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Ecole Nationale D’ingénieurs de Monastir Département De Génie Energétique

TPE : Transferts Radiatifs

Etude et applications des modèles de


calcul solaire dans le domaine du
bâtiment

Yazen MONSRI
2ère Génie énergétique, G3
Table des matières

Introduction générale

I. Etude bibliographique
1. Caractéristiques et composition spectrale du rayonnement solaire
2. Etude sur la couche atmosphérique terrestre
3. Les principaux phénomènes d’interaction dans l’atmosphère
4. Influence des variables décrivant le ciel clair sur la distribution spectrale du
rayonnement solaire
5. Modèles de calcul de l’éclairement solaire sur la surface de la terre
II. Calcul de l’éclairement solaire global sur les parois d’un bâtiment
1. Définition du model de calcul choisi
2. Calcul de l’éclairement solaire global sur le toit d’un bâtiment
3. Calcul de l’éclairement solaire global sur la surface d’un mur
4. Comparaison et interprétation

Conclusion générale
Bibliographie
Introduction générale :

Le rayonnement solaire est une variable climatique importante qui rend la vie sur Terre possible
en apportant de la chaleur et de la lumière. Abondant, renouvelable et disponible au sol, il est
constitué de rayons lumineux transportant de l’énergie provenant du soleil dans toutes les
longueurs d’onde. L’éclairement total est défini comme l’éclairement intégré sur tout le spectre.
Plus de 97 % du rayonnement solaire extra-atmosphérique est inclus dans le domaine spectral
entre 0,30 µm et 3,00 µm. Cette partie de l’éclairement solaire joue un rôle significatif dans
notre bien-être et notre environnement.

Dans le domaine de l’architecture du bâtiment, l’éclairage naturel dans les locaux favorise le
confort visuel et thermique (Maamari et al., 2006) 1. La lumière du jour est la partie visible du
rayonnement solaire comprise entre 0,38 µm et 0,78 µm. L’usage de la lumière du jour
contribue efficacement et durablement à l’utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments,
par exemple, en conduisant à l’ajustement de la quantité de lumière artificielle (Loutzenhiser
et al., 2007; Oteiza et Perez-Burgos, 2012)2

La distribution spectrale de l’éclairement solaire possède un caractère de variable spatiale et


temporelle. Pour rendre compte de cette variabilité spatio-temporelle, il faudrait mesurer la
distribution spectrale de l’éclairement en tout lieu et tout instant. Le réseau mondial de mesures
de l’éclairement est constitué de stations de mesures au sol qui mesurent l’éclairement total
et/ou l’éclairement spectral. La composante directe est définie comme l’éclairement provenant
de la direction du soleil. Certaines stations effectuent des mesures de cette composante directe
collectée sur une surface perpendiculaire à la direction du soleil. D’autres mesurent
l’éclairement diffus, c’est-à-dire l’éclairement hors direction du soleil, ou encore l’éclairement
global, somme des éclairements direct et diffus. Généralement, les mesures de diffus et global
sont faites sur un plan horizontal. Les mesures concernent majoritairement l’éclairement total

1
Maamari, F., Andersen, M., de Boer, J., Carroll, W. L., Dumortier, D. et Greenup, P. (2006).
Experimental validation of simulation methods for bi-directional transmission properties at the
daylighting performance level. Energy and Buildings, 38(7):878–889.
2
Loutzenhiser, P. G., Maxwell, G. M. et Manz, H. (2007). An empirical validation of the daylighting
algorithms and associated interactions in building energy simulation programs using various shading
devices and windows. Energy, 32(10):1855–1870.
et très rarement la distribution spectrale de l’éclairement (Myers, 2012)3. Les stations de mesure
de la distribution spectrale de l’éclairement comprennent des 5 instruments tels que le
photomètre solaire pour l’éclairement spectral direct et le spectroradiomètre pour les
éclairements direct, diffus et global. Leur nombre reste très faible à cause des coûts élevés
d’acquisition et de maintenance des instruments. A titre d’exemple, cette faible densité spatiale
des stations est illustrée par la figure 1 qui représente la position géographique des stations de
mesures de l’éclairement ultraviolet recensées par le World Ozone and Ultraviolet Radiation
Data Centre (WOUDC). On observe un grand nombre de stations en Amérique du Nord. La
densité de stations est faible en Europe, très faible en Asie et nulle en Afrique. Il existe d’autres
réseaux comme le NDACC (Network for the Detection of Atmospheric Composition Change)
qui présente généralement les mêmes caractéristiques de densité.

Figure 1 – Répartition géographique des stations de mesures de l’éclairement ultraviolet recensées par WOUDC

Pour surmonter la rareté de mesures spectrales de qualité au sol, un moyen d’estimation de


l´éclairement est la simulation numérique de l’atténuation du rayonnement électromagnétique
par l’atmosphère par des modèles de transferts radiatifs. Ces modèles décrivent la propagation
du rayonnement solaire. Ils résolvent finement les équations mathématiques décrivant les
phénomènes physiques d’interaction entre la lumière et l’atmosphère durant la propagation du

3
Myers, D. R. (2012). Direct beam and hemispherical terrestrial solar spectral distributions derived from
broadband hourly solar radiation data. Solar Energy, 86(9): 2771–2782
rayonnement solaire du sommet de l’atmosphère jusqu’à la surface de la Terre. Notre TPE
s’inscrit dans cette modélisation numérique.
Chapitre I :
Etude bibliographique

Sommaire :
‫ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ‬
1. Caractéristiques et composition spectrale du rayonnement solaire
a. Caractéristiques du rayonnement solaire
b. Composition spectrale du rayonnement solaire

2. Etude sur la couche atmosphérique terrestre :


a. Structure thermique de l’atmosphère
b. Structure chimique de l’atmosphère

3. Les principaux phénomènes d’interaction dans l’atmosphère


a. Absorption sélective moléculaire
b. Diffusion moléculaire

4. Influence des variables décrivant le ciel clair sur la distribution spectrale du


rayonnement solaire
a. Variation de la composition gazeuse de l’atmosphère
b. Influence de l’albédo du sol
c. Influence du profil atmosphérique
d. Influence des aérosols et de leur type

5. Modèles de calcul de l’éclairement solaire sur la surface de la terre


1. Caractéristiques et composition spectrale du rayonnement solaire :
a. Caractéristiques du rayonnement solaire :

 dualité onde-corpuscule :

Notre compréhension de la nature de la lumière a changé au cours des derniers siècles entre
deux points de vue apparemment contradictoires. Un compte fortement lisible de l’évolution de
la théorie quantique est indiqué à partir de Gribben (1984). A la fin du XVIIe siècle, La vision
mécaniste de Newton de la lumière comme étant composée de petites particules prévalait. Au
début des années 1800, les expériences de Young et de Fresnel avaient montré des effets
d’interférence dans les faisceaux lumineux, indiquant que la lumière était faite des ondes. Dans
les années 1860,

Les théories de Maxwell sur le rayonnement électromagnétique ont été acceptées, et la lumière
était comprise pour faire partie d’un large spectre d’ondes électromagnétiques avec différents
longueurs d’onde. En 1905, Einstein a expliqué l’effet photoélectrique en proposant que la
lumière soit composée de particules discrètes ou de quanta d’énergie. Cette nature
complémentaire de la lumière est maintenant bien acceptée. Elle est appelée la dualité
particule-onde, et est résumée par l’équation :

Où la lumière, de fréquence f ou longueur d’onde  vient en « paquets d’énergie » ou en


photons d’énergie E, h est la constante du Planck (6.626 × 10−34 Js) et c est la célérité de la
𝑚
lumière (3.10−8 𝑠 ) (NIST, 2002).

 Le soleil et ses radiations

Le soleil est une sphère chaude de gaz chauffée par des réactions de fusion nucléaire en son
centre (Quaschning, 2003). Les températures internes atteignent 20 millions de K. Comme
indiqué sur la figure 2, le rayonnement intense de l’intérieur est absorbé par une couche
d’ions hydrogène plus près de la surface du soleil. L’énergie est transférée par convection à
travers cette barrière optique, puis re-rayonnée à partir de la surface extérieure du soleil, la
photosphère. Cela émet un rayonnement qui se rapproche de celui d’un corps noir avec une
température de près de 6000 K, comme le montre la figure 3

Figure 2 Régions de l’intérieur du soleil

Figure 3 The spectral irradiance from a blackbody at 6000 K (at the same apparent diameter as the sun when viewed from
earth); from the sun’s photosphere as observed just outside earth’s atmosphere (AM0); and from the sun’s photosphere
after having passed through 1.5 times the thickness of earth’s atmosphere (AM1.5G).
b. Composition spectrale du rayonnement solaire :
L’éclairement solaire dans chaque longueur d’onde constitue la distribution spectrale de
l’éclairement solaire. Une simulation numérique de la distribution spectrale de l´éclairement
solaire au sommet de l’atmosphère est représentée en jaune sur la figure 4 pour un lieu et un
instant particulier. Lors du trajet descendant des rayons solaires, le rayonnement subit une
atténuation par les constituants de l’atmosphère. Cette atténuation dépend de la longueur
d’onde. Il s’ensuit que la distribution spectrale de l’éclairement est modifiée.

La courbe en rouge sur la figure 4 est un exemple de distribution spectrale au niveau du sol
dans un cas de ciel clair. Si on la compare à la courbe en jaune, on observe une atténuation
générale mais surtout des pics d’atténuation qui correspondent à des pics d’absorption par les
gaz. Par exemple, l’absence de rayonnement vers 1150 nm correspond principalement à une
absorption due à la vapeur d’eau.

Figure 4 Simulation numérique de la distribution spectrale de l´éclairement solaire au sommet de l’atmosphère et au niveau
du sol pour une localisation arbitraire le 18/07/2014 à 12:00 TU

Les calculs ont été faits à l’aide du modèle numérique de transfert radiatif libRadtran
(Mayer et Kylling, 2005)4. Un modèle numérique de transfert radiatif est un code numérique
simulant les interactions entre le rayonnement solaire et l’atmosphère claire ou nuageuse.
Nous utiliserons l’abréviation MTR dans la suite pour modèle de transfert radiatif.

4
Mayer, B., Kylling, A., Emde, C., Hamann, U. et Buras, R. (2011). libradtran user’s guide
La distribution spectrale de l’éclairement solaire possède un caractère de variable spatiale et
temporelle. Ceci est illustré par la figure 5.a, sur laquelle nous avons reporté la distribution
spectrale à la surface du sol pour deux endroits différents pour le 18 juillet 2014 à 12:00 TU.
Comme précédemment, les calculs ont ´été faits avec le MTR libRadtran. Les entrées du MTR
sont celles qu’utilisent le modèle numérique McClear (Lefèvre et al., 2013) 5 pour simuler
l’atmosphère clair ce jour-ci. McClear est disponible comme service web (www.sodapro.com),
et dans le modèle ”bavard”, donne les simulations du rayonnement solaire en ciel clair, ainsi
que les entrées utilisées, comme les propriétés optiques des aérosols et les contenus en vapeur
d’eau et en ozone qui proviennent des projets MACC (Monitoring Atmospheric Composition
and Climate).

Nous avons limité la distribution spectrale à l’intervalle [700 ; 1200] nm pour une meilleure
lisibilité. La courbe en rouge représente la distribution à (43,61°N ; 7,05°E) et la courbe en vert,
celle à (3,88°N ; 11,47°E). Par comparaison, on peut observer des différences d’amplitude de
la distribution spectrale. Par exemple, vers 950 nm, l’atténuation par l’atmosphère est plus
grande à (3,88°N ; 11,47°E) qu’à (43,61°N ; 7,05°E) principalement à cause d’un plus grand
contenu en vapeur d’eau à (3,88°N ; 11,47°E).

La distribution spectrale varie aussi temporellement. La figure 5.b représente la distribution


spectrale à (3,88°N ; 11,47°E) le 18 juillet 2014, `a deux instants : 12:00 TU (en vert) et 17:00
TU (en rouge). On observe une remarquable différence d’amplitude entre les deux courbes, qui
est principalement liée à la position du soleil qui est plus haut sur l’horizon à 12:00 TU qu’à
17:00 TU.

5
Lefevre `, M., Oumbe, A., Blanc, P., Espinar, B., Gschwind, B., Qu, Z., Wald, L., Schroedter-Homscheidt, M.,
Hoyer-Klick, C., Arola, a., Benedetti, a., Kaiser, J. W. et Morcrette, J.-J. (2013). McClear : a new model estimating
downwelling solar radiation at ground level in clear-sky conditions. Atmospheric Measurement Techniques,
6(9):2403–2418
Figure 5.b : à Oyom-Abang (3,88°N, 11,47°E) : le
Figure 5 .a : le 18/07/2014 à 12:00 TU, Sophia Antipolis 18/07/2014 à 12 :00 TU et à 17 :00 TU

(43,61°N, 7,05°E) et Oyom-Abang (3,88°N, 11,47°E)

Figure 5 : – Exemple de distribution spectrale de l’éclairement solaire au niveau du sol : (a) à un


même instant et `a deux endroits ; (b) `a un même endroit et `a deux instants.

2. Etude sur la couche atmosphérique terrestre :


a. Structure thermique de l’atmosphère
L’atmosphère est divisée verticalement en quatre couches concentriques distinctes :

Troposphere, stratosphere, mesosphere et thermosphere (figure 6). Les niveaux supérieurs de


ces couches sont respectivement la tropopause, la stratopause, la mésopause et la thermo-pause.
La troposphère est la couche la plus basse et c’est l`a qu’on retrouve les aérosols, la vapeur
d’eau, les précipitations. Elle est caractérisée par une diminution de température avec un
gradient typique de 6,5 K km−1.
.

Figure 6 Profil vertical de température pour l’atmosphère standard AFGLUS : Air Force Geophysics Laboratory US reproduit
d’après Liou (2002)6.

La stratosphère est caractérisée par une couche isotherme allant de la tropopause jusqu’à
l’altitude de 20 km, puis une augmentation de la température jusqu’à la stratopause, atteignant
une température avoisinante 270 K. L’ozone se trouve principalement dans la stratosphère. Des
fines couches d’aérosols sont observées et restent présentes longuement entre deux niveaux
d’altitude de la stratosphère. L’élévation de la température dans la stratosphère est
principalement déterminée par l’absorption du flux solaire par l’ozone.

Dans la m´mésosphère, les températures diminuent dans la zone de 50 à85 km, à cause de
l’émission du flux infrarouge par le dioxyde de carbone. Au-dessus de la m´mésopause, se situe
la thermosphère. La variation de température y est fortement contrôlée par le rayonnement
solaire ultraviolet. La température varie entre 500 K la nuit où l’activité solaire est minimale,
et 2000 K le jour où l’activité solaire est maximale.

6
Liou, K.-N. (2002). An introduction to atmospheric radiation, volume 84. Academic press. vii
b. Structure chimique de l’atmosphère

En ce qui concerne les gaz, ils sont repartis en deux groupes : les molécules gazeuses à
proportion volumique constante, appelées constituants permanents, et les molécules gazeuses à
proportion volumique variable, appelées constituants variables. Le tableau 1 liste ces
constituants et leurs proportions volumiques.

Tableau 1 – La composition de l’atmosphère d’après Liou, K.-N. (2002)7

Les gaz permanents ont approximativement une proportion volumique constante jusqu’à une
altitude de 60 km. Le diazote, l’oxygène et l’argon représentent environ 99,97 % en pourcentage
volumique. Les émissions du dioxyde de carbone dans l’atmosphère ont des origines naturelles
et anthropiques. Le processus de photosynthèse des plantes contribue à la consommation de
dioxyde de carbone. La concentration atmosphérique du dioxyde de carbone augmente autour
de 0,4 % par année (in Liou (2002)8).
Les proportions volumiques de gaz variables, listées dans le tableau 1 sont faibles mais ces gaz
ont une grande influence sur le bilan radiatif dans l’atmosphère. La vapeur d’eau est le principal
constituant radiatif et dynamique de l’atmosphère terrestre. Sa concentration varie
significativement spatialement et temporellement, en lien avec le cycle hydrologique via
l’évaporation, condensation, les précipitations et par les processus de transport à grande échelle.

7
Liou, K.-N. (2002). An introduction to atmospheric radiation, volume 84. Academic press. vii
8
même référence
De même, la concentration en ozone varie en espace et en temps. L’ozone atmosphérique est
continuellement crée et détruit par les processus photochimiques associés au rayonnement
ultraviolet. Il se trouve principalement aux altitudes entre 15 et 30 km, région appelée couche
d’ozone. Le contenu total en ozone varie significativement en fonction de la latitude et de la
saison. Il y a également création d’ozone au niveau du sol par photo- dissociation des gaz émis
notamment par le transport routier, dont la concentration est très variable dans l’espace et dans
le temps.

Les oxydes d’azote (𝑁𝑂𝑥 =NO,𝑁𝑂2 ) sont émis par les processus de combustion et de transport
à la surface du sol ainsi que le transport aérien dans la haute troposphère et basse stratosphère.
Dans la stratosphère, la principale source de 𝑁𝑂𝑥 est la dissociation de 𝑁2 𝑂 par des atomes
d’oxygène excités.

3. Les principaux phénomènes d’interaction dans l’atmosphère

Le transfert radiatif décrit les interactions entre le rayonnement électromagnétique et les


constituants atmosphériques qui sont l’absorption, l’émission et la diffusion. En ce qui concerne
le rayonnement solaire, chaque molécule présente dans l’atmosphère peut absorber le
rayonnement et/ou le diffuser dans toutes les directions, modifiant ainsi le rayonnement solaire
en intensité et en direction.

a. Absorption sélective moléculaire

Le phénomène d’absorption par une molécule d’un milieu, n’a lieu que si le photon incident
de longueur d’onde donnée, possède une énergie équivalente à la différence de deux niveaux
d’énergie de la molécule. Il s’agit d’une absorption dite sélective. C’est le cas des molécules
d’ozone qui absorbent le rayonnement solaire principalement entre 200 nm et 360 nm et plus
marginalement entre 440 nm et 1180 nm. Le photon incident disparait et il s’ensuit une
atténuation du faisceau lumineux.

Figure 7 Atténuation du faisceau lumineux par un milieu absorbant.


Considérons un milieu absorbant caractérise par une épaisseur dr, une densité numérique de
molécules ρ𝑚 et un coefficient d’absorption monochromatique 𝑘λ dépendant de la température
T et de la pression P du milieu (figure 7). Un faisceau incident monochromatique 𝐼λ (r, Ω)
arrivant dans une direction Ω définie par les angles azimutal φ et zénithal θ ressort d’un tel
milieu en étant atténué. La variation de luminance 𝑑𝐼λa entre le faisceau atténué 𝐼λ (r + dr, Ω) et
le faisceau incident est proportionnelle `a la luminance du faisceau incident d’où :

b. Diffusion moléculaire :

Le phénomène de diffusion moléculaire est une interaction entre rayons lumineux et molécules
du milieu atmosphérique. Il en résulte une modification de la répartition angulaire initiale des
rayons lumineux incidents, avec modification ou non de la longueur d’onde du rayonnement.

Figure 8 Atténuation d'un faisceau lumineux par un milieu diffuant

En considérant un milieu diffusant de coefficient de diffusion monochromatique σλ et de


densité numérique de molécules ρ𝑚 (figure 8), la variation de la luminance entre les
rayonnements diffusés et incidents d𝐼λd est proportionnelle à la luminance incidente 𝐼λ (r, Ω) :
La mesure de la luminance diffusée dans chaque direction autour de la direction Ω (θi, φi) rend
compte de la redistribution angulaire du phénomène de diffusion. Cette redistribution angulaire
est appelée fonction de phase, et notée p. Elle représente la probabilité pour qu’un faisceau
incident Ω (θi, φi) se retrouve après diffusion, dans une direction Ω (θ, φ). Elle peut être
approchée par les termes d’un polynôme de Legendre. Le rayonnement diffusé 𝐼λdg devient une
source dans la direction Ω (θ, φ). La variation de luminance entre les rayonnements diffusés et
incident d𝐼λdg est :

La diffusion dépend de la longueur d’onde du rayonnement incident et de la taille de la molécule


diffusante ou de la particule diffusante. Diverses théories sont utilisées pour modéliser cette
diffusion, par exemple la théorie de Rayleigh pour la diffusion par les molécules de gaz ou la
théorie de Mie pour la diffusion par les aérosols.

4. Influence des variables décrivant le ciel clair sur la distribution spectrale


du rayonnement solaire

Nous effectuons dans cette section, une étude de l’influence des variables décrivant l’état de
l’atmosphère claire sur la distribution spectrale du rayonnement solaire au sol.

Nous en déduirons les variables ayant une influence notable sur cette distribution.

L’approche choisie est assez classique : choisir un vecteur d’état de référence d´écrivant une
atmosphère claire typique, et faire varier les éléments du vecteur, un après l’autre, dans des
limites raisonnables, puis évaluer les différences entre les distributions spectrales du
rayonnement au sol, obtenues avec l’état de référence et ses perturbations.

Nous nous servirons du modèle numérique libRadtran avec la méthode DISORT pour simuler
l’atténuation du rayonnement par l’atmosphère. . Les variables de l’état atmosphérique de
référence sont : le profil atmosphérique AFGLUS U.S. Standard
Atmosphere 1976 (Anderson et al., 1986) 9 , un angle solaire zénithal de 48°, un modèle
d’aérosol rural de Shettle (1990)10, une épaisseur optique des aérosols à 500 nm de 0,084, un
contenu total en vapeur d’eau de 1,42 kg m−2 , un contenu total en ozone de 340 DU et un
albédo spectral typique d’un sol cultivé. La résolution spectrale résultante est la même que celle
du spectre solaire au somment de l’atmosphère de Gueymard (2004) 11 : 0,5 nm d’intervalle dans
le domaine ultraviolet, entre 280 et 400 nm ; 1 nm d’intervalle entre 0 nm et 280 nm et 400 nm
et 1705 nm ; et 5 nm d’intervalle entre 400 nm et 1705 nm.

Cet état atmosphérique est appelé ”référence”. Il est d’ailleurs recommandé par Standard
(2008)12 pour tester les performances de cellules photovoltaïques.

a. Variation de la composition gazeuse de l’atmosphère :

Les molécules gazeuses absorbantes dans l’atmosphère ayant le plus d’influence sont le
dioxyde de carbone, l’ozone, le dioxygène, le dioxyde d’azote et la vapeur d’eau (Vermote

et al., 1997).13

 Cas du dioxyde de Carbone :

La figure 9 affiche l’influence de la variation de la concentration volumétrique 𝑞𝑐𝑜2 du dioxyde


de carbone sur la distribution spectrale de l’éclairement global. La concentration volumétrique
contenue dans la colonne atmosphérique varie entre 290 et 400 particules par millions (ppm).
En général, la différence d’éclairement, de l’ordre de 2 m W𝑚−2 𝑛𝑚−1 , reste faible. Nous
concluons que l’influence est négligeable sur toutes les longueurs d’onde, excepté dans le
domaine de l’infrarouge. C’est le cas des longueurs d’onde autour de 1200, 1450, 1600 nm où
l’absorption due aux molécules de 𝐶𝑂2 est la plus importante.

9
Anderson, G., Clough, S., Kneizys, F., Chetwynd, J. et Shettle, E. (1986). AFGL atmospheric constituent profiles
(0-120 km). Rapport technique, Air Force Geophys. Lab., Hanscom Air Force Base, Bedford, Mass. AFGL-TR-86-
0110
10
Shettle, E. P. (1990). Models of aerosols, clouds, and precipitation for atmospheric propagation studies. In In
AGARD, Atmospheric Propagation in the UV, Visible, IR, and MM-Wave Region and Related Systems Aspects 14
p (SEE N90-21907 15-32), volume 1
11
Gueymard, C. A. (2004). The sun’s total and spectral irradiance for solar energy applications and solar
radiation models. Solar Energy, 76(4):423–453
12
Standard, A. (2008). G173, standard tables for reference solar spectral irradiances : Direct normal and
hemispherical on 37 tilted surface. Annual Book of ASTM Standards, 12
13
Vermote, E., Tanre´, D., Deuze´, J., Herman, M. et Morcrette, J. (1997). Second simulation of the satellite
signal in the solar spectrum (6s), 6s : An overview. IEEE Transactions on Geoscience and Remote Sensing,
35(3):675–686.
 Cas du dioxygène :

L’influence due à la variation de la concentration volumétrique de l’oxygène apparaît surtout


dans le domaine du visible (figure 10). La concentration volumétrique varie entre 2,05 105 et
2,13 105 ppm. On remarque une atténuation dans les bandes centrées sur 630,690, et 760 nm.
La différence d’éclairement spectral, environ 2 mW 𝑚−2 𝑛𝑚−1 est faible. Ceci nous conduit
à considérer comme constante la concentration en molécules de 𝑂2 dans l’atmosphère.

Figure 9 sensibilité spectrale de l'éclairement solaire à la variation de la proportion relative de CO2

Figure 10 sensibilité spectrale de l'éclairement solaire à la variation de la proportion relative de O2

 Cas du dioxyde d’azote :


Le contenu total de la colonne atmosphérique en molécules de 𝑁𝑂2 est 𝑢𝑁𝑂2 . C’est la somme
du contenu de la troposphère et celui de la stratosphère. Il s’exprime usuellement en Dobson
Unit (DU), avec 1 DU = 2,69 x 1020 molécules 𝑚−2 . La quantité de 𝑁𝑂2 varie relativement
peu, sauf dans les zones de forte pollution atmosphérique où la quantité peut aller de 0,2 DU
dans le cas des zones non polluées à 10 DU dans les zones polluées (Gueymard, 2012)14.
Nous faisons varier le contenu total en dioxyde d’azote de 0,2 DU `a 0,7 DU. La figure 11
montre que le 𝑁𝑂2 atténue l’éclairement monochromatique dans les courtes longueurs d’onde
et n’a plus d’influence au-delà de 700 nm.

Figure 11 Sensibilité spectrale de l'éclairement solaire à la variation de contenue total en NO2

Les missions spatiales telles que GOME (Global Ozone Monitoring Experiment),
SCIAMACHY (SCanning Imaging Absorption SpectroMeter for Atmospheric CHartographY)
et OMI (Ozone Monitoring Instrument) fournissent le contenu en 𝑁𝑂2 pour le monde entier.
Les projets MACC produisent des cartes d’analyse et de ré-analyse et de prévisions de 𝑁𝑂2
pour le monde entier. Dans ce travail, nous avons pris la valeur par défaut incluse dans les
profils atmosphériques du type AFGL discutés ci-après.

 Cas de la vapeur d’eau :

Nous faisons varier le contenu en vapeur d’eau, ou plus exactement la hauteur d’eau
précipitable, entre 1 et 7 cm. L’influence sur la distribution spectrale du rayonnement est

14
Gueymard, C. A. (2012). Clear-sky irradiance predictions for solar resource mapping and large-scale
applications : Improved validation methodology and detailed performance analysis of 18 broadband radiative
models. Solar Energy, 86(8):2145–2169.
notable sur une bonne partie du spectre (figure 11), s’étendant de l’ultra-violet au proche
infrarouge. . C’est une variable qui doit être prise en compte, et dont la précision de mesure
ou d’estimation est capitale dans l’estimation de la distribution spectrale de l’éclairement
solaire au sol.

Figure 12 Sensibilité spectrale de l'éclairement solaire à la variation de la hauteur d'eau précipitable

 Cas de l’ozone :
La variation du contenu total de la colonne atmosphérique en ozone 𝑢𝑂3 (entre 150 DU et 400
DU) a une influence significative sur les courtes longueurs d’onde (figure 12). La plus forte
absorption de l’ozone se situe dans les bandes Hartley, de 200 nm à 300 nm. La faible absorption
située entre 300 nm et 360 nm est appelée bande Huggins (Molina et Molina, 1986) 15 . On
observe que l’ozone absorbe aussi dans le visible et le proche infrarouge entre 440 nm et 780

15
Molina, L. T. et Molina, M. J. (1986). Absolute absorption cross sections of zone in the 185- to 350-nm
wavelength range. Journal of Geophysical Research, 91:14501–14508.
nm. Cette partie spectrale correspond à la bande de Chappuis.

Figure 13 sensibilité spectrale de l'éclairement solaire à la variation de contenue total en O3

b. Influence de l’albédo du sol


Il existe une grande variété de types de sol allant des terres noires à albédo faible jusqu’à des
terres recouvertes de neige à albédo élevé, en passant par des terres agricoles à albédo moyen
(Ahrens, 2006)16. En faisant varier l’albédo du sol entre 0,1 et 0,8 pour chaque longueur d’onde
(figure 14). On peut se rendre compte que l’influence de l’albédo au sol est faible pour des
longueurs d’onde supérieures à 900 nm. L’albédo du sol a beaucoup plus d’influence dans le
domaine du visible et de l’UV. L’amplitude des différences par rapport à l’état de référence
démontre que l’albédo du sol est une variable influente à déterminer avec précision.

16
Ahrens, C. D. (2006). Meteorology Today. An Introduction to Weather, Climate, and the Environment.
Cengage Learning
Figure 14 Sensibilité spectrale de l'éclairement solaire à un changement d'albédo du sol ρg

c. Influence du profile atmosphérique


La plupart des codes de transfert radiatif possède par défaut six profils atmosphériques
donnant à des altitudes discrètes, la pression, température, concentration volumique des
molécules présentes dans l’atmosphère. Ces six profils, définis par Air Force Geophysics
Laboratory (AFGL), sont (Anderson et al., 1986) 17 :
— le modèle 1 : modèle tropical, abrège en ”afglt”;
— le modèle 2 : modèle midlatitude summer, abrège en ”afglms”;
— le modèle 3 : modèle midlatitude winter abrégé en ”afglmw”;
— le modèle 4 : modèle subarctic summer, abrège en ”afglss”;
— le modèle 5 : modèle subarctic winter, abrégé en ”afglsw”;
— le modèle 6 : modèle U.S. Standard Atmosphere 1976, abrégé en ”afglus”.
Les différences par rapport à US Standard Atmosphere peuvent atteindre 10 m W
𝑚−2 𝑛𝑚−1 (figure 15) et on ne peut pas n´négliger les variations du profil atmosphérique.

17
Anderson, G., Clough, S., Kneizys, F., Chetwynd, J. et Shettle, E. (1986). AFGL atmospheric constituent profiles
(0-120 km). Rapport technique, Air Force Geophys. Lab., Hanscom Air Force Base, Bedford, Mass. AFGL-TR-86-
0110
Figure 15 Sensibilité spectrale de l'éclairement solaire à la variation du profil atmosphérique

d. Influence des aérosols et de leur type


Les propriétés optiques Les propriétés optiques des aérosols sont souvent représentées par
l’´épaisseur optique et le type d’aérosol. Dans les modèles de transfert radiatif, l’extinction
due aux aérosols est souvent représentée spectralement par la relation d’Angström. La relation
tient compte de la taille des particules par l’exposant d’Angström α et de leur quantité dans
l’atmosphère par l’épaisseur optique β souvent donnée à 1000 nm. Ces deux variables
d’entrées jouent un rôle dans la distribution spectrale du rayonnement solaire et doivent être
prises en compte.

Shettle (1990)18 a proposé les types suivants repartis en deux régions d’altitude :

— entre 0 km et 2 km : rural, urbain, maritime, troposphérique.

— au-dessus de 2 km : volcanique, volcanique aigu et volcanique extrême.

La figure 16 montre que l’approximation sur le type d’aérosol des différences très élevées par
rapport à l’état de référence, jusqu’à 20 m W 𝑚−2 𝑛𝑚−1 . Il est donc important de connaître
avec précision le type d’aérosol associé à un état atmosphérique.

18
Shettle, E. P. (1990). Models of aerosols, clouds, and precipitation for atmospheric propagation studies. In In
AGARD, Atmospheric Propagation in the UV, Visible, IR, and MM-Wave Region and Related Systems Aspects 14
p (SEE N90-21907 15-32)
Figure 16 – Sensibilité spectrale de l’éclairement solaire à la variation du type d’aérosols selon Shettle(1990)

5. Modèles de calcul de l’éclairement solaire sur la surface de la terre


 LE MODELE D'ECLAIREMENT PAR CIEL CLAIR MCCLEAR :

Le modèle d'éclairement par ciel clair McClear a été développé dans le cadre d’une
collaboration internationale au sein des projets MACC (Monitoring Atmosphere Composition
and Climate) et MACC-II, soutenus par la Commission Européenne. La nouveauté du modèle
McClear est l'inclusion de différentes propriétés optiques des aérosols, de la vapeur d'eau et de
l’ozone avec une fréquence de mise à jour élevée de 3 h par rapport aux climatologies
mensuelles précédemment utilisées dans les modèles de rayonnement par ciel clair.
La comparaison entre les estimations de McClear et les mesures de l’éclairement global et
direct horizontal pour les 11 stations pyranométriques du réseau BSRN dans le monde montre
des coefficients de corrélation élevés. Pour les valeurs moyennées de l’éclairement global,
respectivement l’éclairement direct horizontal, pour une résolution temporelle de 1 min, le
coefficient de corrélation varie entre 0,95 et 0,99, respectivement 0,84 et 0,99. Le biais est
compris entre -14 W 𝑚−2 et 25 W𝑚−2 , respectivement -49 W 𝑚−2 et 33 W𝑚−2 . L’EQM varie
entre 20 W 𝑚−2 (3 % de l'éclairement moyen observé) et 36 W 𝑚−2 (5 %), respectivement 33
W 𝑚−2 (5 %) et 64 W 𝑚−2 (10 %). De manière générale, 95% des écarts entre les estimations
et les mesures sont inférieurs en valeur absolue à environ 50 W 𝑚−2 pour l’éclairement global
horizontal et 70 W 𝑚−2 pour l’éclairement direct horizontal. Le coefficient de corrélation élevé
et le faible écart-type des erreurs, démontrent que McClear permet des estimations précises de
l’éclairement solaire incident au sol par ciel clair, disponibles sur toute la surface du globe.

McClear peut également être utilisé dans des modèles de transposition qui décomposent
l’éclairement global en l’éclairement direct et diffus. Dans la bibliographie, ces modèles sont
le plus souvent obtenus par une régression d'une fonction paramétrique empirique sur des
mesures concomitantes de l’éclairement global et direct faites à partir de séries temporelles de
mesures issues d'un nombre généralement restreint de stations pyranométriques, suivant des
périodes de temps bien souvent limitées.

 La méthode Helioclim 3v3 :

La méthode Heliosat-2 permet de calculer le SSI à partir des images des satellites MSG, et est
basée sur l’indice d’enneigement (Rigollier et al. 2004). Cette méthode est utilisée pour
construire la base de données HelioClim3 notée ici HC3. Avant sa dissémination sur le Web à
des clients par le Service SoDa (www.soda-is.com) (Gschwind et al. 2006), les données brutes
sont éditées pour tenir compte de l'altitude du site spécifique de la demande, corriger des
erreurs, et apporter des améliorations a posteriori sans reconstruire la base de données entière.
La version actuelle de cette édition est appelée HC3v3.

HC3v3 offre une bonne qualité pour l’évaluation de l’éclairement solaire. Elle est bien exploitée
par les entreprises et les chercheurs : environ 2 millions de demandes ont été faites en 2011, en
plus de celles faites par MINES ParisTech et ses partenaires de recherche. La performance est
régulièrement contrôlée en comparant HC3v3 aux mesures effectuées au sol dans différents
réseaux de stations pyranométriques.

 Model ASHRAE

Le modèle d’ASHRAE a été initialement développé par Moon (1940), et plus tard a été modifié
par Threlkeld et Jordan (1958) et Stephenson (1967).

Le modèle d’ASHRAE est couramment utilisé comme un outil de base pour le calcul de la
charge thermique solaire des systèmes de climatisation et des conceptions de bâtiments parmi
les communautés d'ingénierie et d'architecture dans des différents pays du monde.

On va faire retour à ce model en détails dans Chap. II

 Model Heliosat-4
La nouvelle méthode Heliosat-4 d’estimation de l’éclairement exploite le résultat précédent. Il
aurait été possible d’utiliser des modèles existants, comme par exemple, le modèle ESRA
(European Solar Radiation Atlas,Rigollier et al., 2000) ou le modèle Solis (Mueller et al., 2004)
pour Bc et Gc. Deux nouveaux modèles ont été développés afin de profiter au mieux des
estimations des constituants de l’atmosphère faites par les projets MACC. Le modèle McClear
estime l’éclairement par ciel clair Bc et Gc, et le modèle McCloud estime les indices de ciel
clair Kcb et Kcg.

La figure 17 présente le schéma de la méthode Heliosat-4. La méthode effectue d’abord les


calculs du modèle McClear et, éventuellement, ceux du modèle McCloud, si un nuage est
présent. Les deux modèles McClear et McCloud ont été conçus en fonction des entrées
disponibles opérationnellement. Ainsi, les variables de ciel clair Pc sont fournies par les projets
MACC en ce qui concerne la composition de l’atmosphère en gaz et aérosols. Le profil vertical
de température, pression, densité et rapport de mélange des gaz provient d’une librairie de
profils type AFGL (US Air Force Geophysics Laboratory).

Le profil est choisi en fonction de la position géographique du lieu à partir d’une interprétation
de la carte mondiale des climats de Trewartha (1954).

L’altitude du sol est demandée à l’utilisateur. En cas d’absence de réponse, l’altitude est lue
dans la base de données SRTM (Shuttle radar topography mission) de la Nasa et, pour les
zones non couvertes par SRTM, dans la base Gtopo30 de l’USGS (US Geological Survey).
L’albédo du sol est extrait d’un ensemble de cartes de moyennes mensuelles calculées par
Mines ParisTech à partir de cartes hebdomadaires mises à la disposition de chacun par la Nasa
et estimées à partir d’observations du capteur spatioporté Modis (Moderate resolution imaging
spectroradiometer). Toutes ces variables sont des entrées du modèle McClear, qui fournit en
sortie les éclairements par ciel clair Bc et Gc.
Figure 17 Schéma de la méthode Heliosat-4
Chapitre II :

Calcul de l’éclairement solaire global sur les parois


d’un bâtiment
Sommaire :
‫ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ‬

1. Définition du model de calcul choisi

2. Calcul de l’éclairement solaire global sur le toit d’un bâtiment

3. Calcul de l’éclairement solaire global sur la surface d’un mur

4. Comparaison et interprétation
1. Définition du model de calcul choisi : Méthodes ASHRAE
ASHRAE est une abréviation du terme American Society of Heating, Refrigerating and Air
Conditioning Engineers. Cette société est une organisation internationale technique dans le
domaine des génies thermiques et climatiques (chauffage, ventilation, air climatisé, production
de froid). Fondée en 1894, elle tient deux réunions chaque année. Le but est d’améliorer
l’environnement en développant et en appliquant des technologies durables.

 Gisement solaire :

Le gisement solaire est ensemble de donnés décrivant l’évolution du rayonnement solaire


disponible au cours d’une période donnée. Il est utilisé pour simuler le fonctionnement d’un
système énergétique solaire et faire un dimensionnement le plus exact possible compte tenu de
la demande à satisfaire. La connaissance de la position du soleil dans le ciel à tout instant en
tout lieu est nécessaire pour l’étude de l’énergie interceptée. Les heures du lever et de coucher
ainsi que la trajectoire du soleil dans le ciel au cours d’une journée permettent d’évaluer
certaines grandeurs telles que la durée maximale d’insolation, l’irradiation globale.

La société ASHRAE écrit des standards, des guides, des livres de références et des méthodes
de calcul des apports (par appareils, éclairage, occupants, conduction, rayonnement solaire…).
Par exemple la méthode RTS, cette méthode RTS est basée sur les Fundamentals ASHRAE de
2013, 2009 et 2005. Ces documents sont disponibles auprès de l’ASHRAE.

 Mouvement de la terre

Dans son mouvement autour du soleil, la terre décrit une ellipse dont le soleil est l’un de ses
foyers, le trajet complet s’effectue en une période de 365,25 jours. Le plan de cette ellipse est
appelé l’écliptique. C’est au solstice d’hiver (21décembre) que la terre la plus proche du soleil
(147 millions km). Au 21 juin la distance terre-soleil vaut 152 millions de km, c’est le jour ou
la terre est la plus éloignée, c’est le solstice d’été. Le 21 mars et le 21 septembre sont appelés
respectivement équinoxe de printemps et équinoxe d’autonome. Aux équinoxes le jour et la nuit
sont égaux. En plus de sa rotation autour du soleil, la terre tourne également sur elle-même
autour d’un axe appelé l’axe des pôles. Cette rotation d’effectue en une journée. Le plan
perpendiculaire à l’axe des pôles est passant par le centre de la terre est appelé l’équateur. L’axe
des pôles n’est pas perpendiculaire à l’écliptique, ils font entre un angle appelé déclinaison
(noté δ) variant périodiquement entre -23,27 ° et +23,27°.
Figure 18 Distance et mouvement Terre-soleil

 Repérage d’un point sur la surface de la terre :


La longitude (LON) : mesure de l’angle entre le méridien du lieu et la méridienne origine des
longitudes (Greenwich). Le méridien de Greenwich est un méridien où la longitude est définie
comme égale à 0. Les lieux qui sont situés à l’Est sont comptés avec le signe+.Il y a vint trois
méridiens séparés de 15° donnant naissance aux 24 fuseaux horaires.
La latitude (LAT) : permet de repérer la distance angulaire d’un point quelconque par rapport
à l’équateur. Elle varie de 0° à l’équateur à 90 ° au pôle Nord.
 Les coordonnées horaires :
La déclinaison (δ) : c’est l’angle fait par le plan de l’équateur avec celui de l’écliptique. La
déclinaison est donnée par la relation suivante :

L’angle horaire (H) : c’est l’angle compris entre la méridienne origine passant par le sud et la
projection du soleil sur le plan équatorial, il mesure la course du soleil dans le ciel. Il donné
par la relation suivante :

Equation de temps (ET) : L’expérience montre que les passages du soleil dans le plan méridien
d’un lieu donné ne se succèdent pas avec exactement 24h d’intervalle et le midi vrai peut
atteindre une avance de 16mn ou un retard de 14mn par rapport à 12h selon l’époque de l’année.

Avec τ = 360°*(n-3)/365
 Coordonnées horizontales :

La hauteur du soleil (β) : la hauteur du soleil est l’angle formé par la direction du soleil et sa
projection sur le plan horizontal. Il est particulièrement égale à 0° au lever et au coucher
astronomiques du soleil, sa valeur est maximale à midi, en temps solaire vrai, l’expression de
la hauteur du soleil est donnée par :

L’azimut (φ) : c’est l’angle compris entre la projection de la direction du soleil sur le plan
horizontal et le sud. L’azimut est compté positivement vers l’ouest et négativement vers l’est.
Il est donné par la relation suivante :

.Rayonnements direct normale Eb et diffus horizontal Ed :

Eb : les rayonnements solaires directs mesurés perpendiculairement par rapport rayonnements


du soleil.

Ed : les rayonnements diffus mesurés en surface horizontale

Avec : m : air mass. τb et τd : profondeur optique (Optical dephts). ab et ad : les exposant


d’air mass.

Les exposants d’air mass s’expriment par les relations suivantes :

 Rayonnements solaires incident sur surface inclinée :


Angle d’incidence des rayonnements directs (θ) :

Avec :

 Angle γ : la différence entre soleil-azimut et surface-azimut.

 Angle ψ : surface-azimut (l’orientation du capteur)

 Angle Σ : l’inclinaison du capteur

Pour une surface non verticale :

Avec Y=max [0.45, 0.55+0.437*COS(θ) +0.313 *COS2(θ)]

2. Calcul de l’éclairement solaire global sur le toit d’un bâtiment :


Coordonnées de la ville natale (Tozeur) :
Latitude : 33.9
Longitude : 8.13
Altitude : 47m
Fus. Horaire : 1.0
Date : 28 aout 1997
Hypothèse : - ciel clair
- Rayon incident sur une surface horizontale
heure Eclairement
solaire
globale
0 0
1 0
2 0
3 0
4 0
5 0
6 0
7 159
8 383
9 588
10 757
11 876
12 937
13 935
14 872
15 752
16 582
17 376
18 151
19 0
20 0
21 0
22 0
23 0
24 0
Varitaion de l'éclairement solaire globale sur le
toit Tozeur le 28 Aout
600

500

400

300

200

100

0
0 5 10 15 20 25 30
-100

3. Calcul de l’éclairement solaire global sur la surface d’un mur :


On travaille dans les mêmes conditions.

 Sud :

heure
éclairement
global
0 0
1 0
2 0
3 0
4 0
5 0
6 0
7 31
8 122
9 264
10 387
11 475
12 520
13 519
14 472
15 382
16 258
17 116
18 30
19 0
20 0
21 0
22 0
23 0
24 0
 Ouest :

heure
éclairement
global
0 0
1 0
2 0
3 0
4 0
5 0
6 0
7 31
8 122
9 264
10 387
11 475
12 520
13 519
14 472
15 382
16 258
17 116
18 30
19 0
20 0
21 0
22 0
23 0
24 0

 Nord

heure
éclairement
global
0 0
1 0
2 0
3 0
4 0
5 0
6 0
7 73
8 56
9 76
10 93
11 106
12 113
13 112
14 106
15 93
16 76
17 55
18 74
19 0
20 0
21 0
22 0
23 0
24 0

Figure 19 série1 : sud/ série 2: ouest/ série 3: nord


4. Comparaison et interprétations

Comparant les 3 courbes de l’éclairement global en fonction du temps pour chacune des
orientations (sud, ouest, nord) en cas d’un mur plan, des similitudes et des différences sont à
remarqués.

Ce qui parait commun entre les trois cas est l’allure de la courbe. On peut remarquer un profil
croissant jusqu’à un maximum suivit part une décroissance à zéro pour les heures de jour où il
n’y a pas du soleil. Pourtant, la courbe de l’éclairement global pour un mur orienté au nord
présente une petite déférence où on peut détecter deux petites piques à 6h et 18h que je n’ai pas
arrivé à expliquer et qui peuvent être une petite erreur de calcul.

Les points de non-conformité entre les trois courbes sont faciles à détecter ; en terme de la
valeur de l’éclairement global et en terme du temps de la pique de l’éclairement global reçu par
le mur.

La courbe nord (série 3) présente un éclairement plus petit que les autres directions et avec un
maximum plus ou moins allongé sur toute la durée de l’ensoleillement.

La courbe sud (série 1) montre un taux total d’ensoleillement plus grand que celui de la direction
nord. Un mur orienté au sud reçoit plus du rayonnement solaire arrivé au sol.

Le temps du pique aussi est plus fin que celui de la direction nord, soit à l’entour de 12h.

La courbe ouest (série2) montre un taux d’ensoleillement global plus grand, mais pour un
intervalle du temps plus petit que les deux autres directions. Pourtant que la pique du
l’éclairement global est notamment plus grand que les deux autres comparés, mais cette
direction reçoit moins énergie totale. Le pique de l’éclairement solaire sur cette direction est
envers 17h.

En conclusion, les trois directions ne se différent pas seulement en terme du taux


d’ensoleillement mais aussi au nombre d’heures d’ensoleillement pendant une journée. Ces
résultat expliquent pourquoi on préfère sur l’hémisphère nord du globe, d’orienter les panneaux
photovoltaïques plein sud, si non en sud-ouest. Une telle orientation est optimale si on prend en
compte les deux facteurs discutés si dessus
Conclusion générale
Le rayonnement solaire demeure un champ d’étude riche malgré les grandes recherches faites
dans ce domaine. Variable en temps et en espace, en composition spectrale et en intensité, les
estimations numériques et les modèles de calcul de l’éclairement solaire montre des résultats
encourageants mais loin du parfait. Le nombre énorme des variables et la complexité
mathématique de l’équation du rayonnement montrent qu’une approche approximative où on
néglige ou prend en considération une variable avec soin reste la solution la plus pratique.

Dans la littérature, on trouve plein de références citant les interactions majeures entre le
rayonnement solaire et l’atmosphère et principalement l’absorption sélective et la diffusion
moléculaire. L’influence de l’état du sol, le taux de nuages, la présence de la neige, le transport
aérien et les centres urbains sont aussi à ne pas négliger.

Nous avons choisi un modèle de calcul ASHRAE pour la simplicité des équations et parce que
le modèle est bien compatible avec l’état de ma ville natale (Tozeur) en mois du Aout avec le
ciel dégagé et la stabilité de l’air mass.

Des calculs faites par ce modèle ont montré que la direction et l’orientation d’un plan influence
d’une façon remarquable le taux de l’éclairement solaire reçus en valeur et en intervalle du
temps. Ce qui confirme le choix le l’installation des panneaux PV plein sud ou sud-ouest
(Azimut 0°) avec une inclinaison de 30°.

En fin je dois noter que la rareté des références en français m’a poussé vers une vaste
bibliographie anglophone très riche et intéressante. La traduction était un effort personnel.
Bibliographie
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