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Édition du 13 mai 2020


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13 mai 2020

Croissance économique | Qu’est-ce que le


multiplicateur keynésien ?
Cette semaine, dans Brief.eco, nous nous penchons sur le PIB. Nous nous intéressons aux prix
des produits bio et nous vous posons une question sur le multiplicateur keynésien.

Ça compte
• Mobilités durables. Le gouvernement a annoncé dimanche dernier que la mise en
place d’un « forfait mobilités durables » serait avancée au 11 mai au lieu du 1er juillet.
Ce dispositif, prévu dans la loi d’orientation des mobilités adoptée en novembre,
permet aux employeurs privés d’accorder à leurs salariés une prime pouvant aller
jusqu’à 400 euros par an exonérés d’impôt et de cotisations sociales pour se rendre à
leur travail à vélo ou en covoiturage.

Pourquoi ça compte. La ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne,


appelle dans un communiqué les employeurs à mettre en place « cet encouragement
financier individuel » pour accompagner le développement des pistes cyclables et des
voies réservées au covoiturage favorisé par la loi d’orientation des mobilités. Selon le
décret entré en vigueur lundi, le forfait couvre aussi les « services de mobilité
partagés » comme les vélos, trottinettes ou scooters électriques en libre-service.
• Industrie automobile. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a déclaré lundi
que l’État était prêt à soutenir financièrement les constructeurs automobiles français,
fragilisés par la crise du coronavirus, mais qu’ils devraient en contrepartie relocaliser
une partie de leurs activités en France. « Si on met de l’argent public pour aider
l’automobile, ce doit être pour avoir en échange des emplois fiables et pérennes sur le
territoire français », a précisé dans Les Échos le ministère de l’Économie.
Pourquoi ça compte. En 2018, les groupes automobiles français produisaient 23 % de
leurs véhicules légers en France, contre 40 % en 2007 et 60 % en 1997, selon les
données du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), un syndicat
professionnel. L’industrie automobile a perdu plus de 100 000 emplois en France en
15 ans, selon les chiffres du CCFA. En décembre, Bruno Le Maire regrettait que la
France soit le pays qui ait « le plus délocalisé sa production » parmi les membres de
l’OCDE, qui réunit 37 pays parmi les plus développés du monde.
• Arabie saoudite. Le ministre des Finances d’Arabie saoudite a annoncé lundi un
triplement du taux de TVA, de 5 % à 15 %, à partir de juillet et la suspension dès juin
d’une allocation destinée aux ménages les moins favorisés. Ces mesures visent à
limiter le déficit des comptes publics fortement affectés par la chute des cours du
pétrole et par la baisse de la demande. Le gouvernement a également décidé d’annuler
ou de reporter certains investissements prévus dans le cadre de son plan Vision
2030 visant à rendre l’économie du pays moins dépendante des recettes pétrolières.

Pourquoi ça compte. L’Arabie saoudite est le principal exportateur mondial de


pétrole. Les cours ont baissé de plus de 50 % depuis le début de l’année. Le pays avait
introduit une TVA en janvier 2018. Les revenus du secteur pétrolier représentent 68 %
des recettes budgétaires du pays en 2019, selon une note de la direction générale du
Trésor en France, une branche du ministère de l’Économie.

Clin d’œil
On fait le point
L’épidémie de Covid-19 provoque un recul brutal du produit intérieur brut (PIB) européen et
mondial. Indicateur le plus scruté pour évaluer l’état de nos économies, le PIB n’apporte pas
d’information sur le bien-être des populations.

L’actu
La Commission européenne a publié la semaine dernière ses prévisions économiques pour
l’année 2020. Du fait des mesures de confinement mises en œuvre mi-mars dans la plupart
des États membres en raison de l’épidémie de Covid-19, elle prévoit une chute du produit
intérieur brut (PIB) de 7,4 % cette année dans l’UE. « Il est désormais clair que l’UE est
entrée dans la récession économique la plus profonde de son histoire », écrit la Commission.
Si elle prévoit un recul du PIB dans l’ensemble des États membres, les plus fortes baisses sont
attendues en Grèce (-9,7 %), en Italie (-9,5 %) et en Espagne (-9,4 %). En France, le PIB
devrait se contracter de 8,2 %. François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de
France, la banque centrale française, a déclaré hier que le confinement a « coûté sur la
croissance annuelle près de 6 % de perte ».

L’éclairage
Qu’est-ce que le PIB ?

Le PIB, ou produit intérieur brut, mesure la production de biens et services, secteurs privé et
public confondus, sur un territoire pendant une période donnée. Pour le calculer, on retient
pour chaque entité la valeur ajoutée, c’est-à-dire la différence entre la production et les
consommations intermédiaires. Par exemple, un boulanger utilise de la farine pour produire
son pain. Mais cette farine est déjà comptabilisée dans la production de son fabricant. Pour ne
pas la compter deux fois, on l’écarte du calcul. La valeur ajoutée retient en revanche la
rémunération du travail, l’utilisation du matériel et la marge du boulanger.

L’activité du secteur public est évaluée à partir des coûts, notamment les salaires, puisqu’elle
ne donne pas lieu à une vente sur un marché. « Le PIB, qui mesure la richesse produite,
correspond donc également à l’ensemble des revenus distribués, mais aussi à la
consommation et à l’investissement et donc à la dépense », précise dans une note explicative
[PDF] l’institut de statistiques Insee, chargé en France de son calcul. On peut ainsi
reconstituer le PIB en totalisant la demande (consommation, investissement, etc.) ou les
revenus distribués. En 2019, le PIB français s’élevait à 2 316 milliards d’euros, selon l’Insee.
La croissance mesure la variation du PIB sur une période donnée, hors inflation.
Quelles sont les limites du PIB ?

La notion de PIB a été créée en 1934 par l’économiste américain Simon Kuznets. Il l’a
imaginée à la demande du Congrès des États-Unis qui souhaitait disposer d’un indicateur pour
évaluer les effets de la Grande Dépression, la crise économique qui a suivi le krach boursier
de 1929. L’évolution du PIB est l’indicateur le plus scruté par les gouvernements et par les
institutions internationales telles que le FMI, un organisme chargé de garantir la stabilité
financière mondiale. Pourtant, le PIB ne mesure pas l’ensemble des richesses créées. Il exclut
le travail bénévole, qu’il soit réalisé dans le foyer (jardinage, bricolage, ménage, éducation
des enfants) ou dans le secteur associatif.

L’évaluation du PIB peut donc être faussée. Par exemple, une famille qui déciderait de ne plus
effectuer son ménage, mais de le sous-traiter ferait augmenter le PIB sans qu’une nouvelle
activité productive soit réellement créée. Le PIB intègre des activités qui peuvent être
nuisibles pour la société ou l’environnement et ne dit rien des inégalités. Dès sa création,
Simon Kuznets avait déclaré que le PIB pouvait « difficilement servir à évaluer le bien-être
d’une nation ». D’autres indicateurs ont été créés pour le compléter, comme l’indice de
développement humain qui se fonde sur trois critères : le PIB par habitant, l’espérance de vie
et la durée moyenne de scolarisation.
En quoi consiste une récession ?

La récession est une période pendant laquelle l’activité économique d’un pays recule. « Le
plus souvent, on parle de récession si l’on observe un recul du PIB sur au moins deux
trimestres consécutifs », précise sur son site l’institut national de statistiques Insee. Lorsque le
taux de croissance baisse sur un trimestre seulement, on parle de croissance négative ou de
contraction. La France est entrée en récession, car son PIB a baissé de 0,1 % au dernier
trimestre 2019 et de 5,8 % au premier trimestre 2020. Une récession peut être causée par
divers événements, tels qu’un choc économique (flambée des prix du pétrole, catastrophe
naturelle, hausse des impôts, etc.).

Le choc peut affecter négativement l’offre – les quantités produites sont réduites – ou la
demande – les ménages et les entreprises consomment moins. La pandémie de Covid-19 crée
à la fois un choc d’offre et de demande. En période de récession, les entreprises réduisent
leurs investissements, gèlent les embauches, voire licencient. Certaines font faillite. Les
ménages subissent des pertes de revenus qui peuvent compromettre leur capacité à
rembourser leurs emprunts. La récession diminue aussi les recettes fiscales puisque celles-ci
dépendent des bénéfices des entreprises, des revenus des ménages et de leur consommation.

Pour aller plus loin


Limites du PIB. Dans la revue trimestrielle Idées économiques et sociales, l’économiste
Yves Besançon détaille les limites du PIB et présente plusieurs autres indicateurs plus à même
de mesurer le bien-être d’un pays et de sa population, comme l’indice de progrès véritable qui
prend en compte les dégâts sociaux et environnementaux.

Récession. Comment une entreprise peut-elle survivre à une récession et prospérer par la
suite ? Le journaliste Walter Frick répond à cette question dans la revue Harvard Business
Review en présentant les résultats de plusieurs études économiques. Il montre les bienfaits du
chômage partiel et les dangers de l’endettement.



En chiffres
Les écarts de prix entre produits bio et conventionnels peuvent aller du simple au double selon
les catégories de produits vendus dans les hypermarchés et les supermarchés. C’est ce que
montre une étude publiée le 5 mai par le magazine Linéaires consacré à la distribution
alimentaire en se basant sur des données de l’institut d’études Nielsen sur 12 mois arrêtés au
22 mars. Ainsi, l’écart de prix atteint 114 % pour la viande fraîche, 71 % pour les tablettes de
chocolat, mais tombe à 24 % pour le beurre doux et à 18 % pour l’huile d’olive. Dans
certaines catégories, comme la diététique et les desserts végétaux, les produits bio coûtent
même moins cher que les produits non bio. Ces fortes disparités sont souvent corrélées au
poids du bio dans les ventes globales de la catégorie concernée.



À vous de jouer
Le multiplicateur keynésien mesure l’effet sur l’économie
d’une hausse…
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des importations de la productivité des dépenses publiques

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