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SCIENCE ECONOMIQUE ET GESTION MASTÈR SPÉCIALISÉ

BANQUE ET FINANCE

EXPOSÉ SOUS LE THÈME :

L'ARBITRAGE
COMMERCIAL
ENCADRÉ PAR : MADAME KARIMA KARROUMY
MODULE : DROIT DES AFFAIRES.

ZAKARIA AMID - IKHIMMI FATIMA ZAHRA - CHIRAA OUIDA


NAJOUA BENSAID - HAJAR EL OUADIH - HIBA BEDRAOUI
Remerciements

Remerciements
Nous tenons à remercier tout
particulièrement et à témoigner toute
notre reconnaissance à Madame
Karima Kerroumi notre cher
professeur, pour son temps précieux et
tous ses conseils, ses explications … et
son orientation. C’est un honneur de
travailler avec tel professeur. Aucun
mot ne peut exprimer nos sincères
sentiments.

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Sommaires

REMERCIEMENTS ........................................................................................................................... 1

SOMMAIRES ...................................................................................................................................... 2

INTRODUCTION GÉNÉRALE ........................................................................................................ 4

PARTIE 1 : La convention de l’arbitrage ................................................................................. 10

Chapitre 1 : les conventions d’arbitrage ..................................................................10

Section 1 : la clause arbitrale ............................................................................................. 11

Section 2 : Différence entre justice arbitrale et autre modes de règlements


des conflits .............................................................................................................................. 15

Chapitre 2 : l’arbitrage institutionnel et ad hoc et l’exequatur ............................ 16

Section 1 : L’arbitrage institutionnel et l’arbitrage ad hoc ...................................... 17

Section 2 : L’exequatur ........................................................................................................ 22

Partie 2 : LES PARTIES ET LES EXÉCUTIONS DE L’ARBITRAGE ..................................... 28

Chapitre 1 : Les parties qui interviennent dans une convention d’arbitrage : ... 28

Section 1 : les conditions liées à l’arbitre....................................................................... 28

Section 2 : les conditions des tiers : ................................................................................ 29

Chapitre 2 : L’exécution de la convention d’arbitrage .......................................... 32

Section 1 : La notification .................................................................................................... 32

Section 2 : l’exécution .......................................................................................................... 34

CONCLUSION .................................................................................................................................. 38

BIBLIOGRAPHIE.............................................................................................................................. 40

TABLE DE MATIÉRE ...................................................................................................................... 41

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INTRODUCTION GÉNÉRALE

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INTRODUCTION GÉNÉRALE
Qu'on le constate ou qu'on le regrette, le développement des
échanges -spécialement économiques- s'accompagne d'un
accroissement des litiges. Accroissement quantitatif au regard de
leur nombre ; et qualitatif sous l'angle de leur complexité, c'est-à-dire
de leur coût et de leur durée. Afin de réagir à cet état de fait, c'est
assez naturellement que, menés par le goût de la recherche ou par
des considérations d'efficacité et d'économie, les regards se tournent
ailleurs, vers d'autres modes de règlement des litiges, parfois
regroupés sous l'appellation de « justice douce ». La naissance - ou
le renouveau - des modes alternatifs de règlement des conflits a
d'abord pris corps dans les pays de Common Law (aux États-Unis
surtout), mais font l'objet d'une attention croissante dans les pays de
tradition romano-germanique. Cet essor va de pair avec une certaine
désaffection pour le droit et les solutions juridiques, comme si le droit
était moins qu'hier l'instrument privilégié de la recherche du juste.

Précisons par ailleurs qu’il n’est pas indifférent d’utiliser la notion


de conflit ou celle de litige. Sans entrer dans une discussion trop
théorique, disons simplement que les notions de conflit et de litige ne
sont pas équivalentes : la notion de conflit a vocation à englober la
notion de litige en ce sens que le litige est un conflit juridiquement
relevant, c'est-à-dire un conflit susceptible de faire l’objet d’une
solution juridique, par application des règles de droit. Autrement dit,
d’une part, tout conflit n’est donc pas un litige : les querelles de
couples sont un conflit, pas un litige ; d’autre part, un litige peut être
réglé sans que le conflit qui a donné naissance à ce litige ne le soit.

Ça fait des lustres, le Maroc confie aux tribunaux étatiques la


mission de rendre justice, son droit positif, sa culture et la mentalité
de sa population admettent que certains litiges peuvent être résolus
par plusieurs voie et différents Les modes alternatifs de règlement
des conflits.

Parmi ces modes se trouve l'arbitrage, qui est une procédure


dans le cadre de laquelle les parties soumettent, par convention, leur
litige à des arbitres de leur choix qu’elles investissent du pouvoir de
rendre une décision contraignante.

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L’arbitrage est un mode de règlement des litiges qui intervient
en marge des institutions judiciaires, par l’organisation originale d’une
fonction juridictionnelle reposant sur un fondement contractuel. Le
droit de l’arbitrage définit le domaine, les conditions, les formes et les
modalités de cet instrument contractuel ; il détermine les conditions
de constitution d’un tribunal arbitral, le régime procédural de ce
règlement juridictionnel original des litiges, le statut de la sentence
arbitrale, les voies de recours qui peuvent la viser et l’exécution qu’elle
doit recevoir.

Pour clarifier cette notion, l’arbitrage suppose en tout premier


lieu un rappel de définitions il faut la reconsidérer à attribuer à cette
notion de points de vue d'un ensemble de jurisconsultes, et aussi
étatique. Par exemple :

Ce droit de l’arbitrage est déterminé, en droit Marocaine, par les


règles qui figurent au Bulletin Officiel n° 5584 du Jeudi 6 Décembre
2007 Code de procédure civile (« De l’arbitrage ») dont le Dahir n° 1-
07-169 du 19 kaada 1428 (30 novembre 2007) portant promulgation de
la loi n° 08-05 abrogeant et remplaçant le chapitre VIII du titre V du
code de procédure civile.

« L'arbitrage a pour objet de faire trancher un litige par un


tribunal arbitral qui reçoit des parties la mission de juger en vertu
d'une convention » (Article 306 du bulletin officiel n°5584)

« La convention d'arbitrage est l'engagement des parties de


recourir à l'arbitrage pour régler un litige né ou susceptible de naître
concernant un rapport de droit déterminé, de nature contractuelle ou
non contractuelle. La convention d'arbitrage revêt la forme d'un
compromis d'arbitrage ou d'une clause d'arbitrage ». (Article 307 du
bulletin officiel n°5584)

« L’arbitrage est un mode de règlement des litiges qui intervient


en marge des institutions judiciaires, par l’organisation originale d’une
fonction juridictionnelle reposant sur un fondement contractuel »
Dominique Vidal

« L’arbitrage est l'institution d'une justice privée grâce à laquelle


les litiges sont soustraits aux juridictions de droit commun, pour être

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résolus par des individus revêtus, pour la circonstance, de la mission
de les juger » Jean Robert

Le législateur marocain avait placé de grands aspirations dans la


mise en place de l'institution arbitrale en proclamant un certain
nombre d'articles 1. Ces articles constituaient le régime commun en
matière d’arbitrage et n’avaient pas été développés avant le code de
1974 du 28 septembre lequel a consacré à l’arbitrage une place non
négligeable dans ces articles 307 à 327. à côté de ces articles et bien
avant leur adoption en retrouve dans d’autres lois toutes aussi
fondamentales des dispositions afférentes à l’arbitrage.

Ainsi, l’article 894 du code des obligations et contrats, datant lui


aussi du 12 aout 1913 et encore applicable, prescrit que quel que soit
l’étendue de ses pouvoirs, le mandataire ne peut, sans l’autorisation
expresse du mandant compromettre ou transiger, sauf les cas
expressément acceptés par la loi. Outre la législation relative à
l’arbitrage interne, actuellement au Maroc, il existe un régime
juridique propre relatif à l’arbitrage commercial international, la
spécificité de la pratique arbitrale reste plus ou moins accentuée
selon les systèmes juridiques. Au Maroc, pour des raisons historiques
cette spécificité a été fortement marquée et ce pour deux fortes
raisons. 2

D’abord, par l’adoption du projet code d’arbitrage qui édicte un


ensemble d’articles concernant l’arbitrage international. Ensuite, par
le régime des 2 capitulations qui remonte au traité franco-marocain
du 17 septembre 1931 ; ce traité prévoyait que les différends
concernant les personnes de confession non musulmane pouvaient
être soumis à l’arbitrage1. Cette méthode MARC est bien adaptée aux
litiges juridiques complexes, car les parties peuvent recourir à des
arbitres supplémentaires travaillant dans un secteur particulier et
possédant des compétences juridiques.

Cependant, en raison de son coût et de sa complexité assez


élevés, l'arbitrage commercial est moins susceptible d'avoir un impact
sur le système judiciaire, par exemple en réduisant le nombre
d'affaires en instance. L'arbitrage concernera principalement les

1
Droit français de l'arbitrage interne et international, Vidal Dominique
2
Site officiel de la trésorerie générale du royaume https://www.tgr.gov.ma/

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grandes entreprises et les investisseurs internationaux. Le soutien
exclusif à l'arbitrage peut également comporter un autre risque car le
succès de ce dernier dépend en partie de l'efficacité du système
judiciaire pour l'exécution des jugements, car les sentences arbitrales,
telles qu'un jugement de justice, doit souvent être exécutées par un
tribunal.

L’arbitrage commercial est bien connu des intervenants


marocains et il est bien établi au niveau juridique. Le secteur privé, les
juristes et la magistrature s’y intéressent. De même, le soutien de
l’arbitrage commercial peut contribuer à favoriser le commerce
international puisque les investisseurs et les partenaires étrangers
préfèrent généralement recourir à l’arbitrage.

Contrairement à d’autres institutions arrivées au Maroc dans les


bagages du protectorat, l’arbitrage est un modèle de solution ancré
dans l’histoire marocaine. De tout temps, les grands souks marocains
ont toujours eu leurs sages. Autrement dénommés l’Amine
Oumanaes, ces derniers sont du reste des commerçants comme les
autres, et sont choisis par les parties pour décider en cas de conflits.
Donc on peut constater, qu’au Maroc l’arbitrage est développé sous
l’influence des changements historiques et entretient avec la justice
officielle des rapports de complémentarités d’intensité variable. 3

L’arbitrage international est utilisé au Maroc sur la base de


conventions multilatérales ou de conventions bilatérales notamment
en ce qui concerne les investissements qui comportent une clause
d’adhésion au centre international de règlement des différends
relatifs aux investissements (CIRDI). Mais on constate l’absence d’une
réglementation interne concernant la distinction entre arbitrage
interne et international. La loi 08-05 sur l’arbitrage pallie ainsi cette
lacune, qui prévoit dans l’article 327-40 qu’est international un
arbitrage qui met en cause des intérêts du commerce international et
dont l’une des parties a au moins son domicile ou son siège à
l’étranger. Donc l’Etat, les collectivités locales et les établissements
publics administratifs le recours à l’arbitrage sera possible pour les

3
L’arbitrage international et l’ordre public, par Najim El Haddouti, encadré par :Dr. Boulaich. UFR : Droit du
commerce international.

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contestations écoulant des rapports internationaux d’ordre
économique. 4

Ce travail portera essentiellement sur l’arbitrage qui soulève les


problématiques suivantes :

Quel est l’intérêt pratique pour recourir à l’arbitrage ?

Quelle est la procédure de l’arbitrage dans le cas de règlement


des conflits ?
Pour cela notre plan de travail est réparti comme suit :

PARTIE 1 : La convention de l’arbitrage


Chapitre 1 : les Conventions d’arbitrage

Section 1 : la clause arbitrale

Section 2 : Différence entre justice arbitrale et autres modes de


règlements des conflits

Chapitre 2 : l’arbitrage institutionnel et ad hoc & l’exequatur

Section 1 : L’arbitre institutionnel - L’arbitrage ad hoc

Section 2 : L’exequatur

PARTIE 2 : Les parties et les exécutions de l’arbitrage


Chapitre 1 : les parties qui interviennent dans une convention
d’arbitrage :

Section 1 : Les conditions liées à l’arbitre.

Section 2 : Les conditions des tiers.

Chapitre 2 : L’exécution de la convention d’arbitrage :

Section 1 : La notification.

Section 2 : L’exécution.

4
Bulletin Officiel n° 5584 du Jeudi 6 Décembre 2007

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PARTIE 1
LA CONVENTION DE L’ARBITRAGE

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PARTIE 1 : La convention de l’arbitrage
L’arbitrage est un mode de règlement des litiges consistant à
recourir à une ou plusieurs personnes privées (arbitres) choisies par
les parties pour obtenir une décision impérative, en dehors des
juridictions étatiques. La caractéristique fondamentale de l’arbitrage
réside dans la soustraction aux tribunaux étatiques des litiges qui
relèvent normalement de leur compétence.

L’arbitrage repose nécessairement sur un accord arbitral, c’est


uniquement par l’effet de la volonté que l’arbitrage peut avoir lieu,
l’arbitrage ne peut être alors que volontaire. 5

L’importance de l’arbitrage est indéniable eu égard aux


avantages qu’il procure aux partenaires, à savoir célérité de la
procédure, confidentialité et maîtrise des coûts. Ce mode alternatif
de règlement des litiges a pour objectif de préparer un
environnement favorable à l’investissement. C’est un moyen pour
avoir la confiance de l’investisseur étranger et national, c’est une
assurance supplémentaire pour leur patrimoine.

Chapitre 1 : les conventions d’arbitrage


Pour soumettre un litige à des arbitres, les parties doivent
préalablement convenir de cette possibilité au moyen d’une clause ou
d’une convention d’arbitrage.

On pourrait définir la convention d’arbitrage comme la


convention par laquelle les parties à un contrat s’engagent à
soumettre à l’arbitrage les litiges relatifs à ce contrat.

Il existe deux types de conventions d’arbitrage : la clause


compromissoire, qui est rédigée en vue d’un éventuel litige futur, et
le compromis, qui porte sur un litige déjà né.

5
La philosophie de l'arbitrage commercial international au regard du droit marocain, par: khammal hind

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Section 1 : la clause arbitrale
Paragraphe 1 : Notion d’arbitrage
1. Définition

L’arbitrage est une technique visant à faire donner la solution


d’une question, intéressant les rapports entre deux ou plusieurs
personnes, par une ou plusieurs personnes l’arbitre ou les arbitres,
lesquelles tiennent leur pouvoirs d’une convention privée et statuant
sur la base de cette convention, sans être investis de cette mission
par l’Etat.

Le législateur marocain a consacré une loi n°08-05 abrogeant et


remplaçant le chapitre VIII du code de procédure civile.

L'apport de la loi n°08-05 comme étant une source interne de


l'arbitrage, s'inspire de la loi type élaborée par la Commission des
Nations Unies pour le Droit Commercial International (CNUDCI)
concerne particulièrement, l'adaptation de la procédure d'arbitrage à
l'évolution de l'organisation judiciaire du Maroc et le développement
des procédures et organes d'arbitrage en adéquation avec les besoins
nouveaux des opérateurs économiques confrontés à la lenteur des
procédures judiciaires.

La loi n°08-05 du 6 Décembre 2007 organise l'arbitrage interne


en 60 articles intégrés dans le Nouveau Code de Procédure Civile (art.
306 à 327-38), dont la rédaction a été totalement inspirée par la loi
française sur l'arbitrage.

2. Les caractéristiques d’arbitrage :

L'arbitrage est un processus :

Volontaire : Les parties doivent consentir expressément à



l'arbitrage par écrit ou être visées par l'application d'une disposition
législative qui rend l'arbitrage obligatoire dans une situation
particulière. Si les parties ont accepté d'avoir recours à l'arbitrage,
les tribunaux, sur requête d'une des parties à la convention,
exigeront généralement que les parties soumettent leur différend
à l'arbitrage, à moins que la convention d'arbitrage soit caduque,
inopérante ou non susceptible d'être exécutée.

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•Contrôlé : Les parties et leurs avocats peuvent exercer un
contrôle sur la procédure arbitrale, notamment par le choix de
l'arbitre, du lieu de l'audition, de même que des autres parties qui
seront présentes.
• Privé : En règle générale, l'audition d'un arbitrage est
privée.
• Informel : Sous réserve des dispositions de la LAC, il
n'existe aucune règle de procédure ou de preuve applicable au
processus. Les règles de procédure sont établies par l'adoption de
règles existantes, par une convention d'arbitrage négociée entre
les parties ou par les parties et l'arbitre.
• Juridictionnel : À l'instar d'un litige, lorsque chacune des
parties a présenté sa cause, l'arbitre rend sa sentence. L'article 31
du Code exige que la sentence soit rendue par écrit et motivée à
moins que les parties aient convenu que tel ne doit pas être le cas.
• Exécutoire ou non : Tous les arbitrages au niveau fédéral
régis par la Loi sur l'arbitrage commerciale sont exécutoires. La
sentence n'est soumise au contrôle judiciaire que pour des motifs
limités, notamment lorsqu'une partie est frappée d'une incapacité,
que la procédure arbitrale n'a pas été conforme à la convention des
parties ou que la sentence est contraire à la loi ou à l'ordre public.
• Confidentiel : L'arbitrage est généralement confidentiel si
les parties en décident ainsi, dans le contexte fédéral, il faut
respecter les restrictions sur la divulgation de renseignements et
l'obligation de divulguer des renseignements en conformité avec
la Loi sur la protection des renseignements personnels et la Loi sur
l'accès à l'information.
• Flexible : Les parties sont libres de choisir l'arbitre et la
procédure à suivre pour régler le différend. 6

Paragraphe 2 : Les spécificités de la clause arbitrale


1. Les conditions de validité

a- Les conditions formelles :

La forme de la convention d’arbitrage diffère d’une législation à


une autre, l’article 6 du CA l’exige comme un moyen de preuve. Sur le

6
I. Deleanu, S. Deleanu,, L’arbitrage interne et international, éd. Rosetti, Bucarest.

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plan du droit conventionnel, on peut citer la convention de Genève de
1961 qui a rejeté toute rigidité en matière d’établissement de la
convention qui assimile à l’écrit d’autres moyens de preuve tels que,
le téléchargement ou tout autre moyen de communication.

En effet la preuve de la convention d’arbitrage peut être établie


par simple consentement des parties, sans aucun support écrit
(échange de correspondances, commencement de la procédure...)

b- Les conditions de fonds :

A ce niveau il y a lieu de distinguer entre deux conditions : les


conditions subjectives et les conditions objectives :

 Les conditions subjectives : ce sont les conditions


relatives aux parties à savoir :

- La capacité : l’article 8 du C.A dispose que les parties à une


convention d’arbitrage doivent avoir la capacité de disposer de leurs
droits. La capacité est une condition fondamentale, puisque la
sentence arbitrale peut être annulée par le juge pour la simple raison
que l’une des parties engagées de la convention était incapable.

- Le consentement : c'est-à-dire le consentement des parties


pour recourir à l’arbitrage. La condition subjective du consentement
est une condition de validité de la convention d’arbitrage.

 Les conditions objectives : ce sont les conditions


relatives à l’arbitrage du litige :

Pour que la convention d’arbitrage soit valable, elle ne doit pas


porter sur un litige non arbitral c'est-à-dire non susceptible d’être
réglé par voie d’arbitrage. Les litiges non arbitraux (c’est-à-dire non
susceptibles d’être réglées par voie d’arbitrage) sont déterminés par
l’article 7 du C.A à savoir :

- les matières touchant à l’ordre public.

- Les contestations relatives à la nationalité.

- Les matières où on ne peut transiger.

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– Les contestations concernant l’Etat, les établissements publics
à caractère administratif et les collectivités locales à l’exception des
contestations découlant de rapports internationaux d’ordre
économique, commercial ou financier. 7

2. Le domaine de la clause d'arbitrage

A l'intérieur du domaine des conventions d'arbitrage, délimité


principalement par la notion d'ordre public dont le contenu n'est pas
le même en droit interne et en droit international, et devant l'absence
de disposition précises à ce sujet, on ne peut que se reporter à l'article
5 alinéa 1 de la loi n°53-9575. Le recours à cette disposition est d'autant
plus justifié que son dernier alinéa indique que : « les parties pourront
convenir de soumettre les différends ci-dessus énumérés à la
procédure d'arbitrage conformément aux dispositions des articles
306 à 327 du code de procédure civile ».

Il est prévu que les tribunaux de commerce sont compétents


pour connaître :

 Des actions relatives aux contrats commerciaux ;


 Des actions entre commerçants à l'occasion de leurs
activités commerciales ;
 Des actions relatives aux effets de commerce ;
 Des différends entre associés d'une société
commerciale ;
 Des différends à raison de fonds de commerce.

Ces éventualités montrent, en effet, que les contestations


pouvant faire l'objet d'une clause d'arbitrage sont d'abord relatives à
des actes de commerce entre toutes personne habilitées à les
entreprendre.

Par ailleurs, il peut paraître malaisé d'insérer une clause


d'arbitrage dans un effet de commerce, qui constitue un acte de
commerce. De même, il est difficile d'admettre la validité d'une clause

7
Droit français de l’arbitrage interne et international ; Vidal Dominique

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d'arbitrage en cas de contestation entre associés d'une société
commerciale.

Section 2 : Différence entre justice arbitrale et autre modes


de règlements des conflits
Paragraphe 1 : La médiation et la conciliation
1.La différence entre l’arbitrage et la conciliation

La conciliation est au départ un pouvoir du juge, qu'il délègue à


un conciliateur, auxiliaire de justice bénévole. Il est désigné par les
parties mais n'est pas nécessairement indépendant.

Le conciliateur essaye de rapprocher les points de vue en faisant


des propositions en ce sens, ce que ne fait pas un médiateur.

La solution au litige est librement choisie et acceptée par les


Parties mais elle est le reflet de l'interprétation du conciliateur et de
ce qu'il estime être une solution équilibrée face à la situation qui lui
est soumise. A l'inverse de la médiation et de la conciliation, l'arbitre
a le même rôle que le juge : il prononce une sentence, c'est à dire qu'il
décide lui-même de l'issue du litige.

2. la différence entre arbitrage et la médiation

La médiation est une procédure dans laquelle un tiers


neutre, indépendant et impartial aide les parties en conflit à parvenir
à une solution optimale et négociée, mettant fin au conflit d’origine.
La solution ne reflète pas le point de vue du médiateur ou son
interprétation mais résulte de la seule volonté des parties. De son
côté, l’arbitrage est une procédure plus encadrée. L’arbitrage consiste
à soumettre un litige, par voie contractuelle, à un tribunal arbitral
composé d’un ou trois arbitres qui tranche(nt) le litige de façon
définitive en rendant une sentence arbitrale. La sentence arbitrale a
l’autorité de la chose jugée et s’impose aux parties, comme un
jugement rendu par une juridiction étatique. L’arbitrage se rapproche
ainsi de la procédure judiciaire classique si ce n’est qu’elle
demeure privée et confidentielle.

La médiation présente un champ d’intervention plus large que


celui de l’arbitrage. Ainsi, la médiation offre des solutions dans de
nombreux domaines, que ce soit pour des conflits familiaux, avec un

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partenaire commercial (un fournisseur, un agent, un franchisé, etc.),
des conflits internes à l’entreprise (en matière sociale par exemple),
ou des conflits collectifs. Elle permet aux parties de créer elles-
mêmes leur solution non seulement en réglant le passé mais aussi en
régissant l’avenir. Tandis que l’arbitrage aura principalement pour
objet de régler le conflit entre les parties.

L’arbitrage, souvent utilisé pour les conflits internationaux est


très développé, la médiation quant à elle, trouve son essor surtout
dans le cadre des relations contractuelles nationales entre
entreprises.

Paragraphe 2 : La transaction et la négociation


1.La différence entre arbitrage et la transaction

L’arbitrage et la transaction ont force obligatoire entre les


parties. L’arbitre est choisi par les parties et sa décision s’impose. La
transaction ne fait pas intervenir de tiers, elle fonctionne sur le
principe des concessions réciproques.

2.La différence entre l’arbitrage et la négociation

C’est la recherche d’un accord dans l’intérêt des parties, avec


l’aide d’un tiers, le négociateur. La négociation se fonde sur
des valeurs, des intérêts, des enjeux. En matière de négociation on
parle de rapport de force. Il s’agit généralement de faire passer
habilement ses idées. Des stratégies sont développées : ne pas parler
le premier pour ne pas dévoiler « ses cartes », ne céder du terrain que
si on en gagne, rechercher la faille de son « adversaire ». Comme dans
un combat, on parle d’adversaire car les intérêts des parties divergent,
que les enjeux sont importants. Chacun tente de gagner le plus
possible et de perdre le moins possible.

Chapitre 2 : l’arbitrage institutionnel et ad hoc et


l’exequatur
En principe, les sentences arbitrales sont définitives et sont
dotées de force obligatoire. Elles ne peuvent être contestées devant
un tribunal étatique que dans des circonstances exceptionnelles.
Ainsi les raisons du succès de l’arbitrage international sont multiples.

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Il est caractérisé tout d’abord d’une efficacité juridique remarquable,
car une entreprise obtiendra souvent plus facilement une sentence
arbitrale à exécuter dans un pays étranger que celle d’un jugement
d’un tribunal étatique, mais cette exécution pourra nécessiter une
procédure appelée l'exequatur. Les types d'arbitrage existants
dépendent de plusieurs facteurs, et on peut désigner deux principales
formes : l’arbitrage institutionnel et l’arbitrage ad hoc.

Section 1 : L’arbitrage institutionnel et l’arbitrage ad hoc


Paragraphe 01 : L’arbitrage institutionnel
1. Définition

L’arbitrage institutionnel nommé aussi juridictionnel ou


organisé, est l’arbitrage dont les parties ont mandaté l’organisation à
une institution permanente d’arbitrage, et qui se déroule
conformément au règlement d’arbitrage administré par cette
institution. Sa relation avec la procédure judiciaire est touchante tout
en étant une « justice privée » rendue par des personnes physiques de
droit privé. Même si parfois un magistrat peut être sollicité, il officie
en dehors du tribunal étatique auquel il est attaché, ou encore on peut
dire qu’il repose sur un organisme d’arbitrage (centre, cour, chambre,
etc.) qui établit un règlement et organisme la procédure d’arbitrage
notamment en désignant le ou les arbitres.

Il est effectué conformément aux règles de procédure publiées


par une institution d’arbitrage particulier « un centre d’arbitrage », qui
habituellement aussi « gère » l’arbitrage.

Si les parties optent l’arbitrage institutionnel, le nom de


l’institution d’arbitrage comprend la convention d’arbitrage, mais il
peut aussi convenir à une date ultérieure, lorsque l’apparition du
différend, si les parties le souhaitent. Il est généralement conseillé de
compter sur les institutions d’arbitrage international
internationalement reconnu et établi, tels que CPI 8 , LCIA 9 , SCC 10 ,
SIAC 11 et HKIAC 12 , car ceux-ci sont souvent préparés et administrés

8
Chambre internationale du commerce (CPI) - Règlement d'arbitrage.
9
Cour d'arbitrage international de Londres (LCIA) - Règlement d'arbitrage
10
Institut d'arbitrage de la Chambre de Commerce de Stockholm - Règlement d'arbitrage
11
Singapour International Arbitration Centre
12
Hong Kong International Arbitration Centre

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pratiquement partout dans les arbitrages du monde, et pas
seulement à l’endroit où se trouve l’établissement.

Ces institutions ont en général un règlement d’arbitrage lui-


même, une autorité responsable de la nomination des arbitres et de
prendre certaines autres décisions, et une équipe de professionnels
qui organise et gère les arbitrages. Il est important, une institution
d’arbitrage ne résout pas le fond du litige sous-jacent entre les parties
ou agit comme arbitre, mais plutôt gère les processus qui sont
menées et décidées par les arbitres individuels.

2. Les avantages d’arbitrage institutionnel :

Parmi les nombreux avantages que présente l'arbitrage


institutionnel, d'abord il évite les risques de paralyser la procédure
arbitrale lorsque celle-ci connaît des difficultés, ensuite il assure aux
sentences arbitrales la qualité, l'efficacité et l'autorité. Ces institutions
n'ont pas que des avantages, cependant l'institutionnalisation de
l'arbitrage entraîne une moindre personnalisation et une moindre
souplesse de la procédure, alors beaucoup d'arbitrage international
professionnel recommande l'arbitrage institutionnel de manière
décisive, aux frais d'arbitrage ad hoc.

La principale raison est essentiellement une plus grande


prévisibilité et la régularité qui fournit l'arbitrage institutionnel, ainsi
que les avantages de l'intégration des règles institutionnelles (par
exemple, dispositions relatives à la formation du tribunal arbitral,
limitation de l'examen judiciaire).

En effet, en particulier au début d'un arbitrage entre les parties


et les temps inexpérimentés différents cultures juridiques, le rôle
d'une institution pour faire avancer le processus d'arbitrage peut être
très constructif et efficace.
Par exemple, si l'accusé ne désigne pas un arbitre (où le tribunal
arbitral se compose de trois arbitres), l'institution d'arbitrage est
normalement le nom de l'arbitre manquant, conformément à ses
règles institutionnelles. Ainsi, il évite la nécessité de recourir aux
tribunaux nationaux pour la nomination des juges des arbitres, il faut
généralement plus de temps et d'argent pour produire moins d'une
institution d'arbitrage compétent résultats appropriés.

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De la même forme, l'existence d'une institution d'arbitrage, dont
les règles traitent de la question des honoraires des arbitres, empêche
les parties sont tenues de négocier directement avec les arbitres sur
leurs honoraires, et cela permettra aux arbitres de se concentrer
uniquement sur la résolution du différend, au lieu de discuter avec les
parties d'une nature personnelle.
Enfin, l'arbitrage institutionnalisé libère les parties la nécessité
de négocier et projet de règlement intérieur, dans la mesure où la
présentation d'un différend à une institution d'arbitrage importe
l'acceptation du règlement respectif. Vraiment, la négociation et la
rédaction d'une clause d'arbitrage pourrait signifier un effort coûteux,
lent et incertain, en particulier sans l'avis d'experts, pour un cas de
litige qui souvent ne pas être atteint même.

Paragraphe 2 : L’arbitrage ad hoc :


1. définition :

L'arbitrage « ad-Hoc » est celui dont la volonté des parties reste


prépondérante, de convenir que leur différend sera réglé par un ou
plusieurs arbitres non soumis à la procédure établie par le règlement
de toute institution permanente d'arbitrage, et d'organiser par elles-
mêmes dans ses moindres détails (choix des arbitres, siège du tribunal
arbitral, règles de procédure...), en se référant à tel règlement de leur
choix 13.
Opposé, arbitrage Ad-Hoc Elle est menée sans avoir recours à
une autorité administrative, habituellement, sans l'aide des règles de
procédure institutionnelles. Plutôt, Elle dépend totalement de la
coopération entre les parties, qui devront désigner un ou plusieurs
arbitres, pour résoudre le conflit sans le contrôle institutionnel et
doivent fixer leurs propres règles de procédure applicables.
Les lois et les juridictions nationales d'arbitrage nationales
fonctionnent généralement en dernier recours pour corriger les
erreurs de procédure en matière d'arbitrage (comme, non-
concordance des arbitres).

13
Il existe des règlements établis pour des arbitrages `'ad hoc'' comme c'est le cas du règlement d'arbitrage de
la CNUDCI ou celui de la Commission économique pour l'Europe de l'ONU.

PAGE 19 ARBITRAGE COMMERCIAL MBF 2020


Cependant, parfois les parties adhèrent à un ensemble
préexistant de règles de procédure régissant l'arbitrage Ad-Hoc et
même les accords d'arbitrage ad hoc, les parties peuvent et doivent
désigner une « autorité de nomination » avec le pouvoir de nommer
le(s) arbitre(s), si les parties ne parviennent pas à se mettre d'accord
entre eux sur rendez-vous.
Exemple de clause d’arbitrage prescrivant un arbitrage ad hoc :
La clause visant l’arbitrage ad hoc doit être plus circonstanciée
en raison de la faiblesse du niveau d’encadrement du type d’arbitrage
qu’elle postule. Elle doit ainsi tendre à établir le principe de l’arbitrage,
mais aussi s’attacher à contenir le plus d’éléments utilitaires possibles.
Exemple : « Tout litige né du présent contrat sera soumis à un
tribunal composé de trois arbitres.
La partie demanderesse notifiera sa requête d’arbitrage par voie
d’huissier à la partie défenderesse, en y désignant un arbitre. Le
défenseur répondra par voie d’huissier dans un délai de 30 jours à
compter de la réception de la demande d’arbitrage, en désignant son
arbitre.
Les deux arbitres ainsi désignés s’efforceront de désigner d’un
commun accord, le troisième arbitre qui présidera le tribunal. Si les
parties ne s’accordent pas sur le troisième arbitre dans un délai de
trente jours, celui-ci sera nommé par les deux arbitres désignés 14ou,
à défaut, par le Président du tribunal compétent.
Il est toujours possible de détailler encore plus cette clause, mais
l’essentiel est de donner d’ores et déjà aux parties, mais aux arbitres
qui vont être constitués, l’essentiel des indications factuelles et
procédurales.
2. Les avantages de l’arbitrage ad hoc

L’arbitrage ad hoc est rapide et peu couteux. Il présente


également l’avantage d’une adaptabilité constante aux litiges
récurrents dans le monde des affaires.
A. Un arbitrage rapide et peu couteux :

14
En pratique, rien n’interdit que la clause prévoie la désignation du 3e arbitre par institution d’arbitrage

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En principe, les parties choisissent l’arbitrage ad hoc pour éviter
tout cout supplémentaire et (le cas échéant) tout délai qui pourrait
résulter de l’application du règlement de certaines institutions
arbitrales. Cependant, l’arbitrage ad hoc ne conduit pas
nécessairement à une procédure plus rapide et moins couteuse.
En l’absence d’institution arbitrale qui fixe et supervise les délais,
et faute d’un barème fixant les honoraires dans le cadre d’un arbitrage
ad hoc, les parties devront s’accorder avec les arbitres sur ces
questions. Il n’est en conséquence pas exclu que les parties
rémunèrent les arbitres à un taux horaire ce qui pourra conduire à une
somme excédant le montant que les parties auraient payé si elles
avaient décidé de soumettre leur litige au règlement d’une institution
arbitrale déterminée.
Dans un arbitrage ad hoc, il n’y a pas d’institution qui supervise
le déroulement de la procédure arbitrale ou les arbitres. Beaucoup de
choses dépondront dès lors des arbitres et notamment de la façon
dont ils organisent et contrôlent la procédure. Ni les parties, ni les
arbitres ne pourront demander le soutien ou l’assistance d’une
institution au cas où un problème imprévu surviendrait ou si les
arbitres n’étaient pas capables de contrôler la procédure. La seule
assistance et le seul soutien que les parties puissent obtenir sont ceux
des tribunaux étatiques.
B. L’adaptabilité de l’arbitrage ad hoc :
L’arbitrage ad hoc a le mérite d’être adapté à la volonté des
parties et aux circonstances particulières des litiges.
L’arbitrage ad hoc est l’affaire des parties et des arbitres sans
recours préalable à des règles préétablies. 15
De plus, le fonctionnement de l’arbitrage ne sera pas soumis aux
lourdeurs bureaucratiques de l’institution permanente de contrôle. Le
procédé est donc en principe plus rapide et plus souple.
Cependant le fonctionnement harmonieux de l’arbitrage ad hoc
suppose une relation de confiance entre les parties et les arbitres.

15
LE CONSENTEMENT DES PARTIES À L’ARBITRAGE INTERNATIONAL ; Ousmane Diallo

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Section 2 : L’exequatur
Après une longue procédure pour avoir gain de cause dans un
litige, et même après l’obtention d’une décision favorable,
L’application soit d’une sentence arbitrale, soit d’une décision de
justice étrangère n’est pas automatique. Bien que les sentences
internationales notamment soient par nature définitives ou
contraignantes, elles ne font pas nécessairement l’objet d’une
exécution volontaire par la partie condamnée. Aussi un jugement
rendu dans un État n'est pas forcément reconnu dans un autre État.
Donc l’exécution de ce dernier nécessite la suivit d’une
procédure spéciale d’exécution des décisions de justice appelée
exequatur, qui vise à valider le jugement à exécuter par des tribunaux
compétant de l’autre pays.
Paragraphe 1 : Définition et cadre juridique d’exequatur
1. Définition

L'exequatur est une procédure de droit international visant à


donner, dans un État, la force exécutoire à un jugement rendu à
l'étranger ou à une sentence arbitrale. Cette force est octroyée par
l'autorité judiciaire de cet Etat, et en principe, tout jugement rendu
par une juridiction étrangère ne peut être exécuté sans exequatur.
Chaque pays est le seul compétent pour en fixer les modalités et les
conditions de son octroi.
Concrètement, l'exequatur est la transposition d'une décision de
justice étrangère en droit interne afin de pouvoir bénéficier des effets
juridiques qui y sont attachés 16.
Selon l’article 403 17du CPC marocain : « Les décisions de justice
rendues par les juridictions étrangères ne sont exécutoires au Maroc
qu'après avoir été revêtues de l’exequatur par le tribunal de première
instance du domicile ou de la résidence du défendeur ou à défaut, du
lieu où l'exécution doit être effectuée. »
2. Cadre juridique de l’exéquatur :

En effet l’exéquatur des sentences arbitrales internationales est


régi par des règles juridiques spécifiques qui en constituent les
sources. Ces dernières sont réparties en sources formelles à savoir :
16
Exequatur : notion, conditions et procédure d’application des jugements étrangers, par : Anthony Bem
17
Bulletin Officiel n° : 3230-bis du 30/09/1974 - Page : 1805 - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan
1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile, disponible
sur : http://adala.justice.gov.ma/

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les législations nationales et de conventions internationales sur
l’arbitrage commercial international, et sources informelles en
l’occurrence les règles de procédure des institutions permanentes
d’arbitrage et la jurisprudence aussi bien telle rendue par les
juridictions étatiques qu’arbitrale.
Ce n’est qu’à partir des années 1920, que l'exécution des
sentences arbitrales à l'étranger connut une certaine évolution suite
à l'adoption de deux textes multilatéraux sous les auspices du
secrétariat général des nations unies. Le premier était le protocole
relatif aux clauses d'arbitrage qui constitue le premier texte ayant été
adopté à Genève le 24 septembre 1923 18 et est entré en vigueur le 28
juillet 1924. Il consacre l'engagement des Etats parties à assurer
l'exécution des sentences arbitrales à la suite de la procédure
arbitrale. Le second était la convention de Genève pour l'exécution
des sentences arbitrales étrangères adoptée 20 septembre 1927 et
entrée en vigueur le 25 juillet 1929 19.
Suite à l’insuffisance de ces deux textes, le besoin d'un nouvel
instrument multilatéral devenait impérieux. Afin de répondre à ce
besoin, a été adoptée la convention de New-York de 1958 20 pour la
reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères .Ce
texte, qui est ratifié par le Maroc en 1960, a facilité considérablement
la circulation des sentences arbitrales dans le monde. Il demeure à ce
jour l'instrument universel de référence en la matière, dans la mesure
où les textes régionaux et étatiques postérieurs, dont le droit
marocain de l’arbitrage, s'en inspirent largement dans leurs
dispositions relatives à la reconnaissance et à l'exécution des
sentences ainsi que les limites de contrôle exercé.
C’est ainsi que le Maroc s’est doté en 2007 de la loi 08-05 21 ayant
modernisé le droit de l’arbitrage marocain en prévoyant pour la
première fois des dispositions spécifiques à l’arbitrage international et
particulièrement à la question de l’exéquatur des sentences arbitrales

18
Protocole de Genève de 1923 relatif aux clauses d’arbitrage, disponible sur :
https://www.admin.ch
19
Convention de Genève du 26 septembre 1927 pour l'exécution des sentences arbitrales étrangères,
disponible sur : https://treaties.un.org/
20
Convention de New-York du 10 juin 1985 pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales
étrangères, disponible sur : https://www.admin.ch/
21
Loi n° 08-05 abrogeant et remplaçant le chapitre VIII du titre V du code de procédure civile

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qui en découlent. Elle a comblé, en effet, le vide législatif qui marquait
le texte antérieur en l’occurrence le CPC de 1974.

Paragraphe 2: Les Conditions et Procédures


d’exequatur

1. Les conditions de l’exéquatur :

L’article 430.2 du code de procédure civile dispose que : « Le


tribunal saisi doit s’assurer de la régularité de l’acte et de la
compétence de la juridiction étrangère de laquelle il émane. Il vérifie
également si aucune stipulation de cette décision ne porte atteinte à
l’ordre public marocain ».
Trois conditions sont requises pour l’exequatur :
• Il faut que le jugement étranger ait respecté les
règles procédurales de l’Etat dont il relève, sans aucun examen
de la part de la juridiction nationale de la qualification des faits,
de la pertinence et de la sincérité des motivations et des moyens
de preuve.
• Le tribunal étranger doit être compétent pour rendre
le jugement en cause ;
• Le jugement étranger doit respecter l’ordre public
marocain
La notion de l’ordre public est importante, dans ce sens le juge
dispose d’un pouvoir discrétionnaire en matière d’examen de la
conformité du jugement étranger à l’ordre public national. La
sentence arbitrale étrangère peut donner lieu à une action en
annulation devant la Cour d’Appel notamment au cas où « la
reconnaissance ou l’exécution de la sentence sont contraires à l’ordre
public international ou national ». Ainsi l’article 327-46 du CPC dispose
que : « Les sentences arbitrales internationales sont reconnues au
Maroc si leur existence est établie par celui qui s'en prévaut et si cette
reconnaissance n'est pas contraire à l'ordre public national ou
international ».
Et selon l’Arrêt de la Cour de Cassation Marocaine datant de juin
2014, rendu dans un cas d’exequatur d’un jugement étranger, le Juge
marocain est désormais limité dans ses prérogatives et ne doit

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prendre en considération que les trois conditions évoquées par le
Code de Procédure Civile :
• Que le Juge étranger soit compétent (on peut
étendre à l’arbitre)
• Que la loi appliquée au litige soit la loi adéquate
• Que cette loi ne porte pas atteinte à l’ordre public
Lors d’une sentence arbitrale, le Juge de l’exequatur devra
vérifier que la sentence ne contient pas un vice trop grave, par le biais
de la révision de la régularité formelle, la validité de la convention
d’arbitrage et la conformité de la sentence à l’ordre public.

2. La procédure de l’exequatur :

Il existe deux procédures d’exequatur : l’une proprement


marocaine, l’autre est fixée par voie de convention bilatérale judiciaire
entre le Maroc et d’autres pays d’immigration. Le Maroc a conclu ce
type de conventions avec : l’Allemagne, la Belgique, les Etats-Unis
d’Amérique, les Emirats Arabes Unis, l’Espagne, la France, l’Italie et la
Libye.
La procédure d’exequatur des sentences arbitrales
internationales peut être longue et fastidieuse. Elle doit être déposée
devant le Président du Tribunal de Commerce du lieu d’exécution de
la sentence, Selon l’article 431 du code de procédure civile, sauf
dispositions contraires contenues dans des conventions
diplomatiques qui peuvent exiger d’autres documents que ceux
prévus par ce dernier , la demande déposée est formée, par voie de
requête, à laquelle sont jointes 22 :
• Une expédition authentique de la décision ;
• L’original de la notification ou de tout autre acte en
tenant lieu ;
• Un certificat du greffe compétent constatant qu’il
n’existe contre la décision ni opposition, ni appel, ni pourvoi en
cassation ;
• Eventuellement, une traduction complète en langue arabe
des pièces énumérées ci-dessus certifiée conforme par un traducteur
assermenté. Et ces documents doivent être légalisés par voie
22
Bulletin Officiel n° : 3230-bis du 30/09/1974 - Page : 1805 - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan
1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile, disponible
sur : http://adala.justice.gov.ma/

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diplomatique en l’occurrence par le ministre des Affaires étrangères
marocain.
Une fois que la requête d’exequatur et le jugement étranger
remplissent les conditions requises par la loi, le tribunal saisi accorde
l’exequatur. Selon l’article 428 du CPC, « les décisions de justice sont
susceptibles d’être exécutées pendant trente années à partir du jour
où elles ont été rendues ; ce délai expiré, elles sont périmées. »

Conclusion
Pour conclure cet partie l'arbitrage joue un rôle important dans
le règlement hors judiciaire des différends, en particulier dans le
commerce international. En répondant à l'absence d'une juridiction
internationale pour les litiges résultant du commerce international,
l'arbitrage devient une juridiction de droit commun en la matière.
L'arbitrage international s'intéresse, par sa définition même, aux
questions mettant en cause des intérêts du commerce international.
Alors quelles sont les parties intervenantes dans l'arbitrage et
comment il peut être exécuter ? une question que nous allons traiter
dans la deuxième partie.

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PARTIE 2
LES PARTIES ET LES EXÉCUTIONS
DE L’ARBITRAGE

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Partie 2 : LES PARTIES ET LES EXÉCUTIONS DE L’ARBITRAGE
Dans le cas de l'arbitrage institutionnel les parties sont liées à
une institution qui est le Centre d'arbitrage auquel elles se sont
adressées. D'une manière très générale le règlement intérieur de
l'institution auquel les parties doivent adhérer ensemble prévoit
qu'elles sont solidaires du paiement des frais d'arbitrage et des
honoraires. En dehors de la convention d'arbitrage, il existe donc deux
types de liens, d'une part ceux qui régissent les rapports des parties
et l'institution d'arbitrage et d'autre part, selon la doctrine dominante,
ceux qui régissent les rapports de chacun des arbitres et cette
institution. Les centres d'arbitrages n'ont aucun pouvoir juridictionnel,
ils exercent seulement des fonctions d'organisation de l'arbitrage, et
n'interviennent pas dans la mission juridictionnelle des arbitres, de
sorte que l''impartialité d'un des arbitres qui a eu la qualité de
secrétaire général de la chambre de commerce internationale, ne
pouvait être légitimement suspectée (1ère chambre civile 11 mars
2009, N° de pourvoi : 08-12149, BICC n°706 du 15 juillet 2009 et
Legifrance).
De manière générale et dans le vocabulaire de la doctrine la plus
récente, la " convention d'arbitrage"; qui est matérialisée, selon le cas,
par une clause compromissoire ou par un compromis, est celle qui lie
les parties en vue de faire juger leur différend par un ou par des
arbitres, tandis que le "contrat d'arbitrage"; est le lien contractuel qui
dans le cas de l'arbitrage institutionnel, régit les parties à l'organisme
ou centre d'arbitrage.
On pourrait aussi définir la convention d’arbitrage comme la
convention par laquelle les parties à un contrat s’engagent à
soumettre à l’arbitrage les litiges relatifs à ce contrat.
Chapitre 1 : Les parties qui interviennent dans une
convention d’arbitrage :
Section 1 : les conditions liées à l’arbitre
Paragraphe 1 : Le tribunal d’arbitrage :
La constitution du tribunal arbitral est déterminée soit par
l’accord des parties (par exemple dans la clause d’arbitrage ou le
règlement d’arbitrage choisi), soit par les règles par défaut du code de
procédure civile.

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Généralement :
· En cas d’arbitre unique, si les parties ne parviennent pas à
tomber d’accord sur qui nommer, c’est un tiers qui désignera l’arbitre
(par exemple le « juge d’appui »).
· S’il y a trois arbitres et deux parties au litige (ou deux groupes
de parties ayant des intérêts alignés), chaque partie/ groupe nomme
un co-arbitre. Le président est ensuite nommé par les co-arbitres ou
par les deux parties/ groupes.
· S’il y a plus de deux parties / groupes de parties ayant des
intérêts alignés (arbitrage dit « mulit-partite) et que celles-ci ne
tombent pas d’accord sur la composition du tribunal, c’est un tiers qui
désignera l’entier tribunal. Cela permet de respecter le principe
d’égalité des parties dans la constitution du tribunal arbitral.
Paragraphe 2 : le rôle et les responsabilités de l’arbitre
 L’arbitre tranche le différend conformément aux
règles de droit applicables.
 Il peut définir ou adopter des règles de procédure
dans le respect des lois qui régissent leur pratique.
 Il agit dans la confidentialité avec diligence,
impartialité, indépendance et neutralité.
 L'arbitre ne peut être poursuivi en justice en raison
des actes accomplis dans l'exercice de sa mission, à moins qu'il
n'ait agi de mauvaise foi ou n'ait commis une faute lourde ou
intentionnelle.
Cependant, un arbitre devrait :
 Avoir des connaissances approfondies sur le
processus d'arbitrage et sur son rôle d’arbitre ;
 Comprendre la nature du différend ;
 S’exprimer efficacement de manière orale et écrite.

Section 2 : les conditions des tiers :


Paragraphe 2 : les capacités

Le premier paragraphe de l'article 308 du CPC dispose que


toutes personnes capables, physiques ou morales, peuvent souscrire
une convention d'arbitrage sur les droits dont elles ont la libre

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disposition, ce qui nous amène à se pencher sur le régime de la
capacité de ces personnes puis la possibilité de se faire représenter à
l'arbitrage.

Pour convenir valablement à l'arbitrage il faut avoir la capacité


de s'engager. Les règles générales de la capacité des personnes
physiques sont prévues par le D.O.C en disposant que la capacité
civile de l'individu est réglée par la loi qui régit son statut personnel.
Toute personne est capable d'obliger et de s'obliger, sauf si elle n'en
est déclarée incapable par cette loi. D'ailleurs, les articles 4 à 13 DOC
prévoient le rôle du représentant légal du mineur ou de l'incapable
(père, tuteur ou curateur), voire l'autorisation du mineur à exercer le
commerce ou l'industrie.

En revanche, il ne faut pas passer sous le silence des dispositions


du code de commerce à propos la capacité commerciale, laquelle fait
l'objet des articles 12 à 17, qui renvoient au code de la famille, tout en
apportant des précisions relatives aux personnes capables ou non
d'accomplir des actes civils ou commerciaux.
Il convient de rappeler également les règles essentielles du code
de la famille à ce sujet. Tout d'abord, en vertu de l'article 209 de ce
code, à pleine capacité pour exercer ses droits civils tout individu qui,
ayant atteint l'âge de la majorité (dix huit années grégoriennes
révolues), jouit de la pleine capacité pour exercer ses droits et
d'assumer ses obligations, à moins qu'un motif quelconque établi ne
lui limite ou ne lui fasse perdre cette capacité.

A- Le mineur

Il y a lieu de préciser, au préalable, que l'âge de majorité est fixé


à 18 ans grégoriennes révolues. Si cette disposition concerne les
nationaux, le code de commerce va également l'exiger pour un non
national puisqu'il stipule qu' «Est réputé majeur pour exercer le
commerce tout étranger ayant atteint vingt ans révolus, même si sa
loi nationale prévoit un âge de majorité supérieur à celui qui est édicté
par la loi marocaine». Par contre, lorsqu'un étranger n'a pas la majorité
requise par le code de la famille et qu'il est réputé majeur par sa loi
nationale, il ne peut exercer le commerce qu'après autorisation du

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président du tribunal du lieu où il entend exercer et inscription de
cette autorisation au registre de commerce. 23
B- La femme mariée

En effet, la femme mariée peut exercer le commerce sans


autorisation du mari. Toute convention contraire est réputée nulle.

Paragraphe 2 : les incapacités


Le régime des incapables majeurs est en général, aligné,
conformément aux articles 212 jusqu'à 223 du code de la famille,
visent aussi bien les personnes n'ayant pas atteint l'âge de la majorité
que celles devenues incapables ou non pleinement capables, comme
c'est le cas du prodigue et du dément.
1. Cas du prodigue et du dément : Le juge prononce à leur égard
l'interdiction de disposer de leurs biens à partir du jour où il est établi
qu'ils se sont trouvés dans cet état. De ce fait, ils ne pourront
compromettre que si ce magistrat les affranchit de cette interdiction
en tenant compte du moment ou prend fin la démence ou la
prodigalité. Dans le cas contraire, ce sera leur représentant légal qui
pourra compromettre en leur place et pour leur compte, mais tout en
étant pourvu de l'autorisation du magistrat compétent, à savoir le
juge des tutelles.

2. Les interdits judiciaires et légaux : Mais ils ne sont pas les


seuls. En effet, le code pénal prévoit plusieurs éventualités où le juge
répressif peut prononcer une interdiction judiciaire à l'encontre des
personnes contre lesquelles ont été retenues diverses infractions. Il
en va de même en cas d'interdiction légale qui, suivant l'article 38,
prive le condamné de l'exercice de ses droits patrimoniaux pendant la
durée d'exécution de la peine principale. Cependant, l'interdit légal à
toujours le droit de choisir un mandataire pour le représenter dans
l'exercice de ses droits, mais sous le contrôle du tuteur ainsi désigné.

3. En cas de redressement judiciaire : L'article 578 du code de


commerce dispose qu'en cas de redressement judiciaire « Le juge-
commissaire autorise le chef de l'entreprise ou le syndic à consentir
une hypothèque ou un nantissement, à compromettre ou à transiger.

23
Dahir n° 1-58-250 (21 safar 1378)

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Si l'objet du compromis ou de la transaction est d'une valeur
indéterminée ou excède la compétence en dernier ressort du tribunal,
le compromis ou la transaction est soumis à l'homologation du
tribunal de commerce le compromis ou la transaction est soumis à
l'homologation de cette juridiction. Toute modification au
compromis, et notamment prorogation du délai, est en principe
soumise aux mêmes conditions, quoique l'article 578 ne le prévoit pas
expressément.

Chapitre 2 : L’exécution de la convention d’arbitrage

L’exécution est une procédure légale par laquelle sont mis en


œuvre les moyens propres à obtenir de la partie condamnée, les
prestations prononcées par un jugement ou par une sentence
arbitrale devenu exécutoires.

Section 1 : La notification

La notification du jugement est une condition préalable


nécessaire à son exécution. Cette règle procède de l’idée qu’il est
impératif que la partie contre laquelle la décision est exécutée en est
connaissance.

Plus précisément, elle doit connaître les termes du jugement


rendu afin d’être en mesure de s’exécuter spontanément. Elle doit
également être informée sur ses droits dans la perspective éventuelle
de l’exercice d’une voie de recours.

La notification de la décision s’impose en toutes circonstances,


y compris dans l’hypothèse où la partie perdante interjette appel.

Si, en effet, la décision de première instance est assortie de


l’exécution provisoire, cette mesure ne pourra être mise en œuvre
qu’à la condition que la décision ait été notifiée.

PAGE 32 ARBITRAGE COMMERCIAL MBF 2020


Paragraphe 1 : le principe de notification

Cette notification aura pour destinataire la partie adverse contre


laquelle il y aura lieu à jugement. S’il y a plusieurs adversaires, il faudra
signifier séparément à chacun.

Lorsque ce destinataire de la destination est une personne


privée, la signification devra avoir lieu à demeure, au domicile et à
défaut seulement en autre lieu, comme le lieu du travail.

Mais toujours, il faudra tenter la signification à personne. En


principe, il faudra privilégier la signification à personne. La notification
de la décision va avoir des conséquences redoutables sur le
fondement des voies de recours.

Quand le destinataire est une personne morale, la signification


devra se faire au représentant légal, à son fondé de pouvoir, ou à toute
personne habilitée.

Naturellement, l’acte de signification va devoir contenir


certaines mentions obligations ainsi que des mentions spécifiques
telles que lorsque la décision est susceptible d’opposition, d’appel, ou
de pourvoi en cassation, la signification devra mentionner de manière
apparente le délai d’exercice de la voie de recours ouverte.

Paragraphe 2 : La notification des actes des procédures :

Cette notification peut se faire de plusieurs manières, mais


s’impose d’une manière générale car les actes de la procédure sont le
plus souvent des actes récepteurs Ce sont des actes juridiques qui
n’ont efficacité que lorsqu’ils sont portés à la connaissance de leur
destinataire, que lorsque celui-ci les reçoit.

1. Les procède de la notification :

Lorsque les actes de la procédure sont rédigés par l’huissier de


justice, la forme normale de la notification sera la signification. Mais
l’huissier ne va pas se borner à signifier ce qu’il a notifié. Il va notifier
les jugements par voie de notification. On comprend bien cette
exigence pour la signification d’un jugement.

PAGE 33 ARBITRAGE COMMERCIAL MBF 2020


C’est elle qui normalement fait courir les délais de recours. Il faut
donc une garantie particulière. Matériellement, cette notification
peut être faite par l’huissier de justice lui-même ou par un clerc
assermenté, sauf pour quelques actes particuliers.

Ce n’est pas toujours obligatoire, on peut recourir à un procédé


plus simple que l’assignation. On peut notifier la forme ordinaire. La
notification par forme ordinaire recouvre plusieurs procédés, comme
par voie postale, par lettre recommandée avec demande d’avis de
réception.

Parfois-même, la loi se contente d’une lettre simple, ce qui est


rare sur le plan probatoire.

Il existe un autre procédé. Lorsque l’on est dans le cours de


l’instance, lorsque l’instance a été liée et qu’il y a de nouveaux actes
entre les parties qui doivent être notifiées, on peut toujours recourir à
l’huissier de justice pour qu’il signifie

2. Moment de la notification :

Lorsque la notification a eu lieu par voie postale, les choses sont


simples, la loi n’impose aucune règle à ce sujet. La notification va se
faire à l’heure du facteur, le facteur ne peut d’ailleurs passer à une
heure indue.

Lorsque maintenant, le procédé de la notification est laissé à la


discrétion des intéressés, lorsqu’ils ont le choix, lorsque l’intéressé
peut porter lui-même l’acte à la connaissance de l’autre partie, la seule
limite temporelle à la notification tient au respect de la vie privée. Si
l’on s’aventurait à notifier au milieu de la nuit, on pourrait la considérer
comme irrégulière. Finalement, tout le problème se concentre ainsi
par la seule signification, la notification par huissier de justice. C’est à
ce seul sujet que la loi a posé des règles précise

Section 2 : l’exécution

L’exécution normale en réalité une exécution différée. C’est-à-


dire que le prononcé du jugement ne suffit pas à le rendre exécutoire,
la loi en effet, impose le respect de conditions de forme

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Paragraphe 1 : Les conditions de forme :

On s’en distingue deux

 La formule exécutoire :

Pour qu’un jugement puisse être exécuté, l’article 502 du


nouveau code de procédure civile exige qu’il soit revêtu de la formule
exécutoire. Cette formule exécutoire dont le contenu actuel est défini
par le décret du 12 juin 1947 constitue tout simplement un ordre donné
aux personnes compétentes du prêtes main-forte pour faire exécuter
la décision. Cette formule se retrouve sur l’expédition, néanmoins
l’article 502 réserve des cas ou la loi n’exige la formule exécutoire.
C’est ainsi par exemple, que la formule exécutoire n’est pas exigée sur
la minute. 24

 La notification du jugement :

L’article 503 indique qu’à défaut d’exécution volontaire, un


jugement ne peut pas être exécute contre celui auquel il est opposé
s’il n’a pas été notifié revêtu de la formule exécutoire. Cette
notification préalable se justifie par le respect des droits de la défense,
avant de mettre à exécution forcée, une décision, il faut informer
l’adversaire du contenu de la décision at de ses possibilités d’attaquer
cette décision. Dans certains cas, l’exécution peut avoir lieu sans
notification. Les mesures d’instruction exécutée à l’initiative du juge
sans signification au vu d’un extrait ou d’une copie certifiée conforme
du jugement (article 154) .

Paragraphe 2 : L’exécution provisoire


1.Définition de l’exécution provisoire d’un jugement :

L'exécution provisoire est un attribut d'une décision judiciaire lui


permettant d'être exécutée quasi immédiatement, sans attendre
l'écoulement du délai des voie Par principe, un jugement devient
exécutoire dès lors qu'il passe en « force de chose jugée » (article 500
du Code de procédure civile). Cela signifie que le jugement n’est
susceptible d'aucun recours suspensif d'exécution, ou était

24
L’essentiel de la justice internationale Ed 1 ;Henry Solveig

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susceptible de recours, mais le délai est écoulé. L’exécution provisoire
déroge à cette règle dans la mesure où le créancier peut exécuter le
jugement alors que les délais de recours ne sont pas expirés de
recours.

2- l’effet de l’exécution provisoire :

Lorsqu'elle a été prononcée, l'exécution provisoire permet


l'exécution de la décision après sa signification ou notification à la
partie condamnée. Existe un dernier recours, la saisine du premier
président de la Cour d’appel statuant en référé (article 524 du Code de
procédure civile). La partie condamnée doit avoir fait appel de la
décision rendue. L'exécution provisoire peut être suspendue dès lors
qu'elle est interdite par la 49 loi ou que sa mise en œuvre entraîne des
conséquences manifestement excessives.
Conclusion
Pour conclure et conformément au Règlement d'arbitrage de l'OMPI, les
parties peuvent choisir d'un commun accord un arbitre unique. Si elles
optent pour un tribunal arbitral composé de trois membres, chaque partie
désigne l'un des deux arbitres appelés ultérieurement à nommer l'arbitre
qui présidera le tribunal arbitral. Le Centre peut aussi recommander des
arbitres possédant les compétences nécessaires ou nommer directement
les membres du tribunal arbitral. Être un bon arbitre ne se résume pas à être
un bon juriste ou un spécialiste d’un aspect juridique ou technique du litige.
Il faut avoir suffisamment d’expérience pour savoir conduire une procédure
efficacement, avoir un bon sens commercial pour comprendre les enjeux
commerciaux du litige et aboutir à une solution adaptée. Il faut
encore savoir rédiger une sentence arbitrale valide, motivée, qui sera
comprise et acceptée par toutes les parties, y compris la partie qui
succombe.

L'arbitrage présente de nombreux avantages .il assure d'abord une


certaine discréation aux parties à un litige car les décisions rendues par les
arbitres ne sont généralement pas publiées .l'arbitrage se caractérise
également et surtout par la liberté dont disposent les parties pour irganiser
les modalités selon lesquelles le litige qui les oppose devra être résolu .les
parties peuvent ainsi convenir ensemble de la composition du tribunal
arbitral,de la procédure à suivre et des régles de fond applicables à la
solution du litige.

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CONCLUSION

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CONCLUSION
La stipulation d'une clause d'arbitrage interdit au juge étatique de
statuer sur le litige. Lorsque le litige est né la convention d'arbitrage prend
la forme d'un compromis. L’arbitrage peut être considéré comme une vraie
justice étatique à caractère privé, l’arbitre étant a son tour un juge privé,
mais qui ne dispose pas d’imperium, c’est- à- dire de la force de contrainte
de l’État.

Finalement, décider de recourir à la justice arbitrale, c’est donc avant


tout décider de recourir à une justice autrement organisée que la justice
rendue par les tribunaux de l’Etat, mais un lien fort uni la justice arbitrale et
celle étatique, on peut même dire que la justice arbitrale reste souvent
dépendante de celle étatique.

L'arbitrage est aujourd'hui plus que jamais le mode le plus intéressant


de règlement du litige commercial, sa pratique s'est aujourd'hui
développée au fil du temps avec un encadrement juridique autant national
qu'international très fructueux. Maintenant il est aisé de dire que la
primauté octroyée a l'autonomie de la volonté dans son processus, ses
nombreux avantages lies a son adéquation avec les réalités commerciales
(simplicité, rapidité souplesse, flexibilité, neutralité, confidentialité)
constituent ses atouts par rapport a la justice étatique et assurent son
efficacité.

Néanmoins la décision d'exclure la compétence ordinaire des


tribunaux de droit commun doit toujours être le fruit d'une réflexion
rigoureuse, à la lumière des circonstances et des éléments factuels
particuliers à chaque cas où peut se poser la question. En cette matière,
comme en la plupart de celles qui impliquent la délicate tâche d'anticiper
et régir des relations d'affaires, les décisions prises par automatisme
peuvent facilement conduire au désastre. Il faut se garder de croire que ce
qui a bien fonctionné dans un contexte donné produira les mêmes résultats
dans chaque cas d'espèce pouvant survenir.

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BIBLIOGRAPHIE
BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES
• Droit français de l'arbitrage interne et international
Auteur: Vidal, Dominique Editeur: Gualino

• La protection de la partie faible dans l'arbitrage OHADA


Auteur : Akakpo , M artial Ko f fi Editeur : L'Harmattan

• L'essentiel de la Justice internationale Ed. 1


Auteur: Henry, Solveig Editeur: Gualino

• Droit des affaires Ed. 20


Auteur: Simo n, Anne- Marie, Hess- Fallo n, Brigitte Editeur: Dalloz

• Droit du commerce international Ed. 6


Auteur: Kenf ack, Hugues Editeur: Gualino

DOCUMENTS ET BULLETIN
• Dahir n° 1-04-22 du 12 hija 1424 (3 fevrier 2004) portant
promulgation de la loi n° 70-03 portant code de la famille.
• Acte uniforme sur l’arbitrage, abdoulaye sakho,
agrégé des facultés de droit, maître de conférences à
l’ucad-dakar, membre du comité de gestion du centre
d’arbitrage, membre du comité des experts de l’unida.

PAGE 39 ARBITRAGE COMMERCIAL MBF 2020


• Bulletin officiel n° 3011 du 5-7-1970
• F. Magureanu, Quelques considérations concernant les
particularités del’arbitrage par rapport à la justice de l’État,
dans la Revue de Droit Commercial,no. 5/ 2001.
• Code des obligations et des contrats’’ : Article 4, Article 13
,Article 12 , Article 17 ,Article 209.

WEBOGRAPHIE
https:/ / www.litige.fr/ definitions/ signification- d- un- jugement- par-
huissier- justice
https:/ / core.ac.uk/ download/ pdf/ 60535369.pdf
https:/ / www.memoireonline.com/ 11/ 17/ 10190/ m_ L- arbitrage- en- droit-
marocain- et- ses- evolutions17.html
https:/ / www.srshackleton.com/ fr/ liens/
https:/ / 1pdf.net/ droit- et- pratique- de- larbitrage- interne- et-
_ 59146391f6065dfb59e277fc
https:/ / fr.slideshare.net/ RachidElamari/ code- de- commerce- marocain-
108339894

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TABLE DE MATIÈRE
REMERCIEMENTS ........................................................................................................................... 1

SOMMAIRES ...................................................................................................................................... 2

INTRODUCTION GÉNÉRALE ........................................................................................................ 4

PARTIE 1 : La convention de l’arbitrage ................................................................................. 10

Chapitre 1 : les conventions d’arbitrage ..................................................................10

Section 1 : la clause arbitrale ............................................................................................. 11

Paragraphe 1 : Notion d’arbitrage ……………………………………………………………………..…………………………….12

Paragraphe 2 : Les spécificités de la clause arbitrale ……………………………………………..…………………………14

Section 2 : Différence entre justice arbitrale et autre modes de règlements


des conflits .............................................................................................................................. 15

Paragraphe 1 : La médiation et la conciliation …………………………………………………………….…………………..16

Paragraphe 2 : La transaction et la négociation ……………………………………………………………………………….17

Chapitre 2 : l’arbitrage institutionnel et ad hoc et l’exequatur ............................ 16

Section 1 : L’arbitrage institutionnel et l’arbitrage ad hoc ...................................... 17

Paragraphe 1 : L’arbitrage institutionnel ………………………………………………………………………………………….19

Paragraphe 2 : L’arbitrage ad hoc………………………………………………………………………………………………….…21

Section 2 : L’exequatur ........................................................................................................ 22

Paragraphe 1 : Définition et cadre juridique d’exequatur ……………………………….…………………………….…24

Paragraphe 2 : Les Conditions et Procédures d’exequatur ……………………………………………………………….27

Partie 2 : LES PARTIES ET LES EXÉCUTIONS DE L’ARBITRAGE ..................................... 28

Chapitre 1 : Les parties qui interviennent dans une convention d’arbitrage : ... 28

Section 1 : les conditions liées à l’arbitre....................................................................... 28

Paragraphe 1 : Le tribunal d’arbitrage………………………………………………………………………………….…………..29

Paragraphe 2 : le rôle et les responsabilités de l’arbitre ………………..…………………………………………………29

Section 2 : les conditions des tiers : ................................................................................ 29

Paragraphe 1 : les capacités……………………………………………………………………………………………………………..30

Paragraphe 2 : les incapacités………………………………………………………………………………………………………….31

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Chapitre 2 : L’exécution de la convention d’arbitrage .......................................... 32

Section 1 : La notification .................................................................................................... 32

Paragraphe 1 : le principe de notification ………………………………………………………………………………………..33

Paragraphe 2 : La notification des actes des procédures ………………………………………………………………….34

Section 2 : l’exécution .......................................................................................................... 34

Paragraphe 1 : Les conditions de forme ……………………………………………………………………….………………….35

Paragraphe 2 : L’exécution provisoire ……………………………………………………………………………………………..37

CONCLUSION .................................................................................................................................. 38

BIBLIOGRAPHIE.............................................................................................................................. 40

TABLE DE MATIÉRE ...................................................................................................................... 41

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