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Cours: Economie monétaire et financière 1

Semestre 3

La politique monétaire

Professeur: M.MOUTMIHI

Année Universitaire 2020/2021

Cours: Economie monétaire et finacière 1


1. Définitions de la politique monétaire:
Définition:
La politique monétaire peut être définie comme le volet de la politique économique qui vise à
influencer sur l’évolution de la masse monétaire et les taux d’intérêt et, par ce biais, sur l’inflation,
la croissance et l’emploi et le taux de change.
C’est l’ensemble des actions mises en œuvre par les autorités monétaires afin de procurer à
l’économie la quantité de monnaie nécessaire à la poursuite de la croissance économique et à la
réalisation du plein- emploi tout en préservant la stabilité de la valeur de la monnaie au niveau
interne (niveau général des prix) et au niveau externe (taux de change).
A partir de ces définitions, on fait ressortir trois points essentiels:
 La quantité de monnaie en circulation a un impact sur l’économie: elle affecte l’activité
économique
 Les objectifs de la politique monétaire sont donc les objectifs généraux de la politique
économique. Un ou plusieurs objectifs doivent êtres privilégiés
 les autorités monétaires doivent mettre en place des actions pour atteindre les objectifs fixés
2. Les objectifs de la politique monétaire
 Les objectifs finaux: L’accent est mis sur la lute contre l’inflation.
En principe, les objectifs macroéconomiques de la politique monétaire sont les objectifs du « carré
magique de Kaldor », la croissance économique, le plein emploi, l’équilibre extérieur et la
stabilité des prix.
L’idée généralisée depuis le début des années 80 est la lute contre l’inflation.
Cette idée est rapprochée des thèses monétaristes, qui considèrent que la lutte contre l’inflation
constitue l’objectif prioritaire de la politique économique et que le meilleur moyen de lutter
contre l’inflation consiste à agir sur la création de monnaie.
La priorité accordée à la lutte contre l’inflation pose deux types de problèmes:

D’autre part, la masse monétaire n’a pas seulement une


D’une part, l’inflation n’est pas seulement un
influence sur les prix (effet prix), mais aussi sur les
phénomène monétaire. Or, si l’inflation est
grandeurs réelles de l’économie , sur l’emploi et sur la
exclusivement un phénomène monétaire, la lutte
production.
contre l’inflation repose exclusivement sur des
Une politique monétaire restrictive peut contribuer à ralentir
moyens monétaires. En revanche, si la hausse des
la hausse des prix, mais aussi favoriser un ralentissement ou
prix a d’autres causes que l’excès de monnaie, alors
une baisse de la production et de l’emploi.
d’autres moyens peuvent être employés pour lutter
Inversement, la politique monétaire peut être mobilisée pour
contre l’inflation, la politique de revenus par exemple.
stimuler la croissance de l’économie.
 Les objectifs intermédiaires
Les objectifs intermédiaires sont déterminants pour la réalisation des objectifs finals:
Par exemple, il est possible d’agir sur:
 Le taux de chômage
 Le taux de croissance économique
 Le taux d’inflation
 Le taux de change
Le (ou les) intermédiaires sont considérés comme des interfaces entre objectif final et instrument.
Les objectifs intermédiaires doivent présenter certaines caractéristiques:
Ce sont des variables sur lesquelles les autorités monétaires peuvent agir à l’aide des instruments
dont elles disposent
Ce sont des variables mesurables permettant d’évaluer les résultats de la politique menée et
éventuellement de la réajuster
Ce sont des variables dont on suppose qu’elles sont censées permettre la réalisation de l’objectif
final
Donc, les principaux objectifs intermédiaires de la politique monétaire sont le rythme de croissance
de la quantité de monnaie, le niveau des taux d’intérêts, le niveau du taux de change.
Les instruments de la politique monétaire
Les modes d’action de la politique monétaire
 L’encadrement du crédit
 Le refinancement des banques: interventions sur le marché monétaire et réescompte
 Les réserves obligatoires
 L’encadrement du crédit:
L’encadrement du crédit agit directement sur le crédit, par le biais d’une forme de contingentement,
chaque banque est limitée dans la progression du volume de crédit qu’elle peut octroyer à sa
clientèle, tout dépassement est pénalisé de façon dissuasive par l’obligation de constituer des
réserves supplémentaires.
 Le refinancement des banques:
Interventions sur le marché monétaire et réescompte:
Deux techniques de refinancement des banques par la banque centrale:
Le réescompte (taux fixe)
L’intervention sur le marché monétaire (taux variable)
Les deux techniques, le refinancement a deux effets: un effet prix et un effet liquidité.
 D’une part, la banque centrale définit le taux d’intérêt auquel elle cède des liquidités aux banques
; ce taux influe sur les taux pratiques par les banques imposent dans leurs rapport à leurs
clientèle. Cet effet prix est censé avoir de l’influence sur la demande de crédit et donc la création
de monnaie.
 D’autre part, la banque centrale cède en contrepartie des titres qu’elle achète ou qu’elle prend en
pension, de la monnaie banque centrale, c’est un effet liquidité: par l’acquisition de titres, elle
injecte de la monnaie banque centrale et donc rend plus facile la création de monnaie par les
banques ; dans certains systèmes monétaires, elle peut réaliser l’opération inverse dite d’open
market en cédant des titres et en opérant alors une ponction sur la liquidité des banques.
 Les réserves obligatoires
Les autorités monétaires imposent aux banques la détention de réserves non rémunérées à la
banque centrale, dans une proportion fixée par rapport aux dépôts.
Les réserves obligatoires constituent un complément de la politique de taux d’intérêt.
Lorsque les autorités monétaires augmentent le taux de réserves obligatoires, les banques doivent:
 Soit réduire les dépôts
 Soit augmenter leurs réserves ….en s’adressant à la banque centrale
L’efficacité de la politique monétaire
 La politique monétaire se réfère aux agrégats monétaires
 La politique monétaire vise la régulation de la masse monétaire
 La délimitation entre les actifs monétaires et les actifs non monétaires reste floue et mouvante: au
cours du temps, la frontière se déplace, en fonction des innovations de produits de nouveaux types
d’actifs détenus par les agents économiques et des modifications des comportements économiques.
 La connaissance des masses financières qu’il faut contrôler reste très floue.
 Influence sur les taux d’intérêt
 La politique monétaire a des effets accrus, parce qu’elle influe sur les taux d’intérêt et que les agents
économiques sont de plus en plus sensibles aux taux d’intérêt: les ménages, en raison de leur
endettement accru et du développement des placements sur les marchés.
 Les administrations et les entreprises, malgré l’amélioration relative de leur situation financière, en
raison de la désintermédiation du financement et d’un recours accru au financement sur les marchés.
 Une efficacité atténuée
L’efficacité de la politique monétaire est tributaire des liaisons reliant les moyens utilisés et les objectifs
finals de la politique monétaire:
 la réaction de la demande globale aux variations de la masse monétaire (cette réaction dépend des
variations de la vitesse de circulation de la monnaie).
 Les effets de la variation de la demande globale qui peuvent se manifester sur le niveau général des
prix ou sur le niveau d’activité.
La réaction de la masse monétaire aux variations de taux d’intérêt et de
réserve obligatoires

Il existe de nombreux La réaction de la demande globale aux variations de masse monétaire


incertitudes sur
(cette réaction dépend des variations de la vitesse de circulation de la
l’efficacité de la
politique monétaire: monnaie)

Les effets de la variation de la demande globale qui peuvent se


manifester sur le niveau général des prix ou sur le niveau d’activité et
d’emploi

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