Vous êtes sur la page 1sur 82

Droit commercial & droit des

sociétés

FSJES 2017
Contenu
Chapitre 1. Droit commercial

› Introduction
› Les actes de commerce
– Les actes commerciaux par nature
– Les actes commerciaux par la forme
– Les actes de commerce par accessoire
– Les actes civils et les actes mixtes
› Fonds de commerce et commerçants
– Actes de commerce par la forme
› Sociétés commerciales
› Lettre de change
– Actes de commerce par nature
› Opérations immobilières
› Opérations de crédits
› Opérations industrielles
› Opérations de transport
› Opérations de courtage à la commission
– Actes de commerce par accessoire
– Actes civils et actes mixtes
› Agriculture, artisanat, professions libérales
› Les actes mixtes (civil côté consommateur et commercial côté commerçant)
FSJES 2016 | Page 2
Contenu

Chapitre 1. Droit commercial (suite)

› Les commerçants
– Les conditions à remplir
– La condition juridique du commerçant
– Cas du commerçant étranger
– Les incapacités d’exercice des actes de commerce
– L’acquisition de la personnalité morale (RC)
› Le fonds de commerce
– Les éléments du fonds de commerce
› Éléments incorporels
- La clientèle
- L’achalandage
- L’enseigne et la marque
- Les brevets et le savoir-faire
- Le bail
› Éléments corporels
- Equipements et matériels
- Les marchandises
– La location – gérance du fonds de commerce
– Le nantissement du fonds de commerce
– La vente du fonds de commerce
FSJES 2016 | Page 3
Introduction

› Qu'est-ce que le droit en général?


– Le droit est l'ensemble des règles juridiques obligatoires qui organisent et régissent la vie des hommes en société.
– Le droit est une règle de conduite sociale, appelée loi ou règlement et dont le respect est assuré par l'autorité
publique.

› Caractéristiques de la règle de droit :


– Elle a un caractère obligatoire, général et permanent, c’est-à-dire que toutes les personnes à qui elle s'applique
doivent s'y conformer. Et cette règle de droit va s'appliquer depuis son entrée en vigueur jusqu'à son abrogation.

› Les différents domaines du droit


– Le droit privé qui a vocation à régir les rapports entre les particuliers et dont les règles sont édictées par le droit
civil, appelé aussi droit commun.
– Le droit public qui a vocation à régir les rapports entre les particuliers et les institutions de l'état et dont les règles
sont édictées par le droit administratif.

FSJES 2016 | Page 4


Introduction

› Qu'est-ce que le droit des affaires?


– Appelé aussi parfois « droit économique » ou « droit de l'entreprise », le droit des affaires est un droit privé
d'exception en ce sens qu'il a édicté des règles spéciales en vue de régir les relations des personnes qui exercent
une activité économique (ou commerciale) et ce, par dérogation au droit civil qui a vocation à s'appliquer à toutes
personnes de droit privé.
– Cette introduction au droit portera plus particulièrement sur les sources du droit en général outre celles propres au
droit du travail et au droit commercial.

› Le Droit des Affaires recouvre:


– Le Droit Commercial
– Le Droit du Travail
– Le Droit de la Consommation
– Les Droits Intellectuels
– Le Droit Pénal des Affaires
– Le Droit de de la concurrence
– Le Droit de la Publicité

FSJES 2016 | Page 5


1. Droit commercial
1.0 Conception objective Vs subjective

› Deux conceptions du droit commercial


1. Conception objective: le droit commercial c’est le Droit des contrats et obligations commerciales.
2. Conception subjective: le droit commercial est celui des commerçants et entreprises commerçantes.

› Conception marocaine
– Le droit marocain adopte une conception objective, puisque l’acte est commercial quelque soit la
personne qui le réalise, mais il adopte aussi une certaine dose de conception subjective. Le législateur
marocain a énuméré les actes de commerce, et il a qualifié en même temps le commerçant qui exerce
ces actes d’une manière habituelle ou professionnel. D’où l’importance de faire la différence entre acte
civil et acte de commerce.

FSJES 2016 | Page 6


1. Droit commercial
1.0 Conception objective Vs subjective (suite)

› Intérêts de la distinction entre acte de commerce et acte civil


1. La définition du commerçant: La notion d’acte de commerce permet de définir le commerçant et de
lui conférer cette qualité.
2. La compétence judiciaire: Les actes de commerce donnent lieu à une règle de compétence spéciale
3. La preuve: En matière civile tout contrat dont la valeur dépasse 250DH doit être prouver par écrit
(article 443 du D.O.C). En matière commerciale ou il n’est pas usage d’exiger écrit la preuve peut se
faire par n’importe quel moyen, quelque soit la somme d’objet du contrat.
4. La capacité: En effet les règles de capacité ne sont pas tout a fait pour les commerçants ou les non-
commerçants; la femme mariée et le mineur qui veulent exercer le commerce sont soumis à des
règles spéciale de commerce, préciser par les articles 13, 14, 15, 16, et 17, ainsi que les articles 7et 8
du D.O.C.
5. La solidarité: En droit civil, elle ne présume pas, elle ne joue pas entre les codébiteurs, en revanche
entre commerçants pour les affaires de commerce la solidarité est de droit sauf si le contraire est
exprimé clairement par les titres constitutifs par l’obligation ou par la loi (article 165 du D.O.C).
6. La prescription : En matière civile, la règle de prescription de 15 ans est retenue. En revanche les
obligations entre commerçants se prescrivent pour 5 ans (article 388 du D.O.C), sauf si elles sont
soumises à une prescription courte.

FSJES 2016 | Page 7


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

› Les actes de commerce


– Le commerçant est celui qui va effectuer des actes de commerce. Il a un statut propre et est dans
l’obligation de respecter certains engagements.
› Caractère professionnel: la notion de profession évoque la publicité (registre de commerce), la déclaration
publique
› Caractère habituel: La profession comporte la permanence des répétitions dans le temps.
› Exercice indépendant: par définition le commerçant est indépendant. Ceci dit que les personnes faisant le
commerce pour autrui ne bénéficieront jamais de cette qualité. Les salariés, par exemple, ne sont pas
commerçants, puisque par le contrat de travail, ils sont subordonnés à leur employeur.
› Actes de commerce par la forme
 C’est la forme utilisée par l’acte qui lui donne le caractère commercial.
› Font acte de commerce par la forme, les personnes le tiré et le tireur d’une lettre de change (traite) quelque soit
leurs raisons ou statuts. Tous les procès relèveront du tribunal de commerce, et on appliquera en cas de litiges
les règles de droit cambiaire.
› Sont considérées comme commerçantes, toutes les sociétés commerciales par la forme (SA, SARL, SAS, …),
même si leur activité n’est pas commerciale

FSJES 2016 | Page 8


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

› Actes de commerce par la nature


– Les achats de biens meubles pour les revendre
– Les achats de biens immeubles (sol + fondations) en vue de les revendre sauf si l’acquéreur a agit en vue d’édifier 1
ou plusieurs bâtiments et de les vendre en bloc ou par locaux (activité civile)
– Opérations sur argent et crédit (opérations de change et de banque) : Toutes les banques font des activités de
commerce sauf les établissements mutualistes qui sont des sociétés civiles (Crédit Mutuel…)
– Opérations de courtage (courtier en assurance, courtage immobilier, …)
– Entreprises de location de meubles (location de véhicules, …)
– Entreprises de manufacture (les industries)
– Entreprises de transport : quelque soit le mode de transport et les personnes transportées sauf les Taxis (artisan)
– Entreprises de fournitures assurant livraisons de marchandises ou de services.
– Entreprises de commission qui s’entremettent entre un vendeur et un acheteur en vue de favoriser la conclusion
d’un contrat de vente (agent de change, société de bourse)
– Entreprises d’agence et bureau d’affaire : se chargent des affaires d’autrui en vertu d’un contrat de mandat (cabinet
de contentieux, entreprise d’assurance)

FSJES 2016 | Page 9


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

› Actes de commerce par accessoire


– Actes qui par leur nature sont civils mais deviennent commerciaux parce qu’ils sont faits par un commerçant à
l’occasion de son commerce.
– Exemple : Un commerçant achetant des légumes et de fruits : activité commerciale par la nature. Un commerçant
achetant ou louant un véhicule pour s’en servir (acte civil) mais pas pour le revendre. Dans ces deux cas il s’agit
d’un acte de commerce par accessoire car acheter par le commerçant à l’occasion de son commerce
› S’applique dans le domaine des contrats passés à l’occasion de son commerce.
› S’applique en dehors des contrats, c’est-à-dire à toutes les obligations qui peuvent peser sur un commerçant.
› S’applique aux délits qui peuvent être commis par le commerçant dans le cadre de son commerce : acte
volontaire qui peut causer à autrui des dommages. Le juridiction compétente sera le tribunal de commerce.
› S’applique aux quasi-délits : acte involontaire qui va causer à quelqu’un un dommage (ex : accidents)
– Exceptions : les actions en justice pour contrefaçon de brevet d’invention ou contrefaçon de marque de fabrication
sont du ressort des juridictions générales

FSJES 2016 | Page 10


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

› Les activités civiles (non commerciales)


– Agriculture
› Toutes les activités correspondantes à la maîtrise et à l’exploitation d’un site biologique de
caractère végétal ou animal ainsi que les activités exercées par un exploitant agricole qui sont dans
le prolongement de l’acte de production ou qui ont pour support l’exploitation.
- Peu importe le degré d’industrialisation production sol ou hors sol (ex : élevage industriel)
- Peu importe qu’il y ait transformation ou non
- Peu importe le mode de vente
- Exploitation touristique (campings, …)
– Activités libérales
› Activités juridiques (avocats, avoués de Cour d’Appel, officiers ministériels, notaires, huissiers…)
› Activités d’expert comptable, commissaires aux comptes
› Activités médicales (dentistes, médecins SAUF les pharmaciens…)
› Activités d’enseignement (à leur compte)

FSJES 2016 | Page 11


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

› Les actes mixtes


– Actes qui ont un caractère civil du coté du consommateur ou acte commercial du coté du commerçant
– Compétence du tribunal
› Le commerçant attaque le non commerçant : il doit le faire devant la juridiction civile
› Inverse : le demandeur non commerçant à le choix entre juridiction civile ou commerciale.
– La preuve
› En matière civile : il faut pouvoir présenter un écrit au-delà de 250DH(en dessous, n’importe quel
type de preuve)
› En matière commerciale : la preuve des contrats est libre (témoignages, écrits…)
– En matière d’actes mixtes :
› Un non commerçant assigne devant le tribunal un commerçant, le non commerçant peut utiliser
n’importe quel type de procédé de preuve, quel que soit le tribunal choisi

FSJES 2016 | Page 12


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

› Présomption de solidarité
– Supposons que 2 personnes ont ensemble une dette vis à vis d’un créancier. (1 créancier, 2 débiteurs).
S’il y a solidarité entre les débiteurs : le créancier peut réclamer à un des 2 la totalité de la somme.
Sinon il ne peut réclamer à chacun que sa part.
– Dans le domaine commercial : la solidarité est présumée, il n’y pas besoin de la prévoir dans l’acte.
– Domaine civil : solidarité si elle est stipulée dans l’acte.
– Acte mixte :
› 2 commerçant ont une dette envers 1 non commerçant : ils sont présumés solidaires vis à vis de leur
créancier civil.
› 2 non commerçant ont une dette ensemble vis à vis d’un non commerçant : la solidarité n’est pas
présumée, ils ne sont solidaires que si la solidarité est prévue dans l’acte.

FSJES 2016 | Page 13


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce
Enumération légale des activités commerciales

1. Achat pour revendre


—L’achat consiste dans l’acquisition d’un bien moyennant un équivalent en argent qu’il soit un prix au sens
commercial ou un objet d’échange. L’objet de l’achat porte sur des biens meubles ou immeubles. Et enfin la
revente doit constituer le but unique de l’achat des biens
2. Locations de biens:
— L’alinéa 2 de l’article 6 vise aussi la location de meubles corporels ou incorporels en vue de leur sous-location.
L’insistance de la loi sur la location mobilière tranche avec son silence sur la location immobilière.
3. Production et transformation des biens:
—L’Alinéa 5 de l’article 6 innove par rapport au droit antérieur en juxtaposant l’industrie et l’artisanat. Certes, il n’y a
pas de différence entre les deux activités. Mais, en faite, l’entreprise artisanale se distingue par une dimension
économique modeste caractérisée par le recours à une main d’œuvre réduite et à une force motrice très faible.
Elle se distingue aussi par un savoir faire propre de l’artisan.
Services Activités Services
particuliers commerciales traditionnels

Activités Activités Activités de Organisation de Transport Fourniture Distribution


financières d’entremise communication Spectacles
Publics.
Opérations
Transactions d’assurances à Entremise Bureaux
financières Prime fixe classique Et agences

Commission Courtage
FSJES 2016 | Page 14
1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

› Les conséquences du statut de commerçant


La qualité de commerçant rejaillit sur le statut privé de la personne. On remarque clairement que les conséquences
affectent les éléments de la personnalité que sont:
› Le patrimoine: Le droit marocain est régi par le principe de l’unité du patrimoine. Il n’existe pas de patrimoine
d’affectation. Le commerçant personne physique ne peut avoir qu’un seul patrimoine, ce qui empêche une séparation
entre l’activité professionnelle et l’activité domestique
› Le nom: Il est fréquent qu’un commerçant utilise son nom à des fins commerciales. Dans ce cas il devient un élément
du fonds de commerce. On assiste alors à un changement de nature du nom qui, d’élément de la personnalité, devient un
droit de propriété incorporelle. Son titulaire a la possibilité de conclure des accords pour autoriser son utilisation par autrui.
En cas de cession d’un fonds, le nom pourra être cédé avec le fonds, ou séparément.
› Le domicile: D’après l’article 519 code de procédure civile, le domicile de toute personne physique est: « …au lieu où
elle a son habitation habituelle et le centre de ses affaires et de ses intérêts. ». La notion de ‘’centre de ses affaires et de
ses intérêts autorise donc l’usage de l’habitation personnelle à des fins professionnelles. Si le commerçant qui avait une
domiciliation professionnelle qu’il a fermée, sa résidence professionnelle redevient automatiquement son habitat
personnel

FSJES 2016 | Page 15


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

› Le commerçant personne physique Vs personne morale


Le code de commerce ne distingue pas le commerçant personne morale du commerçant personne
physique. Les critères de qualification sont, en principe, identique à ceux dégagés pour les personnes
physiques. Il est nécessaire de les appliquer aux personnes morales de Droit privé.
– Les sociétés: Selon l’article 982 du D.O.C: « la société est contrat par lequel deux ou plusieurs personnes mettent
en commun leurs biens ou leurs travail, ou tous les deux à la fois, en vue de partager le bénéfice qui pourra en
résulter».
– Les groupements d’intérêt économique: Le but des GIE est de faciliter ou de développer l’activité économique de
ses membres, d’améliorer ou d’accroître les résultats de cette activité, sans réaliser de bénéfice pour lui-même. Ils
seront commerciaux ou civils selon leur objet. Contrairement aux sociétés, il est nécessaire que l’objet du groupement
s’analyse comme un prolongement de l’activité des différents membres qui le composent (GIE pour la gestion d’un
réseau informatique, d’une flotte pour le transport du personnel, pour la gestion commune des déchets industriels, ….)

FSJES 2016 | Page 16


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

› Les obligations du commerçant


– Publicité légale: Enregistrement au registre de commerce. L’article 58 du code de commerce dispose que «toutes personnes
physique ou morale immatriculée au registre du commerce est présumée, sauf preuve contraire, avoir la qualité de commerçant avec
toutes les conséquences qui découlent de cette qualité»
– Obligations de comptabilité: La tenue d’une comptabilité constitue la deuxième obligation légale attachée à l’organisation de
l’entreprise commerciale. Elle se traduit par des écritures ou transcriptions en chiffres des différents mouvements qui affectent les
éléments actifs et passifs du patrimoine de l’entreprise. La tenue d’une comptabilité à un triple objectif:
› Mode de preuve usuel des opérations commerciales : l’obligation d’émettre des factures ou prèces de caisse prévue par l’article 48
de la loi n°06-99 relative à la liberté des prix et la concurrence. L’article 51 de la même loi oblige les commerçants à conserver
une copie des factures ‘’pendant 5 ans à compter de la date d’établissement de la facture, et ce sans préjudice des dispositions
prévues par la législation fiscale en vigueur».
› Surveillance des opérations commerciales : tenue minimale d’un livre journal, le grand livre et le livre d’inventaire, un bilan et un
CPC. Les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 7,5 millions de dirhams sont tenues de tenir l’état des soldes de
gestion, le tableau de financement de l’état des informations complémentaires.
› Moyen de vérification fiscale (obligations d’ouverture d’un compte bancaire et de procéder aux paiements par chèque ou virement
notamment quand le montant excède 10000DHS (article 18 et 306 du code de commerce)
– Obligations fiscales: Les commerçants paient des impôts sur les bénéfices, une taxe professionnelle et une TVA et sont assujettis
aux charges sociales.
– Obligations civiles: le commerçant a la personnalité juridique, un patrimoine, un nom, un domicile, une nationalité: elle est donc un
sujet de Droit ayant des obligations civiles.

FSJES 2016 | Page 17


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

Le fonds de commerce
Les moyens matériels et humains affectés à l’activité commerciale forment un nouveau bien appelé ‘’le fonds de commerce’’. L’article 79 du
code de commerce définit le fonds de commerce comme ‘’ un bien meuble incorporel constitué par l’ensemble de biens mobiliers affectés à
l’exercice d’une ou de plusieurs activités commerciales’’. Cette notion doit être distinguée des notions d’entreprise et de société. Ainsi, une
grande entreprise peut avoir plusieurs fonds de commerce entièrement distincts.
 Composantes du fonds de commerce (Article 80 du code de commerce)
– Eléments corporels
› Il existe deux éléments corporels, les marchandises et le matériel. Les marchandises présentent le particularisme de ne pas être un
élément stable du fonds de commerce. Elles ont pour vocation d’être vendues. Le matériel est constitué par les meubles
nécessaires à l’exploitation du fonds, ce qui englobe l’outillage et les machines, à l’exception de ceux achetés à crédit.
› Il est aussi possible, lorsque le commerçant exploite son fonds dans un immeuble lui appartenant, que ce matériel devienne
immeuble par destination.
– Eléments incorporels
1. La clientèle et l’achalandage (personnes susceptibles de devenir clientes). La clientèle est protégée par l’action en concurrence
déloyale. Pour exercer cette action, les conditions de la responsabilité civile doivent être respectées. Le plaignant doit prouver le
préjudice ou dommage(baisse image de marque), la faute (diffamation, détournement de personnel) et le lien de causalité entre la
faute et le dommage
2. Le nom commercial : le nom commercial couvre le nom sous lequel une entreprise individuelle ou un commerçant personne
physique ou morale exploite son activité professionnelle. N’est pas considéré discriminatoire, l’utilisation du nom patronymique.

FSJES 2016 | Page 18


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

 Composantes du fonds de commerce (suite)

– Eléments incorporels (suite)


3. L’enseigne : c’est le signe le distingue des autres commerces. Il peut prendre différentes formes (dessins,
lettres, logo) et fait l’objet d’une protection en tant qu’élément du fonds de commerce. L’enseigne peut être
déposée près l’OMPIC (office marocain de la propriété intellectuelle et commerciale)
4. Les droits de propriété incorporelle: les brevets, marques, dessins et modèles (loi n° 17-97 du 15/02/2000
relative à la propriété industrielle), et la propriété littéraire et artistique portant sur les œuvres culturelles
diverses, écrites, sonores, visuelles (loi n° 1-00-20 du 15/02/2000 relative aux droits d’auteur et aux droits
voisins).
5. Droit au bail (dahir du 24/05/1955) : Le droit au bail trouve sa source dans le contrat de location entre le bailleur
et le locataire (qualifié aussi de preneur). Le contrat se matérialise par la rédaction du bail selon les dispositions
du code civil. La loi définit le droit au bail de manière favorable au commerçant par rapport au propriétaire
bailleur (renouvellement quasi automatique du bail, le commerçant peut céder son contrat de bail sans
opposition du propriétaire immobilier, avec ou sans cession de l’ensemble du fonds de commerce, avec ou sans
rémunération, entre vifs ou à cause de décès).

FSJES 2016 | Page 19


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

 Les contrats portant sur le fonds de commerce


1. La vente du fonds de commerce: La vente du F.C, fréquemment dénommée en pratique cession du fonds de
commerce, déroge sur de nombreux points du droit commun de la vente prévue par le dahir des obligations et
contrats
– Les conditions de fond de la vente:
› Le consentement des parties: La vente d’un fonds de commerce demeure avant tout un contrat dont la validité
suppose l’existence du consentement des parties, exempt de tout vice, et de leur capacité, de l’objet qui n’est
autre que le F.C, d’un prix réel et d’une cause licite.
› La capacité: les règles générales de la capacité s’appliquent en la matière sans problème. L’exigence même de la
majorité civile, un renforcement de la capacité d’exercer Le commerce, ne se justifient point dans la vente du F.C.
l’acquisition de ce bien n’entraîne même pas nécessairement sa gestion par l’acheteur
› L’objet: c’est le fonds de commerce, il doit exister effectivement au moment de la mutation. A cette date se pose
la question de la consistance du fonds de commerce comme bien unique. En d’autres termes, si ce bien fait
défaut notamment à cause de l’absence d’une clientèle pour une raison quelconque, date récente de création du
fonds, … on ne peut pas parler d’une vente de fonds de commerce mais de biens meubles isolés.
› La cause: la cause ne présente pas de particularisme pour la vente du fonds de commerce théoriquement, dans
certaines hypothèses on pourrait utiliser l’immoralité ou l’illicéité de la cause, si l’activité cédée présentait ce
caractère illicite ou immorale.
FSJES 2016 | Page 20
1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

› Les conditions de forme de la vente


– Les conditions de forme sont prescrites par les articles 81 et 82 du code de commerce qui en posent les
principes d’acte les exigences d’écriture, de contenu et des sanctions.
– L’article 81 dispose que toute vente de fonds de commerce est constatée par acte en la forme
authentique ou sous seing privé. Le contrat de vente doit porter le nom du vendeur; la date et la nature
de l’acte d’acquisition; le prix en spécifiant distinctement les prix des éléments incorporels, des
marchandises et du matériel, ainsi qu’une clause spécifique à l’origine de la propriété du fonds de
commerce et une description de l’état du fonds de commerce à la date de sa cession. Lorsque l’une des
mentions prescrites à l’article 81 du code de commerce ne figure pas sur l’acte de vente, ou portée avec
inexactitude, l’acheteur peut demander l’annulation du contrat si l’absence de cette mention lui a porté
préjudice.

FSJES 2016 | Page 21


1. Droit commercial
1.1 Actes de commerce, commerçants & fonds de commerce

 Les contrats portant sur le fonds de commerce


2. La location-gérance du fonds de commerce
 La location-gérance encore dénommée gérance libre, est le contrat par lequel un commerçant donne en location son
fonds de commerce à un autre commerçant. Peu importe la dénomination que les parties auront donné au contrat.
 Au contraire des gérances salariées ou des gérances par mandataires, elle confère au locataire la qualité de
commerçant. Il exploitera donc le commerce en son nom propre et à ses risques et périls. Le propriétaire du fonds,
appelé par la loi bailleur, perd alors sa qualité de commerçant.
 Pour la validité de la location-gérance, il existe des conditions de fond et des conditions de formes.
 Les conditions de fond :
 La location du fonds de commerce ne porte pas forcement sur la totalité des composantes du fonds de
commerce. Elle peut être totale ou partielle
 Les conditions de forme
• La publicité : suivant l’art 153, l’établissement de la gérance libre obéit en même temps à l’exigence de
publicité du contrat et à la modification de l’inscription du bailleur au registre de commerce. Tout contrat de
gérance libre est publié dans la 15 de sa date, sous forme d’extrait au bulletin officiel et dans un journal
d’annonces légales. A la fin de la gérance libre, le bailleur doit procéder aux mêmes formalités d’insertion au
B.O et de modification de l’inscription au R.C indiquées ci-dessus.
• Effets de la publicité: jusqu’à la publication du contrat de gérance libre et pendant une période de six mois
suivant la date de cette publication, le bailleur du fonds est solidairement responsable avec le gérant libre
des dettes contractées par celui-ci à l’occasion de l’exploitation du fonds (art 155 C.C).

FSJES 2016 | Page 22


Chapitre 2 – DROIT DES SOCIETES

FSJES 2016 | Page 23


2. Droit des sociétés
2.1 Constitution des sociétés

› L’acte de constitution
"La société commerciale est créée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent, par un contrat, d'affecter à une
activité des biens en numéraire on en nature, dans le but de partager le bénéfice ou de profiter de l'économie qui pourra
en résulter. Les associés s'engagent à contribuer aux pertes dans les conditions prévues au présent acte uniforme". La
société commerciale peut également être créée, dans les cas prévus par le présent acte uniforme, par une seule"
personne, dénommée associé unique, par un acte écrit".
› Les conditions de fond
Pour qu'un contrat de société puisse être valablement connu, il faut qu'il remplisse les conditions générales de formation
de tout contrat :
– Le consentement : Les associés doivent exprimer leur consentement . Le consentement doit être exempt de
vices à savoir l'erreur, le dol et la violence ;
– La capacité : Les associés ou l'associé unique doit avoir la capacité exigée pour le type de société commerciale
envisagée ;
– L'objet et la cause : Ils doivent être licites c'est-à-dire non prohibés par la vie et les bonnes mœurs.

FSJES 2016 | Page 24


2. Droit des sociétés
2.1 Constitution des sociétés

› Les conditions de forme


› L'acte créateur de la société doit être constaté par écrit puis publié. L'écrit est soit un acte notarié ,soit un
acte sous-seing privé déposé avec reconnaissance d'écriture et de signature par toutes les parties au rang
des minutes d'un notaire. Seules sont exceptées de l’écrit, les sociétés créées de fait et les sociétés de
fait.
› L'écrit s'appelle les statuts: Ceux-ci doivent contenir les informations suivantes :
– La forme de la société ; la dénomination suivie, le cas échéant de son sigle ;
– La nature et le domaine de son activité qui forment son objet social, le siège social , le capital social
et la durée de la société
– L'identité des apporteurs en numéraire et des apporteurs en nature, avec pour chacun d'eux, le
montant des apports, le nombre et la valeur des titres sociaux remis en contrepartie de chaque
apport ;
– L'identité des bénéficiaires d'avantages particuliers et la nature de ceux-ci ;
– Le nombre et la valeur des titres sociaux émis,
– Les stipulations relatives à la répartition du résultat, à la constitution des réserves et à la répartition
du boni de liquidation ; les modalités de son fonctionnement.
FSJES 2016 | Page 25
2. Droit des sociétés
2.1 Constitution des sociétés

› Les conditions de forme (suite)


› La publicité: toutes les sociétés commerciales y sont soumises à l'exception de la société en participation.
La publicité de la société nécessite l'accomplissement des formalités suivantes :
– L 'enregistrement des statuts à la direction de l'enregistrement ;
– Le dépôt des statuts enregistrés du greffe du tribunal du lieu du siège social ;
– La publicité sous forme d'extrait ou d'avis dans un journal d'annonces légales ;
– L'immatriculation de la société au registre du commerce;
– La déclaration fiscale d'existence de la société en vue de l'obtention du numéro de compté
contribuable et les déclarations sociales à la CNSS

FSJES 2016 | Page 26


2. Droit des sociétés
2.1 Constitution des sociétés

› Les apports
Chaque associé a l'obligation de faire apport à la société . Les différents types d'apports sont :
– Les apports en numéraire : apportés par l'associé à la société selon le type de société, la libération de l'apport
peut être immédiate ou échelonnée dans le temps ;
– Les apports en nature: il porte sur tout bien excepté l'argent ; biens meubles corporels ou incorporels ou biens
immeubles ;
– L'apport en industrie : l'associé fait apport à la société de son savoir-faire, de sa force de travail.
L'ensemble des apports en numéraire et en nature forment le capital social . En cours de vie , la société peut
acquérir de nouveaux biens. On parle alors d'actif social. Le capital social constitue le gage commun des
créanciers de la société
› La vocation des associés aux bénéfices et aux pertes
– Tous les associés ont droit au gain pécuniaire ou gain matériel qui résulte de l'activité de la société (pas de
clause léonine)
– Tous les associés acceptent aussi les pertes. Les associés doivent supporter le passif de la société soit à la
limite de leurs apports soit au-delà des apports.
› L'affectio societatis
– Un lien affectif qui fait de la société un contrat à intérêt commun et suggère une collaboration active à la vie de la
société. Il signifie aussi l’égalité juridique entre les associés. Ceci distingue le contrat de société du contrat de travail
qui se 'caractérise par la subordination juridique du salarié à l'employeur.
FSJES 2016 | Page 27
2. Droit des sociétés
2.2 Les formes juridiques des sociétés

1. Les sociétés de capitaux ou par action :


• La société anonyme :
– La société anonyme est une société dans laquelle les associés, dénommés actionnaires en raison d’un
droit représenté par un titre négociable ou action, ne supportent les dettes sociales qu’à concurrence
de leurs apports.
– Il existe trois types de société anonyme:
› Les sociétés anonymes qui font publiquement appel à l’épargne et ce sont toutes sociétés dont les
titres sont côtés en bourse; et toute société qui compte plus de (100) cent actionnaires.
› Les sociétés anonymes simplifiées qui sont créées exclusivement par deux ou plusieurs sociétés.
Chacune de ces sociétés doit avoir un capital au moins égal à (2.000.000 dhs) deux millions de
Dirhams.
› Les sociétés anonymes normales : Elles peuvent être partagées en deux catégories:
- a) Les sociétés anonymes dont le capital est inférieur à 1.500.000 dhs. Celles -ci peuvent être
dirigées par une seule personne: Directeur unique.
- b) Les sociétés anonymes dont le capital est supérieur à 1.500.000 dhs. Celles -ci doivent être
dirigées par un conseil d’administration ou par un conseil de surveillance.
FSJES 2016 | Page 28
2. Droit des sociétés
2.2 Les formes juridiques des sociétés

1. Les sociétés de capitaux ou par action (suite)


• La Société en commandite par actions : la SCA est constituée de commanditaires et de commandités.
Ses caractéristiques sont
 Les commandités sont responsables des dettes de la société ;
 Le nombre de commanditaires ne peut être inférieur à trois ;
 Les commanditaires ont la qualité d’actionnaires et ne supportent les pertes qu’à concurrence de
leurs apports. Un associé commanditaire ne peut faire aucun acte de gestion engageant la société
vis-à-vis des tiers, même en vertu d’une procuration
 Aucun capital minimum n’est exigé ;
 Les premiers gérants sont désignés par les statuts. Sauf stipulation contraire des statuts, le ou les
gérants sont désignés par l’assemblée générale ordinaire des actionnaires avec l’accord de tous les
associés commandités ;
 La société en commandite par action peut se transformer en société anonyme ou en société à
responsabilité limitée. Cette transformation est soumise à l’accord des deux tiers des associés
commandités à moins que les statuts ne fixent un autre quorum ;
FSJES 2016 | Page 29
2. Droit des sociétés
2.2 Les formes juridiques des sociétés

2. Les Sociétés de personnes ou par intérêt :


• 2.1- la Société en nom collectif:
C’est une société dont les associés (deux ou plus) ont tous la qualité de commerçant:
– Tous les associés sont solidairement responsables des dettes de la société ;
– Les parts sociales sont nominatives. Elles ne peuvent être cédées qu’avec le consentement de tous les
associés. La cession des parts sociales doit être faite par écrit et déclarée au registre de commerce ;
– Aucun capital minimum n’est exigé ;
– Elle est désignée par une dénomination sociale, à laquelle peut être incorporé le nom d’un ou plusieurs
associés et qui doit être précédée ou suivie immédiatement de la mention « société en nom collectif » ;
– Toute personne qui accepte que son nom soit incorporé à la dénomination d’une société en nom
collectif devient responsable des engagements de la société au même titre que les associés ;
– Les gérants de la société (associés ou non) sont désignés par les statuts. Si ce n’est pas le cas, tous
les associés sont considérés comme gérants ;

FSJES 2016 | Page 30


2. Droit des sociétés
2.2 Les formes juridiques des sociétés

2. Les Sociétés de personnes ou par intérêt :


• 2.1- la Société en nom collectif (suite)
– Si une personne morale est désignée comme gérant d’une SNC, ce sont ses dirigeants qui assument la
responsabilité en cas de problème ;
– Il est interdit au gérant de la société en nom collectif d’exercer toute activité
– Le gérant d’une SNC est tenu de préparer, à la fin de chaque exercice, le rapport de gestion, l’inventaire
et les états de synthèse. Ces documents doivent être soumis à l’approbation de l’assemblée des
associés dans un délai de six mois à compter de la clôture de l’exercice ;
– Les décisions des associés doivent être consignées dans un procès-verbal, indiquant tous les détails
(date, lieu, noms et prénoms, discussions, résumé des débats, vote, résultats). Le procès-verbal doit être
signé par chaque associé présent ;
– La société en nom collectif dont le chiffre d’affaires hors taxes, à la fin de l’exercice, dépasse 50.000.000
Dhs (cinquante millions de Dirhams) est tenue de désigner un commissaire aux comptes. Ce dernier doit
être choisi parmi les experts comptables agrées ;

FSJES 2016 | Page 31


2. Droit des sociétés
2.2 Les formes juridiques des sociétés

2. Les Sociétés de personnes ou par intérêt :


• 2.2- la Société en commandite simple:
La société en commandite simple est constituée d’associés commandités et d’associés commanditaires.
– Les commanditaires (ceux qui financent) apportent l’argent en numéraire ou en nature. Leur participation
au capital ne peut être faite sous forme d’apport en industrie
– Les commandités (ceux qui se font financer) s’occupent de la gestion et peuvent contribuer par des
apports en numéraire, en nature ou en industrie ;
– La SCS désignée par une dénomination sociale à laquelle peut être incorporé le nom d’un ou plusieurs
associés commandités et qui doit être précédée ou suivie immédiatement de la mention « société en
commandite simple » ;
– Aucun capital minimum n’est exigé ;
– L’associé commanditaire ne peut faire aucun acte de gestion, engageant la société vis-à-vis des tiers,
même en vertu d’une procuration ;
– Les gérants de la société sont désignés par les statuts. Si ce n’est pas le cas, tous les associés
commandités sont considérés comme gérants ;
FSJES 2016 | Page 32
2. Droit des sociétés
2.2 Les formes juridiques des sociétés

2. Les Sociétés de personnes ou par intérêt :


• 2.2- la Société en commandite simple:
– Si une personne morale est désignée comme gérant d’une société en commandite simple, ce sont ses
dirigeants qui assument la responsabilité en cas de problème ;
– La réunion d’une assemblée des associés se tient, si elle est demandée soit par un commandité, soit par
le quart en nombre et en capital des commanditaires ;
– Les décisions des associés doivent être consignées dans un procès-verbal, indiquant tous les détails
(date, lieu, noms et prénoms, discussions, résumé des débats, vote, résultats). Le procès-verbal doit être
signé par chaque associé présent ;
– La SCS dont le chiffre d’affaires hors taxes, à la fin de l’exercice, dépasse 50.000.000 Dh (cinquante
millions de Dirhams) est tenue de désigner un commissaire aux comptes ;

FSJES 2016 | Page 33


2. Droit des sociétés
2.2 Les formes juridiques des sociétés

2. Les Sociétés de personnes ou par intérêt :


2.3 La sociétés à responsabilité limitée
La société à responsabilité limitée est constituée par une ou plusieurs personnes. Lorsque la société ne comporte qu’une
seule personne, elle est dénommée « associé unique ».
– Une SARL ne peut avoir pour associé unique une autre société à responsabilité limitée composée d’une seule
personne.
– Le nombre des associés d’une SARL ne peut être supérieur à (50) cinquante. Si le nombre des associés dans une
SARL dépasse cinquante, ce nombre doit être réduit à moins de cinquante. Sinon la SARL doit être transformée,
dans un délai de deux ans, en société anonyme. Autrement la SARL est dissoute.
– La SARL est désignée par une dénomination sociale, à laquelle peut être incorporé le nom d’un ou plusieurs
associés, et qui doit être obligatoirement précédée ou suivie de la mention « société à responsabilité limitée » ou
des initiales « SARL » ou « société à responsabilité limitée d’associé unique ».
– L’énonciation du montant du capital social, du siège social et du numéro d’immatriculation au registre de commerce,
doit figurer dans les actes, lettres, factures, annonces, publications ou sur tous les autres documents émanant de la
société et destinés aux tiers.
– Le capital de la SARL doit être supérieur ou égal à 10.000 Dhs (Dix mille dirhams). Et il est divisé en parts sociales
égales, dont le montant, de chacune d’elles, ne peut être inférieur à 100 Dh (Cent Dirhams).

FSJES 2016 | Page 34


2. Droit des sociétés
2.2 Les formes juridiques des sociétés

2. Les Sociétés de personnes ou par intérêt :


2.4 La Société en participation
La société en participation est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes mettent en commun leurs
biens ou leur travail ou tous les deux à la fois, en vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter.
– La société en participation n’a pas la personnalité morale. Elle n’existe que dans les rapports entre
associés. Elle n’est pas destinée à être connue des tiers ;
– Elle n’est soumise ni à l’immatriculation, ni à aucune formalité de publicité et son existence peut être
prouvée par tous les moyens ;
– L es associés conviennent librement de l’objet social, de leurs droits et obligations respectifs et des
conditions de fonctionnement de la société ; Et si la société a un caractère commercial, les rapports
entre les associés sont régis par la réglementation applicable aux sociétés en nom collectif.
– Les associés peuvent décider dans le cadre du contrat, qui les lie, que leurs rapports peuvent être
autrement considérés.· A l’égard des tiers, chaque associé contracte en son nom personnel. Il est seul
engagé même dans le cas où il révélerait le nom des autres associés sans leur accord.

FSJES 2016 | Page 35


2. Droit des sociétés
2.2 Les formes juridiques des sociétés

2. Les Sociétés de personnes ou par intérêt :


2.4 La Société en participation (suite)

– Si les participants agissent de manière ouverte et connue par le public, en qualité d’associés, ils sont
tenus à l’égard des tiers comme des associés en nom collectif;
– Sauf clause contraire, chaque associé conserve la propriété de son apport. Toutefois, les associés
peuvent convenir de mettre en indivision (en commun) certains apports.
– Elle n’a besoin d’aucune formalité pour sa constitution à l’exception du contrat sous seing privé qui lie
les associés entre eux.

FSJES 2016 | Page 36


2. droit des sociétés
2.3 Fonctionnement des sociétés

1.Organisation de la vie sociale


i. Les organes de gestion
 Les dirigeants portent des noms divers selon le type de société :
 Gérant dans les sociétés de personne et la société en responsabilité limitée ;
 Le conseil d'administration dans les sociétés anonymes.
ii. Nature et étendue des pouvoirs des dirigeants
 Dans certains types de sociétés, les statuts peuvent prévoir l'étendue des pouvoirs des organes de gestion. Dans
d'autres, ils disposent des pouvoirs les plus étendus.
iii. Les droits des associés
 Les associés non gérants disposent de droits résultants de leur qualité. Ainsi , ils ont le droit de :
 Nommer les organes dirigeants de la société ;
 Contrôler la gestion de la société.
 Deux procédures ont été instituées par l'acte uniforme à ce niveau
 La procédure d'alerte qui permet à tout associé deux fois par exercice de poser des questions écrites aux dirigeants sur
tout fait de nature à compromettre la continuité de l'exploitation.
 L'expertise de gestion : demandée au juge par un ou plusieurs associés représentant le 1/5 du capital social, elle porte
sur une ou plusieurs opérations dont la conformité avec l'intérêt général est douteuse :
o ils ont le droit aux bénéfices ;
o ils ont le droit de participer à la vie de la société à travers les assemblées générales .

FSJES 2016 | Page 37


2. droit des sociétés
2.3 Fonctionnement des sociétés

2. L‘exercice social
II s'agit d'une période d'une année (1er janvier au 31 décembre) au cours de laquelle la société doit être gérée au
quotidien. Au cours de l'exercice, au moins une AGO doit être tenue. Cependant, plusieurs décisions peuvent être prises.
i. Modification des statuts
Elles interviennent lors des AG extraordinaires. Les conditions de modification des statuts varient selon le type de société.
ii. Transmission des droits sociaux
II s'agit des changements portant sur les droits détenus par les associés. Dans les sociétés par actions, les droits sociaux
(les actions) sont négociables et donc librement transmissibles.
Dans les autres sociétés, la transmission des droits sociaux est soumise à des conditions strictes.
iii. L'affectation des résultats
Les associés décident du sort des résultats après les états financiers. Ainsi, en cas de bénéfices, les associés peuvent
décider de sa distribution ou de sa mise en réserve.
iv. Les charges fiscales
En cours d'exercice, doivent être payés la taxe sur la valeur ajoutée, l'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux,
l'impôt sur le revenu des mobilières (en cas de distribution de bénéfices) outre les droits d'enregistrement acquittés lors de
la constitution de la société.

FSJES 2016 | Page 38


2. droit des sociétés
2.3 Fonctionnement des sociétés commerciales

3. La dissolution des sociétés commerciales


i. Les causes de dissolution de la société
a. La dissolution légale : Elle diffère selon le type de société.
−Dans les sociétés de personnes, la réduction du nombre d'associés, l'incapacité, le décès, la faillite d'un associé peut dissoudre la
société.
−Dans les sociétés par actions, la réduction du capital social est une cause de dissolution. La dissolution légale peut résulter de
l'annulation de la société ou d'une décision de justice.
b. La dissolution statutaire: Les causes de dissolution sont prévues par les statuts. Ainsi, par exemple à l'arrivée du terme ou l'épuisement
de l'objet prévu dans les statuts, la société est dissoute. Cependant, les associés peuvent décider de sa prorogation
c. La dissolution volontaire: Les associés peuvent toujours décider de la dissolution anticipée de la société.
d. La dissolution judiciaire : Cette dissolution intervient pour justes motifs à la demande d'un associé :
−en cas d'inexécution par un associé de ses obligations ;
−en cas de mésintelligence entre associés empêchant le fonctionnement normal de la société.
ii. Les effets de la dissolution
La dissolution doit faire l'objet d'un avis de publication dans un journal d'annonces légales. Les effets de la dissolution varient selon le type
de sociétés :
a. Les sociétés pluripersonnelles (plusieurs associés) : La dissolution entraîne de plein droit la liquidation de la société. La liquidation est
l'ensemble des opérations qui vont permettre, non seulement, de régler les affaires en cours mais également de réaliser l'actif en vue
d'apurer le passif. Ainsi si l'actif > passif, il y a partage entre les associés du boni de liquidation. Si l'actif < passif, les dettes seront
supportées par les associés
b. Les sociétés unipersonnelles (un seul associé): En cas de dissolution, il y a transmission universelle du patrimoine de la société à
l'associé unique après avoir désintéressé les créanciers s'ils en existent.
FSJES 2016 | Page 39
2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la SARL

A - L'administration de la S.A.R.L.
• Aux termes de l'acte uniforme, la SARL est gérée par une ou plusieurs personnes physiques associées ou non. Les
gérants peuvent être statutaires ou non. Leur fonction peut-être gratuite ou rémunérées. Aussi ils peuvent faire l'objet de
révocation par les associés ou par les juges pour juste motif, sinon elle peut donner lieu à des dommages et intérêt
• Dans leur mission, ils sont investis des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société. A
l'égard des associés, le gérant peut faire tous les actes de gestion dans l'intérêt de la société.
• Cependant, il leur est interdit aussi qu'à leurs conjoints, descendant et ascendant de contracter sous quelque forme que ce
soit, des emprunts auprès de la société; de se faire consentir par elle un découvert en compte-courant ou autrement, ainsi
que de se faire cautionner ou avaliser par elle leurs engagements envers les tiers.
• Enfin, les actionnaires gérants engagent leur responsabilité civile. L'action en responsabilité se prescrit par 3 ans.
B - La vie sociale
• Les associés ont le droit d'être informés de la vie de la société et de participer à la répartition des bénéfices.
• Tous les bénéfices ne seront pas partagés. Chaque année, sur les bénéfices, 1/10 au moins sera .prélevé pour la
constitution d'une réserve légale. Le prélèvement ne cesse que lorsque la réserve a atteint le 1/5 du capital social.
• Les associés prennent les décisions en assemblées générales ordinaires ou extraordinaires.
• Concernant l'AG ordinaire, elle a pour prérogatives :
 de statuer sur les états financiers de synthèse de l'exercice écoulé ;
 d'autoriser les gérants à effectuer les opérations subordonnées dans les statuts à l'accord préalable des associés
 de procéder à la nomination et au remplacement des gérants ;
 d'approuver les conventions intervenues entre la société et l'un des gérants ou l 'un des associés.
FSJES 2016 | Page 40
2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la SARL

Elle est sanctionnée par un procès-verbal signé par chacun des associés présents. Quant à l'AG extraordinaire, elle
a pour objet de :
 Statuer sur les modifications des statuts ;
 L’augmentation des engagements des associés
 La transformation de la société en SNC
 Le transfert du siège social dans un État ou une autre région.
C - Le contrôle externe de la société
II est assuré par les commissaires aux comptes. La présence de ceux-ci est obligatoire dans les S.A.R.L remplissant
l'une des conditions suivantes :
 Capital social supérieur à 10 millions
 Chiffre d'affaire annuel supérieur à 50 millions.
• Les commissaires aux comptes vérifient les livres, la caisse, le porte feuille et les valeurs de la société de même
que la conformité des documents comptables aux règles en vigueur.
• Ils font chaque année un rapport annuel dans lequel ils certifient que les états financiers de synthèse sont
réguliers et sincères.
• Ils doivent signaler à l'assemblée générale les irrégularités et inexactitudes qu'ils ont reconnues dans les
inventaires.
• Ils informent le ministère public des faits délictueux constatés dans l'exercice de leur mission.
• Ils ont le pouvoir de convoquer l'assemblée générale en cas de défaillance des gérants. Les commissaires aux
comptes engagent leur responsabilité en cas de faute.

FSJES 2016 | Page 41


2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la SARL

D - La cession des parts sociales


La cession de la part sociale à un associé ou à un tiers est organisée par les statuts. A défaut elle est libre à
l'égard d'un associé et n'est pas libre à regard d'un tiers. Dans ce cas, la cession n'est possible qu'avec le
consentement de la majorité des associés non cédants représentants les 3/4 du capital social.
La cession doit être constatée par écrit notarié ou sous-seing privé. Ensuite la cession doit être signifiée à la
société par acte d'huissier ou acceptée par elle dans un acte authentique.
Enfin, la S.A.R.L n’est pas dissoute par le décès de l’un des associés. Les parts sont librement transmises
aux héritiers.
III - LA DISSOLUTION DE LA S.A.R.L.
A- Causes de dissolution
La S.A.R.L est dissoute selon les causes de dissolution communes à toutes les sociétés. Aussi elle est
dissoute lorsqu'il y a réduction du capital social au dessous du minimum légal.
B - Effet de la dissolution
En cas de dissolution de la société, le partage de l'actif social se fait proportionnellement aux apports sauf
clause contraire des statuts.
S'il y a perte, la responsabilité des associés sera limitée au montant de leurs apports.
FSJES 2016 | Page 42
2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la Société Anonyme

A - La formation du capital
La société peut être constituée avec apport en nature et avec stipulation d'avantage particulier ou non.
1 - La constitution par apport en numéraire et sous stipulation d'avantages particuliers
Dans la mesure où il y a aucun problème d'évaluation, les actionnaires souscrivent les actions tout simplement et leurs
apports vont constituer le capital social.
a - La souscription des actions
La souscription est l'acte juridique par lequel une personne s'engage à faire partie d'une société par actions, en apportant
une somme ou un bien en nature d'un montant égal au nominal de ses titres.
• La société anonyme est certes commerciale par la forme mais les actionnaires n'ont pas la qualité de commerçant. Par
conséquent un mineur incapable ou un majeur incapable peuvent faire partie des associés. De même deux époux
peuvent être actionnaires puisque la responsabilité des actionnaires est limitée à leurs apports.
• La souscription des actions doit se faire par la signature d'un bulletin de souscription. Il s'agit d'un document établi par
les fondateurs de la société dont la réglementation tend à protéger les souscripteurs contre les erreurs et les tromperies.
C'est dans ce sens qu'en cas d'appel public à l'épargne les fondateurs sont tenus, avant le début des opérations de
souscription, de publier une notice dans les journaux d'annonces légales de l'État partie du siège social ou des États
parties dont l'épargne est sollicitée.

FSJES 2016 | Page 43


2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la Société Anonyme

b - La libération des actions


Libérer l'action c'est verser la somme qui correspond aux actions souscrites. Il est fait obligation à chaque souscripteur
d'action en numéraire de libérer au moins le quart de leur valeur nominale.
Le versement du reliquat doit être fait dans un délai ne pouvant excéder trois ans à compter de l'immatriculation de la société
au RCCM. Les sommes libérées et remises aux fondateurs doivent être déposées soit en l'étude d'un notaire, soit dans une
banque avec la liste des souscripteurs et le montant versé par chacun d'eux sur un compte spécial ouvert au nom de la
société en formation et cela dans un délai de 8 jours à compter de la réception des fonds.
2- La constitution avec apport en nature et/ou stipulation d'avantages particuliers
Il se pose ici un problème d'évaluation des apports en nature et/ou des avantages en particulier.
a - L'évaluation
Elle sera faite par un commissaire aux apports nommés par les associés. Ceux-ci sont choisis sur la liste des commissaires
aux comptes désignés par les actionnaires ou par un juge.
Le commissaire aux apports doit veiller à ce que l'apport en nature ou l'avantage particulier ait une valeur qui correspond à la
valeur nominale des actions à émettre.
b - Le régime des apports en nature
Les apports en nature sont libérés intégralement lors de la constitution de la société. Cela signifie que les apports doivent
transférer à la société le bien ou le droit qui est l'objet de leur apport. Aussi, les actions d’apport sont négociables dès
l’immatriculation de la société au RCCM.

FSJES 2016 | Page 44


2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la Société Anonyme

B - Les formalités constitutives finales de la S.A


1 - La signature des statuts

Les statuts sont rédigés par écrit notarié ou sous-seing privé.


La signature des statuts par les souscripteurs ou par leurs mandataires intervient après la déclaration notariée de souscription et de
versement.
2 - L'assemblée constitutive
C'est la toute première dans la vie de la S.A. Elle approuve les statuts, nomme les administrateurs, finalise les formalités de constitution
et permet la constitution définitive de la société.
Elle est convoquée par les fondateurs et présidée par l'actionnaire ayant le plus grand nombre d'action ou, à défaut, par le doyen d'âge.
A la première convocation, l'assemblée ne peut valablement délibérer que si les souscripteurs présents ou représentés possèdent au
moins la moitié des actions. A défaut, il y aura une 2e ou 3e convocation respectivement 6 jours ou 2 mois avant la date de réunion. Lors
de la 2e convocation, le quorum est d'au moins du quart des actions de ceux qui sont présents et à la 3e convocation le quorum est de la
moitié des actions.
3 - Les formalités de publicité de société
II ya l'insertion d'un avis ou d'un extrait des statuts dans un journal d'annonce légales. En outre les fondateurs doivent procéder à
l'immatriculation de la société au RCCM de la juridiction du lieu de siège social et cela dans un délai d'un mois à compter de la
constitution de la société.
Dès l'immatriculation, les administrateurs peuvent retirer les fonds en dépôt et débuter l'activité de la société.

FSJES 2016 | Page 45


2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la Société Anonyme

C - L'administration de la S.A
L'acte uniforme prévoit deux modes d'administration de la SA :
 La S.A avec le conseil d'administration
 La S.A avec administrateur général.
1 - La SA avec conseil d'administration
C
Le conseil d'administration est l'organe chargé de l'administration de la société. Il est composé par les administrateurs qui
vont nommer les dirigeants sociaux.
a - L'administrateur
Les premiers administrateurs sont nommés par les statuts ou par l'assemblée générale constitutive. En cours de vie
sociale, ils sont désignés par l'assemblée générale ordinaire. Ils sont soit actionnaires ou non. Le nombre d'administrateur
est de 3 au moins et de 12 au plus.
C'est l'assemblée générale ordinaire qui révoque les administrateurs. Ceux-ci peuvent également démissionner. Les
fonctions d'administrateurs ne sont pas gratuites. Outre la rémunération perçue dans le cadre d'un contrat de travail, les
administrateurs perçoivent deux catégories de rémunération :
 Une somme fixe annuelle à titre d'indemnité de fonction déterminée souverainement par l'assemblée
générale ordinaire (jetons de présence)
 Des rémunérations exceptionnelles pour les missions et mandats qui leur sont confiées,
FSJES 2016 | Page 46
2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la Société Anonyme

b - Le conseil d'administration
Le conseil d'administration est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société dont
notamment :
 il précise les objectifs de la société ;
 il exerce un contrôle permanent de la gestion ;
 il arrête les comptes de chaque exercice ;
 il convoque les assemblées générales ;
 il nomme et révoque le président du conseil ;
 il autorise les conventions entre la société et un administrateur.
Le conseil se réunit aussi souvent que nécessaire
c - La direction générale de la S.A
Elle est assurée soit par un président Directeur Général (PDG) soit par un Président du conseil d'administration (PCA) et un Directeur
Général (DG).
 Le PCA et le DG
Ils incarnent le pourvoir de direction de la société.
• Le PCA est désigné par le conseil d'administration parmi ses membres. La durée de son mandat est limitée à 3 ans. Il préside les
réunions des conseils d'administration et des assemblées générales. Il peut être rémunéré à travers un contrat de travail le liant à la
société.
• Quant au DG, il est également nommé par le conseil d'administration parmi les administrateurs ou en dehors d'eux.
Il est chargé, d'assurer la direction générale de la société et de la représenter dans ses rapports avec les tiers.
 Le PDG et DG adjoint
• Le PDG est le représentant de la S.A dans ses rapports avec les tiers. Il est choisi parmi les administrateurs. II est rémunéré dans
les mêmes conditions qu'un PCA. Il préside le Conseil d'Administration et les AG. Il assure la direction générale de la société et la
représente dans ses rapports avec les tiers.

FSJES 2016 | Page 47


2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la Société Anonyme
E
Sur proposition du PDG, le Conseil d'Administration peut nommer un DG adjoint, administrateur ou non, pour assister le PDG dans ses
fonctions
2 - La SA avec administrateur général
Si la société est unipersonnelle ou est constituée au plus de 3 personnes, elle ne peut constituer un conseil d'administration. Dans ce cas, il
sera nommé un administrateur général assisté ou non d'un adjoint.
Il est désigné soit dans les statuts ou par l'assemblée générale constitutive pour un mandat qui ne peut excéder 2 ans soit par l'assemblée
générale ordinaire pour un mandataire ne pouvant excéder 6 ans.
L'administrateur général assure l'administration et la direction générale de la société et la représente dans ses rapports avec les tiers ; Il
convoque et préside les assemblées générales ; Il est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir, en toutes circonstances au nom de la
société
L'administrateur général peut être rémunéré à travers un contrat de travail. Il lui est alloué une indemnité annuelle fixe de fonction, des
rémunérations exceptionnelles pour les déplacements pour le compte de la société et des avantages.
3 - Les responsabilités encourues
L'acte uniforme a prévu des sanctions pour les fautes que pourraient commettre les dirigeants de la société aussi bien au plan civil qu'au
plan pénal, ainsi qu'en cas de redressement judiciaire et liquidation des biens.
a - La responsabilité civile et pénale des dirigeants
Indépendamment de la responsabilité éventuelle de la société, les administrateurs sont responsables individuellement ou solidairement des
dommages causés par leur faute.
Au plan civil, toute personne actionnaire ou non, qui subit un préjudice par la faute d'un dirigeant social, dispose d'une action individuelle
pour faire sanctionner son droit lésé. L'action se prescrit par trois (3) ans pour les délits et dix (10) ans pour les crimes.

FSJES 2016 | Page 48


2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la Société Anonyme

B - Les droits des actionnaires


Le contrôle des actionnaires est soit direct soit externe.
1 - L'exercice direct de leurs droits par les actionnaires
Le contrôle se fait à travers les AG et les initiatives individuelles autorisées par la loi.
a - Les AG
Dans la S.A, il y 4 types d'A.G :
 L'AG constitutive qui se réunit lors de la constitution de la société.
 L'AG Ordinaire : elle se réunit au moins une fois par an en vue de la mission à lui confié par la loi. Elle est convoquée dans les 6 mois de la
clôture de l'exercice sauf prolongation de ce délai par le juge. L'AGO est convoquée soit
par le ou les dirigeants sociaux, soit par le commissaire aux comptes, soit par un mandataire de justice soit par les actionnaires représentant le 1/10
du capital social ou enfin par le liquidateur
L'AGO est annulée lorsqu'elle a été irrégulièrement convoquée.
L'action en justice pour son annulation est irrecevable lorsque tous les actionnaires étaient présents ou représentés. L'AG Ordinaire a les
attributions suivantes :
 Elle statue sur les états financiers de synthèse de l'exercice ;
 Elle décide de l'affectation du résultat
 Elle nomme les membres du conseil d'administration ou l'administrateur général et les commissaires aux comptes ;
 Elle approuve ou refuse les conventions conclues entre les dirigeants sociaux et la société ;
 Elle émet les obligations ;
 Elle approuve le rapport du commissaire aux comptes.
L'AG ordinaire ne peut valablement délibérer à la 1ère convocation que si les actionnaires présents ou représentés possèdent au moins la moitié des
actions. Sur 2ème convocation, elle délibère si la quart des droits de vote est présent ou représenté. Aucun quorum n’est exigé à la 3ème convocation.
Les décisions sont prises à la majorité des voix exprimées.
FSJES 2016 | Page 49
2. droit des sociétés
2.4 Fonctionnement de la Société Anonyme

L'AG extraordinaire : les conditions de convocation et de tenu sont identiques


à celle de l'AGO.
L’AGE
 est seule habilitée à modifier les statuts
 autorise les fusions, scissions, transformations...
 transfère le siège social
 dissout la société par anticipation
 proroge la durée de a société.
L'AG extraordinaire ne peut valablement délibérer sur première convocation que si les actionnaires présents ou représentés possèdent au moins
la 1/2 des actions ; sur 2e convocation, le 1/4 des actions.
Les décisions sont prises à la majorité des 2/3 de voix exprimées sauf pour le transfert du siège de la société pour lequel il faut une décision
unanime des actionnaires.
 L'Assemblée spéciale
Elle réunit les titulaires d'actions d'une catégorie déterminée. Les conditions de convocation et tenue sont identiques à celle de l'AGO.
L'assemblée spéciale approuve ou désapprouve les décisions des assemblées générales lorsque les décisions modifient les droits de ses
membres.

FSJES 2016 | Page 50


Fin du chapitre 2

FSJES 2016 | Page 51


Chapitre 3
droit cambiaire
3. droit cambiaire
3.1 Introduction

FSJES 2016 | Page 53


3. droit cambiaire
3.1 Le chèque

› Le chèque est un titre. Il répond donc à des conditions de fond et de forme.


1. Conditions de forme
› Le banquier doit vérifier avant remise d’un carnet de chèque que le client n'est pas fiché à la Banque Centrale. Dans
l'hypothèse où le demandeur est fiché au Service Central des Incidents de Paiement (SCIP) le banquier a interdiction de
délivrer des formules de chèque.
A. Les mentions imprimées
– La dénomination « chèque » sur le titre dans la langue employée pour la rédaction du titre
– Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée (le chèque ne doit avoir ni conditions, ni réserves), la
somme ne peut être assortie d'intérêts (car le chèque n'est pas un instrument de crédit mais un instrument de
paiement).
– Le nom du tireur, et en général l'adresse de son domicile
– L'indication du lieu où le paiement va s'effectuer
– Le lieu de domiciliation (le banquier du tireur, l'agence de paiement)
– Le numéro de compte, à défaut le chèque n'en reste pas moins valable semble-t-il


FSJES 2016 | Page 54
3. droit cambiaire
3.1 Le chèque

1. Conditions de forme (suite 1)


B. Les mentions manuscrites
– La signature du tireur, elle doit être faite à la main ; en principe la banque est censée comparer les signatures qui
figurent sur les chèques avec la signature qui a été déposée par le titulaire du compte lors de l'ouverture de celui ci.
– Le montant de la somme à payer, en cas de contradiction entre le montant en lettres et en chiffres, la somme en
lettres est retenue
– la date et le lieu d'émission. Si le lieu n'est pas précisé, on lui supplée le lieu inscrit à côté du nom du tireur. Quand
à la date d’émission elle permet d'apprécier la capacité et les pouvoirs du tireur au moment de l'émission. Elle porte
ainsi le point de départ du délai de présentation et du délai de prescription. En outre c'est à cette date en principe
que s'opère le transfert de provision ; en conséquence un chèque non daté est nul. Un chèque post daté est payé le
jour de sa présentation.

FSJES 2016 | Page 55


3. droit cambiaire
3.1 Le chèque

1. Conditions de forme (suite 2)


C. Les mentions facultatives
– Le nom du bénéficiaire : Il est possible que le chèque soit au porteur ou au nom d’un ou plusieurs bénéficiaires. En
cas de désignation alternative, le paiement pourra être effectué par le tiré pour tous les bénéficiaires ou pour l'un
d'entre eux avec l'accord des autres.
– La clause de non endossement : Peut-être pré-imprimée par le banquier ou rajoutée à la main. Le chèque au
porteur est transmissible par tradition même s’il comporte la mention non endossable
– Le barrement du chèque : Le chèque barré ne peut être payé par le tiré qu'à un banquier, ou un client du tiré. Le
barrement peut-être restreint à un tiré indiqué entre les barres.
– L'aval : Le paiement du chèque peut être garanti pour tout ou partie de son montant. Cette garantie est
extrêmement rare en pratique. L'aval peut être donné sur le chèque ou sur une allonge, ou encore par acte séparé

FSJES 2016 | Page 56


3. droit cambiaire
3.1 Le chèque

2. Conditions de fond
A. Les intervenants
i. Le tireur : C'est celui qui prend l'initiative de la création du titre en vue de sa remise à un tiers dont il se reconnaît
débiteur afin d'éteindre sa dette par ce paiement. L'émission d'un chèque est un acte juridique qui par conséquent
requiert des conditions préalables comme tout acte juridique.
› Consentement - Il doit être donné à l'émission du chèque. Or il existe parfois des situations où le consentement
n'a pas été donné : vol, falsification.
› Capacité - La capacité commerciale n'est pas requise car il ne s'agit pas d'un acte de commerce par la forme.
Et donc la capacité du droit commun suffit. Le mineur n'a pas la capacité civile et ne peut pas a priori émettre un
chèque.
› Pouvoirs - Deux situations se présentent :

Slide suivante

FSJES 2016 | Page 57


3. droit cambiaire
3.1 Le chèque

2. Conditions de fond (suite)


A. Les intervenants (suite)
i. Le tireur (suite)
› Pouvoirs - Deux situations se présentent :
- Le compte a un seul titulaire : Le titulaire peut donner procuration à un tiers (le nom du mandataire ne figure
pas sur le chéquier). La situation est fréquente en pratique (ex : le dirigeant de la personne morale, enfants
vis à vis de leurs parents). Ce mandat est révocable à tout moment et la révocation ne produira ses effets
qu'à compter de la notification au tiré.
- Le compte a plusieurs titulaires (cas des comptes joints)
› Si le compte est indivis (assez rare), il faudra l'accord de tous les indivisaires pour émettre un chèque.
› Si le compte est simplement joint, chaque co-titulaire a le pouvoir de faire fonctionner le compte et
d'émettre des chèques. Chaque titulaire peut disposer librement de la totalité des fonds. C'est une des
principales applications de la solidarité active. En cas de solde débiteur, le banquier s'adresse à
n'importe lequel des co-titulaires.

FSJES 2016 | Page 58


3. droit cambiaire
3.1 Le chèque

2. Conditions de fond (suite)


ii. Le tiré
› Personnes habilitées : La loi bancaire réserve le doit d’émission et gestion des moyens de paiement dont le
chèque aux établissements de crédit. L'idée est que le tiré doit être solvable. A cet égard la banque ne pourra
pas avoir à la fois la qualité de tireur et la qualité de tiré. Il existe cependant une exception : les chèques de
banque.
› Rôle du tiré : Il joue un rôle essentiel car c'est lui qui paye le chèque. En revanche il ne peut jamais accepter de
chèque. Toutefois, la pratique bancaire a développé des techniques d'engagement du tiré qui, sans aller jusqu'à
l'acceptation, garantissent dans une certaine mesure l'existence de la provision (certification).
- Certification: Elle a pour rôle de bloquer la provision au profit du porteur jusqu'à l'expiration du délai de
présentation du chèque. Au delà de ces 20 jours le banquier n'est plus responsable et la garantie expire. La
demande de certification émane soit du porteur soit du tireur.

FSJES 2016 | Page 59


3. droit cambiaire
3.1 Le chèque

2. Conditions de fond (suite)


iii. Le bénéficiaire
› Capacité : Le bénéficiaire doit avoir la capacité de recevoir un paiement. Un mineur non émancipé ou un
majeur en tutelle ne peuvent être désignés comme tels.
› Désignation : Le chèque peut être nominatif, au porteur ou en blanc
› Conséquence de la remise du chèque : La remise du chèque entraîne le paiement de la dette pour laquelle
le chèque a été émis. En réalité ce paiement n'est effectif que lorsque le chèque sera encaissé. Or en
matière fiscale par exemple, les pénalités de retard ne sont pas dues quand le chèque a été envoyé à la
date limite de paiement (application du principe de l'émission).

FSJES 2016 | Page 60


3. droit cambiaire
3.1 Le chèque

2. Conditions de fond (suite)


B. La provision
C’est la somme inscrite sur le chèque, qui doit être à la disposition du tireur chez le tiré. La remise du chèque fait
acquérir au bénéficiaire un droit de propriété sur la provision. La provision doit être préalable, suffisante et disponible.
› Préalable: Le chèque est un effet de commerce payable à vue, c'est pourquoi la provision est exigée dès
l'émission du chèque. L'absence de provision préalable ne peut être sanctionnée. C'est le refus de payer par le
banquier tiré qui va concrétiser cette absence de provision préalable.
› Suffisante: la provision doit couvrir le monta intégral des chèques émis. Si plusieurs chèques sont émis en
même temps celui arrivant en premier sera payé. Si la provision est insuffisante, le bénéficiaire peut exiger le
paiement partiel du chèque.
› Disponible: La provision doit être disponible : elle doit être maintenue sur le compte jusqu'à l'encaissement du
chèque ou jusqu'à l'expiration du délai de prescription. Elle a donc un caractère irrévocable. En conséquence il
est interdit de retirer la provision ou de la bloquer après émission du chèque.

FSJES 2016 | Page 61


3. droit cambiaire
3.1 Le chèque

3. L’opposition au chèque
C. L’opposition au paiement
L'opposition est un ordre donné au tiré de ne pas payer le chèque qui émane du tireur. Le banquier doit informer le tireur
des sanctions encourues pour une opposition en dehors des cas légaux. En effet la loi ne prévoit que 4 hypothèses
d'opposition sur un chèque :
› la perte
› le vol
› l'utilisation frauduleuse du chèque
› le redressement ou la liquidation judiciaire du porteur (l'idée est d'éviter que le porteur n'encaisse la somme et
ne parte avec, l'argent est réservé à l'entreprise).
› L'opposition faite pour un autre motif que ces 4 hypothèses est interdite. Et le tireur qui s'est volontairement dessaisi
d'un chèque au profit d'un tiers ne pourra pas invoquer qu'il a été victime d'une escroquerie, d'un dol ou tout simplement
d'un achat qu'il regrette.
› L'opposition si elle est valable produit alors des effets : le tiré ne doit donc pas payer le chèque, à défaut il engage sa
responsabilité civile. Il devra rembourser la somme au tireur. Le banquier est tenu de bloquer la provision du chèque
litigieux, ainsi la provision est immobilisée jusqu'au dénouement de l'affaire.


FSJES 2016 | Page 62
3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

1. Définition
A. Définition
› La lettre de change est un écrit par lequel le tireur (celui qui émet le titre) donne mandat à une autre personne (tiré) de
payer un tiers (preneur ou tiers bénéficiaire) une somme déterminée à une date donnée.
› Il existe un rapport juridique entre ces 3 personnes.
– Entre le tireur et le tiré : il existe une créance appelée provision.
– Entre le tireur et le bénéficiaire : le rapport de dette s'appelle la valeur fournie
– Entre le bénéficiaire et le tiré : il existe une obligation de payer par le biais de la cession de créance.

FSJES 2016 | Page 63


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

B. Les mentions obligatoires


1. Nommer / dénommer le titre (« lettre de change ») dans la langue employée pour la rédaction du titre
2. La lettre de change doit comporter le mandat pur et simple de payer une somme déterminée. L'ordre conditionnel
de payer est exclu, De plus, la somme doit être inscrite en chiffres et en lettres.
3. Le nom de celui qui doit payer (le tiré). Son nom et son adresse doivent figurer dans un encadré au recto du titre.
L'adresse du tiré est très importante dans la mesure où la dette cambiaire est quérable et non pas portable (elle
doit être demandée au domicile du débiteur).
4. L'indication du lieu de paiement. Cette indication est fondamentale pour le porteur. A défaut, c'est l'adresse située
à côté du tiré qui servira de lieu de paiement. Le plus souvent la traite contiendra une clause de domiciliation qui
vise le plus souvent le banquier du tiré. Cela ne rend pas pour autant le domiciliataire partie à la traite : le banquier
domiciliataire du tiré ne se trouve pas engagé dans les liens cambiaires.

FSJES 2016 | Page 64


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

C. Les mentions obligatoires (suite)


5. L'indication de l'échéance: la lettre de change est payable à vue, à un certain délai de vue, à un certain délai de
date, enfin la traite peut être payable à jour fixe. Si aucune échéance n'est mentionnée sur le titre, la traite est
payable à vue.
6. Le nom du bénéficiaire. La lettre de change peut-être u nom d’un bénéficiaire indiquée ou en blanc (au porteur).
7. L'indication de la date de création. Elle permet de vérifier la capacité du tireur au moment de l'émission et de
constituer le point de départ du délai de présentation de la traite ou du délai de paiement.
8. Le lieu de création du titre. Cette mention a été dictée par les impératifs de droit international. Dans l'hypothèse
où un litige surviendrait à l'issue de l'émission de la lettre de change, ce lieu permet de déterminer la loi
applicable aux engagements et aux recours cambiaires.
9. La signature du tireur. En principe elle figure au recto du titre (si elle figure au verso elle est assimilée à un
endossement). La question qui s'est posée est celle de savoir si on peut assimiler à une véritable signature une
griffe. En cas d’abus de signature, le tireur pourra prouver que sa signature a été utilisée frauduleusement.

FSJES 2016 | Page 65


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

D. Formalités et mentions facultatives


1. La pluralité d'exemplaires : En général la lettre de change n'est émise qu'en un seul exemplaire. La loi soumet
l'émission de la pluralité d'exemplaires à des conditions qui tendent à protéger les tiers contre des fraudes (il
faut qu'elles aient le même contenu que l'original, les exemplaires doivent être numérotés, à défaut ils seraient
considérés comme des lettres de change distinctes).
2. Les mentions facultatives: Certaines clauses sont admises, telle que:
- la clause de domiciliation (en général on précise à côté du nom du tiré et du tireur leur banque
respective),
- la clause de valeur fournie ou de provision. La valeur fournie est la prestation fournie par le bénéficiaire du
titre en contrepartie de l'émission de celui-ci par le tireur à son profit ;
- Enfin il est possible d'inclure une clause de retour sans frais ou sans protêt : le non paiement d'une traite
ou le refus d'acceptation doit être constaté dans un protêt. Cette clause évite de respecter cette obligation
de rédiger un protêt.

FSJES 2016 | Page 66


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

E. Conditions relatives aux personnes


› La lettre de change est un acte juridique, elle répond aux conditions de validité. Toutefois la lettre de
change n'est pas un acte juridique commun, car c'est un titre qui circule, qui a plusieurs débiteurs et
plusieurs créanciers. Dès lors, la question se pose de savoir si les conditions de validité sont appréciées
globalement ou au regard de chaque signataire de la lettre de change.

1. Le tireur : Au moment de la création du titre, seule la volonté du tireur intervient, et il donne au tiré un
ordre de payer. Néanmoins, pour accomplir cet acte, il doit être capable, avoir des pouvoirs, et un
consentement libre.

• La capacité : la lettre de change est considérée comme un acte de commerce par la forme, donc le
tireur doit avoir la capacité pour effectuer des actes de commerce. A cet égard, les règles de capacité
sont strictes, et s'appliquent à tout signataire de la lettre de change.
- L'hypothèse du mineur: Le mineur ne peut pas avoir la capacité commerciale même s'il est émancipé.
Dès lors, les lettres de change souscrites par des mineurs non négociants sont nulles. Il s'agit d'une
nullité de protection. Toutefois le principe d'indépendance des signatures revêt une grande importance
en l'occurrence : les autres signataires du titre restent tenus cambiairement.

FSJES 2016 | Page 67


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

E. Conditions relatives aux personnes (suite)


- Le majeur protégé: Même en l'absence de régime de protection, l'engagement du tireur pourra toujours
être annulé s'il est prouvé qu'au moment où il a signé le titre il était sous l'empire d'un trouble mental.
- Le consommateur : En matière cambiaire, le consommateur est considéré comme un mineur il est
donc incapable. L'idée est d'éviter de soumettre le consommateur à la rigueur du droit cambiaire et
notamment à la prohibition des délais de grâce et à la règle d'inopposabilité des exceptions.
• Le consentement
- Le consentement vicié: La lettre de change suppose un consentement non vicié. Ce consentement à
l'acte se matérialise par la signature du tireur au recto du titre (mention obligatoire). Mais il ne pourra
pas invoquer un vice du consentement à l'égard du porteur de bonne foi.
- Le consentement absent. Deux cas se présentent:
o Falsification : la lettre de change sera considérée comme valable à l'égard des autres signataires
de bonne foi, en raison de l'indépendance des signatures.
o Altération : L'altération se définit comme « une modification apportée à une traite sans le
consentement du tireur ou des autres signataires ». Les signataires antérieurs sont tenus dans les
termes originels du titre, et ce même à l'égard d'un porteur de bonne foi.
FSJES 2016 | Page 68
3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

• Les pouvoirs du tireur


Il est fréquent qu'un tireur souscrive une lettre de change pour le compte d'autrui. On applique alors les règles du mandat. Mais
parallèlement, il existe des hypothèses où le représentant agissant pour le compte d'autrui va se présenter comme le créateur même du
titre. Cette hypothèse correspond au tirage pour compte.
- L'hypothèse de la représentation classique: Il n'y a pas de formalisme strict. Il suffit que le mandataire fasse précéder sa signature
d'une formule sans équivoque précisant sa qualité.. l'usage bancaire prévoit que le banquier escompteur n'est pas tenu de vérifier
l'étendue des pouvoirs des signataires. En cas d'absence de pouvoirs, le prétendu représentant sera obligé cambiairement et le
prétendu représenté ne le sera pas.
- L'hypothèse du tirage pour compte: le tireur bien qu'agissant pour le compte d'autrui se présente vis à vis des tiers comme le
véritable créateur du titre, alors que le donneur d'ordre reste dans l'ombre.
o Entre les tiers et le bénéficiaire : les tiers ne connaissent que le tireur qui se trouve seul engagé. Dès lors aucune action
cambiaire ne peut être faite à leur initiative à l'encontre du donneur d'ordre.
o Entre le donneur d'ordre et le tireur pour compte: Ce sont les règles du mandat qui s'appliquent car leur convention est de nature
extra cambiaire
o Entre le donneur d'ordre et le tiré: il appartient au donneur d'ordre de fournir la provision.

FSJES 2016 | Page 69


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

2. Le tiré et les personnes facilitant le paiement


• Le tiré: Il doit payer la lettre de change à son échéance, c'est pourquoi son nom figure au recto du titre. En principe il se distingue du
tireur. Mais il arrive que le tireur et le tiré ne fassent qu'un.
• Le domiciliataire : la lettre de change doit préciser le nom du lieu où le paiement doit s'effectuer (le plus souvent la banque du tiré).
La désignation du domiciliataire présente plusieurs avantages.
o D'une part le tiré n'a pas le soucis du paiement. D'autre part le porteur pourra demander la désignation d'un domiciliataire proche
dans l'hypothèse où le tiré se trouve éloigné.
o Enfin, la domiciliation va faciliter le remboursement par compensation entre le banquier porteur chargé d'encaisser et le banquier
domiciliataire chargé de payer. Toutefois en pratique il est rare de voir le tiré donner pouvoir à son banquier de payer tous les
effets de commerce qui lui seront présentés et qui sont domiciliés chez ce banquier, cela pour plusieurs raisons. D'abord,
l'acceptation qu'il a donné sur le titre peut être fausse ou encore le tiré peut invoquer une compensation (entre lui et le tiers
bénéficiaire) qui serait ignorée de son banquier. Le banquier ne paiera donc que sur ordre du tiré. En général cet ordre se donne
sur un avis de domiciliation détaillé.
3. Le porteur
• C'est à son profit que la lettre de change a été créée. En principe le porteur est créancier du tireur. C'est ce qu'on appelle la valeur fournie
si c'est une prestation, ou l'escompte si le banquier a fait une avance au tireur. Le tireur peut néanmoins se désigner lui même comme
bénéficiaire.

FSJES 2016 | Page 70


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

2. Les garanties du porteur


A. La provision
› La provision se définit comme la créance du tireur sur le tiré. Il y a provision si à l'échéance de la lettre de change celui sur qui elle est
fournie est redevable au tireur d'une somme au moins égale au montant de la lettre de change.
• Le régime juridique de la provision
› La notion de provision: La provision doit exister au moment de l'échéance. A contrario elle n'est pas obligatoire au moment de l'émission
de la lettre de change. Elle ne l'est qu'au jour du paiement car la lettre de change est un instrument de crédit.
› Nature de la provision: La provision est une créance de somme d'argent. Dès lors il n'y a pas provision si la dette du tiré est inférieure à la
somme indiquée (le tiré pourra refuser de payer s'il n'a reçu que provision partielle de la traite). L’origine de la provision peut être diverse :
marchandise vendue, ouverture de crédit consenti par le banquier à son client, prêt consenti par le tireur au tiré.
› Preuve de la provision: C'est le tireur qui doit fournir la provision. En conséquence, le tiré ne paiera le bénéficiaire que s'il doit réellement
quelque chose au tireur. S'il s'oppose à payer le bénéficiaire il devra prouver l'absence de provision, et si le bénéficiaire se tourne alors
vers le tireur, celui-ci devra prouver qu'il a fourni la provision pour ne pas payer. Tous les modes de preuve sont acceptés pour établir
l'existence de cette provision. Toutefois les modalités de preuve seront différentes selon que la lettre de change aura été acceptée ou
non.

FSJES 2016 | Page 71


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

B. Les effets de complaisance


• Définition : Les effets de complaisance sont destinés à tromper les tiers sur les relations qui existent entre les différents signataires. Plus
simplement, c'est un service d'ami par lequel le tiré consent à accepter une lettre de change alors même qu'il n'a pas reçu provision dans
le but de procurer du crédit au tireur. L'effet de complaisance se caractérise donc par une absence totale de provision, d'opération
commerciale sous-jacente.
• Ce procédé consiste en réalité à se procurer un crédit illusoire dans le but de faire face à ses difficultés et donc de retarder voire d'éviter
un dépôt de bilan. Il faut souligner que les effets de complaisance sont assimilés à de fraude car basés des hypothèses de crédit fictif :
– le tirage croisé : 2 entreprises sont gênées financièrement, elles vont tirer l'une sur l'autre des lettres de change en les acceptant afin
de faire croire à leur banquier respectif l'existence d'un crédit.
– l'effet de cavalerie : on tire une lettre de change sur un tiré complaisant puis une seconde plus tard et ainsi de suite. Le tiré peut être
un particulier.
• La nullité: la nullité se base sur plusieurs fondements:
– L'absence de provision (pas valable car il suffit que la provision existe à l'échéance).
– L'absence de cause (fondement contesté car la doctrine estime que l'engagement du tiré est causé par le service rendu)
– Caractère immoral ou illicite de la cause. C'est cet argument qui doit perdurer pour fonder la nullité des effets de complaisance.

FSJES 2016 | Page 72


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

3. L'acceptation
› L'acceptation est un engagement souscrit par le tiré de payer la lettre de change à l'échéance. Elle crée un engagement
cambiaire, et ce indépendamment de toute provision.
A. Présentation à l'acceptation
› Lorsque le tiré n'a pas accepté la lettre de change, il appartient au porteur qui souhaite obtenir l'acceptation du tiré de lui
présenter l'effet. Le porteur se présente donc au domicile du tiré (avant l'échéance). Le tiré peut refuser de signer,
invoquant son droit à vérification de la provision.
• La présentation est obligatoire
› Dans toute lettre de change, le tireur peut stipuler qu'elle devra être présentée à l'acceptation. Il s'agit des hypothèses
où la traite comporte une clause de contre-acceptation, qui oblige le porteur à présenter la lettre à l'acceptation.
• L'acceptation est interdite
› La lettre de change va contenir une clause de défense d'acceptation. Elle est imposée par le tireur qui n'a pas encore
fait provision et qui doute de la volonté du tiré

FSJES 2016 | Page 73


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

3. L'acceptation (suite)
B. Forme de l'acceptation
› Le titre va revétir la formule « accepté » suivie de la signature du tiré qui doit obligatoirement être manuscrite, pour qu'il
prenne bien conscience en signant de l'engagement qu'il va prendre. Toutefois la formule « accepté » n'est pas
obligatoire et la seule signature au recto du titre suffit pour considérer l'acceptation comme valable. En revanche si le
tiré signe au verso, la formule est obligatoire, car à défaut, il s'agit d'un endossement.
C. Effets de l'acceptation
› Par l'acceptation, le tiré s'engage à payer la lettre de change à l'échéance. Il devient donc débiteur cambiaire principal.
Cette qualité a des conséquences sur les caractéristiques de l'obligation, mais aussi sur la provision et elle entraîne la
purge des exceptions.
C. Caractéristiques de l'obligation cambiaire
› Le tiré sera solidairement tenu avec les autres signataires. Il pourra donc être condamné à verser une provision, se voir
appliquer une procédure d'injonction de payer ou faire l'objet de mesures conservatoires (ex : saisie conservatoire). Il
devient débiteur commercial alors même qu'il n'est pas commerçant.

FSJES 2016 | Page 74


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

4. L'aval
› L'aval est un engagement personnel de paiement du titre donné en la forme cambiaire (s'il n'est pas donné en la forme cambiaire il sera
qualifié de cautionnement). L'aval est donné par une personne appelée donneur d'aval, avaliste ou avaliseur. L'avaliste s'engage à
garantir le paiement du titre à son échéance en cas de défaillance de l'un des débiteurs cambiaires.
A. Conditions de fond
• L'avaliseur ou l'avaliste : L'aval est un engagement cambiaire. En conséquence, toutes les règles de capacité requises pour s'engager
cambiairement (avoir au minimum la capacité commerciale) doivent être réunies chez l'avaliste. L'avaliste peut être une personne
physique (pas de mineur même émancipé...) ou une personne morale
› L'avalisé : C'est celui pour le compte duquel l'aval est donné. L'avaliste peut garantir l'engagement d'un des débiteurs cambiaires (le
tireur, le tiré accepteur, le donneur d'aval [double garantie], un endosseur). C'est la raison pour laquelle l'aval doit indiquer pour le compte
de qui il est donné ; à défaut l'aval est réputé donné pour le tireur. En effet c'est le tireur qui est à l'origine de la lettre de change
› L'objet de l'aval : En principe, l'avaliste garantit la dette dans son intégralité. Toutefois il est possible de limiter son engagement à une
partie de la somme à condition de le mentionner expressément. Il en résulte donc que l'aval peut être total ou partiel. L'avaliste ne garantit
que le paiement et non pas son acceptation.

FSJES 2016 | Page 75


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

4. Transmission et l’escompte de la lettre de change


› La lettre de change (instrument de crédit et de paiement) joue le rôle de monnaie. C'est la raison pour laquelle elle doit circuler librement.
La cession de créances en droit des affaires se fait-elle tout simplement par tradition (transmission de la main à la main) et par
endossement. L'endossement partiel est nul.
A. Endossement translatif
• Conditions de forme : L'endossement se manifeste par la signature de l'endosseur, manuscrite ou non. L'endosseur a le choix entre
plusieurs formules: Soit ce n'est qu'une simple signature, et alors l'endossataire n'est pas désigné, on dit alors que l'endossement est
réalisé en blanc. Soit l’endossataire est nommément désigné.
• Par ailleurs, certaines clauses facultatives peuvent limiter la portée de l'endossement.
– La clause non endossable. Par cette clause l'endosseur interdit tout nouvel endossement.
– La clause de non garantie qui permet à l'endosseur de s'exonérer de tout ou partie de la garantie qu'il doit à l'endossataire et au
porteur ultérieur (la garantie de l'acceptation et la garantie du paiement).
– La clause de retour sans frais par laquelle il exclut tout protêt à son encontre.

FSJES 2016 | Page 76


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

4. Transmission et l’escompte de la lettre de change (suite)


A. Endossement translatif (suite)
› Conditions de fond (suite):
– Par l'endossement, l'endosseur souscrit un engagement cambiaire. Aussi son consentement doit être libre, éclairé, sa capacité doit
être réelle et répondre aux exigences du droit cambiaire, et enfin ses pouvoirs doivent être suffisants (si c'est un dirigeant de société,
ses pouvoirs doivent être vérifiés, il doit être capable de procéder à l'endossement).
– L'endosseur doit justifier qu’il est le porteur légitime de la lettre de change. Le porteur légitime est celui dont la signature figure à la
dernière place sur la lettre de change et qui peut se prévaloir d'une suite ou d'une chaîne non interrompue d'endossements.
– L'endossataire doit consentir au transfert du titre (comme un donataire qui doit accepter le don). Cependant au moment où il prend le
titre, il ne souscrit pas d'engagement cambiaire. En conséquence, son consentement n'apparaît pas sur le titre, et n'est donc soumis
à aucune condition particulière.
– Moment de l'endossement : Le plus souvent, le titre quand il circule est transmis entre sa création et son échéance. Pourtant
l'endossement postérieur à l'échéance s’il intervient avant le défaut de paiement. Au delà l'endossement ne produira que les effets
d'une cession ordinaire, ce qui signifie que le cessionnaire peut se voir opposer les moyens de défense du tiré pour ne pas payer.

FSJES 2016 | Page 77


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

4. Transmission et l’escompte de la lettre de change (suite)


A. L’escompte
› L'escompte se définit comme une opération par laquelle un client remet un effet de commerce à un banquier qui en paie le montant sous
déduction d'une somme représentant le service rendu et les intérêts à courir jusqu'à l'échéance. L'escompte est donc un procédé de
crédit à court terme.
• Caractéristiques de l’escompte
› L'opération d'escompte peut être appréhendée à la fois sous l'angle juridique mais aussi sous l'angle économique.
› D'un point de vue juridique, Il existe ici deux théorie pour déterminer la nature juridique de l'escompte. La première assimile l'escompte à
un contrat de prêt. La deuxième considère l'escompte comme un achat de titre. Or, les fonds qui correspondent au montant sont remis
en échange de la propriété du titre « sous réserve d'encaissement ». En réalité l'opération d'escompte est une opération de droit
cambiaire, et donc une opération spécifique (un crédit garanti par l'action cambiaire dont il devient titulaire en prenant le titre).
› D'un point de vue économique, la lettre de change présente un intérêt économique tant pour le remettant que pour le banquier. Ce
dernier peut réescompter l'effet, auprès de la Banque Centrale le plus souvent.

FSJES 2016 | Page 78


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

4. Transmission et l’escompte de la lettre de change (suite)


A. L’escompte (suite)
• Les conditions de fond d'escompte
– Le consentement du banquier. Il peut présenter certaines particularités. Le banquier pourra prendre l'effet en précisant « en vue de
l'opération d'escompte », ou pour examen. Il est aussi fréquent qu'une clause « sauf bonne fin » ou « sous réserve d'encaissement »
confère à l'opération d'escompte un caractère relatif et temporaire.
• Conditions de forme
– Elles sont relatives aux remises que doivent faire les parties au contrat d'escompte. Le remettant doit en effet transférer le titre au
banquier. Ce transfert s'opère par des procédés cambiaires. Le banquier peut ainsi être nommément désigné bénéficiaire de la traite.
• Conséquences de l’escompte
– Rémunération du banquier (intérêt débiteur, commission d’endos et commission fixe de traitement)
– Risque d'impayé pour le banquier: le problème est qu'il est possible que le banquier escompteur ne soit pas payé à l'échéance du
titre. Le banquier dispose de plusieurs recours: (1) contre les signataires de la traite ou (2) le recours fondé sur le contrat
d'escompte, qui l'autorise à demander au remettant le remboursement de l'avance qu'il lui a faite.

FSJES 2016 | Page 79


3. droit cambiaire
3.2 La lettre de change

5. Le paiement de la lettre de change


› Le paiement doit se faire à l'échéance. Dès lors il appartient au porteur de présenter au moment de l'échéance la traite au tiré. La dette
cambiaire est quérable et non pas portable (il faut la réclamer). Si le tiré refuse de payer, alors le porteur disposera de recours issus du
droit cambiaire.
A. Le caractère impératif de l’échéance
› La présentation au paiement s'effectue au jour de l'échéance par la production de l'original du titre au tiré. En aucun cas le porteur ne
peut présenter le titre par anticipation. En revanche à l'échéance c'est une obligation.
› Le droit au paiement pour le porteur: le paiement peut s’effectuer en espères, par virement (domiciliation) ou pas chèque. Pour ce dernier,
et en cas de chèque sans provision, la dette commerciale subsiste.
› Le paiement de la lettre de change entraîne l'extinction de la dette cambiaire et l'extinction du rapport juridique préexistant. Le tiré peut
exiger en payant la lettre de change qu'elle lui soit remise avec la mention acquittée, ou toute autre formule équivalente.

FSJES 2016 | Page 80


Fin du chapitre 3
Présence groupe b (mardi)
Nouhaila Eddaoudi 2 Soumia Bouya 2 ILHAM CHAOUI 2 OUMAR DOUMBOUYA 2 Mohcine Ben El Maati 3
Samia Dridat 2 Salma El Alaoui El Belghiti ISSAM EL GARRADI 0 CEESAY BABOU 2 Amine Ben Fakir 4
2
Yasmine Chebli 2 Diaby Moritié Mostafa 2 SAIDIA FARJI 0 EDRISSA COLLEY 2 Youssef BenMoussa 4
Mehdi Elghammarti 2 Chkaili Sara 2 IMANE EL ALOUANI 0 Wafaa Boujida 5 Hicham Ben Lafkir 2
Marwane El Boud 2 OUSSAMA EL BJIJ 2 HAHANE EL GARI 2 Fatinme Zahraa Bendriouch Sara Amahri 1
5 (doukkalia)
Fatme Zhra Boumediani 2 ANOUAR BOUQDIR 2 MANAR CHKILI 0 Faical Al-Sobae 1 Saida Abhir 5
Samia Chbibi 1 BRAHIMI RAJAE 1 MOHAMED BIHICH 2 Meriem Azaou 2 Yacine Assaadi 5
Jamal Boumendil 2 YOUSSEF CHEHOUD 0 AMINA CHALHAOUI 0 Al Dalal 5
Zakaria Eddouiri 2 ZAKARIA EL AIMANI 2 NISRINE DAFFA 0 Mohamed Nabil
Benabdesslam 4
Nora El Jaouhari 2 AYOUB EL BAHI 0 CHARAF FATIMA ZAHRA Smail Adarrafiha 3
0
Yasmine El Habbour 2 MAHASSIN DOUCH 0 BOUCHRA ABDANI 0 Benbrahim Sofiane 5
Sara El Bourkhissi 1 NABIL DAFAYA 2 SALMA BOUQDIR 2 Khadija Baya 5
Hamza El Bakkouchi 1 SAID DOUIK 2 HAJAR EL ABBAR 0 Brahim Bahi 4
Yassine El Bekkali 2 OUMAIMA BOUKHLIFI 2 WAFA DEBBAR 0 Tarik Ait El Moumen 4
Sanae El Ayachi 2 WALID DALIK 2 SOUKAINA EL BEKRI 2 Meriem Ammari 2
Wiame Draou 1 EL BOURKHISSI MED 0 MOHAMED CHENCHAF 2 Zineb Ben Laroui 2
Saida Chakroun 2 EL WALID BOURASS 0 ALI DALAL 2 Boutaina Batr 3
Sara El
FSJES hili| Page
2016 2 82 HANANE EL KADISSI 0 FADWA BOUIH 0 Mohamed Ben Aakam 1