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D013

DROIT DES SOCIETES ET DES GROUPEMENTS D’AFFAIRE

1. Toutes les entreprises et autres personnes morales ayant une activité économique
sont-elles soumises à l’obligation d’établissement de documents de gestion
prévisionnelle ? Oui ou non ?

Non, les sociétés commerciales et les personnes morales de droit privé non commerçant es ayant une
activit é économique, lorsqu'elles emploient au moins 300 salariés ou réalisent un chiffre d'affaires annuel
net d'au moins 18 millions d'euros, sont tenues d' établir périodiquement des doc uments comptables et
financiers destinés à prévenir les difficultés des ent reprises. Ces obligations sont prescrites par les articles
L. 232-2 à L. 232-4 et R. 232-3 à R. 232-7 du code de commerce, pour les sociétés commerciales, et par
les articles L. 612-2 et R. 612-3 du même code pour les personnes morales de droit privé non
commerçantes ayant une activité économique.

2. La procédure d’alerte est-elle une procédure judiciaire ? Oui ou non ?

Non, cette procédure vise à offrir une information sur l’étendue des difficultés qui pourraient, à terme,
menacer le futur de l’entreprise. L’objectif de la procédure d’alerte est donc de permettre, le plus tôt
possible, la recherche de solutions afin d’éviter l’aggravation des difficultés.

3. Le déclenchement de l’alerte est-il soumis à condition de fond ? Si oui, laquelle ?

Oui, la procédure doit être déclenchée par le commissaire aux comptes pour alerter les dirigeants sur "les
faits de nat ure à affecter de manière préoccup ante la situation économique de l’entreprise et les faits de
nature à compromettre la continuité de l’exploitation". En effet, le rôle du commissaire au comptes ici est
de convoquer le chef d’entreprise pour faire avec lui le point sur la situation de l’entreprise et chercher des
solutions pour garantir sa pérennité.

4. L’alerte a-t-elle des effets juridiques obligatoires pour les dirigeants de l’entreprise ?
Oui ou non ?

Non, l’alert e n'a pas d'effets juridiques obligatoires pour les dirigeants de l'entreprise, ils sont alertés de la
situation et ils doivent réagir ou pas de cette transmission afin de sauver leur entreprise. Ils ne sont
juridiquement pas obligés de suivre cette p rocédure mais celle-ci permet de résoudre les problèmes de
l'entreprise.
5. L’alerte n’existe pas dans les entreprises n’ayant pas désigné de commissaire aux
comptes. Vrai ou faux ?

Faux, dans le but de maximiser son efficacité, plusieurs organes peu vent enclenc her une telle procédure
interne à l'entreprise comme le comité d'entreprise, le commissaire aux comptes, les associés, les
actionnaires ou encore le président du tribunal de commerce.

6. Quelle est l’origine de la procédure de conciliation créée par la loi du 26 juillet 2005 ?

Le gouvernement est parti d'un constat.Depuis 1985, le contexte juridique et économique a


considérablement évolué. Le droit des procédures collectives se révélait inadapt é. Ces lois étaient les
suivantes :
 la loi 1er mars 1984 relative à la prévention et au règlement amiable,
 la loi du 25 juillet 1985 relative aux procédures collectives,
 la loi du 25 janvier 1985 relative aux administrateurs judiciaires, mandataires -liquidateurs et
experts en diagnostics de l'entreprise.
Cert es ces lois avaient fait l'objet de toilettages ultérieurs visant gommer certains de ses défauts : un
certain manque de souplesse, le caractère tardif de l'intervention de ces procédures. Néanmoins ces
modifications s'avéraient insuffisantes et une réforme de fond s'imposait. C'est dans ce contexte que fut
adoptée la loi de sauvegarde des entreprises en difficulté du 26 juillet 2005, entrée en vigueur le 1er
janvier 2006.

7. Comment s’appelle juridiquement la personne désignée par le tribunal pour aider


ponctuellement le chef d’entreprise en cas de difficultés toutes récentes ?

La personne juridiquement désignée est le mandat aire judiciaire. Il s'agit de la personne désignée par le
tribunal de commerce pour aider une entreprise commerciale en difficulté. Pour en bénéficier, l'entreprise
ne doit pas encore être en cessation de paiement. Par ailleurs, le chef d'entreprise doit en faire la
demande expressément auprès du président du tribunal de commerce c ompétent. Une fois désigné
(généralement pour une durée de trois mois), le mandataire a pour mission d'assister le chef d'entreprise
et l'équipe dirigeante afin de trouver une solution au problème donné.

8. Une entreprise déjà en cessation de paiement peut-elle recourir à la procédure de


conciliation ? Oui ou non ?

Oui, la survenue de la cessation des paiements oblige impérativement, dans les quarante-cinq jours qui la
suivent, l'entreprise en difficult é à déposer la déclaration correspondante aux fins d'ouverture d'une
procédure de redressement judiciaire, de liquidation judiciaire ou de conciliation. En effet, l'ouverture de la
conciliation est la seule procédure de prévention des difficultés qui demeure encore accessible à
l'entreprise en cessation des paiements.
9. La procédure de conciliation est-elle une procédure judiciaire collective ? Oui ou non ?

Non, la procédure de conciliation n’est pas une procé dure collective mais une procédure préventive. En
effet, contrairement à la procédure de conciliation, une procédure collective présente les inconvénients
d’être nécessairement judiciaire et publique. Les 3 seules procédures collectives qui existent sont l a
sauvegarde, le redressement et la liquidation.

10. En cas de non-respect de l’accord obtenu à la fin de la procédure de conciliation, une


procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire est automatiquement ouverte.
Vrai ou faux ?

Vrai, en cas d'inexécution de l'accord constaté ou homologué, une des parties à l'accord peut demander
son exécution forcée ou demander la prononciation de la résolution de l'accord, c'est -à-dire sa fin, et donc
le retrait de tout délai de paiement accordé. Le juge pourra aussi décider de remettre en cause les délais
de grâce qu'il aurait pu lui -même accorder. La demande doit être formée par assignation. L'entreprise, les
créanciers partis à l'accord ainsi que ceux qui se sont vus imposés des délais de paiement par le juge
sont invités à comparaître. Ensuit e, la loi ne prévoit plus l'ouverture automatique d'une procédure
collective. L'ouverture d'une procédure de sauvegarde peut se concevoir, si la société en effectue la
demande et qu'il remplit les conditions. Généralement, la cessation des paiements sera déjà caractérisée
et le passage au redressement ou à la liquidation judiciaire s'imposera.

11. La procédure de sauvegarde est une procédure judiciaire et collective. Vrai ou faux ?
Pourquoi ?

Vrai, la procédure de sauvegarde est dite "une procédure collective" c'est -à-dire qu'elle met tous les
créanciers sur le même plan, l'attent e, et qu'il n'y a plus de droit à poursuit e individuelle. Elle est
également une procédure judiciaire car elle implique l’intervention du tribunal, c’est pourquoi nombreux
sont ceux qui parlent de sauvegarde judiciaire.

12. La procédure de sauvegarde reprend de nombreuses dispositions antérieurement


intégrée à une autre procédure collective. Laquelle ?

La procédure de sauvegarde reprend de nombreuses dispositions antérieurement intégrée à une autre


procédure collective, il s'agit du redressement judiciaire. Effectivement, l'objectif principal de cette
procédure est le redressement de l'entreprise. Il s'agit d'une procédure qui se situe à mi-chemin entre les
procédures collectives classiques (redressement et liquidation judiciaires) et les procédures dites de «
prévention des difficultés »: le débiteur n'a pas besoin d'être en état de cessation des paiements, mais il
connaît néanmoins des difficultés trop importantes pour que les techniques de prévention soient enc ore
adaptées à sa situation. La situation présente encore de réelles perspectives de redressement, afin de
réaliser l'objectif de la procédure : la réorganisation de l'entrepris e.
13. Quelle est la grande particularité de la procédure de sauvegarde par rapport aux
conditions traditionnelles d’ouverture d’une procédure collective ?

Cont rairement aux proc édures de redressement judiciaire et de liquidation judiciaire, seul le chef
d'entreprise peut en demander l'ouverture. En pratique, une sauvegarde est souvent demandée lors que
l'entreprise ne parvient pas à négocier avec ses créanciers dans le cadre du paiement de s es dettes.

14. Classez ces créances dans leur ordre de paiement suite à leur déclaration à la
procédure de sauvegarde :
 frais de justice
 créances nées avant le jugement d’ouverture
 créances ordinaires nées après le jugement d’ouverture
 créances de salaires
 créances nées après le jugement d’ouverture mais nécessaires à la poursuite de
l’activité.

Classement dans leur ordre de paiement :


1. créances de salaires
2. frais de justice
3. créances nées après le jugement d'ouverture mais nécessaire à la poursuite de l'activité
4. créances ordinaires nées après le jugement d'ouverture
5. créances nées avant le jugement d'ouverture

15. Que se passe-t-il lorsque le débiteur se retrouve en état de cessation des paiements
au cours de la procédure de sauvegarde ou de l’exécution du plan ?

Lorsque la cessation des paiements du débiteur est constatée au cours de l'exécution du plan, le tribunal
qui a arrêté ce dernier décide, après avis du ministère public, sa résolution et ouvre une proc édure de
redressement judiciaire ou, si le redressement est manifestement impossible, une procédure de
liquidation judiciaire.

16. Seules les entreprises de nature commerciale peuvent bénéficier d’une procédure
collective de redressement judiciaire. Vrai ou faux ?

Faux, en principe, la plupart des entrepreneurs peuvent bénéficier du redressement judiciaire: les
indépendants (quelle que soit leur activité: commerciale artisanale, agricole ou libérale), ainsi que toutes
les personnes morales non publiques: les sociétés civiles, les sociétés commerciales, les sociétés
coopératives, syndicats professionnels...
17. Quelle condition économique de fond conduit à l’ouverture d’une procédure de
redressement judiciaire ?

Pour ouvrir une procédure de redressement judiciaire, il faut que l'entreprise soit dans l’impossibilité de
faire face au passif exigible, c'est-à-dire à ses dettes avec son actif disponible. En effet, la situation de
l'entreprise n'est pas caractérisée par de simples diffic ultés de trésorerie : elle se trouve "dans
l'impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible".

18. Quels sont les plans de redressement possibles à l’issue de la procédure de


redressement judiciaire ?

Lorsque le redressement d’une entreprise est envisagé, un plan mis en place détermine les perspectives
de redressement en fonction des possibilités et des modalités d’activités, de l’état du marché et des
moyens de financements possibles :
 Il définit les modalités de règlement du passif et les garanties éventuelles que le chef d’entreprise
doit souscrire pour en assurer l’exécution. Ainsi, le plan rééchelonne les dettes du débit eur, tient
compte des remises de dettes auxquelles les créa nciers ont consenti et des délais de paiement
qui ont été acceptés ou que le tribunal a imposé. On peut souligner que les remises de dettes ne
lui sont définitivement acquises qu’à l’issue de la bonne exécution du plan.

 Le plan contient aussi un volet social : il expose et justifie le niveau et les perspectives d’emploi
ainsi que les conditions sociales envisagées pour la poursuite d’activité. A cet égard il peut prévoir
des licenciements économiques et faire des propositions de reclassement.

 Le plan peut également contenir des modalités touchant à la structure de l’entreprise :


modification de capital, nouveaux actionnaires ou associés, remplacement des dirigeants…

 Enfin, il peut contenir des modalités économiques : modification ou réorganisation de l’acticité


commerciale, inaliénabilité temporaire d’un bien, cession partielle d’actifs ou de branches
d’activités Dans ce dernier cas, il recense et analyse les offres d’acquisition portant sur une ou
plusieurs activités, présentées par des tiers.

19. Quels sont les conditions et les effets de la liquidation judiciaire de l’entreprise ?

La liquidation judiciaire est une procédure ouverte par le tribunal dès lors :
 que l'entreprise est en état de cessation des paiements ;
 que son redressement apparaît manifestement impossible.

Le dirigeant de l'ent reprise est immédiatement dessaisi de toute compétence et toute gestion. Le
mandataire judiciaire désigné prend la conduite de la société afin de recouvrer l'actif. De plus, l'ouvert ure
de la procédure emporte interdiction de paiement de t outes créances nées antérieurement au jugement
d'ouverture (article L. 641-3 du Code de commerce). Auc une nouvelle procédure (ou voie d'exécution) ne
peut plus être engagée contre l'entreprise. Ensuite, le mandataire judiciaire procède au licenciement des
éventuels salariés. Enfin, il réalise l'actif, ce qui signifie qu'il fait procéder à la cession des biens
immobiliers et mobiliers détenus par la société en liquidation, sur autorisation du juge commissaire de la
procédure. Il proc ède ensuite à une répartition des fonds entre créanciers. Les créanciers dits "privilégiés"
sont payés en priorité.
20. Quels sont les différents types de sanctions pouvant être prononcées à l’encontre des
dirigeants d’entreprise en cas de procédure collective ?

Les différentes types de sanctions pouvant être prononcées à l'encontre des dirigeants d'entreprise an
cas de procédure collective sont :

 les sanctions professionnelles : Cette sanction suppos e une faute du dirigeant et vise à interdire
au dirigeant la gestion, la direction, l’administration ou le contrôle (direct ou indirect) d’une
entreprise après la procédure collective,

 les sanctions pat rimoniales : Cette sanction consiste à faire supporter totalement ou partiellement
l’insuffisance d’actif par le dirigeant. Ce dernier devra donc combler le passif avec ses deniers
personnels pour satisfaire les créanciers de l’entreprise,

 les sanctions pénales : Cette sanction c oncerne la personne qui doit avoir tentée d’éviter ou de
retarder le redressement judiciaire, frauduleusement augment é le passif, détourné ou dissimulé
tout ou partie de l’actif, tenu une comptabilité fictive ou incomplète (la b anqueroute). Cette
sanction peut être cumulable avec l’interdiction de gestion ou la faillite personnelle.