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1ère partie : cas clinique de psychiatrie

Enoncé 1/2

Mlle B., 18 ans, se présente aux urgences accompagnée de sa mère car elle « n’arrive plus à aller au
lycée ».

Il n’y a pas d’antécédents psychiatriques ni familiaux connus. Elle ne prend aucun traitement.

Son visage est peu expressif, elle met plusieurs secondes à répondre à vos questions. Voici un extrait
des propos qu’elle tient :
« Je suis très fatiguée, ça dure depuis un mois, je ne sais pas… je n’arrive plus à aller en cours, je suis
nulle. […] A cause de moi, toute ma famille est triste, je leur fais vivre un calvaire. J’en ai marre,
j’aimerais que tout cela se finisse [...] plus rien ne me fait plaisir, je ne dors plus, je ne mange plus ».
Sa mère est très inquiète : « Certes, elle était un peu moins dynamique et sortait moins depuis un
mois. Mais depuis 2 semaines, elle s’est effondrée ! ».
Vous recherchez des idées suicidaires : la patiente vous confie avoir le projet de mourir demain par
pendaison « si ça ne s’arrête pas ».
La patiente est consciente des troubles, en demande de soins et de protection, et prête à suivre la
prise en charge que vous proposez.

Question 1

Quels symptômes retrouvez-vous dans cet énoncé ?


A. hypomimie
B. ralentissement psychomoteur
C. idées culpabilité
D. anhédonie
E. dévalorisation

Corrigé

Réponses justes : A. B. C. D. E.

A. hypomimie
B. ralentissement psychomoteur
C. idées culpabilité
D. anhédonie
E. dévalorisation

Commentaire

C’est une question simple et typique concernant les symptômes dépressifs, à connaître parfaitement.

Question 2

2. Quel(s) diagnostic(s) évoquez-vous ?


A. Crise suicidaire
B. épisode dépressif caractérisé d’intensité légère à modérée
C. épisode dépressif caractérisé d’intensité modérée à sévère
D. trouble anxieux généralisé
E. état de stress post-traumatique

Corrigé
Réponses justes : A. C.

A. Crise suicidaire

La crise suicidaire est un état temporaire et réversible au cours duquel le suicide apparaît comme
l’unique solution permettant de sortir de l’état de crise traversé.

B. épisode dépressif caractérisé d’intensité légère à modérée

L’épisode dépressif léger rassemble un nombre minimum de symptômes (5 symptômes) et peu de


retentissements sociaux, familiaux et professionnels/scolaires, ce qui n’est pas le cas ici.

C. épisode dépressif caractérisé d’intensité modérée à sévère

Il y a des symptômes dépressifs intenses, une grande détresse psychique et un projet suicidaire
imminent.

D. trouble anxieux généralisé

Face à une description typique de syndrome dépressif, il n’est pas question d’évoquer un trouble
anxieux. Noter que la dépression est souvent accompagnée d’anxiété, parfois intense.

E. état de stress post-traumatique

Idem proposition D.

Commentaire

L’énoncé est une description typique d’un épisode dépressif caractérisé d’intensité sévère avec crise
suicidaire. Il n’y a pas d’élément faisant évoquer un autre diagnostic.

Question 3

Quelle prise en charge médicamenteuse aux urgences pouvez-vous proposer ?


A. antipsychotiques sédatifs
B. inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine
C. inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline
D. benzodiazépines
E. Oxazépam

Corrigé

Réponses justes : A. D. E.

A. antipsychotiques sédatifs
Les antipsychotiques sédatifs et les benzodiazépines sont les deux familles d’anxiolytiques prescrits
aux urgences à visée anxiolytique et sédative en cas d’agitation, anxiété intense, risque suicidaire
élevé. La troisième classe d’anxiolytiques à connaître est les anti-histaminiques.

B. inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine

Le traitement antidépresseur est un traitement de fond qui n’est pas prescrit aux urgences mais une
fois le patient hospitalisé.

C. inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline

Idem proposition B.

D. benzodiazépines

Idem proposition A.

E. Oxazépam

L’Oxazépam est une benzodiazépine à connaître car c’est la benzodiazépine de choix en cas
d’insuffisance hépato-cellulaire (chez les patients éthyliques chroniques par exemple) et au cours de
la grossesse (nombreuses données rassurantes éliminant un risque tératogène).

Commentaire

Aux urgences, on proposera un traitement symptomatique à visée anxiolytique et sédative, et dans


ce cas clinique tout particulièrement pour prévenir le risque suicidaire. Les deux classes
médicamenteuses typiquement utilisées dans ce cas sont les benzodiazépines (Oxazepam, Diazepam,
Lorazépam…) et les antipsychotiques sédatifs (Cyamémazine, Loxapine, Chlorpropazine). Il existe un
risque autoagressif au sein même du boxe des urgences chez certains patients à haut risque
suicidaire.
En revanche, le passage aux urgences n’est pas le moment de la prescription du traitement de fond.
On ne prescrit donc pas d’antidépresseurs aux urgences.

Question 4

Quelle(s) prise(s) en charge pouvez-vous proposer à la patiente ?

A. consultation rapprochée (24 à 48 h) pour prescription d’un traitement de fond.


B. hospitalisation en psychiatrie en soins libres
C. hospitalisation en soins psychiatriques à la demande d’un tiers
D. hospitalisation en soins psychiatriques à la demande d’un tiers en urgence
E. hospitalisation en soins psychiatriques en péril imminent

Corrigé

Réponses justes : B.

A. consultation rapprochée (24 à 48 h) pour prescription d’un traitement de fond.

L’épisode dépressif est sévère et le risque suicidaire élevé. Il faut proposer une hospitalisation à cette
patiente.
B. hospitalisation en psychiatrie en soins libres

La patiente est consciente des troubles, en demande de soins et d’accord pour la prise en charge que
vous proposez. Une hospitalisation en soins libre est possible.

C. hospitalisation en soins psychiatriques à la demande d’un tiers

Cocher cette réponse si : état mental nécessitant des soins immédiats + surveillance médicale
nécessaire + impossibilité de consentir aux soins.

D. hospitalisation en soins psychiatriques à la demande d’un tiers en urgence

Cocher cette réponse si : critères pour ASPDT + danger imminent.

E. hospitalisation en soins psychiatriques en péril imminent

Cocher cette réponse si : critères pour ASPDT + absence de tiers.

Commentaire

Question à très haut risque d’apparaître dans un cas clinique à l’ECN.

Question 5
Vous hospitalisez la patiente. Quelle sera la prise en charge en hospitalisation ?
A. prévention du risque suicidaire avec surveillance chaque heure, jour et nuit
B. retrait de tous les cordons, lacets, ceinture
C. traitement antidépresseur
D. les antidépresseurs tricycliques peuvent être prescrits en première intention
E. escitalopram

Corrigé

Réponses justes : A. B. C. E.

A. prévention du risque suicidaire avec surveillance chaque heure, jour et nuit


B. retrait de tous les cordons, lacets, ceinture
C. traitement antidépresseur
D. les antidépresseurs tricycliques peuvent être prescrits en première intention
E. escitalopram

Commentaire
La prévention du risque suicidaire inclut un retrait de la plupart des effets personnels, en particuliers
ceux qui pourraient être utilisés dans un but autoagressif (cordons, lacets, ceinture), une mise en
pyjama d’hôpital, une surveillance chaque heure jour et nuit, une anxiolyse et sédation
médicamenteuse.
Les traitements antidépresseurs prescrits en première intention sont les ISRS (Sertraline,
Escitalopram, Citalopram, Paroxetine, Fluoxétine…). Le Collège, deuxième édition indique que l’on
peut également prescrire des IRSNa (Venlafaxine notamment) en première intention. Les
recommandations de 2002 indiquent que les antidépresseurs de la classe « autres antidépresseurs »
(Miansérine par exemple) peuvent également être prescris en première intention.
En revanche, les antidépresseurs tricycliques ne sont pas prescrits en première intention : ce sont des
traitements de 3ème ou 4ème ligne.

Question 6
Comment informez-vous la patiente sur les traitements prescrits ?
A. le traitement antidépresseur est prescrit pour au moins 3 mois
B. l’efficacité des antidépresseurs est optimale après 2 à 3 semaines de traitement
C. le traitement antidépresseur sera arrêté en fin d’hospitalisation
D. les anxiolytiques seront prescrits au moins 12 semaines
E. il existe un risque de dépendance avec les anxiolytiques de la famille des benzodiazépines

Corrigé

Réponse juste : E.

A. le traitement antidépresseur est prescrit pour au moins 3 mois

Au moins 6 mois.

B. l’efficacité des antidépresseurs est optimale après 2 à 3 semaines de traitement

L’efficacité est évaluée après 4 à 8 semaines de traitement.

C. le traitement antidépresseur sera arrêté en fin d’hospitalisation

Non, on souhaite à cette patiente qu’elle sorte après quelques semaines d’hospitalisation alors que
le traitement durera plus de 6 mois.

D. les anxiolytiques seront prescrits au moins 12 semaines

SI on prescrit des benzodiazépines à visée anxiolytique, on recommande une durée maximale de 12


semaines.

E. il existe un risque de dépendance avec les anxiolytiques de la famille des benzodiazépines

Effet indésirable incontournable, rencontrés très régulièrement dans de nombreuses spécialités.

Commentaire
Les antidépresseurs sont prescrits pour au moins six mois, l’efficacité est évaluée après 4 à 8
semaines de traitements, même si un effet anxiolytique peut survenir après 15 jours.
Les anxiolytiques de la famille des benzodiazépines sont prescrits pour une durée de 12 semaines
maximum en raison du risque de dépendance.

Enoncé 2/2
L’épisode dépressif s’amende et la patiente sort de l’hôpital avec un traitement antidépresseur et un
suivi psychiatrique.
Quatre mois après cet épisode, Mlle B. revient aux urgences psychiatriques : elle a appelé son
psychiatre car elle avait à nouveau des idées suicidaires et celui-ci l’a adressé aux urgences.
L’épisode actuel dure depuis 1 semaine et s’est brutalement aggravé depuis 48h. La patiente est très
anxieuse, parle très lentement. Par moments, elle s’arrête de parler au milieu d’une phrase et reste
silencieuse plusieurs secondes. A d’autres moments, son volume de parole diminue progressivement
jusqu’à être inaudible. Elle est orientée dans le temps et l’espace mais son discours est souvent
incohérent : « je veux que vous m’aidiez et que vous me sauviez avec vos médicaments… vous êtes
des merdes, les psychiatres ça ne sert à rien ».
« Je me sens très mal, mon corps est téléguidé… arrêtez, taisez-vous ! vous me faites mal à la tête !
vous m’envoyez des ondes, je les entends comme un grille-pain. Votre visage se déforme, je le vois
tout vert. ». A la fin de l’entretien, elle vous serre poliment la main puis vous tire la langue et vous
explique en souriant « c’est parce que vous êtes méchant ».

Question 7
Quel(s) élément(s) sémiologique(s) retrouvez-vous dans cet énoncé ?
A. barrage et fading
B. automatisme mental
C. désorganisation
D. ambivalence
E. discordance idéo-affective

Corrigé

Réponses justes : A. B. C. D. E.

A. barrage et fading

Barrage : arrêt brutal du cours de la pensée, se manifestant par un arrêt brutal du discours,
s’intégrant dans les symptômes de désorganisation.
Fading : ralentissement du débit et du volume sonore du discours, ayant une signification
sémiologique similaire au barrage.

B. automatisme mental

Automatisme mental : type d’hallucination intrapsychique, le patient pense alors que sa conscience
ou ses actes sont guidés (par une personne, par une force extérieure,…).

C. désorganisation

La désorganisation correspond à la perte de la cohésion psychique entre idées, affectivité et


attitudes. Elle se manifeste au niveau cognitif, émotionnel et comportemental.

D. ambivalence

La patiente exprime des avis tout à fait opposés et contradictoires à l’égard des psychiatres, on
comprend que sa pensée est illogique. L’ambivalence s’intègre dans les altérations du système
logique, donc du cours de la pensée. C’est un symptôme qui s’intègre dans la désorganisation.

E. discordance idéo-affective

La patiente tire la langue et sourit en vous disant que c’est parce que vous êtes méchant. Dans ce
contexte, le geste est inapproprié, illogique et ses propos et son attitude reflètent la coexistence
d’émotions contradictoires. Il existe un décalage entre l’expression des affects et le contenu des
idées de la patiente. C’est la discordance idéo-affective, ce symptôme fait partie de la
désorganisation.

Commentaire
La sémiologie des troubles psychotiques est l’une des difficultés en psychiatrie pour l’ECN, en
particulier la désorganisation, qui est difficile voir impossible à comprendre sans observer des
patients à l’hôpital. Nous vous conseillons de visionner la vidéo sur le lien suivant, vous pourrez voir
des illustrations de la désorganisation.
http://www.asso-aesp.fr/semiologie/videos-2/videos-de-1er-et-2eme-cycles/aspects-semiologiques-
des-syndromes-positif-negatif-et-de-desorganisation/

Question 8

Que est (sont) votre (vos) diagnostic(s) ?

A. épisode dépressif caractérisé d’intensité sévère


B. épisode dépressif caractérisé avec caractéristiques psychotiques
C. mélancolie délirante
D. épisode psychotique aigu
E. schizophrénie

Corrigé

Réponse juste : D.

A. épisode dépressif caractérisé d’intensité sévère

En présence de symptômes positifs et de désorganisation au premier plan, on n’est pas face à un


épisode dépressif caractérisé.

B. épisode dépressif caractérisé avec caractéristiques psychotiques

Ici, les symptômes positifs et la désorganisation étant au premier plan, on ne se situe pas dans un
diagnostic de trouble de l’humeur.

C. mélancolie délirante

Idem proposition B.

D. épisode psychotique aigu

Il existe un épisode aigu évoluant depuis moins d’un mois, avec idées délirantes, hallucinations et
désorganisation au premier plan. On fait donc le diagnostic d’épisode psychotique aigu.

E. schizophrénie

Le diagnostic de schizophrénie n’est possible qu’en cas de persistance de symptômes positifs,


négatifs et de désorganisation pendant au moins 6 mois.

Commentaire

Il existe des troubles de l’humeur dans lesquels on retrouve des idées délirantes. A l’inverse, il existe
des troubles psychotiques dans lesquels on retrouve des symptômes thymiques. Il faut être capable
de déceler le trouble au premier plan dans un énoncé.
Si la tristesse de l’humeur, l’anhédonie et les pensées négatives sont au premier plan, en l’absence
de désorganisation, on s’orientera vers un syndrome dépressif, auquel peuvent être associées des
idées délirantes, par exemple d’incurabilité ou de catastrophisme.
Si la désorganisation et les symptômes positifs sont au premier plan, on s’orientera vers un trouble
psychotique, qui n’exclue pas que le patient puisse être anxieux ou triste en même temps.

Question 9

Vous diagnostiquez un épisode psychotique aigu. Quel(s) examen(s) fait (feront) partie du bilan
paraclinique ?
A. toxiques urinaires
B. imagerie cérébrale
C. bêta-HCG
D. TSH
E. EEG

Corrigé

Réponses justes : A. B. C. D. E.

A. toxiques urinaires

Les toxiques urinaires peuvent être inclus, à l’hôpital, dans la plupart des bilans de troubles
psychiatriques ou de troubles du comportement. Les toxiques peuvent être responsables de
symptômes délirants, dépressifs ou d’excitation psychomotrice.

B. imagerie cérébrale

Systématique dans un premier épisode délirant.

C. bêta-HCG

Utile dans le bilan pré-thérapeutique mais aussi car un épisode délirant peut être associé à des
conduites à risque.

D. TSH

Systématique dans la plupart des troubles psychiatriques.

E. EEG

Systématique dans un premier épisode délirant.

Commentaire
Dans un premier épisode délirant, on réalisera :
- Bilan biologique de base incluant NFS, TP, bilan hépatique, bilan rénal, glycémie +++, TSH
+++,
- Toxiques urinaires, alcoolémie
- β-HCG (+/- bilan IST)
- ECG
- EEG (non disponible aux urgences mais doit être fait)
- IRM cérébrale (ou à défaut TDM cérébrale)
Question 10

Quel(s) traitement(s) la patiente recevra-t-elle probablement ?


A. traitement symptomatique par benzodiazépine
B. traitement symptomatique par antipsychotique sédatif
C. traitement de fond par antipsychotique de première génération, Halopéridol par exemple
D. traitement de fond par antipsychotique de deuxième génération, Risperidone par exemple
E. traitement de fond par antipsychotique atypique, Quétiapine par exemple

Corrigé

Réponses justes : A. B. D. E.

A. traitement symptomatique par benzodiazépine

En cas d’agitation, anxiété intense ou idées délirantes aux urgences, on prescrit un traitement à visée
anxiolytique et sédative par benzodiazépine et/ou antipsychotique sédatif.

B. traitement symptomatique par antipsychotique sédatif

Idem proposition A.

C. traitement de fond par antipsychotique de première génération, Halopéridol par exemple

Les antipsychotiques de première génération ne sont pas un traitement de fond de première


intention des épisodes psychotiques aigus.

D. traitement de fond par antipsychotique de deuxième génération, Risperidone par exemple

Les antipsychotiques de deuxième génération (= atypique) sont le traitement de fond des première
intention des épisodes psychotiques aigus, par exemple Risperidone, Quétiapine, Aripiprazole,
Olanzapine.

E. traitement de fond par antipsychotique atypique, Quétiapine par exemple

Idem proposition D.

Commentaire

Il convient de distinguer les traitements symptomatiques (propositions A, B) des traitements de fond


(propositions D, E).

Question 11

Vous introduisez un traitement par Risperidone. La nuit, vous êtes appelé en urgence auprès de la
patiente. Elle présente des spasmes musculaires douloureux de l’extrémité céphalique avec
dysphonie et protraction de la langue.
Que suspectez-vous ? Que faites-vous ?
A. dystonie aiguë
B. crise d’angoisse
C. conversion hystérique
D. traitement de l’épisode aigu par benzodiazépines à forte dose
E. traitement de l’épisode aigu par anticholinergique

Corrigé

Réponse juste : A. E.

A. dystonie aiguë

La dystonie (= dyskinésie) aiguë est un effet indésirable pouvant survenir à l’instauration d’un
traitement antipsychotique.
Symptômes : contracture musculaire de l’extrémité céphalique avec trismus, protraction de la
langue, contractures orales, dysphagie, blépharospasme, crise oculogyres.

B. crise d’angoisse

Face à une description typique de dystonie aigue à l’instauration d’un traitement antipsychotique
dans un QCM, il n’y a pas d’autre diagnostic à évoquer.

C. conversion hystérique

Idem proposition B.

D. traitement de l’épisode aigu par benzodiazépines à forte dose

Ce n’est pas le traitement de la dystonie aiguë.

E. traitement de l’épisode aigu par anticholinergique

Le traitement de la dystonie aiguë est l’administration d’anticholinergiques par voie musculaire, tel
que la tropatépine.

Commentaire

Bien que les dystonies aiguës sous antipsychotiques ne soient pas fréquentes, leur présentation
clinique est typique et le traitement est simple, cela peut faire l’objet d’un QCM.

Question 12

La patiente est calmée grâce à votre traitement. Après 5 jours d’hospitalisation, elle se plaint d’un
sentiment de tension interne et d’une envie de bouger, de tremblements, de rigidité des membres et
d’une absence de selles depuis 3 jours. Parmi les plaintes de la patiente citées dans la phrase
précédente, la ou lesquelles font partie des effets secondaires dus au antipsychotiques ?
A. akathisie
B. syndrome extrapyramidal
C. dyskinésies tardives
D. constipation
E. hypertonie pyramidale

Corrigé
Réponses justes : A. B. C. D. E.

A. akathisie

Akathisie : effet indésirable des antipsychotiques, sensation de tension interne ou besoin irrésistible
de bouger. Particulièrement décrit sous Aripiprazole.

B. syndrome extrapyramidal

Effet indésirable fréquent des antipsychotiques.


Akinésie, hypertonie, tremblement.
Traitement : anticholinergique PO.

C. dyskinésies tardives

Non décrites ici. Impossible dans ce cas clinique car surviennent après plusieurs mois de traitement.
Dyskinésies tardives : mouvements anormaux, involontaires, répétitifs et incontrôlables touchant le
plus souvent la face. Parfois irréversible. Anticholinergiques contre-indiqués.

D. constipation

Effet indésirable très fréquent des antipsychotiques.


Une surveillance du transit intestinal est indispensable chez les patients sous antipsychotiques.
Traitement : laxatifs.

E. hypertonie pyramidale

La rigidité des membres dont se plaint la patiente correspond à l’hypertonie extrapyramidale (et non
pyramidale), qui fait partie du syndrome extrapyramidal secondaire au traitement antipsychotique.
Elle s’évalue cliniquement par la mobilisation des articulations des coudes et des poignets, on
retrouve alors une résistance à la mobilisation passive, le membre cède par à-coups successifs, c’est
ce que l’on appelle la « roue dentée ».

Commentaire
La pharmacologie (avec la sémiologie) est la seconde difficulté de la psychiatrie pour l’ECN. Les
antipsychotiques sont des traitements prescrits quotidiennement en psychiatrie et leurs effets
secondaires sont un problème quotidien dans cette spécialité. Les effets secondaires des
antipsychotiques doivent être bien connus.

Question13

Après plusieurs mois d’hospitalisation, la patiente ne répond pas à deux lignes de traitements
antipsychotiques et vous décidez d’un traitement par Clozapine (LEPONEX). A propos de ce
traitement, quelle(s) est (sont) la (les) réponse(s) juste(s) ?
A. la Clozapine est un antipsychotique de 1ère génération
B. la Clozapine est un antipsychotique de 2ème génération
C. ce traitement est connu pour le risque d’agranulocytose
D. ce traitement est connu pour le risque de neutropénie
E. on réalise une surveillance NFS hebdomadaire durant 18 semaines à l’instauration du traitement
Corrigé

Réponses justes : B. C. E.

A. la Clozapine est un antipsychotique de 1ère génération

B. la Clozapine est un antipsychotique de 2ème génération

La Clozapine est un antipsychotique de seconde génération (= atypique) prescrit dans les cas de
schizophrénie résistantes à deux lignes de traitement antipsychotiques.

C. ce traitement est connu pour le risque d’agranulocytose

D. ce traitement est connu pour le risque de neutropénie

E. on réalise une surveillance NFS hebdomadaire durant 18 semaines à l’instauration du traitement

C’est un traitement très efficace présentant néanmoins des risques iatrogènes graves : le risque
d’agranulocytose nécessite une surveillance de la NFS hebdomadaire les 18 premières semaines puis
mensuelle.

Commentaire
C’est une question plus difficile. La clozapine est néanmoins citée à de nombreuses reprises dans le
référentiel.
Elle a aussi la particularité de pouvoir être utilisée chez les patients parkinsoniens présentant des
symptômes psychotiques.

Question 14

Les symptômes délirants, hallucinatoires et la désorganisation tendent à s’amender. Cependant, vous


notez que la patiente présente un émoussement affectif, une anhédonie, que le discours est pauvre.
Quelles sont les hypothèses possibles pour expliquer ces symptômes?
A. symptômes dépressifs
B. symptômes négatifs
C. symptômes catatoniques
D. effets secondaires du traitement antipsychotique
E. aucune réponse exacte

Corrigé

Réponses justes : A. B. D.

A. symptômes dépressifs

Un patient atteint de schizophrénie peut tout à fait avoir d’authentiques symptômes dépressifs.

B. symptômes négatifs

Parmi les symptômes de schizophrénie, il existe les symptômes négatifs (anhédonie, émoussement
affectif, alogie, repli social, apragmatisme), dont certains se confondent avec les symptômes
dépressifs.
C. symptômes catatoniques

Proposition hors sujet.

D. effets secondaires du traitement antipsychotique

Les traitements antipsychotiques peuvent avoir ce type d’effet secondaire également.


- soit par des symptômes dépressifs induits par les antipsychotiques
- soit par un état d’indifférence psychomotrice induit par les antipsychotiques, se manifestant par
asthénie, émoussement affectif, repli et désintérêt.

E. aucune réponse exacte

Commentaire
Question plus difficile, nécessite des connaissances et de la réflexion.
Rappelez-vous que l’on retrouve de nombreuses comorbidités dans les troubles psychiatriques.

Question 15

L’état clinique de la patiente s’améliore, est stable durant plusieurs mois. Elle est prise en charge par
l’équipe du centre médico-psychologique, qui lui propose un programme de remédiation cognitive.
A propos de la remédiation cognitive, quelle(s) est(sont) la(les) proposition(s) juste(s) ?
A. c’est une technique de rééducation pour diminuer le handicap fonctionnel
B. les patients atteints de schizophrénie ont des altérations de la métacognition
C. la cognition sociale est souvent altérée chez les patients atteints de schizophrénie
D. on réalise un bilan neuropsychologique pour évaluer les altérations cognitives chez les patients
atteints de schizophrénie
E. le bilan de cognition sociale peut aider à porter l’indication à un programme de remédiation
cognitive pour cette patiente

Corrigé

Réponses justes : A. B. C. D. E.

A. c’est une technique de rééducation pour diminuer le handicap fonctionnel


B. les patients atteints de schizophrénie ont des altérations de la métacognition
C. la cognition sociale est souvent altérée chez les patients atteints de schizophrénie
D. on réalise un bilan neuropsychologique pour évaluer les altérations cognitives chez les patients
atteints de schizophrénie
E. le bilan de cognition sociale peut aider à porter l’indication à un programme de remédiation
cognitive pour cette patiente

Commentaire
Les programmes de remédiation cognitive sont de plus en plus développés en France.
Ce QCM est proposé pour vous attirer l’attention sur :
- le fait que le trouble schizophrénique est source de handicap psychique. La prise en charge
médicamenteuse -indispensable- est un aspect de la prise en charge parmi d’autres.
- la schizophrénie est aussi une maladie de la cognition, avec une prise en charge spécifique.

La prise en charge des patients atteints de troubles schizophréniques inclut une prise en charge
médicamenteuse indispensable, mais aussi une prise en charge psychologique, psychothérapeutique
(les thérapies psychanalytiques ne sont pas indiquées), éducation thérapeutique, remédiation
cognitive, réadaptation psychosociale.
Il faut comprendre qu’un patient atteint de trouble schizophrénique n’est pas handicapé uniquement
par les idées délirantes et hallucinations, d’autant plus que les traitements médicamenteux peuvent
être très efficaces sur ces symptômes. Il existe également des troubles cognitifs, notamment en
rapport avec les cognitions sociales. Il est nécessaire de développer des prises en charge non
médicamenteuses permettant aux patients de faire face à ces handicaps. La remédiation cognitive en
fait partie.