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Période : Premier semestre

Module : Sciences de l’éducation


Groupe : A2

Le constructivisme et
l’approche par compétences

Présenté par : Encadré par :


M. Karim LEMFEDDEL Monsieur Mohamed EL-
AZAMI
M. Youness EL-AFOUI

Année de formation
2020 - 2021
Le constructivisme et l’approche par compétences :

L’APC est souvent présentée comme une avancée au regard de la pédagogie par objectifs,
de par la rupture qu’elle opère avec l’approche béhavioriste, au profit d’une focalisation sur
l’utilisation fonctionnelle des acquis de l’apprentissage, dans des situations concrètes où le
sujet doit se montrer capable de résoudre des problèmes. Ainsi l’APC serait « née de la
volonté d’ouvrir la boîte noire des processus d’apprentissage au-delà des comportements qui
attestent de leur acquisition ». Pour aller dans cette direction, on fait souvent appel à des
cadres théoriques qui, en psychologie, se sont opposés au béhaviorisme. Le constructivisme
piagétien occupe évidemment une place de choix avec également une grande importance
donnée à la construction des connaissances par le sujet qui assume son processus
d’apprentissage, ce qui conduit les théoriciens à faire du constructivisme une référence
théorique pour l’APC.

1. L’impact du constructivisme et de l’APC dans le monde de


l’éducation :
L’influence de l’APC dans le domaine de l’éducation et de la formation est considérable. À
l’heure actuelle, les programmes d’études sont rédigés la plupart du temps en termes de
compétences attendues. À vrai dire, ces programmes mettent l’accent sur la démonstration du
savoir plutôt que sur le savoir lui-même.
L’élève, selon l’APC, est donc invité non pas à acquérir des connaissances, comme cela se
faisait au temps des programmes d’études établis à partir d’objectifs, mais bien à développer
des compétences attendues.

A. Le rôle de l’apprenant :
Les tenants de l’APC placent l’élève au centre de l’apprentissage. Ils considèrent ce dernier
comme naturellement doué d’une capacité presque absolue de développer les compétences
attendues qui apparaissent dans le programme d’études présenté à partir de domaines
d’activités balisés à l’avance. L’élève est responsable de ses apprentissages et il lui appartient
de construire lui-même ses propres connaissances. Pour ce faire, il aura à sa disposition des
instruments que lui fournira son facilitateur.
Il faut dire que le rôle du maître est sensiblement modifié si on le compare à celui qu’il est
appelé à jouer dans le contexte de l’école dite traditionnelle. L’enseignant facilitant évitera
d’enseigner, il incitera les apprenants à construire leurs connaissances qui, elles, ne devront
pas être trop exigeantes pour l’élève, d’où l’allègement des curriculums. Il laissera une bonne
partie de ses tâches au groupe-classe qui sera invité à procéder à son organisation. On notera
au passage que cette façon de procéder emprunte largement au courant de l’école dite
nouvelle avec cette différence fondamentale qu’on aurait tort de négliger que, selon les
principes de cette dernière, il appartient à l’élève de déterminer lui-même les objectifs qu’il
poursuit. À vrai dire, dans une telle perspective, l’enseignant doit éviter le plus possible la
transmission de connaissance et même dissimuler à l’apprenant qu’il est soumis à une
évaluation. Cette opposition n’est pas nouvelle. En effet, au cours des années 1960, la
centration du processus éducatif était portée, comme c’est le cas aujourd’hui, sur l’élève
(devenu apprenant).
Parce que l'apprenant construit ses propres connaissances, son rôle est plus que jamais mis en
valeur par la théorie constructiviste. En effet, l'enseignement constructiviste est fondé sur la
croyance que les étudiants apprennent mieux quand ils s'approprient la connaissance par
l'exploration et l'apprentissage actif. Les mises en pratique remplacent les manuels, et les
étudiants sont encouragés à penser et à expliquer leur raisonnement au lieu d'apprendre par
cœur et d'exposer des faits. De manière plus précise, on peut dire que :
 Les étudiants viennent en classe avec une expérience du monde et un apprentissage
antérieur long de plusieurs années.
 Même pendant qu'il évolue, un apprenant filtre toutes ses expériences à travers sa
conception du monde et cela affecte l'interprétation de ses observations.
 Changer leur vision du monde exige des apprenants un travail important.
 Les étudiants apprennent les uns des autres aussi bien que de l'enseignant.
 Les étudiants apprennent mieux en faisant.
 Permettre et créer pour tous des occasions de se faire entendre favorise la construction
de nouvelles idées.

B. Rôle de l'enseignant
L'enseignement consiste plutôt à mettre les significations de l'apprenant au défi. Pour ce faire,
l'enseignant, mais aussi les autres élèves, le supporte dans sa recherche de sens : il lui pose
des questions, stimule sa curiosité, met ses conceptions à l'épreuve, le guide au besoin,
l'oriente non pas vers des buts d'enseignement définis à l'avance mais vers l'élaboration d'une
interprétation personnelle des choses.
Une vision constructiviste de l'éducation valorise donc une pédagogie active et non directive
et donne priorité à des aspects tels qu'un contexte réel d'apprentissage, un enseignement-
soutien plutôt qu'un enseignement-intervention, la découverte guidée, l'encouragement à
explorer divers points de vue sur un thème, l'apprentissage collaboratif, une approche par
projet, etc.
A partir de la théorie constructiviste, les enseignants se concentrent sur l'établissement de
rapports entre les faits et favorisent les nouvelles compréhensions des étudiants. Ils adaptent
leur enseignement aux réponses des étudiants et les encouragent à analyser, interpréter et
prévoir l'information. Les professeurs s'appuient également fortement sur des questions
ouvertes et favorisent le dialogue entre les étudiants.
L’enseignant donc devient un facilitateur qui :
 Planifie, organise des activités ;
 Conseille, accompagne, encourage, soutient ;
 Apprend en cours de route ;
 Fait des suggestions mais n’impose jamais ;
 Stimule la créativité, encourage le développement d’une pensée indépendante.
 Le facilitateur enfin soutient l’apprenant, tient compte de ses possibilités, de ses
forces, de ses besoins, de ses sentiments.

2. Apports du constructivisme à la pédagogie moderne :

Le constructivisme a profondément marqué les pédagogies modernes, comme le souligne


Perrenoud (2003) « nombre de systèmes éducatifs ont fait du constructivisme leur "théorie de
référence"» (p. 9). Le constructivisme fait aujourd’hui partie de l’outillage théorique de base
des acteurs de l’enseignement notamment à travers les travaux de J-S Bruner, qui s’appuyant
sur les travaux de Piaget et Vygotski, assoira les fondements modernes du constructivisme.
Doolittle (1999) résumera 8 conditions nécessaires à une pédagogie constructiviste, présentées
ci-dessous.

1. Présenter des situations d’apprentissage complexes renfermant des activités authentiques.


Les élèves doivent résoudre des problèmes complexes similaires à ceux qu’ils rencontrent
dans la réalité
2. Procurer des interactions sociales. La collaboration entre les apprenants procure des
occasions de partager leur manière de concevoir les choses
3. Un contenu et un savoir-faire signifiants à l’élève. Le contenu et les habiletés qu’il se
propose d’acquérir doivent avoir un sens pour lui
4. Un contenu et un savoir-faire proches des acquis de l’élève. Tout apprentissage doit partir
des acquis de l’élève
5. Les élèves doivent bénéficier d’une évaluation formative continue. Comme l’apprentissage
est un processus continu, l’enseignant doit régulièrement évaluer de façon formative l’état de
l’apprentissage actuel de l’élève en tenant compte du processus plus large dans lequel il
s’insère.
6. Être responsable de son apprentissage. L’apprentissage de l’apprenant dépend de lui-même
et non de son enseignant. Cet apprentissage nécessite un engagement profond de la part de
l’apprenant.
7. Les enseignants sont d’abord des guides et des agents facilitants de l’apprentissage.
L’enseignant n’est pas un instructeur. Il propose plutôt à l’élève des expériences aptes à
susciter des acquisitions significatives.
8. Revoir des contenus et les présenter selon diverses perspectives. La connaissance n’est pas
unique. L’élève apprend à percevoir une réalité selon divers points de vue afin de construire
sa propre vision de cette réalité perçue.

3. Développement d'une pédagogie active

L’approche constructive en matière d’apprentissage ouvre sur des pratiques de pédagogie


active. Ce faisant elle rejoint, valide et conforte certaines options et pratiques du vaste courant
de pédagogie nouvelle et active qui court sur un siècle (des années 1880 aux années 1970).
Cette approche :
- considère davantage l'élève comme l'artisan de ses connaissances ;
- place ceux qui apprennent en activités de manipulation d'idées, de connaissances, de
conceptions, de manières de faire, etc. ;
- valorise les activités d’apprentissage, en mettant l'élève en position centrale dans les
dispositifs d'enseignement- apprentissage.
D'autre part, les connaissances se construisant sur la base des connaissances antérieures, les
enseignants ont intérêt :
- à se donner davantage d'outils permettant d'évaluer les pré-requis (savoirs et savoir-faire)
dont disposent leurs élèves ;
- à tenir compte des représentations, des conceptions des élèves, car elles peuvent, soit servir
de point d'appui, soit faire obstacle, à l'acquisition de connaissances nouvelles.

4. Le traitement de l’erreur dans la théorie constructiviste :

L’erreur a une place importante pour un constructiviste. Évidemment, il ne s’agit pas


d’entraîner les élèves dans l’erreur, de les «mêler », de les empêcher de réussir ou de les
blesser en faisant ressortir publiquement leurs erreurs, loin de là. Toutefois, lorsque des
erreurs se produisent – et cela arrive! – le constructiviste y voit une source potentielle et riche
pour l’avancée des connaissances et pour l’apprentissage. L’erreur n’est pas vue de façon
négative, comme une « défaillance » de l’apprenant ; elle est perçue comme faisant
naturellement partie du processus d’apprentissage. Nos erreurs nous informent beaucoup sur
notre processus d’apprentissage et nous permettent de mieux comprendre les notions abordées
; souvent elles nous éclairent et nous aident à apprendre. De plus, ces erreurs nous font mieux
comprendre les notions, justement parce qu’une erreur dans ce contexte – un peu comme
lorsqu’on affirme connaître les routes de la nouvelle ville dans laquelle nous habitons parce
que nous nous sommes trompés à maintes reprises auparavant. Toutefois, en enseignement, ce
n’est pas le cas que l’on souhaite que les élèves se trompent ni que l’on ne veuille corriger les
erreurs lorsqu’elles se produisent, bien au contraire. Par contre, il est possible d’apprendre à
les comprendre pour peut-être les éviter et à l’avenir les prévoir, pour en tirer profit et mieux
comprendre les notions travaillées, pour voir la différence entre l’erreur commise et la bonne
réponse, etc. En fait, un constructiviste affirmera qu’il n’y a pas grand-chose à tirer d’un
enseignant qui, lorsqu’une erreur survient, dira uniquement que cela n’est pas bon et qu’il faut
plutôt faire « ainsi » (dans une intention de transfert direct).
Encore une fois, on pourrait affirmer qu’il est impossible d’agir ainsi avec un groupe de 30,
mais l’idée réside autant dans la possibilité de le faire individuellement avec chaque élève
(selon la situation), que dans celle de le faire avec l’ensemble de la classe, c’est-à-dire de tirer
profit des erreurs commises par les élèves lorsqu’elles se manifestent dans leurs
commentaires, dans les questions posées ou les réponses, dans l’explication de solutions, etc.
Conclusion
 
En conclusion, Le constructivisme provoque quant à lui un changement
épistémologique dans la manière de concevoir l’apprentissage. Sous l’impulsion de Piaget, le
primat est donné au sujet qui, par son activité, construit sa connaissance à partir de son «
expérience propre, subjective et unique du monde réel ».
Les applications relevant du constructivisme invitent les apprenants à élaborer leurs
connaissances ou à développer de nouvelles compétences par l’entremise d’interactions
conduites à partir d’un environnement reproduisant de manière généralement réaliste le
phénomène à explorer. Selon cette approche, les connaissances ainsi construites par les
individus eux-mêmes permettent de rendre l’apprentissage plus significatif et, par-là, de
favoriser l’intégration, la rétention et la disponibilité des connaissances acquises.

L'éducation constructiviste favorise donc le développement socio-moral au sein d'une


atmosphère de coopération dans la classe qui influence simultanément le développement
intellectuel, social, moral de la personnalité. Cette atmosphère caractérise tous les aspects de
la vie à l'école, la résolution des conflits, l'établissement des règles, les prises de décisions, les
votes, les discussions sociales et morales, les alternatives à la discipline fondées sur la
coopération et les apprentissages scolaires. Le respect mutuel dans la classe a été illustré à
partir de classes constructivistes (1 re et 28 années de l'élémentaire). Enfin, nous pouvons dire
que l'éducation constructiviste réalise l'objectif de promouvoir le développement.