Vous êtes sur la page 1sur 359

Les sept péchés capitaux

(Nouvelle édition) Eugène


Süe

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Sue, Eugène (1804-1857). Les sept péchés capitaux (Nouvelle
édition) Eugène Süe. 1906.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart


des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le
domaine public provenant des collections de la BnF. Leur
réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet
1978 :
- La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et
gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment
du maintien de la mention de source.
- La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait
l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la
revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de
fourniture de service.

CLIQUER ICI POUR ACCÉDER AUX TARIFS ET À LA LICENCE

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de


l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes
publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation


particulier. Il s'agit :

- des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur


appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés,
sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable
du titulaire des droits.
- des reproductions de documents conservés dans les
bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont
signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque
municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à
s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de
réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le


producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du
code de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica


sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans
un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la
conformité de son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions


d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en
matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces
dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par
la loi du 17 juillet 1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition,


contacter
utilisationcommerciale@bnf.fr.
Mbut d'une s<!fic tte docMfnt~tt
encouteut
Les Sept Péchés
Capitaux
L~C~GUEÏ~
f' '7~. /~r
il

.t
o~~pô ~o,,Ol~~s Ô
~~<

<
OUVRAGES QUI SERONT PUBLIÉS
RHMat.n
~o~~e ~th'd~M h<h~
~scs
Les sept Pochés capitaux.
Les Mystères de Paris.
Mathilde (MëtnoiMS d'une jaune tomate).
La Juif-Errant.
Les Misères des Enfants Trouvés
La Couomratoha
La Famille Jouffroy.
La Salamandre.
Latréaumont.
La Vigie de Koat-Von.
Le Commandeur de Malte.
Le Môme au Diable.
Les Enfants de l'Amour.
Les Mémoires d'un Mari.
Les Fils de Famille.
Deux Histoires (1772-1810).
Arthur, Journal d'un Inconnu.
Miss Mary.
Paula Monti.
Pliok et Plook. Atar-Gull.
Thérèse Dunoyer.

Bordeaux. tmpr. G. Gouttoutmou


Fm d'uns t~~ie dw doeu~enH
M couteut
MS
SEPT PECHES CAPITAUX

~·R~UEIL
«NmttTMBimEf.

~.u'

~Jt.
~t:l~@t
"JT.Ï '1
EUCËNE SUE
<MMES

Ï<B8

SEPT PÊCHES
CAPITAUX
L'ORGU E) L
MMt tBBMNtt

OMMUE ÉMTtM

PARIS
AxjBïM MioHEL, ~DrrB:uR
~.<
5$,B~O)BBmMAnnataN,6~
LES

SEPT PÊCHES CAPITAUX

LOBGCEK.

LA DUCHESSE

.r
t
<M EttttMttanvtce. FoMeNt, <n.: th
Mmtt)teadeMeMfttMqM!)Mt.

(rëgate.
!< eommandaMBernard, entantdo Paris, après avoir aervi t'Ea~iM
dma les marins de la garde, et la ttes~Mtra<hm comme MeatenaM de
Misseaa, s'était retiré, quelque temps après iMO, avec le gnt<te te-
MrMque de capitaine de
CtiMéde biessmres, souvent mis tt'efdredajomrpomrsmMBNM /'f
JMM karmas dans tes combats ma)rMmet de la ~aerre de* tado6, r'

r~
phM tard e!« comme t'oa des va!Han<a so!d«a de h campagne d.
!<<H<!e,H. Bemafd, homme simple et droit, d'an Mauf enceMcnt, v!.
'Mat mad&stexMwt do aa soMo de Mtraite, a pome MtMMntaà aas be-
tetaa, baMtjdt uu petit appartement sttud dona ~)Mo <tt's mat
plua MHMf~ do NaM~MM~, ea Maveaw <!)Mbe<tfg de Paris.
Bne~oMe m&M~M. HCtntMëo madame Barbanfon. était, depuis
dit at~ an Mtv!M <tu commandant BefBMd qae!qM'e!telui Mt fort
t<re6t(oan<e. elle lui Madatt parlote, ainsi qua t'ea dit vulgairement,
taete~-dtMM.
La digne femme avaitl'humeur despotique, MabraReaM,et sa plat.
ta!t & fappeïet souvent à son mattre qtt'eMo avait qa!M<, peur entrer
ehcz tut, une certains po~M«n <oF<a~.
Pour tout dtre, madame ttatbMOcnavait <t<! longtemps aide ou ap.
prentie Mge-&mme chez une praticienne en renom.
Le souvenir do ses anciennes fonctions était ponr madame Bajrban.
ton un te]H8 mëputMMo d'MsMtfes myst~rtNMB; elle aimait euftoat
à tatMMerraventare d'one Jeune personne masqude, qui, aMhtëade
la Mge'RinMMC, a~~H secrètementmis uu monde une chammMe pe'
t!te fille, dont madame Barbançon avait part!cuM<:ren)eat pris aotn
pendant dem années <nw!reM. au bout desquelles un <ac<n)n)) était
venu réclamer t'et'faut.
Quatre 0) cinq ans après ce memoMNe evëoonoM, madame Bat.
bançon quitta sa praticienne et cumula les deux foucUons de garde.
malade et de femme de ménage.
VeM cette époque, te commandant Bernard, très-souffrantd'an-
eteanes NessnNS rouvertes, eut bci.«in d'mto garde il fat si satisfait
des soins de madame Barbmcot. q~'M lui proposa d'entrer à swa
ten'tee.
('"aéra vas Invalides, mamau Barbaneon, tat dit te~ëteraB;
te ne sats pas bien fëroee, et nous ~rons tfanqniMea.
Madame Barbanton accepta do grand coear, s'ë!eva d'ene-memaea
poste de dame de em~aneede monsieur le commandant Bemmd,et
devint peu A peu une veritaMe seMante-mattresse.
Gertes, en voyant avec quelle patience angétiqne il aupportait ia
tyrantde de sa ménagère, on eût piatet pris le vieux marin pettr
quelque paoMiqne reutier que pour rnn des plus brav«s MtdaM <te
fEmpiM.
Le commandant Bernard aimait passionnément te {ardinac~: d aM*
Mh MMeat Ma <a<o< <t M«o petite tonneMa traubgde de tes mains et
<MW«r~ de damaOtes, d6 boublon et de chavrefeuiKet a est M qa'H
aa ptahatt & a'asMotr, aptes son dtner trngat, pour tumur aa p!pa ea
fovant à aea campa);)M& at à ses aMcteaa frères d'aftaes. <!eMo ton-
ac))e ma~att la thatM <<<? patMo~oM <erfttMla<eadu eommandant,
caf, bien que fort petit le jardin était dWM en deux poM~'m s
!t'Mae, ebandentM!o aux ae!M uta madame B thanton, dtavatt M:
pr~(enMant)jt)!<qM'& t'M<t<M~
L'oatM partie, dont le vMfaa avait aaMt la direction,était ~Mrv<!e
a t'a~fAncHt.
tt'eMCte (MOmXnttmt do cns deux eaff~s de MfM awit <!t<S et t!<at<
encore la cause d'ono lutte, xaurda mais acharade, entM le cammaa'
dant et aa mtSoag~ro.
Jamitta deux Etata limitrophes, jaloux d'étendre tours frontières
aux d)!penB t'ttB do l'autre, ))e déployèrent plus de mses, plus d'hitM.
tet~, plus de parsovdranco, pour d)Bstmn!er, pour d~ouor ou pour as.
MMf leurs mutuelles tentatives d'envaMsscntpnt.
18 faut d'ai))eur9 rendre ccMe justice au commandant, qu'il eont-
battah pnur la justice. U ne voulait don conquënr, mais it tenait à
conserver rigoureusement t'iat~rhë de son territoire, que t'aveotu-
MWM et Insatiable ménagère violait souvent, sous prétexte de peMit,
pimprenelle, etboute, thym, estragon, mauve, camomille, etc., etc.,
dont eMevomait a tout prix étendre lu culture aux depet)~ des Ms!ers,
dea tulipes et des pivoinesde son ma!tre.
Une autro caai.e do dtscnssioa souvent plaisante, entre le comman-
daat et madame ttarhancen, etatt la haine Implacable que celle-ci
avait vouée a Napotëon, à qui elle ne pouvait pardonner la mort d'un
w~Hte de la jeune garde, qu'eUe avait pass!onnëmentaimé dans sa
jeunesse.
De là une rancune h~rtacaMe contre l'Empereur, qu'elle traitait
cavalièrement d'ambit!eux despote, d'ogre de Cène, et auquel eue ac*
cordait & peine quelque supériorité militaire; ce qui portait à Ma
comNe t'Mbuite du vétéran.
Néanmoins, malgré ces graves dissentiments politiques et la pef*
manente et brûtante question des limites des deux jardinets, madame
Barbançon, dévouée à son mattre, t'entouratt d'attentions, de preve.
nanees; et, de son c&të, le vétéran sa serait difficilementpassé de~'
some de sa tnëna(;ëre.
solDa ménagère.
l'

e
Le printemps de <M4 touchait à M Ça, ta verdure du moh do mat
briBait de toute ea tratehaur; trois heures de t'apres'dhtOa venaient
dtt soaner: quoique la joura~e Mt chaude et la soleil ardent. une
t
boaao odeur d'herbe nxMMMe, se tot~Mnt h senteur de qnetq«e$
poNht ~Mth de Mas ot de M)r!wga«ea Neatta, «MMtohtes eotM pKb
~eatteh du commandant pour son jardinet.
(Mee H Ma arrosolraMquemmeat et !abor!6MaemMt Mn~s
Mt (pr<md eowter enfoncé à Cear de terre, et qui a'affogeattdes pré"
tentions do 6a«<H, te ~MMa venait d'dpaHcher sur ta torre <M~
une pluie MOratcMssaote; M M'avait psa mOme, dans sa g~aëMMe
impanf)t)M, exclu des MontatM de sa rosée M!!)Me!!e tea ptate*.
ttandes culinaires et pharmaceutiques de ea tndnagèro.
Le vétéran, en costume do jardinier, veste renda de cMtO pis,
htge chapeau de paille, se reposait de la peine qa'M venait do prea-
dM tsaia seua la MnneMo qu! déjà ae gata!ssatt des peasaea if!gaa.
MBBM da houblon et de la eMmattte, M essuyait la sueur qui coulait
de son front chauve; ses traits haMs avaient une rare e<pMss!oa de
ffanchtM et de béate, empfetats cependant d'un certairu caractère
martial, ~traceasoa épaisse moustache, aussi blanche que ses ehe'
veux coup6s en brosse.
Apres avoir remis dans 8a poche son petit mouchotr & eaneaax
bleus, le vétéran prit, sur une tabte p!aeee seas la tonnelle, Ba pipe
de ~'<«n<Mf, la chargoa, l'alluma, et, bien etabM dans un vieux ha'
teoM tressé de jonc, il se mis à fumer en joaissant de la beauté du
tour.
L'on n'entendaitd'antre brait que le siHtementde qttetques merteo,
t
<et, de temps autre, an fredon de madame Barbançon, occupée à
nScetter une petite provision de persil et de pimprenelle pour la M'
Me da souper.
Si te vétéran n'eût pas été doué par ta nature de nerfs d'acier, la
douce qe!ett)de de son a<<H<e eat été péniblement troublée par
HncessaNt retrain de sa ménagère; celle-ci avait voué, par un loin.
~)!n resamvenh'de jeanesse (qui se rapportaitau e<t«e tant regrette),
une affection exclusive & une naïve romance des temps passes, inti.
tuMe i'aemre Jae~tMt.
MaihNtreusement, la ménagère travestissait de la façon la pma
saugrenue les simples paroles de cet air d'une mélancolie <&af'
aute.
Aies!, madame Barbancaa chantonnait tntrap!demea)t!at<~aM<
<!eM vera da eo«a romance de la façon que voie!

N<h pt~scxt quo ja <a!)' Mo da toi.


Ja MtfM da taut <ur h tM'fa
Ce qu'M y avait M'r<eat «'hMf!p!)at«()«M cette cantM~f, tnvaftabttt-
ment r<!{)~a d'une voix au~t thuMe que nasillarde, e'ëtah t'expresaten
pMattvo, dd~Me, avec laquellemadame Barbançon, Menaant m<Ht)t'
ee!!q«<Maeatla «ite, accentuait ce dernier vefs

Je xtMH da taut sur la Mrfa.


Depuis tantôt dix aaa. le commandant Hcrnard auMasatt h<!F~qn6-
ment ce feffxia. Jotn!')~ le digne marin n'avait pris garde au sona
6fOt<aqHe que madame Bafbansen donnait ao dernier vera do la M-
ithaaM.
Par hasard, ce j<mr-tâ. la vétéran s'ar~ta oo seas de ces paroles,
et M lui sembla que manger <fe tout sur la <MT< n'était pas une «m-
seqacace rigoureuse des regrets de l'absence aussi, après avotf Mce
seconde fois prête «oe oreille impartiale et attentive au refraitt de sa
ménagère, M s'écria en posant sa pipe sur la table
–Ahca! quelle diable de force nous chantez'vous là, madame
BarbaacM?
Madame Barbancao se redressa et reprit aigrement
–Je chante une charmante romance.intitulée PaMOMJ<M~<Mt.
Mousleur, chacun son goût. Libre a vous de la trouver farce. Ça
n'est pourtant pas d'hier que vous m'entendez la chanter.
Oh non, certes, ce n'est pas d'hier! reprit le commandant <Mee
an soupir d'innocenterécrimination.
Je t'at apprise, cette jolie romance, dit ta ménagère en pous-
sant un profond soupir, dans un temps. dans un temps. enCn
smnt, –ttouta-t-eMe en refoulant au plus profond de son coeur sea
fegret~tONtoaMvivants pour le t ~Mte. Cette romance. je la eban-
Ms~mssi à
cette jeune dame masquée qui est venue pour aeceeehet
secrètement,et qui.
J'aime mieux ta romance s'écria le vétéran menacé de cette

'Atttieade:
Je tMnqoa de tout sur la terre.
«omette Md!te, et iatMroamaat madame BarhaaeM,~<Mt, jept<~
S'ra la romance & t'Mstoife. c'est moitts torn;; mata qne ted!<tMf
m'emporte et je comprends davantage ce que cela signiNe
JMatt A pr&tnt que "'<' M" de ma~< a< <e«< t«f fa
<«T<.
Eh bien t monsieur. voua ne comprenez p<B t
–N<m!
C'Mt pMftaot MM fhnpte. mxts les mtMtatfea ont teeteot
ddUFti
VoyeMS, maman Barbançon, ra!senBoas un peu. Voi)& mMC<M!h
m~M qut, ditxs son chagrin do co que PautTt Jac~uM est absent, M
mot & manger do tout sur la terre 1
Certa)nemcnt, monstcor. Ht) ct))hnt comprendtattee!a 1
Eh bien t <ae!, pas.
Gemment? vous no ccmproaex pas. ecMe malheureuse NHe est
<t d<M!<e,depo)stoddpar<daPaMMreJ~~MM,qo'eMe mange de toat.
sur la torM, quoi! sansfatM attention a fteo, elle mangerait doa'tm-
portc quoi. du poison. mtme. ta malheureuse. tant la vie lui
est d~o. ear elle est comme une !)hor!e, comme une&modamnde;
e!te no sait plus ce qu'elle fatt enlln elle mange tout ce qui tohombe
Mus la mala. et ça oa vous arrache pas les larmes des yeux, mon*
BÏCUF?
Le vétéran avait écoute avec uno attention profonde le cemmen'
taire do madame Barbançon, et, M faut le dire, cette glose ne lui pa.
rat pas absolument dépourvue de sens; seulement il hocha la tête et
dit en man!ère de résume
A la bonne heure. maintenantje comprends, maia c'est egai,
cee romances, c'est toujours joliment tiré par tes cheveux
Pauvre Jacques Ut~e par tes cheveuxt Oh on peut dire!
t'ëcdt madame Barbançon, indignée de la témérité du juge*
mentdeMnmattre.
Chacun son eea*. reprit le vétéran, j'aime mieux, moi,
aos vieilles chansons de matelot, on sait de quoi y retourne, ce n'est
pas alambitiqué.
Bt ie vieux marin entonna d'une voix aussi puissante que discc~
dante
t
Pour auef Lorient p&iher des mtrdmM.~
PMtf titar 4 Lorient pedter dM haMna*
HMMhar! s'eer!a madame Barhtacon en Merrampant M~
taahM d'ua airla Ma pudique et eeMrroMce. car elle «mnutMa~ la
Bn da la romance, vous oubliez qu'H y a des femmes !d.
Ab! bah ) «a donc? demanda curieusement le vétéran, ea <<?'
~eaM le cou peur regarder en dehofa de sa tonnelle.
B nM semble, monsieur, qu'H a'y a pM bes<t!a de regarder et
loin, dit la m&<a86re avec digaM, te vous crève aaMaammeat
tes yeMt.
T!<!t9, c'estvrai, maman Barbanco!), j'eobMe tonjoora. qoe
~as faites partie du beau sexe. c'est e~at, )'a!me mieux ma M-
maace que la ~re.. C'<!tatt la chanson à la modo sur la frégate
t'AN))BB, e& J'ai embarqué novice t quatorze ans, et plus tard nous
t'MONBet)a)t«!e en M) ro ferma. quand }'eta!s dans!esmt)rh)9deh
garde impërtate. Ahte'etatt!e bon tempsj'etatsjeune alors
–Oat, et puis N<t.4.<!napor«. <H nous faut absolument or
tbo~ntpMeretacMnMerce nom de la sorte, afin do rendre sensible la
manière dédaigneuse et amèrement courroucée avec laquellemadame
&)rbancoa prononçait le nom da grand homme qui avait causé la
mort da ~Mc) oui. iM.<t.<!nap<M~ était à votre tête?
Bien, maman Barbançon,je vous vois venir, dit en riant le
~!otM marin, l'ogre de Co'M n'est pas loin. Pauvre Empereur, va1
Oui, monsieur, votre Empereur, c'était un ogre. et si ce n'a~
eut que ça. encore1
Comment1 il a fait pis que d'être un ogre?
Oui, oui, riez. allez, c'est âne horreur.
Mais quoi donc?
Eh bien! monsieur, quand t'ogre do Corse n <ena te pape, A
tontaineMeau, en sa puissance, savez-vous ce qu'H a eu nndiguhë de
lui faire faire, à notre saint-père,hein, votre Bnuonaparte?.
Non, maman Barbaneon; parole d'honneur,je n'en sais rien.
Vous ne direz pas que eest faux, je tiens la chose d'un e<tM< de
la jeune garde.
Qui à cette heure doit être joliment de la vieitte; mais veyeM
FMstoire.
Eh bien! monsieur, votre Baûonapartè a eu l'infamie, pour
humilier le pape, de l'atteler en grand costume à la petite voiture
da roi de Rome, de monter dedans et de se faire tramer par ce paa-
wo Mtmt'ptM trwveM te pare dePentataehteaa. <Na d'etter dMM
cet equtpa~a-ta Mnoaeer son dtv«rea à l'impdratriae JosapMae, M
MMar de temmoqui dtait pMna de religion.
VMtmeat, mamaa Bafha«~a, dit la vieux marin ea ~Muf.
hat de ftM, ce sc~Mfat d'empaeour est atM Oaos la voiture du roi
do Romo tfataOe par le pape, annoncer son divorce & t'tM~ratdM
Jesëpt)!ae?
Oui, moa~ear. pour ta toofmentaF & cause de aa MH~toa, cette
chère pf!nc<M8 comme H la forçait aussi de manger un gm )am'
bon tous tes vendredis sa!n<a. ea pr<!senca de HeuMan, sou atfreat
mttnet)th, & pMovo qu'ello était servie ce jeur*!& à table pardM
p~trea, datH t'iddo d'humtKef te dargé, va que cet affreux ReuMaa
se matait devant CM d'etfa notMttmoa et qu'il leur padatt de soa se-
MU. et de Ma e<ïf<tnteesbayadères, même que ces paawres pTCtMt
en devenaient rouges comme des bigarreaM. !t n'y a pas !a de
quoi pouffer de rire, monsieur; dans le temps Mut te monde a au
cela, même que.
MfttheMMMsement, la mënageM ao put coNtmner; ses effrayantea
t'ecrimtnatioasantt-bdilbnapartistes furent Interrompues par un vi*
~oaMat coup de sonnette, et elle se dirigea CM bâte veM ta porte de
la rue.

Quelques mots d'explication sont nécessaires avant l'introduction


d'an nouveau personnage, Olivier Baymoad, neveu du commandaat
Bernant.
La scmr du vétéran avait <poas< un expéditionnaire du ministère
det'itHeriemr; au bout de que!qnes années de mariage, le commis
mourut, laissant une veuve et on Ois, Agé ators de huit ans. Quelques
amis d)) défunt s'empioyereat et Nreat donner & son nis Me hoMKe
dans nn collége.
La veuve, sans fortune et n'ayant aucun droit à une pension, tâcha
de se suffire à elle-même par son travail. Mais. au bout de quelques
années d'une existence pauvre et laborieuse, ette laissa son <Ms or-
phe!in, sans ajtre parent que son oncle Bernard, ators lieutenant de
Vaisseau, commandant une goëtette attachéeà t'uae des stationsdela
Mr du Sud.
De Moar en Franco pour y prendra sa retraite, le vieux marin
tfoava son aaveu achevant sa dernièreannée de philosophie.Olivier,
sans remporterdo grands succès universitaiMa, avait du mo!n& pa~
MtemeatproOtédasoMéducation gratuite: mais maihauraasement,
et ainsi que cela arriva toujours, cette éducation, nuitemeat prati.
que, n'assurait en rien sa position, son avenir an sortir du coiiégo.
Après avetftengtempsr<!Mcht à la pos!t!oa précaire de Mm neveu,
qo'M aimait teadfemMnt, et ae voyant hors d'état de lui venir eMca-
cement en aide, vu la mod!cM de sa soldo da retraite, le eomman-
dant Bernard dll à Olivier
Mon pauvre enfant. nous n'avons qu'onparti à prendre. Ta et
robuste, brave, Intelligent tu as reçu une éducation qui te rend
do moins sapcrieur au ptu-' grand nombre des pauvres jeunes gens
que le sort envoie à t'armée. Le recrutement t'atteindra t'aa pro-
<;bain; devance le moment, fais-toi soldat, tu pourras du moins
choisir ton anne. Oa ae bat en AMcuo: dans cinq ou stx ans tu
peux être cincter. C'est du moins une carrtere. Si poartant l'd-
tat militaire te repuene par trop, mon cher enfant nous aviserons
A autre chose. Nous vivrons sur mes mille francs de retraite jus-
qu'à ce que tu puisses te caser quelque part. Je ne te propose pas
d'entrer dans la marine, M est trop tard il faut être rompu jeune
a cette vie exceptionnelle et rude, sans cela presque toujours en est
mauvais marin. Maintenant,choisis.
Le choix d'Olivierna fut pas long trois mois après, M s'engageait
soldat, à la condition d'être incorporé dans tes chasseursd'Afrique.
Au bout d'un an de service, il était Omrrier deux ans après, décote
pour une action d'éclat, et t'annëe d'ensuite maréchal des logis chef.
Malheureusement,Olivier, atteintd'une de ces Sèvres Maaces que
le climat d'Europepeut seul guérir, mt tbrcé de quitter t'AMque au
moment o& M pouvait espérer les épauieKesd'officier. Renvoyé très-
malade en France, on l'avait, après sa guérison, incorporé dans un
tégiment de hussards. Au bout de dix-huit mois de présence à son
corps, H était venu passer un semestre à Paris et partager la mo-
deste existence de son oncie.
Le logement do vieux marin se composait d'une petite cuisine, à
laquelle attenait la chambre de madame Barbançon, d'une entrée
servant de saiie à manger, et d'une autM pièce <a couchaient le
cornnt 'ndant et son neveu. Celui-ci. d'aiiieurs, par un scrupaie rem-
p8 de d~iettesae, sachantla position plaire da ~ateran. o't~dt j~t
~etin demeurer oisif. Possédant une magoiNane écriture, ayant ap*
pdsMMsammeat de Comptabilité dans sestmotieasdetowfier.N
<MMMit chM do pa<!<a eommet~mtede la Mmmwae des BaMaawMM
<p)e!qaM comptes à tenir <t)sd, ht!a d'ttM à etM)f([e au <MMe, te
Jeuno s<M)MMe!er (aeo~temwt d'aceord avec madame BathaN~en.
<f~er~r< da m~age,) ajoutait chaque mola MMt pedt pécule au.
q)tatfe-v!ngt9fmacs de pension que Maehatt ta ee~BMNdtnt, et lui
ménageaitmême partola des«t)Tp)r<M<dont le di~ homme était & tt
fois ravi et chagrin, sachantle tmvaH assidu que a'impemit OtMet
peur gagner quelque argeat.
D'an esprit brillant. enjoué, rompu dès t'enfaoce à toutes tes pri-
vations. d'abord par la vie d'orphelin 6ew<<ar, plus tard par les vi-
eissitudos de sa vie do soldat en Aftique. bon, e<pa<)s!f, brave par
tempérament,<MMer a'avattqo'aadetaat, si t'WM peut appeler dé'
taut une susceptibilité ombrageuse, eMesstve, à l'endroitde toutes
tes qaestiensd'argent, si minimes ou s! indtBercntes qa'ettes tnsseat
e!! apparence; simple soldat et pauvre, M poussait le scrapatejusqa'a
refaser même de ses camarades do régiment la plus modeste inv!t)t-
<!<M). a'M ne payait pas toujours son écot. Cette ettreme délicatesse
ayant été d'abord raillée ou accusée d'anectathm, deux duels, dont
Olivier sortit vaillamment, nrent accepter et respecter ce trait eigm.
ûcatifda earactëre do jeune soldat.
Da reste, Olivier, content de tout. prêt à tent. animait ineMyaNe*
ment, par son entrain, par sa gaieté, i'<n«FiMr de son oncle.
Dans ses rares moments de Msir, le s<ms'etBcier s'epttftit b ge<h
en Usantles grands poëtes, ou bien H bêchât, arresaU, jardinait avec
son onde, après quoi Us fumaient tous deM tear, pipe en pariant
guerre et voyages d'aatres <bis, se souvenant au teseiB de ses
connaissances culinaires acquises dans tes H~acs aCricaias, <Mvie<

ka ou des a"
guidait madame Barbançon dama la eenfeetioa des tMeteMe*demao.
dorge, ee* tetem ~stMnomiqoes ëtaat d'a!BeM$
~eafs mêM~ de folles et de taquineries tentées à l'endroit de
B<M<tnaparte. La ménagère grondait, rabrouait (Mivief Raymond aa
meim autant qu'ellet'aimait; en un mot, la pfeseme da je<Me <MN~
<Meie)f avait si tenfememe~t ineidente la vie meMMmt da ~etéfta
«deNUBéna~eM,~e tM&dem ttemaie)~ ja~ee trKeMe WM d~
~~n~&~esMN~~s'eta~~&SMeit. 1
~<!ama Bat ban~a, Mmtte par la soaaeMe du ~eM, M ~<~
<MBe <et& ta patte, qo'<Ne ouvrlt au neveu ~a ~t~ran.

Olivier Raymond, jeune homme de vmgt-quatfe ans aa plus, avait


me physionomieattrayante, expressive: sa courte veste d'uniforme
en drap blanc (rehaussée du ruban rouge) etcotetde do brandebourgs
de laine d'un jaune d'or, son pantalon bleu de ciel, faisaient parfaite'
ment valoir sa taille souple. élégante et minee, tandis que son petit
képi, aussi bleu de ciel, pose de cote sur sa courte chevelure, d'un
eMtain clair comme sa moustache retroussée et sa large impériale,
achevaitde donner à sa personne une toarmre coquettement mMi'
taire seulement, an lieu d'nn sabre, Olivier tenait ce jour-!à seas
s<m bras gauche une grosse liasse de papiers, et à sa main droite nn
formidable paquet de plumes.
Le jeune sous-officier ayant déposé ces pacifiquesengins sur nne
table, s'ëcrtaioyeasement
Bonjour, maman Barbançon.
Et B osa serrer eutre ses dis doigts la taille essue de la ména-
gère.
Voûtez-vous bien nnir. mauvais sujet!t
Ah 1 bien oui. je ne fais que commencer. H faut que je vem
teduise, maman Barbançon.
–Me séduire, moi?
Absolument. c'est indispensable.j'y suis ~M~
~Etpeurquo:?
RHnrqMe vous m'accordiez une grâce, me <M<Mt
Voyous. Qu'est~e que c'est?
B'ttbard. ea est mon eacte ?
A &)m<*t !'a p!t)e sous sa tonneNe.
–Bon. AMeNdex-meit Mt. mamanBaîbaa~M,Mpf~Mtt'wos
à quelque chose d*moa~
A quelque chose d'inoui. monsieur OMtief?
Oat. à quelque chose de monstrueux. d'impossible.
–Oo moasttacnx, d'inwosstMe. t~ta madama BtFbancNt
teat4baMa en ~yaat te jeune seMat se dMgerwta la MaaeMe.
Bonjour, mon cn<itnt, je ne t'attendab pas shot, dit le vieux
maria en tendant h main à sen neveu avec une JoyeMse aafpttM,d<!j&
de retour, tant mieux.
Tant mieux. tant mieux, reprit gaiement Olivier. Aaceo
araire, car vous ae aave< ce qui vous menace?
Quoi donc?
Voyons, mon oncle. du courage.
Piniras'tu?fou que tu es.
Fermez tes yeux. et en avant..
En avant! où? contre qui?
Contre maman Barbançon, mon brave onde.
Pourquoi faire?
Pour lui annoncer. que j'ai invite. quoiqu'un & dmor.
Ah diable. Nt le vetët'u.
Et H recula d'un pas sons sa tonnelle, au seuii de laquelleil se treo'
Mit alors.
A diner. aujourd'hui. poursuivit le sons-oMeier.
Ah nchtm!" –ut !e vétéran.
Et cette foisil feeuta de trois pas sous sa tonnelle.
Et de plus, poursuivit Olivier, mon invité. est un due.
On duc! nous sommes perdus! Ct te vétéran.
EtU se réfugia au plus profond de son antre de verdure, où il p~
mi vouloir se maintenir comme dans un tort inexpugnable.
Que le diable me brate, si le me charge d'aMer annoncer ton
mvitation à maman Barbançon.
Comment, mon oncle? la marine. recule?
–C'est un coup de main, uuo affaire d'avant-poste. ça regatdeh
cavalerie tëgère. tu n'es pas houzard pour rien. mon garçon. Al-
lons! va, enlève-moi ça. en tburMgeur. Justementhv~eH&~tM.
madame Barbaatoa. h vois'm ?
est & <:o!<5 du ba:M~ ça retomba dan~ votre
<hM!en)C!)t. cBa
ctément. ttans tes opérathns navales. Allons! mon oncle. àt'abof-
<<xge.
b
Ah! mon Bien! elle vient. la voila! s'écria vétéran <a
voyant ta menacera qui, trës-intrtguée par les (mctqnes meta d'Qt!-
vier, s'approchait dans l'espoir do saU~ura sa cudestto.
Men oncle, dit rdaftMment le jeune soldat, au moment a&
madame Barbançon parut au scaU de la tonnelle, toute retraite
nous est conpde. mon invite arrive dans une heure au plus tard, «
s'agit do vaincre ou de mourir. de tairn. nous et mon invité, dont
M faut au moins que je vous dise le nom c'est te duc de Sonneterre.
Ce n'est pas à moi qn'H faut dire cela, malheureux reprit te
«HwnaNd.M~, c'est & maman Barbanton car ta voie).
A t'approche de la redoutable ménagère, Olivier s'écria:
Maman Barban<on. mon oncle a quelque chose à vous dire.
Mot? dn dtaMe si e'est ~r~, par exempte! reprit le vétéran
ça s'essuyant le front avec son mouchoir à carreaux, c'est toi qui
as à M parier'
Attons, mon oncle. maman Barbancon n'est pas d terrible
qa'eMe en a l'air; avouez-lui la chose en douceur.
C'est ton affaire, mon garçon. Arrange toi.
La ménagère, après avoir regardé alternativement l'oncte et le ne-
vea avec uue curiosité mêlée d'inquiétude, dit enun à son mattre
Qu'est-ce qu'il y a donc, monsieur?'
Demandez cela à Olivier, ma chère. Quant à moi, je n'y suis
ponr r!ea. ~e m'en lave hts mains.
Eh bien! maman Barbançon, dit intrépidement le jeune sol-
dat, au lieu de deux couverts pour notre dmer. il faudra en
mettre trois tvoit&t1
-Comment! trois couverts! monsieur Olivier, pourquoi trois?
Parce que j'ai invité à dtner un ancien camarade du régiment.
Jésus! mon bon Dieu s'écria la ménagère avec plus d'effroi
que de courroux,en levant tes yeux au ciel, nn invité. et ce n'est
pas te jour du pot-au-feu. nous n'avons qu'une soupe à l'oignon,
une vinaigrette dn bceuf d'hier et une salade.
Eh bien que voulez-vous donc de plus, maman Barbançon ?
dit joyeusement Olivier, qui s'était attendu à trouver la ménagère bien
autrement récalcitrante. Une soupe à l'oignon confectionnée par

T.L 2
vous. «M ~«aigrette et âne satade assaisonneM par voua. e'<M
MM t'fpas des dieun. et mou camarade Ceraid se repaiera eonuoe MM
roi. KcnMrquex bien que je M dia pas comme un etMjx~eur. «taman
~rh:'u<;ou.
Cetteddltcate ttituston ao< opinions at<M!)t)onap(tr«<<M de madame
Barbancon passa iuapercxe. A ce moment, la raacuMCMseamante de
~M~dtBpMfahMttdevant la a~oageM.
La meMageM reprit donc avec un accent de récrimination deo*
!eafe«ae:
Ne pas avoir choht le jour du pot-aa-t~o ta vous était at tacBo,
monsieur Olivier1
Ce M'est pas moi qui at choisi te jour, maman Barbaaeoa.
eest mou Ci'murade.
Mi'h, moHstaurOMvter, tous tes joura, dans la snetëtë, on se dit
sans fa<;on. < Kc vcMCt pas aujo~rd'ho!. mais venez demain, nous
aurons le pet-aa'feu. x Après tout. ou a'e~ pas entre dues et pain.
t
Olivier eut envie de porter MB comble l'angoisse de la ment.
gère en lui disant que justement c'était un duc qui allait venir man-
ger sa vinaigrette; mais, ne voulant pas mettre à cette rude épreuve
i'amour-propre cuiinaire de madame Barbançon, il te conteuta de tat
dire:
Le mai est fait, maman Barbancen. tout ce que je vous d<-
mande, c'est de ne pas me faire affront devant un ancien camarade
de l'armée d'Afrique.
–J&)Ut. mou Dieu! pouvez-vous craindre cela, monsieur Ott*
vier? vous faire affront. moi? c'est tout te contraire. car j'aurai
voulu. que.
Mse fait tard,- dit Olivier en interrompantces doteanfes.
mon ami va arriver avec une faim dt sotdat. Ah! maman Batmm.
ton, ayez pitié de nous
C'est pourtantvn! dit la ménagère je n'at pas na mo-
ment a perdre.
& la digne femme e'etoigna en hâte, répétant avec douleur.
N'avoir pas choisi le jour du pot-au-feu
Ouf' dit le vétéran lorsque la ménagère fut partie, je
teapire. Eh bien 1 elle a pris ça beaucoup mieux que je ne l'aurais
au. Tu l'as ensorcelée. Mais, à nous deux maintenant, monsieur
mon neveu! Tu 118 pouvala pas me prévenir, annqae Ma amttmatat
M )<MMM Id «a dtaef ~MtMe? te Hn~M* ata"! à hr~e-bxnnra et
e*Mt un duc par-deMMla maMhe. Mais d!a-mo! eonMMont<!taM<
<s'<a Ma due pour camarade dans tM ehasacMM d'AMtjue'
i!tt dent mots, w!e«'h'stotfe, mon onc<o; je wus la (Ox. (Mrce
qM vous <)<aeK!i tout do aatte mon ami CeMM, eof M a'y ea a pa<
htMMapda cette race et de cette trempa-)). Jo vous assure. jL~i)
et Nat, nom av!eM M emarades de e!aaM ao eoMgo t4mt<.te<
<tMBd. Je p<M en AMqtM. Au bout de six mots, qui est-ce que je
w!t arriver au quartier (noua <Me<t9 <~fa A Omn)? t mon M~ GefaM
en veato et en pantalon (t'&:af!e.
Simple caMtiof?
–8)mp!ecaMHcr.
CemtaaBi? grand soigneur, tt ftche sans doute, H a'Mt~M entré
Saiat.Cyf?
Nea, mon oncle.
Ua caprice, alors? aa coup de tête?
NM. mon oncle, dit Olivier avec Na acceNt p~nëtfë, !a eoa-
da!M de CefaM a été. tM contraire, parfahement)'ef)dc))to M est ea
ef&t très-graudseigneur de NaiBsaaee. puisqu'il est, je vous t'a! dit,
due de SenneterM.
Oui, t'oa ve!t souvent ce aom.t& dans t htstoire de France, <?*
pdtte~eMXMtaria.
C'est que la aoMMse de la maison de Senneterre n'est pas seu-
lement ancienne. mab i)!ustfe. mon «acte; du reste, la titmHte de
Cerald a perdu ta plus ~raude partie de l'immense fortune qu'elle
avalt autrefois; Il leur re~e.js crois, une quarantainedo mille livres
de reates. C'eat beaucoup tour tout le moude mais c'eat peu, dtt-
on, pour des penounes d'une graude aatMaace, et d'ailleurs CefittdCC
deux aoeurs. à marier.
eàt.
Ait dis-mo! comment et pourqaot ton jeune due s'est <ah
aeMat?
D'abord, mon oncle, ce brave garçon est fort original, fort spi.
tttaet, et il a toutes sortes d'idées à lui. Ainsi, lorsqu'au sortir du col.
tette. Meratd s'est trouvé et) âge d'être atteint par le recrntetoeut. soa
père «! avait encore son père~ lui a dit tout naturellement qu'il allait
mettre a une bourse d'a~urauoo! aftn de le garaottr contre les ettan*
ees du sort. Sawez.MU-' ee ax'a repoudn ce singulier gur~a!
Voyons un peu.
< Mon père, < dit CeroM, il ext on tmpot que tout nomma
de cmar doit payer à son pays. c'est l'impôt du Mna, < eurMut MM*
qu'en se hxt quelque part. Je trouve donc tgaoMo de vouloir ~chap*
par. moyennant Nnaaee, ao< datera de la {[«erra en «ehotant ux
pauvre dttMo qut a'arreche a eea champ ou A son mdtlet pour <<t*
q~M d'aller sa faire mof à ~etre place. Acheter na homme.
c'est. paaMtt-mo! le terme, M donner un brevet de Jean t.
prht)e~e du gouvernement. Or, comme ja HO suis pas jaloux de ce
Mee

pttvtMga~a, si fat un maavah nomëre, je partirai soldat. a


Ah! parlât t'atme déjà ton jeune dM«) alerta !a ~t~raB.
N'est-co pai', mon oncle. qne c'est vatXammont pansa? reprit
Olivier avec une expreMton d'orgooM amtca). Quoique cette r<<b'
lutlon lui parût trMtfaage, <e père do GaraM était trop homme
d'honneur pour la combattre: Geratd est tonhe au Mrt, et ~otH
comment !) est arrivé simple cavalier aux chasseurs d'AMquo, paa-
sant son cheval, étant de corvdo ou de eutstae tout comme Mn axtre.
Mmat rendement Mn métier, et allant Mas mot dire à la salle de
police, s'il s'attardait sans permission; en un mot, M n'y avait pas de
meilleur cavalier dans son peloton.
Et avec ça, cr&acmentbrave, hein? dit te vétéran de plus en
p!as intereasé.
Brave comme on lion, et e! brillant, 6t );at, s< entrainant daat
une charge, que son entrainaurait mis le feu au ventre à tout un es-
eadraa < 1
Mais avec son nom, ses protections, M a dé devenir vite oHMer!
M t'aurait été probablement.quoiqu'H ne s'eu enaetat pas beau-
coup, car, une fois son temp~ fait, sa delta payée, comme il te disait,il
voulait revenir jouir de la vie de Paris, qu'il aimait passionuément.
Brave et singulier garçon, que ton jeuoe duc.
Au bout de trois ans de service, pt'orsuivit Olivier. Geratd
était, comme moi, marëehat des logis chef, iors<)u'aya))t téméraire-
(ttOtt chargé un groupe de cavaliers rouges, i) a eu t'epaute cas~iee
d un coup de feu heureusement, j'ai pu le dégager et le ramener
noorant sar mon cheval. Mais la Messnre de Gerald a eu de teHes
~ttitea, qn'U a été réformé; alors, quittant le service. it est revt'no
habiter Paris. Déjà liés par nos souvenirs de collége, nous et'oM de-
venus htttmes au régiment. Nous avons continué de correi<)'oudre.
~'espeMis le voir mon arrivée ici. mais j'<A appris qu'il était atté
Me un wyaga en Ao~eterre. Me matm. je passais sur ta tMUMavjs~
eneeau h'MqMa j'en)<'))(ts qu'o" m'xppctte à tue-tete. Je ma M"
oaMa. je vois Garuld Sauter u'un etegant cithriotft, <'t<Mdr & me}, et
aooaMmembfas~tta.–ajaota(MMM avec nnn Mg~ra e)M«oa,–
ma fol. nous nous emhrai-Mtns eonme deux amis ~'embrassent A la
gnerfe, après une chaude affatfe. V«)M MveB ça, mon «acte?
A qui la <Ma'M, mou enfMtt!Y

< M faut que nous dta~aa et que nous passionsla N!f<8 ensem'
ble on}onf<hu! m'a d!t CcMM: eu (ogonu? Chez mon
oncle ( je lui at cent Ma patM da vous; il vous a<mo pfexqao aatam
que mo!dtt0tivie)' cu MtM~ot la main au vdt<!ra)t.)–Eh Mcm
j'~ d)N6t avec vous deux, reprttUeroM: ça va-t'MtTu me
pr&M'nteraa a ton encta: fat m!)ht choses à M <ttM. Sachant eern'
bien Cemtd est simple et bon g.'t<;OM. }'a! accepte sa proposition, le
pr~aaaat que mes écritures me forcoroxt il le quitter à sept heures,
ni plus m moins que ai j'étais clerc d'huissier, dit gaiement 0~
vier ou que si ëtais obtigc do retourner au quartier.
Brave enfant que tN es dit le eommandaut a OMvter.
Je me fais une jeio de vous présenter Ceratd, mon oncle, eef*
tain que vous serez tout de suite il l'aise avec lui, et puis ennn.
dit te jfnae soldat en Mugissant légèrement. GeraM est riche, je
suis pauvre; it connMh mes scrupules, et, comme il sait que je o'an*
Mis pas pu payer mon ecot chez quelque fameux restaurateur, N a
préfère s'inviter ici.
Je comprends ça, dit le vétéran, et ton Jeune dac montre
la délicatesse d'un bon cœur en agiss:'nt ainsi. Qu'au moins ta vt*
Barrette de maman Barbancon lui soit légère, ajouta joyeusement
le commandant.
A peine avait-N exprimé ce voeu philanthropique, que la sonnette
ta porte de la rue retentit de nouveau.
Bientôt l'oncle et le nevea virent Geratd, duc de Senneterre, s'a-
Mccer dans une des aiiées du jardinet.
Madame Barbançon, i'airanairë, le regard inquiet, et<Mewee <M
MB tablier de cuidae, précédait le convive improvise.
tm&EK~SSNM <!&KTAO~

N
te dac de SeoMtenra, jeaae txmnao A pea p~t de !'t{[a d'OtMc.
Ra~moatt, avait noa tournure pteiaa de distinction, uoa phytiortomte
chamtame. les ehc~eax et b moustache noira, tes yeux ~'aa Mon
ttmpMe et dea< n <t«tt <<'? avec MM «<<M<e dmp~cM.
Mon cMte, -dit 0!W)er aa vieux ntturtaen lui prëtantact le dac
de, Senueten~t, c'est 6aMM. Nea mciOear w~ dont je wat
parlé.
Men~M)! }e eata enchanté de vous w!f, dit te weterM) ~ec
simplicité ew~ate
eue e!Np<!€it<
WM en «txtant
curdialoen m~in &à t'atn!
teiidant hla n~)<a l'ami de
de een pevtu.
son neveo.
& Bx~. MM< commtadaMt, Mpdt SaMM aTec wae s<t)rte de
<MJMteaeehMMMMqwapottëe dans l'habitude de ta vie <B!H!<<M,
to mta hcufam de p<MM!f WNB MrMf ta m~n; je sais t<a p<Mn-
aeMe& bouh!t
celles ~tCf Olivier.
baMte* pour OHv!e)r. et, comme je suis tuts un
M peu MB "ère.
oea 80P &ere.
veM «nMpMttdret eeatMea J'ai t<Mi<Wfa eppt~cM votre teadMMe
pour lui.
MessteaM. veetez-veNt ma~ef h soupe dam h aM<SM en
sous la «m<xHe. comme à t'efdttMtM, pa!<qa'M fait beau? deaMndt
madame Barbancoa.
Nous dtoerens aeas la MmafBe. si le commandant te pennet,
ma chère madameBarbaa<oa,–dit<<eMM; –te «mp~ettmperbe.
ce sera tharmmt.
thMMtenr me eenaatt? e'ëcrh la mênagèM en reetfdaat Met
ttour Olivier et le doe de Senneterreavec ebaM&seatent.
Si je vpas connais.madame Barbançon 1 reprit gaiement CeraM,
eet-ce qn'OMvter a'a pas cent fois parlé de w<Mt* au Mvac? Nous
aM8 sommes n<ame plu d'aae fois jetMMBt dtspate9&pMne5 de
vous. aMea!
'–Apteposdemett
Je le croie Mea.~ Ce diable d~Hitier est teaapafCate eataae.
B ae vous pardomtatt pas d'abhorrer cet atTreux tyran. et mot, je
prenais votre parti. car je t'abhorra aussi te tyran, dit Ceraid d'at
Mn tragique. ce acetërat d'ogre de Corset
Ogre de CompU 'ma ateedes aetres, meaBiear. tMe~et ta.
«eus sommes M& pur MM enteattM, t'eedt la Bt~Mg~eidom'
phante.
Et eMe tenait sa ma!tt ~eham~e & CeraM. qa!, répondant brave.
mont a cette ~tretute. dit en riant au v)em marins
Ha foi, mon cemman~aat, prenel garde. voua. et gare t to!
xwtt, Olivier. vous aMe< avoir & qat parter. Madame Barban~n
<ta)t <aw!e coatM Teaa deo< mah elle a ma!ateMnt en moi un Bt'
meMu awtMatte.
Ah <&< madame BM'&aaton. dit Olivier en venant aM eeenaM
de son ami, dont la ménagère semblait vouloir t'emparer, Ge*
tatd mouti de Mm. vous oe songez pas & ceta. VoyM9,Je v<dt
wrn aider & apportef ta table !ch et à mettre le couvert.
C'est vrai. j'oubtiais to d~er. –t'~crja !a m~nagèfe.
Et, Md~geaNteahâte vera la matso!), e))o dit au oeveade8M )MttHt<
V~aez'wu!m'aMer? me<Mieur M!w!er.
Je vous euh, répondit te jeune MM-eHMer.
Ab qà mon cher, lui dit Cotfttd, eM.M que ta CM!e qu
je ~<<a te laisser <euM la besogne?
Puis se tewraant ~ets le vieux matin
Voua pennettez. mon commandant?. J'acts ean< <aton! mat<,
quand nous étions 6MS-eMcier&, p!aa d'une fois, Olivier et moi, nous
avons prépara la table pour la chambrée aassi, vous allez voir que
Je ne m'en acquitte pas trop mai.
tt serait diMcMe de dire avec quelle eatete, avec quelle parfaite et
aatureXe bonne grâce, <Jer:<td atda son ancien camar.tde de rdgimem
è mettre le couvert sous la tonnelle tout cela ht) accompli at simpte'
ment, si attècremem, qu'on edt dit que le jeune duc avait toujours
eomme son ami, vécu dans une n'cdiocfitë voisine de !a pauvreté.
Bn une demt-benre.Geratd, pour plaire à son ami, avait, comme
<m dtt, fait la eo~t~~ du vétéran et de sa ntenagëre, qui faiMtt à Il
pâmer d'aise en voyant son ami Mt!bonapartiste manger avec un
appétit sincère la soupe t ('oignon, la aalade et la vina!grette, doat
Ceratd demanda deux Ma, par an ramMmentde coquetterie.
U va sans dire que, pendant ce gai repas, le v!ew marin, deNeate-
ment provoqué par Geratd, tbt amené à parler de ses campagnet;

régiment.
puis, ce respectnem tribut pa;ë à i'aacicutMt~ du vétéran, les deut
jeunes gens evoqoèt eut à leur toar toutes tiortes de souvenirs d~ cot*
Mjptetde
AtMt dkt pearsatvre ce récit. rappelas la d~pM!t<w da la t~
)MtM qut. apposa à un mur c«upa par ooe esp~ee de baie sriMi~ee,
pennetti'it de voir dans ta me, d'aiMe't~ fou pe" payante.
tA v~Miran venait d'aMumer sa pipa GcraM et 0avier teora ctga-
<«; tea deu~ jeunes gens a'entretfnxtentdepuis qxottptcs instant do
~aM aacïeM compagnons do classe et d'annde, !ur'!ftu'0!ivift'dit A
sonarnt:
–'A propos, tpt'est devenu cet animal de MaereMsa. qui faisait
te métier d'eapton au ee))<!ga? Ta sonviens.tu? «M efoa blond ta'
dasse. & <)ttt noua donnions, en ooxa cotisant, do et belles voldett!
car Il était deux <<')s grand et tort comMe nuus?
Au nom de Mi'cre~e. lu Ognredo GeraM prit Utte etpreasioad'awr*
B!(tM et de mépris s)t)6t')iero et M fdpondit i
–Dh'btf). m partM bleu Mj!6F'MM<x. de et. MtesUa de Maerentto.
-Comment <!< Macfeuse?–dh Otiw!ef,–tt s'est doottë dn <t< ce))H.
?. On ae savait d'au il venait, ai qui étaient son père et sa mère?
M était 6t 6"eux qu'il maneeatt six duportcs pour g.'(;ner on sou. Je
lui en ai toujours mxtM. car il faisait tout ponr avilir la pauvreté.
–Et p«h,–repritGerald. cruel à plaisir; to rappelles-tu. ces
petits oiseaux à qui M crevait les yeu~ avec une ëpiugte. pour voir
com'nent ib voleraient cusuite.
Canaille s'écria le vétéran Indigné en tançant pree!p!tam-
ment deux ou trois b<mHt!es de tabac. Cet homme-là doit mourir
dans la peau d'un sacré g)'et)K. si on ne t'deorche pas tout vitt
Je crois que votre prëd!ct!"t "'acMmp)ira, mon commandant,
dit Hera)d en riant. Puis s'adressant à OHvier Je vais bien
t'etenner en te disant ce qui est advenu de M. Cëtestin de Macreuse.
En quittant le service, j'ai recommence ma vie de Paris. Je t'ai dit,
te crois, combien ce qu'on appeiteMotremott~e,à nous autres de
bubourg Saint-Germain,était parfois rigoureusementexctusif; jugez
de mon étonnement iorsqu'un beau soir j'entends annoncer chez
ma mère Jtf. d< Maer~Me. C'était notre homme. J'avau coaservëune
d détestable impression de ce mauvais garçon, qu'allant trouver ma
mère, je lui dis < Pourquoi donc rccevez-vous ce monsieur qat
vient de vous saluer. ce grand blond jaunasse ? Mais c'est M. de
Macreuse, me répondit ma mère avec un accent de MnMdëratiea
très-marque.-Et qu'est-ce que c'est que M. de Macreuse, ma chère
mère; je ne l'ai pas encore vu chez vous ? Non. car M ardve de
ve~e, me fepoHdit-eite. C'est ma jeaaa homme trts.dist~aA,
d'unep'etë oMmpMre,otta fondateur do t'ammMde Sa~'Pe~earpt.
–AhdiaMe' etqn'eat-ce quo c'est que t'euere de Saint'Pot~arpe,
ma cher& mère ï–C'eM «ne associationpieuse qui a pour bat d'eM:it!t-
ptar aux pauvres la résignationà leur misère, en faiMot eotnprea-
dm que plus lis eauMMM tc!.baa, plus Ils seront heureux tâ.haHt.
? no Mra, 6t)M <f<tta<&, dts-je en riant & ma taët'o. Mah ii me
semble que ça gaillard-là a la joua bien rebondia, a t'oretMo bien
rouge. po')f pr&ehef l'excellence des privations. Mon M)s, reprit
ya~etHent ma mÈre, ce que je vous dh est furt sérieux, tes peranu-
MM te~ plus rccMmntnMdaMes M sent jointes à )'<N<pr<du M. da Ha-

eMuse. qui <MpMe dans l'accomplissementdo ses desseins ua ~te


~.van~ttqMe. blaista voici. je veux vous présenter tut.–Ma mère,
lui dis-je vivement, de ~ce M'en taites rien. Je serais fortM d'être
!mpo)i. Ce monsieur me dep!att, et ce que je sais de M rand cette
ddpia!saoceiBsurmemaMe.Not)savoas<!tëaMcuMeBeensetMMe,et.)t »
Je ne pus continuer, le Macreuse s'avala vers ma mère, yëtats
reeld assis axpr&s d'eMe. <t Mon cher mousieur de Mi'crense, dit.
ello a son protégé de l'air le ptua aimable, après m'avoir jetë un re-
gard sévère, je vous présente mon ttb. un de vos anciens con-
disciples, qui sera charmé de renouveler connaissance avec vous. w
Le Macreuse mo salua profondément, et, du haut de sa cravate, me
dit d'un air compassé <t J'ét:'is absent de Paris depuis quelque
temps, monsieur, et j'ignorais votre retour en France! je no m'at-
tendais pas a avoir t'honneur de vous rencontrer ce soir chez ma-
dame votre mère. nous avons en effet été au collége ensemble.
et. w C'est pardieu vrai, monsieur,–dis-je au Macreuse en fin*
terrompant. –et, s'il M m'en souvient, vous nous espionniez. ao
profit des maîtres, vous mangiez six cloportes pour avoir un sou, et
vous creviez tes yeux des petits oiseaux avec des épingles c'était
probablement aussi dans le chadtabte espoir que leurs MathmeM
leur seraient comptées tà-haut? 9
-Bien touché.dHle commandant en riant aux ddata.
-Et qu'a répondu le Macreuse?–MpritOlivier.
ta large face de ce mauvais dfMe est devenue cramoisie, Il a
tâche de sourire et de balbuder quelques mots; mais soudain ma
mère, me regardant d'un air de reproche, s'est levée, disant jt MM
homme pour le sauver de son embarras <t Monsieur de MacfeaM,
wtM'wect me donner la bras pour aMerprendre MM tomede <Mt*
–Mats, dit Olivier, eemmeat cet homme a't-M <t4 prdMnM!
dans toit tooode si e<n hM)f?
~-C'~t ea qaa per~MXf ae satt .pan~t CeraM. Bac Ca!~ tt
première perte de tm~e tnottde «M~efte, toutes tes autres a'eawre)~
<'et)e< m<mM. mais cette première porte <t dMette & franchir, qat
l'a ouverte a ee Maereaae?. ou Hgoere! quolques-unscependant
pensent qu'il a été introduit dans notre soaMte par un eortatn abbé
te(t<nx, directeur tr~ la mode daM autre qt~ft~r. Ceci ne man.
que pas de vraisamNance, et j'en a< pris t'abba en aussi grande awer'
don que te Maffeusa. S! du reste mon mdprie pour ce magots
drble avait bo<oi)) d'être jnsDBd. il le serait peur moi. par tejoge*
ment qw'a porte du Macrexse «n homme treit-atMgoXer, qui ne <e
trompe jamats datx ses apprëciati<oa.
–Et quel est cet homme iMfat)tib!eP–demandaOlivier en ecortant.
–Ua petit bossu pas ptm grand que ea.- dit Gerald en etev<at la
maiu à la hauteur de (maire pieds et demi environ.
'–Ça bMSM?–d(tOHtier trèa'turprh.
Oui. ao bossu spirituel comme un démon, Incisif dtaNe,
en
mMe comme uoe barre de fer pour ceux qu'il mëMsttme ou qat!
méprise; mais remp)) d'affection et do dévouemeat pour ceNtqa'U
heMre.etceuit.)à sont rares; cachautd'ameurs jamais &pef-
Me
sonne t'etoignemeat oa ta sympatMe qa'on tut tnsptre.
–M est heureux que Ma hmrmitd lui permette d'avec ainsi Ma
OfaM parler,-dit le comnMndant.–sanscela. votre bossu Jouerait
an jeu dinMementdangere))! au moins?
Sea iM<!rmttë, dit Geratd en riant, –qao!qa'H M!t attoeemem.
bossu, le nurqoisdeMaiMefort est.
–C'est uu marquis?dit Olivier.
Tout ce qu'il y a de plus marquis et de la plus vieille rothe; tt
est puind de la maison ducale etprmeiëre de HaMtmortet, dont te t.C
chefs'estret!reenAMemagnedepais~SO; mais, quoique atrocement
bosso, M dis-te, H. de MaHtetbrt est alerte et ~goarem comme an
jeune homme, malgré ses quarante-cinq aoa, et de plus. ttetM.
*?* et moi, noua eommes Bans vamtô de très-bons tireurs, n'ett-
ce pas 7?
Mais oo!.
JEa bien le mafqms a<ms Madratt huit coups de bouton sur
AmM. C'est wjea digne de MacomparaNe BertMad.M~ eemme
feiseaM, rapide comme la mudre.
J'aime aussi beaucoup ce brave petit ba~M- –dit le vMraa
M~'intere~ t'M a ea dei dueli, us adveroatret devaient &ira
A) arMes de Ngures.
t<e marquis a ea pmsiears duels dam tesqoeh H a été etmnnmt,
de gai perstOage,de aane-fraid et de courage, –fëpendhaefatd,–
e'eat ce que m'a dit mon pÈre, dont M était l'ami.
Et. taatgre sa bosse, demanda Olivier, –M va dans la taoade ?
Parfois H !e ff~qumte assidOment; puis il reste des mois en-
tteM MM y paralire. C'est un caractèretrès-original.Mon père m'a
dit que te marquis avait <te longtemps d'une mélancolieptefeude;
moi, Je t'at tottjcuM vo gai, raitteor, et des plus amMMntt.
–Mata on doit la craindre comme le feu, dit Olivier. avec ea
tM'eare< son adresse aat armes et Ma esprit?
Ta ne peux t'imaginer, ea effet, combien, par sa présence, M
~e. M Inquiète, M Impose a certaines ceM, que notre monde, et
easeeptiMe pour des niaiserie), reçoit pourtaat en otitM de leur
aahsaace, malgré dea titexiee MOtoifes Aussi, pour ea revenir t Ha-
ereuse, dès qaM wH entrer le marquis par me perte, M Mtt par
Une aatre.
Cet eutretien <nt tMerrempa par un incident, insigninant dam un
autre quartier, mais assez peu commun aut Batigooties.
Une belle voiture eiëgamment attelée de deux saperbea chevaux, ]
t'arrêta juste en face de la baie griMagee de la tottaeUe, ea étaient
t~waitt les trois censés.
Cette voiture était vide.
Le valet de pied, assis à eM dn cocher, et comme lui v«a d'âne
riche livrée,.descendit du siège et, tirant de sa poche une lettre dont
B eemb1ait consulterl'adresse,regardade cote et d'autre comme s'it
eat chercM un numéro, puis M disparut en Msant signe au cocberde
to Mivre.
-Depuis dis ans, dit le vient marin, veita la première w!-
tnre de ce calibre-là que je vois aux Batignottee. eest Mrement
~taKenr pour le quartier.
Je n ai jamais vu d'aussi beaux chevaux. dit Olivier d'un air
MMaiMeur ;–ce sont tes. tiens. Gerald?
Ah ça! tamepteBasdoaopommmimonmiteîrëponditgah!.
méat le jeane due j'ai un <tevat de seMe. et je mets au eabrie~t
un des deux chevaux de ma mère quand etto ne s'en sert pas. VoM
mon eeafte. Ce qui no m'empêche pas d'aimer les chevaux a ta Ce'
Me <t d'etM un enragé oyor~man, comme nous disons dans notre
ar~t. mais A propos de ehevat. te fappeMes'ta ce lourdaud bteta!
nomme MorMand, oa autre de nos eendiactptea?
–Momand ? certainement, encore une de nos communes ant!p<
thies, et qtt'est-H devenu?
-Aussi un peMoanage
–Lai ..attom donct
Un personnage. te dis-je. pair héréditaire, il s!égaa !a ae.
Ne Cha<nbre. y parle. on l'écoute e est un ministre. en herbe.
-De Moroaadt
Eh mon Dieu oa! mon brave Olivier, il est tmpartaat, H est
lourd, M est patenx. H est sot (je ne dis pas bête, mais set), it ne
croit a rien qu'à son mérite, il est possédé d'une ambition impiaea-
ble, il appartientà une coterie de cens)atoaxet haineux, parce qu'Hs
sont médiocres, ou médiocresparce qu'ils sont haineux ces gaillards.
tà tbat la courte échelle avec une habileté supérieure; Momand a an
large dos, tes reins souples. il arriva. l'un portant l'autre.
A ce moment, la valet de pied, qui avait disparu avec la voiture,
revint sur ses pas, avisa à travers la grille tes personnages rass<tn-
blés sous la teanette, s'approcha, et mettant la main la son chapeaa
Messieurs, pourriez-vous,s'il vous ptatt, me dire si ce jardin
dépend de !< maison numéro T ?
–Oui, mtt garçon,–repondit te commandant.
-Alors, monsieur, ce jardin est celui de l'appartement da rez-de-
chaussée ?–demanda le domestique.
-Oui, mon garçon.
–Fanion, monsieur, e'eet que voilà trois fois que je sonne, et Pea
ne rdpond pas.
–C'est moi qui habite le rez-de-ehaussee,dit le commandant <0!<
eatpris.–qnevotMez.vous?
Monsieur. c'est une tettre très-pressec ponr une. madame
BN~ancon, qui doit demeurer ici.
-Certainement. mon *~on, eUe y demeure,–repondit le vët<-
un de plus en plus étonne.
Puis, apercevantla menagete aa fond du jardin, it lui cria
Bh mamaM ~rba«!<M. peMttaat que vous <~M)pt<ne< fteo)rtM<-
Mtoent contre mes ptates'baodes,wM trois Ma qua )'ea sonne à la
perte de !a rue et vous M'eataad~t rien. veae): <t<mo. ea apporte
une teMM pMt w<ms.~

!V

A la voh du commandant Bernard, madame Barbançon arriva en


hâte, s'exeus!) auprès de son mattre, et dit au domestique qui atten-
dait
-Vous avez une lettre pour moi, mon garçon? et de quelle part?
De la part de madame la comtesse de Beaumesnil, madame,
répondit le domestique en remettant la lettre à madame Barbançon
au travers de la grille.
–Madame la comtesse deBeaumesnuP–dïtt'anciennesage femme
<oat ébahie, connais pas.
Et elle onvrit vivem' nt la lettre en répétaot
–Conn:'is pas, du tout. mais du tout. du tout.
-La comtesse de Beaumcsnit ? dit Gera)d avec on accent d'in-
térêt.
-Tu sais qui ette est ?-lui demanda Olivier.
Hy a deux ou trois ans. je l'ai vue dans le monde,–répondit
Ceratd,– elle était alors d'une béante idéale; mais la pauvre femme,
depuis plus d'une année, n'a pat quitte senNt. On ta dit dans un
<ttt désespère. Penr comble de mameur, M. de Beanmesnit, qui
<tait ané conduire en Italie leur CMe unique, à qui tes médecins
Mt ordonné l'air du midi. M. de Beaumesuilvient de mourir à Na-
a!ea des suitesd'une chute de cheval.
–Onëne &ta)!te !-dit Olivier.
-De sorte que. si mad:tme de BeaumesnH meurt, comme on le
endnt.–poursuivitGeraM.–voitàsa fille orpheline à t'age de quinze
en seiae ans.
–C'en t.'ca t~ste. cemmandant,–pauvre en<am; t
)ht)MMM)6Nt,du meho. reprit Seratd. mademoisellede
BeMmesnita devant elle an avenirsnperhe. car elle doit être la plua
ti'he héritière de franee. On evataeta fortune des Beanmesnità
~ns de trois mitiions de fentes. en propriétés.
-Trois millions de rentes! dit Olivier en riant,–e'eat deac~fat!t
M y a des c~aa qui «nt rëe)ten)ent trois millionsde reatei. ça existe,

ça va. (< vient. ça vit. ça parle. comme nous aMtres. ? faa-


dra que ta me fasses envisager un de ces phénomènes-là, Genttd.
-A ton Mrvtee. Mais je te prévious qu'ordinairement c'est assez
laid a cantempier. je ne parte paa de mademoiselledo BeanmesaM,
je ne sais si elle est aussi jolie que sa mère.
-Je serais carient de savoir ce que diabte on peut faire de
tKMsmiMh'nsde rentes, dit en toute sincérité le commandant ea
secouant ta cendre de sa pipe sur la table.
–Ah! mon Dieu t ah! grand Dieu! s'écria madameBarbancen.qot,
pendant cette partie de l'entretien, avait tu la lettre que te domestt-
que venait de lui remettre,–e'esUt possible. met. en voiture, et
en voiture bourgeoise?
A qui en avez-vous,maman Barbançon ?- demanda te vétéran.
-A qui j'en ai, monsieur? j'ai qn'M faut qua vous me permettiez
tout de suite de sortir.
-A votre aise; mais «a atiez-voa comme ça, sans indiscrétion!
Chez madame la comtesse de Bcanmesnit. et dans sa propre vot'
tare, encore. dit la ménagère d'an ton important,– il s'agitde
renseignements que je puis seule lui donner, à ce <M*it parait. Que
je devienne honaparuste, si je sait ce que ça peut être mais c'est
égal.
Puis, s'interrompant,t'ancienne sage-femme poussa une exclama-
tion comme si une idée sfMte lui eat traversé Fesprit, et elle dit t
son maître:=
Monsieur.
–EbMea?
Voulez.vousveniran Instant avec meidam tejatdiaîj'aia~H~
parter en secret, dans te pt"s profond secret.
–Oa!eht–tëpendMteveieranensortantdebtonneae6M'ta)
pas de sa menagete, c'est grave, attons, je vous sais, mamaa&a"
baneea.
lA mémgeM ayant emmené son maître<t <me!qaes pas de << ten-
t
telle, lui dit v~t basse et d'en air de Myctero a
Maa~ear. ~«as ~aaaiasM bien )ma<!aB«' BefbaMt, qui demf't~
M Meend, qui est commar~nMretirée. qui a de«~ t~m, et chez qu!
t'<d pt~Matë M. Olivier. M y a qa)aM }oats?
a~
ae la e<taa~a pM; vous m MM SM~eat pMM d'eMe..
~t~t
'-Je <MMHv!emeMHHeaaMqaeeoa oatteiaMme, <a<<~aœ< taM,
eM ea tttMe, gouvernante de )< aHe d'une comtesse qui a un nom
dMa le genre de BeaameMH; c'est pewt'&tte la même coaMMte.
C*eatp<mtMe,ma<n&aBa)fbaa~on.Ea~mte!t
Oa veut peut-être avoir des Museigoemea~ de mo!6M madmte
Mae, que j't! vue chez madame Herbamt.
Cela se peut, maman Barbau~ea. et tout à t'hem'e vous aUe<
savoir à quoi vous en tenir, puisque <<)<<& «m& Kudet dtet madame
deBeaamesaU.
Ah mon Dieu monsieur, aae aatM !dee
Voyom t'aatte Idée! dit le vétéran avec une patience atq[e-
N~M.
Je veB91! parte de cettejeune femme masquée qa!
Veas aNez recommencer cette histoire-tà s'ëcria te veHraa
Nt commençant d'opérer vivement Ba retraite.
Non. monsieur, mais si tout ça se rapportait à la jeune femme!
Le meilleur moyen de le savoir maman Barbançon, c'est de pa)~
Nr au plus tôt noua y gagnerons tous les deux.
–Vonsavet raison, monsieNr.je pars.
tt, suivant son mahre, qui retournait sous la tonnelle reioiadre
M< convives, la ménagère dit au valet de pied, qui s'était tenu &
~jaetqaes pas de distance de ta grille
Jeanp homme, je mets mon bonnet à nœuds coquelicot et mon
beau cbate orange, et vous pourrea disposer de moi.
Quelquesinstants après, madame Barbançon, passant triomphaie-
ment <n w;tare devant la ahUe de la tonnette, crut devoir, par déM-
MMe, se lever tout debout dans le carrosse, et faire une (tracteuM
révérence, adressée son mare et à ses deux convives.
Sept bèurea sonnèrent alors à une horloge tontaine.
Diable –dtt Olivier d'un 'air contrarie, sept heMM. D
&at que je M <ptitM, mon cher CefaH.
M~ et panrqnoif.
J'ai promis à un brava maitre maçon des Batt~aottea <*aHet M
M!r, à sept heures, copier et apurer do% mé)H«!rea.Ta ne aah pas
ce que fi'cst. toi, que d'apMMf des mémoires?
EH effet ta m'avais prévcuu que tu n'étais libre qw jusqo't
sept heures, dit Gerald d'an air eontrarM,-je t'avaia eabMé je
me trouvais s! bien de nen~) causerie!
Olivier, dit le vétéran, qui semblait pensif depuis que soaae'
veu avait patM des travaux dont M devait &'«ecwper dans la 8a!r<o,
en l'absence de madame Barbançon, va donc à la cave chercher
la der<ti&re bmocitte de ce vieux vin de CA~pM que)'at aotreM~rap-
porté du Levât)! M. Gor.dd en acceptera un verre avant de neat
separ' r. Peur une demi'heure de retard, )os mëmoires de ton mattM
maçau no prendreut pas feu.
–ExceOentehtëe, ntonenc)e.car}eneso!spastaat&fa!m'heafe,
comme lorsque je suis de semaine an quarder. Je cours à la CMt.
Gerilid goatcra de votre nectar, mon oncle.
Et Olivier disparut en courant.
Monsieur Geraid, dit alors le commnndant nn jeune due avec
émotion, ce n'est pas seulement pour vous faire goûter mon vin de
Chypre que j'ai renvoyé Olivier. c'est afin de pouvoir vous parler de
tu! & cn'or ouvert; vous dire, à vous, son meilleur am! tout ce
qu'il y a de bon. de dëticat. de gënërcux, chez lui.
Je sais cela, mon commandant. mais j'aime & me t'eatendM
répéter par vous. par vous surfont. qji appréciez si bien Olivier.
Non, monsieur Gcraid, non, vous ne savez pas tout. vouant
pouvez vous imaginer le travail pénibio, aride, que le pauvre garçon
N'impose, non-seulement pour ne pas m'être à charge. pendant son
semestre, mais encore pour me faire de petits présents que je n'ose
refuser, de peur de lui faire trop de peine. Cette belle pipe, c'est
lui qui me l'a donnée. J'aime beaucoup les rosiers dernièrementM
m'a apporté deux superbes espèces nouvelles. Que vous dirai-je? j'~
vais depuis longtempsbienenvie d'an bon fauteuil. car, lorsquedeux
de mes blessures se rouvrent, et cela n'arrive que trop souvent. Je
mis forcé de rester plusieurs nuits assis. Mais un bon fauteuil, c'é-
tait trop cher. Voità qu'il y a huit jours, je vois apporter ce meuble
tant désiré par moi. J'aurais du me mener de quelque chose, earOti-
wter avait passé je ne sais combien de nuits à faire des écritmres. Es-
ttHM ces eoMMttencesde bonnes et pauvres «CM, monsieur Mérita,
dit la vieux marin d'une voit altérée, pexaantqu'une hrme roaMt
sur sa mnustaehe blanche, maisfai ta cœur ptaia. n tàut qul
a'ouvro. et vous dira cela à vous. c'est un donhio bonheur.
Et. comme CeraM attaitparler, la eommaodant t'intet rompit en lui
<B8ant:
Permettez, monsieur Beraid. voua aMez tne tMHver Men ha'
vant; mats Olivier va venir, et }'a< une gface a ~<HMdemander. Par
votre position, vous devez avoir do grandes et belles conna!ssaacea,
<aoas!eaf Gerald? Mon pauvre Olivier c'est appuyé par pefsonne. et
pourtant, par ses services, par son éducation, par M condn!ta, H a
dpett e Cepadette.Mais M n'a jawa!s ni vo~M, ni Me faire la moindre
dantarche auprès de ses chefs. Je conçois cc<a. car, si j'avais dte Ma
~r<MMU)'. coottae aous disoas. je serais capitaine de vaisseau mats
que voûtez-vous. il parait que ça tient de famille. Olivier est comme
moi, nous nous battons de notre mieux, nous sommes esclaves du
service et puis, quand M s'agit do demander, nous devenons tout
Mies et tout honteux. Mais chut voiià Olivier qui vient de h cave,
dit vivement le vieux marin en reprenant sa pipe et en la fumant
précipitamment,n'ayez l'air de rien, monsieur Geratd; pour l'amour
de Dieu, n'ayez t'ahr <<e rien, OUvier se douterait de quelque chose.
Mon commandant, il faut qu'Olivier sottsous-tieotonantavant
la <m de son semestre. et il le sera, dit Gerald, Onu des confi-
dences du vétéran. J'ai peu de crédit par moi-même, mais je vous
parlais du marquis de Maiitetbrt H jouit partout d'une si haute cons!*
d'ratiun, que, vivement recommandée par lui, ta nomination d'OH-
vier, qui n'est que droit et justice, sera emportée d'emblée; je m'en
charge, soyez tranquille.
Ah! monsieur GeraM, je vous avais bien jugé tout de sotte.
dit vivement le commandant; vous êtes un frère pour mon pauvre
<n&nt. mais te voilà, n'ayez l'air de rien.
Et te digne homme recommençade fumer sa pipe d'un air Mf&MM-
tage, après avoir néanmoins da bout du doigt enlevé au coin de son
eit une tarme trop rebelle.
6erata, s'adressant à sea aneien camarade, afin d'éloignerde M
teat soupçon an sujet de t'entreUcn précédent, lui cria
–A~vedOM, traînard! eaditah, par Dieu que m as étëah
T.I. S
6~e )tTecmtetqu6joMeeab))MHeMcammebbcMeJa!<fa~'<~ax. T<
MppeMes-tM cette paowe Maah, daa Juan que tu <aY
<LeMt est qM'<<!e était gentMte, t~pendtt te jeaae eeMat e~
t
«Nttaat ce M«weN!fd'amaw a~ae eatbftetton; Mxta e'etatt Ma
btderon. campai &ta jenno NBeque je viens de tcacenhw dam h
<Mt. dit OMw!6F ea ~{ta~at avec p)f<eM~M eaf ta taMe <<pM!-
<t<«M bouteille<te~)a de ChypM.
Ah nMhtMBantje comprends !a dMWbde <M <bMNM<
Veyet-wxa te gaH!an!) ajouta te vétéran MMBant paMè pea
do son attendrissement, et qa'«t'ce q<itocette beaate que <« <!eat
de Mneeatfor, mon tar<ea!
–Voyem, Nats-aoua M fatt de ta eonqttSte<w me!at, –dtt 6$.
KM.
Pordtea! meneur te duc, dit 0)Met ea thnt,–€~a M taa'
eMtM à meMe))to. c'est une due~MM.
CuM'meatt wneducheMa? dit 6eMM.
Oaa duchesse <m<BaUgeeMes, a'dcr!* te CMMMMhat,
<*eMdu ffutt <maveM. et a~MmeotCaMear pour te quaMter.
AMens, moMbon eade. je vais «a peu rabattre de vettw
tmoar-prapM6o<~M«a!t. Mt conquCta, eomme dit ceCMtdeCeraM,
d'aberd a'ett pas ma «MM~te. M puis dte n'Mt pat dacheMe.
teu~ment ea l'a tmntMnmëeta <!<(c~<e.
Et d'où lui vient ce gtohem aumom? –demandt Cen<!d.
On t'appette ainsi, -reprit OM'tef,–pi)Me qa'eMt <et, dit-<m,
teMe et ergNeiXeuMcomme une ducheMe.
Ta aa oubMe. M~e. dit CeraM en tiaat. Vntiment! –dit
OM~ier, est ce que les duchesses emt?.
Vem-ta te tatfe, mauvaise tangue! Kprh 66NM ea <o<e)f*
Mmpant te jeune soldat. Je CMis, Mdiea t)ten!q)t'<Hes sont Mge<
tes duchesses!
Eh Mea atoM eMeest heMe, e~neitteaM et eage eemate )NM
duchesM; tette est ta cause do samom de cette jeune SUe.
î
Et qa'est-ce que c'est que cette jolie dachasM demanda 6e*
MM. En ma quaMtëde due, cemme tu dis, ta dais satittaire t<m
<mn<Mite 1
EUeest nMttMMûde piaae. rq~tOMtier, ta vaia qa'ettt
defeee forieuxmem
C'est ptat~t te phno qui dotmut~f~:s-a~eota~e«tus M9 beBee
Matas. w e!!a de!t avoir M«< dca ma!m de daeh<a!$! Voyea!"
eot)(e MHS ca!a. (~ed~Me! ? MMMHroax;. aqaWenm'totescen
adaxMa. <)ac«à twa encto. à Ma camaradet
–Jawauttra!s bien a~rtedrett de veoaenthtM.dM eanMet)
<<t. dit OtMe<r en ~aM, pa<ree qae ne vem en ferah pat.
mata wat, e'e« la première M< que je vois MMejenae Olle.
mais ces dëb))h. soreMe?
M y a uno madame lierbaut qui toge tel. au second, ~pondit
<Ktvter. Toua tea dtmaochea. cette excellente femme rassemble
clloa eMod~t}eaMA6Ua9, amies de (?9 CMea !et une)! Mat teneuses
de M~Ma ou dematocMe~ de magasin, d'autres tnaitreMea de des~n
eu. comme la dxehMM, mattresses de musique. Je t'assure qa'M y
en a detharotames! toutes ces braves flllos trawaHtoat toute la M'
amine comma do pedts tieas, ~ueot boHoraMemetHItlur vie, et a'a'
musent htMMnent le 'jUmanche chez la bonne madame Herbaut on
joue a dea petits jeux, ea daxse au piano, c'est très-amusant; wtta
deux d!maneh<'B que madame Barbaacea m'a présenté chez cette
dama, et. ma M.
Je demande à être présenté à madame Berbant! a'eeda b
jeune dac en interrompant aoa aloi.
-Tu demander.. tu demaades. tu crotsqa'Mn'y a qa't demaader,
ta!? Kprit gaiement Olivier. Apprends, mon cher, que les Batt.
gBoites sont aussi exclusives que tea tauboarg Satat-Uermata.
Boa, ta es jaloux, h) aate)rt:d'Mhord. parce que, vraies <m
Mppo~eea,teadMc&<MMne m'a ffiaadent p!m.. surtout quand elles
sont wagea. et puis t'ea ne vient pas aux Batignolles pour s'umoura-
cher d'ane dochftse.Ainsi. raMare-Mt, et d'ailleurs, si tu me reOtMt,
Je M'b ao mieux avec maman Barbançon, je lui demanderai d'etM
présenté à madame Herbaut.
EuMa noua verrous Ii rem peut ftdmtMM, dit OBvier Mte
une importance comique.
Mais, peaf en revenirh <hM&mM, madame BeHtaat, qm «t
tort Me M'c M, m'a dit. raatre dimanche, eetumejem'extaaitb
sur tette Fëaoioa'de charmantes JeuNes CMes < Que diriez'~ms
«OBC. monsieur, si ~<ms voyiez la dwetMM f. a (Et la digne femme
ma donne les dëtaib dont je t'ai parte sur l'origine de Mn surnom.}
a MatheaMaMmeat. –/a-t~e atooté, voilà dem dimanches
~a<ette aeaB ma~ae, et elle neas ntanqne beaucoup; ear, «B~
duehesM<m'dte sait, elle est adorea !c! par Mat la moado: maM,
depuis quelques jours. e!te a M appelée auprès d'ane grande dama
très-riche et t~s.ma!ade. dont tes soutirances sont si Rrandes et
a! reheMes, que tes médecins, fi bout de leur aetence, ont eu t'idee
d'essayer si une musique douce et suave na catmeratt pM tes doit,
leurs de la pauvre dame. a
Votta qui est BtngotieF! dit Corald.
~Mt donc? lui demanda (MMef.
CaMo pauvre fomme, et malade, dont en essaye de catmM têt
doataNM par tous los moyens possibles, et auprès do qui ta dxehMMa a
<t<! appelée. c'est madame la comtesse do BeaamMmt.
La même qui vient d'envoyer chercher madame Barbancaa ?
<emaMdala vétéran.
Ou!, mon commandant j'avaisdéjà entendu parler de <!eMw
espèce de cure musicale entreprise pour adoucir les atroces souHfaa'
ces de la comtesse.
Le fait est que la rencontreest assez bizarre, dit Olivier, mab
il paratt que !a tentative des médecins n'a pas été vaine, car chaque
soir la due~Mequi est, à ce qu'il paratt, excellentemusicienne, va chez
madame de Beaumesnil. Et voilà pourquoi je n'avais pas va cette
jeune Mie aux deux soirées do madame Berbaut, de chez qui, sans
doute, elle sortait tout à t'heuro. Frappé de sa tournure, de sa beauté
vraiment extraordinaire,j'ai demandé au portier s'it la connaissait.
<t Sans doute, monsieur Olivier, m'a-t-il répondu, c'est la <tMct«M. t
-Je trouve cela charmant, intéressant, mais beaucoup trop me-
tancetique pour moi, dit Ceratd je préfère de bonnes et joyeuse*
Oties sans façon, comme it doit s en trouver dans la réunion de madame
Herbant, et, si tu ne m'y présentes pas. tu es un ingrat. Rappelle.
toi cette joliemercièred'Alger. qui avait une non moinsjoiie soeur.
Comment dit le vétéran. et la juive! la jolie eabaretieet
d'Oran ?.
Dame. mon oncle. on est à Oran. on aimetOram; <me«
è Atger. on aime à Alger.
Mais tu es donc nn Jocende, matheureux s'écria le veténm.
amgnMéromeat Matté des bonnes fortunes d'Olivier, ta es donc un sé-
ducteur'i
Que voMez-vous, mon commandant, dit Gerald, ce n'Mt
pas de l'inconstance. ou suit la marche de sa division, vo!Mt teM.
(Test poarqtM)! OHvter et mo! noua avons été eM)~ de Mtsef à Cran,
tôt aaJMJve, me! ma Mauresque, pour nos petites mercières d'Atget.
!<« fait est, dit la vieux ataria. égayé par te vin de Citypte,
dont ta bouteille avait ctMaM entre tes eenvtves pendant cet eatrettea,
te fait est <(ae, selon le changement de station, noua quittions les
mulâtresses de la Martinique pour les pecheaMs do Satat-Pterra.M!.
qaeba, de Terre-Neuve.
UQ fameux changementde zoM, dites donc, mon commandant?
reprit Heratd en poussant le coude do vëHran c'était quhtet
te ~M pour la glace.
Non, pardieu pas 1- reprit le yetoMa; }e ne sais à quoi ça
dent, mats ces pêcheuses, blondes comme des Albinos, avaient le
diable au corps. M y avait surtout une petite boulotte à cils blancs,
qu'on appelait la BateinMre.
Température du Senëgat. hein moa oncle?..
Ah 1 fit le vétéran
Et M posa son verre sur la table en faisant claquer sa tangue co~
tre son palais, de sorte que l'on ne savait si ce bruit significatif se
rapportait au souvenir do h Baleinière aun cils blancs ou & la de'
gustation du vin do Chypre.
Puis te digne marin s'ëcrta.
Ah ça 1 mais qu'est-ce que je dis là? A-t-on vu des mauvais sa-
jets pareils 1. Ce que c'est que t exempte ) 1 Ne voi)à.t.H pas un vieux
phoque comme moi qui parle d'amourettes avec ces jeunes mousta*
ches! AMens, parlezde vos juives, de vos Mauresques, de vos da.
ehessas, mes enfants au moins, c'est de votre âge.
Eh bien donc au nom de la reconnaissance, je somme OB-
nier de me présenter chez madame Herbant, dit t'opiniatre
Ceratd.
Ce que c'est que la satiëtë! Tu vas dans le plus beau. dans le
plus grand monde, dit OUvier, et tu
~tes réunions batignoiiai~es.
~s. nos pauvres

Avec ça qu'it est amusant, le grand monde, dit Gerald.


vais à mon corps défendant, pour ne pas contrarier ma mère.
Demain, par exemple, est pour moi un jour assommant, car ma
mère donne me matinée (bMante. Mais, à propos, viens-y dont,
(Mtvier.
-OacM
A la <M<M) danMntt que douas tM mttt.
~.Mot!
Eh Maa !<?! toi.
Ho! Olivier BayotOMd, marcha! des !«s!a de hn<M~ dan
ton hwhoore Satot-Nermaiat t
–H aerattsaeredieuMeaetoNMNqnajenepM)sMpaa<n)tenefehe)t
ma mère mon meilleur ami, parce qu'if a t'honMOf d'être un des
ptus braves Mtdata de t'annee. 0!Mer. tu v!en<!Ma.te <eM< que
ta v!ennM.
En dolman et en Mpt, o'M<.ca pas! dit Olivier en <oat!aat
et en faisant ath~on t sa pautfet~,qui no lui permettait pas b twM
des hahtta bourgeois.
Sach-'M )'entp!ol que hisatt le digne coMat de toa p<ea!a st bho*
rieusement ~n~, et cottMa~Mttt d'atMeuM son ombrageuse MMep-
t!Mitë, Gerald ae put que fepouttfe ».
C'est vrai. je n'y pensais pas. Cest dommage, nous tMdem
paMd une bonne Journé je 1'aurais montre nos beautés à la mode,
etteauhaûrqa'eafattdeioMeaet~atchea Ngwea. ? aurala re.
~MMë. tes Feuntona de madame Berbaot.
Entendez.WNS,mon oncle, comme c'est adroitementMmene.
comme il revient à la charge ?
Bott heures sonnèrentà la même lointaine horloge.
Boit brures dit vivementOlivier; diaMe et man maltre
maton qui m'attenddepuis âne heure. Il faut absolument que ~e te
quitte, 6eratd. J'a! promis d'être eMct. une heure de retard.
c'est teamoup. Or, l'exactitude est la politesse des M!a. et de
tem qui apurent des membres, ajouta gaiement Olivier.
Puis, tendant la mam a son oncte
Bonsoir, mon oncle1
Tu vas encore travailler une partie de la nuit, <tt le veterM
avec âne émotion contenue en jetant un regard BifmincatifàCeratd,
M ne faudra donc pas que je t'attende ? 1
<- Non, mon oncle, eenchet-vous. Dites à madame Barbateon dl
laisser la clef chez le portier et des allumettes chimiques dans b
eaisine. Je ne ferai pas de bruit, je ne vous rëveHterai pas.
Adieu, monsieur G<*ra)d. dit le vëtératt en tendant la mata
M jeune due et ta M serrant d'une manière exprehsive, tBa <eM
rappeter M premeMe aa sujet de la prometioa d'OMvier au grade
a'oMer.
Adieu, mon commandant–<ttt Gerald en répondanta t'etreinto
<ht fOteMtt, et lui indiquant par un si~oe qu'il comprenait M peasee,
WM me penopttee. n'eet~e pas. de revenir vous voirt
Ce sera pour moi on plaisir. un vrai plaisir, moastettr Gen<M,
<-<t ta ~<St<f)'a. vous <<Mr<n! en être sar.
Ma toi, oui, mon «nMmumtam, t)tr je jage on eeta d'apf~a mo!'
mCme. Adieu. Olivier. v!eM. je ta cendu~at jusqH'A la porte
de ton mahM maçon.
J'y gagnerai teajMH on quart d'heure, dit 0!iv!tf. ttoa.
M!f, mon oncle.
BoBso!r, mon cahot.
th<MMcf, ayaat pris dans featr~e sa Masae de papiers et ton pa.
quel de plumes, sortit avec Gera)(t tous deux, se tenant par le bras,
allèrentjusqu'à la demeure du maçon, «& Us sa separereat, sa pro-
mettaot de sa revoir Mentèt.
Baw!)rea une heure après qu'Olivier eat quitté son oncle, madame
Bar~mcea fat rampace aux BattgaoMesduas ta voiture de madame la
comtesse de BeanmetaH.
Le vétéran, surpris da atteace et de la physionomieteaëbMUM! de
la ménagère. lui adressa, mats en vain, p)u:t<euM fois la parole. !t la
pria eatht de serrer le restant du vin de Chypre. Madame Barbauçon
prit la bouteille, s'en alla lentement, puis, s'arretaM bientôt, et CM!-
Mnt les bras d on air méditatif, elle hissa choir par ce mottwement
h Me poudreuse.
Que le diable vous emporte 1 s'écria !e vétéran, wtUt le
vin de Chypre perda.
–C'est pourtant vrai, J'ai cassé la bouteille, répondit la mena-
gère en se réveillant comme d'un songe. Eh bien! ça ne m'é-
tonne pas; depuis que j'ai vu et entendu madame la comtesse de
Beanmesnit, car je viens de la voir. et dans quel état, mon Rieu! ta
pauvre femme 1. je me creuse la tête peur trouver quelque chost
que je ne trouve pas, et d'!ci à longtemps je ne serai bonne à riaa~
attez. monsieur. M faut y «mpter.
C'est toujours quelque chose que de savoir cela d'avance, te*
prit ? vétéran avec sa placidité hahitueHe en voyant madame Bar.
haneM~ retomber dans sa mystérieuse preoccupatioa.
MS S~Pf tÊCBËS CAPtTAC~.

~tsademata de ta rencontred'Olivier Itaymond ea deCeraM, M


at6te. ainsi qu'M t'avait annonce au neveu du vétéran, donnai ana
tMt!a&)dansante.
Madame ta duchesse de Senneterre,par sa famiMe et par ses aNian'
ees, appartenait & ta plus ancienne et à la plus itinstre BaMesse de
Ftanca; quoique sa fortune Mt médiocre et en maison petite, m!)*
dame de Seanetorfedonnait ainsi chaque printemps quatre ou cinq
hats do jour, peu tmmbrcax, mais très-élégants et ttes-chotsb. doat
elle et ses deux jeunes Mtes tatsateat tes hoooeoM avec uno e'~ee
parfaite. H. le due de Seaaeterro, mort depuis deux ans, avait eu
MMB la Restaurationla ptu~ haute position.
Les tntb fenêtresdu salon eu t'oa dansait s'ouvraient80r <m heae
jardin; la temps était magntOqne; entM deux contredanses,ptasieuM
personnes, tmtnmes et femmes, se promenaient ou causaient à tra-
vers tes attëes, t& et Ht bardées d'arbustes en Oeurs.
Quatre ou cinq hommes, abrités par un massif de lilas, s'entre'
tenaient de ces miite rtens dent se composent généralement tes CM'
versatiensmondaines.
Carmt ee groupe, deux perMnnesméritaientd'attireri'ttteaNoa.
L'une d'elles, homme de trente ans environ, déjà obèse, à t'atr à
b 6)ts satBsant et indoient, dédaignentet s"M"e de soi, & t'OBtt eoa*
vert et presque ëMint, s'appelait M. le comte de Mornand. Sea nom
avait ëté prononce la veille chez le commandant Bernard, lorsque
Olivier et Ceratd <vaqoaienttearssonvenirs de collége.
M. de Meraand eecBptit, on t'a dit, à la Chambre des paire, m
tMge héréditaire.
~antre permana~, ami intime dn comte, était <m homme d<
trente ans anssi. de haute taille, maigre. ossem, anguleux, légère-
ment voûté, déjà chanve; sa petite tête plate, son eait à lieur de tête,
presque toujours légèrementin}ecte de sang. donnait à sa physhHW
mie am €am<a&M ton analogue à celui do reptile. n se nommai h)
hmCB de B~H. Quoique ses moyeu d'existence RtMeNt pMMéna~.
ajMa, ea egatd àt'especede luxe qo'N atBchait, on recevait le baM*
has fa meUtaaf monde, ampMt H tenait M'aiHaara par aa aatsMmee;
tamaisintrigant (en donnant à cette epithete toutes ses conséquences,
des plus basses aux plus audacieuses), jamais Intrigant M déploya
Ille plus eyaique elfronterie, une fourbe plus impudeote.
Avez-vousvu le lion du ba)? disait à M. de Horaaod raa des
Interlocuteurs du groupe dont ae)B avons parM.
J'arrive à t'instant. ~pondit M. da Metttaad, y!g)Mte de qui
WM voulez pafhf.
Eh parbleu! da marqais de MaM!efort.
Ce maudit bossu s'ëcrta H. de CavH. Allons. c'est
Mena hd. eeMe nmttnëa était d'an terne, d'un ennu! assommaat,
le marquis va égayer an peu tout eeta par sa bouffonne présence
Que diable peut-on venir faire dans le monde quand on est bat!
de la sorM?– dit M. de Moraand. Ce pauvre marquib de.
wait avoir au moins la censdence. de sa bosse.
C'est singulier, reprit an antre, de temps ta antre le ma~
quis apparatt dans te monde pendant quelques semaines. et pa!t
toadain il d!sparaK.
Je le soupçonne tort d'être monnoyeur et de venir ainsi de
temps à antre écouler le produit de son ingénieuse industrie, dit
M. de BavB. Ce qn'il y a de sûr, c'est qu un jour, chose in.
croyable.lnoute. it m'a prêté au jeu un billet de mMiefrancs. que
je ne lui rendrai jamais. D'abord Il devait être faus. Et puis cet
Impertinent bossn m'a dit en me le prêtant <t Ça m'amusera de
TonB redemander souvent ces mille francs-ià, baron! Qa'M Mit
tmnqniiie. il s'amuseralongtemps.
Plaisanterie à part, te marquis est un homme singulier. -dit
an autre intertecntenr, la vieille marquise de Maiiiefort, sa mère,
)m a laissé une beiie fortune, et l'on ne sait ce qu'il en &it, car il vit
M&~modestement.
Je l'ai vu autrefois, assez souvent, chez cette pauvre nndame
de Beaumesnit.
–Aprepes,ditmaatm,–WMB lavez qu'on la dit tM~ees-
tremM?
Madamede Beamnesau?t
Certainement; eiie doit être administrée dans la tourasa ~M
<h moins ce qu'on a répondu à mad.:s:e de Mtreeourt, qni, M
Mat M. s'OMt aKttee la porte da ~Mtet de BeaMmemB peamv~
<e9MMVe)ie<.
M &Mt atera qn'eMe t!t M iaBnar!ssaMe, cat eBe a pour m<de*
etn ta fameux docteur MMteha), aussi savant que eoanaaBd, ce q~
n'est pat pea dira
Pauvre femme c'est mourirJeune encore.
Et quelle immense fortune aura M fille 1 s'<!etta M. de Mer.
aaad ee sera la plus ttehe MUtiëte de Fraaec. et orphehae
par-desM: te marahé. qwet mereeae
Ea dtMat ces moM, tea yeax deM. da HonMtBd Macea~tteat cean
de son ami de Bav!).
T<m& deux t)res~M!fent !mpefcep~Nt)aeat, comme e! une M~
Mb!te leur était venue d'an seul tenant, ils s'etateat compris.
La phM rlcho Mfhi&re de FMaee 1
Une orpheline 1
Et une t<ttt<mf.. <ardterix!e. encore! a'ectiëMat les tMht
ast~t tntefh~MteuMavee MB nalf accent de c<)nvo!t!9e.
Puis fou tt'eax reprit, sans remarquer rechange de M6tfde at~
aexti&qui avait lieu entre M. de MoroMd et wm ami
Et quel âge <4-eUe, madeMoieeMede BeaamemHt
Quinze aoe peine, dit M. de tta~t, et puis si iaide. ai eM
ii~e, ajouta-t-il avec Intention.
Diable eM<w. a'est pa< deM~mia~ea~ aa eoatfaiM, dia
fca des caaseata d'ua air ~)tdiciemet tëNeeM.
Ah! <Me est trts4aide, reprit aa mtre M s'adreMaat t de Ba.
vous r~vez donc vus ?
Pas moi; mais me de mes tantes. a va cette petite an eoa.
w~t du StM~-Cattr avant que BeanmemB t'emateatt en Mie.
~tt ordonBanee des médecins.
Pauvre Beaumeaaa mourir à Nap!es d'unc chate de cheval.
vem dites. mon chef, reprit l'interlocuteurde M. de
BtvM, pendant que M. de Metaaad sembtait de plus en plus peatM,
–veas dites que mademoiseNe de Beaornesnit est tort laide?
Un vrai monstre. je ne sais pas même si eiie ne tombe pu
da baat mat, eoNtium de Bavit avec âne aftectatioa de dënisM-
t~nt ttts-marquee; par ià~teMaa. pottrinaire. pmMpt'aprèe la
iSNt <3 ~ameMBi te m<M«dB qui ta) avait aecempagnës à Napiea
8~<e'B M recoNdMit de rfM a! Bademoiseiie de BeanmeaaN
MMM& ea ~M)Me. fMe <an poitrmatre an dermef degra. wnM
dis-Je. au dernier degrd f
Une héritière peitdaaire? Mprtt aa Mtre d'un atr à la foi,
Mand et aM~eM mais c'eM ce qe'U y a au monde de p~déHeat, da
pha recherche.
Pardi~a. je vous emapteada, e'Mt évident cela, reprit de
Rt'tH, mala B faut au m~M qu'elle puisse vivre JaBqa't ee qa'en lé.
pMse. tandis qae, tr~-probaMemeat, mademoisellede BeanmftnM
Be i<tra pas: e!te est cmdamnëe :je rai entenda dire par M. de
la Rechape, son ptM prêche porent. M doit Mente savoir, pait'
qul tëriterait d'elle.
Peat-etre aussi, à cause de ce! Te!t-M tout en beaa.
Quelle chance pour madame de la RMeha!gae, qui aime tant le
hme.tesKtest1
Oa!, chet tes aotMt.
Ceat eManant, repHt an des interlocuteurs, n me Mmbh
qaej'ava~ entendu dire mademoiselle de ~aameBai! ressemblait
que
< M mère. qui a etë une des plus jolies femmes de Paris.
CeMe aeritteM est d'une laideur atroce, Kprhde RavM, je vous
t'aNeete. et ~e ae sais pas même si elle n'est pas contrefaite.
Qaaat à moi, dttemm N. de Moraand en SMtaat de sa Te.
wrte, d'autres personnes m'ent patM de madememeBe de BeMb
mesna comme en parle de RarM.

MM?
a
Ah eat mais pourquoi mOre ne t'a-KNe pas accompagnée ea

Par« que la pauvre femme était déjà atteinte de cette maladie


de iaegMW à laquelle il paratt qo'eMe Ta succomber. L'on dit d'ait.
leurs qa'eMe a eu on affreux chagrin de ne pouvoir suivre xa CMe t
Naptes, et qae ce chagrin pourrait bien eoBtribaer à rendre son état
désespère.
–Bpa)rattrattahnw,–d!tar'mtte,qaehearemBs!catedadM'
tenr Bapoat n'a pas ea te sacees qoH espérait3
QaeMe emre masicaM
Sachantte gom bien eonna de madame de Beaumemitpear ta
mashme, le docteur, pour calmer tes MuCraoees de sa matade et la
&sMtre de M langueur, lui avait couseiM, diKM), de se. faire
teaef ee ehanterdes morceaux d'une musique douce et suave.
Mdee n'était pas mauvaise, quoique MnoMveIde do Saut et da
BttM.–ditdeBavH.
Eh bien qu'en esUt resuM?
Madame de tteaumesnii aurait d'abord ëpraw~, dit on,
aae aorte de distraction, d'adoucissement; mais sa maladie a repris
ta dessus.
On dit aussi que la mort cruelle de ce pauvre de BeaumesnM
< porté un coup terrible.
Allons donc s'écria M. de Momaod en ricanant et haussant
ha épaules; est'ce qu'ellea jamais aimé BeaMmesaH, cette femme-
S! Elle ne l'a épouse que pour ses miMions de millions. Et dait'
team, étant jeune 6Me, elle a eu je ne sais combien d'amants. Somme
toate, reprit bl. de Mornand en gonflant ses joues avec une attec-
lation de dignité méprisante, madame de BeaumesnM est une
femme tarée. perdue. et, malgré la fortune énorme qu'elle lais.
sera. un galant homme ne consentira jamais à épouser la fille d'une
pareille mère. une femme déshonorée! ) t
–MisëraNet1
S'écria une voix qui, sortant de derrière la touffe de Maa, sem*
blait repondre aux dernièresparoles de M. de Mornand.
D y eut d'abord un moment de silence et de surprise générali
puis M. de Romand, devenu pourpre de eo!ère, fit rapidementquel-
anes pas afin de contourner le massif.
Bne trouva personne: t'auëe, t cet endroit, formant Mn coude
assez brusque, la personne invisiblequi venait de prononcer le mot
de at&~ratb avait pu facilement disparattre.
M n'y a de misérables, dit à voix haute M. de Mornand en
revenant occuper sa place, H n'y a de miseraMes que tes gens qui
osent dire des injures sans oser se montrer.
Ce singulier incident venait à peine d'avoir lieu lorsque le son de
t'orchestre, se faisant entendre, ramena les promeneurs du eetéda
mhm.
M. de Mornam! resta <N)) avec de Bavit; eetni-ci lui dit
On ta appelé misérable. on n'a pas osé paraître, c'est Mm.
tféa partons p!as Mais m'as~N compris?
A merveille.Cetteidée m'est venue commeâ toi. suhitement.M
Gtoseetrange pendant quelques instants jesuis reste comme ëbtom.
&seine. par cette pensée.
Plus de trois mittitmsde Mates heiat quel miaistte ineermp~
Me ? faraia?
Tais-toi. c'est à devenir fou.
par Farrivée d'oa tier*
Cette conversation intime rut suspendue
Importun, qui, s'adressantà M. de Momand, M dit, avec la plus
exquise petitesse a
Monsieur, voûtez vons me faire la grâce de me servir de vis'
a-vis?
A cette demande, M. de Mornand recula d'un pas sans répondre
an mot, tant sa surprise était grande, surprise concevable si l'on
songe que le personnage qui venait demander à H. de Momaad de
lui servir de vis'a-vts était le marquis de MaMtefort, ce singulier
bossu dont on a déjà plusieurs fois parlé.
Un autre sentiment que celui de la surprise empêchait aussi M. de
Momandde répondre tout d'abord à l'étrange proposition du mar-
quis, car, dans la voix maie, vibrante,de ce dernier, M. de Mornand
erut un instant reconnaitre la voix du personnage invisible qui,
quelques moments auparavant, t'avait traité de MMra~ torsqu'M
s'était exprimé si durement sur !o compte de madame de BeaumesnB.
Le marquis de Maiiietbrt, ne paraissant pas s'apercevoir du silence
et de l'expression de surprise désobligeante avec lequel M. de
Mornand accueillait sa proposition, reprit du même ton de parfaite
poUtesse
Monsieur, voûtez-vous me <aire la grâce de me servir de via-à*
wh pour la prochaine contredanse?
A cette demande réitérée, demande d'auteurs étrange, on le ré-
pète, si Fon songe à la tournure de ce danseur en expectative,
M de Momand répondit eu dissimulant à peine son envie de rire
Vous servir de vis-à-vis, à vous, monsieur?
Oui, monsieur, reprit le marquis de i'air du monde le ptm
mit.
Mab. monsieur. eo qae vous me demandez là, reprit M. de
Momand, est, permettez-moi de vous le dire. fort deHeat.
Et fort dangereux. mon cher marquis, ajouta le baron de
Ba~O en ricanant à froid selon son habitade.
Qaaat &<??, ba~a, M reposait en seonantH. deMaNe'
t~rt, je pourrais vous fuite une question non meim tMtieaM.
et peut'~tre p!us dtngerease quand me rendMX-~OM la mH!e
&anes que j'ai en le bonheur de vous prêter au jeu?.
Vous êtes bien enrieM. marqua.
Allons, baron, rdpoudit la bossa. ne traite' donc pas tes de'
Mata bons mots de M. de Taneyrand eomme ~<Mtt Mitet !M biBetB
demtMeffanca.
Quentendez-vouspar !&, marqua?
Je Max dire, baron, que les uns ne vous ee~att pu plu à
mettre en circulation que les aottes.
M. de Ba~U se mordit les tewea et Mpdt:
Cette explication ne me satisfait pM preetaement, monatmt !e
marquis.
Vous avez le droit d'etM diMeno en fait d'e<p!ieatt<HM, e'ett
vrai, baron, répondit la bossu avec ua accent de hautain perd-
Hage; mah vous n'avez pas te droit d'être indiscret, et vous t'ctee
beaucoup dans ee moment. J'avais l'honneur de causer avec H. de
Momand, et vous venet vous jeter à la traverse de notre entretien.
e'est très dësagreaMe.
Pais, s'adressant t M. de Homand. le bossu reprit
Vous aviot donc la bonté, monsieur, de répondre & la demande
que je vous faisais de me servir de vis-à-vis que c'était. tort deH-
eat, je crois î
Oui, monsieur, reprit M. de Mornand, sérieusement eeMe
fois, car un pressentiment lui disait que la singulière proposition da
bossu c'était qu'un prétexte, et plus il écoutait sa voix, ptus il croyait
reeonnattre celle qui l'avait traité de misérable. Oui, monsieur.
~onta.t-H donc avec une assurance mêlée de hauteur, fat dit
qn'it était fort déiicat de vous servir de vis-à-vb.
Et pourrai-je, monsieur. MM trop de curiosité, wus de-
mander pourquoi?
Mais. monsieur. répondit M. de Moraand en hésitant,
tarée que. parée que. je trouve. qn'it est singaHer. de.
Et comme M. de Nemand n'achevaitpas
Monsieur, lui dit attégrement te marquis, j'ai une exee!-
taMe hatatude.
Laquette, monsieur?
Ayant t'inconvénieat d'être bossu et eaatéqaemmemd'être <~t
tMtede. fa! pf!s !c parH de me réserver exduMvemeat le dt«H êe
ate moquer de <M tasse, et. comme j'ai h prétention de m'aeqatMaf
de es! ptaisantorieaà la satisfaction gen<ra!e. (eMasea, monsieur,
cette ~nuite.. t je a* penaeta pas. que t'oa fasse ttes-mat. ce que
je tais tres-Nea.
Monsiew. dit vivement M. de Mornand, je.
Permettez-moL.. un txempto. dit te~oant tfta-aM~fa-
tneat le BMr~oh, je vteBa vous demander de me faire l'honneurde
me Mfrhr de vis-~e. Eh bien 1. au Mea de me fependrepoM'
ment (M, otOM<otr, ou KM', mMM<<w, YOUS me repondee eu
eMnHhM de rire C'<t< <d~!<ca<do eeM Mretf de <<t'w<<.
Nt, quand je vous prie ea gf~cade compléter votre plaisanterie.
<m< doute amcMe par ma boBae. vous balbuties. vous ae trouve*
t!ea du Mut; c'est dëptoraNe.
Mais, BM!tf!eor, s'ecda M. de MerMnd, je veax.
Mats, monsieur, reprit la beMw en interrompant de nm<'
wm son Interlocuteur, ai, au lieu d'être poli, vout vouliez eMw
plaisant, que diable dn moins H fallait Mire, me dire qoeh~e chMe
d'MMB dr6!omoGt impertinent; ceci, par exemple « blonsieur da
ihiOetbrt, j'ai l'borreur des suppiicea. et je n'aurais pas la force
d'assister à celui de votre danseuse. Ou bien encore ceci
Monsieur de HaiMefort. J'ai beaucoup d'amour-propre, et je ne veux
pas m'exposer avoir le désavantage avec vous dans le <hM d <fo< a
Vous voyez donc bien, mon cher monsieur, reprit le bossa avec na
eedoubtementde jovialité, que, me moquant de moi-même mieux
que personne, j'ai raison de ne pas tolérer que i'ou fasse grossière-
ment, maladroitement. ce que je fais de bonne grâce.
Voua dites, monsieur, reprit M. de Mornand avec tmpa-
t!enee, que vous ne tolérez pas.
Allons donc, Mornand. c'est me plaisanterie, s'écria M. de
BavM. Et vous, marquis. vous avez trop d'esprit pour.
D ne s'agit pas de cela, reprit M. de Mornand. Memleat
dit qa ne téterait pas.
Que t'en se moquât de moi,–dit te marqme,–non, pardioat.
menaieur.jenete tolère pas. je le répète.
Mais, encore une fois, marquis, dit de ttavH, Nomand ala
awmr. n'< pas ea aa BMtaat la paneee de se <M<pM)p Je veae.
-.VM:î.tMea.
–BMMm!1
B!ea wa!, men vrai, baron!
Mais certainement!
–Atara, reprit 1o cMrquis, que monsieur me tassa !a grâce de
m'expliquer ce qu'il entendait par cette repensa à ma demande s
C*M< <<î<)!<eat.
Mais c'est Mut simple. je vais.
Mon cher de Ravil, dit M. de Mornand en interrompantson
ami d'une voix ferme, ta vas beaucoup trop loin puisque M. de
MaMefMt procède par sarcasmes, par menaces, je ~e convenable
do tut refuser toute explication. M. do Matttefort peut donner à mes
paroles le sens. qui lui coowiendfa
Oh ch donner un Mas a vos paM!os ) dit <o bossu riant, je ne
me charge pas d'une telle tache, c'est l'affaire de vos honoraNcacol-
!egna~ de la Chambre des pairs lorsquo vous tfMr débitez un de ces
superbes discours. que vous avez ta particularité do comprendre.
Piaissons, monsieur, dit M. do blornand poussé & boat,
admettez mes paroles aussi insolentes que possible.
Mais tu es foui s'écria de RawH, tout ceci. est. ou sera
d'au ridicule achevé.
Vous avez raison, mon pauvre baron, dit le marquis d'un air
na!fet contrit, cela peut devenir d'un ridiculeénorme, effrayant.
oour. monsieur; aussi, voyez comme je suis bon prince, je me
eontenterai des excuses. suivantes, faites à voix haute par H. de
Mornand devant trois ou quatre personnes à mon choix a Monsieur
le marquis de blaillefort, je vous demande très-humblement et très-
houteusemeut pardon d'avoir osé. »
Assez! monsieur! s'écria M. de Mornand, vous me sup-
posez donc bien iache. ou bien stupide?
Vrai? vous me refusez cette réparation, dit le marquis en poas-
s<M un gros soupir d'un air railleur, vous me la refusez. ta.
positivement?
Eh! oui, monsieur, positivement, s'écria M. de Momand,
tt~s-posithrement!1
Alors, monsieur, dit le marquis avec autant d'aisance que de
putaite courtoisie, je me crois obligé de terminercet entretien
ainsi que je t'ai commencé, et d'avoir de oouveau, monsieur. t'hon.
Mar de vous dire FMM.emM tae/MMht grdce <b me«rMf &
<M~?.
Comment? mMsiaw, votre vis-a-vts' dit N. de Moraand
<bi)M.
Maa vh'a-vis. dans une Mn~r~oMa d ~<!Mie,
<– ajouta le
bM§m avec un geste expres'.if. vos ccMpffnoz?.
Un dud.avec «'as? s'écria M. de Mutuand, qui. daas le
premieremportement de ta eo!ere, avait oublié la position exception
nulle du' bossu, et qui seulement alors aongeah à tout M qu'it pou.
<a!t y a~r de ridicule pour lui dans une pareille rencontra.
Aussi repata-t- s
Un duel avec vous, monsieur? 5Ms.
Allez-vous me rjpondro contme tout & t'heurc, reprit gaie-
ment le bossu en t'ioterrompant, que cet autre vh-a-vis est <fej!
~Hcatf. au trop donge!' M~, comme disait votre ami de Ra\UÏ
Non, n)ens!eur. la aa tf<wrcfMs pas cela trop dangcreax.
e'~cria M. de MMfnaMd. mais ce serait par trop ridicwtc.
Eh 1 mon Dieu c'est ce que je disais toot à t'heuro à cet bon*
acte M. de Ravit. ce sera d'un ridicuie énorme. effrayant. pour
Wts. mon pauvro monsieur. Mais que voulez-vous?
Eo vérité, messieurs, s'écria de BavH, je ne soutfrirat jt.
mais que.
Pnts, avisant GeraM de SennetcfM qui passait dans te jardin, it
ajouta
Voici justement te duc de Senneterre. le Ms de la maiMa; it
va se joindre à moi pour terminer cette Me querelle.
Pardien, mess~MB, reprit le bossa, te due arrive à mer-
teitte.
Et, s'adressant an jeune homme, li M dit:
Meratd, mon cher ami. venez à notre secours.
Qu'y a-t-il, monsieur le marquis? répondit Gerald avec aae
expression d'affcctueuse déférence.
Vous avez des cigares?
Excellents, monsieur le marquis.
Eh bien! mon cher Geraid, ces deux messieurs et moi, MM
moarens d'envie de fumer. Ations faire cette petite débauche dM<
votre appartement.
A merveille, répondit gaiement Gerald. je n'ai aucune m-
Vttatim pour <eMe coatfedanse. ~e puis donc disposer d'an quaK
d'heure.

T.1
–C'est aotaat da temps qu'il noua en faudra, –d!t !e hoM~Ot
tétant un regard sign'm'atif da Muro.'nd et a do Ravil, qui. n~aH-
mains. ne comprirott j'at davautapc «u )p mar'jtt~ t'n vu))) 'tt atrh'ef.
Ve))t')!('o'), topi'stcMfii? itjouta le bos'')) 0) (tt'cnHXt le htaada
GefaM. et pr~ti~axt le min~<ye en &fFbt et titM) !«))!
&) q))f!ft')ca ~ecoottc! tca <~atre personni'eeit ar< ivërfat dans rap*
pitttemext da Uetatd. sttu~ au ee<:<tud étage da la maison de sa mère,
et composé de trois piècus, tlouc )'Mf)e <!t!<!t fort grande.
Le jeune (tucayaxt ptttimt'nt prid MM. do Moroand et do Mavtt de
passer les pronifrs, M de M.tittcfurt dit a Hcrattt. en d'omaot un tour
da e)ef la serrâto de la ('m ta. et ex toettautla etffdatHsa poche
Vous pe) nMttex, ntt'o e))er ax)) 7?
Faat~oo! dcoe fermer cette porto & douMc <ear, n)OM!<iW le
marquts? ))!< dit Ucratd très surpris.
–AOa. de M'être pas derattgcs,–répondit mystérieusement te
bossu, et de poovt'irhtn'er.. trHnquitteox'nt.
DiaMe wot êtes !)0)))me de précaution, monsieur temarquh,
d!t<!er.dd en riant.
Et Il intrud'tisit MM. do Mornand et de Kavi) dans la pièce du fond
qa!. beaut'o)n' p))ts grande que les deux antres, servait de salon et de
cabinet an jt'nne ttue.
A t'nne des boiseries de cette pièce, on voyait une sorte do )arge
dcussou recouvert df velours rouge, sur !e))uet se détachait une pauo'
plie d'armts de guerre, de chasse et de combat.

Vi

H. de Mornand, en voyant le marquis de Maittctbrtfermer à douMe


tonr ta porte de t'appartement. avait à pell près deviné t'intcntioc de
tossn. Bientôt cetui-ci ne taiMa pas te moindre doute sur sa rësoht.
6ou d0'ou:).)< sa cravate, il ôta son gilet et sox habit avec une
prestesse singulière, à l'ébahissement croissant de Gerald, qui weMa
de pnndMïngcaamcBt mr !a cheminée son coffret à <it~r~.
Le oxrqms, montrant ttara da do!«tdeux <p~e< de combatMSpea*
{:aes avec h's autres armes do ta pauopHa. dit au jeHae due1
Mt')t t'hor Uorah). ayox ta bfMt<! <ta tHCMfet ces ëp<'M a<e<: M. de
n<MH et d'offrir t.' )'<us h«tgwe à mon adwrxatra; si e!!o& sont indga-
)88. ie M~aFfau~er.)! da tt* ~tM e<M)He. Eh! eh on ceauatt le ~fa-
verbe. !« !)<'M(M ont te< bras tengt.
Comment, ~crta Gerald, cea ëpëest.
Certainement, mon cher amt. Ea deux mots, volet h chose.
NmMtewt (et il ~s<gna da Montant!) vtent ~tre très-sottement hnpef
<!aeM a mon égard. H m'a re!M des excoses. i< m'en ferait à cette
heure que je Me tes aeeeptcTah p)M. NuM~ aMons donc nous battre
~w serez Rien <<fno!n; M. de Mavit sera celui de M. de MoraaMd;
nous aMans être M comme des sybarites.
Pats. s'adressant à M. de Momand,le marqua ajouta:
AHeus, monsieur. habit bas. Seratd a'aqa'uaqaattd'
à nous donner. meKons-ydu ta discrétion,
Quel dommage qu'Olivier ne soit pas témoin de MMe txœM
M~tte!–pensa Geratd. qui, reveau de aa stupeur, trouvait. en étowdt
et va)enrenx ({:'r<;aK qu'il était, !'a<ettH)re d'autant plus p~uaMM
qu'il éprouvait peu do sympathie pnur MM. de Mornaud et de RawM,
et qu'it resMt'tatt oue grande affection pour le marquis.
Le bossu ayant fait sa déclaration d'!mmin<mte hostilité. M. de
Rt~Mdit à Geratd d'on air parfaitement convaincu
Vous Beatez bien, moMs!eur le duc, qu'ua Mt duel est ha-
possible.
Impossible! pourquoi cela, monsieur? demanda sechomeat
l'ancien maréchal des logis aux chasseurs d'Afrique.
Merci. CeraM.–dit le marquis. Les épées, mon chef ami
wHe.tesepees!1
Mais, encore une lois, un tel duel dans la maison de Btadaias
totre mère? Cela ne ee peut pas, monsieur le duc, dit de RavH eB
wayant Geratd se diriger du cote de ta p~nopHe et y décrocher dem
epécs de combat qu'il examiua sttigneu'empnt. –Songez-y denc,
monsieur le dnc. refrit de RatH avec une nouveHe insistance,
wa daet. daM une chambre. chez vone. pour le motif te p!m
!Mi!e..
~&
~e snis sent jage, monsieur, de !a convenance de ce aai ae nassa
~eB~~ep~t~~M~t~~ya mm~m~!
pareib. t!ean'est plus simple et plus eemmoae.a'Mt.ea ~s, mot*
sieur de Hornaod?
Ce!~t, ainsi taterpeiM, repondit
Tout endroit est eouveMabto pour venger uneoHense, meas!eM
te dac.
Bravo! !o CM a'eat pas mieux dit, s'eerh te hoasu.
!AtoM, mon cher monsieur de Moraaad. w!<e. habit bas. V~e<
'donc, M faut que ee soit moi. moi qui ne aub pas absolument b&t!
~mmo t'Apu)!en du Betv~d&M. qui sois te premier & me mettre en
'chemise. La partie n'est pas agate.
M. do Hornam),poussa à bout, &ta son haMt.
Je dtictaM que je ne serti pas ttn)o!n d't'n duel pareil! a'~erh
H. de Ravit.
A votre atso, reprit !c hossM, J'ai la clef de la porte dans
ma poche. Rfgardex par la fenêtre et tamboxrittox'Mtms sur tes
vitres un petit a!r de bravoure. ça ae sera peut être pas d'uu mou-
dits effet ponr M. de Mornand.
De RavH, s'ecr!a t'advcrsahe do marquis, je t'en prie.
mesure les ëfees.
–TM teveax?.
Je le veM.
Soit. mais tu es foo.
Puis, s'adressanta Ger:t)d
Vous prenez )à, monsieur, une bien grave responsaMMté.
Cela soMt, monsieur, réponditGerald en mesMrant les epeea
avec de KawM, pendantque M. de MenMad &ta!t son habit.
Le marquis, en rappelant ce proverbe LM toM<Mon< te< bras <oM~<,
avait dit vrai, car, brsqn'H releva la manche de sa chemise pour la
nmtet et l'assujettir au-dessus de la saignée, it découvrit un long
bras velu, maigre, nerveux, et sur lequel les veines saillissaient
comme un réseau de cordes, tandis que le bras de son adversaire
était gras, et pour ainsi dire d'une mottesse informe.
A la manière dont tes deux champions tombèrenten garde, et doat
its engagèrent leurs fers, après que Geratd, ayant coasuHë de Ravit
du regard, leur eût dit jtHM. meMteMft. t'issue de la rencontre M
pmvait être douteuse.
L'en voyait assez que M. de Momand était, si cela peut se dire,
eaaeBaM~at Nra~ de ~etfe brafware <pt'U est impea~Me m t
tMHMM Mea e!a~e de ne pas montrer, tuats M était ~MMemeM ia.
qotet son jeu, d'une prudence excessive, daamait nne certaine eon-
naissance de t'e~crime: enta~aMt à peine son fer, rompaMt pMfte'
ment, se tenant autant qx'tt ta pouvait hors de portée, et, MMJows
sur ta défensive, it parait passablement, ttpostah a~ee thMidtté <H
n'attaquat~amats.
Ba moment <teHavMetCeraMm6tne~MntdpaM<aM&<!et'expMss!ot
de haine, de MraeM, qui changea la physionomie do marquis, jus-
qtt'atoMgate.faiMausB, mais nullement méchante, car soudain, les traits
eaatfactës par une rage sourde, H attacha sur M. da Mornand un ro'
gard d'«MQ si terrible axitë en mahf!sat)t vigoureusementle fer de
son adversaire, tout en marchantà t'~a sur lui, que Gerald tres-
sa)Mt.
Mats, redeveuant tout à coup, et comme par renex!oa, ce qu'il
avait été au commencement de cette scène étrange, jovial et mo-
queur, la bossa, à mesure que ses traits se détendireMt, ralentit sa
tedea~Me marche à t'epee; puis, voulant sans doute terminer cette
~Montre. il Ct une feinte en dedans des armes M. de Moraand y
répondit ingditument, tand!s que son adversatre, tirant ea dehors,
lui traversa le bras droit.
A la vue du sang qui coûta, GeraM et de Ravit s'avancèrent en s'e*
eriam
C'est assez, messieurs. c'est assez.
Les deux champions baissèrent leurs épées à la voix de leurs M*
moins, et le marquis dit à haute voix
Je me déclare sathtait. je fais mieux, monsieur de Mornand,
le vous dea'andetrèshumMement pardon. d'être bossu. C'est la
seate excuse que je puisse ratsoonat'tcment vous offrir.
Cela suMt, monsieur, dit M. de Mornaod avec un sourire amer,
tandis que Gerald et de RavM, à l'aide d'un mouchoir, bandaient la
phie dn blessé, ptaie peu grave d'ailleurs.
Ce premier appareil posé, les deux adversaires se rhabillèrent;
N. de Maillefort dit alors à M. de Mornand
Veudrez'voos, monsieur, me faire ta gràce de m'accordertm
moment d'entretien dans la pièce voisine?
Je suis à vos ordres, monsieur, répondit M. de Morm'nd.
Vous permettez, GeraM ? demanda le bossu au jeune due
Certainement, répondit eetui-ei.
H. da tMth~rt et M. de Mormnd <Nmt seatadans la ehambM <t
ecacher de Ceratd. te bossu dit da son air teste et moqueur t
QtMuqu'M soit da m:)uva!s ~oat de parter de su ([en~rotite, mots
cher moM~ieur. Je suis ohti~e de vous e<tM<~s9f qu'an mmxoat j'ai ea
eawta do tout Mep, et quo ftcM ne ta'e~ été plus heHe.
n Mtah aMf de vatra avaataga,moMtear.
Oui. mata j'al ~aA:M.
Et quoi. monsieur'
-Vous me permettrez de ne pas wat cavftf toat t fa!tmoa emof,
ctdeMuspderaeutemeotdocoa!t!dërefceHBaMeatcouttd'<!)~acom<Bt
quelque chose d'anatesue & ces Mm<!morat)~ au moyou desquels ea
aMe A sa mémoire en ceM.oe9 eifcoMtanMt.
<e ne was comprends pas du tout, monsiear.
–Ven9 m'eccorden bien qocsonMnt raa )Met MM petit morceaa de
papier dans M tabatière,ou, et t'en ae prise pas, qao t'on fait un Noeudà
sea mouchoir, aûa de se rappeler. un readet-voM~, une premeMaî
Out, monsieur. easai'eïP
J at douc tout Mea d'espérer que, moyennant la piqûre que ~e
~tens de vous fatre au bras. en guise de rem~aoratit, la date de ce
jour ne sortira jamais de votre mémoire?
Et quel intérêt, monsieur, avez-vous à ce que je n'oublie pasb
date de cette jouruëe ?
Mon Dieu. c'est bien eimpte. Je désirais axer la date de ce
jour dans votre souvenir «une m <niore ineffaçable. parce qu'il est
possiMe. que plus tard j'aie à voua rappeter tout ce }Me MM eeM
dit <hnM eeKe maMn&
Me rappeler tout ce que j'ai dit auioard'but!
Oui, monsieur, tout ce que vous avez dit ea présence de tëmotBs
~ecusaMes. que j'invoquerais au besoin.
Je vous comprends de moins en moins, monsieur.
Je ne ~ois, quant & présent, aucun avantage à ce que vous ma
compreniez mieuz, mon cher monsieur; vous me permettrez doae
d'avoir l'honneur de vous présenter mes iMS-humMes eivUitëa, et
d'itHer dire adieu à Geratd.
D est facile de deviner la cause réelle de ta provocation de H. de
Maillefort A M. de Momand était ta façon !ns«ttaHte avec !<tueMf ce
dermet avait par% de madame de Beaumesn't, car ses soupçonsne t?
ttampa~M pas. c*<tat<ta bassM qui, Invisible,et entendanUes ~s*
slères parles de M. Marnai, aoot efio AÎMrabte~
Maintenant, pamqnoi M. de Naitkfort. toujours d'une si franche
hardiesse, avait it du emp<M~er un moyen dMtwrn~, M servir d'un
Cttite prétexte pour venger t'inMtUo faite & madame de Ceaun<e*'uit?
Dans quoi bot voutatt-H pouvoir rappcier plus tard à M. de Morn.tnut
tadato~ cette journée, et tui demander peut-être compte de tontea
qai avait été dit devant des témoins tr~eu~aMes?
C'est ce <)u'tM.)tfcira ta suito de ce f<Mt.
Le marquis de M:d)tefort venait de prendre €«ng~! de Gerald, to~'
qa ~n des gens de sa txbre lui touh la lettre suivante, qu'Olivier lui
terivait te matin Ntcme

< Mon bon Gerald, !'))on)me propose et Dieu dispose (pardnn da ta


tentencoh or donc, hier soir, le btMt Bien, t'ren~nt ta forme de moa
brave maltre matON, a décidé que le m'en irais, pendant quinze
jours ou trois senMines, & sh )ie"es d'ici cela ttteomtrariefurt,
car notre bonne partie d'apres-d''n))un oc pxxrra pas H\oir iieu
< S~riPtMt'ox'nt voici ce <)"i artive mon mahre )n:~o)t est peu
fart sMrtec.dco); it s'est h'))t')))cm )!)))tt)o))i))t!d:)t)sses<'0)npt''s en
faisant le retftd de travaux cx<!< utcs dans "n t hAtean près de Lu.
zarehes, qu'il lui est inn'ossiMt! de se recoonaitre au miiit'M de ses
Botes, et & moi do porter la moindre tumitre dans ces ténèbres, it
faut donc que nous allions procéder à une foule de toisés, dont je
prendrai note ann d'éviter de nouveaux iogogriphes; ce travail m'o-
Nige à une assez longue absence. Do reste, mon mattre maçon est
an ancien sergent du génie. brave et bounète homme, simple, na-
Mrct; et tu sais que la vie est facile avec des gens de cette nature.
Ce qui m'a encore engagé à aller l'assister, c'est qu'autant que j'en
ai pu juger il se trompe à son désavantage la chose est rare, je
ne suis pas fâché d'aider à la constater.
<: Je quitte mon bon oncle (dis?. quel cceur d'or!) avec une ter-
rible anxiété. Madame Barbancon, ramenée chez nous par la belle
Mtture de la comtesse de Be-'umesnit, est depuis hier dans nn état
alarmant. sunont pour les modestes repas de mon oncte elle n'a
pas une seule fois prononce le nom de Buoma~orte; elle est tout
mystère; etto s'arrêta pensive dans le jardin, et inactive dans sa
cuisine. ette nous a donne ce matin du lait tourné et des cents daMt
< Poae, <T!< t te!, mon bon CeraM, s'M te prend fantaMo d'anet
atangar A PoMMnatMdu viewx matin. Ba reste, évidemment, ma-
dame Barbançon brute du désir de s'entendreinterroger sur t'!nct'
dent d'Mw soir, afin d'<!re amende à oae in(!!scKiti<tM. Tu josea
combien taon oncle et moi nous sommes au contraireréserves a ce
«tjet, par ceh même qu'il y a qt)etq<M) chose de s!ngot!er, de ça-
rieux même dans l'aventure.
t St. pendant mon absence, ta peux disposer d'un moment, vu
voir mon oac!e. ta M feras le pms grand ptaisir. car je vaia
bien lui manquer. Je ne puis te dire combien H t'aime déjà pauvre
et digne soldat! Quelle menaMe hontë'qoetccBurdfott il y a sous
cette simple enveloppe! Ah! mon cherGora)d, je n'ai jamais am.
Mtionnë la fortune mah je tremble en pensant qu'à son âge, et
avec Ms !n0rmites, mon oncle aura de plus en plus de peine à vivre
de sa petite retraite. malgré toutes les privations qn'M supporte
courageusement.Et s'H allait tomber midade?. car denx de aet
blessures se rouvrent souvent. et, pour les pauvres gens, c'est si
cher la maladie! Tiens, Gérald, cette pensée est crnene.
a Pardon, mon ami, mon frère. j'ai commencé cette lettre gaie.
ment. la voici qui devient triste.
< Adieu, Gerald, à bientôt. Ecris mot à Luzarches, poste te<'
tante.
< A toi de tout et bon coeur.
< Ou<tn RAwotm. w

VI!

te MM du Jour o& avait eu lien ie daet deN. de Mait!efbrt, vers tes


sept heures et demie, alors qoe le soleil commençait de décliner aa
mMiea de nuages sombres, épais, qui présageaient uue s irëe plu-
~iease, car déjà tombaient quelques rares maislarges gouttes de pluie,
une jeune fille traversait la place de la Concorde~ se diriqeaat vers te
&mtMarg Saint-Honoré.
Cette~<ma CMe partait sous son bras gauche deux oaMers de KM-
t!qne dont les reliures tances attestaient tes tong:. services; à la mata
droite, elle avait un petit paraj'tuie dont elle s'abritait; M mise, dt$
plus modestes, se composait d'une robe do soie noire, d'un man-
tetet de pareille ëtatfe, et, quoique le printemps fat <MJa avancé, d'un
chapeau de castor gr!s noué sous son meutoN par ua !arge raban
quelques légers NocoM de cheveux d'un blond charmant, agités par
te vent, dëbordatenHapasse étroite dapet)tchapeaadecène jeune 6He,
et encadraient un frais visage de dix-huit ans au plus, alors empreint
d'une profonde tristesse, mais rempli de grâce, de modestie et de di.
~nitë; cette dignité, pour ainsi dire native, se retrouvait encore daas
t'expression mélancoliqueet fière des grande yeux bleus de cette jeaao
6He sa démarche était ëiëgante. légère, et, quoique son ample maa.
te!et dissimutat sa taiMe, elle semblait aussi parfaite que souple et dé.
gagée. Enna. bien que ses vêtements annonçassent leur vën<stë par
la mollesse d~' leurs pUs et par une espèce de lustre terne (si t'en
peut employer cette antithèse), ils étaient si merveilleusement pro.
près, et poKë~ avec âne si rare distinction, que l'on oubliait leur
qNMi-pauvre~.
La jeune ti))e, voataat traverser un rotsseaa, releva un peu sa robe;
aussi, lorsqu'elle avança son ioii pied, chaussé de brodequins bien
eMs, à semelle un peu épaisse, elle laissa voir un bas de coton d'une
blancheur de neige, et le bord d'un jupon non moins éblouissant,
bordé d'un petit tulle de coton.
Une pauvre femme, tenant un enfant entre ses bras, ayant mur.
muré quelques mots d'une vois implorante en s'adressantà la jeune
Nie; ceUe-ei, qui se trouvait alors au coin de la rue des Champs-My-
eees, s'arrêta, puis, après un moment de naif embarras, car ayant tes
deux mains occupées, l'uue par son parapluie, t'autre par ses cahiers
de musique, eue ne pouvait fouiller à sa poche; !a jeune Nie plaça
pour un instant ses cahiers sous le bras de la pauvresse, et lui mit
son parapluie dans la main. Ainsi abritées, e!ie et la mendiante, la
jeune niietira de sa robe une bourse de soie, ota un de ses gants,
prit dans la bourse, qui contenait au plus quatre francs en menue
monnaie, une pièce de deux sous, et, presque confuse, dit à la men-
diante d'une voix d an timbre en'hauteur.
Tenez, bonne mère. pardonnez-moi de ne pouvoir voes eBtir
amanta<e.
Bt, jetant aa regard attendri sur la figura étMee da pella <tM que
b mendiante serrait contre son sein, eUe ajouta 1
–Pauvre (ht'r enfant. que Dieu vous te conserve.
Et, de sa main déiicate et blanche, déposant sa modeste aumône
dans la main amaigrie que la mendiante lui tendait, et qu'eMo trouva
moyen de presser iégèrement, la jeune (Mie remit son pauvre petit
gant, bien souvent recousu par eue, reprit son parapluie, ses cahiers
de )t)))s!que, jeta un dernier regard de tendre commisération sur ta
pauvresse et continua sa route en suivant la rue des Champs-Etysoea.
Si nous avons insisté sur tes détails de cette aumône, dët-'its peut-
être puërits et) apparence, c'est qu'ils nous semblent significatifs
ce don, quoique bien minime, n'avait pas ëtë fait avec hauteur ou
distraction, la jeune atto ne s'était pas contentée de laisser dédai-
gneui.ementtomber nae pièce de monnaie dans la main qui l'implo-
rait. Et eompreudra-t-on enon cette nuance, sans doute insaisissable
à bien des esprits pour offrir son aumône. la jeune fille s'était dé.
ganter. comme eue eflt fait pour toucher la main d'uue amie.
Le hasard voulut que M. de Havit, après avoir reconduit chez lui
son ami. ië~ëremeut Messe (M. de Moruaud demeurait daus ie quar-
tier de la MaueteiMe le hasard voulut, disons uons, que M. de Mavu
se croisât sur le trottoir de ia rue des Champs biysëes avec ta jeune
Cite. Frappe de sa beauté, de sa tournure distinguée, qui contrastait
ah~uiièrementavec la pins que modeste apparence de ses vêtements,
cet homme s'arrêta une seconde devant elle, !a toisa d'un regard
cynique; puis, iorsqu'eue eut fait quelques pas, il se retourna et
b suivit, se disant, en remarquantte cahier de musique qu'elle por'
tait sous son bras
–C'est qnctqne vertu du Conservatoire.pour le moment égarée.
La jeune fille entrait dans la rue de l'Arcade, rue alors peu habitée.
De Ravit hâta le pas, et, se rapprochantde t'inconaue, U lui dit in*
Mtemment
Mademoispue donne sans doute des leçons de musique? Vea*
drait-elle venir m'en donner une. à domicile?
Et il serra le coude de la jeuue Nie.
C°tt'ci, effrayée, poussa un iëger cri, se retourna brnsquememtt<%
~<M)qoe ses joues mssent empourprées par l'émotion, elie jeta sur
<hH!avuan regard de mépris si écrasant, que, malgré son hn~aMae~
cet hmme M6M les yeux et dit à t'tacemme en &1acBmat deva~
elle d'un air de déférence ironique
–Pardon. madame la pWnMMe.je m'étais trompé.
La jeune fille commua son chemin, affectant, malgré sa pénible
tanMtë. de marcher traaquMiement la maison ou elle se rendait se
trouvant d'ailleurs très-proche de ?.
–C'est égal, je veux la suivre,–ditde Ravil.- Voyez donc cette
donzelle, qui, avec sa mauvaise robe noire, sa musique sous te bras
et son parapluie à la main, se donne des airs de duchesse
Cet homme faisait, sans le savoir, hne comparaison d'une justesse
extrême, car JIfefaMtWe (la jeune Bite s'appelait ainsi et n'avait pas
d'autre nom, la pauvre enfant de l'amour qu'elle était), earBerminie,
-disons-nous, était vraiment dwd~MM, st t'on entend, par ce mot,
résumercette grâce, cette élégancenative, qui rehaussent encore l'in.
domptabtecnecen~naturelà tout caractère délicat, susceptible et Mer.
L'on a dit que bien des duchesses, par leurs instincts, par leur ex.
térieur, étaientnées hM'e«e<, et qu'en revanche de pauvres créatures
<te Wen naissaient duchesses par leur distinction naturciie.
Nerminie ocrait nno nouvelle et vivante preuve à l'appui de cette
opinion les compagnes qu'elle s'était faites, dans son humble con-
dition de maitresse de chant et de piano, t'avaient fMmitieremeut hap.
tisee la <h<c&MM: celles-ci let elles etaieut en petit nombre) par déni.
grement ou par jalousie; tes plus modestes existences, les plus géné-
reux coeurs, n'ont.Ms pas leurs détracteurs? ceites-tà, au contraire,
parce qu'elles n'avaient pas trouvé de terme qui exprimât mieux
l'impression que leur causaient les manières et le caractère d'Henni.
nie. Cette~i n'était autre, on le devine facilement, que la jeuue Sic
dont Olivier avait plusieurs fois parlé à Gerald lors de leur dtner
chez le commandant Bernard.
Bermime, toujours suivie par de Ravit, quitta la rue de t'Arcade,
gagna la rue d'Anjou, heurta à la porte d'un grand hôtel, et y entra,
échappant ainsi à h poursuite obstinée du cynique personnage.
-C'est singulier,–ditcelui.ci en s'arrêtant à quelques pas, que
diabteva faire cette jeune Mie à t'~Mte! de Be<tMmMM« avec sa as.,
tique sous le bras' Elle ne demeure certainement pas là.
Puis, après un moment de réBexton, de Ravit reprit
–Mais j'y songe. c'est sans doute le David femetie qui, par M
<tamM de sa musique, va tâcher de catmer tes douleurs de madaaM
da ~eaumeMtM quaut & tette-c!, t'oa ne peut guère la comparerau
bon roi SaM que pour ses Immenses richesses. dont MrtMra cette
petite Beaumesni! & t'endrottde qui mon ami MoruMnd ressent déjà
te phts cMpMo intérêt. M n'importe cette Jotiemasieipnne, qui
vteat d'entrer dans t'Mte! de la comtesse, MO tient au cwar. Je vat!'
tttendM) qu'elle aorta. !) faudra bien qaeje sache son adresse.
L'expression de tristesse dont le charmant visage d'Herminie etatt
«apreiat parât augmenterencore lorsqu'elle toucha le seoH de t'ht.
te! passant devant la loge du portier, sans lui parler, comme eût
<ait une commensale de la maison, elle se dirigea vers le vaste péri'
style de cette somptueuse demeure.
M était encore grand jour; pourtant, à travers le vitrage des fenê-
tres, t'en apercevait tout le premier étage splendidement ëciaife par
tes bougies des lustres et des candélabres doroa.
A cet aspect, la surprise d'MermMe se changea en angoisse iaex'
primaNe elle entra précipitamment dans l'anticbambre.
Là, eMe <? vit aucun des valets de pied qui s'y tenaient haMtneMe-
ment.
Le plus profond silence re~'aitdanscette maison, non pas bruyante
d'ordinaire, mais forcément animée par pu nombreux domestique.
La jeune fille, dont le cœur se serrait de plus en plus monta le
grand escalier, pais, arrivant aa vaste palier, et trouvant les portes
des appartements ouvertes à deux battants, elle put parcourir d'un
seul regard cette longue enMade de pièces immenses et magninques.
Toutes étaient briMammentHtxmmées, m:tis désertes.
La pâte ctarté des bougies luttant contre tes ardents rayons du so-
ie!! couchant, produisait un jour faux, étrange, funèbre.
Henninie, ne pouvant se rendre compte de sa poignante émotion,
t'avança non sans crainte, traversa plusieurs satons. et a'arreta
brusquement.
n M semblait entendrean loin des sangiotsetoutfés.
Enfin eUe arriva à t'entrée d'une longue galerie de tableaux for.
<at<H équerre avec les pièces qu'eue venait de parcourir.
A yexurémtté de cette galerie Berminie aperçut tous les gens de
FMtet agenouillés au seuil d'une porte aussi ouverte à deux battants.
Un terrible pressentiment épouvanta ta jeune nite.
~veitte, à la même heure, torsqu'.tte avait quitté madame de
BesmmesnM, cette-d était dans un état alarmant. mais non désespéM.
fb<s de doute. ces lumières, cet appareil solennel, ea tws'tbre si-
tenca, seulement eMtrecoapë de sanglots etnu<îës, auMoacaieat que
t'<t!) administraitles derMiers 8aere<NN)ts à madamede Beaomesnt).
et t'en saora Meat~ttes Meus scercts qui mtb~ieat ta comtesse & Mer-
Dlioie,
La jenne Mo, ëperdae de douleur et d'être!, aeMttt ses force.
t'atKmdonner. Elle ~t obligée de s'appuyer UM iastaM & l'une des
consoles de la galerie; puis, tàchant de dissimuler ses sentiments et
de cacher ses larmes. elle alla d'CM pas chancelant rejoindre te
groupe des gens do la maison, et s'agenoailla parn'i oax et comme
eux à peo de distance d'une porte ouverte & deux battants, qui lais-
sait voir t'iatëriear de ta chambre à toucher de madame de Beau.
Btesait.

VM!

Au <bnd de la chambre à la porte de laquelle venait de s'agenonit*


ter Berminie, parmi les gens de rhotet, on voyait, à la faible tueur
d'âne lampe d'atbatre, madame de Beanmesnit. femme de trente-huit
ans environ, d'une paiear et d'uae tuaigreor extf&mes.
La comtesse, assise dans son lit et soutenue par ses oreiUers, avait
!fs mains jointes.
Ses traits, autrefoisd'uue rare beauté. exprimaient un profond re-
cueillement; ses grands yeux, jadis d'an bleu vif et pur, semblaient
alors ternis; elle les attachait, avec une sorte de reconnaissance
mëiee d'angoisse, sarM. rabbë Ledoux, prêtre de sa paroisse, qui
tenait de M administrer les derniers sacrements.
Cn moment avant l'arrivée d Berminie, madame de Beaumeemt,
<&a!tsant eMCore le ton de sa voix, d~à bien épuisée par la seaf-
t~tace, disait ao prêtre
–Map' moapère. pardomtez-moi. maisaeemomentj<e'
tmnei. je ne pais m'emp~eber de songer avec ptas d'amar~meiat-
eeM à cette ptcvte entant. ma elle aussi. triste <rm< d~na ~ata
dentteremordsanëtrimavto.
–SHt'nec.madame.a~it répondu te prOtre. q<<<, j~ant < fm~
d'a'M oblique sur le groupe des domestiques, venait de voir M<:rnti*
pie se mettre & genoux comme eux.
–Sitenee. madame.Mpt!t !'abM,–eMeest. ?.
-Elle?
Oui. elle arrive à Massât elle s'est agenouillée panât ~M
(j6M.
En disant ces mota, le prCtM alla discrètement fermer les deux
ventaux de la porte, après avoir d'un signe fait entendre aax domes-
tiques que la triste cëremnoio était terminée.
-En effet je me le rappelle..hier. tordueBerm!n!em'a quittdo,
reprit madame de BeaumesnM. je l'ai priée de revenir à cette
heure; mon mMdfcm avait ratsen. la voh angeiiqxe de cette chère
enfant, ses chants, d'une snave mélodie, ont souvent apabëmcs
douleurs.
Prenez garde, dit le prêtre en revenant et se trouvant seul
avec sa pénitente,–madame. soyez prodeute.
Oh je le suis, dit madame de Beaumesnil avec aa sourire
Nner.ma fille ne so"pcoone rien.
–C'est probante,–dit le prêtre,– car le hasard. ou plutôt t'im-
pénétrable volonté de la Providence, a rapproché cette jeune n))e
de vous depuis quelques jours. Sans doute, le Seigneur a voulu vous
mnmettre & une rude épreuve.
-Bien rude en eHet, mon père. car il me faudraabandonner cette
vie sans avoir jamais dit. ma ~!Me, à cette infortunée! Beias!
j'emporterai dans la tombe. ce triste secret!1
Votre serment vous impose ce sacrifice, madame, c'est an de-
voir sacré 1-dit sévèrement le prêtre. -Vous parjurer serait an sa*
tritege!
Jamais, mon père. je n'ai songé t me parjurer, répondit
madame de BeaumesnM avec abattement;-mais Dieu me punit crue~
lement. Je meurs. forcée de traiter en étrangère. mou enfant.
qui est ta.. a quelques pas de moi.. agenouilléeparmi mes gens, «
qui doit toujours ignorer que je suis sa mère.
–Votre fMtte a etëeraaae,madame.. t'MciatMadoitttM~HM~e
ms&U
Papaht tongtempa elle dnre peur mal, cette émette expiatio!).
MM père. FidMe à mon serment. n'ai-je pas eu te conra~e de ne
jam.)!~ chfr< )«'r à savoir ce qu'Omit dt'vcMue cette inft'rtxu~?.. tM
tas sa)M ta haswd qui t'a rappr~Ma <t& moi il y a peu de jour~,Je
mourrais M))~ l'avoir revue depah (tix'sopt am.
-Ces peasees vous sont manvaises, ma soBur.–reprh pieusement
le prêtre! ettaa vous out conduite hier. A une démarche des plus
Imprudentes.
Rassurez-vons, mon p~ro, !t est Impossible que la femme que
j'ai envoyé chercher hier. astensibtemeot. sans aucun mystère. aaa
d'ëtaiguer tout soupçon. puisse se douter da Doteret que j'avais.
à lui demander certaies ronseignemeNts.sur le passe. qu'elle seule
pouvait donner.
-Et ces renseignements?
Ainsi que je m'y attendais, ils m'ont cea)!rmë de la manière la
plus irrëcMsaMo.ce que je savais. qu'tterminie est ma niio.
–Mais comment compter sur la discrétion de cette femme?
–EMe ignore ce qu'est devenue ma Mie depuis seize ans qu'elle a
<të séparée d'etio.
–Mai~ cette femme ne pouvait-elle pas vous reconnattret
Je vous ai confesse, mon père, que j'avais un masque sur la
ûgnre torsqa H''rminio était venue au monde. avec i'~ide de cette
tëmme. Et hier, dans mou entretien avec elle. je l'ai facilement
persuadée que la mère de )'eufaat dont je lui parlais était morte
depuis longtemps.
De ce coupable mensonge ii faudra encore que je vous absolve,
ma MBnr. reprit sévèrement t'abbë Ledoax vous voyez les fa-
<a!eB conséquences de votre criminelle sollicitude pour aae créature
qui, d'après votre serment, devait vous rester à jamais étrangère.
–Ahi ce serment, que le remords. que la reconnaissance poar
le plus généreux pardon, m'ont arraché.je l'ai souvent maudit, mais
je l'ai toujours tenu. mon père! 1
–Et cependant, ma sœur, à cette hetireeacoM, tontes TMpensëee
sont concentrées sur cette jeune Mte.
Toutee non. mcn père. pnis(p)c j'ai une autre entant; mais,
hélas puis je em))&hcr )t)on Meur de battre à t'approche d't!erm!n!e.
qm est ma fille aussi: Puis.je empêcher mon toeur de voler aa-devaot
du dea? D faMt pearOnt demander des ehoMs paesiM~t. ear esan
< è força da enrage, je parviens & cammander à mes tavres. & mot
tegiMd~, & oontMimh'e, & dis~muter tout ce que j'éprouveiontqueje
stns Herminie près de mo! je ne peux pus nou pius m'f)npa<;her
d'etMtHere!1
-Alors, madame, H <i)nt m'ecouter,reprit sévèrement ta prêtre.–
B faut Interdire ceUo jeune fille t'entrée de votre ma~on. vota
avez pour cela des p) ëtcxtca ptausiMcs croyez-moi donc, )reMW<
ciez-ta de ses services. et.
–Jamais, dit vivement ta comtesse, non jamah je M'amra! ce
eewago. N'est-ce pas déjà assez mathforeMX pour moi que mon
autre dont la tendresse légitime m'e~t été si eons«tan!e à
ceno heure. soit en p!'ys étranger. pteufaot son père, qu'un terri.
Me accident lui a enteve. et qui ssit?. peut-en'o Ernestine Mosst se
meurt comme moi Panvfe petite! elle est partie d'ici. si fre!e. a!
souHranM. Oh il n'est pas une mcrc plus à plaindre que moi
Et deux larmes br<Ma<ttes tombèrentdes yeux de madame de Beau.
mcmU.
Du ceurase. tMnqaiHisez-vons, ma soeur, lui dit Fabbe Le.
doat d'une voix onctueuse et Insinuante, no vous ddsotez pas
ainsi. mettez tout votre espoir dans le Seigneur. Sa clémence est
grande. 11 vous tiendra compted'avoirsupporte chrétiennement cette
cOremoaie sainte. qui n'était, je vous l'ai dit, que de précaution.
Dieu soit touë! votre état, quoique grave, esHoin d'etfedesea'
péré.
Madame de Beaatnesmt Tecoua mélancoliquement la tête, et te*
prit
Je me sens toujours bien faiMe, mon père, mais plus calme.
maintenant que j'ai accompli mes derniers devoirs. Ah si je ne
pensais pas à mes estants. je mourrais en paix.
Je vous comprends, ma sœt'r, dit le prêtre d'une voix do<<.
eaureuse.
En comptant, mesurant, pour ainsi dire, les paroies suivantes, toat
M obMftMt avec une profonde attenttoa h physionomiede nmaame
de BeatMnesoU, t'abbé Ledoux reprit
Ja voM comprends, ma ecROf! t'aTen!r de votMN!e. Mg!'

& ea&aï!
~M.Qe M puis, je ne dcis vMsparterque de ceMe-tà. ) son aveai?,
~~Me
vMtx mqmeM. et wsas avez taisaa. erpMaM, ai jemeM.
1
–Be!m! ont, «ne mère no se remplace pas.
–Amrs, ma sœur,–reprit tintement i'abM todoun en eeavaM
la matada des yeux, pourquoi toujours Msiter. a assurer autant
f~'itestea voua t'avenir ()e cette Cite chérie? pourquoi ne m'avoir
pM permis, depuis si longtemps que je vous demande cette faveur,
de vous présenter ce jeune homme d pieux. si bon. ce modèle
de sagesse et de vertu, dont je vous ai souvent entretenu? Votre p<ft)r
maternel aurait dès longtemps apprecM ce trésor de qHaHtes chrd-
tiennes. et, sore d'avance de i'oboiss&ncede votre fille à vos totontds
dernières, vous lui eussiez reconnnand~ par quelques !ignes de votre
main, que j'aurais remises a cette chère enfant. vous lui eussiez,
dis-je, recommandé de prendre pour époux H. <'<?<M<{H~eJMt!er<tMe.
a!oM votre NHe auridt eu un époux selon Men. car.
Mon père. dit madame de BeanmesnH en interrompant
t'abM Ledoux sans pouvoir cacher l'impression pëaiMe que lui caa'
sait cet entretien, je vous l'ai dit. je ne doute pas des quantës
de la porMtaaedent vousm'aves souvent parie. mais ma <!Me Eraes-
t!ne n'a pas encore seize ans. je ne veux pas engager ainsi son ave-
nir en lui prescrivantd'épouser quelqo'un qu'elle ne connait paa
Cette cbère enfant a pour moi tant de tendresse, tant de respect,
qn'eMe serait capable de se saortOer ainsi à ma voiontë der.
nière.
N'en parlons plus, ma chère soBar. –se hâta de dire t'abbe te-
dean d'an air contrit. ~désignant & votre choix maternel M. Cé-
lestin de Macreuse. je n'avais qn'me pensée. celle devons detivrer
de toute inquiétude sar le sort de votre chère Emestiae seaiement.
permettez-moi de vous le dire. ma sœur. vous avez parlé de sacri.
fices, ah craignez an contraire que votre pauvre enfant ne soit un
jour sacriBëe à quelque époux indigne d'elle. à un homme impie,
débanché, prodigue! Vons ne vouiez pas, dites-vous, inBuencer d'a-
vance le choix de votre OUe. Mais, hélas! ce choix, qui le guidera,
si elle a le malheur de vous perdre? Seront-ce des parents éloignes,
toujours égoïstes oa insouciants! 1 ou bien, la trop naïve et trop ara*
dule enfant s'abandonnera-t-eMe en avengie à l'impulsion de son
cceur? Et alors. j'en frémis, ma sœur.à quellesdéceptions, & quels
irréparableschagrins ne sera.t-elle pas fatalement exposée~ Songes à
L ttuie de prétendants que son immense fortune doit attirer aat~E'

T. 5
d'eue. Ah! croyet-moi.ma Manr, creyM'moi. prdveacx (t'avance
ces m~hcMrs menaçants. par nn chah prodent et sensé.
Excusee-mai, mon pore, –dit madame deBenumesmt. peu!'
blement cmue et ventant mettre nn terme a eetto eom'er~Miax.-<. jo
me sens tro~bibte. très.~t!gM<e. J ap~cie. <)'ai))e<)ra, tout t'i))~'
rût. que vous portez à ma CHe, maitj'accampKfa!o'esdevoifs do
mère autant q~it sera en met: vos paroles ae seront pas perdues, je
<?? t'aMare. mon père. Quo le ciel me donna seulement. la force
e< le temps.. d'agir.
Trop tin, trop ruse,pour insister davantage à l'endroit de sen pM'
tëge, )'abi)d Ledoux dit avec eompenetiaa
–friea le Seigneur de Vons insph'or, ma a<Bar.je ne dente paa
qu'il Me voua ~daire sur vos devoirs de mëre. Allons. courage. et
espoir. A demain, ma chère sesar.
Demain. appartientà Pieu, répondit la comtesse.
Je vais du moins le prier qu'il prolonge vos jours, ma steur.
répondit te prêtre en s'inclinant.
Et it sortit.
A peine eut-il disparu, que la comtesse, sonnant une de Mt
femmes, lui dit
Hademoisetto HeroMe est-ette ta?'1
Oui, madamela comtesse.
Mt'z-ta d'entrer.
Om, madame la comtesse. répondit la femme de chambre
en sortant pour accomplir les ordres de sa maîtresse.

Berminte, pâte et profondément triste, calme en apparence, ea'


tra dans la chambre A coucher de madame de Beanmesnit, tenant
eons son bras son cahier de musique.
Madame la comtesse m'a mit demander? diKite avec de<c-
tence.
Oui, mademoiselle. j'anrab. une grâce à solliciter de Tons,
répondit madame de Beaomesnit. qui s'ingéniait à trouver des
moyens de se rapprocher pour ainsi dire matérieitement de sa Mi'
je ne désirerais pas pour le moment demander à votre talent ai
saave, si expressif, les soulagementsinespëréit que je lui <ttdusjm-
qaTei. n s'agirait d'autre chose.
Je a))9 a aux ordres de madame la comtesse, répondit Bettmt'
nie ex baissaut tes yeux.
Eh bien! madcmoiseHc }'a! & écrire. une lettre daque)ques
Bgnfs. maisje MO sais si la force no me manquera past.te M'ai pt'r-
snoue en état de me supptëer. pourriex'vous, au besoin, madomoi*
selle, me servir ce soir da sccrdtairo?
Avec te plus grand plaisir. madame, dit vivement BeFm!n!e.
Je vous remercie. de votre obligeance.
Madame la comtesse. veut-elle que je lui donne ce qu'H lui faut
pour écrire?, .demauda timidement Uermime
Hi))e grâces, mademoiseUe. –rëpoxdit la pauvre mère, qui
ccjtcndattt h) ~!ait d'envie d'agréer r<t!f)'e de sa fille, aHn de rester
plus )o)ti;:te)nt':i seule avec ette, je vais sonnur que)()))M)). je ne
voudruis pas que vous jtrissx'z tant de peine.
Ce n'Ci-t pas uxc peine pottr moi, madame. S! vous vouliez bien
me dire où je trouver ce <p)'i) faut.
LA. surcette table. près du piano, madonoisene. faudrait
que vous eussiez aussi la boutt! d'allumer uue bougie. ta ctartë de
cette lampe est insuMsaute. Mai~en vérité j'abuse de votre comftai-
sance. ajouta madame de ncaumesui), pt'udaut que sa fille s'em-
pressait d'allumer la bougie et d'apporter auprès du lit ce qu'il fallait
pour écrire.
La comtesse, ayant pris une feuille de papier à lettre qu'elle plaça
sur un buvard posé sur ses peuoux, retut une plume da la main
d'Merminie. qui de l'autre tenait un bougeoir.
Madame de Beaumesni) essaya de tracer quelques mots mais sa
vue affaiMie. jointe à la defaiitauce de ses forces, t'empêcha de con.
tinuer la plume s'échappa de sa main tremblante.
Alors; s'affaissant sur ses oreillers, la comtesse dit à Nenninie en
étouffant un soupir et tâchant de sourire
J'ai trop présumé de ma vaiDance. il faut que j'accepte l'offre
que vous avez bien voulu me faire, mademoiselle.
U y a si longtemps que madame la comtesse est alitée. qu'eUe
ce doit pas s'ëtouncr d'uu peu de faiblesse, reprit Henn~nie, qui
eentait !e besoiu de se rassurer etie-mone et de rassurer madame
de BeaumesnU.
Vous avez raison, mademoiselle,mais c'était une folie à mai.
que de vouloir écrire. Je vais donc voua dicter, d vous te psf*
mettee.
Et comme Bermiate, par discrétion, conservait sottehapoan.h
comtesse, A qui ce chapeau cachait une partie du visage de sa <!tte,
dit avec un Idger embarras
Si vous vouliez &tor votre chapeau, mademoiselle, vous se-
iriez, je crois, plus à votre aise pour écrire.
HermMe &ta soa chapeau, et la comtesse, qui la dëvorah des
yeax, put admirer a son aise, dans son orgneH maternel, to chat-
maut visage de sa fille eucadré de longues boucles de cheveu)
blonds.
Je suis la vos ordres, madame la comtesse, dit alors Herm!'
Die en s'asseyant devant une taMe.
Veuillez donc bien écrire ceci, répondit madame de Beau-
mesni). qui dicta les ligues suivantes
< Madame de Be:)nmesnit aurait la plus vive obligation à M. le mar-
quis de Maillefort s'il pouvait se donner la peine de passer chez
elle. le pins tôt possible. fat-ce même à une heure assez avancée
de la soirée.
e Madame de Beaumesnil se trouvant très-seaffrante, est obligée
d'avoir recours à une main étrangère pour écrire à M. de Maittefort,
à qui elle réitère l'assuracce <h ses sentiments les plus affectueux.
A mesure que madame de BeaumesnH avait dicté ce MMet, une de
ces craintes, à la fois puériles et poignantes, qu'une mère seule peut
concevoir, lui serrait le cœur.
Délicieusementfrappée de la parfaite distinction do langage et de
manières qu'elle remarquaitdans sa ntte, reconnaissant en elle une
artiste du premier ordre, la comtesse se demandait, avec b erain-
tive et jalouse inquiétude d'une mère, si l'éducation d'Uermime était
eomptète, si cette éducation n'avait pas été en quelques parties né-
gligée au profit du grand talent musical de la jeune fille.
Que dire ennn?. car les plus petites choses deviennent impor-
tantes pour l'orgueil maternel, dans ce moment, et malgré de gra-
ves et émettes préoccupations, madame de Beaumesnil ne pensait
qu'à une chose
Sa ~e M~~Me Men Port~rophe? Sa ~e avait-elle MMe~c-
<b<SM-i«tM!'
Aussi la comtesse hésita quelques instants avant d'oser prier
BermMe de lut apporter la lettre qu'etie venait d'écrire oe pouvant
cependant rasister à cette tentation. elle lui dit
VatM avez écrit, madomoisetto!
Oui, madame la comtesse.
Auriez-vousla bonté de me donner cette lettre. aun. que
je vote. si. le nom de M. de Maillefort est ëcr!t comme il con.
vient. car j'ai onbiié de vous en dire l'orthographe, ajouta la com.
tesse, ne trauvant pas de meilleur prétexte à sa curiosité.
Benninie remit la lettre entre les mains da la comtesse. Quelle
fut l'orgueilleuse joie de celle-ci! Non-seulement ces qnetques M-
goes étaient parfaitement correctes, mais l'écriture en était char-
mante.
A mervoiMe. Je n'ai jamais vu de plus jolie écriture, dit vive'
ment madame de BoanmesnH.
Mais, craignant de laisser pénétrer son émotion, eMe ajouta plu
eatme
VeniMoz, mademoiselle, écrire sur l'adresse de cette lettre
~i M<MM<e«rhmar~ub de Jtf<t<tte/br<, fMe dM WartyM, <S.

Madame de BeaumesnH sonna sa femme de chambrede connaace,


et de qui seule eue avait l'habitude de recevoir des soins.
Lorsqu'elle parut
Madame Dupent, M dit la comtesse, vous allez prendre
âne voiture, et vous irez porter vous-même cette lettre à son
adresse; dans le cas o& M. de MaiMetbrt devrait rentrer bientôt, vous
l'attendriez.
Mais, dit la femme de chambre étonnée de cet ordre, dont
tant de gens de la maison pouvaient être chargés si madame h
comtesse a, pendant mon absence, besoin de quelque chose. mai
Mme suis aa service de madame. et.
Occupez-vousd'abord de cette commission,–réponditmadame
de Beaamesnit, mademoiselle.voudra Menêtreassezbonnepont
me donner ses soins, si j'en ai besoin.
Herminie s'inclina.
Pendant que la comtesse expliquait sesdemiersordres à sa femme
de chambre, Herminie, ne craignant plus d'être surprise, attachait
sur madame de Beaumesnit des regards remplis de tendresse et d'ia*
quiétude, se disant avec une résignation navrante
.aa*Me la regarder qa'& la dëfoMa, et peaftaot, e'est ma
m~o). Ah qu'été ig~M to~awn q~o connais !e trissa seereï
demaoabsaaee!1

!X

B est impossiblede rendre t'e! pression do bonheur triomphant que


trahirent les traits do madame d<* BeaMmesnit iorsqu'ettevit sa femme
de chambre s'éloigner.
La pauvre mère M savait sare d'être au moins seule pendant une
heure avec sa fille.
Grâce à cet espoir, une faible rongtiW colora le p&te visage de
madame de Beaiunesttil; ses yeux, naguère éteints, bri!)&rent d'une
ardeur fébrile; une surexcitation factice, malheureusement passa-
gère, succédait à la prostration de ses forc''s, car h) comtesse faisait
nn effort presque surhumain pour sortir de sou état de faiblesse ordi-
naire, aCn de profiter de cette occasion, une des dernières peut-être,
de s'entretenir avec sa <iHe.
Lorsque sa femme de chambre fut sortie, madame de BeaumesnN
dit à Uerminie qui, baissant ses yeux pleins de larmes, n'osaitpas la
regarder
Mademoiselle, auriez-vousl'obligeance de me donner, dansune
tasse, cinq ou six cuillerées de cette potion réconfortante,qui estlà.
sur la cheminée.
Mais, madame, dit Hermine avec inquiétude, vous oubliez
sans doute que le médecin a ordonné que vous ne prissiez cette po-
tion que par très-petites cuillerées. Hier, du moins, n m'a sembM
1'entendre faire cette recommandation.
Oui. mais je me sens beaucoup mieux, et tette potion me fera,
)e crois, un bien inOni. me donnera de nouveMes forces.
Madame la comtesse se sent mieux? dit Berminie, hésitant
entre le désir de croire madame de Beaumesuilet la crainte de la vett
e'ahnser sur la gravitéde sa situation.
t
Vons do~M pent-être. da ce mieux. que je ressensî
Mad 'nt<* ta fnmtcssf.
Cette triste cerëmonie. de tantôt vous a e)fr:'yëa, a'est-e~pas,
mademoiselle? Mais rassurez-vous,ette était tontf do precauttoM. et
la conscience d'avoir rempli mes devoirs religieux. et d'être prête
à paraître devant Dieu. me donne une si grande sérénité d'âme, que
je lui attribue. le mieux que j'éprouve. Et. de piua, je suis swre
que ce cordial que je vous demande. et qoe vous me re<(Nez.
ttjoota mad.')ne de Boaume~nii en soariant, me réconforterait tout
à fait, et me permettrait d'entendre encore un de vos chants, qui
taat de fois ont distrait ou calmé mes douleurs.
Puisqne madame la comtesse l'exige, dit Bermime, je vais lui
donner cette potion.
Et la jeune fille, rénéchissant qu'après tout une dose plus ou moiM
forte de cordial ne pouvait avoir un fâcheux effet, versa quatre cuit-
terëes de ce réconfortant dans une tasse qu'elle offrit à madame de
Beaumesnit.
La comtesse, en prenant la tasse qnttermime lui présentait, tâcha
de lui toucher la main, comme par mégarde; puis, toat heureuse de
sentir, pour la première fois, sa fille si près d'elle, car celle-ti, cour-
bée au chevet de sa mère, tendait la soucoupe pour y recevoir la
tasse, madame de Braumesnil fut longtemps. bien iongtempsà boire
le cordial à petites gorgées après quoi elle fit un mouvement de
gêne et de fatigue si affecté, qu'elle obligea presque Herminie à ta!
dhre:
Madame la comtesse est fatiguée?
Un peu. ït me semble que si je restais quelques instants sur
mon séant, cela me ferait du bien; maie je suis si faible. que je
t'aurais pas la force de me tenir.
Si madame la comtesse. voulait s'appuyer. sur moi. -dit
la jeune ntie avec hésitation, cela pourrait. la dotasser un peu.
–J'accepteraissi je ne craignais, en vérité, mademoiselle. d'a-
buser de votre obligeance. répondit madame de BeaumesnU en ea-
ehant sa joie de voir le succès de sa ruse maternelle.
Herminie avait le cœur trop gouM de tendresse et de larmes pour
pouvoir répondre; elle se pencha sur le lit de la malade, et celle-d,
pendant quelques instants, put appuyer sa tête sur le seia de sa
Me.
A ce rapprochement, qui, pour la première mis de leur vie, tes
mettait, pour ainsi dire. dans les bras l'une de l'autre, la mère et la
Cite tressaiiiirent. Leur attitude tes empêchait de se voir. saM
cela, peut-être, madame de Boaamesnit. maigre son serment sacré,
h'aarait pas eu la force de taire plus longtemps son secret, peut-être
aussi elle aurait lu dans te regard d'Benninio que eslle-ei était in-
struite da mystère de sa naissance.
Pendant le peu de temps que dura cette scène muette et saisissante
entre la mère et la fille
< Non, non, pas de criminelle faiblesse, pensa madame de
Beamnesnii en comprimant tes élancements de son cœur que
cette malheureuse enfant ignore toujours ce triste mystère. je t'a!
juré. N'est-ce pas pour moi un bonheur inespéré que de jouir de
ses soins affectueux, dont elle m'entoure par bontë de coenr, par
instinct peut-être »
< Oh plutôt mourir, pensait à son tour Berminie, pintot
mourir que de laisser soupçonner à ma mère qae je sais que je suis
sa fille, puisqu'elle a cru devoir me cacher ce secret jusqu'ici.
Peut-être, d'ailleurs, t'ignore-t-e!ieeite.même?.pent-être
est-ce le
hasard, seulement le hasard qui, depuis peu de temps, m'a rappro-
chée de madame de Beaumesuil. peut-être ne suis-je à ses yeux
qa'nne étrangère. ? »
A ces pensées simultanées, la mère et la fille dévorèrentleurs tar-
mes cachées, puisèrent un nouveau courage, l'une dans la religion
da serment, l'autre dans une résignation mNée de délicatesseet d'or-
~neu.
Merci, mademoiselle, dit madame de Beanmesnii sans oser
pourtant regarder encore Berminie, je me trouve un peu délassée.
-Madame la comtesse veut-elle permettre que j'arrange ses
ereNters avant qu'elle se couche?
Oui, mademoiselle, puisque vous avez cette bonté,– répondit
madame de Beaomesuit, car ce petit service retenait encore sa BUe
tout près d'elle pendant quelques secondes.
if<M!<BMMM!k. madame la eoM<eMe. On
ne saurait exprimer
raccent avec lequel cette mère et sa fille échangeaient entre elles ces
troides et cérémonieusesappellations, qui jamais ne leur avaient paru
plus glaciales.
Encore merci. mademoiselle, dit !a comtesse en se ïecoa-
eham.–Je me trouve de mieux en mieux, grâce & vos bons soins
n'abord.. puis sans doute à ce cordial.. je dirais presque. mot ai
)MNe tout à ('heure. que maintenant je me sens forte. il me sem-
Ne que t'aura! une bonne nuit.
Berminie jeta un triste regard sur son chapeau et sur son mantelet.
Bile craignait de se voir congédiée ao retour de la femmede cham.
bre, car peut-être il ne conviendrait pas à madame de Beaumesnu
d'entendre de musique ce soir-là.
Ne voulant cependant pas renoncer à an dernier espoir, la jeune
Otte dit timidement à sa mère
Madame la comtesse. m'avait demandé hier d'apporter quel-
ques morceaux d'Obérom.. je ne sais si eUe voudra. les entendre
ce soir?
Certainement, mademoiselle, dit vivementmadame de Beau-
mesnil, vous savez combien de fois votre chant a apaisé mes sotd-
fraaces. Et, ce soir, je me trouve si bien. mais si bien, que vous en-
tendre sera pour moi. non pas un calmant. mais un vrai plaisir.
Berminie regarda de nouveau madame de Beaumesnit, et fut frap-
pée du changement qu'elle remarqua dans sa physionomie naguère
encore pâte, abattue, et alors calme, souriante et légèrementcolorée.
A cette sorte de métamorphose, tes funestes pressentiments de la
jeune fille se dissipèrent, t'espoir épanouit son cœur elle crut sa
mèresauvée par un de ces revirements soudains, si fréquents dans les
maladies de langueur.
Berminie, tout heureuse, atta prendre son cahier de musique, et
se dirigea vers le piano.
Au-dessus de ce piano, on voyait le portrait d'une petite ntie de
cinq'ou six ans, jouant avec un magnifiquefévrier elle n'était pas
jolie, mais sa figure enfantine avait un grand charme de douceur et
de na!veté.
Ce portrait, fait depuis environ dix ans, était celui d'JSh'<M<<Mte <ï<
BMMmeMttt, fille légitime de la comtesse.
Berminie avait deviné, sans qu'elle ont jamais eu besoin de le de*
mander, quel était l'original de ce tableau; aussi, que de fois, à la
dérobée. elle avait jeté un timide et tendre regard sur cette petite
MBur. qu'eue ne connaissait pas, qu'eiie ne devait peut-être jamais
connaître!
Itneore sous t'innuence d'une émotion récente, Berminie,à la vue
de ce p(Hrtra!t, ressentit une Impression plus profonde que de Ma-
ttonc: duraxt quelques instants, elle ne put détacher sea yeux de et
tableau, tandis qu'elle ouvrait machinalement le piano.
Madame de Beaumesnit suivait d'un regard attendri tous tes meuve-
ments de la jeune <Ute, qa'eMa voyait avec bonheur eontempler le por-
trait d'Eraestine.
« Pauvre HenMMe, -pensait la comtesse, elle a une mère.
une BOBor. et elle ne doit jamais eemattro la douceur de ces deux
ntot~ m<t«XMr. ma mère. »
Puis, essayant une larme furtive, madamede BeaameaNM dit tout
hant & CenaMe, toujours attentive devant le portrait
C'est. ma M!e. qaet)e donce agure d'enbnt' n'eat'ee pas?
Bermhtte tressaillit comme si elle eût été surprise en faute, rougit
et répondit timidement
–Parttoo. madime. Baats. {a.
Ob! regardet-ta. reprit vivement madame de BeaNmeaaH,
regarde~-ta quoiqu'elle soit maintenant jeune fille, et bien chan-
gée. elle a conservé ce regard si doux, si ingcna sans doute. elle
est loin d'être belle comme vous, dit presque involontairement la
pauvre mère avec un sec'et orgueii, et tout heorense df pouvoir
tmir ainsi ses deux mies dans une même comparaison, mais la
physionomie d'Ernestinea, comme la votre, un charme imini.
Puis. craignant de se laisser entramer trop loin par "aurait de cette
comparaison, madame de Bt'aumesmt ajouta tristement
1.
-Pauvre enfant puisse4-ette être mieux por*ante à cette heure1
Avez-vous donc des inquiétudes sérieuses sur sa santé, madame
la comtesse?
–Hdtas at'ëpoqnede sa croissance. sa santé s'est pro<bndëmcN.
atterëe. elle a grandi si vite. qu'elle nous donne beaucoup de
emines. tes médecins l'ont envoyée en Mie. où je n'ai paspa
faccompi'gner. retenue ici sur ce lit de douleurs. Heureusement
ee& dernières lettres sont rassurantes. Pauvre chère enfant! ellem'd-
<sr!t chaque jour une espèce de journal de sa vie. Rien de plus ten-
dre, de pus toucbant, que ses naives confidences it faudra que je
vous fasse lire. quelques passages de ces tettres. Âtors vom aime
MB Bmestine comme si vous la connaissiez.
Oh je n'en doute pas, madame, et je vous remercie mite <Ma
d~ceNe promesse. -dit Hermime sans <aoher sa joie, M, pais*
<ms les damtères newveues de madomo!sette votre Me sont e! ras
Mrautet- n'ayez donc aucune crainte pour ette. madame il y h
tant do ressources dans !:) jeunesse et que na peut la jeunesse saxs
finnuenca de ce beau soloil d'Italie, que l'on dit si vivintmt
Une pensée amère traversa l'esprit de madame de BeanmesnH.
En MBgeaat aa ceûteax voyage, aox soins extrêmes, aux dépenses
censidëraMes aeceasKës par la faible santé d'Ernestine, la comtesse
se demandait, avec une sorte d'effroi, comment Uerminie auruit pu
<R<tre, pauvre créature abandonnée qu'elle était, si elle se fdt trouvée
dans la position d'Ernestine, et si, comme à celle-ci, il avait fallu à
Hermiuie, sous peine de périr, ces soins excessifs, ces voyages dis-
pendieux. seulement accessibles aux grandes fortunes.
Alors madame de Beaumesuii ressentit plus vivement que jamais
te désir de savoir comment Uerminie avait surmonté les difficuitës,
les basards'de sa position si précaire, si diMcifo, depuis le moment
où la comtesse n'en avait plus eu de uouvcttes jusqu'au jour récent où
elle avait été rapprochés d'elle par une orconstauce inespérée.
Mais comment, sans se trahir, madame de Beaumesuiipouvait-ette
provoquer et entendre de telles couutienees ? A qucites angoisses eUe
aMait peut-être s'exposer en écoutant le récit de sa tille
Tels étaient tes motifs qui, jusqu'alors, avaient onjteche madame
de Beanmesni! de demander à Uerminie quelques révélations sur
sa vie passée.
Mais ce jour-là, soit que la comtesse pressentît que le mieux pas.
sager qu'ette éprouvait, et dont elle exagérait de beaucoup l'impor.
tance atm de rassurer sa fille, annonçait peut-être une rechute fu-
neste: soit qu'elle cédât à un sentiment de bndresse irrësistibte,
encore augmenté par tes divers incidents de cette scène, madame
de Beaumesntt prit la résolution d'interroger Uerminie.

x
Mandant que madame de Beanmesnit était restée si!encieai!e. s<m*
~saM aM moyens d'amener HenninJeàque!qaes rëveMons Mr sa
Me. la Jeune Me, debout et feuilletantson cahier de mus<qna pour se
donner une contenance, attendait que la comtesse t'invitât à se met.
tra nu piano.
Vous ailes Ma trouver bien ta), asqne, mademm~e. lui dh
1a comtesse, car, si ce)a vous était indiftërent. je préférerais
vous entendre aM piano. vers dix heures. c'Mt antittmremont
fheure de ma <fiso. Peut-être. y cc)Mppcra!-jcMt~mrd'hot. st ce
«tieux continue. Dans te cas con<r.)ire, je rf~retterais d'avoir ose
tntp t&t. d'uue ressource qo!. tant de fois, a c:t))nd. mes aouttratt
ces.Cen'ettpas tout. a)'r<!S m'avoir troovdc f~ntas<p)c. je cratoa
que vous ne m'accusiez do curiosité, peut-ttre mOno d'iadiscretioa.
Pourquoi cela. madame?
Veuittez vous asseoir. <& pr<'B d« moi, reprit la cnmtcsse
du ton ? plus affectueux. et me dire comment it se fait que. si
jeune encore. car vous ne de"ez pas avoir plos de dix-sept <m dix.
boit ans?.
Dix-sept ans et demi, madame la comtesse.
Eh Men comment se fait-il qa'è votre âge vous eeyez s! eKd*
lente HMsiciem)e?
Madame la comtesse me juge trop favorablement. j'ai toojoara
eu beaucoup de gott pour la musique, e!j'a! appris tacUemeat le [.eu
ouejesaie.
Et quel a été votre professeur?. où avez-vous été ensei~ee?
J'ai été enseignéedans la pension oa j'étais, madame ta comtesse.
–A Paris?
Je n'a! pas toujours été Ht pension à Paris, madame.
Où étiez-vousdonc avant?
j
A Beauvais j'y suis restéejusqu'à l'âge de dit ans.
–Et de ta?
J'ai été mise en pension à Paris, madame.
Et vous y êtes restée. longtemps?
Jusqu'à seize ans et demi.
–Ettusuite?.
Je suis smtie. de pemton, et fat âdaaasr&ete'
ns de chant et de piano.
tons
Et vous avez.
Ms s'interrompant,madame de BeaaBe?aH ajouta MM embanM
–Haia, en venté, j'ai ho)'<" de mca !Bdtse)r~t!<m. st
MSeCENL
chose payait fexeosef. mademoiseMo, ce serait naterët que va~t
~'iaspirea.
<- Les questionsque madamela comtessedaigne m'adresser sent 61 c'
bienveillantes,que je suis trop heureuse d'y repoMdre. avec sine~ritd. £
Eh bien donc à votre sortie de pension. chez qui veut
eMs-voas retirée?
Chez qui. madame la comtesse?.
–OM< auprès do quelles personnes ?
Je ne connaissais porMnae. aupf&s de qui me taNter. ma.
dame.
Personne! -dit
madame de BcaamesaH avec un courage et
un calme héroiques. –Mais, reprit-; Me,–vos parents?. votre
tamiMe?.
Je M'ai pas de parents. madame la comtesse, répondit Her.
minie avec un courage égal à cemi do ta mère, je n'ai pas de fa'
mille.
Puis Bermime se dit a cHe-meme
< Je ne puis ptas en douter. elle ignore que je suis sa mie.. s
Sans cela, aurait-elle la force de m'adresser une pareitie question?
Ators, reprit madame de BeaumesnM, auprès de qui vivez.
tt'ns donc?
Je vis. seule. madame la omntesM.
–Absoiumeotseuie?
Oui, madame.
Et. pardonnez-moi encore cette question, car. à votre âge.
une telle position me semble si exceptionnelle. ai mtëressante.
avez-voustoujours saMsammentde leçons?
Oh 1 oui, madame ta comtesse, répondit bravementla pau.
MeBerminie.
Je n'en reviens pas. et vous vivez ainsi toute seule, si jeune
j Que vouiez vous, madame? on ne choisit pas sa destinée. on
t'accepte. puis le courage, le travait aidant, on tàchede se faire une
tie, sinon brillante, du moins heureuse.
Heureuse! s'écria madame de Bcaun:esnitavec un mouvement de
trresistibte.–vousêtes heureuse?.
En disant ces mots l'expression de i:t figure de la comtesse, lao
aent de sa voix, trahirent un bonheur si grand, que de nouveau
dcmes revinrent l'esprit d'Herminie, et elle se dit
< Peat-~re eue a'ignota pas que je mia sa <Me; saaa eeta, eMO*
ment tiendndt'ette à savoir si je me troove heureuse' M n'importe:
<~ elle sitit que je suis sa M!e. ja dois la rasamer, aHa de lui épar-

gner des regrets. des remcfd'. peut-Ore.


<t Si je suis pour clle uue étrangère,)e veux encore la rassnret,
ear elle pourrait croire que je désire exciter sa commisération, sa
pitM. et mon orgueil M révolte à cette pensée. a
Madame da BeaumesnH, voulant entendreHermMetut réitérer une
assurance si précieuse pour son cœur maternel, reprit
Ains! veus êtes heureuse vraimeut bien heureuse?
Oui, madame, répondit Bermime. presque gaiement,
tres-heureuse.
En voyant le charmantvisage de sa <!))e rayonner ainsi de beaotê,
de jeunesse et da joie Innocente, la comtesse lit un violent effort sur
eiic.meme pour ne pas se trahir, et elle reprit en tâchant d'imiter
la gaieté d'Herminie
N'allez pas rire de ma question. mademoiselle. mats, pour
nous autres, malheureusement ttabit~ëes à toutes les superfluités de
l'opulence. it est des choses inc"mpr6henstbtes. Lorsque vous êtes
sortie de pension. si modeste que fût votre petit ménage com-
ment y avez-vous pourvu?
Oh! madame la comtesse. dit Bormtaie em e<mrhuM,
j'étais riche. alors.
Ct..mnent donc cela?
Deux années après que j'avais été mise en pension à Parh. en
tessa de payer pour moi cette pension. j'avais ators douze ans.
notre maitresse m'atmait beaucoup. « Mon enfant. me dit-elle,
oa a cessé de me payer mais il n'impoKe. vous )reste<ez ici, je
ne vous abandonnerai pas. B
Excellente femme! (
Ah la meilleure des femmes, madame la comtesse, mathear~t.
sèment elle n'est plus, dit tristementOerminie.
Mais, ne voulant pas laisser la comtesse sous une impression p~'
nible, cite reprit en souriant
Seulement, cette excellente femme avait compté. sans mon
défaut. principal. Car, puisque vous me demandez d'être sincère
avec vous, madame, H faut vous t'avouer. j'ai un bien grand, tut
bien vilain défaut.
OaeMe prétention Voyons ce défaut.
t!<-)as mitdiune la comtesse. c'ett foastaah
tAo-pufit?
Mt'tt Uieu, ont. Ainsi, lorsque notre excetiente maitresse me
proposa de me ~ar'ter chez etht par dta~ito. mou <tr,!))fi) de petite
fille se revoit.), et je signifiai à ma maîtresse que ja n'accepterais son
offre qn'a la condition. de Baguer par mon travail ce qu'elle vou!.)it
me donuer pour riot
–Adottïcaos?. Voycx-vons la petite gtorieme! Et comment
faisiex-vuns pour ddsintt'ressef votre maitre~se de pension?
En donnant dcs répétitions de piauo aux antres enfants moins
fortes que moi: car. pnar mon âge. j'étais assez avanc. ayant
<ooj<Mtf!! )'n ))« {;<'<)! p!tssi<'t)t<e la mx-.i~xc.
Et )'<t!t)'
la nti~t'essc de p' nsion. a accepté votre proposition?
Avec joie, n):)d:)tne la comtesse. Ma résolution l'a tonehëe.
Je le crois ni<'n.
Be ce tnomt'nt j'eus, gr&ce à elle, un assez bon nombre d'ëco-
tietes.. dont ptusicors etMioxt bien plus grandes que moi (toujours
!'0!e«. madame la comtesse.). Que vous dirai-je ce qui avait
d'id'ord ëté pour a!nsi dire. un jeu d'onant, devint pour moi une
vocation. et plus tard me précieuse ressource. A quatorze ans.
j'étais seconde maitresse de piano. aux appointements de douze
cents francs. ainsi, madame la comtesse, jugez des MmmM que j'a!
amasser jusquà i'age de St'ize ans et demi. car, en pension, je
n'avais d'autre dépense que celle de mou entretien.
Piuvre eN<aat.. si jeuue. si taborieuM. si noblement nère,
déjà se suffisant à Mi-m&ue, dit le comtesse sans pouvoir
cacher ses larmes.
Et eMe reprit
Pourquoi avez-vous quitté votre pension?
Ayant perda notre excellente maitresse, une autre lui succéda.
mais, hëtast elle ne ressemblait en rien à ma bienfaitrice. Néan.
moins, cette nouvelle venue me proposa de rester à la pension aux
mem''s conditions. J'accapt:)). mais, au bout de deux mois.. mon
vilain défaut. et ma mauvaise tête. me m'eut prendre une résolu
tion désespérée.
Et propos de quoi?
Autant ma première mattresse avait été pour moi affectafnse et
tonne. Mtaat cette qui lui succéda mtimpertenseetdare. Vnjow.
Et le beau visage d'Herminie se colora d'une vive rougeur à el
souvenir.
Ça jour, reprit-elle, cette dame m'adres~ un de ces te-
proches. qui blessent a jamais te ctenr. etto me dit.
Que vous dit-elle, cette méchante femme? demanda vive-
ment madame do Beanmesnit, car Uerminie s'était tout A coup inter-
rompue, n'osant, do peur d'aMigor cruellement la comtesse, répéter
ces dures et humiliantes paroles qu'on lui avait adre&soes ·
<t Voas êtes bien orgueilleuse. pour une petite bâtarde élevée
dans cette maison par chante.
Que vous <t t-ctto dit, cette femme? reprit madame de Beau.
mesMit.
Permettez-moi, madame. répondit Merminie, de ne pas
vous répéter ces cruelles paroles. je tes ai, sinon oubliées, du
moins pardonnées. Mais le lendemain j'avais quitte la pension avec
mon petit trésor. fruit de mes leçons et de mes économies,
ajouta la jeune fille eu souriant; c'est gràce à ce trésor eue j'at
pourvu aux frais do mon ménage, comme vou!' dites, madame la
comtesse, car dès lors j'ai vécu seule. chez moi
Berminte prononça ce mot c~M moi d'un air si gentiment giorienx,
important et satisfait, que madame de Beaumesnit. les tannes aux
yeux, le sourire aux lèvres et cntr.ttnee par le charme de ces conC'
dences ingénues, prit la main de la jeune fille assise & son chevet et
lui dit
Je suis sûfe. mademoiseite t'orgueHhuse, qu'it est charmant
votre chez-vous?
–Oh pourec!a,madame.H n'y a rien de trop élégant pour moL
Vraimeut, voyous. combieu de piéces à notre appartement?
Une seute. avec une euurëe. mais au rez-de-chausséeet cela
donne sur un jardin c'est tout petit, aussi j'ai pu me permettre ms
tott tapis, une tenture et des rideaux de perse~ je n'ai qu'on fanteui!,
mais il est en velours brodé, par moi bien entendu; ennu je possède
peu de chose, mais ce peu. est, je crois, de bon goût. Ce n'est t~&
Mut, j'avais une ambition et je la rëaibierai bientôt.
Et cmte ambition
C était d'avoir une petite bonne. une enfant de treize M

quatorze ans. que j'aurais retirée d'une position pénible, et qui 69


tilt trouvée heureuse avec moi. Cola s'est reneMtr~ à souhait. On
m'a parlé d'une petite orpheline de douze ans. du menteur cœur et
du meilleur caractère. m'a-t-on dit. Aussi, madame la comtesse.
jugez combien je serai contente quand je pourrai la prendre a mon
service. ce ne sera pasd'iuHenrsnnemMe dépense. Ainsi du moinsje
ae sortiraiplus semé pour aller donner mes leçons. et c'est cela qlll
me coûtait le pins, car vous concevez.madame. une femme sente.
HermMe n'acheva pas, une larme de honte tui vint aux yeux en
sonseantà la grossière poursuite de H. de Ravil, pénible incident an-
qae! ta jeune fille avait été quelquefoisexpMee, malgré la modestie,
la dignité de son maintien.
Je vous comprends. mon enfant, et je vous approuve, dit
madame de BeaumesnH de plus en plus attendrie. Mais vos te-
eons. qai voas les pmcoro?. et puis enfin, no vous manquent-egos
jamais?
Darcment, madame la comtesse, et l'été, lorsque plusieurs de
mes econëres vont à la campagne, j'ai recours à d'autresressources
je brode au petit point, je grave de !a musique, je compose quelques
morceaux, et puis enCn j'ai conservé d'amicales relations avec
plusieurs de mes amies de pension. C'est grâce à l'une d'eHes que
j'ai été adressée à la femme de votre médecin, madamela comtesse.
lorsqu'il cherchait. une jeune personne.assez bonne musicienne.
pour être placée auprès de vous.
A cet instant, Herminie, qui avait commencé bon récit assise sur
un fauteuil auprès du chevet de la comtesse, se trouva assise sur le
Ht. et presque enlacée dans les bras de sa mère.
Toutes deux avaient imperceptiblement cédé, presque sans en
avoir conscience, à la toute-puissanteattraction des sentiments filial et
maternel, car madame de Beanmesnii. après avoir fait placerBer-
minie auprès d'elle, avait osé, l'imprudente mère, conserver entre
ses mains une des mains de sa uite, pendant cette narration simple
<t touchante.
Alors il était advenu ce qui arrive lorsqu'untéméraire, s'appro-
chant de quelque formidable rouage en mouvement, lui donne la
moindre prise sur soi il est aussitôt entraîné par cette irrésistible
attraction; ainsi, à mesure qn'Henninie racontaità sa mère sa vie
passée, elle avait senti la main de madame de Beaumesnil serrer d'a-
bord la sienne. puis l'attirer peu à peu près d'elle, jusque ce

T. I. C
qa'emta. assise aar le Bt de )a mère, eeB~et lui eat jeté Béa brM
autour de cou.
Cédant alors & une aohe de freaede materaeBe, madame de BeM'
MemM, au lieu de continuer i'entretien et de répondre à sa Me,
saisit la tête charmante d'Bermtaie entre ses deux malus, et, saa*
pronooeerune parole, la tmwhde htmea et de batsers pMs!Nme)t.
La mère et la fille reatoreat ainsi embrassées dans tme muette et
convulsive étreinte.
Sans doute leur secret, st dMScnement contenu jusqu'alors, et qui
une fois déjà leur étatt venu aux tèvres, leur edt échappé cette Ma,
si toutes deux n'eussentété soudain rappetëes à eOM-tnëmes en ee-
tendant frapper à la porte de la chambre à coucher.
Madame de Beaumesnil,éponvantéo du parjure qa'eHe allait eMa~
mettre. revint heureusement à la raison; et, confuse, anéantie, ne
sachant comment expliquer à sa fille cet emportement de folle ten-
dresse, elle dit d'une voix entrecoupée, en dégageant doucement
Benniniede son étreinte
Pardon. pardon. mon entant. Mais je suis mère. ma fille
est aa loin, son absence me cause des regrets atTfeax. ma pauvre
tête est bien atMMie. et, dans mon illusion. un instant. je ne
sais comment cela. s est fait. mais. c'est elle. ma BMe. s!
erueiiement regrettée. que j'ai cru sen<r sur mon cœur. Soyez
Indulgente pour cet égarement matemet. il iaut. voyez-vous,
avoir pitié.. d'une pauvre mère qui se sent. mourir. sans pouvoir
embrasser une dernière fois son enfant.
Mourir t s'écria la jeune OUe en relevant son vtsage inonde
de pleurs, et regardant sa mère avec épouvante.
Mais, entendant heurter de nouveau, Herminie essaya pre~pHam-
ment ses larmes et eut assez d'empire sur eUe.même pour paraître
calme en disant à sa mère
Voici. la seconde fois que t'en frappe, madame la comtesse.
Faites entrer, murmura madame de Beaumesni!, aceabMe
par cette scène.
La femme de chambrede confiancede la comtesse parut et lui dit
Setoa tes ordres de madame, j'ai attendu M. le marquis de
MaiMe~.
Eh. bien? demanda vivement madame de BeaumemN.
endra.tt -H?

t
M. le marqwia attend aa salon que madame la comtesse pat~
te tecevotr.
Ahl. Oleu aoit b&t! murmura madame de BeanmeanH <a
tardant sa nUe, te de! me récompense d'avoir eu la t~ea
tenir mon serment.
S'adressant ensuite à sa femme de thambre
Vous allez introduire loi M. de MaMefort.
Bermioie, brisée par tant d'émotions et sentant t'inopportaoité de
sa présence, prit son mantelet et son chapeau a6n de se retirer.
La comtesse ne la quittai pas du regard.
C'en était fait.
EMe voyait sa Nie pour h dernière fois peut-être car la maïhen'
reuse mère sentait à bout les forces qu'elle avait épuisées dans une
snre<citation factice.
Madame de BeamnesnM eut pourtant le courage de dire à NermM&
d'une voix presque assurée, aNo de lui donnerle change sur son état.
A demain. notre morceau d'Ot~oa, mademoiselle. vous
aurez la bonté de venir de bonne heure. n'est-ce pas?
Oui. madame la comtesse, répondit Uerminie.
Madame Dupont, reconduisez mademoiselle, dit la comtesse &
sa femme de chambre, vous introduirez ensuite M. de Alaillefort.
Sni~mt alors d'un regard déchirant sa uite qui se dirigeait vers la
porte, madame de Beaumesnii ne put s'empêcherde lui dire une der-
n~reiMs:
Adieu. oMM~aM~MMe.
Adiea. NMtdaHM la eom<MM. répondit Herminie.
Et ce fut dans ces mots imposés par un froid cérémonial que 6M
deux pauvres créatures, brisées, déchirées, exhalèrentleur désespoir
à ce moment suprême, où elles se voyaient pour la dernièrefois.
Madame Dupont reconduisit Berminie sans la faire passer par le
<a!on, où atteadaitM. de Maiiietort.
La jeune fille sortait de t'appartementlorsque madame DapontM
dit avec intérêt:
Vous oubliez votre parapime, mademoiselle, et vous en aarm
bien besoin, il fait an temps affreux; il pleut à verse.
Je vous remercie, madame, dit Ht rminie allant prendre son para-
pluie, qn'eMe oubliait, auprès de la porte du salon d'attente, où elle
l'avait dépose.
&t effet U pteuvait à torrents; mais c'est à peinesi Bermime, <mmte<
dans sa douleur, s'aperçut que la nuit était pluvieuse et noire lorsque,
sortant de t'Mtei Beaumesnit, eUe s'aventura seule dam ee qaartiet
désert, pour regagner sa demeure.

X!

M. de Maiitefort attendait seul dans an salon quand madame Bopoat


revint le chercherpour l'introduire auprès de madamede BeaumesnH.
La physionomiedu bossa n'était plus railleuse comme d'habitude;
on lisait sur sea traits une profonde tristesse, mêlée d'angoisse et de
surprise.
Debout,accoudéà la cheminée, sa tête appuyée sur sa main, le mar-
quis semblait perdu dans ses rëBexionSt comme s'H e&t cherché le
mot d'une énigme introuvable; sortant soudain de sa rêverie, il re-
garda attentivement autour de lui avec mëiancoiie,et une iarm'* brilla
dans ses yeux noirs. Passant alors sa main sur son front, comme sTi
eût voûta chasser de pénibles souvenirs, it marcha ça et là dans le
salon d'un pas précipite.
Au bout de quelques instants, madame Dupont revir.t dire à M. de
MaiMefbrt
Si monsieur le marquis veut se donner la peiue de me snivre,
madame la comtesse peut le recevoir.
Et, précédant le marquis, madame Dupont ouvrit la porte du sa-
ton, qui donnait dans la chambre à coucher de madame de Beaames-
<m, et annonça
Monsieur le marquisde Maitietbrt 1
La comtesse avait fait, si cela se peut dire, une toitette de ma.
Me ses bandeaux de cheveux blonds, naguère quelque peu déran-
gés dans tes étreintes passionnées dont elle avait accabié sa atte, ve-
naient d'être lissés de nouveau un frais bonnet de valenciennes
entourait son paie visage, que sou eoloris fébrile et factice aban-
donBattdeja: ses yeux, Naguère brillants de teEdressa materaaite,
MtnbMent s'éteindre, et ses mains, tout à l'heure si brûlantes lors-
qu'elles serraient les bras d'Herminie, déjà se refroidissaient.
A t'aspect de t'attération mortelle des traits de la comtesse, qu'a
ovait vue éblouissante de jeunesse, do beauté, M. de blaillefort tres~
M s'arrêta un instant.
saiiMt, et malgré
Le visage du bossu trahit sa doutoarease surprise, car madame
de BeaumesaH, restée seule avec lui, tâcha de sourire, et lui dit
Vous me trouez bien ehangëe. n'est-ce pas. monsieur de
MaiHefbrt?
Le bossu ne répondit rien, baissa la tête; mais, lorsqu'aprèsun
moment de silence il releva le front, il était très-paie.
Madame de Beaumesnil lit signe au marquis de s'asseoir dans aa
6mMMi) près de son lit, et lui dit d'une voix attectuetMe et grave
Je crains que tes moments ne me soient comptes. monsieur
de MaiMetbrt: je serai donc brève. dans cet entretien.
Le marquis prit silencieusement place auprès du lit de la com-
tesse, qui continua
Ma lettre. a dû vous étonner ?
Oui. madame.
Et toujours bon. toujours généreux, vous vous êtes empresse
da vous rendre auprès de moi.
Le marquis s'inclina.
Madame de Beanmesnii reprit d'une voix protondëmentémue
Monsieurde MaiMetbrt. vous m'avez beaucoup aimée.
Le bossu bondit de surprise, et regarda la comtesse avec un me-
lango de confusion et de stupeur.
–Nevoas étonnez pas de me voir instruite d'un secret. que
seule j'ai pénétré, dit la comtesse, car t'amouf vrai. loyal.
ee trahit toujours auprès de la personne aimée.
Ainsi, madame.. balbutia le bossu, à peine temh de sox
:amNe. vous saviez.
Je savais tout, reprit la comtesse en tendant à M. de MaHIe-
fort sa main déjà froide.
Le marquis serra la main de madame de Beanmesaiiavec un piem
respect, tandis que ses larmes, qu'il ne eomenait plus, inoNd.iient
tes joues.
fat tout deviné, reprit la eomMase. votre daveaemem
sublime et caché, vos souffrances héroïquement souNërtes.
Vous saviez tout?- murmura M. deMaittamrt avee hésitattoh,
vous saviez toutï. et dans les rares circonstances qui me rap-
proebalent de vous. votre aceueil était toujours gracieux et bon.
Vous saviez tout. et jamaisje n'ai surpris sur vos lèvres un sourire
de moquerie jamais dans vos yeux un regard de dédaigneuse pt-

Monsieurde Maillefort, répondît la comtesse avec anedignite


touchante, c'est au nom de l'amour que vous avez eu pour
moi. c'est au nom de l'affectueuse estime que votre caractère m'a
toujours inspirée. que je viens. à cette heure. pent-etre. sn-
préme. vous confier mes plus chers intérêts.
H. de Maillefort répondit avec une émotion croissante
Pardon. pardon. madame. d'avoir un instant sappese qa'nn
ceear comme !e votre pouvait railler, mépriser. an sentiment irré-
sistibte, mais toujours respectueusement caché. Partez, madame, je
me crois digne de la confiance que vous avez en moi.
Monsieur de Mainefort. cette nuit, j'aurai cessé de vivre.
Madame.
Oh ï je ne m'abuse pas. C'est à force d'énergie,c'est à t'aide de
moyens factices que je combats depuisquelques hemres.tes derniers
envahissementsdn mal. Ecoutez-moi donc, car, je vous le dis, les
moments me sont comptés.
Le bossa essuyases larmes et écouta.
Vous savez de quel anreax accident M. de Beaumesnil aétév!e-
dme.Parsa mort.partamienne.ma<nte..maNieErnestineva
rester orpheline. en pays étrange)' comiée aux soins d'une gaa*
vomante. Ce n'est pas tont. Emestine est un ange de candeur et de
bonté. sa timMité est excessive. Tendrement étevée par son pare et
par moi. ne nous ayant jamais quittés. elle ne sait donc du monde,
de la vie, que ce que peut en savoir une entant de seize ans, qai, par
goAt, a toujours aimé la retraite et la simplicité. Sans doute. je de-
vrais mourir tranquille sur son avenir. car elle sera la plus riche
héritière de France. Cependant, je ne puis me défendre de que!.
que:; inquiétudes, en songeant aaxpersouucs qui forcémeut me rem-
placeront auprès de ma nue. c'est à M. et madame de la Bo
s<M plus procbes parents, qu'ette sera sans doute confiée
tm((Mmpsj'ai rompu <tv<e cette &miiie, et vous la eomaisMt assez
pear concevoir mes appréhendons.
B serait en eMet. à désirer, madame, que votre fille eût dea
tatears mieux choisis; mais mademoiseiiede BMtnmeMH a seize an),
M <uteMe ne saurait être longtemps prolongde; d'aiHeurs tes person-
aesdent vous me parlez. ont plus de ridieuiesquedeméchanceté.
e!ba aeMoratent etrerëeUementà craindre.
~e le Mis Beanmoim. la main d'Ernesthe devra être t'eb.
~et de tant de convoitisea. (et déjà m6me~'ai pu m'en assurer),
ajouta madame de BeanmesnMen se rappelant tiaaistance de son eon-
<es<eor en faveur de M. de Macreuse, cette chère enfant sera ea-
«mrëe de tant d'obsessions, que je ne serais compldtementrassorte
que si je lui savais un ami sincère, dévoue. d'an espritsupérieur, <t
eapablo euBu d'ectairer soa choix. Cet ami presque paternel.
aoyez.le pour Eraestine. je vous en supplie, monsieur de MaiUe.
tort. et je quitteraila vie certaine que le sort de ma Sue sera ausst
heureaï que brillant.
Je tAcherai d'être cet am pour votre mie. madame. Tout os
qui dépendra de moi, je le fëraL
Ah je respire. je ne crains pins rien pour Bmestine. h
sais ce que vaut une promesse de vous, monsieur de Matllefort
t'éerta la comtesse, dont ie visage, pendant un instant, rayonna d'et-
peranee et de serënitë.
Mais Nentèt le sentiment de sa faiblesse croissante, joint de fa.
ttestes symptômes, fit croire à madame de Beanmesnii que sa an ap-
prochait ses traits, un moment épanouis par la sécurité que M avais
inspirée la promesse de M. de Maillefortan sujet d'Emestine, expri-
mèrent de nonveiies angoisses, et eBe reprit d'âne voix precM'i<ee,
suppliante:
Ce n'est pas tont, monsieur de Naaietbrt,j'ai un service ptas
grand encore pent-etre à impioref de votre générosité.
Le marquis regarda madame de Beanmesnii avec surprise.
Edairee, soutenue par vos conseils, reprit la comtesse,
ma nBe Bmestine sera heureuse autant que riche. H n'est pas main-
tenant d'avenirpins beau, plus assure que le sien; mais ii n'en est
pas ainsi de t'avenir d'une.paavre.et noble créature. qae.
que je voudrais. vous.
Madame de Beaumeenii n'osa. ne puteeMinMW.
)Mso!M devance do confier & M. do BMMctatt la secret da la Mde*
MNca d'Hofmtme. mon da ut gagoer a jamais l'appui de cet homme
~M~ax, la comtesse recula devant la honte d'un pareK a~M, qui
edt aussi viola la Miototddu Moment qu'ollo avait JMf«.
Le marqais, veyanU'h~ttaMon deoMdome de BeauntesnM,lui dit
–Ou'avat-vaas, madmM«?. VontMea do gface m'appMudMqwat
autM s9fv!cc. je puis vous rendre. No aot'cx-'veua paa. que w<MH
poave<di:poserde moi. comme du )MeiMeur de vos amh?.
Je te eah. oh jo le sais, fJpoxdit madame de BeaumasnH
avec une angoisse profonde cependant. je M'ose. je craiaa.
8t tes moM exptfefem encore sur tm towfea de madame do Beau-
meitm).
t<c matqubt voulant lui venir en aMo, touché de SMtMuMe, M.
prit
Lorsque vous vous iMtoMompue, madamt), vous me pat*
<!«i~
Mez, je CM):, de t'avenir d'une )'Mvf)) et noble erdature. Qui eat-
eMoî. comment pourrai-jelui ~tre MtMe?.
Vaincue par ta douleur et par uno faiblesse croissante, madame de
BeeumeanHcacha sea visage daus ses mains et fondit ça tannts:
mats, après ua moment de silence, attachant sur te marquis ses yeuit
noyés de pleurs et tachantde se montrer plus calme, eMeMd!t<tuNt
voix eatreeeupêe
Oai. vous pourriez êtro. d'un grand secours & une pau~e
jeoneMe. digne. à tous égards de votre intérêt. car e!)e.
Mt. voyez-vous?. bien malheureuse. erphetino. sans appui.~
«m aucune fortMne. mais ptoine de e<Bnr. et de Mertë; il n'en est
pas, je vous jure, de plus vaillaute au bien et au travail. em!n, c'est
aa ange. ajouta la comtesse avec une exaltation dont M. de
tMtetbrt fut frappé. Oui, reprit madame de BeattmesnM en
tondant en larmes, c'est un ange. de courage, de vertu; e<
e~eM pour cet ange que je vous demande, à mains jointes. votre
paternel intérêt. comme je vous t'ai demandé pour ma 6Me Ernes-
tme. Oh monsieurde HaiMeMrt. je vous en MppUe. ne me re-
taez pas.
L'exaltation de madame de BeaumesnM,en parlant de cette orphe-
Une, son trouble, sou visible embarras, cette recommandation sa-
pdme qa'eMe adressatt A H. de Ma!HettM, ie BappMant de
<en aHiMMoa entre Emastme et cette Jeune 6(!omeoMnue. toutes cet
thMMMMeos oxeitëront da p!us ea plus Mtoaaameatdu murqnk.
Pendant un tnttant. H garda ma~ tuUosMenca:putssuudaia.
il tres&annt; une ponsdo doutourausu lui traveMa l'esprit, il «e s«tt.
vint des hmUscut(tm)))c)t):, toRtmea (H <M avait <<H m«)'MJ))8qn'))<nra
<'<t!)!.)<t<!f<!i)comme <e)~). dont madame da Beauma~n))Mtah autrefois
été t'omet ot dont la mutin tn6<MO il avait voulu !a venger en provo.
quant H. de Mornand sous un pr~Mxto fmito.
Ces bruita Oatext-ih fund~? L'orphotina & qui madame de Bcax-
tnosoH ae<nb)aH partcr un tnt~t si prefund lui <!hdt-t)))o chère si MM
titM my~fioxx ? ~tait-oMeto fruit donc ti)Mtf? p
Mais Mentit te marquis, ploln da eonttancc et do M dans la vertu
<!e maditmu de BeaumesnM, repoussa ces fâcheux sonpteaa, ao fepto-
<:htut mOntode s'y «ro Ma momoMt tatM)! catraMef.
La comte~e, presqoo ctffay~e du aitonco du bossu, lui dit d'une
voix tremblanto, aht!r~a
Bxeasez.me!, monsieur doMatMeOtM, j'at abus~ jo le vo!s.
de vatM6~"ët'es!te: M no me suMsait pas d'avoir ebtcHU lauu.
rance de votro paternelle pmtcet!mt pour ma C))o Emestine. J'ai
eneoM voulu vous mhSrassef. a une pauvre étrangère. VeuHtez.ja
vous en prie, me pardomef.
L'accent de madame do Beaumesni), ea prononçant ces mots, avait
quelque chose de si poiguaut, da si dt!sespur<, que M. de Maittefort
eut de nouveaux doutes uavranM pour son cœur il voyait s'eva-
Muir rune do ses plus nobles, de ses ptus ehÈres iMusiens madame
do Beaumesnit a'etait plus pour lui. cette créature idéale qu'il
avait si longtempsadorée.
Mais, prenant en pitié cette malheureuse mère, et comprenant
tout ce qu'elle devait souffrir, N. de Haiuefort sentit ses yeM se
mouMter de larmes, et lui dit d'une voix émue
Rassurez-vous, madame. à mes promessesje ne faillirai pas.
L'orpheline que vous me recommandez me sera. aussi chère que
mademoisellede Beaumesnit. j'aurai deux filles au lieu d'uue.
Et Il tendit affectueusement ta main à la comtesse, comme pour
consacrersa promesse.
Maintenant, je puis mourir en paix s'ëcha madame de
BeMmesmt.
ï~<~ta~h<Mtqa~e~~t'yepp<<)~pM<<H)<t(MaHt.
Mw< d~jà fraideata main qa'H M Ma<t ettaMe.
A cette txpM~ton de MOMMahMnca taet~Nt, M. de MeM!o~
M deata phM <;«e madame do BaaHmetaUa'ett Maa M!a MtoMMe.
Taut cexp, M!t que taot d'Anttttms eH~ant <pMM tea to~ea de
~t
h eaMMSM, que <M pmg~t <!e <a mota~te, MMmoment <M-
)m)M!t MM «a Nea 6tfa tfompeuf, mM~ant abra aKetnt toHM teof
totenaM. madame <ta BeoamMa!) <!t ua htosquo mouvement e< ae
~t tetontf ua Mt <tQdoutear.
Cn<nd OteM i tna<!<tX6, d«~!wempnt !e tHMqota, e~oy4 de
h h
aaMto ah<!ta«on des Matta de eomteste, qM'a~et.vaat?
Ce n'«t )r!oa, f~poa~t-a!)o Mfo~tX'ment, ce a'<m ttoa.
MO Mg~re. douteur: ma)< <M6< preaot v!<eMHedct,je vaet
pde.
~taeemteMOtcmtt tM. de MatMef~ aaa dct~u'dte prtt aca*
MB<Hf<)Mtm.
–OuwM)! M. aect~tatM.
!< otMquts oMi<.
–D<aatat!t<!tdomMtaa.)j)<'anM.aMpoft<~eotae. te tM<t.
waz-wns?.
t~) ~o!d.
–Cardet-ie. je voas prte. U conHent une somtM. dont Je
pMbdhpoMf. ou ptottM dont je au!9. dêpos!MtM, ditheom'
tesseMaeMpreaaat;–ceMe somme meMfada mo!M pMf Ma'
jatts à t'abtt du besoin h jeune Me que je vous Mcommaade.
Seatemeat, ajouta ta paoïte mete «une T«ht de p!a< en ptos aî*
fa)M!e,–voaa mepMmeMet. de ae jamais. preMnMr.moa
Mm. a eette orpheMae. de ne jamais lui revetet qneNe eet ta pet-
Nmme. qai. T<!a<t~Mt~e. de M remettre ceMe. petite fat-
toae. Mata d!tea Men. oh t dttee a cette matheareme enthM
mt'eMe a été. tendrement ahnee. Jaaqa'& ta 6n. et que. M
Ma.
t.
Les dermeK mets de !a cemteMe, dent les toreea e'ëpaiMteBt, ?<-
nat mtntdttgUttMpear h mafqoia.
–Maieeepartetettitte. à qui teMmettre. madame?. Cette
enae NHe. e<) !a trenvem~e, qoe~ est s<m Bem~ a'ee~a H. de
MaiMetert, atarmëde ta rapide decempMttten dee traits M madame
de Beaamesmt et de t'eppfess!oaqui pesait MF M teapitattott.
Au Mea da rOpa~traaww qaMMom du Otarquh, madame de BeaM-
tHpsntt se reatetM eo arrière. ~«a un et! ddehtfaat et erolaa oea
ma!aa<iurMjjM)!n'!ne.
".Hnttsme. pa~M-tno!! o'Aifh la nxf~)~ en ae pnn~M
vara nM<)Mnt) 40 BcaofneanM, bf'otowen~ de ~M)!cMp et <<'<'?<)!,
ceMe tauat) <!))o. e&h tMuweM~o?. qui eM'oOay
–Oh Je ma )MeuM.mMfOMMmaduma do BcaMMOMtt en levant
ht yen' au ciel.
Et, dans un deratef et~ort. eMo balbutia co< mata
–N'0))M)a< pax. le aenncat. n)a (!)te. t'orphe!)na.
Au bout do qoatquM tnsMnta, ta eomtaMe mauntt.
M. do tMMafoM, en prolo & un profond et ailier chagrin, MO douta
plu que t'OFpheMno dont il ignorait la aun). et qu'M ao savait où
eheM~er. Be Ot la Otto nttureOe de la cemteMo.
·111 ·1 Y v v ·1t1v1 v 1 · · 1 1 1 · · · · · 1 ·· 1
Le couvol de madame do Bcaumcsnit fut splendide.
H. le baron de la Dochaigud conduisah le deuil.
M. de Maillefort, convié par billet ~e ~t<Hpar<, atoat que les au*
tfC! poraoonos de h eoctëtë do madame de Btiaomcsa!), e'dtatt ~o!nt
au Hmobre coK<!ge.
Dans un coin obscur de MetiM, ageaoa)))~o et camtna ëefas~esMr
la dalle par le poids de Ma dësaspo!)f, aaeJcuM NHo, iMaper~e de
teo6, priait ea ~out&atMs aangteta.
C'était Bernante.

XN

Quelques jours après tes <hnëra!))e6de madame de BeanmesnH, H.


de NaM)dbrt, sortant du dot~ouMM accablement où t'avatt p)ong~ la
mort de la comtesse, et Mngeant à rexecutim des dernières volon.
<& de cette malheureuse femme au sujet de t'orpheline, sea~t toute
b diNeoM de la mission dent H a'etatt chargé.
Cmameat. en o!ï<9t, rotromvar cette jeune NOa que taadame <o
Beasme~M h<t avait a! tnatamateat reeommaaddat t
A qui a'aftresser pour reeueMtr des roaM~Memeataou daa !a'!Hot'
t!tma capabtos da ta mettra sw ta voie '?1
St commeat surtout prendra des M~mattOM st d~tteatea une
eeiapfonMttM ta n~tat~e de madame <a BatMMHMaHet ttt MeMt
~at eMe avait voulu e)MOHMF faoeomt'HMtionem da aa vetoat~ ea'
pt'0mc, au sejot <ta caMo orpheline incoxaue, sa M)o auMMMe? car
M de HatMc~ft tto pouvait plua en douter.
Ha MMStaMant Ma aouv~fa, te besM ao Mppettqao la coMte~e,
!e)oar do au )n<tft. lui avait cowyd une fonoNQ de chambrodo con.
aaHM), a<tn doi'tttv!ter A M Madré au plus «tttt'h&n'tdoBeaumeanM.
< €t)Me famMO CM depuis t~o))g<eM)p9 au affvtco do madame de
BaaumeMM, pcMsm te ma~uts elle pourra ))eM'&tre m'apprcadM
qttotquo chose. t
!< ~a!et do chambre do M. do MatHefMt,homme aût at d<!v<M<~ tut
dM))fg<d'a«er trouver mudamo Dupant, ett'tnaetMchez to ma~uta.
-Je ta!a, MM chiire madame BapMt, lui dit-M, –eemhtea ~<tM
6te< attachée a tOtM mattresse.
–Ah! moMieurtemarquts.madama!a cemteM6~ta!ta!baMe!
–t~pMdtt madame Dupont un fondant eH larmes, comment ae lui
aurait-on pas ddvouu à la vie, a ta mort ?
C'eat parce que je connais voire dévouement,et te respect que
vous avez pour la mémoire de cette excellente maitresse, qaa
vous a! priée de v<:t)!r chez mot, ma chère madame Dupont. il a*<'
git d'une chose tort délicate.
–Jo vous écoute, mottsieur le marquis.
La preuve de cenuance que m'a donnée madame de BeanmemB
en me mandant auprès d'elle le jour de sa mort doit voua persuader,
à l'avance, que les questions que je pourrai vous faire. sont d'un ia-
~rêt presque sacre. nuss~e compte satvotrefrancMseet aarvotM
<McreUon.
–Oh t vous pouvez y compter, monsieur le marquts.
–<e te sais. Mamtfnaut, voici ce dont il s'agit. Madame de
BeanmesnMavait et<5 depuis tongtemps, je crois. chargée, par une
personne de ses amies, de prendre eoin d'une jeune orpheMae qui,
par ta mort de sa protectrice, se Mauve 4 cette heure, pe<H-<tte,
tms aucm appui. J'tenore te nom, la demeurede ceMo ~aane <B!e.
M n Me Mf!)!t a~eNt da ta retrouver. Ne pourde<-veus, M~et,ce
tM daon'T qn' tqu* Mns~gaemfatat
tt«o jao~ OHo orphettae! repr!t madama Bopant ça ra~a<a-
b~«< ses eouveMira.
-Out.
dht ans que ta Mh restée au aervtce do madone <'<n~
–PoadMt
«HM, N'prtt h femme do chambra ~pr6a on nomeaM aMcaca,
je n'~ vu aucune JoMno Mte venir c~az madamo. comme parti-
eHXëfament pM~g~e par ptte.
Vous en <t<ea t.taM a<h'o P?
'–Oh! Men eCfa, nxHmteaf tu maf~o)!).
–Et madamedo Beaumt'st)M oo WHS a jumal9 char~o de qnelque
e<mm!M!en qui pouvait aTo!f rapport à la jeune Otk dmx jo vous
paftet
–'Jaa~a, tnanstear temarqoh. Snavcnt enB'adreBsattmadame
la cMateaMponr dea 8ccours. car elle donnai hoanenap. mahje
a'<! pM Mmarqad qu'elle doaHM de pr~Kteace <M<&'tnMMSS&t davan.
tage & une personne qu'a ano aM)M. et je crois que si madame avait
eu quelque commissionde CMOance, ello ae ee serait t'as adressée è
d'aa<rea qu'A met.
C'est ce que ~avats pense. et eest pour cela qnej'Mpofah me
KBsetpter auprès de vous. voyons. cherchez.. vous ne vous sou.
veM< do rien qxi puisse warappeler une jeune B)te que madame de
BeaumesnMprotégeaitparticulièrement et depuis longtemps?
Je M me rappeMer!en de ce!a.–reprit madame Dupont après de
BoaveMes r<!aextons;–r!enabsotumont,–ajouta-t'eite.
Le souvenir d'Uerminie lui était, il est vrai, UN instaut venu A l'et.
prit; B<ais la femme de chambre ne t'arrêta pas à cette pensée. En
otïet, rien dans ta enduite apparente de la comtesse envers Her-
)B<aie, qu'elle avait reçue pour la première feL) quelques jouis avant
M mort, ne pouvait mettre madame Dupont sur la voie de cette pM-
tec)!m spéciale, et depuis longtemps accordée à la jeune fille dont
parlait le marquis.
-Allons, -dit cetui-ot avec m soupir, il faudra tâcherde me
reaseigner autrement.
–Pourtant, attendezdonc. moas'eurle marqa!s,–repritmadame
Dupont, cela ne parait avoir aucun rapportavec ta je<me fille dont
veM parte): mabea6a. autant vous le dire.
V<tyaM, qM'Mt-ee ?
P
t~ w!)te de sa ann< Madame la caattCMa m'a Mt wmf e< M')t
d!< « Vea') «Hez prea~fo on MaeM et voMa !M< porter cette !atttw
thM Mne CamMa qtd demeuro aax BattenoMes, sans lui d)M de
qMe!ta pMt <eaa ~enez was ta ramt'NerM awaa ~M)i). ot ~«n
t')a<ra~!fMt (~e: met dta Ma MfMo. x
Bt te BMN de MMe tbmme! P
Oh Mn nom ahttjuHM't Moa~eor te matqnh, }a Ne t'at pas eu'
Mto. EHeae nomme madama Baftanpon.
-–Et voua l'avez vue souvent chez madame deBcaumamM?
Seulement cette foMa, monsieur le marquis.
Et cetto femme, VMa l'avez amende chea madame de BeaumesniH
Non pas moi, monsieur ta marquis.
Comment ceh?
t
–Apfës m'avo!)* donné le premier ordre dont ~'at pa)t« m<<M!ew
le marquis, madame s'est Mvtséo et m'a dit, le me le rappelle Nea
<t TeutMen considéré, madame Dupont, vous n'irez pas chercher
cette femme <a CMte. cela aurait l'air d'ua ntyettre. Faites atteler
ms voiture, donnez la lettre à un valet do pied, et qu'U la potte à cette
t'o~enne eM lui disant qoir~ent Il chercher de la part de m:tt)am9
de BeaorneanM. x
Et t'en a et4 ainsi chercher cette tiamme t
–Out, monsieur le marquis.
–Et madame de BeaMmesmts'esteatMtenuo avec eMett
Pendant deM)[ grandes heufee, monsieur te marquis.
Et quel âge a-t-e!te ?
Au mains cinquante aM. monsieur le marquis. et eut <W
femme du commun.
Et eamtte de son entretien avec la comtesse
'l
La ~eiMte de madame l'a reconduite chez elle, aos Bat!gaoH~
Et, depuis, vous n'avez pas revu cette femme & thetet BeE~
mesau?
-Non, monsteurlemarquis.
Après être testé qadque temps pemtf, te bossa s'adressant a m&'
dame Dupont
La femme dont vous me partel se nommait, dite~oNS î
<-<h<!aaM Bttttonton.
~o c<xs<M ~tHt!< e« aom w oa poMef~aMeet M~t <
–Met~meardt
Aux t~NeaeMea.
QtxMe rue? qae! numOMÎ
'-Je n'eo fa!9 fica. MMttstfOf t« )n<)rqwta. Je me MjjqM~ta Mate.
ment que le1- valet de pied
_1_1 nous a dit
_&la que la __1_ et elle
1- maison 1_1.
_11- toréait
était dans une rue tr&K!d$erte, et qu'i) y avait un jardin que f<M
voyait de dehors A travers une petite grille en be!s.
La bossu. après avoir <or!t ces Masetgnements sur Macata~t, <tttà
madame Dupontt
Je vous remerde <!e CM tn<Mcat!oM,tes seote! que vous patt.
doz me donner. Malheureusement,peat-ëtra elles ceront !not!tca pour
<M MChcKhMdoat Jo m'oceMpo. Si pllls tard cependant vm~ voua
rappelles quetqua fait nouveau qui vous parût propre à m'~ctatrcr.
J< veua prie de at'en Instruire.
–Je a'y manquerai pas, moasteafta marqua.
H. de Maillefort, ayant t&tereasementr~c<HHpcasë madame Ba*
pont, monta en Nacfe et se Ct coudulre aux Batignolles.
Après deux heures de recherches et d'investigations, te bossu dé-
couvritenua la maison du commandant Bernard, oa no trouva que
madame Barbancoa.
Olivier était parti depuis p!usieuMjours avec son mettre maçon, et
la vétéranvenait de sortir pour aUerfaire sa promenade habituelledans
la plaine de Monceau.
La ménagère, ayant ouvert au bossu, fat dësagreaMementfrappée
de la tatdeur narquoise et de la aiCbrmite du marquis; aussi, )oin de
l'introduiredans l'appartement, elle resta sur te seuU de la porte, bar-
rant pour ainsidire le passage a M. de HaiOetbrt.
CctuM, s'apercevant de t'hnpression peu favorable qu'à eamMit a
la atenageK, ta salua tres-potiment et lui dit
C'est à madameBarbançonque j'ai i'bonnenr de parter?
Oui, monsieur. Qu'est-ce que vous lui voulez, à madame Barban-
~n?
Je désire, madame, répondit le bossu, que vous veuMtiea
Men m'accorder quetqoesinstants.
–Et. pMtrqaf! donc Mre, monsïearï demNxh h <a<M<tMa
M tt~aaot !& he~) d'un te~td deBant.
.t'awMh, mad:)mo, a wwa entM<M!fda ea<Mes fort importante!).
Ho! Je no vaox cennata pas.
Et mot. madame, rat rawa~f de <e~ <!<mm!M. de Mota
Ma!e)mcM<He&tTrat.
–!)<) belle Msto~a! mot aussi, je cannai de NNate8raa<! 'hxfe!
=
t'enooMomtat, ma ctare madamoBafhHMtea,de MoaMro abser*
«fqne, chez vena, nous eattMdoas tnantmeot ptos t no<re aise que
sur ça palier.
-Moo~eur!–f!pe~t)f~n'ment ta m~ag&M, –je a'a!nMt «fe t t
mon atao qu'avec les personnes qui m'fa donuont envie.
–Jte cemproads partMtcment votre dëBanee, ma chère madame,–
reprit la tnauptts on dMmutant sttn Impatience; aussi, Je me M'
commanderai d'on aom qui ne vous est pas Mcoana.
–<}ud «€)))?
–Cetut de madame la eomte~e de BoaomeH)!).
–Veus ~taez do sa part, montent?–<Mt vivement la m~nageM.
De lit part.. non, mad~mo ,–tepond!t tfktemont le bossu en
<M!«t)ant ta <<ite.–madnmcde BeaumesnM est morio.
–Ah'men Dieu 1 morte. ctdepahquandPpauwrech&tetemme!
Je vous en prie, madame. cutMtM chez vous, et je vous repon-
<!fKt,–Kpr!t le tn<rqu!s avec une sorte d'autorM qaHmpoaa&
madame B;)rbanç')n, tfôs-eurieuse d'aMtpNMdo tout ce qui se rap-
portait à madame d)' Beaumesiail.
La ménagère mtro'hdsit donc le besso dans le modeste appatto-
ment du commandant BeMard.
–<tna!eat,–reputla ménagère,– vous dts!ex donc qae madame
h comtesse de Beaumesnil était morteP
–!t y a plusieurs jours, madame. et justement le lendemain eo
reaMMea qa'ette a eu avec vous.
–Comment! monsieur, vous savez?
Je sab que madame de Beaumesntt s'est longtemps entretenue
MM vous. et je vieus accomplir une de ses dernières volontés, eu
vous remettant de sa part ces vingt-cinqnapoléons.
h te bossu Nt voir à madame Barbançon une petite bourse de soie
v<M<~ dont les mailleslaissaient brillerl'or q~'eHe renfermait.
<!Mma«: ~toa~aq «MamoM, aaaaaieat horriblement Mat aw
<Mf~t!esda la m<!aas6M; le marquis e&t dit vingt-cinq Maa. quo t'im*
pr<:ss!aa do anémie jot~o do ta MemotM de t'cgfe de Cotsa eût eam
<oateeted!Mr<)a<c.
Am~ to!a aa pMadMtferque ta ht<s''alui etOratt pour la teatof et
omettre en conHanee,madame Batbaa~n, aeNtant MaMttfeMS pré*
<
da!a a'e
<en<!ana, t~peadit MajestHeusemeot ea Mptm~amd'aasMtede
la htMMe qo'an tut oHiratt 1
ae M6fh pas comme ~a des MM~oas(et eHe~cceataa t)~
Je
amèrement ce nom <MteMë). Nea, je M Mteb pas comme ça das
fMOMSaMdu premier venu. MM savoir. entendce'voas, oaM~ear~
Sans avoir. quoi? ma chëfe madame.
Sans savoir qui aoM. los ~CM qui dheat des NMOuiotM, enmme 8i
dedtM des bu<< leur écorcherait la bouche. Mab* e'ost <~aaM.
~emx-t-eHed'Mateaaafdeatqoo. Blnaot qui ta hantes, je te dttai
qui ta es. SaMt, wtMêtMjugd.
–JeMtajagd?
–Jnge et <eM. Hatntenant, qu'est-ce que vous me W)ttez?j'at
mon pot-aa.fcM à tMpetter.
-Je VMS t'a! dtt, madame, je MMata vous appt'rtcf une preuve de
ta gratitudo de mad:'Me de BeaumeiMU pear ta discf<St!ea.poar la
~Mrve. que voas avez nmaMee lors dot'tdfiike. ea questîea.
–QaoHeatfaire?..
Vous te savez bien.
Pas du toat.
–Attoas, ma chère madame Barbançon, meMet-wmea confiance
avec moi, j'étais Ftm des meilleurs amb de madame de Beaeateadi.
et je n'ignore pas. quo Forphotine. voaa savez. t'orpbetine.
–t.'erphe!:ne?
Out. une jeune Otto. je n'ai pas besoin de vous en dire da-
cantate. ~eaa voyez hica que je suis iostruit de tout?
Atofs. qu'eet'ee que veas venez me demander, puisque MM
lavez Matî
Je viens. dans rintefêt de la jeune N)te. que vem eennaït.
eez. vous prier de me donner son adresse.j'm à mi MM. a)M
eemm<m!eat:ea Mes.!mtMi)rtante.
Vt~MOMt
Sansdoate.
–Veyez'vam~t.tla <aeM'ga)rt d'un tMMtdMaqM <t
peaetHmt.
Mah, oaa chère madame BMbaaeoH. qu'y M-N doae de tt <?*
traerdttUtiM.<ta<m ce qao je vous dis P
U y a, t'6cf!t la ta4aa~M <B MaMM, H y a que wat
&tea un vieux Mue 1
HeUt
Oa Bta!&)Hew,qot wute< xa CMMmpteàfeMt) d'ef. poaf tac
Mte taMr.
Ma chère mtdMM, je veMsasmM.
Mais votre bosse en serait pleine de. <MpoMMM, ~eyez-~M.
'Re sonnerait for et vous m'autor!sar!cz & y <bu!Mar et à yhtfaamejr,
tueje<Mt<tM<Mtata pM un mot de ce qaeieM'Mwpaa'NM.
Ah< ah! voilà comme te suis Mtio.moL.. c'est aa pe« tha
droit que vous, ça, he!a ?. et
vous vexe.
Madame BarbancM. écoute&-mol, de ettM. vous eM< aae
digne et heaoete femme.
–Et je m'en vante.
Bt vous avez raison.
Aoss!, en vatfe quaUtê d'eMcMeate
hmme. voM m'eceuterez et VM9 me repondrez. car.
NI l'un ai t'aatre. Ah vous vous êtes dit, vtew tMMM < Je
m'ea vas mettre les tere au feu pour tirer les vers du nez de ma-
dame Barbançon, atin de voir ce qu'eue a dans le veatM. t Mais mi*
aate. votre indécence est devoHëe. aussi je vous prie de me Ms-
ser Manquine.
Un mot, de grâce. un seul met, ma chère amie, dit le mar.
qms d'une voit atfeetuense en voulant pMadm la main de la mena*
gère.
Hais eett~ci, se rejetant vivement en arnèfe, e'deth nveo <m e~
M pudique et eourFonce.
Des attouchements jonr de Dieu Maintenant je comprends
tout. refnce de votre bourse. Ne m'approchezpas. atBreM liber-
Nn. je vous ai vu venir. serpent. B'abord vous m'avez dit 'M-
&tme. et pais. «Mt chère madame. mamtenaat. c'ast <M eM~
tNt<e. pour finir par man (r&o}', a'est-ee pM?
Madame Barbançon. te vous tOM qtM.
<– Oa Me few~t Mea d& <ea eeaa t«<w*, e'e<t pife aM dee am'
g« t s'ëcdt la men<ttemea M Meotaat encore. M<m~Mr. <t
w<Mt Me veM ea <UM pu. j'appeNelea wbiM. je etie & la ~<da.
tatM.
& t motNea vem «tes Mte, s'<e<!a te taar~ots, d<soM de
naa<H}te de Ma tentatives auprea de madame Bathaa<<m, ~a'M pea'
<tt<H)ppeMf ht9tm!te d'MMpMttedasecMt de madame de BetB-
mesMM. A <p)t diable sa awtt-Wtn, Mec wt eCatoaehemea~?
VeaS 4<ea
au moins a<tMt Mde que moi, et aeo* ae senMneapM feita
pea)? BM< toatet faa ou !t Mtte. Je vous !e répète pour la defmëre
Ceb, et peM* bien mes pMeto, je ~em M pour <a~Mr d'etMa6!e t
xae pt~tc et bMeMMaatejeune Me, que vous devea ooaBattM. et
w«wa la eeaaabMtt. vana lui faites uu tort !ffepafaMe. eatea-
det-voM ? ea ne me dtMBt pu où elle est, ou en ne m'otdant paa t
b)fetM)Kef.MM<!MMetMea: le seM, t'avcmfdeceMejeane
BBe <eat entre ve< tM~M, et vous avez trop bon comtf, j'en suis
stf. peut v<mte!tDulre à me digne créature qui ae irotN a jamah
Mt de ma!.
H. de NMttetMt parltit avec tant d'émotion; son accent était & la
fois ai ferme, ai pëaetfant, que madame BtfbM~oaM~mt d'<me pM.
de de aeB préventioncoutre le marquis.
Allons, meMtemr, lui dH-eUe, meMem qae je me M&t
ttemnee en pensant que veas ve~ez m'ea eeater.
C'est M<m heaKat t
tMs, qaMt & vom dire wa met de ce qtM je ne data pae dire,
mmt~em'o)ta avez beau Mx. vous n*ypart!eadf« pM. vous
etaa an brave bomme et vous n'ave* que de bonnes intent!eas, c'est
pomtMe mais mot, je suis MMsi une brave femme. je sais ce que
j'ai à faire et surtout à ae pas dire. Ainsi, vous me couperiez en
quatre, que vom ne m'atrachenez pas aa trattte met. je ne Mn
pu de M); voMa moneaMetèfe.
Où diable la diMret!oa m.t~e <e nicher ? dit H. de tMMe.
Bort en quittant madame BarhMcoa, dëeMpëfaat avec raison de t!ea
obtenir de la dtgM ménagère, et voyant avec doatemr la wtB:)6 de
<eapMm)èM9)reeheKhetaaM~etdehMeMttMeBeaemadfaMtte
~eMmataB.
xm

ttea< mo!B t'etateot écautos depuis la mort de madame do CeMt-


mesnit.
Une grande activité régnait dans la maison do JH. le tatwt de la
Nceta~uf. nommé tuteur d'Ernestine de BeaumesnM par Ma eonscit
de famille convoqué peu de temps après la mort de la comtesse.
Transportantet plaçant des meubles, tes domestiquesde Il. de la
Bochaigue allaient et venaient, surventes et diriges par sa femme et
par lui, ainsi que par sa seear, taa<fetMO<M!h J?d<~a (? ta J!oc~9<'
gwt, NMe de qaaraate<inq ans environ, toute do noir vêtue ses
yeux toujours baissés, sa figure pâle et maigre, sa physionomie ti.
mide, son allure discrète et le sévère arrangement de sa ceitte
blanche, M donnaient l'aspect d'une sorte do religieuse, quoique
mademotsetiethSiena n'eut prononcé aucun vœu monastique.
M. de la Rechaiguë, grand homme sec de cinquante à soixante
ms.avattie front chauve et Myant, le nezBUsquë, le menton rent.
trant, rcaH bien faïence à Heur de tête; it souriait presque toujours,
dëcoavraBt ainsi des dents trcs-Manches, mais trop longues, qui
achevaient de donner & sa figure un caractère très-analogue à celui
de la race ovine. Le baron avait d'ailleurs tes formes excellentes,
tandis que, par son maintien et jusque par la coupe de son habit,
toujours soigneusementboutonné à la hauteur de sa cravate blanche
et de son jabot, M s'évertuait à se transformer en une copie vivante
du portrait de Casn~, le type parfait de t'&otHme ~'JS<a( gentleman,
disait le baron.
M. de la Rochaiguen'était pourtant pas homme d'État mats, de*
puis longtemps, il espérait le devenir; en un mot, t'amMHou de ta
pairie était tournée chez ce personnage (président d'un eousei! géNé-
rat) à Mtat de manie, d'idée thte, de maladie chronique et dévo-
rante. Se croyant un Canning inconnu, et ne pouvant se produire à
la tribune de la Chambre haute, ii saisissait la moindre occasion de
prononcerun <pM<:&, prenant ainsi le ton et t'attitude pademea*
taires, à propos des sujets les plus insignifiants.
Un des irahs saillants de la manière oratoire du baron était une
wedonaanee d'ep!thëtes ou <r<MtMfbesqui devaient, M~ea M, <r<p~
l'effet de ses plus bellespeaseea, et, pour employer la pbraseote~e
du baron. nous dirons que rien n'était d'ailleurs plus t~n~a~,
plu htwe, ~!<M ~e. que ce qatt appelait un pensée.
Madame de la Mochaigoo, âgée de qnarante'dnq Mt9, avait M jo.
Me, eoqueMo et fort satané; sa ta!Mc était encore Me!<e tnah la M*
cherche <SMgaotoat trop jo~B)te<te au toilette contrastait toujours
maladroitement awo la Mtattxr!de son tge.
La baronne aimait paMionnemeatles plaisirs, le grand luxe, t<9
fêtes tnagaiNques, et surtout à les dMgar. les présider en soaw.
Mina malheureusement, ses revenus, bien qu'bonorables, n'etatex
BeMementemMppartavec ses ~at<sd'eaor<Mes dépenses; d'ailleurs
elle se M< bien gardée de se rainer; aussi <Mavah-e!)e, en femme
babi!eet econeme, le moyen dejouir de la haute inNoenca que donne
une grande existence ea se <atsant. &t'oocas!on, la pa<)ront)fMe de ces
etrangeta obsMM, mais colossalementriches, météores splendides
qui, tp~ea avoir brtM durant qttetqaes années a Paris, disparaissent
ajamaisdMateaeaMdehtratneetdet'oaM!.
Madame de ta Becna!ao8 se chargeait donc (ainsi qa'ea dit ea af-
ptt de bonne compagnie) de faire un monde à ces Inconnus; en aa
mot, eMe teof imposait la ))sM des gens qo'Ms devaient exclusive-
ment recevoir. ae leur accordant pas même quetques invitations
pour eeux de teara amis on de leurs compatriotes qu'elle ae jugeait
pas dignes de Ngofer parmi la fine Dear de faristocraMe parisienne.
La baronne, appartenant à !a meilleure compagnie, lançait ses
eH<tt<< daM le pms grand monde, jusqu'au jour prévu de la mine de
eea éMngers; madame de la ttecbaiguë restait donc en rëat!te la
mattresM de temr maison; seule, elle dirigeait, ordonnait tes fêtes; è
elle semé, eeSa, on s'adressait pour être porté sur les Mates des ~M
appelés à ces sompinecses et élégantes réunions.
B~samaiM <p'eMe MsaU sottir à ses cKe~ t'iadispensaMe
aeeesstte d~me toge & FOpata et aux Italiens, où ta meitteare place

t
lui était réservée; M en était de même pour tes eourses de ChantiBy
« pear qnetqnes excursions aus bains de mer; tes eMottt y toaaieat
mM maison, y eavoyaieat enismiers~ gens, chevan't, voitarm, et ià
madame de la Becbaigne tenait aiast table oaverte pour aee Mab, h
tout au nom da ménage.
By~dans le monde~B~bp!nsgrand monde, <aM «Be<t<<
a.r.,r.~
baswe a~!di« <e pM~ra, qae, toht de ao tâcher de voir xaa femme
<ehaate MaisMBce sa Mwer a t'todigne exploitation do ces maihea*
MM, qo'ane toile vanitdcoadaisaita leur ruine, ce monde nattait,
adaiait Madame de !a Roeha!(jMe, sapr~me dispeaMtttcode ces fetea
<eo<<M<a, et <pt'e!tMn6me se mr~ah eNh)M<!)aea< <e teM <M a'*a'
<~e<t qa'eBo dewah à aen patronage tnt<!MM< du reste, spirituelle,
nf~e, Insinuante, et partant tf<a-een)p«!e,madame de la Rachat~,
Ottit une des sept ea hait temmes qui ont «M T~!tab!e inNaettce «Mf
ce qu'on appelle le monde à Paris.
tetttoh peraounes dont nous parlons pr~!d<teat aux derniers
tTtaa~emeBM d'<m grand appartement restauré, doré et xaenbM à
Mafat~ )m taM !nm)!, occupant tout le preeater~age d'en MMt
<ttx<! dans !e titatearg S<!nt-<!ermata.
W. et madame de h Bochaiecêqa!«a<e<!t ce logement pour aller
a'<<<ab!!r au secoad, dont OM partie ëtatt haMtde par mademo!<e!te
de h BM~aigut et l'autre avait jaoqo'ators Mn< à loger le gendre et
la Me de M. de la RochaiBot,lorsqu'ils venaient de leur terre, où th
«MtMmt erdtaatrement. passer deux ou trois mois à PariB.
Naguère presque dNabre et meabM avec une extrêmeparcimeaie,
ce~aM appartement, aioraat splendide, était destiné à madcnMi-
selle Nmestiae de BeanmeB)ait sa santé, saNsamment re~btie, !u!
permettaitde revenir en France; elle devait arriver te jour même
<T!taBe. accompagnée de aa goaTemaate et d'oo intendant ea
homme d'affaires que H. de la Rocha~ue avait envoyé à Naples poar
y ehereber t'erpheUne.
B est impossible d'imaginer tea eo!na minutieux qoe te bafM, aa
samr et sa tomme apportaienta t'anangament des pièces destinées à
mademoisellede ~anmaana.
Les moindres circonstances teveiaient t'empressemeat, Pobse-
qniosite exagérée, pour ne tten dire de pins, avec lesquels made.
moiselle de Beamnesnit était attendae. Il y avait même qaetqae
chose d'inMiite et presque d'attristant, dans l'aspect de tant de
eomptneuses et vastes pièces consacrées à l'habitation de cette eitt.
fant de seize ans, qui semblait devoir se perdre dans ces apparte-
ments immenses.
Après un dernier coup d'cdi jeté sur ces préparatifs,M. de ta Ro.
thaigne assembla ses gens, et, saisissant cette bcite occasion de de-
Mtor an «pMc~t pranw~ ces memaraNet pare!M avec ea ma-
jestehaMtaane!
1
Je rassemble loi me< gêna paar taw apprendre, tenr d<ehre<
tem' a!gaMerqaemademotseMede BpaanMMn), ma emxtna et popHte,
Mir: madame da ta BochatgttC et moi nous enten-
doit arriver ce
doas. Mas désirons. nous voulons. que Ms gens a~ent MX er'
<hea do mademobeMe de BeeomeeaH avant que d «Fe aax n&tfes
t
c'est dire Noa gens qa'~ <<mt ce que leur dira. leur ordonnera,
lour commondora mademotseMo de Beaamoi'nM, Ma doivent obéir
MeagMmeM, et comme si ces ordres leur étaient donnes par ma-
dame de la KochttBue ou par mol. Je compte sur le zNe. Nr t'ttb
(aMt~ence.<nrrMact!tudedo mea gens. Nous Marena reeonNattre
ceux qui M seront mentr~B rempila de bon ToaMr, de 8e)M, do pt<-
venaaees, pour mademoisellede BeaomemM.
Après cette belle oMoMUoa, les gens ~reat cMgedMa, et l'on
't
donna ordre aux eatehea de tenir eenttnoeMeme et lonte prêle
une réfection chaude et froide, dana le cas où mademoiselle de
Beatttnesai) voudrait prendre quelque chose en arrivant.
Ces préparatifs terminés, madame de la Rechatsao dit à son mari
« Il «Bur
Nous devrions maintenant monter M'hnut. pour btcn nous re'
corder et convenir de nos fatts.
J'allais vous le proposer, ma chère, dit M. de ta RochatgMe
ea souriant et montrant ses tongaes dents de l'air le plus conrtois.
Ces trois personnages traversaient an des salons pour sortir de
t'oppMtement, bnqn'nn des gens de M. de la Rochatgnë lui dit
!) y a ta une demoiselle qui demande & parler & madame la ht*
MMO.
Qn'est-ee qne c'est qae eettedemobeMe?
EMe ne m'a pas dit son nom et!e vient pour quelque eheee qa!
t tapportA à fea madame la comtesse de Beaomesnt!.
Faites entrer, dit la baronne.
Pais, s'adressant à ton mari et à sa beMe-sœMr.
Qa'est'ce que ça pent être que cette demo!seMet
Je n'en sais non. nous allons voir. dit le baron d'an air
axHitatU~
Quelque réclamation pent~tre. ajouta madame de !a Bo*
chai(m<. H faudra envoyer cela au notairede la sacceesion.
Mtatm ta. ttemEMiqM eavrh la porte et annaa~t <
MtdemotMMeHermiaie.
Quelque toutoara charmant, tenait vi~e de t< <ÏMf)t~M. pMt. a
te~O par la douleur pratXndequo lui cMsait la Mttft de t~ m6fa. t~'
t<ait ono trhte~e dimollement OMtMMue; aca beaux cheveux
blonds. ordinairement ~fouMa en toM~ea ang<«f<M, se ~wtttMntcnt
atota eu bandeaux <M«enr de Ma aoMe front CM ta pauvre ~BtXat,
abtmdo dans Ma amer cha~r!a, a'avatt pas, depuis deux mois, «t)
<M<Mt MB~ eut taaocentes coqHetMfteit do aan âgo. Eaitn. pt)d-
ttts. ma<a a)f(a!Nca< et M~fan~ <t<!ta«9, te~ Maachas et be«e<
tna<nt<t'enn<Bta~ta!Hot OMes. MM pauvret petits vieux gt)aM,<<
souvent, a! M~KtamemoMtMMu~a par e)!o. n'~tatont p~us matM*
Mes. et sa mMiro crotesante ne lui permettait pas d'on acheter
d'aMtret.
Bêtas! oui. ta mts~M, car, frappée au eoeor par la mort de sa
mère, et cruellement matado pendant six aotMatnM, tajcuoe Mte a'a'
voit pu donnor MB te~ms da musique. M soute ressource; M9 m!a'
ees épargnes étaient absorbées par les frais de sa maladie; «MM~ea
attendant le produit des leçons qu'etto roeommençait depuis peu de
jeurs, Herm)nte 6'etatt vae eMigee do m<'Ufe au mont~tc-pteté un
couvert d'agent, achète au t''mps de M fiet~tM? et du modique
pmdMtt de cet emprunt et!o vivait dors, avec une parcimonie que le
matheur seul peut enseigner.
A t'aspect de cette pâte et belle jeune NMe dont les vêtemeats,
matgréteur minutieuse propreté, annonçaient une misère <)ëceo<e, te
baron et sa femme se regardèrent fort surprb. Madame de la Roeat!'
gui dit & Hermime
–Je mis madame de la !!ocha!gn<, mademo!se!tet qn'y t-t-M
poBrM~eservtce?
–Madame,– ditCermMe en rougissant d'or~en.–jev!em
réparer aee erreur, involontaire sans doute, et vous rapporterce
billet de cinq cents francs qui m'a été envoyé ce matin par le oo'
taire de. feu madame la comtesse de BeaamesnM.
Hàtgrësoncourage, Bermmie sentit les lameslui monteraux yem
en prononçant le nom de sa mère; mais, en faisant un vaillant enbrt
sur eM&memeaunde vaincre son émotion, elle tendit à madame de
la Rochaigaë te MUet de banque plié dans une lettre à son
etonUMH:&
Ma~xaetMMa B~)t))!< a<a«M<Mda chant.
Madfnoa de la Reeha~e, ayant pweoant ta )et~e, répondit
Ah! pMd<tH.e'eM<OM,ma~aruchaMe. qot Mit))) ~t< appe'
Ma )M)pr&< da omdamo de BeaumeiiMit, eoMOM. timaicienno1
Cn!. madame.
Je ma atm~OM q~'ett effet la eoa<'aM «a famUto 0 <MctM <t«e
fou vous covermit cinq ceutt francl pour vos henafattca: on a cm
que eeMo somme.
SuMMttM. eonvenaNe. accf~taMe. a!oma sentenetouM*
ment to baron an interrompant sa femme. qui repriti
Nous ne croyons dt'na pas, <nademe)se))e, quo vaua Mn!o< tel
tMamer.
Je viens. madame, dit Horm!o)o avec «)t accent rempli do
douceur et d'ergueH, –jo viens vmta rendre cet a~ent. J'ai été
payée.
Aucun doa acteurs do cette M&na ne Mat!t, ne pouvait s<at!r et
qa'M y avait de douleur ambre dans ces mois

< J'at été paydo.


Mabtadi6t!t<S. te ddsiatëMssementd'Horminte.dMntëressament
que la pHUwet~ si apparente des v~temcmts de la jeune tille rendait
plus remarquable encore, frappèrent surtout madame de ta Rochai-
ga<, qui Mprtt
Bo vdr!të, mademotsette,je ne puis que louer ta déticatesM d'un
pareH pMcMë. La familleignorait que vous eussiez déjà eht remu.
cepea. Mais. ajouta ta baronne en hésitant, car le gtaud air M-
turd d'Herminie lui imposait, -mais je crois pouvoir, au nom de la
famille, vous prter de conserver cea cinq cents francs. comme. une
(jMtiNcation.
Et la baronnetendit le billet de banque & b jeune Nie en jetant de
nouveau un regard sur ses pauvres vêtements.
Une seconde Ms, la noble rongeur de t'orgaaN blessé monta m
front d'Herminie.
B est impassible d'exprimer avec quelle convenance parMte, avec
~MUe simpMte nere. la jeune Otc répondit à madame de la Reehai.
–V~tM, madam, tt~M~tt cette san~HMt Mmtat pOtt tM
peM<mae< qut t'adte~raM ~e~ <)at!t4.
h)!t, uns ~amer un mot. Herm!mesalua madame do h Mocha~
et M dlrlaea ~M h pot'«t du <<!en.
MxttMM~aMe. pM<!oa. ~~ement ta !)Maaae, M M)M
CM<tf<t. un seul.
~JcHne elle ea Mtenn~ eaoa peuwotf cachofaea !armct <t'hM<
tnt!)attea p~n<Man)cnt ouateauea juaqu'ahri), t!< dit à madame de t<
Rochat~ë, qui aemMah ffappda <t'nne Mt!a <oM(a
Que <HetM)t.WM, madame?
Jo vous prie d'abord, madamohpMa, d'eMuser ane toohtance
qui a pu <)fo!<sor totre t!t!ttca<esse et wt'U!< faire ero)fn paat-Otft <jpK)
voulu vous ht)m)))cf. mata je vous promate que.
Je ne CM!t jamata. madame, que t'an ~eoMte m'httmtMet, –t~'
pondit nenn!a!e d'utta voix douce et forme aana tasser madame de
ta RedM<p)6 achever ea phrase.
Et voua avez raiMa. madametaaMo, reprit ta htMmm,
e'eatua sentiment tout contraire que ~eus devez <nsp!r<;t;)m!'tate'
amt, J'at un service, je dirais mime une grâce a vous demander.
–A mot. madame?
Vous conttaMZ & donner des leçons de p!aao, mademetteMet
Out, madame.
-M. de la Rochatguë. et e!te djstgna le baron qui MarMt
tomme d'habitude, «t le tateur de mademoisellede BeanmesaH ¡
eUe doit arriver tct ce soir.
–Mademe!ee!!ede Beanmemit' dit ~WemeatBetmMe aves"n
<M6Mm<meatet WM emoUoaiave!ontotfea. Ette arf!Te. te;?.
aujourd'hui
Ainsi qoe madame la baronne a eu !'tmaaeufde vous b dire,
Mas etteadonB ce soir mademoheHede BeaamesaM, ma Mea-a!m8t
tM<!ae et pupille, reprit le baron. Cet appartement lui est destiné,
~oatt't-M en jetant un regard complaisant autour da magnifique
<a!oa, an appartement digne en tout de tajptwWcte t<'r«<~«!!t
j~raxM. ear. rien n'est trop.
La baronne interrompitson mari et dit à Bermime
MedemeiMUe dp BeaMmesaU a seize aM, eea edHeation n'eM
pu t)mpMMtMMMheve<t. eMe aura t)Mo!a d<'pM<MMprofM<
Mt)H.t'Mpeuwatt doaa~Mweaawntr, m<dcmo!aeMe. dedmwM
dM tecont de mn~qaa madtmohaMe de~MMntMMH.nom MUftmN)
ttormet de vous ta Mtnt!of.
Qao<<pM', peu {Mto. elle tût pTMMaM t'cO~t) q~tt ~tHthda ta! Mm
h btMane. BenoMe, MtM peo~ qu'un ha<Mf<! p~tMonUet <
lait la MppMc!)a)fde «t omnf. NMmtnto fut et tmpMMtona~e,qn'ctt6
M Mt MM doute tfaMe, Il !e baron, Ja~m: de M)<!F cette nfMveMa
QMu!oo de patH* en orateur, <t ne donoMt pas & la Jemto Me ta
temps de t~pmdfo, n'eût ajouté en Mettant, oeton Mn habht~e. la
main gauche entre tea Mwefa de son habit hcutcnnO. tondis qo'M tm-
p~atttt à ton bras dfett uo mouvement de peH)Me dM ph): tMap*
pertoMet <
Mademoiselle, <) pour anot e*<st on devoir Mor~ de teKtor
<Ctwpt)tta<ement. )f)geufea<enM))t. ptwtamment. aa choix des
M~tifMtMquetsBOUBCoaftoMnotMchère papHte. c'est aussi ponr
MM an ptaMf. ea bonheur. une <mtM<ct<en. do rencontrer d'!9
penonnes qui, comme venB, made<M!MHe,ïduntsaent toutes les con-
d!t!M< d~otMNee pour remplir t'empioi auquel elles M Mat voudes
dtM Ma~tet sacré do FeduMt!<!t etdcs hmtMM.
Ce <pMe~, pMnonee tout d'M tMtt <t tout d'une haleine par le ba.
tea, M~onM avide de 6'eMMCf aux luttes de )a pureté, dans la prd'
vision de cette pairie tt ardemment de:Me, cette ttMde.dtsenMoas,
doan* heureusement & Befm!aie la temps de reprendre son eana;'
fMMt eMe tepo~ità h baNnae d'âme wt< ptetqueeatme i
JeMtB touché. madtme.dotteenOttBcequeveasm'accofdez.
f<aptM f<mt monu~r que j'en ettb digne.
Wh M« dtae! <Md<mo!s<U<, reprit madame de la «MM-
CW<, –ptt!<que~ee)tMeeptez mes «Mires. nous vous feMas pteTe-
nir diht que mademoiseite de Beaumesoli sera en état de prendre aes
Bm pouvait espérer do revoir sa sœor. de la voir MawM, <aMr
<<'comptait sur toutea les ressourcesda sa tendresse eachde p<mr
M Mte aimer d'EraeatiM.
Sans doute, et pour do toutes-paiMantea ratsom pnMaa dM~ee
qu'M y a de plus pur dans le respect lilial, daas ce qn1) a de p!M&
Boat. do ptmëtevd.daas le noble sentiment dat'c)'euatt,Heftatatede'
vait à jamais tfttfe & M eœup )o tien secret qui les ontasah, ainsi
~M'oHe avait en !o courage de la taire madame de BeanmeanM: mah
la t'eMpect!ve de ce t'a~precheNcat, pem-Ctra prochain, jetait ta
jeune atUsM dans un ravissement Ineffable, lui apportait la plus tne&.
pOr~e das caasotatioaa.
Mt M Mgac!<ë naMMtte, Jo!ate & an vagaa taatioct de dMaMe
Mvem M.et madame da la Beeha)p<8, qu'etto voyait cependant pour
la première Ma, dtsatt a Mefmta~ que cette enfant desetzo ans, que
cette aeBMr <pt'e)taeh<r)ssatt sans ta connattre, aoMtt pu <tM canMe
t dea persoanes plus dlgnea de sa tutelle. SI ses pre~tsiaaa ne la
tr«!Mpatent pas, t'athettoa qtt'Hermtnie esporatt Inspirer t sa BOBaf
pourrait donc avoir sorceite-c! une hBueaeodoaNoment M<ata!M.
Est-M besoin de dire que, matgfe la eene, la pdnur!o e)ttf6me e&
elle se trouvait, il ne vint pas un momentta pensée d'ttenmate de
eempaMr t'epatence presque fabuleuse dont s!)a!t jouir sa Jeane
sa
seBur& condition à elle, pauvre artiste, exposée à tous tes hasards
do ta maladie et de ta pauvreté?
Les caractères genereox et Oers ont des rayonnements st ehaien-
KM, qn'Ms fondent parfois les glaces do t'ëgo!sme ainsi, dans la
Mené précédente, la dignité d'Uemainie.la ~râce exquise et naturelle
da ses manières, avaient inspird tant d'intérêt, imposé tant decona!'
<MMtion & M. et à madame de la RoehaigMë, personnages cependant
peu sympathtqnes, qu'ils s'étaient empresses de faire à la jeune Me
t'offre dont e!te se trouvait si heureuse.
La baronne, le baron et sa soeur, restés seuls après te départ
d'Bermiote, se retirèrent chez eux ann d'avoir une conférence
importante M sajet de h prochaine arrivée d'Bmestine de Beau.
mesnil.
X!V

EoMqua mndxme da la Rochaiguc, son mari et ea Maw. ~rea.


tdunis dans un salon du second éta~e, Mena de la Rochaigua. qui,
depuis la venue d'Herminie, avait aembM pensive, dit à ta baronne
d'une voix douce et temo
~e crois, ma smur, que vous Mez eu tort de prendre cette oau-
tMenae commo maitresse do piano pour EraesttM <tQ BeatHMesaU.
Ton! et pourquoi ? demanda la baronne.
Cette jeune M)o parutt orgueilleuse, répondit MMna avec la
mBtneptacMM; avez-vous remarqué avec quelle surprenante
hauteur elle a rendu co billet de cinq cents francs, quoique t'wsurede
ses vêtements prouvât suMsammont quo cette somme lui aurait été
nécessaire ?2
C'est justement cela qui m'a twucMe, reprit madame de la
Rachat~uS il y avatt quelque chose de si iatêressam. dans cet or-
gttemeuxrefus d'une personne pauvre. it y avait taut de dignité na-
turelle dans ses manières, que j'ai été pour ainsi dire amende malgrd
mol à toi fairei'OMfe que vous Marnez, ma chère soeur.
L'oeamm n'est jamais intéressant, c'est te plus damne des MM
t~atscMtTMt,reprit mielleusement ttetena t'orgueii est ieeea-
traire de t'humiiite chrétienne, sans laquelleit n'y a pas de salut,
ajouta-t-elle, et je crains que t'inuuence de cette jeune fille ne soit
pernicieuse à Emestine de Beaumesnil.
Madame de la Rochaigae sourit Imperceptiblement en regardant
son mari celui-el répondit par un iëger haussement d'epautes qui
montrait assez le peu de cas que tous deux faisaientdes observations
d'uêiena.
Depuis longtemps habitues à considérerla dévote comme une per*
Mnne par&itement nulle, te baron et sa femme ne supposaient pas
que cette vieille Oiie, d'une inaitéraMe douceur, d'un esprit home, et
qui ne disait pas vingt paroles en un jour, pût concevoir une idée ee
dehors de la pratique de ses habitudes de sacristie.
Nous ferons notre ptcSt de votre observation, ma eMtpe s<ear,
dit la baronne Mena. Après tout, nous n'avons q~'tM enBa-
~uaeat instgaMtant avec etttt doeeMte. B'aiitaara, votre ebserwt'
t
~tta nous conduit tout naturellement l'objet de cet entretien.
Aussitôt le baron a8 teva, retoarea prestementM ehatM aCa de
pouvoir s'appuyer sur son douter et donner ainsi touts t'omphot
<MKvenaMe Ms g<iatM eM~rM et <<? aM«M)!a& pM!eme!)<a!fas.
Mjt. mettant la main gauche sous !9 reveM Oe son haMt et batan-
t~at son bR<a droit, M s'apprêtât & parler lorsque M femme lui dit s
Monsieur de la BechatguS, ~at<)M, Mots. vous allez me faire
b$t&eodeh~orwtfo <:hatMt)raMqutMeMde~oa9aM6otr.Vea9wa-
dKm b!eM dire votre opinion sans vous mettre en frais d'etoqueace.
<S)MM)ns tontsimp!emeat,ne pdroMM pas. eunservez vo!M pute.
Mnca oratoire pour la tribune, e& vous arriverez tofoUMMenteat.
mob aajourd'hut r~gaez-vom parier tout boMaament tomme tm
homme de beat'cMpdotaetetdotMMeoapd'etpdt. staea.JeTewa
intefMmps Ithaque instant.
Le baron cennaii'satt par expérience t'horfear profonde de M
tmme pour ses <pMt& M reMorua doue piteusement M eMse et M
rassit en soupirant.
La baronne prit la parole.
Ernestine arrive ce soir. convenons donc de nos Mu.
C'est Indispensable, dit le baron,–tout dépend de notre bon
accord. il faut que nous ayons les ans dans les autres la confiance
la plus aveugle. la ptns e«tt<:rc. la plus absolue1
Sans cela, reprit la baronne. nous perdrons tous tes avan*
tages que nous devons attendre de cette tutelle.
Car enOn, dit le baron, t'en n'est pas tuteur pour son
plaisir.
M faut au contraire que eeMt «ttette ne nous rapporteque ptti'
s!f et pront, reprit la baronne.
C'est ce que je voulais dire, riposta son mari.
Je n'en doute pas, répondit la baronne, et elle a!entt s
Posons d'abord bien en fait qu'en ce qui tonche Emestine, nous
n'agirons jamais isolément.
Adopté, dit le baron.
C'est juste, dit Hëiëna.
Comme depuis longtemps nous avions absetument rompu M«t
la comtesse de Beaumesnit, dont te caractère m'a toujoursété anet*
BatMque et msnpportaMe, Kprit madame de la tottaige~ <
f MM a*MeMpu la moindredoaa~e <mf la seMt!meat«!'Bf<tetMat.
Mais hexreaMment eUe a'a paa M!xe ans, et ea deux JOMa aemfM'
Maspenat~et<oad. tMMM~t&jeor.
Quant a eeta, Nex'~oasama MgaeM, dit h) baron d'an air
macMa~Mqae.
Je me fierai saM doute ~otfe p~tratton, mals aMsst M pca
t la mienne, st vous to permettez, f~pondh la tHtMaae. Ba
Ks!e, quel que soit te caractère d'Bmeat!n9, nous n'avom rien t
<&MgeF Moa d(spas!()oaa. La combler d'aUenttoas, de pr~veaaBCM,
aller M devant de aM moiadres d~M, ëpter, deviner M3 goata, les
flatter, l'adulor, l'encbauter, nou en faire, ea un mol, chérir, ado-
Mr. ve!)a eu il faut en arriver. c'est te but. O'tant aux moyeM,
Maa tes trouveMasdans taconnatMance des habitudes et des Mat!'
«MBtsd'Emesttae.
Ve!et comment je t~Bame la queM!eB. dit le baron en ae te*
vaNtawec soteaa!te. –Et d'abatd.je pCM en fait que.
Ha!s, à un M~Md de <a femme, le baron se taMtt au~Mt, et e<m*
thma modestemeat
tt tant qu'on un mot, Btaesttne ae pense, M vête, n'agiste que
par mas, voilà i'impoftaat.
< La On. ~astiRe te~ meyeas, a a}outa pteaaement BeteM.
Nous nvoos d'aUteuM parfaitement engagé la partie, reprit
la baronne. Emestine nous saura infailliblementbon gte de nous
«M fetMs aM Mtend pour ta! abandonner le premier étage de t ho.
tel, qui a eeûte près de cinquante mille ecta ttesteater, & doMt et
t meubler pour son usage.
Dorures, meubles et restaurationsqui aoas resteront, bien ea.
tendu, puisque la maison est à nous, ajouta le baron d'an air guil-
tetet, car, avant tout. n fallait togef décemment la plat We~
&~H<M d~ Frottée. ainsi que cela a ëte réglé dans te conseit de ta-
atitte.
Arrivons maintenant à la question la plus importante, la plas
detieate de teates, Mpnt la baronne, à la question des preten-
tendants qui vont indubitablement surgir de tontes parts.
C'es~eertain, dit le baron en évitant de regarder sa femme.
Menane prononçapas une parole, mais parutredoubler d'attention.
La baronne poarsaivit
'-&m.etttae sauie aas, elle est ça âge d'~re manee. amei ae*
Me position auprès d'ctte doit-e!!e noua dtMMMm)o htNaanM~nonae
daas te monde. car Foa CMita. (et Fea ne se trempera pss) qM
aoas aoteas i'actienta plus décisive 8MF te choix de aetM pupille.
<?est bien le moias, dit le hafen.
Cette tn<!Hence nous a~ d<!j& tellement acq~tM depuis que NOM
~omhtNteMo. reprit la batonae, quo beaucoup do gena,e*
<ha p!aa canaidëtaMes paf tear po~Hon ea par t«nr aa!asaaee, mtt
Mt et feat ~OMmeMement toutes Mrtea de dëmaMhes et m6nM da
ha~MSMaapt~ da moi. pour se mettre 6:~ <tOM me< pap<<M,
comme M dit wdgatMment nous pouvons donc tirer ua tmaMBM
pMtt d'une pareille clientèle.
& B<et donc, dit le baNn, des pefaonnes que Je ne wya!s
plus depuis des siècles, et avec qui j'~ta!s mêmo en froldeur ou ea
axsez mauvais tennea, ont fait mille ptoUtudes pour Mnoaerawecato!
haM tmhiaaee MtMtoaa.. ~MUt) jour, chea madame de Mirccourt,
ça faisait Mo autour de mot. i'&~B Mtt~tatemeot entama, eb~ë.
«eaM.
B e'eat paa, reprit la bMmme, jasqa*~ M m~dNEt maT'
qab de tMUefort, que j'at tmtjooM en en execradon.
Et vous avez faiMn! 8'<or!a le baron en httetfompant sa
&mme, –te ne sais rien de plus sardonique, de ptas dep!atMM, de
plus tme!eat, qae cet infernal bossu1
Je M wn deat fois, dit à son tour p!emement Betëna -0
a tom tes ~ees Petits sur le visage, it a t'atf d'an Sataa.
Bh bien 1 reprit la baMane. il y a qo'aa jour ee ~tan tombe
ebe< moi comme dee nues avec son aplomb <Md!naire, qao!qa'N
c'ait pu mis les pieda chez moi depuis cinq oa six ans. et il est
déjà revenu pmsieam Ms me voir le matin.
J'espèrn bien qae si celui-là vous Natte et weos Bageree,
~aptit le baron. ce m'est pas p<mr son compte. à moins qu'il ne
w <&<? étrangement.
–6wMemment,–repdtbbaHmne;–mNstjeM!<e<HK<incae
qtae N. de NaMtehrt s'est rapproché de nousavecune arrière-pende,
aweetmepr~tenNen qaetceuque;er, je vous dêdare qae cette m~
t~Me-pensëeje la pénétrerai, et que, MMe pfetenHqjt, B M me r!m-
tjBMra pas.
Btedit haasB je eHb 4~~ 4w le voir revenir M, <epA
t.d<'taBocha<C)e;–e'eMma Mtod'awttpatNe, ma bateMiM.
M MM d'horreur.
Eh mon B!ea < reprit la baronne avoe !mpat!enee, U
n'y a pas de bêta d'horreur qui <asa, il faut subir ta marqata. ]8t
d'ailleurs, st un homme ainsi pose MM)? fait de taMea avances. que
tera'ee des autfaa? Avant tout cela prouve notre taOneace.Sacheaa
donc en tirer parti dé plus d'une façon, et, cette premièreMMt<t<f<
<pw!t~e. nous serons bien malhabiles ~Maan'amenonapasEtnesthe
t un eMx tt~s'~amageatpour BMMNSmes.
Vous paaez tc~ quêtons à merveille. ma eh&M. dit le baron
<a)redeab!antd'atte)!ttea, tandis qu'Mdna, Mon moins iat~Mssda.
rapprochait sa chaise de celle do son ffère et de sa femme.
Matatenant, reprit la baronne, downB'aoas precipttef aa
Ktafderte moment où H faudra qM'Etnostme fasse un choix?
TfC! imporiaate question d!t te baron.
Mea avis serait d'ajourner à six mois au moins toute détend
nation & ce sujet, dit la baronne.
C'est aussi mon avis, $'<cd< le baron, comme ai tes tatea-
Hoas de sa fMMme tu. eussent cause Mne satisfaction secrète.
Je pense absolument comme vous. mon trère, et comme voua,
ma scMf, dit BeMna. qui, silencieuse, mais profondément teCe'
eMe, écoutait, les yeux baisses, ne perdant pas un mot de cet entre-
tien.
A merveMte, dit la baronne évidemment aussi tfes-eontente
de ce commua accord, c'est en nous entendanttoujours ains! que
nous mènerons cette aHaire bien, car il va sans dire que nous nous
JaMns formellement, ajouta la baronne d'en ton solennel, que
nous nous jurons, au nom de nos plus chers intëfets, de n'aceeptef
Menn prétendantà la main d'Ernesline, sans nous en prévenir eteans
.mas concerter.
Agir isotement et secrètement serait une trahison indigne, m-
tame. horrible, s'écria te baron, semblant se révolterà la sente
pensée de cette énormité.
Jésusmon Dieu! dit Hetena enjofptant tes mains, qui
pourrait songer à une si vMame traitrise?
Ce serait une lnfamie,- reprit à son tour la baronne, etpms
q<r<me mtamte. une ia~gne maladresse. Autant nous MPom <iM«
ea BmM Mneertant,autant nous serons faibles en nous diw!Ma<.
< t~mea Mt la forée, reprit péremptoirement !e buroa.
–Ams) donc, sauf changement de résolution concerte entre MtM
M~s. nom ajournons six mois tout projet sur i'e~biissemeat
intestine. auo d'avoir !e temps d'exp!atter son Moenee.
Ces p~tats t~Mhw. reprit la baronne, atdvona à aea ct~M
qat ne maque pM do gfa~M fMdFa't-H, aw! <? Ma. Msaer à B)~
BMttce sa MMMfahxM ? CeMa madame LamO, aatant que j'a! pa me
KMe!<BM,eat un peu au-dessus de la classe des femmes do chamhfe
ordinaires eHe est depuis deax Ms auprèsd'BraeMïae,elle doit daM
eMMer me certatoe mûttence sur e!ta.
Une Mee! s'ecfia le baron d'un air capable et profond. n
6mt<tmcerh6eovemante) h perdre dans l'esprit d'EraMtiMh..
OeMMtttree'Mrt)1
Ce serait tres'&tNe. repritla baMBM.
Mats, ma chère.
Hats, monsieur. Ue'ag!t tout stmp.ement do faire tourner cette
Maence à notre proNt, d'avoir la gmtvenMtate à BOtM discrétion,
d'trr!ver à ce qo'eMe n'agisM que Mtea BM iBstrnetieas. Alors.
cette mNaeace de tous tes moments, au Béa de noas être redoutable,
nous pourra servir tres'pa!sMmmeat.
C'est juste. dit Beteaa.
Le fait est que, sous ce peint de vue, dit te baron en reM-
ehissaat, la gouvernante peut être.. très-utile, tres4vaatageose,
tres-serviabie. Mais pourtant, si elle remsait de se meure dans nos
intérêts, ou si nos tentatives pour nous concilier cette femme eveN'
laient la défiance d'Emestine!
char~
H faudra d'abord s'y prendre adroitement, et je m'en
dit !a baronne. Si nous pressentons que i'on ne peut gagaer
eette femme, ators nous en reviendrons à t'ideede M. de la Boehai
gué, nous évincerons ia gouvernante.
Cet entretien fut interrompupar un des gens de la maison, quivint
dhe madame de la RoehaignS
Madame la baronne, ie courrier qui précède la voiture de ma'
demo!M<edeBeaamemitVtentdedeecendtede chevat dans ta coup.
M a'* «une denu heare d'avanM.
Vtte. <ite. à mtfe teBette! dBt h hanmae d~ ~m te <?'
mMdqM an MttL
Ptth eNe a~eta, eeatSM par t~Sextoa
<- Wa!$ t'y pease. Mm avoaa, cemma <xmsins, parte pendant
six semaines la denit do la eamtosa. B serait peut-être d'nn bon
effet do te porter eneoM. M deuil? Tom les gens d'Nrnastine sont
ça noir, et, par nus ordres, ses witarea serout drapées. Ne era!'
gnez-vMspae que si, pour les pT~eM temps, je m'haMtMade cou.
leur, cela ae pattt dësebMseaat~ cette petite?
Vous avez raison, ma chère amie, dit le baNn, reprenel
votre deoit. M Mt-ce que quinze jeaM.
C'est assez ddongréable, dit la baMane, car le noir me va
comme une herrear. Mais it eat des sacrifices qa'M faut 8'tmpeser.
QaMt t BûB ceaventtoM, ajouta la batoaao, aucune démarche
beMe. ea secf&te. ao aaJietdEmMUae.e'estja)~
C'est juré, dit le baron.
–C'estjore,NtBëtëaa.
Après quoi les trois pCKemt&gesse sepmrereatpewr allerMM leur
toltette de soir, et rentrèrent chacon dans son appartement.
Aossitot après avoir quitte M. de la Rochaieae et sa soBar, la ba.
tome et tstferma chea elle, et eertvitàta Mte un MNetainsi eeaca
« Ma chère Julie, la petitearrive ce soir. je serai chez vous de-
main sur tes dit heores du maMa MM e'avens pas on memeat t
perdre pr~atM qui w<M MM<, B &)H Men Mas emoMhe.
< Sitmee. et dëOanee.
<f L. de L. B.

Sur ce biBet, la baronne ëeri~ t'adresse smvaate s


madme la eieom<a<e <!t JtHnee«W.
S'adressantalors à sa femme de chambre et tmremetta~htettre.
Tout à t'heure, mademeisette,pendant que nous serens à table,
v<tas porterez ceci à madame de Nirecenrt. Vous prendre)! un car-
ton & démettes, comme si voas attioz faire une commissionpour ma
toilette.
Presque aa même instant, t'emermaet à double toar, te baron de
son côte écrivait cette tettre
< N. de la Bocbaiguè prie M. le baron de Ravit de vouloir bien
ratteadre chez lui demain, entre une heure et deux heuresde t'ap!~
mMi< ce rendez-vous est très-argent.
« N. ta RoehaiptS comtac ~r FoMt~eante exae~<Md6 de N. de
BavB et lui offre ici t'assaraneo de ses sentiments tes plus d!s<B6«e<.
~f t'adreHio de ce MMet, la baron <Sef!vh
~NtOMtoarle baron deNaoH, 7, tMeCeffet-~e-~atM~.
Pots H dit à son va!e! de chambre
Vous allez envoyer que!qa'an jeter tout de sniM cette lettre & ta
poste.
BnBa, tnademdseHe BëMna. s'entourant des mêmes precaat!oM
quo M. et madame de la RoeMgtte, ~eriv!t secrètement, comme
eux, la lettre suivante
< Mon cher abha. ne manquel pas de venir demain a dix heures
du matin, c'est justement notre jour de conférence.
a Que Dieu soit avec nous. Z'~eMM est ttnMc.
< Priez pour moi eommojo prie pour vous.
«H.deL.R.a
a
Sur ce MUet, Bëtëna écrivit cette adresse
A monsiourl'abbé ~!<tot< rue de la f'~ane~.

JLV

te lendemain de la réunion de la tamiUe de la Rochahptë, trois


Menés importantes se passaient chez dMKrents personnages.
La première avait lieu chez M. t'abbe Ledoux, qae nous avons va
administrertes derniers sacrementsà madame de Beaumesnil.
L'abbé était an petit homme au soarire instnaant, & rœit <m et pë.
eetrant, à la joue vermeille, aax cheveux orb tegèrement poudrés.
B se pmmenait d'un air inquiet, agité, dans sa chambreà eoachet,
reprdaut sa pendule de temps & autre, et semblait attendre qnd-
qa'an avec impatience.
Un brait de sonnette se fit entendre, une porte s'ouvrit, et an do.
taestîqao à t~rauce de sacristain annon~ Af. C~«<m de NaeriMM.
Ce pieax tondatear de t'omwe <h SaM Peh~f~rpe ét:Ut un grand
jeune homme de bonnes manierea, aux chevea~ d'«a blond Me, et
dont la figure pleine, cotorde, assez rdgalièra, da reste, aurait pa
pa~ef pour batte eaaa sa temarqaabh expression de doucereuse
perNdio et do suMsance contenue.
LoMqM'n entra, M. de MaeraaM baba ehr~ennemeotl'abbd Le.
doux aar les deux Joaes; t'abM lu1 rendit non moins cb~tiennement
Ms baisers et lui dit
Vous n'avez pas d'Hee, mon ctMrCotestto,de !mpat!anceavec
!aqoeMe je vous attendais.
–C'est qu'M y avatt aujourd'hui s~nce de t'<But~<, monsieur
l'abbé, séance orageuse ait en fut; vous ne pouvez concevoir !'espr!t
d'aveagtemeNtet de rdvolte de ces matheufeux-ta Ah) que de pet-
nes pour faire comprendre à ces brutaux d'mtvftefs tout ce qu'il y a
pour eux d'inapprëoiaMe,d'tncfiaMemeMdMa. au point de vue de
leur r~empt!on, dans l'atroce mtsère où !)s vivent. Mais non, au
lieu de se trouver tfes-9a(ts<a!tsde cette chance de satut et de mar-
cher tes yeux levés au e!e!, ils s'obst!nent à regarder ce qui se passe
sur la terre. à comparerleur condition à d'autres conditions, à par-
ler de tears droits M travail, no bonheur. au bonheur cette wotre
hérésie C'est désespérant i
L'ahhë Ledoux écoutait parier Mtesttn et le contemplait en soa-
riant, songeant intérieurement à la surprise qu'it lui ménageait.
Et pendant que vous prêchiez si sagement le détachementdes
choses d'ici-bas à ces misérables, mon cher Célestin, dit l'abbé au
jeune hommede bien, savez-vousce qui se passait ? Je m'entretenais
de vous avec mademoiseUeBëiënadeta Rochaigue. et savez-vous le
sujet de notre conversation? L'arrivéede la petite Beaumesnit.
Que dites-vous s'écria M. de Macreuse en devenantpourpro
de surpriseet d'espoir, mademoisellede Beaumesnil.
Est à Paris depuis hier soir.
Et mademoisellede la RochaiguS?
Est toujours dans tes mêmes dispositions à votre égard. prête
à tout pour empêcher que cet immense héritage ne tombe entre de
mauvaises mains. J'ai vu ce matin cette chère personne, nous nom
sommes concertés, et ce ne sera pas notre faute si vous n'époneM
pas mademoisellede BeaumesnH.
Ah si ce beau rêve se r~isait, -< s'écria M. de Maerease~Ma
~x ApK) at j~tp~Mta ta serrant les matost do ~abM ea<M !ea MtH<
aa~c'eM & vuua que la de«$tt eaMO foîMM tmmea~a. teeattM.
!e!
t~eot ittMtt mM eber Mte~a. qne Mat ~eampMt!<!< tes jettHM
S<~ p!o< qui. dans ta s!Mo pervers, <!t)anent t'eitentp!odea Wtao
ettheMqaeo, t'abhd <hM air J<a< et ou eMfMaot.
Aht–~ctta C<5tf&Ua aveu une Mpte!t!ea de copMté tir.
dente, wae teHa (ieMtMe. a'<sa< comme un hottMH d'ot, t'en eata
O~M)i
Ce pauvre ea&at, <Ma<ne M aime l'argent M«9 e)n<:dTM ) dtt
t'obM au MMtdon! d'un air poterne, et cn p)n<~nt ta jone rehONtHa de
MaMto; ainsi doac pensons aw ao!h!o, ot MtsonaQas t)CDf< Mal-
haoKMetaent,{e a'at pu (Metdef cette t~taX~Mmadame de Beauox'it*
t)H a vous d<b)goer <o chotx do aa OMu par une aorte do «MtamatX..t
t'oHMre e~t <të ainsi oûremeat ottcwëe. t'MOt de cea deMtorea wo'
teat~d'ttae at&remot)f:t))te, toademoisettode la MochatetC ctmtt! nou!
chttabttoaatapetite, qui tonsentaM & Mot. par respect pour la m<'
moire de sa ntëM. C'dtatt superbe, ~a tt)th de set et sans conteste
possible. mats à cela il ne fnat plus songer.
Pourquoi M'y p!us ti<tngor ? dit M. do Macreuseavec une eer'
ta!nohd:!itatioM, et eaattaehaot un instant ses yeux ebiMct pMt<nM
aarceande~bM.
Mut-c!t à soit tour, le regarda fixement.
Célestin baissa les yeux, et rJpuudit ea seadant s
Quand je disais que nous ne devions pas renoncer peut-être &
t'appui qu'une espèce de testament de madame du DeuumesMit aurait
prêté & nos projeta, e'ëtatt une simple supposition.
D'ecrttMre?
Demanda l'abbé, qui, & aoa tour, ha!Ma tes yem MM le regard au-
dacteusemcnt aMrmatifdeCëtostin.
H y eut un nouveau moment de silence, ensuite duquel t'abb~ re-
prit, comme si ce dernier incideat n'eût pas luterrompu feutre*
~ea.
B nous faut donc commencerune nouvelle eatnptgne t tes e!f
tonstances Nous MBt favorables, car nous avons les devants, tebaroa
et sa femme n'ont encore personne en vue pour Krnestiao de Bean-
mesaH,à ce que m'a dit mademoisellede ta Rochaiguë, qui est toute à
tH!cs. Quant à 6oa hèM et à sa femme, ce sont des gens très-ëgoîs-
<w, «~t'eopMM,Ha'<Mt< donc pas doMeotqo'ane (M< ta atMMt ea~
g<!epar nous de façon tMrdonxprdasefatntesaurMtM'racMtM,
Ms ne se Mxgent de notra bord a'M~ y <Mu<!<!M, Mea entendu, dit so'
MdM twamaoe~! et eaa tvanta~os. rien oo fera p!us tactte que de lot
<<tt)f <)'iiWef} mf!< tt faut d'abord noua etnpaMr d'oue po~ttoH telle-
eMtt Certe. qu'eMè noM rondo a)att)fea<tt! conditions.
Et quand? et de quelle ~~an sofat-ja pr~aatt A tnattemohoHa
de BaaatnaMt),monteur l'abbd?
Cette urgenta et grave quoatton nonsofou pfdaccMpOa, mada'
OM!M)te tMMaa et mot) OwMofamcni unepr<!iteaMttOM<)MoieMo,ea
)r~!e, est tmpos~bte co aeratt tout compremoMM eu donnant !'<'
veil au baron et à aa femme sur nos pr~tanttM~) M faut doue <t)< «)'
<Mt. du mystbre, de Mmpfdtu, atln d'cMtMr ta curiosité, l'intdrdtde
<ade)noi<e))o da ttcaotneanM: or, cono prdM'MatteB, pour avoir son
t~ct, doit dire ëtodtëo au point de vue du caractère de cette jcoM
Ntte.
Meatta regarda t'abbé d'Mnatf surpris et taterfojtattf.
M~M'aouB faire, pauvre enfant, lui dit t'abbë dttO ton
d'atfettueoso supériorité, nous savons rhumantt<! sur to bout da
doigt; ainsi <hMM:, d'après tes tensetgMemeMt~ que }'at pu recueillir,
et surtout d'après tes Mn)afqne~ de ntade)no)se))e Uëtdna.deq))!, sur
eMtataB sujets, la péaetratton eM aussi sOre que rapide, ta petite
Beaumesnit duit etfeh&s'teM~cuse,tfes-eh*f!taMo; et, part!ct)tar!tê
bonne à coanattre, reprit t'abbe, madc<NOtse))ede Bcaumesull
fait de préférence ses dictions à l'auteldo Mario. pred!tect!oa<f ès-
M~reMe à aae jeune <!He.
PermeMez-mo! de vous interrompre, monsieur t'abbë, dttw!*
cémentCélestin.
Voyons, mon cher enfant.
M. et madame de la Mocha!gu5 ne sont pas rëgutiem dans t'ob.
servanee de teuM devoirs re!)gteux, mais mademoiseMe Mtent M
manque jamais an eNtee?.
Non, certes.
Elle peut dono M charger tout naturellement de conduire ma<ht*
moiselle de Beaumesnil à l'église de Saint-Thomas'd'Aquin, ea pa-
ro!sse?
–Evidemment.
–B sera bon que mademohette tMtdna fasse, à partir de demain
«MdeM<!(ma à t'autet da Mat!e, c& e!)e conduira sa pop)Me. A Mat
hexMsdo B«t«o.
C'est t~eMe.
Ces dam~ pn)B<)f<M)tp!a(!e, jja M<pp«se. t ~anet)e..<det'nn~
A ~ucha de t'M)M< et po«rQ)~t oeh. <:<Mo~n!
Parce que j'y serai, MMat mes ~otbM ou même atuc! qua
<M<!emo)9eMe do BeaMMMaM.
AmervoHtet d!t t'abM, cota va <oMt aeMt. MadctaoiaeMe
t!<H<!M aa châtia d'aUkat sur ~aoa t'aMeM<!oade ta petite, M, <!6a lit
premt6ro entrevue, vous voici adnt!fab)cmcnt post! C'est pafft'tto'
ment <mag!n~, mon ehor C(!)est)M.
No nt'attftbaa:! pas la gloiredo cette Invention, montiicuft'abttë,
tepttt Mteattn avec une Ironique mo~Mtte; teadom à MsMee
qui appartient &C<S:<aF.
Et à que! (Msar attribuer l'heureusei<Mode cetto pTemttra en.
tMwe atast prdpaf<!c?
A ecM qui a <!crtt ces vers, mangeât ~ahM.
Et H. do Macreuse t~cha ta tirade suivante avec M accent tarde*
B!qae:s

Aht <t TM< a~M 'n) Mmme)'en Me MncentM,


Voua MnoB pfh pour lui t'tmiti&queje montM.
Chaque jour à t'~gttMil venait d'un air doux
Tout w-t-tM<io moi ae mettre à deux ({enamt.
B atUMM tM ~etMde t'MMmMte entUM
t'efdeardont au oiel
P<r l'ontoar
Pvr it
eietil pouasaitea
peuMMtMpriaro,
pr!&M, etc.
été.
Toutest prévu,jusqu'à l'eau béniteà eMr eu sortant, –«jouta
HacMase. Et que l'on dise encore que les œuvres de cet !mp!e,
<te cet tam!eM hiBtrion n'ont pas teur moralité et leur utilité 1
Ma M, reprit t'aMtê eu rlant aux éclats, c'est de bonne
guerre. Puisse le ciel <a!re triompher la bonne cause, quelles que
Mteat les armes employées 1 Allons, mon cher CetesUn, bon courage;
nous sommée en excellente voie vous êtes habHe, insinuant, opi-
jttâtre, capable plus que personne de séduire cette orpheline par h«
eMMea et par les yeux, pour peu qu'euevous entende et qu'ette vous
vote; et, à ce propos, sonnez toujoursvotre toHette, mettez-y plu
de Mcherehe rien d'aBecte, mais du goût, une simplicité trës~M-
~ante; voyena, regardez-mo! un peu. Oui. reprit l'abbé après
ona mianto de eoatemp!at!oM, y<!mafa!s M!<mx qn*<a Mea de pcrM
vos cheveux p!Mt, voua leur C~ott donner une légèreffhore. Oa ac
prend pas aaMtementta~ jeunes <iuM8 avec des parâtes.
Soyez tranquille. monsieur t'~bhe, Je eon)pMn«a «Mtet ces
nuance~! taa ~fan<h eue~s a'e!)<!Mnem sameut par de pp<!«
t.
meyeaa. Ah ça auccèa. ce aefa~ !'awen!t ta p!ua bMa, !o ptua
splendide qu'H ait <M dona« à Ma hommedo r~er a'~cHa Méat))),
dontles yeux datfa MX&rant d'un ardent de)at.
B~ ce succès, Mpth t'abbë, M faut quo vous yo<)tea<o<:ton'
tes les ressources dont nous pouvons déposer. (et elles soat lm.
menses. et de toutes sonos), nous tes emploierons.
–Ah! monstanft'aM)0, dit Célestin awo Mction.–qno ne
Mnsdewfa!-jepas? 7
Ko vous ena~f~ pas ee q«e vous nous devrez, eandMo ca~on,
dit t'ahb~ en sourhnt, votM bon auccès n'intdrcsso pas qao
wusseut.
Commentcela ? mottsteuf MM.
Bh Mat doute, votre réussite aurait une énorme portée. <ma
taNoence !nca<cutaMe. oui à tous ces beaux petits Messtcors qui
font tes esprits forts. à tous ces tièdes, à tous ces indifférents qui
ne nous soutiennent pas assez vigoureusement, votre réussite prou-
veratt en lettres d'or, en chiffres éblouissants, ce que t'en gagne à
être toujours «Me <MUt,pe)M'notM. e<pat'«o))< Ceci était déjà
quelque peu démontre, je crois, parla position eonsidëraMe. ines-
pereo pour votre Age. et pour. votre. naissance. inconnue,
ajouta plus bas l'abbé et en rougissant imperceptiblement, tandis que
Célestin semblait partager ie meute embarras.
Pais le prêtre poursuivit
AMez, allez, mon cher Cetestia. tandis que ces envieux et tm-
padents petits et grands seigneurs ruinerontleur bourse et leur santé
dans de sates orgies, dans de stupides et bruyantsplaisirs, vous, mon
cher enfant, venu on ne sait d'où. patronne, pousse, élevé par on ne
sait qui. vous aurez, dans l'ombre, fait silencieusement votre che-
mm, et bientôt le monde restera stupéfié de votre inconcevable et
presque effrayante fortune.
Ah t croyez. monsieur t'abbê. que ma reconnaissance.
L'abbé interrompitM. de Macreuse en lui disant avec an singutisr
MHttire:s
K< ~fMa ebMtnex doatt paa t pat!er de wtra M<!awM<s<mMe.M..
on M peut pas <tM ingrat avec Mot. VoM pensez bien qae a«t<
M MMMea paa des enhxta. nous prenons aot otretet.
Bt, t~poadaat & an mouvement de M. da NHora~se, t'abM tjanta
Et ~upH<tN Mut ces eOM!<it
~Mt)9MM<Mt(HM')M.
).e*ett te eMuf et t'OBptK de ceo<t
Me, t~oote paterne, )'abt)~p!a~d< Bowe)mt'eM)Me<!o~M)M
hommo de Men et reprit
MetnteMM, autre chose non motaa impotente. Qnt n'entend
qtt'ttM cloche n'entend qu'ua aon. Sans doute, mademotseOe M-
Mna He tarira paB Mt voua aopf~ de le petite do BenMmasaMdès
que ccHe-et Mû* aura femarqtxS. MademaheMe de la M<tetm)~)< wan-
tera sans cesM vos vertus, votre piété, la douceur aag)!HqM do ~ettt
(!g«M, )a e~cteose modestie da votre taotBMea. elle fera toatenHa
pour monter, pour exalter aa ptoa ttant degré la «!to de cette enfant
à votro endroit mats H somtt d'un effet excellent, décisif peut'etM,
qtto ces toaaagea vous coucernant trouvassent de t'echo ailleurs, et
~MKat f<pMeB par des pereounes d'une position telle, que leura pa-
rotes eussent une grande autorité sur t'esprh de !a pothe do Beau.
meNM, qut 8'morsueHMraH beaucoup de voua voir ummtmomeat
<ouë.
Cela est vrai, monsieur l'abbé, ce serait Mn coup de partie
Eh bien voyons, Célestin. parmi vos amies, vos preneuses,
vos fanatiques, quelle est la femme qui, selon vous, pourrait e:M
priée de se charger de cette mission délicate. madame do Ftao'
vHte?
Bte est trop sotte. dit Célestin.
Madame de Bonrepos? poursuivit t'abbë.
Eté esttrop mdiscrete et trop dëerMe.
Madame LeMbure?
BUe est trop boMgeoiM.
Et Célestinreprit, après un assez t<mg silence
M n'y a qu'unefemme sur la discrétion et sur l'amitié de qat ~e
puisse assez compter pour lui faire une pareme demande, c'est ma-
dame la duchesse de Senneterre.
Ce serait parfait.. car la duchesse a oneextrentotaBuencedam
le monde, tepdt t'abM en reNëcMssant, et je crois que vous
ne voas trompes pas. Je l'ai entendue plusieurs fois vous défendre
Mt~oM pïtaat M<m tMoeMeartaetayaMCt et KgMMa~t banto-
mtatque Ma M$ CoMM ae «as reMtmMat pas. t'e~Motod~baa'
ehe.nmp)etibemn!
1
Au aemdo QeraM, ta phyatOMmto de M. deHacreMsesaeoatMeta;
o r~poNdtt avec un acceM do haiaeeoaeeai~e
–Cot hMMUMM'atoMM. en face de tous. oh~e tne~nge~t.
enfant, reprit ~abbë taujouM MUtiaat et pMetee, ta <wn'
gMMM M MOH~e ~ro<<ï<, dit le proverbeMmata, et M a fatsca. Sou'
veBee-voaB. et at<en<!e! N'a~ez'TOus pas d~Mr aa mër<tooo
grande tnaaence!
pot, oui, Mpdt C0as<t!o après oa moment de r<!Noxton.
Hue j'y pense, ph)BJeero)a que pour mi!)e raisons c'tM Amadamad~
SanaeteFMque je dois m'adresser. P~j&, matntes M8,j'a! pu juger de
la eoOttt~ det'httdftt qu'elle me porte. La couthtneeque je lui M-
mn)Baer<!cn cette occasion la toaehora. jon'en<tonto point.
Quaut aux moyens de ta mettre en rapport avao madontoiacOo de
BeaamesBit, Je m'en entendrai aveceMo. Ce sera chose facile, je
pense.
Eo ce eas,– reprit l'abbd, -il taudrattvoir la duchesse le phM
tût possible.
Ii n'est que midi et dcm!, dit Célestin en consultant la pea-
dule. On rencontre souvent madame do Sennetcrre chez ello de une
heure à deux. c'eatte pnvMcge des tnttmea Beutemeot.J'y cours &
finataM.
Ea vous y rendant, mon cher Célestin, dit t'obbë.–r~NecMBMt
bien. si vous ne voyez à cette ouverture aucun inconvénient. Quant
mol, j'~ beau songer. je n'y vois que des avantages.
–Et mot MtMt, meM!eur t'abhë. nëaumotM je vais y reMcM)'
eneoM. Quantau reate, t'est bien eon.venu. De main à neuf heures.
à gauche de l'autel de la chapelle de la Vterge. d Sa<n<.Taoma<-
~~M<M?
C'est entenda,– reprit t'abM, –te
vais aUer prévenir made*
moiselle uë!ëna de nos arrangements; demain à neuf beures e)!e sera
& cette chapelle avec mademoiselle de BeaumesnM. je puis vous ea
répondre d'avance. Maintenantcourez vite chez madame de Senne-
terre. Aprèsune dernière et chrétienneaccolade échangée avec i'abM
LedoM, Ceieetm se rendit chez madame la duchesse de SeaneterM.
XV!

Dans !a ma<!nae du môme jour ea t'entretien procèdent avait eu Mcw


entre l'abbé Ledoux et M. de Macreuse, madamela duchesse de Sen.
aeterfe, ayant reçu une tettra tre~pressaate,était sortie à dit heures
contre son habitude: do retour vers les onze heures et demie, elle
avait aussitôt fait demanderson <s Gerald. Le valet de chambre do
jeuno homme avatt répondu à la femme do chambre de madame de
SenMterre que M. le due n'avait pas coucMa à l'hôtel.
VeM midi, oa second et Impatient message de la duchesse. Soa
Ns n'etatt pas encore do retoof: enCa, à midi et de~, CefaM parut
chez sa mère; H s'appretatt à t'embrasser avec une affeetaease
ga!ete lorsque la duchesse te repoussa doucement, et lui dit d'un ton
de reproche
Voilà trois fois que je vous fais demander, mon fils.
–Je rentre, et me voici. Que me veux-tu, chère mère?
Vous rentrez, Ceratd. vous rentrez à cette heure? Quelle een*
duite!
Comment). queMo eendutte 1.
Ecoutez-mo!, mon fils, –M est des choses que je ne veux.
que je ne doia pas savoir; mais ne prenez pas pour de ta tolérance oa
pour de t'avcugtement la répugnance que j'éprouve à vous faire cer-
taines observations.
-Ma cheM mère, –d!t Gerald, d'une voix à ta mis respectueuse
et terme, tu m'as trouve. tu me trouveras toujours te plus res-
'pectuent, tephM tendre des Bts; je n'ai pas besoin d'ajouter que
mon nom, qui est aussi te tien, sera partout et toujours honore et
honorable. Mais, que veuMa? j'ai vmgt-qoatre ans. je vis eUe m'a-
muse en homme de vingt-quatre ans.
Gerald, ce n'est pas d'aujourd'hui, vous le savez, que votre genre
d'exiatance m'afMge profondément, et pour moi et pour vous; c'est à
peme si vous voyez le monde, oi votre nom et votre esprit vous assi-
gnent une place si distinguée, et vous fréquentes conMnuenemmtla
pha mauvaise compagnie.
En femmes. c'est vrai.. et, pour moi, sous ce rapport. Il
cMovtiMeompas'Me. ~st la bonne. Attons. ae te fAche pas. J.
Mif, tu la Mb, rastd Majeara soldat pour la hamMse du tangage.
j'avoue donc mon paa de MMe pour tea rosières. Mais j'at le plu9
glorieux choix d'amis qui pni~e rendre Car «a gâtant homme.
tiens j'en a! un entre a~fM, la plus cher do tous, un ancien aoMat
de mon riment. Si tu le connaissais, cetaHà. chère mère, ta
aurais meilleure opinion de moi, –ajeota Gerald en souriant, cat
? sa!~ qu'on juge aussi des hommes par tom amitiés.
<– !t a'y a an monde que vous, Gerald, pour aUcr chohif vos
ataie hMhaes parmi tes soldats. dit h duchesse en haussant tM
dpaules.
–Jeté crois pafdtatt bien 1 chère mère. M n'est pas donne t
tout le monde. d'aller choisir ses amis «tt le champ de bataille.
B'autears, je ne vous parte pas de vos rotattons d'hommes,
mon fils, je von reprochede voas eommeMfe avec d'indi~aea efëa'
mrea.
Htes sont a! ammantes
Mon B!s.
Pardon. bonne mère, dit Gerald en embrassant la du-
ehesse matgrë eMe voyons, )'at tort. oui. ta. j'ai tort. d'a-
voir avee toi cette franchise de caserne mais pourtant. ajoata-
t-H, souriant et he:!tant, je ne voudrais certes pas te seandaMaer
encore. Et cependant. que veux-tu qae je te dise, chère mère.
on a viagt-qaatre ans. c'es. pont s'en servir. Je n~ pas te goût
des vestales. soit. mais aimerais-ta miem me voir porter le
trouble et h désolation dans tontes sortes d'honnêtes ménagea?
ajouta Cerald d'an ton eomi-tragiqMo, et puis, vois-tu, j'ai essayé,
)'at même feoss! Eh bien! tranchement. (par vertu) j'aime mieux
tes torettes. D'abord, ça n'outrage pas la sainteté da mariage. et
puis c'est plus dtMe.
Eh! mon Dieu monsieur, je n'ai pas à me prononcer sur la choit
de vos maîtresses, reprit. impatiemment la duchesse, mais n est
de mon devoir de Marner sévèrement t'inconeewaMe iegèrete de vatre
t enduite. Vous ne savez pas le tort que cela vous fait.
t
M
–Qucitort?
Croyez-voas, par exemple, que s'N s'agissait d'un mariage.
& Comment, d'au m.)r:.i.e! s'ëena SeraM, mais je ne me
marte pas, moi diable 1
Vous eM CefM,)(t t'espéra, la ertea do M'éooaMw.
–Je t'ecauM.
Vous eeanaiMM madame do HiMaouttt t
Oui.heureusementelle est mariée ce!to<!< et tu ne Me h
pMpMorxspM e'Mt bien la plus ahonMnahto intrigantet.
–C'MtpOMtMa.mais elle eat Intimement M<!o avec ot~amtde la
Roeha!g<)&, q')t est aussi de mes amies.
Depuis pea, deoc? car ta t'en at souvent entendu d!K) un mat
t)t&ewt; <)ue e'ë<att la haMease même, que e'ëtatt.
Il na 6'<s!t pas de tout cela, -dit la duchesse an intetMm-
pant son N)a, madame de la HochaiguB a pour popiMe madMaot*
MMo de BeaMtBt'snM,<e pht< ftehe AMM~Mde Fir<t)M<
–(!<): est en ttaMe?9
"~QutetttâP~
Elle est de retour?
D'hier soir. et ce matin, a dix heures, )'ai ea, ehez tnadame
de Mirecourt, une longue et dernière conHMNce Mec madame de t<
Rochatguë; car, depuis près d'un mois, te m'oceupabde eeMe a~
faire dont je a'at pas voulu wnB diM MB mot, sachant votre tege~
Mt< habimeHe heareaMMent,tout a été jasqa'M tenu a! soeret en
tro madame do la Rochaiguë, madame de Mirecourt et moi. qae
nous avons le meilleur espoir.
De Feapotr. pourquoi ? dit Geratd, abaaoardt.
Mais pour la réussite de votre mariage avec mademoiselle de
BeaumeB~H.
Comment, meamadage!s'ëcfta CeMtd, en bondissant
tarmehatse.
Oui, votre mariage. avec la phu t~cae MWtMM de Ffanee,
reprit madame de Senncterfe.
Pois eMe ajouta sans cacher son inqaietade 1
'-Bëbs! toutes les chances seraient pour nous sans votre mal-
heureuse eondnite. car les prétendants, les rtvaM, vont surgir de
tous cotes. Ce sera une concurrenceacharnée, sans merci ni pitML
et Dieu ait combien. sans vous calomnier. on pourra vous des-
servir. Ah si avec votre nom, votre esprit, votre figure, vous ëcet
dte comme uo modèle de conduite et ù4 tëguta~te. comme cet ex-
ce!!entH. de Maerease par exemple
Ab c~ B,a at&Te.. c'e~ séneusement que vous peMez t ee ma-
ttt~e, dit mNn CepxM, qot avait écoute M mère avec Ma stupew
toujouMeroisMnta.
Sic'ests~rieasementque j'y penser vous mo te demandez 1
Ma chère mère, je veas sois un gt~ Mot de vos bonnes intea.
<!oas: mais, je veto te répète, je ne veux pas me marief.
Madame de Senneterre crut avoir matentendu. se renversa brusque-
ment dans aen &atea!t, jo!g))h tes maim et s'écria d'uao voix aMtee
Commaat. vous d!<ea. que?.
Je dis, ma chère mère, quo ie ne veax pas me marier.
Mon Dieu mon Dieul c'est de la dêm<'ace< s'dcria madame de
Sennetenre. B refuse la plus richeM~M~e de JRronM/
EtMte, ma mère, reprit Gerald avec une gfa~!te douce et S
teadre, je suis honnête homme, et, comme tel, je t'ateae qae
j'atme le plaisir à ta foMe. )e l'aime aatant et plus qa'a vingt ans.
je serais donc <m détestable mari, même pour <a fttM Wc~e M'<M~<
d~~onee.
Une fortune <nM!e tepëta madame de Senneterre comme
hébétée par le refus de son Nb plus de tM!a muMopa de reates.
en Mens-Mads i
~'a!me mieux le plaisir et h Uber~.
-Ce que vous dites là est stupide, est tnd)(me!–s'écria aM-
dame do Senoeterre hors d'eMe-meme; mais vous êtes d'~nc in.
sensé t 0
Que veM-ta, chère mère, rdpendit Gerald en soarian~
j'aime tout naïvement les gais soupers, les joyeuses maîtresses et
fmd<pendance. de la vie de gar<on Vive Dieu j'ai encore
devant moi six belles années fleuries, que je ne donnerais pas pour
tous les millions de la terre; et, de pins, ajouta Gerald d'un ton
aeMe et (erme, jamaisje n'aurai l'ignoble courage de rendre aussi
malheureuse que ridicule une pauvre Me que j'aurai prise pour son
argent. Et d'ailleurs, ma mère, tu sais bien que je n'ai pas vooiu
acheter un homme peur renvoyer se faire tuer à ma place tu troM'
veras donc tout simple que je ae me vende pas aux millions d'une
femme.
–Mais.moanis!i
chère mère, c'est comme ça. Ton M. de Macreuse (et,
Ma
par hMerût pour lui, ne me le propose plus pour modèle, car je mH-
tatsparht! cMser<me mMtéde camites sur le dos), ton M. de Ma*
creuse, qui est tr&s~Mvot, apurait pM tes mêmes scmpu~a ~to
moi. qui suis un vrai pa!en. c'est probable. Mais, te! je sais, tel
au me garderas, et tel je t'aimerai plus tendrement~ae jamais, chère
mère, ajouta Gerald en baisant avec respect la main do la da"
ehesse. qui le repoussa.
Il est des incidents stogMHeîa.
A peine Gerald veoait-M de prononcer le nom du pMtégé do sa
mère et de l'abbé Ledoux, qtto le valet de chambre de la duchesse
entra, après avoir frappé, et lui dit
M. de Macreuse désirerait parlerà madame la duchesse c'est
pour une affairetrès-importante et tres-pressëe.
-.Vous avez donc dit que j'étais cheï moi ? demanda madame
de Senneterro.
Madame la duchesse ne m'ayant pas dôme d'ordre contraire.
C'est bien. priez M. de Macreuse d'attendre un instant, dit
madame de Senneterre au valet, qui sortit.
S'adressant à son nts, ette lui dit. non plus avec aevërM mats avee
une douloureuse émotion
Votre ineoncetabie refus m'accable et m'afuige à un point que
je ne saurais vous dire. Ausst, je vous en prie. je vous en prie en
grâce. Gerald, attendez-moi un instant, je reviens tout à t'heure.
Ah mon fils, mon ami. vous ne pouvez vous imaginer t'aNreu~
chagrin que vous me faites.
Tiens. ma mère. ne me parle pas ainsi, dit Gerald, toa.
chêde raecent attriste do la duchesse. Ne sais ta pas combien je
t'aime?.
Vous le dites. Gerald, j'ai besoin de le croire.
Envoie donc promener cet animal de Macreuse, et OMtsons.
Je tiens à te convaincre que ma conduite est du moins honnête et
loyale. Aiions, tu me quittes. ajouta-t-N en voyant sa mère se d!.
riger vers la porte.
M. de Macreuse m'attend. répondit la duchesse.
Eh pardieu je vais tai faire dire qu'à s'en aiue. Ne 6mt-it pas
oeteneraveeiui?.
Et comme M. de Senneterre, voulant donner eet ordre, s'appre.
<Mt de la ehemmee pour sonner, sa mère t'arrêta et M dit
CofaM. un autre de mes chagrins est de voir avec quette
Menton,je ne veux cas dire avec qneMe jalousie trop signiSeattv~
MMt partez d'en jeune hoa~me do bien, dont ta condatte exen))))t!<e,
dont ta modestie, dont h pMtë, dawa!eat Mfwir de medNe & «ma.
Ah pKH aw eie! que vous eass!e< ses mmnM, ses vertus. vous M
prëiërcriez pas les coap:<Mes ~Kmenta qui perdent wtM Jeo-
Msse & un aMgoMqoe mariage qui assarerait votre bofiMar et te
aXMh
Ce disant, madame de Seaneterte *tb rejoindre H. de Macreuse.
e< ta!ssa s«a Bts soat, en lui faisant promettre qu'i) atteadrah son r~.
tuw.

xvu

Lorsque la duchesse revint auprès de son C!s, ehe avait le teint


colore, l'indignation éclatait snr son visage, et elle s'écria en en.
trant:
C'est à n'y pas croire. voilà qui est d'une audace 1
Qu'as-tu, ma mèret
Ce M. de Macreuse, reprit madame de Senneterre avec
une explosion de courroux, ce M. de Macreuse. est un dr&!e f
Gerald ne put s'empêcher de partir d'un grand éclat de rire, mal.
gré t'ag!ta6on où M voyait sa mère, mais, regrettant cette inoppor-
tune hilarité, it reprit
Pardon, ma mère. c'est qu'en vérité le revirement est si
brusque,si singoEer! Mais j'y songe, ajouta sérieusement cette
fois Gerald, est-ce que cet homme. aurait manqué d'égards ea~
vers toi t?
i~t-ce que ces gens.Ià manquent jamais de mrmes ? repea'
dit la duchesse avec dépit.
Alors, ma mère. d'oa te vient cette co!ère?. Tout à i'heure.~
M ne jurais que par ton M. de Macreuse, et.
D'abord, je vous prie de ne pas dire mon H. de Macreuse,
–t'ecria impétueusementmadame de Senneterre en interrompant
Mx ma. Savez-vous le bnt de sa visite?. B venait me prier de
dire de lui tant to bien que j'en panse. M est joti matnteaaat, le bien
mej'enpfnse!1
A qui le dire? et pourquoi Mret t
A-t-tm idée d'une pareOte audace 1
Mata dans quel but coMo recommandation, ma me~ î
–Comment, dans quel but Co monsieur ne pretenu-tt p)
<'Noascr mademoisellede Beaumesaii? t
–M' 1
C'est d'une insolence t.
Macreuse 1
Un pied plat, an je no sais q~oi 1
8'ëcr!a la duchesse.
Car, en vérité, on est à ac demander et à chercherquelle est la pep.
aonne qui a eu l'inconvenance de prëseoter et d'amener dan notre
monde. une pareille espèce 1
Mais comment est-M vena te faire part de ses projets t?
Eh mon Dieu 1. parce que je t'avais accueilli avec dhttncttOE,
avec prëfërence. parce que, comme tant d'autres sottes. je m'e-
mis eu~aee de M sans savoir pourquoi, de sorte que ce monsieur
s'est imaginé de venir me dire qu'ea raison de rintëret que je M
avais toujours porté, des éloges que je lui avais donnés, K regardait
comme un devoir de venir me confier, sous le sceau du secret, s~s
intention au sujet de madt-moMte de BeanmesMu, ne doutant pas,
a-t-M eu le front d'ajouter, des bons témoignages que je voudrais
bien rendre de lui à mademoiseUe de BeaumosnM, laissant & ma
bienveillance(je crois même qa'M a eu l'impudence de dire à mon
amitié) le s"iu de faire nattre au plus tôt l'occasion de le servir, eo
monsieur! En vérité, tout cela est d'une effronterie qui n'a pas de
nom.
Entre nous, ma chère mère. c'est un peu. c'est beaucoup ta
faute. avone4e. Je t'ai entendu toner. ce Macreuse. le CaMer.
& outrance.
Le touer. le natter, s'écria naivement madame de Senne-
terre, est-ce que je savais alors, moi, qn'il aurait un jour l'inso-
teace de se mettre en tête d épouser la plus riche Mr«~re <!e
J~Mttee!' d'aller sur tes brisées de mon ûts? Du reste, avec toute sa
Saesse, ce monsieur n'est qu'un imbécile il vient justement s'adres-
eer à moU C'est étonnant comme je vais le servir Et d'ailleurs,
il
«s prétendonsfont pMé. C'est un bejt're, Pst commua, B a'a pas
<4a tMsa. M ? le tournare d'an sacristain eadimaneha qm va dtneft'heo
ton curé c'est on pédant, an hypocrite, et il est ennuyeux comme
la pluie, avec teutM ses fêtâtes vertus da reste, R n'a pas la moin-
dre chance, car mademoiseMede Beanmesnii.d'après ce que m'a dit
madame de ta Rochaigui, serait ravie d'être duchesse, temme à la
modo, ello a ta goût de tous les plaisirs, de tous les avantages que
donne une grande fortune jointe à une grande po~Moa dans la
monda, et ce n'est certes pas un pleutre comme tie M. de MacreuM
qui la lui donnera, cette grande position 1
Et, à la demande du Macreuse, qu'as-ta répondu, ma mëre?
tndignëe do son audace, j'ai été sur le point de hn répondre
quo ses prëtcnt!oM étaient aussi ridicules qu'impertinentes, et de lui
dt!fenuredareme<treios pieds ici; mais j'ai roMéchi que, poufini
nuire davantage, il valait mieux paraitre vcuieir le servir. et je lui
ai promis de parler de lui. comme ii le méritait. et je n'y man-
quer.)! certes pas. Oui, je le servirai. de bonne sorte, j'en <rë-
ponds.
–Sais-tu une chose, ma mère? c'est qu'il serait fort possible
que te Macreuse en v!ut à ses Ons.
Lni. épouser mademoisetiede Beaumesaii?
–Oui.
Attons donc, vous êtes fou <
Ne t'abuse pas. la coterie qui le soutient est toute-puissante.
Il a pour lui, je puis te dire cela, maintenant que tu le détestes, il a
pour lui les femmes qui sont devenues bigotes. parce qu'elles sont
vieilles; les jeunes femmes rigides, parce qu'elles sont laides tea
hommes dévots, parce qu'iis font état do leur dévotion et les hom-
mes sérieux, parce qa'iis sont bêtes. C'est énorme
Mais ii me semble que je suis assez comptée dans le monde.
moi 1- reprit la duchesse, et mon opinion est quelque chose.
je pense 1
Ton opiniona été jusqu'ici, et hautement, des plus favoraNes A
mauvais garçon, et l'on ne s'expliquera pas ton changement su.
Mt. ou plutôt on se t'expliquera; et, loin de nuire au Macreuse,ta
tmerre que tu lui feras. le servira. Le drole est très-madré, c'est
un Mx~ de sacristie, et ce sont les pires. Ab i ta ae sais pas a qut
ta as aBaire, ma pauvre caëre mère..
EavAM, GeraM. waMs prenae eah a~e an ea!mo. ~eaotO)
Ma<!{[i)M(m.h~rf!qt)e~d)ta<n{)remextla dachessa.
Ma foi Ma je te te jura; cda w'ttttHgM, M<e ~'<t!<a. Un Ma.
CMMM! t awe!)f CM p~tetûtom, et pouvoir ptOt'Otfa lea r<!aMactt t
OM tMM«Me<tut, députa to ~fMJge, tu'a toujours t'~pM autant do (M*
~OKpK) d'aveMiott! Et cette pauvre Ma~ctnaMtc <<o BoKxnasnM,
qMeJe no connais paa. ma<< qui (tovteMt toKifassanta & tnaa yaMt:
) <h<moment o<t «Mo est euposdo & dmentr la femma do ce mh~raMo.
Ah pardte)t!aun~ Mcn e)<v!a. quand eeta ne seMit t}U8 pour
renverser tes projets du Macrcoso, et oauvef ainsi de aes ~!ffea cette
pauvfe petite da Bet<UH)C!!uM.
–Ah) (!eMtd! nMa oufaut! –Mcr)i< )a duchesse !nte)fo)npaM
sonNts.–tott marii'gc me rendrait tu ph~ttemeu~o des m&rc~)1
–Oui. mais lut liberté, Ma chtiMtihcrté?
–Cera)(t, songes-y donet. Avec un des plus beaux nons do
Fr.'tM'e. devoir te ptus riche. le ptos grand propriétaire do Franco
Et ma tielle et bonne vie de jeune hftnona
Mais une fortuno ixxxoMC et la ttui~auce qu'elle donne tor:'
<)u'e))e <'st jehtto à xoo position connM la tienxo. num bonUct'atd )1
–Ou). c'est vrai. r<Sp<mdit Uur.)))) eH r<St)ët;h~!MtMt; ntats mo
candamnerà t'couut. à la ~'xo. et aux bas de soiete soir. & per*
et ces btmnes ttUcs qui m'aitoent tant et toutes à la fois,
pt!tt)it<S.
car. ayant le bonheur do n'être pas riche et d'<5tM jeune. je suts
bien forcé de croire lellr autour <)cs)t)t(hcsse.
Mais, Mon anti, dit ta ducttcsse ottratuee tMatgfe eMe par t'am-
bitieux désir de voir son lits contracter cet opntent mariage, tu
t'exagères par trop aussi la rigueur do tes devoirs parca que l'on
se marie. ce n'est pas une raison pour.
Allons, bon !–reprit Gerald en riant, c'est toi qui maintenant
vas me prêcher la facilité des maeurs dans le mariage.
blon ami,-reprit madame de Senneterre assez embarrassée,–
tu te méprends sur ma pensée. ce m'est pas cela. que je voulais
<t<re.
chère mère. parie-moi de Macreuse, ça vaut mieux.
Tiens,
Si je t'en parle, Gerald, ce n'est pas seulement pour te donner
t'epvie de supplanter cet abomiuable homme, car H y a aussi là <hM
quei'<ioo pour ainsi dire d humanité. de pitié!1
D'humanitét de pitié
<!erKt)HP<wat, eMte p~tvro potito maftoooispttc (ta t<CM)nte-'M«
(le chagrin avec MK ptreitmMKi-tfo. et ta lui entait' co
mourrait
Mmit une c~rouso. ono e<eat)fnte afttwt quo h) ffrats <a. (!m atft
e« serait admiraMf 1
Allons, chère n~ro! reptitUe~M< n fiant, tu Tas dire tout
t'heure quo j'aurai mdritd le prix Mouthyen.s! jo f))!~ eo mm)a{<o.
-–<h)t, !o pTh Mo))t<)yon sa (tt'nnatt aM Mtt qut rcmtH sa mbre la
&t
plus heureuse des femmes, nipMttit mattumo de Sexm'terra ea aMn-
ehnot sur son Ois aei< yeux r<'n<t'Ms de tannas.
<BMatt! aimait tetxtrcmcot sa tx~ro. ~uo!(;no eettc'ct c~t t))) cafae'
«)M tmp~rteu!~utaiM et rempli do <'o))tfat)tctit't).t'~ntoHon qu'~to
MSiientidt (!C~)a 1o jeune dm', ct~t Mprit en suortant
Oh! quo c'est daagorcMK, Hxo mi't'e). c'cat ftmft.wt capaNa
da voua faire ëpexoer mntgr~ vous ttoc hdr!tt~M de trob millions do
Mntat. tmnout !of!i<;H')t s'agtt d'extover la pauvre millionnaire a un
acdtffat de Mactcoso Le fait est que phtsj'y pensa. plus jo me son8
ravi de ta pensée de Jouor co tour à cet homme et à t'hypoo'!M s~.
quelle dont il est 10 BonjamtM. Q'<et soxMtet. pour M! adorable
soumet. qui rotomberait à la fois sur mit)o faces Mate:t! Seule.
ment, M n'y a qu'une petite diMcuM, ma mèra. et j'y songe ua peu
tard.
Que voulez-vousd!te?
-Je ne sais pas, ma! at je plairai à mademoiselle de Beaumesnil.
–VoMs n'anre!!qu'a le vouloir, mon cher GeraM, et vous lui plairez.
Vraie réponse de mère.
Je vous conuals bien, peut-être.
Toi ?–dit Ccratd en embrassant sa mère,–tane peux pas avoir
d'opinion ta~esm! ta tendresse t'aveugte. je te récuse.
LatsMMBOt faire, Ceratd suivez mes canseib, et vous vetrot
qo'ib meneron! toute cette affaire à bien.
Sais-M que i'ea te prendraitpour une fameuse intrigante, si ron
ne te «Hmaissaitpas! dit gaiement Cerald; mais, une fois que tea
mères veulent quelque choM. dans t'ioteret de leur Ots. eUes de-
v~ment des Monues, des tigresses. Eh bien! voyons, quel est ton
a~isPje m'abandonne à toi tes yeux fermés.
Bon Gerald,- dit la duchesse ravie en attacbant sur son fils des
yeux humides de larmes.-tu ne peux t'imaginer combien tu me
Mads heureuse eu me parlant ainsi. Oh maintenant, noas réussi-
MX9.Je a'en doute p!)t9.Cet af~oas MaerwM en mourM d«d~p!t.
–C'e~ta. eMM) m&m. brava! Ja tut donnerai taJMMMt~
lieu d'ut) c<!«p d'~ee qu'M «urait Mmso.
Gerald, Je t'en conjure, parions un pou raison.
je t'ccoute.
Poilue tu ea <!<icMd, M Mt urgent qua tu voies an phH ~< me
den~MMe do BeatimasnH.
Bien.
–CeMo pre!n!6ree<!<favtteost,comma tu topensM, do h derat&M
tmpftDanM.
–VMtmcnt?
Mah saas douto. aussi oaus avons ce <)««)« tunguentcnt tansd
& ea sujet avec mesdames do MoceouK et de !:) RachMi~uS. C'Mtttea
h eonnahMnce que celle-ci croit déjà avoir du caractèrede m:'du<Hf!'
MUodeBeaumem!),voilà co que nous croyons de plus eoavcttaMe;
Mea~eMs.Ceratd.
Voyons. oMro m&re.
Nous avons d'abord maMtcareusemcNt reconattt'imposstbMitddo
te poser ça hommeBravo et fat)g<S.
dëmenties..
Et vous avez bien
aurais trop vito
fait, r<SpoMt)tt Gerald en souriant, –)e vous

-Nous nous attendons à toutes les médisances que semble justt.


Bar, mon pauvre Soratd, )a M6ôrctdde <a conduite. mais eaCa, cela
4tant, il faut tâcher de faire tourner à toa avaMtago ce qui pourrait
<tM iavoqaë contre Mi
li n'y a que les mères pour posséder une pareille diplomatie.
Heureusement mademoîseMe de BeaamesaM, d'après ce que dit
madame de la Rocbaiguë,qui l'a fait causer Mer Nir. (et t'en voit
Mentot le fond du cŒur d'uue enfant do quinze ans) heureusement,
dis-je, Ernestiae de BeaumesnH semble aimer le grand tuxe, les p!ai-
~m,t'ë)ëgance; nous avons done pensé que tu devais, pour la pré*
mière fois, apparattreà mademoiseiiede Beaumesnil dans une occa.
eion qui te montrecomme un des hommesles plus éiëganu< de Par!t.
-Si ta as le talent de tronvercette occasion-là, j'y consens.
C'est apr~~emain, n'esMe pas, Gerald, le jour de la cearse an
Me de Boulogne, dam taqaeMe tu dois courir?
Oai, j'ti promis fi ce mais de CoorvMte.qui a d'execMents eht*
MM dont M a peuf, do manter pour lui dana une coursa de ha!es,
<?« chcvat i'oon~~mpfMf.
A m")~e)i<H Mattamo do la Mechaisoo ceadtdfa madftnohoHe
dtr Baatxnoattt) & cette couraa cea '<amca me pr<'nt!r«Mt ici. et. une
faix affhcas au bois de Boutonna, tuvieattras tout t)H«'ret!emoMt Kous
eatuer avant ta courra. Tôt coatame de jockey avec ta veato da M-
<)a eranga et ta toque de vetenm noir te sied ravir.
Ma cMM m~ti. une obsonattoa.
t~)itiM»))(ti out«tn))cp. mndcmoiMtto do BeaumeanM ? verM
dune an ntHtou do cetta Jeoncsso élégante qoa tu primes do «Mttes
iOftns, faut Men Cavexcr. Et puis, enfin, Jo no doute pas que tu
no gagner ta caurso. M csi )))(!i"pc))<:)Maquo tu la gagnes, Gerold.
C'est <'eo epiotoa, eh&ra mère, que m'*8 <St)oroM t~c).aronn!e
tatM pMtn6<w «M hr-tw FaMO~'Empe~f.ma)9. je.
Tu montes & chevat & ravir, reprit la duchesse en !a)ormtnpaM
do nouveau son û)s.et, lorsque Erncsttno do BoatMMsnH ta verra
arriver, dépassant tes rivaux au miMou dos apptaudissemotttsdo cette
f<M))o chot~e. aat doute qu'avee to caractère et toe eoûts qu'cttc
paratt avoir, la première Impression que ta lui c:)usera9 )'e 6oit ex-
eoMeato. et ai, après ceMo rencontre,tu veux être aussi aimable que
tu peux retre, cet impudent Macreuse parattra odieux, affreux, à
mademoisellede Beaumcsait, daas !e easoa i) aurait t'audaco de vou'
loir lutter avec toi.
Maintenant, puis-je parler, ma eaere mère?
Certainement.
Eh bien je ne vois aucun inconvénient à être présentepar toi
à mademoisellede BeaumesnH, d~ts une rencontre au bois de Bou.
togne. Seulement tu trouveras bon que ce ne soit pas un jour «a je
serai aHubM en jockey?
Mais pourquoi donc ce!a? ce costume te sied a ravir, au eon-
traire.
AMons donc,ce!a sent trop son acteur,– dit Gerald en t<ant.
Comment, son acteur vous voilà sempu!eu<. à présent? 'l
Voyons, chère mère, veux-tu que je ressuscite tes procèdes de
séductiond'Elleviou, qui tirait, disait-on un si prodigieu): parti.
du collant.
En VtMtë. Cera)d.dit la duchesse avec une expression de
jjfadenr )revoMe,–vous avez des ideee.
–Bama..< eheKt mëre. e'est toi (lui tes as, cas Macs. sans t'on
douter. Ma!s s~rtoMsamcat tu me pf~enteras mademaheMa de
Nt~MmMaMoù tu vaadraa, qxand ta vendras, emnma tu vandrat, t
pied on & whevat. Tu vals qua tn paxx ehtdstp. SpMtomfM, je no
veux pas avoir tacoaM aux tad!Mt4t!<m& du ea~ma de JM)<oy. Jo
a'at pas besoin do ta.– a~uta CeraM avec oae aMëctatioa de fMMt~
€en)!q«e. -"Je saurai éblouir, fasciner H<adeB)o)MHa de BoaamaMO
par aM fauta <ta qualités metates. ~ndtaMe~ et conjugales.
–.Eavër!t< CeMM,v<Ms êtes d~otaot. vent NapMtetmSmo
tfa!tef sMettsemcntles choses les p!u!< importantes.
–Qu'OBt-ooque cela ~tt. pourvu quo tes choses e'aceontpMMentt
L'entMtteo da <a duchesse et de son Mit fat uno aaet'ndo ft))a tnter-
rompu par ta valet de chambrede madame de SeonetcKO,qui entra
après avoir frappé.
M. ta baMado Ravit voudrait parler à monsieur te duo penr Me
affaire très-pressée, dit le domestique; il attond <ae)m!mtf te duc
chez M.
–C'est bien,-dit Geraldassez ëtOMnë de cette visite.
Le valet de chambre se retira.
–QueMeaffaire peux.tu avoir avee M. de Raw!! ? -dit la duchesse
à soa N!s, –je n'ahne pas cet homme. On te reçoit partout, et je
dois avouer qu'aotaat qu'une autre je donne réellement, sans savoir
pourquoi, le mauvais exemple.
–C'eaiteat atmpte, son père était un trë~s~ homme, parfaite-
ment apparente M a mis son <!)s dans le monde une fois le pli pris,
ea a ceat!nMë d'accepterde Ravit d'ailleurs il me déplatt fort. Je ne
l'ai pas revu depuis te jour de ce drôle de duel du marquis et de
M. de Mornand. Je ne sais ce que ce de Ravil peut me vouloir. et, à
propos de ce cynique on m'a c!te hier un mot de tu! qui le petnt a
ravir. Un pauvre garçon très-peu riche ta{ avait obligeamment 0'
vert sa bourse voici comment de Ravil a reconnu cette eMigeanct'
< Où diable, a-t-M dit, ce niais-ta a-t-H Boute tes deux cents tom
qn'it m'a prêtes? x
C'est odieux s'écria la duchesse.
-Je vais donc me débarrasser de cet homme,– reprit CemM.
D'aiMeurs, quelquefois il n'est pas mauvais à entendre cette tangua
de vipère sait Mut, est m fait de Mat. Attends-moi, chère mère,
dans un instant je reviens peat'etM enthousiasme de ce cynique pN~
MMapo. Tu es Mea revenue tout & l'heure exa<per<!e WiXre te
~Macteuse.
t RaraM, Mxs n'~tfa pas ~t"!fcu!<.
Avaoe, du M)c!))s, qoe. ce matin, chèro tn6re, ai toi ni moi t~
~CM )'!<? <.< chance. puaf tea bonnes connit~~a'x.c~
} & H. du SeaoetorM alla t~otat~e do R.~H, qt~ t'a~eM~ah.

XVU!

ReraM trouva M. de Havi) chez lui. et l'accueillit avec âne politesse


t<t<c)a!c qui ne <Meoneerta nullement !'imt<))~t)t pefi<e"))a~e.
–A quoi dois-je andbaor,mf))'u"r, t'homteur do votre visite? lui
dit sèchement CeraM en te~tuMt debont et sans engager <!e RavM &
~'asseoir.
Ce d8fK!er reprit, tMs-tntMtMfcnt à cette froi<!c nit't'ptino
blonsieur to duc, je viclls vous proposer nue excMHeute affaire.
Je ne fais pas d'atMtes. monsieur,
C'est selon f
Comment cela?
–Veatez-voas vo')sn!ar!er, monsieur le duc?
Mons;eaf.dit Ceratd avec hauteur, cette qaest<en.
Penaettet,monsieur le duc. )e viens ici dans votre htërét.
etBecessairemeataussL..dMs !emieB.Ve<tMioz donc m'ëcouter,
que risauez.veus?~vous demande dm minutes.
Je vous écoute, monsieur, dit Gerald, dont la curiosité était
d'ailleurs assez excitée par cette questionde de Ravit a Vontez-veos
vous marier? f Question d'une singulière coïncidence d t'en songe
'w dernier eatretien de CeraM et de sa mère.
Je reprends doue. monsieur le duc. Vcutee'voasvous marier?
M me taat une réponse avant de poursuivre cet entrettSK.
–Mats, monsieur. je.
Pardon, t'ouNiaisd'accentuer suMsamment ma phfuse. Donc
Veutez.v<MM taire M mariage fabuleusement riche. monsieur le dM ?F
Monsieur do KavM a <me!aa'tm < mwtct' ?f
PFobaMemcMt.
–M~ts vous cMa c«(h!tta!t«, homme du monde et d'eapttt. <M<i
cher monsieur. Pourquoi ae vous mxrtct.voua paa vous-même~
MoMtauf.je M'a! pas do fortune, mon nota est assez ms!
Caat. je so!s, dit-on, quelque pou w!MM<, (te plus laid. et d'ac
eeMmeKe désagréable et haineux; en an mot, je e'at aucun
chance pour arriver à un Mt mar!aga. J'ai ttono pens< à vous..
monsieur to duc.
Ja vous sais gf~do cette g~nërMM,mou cher manstenf; atab,
avant d'aller ptas Ma. perntOMcB'mo!waeqttos<iaM assez <!<S!ic!)<e.
Je ne voudrais pas, vous cempMnaB, blesser vetra MtscepttMtM.
J'en at peu.
Je m'en doutais. Eh Noa ) a que! prh meUcK.vans wourc g<!ad*
rem <Mt<!ftH?
Je vous demande Mt* et demt .pottf c<t<< do la dot, reprit au.
daciensenteat le cynique.
Et, comme Cctatd ne put dissimuler le dëg«ût que lui caneaient cea
paroles, de Ravit reprit froidement
Je crois vous avoir pt~vemt qu'il B'agtssatt d'ano a~Mtwf
C'est juate. mensteur.
A quoi bon tes pbtasea?.
A rien du tout; je ~OMS dirai donc sans phrases, –tep)r!tGe-;
raid en se contenant, que cet escompte de un et d~xi pour <en~
surla dot me paraît assez raisonnable.
N'est-cepas?
CeMaiaemcat. ma!s encore <audra!Mt eavetr avec qnt voaa
voulez me marier, monsieur, et comment vous ttafwiendMz à me
marier?
Ho"ti!eaf te duo, vous aimez beaucoup la chasse?
Oui. monsieur.
Vousla savez à merveille7 [
Partaitement.
Eh bien t quand votre Pa&<<M' ou votre Se<&f vons ont fait en t
afret ferme et sûr. ils ont aceempM leur devoir, n'est-ce pas? le
reste dépend de la predsioa de votre coup d'osit et de la prestesse de
votre tirer.
St vous enteadet par ta, monsieur, q~'ane fois que vous m'ao- t
1
Mzdit TeNf r!e~aMtM~a OM & toariap, x vo;ra «n et dcnA pour
ccat vous sera acquis. je.
PormatM! monsieur le duo. ja suis hep galant hommo ça af.
MMS pour venir vous faire une setoMaMe proposition en un mot,
(0 me Ma RtH do voua mattre dans MMO pMhtox axeeMaute, sOfû,
~aeeeitstNe tout aMte. et vos a~wtagca ~atweta, ~otM grand
«MM, fêtant <e teste.
Et cette position?'1
Vom Matoz bien, monsieur la duc, qao Be suis pas assez
~HM. pour vous dire mon secret avant quo voua tX'ayM <to))n<!
wtM pMato da (satimt homme de.
Monsieur do Ravil, reprit Gera)d en intetrempaM ce n)Mra*
Me qM'M avait grande oa~c do jeter à la porte, la plaisanterie a
eMMsammeatdard.
QoeMe plaisanterie, monsieur !o duc?
Vous comprenez bien, moastear, que )o ne peux pas répondre
6<rtea:emeMt à une proposition pafemo. Me marier sous vos auspl-
Mt. ce serait par trop plaisant.
–VeusMhtMZ?
J'a! cette Ingénuité.
MMeMsMz. monsieur le duc. Bappeiex-voas ce mot do
TaUeytand.
Vous citez beaucoup M. deTatteyMod?
C'est mon mattre. monsieur le duc.
Et vous lui faites honneuf. Mais voyons ce mot du grand di-
ptomate.
Le voici, monsieur le duc < Il faut toujours se déuer de son
premier mouvement, parce que c'est ordinairement le bon. » Le mot
est profond. faites-en votre profit.
Pardieu t monsieur, vous ne savez pas combien ce que vous d!"
tes i& est vrai et rempU d'à'propos. à votre endroit.
t -.Vraiment?
J'ai devance votre conseil car, si j'avais odde au premier moN<
)~ vement que m'a inspiré votre honnête proposition. (et ce mouve'
Xt mentetait exceiient.)je.vous aurais.
B Qu'aoriez-vousMt, monsieur le dac?
Vous êtes trop pénétrant paar ne pas le dev!ner, mon cher mon-
aient. et je suis trop poii. ponr vous dire ceta chez moi.
B
Parlon, monsieur le duc. mais ja sais pressé, et a'at pc!ntt{
loisir de m'amuser aux charades. vous refusez mes ottfes?:a
–Qat.
ttn mot encore,monsieur !o d~o. j)c dois vaua prévenir que e'
soir it serait trop tard. dans ta cas où «ma vous raviscr)M. ea~
)'at qaetqa'aM & meMM à votro ptace. y~a~ même d'abord son~t
ce qttetqu't))t-!&;mais, après Htûro r<S<!exton, fat senti que vous rda-
nhatez plus de chances do ~ass)M que r<t«<ra. Or, ce qM')t me faa~
& mot. e'Mt que l'affaire se fasse, et que j'aio <Mon un ci demi de corn.'
mission sur la dot. mais, si vous reRtsez, je reviensà ma preattëre
eemMnahon.
Vous êtes da mo!ns homme de précaution, mon cher monstcar..
et te a'aarat pas ta chagrin do voir manquer par mon tetwa. tcar je y:
continue do rat~scr) te gain loyal que vous puufsuiwo):perdes moyens
s! hmtMaMes. Seulement eraignez.voas pas que ~'aie rindiscro~
Mo
tion d'abriter un peu votre curieuse industrie?
J'en serais ravi, monsieur le duc. cette rêve!at!on me servirait
de rklame et m'attirerait des clients. Au revoir donc, monsieur le
doc. je n'en serai pas moins, dans une autre occasion, tout & votte
service.
Et, après avoir profondémentsaiae Gerald, de Bavtt sortit aussi
impassible qa'it était entre, et se rendit dans la rue de la bladettine,
où demeuraitson ami de blornand.
Co dueoiMon a sans doute soupçonné qu'il s'agissait de made-
moiselle de Beaumesnit, ce qui m'est tort ë~ai, se dit le cynique,
–et 11 espère me voler en gagnant par tui-meme la prime que je lui
demandais sur la dot. C'est ignoble mais rien n'est désespéré.
on ne me prend pas sans vert, moi Pourtant, c'est dommage, ce gar-
coK est duc, il est beau. assez spirituel, j'avais des chances; allons,
Il me faut en revenir à ce pataud de Momand. J'ai bien fait de ne rien
dire & ce vieux crétindela Rochatgaë ie mes visées sur le duc de Son.
neterre il eût toujours été temps, si en bel oison avait répondu à cetM
pipée, de détruiretoutceqnej'atéchafMdéen faveur de Mornandde-·
puissix semaines, et de donner pour m<d'ordreà cette vieiNerouée de
Laine, la gouvernante, SetMMhfM au lieu de JtfonfMM!; car, ce que
je voudrai, la gouvernante le fera.. elle est à moi. et elle peut
m'être d'an secours immense. son ia!éret me répondde son dévoue-
ment et de sa discrétion. Heurease~ent encore j'ai trouvé t'ea*
tt MBsMe du hotthomma tia Rocnatgue. et, saut nueidentde et
amont de Senueterrc, je n'a! qu'à tout raconter sincèrement
c&rcN~t. c'est drMot) & ce grosMornand, qui doitm'attendM
hennissant d'impatienee, nOn do savoir le flottât do mon entre-
avec te baron de la ttochaiguë.
&t se tivraut ainsi au courant de ses fëNexhms, M. da R~vit était
rM dans la rue des Champs-Etysëes, et, pour la première fois, H
)att Maeoatf<5 MermMe lorsque la jeune Mte se rendait chez la
~mteBM do Beaotnesnit.
C'est ici, se dit de Bavi), quej'a! vu cette jolie fille, cette
égueule, le jour du <!uet de Mornand avec !e bossu; elle a passé la
bit à l'hôtel BeaumesNi), et, le lendemain, j'ai su par les gens de
Mtet qu'cMo était t~attresso de musique, s'appelait CefmL '<), et de*
f<cara!t rue do blonceau, du cote des Batignolles. En vain, rôde
tar ta. je n'at pu la revoir. Je ne sais pourquoi diable celle char.
nante blonde me tient tant au cœur. Ah t si j'avais ma commissionsur
h dot do cette petite Boaumesnit, je me passerais la f.)ntaisie de
tette musicienne car, avec son air de duchesse, accompagne d'aa

)
tarapittie et d'une ntauvaise robe noire. elle ne rësisteM pas, j'en
fuis sûr, à t'OMre d'un bon petit établissement très-peu iëgitime.
~EMe doit
crever de Caim avec ses leçons. Allons, allons, cbauMbns
~b gros Dlornand. il est bête, mais persévérant. d'une ambitionfé-
t~ee. Le bonhomme ta Rochaigue est très-bien disposé. ayons
t Don espoir.
Et de RtvU entra chez son ami intime.

X!X

-Eh Mea!1- dit M. de Mornand à de Ravit dès <m'M te vit et*.


r dans son modeste cabinet de travail, encombré de Masses, de
pports imprimés et communiquesaux membres de la Chambredes
airs; eh bien as-tu va M. de la Roehaiguê~Il
Je l'ai va. tout marche à merveille.
Tiens, de tavit, je n'ouhMera! jamais ta eonMte daaa eeMe e!f
constance. Je le vois, c'est pour toi autant une a!fa!re d'argent
qu'une affaire de sincère et bonne amitié. Je t'en sais d'autant plus
de gré, que, ehez te!, la place du cœor M'est pas grande.
EUo t'est assez pour toi. C'est tout ce qM'U me tant. Je M!:
ménager à cet endroit.
Et la gouvernante, M M'ta parlé ?
–Pas encore.
–Penrquetpas?P
Farce qu'il fallait être convenu do dMërentes chosesentre nom.
le te dira! quoi du reste, il n'y a pas de temps perdo madame
~tne, la gonvernante, agira comme je voudrai. et quand je voa'
drai. Elle est à moi.
Que t'a dit M. de la Kochaigao?a.t.ii été satisfait des rensetgne-
meats qu'il a pris? mes collègues et amis politiques m'eat-Hs bleu
serv i ? crois-tu que.
Ah si tu ne me Msses pas parler.
C'est que, vois-tu, depuis que la premtère pensée de ce mariage
m'est venue, et j'ai une bonne raison pour ne pas oublier la date de
ce jour-là, ajouta M. de Mornand avec un sourire amer, eo
duel r!dicote avec ce maudit bossu me ta rappellera toujours, cette
date; mais enfin depuis lors, te dis-je, ce mariage est pour moi une
idée fixe. C'est qu'aussi, juge un peu, placé comme je le suis, quel
<~ier qu'une telle fortune). Le pouvoir, tes plus grandes amhama-
<<es. C'est immense, te dis-je, c'est immense
As-ta fini?
Oui. oui. je t'ëcoate.
C'est heureux. Eh bien tous tes renseignements que M. de la
Reehaiguë a obtenus sur toi corroborent ce que j'avais avancé it a
t'intime conviction que tôt on tard tu dois arriver au ministère ou à
une grande ambassade, mais que ton heare serait singutièremem.
avancée si tu jouissais d'une position de fortune aussi considérable
qne ce!ie que t'assurerait ton mariage avec mademoiseitedeBean-
mesnU. On préfère, quand par hasard ça se trouve, des ministres «a
des ambassadeurs puissamment riches. On se ngnre que c'est là unt
garantie contre toutes sortes de vilenies. Donc, le bonhommeta R<)-
chaiguë est certain que, s'il arrange ton marisge avec sa papitte, an9
m<a au ptmvotr, cet
ressuscitaient, toruase
M* m enragé Homme), t~w pour
fieraitpendre siéger <tr,
<M ~nMtce; et 'ça pcuuua
ureLuxembourg
ressuscitaient, cet enragé se rerait pendre pour siégera" Luxembourg:
c'est sa manie, son inOrmhé, sa lèpre. ça le dévore, et tu penses
bien que je t'ai gratté à vif ta on il lui démangeait.
<– Mon mariage fa!t, sa pairit est assurée i est président d'ua
tonseit générâtdepuis tangues années. J'emporterai la Nomination
de haute lutte.
Il n'en doute pas, et, comme il est de moeurs antiques, il s'en
rapporte à ta promesse, et promet d'ag!r immédiatementdans tes inté-
rêts auprès de sa pupille.
Bravo et mademoiseMe de Beaumesnit, qu'en dit-u? il doit
avoir bon espoir?. si jeune. si isoMe. elle ne peut pas avoir de
votonte. on en fera ce qu'on voudra?
Il ne là connaît que depuis Mer. mais, grâce à quelques mots
assez adroitement jetés. il a cru deviner que cette petite personne
a de grandes dispositions à être ambitieuse, vaniteuse à t'exces, et
que la tête lui tournerait infailliblement à la pensée d'épouser un
ministre on un ambassadeur futur, afin d'avoir ainsi à la cour le pas
sur une foule de femmes d une conditionplus subalterne.
C'est providentiel s'écria M. de Mornand ne se possédant
pas de joie, et quand la verrai.jo?
A ce sujet. j'ai une idée. je n'ai pas vouin en faire part à ta
Rochaiguë avant de t'en parler.
t– Voyons t'idée, dit M. de Mornand en se frottant joyeusement
les mains.
n est d'abord entendu que tu n'es pas beau, que ta es gros, que
ta as du ventre, que tu as l'air horriblement commun. crois à ma
'sincérité, c'est un ami qui te parte.
A la bonne heure répondit de Mornand en cachant le désa-
grémentque lui causait la trop amicalefranchise de de Bavit; entre
amis, on doit oser tout se dire et savoir font entendre.
La maxime est bonne. J'ajouterai donc que tu n'es ni sédui-
sant, ni spirituel, ni aimaMe; mais, heureusement, ta as mieux que
eeta. tu as. à ce q't'it paratt.. un grand tact politique tu as fait
une étude approfondie de tous tes moyens employés pour corrompre
les consciences; tu es né corrupteur comme on naît chanteur, et, de
plus, tu jouis d'une éloquence à jet coa<mM capable d'éteindre, de
noyer la fougue dps ptus cbaleureux orateurs. de l'opposition; tues
appelé & devenir le ch~opom~ que dis-je? la pompeamcead!e
du cabinet qui t'appellera dans son sein; de sorte que, si, dans un sa*
tan, tu es lourd, empêtré, mal tourné, comme tous les (près hommes,
une fois à la tribune, tu es Imposant, renNant. triomphant, la bâtas.
trada cache ton ventra: sous ton habit brodé, ton buste tourne al
majestueux, tu peux même prétendre à une belle tête.
–A quoi bon tout cela?–réponditde Meraand avec impatience,
ta sais bien que nous autres hommes politiques, nous autres hom.
mes sérieux, nous ne tenons pas le moins da monde à être des frelu.
qaets. des beaux.
Ce que tu dis là est bête comme tout, et H ne fallait pas m'in-
terrompre. Je poursuis bien des choses dépendent d'ttne première
impression, il faut donc tout de suite apparattre aux yeux de made-
atoiseiie de Beaumesni! sous ton plus briOant cMë. aCn do la <asc!.
aer. de la magnétiser. Comprends-Mcela?
C'est juste. mais comment?
Ta dois parler dans troisjours à la Chambre!
Oni, sur la pèche de la morae. an discours tres-etadie.
Eh bien il tant que tu sois triomphant. poétique. attendris-
sant. pastoral. dans la pèche de la morue, et c'est facile. en se te-
nant toujours a cote de la question. Tu peux parler des pécheurs, de
leur intéressante petite famitie, des tempêtes sur la grève, de la lune
sur la dune, du commerce européen, de la marine, et autres bali-
vernes.
Hais je n'ai envisagéla question que sous le point de vue éco-
nomiqne.
tt ne s'agit pas d'économie, s'écria de Ravit en interrompant
son ami, it tant au contraireprodiguer les trésors de ton éloquence
ponrébtouirta petiteBeaumesnii. à t'endroitdetapèche de la morue.
–Ahcà! tu es fou?
Ecoute-moi donc, gros innocent. Le bonhomme la Rochaigue
aura le mot, la gouvernante aussi; de sorté que, demain et après.
demain, la petite fille entendradire autour d'ette, sur tous les tons
< C'estjeudi qne doit parier à la Chambredes pairs le fameux, t'éto-
qnent M. de Moraznu. le futur ministre; tout Paris sera là, on s'ar-
rache ies billets de tribune car, lorsque M. de Mornandparle,c'est
un événement. w
te comprends. de favit. tu as te gooie de t amMe. –ereena
K.deMornaad.
La MechaiguStrouve naturellement le moyen d'amener mada-
moisoite do BeaumesnH vouioir assister cette tamenaeséance, par
enriosM! moi je tes ai devances; il est convenu quo la Bochaigcë
amusera l'infante aux bagatelles de la porte, qu'au moment eu, mon,
MM & la tribune. tu anras ouvert le robinet. de ton ehtqaeMe..
alors. je sors, le cours avertir le tuteur, qui entre avec m pap)ue
au plus beau moment de ton triomphe.
C'est parfait
Et si, parmi tes compbres, tu peux, à charge de revanche, )'e- l
cruter une claque bien nourrie et lardée do Jth/ <r~.Men~ e'e<<
<BM<!M< brsw <mifa6~e~ etc., etc., la chose est enlevée.
Encore une fois, c'estparfait, U n'y a qu'ooe chose qui me ooa'
trarie, dit Mornand.
–Qooi?
j'ai parlé, cet enrage de Montdidierprend à tache oe
Dès que
me rcfutcr. Ce n'est ni an homme politique ni un homme prati-
que. mais il est mordaat comme un démon; H a i'aodace de dire
tout haut ce que beaucoup de gens pensent tombas; et si, devant
mademoiseiiedo Beaumesnil. il allait.
Homme de peu de ressources, rassure-toi donc; des que tu an-
ras fermé ton robinet, et pendant que tu recevras tes nombreuses
félicitationsde tes compères, nous nous exclamerons c C'est admi-
rable, étonnant, étourdissant c'est du Hirabeaa, du Fox, du Shéri-
dan, du Cauuing. n Il faut rester là-dessus. ne rienentendre après
cela, ét nous sortons vite avec l'infante; en suite de quoi cet enrage
de Mon'didier pourra venir à la tribune t'immoler, te ridiculiser tant
qo'H lui plaira. Dn reste, sois certain d'une chose, et je te gardais
ceia pour le bouquet. Tn te retirerais de la vie politique, tu dirais
catégoriquement au bonhomme la Rochaiguë que tu ne peux pas le
faire pair de France, que, gràce à une idée lumineuse qui m'est ve-
nue, non-seulement ie baron pousseraitencore de toutes ses forcea
à ton mariage, mais ? aurais aussi pour toi madame de la Roehai-
guë, et sa beHe-sœar, tandis que maintenant,tout ce que nous pou-
vons espérer de plus avantageux, c'est qu'elles restent neutres.
Mais, alors. pourquoi ne pas employer ce moyen. tout de
Mite~

T. I.
roi MM pme qne~ma
qtJelqun Jl!ons.
)<!oM. bUllrM quelques mea. <Mta
~Mttde f¡Uetquea
""1
fM taat Msa~dana te va~ae.
PaMtqaet cela?
'&lIrquo' ce<«?
Bame. a'eotqM pat. <no~, ~e~ ? Maw!en*
ao M<a
dMtt. tu panMata a~f du aaroputea. et pawtaMt. M aw te$
t(em les plus honnëtea, tes p!aa Mn~M~aMes. dea M!< m<!mei).
Béa MM qaoja MBate a! Je ta eompMtMht, do Ba~t!, expliqup
toi d<MM.
fhëatte. les hommes pluent quelquefois a! a!cfto<t6FemeN
leur amoat-pMpMt.
Leur ameur-ptepN)?
Apr{)9 tout, en n'oat pas KBponMNe de ea~a: que paMUm sm
tfa !a natare).
CaMM la nature? mate. en ~M«, de Ravit, ta da~em fou
QB'est.ce qua tant cela aignMe?
Et dire qae tu es assez heureux poaF que les appaMnees Mtent
pour tôt. ta el gtM. ta M ta voix claire et presque pas de
barbe.
Eh Mon) après'
7
T~ BO eomprenda pM
Non.
Et il ee dit homme politique
Que diable ~!eas~u mo chanter là, do ma voix' claire, de mon
peu de barbe et de la potMque?
Mofnand. ta me fata douter de ta sacaeM voyons, que m'as*
t
tu dit awant-Mer, propos <h projet de mariage de ta jeune reine
t'Espagae?
–Awat'Mef?
Qa!, en me eenSanttm tectet d'ËtatM~p~aen haat Men.
«Sttencet.
Sota donc OfanqnMe,je eabdtBCMtcomme la tomba. tappeMe'
to! ce que tu me disais.
Je te disais que, e! <m jour l'on pouvait maner un prince fmm-
tttat à la sdear de la fe!ne d'Espagne, le triomphe de la diplomatie
aenH de donner pour mari & tadite feme un pftaee. qui efMtm'
aez. de séeurit4, amez. de ~Mannea. par ses antécédente.
B paratt qa'en d!p!ema6e. de famtHe. ils appellent ~adeaga*
~~hs et des antécédents. Va ton~uM.
Un pt!ncc,d!a'jte, qui cO'dt <te-) ~'anttc~ tcHea, qoo la Mtne ae
devant jama~ owtf d'entants. la tr~ne appar0ondfa!t ptastard nm
enfanta de sa acear. e'e:'t-a'dtra & des princes trancats. Ma~oiOqna
ca)MM«a!Mn! ajouta ta hXMr mMatra avec admkaOoo. Ce ?.
rait eontlnuar la politique MMnatchtqna du Grand roi quM<!oM ea*
reprenne. <p)es0on dynast)qHa t
<!ne''ttondahaut9'dc'c)'))Mssoa.–fdpondit<!aRa~Men hm~Mm
!eadpaa!es. mais il nimporte. t'cnMt~Mtnentest ton.pM<!te9-ea
<!oM.
Que! ensteignemeM?P
MfMt!s-mo!. Qttetaeont <eaaeah parents qui restent à mndo.
mo~cMe de BeaMaM~nM?
M. de la RoehaignC. sa sceur, et, après eux, la Mte de M. de h
Bacha!gn6, qui est mafMo en province.
Parfaitement. De sorte que si mademo!M!to do Beaumeso!)
mourait aaM aatha~?.
Parbleu c'est la htnMto Roeha!g«6 qui Mr!tera!t d'eHe.
eest etaireemmetejeur. Mais où diable veu<-h< en venir?
Attends. Maintenant suppose qua ))< faxOMo de la RochatguS
puisse faireépouser à mademetsettedû Beaomesni) un mari. qui prd.
sont6t. ces. ces. gorat)<!«. ces antJc~cfft rassurantsdont tu
me parlais tout à l'heure au s~at du choix dasir~Me du mari do la
re!ne d'Espagne. Est'ce que tes ta Hochaigoê n'aur-tient pas le plus
Immense tntërët à voir concture uo mariage. qui, devant être
sans postérité leur assaferaimnjour la Mrtuae de teur pareate?P
De Ravit. }e comprends, dit M. de Mornand d'un air cogita-
tif. et frappé de la gnmdeurde cette conception.
–Voyons. veux-tu que je te pose. aux yeux de la Rochaigae,
comme un homme (sauf te sang royal) parfaitementdigne d'être le
mari d'unereine d'Espagne, dont le beau-frère serait un prince fran-
çais? Songes-y. c'est rallier à toi la sœur et la femme du baron.
Après un long silenee, le comte de Mornanddit à son ami d'oa dt
& la fois diplomatiqueet majestueux
De BaviL.. je te donne carte blanche.
XX

Ata ln de cette JoanxSe, pendant taqufHeEfnestioe de BpaamesaB


Mait été son insM t'ohjet do tant de cupides convoitises, du tout de
taMhinationa plus ou moins habiles ou parndes. la jeune <i)ie. Mute
dans t'on do~ salons de son appartement. attendait i'itcnradu dtncr.
Ha p<M<t Wehe AM~e de FfanM était to))t d'Ctra baMo «u joHo
Ma hont trop gfaad. trop avaned. les pommeMeado ses jouMS trop
MMtanMs, son menton un peu long, donnaient a ses tratta bcaucHMp
d'<ff~dattt~ mais, eMHO s'aMë~xt pas a eeMe première apparence,
oa ee sentait peu A pen aM~ par le charme do la physionomiedo la
~eane <tHe:Mt) front, tMpproaonoë.maisun!,matsManccemnMt'atba-
tre, et cacadr<! d'une magmCquo chevelure châtain e!a!)r, surmontait
des yeux Mom d'une home m<!)tte, tandis qu'une boucha vermotHo,
aux dents blanches, au sourire mêtaacouqne et m~M, semblait de-
ataadcr gtàce pour les Imperfectionsdu ~Mca.
EtaesHaedc BeaumeMM,seutemantagëe do sette ans, avait erandt
trës-tapidemeM! aussi, quoique sa taille élevée fnt parfaitement
MetM, droite et dégagée, la jeune Olle, convalescente d'une tougue
maladie de croissance, ee tenait encoro parfois légèrement courbée;
attitudequi d'ailiours rendait plus remarquable eacofë ta gracieuse
Oexibilitli de son e<m d'uue rare élégance.
En un mot, ma!6fe M vutgarité surannée, la comparaison d'une
~eMfpcneMesur M M~s exprimerait à merveiMe t'easemNedoux têtt
Msto de la figure d'Entesttno de BeaumesaH. t
PauwM erpheMne abattue par la douleur que lui causait la mort de
samem!
Pauvre enfant accabMe sous le poids écrasant pour et!e de son im-
BMasehchesse!
1
Contraste bizarre. c'etatt un MnHment de touchant intérêt.
mm dirions même de tendre pme. que semblaientdemander et in*
<pirer la physionomie. te regard, l'attitude de cette héritière d'une
tartane presque royale..
Une robe noire bien s)mp)e que portait Ernestine augmentait en-
CMe t'echt de son teint, d'une blancheur délicatement rosée; tca
mains ereMea aaf eea genoux, lu téta pench~a sur son sdu, rernMe-
tma semblait triste et rêveuse.
La demie de cinq heures venait de sonner mraqao la gouvernante
de h jeuue Mua entra discrètement et lui dit
HademmaeMepeut'cHe recevoir mademoiselleda la Roeha~a?
–Certamemcnt,Ma bonue !<atn<t~pM(Mt la jeune tilla eu tr~
<H)tMan< et sortant de sa f~edo; pourquoi mademoiseModa la Kf
cha)gn6 a'enO'e'MHe paa?1
La goMveraan<e fiorttt, et revint bientôt prëcMaat mademoiselle
BëtëMa de la Rachatguô.
CatM d~atteuso pe~oone n'aborda EfMstiHe qn'opr&s deux pro-
fondes et c~montemea r~v~reaMa. que la pauvra eofaot s'empressa
do Mxdfo co)j~ sur eanp, sufpt'~e. pM~tte pe!)tdo do voir une
femme do t'age de mademohoMe tMMna l'aborder avec ebs<iqutoa!td.
Je remercie tnHd<m<t<<*t!e do BeaumesMit do vouloir bien m'ac-
corder un moment d'eatretten, dit mademoisettoMMna d'an toa
tbrmaMate et respectueux,ot BtisoBt une troisiëmo et deraièM r~v~*
fonce, qu'Eraesttnalui rendit encore,
Après quoi eMe lui dit, avec un timide embarras
J'ai, à mon tour, mademoiselle UëMna, une grâce à voua de-
mander.
A mot?. quel bonheur ) dit vivement la protectrice de M. de
Macreuse.
Mademe!seMe, je voua en prie. ayez la bonté do m'appeler
Ernestine. au lieu de me dire « Mademoiselle de Beaumesnit. S!
vous (aviez comme cela m'impose!1
Je craignais de vous déplaire, mademoiselle, en me <amMiari-
Mnt davantage.
Dites-mo! a Bmestine, et non t MademoîseUe. B Encore
une fois, je vous en prie: ne sommes-nous pas parentes?et, plus
tard. si je mérite que vous m'aimiez, ajouta la jeune mte avec
one crace ingénue, vous me diMZ a Ma chère Ernestine, » n'es.t<
eepas?
je
Ab mon tOeeUon vous a été acquise dès que vous ai vue, ma
ehère Ernestine, répondit Betëna avec onction; –j'ai deviné que
la réunion de toutes les vertus chr~Nennes, si désirâmes chez uni
jeune personne de votre âge. uoti~ait daus votre c<Bur. Je ne vos
eade pas de votre beauté.. si chanuame, si uteate qu'etie soit, eMf
i
t
«tMM~omMt't ana madone de MaphaM. Hoh, tjoata ta deveM
<m baisant les ;eox, ta hoaotd est Ma doa tra~He. et pa~~Mo
aMxyeMxdu SetaaeMf. taudis qaataaqttaUtetdem vam ateaera~e
a~Mrpr~Mvotre st'tnt.
Aet!ttQavatMtchado<euaBSt68qaa~n)~tiqnOt),ert'heMne~N)MV<
un eobarras o~rtet, no agi que r<ipo«<fe et t)a!botta.
Je ae ot~to pas, mademoiselle.de {taMiUM tou~neca. et.
jonesah.
Puis e!te ajouta, t~s-Mtbtattedo trouver Ma cMyea échappât à
ces Natteriezqui, malgré Ma Inexpérience.lui ei~Mieat une toutes'
aieH singulière t
Vous avez qoat<;ae chose à me demander, atademoiseMe?
Sans doute, dit M<i<M)a,je venata ea~F vos «tdfeit. pour t'ef*
NBadadenMin.
QtMt eMtce, mademeiseMo?
Mais t'«mce où oeua ifOM chaque jour.
B, comme ErneaUae fit 00 mouw<:mum d~ eatp~M, tNdemo!Be!!e
iMMaa t~eata pteuseaMat
0& nous tfoas chaque jour. p)f!M peajmt una hMM pour le
repos de t'ùme de votre père et de votre mère.
tajorne NHen'awaitpaseajusqa'atorad'&eNMpaMpourprier. pour
son père et sa mère.
L'orpheMao priait presque Mat te jour e'est'a-dtre que, presque à
chaque instant, elle sougca!t, avec un pieux respect, avec ua itteffa-
ble aUemMsMmetti,aux deux êtres ch&rb qu'eueregrettait.
Cependant, n'OMat pas se refuser à t'iavitatioM de mademoiseMe
HeMca. Emestine lui repoadit tristement
Je vous remercie d'avoir ea cotte pensée,mademeiBeMe.jevotm
accompagnerai.
La messe de neuf heures, dit la dévote, est la plus eon-
veaahte. en ee!a qa'eMe se dit & la chapelle dela Vierge, pour la.
quelle ~oos avez nu dévotion pardeoUere,m'avez vous dit hier, Er-
aestiae?
Oai, mademoiseMe, en !taMe. taas tes dimaacheB.yassistais
à MBce dans la chapelle de la Madone. c'etatt âne mère amas*. et
te ne sais pourquoi je preMraiB ijat adresser mes prières pour ma
mère.
S!e~ serant cet taiMemeat phB cSicaces, ma chère EraesMe,
<% patsqoe vea< !M fax eommeacee* MM ~woMttaa d< to mère
du Sauveur, M faut les eeat<nuef..t Ataot aoa)t fMOM doao tous les
jours nos ddvotioost ta ehape!te d9 la Vierge. v<M peut heures du
wa~a.
Je Mro! prête. cmdemoheMa.
t
Alors, Emeat)aa, vous tB'auMriMt donner dea Ot<tMB p<HB
que votre vohuM et vos gêna soient prêts A ceMa heuro.
Ha vetturet mes ~BB?
Certainement, dit la d~oM avec emphtM, vctM voiture
Jrap~ie et armorMe Ma dos valets do pied nous accon'pagnora dans
MsMse. portant derrière Mus un eae de velours où seront aea livres
de maMe; vous savez bien q~e c'eat t'MMge ehM teuteaka pctsea'
BMeomma H faut.
Pardap, x<ade<)M!MMe!ma!a à quoi bon but d'appareils? Je
vals seulement ù Mgtiso pouf prier ce penMhMa'MMBy xHor & pied?
Dans cette aa!BOM, te temps est al beau1
Quelle admirable mode~o dans fepa!encet–t'Aida la dëwetet
quelle simplicitédans la grandeur Ah ) Eme9t!ae, vous êtes bénie
da Se!gaeut! 1 pas une vertu ae WM manque. 'Vous poss<!do<tap!aa
MM de toutes. ta sainte. la divine homMM. weax qui ~tescepea.
dant la ptm Wehe MW<~<'< de Ffaoce 1
EmesttHereBafdatt mademoiseUeHN&mavea an oN~e! étonne*
méat.
La nalve enfant ne croyait pas avoir fait montM de ei marteiMeait
sentiments en dcsirant d'aller à la messe à pied, par une belle matt-
eëc d'etë, M surprise redoublaea entendant la dévote continuer en
s'exattant presque jusqu'au ton prophétique
-La grâced'en haut vous a touchée, ma chère EmestiM Oh t.
ou! tout me le dit. te Seigneurvous a bénie jusqo'ict en vous inspi-
rant des sentiments profondémentreligieux, en vous donnant te goût
d'une vie exemplaire passée dans les exercicesde la pieté, ce qui
a'eMtut pas tes honnêtes distractions que fon peut trouver dans le
monde. Oui, Dieu vous protège, maeh&reEmestt'K!, etMemtotpeat~
être. H voua denneta une matqaephts tt~bte eMem de sa teate-puis*
taate pMtecHoB.
La faconde de la d~reM, otd!aa!MM~aikadMse et reservëo, fat
htterMmpue par l'arrivée de madame de la Rochaiguê, qui, meim
diecrete que sa beUe-sœar, entra saas se tahre aunodicer.
ï<a baKumo, astox surprisede trcover EmesHoa ça tête t tOte avec
HeMaa. jeta d'ahwd sur eoMe-ei un regard da d~Sance; mais ta <M*
vate reprit awsMt un masqua si Mat, a! peu Intelligent, ~e la
Mapt<ta5 de h baroana s'eiîae~Mat à l'instant.
?
L'orpheline M teva et quelques pas devant madame <!« la Bae~~a~
<nS. qui, oopMasde, eowtaate, charmante et pimpante, lui dit le
plus tendrement du m«ada. ea lui prenant les deux mains
Ma chère et toute balla, ~e wtoas, si voMa te permettez, vous te-
B<r<tapeacont}tagn<ojasqx'&t'hexM do dtaer. car}e8uhjatoMe
du bonheur da ma cMre be!)e-sœnr.
Combien vam <'n:s aimable pour mol, madame r~pond!t Ef'
aoBt!a<t. sensibte aux prdveauttce~de la baMana.
Bë!<aa, se dirigeant aters vora ta parto. dit à la jeune <})!e, a«o
d'aller ainsi aa'davant de la eorio~td tte madame de la Kueha'gae s
A demain Matin, neuf heures, M'ost-ca pas, c'est MavenM ?1
Et, après un af~ctMeux signe de t~e adre~ à la baronne, BdMM
MKh, recondHttejusqu'à ta porte par mademoiaettede Beitamesath
LoM~ae celle-ci revint rejoindre madame da la Mochaigoê, ta ba'
MNae, regardant t'eïpbet)nc votir & eMe, e'<Hoigm de quelques pas
t Meahms, il mesure qa'EracsMne s'approchait, et lui dit d'un Ma
d'itOetMeatreproche:
Ah ma chère petite belle, vous êtes tneerrigiMe!
-Comment donc cela, madame t.
Je sois, je vous t'ai dit, d'une traneMae, oh mats d'âne fran'
ehise. bratate. Impitoyable, (.'est un de mes défauts; aussi je
vous Mprechcratencore. je vous reprocherai toujours de ne pas
vous teoir assez droite
!t est vrai, madame. e'eiit malgré moi que je me tiens aiad
qoetqaeMs courbée.
Et c'est ce que je a<. saurais souffrir. ma chère hette. Oui,
le serai sans pitié,- reprit gaiement la baronne.–Jevous demande
un peu à quoi boa eettedeuetease taiMe, si vous ne la faites pas miem
vatoir?. quoi bm ce visage ravissant, t)M traits stCns, si distim-

6~Xe.
gaes, ai veos te teaet «mjoars baisse ? M est pourtantcharmant& voir.
Madame. dit l'orpheline, non moins embarrassée de*
hHumges mondaines de la baronne qne des louangesmysdqaesde la

(&! ce m'es ~s Mut, r~rît madame de la Rochaiguêavec on


t
atieetoMt enjouement, il <andm que Jo eronda bien tort cette e<
cetteMa madame !<atna: vous avez dea cheveax admirables, et voua
friM mille fois mieux coiH'ea avec dos anglaises. Vatfa port da tête
est si naturellement tjraeiauxetnoNe (quand vous voua feaez droite,
bien entendu). quo ces ienguea boucles voua datent MefveMte.
–-J'at toujouM été cciMe comme je ta sots, madame, et j6 Ne
«mgeats pas a changer de coiMufe, cela m'~Mat, Ja vous t'avoue, m
Mit indWdreat.
Et c'est encore un reproche la vous faire, ma chÈte heMo (vous
voyez quo je no Onis pas) il faut que vous soyez coquette. certat'
nemeut très.coquette. ou ptut&t. c'est moi qui le serai pour vous.
Je suis si aèro de ma charmante pup!)te que je veux qu'elle ectipse,
les plus jolies.
Je ne puis jamais avoir cette prétention, madame, répondit Er-
nestino en soutiant dou< emeat.
Je voudrais bien que vous vous permissiezd'avoir dos pretca*
t!ons, mademoiselle, reprit en riant la barouao je n'entends
pas cela du tout. c'est moi qui les aurai pour vous. ces prëten-
tions. En un mot, je veux que vous soyez citée comme la plus jo-
lie, la plus élégante des jeunes personnes.de même que vous serez
un jour citée comme la plus oMgautedos femmes.car, entre nous.
je vous connais depuis hier seulement, ma chère belle. Eh bien ) 1 A
certaines tendances, à des riens que j'ai remarques en vous, je suis
sûre, et je vous t'ai déjà dit, que vous êtes née pour être, un jour,
une femme à la mode.
Mot, madame dit ingénument l'orpheline.
J'en suis sûre. et n'est pas femme à la mode qui veut, il ne
snfBt pas pour cela d'avoir de la beauté, de la richesse, de !a nais-
Muce, d'être marquise ou duchesse. quoique ce dernier titre re-
lève singulièrement une femme. Non, non, fi <au~ réuuir <pus ces
avantages. un je ne sais quoi. qui axe et commande l'attention.
attire les hommages, et ce je ne sais quoi, vous t'aurez. rien m'est
plus facile à dèviner en vous.
Mon Dieu madame. vous m'étonnez beaucoup, réponditla
pauvre enfant tout abasourdie.
Je vous étonne. c'est tout simple, vous devez vous ignorer, tM
ehère belle; mais moi qui vous étudie, qui vous juge avec Fa5)t jaloux
et orgueilleux d'une mère. je prévois tout ce que vous serez, et je
m*eaapp!tud!a.C'Mtnne6ita~stMtee<!steaeeqMeeMea~ae6)m<)M
<t ta mode Meine de toutes les Mtes. da tous tes pialaira, sa de est un
eenHnue! enehMtement.Et teaet, pour vous donner une Idée de ea
mande, ear lequel vous êtes destinée a régner 00 jour. H faudra aa~)*
pT!a'demam nous aainMaenvoitaMaM Champs-Byseea; M y aura eu
<!M «Mtteeaa bois de Boulogne.WM~ettea revenir tout le Pat!a
~nt. C'est une dhtfacttMpatMtemeateompaMMeavec votre deuil.
Madame. eMBMit-MMi. mais cas grandes réunions m'h)t!m~
dent. et. jo.
–Oh! ma ch&M toBe, –Mprit la barenna en intetrampaat sa
paptMe,–}6auts !atFa!taNe! M faudrafaire ce!a pour moi. B'at!!et)rs,
je ttaaa à ~tM aussi bien traitée que mon eMeMeate sceat. et, à ce
propos, voyons, ma cMM belle. qu'avez. vous doae eempiotë.
pour de main malin avec cette bonne lldldaa?
-Mademoiselle MMaa veut bien mecondu!re a t'efBce. madame.
Elle a raison, ma chère beMe, M no f.)ut pas trop nëgHger ses
d6V<m Mtigteun. MabneNtheafes. c'est bien matin. les femmes
du monde ne vont guère qu'à l'office de midi; au moins roa a eu
tout te temps de &tfe une élégante toilette du matin, eî ren reneen-
tre à feg'tse des figures de eonnabMnce.
J'ai 1'habitude de me lever de bonne heafe, madame, < et,
puisque mademoiselle Béteaa pîëMtatt partir à nenfhentes, efa!
pensé que cette heuredevaitêtre aussi ta mienne.
Ma chère belle, je vous ai dit que je Mtai avec vOM d'une
leanchise, d'une sincéritébrutale.
Et je vous en remercie, madame.
Sans doute, il ne faut pas, voyez-vous, êtM c!of!ease de ce
que vous êtes la p!a< riche Mr«M?e de France. mais, sans vouloir
abuser de cette position pour imposer aux autres vos votontas ou vos
caprices. il ne faut pas non plus toujours vous empresser d'aller
au-devantdu moindre désir d'autmi. Encore une fois, n'oabUez pas
que votre immense mrtune.
–Hé!as! madame, dit Ernestine sans pouvoir retenir dent
larmes qui roulèrent sur ses joues, Je fais mon possible, au con-
traire, pour n'y pas songer, à cette fortune. car elle me rappene
que je sais erpbenne.
Pauvre chèM belle, dit madame de la RoehaigaS en embras-
aant Emes~ne avec enasioa, combien je m'en veu< de vous avoir
hMo!M«t!MmeM aMr!stea< Je wus en conjure, sëttez ces beaux
yeux. j'a! trop de r<6Mt de voua voir pleurerce!a me fait an mat t.
Ernestino essaya lentement ses !armes: la baronne Mprtt at&ctaeu'
sèment:
Voyons, mon cn~nt. du eonrage. aoyez ratsonnaMe. sans
doute c'est un malheur aMreax. !trepafaMe, que d'être orpheMoe 1
mais, par cela que ce malheur est irrëparaMe. il faut Mea prendre
sur voMs. vous dire qu'il vous reste du moins des amis, des parents
dévouds. et que, si le passé est triste, t'avenir est des ptas brittants.
Au moment où madame de la Rochatgue consolait atast refphe-
Une, on frappa discrètement à la porte.
Qui est là? demanda la baronne.
T-Le majordome de mademo!set!o de Beanmesn!), -répondit une
voix,-et il sollicite la grâce de venir se mettre à ses pieds.
Ernestine fit un mouvement de anrprtse la baronne lui dit en sou-
riant
C'est une plaisanteriede M. de la RochaignS, c'est !at qui est là
derrière la porte.
MademoiseMede BeanmesnM t&cha do sourire aussi, et la baronne
dit à haute voht
Entrez, monsieur le majordome. entrez. A ces mots, le baron
parut, montrant plus que jamais ses longues dents, ators compléte-
ment découvertes par te rire de satisfaction que lui inspirait sa ptai.
santorie. H aMa courtoisement s'incUner devant Ernestine, lui baisa
la main et lui dit
Mou aiforable paptite conunne.t-eHe d'être contente de moi ?.
rien ne manque~Uàsonservice? trouve.t.elle sa maison sur un pied
convenante ? n'a-t-elle pas découvert d'inconvénients dans son appar*
ternent? est-elle satisfaite de ses gens?
Je me trouve parfaitement bien ici. monsieur; trop bien..
même. répondit Emestine, car ce magnifiqueappartement pour
moi semé. est.
Il n'y a rien de trop beau, charmante pupille, dit le baron d'an
ton péremptoire; it n'y a rien de trop somptueuxpour <ejpt«<<<e&e
M~MMdeFfotMe.
Je suis surtout heureuseet touchée de t'aCëcmeax accueil que
je reçois dans votre famille, monsieur, reprit Ernestine, et, je
vous l'assure, te reste a pour moi peu d'importance. Soudain les
deux battants de la porto du salon s'eavrirent, et un maître d*Mte)
dit à haute voix MademoiseMe est servie.

XXI

M baron ofMtsonbras à Ernestine, qu'il conduisit dans la salle &


manger, où se rendit bientôt Héléna, un pon attardée par l'envoi
d'une lettre à l'abbé Ledoux, au sujet de la rencontre du lendemain.
Pendant le diner, ErnesUae fut le constant objet des prévenances,
des obséquiositésdu baron, de sa femme, d'Uéténa et des domes-
tiques, qui subiss~'nt, comme leurs maîtres. rim!ueneo magiquede
ces mots tONt-p~sshnts qui résumaient la position de l'orpheline: la
phMWcte &<M«~ <!e F<-anee/
Vers la Nn du dmer, le baron, affectant l'air du monde le plus dé-
taché, dit à mademoisellede BeaumesnN
Ma chère pupille, vous vous êtes reposée aujourd'hui des fatigues
de votre voyage; M faudrait, ce me semble sortir, demain et les
antres jours, pour vous distraire un peu.
Nous y avions pensé, Hetëna et moi, -dit madame de la Re*
chaiguë; votre soeur accompagnera demain Ernestine à l'office;
dans t'apres-dmer, mademoiselle Palmyre et mademoiseMe Barenne
viendront essayer à notre chère petite belle les robes et les cha-
peaux commandés hier par mes soins, et, après-demain, nous irons
faire un tour en voiture aux Champs-Etysees.
A merveille, dit te baron; je vois la journée de demain et
eeMe d'apres-demain parfaitement employées. Seulement. je me
treave, moi, très-mal partagé. Aussi, je vous demande ma revanc~
pour le jour d'ensuite, ma chère pupille. Me l'accorderez-vens?
Certainement, monsieur, avec le plus grand plaisir, répon-
dit Emestine.
La grâce de cette réponse en double encore le prix, dit le
baroa avec une expression si convaincue, que l'orpheline se demah-
dait ce qu'eUe avait répondu de si gracieux, lorsque la baronnedit à
toamaift:
Voyons, monsieur de la Rochaignë, quels sont vos projets?
–Ah ah répondit le baron d'an air Sa, je M sais ni si
MvMiecx que ma soeur, ni si mondain que vous, ma chère amie; je
pose donc à notre aimable pupiMe. si le temps le permet, une
omenade dans l'on des plus beauxjardins de Parb, en eitie verra
e merveilleuse collectionde rosiers en fleurs.
Vous ne poaviez mieux choisir, monsieur, dit nalvemeu Br-
nestine, j'aime tant tes Beurs 1
Ce n'est pas tout, et, comme je sais homme de prëcao<!«n, ma
charmaato pupille, ajeata Je baron, en cas de mauvais temps.
nous ferions notre promenade dans des serres chaudes superbes <m
dans une magnifiquegalerie de tableaux renfermanttes che&'d'œuvre
de t'ëcote moderne.
Et oa se trouvent donc reuuies toutes ces belles choses, mea-
sieur ? dit Ernestine veritaMementémerveillée.
–Ah!machërepupute. quelle véritable Parisienne vous êtes!1
reprit M. de la Rochaiguê en riant d'un air capable, et vous
aussi, baronne. et vous aussi, ma sœur; je le vois, à votre air
étonne, vous ignorez où se trouve ce pays de merveilles, qui est pour-
tant presque à notre porte.
En vérité. dit mademoiselle de la Rochaiguë, j'ai beaa
chercher. je.
Vous ne trouvez pas? reprit le baron radieux, voyons.
i'ai pitié de vous. toutes ces merveilles se trouventréunies. au
Luxembourg.
Au Luxembourg! s'écria la baronne en riant.
Et, s'adressant à Ernestine
Ah ma chère belle, c'est un plége. abominable, ear voas ne
savez pas la passion de M. de la Rochaiguë pour une antre des mer-
/ei!!es du Luxembourg, dont il se garde bien de vous parler
Et qneUe est cette autre merveiite, madame? demanda ta
jeune nite en souriant.
Figurez-vous. pauvre chère innocente. que M. de la Rochai.
gué est capable de vous conduire à une séance de la Chambre des
pairs. sous prétexte de serres, de neurs et de tableaux
–Eh bien! pourquoi pas, dans la tribune diplomatique?–Ma
chère pupille s'y trouverait en belle et bonne compagnie. nposm
le baron eHe rencontrerait )a de ces NenhaareasM fammea!)
d'MxbaMaaaaM. de ministres.
JKea~MfeMM. le mot est charmant, dit gaiement la ba~ 1
rogue, et d on teut vient cette canonisation, a'M vous piatt?
Puis, se tournant vers Bëtënai
Entendez-vous votre Crere. ma chère. quel blasphème1
–Je maintiens, réponditle baron, qu'ii n'est pas au monde
one pes!don p!))9 enviable, plus charmante. ptus admirable, que
celle de la femme d'an ambassadeur. ea d'oa ministre. Ah! ma
chère amie. ajouta !e Caaning Ignoré en s'adressantà sa femme
d'on top p~aétrët que n'aide pu vous donner une paretHe pas!'
tion 1 Vous eussiezët< jalousée. adeMe. tétée. Vous seriez de-
venue, fea sais s&r. une femme politique supérieure. Vous eus-
siez dirigé rEtat peut-etM. Est-H un ro!e plus beaa pour une
femme?
Voyez.vous, ma chère belle, quel dangereux flatteur que M. de
la Bechaigae. dit la baronne à Ernestine, i) est capable de vouloir
peat-etre vous donner aussi le goût de la poUtiqae.
A moi, madame? oh je ne crains pas cela, répondit Emestine
en souriant..
Vous raillerez tant que vous voudrez, ma cMre amie, dit le.
baron à madame de la Rochaignë -mais je prétends que ma chère
pupille. a dans l'esprit quelque chose de rëNechi. de p9se. de
serieox. trè'*romarquaMe pour son Age, sans compter qu'olle res-
semble meroyahiement an portrait de la beMe et fatnco':e duchesse.
de Longueville,qui a en sous la Fronde une ai grande iuimeoce p<
litique.
Ah c'est trop ibrt! dit la baronne en interrompant son
mari avec un redoublement d'Maritë.
L'orpheline, un moment pensive, ne partagea pas cette gaieté; eMe
trouvait singniier qu'en moins de deux heures, les trois personnes
dont nous parlons eussent tour à tour découvert qa'eMe r6unissad
les vocations les plus singuiièrement opposées
Celle de femme dévote,
De ~mme ? mode,
De /eBtmepott«g~
La conversation fut interrempae par le broit retentissant d'âne
voiture qui entrait dans la cour de t'hote).
)Le batae dit tfemme:
M
Vous n'avez pas &rmé votra porte ee MtfÏ
Non. mata le n'attendspersonne. à moins que ee ne soit ma.
dame de Miraeourt, qui, Mm te savez, vient quelquefois en pWma
<a'e avant d'aller dans le monde.
En ce cas, où voulez-vous!a recevoir?
Si cela ne voua ennuyait pas trop, ma chère belle, dit la ba'
ronne à Ernestioo, vous me permettriez de recevoir madame de
~irecoart dans votre salon c'est âne digne et excellente personne.
Faites absolument comme Hvons plaira, madame,–réponditEr.
nestine.
Vousferez entrer dans te salon do mademoisellede Beaumesuil,
–dit la baronne à r<tn des domestiques.
Celui-ci sortit, et revint bientôt en disant
D'après tes ordres de madame la baronne,j'ai fait entrer chez
mademoiselle. mais ce n'était pas madame de Mirecourt.
Et qui donc était-ce?
'–H.ie marqaisde Maiiieîort, madame ia baronne.
An nom do marquis, le baron s'écria
C'est insopportabiet l1ne visite à une pareille heure est d'âne
mmiMaritë inconcevable.
La baronne nt signe à son mari de se contraindre devant les
gens, et dit tout bas à Emestine, qui semblait surprise de cet inci.
dent:
–M. de la Bocbaignë n'aime pas M. de Maillefort,qui est on des
phts matins et des pins méchants bossus qu'on puisse imaginer..
-Un vrai satan.ajouta Béléna.
–B me semble,–dit Ernestine en réfléchissant, –qu'autrefois..
chez ma mère, j'ai entendu prononcer le nom de M. de Maiiiefort.
Et certes, ma toute belle, reprit la baronne en souriant, fon
m parlait pas précisément du marquis comme d'un coe ange.
Je ne me souviens pas d'avoir entendu parler de M. deMaitte-
<brt en bien ou en mat,–réponditt'orphetine,–teme rappelle seule-
ment son nom.
-"Et ce nom,–dit le baron,–est celui d'une véritablepeste!
-Mais, madame,dit mademoisellede Beaumesni! en hésitant,-
si M. de Maiitefort est si méchant, pourquoi le recevez-vous?
Ah 1 ma chère belle. dans le monde, on est obligé à tant de
concessions, surtout lorsqu'il a'agit de personaes de la nahsanee <tt
H-deMaMtefert!1
Et ~'adressant au baron
–n est !mposs<Made plonger to diner plus longtemps, car en a
eervi la otM dans le salon.
Madame de la Bochaiguëae leva de table; te baron, dissimulant
Ion dépit, offrit snabraa à sa pup!He. et tous entrèrent dans le salon
et attendaitM. de MatHefmrt.
Le taatqu)a avait pendantlongtemps tellement pt!:rhab!H)dede se
~a!nere,&t'endr<titdesapfefondeet8ecrë(opass!onpoartacom<essede
Beanmeanit, passion que ceHe-ct avait seutep~~tr~e. qo'atavood'Er'
pestine, il ae trahit en rien Hotteret qu'elle lui inspirait; K songea,
non sans tristesse, qu'il lui fallaitse montrer devant l'orphelinece qu'il
avait toujoametëdevant les autres, incisif et sarcastique; Ma change'
ment soudain dans ses manières, dans son langage, eût eveMtë les
soupçons des la Rochatgnë, et, pour protéger Emestme a l'insu de
tous et pent-etreà l'insu d'eHe-meme, aOn d'accomptit ainsi tes dor-
nières volontés de la comtesse, il ne devait en rien exciter les de*
Cancos des personnes dont l'orpheline oti'tt entoarée.
H.deMat))efort, dou< d'oae grande sagMité, s'aperçut, avec un
sruel serremout de cœur, de l'impression défavoraMeque son aspect
causait à Ernestine, car celle-ci, encore sous t'inuuence des catom-
nies dont le bossu venait d'être l'objet, avait involontairement tres-
sailli et détourné les yeux à la vue de cet être difforme.
Si diversement pénibles que furent alors les sentiments du mar-
quis, il eut la force de les dissimuler s'avançant alors vers madame
de la Rochaiguë, le sourire aux lèvres, l'ironie dans le regard
-Je suis bien indiscret, n'est-ce pas, ma chère baronne? mais,
vous le savez. ou plutôt vous t'ignorez l'on n'a des amis que pour
Mettre avec eux ses défauts à t'aise. à moins cependant,–ajouta te
maront" en sinctinamt profondément devant BeMna, –à moins que,
comme mademoiselle de la Rochaiguë. on n'ait pas de dë&nts. et
qu'on soit un ange de perfection, descendu des cieux pour t'ëdiNca-
lion des fidèles; ators, c'est pis encore quand on est si parfait, t'oa
imMgeàsesamis le supplice de l'envie. ou de l'admiration, car
pour beaucoup c'est tout un.
Et s'adressantà M. de/ta Rochaigaë
–N'esKe pas que j'ai raison, baron ? je m'en rapporteà vous, qui
Mea te !mahew da a'OtM Nesa<m. ni par vos qaaUtes nt par wa
débuta.
Le baron sourit, montra entragensement ses longues dents et
t~pondit en tâchant da contraindre M mauvaise htMaenr
Ah marquia! marquis. tot~oura maHcienx, mais toujours
ohaaNe.
Songeant alors qa'!t ne pouvait ao dispenser de présenter M. df
HaMtefoM à sa pupille, qui regardait te bossu avae une crainte cM!s
aante, la baron dit à Ernestine
Ma chère pupille, permettez-mol de vous présenter H. te mar'
qata de HaMetbrt, un de nos bons amis.
Après s'être iuotine devant la jeune OMe, qui lui rendit son salut
d'on air embaMassë, le bossu lui dit avec une froideur polie:
–j!e suis heureux, mademoiseMe, d'avoir maintenant tm motif
de plus pour venir souvent chez madame de la Boohatgue.
Et, comme s'M se croyait libéré envers l'orpheline par cette bana-
Btë, la marquis s'tnctina de nouveau, et alla s'asseoir auprès de la ba-
ronne, pendant que son mari tacha;t de donner une contenance à son
dépit, endëgastant le café avec lenteur, et qu'Uéléna, s'emparant
d'Ernestine,l'emmenait à quelques pas, sous prétextede lui faire ad-
mirer les CeuM d'une jardinière.
Le marquis. sans parattre faire la moindre attention à Ernestine et
& Nëtëna, ne tes perditcependant pas de vue M avait l'ouie très-fine,

et il espérait surprendre quelques mots de t'entretien de la dévote et


de l'orpheline,tout en causant avec madame de la RochaiguSi con.
versation d'abord nécessairement insignifiante,chacun des interlo.
cuteurs, cachant soigneusementle fond de sa pensée sous un parlage
frivole eu banal, tâchaitde coir een<f son adversaire, ainsi que l'on
dit vulgairement.
Le vague d'un pareil entretien favorisait à merveille les intentions
da marquis aussi, tandis que, d uaeoreiBe distraite, H écoutait m;t-
dame de la ttochaiguê, it écoutait de t'antre et très-curieusement,
Emestine, le baron et Béiéna.
La dévote et son frère, croyant le bo&sn tout à son entretien avec
madame de la Rochaigne, rappelèrent à t'orpheime,dans le courant
de tew conversation, la promesse qa'eite avait faite
A tteténa de t'accompagner le lendemain à t'otSce de neuf henMs;

T.Ï. M
Ao bMee d'<Mw surtenaemaMt aamttM nv<c lui h< tMrv~Be&
du ïtUMmbourg.
Ouutqu'H n'y eut rien d'entraerdinatre dans cet prt~eta accepter
par Ernesttno, H. do MaMh'tbrt, trësea denauce contre les la Rocht~
gué. ne regardapaa comme inutile peut lui d'être instruitde ce~ par*
ticxtartKia, en apparente !asigu!OaMtes. Il tes Mta sot~easemeat
dans son esprit, tout ea)r~pondaKta~<e6on aisance habhaeMaMx
deux eemmMaa de la haMnaa.
L'aMen~an da bossu était ainsi partagea depuis quelques mteates,
t
totsqu'H vit du ce!a de t'œM !MMaa parler bai Era8!it!ae en lui
maa~aHt du têtard madame da la Roehaigaê, comme paMF lui dire
qsi ne fallait ~s h déranger de son entretien, puis t'erpheMMe,
Mtena et le baron quittèrent discrètement to salon.
Httdame de la Rt'eha!g«ô ao s'aporçot de leur abseuco qu'au bruit
que Nt la porte en M roforinant.
Co départservaità souhait la baronae la présence des autres pef
Mânes eût gène une explicationqu'il lui paraissait très-urgentd'avoir
avec le marquis; elle était trop Cne, trop rompue au monde, pour
n'avoir pas pressenti, ainsi qu'elle l'avait dit à son mari, que le mar.
quis, revenant chez elle après une longue interruptiondans leurs ra-
lations, ne pouvait être ramené que par la présence de l'héritière,
sur laquelle il avait nécessairement quelque vue cachée.
La passion du bossa pour madame de BeaumesnH n'ayant ëtédevt-
née par personne, sa dernière entrevue avec la comtesse mourante
ayant aussi été tenue secrète, madame de la Mochaiguë ue pouvait
soupçonner et ne soupçonnait pas la sollicitude que le marquis por
tah à Ernestine.
Voulant néanmoins tâcher de penëtrer tes desseins dn bossa, a6u.
de tes déjoner sTts contrariaient tes siens, madame de la Rochaigud
interrompit son insignifiante conversation des que la porte se Mt re-
fermée sur t'orphetine.
-Eh bien -demanda la baronne au bossu,–comment troavet-
vous mademoisellede Beaumesnit?
-Je la trouve très-gënëreuse.
Commentcela, marquis, très-généreuse 1
Sans doute. avec sa fortune. votre pupille aurait le drolt d'ê-
tre aussi iaide et aussi bossue que moi. mais a't-eBe quelque!, qua*
Bt~?
–Je la eoNMb depuis el pea do temps, que Je ne aautatt trop ~<M9
dtM.
Veyena, poorqaot ~a )fdt!eatteea?. veas MaM& MM qoa~e M
~tM pas VOM8 de!MttN<!o)f la main de votra pup!!t<.
Q))i aa!t ?.teprt< la batooue ea fiant.
Moi. je le 6a!a, et je tous le dis.
Sérieusement, n<arqu!a?–MpFtt madaate de tt Rechatgat .< f
ton pda<tr<Jesuis sttre qu'a l'heure qu'tt est, cent projets <ù s
riage Mfnt d~jà formëa.
-Coutre madamoiMMa de BeanmeenH ? °
C~n)(r< est tf~~jeM. mata, teaet, marquis je veux dira ffau
été avec vous.
Vratmeat.–dtt te bossu avec Me surprise raMtenae. Eh Mon
tact a<tM!. AUeaa, machèM bamaae. faisons cette peUtedêbaweh& °
de sincëritë ma toi t.)Mt p!s 1
Et M. de Mamefatt tapprocha sou fauteuil du caaapë e& la haMasa
«att mise.

xxn
Madame de ta Rochaigot, après un moment de siienee, jetant su
N. de MaiMefort an regard pénétrant, tui dit
Marquis, je ~easai deviné.
–Ah bah)1
ParMtemeN~deviné.
Voua tattea tout en perfection. ça ne m'étonne pas; voyons
donc oette surprenantedeviution.
Do peur de raviver met regrets, je ne veux pas compter le nom'
bM d'aNnees pendant !esqaeUes vous n'avez pas mis tes pieds chez
moi, marquis. et voilà que, soudain. vous me revenez avec Ma
empressement tout Batteur. Moi qui suis bonne femme et pas da
toat gtorieose,je me suis dit.
Voyons. baronne, qu'ast-ce que vous vous êtes dit?
Oh cM~Mea) je me s<!<& dit tout simplement ccet < Apr~$ h
brusque délaissement de M. de MaiMort, qui ma vaut dono le nou-
veau plaisir de !o voir si am~ent?. C'est.pMbaNemeat parce que je
suis la tutrice do M<adcmo!soHe de BoaumesaM, et que cet eMeMeat
marquis a un !at<rêt quelconque à revenir chez moi. <
Ma foi, baronne, e'oat & pea près <:e!a.
Comment, v<m8 l'avouez ?
–N!o<aotMen..
Vous attez me Mte doater de ma p~nêtraUonen vous rendant d
iftte, marqa!s.
Ne sommes-nouspas en pleine or~e. do OraacMM?
C'est vrai.
A!ors. à mon tour, je m'en ~a!a d'abord vous dire pourquoi
fat soudain eess~ de venir chez vous. c'est quo. voyez-vous, ba-
P~Ne, moi je suis une manière de stoique.
Eh bien 1. que Mt ? le stoïcisme?
B fait beaucoup, car il m'a donné !'habitade. torsqo'ane chose
me pMt ext'emement. d'y renoncer soudain, aun do ne me point
laisser amotur par de trop douces habitudes. Veita pourquoi, ba.
ronne, j'ai brusquement cessé de vous voir.
Je voudrais croire cota. mais.
Essayez. toujours. Quant à mon retour chez vous.
Ah ceci est plus curieux.
Vous avez devine. à peu près juste.
A peu pfès. marquis?
Oui, car bien que je n'aie aucun projet au sujet du mariage de
votre pupille, je me suis cependant dit ceci a Cute prodigieusehéri-
tière va être le but d'une foule d'intrigues plus amusantes. ou plus
ignobles les unes que les autres. La maison de madame de la Ro-
chaiguë sera le centre où aboutiront tant d'intrigues diverses. Oa
sera là, comme on dit, aux premMrM b~M, pour voir tous tes actes
de cette haute comédie. A mon Age, et fait comme je suis. je n'ai
d'antre amusement, dans le monde, que l'observation,firai donc en
observateurchez madame de la Rochaignê. Elle me recevra, parce
~n'eHe m'a reçu autrefois, et qu'après tout je ne suis ni plus sot ni
ptus ennuyeux qu'un autre. Ainsi, de mon coin, j'assisterai tranquit-
!ement à cette lutte acharnée entre tes prétendants; voità la v&M;e
maintenant, baronne, auM~-veas le courage de me refuser de temps
à autre une petite place dans votre sataa pour observer cette bataille
dont votre pupitta doit être te prix?P
Ah 1 marquis. dit madame do la !!ocha!ga8 ça hochant la
tête,–vous n'êtes pas da ces gens qui, sans prendre part a h m&Me,
regardent lea antres se battra.
–Eh' eh).)cnedispasnon.
Vous voyez donc bien. vous ne resterez pas neutre.
Je N'en sais tien.ajouta le marquis.
Et it appuya beaucoup sur les mots suivants
Mais comme je suis assez compte dans le monde, comme je Mis
beaucoup de choses. comme j'ai toujours sa maintenir mon franc
parler, comme J'ai horreur des tachetés, je vous avoue. que si.
dans ta <n~, comme vous d!tes, ma chère baronne. je voyais per-
fidement attaquer on menacer un brave guerrier, dont la vaMtaace
m'aurait intéressé,j'irais, ma foi, a son secoors par tons tes moyens
dont je puis disposer.
Mais. monsieur, -dit la baronne en cachant son dépit sous
an rire mrce,– cela. permettez-moi de vous la dire. cela est une
sorte. d'inquisition permanente. dont vous seriez le grand inqu!.
siteur, et dont te siège serait chez moi.
)
–Oh mon Dieu chez vous on aiNears. ma chère baronne; voas
sentez bien que si, par un capricede joNe femme. et plus que per.
sonne vous pouvez vous permettre ces caprices-là. vous disiez A
vos gens qu'à t'avenir vous n'y serez jamais pour moi.
Ah marquis, pouvez-vous penser ?.
Je plaisante, reprit M. de Maiitetbrtd'un ton sec,– te baron
est de trop bonne compagnie pour souffrir que votre porte me soit
refusée sans raison, et it m'épargnera,j'en suis certain, une exptica.
tion à ce sujet. J'avais donc t'honneur de vous dire ma chère ba.
ronne, qu'une fois résolu d'observerce fait fort curieux, à savoir
De ~MeHemaB~'eM<n(Hte.la plus '~e&e Mr<~edeJFv<MMe.je
puis placer partout le siége de mon observatoire, car, malgré ma
taille. j'ai la prétentionde voir. droit. de haut. et de tain.
ABom. mon cher marquis, dit madame de la RochaigaS re'
devenant souriante, avouez-te, c'est nne alliance offensive et dé-
tensive que vous me proposes? 1
Pas le moins du monde. Je ne veux être ni pour vous ni em-
tSrawaaa. J'observeraibeaucoup, et puis. selon mon petit ju~emeM
<? mes MMea resMWtet. Je tachai de serv! «a da dessert?en.
M-c! on ce!))t-!a. at !'en~ta m'en prend, M ptot&t ta jH~!ea et h
ayante !'ex!gent car W)a awex combien le suis <H!s!a~.
oa~N~
MahpowtrqM! no paa voua hotaef & wette )f&ta ~e
serwatettr? pourquoi aa pas rester nent~?
Parce que. et ce n'est paa moi, eest waat qui fatM dit, ma
chère bafanne. parce que je M suis tnathauMnMMentpas de ceox*
t& qui peuvent voir les autres M baMM. eaM p~adM on peu part
& la taCMe.
Hais <mBa, dit madame de !a BochatgaS p6MM<eà bout,
s! (ete'eatMM pure eopp8s!tioa, car NOM sommes <M~ & M
pas songer de t~Mtnpsan mariage <Efae~!ae). $!, par MppMMen,
veao dhah-je. B<ma aviOM qoe!qu*an ea vue pour elle, que &t!ex-
vea9?.
Je B'ea Mb, ma foi, rien <a tout.
AHeaa, monsieur le marqah, veM joues ao SB avea mo! Tons
aTtt aa projet q«etconqne?
–< Aucun. Je na tonnais pas BXx!at<)oiBe!!e de BeamMsaB je ne
vous propose perMBBe.Je6o!sdonc parfaitement dë!!nt~r~:ë dans
monr&!e<!e<:urieot,d'observateor,et puis en<!a, je vons demande
eopea, qu'est-ce que cdavoasMt, tMcMrebamane,qnejeseis
cmrienx et observateur?
H est vrai, dit madame de la Rochai~Mê en reprenant sea
sang-froid, car, après tout, en manant Emestine, que poMMns'
nons avoir en vue ? son bonheur.
ParNeo t
Nous n'avons donc rien A craindred<! votre oBwwMM, carnet
nos d!tes, mon cher marquis.
Rien, abMtM<neat, ma aM)M btMBM.
Car, en6n, et par hasard nous &Mans &B9BeMate.
Ce qui arrive am mien intent!enn&.
n__&
Certainement. marquis. vous ne maoqamiez pas a!em11- de
venir à M~re aide. et de aoM <!goater fecoeH. da haut de votre
lumineux observatoire.
On est observateur. c'eat pour Cela. dit M. de HaMdhft
en se levant pour prendre congé de madame de la Pochai(tnê.
Comment, marquis, dit la haronne en minaudant, ~)}a
oa~ quittez d~a?
A mea ~Md K}pret, }e ~ta &tM ma Marnée d<M~a~«<
aaiMa, aNa d'entendra p<)'!or de vatfe hMttëre. Vous n'avea
paa d'hMe comme e*e9t amasant. et eor!ea< et parfois testant.
tona ces ba~at~ea. au sujet dt)M dot si pMnom~«ate.
Ah t mon cher marquis, dit madame de ? RocMgMO m
tendant sa main au bossu de l'air te plus cordial, –parions «MeMe-
ment. J'etp&revctM voir souvent, n'est-ce pas? trèMomeat. Et,
puisque tout eecl voasiotëfCMe.maMa curieux, soyez ttaaqaH!e, je
WMB tiendrai au fait de toat, ajouta mystérieusement la baronne.
Et moi aussi, tdpoad!t non mo!a9 mystMeasement M. de
MatMetert. Da mon cM, je wat nconteral Mot. ce sera d<N'
cieux et, & pMpos. de propos, ajouta le marquis en souriant et
d'an air tfe~detacne (quoiqu'il tat ~enn chez madame de ta Boehat.
goê autant pour we!r Ernestine que pour tachef d'obtenir quelques
e<a!te!saemeat9 sur un mystère encore impenetraNe pour lui); à
propos de propos, reprit donc le marquis, aTee-vous entendu
parler d'un enfant naturel que laisserait MOtM<eMfdo Beaamesnitî
~MM<<Mf de Beamnesni!?–demandala baronne avec surprise.
Oui, lui répondit le bossu, car, en dëptacantainsi la question,
D espérait arriver aa même résultat d investigation sans risquer de
compromettre le secret qu'il croyait avoir sarpds à madame de Beau-
mesnii. Oui, avez-voue entendu dire que <MM<«M' de Beaornesni!
e<tt en un enfant natnret?P
Non. répondit la baronne, c'est la premièrelois que ce
bruit vient jusqu'à moi. Dans le temps, oaa, je crois, parlé d'une
liaison de la comtesse avant son mariage. Ce serait donc ptatot à
elle. que ee rapporterait t'histoire de ce prétendu enfant namre!,
mais je n'ai, quant à moi, jamais rien entendu dire à ce sujet.
Aiors, que ce bruit regarde le comte ou la comtesse, reprH
le bossu, c'est évidemment un conte absnrde, ma chère baronne,
puisque vous en ignorez complètement, vous qui, par votre position
et par votre connaissancedes affaires de la famille, devriezetremIeM
instruite que personne sur m fait si grave.
Je vous assure, marquis, que nous n'avons rien va ni lu, qa
pat nous donner le moindre soupçon que <a<HM<em' ou que madame de
Beaumesoi) ait laissé un enfant natdret.
M. de MaiUetbrt, doué d'infiniment de tact et de pénétration, 6tt
avec raison eonvainea de ~ignorance absolue de madame de la t~-
ehaigue M aa}e< de ta aile natureiie qa'ii supposait fa <a comtesse: il
vit avec chagrin la vanité de sa aouveito tentative, désespérant pres-
que de pouvoir accomplir tes dernières rentes de madame de Beau-
mesnit, Ne sachant comment retrouver la trace de cotte entant in.
eannae.
Madame de la' Boehaig'to reprit sans remarquer !a préoccupation
du bossa t
Du reste. on dit tant de choses inconcevaNes a propos de cet
héritage! N'a-t-on pas aussi parlé de iegs aussi MtarreBqaemagnt-
tiques laissés par la comtesse.
Vfa!ment!
Ce sont encore là des histoiresde Fantre monde, reprit ma-
dame de la Rochaignê avec un ton de dénigrement marque, car eue
avait toujours été fort hostile à madame de BeanmesnM:–hcomtesse
a laissé de. mesquines pensions à deux ou trois vieux serviteurs, et
une petite gratmcation à ses antres domestiques. C'est à cela que
se rëdaiseMcesiegssi magninqaes.Seutement,pendant que la comtesse
était en veine de générosité, ajouta madame de la Rochaiguêavec
un redoublement d'aigreur, elle aurait du ne pas commettre l'in-
gratitude d'oublier une pauvre fine à qui eMe devait pourtant bien
quelque rsconoaissance 1
Commentcela? demanda le marquis obligé do cacher ses pé.
nibles sentiments en entendant la baronne attaquer la mémoire de
madatfedeBeaumesnn;de quelle jeune BUe voulez-vous parter?
Vous ne savez donc pas que, pendant les derniers temps de sa
vie, la comtesse, suivant favis de ses médecins, avait fait venir au.
près d'elle une jeune artiste à qui elle a du souvent de grands soula.
~emems dans ses douleurs?
&t euet, l'on m'en a vaguement parlé, réponditle bossu en
cherchantà rassembler ses souvenirs.
–Eh bien! n'est-il pas inouï que la comtesse n'ait pas laisse te
moindre peut legs à cette pauvre Me ? Si c'est un eubM. N ressem-
ble furieusement à de l'ingratitude.
Le marquis connaissait si bien la noblesse et la bonté de e«!ur de
madame de Beaumesnii. qu'ii tut doublement frappé de cet oubli à
rendroit de la jeune artiste.
Après quelques instants de réflexion, i! pressentitvaguement que,
pst cela même que cet eubii, s'a etaM feei, semblait mexpiieaMt, tt
y avait dans cette circonstance autre chose qu'un maaqoe de mé-
moire.
Aassi reprit-il
Vous êtes sare. baronne, que cette jeune Me c'a reçu aucune
rémnnérationde madame de BeaamesnN?Vous en êtes bien sûre?
Notre conviction a été si unanime à ce sujet, reprit la ba-
ronne enchantée de cette occasion de se faire valoir, que, révol-
tés de l'ingratitude de la comtesse, nous avons, par égard pour la
famille, envoyé an billet de cinq cents ~ranca à cette jeane Me.
–C'était justice.
Sans doate. Et savez-vous ce qui est advena!1
Non.
ïa jeane artiste nous a rapporte fièrement les cinq cents &anc8
en disant qu'elle avait été payée.
Cela est d'an noble ccear, dit vivement le marqnis; mais,
vous te voyez, la comtesse n'avait pas oublié cette jeune OUe. Sans
doute, eite lui aura remis à t!!e quelque témoignagede sa gratitude.
au lieu de lui taisser an legs.
Vous ne croiriez pas cela, marquis, si vous aviez va la misère
décente mais stgnincative des vêtements de cette jeune Me. Ceia
faisait mal. et, certes, eUe eat été autrement habHMe. si elle avait
eu quelque part aux largesses de madame de BeanmesnH; d'ailleurs,
cette pauvre jeune artiste qui, soit dit en passant, est belle comme
nn astre, m'a fait si grande pitié, ajouta madame de la Rocnaigaë
avec une affectation de sensibiiité, ta délicatesse de sa conduite
m'a si fort émae, que jeM proposé de venir donner des leçons de
musique à Entestine.
Vtat 1 vous avez fait eehî. mais c'est saperbe 1
Votre étonnemeatest peu nattear, marqais.
Voas confondezl'admiration avec i'étonnement, baronne; je ne
m'étonne pas du toat. je sais tes trésorsde bonté, de mansaétnde,
que renferme votre excettentecmr, –dit M. de Maillefort en cachant
sons son persiBage habituel t'espéranee qaTt avait ennn omette sur la
~Me da mystère qu'il avait tant d'intérêt à pénétrer.
An t!ea de railler. la bonté de mon cœar, marquis, répon-
dit madame de la Rochaiga~, voas devriez t'imiter, et tâcher,

paavfeaMe.
parmi vos nombreuses coanatasaaces, de procaref des leçons à eeMt
<!enM)MjfMat, tepMdM: 10 marqms a~ee MM trotdear appa-
rente à fendroit de la jeune artiste Je vous promets de m'intérea-
sera votre protégée. quoique j'aie peu d'autorité comme connais.
sear en musique. Mais commentse nomme et oo demeurecette jeane
OMe?
et demeure rue de Monceaa. Je ne
E!!e se nomme Borminie,
me souviens pas da numéro, mais je vous le fera! savoir.
Je m'emploierai donc pour mademoiselle HerrnMe, je le
puis.. ma!a à charge de revanche,baronne, dans !e cas eùj'aarab
aussi à réclamer votre patronage, pour quelque prétendantà la main
de mademoiselle de Bcaa~)tmH, je sappMC. que je verrais da
nant de mon observatoire avoir la dessons dans la rude meiëe des
cencarrents.
En vérité, marquis, veos savez mettre le prix à vos services.
répondit la baronne en souriant d'un air contraint mais je snis
certaine que noms nous entendrons tonjonrs parfaitement.
Et moi donc, ma chère baronne, vous ne sauriez croire com-
bien je me réjouis d'avance du touchant accord qui va désormais
exister entre nous deax. Eh bien après tout, ajouta le marquis
avec un accent rempli de bonhomie, avouons-le, notre petite dé-
bauche de sincérité. nous a Enneusement proCtë. nous voici en
pleine conCance. n'est-ce pas, ma chère baronne?
Sans doute; et malheureusement, ajouta la baronne avec nn
soupir, c'est si tare, la confiance
Mais aussi, quand ça se rencontre, répondit te marquis,
comme c'est bon' hein! ma chère baronne?
C'est divin mon cher marquis. Ainsi donc, au revoir et à bien-
tôt, je t'espère.
A bientôt, dit H. de NaiMort en MftaM da salon.
Maudit homme 1 s'écria madone de la Roebaigae en bondis*
eant de son (aateai!.
Et, marchantà grands pas, elle donna enCa cours à ses MatMxenta,
si difficilementcomprimés.
n'y a pas une des paroles de cet inBamai !Maea, MprU-eBe,
qui n'ait été an sarcasme oa âne menace.
Le fait est que c'est an bien prodigieax MéMrat, s'écria la
vaix da baron, qui apparat soudain a t <me dea porte da sabn domt
fi eearta les por~ère!
xxm

A h vuedo B. de la RochaigcS, apparaissant ainsi à peu de dis-


tore du canapé oa eiie s'était tenue pendant son entretien avec
H. de MaHlefoM, la haronnes'ecrh.
Comment. monsieur, vons étiez là?
Certainement.car, pressentantque votre entretien avec H. de
Maiitefbrt deviendraittr&s-interessant,des que vous seriez tous deux
?.
seuls, j'ai fait le tour par le petit salon, et )e suis venu écouter
derdëre ces portières, tout près de veas.
Ht bien! vous t'avez entendu, ce maudit onarquis?
Oai, madame, et j'ai aussi enteada que vons avez eata taiNeese
de t'en~axer à revenir, au tie)t de lui signMef eettement son congé.
Vous aviez une 8i belle occadon 1
Eh monsieur, est-ce qne et. de Maiiietortne peut pas être ausi
dangereux de loin que de près? Il me l'a bien fait comprendre; et,
d'aiUears, on ne traite pas avec cette grossièreté na homme de la
naissance et de l'importance de M. de Maillefort.
Et qu'en advien<ir<tit-it dono, s'H vonsptatt?
B en adviendrait, monsieur, que le marquis vous ferait deman-
der satisfaction de cette impertinence. Vous ne Favez donc pas en.
tendu ? tgnorez-veus donc qu'H a en plusieurs duels toujours malbea.
reax. pour ses adversaires, et que, dernièrementencore, il a forcé
H. de Momand à se battredans une chambrepour une ptaisanterie?.
Et moi, madame, je n'anrais pas été aussi bénévole. aussi d<-
haBnatre. aussi simple que M. de Mormmd; je ne me serais pas
batm.Ah!ah'Etvoi!a!
Alors M. de MaiBefortvous eût partent poarsntvt, aeeabM de ses
cpi~rammes. n y avait de <mei voua fairedéserter le monde. à
force de honte.
Mais c'est donc une bête enragea que ce BMestre-ta?. i1 n'y a
donc pas de tois? Ah si j'étais à la Chambre des pairs, de tels sean-
dales ne resteraient pas impunis; an ne aérait pins & merci du
premier coupe-jarret 1- s'écria le maUMarem baron. Mais, pour
t'anmnr de Dieu, à qui en a-t-ii? ~ae vent-N, ce damné marquis?
Vous avez, ea vérité. bien peu de pénétration, monsteur B <
pourtant parié avec une assez insolente franchise.D'autres auraient
pris des détours. auraient agi de ruse. H. de MaiMefort. point.
<t Vous voulez marier mademoiseMe de Beaamesnii. Je veux voir,
moi, comment et à qui vous la marierez et, si l'envie m'en preud,
dans ce mariage j'interviendrai.t Voilà ce qu'il a eo t'aadace de me
dire. Et cette menace. il peut la tenir.
Heureusement Ernesttno paraît avoir une peur horrible de cet
affreux bossu, et Mena doit lui dire qu'il était l'ennemi acharaé de
la comtesse.
Qu'est-ce que cela tera?. Supposons que nous trouvions un
paru convenable pour nous et pour Ernestine, le marquis, par ses
railleries, par ses sarcasmes, n'eat-it pas capable do donner à cette
innocente Me. l'aversion de celui que nous voudrions lui faire
épouser1. Et ce n'est pas seotementiciquli peut nous jouer ce tour
odieux et bien d'autres qu'il est capable d'imaginer; il nous les
jouera partout où H rencontrera Emestine. car nous ne pouvons pas
la séquestrer, M faut que nous la conduisions dans le monde.
C'est donc cela surtout «M vous craignet? je serais assez de
votre avis, si.
Nh! mons!emr) est-ce que je sais ce que jeerams;j'aimerais
cent fois mieux avoir one crainte réelle, si menaçante qu'ette fdt, je
saurais da moins où est le périt, je m'arrangeraispour y échapper;
tandis qu'au contraire le marquis noos laisse dans une perplexitéin-
cessante, et cela peut nous faire commettre cent maladresses. nons
gêner, et paralyser peut-être les résolutions que nous aurons à
prendre dans notre intérêt. n but, en un mot, nous résigner &
nous dire <ïi y a là un homme d'une pénétration et d'un esnrit dia-
n
boiiques, qui voit qui cherche à voir on à savoir tout ce que nous
ferons, et qui, mallieureusement, a mille moyens de réussir. tandis
que nous n'avons aucun moyen, nous, d'échapper à sa surveillance. J
–J'en reviens à mon idée de tout à l'heure, dille baron d'un
air tres-satisfait, jeta crois juste.vraie. évidente. cette idée.
–Queue idée?1
C'est que le marquis est un bien prodigieux scaiérat 1
Bonsoir, monsieur, dit impatiemment madame de la Bo*
chaigaê en se dirigeant vers la porte du salon.
Comment, dit le baron, vous vous en aBea comme cela,
dan une pareiite extrémité, sans eonvenir de rien!
–Cenvenirdequoi?
Do ce qu'il y a à faire.
Eat-ee que j'en sais quelque chose? s'écria madame de la
Nochaiguehors d'eiie même et en frappant <ht pied. Ce méchant
bossu m'a complétement démoralisée. et vous achevez de me
rendre stupide. par vos beUes rë<!ex!ons.
Et madame de la Rocha!gu8 quitta le salon, dont eMe referma la
porte avec violence au nez da baron.
Pendant l'entretien de madame de la RochatgaS et de M. de
MaMefort, Héléna avait reconduitmademoiselle de BeanmesnUchez
c))e, hti disant, au moment de la quitter
Allons. dormezbien, ma chère BraesUae, et priez le Seigneur
qul éloignede vos rêves la ngare de e< vilainmonsieur de MaiMefort!
En etfet, madomoiseUe,je ne Nds pourquoi. B me fait presque
peur.
Ce sentiment est bien nature! répondit doucement la de-
vote, et plus opportun que vous ne le pensez.car, si vous saviez.
Et, comme Botena se taisait, ia jeune niie reprit
Vous n'achevez pas. mademoiselle?
C'est qul est des choses. péniblesà dire contre le prochain.
quoique méritées. ajouta la dévote a an air béat. Ce monsieur
de NaNtefert.
Eh bien 1 mademoiselle?
Je crama de vous aMtisMr, ma chère Ernestine.
Je vous en prie. parlez. mademoiselle.
Ce méchant marquis, puisqu'il faut vous le dire, a été l'un des
ennemis tes plus acharnés de votre pauvre chère mère.
De ma mère?. 8'ecfia douloureusement mademoiselle de
Beaumesmt.
Puis elle ajouta avec <me tenehantenaiveto
L'on vous a trompée, mademoiselle.ma mère ne pouvait pas
avoir d'ennemis.
Héiena secoua tristement la tête et répondit d'un ton de tendre
commisération:
Chère enfant. cette eandHe ignorance fait i'éioge de veM
cœur.. mals, hétas! les é:tes tes memears, les plus inoffensifs, sont
Mpee~aa «mrMMtdesmaehmts.LeshMmsa'Mt-eaeapaApotn
eaaeans les loups ravissourt?
Et que lui avait donc fait ma mère & M. de MaiHeibrt, ma'
demoiscMe? demanda Ernestine,los larmes aux yeux.
Elle! la pauvre chère femme, mals rien. Jésus, mon Dieu!
autant dire que l'agneau irait attaquer le tigre.
Alors, mademoiselle, qad <tt~ le eujet de bt ha!no de M.
HaUtefort?
1
H~!M< ma pauvre ett&Bt. tnes ceBOdeneea ae peuvaat aller
jusqtte-ià. c'est trop edieM, ]r<poadit Hët<ua en soupiraut,
trop horrible.
J'avais donc raison de craindre cet homme, dit Erne9<!ne
avec amerumte, et pourtant je me reprochais. de céder sans
tfaisou à un éloignement iaMtouta!re.
–Ah! ma chère enfant. paKs!ez-~em m'a~eifjataa!9 d'ë!o!gae-
1.
tMat plus mat justifld dit la dëvete en tevaat les yeux aa ciel.
Puis eUe reprit
Allons, ma chère Ernestine, je vous laisse. dormez bien.
Demain matin, je tiendra! vons prendre à neut heures pour aller à
t'eMce.
A demain, BHdemei&eMe.BOas! vous me laissez avec une
triste pensée Ma mèce. avait un eBttemi.
JI vaut mieux connitre les mëchants que tea igaerer, ma
chère Ernestine. au moins, l'on peut se garantirde teora matëaces~.
Adieu donc, à demain matin.
à demain, mademoiseue.
Et mademoiseUc de la Rocbaiptë t'en ana tous heureuse de t'a-
dresse perfide avec laquelle ene avait Msse aa eeear de made-
moiselle de Bt~aumesnitune cruelle deBance coatte M. de BaHietb~
qu httaen)aitdg
Efceetiae, restée seule, smma aa (!<MNaraaate, aNthttaercaiKtB
femme de chambre.
Madame LatNë entra.
Blle avait quarante ans environ, âne physionomie d~teerNae, e~
manières prévenantes, empressées, maie dont l'empressement même
annonçait quelque chose de servite, bien éteigne de ce devonemen:
de bonne tMMtïtM, dévouement naif, absolu, maia cependant em-
pre!nt de toute ia dignité d'une affection desintëresae~.
MademobeMe veut se couther? dit mad..nte )aîné à EraesUae.
Non, tM boue Lomé, paa <B~r< &p~tt<HHm~, vaat
pt!o, mon nécessaire à écrira.
Oui, mademoiseMe.
Le nécessaire à écrire étant apporté dans la chambre d'Ernestme,
ta gouvcrn.'Me lui dit
J'auraisà faire part de quelque chose à mademoiselle.
Qu'est-ce que c'est ?
Madame la baronne a arrête une femme dti chanthre coiffeusa
et MM autre femme pour mademoiselle. et..
Je vous ai déjà dit, ma booue Lame, quo je ae vantais pour
mon service particulieraucune autre personne que voas. etTherôBe.
Je le sais, mademoiseOe, et je Fat fait observerà madame la
baronne; mais elle craint que vous ne soyez pas tmBsammentservie.
Vous me suMsez parfaitement.
Madame la baronne a dit que néanmoins ces demoiselles reste-
raient à rhotet, dans le cas où vous en auriez besoin, et cela se
trouve d'autant mieux que madame la baronne a dernièrementren-
voyé sa femme de chambre, et que ces demoiselleshu serviront en
attendant.
A la bonne heare. répondit Ernestine avec indifférence,
MademoiseUe u'a besoin de rien?
Non, merci.
MademoiseUe se trouve toujours bien dans cet appartement?
Très-bien.
11 est du reste superbe; man M n'y a rien de trop beau pour
mademoiseUe c'est ce que tout le monde dit.
Ma bonne Lame, dit Emestine sans répondre à l'observation
de sa gouvernante, vous me préparerez ce qu'Urne faut pour ma
toHctte de nuit. Je me coucherai seule, et vous m'ëveiUerez de'
main avant huit heures.
Oui, mademoisette.
Puis, au moment de sortir, madameLainé reprit, pendant qu'Eraes-
Cae ouvrait son secrétaire à écrire
–J'aurais quelque chose à demander à mademoiseUe.
<tue voulez-vous?
Je serais bien rcconnsMisanta à madcmoiseMe si elle poavai!
avoir la home de me donner deux heures demain ou après t'uuf attep
vo& une de mes paMates, madame Berhaut, qui demeure au
Ba~gnottes.
Eh Ment. aBez-y démâta matin. pendant que ~e serai è
t'otBco.
Je remercie mademoisellede sa hante.
Bonsoir, ma bonne Lamé, dit Emestine en donnant ainsi
congé à aa gouvernante, qui semblait vouloir continuer la conver-
sation.
Cet entretien donne une idée juste des relations qui existaient
entre mademoiselle de Beaumesnil et madame Lainé.
CeMe-ct avait souvent, en vain, essayé de se familiariser avec sa
jeune mattresse: mais, aux premiers mots de la geuvemante dans
cette vote, mademoisellede Beaumescilcoupait court à t'entretien, ja*
mais avec hanteur ou avec dmetë, mais ea lui donnant quelque ordre
avec une affectueuse bonté.
Après le départ de madame Lame, Emestiae resta longtemps pen-
sive, pais, s'asseyant devant la table o& était son nécessaireà écrire,
eUe roavdt et ea tira an petit album relié en cuir de Russie, dont
tes premiers ieuiUets étaient déjà remplis.
Rien de plus s!mp!e, de plus touchant, que l'bistoire de cet album.
Lors de son départ pour rttaMe, Ernestine avait promis à sa mère
(ainsi que la comtesse l'avait dit à Berminie) de loi écrire cbaque
jour une espèce de journal de son voyage; à cette promesse, la jeune
fille n'avait manque que pendant tes qaetqnes jours qui suivirent la
mort mattendae de son père. et pendant tes quelques jours non
moins affreux qui succédèrent & la nouvelle de la mort de la com-
tesse de Beaumesnit.
Le premier accablement de la douleur passé, Emestme trouva une
sorte de pieuse consolation à continuer d'écrire chaque jour à sa
mère. se faisant ainsi une Mtusion la fois douce et cruelle. en
poursuivant ces confidencessi touchantes.
La première partie de cet album contenait la copie des lettres
écrites par Emestine à sa mère, du vivant de celle-ci.
La seconde partie. séparéede la première par une croix noire.
amenait tes lettres que la pauvre enfant n'avait, hélas pas e<t
besoin de recopier.
Mademoiselle de Beaumeamt rassit doac devant la taMe; après
avoir essuyé ies larmes que provoquait tttujoars la vue do c<i!t album,
rempli pour elle de poignants souvenirs, ette écrivit les lignes sui-
vantes
a Je ne t'a! pas écrit, chère maman, depuis mon arrivée chex
M. do la Mochaiguë, mon totem, parce que je voulais autant que
possiMo me bien rendre compte de mes premières impressions.
a Et pais, tu sais comme je sois depuis que je t'ai quittée, tori-
que j'arrive quelque part, je me trouve pendant uu jour ou deux tou:
étonnée, presque attristée par le changement; il faut que je m ha-
bitue, pour ainsi dire, à la vue des choses dont je suis entourée pour
retrouver ma liberté d'esprit.
« L'appartement que j'occupe ici toute seule est si magnifique, si
grand, qu'hier je m'y regardais comme perdue; cela me fais:
presque peur. aujourd'hui je commence à m'y habituer.
H Madame de la Boehaisuë, son mari et sa sœur m'ont reçue
comme leur enfant; ils me contMent d'attentions, de prévenances, et,
si l'on pouvait avoir pour un si bon accueil un sentiment autre que
celui do la reconnaissance, je m'étoum'rais de ce que des personnes
d'un Age si vénérable me traitent avec autant de déférence.
a M. de la Rochaiguë, mon tuteur, est la bonté même; sa femme,
qui me gâte à force de tendresse, est trcs-gaie, tres-anhnëe; quant
à mademoiselle tlëtëna, sa beite-sœur, je ne crois qu'il y ait de
personne plus douce et pius sainte.
<[ Tu vois, chère maman, que tu peux être rassurée sur le sort de
ta pauvre Ernestine; entourée de tant de soins, eUe est aussi heu-
reuse qu'elle peut t'être désormais.
a Mon seul désir serait de me voir mieux counue de M de la
Rochaignë et des siens; alors sans doute ils me traiteraient avec
moins de cérémonie, ils ne me feraient plus de ces complimentsdont
je suis embarrassée, et que l'on se croit sans doute obligé de me
faire afin de me mettre en confiance.
« Bons et excellents parents ils s'ingénient chacun de son côté à
chercher ce que l'on peut dire de plus aimable à une jeune fille.
Plus tard, ils verront, je t'espère, qu'ils n'avaient pas besoin de me
flatter pour s'assurer de mon attachement. En m'accueillant ch<*s
eux, on dirait presque qu'ils sont mes obligés. Cela ne m'étonne
pas, chère maman, combien de fois ne m'as-tu pas dit que ies gens
délicats semblaienttoujours reconnaissants des services ~u'U~ avaient
le bonheur de pouvoir rendre
< J'ai m MaA quelques moments péntMew, non par ta fauta do
mon tuteur eu de sa famille, mais par une circonstancepour ainsi
dire forcée.
< Ce rnatm, un monsieur (mon notaire, à ce que j'ai appris)m'a
etd présenté par mon tuteur, qui m'a dit 1
< Ma chère pupttfe, M est bon que voua sacliles le chiffre exact
Ao wtre fortune, et monsieur va vous en !asttt)!<re.
a A!<tM le BMaiM. ouvrant un registre qn'H avait apporte, m'en a
fait voir la dernière page toute remplie de chiffres, en me disant
a MademoiseMe, d'après le relevé exact de. (H a ajouté m
mot que je ne me rappeUe pas), vos revenus se montent a la somme
de trois m<M(oM cent vingt mille ~ane< environ, ce qui vous fait
à peu près huit mille ~raMct par jour. Rien que cela, a ajouté le
notaire en riant; aussi êtes-vous LA pMS RtenE aÉRm~m BE FBM'M.
< Alors, pauvre chère maman, cela m'a rappelé ce qu'hë!as'}e
B'oabNe presque jamais que j'étais orpheline. sente an monde.
et matgrë moi j'ai pleuré. e
Ernestinede Beaumesnus'interrompitd'écrire.
De nouveau ses larmes couiërcnt abondamment, car, pour cette
tendre et m!ve enfant, t'Mr~e. c'était la mort de sa mère, de
son père.
Plus calme, elle reprit la plume et continua
« Et puis, maman, il m'est impossiblede t'expliquer ceta, mais
en apprenant que j'avais huit mille francs par jour, comme disait le
notaire, j'ai ressenti une grande surprise, mëtëe presque de crainte.
<t Tantd'atgent. à moi seule 1. pourquoi ce!a? me disais-je.
a M me semblait que c'était une injustice.
e Qu'avais-jefait pour être si riche?
« Bt puis encore ces mots, qui m'avaient fait pleurer a Vous «e<
< &t p!<M riche héritière de France. B alorsm'enrayaientpresque.
e Oui. je ne sais comment t'expliquer cela. mais, en songeant
que je possédais cette immense fortune, je me sentais inquiète. D
me semble que je devais éprouver ce qu'éprouventtes gens qui ont
an trésor et qui trembtent à la pensée des dangers qu'ils courraient
on voulait tes voler.
« Et pourtant. non. cette comparaison a'est pas bonne, car je
a'ai jamais tenu à l'argent que toi et mon père vous me donniez
ehaque mots pour mes fantaisies.
Mon Btea, cbaM maman, t'analyse malt ce que ~t fessM~ en pex*.
eant MM WeneMM, comme Ils disent. cela est involontaireet !ne![r
pticaMa, nent'etreje m'açeontumera) a penser autrement
a En attendant, je suis chez dexcellentsparents. Qu'ai-je craie-,
dreî c'est un en&ntiitagede ma part. sans doute. Mais à qui dt'
rat-}e tout? chère maman, si ce c'est à toi? M. de la Bechatguë et
les siens sont parfaits pour moi, mats je ne sera! jamais tout à ta<t en
cenNance avec eux: tu la sais, sanf pour toi et pour mon père, j'ai
Kmjoars été naturellementtres-rësenfëe, et souvent je me reproche
de t)e pouvoir me familiariser davantage avec ma bonne Lame, qui
est pourtant à mon service depuis plusieurs années, cette famMiaritë
m'est impossible; cependant je suis loin d'être <!6re. x
Puis, faisant allusion à t'aversion qu'e!!e éprouvait pour M. de Mait-
lefort, en suite des calommiesde la dévote, Emest!ne ajouta
< J'ai été cmeitement émue, ce soir, mais il s'agit d'une chose s!
Indigne. que par respect pour toi, ma chère maman,je ne veux pas
t'écrire. Et puis, je n'en aurais pas, je crois, le courage.
s Bonsoir, chère maman, demain matin et tes autres jours j'irai a
l'office de neuf heures avec mademoisellede la Rochaignë elle est
si bonne que je n'ai pas voulu la refuser. Cependant mes vraies
prières, chère et pauvre maman, sont celles que je fais dans !e re.
cueillement et dans la solitude. Demain matin et tes autres jours,
perdue an milieu des indifférents, je prierai pour toi; mais c'est tou-
jours lorsque je suis seule, comme a cette heure. lorsque Mutes mes
pensées, toute mon Ame s'élèvent vers toi, que je te prie comme oa
prie Dien. bonne et sainte mère a
Après avoir renfermé l'album dans le nécessaire dont elle portait
toujours la clef suspendue à son coa, l'orphelinese coucha et s'endor-
mit, le cœur plus calme, plus consolé depuis qu'elle avait épanche
ses naïves eontdeaces dans le sein d'une mère. hélas 1. alors im-

X3HV

Le lendemain matin da jour o& M. de Ma!ttetbM ava!t <~ p<t!~ ta


prem!ère Ms t~sente à mademeiseMe de Beamnesni), te cemmand.utt
Bernard, l'air souffrant, mais resigné, était étendu dana son bon &B*
teuil, posent d'Olivier.
A travers la fenêtre de sa chambre,le vieux marin regarda!t tris-
tement, par une bette matinée d'été, la seehete~so de ses plates-
bandes, qu'envahissaient les mauvaises herbes; car, depuis aa mois,
deux des anciennes Nessures du vétéran, s'étant rouvertes,le tenaient
cloué sur sou fautenit et t'empêchaient de s'occuper de son cher jar-
dinet.
La ménagère, assise auprès du commandant,s'occupait d'un travail
de conMre; depuisquelques moments, sans doute, madameBarhancon
se livrait à ses récriminations habituelles contre ~~oapaf< car
eMedisOit an vétéran avec on accent d'indignation concentrée
Oui, monsieur. crue. crue. il la mangeait toute crue.
Le vétéran, torsqne ses douleurs aiguës lui laissaient quoique relâ-
che, ne pouvait s'empêcher de sourire aux histoires de la ménagère;
aussi reprit-H
Quoi? que mangeait-tt cm, ce diable d'o~w Corse, maman
Barbançon?
Sa viande, monsieur oui, la veille dajouf de la bataiite. il la
mangeait crue. sa viande Et savez-vous pourquoi ?
Non. dit le vétéran, en se retournant avec peine dans son
fauteuil, je ne devine pas.
C'était pour se rendre encore plus féroce, te malheureux afin
d'avoir le courage de faire exterminer ses soldats par t'ennemi, et
tiurtout tes <~H<et, ajouta en soupirant la rancnneuse ménagère,
le tout dans te but d'en faire de la chair d MMOM, commeit disait,
et d'augmenter la conscription pour dépeupler ta France. où it ne
voulait plus voir un seul Français. C'était son plan.
A cette tirade, débitée d'une haleine, le commandantBernard par-
tit d'un franc éclat de rire, et dit à sa ménagère ·
Maman Barbancon, une seule question Si iM&Mpaf~ ne vou-
lait plus voir un seul Français en France, sur quoi diable aurait-u ré-
gné, alors?
Eh* mon Ment dit la ménagère, en haussant les ëpautes
avec impatience, comme si on tni eat demandé pourquoiit faisaitjour
enplein midi. mais it aurait régné sur tes nègres donc 1
Ced était d'âne feue force de conception, d'un inattendu si saisis-
tant. qu'un moment de stupeur précéda la nouvelle explosiond'hHari-
nte du commandant, qui reprit
Comment sur tes nègres?. qaets nègres?
Matâtes nègres d'Amérique. monsieur, avec qui H manigançait
si bien sous main. que, pendant qu'ilétait sar son rocher, ils ont
creusé un canal souterrain qui commençait au CAo)Hp~ti~, ser-
pentait sous Se<n<e-J6MMtM, et allait aboutir aa cheMeu do l'empire
d'aotres nègres amis des premiers, de façon que JMdtM~ar~ voit.
lait revenir à leur tête tout saccager en France avec son affreux
JhttMhtM.
Maman Barbancon, dit le vétéran avec admiration, vous
ne vous étiez jamais élevée à cette haatear-ià.
D n'y a pas )à de quoi rire, monsieur. Voutez-vous une der-
mère preuve que le monstre pensait toujours~remplacer lcs Français
par des nègres?Y
Je la demande, maman Barbançon, -dit le vétéran en essuyant
ses yeux remplis de larmes joyeases: voyons ta preuve.
Eh bien monsieur, n'a't'on pas dit de tout temps que votre
B<M<M[paf«~o«tti< <M F)rot)poi<comme des N~'«71
Bravo, maman Darbancon 1
Or, eest bien la preuve qaTt aurait voulu, au lien de Français,
avoir tous nègres sous sa griffe 1
Grâce. maman Bi'rbançon, s'ëcria le pauvre commandant
en se crispant de rire sur son fauteuil, trop est trop. cela fait
mal. à la On.
Deax coups de sonnette, impérieux, retentissants, firent bondir et
déguerpir la ménagère, qai, laissant le commandant au milieu de su
accès d'Mtaritë, sortit vivement en disant
En vouàaa qui sonne en mattre, par exempte!
Et, fermant la porte de la chambre du vétéran,madameBarbançcR
alla ouvrir an nouveau visiteur.
C'était nm gros homme de cinquante ans environ, portant1'uniform. =
de sous-lieutenant de la garde nationale, uniforme qui ouvrait outrf
geusement par derrière et bridait sur un ventre énorme, o4 se b&
lançaient de monstrueuses breloques en graines d'Amérique.
Ce personnage, eoiSë d'an formidable ourson qui lui cachait !o&
yeux, avait l'air solennel, rogue et pleinement satisfait de soi.
A sa vue. madame Barbançon fronça le sonrcit.et, peu imposéepar
la digntM «n ~rade de ce soldat citoyen, elle M dit atgtanMatettt~
un accent de surprise peu flatteura
Comment c'est encore vous?
M serait étonnant qu'un p~~re. (pdpMht~M tut dit et ae-
tenhte ainsi avec âne majesté souveraine Inexprimable) ne pourra
Pas venir dans sa maison. quand.
Vous N'êtes pas chez vous td. pabqae vous avezhme au ee<M.
mandant.
Nous sommes au <T, et mon pgrder a apporté ma qaittaNeeim-
primée pour toucher mon terme qu'il n'a pas touché. aussi je.
On sait ça, voHà trois fois depuis deux jears que vous venez le
rabâcher. Est-ce qu'on veut vous en faire banqueroute, de votre
loyer? On vous le payera quand on pourra. et voua.
Quand on pourra un popMtaire ne se paye pas de cette moa*
naie de singe.
Singe voos-meme, dites donc. ProptMa~'ef vous n'avez que
ce mot-là à la bouche, parce que vous avez, pendant vingt ans, mis
du poivre dans Feaa-de-vie, de la chicorée dans la café, du grès dans
la cassonade, et passé tes chandelles dans i'ean bouillante pour ra-
bioter du suif sans que cela y paraisse. et qu'avec ces proeëdes~a
vous avez acheté des maisons sur le pavé de Paris, faut pas être si
fier, voyez-vous?
J'ai été épicier,je me suis enrichi dans mon commerce, et je
m'en vante, atadame~
B n'y a pas de quoi; et, puisque vous êtes si riche, comment
avez-vous t'eBronterie, pour un pauvre terme, le seai en retard de-
puis trois ans, de venir rebthcer un brave homme comme te eom-
mandant ?
Je m'importe peu de tout ~t, mon argent ou j'assigne! (!*est
étonnant, ils ne payent pas leur loyer, et u leur <aut des jardins en-
ire, a ces particuMers-ià 1
Tenez, monsieur Bouf&rd, ne me pouésez pas à bont, oa voa&
attez voir!') Btenr faut des jardins'un brave homme eriblé de bles-
sures. qui a ce jardinet pour seul pauvre petit piaisir. Tenez. si,
au Maa de rester dans votre comptoir à filouter tes acheteurs, vous
avtez tait ta guerre contme le commandant, et saigne de votre eorp~
aux quatre colas de monde. et en Russie. et partout, vous en au.
net des maisons sur te pavé de Paris Va~'en voit st~t Viennent.
~ottâ la justice pourtant.
Une fois, deux fois, vous ne pouvez pas me payer plus aujonr'
d'hui qu'hier!
Trots Ma, cent tbls, mille fois non le commandant, depuis que
ses blessures se sont rouvertes, ne pouvait dormir qu'à force d'o-
piom! c'est aussi cher que Fer cette nrogue-ta, et les cent chiquante
francs du terme ont passe à ça et aux visites du médecin.
Je m'importepeu de vos taisons les popiétaires seraientjoli-
ment enfonces s'Hs écoutaient ces ~hKMMM de locataires;c'est comme
dans ma maison de la Me de Monceau, d'oa je viens. antre bonne
pratique 1. une musicienne. une droiesse qui ne peut pas non plus
payer son terme, parce qu'eBe a été soi-disant malade pendant deux
mois, et aa'eMe n'a pu donner ses leçons. comme à l'ordinaire
Bambochesque toM cela. Quand on est malade. en va sà à t'Mpi'
~t, et ça vous permet de payer son terme.
A rhopitat! jour de Diea le commandant BenMtd & t'hop;-
taM s'écria la mënagère exaspérée. Mais, quand je devrais me
&ire chiffonnière pour gagner la nuit et le soigner le jour, le corn.
mandant n'irait pas à l'hbpital, entendez.vo<t9,et c'est vous qui ris.
quez d'y aMer, st vous ne ntez pas, et vite encore, car M. Olivier va
rentrer. et il VMS donnera pma de coups de pied dans votre bedaine
que votre outson a'a de poib.
Je voudrais bien voir qu'anpôpiëtaiteserait vitipendë chM tut.
même. Mais, brisons ?. t
Je reviendrai qnatre heures si tes cent
cinquante francs m) sont pas prêts, j'assigne et je fais saisir.
Et moi, je <aMro< ma petto à feu eoar vous recevoir d vmm re.
paraissez. voilà ma politiquel
Et la ménagère, fermant la porte aa met de M. BouBard,revint ao-
près du commandant.Son accès dMartte était passé; mats il lui res-
tait un fond de bonne humeur; aussi, à la vue de sa femme de con-
Nance, qui, joues encore ennammees de eo!ëre, ferma brMqae-
tt<mi la porte en groinmelant seMdemeat, te vieux matin M dit
Voyons, maman Barbanoon, est-ce que vous n'avez pas ettmsë
votre mrte sur jB<t<!<Mpaf< A qui, diable en avez-vous eneote à
eette heure?1
A qui j'en ai ? quelqu'un qui ne vaut pas mieux que v~tre eat
~ereur. Les deux fout la paire, aNex t
Ont est-ce donc qai fait ta paire avec l'empereur, maman Bat*
bancoa?
Pardie. c'est.
Mais la ménagères'interrompit.
Pauvre cher homme, pensa-t-e!!e. je ta! mettrais la mort dans
Mme. en lui disant que le loyer n'est pas payé. que tout a passe
pour sa maladie. même soixante Brancs moi. Attendons M. OB'
vier. peat'etreil aara de bonnes neaveMes.
Mais. que diable raminez-voas là an Béa de me répondre, ma.
man Barbançon? dit te vieux marin, est-ce quelque nouvelle his.
toire? celle da pe~t homme rouge, que vous me promettez toa-
jours?
'–Ah bon! henreasement. voMà M. Olivier, dit!a menageM
en entendant sonner de noavean, mais doucement cette fois. Ce
n'est pas M. Olivier, a}oata~.e!te, qui sonneraità tout casser.
comme ce gueux de propriétaire
Et, laissant de nouveauson maître Mat, madame Barbançon eoana
a !a perte c'était en effet le neveu du commandant.
Eh bien! monsieur OJivior? lui dit la ménagère avec anxiété.
Nous sommes sauvés, répondit le jeune homme en essuyant
son front baigné de sneor,– le brave mattre maçon a eu de la peine
à trouver l'argent qu'il me devait, car je ne l'avais pas prévenu qu'il
me le faudrait sitôt. mats enfin voici les deux cents francs, dit
OBvier en donnant an sac à ta ménagère.
Ah qaeiie épine hors du pied monsieur Olivier.
EsKe que le propriétaire est revenu?
Il sort d'ici, le gredin je l'ai abominé de sottises!t
Ma chère madame Barbançon,quand on doit, il &atpayec. &h
çà! et mon pauvre oncle ne se doute de rien?
De rien. te cher homme. henreasement.
Ah tant mieux dit Olivier.
Oh la fameuseidée, s'écria la vindicative ménagèreen comp-
tant l'argent que le neveu de son maître venait de lai remettre, –B)w
fameuse idée!
–Laqaet!e,maoameBarbancon?
Ce gredin de propriétaire doit revenir à quatre heures; fath
merai un bon fourneau dans ma cuisine, je meUrai dedans cent eitt.
quante francs, et quand ii arrivera, ce monstre de M. Boutfard, je
ta!d!rai d'attendre;f!ra!vite repêcher avec des pincettes mes piece<
toutes brotantes, je tes empilerai sur la table et je lui dirai Le
voilà, votre argent. prenez-le. attein! monsieur OMvier, fameux 1
La toi ne détend pas ça?Ï
Diable maman Barbançon, dit Olivier en sondant, vons
voulez tirer à boulets rouges sar tes épiciers enrichis Faites mieax,
aitez. économisez votre charbon et donnez les cent cinquanteCrânes
a M. Booffard tout simplement.
-MonsieurOlivier. vous êtes trop bon. Mssez-moiMrissoior
!« bout des ongles, à ce brigand-ià 1
Bah il est pias bête qae méchant.
tt est l'un et l'autre, allez, monsieur Olivier, issu d'an <o~ et
d'une oie comme dit le proverbe.
Mais mon oncle, comment va't-i! ce matin ? Je sois sorti de
bonne beure. il dormait encore, je ne t'ai pas réveillé.
t! va beaucoupmieux, car noas nous sommes disputés à cause de
Ma MOtMtre. et puis votre retour. lui a vaia mieux que tontes les
potions du monde. à ce digne homme. et, tenez, monsieur Oli-
vier. quand je pense que, sans vos deux cents francs, cet affreux
Bouffard nous aurait fait saisir dans trois on quatre jours. et Dieu
sait ce que vaut le ménage. vu qa'B y a trois ans, les six coa-
verts et la timbale du commandant ont fondu dans sa grande mala-
die.
Ma bonne maman Barbançon, ne me parlez pas de ceia.j'en
deviendrais fou, car, mon semestre passe, je ne serai plus ici; ce
qui est arrivé aujourd'hui peut se renouveler encore, et.. alors.
mais. tenez je ne veux pas penser à cela. c'est trop triste.
La sonnette de la chambre du vieux marin vibra.
A ce bruit, la ménagère dit au jeune homme, dont la physionomie
avait ators une expression navrante
Voilà ie commandantqui sonne. Pour 'amour de Dieu, monsieur
Olivier, n'ayez pas l'air triste, il se douterait de quelque chose.
Soyez tranquille. Mais à propos, reprit OHvier, Geraiddoitve-
air ee matin; vous le ferez -entrer.
Bien, bien, monsieur OMvier, allez tout de suite chez monsieur,
le vas préparer votre déjeuner. Dame, monsieur Olivier, dit ta
ménagère avec un soupir, -faudra vous contenter de.
-Brave et digne femme! reprit le jeune soldat sans ta !?«
tn&eW. &{<!ë<pte~tMpas «~!<M«t<tM<Ht~M'n<HH~
pas qua ~aUs ~an~ pt~et po')t Mo~
Ah par exempte Mats <eMe~ w!!it tm~re CH)m)t<t)f MaM..
OOMM <tMC<
<h eH~, CMwtM aa Mta <entt'M' e!tM ta ~<<&Mh

XXV

A vnad'OMvter,tes tratts du vieux marin <ÏevtnMB<toyt!M ne


pouwaM se tewer de~a fi)uteait,UteatUt<CeeHMttMBMMHeadea<
mains a aoa neveu en lui disant 1
Boxeur, mon eafaat.
Bonjour, moMONcte.
Ah que je te grande.
1 M faut
t'M, mon oncte?
Certatnetaent. A petne arrivé d'a~aNt-htar,te veM& déjà M
eeomed&s~aMMM. Ce matin, je m'<ivetMe.tou< heureux de ne
pas m'ëwemer seul, comme depuis deux mo!9. regarde du t&të
de ton lit.
plus d'OHv!er. d~& dMche!1
–Mats, mon cncte.
<!ais. mon gaf«m, sur ton semestre, to m'as volé près de
deux mois d'absence; un engrenage d'aBaifesaveetea maKfema*
çon, m'as-ta dit. soit tBab engn, grâce au gaht de ces deM mois,
M Wib ttche à cette heure, tu dois etM aa nM&a millionnaire.
aussi, j'entends joutrde toi, je trouve que tu al assez gagne d'argent.
va qttet'eM pottf moi qae tu travailles. Je ne peux malheureusement
pas t'etapacherde ata taire des cadeaux. et Bien sait ce qacette
htMtre tti complotes avec tes millions, monsieur fonder; mais je
te déclare, moi, que si maiutenant tu me laisses aussi souvent seul.
aMat tou départ. je tM recoia pins rien de toi. rien abse<a-
<Ment.
–ManMtCte.. wemttezmo!
fM nas ptos que deux mois à passer ich le ~eax targemeat ee
Mo<!Mf. A qMo! toa travailler commtt ta !a M<? Ba~-ea
que tu
'tMts, par ha~rd. qo'avaa Mna trésorière comme maman Parbancon,
maettMa M'est pas toutoura~raie?. tt y a trois JoxM, je Ma!
<<M < Eh Mea! madamo t'mtcadaate, oft ça MtMmca'MM?
8oye< <MaqnM)e, moMa!ct)r, m'a.t.~ta r<!pontht, aoyM traaqoitte,
qoand il n'y eaplua, tt y ea a eMaore. f J'ospëre qo'ua ct!t.
aler qui r~tont! ainsi, e'eM Cërament MSMMM.
ABuaa, mon oacto, dit Olivier voulant fompra cet eutra.
(!en qui t'aMWsMtt et rembarMMa!<, te vous ptomata da tutx
quitter, dd'ienaah, ta moins possible. Maintonant, autre chose.
Pauvet'vom recevoir 8cra)d co <Nat!tt Y?
PafNau t Ah que! bon et loyal eœaf que ee jcan6 duo 1 Quand
~e pettao quo durant <oa abseaca M eat weoM pttt~eaM M& me votr et
fumer son tiaaM avec mol Jo aou~fatt comme un damoë. taahtt
me mettait un pou do baume daus te ancg. < OHt!ef M'cst pas lA,
mou commandant, me disait ce digne garçon c'cat a mu! d'ëtfade
p!aatea wp~ de vous. e
Bon Uoratd dh Olivier avec&MMoa.
Ont. va, M est bou, car e))<!a un jcttNO hooimo du beau
monde comme lui, quitter ses plaisirs, ses maitresses, les amis da
son âge, pour venir passer uno ou deux heures avec ua vieux po-
dagM comme mot, c'est du boa caaur, cela. biais je ne fais pas to
fat. C'est A cause de toi quo Ceratd vient ainsi me voir, moa brave
enbm. parce qu'il 6a<'att te faire plaisir.
Non, non, mon code, c'est poar vaas, et pour ~û!M aMt
eMyez-te bien.
Bum. htMB.
H vous te dira M-meme tout à l'beure, eat M m'a ecdt hier
pour savoirs'M nous trouverait ce matin.
Hetas M n'est que trop sûr de me trouver je ne peux pas
me bouger de mon fautent, et tu vois la triste preuve de mon inac-
Uon, ajouta le vieux marin en montrant à son Neveu ses plates-
bandea desséchées et envahies par les mauvaises herbes; mon
pauvre jardinet est rôti par ces chaleurs dévorantes. Maman Bar-
hancon est trop faible, et d'aiMears. ma maladie l'a mise sur les
dents. la digne femme. J'avais parlé de faire venir le portier tous
les deux jours eu lui donnant un pourboire mais il faut voir corn*
méat elle m'a reçu <f Introduire des étrangers dans la maison,
a'eat't~e <!ctMe. pour tout mettre on p!Mage, tout Meca~or Sa'
<!«< <H la connais, eatte excellente d)ab!e~c. jo n'a! pas e~ Insis-
ter. aussi tu vala daas quel état sont mes eha~a p!a<es-ba<)des),M*
ptëre encore f) Oaortes.
OatsuMX'wns, mon<)c!e. mt< ~p! <<n Mtout, Ja~Mt vatra
~Mmter ~rtanjatrdinioF. dit~temeM Oth~r: –yy avais pc~,
et, MB* Moo «(faifaqui M'a fait Mrt)f ce matta <!o (rëa.bttnMO haute,
vo<M Mf!e< <« & ~atfa f<SweH %atM jardin <i)!batra~ de Ma mat)'
MtMaheft'OB et h'a))t eummo un bouquet «tuwen <te resOe. mats de.
main matin. auMt. je ne voila dis <)<)o <*e!a.
te commandant allait remercier Olivierlorsque madame Barhan-
<on oHvth la porte. et donantta ai M. Sorattt pouwatt entrer,
Jo to crois pardtcM blon qu'M pem entrer
<
a'<eda (cément
to ~oux marin pendant qu'OMer allait au-devant de Mo ami.
T<t)M <<<tMXrentrèrent bientôt.
–EnOtt! B!o« sait loud, mttnsteMfGcraM,– dit ta wd~fan au
jeune due en lui montfMnt Olivier. soa maltre maçon nous t'a ren<h) r
Oui, mon commandant, et ça n'est pas sans peine. rcpdt
CetaM, ce d)aMo d'0)iw!cr ne doM!t $'ahsentor que pendant une
qtMMafne. et tt nous manque pendantdeux mois1
C'etatt un chaos sans On que le retendes travaux do ce brava
homme, reprit Olivier; puis le régisseur du château. trou'
vent mon ecritare beMo, mes chiffres bien a!tgae8. m'a propose
qaetques travaux de comptaMM. et, ma M. j'a! accepte. Mais
maintenant. j'y pense, ajouta Olivier en paraissant se rappetef
nu souvenir, sais'tu, Gerold, à qui appar~etH ee magmOttue eha-
teau eaje suis resté pendant deux mois?
–Non.aqnt?
Parbleu à la <nar~t)<M de Carats f
Oae!te marquée de Carabas?
Cette t)er!t!ere si riche. dont M n(n~ as paru atact «M
~att; ? Mwtens~a?
HademeiseMe do BeaMmesnU s'écria CeraM amp~th
Justement. cette superbe terre lui appartient, et eMe rapper~
cent vingt mille livres de rentes.. B parait que cette petite m!Miea*
Mh<e a des propriétés pareilles par douzaines.
Bxeasez du peu t dit te vétéran, j'ot reviens te~oam )& s
4m diable peat-en <aife de tant d'agent?
Ab papt)!M). K'pf!t CaraM, te rappreottemeMt c~
«ron~a, je a'~M revienspast
Qx'y a.tdonc de si <!<can);e à ech<, SeraM ?P
M'eM qn'H 6'agtt pour moi d'un n)ar!t)Ro avec madcoxMht <!a
PC!tU)H8!'))i).
Ah t. marier
monaieMr CeraM, dit )'!mp)en)cn< !c ~t~MO.
t'ea~o de vena vous a donc pris dat)u)a que ~e wm a~a ?..
–TMa)))f)M<tot)on<)tt<e)nQ)sH)te<<ttBeat))MM)t?'ttaMaH()a Mu
moiM na!wenMMtOM~ter.
OeraM, d'ubord ('Mf('r~ do co~ questions, tfcprM, cosuho d'oa mn-
meMt de t'<!f)t)st('n =
C'est juiiM)! vous davet! pador a!nst, mon eam)nan<iaat.
toi au~t, Ot)v!8F. et pam)i toux <:o)x quejo em)Mti), voua <!to~ tes
etxdit. ont. cat~'aMra)i) d)t & mHto notret) qu'& voua! « O't mo pr«'
p"so d'~MMitar la plu. Wche Mf~t~ro ((e ~'fanee, )) tous m'aur;)tant
r<!pe))du sans s'in~uMtordu festo e Ëpeuiit! c'est un aMporbo mit*
ttt)g<}.(M)t)aez<< y
Et, après une nouvelle paaae, Comtd reprit
–Cequee'estquotadrahoro. peuftitBt, com<no c'est rare!
Ma foi. reprit to wt~raa, –je
ne croyais pas, mnnsteur
CcraM, vous avoir dit quelque chose do rare. Olivier pense comme
moi, M'est-co pas, 'non 6<<!0t?
't
Oui, mou encie. Hais qu'as-tu donc, Gerald to voilà tout
pensif.
C'est vrai. voici pourquo, dit le jeune duc, dont tes traits
prirent une expression plus grave que d'habitude, –j'étais venu ce
matin pour vous faire part de mes projets de mariage, au comamn.
dant et & toi, OMer, comme a de bons et sincères amis.
Quaut à ça, vous m'en avez pas de memaum, monsieur Geratd,
dit te.veteratt.
–J'ensuis certato, mon commandant; aussi. je ne sais quoi.
me dit que j'ai doublement bien fait de venir vous eontier mes
projets.
C'est tout shapte, reprit Olivier, ce qui t'intéresse. nous
htteresse.
Voici donc ce qui s'eat passé, dit Ceratd en répondantpar
un geste amical aux paroles de son ami Mer, ma mère, éblouie
par l'immense fortune de Mudemoisciie de Bcaamcsnit, m'a a ptoposé
tjMpwMr. <e«e jeune pafM<me. Wt mara M dit Mt«!at du
t)Mee~ a! Ja veux auivra ses eoMsc!h. mais, pensant t
ma ~xat
v!e da sar~n et a mon h'tMpexttaneo.d'abord j'at rc)~)sd.
farMcH 'Mt te ~!ot« marin, vous a'ovott paa do tjOOt pour
!oMav<age. ~asmM))ona(!ott))tHoni<no~cva~ntpait changer ~MM
t~s<))!ut!on.
AMcn)Ha< mon commandant, rnprtt Cer~M avec t)M car.
tain embarras, moa fefha a ttd<4 ma mère. eMo m'a trahd d'à*
vengte, ~InaensO: puis enCn A M colèro a sacc~ un d eMB~ cha'
grin, qoe, ta voyant <MsoMo do mon refus.

~tt.
Ta as pceet)M ça mariage? dit OM~er.
F<Stio)M)ttGerald,
Et, trema~Mot ox tnanvemeM<a Mrpt!M du t!a))< Maf!n. GemM
~owa t
Mon commanaant, Ma tf~~utton vous ~Mnaot
Oui, moMstcut GwaM.
Pourquoi cela? padcz-mot franchement.
Eh bien 1 monsieur CeraM, st vous vous résignes t ~M< mat!et
contre votM gf4, répondit ta v~Mn d'un ton t ta fois oCrccMeM
et &mM, et cela soutement pour ne pas chaîner votre mère, Je
crois que vous avez tort. car, t&t eN tard, votre femmesoutfftra de
la contrainte que vous vous imposez aujourd'hui et l'on ne doit
passe marier pour rendre une femme malheureuse Est-ce ton av!a,
Olivier?
C'est mon avis, mon oncle.
Hah, mon commandant, voir pleurer ma mÈre, qui met tout
son espoir dans ce mariage? 1
Mats voir pleurer votre femme, monsieur Ceratd?. Au molos
MtM mère a votre tendresse pour se consoler. votre femme, pao*
vre orpheline qu'elle est, qui la consolera?personne. ea bien e!!e
fera comme tant d'autres. elle se consolera avec des amants qut
ne vous vaudront pas, monsieur Geratd. Ils la tourmenteront. lia
raviMront peat'être. autre chancede malheur pour la pauvre ct~*
tare.
Le jeane duc batssa la tête et ne répondit rien.
Vous voyez, monsieur Gemtd,–reprit te commandant, –VOM
nous avez demandé d'être sincères. nous te sommes. parce que
MM was aimons dacaraneat..
n'ot pa$ douté de wotM j~anchtse. Moo eemmMtdam <w!,
jodois vous dire, pour ma dafeoM, qu'en eoasantant& ce mariage
ja n'ot pas aeu<emont céda au désir da ma randfa aux ~M de ma
rn~M. un autre senttment m'a c"!dé. et ce aaMimcnt,Je te cra!a
CJa~n)! TM <e aMv!sai'. OHw!w, qua~o M pMM do MaeMNM!
<~ pattVM ~arcoa qui Ofeva~ tes yeux dos e~eao!! co«p9 <'é-
~a~ea, t~c~a v~raa' <P'e MMa ctfCQMs~Bee Matt étante.
ment ~app<! cet ~typaortto qui eat matn<cna'!t eafM<! dans la e!i'
que des eae~atatns?
!<N!<N6n)e,MOR eom~attdaat.eh bien t!eo met sur tes )ra')ga
(mur <{t)))Mer mattema~eMo de BeaMmesoH.
MacrauM! alerta OMeF. Ah 1 pauvre jeune Me. Mats U
n'a ano))M chance. tt'eM-M paa, CMaht~1
Ma mère dit quo non, mais moi je crains que si, cafta MCf!Mte
pousso MaereuM, et elle p<m8M ferme, haut et <o!a.
Un te! gfed)H r<')Mtf< a'ccfta le vétéran, ce MM!< ta*
d~Ma.
Et eest parce que cela m'a indigna, fcMih! commo vous,
mon commandant, que, déjà <b)ranM par le chagriu da ma mère,
je me sots dectd~i A ce maFtage pow faire pièce à ce m!s~ah!e.
Macreuse.
Ma<B ensuite, monsieur Gerald. dit )e vétéran, vem
avez feBeeM, n'est-ce pas? qa'ua honneM garçon comme vous oa
ee marie pas seulement pour plaire à aa mère et faire pièce & an ti-
Kt. ce rival fat-il un M. Hacrettse.
Comment!mon commandant, dit Gerald surpris, il va~t
mieux tai~er ce mhëraMe épouser mademo!sette de BeaMmesnM.
ou'M ne ooBYoite que pour sois argent?
Pas du tout, reprit le vétéran, faut tâcher d'empê-
ctter une indignité quand on te peut, et, si j'étais & votre p!ace, mon-
sieur GeraM.
Que <erie<-vons, mon commandant?
Quelque chose de bien eimpte. J'irais d'abord trouver M
M. Macreuse, et je lui dirais < Vous êtes un gredin, et, comme te;t
gredins ne doivent pas épouser des héritières pour tes rendre mat*
heureuses comme des pierres. je vous défends et je voas empêche*
n! d'épouser mademoisellede Beaumesnit je ne la connais pas,j~
M pense pas & eBe, mais eib m'ia~resse Berce qu'ette est Mp<~ae
à ttewemt~tre temmo. ur, ti'ost pour moi comme a! elle allait dite
mordu par Ma oMen euMga je vas dane de ce pas la provenir que
w<Ms 6tes pis qu'un chien enrage.
C'est cela, Mon m)c!a < à marvetMa! dit OMv!oT.
BeraM M ttt et~ade Msscr parler ta ~t~îaM. qui eonOnua t
–J)')!ratseaMtta tant boaaemeMt trouver mattBMoheMo <!eBcao-
tnesatt, et~o lui <Mmta a Ma chère demat~Me, H y un M. de Ha'
tMNM qui vaut vous épouser pour votra afgant c'est Mac wate ça'
MiMe je vous ta prouverai quand vous voudret. et cela ou &eQ de
tôt: faites vetra proOt du coMeH; M est ddsimdrcssd.cxrjeM'at
pas, )MQ!,t'<ddoden)omaf!eFavec vous: maiaeutt'e honMOtesgans
an doit sa 8)(!aa<er les gtteujt. e OatMo monsieur UeraM, MpF!t
le commandant, mou moyen est un pea matetot. mais il n'en
oet pas phtst «Muva!s.pEt)!iex.y.
Qno wcHK4H. (}Mi<M? reprit 0!Mcr, h)9 procédés de
mou oncle, quoiqa'MM peu rudes. vont droit au but. MainMnaat,
toi qut connais autant to monde quo moi et mon oncle ta connais-
sons peu. si tu arrivas aux mCmes )r~su)<ata par de<; 'uoyaM moins
tio!e)tts. ceta. vaudra sans doute mieux.
Gerald, de plus en plus frappé du boa sens et de la ~~btse
du vétéran, l'avait attentivement ecMUtë.
blerci, mon coomaudant, lui dit-il en lui tendant la main
après tout, vous et Olivier, vous m'empêcbez de faire une vi-
lenie. d'autant plus dangereuse que je ravats colorée d'assez beaux
sommants rendre ma mère la plus heureuse dos femmes, empêcher
mademotseUede BeaumMMH d'être la victime d'uu Macreuse. tout
cela d'abord m'avait paru superbe je me trompai. je ae teuats
aucun compte de l'avenirde cette ttune uue, que je pouvais rendre
Cres-maMteureuse. peut-être même subissais-je, à mon insu, la <M'
ematton de t'hëritage.
Quant à eeta, Gerald, tu te trompes.
Ma toi, je n'en sais rien, mon pauvre Olivier; aussi, pour être à
t'aM de toute tentation, je reviens à ma première résolution. pas
de mariage. Je ne regrette qu'une chose dans ce changement de
pMjets, –ajouta Geratd avec émotion, c'est le vif chagrin que je
Mb causer à ma mère: heureusement plus tard elle m'approa-
WHt.
EceaM donc. Gerald, Mpnt Olivier qui était Festé un moment
MMM;–H Mfaat paa, MM doute, comme <Ht mf)) endc. M!' Mtt
pour plaire a sam&M. Paartaot. c'est ai bon. une m~e. pavana.
MMO tant la eauMr torsqu'oa la vott triste et p!eHMf aussi pon~o!
na tacherats'm pas de la satisfaire Mas rien saerMar de tes coavta*
tiens d'honnête homme?
Bien, mon garçon. dit le vétéran; mais comment MMt
ExpMque'Mt, Olivier.
Tu a'aa aucun go&t pour te mat!age?
*-Non.
To n'as jamais u mademoiselle de Beat<mesnH?1
Jamais.
Bono tu no poxx paa t'atmer. c'est Mwt 6!mp!e. Mats qut to
dit que, ai tn la voyais, tu n'en deviendrais pas amoureux ? La vie do
)!ar<on? ptatt au-dessus da tout, sait. Mais pOMrqooi mademo!sot)o
de Beann<es!)M ne te donnara!t.oMo pas !o goàt du mariaj.je?
C'est juste, tu aa raison. Olivier, teprit le vétéran. H faut
voir cette demoiselle avant de refuser, monsieur GeraM. et peut*
être, comme dit Olivier, te goût du mariage vous prendra.
Impossible mon commandant, ce goût uo se donne pas, -dit
gaiement Gerald, c'est le sang. L'on natt mari. comme on uatt
borgne on boiteux et prns enMn, autre considaration. la plus grave
de tontes, à laquelle je sonBe maintenant; il s'agit do taphu riche
n<MM~M <t< France.
Eh bien dit Olivier, qu'est-ce que cela fait?
Cela fait beaucoup, reprit Geratd car ennn j'admets que
mademoiselle de Beaumesnil me ptaiso inOniment. J'en deviens
amoureux ton. elle partage cet amour. suit. mais ciie m'apporte
one fortune royale, et moi je n'ai rien, car mes pauvres douze mille
livres de rentes sont une goutte d'eau dans l'océan de millions de
mademoisellede BeaumesnM. Eh bien que pensez-vous de cela, mon
commandant? Cela n'est-M pas dégradantd'épouser une femme qui
~sasdonne tout. & vous qui n'avez rien. et alors, s! vrai que soit
%stte amour, n'avez-vous pas l'air de vous marier par cupidité ? Te-
saz, savez-vous ce que t'en dirait a MadcmoiseMe de Beaumeanit a
~Mtn être duchesse, Geratd de Senneterre n'avait pas le son. il a
vendu son titre et son nom. avec sa personne par-dessus le marché.p
A ces t'arote?, fonde regarda son neveu d'un air embarrasse.

T. 13
XXVt

Ct)t)'Mreprit en souriant 1
J'eu ëtab sar, mon commandant, M y a dans celte enoqnante
tn~atite do fortune quelque chose de ~i Massant pour t'orgueit d'Mtt
honnête homme, que voua en êtes trappe comme mot; MtMst-
lence me le prouve.
Le fait est, -reprit ta v~terxn aptes un momunt do sMcnM,
ta Mt est quo je ne sais pas pourquoi )a chose mo parattratt toute
8!m)t!o, si e'<!tu!t rhommo qu! apporta la foMuao. et que t& femme
M\'0t rien.
Puis !tt viuux mar!o ujonta en souriant avec bonhomie
C'ost peut-dire une Htaiserio que jo dis là, monsieur GaMH.
Au extraite, votre poos~o est dlcléo par la plus noble délica.
te9S8, M<oa commandaut,–repritCoruld –ON couçolt qu'unejattae
Me sans fortuno, Mtitis charmante, remp)!edocrAcos,doqualilds.
épouse un homme immens~meat richo. tow deux sont &ympatM-
ques mais qu'mt homme qui n'a rien épouse une femme qui a tout.
Ah mun OM<;te. et toi Gcratd. reprit Oiiyicf en inter-
rompant son ami, qu'il av:<it attentivcmeut ~cuntë, vom a'etea
pas te moins du monde dans la question.
Comment cela ?
Veuit admettez, et j'admets commevous, qu'une jeune fitiepau-
WM soit. et reste très-sympathique, quo!qu'ei)oépouse un homme
immensément tiche mais cette sympathie. elle ne l'acquiert qa'a
la eondition d'aimer sincèrement l'homme qu'elle épouse.
Parbleu dit Cerald, si eUe cède a un sentiment de cupi.
dite. cela devient un calcul ignoMe.
Tout ce qu'it y a de plus honteux, ajoutale vieux marin.
Eh bien! 1 alors, reprit Olivier, pourquoi un homme paa
we. puisque, en e(!ët, Gerald, tu es pauvre. auprès de mademoi-
selle de BeaumesnH, pourquoi, dis-je, serais-tu MàmaMe en épousant
cette jeune Olle, si tu l'aimais sincèrement, malgré ses millions, si ta
l'aimais enCa comme si elle était sans nom et sans fortune?
C'est juste, monsieur Gera!d, reprit le commandat.t, dè9
qa'ea <hM en hoaï)«e homme, et qua t'aa a ht e<msc!eaee d'aimer,
non t'argent, mata la famme, on est tranqnute que peut-on avoir
à sa reprocher? Eatm, me), te voos eonsaitte de voir d'abordmatte-
moisoitedo t<f':«'ma!<))it: vtMts vous d~ctdarexaprëa.
Kn «tT~t. rppr)t <!eraM, c'c~t, je crois, !o meilleur part!
& pMMdte M <?!?)!)< Mot. Ah par<)icM, qt'ej'at hteMMt da venir
causer du mes projeta avec VCM, mou cotomanttaat.et avec toi,
OMwiep!
-<- Ah ç~ voyons, mo.istetX' Gerald, vfahneat, est-ce que. ttaM vo-
tra grand et beau Htondo, II n'y a pas une fouta do pmaonnos qui
vous aufittHut dit ce qua moi et Olivier vcttons do vous aifo!1
t).'nstte gfand mottde? reprhScraM en hao~ant tea~antM.
Puh H ajouta
Et c'Mt d'aiMoaM ht même chose dotts la ~o~)r~!eo~e. at M
B'eM ptacnpoM partoatCMUnoaaecotmatt qu'une chose. t'argent.
Eh! comment diable Olivier et moi audous.uomâne gtace d'É.
M, monsieur Gerald, et seriuaMtous axtremeat que tout to monde!
Peurqxet? -dit CemM avec ëmoUoa, p.~ea que vous, mea
t<tm«M))tdant. pendant quarante an!<. vous avez vécu do votte vie
de nc'rin. vie n)do et pauvre. përUh'use. dd&in~rassco;parce que,
dans cette vie ta, vous avez pris la forte habiu'uo do la rJsiguatioa
et du cotttcttteHteutde peu; parce que, ignorant toutes les lâches com.
ptatMnees du monde, vous regardez cotnme aussi m)serabte.ua
homme qui se marie pour de t'afgeut qu'un homme qui vole au jeu
eu qui rebute au feu; est-ce vrai, mon conunaudaut?
Pardiew! moMsteur Cerald, c'est tout simple. cela.
Oui, tout simple. pour vous, pour Olivier, car H a vécu comme
mol, plus tougtemps que moi, de cette vie de soMat. qui enseigne
le renoncement et la fraternité. n'est-ce pas, Olivier ?
Brave et bou <:eratd, dit le jeune homme aussi ému que SM
ami, mais, avoue-le. ta conerositë naturelle. la vie de soMsï
ra peut-être développée davantage. mais eMe ne te t'a pas donnée.
Toi iteut peut-être. sur taut de jeunes gens de ton rang, tu étais ea*
pable de croire faire une sorte de tacheté en envoyant un pauvre
diable à la guerre se faire tuer à ta place toi seul aussi, parmi tant
d'autres, tu éprouves des scrupules au sujet d'un mariage que tecB
voudraient contracter A n'importe quel prix
Ne vas-ta pas maintenant me faire des compliments ? –1~<
pnndH CcraM en souriant. Anons, e'e~t convenu, je verrai made-
mnheMe de BeanmesnM. tes circonstances feront le reste. ma M*
gna est tracée. je n'en dévierai pas. je vous le jure.
Bravo, mon cher Goratd, reprit gaiement Olivier, Je te vois
marié. amoureux et heureux en ménage c'est un bonheur qui en
vaut bien un autre va Et mol qui, ne sachant rien de tes projets,
avais hier, en arrivant, demandé à madame HerbaMt !a permtsstco de
ht présenter un digne garçon, un ancien camarade do resiment, el
madame Herbant t'avait accepte. à ma toute-puissante recommaa.
dation.
Comment elle m'avait accepté, dit Gera!d en riant, est-ce
que tu tHO regiodesddjà comnte mot et enterre. tn peux Mon dire
qu'eMe m'a accepte, et je te réponds que J'userai de l'acceptation.
Comment. tn veux!
Certainement.
Mais tes projets de mariaee?R
Raison do plus
Exptique to!.
C'est bien simpte p)ns j'anra! de raison d'aimer la vie de gar-
toa, pills il faudra que j'aime m:)domoise))e de BcMumdsnit pour re*
noncer à mes phosirs, et moins je me tromperai sur le sentiment
qu'elle m'inspirera! ainsi, c'est convenu, tu me présentes chez ma-
dame Merbaut, et, pour me rendre encore ptus fort. toujours con.
tre la tentation, je deviens amoureux d'une des rivales, ou même
d'une des satellites de cette fameuse dMC&cMe dont le nom est pour
moi un épouvantai). et dontje te soupçonne fort. d'être épris.
Allons, Geratd. tu es fou.
Voyons, sois franc, me crois-tu capable d'aller sur tes brisées?
Mmme s'il n'y avait que la duchesse an monde Souviens-toi donc de
cette jolie petite femme d'un gros emptoyé des vivres. Tu n'as eu
qu'un mot à dire, je t'ai laissé le champ libre. et, pendant que le
mari allaitvisiter son parc de bêtes à cornes. 1
Comment, encore une autre! s'écria le commandant en t'a
dressant à Geraid, mais c'est donc un enragé que mon neveu?R
–Ah mon commandant si vous saviez quelles razzias de c<B<m
B faisait en Algérie, le scétérat! La charmante tribu de madame
Herbaut n'a qu'à joliment se tenir sur ses gardes, aUez! si eUe ne
veut pas être rav:'gëe par Oliv ier.
–Mots, douMefon que tues, jen'ai aucun maMvahdessetnsnr cette
charmante tribu, comme tu dis. -reprit gaiement Olivier; mais
ttédeusement ta vewK qua je ta présente & m~mo Uernaut!y
Oui, certes, répondit SeraM.
Et s'adressant au vieux marin
–!t Me faut pas à cause do cela, mon commanditnt, me prendra
pour un écervelé. J'ai accepté vos conseils d'amt, à propos d'un
mariage. d!raz*vons:etjetern)tno l'entretien en priant Olivier de
me présenter chez madame Barbant. Eh Mea si étraugo que cela
vous do~e paraltre, mon commandant, jo dirai, non plus en plaisan.
tant, mais sérieusement cette fois, que moins je chansera! mes haM-
tudes, plus M faudra pour les abat~onner, que mun amour pour
mademohotto de BpuumesnM soit sincère.
Ha fol, mousioMrGeratdt reprlt te vétéran, J'avoue qu'au
premierabord vos raisons semNeut bizarres: mais, en y roOcchis-
sant, je tes trouve justes. Il y aurait peut-être une sorte de pre'uedi-
tathrn hypocrite à rompre d'avance avec uno vie qui vous pMt de-
puis si longtemps.
Mainteuant, Olivier, viens me présenter à la tribu de madame
Herbaut, dit gaiement Gerald. Adieu, mon commandant, je vous
reviendrai bientôt et souvent. Que voulez-vous? ce n'est pas l'out
rien que vous êtes mon MM/<'MeMf.
Et vous voyez que je ne suis pas un gaillard commode pour
l'absolution et pour les arrangementsde conscience, reprit gaie.
ment le viem maria. A bientôt donc, monsieur Cerald, vous me
tiendrez au courant des choses de votre mariage, n'est-ce pas?
C'est maintenant un droit pour moi. de vous en parler, et je
n'y manquerai pas, mon commandant. Ah! mais j'y pense, dit
Gerald, –j'ai à vous rendre compte d'une commission dont vous
m'avez chargé, monsieur Bernard. Tu permets, Olivier? i
Commentdonc? dit le jeune soldat en se retirant.
Bonne nouvelle mon commandant, dit tout bas GeraM,
grâce à mes démarches, et surtout à ta recommandation du marquis
de Maillefort, la nomination d'Olivier comme sous-lieutenant est
presque assurée.
Ab! monsieur Ceratd, serait-il possible?'1
Nous avons le plus grand espoir, car on a su ~a'on devait faire
M. de NaMtetortdespropositions pour être ddputé, ce qui a doubM
son tnfmence.
Moasteur QeMM, dh te vétéran tres'éma, commentjamais
reeennxttre.
Je mesawe, mon commandant, répondit CeraM pour ao tous-
«'atre aux remorctments du vieillard. –je coaraMjeindfeOtivier
un plus long entretien dveillorait ses soupçons.
Ah 1 tu aa des secrets avec mon oncle, toi 1 dit gaiement OU-
~er & soa ami.
Je crois bien je suis, tu le mis, un homme tout mystère. M,
avant de nous rendre chez madame Nerbaut, M<am que je te de-
manda un service (res-myMedcox.
Voyons.
Tôt, qui connais le quartier et tea environs, ae pourrais-tupas
<n'!ndiqt)cr un petit logement dans une ruo tros-retirëo, mais ea de-
dans de la barrière ?
Commentt dit Olivier en riant, tu vem abandonner le
faubourg Saint-Germainet devenir Bo<i~no!t<tM C'est charmant.
–Écoute-moi donc. ta conçois quo, demeurant d)ez ma mÈte,
je ne pont pas recevoir de femmes chez moi.
Ah 1 très bien
-J'avais un mystérieux pied-d-tetre.
J'aime ce m<M, H est décent.
-Laisse-moi donc parier. J'avais un petit pied-à-terre tres-ceave-
nabie. mais la maison a changé de propriëta)re, et le nouveau est
si féroceà l'endroit des moeurs, qu'il m'a donné congé, et mon terme
tait après-demain voilà donc mes amours sur le p:<vé, ou réduits à
s'abriter derrière tes stores des citadines, à affronter le sourire nar*
quois des cochers. c'est désolant.
Au contraire, cela se trouve à merveille; tu vas te marier, on
t'a donné congé. donne à ton tour congé à tes amours.
Olivier, tu sais mes principes, ton oncte les approuve je ne
veux à l'avance rien changer aux habitudes de ma vie de garçon, et,
mon mariage ne se faisait pas, malheureux! songe que je me troa-
veraissanspfcd-d-tetTeet sansamours.Non. non. Je suisbeaucoup
trop prévoyant, trop rangé, pour donner dans ces désordres et ae
pas conserver. une poire pour la soif.
JMM pMM' la <e<f est très-!oH allons, tu es un homme de p)ee-
<aaH<ma.Bh Nea! M~, on aMaat etwnaat, je~pMmetadeM-
garder tes ecrheaux.
Deux petites piècesavec une entrée, c'est tout ce qa'H me tant.
ca sens bleu que je vais m'en occuper de mon cote tout à i'haura,
ea sortant de chez madame Heybaut, le vais naner dans les ea~'
tous, car ça presse. c'est aptès-ttemaia te terme &<a). c'est par
tfraco qae )'a! obtenu quelques jours de rJpK. Dte dene, Olivier, <'
je d~cnawe par ici ce qu'il me faut.
Ça fait que, dam h même quartier,
Je t~eaverai i'Mnear et t'm'itMt.
Cette protonde ret)e<toa ressemble beaucoup à une devise de mhi.
MMa. onata c'est égal. la vëdte n'a pas besoin d'ornements. Su
ce. en avant chez madame Berbaot
Ah ~a tu y t!ea9 dec!demeat. rëadcMs bien.
OMwier, tu es Insupportable.je me présente tout seul a! ta ne
m'accompagnes pas.
Allons, le sort en est jeté, il est convenu que tu es M. Gerald
ÏaMeterre, aa ancien camarade de régiment.
Senneterre. non, ça serait Imprudent, j'atme mieux CeraM
~tM<Wt«!y, car je suis aussi orne dn marquisat d'j<MMnMy.tel que
? me vois, mon pauvre Olivier.
Bien. tu es M. CeraM Auvernay, c'est entenda. Aht d!xb!e!
Qa'as-tu donc?
Qa'est-ce que tu TM être & cette hearei
Comment ce que je vais être! t
Oui, ton état?
Mon e'at? Mais eeMbatatK jasqa't nouvel ordre.
Je ne peux pas te présenter chez madame Herbant comme un
tome homme qui vit des rentes qu'il a amassées. an régiment.
Madame Berbant ne reçoit pas de nânemrs; m éveilleras ses seupcmM,
Mr la digne femme se défie en diable des gens qui n'ont rien à fatre
a.
qu'à courtiser tes jolies filles, vu qu'elle en
bien! qn'est-ce
de jolies filles.
–C'est très-amusant. Eh que tu veux que je
Mis?.
Dame < je ne sais pas trop, moi 1
Voyons, dit GeraM en riant, tenx-tn. venx-M. pha)P'
mac!en?
Va pour pharmacien, allons, viens.
Pas du Mot. Je ptaisaato. et acceptes cela tout de suite, totl
Pharmaden. quet dangereux ami ta es.
6eMM, je t'assure qu'l y a de petits pharmaciens tres-gentits.
baisse-moi donc tranquille. c'est toujours de la tMrntOe des
apothicaires. je n'oserais regarder eu face aucune des jolies <!M<B
qui viennent chez madame Herbaat.
Eh Mea fao que m es. eheMheM tMre chose etero de
B0ta!re! Be!a? cela te w-t.
A la bonne heure! ma mère a un Interminable procès. je vais
quelquefois voir pour elle son notatra et son awad. J'dtMdierat ta
clerc sur nat«re. je me serat enr&M dans tu régiment de la basoche
en sortant des chasseurs d'Afrique. ta va tout setu ).
Miens, c'est dit. sot&'meL..ja <ais te pr~Mntor comme GeraM
Auvemay, clerc de aotaire.
Premier dere de notaire d!t Gerald avec emphase.
–AmMt!cax,va!
Gerald, présenté chez madame Berhaut, fut, grâce à Olivier, ae*
cueilli par elle avec la plus aimable cordiatitë.
Dans t'apre~-m~ de ce même jour, te terrible M. BoaMard vint
chercher l'argent dont lui était redevable te commandant Bernard
pour te terme échu; madame Barhancoa le paya, résistant à grand'
peine au maMn plaisir de WMoterquelque peu les ongles de ce féroce
propriétaire, ainsi qu'elle te disait ingénument.
Malheureusement, l'argent que venait de recevoir M. Boanard,
loin de le rendre moins âpre à ses recouvrements, lui donna une
nouvelle énergie, et, persuade que, sans ses grossières et opiniâtres
poursuites, M n'eût pas été payé de madame Barbauçon, it~e dirigea
en h&te vers la rue de Monceau,oa demeurait Herminie, bien résolu
de redoubler de dureté envers la pauvrejeuue tittc, aNa de la mMefr
& ~ayer le terme qu'clle lui devait.
xxvn

BermMo demeurait rue do Monceau, dans t'une des nnmbMasca


matsetts dont M. Moaffard étah proprietatre. occupant, au tee-de.
chauseee, une chambre précédée d'une petite entrée, qui donaatt
Mus la vante do la porte eochero! tes deux tenotres s'ouvra<entsur
ta joli jardin, entouré d'un catd d'une baie vive, do l'autre d'uno pa'
H~ade treMag~e, qui lu ~paraU. d'uMO ruollo vot~ao.
La jouissance de ce Jardin d)!pemMtd'un asseK grand appartement
du fet-de-chauss~e, alors inoccupé, ainsi qu'oa autre logement du
troisième étage, non wa<e«M qui augmentaient encore la tnaavaho
homeur do M. Buuffard à t'eMdrott des locataires arriérés.
M!en de plus simple et de meilleur goût que la chambre de la
duc~MM.
0"o toile de Perse, d'un prix modique mats d'oa dcssin et d'une
Meneur charmants, tapissait tes murailles et le p~fond do cette
pièce assez élevée; pendant te jour, d'amples draperies do même
dtefte cachaient l'alcôvo, ainsi que deux portes vitrées y attenant
l'one était colle d'un cabinet de toilette; l'autre s'ouvrait sur l'ontrée,
espèce d'antichambre de six pieds carrés.
Les rideaux de Perse, doublés de guingan rose, voiiaient à don!
tes fenêtres, garnies da petits rideaux de mousseline relevés par des
nœuds de rubans; un tapis fond blanc semé de grès bouquets de
Meurs (ça avait été la plus grosse dépense de l'ameublement) cou*
watt le plancher; la housse de cheminée, merveilleusement brodée
par Berm!nie, était Mea clair, avec un semis de roses et de pâque.
rettes: deux petits Bambeanxd'un goût exquis. moulés sur des mo-
detes de Pompéi, accompagnaient une pendule faite d'un Mcte de
marbre blanc surmonté de la statuette de Jeanne d'Are.
Enfin, à chaque bout de la tablette de cheminée, deux vases de
grès verni (précieuse invention), du galbe étrusque le plus pur, con-
tenaient de gros bouquets de roses récemment achetées, qui répan-
daient dans cette chambre leur senteur suave et fralche.
Cette modeste garniture de cheminée en grès et en fonte de ziae,
tLsa «RpT tMaM ~MtTAta.
tons~qMcmmeat do MwHa ~taur ma~fMte, <~a!t, M plu!), eaM
etnqxante a)) sohante h'am's: mais, au point do vue doi'artMdn
geat, elle était irr~pMchabte.
En faco do ta ohetMMa. on voyait ta p~aoo a'Mcfmtme, acn ~M*
p«<n: cotM tc<t deux ft))tOtMa, uno taMf & fu!<t)t)t~ «tMe: M)t<'
tn<mt<!e (t'un vieux dMssotf o« ofyer. servait da t'ih))<tth()q))0! la <tM-
<'he<!< y a<fh tttaed qM8!~OM autews du prédilection ot loa livres
qn'ette avait reçus ln pf~ & «« punston.
at t&, 6t~pen)h)ea to long de la tap)Mer)a par dM c&Nea de eo*
<an, on voyait danit do ahnpto:) cattfCit de sapt)) vorot, OMsat brtttaat
quo ta eitMontof, quelqucs (;M~Ma du tHoUtautchoix, panxt tea*
quelles an fantarqxatt ~f<g<Mnf~r<!«a))< la ptttrft ot Mignon <H~<'
rant aM ciel, d'aprt< SchefTer. p!ac<!s en pcodant do chaque e&to do
ta Ffan~atM do FM<nit<<, du moma et Htu"~ pa!ntro.
EnOn, aM)t deu)t anglos de la chambre,de petites ~tag&rcs do bols
noir 8upporialont ptusteuM atatt'ettca de ptatre, f~duit<M d'aprOa ce
<p)o l'art 6MO a ta)~ du ptus Idéal; une ancienne commodo en ho!*
de roso, acheté pour peo do chose chez «x broeantour dea Bat!-
(;neMet:de)))tJo!!cB chutes do tapisserie, ouvrage d'ftonxMe, ainsi
qu'un tautauM reeouweM de satin gros vert, dont ta broderie de sole,
nuanoée des plus vives couleurs, fepr<SsenMit des HeuM et des
oiseaux, compMta)ent l'ameublement do cette chambre.
A force d'intelligence, d'ordre et de travail, nermmte, go!dee par
t
an goût exquis, était parvenue & se créer peu do frats cet entua-
rage eMgattt et choisi.
S'aBissah-H do soins eu de détails qui eussent répugne à cette or-
~eiMeuse dueA<tM~ a'agtssait.M de ta cuisine, par exemple Net*
minie avait échappe a cet embarras, en s'adressant A la portière de
Ba maison, qui, pour uu modique abonnement, lut servait chaque
jour une tasse de tatt te niatin, et te soir un excellent potage, ac.
compagne d'un plat de légumes et de quelques fruits, nourriture fru-
gale qui devenait des plus appétissantes lorsqu'elle était rehaussée de
toute ta coquette propreté du petit couvert d'ttermtnie; car, si la
dMe~MM ne possédait que deux tasses et six assiettes, elles étaient
d'une porcelaine choisie, et torique, sur sa t.'Me roude, recouverte
~une servietteeMouissanto, ta duch~M avait placé sa carafe et son
verre de On cristal, ses deux uniques couverts d'argent Menbrinants
M MB Msiette de porcelaine à fond blanc semé de ueurs bleues et
Mses, ha rnett ht p!a< <~n!M eemMttea~ Mena-aousdit, des ptM
epp<<t~M')M.
Ntds, M!ast et eu ~MNft chagrin d't!crn)!n!o, ses deux couv~rM
d'Mr({<'))t et en MastM, M«!t t~jpta d0 ht)m mxtdrt~ qu'fOn oit Ja-
mais pmsMd~, t!ta!ou< atOM w ~a~c au <xu))H)t)-p)att!. ff) «)tf i~oh
dtd <t)))i(;<!o de les MM ou~tM )j'))F ta ponioto <!t) la tXH~mt: la Jcono
Otto M'Mwh pas eu d'antM moyen da xubven)? aux frais jumnf)ti''r~
do M fnotadte. et do t)o ~foforcr oxe fi'tbto tonx'M tt't«'H<t. <
t!))o v)Mtt. eu atton<)ant )e M<a)fa do ptu~aura tt~'una q))'t'))<* xvait
t
)ro<:om))tt:)(e<S donner, eMutte d'une tt!tcnru~t)nnfoMdo do ~ffs do
deux nw!i'.
Ce faMt orrtdt~ eaaaatt la (;<ino externe <n()FfHit)!e ot t'!<npo)!<))bt-
Ilid <!& elle sa voyait do payer eout qua)t<)-w!t~t9ffaxca qu'atto devait
xu torftMo AI. Buuffafd.
Cent q)tatfa.<)t)H<s ttanca!
la pauvre enfant possMaXenviron qttfnta franci, avec tf)m)))0<9
<t M fallait vivre presque tout te mois.
Aia)i) qu'en ta pcnM, te aeuH de la potte d t!er<)))))ie dtait vtcrce
des pas d Ma homme.
La dMchMK. MbM et mattreMedoecn ehoh, n'avatt jamais aimo.
quoiqu'elle edt taspM pMouM passions, Mos to vouloir et n~nte à
regret, trop orgueilleuse pour e'abatsserJusqu'à la <;oqucMer)e, trop
~éMuse pour se jouer des tourmentsd'un amour mathcureux.
Aucun des soupirants n'avait donc plu à ttoDntttie, malgré la
toyauto de leurs offres matrimoniales, appuyées chez plusieurs sur
me certaine alsauce, car quelques-uns appartenaientau coMmerce,
Undis que d'autres étaient artistes comme la jeune 0))e, ou bien eu-
tore commis de magasin, teneurs de livres, etc., etc.
La ducAfMe devait apporter dans le choit de sou amant ce goût
épuré, ce tact délicat qui la caracterhateut, mais M est tmttttede dire
([a'foOme ou élevée, la condition de t'homme qu'elle ont ahno n'au-
nit en rien tnnuence t'antourde la jeune fille.
Elle savait par elle-même(et elle s'en glorifiait) tout ce que l'ou
trouve parfois d'e)ëvationet de dtsttuction natives parmi les portions
tMiates les plus modestes et toa plus précaires aussi ce'qui l'avait
t'aq))'ators choquée dans ses prétendants,c'était de ces Imperfections
puériles, dira-t-on, inappréciables même pour tftute autre que ta <t«'
<~HM. mais. pour eUe, !nviBcibtement ant'pathiquc~ <'h<*z les um.
<a avatt été une <Mp brwyanta et trop ~fMsa javhtitd: chet les
autf< d<< mantarea MbMS OH VM~aiMa; chax eehd-ct Ma (!mbM du
voix brotxt: eha<! cctuHaMMOh'un)ure t!dic«t«.
Ouetqoaa-Mn~deces <r<'pOM<A' po~~daiont n~!a)Mt«)!ns d'oxe~btUos
q«:<)Ma<!<tc<aw CM d'~pîit; Honohtia avait été ta pMnXbtf M. te
co)mt)Mr<ue<)tt<ot)oh ot!t)t<)& ~am' ka tnoXteuM et )o~ph)sn)<CHM
(torons du monde, c))a toof accordait ffaxchumem aon c~itMO, ftt)
hu~!a m~ne MtH aa)ht6. <MH)a son atnow. non.
Et «i )t'd<a!t pas par <M.)it), par folle ao<h!t(oH do emuF, ~u'Mef.
mt~to tc!< Mh)Mt<, t)ta):' f.itMptcnMnt, atast qM\'t)tt tu dkutt et)o-n«!')M
<!)? ))t~espt!t'<i, o t'HMo (tu'etto on M~seotait Mttoot MttMtur fuur
fax, et t~' e)te était <Mftt)dM a rcMer (Uto («ma sa ~tt ptut~t <~ do M
ntarter (max dpfouver un vif et ~rofuntt uHtUUf. M
Et ce}n')ttt:)ttt, ex f:))st))t tnCmo do son cr~tteiOexae 6t <td))<!Mto
MtiiMpttMtM. M<!rm<H!e Ue~ah KoutMr phM qw) perftmmo do!) tncott'
v<!t)io))M, parfois si ptittiMeactprcsquo Inévitables, tuMMHta à ta po*
ettiott d'OttejeMMo <!))e oMigdo do vivre Hoato. et fere<S)neut cxfosds
& MuMs tce thauceit tioatoure~M que ~cuvem atHunur le matx~ta de
<favai) OH )« tMtadie.
Beput!) quclquo toop~, hélas la due~MM expérimentait crueHe'
meut los <!<t0!i<!tt)t0)te<!s<ta son tMiemottet du sa ()auvt'et<S.
L'ergueM et ta caraet&ro d'Ue)rmtt)!e pos<S!t (orgueil qui avait poussé
la jcutto <i0e à rapporter NÈrotneut. malgré sa pressante mis&M. te!
cioq cents fraMca que lui avait alloués la succession de madame de
Ucaumesnit), t'MU contprcndra avec queMe confusion mcMo d'cfTfot ta
pauvre enfan) attendait te retour do M. Bouffard. car. ainsi qu'il Fa'
vait dit & madame Barbauçon, M devait faire dans t'après-dhtef uue
dernière et décisive tournéechez ses locataires eu retard.
BermMecherchait les moyens de désintéressercet homme inso-
lent et brutal, mats, ayant déjà donné ea nantissement ses deux cou-
verts d'argent et sa montre d'or, elle ne possédait ptus rien qui pat
ttre mis en gage oa ne lui eût par prête vingt fraucs sur sa modeste
garniture de cheminée, de si bon goût qu'elle fat: et ses gravores,
atasi que ses statuettes de ptatre, n'avaient pas la moindre valeur
~Bato; enfin, te linge qu'eMe possédait lui cat procu~ nn prêt bien
Miaime.
En face ae cette désolante position, Bertninie, accablée, versait
~M pt<M<t amats. tMtaMaat & ch~Mt taMaa~ A'eM~OM ft~pMoMu
caHp <<a sonnette da M. Hou~M~.
NoMeeoMtf, ~n~Mosa naMro! An miMen daetsen~teapef'
plexitds, Harmtnto ne snn~ea pas on tnMMt a, sa dira q~'cHo Mtatt
aa~oavett Qne part impa~epttNe do t'<ixnT)noanper<!ndo sa MBar.
dont elle avait vtstt~ la w)H8 tcit aomptMMu appartcHtcnta.
St la <tMcAMM vint A t.<t))~r & M otaxr. ce fut pour ehcrehef dans
i'c~pt!fance de la voir oo jour que!que (t)at)'ac<!on & M)) chagfiH
~rJiiont.
t!t. de ce chagrin. ncrmtoto o'accuMtt qo'pXo-mCme jetant des
totx ptotni) do taFXM~ for ~n ~fp)eMt) potho ehntnbra, tu jcoM MMo
<e fopraphatt ~Meix'enteot snx Mtes <)tSpt'n!'t"<.
Elle nor-tti <M, pnnsatt-oMo, dp:tf(ft)cr pnnr l'avenir et t~ caa
tmp~MS, teb qat la ntMhttiiu ou te chtonn~ do <e~n' elle aorah
a "o r<Msnerà pr~ro on logement au <tuat)'J!)ma <!tagc, portM à
ar<a avec <te!t tRe~nwMt à habiter, à peine s~par~e d'eux par une
ctace ctotsoM, qnct<p<e ehambM tfbte et Mno, au car<~aM <~oit!. aux
auMMtcaserdtdes: tHe awattdû MO pas sa ta~er s~h:i<rc pafh
Xanta vue d'ttM joli jardin, et par t'tsotemcat du Mt-de-eh~H~e
f)*c)te avait pr<'Mf~; elle aurait du garder son argont, au lieu de
~mpteyor à rachat da ces objets d'art et de go&t. sou) charme,
M)s compagnons de M) sottttoto, qui fai~aieHt de ~a chambre Mu dé.
tticxx réduit, <!& eMe avait )oagtc<np9vécu hettf'xse, €<m(!aate dans
ta jeunesse et d:)Ms sou travail.
Qui lui e<!t dit, A elle si orgueilleuse, <to*M !'d <andrait subir les
po~MS mats légitimes réclamations d'un hoomte A qnt elle devait
h t'argent. qu'eMeae paarfaM pas payer?..
Bta!t-ca assez de hoote?
Mais ces reproches, à la fois ~t&resetjaste' & pr<~0!! du paes~,
ttchangeatent ea rien te présent.
Berm!o!e se dêsota!t, assise dans son tantcu! tes ycus gonflés
<: larmes; taatèt eMe cédait & an morne m~aMement, tant&t eMe

tNMMhit an moindre bm!t. songeant à t'arr!vee probaMe de


UtouHatd.
Eatioces poignantes as~sses eurent an terme.
Ça violent coup de sonnette
se fit entendre.
-C'est lui. c'est le pr~ëta)re! manaura ta pauvre c?~
tuM) en Ma~MMt da toa~ Ma taembtea. J< sait perdue.
ajoMta't-eHe.
Et eMa reMatt tmmoMtf da eratnte.
Ma MeoMt coup do Mnaette, fh'A tttMtat OK66M ~ae pram~ay,
<%tMda la porto de la petite entrdo qui eanduiMH i!t ta ehxmbte.
Beuntato esMtyo ses ycttx, faMomMa aoa cattta~a, et, pMe, trom.
Naate, elle a)ta ouvrir.
EMo no Mtah pas trompa.
C'~tah H. Buutfartt.
Ce gtottam Mpfdaentaat da paya t~at, ayant d~pouHte' '"aatfefme
du et'Mat citoyen, apparut t)OUfgeohcmeM< vêtu <aa ~Mot-RM) do
couleur crise.
Eh bien <<!t~ ta jeune <H!o en M5«n< sur ta eeatt d{; )< porte
<j~*eBahA a~mme~tM <ru)tQH)&!a ttia!ttMM~Mea! mon
ateent?
Moas!e<!r.
Voutenotx me payer, oat eu coa? e~Mh M. Bo~an! d'une
woh et haute qu'H fut entendu par dea& peK~mM.
L'uao était alors MMt ta patte eoeh~c.
L'aMMe mentaU au pMmtet étage pNf t'eM~tM. ~eM matehM
taM)f!enfe9 abouttsaatent axp)~ do t'MH~e du tegcMoai d'Qettatate.
–Pouf la dernière fois, voulez-vousme payer, oui on noa? –1<'
p<SM M. BouRard d'une voix encore plus ëctataMte.
MmMtcur. de sf~co dit Uermhtte avec Ma accent suppliant,
ne pat!c< pas si haut. Je voua jure que si je ne puis vous payer.
ce n'est pas ma faute.
Je mis dans ma maison, et je parle comme}e veax. Tant mlool
t'en m'entead. ça servira d~ leçon pour tes autres tocatairM
qat s'avtsemientd'etM en retard comme vous.
Monsieur. je vous en conjure. entrez chez moi. dit BM-
mtnte accabtee de honte et en joignant les mains, je vais vom e*'
ptittuer.
Eh bien voyons, qaoi? qn'aMez voas m'expliquer? rëpmt*
dit M. Boudard ett suivant la jeune fille dans sa chambre, dont M
Mssa la porte ouverte.
Lorsque des hommes aussi grossiers que M. Bouffard se trou*
vent dans une position pareiite avec une belle jeune B!te, de deux
eboses l'une ou Us ont t'a')J:tco de proposer quelque transaction in-
ftme, eaNea, la jeunesse et la beauté, Mo de les <p!M~)r, leur ln.
spirent nu redoublementd'insotcnee et de dureté: on dirait qM*ib vea-
!<*))< 90 wnper do ces ei)armes qu1!s a'«sent convoiter. Atad «ait'M
de M. Btuttïaui M <'tï(M toxroaM& «M auimui'tt~brntate.
Su entrant dans la chambre d'Merm)aie,l'impitoyable pteptMtatM
reprit1
M n'y paa d'o)tp!)ca<!on tMedana. faMttM est bien 6ta)p!a
encora mto fois, voutex~MM me payer, ont ou non?
Pour to nonnetX, cc)a m'eat malheureusement Impossible, mon-
aieur, dit Nenninie en essuyant ses tat'Mes; mats, vont vou-
tet avoir la bomd d'aueodro.
–Toujoumti) m6fno thanMn. td'aotrM' –MpthM. Boxfhrd
ea haussant tes ~pau)es.
Pa!«, rc)!atd'))tt autour de lui d'oa air eardcniqoe. M ajouta
C'est bien ça. l'on s'intportc peu de Me pas payer sou terme,
tt t'en se Nauque des tapis superbes, des tontures d etoMes et des
rideau!! a fa)ba)ns. Si ta ao fait pas suer! Me), qui ai sept mal.
sous sur le pave de t'aris, je n'ai pas seulement de tapis dans mon sa-
lou, et ie bonduir de madame !)<t))f<ani est tendu en simpio papier à
ramages mais, quand je vous to dis, ou se duano des genres. de
pWnMMc, et t «u n a pas te sou.
iterminie, pnusseo à hMtt. releva orguciMcu'icmcnt la tête d'un re-
)!.)rd digne et ferme, elle tit baisser tes yeux a M. Buntfard. et lui dit
Ce phno a une valeur au moins quatre fois égaie & ce que je
vous dois, monsieur. Envoyet-teprendrequandvoustevoudrez.
C'est la seule chose de prix que je possède. disposez-en. faites te
vendre.
Allons donc est-ce que je sais marchand de pianos, moi?.
Est-ce que je sais ce que j'on retirerai de votre instrument? en-
core des tracas, pas de ça vous devez me payer mon terme en
argent et non en pianos.
Mais, mon Dieu monsieur, je a'ai pas d'argent. je vous offre
de vendre mon piano, quoiqu'il me serve à gagner ma vie. que
pais-jo faire de plus?
Je ne donue pas tà-dedans. vous avez de t'argent..je le sais.
Mus avez des couverts et une montre chez me tante. c'est ma por-
Cere qui a été tes engager. Ah! ah on
ne me dindonne pas, moi,
voyez-veus?
*-tMaa monsieur, le peu que t'en m'a prête. j'aictdobtigeo de le
~penser poor.
Rerntinie MO pat «ehcver.
E!te venait da voir M. do Matitaibrt debout & ta porte tahsda «averti
OtMistatt depuis quelques instants à cette scène pénible.
Aa tressaillement soudain de la jeune Mto, au Mgiifd ao~rh qa'M
ta vit jeter du c&t~de ta perte, M. Bouffant MWM la (Cte, apefsat ta
beaan, et resta aussi ~t<M))X! qM'ttermioie.
to marquis, s'avançant alors, dit à la dtK~M en &ac!)B!)n< ree-
peohtMMemeBtdevant oMo
Je vous demando mMte pardons, ma<!emo)M'tte, de mep~sea'
ef ainsi chez vous mais J'ai tNavë cette porte ouverte, et, comme
J'espère que vous meCaraz t'honnexrde m'aceorder quelquesmoments
d'entrottenpour uno aMMre fort!mportaato,)eme Nttsjtormtad'eatrof.
Après ces mots, acccntndxavec autant de courto!!t!o que de d<!M'
KBM. le marquis se retourna dit c&té de M. Bouftard,et le toisa d'un
regard Bt altier, qoo le gros homme f0 sentit d'abord tout sot, tout
tnthntde, devant ce petit bossu, qui lui dit
Je viens, motMioor, d'avoir t'honuearde prier mademoisellede
vouloir bien m'accorderquctq'tes tnstauts d'entretien.
–Eh bien après?–reprtt M. Bouîtard retrouvant son assoranoe,
qo'cst-ce que cela me fait, & mot?Y
Le marquis, sans répondre a M. Boot&rd, et s'adressant& Hermi'
nie, de plus en plus surprise, lui dit
Mademoiselle veot-ette me faire la tjrace de m'accordert'entre'
ttenquejesoticite?7
Mais. monsieur. réponditla jeune fille avec embarras,
je ne sais. ti je.
Je me permettrai de vons faire observer, mademoiselle, te'
prit le marquis, que notre conversation devant être absolument
confidentieMe. M est indispensable que monsieur, et it montra de
regard le propriétaire, venille bien nous laisser seuls, A moins que
vous n'ayez encore ~uetqne chose à lui dire; dans ce cas, alors, je
me Mtirerais.
Je n'ai plus rien adiré à monsieur, répondit Herminie, espe*
tant échapper, pour quelquesmoments du moins. à sa pénibleposition.
Mademoisette n'a plus rien à vous dire. monsieur, MBrith
marqaie en faisant en sipte expressifà M. BoaShrd.
L'ORGUE~
t
trais eeM-t!. revenant M bmtatiteordinaire, et M Mprochant
<ta M hi~cr imposer par ce ho~a, décria t
Ah ~MM er~yet qa'OM met eemme ça les gens à la porte do
<!&6)t toi Mus lus payer. moasicar. et que pat~e que vous iiettteneB
eaMft.
Asapt. menteur, aM6< dit vivement le marquis en totef*
MBtpHttt M. thtM)).)f<t.
Et Il lui saisit te b<as avee une Mtta v!([)<eur. q"o lex-dplcler, sea<
tant s<M) ~"i};t<et surr~ c'tnxnt. da'~ un ëmu ~'00 les doigts tongs et
CMeut du bussu, la fegiuda avec un M))!).)t'go tt'cttahis~ocut et de
crainte.
Le )«arfp))si. lui Mortant aton de l'air to plus aimable, reprit avec
une att.'bit't'! t')tq))i:<tt 1
Je tttiit au f~'i<ret. cher monteur, de ne j'ttuvotrjoxtf ptos toog*
temps du votre b)mt)M et aixtubtf M<tt))pi)j;t))f, «Mt-i. v'm~ te wyez,
je suis aux ordres de n)!t')t'n)ois<'tte, <)t)) xx' fait ):t grâce de me don.
aer quetqnc!; UMt!tn<s. et je lie voudraM ))U!<ubtt!.erdobutt ubti~eattee.
Ce dii-aut. te Ot.trqttis. <n<titie de grë. ututHe de tbrce, coadubit
}asqu'& la porte M. BouOfiX'd, <mpef:<it de rencontrer dans un bossa
cette vigueur physique et cette autorité de iaugage et de manières,
dont il subissait iavotumaircment t'iuXueut e.
Je sors. qu'' j'ai justom-Ht tffaire dans ma maison,
parce
dit M. Bouffant ne voulant pas partitre céder à la contrainte, je
monte tà-haut; mais je reviendrai quaud vous serez parti. il faudra
bien alors que j'aie mou argent, ou siuo)), nous verrous.
Le marquis salua Ironiquement M. Boutfard, ferma la porM sur !«!,
ttMMat trouver Nermmie.

XXVIU

M. de Ha!)te<hM, frappé de ce que lui avait appth madame de la


Bochaigoe au (iujet de la jeune artiste, si <t~M<emeat oubliée, dh~tt.
en, par madame de Beaamesnii.M. de Maittcfort avait de nouveau in-

T. L
)PfMg<. Mea antant d<~ profilée quf d'adraMt. moatWt ïtoptat, <M.
<h*MM) h'muM dp chmubre du la cou'MMe.
) t'uixaut di'<m <wt entretien de nouveam detaits for !ea rfhtions de
h jeuot' Mte <*t de tUMdxnx' de t)<'MH)uo<.)ut.et devinant. aida par ses
M))~)t!t. co qot i~xh dû ~h t)'t'~r & fot))M)e de chanthre, M acquit
MeM<n pfesquo h cwMt<eMqM'Hona!nte<te«~<itM htOMw MMurotte
de madame de BeaamesnM.
t<*ea conçoit n~anmatMa que, malgré eeMe t)ef")<s!oa qMast-eota*
plète, te marque a'dtatt promis de n'aborder Borm!ate qn'aveo om
«Mme reset~e! non.sen!ementH~'a8<<<~hd'«nerévélation t&eheMo,
presque homcMse pour la tK~muire de modionc de t<cn')mp''))i<, mah
encore h coottM'ien'awah t'ax coMM ce St'fret à M. do MitiMofert, qui
t'awtdt pmtr a)))si dire sor~rts ou ~)))t(tt deviné.
BerndtMet a ta v)te dn b)tMa. qMt. t'oxr ta ptom~rafoie, M) pr<Ma*
lait a rite dans une etrcatMtatM'epMMa. ro~a cnnfHM, tmardite, ae
pouvant hna(ii)Mr te sujet de ta visite de cet mMono.
Le marquis, après avoir euputst! M. BuuftHrd. revint. disons-nous,
auprès de la jeune Mte. qoi. pâte, emuo, les yeax baisses, restait tm-
mobile auprès de ta cheminée.
M. do MaiMt'fMrt. d'«H ceup d'mM tnvMti~atettret pénétrant }ct< sur
la chambre dt* ta dMcttMM, avait rptoarquë t'entre, te go<it et t'e<cc&
ttve propreté de cette m"de!~« df'nx'ore; eeMe ottservatien, jointe a
ce qoe madame de la noch.dgxë to) avait rafonté du nnMe dëi'in~-
ressementde la tcane «Me, d<mua au marquis la meilleure apixioa
d'Herminie. Presque certain de voir eu elle la personne qu'il avait
tant d'intérêt à rencontrer. n cherdtait sur Ma traits charmants
quelque ressemblance avec ceux de madame de Beaumesnit,et, cette
KssemMaMe, H crut ta retrouver.
Da fait, sans ressemblerprëcisëment à sa mère, comme elle, ner*
minie était blonde comme elle, eito avait t'~ yeux bleus, et, c' les
lignes du visage ne rappelaient pas exactement tes traits de madame
de Bcaumesnit. il n'existait pas moins entre ta mère et la CHe ce qu'on
ap)'eHe ma air de fa~Ht, surtout frappant pour un observateur aussi
bMëfessé que l'était M. de Ma'Mt'fort.
Cetui-ei. sox-t'empire d'uuf ênMUon que t'on concevra Mn" peine,
A'tpproctta d'Uernunie, de plus fu phtt troublée par to sHenoe et p&
!as regards curieux et attendris du bossa.
HademoiMMe, bd dH-d mun d'aa ton aneetuenx et pateraot,
~KttMx «MWt <t!!<!ece.mata j'éprouveaw sorte d'entbarnx à vaaa
exprinuT le pra~nd wte~t quo vouA m'inspirez.
~n partant ainsi, la voix de M. de MaiMefort tôt tanchaMte, que la
Jeune fille le regarda, de ptu~ en plus surpriso, et lui dit tiftidetMeat
intérêt. monsieur.
Mata cet
Qui a pu vous t'aMtrer, u'eame pM? je va)a vous le dire, chtre
enfant. Oui,-ajouta le bossu en ~pendant & un mouvement d'Uor-
mtate. oui, tabsez-mot de gf~ce voos appeler ainsi mon âge, et,
je ae MUMta trop vous te répéter, ftatayet que ~ot's m'tnsptrct, me
~oanerateat peat-ëtre le droit da vous dire «Mt e&Are enfant si vons
me t'ermetttoz cette hmttiartte.
–Ct serait la seule manière de vous prouver. monsieur, ma m.
toanatasance des bannea et consolantes paroles que vous venez do
me dtre. quoique la péniblepositiono&woas m'avezvue, monsiemr.
<!t dA peat-ëtre.
-Quant a ee!a, –Mpth le marquis en Interrompant BermMe,
tMsarez-voas, je.
Oh monsieur, je ne cherche pas à me justifier, dit orpteH-
teasemcat Her<ninie ea interrompant à son tour le bossu, de cette
équation. je n'ai pas à roMgir. et. puisque, pour âne raison que
j'ignore, vous voulez bien me témoigner de )'int<Mt. monsieur, i) est
de mon devoir de vous dire.. de vous prouver q'<e ni le désordre, ni
l'inconduite, ai la paresse, ne ai out mise dans le cruel embarras où
je me trouve pour la première Ms de ma vie Haiade pendant deux
mois, je n'ai pu donner mes tecons; je tes reprends deputs qnfiqnes
jours seulement, et j'ai été forcée de dëpem er le peu d avances que je
possédais. Veitt, monsieur, la vérité. si {e me suis an peu endet-
<M, c'est par suite de cette maladie.
–Cect est étrange! pensa soudain le marquis en rapprochant
dans sa pensée ta date du décès de la comt esse et l'époque prësn.
mabie du commencement de la maladie d'MenMinie. C'est peu de
temps après la mort de madame de Beaumesnil que cette pauvre en.
fant a dd tomber malade. serait-ce de chagrin?.
Et le marquis reprit tout haut avec un accent de touchant intérêt:
Et cette maladie, ma chère enfant, a été bien grave?. vous
M"s êtes peut-être trop fatiguée au M'avait?
Berminie rougit; son embarrasétait grand, M M &Ma!t mentirpom
<Mher h sainte et véritable cause de sa maladie.
EHafëpondttea hésitant!s §
En etR't. monsieur, te m'étais un pu fatiguée; cette Mpw s
<M suivie d'wa malaise, d'âne sorte d'aecaNemeat. mais mamte< g
aaat.. Mea merci t je vais tout & Mt bien.
i.'pmbarras,t'hesitatioade la jeune (Me avaient Crappa le marquis,
Mjà surpris de la profondemélancoliedont les traits d'Mer<m!n!eaem
Ma!e)ttav<ttf. pour ainsi dire. l'habitude.
Plus de doute, pansa-t-H. EUo est tombée maMe de dm.
gf!m après la mort de madame do BeaumesnH. Elle sait donc que la
comtcsse est M mère. mais alors. comment ceKe et, danstes ff<.
q~entes oocasions qui ont dt la rapprocher de sa Otte, ne lui a't-eite
pas remis ce portefeuille dont elle m'a chargé?
En proie & ces perplexités, le bossu, après un Boawaa sUenee, dlt
à Henninie
6h chère enfant, }'<ta{s veau M Mec ~nteation de me tenir
dans une extrême réserve; d~Nant de mot-même, incertain de la
eead~te que j'avals à tenir, je na voulais aborder qu'avec la plus
grande précaution le sujet qui m'amené. car c'est une mission bien
deticato, une mission sacrée.
Qne voulez-vousdire, monsieur?
Veuillez m'4coNter, ma chère enfant. Ce que je savats dëjà de
vous. ce que je viens de vo~r, do deviner peut-être. enla la con-
Sance que vous m'inspirez, changent ma rësomthm. je vais donc
vous parler à coeur ouvert, certain que je suis de m'adresserà une
myide et noble créature. Vous coaM!ss!ezmadame de BeaamesnH..
vous t'aimtez?
Berminie, à ces paroles, ne put teprMner Ba mouvement d'&omM-
ment mN6 d'inquiétude.
t~ bossu reprit
Oh! je le sais 1 vous aimiez teadtement madame de Beaamesmh
le chagrin de l'avoir perdue a seul ca<tse votre maladie.
Monsieur! s'écria Cermmie effrayée de voir son secret, ceM
de sa mère surtout, presque à la merd d'an inconnu, –je ne sais ce
que vous ''outez dire. J'at eu pour madame la comtesse de Beau-
mesnil. pendant le peu de temps que j'ai été appelée auprès d'elle, le
respectueux attachement qu'elle méritait. Ainsi que tous ceux qai
l'ont connue, je l'ai 8!uceKme''t regrettée; mais.
Vous devez me répondre am&t, ma chère emant,– dit le mat-
q<na eninterrompant Horminie.–vous ne pouvez avoir connanceeo
moi, ignorant qui je suis, ignorant jusqu'à mon nom. Je m'appene
M.deMai)Mort
Monsieur de Maittetort! dit vivement ta jeune fille en se seava'
aant d'avoir écrit panr a.) mère nne lettre adressée au marquis.
V<HM connaissiez mon nom ?
T
–.M, monsieur. Madame la comtesse de BeanmesnM, se tronvant
trop faible pour ecr!re, m'avait pride de la remphcer, etla lettre qwe
vous avez retne.
C'était vous. qui t'aviez écritel
0<M. monsieur.
Vous le voyez, machère enfant. maintenant vous devez être
en toute connance. Madame de BeanmesnM. n'avait pas d'ami
plus dévoné que moi. et sur cette amitié de vingt ans elle a CM
pouvoir assez compter pour me charger d'une mission sacrée.
Que dit-ii ïpensa Uermiaie, ma mère lui aurait-eMe cen-
<M le secret de ma naissance?
Le marquis, remarquant te '"9uNe croissant d'Hermime, et cep*
tain d'avoir enOn dëconveF* <a BMe natarette de la comtesse, pour-
suivit
La lettre qae vous m'aviez écrite, an nom de madame de Beau-
mesnil. m'assignait chez eUe un rendez-vous. à une heure asset
avancée de la soirée. n'est-ce pas, vous vous rappelez cela ?
Oui, monsieur.
A ce rendez-vous. je suis venu. La comtesse se sentait
près de sa fin. continua le bossa d'une voix aitëree. Après
avoir reconmandé sa ntte Ernestine. à masoiticimde. madame de
Beaumesnil. m'a supplié de lui rendre. un dernier service. Elle
m'a conjuré. de partager mes soins. mon intérêt. entre sa Bite.
et une autre jeune personne. qui ne lui était pas moins chère.
que son enfant.
II sait tout, se dit Herminie avec un douloureux accable-
ment, ta iante de ma pauvre mère n'est pas un secret pour tui.
Cette autre personne, coutinua le bossu de plus en ptns ému,
était, m'a dit la comtesse, un ange oni, ce sont ses propres parâ-
les. nn ange de vertu, de courage, une noble et vaillante Cite,–
ajouta le marquis, dont les yeux se mouHtèrentde larmes, une
pauvre orpheline abandonnée, qui, sans appui, sans secours, luttai
t force de eoarage. de MwM et d'énergie, contre !e sort le p~M pt<-
tatra, souvent le plus pëniMe. Oh). si vous t'avioi! entendue!avoo
quel accent de tendresse dëehtrante elle partait do cette jeune Mtto t
tnsthpureuso femme* mi'reinîe'tut~e).eaF.decemon'fnt.j'aide*
~ina. qMuhm'ettc ne m'ah tait aucun aveu, retenue par la huato sona
doute, ~at dc~a< qa'uaa a~fe seule pouvait a)as) pa~Mf. ah<~
sontMf en sougeaut au son de M (iMa. Nua, < aoa. eeM'Aa~
pas uuo ~ntu~efe que la comtesse me MceaMtMadaU &<ee ta~ d'tM'
stance à sou lit do mort.
Le marquis, dunt t'ëmotton était & son comble, s'arrêta uu instant
et essuya ses yeux balgués de larmes.
0 ma mère se dit Mcrmioie en tâchant de se contraindre,
-tes dermeres pensées ont été pour ta m)o 1
J'~jwre & madame de BcaumesuU mourante,– reprit le bossa,
<ï')tcaHHttHr &<? décores contes, de partager ma so)UOtude en-
tre Ernestiau de BeaMMesMH et ta ~eane ÛHe poar qui ta cmKte&se
m'imploraitsi vivement. Ators, eMe m'a rem~ ce portefeuille, et
le bossu le tira do sa poche, qui cootiettt, m'a-t-ettodit, une pe-
tite fortune, me chargeant de le remettre à cette jellue CHe, dont le
sort serait ainsi à ji'mais assuré. Malheureusement, madame de
Beaumesm! a expire avant d'avoir pu me dire le nom de t'orpheiine.
–Bn'a que des soupçons. Dieu soit béni!–se dit ttorminie
avec un ravissement me)hbte, je n'aurai pas la douleur de voir
an étranger instruit de la faute de ma mère; sa mémoire restera
pure.
–Vous jugez, ma chère enfant, de mon angoisse, de mon cha-
grin. Comment accomplir la dernière volonté de madame de Bean-
mesnit, ignorant le nom de cette jeune fille? reprit le bossu en
regardant Ilerminie ave~ attendrissement. Cependant, je me suis
mis en quête. et euBn. après bien de vaines tentatives. cette
orpheline. je l'ai trouvée. belle, vaillante, généreuse. telle, en-
On, que sa pauvre mère me t'avatt dépeinte, sans me la nommer.
et cette jeune Nte. c'est vous. mou enfaut. )na chère enfant.
s'écria le bossu en saisissant tes deux mains d'tterminie.
Bt il ajouta, avec un étan de bonheur et de tendresse indicibles <
–Aht vous voyez bien que j'avais le droit de vous appeler moa
enfant. oh) 1 non. jamais père n'aura été plus <ter de sa Biie 1
Moasieuf. réponditEermimo,d'une voix qu'elle t&chait de
fee~M eatm< <t fermât qno!qu M m'en oodte beMcaapd* <e~e!t<
v<~re illusion. il estda mon devoir de le ~iro.
(Jne dites-vous! alerta te bossu,
Je M otis paa. mondem*. la peMonno qao v<n)s eueMae*
~pondit Hfrnnnte.
Le ma'qnis recuta~'uo pu, el tee~fdt la jeune fttte Mna pouvoir
tt'abont trouver ana parole.
t'eur t~t~ef à t emra!nan)cat do la r6~!at!onqua venait de lui Mrs
M. de HatMcfe~, il fallut à UoroitMte un écrase h~ffique, né do eo
qu'il y avait da plus ~m, da ~tu(t salut, dum soit OMMH. lilial.
La tiertd do la jeune )i))o se t<!t<thait à la seule peu~o d'a~uer ta
honte maternello aux yeux d'un titrauger, en se reconnaissantde-
vant lui pour la CHo de (oadxtne do BeaMt)test))t.
Do <}Mot droit Mermhdc )tOttV))it-e)t8 ccofirmer tes aoaptous do cet
ëtraMpor, par l'aveu d'un secret que la cootteMe M'avah pas wu)u lui
MoCer à tu!, bl. do Maittefort, son ami te plus dévoué. ua secret.
que ea mère à elle avott en la fmce de lui tat'e. lorsque, la preaMat
sur son se!a, les hauemc))M do leurs doux coeurs a'~tatext coofexdus?.
Pendant que ces g~nereuso!' penses venaicot co htt~e & t'esprtt
d'tterMttKie. te marquis, shtpeMt du refus de ta jt'ttne <it!e. dont il
ne pouvait se résoudre à mettre CM doute t'identito, cherchait ça vain
à deviner la cause de cette etrauge resotutton.
Eunu. il dit à lieroiluie
Un motif qu'il m'est impossible de pénétrer Tous empoche de
me dire la vérité, ma chère euhnt. ce motif. quet quH sott.
doit être noble et gênèrent. pourquoi me le cacher, & moi? t'aud.
le meilleur ami. do votre mère. à moi qui viens remplir auprès
de vous Mt derMëreB volontés?.
Cet emretien. est aussi douloureux pour met que pour vous,
'moMiour ta marquis, répondit tristement HermiMie, car il me
rappellecruellement nno personne qui a été remplie de bienveillance
à mon égard. pendant te peu de temps o& j'ai été appelée près
d'elle, seulement eomtM af<M<e d aucun autre <t<M, je vous en
donne ma parole. J'ose croire que cette déclaration vous suuira.
atonsienr le Marquis, et m'épargnera de nonvelles insistances. Je
vous le répète, jo ne suis pas la personne que vous cherche!
A cette dectamMon d'Bernunie, le marquis sentit reoattM set in'
ctttMMdea.
repentant, ae voulant pa~ eneafe rentmacf & tout espaif, il M'
pritt
Mois n«n. non. Je ne saurai <n'at<t)<ipf à ce peint, Jnmah
je M'<t)tM)arat ta sollicitude, les puerez do madame de BoimmosnM un
<avem de.
t'Ofmetteo'tttf! de vous mtarrompre. ««'xsteur ta marquta, et
du vous dire. que. trompd pent'Ctre par les émotions d'uno scène
«ehtrante ponf voX'e emor. vous voila xefO!) ))))!fd9. sur la n~H'ra
de !'<)tt<Mt quo madame do Beanmotn)) partait à t'orphoOna dont
weos ma p)tf)ea.P«t)r dd~ndre tan~nxttro do madame du Deaxmas'
oHcnntte votre efroxr. je n'a< d'axtra droit <p)B coh)) da la face))'
na«'<at)M«. mats ta rc~oooecito extttno qxo x'Mdaota la eonttes<8
tnsp)rait à «M)x )no fait erxtre. à une erreur de votre part.
Cette nMtdi'fo do voir était trop d'accord avec tM d~trit da M. de
Hait)t'!ttH p"uf qu'il M'!)tc!i))at pas à ou MMdrc à t'cbMFwattond'Mcf-
mitde.
Cependant, au souvenir do t'dntotion déchirante de la comtesse
loraqit ello lui avait recommanda t'erpheMne.H rcpr!t
Encoro Mue fois, M Me parle p:)8 :)i)t!tt d'ona dtfang&re!
Qui sait? monsieur le marquis, rdpmtdtt MerMtMie ea ddtf)B'
dant te terrain pied a pied. -on m'a cM tant do preuves do g<!nere'
eitë de madame de Ocamoesnit! Su)t affection pour ceux qu'o))e sa'
courait était, dit-on, si chaleureuse, qu'etto se fera ainsi ma<tifcstëe
eu faveur derorphe!MM'q)dvoma 4t< rccontmandee. et puis, 6t
cette jeune Oiie est aussi méritante que ma)t)Mt)Mt)M. ee)a ne
atdm.it pas pour motiver le vif inh'rêt que lui portai) madame de
Beaumesm)? Peut-être emin. cette mystérieuse protection etait-eXo
un devoir pieun. qu'une amie avait confié a madamela comtesse de
Beaumesmt,comme celle-ci vous l'a légué à son tour.
Ators. pourquoi cette prière formelle de toujouM taire a la
personae à qui je dois remettre ce portefeuille. te nom de la com
tease?.
Parce que madame de BeaMmesait. cette fois encore, aat<'
toatu cacher Ba bienfaisance.
Herminie, ayant retrouvé son calme, son sang-froid, discutait ces
taisons avec un tel détachement, que le marquis finit par penser
qu'il s'était trompé, M avait injustement soupçonne madame deBeatt*
mesBU.
<Mo!w«M Mda nouvelle lui vint a t o~r!t, et M s'<!cr!t< <
Mata. en admettant qoo lu murtte et les mathattra de caHo et*
)~t!)no tMttont ac~ sou~ et aoMient'i)s pas tôt
v<!r!tt)Mo') titra:), ne
vMtM, et~re et vatiianta exfMnt? Peurqw! na MMit'ce p.nvouit que
tacom!css<t a ~onh) me (t~~ncrV
~c connah~ate députa tfop peu do Mtnpsi t))M<<an)o do Bcanmc:-
î<H poor mdrttpr do aa part une «tto marque <)o bonté, manstctx' Il'
marquis, et p)))9 eonn oton Mont n'ayant pas <M pMooncd par ma
etano h) cotntci'sc, jo m'adfo-~o votre d<!)tcatcM(! puts-jo acc~
teru))<!ttncona!t)ti<aMo. SMtvotMacutc 6)tppo~t)<M< qu'il pouvai
m'<!<fe<tt!t)t)«(i?
Un). <'c!a Mratt vrai, si vous ne m<!ftttott p:)S) co do)).
Et comment t'auMb-je mt!fhd, mox-'tt'ttf to tnar~tt?
Par les (.ntns d'ott v<M)t avott <<<))«)')'<! tx ooxK'Mn, pat têt
eou<agementa quo vous avez ap)'oM~!t à ses doutoofa, et eoa Mtos,
comment M Mt-X qtt'eOo )t6 tes ait pas recoxau~?
Je ne vous comprends pas, monsieur.
Le tMtamcotttela comtesse Mofermo plusieurs legs. seute.
vous avct été oxbth'e.
Je x'avatt aucun droit à un tcgs, monsieur le marquis. j'a*
<M temnnert'ede mes soins.
Par madame de BeaomesnM?
l'or madame de BeaumcH))),–répondit ttermMe d'une vot)t
assurée.
Ou! c'est ce quovoxs avez dëctare à madamede la nochatguS
en venant geadreusemeot lui rapp'trtor.
He t'argcMt qui Mo m'était pas d&, ntonsicur le marquis. voilà
tout.
Encore une fois, non. a'ecr!a M. de Mamefort, revenant
tn\t'!e)Memc)'tà sa première certitude. Non. je lie me suis pas
trompé. tustinct, pressentiment. on conviction, tout me dit que
vous êtes.
Monsieur le marquis, dit Herminieea interrompant le bossn,
Et voulant mettre un terme à cette pénible scène, un dernier
tMt. Vous étiez le meilleur des amis Beaumesnit.
de madame de
car elle vous a légué en mourant le soin de veiller sur sa Oiie Mgi-
time. Comment ne vous aurait-elle pas aussi confié, à ce moment
<~reme. qu'elle avait on autre enfant?.
Eh t man Dieu $'<tef!< to~aatxtromeM !e marqaMt -~h
MtdheMMUM feMmo. aura focuM devant la huuto d'tut paMN
MM.
Oa), ~o o'on dpute pat. peaaa Mertointe (tvea auxt~Kt~,
–et o'~t «toi qut f<)«tt:t cot ~<:udehsMte. dowaat h:~ oa
Mttfe <t fe~tM?.
t.'extMttut) du boMa et d'Merm)nta f~t tntcfMMtpu pat te fatMM
de M. ttttoffard.
tt'ctomtut) du marquis et de ta Jcane N)~ ëtnit «))e, qu'ils M'a*
~atum ~M<'ntoMtu M. t<nn<Tat<t <nMt)t pMtnti'fe pnne d'entre.
(.0 /<tMu<'h<yfo:)W<<tt<r<tiomh)a!t ftoxptt'tenh'ot r.xtoMct, t)))a)!)!} i
à Mo air )))M))c)'t et Drutal avait aucc< ooa t'byftomnoto t'arois
MM~MotM et euurMM~e.
–<J)tn touttx'vcuit encure, monsieur tut demanda fudemoMt
le nutn~ti~, quo veMO)t-vou!( lilire }c) P?
Jo viens, m))))s~e))r, faire lues excuses a madfmot~otto.
Vos exoxe~. )t)t)usi<r ?. dit la J'uue (!)!a. tr<M-M<rpt!M.
Oui, tUi'dttotttsfMe, et je tiens à tOMit les 6))fe duvaMt notMtuur,
car je vous at r<'pred)~ CM Bu p~scoM <)e oc ))a!' n'e ~oyer. et je
d~tatc dovout lui, jure dmaMt Micu et devant tf~ h(Mt)met t
ajouta M. ttuxffitx) eu tevaut la MMix < «ttono pour prûtor serment,
tout en riant d'un sro~ riM ttCte que lui iosjtiritit sa jt~tisauterie,
{o jure quo~'oi ~td pay<! do ce quo mattemobeMe me dowa!tt.
Eh: eh!
–-Vous avez <M payé t–dtt Ilerminie ao MmMo do Mteane'
p~at, et par qui donc, ntOMs!cur ?t
ParMett vous le aavez bicM. made)Mo!se)!e, dit H. Bouf*
fard ea Mutinuantson rire etupide, vuus le MMt Mea. quelle
taaHee! t
Jisnore ce que WMM veatet dire, monsieur, Mpr!t Mer.
m)a!e.
Allons donc! dit H. Beutfard eo haussant les ëpautea.
comme si les beaux bruns payaient les toyere det bettca Mondes
pour l'amour de DicM 1
Qudtm'un. vous paye. pouf moi. monsieur t dit i~r*
minte eM devenant pourpre de couh)<noa.
On m'a paye, et en bel et bon or encore. rëpoudtt M. ~tt<-
fard ea tirant de ta poche qudqaes toaij), qaH at sauter dans Nt
a)<!a <Mvexe. Veyex p!otût ces JtuneM. Mot- gen<!<<
ht))M?
~1
Et cetar.
mt))ti.<p«r,–dttHMtXhtetouM tfemMaete et M
pMt~ot efeiM & co quitta eu~Md'it, cet of. qui «<ux
t~UHt'~?
P
MM dt'ae t'innnc~Me. et h r<K~re. ma pRtXe. Cdo) ~)!
ot't) t'a;<t est <))< tr~.Joti «aftaM. )«afat.un ~m) brun, taHto
dta~a. petite!) )MuM!«nMhoa brm<M. V«H& 6(tM ttgoatooxittt pour
Mu passe-part.
<t.o Mtafqu~ avait ~coat~i M. Bot)fhr<! avoo uno surprise et une doM.
tcuf t'rotMamaa.
€<'tto jcuoo Otto, pour qui Jxi'qH'ahtM M nwatt M<sonH ua ai pM'
t
R)ttd hnd~t. <!)Htt MUt)a))t {trei'qMO <1~rta aca yeux.
Apre:' at~ttf ffMittcox'M MM Ht!mtit))e. aam tut <ttra oa aeut mot,
M. du Mu)Murt M dirigau veM la poMe, iM traits copMiMM d'uuo
tf~tctMe OMÙro.
Ah fit-il avec un eotte do ddg«ût et d'aecaMemeMt,
tacure une Hh)!t!«M psrduo 1
Et H s't'Mgxa.
t<M)"x, )))<Ms!eMf, jcuue 6Ho oa couraM & M,
a'<i6t!a la
treBtMa))te,ëp)!rduedoheMtOt'ohtja vemcncot~ttte, ~evaxa
cueuppUe.teatett!

XX!X

d. de MaHtetbM, entendantt'xppe) a'ennin!e, qui le euppHatt de


Miiter, se MhtonM vers elle, et. le visage triste, eevèfc, lui dit
Que voulez-vous, mademoiselle?
Ce que je veux, monsieur 8'ecfia-t-eno, la joue en reu, les
teott brillants de larmes d'iudt«))atim) et d'orgufit ce que je wem.
c'est dire, devant voua. à cet homme. qu'il a meuti.
Mo:? dH M. Bouttatd, c'est Mt pt:u tort qua<t)ï ~ti t65
h'weM en pochât
Je vaut) dis que vous men<et a'<!cr~ la jeune 0)0 en Mwa
an pas veM lui avec un (?«? d'une ad~thaMo amorita je tM
donuO & pt)M«MH9. tedt~it da vwa payer. de MM faire ce M)'g!aM
eutraRc!)
M~tO !i< tnw~r~ de sa natoro et de son h)«'t))j;e)tpp, M. Baaî'
<~ M sentit extu. ti'nt la Ooro indigoation d nerotinie était )tf~!s<
Mo et etnc~ro. Au!t<'), f<)axt <!e <<om pas, ta p~rt~aite ba)bt)t!a'
t'tt on mant&ro (t'cxcxfta
vautt~UfamapitM~h plus saer~o. m~cmotstiHo, que,
tout & t'huxM. en ntontant, ~at <St<Sarr~tt! sur te )'a)ier <)<t premier
<<apf par Mn beau jcn'to hnm)ne ))rf) 'p'i )n'a <!<'<)))<! <'ot or pour
payer totro <pf)MO. Ja v~t~dis ln v<!rit<}. fo) do ttootfurtt!t
~-Otoun RiMt! t)')n)))i<!o.C))<r:)~u& ce p«!Mt'&a!a
jellne 0))". dont les ):)))))t's. tMgtentpt t'omenoc~. cttu~tent cnXH.
ToMmaot alors vers !ubOMM. muet M)t)«in do cette scène, son
beau visage bi~o ptcMts, Hefmioto lui dit d'uno voix sxpptianto
Ch <ta «f~'e. monsieur le marquis, Mo cwyoz pas qoo ~aio
mM~ cette txstdte 1
On m.'r<)ttia! dit H. Po))t~)r<t et) ôtitttt son cha~MU, qu'H
two!t ~tu'~M caf<t<! eu!' sa tëto.
M. de MaiOefort, s'ap~roehant d'MfrntiniR, 1o <!)Mr <Spa))Ot)!. o~'
gagd d'uu p')!ds cnM), lui prit pa<ofncM''H'e))t ta main et dit
Je vous crois. je vous crois, n)!) cht'M et ««bte entant! ne des.
een<!et pa~ veu~n-Mer. Vos larmes, la sinc<!rtt4do votM acceat,
vetM g<!n6r<*nso indtgaatt.tn, tant me prouve que vous dites vrai.
que c'ost à votre !ns<t que cet outrageant service. vous a été rendu.
Ce qu'il y de sur. c'est que mMi. qui viens quasi tous tes joura
dans ma maison, dit M. Bouffantpresque aMeuari, je n'ai jamais
rencontré ce beau jeune homme, mais euHn. que voulez-vous ma
ehèr6 demoiselle. votre terme est payé. c'est to"jonrs ça. i! faut

de un gros rire.
!?!
vaus conso!or H y en a tant d'autres qui voudraient être humiMeee.
de cette manière~ eb! eh < ajouta M. Beutfard eu riant

–Cetargeut. vous ne le garderez pas, monsieur s'écria Ber*


mMe, je vous ea suppHe. vendez mon piano, mon Mt, tout cw
que je pMsede; mais, par pitié, rendez cet argent à celui qui vous
fa donne. Si vous le gardes, la honte est pour moi, monsieur 1
cs-Ab~t maie, M instant, diaMe: comme vous y aMez! –~St
<M. ta ae ma MuM pas msoMdo <<.ot pourempochermoB
o, MMt; on <)0!t timi cam< miewa) que f!nMt tu C<)Mr<M. et,
ttfMro. MU vu)doi!-v"u~ que ju h' repêcha, ce beau j~uuo h'Mumft
ttu! rt'tnh'o ««u MW"s il yaoxtju'a dtttoutacMUtMr..
Quand vaut te vorrca. et* ~adt'tureaM, tous lui dire!! qup c'oi't mat'
grO Mm que j'al t;af<M son argent, que }a sula un vrai Bt!t<M<)t). t'a
}jfe<t)tt de pK)prit!ta)re. a)te! aMMo) 1 tapez sur met, j'at la peau
owe. et, cnmnt)' ça, H verra bien, CB Joli Baff)), que voua n'ûtoa
jpnxr rien dans la choM 1
Et M. ttouftard. t')tct)!)«td de Mn ittt!a, dit tout bas an hossu
Je eoit c<u)te)tt da lui avoir rendu Mf~tea i Jo Me t'unvata pas
~tatMerdaM titttead'at'n's, efMcp.'uwratOto. car je M Mhpas
<'<))))tnc))t ceta M <a)t. ma)! on)))), quoiq«'u)!o m'ait d)) un tormo,
)a )ttu xe))'' toot dfû)e. Pour sûr, wyez-vous, monitieur te Marqui~
c'ext (tant <!nM6im. tn.)!a c'est ))0)))~M.
Hademnt-uOa, dit M. do MaiOctbrt à !!ern)!))ie, qui, aoa v:-
Bftgo e!'e))<! dans ses doot maiM' plouralt sMcaetcusetxeut, wu-
tet vous suivre m"B conscH ?
Udtast. monsieur. que faire t. dit Bcrmtnie en esso~aM
ses tannés.
Acccptoz de met. qui Buis d'âge & 6tfe votre p&re. de mol.
quiëtai~ t'ami d'uuo personne. pour qui vous avi<~ autant de re~
~etqoa d'anft'Uoo, acceptez, dis je. oit prôtsuft~antpour payer
)')oa<i<'u)'. Chaque mois. vous me tooboorsHrM par petites sontmes.
(JxaMt a t'argoMt qoo monsieur a reçu. il fera sou pOMibte pour re-
Mouver t'iBeounu qui t~tui a remis. siuot), il déposera cette somme
tu bureau de bieufahauce de bon quartier.
HennitMe avait écouté et regardé le marquis avec une vive recoa-
caissauee.
Oh merci, merei, monsieur te marquis, j'accepte ce service.
et je sois «ère d'être votre obligée.
& mo!, s'écria l'impitoyable M. Bouffard, enfin apitoyé,
te n accepte pas, nom d'un petit bonhomme
Comment cela. monsieur ? lui dit le marquis.
Noa, sac à papier je n'accepte pas t il ne sera pas dit qae.
eareufm je ne suis pas assez. rien du tout pour enfin n'importe,
le m eatends. m«MSM'tf le marquis gardera
son argent. je tâcherai
Qe MBecoer le ({odetureaa sinon je mettrai
ses fouis au treae des
pHKMO. le M veadrat pat votre piano, mademeMte, et le <M"?
payé toat de tourne. Ab < uh ) q t'eat-ce que vous dites do ça °?
A la bonne he)<re, maia MpMquea'vem,moa brave m''nMM'f*
t~pon'ttt te H)af<))))a.
VoXa ta chose, reprit M. Baat~rd, ma Mte Compta t'M:
ttattM da piano d'one grande ~pumttoa. H. Toane<TM)H!<ke<f.
Avec on nom pareil, dit le h«Ma, M <Mt n~ceMatM!M<a<
dit bftttt dans ta monde.
Et sur le p!an<t donc, moMtear le mafqat<, aa homme ds oh
p!ed-). âne barbe notre comme un sapeur, et des mains !*rf[M.
canxna dM epaulea de m<n)toa. Mats ee ~meat maltre rnc eoûte tei
yeux de la t6te q')!n<e ha)M!) par leçon, MM compter tes répara.
thtns du piano. car M tape comme un Maxt Méat <i tort Hatote-
MBt, tt MadMmoMo vottatt donner des tesoaa t Cornette, & e!a~
ftaa~ le cacbet, am. à quatre tranca, an eompte roud. trota te*
«mt pat semaine. ea ferait dôme franea. elle 8'acquUteraainsi pe-
ttt a pettt de ce qa'eMe me doit. et, une fois quttte, elle pourra de*
Mnnata me payer MM loyer en leçons.
Bruw. monsieur BootTard! dit te marqub.
Eh bien mademt~ette. reprit le proprietaiM, que pea-
Mt-~aaadeceta!
p
–j'aoepte, memiMr. J'accepte a~oereeennahMoce,et Je voua
ttmMde de me mettre & même de m'acquitter envers vous par mon
MavaM; te vem assure que 1e ferai tout au monde pour que made*
tMhoite votre Nte Mit Mtisfaite de mes tetena.
Eh bien <a va. dit H. Baattard, c'est convenu trota
teceBspar Mmaiae. à eommenoer d'apres-dematn. ça fera douM
tMaca. tahBHa!n9.Bnh! 1 mettons dix francs. quarante fraaes
pst Ot<~$. tmit pièces cent sous. on compte tout rMtd
Vea ceoditiamMteat tM mitnnea, monsieur. je voua te répète.
et ie tae accepte avec reconnaissance.
t
–1& Mee tMn cher monsieur, dit le marquis à M. Bouffard,
–e!t<e que vea& o'etca pas p!na satisfait de veua, maihtenant.
~B teat à l'heure, lorsque voaa etbMaeMea cette chère et .MgM
eaïaat par vos menaces ? t
Si fait, monsieur le marqnb. d fait, car ea&t ~Me chère de'
tBe!seHa. certainement était bien. tsMtaitMm. <t6:tis. vowa~*
~<N9, ïe serai <Moprtas< de ça ~aBd MtOtsa de as~ae pMB9.
«Me h~be mt!M et <M qt'ime tranca par cachet, MM cnmptet
q't' avait touhwrsmes gf.ot'h's mahts sur tas mains do Corodtia, saat
prétexte de lui dt'uupr du (~M.
M«n cher muusieur ttoutïard. dit tout h<s Ir n'ar<p~ on pt~'
p)f!~aire en t'e))tM<e<MM dans un coin de la ehi'mbfe, pefmeMa!
moi uu conM~
Certainement, mxnstcnt'te marquis.
–Ea fait d'an d'atf~eot, M<)('mte<jM«!«tewta«fMà unejeune
Nte CM t Me jeune femme, parce que vayoM'out, souvent. tes
t&)e: changent.
t~s f&tes changent, monstcm' le ntatrqutt, comment eeta 3?
Oui. q))a)<}uef<'i8 )'<!ca)t<Te devieat la ma<<mM. compreoet'
Mae? la mottr~M.. dit mattre.
t~t n(a)tM!M dM Mtt'hre) oh < tftt-Men ah j'y sats parité'
ment. C'est MB.drMe. Eh eh t eht1
t
Mais, redevenanttout coup sdrieux, M. Bowtfard repr!t
MaisJ'y pente. <h MBertottet&t cet t!e<rcu)ede Tonacrdthfs'
~ff. st Cornélia.
La vertu de mademnisello Bouffard doit être aa-deMoa de pa-
KHte; craintes, mon chef mona!et<r. mais pour ph)s de s<~ct6.
Ce br)gand.)a ne remettra jantats les pic'iit citez mo!. avec aa
barbe de xapexr et ses quinze ffanM par cachet, s'écria M. Boai-
fard. –Merct dit enaseit, monsieur te marqtds.
Puis, revenant auprès d'Hennir M. Boudard ajouta
Ainsi, ma chère demoisette, aprë'wtomata nous commenceMas
adeux heures. c'est l'heure de Cornëtia.
A deux heure!, monsieur, je serai eMcte.Je vous le promets.
Et dis tranca par semaine.
-Oui, monsieur. moins encore si voos le destrez.
Vous viendriez pour huit francs?
Otti, menstMtf, répondituerm!n)e en souriant matgré e!te.
Eh Mon. ça va. hu<t francs. un compte rond,–dit i'ex-cpicier.
Allous donc! monsieur Bounard. un riche propriétaire comme
«"M est plus grand seigneur que cela, reprit le maranis. Corn'
ment an eteetenr éti~ibte! peut-être même on oMcier de ta garde
Mt)onate car vous me paraissez bien capabte de cela.
BouHard releva Nèrement la tête, poussa Ma gros ventre Œt
"vant, et dit avec emphase ea faisant la samt militaire 1
Sens-Beatenant de la «re~Hmeda d~cMHM de la promNM.
Mson da ptus, chef monsieur Boutfard,–reprit le bOit'a,
il y va <ta la dit!"i«! du grade.
C'est juste, moni-iour le marquis j'ai dit dix franes, c'est dix
~acs. J'ai toujours fait honneur & ma signature. Je vais taottor do
retruuver ie godeiu'eau. M Bana peot'Ctre dans tas atantou~ dama
maison pour y revenir tout à rheMM; mais je vas te a!g)'a)t)r à la
mère MottOOoa, tMa pert!ere. et, soyea tranquille, elle a t'œit bun
et la dent Idem. Vetra serviteur, monsieur la marquis. A après.
demain, ma ch~re dcmotseiio.
t!ais, revenant sur ses pas, M. Boatïard dit & Nerminio i
MadetMOiseOe. ulla idëa Pour prouver a M. te marquh qca
les Bawîfard sont des huas eufaats quand Us s'y MMth'at.
Voyons t'idee, monsieur BouffMrd. reprit io bossu.
Vous voyez bien ce joli Jardin, monsieur te marquis?
–Oat.
–B dépend det'appattemeat du têt-de chaussée. Eh biente
donne & mademoiselle ta jouissance de ce jardin. jusqu'à co que
l'appartement soit loué.
Vraimentmonsieur, dit ucrminie toute joyeuse oh je
vous remercie! Que! bonheur de pouvoir me promeuer dans ce jar*
dia!
A la charge par vous de t'entretenir. bien entendu ajouta
M. Bouffard, qui s'en courut d'un air guilleret, comme pour se sous.
traire modestement à la reconnaissance que devait inspirer sa pro.
position.
On n'a pas idée de ce que ~<Mn< ces gaiiiards'ta à être oMi*
geants et généreux, dit le bossu en riant lorsque M. Bouffard fut
sorti.
Puis, redevenantsérieux et s'adressant à uermime
Ma chère entant, ce que je viens d'entendreme donneâne tetb
Idée de l'élévation de votre MBur et de la fermeté de votre caractère.
que je comprends l'inutilitéde nouvelles instances à proposdu sujet
qui m'a amené près de vous. Si je me suis trompé. si vous n'êtes
pas la fille de madame de Beaumesail. vous persistereznatureMetnent
daM otre dénégation; si, au contraire, ''ai devine la vérité, vous
porMaterez à la nier; et en ceia vous cessez, j'en suis certain, &
une raison secrète, mais honoratte. ~o n MStsterai donc pas. Cn
tM< encore. J'at M pMtondemant toncM da sentimentqui v.s a
Mt défendre la mémoire de madame de Be~mesnit contre te~ ~np-
cons. qui peuvent m'avoir trompe. Si vous n'étiez une d.te et
Care créature. je vous dirais que votre dd~n'~re~iReNt t:st d'aa'
tant plus beau que votre position est plus précaire, ptm tiiMcite.
Et. & ce propos. puisque M. Bouftard m'a pr~ du p)a~f de paoveir
voua être utile cette fois. voua me promettez, n'est-ce pas, ma
chère enfant. qM'& l'avenir vous ne vous adresserez qu'à mot?
Et à qui pourrais-je m'adresser MM hamitiaMoa, si ce n'est à
tous, monsieur te marquis ?
Merci. ma chère enfant. niais de grâce, plus do monsieur h
mor~utt. Tout à t'heure. au milieu do notre grave ontretten. je
n'ai pas ea te loisir de me révolter contre cotte cérémonieuse appet-
tation mais maintenant que nous sommes de vieux amis, plus de
Md)~u!< je vousen supplie. ce sera plus cordial. C'est convena,
n'est-ce pas? dit le bossu en tendant sa main à la jeune nite, qui la
lui serra affectueusementet repondit
Ah monsieur. tant de bontés, tant de généreuse connanoe.
cela console. de l'humiliationdont j'ai tant souHfrt devant vous.
Ne pensez plus a ceta, ma chère enfant. Cette injure prouve
Mutement que cet msotent inconnu est aussi niais que grossier.
C'est d'ailleurs trop lui accorder'que de garder le souvenir de son
offense.
Vous avez raison, monsieur, réponditHerminie, qnoiqu'à
ce souvenir elle rougit encore d'indignation et d'orgueil; le mé-
pris. le mépris le plus profond. voita ce que mérite une pareille
Insulte.
Sans doute. Mais mathearensement cet outrage. votre isole.
ment a peut-être contribue à vous t'attirer, ma pauvre enfant, et,
) puisque vous me permettez de vous parter sincèrement. comment,
au lieu de vivr<* ainsi seule, n'avez-vous pas songé à vous mettre ea
pension auprès de quoique femme tgëe et respectante?
Ptus d'âne fois j'y a! pense. monsieur. mais cela est si difficile
/1 à rencontrer surtout, dem!
ajouta la jeune <tMe en souriantà
tartout lorsqu'on est aussi eingeaate que n'ai.
Vraiment ? reprit le bossa en souriant aussi, vomNas
Men exigeante
P
Que voulez-vous, monsieur Je ne trouveraie à me p!acef aiad

M. M
que chez une paKonxa <hme condition ami modeste qne~t mtenM.~
et malgré ma! je suis tellement sensible à certains défauts d'éda-
cation et de manières, que j'aurais trop Ii souffrir en maintes occa-
sions. Cela est pnérit. ridicule. je le sais, car le manque d'orge
a'oto rien à la droiture, t la bonté de la plupart des perM'nnea do la
classe a laquelle j'appartiens, et dont mou edneatioa m a fait )ne*
men~nëmentsortir, mais Il est pour moi des répugnances tnvmci*
bles, et je pretere vivre seule. malgré tes )nconvëa!enMdecotisole.
meut et puis enNa contracterais presque une obligation caven
la personne qui me recevraitchez elle. etJX craindrais que l'on ne
CM !e fit trop sentir.
Au fait, ma chère enfant, tout ceci est très-conséquent,<– dit
te bossu après un atOtnent de retteiHoa} was ae pouvez penser
M asir autrement. avec votre fierté naturelle. et cet orgueil, qu'eo
vous j'aime avant toute chose, a été, j'en suis sor. et sera toujours
votM meilleure sattvegarde. ce qui ne m'entpênhera pas, bien en-
tendu, si vous le permettez, de venir de temps a autre. savoir si je
peux aussi vous sauvegarder de quetque chose.
Pouvez-vonsdouter, monsieur, duptaisirquej'aMraiavousvoir?
Je vous ferais injure si j'en doutais, ma chère enfant. J'en
suis persuadé.
Voyant M. de Maillefort se lever pour prendre congé d'elle, Ber-
minie fut sur le point de demander au marquis des nouvelles d'Er.
nestine de BeamuesnH, qu'il devait sans doute avoir déjà vue; mais
la jeune n)te craignit de se trahir en parlant de sa saeur, et de ré-
veiller tes soupçons de M. de Maillefort.
Allons dit cetui-d en se levant, adieu, ma chère et no-
Né entant. J'étais venu ici dans l'espoir de rencontrer une jeune
Bi!e à aimer, à protéger paternellement;je ne m'en retournerai pas
da moins. le cœur vide. Encore adieu. et aa revoir.
A bientôt, je i'espère, monsieur le marquis, –répondit Bef-
minie avec une respectueuse déférence.
hem. mademoisetie? dit te bossu en souriant, it n'y a pas
ici de NMH~)tt<, mais un vieux bonhomme qui vous aime, oh t qui
vous aime de tout son cœur. N'oubliei pas eeia.
Oh 1 jamais je ne t'oublierai, monsieur.
A la bonne heute! Cette proaMMavMSabsout. A MeatetdNM:,
ma <?)? entaat.
Et M. de Mamemrt sortit tr&s.mdëcia sur ndeatttë d'BarmM~ et
Ma moins embarrasse sur la conduite à tenir au sujet de raeeompMa'
aement des dernières volontés de madame de Beaomt'snM.
!~iM'ne 0)!e. restée seule et pensée. rëMt'chh tM~'emetXaMX d!'
~o~ inodents de ce j<mr. après tout presqoe heureux pour elle, car,
en re~axtaMdon qui montrait la tendre sollicitudede sa mère, mat*
qui pouvait compromettre sa mometre, tajeaae Ntte avait ceaqoist'tt-
mitié de M. de MaiMefort.
Mais une chose cnteMement pénible pour !'or(jae9 d'BermMe tMttt
été le payement fait à M. Bouttard par <m incoana.
Le caractère de la <h<c&eMe admis. ren comprendra que, mal-
gré ses résolutions de dédaigneux oubli, elle devait ptus que toute
autre ressentir longtemps une pareille injure, par cela même qu'eue
était de tout point imméritée.
–Je passais donc pour bien méprisable aux yeux de celui <!at a
osé m'onenscr ainsi 1- se disait t'orgueiMcuse niie avec une hauteur
amère, torsqu'etie entendit sonner timidement à sa porte.
Nerminie alla ouvrir.
Elle se trouva en présence de M. BouCard et d'un inconnu qdrM*
compagnait.
Cet inconnu était CeraM de Senneterre.

XXX

BermMe, & h vue da duc de Senneterre,qui M était absolument


inconnu, rougitde surprise et dit à M. BouNard avec embarras
Je ne m'attendais pas, monsiem~ à avoir le plaisir de vous re
voir. sitôt.
Ni moi non plus, ma chère demoisete, ni moi non pme. c'est
mouleur qui m'a forcé. de revenir ici.
Mais, dit Nermime de plus en plus étonnée, je ne connais pas
monsieur.
Ëa eOEet, ma~emmMMe,–répandit Gerald doRt ieebeaax trai!9
exprimaient une pëniMeangoisse, –je n'ai pas t'henneurd'etMeonau
de voua. et pourtantje viens vous demander une grâce. Je vouaea
tupptio. ne me refuse)! pas1
La charmante et noble figure do Ceratd annonçait tant de fran'
chise. son émotion paraissait si sincère, sa voix était si pénétrante,
M contenance si respectueuse, son extérieur à la fois si ë)t!gi'nt et e!
d!stiugue, qu'U ne vint pas un seul Instant à h pensée d'NetB)h!eqee
CeraM pût être !nconttu dont ello avait tant se pMndre.
Bassaree d'atMears par la présence de M. Bouffard, et a'tmag!nant
pas quelle grâce venaitimplorer cet Inconnu, la due~Me dit tiatitte'
ment à M. Bouffard
Veuilles vous donnez la po!ne d'entrer, monsieur.
Et, précédant Ueratd et la propriétaire, la jeune <Uie les eendatatt
ttanssa chambre.
Le duc de Senneterre n'avait jamaisrencontré une <bmme dont la
beauté fat comparable à cette d'Henninie, et à cette beauté, à cette
taitte enchanteresse,se joignait le maintien le plus modeste et te plus
digne.
Mats.brsqneGeratd,suivant tajeune Mte, pénétra dans sa chambre
et qn'it reconnut à mille indices les habitudes élégantes, tes go&ts
choisisde cette qui habitait cette demeure,it se sentit de plus en plue
confus.
Dans son cruel embarras,it ne put d'abord trouverune seuleparole.
Etonnée du silence de t'inconnu, Berminie interrogea du regard
H. Bouffard, qui, pour venir sans doute en aide à Geraid, dit à la jeune
fille
faut, voyez-vous, ma chère demoiselle, commencer par le
M
emmencement.Je vas vous dire. pourquoi monsieur.
-Permettez, reprit Geratd en interrompantM. Bouffard.
Et, s'adressantà Herminie avec un mélange de franchise et de ree-
peet:
H faut vous t'avouer, mademoiselle, ee n'est pas une grâce que

minie.
A moi, monsieur î.
je viens vous demander, mais un pardon.
et pourquoi?–demandaingënumentSef'

Ma chère demoiselle, dit M. BouNard en lui fais.Mt un si-


M
{~M d1nteN}~BM, –TMB savez, c~est jaune homme qd ewait
~e.it~K!Onu-é.et.
€*<!)«!< wns. monsteHr! s'eeria ncrmtnie, sapera d'et-
gMeittense indignation.
Et, regardant Gerald en face, elle répéta i
-C'était vous?9
Oui, madfmobene. mats. de grâce, acautot.met.
Assez, munsieur. dit Herminie, aMez, je ne m'aMendah
pas & tant d'audace. Vous avez, du moins, monsieur, du courage
dans l'insulte. ajouta Merminieavec un deraaantdédain,
Mademoisetto, je vous en supptte. dit Ceratd, no croyez
pas que.
Monsieur. reprit la jeune aile en l'interrompantencore. mais
cette fo~ d'une voix a)Ksf<Se. car elle semait des larmes d'hHn~iation
et de dt))))t'))r lui venir aux yeux, je ne puis que vous prier do sor-
tirde chez met ..je suis femme. je sais seute.
Ea prononeaMces mots < Je suh seule, e t'accent d'uermutto fut
Ii tWtttmt, que Ce~M, malgré lui, en fut ému jasqa'auxpleurs; et,
lorsque la jeune fille releva la tête en tachant de se contenir, elle vit
deux tarmes retenues briller dans tes yeux de t'inconaa. qui, atterré,
a'iaciina respectueusement devant liormiuie, et Ct un pas veM la purle
pour sortir.
blais M. Bounard retint Geratd par le bras. et s'écria
Un instant, vous ne vous en irez pas comme ça
Nous devons dire que M. Bouffard ajouta mentalement
Et mon petit appartement du <roM~me, donc 1
L'on aura tout à l'heure l'explication de ces paroles; eNea atte*
nuaient sans doute la généreuse conduite de l'homme; mais elles te*
moig~ient de l'intelligence du propriétaire.
Monsieur, reprit uermhue en voyant M. Bouttard retenir Ce.
raid, je vous en prie.
0 ma chère demoiselle reprit M. Bouffard, M n'y a pas
de metMMarqui tienne. Vous saurez an moins pourquoi j'ai ramené
Ici ee brave jeune homme. Je ne veux pas, moi, que vous croyiez
que c'est dans l'intention de vous chagriner. Voilà le <ait le hasard
m'a fait rencontrer monsieur près de la barrière. a Ah! ah mon gait-
lard, lui ai-je dit, vous êtes encore bon entant ave" vos j<KM«(~ tes
voilà, vos jaunets, et n'y revenez plus. s'il vous p)att; )) et, tà-dessus,
je lui raconte de quelle manière vous avez reçu le joti service qu'il
VMs a rendu. et eombiea vous avez pleuré alors monsieur devient
~Mt, et ma dit, tout hotuaveM~ de ce que Je !x! Menât
)KH){!<~ pMo,
tat&!< Ah) monsieur, jat outrai. $aaa la vwuott.MuojaMMOpcc
aonna que son ~o~mmt rond pim t~ectxMo euMore je lui <Ma
de~ excuse! une tOparMtioa; ce< e~cu&ea. cette rJ~arauea. je lui
(t)Mt dmaxt woxa. toox-~uf, qui, )<(vtt!on<t<tra)))en<. ttvot <<<! <'«'n"
pHca de cette affen~o. Venat. HM~cot. ~ettox. t Ma M. mHftt'n~-
selle, ce bra~ejeooa hnmme m'a dit (< <MO h~n. exf!)) t)'o))o fa*
taa qot m'a tout temuA; car Ja no M)i) paa ctt <~e )'at a«to))r<<'hM<,
jo suis sensible. ceoMno UMe faible femme, j'aitrouwd qu't! avatt )ra!*
son do wuMr vous domamtcp excoao. ma <:h!)M dcmati'eMo.et jet'at
M))en<t, ou ptm6t c'eat lui qui m'a anM< car t) m'a pris par la bFM
et m'a fait ms~oherd'tmo fnr<!e. tiapoftoMat e'ùtatt ta paa ~ymnasH'
qna acc~~rë. on Je no m'y eonnuts t~mt.
Les paroles de M. t)o))ffxr<t avaient un te! accent do vdrité. qu'Her*
miotaae put a'y tromper; aussi, cbdtsxant a t'ente do son eaMe*
tèro. et déjà touchée des larmes qu'elle avait vo )'ri))or un instant
dans tes yeux do Ucratd. elle lui dit avec uno mnexinx do vo))t qui
M)nonc"tt d'aMteuMton désir do terminer cctto expttcattM pdmbto
pour elle
StUt. monsieur, t'effenso dentj'at & me plaindre. avait été ta-
ve!e)ttahe,etcen'est pas pour graver cette ontittse quo vous CteB
venu td.je crois tout cela, monsieur. vous êtes satitituit. je
pense.
S! vous rextgez, mademoiselle, répondit Gerald d'un air triste
et résigne, –je me retire à t'instant.je M me permettrai pas d'a-
jouter un moi à ma jttstiue.'tion.
Voyons, ma chère demoise!)o. dit M. Boudard. ayez donc
un peu do pitié, vous m'avex bien laissé parler. Ecoutez monsieur.
Le duc de Seoaeterre,prenant le sMeaced'tterminiopour ua MM<t-
ornent, lui dit
Voici, mademoiselle, toute ta verM je passais tan~t dans
cette rue. Comme je cherche à louer un petit appartement, je me
suis arrêté devant la porte de cette maison, o& j'ai vu plusieurs ecri*
teaux.
Oui, oui, et tu le loueras, mon petit troi~Mmef ~a, le t'en te*
ponds. pensa M. Bouffard, qui, on le voit, n'avait )~M Miues~
CeMM sans uue arrière peusee <eea<ife tres-ptenuacëe.
Le Jeune duc poursuivit <
j'a! demannd t togementa. et, pfecMMthporueM
<!<!<M oea
de <M<e maison, qui devait, m'a't'eue dit. Mantat me Mjotodra. fat
mootd t'cseotipF.. Arrivant au p:)))ct du premit'r dtxga. mon attcM*
Ilun a <M utthje par une voix Otttidc, St)(')'))m)to. qui ))t)('!mott.
Cette voix.c'~t.titta votra.nM'deotttiafXo. vttu~h't~miottuotbtem'
A ec tnftxx'xt. JH t'avttoe. Je m8 auts arf&t~. lion polir contnxtHMxne
Mcho <nt<)<fft!t)<tn. Jo vous la joro. nM)& ~0 me auta arrêta. et))))<))8
on s'aur~ta, ou)))~ ont, en entendant uno plainta teuchHOM.
Alors. eo))t))tt)a(!craM ena'n~mantd'OM g<!))(!rcMM<!m<!t)o)),–
alors, madctMtthoOo, j'ai tout entendu, et ma praoti&re pcnst'o t <it4
de mo (ttn) qx'otto f<'fn)))o M tMMvatt dans ono position ))aM)))c dont
la pouvaisa < )M<am la sauvar. et cela aan<t}an)a~Otra connu d'eUa:
auMt. voyant ))MS<)))n au-~tOt, du haut <<H pa))er où ~tais resté,
monsieur sortir <<oeho!! vans. et monter vers moi. le l'ai aber(!t!
Oot, <'ont)n"it H. nou)!af<),–en ma dtsantttrts.brutMtHttMot,
ma M < VoMa de t'et, payez-taus. monsieur, etao teumMotez pas
davantage uue peftiMMO qui M'cat saus doute que trop a ptaiudfc. )t
Si Je ne vous a! pas fafonte la chose ainsi tout a t'hcore, ma chère
demoiselle, c'est qne d'ubnrd j'ai v«))iu faire une dreterio. et puis
qu'âpres. j'ai été tout ahuri do vous voir si chagthto.
Voilà mes torts, mademoiselle, reprit Gerald, J'ai ohd) &
m m<MtvenMntiff~nech). généreux peut-en'e. mats dont je n'ai pas
calculé )et fa< ))OMC!t cen~oences; j'at mathMn'cusetnentoub)i<! que
le droit sacré de Mndre certains services n'appartteutqu'au* amhiet
éprouvées; J'ai oublié enttu que, si spontanée. si d~intercsseo
que soit la commttiêratton. elle M'en est pas molus quelquefois une
cruelle injure. blonsieur, en moraMotant tout à t'heure votrejuste
indignation, mademoiselle,m'a Maire <urtema)qu'invo!ontatrement
j'avais fait. j'ai cru de mon devoir d'honnête hommede venir vous
en demander pardon M vous exposant simplement la vérité, made-
moiselle. Je n'avais jamais eu t'honneurdo vous voir, j'ignore votre
nom, je ae vous reverrai sans doute jamais. puissent mes paroles
vous convaincre que je n'ai pas voulu vous offenser, mademoiselle,
car c'est surtout à cette heure que je comprends. la gravitéde mon
inconséquence.
Ceraid disait la vërite, omettant nécessairement d'expliquer la des-
tination du petit appartement qui devait lui servir de pM-d-terM
«BtMtKM~, ainsi qa'it t'av<Ht oonfié & OUvief.
Ainsi donr CeMM disait vfâi. etM ~nc~rM.senOmMtoa,!etMt,
hconven~xca parMtedoaeaexplications, perMMderent Morminie.
t.a jeu'<e Ntto, d'aiticura, avait, dax~ son tM~aite, <M axrMat
thtppfo d'ana eho~e. pMdrHo an appMcnco, mata a~MMfath'epauf
eHf. c'est que t'iMOtmn c~oM~t MH j)e(« ap~a'rtnxmt. doati t'it).
eMMM) n'<!tah pas ~che. <)MM M a'~tah saas doute exposa qMetqae
pt~aHen pour 110 tmnntfaf tn~eacoatteaMmeat t[(Sa~cwx calera
eUe: ttonce't~att presque d'égal à ~a~M'Mwa~a~Mte~fe service
A ouo tocooouo.
<ix con'))tMm<!o))".MafoMdos pcm'~M. ctpourqootnen? do <n-
f!ttC))co qu'CMrcc prosquo tonjttUKmno chantmnto <)8"M. M<npHo<<o
fMttt'hti'0 et d'expfMsioa, CM consMdratiaMs apat~rent te ocufMtx
d'Menoh'io.
Et cette ars"o«)o<<o, et ha):ta<tM en (Mptt do cet entretien, ae aea-
tit <t'aut))nt ?!'? embatrasstio pour ta to'miner que, toln d'~pMuvof
dès tara la maigre tndign (ttoa centM QeMM. eMe ~t ~tr~meat
~m«e do la pe~o ~daërousa à laquelle M avait obéi, etdoat K<caaH
do donner une loyale oxptieatiot).
Menntxte, trop franche pourcachersa pensée, dit à 8era)d avec une
s!nc<!rit~ charntanM ·
Men embarras. est grand. i cette heure, monsieur, car)'at
& me reprocher d'avoir mat interprète. Mneactiox.dont j'appr<c!e
maintenant la bonté. Je n'ai ptus nu'A vous prier, monsieur, de veu-
toir bien oublier la vivacité de mes premières paroles.
Permettez-moi de vous dire qu'au contraire {e ne les oublierai
Jamais, madt'moiseite. répondit Ceraid. car elles me rappel.
!cront toujours qu'il est une chose que l'on doit avant tout respecter
ehft une femme. c'est sa dignité.
Et Gerald, saluant respectueusementuerminie, se préparait à sortir.
N. Bouffard avait, bouche béante, écouté la dernière partie de cet
entretien, aussi Inintelligiblepour lui que si les interlocuteurs avaient
parlé turc. L'et-ëpkier, arrêtant Gerald, qui se dirigeait vers ta porte,
M dit, croyantfaire un superbe coup de partie
Minute, mon digne monsieur. minute. Puisque mad<- noiseHe
c'est plus fâchée contre vous. it n'y a pas de raison pour que vous
ne preniez pas mon joli p~< troisième, composé, je vous t'ai dit,
~'ane entrée. de deux jolies chambres, dont t'uue peut servir de
Mica, et d'une petite cuisine. charmanttegement de garçon.
A ectta prapnsMtm de M. Boutfard. BermMe dov!M tr~-toqotcte
M lui fût etd pëaiMa de voir loger CeruM d<)M la m6aM maisea
qu'ette.
Mats ta jpuna «ne r~pwftit A M. Boof~rd r
Jo voos ai (Mj~ dit, axot cher monsieur, qoecttogementno me
eenveMait pas.
Parbteu parce quo cette chère demo!ae))e était McMa contre
<at)B. et que o'eat onnuyant d'Otra en <)t~!nMoentre toeata~aa; mais
maintenant quo ccKo chère demoiselle vous a pardonatt, vous Otes <
même <)'appr<!eier ta gentiHoaM do moH petit <Mtt!~Me?Et vous ta 3
pM))ti!t?
Maintenant. Ja <o pî6t)<!f!)h encore moins, T~pondtt CoraW,
en se hMardantdo regarder Uenn!n!a.
La jeune BHo na leva pas tes yeux, mata Mn~t Mûrement! dto
était sensible à la délicatesse du reftis de Gerottt.
Commcnt s'ëcr!a M. Bnuttard abasourdi, maintenant que
1
vons êtes raccommode avec madcmoisotte.vous pouvez encore moiM
loger chez mo! ? Je ne comprends pas du tout. M faut donc qM'ea
revenant vous ayez trouvé des Inconvénients dans toe maison
dire.
?.
ma portière a du pourtant vous
Ce ne sont pas précisément des inconvénients qui mo privent
du plaisir de loger chez vous, mon cher monsieur, répondit Ge.
raid, mais.
Allons, je vous Mtche le logement à deux cent cinquante francs,
on compte rond, dit M. Bouffard, avec une petite cave. par-
dessus le marché 1
hopossibie. mon cher monsieur, absolument tntpossiNe.
Mettons deux cent quarante, et n'en parlons plus.
Je vous ferai observer, mon cher monsieur. dit à demi-voix
Cerald à M. Bouffard, que ce n'est pas chez mademoi~" "ue nous
devons débattre le pris de votre appartement, débat d'ailleurs abso-
ttunent inutile.
Et, s'adressant à Berminie, le jeune duc lui dit en s'inclinant de-
vant elle
Croyez, mademoiselle,que je conserverai toujours un précieux
Muvenir de cette première et dernière entrevue.
La jeune Stte salua gracieusement Mns lever tes veux.
Ce~Msortit <!< <ho<t Bt)m<in!o«)'tH!a«~mpn<pnxrauM papM. !toof.
tard, bien <M<'i<M & no pas a!))") tAchcr sa proie.
h' eHr~ MMoisontet du pwpfMtair«, Cefatft (ut !a'
MM<-t,
f<MiM«. Xt'
n):'tt<r<!
SH)) < M. XttOft'itt'd a't)pi)))a<r.), Mt tn jt'MOt'dKR. p~)fM
<Mt':tt'f:)8~f de fR ft~'heott, et pettt'~tfo ))))') ft'ttr r~vec )'h)~ A M-
sir à t'~troo~c tochtt'xt ~u) l'avait ta)'j<rothM()Hu('ft))))io,(fjt'uoedue
bâta ta t)i)h. et dit f) co ~ro))) JdtHtre am abuis qu'il <<iff)}en!t sa pro-
mcn.'tto df c<M des fortittt'Hth'nt.
Co t<~a)t<, M. do SaxotitarM pth en e~t ce chcMtn. MMant
Bt. thottfnfd an <!)tscst)ntr <)')'w!f maMqut!eette betteecc~uadetouer
eox chHFtnant jpcHt troitt~ne.
<Sarf)M. nyanK)tte)))t to <'))omh< Mrat~fjtq'te dp9 fortMcattfM, qut,
cet emh'o!t, cox~o la ~)t))a da MoxcMH, Bo pfM))tem)!t ~rafuoddntcnt
t6wur.
Le souvenir do )<) rare beauté <t'Mcrn)Ma, la d)go!(<S do 6eM carae-
têre, jetatom le jeune due dans UM trouble cmtssaot.
Plus M so <)tMttqt)'i) avittt vx cette ravissante cr<!at"re pour la pr<"
mt&M et pour la <)<'r))i~M fois, plus cette pensée t'attrt6M)t, plus n
60 r~vottMit MtttM e)te.
Et)<!t). analysant, comparant, pour ainsi dire, A tous sas souMMtftt
aBtOttft!M< co fjtt'H res9<'))ta)t de soudain, de profond, p<w Hennioto,
et ne <f(M)VMt)t rien do pareil dans )e pas~ë, CefaU 8U detoaadatt avec
une sorte d'iMqttiëmde
Ah ta mats est-ce que cette Ma je serais sérieusement pris?
Gerald venait de se poser cette question torsqu'H fut croise par
un officier du geuic militaire port!)M une trcdhtgote d'uniforme Mm
épauletteset coiffé d'tH) large chapeau de paiHe.
Tiens -dit officier en regardant Cerald, -e'est Senneterrei
Le Jeune dnc releva la tête, et reconnut un de ses anciens compa-
gnons de t'armée d'Afriquenommé le capitaine Comtois. U lui tendit
cerdiatement la main.
Bonjour, mon cher Comtots je ne m'attendais pas à voua rea-
contrer ici. quoique vous soyez e&M MM, -ajouta Gerald ea mon-
trant du regard tes fortilications.
–Ma 0)i oui. mon cher, nous piochonsferme; t'ouvrage avance.
je suis le générât en chef de cette armée de braves manoeuvreset de
maçons que vous voyez là-bas. Fa ACrique, Mus <ai8ons sauter les
tmtratOcs;te!, nom en devons. Ah ça' TMSvenMdaNevatrMM
M~M~?
(h)!, mon cher. woe watc cur)os!<d de P.trittpn. de badaud.
–Ah < <t'tH)ot vtMtt vomtrM. n& vftts c~'Mx pm ..je veut <]«n-
dt~ra) )'!)tt"t!t.
M)))n r<'mfr<'tmonts da votre «M~c.topo, mon cher Comtois.
On do ces Jours Je vtf)«)('a) vom faf)'c)ur votre promesM.
C'e~t diti votcx eaos faton dt!jfu)t(T ta 'amtnc, car }a campe
~.haa. ~a wm fa)')<tcra H«s bivacs. w))'< retfo~vcM!! d'aittcors
ancantpqtx'tqxMjM'~outtM. Eh! mo)tR)a)') fy pcoso! vom vonit
aon'coex do OarvtXa. lieutenant do <t)!)h)s, qui, ~r uttcnxp do t~to,
avait d")))td sa )))!n))"s(t)t) a«n do pnovoir, ut) an apr~t, avoir la fad-
)hii do eo «)H('er ta K'~BC uveo te eatuno) Duval, auqoet M a coupd,
non !a Bor«a. ntat~ te veo<re?
Clarville?. un brate car~n?. ~o me te rappelle parMto.
ment.
Eh bien une Ms ea ddmisston donnée, M n'avait qu'uno petite
rente pour vivre. uno fa)))ite la lui a enlevée, et, si !o ))asar<t tto toe
t'avait fuit rencontrer. M mourrait de M)n. Heurcxsetncttt.jet'ai
pris connne condtx'teur de travaux, et M a do quui vivre.
Pauvre gar~t! tant mieut.
Je crois h!<'« d'axtant plus qu'H a'est mario. UH mariage d'a-
mour. c'ext'a-dire 8!)MS )e Mu. deux petits enfants par ta-dMsm.
vouejoget. ËttOtt, H m''t à peu pre~te~ doxx hoots. tMis & grand'.
peine. J'ai été le voir; 18 demeure dans une petite rueiie au bout de
b rue de Monceau.
Au bout de la rue de Hoaceau? dit vivement Corald; par-
dieu H faudra que j'aiiie aussi le voir, ce brave Oarviiio 1
Vrai eh bien! vous lui teret un fameux plaisir, mon chef San'
aeterre, car, lorsqu'on est malheureux, les visiteurs sont rarea.
Et le numéro de la maison?
JI n'y a que cette maison dans la ruelle. Dame vous verrez,
eest bien pauvre; toute la petite famille occupe là dfm mauvaise.
ehambrea..Mais, diabie! voici tesecond coup de cioche '"dit le capi.
Mine Comtois en entendant un tintement redouMë, ii faut que je
vous quitte, mon cher Seunetcrre. pour faire l'appel de mou monde.
Aitous, adieu. N'oubliez pas vetre promesse.
Non, certes.
–Ahf!, Jo pnh <Nte & ce tMvaC!on!Ma que woa !MX vo!tt
-'J'tM) peu!'<MK)dmna<M.
Toot mia)t)t, ~OM ta tendrez Men heweu<. AdtM, Sanaete~e.
A't!eM. mf)) ehor. et & Moxt&t.
-< A Meot&t. K'oMbOeit pas t'at)re~a(!e Ctarvt)!a.
Je M'at ~ar<<e da ~'uMipr, t~nta GoraM: !a ruelle aA H <t&
menre doit hoyner te~artttH de la maison où je viens da voir ceMQ
tttnrabt'~eMna B))o.
Pendant que le capUatne dftnNah to pas aOa <'a!)(;r gajjncr une
etp&ce <t'a{;(;)nm<t'a(ian de cabHnea en ptanrhM que l'un voyait au
tatM. Go'a)d. MMë sent. ao promena encore teugtonpt avec une sorte
<t'agi(nt)nn«ëwcuM.
~e~tet) <tdcti)ta)t teri'qx'i) cor)!t de sa avorte.
Je ae sais pas ce qu'H advitiodra <!a tout ccc!, M <Mt-M t
mala cette fois, et c'cM la soute, jo to MM, jo Mts pHe, et tr~B-s~ttco'
tentent pris.

XXX!

Matera l'impression profonde et si nouvelle que Geratd avait «m.


eervëe de son entrevue avec Merminie, il s'était rencontré avec Er.
neetiaede Deaumesnil car, selon les projets des la Moeha!gu6, la
pt<M riche Mrt<<~< <!t FfanM avait été, soit indirectement, soitdi.
rectement, mise en rapport avec ses trois prétendants.
Un mois environ s'était passé depuis ces différentes présentations
et depuis !? première entrevne de Gcra!<t et d'Mermin;e, eatrewae
dont en saura )<ins tard tes soites.
Onze heures du soir venaient de sonner.
Mademoiselle de Beaumesnil, retirée seule dans soa appartement
eembiait rëuëchir profondément, sa physionomien'avait rien perdu
de sa douceur tandide, mais parfois un sourire amer, presque doa-
toureux, contractait ses lèvres, et son regard annonçait alors quel.
que chose de résolu <toi contrastaitawc t'ingenuite de ses traits.
Soudain ma<!cmo)seMa deMeaumesm! aa tawa, M dhrtgoa ~ars la
<!)em!t<ee, et pMa sa main snr te contoa de la soooeHe. puis elle
t'tffOta un motncot, Mddtbe et oemma h~ttant devant tma gf~e
tttermini'tioa.
Para~aaot exOn prendre un parti décisif, elle aonaa.
Presque aussitôt parut madame LatHÔ, sa gMMfMaate, Mp cbs~'
quleux et empresse.
Hademoisetta a besoin de quetqtte choet
Ma chère ~a~a< asseyez'Mus là.
HadooMtMoest trop bonne.
Asscyee-voMslà, Jo vous ex prie, et cauxom.
C'est pour obéir & n)ademo)se))e, dit la geuvcrnottte <fÎ!9'
M'p~M) de la ~mi(ti)r!<~do sa jcone mattfeMe, qui l'avait toujours
M)t~ejus<j))t'ator8 avec une entWmc réserve.
Ma chère Lutnd, lui dit mademoisellede BeaumesnM d'un ton
))<feeMeM!t,–voa9 m'a~M souveut r~të que je pouvais compter
sur votre aMachoneat!
Ohoui, mademoiselle.
-Sur votre dévouement?
M est à la vie, à la mort, mademoiselle.
-Sur votre diMretion?
Je M demande qu'utte chose à mademoiselle. répondit la gott-
MKMMte de plus eu plus charmée de ce début, que M~deMoiseUe
M mette & t épreuve. eMe me jugera.
Eh Meu ~e vats vous meure à l'épreuve.
Que! buaheur
miseUo!1
t.
une marque de eonSunee de la part do made-

<Jui, une marque d'extrême confiance, et j'espère que vous la


'nMh~rez.
Je jure àmademoiselleque.
Cest bien, je vous crois, dit Ernestine en interrompant les
ptMeMatMM de sa gouvemaote; mais, dites-moi.il y a aujourd'hui
huit joun, vous m'avez demande de vous accorder votre soirée du
lendemain, pour aller & une petite réunion que donne chaque dimaa'
<&e
une de vos amies, nommée. Comment s'appeMe-t-eMe ? j'ai ea"
MM
son nom.
Ek s'apttdie madame aefbaM, madem~MHe.Ce:Mami&&deas
NN, et, chaque dimanche, elle r<;(Mt< quetqtiM pefttMaes de lear
tga. JecMyaia Faveir dit à tMdamotsoMo en M demandant h
mission d'assister & cotte reomott.
Et queUm saut ces jeunes paraeanM?
Mais. tnadpmoiseXe, répondit ta ~onvemantet no wyxnt pa<

qui frëqtx'utem la matso)) de madame Hobaot sout, en ~t.


e6 madfm"i).t'))e de Beaomosmt voûtait en venir, te~ jeunex ttMes
des
de)ttU))'e))es tto magasin, ou bien encore de jeM)<espers<M)naa~ut dun-
t
nant des leçons de mMst~ae ou de des~n. « y auMt des teneuses
do livres de commerce. Quant aux hommes, ce Mat des commis, des
artistes, des clercsde Mota~as, mats tous bravos et honnêtes jeanet
gMs; car matt:)mo Merbaut est ffes-sevore snr le choix do sa McMte
ea hommes et eM femmes; eeta se conçoit, elle a des filles à marier,
et, entro nous, madpmotsoOe, e'cM Mor arriver à les etaMtr qu'eHe
douMe ces petites rountous.
Ma chofo Lahtë, dit Bntestme comme a'H ee Mt agt de h
chose la ptus s!m)')o do monde, je veax assister à l'une des réunions
de madame Uerhaut.
Ha(temo)so)!e. s'ecHa la goavemanto, qui croyait avoir mat
CMendu, que dit mademoiselle ?
Je dis que je veux assister à l'une des réunions de madame Mer*
baut. demain soir, par exemple.
Ah mon Dieu reprit la gouvernante avec etaponr, c'est
sérieusement que mademoiselledit cela?
TreMërieusement.
Comment? vous! mademoiselle, vous! chez de si petits beaf
geois mais c'est Impossible, mademoiselle a'y songe pas
Impossible pourqu"! ?
Mais, mademoiselle, H. le baron et madame la baronne n'y coa'
eenfront jamais!1
Aussi je ne compte pas leur faire cette demande.
La gouvernante ne comprenait pas encore, et reprit
Comment mademoiselle irait chez madame Ilorbaut eaa< ea
parler à M. le baron?
C' rtatOMBeut.
Mais alors, comment feree-vons, mademoisette?
Ma chère Lalué, vous m'avez encore, tout à Fheure, dit qns t~
ponvais compter sur vous.
Et~t vous te fepëte. mademoisettf).
Sa b!ea N faut que demain soir vous me présoatiet a !a r~*
ttmt <<a madame Merbaut.
–Mott. madMnoMe. En ~erM.jene Mb si je rêve on d je
~Me.
Vcna M r~vcz paa: ams!, demain so!r. vous me pt~sontcrex
thex madameHetbaut comme l'une de vos pa~ntes. une ort'hfHne.
–L'ona de mes paMMtea. Ah) 1 mon Dieu!jeo'osetatja)na)s.et.
~aiMet-)e~ achever. Voua me pfesenteret, dis-je, comme
une de vas parentea nouvellementanrtvee de province, et qui exerce
la profession de. de brodeuse, pafexemp~e. MaissoNvenejt-voM Mea
que, e! vous commettiez la moindre <nd)Bcrët!on ea la moindre ma!a-
dresse, que, s! t'<M) pouvait eoua se douter qoe je ne suis pas ce que
je veux parattre, e'est-a-dh'e Mue erphetine qui vit doaontravat!, vous
ne resteriez paa une minute à mon service tandb que, si, au con-
<M)fe, vous suivez Nen mes !as<fuotiona< vous pouvez tout attendre
de me!.
Ea vérité, mademn!se!!e, je tembe de mon hant. je n'en M.
v!t!M pas. Mais pourquoi mademoiselleveat'eXe que je la présente
comme ma pareKte; comme une erphe)ioe, chez madame Berbaut?
Pourquoi ne pas.
–Ma chère Latae, assas de qaettiom. puis-je eempter sur ve<a!
Mi on non.
Oh mademoiselle, a la vie, à la mort; mais.
Pas de mats. et. un dernier mot vous n'êtes pas sans savoir,
ajouta la jeune fille avec un soutire d'une amertume étrange,
que je suis la plus Wehe héritière <!e FfOMe?
Certainement, mademoiselle tout le monde le sait et te dit il
n'y a pas une fortune aussi grande que cette de mademoiselle.
Eb bien 1 si vous faites ce que je vous demande, si vous êtes
surtout d'une discrétion à toute épreuve. à toute épreuve, entendez-
vous Met ?. j'insiste là-dessus, car il faut absolument que chez ma.
dame Merbaut l'on me croie ce que je tiens à parahre. une pauvre
erpheMtM e~'<m< de son <f<K'a<t. En un mot, si grâce votre inteiti.
gence et à votre exuêm'* discrétion, tout se passe comme je le désire,
vous verrez de queUe façon la pttM fte~e MrtM~re de Franee
tqitte tes dettes de reconnaissance.
Ah1- fit la gouvernante avec un geste de désintéressement sa-
tttha, ce que dH mademoMie est Mea pëiiiMe pMr mei. Hade-
amtsene penteHecroire que je mets un prix à mon dô<tatem<MHtt
Non; mais je th'ns. mo!. à mettre un prix à ma reconnaissance.
Mon D!en) mademotseMe, vous le savez Mon, demain vous se-
)t!oz pauvre comme moi que je vous serais aussi dévouée.
Je n'en doute pas to moinsdu monde; mais, en attendant que }<
sois pauvre, faites ce que je voua demande conduisez-moi demah
chez madame Berbaut.
Permettez, mademoiselle. raisonnons M peu, et vous aNex
wir toutes les impossibilités de votre projet.
Quelles sont ces impossibitttes?
D'abord. comment faire pour disposerde toute votre soirée
de demain. mademoiselle? M. te baron, madame la baronne, made.
moisette HeMna, ne vous quittent pas.
Rien de plus simple. Je dirai demain matin que j'ai passé une
mauvaise aott. que je me sens souHrante. Je resterai toute la
journéedans ma chambre. Sur les six heures du soir. vous irez
dire qae je repose et que j'at absolumentdéfendu que t'en entre chez
moi. Mon tuteur et sa famille respectent si profondément mes
moindres votcntës. ajouta mademoisellede Beaumesailavec un
mélange de tristesse et de dédain, q<M ren a'osera pas Mterrom'
pre mon sommeil.
Oh! pour cela, mademoisellea raison, personne a'oserah la con-
tredire on ta contrarier en rien. Mademoiselle dirait à M. le baron
de marcher sur la tête, et à madame la baronne ou à mademoiseue
Hetena de ae masquer en plein carême, qa'Ms le teraient sans bron-
cher.
Oh 1 oui, ce sont assurément d'exceuentsparents, remplis de
tendresse et de dignité. reprit Emestine avec une expression sin
guHère; eh bien! vous voyez que me voilà déjà libre de toute m..
soirée de demain.
Cest quelque chose, mademoiseMe; mais pour sortir d*iet?
Pour sortir d'ici?
–Oui, mademoiselle; pour sortir. do t'h&tst sans être reacoa!!ee
~t)f personne dans t'eMatier. sans être vue du concierge ï
Ceh vous regarde; cherchez un moyen.
–BMa(MdMM,mademeMh,c'estNm<acHe&<î~a:<ataM~a~
WttMtfMt.
J'avais, en effet, prévu cet obstacle maïs je me sais dit <t Ma
chère Laine est très-intelligente elle viendra à mon secours. 1
Dieu sait si je le voudrais, mademotseiie! pourtant. je na
V)HS pas.
Cherchez bien. Je ne suis jamais montée chez moi que par le
grand eseatier~. N'y a-t-il pas des escatiers. de service. qui con-
duisent à cet appartement?
Sans doute, mademoiselle, il y a deux escaliers de service;
OMS vous risqueriez d'y être rencontrée par tes gens de la maison.
à moins, dit la gouvernante ea rëBecMssaat, à moins que ma-
demoiselle ne choisisse le moment oa tes gens seront à dmer. sur
les huit heures. par exemple.
A merveille. votre idée est excellente.
Que mademoiselle ne se réjouisse pas trop <tt t
Pourquoi cela ?
n faudra toujours que mademoisette passe devant la loge da
eoacierge. un vrai cerbère.
C'est vrai. trouvez donc an autre moyen!1
Mon Dieu t mademoiselle, je cherche, mais. c'est si diMciie'
Oui. mais pas impossible, il me semble.
Ah! mon Dieu i dit soudain la gouvernante après avoir rëiM-
~quetteidee!1
Voyons vite. cette idée 1
Pardon, mademoiselle, je ne réponds encore de rien. mais M
ttrait peut~tre possible. Je sors et je reviens dans rinstant, made-
meiseiie.
Lagouvernante sortit précipitamment. L'orpheline resta seule.
Je ne m'étais pas trompée, dit-elle avec une expression de
<Mgoat et de tristesse, cette femme a une âme vénale et basse.
tomme tant d'antres. mais du moins cette venatite. cette bassesse
Mente, me répondent de sa soumission, et surtout de sa discrétion.
Au bout de quelques minutes, la gouvernante rentra le visage
t~onnant.
Victoire! mademeiseBe.
–Expliquez-vous!1
MademeiseMe sait que sen eaMaetde toNeMe daBae d~s ma
timbre?
–Ensaita?
T.II
A cote de ma chambre, il y a une grande pièce où Mat tea <?
moires pour tes robes de mademoiselle?
Eh bien?
Cette pièce une porte qui s'ouvre sur ua petit escalier antre<ma
celui de service. et auquel je n'avais jusqu'ici fait aucoM attention.
Et cet escalier. où va't-M aboutir?
!t aboutit à âne petite porta condamnée qui, autant que j'en at
pu juger, doit t'était au bas do corps de logis qui est en retour sur
la rue.
Ainsi, dit vivement mademohe!!e de BeawmesnH, celle
porto donnerait sur la me!
Oui, mademoiselle, et ce n'est pat étonnant; dans presque tous
les grands hôtels de ce quartier, M y a des petites portes dérobées
conduisant près des chambres coucher. parce qu'autrefois. les
temmes de la cour.
Les <ëmmes de la cour?. demanda si natvament Emestiae
è sa gouvernante que celle-ci baissa les yeux devant Hnaoceat fe*
tard de la jeune (itte.
Et, craignantd'aller trop loin et de compromettre sa récente <am!*
tiafM avec Ernestine, madame Lamé reprit
Je ne reM pas ennuyer mademoiseue de caquets d'aatt'
chambre.
Et vous avez raison. Mais, si cette porte qui donne s~ la
rue est condamnée, comment l'ouvrir?
n m'a semblé qu'elle était verrouMMe et fermée en dedans.
Mais, que mademoiselle soit tranquiue, j'ai toute la nuit devant
moi. et, demain matin, f espère pouvoir en rendre bon compte
a mademoiseue.
A demain, donc, ma chère Lainé. Si vous avez besoin de prive-
nir à t'avance votre amie madame Berbaut que vous devez te soir ta!
présenter une de vos parentes,n'y manquez pas.
-Je le ferai, quoique ce ne Mit pas indispensable. MademoiMMet
présentée par moi, sera accueillie comme moi-même entre petites
gens, on ne fait pas tant de tacons.
Allons, c'est entendu. Mais, je vous h répète une dernière fois,
j'aMendsdetoa6bpta5etX))6redtscB6!iea:weM<M~N&WB!fes<
&eapH<.
BademotMNe poana m'abaadoaaer, me Mater comme âne
tt)9!hewreuse, s! je manque à ma parole.
J'atmeratsMea mteax avoir a was raeompeaMr. Oceopex-vem
fane de cette porte, et à demain.
Mon Dieu t mademoiselle, que tout cela est dtme extraordinaire1
Que ~ott)ex.vo))!tdtre?P
Je parle du désir qu'a mademoiselled'être présentée chez ma.
dame Berbaut. Je n'aurais jamais cru que mademoiselle ptt avoir
une idée pareille. Du reste, je suis bien tranquille, ajouta la ~M*
temaMe d'an air grave et compassé, je connais mademoiselle,
elle ne wendrah pas cagager HM pauvre Comme comme moi dans
une démarche Ëtcheuse. cempromettaate. et, saas oser me pcr-
mettre d'adresser une question a cMdemobeMe. oc poNr~s-je paa.
par cela a~me que je aa dois parier de ceci à patseaae au moade.
ce pourrais-je paa tawtr pourquoi mademetseMp.
Bousoir, ma chère LaiMe, dit mademoisellede BeaomesnH en
te levant et en mterrrompantsa 6<mveraaMte; demam mattM vous
me tiendrez ao coNrant de vos recherchesde cette nuit.
Trop heafease «avoir eMBa un secret entre sa jeune matKesse et
elle, secret qui, & ses yeux, etah le gage d'une couOanco qui assurait
sa fortune, la goNwernaMte se retira discrètement.
Mademoiselle de BeaumesaM resta seule.
Après qoetques moments de rëaetioa.t'orpheMne OM~tsoano.
eessaire et ëcr!vit ce qui suit sur l'album, ot elle tenait une sorte de
journal de sa vie, Journal que, pM ua ptem souvenir, elle adressa
t ia mémoire de sa mère.

xxxn

< la tremMon que je ~eœ de prendre. ma chère maman,


<<:îi~!t Bmestine de Beaumesnit sur saa journal, est peut-être
~geMOse~attoK, le anaBs; ma~&qai, mea Dieu, demaMte?
tm~a?'t
< A tel, M)))ho Ntera, je te Mis aussi, est-ce en fmvaqaant qui
0
)'at ptia cetto <!tM))~ed~terminattao.
e Oui. far )t fmK qu'à Mut prix J'ee<a)rc!MO dM doutas qu), dopuit `
<;oe)qt)H temps. ma mt'ttent au <<))pp))ca.
o Tout à t'twuro, ct)cr<' toan'an, je to dirai que!a sont met projets,
et pourquoi ju m'y suis dtinideo.
« Bepuia prieurs jeme. bien doa <:hosc9 sa aont fdf<!)de9 à motti
choses ai nouvelles, d tdates, q~'a))~ ont )e~ mon espdt dans un
~rauMe ettr<)«e.
< C'est à peine st Jo puis à cette hcafa meure un peu tt'crdro dans
mes M<!es, a<tn da te faire lire au plus profond de mon cour, honna
et toudre mère.
< P<mdant te!* prfmtora temps de tBM wftv~e<!a«it cette matoen,
n'ai eu qu'A me louer do mou tuteur et do sa famille, le ae tour M'
je
pMchMh qu'uu excès de preveMMucea et de thttt'rtes.
< Ces pt~veoaocee. ces Oatter!ea, n'eut pas cesë! elles ont au
contraire ))<tj!tne))të, at cela est pmsiMe.
< Mon esprit, mon caractère, et ju~u'a mes paroles les plus ms!'
{jnittaoto~. tout est touë, tout est exalté outre mesure. Quant à ma
tiguM, & ma taille, & ma tournure, & mes moindres m<mwHMBts.
tuut est non moins gracieux, charmant. divin enua, U a'est pas au
moude une créature plus aecompHe que moi.
a La pieuse madcmotiieMe Mëtëua, qui ne ment jamais, m'aMaM
que j'ai l'air d'uue Ntoo~e.
a Madame de la Moehaigue me dit, avec sa brutale /~ratM'9, que
ie reunis tant de rarea d~tiMe'iotts, en attraits, ea eMgance. qu'un
jour je devieudral, malgré moi. u mtmtt M nés 11.& «'es Da MBM.
« Eunn, selon moa tuteur, homme grave et reNechi, la grâce de
mon visage, la dignité de mou maintien, me donnent une ressem*
Itlaoce frappante avec ta bette MCBBKt BB LoMmvtm, ai célèbre som
la Fronde.
< Et comme nn jour je m'étonnais, dans ma natvete, de ressem-
b!er à b'Mt de persom~ < h fois, sais-tu, ma chère maman, ce que
r«n m'a répondu?
t Cela est très-eimp<e. vous réunissez les charmes les plus di*
<t vers, ma'temoisetta; aussi, chM<m treave-t-M ea voaa t'aMtaN
t qu'it pretëro. f
< Et ces Batteries me pomMivent partout, m'atteignent partout
< !<oeoit~r~ent~tMcxmmmtpf mes ehevont !det<v!e itn'ax
w plus admirable ehcvptttre.
< On me comtoit fhpz ta moatsta.quoi bon eho)a!r orne
< A
~tmc de ehapeun pbuot qn'uoc autre? dit c< tte femme, avec
cno nu"comme cette de madfmotiiCMC. tout parait chHtmant et do
tMtttCttf g0<t(.
< La eoMtt)fi6fe oMtme, de eon ctM, que telle est t'(ncrayo!)'a ~M
ganco da ma tailla, qoe. f~M< d'Mn <ae. ja terata !o d~fiexfpp<!ct
pctfccttontnaturelles.
femmes !c!) plus c)t<!e'' tfuf tcHra
<t tt n'est paa jusqu'au
cordonnter, cMtgë, dit.)), do Mto <'e!
~RnM pantcut~M~. o'ayautjamats eu à chausser ua aussi pat ptot)
que le n))cn.
« gantier. par exempte, eat plus ~anc, H prétend qaej'f< tant
<!mp)e)ttCt<t one mai. <t<t naine.
< Tu le vota, ctttrc ntantao, H c'en faut de peu que je tombe dans
le phdnomtne. daus la turiesttd.
< 0 ma m&re! ma mère ce n'cat pas ainsi q~o tu louais ta
6!)o, torsque, prenant ma t6M entM tes deux mains, tu me disais ea
meba~ataoOrcBt:
< Ma pauvre Entestino, tu a'ea Bt belle ni joMe. mais la candear
et la boot4 de ton âme se Hsent si visiblement sur ton doux vh~'je.
< qae pour toi je Me regrette pas la beauté, t
< Et. à ces touanges, les seules que tu m'aies Jamats données, ma
mère, je croyais! J'en étais heureuse. car je me sentah te c't'ur
ttimpte et boa.
< Hais. hë)as! ce eoBur qae ? aimais ainsi, chère maman. est.H
!est0 digne de toi? Je ne sais.
< Jamais je n'avais cmma la ddSance, te doute, la moquerie
amère. et, depuis qne!ques jours, ces tdstesennauvais pressenti-
ments se sont tout & coup développes en moi avec une rapidité deat
je sais aussi surprise qn'abnnee.
a Ce n'est pas tout..
< !t faut qati y ait quelque chose de dangereusement pénétrant
dans ta uatterie; car, à toi. je dois tout dire. Bien que taxant quel-
qaefois d'otagëration les louanges que i'on me prodiguait, je m'étais
dcnMnde comment il se faisait pourtant que tant de personnes diCe*
MMes. n ayant ancna rapportentre elles, se trouvassent si onammee
paar me louer en tout et sur tout.
y « ptns. !<*M<Mjour, madame de la Bnchat~a m't emXhtht
< Q
à Ma concert. Je me M))a apertoe que Mut ta monde me Mca~'
da)t. q«))<))tte)t ptx'MWtcs. ««'mo. (ta~ateot et rct'~satextdavMtt
Hta) af<'o aOet'taO)')); e<-pf)t'<.tt)t j'~ts~ bien s«)tp<o<M6)tKMM.A
t'~X.'e n~M'o. Mwmej'ou aeM. ja Mo suis pa& saM~ ~t)tt que t'M
tno rt'tHarque.
< Et )))(')) K)«'Mf et aa t~mitta de me <!ifa
o Et) b)en! wns awtottt-MtOt); tronp~e? Voyez quel ~tvoat
pr<t(!<))'!0)! partoutet snr tout le «tondo 1.
<t A cc!a, à cette ~tdfnea, que pMtvata.jo rdpondro, cMK maman?
Mon. AnMt.
< Ce~touangeB, ces fhtterica conoten~tent,je t'avoue, & me pa'
)fa!tto dM)<!Cs. Je m'en e<<M)na)x moins, et, si parfois eacMejo h)t

<t
« Mata po))r<juoi
nattmaHtme? t
t't
<a<a!B d'exag<'rat!o)<,Je me r<!p<'))th))s aussitôt
qMejc produis, comote dit mon tuteur, eat"

< tMast 1 la cause de Mtteunantmitë, ea devait me t'apprendre.


< Voici m'est arrive
e<! <p<)
< Ph'sicurs Ms, j'a) m ehex m<tn toteor one personne dont je
n'avais oMi te partpr j«stp)')ct c'est M. le marquis de MaiOffort H
est difforme, it a ritir ~ardontttue,et !) M dit a tout le mmtdo que
des m<'< haucetCB ou des douccuM iroatques, pires que des më-
ehaccetee.
a Presque ta~eare. c<MaMt à t'antipatMe qu'H m'!asp)rat<, j'avais
trouvé le M<oyea de quitter le satua très-peu de temps après t'arrivee
do ce méchant homme; ces marques de mon éloignement pour lui
étaient eMouMgces, favorisées, par les personnes dont je suis en.
Marée, car elles redoutent M. de MaiMe&Hr~qMe!qa'et!aei'M<ae!ttent
avec une affabilitébfcee.
o M y a trois jours, on t'tnaonee.
< Je me trouvais seute avec mademoiselleBeMm Quitter te ea!ea
& t'instant même eat été de ma part une Impolitesse trop grande;

je ratai donc, comptant me retirer aa bout de qoetqnes motoente.


< Tel fut alors le court entreUea de M. de MaiMefort et de made'
moiselle Bëtena je me te rappelle eomme d je t'oBtemtab. nehs!1
je n'en ai pas perdu un seul mot!
< Eh bonjour donc, ma chère demo!M!!e Bëtena. lui dit le
msrqms de son air sardonique, je suis tonjoars)RHr! de voir mado*
tM~M~e da BaaMmfmM auprès de voae. e!!e tant ta(jaer dam
vas pteux entroOeos. e!to a tant à proutep do vas e<cei)ents eon'
tt)~. ait'~i que de ceux da votre digne frère et do votre aen muim
~MheXa'fMtMr! 1

o Main, nous t'e~t'rna~ Nen, monsteur te marqua aous Mm'


c
~MaM en ee<t un da~uif eacr~ cuvera madeutuiiieHo do Beau-
Ot'Mt).
< Certainement, a tdpOKttu M. de MaHtefoUd'un ton do p!oa
en ptm aatrdnxiqno, t ce dovotr aacrë. veuit ot les ~tres, vau~
ao BtMttftse!! pf(!nt no r~pOtez-vous point sans cesse, et sur tous les
tons. à rnsdemotscHe do Ceaumeantt < Vous êtes ta ptus riche <)<rt'
< t~M de Ffanee. coxc vous Otcs, en cctto qxatM, la personno do
< monde !a plus admiraMemuntaccoMp!io. cpM ta ptus MMtvorMUe-
< meot douée, t

o Mais, monsieur, e'<cr!a tnadetnaheHe B<!Maa en tater'


MBtpant bl. de Mh~'fon, te que vous dites
< Mats, nM:t!e!n'~?et)e. Mpr!t le marmots, j'en appcMe i't
mtMtemnisuMc de t)e.mn)esnt) ette-tH~mo qu'ct)a dieo si, da tootca
parts, ne retentit pas c:.h)ur d'oXe un ëternet concert de toxnogcs,
ma~oin'jUMtteutMr~attis~ d'ailleurs par co cher baron, par sa fenono
et par vous. madctnoiseth' HëMMa charmant concert dans te<t')d
vous fahei tous trois votre partie avec un talent euch:'ntcnr. avec
a))0)'tn'egat!oM touchante, avec uodtSsinteroMementsutttxno) Tous
tes rôles vous sout bous. aujourd'htu st)Mp!es che& de cha'ur. vous
dounez le ton à la foule des admirateursdo mademoiselle de Beau-
memM. demain, brUtants solo, vous improvisez des hymnes à sa
tonange, oa se revèlent toute l'étendue de vos ress-ources, toute ta
Bexibitite de votreart. et surtout t'adorabte sincérité de vos nobles
«Bure.
< Ainsi monsieur, dit mademoiselle Metëna en devenant
rouge, de eo!ère sans doute, ainsi notre chère pupille n'a aucune
des qualités, aucun des agréments, aucun des charmes qui ha sont si
unanimementreconnus?
« Parce qu'elle M< la pt<M riche ~r«<~M <e Ffanee, td*
pondit M. de MaHtef'trten s'inclinant ironiquement devant moi,
et, en cette qualité, mademoiselle de Beaumesuil a droit. aux
Batteries tes pins outrageases. et tes plus. outrageantes. parea
qa'dtet <«n< tMnaen~fM et uniquementdietéca par ta h~M~o 0)
par la cM))}<tM~
<t Je motavat et Je sonta, pouvant à peine contenir mas hrmea.

<t C~ p.'ra!ei<. je no tca ai pas wMiJoa. n).t moM t


<Toujours ja les entend.
<t Oh la méchanceté do M. de MaOtefot't a ~m pour mol MO)) t~t~
hOonj mea yeux se aoot ouverts. t'at tout <amprb.
<t Ces louanges de tentes sortes, cet p~vcnHncca, c~a pr«tastat!aM
d'aMnchemsntdontonm'aeeahte: )'<< quo j'ai t(ro)t)))tdi'nsq))et'
ques réunions, et jusqu'aux Oattt'rics do mes fourxissou~. tout cela
<t'a<!r<t')0 à la ph« < <c~' A''W<fe do ffanff.
ma <))~M, ce « ~tait d"))<' pas saas raison <}))n je t'~<T!va!a
o A))
!'im)H'pM(on d~'utoxreuM, ~tnotgo, que j'ai re~Motio <")f<)))o, le
tendentaia de ttwa arrivée duus cette toatst))). )'ou m'a si j'on~cu*
sèment Mnonc~ que j'étais maltresse d'Mtte fortune ëno' mo.
< M me semble. te disais-je, que je a«~ dans la position
d'âne pe'eot'Me qui possède un tfdsor. et qui eratat & chaque ta-
staot d'être v<t)<'e. x
« Cette Impression, alors confuse, Inexplicable. je la comprends
matntenant.
« C'était le vague pressentiment de cette crainte, de cette d~Oance
Inquiète, ombrageuse, amère, dont je suis poursuivie sans reiache.
depuis que cette pensée accablante est saus cesse préseute à mon es*
prit
< C'est uniquement & ma fortune que s'adressent toutes les mar-
ques d'affection que t'oa me témoigne, toutes les louanges que t'oa
m'accorde.
< Oh t je te le répète, ma mère, la méchanceté de b1. de Mait!etMt
du moins en, contre son gré, Bn bon résultat sans doute cette ré-
vélation m'a fait et me fera erueMement souffrir. mais, au moins,
elle m'éclaire, elle explique, elle autorise l'espèce d'éloignement in<
eempréhensibie et toujours croissant que m'inspiraient mon tuteur
et sa famille.
e Cette réve!at!on me donne enSn la clef de t'obséquiosité, des
hasses prévenances dont je suis partout et toujours entourée.
« Et cependant, chère et tendre mère, c'est maintenant que met
axmnx deviennent peoiMea. même envers toi.
< <M. Ja ta M <?. Mit que t'atmo~h~ra d'ada~tton et da
tmMM~ c& je vis maintenant m'att dOja forrompue. )M))t pt'ot-Ctm
quo JM rectdo devant te qu'M y a d horriMa dans cuite pensëo t
< TeuMs les <oni)t)HC&, fautes tex preuves d'atïecttex '(MM t'en me
donna no aoot adresses qu'à oa forhotH. t
o Je ao pots crotra à tant da ba~seaiie. à tant de fMsaox! chM tes
autres, et, fant'M te la dire, Jo no puis aroira non [t)m que jo vaiMa si
pau. et que )o aola Incapabled'!nsp!ror la moindre affection sincère
tt~Mntdressëa.
< Ou plutôt. vêts-tu, chère mère, }o ne sais plus que penser. ot
desaxorea, nt de mnt.memo. Ce conttnoEt dtM do doute e<HoM)p-
CortaMe en ~a<n j'ai cht'n he <(M moyens d'o) sortir. do ).avo<r ta
ttrit~ Hah à qui <)) deotan'ter qui poh-jc attontre «xe rfp«nse
De
tin'~M? Et encore, mattttcHunt poufM'a-ja jamais cfeiM & la oia-
«!rM?
< Ce c'est pas tout de nouveaux événements sont venua rendre
plus cruelle eMcere cette sitaatioa déjà si pënibtt) pour meL..
< Tu vas en juger.
< Les amères et Ironiques paMtea ds H. de Mtillefort. a propos
des pprfectiooB que je devais réunir en ma qualité d'M)'«MM, "ot
Mn~ d"ute M rcpMea & mox tuteur et à sa femme par n'ademoi'
selle liéléna, ou bien quelque autre événement, que j'ign"re, a forcé
les pt'rsottnas dont je suis entourée a hâter et à me dev~tt'r des pro-
jets auxquels j'états jusqu'alors restée absotom nt etrau~re, et qui
portent à leur comble mes tneerttUMtfs et ma dët!!)nce. B
Hadt'mtisette do Beaumesnil, à cet endn'!t de son journal. fut !a-
terrompMe par deux coups frappés discrètement à la porte de sa,
chambre à coucher.
Surprise, presque ettrayée, ayant oublié, au milieu de ses tristes
préoccupations, le sujet de son dernier entretien avec sa gouvct'
aante, l'orpheline demanda d'une voix tremblante
-Qui est là?
Moi, mademo!se!)f!t répondit madame Lame à travers b
porte.
Entrez, dit Ernestine se rappelant tcut alors.
Et s'adressant à sa gouvernante t
Qu'y a-t-H donc?
""Banaa naaMMe. oteeMente MMwMo, ma(!eaM!<e!!< V<KX
veye<. J'ai tes mah'a ça san~ mats. <«t dgatlt
Ah! MO!) Rteat. c'est ~f.<<, <t't~!a maOcm<t!s"Moda ttcaa'
??!< avec ctffo!, que vous tst'Mdoao arr~?. Tenez. prenez
ce moo' h«)r. ëtitnthuz ce Mng.
«h ce B'Mt tka, taadetontseOe, T<pat)<<)t In ftoavcf~t
a~ecMM~me, pour votM Mrw!ceje brafer.'ia ta martt.
Cette exH~fattot at~Mtt la cf!npMa!aa de ma<temo!se!!a do Bct<s-
<aeMt!t, qui )f<!pond!<
Jeew)))) t vatM MOM~eot d~vouea!Mt, mah, <te g~ce, enM-
toppae votre main.
C'est polir elidir à m«!emats<'Mo, peu m'tMpette ecUo Mm-
M<M. car, eMOn, la porta est envfrta.Na<!amo!so!te,Je eub carv<b
nue à dévisser tes pltous d'OM cadenas. & soulever uno batte de
fer. J'at entrouvert ta pMtc, et, commeje m'ca doutais, elle duam
dana ta Mo.
Soyez ti<tro, ma chère Latnë, quate eturat teeonnahre.
Ah je conjure madem~s~Me do ne pas ma parler de M KCtta*
M'asanco i ne MMs-je pas paye par te plaisir que j'ai à la scfwtr?.
Scu!o)«cMt que mad''m«ist-)te m'excuse d'être ainsi revenue, matgfa
ses ordres. m'da j'étais N coutcnto d'avoir reu~t
Je vous eats, au contrairct beaucoup de gré de cet emptreaM*
ment. Ainsi, nou~ pouvuus ea toute certitude can~utr de nos pro.
jets pour dt'maiB?.
Oh maintenant, tfademo!seMe, c'est chose faite.
–Eh bien donc 1 vous mo prëparefez une robe de moassettm
Manche, très-stmpte, et, la nuit venue, nom nous rendrons chez ma'
dame Derbaut. Et, encore une fois. la plus grande discrétion.
QEe mademotseitesoit tr.tnqtiuUe. elle c'a rien de plus & m'et*
donner?
Nen, je n'ai qo'a vous remercierde votre zèle.
Je souhaite une bonne nuit à mademoiselle.
Bonse!r, ma chère Latne.
t~ gonveroame sortit.
Mademoiselle de Bcaumesnil continua d'ect!re wa teatad.
XXXïM

Apros !a adpart de na cfMvcrnnnta. mad''<no!se)tede BcaomeMU


tMtin'ta donc d'écrire son jnurnat ainsi qn )t «xit
a Pour bien comprendraces Mawaw événements, M faut revenir
Ntr le passa. chara maman.
< Le lendemain de mon arrivée chez mon tuteur, je suis aMe à
Mgt~e avec madomobette tMttiaa; jo me recoeiXats ttana ma prière
en songeant à M)!, ma mère. lorsque mademoiselle tMt~M m'a t~it re'
marquer oa jeune homme qui priait avec ferveur au m6nM autel que
neu6.
a Ce jeune hommo.ja t'tt aa plus tard, se aommo H. CNeatta
de HaeKoM.
< L'attention de mademoiselle)MMna avait ~të aM!r<!e sur lui, me
<!it-c!)o. parce qu'au lieu do s'agfMuxHter, comme tout le moo~e, sur
mu' chaise, H était à ~'uoux sur les daM''6 de rcgtise c'était aui's!
pour sa mère qu!t prhit. car nous l'avons CMMH'e eutcadu dcman-
der, ait prêtre qui vint C<iM la quête de notre e&të, aa'i n"Mvetta
neuvaine de messes à la même chapelle pour le Mpes de t'ame de
N mère.
< En sortant de t'estise, et au moment oi nous amons prenne de
fean bénite, M. de Macreusenous en a offert ea nous saluant, car M
nous précédait au bénitier: plusieurs pauvres ont ensuite eMONré ce
Jtuue homme M leur a distribué une abondante aumône, en tour dt-
sant d'une voix émne < Le peu que je vous donne, je vous t'et&e
t an nom de ma pauvre ntëre qui n'est plus. Prie* pour elle.
< A l'instant où M. de Macreuse disparaissait dans la foule, j'at
aperçu M. de Maillefort; entrait-il dans l'église? en sortait-il ? je ne
sais; madcmoisetteHétëna, t'apercevant en même temps que moi, a
paru surprise, presque inquiète, de sa présence.
e En revenant à la maison ette m'a plusieurs fois parte de H. de
Macreuse, dont ta pieté paraissait si sincère, la charité si grande ¡
eBe we connaissait pas ce monsieur, –me dit-elle, mais it lui
tMpirait beaucoup d'intérêt, parce qu'il semblait posséder des quaM-
<& presque Introuvables ehez tes jeunes gens de notre tempe.
< te lendemain, nous sommes retournées à M~!se;tOMmvons
de nouveau rencontre H. de MacrcH'.a it fait ses dévotions à !a
mtme chapeMa que «<M& cette Ma H semblait at ahaorha dans sa
prière, que, )'oMce t<'rmi"ë, M est res' & à genoux sur la pierre,
qu'll fouettait presque du front, tant il semblait accablé, anéanti
par h douleur; puis, a'atfaksantMcat&t sur tu~m&me. H eat Kmb<
la renveMe. évanoui, et on t'a transporté dans la eacrkUe.
< Mathcnrenu jeune homme. M'a dit mademoiselle HëMaa,
combien il regrette sa m&ra 1 quel boa et noble emur il <!o!t
avoir 1
a J'ai partagd t'anondrisMnMnt de madematseMe HëteM, ea<
mtenx que pHr~noe le pt'a~ah Ct'onpattr BM souffrances de M.
Macreuse, dont )a OgMre deoee et triste~)ait un profond chagrin.
< Au
moment où la sacristie s'cavratt aux bcdoaHX qui onpor.
tateat bl. d'* Macreuse, M. de Ma!Mcfort, qui so trouvai sur son pas-
tage, se mit à rire d'un air ironique.
< Mademoiselle UoMna parut de plus en plus taqoiètede Mneen*
trer une seconde fois M. de MaiMetbrt MgMse.
< Ce satan, me dit-elle, ne peut venir dans la maison de'
Dieu que pour quelque maMuce.
w Dans )'après-dtn<!e de ce jour, madame de la ReeMgoë m'a dé.
cMee, <natgrë ma répugnance, à venir faire une promenade avec
elle et une de ses amies nous avons été prendre madame la du-
chesse de Senneterre, que je ne connaissais pas, et nous sommes
atMesaux Champs-Etysëes; it y avait beaucoup de moude; notre
Toinre s'étant mise au pas, madame de la Rechaiguê a dit à madame
de Senneterre
< Ma chère duchesse, est-ce que ce n'est pas monsieur votre
<Hs que je vois là-bas à cheval?
< En effet, c'est Gerald, a répondu madame de Senneterre
en lorgnantde ce coté.
< J'espère bien qu'il nous verra, a ajouté madame de Mire.
court, et qu'il viendra nous saluer.
« Oh a repris madame de la Rochaiguë, M. de Senna
terre n'y manquera pas. puisqueheureusement madame la duchesse
est avec nous.. Je dis heureusement, et je me trompe, a ajoute
madame de la Hochaigue, car ta présence de madame la duchesse
mus empêche de dire tant le bien que nous pensuas de M. GeraM.
t Obi qaaat & eeta, a répondu madame de Senneterre en
Martant, je n'a! auenne modestie maternelle jamais je n'eatcada
dire assez do bien de mon dis.
« Vous devez pourtant, madame, a répandu madame de
Mtreeourt, être biea satisfaite à ce sujet, si avide que vous
Myez.
< Mah, à propos de bl. de Senneterre, a dit madame do Mi-
recourt à madame de la Meehaigue, savez-vous pourquoi M. d<*
Sennoterre s'est à dix-huit ans engage comme simple soldat?
< Non, a répondu madame de la Mechaigoe. Je sais, e&
effet, que M. de Scnncterre, parti comme so) tat maigre sa nais-
sauce, a gagné aos grad''s et sa croix sur le champ de bataille, au
prix do nombreuses blessures, mais j'igaoro pourquoi il s'est en-
~e
< Madame la duchesse, a ajouté madame de Mirocourten s'a.
dressantà madame de Senneterre, n'est-)! pas vrai que votre ats
t vuuiu partir eomute soldat parce qutrouvait tâche d'acheter ua
homme pour t'envoyer à la guerre se taire tuer à sa place?
< M est vrai, répondit madame de Seunetcrre, telle est la
raison que mon Sts nous a donnée, et il a accompli son dessein,
maigre mes larmes et tes prières de son père.
a C'est superbe, a dit madame de la HochatguS. B n'y a
au monde que M. de Senoeterre capable de montrer une résolution
si chevaleresque.
< Et par ce seul fait on peut juger de la générosité de son ca-
ractère, ajouta madame de Mireconrt.
< Oh je puis dire avec un juste orgoeit qu'il n'est pas de
meilleur Nts que Geratd. dit madame de Senneterre.
< Et qui dit bon Bts dit tout, reprit madame de la Bo-
chdgnë.
< J'écoutais en silence cette conversation, partageant la sympathie
qu'inspirait aux personnes dont j'étais accompagnéela généreuse con.
duite de M. de Senneterre s'fngageant comme simple suldal p!utet
que d'envoyer quelqu'un se faire tu"r pour lui.
< A ce moment, plusieurs jeunes gens passaient an pas de tenta
theMax, en sens inverse de nous; je vis l'un d'eux s'arrêter, retour-
aer son ehemt. veaar se phear à e<M de aoMeeatèche,~B <Mt
NSH au pas.
<t Ce jeunehommeétait M.
de Senneterre M saina M mcM. Madame
de la Bechaignê me le présenta U ma dit quelques parties ~cien.
ses, puis n m en eansant plusieurs tours de promenade auprès de
nous
« 0 ae passait pour ams! dire pas mteveitare élégante MM que les
peKMatea qui <'e<N!MtM!eBt a échangeassent quetqttestgnettmieatavM
M. de~eenetetTe,qui me parât inspirer oBoMem~e!MaBce seMOtate.
t
< Ptadaat M!M<~) <p'M eat avec nous, il fut ~ea'go!, ië~eremeai
tMqaear, msds sam Btechancete il ne ra!)h que des tidiewtea e~
det~ pour iem, et qd passeteat de~at nos yeax.
< Peu de tempe avant que M. de Senneterre NMs qoiMtt, nem
tf~es CMîses par aae magmSqae voiture à quatre chevaux, Nmrchaat
au pas comme Mas, et dans laquelle se M<nnatt wa homme devant
qui Ma gtaud nombre de personnes se découvraient avec déférence.
Cet homme sa)aa profondément M. de Senneterre, qui, au Ben de lui
tendre son salut, le toisa du plus dédaigneux regard.
< Ah mon Dieu monsieur de Senaeterre, lui dit madame
de h RocMgne tout ebaMe, mais c'est M. du Tilleul qui vient de
passer.
<–Eh Men! madame!
<–Bvonsasa)u6.
Cest vrai, j'ai en ce dësa(premenHa, répondit M. de Sen*
<
Mtene en souriant.
a Bt vous ne M avez pas rendu son sahtt '1
<t Je ne saine plus M. du Tiiteui, madame.
< Mais tout le monde te adne.
<On a tert.
< Pourquoi cela, monsieur de Senneterre t
a Comment ? pourquoi?. et son aventure avec madame de.
a Ms t'interrompant, sans doute gène par ma présence,IL de
Senneterre reprit en s adressant à madame de ia Rechaigaê
<( Connaissez-vomsa conduite avec certaine marquise?1
a Sans doute.
e Eh bien madame, un homme qui agit avec c~tte emeNe !&*
~Më est un misérabte. et je ne salue pas un miseraMe.
< Pourtant, dans le monde, on continue de rac~eiUifà met*
~~m~.M~M deNireequrt.
a –ÏMt, pa~ qa'B a b meiuêare maison de Par~ MptitN. de
Sameten~ –et qa'on veat aBer à sea têtes. Aussi r<my vo, ce ]

qai est une indignité de plus.


o Attons. monsiemr Ceratd, dit madame de NtreeMtt, vaaa
<tes trop rigoriste.
< Mo! reprit M. de Senneterre en riant, moi, rigoriste.
quelle affreuse calomnie je veux vous prnu~tle contraxe. M*
M! regardez bien ce petit oroM~Aaatvert qui vient ?. et.
< Gerald écriavivementmadame de Sennetfrre en me dési-
<
gnant da regard à son ab, car j'avais machinalementtoNraë la tête da
côté de la voiture signalée par M. de Senneterre, et occupée par une
Mes-jeaM ettrëa-jotiefemme qui me parut le suivre des yeux.
a A rinterpetiatioa de sa mère et au regard qu'elle jeta sur moi,
M. de Senneterre se mordit tes lèvres, et répondit en souriant
e Vous avez raison, ma mère, tes anges seraient trop malheu.
Km sib apprenaient qatt y a des démons.
e Sans doute, cette sorte d'excuse m'était indirectement adressée
par N. de Senneterre, car deux de ces dames me regardèrent en
souriant à leur tour, et je me sentis très-emiMrras~ée.
< L'heureétant venue de quitteria eromenade, madame de Senne-
tenre dit à son nis
<[ A tout à l'heure. voas dmez avec moi, n'est-ce pas, GeraMï
< Non, ma mère. et je vous demande pardon de ae pas vous
avoir prévenue que je disposais de ma soirée.
<t C'est très-malheureux pour vous, reprit madame de Sen-
Mterre en souriant, car j'ai, moi, disposé de vous ce soir.
< A merveille, ma mÈre, répondit affectueusement M. de
Sennetene, j'écrirai un mot pour me dégager, etj< serai à wm
OHires.
< Et, après nous avoir satuees, M. de Senaetermpa<& ea ga!op dS
san chevai, qu'il montait avec une aisance et une grâce parfaites.
« J'ai fait cette remarque, et elle m'a attristée, car la murante dB
Il. de Senneterre m'a rappeté la rare ëiéganee de mon pauvre pàM.
e Autant q't*i) m'a paru, dans ceMe eatfevae, et quoiqu'il at'oat t~Ès-
peu adressé la parole, M. de Sesaete?fedoit avoiFBBcaractère&3B%
<6aéfeux, résoiu, et une tendre déférence pour sa mère. C'étaitd'ati.
leurs ce que pensaient ces dames, car, jusqu'au moment oa nom tes
avons qaiMee&,eMeea'<tat pas cessée Mo&Megedo M.deSœae.
teH%.
< t<e lendemain et le jour saivant, nous avons revu H. de Macreast
à t'ëgtise? douleur paraissait non moins profonde, mais plus ca)<ae,
ou plutôt plus morne. Deux ou trois fois te hasard voulut qu'it jetât têt
yeux sur nous, et je ne sais pourquoi mon ceeur se serra en co)H)ta*
mut ses traits d une douceur si m'ancoHq))e. aoo extérieur humble
et tiotide. à t'ai~nee cavalière de M. le duc de Senneterre.
< Le surteudemain de notre promenade aux Champs-Elysées, J'ae.
ceatpagna! mon tuteor au jardin du Laxembourg, ainsi que je le
lui avais promis.
a Nous visitions tes serres et les beMes collections de rosiers tofa.
que nous avons été abordés par un ami de M. de la Roehatguë il me
l'a présenté sons le nutt) do M. le baron de Ravit ou du Ravit, je crois.
a Ce monsieur nous a accompagnes pendant quelques iastacM;
puis, tirant sa montre, n a dit à H. do la Rochaiguë
< Pardon de vous quitter si t&t, monsieur le baron ma~jetiem
à ne pas manquer la fameuse séance..
< Quelle sëance? a demandé mon tuteur.
t Comment monsieur te baron, voas ignorez que M. de Mot.
nand parte anjoufd'nut ?
< B serait possiMe ?.
a–Certainement tout Paris est à la Chambre des pairs, car M. de
Homand y parte. c'est un événement.
< )e le crois bien, on si admirable talent, a repris mon to-
tear, un homme qui ne peut pas manquer d'être ministre nn jour
ou l'autre. Ah! quel malheur de n'avoir pas été prévenu. Je suit
car, ma chère pupille, que cette séance vous eut intéressée malgré
tes Mies que vous a contées madame de ta Rocha'guè. C'est pour le
coup qu'elle m'eut accusé de guet'apenssi j'avais pu voo (aiMat-
sister à la séance d'aujourd'hui.
« Mais, si mademoiselleen avait le moindre désir, a dit M. de
Ravii à mon tuteur,–je suis à votre disposition, monsieurle baron.
Justement, lorsque je vous ai rencontré, j'attendais une de mes pa*
rentes et son mari; ils ne viendront probaNement pas; je m'étais ?)?
eurë des billets de la tribune dipha~~e, et a'tb ~M~i~tT~t
être agréables.
a– Ma ibi qu'en eMas-vous, ma e&ëtepapiËa?
< Je &tai, monsieur, eo ~t'M vaes piaita d'a~StM. ? Mta
(sntNo. tjontai-jo par égard pour mon tuteur, qw'<ma seaaea
da la Chambredes pairs doit être, en effet, fort intéressante.
)) Eh bien! j'accepte votre «ttre. <Mon cher monsieur de tav!t,
reprit vivftxeut M. de la Mnchitigoe et vous .<uret la rare et
i~noe mrxme, ma chère pupille, ajama't-H, do tomber juste.
oeat nn jour où doit parler M. de Mornand.C'est nno faveur du sert.
< Nous hâtâmes le pas pour gagner
le palais du t-uxemboorg.
<t Au moment
où nous sortionsdes quinconces,j'ai vu do Ma H. de
,Ia)))eto)ft, qui semMait nous sw~re. Ceh m'a Mrpt'se et mqMMteo.
< Comment ce méchant homme se feucontrc t-H presque toa*
oars sur nos pas? me suis-je dit; qui donc pouvait ainsi rin'
struire de Mes projets.
< La tribune diplomatique, e& nus avons pris place, était (!<~
remj'tio de femmes très-élégantes; je me suis assise sur t'uae des
<iMnieres banquettes, entre mon tMtemr et M. de «avit.
< Cehn-ci ayaut enteuda quetqa'MO dire à e&td do nous qu'un ectë.
!)re orateur (il ne s'agissait pas do M. de Momand)devait aussi parier
dans cette séance, M. de Ravit a répondu qu'il M'y avait pas d'autre
orateur célèbre que H. de Mern:'nd, et que cette foule a'ëtait venue
que pour l'entendre. Presque aussitôt, ceM.et est monté à la tribune,
et t'en a fait un grand silence.
a J'étais incaj'at'te de juger et, ea grande partie, de comprendre
le discours de M. de Moroau't, il s'agissait de sojets auxquels je suis
tout à fait étrangère, mais j'ai été frappée de la Onde ce discoots,
dans lequel il a parlé avec une chateurease compassion du triste sort
des familles de pêcheurs, attendant sur le rivage un père, un Bt! Ma
<pe)))t. au moment où la tempête s'eteve.
<! Le hasard voulut
que H. de Mornand, ea prononçantces toa-
thantes paroles, se tournât d'< e<M< de notre tribune; sa fignre impo-
Mate me parut émue d'une profonde commisération pour le sort des
Mertunës dnat il paraissait prendre la défense.
e n est admiraMe t dit à demi-voix M. de Ravil en esssysBt
tes yeux, car it semht.tit vivemententa.
M. de Mora:'nd est sublime! s'écria mon totfar, –H suint
de son discours pour Mre améliorer le sort de M'Me familles de pê-
cheurs.
<D'assez nombreux appiau~ksoments accnet)!nt la 6n du dit-
e'um de M. de Marnand; il aMt qaiMer !a tribune torsqa'aa aHK!
T.I. i?
pa!r~aFfa<tee, <jttme<!gatOt)M!!gaeet eawBt~Me, dit do sa place
a!)f faittcw
w la
Ja demande <'hamh~ ta pprmtsaifn do poser une simpteqnet
t!M à M. ta <:mnte (te Mwnaod avant q"'i) no dcsceudo de cette M!.
tmae. et que sa généreuse et actxiaiac compasshm pouf les peehean
de môme M Mit constamment ë~apwea
t Si voMS m'en croyex. mo~ieor le haron, -ditaussitôt M. d.
navn à mon tuteur, MMS quitterons taut de suite la trlbuno, de
peur de la foule AI, de HonMnd :< parte, tout la monde <a vouloir
s'en aller, car )! n'y a ph<& rien d'tnt<!re&<<ant.
« M. de la Rochaigue m'aMt son bras, et, <.u moment où nous
<ptttt!onala salle, nous avons entcndu des ~ctate de firo uoiverse!!).
< Je vois ce que c'est. dit M. de Ba~t: M. de Mornan4
dcrase anas ses sarcasmes t'tmpn)deat qui avait ea l'audace de vea.
loir lui poser une question, car, torsqu'M te veut, ce diaMe de H. do
MontMKt a do l'esprit comme un démon.
< Mon tuteur m'ayant pr«posë de reprendre notre promenade «
d'aller jusqu'à l'Observatoire, i'y at ceuMUtt. H. de HavU nous ae-
eo<!)p:'j;nait.
e Monsipar le baron, dit-H è mon tuteur, avez-vous rc.
marque rnsdiMMe de BrcUgoy, qa! est eorMo presque ea më«)e tcmp!
~)eMUM9?
7
a–La femme du ministre? non, Je ne t'avab pas Mmarqaee, <~
tdpondit mon t<tt< ar.
« Je le regMUe pour vous, monsieur, car vous eussiez vu t'oM
des meii)eares personnes que t'en paisse rencontrer; on n'a pas d'i-
t
dée de ad~iraMe parti qu'eMe sait tirer de sa position de femme de
ministre, de tout le biea qu'elle fait, des tajasticee qu'elle répare, dea
Mc"oM qu'eUe obtient.. C'est une véritable Providence.
a Cela ne m'étonnepas, reprit mon tatear; dans une eoa'
dttion pareille à ceiie de madame de Bretigny, on peut faire tant de
Mea. car.
« Et,s'interrompant,mon tuteur dit vivement à M. de Ravit
< Ab mon Diea est-ce que ce n'est pas lui, ia'bas, da).s ceMe
a!Me retirée? Tenez. 9 se promène en regardant hs Seurs.
<! Qui €e!a, monsieur ie baron?
Ë. de Mornand. voyez done.
a Si Mt, répondit M. de Bava. e'ea M. c'est bien M<
)! v!N)< oublier son triompha de tout !'henM. se dc)aMCF do sea
grands travaux politiques ex 8'a)))«Mnt & rp~i'rdcrdcs«ours. Ceta n&
)t)'<t)')))tt' pas, car, avcp son tn~'ut. s«)t fi~xic ptditiquo, e'fs.t Cht'tmtM
la oxiM~'ur, le ptx" !i)mp)o ())t it y ait MM moudf, et he~ (;<'uta )e prou.
veut Me)). ApfMaoaadMtrahto succès, que roehurche-t-inta M<im<<a
et des Oeu~.
< MM)s!eatde Ra~H, vous connaissez M. do MorMnd ? M de-
manda nx'n totcuf.
o 'fM'pct< ja le MMcoMM dans ta monde.
< HM~, ea<!u, voua la «muaUset assez pMtf rabMJer, n'est-ce
pasP
« Certntnctnent.
« Et) bien allez donc le Mttcitcr sur le snccès qu'il vient d'ob'
tcHtr: naos vous soivroos. et nous verroni <)o pr~ ce grand hootme.
Que <)ite!vo))a de notte complot, ma chcfc p)t)'i)h)? '1

< -te vous a('<'<'n)p:)(:tM'rai. nx't)s)cur )'")) «tme tnxjnors à voif


des h<*nt)ne" t)"i St'txhtt'ut aussi di'.titt~'t)!~ )p'c <te Mut)<:)t)t).
< h.'x):<tttt ator;. !a diret'tioH de n<'tre marche, et gutJtSs par
Il. <)<' tt:n!t u<'<~ snxnnf bi<'M)~t arrivés d.~)s. t':)))~e oX se trouvait
Il. d<' )!«tu.tu<) A)t\ < ()t)()')i<M''tt's (fte lui at)r<t M. df K )vi(. e), par
eCt'x't). n (m t)tt<'))r. H. df ~tttt.otJ r<:)'(mdit av<:<- s"t;)ttt de B)0'
dc'.tH' ))< d'* s'txj'tx'ttc. m';)dre!is!) dt'ox "') tn'is fuis la pa)u)e o\ec
af)<' e<tr<'t)«' t'it't)vc!)ta)tt'e. et. aj'f's )tu <-<mrt entretien, uous Ms!i&-
mes M. de M")'t)!)))d à '.a pro)))t'u:tde sotitain:.
< Quand on pense. dit bl. de Xavi). qu'avant six mois,
pent~tre. cet h"mfno de formes si simptes gouvernera la France )1
< Rit)!" donc de formes cxccOcntcs, mon cher n)"asieur de Ha'
vil, reprit mon tuteur. M. de M"rnand a tout à fait dcx manie.
re'. de io'an't M'igttcor il est & ta fais aftaM)' et imp(M:tnt. !)a)ne ce
B'fst p:)s ttn de ces ttchxjucts inutecites, «Monte on en voit tant, qui
Be bottent qu'à )c')t s critvates et à t< urs chevaux
< Et ces f)c)uquet!~)â seront généralement peu appctës à gon-
verner la France, reprit M. dt: Xavi);–p; dis gouverner, parce
que M. de .~)o)u:)))d o'ac' opterait pas uu ministère eu sous-ordre U
tera ctx'f du cabinet qu'it f<nmer.t.
< Eh! mou Men! dit tt. de )a Rochfngnë, H n'y a pas en-
core six semaines que Fon parlait de lui daus les jou. naux comme
pr&Mentd'oa nouveau annistèrc.
< Me<t ta woitte )awa~eur <a ba< on. MeM te ve~ttppMt'tet'Mt.
hew de la France) pour te repos du monde ajoot:) d'un ton pr~
fa)«Mme))t pdnett~ M. de HavU. qui <x'Ms quitta hh'M'M.
<t E« r<*M'r<tM< Hvee n)«!) tuteur. jo pe)tM)& quo e'dtatt uno Mfa
belle et Men haute position que celle <i'M to'mxoeqtttcttMvatt. conmo
M. <te Mernnnd. avoir um' ni ~raade tnOucnce sur ta bonheur de la
France, sur la paix de t'ËHrope et sur le repot du monde.
ma cMre maman, dans qnettes ctrcoostanees )'.t! rcncoa.
< V<tit&,
pour la première fois, MM. de Mi'efeMse, do Senneterre et do
Mornand.
« Tettes ont ~«! tes suites de ces feocontree.

XXXIV

Madem~sette de BcMtncM)!) contiMM son journal de la sorte


<f Au bout de quelques jours, madentoisuOe Ué)<!na était parvenue,
me dit-elle, à savoir le uom du jeune homme que nous rencontrions
chaque matin à l'église.
o M s'appetMtt M. Célestin de Macreuse.
a MancntoiseHe Mctëna avait eu sur lui tes renseignements tes p!M
précis; elle m'en parta d'abord soMfent, puis presque incessamment.
a M. de Macreuse appartenait, disait-eUe, par M~ relations,
aw meilleur et aM plus grand monde d'une piété exemplaire, d'me
charité angélique, il avait fondé une œuvre d'une admirable pMian'
thropie, et, quoique jeune encore, son nom était prononcé partaat
avec affecHon et respect.
a Madame de la Bocnaignë me disait, de son côte, tes plus e~an&
e!oges de M. de Senneterre, tandis que mon tuteur amenait sesMat
l'occasion de me parler avec enthousiasmede M. de Momand.
<t Je ne trouvai d'abord rien d'extraordinaireà entendre ainsi muer
eouvent, en ma présence, des personnes qui me sentMaientmériter
ces touanges; seulement je remarquai que jamais les noms de MM.da
ttacrcme, de Seaneterre ou de Momand n'étaient prMMaees par
mon tuteur, sa seear ou sa femme. que dans tea entretiens que toas
(ta)s avaient parfois séparément avec moi.
t Vint 0)0)) le jour où M. dp MatUcfortm'av.'it si méchamment.
oap!M«n. Mias! si vofitaM'ment expituué la cause desprév~t~nce~,
de i'adubth'M dont on m'entourait.
< SmM doute. mon tuteur et sa
femme, averti par mademoiselle
!Ktena, craignirent tesconséquettces <te eeMe révélation, dont je u'a.
vais paru que trap frappée.
« Le soir et <e lendomain <!a ce jour, Mos trois s'ouvrirent !so!
ment à moi do tours projets, sans doute arrêtés depuis tongtcmpa. et
chacun, selon la genre do son esprit et le caractère <tupMhn<tan<
qu'il prottigfatt (car il s'agissait alors <te prëteMdant), me d<!c).tra q<!0
je tenais efre mes mains le bonheur do ma vie et la cefttmda du
plus henreM avenir en ëpeusaat
< M. de Macreuse, selon mademoiselle !!e!<Sna
< M. de Senneterre, selon madame de la RochaigaS;
< M. de Mornand, selon mon tutear.
< A ces propositions inattendues, ma surprise, mon Inquiétude
même, ont été telles, que j'ai pu a peine répondre mes paroies em-
barrassées ont été d'abord prises pour une sorte de consentementta-
tite. puis, par reMexion, j'ai laissé dans cette erreur tes protecteurs
de ces trois prétendants.
< Alors tes confidencesont été complètes.
< Ma bet!e-scBar et mon beau-frère, me dit mademoiselle Hé-
iena. sont d'excellentespersonnes, mais bien mondaines, bien lé-
gères, bien glorieuses; touttsdea~seraient incapables de reconnattra
la rare solidité des principes de M. de Macreose, d'apprécierses ver-
tus chrétiennes, son angëiique piété. il faut donc me garder le se-
cret, ma chère Ernestine, jusqu'au jour où vous aurez fait ie choix que
je vous propose, parce qu'il est digne d'être approuvé par tous.
A!ors, Qere, honorée de ce choix. vous n'aurez qu'à le notifier à
mon frère, votre tuteur, qui l'approuvera, je n'en doute pas, si vous
te im imposez avec fermeté. S'il refusait contre toute probabilité.
nous aviserions à d'autres moyens, et nous saurions bien le coutrain-
dre à assurer votre bonheur.
c Ma pauvre soeur UétÉMa, me dit à son tour M. detaRochaiguS,
est une bonne créature. toute eu Dieu. c'est vrai.
maiseUene
sait rien des choses d'ici-bas. Si vous vous avisiez, ma chère pa*
pitto, de M parler do M. de Hornand, elle ewvr!)fah de grands ytaa,
et vaus dirait qu'il n'a aucun détachement des wnitc~do eemcade,
qu'il a t'amhition du pouvoir, etc., etc. <~uant à ma femme, elle est
patfaite; maiit sortez-ta do M toilette, do ses bals, dt) sait caquet
mon )i)ins. e)<tiH"cx-ta de cas 6Mu.etMutites, qui ne savent que met*
tre leur cravate et se ganter do frais. eue est comptëtement des-
orientée, car elle n'a pas la moindre conscience des choses ë!e~M.
Pour elle, M. de Noroaod serait MM homme grave. sérieux. nnAam<nt
d*~<'<< enfiu, et, par la manière dont vom l'avez eoK'xdue parler
dos !-ci)n''cs de la Chatxbrede~ patrs,mac))etep)t{'))te,wusjugeo
eoMtttte eHo otcuei)tera!t nus projets. Que tuut ceci soit dune eotM
nous. Mta chère pupUtc, et, uuo fois votre dCe!si<tn prise, eontme,
après tout, c'est mo) qui suis votre tuteur, et que votre mariage dé.
pexd de mon seul conseatouent. votre vo!outeae rencontrera aucune
dtnicuhe.
a Vous pensez bien, ma chère belle, me dit enuo madame
de la Rochaiguc, que tout ce que le viens de vous dire au sujet de
M. le duc de bcuucterredoit être at'sot'uueut tenu secret eutre uous.
En fait de <u.tri.t({t:, ma beOe M'ur MctcHa est d'uue it)u"ceuce tttui
que OMtvo; elle lie couuatt du Otari.tge qu'avec le ciel, et queuta mon
mari. ta f'tinque et l'ambitiou lui eut («oroë ht ecrvetie. il ue rêve
que Chambre des pairs. et il est <na)hcureuse«)eut aussi ëtrauger
qu'un iluron tout ce qui est mode, éMgauce. plaisirs; or, ~'oa nuvit
après tout que par et pour i'ëte~ance, la mode et les plaisirs. sur-
tout lorsqu'il s'agit de partagercette vie enchanteresseavec un jeune
et charmant duc, le plus aimable et le plus généreux des hommes;
gardons-nous donc te secret, ma chère belle, et, le moment venu
d'annoncer votre rësoKHiou à votre tuteur. je m'en charge. M. de
la ttoehaigue a l'habitude d'être le très-humMe serviteur. de mes
volontés; je l'ai depuis longtemps accoutumé à cette position subat*
terne il fera ce que nous voudrons. J'ai eu d'ailleurs une exeeUeute
idée, ajouta madame de la Rochaigtié, j'ai prie l'une de met
amies, que vous connaissez déjà, madame de Mirecourt. de doimer un
gr-ind bal dans huit jours. Ainsi, n'adhère belle, jeudi prochain, dans
te tête-à-tête public d'une contredanse, vous pourrez juger de la six'
tërite des sentiments que M. de Senneterreéprouve pour vous.
a Le lendemain de cet entretien avec madame de la Rochaig<t%
mou tmteat me dit en conMence
< Ha fêtante a ea t'heureuaa idée do vous eendntre ta bal qae
donne madame da Hireeourt vous verrait M. de Mor<Mt)d & cette ??,.
tt, Bien merci tes occasions ne lui n'itnquerontpMsde vous e<)BVa!a<-
tra, je t'o~p&ro, do t'impressioa souduiuo, irrMst!h!e, quit a eprttu'
vee à votre vue, lorsque nous sommes allés après la 6~aaee te MNâ*
p)imeatar de ses succès.
a Enttn, deux }ouM après que moa tuteur et sa femme m'earsE!
tt)tfeM«)te de teuM projets de bal, mademoiselle MeMua m'a dit
< Ma chère Ernestine, ma bette sa)))r vous conduit M bal
Jeudi )'at cru toecaHon excellente pour que voua passif z vom ttoa*
ver en rapport avec M. do MacfeoM quoiquece pauvre jeune homme,
a'aittcurs accaMedo chagrins, n'ait aucun de ces dons frivote~râce
auxquels un brille dans uoefete, il a chargé uue dame de ses amies,
)Ks-hautementplacée dans le monde, la Meur de t'ëveqno de Batopo-
Bt, de demander à madame de Mireconrt une invitation pour lui,
B. de Macreuse cette invitation lui a été envoyée avec empresse-
ment ainsi, jeudi vous t'entendrez, et vous ne pourret, j'en suis
sûre, résisterta sincérité de son langage, lorsque vous saurez, ainsi
qu'il me t'a dit A moi-même, couuueut, depuis qu'il vous a vue à lé.
glise, votre image adorée le suit en tous lieux et te trouble jusque
dans ses prières.
a C'est donc au bal de jeudi prochain, ma chère maman, que je
dois me trouver avec MM. de Macreuse, de Senneterre et de Nef*
Mnd.
< Lert même que je n'easse pas dû à une méchanceté de M. de
Haitietbrt cette cruelle révélation sur le vrai motif des sentiments
d'admirationet d'attachement que t'on me témoignait si génératemeat,
mes soupçons, mes craintes, auraient ennu été éveiités par le mys-
tère, par la dissimulation, par la tausseté des personnes dont j'étais
entourée, préparant, à t'insn tes unes des autres. leurs projets de
mariage, et se dénigrant, se trompant mutuellement,pour réussir iso.
lément dans tears desseins. Mais. héias jugez de mon anxiété, ouae
et tendre mère, maintenant que ces deux révë'ations, se succédant,
ont acquis l'une par l'autre une nouvellegravité 1
< Pour compioM ces aveux, chère mère, je dois te dire quelles
avaient été d'abord mes impressions à propos des personnesquei'on
Mudrait me faire épouser.
ojasqa'&ee moment, d'ait!ea)f6,je m'avais aucune pensée detna-
t!age: fepoqne A laquelle j'aurais à sangef cette d~ermtnation M)
Mr«issaitsi ëhti~oëe: cette uemrmitMtioM ette-mamemewmhtait M!'
te)t)p)M pMve, <)'M s!, parfois. )'y avais vasuetMCMt pense, e'~ta!< pour
ittu fftMter d'~rc encore Mfn MM du temp~ où 11 faudtait )tt'e)t <?'
tapar, ?? plutM o~ t'oa s'eM eecM~a~ saos' doute pour t«o).
t C'était doue sans auruue arrière. pensée que t'avais ~MaeMt
da la douleur de bl. de MaMema, qm. comme moi, regtettaM sa M
m~e. puis le bien que mademoiselle HoMaa me disait sans cesse de M
lui, ta douceur de sa (iguM, empreinte de nt~ocotte, la bott~ de son
M)ur, r~vetëe par ses nombreuses aum&HM, tout avait concouru à
totudro ulle ptofoudo e~t!me& )a compassion que je ressentais pour M
lui.
a M. ~e Senneterre, par la franchise et la générosité de son carac.
tère, par sa saieté, par h< cradeMM élégance de ses marbres, m'a.
vait be~ctmp plu; il n'aura!t surtout, ce me semMe, inspiré uae N
grande ceu<hnce, à moi pourtant si réservée!1 M
Quant à M. de Mofo.'Md. il m'in)pos:)it extrêmement par l'élévation de
son ci'ractere et de son talent, ainsi que par la grande inuoeuee dont
Il parafait jouir; je m'étais sentie tout interdite, mais presque
Cure. des quelques paroles bienvei)).)ntes qu'il m'avait adressées tors
de ma rencontre avec lui dans te jardin du L.uxMnbonrg.
< Je dis qu<'j'~pTo)tt'o~ tout cela, chère m!)man, car a.cettcaeure
que je suis iastruite des projets de mariage quo t'oa prête à ecs trois
personnes, à cette heure que la rëvëtatioa de M. de MaiMefort me fait M
douter de tout et de tous. de chacun et de moMMeme, je ne puis plus
lire dans mou propre coeur.
< Et. assiégée <te soupçons, je me demande pourquoi ces trois pré- a
tendant!,à ma main ne seraient pas aussi suidés par le honteux mo-
bile auquel obéissent peut-être toutes les personnes dont je suis en.
tonrëe?
< Et, à cène pensée, tout ce qui me phisait, tout ce qae yadmitait
ea eux, m'inquiète et m'atarme.
< Si ces apparences, touchantes et pieuses chez M. de Macrease,
charmantes et toyates chez M. de Senneterre,imposantes et gënerett-
sss chez M. de Momand, cachaient des âmes basses et vénales!
< ft ma mère! si tu savais ce qaH y a d'horriMedans ces doutes, qui
compiètentrouvre de dëBaacecommencée par la révélation de M. de N
MaiMort.
< Ha mère, ma mère, cela est aHren" car enfin je na dota pas t<Mt*
~ars vivre avec mon tutfnr et sa fam'Ho. et du jour ou j'a'x~'i la
<N))viction qu'ils m'ont trompée. adulée, dans M)) intërêt misérable, je
C'aur:)! pour eux qu'un froid dëd.'in.
w Mats mo dire que. parce que je euts immensément riche, <M «- S
M<~ama<<<jpuM<!f que pour mon argent.
< Mais penser quo je suis fatalementvouée à subir les douloureuses §
tcnsëqueucesd'ooo p:trei!te union, c'est-dire. t&t ou tard t'indiffe'
rence, to tnëpris, l'abandon, la haine peat-Ctre. car tels doivent être
dans la suite les sentitoefta d'un homme assez vil pour rechercherune
femme par un intérêt cupide.
< Oh je te le répète, ma mère. cette pensée est horrible, clle m'eb-
t~Me, elle m'épouvanta, et j'ai voulu essayer de lui échapper à tout
prix.
< Oui, même au prix d'une action dangereuse, funeste peut-être, j
a Voie!, thère maman, comment j'ai été amenef à la résolution
dont je te parte.
<t Pour sortir
de ces CtHeHes inccrtitxdes. qui me font douter des
autres et de mni.même, il faut que je sache ennn M ~ue~e suis, ce que
~parab. M que Je eaMa!. abstraction ~<fe <f<' ma ~)r<«ne.
« Fixée sur ce point, je saurai roconoaitn' te vrai du faux, les adu-
tations vénales de l'intérêt sincère que je mérite peut-être par mot- S
même, et en dehors de cette fortune mandite
< Mais, pour savoir ce que je suis, ce que je vaux réellement, a qui
m'adresser? qui aura la franchise d'isoler dans son appréciation la
jeune fille de t'Mr~~re.
< Et, d'ailleurs, un jugement partiel, si sévère on si Menveutamt
qu'il soit, sonirait-U à me convaincre, à me rassurer?
a Non, non, je le sens, il me faut donc le jugement, Fapprëeiatiea
de plusieurs personnes forcément désintéressées.
a Mais ces juges, où les trouver?
<t Aforce de penser à cela, chère maman, voici ce que j'ai imagin6:
« Madame Laiué m'a parlé, it y a huit jours,de petites réunions que
donnait chaque dimanche une de ses amies. J'ai cherché et trouve ce
soir le moyen de me faire présenter demain à l'une de ces réunions
par ma gouvemab'e. comme sa parente, une jeune orpheline, sans
fortune et vivant de son travail, ainsi que toutes tes personnesdont
M compose cette sedéte.
w M, je ae serai comme de parsamte, !a jugement que Fea pwteR
de moi me sera ntanifestepsft'accMeHqno je recevrai; teafarMper~e'
MotM dont je suis douée, scion eeax qui m'eutenrent, ont en jusqu'ici
an effet si soudain, si ~rr~Mbte, d!scNt-Ms, sur eux et fur les per.
sonnes qa'Ha daignent & mon choix; je produis enBo.dat'stesassem-
bMes c& Je vaia, un effet d g~aerai, que je devrai produire un effet
non moins saisissant sur les peraoMesqui composent la modesterea-
Dion de madame BerbaMt.
<! Sinon, aMrai été abusée, oa se sera cruellement joué de me!
t'ea o'aMt'a pas craint de vouloir compromettre à jamais mon aveuir
en tâchant de 6xef mea choix sur des prétendantsuniquement attirés
par la cupidité.
< Alors, J'aurai prendre ooe résolution dernière pur échapper
ax pièues qui me sont tendus de toutesparts.
< Cette résolution, qneite sera-t-elle?
«Je t'iptore; hëha! ieotee, abandonnée eom<He je eais, a qat me
eemter désormais?
« A qm? Eh mon Dienl A toi, 6 ma mëret. à toi comme tonjonr~
~'obéirai aux inspirations que ta m'enverras comme tu m'as pem-etre
envoyé celle-ci, car, si étrange qu'elle paraisse, qu etie soit peut-être~
fisoiemeM où je suis l'excuse. EUe part, enfin, d'un sentiment jnsteet
droit & t<wotH & savoir la e~r~, si ~~eaM~ ~M'<Me~o«.
« Demain donc, j'y Mio teBoiue, je me readrai à la réunion de ma-
<h&.eHert)Mt.)t a

Le lendemain, en effet, mademoiselle de Béaumesuit ayant, selon


qo'eHe en était convenue avec madamet~tnë. simulé une !ndispositioa
et échappé, par un ferme refus, aux soins empresses des la Roehai-
S<te, sortit dès la nuit avec sa gMnremaate par le petit escalier déreM
communiquant à son appartement.
Puis, motftaot en fiacre à quelque distance de t'Mtet de la Rocbai.
gué, mademoiselle de Beaumesni! et madame Lainé se Breat eeudtMM
et arrivèrent aux BatigaeMes chez madame Berbaat.
XXXV

Madame Berbaut occupait, an trohiiemoétage de la maison qu'ha-


bitait auM< !e commandant Bernard, un assez grand appartement.
Les pièces consacréesataréuniondechaqnedimanche se composaient
de la sage à manger, où l'on dansait au piano; du salon, où étaient
dressées deux taMes de jeu pour tes personnes qui ne dansaient pas;¡
a enfin de la chambre à coucher de madame tterbaut, où t'en pou-
vait se retirer et causer sans être distrait par le bruit de la danse et
ans distraire les jouenrs.
Cet appartement, d'une extrême simplicité, annonçait la modeste
ai!'ance dont jouissait madame Berbaut, veuve et retirée du com.
m('rce avec une petite fortune honorablement gagnée.

t'une de peinture mf '<<


Les deux filles de cette <t!xM "ne &'occnpaient lucrativement,
autre de gravure de musique, tra-
MMX qui ~<!i<'t;' i: .& cette jeune personne en rapport avec Mermintet
b tfttc~MMc, nous t'avons dit, gravant aussi de la musique lorsilue les
tétons de piano lui manquaient,
Rien de plus gai, de plus rMmt, de pins allègrement jeune, que la
majorité de la réunion rassemblée ce soir-là chez madame Berbaut
il y avait une quinzaine de jeunes filles, dont la plus âgée ne comp-
tait pas vingt ans, toutes bien déterminées à passer joyeusement
leur dimanche, journée de plaisir et de repos vaillamment gagnée
par le travail et la contrainte de toute une semaine, soit au eor.ptoir,
soit au magasin, soit dans quelque sombrearrière-boutiquede la raa
Saint-Denisou de la rue des Bourdonnais, Mit, enfin, dans quetqsa
pensionnat.
Plusieurs d'entre ces jeunes nttes étaient charmantes, presque
toutes étaient mises avec ce goût que l'on ne trouve peut-être qa'è
Paris dans cette classe modeste et laborieuse; les toilettes etai<Nt
d'ailleurs très fraîches.
Ces pauvres filles, ne se parant qu'une fois par semaine, feserv&ieat
tontes leurs petites ressources de coqueuerie pour cet unique jom~
ae fête, si impatiemment attenda le samedi, si oruettement MgMMé
hitandi!
La partie maaeutine de l'assemblée otfraK, ainsi que eeta ae tea-
contre d'ailleurs dans toutes les réunions, an aspect moins etegan~
moins dis-tingoë, que la partie féminine; car, sauf quelques nuance
presque imperceptibles, la plupart de ces jeunes n)!es avaient autant
de bonne et gracieuse contenance que si elles eussent appartenu 4
ce qu'en appelle la meilleure compagnie; mais cette différence, tonte
à t'avantage des jeunes filles, on l'oubliait, grâce à la cordiale ha.
meur des jeunes gens et à leur franche gaieté, tempérée d'aitteun
par le voisinage des grands parents, qui inspirait une sage réserve.
Au lieu de n'être dans tout son lustre que vers une heure du ma.
tin, ainsi qu'un bal du grand monde, ce petit bal avait atteint sea
apogée d'animation et d'entrain vers les neuf heures, madame Mer-
haut renvoyant impitoyablement avant minuit cette folle jeunesse,
car elle devait se trouver le lendemain matin, qui à son bureau, qui
à son magasin, qui à la pension, pour la classe de ses écolières,etc., été.
Terrible moment, hétas! que cette première heure du lundi. aton
que le bruit de la fête du dimanche résonne encore à votre oreille,
et que vous songez tristement à cet avenir de six longues journets
de tratail, de contrainte. et d'assujettissement.
Mais. aussi, à mesure que se rapproche ce jour tant desM, quelle
impatience croissante' qnet élan de joie anticipée!
Enfin il arrive, ce jour fortuné entre tous tes jours, et alors quelle
hnresse!i
lares et modestes joies jamais du moins vous n'êtes émoussées
par la satiété. Le truvait au prix duquel on vous achète vous donM
une saveur inconnue des oisifs.
Mais tes invités de madame Bernant philosophaient peu ce seir-ta,
réservant leur philosophiepour le lundi.
Une entraînante polka faisait bondir cette infatigable jeunesse.
Telle était la magie de ces accords, que les joueurs et les joueuses
eux'mémes, malgré leur âge et les graves préoccupations du <Min*
jaune et du <o<o. (seuls jeus autorisés chez madame Herbaot) s'a'
bandonnaient, à leur insu et selon la mesure de cet air si dansant, t
de petits balancements sur leur siège, se livrant à une sorte de vé-
nérabte potka assise, qui tMnuignaitde la puissance de l'artiste qui
tenait alors te piano.
Cet artiste ~!ut Beomme.
Un mois environ s'étah passé dopais la premièM entMvoe de h
jeat'e Btte avec Gerald.
Après cette entrevue, commencée sons l'impression d'en fâcheux
heidcnt. et terminée par un gracieux pardon. d'autres rencontres
avaient-elles eu lieu entrâtes deux jeunesgens? On le saura plus tard.
Toujoursest-il que ce soir-tà. au bal de madame tterbaut. la du.
tj~MM, habillée d'une robe de mousseline de laine à vingt sons, d'un
fond bleu très-pâle, avec un gros nœud pareil dans ses magnifiques
theveux blonds, la duchesse était ravissante de beauté.
Un iéger coloris nuançait ses joues ses grands yeux Mens s'ouvraint
MHants, animés; ses lèvres de carmin, aux coins ombragé! d'un
imperceptible duvet doré, souriant à demi, laissaient voir nue ligne
blanc ëmaH. tandis que son beau sein virginal palpitait doucement
Mas le léger tissu qui le voilait, et que son petit pied, merveitteu-
tement chausse de bottines de satin turc, marquait prestement la
mesure de t'entraînante polka.
C'est que, ce jour-là, Herminie était bien heureuse Loin de se
tegarder comme isolée de t'attegresse de sas compagnes, Bermime
jouissait du plaisir qu'elle leur donnait et qu'elle leur voyait pren-
dre. mais ce rare et généreux sentimentne suffisait peut-être pas à
expliquer l'épanouissement de vie, de bonheur et de jeunesse qui
douuait alors aux traits enchanteurs de la duchesse une expression
inaccoutumée; on sentait, si cela se peut dire, que cette délicieuse
créature savait depuis quelque temps tout ce qu'il y avait en elle de
c!)ar))H)nt, de délicat et d'élevé, et qu'elle en était, non pasûère,
mais heureuse, oh heureuse comme ces généreux riches, ravis de
posséder des trésors pour pouvoir donner beaucoup et se faire
adorer ).
Quoique la duchesse fut toute à sa polka et à ses danseurs, plusieurs
fois eUe tourna presque involontairement la tête en entendant ouvrir
la porte de l'antichambrequi donnait dans la salle de bal; puis, à la
vne des personnes qui chaque <b!s entrèrent, la jeune fille parut, tar-
divement peut-être, se reprocher sa distraction.
La porte veuint de s'ouvrir de nouveau, et de nouveau HermMe
avait jeté de ce côté un coup d'œit curieux, peut être même impa*
tieat.
Le nouveau venu était Olivier. le neveu du commandant Bernard
Voyant le jeune soldat laisser la perte ouverte, comme s'M était
) aaM de quelqu'un,. Horminie mugit légèrement et hasarda m) Me'
~eau coup d'œit; mais, bêtas! à cette porte, qui M referma bientôt
derrière lui, apparut un bon gros gar~n do dix'huttans,d'une nguro
hoanete et ea!ve, et gant~ de Mrt-pomme.
Noua ne saurions dire pourquoi, à l'aspectde ce Jouvenceau (peut.
être elle détestait tes gants fM'<-po)Hate), Herminte parut d~appoit~
tde, d<~appointement qui se trahit par une petite moue chanMante et
par un redoublement de vivacttd dans la mesure que battait imp<<
Gemment son petit pied.
La polka terminée, HennMe, qui tenait !e piano depuis le com*
tneneement de la soirée, fut entonréo, remerciée, fdlleitée, et 6nr'
tout invitée pour une foule de contredanses; mais elle jeta le dëse<*
poir dans l'âme des soMieiteurs en se prétendant boi~MM pour MaM
la soirée.
Et i) &ut voir la démarche qu'Hcnniaio se donna pour justifier
son affreux mensonge (prémédite du moment ou etie avait vu Oliviet
arriver sen))! non, jamais colombe blessée n'a tiré son petit pied
rose d'un air plus naturellement souffrant.
Désolés de cet accident, qui les privait du plaisir envié de dansa
avec la duchesse, tes solliciteurs, espérant une compensation, offri*
rent leur bras à t'intëressaute boitot~e j mais elle eut la cruauté de
préférer l'appui de ta u)ia atuée de m:'d:)tno ttfrbaut, et se rt'udit
avec eue dans ta chambre à coucher pour se re))oser et prendre on
peu le frais, dieait.cite, les fenêtres de cet appartement s'ouvraat
sur le jardinet du commandant Bernard.
A peine Bermiuie avait-elle quitté ta satto de bat, donnant le bras
à Hortense Herbant, que mademoisellede BeaumesnU arriva, accom'
pagnée de madame Lame.
La pt<M riche M'ttteM de Ffaoee portait une robe de mousseline
blanche. bien simile, avec une petite écharpe de soie bleu de ciel,
ses cheveux, en bandeaux, encadraient sa figure douce et triste.
L*Ht<)~e de mademoisettede Beaumesnit resta complétement b*
aperçue, quoiqu'eite eût lieu pendant l'intervalle qui séparait de)S
eom redanses.
Ernestine n'était pas jotie; elle n'était pas laide non plus mts! M
M accorda-ton pas la moindre attention.
Veane pour observer et se rendre compte de !'épreave qa*e~
woMt subir la jeaae NMe eempara cet accueil aa tamatMea* SB'
pMMmeatdont elle s'était daja quetqueMs vae entoweo Ma tppa-t
tittcn dans ptusienra assembMes.
M~ré MM eaM~c. pauvre enfant aenth son c<fw ee serrer! tM
[orotes do M. de MaMtefo't cotmucocaiont à être ju<it!OJes par t'évd*
wment.
Danale monde où J'allais, on savait monnom, <o dit Ernestine,
et c'était seulement )'&<'WM~re que r<m regardait, que t'oa entourait,
Mtoar de laquelleoa s'empressait a
Madame Lainé conduisait Ernesttne auprès de madame Horhant
lorsque sa Ote alnée, qui avait accompagné Mefmtnie dans la eham-
~re à coucher, lui dit, après avoir regardédans le salon
Ma petite duchesse, il faut que je te quitte je viens de voir en-
trer une dame de nos am!es, qui a écrit ce m~tin à maman pour lui
demander de lui présenter ce soir une jeune personne, sa patenta.
Mes viennent d'arriver, et tn conçois.
C'est tout simpte, va vite, ma chère Hortense )i faut bien que
lu fasses les honneurs de chez toi, répondit Berminie, peut-être
satisfaite de pouvoir rester seule en ce moment. g
Madextoiseiie nerhant aiia rejoindre sa mère. qui accueillait Mee =
one simplicitécordiale E) nestine pr~ntee par n)ada"<e Latnë.
Je vais vous mettre bientôt au fait de nos haMtu'Jes, ma chère
demoiselle, -disait madame Hcrbaut à Ernestine, te~ jeunes Citée
avec les jeunes gens dans le salonoù t'en danse, tes mamans avec les
mamans dans le salon o& l'on joae; chacun ainsi s'amuse selon Ma
Age et son goût.
Puis. s'adressant à sa CMe atnëe
Bertense, conduismademoiselledans la salle à manger, et voua,
ma chère amie, reprit madame Herbaut en se tournant vers la
gouvernante, venez vous mettre à cette table de nain-jaune; je
eonn:'i!! v< tre godt.
Madame Latnë hésitait à se séparer de mademoiselle de Beauntfs*
nii niais, obéissant à un regard de cctie-ci, elle la laissa aux soin~
de mademoiselle Berb:)Ut, etalla s'établira une des deux taMes de jeu.
Cette présentation s'était passée, nous t'avons dit, dans l'intervalle
4'une polka à une contredanse; la duchesse avait été remp)acée aa
piano par un jeune peintre, très-bon musicien, qui, préludant bien.
tit, convia par s~a accords les danseurs à se mettre en place.
MesaeatmsenesBerbaat, en leur qualité de ~Ma de la matson, «
fort aimantes, fortjo)iesd'ai))eura. nf pouvaient manquer unecoa.
tredanse, bientôt Olivier, portant avec gracx son cioxaut uuin~rme,
qui eût sufu pour le ~ire distinguer dp:: autres homme! lors menx
que le jeune sous-oM!"ier n'<u< pas été <rès.)'cnMn)oab)e par let
af!reme))ts de son extértcur, Olivier vint d 'a a m~deMMbaHeBot.
tense qui entrait dans la salle à manger avct '~nestine
MademoiseMo Mortense, vous a avez pas uttbtië que cette contre
danse m'appartient?et nous devons,je crois, prendre nos places.
Je suis à vous dans l'instant, monsieur Olivier, répundil taa.
demoiselle !!ortense, qui conduisit mad moiseite de Beaumesnii auprès
d'une banquette ou ëtaifut assises plusieurs autres jeunes tii)~.
Je vous demande pardon do vous quitter sitôt, madeu)oise))et
dit-elle à Emestine, tnids je suis engagée pour cette contredanse,
veuillez prendre place sur cette banquette, et vous ne manquerez pas,
j'en suis sure, de danseurs.
–Je vous en prie, mademoiselle, répondit Ernestine, ne
vous occupez pas de moi.
Les accords du piano devinrent de plus en plus pressants, Hortense
Bernant alla rejoindre son danseur, et mademoisellede Beaumesuitpta
place sur la banquette.
De ce moment conuxcncait, à bien dire, l'épreuve que venait coa*
rageusement tenter Ernestiue; près d'elle étaient assises cinq ou six
jeuues filles, i) Cott le dire, tes moins jolies ou les moios agréables
de la réunion, et qui. n'ayant point été engagées d'avance avec em-
pressement, connne le retttM du bal, attendaient modestement, ainsi
que mademoiselle de Beautnesuit, une invitation au moment de la
coutr<'d.)n''e.
Soit que les compagnes d'Ernestine fussent plus jolies qu'eue, son
que leur extérieurpatût plus attrayant, elle tes vit toutes eagagcet
les unes après ie<! autres sans que personne songeât à elle.
Une jeune fille, assez M Je, il est vrai, partageait le délaissement
de ma')<'moiseiiede Beaumesnii. lorsque ces mots retentirent
!) mattune un o)~-ft< il fant tout de suite un <'M-<<'M.
Le d.oti.fttr tievottë qui votim )ti<'n se charge) de retuntir cette b'
e~nf <)'<)r<'j!taphi())'e était tejoovott'et am gants v<;rt-(t"nt'))e.
Ce bon gros garçon, de façons vMifiatres, voyant de loin deu jeune;
tha <K!pmt<MM, aecottmt pour inviter Fane a eMes mais, au tiew
de &ire son choix sans hésiter, a6a d'épargner au moins à cotte qui
ne lui agréait pas la petite humitiatton(t'être détatsséa
après examen,
ingénu, dont l'irrésolution ne dura guère, H est vrai, quo
ce Paris
neiques secondes, se décida pour la voisine de mademoisello do
caumesnU, victoire que l'objet de la préférence des gants vert-
pomme dut saas doute aux éclatantes couleurs et aux luxuriantsap-
pasqui la distinguaient.
Si puénte qu'elle semble peut-être, M serait dtMdte de rendre
'angoisse étrange, amère, qui brisa te cœur do mademoiselle de
eaumesaH pendant tes rapides péripéties de cet incident.
En voyant les autres jeunes filles invitées tour à tour sans que per'
Mnne fit attention à elle, Ernestine revenant déjà à sa modestie natu-
relle, s'était expliqué ces préférences.
Cependant, à mesure que te nombre des délaisséesdiminuait autour
d'elle, son anxiété, sa tristesse, augmentaient; mais, lorsque, restée
teuie avec cette jeune. fille laide, dont la laideur n'était pas même
compensée par quoique étégance de manières, mademoiselle de Beau.
mesnit se vit pour ainsi dire dédaignée après avoir été comparée à sa
compagne, elle ressentit un coup douloureux.
« Hélas' se disait la pauvre enfant avec une tristesse indéfinist
sable, puisque je n'ai pu supporter la comparaison avec aucune des
jeunes Cties qui se trouvaient à coté de moi, et même avec la der.
more que t'en a invitée, je ne dois donc jamais plaire à personne? Si
'eu veut me persuader le contraire, l'on obéira, je n'en puis plus don*
ter maintenant,à une arrière-penséebasse et cupide. Au moins, toutes
tes jeunes uMes que 1'on m'a préférées sont bien assurées que cette
préférence est sincère, aucun doute cruel ne Oétrit leur innocent
triomphe. Ah! jamais je ne connaitrai même cet hnmbie bonheur <
A ces pensées, l'émotion de mademoisellede Beaumesnil fut si poh
p)ante, qu'it lui fallut un violent effort pour contenir ses larmes.
Mi)is, si ses pleurs ne coûtèrent pas, son pâle et doux visage trahi.
Dn sentiment si pénible, que deux personnes, deux coeurs généreux,
en furent frappés tour à tour. (
Pendant que mademoiselle de Beaumesni! s'étaît Uvrée à ces ré.
Cexion cruelles, la contredanse avait sui'i son cours. C!ivier dansait
avec mademoiselle Hortense Berbaut, le jeune coupb se trenva't
!&eé en face d'Ernestiae.

T.1.
Lors d'un repos, Olivier, jetant par hasard les yeux sur les ban.
quetteadésertes, remarqua d'autant pius t'hnmiiiant délaissement de
mademoiselle de Beaumesnii, qui seule ne dansait pas, puis l'exprès.
sion mirante do sa phyaionomie. Olivier en fut sineèrement toneM
et dit tout bas & mademoiselleCerbant
Mademoisetie Hortense, quelle est donc cette jeune fille qui est
)a-bas toute seule, sur cène longue banquette, et qui a Faif si triste!
je ne Fai pas encore vue ic! ce me semble?
MoB Dica non, monsieur Olivier, c'est une jeune personce
oa'Mne des amies de maman lui a présentée aujourd'hui.
C'est donc cela. Elle n'est pas jolie, elle ne connatt persoaM
ici on ne t'a pas engagée. Pauvre petite, comme eMe doit s'en-
nnyer!
Si je n'avala pas été Invitée par vous, monsieur Ot!v!er, et d
ma sœur n'avait pas comme moi promis d'autrescontredanses,je M-
rais restée auprès de cette jeune personne, mais.
C'est tout simpte. mademoiselleBwense, vous avez à aeeem-
pHr vos devoirs de maîtresse de maison, mais moi, bien certaine-
ment, t'engagera! cette pauvre petite tille pour la première contre
danse. Cela fait peine de ta voir ainsi délaissée.
Ah merci pour maman et pour nous, monsieur Olivier, ce
c
sera une vraie bonne <Bavre, dit Hortense, une véritable cha'
rité.
Peu de temps après qu'Olivier eut remarqué l'isolement de made-
moiselle de Beaumesuit, Herminie. qui était restée seule et rêveuse
dans la chambre à coucher, rentra au saion.
Elle causait avec madame Herbaut, appuyée sur le dossierde saa
&Hteait, lorsque, s'interrompant, elle lui dit en regardant par la
porte de la salle à manger, dont tes vantaux étaient ouverts
Mon Dieu! que cette jeune Me qui est tà-bas, toute seule saî
cette banquette, parait donc triste t
f~dame Herbaut leva tes yeux de dessus ses cartes, et, après avet
regardé da côté que lui indiquait Herminie, elle lui répondit
C'est une jeune personne qu'une de mes amies, qui est là aa
nain-jaune, m'a présentée ce soir. Dame, ma chère Dermiuie, que
~<MMez-vons? cette nouvelle venue ne cannait personne ici, et, entre
~MM, elle n'est guère jolie; ee a'estpas étonnant qu'eMe ne tmttM
pas de d'msoa'.
Hais cette pauvre eMÛ)nt ne peut pourtant pas rester aM
th&Bdoonëa toute la soirée, dit Henuime, et comme, par
buubeur, je suis boiteuse, je vais m'occuper da Mraa~e, et tâcher
da lui faire far.<ttre le temps moins tong.
t) n'y a que vous, belle et généreuse dH~MM que vous <tea,
fë)'ou<Mt en riant madame Uerbaut, -pour penser à tout et avoir
une si bonne Idée. Je vous en remercie, car Uortcnso et Claire sont
obligées do danser toutes les contredanses, et il est probable que
cette jeune personne les manquera toutes.
Oh 1 quant à eela, madame. ne le craignez pas, dit Bennï.
aie, je saurai épargner ce désagrément à cette jeune Cite.
Comment ferez-vous, belle dMcteMe?
Oh c'est mon secret, madame, répondit Benninie.
-la
Et elle se dirigea, toujours boitant menteuse vers b ban-
quette o& était seule assise mademoisellede BeaumesnUt

XXXV!
e

lIademoiselle de Beaumesnit, en voyant s'avancerBerminie, Mt si


frappée de sa beauté surprenante, qu'elle ne remarqua pas l'affecta.
ton de boiterie que s'était imposée la duchesse afin de ne pas danser
de toute la soirée. (Si l'on ne l'a pas deviné, l'on saura plus tard le
motif de ce fenotteemen< à la danse, si rare chez une jeune fille.)
Quelle fut donc la surprise d'Ernestine lorsque la <t«cheMe. s'as"
seyant à ses côtés, lui dit de la manière du monde la plus aimab'e
Je suis autorisée par madame Herbaut, mademoiselle, à venir,
a vous le permettez, vous tenir un peu compagnie, et à remplacer
Mpres de vous mesdemoisellesUerbant.
Ahous, on a du moius pitié de moi, se dit d'abord mede~tf
Mlle de BeaumesnHavec une tn(a)iNa!ion fhtu'oofeusa.
Mats raeeent d'Benaimeétait et dom, si engageant, sa chatmantt
physionomie si bienveillante, qn'Ernestme, se reprochant bientôt
ramertume de sa première impression, répondit à la duchesse
Je vous remercie, mademoiselle, ainsi que madame
d'avoir bien voulu de moi, mais je craindraisde
HerbaMt,
vous occuper vous
retenir, et de vous priver du plaisirde.
Do danser? dit Berminie en souriant et en interrompant Er~
nestine Je puis vous rassurer, mademoiselle.j'ai ce soir un ap
freux mal au pied qui m'empêchera de figurer dans le bal; mais vous
voyez qu'à ce grand malheur je trouve auprès de vous une compen.
aation.
En vérité, mademoiselle,je suis confuse de vos hontes
Mon Dieu, je fais tout simplement ce que vous auriez fait pour
moi. j'en suis sure, mademoiselle, si vous m'aviez vue isolée, ainsi
que cela arrive toujours lorsque t'en vient pour la première fois dans
une réunion.
Je ne crois pas, mademoiselle. répondit mademoiselle de
Beanmesnii en souriant, et mise à l'aise par les gracieuses avances
d'Nerminie, je ne crots pas que, même la premièrefois où vom
paraissez quel )oe part, vous restiez jamais isolée.
Ah ) 1 mademoiselle, mademoiselle, répondit gaiement Her.
minie, c'est vous qui allez me rendre confuse si vous me faites
ainsi des compliments.
Oh! je vous assure que je vous dis ce que je pense, mademoi.
ssMe, répondit si nalvement Ernestine, que la <!Me~M, sensible
a cette louange ingénue, reprit
Alors, je vous remerciede ce qn'M y a d'aimable dans vos pa.
rfàes. Elles sont sincères, je n'en doute pas: pour justes, c'est
autre chose; mais dites-moi, comment trouvez-vous notre petit bal?
Charmant, mademoiselle.
N'est.ce pas? c'est si gai, si animé' Comme on emploie Mcn
le temps! Que voulez-vous?ii n'y a qu'un dimanche par semaine..
aussi, pour nous tous qui sommes ici, le plaisir est vraiment an p'ai'
str; taudis que, pour tant de gens, dit-on, c'est une occupation. et
ttes cias fatigants encore. Rassassiés de tout, ils ne savent que s <ma-
~mer pour s amuser.
Et croyez-vous qu'Us s'aMtesent. au moins, mademoiseiter
Non. car il me semble que rien ne doit être plus triste que de
chercher si péniblementle plaisir.
Oh oui, cela doit être triste, aussi triste que de chercher une
affection vraie lorsqu'on n'est aime de personne, dit invoh'ntatre'
ment Ernestine, cédant à l'empire do ses tristes préoccupations.
Il y eut tant de mélancolie dans l'accent de la jeune ntte et dans
l'expression de ses traits en proaoncant ces mots, qaBerminie se
sentit émue.
Pauvre petite, pensa la <t"e&eMe, sans doute. eUe n'est
pas aimée de sa famille; puis l'espèce d'humiliation qa'eito a da res-
sentir en se voyant délaissée par tout le monde doit l'attrister en-
core, car, je n'y songeais pas. elle est là toute seule, sur cette ban*
quette, exposée, comme en spectacle, aux moqueries peut être.
Le hasard vint connrmer tes craintes d'Herminie.
Les évolutions de la contredanse ayant raMené devant Ernestine la
jeune fille aux vives couleurs et son cavalier aux gants <wr<-pom<tM,
la <hM&e<M surprit quelques regards de compassionjetés par la pré.
~e. sur la defo~e.
Ces regards, mademoisellede BeaumesnH tes surprit aussi; elle se
erut pour tout le monde l'objet d'une pitié moqoense. A cette pen.
tëe elle souffrait visiblement. Que t'en juge de sa reconnaissance
puur tterminit' lorsque cette-ci lui dit, en tàchant de sourire, <~r elle
devinait la pénible impression d'Ernestine
Mademoisette, voulez-vousme permettre d'agir avec vou sans
façon9
-Certainement, madfmoisette.
Eh bien) je trouve qu'il fait ici horriblement ehand. Si vous
te vouliez, nous irions nous asseoir dans la chambre de madame
tterbaut.
Oht merci, mademoiselle, dit Ernestine en se levant vive-
ment et en attachant sur Hcnninie son regard ingénu, qu'une tarme
furtive rendit humide. Oh! merci! rëpéta-t-ette tout bas.
Comment? merci. lui dit Herminie avec surprise en h~
donnant le bras, c'est au contraire à moi de vous remercier,
puisque pour moi vous consentez à quitterla salle du bal.
Et moi, je vous remercie, parce que je vous ai comprise, m<
temuiseite. reprit Ernest'ue en accompagnant la duchesse dans
ta chambre à coucherde madame Berbant, ea les deux Jeaaes N!m
ne troxvèrent personne.
M-dMeoant que nous voità seules, dit Herminie à Ernestine,
expliquez-moidonc pourquoi tous m'avez remerdeelorsque tou,
à l'heure..
Mademoiselle, dit Erm'stine en interrompanth ~tte~MM,
vous êtes gonërense. vous devez être franche.
Mademoiselle, c'est ma qualité. ou mon detaat, répondit
Bermin!e en souriant, eh bien 1 voyons, pourquoi cet appel à m)
franchise?Y
Tout à l'beure, lorsque vous m'avez priée de vous accompagner
ici. sous prétexte qn')) faisait trop chaud dans la salle du bid, voa<
avez écouté .votre bon cœor. vous vous êtes dit a Cette pauvre
jeune BHe est délaissée. personne ne t'a tnvitëe à danser parce
qu'eue n'est pas jolie, elle reste là comme un sujet de risée, elle sont
fre de cette humitiation. A cette humiliation je vais la soustraire en
l'amenant ici sons quoique prétexte. 0 Oht vous vous êtes dit cela,
n'est-ce pas? ajouta mademoiselledeBeaumesnit en ne chercham
pas à cacher cette fois tes larmes d'attendrissementqui lui vinrent
<mx yeux. Avouez que je vous ai devinée.
C'est vrai, dit uerminie avec sa loyauté habituelle, pour-
quoi n'avouerais-je pas l'intérêt que votre position m'a iasphee, mt-
demoiselle?
Oh merci encore, dit Ernestine en tendant la main à Bar-
minie, vous ne savez pas combien je sois heureuse de votre eiB-
cérité
Et vous, mademoiselle, reprit Bermmie en serrant la main
d'Emestine, puisque vous voulez que je sois franche, vous ne sx'
vez pas combien, tout & t'heure, vous m'avez fait de peine.
Moi?
Sans doute. lorsque je vons disais que ce devait être une
chose triste que de chercher pëniNement le plaisir, vous m'avez ré-
pondu avec un accent qui m'a serré le cœur t Oui, c'est aussi triste
que de chercher une véritable affection lorsqu'on n'est aimé de ??
MMM.B D
Mademoiselle. reprit Emestme embarrassée.
Oh t en disant cela, voas aviez l'air navré il ne faut pas le
t!ef, ne vous ai-je pas donné l'exemple de la franchise?
C'est vrai, mademoiselle, en cela je ne voa) hmtais pas.
Eh bien reprit Nermiuie en hésitant, perma'tez-mo! une
qoestiua, et surtout ne t'attribuer pas & âne indiscrète curiosité
vous ne rencuntrez peut-être pas. parmi les vôtres. t'atfeetioa que
Mus pourriez désirer?
Je suis orpheline, répondit mademoiselle de Beaumesntt
d'une voix si touchante, qu'Berminie tressaillit et sentit son émotion
augmenter.
Orpheline) reprit.etie, orphetiee' tMbs! ~MS cm-
prends, car moi aussi.
Voas êtes erpheHae ?
–Oo!.
Quel honttear! dit vivement Bn!Mt!Ba.
Diais, pensant aussitbt que cette exclamation Involontaire devait
parattrecruelle ou aa moins bien étrange, elle a}oata
Pardon, mademoiseBe. pardon. mais.
A mon tour, je vous ai devinée, reprit BermMe avec une
grâce charmante. quel bonheur veut dire a Elle sait combien le
tort d'une orpheline est triste, et peot'étre elle m'aimera,peat-ètre,
en elle, je trouverai l'affection que je n'ai pas rencontréeauteurs, e
Est-ce vrai? ajouta Herminie en tendant à son taar ta main à Er.
nestine. N'est-ce pas que je vous ai devinée?
Hélas oui, c'est vrai, répondit Ernestine, cédant de plus ea
plus à t attrait singulier que lui inspirait la <fMcAe<M. Vous avez été
si bonne pour moi, vous semblez si sincère, que j'ambitionneraisvo-
tre affection, mademoiseMe, mais ce n'est qu'une ambition, je n'ose
pas même dire une espérance, reprit timidement Emestine,
car vous me connaissez à peine, mademoiseMe.
Et moi, me connaissez.vous davantage?
Hoa, mab vous, c'est dKfëreat.
–Pourquoi cela?
"=- Je suis déjà votre obligée, et je vous demande encore.
Et qui vous dit que cette aCTection, que vous me demandez, je
*? serais pas heureuse de vous l'accorder en échange de la votre?1
Vous semblez si à plaindre, si intéressante, reprit ttenuinie, qui,
de son cote, ressentait un penchant croissant pour Eraestine.
Nais, devenant tont & coup pensive, elle ajouta
Savez'vCM que ceta est bien singatier?
–Qaei donc, mademe!sette?–demandaEmes~m, Inquiète dt
1a gravité des traits de ta dne~Me.
NoM nous connaissonsdepuis une demi-heureà peine, j'ignore
jasaa'& votre nom, vous ignorer le mien, et nous voici déjà presque
aux confidences.
Mon Dieu, mademoiselle. dit Ernestine d'un air crainnt
presque suppliant, comme si elle eût redOHtédo voir Hermiaie revenir
par t~Nexion sur l'intérêt qu'ello lui avait jusqu'alors témoigne,
pourquoi vous étonner de voir nattre sondain t'atTectioa et la coa'
fiance entre te bienfaiteur et !'ob!ige? Rien ne rapproche, taisset.
moi dire, ne lie plus vite et davantage que la compassion d'un cot~
et que la reconnaissance de l'autre.
J'ai trop besoin d'être de votre avis, reprit Berminie, moitM
souriant, moitié attendrie, j'ai trop envie de vous croire pour ne
pas accepter toutes vos raisons.
Mais ces raisons sont réelles, mademoiselle, dit Ernestine,
encouragée par ce premier succès, et espérant faire partager sa con-
viction à Berminie. Et puis ennn, voyez-vons, notre position
pareille contribue encore à noas rapprocher l'une <te l'autre. Etre
tontes deux orphelines, c'est presque an lien.
Oui, dit la duchase en serrant tes mains d'Emestineentre
tes siennes, c'est un lien doublement précieux pour nous, qui
qui n'en avons plus.
Ainsi, votre affection, dit Ernestine en répondant avec
bonheur à la cordiale étreinte dt!erminie, votre affection, vo!t~
pourrez un jour me t'accorder?1
Tout à fhenre, dit la <«e&eMe, sans vous connaître, j'ai
été touchée de ce que votre position avait de pénible. Maintenant,
M me semble que je vous aime parce que l'on voit que vous ave<

nn bon ceenr.
Oh vous ne pouvez savoir toat le bien que me font vos paretes.
dit mademoiselle de Beanmesait, je ne serai pas iagrate.jt
was le jure, mademoiselle.
liais se reprenant, elle ajouta
IfadeMOM<!<e?. non, a me semble que maintenant il me sen&
<iBci!e de vous appeler ainat.
Et M me serait tout aussi dimcite de vous répondre sur ce ton
earëmonieux, dit la d«e&e:M~– appelez-moi donc Berminie, a
tendition que je vous appellerai?
Ernestine.
Ernestine dit vivement Horminie en se souvenant que c'était
le nom de sa sœur, nom que la comtesse de BeanmesnU avait plusieurs
fois prononcé devant la jeune artiste en lui parlant de cette fille
si cbérie. Vous vous nommez Ernestine ? reprit Berminie.
Vous parliez tout à l'heure de liens en voici un de plus.
Comment cela?
Une personne qui m'inspirait le plus respectueux attachement
avait une fille qui se nommait aussi Ernestine.
Vous le voyez, Herminie, dit mademoiselle de Beanmesni!,
combienil y a de raisons pour que nous nous aimions, et, puisque
nous voici amies, je vais vous accabler de questions plus indiscrètes
tes unes que tes autres.
Et moi donct dit Hermiaie en souriant.
D'abord, qu'est-ce que vous faites? quelle est votfe profession,
Henninie?
Je suis mattresse de chant et de piano.
Oh qne vos écolières doivent être heureuses que vous devez
être bonne ponr eiies!1
Pas da tout, mademoiselle je suis tres-sëvere. reprit gaie.
ment la &tc~e<M. Et vous, Ernestine, que faites-vous?
Moi, reprit mademoisellede Beaumesnii assez embarrassée,
moi, je brode et je fais de la tapisserie.
Et avez-vms au moins sufusammentd'ouvrage, chère enfant?
M demandaHenninie avec une soiiicitude presque maternelle.
Cette époque de t'annëe est la morte saison pour tes travaux de ce
genre.
Je suis arrivée depuis îrês-peade temps <te. de province, pour
rejoindre ici ma parente, répondit ta pauvre Ernestine de plus
en pins embarrassée, mais puisant une certaine assurance dans la
duBcotté même de sa position. Aussi, vous concevez, Herminie,
ajouta-t-elle, que je n'ai pu encore manquer d'ouvrage.
En tout cas, si vous en manquiez, je pourrais, je l'espère, voas
ea procurer, ma chère Ernestine.
Yo!)8: et camment cela1
M aassi brodé pour des marchands, parce que. enCo. en
peut se dire cela entre amies et entre pauvres gens, quetqueM~
mes teçons me manquaient, et la broderie était ma ressource. Aussi,
comme on a été très-contentde mon ouvrage dans la maison dont je
wons parte, maisoa de broderie tres.importante d'ailleurs, j'y ai con-
eervé de bonnes relations; je eai& donc certaine que, recommandée
par moi, si peu de travail qa'M y ait à donner, vous l'aurez.
Mais, puisque veas brodez aussi, vous, Herminie, c'est voua
priver d'une ressonMe en ma faveur, et, si vos leçons venaient en.
core à voas manquer, dit Ernestine, déMciensement touchée de
t'oNre généreuse d'Berminie, comment tëriea -vous ?
Oh je n'ai pas que cette ressource-là, reprit rorgueiMeuse
Me, je grave aussi la musique. Mais l'important est que vous
ayez de Pouvrage assuré, voyez-vous, Ernestine. Car, hélas 1 vous le
savez pent~tre aussi, pour nous autres comme pour tous ceux qui
vivent de lenr travait, M ae rnSh pas d'avoir boa courage, Il faut en.
ceM trouver de t'acomatiMh
Sans doute, car aiett etst bien pénible; et comment faire?..
dit tristement Emestim en Mngeant pour la première fois au sort
fatal de tant de pauvres jeunes nttes, et se disant avec tristesse que
sa nouvette amie devait avoir connu la triste position dont elle M
parlait-
Ooi, c'est pénible, tependit mélancoliquement Berminie,
se voir à bout de ressources, quelque bon vouloir, quelque courage
que l'on ait! et e'est pour cela que je ferai mon possible pour que
vous ignoriez ce ehagnn-ta, ma pauvre Ernestine. Mais dites-moi,
oa demeurez-voas?j'irai veus voir en allant donner mes leçons, si
ce c'est pas trop. trop Ma des quartiers où je suis appelée, car
malheureusement il faut qne je sois très-avarede mon temps.
L'embarrasde mademoiselle de Beaumesnii arrivait à son comble,
embarras encore augmenté par la pénible nécessité d'être obligée de
mentir; pourtant elle reprit en hésitant
–Ma chère Herminie,je serais Mea contente de vensvou'cheï
Mas, mais ma parente.
Paovre emant! je comprends, dit vivement HermMe, ea
veaam, mns le savoir, an secours d'Ernestine, vous n'êtes pas
dtM wons? Votre parente vous le fait durement sentir peut-être?
–Ctsteeh, dit mademoieelle de ~aarnesna, ravie de «Me
eMase, ma parente n'est pas précisément méchante, tmats elle est
boorrue, ajouta-t-eite en souriant, et puis grognon, eh mah
si grognon pour tout le monde, que je craindrais.
Cela me sulût, reprit Berminie en riant à son tour, e!
d!e est grognon, tout est dit, eUe c'aura jamais ma visite. Mais
alors, Ernestine, il faudra venir me voir quelquefoisquand vous aurez:
j
m iustaut.
J'allais vous le demander, HenNinie;jemeM9MBejo!o,nM
Mte, de cette visite 1
Vous verrez ma petite chambre, comme elle est gentille et
coquette, dit la duchesse.
Mais, rëBëehissant que peut-être sa nouvelle amie m'était pas si
bien logée qu'eMe, Berminie se reprit et ajouta
Quand je dis que ma chambre est gentille, c'est une façon de
parler, elle est toute simple.
Ernestine avait déjà, pour ainsi dire, la clef du cœur et du carac-
tère d'Herminie, aussi lui dit-eUe en souriant
Herminie, soyez franche.
A propos de quoi, Ernestine?
Votre chambre est charmante, et vous vous êtes reprise de
crainte de me faire de la peine en pensant que chez ma grognon de pa-
rente je n'avais pas sans doute une chambre aussijolie que la votre?
Mais savez-vous, Ernestine, que vous seriez très-dangereuse,
si reu avait un secret, répondit la <htc&eMe en riant, vous de
vinez tout.
J'en étais sûre votre chambre est charmante; que! bonheur
d'aitertavoir!l
11 ne s'agit pas de dire < Quel bonheurd'aller la voir » H faut
dire « Herminie, tel jour, }e viendrai prendre une tasse de lait le
matin avec vous. e
Oh je le dis de grand cœur!1
Et mol j'accepte aussi de grand cœur seulement, lorsque vous
viendrez, Ernestine, que ce soit à neuf heures, car à dix je com-
mence ma tournée de leçons. Voyons. quel jour vieN-irez-vous?
Mademoiselle de Beaumesnit fut tirée du nouvel embarras oit elle
se trouvait par la Providence, qui se manifesta sous l'aspect d'un
charmant suus-cfBcier de hussards, qui n'était autre qu'Olivier.
Fidèle à la compatissante premesse qu'il avait faite à mademoisetta
OprhxNt.hnHttoa eawnwoaait. parehartt~ ia<t<e!'Efne"t!nepow
la pMcha)ne ceao ~aose.
Olivier, après tww sah)<!) ncrmtote d'on air à la fuis ~eeMfm
et efr<tia), ~odioa devant Mtatteo)o!se))o ~e ttoaMmosot) avec MMe pa'
M)p!sa pxrhito. et ht! posa eeKo qxpstien eaot.)n)o)aoMt)
Hadento!se0a wt<t<f))e me f<)M t'honoexf de danser la pré'
m!&M camret!mMe awe met?

XXXV!!

Nademo!sene de Beaumasnil fut doublement surprlso de l'invita.


t!oa que lui adressait Olivier, car eette invitation dcvMit etr« ponr
ainsi d)repr<'m<M«<!?, puisque Ernestine ne se trouât pas alors dans
la salle de bal: aussi, très-ëtonnëe, la jcutte <t))o hdsitatt & r~poadM
lorsque Ht'rmin!o dit gaietnest aa jeune soldat
J'accepte votre Invitation au nom de mademoiselle, mon-
sieur Olivier, car elle est capable de vouloir vous priver du plaisir de
danser avec elle MNo de me tenir compagniependant toute la soirée.
Puisque m:'demoiseMe a accepté pour moi. monsieur, reprit
Ernctititte en souriant. je ne puis que suivre son exemple.
Olivier s'incima de nouveau, et s'adressantà Merminie s
Je suis arrivé malheureusement bien tard, mademoiselleBer-
mie!e, d'abord parce que vous ne touchez plus du piano, et pait
parce que j'ai appris que vous ne dansez pas.
En effet, monsieur Olivier, vous êtes arrivé tard, car H m*!t
semMé vous voir entrer à la tin de la dernière polka que j'at joude.
Hélas! mademoiselle, vous voyez en moi une victime de ma
patience et de l'inexactitude d'autrui. J'attendais un de mes amif,
qui devait venir avec moi.
Et (MMct regarda Donninie, qui rougit légèrement, et baissa ht
y«Ht.
<– Mata cet a<t< n'est paa veau.
Peut-être esUt maMa, monslour Olivier, demanda la <ïw'
<~M avec o«o afRictaOon da parMta tnditMreace. qMatqn'eOe sa
tonttt assez txquiete.
Non, madenxdscua. U sa porte &matveH)e je M vu tantM;
jeeroh que c'est sa M)Èfc qui t'aun) roteon, car ca brave g!<f<;«)< M'a
aucuno force contre la wtent~ <)e nx mbre.
Cas parattia d'Opter parorent <))M)peF to léger NHfee qttt, de
tex)~ à autre, avait, paMtMtt cette aoMe, assombri ~a front de la
~MCtM!M.
Elle reprit donc gaiementt
6Ms alors, ntoosh'ttr Olivier, vous êtes trop tnjosto de Marner
Mtfe <M~, pulsquo son obtenco a «ne si btMHc excxtia.
Je no to btAxM paa du tout, made<t)<ttse)!o Har)n!))tc. je to plains
de ))'<!r<) paa ~exo, car ta bMt est ehanoant, et jo mo p)a)aa d'&tra
arrivé si tard j aura~ en p)Ms) t&t le plaisir do dallsor avec mode.
ma~eOa, ajouta ebUttoamment Olivier en s'adr~ssaot & made-
mniseMo de BeaMmosnM,aCo de ao pas la lalssor en dehors de la
conversation.
Soudain ces moes < A vos p)aMs! & vesp!acest Mrotenttrcnt
dans ta salle a manger, en m&)))e temps que los accords du ptane.
Madetxotsette, dit Olivier en offrant son bras à ËMestine,
!t sais à vos ordres.
La jeune OOo se leva.
EMe allait suivre Olivier, lorsque BermitHe, la prenant par la main,
lui dittant bas:
Un instant, Eraest!ne, laissez-moi arranger votre écharpe il y
m.tnque une épingle.
Et la ttue~MM. avec une sollicitude charmante, ett'aça un pli dis.
gracieux de t'<!cttarpe, !a uxa au moyen d'une épingle qu'elle prit & aa
Miamre, détira un froncement du corsage de la robe d'Ernestine,
teodant enOn à sa nouvelle amie tous ces petits soins coquets que
deux bonnes soanrs échangent entre elles.
Maintenant, mademoiselle, reprit Benninie avec une gravitd
plaisante, après avoir jeté un conp d'asit sur la toilette d'Ernestine,
je vous permets d'aller danser, mais surtout amusez-vous bien!
Hademoisene de Beaumesnil fut si touchée de la gracieuse attention
Metmhne, oa'avant d'accepterle bras d'Olivier elle trouva moyea
J~ettMf d'au MsM <« Jw<e d. !<t ~oftane fn M <MMt<t <fmt bM
Me~et Cne~M. MPM< tn)~MM<
Rt. heuMMM poMf ta ptt'n~re Ma dopais ta mon do ?!< tneM,
StHMi.<!ne qmttx Mt'KoiniM, pf!t !e hrat d'0]iv!er. et ta fuh'it dm's h
~Mcdohat.
t~ jptoto iiauit-oMctor, d'oua ~ofe r<')')i'«)').'t'<cntc«<aRTA'Mo et
d)st)tt};t<de, <!<')'<))))< avec tfs t)f))t)n)M", tt)'<!vpM««t a~co ta'< tt'xxnMt,
tMfMnt <')<!)« «vea uno rare ~M~onco aox eharm~nt Mnif'tftna t<a
toMsaFtt. fehitoM~ d'oxo croix quu t'en 6MH)t <a))h)M))WM(}aH' !9
toHtMsooa-aMctap,~Mtns.xMM, avait <oph)a «n)n'< sueo~chex n)M'
danM MafbHut, et Hfoc~ioe. oi~o&t'e s! <!t!)a)).a<!e, Ht Mcn <!cs )a'
!aus!<t tot~tH'ettt) n~amt <<H))B ln s~tb) ttc hitt. ax hn<s t)'())tv)<!t'.
t~ fftitoneft )f!< p)))!t in(!<!n"t'ooot, t'emtroit <<n t't'<T<!K)u'e))t"t pro-
ttMtm'xt fttr les <)t)t)'<"t R'))))))~!). «))(t ))d))t!tfMtiu)t roco.
eht'K n)Httf)))tt)!.cHodu Mt'M«)))t".)))), A ct'tto txMtmttttn so }otj!Ha<t
la fernh) votMttti tt'ob~ofvcr t~eu xoo extf&ttf MUeMUon teos tait tod'
(teots <tt) cette soirJn.
Aofs!, s'apertMv.tnt etenttt do t'ett<!«qMûh)t aH!)'Mt la ~Mrence
qo'0)iv!cF tuoutfaH pM)f elle, la tecMMMtMaxco do ta jenna <)))e )t'€t!
M~tNCHta.
Ktte n'cH daHtnh pas Olivier, par bont< do ctMur, avait voulu la
venger du pJntMo et pM~joe humiliant dëtuissetoetttdont o)to awa!t
Mutfort.
Cetiottinx'ot df gratitudo dhpnaa M)at)cnM)sc!tode Beaun)csa!tà M
moutrer eovoM Utivio t)tt pan )nui)M fdservdo ~t'm'~tro qn'M oe tie~
tenait dans «ne txti'hioM i'u~si ddticate que cette e& elle se trouvait,
blise d'a'Xeufs très en ceuthtHce avec le jeune x~Mat p~r cela seu'
!cn)ent ~u'M pafaiMa!t anucatottOtttfat~ par Uenninte. ErneatineM
CMttt donc tfèii'deeidtSa à provoquer toutes les cous~quenee~ de
Mpreuvo qu'eMe weaatt 8')Mr.
Olivier, eu prem' Mant à mademoiselle tterbaut d'engager made-
motsette de Beaumesutt, avait seutetnent obéi à un mouvement de
son ge'tMre'm naturel, car, voyant mademoiselle de Beauntesn!) de
loin, 0 l'avait trouvée presque laide; it ne !a connaissait pas, il igao'
rait !'i elle était spirituelle ou sotte: aussi, enchanté de ttWMer uo
sujet de converfation dans l'amitié qui eemMait lier Merminie et
ErMMtine. il dit cette-c!.pendant Ma de ces repos forçât que taiesent
tea évolutions de la contredanset
–<M<t!w!se~ ~s tCMMaii~axmoHamoiMtBeBermMe!QueHo
t~Bao et charmaMe poranMe, n'est'ea pM?
–.ta pense absohuoent tuuxno vans, n)0!)<')c«f,qH<t)qt)e~'a)a~u
<? <o!r madeaM!aet!a Menoime pour la pfemicra Ma<
Ça fe}F.. aootpmpxt?
–'CeMe fouJu)))~ amh)<ou9 <!<onno, n'eat-co pat. t))onetc))f?Ha!<
quu vot)tc<at)~? qMetqufft'h tôt t'<o'< <MK~ sont tea p!t)a o~noMUs
)t!) tt'aMenttext pas q«'o)) tour dcmando, lia waua offrent, H eH a <!<<!
ainsi co aotr d'ttet'M)n)o à mot t!))~.
Jo wmt compronttit, nMdanxttMOo. voua na connatattox pCMOxM
M, et ttMdcntnMto Mcmthtte.
Mo voyHot mt~B, o eu la bontd do vo)))r & mo!. Cela doll, mon-
<)et)r, vous «tn'pr<'n<!re motos <)Mt) «'ut axtfo.
Et ~ur~HOt cela. m~ttottu~tDa?
t'~Me <))?. «tttt A )'<tt'ttro. r~)(t)«Mt Efn<'at)na on xn)))')s)X,
vous awot. n)ousicn)', c~dd, enmmc Munoinio. ~t)H fonttmottdeehtt'
Mon <i(;aF<t. do ehafXA.. dansante, bjot Otttettttu.
)fi!)S&
Deeh))t!t< Ah madentotseMe, cette expMMJoo.
Est trop vraie?t
–AMC(H«ra!re.
Voyons, m(tn5!e)tF, atouoti-to, vous dovez, M me semble, tou*
!ouMdire)avër!t~.
Pfancht'ment, mademoiseMe, Kpr)t0!i<!er en sondant & son
tour, ferais-je acte de charité. j« at'ppeso.–pcrmeMcz-motcette
comparaison, ea cueillant une Oeuf cuMMe, tnapertuet
–Oup!ut&nM)a!M<!e.
Scit, mademoiselle.
A ta bonne heure.
Ma!: qo'eM-ce que cela prouverait? etnoM le ma~vats goût de
«M qui aurait pt~Mfé, par exemple, & une petite violette, un énorme
coquelicot.
Et 0)iv!er montra, d'un regard moqueur, ta robusteet grosse jeunt
fille pour qui Ernestine avait été détaissee, et dont les vives couteuK
avaient, en effet, beaucoup d'analogie avec le pavot sauvage.
Mat!) moisette de Beatmesnit ne put s'empêcherde sourire à cctt*
BOtMparaison; mais elle reprit en secouant la tête
Ah monsieur, si aimable que boit votre réponse, elle me prouve
que j'avais doublementraison.
CemmMt élltit. mademoiM'Hei*
~ena <tv<!< au pitid da ma!. et wua <a Me< eneatw <!M< p!M
pur f~htdre da mu t~vouer.
Au tait, n)nda)t)tt~ei<e,voua ave:: faisoa <)to ~tdo!r de !$ ffat!*
eN<e, <?!!< vaut te~Mtfa Mteux qtw des eom~hocMta.
Vam. taotMtcuf, ce quo j'attcodub t!a ~ou:
Eh Mon M)). )))i<t))'n)o)!'e))e. «M «tyaHt quo. Mn!a. «aa a'~M
pas eatta~e. je n'at ~ca~ qu'A oxe choM à t'cxKtH que W))<t de.
%t'< tiprottvar, et jo tno M)~ promis do vom tM~Uor pOMt la fetttta.
ttanae tixtvxMta. J'a~tÈM que vo)~ de la ahtcdfM, n)a<8 veuo t'awt
won!)).
C~rte)). mnn!:)('Mr. et jetx'cn tfaxwe x! hton, Qxa, otj'oaata.
OiiHt), ))ta()M)))0)St!)tf),no vt))<!) tjCnm! ~aa.
Mt))~ non, a) franc <)uo veoit soye):. a) omta do la vdrltd. que
va))~ t<M fUMtfMtt'K, tn)')t!.)<!t)r. v<«ft) s)acdrtt<! a'ar~t~'fatt, J'ea Mtit
<<tre, A do oorhtiMPt titott~tt.
A oeOas <)(M vous ponurtet, mat!fn)oho))e, pas à <t'antMt.
Biett vrai ?
Ub Je vot)!' to premen.
C'est que la <))<t'sti)fn) <)MO je voh vous faire, m<))t'e))r, do~fa
vous parattea. ai ~tt'.mge. si hardio )<cut-<!tre.
Alors, mi)dfmoist!))o,Je vous dira! qx'd)o me ~arah ~trattge eu
Hardie, voilà tout.
Je nu sais si J'oscra! Ja)))a)s.
Ab t tMadt')ttois<'t)e, dit Olivier en riant, t
vo<M tour,
~oas avez ))eur de la fraxehfse.
C'est-a-diM<tue J'ai tteur poor votre stnc~ritd, monsieur, il fau'
drait qu'eth' Mt ft grande, xi rare.
Soyez tramt')i))o. mademoiselle,je f~ponds de moi.
Eh bien t monsieur, comment tne trettvcz-vom?
t!adentoise))c. balbutia d'abordOlivier, qui ë(a!tt<tin de &
tendre à c<*Me brusque et embarrassante question, pennettez. jf..
Ah! voyez-vous, monsieur, reprit gaiement Erue!<ti))e, vu)~
a'osez pas me t~pondre tout de suite; mais tenez, pour vous mettre
à t'aiM, supposez qu'en sortant de ce bal, et rencontrant Mn du vos
amis, vous lui partifz de tomes les jeunes personm s avec qui vous
avez danse, que dtriez-vous de moi à votre ami, si. par haifani, voM
<M5 souveniez que J'a) été l'une de vos danseuses?
0 «Ma tasdemoMe, –Mpr!t (HMef ea ao tremeMant
Bleu!
tttx aurprtM. ja dirais tout uniment ceci & mon ami "'M ta
one Jeûna dem~saMaqMt) personne M'tnvhatt ee!am'a tntare~~
&
<<?. te t'at cn~gao, taut en paasaM qua natte eatrottao ne serait
~Mt'Oro pas fort amMsaxt, car. no eamtatMitOt paa eetta domoheXe,
je n'awa<s A lui dira quo des banaMt~: 0!) Met)! pas du «'ut 6~00 à
<
M danacuso, natre entrettou o <r&s.aa)mdt aum, ta temps de la
Mntfeftanaaa.t-t! pafi'O comme un songe. B
Et ceMeJaxne perMono, voua demandera peat'ttre votra amt,
monsieur, <!<att.o))a taMoonJt'tto?
t Ba totn. –< t<!p«H(<tt <tttrdp!<!oment Olivier, o'~ata pu
bien <!)!)<h)f!r apa trattt. Mata, en la voyant de prlla, a meauro que
ia t'o) MgHr<Ma p)))9 atteoUvomont, et que Jo t'at surtout entendue
parler, J'at tfonv<! dans sa ph~)(Momte qnct()t)t) etteso do «( d(t)m
de et bon, une e~pMcston de franchie ti avenante, que je ne peu-
M~ p~ua qu'eMe aurait pu être jolie. a Mais, reprit Otvtcr,
–j'«toatCM< (Mujttom parlant A mon amt) a No rdpdMKpaacca
MnMenM!, car il n'y a que les femmes do bon esprit et de bon
mur qui demandent et pardonnent la a!acaritë. B C'est donc a un
ami dlacret que je parlo, mademoiselle.
–Et mot. monsieur, je vous remorcle; Je vous suis recennatt'
«nte, eh 1 profondément reconnaissante de votre franchise, -dit
mademotseMe de BeaxmesttU d'une voix st émue, si penetranto,
qu'Olivier, surpris et &nu hd-mCme. regarda la jeune )me avcc oa
~iatetet.
A ce moment, la contredanse Nntssatt.
Olivier reconduisit Ernfsdne auprès d'Benntnte, qui t'attendait:
puis, très-frappe du singulier caractère de la jeune Olle qu'i) venait
de faire danser, te jeune sous-etBcter se retira & l'écart quoique pea
t6Mar.
Eh bien dit aMeetueusementBerm!n!e& Ernestine, vous
<CM êtes amusée, n'est-ce pas? je te voyais à votre Ogure vous
avez cause tout le temps que vous ne dausiez pas.
C'est que M. Olivier est très-aimable, et puis,
sachant que vo<a
htematsstez, Bermtnte, cela m'a mise tout de suite en confiance
avec lui.
Et n le mdrite, je tout aMure. ernestine; il est impossible
~Ton'tmptua MCBMeBt eooof. aa caract~M ptas a~Me :6oa<mt
Intime (et la <hM~« Mu~tt ImpereapUNeoM~)Medh<tt<pM tt. <t~
wter ~CfMpadextra~HH <e!' plus emmyoox da nxmda, aMx d*MUMa<Ht
ean <t)t)~ ft de venir on aide A 80n onete. ancien «Mcter de marine,
<r)bM do Mfft"nr< ~Mt demaHM dana <a m~Ma, et a't pottt
~Wt~ q<t'o)M )w~ retraite !t)M)MMnte.
Ceta ne o~tonae pax du Mot, Benoîte t'~th deyhot que
M. Olivier avait bon catOF.
Aveu eota. bnw comme un MM; aao omt, qui se~att ttoe M
daMtemOme t~hacat, m'o cM plusieurs <Mttt d'<dt!)!MM6~.
weoM do M. Olivier.
M )ne semMa tp<e cela doit «te je me aa!9 M~oaM Bt~ft
que tes peMM~M tf~s'hMvesdawatont <<M t~t'henneff, r~poH~t
B~fiotue. Vous, par eMa~!o, Mem))Mto, vous dwot <tM K~
eouta~euM.
tt'CMOetten dM Jauaes NOca ht !ntorMfnpt) do Muwcau par M
danseur qui ttnt tatttet EfacB)tae en <!chaageaHt un regard <tVM
BennMo.
Ce regard. mademoheHe de BeaMmMot! le surprit et !t la Ot rw(;h
et Murtre; elle accepta a6aMMohMt'e"gagemeatpour h ecatftdaase
qui aMatt commencer dans qudques h~tauM.
Le danseur <!o)gt)e, Krnestine dit gaiement < MaoNttMeamte: i
Vous m'a~t mise ea geût d'être dau~MUBe, et~ te dMteM
pMd!~<eua)'meat, ma chère MermMe.
Et è propos de quoi me dtte~vous cela. Er<tMUneï
Cette invitation que t'ea ~eat de ma MtO..
–BhMea?9
C'ett encoreveaa.
-Encore moi?
Vous vous êtes dit < B faut au mo!M que cette pauvre Emet'
tme danse deux M< dans la M)!r~e tout te monde n'a paa le boa
coeur de M. OtMef; or, le suis reine tel, et)'erdeN)eMi & t'oa 4e
mes auieta. t
Mais te a~et de ta reine Bercnia!e vint d!M ttMdemobe!hd9
BeaumesaH
M-'demoMe, en est en place.
A tout à l'heure, mademoiselle la devineresse, dt< B<nn!m<
à nMtdemotsette de ~aamesaM eo la menaçant aBeeMeaseateat<?
<e~MaHNM)td~4~Mata~4e<etMpene<MttMt.
A pe!M h t<n)M Oh ~oa~t-eMe do <t*<!o!gner ~ee wrn daaMUf.
Ott~OMwtef.t'~ptwh~nt de ta dufAMM, s'f~X aup!) d'et!a et lui d!t
<Maqua)!ee-t daac cette Jaana <uta avec (pu je viens de dan~rr
<–
Maa orpholiue qui vit de aen <Mt dt! brottouae. ntM~ieur Olivier.
« <!M~ p~RM. M'e<t pat M~hMoreu~e. car w<H)t MO peuwox we(M
imashtpf avec quelle expres~on touchanM elta M'a temeMMe de
<B'<tM) eeeap~ d'elle ce Mtf! c'<Mt cela qui Nans w Madata Mppro-
tti~est'oae de l'autre, car je ne la eennata quo d'OHjaurd'ha!.
C'~ ce qa'dh) M'a dit eu partant Mt~emeat de ce qa'eMe
appelle fotr. p«M et h mienne.
–~HVM petite Il fMtqtt'eMo a!t~ëMcnma!trahde,qn'iattota
M<t ppMt'OM encore, pour <o montrer Il KMXtHaiMante de la
moindre preuve d'totërOt qn'on lui <!nnuo.
E«o o~ avec ee!< fort «r~nato. Vous ne Mvee pas, made.
mohe!<e lierminte. la e!og(ttt~M que~en qu'eHa a~ faite en tato-
quant ma Onachiae?
–N00.
Btt m'a dttmmM<t !e b tMa~tsMde ou toMe.
QaeMe stngaH~M petite aMe ) Bt vous lui avez r~ponta?
h ~rM, puisqu'elle h demandait.
Comment,moa~ear OM~tet, vous lui avez dit qu'elle notait pas
!oMe?
Certainement, mah en ajoutant ( et c'était aussi la v~rM) qu'ette
avait l'air a< don*, si fr.'ne. qu'un oubliait qu'elle a'tratt pu dite belle.
Ab 1 mon Dieu 1 monsieur Olivier, dit fierminie presque avec
era!aM, e'etatt dur entendre pour elle. Et elle c'a pas semMe
Massée?7
PM te moins du monde, an contraire, et c'est cela surtout qt~
C'a beaucoup frappé. Lorsqu'on pose dea~quest~asde cette uature,
<0}tM /iroM veut ord!na!rea)eat dire <n<tt<<<. Tandis qu'elle m't re-
merde de ma s!aeer!t4 en deat mois, mais avec un accent si p6-
aitee, et teadunt, tt aMtaat d ~tt, m!e, malgré met, yea ai été
NOM ema.
Navez-veas ee que ~e eMh. monsieur (MMeft <*eM q<te «
pauvre créature aura été très-durementtra!t<e chez dte; on lui ton)
pern-ttre dit c~t fois <tn'eUe était laide comme MB petit monstre, et,
M trouvant Mas doute pour M) prenMere MM de 6!* vie en ceaBane*
tMe~oet~m, 'eHeomw~eateea~tr~<wah wM«<M<HMt~m<'
V<KH <fM< pfaHaMtBteatt<!Mn, m<de)Mo!MMeBetm!n)<! <t
qa! M'< MucM commevous, e'eM de w!f ~ee q~eMe feeeaaahMact
MMe paMweteane BHa MeaetHab woMM preuve d'!M~f~,pMtt«
~'e0e la eM~ aincère.
RgMMt'waa, mondear OMe~ que paî<Ma j'~ w de <Mwa<
ttïtsea <M)!Mdana ses yeM.
un effet, M <ao semble que sa gatat~doit cacher ua~xd dam<*
haeeHe tMMtaatta elle ehcf<'he&~teordtr pen«tfe.
–Etto!s, ma!ha)~aaemant Mn~tat, qui demande beaucoup de
tmatt et de temps, est peu lucratif, pMwa enfant 8t les pf~occu-
pt~omde la pauvreté viennent M to!n<!M & sa~ autres ehagttM!
Cc!< o*<st que trop possible, mademoiselle Banntate. dit
OtMer Mco MM!c!tu4e, eHedeh @tM, en ettet, M''o & p!aMf<.
–Ha!< aHence! h wH&! –d!t RenHtnto.
Pabe!!a~tM)M!
Ah mon Dieu! e!!en)et son ehMo; MaoM9Fem)n6no.
Ea e!!i!t, Etaesttaa. deM~ie qui marchait madame Lamd d'oa air
tmpeMM. B'<wtn~a dans la chambre & coucher, et ttt à ttetmmtewx
a!gae de t~te qui semblait dire qa'cMe patta!t & fcgMt.
L)t dwettMtath au-devant de ea nouvelleamie et lui dit v
Comment WM masqntttez dJjà?
n <e &ut Mm, répondit Emettine en oceassiaat d'an pet!tM'
~ad soumis l'innocentsmadame t<ah)6.
Mais, na moms. veas cadrez dimanche, ma ehëm EntMt!M!
~bat save. que nmt avma mUle choses & ncu: dire.
–Oh! t~&M bien TStir, ma chère MefmMe; fM Mttat que
~<M9te ddslr de eoas revoir bientôt.
HtBMH ua
M. ~aisaas
<?: on ~us
eMM gvacseas
~facteo)t mt jeune sous~ow~,
su ~euue a~e
sett~-oMts~, etnMMtae tat
Aa revoir, monsieur Olivier.
Au revoir, mademoiselle, t~pon~ le jeune seMat ta atadï.
XMt.
Une hente aptes, ntademoiseUede Beanmes~t et madame M&t
<tahMH de fttout & t'Mte! de la Bf'ft)a!gM<.
xxxvm

MadamaiseMede BeanmesnM. da retour du batdamadameHerbMt.


Msta Mu)eet eedwitsonJooMa!
« Dieu soit Mat ehere mamaa t'<nsf!rat!oaa taqueHe j'at c<!de.
était bonne.
< Oh! daos cette soirée, qaeMe cruelle leçon
d'abord, parque!
pfoBtuMe ensatgaerneat, et eaBa quelles douces compeM~oaBt1
<t Deux peMoan~
do «auf m'wt t~moignOun tnt~r~t vrai.
< Oh out, cette fois bien vrai, bien désintéressé. car cespersoa-
MM'tt, du moins, ~noreat que je suis <ap!M <~eA< Mr~MM <?
~'a<M<
a Elles me croient pauvre, daMea <tat voMn de la misère, et pa!*
surtout elles ont <të dnc~Me emeM moi, je le sais, j'en sob cet*
<a!oo; oui, eMes ont été atacèMs.
< Jugea de mon bonheur je puis enSa avoir foi M qaeïqM'm), ma
m&M, mot qui suis arrivée à la d~Saaee de tout et de teu&. grAce aux
adulations des gens qui m'entaureat.
<t J?a~!n. croit savoir <w gMe~e waM<p, ce que ~porat~.
< Je sub to!a d'être jolie, je m'a! rien au monde qui puisse me faire
temarquer, je suis une de eesefeatores qui doivent toujours passer
mapeîtaes, & moins que quelques coMM compatissants ae soient tea*
th& de mon air natufeMemeatdoux et triste.
< Ce que je dois rëeMemeat taspirer (si j'tasp!re quelque chose)
est eette sorte de tendre commtsératioa que tes Ames d'une déMca'
tesse rare resseateat parMs à la vue d'oa être !aoBens!f, soafbant
de quelque peine cachée.
< Si cette coatm!serat!on me rapproched'aae de ces natures d'eBte,
ce qo'et)e trouve et aime en moi, c'est une grande doaeear de came*
tère, jointe & un besoin de réciproque sinceritë.
< Voi)a ce que je suis, rien de plus, riea do moiaa.
a Et quand je compare ces humbles avantages les SM)!s qae~e
possède, aux perfections inoaies, idéales, que la Batterie se piattt
m'aecorder si magaMiqaemott,
e Quand ~e pensa t ee$ pMttotM <au<!a<tM<,<frMMeh<,~Mf~
tMptrces à des geaa qui aa m'ont jamais parta i
< Quand Je pense emm à !~< que je produhah ou enfant quel.
qnopart. et quota «ta rappolle qu'où bal do co soir jo nat <ta inv!'
<ae à danser que par <~art<<t. toutes ha jeunes mtes ayant été eng~.
t
~ade p~Mrence moi, eat )'~ta~ la phM laide de cette )r6uMba,
$ ma mèro < moi qui n'ai jamais oit do haine pour personne, le te Mas,
~e bs bals autant quota tea mdpfiM. eaa 6<MM qui se sont joa)!s d<
mot par lours basses OxMedM.
< Jo suis tout <!hM)ut!ados mata dure, amete, !NM!cnts, qui me v!en'
aeai a feeprtt, et dout j'eapbro un tour accabler ceux qui m'ont voulu
tMM)pat, toraqu'uMe éprouve à taquaHe je vous les soumettre au
grand bitt de jeudi. ches madame ta mafqatM de MtMMttft, m'auM
cetnpMtcmeat pMM~e leur fa~ete.
< Hataa chère )Ma«tHM, qui tx'oat dit M y a quelque temps, quo
me!, si thntdo, je prendrais un jour de cet résolutions hurdtea?
x MMb bt neceetM d'échapper a de grands malheurs donne da
courage, de la votontë aux ptua crah)ti6.
< Pu~ H me MmMe que, de moment en moment, mon esprit, jus.
qu'ators fermé à tout ce qui était duuanee, observation, je dirab
presqueIntrigue et ruse, s'ouvre davantage à ces pensées, mauvahM
<aas doute, mais que t'abaadoM où je suis fait excuser peut-être.
< Je te t'ai dit. chère maman. la cruelle teeonquoj'at subie a'<
pas été du moins saus compeusation
< D'abord, j'a) trouve. j'en suis certaine, une amie généreuse et
e!ncere. ble voyant detaissee. cette charmantejpune tiite a eu pitié de
t
mon humiliation, eMe est venue à moi, eUe a'est ingéniée me con.
aoter avec autant de bouté que de grâce.
< J'ai ressenti, je ressens pour elle la plus tendre MeonnaheanM.
< Oh 1 si ta savais, chère maman, ce qu'M y a dé nouveau de
doux, de délicieux pour moi, la plus WeAe ~«Mre de France. jas-
qu'alors assaillle de tant de protestations menteuses, & chérir quel-
qu'un qui m'a vue bumiliée, qui me croit malheureuse, et qui, pour
ee)a seu). me témoigne le plus touchant intérêt, qui m'atttM ~t
pour <M~-<n~nM~
e ~te te dirai-je? être recherchée, aimée & cause des intortunet
que l'on vous suppose, combien eeta est mettaMe pour le coeur, teK*
~eo jaoqo'atcHoa < M Mc~MeMo, <t!ta<e (tatppareaee) seulement
t cause dea r!chaaM$ que t'en veut «ht 1
< atnaere aHeet!M) que fat <r<Mvae. cette Ma, m'eat d pre-
e!au4e, q~'cMe me dmmo t'eap~fanca d'an heureux aveMtr < t~Mtf.
tnit~t~M d'MM amte~pvoHwda, quetM~ocfaMfe~ Ah< cette
amie, je n'aaM! pas trctaMefde ~wtf chantât tourtqM'aa ~oxt
}e lui avouerai q~ Je sute!1
< Ce que je te dis <t'Marm!a)e (eHo a'appaMe atoat)pem e'appMqum
aussi à M. Olivier, que t'en cro!fatt le frère de cette jeune <tMe pttt
le emur et par ta loyale; voyant que peMonao no m'tnvUatt. c'eat
lui qui m'a engagea pafeAaW«, et tetteest M franchise, qu'il x'tt
pasnMceMecampaas'tenthtenptuB, toMque)'atea la hauMM'iOdo
lui demander s'H me trouvait jatte, tt m'a répande quo non, mals que
~om()) MM p~<te!Mmt<e ~nt tn~ttoM par <OB expression d, don-
t0t''<<<b<'on«.
Ces simples paroles m'ont fait uo plaisir tnout. je te< sextata
<
traies, car elles se rapportateM à ce que tu me disais, bonne mère,
lorsque tu me pariais de ma Cg~re; et ce~ paroles, c'était bien la
pauvre petite brodeuse qu'étiez a'aaMBMieM. et Béa paa à la riche
Mr!t!ëfe.
< H. Olivier Mt simple soldat, Je crois Il a dû cependantreceve!t
Me éducation dtMtagttee. car t) s'exprime à merveille, et aea mt-
<t)eFea sent paftattes! de plus. H est aussi bon que brave; tt prend
ua aeto NM de son vie!) oncle, ancien «Meter de marine.
<t 0 ma )B8M! quelles vaillantes natures que ceUts-ta! cemMe
en est & t'atM auprès d'eMet! comme à leur stacerM le ccear s'épa.
Boaht comme ces tetatteas semblent b<w~9 et sataes a t'amet 1
qaeMe gateK douce et sereine dans ta pauvres 4uetle résignation
dans te tfMaN, <at tous tes deux soNt pauvres, tous deux trava!Meat,
Bermtme Ito.u-
n _f pour vivre, H. Olivier pour ajouter_9- t11t_iIIfI_
t'iMaiBsame retraite
de son ~!et! eacte.
< Travailler poaf~~M
< Et encore Berm~e me disait que quelquefois le travail man-
<pta!t, car l'excellente sœur (oh je pem l'appeler ma Meurt m'a pro-
p<M< de me recommander à une maison de broderie, aSM, m'a-t-eUe
dit, que J'ignore ce qu M y a de émet dams le ehotuage d'«MMpMMa.
e Maaqaer de travait 1
< Ma!s <!M8, mon Mau! e'est mmqaer de pa!a! mah e'on ht-h
M}o t e'ett la misère t c'est ht tMuadia e'eM la mon pewt-êtro 1
< Toutes ces jeunes CHea qaej'at wmt Jt cette reunioa. si riantes,
t! gaies ce soir. et qot vivent. comme Hermtate. MH~aarneai de leur
travail, peuvent donc a<M<Mrdemain de toutes te$ hatteam de la
misète, at ce travail !eMf manqMe ?P
< n a'y a doue pefaonne qat elles pataseat dtM 8
< J'a! bon curage, boaM volonté doaaM-m~ seulement de f<w'
« cttpattoa.
« Ma!s c'est Injuste mais c'est o<!ieM< cah ea est donc sans pM<
tes uns pour les amros?Çaest donc égal qa'M y ah tant de pMMHaM
!g!t!Maa< aujourd'hui si elles auront du pain demain?
< 0 ma mère ma mère! maintenant je compreadace vagae sea-
thnent de crainte, d'iaquiatode. deatj'at <M saisie quand ea m'a ap.
pris que jetais si ~che j'~ats deae )ra!Mm de me dire aveo une s~M
de remords
<Tant d'agent A moi seule Pourquoi celat
< Pourquoi tMMt a moi, rien aM< autres?
< Cette fortune Immense, commeMt l'ai-je gagnée?
o Bêtas! je Fat gagnée seulement par ta mort, 6 ma mère par «
< mort, A mon père b
< Aiosi, pour que je sels si riche, M faut que j'ate perdu les êtres
que je chérissais le plus au monde.
< Poar que je sois st riche, peut-être faut- qu'il y ait des mimea
de jeunes filles, comme HernMuie, toujours exposées 4 la détresse,
joyeuses aujourd'hui, désespérées demain1
< Et quand elles ont perdu la seule richesse de leur âge, taar ta*
eeaciaBCe et leur gaieté, quand elles sont vieilles, quand ce c'est
pats seulement le travail, mais les torées qui leur manquent, que de-
t!eanent-ettes ces imorumees?
« 0 ma mère! plus je songe à la disproportion effrayante entM
mon sort et celui d'Berminie. oa de tant d'autres jeunes Mea, ptM
le eenge à tontes les Ignominies qui m'assiègent, à tous les projeté
tenebrea* dont je suis le but parée que le suis Weae, il me semble
tM la ttehesoe laisse au <MBar une amerwmeétrange.
< A cette hemre où ma 'aiMn s'éveille et s'ëctaire, B &at ea&t
~M yépMate la toute-puissance de la <brtane sur les amee ~eM~,
NËM que je w!ejnsqa'à qmt hmiem abaisaement je ptd~ ad
JeaneMade ae!M <ae, <~tM courber tout ce qui m'en«MM. Qui, or
mes yeux a'wvreat mamteoaat je racoanata avec âne (pratiMde
profonde que la ~vetattoa de H. de Maillefort m'a semé misa sur la
vole de ces t<MM que je Ilona, pour ata~t dire, <ctfM en ma! da m!*
auto ea m)t<a<e.
< Je na sais, mais il me semble, chère maman, qae a<a)a<eaant je
t'expWme mieux ma fen~e, quo mon tnteMtgeace ae <tëte!oppe, que
mon esprit sott <te son engourdissement, qa'ea certaines parties en.
6n mon caractère se transforme, et que, a'M reste tendrementaym*
patm~ne & ce qui est genërem et sincère, Ii devient fdMta, agressif,
jtt l'égard de tout ce qui est faux, bas et cupide.

« Je ne me trempe pas«a m'a méat! en me disant que H. de


Hatnefort était tonena''m!, chère et tendre mère; on a voulu me
mettre ea deBattce contre sas eeaseib C'est à duMom que l'on a fa.
wr!s< mon taeheax eMtgnemeM pour lui, etoigaement caa~ par
des calomniesdont j'at été dope.
< Nea 1 jamais, jamais je o'eabMefa! que c'est aux revëtattoaB
de M. de th'iMefbrt que J'ai dd t'htsptrattoad'aller chez madame !ie~
6aat. dans cette modeste maison o&j'atpaisë d'utiles easeigaemeots.
et où j'ai rencontré les deux seuls cteurs généreux et sincères que
t'aie coaaos depuis que je vous at perdus, & mon père
mère! t
ô ma

Le lendemain matin du jour o&ette avait assisté au bal de madame


nerbaut, mademoisellede BeaumesnH sonna sa gouvernante un peu
plus tôt que d'habitude.
Madame Lahtë parut à t'instaat, et dit à Ernestine
Mademoiselle a passé une bonne anit?
–Execnente, ma chere Latoë; mais, dites-moi, avez-vous fait
causer, ainsi que je vous en avais priée hier au soit, les gens de mon
tatemr, aBn de savoir ai t'oa avait quelque soapcoB sur notre ab-
sence?
L'on ne se doute ab"o1ument de rien, mademoiselle; ma-
dame la baronne a seulement envoyé ce matin, de très-bonne heaMt
âne de ses femmes pour savoir de vos nouvelles.
Bt vous avez répondu ?
Que ~nademoiseMe avatt passé une meilleure nuit, quoiqu'on
p)M<tjMe< tMbqaeteodme tbM!adehso!tëed'MaftM!<Mttt<M.
<Mup de bien à mademotMMa.
C'est à merveille. Hoia~aaat, ma cMre tatad, J'a< MtM ehoso
<) vao< demander.
Je suis aux <M~rea de mademoheMe:M'demcKt, Je anh d<~eM
de ea qui est arriva Mer Mir ebes madame HMbMt. dit la ~OH.
~etMaMd'un ton pëa~t~, y&ats an suppMee pendtn~ toMte la
soirée.
Et que m'Mt-M dOM eft!~ chez madama Catbtutt
Ccmment< mtb t'on a teeaeHM mademoheMe aveo une !ad)M'
ronce, une (iroidaar. EnNa, c'était une hotfawf, car mademebeHt
t
est habitude wit tout la monde s'empresser autour d'eMe comme
oela ao dois.
–Ah! eehMdoït?
Dame 1 mademoiselle sait Ncn les <!ptfd: que l'on doit M po.
sition, tandis qu'Mer )'ea états montMe, ~eMe. <t Ab panaa!~e,
& part mot, fen savait que e~tte jeune perMnne, à qui on ne fait
pas seulement attention, eat mademoiselle de BeMmMnH, H faudrait
voir tout ce monde-M se mettre & phtt ventre t
Ma chère Latne, le veo~ d'abord voas tranquilliser sur ma
aotfde d'Met t'en a! <t< ravie, et tellement, que je cempte a!*
ter au ha) de dtmanche.
–Comment! mademoiselle veut encore.
C'est dectdë )'!raL Maintenant, autre chose. L'accuen m6me
que l'on m'a fait chez madame Berbaut, et qui vous acaadaMseai fort,
est une pMtMe de ta diacteMon que j'attendais de ~cas; je vous et
remercie, et, si voua agissez toujours de la sorte. Je vous le tej~te,
wetfe fortuneest assurée.
Mademoiselle peut être certaine que ce n'est paa )'int<r<t.qm.
–~eMhce que J'aurai à faire; mab, ma chère Lame, ce m'es
pas tout; !t faut que vous demandiez & madame Borbaut l'adresse
d'une des jeunes personnes que j'ai vues Mer soir. Eue s'appelle Her-
tmnie, et donne des teeens de musique.
Je n'aurai pas besoin de m'adresser à madame Berbaat pom
teh, mademoiseHe; te maître dhotet de M. le baron sait eetM
adresse.
Comment dit Emestine très-etonnee, !e maitredTt<Md satt
~adresse de mademoiselletiermime!
–M, tMueeKHMNe tt JMt<mea< oo eauMH t'eBa t t'eMee H y t
quelques jouM.
Be maftemei<a!te BaroMeT.
–Certatuement. mademoiselle, < couM du Mttetde cinq eenM
tança qu'olle a rappunë à madame la baronne. Louis, la v~tet d~
chambre. a tout entendu & travers tas portteros du aa)<m d'attttntû.
'-Madamede la Rocha~ttS connait ftermtme 8'<!ertaEn)Mtna,
dont la surprise et la curiosité augmeutatcat à chaque pateïo do sa
tonMmaaM. Bt ce MMet de cinq cenM francs, qu'est'co que cela
ottimOe!t
Cette honn6te jeune BHe. (t'~a)B Men dit S mndomoMoque
madame Berbaut chotetMattparfaitement sa 6oeMt~. ccMe houaCta
jeune BMe Mppoftatt cea cinq cents francs parce qM'eHa avait <M,
<!)Ntt-et)e, payée par madame la comtesse.
t
–QaetteeemtesM?
Mats. la mère de mademoiselle.
t
Ha mère, payer Hermtnte, et pourquoi
Ah Dieu c'est juste mademoiselleignore sans doate..
) moa
on n'a pae dit cela à mademo!seMede peur de l'attrister encore.
t
Quoi? que ne m'a en pas dtt? Au Nom du ciel, parte* parlol
denB
Que feu madame la comtesse avait tant souMert dans ses der-
niers moments, que tes médecins, à bout de ressources. avaient
Imaginé de censeiiter à madame ta comtesse d'essayer si ta musique
ne calmerait pas ses douleurs.
Oh mon Dieu je ne puis croire. achevez, achevez 1

Alorson a cherchéune artiste, et c'était Herminie 1


–Berminie!1
Oui, mademoiselle.Pendant tes dix «a douxe dernière joura de
ta maladie de madame la comtesse, mademoisellettermime a été faire
de la musique chez elle on dit que cela a beaucoup calmé tëa ma-
damela comtesse; mais malheureusement il était trop tard.
Pendant qu'Emestine essuyait tes larmes que lui arrachaient ces
ttistes dëtaits, jusqu'aiora Inconnusd'elle, madame Laine continua
H parait qu'après la mort de madame la comtesse, madame la
baronne, croyant que mademoisdte HertMinie n'avait pas été payée,
lui envoya cinq cents francs; mais cette brave cite, comme je te di-
M<< t<Mt & t'hauM ma~emtMte, < MppMM Fardât, dl9ant q~'oe
net)))deM<tf!an.
R«a a w ma m!'M mooMnta < etta <t catmd xaa aou<Ï)faM.M,
peBMK Kt)M~<o MfK <m6 <mM<Mt (aMprtttMMe. ttoan~ ?!
pBMtM~e tu) a~'MOf <t))e je Mta de MW tcmnw qu'eMo ~maX
Ma~4w<a. <'af CMMMM eoaMahM ma m&M sana Mmat ï
)~<t)t, <MBaa)HMt Muda~ Ma Mw~t t~eeat, la taune OMe <? d!t
caeete t
Ma)a ~a me rappelle matntcMMtt hier. toraquo )'at dtt tïcf-
mMe que Jo tn'appctata Efaaa<tna. eUe a pan< ffappOe cHo m'a <t)t
Mmt <!))MO qu'oxe purf0))))e qu'cOo v~nërah ava~ une 0))e qui a'appa*
Mt attsst Ef))t!f0)fe. Ma m6M lui a <!«)? patM t!o mt)) ? Et. pour car-
ler tt nermtnto avec cette eonOanco, t:<a <))&rc t'ahoatt <<exc ? j'ut donc
)R)!<t'a do t'a!ntct M~i! C'eM un devoir pnur mol. Oh! nM tdto se
potd, mon emar aborde! c'est Mp. mon <Meo< c'eM trop do
tMnhaaf!
Essuyant atoKdMtannMd'tMemtdMcmeot,Etae6t!nedH ~Mg«H'
~cmanM
Et cette adM~e!
Le mettre d'htn<~ «aU a<)< t'Mr la savoir etet te notalra qui
avait envoyd te% cinq cents traac&! on la tui a donnët. et Il a M ta
pane!' dota part de madame ta batonne chez M. t& matqttb de MtM*
tet<ttt.
M. de MatMefottconM!t aussi B''tmMe?
Je ne saurais le dire à mademoiselle; toutee que te aah, c'est
qo'tt y a un mois te mattre d'Mtat a porte Pairesse d'UermMechez
M.temMf~uts.
Cette adf~se, ma chère Latnô, cette adresseI
Au bout de quelques instanls,la gouvernante MppoMtt t'adMtM
d'Herminie, et Ernestine lui écrivit aussittt ·
Ha chère BetmMe,
<
< Vous m'avez invMe à aller voir wtM Bent!He petite chambre;
yttat apt~-demato mardi matin. de très-bonne heure, bien certaine
4e ne pas vous déranger ainsi de vos Meupations; }e me fais une
taie de vous revoir, fat mille choses à vous d~e.
t Votre sincère amie qoi ~ena embrasse.
< Eamstna). t
Apt~w avoir cacheta ceua teMM, Ma<!e<no!seMa do Baanmem)! dttt
oa ge~emaxte<
Ma oMt~ t<ah)d. vaua po~M< ~ou~pt~na ceMo taMM ta ~ate.
< Ont, mat<)!H)<~e)t8.
B)fOM)<t)CM<<)<:
~!«<<t xpf~'df'mo))) M)at<n. poup sontr ~eota avec madtnte Mo~
<on)tnnnt fa)M? Oh Jte no sais, nM)a uMn <!<Bur mu <t que Je wcfM)
t
CetN)<Mto<

XXX!X

t~cmatin dit Jonr (ixd par madfmoiMiio do BcaomesnH pnur aller


<eir Henninie, Ct'raidde ~cnxeterM venait d'avoir un !on~ om~tien
avec Olivier.
<<e!tdeux jeunes gens datent assis sous coue MnoeUe si paM!cnM&'
Kment affe<:ttuntt~o par le commandant Bornard.
La figure du duc do Senaetefreétait t~s.pa!o, tfès-athMe !t Mm'
t
bMt en proie de p)!n)Mea préoccupations.
Atast, mon bon Olivier, dh-M à son ami, ta vas la voir..
-A t'instaat. Je lui at ~cdt htar soir pour lui demander une en-
ttewe. Elle ne m'a pas répondu. donc elle consent.
AMoa:, dit Cerald avec un soupir d'angoisse, dans une
heure mon sort sera décide.
Je M te le cache pas. Gerald, tout ceci est très-grave. tu con.
t M)s mieux que moi te caractère et t'orgneit de cette jeune Me, et ce
exprès de toute autre, serait une certitude de réussite, peut
avoir prèa d'eMeun eMet tout eoBtraire maia eNCa rien a'eat détes-
te.
Tiern, vo!8.tM. ONvier. s'il fallait renoncer à e!te, a'éah
<~eM a'one voix eb~tritte, te ne Mit ee que te fems.
–<MMM.CeHM.
Eh bien < eu! Jo t'ahoo camma un tM. Jo a'<v«!x jamah erx
que t'«t)M<)r. mOme ta phx paMtwn~. put att~ndM e~dt'~ d'oxatte*
t)M< Ct't Mtnour aat t)ue tt&vfe d~'oMOM. Hue !tM« Oxa <;<)! m'ob'
ttMthx ot <)? brOtet. la
Otm «<!t))t'tn que je te <!)M passion ma <«'
~'M<c. Ja oawtit p)M; et<jt'aMtM)M,tu eM)pMa<t~ce!o, têt, tu coan~'
!!t)ttt))n<o!
)t M'eat pM au monde, ta le M!9, uno p!as MoMoet p!ue &atte
er~atoM.
Olivier, Mpr!t GoraM en cachant M ftguM dans les me!M,
–Jo oH)x tf) ()h<9 malheureux <!ea hommot!1
AXons. CofaM, patKtt) <ttNesxe; compte sur fno<< compte MMt
tof cllo. No t'a(me-t't)o pas autant qxe tu t'atmeet? Voyons, ao M
<M~o<e <h<ne pM ainsi. ~p&ro, et, et ntathcofotiscmcnt.
Olivier, s'<!cr!a M. do Sfoosteffe en fe~aot son beau ~M~t
eu l'on voyall la tface de larmes f<!eeutet, je t'at dit que Jo ne
vrais pas sans eMe!
<t y eut dans CM moM de Cefatd un accent at stnc&rc, une résolution
et forouc~ qn~tef tMmMa; car Il savait Mxe~e du caractère
et de la volonté de eoa aae!ea ff~M d'armes.
–Pour tMeu!(!cf.'M, –tut dtt-tt avec <S<))otion,–eaMM ooa <!)!*
rien o'cst d<!se!'pM.Attends du molus mon retour.
Tu us raison, dit Gerald ea pa~aut sa ma!n euf son hoat
hhM:'t)t, –J'aKendMt.
Otivier, voulaut tachet de M pas laisser Ma amt sous tt'emp!tede
pensdes pdu)Mes, Mpftt s
–J'ouMtatt de te dire qae fat eausd avec mon oncle de ton de:'
sein au sujet de mademoisellede Beaumeat'i), que tu dois rencontrer
après-demain dans une Mte; M t'approuve fort. < Cette conduite est
digne de lui; < m'a-t'M dit. Ainsi, Gerald, apr&s démâta.
Aprë~demata! B'ectia le duc de Senneterre avec une tmpa'
dente amertume, Je ae pense pas s! toia; ett'ce que Je Mb eM'
tement ce que je t~M) tan<$ttt
Gerald, il s'agit d'accomplir ua devoir d'honneur.
Ne me parle pas d'autre chose que d'Herminie. !e reste <a'e~
<gat. Que me fe'~ moi tee 4Meim ~'hmBeuF, qt'Md~<N!e*
<CttMW! t
-f- tt< <M pMM<") p« ea que M dis M, CeMM.
St. Je to pense.
<- N<'a.
t
-OMcr!
ftchx'tot ?< tu veM ) ntxtt Je ta dii). mot. quo <a cnndtdte, ctite
M* eammc «tMjnxra, ~aera Cf)te d'on hnn'me de emur. Tu <raa A ce
to! )tenf y M)tM)ttror n)a<tt!mo!st)t!f) <!o BcaxtneM))!.
Ma<« (oor<t(ta t monstent, ~e atOs Ohfe do mea oe<!e)t9, peut-«tte<
Non, Geratd, )u n'es pas Mbro de faire !e contraire d'uno chose
'(~oe~bMmet 1
~wet'~MXt. Monstenf, alerta !o due do Sennotonrat pble de
Mt~ro, que ce que vous ma <))(<"< M est.
Mah voyant <ma etpMMtnn de <t(w<<wMm OtonoempM M peht~fo
M)' t<m tfMtta <<Mh!ef, Gerulil n~ot à <))t.n!<mo. cnt hnnte <t6 tOM
emtiortcment, et dit à eoa ami d'Moo vott eut'pOanto, en lui «!))dant
h mains
Pardon, OtMef, pardon, c'est an moment mêmo où ta to
<~ tf~ct pouf moi do ta mission la p!M gravo, la ))h& <MMcaM, quo
fosa.
Ne vas'tt) pas me MM des eMusea, mahtten~at? dit Olivier
en em~Cchant son ami de continuer et lui serrant cordialement
la main.
Olivier, reprit Gcra!d avec aecaNemeat, 81 faut avoir
pitié de mot. Je te dh que Je suis fou.
L'entretien des deux amis fut interromliu par ta soudaine an'!t<e
de madameBaf~ancoa, qui. en entrant sous la ManeMe, s'ecdt t
Ah mon OieutmonsteurOMvter.
~'y a-t-M, madame ~tbauteo?1
te commandant!
Ea bien?
–M est sortil
SouMraotcomme Il t'ett, dtt Olivier avec une surprise <n-
qa!Me, e'eM de la p!m grande imprudence. Et vous n'avez pas
temë de le dissuader de sortir, m~d-tme Barbancontt
Bêtas! mon Dieu monsieur Olivier, Je crois que le cemmandaat
eeifoa!1
Que dites*vous?
'-<E~t ta ~tt~tc qo! a oavett ê M. CeraM en mon ataence.
<jtaaadteNt!s revoauat<Mt& t'heure, H. Bernard riait, ehant<!t,~
erots rnCmo qu'il Mt)<t<!t. matgré sa MMetM. EnNa tt m'a ea~rasa~e
en o~om comme un d~ehamd w Vtctotfat mamaa BMbaa~aa!
w!e«t)re' <
CeraM, malgré sa testasse, ne put s'empCehcf de sourire d~n <t!<
sournois. comme a'i) cot connu la secret da tajoteaubtteduvteot
MMïta; )0t')$ !oMqno OMw!ar, vdr!h)MeMeat Inquiet, lui <<tt
Y comprends-tu quelque chose, Gera!()?
dxe da Senneterre répondit de Mf ta ptus nntHM!
Ma fui M«nt ~0 n'y comprends fion, si co n'est quête eomman'
dant xtxa fan'( thtuta oppds quelque heuMoso nouvelle, et je ne vc)9
lA rien da bien !nqf))dtan<.
UMO hcurmitf) aou~cMa? dit Olivier aorpth, chcrchaat oo
valu ce quo cela pouvait dire, je Qe vois pas quelle huMao noa'
vette moa eMde aora pu apprendre.
Ce qu'i! y a de ccrtato, reprit madame Barbançon, e'oM
qa'aprëa avoir crM cieto<M/ ta commandant m'a dit
a Olivier est-il an jardin? Oui, monsieur, il y est avee
M. (!eMM. Ah < Olivier est au jardin. Alors. vite, maman Barban.
çon, ma canne et moH chapeau. Je me sauve.
o Comment. vous vous asuve):? Ma! monsieur, lui a!-je dit,
MMe cntome vous t'<!Ms. M n'y a pa& de bon eeas de voutoir
sortir. Mats bah! !o commandant ne m'a pas seulement écoutée,
M a Muté sur son chapeau et a fait deux pas comme pour aMef vous
trouver dans le ji'Fjin, monsieur Olivier, et puis il eest arrêté court, a
Kh'urMë sur ses pas et est sorti par la porte de la rue, en trottinant
comme un jeune homme, et en chantonnant sa vilaine romance
Pour olier d tort~tt p~eh<T des <af<f<M<, chanson marine qu'il ne
chante que dans ses grandes joies, vous le savez. monsieur Olivier,
<M pour lui tes grandes joiei sont rares, pauvre cher homme t
Raison de plus, si ettes sont rares, pour qa'eMes soient greNdea,
madame Barb-mcon, dit Gerald ea souriant.
En vente. tai dit Olivier, je t'assure que cela m'mqoKte.
mon oncle est si faible depuis sa maladie, qu'hier encore Ii s'eet
presque trouvé mai dans te jardin apte& une promenade d'une demi-
heure, tant H était fatigué.
RassuFe-tot, mon ami, jamais la joie ce lait de mal.
~WM~onrs <Murir du tOte de la pfaine, monsieur Otivief.
<-dH Madame Barhaa~a, <! avah l'idda q«e t'ewMkeuMgrand
<!f lui ("rait ph)~ da bien qwa ses promoMadfa dans la jardin. Pent.
«M te trxnvor:)! Jo par ta. M'da qo'<'M*ea qu'il poxvatt vouloir dire
t~eesav!<'<<'<Mf mamon ~<t~oofan~ Wp~<M/ Il font qx'itaitda'
ceuwH qMot~ue eho-'o do MM)<eax en ft)vet)r do son ~utMnopafM.
Et !'< <)))!'? n~osgëM aof<)< pr~phamtnent.
Allons, Olivier, fepftt Qe~xM. no t'alarme pas. La ph
qo'H patsao arriver au commandant est de M Mguor un pou.
Je Ca:st)te, CoraM, que je suis moins inquiet que surpris. Cet
a''<'6'' do )oto subXe est pour mai Incompréhensible.
NeMfhcutcseenN&Mnt.
Mt!w!er, songeant A to mtasion qa'H allait remplir pour <!era!~
Mdtt:1
AH<tna. ecnfhcttfM, Jo vals chez e!!a.
Don 0)h!t'r, dit CcraM avec ëtnettan, tn oublies tout ce
qui t'<ttt~resae ponr no songer qx'à moi, et mot. di'a~ mon ~«!sme,
tout a )))o<t amour, A mea angoissM, je ae te parle pas m~ma de ton
amour à toi.
Quel amout?
Cette jeune BMo que tu as vue dimanche chez madame Herbant,
Je WM<!rah, moa pauvre Gerald, que ton amour fat aussi tran.
quillo que le mien, si touteMs on peut appeler de t'aotour t'iateret
naturel qu'on ressent pour une pauvre petite <t)te, peu heureuse. qui
c'est pas jolie, mats qui a pear elle une physionomie d'une do"a<'
angélique, un excellent naturel, et ua petit babil très-original.
Enu y pensessouvent, & cette pauvre nt<e?'1
C'est vrai, je ne sais vraiment pas trop pourquoi, ai {e le dëc<tu.
vre, je te le dirai. Mais assez parte do moi, tu viens de montrer dd
t MrOsme en oubliant un Instant ta passion pour t'intéressera ce que
tu aj'peMes mon amour, dit Olivier en souriant afin de tAcher d'<*
claircir le frout de C~raM. cette généreuse actioa sera rëcempea'
*ee. Allons, bon courage! espère, et attends-moi ici.

songeait à la visite d'Olivieravec nne vague


Bat minie, de son cote,
i~ietude, qui jetait un tëger nuage sur ses traits naguère epanonia,
Myomants de bonheur.
Que peut me ~~ajt M. Olivier ? pansatt la d~c~e~;

T.ïI 20
t'est la pMmHtra fois q«'i! Ma demande & venir <:h« moi, et <<*Mt
pM)r nno a~<r<!)f~.<Mpw<aM~.me dtmdaot M) <ct<M. Cette atfxtre
!mpt'<'<:)Mo no dt'it )'a~ (a taacemt'r. tu< MtMtMion' s'H s'aat~aitde
ComM, dunt M. Otvit'r ~t ln muitteMF «mH Ma~Mn. hier e«c<tre
t'a! vu CafaM. je la veffst aMjeufJ'hm. car c'est demain t(u'H<!o!t
paf!er à sa )«&fe da nos pr~ats. Cepeadantje ne sa~poMt~w! cette
eatM~uo mo iounaente. Ea sont oas. vaux p~veMtf la portière
quo j'y suis ttourM. Olivier.
Et Uenatatetira ta cordon d'«aa sonnette qui eemmwn!qM!<
loge do madame Mtmfaea la po~re.
Il
Mte-c!. se Mnttxat au~Mt à cet appei, outra ehM tajeaoe OHotm
moyen d'une doxMo def.
Madame MouMoa. !«! dit !!efa)tnte, qae~'ua viendra ce
matin me demander, et vt'us ta~soroz eatMr.
St e'~st HHo dame, bien entendu, Je sais ma eeas~oe, madem~'
aselle.
Non. madama Meatna)), ce n'eM pas une dame,–r~ON~ Ber*
mime avec un )~ger embatras.
Ce u'OBt pas une dame? alors ce ne pcM &tM que ce petit bossu
p<Mr qui vous y ôtcs taajoufa, madcmoisette?
Non, madame bloufilon, il ae s'agit pas de N. de HatMett~
mais d'un jeune homme.
Un jeune homme! a'ccrta la portière, un jeune homme!1
voilà, par exemple, du fruit nouveau 1 C'est la première Ms.
Ce jeune homme voas dira son nom, M se nomme Olivier.
Olivier, ça n'est pas malin: je me rappellerai des cMca! je les
adore. <M!c<af, oM~, huile d'eHee, c'est la même chose, je ne !'oa'
blierai pas. Mats, à propos, Mn pas de joune homme, car il ne t'est
plus, jeune, te grand vitaia serpent! je M encore ta tMer hier dans
t'tprè~mM! devant la porte.
Qui cela, madame MoufSon?
Vo'm savez bien, ce ~rand sec, qat a une figure 6t ingrate, et
qui a voulu récidiverpour m'induireà voas remettre un poulet; mais,
joar de Dieu je t'at reçu aussi bien la seconde fois que la pré'
tmere.
Ah 1 encore fit Hermmie avec aa sourire de dégoût et de
mépris en songeant à de RavM.
En eNet, ce eymqfto, <!ena!< sa rencontreavec BermMe, avait p!a-
«teomtMs Ma«S da aa rapprocher do !a jeune M)e; mats, M pouvant
y pa~pmr ai triompher de )'meormpuhH!te do !a portière. « avait
<ertt par la puste )') nofmioto. et ses toMMB avaient <!t4a<:eacH)iea
avec le a~prb qa'eMea m<Sr!«!en<<
Oui, <Kauemu~t:))e. X est encore wna fMet Mer, fep)'!t ta
tK)tt)èm, et, e<MM)ae jo me M))a ))))se sur la pas da ta porte ttouftc
surveiller, H a f)<'a<~ en pMMHt devant moi. Je me suis (ttt a Nt"
taxe, va, grande vipère! <« fhjaMao. x
Je ne pub matheMfeoaement éviter la MHeoatfa do cet hontme,
qui quelquefoisaffecte (ta ao trouver sur mon passage, dit Mennt*
aie, mais je n'at pi'a besoin, madunto MoMMu)). do vous feton'
Maedar de ee jamais le laisser tfopproehef de thox moi.
Oh soyez tranquille, <aadomo)acHo, M sait blon qui il a af*
&!M, aMez! 1
j'wh!!a<9 de vous diro, reprit narmMe, qa'Mao jeune
peMonoe viendra ~Ms doute aussi me voir ce matta.
Le~ JeuMM persoMMes et les dames, ça va tout seul, mademo!.
M!)e. Mats si te jeune hoM.oM, M. OMW~r. (vous voyez que je n'eu*
Mie pas h nom) etatt encore chez vous quand cette jeune peKOttae
vteadt'a?
Eh Mon?
Est-ce qu'il faudra la laisser entrer tout de memeî
Certainement.
Ab tenez. mademoiseHe, dit la portière, M. Boutfard,qui
était d féroce pour vous, et que vous avt'z rendu comme «M vrai me-
ttnM depuis que vous donnez des leçons à sa NXo, a bien raison de
dire < il y a des rosières qui no valent pas mademo!seMe BeraUnte.
c'est UMdeme!seHequt.
Ça coup de sonnette coupa court aux louanges de madame Mouf
ton.
C'est sans doute H. (MMer, dit Bermime à madame Hou&
Son, priez-le d'entrer.
En ettet. au bout d'un mstant. la porttère iMrodnMt Olivier aa*
près de ta jeune aUe, et celle-ci resta seute avec l'ami intime de 6e'
MM.
XL

L'hM~etxde ~ap)« que ?es9enta!t Uermtate augmenta encore At<


tMe d'Olivier; le Jaune homme paraissait trtste.gra~ et la duetMM
Mat remarqxer tp)e par deux fois il dvita de ta r~~dor, comme s'il
eprttuwit OM pëoiMo embarras! embaffas, hésitation qui Mman!6a'
ttMnt encore pat le silence do quelques tnatanta qu'OtMef garda
avant d'oxpliquer le sujet de sa visite.
Ce silence. lierminte le rompit la première en dtMn< s
VeMm'avez eodt, tneasteut Olivier. pMfntedemaaaM Mneea*
uevue propos d'une choao Mes-~ave?
Tfea-BMve, en o<fet, ma<ten)o!scMe Herminte.
~e vous crois, car vous me MmNoit <ma, MMatear 0!Mef,
qo'~et-vMB donc & m'apprendre?
n s'agit de Gerald, mademoiseMe.
CNnd Dieu s'<er!a la doenMM avec etffet, que lui est-il ar-
dwëï
Bien, M hâta de dire Olivier, rien do fâcheux, ~e le qattte
trhmtaat.
NermMe, mMOFee. se sentit d'abord confuse de son iadtscrete M'
~amattoa, et dit à Olivier en rougissant
Veuillez, ~e vous prie, ne pas mai interpretef.
Mais, la franchise et la Cette de MB caractère Fempot~st eHt
reprit
Apres tout, pourquoi vouloir vous cacher ce quo voas savu,
)BM~enrO)Wiet? Netes-tMM pas le meilleur ami, presque le frère
de Ceratd ? Ni lui, ni moi, a'a~M à roucif de notreattachement.C'e~
demain qx'M doit hire part à sa mère de ses intentions,et lui demath
dttm consentementque, d'avance. H est certain d'obtenir. Pour.
quoi ne t'obtiendrait-M pas? notre condition est pareille. Ceratd ~tdt
)t profession comme je vis de la mieme notre sort sera modeste,
Ot. Mais pardon, monsieur Olivier, de vons parler ainsi de nous.
<<~bdMmt~M)!em~e~pa~MartM~<~
~Mmt t Geratd, qt~Ue p<Mt être la cheMs! grave qal vaas amëM
Mt
t~) paroles d'Eclaté annancateNt tant de t~curhe, qa'CMvter
)MS!<a aorMat atefa la diMemtado la mtsaiM doui H a'etatt ehaf~; M
Kp~tdMe avec une pénible h~ttation z
H n'ast rien afth?< do fâchenx & GaraM, mademoheMeBefmt*
a!e, mahjje viens vous parler de sa part,
Un moment Ms~r~, le wha~a do ta dac~M redevint tnqntet.
–Moni)!exf Olivier, expliquez-vous, de ~taee, dit-elle,
Maavena< me parler de la partdeCeraM? pourquoi un !ntenne'
<tta!M MtMM et moi, cet !ntenn<dia<MMt.tt même vous, son a)eH-
leur ami Cela m'étonne. Pourquoi Ceratd ne wteBt-it pas tôt-même?
Parce qu'il est des choses qa'M craint de vous avouer, BMde'
moiseMe.
HennMetMSMHtit:ea phystonomtos'aMfa, et, regardant Cte.
ment Olivier, elle reprit:t
B est des choses que Gerald craint de m'avouer, à mot?
Oui, atademetseMe.
Mats alors, 8'ecna la jeune BHe en paMssant, e'eat dont
quelquo).hose de bien ma), s'M n'ose pas me le direP
–Tenez, mademoheMe, -reprit Olivier, qui était ao supplice,
je voulais prendre des detouM, des précautions eeta ne setvtm!t
qu'à pfe)Mgef votre aaxMtë.
–0 mon Dieu murmura la jeune NMe toute tremblante,
que vaH.je donc apprendre? Y
–La vërM, mademoiselleBerminte, eMe vaut mieux que le men'
aeage.
–Lemeasange?
P
En un met, Cerald ne peut supporterplus longtemps la position
&M&s à laquelle l'ont contraint la fataMtë des circonstances et le be-
som de se rapprocherde vous. Son courage est à bout, M ne vent
plus toas mentir, et, quoi qu'il puisse en arriver, n'ayant d'espoir
que dans votre générosité, M m'envole, je vous le répète, vous dire
ce qo'M craint de vous avouer lui-même, car il sait combien la Paus-
<etë vous f:tit horreur, et, malheureusement Gerald vous a trompée.
–Trompée. moi?P
GeraM n'ei-t pas ce qa'H paratt, it a pris un &MX nom, il e'est
d')Mne pour ce qu'i) n'était pas.
grand Mea t murmura ta jaune 6Me avec <MOMM«.
Et MM hMa terrible lui traversa t'csprh.
EtaMt à mille lieues de
pensor qu'OMvtar pût avoir une mttmM
dans tMe e~Me éminemment aristacratiqne, la maiheuraaM enfant
sirn~na Mat te coMraire ei!e M persuada que CpraM avait pris ua.
faux a"tn. s'étalt (toanë une <R)tHM profes~on, aOa da cachet sem
ces dehora, non l'humilité de sa naissance ou da son état (.'u< yeux
d'BertoMe le travail et t'hoaoraMMteegaHeatent toutes les eeadt-'
tteoe), mais quelques an«!c&taM8 hoMeat, coupables, enOn. Ber'
minte se Ogufa quo Soratdavait commis qNetqoe ae~oa ~shene-
<an<e.
ÂMsa!,dans sa folle terraw, la jeuae <!)!e, tendant ses deux ma!M
vers Olivier, M dit d'une voix cntMcotpëo
N'achevez pas, eh 1 n'achevezpas cet aveu de !tOM&!1
-De heate) s'écria Olivier, -comment, paree que Garald
vous a cache qn'M était duc de Senneteffe?
Voos dites que Cerald, votM ami?.
-Est le duo de Senneterre 1 oui, mademoiselle, nous avions
été nu collége ensemble, M s'ëtatt engagé ainsi que moi, i c'est ainsi
que je t'at retrouvé au feg!meat députa, notre inimité a tou.
}ouM dur4{ maintenant, mademoiselle Henntate, vous de~n~z pour
queMo raison Gerald vous a cache Bon titre et sa poa)t!en. C'est
un tort dont je me suis rendu compHoe par étourdi.-rie. car H ne
s'agissaitd'abord que d'une plaisanterie que je regrette enteMemeat
c'ëtatt de présenter Geraid chez madame Berbaut, cootme clerc de
notaire. Matheareusement cette présentation était déjà faite tom'
qu'après la s!ngotiëre rencontre qui a rapproché Gerald de voua ti
vons a retrouvée chez madame Berbaat vous comprenez te reste.
Malt, je voua le répète, Gerald a preféré vous avouer la vérité, ee
continuel mensonge révottait trop sa loyauté.
En apprenant que Gerald, aa lieu d'être aa homme avili, se tf
chant sous un faux noM, n'avait ea d'autre tort que de dissimuleret
taate naissance, le revirement des idées d'Herminie fat si brasqttt,,
Il violent, qa'eMe éproava d'abord une sorte de vertige mais toM-
que la retkxio)) lui revint mais lorsqu'elle pat envisager d aa coup
d'OMt les conseqaenfes de cette révélation, le saisissement de la
~eane uBe <attet, que, devenant cate comme une morte, elle tremNa
« Mms ses membres, ses geaoaxvadMereM, et H lui ~tmt a'appayer
w moment mr la cheminée.
!<orsqM ttar<M!ate put parler, elle reprit d'une voix profondément
altérée
MonstearOHvier.Je va!a vous dire quelque chose qui vous sem-
Nera insensé. Tout à t'heure, avant que vous m'eussiez tout f~v~M,
une M~a folie, harribla, M'eat venue, c'est que (!eraM m'avait dissi.
nmM son vrai Mm, parce qa'M etaU coopaNe de quelque action maa
valse, deshenerante peat.etre.
Ah! vous avez pu cra!re.
On), J'ai cm cela, mais Je no sais s! la v<hM que vous m'ap*
prenez sur la position de Gerald ne me cause pas on chagrin ptM
d<!sespët4 que celui qaej'ai ressenti en pensant que CemM pouvait
être un homme avili.
Qaa diMB-voos? mademoiselle, c'est impossible!1
Ceta vous semble iaseasë, n'est-ce pas? reprit h Jeune Nte
avec amertume.
Comment1 Gerald avili1
Eh que sa!s-Je! Je pouvais espérer, a force d'amour, de te ti-
rer de son avilissement, de le relever à ses propres yeux, aux miens,
enf!nde!e réhabiliter; mats, reprit Henninie dans un accable-
ment profond, entre moi et M. te duc de Seaneterre il y a main*
nant un ablme.
Oh rassurez-vous, dit vivement Olivier, espérant guérir la
blessure qu'U venait de faire et changer en Joie la douleur de la
jMae aite, rassurez-vous, mademoiseMe Cerminie, j'ai mission
devons avouer les torts de Ceraid; mais, grâce à Dieu 1 j'ai aussi
mission de vous dire qn'U entend les réparer, oh! tes réparer de la
&t0!t ta plus éclatante.Gerald a pu vous tromper sur des apparences,
mais M ne vous a Jamaistrompée sur la réaKte de ses sentiments ils
«mt, & cette heure, ce qn'Ms ont toujours été; sa résohttion n'a pas
varié. Aujourd'huicomme hier, Gerald n'a qu'un voeu, qu'un espoir,
c'est que vous consentiez à porter son nom seulement, aujon~
d'hui, ce nom est celui de duc de Senneterre.Voilà tout.
Voiià tout! s'écria Cerminie, dont t'accaMement Msait
place à une indignation douloureuse. -Ah 1 voilà tout? ainsi ce n'est
tien, monsieur, que d'avoir surpris m<.n affection à Faitiede faux de'
hMs? de m'avolt mise dans cette affreuse nécessité de renoncer
on ammn* qui était t'espoir. te bonheur de ma vie. ou d'entrer <at)s
une famille qui n'aura pour mai qu'aversion et dédain? Ah esta n'est
tien, monsieur? ah votre ami prétend m'aimer, et M m'estime assez
paf pour croire que je subiraijamais les humittatioas sans nombre
tuxqueMfam'ettooserait un pareil mariage?
Mats. mademoiseiietternnmo.
Monsieur Olivier, écoutez-moi. ttOMqae je t'at revu après Mae
première rencontre, qui, par son etrangete m6me, ne m'avait lalssd
que trop de soMven!f6, si Gerald m'eût franchement avoué qx'M était
le due de Sennelerre, j'aorab résisté de toutes mes forces à une af-
fection naissante, j'en aurais tr!omphë pent-etre, mats, en tout cas,
de ma vie je D'aurais revu CeraM. je ne pouvais pas êlre M mal.
tresse, et je n'étais pas faite, je vous le répète, pour subir te< hamt-
Mattoas qat m'attendent si le consens à être sa femme.
Vous voas trompez, mademoiselle Berminie, accepter t'effre
de Gerald, et vous n'aurez à redouter aucune humiliation; il est
mettre de lui. Depuis plusieurs années H a perdu son père; M dira
donc tout à sa mère; U lui fera comprendre ce que cet amour est
pour lui mats, s! madame de Sennoterreveut saertner à des conve-
nances factices le bonheur de Gerald, celui-ci. à regret sans doute,
et après avoir épuisé toutes tes voiesde persuasion, est décide à se
passer du consentement de sa mère.
Et moi, monsieur, je ne me passerai, a aucun prix, non de l'affec.
tion, elle ne se commande pas, mais de t'estime do la mère de mon
mari, parce que, cette estime, je la mérite. Jamais, entendez-vous
bien? l'on ne dira que j'ai été un sujet de rupture entre Gerald et sa
mère, et que c'est en abusant de l'amour qu'il avait pour moi que je
meeuis imposée à cette noble et grande <amitte; non, monsieur. ja-
mais ron ne dira cela de moi. mon orgueti ne le veut pas!
Ea prononçantces derniers mots, Berminie fut ssperbe de deuteur
et de dignité.
Olivier avait le ceenr trop bien placé pour ne pas partager te sero.
pute de la jeune ntte, scrupule que lui et Geratd avaient redouté, car
Ma ne s'abusaient pas sur l'indomptable fierté d'Berminie.
Néanmoins, Olivier, voulant tenter nn dernier effort, lui dit:
Mais enOn. mademoiselle Berminie, songez.y, je vous en snp-
plie, Geraldfait tout ce qu'un homme d'honneur peut taiK en veamt-
Eamt sa main. Que voulez-vousde ptns?
–Ce que Je veM, measteur.jevausM dit e'eat «ta tM!t~e aveu
b eensidëtattoaqat m'eM due, et queJ'ai la dratt d'attendre de tM fa'
mille de M. da SeaneMrre.
–Mats, mademoiseXe, CeraMaepaatqaovoaarépondre de
E)t!ger plus Mtatt.
Tenez, monsieur Olivier, dit Berm!a!e après un moment de
rettexiea et Interrompant t'amt da GetaM, vous ma connahse*
t<ma MVM a! ma w)ontë est OertNe.
–~te sais, mademeiseHe.
Eh Mea! dama vie je ne Mvena! Gerald. & mo!n9que madame
ta duchesse de Senneterre, sa m6ra, ne vienne têt.
Ici a'ëcfia Olivier stupéfait.
Oui, que madame la duchesse de Senneterreno vtenM !e<,chM
moi. me dire qu'e!)e ceMent à mon mariage avec son fils. Ators.
ne prétendra pas que je me suis impeBëe à cette noble tamiMo.
jfMCette prétention, qui scmble et qui était en effet d'un Incroyable et
~JMpefbe ef~<M«, Herminie l'exprimait simplement BatnreMem~at,
eana empbase, parce que, pleine d'MM ~B8te et haute esthne de Mt,
h jeaae N!!e avatt ta eeaaetence de demander ce qui lui était dû.
Cependant, au premier abord, cette prétention parut a (Mtvierd
«Otbitante, qn'it ne pat s'empecherde répondre daus sa stupeur
Madame de Seaneterre! venir chez voue. vous dire qu'elle
consent au mariage de son C!s. mais vous a'y songez pas, made-
moiselle BermMe. c'est impossiblet
Et pourquoi cela, monsieur'? demanda ta jeune fille avec Me
Berte si ingénue, qu'Olivier,rëSêcMssaat eauM à tout ce qa'tt y avait
de généreux, d'ëteve. dans te earaetère et dans l'amour d'Mermiaie,
tepondit assez embarrassa
Vous me demandez, madeamtseMe, pourquo! madame de Sa.
Be~rte ne peut venitr te! mas d)M ~a'eHe~Meat au mariagede Ma
Ns?
–Ott!, nt<Hts!ear.
Ma!a, mademotseBe, aans pa~er même des convenances du
grand monde, la démarche que vous exigez d'une personnede rage
de madame de Senneterreme semble.
BermMe, interrompantOlivier, loi dit avec un marire amer
Si j'appartenaisà ce ~rœMt aMHMk dont vous partez, mon~8ar l
~mBeBd'eMNnetatnMomneiine,i'avat6anemere,me&BB!
et qaa M. <!e SeMctcîfa m'eût rachMcMa fM mariale, eeMÏt'H. oui
ett non, dans tas cMx~MMfMque madame do ~ounoMrM Ht tx pM*
mi~M ddmarfho auprèsde mamttra mtdo mafamtuapfMrM daman.
t
<Mf<)M n)!')t)t
<!<'<'<a)))c<nent. nrmdemaMte: msdx.
Je <t'"t pat da m6re. je n'at )~s de fat)t))!o. pot)rm~)t (t!)).
fntcnt Mef))))n)e. A qui <tono, fil te n'oat a mot, ma~mo da Son.
<o«)tfa<!<ttt-ct!es'o41rellsor torsttH'M N'a~tt do mon ma~aga?
Un mot sautcmcot. )naden)ot!!t!)te. Cetto tMmnrtho do madame
)b Sennoeffe eeMtt po9s!Mo, td ee mattaga lui aomNah eonvcnabht.
Et e'c:t& cc!a qxejo pr~teoda, monsieur Olivier.
Mata !a m6ro de Ceratd M voos cnnoattpas, Madomo~otto.
S! madame do SoonctorM a do son f))a uno a'<ae<t mouvatoo
opinion (ta)tr <o CMiM capaMo do fatro un choix mdigtta, qtt'eHe
a'Mfbftnedo mot. <Mce à Cicut ~o aocMtna rien.
C'est vrai, dit Olivier, à bout d'objec~ons MtaonnaNet,
Jea'atticn& Mre&ce)a.
Veict mon dernier mot, monsieur Olivier, reprit ttertntnte <
ou mon n)!)r)agc avec McfaM eeovtendcaà madamedo SetmottirM,
et elle m'en donnera la preuve eu faisant anpW~ do moi la ddmar-
ehe que je demande; sinon ello mo Jn~ramdtgoed'cmferdeMaM
famille, alor8 de nia vie je no revcrrai M. doSouttoMrre.
Mademoise))e Hermime, par pitié pour Meratd.
Ahl croyez-mol, Je mdritc p!u~ do pitié que M. de SennctorM,
dit la jeune fille, no pouvant eoun'atndM ptus longtemps eea tar-
mes et cachant sa Ogure dans ses mains, car, moi, je mourrai de
chagrin peut-être, mats du moins, jusqu'àla Cn, J'auraiété digne de
Geratd et de son amour.
Olivier était désolé. M ne pouvait 8'emp6cher d'admirer cet er-
guell, qaoiqu'H ça ddp!orat les conséquences en songeant m ddM9.
poir de Geratd.
Soudain on entendit sonner à la porte de la jeune 6Me.
Cette-d redressa sa tête, essuya les larmes dont son beaa visage
était mondé; puis, se rappelant la lettre de tn~demoisciie de BeM'
mesnil, elle dit à Olivier
C'est sans doute Ernestine. PamrM en&ntt je l'avais oubliée.
MeMteapOiMcr, vautot.wuaa~if)ahcn<~d'aMefoawf!pp<tnfmt'!?
aj~xa <)<<!H<~«M en portant aox maMchotf~aoa ~eax, aHM ~))aMf
k~ MaMe~ do Ms pteufO.
Utt mot Mtmto, tRO~cnm~&X!), fci)ft< OHw!pp d'ox «)H ~'x~-
trd, pM<qm' <K'h'«H<'<, vaua «e pmwz <CHa h)mg!ft''F ~tcitn e~
r6)!o<)at)o« do l'amour da «era<<< «OUA eavax ~i jo a"t)) fh)t!&fe Kh
h)p)t)t'ti) pour pottfhtt, entende~'voua h<an.J'a<p<'«f.e)()i(m.
t;<~Mt aux auiteado votre teftt!).
n<)rm!n!a<MMat))tt aut€{f<a:ant6<tpa)ro<o''d'0)~Pomtant tuct.
t]nes tnstanM. eHn pacnt en prato A une lutte p()n!Mo, niais ctto en
tf!omp!)a, et t')nfi)m)))t!o. hr)"~ par ct'tto MMuM momto, F<!pM<(t(t &
OtMef <t'MM voix pfC~M <MMtt:)N<0 t
Il nt'att affreux do <!t!Msp<h'cfHeraM. car Ja crois à son antnxF
parco qoato aata ta mtcn. la crois à M routeur, farett quo ~o HOM
bMtcnna. mais jamata)~ ne MerXtorat ma <MgM!t<<)ut<R'taoM!
ecMe do (!)'ra!<
Ma<!emo!M«o. ~o~MS en auppMe.
Vous Mvez mes rdsotuttana. mMsteof Olivier. n'~oxtcrt!
pas un mot. Ayez ph)d d<ttM).wmto wycz.cet<!nty<;t)o))mohM.
0)tv!er.aecabM.s'tM('tina devant McMtinio.cteedtfigea venta
porte mab à pehte t'ct't-it ouverte. qu'il s'dcria
HonMdo! et vous, mat!e)no)scMoEntestino! (!faod0tett!ectto
pMeuf. ceeattg à votre ffont. Qu'est-Harr!v<S?
A ces mots d'0!iv!cr, Hetrminie sortit précipitamment de ea cham.
bte et courut à la porte d'entre.

XLI

Te~e était la eause de la surprise et de t'etffe! d'OHvtef, !otsqu'H


a!t ouvert la porte de ta demenrede la dueheMe.
Le commandant Bernard, p&te, la figure bouteTeK~e, MmMait se
<KH)!en!r petnet Il s'appuyait sur te braa da M!~Mo<M)<!e <h
Be<n)))est)M.
(~)te e<. auMt pato quo ta ~!M« oa~n. et ~<M d'oxo «M<<es«) M'he
d'iMtOomjc, Wt)h to fn'ut e))Mt)f))x)tt< to«()t< qno tea htMa~ de Ma
ehapt'ao dH paOte noMatoot d~to~es mf ao'' <!pa~<H).
Mon attfite. qn'awp<oMa? t)'~er)a Olivier. R'appwchant <!we-
tnm)t du ~<!t<!)'t)n ot <a re~ardoMt avao HHQ Noge~oa inexprhnaMo.
qu'cM.M ttonc arfM~
Efttesttno. ~cr!a)t en m6tne ten~a Herm)n!e etÎM~
mon Htcn ) voxa OtM Nosst!e )i
Ce M'est ftcn, ttctn~ntc, t~pondU )a jeune elle d'one Wt<!<
tMmMnnto en Mchnot <<o MUf!fe, ce n'~t rien, mata pardonnet
jo.
tt le viens avec mtmatauF, ti'<!f)t que, tout A t'hm)M,
LapauwMcxfaot uo put conttxuefi aes forcea, xon courage. <!ta!cat
t haut, <ea tbvrea MancMnint. aea yeux ao formf'H'nt, ait t6te so
MnverM doucement cw arrière, eca ~eno)M M dJMb~root Mm elle,
et elle tombait sans Uorminto, qui !a Mtut dans aea braa.
Elle M trouve mat ) alerta la dt«che«e; mouleur Olivier,
ttdet-NMi, païMas'ta dan*) ma chambre.
C'est moi, c'est mot qui <t))s <auM do ea mathear! dit le
cemmaudaut dans 6a douloureuse am(<!t<
Et M su~h d'un pas chancelant, tant sa faiblesse ~tatt grande en.
MM, OlivieretMermMe, qui tfauspor~teut ËfnesHucdaMta chambre
t coucher.
Pauvre petite t murmura te vétéran, que! coem! quel
eouMge)
La d<Mh<Me. ayaut assh Bmestine M))' son fauteuil, Ôta le chapeau
qa'eMe portait. ~eatta de son front pur et blanc 6M beaux cheveat
thataias, dont les énormes tresses se déroutèrent sur ses ënautea,
puis, pendant que ta tête appesantie de mademoiselle de Beau<M<n!t
était t-euteaue par Olivier, Merminte, à Mde de son mouchoir, ëtan-
cha le sang d'une blessure heureusement légère que ta jeune Btte
avait nn peu au-dessus de ta tempe.
Le vieux marin, debout, immobite. les t&vr~ tremblantes, teMN
entre ses mains jointes son petit mouchoir à carreaux Ne)M, cou-
<em)'!ah cette scène touchante sans pouvoir trouver une parole,
tandis que de grosses larmes tombaient lentement de Me yemM
sa moustache blanche.
Mons!eof 0))w!< Ma<6aa<a, je vah e!)eMÎ)6f de l'eau triche
et on pHH d'cat) do <!tt!<!B))0. dit MM<H<o)c.
St Mon~t elle revint. pof)f)0t «ao tW~nta ouveKe da porea'
!!)!t<9 M'«MM et on Macoo do c~tat à d~a! f<*nt~) d'eao da <Mt)~tta.
Apr69 avolr Ma~rement <pon(!<! la t)oax«fo d'EfaesUne avec do
t'paM më!an([<!e <<a 6ptfKt)eH)t. Bom))n)e en prit quelques
<<M)M sa ntatn, et tM <!t aspirer A mademotsoMe da Beaornafat).
eo'
Peu à peu tca t6vfea d'EmeaUno 00 coto~~nt, ot HM ttMo fco'
eenr remplaça la ffotde p&!cut <!a ses joues.
Bleu soit ton~! eMo Mt)eat t c)to, dit t!crm!n!o en fa.
tawant taa tfaaMs de la eho~nre do t'er~!)M!)nu, et los aaa~oxis'
<aM sur sa <0to ait moyen <!e son {)c)~ne <<!t'a)t!e.
Otwtor, profn))t!)Sn)CMt tooct~ de ea t«Mcau, dit )a
dt«f~MM,
qttt, doboui ant'Ma du fumeutt, ttawtcnatt sur soa aeta a~it~ !a «Ste
du madamotseMo de BeattmcsnU:
Madento~eOo UoM)!oto, la regrette que eo ao!t dans une
t
et triste ctfcoMfttanM que fate vous pifdseatef mon onclo, M. le
commandant Benmnt.
La jcuMN)~f~pon<t aoxpaMtesd'Ottwtarparoosatutatrcetueot
aare~ an v!eM ma~n.
CcM-ct reprit
Et met, mademoteeMe, Je Mh doublement d~se~pëf~ de cet
tec)dcnt, dont je suts matheuKOMment caoso, et qui vous met
dans MB at pMMe embarMS.
Mats, mon oncle, reprit Olivier, quo veM est- doac
tttM?
Pendant qa'nermMe, wyaat, gface au bon succès de ses soins,
Bmest~ne reprendre peu à peu ses sens, lui faisait de nouveau aspirer
quelques gouttes d'eau de Cologne, te eommandunt Bernard t~poN.
dit à Olivier d'une voix emNe
J'étais eott! ce matin pendit que tu <ansa!s avec un de
tea anm.
–BBeSist,mon eade. madame Barban~a m'a dit que vous aviez
<o t'imptudeace de sortir malgré votre extrême faiblesse, mais
que ce qui t ava!t un peu rassurée, c'est que voua lui avez paru
plus gai que vous
ne t'avez été depuis bien hmgtemps.
–Oh! certes, reprit te vétéran avec expans~a, fetah
Bd parce qMej'ëta!s heareNx. dt 1 bien t~eareux, ot !M maïht.
Mats te MMMM~nat 6*aM<t«, Ms~" tMMar avco o«o e~Mt-
<!M fh~'MM. et !)}('t'<a t'a aoopiMMt
KMt. tMM, jo Mo do!;) riftt te d)Mt MHn, la M)!a dtmo aaKt.
C'<!h)it hien hnptudeut. <nttH e))t!n.
(Jxu vcxt-tM. j'avais tneff ratwn! et pub ~'«< cru qua t'e~et'
6<ea ait ttfa)«t atf eoM~ )t!Mt prathoMe &)ma tOHvahisceoco ~Metea
protXfttHdef) barofies & naira petit ~f<!tn Je M))x <!«ne aoftt.
<!opHmtan(, ara <0ant da mc~ fnfccs, au HaM <<e sw~f ta pMno,
Jo auta a<)4 tct prts, dem eca grands <erra!na oaMnndt (jj«t aval.
etoent !o eho<t))n do fer. Apf&H avoir MM peu maniM, tno sentant
R)tt))t))!, je mo atttft aM))) M ~et), Mtf le Mto d'Mx <))h)a qt)t t)«t'<te
t't)))8 t<o CM mca <fac)')at et p~das, mats «ft M n'y )) patt ~ncofo de
tHn~ona. J'<Ha!a ta dcp'ttit MO quart <t'heur<! toM<;))o, nto croyant
6uf))M<n)MM tepotid, fat vouh) n)0 lever ptttff favot)? che)! t<"d&;
t)Mtt< ecut) pf0)))t't)i)ttt), quo!~Me pt'tt tM~tto, nvah dttxhd moa fo~eea.
A pah)e ~tats-je debuut, que t'ai <M prts d'«n dt"))f<))Memeat, mes
Jambes ont Meht. )'t)t perdu <t~<)))bfe, le tolua <h'tt rapMe.
Et vous êtes tombé dit Olivier avec aMxM«S.
Ou), fa! tjtiBaëjUtiqocf)eu bas du mootteute cette chuta ao)ra!t
<t6 peu Jmgt'MtMo. si une grosse chafroue eha~e de pierres, et
dont les chcvuuK abandon))~du charretier maKbatext & t'aveumM,
a'<:&< paM<! a ça otoment.
Grand Dieu s'dcrta Olivier.
Quct affreux daMger! s'ëcfta t!ern)!tde.
Oh! oui, affreux, surtout pour cette chère demoiselle que vaut
voyez ta, Nes~e, out, blessée ea risquant ea vie pour aauwcr h
mienne1
Commenll mon oncte.eetto MessaredemademoiseMeEf<tBitta&
Eu tombant au bas du talus, reprit le ~teMtatd en iatefMttt*
pant son neveu, qui jeta sur mademo!set)ede BeaumeMtH un regard
d'onendrfMtnent et de reconnaissance tuetFaMe, ma tcte avait
perte, j'étais étendu sur le pavé, incapable de faire un mouwemeat,
torsq)t'& travers une espèce de vertige je via les chewaut s'avancer.
Ha tête o'eta!t plus qu'à un pied de ta roue lorsque j'euaends na
grand cri, je vois vaguement uae femme qui venait eu sens iuveMe
des chevaux se précipiter de mon cote, c'est atoreque la cMmats'
Mace m'a manqué tout à 1811. Puis, reprit le vieillard avec tUM
émotion cntiMante, tem~oe je suis revenu à moi, i'ëtab aseit et
<~tOM< au <atao, t dem pas da t'cadtMïta& J'~wh faMM <tta ~M6&
tfna !amM <!)!a, <m ax~a da owa~o at do bcx~. e<!Ut ai<<'nt!))))Mo da.
M' <M 0)!)<)Mjtth)h'S. ~)o OtMrO d'd~UUVtMtM, ffMtt CMMX"
va))t )&
~utd. ? optait t'tte a't~ita la ~)o)x macitt ex lie rotttufxaot <cfa
~nt)s)~<t,qn))~a)<t)~M<uttt fuit r~~ M~ $en! –Cui. e'~ta!t
&

V))' matttiMH~ctta rq'~t-H,


vt'ua qui <()'av<i< aMf~ ta vie
.,)) vous exposMnt à t~r)F, voua, pauvre faible on'atuto, qui M'avM
<!Euu<~ <tua vatM «.amr et que ~atM wtOanco 1
0 ËfneMtao) quo ja suta Mro Mtra votro amie a'dcrh la
duc~'e eu Barrant contra son emuf Efnesttao, Mugtssauto et eoa'
tuso.
Ont catt 8'<Scf!x la v!o)Har<t, soyot-ett Mro <h voire am!o,
mM!)'mf)i!<et)a, vous ta <!a<M<
Had(!mo!M)!c. d)t à son tonr OMvtey <M a'ndfci.mnt A «Mde*
ototiieMo da CaaMtaeMMavec un trouble tmtfittttisMbte, jo M« puis
woox <))fa que ccB n)oM. et votre csiur ~mpfMtdta ce <))t')t~ at~tiOcnt

pour moi <t Jo voua dois ta vie de mon onclo, ou ptutût du pèro te
plu tecttremettt eMr!. t
MotMteof e!Ma)r, r~pnodtt mxdomohette de Bea'tmesnM eM
Mt~nt las yeux après MetrMganM totaunahttmnteavec aurttrise,
€o que vous me d)tM t& me rend doublement heureuso, car j'a-
vals )gttur<! ~usquict que Mtomieur tût celui de vos parents deut Mor'
mMe m'avatt parM avant-hier.
Et txahtteuaat, ma<teMM!M<)o, Mprh te venant d'un MM Mm*
pKd'tMcr~t, conxoeMt vous trouvez-vous Il faudrait peut-~treaMef
percher uumddecta.MademoheUeHermto!a, qu'en peneet-veua!
y
Olivier y courrait.
bionsieur OHvter, n'en faites rien, de grûce, dit vivement
EmNtiue. te n'éprouve qu'un peu de mal de tête; la blessure
jdeit ëtte Mg&re, c'est à peine si je la ressens. Lorsque Mut à l'heure
}tme ao!s<vaBOu!e,c'a je veust'asaare, biMptusd'emotioa
q!M de douleur.
U n'importe, Emestine, dit MermMe, il faut prendre un
tta de repos. Je crois comme vous votre blessure légère, mais vous
Maeteai effrayée, que je veux vous garder pendant que! (ucs heures.
quant à cette otdennaace-tA,ma chère Bermiaie,
Oh dit
o aMtaat [Bad~aMiscHede BMmmetni!, fy «MMem de tout
mon e<!6w< <( ïa Carat durer ma coavateaceaca le p!M tant~em~t
qa')t ma sera pMa!Me.
OKvtar, mon entrât, dit la vieux H!9t!a, doaaet'mo! ht
bm. M MfMms ces d~motMMes.
MonsieurOlivier, reprit BermMe,H est Impassible que H. Ber-
nar<t. fatMe comme M t'est, t'en aMte à pied. 8t vous voulez dira à la
paMt&M d'aMer chetehar MM ve!<«M.
Non, noa, ma eMM <!enMt!M)te,avec te braa de mun Olivier, je
ne crains rien, reprit te v)e)Har<), la grand air me MmeHM;
puts veux montrer & Olivier t'ea<!ra!t a& ~o pdttsaa!: Mm cet auge
6M<i)cM. Jo na suis paa~vat, ma<!etne!se!to; mais ytMt aouventje
vam <o juM. btfe un pMertna~o & eo tataa de t("Ma, et Jo prierai t
ma ma<)«!re pour ta e~dfauso e~atttfe qui m'a eauw<; au momeM
<t& j'abats taut envlo de vivre, car ça matis m6«!0.
Et ~nw la aectmdo fots. à ta nouvelle su~be ô'0!Mo)r, te ~t<MN
refoula tes paroles qui M vinrent am ~~9.
EnOn. n'haporte. reprit-il, ~e p~~eM~ done 4 mt ma*
nt&M pour mon ange sauveur,car wa!)! eat, ajouta <o v~MB en
Murtantd'un air de bonhomie, c'est !a monde renve)~ ce sont
les jeunes <H)cs qui sauvent les vieux M~aM. houMus'ttttentqa'aM
tteuttMMatit Il reste un ecaur pour le dévouement et pour la MMN*
Mtsaaoce.
Olivier, les yeoit attachés sur ta Mélancolique et doux visage de
mademoiMOe de BeaomesnM,éprouvait un attendftasement MmpM de
charme; MaeoBur palpitait sous les émotions tesptas vives et les
plus diverses en coatemp!ant cette jeune tille, et se rappetaat les
Incidents de sa première rencontre avec elle, sa franchise tngeMe,
t'er!g:naM<ë aaivo de son esprit, puis surtout tes eenadences d'Uef
minte, qui lui avait appris que le sort d'Eraestme était Mtd'etM
heureux.
Certes, Olivier admirait plus que personne la MM beauté deh <?'
e6aM, ma!seN ce moment Emestine lui semblait aussi belle.
Le jeane sous~Mcier«ait tellement absorbé,qa'M fallut qaesooea'
<!e te prit par le bras et lui d!t
AHons, mon gateon, n'abusons pas ptus longtemps de t'hesp~-
tM que mademoise))e Bermmie me pardonnerad'avoir acceptée.
.-&Kt~BenaMe~–d:t EfBea&eaebantqaevaMda*
MeanM tout Mpres de l'endroitoù t aeodeot est arrive, fai er« pM'
v<Mr.
N'atfM'vMts pas vous eMaser maMtenant? –d)t ta dufAMM en
MMWant et ot) interrampaM RmHfmohfOodeBcaumMnit, v<msM*
to~r d'avoir ag! en amie ?
Adieu doue. mcMtemoiseMes, dit ta vieux marin.
Kt 8'adF~MMt& EfMMtiMd'oo ton ptinëtr~
M <ae aafatt trop p~n)b)e<to penser <p)e je voMs a! vue aujourd'hut
pour la prcmtcreetta dorlllèro fois. Oh 1 ras<'o)'et*vous. ma(tet))tt)se)te,
ajouta le vMMMd CM r~po~daMt un nMUVonettt d cnttMrras d'Ef-
OMtiM, –n)a feconnai~aHEO ne sera puaittttisur&te! seutetneotjo
vous Jentaadcfitt <:0)tt)na ttne grâce vous et & madetno~eXe Mormt-
nie, de ma falro savoir quelquefois, aussi rarontent que vous te voit-
tfe)!. quand je pouno! vous )re'tc«!ttrer ici, M'est'ce pas? dit te
vieillard CM centeoat't M))) <!mottt)M, car co n'est pas tout de rem-
plir ux cœur do gratitude, M<aut au )Mo!os lui permettre do t'expr!mor
[uctque<b)s.
HonsfeurBernard, dit Corm)n!e, voire d~sir est trop oa*
turel pour qu'ËrnesthMet moi mas ne nous y rendions pas. L'un de
ees soirs qu'ErneMine sera libre, nous vous avertirons et vous nous
rerea le plaisir de veair ~MHdre oae tasse de thé avec B<MS.
Vraiment? dit joyeusemeut le vieithtfd.
Puis ajouta:
Toujours te monde renverse ce sont les obligés qui sont com.
blés par tes bienfaiteurs! enNo, je me résigne. Aitoas, eacore adieu,
mesdemoiselles,et surtout au revoir. V.ens-tu, Olivier?
'Au montent de sortir, le vieux marin s'arrêta, parut hésiter, et,
après oo moment de rëMexioa, il revint sur ses pas et dit aux deux
~UBe!t <i)!es
Teuez, mesdemoiselles, décidémentje ne peux pas, je ne dois
pas emporter un secret qui m'étouffe.
Un secret, monsieur Bernard?
Ah! mon Dieu! oui, deux fois déjà il m'est venu aux lèvres;
Mtsdcux fois je me suis contraint, parce que j'avais pronis de gaf*
ierteMteuKe; mais. après tout. il taut que madenn'ist'tte Erut-stioe,
t~ije dms la vie, sache au mottM pourquoi je suis si bcureuxde vi~
tte.
T.I. 3i
–Je peNM Mmmo vous, HMMsteur Beraard,–dH Bctm!a!o,
vamdevett cette rëeampsBM Erttestine.
Je MM «SMfe. mo~iewi- reprit mademotse~ da BeaMmox-
a! quo jo eera! tf~'))eMren$o de voire conOdettca.
Oh) e'eat que c'est 000 vroie coaMeace. mademoiselle car, Ja
vous t'at dit, au M'avait fecommantid le acorat. Ont, et, a'H faut ~t't
vouer, tHun pauvre Ctiwter, c'est paof le mieux garder, ce diable t!o
Metat, que je suis sorti ce matin pendant quo tu ~taia à la matsen.
PaorqMot cela. mon «acte ?
Parce que, ma)gf<! toutes tes tecemmaadat!oasdu mondo, dans
te pM)))<cr aaMssemcnt de h boottc noMeHo que to wcoais d'apprea.
dM. }o M'auMts pu M'emt~cher do te sauter au cou, et do te dife
tont !'< Auast je suis so«!, es~raot n)'haMt<tCtaseca à ma joie pour
MMVoiF le la cachet plus tard.
Mats, moM oncto,-dit OMvter, qut ecM'ta!t te vetëran avec une
sarpfise croissante, do quelle bonne nouvelle veutet'wua doua
parlery
L'omt que tu as vu ce matin à ta maison ne t'a pas dit que a
première visite avait ëte pour mot, a'eM-ee pas?
Non, moM (Mtete. t-orequ'H est veau me trouver eouB la MoaeMe,
le eroyaM qu'il arrivait à CiMBtaMt.
C'est ceta. nous en étions convenus, de te cacher notre entre'
vue. car c'est lui qui me t'a apportée, cette fameuse nouvelle! et
Dieu sait s'il était cemeot qutoqu'M m'ait paru bien triste d'autre
part. Ba ua mot, mesdemoiselles, vous allez comprendre mou
bonheur, reprit le vétéran d'un air triomphant, mon brave (?-
vier est nommé oMcter 1
Mo! s'dcria Olivier avec ua t!an de joie imposstMe à ten'
dre, moi oMeter 1
Ah! quet bonheur pour vous, tnoMîear Olivier1 dit Ber-
minie.
Oui, mon brave entant, feprM le vétéran ea serrant dam
ees mains tes deux mains d'Olivier; oui, tu es omeier, et je de*
vais te garder le secret jusqu'au jour où M recevras ton brevet poef
que ta joie fût plus comptète, car tu ne sais pas toat.
Qu'y a-t-il donc eucore? 'onsieur Bernard, demanda EraM*
he, qui prenait un vifiutérêt à cette scène.
n y a, mesdemotseRes,que mon cher OUvIef ne me qa!<MS
pM, <*M longtemps du moins, eat M !'a BOMM~ oMe!er dans t'aa
des r~fents qui viexaeat d'arriver en garais~a à Paria. Eh bien 1
matteHtuiaeMe EntMtiae, reprit le vétéran, WMua-ja MiMmd'a!.
mur la vie en pensant M hoaheut d'Olivier, au miea? Cempra-
nct'wat~ MMhtteaHat toute MteMdue de ma Mcoaaahsaaee ea~ot!*
<???
Le nouvel officier restatt muet, penstî: uno vivo ~met!oa se pe!-
sas Irni,s
doit sur ses
usoiseila lorsquo,
traits toraqoo, pardeux
par fois. Il
deuilMa, et
ilnonvaUo
jeta !m yeuxBPr made.
sur Mado-f
OMMd!e da BoaotNosjtMawea uaa expression aonveMe et aiogutiùfe. )
Eh bien t omn cn~nt, dit le vJtëMO dtana~, presquo cha-
gr!)), du silenceméditatif qui avait auceMë chez OtMef à sa première
CMhn'at!oM do «Mrpr~aet <!ejo!e, met qui creyats te MM tant
de plaisir en t'anHw~ant ton Sfado t je sais Moa qa'apt&s toat M
B'e~ que justice teaJua, et tardivemeat rendue & tea ser~cM, mais
caBn.
Oh MO me croyez pas !a(tmt envers la destinée, mon oncle,
Mpr!t Olivier d'uaa voix profoKMmeatpénétrée, s! Je me Mb,
e'est que mon poexF est trop pMn. e'e~t que Je pense & tous les
txtahfUM <tae renferme la nouvolle que vous m'apprenez car ce
grade, je te dois, J'ea suis sûr, à la chaleureuse mterventiua de moa
meilleur ami, ce )j!r:'<te me rapproche pour longtemps do vous. BMa
oncle, et enaa ce grade. ajouta Olivier en jetant de nouveau les
yeux sur ErMosttue,qui rougit ea reneontMat encore le regard da
jeune homme, ce grade est sans prix pour moi, reprit Olivier,
–parée qae. parce que. c'est vous qui me t'annoncez, mon
oncle.
Évidemment, Olivier
ne disait pas la troMeme raison qui tendait
ton nouveau grade si précieux pour tui.
Etnestine deviaa Mate tes généreuses et secrètes penséesda jeaae
comme, ear eHe rougit encore, et une larmed'attendrissementinve'
bataire brilla dans ses yeux.
Et maintenant, mon officier, reprit gaiement te vieux ma-
rin, maintenant que ces demoiselles ont bien voulu prendre part
i ce qui nous intéresse, remercions-les, ne soyons pas plus longtemps
indiscrets. Seulement, mademoiselle Hermiaie, n'oubliez pas votre
tMitatioM pour te thé. vous voyez que j'ai bonne mémoire.
Oh Mye< tfanq~Me, monsieurBernard, je veas pM~we~ qaB
t'ai aussi bonne mémoire que voas, répondit eraciaosemeat Net.
miaie.
Pendant que !e commandantBernard adressait à mademeiseMe da
BaanmaMH qnetqnes dernières paroles da fecoanxtasanea et d'a~iea,
Olivier, s'appMehaM d'Benniate, !«! dit à demi.~eh d'un ton a«p-
pliant
Ma<!emo)aeMa Her<n!aie, il est desjoaN qui doivent disposer a
h cMmence. Que dirai-je à Cerald?
MonsteMr Olivier, reprit Berm!n!a, dont le frout s'attesta
profondément, car la pauvre enfant avait aa instant eubtM M3 eha*
grins, vous savez ma fesohxtoa.
Olivier connaissait la fermeté du caractère d'BefmMe; M et<mf&
un soupir en songeant à Gerald, et reprit
UM mot encore, mademoiseMe UerMtote, voulez-vous avoir la
boité de me recevoir demain, à l'heure qui vous conviendra, pour
une chose tres'tmportaate, et qui, cette <bts, m'est Mate parson-
cette ? vous me rendrez an vrai service.
Avec plaisir, monsieur Olivier, répondit la dMc&«M, quoique
assez surprise de cette demande. –Befaain matin je voas attendra!.
Je vous remercie, mademoiseHe.A demain donc, dit OHvief.
Et H sortit avec le commandant Bernard.
Les deux jeunes aMes, les deux sa~rs, restèrent M~e~

xm

Les derniers mots adresses par OtMer à BermMe avalent î~


veillé tes chagrins dont elle s'était forcément distraite lors de t'arn'
vée imprévue du commandant Bernard et d'Emestine.
Ernes'tne, de son cote, resta quelques moments silencieuse, peu'
sive, tM)Mr deux motifs elle était rêveuse, d'abord parce qu'elle se
Mt)pt:ut tes regardssingutiers qu'Otivier avait jetés sur eMe en appre-
nant qtt'it était officier, regards dont Ernestine eteyait comprendre
htoae~Mte et généreuse signMeatioa; puis la jeune fMo ressentait
aa mélancoliquebonheur en songeant que sa nouvelle amie était la
jeune artiste quo i'oa avait appelée auprèsde madame de BeaumeanN
pendant aea derniers moments.
!<a rêverie d'Erxestine a'!)Og)Menta!t de l'embarras qa'eHe ëprea'
M<t pour amener l'entretien sur les soins touchants dont sa mère
Matt entourée par !!erm!nio.
Quant ta présence do mademohene do BeanmeanMchez Hermi.
B!e, rien de plus simple & expliquer. S'~taatrendue, comme d'haM.
tude, à la messe avec mademoiselle de la Rochaiguë, Ernestine avait
dit a madame LaM de l'accompagner pats, au sortir do l'office, pré.
textant de qudques emptettes & faire, elle était ainsi partie seule avec
an gouvernante; ua Nacre les avait conduites non loin de la rue de
ManceaM, et madame La!ne attendaitdans la veitare le retour de sa
jeune mattresse.
Quoique le silence de la daeteMe eût à peine date quelques mo'
mats, Bruestine, remarquantb morae et pénible préoccupation où
venait de retomber son amie. lui dit avec un mélange de tendresse
et de timidité:
HermMe, te ne seraijamais indiscrète, mais B me semMe que
depuis on instantvons ête< bien triste!1
C'est vrai, répandit franchement la jeune Me, –fat
<m
grand chagrin.
Pauvre Herminie! -dit vivement Rmestine, un grand cha-
Ct!n?
Oui, et peat'<t*e, teM t t'henre, vous en atonerai~e la cause;
mais maintenant fa! le cmnr trop navré, trop serré; puisse votre
deace innMence, Ernesane, le détendre nn pea. alors je vous dirai
<oat. et encore. je ne sais si je puis.
Pourquoi cette réticence, Berminie? ne me jngez-vons pas di-
me de votre eonuance ?
Ce n'est pas cela, pauvre chère enfant, mais vous êtes si jeme,
que je ne dois pas peut-être me permettre avec vous certaines con-
Mences; ennn, nons verrons. Mais pensons à vocs ii faut d'abon)
voas reposer sur mon Mt, vous serez pins commodémentque sur ceMe
tbabe.
Mais, ma chère BermMe.
&ns répondreà !a jeune nMe, la dttc&~m tNa vers son aieow, et
<a dra tM ttdeann, que, par un senMment de chaste tcMFve, elle
laissait to~oura fermés.
Eruestine vit un petit Ht de ter, recouvert d'an couvre-pied de
gaiagaa roso tfès.frois, pareil à la doublure intericMredcsrideimx de
~eMe. et sur lequel s'étendait une ceurte'pointo de mnusseiino blan.
te, relevée d'une garniturebrodée par Bannie.
Le fond de Mcovo était aussi tendu en gatngan rosa, et t'oretOef,
d'une éblouissante blancheur, avait une garniture de mousseline à
points à jour.
Rien de p)a9 Ma, de plus caquet, qae ce Ht v!)'g!oa! atr lequel
Ernestine, cédant aux pHereB do la dMc~MM, &'<tendtt à demi.
S'asseyant atera dans son fauteuil au chevet de t'orpheHne, nerm!'
jjie lui dit avec une teudre sollicitude en lui prenant les deux maina
Je vous assure, Emeatinn, qn un pat) de repos vous fera grand
Men. Commentvous trouvez-vous ?
Je me sous ia tête encore un peu pesante, voita tout.
Chère entant, & que! affreux pëfH vous avez échappe!1
Mon Dieu 1 Borminie, il ne faut pas m'en savoirgré. Je n'al pas
songé un instant au danger. j'ai vu ce pauvrevteiiiardglisser du talus,
et tomber presque sous la roue de la charrette j'ai crié. je me suis
élancée, et, quoique je ne sois pas bien forte, je suis parvenue, je ae
sais comment, à attirer assez M. Bernard de mon c6té pour l'empêcher
d'être écrasé.
Vaillante et chère enfant eourage t et votre blessure?
C'est en me relevant que je me serai sans doute frappée à la
roue. Dans te moment je n'ai rien senti; M. Bernard, en revenant i
lui, a'est aperçu que j'étais Nessee. Mais ne parlons plus de ceta,
j'ai eu plus de peur que de mat. et c'est être vaillante A bon
marché.
Jetant alors autour d'ette des regards ravis, la jeune eUe reprit
-Vous aviez bien raison de me dire que votre petite chambre
<<a!t charmante, Herminie! Comme c'est frais et coquet! et cesje-
Ites gravures, et ces statuettes si gracieuses, et ces vases remplis
de neurs; H me semble que ce sont de ces choses bien simp!e<! que
«mt le monde pourrait avoir, et que personne n'a, parce que bagout
eent sait tes choisir; et puis, quand on pense, ajouta la jeune n!te
avec une émotion contenue, que c'est par votre seul travail que
WNNtvMpa Maaerif tontee Cta charmantes chMee. comme wm
d<wt 4tM ~M et ~WMse emame voua deve< vaua plaira !eU
Ont. ~pandit tdstemant la dMc6«M, je ma suis plu lui pen-
dant tan~temps.
Et maintenant, vous Ne vous y p!a!sa< plus? Oh ce aarait MM
tngratitude.
Non. non cette pauvre petite chambre m'est toujoora cMro,
reprit bernent HermMa en pensant quo dans ceMe chambre etto
avait vu Gerald pour la première et pour la dernière fois paut-etre.
Enteatme ne savait comment trouver une transition qui lui permit
d'amener l'entretien sur sa mère aaM ewtMer toa MttpeonB d'Uermt'
oie; mat:, avisant son piano. elle ajonta
Voilà ce piano dont voxs jouez si bten, dit-on. Oh t quoj'onrah
de plaisir a vans entendre nn jour1
Ne me demande!! pas cela anjonrd'hat.je vous en pr!o, Ernaa.
aine, je fondrais en tarmee aot premières notea quand je suis triste,
la musique me fah pleurer.
Oh! je comprends ce!a mata p!m tard je vous entendrai, a'Mt'
M pas?
–Jeveustepmmett.
A propos de musique, reprit Emestineen tâchantde seeen.
tratndre, l'autre soir, quand j'étais assise chez madame Merbant, à
côté de plusieursjeunes personnes, t'une d'elles disait qu'une dame
étant très-matade vous avait appelée auprès d'elle.
Cela est vrai.répondit tristement Uermtnie, essayant de
trouver un refuge contre ses pénibles préoccupations dins le souve-
nir de sa mère. Oui, et cette dame était cette dont je vous at parte
l'autre soir, Emestine, parce qu'elle avait une mte qui N'appelait
comme vous.
Et, en vous écoutant, n'est-ce pas? tes souffrances de cette
dame devenaient moins vives?
Parfois eue tes oubliait; mais, Mhs ce soulagement n'a pas
MMt pour la sauver.
Bonne comme vous t'êtes, Berminie, quels soins teachants vous
avez da avoir de cette pauvre dame 1
C'est qu'aussi, voyez-voas, Erneatine, sa position était si tnte*
tessante! si navrante! Mourirjeune encore, en regrettant une ??
tten-ttimëe 1
Et de sa <me elle vmB patMt quelquefois, HeraMniat
Pauvre m~M aa N«f dtatt sa pr<<tceup<t!oa fomtante et dep'
B<6re elle avait «M portrah d etto. toute enfant. et souvent j'at v<t
ses yeux, ph'iua de p!auM, a'aMaehefsur ce tableau; )))!«? ello ma
lisait c«mh)ex sa Oua o~tritait sa MHttMssa par st'tt <:t<af)nHnt xata*
M< p<to ma parlait M)M) ~6)) tat)f<") qtt'<'«« foct'watt d'eMo prMqua
€h:tqnej<M)r: & ehaqoottgno, )nod)satn'!)o,acf~!i)!Unh«uM<!)0
cacaf do ce«o enfant <!Mf!o.
Pour ~tra ainsi en confiance avec voue, Bera))n!8, cette ~me
devait vaua aimer hcaMMWp?
tala mo <<!tn)t)«natt ono erantto Menva)))aM<e, & taqueHejet~oa*
da!s par on r~tc~oom attachawant.
Et la )t))u (ta tctto dame, qui wxft o)nMtt tant, et que vm~ o!-
nHOt tout M)Mi. vous M'avc& ~mataeu le <f do la cannante, cette
autre Erxocttno?
Si. car tant ça que M m&M m'oa aw~t dit avait dvcntdd'a'
wance ma ~ynn'athie pour cette ~euno pafsnono: m)<9 elle était en
paya étranger.CepC))<)Kt,toK~M'oua est revonue à Path, un tnatant
~watit eBpM de la voir.
Cowtttcnt cela, ma cMte BemtMe? demanat EfMesttM en
d!M!mu<!))ttaa codosiK!.
Une circonstancem'ayant rapprochéede «m tutour, « m'avatt
dit que peut-êtreje aérais appeMa à donner à cette jeune demoiselle
des leçons de piano.
Erae~tno tressaillit de joie. Cette peMeeae lui <S)a!t paajt)squ'a!oK
<euue; ."db. voulant moHwersacudositdtMtx yeu)td'Uerm!u!e,ello
reprit en souriant
Vaoit ne savez pas pourquoi je vous fais tant de questions sur
cette jeMne demoiselle?C'est qu'M me semble que j'en seraisjalouse,
ai vous attiez l'aimer mieux que moi, cette autre Efoestine!
0)<t ras~urez'vous, dit Herminte en secouant më)aneo!iqae*
ment la «te.
Et pourquoi ne Faimeriez-vcus pas? dit virement mademe!*
selle de BeaumcsnH,qui, regrettant cette expression d'inquiétude ta*
volontaire, ajouta
Je ne suis pas assez égoïste pour vouloirpriver cette demoiselle
tte votre affection.
Ce ~ne je sais d'ei!e, ta souvenir des bontés de sa mère, lui as-
tMeronttoujours ma sympathie. mals, hélas ma pauvre ErnestMM, M<
est mon eT~MfH, que je erafntira)!' toaioxM que Mntt aKachpmont
n't'Ot )'o!r intérêt. CftM ~eune doHuisNttoc.<t <r~.nf!<a.etja au~
pauvre.
'-< ~h! dit
amèrement maftemu~cUt) do Cfnxm~~t, c'est
am!r Mo)) ()<M))Vt))sooptn~'n <M<o. sa))!' tx eoxnaXfo.
B~trctnpox-VMtit,Emea~tttc. )a no duate ('M t!o son h(t)t cm))?,
«'apt~M que m'exa<)!t xa n~'ro. mais, pour eeMo jct)noperM))))H,
no Mtb'jo pas wne <!tMog&M ?.
puis, à cm)se <!i) ptostoor!)ra~of))). et
«Mftam do et~Mo ~a î~cMtcr an cMo do C)'ne).< regfoM. c'est à peine
et ~'<maM<!t <
~a~cf do« cifconatonceaqui M'm)t mppTOt'h~ do M
m~M moxMnh!. <<)"' huxt~eHoa ett<M )ttwf m<tt. Ne 8<'r«it-fo pas,
<t'uKtcuM, avoir Mr du chMther «tn faiM Unt? et d'aHer aM-~tt-

<ant ~'MtW atfceOtw à taqnoXo je n'at auc~M <<Mh? 1


A est aveu. ccixhtpn Eme~htB so MHdto tt'we!f <!t0 alméo d'Mor'
M)<a!e avant tt'<'ttc cannuo ponFCoq't'cOcétait ~Xoneutt
Et poh, rajtprothcme'tt dtfnHge ( c)to cra~natt de no rent'ontMf
que des aOfccttoftStntdMsin'c~, paréo qu'etto (Sta)! ptt« WcAf A<'W'
<~ de France, <))Hdt9qa'H)t)'m!n)o,tMrco qM'otto était panwe. cral-
gn~h quo soit offecttott 00 pnnU int~rc~de.
Lt) (fucAMM ticmhtait <te~u9 <!0 p)usacc.tbMe. dépôts la dcraK'M
me)t)ë de cet entft'tte)). EMu avait cru y trouver ntt M~ga contre sea
cruelles ponsëos. et. <ata!ement,elle s'y voyait ra<t)t;))t!e! car c'était
aussi dons !o sublime orgueil de sa pauvreté, cratgttant (te voir aMf!'
buer à t'tnt~t ou & ta vanM son amour pour Cera!< qu'ttcrmioic
avait pui86 la fibre r~s~uttM qui devait pfcsque iafaitMbteoteat ruiner
ses defaiëre~espérances.
CummaM espérer, en effet, que madame la duchesse de Senneterre
consentirait ta
de'Harche exigée d'elle? Ma!t, hélas quoique asso!
'ieuragettsepour sacHOer son amour à la dignité do cet amour même,
tefmMUe a'ea ressentait pas moins tout ce que ce sacrifice herotqae
Sait d'affreux pour elle, à mesure qu'e)!e y songeait davantage.
Aussi, faisant allusion presque malgré elle à ses douloureux senti.
nents, elle dit d'une voix altérée, en rompant ta première un silence
ie quelques instants
Ah! ma pauvre Ernestine, ~ai croirait que les affectionsles
plus pares, tes plus nobles, peuvent <tfe souillées par des soupton?
tnfames 1
Bt, mcajtaMe de M cotHeaffplus longtemps, eHe tbndtt en bnnea
en t'xfhant son visaga d~os ta aeh< d Emp~tino, <p~, <nm~ Aomt
tooetx'a. sa «'tova et Ka~a wn aa~o contre son eoour en lui d)s.<nt t
Mftmhtic, mw t~un! qM'a~a-wua? J~ tn'a)"')'t'tiva)Kmen <)t)tt
wamde~cutetdi) ptot M ph))ttthta, txataJOH'~a Mttsd~fUMuduf
ta cause de voua ~e!oo.
N'ea pa~MM )'h)i), reprit nerm!n)e, qo) somMatt rot~tf d<
<a)t <nM'aa, t)art!«nnott'me!ectM fa!b)eMe, mals, Mut à t'haurOt
des SM'~ntM pëtttMea.
Mern<)))te, Jo n'at aucun droit A vos conf!(!en<'e!t, mats pouvant
qoetqMpfcist'oo snufï)'a motos en partant t!e ea tiouffrance.
Oh au), car cola e~r<MM, cela tua, une douteur, nne con-
tfa)t)t< <))a)x <'h))t'))))at)o))' n)a)x tu h"))M)i
Vo)~. )))<)))!)) Jf vn))! <ipro))t'cr t<o la hanta! Mermtnte, eh! non!
~x'ct'i! v<M)tt ~tm <r<'(<(!<"a pt't)t <:dt<!i
Eh n'fst-ee t'as oHe Mcha MMcssc. Mno hMto, quo do plourer
CMon't je fais, a~)) t~ett o' te eourago d'<me r<i<t)ut)<tn)usM et
d~MO?Y
tH, après Mn moment d'hd~taHen. la due~M dit Q Efacatine
Ma ))auvf<; ottHMt, no regarde!! na!' ce quo Jo vais vous dire
comme une M'nMcnce. VetM et«'<<))o JoxtMso mo donuefatt de*
MtOt'Mtes: mais. danscer~cit, voyez uootecoth
–Unete~u?
Uu!, comme moi vous Ctes orpheline, comme M)o! Teus êtes
eans appu!, MXtK~jtdrifnee qu) putsM vous delairer &urt(!5 pMges,
sur les tromptirieB doot de pauvres créatures comme nous sext quel-
quefois ent<'ur<'es. Efoutez-moi donc, EtacattMe, et puissë-JB~OM
épargner les dou)euM dont je MutTret
Et Mermioie racoota & KntMttoe cette se~M dans laquelle,juste*
ment offense cemM Uoratd, qui B'<SM!t permis de payer ce qu'ettc
devait, et le traitant d'abord avec haatear et dédain, la jeune fille lui
<vait ensuite pardonné, touchée du généreut sentiment auquet UeraM
avait réellement cédé. Puis Hermine ceuttona en ces termes
Deux jours après cette première rencontre, voulant me distraire
de souvenirs qui, pour mon repos. prenaient déjà sur me. trop d'em.
<!re. j'allai te tioir chez madame uerbuut; c'était le dimanche.QaeHe
<ht ma surprise de retrouver ce même jeune homme dans cette rëu-
Niuu! J'éprouvai d'abord une impression de chagrin, presque de
e~inte, sans doute an presaentimeut.)mM j eus te nudhemr de céder
<t t'aMrottda ectte nouvetto MXMxtre. JaMaIe. {usqu'atora. )c n'avait
w pn~amm qui eût, comme !«i, des mant~r~ A la fois s)m)'t''A. etd*
~m<~ tOt.tinst~)" <)? esprit hrint)))t et enjoué. «M)!. <«mM)f:.d'ooo
Mi-~o du n)t'i))t'Hr (;oa<. Je dJtCi.ttt <M tmtHogti! et il <)t'))~t) (XHyen
de tne Mto ao't~tey ap~ ~t)(.'f)ea, taot M cu< y txettre <<o <))!)x.'a<c'<ae
et do ~aco. J'H~ia <<a<Mla MMc qu'M oc noxxoait CcraM, et quo.
–CcMM?'"<Htv)vc)!<e))t KroetiOne en Mogeaxt que h) dxcdo
Senoc~M, t'on des fr<!tendants ea mo!)), so «nottoatt ausst Ceratd.
Ma!s on coup <!e sonnetto qui se «t cotendro attira t'uttcoOfm <<'Ho'-
min<o. et t'en~Scha do fOMa~xor t'~Mxnontent <ta 0)m)on)f))sc)to <to
BoaomcMi).
CcXo-e!, à ce bn)!<. ao lova du lit ett c0o <!tait ))'-<!)?o, pfodant
qu'ttofm)M!o. tt<!s-c«ntfafMo do oette vis!te toot~uftono, sa dirigea
vers la porte.
Un dumcatiquoag<! lui remX un billet contenant ces mots1

< Il y a pt'Mto'ts jtmra qno jo ao ~e<~ ai vue, ma chère enfant,


cat J'ai été un tKHt souffrant. Pouwcï-wus me recevoir ce MMtta*
< Tout à Mus bien af~etuausemuat, 1
< Mt)t.MMM.

< P. Ne vous donnez pas la petite do me nSpoadM e! ~Ms vou*


!ee de votre vioit ami. dites scutotneut oui au porteur de ce MHM. t)

Mermtate, toute à son chagrin, fut sur le point de chercher un pré.


texte pour éviter la visite do M. de Maiitefort mais, rcMchiMaut que
!c marquis, appartenant au grand monde, connaissait sans doute Cc-
raM, et que, sans livrer son secret au bossu, elle pourrait peut-être
avoir par lui quetques renseignementsprécis sur le duc de Senneterre,
eBe dit au domestique
J'attendrai ce matin M. le marquis de Maiiie<brt.
Pute, revenant dans sa chambre, où l'attendait mademoiselle de
Beaum~snit, Nerminie se dit
Mais si M. de Mai)!etbrt vient pendant qu'ErneMiBe est encore
!ei? Eh bien! peu imp"rte qu'elle le vole chez moi, elle a matatettant
mes eonttdences, et d'ailleursla chère eufant est si discrète, qu'à t'as*
pect d'un étranger elle me laissera seule avec lui.
BermhMo continua donc son entretien avec mademo!seMe de Beau.
mBitmt fM)s ha pa<er ta prophahM vt"!to dn M. dt~MMon. <<*
<'ra<nt« q')'E<'n)i'.t(tu\))m' ft'n~oxneo, )M la qu)t<M ~us tatcju'ftte M
<pM~~t)~W~.

XLM!

!'t)f<towt!.wt do vaus m'otc qxht~o, ma cheM Rfnoi'ttne.


dit Moottittic& sut) amto. C'<!<n)t une lettre, et fat fait «Ho ~pOHM
«rbtte.
Je w" en pt!e, BMm<a!e, répondit Ef)t«M!ae, wut)!e<
conthtMfr vos confidences, t(H)!< ne sauriez cfohc à quel point e)<e~
m'tn~MMpnt.
Et mot, il me semble que mon eeew ec Mutage en s'épanchant.
Veycx.~M. j'ea ~tats bien 60M, répondit Emeattne avec
une tcndr~e m~nne.
Je vous disaisdonc qu'~ ta )f~un!on de madame nerbaut j'appr):
pte ce jeune homme ~'appâtaitG9ra!d Auvernay. C'est M. Olivierqoi
Ne le t'otoms en me le pr~'ntant.
Ah M Mnnatsi'ah M. Olivier.
C ehtit son amt tntimo, car Gemtd tvatt cto soldat au même
liment que H. Olivier. En qutMam le service, <t 6'etatt employé che:
uu umMife. m'a-t-it dit; ms'ts depuis peu de temps Il avait rcnMcé t
ce travail de ch!c.)ne, qui ne convenait pas à son caractère, et s'etatt
occupé aux f"rtit!eat!oas8ous na eMderdugënto qu'il avait cofM
en Afrique. Vous le voyez, ErnesUne, Cerald était d'une ccndittM
égale à la mienne, et, libre ainsi que lui, j'étais bien exeuMbtede aw
laisser entralner à ce penchant htat.
Pourquoi fatal, Berminie?
Quelques mots encore, et vous saurez tont. te lendemain de
notre rencontrechez madame Herbaut, vers la tombée du jour, de
retour de mes tecons, j'étais assise dans le jardin, dont te propriétaire
avait eu l'obligeance de me permettre t'euMëe. Ce jardin, cernai
v<tM-' ptMff!f< <<t «Hf a tWMit la feoCtra. «opard da la r<M)~,
M~i<<
qt)t~bor«a. quop.tfttna chafo'itteetUMO (<a)(s~t<dnah~Mteord'Mpt'Mi.
t<t)t'M))H<M~'t)tt~p!m.jovhpa~t'r Ot'Mtd. A« tit'o d'<<M m!
<:M)W~ <x v~XH, ovco nue ~M~mxa s))))~t)'itf). tt portait une htotxo
grisa <*t un tar{to chapes do paHto. U fit MX toonvoneot do aurpri~e
ea M'aporeavaxt) )nHia, loin do parattM ht0))!t! d'~tM ~M <!t<M son
tt!)htt du travail, ))n)Maa)))a. a'xppmchx onttc <!)t({~M"t qn'i)
O'ti'ah xa J(tt)f))t!o, qu'M venait t~ tOfiger .'ortnine~ cafttcx <<c~ con'
otf))f't)))t)s )t)))it)))f<e <t))e <'<')) ox<!ctttc mait)tc))t<nt (t.t))ft !a ptatm' <!o
MoxMitH o <~st «)) tt)(!<)nr nx'itid tt'aMhitot'to, t)t")th! <tn aoMat,
qui ntR ~'<a« txicHt quo lit tiOtnbra~txtto du notntro, t))a dit-it,
Ct!<t)Mjottt~)M)na MtMttj'fia cm))!Htredo'rt)t)o!) et bravos ira.
ta'ttc'tft). no Ono do )')t)'a<'a')st'r dei' ('rocës. <!t j'ahna )Ht~))x <:e<a. e
Oh je t:n)t))'re))d!< biejt ocHu pr<!f)!)'e))eo, toa ch&M Mt'ftointo.
S!)tM <h)))h' a))!), ju vcMS t'avoue, Kt'OMtixo. tOHo r<!si~<(a<ioo
t "n travai) (ttioiMn. ~fo'iqut! «taxHct. ma d'sMU'Bt plus «tMchje quo
GfMtdafc<;u uoe tf~!i t'Ott'ft)ddxt'atio)). (!o so)f.)a !t ntO<)uiMttMent6t
et ))'a <<(< est ttooftant q"a. d:)t)t l'espoir do me Mftcontrfr ~uctqtto*
Mt tmr les limites de mon paM, M se MtMtait d'avoir &.passer sou.
Mot )tar tCMe ntetto pour aller vair un (!a scit anciens camaradcit d<'
'arm~c. qui habitait une patitontaisoM, que t'en apercevait, ett effet,
du jardin. Q)to vous dirai'jo. Ernestino? i'resqxe chaque soir, a la Na
du jour, j'avais ainsi <'n entretien avec Corald, souveot tx~me nous
Mmmes allés nous promener dans ces ~M«ds terrains caMnne~ e&
M matin est arrivé l'accident de M. BerMard. Je trouvais dans CcraM
Mt de traneNse.tant de gëndrwsitd de cosor, tantd'espr!tetde char-
mante humeur; M paraissaiteaCn avoir de moi une si haute et, le
je puis le dire, une si Justeestime, que, lorsque vint lejour où Gerald
me dMara son amour et me dit qo'it ne pouvait vivre sans moi.
mon bonheur Oit grand, Ernestine. eh! bien graad car, si Gerald
ce m'eot pas aimée, Je ne sais pas ce que je serais devenue. M m'eût
ëtë impossible de renoncer à cet amour. Et aimer seule, aimer sans
espoir, ajouta la pauvre créature en tressaillant et contenant à
peine ses larmes, eh c'est pire que la mort, c'est une vie A ja*
Bais désolée.
Maix, surmontant son émotion. Berminie continua
Ce que je ressentais, je le dis franchement à Heratd de ma
part ce n'était pas seulementde t'amour, c'était presque de ta Meon-
Mt~oco Mt, sana M, ta ~!o Bt'afpa~~Mtt~opt~tttse. < H<M$
eemoMa )M<Mt) tm<-t dcm. at'Ja d)< & Mmaht, notre cawM<<co
est <Rah\ awa auraH~ à <<ct«a<«taf a~ M~xtt MotM <<a <<e eha<}<tt
~UF. o t:c!)t eatbft))t «)t)M or~uc)). Mf t'at~ve)~ t<M)t'<<~ A ta fftotm~
e~ ~m))' 0X0 una e~oXe h))))<)))m)t)t). Notre (x~MHca 8<xa donc mo*
dosta, Gerald, ~eut'~fe m~mepf~atte; t~aiit, htfco do eoaM~e,
aptHty<!s hot sur t'<tUtf<) et fof~ do NOtM anM)'r, H0t)& (MftaMM loa
p!mma))V)<tsjoufa. t
Oh < Uefmh)!c, que' dinuo tang~t) < Cemmo M. Gerald a da Otre
h&nrenx et OM do vnx)) atmort Ma<a, encore uno fois. potsqua voue
MO!! rem'omnS tout da thaneca do hanhew, pourqu~ vos tatmc~
«)tM fhi'srtH?
N'<!i«.M pas, En)o~t))8, que j'étais bto) cxcoi'aMe do Mmotft
JH rhtfottMaëo eu ponnM ton tMoufhet!' à eea t~fes )mw eam*
pt!))Mf sM ait)))(<Hta.tM.eo pas <)ue e'~Mit là du «ta part mt oe'
N
Na et b~a) amour' Oht dUes-te-met. N'e&<e~ pM Q~aaspeu~
patt M'MCMMF da.
Bennhtto a'aettHM pas, ses larmes ctoutRMnt M voix.
Vous accuser! s'écria Ëfnesttao, mais, MMM Dieu do quoi
wua MeMMt~N'<He5-wuapas Mte comme M. Ge~aM~ H8 voua atme*
t'M pas aotaot que vous trimez? tLaborieux tous deux, votre caudt*
ttoMest~ate.
Non, reprit nermhne avec accabloment. Non, nos ceadi*
~uns MC sext tMs égales.
~ne dites vuus?
Non. cMM9 ue sont pas égales, bdtas 1 et eest )& moa matheu~
car, a<in de les ëgatiser en apparence, Gerald m'a trempa pat de
fam (tehen. <
0 mou Dieu et qui est-il donc?2
Le duc de Setmetcnre.
Le duc de Senneterm!1
S'ëcna EruesHue, frappée de sMpeuf et d'etffo! pour EennMe, <c
pensant que Geratd était t'aa des trois prétendants à sa main à elle
Er«cBHne, et qu'elle devait so rencontrer avec lui au bat du tende*
main.
M abusait d''nc indignement !!erm)n!e, puisqu'il donnait suite 1669
prétentionsde mariage avec la riche héritière.
Henaiaieinterpréta la muette et profonde stupear de MB amie ea
fa«r!ha9nt<M M!s!M6HMat<)M'<M)B paMMte)~v~!«!onM~eva!(e<m'
Mf, et reprit t
t
bien dites, Er«Ci)!!nc. Mtix-je ))i'M< mathourMM!
Eh
–1'4! t)oo tcMa t«M<qn)r!e, a'e~t tufamo ) et eMHOteot ave<'vaa<
pa savoir.
M. de Sannatarre. ae sentant McapnMedo supporter ptm <ong'
tempa, a't')! dit, la vie t)8cant)<me)(as fauMat~ qooaon preMior mpt<-
MM{<t)M ttn~Mtt, et n'osant mo f<)<M tut-ntëmet'aMMdoeettetrttn)-
per!o, il en a char~ M Olivier.
Enfiu, c'est du molus H. de SeaMMMequt tot-rnSmo vous a <Mt
~!M <?!«) f~~tHttOM ?
Ont. et, nw<«f<! la <<«M<cwqo'c!)o m'a cnasCo, j'a! retrouvélà
que!t}u« <'h«se de <'e«c taya'~ <<"M ~«imais cn lui.
Sa toya'ttë 6'<!eria EntCMixe av<:e an'ortume, sa !oyau~
et toatmen~Mt M vans abaodotMtc ?Y
Loin de m'ab.tttdonner, reprit BermMe, H me pMposo sa
t<}atn.
Lui M. dfSentteterre?–9'<!er!aErnestine avec uno nouvelle
empeur. niais aten, nwmiN!e, repf!t-c))o, pourquoi voua dtSs-
MpJror ainsi t?
PwufqMo!? dit la ducAMM. parée qu'une pauvre orpheline
M)Mn<e n)ot M'achète UM pareil mariage qu'au prix des hutttiHatiuas
tes plus dures.
UermitMe Me put continuer. car elle entendit MBt'er.
Pardou. )na chère EntestiMe. reprit-elle en séchant ses tar*
mes et oMtteMaot soM ëmotioa.–je crois savoir quelle esttapeKonae
qui t!Ot)M8 ta. Je ne puis me dispenser de la recevoir.
-Alors, je vous quitte, UenniMie,– dit Ernestine ea reprenant à
la hâte Ma chate et son chapeau, quoiqu'il me soit bien péniblede
vous laisser si triste.
Attendez du moins que cette personne soit entrée.
Allez toujours ouvrir, Merminie, pendant que je vais mettre mea
cllapeau.
La duchesse Nt on pas vers ta porte; mais. par un sentiment rem'
pli de délicatesse, reaéci)issantà la difformité de bl. de Naiitcfort,
revint et dit à son amie
*Me
Ma chère Ernestioe, aBn d'épargner & la personne que j'attends
petit désagrément que M causeraitpeut-être l'expression de votre
MTpï!M & ta vue de soM toNfH~te, )e va<M proviens que cette pefMMe
bMsae.
Soudah) madt'mohatta de tteaamesnH sa Mppeta qMafmgoMvemaam
lui avait apptb q~etc marquis de StaUtetart s'était fait <t<M<M<rt'a*
dresse d'Hermtnio une crainto vague M Bt demander& BermMp
avec un embarras mortelt
EiqueMo est ceuo personM?
Ça 6Mt)Ue~homme, <M'at)a c!teoastanco étrangem'a fah cou.
nattra. car M apparient ao grand monde. Ma!sje CMOta do trop taf-
der à ouvrir. Excusez-aloi,ma chttro EfMCMtae.
Et NotmMe <)~piwut.
Bfat at)ne MMa !mM)oM!o. a«crf~a.
Ça !Mt:)tdMe ~c~fxtiuMiMt M disait que M. do MaMafeMaMatt ea
tf~r. ta trouver ehez Hetmittb.et. quoique madomo~eXodeBoaa-
me~H ~t aux paroles ~ootqttes du marquis )o ddsif et la wotontë
de tcNter Mpreuve qu'elle avait Mtt'io. tctc de sa présentationche<
madamu Berbaut. quoique o~in elle ressentit pour tui une sorte de M*
«Mmeot sytHpatMquo, elle tgKMatt encore ~qu'& quoi point elle
pouvait comptersur M. de MaiMefort, et cette rencontre la d~soMt.
EfaeBttoe ne s'était pastwtot'
SM amie rentra aeeenq'agM~ du mar<)u!s.
Ueureusement Hcnninie, songeant seulement alors que les f idéaux
desonak~ectaieNteaverts,Bchàtad'aMer les fermer, MtoasM
habitude de chaste susceptibilité.
La duchesse, tournant ainsi te dos à Emestine et à M. de MaHtetbr!
pendant quelques secondes, ne put s'apercevoir du saisissement que
ces deux personnages éprouvèrent à la vue t'na de l'autre.
N. de MaMetert, en reconnaissant mademMseMe de BeanmesnM,
tressainitde stupeur; une curiosité remplie d'inquiétude se peignit
sur Mus ses traits; Il ne pouvait en croire ses yeux; it allait parier,
lorsque Ernestine, pâte, treniblante, joignit vivement tes mains, en
le regardant d'un air si désespère, st suppliant, que les paroles eïpt'
tèrent sur les terres du marquis.
A ce montent tterminie se retourna la ligure de M. de Maittefort
n'exprimait plus le moindre étounement voulant même donner &
mademoMeite de Beamnesnine temps de se temeHre, it dit à MeMai*
t~e:t
Jte sw<a bien indisorot, j'en sui~ s~r, mademoiaaUa, ja viea&
mal & pîepaa peut-être.
jm~is, MMtts~~p. epoyot to, va~ no viendrez mat à propos.
dit la dwhfOtt: je v<HH deaModarai seulement la ptirmtMioa
do reconduire MMdemoiseMe.
Je vM)tt en Sttppttc, dit le marquisen a'inoiinaat, je serait
d~soM que vaua «Mtex pour nt'tt hmo!m!fo c~mottie.
M fallut & mademoiselle de Beat)meM)!t t)H grand empire sur eMe.
p)C«tt' pour Mo pas tMhir son tMHMe heufou~emeat ta petite cn-
tft!o qui pf<!ed<<ait la chambre d Hcrtatntodtait obstiaro, et, t'attcra'
ttou Mhi(<t des tfatt~ d'Efoesttna ~ehuttpaat à son amie, cite lui dit
Ëf)teM!)t8. après co quo jo v!eM do vous ceaOcr, je n'H! pas be.
soiu do Mwadire combien votre pfjsoteemesera nécessaire. tMtas!1
te ne croyais pas devoir mettre ti!t&t votre an~'M à t'tSprcave. Par
Sface, Emcst!n8, par p!tM. ae matahsoB pas trop longtempssente. s!
MM sav!e)! combien je vais sonMr!r! Car je ne puis plus espérer de
revoir GeMM, ou t'e~rance qui me reste est si incertaine, que je
n'ose y compter. Je voua exptiqucrat tout cela. Bbb, je vous en coa'
jure, ne me tatss~z pas louglemps sans vous voir.
Oh croyez bien, Hermtme, que je faudra! te plus t6t que je
pourrai. et ce ne sera pas ma faute si.
–Eetaa'je comprends. Votre temps appartient au travail parce
qu'il vous but travailler pour vivre. C'est comme moi maigre ma
douleur, M va Mtoir que, dans une heure, je commence ma tournée
doleçons. Mes laçons, moa Dieu! mon Dieu et c'est peine si j'aila
t~te à moi. Mais, pour nous autres, ce n'est pas tout que de souffrir,
M faut vivre 1
Bermiaie prononça ces derniers mots avec une si déchiranteamer-
tume. que mademoiseMe de BeaumesBitse jeta aa cou de son amie en
fondant en larmes.
Ations, j'aurai du courage, Ernestine, lui '<it Hermiuieente*
pondaat à son étreinte,–je vous le promets. je me contenteraida
peu de temps que vous me donnerez, j'attendrai, et je me souviem'
drai, ajouta ta pauvre <<Me~M en tâchant de sourire. Oui,
me souvenir de vous et attendre votre retour, ce sera encore <me
consolation.
–Adieu, Herminie, adiea'– dit taademoiseMe de Beaomesmt
d'une voh étouffée, adieu, à bientôt. le plus tôt quejapout-
T.i. as
rat. je voua le jure. apres-dewam, at je puis. Et, après tout, je
ta pourrai, ajouta tëseMmem t'orpheUne, oui, quoi qu'it ar*
rive, aprea'dCMMin,& cette hewe-e!, comptez sur moi.
Merci, merci, dit Hermiaie en embrassant Erneattno avec
eKuMon. Ah ta compas~on que j'ai eue pOMt wus. votre g~a&
reux eccaF me la rend bien.
Apr&s-dematn, BermMe.
Ne~t encore,Etaestiae.
Adieu, dit la jeune Mte.
Et, dans un trouble inexprimable, elle ae dtf!gea vers rendrait où
sa gouvcraaateraUendaU daNa teNaere.
Au moment où mademoiseOo do BeamoasoU sortait de chee Der.
NtiMie, elle se croisa avec un hotHn'o qui se prcnMxaM lentement
dans la rue, en regardant de temps à autre ta maison occupée pat
HertttMe.
Cet homme ëtatt do Hatii, qui, on t'a dit, venait parfois rôder au-
tour de lu deMcurc do <h«hMM, dont il avait eardô un tr~s-!rrttaMt
<iouvcatr, depub le jour où ce eyniquo avait si insolemment aborde
la jeune artiste, alors qu'cUe était sur te point d'ontrer à t'h&tet de
BeaumemM.
De R~H reconnut parfaitement la phM riche hMti~M de FraMM,
qu!, dans son trouble. remarqua d'autant moins ce personnage,
qu'eHo no t'avait vu qu'une fois au Luxembourg, lors de la séunce
de la Chambredes pairs, où M. do la Rochaiguël'avait conduite.
Oh oh qu'est ceci? la petite BeaumesuM mise presque ea
grisette, sortant seulette, pâle et comme effarée, d'une maison de ce
quartier désert, se dit deRavM avec une surprise incroyable.
Sttivons~a d'abord prudemment. Ptusj'y songe, plus j'aime ù me
persuader que c'est le diable qui m'envoie une pareille bonne mf'
tune. Oui, oui, cette découverte peut être pour mot la poule aux OMÈ
d'or. Eh! eh! cela me réjouit le cœur et l'âme. Rien que d'y songer,
j'ai des éblouissementsmétalliques toat à fait dans le genre de eeut
de ce gros niais de Mornand.
Pendant que de Ravit suivait ainsi nmdemmseite de Beamaesait.
;ans qu'eiie ae doutât de ce dangereux espionnage, Herminte éMu!
revenue auprès de M. de MaiUetort.
XLFV

H. de Mai)ie!brt attendit le retour d'BermiNe dans une perytexite


étrange, se demandant quelle circonstance inexplicable avait pu rap-
procher cette jeune M!e de mademoisellede Beaumesatt.
Le marquis désirait d'ailleurs ce rapprochement, ainsi qu'on !e
Wfta MeMot; mais ie bossa ne t'avait pas conçu de la sorte; aosst
la présence d'Efuestiae chez Nora~e, te mystère dont eHe avait da
nëce6sa!reateMs'entourer pour se teadre dans cette maison, le se.
cret que mademoiselle de BeaamesoH lut avait demaRdë d'ua ait si
suppliant, secret qu'il voulait et devait scrupuleusement garder, d'à*
près sa promesse tadte, tout concourait à exciter au plus haut point
la curiosité, t'iaterêt et presque l'inquiétude de M. de Maillefort, qui,
pour tant de raisons, ressentait une soMieitude paternellepour ma-
demoiselle de BeaumesnN.
Cependant, lors du retour d'Berminie, qui s'excusa de t'avoir
laissé seul trop longtemps, le cmqais lui dit de t'air da monde te
plus natutet
Je serais desote, ma chère entamt, que wos ne me MaMez pas
avec cette fam!t!arM à laquelle ont droit les véritables amis; rien de
plus simple d'ailleurs que de reconduire une de vos compagnes, car
cène jeune personne est. je suppose.
Une de mes amies, monsieur, ou ptutot, ma meilleure amie.
Oh! oh! dit le marquis en souriant, c'est une bien vieiMe,
one bien ancienne amitié, sans doute?
–Tres-recente, au contraire, monsieur; car cette amitié a été
aussi soudaine qu'eMe est sincère et déjà éprouvée.
Je connais assez votre cœur et la solidité de votre esprit. m:
chère en&nt. pour être certainde la saretë de votre choix.
Un sent trait, qui vient de se passer il y a une heure à peme,
monsieur,vous fera ;uger du courage et de la bonté de mon am!e:aa
péril de sa vie, car elle a été blessée. elle a arraché un pauvre vieN.
tard à une mort certaine.
Bt en quelques mots Heeminie. Nère de son amie, et vontoM h
T.L 22'
(Mre apprecter ainsi qu'elle mdritaltda l'être, raconta la eaat~MMt
teadtnte d'Emestineau sn}et da commandant Bernard.
i.'ea devine t'ëmoMoa du marquis à cette r~veta~on inattendue, qui
lui montrait mademoiseMe de Beaumesuil sous un aspeet si toaenant i
aussi 6'<€r!a4-i)
C'est admirable de carnage, de geneM~M 1
Ma M ajouta
–Jt'enétats sûr. vous ne pouviez que digoementphMrvotMamt.
6ë, ma chère eaftat. Mais qaene est donc cette brave et OMeUeMt:
jeaae NMe?
Une orphetlne comme moi, monsieur, et qui, comme mol, ~t
de son travail <ae est )M<M)eu&)t.
Ah eMe est brodeuse? mais, puisqu'elle est Mp!)e!!ae, ele vit
donc seule?
Non, monsieur, elle vit avec une doses parentes,'quit'a presea-
e dimanche soir à un petit bal, et je l'ai Mncontreepour la pM*
a)i6tefo!s.
Le marquis croyait rêver M <ut un instant sur !e point de sonp-
çenner quelqu'un des la !<ocha!gae d'être complice de ce sbgnMer
taystere; mats la foi aveugte qatt avait avec raison dans la droiture
d'Henataie lui Bt rejeter cette idée; cependant, il se demandai com-
ment avait pu faire mademoiseMede BeaumesnH pour quitter pendant
Mate une soirée t'hote) de son tuteur, à t'otsa da baMN et de sa <a-
B~Me, pour aller au bal; il se demandait aussi avec non moins d'eton*
nement par quels moyens Ernestine avait pu ce matin-tà même dis.
poser de quetqaes heuresd'entière liberté mais, craignant d'eveiMmr
la défiance d'Berminte en la questionnant davantage, il reprtt
Allons, c'est an bonheur pour moi que de vous savoir une amie
e! digne de vous; et il me semble, ajouta le bossa avec intérêt,
~a'eue ne pouvait venir plus & propos.
Pourquoi cela, monsieur?
Vans savez que vous m'avez donné le droit de franchise?
Certainement, monsieur.
Eh bien U me semble que vous n'êtes pas dans votre état haic~.
Sad. Je vons trouve pa!e; ron voit qa'K y a peu d'instants vous aves
pleuré, pauvre chère entant
Momaemrje vous assuM.
Et, aH faut ~<ms !e dire, ee!a m'a trappe d'aaiaatp!ne, que. les
deux dernières fois que je vous ai vue, vous scmNiea tout heureuse.
Ça!. la contentement se lisait sur tom vos traits; cela donnait même a
~oiro bsauta quoique chose de expansif, de si radieux, que, vans
vous en souvenez peat-ëtro, pour la taretd de la chose, je vous al
fait eempMmeNt do votre rayonnante béante. Jugez na peu, moi qui
sais le plus maussade toNangeardu monde ajouta te boMa en ta-
chant d'amenerun sourire sur les tevrea d'BarmMe.
mais celle-et, ne pouvant vaincre sa tristesse, répondit i
MaHMhMt que m'a causée te danger auque! Ernestine v!eat d'e'
ohappar ce matin a sans doute aMr<!mes traits, monsieur.
Le marquis, certain qa'HermtnSe souttrahd'un chagrin qu'eMevoa-
lait tenir cacM, n'insista pas par discrétion, et reprit <
Ainsi que vous me le dites, ma chère enfant, cette émotion
aura sans doute ainsi altéré vos traits; heureusement te péril estpasse;
mais, dites-moi, it me faut bien vous l'avouer, ma visite est iateMs~
eee. ires-interessee.
Patssiez-voas dire vrai, monsieurt
Je vais vous le prouver. Vous savez, ma chère enfant, que je
me suis fait an scrupule d'honneur d'insister désormais auprès de
vons, à propos du grave motif qui m'a amené ici pour la première
lois.
Ooi, monsieur, et je vous a! au gré de n'être pas revenu sur un
sujet si pdaible pour moi.
Il faut cependant que je vous parle, sinon de madame de Beau-
mesnM, du moins de sa CMe, dit le marquis en attachant on re-
gard pénétrant, attentif, sur Herminie, ann de découvrir (quoiqu'il
tût à peu près certain du contraire), si la jeune fille savait que sa
nouveûe amie était mademoiseue de Beaumesnit;mais il ne conserva
pas le moindre doute sur l'ignorance d'Henninie & ce sujet, car eUe
répondit sans le plus teger embarras <
Vous avez à me parler de la 6Me de madame de Beaamesni!,
monsieur ?
Oui, ma chère enfant. je ne vous ai pas cache l'amitiédévouée
qui m'attachait à madame de BeaumesnB, ses recommandationsder-
'Bères an sujetd'une jeune personne orpheline, jusqu'ici inconane, in.
<MavaMe, malgré mes recherches je vous ai dit aussi tes vceox non
atoias chats do la comtesse au sujet de sa M!e EfN<at!ne. BitHfoatet
a<Mna qui no aoat, croyez-moi, d'aaenn tntarOt pour vous, font qua
~aurats ta phts grand <<éstf, dans t'tnt~rët do mademoiselle de Beau*
mesaH. de vous voir rapprochée d'eMe.
Mot, monsieur! dit vivement NetMtatc en songeant au bon'
heur de eoanattre sa Meuf; et comment me tapprachef da mado-
molsello de BeaomeBaM!
thme mant~eMen simple, ot dont on vaos avahd~, je crois.
parM, torsqoo vous vous ~tes st noblement eondntte enveM mada)))(t
de la Rocha)gM6.
En effet, monsieur, l'on nt'awah fait espérer quo je serais ap-
peteo M'p)'<a do tnademehaMede BeaumesaM pour lui donner des te'
~«N9 de piano.
Eh bien ma chère enfant, la chose est arran~.
Vraiment, monsieur1
–J'en at parlé hier au soir & madame de la Rocha!gMe.Elle doit
vous proposer aujourd'hui ou demain comme maîtresse de ph<no &
mademoiselle de BeaumesnH: je no doute pas qu'elle n'accepte.
~uaot à vous, ma chère ea<ant, d'abord,je ne prévois pas de refus
probable de votre part.
Oh 1. bien loin de là, monsieur 1
Et d'ailleurs, ce que je vous demande pour la Mte, dit !e mar-
quis avec ëtnotioa, je vous le demande au nom de sa mère, pour
qui vous aviez un si tendre attachement.
Vous ne pouvez douter, monsieur, de t'intëret que m'inspirera
toujours mademoiselle de Beanmesnit. mais les relations que j'aurai
avec elle devant se borner à des leçons de piano.
Non pas.
Comment, monsieur?
Vous sentez bien, ma chère enfant que je'ne me serais pas
donné assez de peine pour amener ce rapprochement entre toade.
moiselle de Beaumesnit et vous, s'U devait se borner à des leçons de
piano données et reçues.
Mais, monsieur.
–tt s'agit d'intérêts sérieux, ma chère enfant, qui no penvee!
ttre mieux placés qu'entre vos mains.
Alors, monsieur, exDUquez-voas, de gr~ee.
jta tOM en dirai davantage. –Mpr!< le marqa~ Mmr!aat A
demi, en pfasaatà la doute surprtse d'Mermiate tar~qu'cMo tecaa'
nattMit mauemotMHe de Hcaxme!'nH dons t'of~heMne bfof~'xt, M
ttwiHeor~ amie. Jo m'exp~querat M~t & fait tarsq'ta voua auree
w votre nouvelle écolière.
En tom eae. moaateMf, croyet! q~ojc regarderaitOM~ara comnto
Na davotr d'obOtr & voa inaptrattona; ~0 serai prête à attur choi! matte'
MtotseMo 4a BeaomesnH tots~'eMe me fera aa demanda.
~'Mt mo! qui me ehorgo do voM Présenter à ello.
Oht tant mieux) monsieur.
Et, s! voM !o voutae. aamedt matin, & eetto heuM-ct, je ~!cn.
drat vous prendra.
Jo vous attendra!, monsieur, et je vous remorcie de m'epargnet
rembarras de me présenter seulo.
Uu mot do Meomn<andaM<t, ma chère entant, dans t'htterût de
mademoisellede ncatonMn!). Persane no sait, personne no doit sa'
voir que sa pauvre mère m'a fait appder près d'eMe à ses deratera
Instants. M faut que t'en ignore aussi le profond attachement que je
Ksseatats pour la comtesse. Veus garderez le ptus profond silence
à ce sujet, daastecas oa M. ou madame de la Roeha)gu6 vous parte'
tattdemei.
Je me eontbrmera! & vos intentions. monsieur.
Ainsi donc, ma chère enfant, dit le bossu en se levant,
è samedi, c'est convenu. Je me fais une joie do vous présenterà ma-
d'*mo!seMe de BeanmesnM, et je suis certain que vous-même vous
trouverez à cette entrevue un charme auquel vous ne vous atten-
dez pas.
Je t'espère, monsieur, répondit Bcrminie, presque avec
distraction; car, voyant le marquis sur le point de sortir, olle ne sa-
vait comment aborder une question dont elle se préoccupait depuis
Parrivée du bossu.
Bte lui dit donc en tachant de paraître très-catme
Auriez-voos la bonté, monsieur, avant de vous en aller, de me
donner, si toutefois cela vous est possible, quelques renseignements
que j'aurais à voas demander?
Parlez, ma chère enfant, dit M. de MaiHefort en se rasseyant.
Monsieur le marquis, dans le grand monde eu vous vtvez,
Mpr!< MarmMo avec a~ embatMS m~K' ao~Rt~aoaça ~acea*
aion de Mncantror madame la duchesse do SennetoMe?
j'dtaia t'tMt des) hona cmh da a«)t Mtari, et j'aime P!<tr<'n)('men<
eot) fils. tu due do Sc~MMefre MitMt, ox de~ plus dipnf*'jeunes gens
quo jo connMti.sa. me? encm~, ajewta te bos-ia avec ~xu'OeM,
t'ttt ac~ts ottc notweMepTMwa da ta noMoesa do aen <'aMct~re. t
Una t~~a MH~anr monta un front <)'enn!nte en ontondoot tm)pn
HpMtM~ment CcMM pxr MM t<omme q«'dh) MBpcctatt xotont q"e.
M. de 6!ai))efMt. t
Cehtt-cttcprh, assez <!tonM~t
Mah qoo!!) MnMt(;oomen<9 weotet'woa ava!r anr madoMe dc:
SennctetTo, tua eh<)M enfant? Vous auratt'CM pfaposf! (!o donner tttif
leçons do mxsiqxoà Hes Otto!
Mer~Mteuat-mentservie par ces paMtei) do bosaM, qa! la sortatent
d'una grande dtMeuhë, ccHa do donner un prdtexte à ses questinxs.
Hormtnio r~ondit, Matgr~ la r<!pugoanca qae lui eaoMtent ta mea'
senge et la Mate t
Oui, mo!M:e':< une personne m'a dit que peat.6tM on Bte pro.
cureratt des leçons duns cette grande maison; mais, avant do donner
suho à cette proposition trcs'vagM, !) est veni, je désirais savoir a!
je puis attendre de madame la duchesse de ScnMterre certaiua
égards, que la susceptibilité pCMt-etM exagdrée de mon caractère
me fait rechercher avant tous. En un mot, monsieur, je voudrais sa-
voir s! madame de Senneterre est nittureMement bienveillante, et s~
l'on ne trouve pas en elle cette Oerte, cette morgue hautaine, que t'oa
rencontre quelquefois chez les personneB d'une condition si e)ov<e.
Je vous comprends à merveille, et je suis enchanté que vous
voas adrcBsicz à moi; vous connaissant comme je vous connais, chère
et or~MdHeuM fille que vous êtes, je vous dira! a N'acceptez pas de
leçons dans cette maison-ta. MesdemoisetiesdeSennetcrMsonteMd*
lentes, c'est le azur de leur frère. mais la duchesse 1
Nt bien monsieur? dit la pauvre Herminie, te coeur aavra.
Ah ma chère entant, la duchesse est bien ta femme ta plus
sottement Infatuée de son titre qu'il y ajt au monde. ce qui est singe.
lier, car elle est très-grandement née. Or. le ridicule et la bête va-
ettë du rang sont ordinairement le priviMge des parvenus. En aa
mot ma chère enfant, j'aimerais mieux vom voir en relations avec
v:uat M. BtM(ftM<) qu'avaa cette hmMe d'uuo ~tsuppoftaMa atto'
~Hca. ttC~ Bauffwd Mnt a! ota!s, at a~~CM. que !enr manqua
d'ttsa~e axtUM p)Mt&t ~uH ae Me~m HW< ~hw ta daahns~ do Sun*
tMftw, ~«u' trame~m i'tuso!eneo !x ptm poile w) ta ~tt~ae h
~tttt tnttttcMo que vous p'ittaatex ~a~ner. et wuR snmwt, ma ch&tt
<fn)Hnt, qui dix
dortint, qo! avez & sthaut
KM si
A un hamavec
dCgfo !a die<))«) <to
la digtiltd do voui\otul1mo, vMa aa
voua~Ome. \'4\1 ne
M«of)ef! pas <!)): m!n))<eB avec Madame da Scnncterfa eans Otfa
NMxde & vit, vooa ne fatttattftaa Jatnals les ptoda chat elle. Atora, à
qMoth(t)ty<'n(Mr?
je vaus Mmerde, monsieur, ~pondtt nonoMo, <cras<!e par
ce«etM).tUt))),qut dutruisatt la folio et dernière chance <tM'o!)a
aMh cooscrv~ <))atgf< elle &quo ~eut-Ctre mathono do SettMtorfa,
MucMn de t'am<tMf de son fils, consenttMtt & ht d~narette quo ta të-
g!t)me orgttcit d'Uefmtxte mettait eotume condition supr~tne & Ma
mariago avec Gerald.
t~ marquis repris&
Non, non, <Na chère enfant, cette ma!Mn-<& Me vous Mertte
pas, et, en verM, M faut que HcraM de Sonneterre aoit aussi aveugid
qM'H t'est par la tendresse Ntate pour ae pas s'impatientctde l'extra-
vagante vanité de sa mère, et ne pas s'apercevoir enfin que cette
6!or!euse a le tŒUf aussi sec qa'eMe a t'esprit étroit, et que si quelquo
chose surpasse encore son ëgo!smo, c'est sa cupidité j'ai de bonnes
M~oas pour le savoir, auss) je suis ravi de hn enlever une victime
en vous delairantsur elle. Allons, à bientôt, mon enfant! Je suis tout
content de vous avoir, par ce conseil, épargné quelques ct'agrins
d anuMr-pMpfe,et ce sont tes pires pour tes noMes coeurs comme le
~otre. Hettez-motdonc souvent à tnême de vous être bon à quelque
ehoso et peu que cela soit, voyez-vous, je m'en contente, en tttea-
dant mieux. Aiast donc, à samedi.
A samedi, monsieur.
H. de Hamefoîtsortit.
t~rm!n!eresta seule à seato avec son deseseoif, a!ora sans )b9tMa.
XLV

Lejour du tfaad bal dmae par Madame do Mirecourt était ard~.


A eeMa tato briHante, tes tra!s pTOtendaats & la main de mademoi'
M«a de MeaumeanM devaient se teaeontreravec ''Me.
Cette Importante nouveMe, quo !o jphM Wf~" MWtMf< JF~nnM
allait Mre ce s<ttf't& son entrée dans te ntonde. était le su]et de toutes
tes conversations, l'objetde la curiositégdndrale, et Msatt ouMtcr h
tr~cenM et triste MMeHe don <w!cM(! qui jctott dans la ~MMtatton
l'une des plus tOustfM famMtOit de Franco.
Madame do Mirccour!, la BMUFfSMde la maison, se montrait thot.
ebement porteuse de ce que son salon e<tt t'Arcnnedo mademuiBette
de BcaonMsnH (cela M dit ainsi en argot do bonne compagnie).et elle
ee félicitait Intérieurement ea songeant que ee serait probablement
chez elle que se eondaefah le mariage do la célèbre th'tM~re avec
le duc de Senneterfe; car, toute dévouée à la mère de Gerald, ma.
dame de Mirecourt était fana des plus ardentea entfemetteaaea de
cette union.
Postée, selon rasage, dans son premier saien, afin d'y recevoir les
femmes & leur entrée chez elle et d'y être satuee par les hommes,
madame de Mirecourt attendait avec impatience t'arrtvee df la du-
chesse de Senneterre celle-ci devait être aceompagnee de Gerald,
et avait promis de venir de bonne heafe cependant elle n'arrivait
pas.
Un grand nombre de penonnee, ttNt<es par la car!Mite, eaoom-
braient, contre t'habitade, ce premier salon, a(!a d'être des pMm!e-
fes à apercevoir mademoheMe de BeaumesnM, dont te nom circutait
dans toutes les bouches.
Parmi tes Jeunes gens à matter, B en était Men pea qui n'eaMeMi
appo't< un som plus mina&eax que de coutume à leur toilette, non
qa'ib eussent des prétentions directes, avouées, mais emm. qui
s)dt. les hentieres sont S! bizarres < et qm peut prévoir tes sottes
d'un entretien, d'me contredanse, d'une première et eoadaine im*
pression ?
Aosst ehafMa, en jetant on damier e< eomptahant regard sur Ma
miroir, sa rappo~h toutes acné!) d'avcnturaa tn~rayxbtes. dans tes-
q~pit~s <t'opt))Mt<")jct)np't tittaa s'enamouMicnt d'un inconnu qu'cMes
épfm~ateat contra la vœu de tour famille car tous cea dignu!t c~Uba-
tairea, d'une vertu rigide. n'avaient qu'une pensée te mariage, et
Ma poussaient te scraputo, i'hoMCtetd et toto, H~ a~mi~eM tant !a
mariage pour le mariage mOme, quo l'dpouse ne davcnait plus e"~s
& !eora yeux qa'ttn accessotrc.
Chaque c~tbMdre, seton te caractère <!a sn phy~onamio, a'<S<n!t
donc tngdnM & se mettre en valeur
Les bsaum, à ee faire encore plus beaux. ptus ccoqHëranta:
Cam d'tm cxt~rtcur poa agr)!ab)o on laid so partageaient Mr
êp!t')tuot ou n)d!anco<ique
Ennn, tous se disaient, ainsi que t'en fait !oraqn'oa s'est laissé
prendre ait piège tentateur de costotertes allemandesqui eMrentdos
eatns de plusieurs mOtions
a Certes, M est absurde de crolro que je gagnera! un de ces totsta*
buleux j'ai contre moi je ne sais combien de millions de chances,
Moh en~n 1'on a CM des ~a~nantt. <
Quant aux personnes dont se composaitla socMtd do mada'no de
Mirecourt, elles étatent à peu près tes mêmes qui avaient assiste
quelques mois auparavant au bal de jour donné par madame de Sen.
neterre, et qui, lors de cette fête, avaient pris plus ou moins part
aux conversations dont la mort prësumabie de madame la comtesse
de Beaumesnttavait été te sujet.
Plusieurs de ces personnes se rappelaient aussi la curiosité qu'a-
vait Inspirée à cette époque mademoiselle de Beaumesnii, alors en
pays ëtrangeï, et que personnene connaissait; la plupart des invités
de madame de Mirecourt allaient donc enfin avoir dans cette soirée
ta solution de ce problème posé quelques mois auparavant.
fa plus ftene Mr~H~rede France était-eHe belle comme un astre, ou
laide comme un monstre? luxuriante de santé, ou malingre et phthi.
tique? (Et l'on se Muvient que tes fins gourmets en fait d MritieM
avaient prétenduque rien n'était en ce genre plus délicat et plus re*
cherché qu'une orpheline poitrinaire.)
Dix heures sonnaient.
Madame de Mirecourt commençait à s'inquiéter madame de Sen*
Beterfe et son nts ne paraissaient pas, et mademoiseMede Beaumss.
nt!pOMM!«trdwf~'mtoMMeot t foatMt ap, M <m)« «< Mawna
qu'Kr)tp!ittnnseMit poodeot toxM ta 6ftr<!a acc~o da M~dama da
la t<oeht))~<ë <'t (ta madame <tM SuHttutMrc, ci q«oefM~ m~agafatt
a~fottMMMtH & GeMM h p~m~to cNxtMih'oae avec ~'Mr~re.
A ehnqtM hâtant 10 ntcnde se auccëdah ptxa presM!. Parmi tea
nouveaux vaHM'<, M. do Marnant), suivi de M. de t)nvtt, aMa. do l'air
du monde )o plus ddstn«SMSsd.aa!uoF madame de Mtfeeoun, quU'ae*
cueillit à msrveiMo et lui dit tres-inaecemmeat, sMserairo rcncontroFt
ajuste:
Je suis sOre quo vaut veneo un peu pour mo!, monsieur dû Hor-
aand. et beaucoup pour voir la lionne de cette soirée, mademoiselle
de Bcanmesnit.
tLe ~Mor ministre sourtt et ~pOR~h avec <ma<nfBt!)at6 d)ptomat!e g
Jo roua aMOfe, madame, quo )e sn~ vent! tout natvement pear
avoir l'honneur de vous pr~senfr mes hommages, et aBshtet une
de ces fêtes charmantes que veosseute savez donner.
Et M. de Hofaand, s'étant tacMaë, e'eto!gaa de madame de H!fe*
court, et dit tout bas & de Ra~H
Va donc voir si eMe est dans les autres satons: moi, je rate
ici. Tache do m'amener !e baron si tu le rencontres.
De MavM Ht M signe d'intelligence à son Pylade, se mata aux groa*
pes, et se dit, en pensant à sa rencontre do la vento, dont M s'ëtaH
bien gardé do parler M. de Mornand
Ah 1 cette héritière s'en va seulette, en arisette. dans des quar.
tiers déserts, et revient trouvercette abominable madameLa!ne, qa!
t'attend complaisammenten fiacre Je ne m'étonne plus si cette <n'
digue gouvernante m'a déclare net, K y a quinze jours, que je ne de-
mtsptas compter sur son influence, que favats espëre si bien eo-
eompter. Hais au proBtdeqnifaverise-t-eHe cette Intrigue de la petite
de BeaumesnH? ear il doit y avoir nécessairement Mt âne iotrigae. Ce
gros niais de Mernand a'y est ponrfien. te t'earais sa. M faut que
le dëmNe le vrai de tout cela. car plos j'y songe, pias il me semble
<ïaTt y a là motif <&dM c~aMter la poule a<MB CM~ d'er. et au
ee, observons.
Au moment o& ~ymqne se perdait dans la <bM!e, la daeheesede
SeaMeterre arrivait, mais seule, e< la figure altérée par une vive MB'
tearidtë.
Madame de Mirceom-t se leva pour aMar au-devant da m~name da
Scnnetcrrci et, avec cet art que tas femmes du mettra pM&MeM à
an ai haut degf~. c))e t~oxva moyen, au m)t)o) de c<'nt (tpfMnnes,
et ea ayant t'oir d'adresser à la duchesse des banaMttiad Ui-u~o, d'à*
w)r avec c!~ à demi'voixt'eatMtioaautant t
KtCetaM!
Oa ra Mteo~ ça 8o!r.
Ah mw Dieu qa'a-t' donct
Ooputa hier M est dans UR état at~enn.
Et vous ne m'avez pM p~enuc, chère doctes<e~
.ïosqH'ao defutar moment MM'ava~ pMm!s do ~ea!F. qMo!q)t')t
<Ot)<ffH beaucoup.
<cs«Msotan< mademoisfMe de Beaomes))!! pom arriver d'un
moment à t'aatM. et vous t'auriez chanfbrde dès son entrée.
<– Sans dôme. aass) je suh an supptice. et.ee n'est pas tout..
Quoi donc encore, cbère dMche:ise!
Je ne sais pourquoi, il m'ost revenu dos doutos sur les intcn-
tions de mon Ms.
–QueHehMe'
C'est qu'U meMane ~tad singulière depuis quelque temps.
Mats alors il ae vous edt pas promis eucore aujourd'hui, et
quoique souffrant, de venir ici ce soir pour sa rencontrer avec made-
moiselle de Beuumosnit.
Sans do<!te. et d nn autre cote, ce qui me rassure. c'est que
M. de MaiHetbrt, dont madame de la Bochaigueredoutait t'insuppor-
table pénétration, et que mon Cis avait imprudemment mis dans la
contidenoodenosproJets.c'est que DI. deMaUteMrt est pour nous,
et
car M sait le but de la rencontre de ce soir, devait nous accompa-
j~ner moi et Gerald.
EnCa, que voulez-vous, ma chère duchesse? ee n'est qu'une ce-
cas!on perdue; mais, en <oat cas. dès que madame de la Rochai*
gaë va arriver avec mademoiselle de Boaamesnil. ne les quittez
pas. et arrangez-vousavec la baronne pour que ta petite n'accepte
pour danseursque des. insignMants.
C'esttrès-important.
Et. après avoir ainsi causé quelques instantsdebout, les deax fëm--
ma s'assirent sur un sota circulaire.
Pe MaveaM personnages venaient à chaque instant saluer m<*
da~odeMirecoMrt.
Soadata madame de Seaneterre6t un mouvement et dit tout bas et
vivement à son am!a
Mata c'est M. de Macreuse qn! vient d'entrer. vous recevez donc
eeMeotj~Mf
Commentma chera duchesse; mais je l'ai vu millo fois ehol
vous, et c'est oao de mes meilleures amtes, la sMur do monseigneur
Mv~qoe dp RatopoHs. madame de Cheverny, qui m'a demande une
Invitation pour M. de Macreuse: d'ailleura, <! est reçu partout, et
même avec distinction,car son <NfMcre<!e .Sa~t-Pot~earpe.
Eh ma chère, <ah)< P«~earpeno fait rien du tout è )a chose,
dit Impatiemment la duchesse en interrompantmadame do Mire.
court. J'ai reçu ce monsieur comme tout lemonde, et J'en suis aux
regrets; car J'at appris que c'était un bien grand drete, je vous dirai
même que c'est un homme à chasserde partout! On parle d'ebjetsde
prix disparus pendant ses visttes,–ajouts madame de Sennftcrretres'
mystérieusement et sans rougir le moins du monde de ce mensonge,
car te protégéde t'abbe Ledous n'était pas homme à s'amuser à des
bagatelles.
Ah! 1 mon Dieu! a'ecria madame de blirecourt, mais, c'est
donc un voleur?
Non, ma chère, seulement il vous emprunterait. un diamant ou
une épingle sans songer à vous en avertir.
An moment même de cet entretien, M. de blacreuse, qui, en s'a-
vançant lentement, avait suhi du regard le jeu de la physionomiedea
deux femmes, soupçonna leur matvei)!auce pour lui, mais vint néan-
moins saluer la mallressede la maison avec un Imperturbableaplomb,
et lui dit
J'aurais désire, madame, avo!rt'honnearde me présenter chez
vous ce soir sous les auspices de madame deChevemy, qui avaitbien
voulu se charger de moi malheureusement elle est souffrante et me
charge d'être auprès de vous, madame, t'interprète de tous ses re*
grets.
Je suis désolée, monsieur, que cette indisposition me prive da
plaisir de voir ce soir madame de Cheverny, répondit sèchement
madame de Mirecourt, encore sous l'impression de ce que venait de
M dire madame de SenneterM.
Mah te Macreuse ne se daconeartaitpaa <ac!temeat, et $'ine!)nant
tawite devant la duchesse, il lui dit en souriant
J'ai moins à regretter. ce soir, le bienveillant patronagede ma
dama de Chcvertty;<'ar H m'amah ~prestqua pe~&daoomptct
oot la votre, madame la duchesse.
Justement, monsieur, répondit madame de Senneterreavec
ano expression do hauteur amèro, je parlais de vous à madame de
M)McouM toMque vaua ~tea entré, et je la MUeha)a sincèrementd'a-
voir t'honneurde vous recevoir chez elle.
Je n'attendais pas moins des ttont~ habituelles de madame la
duchesse, aqmj'at dt tant do précieuses relations dans le moNt)o,
tëp<M)dit M. deMacMosed'unton respocmeux et pOnetfe.
Après quoi, saluant de nouveau, M passa daastQsatonvoisin.
Le protégd de l'abbd Ledoux (ancien confesseur de madame de
BeaameMti)), en vrai roue de sacristie, était trop madré, tro;* c!a!f'
voyant, trop souptonncnx. pour n'avoir pas senti, tors do son entre-
voeavM: madame do Saaneterre (entrevue où il s'était ouvert sur ses
prétentions à la main de mademoisoMo de Beaumesntt), qu'il venait,
comme oa dit vulgairement,de faire un pas de e<Hw. bien que la da-
ebesse lui eat promis son appui.
Trop tard, le Macreuse s'était reprocM de n'avoir pas rënëchiquo
la duchesse avait un <Ms à marier. L'accueil sardonique et hautain
qu'elle venait de lui faire confirma les soupçons du pieux jeune
homme; mais M s'inquiéta médiocrementde cette hostilité, se croyant
certain. d'après les rapports de mademoisetieBéléna de la Rochai.
guë, non-seulement que personne n'était alors sur les rangs pour
épouser mademoisellede Beaumesnit,mais que celle-ci ravait parti-
cutièrement distingué, lui, Macreuse, et qu'elle avait paru touchée de
sa domeur et de sa piété.
M. de Macreuse,plein d'espoir, s'assura,d'abord,que mademoiselle
de Beaumesnil ne se trouvaitdans aucun salon, et il attendit son arn-
vée avec impatience, bien résolu d'é~er le moment opportun pour
t'engager à danser t'nn des premiers, le premiers'il le pouvait.
A-t-on idée d'une impudence égaie à celle de M de Macreuse 1
dit madame de Senneterre outrée à madame de Mirecourt lorsque
la protégé de l'abbé Ledoux fut eioigné.
En vérité, ma chère duchesse, ceqae vous m'apprenezm'étonne
à un pemtMtrame et quand on panse que fou ettait paitout N.
Macreuse comme un modèle de conduite et de piétd!
Oui, M Qat loti, te tM<Mt~; s<M9.e<td~Mead'aaHessat6M
compte.
Et, 6'tnteMompsmt, madame de Sanneterre&'eM!a t
Eatta, voilà mademoiseMe de BeaomesaH. Ah quel maMteM
que GetaM ne aoh pas icU
Anons, consolez-vous, ma cheM duchesse, du moins mademot-
selle do BeaumesaH M'entendrapMtef que de votre Cts pendanttoute
la soirée. Restez là, je vais vous amener cette chère petite, vous et
la baronno no ta quitterez pas.
Et madame de M!rec<mft se leva pour aller au-devant de Ntademot-
8eMedeBeaumesnM,quiM?fhaHaccompagneedeM.etdemadamede!a
RochM~e.
La jeune mte doanait le bras & son tuteur.
Un houtdoaaeoMat sourd, cause par ces mots echa~es & vois
basse < C'est mademeiMMe do BeaomesnH, provoqua Mentotdans
tous les salons an mouvement gênerai et an flot de curieux encom-
bra t'embrasoredes pertes du salon o& se trouvait Ernestme.
Ce fut au milieu de cette agitation, de cet empressement caase par
son arrivée, que ht phM riche h~<Mr< de FraaM, baissanttes yeux
sous les regards attachés sur elle de toutes parts, lit, comme on dit,
son enMe dans le monde.
La pauvro enfant comparait, à part soi, dans une Ironie mepri*
sante, cette impatience, cette avidité de la voir et surtout d'être
aperçu d'eNe, ces murmares d'admiration que quelques habiles même
firent entendre sur son passage, à t'accueit si eomptetement mdiM-
rent qa ~Ue avait reçu le dimanche passé chez madame Rerbawt
aussi se sentait-eHe de plus en plus résolue de pousser aussi loin que
possible la contre-épreuve qu'elle venait chercher, voulant savoir
une fois pour toutes à quoi s'en tenir sur la dipité, sur la sincérité
de ce BMnde où elle semblait destinée à vivre.
MademoiseBe de Beanmesnit, au grand désespoir des la Roehaigoe,
et avec une soudaine opiniâtreté qui les avait confondus et domines,
avait voulu être aussi modestement vetM que torsqa'eUe s'était pté-
semée chez madame Herbaut.
CM simple rebe de mousseline Manche et une écharpe bleue, en
lot MteMM ed!M qa'eBe partait te dhnaaoho pr~doat, ??
dtait !a toilette de t'Mritiôre, qui, dans cette courte épreuve, vouM
parattro uns plus a! moins d'avantages que lors de la première.
Ernestme avait même eu la pensée de s'aecoutrer te plus ridicule
ment do monde, presque certaine que les louanges plauvraieat de toa<
tes parts sur la ej~artaaa~ or<~t)s~(Jde sa toilette mais elle re.
aenca Mentit a «Me folie ea songeant que cette Bouvette épreuve
était chose grave et trbta.
Ainsi que cela avait <« convenu t t'avanee entra mesdames de
Mirecourt, de Senneterreet detaRochaiguë, dès son arrivée dans te
bal, mademoisellede BeaamesnH, traversant avec peine les groupes
de plus en plus empressés sur son passage, et conduite par la mat.
tresse de la maison, a!ta preadre place dans te vaste et magai<!quesa.
Ion où t'en dansait. 1
Madame de Mirecourt laissa Emestino ea compagnie de madame
de la Roehaigaëet de madame de Semeterre, que la baronne venait
de rencontrer. par hasard.
Noaioin du canapé ea était assise )'hëritière,se trouvaient plusieurs
charmantesjeues filles, aussi belles et beaucoup plus ëiëgamment
parées que les reines du bal de madame Kerbaut; mais tous les re-
gards étaient tournes vers Ernestine.
Ce soir je ne manquerai pas de danseurs, pensait-eUe, –je
De serai pas invitée par e~NfW. toutes ces charmantespersonnes
seront, sans doute, dëtaissëes pour moi.
Pendant que mademoiselle de Beaumesnl1 observait, se souvenait
et comparait, madame de Senneterre dit tout bas à madame de la
Rochaigne que, malheureusement, Gerald était si gravement ma-
lade, qu'il mi serait impossible de venir au bal, et il fut convenu que
t'en ne laisserait danser Ernestine que <brt peu, avec des personnes
très-prudemment choisies.
Pour arriver à ce tesmtat, madame de la Roehaiguëdit & Emes
t !C
Ma chère beMe. veas poavez juger de l'étourdissantettet que
Was produisez, maigre MnconcevaNe simplicité de votre toilette jf
vos t'avais toujours prédit sans la moindre exagération, vous
voyez bien. aussi allez-vous être accablée d'invitations. mais,
<Mmme H ne convient »as Q)M vous dansios indifféremment avec te~
le monde, mrsqu'M me paraîtra que vous pouvez accepter un <Ngat!<*
ment. j'ouvrirai mon eventa!t: a! ao contraire je le tiens ferme.
wms. refuserez on disant que voua dansez fort peu. et que vow
ave!! déjà trop d'invttattons..
A peine madame de la Bocha!gu6 venah-eMede faire cette recom-
mandation à Ernestine, que Foase mH en place pour la conttedaase.
Plusieurs jeunes gens, qui mouraient d'envie d'engager mademoi.
selle de Beaumesnil, hésitaient cependant, croyant avec raison ma<t-
quer aux couvenanees en la priant aa moment mêmede son emf<<
dans !e bal.
M. de blacreuse, moins scrupuleux et plus adrett, n'hésita pas une
seconde; il fendit rapidementla foule et vhtt timidement prier E~
nestine de lui faire <'&<'HMNf de <!aMar la eontredaMe ~w< eom-
M~a!t.
Madame de SennetefM,<npeta!tede ee qa'ene appeMt r<H)&M<
<MKt~ de ce H. de Macreuse, se pencha vivement à l'oreille de ma-
dame de la R<)cha!ga6 pour lui dire de faire aig)M & EraesUne de M*
msef !t était trop tafd.
MademoiseMede Beaumesnil, très-impatientede se trouver pour
ainsi dire en tête à tête avec M. de Macreuse,accepta vivement son io-
vitatioo, sans attendre le jeu det'ëventaMde madame deta Rocha!gn8,
et, au grand étonnement de ceMe-et, elle se leva, pttt te bras du pieux
jeune homme, et ath se placer à la contredanse.
Ce m:seraNe'!a estd'one insolence ettrayante, -dit
la duchesse
courroucée.
Mais elle s'mterMmpUsoadamets'ecrhaveeFexpt~~aBdetajoie
h plus vive, tapms inaMendae,ea t'adressant à madame dehRochat-
gaS:
Ah 1 mon Dieu, c'est M 1
–Qotceh?
GeraM.
–QnetboBhemr!Oùdoneteveyez.v<MM,maeheredaeheùseî
Là-bas, dans l'embrasure de cette fenêtre. Pauvre entant,
comme il est pâte! ajouta la duchesse avec emMhm, quel cotnfae~
B lui fautt. Ah nous sommes sauvées.
Ea eNet. c'est Ini. dit madame de la Rechape, non moins
toyeMa que son amte. M. de Ma)MoKest auprès de M. An te
OMMtt~ <M m'a p:t8 tfo<npt!c. H m'avait btcn promis d'Ctte dans mw
thMrêts depuis qu'i! giut qu'H s'agit t!e M. de SfOMeterre.
Peadant que maditme de SenHeterre ~iitait hi~(M & CctaM qu')) q
<wa!t «ne ptoco vacante Ac&t)! <c)tc, M. do Mm Ma~o et M~cmm~eU'
(!e BeaamesaU Nsaraient à la m~ma eeatrad~uso

KN M MNBtM <c-

Bentmua. tmpt. G. COUNOCU.HOU.rme Gtumade.<L.M