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D015

DROIT DES SOCIETES ET DES GROUPEMENTS D’AFFAIRE

I. AFFAIRE FRANÇOIS CONTRE ENTREPRISE SEGO

1. Il veut savoir si une quelconque infraction peut être reprochée à François.

Franç ois peut être pénalement pours uivi pour abus de confianc e c'est -à-dire le fait par une pers onne de
détourner, au préjudice d'autrui, des fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont été remis et
qu'elle a acceptés à charge de les rendre, de les représenter ou d'en faire un usage déterminé (article
314-1 du code pénal). La victime peut porter plainte et demander réparation de son préjudice. Pour que
l'abus de confiance soit reconnu, il faut prouver que le bien a été détourné de l'usage prévu ou n'a pas été
rendu dans les délais fixés.

En effet, plusieurs éléments de faits doivent néc essairement être réunis pour caractériser l'abus de
confiance :
 L’accord préalable : pour que cette infraction soit constituée, l’existence d’un accord préalable par
écrit ou oral entre son auteur et la victime, est indispensable. Cet accord peut être sous forme
d’un contrat de mandat, de prêt ou de travail.
 La remise de la chose : elle doit être volontaire, car si c’est le contraire, l’acte pourra être qualifié
de vol. D’une manière générale, l’auteur de l’infraction doit savoir pertinemment le caractère
temporaire de la détention c’est-à-dire que la victime ne lui a pas transféré la propriété de la
chose concernée.
 Le détournement : il peut prendre de nombreuses formes par exemple, une destruction, une
vente, une non-restitution, et autres. Donc, l’auteur de l’acte s’approprie d’une chose qui ne lui
appartient pas, et cela entraîne un dommage matériel ou moral à l’égard de la victime.

De plus, l'abus de confiance est une infraction int entionnelle, qui nécessite la volonté d'intervertir le titre
de propriété par la personne qui adopte un comportement incompatible avec son engagement. Cette
personne veut se comporter comme le vérit able propriétaire de la chose alors qu'il ne dispose que d'un
titre temporaire et préc aire. La non-restitution est la négation des droits du possesseur véritable. Elle peut
résulter soit de l'impossibilité de restitution soit d'un refus de restituer.

Dans notre cas, Franç ois a un ordiateur branché à une connexion Internet mis à s a disposition par s on
employeur à savoir l'ent reprise Ségo. Par conséquent, en utilisant le matériel informatique pour un usage
personnel, François le détourne de son usage professionnel initialement destiné.

2. Quelles seraient alors les peines encourues ?

Les peines encourues par François seraient pour l'abus de confiance de trois ans de prison et 375 000 €
d'amende.
II. AFFAIRE FRANÇOIS CONTRE CIE ASSURANCES TOURISQUES

1. Qualifiez les agissements de François au regard de la loi pénale.

François peut être pénalement poursuivi pour tentative d'escroquerie.

Tout d'abord, selon le code pénal, la loi définit l'escroquerie comme "le fait de tromper une personne
physique ou morale et de l'inciter ainsi, à son préjudice ou au préjudic e d'un tiers, à remettre des fonds,
des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou
décharge".

Ensuite, la tentative d’escroquerie à l’assurance suppose de constater un commencement d’exécution de


l’escroquerie. Au contraire, les simples actes préparat oires à l’escroquerie ne sont pas punissables. Plus
précisément, il y a tentative à demander le remboursement du sinistre à la compagnie
d’assurance et escroquerie consommée à percevoir ce remboursement.

Ici, l'expert a découvert la simulation de vol mise en oeuvre par François et en a informé l'assurance donc
l'indemnisation n'a pas été obtenue. En conséquence, le but n'étant pas atteint, François ne peut pas être
poursuivie pour escroquerie mais pour tentative d'escroquerie.

Selon l'article 121-5 du Code pénal "la tent ative est constituée dès lors que, manifestée par un
commencement d’ex écution, elle n’a été suspendue ou n’a manqué son effet qu’en raison de
circonstances indépendantes de la volont é de son aut eur". Trois conditions sont nécessaires pour que
cette tentative soit punissable :
 une relation aux infractions dont la tentative est punissable,
 un commencement d'exécution,
 l'interruption ou la suspention involontaire de l'acte.

En l'espèce, la suspension de l'acte est involontaire puisque c'est l'expert qui a constaté le subterfuge.
Les peines encourues par François seraient pour tentative d'escroquerie de cinq ans de prison et 375 000
€ d'amende, identique à l'escroquerie.

2. Xavière encourt-elle une quelconque responsabilité pénale personnelle ?

Xavière n'encourt pas de responsabilité pénale personnelle car elle n'a pas commis d'acte. En effet, pour
être poursuivie en tant que complice de l'auteur principal, elle aurait dû aider François à commettre
l'infraction. Elle a été simple spectatrice au moment du trafic de la serrure.

3. La situation serait-elle différente pour elle si elle avait aidé François dans sa simulation
de cambriolage, en cachant les objets de valeur dans son propre appartement ?

Oui, la situation aurait été différente si elle avait aidé François dans sa simulation de cambriolage. En
cachant les objets de valeur dans son propre appartement, elle aurait donc commis un acte de l'infraction.
Par conséquent, elle aurait été considérée comme complice de François et aurait engagée sa
responsabilité pénale. Ainsi, elle aurait encouru la même peine que lui.
III. AFFAIRE XAVIERE CONTRE SARL BOZABI

1. Xavière est-elle, de ce fait, passible de poursuites pénales ? Quelle est alors l’infraction
commise ?

Xavière est passible de pours uites pénales pour faux si elle falsifie le livre de caisse. Le faux est
légalement défini comme étant une altération frauduleuse de la vérité visant à causer un préjudice à
autrui. Il est défini par l'article 441-1 du Code pénal : "constitue un faux toute altération frauduleuse de la
vérité, de nature à causer un préjudice et accomplie par quelque moyen que c e soit, dans un écrit ou tout
autre support d’expression de la pensée qui a pour objet ou qui peut avoir pour effet d’établir la preuve
d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences juridiques".

On parle de faux matériel lorsque l'altération de la vérité est réalisée dans un écrit ou tout autre support
matériel et que cela constitue un préjudice. Il peut donc s'agir :
 d'un écrit,
 d'un document informatique,
 d'un document ayant pour effet ou pour objet d’ét ablir la preuve d’un fait ayant des conséquences
juridiques.

Le faux matériel peut résulter de :


 la fabrication d'un faux document,
 l'utilisation d'un document original pour transmettre de fausses informations,
 l'ajout ou de la suppression d'informations sur un document,
 l'imitation d'une signature...

On parle de faux moral lorsque l'auteur du faux agit frauduleusement et a une intention coupable. Il peut
résulter de :
 l'affirmation d'éléments contraires à la vérité,
 l'omission ou la dissimulation d'informations...

Les peines encourues en cas de faux et usages de faux sont définies par l'article 441-1 du Code pénal à
trois ans de prison et 45 000 € d'amende.

2. Dans l’hypothèse où Xavière aurait totalement omis de reporter les sommes versées
dans le livre de caisse, la réponse serait-elle différente ?

Oui, si Xavière aurait totalement omis de reporter les sommes vers ées dans le livre de caisse, il y aurait
également faux en écriture par ommission. Cela engendrera donc la même peine.
IV. AFFAIRE FRANÇOIS ET XAVIERE CONTRE LE CONCESSIONNAIRE
BELLAUTO

1. François peut-il voir sa responsabilité pénale engagée du chef de recel de vol ?

Tout d'abord, le vol et le recel de vol sont deux infractions qui doivent être distinguées:
 L’article 331-1 du Code pénal définit le vol comme "la soustraction frauduleuse de la chose
d’autrui", quelque soit le motif de cette soustraction.
 Selon l’article 321-1 du Code pénal, le recel de vol désigne le fait de détenir, de dissimuler, de
conserver, de transmettre, de tirer profit ou d’acheter un bien que l’on sait issu d’un vol.

Dans notre cas, François a commis un vol de voiture en infraction d'origine donc il ne peut pas être
poursuivi pour recel de vol pour le même fait.

2. Que risque Xavière ? Peut-on soutenir que Xavière est une receleuse ?

Une personne est qualifiée de "rec eleur" si elle connaît pertinemment l’origine du bien. Par conséquent,
une vérification est nécessaire.

Le recel de vol est une infraction qui désigne le fait de détenir, de cacher, de conserver, de transmettre ou
d’acheter un bien que l’on sait issu d’un vol. Le recel de vol concerne aussi le fait de tirer des profits d’un
bien volé. Pour qu’il y ait recel de vol, il faut que la personne ait conscience de l’origine frauduleus e du
bien dét enu. C’est ce que l’on appelle l’élément moral du recel de vol. Si Xavière prouve sa bonne foi en
démontrant qu’elle ignorait la dét ention ou la provenance délictueuse de la chose, l’infraction ne peut être
retenue.

En l'espèce, François a volé le véhicule ce qui caractérise la détention du bien. Puis, Xavière est en
possession du bien au moment de son arrestation. E nfin, l'ignorance de Xavière pour la connaissance de
l’origine infractionnelle de la chose détenue est mis en évidence. De ce fait, Xavière n'est pas une
receleuse.

3. Imaginons maintenant que Xavière soit au courant du vol de la voiture. Si elle prend
place dans la voiture aux côtés de François en sachant que celle-ci est une voiture volée,
peut-elle être poursuivie pour recel ?

Si Xavière a pris connaissance du vol de la voit ure par François et si elle décide de prendre place dans la
voiture à ses côtés, elle serait poursuivie pour rec el de vol. Ainsi, les peines encourues par l’article 321 -1
du Code pénal prévoit de cinq ans de prison et de 375 000 € d’amende.

4. Qu’en est-il de la situation du garagiste, ami de François ?

Pour l'ami de François, le garagiste en tant que professionnel peut être poursuivi également pour recel de
vol du fait d'avoir détenu le véhicule. Effectivement, il aurait pu se poser des questions sur la provenance
du bien. Toutefois, la preuve de l’élément intentionnel de l’infraction est difficile à prouver.
V. AFFAIRE XAVIERE ET LE VASE DE CRISTAL VOLE

1. Traitez la situation de Xavière : peut-elle être qualifiée de receleuse et être pénalement


poursuivie dans cette hypothèse ?

Dans cette hypothèse, il faut tout d'abord vérifier que le vase en cristal provient d'une infraction, d'un délit.
Ici, Xavière découvre au journal télévisé que celui -ci a été volé dans un grand musée à Lyon. De ce fait,
cela signifie que l'auteur du vol n'a pas été condamné. Par conséquent, Xavière étant en possession de
ce vas e, elle peut être incriminée pour recel de vol sauf si elle prouve sa méconnaissance de l'origine de
la provenance du vase en cristal. En effet, nous pouvons dire que c'est un recel à retardement. Elle doit
donc exprimé sa bonne foi aux autorités et leurs remettre cet objet. Ainsi, sa responsabilité pénale ne
serait pas engagée.

2. Vous direz enfin sur quels fondements légaux le brocanteur qui lui a vendu le vase
peut être poursuivi, en droit pénal commun et dans les textes spécifiques à son activité
professionnelle.

Le brocanteur qui lui a vendu le vase peut être poursuivi pour deux chefs d'accusations :
 Pour recel aggravé lorsque le recel est commis en utilisant les facilités que procure
l’exercice d’une activit é professionnelle comme brocant eur, cette infraction fait alors encourir dix
ans de prison et de 750 000 € d’amende précise l’article 321-2 du Code pénal. L’amende peut
s’élever au-delà pour atteindre jusqu’à la moitié de la valeur des biens recelés prévoit l’article
321-3 du Code pénal.

 Pour infractions relatives aux personnes dont l'activité professionnelle comporte la vente ou
l'échange de cert ains objets mobiliers (Articles R321 -1 à R321-8). Toute personne soumise à
l'obligation de tenir le registre d'objets mobiliers prévu au premier alinéa de l'article 321 -7 doit
effectuer une déclaration préalable à la préfecture ou la sous -préfecture dont dépend son
établissement principal. Ces personnes encourent une peine de six mois de prison et de
30 000 € d’amende.

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