Vous êtes sur la page 1sur 9

Cours de Master 1 Mat/GC, 2020-2021 BETONS INNOVANTS 1

Pr H. KHELAFI Chapitre I. Propriétés des bétons


Chapitre I. Propriétés des bétons

1) Rappels, généralités
1.1) Béton
 Emploi généralisé du béton, avantage exceptionnel de ce matériau,
 Matériau fort et durable prenant à peu près toutes les formes que l’on désire,
 Son ciment date de plus d’un siècle,
 La recherche s’intéresse au béton pour mieux le connaître et l’améliorer,
 Des phénomènes physico-chimiques avant, pendant et après la prise ne sont pas tout à
fait compris et expliqués,
 Malgré le vieillissement du béton (changements), on utilise des bétons dont les
propriétés et le comportement sont prévus d’avance (pas au hasard),

1.2) Le mélange :
 Coût du ciment jusqu’à 10 fois celui des agrégats. Solution : minimum de ciment et
suffisamment de pâte de ciment pour remplir les vides,
 Minimum de vides = mélange optimal avec granulométrie étudiée,
 Dans un échantillon d’agrégats, volume des vides = environ 1/3 volume brut. Raison
du mortier 1/3.
 Les modifications dimensionnelles se produisant dans les pâtes peuvent être 10 fois
plus importantes que celles se produisant dans les bétons (granulat = squelette),
 Béton riche en ciment = déformations différées de retrait = fissures excessives,
 E/C est un indice de résistance, Egâch>Ehydr, excès d’eau évaporé,

1.3) Prise et durcissement de la pâte de ciment


 De nouveaux produits (hydrates) se forment autour des grains de ciment, il y a prise
puis durcissement (de la chaleur est produite),
 La prise peut commencer après 30mn, elle peut continuer pendant plusieurs heures,
 La résistance du béton augmente rapidement (jours) puis lentement (mois), avantage de
la réserve de résistance,
 Empêcher le béton de sécher aux jeunes âges : inondation, aspersion, toiles humides…,
 Prendre les précautions pour basses et hautes T°,

1.4) Propriétés du béton durci


 Béton fragile, Rcp = environ 10 fois Rtr, solution : BA, expansion thermique acier
équivalent au béton,
 Fissures apparaissant après des mois ou des années : cas de grands ouvrages perdant
leur excédant d’eau lentement,
 Phénomène de gonflement : teneur en eau augmente, réactions chimiques dans le
matériau,
 Résistance aux agents atmosphériques : assurée par grande compacité + enrobage
correct des armatures,
 L’association B + A permet au béton de résister à des efforts dans des conditions
économiquement compétitives (CM),

1
Cours de Master 1 Mat/GC, 2020-2021 BETONS INNOVANTS 1
Pr H. KHELAFI Chapitre I. Propriétés des bétons
Classe des ciments selon la norme NF. EN. 197-1

2
Cours de Master 1 Mat/GC, 2020-2021 BETONS INNOVANTS 1
Pr H. KHELAFI Chapitre I. Propriétés des bétons
2) Le béton traditionnel
2.1) Classification et historique
Les bétons traditionnels peuvent être classés en fonction de leur Rcp moyenne :
Bétons de faible résistance : 10 à 20 MPa (ouvrages massifs, murs banchés…)
Bétons de résistance usuelle : 20 à 40 MPa (structure en BA de bâtiment et travaux
publics…)
Bétons de résistance élevée : 40 à 55 MPa (ouvrages précontraints, éléments
préfabriqués…)
Dès 1900, des bétons de résistance supérieure à ces valeurs étaient produits :
o Avant 1940, on a fabriqué des poteaux précontraints par pré-tension de Rcp = 60 MPa,
o En 1960, il était possible d’obtenir en laboratoire des Rcp = environ 100 MPa.
o En 1970, on a mis un béton léger, susceptible d’être produit en chantier, de Rcp = 70
MPa.

2.2) Composition type, résistance caractéristique et ouvrabilité :


Il existe plusieurs méthodes de composition des bétons, ci-après un exemple de dosages
moyens (1m3 de béton):
o Gravier 5/20, 750 L (vol app)
o Sable 0/5, 500 L (vol app)
o Ciment 350 kg
o Eau totale 180 L
On définit, pour contrôler un béton, une résistance dite « caractéristique » qui se mesure à
28 jours.
D’après Bolomey Rc28 = 0,5.R.(C/E -0,5)
Avec R : classe du ciment
L’ouvrabilité correspond à l’aptitude d’un béton à une bonne mise en place. On recherche
toujours un compromis entre les 2 qualités fondamentales d’un béton, sa résistance et sa
plasticité.

2.3) Retrait du béton


C’est un raccourcissement différé dû principalement au départ de l’eau libre
interne. Il se produit d’autant plus lentement que la pièce est épaisse et que l’humidité
ambiante est plus élevée.
Le retrait provoque des contraintes internes qui se matérialisent par l’apparition de
fissures micro et macroscopiques, conséquences : détérioration + corrosion.
Le retrait correspond à des variations dimensionnelles mettant en jeu des phénomènes
physiques avant, pendant ou après la prise des bétons. Lorsqu’elles ne sont pas maîtrisées
par le ferraillage ou la présence de joints, ces variations dimensionnelles donnent lieu à
l’apparition de fissurations précoces, d’ouverture conséquente.
Les fissurations liées au retrait doivent être différenciées des phénomènes de
fissuration fonctionnelle des ouvrages, ces derniers étant généralement maîtrisés par les
règles de calcul, et restent compatibles avec la bonne tenue des ouvrages dans le temps,
notamment en raison des faibles ouvertures des fissures.
Quatre types de retrait peuvent être à l’origine de l’apparition de fissures sur la surface
des parements :

3
Cours de Master 1 Mat/GC, 2020-2021 BETONS INNOVANTS 1
Pr H. KHELAFI Chapitre I. Propriétés des bétons

a- Le retrait plastique : est en relation avec des déformations par tassement général du
béton frais, déformations qui peuvent être gênées et créer une fissuration de surface au
droit d’obstacles tels que des armatures par exemple. Ce retrait est limité à la période
précédant la prise du béton, lorsque ce dernier reste suffisamment déformable pour subir
des tassements.

b - Le retrait de dessiccation : est lié au séchage qui se manifeste avant, pendant et après la
prise du béton. Dans des conditions courantes, il est de l’ordre de 1 mm/m. La fissuration
qui en résulte est due à la dépression capillaire qui se produit lorsque des ménisques d’eau
se forment dans les pores capillaires du béton frais. Ce retrait, qui est donc consécutif à
l’évaporation de l’eau, peut se manifester quelques minutes après la mise en œuvre du
béton, et se poursuivre quelques semaines après. Il est piloté par la cinétique de
dessiccation.

c - Le retrait thermique : est lié au retour à température ambiante des pièces en béton
ayant au préalable subi une élévation de température due aux réactions exothermiques
d’hydratation du ciment. Ce retour est accompagné par une contraction qui génère des
déformations empêchées susceptibles de conduire à l’apparition de fissures. Ce type de
retrait, qui ne concerne que des pièces d’épaisseur supérieure à 60 à 80 cm, se manifeste de
quelques dizaines d’heures après la mise en œuvre, jusqu’à quelques semaines, sa durée
étant dépendante de la nature des éléments en béton considérés (plus une pièce est
massive, et plus la contraction thermique sera lente).

Schéma des contraintes engendrées à l’intérieure d’un élément de béton


durcissant dont les déformations sont empêchées et le type de fissuration
4
Cours de Master 1 Mat/GC, 2020-2021 BETONS INNOVANTS 1
Pr H. KHELAFI Chapitre I. Propriétés des bétons

d - Le retrait d’auto-dessiccation : est lié à la contraction du béton en cours d’hydratation


et protégé de tout échange d’eau avec le milieu environnant. Il provient en fait d’un
phénomène d’auto-dessiccation de la pâte de ciment consécutif à la contraction Le
Chatelier (le volume des hydrates formés est plus petit que le volume de l’eau et du
ciment anhydre initial). Le phénomène conduisant à la contraction est dû à des forces de
traction capillaires internes, similaires à celles responsables du retrait plastique. Ce dernier
type de retrait concerne plus particulièrement les bétons à hautes performances (BHP) ou
à très hautes performances (BTHP). Il devient négligeable pour les bétons ordinaires.

Schéma illustrant la contraction Le Chatelier

NB : 1 cm3 anhydre donne 2,13 cm3 hydrates


Ces quatre types de retrait peuvent se cumuler à l’échelle d’un même béton (on parle ainsi
du retrait total comme la somme des différents retraits). Enfin, le retrait d’auto-
dessiccation et le retrait thermique intéressent la masse du béton, alors que les deux autres
types de retrait concernent la périphérie des éléments en béton.
Il existe un cinquième type de retrait, le retrait de carbonatation. Ce retrait est lié aux
réactions de carbonatation des constituants du ciment.
Ca(OH)2 + CO2 CaCO3 + H2O
Portlandite Carbonate de calcium

CxSyHz + CO2 CaCO3 + ySiO2.tH2O + (x-t+z)H2O


Silicate de Ca Hydraté Carbonate de calcium Gel de silice

Selon certaines recommandations (ASP), le retrait final peut être égal à :


 150 µm pour les régions humides,
 200 µm pour les régions tempérées,
 300 µm pour les régions sèches,
 400 µm pour les régions très sèches

3) Exemple d’amélioration du béton traditionnel vers un béton de hautes


résistances
Depuis les années 70, un regain d’intérêt s’est manifesté pour les résistances élevées,
notamment en matière d’ouvrages d’art, de bâtiments de grande hauteur ou d’ouvrages
en mer (offshore).
5
Cours de Master 1 Mat/GC, 2020-2021 BETONS INNOVANTS 1
Pr H. KHELAFI Chapitre I. Propriétés des bétons
Objectif : Réaliser des BHR sur chantier de Rcp = 60 MPa avec les matériaux existant sur le
marché et sans recours à des mélanges ou procédés de coût prohibitif.

3.1) Choix des constituants


Idée de base : Sélection suffisante des constituants de base, transport des matériaux,
proportions du mélange, choix de l’adjuvant, conditions de mise en œuvre.
 Les CPA constituent le meilleur compromis entre haute résistance et disponibilité,
 Les granulats constituent le squelette du béton. Le mécanisme de rupture du béton
fait intervenir les qualités de forme, d’adhérence et de résistance des granulats
(attention plaquettes et aiguilles),
 Le fluidifiant est essentiel pour un BHR, son effet est d’abaisser la tension
superficielle de l’eau et de défloculer le ciment (2 à 3 %), exemple :
- E/C = 0,25 nécessaire à l’hydratation (théorique),
- E/C = 0,45 pour un béton courant,
- E/C = 0,30 pour un BHR avec fluidifiant.
 Les effets néfastes du dosage en ciment : coût, retrait, fluage, chaleur
d’hydratation…

3.2) Coût et justification


Le surcoût d’un BHR provient de 4 facteurs : Qualité et dosage du ciment, qualité des
granulats, fluidifiant, contrôle de qualité.
Le prix du béton augmente d’environ 15 à 20% pour une augmentation de 35 à 60 MPa
(70%).
Autres considérations imposées pour certains ouvrages : Esthétique, Isolation, Facilité de
mise en place, Entretien et réparation, Assurance aux agressions extérieures…

Compacité d'un squelette granulaire en fonction


de la granularité et des corrections effectuées

6
Cours de Master 1 Mat/GC, 2020-2021 BETONS INNOVANTS 1
Pr H. KHELAFI Chapitre I. Propriétés des bétons

Microstructure et configuration de l’eau dans le CSH

Le mode d’action des superplastifiants


Les propriétés rhéologiques des suspensions denses de particules dépendent des forces
d’interaction entre les particules, les forces interparticulaires sont de différents types :
 Les forces de Van Der Waals (forces attractives) ;
 Les forces de double couche électrique (forces répulsives).
En effet, suite à des réactions acide-base entre les atomes de surface et le liquide, les
particules minérales en contact avec de l’eau sont toujours porteuses de charges
électriques positives ou négatives selon le pH. Entre deux particules de même nature, il y a
une double couche électrique dont l’effet est une force répulsive.
Globalement, si les forces de Van Der Waals l’emportent, le système est floculé ce qui
mène à de mauvaises propriétés d’écoulement. Si les forces répulsives dominent, le
système est défloculé (suspension fluide).
Lorsque l’on ajoute des molécules organiques dans une suspension, une grande partie
d’entre elles viennent se fixer à la surface des particules (adsorption) et modifient les
forces d’interaction de Van Der Waals. Si les molécules sont ionisées dans le liquide, elles
modifient également les forces d’interaction de double couche. Ces molécules peuvent
donc avoir des effets importants de fluidification ou d’épaississement des suspensions.

Schéma du mécanisme d’action des superplastifiants

7
Cours de Master 1 Mat/GC, 2020-2021 BETONS INNOVANTS 1
Pr H. KHELAFI Chapitre I. Propriétés des bétons

Tableau. Les cimenteries en Algérie

Année de
Capacité
Entreprise Wilaya Commune mise en Ajout utilisé Pourcentage
(tonnes)
marche
Aïn El
Sétif 1978 1 000 000 Pouzzolane 10 à 20
kébira
Batna Aïn Touta 1987 1 000 000 Pouzzolane 10 à 20
Hamma
Constantine 1982 1 000 000 Pouzzolane 10 à 15
ERCE Bouziane
Hadjar
Skikda 1973 900 000 Laitier 10 à 20
Essaoud
Elmaa
Tébessa 1995 500 000 / /
Labiadh
Raïs
Alger 1914 400 000 Poussière 5 à 10
Hamidou
ERCC Blida Meftah 1975 1 000 000 Tuf 10 à 15
Sour El
Bouira 1983 1 000 000 Tuf/Calcaire 10
Ghozlane
Aïn
Beni-Saf 1979 1 000 000 Pouzzolane 10 à 20
Temouchent
ERCO
Mascara Zahana 1984 1 200 000 Pouzzolane 10 à 20
Saïda Hassasna 1978 500 000 Pouzzolane 10 à 20
ECDE Chlef Oued Sly 1978 2 000 000 Calcaire 10 à 15
Hammam
ACC M'sila 2003 2 000 000 Calcaire 10
Edhalaa

8
Cours de Master 1 Mat/GC, 2020-2021 BETONS INNOVANTS 1
Pr H. KHELAFI Chapitre I. Propriétés des bétons

Classe des ciments selon la norme NF. EN. 197-1

Teneur Teneur en % de : laitier – Teneur en


Types de
Désignation en pouzzolanes – cendres – calcaires- constituants
ciments
Clinker schistes - fumées de silice secondaires
CPA- CEM I Ciment 95à 100% 0 à 5%
Portland
CPJ –CEM II/ A 80 à 94% - de 6 à 20 de l’un quelconque des 0 à 5%
constituants, sauf dans les cas où
Ciment `le constituant est des fumées de
Portland silice auquel cas la proportion est
composé limitée à 10 %
CPJ-CEM II/B 65 à 79% -de 21 à 35% avec les mêmes 0 à 5%
restrictions que ci-dessus .

CHF-CEM III/A 35 à 64% -36 à 64 % de laitier de haut 0 à 5%


fourneau .
CHF-CEM III/B Ciment de 20 à 34% - 66 à 80 % de laitier de haut – 0 à 5%
haut–fourneau fourneau.
CLK-CEM III/C 5 à 19% -81 à 95 % de laitier de haut 0 à 5%
fourneau
CPZ – CEMIV/A 65 à 90% -10 à 35% de pouzzolanes, cendres 0 à5%
Ciment siliceuses ou fumées de silice, ces
Pouzzolanique dernières étant limitées à 10%
CPZ - CEM IV/B 45 à 64% -36 à 55 % comme ci- dessus 0 à 5%
CLC - CEM V/A 40 à 64% -18 à 30 % de laitier de haut– 0 à 5%
Ciment au fourneau et 18 à 30 % de cendres
laitier et aux siliceuses ou de pouzzolanes.
CLC – CEM V/ B cendres 20 à 39% -31 à50 % de chacun des 2 0 à 5%
constituants comme ci–dessus