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Chapitre IV

Calcul des éléments de construction avec l’Eurocode 3 :


Cas des sollicitations simples, en stabilité et en élasticité

Université Euromed de Fès


Ecole Euromed de Génie Civil

Préparé par : M. EL JAI


Année universitaire : 2019/2020

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1. Préliminaire
Ce chapitre traite spécialement le dimensionnement des éléments de construction par la
norme européenne EN 1993 qui est communément connu sous la désignation Eurocode 3.
Comme précédemment présenté, l’eurocode 3 est un eurocode qui détaille le calcul des
structures an acier. Suivant la même logique que les autres Eurocodes-matériaux (EC 2, EC4,
EC5…), cette norme est composée de sous normes qui traitent, chacune d’elle, un aspect des
structures qui leur sont relatives.
Dans ce chapitre, nous traiterons la partie 1-1 de l’eurocode 3 qui présente les règles
générales et les règles pour les bâtiments métalliques en termes de normalisation et cas de
charge relatives au dimensionnement des éléments de constructions (poteaux, montants,
poutres, barres...). La partie 1-9 de l’eurocode 3 qui traite le dimensionnement des connexions
(assemblages boulonnés et soudés).
2. Application
Nous avons vu au niveau des cours de mécanique des structures que l’Etat Limite Ultime
se présente sous forme d’inéquation présentant en ses deux membres (éq. 1) :
 la contrainte calculée suivant la sollicitation considérée (ou en générale la contrainte
équivalente 𝜎𝑒𝑞 ;
 la contrainte limite explicitée en terme de contrainte d’élasticité (𝜎𝑒 ) avec un coefficient
de sécurité donné (s) qui est choisi normalement en fonction du type de sollicitation et
dégradation à éviter par le concepteur.

𝜎𝑒⁄
𝜎𝑒𝑞 ≤ 𝑠 (1)

Dans le cas de l’analyse de résistance ou de stabilité des éléments par les Eurocodes, les
Etats Limites Ultimes sont exprimées en termes d’effort et non pas en termes de contraintes
(voir §II.2 du chapitre IV). Par exemple, au lieu de manipuler les contraintes de traction la
norme propose la formation des ELU par comparaison :
 de l’effort de traction calculé (torseur de cohésion) par rapport à l’effort de traction
admissible ;
 du moment calculé par rapport au moment plastique (ou moment admissible) ;

Dans le cas de sollicitation en cisaillement, l’ELU est analysé en comparant :

 l’effort de cisaillement calculé (torseur de cohésion) par rapport à l’effort de


cisaillement admissible.

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Les conditions précédentes sont applicables dans le cadre de la théorie des poutres, basée
sur :
 l’hypothèse de Navier-Bernoulli, où une section est considérée plane avant et après
déformation,
 l’élasticité au niveau de charges considéré ;
Pour les cas ne se basant pas sur la théorie des poutres, la norme traite les ELU à l’aide des
contraintes équivalentes qui sont formulées à partir des règles de la Mécanique des Milieux
Continus. C’est le cas :
 du calcul des cordons de soudure traité par l’Eurocode 3, partir 1-8 ;
 des structures en coque (silos et réservoirs) traité par l’Eurocode 3, partie 4 ;
 des chemins de roulement (systèmes rails-galets) traité par l’Eurocode 3, partie 6.

De manière générale, pour une vérification en élasticité, excluant toute distribution plastique
partielles des contraintes, le critère limite présenté par l’expression (2) est utilisé au point
critique de la section transversale, sauf si d’autres formules d’interaction s’appliquent (voir
6.2.1(5) [1]). En conséquence, l’expression (2) est utilisable lorsque l’interaction entre les
résistances NRd, MRd et VRd ne peut être effectuée.

2 2 2
𝜎𝑥,𝐸𝑑 𝜎𝑧,𝐸𝑑 𝜎𝑥,𝐸𝑑 𝜎𝑧,𝐸𝑑 𝜏𝐸𝑑
( ) +( ) −( )( ) + 3( ) ≤ 1,0 (2)
𝑓𝑦 ⁄𝛾𝑀0 𝑓𝑦 ⁄𝛾𝑀0 𝑓𝑦 ⁄𝛾𝑀0 𝑓𝑦 ⁄𝛾𝑀0 𝑓𝑦 ⁄𝛾𝑀0

Où 𝜎𝑥,𝐸𝑑 est la valeur de calcul de la contrainte longitudinale locale au point considéré


𝜎𝑧,𝐸𝑑 est la valeur de calcul de la contrainte transversale locale au point considéré
𝜏𝐸𝑑 est la valeur de calcul de la contrainte de cisaillement locale au point considéré
𝛾𝑀0 est un coefficient partiel à appliquer pour les sections transversales quel que soit
leurs classes. Pour les bâtiments 𝛾𝑀0 = 1
Les paragraphes suivants traitent la résistance des sections transversales ne subissant pas
d’instabilité par flambage, déversement ou voilement des ailes et semelles. Les cas
correspondant aux dites instabilité seront traité au chapitre VI en lien avec la classification des
sections transversales.

Les formules suivantes sont extraites des textes de la norme EN 1993-1-1.

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3. Sollicitations simples
3.1. Résistance à un effort normal
3.1.1. Traction
La valeur de calcul de l'effort de traction NEd dans chaque section transversale doit satisfaire la
condition suivante :
𝑁𝐸𝑑
≤ 1,0 (3)
𝑁𝑡,𝑅𝑑
Pour les sections comportant des trous, il y a lieu de prendre la valeur de calcul N t,Rd de la
résistance à la traction égale à la plus petite des valeurs suivantes :
a) La valeur de calcul de la résistance plastique de la section transversale brute
𝐴𝑓𝑦
𝑁𝑝𝑙,𝑅𝑑 = (4)
𝛾𝑀0
b) La valeur de calcul de la résistance ultime de la section transversale nette au droit des
trous de fixation
0.9 𝐴𝑛𝑒𝑡 𝑓𝑢
𝑁𝑢,𝑅𝑑 = (5)
𝛾𝑀2
3.1.2. Compression
La valeur de calcul de l'effort de compression NEd dans chaque section transversale doit
satisfaire la condition suivante :
𝑁𝐸𝑑
≤ 1,0 (6)
𝑁𝑐,𝑅𝑑
La valeur Nc,Rd de la résistance de la section transversale à la compression uniforme doit être
déterminée de la façon suivante :
𝐴𝑓𝑦
𝑁𝑐,𝑅𝑑 = 𝛾 (7) pour les sections transversales de classes 1, 2 ou 3
𝑀0

𝐴𝑒𝑓𝑓 𝑓𝑦
𝑁𝑐,𝑅𝑑 = (8) pour les sections transversales de classe 4
𝛾𝑀0

3.2. Moment fléchissant


La valeur de calcul MEd du moment fléchissant dans chaque section transversale doit satisfaire
la condition suivante :
𝑀𝐸𝑑
≤ 1,0 (9)
𝑀𝑐,𝑅𝑑
où Mc,Rd est déterminé en prenant en compte les trous de fixation, voir (4) à (6).

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La valeur de calcul de la résistance d’une section transversale à la flexion par rapport à l’un de
ses axes principaux est déterminée de la façon suivante :
𝑊𝑝𝑙 𝑓𝑦
𝑀𝑐,𝑅𝑑 = 𝑀𝑝𝑙,𝑅𝑑 = (10) pour les sections transversales de classe 1 ou 2
𝛾𝑀0
𝑊𝑝𝑙,𝑚𝑖𝑛 𝑓𝑦
𝑀𝑐,𝑅𝑑 = 𝑀𝑒𝑙,𝑅𝑑 = (11) pour les sections transversales de classe 3
𝛾𝑀0
𝑊𝑒𝑓𝑓,𝑚𝑖𝑛 𝑓𝑦
𝑀𝑐,𝑅𝑑 = 𝑀𝑒𝑙,𝑅𝑑 = (12) pour les sections transversales de classe 4
𝛾𝑀0

Où 𝑊𝑒𝑙,𝑚𝑖𝑛 et 𝑊𝑒𝑓𝑓,𝑚𝑖𝑛 correspondent à la fibre subissant la contrainte élastique


maximale.

Les trous de fixation dans la semelle tendue peuvent être ignorés sous réserve que pour la
semelle tendue vérifie la condition suivante :
𝐴𝑓,𝑛𝑒𝑡 0.9 𝑓𝑢 𝐴𝑓 𝑓𝑦
≥ (13)
𝛾𝑀2 𝛾𝑀2
Où 𝐴𝑓,𝑛𝑒𝑡 : aire nette de la section transversale, égale à l’aire totale Af moins les aires des trous
(semelles) ;
𝐴𝑓 : aire totale de la section.
3.3. Cisaillement
3.3.1. Cisaillement en général

La valeur de calcul VEd de l’effort tranchant dans chaque section transversale doit satisfaire la
condition suivante :
𝑉𝐸𝑑
≤ 1,0 (14)
𝑉𝑐,𝑅𝑑
Pour le calcul élastique, Vc,Rd est la valeur de calcul de la résistance élastique au cisaillement
en l’absence de torsion. Pour la justification du cisaillement en élasticité, la formule (15) est
aussi applicable.
𝜏𝐸𝑑
≤ 1,0 (15)
𝑓𝑦 ⁄(√3 𝛾𝑀0 )
𝑉𝐸𝑑 𝑆
Où 𝜏𝐸𝑑 peut être obtenue par : 𝜏𝐸𝑑 =
𝐼𝑡
Où 𝑉𝐸𝑑 : valeur de calcul de l’effort tranchant
S : moment statique de l’aire au-dessus du point considéré
I : Moment d’inertie de flexion de la section transversale complète
t : épaisseur au point considéré

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Pour le calcul plastique, Vc,Rd est la valeur de calcul Vpl,Rd de la résistance plastique au
cisaillement telle que donnée à l’équation (16).
𝐴𝑣 (𝑓𝑦 ⁄√3)
𝑉𝑝𝑙,𝑅𝑑 = (16)
𝛾𝑀0
Où 𝐴𝑣 : Aire de cisaillement déterminée par les formules suivantes
a) Sections laminés en I et H, charge parallèle à l’âme 𝐴𝑣 = 𝐴 − 2𝑏𝑡𝑓 + (𝑡𝑤 + 2𝑟)𝑡𝑓
mais pas inférieure à 𝜂ℎ𝑤 𝑡𝑤 ;
b) Sections laminées en U, charge parallèle à l’âme 𝐴𝑣 = 𝐴 − 2𝑏𝑡𝑓 + (𝑡𝑤 + 𝑟)𝑡𝑓
c) Sections laminées en T, charge parallèle à l’âme 𝐴𝑣 = 0.9 (𝐴 − 𝑏𝑡𝑓 )
d) Sections soudées en I, H ou en caisson, charge parallèle à l’âme 𝐴𝑣 = 𝜂 ∑ ℎ𝑤 𝑡𝑤
e) Sections soudées en I, H, U ou en caisson, charge parallèle à l’âme 𝐴𝑣 = 𝐴 − ∑ ℎ𝑤 𝑡𝑤
f) Sections creuses rectangulaires laminées d'épaisseur uniforme :
 Charge parallèle à la hauteur 𝐴𝑣 = 𝐴ℎ⁄(𝑏 + ℎ)

 Charge parallèle à la largeur 𝐴𝑣 = 𝐴ℎ⁄(𝑏 + ℎ)

g) Sections creuses circulaires et tubes d’épaisseur uniforme 𝐴𝑣 = 2𝐴⁄𝜋


Où A : aire de la section transversale ;
b : largeur hors-tout ;
h : hauteur hors-tout ;
hw : hauteur de l’âme ;
r : est le rayon du congé ;
tf : épaisseur de la semelle ;
η : voir l'EN 1993-1-5, peut être pris égal à 1.00 en toute sécurité ;

3.3.2. Cisaillement pour les sections en I ou en H

Pour les sections en I ou H, la contrainte de cisaillement dans l'âme peut être prise égale à :
𝑉𝐸𝑑
𝜏𝐸𝑑 = 𝑠𝑖 𝐴𝑓 ⁄𝐴𝑤 ≥ 0,6 (17)
𝐴𝑤
Où Af est l’air d’une semelle
Aw est l’aime de l’âme : 𝐴𝑤 = ℎ𝑤 𝑡𝑤

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3.4. Torsion
La valeur de calcul de du moment de torsion TEd dans chaque section transversale doit satisfaire
la condition suivante :
𝑇𝐸𝑑
≤ 1,0 (18)
𝑇𝑅𝑑
Où 𝑇𝑅𝑑 : moment de torsion résistant ;
La vérification en élasticité peut être assurée par la formule la plus générale de l’expression (2).
Pour les sections creuses fermées, il convient de déterminer la résistance de calcul au
cisaillement de chaque paroi conformément à l’EN 1993-1-5.

4. Effort combinés
4.1. Effort tranchant et moment de torsion
Dans le cas de combinaison d'effort tranchant et de moment de torsion, il y a lieu de réduire la
résistance plastique au cisaillement de Vpl,Rd à Vpl,T,Rd pour prendre en compte les effets de la
torsion, et il convient que l'effort tranchant de calcul satisfasse la condition suivante :
𝑉𝐸𝑑
≤1 (19)
𝑉𝑝𝑙,𝑇,𝑅𝑑
Où 𝑉𝑝𝑙,𝑇,𝑅𝑑 peut être déterminée à partir des expression suivantes :
 Pour une section en I ou H :

𝜏𝑡,𝐸𝑑
𝑉𝑝𝑙,𝑇,𝑅𝑑 = 1− 𝑉𝑝𝑙,𝑅𝑑 (20)
√ (𝑓 ⁄√3)⁄
1,25 𝑦 𝛾𝑀0

 Pour une section en U :

𝜏𝑡,𝐸𝑑 𝜏𝑤,𝐸𝑑
𝑉𝑝𝑙,𝑇,𝑅𝑑 = 1− − 𝑉𝑝𝑙,𝑅𝑑 (21)
√ (𝑓 ⁄√3)⁄ (𝑓 ⁄√3)⁄
1,25 𝑦 𝛾𝑀0 1,25 𝑦 𝛾𝑀0
[ ]

 Pour un profil creux de construction :

𝜏𝑡,𝐸𝑑
𝑉𝑝𝑙,𝑇,𝑅𝑑 = [1 − ] 𝑉𝑝𝑙,𝑅𝑑 (22)
(𝑓 ⁄√3)⁄
1,25 𝑦 𝛾𝑀0

Où 𝑉𝑝𝑙,𝑅𝑑 est calculée à partir de l’expression (16)

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5. Références bibliographiques

[1] Norme EN 1993-1-1 : 2003

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