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Université IBN TOFAIL

ECOLE NATIONALE DE COMMERCE ET DE GESTION

Filière : Management Des Organisations Financières et Bancaires


Niveau : Deuxième année

Réalisé par :

ALLOUCH Fatima Zohra Demandé par :

ANNOU Amina Mme : BENNIS

Laila BOULARBAH Zahra

HAJJI Basma

Année universitaire 2020/2021

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SOMMAIRE

Chapitre I : Présentation du marché des capitaux islamique

Section 1 : Notion, Rôle et taille du marché des capitaux islamique

Section 2: Les compartiments du marché des capitaux islamiques

Section3 : Les conditions d’admission du marché des capitaux islamiques

Chapitre II : Les instruments du marché des capitaux islamique

Section 1 : Les instruments du marché financier islamique

Section 2 : Les instruments du marché Monétaire islamique

Section 3 : Les indices boursiers

Conclusion

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INTRODUCTION
Le développement de la finance islamique au cours des deux dernières décennies est l'un des
développements les plus intéressants de l'histoire récente du secteur des services financiers mondiaux.
Les institutions spécialisées en finance islamique reconnaissent désormais que leur marché n'est pas
confiné à certaines régions du monde musulman mais commencent à-s’étendre à l’échelle
internationale. Afin de capter une partie de la liquidité abondante en provenance des régions-du golfe
persique, les ingénieurs financiers ont affiné leurs offres afin d’intéresser une souche d’investisseurs
aux potentiels importants et ayant des convictions spécifiques. Actuellement, les institutions
financières islamiques opèrent dans plus de 75 pays. Les actifs financiers répondants aux critères
islamiques ont augmenté de plus de quarante fois depuis1982 pour dépasser 1000 milliards de dollars
en 2010. C’est sur le marché des capitaux que se rencontrent les offres et demandes de capitaux à
court, moyen et long terme, donc l’objectif de cette communication est de fournir un essai de
modélisation du comportement du choix des produits financiers islamiques. Pour le faire les banques
islamiques doivent respecter les trois principes directeurs des institutions, il s’agit notamment de la
prohibition de l’intérêt ou ‘’ riba ‘’, même de toute spéculation et incertitude et ainsi d’encourager le
principe de partage des profits et des pertes. Puisque les banques islamiques ne peuvent ni verser ni
percevoir des intérêts dans leurs opérations, elles sont donc obligées d’innover et d’élaborer des
instruments de financement et d’investissement qui couvrent tous les besoins financiers de la
population . A cette fin, les banques islamiques disposent d’un large éventail d’instruments financiers
parmi lesquels elles peuvent choisir en fonction de la nature des opérations et de la préférence énoncée
par les entrepreneurs.

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Chapitre 1 : Présentation du marché de capitaux islamique

Les marchés des capitaux peuvent se définir comme les marchés où s'échangent des capitaux
contre des titres. Malgré le décloisonnement des marchés, il reste utile de distinguer le marché
monétaire, marché des capitaux de court terme et le marché financier, marché des capitaux de
long terme. On a affaire dans un cas comme dans l'autre à deux compartiments, le compartiment
primaire où sont émis les titres neufs et le compartiment secondaire où s'échangent les titres une
fois émis.

Section 1 : Notion, Rôle et taille du marché de capitaux islamique


1- Le rôle du marché des capitaux islamique
Le marché des capitaux islamique joue un rôle essentiel en attirant les fonds d'investissement et
en les canalisant à des fins productives. Les marchés financiers, primaire et secondaire, ainsi que
monétaire ont un rôle prépondérant dans l’économie islamique car ils vont, en particulier,
compenser le nombre restreint d’instruments financiers offerts par les établissements bancaires
.Le marché primaire fournit des fonds directement aux activités des entreprises conformes à la
charia, tandis que le marché secondaire fournit de la liquidité aux participants du marché. Ces
marchés encouragent davantage d'agents économiques à participer à des fins d'investissement et
de liquidité. La liquidité des instruments du marché des capitaux répond aux besoins des
différentes catégories d'investisseurs qui ont des horizons d'investissement différents. Au cours
des années, le marché de capitaux islamique a évolué et comprend un large éventail de produits et
de services pour répondre aux besoins de ceux qui cherchent à investir dans les secteurs
conformes aux principes de la charia. Ceux-ci incluent les obligations conformes à la charia, les
mutuels islamiques et les fonds d’investissement, les sukuks islamiques et les titres adossés à des
actifs, les produits financiers à court terme islamiques et les dérivés islamiques (produits
structurés). En outre, le marché de capitaux islamique est soutenu par des services tels que la
banque de marchandises / d'investissement et de courtage d'actions et de gestion d'actifs.

2- La taille du marché
Les marchés des capitaux islamiques représentent 27 % de l’actif mondial des institutions
financières islamiques, avec une valeur d’environ 591,9 milliards de dollars. Le Marché financier
islamique international (IIFM) a indiqué récemment dans son rapport annuel 2019 consacré aux
sukuk (pluriel de « sakk », ancêtre du mot « chèque ») que ceux-ci représentent l’instrument
financier le plus populaire du secteur. Les sukuk sont des certificats

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d’investissements qui confèrent à leurs détenteurs une part des profits générés par les actifs
financés. Le rapport de l’IIFM indique que les émissions mondiales de sukuk en 2018 se sont
chiffrées à 123,2 milliards de dollars, en augmentation de 5,5% par rapport à 2017(116,7
milliards de dollars).

Marché de capitaux islamique

Marché financier islamique : Marché monétaire islamique :


Correspond au lieu où les banques
centrales interviennent pour
L’émission des actions sur le
injecter ou retirer des liquidités, ce
marché se fait via des contrats qui permet d’équilibrer le bilan des
banques commerciales en cas de
dits de Moudaraba. crise de liquidités, c’est également
le cas pour les banques
participatives.

Les instruments de ce marché Les instruments de ce marché


sont de deux catégories : sont :
 Les Dépôts
Instruments de participation compatibles à la Charia
qui englobe Sukuk de (Wadiaa) ;
Mousharaka et Sukuk el  Moudaraba
Mudabara interbancaire ;
 Wakala mourabaha ;
Instruments de financement  Les Compensations
mutuelles entre les IFI ;
Sont aux nombre de 5, à  Sukuk Al Ijara ;
savoir :  Accord de vente-
rachat ;
La Morabaha, Salam, La ijara,
 Government
L’istisna’a, Sukuk de Wakala
Investment Issues.
d’investissement.

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Section 2 : Les compartiments du marché des capitaux islamique.
Le marché des capitaux, à la fois primaire et secondaire, offre au secteur financier des fonctions
essentielles : tarification des actifs et gestion des risques, gestion de la liquidité et services
spécialisés dans la mobilisation et la répartition des ressources. Le développement d’un marché
des capitaux islamique qui fonctionne bien est donc critique pour une industrie des services
financiers islamique (IFSI) solide et efficace. Donc l’existence des marchés financiers efficients,
tant primaires que secondaires et monétaires, est indispensable à l’expansion de la finance
islamique. Les marchés permettent d’acheminer les ressources disponibles vers les besoins de
fonds, d’assurer ainsi une meilleure allocation des ressources. Ils constituent, pour les banques
islamiques le seul moyen d’investir leur surplus de liquidité et d’offrir un support à la politique
monétaire des banques centrales islamiques, par échanges de titres conformes à la Charia.
L’efficience des marchés suppose la transparence et la disponibilité des informations. Les
informations de qualité sont d’autant plus nécessaires que les produits islamiques sont
spécifiques. Historiquement, l’interdiction du riba a empêché la constitution, puis le
fonctionnement, d’un marché efficace et a plutôt favorisé les échanges commerciaux et les
opérations participatives. Actuellement, les marchés financiers islamiques sont toujours limités
par la nécessité de ne traiter que des opérations et instruments conformes aux principes
islamiques, c’est-à-dire : non riba (prohibition de l’intérêt), et non maysir (prohibition de la
spéculation).

1- Le marché financier
En finance islamique l'émission des actions sur le marché se fait via des contrats dits de
Moudaraba, en effet ce type de contrat prend la forme d'une société de participation dans laquelle
on pourrait distinguer les deux parties: la première qui investit le capital et la deuxième qui
propose un savoir faire. La méthode de distribution et la date de début de négociations de titres
doivent être bien figurer dans le prospectus pour éviter tout élément d’incertitude. Marché primaire
et marché secondaire Comme celui des places financières conventionnelles, le marché primaire est
le lieu de rencontre des demandes de fonds, émanant d’entreprises émettant des titres nouveaux,
et de l’offre de capitaux en provenance des banques. Notons que l’Islam proscrit l’émission
d’instruments financiers, en particulier les obligations, à un prix différent du pair pendant la
période de placement. Pour autant, cette interdiction ne réduit pas les besoins des institutions

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islamiques en instruments de financement de moyen et long terme. En pratique, une solution a
consisté en l’émission d’obligations s’appuyant sur le Qard hassan, ne fournissant aucun revenu,
mais auxquelles sont attachés des warrants donnant droit à l’achat d’actions de la firme émettrice,
à un prix fixe pendant une période déterminée. Une autre piste exploratoire serait l’allongement
de la durée des produits moudaraba. Concernant le marché secondaire, le négoce de produits
financiers est légitime en Islam, les prix sur ce marché sont librement soumis à la loi de l’offre et
de la demande, mais certaines pratiques qui accompagnent le commerce de titres sont illicites,
comme la spéculation. Enfin, le concept d’effcience des marchés renvoie, en Islam, à l’idée que
ceux-ci doivent contribuer de manière optimale à la justice, à l’équité et au bien-être dans la
société.

a- Le marché primaire
Sur le marché financier islamique primaire, les entreprises ont la possibilité de lever les fonds
nécessaires à leur projet sur le principe de la comparaison des anticipations de profits des
différents fonds alloués. Cette comparaison se fait grâce à l’accumulation et à la diffusion par le
marché financier, de l’information relative aux entreprises. Il en résulterait une amélioration de la
répartition, de l’allocation des fonds car du fait de la sélection, ceux-ci alimenteront les projets les
plus rentables. Ce qui est mis en valeur ici, c’est l’efficacité hors pair d’un système d’allocation
des ressources fondé tout d’abord sur la rentabilité des placements effectués dans le secteur réel
de l’économie. Le marché primaire est le marché préféré pour l’entreprise afin de trouver de
nombreux financements. Son objectif est de canaliser l’épargne vers les investissements à long
terme pour fournir à l’entreprise divers moyens de lever les fonds indispensables à la croissance
de son activité. Ces investissements sont représentés dans le marché par les obligations et les
actions. Le rôle du marché primaire islamique ne se diffère pas dans le fond de celui présent dans
les places financières conventionnelles, mais un filtrage automatique est indispensable pour
éviter le commerce et l’échange de tous les produits financiers qui pourraient transgresser les
directives islamiques. L’émission d’actions est effectuée sur une base du concept de Moudaraba.

b- Le marché secondaire
Le développement du marché primaire exige cependant le développement simultané d’un marché
secondaire. Ce dernier permet en effet de satisfaire la préférence pour la liquidité des épargnants
détenteurs de titres financiers, en leur présentant la possibilité de les vendre rapidement. D’où le
placement pour le long terme, d’une masse plus importante d’épargne. La négociation des
produits financiers est tolérée dans l'islam et les prix vont être soumis aux lois de l'offre et de la
demande, mais les activités de spéculation sont interdites. Cependant, les

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placements ne sont pas sans risques : risque de faillite de l’entreprise et risque lié à la capacité de
l’entreprise d’engendrer des profits. L’existence d’un marché secondaire est indispensable afin de
garantir la liquidité des institutions islamiques comme n’importe quel autre système. Ainsi, si on
encourageait les épargnants à vendre rapidement leurs titres et à un moindre coût, ceci va pousser
les investisseurs à investir dans des instruments à plus long terme et à plus haut risque. Pour
assurer la légitimité du commerce des actions, il faut éviter quelques pratiques qui
l’accompagnent, par exemple, la spéculation qui est totalement interdite. Donc, il faut prendre
des mesures strictes afin de contrôler le respect de cette interdiction. La transparence et la
disponibilité des informations sont parmi les exigences de l’efficience des marchés financiers.

2- Le marché monétaire
Une des activités principales du marché monétaire islamique est la canalisation des surplus de
fonds d’une institution financière vers le projet de placement) et de partage des profits) d’une
autre. Car cette dernière manque de fonds pour y faire face ou car elle estime l’engagement
financier trop important et préfère en conséquence le partage des risques. En outre, l’intervention
de la banque centrale peut ici se révéler nécessaire, en particulier dans les périodes où les
occasions de placement) sur la base du partage des profits, ne trouvant pas de possibilités de
financement par les banques elles-mêmes, requièrent un prêteur ultime : les risques de perte en
capital (issus des achats et des ventes de titres financiers) et les moyens de diminuer ces
risques. Les détentions stériles d’argent dans les comptes courants ou en monnaie et les
moyens de les rendre quantitativement les plus faibles possibles. La nécessité ou non pour
chacun des «modèles bancaires» de détenir des réserves sur les dépôts en comptes courants
pour ce qui est du premier modèle et les dépôts pour prêts concernant le second. Le marché
monétaire est un lieu où s’échangent les titres de courte durée contre les liquidités. Il est réservé
aux entreprises et institutions financières qui peuvent emprunter ou prêter des liquidités sur des
durées courtes. Il permet de satisfaire les besoins de financement des banques, de l'État mais
aussi des entreprises, grâce aux placements à courte échéance de tout investisseur.
La conception d’instruments islamiques pour les opérations monétaires s’avère délicate. Dans les
pays à double système bancaire, l’absence d’instruments ne portant pas intérêts a limité le champ
de la gestion monétaire. Le caractère liquide des engagements des banques, lié à la prédominance
des dépôts à courte échéance, prédispose le système à détenir d’importantes liquidités et des
réserves excédentaires. Cette situation freine l’intermédiation financière et l’approfondissement
du marché. Les difficultés que pose la définition du taux de rendement sur ces instruments ont
aussi gêné le développement des marchés monétaire et interbancaire. Le développement de ces
marchés est pourtant indispensable pour la conduite de la politique monétaire et
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l’approfondissement des marchés financiers. Le sous-développement de ces marchés ou leur
absence dans beaucoup de pays empêchent la banque centrale d’intervenir au moyen
d’instruments indirects et encouragent parfois l’instauration d’un contrôle direct du crédit.
L’absence de marchés interbancaires bien organisés et liquides — qui peuvent accepter les dépôts
au jour le jour des banques et leur offrir des prêts pour couvrir leurs besoins à court terme — a
exacerbé la tendance des établissements à se concentrer sur les avoirs à court terme. Pour
améliorer la gestion des liquidités, il faut adopter une démarche globale et intégrée de
développement des marchés monétaires et boursiers. Il faudrait aussi créer un mécanisme
efficace de prêteur en dernier ressort, élaborer des instruments interbancaires bien conçus pour
des transactions interbancaires dynamiques ou pour les opérations monétaires, utiliser les
techniques de titrisation pour gérer la gamme d’échéances et de risques des avoirs et des
engagements, enfin, mettre en place des instruments de gestion du risque et de couverture,

3- Les actions et les sociétés par

actions a- Les actions conformes à la

charia
Les principes fondamentaux de la participation qui est conforme à la charia sont basés sur une
forme d'investissement de partenariat appelée participation de Mucharaka. Il est semblable à
l'investissement en actions dans un marché de capitaux conventionnel, mais ces investissements
doivent être confinés à des actions conformes à la charia. Les actions des entreprises ne peuv

être considérées comme conformes à la Charia que si leurs principales activités commerciales ne
sont pas interdites par les principes de la charia. Les activités commerciales de base interdites
incluent la participation dans des secteurs d'activité tels que les services financiers basés sur
l'intérêt, l'alcool, les produits liés au porc, les armes et le divertissement. Les entreprises
conformes à la charia sont aussi exigées pour adhérer à plusieurs ratios financiers. Tels que de
limiter par un ratio prédéterminé le montant d’effet de levier qui implique les emprunts basés sur
des intérêts. Utilisation des emprunts basés sur des intérêts et le ratio tolérable peuvent sembler
être en conflit avec les principes de la finance islamique. Les actions disponibles sont filtrées
périodiquement pour s'assurer qu'elles répondent à des critères de la conformité à la charia. Les
normes de filtrage sont fixes par les conseils de la charia des agences de filtrages et les notes sont
publiées périodiquement.

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b- Les sociétés par actions
Par ailleurs, les actions émises par des sociétés exerçant des activités licites mais qui réalisent
certaines opérations usurières ont partagé les penseurs islamiques en deux groupes. Un premier
groupe de penseurs est catégorique quant à la prohibition de la prise de participation par achat
d’actions dans des sociétés qui réalisent des opérations entachées du Riba même si leurs activités
principales sont légales du point de vue islamique (Conseil de jurisprudence islamique). Tandis
qu’un deuxième groupe de scholars tolère et autorise la vente et l’achat d’actions de ce type de
sociétés et la réception des profits distribués à condition que le détenteur de l’action purifie les
dividendes reçus à travers la détermination du montant correspondant aux intérêts pour s’en libérer
par le biais de dons caritatifs. Dans ce cas, il est nécessaire pour le détenteur de l’action de se
désengager de la partie du profit illicite en la dépensant dans le financement d’actions ou
d’activités permettant la réalisation des intérêts des musulmans. La permission des transactions
sur ce type d’actions trouve sa justification dans l’existence d’un besoin exprimé par les
particuliers et les institutions souhaitant investir leurs fonds de façon sécurisée en l’absence
d’alternatives islamiques dans certains pays.
c- Les obligations islamiques (Sukuk) :

Les obligations et les bons du Trésor sont exclus de l’univers de la finance islamique puisqu’ils
se basent sur le versement d’intérêts. En droit musulman, il n’existe pas d’équivalent.
Nonobstant, les produits dits Sukuk y sont assimilés. Leur licéité du point de vue islamique est
conditionnée par l’adossement à un actif tangible.
L’AAOIFI définit les Sukuk (pluriel de Sak) comme étant « des certificats de valeur égale
représentant des parts indivises dans la propriété des actifs tangibles, usufruit et service ou dans
la propriété des actifs d’un projet ou d’une activité d’investissement. » Ces certificats
d’investissement pourraient être assimilés aux équivalents islamiques des obligations classiques
avec des différences fondamentales (International Islamic Financial Market, 2010). Les titres
Sukuk respectent les principes islamiques en conférant à l’investisseur une part de l’actif ainsi
que des flux de trésorerie et des risques proportionnés.
Les obligations conventionnelles sont porteuses d’intérêts et donc automatiquement bannies par
la loi islamique. En outre, acheteurs et vendeurs de ces obligations ne sont que rarement
intéressés par les projets financés à travers les émissions en question ; des projets qui peuvent
inclure des activités illicites. Or, un certain nombre d’érudits de la Shariah ont souligné que l’une
des caractéristiques propres à la finance islamique est d’impliquer toutes les parties concernées
aussi bien dans le financement des projets que dans la production d’actifs réels.
Il existe deux types d’émission des Sukuk :
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 Les Sukuk Souverains : émis à l’initiative de l’Etat ;
 Les Sukuk Corporate : émis par les entreprises.
Les premières émissions des Sukuk ont eu lieu dans les pays du Golfe pour s’étendre ensuite à
l’Europe. En 2004, l’Allemagne a assisté à une émission de 100 millions de dollars de Sukuk.
L’apparition des Sukuk a été l’une des évolutions les plus frappantes dans les marchés islamiques
de capitaux. En effet, ils relient leurs émetteurs (fonds souverains et grandes entreprises) avec un
grand nombre d’investisseurs, désirant diversifier leurs portefeuilles au-delà des classes
traditionnelles d’actifs. De surcroît, les fonds levés via cet instrument permettent de financer
d’une manière efficace et transparente des projets méritoires. Quant à leurs vertus sur le plan
économique et financier, l’émission des Sukuk a prouvé sa grande capacité de résistance durant
les turbulences des marchés mondiaux de capitaux.
Le marché global des Sukuk a connu une croissance spectaculaire durant les dernières années
avec un taux de croissance annuel composé de 12.36% entre 2011 et 2016.

Section 3 : Les conditions d’admission au marché des capitaux islamique


On ne peut être admis sur les marchés que les titres conformes à la Charia, émis par des sociétés
licites, les opérations étant effectuées par des investisseurs (et non des spéculateurs). Dans Les
opérations licites une différence est effectuée entre spéculateurs et investisseurs. Les
investisseurs sont, en principe, ceux qui placent leur épargne en contrepartie d’un profit stable et
d’une plus-value de leurs titres. Ils ne sont pas intéressés par des opérations de court terme.
Quatre critères différencient l’investissement islamique : la souscription réelle des titres achetés,
le paiement complet en contrepartie de l’achat, et l’intention lors de l’achat, de garder les titres
pendant une période indéterminée, l’investissement dans des instruments conformes à la Charia,
émis par des sociétés « licites » et dont l’activité est « licite ». Les conditions préalables clés d'un
bon fonctionnement des marchés des capitaux sont les suivantes: appuyer les activités légales,
réglementaires, et fiscales. Avoir des normes établies. Puis la profondeur du marché doit être la
liquidité.

Enfin Le marché financier islamique est régit par des normes chariatiques qui interdisent toute
transaction ne respectant pas les principes islamiques et éthiques. Par contre, le marché financier
conventionnel est caractérisé par la présence de certaines opérations, dont la réalisation n’est pas
tolérée par la charia, et qui peuvent parfois avoir des effets négatifs sur la performance des
marchés financiers. Cet état de chose nous a poussé à procéder à un traitement minutieux des
caractéristiques de certains outils financiers conventionnels, afin d’aboutir à dégager et à éclaircir
les spécificités des titres financiers islamiques.

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Chapitre II : Les instruments du marché des capitaux islamique
Le Concept de La Finance Participative ne se limite pas seulement au niveau des Banques, Mais il
Intègre de Nombreux Acteurs. La Mobilisation de Ces Acteurs est assez importante, Pour
promouvoir une fluidité au niveau de la circulation des Flux, le Financement des Projets et le
Placement des Capitaux. Face à telles exigences, le Marché de Capitaux islamique à un rôle
primordial à jouer. Son développement et sa capacité à lever des fonds permettront de faciliter Le
lien entre les agents à besoin de financement et les banques Islamiques.

Section 1 : Les instruments du marché financier islamique


1- Les Sukuk, définition et caractéristiques

Les sukuk (pluriel du mot arabe « Sakk ») sont des titres à valeur égale représentant des parts
indivises :
dans la pleine propriété ou dans l’usufruit d'un actif tangible
ou dans le bénéfice de prestations et services
ou dans des actifs d'un projet déterminé ou dans une activité d’investissement
spécifique.
Selon l’IIFM (International Islamic Financial Market), le Sukuk est un certificat
d’investissement qui pourrait être vu comme étant l’équivalent islamique des 15 obligations

conventionnelles avec néanmoins des différences fondamentales. L’AAOIFI définit les Sukuks
comme étant des « certificats de valeur égale représentant des parts indivises dans la propriété
des actifs tangibles, usufruit et service ou dans la propriété des actifs d’un projet ou d’une
activité d’investissement ». Les Sukuks permettent alors aux investisseurs de détenir des
participations dans les actifs sous-jacents avec une rémunération qui sera fonction de la
performance de ces actifs.

Pendant la durée de l’investissement, les avantages et les risques des actifs sous-jacents
reviennent aux porteurs de sukuk, ce qui leur donne droit à une part des revenus générés. C’est
essentiellement les caractéristiques de cette rémunération des porteurs de sukuk qui donne à ces
produits une certaine similarité avec les obligations conventionnelles.
Les porteurs de sukuk se partagent les profits réalisés par la performance de l'actif sous-jacent
mais sont aussi exposés à son risque au prorata de ce qu'ils détiennent. Cette spécificité les
différencie des obligations conventionnelles.

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Les sukuk ne représentent généralement pas des créances pour leurs porteurs (sauf, dans des
cas particuliers tels que, par exemple, les sukuk Salam). En droit musulman, les créances ne
peuvent en effet pas faire l’objet de titrisation dans le seul but d’être négociées sur un marché
secondaire.
Les sukuk sont émis sur la base d’un contrat conforme aux préceptes de la sharia, ce qui
implique que les règles liées à leur émission et à leur négociation doivent être également
conformes au droit musulman. Par conséquent, une levée de fonds via des sukuk ne peut être
utilisée que dans des actifs ou des projets sharia-compatibles.
2- Les différents types de sukuk
Selon l’AAOIFI, il existe à ce jour un peu moins d’une quinzaine de types de sukuk résumés
ci-après. Leur caractère sharia compatible a été admis par le Sharia-Board de l'AAOIFI, qui est
constitué d’experts de différentes régions du monde et dans les diverses écoles de droit
musulman. Les avis émis par ce Sharia-Board sont souvent fondés sur les résolutions prises par
l'Académie Internationale de Fiqh (organe de l’OCI8), qui réunit également des experts
contemporains des différentes écoles de droit musulman. Il est à noter que ces normes de
l'AAOIFI constituent une référence pour les institutions de finance islamique qui opèrent en
Afrique dans des pays où l’application du rite Malékite prédomine. Aujourd’hui, la tendance
internationale semble s’orienter vers la conformité aux standards de l’AAOIFI.

Type de Sukuk Structure/type d’actifs Négociable sur le


marché secondaire
Ijara Location/crédit-bail Oui
d’immobilier et
équipements
Wakala Agence/exploitation des Oui
actifs (immobilier,
équipements, activités,
projets, etc)
Musharaka Partenariat dans les actifs Oui
(projets etc)

Mudaraba Gestion/exploitation des Oui


actifs (projets, activités
etc)
Salam Production/fabrication Non
Istisna Construction/fabrication Non
Milkiyat al Khidmat Services Oui
Muzara’a Agriculture Oui
Musaqat Agriculture/récolte Oui
Mugharassa Agriculture/Irrigation Oui
Mourabaha Vente Non

D’après le tableau précèdent, Il existe plusieurs types de Sukuks. Leurs montages diffèrent
selon le type de l’actif sous-jacent. Les types les plus utilisés sont :

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A- Instruments de participation :
a- Sukuk de Mousharaka(Participation au capital)
Titres de participation qui représentent des projets ou des activités gérés selon les principes de
Mousharaka en désignant l’un des associés ou un tiers pour la gestion. Similaire à une joint
venture, l’apport en capital est réalisé selon des pourcentages définis au préalable.
La Moucharaka est une formule de financement participatif. Ainsi, dans ce type de financement,
la banque et le client participent ensemble au financement d’une opération et assument
conjointement le risque au prorata de leur participation. Les profits ou les pertes sont répartis
entre le client et la banque sur des bases fixées à l’avance d’accord des parties.
La formule de financement Moucharaka implique une parfaite connaissance du marché et des
clients afin de minimiser les risques de pertes de la banque, d’autant plus que le financement
peut être à court, moyen et long terme.

MECANISME
Le capital du projet est fourni par la banque et un ou plusieurs partenaires. Les profits et pertes
sont partagés au prorata de l’apport financier de chacun. Tous les cocontractants ont un droit de
regard sur la gestion du projet. Dans le cas d’un diminishing Musharaka, l’entrepreneur peut
racheter progressivement les parts de la banque.

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b- sukuk de mudaraba
Le financement Moudaraba est accordé aux clients jouissant d’une bonne moralité et d’une
parfaite maîtrise de leur domaine d’activité mais ne disposant de ressources financières leur
permettant d’exploiter leur expertise.
Ainsi, dans le contrat de Moudaraba, le client apporte son expertise et la banque apporte le
financement nécessaire à la réalisation de l’opération. Sur les profits générés par l’opération, le
client est rémunéré pour son travail et son expertise, tandis que la banque est rémunérée pour
son apport en capital. Si l’opération est déficitaire, le client perd son effort et la banque perd
ses fonds.

Mécanisme
La banque fournit la totalité du capital à un entrepreneur pour le financement d’un projet. En
contrepartie ce dernier fournit son savoir-faire et son capital humain. Les profits sont
partagés in-fine selon un ratio préétabli. Les pertes sont entièrement supportées par la
banque sauf en cas de négligence, fraude ou mauvaise exécution du contrat. Ce type de
contrat est souvent utilisé pour des transactions à court terme pour tout ce qui touche au
fond de roulement. Du côté du Passif des banques, il existe aussi de tels contrats, mais ceux-
ci sont illimités. La banque a le droit d’utiliser les fonds des déposants pour un large panel de
projets. Cette combinaison actif-passif de ce type de contrat est appelée Mudaraba.

B- Les instruments de financement :


a- La Morabaha
La Morabaha est un contrat par lequel un client qui souhaite acquérir des produits ou des biens
d’équipement demande à la banque de les acheter pour les lui revendre aux prix coûtant
augmenté d’une marge bénéficiaire fixée d’accord partie.
Le contrat de Morabaha précise notamment la nature de la marchandise, le prix d’achat, les
changes, le prix de revient, la marge bénéficiaire, le prix de vente ainsi que les conditions de
livraison et de paiement. Elle peut porter aussi sur des opérations de commerce intérieur ou de
commerce extérieur.

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MECANISME
Il s’agit d’une vente avec marge. Celle-ci doit être définie par les deux parties et le montant du
coût de revient doit être connu de l’acheteur a l’initiation du contrat. Le paiement peut
s’effectuer par versements échelonnés.
Dans la pratique, ce mode de financement est utilisé à court terme pour l’acquisition de matières
premières et de produits semi-finis.

b- Salam
C’est une vente avec livraison différée.
Sukuk Al Salam est un certificat d’investissement émis dans l’objectif de mobiliser des fonds
Salam qui seront destinés à financer un bien qui sera livré à terme (principe du contrat Salam)
mais avec un paiement au comptant. L’émetteur du Sukuk est le vendeur du bien alors que les
détenteurs des certificats sont en effet les investisseurs (acheteurs du bien à financer). Ces
investisseurs paient en avance (levée des fonds) dans un SPV (special purpose vehicule- une
entité ad hoc) en contrepartie d’une promesse de livraison à une date ultérieure (paiement spot
avec livraison à terme). Les biens sont généralement vendus après livraison et la rémunération
des investisseurs est dans ce cas constituée du bénéfice réalisé par l’écart entre le prix d’achat
et le prix de revente.

MECANISME
L’acheteur paie comptant le prix négocié à l’initiation du contrat. Le vendeur livre le bien à
terme. Afin d’éviter toutes confusions, le vendeur signe une promesse de livraison au vendeur
en stipulant les modalités de la vente (nature des marchandises, quantités, prix, délais et
modalités de livraison et/ou de vente pour le compte de la Banque).

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Ce contrat est une exception, car dans la théorie la Chari’a prohibe la vente d’un objet que l’on
ne détient pas (bay al ma’adoum). A l’époque du Prophète, les Arabes dépendant régulièrement
du commerce saisonnier et de l’agriculture, il était courant d’effectuer des contrats Salam. Le
hadith qui suit confirme la validité de cette transaction: “[when] The Prophet came (to al
Madinah) we used to do Salam sell forward against cash payment until the season” (Al Bukhari,
cite par Kahf ET Khan, V4, p.269).

c- La ijara
L’ijara wa iktina consiste pour la banque à acquérir des biens qu’elle met à la disposition du
client sur la base d’un contrat de location-vente. Dans ce cas, la banque perçoit un loyer pour
le service rendu. Le client verse les loyers dans un compte d’investissement islamique dont le
solde créditeur sera affecté au terme de l’opération à l’achat du bien objet du contrat. Ce compte
d’investissement dans lequel sont déposés les loyers est rémunéré par la banque au profit du
client.

La banque islamique souhaite promouvoir cette technique de financement des investissements


pour diversifier son offre en direction des PME/PMI pour la couverture de leurs besoins en
équipements et investissement.

d- L’istisna’a
L’Istisna’a est un contrat d’entreprise en vertu duquel une partie demande à une autre de lui
fabriquer ou construire un ouvrage moyennant une rémunération payable d’avance, de manière
fractionnée ou à terme. La formule de l’Istisna’a, mise en pratique par une Banque Islamique
peut revêtir l’aspect d’une opération triangulaire faisant intervenir aux côtés de la Banque, le
Maître de l’ouvrage et l’Entrepreneur dans le cadre d’un double l’Istisna’a.

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La formule de l’Istisna’a permet donc, d’apporter son concours dans le cadre de travaux de
construction, de réfection, d’aménagement et de finition d’ouvrages de masse et aussi de
financer la construction d’équipements de production et de transport.

e- Sukuk de Wakala d’investissement (Acquisition et Gestion d’actifs).


Titres à valeurs égales qui représentent des projets ou des activités gérés sur la base de Wakala
(gestion sous mandat) en désignant le wakil des porteurs de Sukuk pour leur gestion.

Les porteurs de sukuk al WAKALA sont propriétaires des actifs (leurs risques et avantages
compris) représentés par les Sukuk. Ils ont droit aux éventuels profits générés par
l’investissement. Très souvent la rémunération du wakil est indexée sur le résultat. A la
différence du Sukuk Moudaraba, les souscripteurs dans un sukuk Wakala ne partagent pas les
profits selon un ratio déterminé mais reçoivent uniquement les profits déterminés à la signature.
Tout excès de revenu sera conservé par le Wakil en tant que rémunération de surperformance.

3- Les risques liés aux Sukuk

 Le risque de marché : Ce risque pourrait être considéré comme étant un risque de taux de
rendement. Les sukuk qui rémunèrent selon une base fixe (ijara, istitna’a ou salam) sont tous
exposés à ce type de risque en cas de changement des taux de marché. Il est important de noter
que les sukuk qui ont comme benchmark le Libor sont également exposés (indirectement) aux
fluctuations des taux de marché. De plus, les sukuk dont la maturité est plus longue sont exposés
à un risque de marché naturellement plus élevé ce qui entraine un risque de crédit.
 Le risque de crédit : Il existe des risques de crédit qui sont propres aux produits financiers
islamiques en particulier les sukuk. A titre d’exemple, les émissions de sukuk se réalisent le
plus souvent dans des places financières émergentes où les méthodes de gestion de risques ne
sont pas assez sophistiquées. De plus vu la prohibition de l’intérêt, le rééchelonnement de la
dette à des taux plus importants n’est pas possible. Ceci implique un risque de défaut plus
important que dans les produits de financements conventionnels. De plus, il existe des risques
particuliers associés à certains sukuk. Par exemple, le sukuk Salam est exposé au risque que les
matières premières ne soient pas livrées à terme. Les sukuk Istitna’a impliquent un risque de
performance du côté du vendeur (l’émetteur). En général, les sukuk sont exposés au risque de

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chute de la valeur de marché de l’actif sous-jacent ce qui risque de réduire le montant du
remboursement à échéance.
 Le risque de liquidité : lorsqu’il n’y a pas d'acheteur sur le marché secondaire pour les
sukuk, ils se vendront avec une prime d’illiquidité qui compensera le fait que les détenteurs de
Sukuk soient obligés de les détenir jusqu’à la maturité.
 Le risque Sharia : on parle de risque Sharia lorsque l’émetteur ne tient pas ses engagements
contractuels, et rend ainsi le contrat nul aux yeux de la Sharia. On retrouve dans le contrat de
sukuk les événements qui annulent ce contrat. Il ne faut pas tomber dans l’excès d’innovation
qui pourrait conduire à de nouvelles fatwas sur les Sukuk non conformes à la Sharia ce qui
pourrait nuire à la réputation de l'arrangeur / émetteur.

Section 2 : Les instruments du marché Monétaire islamique


a- Les Dépôts compatibles à la Charia (Wadiaa) :

Cette technique est utilisée souvent par les banques qui veulent déposer leur excédent de
liquidité chez la banque centrale tout en respectant le principe du dépôt garanti ou sécurisé.

Selon la doctrine islamique, le dépôt (Wadiaa) est composé de fonds versés par des épargnants
ou dans notre cas par des banques commerciales islamiques à la banque centrale qui accepte les
recevoir.

b- Moudaraba interbancaire :
Les banques disposant de réserves excédentaires peuvent investir leurs excédents sur le marché
monétaire interbancaire et les banques déficitaires peuvent capitaliser sur ce surplus en utilisant
le concept de Moudaraba. Dans ce cas, les banques excédentaires seront rab Lmal et les banques
déficitaires seront des entrepreneurs.

c- Wakala mourabaha :
C’est une technique utilisée par la banque centrale qui consiste à prêter la banque déficitaire
une somme d’argent, la dite liquidité est utilisée par la banque pour payer une transaction avec
un Fournisseur en faveur d’un client contre l’achat d’un bien qui coûte la somme prêter. Par la
suite la banque déficitaire revend le bien au client avec le prix d’achat plus une marge
bénéficiaire et à l’échéance elle va rembourser sa dette à la banque centrale avec une marge
bénéficiaire.

d- Les Compensations mutuelles entre les IFI :


Parmi les alternatives proposées à la gestion de liquidité des établissements bancaires est «
l'opposition des soldes débiteurs et créditeurs »

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Cela consiste à calculer respectivement pour le compte du créancier et du débiteur des points
créditeurs et débiteurs en prenant en considération le montant et la durée du prêt,

Lorsqu'une IFI A, a besoin d'un montant pour une journée par exemple, elle s'endette auprès de
la banque centrale ou auprès d'une autre IFI excédentaire B du montant voulu et par la
présentation des garanties nécessaires. Le jour qui suit, la banque A rembourse sa dette et
s’engage à confier, dans le futur, à la banque B le même montant pour une journée ou la moitié
du montant pour deux journées, et ainsi de suite. Il est à repérer qu'en pratique les deux parties
se fixent un délai déterminé ou un plafond de notes à ne pas dépasser pour que le solde des deux
banques soit équilibré.

e- Sukuk Al Ijara :
C’est l'un des instruments les plus populaires pour gérer le risque de liquidité islamique en
Moyen Orient. La banque déficitaire demande à une entité ad-hoc d'émettre sur le marché
monétaire des Sukuk à court terme. Le produit de souscription servira à acquérir l'actif de la
banque qui va être faire l’objet de la location par la suite

Les loyers seront distribués aux investisseurs, qui pourront être des banques excédentaires. À
l'échéance, qui coïncide avec la fin du mandat de bail, l'entité ad-hoc (SPV) revendra l'actif à la
banque au prix de marché. Cette opération expose la banque à un risque de fluctuation des prix
de marché.

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f- Accord de vente-rachat (Sell and Buy Back Agreement SBBA):
L'accord de vente-rachat est l'une des opérations commerciales du marché monétaire islamique.
Conclue entre deux banques, celle qui est en besoin de liquidité (le vendeur) cède des actifs à la
banque qui est en excédent de liquidité (acheteur) à un prix convenu. Les deux parties concluent
ensuite une promesse bilatérale (muwa'adah) dans laquelle l'acheteur promet de revendre ledit
actif au vendeur à un prix convenu
La transaction SBBA doit avoir une échéance fixe. La durée maximale de la transaction SBBA
ne doit pas dépasser un an.

g- Government Investment Issues (GII) :


GII : Les certificats d'investissement du gouvernement ont été introduits en 1983 avec la création
de la banque islamique. Il représente une forme de titres de créance publics négociables émis par le
Gouvernement malaisien afin de lever des fonds sur le marché des capitaux national pour financer
les projets de développement lancés par le gouvernement.

GII est un titre islamique émis conformément à la charia et constitue un instrument alternatif de
dette pour le gouvernement, Il est émis par adjudication concurrentielle par la banque centrale
malaisienne (Bank Negara Malaysia) au nom du gouvernement malaisien.

Section 3 : Les indices boursiers islamiques


Avant le lancement des indices boursiers islamiques, les investisseurs qui désiraient fructifier leurs
capitaux tout en s’alignant sur les règles shariatiques devaient eux-mêmes sélectionner leurs
portefeuilles. Ainsi, face à vide conceptuel en la matière, ils menaient leur propre analyse subjective
des activités des sociétés afin de détecter celles qui sont conformes à la Shariah. Il s’agit d’une tâche
assez ardue surtout pour les particuliers, ce qui s’est traduit par une réticence envers les marchés
boursiers. Afin de combler ce vide, « Faisal Finance » a créé le premier indice boursier islamique Dar
al-Mal al-Islami (DMI 150) qui a vu le jour en avril 1988. Durant la même année, le Socially Aware
Muslim Index (SAMI) a été lancé par la banque américaine listant l’évolution de 500 sociétés pouvant
faire l’objet d’un investissement licite.

Une année après, le Dow Jones Islamic Market Index a été créé aux États-Unis suivi du Global Islamic
Index Series lancé par FTSE. Ces deux indices globaux constituaient le miroir de tous les secteurs
d’activité conformes tout en assurant une couverture géographique internationale. Cette initiative a
favorisé l’investissement compatible à la loi islamique dans la mesure où les opérations de contrôle et
de filtrage sont désormais effectuées par un comité Shariah indépendant.

D’autres fournisseurs d’indices ont suivi cette tendance en mettant en place une panoplie d’indices
islamiques afin d’accompagner l’essor que connait l’industrie financière islamique. C’est le cas de
S&P (Standards et Poors), MSCI (Morgan Stanley Capital International), et STOXX. En se basant sur
ces indices islamiques, des indices sectoriels et régionaux ont été développés par les différentes
familles d’indices. Dans la majorité des cas, les indices islamiques constituent des sous-catégories des
indices classiques.

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1- Principaux indices boursiers islamiques :

• Le socially aware muslim index (SAMI): le premier indice Islamique, lancé sur le
marché en 1998 , qui constatait l‘évolution de 500 compagnies dans lesquelles il était
possible d‘investir conformément à la Charia.

• Le Dow Jones Islamic Market Index (DJIMI) : Lancé en février 1999, le DJIMI reflète
l’évolution des sociétés de 66 pays dans le monde qui respectent les critères de la finance
islamique. Il reflète les fluctuations des cours de plus de 2 700 entreprises

• Le Standard and Poor’s Sharia (S&P Sharia) : L’agence Standard & Poor’s a lancé,
en 2006, la version islamique de ses indices de référence ainsi que d’autres nouveaux
indices. composé des valeurs du S&P 500 jugées conformes à la Sharia

• Le Morgan Stanley Capital International Islamic ( MSCI Islamic) : Lancé en mars


2007, la famille d’ndices islamiques de Morgan Stanley Capital International assure
une large couverture géographique (69pays).

• Le Jakarta Islamic Index ou leJII: Établi en 2000 afin de faciliter les négociations et
les échanges entre les entreprises respectant les principes de la finance islamique. Il est
composé de 30 actions islamiques.

• Le Kuala Lumpur Sharia Indexou le KLSI: lancé en 2007 dans le cadre d‟un
partenariat entre la FTSEet la bourse de la Malaisie. L‟indice reflète la performance des
sociétés cotées à la bourse de la Malaisie et jugées compatibles avec la Sharia, à
condition qu‟elles respectent les exigences de la FTSEen matière de liquidité.

• Le Financial Time Stock Exchange Shariaou le FTSESharia: Née d‟une opération


de joint-venture entre la FTSE et la société de consulting Yasaar, cette série englobe les
indices du DIFX Sharia, le SGX 100, et la FTSE Bursa Malaysia index(FTSE 2010)

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2- CONSTRUCTION DES INDICES BOURSIERS ISLAMIQUES
a- Les critères qualitatifs (ou filtrage extra-financier)

CONSISTE A FAIRE SORTIR DE L’INDICE LES ENTREPRISES OPERANT DANS LES SECTEURS

«ILLICITES» (ALCOOL, TABAC, INDUSTRIE PORCINE, BANQUES ET ASSURANCES CLASSIQUES,

NUCLEAIRE ET ARMEMENT) AINSI QUE LE DIVERTISSEMENT (CERTAINS HOTELS, CASINOS,

CINEMA, MUSIQUE…).

UNE FOIS CE PREMIER TEST DE PASSAGE REUSSI ET QUI REDUIT SIGNIFICATIVEMENT LA LISTE
DES «CANDIDATS», IL FAUT UN AUTRE EXAMEN OU FILTRAGE FINANCIER

b- Les critères quantitatifs (ou filtres financiers


LE FILTRAGE DES SOCIETES CONSISTE A NE RETENIR QUE LES SOCIETES QUI RESPECTENT DES
EXIGENCES EN TERMES DE STRUCTURE FINANCIERE.

CONCRETEMENT, LES ELEMENTS SUIVANTS DOIVENT ETRE INFERIEURS A UN CERTAIN SEUIL


« AUTORISE » :

LE TOTAL DES DETTES

LE TOTAL DES CREANCES

LES LIQUIDITES ET LES TITRES RAPPORTANT DES INTERETS.*

LE POURCENTAGE DE 33% PRIS EN COMPTE COMME SEUIL PERMETTANT L’EVALUATION DE LA

STRUCTURE FINANCIERE, CE POURCENTAGE CORRESPOND A LA REGLE DU TIERS ISSUE PAR UNE

TRADITION PROPHETIQUE,.

On peut conclure ce travail en disant qu’il y’a vraiment une existence d’un marché des capitaux
islamique qui respecte les normes Chariatique et que la finance islamique surperforme en
quelque sorte la finance classique, surtout en période de crise. Cela s’explique par la loyauté
des investisseurs éthiques. Ces derniers sont typiquement des investisseurs de long terme qui
ne vendent pas leurs titres à la première averse. Ils sont moins enclins à retirer leur capital dans
les périodes de chute boursière ce qui assure une stabilité des cours de l’action des sociétés dans
lesquelles ils investissent.

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Conclusion
La finance islamique s’impose de plus en plus dans l’économie mondiale et devient l’un des
secteurs les plus dynamiques. L’originalité du système financier repose sur des investissements
éthiques, mais aussi sur un partage plus juste des coûts et des risques. Un modèle qui s’impose
de plus en plus comme une évidence pour le monde musulman.

Au Maroc, Les banques participatives connaissent une croissance rapide depuis leur
introduction malgré les retards de lancement. En 2015, Bank Al-Maghrib a commencé à
approuver, au cas par cas, les demandes des banques d'ouvrir des banques ou des fenêtres
islamiques et de commencer à formuler des réglementations bancaires islamiques claires pour
les banques et les industries. Lors de la réunion trimestrielle de Bank Al-Maghrib en décembre
2018, le gouverneur de la banque Abdellatif Jouahri s'est déclaré satisfait du développement du
secteur de la « banque participative ». Le pays compte aujourd'hui plus de 70 banques et
institutions financières fournissant des services financiers conformes à la charia, qui ont jusqu'à
fin décembre 2018, un total de 4,4 milliard de dirhams en prêts selon Bank Al-Maghrib.

Afin de compléter l’écosystème de la finance islamique et de profiter pleinement de son


évolution, la création d’un indice boursier « shariah compatible » sur la place financière de
Casablanca constituerait l’un des aménagements nécessaires pour renforcer son attractivité.

La finance islamique est fondée sur les principes de la loi islamique, la shari'a, cherche à
transmettre une vision de justice, d'équité et de transparence. La finance islamique se distingue
de la finance conventionnelle par la mise en avant d'idée d'éthique et de morale islamique en
puisant leurs sources dans la révélation divine, dans la sunna et dans les pratiques économiques
et financières à l'époque du prophète Mohammed (SWS). Elle est notamment fondée sur
l'interdiction de l'intérêt et la responsabilité sociale de l'investissement. Elle lie plus étroitement
la rentabilité financière d'un investissement avec les résultats du Volume 3, numéro 1 (2019)
projet concret associé. L’islam interdit les transactions tant civiles que commerciales faisant
recours à l'intérêt (ribâ) ou à la spéculation (maysir). Toutefois, les mécanismes utilisés dans la
pratique reviennent souvent à rémunérer le prêt

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Bibliographie & Webographie :
La Finance Islamique, Auteur: Ruimy, Michel Éditeur: Arnaud Franel éditions Année de
publication: 2008

La finance Islamique Ed.2 Auteur: Causse-Broquet, Geneviève Éditeur: RB Edition Année de


publication:2012

http://fr.financialislam.com/les-indices-islamiques.htm

https://ribh.wordpress.com

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01223873/document

http://www.irti.org/English/Research/Documents/IES/French/fr023.pdf

https://lematin.ma/journal/2017/lindice-boursier-islamique-une-piece-maitresse-de-
lecosysteme- en-construction/275844.html

https://telquel.ma/2018/04/18/finance-participative-le-conseil-superieur-des-oulemas-
submerge- par-les-texte
reglementaires_1591879/?utm_source=tq&utm_medium=normal_post

www.cdvm.gov.ma

https://www.scholarvox.com/catalog/search/searchterm/La%20finance%20islamique?searchtype=ti
tle

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SOMMAIRE 2
Introduction 2
Chapitre 1 : Présentation du marché de capitaux islamique 3
Section 1 : Notion, Rôle et taille du marché de capitaux islamique 4
1- Le rôle du marché des capitaux islamique 4
2- La taille du marché 4
Section 2 : Les compartiments du marché des capitaux islamique. 5
1- Le marché financier 5
a- Le marché primaire 6
b- Le marché secondaire 6
2- Le marché monétaire 7
3- Les actions et les sociétés par actions 7
a- Les actions conformes à la charia 7
b- Les sociétés par actions 8
Section 3 : Les conditions d’admission au marché des capitaux islamique 8
Chapitre II : Les instruments du marché des capitaux islamique 9
Section 1 : Les instruments du marché financier islamique 9
1- Les Sukuk, définition et caractéristiques 9
2- Les différents types de sukuk 10
A- Instruments de participation 11
a- Sukuk de Mousharaka(Participation au capital) 11
b- sukuk de mudaraba 12
B- Les instruments de financement 12
a- La Morabaha 12
b- Salam 13
c- La ijara 14
d- L’istisna’a 14
e- Sukuk de Wakala d’investissement (Acquisition et Gestion d’actifs) 15
3- Les risques liés aux Sukuk 15
Section 2 : Les instruments du marché Monétaire islamique 16
a- Les Dépôts compatibles à la Charia (Wadiaa) 16
b- Moudaraba interbancaire 16
c- Wakala mourabaha 16
d- Les Compensations mutuelles entre les IFI 16
e- Sukuk Al Ijara 17
f- Accord de vente-rachat (Sell and Buy Back Agreement SBBA) 18
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g- Government Investment Issues (GII) 18
Section 3 : Les indices boursiers islamiques 18
1- Principaux indices boursiers islamiques 18
2- CONSTRUCTION DES INDICES BOURSIERS ISLAMIQUES 19
a- Les critères qualitatifs (ou filtrage extra-financier) 19
b- Les critères quantitatifs (ou filtres financiers 19
Conclusion 20
Bibliographie & Webographie 21

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Sommaire

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