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Cas pratique séance n° 3

Monsieur Inventif souhaite créer un site internet qu’il gèrera depuis son propre domicile situé
à Avignon. Son site, dont le nom de domaine sera www.bonvin.com, commercialisera des vins
du Lubéron qu’il référencera grâce à ses nombreuses connaissances dans le milieu viticole.

1) Il vous dit qu’il ne sera pas commerçant car il vendra des produits de la terre.
Pensez-vous qu’il ait raison ?

-L.110-1 1° du C.comm prévoit que sont réputé être des actes de commerce « tout
achat de biens meubles pour les revendre, soit en nature, soit les avoir travaillé et
mis en œuvre ».
-L.112-1 dispose que « sont commerçants ceux qui exercent des actes de
commerce et en font leur profession habituelle ».
Il vend des produits de la terre = acte de commerce peu importe s’il vend à la base
du vin.
C’est donc un commerçant

2) Il vous demande quelles sont les formalités qu’il doit respecter à l’occasion de
la création de son entreprise. Que risque-t-il s'il ne s'y soumet pas

- L.123-1 du C.comm dispose que « Est tenu un registre du commerce est des
sociétés auquel sont immatriculés, sur leur déclaration : les personnes physiques
ayant la qualité de commerçant même si elles sont tenues à immatriculation au
répertoire des métiers »
- L.123-12 du C.comm « Toute Personne physique ou morale ayant la qualité de
commerçant doit procéder à l'enregistrement comptable des mouvements affectant
le patrimoine de son entreprise. Ces mouvements sont enregistrés
chronologiquement ».
S’il ne se soumet pas à ces obligations, il sera présumé comme non commerçant.

3) En cas de litige avec un viticulteur, quelle sera la juridiction compétente ?

Viticulteur = consiste à produire du vin ne fait pas d’actes de commerce – ce n’est


pas un commerçant.
Article L. 721-3 du code de commerce :

Les tribunaux de commerce connaissent :

1° Des contestations relatives aux engagements entre commerçants, entre établissements de crédit, entre
sociétés de financement ou entre eux ;

2° De celles relatives aux sociétés commerciales ;

3° De celles relatives aux actes de commerce entre toutes personnes.

Toutefois, les parties peuvent, au moment où elles contractent, convenir de soumettre à l'arbitrage les
contestations ci-dessus énumérées.
Là en l’espèce acte de commerce donc choix du tribunal de commerce ( à la demande du commerçant ) ou
tribunal judiciaire.

4) Toujours en cas de litige avec ce viticulteur, pourra-t-il recourir à sa propre


comptabilité pour prouver qu’il a bien payé ce dernier ?

Cass, 1re civ, 6 juillet 2004 : la preuve du paiement qui est un fait peut être
rapportée par tous moyens.

-Art. L-123-23 al. 1 et 2 C.com : « La comptabilité régulièrement tenue peut être
admise en justice pour faire preuve entre commerçants pour faits de commerce.Si
elle a été irrégulièrement tenue, elle ne peut être invoquée par son auteur à son
profit ».

Art. 1378 C.Civ : « Les registres et documents que les professionnels doivent
tenir ou établir ont, contre leur auteur, la même force probante que les écrits
sous signature privée ; mais celui qui s’en prévaut ne peut en diviser les
mentions pour n’en retenir que celles qui lui sont favorables ».

Il peut prouver par tout moyen

Cas pratique séance 4 :

Monsieur Clouté tient une cordonnerie. Il s’est récemment mis à fabriquer lui-même des
chaussures sur mesure pour des clients assez fortunés. La paire de chaussures coûte en
moyenne 1500 €. Il vend en outre des articles d’entretien pour chaussures à Caen.

1-M. Clouté est-il commerçant ou artisan ? A quel registre doit-il s'inscrire ?

Déf du commerçant : L.112-1 dispose que « sont commerçants ceux qui exercent des
actes de commerce et en font leur profession habituelle ».
L. 110-1 actes de commerce

Déf de l’artisan :
Décret 2-04-98
JP 1902

-fabrication de chaussure : artisan


-vente d’articles : commerçant

On peut dire qu’il est artisan-commerçant. Fréquemment, un artisan réalise également


des actes de commerce. C’est notamment le cas pour les artisans qui produisent des
biens puis qui les vendent à leurs clients = immatriculation au répertoire des
métiers ET au registre du commerce et des sociétés.
Toutefois, ici on le considère comme un artisan en vertu règle accessoire suit le
principal. Son activité principale est l’artisanat, l’accessoire est commercial.
C’est un artisan et il devra s’inscrire au Répertoire des métiers.

3) M. Clouté est également en litige avec le tanneur industriel qui lui fournit les peaux dont il
fait les chaussures sur mesure. Ce dernier lui a livré un cuir de mauvaise qualité bleu pâle au
lieu du veau pleine fleur noir qui avait été commandé. M. Clouté l’assigne devant le TGI de
Caen. Le fournisseur estime que le tribunal de commerce de Nancy est compétent en
application de la clause suivante, insérée très clairement dans les conditions générales de
ventes jointes au bon de commande : « Tout litige survenant entre les parties du présent
contrat relèvent de la compétence du tribunal de commerce de Nancy ». Quelle est la
juridiction compétente ?

On part du principe que M. Clouté est artisan.


Quid du tanneur industriel ?
La liste de l’article L. 110-1 du Code de commerce concerne plusieurs domaines : le
commerce, l’industrie et les services.
Dans l’industrie, sont des actes de commerce ceux qui sont réalisés par les entreprise de
manufacture (transformer un bien ou faire un travail sur le bien) = cas du tanneur.

Conflit entre un artisan et un commerçant.

Compétence matérielle du tribunal de commerce : La règle générale est d’assigner la partie


devant le TC pour un litige qui concerne un commerçant et un non commerçant, dans les cas
où la demande vient d’un commerçant.

Mais règle à mettre en avant Article L.721-3 1° : « les tribunaux de commerce connaissent
des contestations relatives aux engagements entre commerçants » et le 3° dispose « de celles
relatives aux actes de commerce entre toutes personnes ».

Compétence territoriale : les règles sont énoncées dans art. 42 et suivant, du code de
procédure civile.
Ces règles permettent la répartition géographique des affaires entre les différents tribunaux.
En principe, pour les commerçants (personne physique), le TC compétent est celui de son
établissement principal. En revanche, s’il s’agit d’une personne morale, TC compétent est
celui du lieu du siège de la Sté.

2 exceptions aux principes énoncés :


- en matière contractuelle, le tribunal compétent est aussi celui du lieu de
livraison de la chose vendue.
- en matière délictuelle, la compétence est reconnue au tribunal où c’est produit
le fait dommageable.
Les parties peuvent prévoir lors de la rédaction du contrat des clauses attributives des
compétences : territoriales, matérielles ou les deux.
Leur validité est subordonnée à 2 conditions :
- Condition de fond : car la clause doit être prévue entre 2 commerçants. Elle est
nulle et réputée non écrite dans les actes mixtes et dans les actes de commerce
isolés.
- Condition de forme : elle est double :
 La clause doit être stipulée de manière apparente
 La clause doit figurer dans l’engagement de la personne à qui elle est
opposée.

En l’espèce clause nulle car en l’espèce on est dans le cas d’un acte mixte–
possibilité d’insérér art 48 cpc

5) La compagne de M. Clouté, Madame de Plomb, souhaite exercer une activité


professionnelle d'appoint auprès de son partenaire. Ils ont contracté un pacte civil
de solidarité (PACS) en janvier 2020. Elle voudrait savoir quels sont les statuts qui
pourraient s’appliquer à sa situation, sachant qu'elle exerce déjà, 15 heures par
semaine, une activité salariée qu’elle souhaite conserver.

L. 121-4 du code de commerce


Définir les 3 statuts conjoint collab, associé et salarié.
Là on retient conjoint salarié.
2.L’immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS)

Doc. 4 : Cass. Com., 27 septembre 2016, N°14-21964 

La Cour de cassation rappelle, dans un arrêt du 27 septembre 2016, que la personne


immatriculée au registre du commerce et des sociétés ou RCS qui conteste sa qualité de
commerçant alors que cette qualité a été invoquée par un tiers devant un tribunal,
doit prouver que le tiers savait qu'elle n'était pas commerçante.

Un agriculteur était immatriculé au RCS depuis de nombreuses années. En 2014, le service


des impôts des entreprises l'assigne devant le tribunal de commerce en liquidation judiciaire
pour non paiement de ses dettes envers l'administration fiscale.

L'agriculteur conteste la compétence du tribunal de commerce, au motif qu'il est agriculteur


et prouve qu'il n'est pas commerçant. La Cour d'appel lui donne tort et il se pourvoit en
cassation.

La Cour de cassation rejette son argumentation. A aucun moment, l'agriculteur n'apporte la


preuve que l'administration fiscale savait qu'il n'était pas commerçant. La présomption de
commercialité de l'article L123-7 du code de commerce devient une présomption
irréfragable (qui n'admet pas la preuve contraire) vis à vis de l'administration fiscale.

Le tribunal de commerce est compétent pour constater l'état de cessation des paiements de


l'agriculteur et pour ouvrir une procédure collective.