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Étude de cas 

1: Les musées français, des acteurs clés du rayonnement de


la France
Capacités attendues : Étudier et comprendre le sens d’un dossier de document / Synthétiser des
informations / Réaliser une carte mentale

Travail / Durée : Après étude des documents, répondez à la problématique suivante sous forme de carte
mentale : Dans quelle mesure les musées français à l’étranger participent-ils au rayonnement de la France
dans le monde ?

Doc 2 : Des musées aux


retombées économiques
majeures.

Dans un contexte de
mondialisation effrénée de la
culture, la Cour des comptes a
mesuré le soft power des
musées français. Le projet le
plus exceptionnel concerne le
Louvre-Abu Dhabi : il est prévu
le prêt pour trente ans de la
marque Le Louvre, la prestation
de conseils et des prêts
d’œuvres temporaires. Il devrait
générer plus d’un milliard d’euros
sur trente ans. Les Centres
Pompidou à l’étranger reposent
eux, sur une vente temporaire de
la marque dont la redevance,
négociée pour cinq ans, apporte
au minimum 1 million d’euros par
an.
Ce schéma pourrait être décliné
en Corée du Sud, ou dans les
pays d’Amérique du Sud et
d’Afrique. La valorisation des
musées se fait aussi en
exportant des expositions clés
en main. Elles concernent les
musées bénéficiant d’une
importante collection, comme le
musée d’Orsay, qui a dégagé
ainsi 16,6 millions de recettes
entre 2012 et 2017, ou le Centre
Pompidou qui a empoché 15,1
millions entre 2012 et 2018 avec
trente expositions. Enfin
l’exportation de services
techniques a pris de l’ampleur
auprès de pays qui disposent
d’infrastructures et de moyens
financiers importants mais pas
de collections : la Chine et les
autres pays émergents sont
demandeurs pour assurer une
montée en gamme de leurs
propres musées.

Le Monde, 17 juin 2019


Doc 3 : Chine, Émirats... Les musées français mettent le cap à l’international

Les Chinois aussi pourront bientôt aller à Beaubourg : à partir du 8 novembre [2019], le « Centre
Pompidou West Bund Museum Project » ouvrira ses portes au public. Prévu par un accord franco-
chinois signé à l’été 2017, ce bâtiment de 25 000 m² dessiné par l’architecte britannique David
Chipperfield a été érigé dans le nouveau quartier culturel de Shanghai - dans l’ancienne zone
aéroportuaire - qui devrait accueillir une vingtaine d’institutions culturelles à terme.

Le Centre Pompidou n’en est pas à son coup d’essai : la première filiale à l’étranger a ouvert en
2015 à Malaga, en Espagne (« le Cube ») et la deuxième a vu le jour en 2018 à Bruxelles, dans
un ancien garage Citroën (« Kanal - Centre Pompidou » qui ne rouvrira définitivement qu’en 2022
ou 2023 après travaux). Le musée Beaubourg applique ici une stratégie choisie de longue date.
Dès 2010, Alain Seban, directeur de l’institution d’alors, déclarait : « Le Centre Pompidou cherche
à devenir un musée universel, non plus centré sur l’occident [mais également] en phase avec la
mondialisation de la scène artistique et les foyers émergents - la Chine, l’Inde, l’Amérique latine,
l’Afrique et le Moyen-Orient - [il] sert du même coup le rayonnement de la France […] ».
À la clef, Beaubourg y gagne financièrement. À Malaga, l’usage de la marque Pompidou rapporte
1 million d’euros par an en royalties, le Kanal de Bruxelles devrait permettre d’encaisser 2 millions
en année pleine et l’antenne de Shanghai, deux à trois fois plus.
Cultiver sa marque et l’exporter à l’étranger est tentant en effet. « Mais cette volonté ne concerne
pas tous les musées », poursuit François Mairesse. « Au fond, très peu ont la possibilité de le
faire. Il y a cette catégorie de musées que j’appelle « millionnaire » - plus d’un million de visiteurs
par an - avec un peu moins d’une dizaine de représentants en France. Dans le monde, on n’en
compte qu’une soixantaine ».
Les plus influents sont le Louvre, Orsay et Versailles […]. « Ces institutions ont toutes essayé de
développer un certain nombre d’éléments liés à leur marque : du parfum, du thé… Ou une
succursale ! L’autre exemple le plus connu est celui du Louvre Abu Dhabi inauguré en 2017 » ,
précise François Mairesse. « Or au départ, cette ouverture n’avait pas la faveur du Louvre, mais
plutôt des Emiratis et du Quai d’Orsay. Au final, la logique financière l’a quand-même emporté car
le Louvre y gagne près d’un milliard d’euros sur trente ans. C’est aujourd’hui le seul établissement
où l’apport de l’État est minoritaire ».
Mais les enjeux ne sont pas seulement culturels ou scientifiques. La Chine raisonne surtout en
termes de développement touristique et économique ; l’image est forte d’un point de vue
symbolique en signant un partenariat avec une institution reconnue, « Shanghai ambitionne de se
placer sur l’échiquier mondial, comme tout ce qui se fait en Chine. Quant à la France, elle joue là
une partie de sa diplomatie en s’appuyant sur ce soft power », continue François Mairesse. « L’art
joue le rôle d’interprète. _André Malraux avait déjà utilisé cela en faisant voyager la Joconde, au
grand dam des conservateurs de l’époque_ ».
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Centre Pompidou Shanghai est inauguré à l’occasion de la
visite d’État d’Emmanuel Macron. En Chine, le Président français se déplace avec une délégation
de grands patrons et la culture peut aider à faire avancer les choses. Ainsi, les expositions
événement ou les nouveaux musées sont de belles occasions pour les grandes entreprises
d’investir dans le mécénat.
Pour les pays qui reçoivent, l’intérêt est aussi présent. Les Émirats arabes unis ne disposent pas
de collections et en signant un partenariat avec une grande institution reconnue, ils s’assurent
d’avoir une institution qui ne soit pas une coquille vide. « C’est la même approche qui a été mise
en œuvre pour le Guggenheim de Bilbao, avec un contrat de base simple : on peut y voir des
œuvres de qualité internationale », explique François Mairesse. « À Shanghai, il existe déjà des
musées absolument remarquables avec des collections immenses au niveau de l’art chinois mais
il y a une relative faiblesse pour ce qui est de l’art international ».

Source : Maxime Tellier et Anne Chepeau, France culture, 5 novembre 2019

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