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Le Chef du Gouvernement

Ministère Délégué auprès du Chef


du Gouvernement Chargé des Affaires
Générales et de la Gouvernance

3ème Partie :
Vision pour une politique intégrée de
protection sociale au Maroc

Avril 2016
Table des matières
Acronymes ......................................................................................................................................................... 3
1. Introduction ............................................................................................................................................ 4
2. Synthèse du Diagnostic ..................................................................................................................... 6
3. Objectifs de la vision de la politique de protection sociale au Maroc ...................15
4. Principes directeurs de la vision de la politique de protection sociale au
Maroc ..................................................................................................................................................................16
Principe Directeur 1 : Cycle de vie ...................................................................................................16
Principe Directeur 2 : Vulnérabilité, la gestion des risques et la fonction de la
protection sociale.....................................................................................................................................16
Principe Directeur 3 : Une approche systémique.....................................................................19
Principe Directeur 4 : Une approche pragmatique.................................................................20
Principes Directeur 5 : Respect pour les limites .......................................................................21
5. Les instruments de la politique de protection sociale au Maroc .............................23
6. Axes stratégiques d’un système de protection sociale renouvelé au Maroc .....27
7. La déclinaison des axes stratégiques d’un système de protection sociale
renouvelé au Maroc ....................................................................................................................................29
A. Composante 1 : Programme ciblant les enfants ................................................................29
B. Composante 2 : Programme ciblant la population économiquement active ....33
C. Composante 3 : Programme ciblant les personnes âgées ............................................35
D. Composante 4 : Couverture médicale universelle ..........................................................36
E. Composante 5 : Programme ciblant les personnes en situation de Handicap .40
F. Composante 6 : Couverture des autres risques .................................................................41
8. Les aspects de gouvernance de la protection sociale .....................................................43
9. Les étapes suivantes .........................................................................................................................48
a. Evaluation complète des programmes piliers....................................................................48
b. Analyse de l’impact des bénéfices .............................................................................................49
c. Analyse de la pauvreté monétaire et non-monétaire.....................................................49
d. Ateliers politiques ..............................................................................................................................49
e. Résumer les options techniquement valables soutenues politiquement ...........49
f. Décision A : faire le choix de 2 ou 3 scenarios ....................................................................49
g. Analyse de l’espace fiscal et de son impact ..........................................................................50
h. Décision B : choix du scénario retenu ou d’une autre combinaison
d’interventions ;.......................................................................................................................................51
i. Décision C : choix des réformes des institutions nécessaires au niveau de
l’implémentation .....................................................................................................................................51
j. Décision D : formulation d’une feuille de route pour l’implémentation des
reformes .......................................................................................................................................................51
k. Définir un plan de suivi, évaluation et révision ...............................................................51
ANNEXE A..........................................................................................................................................................52

2
Acronymes

ADS Agence du Développement Social


AMO Assurance Maladie Obligatoire
ANAM Agence Nationale de l’Assurance Maladie
ANAPEC Agence Nationale de la Promotion de l’Emploi et des Compétences
ANHI Agence Nationale de lutte contre l’Habitat Insalubre
CCT Conditional Cash Transfert (Transfert Monétaire Conditionnel)
CDE Convention des Droits de l’Enfant
CHU Centre Hospitalier Universitaire
CMR Caisse Marocaine des Retraites
CNOPS Caisse Nationale des Organismes de la Prévoyance Sociale
CNSS Caisse Nationale de la Sécurité Sociale
EN Entraide Nationale
INDH Initiative Nationale de Développement Humain
MAGG Ministre des Affaires Générales et de la Gouvernance
MEAS Ministère de l’Emploi et des Affaires Sociales
MEF Ministère de l’Economie et des Finances
MENFP Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle
MESRS Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
MHAI Ministère des Habous et des Affaires islamiques
MI Ministère de l’Intérieur
MJL Ministère de la Justice et des Libertés
MJS Ministère de la Jeunesse et des Sports
MS Ministère de la Santé
MSFFDS Ministère de la Solidarité, de la Femme de la Famille et du Développement
social
ONEE Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable
ONEP Office National de l’Eau Potable
ONOUSC Office National des œuvres universitaires sociales et culturelles
ONU Organisation des Nations Unis
RAMED Régime d’Assistance Médicale
RCAR Régime collectif d’allocation de retraite
TMH Transfert Monétaire Harmonisé
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance

3
1. Introduction

Au cours des 10 dernières années, le Maroc a beaucoup investi dans son système de
protection sociale. Désormais, le Maroc est un pays mature en matière de protection
sociale, qui lutte maintenant dans sa situation, comme d’autres pays (comme le Brésil, le
Mexique,…etc), contre les défis de la fragmentation des programmes et milite pour
l’amélioration de la gouvernance de la protection sociale.

A en juger par les différents plans de développement qui ont été formulés 1 et la
coopération autour de la formulation de la vision de protection sociale présentée ici, le
pays est intéressé et prêt à faire des progrès sur la formulation d'une approche inclusive
du système de protection sociale destiné à couvrir l'intégralité de la population d'une
manière juste, équitable et abordable. Le Maroc a fait beaucoup de progrès dans ce
domaine, mais il est estimé que le pays est capable et prêt à faire plus. Les éléments
développés au cours des dernières décennies peuvent être rationalisés et rassemblés
d’une manière plus cohérente et efficace. L'ouverture politique pour initier une
discussion sur la définition d'une feuille de route vers une organisation plus efficiente et
efficace est apparente. La discussion sur un système de protection sociale efficace et
efficient est aussi opportune car le Maroc se trouve à un carrefour important en essayant
de se hisser au rang de pays à revenu élevé caractérisé par une croissance économique
équitable.

Les idées soulevées dans le présent document sont pour la formulation d'une approche
plus intégrée de la politique de protection sociale au Maroc avec une attention
particulière aux enfants.

Le document a été élaboré après une étude approfondie des éléments du système existant
qui a produit une cartographie (un Mapping) des initiatives de protection sociale au
Maroc. La cartographie a révélé qu'il existe environ 140 différentes initiatives, chacune se
concentrant sur une partie de la population particulière ou sur un risque spécifique.

Les initiatives de protection sociale de plus en plus nombreuses et l’engagement dans leur
mise en œuvre, illustrent la volonté politique de fournir une protection sociale à tous les
citoyens du Royaume ainsi que d’évoluer vers une approche plus systématique dans la
conception et l'organisation des éléments de la protection sociale. Néanmoins, une faible
intégration dans l'élaboration des politiques (intégration au niveau politique) persiste.
Après une des décennies de mise en œuvre d'éléments significatifs d'un système de
protection sociale, il est maintenant temps de formuler une vision d'ensemble pour
développer un système avec une attention particulière portée sur la cohérence interne
entre les éléments constitutifs du système, sur la formulation claire des principaux
objectifs priorisés dans le temps, et sur la répartition des responsabilités entre les
principaux acteurs du gouvernement et les autres acteurs dans la société Marocaine. C’est
l’ambition de ce document qui expose d’abord les principales conclusions du diagnostic
de la cartographie, y compris l’identification des groupes démunis qui ne sont pas ou pas
assez couverts par les initiatives existantes (section 2). Evidemment, la deuxième section

1 Par exemple la Feuille de Route 2014-2018 en Matière de Santé

4
ne donne qu’un résumé de la cartographie2. La section 3 explore les objectifs, les principes
directeurs pour la formulation de la vision et les considérations sur les fonctions de la
protection sociale dans une société avancée comme le Maroc. Les principaux axes
stratégiques d’un système plus intégré sont présentés dans la 4ème section élaborant ainsi
les piliers d’un système intégré avec une attention spécifique aux enfants. La section 5
introduit les éléments plus pragmatiques comme le suivi et évaluation et les aspects
fiscaux et propose les étapes suivantes dans le processus de la définition d’un système de
protection sociale intégré.

2Pour obtenir plus de détails et plus d’éléments analytiques, les lecteurs sont invités à
consulter le rapport complet de la cartographie (Mapping)

5
2. Synthèse du Diagnostic

Comme mentionné, la cartographie (Mapping) des initiatives de protection sociale au


Maroc a révélé près 140 différentes initiatives chacune responsable de la protection
contre certains risques d’une partie de la population particulière. L’analyse a montré une
insuffisante clarté et parfois confuse par rapport aux critères d’éligibilité et aux
définitions des populations ciblées par programme (intégration au niveau
programmatique). Comme cela est le cas dans de nombreux pays à hauts revenus ainsi
que ceux à revenus intermédiaires, des initiatives ont été développées pour répondre aux
besoins spécifiques de certaines tranches de la population, sans prendre en compte les
effets croisés involontaires et sans prêter attention aux parties de la population qui ne
sont pas protégées par les différents éléments. Comme dans de nombreux pays, le résultat
est l'installation d'un filet social tissé très serré (si ce n’est trop), dans certains cas, tout
en laissant de grands "trous".

Les “trous”, dans le système de protection sociale, excluent de larges franges de la


population, les laissant sans protection dans certains secteurs. La cartographie des
programmes de protection sociale a identifié les jeunes enfants d’âge préscolaire, les
enfants et les femmes dans les zones rurales, les chômeurs dans le secteur formel, les
travailleurs et leurs familles dans le secteur informel, les jeunes peu ou pas qualifiés, les
adolescents et en particulier les filles, les personnes âgées n’ayant pas travaillés dans le
secteur formel, la majorité des personnes en situation de handicap et les personnes qui
s’en occupent, la majorité des femmes en situation difficile (veuves, divorcées ou
célibataires avec enfants à charge) et les migrants qui s’installent au Maroc et réfugiés
comme étant les exclus du système.

Dans le secteur de la santé par exemple, l'existence de différents régimes complique le


fonctionnement du système dans son ensemble. Le faible niveau de solidarité et de
mutualisation des risques pourrait mettre en difficulté tous les régimes notamment celui
des indépendants dont les mécanismes de recouvrement des cotisations posent des
problèmes. Les différents régimes ont différents paramètres, à savoir des paniers de soins
disparates, des taux de couverture différents, des taux de cotisation inéquitables, ainsi
que l’existence d’une population d’affiliés actifs ayant cotisé mais n’ayant pas obtenu
l’ouverture des droits (13% de la population immatriculée- Ministère de la Santé).

Un autre exemple d’intégration insuffisante au niveau des programmes est lié à la


protection sociale ciblant les enfants. Le programme Tayssir ne couvre que les enfants en
âge scolaire dans certaines communes ; les allocations familiales 3 ne couvrent que les
enfants des salariés du secteur formel (avec une taille de bénéfice différente pour le

3
Les allocations familiales sont exclusivement financées par l’employeur. Elles sont perçues par le salarié
pour l’enfant jusqu’à 12 ans si l’enfant à charge réside au Maroc, 18 ans si l’enfant est placé en
apprentissage, 21 ans si l’enfant a eu son baccalauréat, et poursuit ses études au Maroc ou à l’étranger,
et pas de limite d’âge pour l’enfant en situation de handicap ne disposant pas de revenu stable, à raison
de 6 enfants à charge au maximum. La taille du bénéfice correspond à 8.1% du traitement du
fonctionnaire pour les salariés du secteur public, et 200 dirhams par enfant pour les trois premiers enfants
et 36 dirhams pour les trois suivants pour les salariés du secteur privé.

6
secteur public et privé), tandis que l’allocation aux femmes veuves avec enfants en
situation de précarité4 et la pension alimentaire au profit de mères démunies divorcées5
ne concernent qu’une très petite partie des enfants en difficulté.. Cette fragmentation a
comme conséquence des critères d’éligibilité contraignants et une lourdeur
administrative résultant en de nombreuses erreurs d’exclusion des populations ciblées.

Sur le plan institutionnel de la cartographie, l’analyse a indiqué que la conception et la


mise en œuvre des éléments du système de protection sociale au Maroc sont gérées par
de nombreux organismes. Le système de protection sociale existant dans le pays compte
plus de 50 acteurs responsables de la gouvernance, de la mise en œuvre et/ou du
financement du régime de protection sociale. Ainsi, il y a une intégration insuffisante d'un
point de vue institutionnel (intégration au niveau institutionnel). Ce défi de
l’intégration s’illustre, par exemple, à travers la division du travail dans le secteur de la
santé: il y a une tendance à la multiplicité des régimes et leur cloisonnement (plusieurs
caisses sont en charge de la gestion de l’assurance et l’assistance médicale de base : l’AMO
est gérée par la CNOPS pour le secteur public et par la CNSS pour le secteur privé, tandis
que l’ANAM assure l’encadrement technique et la régulation de l’AMO; le RAMED est géré
par le Ministère de la Santé, le Ministère de l’Intérieur, le Ministère de l’Economie et des
Finances, et l’Agence Nationale d’Assurance Maladie (ANAM) qui se charge de
l’immatriculation des cartes et de la collecte des contributions financières des vulnérables
et la gestion des ressources du RAMED; et le régime pour les anciens résistants et anciens
membres de l’armée de libération est géré par SAHAM Assurances.

La gouvernance du système de la couverture médicale de base souffre de diverses


insuffisances, surtout l’absence d’un système de gestion et d’information intégré, et la
complexité de la gouvernance du RAMED puisque le financement, la gestion et le contrôle
ne sont pas confiés à une seule entité.6

4
Les critères d’éligibilité : (i) femmes veuves; (ii) enfants scolarisés (limité à 3 enfants scolarisés par
femme veuve) ; (iii) en situation de précarité, déterminé par la possession de la carte RAMED ; (iv)
aucune autre assistance financière y compris Tayssir, les bourses scolaires, les allocations familiales.
Lourdeur administrative : les dossiers sont traités au niveau des comités provinciaux permanents, après
par les commissions centrales permanentes, et par la caisse CNRA pour les payements. Par conséquence,
un faible taux de participation (en avril 2015, environ 6,000 demandes sur 300,000 femmes éligibles
avaient été enregistrées), et une grande partie du groupe de risque toujours non-couverte (e.g. enfants des
mères célibataires/laissées ou les enfants ne vivant pas avec leur mère; enfants au-dessous de l'âge
scolaire ; les familles avec enfants qui ne disposent pas d'une carte RAMED).
5
La pension alimentaire au profit des mères démunies divorcées et de leurs enfants est une partie du
Fonds d’entraide familiale (la pension est remboursable par le père dès que possible). Les critères
d’éligibilité et lourdeur administrative : (i) seulement les mères divorcées à la suite de la dissolution des
liens du mariage, lorsque le père est absent ou insolvable ; (ii) seulement les mères démunies, déterminé
par la possession de la carte RAMED. Par conséquence, un faible taux de participation : entre 2011 (le
démarrage de la pension alimentaire) et mai 2014, seulement 3,640 femmes divorcées démunies avaient
pu bénéficier du transfert. Pour l’année 2015, le gouvernement prévoit l’amélioration de la gestion du
Fonds à travers la simplification administrative (la simplification des pièces constitutives du dossier de
la demande de la pension alimentaire) et le renforcement de la communication auprès des populations
ciblées/concernées afin d’augmenter la couverture (Source : La loi de Finances 2015).
6
Suite à la circulaire du Chef du Gouvernement n. 13/2013 visant la réforme de la gouvernance de la
couverture médicale de base, une décision a été prise de créer un organe de gestion pour le RAMED pour
mettre fin aux irrégularités relatives à l’utilisation des crédits de la contribution des vulnérables dont
dispose l’ANAM selon l’article 25 du Décret n. 2-08-177 du 29 septembre 2008.

7
Le gouvernement est conscient des dangers de la fragmentation dans le système quand il
s’agit de la santé et d'autres secteurs. La Feuille de Route dans le domaine de la Santé est
l'un des exemples les plus clairs de cette prise de conscience quand elle affirme que " pour
réduire le recours aux paiements directs par les ménages pour les services de la santé, le
gouvernement est conscient qu’il faudrait étendre l’assurance maladie à toute la
population active et il faudrait étendre la mutualisation du risque avec l’instauration
d’une solidarité entre les différentes caisses en charge de la gestion de l’AMO et entre
l’AMO et le RAMED” (Feuille de route 2014-2018).

Un autre exemple de l’intégration insuffisante au niveau institutionnel est la multitude de


programmes à petite échelle dédiés aux personnes avec handicap, principalement à
travers l’action sociale, gérés par plusieurs institutions telles que le MSFFDS, l’EN, l’ADS,
l’INDH, le MS, et les associations responsables de la gestion des établissements d’action
sociale. Le manque de coordination institutionnelle a résulté en une couverture très basse
des personnes avec handicap, avec des disparités régionales par rapport à la disponibilité
des services, et avec des critères d’éligibilité non-coordonnés, limitant souvent l’accès aux
services aux personnes avec handicap en situation de grande précarité avec une absence
totale d’autonomie.7

Le document de cartographie a également montré une certaine faiblesse dans la clarté des
rôles et des mandats de chaque institution, et le chevauchement de programmes à petite
échelle avec des objectifs non-définis. Comme exemple, il existe une faible clarté du rôle
des institutions en charge des programmes de la petite enfance/préscolaire : les
intervenants sont le Ministère de l'Education Nationale, le Ministère de la Jeunesse et du
Sport, le Ministère des Habous et des Affaires islamiques, l’ADS, et l’EN et en l'absence de
législation sur la "petite enfance" et le "préscolaire", il n’y a pas de coordination en plus
de la couverture régionale inégale.

En outre, les groupes à risque sont souvent non-définis. Par exemple, la plupart des
programmes de l'action sociale (Intervenants principaux: l'EN, L'ADS, l'INDH) ciblent les
«personnes en grande difficulté» et les «personnes en grande précarité», mais il n'y a pas
de définition claire de ces termes. Le Fond d’entraide familiale, par exemple, définit « la
situation de précarité » et « les mères démunies» comme ceux ayant la carte RAMED.
Cependant, l’utilisation des critères d’éligibilité et le processus de sélection des
bénéficiaires de RAMED introduit un risque d’exclusion des groupes de risques
spécifiques tels que les femmes en situation difficile et les mères démunies entre autres.

7
Le Maroc a adopté une stratégie nationale sur le handicap pour la période 2009-2015, visant à mettre en
synergie les efforts de tous les acteurs, et à mettre à la disposition des fonds additionnels à travers le
Fonds de Cohésion Sociale. A ce jour, il n’existence pas d’allocations de revenu pour les personnes en
situation de handicap et leurs familles/gardiens.

8
Les groupes et les risques peu couverts par les initiatives existantes dans le domaine
de la protection sociale sont ainsi identifiés largement dans 5 catégories : (i) les
enfants et les jeunes, (ii) certains groupes de personnes en âge d’activités, (iii) une
grande partie des personnes âgée, (iv) des personnes en situation de handicap et (v)
des groupes spécifiques en situation difficile.

En plus de l’obligation constitutionnelle de la réalisation de leurs droits fondamentaux,


les enfants et les jeunes marocains sont d'une importance cruciale pour l’avenir du pays.
La partie la plus jeune de la population du Maroc est un atout important. Le
développement du capital humain sera un facteur important pour la croissance
économique dans l'avenir proche et lointain alors que la qualité du capital humain
disponible sera l'un des facteurs déterminants de la réussite économique. Les enfants qui
ont 10 ans aujourd'hui représenteront les membres de la population active de 2023; les
nouveau-nés de l'année 2014 seront les travailleurs de 2030, au moment où, si les choses
vont bien, le Maroc aura développé une économie à revenu élevé. Cela signifie que
prendre soin des enfants âgés de 10 ans, des nouveaux nés et de tous les autres enfants et
adolescents d'aujourd'hui, est primordial pour garantir que le Maroc soit préparé à un
environnement concurrentiel dans lequel les innovations technologiques devront être
construites avec des fondations solides et des compétences techniques et managériales
locales.

Le Maroc, contrairement à presque toutes les économies européennes voisines, a le grand


avantage concurrentiel de sa population jeune. Avec près de la moitié (47 pour cent) de
la population âgée de moins de 25 ans, le Maroc dispose de dividende démographique. Ce
« dividende démographique » sera un élément essentiel de sa croissance économique à
condition que le pays prenne en charge les enfants et les adolescents d’aujourd'hui. Si le
Maroc échoue, ce «dividende démographique» pourrait devenir une «malédiction
démographique».

En outre, même si la situation au Maroc est bonne et s’améliore pour une partie
importante (urbaine) des enfants et des adolescents, il y a toujours une part importante
pour qui le manque d’équité persiste et les résultats sont encore plus difficiles pour les
groupes spécifiques, y compris les enfants issus des segments les plus pauvres et ruraux
de la population où les problèmes sont souvent concentrés et combinés. Si ces inégalités
sont soutenues et accentuées sur le moyen et le long terme, elles pourraient conduire ou
favoriser une tension sociale.

Le deuxième groupe d'âge pour lequel le développement d'un système de protection


sociale viable est important est celui des personnes en âge d’être actif. Nombreux
d'entre eux se trouvent actuellement exclus du système de protection sociale, au moins
de certains éléments, si ce n’est entièrement. Cela est particulièrement vrai pour le grand
nombre de travailleurs engagés dans des activités économiques dans le secteur non
formel de l'économie. Une attention particulière devrait être accordée à l'accès aux soins
de santé et à d'autres assurances sociales pour ce groupe de personnes. Parmi les
personnes travaillant dans le secteur formel, la couverture n’est pas complète non plus ;

9
une grande partie parmi elles n’a pas de protection pendant le chômage à l’exception de
celles qui sont éligibles à l’indemnité de perte d’emploi.

Des «trous» importants dans le filet social sont aussi observés chez les personnes âgées.
Alors que leur nombre absolu reste encore modeste (9,6 pour cent de la population – pour
les 60 ans et plus), cette tranche d’âge s’agrandira au fil des années; la proportion des
personnes âgées de 60 ans et plus devrait atteindre 15,3%8 en 2030 et va augmenter
beaucoup plus rapidement par la suite en raison d'un vieillissement lent mais constant de
la population. Dans la phase actuelle de son développement, le Maroc a l’opportunité de
formuler une politique de protection sociale pour les personnes âgées à un stade où un
système solide et viable peut être développé afin d'éviter de se retrouver dans une
situation similaire à celle de la plupart des pays de l'OCDE aujourd'hui, luttant pour
trouver une réponse abordable pour une société vieillissante. Avec la connaissance
d'aujourd'hui, le Maroc peut répondre à la problématique du vieillissement en temps
opportun.

Finalement il faut mentionner trois groupes dits transversaux, particulièrement (a) la


partie importante de la population qui n’est pas suffisamment couverte par une
assurance de santé, (b) les femmes en situation précaire et démunies et (c) une
grande partie des personnes en situation de handicap.

Ainsi, les principales lacunes dans le système de protection sociale existant pourraient
être résumées dans le tableau ci-dessous :

8Selon le rapport sur le bilan des OMD’s du HCP en 2015 : Le Maroc entre Objectifs du Millénaire
pour le Développement et Objectifs de Développement Durable : les défis et les acquis.

10
Groupes Risques
Les très jeunes enfants d’âge pré Insécurité alimentaire, malnutrition/pratiques, faible
scolaire accès aux services d’éducation préscolaire, négligence
familiale et/ou abandon
Les enfants de moins de 18 ans Non couverture pour les besoins de nourriture, du
logement, de l’école, et du développent social, mariage
des mineurs
Les femmes enceintes ; La mortalité maternelle, néonatale et infantile, et la
Les mères célibataires malnutrition des femmes enceintes et des enfants;
dépenses supplémentaires liées aux coûts des soins de
santé, transportation, autres
Les adolescents (spécialement les Le décrochage scolaire, faibles perspectives d'emploi,
filles en milieu rural) faibles compétences dans la vie en général
Jeunes peu ou pas qualifiés Chômage, emplois essentiellement dans le secteur
informel peu rémunérés
Les personnes en âge de travailler, Non couverture pour la santé si exclus du RAMED, le
exerçant dans le secteur non formel chômage, l'absence de couverture de santé pour
l'emploi et les accidents et maladies professionnels
Chômeurs dans le secteur formel Manque de ressources financières pendant le chômage
pour ceux qui ne sont pas éligibles pour l’indemnité de
perte d’emploi
Les personnes âgées sans historique Manque de ressources financières
de travail dans le secteur formel Faible couverture médicale
Enfants en situation de handicap Très faible accès aux services d’éducation et de santé et
autres services de bases
Adultes en situation de handicap Chômage, manque de ressources financières, Faible
accès à la santé ;
Coûts additionnels pour les gardiens/familles qui
s’occupent des personnes en situation de handicap
Migrants qui s’installent au Maroc et Accès limité aux services d’éducation, de santé, du
réfugiés logement, du marché de travail, de la protection sociale

Ces trous dans le filet social entrainent des résultats inquiétants tels que :
o Les taux de mortalité maternelle et infantile élevés dans le milieu rural : En effet, le
taux de mortalité maternelle en 2011 était de 112 décès pour 100 000 naissances
vivantes, mais en milieu rural c’était deux fois plus élevé qu’en milieu urbain (148
contre 73 décès pour 100000 NV). La mortalité néonatale était de 19 décès pour 1.000
naissances enregistrées en 2011 (MS 2012). Le taux de mortalité infantile était de
28,8 pour mille naissances vivantes en 2011; mais la mortalité infantile reste élevée
en milieu rural avec 35,3 pour mille contre 25,3 en milieu urbain9;
o Le manque de soins postnatals adéquats entraîne une morbidité et une mortalité
infantile élevée. En 2011, la proportion des femmes ayant reçu des soins prénatals
d’un personnel qualifié était de 77.1% (92% en milieu urbain et 63% en milieu rural).
Cependant, seulement 55% des femmes ont fait au moins quatre visites des soins
prénatals qualifiés ;
o Le manque de nutrition adéquate pour les enfants dans certaines régions. Le retard
de croissance des enfants de moins de 5 ans était de 15% en 2011. L’insuffisance
pondérale en 2011 était de 3.1%, et l’émaciation était de 2.3%. Un autre type de

9 ENSPF 2011 – Ministère de la Santé

11
malnutrition qui existe au Maroc est le surpoids, qui concerne 8.8% des filles et 12.5%
des garçons de moins de cinq ans en 201110;
o Une grande tranche d’enfants n’a pas accès à l'éducation préscolaire (plus que 48%)
o Les disparités dans la réussite scolaire, au niveau primaire mais surtout au niveau du
collège
o Les disparités dans l'abandon scolaire en particulier au niveau du collège
o Des taux élevés d’analphabétisme dans certaines zones et pour certains groupes.
Selon l’ENFSF 2011, une femme rurale a 4,3 fois plus de chance d’être analphabète
qu’un homme urbain. Selon le recensement général de la population et de l’habitat de
2014, le taux d’analphabétisme des personnes de plus de 10 ans a atteint 32% (22,1%
pour les hommes et 41,9% pour les femmes) soit plus de 8.6 million d’analphabètes.
o Des taux de pauvreté élevés pour certains groupes de la population dans certaines
zones. Le taux de pauvreté absolue en zone rurale est de 8,9% contre 1,1% en milieu
urbain en 201411. Dans les zones urbaines, des poches de pauvreté persistent. En
2012 par exemple, 5,9% de la population vivait dans des bidonvilles et habitats
sommaires, caractérisés par la disponibilité de peu de services et l’insécurité. Des
inégalités au niveau des régions persistent aussi. Les régions de Doukala-Abda et de
Gharb-Chrarda-Béni Hssen ont des taux de pauvreté supérieurs à 14% tandis que
celles de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra et de Oued Ed-Dahab-Lagouira ont des
taux inférieurs à 3% (HCP 2010).
o Des taux élevés de dépenses directes de santé des usagers (« out of pocket ») qui
engendrent un risque d’accès aux services de santé. Les dépenses directes des
ménages en 2010 étaient égales à 54% des dépenses globales de la santé ;
o Des «Trous» dans la couverture de l’assurance maladie de base. Environ 40% de la
population n’est pas couverte par l’assurance médicale de base : les personnes qui
travaillent dans le secteur non-formel, les indépendants, et leurs familles, y compris
tous les enfants qui vivent avec des parents qui ne travaillent pas dans le secteur
formel, et qui ne sont pas identifiés comme pauvres ou vulnérables selon la
méthodologie établie par le RAMED. Le taux de réalisation des cartes RAMED n’est
pas égal dans toutes les régions. Par exemple, à Doukkala Abda le taux de réalisation
est de 41%, mais dans le Grand Casablanca, à Guelmim Es-semara et à Oued-dahab-
Lagouira, ce taux atteint les 100%.
o Selon l’enquête nationale sur la prévalence du handicap au Maroc 2004, un taux de
chômage élevé parmi les adultes en situation de handicap. La majorité de la
population en situation de handicap est en âge d'activité (56%) mais seulement
10,1% des personnes en situation de handicap sont des actifs occupés.
o La majorité des enfants en situation de handicap sont hors du système scolaire. Seuls
32% des enfants d’âge 4-15 ans en situation de handicap étaient scolarisés, contre
96% des enfants non handicapés. Deux enfants en situation de handicap sur trois ne
vont pas à l’école.
Les disparités dans l'ensemble des dispositifs de protection sociale sont dues au fait
que chacun des éléments de la réglementation et des dispositions ont été formulés pour

10 Idem
11Selon
les données provisoires de l’Enquête nationale sur la consommation et les dépenses des
ménages de 2014.

12
aider une catégorie spécifique de citoyens dans le Royaume. Il en résulte un système de
filet social qui est basé principalement sur les provisions et les allocations catégorielles.

Ceci est sujet à une répartition inégale entre les régions/zones, sujet à des biais d'auto-
sélection, de stigmatisation, d'exclusion des plus vulnérables (en raison de l’insuffisance
d'information, le manque de preuve ou documents nécessaires, l’insuffisance de
disponibilité du service dans la région, ou le refus de quitter l'environnement de la
maison), servant une stratégie d'atténuation de la pauvreté / privation / vulnérabilité
plutôt que comme une mesure préventive, et introduit l'autodétermination limitée et
l’autonomie décision entre les bénéficiaires. Le faible soutien du revenu en période de
risque augmente la probabilité des ménages/ individus à tomber dans la pauvreté. Pour
ceux déjà dans la pauvreté/ vulnérabilité, le faible soutien du revenu réduit la possibilité
de quitter le piège de la pauvreté; la fourniture de services sociaux peut améliorer la
situation de certains groupes à risque, mais limite l'autodétermination et l'intégration des
bénéficiaires dans la société, et est tributaire de la qualité de service et de disponibilité,
elle est sujette à des erreurs de stigmatisation et d'exclusion.

La répartition des populations entre pauvres et vulnérables dans la pratique de


l’opération de RAMED est loin des prévisions initiales
o Le plan de couverture initialement était de couvrir environ 8 millions de
personnes, dont 2.7 millions (30%) en situation de pauvreté et 5.3 (70%) millions
en situation de vulnérabilité (taux de pauvreté et vulnérabilité établis par le Haut-
Commissariat au Plan en 2007). En 2015, cependant, la population bénéficiaire
étiquetée comme « pauvre » représente 84%, et seulement 16% comme «
vulnérables ».
o Cela pose un problème financier puisque le financement du RAMED a été estimé
à 3 milliards de dirhams dont 75% à la charge de l’État, 19% à la charge des
personnes en situation de vulnérabilité qui contribuent au financement du
RAMED à raison de 120,00 dhs/ personne chaque année avec un plafond de 600
dhs/foyer, et 6% à la charge des collectivités territoriales qui contribuent
annuellement à hauteur de 40 dhs/personne en situation de pauvreté. La
répartition de la population du RAMED a compromis l’apport des contributions
des collectivités locales et celles des personnes en situation de vulnérabilité
(source : Feuille de route 2014-2018).

La condition d’une contribution par des personnes en situation de vulnérabilité pose


quelques problèmes : 47% des cartes des vulnérables restent non retirées. Une des
raisons peut être le sentiment d’injustice du paiement, et/ou l’attente d’une maladie pour
récupérer la carte.

Le taux de réalisation des cartes RAMED n’est pas égal dans toutes les régions. Par
exemple, en Doukkala Abda le taux de réalisation est de 41%, mais en Grand Casablanca,
Guelmim Es-semara et Oued-dahab-Lagouira c’est plus de 100%. Il y a une difficulté à
contrôler la double affiliation des ayants droits en l’absence de la carte nationale
d’identité électronique pour les moins de 18 ans.

13
Malgré le grand succès relatif du RAMED, presque 40 pour cent de la population est laissée
sans aucune couverture d'assurance pour les soins de santé de base dans le cadre des
arrangements actuels. Des plans ont été faits pour étendre la couverture de l'AMO, mais
la mise en œuvre de ces plans est lente et pénible laissant environ 40% de la population
marocaine sans assurance de santé adéquate.
Résumé des limites du système de protection sociale au Maroc

Le Royaume du Maroc a beaucoup investi dans son système de protection sociale ces dix dernières
années. Malgré des progrès très importants, le système actuel souffre de plusieurs limitations, qui
entravent l’efficacité et l’efficience du système.

Les risques peu ou pas couverts. Il existe beaucoup de programme de protection sociale, tant
contributifs que non contributifs. Peu de risque reste donc non couverts du tout. Le problème se
pose plus en termes de couverture de la population, qui reste insuffisante, notamment en zone
rurale, et pour certains groupes de risque tels que les travailleurs du secteur informel et leurs
familles, les jeunes, les filles et les femmes en situation difficile et les personnes en situation de
handicap. Quant à la couverture médicale, le Royaume a fait de gros progrès, mais une large partie
de la population, notamment ceux du secteur informel et leurs familles sont exclus des deux
principaux régimes en place, à savoir l’AMO et le RAMED.

La fragmentation des initiatives. Le système de protection sociale est composé d’une multitude
d’initiatives développées pour répondre à des besoins spécifiques pour certaines parties de la
population. Cela résulte en des «trous » dans le système de protection sociale, et donc à l’exclusion
d’une partie importante de ceux qui ont besoin de protection. Une meilleure intégration de ces
initiatives a le potentiel non seulement d’améliorer la couverture de la protection sociale, mais aussi
de réduire les couts de fonctionnements de ces programmes.

La multiplicité des intervenants. Une multitude d’organismes sont impliqués dans la conception
et la mise en œuvre des éléments du système de protection sociale, et ceci dans tous les secteurs
(santé, éducation, sécurité sociale, action sociale). La faiblesse de la coordination entre ces
intervenants et le déficit de clarté dans les rôles et les mandats de chaque institution a comme
conséquence d’un côté le chevauchement de programmes à petite échelle, avec très souvent des
objectifs non-définis, et de l’autre l’exclusion d’une part importante des potentiels bénéficiaires.

Le manque de système de ciblage commun. Les programmes de protection sociale ne disposent


pas d’un système de ciblage unique. Chaque initiative a des critères de ciblage propre à elle, et bien
souvent les groupes de risque sont non ou peu définis. Cela augmente le risque d’exclusion de
certains groupes de risque. Le ciblage est primordial dans un contexte de contrainte budgétaire
mais aussi pour des raisons d’équité. En effet, un meilleur ciblage permettrait de concentrer les
ressources sur ceux qui en ont le plus besoin et de maximiser ainsi l’impact de ce programme sur la
réduction de la vulnérabilité et de la pauvreté.

La faiblesse des systèmes de suivi et évaluation. A l’exception de quelques programmes, peu


d’information existe pour identifier les bénéficiaires des programmes. De même, les informations
concernant les dépenses réelles ne sont pas toujours disponibles, et les évaluations d’impact ne sont
pas systématiques.

14
3. Objectifs de la vision de la politique de protection sociale au
Maroc

L’objectif général de la politique de la protection sociale est de :

«Bâtir progressivement un système de protection sociale qui protège tous


les citoyens et résidents du Royaume en général et les groupes vulnérables
en particulier contre les risques sociaux ».

L’ambition de couvrir 100 % de la population du Maroc à long terme ne voudrait pas dire
que toute la population recevrait un bénéfice quelconque à un certain moment dans
l’avenir:

L’objectif à long terme est d’assurer que la grande majorité de la population soit
couverte par une « sécurité », qu’elle soit :

 Sociale et contributive dans certains cas ; ou


 Sociale et non-contributive dans d’autres cas.

Les notions de risque, de vulnérabilité, et de capacité sous-tendent l’idée de protection


sociale. La vulnérabilité est définie comme un degré élevé d’exposition de la personne aux
risques de perdre ou de ne pas atteindre une situation de bien-être en combinaison avec
une capacité réduite de se protéger et de se défendre des adversités. Ces risques peuvent
être des chocs covariants affectant toute la communauté ou le pays tels que des chocs
climatiques, des crises alimentaires ou des crises économiques.

Les risques peuvent être aussi des chocs idiosyncratiques au niveau de l’individu ou du
ménage, liés à des périodes spécifiques de la vie de la personne, à des évènements
spécifiques à la vie de la personne, ou au problème de moyens de subsistance.

15
4. Principes directeurs de la vision de la politique de protection
sociale au Maroc

La définition et l’élaboration d’une vision sur la réforme des initiatives de protection


sociale au Maroc ne peuvent être considérées que dans le contexte des grands principes
directeurs qui pourraient guider les choix à proposer. Cinq principes directeurs sont à
prendre en compte :
o L’ensemble de la politique de protection sociale devrait s’inscrire dans les
expériences des risques de la population selon le cycle de vie ;
o L’ensemble de la politique de protection sociale devrait s’inscrire dans la gestion
de ces risques et les instruments qui sont disponibles pour la population ;
o L’intégration des initiatives de la protection sociale devrait adopter une approche
systémique ;
o L’intégration des initiatives de la protection sociale ne serait possible qu’en
adoptant une approche pragmatique, tout en respectant les limites de la
protection sociale et les contraintes économiques, sociales et politiques ;
o L’intégration des initiatives de la protection sociale devrait être orientée vers les
droits fondamentaux.

Principe Directeur 1 : Cycle de vie

Les risques au niveau du ménage varient en fonction du cycle de vie : Les individus sont
plus ou moins exposés aux risques en fonction des étapes successives du cycle de vie,
pendant lesquelles les risques auxquels ils sont confrontés changent en intensité et en
nature. L’approche basée sur le cycle de vie permet de montrer la nécessité d’intervenir
de façon holistique dans toutes les phases du cycle de vie pour une amélioration durable
de la situation des populations pauvres et vulnérables.

Principe Directeur 2 : Vulnérabilité, la gestion des risques et la fonction de la


protection sociale.

La capacité d’un individu de gérer les risques dépend de son stock de capacités
disponibles pour résister aux chocs. Ce stock de capacités est à son tour défini par des
facteurs de caractéristiques personnelles mais aussi par les facteurs de son entourage. La
capacité de réaliser les ajustements nécessaires pour protéger le bien-être d’une
personne en cas de choc est définie par le niveau de bien-être déjà atteint avant que le
choc n’arrive, mais aussi du bien-être de sa famille, de ses amis et de sa communauté, et
de l’accès de la personne aux marchés (du travail, financier, de production). Les
mécanismes du « pentagone du bien-être » (comme élaborés dans l ‘annexe) sont
cruciaux dans la définition de la vulnérabilité des personnes : les personnes vulnérables
aux chocs sont des individus qui manquent de capacités pour réagir adéquatement aux
chocs soit parce qu’ils ont des caractéristiques personnelles qui réduisent leur capacité à
réagir (parce qu’ils sont enfants, jeunes, malades, handicapés, en situation difficile et
précaire, ou parce qu’ils n’ont pas accès aux marchés), soit parce qu’ils ont un entourage
faible comme eux-mêmes n’ayant pas les moyens financiers ni d’accès aux marchés, soit
parce que les deux situations existent en même temps. A cause de ces mécanismes, les

16
parties pauvres et démunies de la population sont les plus vulnérables, c’est-à-dire
qu’elles manquent de capacités pour gérer les risques.

En plus, certains facteurs de vulnérabilité contribuent aussi à amplifier les risques


liés au cycle de vie : c’est-à-dire, ceux qui sont les plus vulnérables sont plus souvent
exposés aux risques. Parmi les facteurs qui amplifient les risques pour les individus
vulnérables se trouvent la pauvreté, le lieu de résidence, le facteur genre, le niveau en capital
humain et le handicap.

En effet, les ménages pauvres ainsi que ceux résidents en milieu rural sont plus
vulnérables aux différents risques sociaux du fait de leur accès limité aux services de
bases, tels que les services de santé, l’assainissement et l’éducation, d’où des risques de
malnutrition, de mortalité et de morbidité, et de non scolarisation plus accrus comparé
aux catégories les plus aisées. En plus des services sociaux de base, les ménages ruraux
tendent à avoir moins accès aux infrastructures de base (routes, électricité, eau potable,
etc., …) ce qui contribue à les isoler d’avantage et à limiter leur développement.

Quant aux femmes et aux filles, du fait de la division traditionnelle du travail et des
discriminations dont elles font l’objet, elles se trouvent être dans une situation
désavantageuse par rapport aux hommes et garçons, ce qui les rend plus vulnérables face
à un certain nombre de discriminations, dans l’éducation, la santé et l’emploi par exemple.
Le manque de capital humain, exprimé par le manque d’instruction, le faible niveau
d’éducation, ou autres capacités accumulées par une personne, est une source de
vulnérabilité car il la rend moins capable d’éviter, d’atténuer ou de s’adapter aux
différents risques, qu’ils soient de nature économique, sanitaire ou socioculturelle. Quant
aux personnes vivant avec un handicap, elles sont parmi les groupes les plus vulnérables
du fait de discriminations à leur égard, limitant leur accès à l’éducation, aux services de
santé, aux opportunités d’emploi ainsi que leur participation dans la vie sociale et
culturelle.
Finalement, il faut remarquer que la grande majorité des gens dans une société est
exposée aux risques multiples dans la vie. Même transitoires, certaines périodes de
malchance peuvent avoir des conséquences dévastatrices pour presque tout le monde.
Dans cette optique, la protection sociale a pour but de protéger toute la population, non
seulement parce que la malchance pourrait atteindre tout le monde, mais aussi parce que
la protection sociale n’a pas seulement pour simple fonction de garantir la survie dans des
situations adverses, mais surtout aussi parce que la protection sociale contribue à la
prévention des stratégies de gestion des risques néfastes.

Pour résumer :
o Les individus ont des ressources privées pour gérer les risques (comme expliqué
dans l’annexe);
o Les personnes et les ménages ayant moins de ressources sont plus vulnérables et
plus souvent exposés aux risques (comme expliqué au-dessus) ;
o Il existe des risques qui sont difficiles à gérer même pour les personnes avec des
ressources adéquates (également expliqué au-dessus).

17
La protection sociale est conçue pour améliorer la gestion des risques dans une
société par des interventions publiques; dans ce contexte la protection sociale est définie
comme l'ensemble des interventions publiques, contributives et non contributives,
visant à prévenir, réduire et éliminer les vulnérabilités économiques et sociales
liées à la pauvreté et à la privation.

L’essentiel de la gestion des risques n’est pas seulement la survie immédiate des
individus touchés par la malchance, elle garantit aussi et surtout que toutes les mesures
prises contribuent à la prévention de la vulnérabilité et à la transformation des
mécanismes qui maintiennent les pauvres et les vulnérables dans leurs état de pauvreté
et vulnérabilité. Ainsi les individus et les ménages vulnérables devraient avoir accès à des
capacités plus élevées afin de les promouvoir et de les maintenir hors de la
vulnérabilité. En révisant l’ensemble des nombreuses initiatives de la protection sociale
au Maroc et en les intégrant dans un système plus performant, on devrait garder et
améliorer ces fonctions principales de la protection sociale.

Les mesures de survie offrent une protection sociale aux groupes vulnérables qui ont
pour but de leur garantir un niveau de vie minimum acceptable. Les mesures de
prévention cherchent à éviter aux personnes vulnérables de tomber dans la pauvreté
suite à des stratégies de gestion de risque néfastes, telles que la vente de bétail ou autre
capital productif. Elles servent aussi à briser le cercle vicieux de la pauvreté. Les mesures
de promotion visent à accroitre les revenus réels et les capacités des ménages. Les
mesures de transformation visent à modifier les systèmes d’inégalité qui maintiennent
les pauvres dans leur état de pauvreté. Dans le cas particulier des enfants, “la survie” n’est
jamais suffisante. Ils doivent avoir l’opportunité de se développer à travers notamment
l’éducation et la santé. Pour cela, la protection sociale se doit d’être sensible aux enfants
« by design », et donc d’être au moins préventive mais d’avantage promotionnelle et
transformative.

Dans le contexte d’une vision pour la protection sociale au Maroc, il est important
d’accentuer la fonction préventive de la protection sociale. S’orienter vers des
programmes de protection sociale plus préventifs et inclusifs est nécessaire pour aider
les familles/individus qui ont des dépenses supplémentaires prévisibles (par exemple, la
grossesse, les enfants, les mères célibataires ou divorcées, les personnes ayant un
handicap dans une famille, les personnes âgées), par un soutien financier (en plus de
«l'action sociale» tels que les établissements de protection sociale, des orphelinats, des
institutions pour les personnes ayant un handicap). Cela permettrait de réduire la
stigmatisation et la sélection automatique, de réduire la répartition inégale entre les
régions et les zones de résidence, d’augmenter la couverture, et de passer le pouvoir de
décision aux bénéficiaires et d’augmenter ainsi l'autodétermination des bénéficiaires.
Des mesures préventives peuvent aider à garder les gens sur le marché du travail à
travers les programmes de formation par exemple, et aider les ménages à éviter de
tomber dans la pauvreté, ce qui rend rentable sur le long terme en raison de
l'augmentation de l’assiette fiscale et une plus grande productivité. La sécurité sociale
joue un rôle important dans la prévention des risques à travers les allocations familiales
pour les enfants dont les parents sont dans le secteur formel, les retraites, les indemnités
de maternité, etc. Sa couverture reste cependant limitée par définition. Des mesures non

18
contributives s’adressant aux individus/ménages n’étant pas dans le secteur formel, telles
que les pensions sociales pour les personnes âgées, ou encore la gratuité (universelle) des
services de santé et d’éducation jouent un rôle important dans la prévention des risques
et donc dans la réduction de la pauvreté.

Principe Directeur 3 : Une approche systémique

La revue des instruments de la protection sociale suggère que nous avons un instrument
singulier pour chaque but à atteindre et que chaque problème pourrait être battu par un
simple instrument. Ce n’est pas le cas dans la protection sociale : l’accès aux services de la
santé par exemple pourrait être garanti par un système d’assurance maladie ; mais des
transferts monétaires aux bénéficiaires ou aux fournisseurs pourraient également être
utilisés ; même la garantie d’accès par un système d’organisation des services gratuits
(comme au Canada ou au Royaume-Uni) pourrait être utilisée. En effet, la plupart des
provisions pourraient être organisée de manière très variée.

Une approche systémique concevrait les instruments de la protection sociale dans leur
totalité plutôt qu’en isolation. Il n’y a pas de relation unique entre un risque et un
instrument ; un simple risque peut être adressé par plusieurs instruments (dans ce cas
les instruments sont des substituts), plusieurs instruments pourraient être utilisés
simultanément pour adresser un risque simple (les instruments sont complémentaires)
et un simple instrument pourrait adresser plusieurs risques en même temps.
Formuler une politique de la protection sociale représente bien plus que la décision des
instruments, qu’ils soient reformés, installés ou supprimés ; c’est d’abord prendre des
décisions :
o Sur les priorités à reconnaitre (basé sur une analyse empirique)
o Et l’ensemble des instruments qui sont le plus efficace pour réaliser les objectifs
dans le temps.

L’approche systémique concentre aussi l‘attention sur le fait qu’il y a nécessairement des
complémentarités inévitables entre des instruments de la politique de protection sociale
et des réalisations dans d’autres domaines de la politique sociale et économique,
notamment les services sociaux de base ; un bénéfice pour stimuler les parents d’envoyer
les adolescents à l’école secondaire n’a guère de sens s’il n’y a pas d’école secondaire d’une
qualité minimale. La politique de protection sociale fait partie d’un ensemble
d’interventions sociales.

La complémentarité de et la substitution entre les instruments de la protection sociale


sont illustrés dans le tableau 1.

19
Tableau 1: Illustration des liens entre les risques et les instruments principaux de
la protection
Types d’Instrument
Transferts
aux Formation Accès Provision
Risque Mutualisation Subvention
Epargne Bénéficiaires Capital aux des biens
des risques salariale
ou Humain services et crédits
fournisseurs
Malnutrition
petite X X X X
enfance
Chômage X X X X X X X
Invalidité X X X X X X X
Mort X X X
Vieillesse X X X X X X
Maladie X X X (X) X
Pauvreté X X X X X X
Source: adapté de D. Robalino et al, Banque Mondiale, (2012).

L’approche systémique garantit aussi que la formulation de la politique de la protection


sociale fasse attention à éviter des chevauchements non-fonctionnels et/ou non-
intentionnels dans les groupes ciblés ou les bénéfices prévus. Encore plus important,
l’approche systémique focalise l’analyse et la conception des interventions nouvelles sur
les groupes les plus démunis et les personnes les plus vulnérables.

Principe Directeur 4 : Une approche pragmatique

La formulation d'une vision d'un système de protection sociale intégrée au Maroc devrait
utiliser une approche pragmatique qui tient compte des éléments ci-dessous :
a. Formuler les termes finaux de la réforme et un agenda judicieux (voir section 6) de
leur réalisation: les systèmes de protection sociale sont des opérations complexes
qui prennent du temps à être mis en œuvre;
b. Simplifier les programmes existants et leurs paramètres de mise en œuvre:
simplifier les moyens; réduire leur nombre, rationnaliser les programmes
similaires et simplifier les procédures de demande pour les citoyens et les
procédures de mise en œuvre pour les autorités responsables;
c. Utiliser des initiatives administratives déjà existantes ou en train d’être introduites
comme le registre social unique12 et installer un système qui évite aux citoyens de
fournir la même information aux pouvoirs publics plus d'une fois; faire une mise
à jour des données de l’utilisateur/citoyen si possible automatique et régulière;
d. Conserver et utiliser les parties du système qui fonctionne relativement bien, tout
en essayant d'estomper les programmes moins efficaces ou moins efficients dans
un espace de temps convenu;

12Le registre social unique, en cours de mise en place au Maroc, peut devenir, à moyen et long
termes, la base de tous le système de ciblage des programmes de la protection social au Maroc de
façon harmonisée.

20
e. Concevoir de nouveaux programmes, si nécessaire, mais en essayant de soit les
rattacher aux cadres déjà existants ou de les rendre multisectoriels pour réaliser
plusieurs interventions dans des secteurs distincts en même temps, afin de
réduire les coûts de mise en œuvre;
f. Recenser les effets contradictoires possibles entre les programmes et la réflexion
sur les éventuelles conséquences imprévues en interne (au sein des programmes)
et en externe (entre les programmes et les autres parties de la loi);
g. Corriger les bugs existants dans l'exécution des programmes (voir le « Mapping »
pour des exemples);
h. Être aussi transparent que possible pour les utilisateurs (citoyens) et
l'administration.

Principes Directeur 5 : Respect pour les limites

Dans la formulation d’une vision de la protection sociale, il serait important de respecter


des limites. L’ensemble des instruments de la protection sociale est une boîte à outils très
puissante, mais la protection sociale ne peut pas résoudre tous les problèmes sociaux. Par
exemple, même s’il y a une assurance maladie parfaitement fonctionnelle, s’il n’y a pas de
médecins ou d’hôpitaux, l’accès aux services de santé sera faible; de même si Tayssir
fonctionne parfaitement, mais s’il n’y a pas d’écoles ou d’enseignants ou si la qualité des
programmes n’est pas bonne, le bénéfice Tayssir ne va pas aider à garantir un niveau de
capital humain élevé. Il n’y a pas donc de démarcation ferme possible, mais pour chaque
partie de la vision, il serait important de réfléchir à la question suivante : la protection
sociale sera-t-elle l’instrument le plus efficace et le plus pertinent ? De plus, il faut
activement explorer la manière dont les différents types d’instruments sont
complémentaires ou substituables entre eux mais aussi entre la protection sociale et les
autres prévisions qui ne sont pas nécessairement reconnues tout le temps comme faisant
partie de la protection sociale.

Au cours d’une discussion concernant la réforme de la protection sociale il y a


évidemment des contraintes à respecter. Elles pourraient être de nature économique ou
politique ; parmi ces contraintes la plus importante est sans doute la contrainte fiscale :
l’espace fiscal, qu’il soit disponible ou créé afin de financer l’ensemble des interventions
ou leurs déploiements dans le temps, ne peut pas être ignoré.

Principe Directeur 5 : Une orientation vers les droits fondamentaux

A ce stade de maturité, le système de filets sociaux au Maroc est maintenant prêt à passer
progressivement à un système dans lequel la définition des droits fondamentaux pour
tous les citoyens et résidents constitue la base pour l'organisation et l'expansion du
système. Sans chercher à être complet, les droits sociaux fondamentaux des citoyens
souvent déjà garantis par des lois ou des conventions pourraient être résumés comme
suit:

 Le droit des enfants à grandir et à se développer d'une façon saine;


 Le droit des enfants à être éduqués à la hauteur de leurs capacités et préférences
personnelles;

21
 Le droit d'accès pour tous aux services de santé de base à un tarif abordable;
 Le droit des travailleurs à être protégés contre les fluctuations de situations d’emploi
et contre les risques professionnels;
 Le droit des travailleurs à des conditions de travail «décentes» (y compris les
salaires);
 Le droit des personnes âgées à un niveau de vie minimum.

La plupart de ces droits peuvent être trouvés comme principes de base énoncés dans la
CDE (Convention des droits de l'enfant) pour les enfants (ratifiée par le Maroc) et dans
l'initiative pour le socle de protection sociale largement supporté par l’ONU. Évidemment,
aucun de ces droits ne peut être réalisé par les instruments de protection sociale à
proprement parlé tout comme la mise en œuvre de ces droits fondamentaux ne peut se
faire en une fois. Une approche sélective et progressive de la réalisation de ces droits
devrait être adoptée en tenant compte de ce que le pays a déjà réalisé avec succès.

22
5. Les instruments de la politique de protection sociale au
Maroc

Comme élaboré en détail dans le document de la cartographie de la protection sociale au


Maroc (le « mapping »), la protection sociale au Maroc dispose de différents instruments
soit contributifs tels que la sécurité sociale liée à l’emploi et l’assurance santé (dans
certain cas) ou non-contributifs tels que les transferts sociaux, en espèces ou en nature,
octroyés aux bénéficiaires sans contrepartie de leur part. Les instruments de la protection
sociale peuvent être classés en trois catégories : l’assurance sociale, l’assistance sociale
composée des transferts sociaux et des services d’action sociale, et la législation
protectrice.
 L’assurance sociale est la branche contributive de la protection sociale. Elle se fonde
sur la notion de mutualisation des risques, et est souvent associée à l’emploi dans le
secteur formel. Souvent l’assurance sociale couvre les risques de perte de revenus : la
garantie de ressources ainsi offerte aide les individus concernés et leurs familles à
lisser leur consommation et, en cas de choc plus grave, ces programmes empêchent la
population couverte de sombrer dans la pauvreté.

Les programmes dans cette catégorie au Maroc incluent (voir document « Mapping –
cartographie » pour les détails) :
Prestations familiales

Prestations court terme (maladie, maternité, allocation décès a la famille)

Prestation court terme : Indemnité de Perte d’Emploi

Pension de retraite

Pension d’invalidité

Pension de survivant

Régime des accidents du travail et des maladies professionnelles

Assurance médicale de base AMO - Assurance Maladie Obligatoire

Régime d'assurance médicale de base AMO - Assurance Maladie Obligatoire dédié aux étudiants

Régime d'assurance médicale de base dédié aux Anciens Résistants et Anciens membres de l’Armée de
Libération
 L’assistance sociale, la branche non contributive de la protection sociale, est
composée des transferts sociaux et des services d’action sociale.

o Les transferts sociaux sont des transferts réguliers, prévisibles qui peuvent être
en espèces (pensions sociales, subventions d’invalidité, allocations pour les
enfants, assistance sociale pour les pauvres,…), en nature (alimentation scolaire,
sacs et fournitures scolaires, sacs alimentaires, suppléments vitaminiques, …),
sous forme de bons et coupons, de subvention de prix (essence, nourriture,
énergie), de gratuité (scolaire, santé, transport, électricité, …), et d’avantages
fiscaux. Les travaux à haute intensité de main d’œuvre sont aussi des transferts
mais ceux-ci conditionnés par le travail. Les travaux HIMO, comme instrument de
protection sociale, visent, par la création d’emplois, à réduire la vulnérabilité des
ménages pauvres ayant une capacité de travail sous-employée, tout en investissant

23
dans la création et l’entretien d’actifs économiques et sociaux qui eux aussi
bénéficient aux plus pauvres mais à plus long terme.

Les programmes dans cette catégorie au Maroc incluent (voir document « Mapping –
cartographie » pour les détails) :
Tayssir

Octroi de Bourses

Aide directe aux veuves en situation de précarité avec enfants à charge

Fond d’entraide familiale

Allocation forfaitaire et pension d’invalidité pour les anciens combattants et anciens membres de
l’Armée de Libération

1 Million de cartables

Internats

Cantines scolaire

Subventions du sucre et du gaz butane

Transport scolaire

« écoles de la deuxième chance » - éducation informelle

AGR de l’INDH

AGR de l’ADS

Idmaj

Taehil

Moukawalati

Maroc Moubadarates

Travaux publics à HIMO

Formation initiale, formation continue, formation au profit des personnes à besoins spécifiques

Programme villes sans bidonville

PAGER

PERG

Programme National de Routes Rurales

RAMED – Régime d'assistance médicale au profit de la population démunie en situation de pauvreté et


vulnérabilité

Programme pour la santé de la mère et de l’enfant - Programme de la grossesse et de l’accouchement

Programme National d'Immunisation

Programme National de la Nutrition

Programme de Santé Scolaire

Programme de Santé Universitaire

Remboursement et subvention (baisse des prix ou la gratuité) des couts des médicaments

Unités Médicales mobiles

Caravanes médicales spécialisées

Dar Al Oumouma - Salles et maisons d'accouchement : accès aux soins de santé 3-7 jours qui précèdent
l’accouchement, et ambulance pour porter à l'hôpital

Gratuité des médicaments pour traitement antirétroviral

24
o Les services d’action sociale en faveur de groupes vulnérables spécifiques. De
tels services « non monétaires » font face aux risques essentiellement de caractère
social ou culturel tels que la violence domestique ou l’excision, et quelques fois
économiques comme dans le cas de la traite et du travail des enfants. Les services
d’action sociale peuvent être sous forme de campagne de sensibilisation, d’actions
d’écoute et d’appui psychologique, ou encore de programmes de soutien aux
familles.

Les programmes dans cette catégorie au Maroc incluent (voir document


« Mapping – cartographie » pour les détails) :

Internats
Etablissements médico-sociaux :
- Espaces Santé-Jeunes ;
- Centres de rééducation physique, d’orthoptie et d’orthophonie ;
- Centres d’appareillage orthopédique ;
- Centres médico-universitaires

Etablissements de protection sociale pour personnes en situation difficile; Centres multifonctionnels (enfants en situation
difficile; femmes et enfants victimes de violence; la prise en charge des personnes âgées)

Etablissements de Protection Sociale (EPS) pour les enfants, Maisons d'enfants, Dar Attalib (maisons de l’étudiant) et Dar
Attaliba (maisons de l’étudiante) : Hébergement, accueil, et programme d'appui et de renforcement des capacités scolaires
et sociales)

Kafala: maisons de prise en charge des enfants abandonnés

Centres de Sauvegarde de l'Enfance (hébergement et accueil des enfants de l’âge 12-17 ayant commis des délits ou des
infractions pénales)

Programme de promotion des services de médiation familiale (gestion des conflits familiaux afin d’alléger la charge
pesante sur les parties en conflit et sur les sections de justice de famille)

Etablissements de protection sociale pour personnes avec handicap

Centres pour Personnes Handicapés

Coopératives et Associations des Handicapés (Aide alimentaire)

Programme d'appui à l'inclusion des personnes en situation de handicap (bourses pour études)

Centres pour Personnes âgées; Mise à niveau et qualification des établissements de protection sociale des personnes âgées

Centres de gériatrie des personnes âgées malades/fragiles et personnes âgées nécessiteuses des prothèses auditives et des
lunettes

Formation des ressources humaines des établissements des personnes âgées

Campagne nationale de sensibilisation au profit des personnes âgées 2013 et 2014: "personnes âgées trésor dans tout
foyer"

Appel pour la protection des personnes âgées hiver 2014

La lutte contre la violence contre les femmes et les enfants : Centres d’accueil, protection, sensibilisation

Lutte contre la violence à l’égard des femmes et des enfants : la prise en charge intégrée et gratuité médicale,
psychologique, sociale et médico-légale dans les établissements publics de santé

Empowerment social et économique des femmes: foyers féminins pour renforcer les capacités des jeunes filles et femmes
en vue de faciliter leur insertion économique

Programme Dar Al Mouwaten: Empowerment social et économique des femmes (l’écoute, conseil et orientation,
l’éducation et sensibilisation, encadrement et animation)

Accompagnement et réinsertion

Alphabétisation et entreprenariat pour les femmes

Formation des éducateurs en établissements préscolaire

25
 La législation protectrice vise à protéger les personnes contre les risques sociaux
tels que la discrimination et la maltraitance. Il s’agit, entre autres, du cadre juridique
et des dispositifs législatifs et réglementaires contre la discrimination et les abus, de
même que des mesures de discrimination positive en vue de redresser des cas
d’injustice sociale (par exemple des systèmes de quota pour des personnes sous-
représentées dans l’emploi). La législation du travail, avec notamment l’instauration
d’un salaire minimum, fait également partie de la législation protectrice. La difficulté
ici n’est pas tant la mise en place d’un cadre juridique, mais plutôt la capacité du pays
d’assurer la mise en œuvre de ces dispositions.

26
6. Axes stratégiques d’un système de protection sociale
renouvelé au Maroc

La deuxième section a identifié les groupes actuellement exclus, entièrement ou


partiellement, des interventions de la protection sociale au Maroc. En réfléchissant sur
une réforme du système, le premier réflexe pourrait être de conceptualiser des
changements dans le système qui pourraient adresser d’abord et en priorité ces lacunes
dans la législation et la pratique d’aujourd’hui. Pourtant, l’appel de cette vision est de
s’abstenir d’un élargissement des interventions actuelles et de regrouper d’abord les
interventions dans des cadres plus larges et plus généraux afin d’économiser et de rendre
l’ensemble plus efficace. Evidemment, en regroupant les interventions dans des grandes
filières, la vision propose de graduellement protéger une grande partie de la population
actuellement exclue.

L’alternative serait d’ajouter aux 140 initiatives existantes des initiatives


supplémentaires ciblées vers des communautés et des groupes actuellement exclus. Dans
ce cas, on ajouterait des interventions catégoriques en plus ; le paysage institutionnel,
déjà complexe, le deviendrait encore plus; la gestion deviendrait plus difficile ; les frais
d’administration déborderaient ; les chevauchements administratifs continueraient à se
multiplier et le bâtiment de la protection sociale deviendrait si compliqué que les
bénéficiaires comme les administrateurs se perdraient dans ses labyrinthes.

Plutôt que de créer de nouvelles initiatives, cette vision propose d’essayer de grouper les
interventions en grands groupes comme base du système de protection sociale et de chercher
comment les provisions existantes pourraient graduellement être intégrées sous ces grands
parapluies. La base du système au Maroc pourrait donc être formée par 6 principales
composantes:

A. Composante 1 : Programme ciblant les enfants


Il s’agit du regroupement de tous les programmes ciblant les enfants :
L’élément innovateur dans cette composante serait une provision de
transfert monétaire social harmonisé (inspiré du système de TAYSSIR)
généralisé à toute la population des enfants et des jeunes dans le système
d’éducation; progressivement élargi dans la zone géographique couverte et de la
couverture de l'âge. Un programme qui s’étendra donc à l’éducation au niveau
préscolaire, mais qui ne se limitera pas à l’accès à l’éducation ; il ciblera également
l’accès aux soins de santé de base pour les enfants de moins de 3 ans, et apportera
aussi des aides aux femmes veuves dans la précarité, les femmes divorcée
pauvres, et les personnes en situation de handicap. Le transfert monétaire doit
d’être complété par des instruments non-monétaires et des services sociaux de
base spécifiques pour ce groupe d’âge.

27
B. Composante 2 : Programme ciblant la population économiquement active

Il s’agit d’un programme qui combine toutes les initiatives relatives à


l’emploi et les risques liés aux activités économiques par la population
économiquement active. Ce programme combinerait les interventions en cas de
chômage, accident de travail et interruption des activités en cas de grossesse,
accouchement, maladie, autres. Un programme d’activation et créateur
d’opportunités pour les jeunes quittant les écoles ou les institutions d’éducation
tertiaire et un programme d’activation pour la population active en situation de
handicap complèteront ce groupe d’initiatives.

C. Composante 3 : Programme ciblant les personnes âgées

Le regroupement de toutes les initiatives qui ciblent les personnes âgées y


inclus une nouvelle pension sociale avec une mise en place progressive basée
sur l’âge, l’expansion des prévisions des pensions contributives (y compris les
pensions pour les personnes en situation de handicap) et les provisions de
services sociaux de base pour les personnes âgées.

D. Composante 4 : Couverture médicale universelle


C’est une couverture médicale universelle qui combine tous les
programmes et initiatives existants en la matière (RAMED, l'AMO et autres)
pour les services de santé de base y compris une provision unique qui
couvrirait les couts médicaux spécifiques pour toutes les personnes en situation
de handicap.

E. Composante 5 : Programme ciblant les personnes en situation de Handicap

Il regroupe toutes les interventions spécifiques pour les personnes en


situation de handicap spécialement celles qui ne sont pas couvertes par les
composants 1 – 4 du fait de leur nature transversale.

F. Composante 6 : Couverture des autres risques

Il s’agit, du regroupement de toutes les interventions liées aux autres risques de


vulnérabilité ciblant les groupes spécifiques en difficulté comme les femmes et
les enfants en situations précaires (placés dans des institutions, en situation de
rue,…etc) migrants internationaux, les réfugiés, etc.

La plupart des dispositifs de protection sociale existants devraient être progressivement


intégrés dans une de ces composantes. C’est spécialement le cas pour les dispositifs pour
les personnes en situation de handicap, les orphelins, les veuves pauvres, les étudiants de
l'enseignement supérieur, etc., qui seront soit progressivement intégrés dans ces six
principales composantes ou resteront à part pour les compléter.

28
7. La déclinaison des axes stratégiques d’un système de
protection sociale renouvelé au Maroc

A. Composante 1 : Programme ciblant les enfants

Le regroupement de tous les programmes ciblant les enfants. L’élément innovateur


dans cette composante serait une provision de Transfert Monétaire Social
Harmonisé généralisé (inspiré du système de Tayssir)

Tayssir est effectivement un transfert monétaire conditionnel (CCT) pour les enfants en
âge scolaire. Il cible géographiquement les communautés les plus pauvres. Dans les zones
où il est introduit, il est universel. Les principes de Tayssir sont une excellente base pour
fournir une assistance à tous les enfants; son système et son type de gouvernance (pas
nécessairement les institutions) peuvent être utilisés pour un programme de transfert
monétaire plus large et pour l’intégration des autres éléments non-monétaires13.
Dans le cadre de la vision sur l'approche intégrée pour le système de protection sociale
au Maroc, il est proposé:
o D’installer un projet « Tayssirien » qui pourrait inclure Tayssir existant et
couvrir graduellement les enfants de tous les âges ; il faudrait peut-être
trouver un autre nom : pour le reste du document, nous utilisons le nom
« Transfert Monétaire Harmonisé TMH » ;
o D’étendre le TMH pour couvrir les enfants d'âge préscolaire âgés de 3-5 ans;
o D’étendre le TMH pour couvrir à un stade ultérieur tous les nouveau-nés et
les nourrissons (0 - 2) - la conditionnalité dans ce cas devrait être de recevoir
des soins et des consultations postnataux et d'avoir des contrôles de santé
réguliers pour les enfants ;
o D’étudier si une allocation familiale TMH pourrait être introduite pour les
femmes enceintes pauvres sous la condition qu’elles participent aux
consultations prénatales ; cela serait certainement important vu le niveau
élevé de mortalité parmi les nouveau-nés au Maroc14;
o D’intégrer les prestations spéciales et les autres services sociaux de base
spécialement prévus pour les enfants en situation précaire et en difficulté y
inclus les orphelins, les enfants de mères veuves ou divorcées en précarité, les
enfants en situation de handicap et les enfants dans des institutions. Le TMH
pour ces catégories d’enfants devrait être plus élevé que le TMH pour les
enfants moins démunies. En principe, le TMH attribué aux enfants devrait être
donné à ceux qui prennent soin des enfants : soit les parents ou un des parents
dans la plupart des cas, soit les parents nourriciers, soit l’institution
(orphelinat ou autres). Le principe devrait être que les « ressources

13 Bien que l'effet de la conditionnalité du programme Tayssir sur l’abandon scolaire ne soit pas
important, les frais d'administration de mise en œuvre sont modestes. En outre, la recherche a
souligné que les bénéficiaires préfèrent avoir des conditionnalités (légères), car elles légitiment
l'avantage à leurs yeux, mais aussi aux yeux de la communauté. Dans l’élaboration de cette vision
c’est à décider si on devrait maintenir ou non cette conditionnalité.
14 En effet la mortalité néo-natale représente plus de 70% de la mortalité infantile selon l’ENPSF

2011

29
monétaires et les bénéfices suivraient les clients – c’est-à-dire les enfants
touchés ». C’est un principe important qui, par une monétarisation des
services, garantit que les soignants (soit des individus ou des institutions) ont
à leur disposition les ressources financières nécessaires pour assister les
enfants en difficulté à se développer dans les meilleures conditions
raisonnablement possibles. Cela donne aussi une autonomie importante aux
soignants de choisir les conditions les plus favorables aux enfants ; cela
pourrait même rendre plus facile la tâche des autorités publiques pour
l’organisation des services/institutions publiques, parce que les soignants
pourraient « acheter » des services sur le marché.
o D’élargir le Transfert TMH pour couvrir l'ensemble du territoire du Maroc à
commencer par les communes les plus pauvres.

Évidemment, cela représente une intervention coûteuse. Il est donc important que la
vitesse de la mise en œuvre puisse être ajustée à la marge de manœuvre budgétaire qui
est disponible dans une certaine période et le climat politique à un certain moment.
La vitesse d’introduction des TMH (y compris l'élargissement géographique de Tayssir)
peut être contrôlée par les paramètres suivants:
o La vitesse de l'implantation géographique du TMH : il est proposé qu’au début
le TMH remplacerait d’abord les bénéfices Tayssir ; dans la deuxième phase,
le TMH sera géographiquement élargi en incluant au fur et à mesure une série
de nouvelles zones rurales et urbaines, à commencer par les zones les plus
pauvres pour finir par inclure tout le pays dans le TMH (sauf s’il est
politiquement jugé que les ménages (enfants) dans les communautés les plus
prospères seraient exclus du bénéfice TMH ; dans ce cas il serait nécessaire
d’introduire un seuil au-dessus duquel le TMH ne serait plus distribué aux
ménages/enfants.
o La vitesse de l'élargissement du bénéfice pour les enfants d'âge préscolaire: il
est possible de commencer avec un bénéfice donné à tous les enfants de 3- 5
ans en même temps; une autre possibilité serait d’étendre le bénéfice
graduellement en fonction de l’âge des enfants : dans un premier temps pour
les enfants âgés de 3 ans ; l'année suivante, les enfants de 3 et 4 ans ; l’année
d’après les 3, 4 et 5 ans, etc. ;
o Il en va de même pour l’extension aux plus jeunes enfants, qui peut être faite
en une fois ou en fonction des cohortes de naissance ou tout simplement en
commençant par les nouveau-nés à une date unique; après 2 ans tous les
nouveau-nés et les nourrissons seraient couverts ;
o Un autre moyen d'améliorer la flexibilité de l'introduction du régime est de
changer la période au cours de laquelle les changements ont lieu: il est spécifié
que cette période est d'un an, mais elle peut être de moins d'un an, de plus
d'un an ou même de plusieurs années ;
o Pour le moment, Tayssir est plafonné à 4 enfants: cette limite peut bien sûr
être modifiée dans le cas des TMH à la hausse ou à la baisse ;
o L’intégration des prestations spéciales pour les enfants en situation spéciale
(orphelins, enfants de mères divorcées, enfants en situation de handicap)
pourraient se dérouler dans un délai qui permettraient de contrôler les couts.

30
L'effet de l’introduction et l’extension du nouveau Transfert Monétaire Harmonisé (TMH)
à long terme serait qu’à un moment dans le futur, tous les enfants seraient couverts avec
une priorité pour les enfants des populations pauvres et vulnérables.

L’universalité du TMH n’est introduite qu’étape par étape, mais c’est une caractéristique
importante du nouveau Transfert Monétaire Harmonisé (TMH). La plupart des pays de
l’Union Européen ont des allocations familiales de ce type et cette provision est très
importante dans ces pays pour limiter la pauvreté parmi les ménages avec des enfants ;
pour certains pays, le taux de pauvreté des enfants est plus bas que le taux de pauvreté
général ; dans plusieurs autres, le taux reste plus élevé mais l’écart entre les deux est
sérieusement plus modeste que dans les pays où il n’y a pas d’allocations familiales
universelles comme aux Etats-Unis. En plus, nous savons qu’à cause des erreurs
d’exclusion dans les systèmes ciblés, ce sont les plus pauvres et les plus vulnérables qui
sont exclus comme en Afrique du Sud et en Mongolie : la Mongolie a déjà introduit une
sorte de TMH pour éviter ces erreurs douloureuses ; l’Afrique du Sud étudie la possibilité
de l’introduire. La Banque Mondiale a publié des études sur la précision des transferts
ciblés : dans la plupart des cas, la précision est de moins de 65 %, indiquant qu’il y a
presque toujours de nombreuses erreurs d’exclusions (les gens qui devraient recevoir le
bénéfice mais qui sont exclus) et des nombreuses erreurs d’inclusion (les ménages qui
n’ont pas le droit de recevoir le bénéfice mais qui le reçoivent quand même).

Il n’y a pas mal d’arguments logiques et politiques contre l’universalité d’un Transfert
Monétaire Harmonisé : ce ne serait pas utile de donner des transferts monétaires à des
familles riches ou de la classe moyenne. Mais c’est exactement ce que le Maroc fait
aujourd’hui : les enfants des familles parmi les plus privilégiés du pays (ceux dont les
parents travaillent dans le secteur formel) obtiennent déjà une allocation familiale.

Il se peut qu'à un moment, il soit politiquement ou économiquement nécessaire de limiter


le nombre de bénéficiaires par l'introduction d'une sorte de ciblage en fonction du niveau
de revenu ou de richesse.

Cela peut être fait en excluant les enfants dont les parents travaillent dans le secteur
formel; les décideurs politiques devraient être prudents avec ce genre d'action car cela
peut effectivement agir comme un impôt implicite sur le travail (pour les personnes avec
des enfants) et avoir ainsi un effet dissuasif à accepter des emplois du secteur formel à
faible salaire.

Une alternative est d'introduire un test de la richesse et d’exclure les enfants issus des
familles les plus riches; bien que cela semble attrayant, cette option, administrativement
difficile et coûteuse, ouvre les portes aux fraudes et peut conduire à des erreurs
d'exclusion douloureuses. Cependant, dans un premier temps, la base de données RAMED
pourra être utilisée, puis dans un second temps, la base du registre social unique pourra
être au fur et mesure intégrée.

Il faut quand même reconnaître, et prendre en considération, que le registre du RAMED


connait pas mal d’erreurs d’exclusions et d’inclusions. Corriger ce registre est couteux ;
De plus, étant donné qu’avec le RAMED, 40 % de la population est privée de l’accès aux

31
soins de santé de base, utiliser le registre du RAMED pour les décaissements du nouveau
Transfert Monétaire Harmonisé implique qu’on exclurait les mêmes familles et les mêmes
enfants.

Le mécanisme peut être assez simple et direct: dans toutes les zones où le TMH est mis en
œuvre, toutes les prestations liées aux enfants seraient intégrées aux allocations pour
l'enfant. Les décisions politiques doivent être prises sur le niveau et la durée des
prestations et sur les contrôles administratifs. Toutefois, l'administration, y compris le
versement des prestations, doit être effectuée sur la base de l'administration de Tayssir.
Mais, l'administration de Tayssir devra être équipée et adaptée pour cela, mais à la fin, les
frais d'administration seront plus bas et le système plus simple pour les citoyens. Inutile
de dire qu’un registre unique de tous les enfants dès la naissance est nécessaire pour la
mise en œuvre du Transfert Monétaire Harmonisé. Le registre social qui est en cours
d’élaboration servirait comme solution intermédiaire. Il est important de noter que
l’établissement d’un vrai registre civil y comprit la garantie que tous les nouveaux nés
obtiendront un certificat de naissance et un enregistrement dans le registre civil, restent
absolument prioritaire. A long terme le registre civil rendra le registre social obsolète.

Enfin, il est à noter que l'impact fiscal de ce type de prestations est à la baisse au fil du
temps puisque le nombre relatif d’enfants devrait diminuer rapidement au cours des
prochaines décennies en raison du taux de réduction de la fertilité qui semble être liée à
la croissance économique presque partout dans le monde. En effet, ce changement est
déjà visible : l’indice synthétique de fécondité a régressé de 2,43 à 2,1 entre 2004 et 2014
et la part des moins de 15 ans de 31% en 2004 à 28% en 2014.

Les détails techniques doivent être calculés comme si ce nouveau programme de transfert
monétaire était soit disponible pour tous les résidents, soit disponible uniquement pour
les citoyens ou pour les enfants qui sont nés au Maroc, ou en fonction d'autres critères.
Cela peut sembler hors de propos à ce point dans le temps, mais cela pourrait changer
très vite si le Maroc entrait dans une période d’immigration nette ou de ré-migration. Le
programme doit cibler tous les enfants au Maroc y compris les immigrés et les réfugiés en
situation très difficile.

Une partie importante du travail serait d’étudier comment et à quelle vitesse les
programmes existants pourraient s’inscrire dans le TMH et les services complémentaires.
Plusieurs programmes existent déjà pour améliorer l’accès des enfants aux services
d’éducation, de santé et de nutrition. Dans le domaine de l’éducation, il existe pour les
enfants d’âge préscolaire des établissements de la petite enfance sous la tutelle du MJS et
des jardins d’enfants gérés par l’EN. Pour ceux au niveau primaire et secondaire, il existe
l’initiative 1 millions de cartables, le programme Tayssir, les internats et cantines
scolaires et le transport scolaire. Pour les enfants hors du système scolaire, l’école de la
deuxième chance a pour but de les intégrer dans le cursus éducatif formel. Quant aux plus
de quinze ans qui sont analphabètes, il existe des programmes d’alphabétisation.

Dans le domaine de la santé, la gratuité de plusieurs services de santé a été mise en place
dans le but de réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile. Ce sont la gratuité
des soins prénataux, de l’accouchement surveillé qualifié et de la césarienne, des visites à

32
domicile en milieu rural avant le 8eme jour du post-partum pour le suivi des parturientes,
et de certains vaccins. Afin de couvrir les ménages les plus reculés, sont offerts des soins
dispensés en mode mobile, intégrant les Unités Médicales mobiles, les caravanes
médicales spécialisées, l’hôpital mobile, et les visites à domicile, avec la dispense d’une
gamme diversifiées de prestations aux enfants, femmes en âge de procréer, élèves et
malades chroniques.

Les programmes visant un meilleur état nutritionnel des enfants incluent le


développement et la mise en œuvre d’un plan de mobilisation sociale en faveur de
l’allaitement maternel et de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, la
participation à la révision de la législation protégeant l’allaitement maternel,
l’amélioration des modalités de gestion et d’approvisionnement en micronutriments, et
la promotion de la nutrition en milieu scolaire et universitaire.

En plus des programmes pour l’amélioration de l’accès à ces services sociaux de base, les
enfants de cet âge bénéficient de certains programmes de transferts monétaires octroyés
par l’assurance sociale aux enfants dont les parents travaillent ou travaillaient dans le
secteur formel (public et privé), le programme d’aide directe aux veuves en situation de
précarité et le fond d’entraide familiale.

Plusieurs structures accueillent les enfants vulnérables. Ce sont : les établissements de


protection sociale (EPS), les Maisons d’Enfants (Dar Atfal) pour les enfants issus de
familles démunies ou en situation difficile, les centres mis à disposition par l’Initiative
Nationale de Développement Humain (INDH), gérés par des associations, les Dar Attalib
(maisons de l’étudiant) et les Dar Attaliba (maisons de l’étudiante), et les Centres de
Protection de l’Enfance (CPE).

B. Composante 2 : Programme ciblant la population économiquement active

Un programme qui combine toutes les initiatives relatives à l’emploi et les risques
liés aux activités économiques par la population économiquement active

Le développement d'un meilleur emploi et de la protection des travailleurs du secteur


formel (ou, du secteur à être formalisé) est laissé aux négociations entre les syndicats et
les employeurs avec un rôle d’observateur et de facilitateur pour le gouvernement.
Conceptuellement, il est supposé que les travailleurs et les employeurs paient pour les
coûts, bien que dans certains cas, l'organisationnel, le législatif et le cofinancement du
gouvernement pourraient être nécessaires (par exemple dans le cas du chômage). Comme
les partenaires sociaux jouent un rôle important dans ce programme, le document de la
vision ne peut pas donner de détails. Cette abstention est aussi inspirée par la réalité qu’il
y a des priorités plus urgentes pour le gouvernement dans l’ensemble du système de
protection dans le pays. Les personnes engagées dans le travail formel sont relativement
bien protégées.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de défis à adresser : la couverture en cas de chômage,
maladie, accidents de travail, grossesses, accouchements et pensions professionnelles
n’est certainement pas garantie dans tous les cas : ces défis pourraient être le sujet d’une

33
grande discussion sociale qui pourrait être conclue par un pacte social national et un
accord sur une feuille de route pour réaliser les ambitions.

Le chômage parmi les jeunes est un problème qui mérite une attention spéciale ;
actuellement le taux de chômage parmi les jeunes diplômés est de 20 % et plus de 6 sur
10 d’entre eux sont sans emploi depuis plus d’an. Les jeunes au Maroc souffrent de la
faiblesse de l’économie (en termes de création d’emploi) et du manque de demande
d’emploi.

Il semble que le système de l’éducation n’équipe pas les jeunes avec les compétences
demandées sur le marché du travail et que les jeunes ne choisissent pas toujours les
études leurs garantissant des emplois. Les instruments de la protection sociale sont assez
impuissants dans ce contexte, mais le renforcement de la formation et de
l’accompagnement des jeunes pourrait être un aspect important des mesures protectives
contre le chômage ; même si ces instruments ne sont pas vus comme « protection sociale »
dans le sens classique, ces mesures seront certainement « protectrices » et préviendront
les problèmes importants liés au chômage des jeunes diplômés.

Le nombre d’instruments de protection sociale qui pourraient contribuer à changer la


réalité du chômage élevé des jeunes est extrêmement limité. Mais dans ce cas spécifique,
des initiatives dans les travaux publics pourraient contribuer à une solution. Il y a tant de
besoins collectifs dans le secteur de la santé et de l’éducation qu’une politique qui élabore
des initiatives pour l’insertion des jeunes au marché du travail en utilisant un programme
de travaux publics à haute intensité de main d’œuvre semble nécessaire et utile. Il y a
plusieurs initiatives dans des pays moins développés que le Maroc (comme l’Inde et
l’Ethiopie) qui semblent avoir un impact positif sur l’emploi des jeunes ; si ou sous quelles
conditions ce genre d’initiatives pourrait avoir un impact comparable dans un pays
comme le Maroc est à étudier.

Une évaluation profonde des dispositifs disponibles et leurs impacts sur le terrain y
compris une analyse du marché de travail et des initiatives politiques concernant le
travail et le chômage au Maroc, serait en tous cas impératif. Le travail préparatif fait pour
la formulation de la Vision discutée ici se limite à une cartographie des dispositifs, mais
est insuffisante pour évaluer les pratiques dans ce domaine. D’ailleurs, c’est aussi le cas
pour la plupart des autres éléments de protection sociale discutés dans la cartographie ;
c’est pour cette raison que la note Vision appelle à la nécessité de rédiger des évaluations
approfondies surtout des éléments qui formeront les composantes du système reformé.

Les programmes et les initiatives de la protection sociale pour cette tranche de la


population dans le système actuel incluent les bénéfices de la sécurité sociale en termes
d’appui au revenu en cas de naissance, d’invalidité, d’accident et de maladie
professionnelle, et de décès. Dans le domaine de la santé, les jeunes bénéficient de
prestations offertes dans des établissements médico-sociaux. Ces centres offres des
visites et des consultations médicales, des services accessibles et adaptés en matière
d’écoute, de conseil, d’accompagnement psycho-social, de prise en charge et orientation
médicale et psychologique, y compris dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive
et la lutte contre les addictions.

34
En matière d’emploi, Les jeunes en quête d’emploi bénéficient d’un certain nombre de
projets d’autonomisation (AGR de l’ADS et de l’INDH), de formation et d’insertion
professionnelle (programmes de promotion de l’emploi du Gouvernement), de création
d’entreprises (Maroc Moubadarates) et de travaux à HIMO. Ces projets visent les
diplômés comme les non diplômés. Les Centres d’Education et de Formation et les Centres
de Formation Professionnelle, quant à eux, ont pour objectif de promouvoir l’insertion
des jeunes et des femmes vulnérables dans le monde du travail. Enfin, l’IPE donne une
indemnité au chômeur et l’accompagne dans sa réinsertion professionnelle. En termes
d’éducation, les étudiants boursiers ont à leur disposition les cités universitaires, les
restaurants universitaires et des bourses, et les personnes analphabètes de plus de 15 ans
ont accès au programme de lutte contre l’analphabétisme.

C. Composante 3 : Programme ciblant les personnes âgées

Le regroupement de toutes les initiatives qui ciblent les personnes âgées y inclus
une nouvelle pension, l’expansion des prévisions des pensions contributives et les
provisions de services sociaux de base pour les personnes âgées.

Les personnes du troisième âge n’ayant pas travaillé dans le secteur formel de l’économie
marocaine font partie du dernier groupe d’âge de la société pour lequel il existe des écarts
dans le système de protection sociale actuel. Afin de diminuer et enfin faire disparaître
ces écarts, il est proposé dans cette Vision d’installer graduellement un système de
pension sociale.

Une pension sociale pour les personnes du troisième âge garantit un revenu minimum
aux personnes d’un certain âge indépendamment de leurs antécédents de travail ; c’est
une protection qui a pour but de s’assurer que les personnes âgées ont une vie décente
même si elles sont trop vieilles ou inaptes pour travailler. Le mécanisme est simple : l’état
donne un revenu à toute personne à partir d’un certain âge ; la pension est
généralement financée par les ressources fiscales de l’état. La pension minimum
garantie à un certain âge peut être donnée après examen d’éventuelles autres pensions
perçues par la personne provenant d’autres sources, afin d’éviter de payer des pensions
sociales à des personnes recevant déjà une autre forme de pension de retraite
(principalement les personnes ayant cotisé pour une pension dans le secteur formel de
l’économie).

Le niveau et la vitesse à laquelle la pension sociale devrait être introduite au Maroc


devraient être décidés en prenant en compte le fait que le pays a une population jeune qui
vieillit lentement, ce qui devrait dans le long-terme aboutir à des coûts très importants. Il
est recommandé d’introduire une pension sociale d’abord pour les personnes les plus
âgées (par exemple 80 ans et plus) et d’élargir la couverture à intervalle régulier jusqu'à
couvrir les moins âgées (par exemple : année 1 : 80 ans et plus ; année 2 : 79 ans et plus ;
année 3 : 78 ans et plus ; etc.). Les intervalles peuvent être annuels ou biannuels ou plus.
Les expériences dans d’autres pays ont montré que la variable la plus importante pour
contrôler le coût des pensions sociales sur le long-terme était l’âge d’admission à la
pension (et non le montant de la prestation – à condition que ce montant ne soit pas plus

35
élevé que par exemple le salaire minimum ou les pensions minimums données par
d’autres programmes). Dans les pays où une pension sociale universelle est réalisée, on
peut aussi remarquer que les pensions ne sont pas seulement importantes pour les
personnes âgées : dans la partie pauvre de la société, les bénéficiaires des pensions
supportent souvent des enfants et souvent leurs petits-enfants, ce qui fait de la pension
sociale un instrument de protection sociale sensible aux enfants. Finalement, la pension
sociale est une partie du socle de protection sociale discuté au début du document et
revisité à la fin.

Les paramètres du programme (principalement le montant réel du transfert, la vitesse


d’introduction, l’âge à partir duquel commencer à introduire le programme et l’âge
minimum pour avoir droit au transfert) ne peuvent être décidés qu’après une étude par
simulations afin d’estimer les impacts fiscaux sous diverses options et conditions. Cette
étude est une étape nécessaire pour le Maroc avant la mise en œuvre de cette composante.

Dans le système de protection actuel, la sécurité sociale fournit aux personnes retraitées
du secteur formel une pension de retraite. Il existe aussi des établissements de protection
sociale pour personnes âgées en situation difficile, des centres sociaux de gériatrie qui
offrent une prise en charge globale et intégrée (médicale, psychologique, et rééducation)
des personnes âgées fragiles, et la mise à disposition de prothèses auditives et de lunettes.

Il est très important de noter que l’introduction d’un système de pension sociale ne doit
pas être compris comme une excuse pour arrêter la formalisation du secteur informel de
l’économie. Les exemples dans d’autres pays ont illustré que la politique actuelle
d’essayer d’incorporer les professions une par une (commencer par les pharmaciens, les
architectes etc.) n’est pas très prometteuse. Il y a néanmoins l’expérience des Philippines
où les politiciens ont adoptés une politique d’incitation pour convaincre les travailleurs
du secteur informel à rejoindre les provisions professionnelles comme l’assurance
malade de type AMO ; il serait utile d’étudier si et sous quelles conditions le modèle
Philippin pourrait être utilisé au Maroc afin d’élargir le nombre de personnes couvertes
par le système professionnel du secteur formel pour les droits de pensions comme pour
la couverture de l’assurance médicale de base qui est discutée comme composante 4.

D. Composante 4 : Couverture médicale universelle

Une couverture médicale universelle et combinée (le RAMED, l'AMO et autres) pour
les services de santé de base y compris une provision unique qui couvrirait les
couts médicaux spécifiques pour toutes les personnes en situation de handicap.

Le gouvernement du Maroc travaille progressivement pour atteindre l’objectif d’une


couverture médicale de base universelle.
Un peu plus de 60% de la population est actuellement couverte par l’assurance maladie
de base en 2015 :
o Environ 8 millions des actifs et pensionnés du secteur public et privé (et
leurs ayants droit) sont couverts par l’assurance médicale de base (AMO
– Assurance maladie obligatoire), soit 25% de la population ;

36
o Plus de 8,5 millions de personnes identifiées comme pauvres ou
vulnérables sont couvertes par l’assistance médicale RAMED en 2015, soit
25,5% de la population ;
o En 2015, un régime d'assurance médicale de base dédié aux étudiants a
été mis en place pour les étudiants post baccalauréat des établissements
publics/privés qui ne sont pas couverts par d’autres régimes d'assurance
médicale de base, couvrant 288 000 soit 29% de tous les étudiants ;
o Les anciens résistants et anciens membres de l’armée de libération
(constituant moins de 1% de la population) ont un régime d'assurance
médicale séparé ;
o Il existe aussi d’autres régimes, mutuelles, et caisses internes, couvrant
environ 10% de la population.

La population non-couverte en 2015 était égale à environ 40%. Elle est composée de
personnes qui travaillent dans le secteur non-formel, des indépendants et leurs familles,
y compris tous les enfants qui vivent avec les parents qui ne travaillent pas dans le secteur
formel, et qui ne sont pas identifiés comme pauvres ou vulnérables selon la méthodologie
établie par le RAMED. En plus, les personnes âgées ne sont pas couvertes s’ils/elles n’ont
pas travaillé dans le secteur formel pour un certain nombre d’années nécessaires pour
être qualifiées pour la sécurité sociale.

Les institutions en charge de l’assurance maladie de base travaillent progressivement sur


l’extension de la couverture d’assurance. Un régime pour les indépendants, pour les
personnes exerçant une profession libérale et pour toutes autres personnes exerçant une
activité non salariée est en train d'être établi, avec une nouvelle loi sur l’assurance
maladie de base pour les indépendants. Cependant, il est envisagé de commencer par la
couverture d’une proportion des indépendants relativement limitée (ex. pharmaciens,
prestataires de soins, architectes, avocats, notaires, professionnels du transport, auto
entrepreneurs,…), ce qui signifie que la plupart de la population la plus vulnérable – les
personnes âgées et les enfants des familles ou personnes ne travaillant pas dans le secteur
formel – restera toujours sans assurance médicale de base.

Les principales contraintes de la Couverture Médicale de Base sont la grande importance


de la partie des dépenses directes des ménages (la population continue de supporter plus
de 50% des dépenses globales de santé) et la tendance à la multiplicité des régimes et leur
cloisonnement (plusieurs caisses sont en charge de la gestion de l’assurance et
l’assistance médicale de base : l‘AMO est supervisée par l’AMAN et gérée par la CNOPS
pour le secteur public et par la CNSS pour le secteur privé ; le RAMED est géré par le MS,
le MI, le MEF, et l’AMAN ; et le régime pour les anciens résistants et anciens membres de
l’armée de libération est géré par SAHAM Assurances).

Le RAMED est le régime d’assistance médicale de base, lancé en 2011, fondé sur les
principes de l'assistance sociale et de la solidarité nationale au profit de la population
démunie ; il fournit aux bénéficiaires un panier de soins et de services de santé identique
à celui de l’AMO ; il est accessible aux bénéficiaires du RAMED gratuitement à condition
de respecter la filière des soins qui doit commencer par le centre de santé de rattachement
et éventuellement se terminer par le centre hospitalier universitaire (CHU). L’admission

37
aux établissements de santé a lieu au vu de la carte RAMED, du carnet de santé et du
document qui réfère le patient au centre de santé de rattachement.

Les bénéficiaires sont les personnes identifiées comme pauvres ou vulnérables, leurs
conjoints, leurs enfants à charge non-salariés, leurs enfants en situation de handicap quel
que soit leur âge, et les enfants qui vivent sous le même toit que les personnes
bénéficiaires citées ci-dessus. Autres groupes de bénéficiaires : les pensionnaires des
établissements de bienfaisance, des orphelinats, des hospices, ou des établissements de
rééducation et de tout établissement public ou privé à but non lucratif hébergeant des
enfants abandonnés ou des adultes sans famille ; les pensionnaires des établissements
pénitentiaires; les personnes sans domicile fixe.

Il est proposé de :
 Réparer les principaux éléments dysfonctionnels dans l'organisation
et la mise en œuvre actuelle (voir fin de ce paragraphe pour plus de
détails);
 Introduire une législation rendant obligatoire pour tous les résidents
au Maroc l’assurance de santé pour un forfait prédéfini de soins et
services de santé;
 Faire que toutes les personnes (et pas seulement les chefs de ménages)
par défaut soient assurées par le RAMED sauf si elles le sont par l'AMO ;
cela implique de rendre la couverture par le RAMED un droit individuel
plutôt qu’une conséquence de la situation de chefs de ménage - de toute
évidence le registre unique est nécessaire;
 Elargir le concept « ayants droits » aux ascendants (ce qui permettra
de couvrir par l’AMO une partie des personnes âgées)
 Abolir la différence entre «vulnérables» et «pauvres». Le RAMED
devrait avoir une règle claire: soit tout le monde paie soit personne ne
paie. Une option attrayante peut être d'assurer toutes les personnes
ayant moins de 18 ans et plus de 65 ans gratuitement et d’appliquer
une contribution qui est soit prélevée par le système de l'impôt sur le
revenu ou d'une autre manière. Les contributions peuvent varier avec
l'âge. Les décideurs politiques doivent néanmoins être conscients de
l'effet dissuasif potentiel de mettre une forte pression sur les salaires.

Évidemment, ce changement de politique exige des ressources budgétaires. Il est donc


recommandé de procéder à une estimation de ces ressources financières. En outre, la
conception et la réalisation de l'assurance santé est un domaine hautement spécialisé et
des spécialistes techniques doivent réfléchir sur la manière d’améliorer le RAMED pour
qu’il puisse remplir le rôle décrit ci-dessus. La vitesse de la mise en œuvre de la politique
du RAMED généralisé devrait s’adapter à la disponibilité des ressources financières et à
la réalité politique ; une étude de simulation est nécessaire afin d’estimer les coûts et leurs
financements. Un mécanisme de déploiement progressif de la politique sera
probablement utile. Cette vision propose de suivre les étapes suivantes :

38
o Maintenir le RAMED pour tous les bénéficiaires actuellement couverts ;
o Introduire le RAMED généralisé (c’est-à-dire : le RAMED offert à tous ceux qui
ne sont pas couverts par l’AMO) dans toutes les zones actuellement couvertes
par Tayssir (ces zones étant reconnues comme les plus pauvres) ;
o Progressivement élargir la couverture du RAMED généralisé, soit par zone,
soit en suivant l’élargissement du TMH (Composante 1), soit par une autre
logique, jusqu’à ce que toute la population au Maroc soit couverte soit par
l’AMO soit par le RAMED, l’objectif étant de couvrir par une assurance
médicale de base tous les résidents du Maroc à la fin du processus.

Bien que cet examen et la cartographie aient trouvé que le RAMED est prometteur et
fonctionne relativement bien, il souffre encore de certains problèmes administratifs. Le
principal problème semble être lié au fait que certains (les «vulnérables») doivent
contribuer tandis que d'autres (les «pauvres») ne doivent pas payer avec une distinction
entre les deux groupes qui n’est pas claire dans toutes les circonstances.

Administrativement, la gestion du RAMED est confiée à un organisme gestionnaire


indépendant du Ministère de la Santé (MS) et l’ANAM, puisque le MS ne doit ni gérer ni se
soucier du financement. Une séparation du prestataire des soins (hôpitaux), du régulateur
(l’ANAM), et de l’organisme gestionnaire du RAMED15est considérée.

L’extension du RAMED et l'harmonisation avec l'AMO semblent être l'option qui peut être
choisie pour fournir une assurance de santé à l'ensemble de la population. D'autres pays ont
choisi d'autres options telles qu’un système d’assurance entièrement privé (Pays-Bas),
un système national de santé complet (entièrement public) (Canada) et tout le reste.
Comme d'habitude, il n'y a pas de remède miracle, mais le Maroc peut apprendre des
expériences récentes dans les autres pays.

Il faut bien noté que la remarque faite à la fin du texte de la composante 3 s’applique aussi
à la composante 4.

Le gouvernement du Maroc travaille progressivement pour atteindre l’objectif de la


couverture universelle. Environ 8 millions d‘actifs et pensionnés du secteur public et
privé (et leurs ayants droit) étaient couverts en 2013 par l’assurance médicale de base
AMO et 9 millions de personnes identifiées comme pauvres et vulnérables étaient
couvertes par l’assistance médicale RAMED au titre de 2015. En plus, en 2015 un régime
d'assurance médicale de base dédié aux étudiants a été mis en place pour les étudiants
post baccalauréat des établissements publics/privés qui ne sont pas couverts par d’autres
régimes d'assurance médicale de base, couvrant 288 000 étudiants.

15
L’ANAM gestionnaire des ressources affectées au RAMED et régulateur de l’AMO, ce qui est
incompatible pour pouvoir jouer pleinement le rôle de la régulation de la couverture médicale de base.
La création d’un organisme gestionnaire du RAMED s’impose pour que l’Agence et le Ministère de la
santé puissent se charger chacun de ses compétences (ADECRI, 2013).

39
E. Composante 5 : Programme ciblant les personnes en situation de Handicap

Le regroupement de toutes les interventions spécifiques pour les personnes en


situation de handicap spécialement ceux qui ne sont pas couverts par les
composantes 1 – 4 du fait de leur nature transversale.

Présentement, les personnes en situation de handicap bénéficient de l’acquisition des


prothèses auditives et des lunettes, d’ateliers d’appareillage et de rééducation au niveau
des hôpitaux. De plus, des établissements de protection sociale et des centres pour
personnes en situation de handicap ont en charge la prise en charge des personnes en
situation de handicap dans la précarité. Les services proposés sont l’accueil, l’écoute et
l’orientation; l’assistance psychosociale; une prise en charge provisoire ou permanente
(logement et restauration); l’habillement, l’hygiène; les soins sanitaires de base; les
activités de loisirs; la rééducation et la formation. Une aide alimentaire permanente aux
personnes avec handicap visuel ou moteur en situation de précarité est aussi offerte par
les Coopératives et Associations des Handicapés. Concernant les enfants en particulier,
les associations œuvrant dans le domaine de la scolarisation des enfants en situation de
handicap bénéficient de subventions de l’Etat.

Les personnes en situation de handicap ne bénéficieront surement pas complètement de


l’assistance dont elles ont besoin si la protection sociale se limite aux composantes
précédemment présentées. Les enfants et les adultes en situation de handicap ont aussi
besoin d’assistance en nature, qui garantira leur accès aux dispositifs dont ils ont besoin
pour atténuer les effets de leur handicap (en termes de prothèses, chaises roulantes, aides
auditives et visuelles, etc.). Encore plus important, certaines des personnes en situation
de handicap ont besoin d’une prise en charge au sein d’institutions spécialisées, parce
qu’elles ne peuvent pas ou plus être prises en charge à la maison; ces mesures sont
importantes pour ces enfants et ces adultes ainsi que leur familles. Cela ne veut cependant
pas dire que le gouvernement doit organiser ces institutions ou prodiguer ces services
lui-même. Le gouvernement a certainement la responsabilité de s’assurer de l’existence
de ces institutions, mais celles-ci peuvent être organisées par des partenaires privés, des
ONG, des organisations religieuses et caritatives (et éventuellement les autorités locales
ou nationales dans certains cas). Dans le cas où le secteur privé/caritatif joue un rôle, c’est
de la responsabilité du gouvernement de s’assurer que le cadre légal garantissant la
qualité des soins et la transparence de l’administration est en place. Le degré optimal de
collaboration entre les initiatives privées et publiques reste à être discuté au Maroc.

Dans ce contexte, il serait bon d’étudier le fait qu’un transfert monétaire aux personnes
en situation de handicap pourrait être une solution viable. Ces transferts monétaires
pourraient être faits aux personnes en situation de handicap et/ou à leurs familles, afin
qu’elles puissent décider elles-mêmes du type de service dont elles ont besoin et de qui
elles vont l’obtenir. Cela donnerait beaucoup plus d’autonomie et de choix aux personnes
en situation de handicap et à leurs familles, et stimulerait les partenaires privés et publics
à prodiguer les services et les équipements requis. Cela réduirait en outre les charges
liées aux institutions qui pèsent sur le gouvernement central et local. Mais cela ne signifie
pas une réduction des couts : le type d’engagement du gouvernement change plutôt vers
une provision financière et réglementaire.

40
Ces provisions existent par exemple en Belgique (PGB) et aux Pays-Bas (PAB), et
fonctionnent bien en Belgique, mais est plus problématique dans son implémentation aux
Pays-Bas; les performances diffèrent du fait de détails et de l’organisation dans la
législation. Cette option, ainsi que d’autres, devrait être étudiée si le Maroc décidait
d’implémenter ce type de système.

Il devrait être noté que ce qui a été dit concernant les soins en institution pour les
personnes en situation de handicap s’applique aussi aux institutions de soins pour
personnes âgées et aux orphelinats. De même, il n’est pas de la responsabilité du
gouvernement d’organiser les institutions, mais plutôt de s’assurer que ces institutions et
les services afférents sont proposés par quelqu’un.

Enfin, il est important de répéter ce qui a été dit précédemment concernant le fait que le
transfert monétaire doit suivre le client/le bénéficiaire. Des transferts monétaires qui
suivent un enfant, une personne en situation de handicap, une personne âgée ou un
orphelin sont et devraient être des éléments importants dans le financement de ces
institutions. Il a été argumenté plus haut que les bénéfices en cash pour les enfants et les
adultes devraient être ajustés à la hausse pour répondre à leurs besoins spécifiques. Ces
transferts monétaires ajustés (TMH, pension sociale, revenu au lieu de bénéfice)
encourageront aussi les familles (d’accueil) à prendre un orphelin, une personne en
situation de handicap ou une personne âgée, plutôt que de les placer en institution. Dans
beaucoup de cas, spécialement dans celui des enfants, la prise en charge au sein de la
famille est une alternative meilleure et préférable à la prise en charge en institution, et
l’octroi d’une allocation significative rendrait cela plus aisé.

F. Composante 6 : Couverture des autres risques

Le regroupement de toutes les interventions liées aux autres risques de


vulnérabilité ciblant les groupes spécifiques en difficulté comme les femmes et les
enfants en situation précaire, les migrants internationaux, les réfugiés, etc.

Bien que les éléments 1 à 5 de la protection sociale couvrent la grande majorité de la


population confrontée à des risques, il y a comme dans chaque société des groupes très
spécifiques qui ont besoin d’une assistance particulière, parce qu’ils sont dans des
situations spéciales. En dépit de leur nombre relativement infime, ces groupes spécifiques
de personnes et de risques ne peuvent pas être exclus dans la redéfinition du système de
protection sociale. Les deux principaux groupes confrontés à des risques et problèmes
spécifiques sont: les femmes et les enfants qui souffrent de toutes sortes de violences et
d’un manque d’autonomie, et les migrants et refugiés.

Le deuxième groupe s’agrandit relativement rapidement, et peu de dispositions sont


mises en place au Maroc pour ce groupe. Pourtant, il est à prévoir que leur nombre
augmentera d’avantage et que cela représentera un défi pour le Maroc. Cette vision plaide
pour la mise en place d’un groupe de travail gouvernemental afin de repenser les besoins
de cette catégorie de personnes et d’organiser la réponse gouvernementale à leur

41
problème. Ce groupe de travail serait similaire aux commissions interministérielles dont
la mise en place est proposée pour les composantes 1-5 (voir section suivante).

Le Maroc dispose d’institutions et de services spéciaux pour les femmes et les enfants
confrontés à la violence. Les femmes et les enfants victimes de violence bénéficient d’une
prise en charge intégrée médicale, psychologique, sociale et médico-légale. Des foyers
féminins pour l’autonomisation sociale et économique des femmes en situation difficile
œuvrent au renforcement des capacités des jeunes filles et femmes en vue de faciliter leur
insertion économique. Des associations locales gèrent le programme Dar AlMouwaten
pour l’autonomisation sociale et économique des femmes en précarité, offrant un nombre
de services, notamment l’écoute, le conseil et l’orientation, l’éducation et la
sensibilisation, et des services itinérant d’éducation, d’encadrement et d’animation. Le
fait que ces dispositions pour les femmes et les enfants/filles sont suffisantes et adéquates
doit être étudié, comme proposé dans l’une des premières étapes suivantes (voir section
8).
Schéma sommaire des composantes
0 Enfants 18 Population 60 et + personnes âgées
Economiquement
Active
TMH et autres
provisions
pour enfants
Provision risque des
économiquement
actifs Pension sociale et
autres provisions pour
personnes âgées

Couverture médicale de base (RAMED, AMO et autres)

Provisions spéciales pour personnes en situation de handicap

Provisions pour catégories spécifiques non couvertes

42
8. Les aspects de gouvernance de la protection sociale

Comme soutenu et illustré en détail dans le document de la cartographie et les


premières sections de cette Vision, le paysage institutionnel des initiatives de
protection sociale au Maroc est intimidant. Comme le montre le tableau sur les
deux pages suivantes, le nombre d’initiatives et d’intervenants est élevé. Dans ce
tableau, chaque cellule de couleur représente une initiative unique figurant dans
le document de cartographie ; ces initiatives sont réparties sur les 26
Intervenants16.

Ce tableau illustre clairement que la mosaïque des programmes et les


responsabilités ne sont pas très bien structurés. Reconsidérer les programmes qui
doivent être réunis sous les 6 composantes introduites précédemment viendra
avec la nécessité de reconsidérer également les responsabilités de leur
gouvernance. De plus, un chemin à suivre à partir de la situation actuelle vers une
structure plus souhaitable doit être indiqué.

Dans cette vision, il est proposé d'évaluer et de s’orienter vers une organisation
plus transparente et moins compliquée. Il est proposé de mettre en place une
Commission interministérielle nationale sous la direction du bureau du premier
ministre. Ce groupe de travail aura la responsabilité globale de l'organisation du
paysage de la protection sociale au Maroc et demeurera responsable de la
gouvernance du système, une fois qu'il sera réformé.

Au début, la Commission nationale interministérielle pour la protection sociale


devra installer 6 groupes de travail, un pour chacune des composantes. Ces
groupes de travail seront responsable de la mise en œuvre des 6 premières étapes
de la section suivante. Cela signifie qu'ils devront:

o Faire une évaluation complète des principales initiatives


existantes nommées sous leur composante;
o Définir des scénarios et leurs détails pour guider la simulation des
éléments nouvellement proposés sous chacune des composantes;
o Guider les exercices de simulation et résumer leurs conclusions.

Une fois ces étapes terminées, les décisions finales devront être prises par la
Commission interministérielle nationale pour la protection sociale sur la voie à
suivre.

Lorsque ces décisions seront prises, les groupes de travail pourront être réformés
en six sous-commissions de la Commission nationale, chacune responsable d'une
partie particulière du système de protection sociale au Maroc. La Commission
nationale demeurera responsable des aspects généraux et transversaux et des

16La liste complète se trouve dans l'annexe de ce document - le tableau est trop
grand pour convenir au format document de manière intelligible.

43
décisions politiques à prendre pour adapter et réformer les éléments du système
une fois qu'il sera installé.

La Commission nationale interministérielle pour la protection sociale pourra aussi


étudier et décider de la meilleure manière par laquelle les administrations
régionales (ou de plus petites administrations) devront effectivement
implémenter certains des éléments du système.

44
Intervenants/Acteurs
Groupes
de risques MSFFDS EN ADS MHAI INDH MI
MEAS/
MENFP MESRS MJS MJL MS ANAM CNOPS CNSS CMR RCAR CIMR Employer
SAHAM
MAGG MEF
MHPV
ONEP ONEE MET
ANAPEC assurances (ANHI)

Enfants de moins de
5 ans
Enfants au primaire
et au collégial (6-15)

Enfants en situation
difficile
Enfants
abandonnés
Enfants (12-17)
ayant commis des
délits ou des
infractions pénales

Etudiants

Jeunes

Travailleurs assurés
(secteur
public/privé)

Enfants des
travailleurs assurés
Conjoint des
travailleurs assurés

Femmes enceintes
Femmes veuves
dans une situation
précaire ayant à
charge des enfants
scolarisés ou avec
handicap
Mères démunies
divorcées et de leurs
enfants auxquels
une pension
alimentaire est due
Femmes en
précarité

Femmes et enfants
victimes de violence
Travailleurs assurés
avec handicap ou
les enfants avec
handicap des
travailleurs assurés

Personnes avec
handicap en
situation de grande
précarité (extrême
pauvreté)

Anciens Résistants
et Anciens membres
de l’Armée de
Libération et leurs
ayants droit
Population en
situation de
pauvreté et
vulnérabilité
Personnes vivant
avec HIV/SIDA

Retraités assurés

46
Personnes âgées

Populations vivant
dans des bidonvilles

Populations rurales

Universelle

47
9. Les étapes suivantes

Le présent document n’est qu’une vision : c’est-à-dire un document qui donne des
propositions pour entamer une discussion sur une possible réforme des dispositions de
protection sociale au Maroc. Les propositions sont le point de départ pour les discussions
au niveau politique et pour définir une vision qui est politiquement soutenue. La
discussion au niveau économique et plus technique qui suivra demande une description
plus détaillée des propositions. Cette description détaillée devrait inclure des simulations
pour estimer l’impact fiscal des réformes proposées pour le pays ainsi que l’impact des
réformes sur la vie de tous les marocains. Il est important de noter qu’aucun des
changements proposés n’est purement technocratique; les arguments politiques, sociaux
et économiques sont tous très importants dans la discussion. Ces arguments doivent être
utilisés surtout par les décideurs politiques au Maroc.

Ainsi, 11 étapes importantes (dont les trois premières pourraient être entamées en
même temps) peuvent être considérées:

a. Conduire une évaluation plus complète des programmes qui serviront de piliers
pour le système de protection sociale renouvelé, plus précisément du Tayssir, du
programme des allocations familiales pour les individus qui travaillent dans le
secteur formel, le RAMED et l’AMO ;
b. Faire une analyse des bénéficiaires (« Analyse de l’incidence des bénéfices
sociaux») afin de mieux comprendre quels ménages reçoivent des bénéfices, quel
type de bénéfice et de quel montant ;
c. Une analyse de la pauvreté monétaire et non-monétaire ;
d. Organiser des ateliers politiques afin de discuter les options qui sont proposées
dans la Vision et leurs alternatives ;
e. Conduire une analyse des options institutionnelles disponibles
f. Décision A : faire le choix de 2 ou 3 scenarios pour le futur de la protection sociale
au Maroc ;
g. Faire des simulations pour estimer l’impact fiscal pour le pays ainsi que l’impact
des reformes sur la vie de tous les marocains ;
h. Décision B : choix du scenario retenu ou d’une autre combinaison
d’interventions ;
i. Décision C : choix des réformes des institutions nécessaires au niveau de
l’implémentation
j. Décision D : formulation d’une feuille de route pour l’implémentation des
réformes ;
k. Construire un plan de suivi, évaluation et révision.

Les trois premières étapes (a, b, c) peuvent être faites simultanément. Il est à noter que
les étapes a à h peuvent être faites pour toutes les composantes en même temps, mais
peuvent aussi être organisées au niveau de chaque composante séparément.

a. Evaluation complète des programmes piliers

La cartographie de la protection sociale au Maroc a décrit les interventions connues dans


le domaine en citant les études d’évaluation faites dans le passé; la cartographie n’a pas
fait une évaluation approfondie de chacune de ces interventions. Comme la Vision
propose d’utiliser au moins les mécanismes d’organisation et de gestion de certains
programmes clés, il est important de comprendre si et comment ces programmes clés
accompliront les objectifs. Ainsi, il est important de faire une évaluation approfondie des
programmes Tayssir, des allocations familiales pour les individus qui travaillent dans le
secteur formel, du RAMED et de l’AMO. Les études d’évaluation doivent indiquer les
choses qui devraient être changées avant la mise en œuvre des dispositifs proposés.

b. Analyse de l’impact des bénéfices

Afin d’étudier quels sont les effets de l’ensemble de toutes les interventions de protection
sociale au Maroc, il faudrait une étude des incidences des bénéfices. Une telle étude utilise
une enquête représentative des ménages au Maroc avec des questions sur les sources et
les montants de revenus de chaque source pour les ménages dans une période bien
définie. Afin de capturer un échantillon des ménages qui ont reçu des bénéfices,
l’échantillon doit être assez grand et significatif pour réellement observer l’impact du
bénéfice sur les ménages qui en reçoivent. L’analyse révèle les relations entre les
caractéristiques des ménages et le montant et les sources de bénéfices reçus ; l’analyse
indique aussi les chevauchements et les exclusions dans la distribution des bénéfices.

c. Analyse de la pauvreté monétaire et non-monétaire

Une analyse de la pauvreté monétaire et non-monétaire est nécessaire afin de


comprendre quels sont les ménages et les enfants les plus démunis, ceci afin de prendre
des décisions sur les méthodes de ciblage à élaborer pour toutes les composantes de la
protection sociale. Comme le déploiement des composantes 1 et 4 est principalement lié
à un ciblage géographique, il est important de connaître les priorités sur la base
d’indicateurs acceptés.

d. Ateliers politiques

Les propositions faites dans la Vision constituent une plateforme pour les discussions au
niveau politique et pour définir une vision qui est politiquement soutenue. Un système de
protection sociale est construit pour le long-terme ; pour cette raison, les propositions et
leurs logiques devraient être comprises et soutenues par une grande partie de la
population.

e. Résumer les options techniquement valables soutenues politiquement

Après les discutions au cours des ateliers politiques et les connaissances recueillies des
études aux étapes a, b et c, il est important d’organiser un atelier national afin de conclure
cette partie du travail et de s’accorder sur les options à développer.

f. Décision A : faire le choix de 2 ou 3 scenarios

Il s’agit de faire le choix de 2 ou 3 scenarios pour chacune des composantes, spécialement


pour les éléments nouveaux comme le HTM, la pension sociale et la couverture médicale
universelle (RAMED et autres) ;

La différence entre les scenarios sera en termes de paramètres de l’instrument de


protection sociale utilisé (éligibilité des bénéficiaires, niveau de revenu, calendrier
d’implémentation, paramètres de ciblage, etc.).

49
g. Analyse de l’espace fiscal et de son impact

Faire à la fois l’analyse de l’espace fiscal et l’analyse de simulation pour estimer l’impact
fiscal des réformes proposées pour le pays ainsi que l’impact des réformes sur la vie de
tous les marocains pour les 2 ou 3 scénarios choisis pour chacune des composantes et
leurs combinaisons

L’introduction des changements, ajustements et élargissement proposés aura


évidemment un impact fiscal. En dépit du fait que certains des éléments seront intégrés
dans les programmes existants, l’espace fiscal nécessaire pour faire les changements et
additions sera très probablement plus grand que les dépenses réelles en protection
sociale au Maroc.

Une analyse de l’espace fiscal doit tenir compte non seulement des coûts directs
qu’imposent les éléments du système de protection sociale mais aussi de l’impact positif
de la croissance du capital humain de la population Marocaine. Quand, par exemple, l’ile
Maurice a entamé la mise en place de son ambitieux système de protection sociale dans
les années soixante-dix du siècle dernier, il était l’un des pays les plus pauvres d’Afrique.
Son système intégré de protection sociale comprenait la gratuité de l’éducation (du
préscolaire jusqu’au niveau tertiaire), une assurance santé abordable, et l’abolition de
tous les frais pour les soins médicaux et une pension universelle pour les personnes âgées.
Ces programmes constituaient l’épine dorsale du système. Ce système de protection
sociale a permis à la population Mauricienne d’avoir un niveau d’éducation et de
formation qui permet à l’île d’attirer d’importantes activités économiques tout en restant
compétitive, et cela de par sa capacité à s’adapter aux changements au niveau
international.

Le système de protection sociale est aussi un facteur important dans la stabilité sociale et
politique du pays qui montre une diversité ethnique et religieuse remarquable.
L’expérience Mauricienne et les expériences dans d’autres pays illustrent le fait que les
dépenses en protection sociale sont en fait dans une grande mesure des dépenses
d’investissement plutôt que des dépenses de consommation, et donc, par conséquent,
elle renforce l’économie de manière significative.

Cela ne signifie pas, cependant, que les contraintes fiscales doivent être ignorées. C’est
pour cela que toutes les propositions élaborées ci-dessus sont prévues pour être flexibles
dans leur mise en œuvre. La mise en œuvre effective de la réforme de la protection sociale
peut être ajustée aux possibilités politiques et aux ressources fiscales qui pourraient être
disponibles dans le futur. Même si le nouveau Transfert Monétaire Harmonisé à tout le
pays est proposé, la vitesse à laquelle cela devrait se faire dépendra des décideurs. La
même chose s’applique à la mise en œuvre des pensions sociales pour les personnes âgées.
L’extension du RAMED devrait aussi être liée à la vitesse d’extension du Transfert
Monétaire Harmonisé. Il devrait être noté cependant que plus la vitesse à laquelle les
réformes sont mises en œuvre est lente, plus longtemps persisteront les gaps dans le
système de protection sociale. Les choix politiques et sociaux vont inévitablement jouer
un rôle.

50
Il devrait être aussi noté qu’il a été proposé d’intégrer les programmes existants dans les
nouveaux ou d’étendre certaines parties du système, ce qui devrait amener à la
suppression (ou l’absorption) de certains programmes; cela aboutira à une économie des
ressources financières, qui pourraient être utilisées pour le financement des nouveaux
éléments de la protection sociale. Enfin, des économies peuvent être faites en réduisant
les coûts administratifs; cela se fait à travers la simplification des programmes actuels et
la rationalisation de leur gouvernance administrative afin d’en réduire les niveaux
administratives.

h. Décision B : choix du scénario retenu ou d’une autre combinaison


d’interventions ;

L’exercice de simulation (étape g) devrait permettre de prendre des décisions.


Généralement, les compromis entre les différents éléments et leur paramètres rendent
peu aisée la prise de décision sur la seule base des résultats techniques. Cela signifie que
des choix politiques devront être faits. Comme mentionné au début de la section, il ne
s’agit pas de faire toutes les simulations et de prendre toutes les décisions simultanément.
Les étapes a à h peuvent aussi être menées au niveau de chaque composantes.

i. Décision C : choix des réformes des institutions nécessaires au niveau de


l’implémentation

La section 7 présente un schéma général pour la gouvernance d’un système de protection


sociale simplifié. Plus tard, la méthode d’implémentation pour chacune des composantes
devra être étudiée et décidé.

j. Décision D : formulation d’une feuille de route pour l’implémentation des


reformes

k. Définir un plan de suivi, évaluation et révision

Concevoir et développer un système de Protection Sociale ne peut être fait qu’avec une
grande attention. Dans ce contexte, la disponibilité de données est cruciale. Bien que le
Maroc ait beaucoup de statistiques disponibles régulièrement, l’équipe de Protection
Sociale de EPRI en charge de cette étude, a souvent été confrontée à des difficultés pour
collecter des données sur les initiatives de protection sociale existantes. En réformant et
redéfinissant certaines parties du système comme proposé dans ce document, il est
crucial de décider du plan de suivi et évaluation dès le début de la réforme et cela pour
chacun des changements qui seront introduits.

La collecte des données administratives ainsi que les enquêtes devront être planifiées, et
un plan d’évaluation devrait être conçu dès le début de la réforme. Une enquête initiale
(une enquête par sondage et les registres administratifs sur la couverture de chaque
initiative de protection sociale) est nécessaire ainsi qu’un plan d’évaluation d’impact et
de recherche. Il est important de faire tout ceci dès le départ vu que la conception des
études d’évaluation ainsi que la collecte des données doivent être discutées avant la mise
en œuvre dans le but de permettre aux décideurs politiques de faire éventuellement des
ajustements en fonction des résultats des études d’évaluation.

51
ANNEXE A

Le tableau A ci-dessous est une copie du dernier tableau de la cartographie,


légèrement modifié. Ici, tous les arrangements impactés par les propositions et
impliqués éventuellement dans les changements sont en couleur de telle sorte que
chacun fait référence à une proposition; Il fournit un aperçu de ce qu’il faudrait
changer d’après les recommandations. Il doit être noté que plusieurs programmes
ne seront pas affectés par les propositions. Dans certains cas, les initiatives
couvrent un important besoin spécial et méritent d’être conservées comme
intervention séparée ; et dans d’autres cas il est difficile d’estimer les potentiels
gains en efficacité et en efficience par l’intégration de ces interventions dans les
axes du système proposé. Cela ne signifie pas que tous ces programmes doivent
rester tel quel; leur suppression ou ajustement dépendra cependant des décisions
politiques.

Tableau A : Les prestations et services du système de protection sociale actuel au


Maroc affectés par les recommandations: les éléments en vert sont affectés par
l’introduction du Transfert Monétaire Harmonisé ; les éléments en jaune seront
inclut dans la composante 2, les éléments en violet sont impactés par la pension
sociale pour les personnes âgées, les éléments en bleu sont affectés par l’extension du
RAMED/AMO ; les autres initiative seront inclut dans les composantes 5 ou 6.

ASSURANCE SOCIALE

Secteur et Programme Gouvernance Groupe de risque cible


Objectif

TRANSFERTS MONETAIRES

Appui au revenu Prestations familiales CMR/CNSS/RC Enfants des travailleurs assurés (secteur
AR/Etat public/ privé)
employer

Appui au revenu Prestations court terme (maladie, CNSS Travailleurs assurés (secteur public/ privé)
maternité, allocation décès a la et leurs familles
famille)

Appui au revenu Prestation court terme : Indemnité CNSS Travailleurs assurés (secteur privé) qui ont
de Perte d’Emploi travaillé min 780 jours et ont perdu leur
travail involontairement

Appui au revenu Pension de retraite CMR/CNSS/RC Retraités qui ont contribué pendant au
AR/CIMR moins 3240 jours (CNSS)

Appui au revenu Pension d’invalidité CMR/CNSS/RC Travailleurs assurés invalides


AR

Appui au revenu Pension de survivant CMR/CNSS/RC Famille des travailleurs assurés (secteur
AR public/privé) décédés

Appui au revenu Régime des accidents du travail et Assurances Travailleur ayant souscrit à une police
des maladies professionnelles privées s’assurance, payée par l’employeur

ACCESS AUX SERVICES

Santé : assurance Assurance médicale de base AMO MS, CNSS, Salariés et retraités du secteur privé, et
médicale de base - Assurance Maladie Obligatoire CNOPS leurs ayants droit (conjoints, enfants de
l'assuré, enfants handicapés à charge).

52
Employés et titulaires de pension du secteur
public, et leurs ayants droit (conjoints,
enfants de l'assuré, enfants handicapés à
charge). 8 millions en 2014.

Régime d'assurance médicale de MS, ANAM/ Etudiants post baccalauréat des


base AMO - Assurance Maladie CNOPS établissements publics/privés qui ne sont
Obligatoire dédié aux étudiants pas couverts par des autres régimes
d'assurance médicale de base, à l'âge
inférieur à 30 ans au moment de
l'inscription (28,000 en 2015)

Régime d'assurance médicale de SAHAM Anciens Résistants et Anciens Membres de


base dédié aux Anciens Résistants assurances/ MEF l’Armée de libération et leurs ayants droit
et Anciens membres de l’Armée (22 413 au janvier 2015).
de Libération

ASSISTANCE SOCIALE

Secteur et Programme Gouvernance Groupe de risque cible


Objectif

TRANSFERTS MONETAIRES

Education Tayssir MEFP Ciblage géographique: les communes


(AMAS) rurales les plus pauvres (taux de pauvreté
>= 30%), taux d'abandon au primaire >=
5%. Conditionnalité du transfert: Assiduité
des élèves au primaire et au collégial.

Education Octroi de Bourses MESRS/ONO Etudiants remplissant les conditions d'octroi


USC des bourses

Réduction de la Aide directe aux veuves en situation MSFFDS/Mini Femmes veuves dans une situation précaire
vulnérabilité de précarité avec enfants à charge stère de ayant à charge des enfants scolarisés ou des
l’Intérieur enfants en situation de handicap

Réduction de la Fond d’entraide familiale Ministère de la Mères démunies divorcées et de leurs


vulnérabilité Justice et des enfants auxquels une pension alimentaire
Libertés est due

Réduction de la Allocation forfaitaire et pension CMR Les anciens combattants et anciens


vulnérabilité d’invalidité pour les anciens membres de l’Armée de Libération
combattants et anciens membres de
l’Armée de Libération

TRANSFERTS NON-MONETAIRES, EN NATURE

Education 1M cartables MENFP Enfants 6-15 ans : universelle pour le cycle


(AMAS) primaire, et ciblage géographique pour le
cycle collégial (rural)

Education Internats MENFP Enfants en âge de scolarisation (6-18 ans),


issus de familles démunis en milieu rural

Education Cantines scolaire MENFP Enfants en âge de scolarisation (6-15 ans),


issus de familles démunis en milieu rural

Appui au revenu Subventions du sucre et du gaz MAGG Universelle


butane

ACCESS AUX SERVICES

Education Transport scolaire MENFP Enfants en âge de scolarisation (6-15 ans),


issus de familles démunis en milieu rural

Education « écoles de la deuxième chance » - MENFP Enfants en âge de scolarisation (9-15 ans)
éducation informelle ayant abandonné le système scolaire

Emploi AGR de l’INDH INDH Jeunes peu ou pas diplômés

AGR de l’ADS ADS Jeunes peu ou pas diplômés

Idmaj MEAS/ Jeunes chômeurs diplômés


ANAPEC

53
Taehil MEAS/ Jeunes chômeurs diplômés
ANAPEC

Moukawalati MEAS/ Jeunes chômeurs diplômés/non diplômés


ANAPEC

Maroc Moubadarates MEAS/ Jeunes chômeurs diplômés


ANAPEC/Sect
eur Privé/ADS

Travaux publics à HIMO La Promotion Jeunes peu ou pas diplômés


Nationale,
Ministère de
l’Intérieur

Logement décent Programme villes sans bidonville ANHI Populations vivant dans des bidonvilles

Accès à l’eau PAGER Collectivités Populations rurales


potable locales, Office
Nationale de
l’Eau Potable

Accès à PERG Office Populations rurales


l’électricité Nationale
d’Electricité

Accès aux Programme National de Routes Ministère de Populations rurales


infrastructures Rurales l’Equipement
routières et du Transport

Santé : assistance Régime d'assistance médicale MS, ANAM Population démunie en pauvreté ou
médicale RAMED au profit de la population vulnérabilité. Environ 8,5 millions en 2015.
démunie en situation de pauvreté et
vulnérabilité

Santé : Access Programme pour la santé de la mère MS Femmes enceintes


aux soins de et de l’enfant - Programme de la
santé de base grossesse et de l’accouchement

Programme Nationale MS Enfants de moins de 2 ans


d'Immunisation

Programme Nationale de la Nutrition MS Sensibilisation de toute la population

Programme de Santé Scolaire MS, MENFP Enfants à l’école

Programme de Santé Universitaire MS, MENFP Étudiants aux établissements universitaires

Remboursement et subvention MS Toute la population


(baisse des prix ou la gratuite) des
couts des médicaments

Santé : Access Gratuité des médicaments pour MS Personnes vivant avec HIV/SIDA
aux médicaments traitement antirétroviral

Santé : Access Dar Al Oumouma - Salles et INDH Femmes enceintes en milieu rural
aux soins de maisons d'accouchement : accès aux
santé de base soins de santé 3-7 jours qui
précèdent l’accouchement, et
ambulance pour porter à l'hôpital

SERVICES SOCIAUX, ACTION SOCIALE

Education Internats MEFP Enfants en âge de scolarisation

Prise en charge Etablissements de protection sociale EN et Personnes en situation difficile (enfants en


des personnes en pour personnes en situation difficile; associations situation difficile; femmes et enfants
situation difficile Centres multifonctionnels (enfants en victimes de violence; la prise en charge des
situation difficile; femmes et enfants personnes âgées)
victimes de violence; la prise en
charge des personnes âgées)

Prise en charge Etablissements de Protection Sociale MSFFDS et enfants en situation difficile


des enfants en (EPS) pour les enfants, Maisons EN en
situation difficile d'enfants, Dar Attalib (maisons de partenariat
l’étudiant) et Dar Attaliba (maisons avec l'INDH,

54
de l’étudiante) : Hébergement, Associations et
accueil, et programme d'appui et de Communes,
renforcement des capacités scolaires MEN
et sociales)

Prise en charge Kafala: maisons de prise en charge MSFFDS, orphelins, enfants des rues, et enfants sans
des enfants des enfants abandonnés MJL structure familiale
abandonnés

Prise en charge Centres de Sauvegarde de l'Enfance MJS enfants de l’âge 12-17 ayant commis des
des enfants ayant (hébergement et accueil des enfants délits ou des infractions pénales, basé sur la
commis des de l’âge 12-17 ayant commis des décision judiciaire
délits ou des délits ou des infractions pénales)
infractions
pénales

Médiation Programme de promotion des MSFFDS et les conflits familiaux


familiale services de médiation familiale associations de
(gestion des conflits familiaux afin la société
d’alléger la charge pesante sur les civile
parties en conflit et sur les sections
de justice de famille)

Prise en charge Etablissements de protection sociale EN et Personnes avec handicap en situation de


des personnes pour personnes avec handicap associations grande précarité: personnes avec handicap
avec handicap vivant une Extrême pauvreté avec une
absence totale d'autonomie.

Prise en charge Centres pour Personnes Handicapés EN et Personnes avec handicap en situation de
des personnes associations grande précarité
avec handicap

Nutrition pour Coopératives et Associations des EN et Personnes avec handicap visuel ou moteur
les personnes Handicapés (Aide alimentaire) associations adhérant a l'Organisation Alaouite pour la
avec handicap Promotion des Aveugles au Maroc ou à la
Fédération Youssoufia des associations des
personnes handicapées moteurs

Education pour Programme d'appui à l'inclusion des ADS personnes avec handicap qui veulent étudier
les personnes personnes en situation de handicap
avec handicap (bourses pour études)

Prise en charge Centres pour Personnes âgées; Mise MSFFDS, EN, Personnes âgées non handicapées, sans
des personnes à niveau et qualification des les domicile et vivant dans la précarité
âgées établissements de protection sociale associations, identifiés par le diagnostic de 2012 et 2014
des personnes âgées Fondation effectué par le MSFFDS
Mohamed VI

Prise en charge Centres de gériatrie des personnes MS Personnes âgées fragiles, et personnes
des personnes âgées malades/fragiles et personnes âgées nécessiteuses des prothèses auditives
âgées âgées nécessiteuses des prothèses et des lunettes
auditives et des lunettes

Prise en charge Formation des ressources humaines MSFFDS / EN formation des ressources humaines, des
des personnes des établissements des personnes /ADS ; médecins et infermières des établissements
âgées âgées Association de protection sociale des personnes âgées
gérontologie
espoir

Sensibilisation Campagne nationale de MSFFDS / EN Intérêts des personnes âgées toutes les
au profit des sensibilisation au profit des /ADS régions
personnes âgées personnes âgées 2013 et 2014:
"personnes âgées trésor dans tout
foyer"

Sensibilisation Appel pour la protection des MSFFDS / EN Aide aux personnes âgées sans abri pendant
au profit des personnes âgées hiver 2014 l'hiver
personnes âgées

Accueil, La lutte contre la violence contre les Ministère de femmes et enfants victimes de violence
protection, femmes et les enfants : Centres l'Intérieur, (auto-sélection)
sensibilisation d’accueil, protection, sensibilisation INDH

55
(victimes de
violence)

Prise en charge Lutte contre la violence à l’égard des MS femmes et enfants victimes de violence
des femmes et femmes et des enfants : la prise en
enfants victimes charge intégrée et gratuité médicale,
de violence psychologique, sociale et médico-
légale dans les établissements
publics de santé

Autonomisation Autonomisation social et MJS Femmes en précarité


socio- économique des femmes: foyers
économique des féminins pour renforcer les capacités
femmes des jeunes filles et femmes en vue de
faciliter leur insertion économique

Autonomisation Programme Dar AlMouwaten: EN Femmes en situation difficile, en précarité


socio- Autonomisation sociale et
économique des économique des femmes (l’écoute,
femmes conseil et orientation, l’éducation et
sensibilisation, encadrement et
animation)

Protection des Accompagnement et réinsertion EN Vulnérables, en difficulté: prostitution des


vulnérables petites filles; femmes souffrant de la
violence domestique

Independence, Alphabétisation et entreprenariat EN Femmes sans travail, sans profession;


autonomie, pour les femmes femmes en difficulté
emploi

Education Formation des éducateurs en EN Petite enfance


établissements préscolaire

56