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Mwatha Musanji Ngalasso

Écrire en langue seconde. Le discours des écrivains africains


francophones
In: Cahiers de l'Association internationale des études francaises, 2007, N°59. pp. 109-126.

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Ngalasso Mwatha Musanji. Écrire en langue seconde. Le discours des écrivains africains francophones. In: Cahiers de
l'Association internationale des études francaises, 2007, N°59. pp. 109-126.

doi : 10.3406/caief.2007.1642

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/caief_0571-5865_2007_num_59_1_1642
h6)

ECRIRE EN LANGUE SECONDE.

LE DISCOURS DES ÉCRIVAINS

AFRICAINS FRANCOPHONES

Communication de M. Mwatha Musanji NGALASSO

(Université Michel de Montaigne-Bordeaux III)

au LVIIIe Congrès de l'Association, le 3 juillet 2006

Qu'est-ce qu'une langue seconde ? Que signifie écrire


en langue seconde ? Que pensent et que disent les écri
vains francophones, notamment africains, de leur pra
tique de l'écriture en français ? Et d'abord qu'est-ce
qu'écrire ? Telles sont les interrogations qui serviront de
fil conducteur à la réflexion proposée ici.

ÉCRIRE

Écrire c'est fixer la parole par une trace visible sur un


support matériel en vue de la conserver, de la faire durer,
de la transmettre à des générations futures. L'écriture
introduit un mode de communication totalement différent
de celui qui régit la parole quotidienne : alors que la
langue orale se déroule dans le temps où elle se dilue in
stantanément, la langue écrite se cristallise dans l'espace
qui la conserve presque indéfiniment.
Les formes et les types d'écritures ont beaucoup
évolué depuis l'origine (1) : quipous ou cordelettes à

(1) Les premières écritures sont nées il y a environ 6000 ans : il s'agit des hié
roglyphes égyptiens et des idéogrammes chinois apparus vers -3500 av. J.C.
110 MWATHA MUSANJI NGALASSO

nœuds chez les Incas, ficelles nouées chez les anciens


Chinois, encoches gravées, symboles peints ou
dessinés chez de nombreux peuples sur les cinq conti
nents. Les supports ont varié de l'antiquité à nos jours :
argile, bois, métal, papyrus, papier, toile. Les outils gra
phiques ont, eux aussi, changé, passant progressivement
de l'écriture à la main (burin d'airain, calame, plume,
stylo) à l'écriture mécanique (à la machine à écrire) et de
celle-ci à l'écriture électronique (sur ordinateur).
Écrire, dans son aspect technique, c'est nécessairement
analyser la parole (en tant que discours) en unités linguis
tiques plus petites susceptibles d'être représentées indiv
iduellement par des symboles de toutes sortes. Ainsi sont
nés divers types d'écriture selon le niveau de l'analyse
appliquée à la parole. L'analyse en unités significatives
minimales (mots, morphèmes, lexemes) a donné naissan
ce à deux modèles d'écriture : à l'écriture pictographique
(dessin de l'objet) ou l'art figuratif que l'on trouve dans
les œuvres peintes communes à toutes les cultures du
monde, et plus tard à l'écriture idéographique (dessin
représentant une idée associée à l'objet) dont les hiéro
glyphes égyptiens et les symboles chinois constituent les
plus illustres représentants. L'analyse en unités non signi
ficatives mais distinctives (sons, phonèmes) a fondé l'écr
iture phonographique ou alphabétique (grecque, latine,
arabe, cyrillique), parfois syllabique (comme l'écriture
méroïtique des anciens Nubiens).
On a longtemps considéré la différence entre les divers
types d'écriture en termes hiérarchiques : l'écriture alpha
bétique serait supérieure aux autres ; le passage de l'écri
turepictographique à l'écriture idéographique et de celle-
ci à l'écriture alphabétique constituerait un progrès. Ce
point de vue est discutable.
Écrire, dans un sens moins physique et plus poétique,
c'est donner vie, avec les mots, à une idée dont le message
informe par son contenu et émeut par sa beauté, c'est pro
céder à une élaboration de textes avec la préoccupation de
faire du beau avec les mots dans le but de les conserver ou
ÉCmRE EN LANGUE SECONDE 111

de les transmettre à un destinataire individuel ou collectif


(écrire un poème, un roman, etc.).
Le texte écrit, tout comme le message oral, est un acte
de communication qui suppose la présence concomitante
d'un émetteur (le locuteur ou l'écrivain) et d'un récepteur
(l'auditeur ou le lecteur). Cette présence, simultanée en
oralité, se trouve différée en scripturalité : il y a un temps
plus ou moins long entre le moment de l'écriture et celui
de la lecture. Le caractère interactif de la communication
autorise la distinction entre la dimension informationnelle
(le contenu du message), la dimension formelle (les mots
pour le dire) et la dimension relationnelle (la nature du
rapport affectif ou hiérarchique entre les interactants).
Du point de vue de l'élaboration des messages, disti
nguons trois degrés dans la pratique de l'écriture : la trans
cription, la scription et l'écriture à proprement parler.
La transcription (2) est la représentation, par l'écriture,
d'une parole entendue, donc non produite par le sujet
écrivant. Elle se présente comme une reproduction fidèle,
une copie conforme à l'original qui ne laisse au transcrip-
teur aucune marge de manœuvre, aucune possibilité de
faire apparaître sa subjectivité : on peut collecter et trans
crire les textes oraux traditionnels, en particulier ceux de
structure figée (proverbes, maximes, devinettes, etc.) pour
les fixer par l'écrit (par exemple dans un dictionnaire). La
transcription c'est, en quelque sorte, « le degré zéro de
l'écriture », pour parler comme Roland Barthes (1953). Le
transcripteur, scribe ou écrivain public, n'est pas un écri
vain au sens étroit du terme puisqu'il n'est pas auteur-
créateur des textes qu'il transmet. Les textes originaux
peuvent faire l'objet d'une traduction littérale ou littéraire
dans une langue étrangère. Les Contes d'Amadou Koumba
du Sénégalais Birago Diop, Soundjata ou l'épopée man-

(2) Trois types de transcription sont possibles : orthographique (convention


d'écriture propre à une langue donnée), phonétique (affectant un symbole à
chaque son perçu individuellement) et phonologique (notant uniquement
les sons pertinents).
1 12 MWATHA MUSANJI NGALASSO

dingue du Guinéen Djibril Tamsir Niane et, dans le domai


ne anglophone, Palm-Wine Drinkard (littéralement « Le
buveur de vin de palme ») du Nigérian Amos Tutuola (de
langue yoruba), traduit en français par Raymond Que
neau (3), appartiennent au moins partiellement à cette
catégorie. Derrière le masque du transcripteur ou du tr
aducteur se cache souvent un authentique écrivain qui éla
bore des textes originaux en allant puiser son inspiration
dans la tradition orale.
La scription correspond à une forme d'écriture strict
ementréglée, formalisée, qui ne laisse à l'expression de la
subjectivité de l'auteur qu'une marge étroite. C'est le cas
de la lettre administrative avec ses paragraphes (d'ouver
ture et de clôture) convenus : J'ai l'honneur de..., Veuillez-
agréer, ... ; le cas aussi de la démonstration d'un théorème
mathématique avec ses formules figées du type : Soit un
triangle isocèle. Si..., alors... Le scripteur n'est véritabl
ement auteur que de la partie du texte où il expose, en
termes personnels, l'objet de son message (requête, rense
ignement, explication). La correspondance comme genre
littéraire ressortit en partie au formalisme de la scription.
Quant à l'écriture proprement dite, elle se définit
comme une formulation totalement personnelle d'un
message qui suppose élaboration de la parole, travail sur
la langue, créativité avec les mots. C'est le travail de l'écr
ivain aboutissant à la production d'une œuvre littéraire.
Celle-ci implique polysémie des formes et pluralité des
lectures : le texte d'un roman est compris et interprété par
chaque lecteur à sa manière, en fonction de son histoire
personnelle, de son vécu et de sa sensibilité. Sur cette
redoutable liberté d'interprétation du lecteur l'auteur n'a
aucune prise car le destin de l'œuvre publiée, c'est-à-dire
livrée au public, ne lui appartient plus et lui échappe.
L'écriture en tant que travail sur la langue suppose maîtrise
de celle-ci. Cette maîtrise, optimale dans la langue mater-

(3) Sous le titre Un ivrogne dans la brousse, Paris, Gallimard, 1953.


ÉCRIRE EN LANGUE SECONDE 113

nelle, n'est que rarement achevée dans une langue étran


gèreou seconde.

LANGUE SECONDE

La dernière décennie du XKème siècle a été dominée, en


Afrique comme dans tout l'espace francophone, par le
débat autour du concept de français langue seconde (4). Il
apparaît clair aujourd'hui que langue seconde n'est pas
synonyme de langue étrangère mais que l'une et l'autre
sont des variantes de langue non maternelle. Plusieurs fac
teurs déterminent la différence entre les deux concepts : le
contexte socioculturel, le statut institutionnel, les fonc
tions sociales, les domaines d'emploi et le degré d'approp
riation. La langue seconde est une langue transplantée
qui s'insère dans un paysage social où son utilité pratique
est incontestée, par exemple comme outil de connaissance
ou comme moyen d'accès à la modernité ; si elle n'est pas
toujours d'un usage courant parmi le peuple, elle fait tou
jours l'objet d'un apprentissage massif et bénéficie d'une
forte valeur ajoutée en tant qu'instrument de promotion
personnelle et d'ascension sociale. La langue seconde
peut jouir d'un statut privilégié dans la société, par
exemple comme langue officielle ou comme langue de la
littérature écrite (5) : c'est le cas du français dans la quasi-
totalité des États africains issus de la colonisation françai
se ou belge. La langue seconde intervient dans des

(4) Sur le concept de français langue seconde voir notamment Cuq (1991),
Ngalasso (1992) et l'ensemble du numéro 88 de la revue Études de linguis
tique appliquée.
(5) En Afrique la littérature orale est le domaine réservé des langues
autochtones Cette situation est tout à fait comparable à celle qui prévalait
en Europe durant le Moyen Age le latin, langue de scolarisation et langue
seconde de l'élite, était la langue d'écriture alors que les langues vernacu-
laires, dites vulgaires, bannies de l'école, étaient confinées au folklore et à
l'oralité Les choses ont changé par la suite le latin a été progressivement
abandonné, puis a disparu, au bénéfice des langues locales devenues
langues nationales Peut-on imaginer un destin parallèle en Afrique franco
phone ? La question se pose Voir Gérard (1984) et Ngalasso (1990).
1 14 MWATHA MUSANJI NGALASSO

domaines variés, en dehors de la famille, où elle exerce


des fonctions sociales éminentes, fonctions normalement
dévolues à la langue maternelle : elle est langue de scola
risation, langue d'administration, langue de travail. Tout
ceci suppose un degré élevé d'appropriation qui autorise
non seulement une intense inventivité lexicale (6) mais
aussi une possible utilisation de la langue comme outil de
création littéraire. C'est ce lien de la langue seconde à l'e
xpression du vécu et de l'imaginaire qui la rapproche de la
langue maternelle et fait la différence avec la langue
étrangère.
Alors que la langue étrangère est une langue de culture
personnelle considérée comme un appoint à la langue
maternelle, la langue seconde est une langue de vie qui se
pose en concurrente de la langue maternelle. Il arrive que
la langue seconde finisse par supplanter la langue mater
nelledans un grand nombre de secteurs vitaux, y compris
dans le domaine de la création littéraire. On connaît des
exemples d'auteurs célèbres qui ont écrit de grandes
œuvres en langue seconde : James Joyce, Samuel Beckett
et, en Afrique, Leopold Sédar Senghor, Wole Soyinka,
Ngugi wa Thiong'o et bien d'autres. Beaucoup d'auteurs
africains écrivant en français sont incapables d'écrire dans
leurs langues maternelles, faute d'avoir été scolarisés
dans ces langues.
Finalement langue seconde n'est pas, non plus, synony
me de seconde langue (expression opposable à première
langue dans une perspective strictement chronologique ou
hiérarchique) ni de langue secondaire (entendue comme
langue de moindre importance, dont on pourrait se pas
ser). Langue seconde, en tant que langue véhiculaire,
langue de communication large entre interlocuteurs de
langues maternelles différentes, s'oppose plutôt à langue

(6) Les locuteurs de langue seconde, à la différence des locuteurs de langue


étrangère, participent de fait à la création des mots nouveaux. Ainsi en
Afrique on a inventé pnmature « fonction de premier ministre », essencene
« station d'essence », etc. Voir Inventaire des particularités lexicales du français
en Afrique noire (1983).
ÉCRIRE EN LANGUE SECONDE 115

première, langue vernaculaire, langue de communion et


de connivence avec les membres de sa communauté cul
turelle et linguistique. Chez le sujet bilingue, langue
seconde et langue première vivent nécessairement en par
tenariat, le plus souvent dans un cadre diglossique défa
vorable à la langue maternelle, langue dominée. Qui dit
diglossie dit insécurité linguistique qui se manifeste aussi
dans la langue seconde, langue dominante mal maîtrisée.
Du point de vue didactique et méthodologique, l'idée
essentielle qui résulte de cette analyse, c'est 1) qu'il est
aberrant d'envisager l'enseignement ou l'apprentissage
d'une langue seconde sans tenir compte des structures de
la langue première qui conditionnent son appropriation ;
2) qu'il est impératif d'établir une distinction nette entre
l'enseignement de la langue et l'enseignement dans la
langue seconde : la bonne maîtrise de celle-ci par l'ense
ignantet par l'apprenant est un préalable à sa bonne util
isation comme langue d'enseignement et comme langue
d'apprentissage, donc comme langue de travail. L'ense
ignement d'une langue seconde ne doit pas être fondé sur
les cendres de la langue première ; il doit être mené en
partenariat avec elle. Même dans le domaine de l'imagi
naire littéraire la place de la langue maternelle demeure
importante. On le voit bien dans les textes d'auteurs fra
ncophones bilingues, comme Amadou Kourouma, Sony
Labou Tansi, et bien d'autres : la langue maternelle,
absente de l'écriture, opère, dans la clandestinité et à l'in-
su de l'écrivain, sur les mots, sur la grammaire et sur les
modes dénonciation du texte littéraire.
L'engouement pour le français et la conviction de le
parler couramment, donc de l'écrire correctement, pous
sentde nombreux jeunes africains à la pratique de l'écr
iture alors qu'aux yeux des observateurs et des format
eurs, chez qui domine le sentiment d'une crise profonde
de la langue, « jamais le français n'a été si peu maîtrisé et
si mal parlé». La pratique de l'écriture en langue seconde
est un exercice grisant mais périlleux.
116 MWATHAMUSANJINGALASSO

L'ÉCRITURE EN LANGUE SECONDE

Les anthropologues et ethnologues soulignent, avec rai


son, le lien entre la langue, la culture et la pensée. La
langue est le fondement de la culture et le meilleur mode
d'expression de la pensée. La conscience linguistique
étant la base de la conscience culturelle, maîtriser une
langue c'est maîtriser en même temps la culture dont cette
langue est porteuse. Cela va bien au-delà d'une simple
compétence linguistique (connaissance du vocabulaire et
de la grammaire) pour correspondre à une véritable com
pétence de communication incluant, à l'oral, la possession
des modes énonciatifs et l'habileté à manier les gestes, les
mimiques, les postures qui accompagnent la pratique
d'une langue donnée, et, à l'écrit, l'insertion dans une cer
taine tradition littéraire.
Parler deux langues c'est appartenir à deux univers cul
turels différents ayant chacun sa vision du monde, son
imaginaire et ses représentations du réel. Être bilingue
c'est un peu penser en deux langues, c'est inévitablement
se référer à deux conceptions du monde distinctes, parfois
opposées. Cela comporte de grands risques mais cela
recèle aussi d'immenses possibilités. Les problèmes de la
double culture sont connus : le biculturel, à cheval sur
deux cultures, est un être écartelé entre deux mondes
antagoniques, un sujet à double personnalité. Le danger
c'est de sombrer dans le semi-culturalisme (le fait de ne
posséder pleinement aucune des cultures dont on dispos
e) et le semi-linguisme (le fait de ne parler correctement
aucune des langues apprises). Mais la double culture pré
sente des avantages incontestables : le bilingue est un être
riche de deux cultures ; il constitue un lien, un pont, une
passerelle entre deux communautés linguistiques.
Dans ces conditions, écrire en une langue seconde c'est
souvent penser en une langue et écrire en une autre. Cer
tains grands écrivains africains l'affirment sans aucun
complexe. Ahmadou Kourouma, écrivain ivoirien, déclare
à propos de son livre, Les Soleils des indépendances, « ce
ÉCRIRE EN LANGUE SECONDE 117

livre s'adresse à l'africain, je l'ai pensé en malinké (7) et


écrit en français (8) ».
Il demeure qu'écrire en une langue seconde c'est écrire
en une langue non maternelle dont la maîtrise est rar
ement achevée. À la différence du locuteur natif, que
Noam Chomsky considère comme le locuteur-auditeur-
idéal doué d'une compétence et d'une performance opti
males dans sa langue maternelle, le locuteur de langue
seconde s'exprime dans une sorte d'interlangue (9) qui
n'est jamais totalement à l'abri de l'erreur voire de la
faute. Le Béninois Olympe Bhely-Quenum (1982 : 14)
parle même de blocage :

[...] en écrivant, il y a souvent blocage : il m'arrive de ne pas


pouvoir écrire une phrase en français. Je suis obligé de l'écri
re en f on ou en yoruba en deux ou trois lignes, et plus tard je
développe et je traduis... C'est incroyable : il m'arrive brus
quement, en parlant en français, qu'un mot m'échappe en
fon.

Un exercice difficile et laborieux, comme le confirme cet


écrivain tunisien cité par Abdelkader Ben Cheikh (1976 :
134):

[...] il m'arrive parfois, quand je commence à aligner les


mots de me demander si je ne ferais pas mieux de chanter,
de crier ou de penser à autre chose qu'à écrire et à perdre
mon temps à rechercher désespérément comment véhiculer
mes idées...

Or s'il est intéressant de poser le problème de la langue


dans laquelle les écrivains africains francophones produi-

(7) Langue maternelle de l'auteur, le malinké (parlé en Côte-d'Ivoire)


appartient à la famille niger-congo, groupe mandé
(8) Interview publiée dans la revue Afrique littéraire et artistique, numéro 10
(1970), pp 6-8.
(9) Ce terme désigne le degré des connaissances acquises dans une langue
en cours d'apprentissage L'apprentissage d'une langue étrangère est rar
ement totalement achevé, qu'il s'agisse des formes ou des normes linguis
tiques, des règles grammaticales ou des nuances sémantiques.
118 MWATHA MUSANJI NGALASSO

sent leurs œuvres, il est amusant d'entendre le discours


qu'ils tiennent au sujet de cette pratique langagière et
scripturale. Il ne s'agit pas, bien sûr, du discours propre
mentlittéraire (qui relève de l'analyse stylistique) mais du
discours sur la langue d'écriture et sur le dessein littéraire.

LE DISCOURS DES ÉCRIVAINS SUR LA LANGUE


D'ÉCRITURE... (10)

Le rapport de l'écrivain à la langue d'écriture (11),


quand celle-ci n'est pas la langue maternelle, est une
question dont on ne peut pas faire l'économie dans le
débat autour des littératures.
Il est important d'affirmer, d'entrée de jeu, que l'écri
ture étant un exercice solitaire, en sa genèse comme en
son accomplissement au moment de la lecture, c'est le
droit de chacun de choisir la (ou les) langue(s) par les
quelles il veut s'exprimer. Ce n'est ni au critique littéraire
ni, encore moins, au linguiste, observateurs de la langue
et du travail sur la langue, de dicter à l'écrivain les choix à
faire.
Mais, comme je l'écrivais il y a quelques années (Nga-
lasso, 1989 : 15), le problème spécifique à l'écrivain afri
cain

c'est qu'il n'a actuellement aucune possibilité de choisir


l'instrument linguistique, quand il veut passer de la parole à
l'écriture : alors qu'il est fréquemment bilingue ou pluri-
lingue, comme la majorité de ses concitoyens, il ne peut écri
reet publier qu'en français ou en une autre langue euro
péenne. Mais le problème de l'écrivain est aussi celui du
lecteur africain qui ne peut trouver matière à lire qu'en
langues européennes. Opter pour une langue africaine (ce

(10) Je reprends ici la substance d'un argument largement développé dans


un article antérieur (Ngalasso, 1989) et qui me semble plus d'actualité que
jamais
(11) Sur le rapport des écrivains africains à la langue française, lire Blachère
(1993).
ÉCRIRE EN LANGUE SECONDE 119

qui est théoriquement tout à fait possible pour la plupart des


écrivains africains) c'est se mettre en marge des cercles litt
éraires reconnus, c'est s'exclure des lieux légitimes de l'élabo
rationde la parole écrite.

La langue d'écriture est imposée par la société, par


l'école, par les habitudes acquises depuis la colonisation,
par les contraintes éditoriales, par les circuits commerc
iaux. Cet argument est suffisant pour expliquer, sinon
justifier, l'état de fait actuel. Nul besoin de reproduire des
formules stéréotypées du type : les langues africaines sont
trop nombreuses, trop morcelées et trop peu aménagées
pour véhiculer une littérature moderne ; elles n'offrent
pas un public suffisant pour justifier une entreprise édito-
riale conséquente, entendez « rentable commerciale
ment ».
Quand on a dit cela on n'a pas supprimé le malaise,
chez nombre d'auteurs, d'écrire en une langue non matern
elle, quelquefois mal maîtrisée ; on n'a pas non plus
résolu le problème du lecteur assoiffé de lecture et qui ne
trouve rien à lire.

... et sur le dessein littéraire


La question est souvent posée aux écrivains africains
qui s'expriment exclusivement en français : « Pour qui
écrivez-vous ? ». Les réponses sont évidemment parta
gées. Je les rangerais en quatre catégories : les individual
istes, les nationalistes, les universalistes et les réalistes.
Les premiers affirment n'écrire que pour eux-mêmes :
une façon de dire qu'ils n'ont pas de problème avec le
médium linguistique et de refuser le débat sur cette
importante question. Une façon aussi de dire qu'ils n'ont
pas besoin d'un public ; ce qui est le comble pour des
auteurs qui se battent pieds, mains et ongles pour se faire
publier (dans publier il y a public : rendre public et destiner
à un public). Une façon à la limite d'accuser la vanité
même de tout projet littéraire qui se voudrait égoïste,
parce que dépourvu de message, et se concevrait autre-
120 MWATHA MUSANJI NGALASSO

ment que comme une élaboration esthétique de la parole,


un travail sur la langue en tant que phénomène social. Il y
a un énorme paradoxe dans cette idée de l'écriture « indi
vidualiste», de l'écriture-pour-soi : pourquoi écrire, pour
quoi publier si ce n'est pour être lu par un public ? À ce
propos voici ce que dit un grand écrivain français, Mauric
e Blanchot, dans son essai au titre prémonitoire, Le livre à
venir (1949 : 145) :

L'écrivain publie. Publier, c'est rendre public ; mais rendre


public, ce n'est pas seulement faire passer quelque chose de
l'état privé à l'état public, comme d'un lieu — le for inté
rieur, la chambre close — à un autre lieu — le dehors, la rue
— par un simple déplacement. Ce n'est pas non plus révéler
à telle personne particulière une nouvelle ou un secret. Le
« public » n'est pas constitué par un grand nombre ou par
un petit nombre de lecteurs, lisant chacun pour soi.

Le deuxième courant est celui des nationalistes qui


affirment écrire pour leur peuple, entendez pour les
populations de leur nation, de leur État, de leur continent.
Une autre limitation dont la justification ne peut être
qu'idéologique si elle est dictée par la volonté d'exclusion
ou d'exclusivité. Mais le problème c'est que leur peuple,
en majorité analphabète et insuffisamment scolarisé, ne
parle et n'entend pas le français. Il ne pourrait être le des
tinataire des œuvres qui lui sont inaccessibles. Écoutons
encore Blanchot :

L'écrivain aime dire qu'il écrit son livre en le destinant à


l'unique ami. Vœu bien déçu. Dans le public, l'ami n'a pas
de place. Il n'y a de place pour aucune personne déterminée,
et pas davantage pour des structures sociales déterminées,
famille, groupe, classe, nation. Personne n'en fait partie, et
tout le monde lui appartient, et non seulement le monde
humain, mais tous les mondes, toutes les choses et nulle
chose : les autres.

Le troisième courant est celui des universalistes. Ces par


tisans d'une culture universelle, se disent à l'aise dans une
ÉCmRE EN LANGUE SECONDE 121

langue de diffusion mondiale, même s'ils reconnaissent


devoir la subvertir pour parvenir à l'expression totale de
leur identité spécifiquement africaine. Leur intention est de
communiquer avec un public très large, pas spécifiqu
ement africain, la réalité des problèmes qui se posent à
l'Afrique, mais d'abord à eux personnellement ou collect
ivement ; peu importe, au fond, que leur peuple comprenne
ou non, la teneur de leur message. Il n'y a pas, pour ces
auteurs, de problèmes avec la langue d'écriture, une langue
étrangère certes mais totalement maîtrisée et assumée. Ils
se disent « écrivains tout court». Comme si on pouvait être
écrivain hors des contingences temporelles, spatiales ou
sociales : une époque, un territoire (ou, mieux, un terroir),
une culture et une langue d'où l'on écrit. Cette position,
dénoncée depuis longtemps par la critique littéraire africai
ne (12), est tout aussi idéaliste que les précédentes, comme
l'affirme aussi Blanchot dans ce long passage :

C'est contre une parole indéfinie et incessante, sans com


mencement et sans fin, contre elle mais aussi avec son aide,
que l'auteur s'exprime. C'est contre l'intérêt public, contre la
curiosité distraite, instable, universelle et omnisciente, que le
lecteur en vient à lire, émergeant péniblement de cette pre
mière lecture qui avant d'avoir lu a déjà lu : lisant contre elle
mais tout de même à travers elle. Le lecteur et l'auteur parti
cipent, l'un à une entente neutre, l'autre à une parole neutre,
qu'ils voudraient suspendre un instant pour faire place à
une expression mieux entendue (pp. 145-146).
Cela peut donner le pire. Cela donne « ces curieux univers
els, ces bavards universels, ces cuistres universels, mformés
de tout et tranchant de tout sur-le-champ, hâtifs à juger déf
initivement ce qui vient à peine d'arriver, de sorte qu'il nous
sera bientôt impossible d'apprendre quoi que ce soit : nous
savons tout déjà », dont Dionys Mascolo parle dans son
essai « sur la misère intellectuelle en France » (p. 147).
Il faut ajouter que l'écrivain, s'il est à cause de cette mobilité
détourné de tout emploi de spécialiste, incapable même
d'être un spécialiste de la littérature, encore moins d'un

(12) Voir par exemple Ngango (1969).


122 MWATHA MUSANJI NGALASSO

genre littéraire particulier, ne vise pas pour autant à l'uni


versalité que l'honnête homme du XVIIe siècle, puis l'hom
me goethéen et enfin l'homme de la société sans classes,
pour ne pas parler de l'homme plus lointain du Père Teil-
hard, nous proposent comme illusion et comme but. [...]
Rien d'universel, rien qui fasse de la littérature une puissan
ce prométhéenne ou divine, ayant droit sur tout, mais le
mouvement d'une parole dépossédée et déracinée, qui pré
fère ne rien dire à la prétention de tout dire et, chaque fois
qu'elle dit quelque chose, ne fait que désigner le niveau au-
dessous duquel il faut descendre encore, si l'on veut com
mencer à parler (pp. 148-149).

Cette opinion est partagée par un certain nombre d'écri


vains africains, y compris ceux de la « nouvelle généra
tion (13) », comme Véronique Tadjo qui voit dans le di
scours universaliste un des effets pervers de la
mondialisation. Elle écrit (2003 : 113) :

Un des effets de la mondialisation sur la littérature africaine


se manifeste par le désir qu'ont certains écrivains africains
d'être considérés comme des « écrivains tout court ». Ils
vont jusqu'à affirmer que leur identité africaine importe peu,
qu'elle n'est qu'accessoire. L'essentiel pour eux, c'est d'être
reconnus en tant qu'écrivains faisant partie de la littérature
mondiale. Cette position qui, à première vue, semble tout à
fait acceptable, amène pourtant à se poser un certain nombre
de questions cruciales : qu'est-ce que cela veut dire être « un
écrivain tout court » ? Comment un écrivain peut-il se défi
nir hors du contexte social dont il est issu, c'est-à-dire de
l'Afrique ? Et qui définit cette littérature mondiale, souvent
qualifiée de littérature « universelle » ?
La réponse est évidente. Les critères d'acceptation dans le cercle
de la littérature « universelle » ne nous appartiennent pas.

Et de poursuivre (p. 114) :

Ne pas vouloir assumer son africanité (terme que nous n'au


rons pas fini de chercher à définir), semble d'ailleurs s'avé
rerun choix impossible à faire.

(13) Voir l'ouvrage de Sewanou Dabla (1986).


ÉCRIRE EN LANGUE SECONDE 123

Le dilemme auquel tout artiste africain et par extension tout


écrivain africain a à faire face peut être comparé d'une cer
taine manière à celui que les femmes connaissent lors
qu'elles luttent pour l'égalité des sexes. En fait les femmes
ne luttent pas pour être considérées comme des hommes,
mais plutôt pour être considérées comme des être humains à
part entière (vous voyez, il n'y a pas de féminin pour être
humain). [...] Dans le même sens, les écrivains africains qui
revendiquent le droit d'être acceptés comme écrivains à part
entière ne pourront parvenir à ce stade-là que s'ils assument
pleinement leur afncanité, puisque c'est celle-là même qui
les empêche d'accéder à leur objectif.

Il y a donc enfin ceux que je nomme les réalistes : ils


sont conscients (et ne le cachent pas) de leur malaise à
écrire dans une langue étrangère, devenue leur langue
seconde, qu'ils maîtrisent sans aucun doute (avec les
limites dues à toute pratique apprise), mais qui a l'incon
vénient majeur de n'être pas comprise par la majorité de
leur concitoyens pour qui honnêtement ils ont l'ambition
d'écrire, au lieu de rêver d'un large public occidental qui
les ignore ou les marginalise. Ils sont surtout conscients
du fait qu'ils ne peuvent véritablement apporter à l'uni
versel que ce qu'ils ont de spécifique, qu'en étant d'abord
profondément enracinés dans leurs cultures originelles,
qu'ils ne peuvent être authentiquement universels qu'en
étant authentiquement africains. Alors, à défaut d'écrire
en langues africaines qu'ils maîtrisent mal et qui ne dispo
sentpas encore de tradition littéraire, certains écrivent en
français, mais un français « africanisé », une langue
« volée », selon le mot d'un vieux routier, le Malgache
Jacques Rabemananjara, une langue « violée »,
« violentée », « cocufiée » comme dirait le Congolais Sony
Labou Tansi (14). Avec la conscience qu'il faut aller vers
l'autre, vers l'universel, en demeurant soi. Sans cette
conscience claire on se perd. Comme aime à dire un
authentique pionnier de la littérature négro-africaine,

(14) Voir notre article (Ngalasso, 2002).


124 MWATHA MUSANJI NGALASSO

l'Antillais de stature mondiale Aimé Césaire, « il y a deux


manières de se perdre : la dilution dans l'universel et l'e
nfermement dans les particularismes ».

*
* *

L'écriture est une pratique difficile parce qu'elle rompt


avec le mode de communication naturel qu'est la parole
dans sa langue maternelle. Écrire en une langue seconde
c'est opérer une double rupture, à la fois avec l'oralité et
avec sa langue naturelle. C'est une expérience terrifiante,
quand on y pense, car il s'agit souvent d'exprimer en une
langue ce qu'on conçoit en une autre langue. La langue
seconde est un instrument dont la maîtrise est rarement
achevée. Cette situation d'interlangue est souvent source
de graves problèmes d'expression, parfois de véritables
blocages.
L'écrivain, qu'il soit de langue maternelle ou de langue
seconde, ne choisit pas ses lecteurs. Le succès de son
entreprise dépend de multiples contingences contextuelles
sur lesquelles il n'a aucune prise : le temps, l'espace, le
public, la langue. Il peut écrire en une langue ou en plu
sieurs, comme l'ont fait certains grands auteurs (Samuel
Beckett, Ngugi wa Thiong'o, Yacine Kateb). Il peut aussi
pratiquer l'auto-traduction sur le modèle des écrivains de
la Pléiade, comme Pierre de Ronsard et Joachim du Bellay,
qui écrivaient en latin puis traduisaient en français avant
de parvenir à écrire directement en langue vernaculaire ;
sur le modèle aussi d'écrivains africains contemporains,
comme le Kenyan Ngugi wa Thiong'o qui a traduit lui-
même une partie de ses œuvres théâtrales, avant d'écrire
maintenant des textes directement en kikuyu, sa langue
maternelle (15). On trouve peu d'exemples analogues
dans l'espace de l'Afrique francophone.

(15) Un de ses ouvrages en kikuyu, Matagari (1989), a été traduit en anglais


par un autre Kenyan, Wangui wa Goro.
ÉCRIRE EN LANGUE SECONDE 125

Les populations africaines sont aujourd'hui plus scola


risées qu'il y a cinquante ans, au moment des indépen
dances. Elles le sont presque exclusivement en langues
héritées de la colonisation : anglais, français et portugais.
Elles demeurent cependant très attachées à leurs cultures
et à l'usage de leurs propres langues. Un public avide de
lecture existe. Il est multiple et varié : il demande à lire
dans toutes les langues disponibles, pas seulement en
langues européennes.
Comment faire en sorte que tous les talents d'écrivains
s'expriment dans les langues de leur choix ? Telle est la
vraie question. Pour que les Africains se mettent sponta
nément à écrire dans leurs propres langues, il sera néces
saire que celles-ci soient intégrées aux secteurs porteurs
d'avenir et de prestige, et d'abord à l'école, en tant que
langues de scolarisation, pas seulement comme matières
d'enseignement. C'est d'ailleurs ainsi que ce sont passées
les choses en Europe et singulièrement en France qui sert
de modèle à la plupart des Etats et des élites en Afrique :

En France, on a vu s'installer le français comme langue litté


raire parmi une génération qui écrivait plus facilement en
latin, — puisque c'était la seule langue de scolarisation. C'est
seulement en 1559 que l'on a eu l'idée révolutionnaire d'en
seigner en français. C'est le juriste Jean Bodin qui a fait
valoir l'argument que l'on pourrait épargner beaucoup de
temps en utilisant la langue maternelle à l'école — pourvu
que l'on ait, comme en latin, une « loi de bien parler » (Mac-
key, 1976 : 27).

Faut-il bannir la pratique littéraire en langues étran


gères ? Non. Il faut encourager une pratique plurielle de
l'écriture dans toutes les langues du répertoire collectif à
l'intention d'un public lui-même pluriel. Les écrivains
expérimentés en langue seconde peuvent, sans cesser
d'écrire en français, en anglais ou en portugais, contribuer
à l'émergence d'une nouvelle génération d'écrivains. En
langues africaines.
126 MWATHA MUSANJI NGALASSO

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