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CHAPITRE VII

SYNTHÈSE DES PRINCIPALES RAISONS DE CROIRE QUE L’ANCIEN ET LE


NOUVEAU TESTAMENTS CONTIENNENT LA VRAIE RÉVÉLATION DE DIEU

Dans l'introduction au présent Traité, nous avons montré qu’il existe certains critères auquel il
faut se référer pour porter un jugement sur les livres qui prétendent contenir une vraie
Révélation. Sur la base de ce qui a été dit dans les chapitres précédents, l'honorable lecteur
aura compris que la Bible satisfait à ces critères. Néanmoins, nous souhaitons rendre cela
encore plus clair et présenter une synthèse des preuves qui le démontrent incontestablement.

1. En premier lieu, l’Injil nous présente, dans le Seigneur Jésus-Christ, la vie et la


personnalité du seul Homme Saint et Parfait qui ait jamais vécu sur la terre. Dans leur
littérature, de nombreuses nations se sont efforcées de présenter le portrait idéal d'un Homme
Parfait. Dans certains cas, cette présentation est tout à fait fabuleuse, ainsi celle donnée dans
les livres hindous qui parlent de Rama et de Krishna. Il est indubitable que, dans d'autres
livres, les récits présentés reposent sur un certain fondement historique, quoique des légendes
se soient développées à propos de la personne du héros, comme dans le cas de Bouddha.
Cependant, lorsque nous comparons avec le Christ tous les autres grands hommes qui ont
vécu sur la terre, et même tous les héros inspirés de l’imagination des hommes, aucun d’entre
eux ne peut prétendre Lui être égal en humilité, en bonté, en douceur, en amour, en
miséricorde, en sainteté, en pureté, en justice ni dans aucun autre attribut bon. Du fait que sa
personnalité dépasse ainsi de beaucoup même les héros imaginaires des poètes et des
romanciers, le Christ n'est évidemment pas le produit de l'imagination ou de la créativité
littéraire ; il s'agit d’une personne authentique et réelle. Le livre qui nous Le révèle ne peut
que nous avoir été donné par Dieu : en d’autres termes, ceux qui L'ont connu et ont mis par
écrit tout ce qu’ils savaient personnellement de Lui ont indubitablement – conformément à la
promesse qu'Il a Lui-même faite (cf. Jean 16, 12-13) – reçu de Dieu l’inspiration et la grâce
nécessaires pour donner de Lui un témoignage vrai (cf. Actes 1, 8) dans ce qu'ils ont écrit
ainsi que dans ce qu'ils ont dit. Le Seigneur Jésus-Christ est à Lui-même Sa propre preuve.

« Le soleil est la preuve du soleil.


Si tu cherches la preuve de Son existence,
Ne détourne pas ta face de Lui. »1

2. La Révélation parfaite de Dieu ne peut pas être un Livre : ce doit être une personne ;
mais le livre qui témoigne de cette personne et nous amène à La chercher et à La trouver ne
peut en aucune manière le faire s'il n'a pas été composé sous l'inspiration divine. Ceux qui
méditent sur la Bible, le cœur résolu à découvrir la vérité, constatent que le Messie promis
dans l’Ancien Testament et donné dans le Nouveau Testament est le thème de toute la Bible,
qui le présente comme le Sauveur, le Verbe (‫ ) َكلِ َمة‬de Dieu, et donc la seule personne qui
puisse véritablement révéler Dieu à l'homme. En nous parlant de Lui, de Sa personnalité, de
Son comportement, de Sa vie, de Sa mort, de Sa résurrection, de Son enseignement et de Ses
promesses ainsi que de la Révélation unique en son genre qu’Il nous a faite de Dieu, l’Injil
résout le problème auquel on n’avait auparavant jamais trouvé de solution, à savoir :
Comment le Seul Vrai Dieu pouvait-Il devenir le Créateur du monde et Se faire connaître de
Ses créatures ? Les philosophes des temps anciens n'avaient pas découvert de solution
adéquate à ce problème, non plus d’ailleurs que les juifs qui ont rejeté le Seigneur Jésus-
1
(Mathnawi)
.‫دليل آفتاب ـ كَر دليلت بايد از وى رو متاب‬
ِ ‫آفتاب آمد‬
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Christ. Les théologiens musulmans n'y ont pas mieux réussi. Par exemple, l’auteur du
Mizanu'l Mavazin (‫ )ميزان الموازين‬2 dit : « Tout percevant (‫ك‬ ٌ ‫ ) ُم ْد ِر‬a besoin d'un instrument de
perception pour atteindre l'objet perçu (‫ك‬ ُ ‫)ال ُم ْد َر‬ : en effet, entre le percevant et le perçu, il doit
nécessairement exister une relation. Étant donné que, de par Sa Nature (‫)ذات‬, Dieu ne peut pas
avoir avec les êtres créés une quelconque affinité de relation, de conjonction, d'attachement ni
de ressemblance, il s'ensuit qu’aucune de Ses créatures ne peut atteindre à la perception ni à la
compréhension de la Nature divine »3. « Dans les œuvres et les produits qui sont la preuve de
l'existence du Créateur, Auteur de toutes choses, aucun ne peut ni atteindre lui-même à la
perception de la Nature du Créateur ni faire en sorte qu’un autre atteigne la conception de Sa
Nature ni la perception de Sa vérité »4. C'est pourquoi cet auteur nous informe qu'il existe une
Première Créature (‫ )اوّل مخلوق نخستين‬qui, dans la vérité suprême, est la seule création de Dieu
et qui est « la Beauté Absolue de l'éternité (‫ )االزل‬passée, la Lumière totale de l'Éternel ainsi
que la Manifestation entière et parfaite de Dieu »5. Lorsque Dieu a voulu créer Ses créatures
et Se faire connaître d'elles, Il a fait la Première Créature, et cette Première Créature est
devenue l'objet de tout l’amour du Créateur ainsi que la Manifestation des Attributs divins.
Étant aimée de Dieu, elle en est venue à aimer Dieu. Cette Première Créature qui, à l'origine
première, fut issue de la Source Éternelle est le Moyen excellent et complet ainsi que le
Prophète absolu de Dieu, et tout ce qui arrive depuis le commencement de la création jusqu'à
la fin du Possible se fait par son intermédiaire.6 Néanmoins, cette théorie n'est pas du tout
d'origine islamique. Elle a sa source chez certains hérétiques et philosophes païens7. Par
exemple, l'hérétique Arius enseignait qu’il y avait une Première Créature et que celle-ci avait
été l'instrument employé par Dieu pour créer le monde.8 Mani avait une conception tout à fait
semblable de l'Homme Originel mais il ajoutait que, par la suite, Satan avait fait l'homme à la
ressemblance de cet homme originel, unissant en lui la lumière la plus claire et ses propres
ténèbres, comme en un microcosme (‫)العالم الصّغير‬9. La secte hérétique des Naasséniens (‫ال ْن َح ِشيّة‬
)ُ , ou adorateurs du Serpent,10 qui se présentaient comme gnostiques (‫)ع َُرفَاء‬, avaient coutume
d'honorer un être hermaphrodite appelé Adamas ( – ‫ )غير المغلوب‬et prétendaient que
la connaissance de cet être était le commencement de la connaissance de Dieu. L’une des
choses qu'ils disaient était : « Le commencement de la perfection, c’est de connaître l’homme.
Connaître Dieu est la perfection absolue ». Adam était une image de cet Homme Archétypal,
qui était appelé le Grand Homme, l’Homme le Meilleur, l’Homme Parfait. On trouve
également quelque chose qui s'apparente au point de vue des théologiens musulmans dans la
kabbale (‫ ) ْالقَباال َء‬des juifs, une œuvre dans laquelle abondent des théories complètement
absurdes et des idées largement empruntées aux païens. On y lit que, de toute éternité, l'Infini
avait voulu Se faire connaître. Afin que cela pût se réaliser, la première sephirah (‫)سفيراة‬, ou
2
Quatrième édition, Imperial Press, Constantinople, 1288 de l’Hégire.
3
‫هر مدركى را آلت ادراك از ِس نخ مدرك بايد باشد كة ميان مدرك ومدرك از وجود مناسبتي ناجار است ـ و جون خداُيرا از جهت‬
‫ذات با مخلوقات نسبت ارتباط و مقارنت و عالقة و مشابهت نتواند بود بس ذات آلهي را احدى از مخلوقات او نميتواند ادراك‬
.‫واحاطة كند‬
(p.12.)
4
‫هيج يك از افعال و صنايع كة دليل وجود صانع و فاعل هستند نة خود شان ذات صانع را توانند ادراك نمود و نة ديكَريرا بر مقام‬
.‫ذات او و ادراك حقيقت او توانند رسانيد‬
(Mizanu'l Mavazin, p. 27)
5
.‫جمال مطلق از است ونور كلّي حضرت لم يزل‬
6
Op. cit., p. 29.
7
[On trouve une théorie quelque peu similaire chez Philon, avec son « archange et très ancien logos … qui se
tient aux confins qui séparent la créature du Créateur ». Cf. le traité de Philon : L’héritier des biens divins, [[in :
Grand commentaire sur le Pentateuque, 1) La création du monde, chap. 15, 1-18]]
8
[Mosheim, Reid's éd., pp. 160, 161.]
9
[Hase, Kirchengeschichte, p. 104.]
10
[Hippolyte : Philosophumena, publié par Miller, Oxford 1851, pp. 95-105.]
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Émanation, fut issue de lui ; cette première Émanation est appelée la Couronne. De cette
première Émanation procéda une seconde Émanation et, de la seconde, une troisième, et ainsi
de suite jusqu’à dix sephiroth. Prises toutes ensemble, ces Émanations constituaient l'Homme
Archétypal, que les kabbalistes appellent )‫ אדם קדמון (آذام قذمون‬et « l'Homme Céleste ». Sa tête
se composait des trois premières Émanations. L'homme terrestre n'en est qu'une copie très
imparfaite.11 Mais notre difficulté n'est pas résolue par l'hypothèse d'une Première Créature,
quel que soit le nom qu'on lui donne. Ainsi que nous le dit l'auteur du Mizanu'l Mavazin,
aucune créature ne peut comprendre ni révéler le Créateur ; il s'ensuit logiquement que, étant
elle-même une créature, cette Première Créature imaginaire ne peut ni comprendre ni révéler
le Créateur. Aussi supérieur puisse-t-elle être à l'homme, il n'en demeurerait pas moins un
gouffre infranchissable entre cette créature et son créateur. Donc, si l’on acceptait cette
philosophie, il faudrait aussi admettre que Dieu ne peut jamais être connu des hommes. Cela
remettrait en cause toute religion. Adorer la Première Créature reviendrait à mettre une
ُ ‫)ال ِّشر‬, dont le Coran nous
créature à la place du Créateur. Cela serait encore pire que le shirk (‫ك‬
12
dit que c'est le seul péché impardonnable . Donc, la théorie d'une Première Créature ne nous
aide en rien.

Ici, l’Injil vient à notre aide et nous révèle ce que les sages d'autrefois n'ont pas même été
capables d’imaginer : l'existence du Kalimatu’llah (Verbe de Dieu) qui, par Nature, est Un
avec Dieu Son Père (cf. Jean 10, 30) et qui, pourtant, est devenu un avec l'homme par Son
Incarnation. C’est nécessairement Dieu qui est à la source de l’enseignement donné par ce
Livre qui révèle cette Manifestation unique de Dieu. Il importe de noter la différence entre la
doctrine de la Bible et celle de la philosophie musulmane telle que nous l'avons citée ci-
dessus. Dans les deux cas, on reconnaît la nécessité d'un Médiateur (َ‫ ) ُمتَوا ِسط‬entre Dieu et
l'homme. Mais la perspective philosophique (telle qu’enseignée par exemple dans le Mizanu'l
Mavazin) parle d’un Être imaginaire qui n’est ni Dieu ni homme, qui doit son existence
hypothétique aux conjectures de juifs, de païens et d’hérétiques et que certains musulmans ont
adopté. La perspective chrétienne est fondée sur la Révélation qui nous est donnée par le Dieu
Très-Haut. Cette Révélation nous parle d’un Médiateur réel : le Seigneur Jésus-Christ, qui est
à la fois Dieu Parfait et Homme Parfait, qui nous a révélé Dieu par Sa sainte vie et Sa sainte
personnalité tout autant que par Son enseignement verbal, et qui a expié pour nos péchés en
offrant Sa vie en sacrifice sur la croix. S’il nous faut choisir entre ces deux perspectives : celle
qui a été inventée par des hommes ou celle que Dieu a révélée par Ses saints Prophètes et
Apôtres dans les Saintes Écritures, il n'est pas à difficile de dire quelle est la plus sage et la
plus raisonnable.

3. Manifestement, l'Évangile vient de Dieu parce qu’il satisfait l'esprit humain qui
aspire à la connaissance de Dieu, à la justification devant Dieu et à la rémission des péchés,
ainsi qu'à la pureté du cœur et de la vie. (1) L'Évangile expose le dessein éternel de Dieu
concernant l'humanité et il révèle à l'homme la raison pour laquelle il a été créé, il lui montre
qu’il est tombé dans le péché et qu’il lui est nécessaire d’être saint. (2) Il nous dit comment
nous pouvons obtenir le pardon de nos péchés par la foi au Christ, et comment nous pouvons
ainsi devenir justifiés aux yeux de Dieu. (3) Il nous montre comment notre cœur peut être
purifié par la foi au Christ, et comment l'Esprit Saint de Dieu peut faire de notre cœur Son
sanctuaire et purifier nos pensées et nos désirs. À mesure que grandit notre amour pour Dieu,
nous acquérons de plus en plus de force pour lutter contre le péché et le Malin. (4) L'Évangile
nous montre comment, par le Seigneur Jésus-Christ, nous pouvons devenir des enfants
11
[Article de l’Encyclopaedia Britannica, par Ginsburg, qui s’inspire largement du Zohar, ouvrage écrit en
araméen ; voir aussi le Sepher Yesirah publié par Kalisch.]
12
Voir sourate 4, 51. 116.
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adoptifs de Dieu. Alors, emplis de paix et de joie spirituelle, nous pouvons, avec la pleine
assurance que nous donnent l'espérance et l'amour, aspirer au jour joyeux de la résurrection
ainsi qu’à la sainteté et au bonheur éternels en la présence de Dieu. Étant ainsi acquis que les
besoins spirituels de l'homme sont satisfaits par l'Évangile, il s’ensuit que l'Évangile doit
nécessairement être le message que Dieu adresse à l’homme.

On sait par expérience que les livres sacrés des autres religions ne produisent pas cet effet.
Quel est celui d'entre eux qui abolit la crainte du Jugement Dernier ? Quel est celui qui permet
à l'homme de connaître et d’aimer Dieu ? Quel est celui qui exige la pureté du cœur et de la
vie ? Quel est celui qui parle d'un Paradis dans lequel ne peut entrer rien de sensuel ni d’impur
et dans lequel ceux qui sont sauvés sont libérés de tout ce qui est vil et, par conséquent,
contraire à la Volonté et à la Nature du Saint. Ces livres ne montrent pas comment on peut
être sauvé du péché ni comment on peut être accepté par Dieu ; en conséquence, ils ne
sauraient satisfaire les besoins de l'homme. Ils peuvent bien commander aux hommes de faire
des pèlerinages, de jeûner, d’offrir des sacrifices, mais aucune de ces pratiques ne purifie le
cœur ni ne fait connaître Dieu ; et c'est pourquoi, en se fiant à eux, ceux qui se limitent à de
telles pratiques ne peuvent qu’errer loin de la demeure du Père.

4. La transformation du cœur et de la vie que l’adhésion à l'Évangile (‫ )البشارة‬produit


chez le vrai chrétien est une preuve que cette conversion a sa source en Dieu. Elle est d'abord
intérieure, mais aussi extérieure, et elle est si grande qu'on peut à juste titre dire qu'il s’agit
d'une nouvelle naissance, d'une renaissance spirituelle (cf. Jean 3, 3-5) réalisée par l'opération
de l'Esprit Saint de Dieu.

5. À l'évidence, la Bible nous révèle les Attributs du Tout-Puissant que l'homme a


besoin de connaître et est capable d’appréhender dans une certaine mesure. Elle enseigne
clairement les Attributs moraux de Sainteté, d’Amour, de Miséricorde, de Justice ainsi que
ceux qui prouvent qu'il est Un, Éternel, Tout-Puissant et Très-Sage, et qu’il est le Créateur et
le Conservateur de l'Univers. Les Saintes Écritures nous enseignent qu'Il S'est révélé dans le
Seigneur Jésus-Christ, qui a vécu en faisant le bien, qui n'a jamais repoussé quiconque venait
lui demander pardon et assistance, qui était sans péché et qui pourtant a manifesté bonté et
miséricorde aux pécheurs, qui a dénoncé l'hypocrisie et a déclaré que ceux qui refusaient de se
repentir seraient châtiés à l'avenir, et qui pourtant a donné Sa propre vie pour nous sauver du
péché et de ses terribles conséquences. Donc, la Bible ne se contente pas de nous parler de
Dieu, elle nous Le montre d'une manière telle que tous puissent Le voir, pour autant qu’ils le
veuillent. Ce faisant, elle nous enseigne à quel point la Nature de Dieu est et sera toujours
incompatible avec tout péché et que, sans la sainteté, nul ne jouira jamais de la Vision
Béatifique (ٍ‫ ) ُر ٌويَةُ هللا‬de Dieu (cf. Hébreux 12, 14).

Il est de nos jours possible de prendre connaissance de la littérature de toutes les nations,
anciennes et modernes. Et c’est ainsi que leur étude nous a appris qu’aucun sage ni
philosophe des temps anciens n'a jamais réussi à présenter Dieu revêtu des saints et puissants
Attributs que nous avons mentionnés ; cela vaut aussi pour les livres d'autres religions, même
ceux qui ont largement emprunté à l’Ancien Testament et au Nouveau. Même lorsqu'ils
enseignent l’Unicité de Dieu, ces livres ne réussissent pas à révéler Dieu aux hommes mais
laissent toujours subsister un profond abîme entre le Dieu Transcendant et Ses faibles
créatures, de sorte qu’ils ne peuvent jamais Le connaître.

6. L'origine divine de l'Évangile (‫ )الِبشارة‬est démontrée par l’enseignement spirituel


qu’il contient et qui est plus noble, plus pur et plus sublime que celui présenté dans tout autre
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livre. Certains ont essayé de le nier, citant des passages d’auteurs chinois, indiens, grecs et
autres, dont on a dit qu'ils enseignaient une morale tout aussi élevée que celle de l'Évangile.
Mais dans aucun cas il n’a été possible de le prouver. Par exemple, le Seigneur Jésus-Christ a
enseigné la Règle d’Or : « Tout ce que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-le
aussi pour eux » (Matthieu 7, 12). Dans certains écrits de philosophes grecs et indiens,13 nous
trouvons la forme négative de cette règle, qui nous enjoint de ne pas faire aux autres ce que
nous ne voudrions pas qu'ils nous fassent. Mais entre cela et la bienfaisance positive enjointe
par le Christ, la distance est tout aussi grande qu’entre le ciel et la terre.

Confucius14, le célèbre philosophe chinois, donne aussi plus d'une fois ce précepte sous une
forme négative, mais jamais il ne le présente sous sa forme positive. Son petit-fils, Kung
Chih, s'en approche un peu plus lorsqu'il dit : « Dans la voie de l'homme supérieur, il y a
quatre choses, et je n'en ai encore atteint aucune : (…) donner l'exemple en se comportant à
l'égard d'un ami comme je lui demanderais de se comporter envers moi ; je n'y suis pas encore
parvenu »15. Ici encore, il ne s'agit pas d'un précepte positif ; et il ne parle que du
comportement envers un ami et non envers les hommes en général, et il admet qu'il n'y arrive
pas. Une fois encore, s'il était possible de rassembler du monde entier une collection de
préceptes moraux qui seraient analogues à ceux du Nouveau Testament (chose que l’on a
souvent tenté de faire mais sans jamais y réussir), on prouverait par là que le petit livre que
nous appelons le Nouveau Testament contient au moins autant d'enseignement moral que tous
les autres livres pris ensemble. Cela seul prouverait qu’il s’agit d’un livre inspiré car aucune
accumulation de connaissances n'aurait permis aux auteurs du Nouveau Testament, à leur
époque, de recueillir tous ces préceptes d'auteurs chinois, indiens, égyptiens, grecs, latins,
perses et autres, dont beaucoup d’ailleurs n'étaient pas encore nés. En outre, la morale que
l’on trouve dans le Nouveau Testament est un système, alors qu'une collection de ce genre ne
le serait pas : ce serait une simple accumulation de fleurs flétries alors que le Nouveau
Testament est un jardin fertile, empli de fleurs épanouies et dans lequel il n'y a pas de
mauvaises herbes. Une fois encore, dans le Christ Lui-même, nous avons l'exemple parfait
d'un homme qui a mis en application les préceptes sublimes qu'Il enseignait. Nulle part
ailleurs nous ne trouvons un tel personnage.

Outre tout cela, alors que d'autres livres nous donnent de bons préceptes mélangés à des
mauvais, le Nouveau Testament ne nous en donne que de bons. On comprendra mieux cette
différence à l’aide d’un exemple : s'il est vrai que l’épaule de mouton offerte à Mahomet et
ses compagnons pour le dîner après la prise de Khaybar était en elle-même une bonne chose,
il n'en reste pas moins que le poison qui s'y trouvait a rendu malade ceux qui en ont mangé.
Enfin, l'Évangile donne une force motrice – l’amour du Christ – que l'on ne trouve nulle part
ailleurs. Un jour, à Ceylan, un étudiant demanda à un moine bouddhiste érudit : « Vous avez
étudié la Bible ainsi que les livres de votre propre religion ; quelle est la plus grande
différence entre eux ? »Le bouddhiste répondit : « On trouve de nobles sentiments dans les
livres de ma religion ainsi que dans la Bible. Mais la grande différence entre eux est que les
chrétiens savent ce qu'ils doivent faire et qu'ils ont le pouvoir de le faire ; alors que nous, si
nous savons ce qu'il faut faire, nous n'avons pas le pouvoir de faire ce que nous savons être
juste ». En quelque sorte, nous pourrions dire que les autres religions sont en mesure de poser
les rails mais que seul le Christ peut fournir la force motrice qui fera avancer le train vers
l'objectif ultime. Cette différence est essentielle. N'oublions pas que, dans toutes ses œuvres,

13
[On en trouvera des exemples dans The Noble Eightfold Path, pp. 172, 173.]
14
Analectes, Livre XII, chap. 2 ; Livre XV, chap. 23 ; Great Learning, chap. x, § 2.
15
Doctrine of the Mean, chap. 13, § 4. [Je dois ces citations à M. Stanley Smith, de Tsechowfu, Chine.]
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Confucius ne mentionne Dieu qu'une seule fois, et encore s'agit-il d'une citation. Il ne donne
absolument aucun enseignement religieux.

7. Le fait que les Saintes Écritures sont un livre inspiré (‫ )إلهام‬est prouvé par
l'accomplissement des prophéties qu'elles contiennent. On ne retrouve cela dans aucun autre
des autres livres religieux du monde. Outre les nombreuses prophéties que contient l’Ancien
Testament à propos du Christ et qu'Il a accomplies lorsqu'Il est venu, ainsi que le montre le
Nouveau Testament, nous en trouvons bien d'autres. Un jour, un roi infidèle de Prusse
demanda à un chrétien de prouver en deux mots que la Bible était un livre inspiré. Il répondit :
« Les juifs, votre Majesté ». Les prophéties relatives à leur destin (par exemple en
Deutéronome 28, 15-68 ; Matthieu 24, 3-28 ; Marc 13, 1-23 ; Luc 21, 5-24) ont été
accomplies, ainsi que le démontre leur condition actuelle. Semblablement, les ruines de
Ninive, de Babylone et d'autres grandes villes nous montrent que les prophéties qui les
concernaient ont été accomplies. Longtemps avant l’époque d’Alexandre, Daniel avait
prophétisé qu'il renverserait la Médie et la Perse (cf. Daniel 8, 3-27) et que l'empire
macédonien serait divisé après la mort d'Alexandre. Et l'histoire prouve qu’ont été accomplies
non seulement toutes les prédictions relatives à l’histoire ancienne mais aussi celles qui
concernaient la diffusion du christianisme, les persécutions des chrétiens, la venue de faux
prophètes et la propagation de l'infidélité dans les derniers jours. Mais comme nul sinon le
Dieu Très-Sage ne connaît ni ne peut prédire le lointain avenir, il est clair que c’est bien Lui
qui a parlé aux hommes dans les Saintes Écritures qui contiennent ces merveilleuses
prédictions.

8. Les miracles opérés par le Christ et Ses Apôtres nous en donnent une autre preuve.
Et le plus grand de ces miracles est la Résurrection du Christ, qui a prouvé qu’Il disait vrai
lorsqu'Il affirmait être le Sauveur du monde et le Verbe de Dieu.

9. La vérité de l'Évangile est également démontrée par la diffusion du christianisme


dans les premiers temps et sa capacité à résister à toutes les attaques lancées contre lui par
Satan et les méchants (cf. Matthieu 16, 18) et cela, même jusqu'à nos jours. Même si les
doctrines de l'Évangile semblent contraires à la raison des hommes qui n'ont pas été illuminés
par l'Esprit Saint de Dieu, même si elles sont inacceptables pour ceux dont le cœur est empli
de désirs des sens, s'il est vrai par ailleurs que, le plus souvent, les premiers prédicateurs de
l'Évangile étaient pauvres et sans grande éducation, et si les personnes qui se sont converties
au christianisme ont été très cruellement persécutées et, dans de nombreux cas, mises à mort
pour leur foi – tout cela n’a pas empêché qu’un très grand nombre de gens adoptèrent
néanmoins le christianisme. C’est ainsi que, quelques centaines d'années après la Résurrection
du Christ, la foi chrétienne avait presque entièrement éliminé les religions païennes de Syrie,
d’Égypte, d'Asie Mineure, de Grèce, d’Italie et de quelques autres pays. Cette victoire ne fut
pas obtenue par le glaive ni par la contrainte, mais par la foi, le courage, la bonté et la fidélité
même jusqu'à la mort, ainsi que par la simple prédication de l'Évangile du Christ. C'est en cela
que s'est manifestée la puissance de l'Esprit Saint de Dieu, qui a renforcé les vrais chrétiens et
qui leur a permis être de vrais témoins de leur Maître, de sorte que d’autres furent amenés au
Christ et sont devenus Ses fidèles soldats et serviteurs. En dehors du christianisme, d’autres
religions se sont également diffusées très largement, mais jamais par de tels moyens. Dans
certains cas, leur propagation s’est essentiellement appuyée sur deux choses : l'argument
tranchant du glaive et la permission donnée aux hommes de s’adonner aux désirs de leur chair
en ce monde, avec l'espérance de pouvoir le faire en toute éternité et plus pleinement encore
après la Résurrection. Mais la diffusion d'une religion par des moyens tels que ceux-là n'est
certainement pas une preuve qu'elle a son origine dans le Dieu Saint et Très-Miséricordieux,
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qui abomine la cruauté, l'oppression, l'hypocrisie et l’impureté. Ce n'est pas ainsi que le
christianisme s'est diffusé dans l'ancien Empire romain, et ce n’est pas non plus de cette façon
que, aujourd'hui, il remporte des victoires dans tous les pays. Il suffit maintenant de comparer
ce que nous avons dit à propos des Saintes Écritures avec les critères de la vraie Révélation
que nous avons mentionnés dans l'Introduction à cet ouvrage pour prendre conscience, sans
difficulté aucune, que la Bible contient assurément cette Révélation, surtout parce que, de
bout en bout, elle témoigne du Seigneur Jésus-Christ, le seul et unique Kalimatu’llah, la
ْ ‫ ) َم‬parfaite du Dieu Très-Haut.
Manifestation (‫ظهَ ٌر‬
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