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J’ai fait le tour du monde de l’absence (64)

Un livre dans lequel l’univers n’aurait pas sa place n’en serait pas un …………
L’univers est une eau claire dans un bol de faïence ,tu peux serrer dans tes
mains le bol ,jamais tu ne saisiras l’eau claire (75)

Je porte tous les chemins en moi ; celui des hommes et celui, caché des pierres,
comme un trousseau de clefs (85)

Dieu se repose dans l’homme comme l’homme aux pieds de l’arbre et l’ombre,
par la volonté de dieu est homme dans l’arbre et arbre dans l’homme. (86)

Nos poitrines sont nos geôles. Nos côtes sont les barreaux qui nous empêchent
d’étouffer……..et tu connaîtras le bonheur d’être habité de ton dieu.

Le bonheur d’être soi est celui qu’éprouve le cheval qui a désarçonné son
cavalier………Seigneur accepte-moi pour monture et parcourons ensemble
l’infini constellé qui par toi se déploie.

Avant et après la parole il y a le signe et dans le signe le vide où nous croissons.


Ainsi, étant blessure, seule le signe est visible.
Mais l’œil ment. (96)

Parle nous de cet homme qui est mensonge en dieu


Je vous parlerai du prix qu’il a payé pour mentir, c’est à dire pour vivre. (98)

La parole est vierge. j’ai assisté à son réveil.


L’histoire de mon âme est celle passionnée ,de ma quête du verbe où l’univers
est le prix de ma pensée

Tu crois à la raison comme si elle était raisonnable


C’est dans mes paumes que tu lis, c’est dans mes yeux que tu écris

Il faut être fou pour accepter la mort et sage pour se résigner à vivre
Tu es mort .tu échappes à l’imagination. (101)

Il faut être fou pour accepter la mort et sage pour se résigner à vivre
Là où un regard peut encore se poser, où une oreille peut encore entendre, où le
nez peut encore sentir, Où les doigts peuvent encore surprendre, un mur s’élève.

Elever des murs n’est ce pas vivre ?

Tu peux te libérer d’un objet, d’un visage, d’une obsession, ;tu ne peux te libérer
d’un mot ;car
Le mot est ta naissance et ta mort.

Tu ressembles à cette branche penchée qui essaie de retenir l’eau du torrent. Est-
ce l’effort qui la courbe ou bien la fatigue ?

Je suis fatigué, et toute mon énergie est dans ma fatigue.

Le livre est l’espace blanc du sommeil.

Tu crois que c’est l’oiseau qui est libre. Tu te trompes ; c’est la fleur.

Aime ton lien jusqu’à son extrême lueur et tu seras libre (135)

Où vas tu ? vers le puits de mon enfance et ce chemin est celui de la mort

Je vous ai parlé de la santé e l’homme, de la solitude et du mensonge de


l’homme, de la preuve qui - est Dieu – de l’existence de l’homme.

Nous ne pouvons être sauvé que par nous mêmes. Telle est notre chance.

Dieu se révèle : une imagination en proie à la perte de son image.(143)

L’amour n’aime que lui.

J’ai besoin de toi ,comme la vie a besoin de la mort pour renaître, et la mort, de
la vie pour mourir.

La parole abolit la distance, désespère le lieu. Est-ce nous qui la formulons ou


bien elle qui nous modèle ?

Les mots sont des fenêtres de l’espace, des portes entrouvertes dans l’espace.

J’épouse chaque syllabe au point de n’être plus qu’un corps de consonnes, une
âme de voyelles.
Etre deux, c’est être le jour qui est formé du matin et de la nuit.

Tu redoutes de voir et tu vois ce que tu redoutes.

De l’âme le désert est l’éveil et le ciel, l’envie mais c’est à son propre arbre qu’a
été cueilli le fruit de la connaissance (167)

Ecrire , c’est entreprendre un voyage au terme duquel on ne sera plus le même ;


au bas de la page parcourue.

Le jardin est parole ,le désert écriture. Dans chaque grain de sable, un signe
surprend.

La vraie révolte est celle que l’impossible terme anime. Dieu est en perpétuelle
révolte contre Dieu

Alors je renie ce Dieu qui a sacrifié le sourire.

La vérité est incessante invention puisqu’elle se contredit soi-même et que seul


ce qui est provisoire est vrai, seul ce qui peut être partagé. (196)

Le silence est le noyau du bruit ; c’est pourquoi Dieu qui est dur silence ne peut
être entendu mais assumé, telles les couleurs du fruit par les heures de l’arbre

Tu ne sais pas si tu vis .tu vis………….sommes nous où nous seront.

J’ai entendu de Tes oreilles et depuis je ne cesse de t’entendre


J’ai vu de tes yeux et depuis je ne cesse de te voir
J’ai parlé par ta bouche et depuis je ne cesse de te nommer

Au cœur de la séparation .la solitude est une patrie. j’arrive .il n’y a personne. Je
pars, la terre est peuplée.

Un écrivain s’évade avec les vocables, et , parmi eux, quelques uns, parfois un
ou deux ,le suivent dans la mort .
Un vocable est d’abord une ruche, puis un nom.

Un écrivain est une ombre qui porte un homme.


Le livre est un moment de la blessure ou l’éternité.

Mourir ,c’est embrasser sa condition d’étranger. Qui plus étranger qu’un homme
défunt ?
Les morts sont tous juifs ; étranger pour les autres et pour eux-mêmes.

La solidarité juive est l’impossible passion que l’étranger peut éprouver pour un
étranger.

L’amour a la voix de la mort pour le sourd ; sa propre voix.

Un double miroir nous sépare du seigneur de sorte que cherchant à nous voir,
Dieu se voit et que cherchant le voir,nous ne voyons que notre visage.

Appliqué à reconstituer l’image éphémère de moi-même, je suis l’insatisfait ,le


défunt , l’océan.

L’objet grandit l’objet.


Je danse –Dieu est mon idée.

Qu’est-ce qu’une idée ?


Une danseuse.
sur une musique de circonstance,
elle danse.
Applaudissez, mes frères, applaudissez
Le spectacle.
Les idées aspirent à vous plaire.
Ballet de ma vie.
Ballet de ma mort.
Ne provoquez pas les danseuses. elles peuvent être cruelles.
Donnez leur votre amour ,mes frères.
Elles sont belles.

Je m’installe dan mon œuvre , mais elle l’ignore. Plus je tiens à ce que j’écris,
plus je me coupe des sources
De mes écrits . Plus je me veux sincère, plus vite il me faut abandonner
l’initiative aux mots, car je ne puis leur refuser d’exister sans moi. (255)

Dieu s’est tu pour avoir parlé dans le langage de Dieu.

Dieu mentirait s’il prétendait avoir créer les hommes à son image.
La mort de Dieu a donné naissance à l’homme. (256)

Ce qui nous émeut ou nous exalte dans une pensée familière c’est précisément
sa destruction en tant que pensée
Et sa résurrection dans le vocable.
Le malheur des juifs désarmera le malheur.

Tu bâtis les murs et moi, l’espace entre les murs.(260)

L’âme possède toute la science .(267)

Dieu est le doute.(271)

La vision que j’ai de Dieu est horrible, aveugle, sourd, cul-de-jatte.


Seigneur je vous ressemble dans mon impuissance à vous sauver.

Je n’avais de regard que pour l’infini. J’avais tendance à laisser passer les
jours .Ils m’ont puni.

Tu cherches à tout dire, tout posséder. Tu crois pouvoir enfin disparaître. (369)

Nos limites nous sauvent. D’être, une pensée, une image à la fois nous permet
de nous manifester en toute conscience. Ce qui nous échappe nous arrache à
nous-mêmes et nous perd. Je cherche ce qui ne peut pas se chercher. Je suis le
vide avorté, la quête la plus creuse.

Je fais une cure d’obscurité. Je soigne ma vue pour te voir un jour.

Dieu ne peut-il agir que dans la mort ?

Dieu se retire pour laisser l’homme graviter dans le vide

A l’homme, dieu a donné pour âme l’ombre de ses yeux clos. Voir c’est rejeter
dieu.

Notre âme fut taillée dans l’ombre de dieu.

Seigneur, rentre dans ton sein. Bouche tes oreilles. Détourne, de moi, Ta face.
L’amour amuré est à la mesure de l’espace. Cesse de m’aimer afin que je t’aime.
Nous sommes rivaux dans le virage et dans le vent. Nous fêterons notre difficile
défaite. Tu seras sans l’homme et moi, homme sans dieu.

L’homme en dieu se mire dans l’homme.

L’écrivain est seul à décider de sa mort, engagé à mener à bout la tâche qu’il
s’est assignée : donner à lire, au prix de l’instant, l’univers blanc. Les gages de
cet engagement sont chevilles d’échelier ; exigeante interrogation.
Ce qui ne se laisse pas saisir est éternelle.

Aucun livre n’est achevé.

Le soleil nous fera l’esprit clair et le corps ferme.

L’espoir est à la page. Ne ferme pas le livre.


J’ai tourné toutes les pages du livre sans rencontrer l’espoir
L’espoir est, peut-être le livre.

Voici les graines pour ton champs :une graine de vie, une graine de mort.
La graine de vie nourrira ta mort, la graine de mort nourrira ta vie.

La mort aura raison de moi. Dieu ne peut me porter secours que dans le néant.

Chaque jour me sépare du premier jour. Le dernier est une plage.

La mort rend l’homme l’égal de dieu. Où la mort nous entraîne, l’impossible


devient l’impossible.

Il n ’ y a pas de vérité divine. Il y a un désir ,une déraison de dieu qui s’avivent


dans le bien, où le cercle est certifié.

Ne voir jamais le jour, combien de juifs l’ont, en secret, souhaité ? Ne jamais


dépasser l’horizon de la mer.

Le centre est le puits

Dieu est le centre ; c’est pourquoi des esprits forts ont proclamé qu’il n’existait
pas,car si le centre d’une pomme ou d l’étoile est le cœur de l’astre ou du fruit
quel est le vrai milieu du verger et de la nuit ?
L’orage , l’heure modifient le centre ;le bien et le mal autant .

Puisse ma mort venir de moi. Splendeur de l’univers.


L’homme se détruit en créant.

Le centre est l’échec. Le créateur est rejeté de la création.

Ci-gît dans le livre celui dont on discute les écrits ;


Qui ne possède demeure ni livre, mais dont la plume
Est le centre de l’abîme blanc où il s’est pendu.
Je Te nomme et meurs de mon nom.

le centre est le deuil.

J’ai cru d’abord que j’étais écrivain, puis je me suis rendu compte que j’étais
juif, puis je n’ai plus distingué en moi l’écrivain du juif car l’un et l’autre ne
sont que le tourment d’une antique parole.

Le ciel est à portée de la main de l’enfant.

La pensée est toujours en retard sur le regard, ce qui longtemps nous fit croire
qu’une partie du monde
Nous était cachée.

On n’est jamais tout à fait sûr de son âge. Ainsi le temps traverse le temps et
s’abolit où dieu se tait
Nous vieillissons par le verbe, nous mourons de nous traduire.

Le langage de l’enfant est faveur et ferveur, le langage de l’homme, masque et


amande.

Le livre est le labyrinthe. Tu crois en sortir, tu t’y enfonces. Tu n’as aucune


chance de te sauver. Il te faut détruire l’ouvrage.

Il n’y a pas d’objet qui ne soit préparé aux changements que nous lui faisons
subir.

Chaque étoile est une question.

Nous ignorons toujours les limites de l’homme.

Le monde a notre candeur .Hier et demain sont une même phrase facile. (410)

Etre seul ensemble ,n’est-ce pas s’élever dans la solitude de dieu ?

Toute pensée n ’ est-elle pas une prisonnière ? la pensée est libérée par une
pensée complice.
Nous ne faisons avec elle que changer de geôle.

Dieu se donne à dieu. A l’homme, il se refuse .Ainsi, l’éternité de dieu est dans
le refus.
L’homme se donne-t-il à l’homme dans l’amour de dieu ? Pas dans l’amour
mais dans l’éblouissante Absence.
Seul, dans le matin dieu voit.

Nommez moi une fois ,afin que je vive

La mort est l’invisible vie, celle de dieu. Le silence, qui est le suprême refus, est
son royaume.

Avec toi le voyage est le verbe.

Etre l’univers dans la main et dans la vocable.

Dire ce qui écrit, créer ce qui est lu.

Ai-je donné à boire, moi qui n’ai connu que la soif, moi , l’absent de moi.

Nous ne dépassons jamais nos pas.

L’homme n’existe pas. Dieu n’existe pas. Seul existe le monde à travers dieu et
l’homme dans le livre ouvert.

En ouvrant les yeux , nous avons trouvé le monde et, maintenant, nous le
cherchons.

Dieu conserve sa liberté dans le choix, alors que l’homme la perd à l’instant où il
choisit. Notre liberté ne serait elle l’éternelle perte de la liberté ? la mort ainsi
prendrait son véritable sens en obligeant l’homme constamment à se recréer,
comme la minute dans le temps.

Nous allons vers le livre ,comme on va sûrement à la mort. Qui nous lira après
nous.

Je vais à la rencontre de me mots et il me semble les ramener à la surface, sans


me douter que je les conduis à la mort.

Dans la pierre , l’âme est enveloppée d’oubli.

Dieu et l’homme que nous ne pouvons imaginer l’un sans l’autre, ce qui nous
fait supposer qu’ils existent l’un par l’autre, étant alternativement l’éveil et la
fin du jour,étant et n’étant pas ; étant afin que ce qui est soi ; n’étant pas afin
que ce qui n’est pas puisse être.

Ecrire c’est rendre le sommeil aux mots.

La vie est le temps vécu de la mort.

Cesser de vivre afin d’être le verbe vivant, est-ce bien cela que tu appelles
mourir pour l’immortalité des mots de l’âme ?

J’ai des étoiles pour chaque nuit.

Dieu est l’absence de dieu.

Ce n’est pas la certitude qui est créatrice , mais l’incertitude à laquelle nous
sommes, dans nos œuvres voués.

J’ai fait un rêve, Seigneur, que j’ai trouvé, à l’instant où je le vivais, merveilleux :
je n’étais pas juif.

La mort est la rébellion au sein de la vie.

La mort c’est le passé qui persiste.

Le juif connaît deux solitudes : celle de l’âme dans l’homme et celle de la


créature dans le monde.l’âme est le passé de le l’homme, le monde est le passé
de la créature.

Dans l’homme, l’âme est le monde .L’homme est-il l’espérance du passé ?

Mon nom est dans ma peine et ma peine n’a pas de nom.

De quel livre parles-tu ?

Je parle du livre qui est dans le livre.

Y a-t-il un livre caché dans celui que je lis ?

Il y a le livre que tu écris.

Clouée à la vie et à la mort, la liberté est le lien étoilé.

Le livre demeura jusqu’à son terme le lieu absent. Et il parla du rythme de dieu
qui n’est pas dans l’homme, mais dans la parole.
Comment nier l’éternité de dieu puisque l’éternité est dans la parole.

Dieu en l'homme,mais c'est l'impossibilité de dieu rendue possible à chaque


éblouissement du coeur.

Dieu tient de l'homme la chance infinie d'être lieu.

Dieu est en prison,dans sa cellule de condamné.Cependant l'esprit de dieu


survit à l'homme dans la mort qui est la liberté de dieu,comme la vie,modelée
de la mort,est l'épreuve de la liberté de l'homme.

Nous avons peu de chose à dire sur tant de choses .Dieu a eu tant de choses à
dire sur si pau de choses.Dieu s'est tu dans le Rien .L'homme parle dans le Tout ;
mais comment se fera-il entendre ?

Ecrire , entendre c'est avoir la passion de l'origine ; c'est essayer d'atteindre le


fond. Le fonds est toujours le commencement. Dans la mort,sans doute
aussi,une multitude de fonds constitue le tréfonds, de sorte qu'écrire ne signifie
pas s'arrêter au but,mais le dépasser sans cesse.

La parole de dieu n'est pas commandement mais correspondance.