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Chapitre.

1 : L’impôt sur les sociétés

L’impôt sur les sociétés a été institué par la loi n° 24-86 du 31 décembre 1986. Cet impôt
s’applique aux sociétés, par conséquent aux résultats qu’elles ont dégagés. Les associés
Perçoivent la part qui leur revient dans le bénéfice distribué et seront de leur côté soumis à
l’impôt sur le revenu sur cette distribution s’ils sont soumis à cet impôt.

Section 1. Champ d’application de l’IS

§1 : Personnes imposables et territorialité


La loi relative à l’impôt sur les sociétés limite le champ d’application aux sociétés,
établissements publics et autres personnes morales.
I : Les personnes imposables
On distingue les sociétés soumises de plein de droit et les sociétés assujetties sur option.

A : Les sociétés soumises de plein droit


Sont obligatoirement soumises à l’IS les catégories de sociétés ci-après :
- Les sociétés de capitaux (société anonyme et société en commandite par action).
- La société à responsabilité limitée.
- La société civile.
- Les sociétés de personnes (SNC et SCS) dont les associés ne sont pas tous des personnes
physiques (lorsqu’un ou plusieurs associés sont des personnes morales).

B : Les sociétés assujetties sur option


Sont soumises sur option à l’I S:
- Les sociétés en nom collectif et les sociétés en commandite simple ne comprenant que des
personnes physiques. Ces sociétés sont normalement soumises d’office à l’impôt sur le revenu
dans la catégorie des revenus professionnels.
- Les associations en participation.
Ces sociétés peuvent opter pour l’IS, soit dès leur constitution, soit au cours de leur existence.
 Dès la constitution : ces sociétés doivent le mentionner sur la déclaration d’existence.
 Après la constitution : Ces sociétés doivent faire une demande écrite à l’administration
locale des impôts directs et taxes assimilés du lieu de leur siège social ou de leur
principal établissement dans les quatre premiers mois de l’exercice à partir duquel
elles décident d’opter.
→ Il est important de signaler l’irrévocabilité de l’option des sociétés de personnes à l’IS, en
effet, cette demande d’option est irrévocable.
Le tableau suivant montre les sociétés imposables, ainsi que le régime qui leur est appliqué.

Tableau n° 1 : Tableau récapitulatif des régimes d’imposition


Sociétés L’impôt sur les sociétés L’impôt sur le revenu
La société anonyme, la société en De plein droit
commandite par action
La société à responsabilité limitée De plein droit
La société civile De plein droit
Les sociétés de personnes (SNC, SCS) De plein droit
dont 1 ou plusieurs associées sont PM
Les sociétés de personnes (SNC, SCS) Option De plein droit
dont tous les associés sont des PP
Association en participation Option De plein droit

C : Les établissements publics et autres personnes morales


Le régime fiscal des établissements publics à l’égard de l’IS est différent selon la nature des
opérations réalisées par ces établissements.
- Ils sont soumis à l’IS lorsque leur activité est à caractère industriel, commercial, artisanal ou
agricole. L’imposabilité étant liée au caractère lucratif des opérations auxquelles elles se
livrent.
- Ils ne sont pas soumis à l’IS lorsqu’ils n’exercent pas d’activité lucrative, c'est-à-dire qu’ils
ont un caractère administratif ou social. Leur objet est de fournir des services sans but
lucratif.
- On entend par autres personnes morales, les groupements, ou collectivités privées ou
publics : association, clubs, communes locales, collectivités, groupements et organismes
étrangers..... Comme pour les établissements publics, elles sont imposables à l’impôt sur les
sociétés lorsqu’elles se livrent à une exploitation ou à des opérations de vente de biens et de
services.

II : Territorialité de l’impôt

Les sociétés de droit marocain sont passibles de l’impôt sur les sociétés à concurrence de la
totalité de leurs bénéfices ou revenus réalisés au Maroc.
Au Maroc, Les bénéfices résultant d’opérations réalisées à l’étranger ne sont pas imposables
à l’IS lorsqu’ils ont été effectués dans le cadre d’un établissement autonome ou par un
représentant de l’entreprise, ou encore lorsque les opérations constituent un cycle commercial
complet à l’étranger. Dans le même sens, les pertes réalisées à l’étranger dans les mêmes
conditions, ne sont pas déductibles des bénéfices réalisés au Maroc.

Tableau n°2 : Territorialité de l’impôt

Société ayant une activité Société ayant une activité à


au Maroc l’étranger
Société dont le siège Soumise à l’IS Non soumise à l’IS pour les
est au Maroc opérations réalisées à l’étranger
Société dont le siège Soumise pour les opérations
est à l’étranger réalisées au Maroc
Notons que les règles de territorialité de l’impôt sont cependant soumises aux dispositions
prévues par des conditions internationales ou par des accords d’exemptions réciproques
conclus entre le Maroc et d’autres pays.

§2 : Les sociétés exclues du champ d’application de l’IS


Outre les sociétés en nom collectif et les sociétés en commandite simple ne comprenant que
des personnes physiques, ainsi que les associations en participation n’ayant pas opté pour l’IS,
la loi écarte du champ d’application de l’IS : les sociétés immobilières transparentes, les
sociétés de fait et les groupements d’intérêt économique.

A : Les sociétés immobilières transparentes


Quelque soit leur forme juridique, les sociétés qui ont un objet immobilier sont exclues du
champ d’application de l’IS lorsqu‘elles sont transparentes fiscalement.
Est réputée transparente fiscalement toute société immobilière qui répond aux conditions
suivantes :
- Avoir un capital qui soit divisé en parts sociales ou actions nominatives.
- Avoir pour actif un logement qui soit occupé par tout ou partie des membres de la société,
ou avoir pour objet l’acquisition ou la construction d’un immeuble collectif en vue d’accorder
statutairement à chacun de leurs membres, nommément désigné, la libre disposition de la
fraction d’immeuble correspondant à ses droits sociaux.
Les sociétés immobilières qui ne remplissent pas l’une ou l’autre des conditions de la
transparence fiscale, sont obligatoirement soumises à l’IS abstraction faite du caractère civil
de leur activité (société civile immobilière par exemple).

B : Les sociétés de fait


Les sociétés de fait sont constituées de deux ou plusieurs personnes qui ont décidé de mettre
en commun leurs rapports (en numéraire, en nature ou en industrie) en vue de partager les
bénéfices ou les pertes éventuelles sans pour autant établir un contrat écrit.
Les sociétés de fait ne comprenant que des personnes physiques sont exclues du champ
d’application de l’IS. De même, elles n’ont pas la possibilité de se placer par option sous le
régime de l’IS.
Sur le plan fiscal, les sociétés de fait ne sont pas considérées comme des sociétés ayant une
existence propre.

C : Le groupement d’intérêt économique


 Le groupement d’intérêt économique est une entité constituée de deux ou plusieurs
personnes morales pour une durée déterminée, en vue de mettre en œuvre tous les
moyens propres à faciliter ou à développer l’activité économique de ses membres et à
améliorer ou accroître le résultat de cette activité.
 Le groupement d’intérêt économique jouit de la personnalité morale à dater de son
immatriculation au registre du commerce, quel que soit son objet. Mais n’ayant pas
pour but la réalisation de bénéfices pour lui-même, le groupement ne peut exercer
qu’une activité à caractère auxiliaire par rapport à celle de ses membres.
 L’imposition des groupements d’intérêt économique était établie au nom des
groupements dans les conditions de droit commun, en raison de la personnalité morale
dont ils jouissent, en matière d’impôt sur les sociétés. Mais, par la suite, la loi de
finances pour l’année 2001 a prévu la non soumission des groupements d’intérêt
économique à l’impôt sur les sociétés et l’assujettissement des membres du
groupement à raison de leur part dans les résultats réalisés par le dit groupement.
§3 : Exonérations
On distingue les exonérations et réductions permanentes d’une part et les exonérations et
réductions temporaires
A : Exonérations et réductions permanentes
On distingue :
- Les exonérations permanentes.
- Les exonérations totales suivies de l’imposition permanente aux taux réduit.
- Les exonérations permanentes en matière d’impôt retenu à la source.
- Les réductions permanentes.

1 : Exonérations permanentes
Sont exemptés de l’IS de manière non limitée dans le temps :
- Les promoteurs immobiliers, personnes morales ou personnes physiques, pour leurs activités
et revenus afférents à la réalisation de logements sociaux (superficie couverte comprise
entre 50 et 80 m² et prix de vente n’excédant 250 000 DH hors T.V.A). L’exonération est
accordée au vue d’un engagement, dans le cadre d’une convention à conclure avec l’Etat,
assortie d’un cahier des charges, à réaliser un programme de construction intégré de 500
logements réalisé dans un délai maximum de 5 ans à partir de la date d’obtention de la
première autorisation de construire. Une convention avec l’Etat et un cahier de charges sont
exigés, et l’exonération concerne les conventions conclues au cours de la période allant du
premier janvier 2010 au 31 décembre 2020 (LF 2013) ; Le bailleur, personne morale ou
physique, qui acquiert au moins 25 logements sociaux, en vue de les affecter pendant une
durée minimale de 8 ans à la location à usage d’habitation principale, bénéficie pour une
période maximum de 8 ans (LF 2015) de : l’exonération de l’IS et de l’IR au titre de ses
revenus professionnels afférents à ladite location ; et de l’exonération de l’IS et de l’IR au
titre de la plus-value réalisée en cas de cession des logements précités au-delà de la période de
8 ans. L’opération d’acquisition de ce lot de logements bénéficie d’un aux de TVA de 10 % et
le loyer pratiqué ne peut excéder un montant de 2000 DH (LF 2015).
- Les promoteurs immobiliers, personnes morales ou personnes physiques, pour leurs activités
et revenus afférents à la réalisation de logements à faible valeur immobilière, (superficie
couverte comprise entre 50 et 60 m² et prix de vente n’excédant 140 000 DH, T.V.A
comprise). L’exonération est accordée au vue d’un engagement, dans le cadre d’une
convention à conclure avec l’Etat, assortie d’un cahier des charges, à réaliser un programme
de construction intégré de 200 logements en milieu urbain et/ou 50 logements en milieu rural,
réalisé dans un délai maximum de 5 ans à partir de la date d’obtention de la première
autorisation de construire. Une convention avec l’Etat et un cahier de charges sont exigés, et
l’exonération concerne les conventions conclues au cours de la période allant du premier
janvier 2010 au 31 décembre 2020 (LF 2013) ; Ces logements s’adressent, en tant
qu’habitation principale, à des acquéreurs non encore propriétaires (ou bien qui sont
propriétaires dans l’indivision), et dont le revenu mensuel ne dépasse pas 2 fois le SMIG. Le
bailleur, personne morale ou physique, qui acquiert au moins 20 logements à faible valeur
immobilière, en vue de les affecter pendant une durée minimale de 8 ans à la location à
usage d’habitation principale, bénéficie pour une période maximum de 8 ans (LF 2015)
de : l’exonération de l’IS et de l’IR au titre de ses revenus professionnels afférents à ladite
location ; et de l’exonération de l’IS et de l’IR au titre de la plus-value réalisée en cas de
cession des logements précités au-delà de la période de 8 ans. L’opération d’acquisition de ce
lot de logements bénéficie d’un taux de TVA de 10 % et le loyer pratiqué ne peut excéder un
montant de 1000 DH (LF 2015).
- Les associations et organismes à but non lucratif et organismes assimilés pour les seules
opérations conformes à l’objet défini dans leurs statuts. Cette exonération ne s’applique pas
en ce qui concerne les établissements de ventes ou de services appartenant auxdites
associations ;
- La ligue nationale de lutte contre les maladies cardio-vasculaires ;
- La fondation Hassan II pour la lutte contre le cancer ;
- Les associations d’usagers des eaux agricoles pour les activités nécessaires à leur
fonctionnement ou à la réalisation de leur objet ;
- La fondation Cheikh Zaid Ibn Soltan pour l’ensemble de ses activités ou opérations et pour
les revenus éventuels y afférents ;
- La fondation cheikh Khalifa Ibn Zaid, pour l’ensemble de ses activités ou opérations, et
pour les revenus éventuels y afférents ;
- La fondation Mohamed V pour la solidarité, pour l’ensemble de ses activités ou opérations,
et pour les revenus éventuels y afférents ;
- La fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l’éducation formation
pour l’ensemble de ses activités ou opérations et pour les revenus éventuels y afférents ;
- L’office national des œuvres universitaires sociales de l’éducation formation pour
l’ensemble de ses activités ou opérations et pour les revenus éventuels y afférents ;
- Les sociétés coopératives et leurs unions, régulièrement constituées lorsque :
- leurs activités se limitent à la collecte de matières premières auprès des adhérents et à
leur commercialisation, quel que soit le chiffre d’affaires réalisé ;
- leur chiffre d’affaires global annuel est inférieur à 10 millions de dirhams hors
T.V.A, si elles exercent une activité de transformation de matières premières
collectées auprès de leurs adhérents ou d’intrants à l’aide d’équipements, matériels et
autres moyens de production similaires à ceux utilisés par les entreprises industrielles
soumises à l’impôt sur les sociétés, et de commercialisation des produits qu’elles ont
transformés.
- Les sociétés non résidentes au titre des plus-values réalisées sur les cessions de valeurs
mobilières cotées à la bourse des valeurs du Maroc à l’exclusion de celles résultant de la
cession des titres des sociétés à prépondérance immobilière ;
- La Banque Islamique de Développement ;
- La Banque Africaine de Développement, ainsi que le Fonds créé par cette banque intitulé
«Fonds Afrique 50»1.
- La Société Financière Internationale ;
- L’Agence Bayt Mal Al Qouds Acharif ;
- L’agence de logements et d’équipements militaires ;
- Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières ;
- Les fonds de placement collectif en valeurs mobilières ;
- Les fonds de placements collectifs en titrisation ;
- Les organismes de placements en capital-risque2 ;
- La société nationale d’aménagement collectif au titre des activités, opérations et bénéfices
résultant de la réalisation de logements sociaux ;
- La société « Sala Al-Jadida » pour l’ensemble de ses activités et opérations ainsi que pour
les revenus éventuels y afférents ;
- L’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du
Nord du royaume ;

1
Loi de finances 2014.
2
Suppression des conditions exigées pour le bénéfice de l’exonération totale de l’IS au profit des organismes de
placement en capital-risque (loi de finances 2011).
- L’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du
Sud du royaume ;
- L’Agence pour la promotion et le développement économique et social de la préfecture et
des provinces de la région Orientale du Royaume ;
- L’Agence spéciale Tanger-Méditerrannée ;
- L’université Al Akhawayne d’Ifrane.
- Les exploitations agricoles réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 5 millions de
dirhams, au titre de leurs revenus agricoles3.
- La fondation Lalla Salma de prévention et traitement des cancers, pour l’ensemble des
activités ou opérations et pour les revenus éventuels y afférents (Loi de finances 2016).

2 : Exonérations suivies de l’imposition permanente à taux réduit


Les exonérations totales suivies de l’imposition permanente à taux réduit sont prévues pour
les entreprises suivantes :
- Les entreprises hôtelières ;
- Les sociétés de service, ayant le statut de « Casablanca Finance City »4.
a : Les entreprises hôtelières et les sociétés de gestion des résidences immobilières de
promotion touristique et les établissements d’animation touristique5
Les entreprises hôtelières, ainsi que les sociétés de gestion des résidences immobilières de
promotion touristique bénéficient au titre de leurs établissements hôteliers pour la partie de la
base imposable correspondant à leur chiffre d’affaires réalisé en devises dûment rapatriées
directement par elles ou pour leur compte par l’intermédiaire d’agences de voyages :
- de l’exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant une période de 5 ans consécutifs
qui court à compter de l’exercice au cours duquel la première opération d’hébergement a été
réalisée en devises ;
- et de l’imposition aux taux progressifs (10% et 20%) selon le chiffre d’affaires réalisé, et
ce, au-delà de cette période6.
L’exonération totale est fixée à une période de 5 ans consécutifs qui court à compter de
l’exercice au cours duquel la première opération d’hébergement a été réalisée en devises.
Par 5 ans consécutifs, il y a lieu d’entendre la période couvrant 60 mois à compter de la date
d’ouverture de l’exercice au cours duquel la première opération d’hébergement en devises a
été réalisée.

b : Les sociétés de services ayant le statut de « Casablanca Finance City »


Les sociétés disposant d’un agrément pour exercer leurs activités dans le cadre de la Place
Financière de Casablanca7, bénéficient au titre de leur chiffre d’affaires réalisé à l’export et
des plus values mobilières nettes de source étrangère réalisé au cours de l’exercice :
- de l’exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant une période de cinq
exercices consécutifs qui court à compter du premier exercice de l’octroi dudit statut,
- et d’une imposition au taux spécifique de 8.75 % au-delà de cette période.
Le nouveau régime applicable à compter du 1 janvier 2020, a institué de nouveaux taux
applicables aux entreprises qui vont s’installer à compter du premier janvier 2020 à la place

3
Loi de finances 2014, l’exonération précitée n’est accordée que lorsque ledit chiffre d’affaires est resté
inférieur à ce montant pendant 3 exercices consécutifs.
4
Loi de finances 2011.
5
Loi de Finances 2018.
6
Loi de Finances 2020.
7
Les sièges régionaux ou internationaux ayant le statut Place Financière de Casablanca, bénéficient d’un taux
réduit de 10 % sur une base imposable, dont le montant ne peut être inférieur à 5 % des charges de
fonctionnement.
financière. Ces dernières vont bénéficier d’une exonération pendant les cinq premières
années, et de l’imposition au taux spécifique de 15% au-delà de cette période8.
L’exonération quinquennale et le taux de 15% précités s’appliquent au résultat fiscal résultant
de l’ensemble du chiffre d’affaires local et à l’export.
Par ailleurs, les sociétés ayant obtenu le statut CFC avant le premier janvier 2020, peuvent,
sur option irrévocable et sur la base d’une demande adressée à l’administration fiscale,
bénéficier des mêmes avantages.
Aussi, les dividendes et autres produits de participation versés, mis à la disposition ou inscrits
en compte par les sociétés ayant ce statut, sont exonérés de l’impôt retenu à la source. (Loi de
finances 2020).

3 : Exonérations permanentes en matière d’impôt retenu à la source


Les revenus bénéficiant de l’exonération permanente de l’impôt retenu à la source sont :
- Les produits des actions, parts sociales et revenus assimilés ;
- Les intérêts et autres produits similaires servis à certains organismes ;
- Les redevances de location d’aéronefs et les rémunérations analogues.
a : Produits des actions, parts sociales et revenus assimilés
Sont exonérés de l’impôt sur les sociétés les produits des actions, parts sociales et revenus
assimilés suivants :
- Les dividendes et autres produits de participation versés, mis à la disposition ou inscrits en
compte par des sociétés soumises ou exonérées de l’impôt sur les sociétés à des sociétés ayant
leur siège social au Maroc et soumises au dit impôt, à condition qu’elles fournissent à la
société distributrice ou à l’établissement bancaire délégué une attestation de propriété de titres
comportant le numéro de leur identification à l’impôt sur les sociétés. Cette exonération est
applicable aussi aux revenus de source étrangère de natures similaire ;
- Les sommes distribuées provenant des prélèvements sur les bénéfices pour l’amortissement
du capital des sociétés concessionnaires de service public ou le rachat d’actions ou de parts
sociales des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) ;
- Avant la Loi de Finances 2019, le CGI prévoyait un régime de transparence fiscal pour les
organismes de placement collectif immobilier (OPCI), permettant l’exonération totale de ces
organismes de l’IS au titre des bénéfices réalisés et l’imposition de ces bénéfices entre les
mains des sociétés actionnaires des OPCI en tant que dividendes, sans application de
l’abattement prévu par le droit commun.
Dans le but d’encourager la création des OPCI et afin d’atteindre les objectifs recherchés de la
création de ces organismes liés à la dynamisation du marché locatif immobilier, notamment
professionnel, et à la mobilisation de l’épargne, la loi de finances 2019 a institué un
abattement de 60 % sur les produits provenant des bénéfices distribués9 par les OPCI
précités ;
- Les dividendes perçus par les OPCVM ;
- Les dividendes perçus par les organismes de placements en capital risque (OPCR) ;
- Les dividendes distribués par les banques Offshore à leurs actionnaires ;
- Les dividendes distribués par les sociétés holding offshore à leurs actionnaires, au prorata du
chiffre d’affaires offshore correspondant aux prestations de services exonérées ;
- Les dividendes et autres produits de participations similaires versés, mis à la disposition ou
inscrits en compte des non-résidents par les sociétés installées dans les zones franches
d’exportation et provenant d’activités exercées dans lesdites zones ;

8
Loi de Finances 2020.
9
Bénéfices versés à leurs sociétés actionnaires (dividendes).
- Les bénéfices distribués et les dividendes des titulaires d’une concession d’exploitation des
gisements d’hydrocarbures et ceux des actionnaires dans les entreprises concessionnaires
d’exploitation desdits gisements ;
- Les produits des actions appartenant à la Banque Européenne d’Investissements, suite aux
financements accordés par celle-ci au bénéfice d’investisseurs marocains et européens dans le
cadre de programmes approuvés par le gouvernement.
b : Intérêts et autres produits similaires servis à certains organismes
Sont exonérés les intérêts et autres produits similaires servis aux :
- Etablissements de crédit au titre des prêts et avances consentis par ces organismes ;
- Organismes de placement collectif en valeurs mobilières ;
- Fonds de placements collectifs en titrisation ;
- Organismes de placements en capital risque ;
- Titulaires de dépôts et tous autres placements effectués en monnaies étrangères convertibles
auprès des banques offshores ;
- Les sociétés non résidentes au titre :
- Des prêts consentis à l’Etat ou garantis par lui ;
- Des dépôts en devises ou en dirhams convertibles ;
- Des prêts octroyés en devises pour une durée égale ou supérieure à dix ans ;
- Des prêts octroyés par la Banque Européenne d’Investissement (B.E.I) dans le cadre
de projets approuvés par le gouvernement.
c : Les redevances de location d’aéronefs et les rémunérations analogues
Sont exonérées de la retenue à la source les redevances de location d’aéronefs 10 et les
rémunérations analogues versées à des non résidents, en contrepartie des opérations
d’affrètement, de location et de maintenance d’aéronefs affectés au transport international.

4 : Imposition permanente au taux réduit


L’imposition permanente au taux réduit est prévue pour :
- Les entreprises exportatrices ;
- Les entreprises minières exportatrices ;
a : Les sociétés exportatrices de biens ou services
Les sociétés exportatrices de biens ou services, à l’exclusion des entreprises exportatrices des
métaux de récupération, bénéficient :
- d’une imposition selon le barème progressif avec un taux plafonné à 20 % pour la tranche
du résultat qui dépasse 1.000.000 DH.
La loi de Finances 2020 a prévu la suppression de l’exonération de 5 ans à compter de la
date de la première opération d’exportation.
Cette suppression ne concerne pas les entreprises industrielles qui bénéficient toujours de
l’exonération sur la totalité du chiffre d’affaires local et export.
b : Les entreprises minières exportatrices
Les entreprises minières exportatrices bénéficient des taux progressifs soit 10% ou 20 %11 à
compter de l’exercice au cours duquel la première opération d’exportation a été réalisée.
Bénéficient également de cette réduction, les entreprises minières qui vendent leurs produits à
des entreprises qui les exportent après leur valorisation.

5 : Exonérations et impositions temporaires au taux réduit


On distingue :
- Les exonérations suivies d’imposition temporaire au taux réduit ;
- Les exonérations temporaires ;
10
Loi de finances 2011.
11
Loi de Finances 2020.
- L’imposition temporaire au taux réduit.

5.1 : Exonérations suivies d’imposition temporaire au taux réduit


Il s’agit :
- Des entreprises exerçant leurs activités dans les zones d’accélération industrielle ;
- De l’Agence Spéciale Tanger-Méditerranée ;
- Des sociétés sportives.
- Les sociétés exerçant les activités d’externalisation de services à l’intérieur ou en dehors des
plateformes industrielles intégrées

a : Les entreprises exerçant dans les zones d’accélération industrielle


Les entreprises qui exercent leurs activités dans les zones d’accélération industrielle
bénéficient :
- De l’exonération totale durant les 5 premiers exercices consécutifs à compter de la date du
début de leur exploitation ;
- De l’imposition au taux de 15% pour les sociétés qui vont s’installer à compter du 1
janvier 202112.
Les sociétés déjà installées sont toujours soumises au régime fiscal antérieur (exonération de 5
ans et imposition au taux de 8.75 %).
Au-delà de cette période, ces entreprises bénéficient de l’imposition au taux réduit de 15%
prévu par le droit commun en faveur des entreprises exportatrices, avec possibilité de cumul
avec l’atténuation fiscale prévue pour la province de Tanger.
Les avantages accordés aux entreprises installées dans les zones d’accélération industrielle
sont exclusifs de tout autre avantage prévu par d’autres dispositions législatives en matière
d’encouragement à l’investissement.
Mais l’entreprise a le droit de choisir le dispositif incitatif.
Toutefois, les sociétés, intervenant dans les zones d’accélération industrielle, simplement dans
le cadre d’un chantier de travaux de construction ou de montage, sont soumises à l’impôt sur
les sociétés dans les conditions de droit commun.
b : L’Agence Spécial Tanger-Méditerranée
L’Agence spéciale Tanger-Méditerrannée, ainsi que les sociétés intervenant dans la
réalisation, l’aménagement, l’exploitation et l’entretien du projet de la zone spéciale de
développement Tanger Méditerranée et qui s’installent dans les zones d’accélération
industrielle13, bénéficient des mêmes avantages accordés aux entreprises installées dans les
zones d’accélération industrielle. C’est-à-dire ; une exonération pendant les cinq premiers
exercices, suivie d’une imposition au taux réduit de 15 % (Loi de Finances 2020).
c. Les sociétés sportives régulièrement constituées
En vue d’accompagner la réforme du secteur sportif, la loi de finances pour l’année 2020 a
prévu en faveur des sociétés sportives une exonération pendant les cinq premiers exercices
d’exploitation, suivi d’une taxation réduite de 10 % ou 20 % au-delà de cette période.
d. Les sociétés exerçant les activités d’externalisation de services à l’intérieur ou en
dehors des plateformes industrielles intégrées
Les sociétés exerçant les activités d’externalisation de services (offshoring) à l’intérieur ou en
dehors des plateformes industrielles intégrées (chiffre d’affaires local et à l’export),
bénéficient de l’exonération totale pendant les cinq premiers exercices d’exploitation, suivi
d’une taxation réduite de 20 % au-delà de cette période14.

12
Loi de Finances 2020.
13
L’expression « zones franches » sont remplacées par les « zones d’accélération industrielle », Loi de Finances
2020.
14
Loi de Finances 2020.
5.2 : Exonérations temporaires
Sont exonérés temporairement :
- Les titulaires de toute concession d’exploitation des gisements d’hydrocarbures bénéficient
d’une exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant une période de 10 années
consécutives courant à compter de la date de mise en production régulière de toute concession
d’exploitation.
- Les sociétés exploitant les centres de gestion de compatibilité agréés sont exonérées de
l’impôt sur les sociétés au titre de leurs opérations, pendant une période de quatre ans suivant
la date de leur agrément.
- Les sociétés industrielles exerçant des activités fixées par voie réglementaire bénéficient
d’une exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant les cinq premiers exercices
consécutifs à compter de la date du début de leur exploitation (Loi de finances 2017).

5.3 : Imposition temporaire au taux réduit


L’imposition temporaire au taux réduit concerne :
- Les entreprises artisanales ;
- Les établissements privés d’enseignement ou de formation professionnelle ;
- Les banques offshore ;
- Les sociétés holding offshore ;
- Les promoteurs immobiliers construisant des campus, cités et résidences universitaires ;

a. Les entreprises artisanales


Les entreprises artisanales nouvelles dont la production est le résultat d’un travail
essentiellement manuel, bénéficient d’une imposition au taux réduit de 20 % pendant les cinq
premiers exercices consécutifs suivant la date du début de leur exploitation, et ce, quel que
soit le lieu de leur implantation.

b. Les établissements privés d’enseignement ou de formation professionnelle


Ces établissements bénéficient d’une imposition au taux réduit de 20% pendant les 5
premiers exercices consécutifs suivant la date du début de leur exploitation15.

c. Les banques offshore16


Les banques offshore sont soumises, en ce qui concerne leurs activités, pour les quinze
premières années consécutives suivant la date de l’obtention de l’agrément :
- soit à l’impôt au taux spécifique de 10 %,
- soit, sur option, à l’impôt forfaitaire correspondant à la contre-valeur en dirhams de vingt
cinq milles dollars US par an. Cette imposition forfaitaire est libératoire de tous autres impôts
et taxes frappant les bénéfices ou les revenus, pour les banques offshore.
Après expiration du délai de quinze années les banques offshore sont soumises à l’impôt sur
les sociétés dans les conditions de droit commun.

15
Loi de Finances 2020.
16
Suppression du régime fiscal des banques offshore : la Loi de Finances 2019 a abrogé les avantages fiscaux
prévus en faveur de ces banques, elles seront désormais imposées selon les règles de droit commun, à l’instar
des autres banques.
d. Les sociétés holding offshore17
Les sociétés holding offshore sont soumises, en ce qui concerne leurs activités, pendant les
quinze premières années consécutives suivant la date de leur installation, à un impôt
forfaitaire correspondant à la contre-valeur en dirhams de 500 dollars US par an.
Cette imposition forfaitaire est libératoire de tous autres impôts et taxes frappant les bénéfices
ou les revenus des sociétés holding offshore.
Pour bénéficier de l’impôt forfaitaire, les sociétés holding offshore doivent :
- avoir pour objet exclusif la gestion de portefeuille de titre et la prise de participation dans les
entreprises,
- avoir un capital libellé en monnaies étrangères,
- et effectuer leurs opérations au profit des banques offshore ou de personnes physiques ou
morales non résidentes en monnaies étrangères convertibles.
Après expiration du délai de quinze années, les sociétés holding offshore sont soumises à
l’impôt sur les sociétés dans les conditions de droit commun.
Les avantages accordés aux banques offshores et aux sociétés holding offshore sont exclusifs
de tout autre avantage prévu par d’autres dispositions législatives en matière d’encouragement
à l’investissement. Mais l’entreprise a le droit de choisir le dispositif incitatif.

e. Les promoteurs immobiliers construisant des campus, cités et résidences


universitaires.
Bénéficient pour une période de cinq ans à compter de la date d’obtention du permis
d’habiter, du taux réduit de 10 % ou 20 % 18au titre des revenus provenant de la location des
cités, résidences et campus universitaires réalisés en conformité avec leur destination, les
promoteurs immobiliers, personnes morales qui réalisent pendant une période maximum de
trois ans courant à compter de la date de l’autorisation de construire, des opérations de
construction de cités, résidences et campus universitaires constitués d’au moins cinquante
chambres dont la capacité d’hébergement est au maximum de deux lits par chambre, dans le
cadre d’une convention conclue avec l’Etat, assortie d’un cahier de charges.

f. Les exploitations agricoles devenues imposables, bénéficient du taux progressif plafonné à


20 % 19 , à compter du premier exercice d’imposition (LF 2020).

g. Les sociétés dont les titres sont introduites en bourse


Afin de dynamiser le marché boursier, la Loi de Finances 2017 a institué une réduction de
l’IS pendant 3 ans, au profit des sociétés qui s’introduisent en bourse.
Bénéficient de la réduction de l’IS, toutes les sociétés soumises à l’IS qui introduisent leurs
titres en bourse par ouverture ou par augmentation de leur capital.
Les taux de réduction sont fixés comme suit :
- 25 % pour les sociétés qui introduisent leurs titres de capital en bourse par ouverture
de leur capital au public et ce, par la cession d’actions existantes.
- ou 50 % pour les sociétés qui introduisent leurs titres en bourse par augmentation de
leur capital d’au moins 20 %.

17
Suppression du régime fiscal des sociétés holding offshore : la Loi de Finances 2019 a abrogé les avantages
fiscaux prévus en faveur de ces sociétés, elles seront désormais imposées selon les règles de droit commun.
18
Loi de Finances 2020.
19
Loi de finances 2020.
h. Les entreprises qui prennent des participations dans le capital des jeunes entreprises
innovantes en nouvelles technologies20
Les entreprises soumises à l’IS bénéficient d’une réduction d’impôt égale au montant de
l’impôt correspondant au montant de leur prise de participation dans le capital des entreprises
innovantes en nouvelles technologies.
Cette réduction est appliquée sur le montant de l’IS dû au titre de l’exercice au cours duquel a
eu lieu ladite participation, après imputation le cas échéant, du montant de l’impôt retenu à la
source sur les produits de placements à revenu fixe et sur les revenus des certificats de Sukuk
et avant l’imputation des acomptes provisionnels versés au cours de l’exercice (Loi de
Finances 2018).

20
Le montant de la participation ouvrant droit à la réduction d’impôt est plafonné à 500.000 DH par jeune
entreprise innovante en nouvelles technologies ; le montant global de la réduction d’impôt ne doit pas dépasser
30 % du montant de l’impôt dû au titre de l’exercice de la prise de décision ; les titres doivent être conservés
pendant une période minimale de 4 ans à compter de leur date d’acquisition.