Vous êtes sur la page 1sur 20

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 115

Conicité de certains boucliers


Rugosité de la jupe
a) A l'échappée de la queue du bouclier (30 à 40 %)
Espace annulaire le long du bouclier
Epaisseur de la jupe
Jeu entre l'intrados de la jupe et l'extrados des voussoirs

Autres sources : déflexion du revêtement & effet différé

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 116

Chapitre 4 : Conception & Dimensionnement

4.1 - Introduction

Détermination des caractéristiques du soutènement

Calculer un tunnel +

vérification de sa stabilité

• Un des problèmes plus délicats et des plus difficiles à aborder.

• absence de règles dans le domaine jugement et appréciation de l'ingénieur

• A ce jour le problème reste délicat : pas de formulation mathématique rigoureuse des


phénomènes observés. Néanmoins, il est possible de définir des domaines préférentiels
d'utilisation pour chaque méthode de calcul

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 117
En règle générale, on retient 3 familles classiques de méthodes de résolution :
• Méthodes empiriques
• Méthodes analytiques
• Méthodes numériques (par Eléments finis)

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 118


4.2 – Les méthodes empiriques et semi-empiriques

Au stade des études préliminaires, les ouvrages souterrains sont fréquemment dimensionnés à

partir de classifications des massifs de terrain.

En effet, l’art des tunnels est demeuré jusqu’à ces vingt dernières années une science essentiellement

empirique dont les spécialistes se constituaient un savoir-faire au travers d’expériences passées,

la transmission des enseignements tirés de ces expériences étant directe pour les spécialistes suivant

eux-mêmes le déroulement des travaux

Pour essayer de structurer ce savoir et de fournir des outils d’aide à la conception, certains auteurs ont

très tôt proposé des synthèses sous forme de classifications. Ces méthodes, rapides d’emploi et donc

économiques, reposent sur différents paramètres géotechniques et physiques.

C’est donc le choix de ces paramètres et la façon de les utiliser pour le dimensionnement de l’ouvrage

qui va faire la différence d’une méthode à l’autre. Nous exposons uniquement les méthodes

empiriques actuellement les plus utilisées


USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007
TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 119
4.2.1 – Classification de Bieniawski (1973)

Du South African Council for Scientific and Industrial Research (CSIR). Proposa une classification du
massif, en vue d'y creuser une galerie souterraine, combinant des facteurs tels que le RQD, le
pendage des discontinuités ainsi que leur remplissage.

Comme toute méthode empirique, Bieniawski tient compte de certains paramètres dans sa
classification (Hoek & Brown. 1980; Baroudi, 1988; Bouvard & al. 1988) qui sont :

1) La résistance de la matrice rocheuse


2) La Qualité de la roche via RQD de Deere
3) L'espacement des discontinuités de la roche
4) La qualité des discontinuités de la roche
5) Les conditions hydrologiques
6) L'orientation des discontinuités

Les divers paramètres de la classification ne contribuent pas de manière équivalente au comportement


du massif rocheux. C'est pourquoi, à partir de son expérience, Bieniawski leur a affecté un indice de
pondération.

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 120

4.2.2 – Méthode de Barton

La méthode de Barton est une classification empirique des massifs rocheux. Le principe de cette
classification est le même que celui de la classification de Bienawski, c'est à dire "noter la qualité du
massif rocheux par l'intermédiaire de paramètres". La qualité du massif rocheux est représentée par
l'indice Q, calculé à partir de six paramètres.

Le Q-system permet aussi de définir le mode de soutènement à mettre en place, à condition de


connaître la valeur de Q, la largeur de l'excavation et la fonction de l'excavation.

La connaissance de Q permet également par corrélations de calculer différents paramètres comme les
RMR équivalents, le module de déformabilité (Em), la pression s'exerçant sur le soutènement au
niveau du toit et des parois et la vitesse des ondes P.

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 121

4.2.3 – classification AFTES

Plutôt que d'attribuer au massif une "note" globale déterminant les conditions de
creusement d'un ouvrage, l'AFTES a préféré préciser clairement les divers facteurs qu'il
faut s'efforcer de connaître pour la conception d'un projet souterrain dans un massif
rocheux:

• les conditions géologiques générales


• les conditions hydrogéologiques
• les discontinuités du massif rocheux
• les caractéristiques mécaniques du terrain
• les contraintes naturelles et la hauteur de couverture
• La déformabilité du massif

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 122

En plus de ces critères relatifs au massif rocheux, l'Aftes prend en considération :


1) des critères relatifs à l'ouvrage et à son mode d’exécution :
• les dimensions et la forme de la cavité
• le procédé d'excavation, qui peut être soit à l'explosif en utilisant
ou non la technique du prédécoupage, soit purement mécanique
2) des critères relatifs à l’environnement :
• la sensibilité de l'environnement aux tassements
• les effets d'une modification de l'équilibre hydrologique.

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 123

Couverture Types de soutènement

Couverture
<D

CN1
Roches R1 à R4
CN2

CN3
Sf Sf Sf Sf Sf Sf

Couverture
< 1.5D

Sols R5 et R6 σ0 modéré

σ0 >10
MPa Sf Sf Sf Sf Sf Sf Sf

particulièrement recommandé
possible à condition que d'autres critères soient particulièrement favorable(plutôt favorable)
très mal adapté bien qu'éventuellement possible(plutôt défavorable)
en principe impossible

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 124

Après avoir analysé les huit critères et les avoir regroupés dans un tableau comme dans
l'exemple ci-dessous, la synthèse est faite en observant les règles suivantes:

• Lorsque dans une colonne figure au moins un avis défavorable à l'emploi du


soutènement considéré, l'avis de l'ensemble est défavorable ou plutôt défavorable.
(exemple + + + = )

• les indications complémentaires les plus contraignantes.

• le choix parmi les types de soutènements possibles se fait en considérant le nombre


et l'importance relative des critères favorables et en tenant compte également des
facteurs économiques et de l'organisation générale du chantier

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 125

Exemple

Exemple2:
Tunnel de rayon 3m dans argiles
gypseuses sous 10 m de couverture Types de soutènement
dont 8 m sous la nappe en
agglomération

Critères Classes

Comportement
R5a
Mécanique

Altérabilité Dissolution
Bl Bl

Hydrologie H1 K2
Dr

Couverture σ0 modéré

Envirronement Sensible
Bcl Inj
Act+Bl

Synthèse
Enf Bcl Inj
Act+Bl
Légende: Act= cintres actifs, Bcl =bouclier, Enf =avec enfilage, Inj= injection,dr= drainage
Figure 2 : Synthèse
Extrait de [2]

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 126

4.2.4 – Classification de Terzaghi

a)Classification
Terzaghi insiste sur l’importance de relevés géologiques préalables à l’élaboration d’un
projet de tunnel qui permettra de classer la roche selon qu’elle soit :
dure et intacte
dure et stratifiée
massive avec quelques joints
modérément ébouleuse et très ébouleuse
complètement broyée mais chimiquement inerte
fluante à profondeur modérée
fluante à grande profondeur (squeezing rock)
gonflante (swelling rock)

Cette classification est primordiale au moment d'estimer la charge sur le tunnel.

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 127
b) Estimation de la charge
Terzaghi suppose qu’une certaine quantité de roche ou de sol se décomprime et a
tendance à converger vers le tunnel sous l'effet de la gravité (figure 1).

Figure 1: déplacement du terrain


Extrait de [10]

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 128


Terzaghi procure une estimation sommaire de la charge existante sur le support de la
voûte sous la forme d’une hauteur équivalente de sol.
Sur l’imprécision de la valeur donnée, Terzaghi affirme « Même si des programmes de
calcul peuvent donner des valeurs plus correctes vis-à-vis de situations précises, ils ne
donnent que des valeurs peu pratiques pour un pré-dimensionnement, au vu de
l’incertitude des conditions de roches voisines à l’excavation »
Nature de la roche Charge Hp Remarques

Dure et intacte 0 à 0.25 B Quelques ancrages s'il y a chute de pierres

Dure et stratifiée 0 à 0.5 B Soutènement léger

La charge peut changer brusquement d'un


Massive avec quelques joints 0 à 0.25 B
point à l'autre

Modérément ébouleuse 0.25 à 0.35 (B+Ht) Pas de pression latérale

Très ébouleuse 0.35 à 1.1 (B+Ht) Peu ou pas de pression latérale

Complètement broyée
1.1 (B+Ht) Pression latérale considérable
Chimiquement inerte

Grande pression latérale


Roche fluante à profondeur modérée 1.1 à 2.1 (B+Ht)
Cintres circulaires recommandés

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 129
Grande pression latérale
Roche fluante à grande profondeur 2.1 à 4.5 (B+Ht)
Cintres circulaires recommandés

jusqu'à 75 m Cintres circulaires


Roche gonflante
indépendant de (B+Ht) Dans les cas extrêmes, cintres coulissants

Tableau 1: Classification de Terzaghi


Extrait de [10]

c)Effet de voûte et période d’accroissement de charge


Terzaghi a étudié également l’influence des conditions de la roche sur l’effet de voûte
et sur l’accroissement de la charge après que le soutènement soit mis en place. Pour ce
faire, il définit la période d’effet de voûte comme étant le laps de temps entre
l’excavation et la chute de la partie non supportée de la voûte. Celle-ci varie de quelques
heures pour les roches gonflantes à quelques jours pour d’autres types de roches voir
infini pour les roches saines.
Le graphique suivant illustre les résultats de son étude en supposant que toutes les
roches ont la même période d’effet de voûte.

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 130

Figure 2: relation entre le temps, la cassure et la charge (Terzaghi,1976)


Extrait de [10]

d)Remarques
Cette classification n'est valable que pour les tunnels de section rectangulaire et
supportés par des cintres. Deere, en outre, a proposé une généralisation pour des tunnels
de formes quelconques.

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 131
Terzaghi avait déjà proposé en 1943, une estimation analytique de la pression interne qui
a tendance à surestimer la résistance nécessaire du soutènement par rapport à beaucoup
d’autres
méthodes.
B0 est la largeur de l'excavation
Où L est la hauteur de l'excavation
φ est l'angle de frottement

H est la profondeur
Où γ est le poids volumique du sol
σv est la pression de soutènement

Cette expression analytique est valable pour des tunnels à faible profondeur, mais
devient très vite conservatrice à plus grande profondeur. Le surdimensionnement est
considérable par rapport à des méthodes telles que celles de Caquot,.. ou alors des
programmes numériques tels que FLAC (programme distribué par ITASCA utilisant le
principe des différences finies). (Figure 3)
Suite à de nombreuses observations du massif plastifiant sous effet de charge, Terzaghi
proposa la classification présente qui tient compte d'une plus grande zone plastique dans
le massif autour de l'excavation et ainsi diminue fortement la pression de soutènement
nécessaire.

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 132

Figure 3: Comparaison entre Terzaghi et d'autres méthodes


Extrait de [1]

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 133
4.2.5 – Estimation des mouvements de terrain

Représentation tridimensionnelle de la cuvette de tassements

x y

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 134

a) Cuvette des tassements : Peck 1969

Estimation de la cuvette des tassements par la formule :

 − x2 
w ( x ) = w max exp 
 2.i 2 
 
Ls
i

w max
0,65w max
C
H
Tassement (w)

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 135

i : abscisse du point d’inflexion de la courbe


Ls = 2π .i ≈ 2,5.i : ½ largeur de la cuvette de tassement
Vs = wmax.Ls : Volume de terrain déplacé en surface par unité de longueur

Plusieurs formulations pour estimer i :

(i) O’REILLY et NEW (1982) proposent en fonction de la qualité du sol :

i = 0,43.H + 1,1 pour un sol cohérent


i = 0,28.H - 0,1 pour un sol pulvérulent

(ii) ATTEWELL (1977) suggère deux paramètres α et n pour tenir compte de la nature du
terrain et du mode d’excavation :

n
2i H
= α 
D D
α = 1, et n = 1 (ou 0.8) pour des argiles et 0,5 pour les sables.
USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 136

(iii) Abaque de PECK (1969)

Plusieurs formulations pour estimer Vs :


ATTEWELL (1977) propose la fourchette de valeurs suivante :
Vs / Vexc = 1% pour des sables denses, dilatants
= 5% pour des sables lâches.

type de sol type d'excavation Vs / Vexc


argile raide fissurée bouclier ou non 0,5 - 3 %
dépôts glacières bouclier front ouvert 2 - 2,5 %
bouclier air pressurisé 1 - 1,25 %
argile limoneuse bouclier front ouvert 30 - 45 %
bouclier air pressurisé 5 - 20 %
(O’REILLY et NEW 1982)

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 137
b) Diffusion des déplacements vers la surface

Relation entre déplacement vertical en clé de voûte wclef et tassement maximal en surface
wmax
C
R dif = 1 − α (ATKINSON et POTTS 1977, WARD et PENDER 1981)
D
avec α compris entre 0,13 (argiles sur-consolidées) et 0,4 (sables).

n
H
R dif = α  (CLOUGH et SCHMIDT 1977)
D
n = -0,5 pour des sables, n = -0,8 pour des argiles, avec α = 1

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 138


c) Solution de Sagaseta - 1987
Hypothèse : Milieu semi-infini élastique, isotrope, homogène et incompressible

Composantes du champ tridimensionnel de déplacements en surface :

VL 1
sx = . s x (x → −∞ ) = 0
2π ω
VL y  y VL y
sy = − . 2 .1 +  s y (x → −∞ ) = − . 2
2π y + z 02  ω  π y + z 02

VL z  y VL z
sz = . 2 0 2 .1 +  s z (x → −∞ ) = . 2 0 2
2π y + z 0  ω  π y + z0

avec ω = x 2 + y 2 + z 02 et z0 : profondeur de l’axe du tunnel

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 139

Le déplacement horizontal maximal (à une distance h de l’axe), la position du point


d’inflexion de la cuvette et le tassement maximal sont donnés par :

V
smax
y = s y (x → −∞, y = h ) = − L
2πh
V
smax
z = s z (x → −∞, y = h ) = L
πh
h i h
i= ≈ 0,56h soit ≈ 1,12
3 R D

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 140

4.3 - Les méthodes analytiques


Les méthodes empiriques globales permettent d'orienter le choix du type de
soutènement, mais ne suffisent pas à vérifier la stabilité d'un ouvrage souterrain. Cette
approche est donc complétée par les études analytiques qui permettent une réelle
analyse de la stabilité du soutènement choisi.

Les méthodes analytiques peuvent se séparer en deux familles:

Les méthodes analytiques élastiques qui considèrent un comportement élastique


permanent du massif avoisinant l'excavation (Lamé, Kirsch, Einstein-Schwartz).

Les méthodes analytiques élasto-plastique qui peuvent considérer une zone plastique
autour du tunnel (Convergence-confinement, Panet, Analyse limite,...)

Une autre famille de méthode existe pour le dimensionnement du soutènement :


méthodes aux réactions hyperstatiques (Rdm).

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 141

Remarques - Limitations
Reposent sur des hypothèses simplificatrices:
• La géométrie : tunnel circulaire ou rectangulaire
• La lithologie : unicité de la couche supposée homogène
• La loi de comportement du sol : élastique ou élasto-plastique
• L'état initial : homogène et isotrope
• Les conditions aux limites : Tunnel de grande profondeur

Méthodes de pré-dimensionnement

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 142


La plus connue : Méthode de convergence – confinement (Panet, 1980)
• Introduction d'un paramètre de déconfinement noté λ
• λ permet de simuler l'avancée du tunnelier, le comportement du front de taille, la
pose du revêtement

σr = σ0 σr = (1-λ) σ0 σr = 0
λ=0 0<λ<1 λ=1

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 143
Hypothèses de la méthode CV-CF

- déformations planes (L >> R)

- on néglige les effets de la pesanteur au voisinage du tunnel (σ0 isotrope)

ie. H > 6R

Courbe de convergence du terrain naturel (sans soutènement)


σr /σ0 σr /σ0
1

Courbe I
Modèle élastique

Linéaire

U U
U0

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 144


La résolution du problème élastique en déformations planes nous donne :

σ
U0 = 0 R : Convergence finale de la paroi non soutenue
2G

U(x) = λ.U0 : convergence de la paroi à une distance x du front

U0
x

L’équation de la courbe I est donnée par :

U
σr + 2G − σ0 = 0 Ou encore : σr = (1 - λ) σ0
R

L’expression de λ pour un sol élastique linéaire est donnée avec une excellente approximation par :

2
 0.84 
λ(x ) = 1 − 0.72 
 0.84 + x / R 

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 145
Comportement du soutènement
Soit un soutènement béton d’épaisseur e, et de caractéristiques mécaniques Es et νs.

e Es Ks
Notons K s = R 2 : Module de Raideur de soutènement, ou encore : k sn = 2G (sans dimension)
1 − νs

La courbe de convergence du soutènement, posé à une abscisse d du front est donnée par :

σr /σ0 σr /σ0
1

Courbe I
Modèle élastique

Linéaire Courbe II

U U
Ud U0 Ud U0

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 146

Le rôle du soutènement est de limiter le déplacement radial de la paroi du tunnel

On modélise l’action du soutènement par une pression radiale ps qui agit sur le terrain en s’opposant à
la convergence de celle-ci.

Cette pression est reliée au déplacement Us du soutènement par :

Us
ps = K s avec Us = Uf - Ud
R

σr /σ0

1
Courbe I

Courbe II
1 − λd

1 − λf

U0 U
Ud Uf

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 147

L’équation de la courbe II est donnée par :

U − Ud
σr − k sn =0
R

L’équilibre final est donné par la résolution du système :

Courbe I = Courbe II

Soit :

k sn
ps = σ 0 (1 − λ d )
1 + k sn

σ 1 + λd.ksn 
Uf = 0 R 
Et 2G  1 + ksn 

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 148

Domaines d'utilisation

La méthode CV-CF conduit à un dimensionnement satisfaisant du soutènement dans le cas de galeries


circulaires creusées à moyenne ou grande profondeur dans un massif où les contraintes peuvent être
considérées isotropes et homogènes.

Dans les autres cas, elle donne l'ordre de grandeur des déformations à attendre, elle permet la
sélection des facteurs déterminants à introduire dans un calcul plus élaboré, et elle oriente au stade de
l'avant-projet le choix des caractéristiques de soutènement.

La méthode sert également de base au contrôle et à l'interprétation des mesures réalisées sur le site.
Sa souplesse d'utilisation permet l'adaptation rapide d'un projet initial aux conditions rencontrées lors
du creusement.

La méthode CV-CF est très utile pour juger du comportement des cavités souterraines; elle est
particulièrement simple et ne demande que des calculs limités. Comme toutes les méthodes de
résolution de nature explicite, elle a l'avantage de permettre une appréciation rapide et aisée de
l'influence de nombreux facteurs, tels que les paramètres géomécaniques du massif, la configuration
et la rigidité du soutènement, son moment de mise en place.
USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007
TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 149

Critiques

La méthode de CV-CF permet de prendre correctement en compte les mécanismes de l'interaction


entre les terrains encaissants et le soutènement (problème de nature hyperstatique). Mais, elle est
malheureusement liée à des hypothèses très restrictives, qui ne sont pratiquement jamais réunies
dans l'étude d'un cas concret.

La méthode simplifiée convergence-confinement conduit, suite à une hypothèse de découplage trop


forte lors de l'estimation de la convergence à l'instant de la pose du soutènement, à une sous-
estimation de la pression du soutènement à l'équilibre. Cette erreur sur l'estimation de la pression peut
atteindre 20 à 40% dans des cas courants fréquemment rencontrés en pratique.

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 150

4.4 - les méthodes numériques

Ceux sont les méthodes les plus adaptées

Permettent de modéliser et résoudre des problèmes très complexes tout en prenant en


compte un maximum de paramètres (peu d'hypothèses)

• hétérogénéité des couches

• Lois de comportements sophistiqués

• Simulation des Conditions initiales et aux limites proche de la réalité

• effet différé + couplage thermo-hydro-mécanique

La méthode la plus utilisée est la méthode des Eléments Finis

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 151
Application de la MEF au calcul des ouvrages souterrains:

• Entièrement construits dans un massif de sol : comportement mécanique est une donnée
fondamentale

• Modélisation du creusement de tunnels selon 3 types d'approches :


Modélisation tridimensionnelle

Modélisation bidimensionnelle en déformation plane

Modélisation axisymétrique

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 152

z
z
y x
x
Modèle 2D en Déformation
Modèle Tridimensionnel
plane
• Le plus réaliste • Le plus utilisé
• Calculs coûteux • Permet d'étudier des problèmes
• Réservé à la recherche d'interaction
• Néglige la présence du front

Modèle axisymétrique
• Tient compte du front
• Adapté aux tunnels circulaires
• Pas adapté aux ouvrages peu profonds
Axe de
révolution

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007


TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 153

Un exemple de modèle tridimensionnel

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007

TUNNELS EN TERRAINS MEUBLES 154


• technique du creusement dans un calcul plan transversal selon la technique :
de désactivation d'éléments (CV-CF)
de ramollissement
du "Gap" : propre aux tunnels creusés au bouclier
Fermeture de l'espace annulaire par contact entre terrain et structure
Le revêtement repose sur la paroi du tunnel en radier
Le creusement est simulé en appliquant progressivement les efforts de
déconfinement sur la périphérie de la zone excavée et en activant les éléments de
revêtement mis en contact avec le terrain
Profil
excavé

gap

De

Dr
gap = Dr - De
De : Diamètre excavé
Dr : Diamètre revêtu

Méthode du GAP (Rowe et Kack, 1983)

USTL / EPUL H. MROUEH – 2006 / 2007