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ECOLE ROYALE MILITAIRE

Année académique 2017 – 2018

155ème Promotion SSMW


3ème Bachelor

Lt-Gen D’Aviation Donnet

Cours de français

Test écrit n°2

Par l’élève–officier

LAOUAN Ishac
La coopération internationale est un pilier important dans la déclaration de mission de l’Ecole Royale
Militaire. Vingt pourcent des étudiants de l’Ecole sont internationaux. Ils se voient offrir des places
pour étudier au sein de l’Ecole. C’est dans ce cadre que j’ai fièrement été envoyé par le Niger.

Mon parcours à l’Ecole Royale Militaire a débuté le 18 août 2014. Il y a de cela presque quatre ans.
En plus du changement radical survenu dans ma vie quotidienne, dû à la différence notoire entre
mon pays d’origine et la Belgique, il fallait surmonter une multitude de challenges dus à la nouvelle
carrière au sein de l’armée. Etre officier est un métier qui demande de redoubler sans cesse d’effort,
et cela, de manière exponentielle.

L’Ecole Royale Militaire est une unité de formation complète dans le sens où elle nous évalue sur
base de quatre volets d’aptitude et de connaissance : le militaire, l’académique, le sportif et le
caractériel.

Le domaine militaire est sans doute le plus passionnant. Mon parcours militaire jusqu’ici est
satisfaisant, non seulement du point de vue de l’évaluation que j’ai reçue du cadre militaire, mais
également d’un point de vue personnel. L’aspect militaire de la formation à l’Ecole Royale Militaire
est la plus appréciée des élèves en général et en tant que futur officier de la force terrestre, je n’y
échappe pas. Les camps d’hiver et d’été, qui ne durent malheureusement que deux et quatre
semaines respectivement, nous permettent de nous familiariser avec notre future fonction. Cela, en
nous apprenant les vraies ficelles du métier.

Le domaine académique est relativement plus exigeant. Mon bilan s’est soldé en fin de deuxième
année par un lourd échec. Tout devient d’un coup plus délicat à partir du moment où l’on n’a plus
droit à l’erreur. Mais ce que j’ai longtemps considéré comme un échec m’a finalement permis de me
redresser et de m’améliorer. Personnellement, je pense que la difficulté réside dans l’absence de
transition entre la formation militaire et académique. C’est toujours une tâche difficile de quitter les
rares périodes de camps et d’aussitôt replonger dans ce monde de routine qu’est la formation
académique.

À l’armée, le sport est défini comme l’art de tuer sans être tuer. L’Ecole Royale militaire nous
apprend que la qualité un bon soldat se mesure de prime abord par ses aptitudes au sport. Le sport
est le domaine dans lequel je suis le plus doué. Mes résultats sportifs n’ont jamais été aussi
irréprochables. Mes objectifs personnels sont cependant loin d’être accomplis.

Arrivé en Belgique, les différences de climat et d’alimentation étaient peut être les plus exigeantes
mais de loin les plus flagrantes. Le Niger, une ancienne colonie française a un système où tout est
encore organisé à la française, de l’armée à la politique, en passant par le système éducatif et
administratif. La langue est également un peu différente.

Le Niger est un pays hybride dans le sens où il associe deux systèmes politiques  : d’une part il y a de
petits royaumes indépendants et d’autre part un gouvernement démocratiquement élu. Comparé à
la vie au Niger, une absence de vie sociale se fait aussitôt remarquer en Belgique. En outre, la culture
nigérienne est beaucoup basée sur le respect des traditions, or en Belgique, l’occidentalisation y est
fort prononcée.

Au niveau de l’armée, la Défense Belge est une armée bien organisée. Les Forces Armées Nigériennes
ont encore beaucoup à apprendre si elles veulent faire face aux défis engendrés par le changement
d’environnement sécuritaire dans la région. En effet, à cause de la porosité des frontières, le pays se
retrouve envahit par des groupements terroriste venu d’ailleurs, qui le considère comme une sorte
de sanctuaire dans leur guerre de guérilla. Il s’agit notamment d’Al Qaeda au Maghreb Islamique
(AQMI, qui provient du sud du Mali) et de Boko Haram (depuis le Nord du Nigéria).

Si le potentiel de développement économique dont dispose le Niger est enviable, il en est autrement
de son mode de gouvernance qui laisse à désirer avec des politiques qui ne correspondent pas aux
besoins de la population. Mais je pense fortement que tous ces disfonctionnements sont engendrés
dès le plus bas niveau, c’est-à-dire le système éducatif. Ce qui m’amène à dire que le défi majeur que
doit relever le Niger réside dans l’éducation. L’éducation est l’instrument le plus puissant pour
construire un Etat et quand cet instrument est mal employé, le système qui en résulte est corrompu,
failli, sans maturité démocratique. Il est inutile de vouloir réformer le système déjà présent. Il faut
plutôt créer un système éducatif unique, sans failles, qui intègre l’éducation aux réalités du pays.

La formation à l’Ecole Royale Militaire est une réelle aide au développement en Afrique. Une chose
est sûre, cette formation à l’Ecole Royale Militaire est une formation complète. Savoir, savoir-faire et
savoir-être sont les trois vecteurs qui après combinaison permettent de définir les compétences
finales qui seront acquises à son terme. Nous n’aurons pas appris que la tâche de manager, mais
également celle de leader, or, le Niger a besoin d’un leadership fort pour exploiter son potentiel et
relever les défis auxquels il doit faire face. Il faut être conscient de cette singularité, savoir l’utiliser,
et la faire fructifier.