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FACULTE

D’ECONOMIE ET DE GESTION
KENITRA

Introduction à la finance islamique

Semestre 5
Professeur El Mehdi FERROUHI





Année universitaire : 2020-2021
Université Ibn Tofaïl Matière : Introduction à la finance islamique
FEG Kénitra Semestre 5
Professeur El Mehdi FERROUHI

Références bibliographiques
• Saint Coran, Sunna et Ijmaa (sources du droit musulman) ;
• Dahir n°1-14-193 du 1er rabii I 1436 (24 décembre 2014) portant promulgation
de la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes
assimilés;
• KETTEL Brian, Introduction to Islamic Banking and Finance, John Wiley &
Sons, 2011, 256 pages;
• Guéranger François, Finance islamique: une illustration de la finance éthique,
DUNOD, 2009, 262 pages.

Chapitre 3 : Comparaison finance islamique / Finance


conventionnelle
• Le financement : interdiction de l’intérêt dans le cadre de la finance
islamique ;
• La production : interdiction de production des biens illicites;
• L’échange : interdiction du report à la fois, du paiement et de la livraison ;
• La consommation : l’islam favorise la modération dans la consommation des
biens et interdit le gaspillage ;
• La répartition : la finance islamique est une finance éthique, caractérisé par le
partage des profits et des pertes (3P) ;
• La propriété : la finance islamique reconnaît et valorise la propriété privée.
Dans ce cadre, les opérations (de vente et autres) dans le cas de la finance
islamique ne peuvent être effectué que par les propriétaires.

Chapitre 4 : Les principes de la finance islamique


1. Les principes de la finance islamique

Interdit ou proscrit haram en 6 injonctions de base :

• Pas de prélèvement d’intérêt prédéterminé, appelé également l’usure


(riba) ;
• Par d’opérations entachées d’incertitude (gharar) : Les opérations et les
transactions doivent revêtir la transparence et la clarté nécessaires, de manière à
ce que les parties soient en parfaite connaissance des valeurs de leurs
échanges. C’est à ce titre que les opérations dont la contre-valeur n’est pas
connue avec exactitude, celles engendrant un risque excessif ou celles dont
l’issue dépend essentiellement du hasard sont interdites (les jeux de hasard,
les contrats d’assurance classique, etc.)
• Pas d'opérations spéculatives (maysir) : Le Qimâr et le Maysir se définissent
comme toute forme de contrat dans lequel le droit des parties contractantes
dépend d'un événement aléatoire (Jeux de hasard et les pariages avec mise...).

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• L’interdiction des activités illicites : La finance islamique est une finance
éthique et responsable. Il en découle l’interdiction de financer toutes les
activités et tous les produits qui sont contraires à la morale : alcool, drogues,
tabac, armement, prostitution… ainsi que les produits interdits à la
consommation par les textes de l’islam (viandes de porc et dérivées).
• L’interdiction de vendre ce que l’on ne possède pas : La propriété constitue
la principale justification du profit généré soit par sa détention soit par sa vente.
• Cette justification n’est qu’une traduction de la règle précédente, du fait que la
détention d’un actif fait supporter à son propriétaire des risques justifiant son
profit le cas échéant. De ce fait, on ne peut pas vendre un bien qu’on ne
possède pas (la seule exception à cette règle est le contrat Salam), ni vendre
des actifs avant de les détenir. C’est ainsi que les activités d’intermédiation sont
fortement réglementées, les processus des financements adossés à des montages
d’achat et de revente de biens sont méticuleusement étudiés pour respecter cette
règle.
• Adossement à des actifs réels : Pas d’opération financière sans forcément un
actif tangible sous jacent. La finance islamique est dans tous les cas de figure
rattachée à l’économie réelle. Toutes les transactions financières doivent être
adossées à des actifs réels et échangeables. Ce principe, conjugué avec celui de
l’interdiction de l’incertitude excessive fait que par exemple les produits
dérivés soient prohibés.
• pas d’opération sans une équité dans le partage du résultat : Une seule
partie ne peut à elle seule assumer tout le risque lié à une transaction. De la
sorte, l’autre partie ne peut se prévaloir du privilège de transférer tous les
risques sur le cocontractant. Le rendement est un corollaire du risque et en
constitue la principale justification.
• L’interdiction des échanges différés de valeurs étalon : Selon une parole
expresse du Prophète, l’échange de valeurs étalon de même nature (or contre or,
argent contre argent, et par conséquent monnaie contre monnaie) ne peut se
faire que séance tenante (de main en main) et dans les mêmes proportions. Ce
texte est à l’origine de l’interdiction du change à terme par exemple.

2. Les transactions économiques et financière et la Chariaa

o Le prêt : Consiste à prêter de l’argent à un emprunteur pour qu’il le


rembourse du même montant et quand il peut le faire. Tout prêt qui est
remboursé avec intérêt est riba. Si la condition de remboursement avec
intérêt n’a pas été préciser le jour du contrat et que l’emprunteur veut
donner un plus : pas de riba.
o La vente:
§ Consiste en l’échange de propriété d’un bien contre l’argent.
Conditions de l’objet vendu :
• Le bien vendu doit etre sain/pure ;
• Que le bien vendu soit bénéfique pour son acheteur (les
insectes, les serpents et les rats sauf si pour un bien) ;

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• L’islam interdit l’achat des objets volés, les raisons si pour
en faire du vin et les armes en temps de conflits).
o La Zakat
§ Un des cinq piliers de l’Islam. L’Islam a mis en place la zakât
(l’aumône purificatrice légale) comme pilier de l’Islam pour
mieux distribuer les richesses et subvenir aux besoins des
pauvres… Son but est de réaliser l’équilibre et la justice sociale,
d’empêcher le monopole de l’argent par les riches et encourager
la circulation des biens.
o La fiducie
§ L’Islam a encouragé les aumônes volontaires, les actes de charité
et a mis en place le Waqf (la fiducie) tout ceci pour amener la
société à la solidarité, à la compassion, à la générosité et même à
l’altruisme et arriver ainsi à l’équilibre et la justice sociale et par
là à la sécurité et la paix.
o L’aumône.

Chapitre 5 : Les produits de la finance islamique


Les financements proposés par les banques islamiques/participatives sont dits soit :
• Sans participation et basés sur le transfert d’actifs sous-jacents. D’où la
création de mourabaha, ijara, istina, Salam, card hassan, etc.
• Avec participation et basés sur un Partage des Pertes et Profits. D’où la
création de société en participation : moudaraba et moucharaca ;

1. Les produits participatifs au Maroc

o La loi bancaire Marocain définit les banques participatives comme des


personnes morales, habilitées à recevoir de public des dépôts
d’investissement dont la rémunération est liée au produit des investissements
convenus avec la clientèle.

2. Opérations sans participation

o Il existe au sein des banques islamiques des produits spécifiques pour


financer les opérations à caractère commercial. Ils permettent le transfert de
propreté des actifs et la couverture du fond de roulement.

a) La Mourabaha : Un contrat mourabaha est un contrat avec lequel un


vendeur s’accorde avec un acheteur pour lui fournir un bien spécifique au
coût de revient affiché et avec une marge bénéficiaire. Le vendeur doit donc
informer l’acheteur du coût de revient et rajouter un bénéfice fixe ou en
pourcentage du coût de revient.

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• Pour éviter de tomber dans les interdits de la charia, la mourabaha est
soumise à des conditions précises :
– le vendeur doit être propriétaire et en possession de l’objet au
moment de la revente,
– le prix ne peut pas être modifié, ni en cas de retard ni d’anticipation
de règlement,
– la marge bénéficiaire doit être déterminée avec précision ;
– Le règlement peut être au comptant ou différé.
• Le contrat mourabaha porte donc sur une vente, c'est-à-dire un échange
par consentement mutuel d’une chose de valeur par une autre chose de
valeur. Le contrat de vente mourabaha doit suivre certaines règles pour être
licite :
– le sujet de la vente doit exister au moment du contrat ;
– on ne peut établir un contrat de vente pour un bien et état futur
d’achèvement, un encours, etc. mais on peut faire une promesse de
vente ;
– l’objet de la vente doit être la propriété du vendeur ;
– une personne vend une machine qui est encore chez un tiers, la vente
est proscrite.

Exemple :

• Une entreprise souhaite renouveler tout son mobilier de bureau. Le budget


estimé est de 1.280 Mdhs.
• Début janvier, une promesse d’achat est signée au prix de 1.356M dhs réglables
en 3 versements égaux de 452Mdhs. Un dépôt de garantie s’élève à 20Mdhs. Le
5 du mois, la banque islamique achète, comme intermédiaire financier, les
meubles livrables dans l’entreprise. Le 10 du mois, les meubles sont livrés avec
la facture et la banque revend immédiatement les meubles à l’entreprise pour
1.356Mdhs. Le 20 du mois, le vendeur est réglé.
• Fin janvier, avril et juillet, l’entreprise paie 3*452 Mdhs prévus et récupère sa
garantie.

b) Le Mouajal : Un contrat Mouajal est une vente dont le paiement se fait de


manière différée, alors que la livraison est immédiate.

• La date de paiement ainsi que le prix sont connus et acceptés à l’initiation du


contrat par les deux parties (l’opposé du contrat Salam).
• La banque achète les biens d’équipement ou les marchandises demandées par
le client et les lui revend ensuite à un prix convenu, majoré de sa marge
bénéficiaire.
• Les contrats Mouajal proposés par les établissements de crédit sont des
contrats Mourabaha.

Mouajal = Mourabaha

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• Processus de l’opération

o En cas de demande d’acquisition d’un bien, le client doit procéder au


dépôt de 5-10% du montant du bien è Hamich el Jediya è dépôt qui
assure à la banque le sérieux et la bonne fin de l’opération;

o En cas de désistement du client, la banque procède à la vente du bien :

§ Si vente avec gain : remboursement total du Hamich el Jediya

§ Tawliya : prix de vente 500 = prix d’achat 500 è


remboursement total du Hamich el Jediya

§ 7atita : Prix d’achat 500 > prix de vente 400 è Participation


dans la perte au prorata.

Exercice 1

• Le client de la banque Umnia Bank souhaite acquérir une voiture dont la valeur
est de 300.000 dhs TTC. Sa banque propose de financer cette acquisition et
signe un contrat Mourabaha avec son client. Hamiche el Jediya est 10 % du prix
de la vente qui de 400.000 dhs TTC.
– Déterminer Hamiche El Jediya;
• Une semaine après avoir été contacté, Umnia Bank avait déjà acheter la voiture
et le client s’est rétracté (a désisté). Expliquez les conséquences si:
– Umnia Bank vend la voiture à 300.000 dhs;
– Umnia Bank vend la voiture à 250.000 dhs.

Exercice 2

• Le client de la banque Al Akhdar Bank souhaite acquérir une voiture dont la


valeur est de 1.000.000 dhs TTC. Sa banque propose de financer cette
acquisition et signe un contrat Mourabaha avec son client. Hamiche el Jediya
est 10 % du prix de la vente qui de 1.500.000 dhs TTC.
– Déterminer Hamiche El Jediya;
• Une semaine après avoir été contacté, Umnia Bank avait déjà acheter le terrain
et le client s’est rétracté. Expliquez les conséquences si Al Akhdar Bank vend
le terrain à:
– 1.800.000 dhs;
– 1.650.000 dhs;
– 1.000.000 dhs.

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