sentir bien. Imagine que tu es bien, que
tout va bien, tout est super bien. Imagine les personnes qui t’aiment
se réjouissant pour toi de comment ça va bien ; entends-les dans ta
tête qui te disent comme elles sont contentes pour toi. Entends-les
parler entre elle, de toi, emballées de tout ce bien qui t’arrive.
Imprègne-toi de tout ça, rassasie-t-en, dans ton corps, ton cœur et ton
esprit.
Lorsque tu ressens quelque chose qui « bloque », ou qu’il te semble
que « ça n’est pas encore ça », mets-toi à l’écoute de cette partie de
toi qui réagit : elle est là pour te montrer un chemin encore meilleur,
ou une étape à valider d’abord : un point de vue à modifier, une règle
à améliorer ou transformer, et continue alors ton chemin, enjoy ;-).
Si, lorsque tu es en transe, tu te parles à toi-même, fais-le avec des
phrases courtes et simples ; emploie un vocabulaire imagé,
accessible, qui te touche particulièrement. Ne froisse pas ton esprit
rationnel en affirmant l’existence de quelque chose qui n’existe pas
encore. Concentre-toi sur le processus, partant du passé obscur et
allant vers un avenir plus clair car tout commence à se transformer
déjà…
Si tu écris sur ton cahier des « affirmations », applique les mêmes
principes et attache-toi, toujours, à te centrer sur toi-même, à
ressentir ce que ta main écrit…
Varie les plaisirs ; amuse-toi à écrire dans ton cahier à quoi
ressemble – ou pourrait ressembler, ou ressemblera peut-être, la
situation idéale. Écris une lettre à la partie de toi dont tu as
l’impression qu’elle te bloque ; dis-lui que tu ne comprends pas,
demande-lui comment tu peux l’aider… Si tu écoutes attentivement,
elle te répondra, et tu connaîtras alors, encore, le bonheur d’une
bonne surprise.
10
AUTO-HYPNOSE ET PLEINE
CONSCIENCE
Depuis un certain temps déjà les lecteurs et lectrices assidus de
psychologie et de développement personnel observent un succès
important autour d’une technique appelée la « pleine conscience ». Si
tu as déjà pratiqué la mindfullness, tu as peut-être eu le sentiment que
c’était un peu la même chose que ce que tu peux expérimenter lors de
tes séances d’auto-hypnose. Après tout, le premier exercice proposé
dans cet ouvrage est l’exercice de silence, ce qui en apparence est très
similaire à une séance de méditation.
Aussi cher lecteur, je dois te dire que tu as bien évidemment raison
– l’auto-hypnose et la méditation sont, par certains égards, très
similaires. Et en même temps, ils diffèrent sur certains aspects. Je te
propose de passer tout ça en revue, si tu veux bien.

D’ABORD, LES POINTS COMMUNS


Le premier point de rencontre entre l’auto-hypnose et la méditation
est qu’elles sont toutes deux des pratiques autonomes. Pas besoin
d’aller voir un psy tous les quatre matins pour travailler sur soi avec
ces techniques – ce qui les rend toutes deux extrêmement séduisantes.
Certes, dans un cas comme dans l’autre, l’apprentissage peut se faire
avec des professionnels, la plupart du temps psychologues ou
médecins, lors de stages plus ou moins immersifs. Puis une fois que
cet apprentissage est maîtrisé, chacun peut pratiquer où bon lui
semble, en toute autonomie.
Un autre point commun réside dans le fait que nous avons à faire
avec des pratiques de l’Esprit. L’auto-hypnose et la méditation, si
elles sont classées dans les approches dites douces ou naturelles ou
encore alternatives, sont différentes du shiatsu, de l’acupuncture ou
même de la relaxation dans la mesure où c’est dans la tête que ça se
passe d’abord. Notons d’ailleurs sur ce point que ces deux techniques
gèrent parfois le paradoxe puisque l’une et l’autre font souvent
référence au corps.
Enfin un point commun qui a son importance est que ces deux
méthodes utilisent en réalité une seule et même capacité que nous
possédons tous. La capacité à entrer en état d’hypnose, précisément
. Peut-être ce dernier point risque-t-il de déplaire aux puristes de la
pleine conscience. Toutefois bien des articles scientifiques se
penchent sur la similitude des états physiologiques expérimentés par
les pratiquants de l’auto-hypnose et de la pleine conscience. Ces
dernières années les techniques d’imagerie cérébrales ont
énormément progressé. Dans le même temps, les études portant sur
les états de conscience modifiée se sont elles aussi multipliées de
façon impressionnante. À l’arrivée, bien des recherches envisagent
que l’activation ou le développement de certaines zones de notre
cerveau sont considérablement améliorés par la pratique de la
méditation ou de l’auto-hypnose. Aussi cher lecteur, voici donc le
point de vue que je te propose : en fait, l’état d’hypnose et l’état
atteint dans certaines séances de méditation sont les mêmes. La
différence essentielle entre les deux pratiques réside dans ce que tu
feras une fois que tu seras confortablement plongé dans cet espace
particulier. Avant d’étudier ces différents chemins de pratiques à
explorer, je te propose d’apporter encore quelques utiles
précisions ;-).

AUTO-HYPNOSE ET MÉDITATION :
SEULEMENT DEUX PRATIQUES
DIFFÉRENTES ?
Depuis le début de ce chapitre nous envisageons ensemble deux
possibilités et deux états, d’une part la pratique de l’auto-hypnose,
rattachée à l’état hypnotique, et d’autre part l’état de pleine
conscience, découlant de la pratique de la méditation. Or cette
distinction n’est déjà pas très fine, et on peut facilement repérer dans
chacune de ces pratiques des sous catégories bien différentes les unes
des autres. Si l’on commence par l’hypnose, il n’est pas nécessaire de
faire dix ans d’étude pour conclure intuitivement que l’expérience
vécue par un spectateur volontaire lors d’un spectacle d’hypnose de
cabaret qui se retrouve à imiter sur scène la démarche d’un orang-
outan et celle vécue par le patient d’un praticien en hypnose
éricksonienne seront évidemment bien différentes – sans doute même
n’auront-elles rien à voir ! Et même si certains spécialistes avancent
l’idée qu’en fin de compte, bien que les effets soient en apparence
différents, au départ l’état est le même, tu conviendras que la
démarche et même les objectifs sont ici profondément différents.
De la même façon sur la méditation, il suffit de naviguer quelques
minutes sur internet pour constater qu’il existe bien des pratiques
différentes les unes des autres – avec chacune leurs conseils à propos
de la « meilleur » façon de pratiquer : combien de temps, combien de
fois par jour, dans quelle position, les yeux ouverts ou fermés, dans le
silence ou avec un mantra, etc.
Aussi semble-t-il important de faire ici un (modeste et non
exhaustif ;-) inventaire des différentes pratiques que l’on trouve sous
le (large) chapeau du terme « méditation » et de définir, si tu veux
bien, la grille de lecture dont nous nous servirons pour notre
classification .
La pratique la plus largement diffusée ces derniers temps en
occident est la méditation dite de « pleine conscience », popularisée
par les travaux de Jon Kabat Zin. Ce médecin américain pratiquait
depuis longtemps la méditation bouddhiste. Confronté dans le cadre
de son travail et de ses recherches aux souffrances de ses patients, et
connaissant pour les avoir expérimentés lui-même les bienfaits de
cette pratique, il s’est dit qu’il serait intéressant de débarrasser la
pratique classique de son aspect religieux, afin de développer une
pratique laïque de la méditation accessible au plus grand nombre.
Aussi à la fin des années 70, les premières expérimentations eurent
lieux au Massasuchets Hospital. Le principe était simple et procédait
du schéma classique en méthode expérimentale. Des patients aux
difficultés comparables étaient séparés en deux groupes de taille
équivalente. Dans le groupe dit « expérimental », les patients
pratiquaient chaque jour une séance de méditation d’une vingtaine de
minutes, ce qui n’avait pas lieu dans l’autre groupe, dit « groupe
contrôle ». Avant le début de l’étude, les patients de chaque groupe
évaluaient un certain nombre de paramètres tels que le stress,
l’anxiété ou même la douleur, à l’aide d’outils de mesure
standardisés. Au bout de douze semaines, ces paramètres étaient à
nouveau mesurés dans chacun des deux groupes. Comme tu
l’imagines sans doute cher lecteur, les résultats furent si
encourageants que ce fut le début d’une large diffusion de la
méditation dite de « pleine conscience » et aujourd’hui de plus en
plus de psychologues, de médecin et de psychiatres se forment à sa
pratique et à son instruction.
Il serait possible de parler pendant des heures de cette pratique, les
ouvrages qui l’abordent sont nombreux, et souvent de qualité. Le
principe de base de cette approche consiste à apprendre à développer
une qualité d’attention particulière à l’instant présent, en absence de
toute attente et de tout jugement. De façon pratique, tu retrouveras
cher lecteur des points communs avec ton premier exercice .
Comme toujours, le point de départ consiste à s’accorder du temps
pour ne rien faire de particulier, et s’installer dans un silence de
mouvements et de paroles.
La méditation de pleine conscience présente au moins deux
avantages. D’abord, elle est extrêmement simple à pratiquer. Comme
dirait Tich Nath Ann, moine bouddhiste célèbre pour ses nombreux
ouvrages à succès sur le sujet, « si vous respirez, alors, vous savez
méditer » . Un autre avantage notable de la méditation de pleine
conscience est qu’elle fait l’objet depuis quarante ans maintenant de
nombreuses études scientifiques, pour la plupart très encourageantes
quant à la pertinence de sa pratique dans de nombreuses prises en
charges et aux résultats observables et mesurables qu’elle engendre.
Ce dernier point est vraiment important dans la mesure où encore
aujourd’hui certains médecins intelligents ne réalisent pas à quel
point l’esprit possède de véritables capacités de guérisons. Ils
considèrent alors que tout ce qui implique une approche
psychologique n’a pas grand intérêt si ce n’est de faire « plaisir » aux
patients qui réclament ce genre de pratique. Cette lacune vient d’un
manque de connaissance assez simple à comprendre. Les recherches
sur le cerveau avancent à pas de géants, et il n’est pas toujours facile
pour un praticien de se tenir informé et de se former. Aussi les
nombreuses études sur l’efficacité de la méditation pleine conscience,
et son succès de plus en plus populaire, sont une aide précieuse pour
tous les soignants souhaitant élargir leur arsenal thérapeutique.
Notons par ailleurs qu’en plus de toutes les recherches concernant
la pratique de la méditation de pleine conscience se trouvent
également les importants travaux se rattachant à l’état de pleine
conscience. La pratique de la pleine conscience et l’état de pleine
conscience sont en effet à distinguer l’un de l’autre, et il est bon de
noter que la pratique de la mindfullness est censée aider le méditant à
se connecter plus souvent et plus rapidement à l’état de pleine
conscience.
C’est à Ellen Langer que nous devons l’initiative des travaux sur
l’état de pleine conscience. Après l’obtention de son doctorat de
psychologie sociale à Yale (prestigieuse université américaine) elle a
enseigné la psychologie à Harvard, et s’est très tôt intéressée à nos
différents modes de fonctionnement. Notamment, Ellen Langer
distingue la conscience absente et la conscience présente – qu’elle
nomme la conscience pleine, c’est-à-dire « mindfullness » dans la
langue de Shakespeare.
Le lecteur connaisseur de la psychologie sociale sait à quel point le
contexte est un excellent prédicteur de comportements – c’est lui qui,
la plupart du temps, déclenche les réactions de notre automate, pour
le meilleur comme pour le pire. Les importants travaux scientifiques
d’Ellen Langer sur le sujet montrent que la bascule d’un état de
conscience absente à un état de pleine conscience permet de sortir en
douceur de ce « pilotage automatique ».
Par exemple, lors d’une de ses recherches, elle a classé les
participants de son expérimentation en différents groupes qui
n’appréciaient pas certaines activités, comme regarder un match de
football ou une œuvre d’art. Avec ses collaborateurs, ils ont demandé
aux sujets de l’expérience de s’adonner à cette « corvée », en
respectant différentes consignes selon les groupes. À un groupe il
était juste demandé de faire ce qu’ils n’aimaient pas (regarder un
match ou une œuvre d’art), tandis que la consigne donnée au
deuxième groupe était de repérer une chose nouvelle à propos de cette
activité, trois choses nouvelles pour le troisième groupe et six choses
nouvelles pour le dernier groupe. Que pensez-vous qu’il se passa ?
Les chercheurs observèrent que plus les sujets devaient repérer des
choses nouvelles, plus ils évaluaient positivement l’activité en
question !
En réalité, nous mettons des étiquettes sur certaines catégories
(d’activités, de gens, de lieux), et ces étiquettes nous empêchent de
voir le réel. La pratique de l’état de pleine conscience permet de
retrouver un regard neuf sur le monde, et nous ouvre alors des portes
de changement extraordinaires.

LA PLEINE CONSCIENCE PEUT AIDER


À MINCIR
Dans une des nombreuses études menées par Ellen Langer et son
équipe, des femmes de chambre ont été séparées en deux groupes.
Tandis que rien de particulier n’était dit aux personnes du groupe
contrôle, il fut dit aux femmes de chambre du groupe expérimental
que leur activité professionnelle était comparable à des exercices
sportifs – par exemple, faire un lit peut s’apparenter à des exercices
pratiqués en salle de sport. Les chercheurs constatèrent alors une
perte de poids, une diminution du tour de taille, une baisse de l’indice
de masse corporelle ainsi qu’une diminution de la pression sanguine
– ce qui n’était pas le cas des personnes du groupe contrôle !
Manifestement, tout s’est passé comme si le simple changement
d’étiquette a engendré chez les femmes de chambre du groupe
expérimental un changement d’expérience, à tel point que des
conséquences physiques observables et mesurables eurent lieu1 –
étonnant non ? Une nouvelle preuve, s’il en était besoin, de la
puissance de l’esprit sur le corps.
Il semble ainsi important de noter que la pratique de la méditation,
quelle que soit sa forme, poursuit le but essentiel de se connecter à
cet état de « conscience pleine » dans la vie de tous les jours. Notons
par exemple qu’une personne s’adonnant à 20 minutes de méditation
dans un parfait silence de mouvements et de paroles, pour repartir
aussitôt sa séance terminée dans un rythme à 400 à l’heure, risquerait
de passer à coter du bénéfice de sa pratique. Il en va en fait de la
méditation comme de la grande musique – le silence qui suit la
pratique est encore de la grande musique.

BIEN DES PRATIQUES DIFFÉRENTES


Même si nous sommes restés longtemps sur la pratique de la
méditation pleine conscience, rappelons que bien d’autres formes de
méditations existent, la plupart du temps d’origine asiatique.
Souvent, contrairement à la pleine conscience, elles s’appuient sur
une croyance, sinon religieuse, du moins spirituelle. On peut noter en
premier lieu la méditation Vipassana, dont est tirée la méditation de
pleine conscience. Cette forme de méditation est pratiquée par
certains bouddhistes. Elle est censée aider le méditant à se rapprocher
de l’état d’éveil. Très dépouillée, elle n’implique ni mantras, ni
mouvements. La différence essentielle avec la méditation pleine
conscience est qu’elle passe en plus de la pratique méditative par
l’étude des textes bouddhiques, l’adhésion à une certaine philosophie
de vie et le suivi d’un enseignement délivré par des moines.
La méditation zen quant à elle a la particularité de se pratiquer la
plupart du temps les yeux ouverts, le regard fixé sur quelque chose
d’extérieur. Là encore, cette pratique passe par l’étude des textes zen,
dont les fameux koans, textes courts réputés pour leur usage du
paradoxe. L’occasion de rappeler que la pratique moderne de
l’hypnose se nourrit souvent des pratiques orientales, tant sur le plan
philosophique (comme par exemple dans le cas du regretté François
Roustang) que sur le plan physique, comme la pratique des arts
martiaux (rappelons par exemple que Steve Guiligan,
Hypnothérapeute formé par Milton Erickson, est un féru pratiquant de
l’aïkido). À l’instar de la méditation Vipassana, la méditation zen se
fait silencieusement et le pratiquant n’a pas recours à un mantra
quelconque.
La méditation transcendantale, en revanche, utilise la répétition
d’un mantra censé aider le pratiquant à entrer de plus en plus
profondément dans un état méditatif qui l’aidera à développer sa
créativité et à se reconnecter à son être essentiel. Ce sont les Beatles
qui dans les années 60 ont popularisé cette approche de la méditation
qui insiste sur la facilité. Pour Maharishi Maesh Yogi, le gourou
indien à l’origine de cette technique, la méditation consiste à
retrouver le fonctionnement naturel de l’esprit, à l’image d’une
rivière qui suit naturellement son propre courant. La simplicité de la
technique, son côté très « permissif » lui ont conféré un succès
important en occident, notamment aux États-Unis, où certaines stars
de cinéma en sont devenues d’ardents ambassadeurs (l’un des plus
connus aujourd’hui étant probablement le réalisateur de cinéma
David Lynch).
Enfin il est important de noter que les traditions spirituelles judéo-
chrétiennes ont elles aussi leurs pratiques méditatives. Chez les juifs
et les chrétiens, la méditation passe souvent par la répétition de
psaumes ou de mots jugés particulièrement forts spirituellement.
Quant à la méditation chez les musulmans, elle est incarnée par la
tradition des soufis, qui ont la particularité d’ajouter le geste à la
parole. En plus de psalmodier en groupe autour du rythme du souffle,
bien des confréries soufies pratiquent les rites des derviches
tourneurs, atteignant par le mouvement des états de conscience
transcendants.
Si l’on prend en compte en plus des deux traditions précédentes les
pratiques chamaniques d’Afrique et d’Amérique (au nord comme au
sud), tu remarqueras que la terre entière médite depuis environ …
toujours . Tu remarqueras également que toutes ces pratiques
méditatives s’appuient sur une tradition spirituelle. Loin de se
confondre avec la religion, la spiritualité (qui vient
étymologiquement de « spiritus » qui signifie esprit) recouvre les
questions que se posent nos congénères depuis toujours – et qu’ils
continuent de se poser. Il n’est pas question d’entrer ici dans une
analyse comparée des différentes traditions. Toutefois, tu noteras que
l’hypnose a ceci d’extrêmement séduisant qu’elle n’implique
précisément aucune croyance particulière – si ce n’est la croyance en
tes prodigieuses capacités – et encore, ce n’est pas obligatoire,
chacun pouvant avancer à son rythme sur le chemin de la découverte
de son vertigineux potentiel .
Ainsi l’auto-hypnose et la méditation de pleine conscience
semblent toutes deux assez proches l’une de l’autre, dans la mesure
où ce sont les deux seules pratiques qui laissent le champ des
croyances personnelles du pratiquant complètement libre – sans
aucune obligation d’adhérer à quelque doctrine ou dogme que ce soit.
Et tant que nous sommes dans le champ des croyances personnelles,
profitons-en pour rappeler les 10 principes essentiels proposés à ton
esprit critique dans cet ouvrage.
Les 10 principes essentiels :

1 TON POTENTIEL EST ILLIMITÉ

2 VOULOIR = ÉCHOUER

3 TON ESPRIT INCONSCIENT DÉCIDE DE TA DESTINÉE

4 EN CAS DE CONFLIT ENTRE VOLONTÉ

5 LA RÉALITÉ EST LE REFLET DE TES FILTRES PERCEPTIFS

EN CAS DE CONFLIT ENTRE IMAGINAIRE ET RÉALITÉ, L’IMAGINAIRE GAGNE


6
TOUJOURS

7 C’EST LA PRATIQUE DE L’IMAGINATION QUI LA REND EFFICACE

8 TON CERVEAU EST SENSIBLE À LA SUGGESTION

9 TON CERVEAU EST SENSIBLE À LA RÉPÉTITION

TES JUGEMENTS CRITIQUES ENVERS TOI-MÊME FREINENT TES PROGRÈS ET


10
TON SUCCÈS
Les pratiques de l’auto-hypnose et de la pleine conscience sont en
réalité extrêmement proches et, plus encore que cousines, on pourrait
dire qu’elles sont voisines - ou l’inverse, c’est comme tu préfères .
En fait, c’est dans la fréquence de la pratique et les attentes des
pratiquants que résident les différences les plus importantes – à tel
point que l’on pourrait inscrire ces deux pratiques aux extrémités
d’une même droite, suivant un même continuum. À gauche de cette
droite, on peut placer l’hypnose. Une personne demande de l’aide à
une autre pour obtenir un résultat précis : typiquement, un fumeur
demande à un hypnothérapeute de l’aider à arrêter de fumer. S’ils s’y
prennent bien, le soir même, c’est réglé, et la Vie reprend son court –
extra !
Puis arrive l’auto-hypnose : une personne va, de façon autonome,
pratiquer elle-même l’hypnose pour se déconditionner du tabac, ou
améliorer son sommeil. Elle aura alors recours à des séances
enregistrées ou utilisera ses propres suggestions pour obtenir le
résultat escompté. Si un jour les résultats commencent à s’estomper
(par exemple sur le sommeil, si elle dormait mieux puis qu’elle
réalise qu’elle recommence à dormir un peu moins bien) alors elle
recommencera l’opération.
En continuant comme ça vers l’autre bout de la ligne nous allons
trouver des pratiques de l’auto-hypnose au champ d’action beaucoup
plus vaste (et donc plus vague) comme améliorer le sentiment de
quiétude intérieur par la contemplation d’un lac imaginaire,
développer la flexibilité par un voyage parmi des roseaux qui plient
sous le vent, ou activer la créativité par la contemplation des trésors
abrités par la forêt équatoriale. Déjà ce genre de travail hypnotique
s’inscrit dans la durée et n’attend pas forcément de résultat
immédiatement après la première séance – c’est un travail de fond,
qui s’inscrit dans le temps. Puis, en continuant comme ça, de plus en
plus loin, nous allons finir par trouver une pratique dont le but n’est
en réalité que la pratique elle-même, et rien d’autre. Ceci n’empêche
pas la récolte de bénéfices, bien au contraire. Ainsi quelqu’un peut
pratiquer la course à pieds sans jamais faire de compétition ni sans
même se soucier de ce que serait son taux de cholestérol s’il ne
courait pas. Si l’on peut souhaiter que cette personne prenne du
plaisir à courir en réalité ce n’est peut-être pas toujours le cas – tous
les coureurs le savent – il y a des jours avec, et des jours sans ; des
entraînements extraordinaires, et des moments plus difficiles. Certes
cette pratique est devenue un plaisir essentiel, mais cela n’a pas
toujours été le cas, notamment au début. Il n’empêche que cette
personne court, elle court régulièrement, et toutes les études du
monde lui prédisent une meilleure qualité de vie (au sens large –
stress, vieillissement, maladies cardio-vasculaires, sommeil, etc)
qu’aux personnes qui ne courent pas.
Il en est de même avec la méditation de pleine conscience. Elle
consiste en une espèce de pratique « light » de l’auto-hypnose : pas
besoin de développer de savantes suggestions pour amorcer de
puissantes et rapides restructurations cognitives. L’essentiel est de
pratiquer un peu, chaque jour. Les capacités de transformations que
nous possédons au plus profond de nous-mêmes sont si puissantes et
si sages qu’elles semblent alors se mobiliser pour aller naturellement
améliorer ce qui a besoin de l’être. Certes les méditants ont souvent
recours à des images (le ciel, le soleil, les nuages, une rivière) qui
sont en fait de puissantes métaphores toutefois l’idée de la pratique
méditative est l’idée du laisser faire – juste se poser, observer, et
laisser faire, sans juger. Non seulement ça fait du bien (c’est bond de
se poser un peu chaque jour non ?) et en plus, ça fait du bien (toutes
les études le prouvent !). Alors je te souhaite cher lecteur de ne pas
t’en priver – tu as désormais toutes les clés pour cultiver avec
bonheur tes prodigieuses ressources personnelles. Si tu souhaites une
aide sonore pour t’initier en douceur à cette pratique très soft de
l’auto-hypnose qu’est la méditation (ça fait du bien) je te conseille de
télécharger zenfie sur ton smartphone, ou de visiter le site
www.zenfie.com. Tu y trouveras quelques séances gratuites pour te
faire du bien et prendre soin de toi – alors profites-en, c’est offert et
ça fait plaisir. Plein de bonnes ondes pour une belle route à la
découverte de tous tes trésors.
Take care, and Enjoy ;-)
Conclusion

Fais-toi confiance

ALORS VOILÀ ; NOUS SOMMES ARRIVÉS au terme de ce parcours – ou au


début, c’est comme tu préfères ;-). Je te souhaite d’utiliser au mieux
les principes et les expériences de cet ouvrage. Comme tu l’as vu,
l’hypnose se cache parfois là où on l’attend le moins. Et s’il est
fréquent de constater que l’on « sort » de transe, il est souvent bien
plus délicat de réaliser qu’on y entre.
C’est ce que dit souvent Alain Cayrol1 d’ailleurs : le plus dur n’est
pas de plonger le patient en état d’hypnose, mais bien de le sortir de
l’hypnose dans laquelle il évolue depuis tellement longtemps !
Nous sommes tous hypnotisés, par nos expériences passées, notre
éducation, les règles et les principes que nous nous infligeons parfois
sans jamais se les être appropriés. Et nous traversons le monde à
tâtons, hypnotisés – d’une hypnose qui amoindrit au lieu d’éveiller et
faire grandir.
Je te souhaite d’appliquer les principes de cet ouvrage, de te faire
confiance. Autorise-toi à relire ce livre, encore et encore –
suggestion, répétition. Si certains passages te conviennent mieux que
d’autres, accepte-le et ne force pas les choses. Ou vas-y en force avec
les points qui bloquent, tu as raison, parfois ça fait du bien… En fait
c’est ça, fait comme tu le sens. Parce que la personne sur cette Terre
qui sait le mieux ce qui est bon pour toi, c’est toi. Ne laisse jamais
personne te faire douter de ça.
Souviens-toi que tu abrites un potentiel illimité, qui dépasse
l’entendement. N’aie jamais de doutes là-dessus. Et si, par moment,
des doutes traversent ton esprit, laisse-les glisser comme les nuages
glissent dans le ciel, chassés par le vent du renouveau. Accueille
chaque instant avec le regard le plus neuf possible, à la fois riche des
expériences du passé et libéré des empruntes négatives, en même
temps.
Mobilise la plus grande vigilance quant à l’hypnose négative.
Souviens-toi que la peur sous toutes ses formes est un poison qui te
prive de ta source personnelle. Utilise ton imagination dans le bon
sens, et autorise-toi à rêver encore et encore, en même temps que tu
prends l’habitude de ne pas envisager uniquement le pire – souviens-
toi que l’on n’est jamais complètement à l’abri d’un coup de bol ;-).
En fait, laisse faire. Rêve avec plaisir et bonheur, accepte – autant
que faire se peut – les aléas et souviens-toi de te concentrer sur le
meilleur. Fais de ton esprit cartésien et de ton imagination les
meilleurs amis du monde – apprends-leur à s’apprécier et à se faire
confiance, tu sais bien que les contraires s’attirent, ce n’est pas par
hasard.
La terre est la réalité que tu perçois chaque jour. Si tu apprends à
ton esprit conscient et cartésien à s’accorder à ton imagination
(moteur de ton esprit inconscient), alors l’association de ces deux
faces de toi-même se fera entendre de ton génie intérieur – celui qui
exauce tous tes vœux ;-). Et tu expérimenteras alors vraiment la
magie.
Bien sûr, nous avons beaucoup étudié l’esprit dans cet ouvrage car,
on dira ce que l’on voudra, la tête, ça commande quand même
beaucoup de choses… en fait, je te propose l’idée que la tête, ça
commande tout ;-).
Toutefois, nous avons un corps également. Douloureux parfois,
estropié ou handicapé pour les moins bien lotis d’entre nous, nous
avons un corps. Et quelle que soit sa forme, sa taille, son poids, notre
corps reste un véhicule formidable – en fait, le seul que nous
recevions dès notre naissance. Nous n’en avons qu’un, et pour
toujours.
La fée technologie avance à pas de géant. Et nous pouvons
imaginer pour bientôt, dans la continuité du cyberpunk d’hier, les
futurs êtres technologiquement – et génétiquement – modifiés de
demain… Et c’est extraordinaire – disons plutôt, ça peut être
extraordinaire. Et de la même façon que l’électricité peut chauffer
une maison, faire cuire un repas ou faire passer un homme de vie à
trépas, le progrès biotechnologique peut réserver le meilleur comme
le pire – c’est nous qui avons les clés :-).
L’esprit agit sur le corps – certainement plus encore que nous ne
l’imaginons et l’expliquons pour le moment, le corps aussi agit sur
l’esprit – en fait, ça fait une boucle sans fin.
Néanmoins la distinction corps/esprit est une métaphore. En fait,
nous sommes un et indivisible – et même les savants qui travaillent
sur l’intelligence artificielle depuis toujours ont été obligés très tôt de
concevoir des robots car, d’un point de vue psychologique, parler
d’intelligence sans corps est un pur non sens.
Alors c’est bon de se souvenir que l’on a un corps. Et les occasions
ne sont pas si fréquentes où le corps se rappelle à notre bon souvenir.
En fait, il y en a quatre : la maladie (avoir mal quelque part aide hélas
à avoir conscience de ses organes), les repas, le sport et le sexe. Et
nous avons besoin de nous connecter à notre corps – c’est quelque
chose de vital. Alors si tu souhaites éviter la maladie – autant que
possible – je te laisse faire ton marché.
Car on dira ce qu’on voudra, c’est quand même plus simple d’avoir
le moral quand on a bien dormi, bien mangé et mal nulle part – en
fait, quand on est bien dans son corps – que lorsque l’on est épuisé,
que l’on n’arrive pas à manger car « rien ne passe » et qu’on souffre.
Alors si tu fais partie de ceux qui ont cette chance d’habiter un
corps à peu près d’aplomb, je t’invite à en profiter un maximum, et à
le gaver de bonne énergie. Car tout ce que l’on vient de voir ensemble
ne sert à rien si tu n’as pas l’énergie.
Qu’est-ce que l’énergie te demandes-tu peut-être ? L’énergie, c’est
d’avoir la pêche. Respirer à pleins poumons de l’air pur et frais,
gorgé d’oxygène. Ressentir ton corps, et le ressentir avec plaisir. En
fait c’est ça, l’énergie, c’est le plaisir. Le plaisir anesthésie la fatigue,
fait fondre les doutes comme neige au soleil, recharge les batteries en
permanence et fait avancer au-delà des plus grandes espérances. Vas-
y, fais-toi plaisir !-).
Bien sûr il y a le piège de la dépendance. Et du « quand je le fais »
ou « quand j’en prends », « je suis bien » à « quand je ne le fais pas »
ou « quand je n’en prends pas », « je suis pas bien », il n’y a bien
souvent qu’un pas. Toutefois, nous sommes tous dépendants de l’air
qu’on respire. Alors à tout prendre, certaines dépendances (le sport, la
musique ou la littérature) sont peut-être un peu moins dévastatrices
que d’autres (la drogue, la drogue ou la drogue ;-). Sans compter
qu’en plus, certaines drogues, et non des moins addicitives, ne
procurent absolument aucun plaisir !
L’auto-hypnose n’est pas une drogue. Pourtant, c’est drôlement bon
– c’est même délicieux. Alors disons qu’elle peut devenir une drogue,
une drogue extraordinaire, que l’on a toujours sur soi et dont l’abus
ne nuit pas à la santé – c’est même tout le contraire :-).
Alors vas-y, fais-toi plaisir et prends soin de toi – comme tu prends
soin des autres. Si tu prends soin de toi comme tu prends soin des
autres (ou l’inverse ;-), tu ne peux pas te tromper. Ou procède
différemment, comme tu le sens. Souviens-toi juste qu’il y a toujours
des solutions auxquelles tu ne penses pas car tu ne peux pas y penser :
la vie a plus d’imagination que nous. Rappelle-toi bien l’auto-
hypnose te restitue tes capacités et celles-ci dépassent ton
imagination.
Merci d’avoir partagé ce voyage. Et si tu m’autorises un clin d’œil
à nos voisins anglophones,
Take care, and enjoy :-).
Bonne route.
Bibliographie

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WOLINSKY Stephen, Trances people live, Bramble Books, 1991.

Un fusible utile et nécessaire : les auteurs d’ouvrages de


développement personnel d’Amérique du Nord font très souvent
référence à Dieu ou à la Bible. Comme ils le rappellent fréquemment,
le terme « Dieu » peut-être remplacé par n’importe quel autre terme
qui parlera au lecteur (Principe de Vie, Force, Sage Inconscient, Moi
essentiel, l’Univers…), sans prosélytisme quel qu’il soit. Tous les
livres contiennent leur vérité.
Remerciements

Je tiens en premier lieu à remercier mon ami Philippe Bazin. J’ai eu


plaisir à écrire le Petit manuel d’auto-coaching avec lui. Grâce à cette
expérience, le rêve est devenu réalité. Ses conseils bienveillants lors
de la rédaction de cet ouvrage m’ont été d’une aide extrêmement
précieuse.
Merci à mon éditeur, Hélène de Castilla pour sa confiance, sa
patience et son humour.
Merci à Marguerite-France Brun-Cottan, ma correctrice sur cet
ouvrage. Nos échanges passionnés ont toujours été de bons moments.
Merci à ma compagne Isabelle pour sa patience et son inconditionnel
soutien.
Merci aux auteurs cités dans cet ouvrage et en bibliographie. Certains
m’ont littéralement changé la vie avec leurs livres. D’autre m’ont
même fait l’honneur de m’initier à leur art, que je pratique chaque
jour avec joie.
Merci aux médecins et aux psychiatres qui me font confiance.
Merci à ceux et celles qui m’aiment et me soutiennent, chacun à sa
façon. Ça fait du bien, vraiment.
Merci à mes parents, Marie-France et Michel.
Merci à Alix, sans qui je ne serais pas là.
Enfin un grand Merci à tous mes clients et patients. Grâce à notre
travail commun, je m’émerveille chaque jour des trésors que nous
possédons tous en chacun de nous.
Pour en savoir plus
ou contacter l’auteur
www.hypnoseparis.com
1. Milton Erickson (1901-1980), hypnothérapeute américain, repopularisa l’usage de l’hypnose en psychothérapie.
Élément extrêmement influant du courant de Palo Alto, il est souvent présenté – à juste titre – comme le père des thérapies
dites brèves ainsi que de l’approche stratégique en psychothérapie. Aujourd’hui encore, le talent du « Sage de Phoenix » –
comme le désignaient ses élèves – reste une extraordinaire source de recherches, d’études et d’inspiration chez les
psychologues du monde entier.
2. Et oui, nous allons passer un peu de temps ensemble, et peut-être même allons-nous aborder des aspects très
personnels et même un peu intimes de ta vie ; alors, si tu veux bien, je te tutoierai désormais. Et si tu es une dame, autorise-
moi à te nommer « lecteur », et poursuivons notre route :-).
3. Jean Piaget (1896-1980), biologiste et psychologue (entre autres) suisse, père de la psychologie du développement.
4. Source : Hypnose, d’Olivier Lockert, IFHE éditions.
5. Vous n’avez pas oublié Pierre Desproges et sa fameuse minute sur feu FR3 : Étonnant, non ?
1. www.hypnoseparis.com/SAHQ/couleurs.htm.
2. Les lecteurs et lectrices intéressés par ce phénomène se rapporteront avec plaisir à la lecture de l’excellent Inventer la
réalité : mode d’emploi du même Philippe Bazin, chez InterEditions, 2009.
3. À moins bien sûr que tu connaisses très bien le russe, auquel cas félicitations, imagine alors la même chose en chinois
par exemple ;-).
1. « Vous pouvez dire que je suis un rêveur, mais je ne suis pas le seul. »
2. Notons au passage que l’hétéro-hypnose s’oppose bien à l’auto-hypnose, et non à une quelconque « homo-hypnose »
dont le concept resterait toutefois à inventer – pour ne pas dire à creuser ;-).
1. Voir à ce titre l’excellent Petit Manuel d’Auto-Coaching coécrit avec Philippe Bazin, chez InterEdition ;-).
2. L’hypnothérapeute Steve Guilligan fut un des plus proches élèves de Milton Erickson. Son style est aujourd’hui celui
qui « colle » le plus à celui du vieux sage de Phoenix (Arizona).
3. Steeve de Schazer a fondé le Brief Family Therapy Center de Milwaukee. C’est à l’occasion de travaux de recherche
sur Milton Erickson que ce travailleur social – par ailleurs excellent musicien (il a été saxophoniste dans l’orchestre de Duke
Ellington !) – s’est rapproché du Mental Research Institute de Palo Alto et de celui qui devint son mentor, John Weakland.
Aujourd’hui encore, il incarne l’école la plus « radicale » de l’orientation solution en psychothérapie.
1. Olivier Lockert, président fondateur de l’Institut français d’hypnose éricksonienne, est l’auteur – entre autres – de
Hypnose et L’hypnose humaniste, tous deux aux éditions IFHE.
1. Pour aller plus loin sur le sujet le lecteur curieux se reportera avec bonheur sur l’excellent « Pratiquer la plein
conscience au quotidien » d’Ellen Langer, chez InterEditions.
1. Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul ont « ramené » en France la PNL, petite fille de l’hypnose, dans les années 1980.
Couverture : Jean Doridot, Pratiquer l’auto-hypnose au quotidien,
InterEditions

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