Vous êtes sur la page 1sur 7

Chapitre III Année universitaire 2012/2013

Chapitre III ( Partie II)

CALCUL DES INFILTRATIONS

III.1 - CALCUL DES INFILTRATIONS A TRAVERS LE CORPS DE LA DIGUE

III. 1.1- Définition


On appelle ligne phréatique à travers le corps de la digue, la ligne
correspondante à la pression hydrostatique nulle. Cette ligne est parfois appelée
improprement ligne de saturation située au-dessus de la ligne phréatique à une distance
correspondante { l’élévation capillaire de l’eau de saturation.

Le tracé de la ligne phréatique est nécessaire pour la détermination des débits de


fuite à travers le corps de la digue afin d’apprécier les risques d’émergence de l’eau
particulièrement très dangereux le long du talus aval (figure 6)
KOZENY (1931) a montré que la ligne de saturation est de forme parabolique, de
foyer A et d’axe Ax, d’équation :

(x + yo )2 = x 2 + y2


en point B : x = d et y=h

________________________________________________________________________M.K. MIHOUBI (Maître de Conférences A )


1
Chapitre III Année universitaire 2012/2013

Figure 6 : : Schéma de calcul de la ligne de saturation

L’infiltration dans le massif de la digue se comporte comme un écoulement d’un


fluide incompressible, de mouvement plan permanent dans un milieu homogène,
obéissant à la loi de darcy, c'est-à-dire en régime permanent laminaire.
Les résultats des travaux de CASAGRANDE (1937), ont montré que une de ces
3
paraboles qui passe par le point B2 tel que la distance BB2 = 10 s
s : projection horizontale de la portion amont du massif en contacte avec l’eau de la
retenue.
y = h et x = d

d : étant distance du foyer A au point B (dans notre cas : d = b - 0,70 s ).

b : largeur de base du massif d’ou : yo = h2+d2 - d

yo : étant la différence entre la distance AB2 et sa projection horizontale.

Pour d = 0, l’équation précédente donne l’ordonnée de la parabole au foyer «A » : cette


ordonnée a pour valeur yo

Le point «Co» de la parabole avec la face aval, traduit en coordonnées polaire ;


l’origine étant au foyer « A » par la relation :

yo
=
1- cos 

avec :

 : rayon polaire ;

 : angle polaire avec l’axe de la parabole.

Soit a = AC avec C, point d’intersection de la ligne de saturation avec le talus aval.

a = CoC

 : angle du talus avec l’horizontale, nous aurons alors, un système d’équation :

  = a + a

 

Nous aurons alors :

yo
a + a = ,
1- cos 

a
Selon Casagrande (1937), l’angle est fonction du rapport .
a + a

Or pour :
________________________________________________________________________M.K. MIHOUBI (Maître de Conférences A )
2
Chapitre III Année universitaire 2012/2013

* = 180° === a = 0

*  < 30° === a = h 2  d 2  d 2  h 2cotg 2

Figure 7 : Caractéristique de la ligne de saturation déterminée à partir du rapport

a
= f(α), d’après Casagrande (1937).
a + a

Pour un angle <30°, SCHAFFERNAK et VAN-ITERSON (1917), propose une


solution qui consiste en la détermination du point d’interception de la parabole de
KOZENY (1931) avec le talus aval, c’est le point de résurgence (figure 8 ).

________________________________________________________________________M.K. MIHOUBI (Maître de Conférences A )


3
Chapitre III Année universitaire 2012/2013

Figure 8 : Caractéristique de la ligne de saturation par SCHAFFERNAK-VAN ITERSON

dy dy
Le débit unitaire est égal à : q  k. y avec  tan  et y = a sin et nous savons aussi
dx dx
que :

dy
k. y. dx  k a sin  tan  dx or a sin. tan dx = y. dy et par intégration aux
dx
frontières x=d à x = a cos et pour y= h à y= a sin nous aurons alors :
a cos  a sin 
a 2 sin 2   h 2
a sin  tan  
d
dx  
h
y dy  a sin   tan  (a cos   d) 
2

d d2 h2
Ce qui permet d’obtenir : a=  
cos  cos 2  sin 2 
Le tableau ci-dessous résume les différentes méthodes et l’estimation du débit unitaire.

Tableau n°4 : Récapitulatif des différentes méthodes de calcul de la ligne de saturation


(Venkatramiah, 2006).

ANGLE DU TALUS () METHODE DE CALCUL EQUATIONS UTILISEES


d d2 h2
<30° Schaffernak-Van Iterson (1917) a=   ;
cos  cos 2  sin 2 
où : q= k. a sin.tan

h2
 90° K.A Casagrande (1940) a  so  so 2 
avec sin 2 
pour   60so  d 2  h 2
q= k.yo = k. a sin2.
yo 1  2
180 ° Kozeny (1931) ao   h  d2  d 
2 2  
q= 2k.ao =K.yo

K.A Casagrande (1937) Utilisation de l’abaque


a
30<180  f () où :
a  a
q=a k sin2
ou
q= k yo= k.  h 2  d 2  d 
 

________________________________________________________________________M.K. MIHOUBI (Maître de Conférences A )


4
Chapitre III Année universitaire 2012/2013

III.1.2- Débit d’infiltration


Selon la loi de Darcy, le débit d’infiltration est évalué a :

Q=KIA

où :

h
I = L : gradient hydraulique ;

dy
A : aire soumise { l’infiltration pour une section unitaire : q = K y dx = K yo

Pour une digue homogène sur fondation imperméable.

* pour 30 °<  < 180° :

h2
q = K [ h2+d2 - d ] avec yo << d === q ~ k 2 d
 < 30° q = K a sin2 
avec : a = h2+d2 - d2- h2cotg2 

On peut déterminer le débit d’infiltration dans le massif en terre homogène, en se


basant toujours sur la loi sur loi de DARCY(1856), en utilisant les solutions préconisés
par PAVLVOKSKY (1936)* permettant de déterminer les paramètres "ao" et le débit
spécifique "q" (figure 8) à travers le corps du remblai :

Figure8 : Schéma illustrant la nomenclature selon méthode


de PAVLOVSKY (1936)

A partir de l’équation de conservation de débit on peut écrire que :


qI=qII=qIII

________________________________________________________________________M.K. MIHOUBI (Maître de Conférences A )


5
Chapitre III Année universitaire 2012/2013

En zone I :

(h w  h1 )  hd 
qI  K ln  
cot   h d  h1 
En zone II :

K  h12  (a o  h o ) 2 
q II 
2b  2  h d  (a o  h o )  cot 

En zone III :

Ka o   ao  ho 
q III  1  ln  
cot    ao  

Ka o
Pour ho = 0 , qIII= .
cot 

En considéré, que les paramètres suivants : α, , b, hd, hw, ho et k sont connus et que
seulement ao , h1 et le débit spécifique q sont inconnus, et qui seront déterminés par la
résolution du système de trois équations énumérées précédemment.

Si on suppose que ho=0 (le niveau aval est nul), nous pouvons résoudre le système
d’équation suivant :

 cot   hd 
q I  q III  a o  (h w  h1 ) ln  
 cot   h d  h1 


2
b  b 
q II  q III  a o   hd    h d   h12
 cot   cot  

________________________________________________________________________M.K. MIHOUBI (Maître de Conférences A )


6
Chapitre III Année universitaire 2012/2013

Figure9 : Exemple de résolution d’une digue homogène sur une fondation


imperméable par méthode de PAVLOVSKY (1936).

La résolution du système peut être obtenue graphiquement (figure 9)., à partir de


l’intersection des deux courbes ao= f(h1).

________________________________________________________________________M.K. MIHOUBI (Maître de Conférences A )


7

Vous aimerez peut-être aussi