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Université Mohammed Premier

Faculté des Sciences Juridiques,


Économiques et Sociales



La protection de la propriété
intellectuelle dans la société
de l’information

Réalisé par : Professeur :
Ø Hajji Aymane SLASSI MOUTABIR Adil
Ø Touati Hatim
Ø Hachami Dounia
Ø Amri manal



Année universitaire : 2019/2020

Sommaire

Introduction générale
I. La propriété intellectuelle
1) Définition
2) Historique
3) Les types de la propriété intellectuelle
II. La protection juridique
1) Législation française
2) Législation marocaine
III. Les institutions intervenantes dans la protection
de la propriété intellectuelle
Les institutions administratives
a) Au niveau international
b) Au niveau national
IV. Contrefaçon : une atteinte au droit de la
propriété intellectuelle
1) Notion et impact de la contrefaçon
2) Le cadre juridique (loi et réglementation)
V. L’impact de la protection de la propriété
intellectuelle sur la société de l’information et
l’économie
1) La société de l’information
2) L’importance de la ppi dans la SI
3) l'importance de l’adoption des stratégies de
protection dans les sociétés de l'information
4) Les inconvénients de la ppi
VI. Conclusion
VII. Bibliographie





Introduction

Les droits de propriété intellectuelle (PI) incitent les


entreprises à investir dans la recherche et le développement,
encourageant la création de produits et procédés innovants.
Ils donnent également à leurs détenteurs la confiance
nécessaire pour partager les nouvelles technologies,
notamment dans le cadre de co-entreprises et d’accords de
Licences. De cette façon, les innovations réussies sont
ensuite diffusées au sein des économies et d’une économie à
l’autre, ce qui a pour effet de stimuler la productivité et la
croissance.
Les principaux instruments officiels de PI sont les brevets, les
marques, le copyright, de Nouvelles variétés d’installations,
les plans industriels et les indications géographiques.
Dans notre exposé nous allons traiter la problématique
suivante : La contrefaçon des Propriétés intellectuelles et son
impact sur l’économie.
Dans notre exposé nous allons traiter la problématique
suivante : « quelles sont les garanties fournis par le
législateur pour la protection de la propriété intellectuelle
dans la société de l’’information »
Dans cette optique, nous avons divisé notre exposé en cinq
parties ; dans la première partie on va parler de la propriété
intellectuelle de façon générale ; sa définition, son historique
et les types de la propriété intellectuelle.
La deuxième partie on va la consacrer pour le cadre juridique
lié à la protection de la PI en France et au Maroc.
Dans la 3éme partie ou on va citer les institutions intervenant
dans la protection du PI
La 4eme partie comprend la contrefaçon, et la dernière partie
comprend l’impact de la protection de la propriété
intellectuelle sur la société de l’information et l’économie.
I. La propriété intellectuelle

1) Définition

Le terme “propriété intellectuelle” désigne les œuvres de
l'esprit : inventions; œuvres littéraires et artistiques; dessins et
modèles; et emblèmes, noms et images utilisés dans le
commerce.

La propriété intellectuelle est protégée par la loi, par exemple


au moyen de brevets, de droits d'auteur et d'enregistrements
de marques, qui permettent aux créateurs de tirer une
reconnaissance ou un avantage financier de leurs inventions ou
créations. Les droits de propriété intellectuelle récompensent la
créativité et l'effort humain, qui sont le moteur du progrès de
l'humanité.
La propriété intellectuelle comporte deux volets :
–La propriété industrielle ; qui comprend les
inventions, les marques, les dessins et modèles
industriels, et les indications géographiques.
– Le droit d’auteur ; qui s’applique aux œuvres
littéraires telles que romans, poèmes et pièces de
théâtre, aux films, aux œuvres musicales, aux œuvres
artistiques telles que dessins, peintures, photographies
et sculptures et aux œuvres d’architecture. Les droits
connexes du droit d’auteur sont ceux des artistes
interprètes ou exécutants sur leurs prestations, des
producteurs de phonogrammes et des organismes de
radiodiffusion sur leurs émissions de radio et de
télévision.
2) Historique de la PI :

Membre de l'OMC, le Maroc a signé l'Accord sur les aspects
des droits de propriété intellectuelle liés au commerce
(ADPIC) en 1995.
Il a été l'un des premiers pays de la région arabe à adopter de
nouvelles lois en matière de droits de propriété intellectuelle.
Le Maroc a notifié à l'Organisation mondiale de la propriété
intellectuelle (OMPI) une liste de 43 textes concernant la
propriété intellectuelle en général, notamment la protection
des droits d'auteurs et la protection de la propriété
industrielle.
Le 15 février 2000, le Dahir n° 17-97 (loi n° 13-99) sur la
propriété industrielle a été adopté et couvre toutes les
matières se rapportant aux droits de propriété industrielle
(brevets, marques déposées et dessins industriels). Avec ce
Dahir, le Maroc a maintenant incorporé dans sa loi sur la
protection de la propriété industrielle un cadre moderne pour
les marques déposées, fondé sur l'Accord de l'OMC et
remplaçant le Dahir sur les marques déposées de 1913 qui
combinait les concepts juridiques des lois françaises de 1857
sur les marques et suisse de 1890.

Une deuxième loi, promulguée le 15 février 2000 (loi n° 2-


00), régit les droits d'auteurs marocains et les droits voisins,
dont la protection des créateurs d'œuvres littéraires et
artistiques. Cette loi a adopté la quasi-totalité des
dispositions contenues dans l'ADPIC. D'autres lois et décrets
d'application ont été adoptés pour compléter ce dispositif
législatif, en conformité avec les standards internationaux.

3) Les types de la propriété intellectuelle

A. Le brevet :
a) Qu’est-ce qu’un brevet?
Un brevet est un droit exclusif conféré sur une invention –
un produit ou un procédé offrant une nouvelle manière de
faire quelque chose ou apportant une nouvelle solution
technique à un problème. Le brevet garantit à son titulaire la
protection de l’invention. Cette protection est octroyée pour
une durée limitée, qui est généralement de 20 ans.
b) Quelle forme de protection offre le brevet?

La protection par brevet signifie
qu’une invention ne peut être
réalisée, utilisée, distribuée ou
vendue commercialement sans le
consentement du titulaire du
brevet. Les droits de brevet sont
normalement sanctionnés par une
action devant les tribunaux qui,
dans la plupart des systèmes, ont
compétence pour faire cesser les
atteintes aux brevets. En même
temps, les tribunaux peuvent
aussi déclarer nul un brevet
contesté par un tiers



c) Quels sont les droits du titulaire d’un brevet?

Le titulaire d’un brevet a le droit de décider qui peut, et qui


ne peut pas, utiliser l’invention brevetée pendant la durée de
la protection. Il peut, en vertu d’une licence, permettre aux
tiers d’utiliser l’invention à des conditions convenues d’un
commun accord. Il peut aussi vendre son droit sur
l’invention à un tiers, qui devient à son tour titulaire du
brevet. À l’expiration du brevet, la protection prend fin et
l’invention tombe dans le domaine public, c’est-à-dire que le
titulaire perd ses droits exclusifs sur l’invention et que celle-
ci peut être librement exploitée commercialement par des
tiers.
B. Les marques :
a) Qu’est-ce qu’une marque?

Une marque est un signe distinctif qui indique que des


produits ou services sont produits ou fournis par une certaine
personne ou une certaine entreprise. L’origine des marques
remonte à la plus haute antiquité, à l’époque où les artisans
reproduisaient leur signature ou “marque” sur leurs Œuvres
artistiques ou les objets de nature utilitaire ou pratique qu’ils
fabriquaient. Avec le temps s’est peu à peu mis en place le
système d’enregistrement et de protection des marques que
nous connaissons aujourd’hui. Ce système aide les
consommateurs à reconnaître et à acheter un produit ou un
service donné parce que les caractéristiques et là sa marque
unique, répondent à leurs besoins.

b) Comment puis-je protéger ma marque?

Au niveau national ou régional, la protection d’une marque


peut être obtenue par enregistrement, en déposant une
demande d’enregistrement auprès de l’office des marques
national ou régional et en acquittant les taxes requises. Au
niveau international, vous avez deux possibilités : soit vous
déposez une demande d’enregistrement auprès de l’office
des marques de chaque pays pour lequel vous demandez une
protection, soit vous utilisez le système de Madrid de
l'OMPI.
c) Combien de temps dur la protection des marques?

La durée de validité d’un


enregistrement de marque
peut varier, mais elle est
généralement de 10 ans.
L’enregistrement peut être
renouvelé indéfiniment
moyennant le paiement de
taxes additionnelles. Les
droits attachés à une marque
sont des droits privés dont la
protection relève de
décisions judiciaires

C. Dessins et modèles industriels :

a) Qu’est-ce qu’un dessin ou modèle industriel?


Un dessin ou modèle industriel est constitué par l’aspect
ornemental ou esthétique d’un objet. Il peut être
tridimensionnel – il s’agit alors de la forme ou de la surface
de l’objet – ou bidimensionnel, par exemple un assemblage
de lignes ou de couleurs.
b) Comment protéger les dessins et modèles
industriels?
Dans la plupart des pays, le dessin ou modèle industriel
doit être enregistré afin d’être protégé par la loi. Selon la
législation nationale considérée et le type de dessin ou
modèle, ce dernier peut aussi être protégé par le droit
d’auteur en tant que dessin ou modèle non enregistré ou en
tant qu’œuvre d’art.
En vertu de la plupart des législations nationales, pour
bénéficier d’une protection, un dessin ou modèle industriel
doit être nouveau ou original, et ne doit pas être fonctionnel.
Le dessin ou modèle industriel est en effet, par nature,
essentiellement esthétique, et les caractéristiques techniques
du produit auquel il s’applique ne sont pas protégées par
l’enregistrement du dessin ou modèle.
Toutefois, ces caractéristiques pourraient être protégées par
un brevet.

II. La protection juridique

1) Législation française :

a) Code de la propriété intellectuelle et garantie des


œuvres de l’esprit

Le code de la propriété intellectuelle est un document


du droit français, créé par la loi no 92-597 du 1er
juillet 1992, relative au code de la propriété intellectuelle,
publié au Journal officiel du 3 juillet 1992. Il regroupe la
plupart des anciennes lois régissant les deux branches de
la propriété intellectuelle, que constituent la propriété
industrielle et la propriété littéraire et artistique.

La violation des dispositions du Code de la propriété


intellectuelle est sanctionnée de trois ans de prison et de 300
000 euros d’amende.

b) Propriété industrielle : la protection des marques et


des inventions

La propriété intellectuelle est l’une des deux branches du


code de la PI, avec la propriété littéraire et artistique.

Le droit de la propriété industrielle protège les marques, les


brevets, les dessins et les modèles.
Les demandes de protection, pour une marque, pour un
brevet, pour un dessin ou pour modèle, doivent être formées
auprès de l’Institut national de la propriété industrielle.

Un titre de propriété industrielle confère à son détenteur un


monopole d’exploitation, d’une durée de 10 ans renouvelable
indéfiniment pour les marques, et de 20 ans (ou 25 ans) non
renouvelable pour les brevets.

c) INPI : rôle de l’Institut national de la propriété


industrielle

Créé en 1951 et placé sous la tutelle du ministère de


l’économie, l’Institut national de la propriété industrielle –
souvent désigné par ses initiales.

INPI – est l’organisme en charge de la gestion et de la


délivrance des titres de propriété industrielle : marques,
brevets, dessins, modèles.

Et c’est à cet établissement que les français doivent


s’adresser pour déposer un brevet ou une marque.

d) Propriété littéraire et artistique


La propriété littéraire et artistique vise à protéger les auteurs,
les interprètes et les producteurs d’œuvres littéraires et
artistiques.
Elle se subdivise en deux ensembles juridiques :
• Le droit d’auteur, qui protège les créateurs d’œuvres
littéraires, audiovisuelles et artistiques. Ce droit
s’acquiert au moment de la création de l’œuvre, sans
démarche particulière. Le droit d’auteur se décompose
en deux parties : le droit moral et les droits
patrimoniaux.
• Les droits voisins, qui protège les personnes qui ne
sont pas auteurs de l’œuvre mais qui ont un lien avec
elle : les artistes-interprètes et les producteurs
essentiellement.
2) Législation marocaine :
1) La protection de la propriété industrielle :
La protection de la propriété industrielle au niveau national
est régie par les dispositions de la loi 17-97 telle que
modifiée et complétée par la loi 31-05 en 2006 et la loi 23-
13 en 2014
La loi 17-97 a apporté de nouvelles dispositions traitant
notamment :
• la protection de nouveau domaines: des produits
pharmaceutiques devenus brevetables, des inventions des
salariés, les marques de services, les marques collectives.

Article premier : Au sens de la présente loi, la protection de


la propriété industrielle a pour objet les brevets d'invention,
les schémas de configuration (topographies) de circuits
intégrés, les dessins et modèles industriels, les marques de
fabrique, de commerce ou de service, le nom commercial, les
indications de provenance et les appellations d'origine ainsi
que la répression de la concurrence déloyale.
Article 2 : La propriété industrielle s'entend dans l'acception
la plus large et s'applique non seulement à l'industrie, au
commerce proprement dits et aux services mais également à
toute production du domaine des industries agricoles et
extractives ainsi qu'à tous produits fabriqués ou naturels tels
que bestiaux, minéraux, boissons.

En matière de sanction, des peines d'emprisonnement et des


amendes dissuasives en cas d'imitation, de contrefaçon et de
concurrence déloyale
Article 201 Toute atteinte portée aux droits du propriétaire
d'un brevet d’invention, d'un schéma de configuration
(topographie) de circuits intégrés, d'un dessin ou modèle
industriel enregistré, d'une marque de fabrique, de commerce
ou de service enregistrée ou d’une indication géographique
ou d’une appellation d’origine enregistrée telle que définie
respectivement aux articles 53, 54, 99, 123, 124, 154, 155 et
182 ci-dessus constitue une contrefaçon.

Des actions pénales (les Brevets)

Article 213 Toute atteinte portée sciemment aux droits du


propriétaire d'un brevet tels qu'ils sont définis aux articles 53
et 54 ci-dessus constitue une contrefaçon et est punie d'une
peine de deux à six mois d'emprisonnement et d'une amende
de 50.000 à 500.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines
seulement.
En cas de récidive, les peines peuvent être portées au double.

Des actions pénales (les Marques)

« Article 225 : Sont considérés comme contrefacteurs et


punis d'un emprisonnement de trois mois à un an et d'une
amende de 100.000 à 1.000.000 dirhams ou de l'une de ces
deux peines… »

« Article 226 : Sont punis d'une peine de deux à six mois


d'emprisonnement et d'une amende de 50.000 à 500.000
dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement:
1) ceux qui sans contrefaire une marque enregistrée, en ont
fait une imitation frauduleuse de nature à tromper l'acheteur
ou ont fait usage d'une marque frauduleusement imitée ;
2) ceux qui ont fait usage d'une marque enregistrée portant
des indications propres à tromper l'acheteur sur la nature, les
qualités substantielles, la composition ou la teneur en
principes utiles, l'espèce ou l'origine de l'objet ou du produit
désigné;
3) ceux qui ont détenu sans motif légitime des produits qu'ils
savaient revêtus d'une marque frauduleusement imitée ou
ceux qui ont sciemment vendu, mis en vente ou offert de
fournir des produits ou des services sous une telle marque. »

–Loi 23-13 modifiant et complétant la loi 17-97


La nouvelle loi 23-13 modifiant et complétant la loi 17-97
est entrée en vigueur le 18 décembre 2014, elle s’articule
autour des axes suivants:
• Organisation de la profession de conseiller en propriété
industrielle.
• Modernisation de la procédure de dépôt des demandes de
titres de propriété industrielle.
• Amélioration du système des brevets d’invention.
• Réforme du système national des dessins et modèles
industriels.
• Consolidation du système national des marques.
• Mise en place d’un système de datage.
• Renforcement de l'application des droits de propriété
industrielle.
2) La protection Les droits d’auteur
Au Maroc, les droits d'auteur et droits voisins sur une
œuvre – au sens de « toute création littéraire ou
artistique » sont un ensemble de droits définis par la
loi no 34-05 de 2006, modifiant et complétant la loi no 2-00
de 2000.
« -Article 2 Tout auteur bénéficie des droits prévus dans la
présente loi sur son œuvre littéraire ou artistique. La
protection résultant des droits prévus au précédent alinéa (ci-
après, dénommée protection) commence dès la création de
l’œuvre, même si celle-ci n’est pas fixée sur un support
matériel. »
« Article 5.- Sont protégés également en tant qu’œuvres et
bénéficient de la même protection.
a) les traductions, les adaptations, les arrangements
musicaux et autres transformations d’œuvres et
d’expressions du folklore ;
b) les recueils d’œuvres, d’expressions du folklore ou de
simples traits ou données, telles que les encyclopédies, les
anthologies et les bases de données, qu’elles soient
reproduites sur support exploitable par machine ou sous
toute autre forme qui, par le choix, la coordination ou la
disposition des matières, constituent des créations
intellectuelles. La protection des œuvres mentionnées au
premier alinéa ne doit pas porter préjudice à la protection des
œuvres préexistantes utilisées pour la confection de ces
œuvres. »
a. La durée de protection du droit d’auteur
Selon les article 25, 26, 27 et 28 de la Loi n° 34-05
modifiant et complétant la Loi nº 2-00 relative aux droits
d’auteur et droits voisins (promulguée par Dahir nº 1-05-192
du 14 février 2006) :
« Article 25 (1er alinéa) – sauf disposition contraire … la
vie de l’auteur et 70 ans après sa mort. »
« Article 26 – les droits patrimoniaux …. survivant et 70 ans
après sa mort. »
« Article 27 (1er alinéa). – les droits patrimoniaux sur une
œuvre publiée de manière anonyme ou sous un pseudonyme
sont protégés jusqu’à l’expiration d’une période de 70 ans à
compter de la fin de l’année civile où une telle œuvre a été
publiée licitement pour la première fois ou, à défaut d’un tel
événement intervenu dans les 50 ans à partir de la réalisation
de cette œuvre, 70 ans à compter de la fin de l’année civile
où une telle œuvre a été rendu accessible au public ou, à
défaut de tels événements intervenus dans les 50 ans à partir
de la réalisation de cette œuvre 70 ans à compter de la fin de
l’année civile de cette réalisation. »

« Article 28. – Les droits patrimoniaux sur une œuvre


collective ou sur œuvre audio-visuelle sont protégés pendant
une période de 70 ans à compter de la fin de l’année civile
où une telle œuvre a été publiée licitement pour la première
fois ou, à défaut d’un tel événement intervenu dans les 50
ans à partir de la réalisation de cette œuvre, 70 ans à compter
de la fin de l’année civile où une telle œuvre a été rendue
accessible au public ou, à défaut de tels événements
intervenus dans les 50 ans à partir de la réalisation de cette
œuvre, 70 ans à compter de la fin de l’année de l’année
civile de cette réalisation. »
III. Les institutions intervenantes dans la protection
de la propriété intellectuelle :
1) Les institutions administratives:
a) Au niveau international:
L'Organisation mondiale de la propriété
intellectuelle (OMPI) ou World Intellectual Property
Organization (WIPO)

Créée en 1967, l’Organisation Mondiale de la Propriété


Intellectuelle (OMPI) est une organisation internationale qui
a pour vocation de veiller à ce que les droits des créateurs et
autres titulaires de droits de propriété intellectuelle soient
protégés dans le monde entier et à ce que les inventeurs et les
auteurs soient ainsi reconnus et récompensés de leur
créativité.

Cette protection internationale aiguillonne la créativité
humaine, repoussant les limites de la science et des
techniques et enrichissant le monde de la littérature et des
arts. De plus, elle huile les rouages du commerce
international en assurant un environnement stable pour la
commercialisation des produits protégés par la propriété
intellectuelle.

Pourquoi l’OMPI? Pour que la propriété intellectuelle


remplisse ses fonctions – de sorte qu’elle bénéficie à tous
partout dans le monde – le système international de propriété
intellectuelle doit être efficace et facilement accessible. Ce
système doit reposer sur un ensemble de règles, adoptées au
niveau international, qui permettent de concilier les intérêts
aussi bien de ceux qui produisent que de ceux qui exploitent
les fruits de l’innovation et de la créativité.

b) Au niveau national:

L’Office Marocain de la Propriété Industrielle et


Commerciale (OMPIC) est l’organisme chargé de la
protection de la propriété industrielle (marques, brevets
d’invention, dessins et modèles industriels) et de la tenue du
registre central du commerce au Maroc.

L’OMPIC est un établissement public doté de la personnalité


morale et de l’autonomie financière. Il est placé sous la
tutelle du Ministère de l’Industrie, du Commerce, de
l’Investissement et de l’Economie Numérique.

Son rôle est d’être un vecteur d’accompagnement de


l’entreprise dans le développement de ses actifs immatériels
(marques, brevets d’invention, dessins et modèles
industriels, dénominations commerciales).
Pour ce faire, il agit en amont du processus par la
sensibilisation et la formation des opérateurs économiques,
et intervient en aval dans les domaines de valorisation et du
respect des droits protégés.

l’OMPIC a pour mission de diffuser l’information au public :


• Information juridique : Extraits de registre de
propriété industrielle et commerciale, copies officielles,
publication et gazette officielles, copies d’actes (Statuts,
Procès-Verbaux, Certificats, Bilans,…),
• Information technique : Etat de la technique issu des
brevets d’invention,
• Information commerciale : Créations d’entreprises,
informations financières issues des bilans,…

D’autres missions sont dévolues à l’OMPIC et qui


consistent à :
• Promouvoir un meilleur usage de la propriété
industrielle et commerciale, en vue d’en faire un
vecteur de compétitivité pour les entreprises et un
support de l’innovation et de la créativité.
• Améliorer les connaissances et développer les
compétences en matière de propriété intellectuelle et
commerciale (PIC) à travers la création de l’Académie
Marocaine de la Propriété Industrielle et Commerciale
(AMAPIC).

IV. Contrefaçon : une atteinte au droit de la


propriété intellectuelle :
1) Notion et l’impact de contrefaçon :
a) Définition :
La contrefaçon c’est une violation d’un droit de propriété
intellectuelle qui se traduit par une reproduction totale ou
partielle, ou par une imitation frauduleuse de la chose sur
laquelle porte le droit de propriété.1

1
Source : http://fr.slideshare.net/salupita/contrefaon3?related=1
La contrefaçon touche tous les produits : Les produits
alimentaires, chaussures, cigarettes, produits numériques,
matériel informatique, jouets, billets de banque, textiles,
cosmétiques, parfumerie, médicaments, pièces détachées
d’automobiles


L’Article 201 de la loi N° 23/13, (modifiant et complétant la
loi 17/97), définit plus précisément la contrefaçon comme
étant2 :

Toute atteinte portée aux droits du propriétaire d'un brevet d’invention, d'un
schéma de configuration (topographie) de circuits intégrés, d'un dessin ou modèle
industriel enregistré, d'une marque de fabrique, de commerce ou de service
enregistrée ou d’une indication géographique ou d’une appellation d’origine
enregistrée telle que définie respectivement aux articles 53, 54, 99, 123, 124, 154,
1. etLes
155 182effets négatifs
constitue de contrefaçon :3
une contrefaçon.

b) Les effets négatifs de contrefaçon :4


Ø Pour le client :
Il y a le risque d'utiliser un produit dangereux ou nocif, qui
ne correspond pas à ce qu'il devrait être.
Ø Pour une industrie :
Une diminution globale des ventes, une perte de valeur et
prestige des produits légaux, l'infraction à leurs propriétés
2
Source : Article 201 La loi N ° 23/13
3
Source : http://riisquesdelacontrefacon.centerblog.net/1.html
4
Source : http://riisquesdelacontrefacon.centerblog.net/1.html
intellectuelle et une perte des avantages que donne la
recherche.
Ø Pour l’Etat :
Une perte des revenus perçus par les taxes, une diminution
de la protection de la propriété intellectuelle, un risque
d'utilisation de produits contrefaits potentiellement moins
fiables dans des secteurs critiques comme la défense et la
santé.
Ø Pour l’économie dans son ensemble :
Un ralentissement de la croissance dû à une perte des
avantages apportés par l'innovation, une perte de revenue à
cause des pays où la protection de la propriété intellectuelle
n'est pas ou peu appliquée.

2. La lutte contre la contrefaçon :5


En cas de contrefaçon, la douane peut suspendre la mise en
libre de circulation de la marchandise, dans ce cas :

La douane informe sans délai, aussi bien l’opérateur


que le titulaire de droit de la mesure prise.

Le titulaire de droit doit réagir dans un délai de 10


jours à l’instar de la procédure de suspension sur
demande.
Entre le jour de suspension et de sentence judiciaire, la
marchandise est reste entre les mains du dépositaire.
Si la marchandise est reconnue contrefaite par une décision
définitive du tribunal, ce dernier décide soit :
v Destruction de la marchandise sous le contrôle des
agents des douanes.
v A titre exceptionnel, une autre destination.

5
Source : http://www.scholarvox.com/reader/docid/88841816/page/150?searchterm=Droit%20de%20la%2
0Propri%C3%A9t%C3%A9%20intellectuelle
3. La contrefaçon selon une étude de CONPIAC :6
La contrefaçon au Maroc continue de faire des dégâts :
Son chiffre d’affaire atteint en moyenne près de 13 Milliard
de DH par an, elle constitue aussi un manque à gagner de 1
Milliard de DH pour le fisc, mais le plus dangereux c’est
qu’elle entraine une destruction de 30 000 emplois par an.
Ces chiffres sont issus d’une enquête sur les incidences
économiques présentée par le Comité national pour la
propriété industrielle et anti-contrefaçon (CONPIAC) lors
d'un séminaire à Tanger.
En revanche, selon le (CONPIAC) les secteurs les plus
concernés par la contrefaçon sont : textile, cuir, la
cosmétique, les pièces de rechange automobile.

2) Le cadre juridique (loi et réglementation)

a) Contrefaçon et la pratique judiciaire :

• Loi n° 23/13 (modifiant et complétant) de la loi n° 17/97


relative à la protection de la propriété industrielle7

Article 154
Sont interdits, sauf autorisation du propriétaire:
a) la reproduction, l'usage ou l'apposition d'une marque, même avec l’adjonction de
mots tels que : " formule, façon, système, imitation, «genre, méthode ", ainsi que
l'usage d'une marque reproduite ou d’un signe identique à cette marque, pour des
produits ou services identiques à ceux couverts par l'enregistrement;
b) la suppression ou la modification d’une marque régulièrement apposée.

Article 155
Sont interdits, sauf autorisation du propriétaire, s'il peut en résulter un risque de
confusion dans l'esprit du public:
a) la reproduction, l'usage ou l'apposition d'une marque, ainsi que «l'usage d'une
marque reproduite ou d’un signe identique ou similaire pour des produits ou services
similaires ou relatifs à ceux couverts par l'enregistrement;
b) l'imitation d'une marque et l'usage d'une marque imitée, pour des produits ou
services identiques ou similaires à ceux couverts par l'enregistrement.
6
Source : http://fr.slideshare.net/salupita/contrefaon3?related=1
7
Source : la loi N ° 23/13 (modifiant et complétant de la loi 17/97)
Les actions en justices liées à la contrefaçon peuvent être de nature
civile et pénale.
1. Des Action civiles :8
Selon Loi n° 23/13 :

Article 212
Sur la demande de la partie lésée, et autant que la mesure s'avère nécessaire pour
assurer l'interdiction de continuer la contrefaçon, le tribunal pourra ordonner la
confiscation, au profit du demandeur, d'objets reconnus contrefaits, qui sont la
propriété du contrefacteur à la date de l'entrée en vigueur de l'interdiction, et, le
cas échéant, celle des dispositifs ou moyens spécialement destinés à la réalisation
de la contrefaçon. Il sera tenu compte de la valeur des objets confisqués dans le
calcul de l'indemnité allouée au bénéficiaire de la condamnation.

Article 219
Le titulaire du dessin ou modèle industriel a la possibilité de faire la preuve par
tous les moyens de la contrefaçon dont il se prétend victime.
Il est par ailleurs en droit de faire procéder, sur ordonnance du président du
tribunal dans le ressort duquel a été commise la contrefaçon, par un commissaire
judiciaire, à la description détaillée, avec ou sans saisie, des produits prétendus
contrefaits.
Il peut être procédé à ladite description avec l’assistance d’un expert qualifié.
L’exécution de ladite ordonnance peut être subordonnée à une consignation par le
requérant.
Dans la même ordonnance, le président du tribunal peut autoriser un commissaire
judiciaire, assisté d'un expert qualifié, qui sera chargé de toute constatation utile
en vue d'établir l'origine, la consistance et l'étendue de la contrefaçon.

8
Source : la loi N ° 23/13 (modifiant et complétant de la loi 17/97
Article 224
Sur la demande de la partie lésée, et autant que la mesure s'avère nécessaire pour
assurer l'interdiction de continuer la contrefaçon, le tribunal pourra ordonner la
destruction d'objets reconnus contrefaits, sauf circonstances exceptionnelles, qui sont
la propriété du contrefacteur à la date de l'entrée en vigueur de l'interdiction, et, le cas
échéant, la destruction des dispositifs ou moyens spécialement destinés à la réalisation
de la contrefaçon.
Le détenteur des droits a la possibilité de choisir entre les dommages-intérêts
effectivement subis plus tout bénéfice attribuable à l’activité interdite qui n’a pas été
pris en compte dans le calcul de ces dommages ou des dommages-intérêts dont le
montant est au moins 50.000 dirhams et au plus 500.000 dirhams, selon ce que le
tribunal estime équitable pour la réparation du préjudice subi.

2. Des actions pénales :9


Le coupable de contrefaçon de brevet d’invention encourt une
amende de 50 000 à 500 000 dirhams.
Article 213
Toute atteinte portée sciemment aux droits du propriétaire d'un brevet tels qu'ils sont
définis aux articles 53 et 54 ci-dessus constitue une contrefaçon et est punie d'une peine
de deux à six mois d'emprisonnement et d'une amende de 50.000 à 500.000 dirhams ou
de l'une de ces deux peines seulement.
En cas de récidive, les peines peuvent être portées au double
Si le contrefacteur est un salarié ayant travaillé dans les ateliers
ou dans l’établissement du breveté ou si ce salarié s’est associé au
contrefacteur. Il encourt un emprisonnement de six mois à deux ans
et une amende de 100 000 à 500 000 dirhams ou à l’une de ces deux
peines seulement.

Article 215
Les peines prévues aux articles 213 et 214 ci-dessus sont portées à un emprisonnement
de six mois à deux ans et à une amende de 100.000 à 500.000 dirhams ou à l'une de ces
deux peines seulement si le contrefacteur est un salarié ayant travaillé dans les ateliers
ou dans l'établissement du breveté.
Les mêmes peines sont encourues par le salarié qui s'est associé au contrefacteur après
lui avoir donné connaissance des procédés décrits au brevet.

Article 225
Sont considérés comme contrefacteurs et punis d'un emprisonnement de trois mois à un
an et d'une amende de 100.000 à 1.000.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines
seulement:
1) ceux qui ont contrefait une marque enregistrée ou ont frauduleusement apposé une
marque
9 appartenant à autrui;
Source : la loi N ° 23/13 (modifiant et complétant de la loi 17/97)
2) ceux qui ont fait usage d'une marque sans l'autorisation de l'intéressé même avec







Les contrefacteurs de marques de fabrique ou modèle
industriel, sont passibles d’un emprisonnement de deux à six
mois et d’une amende de 50 000 à 500 000 dirhams ou de
l’une de ces deux peines.
Article 226
Sont punis d'une peine de deux à six mois d'emprisonnement et d'une amende de 50.000
à 500.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement:
1) ceux qui sans contrefaire une marque enregistrée, en ont fait une imitation
frauduleuse de nature à tromper l'acheteur ou ont fait usage d'une marque
frauduleusement imitée ;
2) ceux qui ont fait usage d'une marque enregistrée portant des indications propres à
tromper l'acheteur sur la nature, les qualités substantielles, la composition ou la teneur
en principes utiles, l'espèce ou l'origine de l'objet ou du produit désigné;
3) ceux qui ont détenu sans motif légitime des produits qu'ils savaient revêtus d'une
marque frauduleusement imitée ou ceux qui ont sciemment vendu, mis en vente ou offert
de fournir des produits ou des services sous une telle marque.

Article 227
Sont punis d'un emprisonnement d'un à trois mois et d'une amende de 50.000 à 500.000
dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement ceux qui ont fait figurer dans leurs
marques de fabrique, de commerce ou de service les signes prohibés visés à l'article
135 sans autorisation des autorités compétentes, ceux qui ont introduit au Maroc,
détenu, mis en vente ou vendu des produits naturels ou fabriqués portant comme
marque lesdits signes.

La contrefaçon est une pratique anticoncurrentielle, en


violation d'un droit de propriété intellectuelle, et une
tromperie du consommateur. L'entreprise qui en est victime
peut s'en prémunir en protégeant au préalable ses droits de
propriété intellectuelle et en attirant l'attention de la douane
au moyen d'une demande d'intervention.
C’est pourquoi il faut être conscient de ses droits, que ça soit
nos droits de PI ou de façon générale, pour pouvoir lutter
contre ce dangereux phénomène.

V. L’impact de la protection de la propriété


intellectuelle sur la société de l’information et
l’économie
1) La société de l’information :
a) Définition :
La société de l'information désigne un état de la société dans
lequel les technologies de l'information et de la
communication jouent un rôle fondamental. Elle est en
général placée dans la continuité de la société industrielle.

b) Caractéristiques de la société de l’information :

Trois spécificités caractérisent la société de l’information :

• 1) L’information y est utilisée comme une ressource


économique. Les entreprises recourent davantage à
l’information pour accroître leur efficacité, leur
compétitivité, stimuler l’innovation et obtenir les meilleurs
résultats. Etant à plus forte valeur ajoutée, ces entreprises
profitent donc à l’économie générale d’un pays. Qu’ils soient
développés ou PVD, les pays qui se transforment en société
de l’information sont assurés d’être présents sur un marché
international qui ne cesse d’évoluer.

• 2) On y distingue une plus grande utilisation de


l’information par le grand public. Les gens recourent plus
intensivement à l’information dans leurs activités de
consommateurs, que ce soit pour faire un choix avisé entre
différents produits, connaître leurs droits aux services
publics ou mieux prendre leur vie en main, ou bien encore
pour exercer leurs responsabilités civiques et s’ouvrir plus
largement à l’accès à l’éducation au savoir et à la culture et
d’en profiter pour meubler leur temps de loisirs ou vaquer à
leur hobby préféré : Home shopping, activités culinaires ou
sportives, « chatting » ou participer aux forum d’internautes
(news groups). Tout ceci, grâce aux technologies interactives
et à la convergence des réseaux.

• 3) L’économie de ces sociétés voit se développer un


secteur de l’information ayant pour fonction de répondre à la
demande générale de moyens et de services d’information.
Ce secteur cible à la fois l’infrastructure (réseaux de
télécommunications et d’ordinateurs) mais également
l’industrie créatrice de l’information circulant dans ces
réseaux et les fournisseurs de contenu informationnel.

2) L’importance de la PPI dans la SI :

a) Le rôle de l’innovation dans la SI :


C’est une application industrielle et commerciale d’une
invention, c’est améliorer la qualité des produits, baisser leur
cout de production, et faire apparaître de nouveaux produits
sur le marché, c’est l’application d’une découverte
scientifique dans le domaine de la technologie.

Par innovation, nous entendons changer le modèle


d'entreprise et apporter des modifications à l'environnement
existant pour fournir de meilleurs produits ou services

• Les avantages importants de l'innovation dans une


entreprise :

1. Résoudre facilement les problèmes : Souvent,


toutes les entreprises rencontrèrent des problèmes
qui ne semblent pas disparaître. Elles doivent
sortir des sentiers battus pour trouver une réponse
qu’elles n’ont jamais trouvée.

2. Augmentez votre productivité : Pour travailler


plus intelligemment, il faut penser de manière
créative, se concentrer sur ce que doit être
rationalisé et ce que doit être éliminé. En outre, il
faut se concentrer sur les programmes et les flux
de travail que peuvent être utilisés pour augmenter
la productivité.

3. Commercialiser votre entreprise : ‘entreprise


peuvent utiliser diverses idées créatives et
innovations pour qu’elle se distingue des autres.
Ici, le marketing des petites entreprises entre en
jeu. Pour que les gens se souviennent de
l’entreprise, elle a besoin d’idées novatrices.

4. Surpasser vos concurrents : Lorsqu’une entreprise


pense de manière innovante, il devient très facile
de surpasser ses concurrents. Il faut juste d'un peu
de créativité et elle peut facilement trouver de
meilleurs moyens de concevoir des produits et de
se connecter avec les clients.
b) Les droits de la PPI favorisent-ils réellement
l'innovation ou la freinent-ils?
Cette question a été débattue pendant 150 ans alors
commençons par les bases :

Qu’est-ce qui cause l'innovation en premier lieu?

Les historiens ont découvert que les grands inventeurs de la


révolution industrielle américaine, Matthias Baldwin,
Samuel Morris, Alexander Graham Bell et Thomas Edison,
étaient tous motivés par l'espoir de tirer profit de leurs
découvertes. Ces découvertes ont à leur tour transformé la
société humaine au 19ème siècle, mais cela étaient avant, et
aujourd’hui ?

Au cours des 50 dernières années, les économistes ont


démontré à maintes reprises que les brevets continuent
d'encourager l'innovation en incitant les inventeurs à
inventer.
Les brevets ont stimulé la formation des plus grandes
nouvelles industries des 60 dernières années:

ü Les semi-conducteurs
ü L’Ordinateur personnel
ü Software business
ü Biotechnologies
ü La téléphonie mobile
ü E-commerce

Tous ont été réalisés par des inventions brevetées

Hans Bishop, directeur de la société de traitement du cancer,


Juno Therapeutics, a déclaré: «Soyons clairs: les
investissements dans le secteur de la biotechnologie reposent
entièrement sur des brevets. Sans brevets solides, nous ne
pouvons pas collecter des fonds pour trouver des remèdes
contre la maladie.
La chose curieuse à propos des brevets, c’est que non
seulement ils stimulent l’innovation, mais ils favorisent
également le partage des connaissances. Cela semble aller à
l’encontre du fait que les brevets accordent à leurs
propriétaires un monopole temporaire sur l’invention, mais
c’est tout à fait vrai. Les brevets sont l’un des outils les plus
efficaces pour le partage des connaissances jamais inventés.
Une simple expérience de pensée suggère pourquoi,
imaginons un monde dans lequel il n’existe aucun brevet
pour garantir aux inventeurs le droit à leurs découvertes,
dans un tel monde. Les inventeurs devraient rester très
discrets car leurs concurrents pourraient copier leurs
découvertes en toute impunité. C’est le monde des secrets
commerciaux, mais dans un monde de brevets, la situation
est tout à fait opposée. Les inventeurs se sentent maintenant
libres de promouvoir leurs découvertes le plus largement
possible afin de maximiser les bénéfices tirés de leur
commercialisation.

En sécurisant la connaissance, leurs droits sont protégés.

En outre, pour obtenir un brevet, la loi exige que l'inventeur


divulgue les détails de son invention, ce qui favorise
également le partage des connaissances. En fait, la base de
données américaine sur les brevets est la plus grande
bibliothèque de connaissances techniques sur la planète et
elle est ouverte à tous ceux qui souhaitent l’étudier. Thomas
Edison, par exemple, fréquentait l’office des brevets pour
étudier les brevets d’autres inventeurs et, espérons-le,
susciter ses propres idées. Il en va de même pour de
nombreux inventeurs aujourd'hui.

En fait, une étude récente a révélé que 88% des entreprises


américaines et européennes déclarent se fier aux
informations divulguées dans les brevets pour suivre les
progrès technologiques de leurs industries.
Prenons l'industrie du téléphone intelligent en particulier.
Cette industrie regroupe en un seul appareil les avancées
techniques combinées de 4 grands secteurs: la téléphonie
mobile, l'électronique, l'informatique et le software. Est-ce
que quelqu'un croit qu'une telle collaboration technologique
pourrait avoir lieu sous un régime de secret commercial?
Impossible

Seuls les brevets permettent aux entreprises de sécuriser les


licences et les licences croisées de leurs inventions. Par
conséquent, l'utilisation des Smartphones a connu une
croissance exponentielle en seulement dix ans, passant de
zéro à plus de deux milliards d'utilisateurs dans le monde.
• Les droits de propriété intellectuelle (DPI) promeuvent
l'innovation et la créativité, ce qui génère des emplois et
améliore la compétitivité.
• sans protection les e/ses se concentreraient moins sur la
recherche et le développement.
• Donc Les droits de propriété intellectuelle permettent
aux entreprises de générer des bénéfices lorsque les
autres utilisent leurs créations et inventions et par
conséquent contribuent au développement et à la
croissance économique.

3) 'importance de l’adoption des stratégies de protection
dans les sociétés de l'information :
Selon Vikas Bhatia, fondateur et PDG de la société de
cybersécurité Kalki Consulting, les entreprises doivent
réfléchir de manière plus critique aux informations qui
dynamisent leurs activités spécifiques et aux moyens de les
protéger. Par exemple, selon Bhatia, les entreprises protègent
souvent les données de leurs cartes de crédit mais négligent
de surveiller la manière dont un fournisseur tiers se connecte
à leur réseau.
C'est exactement ce qui est arrivé à Target, qui a subi une
grave violation en 2013 parce qu'une petite entreprise de
chauffage et de climatisation basée en Pennsylvanie avec
laquelle elle travaillait avait été infectée par des logiciels
malveillants. En utilisant des informations d’identité
accrochées dans la brèche, ils ont pu accéder au réseau de
Target.
Stratégies de base pour protéger la propriété intellectuelle
dans une société d’information :
1. Configurer une liste de contrôle de sortie d'employés
Informatiques
2. Éduquer les employés sur les risques liés à Internet
3. Créer des politiques d’usage et d’Internet
4. Configuration des stratégies d'accès distant et de
l'éducation
5. Procédures de téléchargement et de mise a jour de
périphériques
6. Sauvegardez tout ce qui est important 7. La vérification
des autorisations d'accès.

4) Les inconvénients de la PPI :


la ppi peut avoir des effets négatifs sur l’économie comme :

• Déplacement de main-d'œuvre
Dans les économies émergentes, une quantité considérable
de travail est utilisée pour imiter des produits non autorisés.
Alors que les économies renforcent leur protection et leur
application, les employés doivent passer à différentes
activités. Cela crée un problème de déplacement qui peut
rendre difficile pour le pays de créer une protection solide de
la propriété intellectuelle.
Le défi du déplacement a été démontré par Maskus (1997)
dans son étude des différents secteurs libanais après le
renforcement de la protection de la propriété intellectuelle.
L'étude a révélé qu'un resserrement des droits d'auteur sur les
logiciels afin de réduire de moitié le piratage réduirait
l'emploi de 717 personnes. Les emplois créés seraient de 426
personnes, laissant un déplacement de 291 personnes.
Cependant, l'étude a révélé que les employés des entreprises
légales percevaient des salaires plus élevés.

• Prix du monopole
Un autre effet négatif de la protection de la propriété
intellectuelle consiste à encourager les prix de monopole. La
délivrance de brevets, de marques de commerce et de droits
d'auteur dans des secteurs tels que la chimie, l'agriculture et
la biotechnologie donnerait aux titulaires de droits un
contrôle accru du marché. Ces entreprises peuvent réduire
leurs ventes pour créer des prix monopolistiques dans des
secteurs chimiques, agricoles et biotechnologiques en
particulier
• Restreindre l'accès à la connaissance
La protection de la propriété intellectuelle pourrait
également réduire l'accès à l'information technologique. Par
exemple, les brevets de médicaments pourraient augmenter
les coûts de copie et exercer des pressions importantes sur
les organisations de copie des économies émergentes. De tels
coûts rendraient difficile la création d’une protection de la
propriété intellectuelle dans les économies émergentes.

STE= société
PPI : protection de la propriété intellectuelle
SI= société de l’information

Conclusion

La propriété intellectuelle, de nos jours est un véritable


facteur de développement et de croissance économique92(*).
En effet, c'est la propriété intellectuelle qui incite les
investisseurs à placer leurs ressources dans les produits à
risques. Elle fait partie intégrante de la création des valeurs
dans une entreprise de haute technologie et, en tant que telle,
elle joue un rôle fondamental dans l'obtention de capital-
risque par les PME93(*). Une utilisation judicieuse du système
de propriété intellectuelle constitue un puissant facteur de
compétitivité, de stabilité et de réduction des risques liés aux
investissements en capital94(*). La protection juridique des
créateurs et des innovateurs, agents de promotion et de
divulgation des œuvres de l'esprit était devenue une
nécessité. On peut dire sans risque de nous tromper que, la
propriété intellectuelle de nos jours a une protection
juridique internationale efficace, ceci pour plusieurs raisons :
D'abord sur le plan de l'encadrement juridique, la mise sur
pied de l'Accord sur les droits de la propriété intellectuelle
qui touchent au Commerce (ADPIC), qui est une
compilation des textes de la propriété intellectuelle, est une
avancée remarquable du système international de protection
des droits de propriété intellectuelle. Les motifs de diversité
des textes juridiques nationaux ou du moins leur inexistence,
le souci de renforcer les instruments juridiques de protection
internationale de la propriété intellectuelle et la recherche de
l'efficacité de cette dernière justifient la présence de ce texte
comme accord pilier de l'OMC. D'autres motifs non moins
importants telles que la croissance effrénée de la contrefaçon
et le piratage des produits de toute sorte, les insuffisances du
GATT de 1947,et le principe de territorialité95(*) qui
caractérise cette matière et qui jusque-là, limitait la
protection de la propriété intellectuelle au sein de chaque
territoire où elle était demandée justifient également
l'importance qu'accordaient les entreprises multinationales,
les Etats-Unis et l'Union Européenne à inclure ce texte à
l'OMC.
En suite sur le plan du règlement des différends, Cet
instrument juridique de protection internationale des droits
de création immatérielle a permis de mettre sur pied un
mécanisme efficace de règlement des différends de la
propriété intellectuelle au niveau mondial. Le règlement des
différends est ainsi assuré par l'Organe de Règlement des
Différend (ORD) dont la procédure garantie les droits de la
défense.
L'arbitrage qui est prévu comme moyen alternatif de
règlement des différends par rapport a cet organe, est une
procédure plus conviviale qui permet à la personne dont les
droits ont été violés, d'avoir un choix multiple de juridiction.
Le bilan de ce mécanisme de règlement des différends
pendant les premières années est positif parce que beaucoup
d'Etats y ont fait recours et plusieurs affaires ont trouvé un
dénouement.
Toutefois, cet instrument juridique qui emprunte l'ORD de
l'OMC comme mode de règlement des différends n'est pas
parfait. Il présente des faiblesses et des lacunes : Au niveau
de l'ORD, seuls les Etats ont la possibilité de le saisir. Elle
n'est ouverte ni aux particuliers, ni aux associations des
consommateurs et encore moins aux ONG. Hors en matière
de propriété intellectuelle, c'est les particuliers qui sont le
plus souvent impliqués. On peut aussi citer parmi les
faiblesses et lacunes l'inexécution des décisions et
recommandations de l'ORD dont l'effectivité tient de la
volonté des Etats mis en cause dans le litige, la non
transparence des procédures, les lenteurs constatées dans la
phase d'examen, les manœuvres dilatoires dans la phase
d'exécution des décisions de l'OMC et la non ouverture des
débats au public.
Pour améliorer le fonctionnement et garantir l'efficacité de
l'ORD, la nécessité d'une réforme s'impose non seulement au
sein de cet organe, mais aussi au sein de l'OMC.
Une question importante demeure cependant, c'est celle du
rapport entre l'ADPIC avec les autres instruments
internationaux élaborés sous les auspices de l'OMPI. On le
voit, l'ADPIC cite ces différentes conventions à plusieurs
reprises en référence. Parfois l'accord va plus loin et donne
des dispositions spécifiques. L'ADPIC vise en fait à créer un
noyau dur de règles minimum que tous les Etats membres de
l'OMC doivent s'engager à respecter, même s'ils ne sont pas
membre des différentes conventions citées, ce qui reste
d'ailleurs une faculté propre.
Ce qui est intéressant, en définitive, c'est le régime
contraignant de ce système de protection internationale des
droits de la propriété intellectuelle. Même si un Etats n'est
pas membre des différentes conventions de L'OMPI, il devra
respecter les principes de l'ADPIC s'il est membre de l'OMC.
On a donc voulu créer un régime juridique harmonisé en
matière de protection des droits de propriété intellectuelle,
que les Etats soient ou non parties aux conventions
internationales en vigueur ;
Cette apparente harmonie ne doit pas dissiper quelques
questions néanmoins. Comment à l'avenir ces différents
instruments, qui restent malgré tout autonomes, vont il
évoluer ? Comment à l'avenir, si l'éventualité se présente,
concilier l'ADPIC et l'OMPI, si l'on crée par exemple un
mécanisme de règlement des différends au sein de l’OMPI.

Bibliographie

ü Code de la propriété intellectuelle


ü Loi n° 23-13 relative à la protection de la propriété
industrielle
ü Loi n° 17-97 relative à la protection de la propriété
intellectuelle
ü Loi n° 34-05 relative aux droits d’auteurs et droits
voisins
ü Loi n° 2-00
ü Loi n° 92-597 relative au code de la propriété
intellectuelle (partie législative)
ü Carreau, Contrefaçon de marques – Généralités : JCl.
Commercial, Fasc. 692
ü ORGANISATION DE LA CONFERENCE
ISLAMIQUE (OIC) REUNION PREPARATOIRE DU
SOMMET MONDIALPOUR LA SOCIETE DE
L’INFORMATION GENEVE (1-5 JUILLET 2002)
ü Startupr Hong Kong Limited
ü An Intellectual Property Series by The Michelson
20MM Foundation & IPO Education Foundation
ü the intangible advantage: understanding intellectual
property in the new economy
ü ITSP Magazine Intellectual Property Is Valuable. How
To Protect It In The Digital Society? (December 12,
2016)
ü Intellectual Property Protection in Emerging Economies
And Trade Related Intellectual Property Rights
Abdalaziz Alfarraj Public International Law Michigan
State University

Webographie

ü http://www.oecd.org/globalrelations/Dimension%20II.3%20
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f
ü : http://www.wipo.int/copyright/fr/faq_copyright.html
ü https://www.jurifiable.com/conseil-juridique/propriete-
intellectuelle
ü https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_la_propri%C3%A9t%
C3%A9_intellectuelle
ü http://www.ompic.org.ma/fr/content/missions
ü https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_de_l
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