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RABHI

MALIK

Alain Corbin, Historien du sensible. Entretien avec Gilles Heuré, Paris, La Découverte ,2000.

Introduction

Alain Corbin est un historien né le 12 janvier 1936 à Lonlay l’Abbaye dans l’Orne et il passa à la
postérité pour ces travaux novateurs concernant « l’histoire des sensibilités ».

D’où le titre de l’ouvrage « Historien du sensible » qui retrace la vie d’Alain Corbin de sa plus
tendre enfance jusqu’à l’an 2000. Le responsable de l’entretien Gilles Heuré le questionne sur les
différentes périodes de sa vie.

L’ouvrage peut être qualifié de biographie voire d’autobiographie car la vie évoquée est bien
celle d’Alain Corbin qui participe activement à la rédaction de cet ouvrage. Les questions posées
par Gilles Heuré oscillent entre des questions qui engendre des réponses très proche de
l’autobiographie.

Nous pouvons citer pêlemêle que pensez-vous de mai 68 ou de la guerre d’Algérie en revanche
l’ouvrage quitte parfois ces thématiques pour presque devenir un manuel méthodologique où
Gilles Heuré questionne Alain Corbin sur les difficultés méthodologiques majeurs d’un historien.

Pour résumer l’organisation de cet ouvrage, il est formé de dix chapitres qui représentent des
périodes historiques bien définis où dans un premier temps Alain Corbin raconte les souvenirs
qu’il a de cette époque puis au fil du chapitre développe de plus en plus le métier d’historien.
En quoi cet ouvrage est-il un savant mélange d’une biographie ou autobiographie dépendamment
du point de vue puis de quelles manières devient-il un ouvrage précieux pour la méthodologie
historique, le recul historique et l’attrait concernant des sujets de prime à bord rebutant.

1) La vision d’un témoin point celle d’un historien.


A) Une enfance tumultueuse

Le début de l’ouvrage relate l’enfance vécu en Normandie avec la particularité d’être un enfant
métisse son père étant Guadeloupéen et sa mère Normande. Il raconta que son père ne subit point
le racisme en Normandie en raison d’une assimilation poussé à l’extrême en revanche ses études
à Paris furent un moment difficile pour lui sans pour autant ne l’avoir jamais évoqué.

Le parallèle entre ces évènements et l’interprétation est révélateur de l’époque à laquelle il vivait.
En effet cette époque était représentative de ce qu’on appelait alors « l’assimilation à la
française » souvent d’ailleurs associée à une autre expression bien connue de la langue
française : « A Rome fais comme les Romains »

Alain Corbin utilise une autre expression pour parler de ce sujet il dit : « façon Schoelcher » en
référence bien évidemment à Victor Schoelcher le ministre abolissant l’esclavage.

Ce fut une époque prônant l’assimilation à outrance et luttant contre toute forme de sauvegarde
d’un passé. La citoyenneté française signifiait l’abandon de ses racines au profit de celles de la
France nonobstant notre arbre généalogique.
Puis il continua son histoire par l’évocation de la Seconde Guerre Mondiale sous le prisme du
jeune normand qu’il fut à l’époque. Il raconta qu’ils fuirent l’avancée de la Wehrmacht en se
dirigeant vers le Sud de la France puis retourna chez lui et vit l’occupant dans sa maison.

Il relate une relation assez bonne avec l’occupant allemand ce qui tranche avec une vision assez
noire de l’occupant allemand ne dissociant presque jamais les SS et les SA, des nazis pur et dur,
des simples conscrits de la Wehrmacht ne faisant pas partie du parti politique.

Il eut été impressionné par la gigantesque logistique américaine redonnant ces lettres de noblesse
aux routes, ponts et autres infrastructures de la Normandie et rappela l’autorisation de fuir des
allemands envers la population civile.

Développons son propos en ajoutant que le débarquement des troupes américaines, canadiennes,
néo-zélandaise et françaises en Normandie fut une opération militaire aux moyens immenses et
jamais vu pour l’époque.

Citons pêlemêle la création d’un port artificielle pour l’acheminement du matériel, la


construction d’un oléoduc pour le ravitaillement en pétrole ou encore le débarquement de près de
135 000 hommes rien que pour la première journée.

Effectivement l’évocation de ces quelques chiffres suffisent à comprendre l’émerveillement du


jeune normand lors de ce débarquement bien qu’il faille rappeler l’effroi suscité par les
allemands mais aussi par les américains en raison de bombardements à l’aveugle et de la cohue
collective.

Après avoir décrit sa vision de la seconde guerre mondiale, il s’attela par la suite à décrire son
entrée dans le monde de la communauté scientifique.
A) La marche vers un historien accompli

Alain Corbin continua son récit en décrivant sa vision des années 50 en France sous le prisme de
la question du communisme, idéologie en vogue durant ces années au sein de la communauté
historique.

Toutefois il rappelle qu’il ne fut pas l’un d’entre eux ayant très vite compris la réalité de celui-ci
en revanche il admet avoir été séduit par la SFIO et par une certaine idée de la gauche.

Il rappelle ici une époque assez peu évoquée dans le débat public et de manière générale dans
l’histoire de la France, l’époque de la monté en puissance du communisme en France.

Rappelons que le parti communiste oscilla pendant longtemps entre le premier et le deuxième
parti politique français luttant ainsi pour le pouvoir avec le parti crée par De Gaulle le MRP. Le
communisme surfa sur la victoire contre l’Allemagne nazi et perdura ainsi jusque dans les années
70.

Ce fut un parti composé majoritairement d’ouvriers bien que des intellectuels firent leurs
apparitions dans le parti tout au long de son existence. Alain Corbin vit alors cette idéologie
bouleverser considérablement la société française de l’époque mais aussi dans la communauté
scientifique historienne via l’influence de cette idéologie.

Alain Corbin commença alors son rôle de professeur à Limoges mais cet apprentissage tourna
court en raison de la guerre d’Algérie auquel il a dû participer en tant que conscrit. Il fut envoyé
dans la région de Sétif à l’est de la capitale Alger.
Alain Corbin continua son récit et une réflexion de sa part mérite toute notre attention. En effet
lorsqu’il conta cette histoire, il affirma que le putsch des 4 généraux eut été plus important que
Mai 68 alors que dans l’imaginaire collectif, mai 68 prit une place toute particulière.

Ici il est important d’aborder une problématique extrêmement vivace lorsque nous étudions
l’histoire que ce soit au XIXe siècle ou au XXIe siècle, la question concernant l’importance d’un
évènement à l’instant et sa récupération politique pour en faire un évènement de grande
envergure.

L’exemple le plus emblématique fut la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, journée qui devint la
fête nationale bien que techniquement le débat n’ait pas été tranché avec la fête de la fédération.
Cet exemple fut exploité à de nombreuses reprises donc ici nous ne le développerons pas plus.

En revanche reprenons l’exemple cité ci-dessus par Alain Corbin certifiant que le putsch fut un
évènement bien plus important que Mai 68

Si nous analysons les deux évènements froidement, sans réfléchir à la portée politique de ceux-
ci, cette thèse bien qu’incompréhensible pour la majorité des français qui n’entendirent jamais
parler de ce putsch est en réalité parfaitement compréhensible.

Le putsch est une véritable sécession d’une partie importante du territoire français habitait par de
nombreux colons français. A notre époque nous savons que ce putsch périclita cependant le
risque de guerre civile fut extrêmement élevé.

D’autant plus que des mouvements sécessionnistes algériens cette fois-ci furent à l’œuvre depuis
1954 avec l’instauration d’un couvre-feu pour calmer les velléités algériennes alliés aux
communistes français. Ce fut des mesures d’exceptions qui ne se reproduisirent plus jusqu’à
notre époque, c’est donc un moment historique éminemment important.
A présent évoquons Mai 68 avec une portée médiatique et culturelle bien plus important à notre
époque. Mai 68 est en réalité une série de manifestations composées d’étudiants mais aussi
d’ouvriers réclamant des droits sociaux et des libertés.

Certes les manifestations se multiplièrent et rassemblèrent un grand nombre de personne mais il


n’est pas rare de retrouver des manifestations d’une telle ampleur et d’une telle intensité. En
revanche elles coïncidèrent avec le départ un an plus tard de De Gaulle et mirent à mal la société
conservatrice revendiquait par celui-ci.

Puis après l’interlude de George Pompidou vint Valérie Giscard d’Estaing amorça ainsi une
« libéralisation sociétale de la société » prélude d’un changement de paradigme.

Avec cette analyse nous pûmes démontrer que le putsch fut un évènement bien plus marquant
dans la société français des années 60 et la renommée de Mai 68 fut interprété comme le prélude
d’un changement de paradigme de la société française à la sortie des trente glorieuses mais un
homme des années 60 ne put voir son impact à long terme.

2) Alain Corbin ou l’histoire régionale d’éléments fondamentaux pour « la populace »

A) La légende rouge du Limousin

Alain Corbin continua son récit en évoquant le cliché du Limousin votant résolument à gauche et
écrivit son premier ouvrage « Archaïsme et modernité en Limousin au XIXe siècle (1845-
1880) ». En effet les Limougeauds eurent la réputation d’être résolument des hommes de gauche.

Il se questionna ainsi sur ce qu’il appela « la légende rouge du limousin » et étudia
rigoureusement le sujet pour délier le vrai du faux.

Il fit donc une série d’entretiens avec les habitants ce qui les troublèrent énormément car un
étranger posant des questions intimes comme les idées politiques eurent pour effet immédiat la
méfiance envers celui-ci.

L’évocation ici d’une technique maintenant plus acceptée par le corps social fut considéré
comme une bizarrerie dans les années 60 et Alain Corbin un des précurseurs de cette méthode
bien qu’il évoque d’autres historiens utilisant le même procédé basé sur le témoignage des
habitants pour la rédaction d’un ouvrage.
Cette méthode fut décriée à cette époque et Alain Corbin subit de nombreuses critiques quant à
l’utilisation de cette méthode en raison entre autres des personnes interrogées qui étaient de
« petites gens » ne pouvant raconter que des récits allant des croyances à la rumeur en passant
par des sornettes.

Cette méthode lui permit de découvrir un fossé important entre les aprioris et la réalité
sociologique. En effet il montre que les habitants malgré les deux guerres mondiales apprécient
plus les allemands que les anglais car ils jugent le comportement bien plus que l’aspect purement
historique.

Un aparté est important pour analyser l’étude qu’il publia dans les années 60. Son étude se
focalisa sur le XIXe siècle cependant il faut avoir conscience que les évènements postérieurs à
son sujet d’étude puissent avoir des répercussions sur la pensée de ces témoins.

En effet une personne ayant subit l’invasion allemande de 1870 auquel on demande ce qu’il
pensait des allemands dans les années 1860 pourra sans nul doute vouloir déchainer sa rage
envers eux et donc faussé l’étude qui se limitait bien aux années 1860.

L’étude de sujets anciens impliquent une prise de distance vis-à-vis du sujet pour nous-même ce
qui semble au premier abord évident cependant un recul impliquant aussi les témoins de cette
époque. Ne pas interpréter l’évènement comme un homme du XXe siècle

Ce sont les notions les plus élémentaires d’un historien alors que celles-ci sont facilement oublié
malgré l’insistance de la méthodologie historique.

Alain Corbin apprit aussi la dualité idéologique assez forte de la région ou la très grande majorité
des personnes sont soit bonapartise ou bien des communards.

Il est possible de faire un lien entre les deux informations citées ci-dessus, en effet la raison pour
laquelle la région du Limougeot fut perçu comme une région très agitée au niveau politique
relève de la dualité assez forte de sa population.

Cette analyse est d’autant plus pertinente qu’Alain Corbin précise que personne n’aimait les
républicains modérés car pas suffisamment à gauche pour certain et pour d’autres
insuffisamment conservateur
Donc avec les informations brutes de Alain Corbin puis avec une analyse en profondeur, nous
pourrions en conclure que la réputation du Limougeaud d’être une région « rouge » est en partie
vrai selon les informations récoltées par Alain Corbin.

Cependant elles méritent d’être nuancée tant par la part de partisan bonapartiste mais aussi par le
lien naturel pour l’époque entre l’agitation populaire et les communards en raison de la proximité
de la Commune de Paris.

B) Un attrait pour l’histoire purement mélancolique

L’ouvrage « Historien du sensible » continua en embrayant sur un point extrême intéressant est
la vision triste voir assez apocalyptique dans certains cas concernant les périodes historiques
anciennes et bien évidemment une explication autour de ce phénomène.

Alain Corbin affirma la primauté des doléances, des peurs, des douleurs, des atrocités etc… ont
une place toute particulière dans la grande Histoire car les témoins des périodes passées
ressentaient bien plus le besoin d’écrire lorsque la période était difficile que lorsque tout allait
bien.

Alain Corbin ajoute que ce biais historique est très important dans la pensée de l’histoire bien
que les historiens ne le fassent pas sans arrêt. Il détaille son propos avec un argumentaire basé
sur le devoir civique de l’historien à désigner le malheur.

Pour développer son propos le métier d’historien existerait en tout cas dans la tête des personnes
pour rappeler à l’humanité ses heures sombres devenant ainsi une sorte de guide, de sage un peu
à la manière des tribus amérindiennes éduqués par le sage apprenant aux jeunes le bon
comportement à avoir pour ne pas répéter les mêmes erreurs.

L’idée reste néanmoins la même dans la société d’aujourd’hui, l’historien n’est pas considéré
comme le sage en raison de son âge comme dans les temps immémoriaux mais en raison de sa
connaissance accrue du passé faisant de lui un sage de fait.
3) L’attrait et la critique d’Alain Corbin pour les éléments « banales » de l’Histoire
A) La question autour de l’odorat

Alain Corbin continua d’explorer les sensibilités de l’homme lorsqu’il s’intéressa aux cinq sens,
élément indispensable et premier dans le ressenti des évènements qui se présentent à nous tout au
long de notre vie.

Il fut surpris par le manque d’ouvrage traitant le sujet, il s’intéressa ainsi à l’un de ces sens
l’odorat par la rédaction d’un ouvrage « Le miasme et la jonquille ». Alain Corbin commença par
présenter les difficultés qu’il a eu pour la rédaction de cet ouvrage.

Il affirma que l’odorat était un sens mal perçu dans la société en raison notamment de la
prééminence de l’odorat animal sur celui de l’être humain. De plus il ajouta que les historiens
eurent peur d’écrire un ouvrage sur l’odorat en raison de la difficulté à trouver des preuves
tangibles au regard de la communauté scientifique.

Pour développer quelques peu la théorie d’Alain Corbin sur l’odorat, l’odorat est l’unique sens
dont l’odeur fut assez systématiquement modifiée pour rechercher une odeur idéale comme si les
odeurs naturelles de l’être humain faisaient de fait peur aux êtres humains.

Avec la prolifération du parfum, déodorant, gel douche, shampoing etc… On tend à faire
ressentir non pas l’odeur naturel de l’humain mais plutôt une odeur naturelle venant plutôt de la
nature comme la noix de coco ou autres.

En revanche les autres sens admettent bien volontiers la beauté de l’être humain pour la vue etc
… Alain Corbin s’est donc intéressé à ce sens car il développa l’idée selon laquelle l’odorat fut
le mal-aimé des sens de l’être humain.

Puis dans son entretien il fit référence à un autre de ces ouvrage « Le territoire du vide » ou il
entreprit entre autres de défendre une thèse selon laquelle les anglais eurent été intéressé par le
grand large pour la grande curiosité qui l’habite.

D’autres historiens lui rétorquèrent l’importance du commerce et à fortiori de l’argent et du gain


dans la culture anglo-saxonne. Il précisa par ailleurs l’origine de ces critiques venant
majoritairement des historiens anglais eux-mêmes.
B) Les anglais mercantiles ?

Bien des thèses purent être établis pour tenter de comprendre ce gout inexpliqué, cet attrait de la
perfide Albion pour la mer. Une des thèses les plus célèbres tend à mettre en valeur la rareté des
matières premières dans le territoire britannique et donc la recherche nécessaire de nouvelles
contrées pour accéder à celles-ci.

Cette thèse est intéressante cependant elle prend en compte l’aspect géographique donc
idéalement tous les pays insulaires en manque de ressource feraient absolument de la maitrise
des mers une priorité.

Cette théorie n’explique pas pourquoi le Japon nation insulaire par excellence et ne possédant
pas de matières premières ne fit pas du commerce des mers une priorité pendent une large partie
de son existence jusqu’à la fin du XIXe siècle.

La raison ici est la volonté politique des gouvernants de rester en autarcie par rapport aux autres
nations. Quelques part les Japonais se suffisaient des richesses et des denrées disponibles dans
leurs territoires insulaires.

Cet exemple est intéressant car il peut appuyer la thèse d’Alain Corbin en rappelant l’envie et le
désir profond des anglais de découvrir le monde, de devenir une nation connaissant parfaitement
la géographie du monde.

Bien sur la thèse s’approchant le plus de la réalité est un condensé des différentes thèses
présentées ci-dessus avec d’autres thèses encore dont on pourrait parler de sorte d’en faire un
livre à part entier sans difficulté.

Alain Corbin continua alors son récit autobiographique en évoquant son ouvrage « Le temps, le
désir et l’horreur essais du XIXe siècle » un ouvrage ayant pour objectif de relater la sensibilité
des personnes au temps du XIXe siècle.
C) La focalisation d’Alain Corbin pour les « petites gens »

Il précisa que son ouvrage se focalisait sur la première partie du XIXe siècle en raison de la non-
lecture des habitants de l’époque des différents journaux, ainsi les habitants s’informèrent surtout
via les différentes rumeurs.

Il relativise donc la violence des habitants de l’époque en rappelant la difficulté de l’époque pour
ces paysans de s’informer correctement. Il prit comme exemple l’année 1815, année trop souvent
oublié par les historiens selon lui pour comprendre la politique intérieure française.

En effet il explique les massacres des nobles en Dordogne en 1830 lors de la révolution de juillet
non pas comme un acte délictueux se propageant dans toute la France car il prouva que de
nombreuses régions n’eurent pas commis ce genre de crime.

Il explique ce massacre de nobles spécifique dans la Dordogne actuelle par les rumeurs
incessantes concernant les nobles, ils eurent collaboré avec les prussiens lors de l’éviction de
Napoléon en revanche dans les provinces septentrionales françaises, les prussiens occupèrent un
temps les territoires et la population vit les nobles être persécuté.

L’un des aspects les plus intéressants des ouvrages d’Alain Corbin est sa capacité à réaliser de
nombreux ouvrages divers et variés mais sur la même période de temps et dans la même région
ce qui va nous permettre en ce moment d’émettre des analyses concernant l’explication de tel ou
tel phénomène.

Reprenons un des fils conducteurs et l’aspect le plus emblématique de la région de la Dordogne


et du Limougeaud la fameuse « légende rouge » s’explique par son attitude détestable envers le
clergé de la Saint-Eglise.

Cependant lorsque Alain Corbin tenta de trouver les réponses, elles furent étonnantes. Ce n’est
pas tant le catholicisme mais plus le clergé fortement lié au politique et responsable selon eux de
la chute de l’empire napoléonien.

La population de l’époque n’avait pas les mêmes aspirations, en effet la population recherchait la
stabilité, l’ordre de plus elle fut ulcérée par les changements de régime incessant de Paris sans
qu’on les ait consultés.
Abordons ici la question méthodologie autour des rumeurs traversant les périodes historiques.
Les rumeurs pendent assez longtemps furent très peu utilisé en raison de leurs caractères volages,
farfelus, loufoques etc. ...

Surtout les rumeurs sont par définition infondé donc l’historien fut enclin à un peu les méprisé au
profit de faits sans nul doute plus véridique ou en tout cas qui mérite d’être étudié. Alors que la
rumeur est en réalité un domaine de recherche extrêmement intéressant.

Puisque pendent la majeure partie de l’humanité l’immense majorité des personnes s’informaient
via ce moyen de communication, il est donc important de décrypter et d’étudier ce phénomène si
l’on veut être capable de faire une histoire des « petites gens ».

Alain Corbin aura tout au long de sa vie comme objectif d’étudier des aspects fondamentaux
pour la population mais ne trouvèrent point grâce pour les historiens de l’époque. Ainsi il étudia
un aspect éminemment important de l’époque les cloches.

Alain Corbin eut l’idée d’étudier les cloches en raison de la cristallisation du débat autour des
cloches entre des partisans, personnes sensibles au catholicisme alors que les récalcitrants furent
attirés par les idées laïcistes

La cloche fut alors un symbole de la France car chaque village eut sa cloche ce qui rendit le
débat intéressent tant le débat fut nationale et pas simplement présent dans la ville de Paris ce qui
renvoi à la prise en compte des campagnards.

Ajoutons pour rappeler l’importance de celle-ci la reconnaissance par les habitants du bruit de
leur propre cloche par rapport à la cloche du village voisin.
Ainsi nous pouvons partir des cloches et établir une analyse pointue de l’histoire de la politique
français et l’évolution des mœurs, des uses et coutumes de la France en l’occurrence après la
seconde guerre mondiale.

Des personnes furent accusées d’être pétainiste simplement car elles tenaient profondément aux
cloches de leurs village, la cloche étant un symbole de la déchristianisation de la France et donc
un aspect important de la IVème république à l’époque.

Le régime de Vichy quant à lui défendit des valeurs traditionnelles encrés dans le catholicisme
français et lors de son ouvrage Alain Corbin mit en lumière cette dualité, cette confrontation, cet
affrontement entre deux France qui ne se comprenait plus.

Alain Corbin évoqua ses souvenirs étant enfant puis rechercha dans le XIXe siècle des signes de
cette fractura et la trouva peu après l’après le démantèlement de la Seconde République pour le
Second Empire.

Il montra ainsi une certaine continuité historique sur la vision des cloches et il expliqua ainsi
comment le simple loisir d’entendre et d’écouter des cloches avant le début d’un office devint un
facteur du débat public.

Alain Corbin dans son ouvrage arriva à la question du loisir où il exposa ainsi que dans les autres
sujets abordés dans son livre, la vision qu’il eut à l’époque d’un sujet puis ce que ces recherches
changèrent dans sa vision.

Il s’intéressa à la question des loisirs dans l’histoire et surtout il fit une rétrospective dans
l’évolution des loisirs tout au long de sa vie. Il remarqua une réelle organisation de la vie ou
chaque minute est importante tandis qu’au milieu du XXe siècle les personnes purent
papillonner.

Il prit l’exemple de la réservation pour illustrer son propos. Il relata la quasi-obligation de


réserver une table dans un restaurant tandis que le restaurant au milieu du XXe siècle fut le
résultat d’une impulsion, d’une envie subite.
Prolongeons son propos en pointant du doigt la création d’une sorte d’efficience de l’utilisation
de son temps libre. Le temps libre au XXIe siècle est une attente de la part des personnes
permettant de se détendre.

Ainsi si la personne ne reçut pas sa dose de relaxation via son « otium », elle considéra son
temps libre comme du temps perdu. Plus qu’une attente c’est une pression véritable que l’on met
dans ce temps libre car il permet de se détendre et d’affronter les tracas de la vie quotidienne.

Il eut aussi un changement de paradigme concernant l’utilisation de notre temps libre liée de plus
en plus à la notion de consommation, dans le cadre d’un salarié lambda il touche son salaire d’où
il finance ces besoins primaires puis pour se détendre il achète des besoins récréatifs.

Donc le temps libre, la détente est de plus en plus liée à la consommation, pour être heureux il
faut posséder un objet qui nous rendra heureux tout en étant pas forcément un besoin vital mais
ce qui est fort avec la consommation c’est le fait de rendre l’objet indispensable.

Il est vrai que nous sommes loin de « l’otium romain » avec l’utilisation de ce temps libre par les
patriciens romains pour entre autres réfléchir aux problèmes structurels de la cité.

Bien que nous devions nuancer ce propos notamment en prenant l’exemple de Alain Corbin
rappela à juste titre son incapacité pour lui à considérer ces aller-retours aux archives comme
étant un travail, il les considéra comme « l’otium » donc l’utilisation du temps à des fins
purement récréatifs.
CONCLUSION

L’ouvrage historien des sensibles qui est un entretien réalisé par Gilles Heuré à propos de la vie
d’Alain Corbin. Ce fut un ouvrage relatant les souvenirs de la vie d’Alain Corbin puis de ce
souvenir découlait la rédaction d’un ouvrage.

C’est donc un aller-retour incessant entre les inspirations et les visions d’Alain Corbin
concernant un objet d’étude puis l’évolution de celui-ci au fil de son travail. C’est donc un livre
qui mélange autobiographie, méthodologie historique et questionnement général sur l’Histoire.