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Cours :

Traitement des effluents


Par Dr KAMENI NGOUNOU

Objectifs du cours

L’objectif général de ce cours est de mettre le point sur les différents éléments
nécessaires pour la conception et le dimensionnement des stations de traitement des
effluents industriels.

La description des techniques de traitement physicochimiques et biologiques ainsi que


les éléments de dimensionnement

Prerequis

Bonne connaissance des opérations unitaires

Bonne connaissance des bilans de matière

Bonne connaissances de la microbiologie et de la dégradation biologique

Plan du cours :

Chapitre 1 : caractérisation des effluents


Chapitre 2 : coagulation/floculation des effluents
Chapitre 3 : décantation des effluents
Chapitre 4 : filtration des effluents
Chapitre 5 : traitement biologique des effluents
Chapitre 6 : adsorption des effluents
Chapitre 7 : traitement des eaux à usage industriel (chaudière, etc.…)
GENERALITES
Lorsque l’homme utilise l’eau il ne fait pas que la consommer, il en rejette une partie
déjà chargée en polluants dans l’environnement et les cours d’eau environnants. Ces
cours d'eau ont une capacité naturelle d'épuration. Mais cette capacité a pour effet de
consommer l'oxygène de la rivière et n'est pas sans conséquences sur la faune et la
flore aquatiques. Lorsque l'importance du rejet excède la capacité d'auto-épuration de
la rivière, la détérioration de l'environnement peut être durable. Les zones privées
d'oxygène par la pollution entraînent la mort de la faune et de la flore ou créent des
barrières infranchissables empêchant notamment la migration des poissons. La
présence excessive de phosphates, en azote en particulier, favorise le phénomène
d'eutrophisation, c'est-à-dire la prolifération d'algues qui nuisent à la faune aquatique,
peuvent rendre la baignade dangereuse et perturbent la production d'eau potable.

Les premiers éléments à avoir attiré l’attention sur la qualité des eaux rejetées ont été
les bactéries à l’origine de problèmes sanitaires, tels le choléra. Toutefois, en plus de
la contamination microbienne, ces eaux peuvent contenir différents polluants, tels que
de la matière organique dissoute ou sous forme particulaire, de l’azote et aussi du
phosphore. Ces substances nutritives en trop fortes concentrations enrichissent,
parfois jusqu’à l’asphyxie le milieu où elles sont déversées, sols et eaux de surface.

Classification des effluents


On regroupe généralement ces effluents en quatre types :

1 Les eaux usées domestiques : Ce sont les eaux usées qui proviennent des
établissements et services résidentiels, produites essentiellement par le
métabolisme humain et les activités ménagères (eaux ménagères et eaux de
vannes).
2 Les eaux usées industrielles : Ce sont les eaux usées qui proviennent de
locaux utilisés à des fins industriels, commerciales, artisanales ou de services,
leurs eaux de refroidissement de pompes à chaleur et de climatisation. Les eaux
usées industrielles doivent faire l’objet, avant rejet vers le réseau publique, d’un
traitement adapté à leur nature afin d’assurer la protection du milieu récepteur.
La composition de ces eaux est liée à l’activité industrielle.
3 Les eaux pluviales : Ce sont les eaux usées qui proviennent des précipitations
atmosphériques, elles sont chargées de matières minérales en suspension,
d’hydrocarbures.
4 Les polluants d’origine agricoles : Ces effluents proviennent des terres
cultivées après lessivages et ruissellement. Ces eaux sont riches en éléments
fertilisants (azote et phosphore) et en polluants organiques (pesticides).
Chapitre 1 : caractérisation des effluents
Les paramètres de caractérisation ne sont pertinents que pour des types d'effluents
bien spécifiques. Ainsi, en épuration biologique par exemple, le suivi de certaines
paramètres (02, DBO, azote) permet d'optimiser le traitement et de piloter l’installation
en cas de dysfonctionnement. Sur le plan réglementaire, les paramètres imposés pour
le contrôle du rejet dépendent du type d'eaux (eaux urbaines, eaux industrielles) et de
la nature des activités.

1- Echantillonnage des effluents


L'étape d'échantillonnage influence directement la qualité des résultats analytiques
obtenus. Des précautions élémentaires doivent être prises pour obtenir un échantillon
représentatif afin de minimiser les risques associés à la contamination de l’échantillon
par le préleveur et de permettre le maintien de l'intégrité des échantillons.

1.1. Précautions particulières


La bonne planification de la campagne d’échantillonnage est nécessaire pour éviter
les pertes et les erreurs. Plusieurs éléments doivent pris en compte lors de la
planification d’une compagne d’échantillonnage, on cite les plus pertinents :
 Etablissement d’une liste des paramètres qui devront être analysés,
 Localisation du site du prélèvement,
 Détermination des cycles et des heures du fonctionnement du procédé à
analyser afin de faire l’échantillonnage pendant ce temps,
 Une visite préliminaire (si possible) au site pour déterminer les moyens et les
conditions de transport des échantillons, l’accessibilité aux rejets, la disponibilité
et l’équipement de sécurité requis,
 Toujours utiliser des contenants adaptés à chaque paramètre,
 Utiliser une enceinte réfrigérée pour la conservation des échantillons le temps
des prélèvements,
 Mesurer dans si possible certains paramètres sur le site (pH, turbidité,
température, conductivité,,,,,),
 Toujours utiliser des appareils ou des instruments étalonnés à une fréquence
déterminée (thermomètres et pH-mètre),
 Les réactifs utilisés pour les mesures doivent être maintenus dans un endroit
propre, sec, aéré et à l’abri de la lumière, et ce, jusqu’à ce qu’ils soient utilisés,
 Refermer correctement les flacons de réactifs après usage.

1.2. Point d'échantillonnage


Le point d’échantillonnage doit être situé à un endroit caractéristique de l’effluent où il
y a suffisamment de turbulence pour assurer l’homogénéité du rejet.
- Dans le cours d'eau : Il convient de se placer loin de toute cause naturelle ou humaine
de perturbation apportée aux conditions de l’écoulement. Se rapprocher le plus
possible du chenal d’écoulement principal et réalisez le prélèvement à la main face au
courant. Le prélèvement se réalise en "amont" du préleveur pour ne pas contaminer
l'eau prélevée. Plongez les flacons à une trentaine de centimètres de profondeur en
évitant de récupérer les eaux de surface. L'arrière du flacon fait face au courant
(figure).

Figure : Méthode de prélèvement dans le cours d'eau.

- Depuis la berge. Attention à ne pas prélever trop proche de la berge et en utilisant


un support permettant d’échantillonner à distance. On peut employer une perche
télescopique (figure), un porte-bouteille, etc.

Figure : Méthode de prélèvement depuis la berge à l'aide d'une perche.

-Depuis un pont. Le prélèvement se fait à l’aide d’un seau et d’une chaine dans le
chenal d’écoulement principal.

1.3. Stockage et transport des échantillons


Le stockage est une opération importante, elle impose souvent une phase préalable
de transport. À ce niveau, disposez de glacières munies de plaques eutectiques
(réfrigérées) en nombre suffisant pour tamponner les variations thermiques. Disposez
les échantillons au noir pour stopper toute photosynthèse par les microalgues. Les
échantillons sont ensuite disposés en chambre froide au laboratoire ou congelés selon
le cas. Il est recommandé d’éviter toute rupture de la chaîne du froid. Il est conseillé
de réduire le temps entre le prélèvement et le dépôt au laboratoire pour ainsi traiter
ses échantillons sans délai, bien que certains types de mesure puissent être réalisés
au bout d’une période de stockage.
Tableau : délai de stockage des échantillons pour analyse en laboratoire

2. Paramètre physicochimiques des effluents


La qualité physico-chimique de l’effluent informe sur la localisation et l'évaluation d’un
niveau de pollution, en fonction d’un ensemble de paramètre basée sur des valeurs de
référence, elle s’apprécie à l’aide de plusieurs paramètres :
- Qualité physique : matière en suspension, turbidité, transparence, température,
conductivité et salinité ;
- Qualité chimique : pH, sels minéraux, matière organique (Demande Biologique en
Oxygène en 5 jours, Carbone Organique Dissous), oxygène dissous, nutriments
(nitrites, nitrates) etc.
Ces paramètres permettent d’acquérir des connaissances de base, de développer une
surveillance pour détecter des perturbations et de mettre en place un suivi pour
rétroagir sur la gestion.

2.1. Potentiel Hydrogène (pH)


Le pH représente le caractère acide ou alcalin d’une masse d’eau. Il mesure la
concentration en ions H+ de l'eau. Il traduit ainsi la balance entre acide et base sur une
échelle de 0 à 14, 7 étant le pH de neutralité. Ce paramètre caractérise un grand
nombre d'équilibre physico-chimique et dépend de facteurs multiples, dont l'origine de
l'eau.
Tableau 1 : classification des eaux d'après leur pH

pH < 5 Acidité forte => présence d'acides minéraux ou organiques dans les
eaux naturelles

pH = 7 pH neutre

7 < pH < 8 Neutralité approchée => majorité des eaux de surface

5,5 < pH < 8 Majorité des eaux souterraines

pH = 8 Alcalinité forte, évaporation intense

Le pH peut être mesuré à l'aide d'un pH-mètre, d’un papier pH (bandelettes à réactif
coloré) ou par colorimétrie. Cependant les deux dernières méthodes sont peu
précises.

 Mesure du pH par un pH-mètre


La différence de potentiel existant entre une électrode de verre et une électrode de
référence (calomel-KCl saturé) plongeant dans une même solution, est une fonction
linéaire du pH de celle-ci. La fiabilité des mesures est conditionnée par une étalonnage
régulier du pH-mètre. L'étalonnage de la sonde pH se réalise à l’aide de solutions
tampons certifiées.
NB : La sonde ne doit jamais être stockée à sec. Une sonde défectueuse peut se
manifester par la difficulté à stabiliser la mesure.
 Préparation de l’instrumentation
- Vérifier les diverses connexions : secteur, électrodes, etc.;
- Dégager l’électrode de son support ;
- Oter le chapeau protecteur de l’électrode double, le déposer en lieu sûr ;
- Compléter éventuellement le niveau en électrolyte de remplissage, rincer
abondamment l’extrémité de l’électrode avec de l’eau distillée ;
- Essuyer l’extrémité de l’électrode avec du papier JOSEPH ;
- Replacer l’électrode sur son support.
 Mesure du pH proprement dite
- Rincer le vase, le barreau magnétique, l’électrode, avec de l’eau distillée puis
avec l’échantillon ;
- Remplir le vase de mesure avec l’échantillon ;
- Immerger l’électrode avec les précautions et agiter ;
- Lire directement le pH lorsque la valeur s’est stabilisée.

2.2 Conductivité électrique


La conductivité est une mesure de la capacité d'une eau à conduire un courant
électrique. Plus la charge en ions dissous est importante, plus la conductivité
augmente. C’est aussi appelé indicateur de la charge ionique, c.-à-d. la quantité d’ion
dissous dans l’eau. Le transport des charges se faisant par l’intermédiaire des ions
contenus dans l’eau, la conductivité d’une eau sera d’autant plus importante que sa
minéralisation sera élevée. Ce paramètre dépend également de la température. La
conductivité d’une eau est généralement ramenée à 25°C et s'exprime en micro
Siemens par centimètre (µS/cm).

Le tableau ci-dessous donne quelques indications sur la relation existant entre la


minéralisation et la conductivité.

La conductivité des eaux se fait généralement par conductimétrie. La mesure


s'effectue à l'aide d'une cellule (électrode) reliée à un conductimètre.
Avant d'effectuer une mesure, celui-ci doit être étalonné grâce à des solutions de
références. On utilise généralement une solution de KCl. Les mesures s'effectuent
sous agitation magnétique en prenant soin de placer la cellule au centre du bécher
pour éviter de perturber les lignes de courants de la cellule.
Après mesure, la cellule doit être protégée à l'aide d'un capuchon rempli d'eau distillée.
Si le noir de platine recouvrant les plaques de la cellule venait à sécher, il faut la
réhydrater en la plongeant dans l'eau distillée.

2.3 Les Matières en suspension (MES)


La teneur et la composition minérale et organique des matières en suspension dans
les eaux sont très variables selon les origines d’eau (sables, boues, particules
organiques, plancton, microorganismes etc..) ; elles sont fonction de la nature des
terrains traversés, de la saison, de la pluviométrie, de l’activité humaine, etc. Des
teneurs plus élevées peuvent empêcher la pénétration de la lumière, diminuer
l’oxygène dissous, augmente le coût de traitement de l’eau. La détermination des
matières en suspension dans l’eau s’effectue par filtration ou par centrifugation.
Cependant la méthode par filtration est facile à mettre en œuvre. L’eau est filtrée et le
poids de matières retenues par le filtre est déterminé par pesée différentielle. La teneur
de l’eau en matières en suspension (mg / L) est donnée par l’expression :

M0= masse du disque filtrant avant utilisation (mg).


M= masse du disque filtrant après utilisation (mg).
V = volume d’eau utilisé (mL)

2.4. Turbidité
La mesure de la turbidité permet de préciser les informations visuelles sur l'eau. La
turbidité traduit la présence de particules en suspension dans l'eau (débris organiques,
argiles, organismes microscopiques). Les désagréments causés par une turbidité
auprès des usagers sont relatifs car certaines populations sont habituées à
consommer une eau plus ou moins trouble et n'apprécient pas les qualités d'une eau
très claire. Cependant une turbidité forte peut permettre à des micro-organisme de se
fixer sur des particules en suspension. La plupart des eaux superficielles ont une
turbidité importante et leur consommation directe est impossible. Il faut les clarifier,
soit par décantation, soit par addition d’un coagulant, soit par filtration, soit encore par
une combinaison de ces différents procèdes. Les normes concernant la turbidité de
l’eau potable sont assez différentes et variables. L’OMS recommande comme valeur
limite 5 unités NTU (Néphélométrie Turbidité Unit) et précise que dans le cas où l’on
pratique la désinfection, il conviendrait que la turbidité soit inférieure à 1 𝑁𝑇𝑈.

Tableau 3 : classes de turbidité usuelles (NTU, Nephelometric turbidity unit)


NTU < 5 Eau claire Conforme à la norme
5 < NTU < 30 Eau légèrement trouble A surveiller
NTU > 50 Eau trouble Non conforme, à traiter

La méthode la plus courante pour la mesure de la turbidité est la turbidimétrie ou


opacimétrie, c’est une variante de la spectrométrie d’absorption. Les éléments en
suspension dans un liquide absorbent certaines radiations selon une loi voisine de
celle de Beer Lambert. La turbidimétrie mesure alors l’intensité lumineuse du faisceau
transmis après traversée du milieu. La mesure s’effectue dans le même sens que celui
du faisceau incident. L’appareil de référence (turbidimètre optique) comprend un
faisceau lumineux qui traverse la cuve de mesure. La lumière diffusée latéralement
par les particules en suspension est reçue par une cellule de mesure décalée de 90°.
L’intensité de la lumière diffusée est fonction du caractère trouble de l’eau.

2.5 L’Oxygène dissous


La teneur de l’oxygène dans l’eau est fonction de l’origine de l’eau : les eaux
superficielles peuvent en contenir des quantités relativement importantes proches de
la saturation ; par contre, les eaux profondes n’en contiennent le plus souvent que
quelques milligrammes par litre. Aucune valeur guide fondée sur des critères de santé
n’est proposée. La concentration en oxygène d'un milieu peut constituer un indicateur
de pollution car les matières oxydables rejetées dans l'environnement sont à l'origine
d'une diminution de la concentration du dioxygène dissous dans l'eau. Il s'agit de
matières organiques et de matières minérales réduites.
Le dosage du dioxygène dissous peut être réalisé soit en utilisant un kit colorimétrique
soit par une mesure électrochimique utilisant une électrode de Clark ("sonde à
oxygène"). Seul le protocole d'utilisation de cette dernière est présenté ici.

 Principe de mesure
L'électrode de Clark comporte une cathode en platine et une anode en argent
plongeant dans un électrolyte. L'ensemble électrodes - électrolyte est séparé du milieu
étudié par une membrane perméable au dioxygène mais imperméable à l'eau et aux
ions. Le dioxygène diffusant à travers la membrane est réduit en eau par les électrons
libérés à la cathode et le courant qui s'établit entre les deux électrodes est
proportionnel à la concentration en dioxygène dans l'électrolyte et donc dans le milieu.
Le très faible courant produit est amplifié et converti en une tension proportionnelle à
la concentration en dioxygène.
 Matériel
- Oxymètre autonome pour mesures sur le terrain ou oxymètre de
laboratoire.
- Thermomètre si la sonde utilisée n'est pas compensée en température.
- Solution zéro (solution saturée de dithionite de sodium).
- Eau distillée saturée en oxygène moléculaire dissous (par agitation
violente).
- Flacon à bouchon étanche de 250 mL (mesures en laboratoire).

 Entretien de l'électrode de Clark


Les principaux problèmes rencontrés dans l'utilisation de l'électrode de Clark sont liés
aux défauts d'entretien.
 Rincer soigneusement la sonde avec de l'eau distillée après chaque séance.
 Maintenir la sonde dans l'eau distillée entre les séances.
 Nettoyer régulièrement les électrodes avec un chiffon doux et changer
l'électrolyte.
 Mettre la sonde sous tension pendant une quinzaine de minutes (polarisation)
avant l'étalonnage.
 Etalonner l'électrode avant chaque séance et noter la température
d'étalonnage.

2.6 Détermination de la concentration ions majeurs


La minéralisation de la plupart des eaux est dominée par les ions majeurs. On
distingue les cations : calcium, magnésium, sodium et potassium, et les anions :
chlorure, sulfate, nitrate et bicarbonate. On peut également trouver les métaux tel que
le fer, l’aluminium etc…Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour la mise en
évidence et la quantification des ces éléments dans l’eau, parmi lesquelles la
spectrométrie d’adsorption atomique (SAA) et la spectrométrie d’émission optique
couplée à une source de plasma (ICP-OES). Cependant la spectrométrie d’émission
optique couplée à une source de plasma est la plus utilisée.

- La spectrométrie d’absorption atomique (SAA)


Le principe de mesure est basé sur la propriété qu’à l’atome dans l’état fondamental
d’absorber la lumière à des longueurs d’onde caractéristiques de chaque élément en
phase vapeur. Comme cette absorption de la lumière dépend de la concentration
d’atomes en phase vapeur, la concentration de l’élément cible dans l’échantillon d’eau
est déterminée à partir de l’absorbance mesurée. La relation entre la concentration et
l’absorbance est décrite par la loi de Beer-Lambert.

- Analyse des métaux par spectrométrie d’émission optique couplée à une


source de plasma
La technique d’analyse par ICP-OES permet de déterminer la concentration des
éléments présents dans une solution. Cette technique d’analyse possède plusieurs
avantages :
 Analyse multiélémentaire.
 Grande plage de linéarité (mg au g).
 Minimisation des effets de matrice.
 Meilleure sensibilité pour les éléments réfractaires que pour l’émission
atomique de flamme.
C’est une méthode d’analyse qui utilise comme source d’ionisation un plasma. Le
plasma le plus utilisé est l’argon, car il ne se recombine pas avec les espèces
chimiques d’une façon stable et possède un potentiel d’ionisation très élevé (15,6 eV),
ce qui permet l’excitation de la majorité des ions. Le schéma de principe de
fonctionnement d’un spectromètre ICP est présenté sur la figure ci-dessous.
Transfert optique

Générateur de Spectromètre
fréquence radio Torche
ICP

Argon Nébuliseur Chambre d’injection


Electronique et
microprocesseur

déchets
pompe

Echantillon
Ordinateur

Figure: Schéma de l'appareillage d'un spectromètre ICP-OES

- Le fer
La présence de fer dans les eaux souterraines a de multiples origines : le fer, sous
forme de pyrite (FeS2), est couramment associé aux roches sédimentaires déposées
en milieu réducteur (marnes, argiles) et aux roches métamorphiques. Il se retrouve
souvent à de fortes concentrations dans les eaux des cuirasses d'altération de socle.
Selon l'OMS, la présence de fer à des concentrations supérieures à 0,2 mg/l provoque
souvent des plaintes de la part des consommateurs. L'utilisation d'une eau chargée en
fer pour la lessive colore le linge et, consommée directement ou sous forme d'infusion,
peut avoir un goût prononcé.
- L'Aluminium
La question de l'aluminium se pose essentiellement après traitement de l'eau avec un
composé d'aluminium. Même si aucun risque sanitaire n'a pu être prouvé, on évoque
le rôle aggravant de cet élément dans la maladie d'Alzheimer. Selon l'OMS, la
présence d'aluminium à des concentrations supérieures à 0,2 mg/l provoque souvent
des plaintes de la part des consommateurs, en raison de la floculation de l'hydroxyde
d'aluminium dans les canalisations et d'une accentuation de la coloration de l'eau par
le fer.
- Le Chlorure
Les teneurs en chlorures des eaux sont extrêmement variées et liées principalement
à la nature des terrains traversés. Ainsi, les eaux courantes exemptes de pollution ont
une teneur généralement inférieure à 25 mg/L, mais dans certaines régions, la
traversée de marnes salifères peut conduire à des teneurs exceptionnelles de 1 000
mg/L. Le gros inconvénient des chlorures est la saveur désagréable qu’ils
communiquent à l’eau à partir de 250 mg/L, surtout lorsqu’il s’agit de chlorure de
sodium. L’OMS recommande pour la teneur en chlorure dans l’eau destinée à la
consommation humaine une valeur guide de 250 mg/L pour des considérations
gustatives et des risques de corrosion. La réglementation française a intégré ce
paramètre dans les références de qualité avec comme valeur 250 mg/L.
Principe de la méthode
Les chlorures peuvent également être dosés en milieu neutre par une solution titrée
de nitrate d'argent en présence de chromate de potassium. La fin de la réaction est
indiquée par l'apparition de la teinte rouge caractéristique du chromate d'argent.

- Les Sulfates
La concentration en ion sulfate des eaux naturelles est très variable. Dans les terrains
ne contenant pas une proportion importante de sulfates minéraux, elle peut atteindre
30 à 50 mg/L, mais ce chiffre peut être très largement dépassé (jusqu’à 300 mg/L)
dans les zones contenant du gypse ou lorsque le temps de contact avec la roche est
élevé.
Pour l’eau destinée à la consommation humaine, en raison de problèmes particuliers
susceptibles d’introduire une gêne pour le consommateur (goût, corrosion), l’OMS
recommande comme valeur limite 250 mg/L (𝑆𝑂4 2-).
 Principe de la méthode
Les sulfates sont précipités en milieu chlorhydrique à l'état de sulfate de baryum. Le
précipité ainsi obtenu est stabilisé à l'aide d'une solution de Tween 20 ou de polyvinyl-
pyrrolidone. Les suspensions homogènes sont mesurées au spectrophotomètre à la
longueur d'onde de 650 nm.
 Principe de mesure par spectrophotomètre
L’échantillon à analyser est traversé par un rayonnement lumineux de longueur d'onde
allant de 100-800 nm. Les photons issus du rayonnement transfèrent aux composés
analysés une énergie qui excite les molécules, atomes ou ions traversés. Ainsi une
partie du rayonnement incident est absorbé. L'étude du rayonnement après passage
à travers la substance analysée permet d'obtenir des informations sur sa nature.
L'absorbance
Lorsque la solution est placée dans un spectroscope, elle reçoit un rayonnement
d'intensité I0. Comme expliqué précédemment, elle en diffuse une partie et absorbe
l'autre. L'intensité (I) du rayonnement issu de la cuve est donc inférieure à l'intensité
du rayonnement initial (I0).

A partir de ces intensités on définit l’absorbance A :

L'absorbance est une grandeur sans unité qui est d'autant plus grande que le
rayonnement est absorbé.
L'absorbance A mesurée par un spectroscope dépend de plusieurs facteurs :
 La largeur L de cuve de spectroscopie,
 La concentration C de la substance dissoute,
 Le coefficient d'absorption molaire ε, aussi appelé coefficient d'extinction
molaire. Il s'agit d'une grandeur qui dépend de l'espèce dissoute en solution, du
solvant utilisé et de la longueur d'onde du rayonnement.
Ces grandeurs sont liées par la loi de Beer-Lambert :

 Avec ε en L.mol-1.cm-1
 C en mol.L-1
 L en cm
 A sans unité

2.7 Dosage de l’azote


L’azote peut se présenter dans les eaux aussi bien sous forme minérale qu’organique.
En général, s’agissant des eaux naturelles, ce sont les formes minérales qui sont de
loin les plus importantes.
 L’azote total comprend l’ensemble des formes azotées, aussi bien minérales
qu’organiques.
 L’azote Kjeldahl correspond à celui qui se trouve sous la forme de composés
azotés organiques et d’ammonium. Il ne comprend donc pas des composés
oxydés de l’azote tels les nitrates et nitrites, ni certaines autres formes, oximes,
hydrazine, hétérocycles.
 L’azote minéral est constitué par l’ammoniaque, les nitrites, les nitrates.
 L’azote organique est essentiellement formé par des protéines, des
polypeptides, de l’urée, des acides aminés.
 L’azote ammoniacal représente l’azote sous la forme NH4+

 Relation entre les diverses fractions azotées


Compte tenu des définitions ci-dessus, il existe les relations suivantes entre les
différentes fractions azotées :
N total= N organique + N minéral (1)
N Kjeldahl= N organique+ NNH4+ (2)
N minéral = N NH4++ N N02- + N N03 - (3)
La relation (2) permet ainsi de déterminer l’azote organique à partir de la mesure de
l’azote Kjeldahl et de l’azote ammoniacal.
On a en effet : N organique = N KjeldahL – N NH4 + (4)
 Dosage de l’azote Kjeldahl
L’azote organique est minéralisé sous forme de sulfate d’ammonium par l’action
conjuguée de l’acide sulfurique et de catalyseurs de minéralisation. Le schéma de la
réaction est le suivant :

Expression des résultats


2.7 Les Nitrates
La pollution des eaux par les nitrates présente un double risque. Ingérés en trop
grande quantité, les nitrates ont des effets toxiques sur la santé humaine. Par ailleurs,
ils contribuent avec les phosphates à modifier l’équilibre biologique des milieux
aquatiques en provoquant des phénomènes d’eutrophisation. Au-delà d’un certain
seuil de concentration les nitrates présentent donc un risque pour la santé. Ils ne sont
pas toxiques en soit, mais leur conversion en nitrites, par certaines bactéries présente
dans l’organisme, est très nocive. En effet ceux-ci réagissent avec l’hémoglobine pour
former de la méthémoglobine, qui affecte la capacité du sang à transporter
suffisamment d’oxygène jusqu’aux cellules de l’organisme, surtout chez les
nourrissons qui représente une population à risque.
Il existe quatre classes distinctes en fonction de la concentration en nitrates retrouvée
dans l’eau :
- Eau de qualité optimale pour être consommée (< 25 mg/L).
- Eau de qualité acceptable (de 5 à 50 mg/L).
- Eau non potable nécessitant un traitement (de 50 à 100 mg/L).
- Eau inapte à la production d’eau potable (> 100 mg/L).

2.8 Les Nitrites


En l’absence de pollution, il n’y a pas ou très peu de nitrites dans les eaux et dans les
zones où l’autoépuration est active ; les teneurs se maintiennent à des niveaux très
faibles (de l’ordre de 0,01 mg/L). En dessous d’un centième de mg/L, les eaux peuvent
être considérées comme pures ou se trouvant sous l’action d’une autoépuration active,
en présence de quelques dixièmes de mg/L la pollution est sensible, celle-ci devient
significative au-delà de 1 mg/L. Les nitrites proviennent soit d’une oxydation
incomplète de l’ammoniaque, la nitrification n’étant pas conduite à son terme, soit
d’une réduction des nitrates sous l’influence d’une action dénitrifiant. Une eau qui
renferme des nitrites est à considérer comme suspecte car lui est souvent associée
une détérioration de la qualité microbiologique.
Les nitrites sont dosés par spectrophotométrie à 543 nm après avoir formé un
complexe coloré avec la N-[naphtyl-1] éthylène diamine.
 Principe de mesure
On réalise la diazotation de la sulfanilamide par NO2- en milieu acide et en présence
de la N-naphtyl éthylène diamine. Il se produit alors une réaction de copulation
conduisant à la formation d’un complexe coloré pourpre permettant un dosage
colorimétrique.
La lecture des densités optiques est effectuée pour λ = 543 nm.
Tracer la courbe d’étalonnage D = f (c)
Reporter sur la courbe d’étalonnage la densité optique de l’échantillon,
Déduire la concentration en nitrites.

2.9 La Dureté totale ou Titre hydrométrique (𝑻𝑯)


La dureté d'une eau est due à la présence ions métalliques bivalents : Ca 2+, Mn2+,
Mg2+, Fe2+etc., les plus abondants étant les ions Ca2+ et Mg 2+. En pratique, on
considère que la dureté totale d'une eau de consommation est égale à la somme de
sa dureté calcique et de sa dureté magnésienne (duretés dues aux ions Ca et Mg).
TH= [Ca2+] + [Mg 2+]

Tableau : Les valeurs du titre hydrométrique (Dureté totale).

Pour l’eau destinée à la consommation humaine, 𝑙’𝑂𝑀𝑆 ne recommande pas de valeur


mais indique qu’une dureté élevée peut provoquer la formation de dépôts tandis
qu’une faible dureté peut engendrer des problèmes de corrosion.
 Dosage de Ca2+ + Mg2+
Les réactifs
- EDTA Na2 (C10H14N2O8Na2 2H2O).
- Tampon ammoniacal.
- Noir Eriochrome T (NET).
Mode opératoire
- Prélever 50 ml de solution à doser.
- Faire chauffer à 60°C.
- Ajouter le tampon ammoniacal : 5 ml.
- Ajouter Noir d’Eriochrome (quelque grain).
- Titrer avec l’EDTA à N/50 jusqu’à obtention d’une couleur bleu cobalt. Soit V cette
mesure.
Expression des résultats
Pour une prise d’essais de 50 ml
[Mg2++Ca2+] méq/l= 0,02*V*1000*5/50
V : volume de l’EDTA titré.
 Dosage du calcium et magnésium (Ca2+) et (Mg2+)
Les réactifs
- EDTA Na2 (C10H14N2O8Na2 2H2O).
- NaOH à 2N.
- Murexide (puparate d’ammonium).
Mode opératoire
- Prélever 50 ml de solution à doser.
- Ajouter 3 ml de NaOH à 2N (si l’échantillon est acidifié avec 2ml de HNO3, ajouter 6
ml).
- Ajouter la murexide (quelques grains), on obtient une couleur rose bonbon.
- Titrer l’EDTA à N/50 jusqu’à passage à une couleur violet pourpre soit V cette
mesure.
Expression des résultats
Pour une prise d’essais de 50 ml :
[Ca2+] méq/l= 0,02*V*1000*5/50
V : volume de l’EDTA titré.
 Dosage de Mg2+
- On a effectué le dosage de (Ca2+ + Mg 2+)
- Les concentrations de Mg2+ sont calculées par la formule suivante :
[Mg2+] méq/l = [Mg2++ Ca 2+]-[Ca2+]

2.10 Mesure de la DCO (Demande Chimique en Oxygène)


La dégradation des matières organiques (d’hydrates de carbone, de matières
protéiques, d’acides aminés, de lipides et autres substances de réserves) déversées
dans les cours d’eau entraîne une consommation de l’oxygène dissout dans l’eau.
Cela se fait au détriment des organismes vivants et peut entraîner ainsi l’asphyxie du
milieu. La pollution par les matières organiques est provoquée par les rejets industriels
(industries chimiques, pétrolières, agro-alimentaires, ...) et les rejets des populations
urbaines. L’importance de cette pollution dans un effluent peut être évaluée par la
demande chimique en oxygène (DCO). La DCO permet d’apprécier la concentration
en matières organiques ou minérales, dissoutes ou en suspension dans l’eau, au
travers de la quantité d’oxygène nécessaire à leur oxydation chimique totale.
 Principe de mesure
La détermination de la DCO se fait essentiellement par oxydation avec le dichromate
de potassium « K2Cr2O7 » en milieu acide dans une solution portée à ébullition à
reflux pendant 2 heures en présence d'ions Ag+ comme catalyseurs d'oxydation et
d'ions Hg+ permettant de complexer les ions chlorures. L'oxygène consommé en mg/l
est calculé après détermination de l'excès de dichromate de potassium par titration
avec du sulfate de fer ferreux et d'ammonium (sel de Mohr).
Les réactions peuvent être schématisées comme suit :

Substances (s*) présentes dans l’eau


Expression des résultats :
La valeur DCO exprimée en mg/l est calculée par la formule suivante :
DCO = 8000 * (Vt -Ve)* N / X
Où : N : Concentration de la solution de sel Mohr déterminée par étalonnage ;
X : Volume de la prise d'essai en ml;
Vt : Volume en ml de la solution de sulfate de fer (II) et d'ammonium titré pour l'essai
à Blanc ;
Ve : Volume en ml de la solution de sulfate de fer (II) et d'ammonium titré pour
L’échantillon ;

2.11 Mesure de la DBO (Demande biochimique en Oxygène)


Les phénomènes d’autoépuration naturelle dans les eaux superficielles résultent de la
dégradation des charges organiques polluantes, sous l’action de micro-organismes. Il
en résulte une consommation d’oxygène qui s’exprime par la demande biochimique
en oxygène ou DBO5. Dans les eaux pures elle est inférieure à 1 mg d'(O2)/l, et quand
elle dépasse les 9 mg/l l'eau est considérée comme étant impropre. Le paramètre
DBO5 est utilisé pour établir un classement qualitatif des eaux et définir l’altération du
milieu par les matières organiques biodégradables.
Tableau : qualité de la DBO5 (Demande biochimique en oxygène)

La mesure de la DBO5 est faite selon la méthode manométrique basée sur le principe
du respiromètre de WARBURG au cours duquel la respiration de la biomasse est
directement mesurée par un appareil.
 Principe de la méthode manométrique
Une quantité d’eau est versée dans une bouteille d’incubation (300 ml), reliée à un
manomètre à mercure ou fermée avec un bouchon muni d’un capteur de pression
(oxytop). Le volume choisi est fonction de la gamme de mesures souhaitée. L’appareil
de mesure est placé dans un réfrigérateur maintenu à 20°C. On suit ensuite, en
fonction du temps, soit tous les jours pendant 5 jours pour la DBO5, la consommation
d’oxygène, qui se traduit par une diminution de la pression d’air. On procède enfin à la
correction de la mesure par un facteur correctif qui dépend de la quantité d’échantillon
prélevée et de la gamme de mesure souhaitée.
L’oxydation des matières organiques provoque la formation de CO2 qui sera piégé par
une solution de KOH. Ainsi il se développe une dépression dans la bouteille.
Tableau : Facteur de conversion de la DBO5en fonction du volume de prise

La valeur réelle est calculée comme suit :


DBO5(mgO2/l) = Valeur lue * facteur